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 ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)

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clausewitz
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MessageSujet: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Jeu 30 Avr 2015, 21:11

CUIRASSES CLASSE LITTORIO
(ITALIE)


Le cuirassé Littorio, fierté de la Regia Marina

INTRODUCTION

Una Storia de la marina italiana (Une histoire de la marine italienne)

Péninsule barrant la Méditerranée dans le sens nord-sud, pouvant contrôler cette Mare Nostrum par ses dépendances sardes et siciliennes, l'Italie n'à pas attendu l'unification pour être une puissance maritime.


Représentation sur une mosaïque retrouvée en Tunisie d'une trirème

Si on à retenu de l'empire romain ses légions, sa marine longtemps prisonnière des limbes de l'histoire à vu son rôle reévalué dans le domaine de la défense du Rhin et du Danube sans parler du transport en Bretagne des légions chargées de conquérir ce territoire.

Au Moyen-Age, les plus puissants états italiens étaient les fameuses républiques maritimes comme Amalfi, Pise, Gênes et surtout Venise qui se livrèrent une concurrence féroce pour le contrôle de la Méditerranée, le cœur du monde jusqu'au 15ème siècle quand la découverte de l'Amérique bouleversa l'ordre établi.


Le Buccentaure. Chaque année, le jour de l'Ascension, le doge de Venise lançait au Lido un anneau renouvelant les fiançailles de Venise avec la mer.

Sans le concours des républiques maritimes, certaines croisades auraient été impossibles à organiser ce qui explique aussi pourquoi la quatrième croisade fût détournée par Venise pour rétablir l'ordre dans ses possessions adriatiques puis s'emparer de Byzance dans un sac qui scandalisa la chrétienté.


La formidable victoire de Lepante fût hélas sans lendemain

A partir du 15ème siècle, les républiques maritimes déclinent. Certes il y à bien la fabuleuse victoire de Lepante le 7 octobre 1571 où sous le commandement de Don Juan d'Autriche fils illégitime de Charles Quint, des galères espagnoles, vénitiennes, pontificales, savoyardes et génoises écrasèrent la flotte ottomane mais si l'expansion turque fût stoppée, les conséquences à long terme furent mitigées.


Le vainqueur de Lépante, Don Juan d'Autriche (1545-1578), fils illégitime de Charles Quint et de Barbara Blomberg, demi-frère de Phillipe II

Si Venise tint plus ou moins son rang jusqu'à la fin du 18ème siècle, les autres républiques italiennes comme Pise et Gênes connurent un déclin irrémédiable.

Paradoxalement la Regia Marina (Marine Royale) voit le jour dès le 17 novembre 1860 soit quatre mois avant la proclamation du Royaume d'Italie (17 mai 1861). Elle regroupe les anciennes marines du Royaume de Piemont-Sardaigne, du Grand-Duché de Toscane, du Royaume des Deux-Siciles, de la Rome Pontificale ainsi que de navires ayant transporté à Naples les chemises rouges de Garibaldi.


Tableau représentant la bataille de Lissa (20 juillet 1966)

Cette marine est loin d'être unitaire, regroupant des marins aux grades et aux traditions différentes avec même des différences linguistiques assez marqués connait une rapide expansion mais qui dit rapide expansion dit problèmes de croissance avec des navires aux technologies nouvelles pas toujours bien assimilées comme le prouvera la bataille de Lissa où la marine autrichienne commandée par le brillant amiral Tegetthoff étrillera une escadre italienne pourtant supérieure en nombre (20 juillet 1866).


Le vainqueur de Lissa, Wilhelm von Tegetthoff


Il faudra du temps pour permettre à cette marine de devenir une force unitaire, l'Académie Navale de Livourne, l'équivalent italient de l'Ecole Navale de Brest ne voyant le jour qu'en 1881 en remplacement des écoles de Gênes et de Naples.

Sur le plan technique, la marine italienne est handicapée par une industrie anémique qui gêne son expansion.


Le Dante Alighieri, premier dreadnought de la Regia Marina

Elle peut néanmoins se targuer de disposer de dix-sept cuirassés quand éclate le premier conflit mondial avec onze prédreadnought et six dreadnought dont le premier cuirassé à tourelles triples, le Dante Alighieri œuvre de Vittorio Cuniberti, l'un des théoriciens du All Big Gun Battleship, le cuirassé à artillerie principale monocalibre concrétisé par les anglais avec le HMS Dreadnought.

Face à l'Italie se dresse la Koningliche und Kaiserliche Kriegsmarine (KuK), la marine royale et impériale austro-hongroise qui elle dispose de quatorze prédreadnought et de quatre dreadnought, les Tegetthoff.

