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 ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA

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clausewitz
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MessageSujet: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Mer 06 Jan 2010, 17:32

CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA
(ITALIE)


Le Caio Duilio à la mer en 1943

Avant propos

Par sa situation stratégique idéale (une péninsule coupant en deux une vaste étendue d'eau autour duquel le monde s'organisa jusqu'au 15ème siècle), l'Italie aurait pu devenir une puissance navale majeure mais les aléas de l'histoire fit qu'Italie ne devint pas une nouvelle Britannia et qu'au Britannia rules the waves ne répondit pas un «Italia Comande le Onde».

L'Empire romain contrôla certes la totalité des rives de la Méditterranée mais ne fût jamais une véritable puissance maritime même si il dévellopa une puissante marine dont les flottes étaient basées à Ravenne et à Misène pour vaincre d'abord Carthage, nettoyer la Méditterranée orientale des pirates puis écraser Cléopatre à Actium.

Au Moyen Age, l'Italie était politiquement morcelée et parmis les états les puissants de la péninsule nous trouvions deux grandes puissances maritimes, deux véritables thalassocraties, Gênes sur la côte occidentale et Venise sur la côte orientale. Si la première dominait essentiellement les circuits commerciaux vers l'Europe du Nord via le détroit de Gibraltar en direction de Bruges et des ports de la Hanse, la seconde se tourna naturellement vers l'Orient.

Il n'y avait cependant la place pour deux républiques maritimes dominantes dans cette région et l'affrontement entre génois et vénitiens était inévitable. En 1298, la flotte génoise écrasa la flotte vénitienne au large de l'île dalmate de Curzola, imposant son hégémonie maritime jusqu'en 1372 quand les vénitiens prirent leur revanche à la bataille de Chioggia.


Le Bucentaure. Une fois par an cette galère de parade participait à la cérémonie des noces de Venise et de la mer : un anneau d'or jeté dans la lagune

Gênes affaiblie par les divisions politiques, au modèle politique oligarchique mais moins contraignant que Venise déclina peu à peu alors que Venise dopée par sa domination en Orient depuis la quatrième croisade (1204 et le sac de Constantinople) devenait une puissance maritime de premier ordre qui alternait affrontement direct avec les Turcs (qui avaient pris Byzance en 1453) et négociations pour préserver les avantages commerciaux.

Après un quinzième siècle marqué par les conséquences des épidémies et le déclin du commerce transméditerranéen suite à la découverte de l'Amérique et de ses richesses, le seizième siècle marqua un retour au premier plan de Gênes grâce à l'aide d'un homme, Andrea Doria probablement le meilleur marin de son temps.

Tantôt allié des français ou des impériaux, il choisit définitivement le camp des impériaux en 1528, chassant les français de Gênes et restaurant la liberté de la vieille cité ligure tout en ne cessant d'affronter avec succès les Turcs et les Barbaresques. En dépit d'un mode de gouvernement jugé autoritaire, les genois reconnaissant lui dressèrent une statue à sa mort en 1560, statue qui fût renversée en 1797 se dont s'ému Napoléon Bonaparte qui s'y connaissait en grand hommes.

Pourtant peu à peu l'Italie ne fût que le champ clos des ambitions espagnoles, françaises, savoyardes et impériales, les vrais patriotes italiens voyaient avec horreur leur patrie se déchirer en une myriade d'états rivaux, certains vastes et puissants mais d'autres microscopiques et ridicules.

La «Tornade napoléonienne» balaya tout sur son passage, mettant fin notament aux républiques de Gênes et de Venise, aux Etats pontificaux, chassant les bourbons de Naples. Bien que les rois et les princes furent rétablis en 1815 sur leurs trônes, les graines de l'unité étaient semées.

Il faudra ainsi attendre près de quarante longues années pour que la péninsule retrouve enfin une unité perdue depuis près de quinze siècles (1396 années si on prend comme dates de références la chute de l'empire romain d'occident en 476 et l'intronisation de Rome comme capitale du nouveau royaume d'Italie en 1870).

Une première tentative en 1848/49 en pleine tornade du «printemps des peuples» (révolution de février en France qui chassa les Orléans, tentative d'unité allemande sans que les patriotes alllemands ne soient capable de choisir entre une petite et grande Allemagne, révolution à Vienne qui chassa le vieux chancelier Metternich, révolte de Kossuth en Hongrie) échoua mais la deuxième fût la bonne.

Appuyée par la France, le royaume de Piemont-Sardaigne déclara la guerre à l'Autriche mais à la suite de la paix de Zurich de 1859 et à l'expédition des Milles de Garibaldi, l'unité n'est pas achevée.


Garibaldi embarquant pour l'expédition des Mille, expédition tacitement soutenue par Cavour et Victor Emmanuel II

Le 6 mai 1860, à Gênes, Garibaldi et 1088 volontaires, les Chemises Rouges, embarquèrent sur deux navires à destination du sud de la péninsule pour forcer le destin de la péninsule italienne : l'unité.

Ils débarquent dans le royaume de Naples le 11 mai et entre à Naples après un détour par la Sicile le 7 septembre 1860. Le 26 octobre, Garibaldi se retire à Caprera après la dissolution de son armée par Victor Emmanuel II. Les 3 et 4 novembre, la Sicile et le Royaume de Naples acceptent de se joindre au nouveau royaume d'Italie.

En effet quand Cavour proclame Victor Emmanuel II roi d'Italie le 17 mars 1861, l'unité de la péninsule est loin d'être achevé puisque la Vénétie est encore autrichienne et que Rome protégée par les troupes françaises est toujours sous l'autorité du pape Pie IX.


Le pape Pie IX

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Mer 06 Jan 2010, 17:41

La marine italienne (Regia Marina marine royale) est née officiellement le 17 mars 1861 lors de la proclamation du royaume d'Italie même si dans les faits l'unification des marines sardes, napolitaines, toscanes et pontificales _auxquels s'étaient adjoints les navires ayant transporté et soutenu Giuseppe Garibaldi dans son expedition des Mille qui allait intégrer le Royaume de Naples dans l'Italie unifiée_ datait du 17 novembre 1860.

L'origine variée des personnels et des navires provoqua de nombreux caffouillages qui furent en partie à l'origine de la sévère défaite de Lissa (20 juillet 1866) contre la marine autrichienne. Cette défaite est toujours présente à l'esprit des marins italiens qui portent sur leur uniforme un mouchoir noir avec un double noeud en signe de deuil.

Cette bataille est liée à la guerre austro-prusienne de 1866. Ce conflit est la conséquence directe de la montée en puissance depuis les années 1850 de la Prusse et du débat entre la «Grande Allemagne» (incluant l'Autriche) et la «Petite Allemagne» organisée uniquement autour de la Prusse. L'Italie s'allie à la Prusse après que le chancelier Otto von Bismarck eut promis la cession de la Vénétie.


La bataille de Custorza. On reconnait les Bersaglieri avec le plumet chamarré

L'Italie déclara la guerre à l'Autriche le 24 juin 1866 mais le lendemain, les troupes du général de La Marmora furent battus à Custorza par les forces autrichiennes et l'Italie semblait avoir choisit le mauvais cheval mais le 3 juillet 1866, les forces autrichiennes furent écrasées par l'armée prusienne de Von Moltke et Vienne fût obligée de demander la paix mais en attendant la guerre se poursuivit.

L'Italie ne voulait pas paraître comme le vautour qui arrivait à la fin du festin et voulait remporter une vraie victoire sur l'Autriche pour que la cession de la Vénétie ne soit pas considéré comme une escroquerie. A défaut d'une victoire à terre, les politiciens italiens pouvaient se contenter d'une victoire en mer en s'emparant de l'île de Lissa (auj. Vis en Croatie).


La bataille de Lissa : ci-dessus le Ferdinand Max eperonna le Re di Italia et ci-dessous, l'amiral Von Tegetthoff à bord du Ferdinand Max


En apparence, les italiens étaient bien supérieurs avec 12 cuirasséss, 10 frégates et 4 cannonières sous les ordres de l'amiral Carlo Persano face aux 7 cuirassés, au navire de ligne, aux 6 frégates et 12 cannonières sous les ordres de l'amiral Wilhelm von Tegetthoff car les navires italiens sont non seulement plus nombreux mais aussi plus modernes.

La bataille commence par un bombardement de l'île de la part de la flotte italienne le 20 juillet 1866 quand elle est surpris par la marine autrichienne. L'affrontement comme souvent est confus avec peu de véritables dégats. Une opération allait marquer l'esprit : l'éperonnage du Re D'Italia par le navire amiral autrichien Ferdinand Max.

En dépit de cette défaite, l'Italie obtint de l'Autriche la cession de la Vénétie mais il fallut attendre septembre 1870 et le départ des troupes françaises (après le début de la guerre franco-allemande) pour que Rome devienne la capitale de l'Etat Italien.

L'action du Ferdinand Max semblait être la preuve que l'épéron, celui des trirèmes athéniennes de Salamine était de retour et toutes les marines se mirent à construire des navires munis d'éperons. Ce fût plus un mal qu'un bien qui fit plus de victimes en temps de paix qu'en temps de guerre. Le 22 juin 1893 au cours de manoeuvres en Méditeranée, le HMS Camperdown muni d'un éperon coula le HMS Victoria.


Le HMS Victoria coule après avoir été éperonné par le HMS Camperdown

A l'usage, ce choix apparu comme une vue de l'esprit. Avec l'augmentation de la portée de l'artillerie, la possibilité d'éperonner un autre cuirassé devenait une possibilité rarissime. De plus au niveau de la navigation, l'éperon rendait le navire à stable car tel le soc d'une charrue il labourait la mer.

Entre parenthèses, c'est une leçon à méditer pour ceux qui intègrent avec empressement les RETEX des conflits. Si on prend une hypothèse terrestre, souvenons-nous de l'Afghanistan en 2001, les partisans de la Révolution dans les Affaires Militaires (RMA) voulaient nous faire croire que les conflits du futur seraient gagnés par la combinaison des forces spéciales et de l'aviation oubliant la présence de l'Alliance du Nord mais deux ans plus tard, en 2003, les américains et les anglais envoyèrent des chars de combat, de l'infanterie mécanisée, du lourd en somme. La Pacification montra ensuite que le léger avait ses limites ce qui plomba encore un peu le programme FSC.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Mer 06 Jan 2010, 18:03

Genèse des Andrea Doria

En dépit de sérieux handicaps notament une industrie insuffisante, la Regia Marina ne tarda pas à se dôter de cuirassés modernes et après les cuirassés à coque en fer, elle passe au «prédreadnought» avec la classe Ruggiero di Lauria composée de trois navires (Ruggiero de Lauria, Francesco Morosini et Andrea Doria) entrés en service en 1888 pour le premier et 1891 pour le second. Ils ont été retirés du service en 1909 pour le premier nomé et en 1911 pour les deux autres.