Handicapée par une géographie défavorable avec des marines britanniques et françaises puissantes en Méditerranée associée à une marine italienne pouvant l'attaquer en Adriatique, la marine de la Double-monarchie se contenta de la posture de Fleet-in-Being, de flotte en attente, une stratégie qui explique l'absence de véritable affrontement entre cuirassés dans cette dépendance de la Méditerranée.


Naufrage du Leonardo da Vinci

La marine italienne perdit des cuirassés mais uniquement de la faute de sabotages (Benetto Brin Leonardo da Vinci) ou de mines (Regia Margherita), les deux cuirassés austro-hongrois coulés l'étant du fait des vedettes lance-torpilles (Svent Itsvan) ou de torpilles pilotées (Viribus Unitis).


Le cuirassé Andrea Doria de la classe éponyme en 1913

Quand le conflit se termine, la marine italienne qui dispose de quatre cuirassés modernes (Conte di Cavour Giulio Cesare Andrea Doria Caio Duilio) avait entamé la construction de ces quatre premiers superdreadnought, les Francesco Caracciolo, des navires armés de huit canons de 380mm.


Schéma de la classe Caracciolo

La construction lancée dès 1914 pour le navire tête de série avait été ralentie pour ne pas dire stoppée par le premier conflit mondial et quand ce dernier s'achève l'Italie épuisée par la guerr, en pleine crise économique n'à plus les moyens de ses ambitions.

Tout comme la France avec les cinq Normandie et les quatre Lyon, l'Italie doit renoncer à la construction de navires qui de toute façon auraient de toute façon eut du mal à  passer les fourches caudines du traité de Washington à moins d'envoyer à la casse les dreadnoughts en service ce qui aurait un gaspillage pour le moins malvenu.

La Regia Marina va se reconstruire dans le cadre du traité de Washington auquel est aussi contraint son rival français, Rome comme Paris en dépit de tentatives de rapprochement au début des années trente ne peuvent masquer leur rivalité pour le contrôle de la Méditerranée sans oublier les revendications italiennes sur la Corse, la Tunisie, Djibouti, le comté de Nice et le duché de Savoie.

La Regia Marina d'un côté, la Royale de l'autre se construisent en opposition à l'autre, les torpilleurs, les contre-torpilleurs et les croiseurs étant des réponses aux réalisations de l'autre.

Les deux marines ont ainsi des forces et des faiblesses équivalentes. L'Italie ne possède pas de porte-avions et la France d'un porte-avions aux performances médiocres plus digne d'un navire d'expérimentation que d'un navire opérationnel.

Dans le domaine des cuirassés, les forces sont relativement équivalentes, la France aligne trois vénérables cuirassés de classe Bretagne, contemporaines des Conte di Cavour et des Andrea Doria à la différence de leurs cousins italiens, les Bretagne n'ont pas été aussi profondément refondus.

La marine française peut également compter sur les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg sans équivalent côté italien.

Dans le domaine des cuirassés rapides, des 35000 tonnes, les forces doivent à terme être équivalentes avec côté italien les quatre Littorio et côté français, les Richelieu, Jean Bart, Clemenceau et Gascogne.

Entrée en guerre le 10 juin 1940, la Regia Marina ne va pas affronter la Royale _immobilisée par l'Armistice_ mais la Meditteranean Fleet, un conflit où la marine italienne ne s'illustre guère, la faute non pas au manque de courage des marins italiens mais une combinaison de prudence, de manque criants (porte-avions, radars) et de malchance.

Le 8 septembre 1943, le gouvernement du maréchal Badoglio ordonna à la flotte de rejoindre Malte, l'Italie ayant changé de camp après le débarquement allié dans la péninsule.

La plus grand partie de la flotte parvint à rejoindre Malte mais le cuirassé Roma fût coulé par deux bombes radioguidées lancées par des bombardiers allemands, projectiles qui endommagèrent également l'Italia (ex-Littorio).


Le cuirassé Roma n'arriva jamais à Malte

La participation de la marine italienne à la guerre côté italien fût pour le moins limitée tout comme celle de la République de Salo, l'état fantoche créé par Mussolini après son évasion.

Si les vedettes lance-torpilles connurent quelques succès, si les croiseurs furent utilisés dans l'Altantique pour traquer les forceurs de blocus, les cuirassés restèrent internés en Egypte et ne participèrent jamais au conflit en dépit de la proposition du gouvernement italien d'envoyer l'Italia et le Vittorio Veneto dans le Pacifique contre les japonais.

Le 2 juin 1946, suite à la proclamation de la République, la Regia Marina devint la Marina Militare Italiana mais ceci est une autre histoire qui sort du cadre de cet article.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Jeu 30 Avr 2015, 21:30

Les cuirassés italiens

Les pré-dreadnought

Quand elle voit le jour en 1860, la marine italienne nait dans un contexte de bouleversement technique. Les coques en bois victimes des implacables obus explosifs cèdent la place aux coques en fer, la vapeur supplante la voile.