Si le Ruggiero de Lauria appartenait à la première, le Regina Elena ci-dessous appartenait à la dernière classe de cuirassés italiens type prédreadnought


Aux trois cuirassés de classe Ruggiero de Lauria succède les trois navires de classe Re Umberto baptisés Re Umberto, Sardegna et Sicilia. Ces navires entrés en service en 1893 pour le premier et en 1895 pour les autres servirent jusqu'en 1920 (Re Umberto) et 1923 (Sicilia et Sardegna). Les deux Emanuele Filiberto succèdèrent aux Re Umberto. Les Emanuele Filiberto et Ammiraglio di Saint Bon servirent la marine royale italienne de 1897 à 1920

Les deux navires qui suivirent et formant la classe Regia Margherita connurent le sort peu enviable de disparaître au cours du premier conflit mondial. Entré en service en 1901, le cuirassé Regia Margherita sauta sur une mine en 1916 tandis que son sister-ship, le Beneditto Brin entré en service la même année explosa par accident en 1915.

Les quatre Vittorio Emanuelle (Vittorio Emanuelle, Regina Elena, Napoli et Roma) furent les derniers prédreadnought italiens. En service en 1904 (pour les deux premiers) en 1905 pour le troisième et en 1909 pour le dernier, ils servirent jusqu'en 1927. Il s'agissait de navires de presque 13000 tonnes (12861 tonnes) filant à 21.5 noeuds ayant pour armement 2 canons de 305mm en tourelles simples, 6 canons de 203mm en trois tourelles doubles et 16 canons de 76mm en affûts simples.


Vittorio Cuniberti et son projet

Ces navires furent mis en service à une époque pourtant où Vittorio Cuniberti venait de publier l'article qui allait le rendre célèbre. Malheureusement pour lui, ses idées qui aurait fait de lui un homme célèbre en Grande Bretagne, ne rencontrèrent aucun écho en Italie, probablement en raison de la pauvreté du pays.

Il faut ainsi attendre 1909 pour que l'Italie raccroche au train du dreadnougth (avant la France tout de même). Le 6 juin 1909 est mis sur cale à l'Arsenal Royal de Castellamare di Stabia le Dante Alighieri. Ce cuirassé lancé le 20 août 1910 et admis au service actif le 15 janvier 1913 est le premier cuirassé au monde à utiliser des tourelles triples au nombre de quatre comprennant donc chacune trois canons de 305mm. L'armement secondaire se compose 20 canons de 120mm répartis pour douze d'entre eux en casemates et huit autres en quatre tourelles doubles.


Le Dante Alighieri premier cuirassé à être armés de tourelle triples

De l'unique Dante Alighieri oeuvre de Vittorio Cuniberti (bien que d'autres sources donne un autre nom) sortit une classe de trois cuirassés de type dreadnougth, la classe Conte di Cavour composée de trois navires baptisés Conte di Cavour, Giulio Cesare et Leonardo da Vinci. Ces navires de 23000 tonnes, filant à 21/22 noeuds et étant armés de 13 canons de 305mm en cinq tourelles avec de la proue à la poupe une tourelle triple, une tourelle double (plage avant), une tourelle triple centrale, une tourelle double et une tourelle triple (plage arrière) et de 18 canons de 120mm en casemates.


Le Conte di Cavour à la mer dans sa configuration originelle

A ces navires succédèrent les deux Andrea Doria qui se différençiait des Cavour principalement par l'armement secondaire. Aux 18 canons de 120mm, les Andrea Doria préférèrent 16 canons de 152mm en casemates.


Dessin représentant les Andrea Doria dans leur état d'origine

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Mer 06 Jan 2010, 18:12

Historique

Le Andrea Doria

L'Andrea Doria à la mer une fois reconstruit

Présentation et jeunes années

Lancement du Andrea Doria à La Spezia le 30 mars 1913

-Le Andrea Doria est mis sur cale à l'Arsenal de La Spezia le 24 mars 1912 lancé le 30 mars 1913 et admis au service actif le 13 mars 1916.

Il rend hommage au célèbre corsaire, amiral et homme politique génois du XVIème siècle. Né en 1466 et mort en 1560, il hésita un temps entre la France des Valois et l'Empire des Hasbourg avant de basculer définitivement dans le camp impérial en 1528 après une brouille avec François 1er.


Andrea Doria

En l'échange du soutien des impériaux, Andrea Doria obtint de Charles Quint la restauration de la république génoise dont il modifia les institutions en limitant à deux ans le pouvoir des doges qui était autrefois perpétuel.

En dépit d'un mode de gouvernement autocratique, Andrea Doria après sa mort eut droit à sa statue dont la chute emu Napoléon Bonaparte lui même en 1797.

Le cuirassé de la Regia Marina est le second navire de guerre de cette marine à porter ce nom après un cuirassé de classe Ruggiero di Lauria mais pas le dernier puisqu'après ce cuirassé, un croiseur porte-hélicoptères en service de août 1964 à septembre 1992. Il aurait du être suivit par le nouveau fleuron de la marine italienne mais le porte-aéronefs fût en cours de construction rebaptisé Cavour. Le nom de ce glorieux marin ne resta pas longtemps inusité puisqu'il baptisa bientôt la première frégate antiaérienne type Orrizonte, le pendant italien du programme français Horizon. L'Andrea Doria (D553) à été admise au service actif le 22 décembre 2007.


Frégate antiaérienne Andrea Doria en achèvement à Muggiano

Comme le reste de la flotte italienne, l'Andrea Doria passa son temps à surveiller la Kaiserliche und Königliche Kriegsmarine (KuK Kriegsmarine) _la marine austro-hongroise_ retranchée dans ses bases en attendant une sortie et la bataille décisive qui en Méditeranée comme en Mer du Nord n'eut jamais lieu.

La fin de la première guerre mondiale ne signifiait pas la fin de l'activité (plutôt la fin de l'inactivité) pour l'Andrea Doria. L'effondrement de l'Autriche Hongrie posa de nombreux problèmes de frontière dont le sort futur de la ville de Fiume (auj. Rijeka). Devant les revendications italiennes et du royaumes des serbes, des croates et des slovènes (le royaume prenant le nom de royaume de Yougoslavie que le 6 janvier 1929 quand Alexandre 1er prit les pouvoirs dictatoriaux jusqu'à son assassinat le 6 octobre 1934 à Marseille), les puissances internationales proposèrent d'ériger la ville et sa région en Etat libre garantit par la SDN. Le 12 septembre 1919 après le départ des troupes françaises et britanniques, le poète nationaliste italien Gabriele d'Annuzio et ses Arditi occupèrent la ville qui déclarèrent indépendante après le refus italien de s'associer à ce coup de force.


L'Andrea Doria à la mer dans sa configuration d'origine

Le 12 novembre 1920, Rome et Belgrade signèrent le traité de Rapallo qui établissait de jure l'Etat libre de Fiume et le mois suivant, les troupes de D'Annuzio évacuèrent la ville. S'en suivit une forte instabilité politique notament le 3 mars 1922 quand des fascistes italiens prirent le pouvoir. L'Italie devenue fasciste elle aussi, intervint avec une puissante force navale dont faisait partie l'Andrea Doria et débarqua des troupes sous prétexte de maintien de l'ordre mais cette expédition se transforma de facto en occupation italienne de l'Etat Libre qui n'avait plus que quelques mois à vivre puisque le 27 janvier 1924, l'Italie et le Royaume des Serbes, des croates et des slovènes signèrent le traité de Rome qui voyait l'annexion de Fiume par les italiens et celle de l'arrière pays par la Yougoslavie.

Entre-temps, en 1923, l'Andrea Doria participa à la démonstration de force italienne au large de Corfou suite à l'assassinat d'un général italien et le refus des grecs de voir des navires de la Regia Marina rendre hommage au défunt. Je ne reviens pas sur cette affaire que j'ai traité en détail dans l'article précédent sur les Conte di Cavour.

Aucun événement majeur ne concerna ensuite le cuirassé jusqu'à sa reconstruction qui l'immobilisa durant trois longues années et dont sortit quasiment un autre navire.


L'Andrea Doria selon son aspect de 1928. La différence notable est la catapulte sur la plage avant

Reconstruction (1937-1940)

Schéma des Andrea Doria après reconstruction

Le 8 avril 1937, le cuirassé Andrea Doria commença sa reconstruction aux chantiers CRDA (Cantieri Riuniti del Adriatico _chantiers réunis de l'Adriatique_). Les travaux furent similaires à ceux des Conte di Cavour même l'expérience acquise avec le travail de ce dernier servit pour l'Andrea Doria et son sister-ship. L'Andrea Doria reçut donc un nouveau tronçon de coque de 10m, les superstructures furent refondues, la tourelle centrale débarquée pour permettre l'installation de turbines et de chaudières plus puissantes.

La protection fût également renforcée avec notament l'installation du système Pugliese tandis que l'armement était totalement refondu avec l'allésage des tubes de 305mm qui passèrent à 320mm, le débarquement des canons de 152mm en casemates et des canons de 76mm au profit de 12 canons de 135mm en quatre tourelles triples, de 10 canons antiaériens de 90mm en affûts simples, de 15 canons de 37mm (six affûts doubles et trois simples) et de 16 canons de 20mm (huit affûts doubles).

A la différence des Cavour, l'Andrea Doria et son sister-ship reçurent deux catapultes pour des hydravions. Leur conduite de tir était également plus moderne que celle de leurs prédecesseurs.

L'Andrea Doria en guerre (1940-1943)

L'Andrea Doria une fois reconstruit

La refonte achevée, l'Andrea Doria est remis en service le 15 juillet 1940 un peu moins d'un mois après l'entrée en guerre de l'Italie. Basé à Tarente comme l'essentiel des navires de la marine italienne, le cuirassé ressort indemne de l'opération Judgment à la différence de son sister-ship.

Le 8 février 1941, l'Andrea Doria appareilla de La Spezia en compagnie du Giulio Cesare et du Vittorio Veneto plus deux flottilles de destroyers pour contrer la force H qui venait d'appareiller pour un raid apparemment dirigé contre la Sardaigne qui était couverte par le croiseur lourd Trento et des destroyers. En réalité, les anglais avaient pour objectif de bombarder Gênes, grande ville portuaire et industrielle ce qui fût fait sans résistance italienne le 9 février et qui torpilla la rencontre entre Mussolini et Franco le 12 février 1941, Mussolini comme Hitler quatre mois plus tôt à Hendaye échouant à convaincre le dictateur franquiste à entrer en guerre. Les navires italiens rentrèrent donc à Naples le 11 février avant de regagner La Spezia.