Comme les autres marines, la marine italienne se dôte d'abord d'ironclads ou cuirassés à coque en fer, vingt navires de ce type sont ainsi construits avant que la Regia Marina ne passe au pré-dreadnought. Cette catégorie de navires est représentée en Italie avec cinq classes de navires et quatorze unités.


Le Ruggiero di Lauria

La première classe est la classe  Ruggiero di Lauria composée de trois navires (Ruggiero de Lauria, Francesco Morosini et Andrea Doria) entrés en service en 1888 pour le premier, en 1889 pour le suivant et 1891 pour le dernier.

Il s'agissait de navires de 10000 tonnes filant à 17 noeuds et ayant pour armement deux canons de 430mm en une tourelle double, deux canons de 152mm en affûts simples et 4 canons de 120mm en affûts simples également. Ils ont été retirés du service en 1909 pour le premier nommé et en 1911 pour les deux autres.

Aux trois cuirassés de classe Ruggiero de Lauria succèdent les trois navires de classe Re Umberto baptisés Re Umberto, Sardegna et Sicilia.


Le Re Umberto

Ces navires entrés en service en 1893 pour le premier et en 1895 pour les autres servirent jusqu'en 1920 (Re Umberto) et 1923 (Sicilia et Sardegna). Ils déplaçaient 13700 tonnes, filaient à 18.5 noeuds et disposaient d'un armement plus cohérent que leurs précdécesseurs avec 2 canons de 340mm en une tourelle double, 8 canons de 152mm en affûts simples, 16 canons de 120mm et 16 canons de 57mm en affûts simples également.


Le prédreadnought Emanuele Filiberto

Les deux Emanuele Filiberto succèdèrent aux Re Umberto. Les Emanuele Filiberto et Ammiraglio di Saint Bon qui servirent la marine royale italienne de 1897 à 1920 étaient des navires de 10000 tonnes filant à 18.3 noeuds avec pour armement 4 canons de 250mm en deux tourelles doubles, 8 canons de 152mm en affûts simples, 8 canons de 120mm en affûts simples et 8 canons de 57mm également en affûts simples.

Les deux navires qui suivirent et formant la classe Regia Margherita connurent le sort peu enviable de disparaître au cours du premier conflit mondial.


Le cuirassé Benedetto Brin

Entré en service en 1901, le cuirassé Regia Margherita sauta sur une mine en 1916 tandis que son sister-ship Benedetto Brin entré en service la même année explosa par sabotage en 1915.

C'était des navires de 13215 tonnes, filant à 20.7 noeuds et armés de 4 canons de 305mm en deux tourelles doubles, de 4 canons de 203mm en tourelles simples, de 12 canons de 150mm en casemates et de 20 canons de 76mm en affûts simples pour la défense anti-torpilleurs.


Le Regina Elena

Les quatre Vittorio Emanuelle (Vittorio Emanuelle, Regina Elena, Napoli et Roma) furent les derniers prédreadnought italiens. En service en 1904 (Vittorio Emanuelle Regia Elena) en 1905 (Napoli) et en 1909 pour le Roma, ils servirent jusqu'en 1927.

Il s'agissait de navires de presque 13000 tonnes (12861 tonnes) filant à 21.5 noeuds ayant pour armement 2 canons de 305mm en tourelles simples, 6 canons de 203mm en trois tourelles doubles et 16 canons de 76mm en affûts simples.

Dreadnoughts

Une maxime populaire dit que «Nul est prophète en son pays» et Vittorio Cuniberti pu amèrement le vérifier quand il publia en 1903 dans Jane's Figthing Ship, un article sur le cuirassé du futur.


Schéma du projet de Vittorio Cuniberti

Pour lui le cuirassé idéal ressemble à ceci : 15000 tonnes, 12 canons de 300mm, une ceinture blindée de 300mm (rapidement s'imposera l'idée qu'un cuirassé doit être protégé contre le calibre de sa propre artillerie) et une vitesse de 24 noeuds, le choix de cette vitesse s'expliqua par la volonté du théoricien italien de permettre au navire de choisir ou non d'engager le combat, utilisant une métaphore taurine pour expliquer ce choix («Le taureau dans la vaste arène s'abuse en pensant que, plus puissant que l'agile torero, il à la maïtrise complète de la scène du combat»).

Si Vittorio Cuniberti avait été anglais, ses idées auraient été immédiatement appliquées mais il est italien et l'Italie est un pays pauvre et encore peu industrialisé. Il faut attendre 1909 pour que la Regia Marina franchisse le pas et décide de se doter d'un cuirassé à artillerie principale monocalibre.

Le premier cuirassé à artillerie principale monocalibre de la Regia Marina est le Dante Alighieri et si le cuirassé portant le nom de l'unificateur de la langue italienne ne fût pas le premier All Big Gun Battleship, il fût le premier à recevoir des tourelles triples, le sieur Cuniberti refusant de crainte de l'effet de souffle les tourelles superposées tout comme il voulait éviter les coques trop longues donc mal protégées.