Après le désastre de Matapan (28 mars 1941), la marine italienne qui n'avait pas auparavant montré une fougue offensive inconsciente se replia peu à peu sur des escortes de convois, refusant tout combat de surface contre les navires britanniques ayant douloureusement appris l'efficacité des cannoniers britanniques surtout si ils étaient accompagnés de leur ami le radar.

La marine italienne perdait chaque jour l'initiative des opérations et la dernière grande opération à laquelle participa l'Andrea Doria fût la première bataille du golfe de Syrte (17 décembre 1941) quand 3 croiseurs légers et 8 destroyers anglais tentèrent d'attaquer un convoi mais en dépit de leur supériorité (tous les cuirassés disponibles en mer pour protéger de convoi), les italiens traumatisés par le combat nocturne de Matapan préfèrent préserver l'essentiel à savoir la couverture du convoi qui arriva à bon port à Tripoli ravitaillant les forces de l'Axe bousculée par l'opération Crusader.

Avec la supériorité navale des alliés en Méditeranée et le manque de carburant, la Regia Marina fût bientôt contrainte de laisser ses cuirassés au port et à partir de mars 1942, l'Andrea Doria ne quitta plus Tarente, servant comme d'autres anciens cuirassés à la défense antiaérienne de la ville.

Il y était toujours le 8 septembre 1943 quand l'Italie signa l'armistice avec les alliés et comme le reste de la flotte italienne, gagna Malte pour se faire interner mais cela ne dura guère car dès juillet 1944, il était de retour en Italie mais point pour reprendre le combat.

L'Après guerre (1945-1956)

Le traité de paix de 1947 ne permettait à l'Italie que la conservation de deux cuirassés, l'Andrea Doria et le Caio Duilio. L'Andrea Doria sert ainsi de navire école et symboliquement de navire amiral de la Marina Militare Italiana en 1949/50 et 1951/53 jusqu'à son désarmement le 1er novembre 1956 avant sa vente à la démolition et son démantelement en 1957 et 1958. Symboliquement et comme pour matérialiser le passage de témoin, lors de l'admission au service actif du croiseur porte-hélicoptères Andrea Doria le 3 août 1964, une délégation du dernier équipage du cuirassé céda à ses successeurs le pavillon de combat.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Mer 06 Jan 2010, 18:28

Le Caio Duilio

Présentation et premières années

Le Caio Duilio peu après sa mise en service. Les canons de 152mm en casemates sont visibles

-Le Caio Duilio est mis sur cale aux chantiers navals de Castellammare di Stabia près de Naples le 24 février 1912 lancé 24 avril 1913 et admis au service actif le 13 juin 1916.

Il rend hommage à Caius Duilis, un amiral et homme politique romain d'origine plébéinne, consul en -260, remportant la bataille navale de Mylae sur les carthaginois au cours de la première guerre mondiale (264-241 avant J.C). C'est à cette occasion que les romains des terriens plutôt que d'intrépides marins inventèrent (ou du moins utilisèrent pour la première fois) le corbeau (corvus), une longue passerelle de 11m de long et 1.2m de large, fixée au mat et muni de crocs pour attraper un navire et permettre aux romains de transformer la bataille navale en bataille terrestre. A son retour, il reçut le triomphe faisant de lui un imperator et le Sénat lui eleva un monument commémoratif.


Le croiseur porte-hélicoptères Caio Duilio

Après un cuirassé à coque en fer en service de 1880 à 1906, le nom de ce glorieux marin fût donné donc au cuirassé sister-ship de l'Andrea Doria puis un croiseur porte-hélicoptère de classe Andrea Doria en service de 1964 à 1990. Enfin, le dernier Caio Duilio est le sister-ship de la frégate antiaérienne type Orizzonte Andrea Doria et entrée en service le 3 avril 2009.

Comme le reste de la Regia Marina, l'activité du Caio Duilio fût des plus réduites, le nouveau fleuron de la marine italienne passa le plus clair de son temps à Tarente à quai. Il participa cependant à un entrainement opérationel du 29 novembre 1916 au 21 janvier 1917 au large de Corfou.

De la guerre à la reconstruction (1918-1937)

Représentation couleur de la configuration d'origine du Caio Duilio

La guerre achevée, les cuirassés Caio Duilio, Andrea Doria et Giulio Cesare effectuèrent des exercices au large de Corfou, regagnant Tarente le 26 janvier 1919. Le 25 avril 1919, les deux Andrea Doria gagnèrent la région de Smyrne pour faire valoir les droits et les ambitions de Rome dans le dépéçage de l'empire Ottoman. Le Caio Duilio regagna l'Italie le 12 septembre après que lui et son sister-ship eurent été relevé par le Giulio Cesare. Le réveil turc avec Mustapha Kemal mit fin aux ambitions italiennes qui préférèrent se retirer après la défaite grecque de 1920.

A son retour en Italie, le Caio Duilio participa aux opérations au large de l'Etat libre de Fiume en 1920 suivi de l'occupation des îles du Dodécanese en 1921 avant le pseudo-affrontement avec la Grèce à propos de l'île de Corfou après l'assassinat d'un général italien. Le Caio Duilo rentra ensuite à Tarente en septembre 1923.

En 1924 à l'occasion de la viste en Espagne du roi d'Italie, Victor Emmanuel III, le Caio Duiio effectua une visite dans les ports espagnols en compagnie du Dante Alighieri et du Conte di Cavour.

Le 8 avril 1925 alors que le cuirassé effectuait une école de feu au large de La Spezia, une explosion dans l'élévateur de munitions de la tourelle centrale secoua le cuirassé. Les dégâts étaient sérieux et il ne retrouva le service actif qu'en 1928.

Après une croisière au Levant à la fin de l'année 1932 où il visita des ports grecs et turcs, il passa quelques mois en réserve avant d'être réarmé comme navire amiral des forces de réserve à Tarento, rôle qu'elle assura jusqu'à la fin de 1936.

Reconstruction (1933-1937)

Le Caio Duilio à fort belle allure après ses travaux

Le 19 mars 1937, le cuirassé Caio Duilio arriva aux chantiers Ansaldo de Gênes pour sa reconstruction qui commença officiellement le 1er avril 1937. Les travaux furent similaires à ceux des Conte di Cavour même l'expérience acquise avec le travail de ce dernier servit pour le Caio Duilio et son sister-ship. L'Andrea Doria reçut donc un nouveau tronçon de coque de 10m, les superstructures furent refondues, la tourelle centrale débarquée pour permettre l'installation de turbines et de chaudières plus puissantes.

La protection fût également renforcée avec notament l'installation du système Pugliese tandis que l'armement était totalement refondu avec l'allésage des tubes de 305mm qui passèrent à 320mm, le débarquement des canons de 152mm en casemates et des canons de 76mm au profit de 12 canons de 135mm en quatre tourelles triples, de 10 canons antiaériens de 90mm en affûts simples, de 15 canons de 37mm (six affûts doubles et trois simples) et de 16 canons de 20mm (huit affûts doubles).
A la différence des Cavour, le Caio Duilio et son sister-ship reçurent deux catapultes pour des hydravions. Leur conduite de tir était également plus moderne que celle de leurs prédecesseurs.

Le Caio Duilio en guerre (1940-1943)

Le Caio Duilio et l'Andrea Doria naviguant de conserve

Réadmis au service actif le 15 juillet 1940, le Caio Duilio fût intégré à la 5ème division de cuirassés et participa à la riposte contre l'opération britannique Hats,un convoi de ravitaillement entre Alexandrie et Malte. S'en suivit une série complexe d'opérations entre le 30 août et le 5 septembre 1940 qui se terminèrent sans perte côté italien mais la Regia Marina fût incapable d'empêcher l'arriver du ravitaillement britannique à Malte.

Dans la nuit du 11 au 12 novembre 1940, les Fairey Swordfish du porte-avions Illustrious semèrent la désolation dans les rangs de la Regia Marina transformant Tarente en annexe de l'enfer. Si l'Andrea Doria sortit indemne, le Caio Duilio eut moins de chance. Une torpille lancé à 400m toucha le navire à proximité de la soute à munitions avant créant une brèche de 11m sur 7.

Le navire coula par petit fond mais n'était pas le navire le plus gravement endommagé puisque le 26 janvier 1941, le cuirassé quitta Tarente pour des réparations à Gênes, entrant au bassin le 3 février 1941 et y resta jusqu'à la fin du mois d'avril 1940, retrouvant les eaux famillières de la baie de Tarente le 3 mai 1941.

Après sa remise en service, le cuirassé servit principalement d'escorteur pour les convois à destination de la Lybie. En décembre 1941 avec à bord l'amiral Bergamini, participa à la première bataille du golfe de Syrte suivi de l'escorte du convoi M43 du 3 au 5 janvier 1942. Après une ultime mission d'escorte du 21 au 24 février, le Caio Duilio n'effectua plus que quelques sorties d'entrainement faute de carburant et à partir de 1943, le cuirassé resta immobilisa à Tarente, servant de simple batterie antiaérienne flottante.

Après guerre (1943-1957)

Aspect final du Caio Duilio

A l'armistice du 8 septembre 1943, le Caio Duilio était à quai à Tarente et appareilla pour Malte où il fût interné avec le reste de la marine italienne. Le traité de paix de 1947 ne laissa que deux cuirassés à la marine italienne et à défaut des deux Littorio, la Marina Militare Italiana pu conserver les deux Andrea Doria.

Du 1er mai 1946 au 10 novembre 1949 (puis encore en 1950/51), le Caio Duilio fût le navire amiral de la marine italienne, effectuant plusieurs exercices aux côtés d'autres marines occidentales. En 1953, le cuirassé fût mis en réserve à La Spezia, désarmé le 15 septembre 1956 et démoli entre 1957 et 1961.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Mer 06 Jan 2010, 18:41

Caractéristiques Techniques


(A la construction)

Déplacement : (Andrea Doria) standard 22956 tonnes pleine charge 24729 tonnes
(Caio Duilio) standard 22 994 tonnes pleine charge 24715 tonnes

Dimensions : longueur (entre perpendiculaires) 168.9m (hors tout) 176m largeur : 28m
tirant d'eau : 9.4m

Propulsion : 4 groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par 20 chaudières (8 mazout et 12 mixtes) Yarrow dévellopant une puissance totale de 30000 ch (31009ch pour le Caio Duilio) et entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 21 noeuds (21.3 noeuds pour le Caio Duilio) distance franchissable : 4800 miles nautiques à 10 noeuds 1000 miles nautiques à 21 noeuds

Protection : ceinture blindée 254mm pont blindé 98mm tourelles 280mm casemates 130mm tour de commandement 280mm

Armement :

Tourelles avant de 305mm de l'Andrea Doria

-13 canons de 305mm (12 pouces) modèle 1909 répartis en trois tourelles triples (tourelle avant, tourelle centrale et tourelle arrière) et deux tourelles doubles (une tourelle à l'avant et une tourelle à l'arrière). Ce canon de 46 calibres tire des obus de 452kg à une distance maximale de 24000m à raison de 2 coups par minute.