Le Dante Alighieri est mis sur cale à l'Arsenal Royal de Castellamare di Stabia près de Naples le 6 juin 1909 lancé le 20 août 1910 et admis au service actif le 15 janvier 1913.  Sa carrière sans faits saillants est courte puisqu'il est désarmé le 1er juillet 1928 pour permettre à l'Italie de respecter les limitations du traité de Washington.

En dépit d'une configuration séduisante, le modèle du Dante Alighieri ne fût pas repris pour les trois cuirassés de classe Conte di Cavour (Conte di Cavour Giulio Cesare et Leonardo da Vinci).


Le Conte di Cavour

Ces navires de 23000 tonnes, filant à 21/22 noeuds et étant armés de 13 canons de 305mm en cinq tourelles avec de la proue à la poupe une tourelle triple, une tourelle double (plage avant), une tourelle triple centrale, une tourelle double et une tourelle triple (plage arrière) et de 18 canons de 120mm en casemates.

-Le Conte di Cavour est mis sur cale à l'Arsenal de La Spezia près de Gênes sur la côte ligure le 10 août 1910 lancé le 11 août 1911 et admis au service actif le 1er avril 1915. Désarmé le 12 mai 1928 pour respecter les termes du traité de Washington, il est reconstruit entre 1933 et 1937, une reconstruction si radicale que l'on peu presque parler d'un cuirassé neuf.

Remis en service le 1er mai 1937, il est gravement endommagé lors de l'opération Judgment le 11 novembre 1940 par les Fairey Swordfish du porte-avions Illustrious. Remorqué à Trieste là où il avait subit sa refonte, il était toujours immobilisé quand l'Italie change de camp en septembre 1943. Touché par une bombe allié le 20 février 1945, il chavire et est démantelé entre 1950 et 1952.

-Le Giulio Cesare est mis sur cale aux chantiers Ansaldo de Gênes le 24 juin 1910, lancé le 10 octobre 1911 et admis au service actif le 14 mai 1914.

Le 12 mai 1928, le Giulio Cesare est désarmé et sert de navire-école pour les artilleurs de la Regia Marina, rôle qu'il remplit jusqu'en 1933 quand il est décidé de le reconstruire à l'instar du Conte di Cavour.


Une fois reconstruit, le Giulio Cesare à fière allure

Il est reconstruit  d'octobre 1933 à octobre 1937 aux chantiers Cantieri del Tirreno sis à Gênes, en ressortant métamorphosé.

Ayant survécu au conflit, il est interné à Malte jusqu'en 1948. Désarmé le 15 décembre, il est transféré à la marine soviétique au titre des dommages de guerre le 3 février 1949, étant remis en service trois jours plus tard sous le nom de Novorossiysk.

Victime d'une explosion aux origines incertaines (mines, sabotage....), il est coulé à Sebastopol le 29 octobre 1955. Relevée, l'épave est démantelée.

-Le Leonardo da Vinci est mis sur cale aux chantiers navals Odero de Gênes le 18 juillet 1910 lancé le 14 octobre 1911 et admis au service actif le 17 mai 1914.

Basé d'abord à La Spezia, il fût basé à l'entrée en guerre le 24 mars 1915 dans le port de Tarente mais ne connu qu'une carrière fort brève puisqu'il est victime dans la nuit du 2 août 1916 d'une explosion provoquée selon toute vraisemblance par des agents autrichiens.

Relevé aux prix d'efforts considérables (mais qui firent des italiens des spécialistes reconnus du relevage de navires), le Leonardo da Vinci ne sera jamais réparé et l'épave sera envoyée à la démolition en mars 1923.

Aux trois Conte di Cavour succèdent deux cuirassés de classe Andrea Doria, les Andrea Doria et Caio Duilio, des navires semblables aux Cavour mais qui se différenciait par un armement secondaire différent, des canons de 152mm en remplacement des canons de 120mm.

-Le Andrea Doria est mis sur cale à l'Arsenal de La Spezia le 24 mars 1912 lancé le 30 mars 1913 et admis au service actif le 13 mars 1916.

Du 8 avril 1937 au 15 juillet 1940, l'Andrea Doria est immobilisé pour une refonte aux chantiers navals CRDA (Cantieri Riuniti del Adriatico _chantiers réunis de l'Adriatique_) de Trieste qui métamorphose sa silhouette.

Il participe ensuite au second conflit mondial y survivant. Interné quelques mois à Malte, il est maintenu en service dans la nouvelle Marina Militaire Italiana comme navire-école et comme navire-amiral en 1949/50 et 1951/53 jusqu'à son désarmement le 1er novembre 1956 avant sa vente à la démolition et son démantelement en 1957 et 1958.