La tourelle double pèse 508 tonnes en ordre de combat et la tourelle triple pèse elle 681 tonnes. Elle permet aux pièces de 12 pouces de pointer en site de -5° à +20° et en azimut sur 150° (tourelle A et X) et sur 155° (tourelle B et Y) alors que la tourelle Q centrale peut pointer en azimut sur 360°.

Chaque canon dispose en théorie de 100 obus de 12 pouces soit un total de 1300 obus mais à l'usage, le nombre fût réduit à 70 soit un total de 910 obus de 305mm.

-16 canons de 152mm en casemates

-13 canons de 76mm montés sur les tourelles d'artillerie principale et 6 canons de 76mm antiaériens remplacés après guerre par 6 canons de 76mm d'un nouveau modèle et 2 canons de 40mm.

-3 tubes lance-torpilles de 450mm

Aviation : aucune à l'origine mais après guerre installation à la proue d'une catapulte pour un hydravion Macchi M18.


Le Macchi M18

Equipage : 1233 officiers et marins


(Après reconstruction)

Déplacement : standard 26434 tonnes pleine charge 29931 tonnes

Dimensions : longueur (entre perpendiculaires) 178.9m (hors tout) 186m largeur : 28m
tirant d'eau : 8.6m

Propulsion : 2 groupes de turbines à engrenages Belluzo alimentées par huit chaudières à trois corps Yarrow timbrées à 35 kg/cm² dévellopant 75000ch (87000ch à marche forcée) et actionnant 2 hélices.

Performances : vitesse maximale : 27 noeuds distance franchissable : 4500 miles nautiques à 10 noeuds mazout : 2000 tonnes

Protection : ceinture blindée 254mm pont blindé 135mm tourelles 280mm casemates 130mm tour de commandement 280mm

Armement :

-10 canons de 320mm modèle 1934 en deux tourelles triples (une tourelle avant et une tourelle arrière) et deux tourelles doubles (une tourelle avant et une arrière). Ce canon de 44 calibres qui n'est en fait que les 305mm d'origine allesés (réduction de l'épaisseur de la paroi du tube) tire des obus perforants de 525kg et des obus explosifs de 458kg à une distance maximale (perforants) de 28600m à l'élévation maximale (27°) à raison de 2 coups par minutes.

La tourelle double pèse 548 tonnes en ordre de combat et la tourelle triple 745 tonnes en ordre de combat et peut pointer en site de -5° à +27° à raison de 6° par seconde et sur 120° à droite et à gauche en azimut à raison de 5° par seconde. La dotation en munitions est de 100 obus par canon soit un total de 1000 obus.


Tourelles de 135mm tribord de l'Andrea Doria

-12 canons de 135mm modèle 1938 en 4 tourelles triples installés de part et d'autre du bloc passerelle. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 32.7kg à une distance maximale de 19600m à raison de 6 à 7 coups par minute.

La tourelle triple modèle 1937 pèse 105 tonnes en ordre de combat. Elle permet à ses canons de pointer en site de -5° à +45° et en azimut sur 120° de chaque côté à raison de 10° par seconde.


Affût simple de 90mm du Caio Duilio

-10 canons de 90mm de 53 calibres Ansaldo M1938 ou Oto M1939. Ces canons de 50 calibre tire des obus de 10.1kg à raison de 12 coups par minute à une portée maximale de 16000 en tir surface et de10800m en tir antiaérien.

L'affût simple pèse 19.07 tonnes en ordre de combat permettant au canon de pointer en site de -3° à +75° et en azimut sur 120° de chaque côté.

-12 canons de 37mm Breda modèle 1932 en six affûts doubles. Ce canon de 54 calibres tire des obus explosifs de 1.63kg à une distance maximale efficace de 4000m (+45°) en tir surface et de 5000m en tir antiaérien (+80°) à raison de 60, 90 ou 120 coups par minute.

L'affût double modèle 1932 pèse 5 tonnes en ordre de combat, peut pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 120°. La dotation en munitions est d'environ 1500 obus par canon.

-16 canons de 20mm Breda modèle 1940 en huit affûts doubles. Ce canon de 65 calibres tire un projectile de 320 grammes à une distance maximale effective de 2500m en tir antisurface (+45°) et de 2900m en tir antiaérien à raison de 120 coups par minute.

L'affût double modèle 1935 pèse 2330kg en ordre de combat et peut pointer en site de -10° à +100° et en azimut sur 120°. La dotation en munitions est de 1500 coups par canon.

Au cours du conflit, les Andrea Doria reçurent un radar et 4 canons de 37mm supplémentaires en deux affûts doubles. En 1944, ils perdirent 4 canons de 20mm.