Le Caio Duilio avant sa reconstruction et ci-dessous en septembre 1943


-Le Caio Duilio est mis sur cale aux chantiers navals de Castellammare di Stabia près de Naples le 24 février 1912 lancé 24 avril 1913 et admis au service actif le 13 juin 1916.

Après une explosion interne, il resta hors service de 1925 à 1928. Après une croisière au Levant à la fin de l'année 1932 où il visita des ports grecs et turcs, il passa quelques mois en réserve avant d'être réarmé comme navire amiral des forces de réserve à Tarente, rôle qu'il assura jusqu'à la fin de 1936.

Du 1er avril 1937 au 15 juillet 1940, il est immmobilisé aux chantiers navals Ansaldo de Gênes pour être reconstruit sur le même modèle que son sister-ship et que les Cavour.

Endommagé au cours de l'opération Judgment, il est remis en service à la différence du Conte di Cavour et survit à la guerre. Interné à Malte, il est l'un des deux cuirassés que le traité de paix de 1947 que l'Italie est autorisée à conserver.

Du 1er mai 1946 au 10 novembre 1949 (puis encore en 1950/51), le Caio Duilio fût le navire amiral de la marine italienne, effectuant plusieurs exercices aux côtés d'autres marines occidentales. En 1953, le cuirassé fût mis en réserve à La Spezia, désarmé le 15 septembre 1956 et démoli entre 1957 et 1961.

Avec leurs canons de 305mm, les six cuirassés italiens que je viens de brièvement présentés étaient des dreadnoughts. Ils auraient du être suivis par des superdreadnought de classe Francesco Caracciolo.

La classe Francesco Caracciolo qui devait compter quatre navires ne vit cependant jamais le jour en raison de la crise économique frappant l'Italie en 1919 et surtout du traité de Washington qui limita le tonnage de cuirassés attribué à l'Italie à 182000 tonnes.

Il faudra attendre 1934 pour que l'Italie ne construisent des nouveaux cuirassés, les Littorio déclenchant à l'occasion la course au cuirassé de 35000 tonnes.

-Le Francesco Caracciolo est mis sur cale le 12 octobre 1914 à l'Arsenal de Castellamare di Stabia près de Naples et lancé le 12 mai 1920, la construction qui avait été suspendue en 1916 avait repris en 1919 pour libérer la cale. Une conversion en porte-avions à été étudiée mais rejetée par la marine italienne qui ne s'intéressait pas aux porte-avions.

-Le Francesco Morosini est mis sur cale le 27 juin 1915 aux chantiers Orlando de Livourne. Jamais achevé et demantelé sur cale

-Le Cristoforo Colombo est mis sur cale le 14 mars 1915 aux chantiers Ansaldo de Gênes. Jamais achevé et demantelé sur cale.

-Le Marcantonio Colonna est mis sur cale le 3 mars 1915 aux chantiers Odero de Sestri Ponente (Sestri Ponente était une commune indépendante de Gênes jusqu'en 1926). Jamais achevé et demantelé sur cale.

Les canons fabriqués ont été réutilisés à bord des monitors Faa di Bruno et Alfredo Cappellini et des pontons Sabotino, Monte Santo, Monte Grappa, Montello et Monte Novegno.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Jeu 30 Avr 2015, 21:38

Ricochets ou la genèse des Littorio

A l'origine le Deutschland

Le KMS Deutschland (ici en 1935) est le point de départ de la course au 35000 tonnes

Le 11 novembre 1918, l'Armistice de Rethondes entre en application marquant la fin des hostilités sur le front occidental et en conséquence la défaite de l'Allemagne.

Quelques jours plus tard, la Hochseeeflot, l'orgueuil de la Kaiserliche Marine rallie Rosyth puis Scapa Flow pour être internée en attendant que son sort soit scellé. La livraison aux alliés ne faisant plus guère de doutes, l'amiral  Reuter ordonne le 21 juin 1919 le sabordage.

A l'issu des régléments du premier conflit mondial, la nouvelle Reichsmarine ne disposait plus que de six cuirassés type prédreadnought sans valeur militaire et si elle n'était pas astreinte aux limitations du traité de Washington c'est que le traité de Versailles ne lui permettait pas de construire des navires de plus de 10000 tonnes avec une artillerie supérieure à 280mm.

En économie on parle de «pression créatrice» et sous la contrainte, la marine allemande innova en révolutionnant le cuirassé et en déclenchant une véritable réaction en chaine.

Ayant compris que le concept de Fleet-in-Being, de flotte en attente était une fausse bonne idée, la marine allemande décida d'axer sa stratégie sur la guerre de course en lançant des raiders contre les interminables lignes de communication de l'Empire britannique

Pour la guerre de course, il fallait un navire rapide pour pouvoir rattraper un convoi ou esquiver un adversaire trop puissant, une protection importante mais pas forcément aussi importante que les cuirassés conventionnels et un armement permettant d'affronter les nouveaux venus à savoir les croiseurs lourds type Washington à canon de 203mm.