Aviation : deux catapultes de part et d'autre des cheminées pour deux hydravions

Equipage : 1495 officiers et marins

Sources

-Jean Moulin Les cuirassés de la seconde guerre mondiale en images

-Fiches de guerre navires de guerre Edition Atlas «Andrea Doria» et «Caio Duilio»

-Ressources internet diverses

-Photo et PDF de l'ami Vautour


FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : PORTE-AVIONS CLASSE UNRYU


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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Mer 06 Jan 2010, 20:06

les Doria refondus sont vraiment des navires élégants et bien armés semble-t-il
par contre 4500 nautiques à 10 noeuds (soit dit en passant 10 c'est en dessous d'une vitesse de croisière minimum qui serait plutôt vers 15 -USN 16 noeuds, la nuit-) c'est très peu même en Méditerranée çà limite la manoeuvre.
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Mer 06 Jan 2010, 21:02

Je suis assez fan du design des Andrea Doria et des Conte di Cavour refondus (moins de leur version originelle). Pour le rayon d'action, c'est peu mais la Regia Marina savait que ces cuirassés ne dépasseraient ni Gibraltar ni Suez ni le Bosphore. La vitesse augmentée de 5 noeuds à été critiquée car cela s'est fait au détriment du renforcement de la protection, 24-25 noeuds comme les queen Elisabeth aurait été suffisant et cela aurait permis de renforcer la protection latérale et peut être d'installer un vrai système Pugliese.

Pour la suite, j'ai réussi à faire aujourd'hui les Unryu que je posterai demain avant de commencer le Hood ! cheers cheers

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 12:43

Ah le Hood !!
quel beau yacht !!!

J'ai des trucs dessus si çà t'intéresse:
-un profil d'une refonte envisagée qui lui donnait un air de KG V (il faut que je le scanne)
-un lien web sur sa destruction par un obus de 15 du Bismarck expliquant croquis à l'appui pourquoi il y eu ces panaches de fumée régulièrement espacés avant l'explosion finale...
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 12:54

Ah si tu peux me les envoyer je suis preneur de tout type de documents, j'ai vraiment envie de pas le louper ce navire qui à une vraie "gueule"

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 13:11

connais pas bien les navires Italiens de cette periode là ... mais ils sont bien fait au niveau design c'est vrai

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 19:14

Un bel article pour un navire qui ne l'est pas moins (du moins après sa refonte) thumright

Citation :
un vrai système Pugliese

Des précisions là dessus?
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 19:17

Merci Eagle Eye. Je faisai référence au débat sur les Cavour qui à la différence des Littorio reçurent faute de place un système Pugliese moins efficace.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 19:18

tout est décrit par vautour dans le post consacré au Cavour

faut suivre mais c'est vrai que çà va vite
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 19:19

oups, désolé. Faut dire que, comme tu le dis, ca va vite, et j'ai moins de temps libre pour trainer sur la toile.
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 19:22

C'est vraie que la refonte de tout ces navires, au niveau esthétique, c'est le métamorphose de la chenille thumright
clausewitz a écrit:
La vitesse augmentée de 5 noeuds à été critiquée car cela s'est fait au détriment du renforcement de la protection, 24-25 noeuds comme les queen Elisabeth aurait été suffisant et cela aurait permis de renforcer la protection latérale et peut être d'installer un vrai système Pugliese.
Il leur auraient été possible de concilier les deux (+ de vitesse & + de blindage) si les Italien avaient fait comme les Britaniques avec la dernière des refontes du croiseur de bataille Renown (1936/1940)!
Il ont décuirasser une bonne partie des flans du cb, j'usqu'à ne conserver qu'une hauteur de ceinture conparable à celle des nouveaux cuirassé de 35000 t.
Le poid éconnomiser sur du blindage inutile leur avaient permis, en retour de renforcer celui qui restaient!
Ainsi la ceinture passait de 152 mm à 229 mm, quand au blindage du pont, il fut également renforcé ! Wink
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 19:30

Jusqu'au Hood inclus les anglais cuirassaient leurs navires de manière homogène sans privilégier plus particulièrement les points névralgiques.

Ce système dit (improprement d'ailleurs car ce n'était pas si caricatural) du "tout ou rien" qui mettait l'accent très particulièrement sur les soutes à munitions la propulsion le système de barre et la protection horizontale fut inauguré par les Nevada américains.

La refonte du Renown en a tenu compte et effectivement on a gratté ici pour augmenter là
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 22:14

Il me semble d'ailleurs que il n'y eu après que des "tout ou rien"...
Peut être le Bismarck non ?
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 22:16

Le Bismarck étant une extrapolation des Baden je suis pas sûr que les allemands aient appliqués cette technique

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 22:19

C'est bien ce qu'il me semble donc, que c'etait un des rares construit sur la fin du règne des cuirassés, qui était encore blindé de manière homogène.

Pitêtre quon pourra nous confirmer.
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 22:19

Oui mais ils ont sûrement intégré les progrès techniques depuis la première guerre mondiale scratch

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 22:50

Pense tu!

Dans ce domaine il était resté une authentique pièce de musée!



Et le plus beau c'est que le même schémas de protection antidéluvien était prévu pour les futures cuirassé de type H !
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Jeu 07 Jan 2010, 23:02

vautour a écrit:

Et le plus beau c'est que le même schémas de protection antidéluvien était prévu pour les futures cuirassé de type H !

Antédiluvien... Je suppose que quand tu parles de déluge tu parles du Jutland
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Ven 08 Jan 2010, 05:25

en meme temps, les cuirasses de la SMS ont mieux resistes que ceux des anglais qui expolsait comme des petards

regardez le Lutzow, avec le pont a ras de la flotte, il rentre au port !

c'est sans doute ce qui a motive les allemands a conservez le shema
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE ANDREA DORIA   Ven 08 Jan 2010, 06:33

ce schéma de blindage ancien est une des explication à la grande largeur du Bismarck 36 mètres

les CdB allemands (dont Tirpitz ne voulait pas) avaient un blindage particulièrement épais ce qui n'empêcha pas le Lützow de devoir être néanmoins abandonné en fin de compte
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