Pour la guerre de course, l'endurance était primordiale. La légèreté étant un facteur important dans ce domaine, les allemands choisirent deux solutions révolutionnaires pour des navires de cette taille : une coque soudée et des moteurs diesels.

La réponse française : Dunkerque et Strasbourg

Théoriquement la construction de cuirassés était interdite par le traité de Washington jusqu'en 1931 mais la France ayant perdu le France (classe Courbet) par échouage en 1922, elle pouvait si elle le voulait faire construire un nouveau navire de ligne en 1927 et un second en 1929.

Il fallait de toute façon envisager sérieusement le remplacement des Courbet et des Bretagne qui bien que modernisés étaient en voie de péremption.

Comme souvent les études se sont multiplliées à la fois en raison d'une méconnaissance des besoins (un grand ou un petit cuirassé) et aussi parce que la France n'avait plus construit de cuirassé depuis près de quinze ans.

L'apparition du Deutschland bouscule idées et habitudes. En l'absence de cuirassés, le croiseur lourd à canon de 203mm était censé être le roi des mers mais avec le Deutschland, l'équilibre est remise en question.

Le nouveau cuirassé français que l'on peut qualifier de croiseur de bataille est conçu pour lutter contre le Deutschland, il est rapide, bien armé (huit canons de 330mm) et bien protégé. L'envellope du déplacement étant limité, on décide de concentrer l'armement principal à l'avant dans deux tourelles quadruples (en réalité deux tourelles doubles acolées et séparées par une cloison blindée) ce qui permet de concentrer la protection là où il y en à vraiment besoin.


Le croiseur de bataille Dunkerque en 1938 et ci-dessous son sister-ship Strasbourg. Seuls les wargarmers et les uchronistes peuvent imaginer ce qu'aurait donné un duel entre les Dunkerque et les Littorio


Ce navire baptisé Dunkerque est mis en service seulement le 1er septembre 1938 suivit de son sister-ship Strasbourg admis au service actif le 24 avril 1939.  

Ces deux navires auront une carrière brève, indigne de leurs capacités et des hommes qui les servaient. Gravement endommagé à Mers-El-Kebir le 3 juillet 1940 puis par un raid de Fairey Swordfish cinq jours plus tard, le Dunkerque ramené à Toulon est sabordé le 27 novembre 1942.

Remorqué au Lazaret par les allemands, il est coulé par un bombardement américain le 18 août 1944. L'épave relevée est démantelée en 1955.

Quand au Strasbourg, il s'échappe au nez et à la barbe des britanniques le 3 juillet 1940. Ramené à Toulon, il est sabordé le 27 novembre 1942. Relevé par les italiens le 18 juillet 1943 et rendu à la marine française, il est remorqué au Lazaret où il est lui aussi coulé le 18 août 1944 par des avions américains.

Renfloué, la coque du Strasbourg fût utilisé au large de la presqu'il de Gien pour des expérimentations sur les effets des explosions sous marines. Condamné le 23 mars 1955, le Strasbourg est vendu à la démolition en mai 1955 et démantelé.

L'Italie première dans la course au 35000 tonnes

Esquisse du cuirassé Littorio

La mise en chantier des Dunkerque inquiète les italiens. La rivalité franco-italienne en matière d'armements navals à structuré la modernisation des deux marines, les réalisations de l'un répondant à celles de l'autre.

Face à ces deux élégants et modernes cuirassés, la Regia Marina ne disposant que de cuirassés vieillissants. Certes leur modernisation va être lancée mais la modernisation d'un cuirassé même étendue ne remplace pas la construction d'une nouveau navire.

La Regia Marina fût comme la Royale soucieuse de ne pas gâcher ce contingent de 70000 tonnes et de nombreux projets se succédèrent.

Le projet le plus abouti fût un cuirassé rapide de 23000 tonnes filant à 28/29 noeuds armé de six canons de 381mm en trois tourelles doubles ce qui aurait permis à la marine royale italienne de disposer de trois cuirassés avec deux navires opérationnels et un troisième en entretien.

Devant opérer uniquement en Méditerranée (l'Italie n'avait aucun intérêt à déployer ses cuirassés dans l'Atlantique ou dans l'Océan Indien et il est d'ailleurs douteux que les britanniques aient laissé les cuirassés italiens franchir le canal de Suez et le détroit de Gibraltar), la protection et l'endurance étaient sacrifiées au profit de la vitesse et de l'armement, l'Italie comme la France voyant la guerre en Méditerranée comme un conflit bref et violent.

En 1928 toutefois la marine italienne un projet plus gros avec un navire de 36000 tonnes armés de six canons de 16 pouces (406mm), un unique navire devait construit suivit de trois navires de 23000 tonnes quand l'interdiction de construire des cuirassés aurait expiré en 1931 mais le traité de Londres repoussa cette vacance du cuirassé (battleship holiday) à 1936. Italiens et fançais pour une fois unis bloquèrent une proposition britannique de limiter les caractéristiques du cuirassé à 25000 tonnes et des canons de 305mm.

L'apparition du Deutschland à provoqué on l'à vu naissance au Dunkerque obligeant l'Italie à riposter. En 1932, un projet si il s'était concrétisé aurait donné naissance à un navire de 18000 tonnes armés de six canons de 343mm en deux tourelles triples.

Ce projet se révélant sous-protégé et sous-armé il fût remplacé par un  navire de 26900 tonnes armé de huit canons de 343mm en tourelles doubles, lui même remplacé par un projet d'un navire de 35000 tonnes armés de canons de 406mm.

La production du canon de 16 pouces se heurta au problème de l'absence de plans de pièces de ce calibre à la différence d'un canon de 381mm envisagé pour les Francesco Caracciolo mais à la différence de cette classe mort-née, les futurs Littorio allaient recevoir neuf canons de 381mm en trois tourelles triples.

Le déplacement était de 41000 tonnes ce qui dépassait les limitations du traité de Washington. Outre le fait que la sincérité des signataires était pour le moins  sujette à caution, les navires allaient entrer en service au moment où les traités allaient être caducs, la clause de sauvegarde du traité de Londres autorisant des cuirassés de 45000 tonnes.

Après la décision de reconstruire des Conte di Cavour en octobre 1933, les italiens décidèrent de voir les choses en grand et le 11 juin 1934, l'agence de presse Stefani annonça la construction de deux cuirassés de 35000 tonnes.

Ces navires baptisés Littorio et Vittorio Veneto furent mis sur cale le 28 octobre 1934 respectivement aux chantiers Ansaldo de Gênes et aux Chantiers Réunis de l'Adriatique de Trieste lancés respectivement le 22 août et le 25 juillet 1937 et admis au service actif  respectivement le 6 mai et le 28 avril 1940.

C'était d'élégants navires déplaçant 35000 tonnes, mesurant 237m de long sur 32.9m de large plus un tirant d'eau de 10.5m, une vitesse maximale de 30 noeuds et un armement composé de 9 canons de 381mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), 12 canons de 152mm en quatre tourelles triples, 12 canons de 90mm antiaériens en affûts simples et 20 canons de 37mm (8 affûts doubles et 4 affûts simples).

Face à ces deux navires qui étaient supérieurs aux Dunkerque, la France décida de construire deux dérivés de ces croiseurs de bataille, deux navires de 35000 tonnes armés de huit canons de 380mm en deux tourelles quadruples installées sur la plage avant.


Le très élégant cuirassé Richelieu

En riposte des Richelieu, la marine italienne commanda deux nouveaux Littorio baptisés Roma et Imperio qui entrainèrent côté français la commande du Clemenceau et du Gascogne.

La défaite française stoppa net la construction de cuirassés, le Clemenceau n'étant jamais achevé et le Gascogne jamais mis sur cale.

Quand aux projets français, les cuirassés de classe Province ou classe Alsace, ils ne dépassèrent pas le stade des études préliminaires (il est peu probable que les «bleus» ont été dessinés avant l'armistice) mais il est probable que l'Italie aurait riposté par la construction de nouveaux cuirassés semblables aux Littorio avec peut être des canons de 406mm dont plusieurs modèles avaient été produits pour les Sovietsky Soyouz.

L'URSS ne fût pas le seul pays qui s'inspira des Littorio (Ansaldo avaient transmis des plans d'un cuirassé, le UP41) car l'Espagne envisagea la construction de trois (d'autres sources disent quatre) cuirassés semblables aux Littorio.

Franco y renonça rapidement, une Espagne épuisée par la guerre civile et à l'industrie sous-dévellopée ne pouvant construire de tels navires.

La construction des Littorio et des Richelieu entraina une nouvelle course au cuirassé, le cuirassé rapide de 35000 tonnes filant entre 27 et 30 nœuds avec un armement composé de canons de 356 à 460mm pour les Yamato.

Si les italiens mirent en chantier quatre Littorio et la France les trois Richelieu, les britanniques construisirent les cinq King George V (et commandèrent quatre Lion qui ne furent jamais achevés), les allemands deux Bismarck (six type H ne furent jamais achevés), les américains deux North Carolina, quatre South Dakota et quatre Iowa (deux inachevés, les Montana étant davantage des cuirassés lents même si ils pouvaient en théorie filer à 27 noeuds) et le Japon deux Yamato plus un troisième achevé en porte-avions et un quatrième reste inachevé.

La question est de savoir si sans la construction du Deutschland et ses conséquences, ses ricochets, la course au cuirassé rapide aurait été lancé.

Il est probable que cela n'aurait pas changé grand chose. D'une part parce que les flottes de cuirassés des marines majeures étaient vieillissantes ou inexistantes pour l'Allemagne et d'autre part parce que le concept du cuirassé lent avait du plomb dans l'aile, la vitesse devant être un facteur majeur pour permettre aux lignes de bataille de prendre le pas sur l'adversaire et que les progrès techniques permettaient d'envisager des navires à la fois rapides, bien armés et bien protégés.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Jeu 30 Avr 2015, 21:51

HISTORIQUE

Le Littorio


Présentation

-Le Littorio est mis sur cale le 28 octobre 1934 aux chantiers navals Ansaldo de Gênes. Il est lancé le 22 août 1937 et admis au service actif le 6 mai 1940.


Sur cette pièce d'or du 1ère siècle retrouvée en Roumanie (Dacie à l'époque), figure un consul et deux licteurs porteurs du faisceau de verges

En italien, Littorio c'est licteur, le protecteur des magistrats portant l'imperium. Ils portent le faisceau de verges entourant une hache soulignant leur rôle de protection et d'exécutant des décisions des magistrats, la «bastonnade» avec les verges ou la mise à mort avec la hache.

Le faisceau en italien fascio à été choisit comme symbole par le Parti National Fasciste de Mussolini. Il était logique que ce nom ait été choisit pour baptiser un cuirassé, le Duce rêvant de restaurer la grandeur de l'Empire Romain à son profit tout comme il est logique qu'aucun navire de la Marina Militaire Italia qui à succédé à la Regia Marina en 1946 ait repris ce nom.

Carrière opérationnelle

Vue aérienne du Littorio au cours de ses premiers essais à la mer

Le Littorio est basé à Tarente, la base majeure de la marine italienne avec La Spezia. La base calabraise était idéalement placée pour attaquer les lignes de communication britanniques qui reliaient notamment Malte à Alexandrie sans oublier la défense des communications avec l'ASI.

Avec son sister-ship Vittorio Veneto, il forme la 9ème division de la 1ère escadre. Les deux cuirassés sortent le 31 aoû en compagnie de trois cuirassés anciens, de dix cruisers et de trente et un destroyers pour attaquer le convoi de l'opération Hats ravitaillant Malte mais sans succès. Une autre sortie le 29 septembre 1940 n'eut guère plus de succès.

Il fût gravement endommagé dans la nuit du 11 au 12 novembre 1940 au cours de l'opération Judgment. Cette nuit là, 21 Fairey Swordfish _accompagnés par des bombardiers en piqué Blackburn Skua_ décollant du porte-avions Illustrious attaquèrent la flotte italienne ancrée à Tarente. Les dégâts de cette opération _à l'origine étudiée en 1935 quand la tension anglo-italienne à propos de l'Ethiopie faillit dégénérée en guerre ouverte_ furent considérables.


Le Littorio fût sérieusement endommagé lors de l'opération Judgment


Le Littorio encaissa deux torpilles avant d'être échoué pour éviter des dégâts plus importants, le Caio Dulio encaissa une torpille et s'échoua tout comme le Cavour qui coula en eau peu profonde......... .

C'est ainsi qu'une vingtaine de biplans dépassés avaient bouleversé l'équilibre des forces en Méditerranée. Le Littorio est mis au bassin le 11 décembre et les réparations sont achevées le 11 mars 1941. Pendant cette période, le Vittorio Veneto repris au Littorio ses fonctions de navire-amiral de la Regia Marina.

Une fois réparé, le Littorio attaqua le convoi allié Albert le 27 septembre 1941, convoi qui transportait du ravitaillement à destination de Malte Ce fût ensuite première bataille du Golfe de Syrte qui eut lieu le 17 décembre 1941.

La première bataille du Golfe de Syrte eut lieu dans le cadre de l'opération alliée Crusader. Déclenchée le 18 novembre, elle obligea les allemands à battre en retraite à Gazala et à abandonné toute la Cyrénaïque.

Tous comme les alliés et même plus encore qu'eux, les forces italo-allemandes commandées par le maréchal Rommel avaient un urgent besoin de ravitaillement qui ne pouvait venir que par mer avec le risque d'être intercepté par la Royal Navy.

Le 13 décembre 1941 un convoi italien est intercepté au large du cap Bon (Tunisie) et anéantit par des destroyers britanniques. Le jour même un nouveau convoi baptisé M41 appareille solidement protégé par cinq destroyers avec une force de couverture composée de deux cuirassés, quatre destroyers et deux torpilleurs.

Ce convoi joua  de malchance avec deux navires torpillés par des sous-marins britanniques, deux navires endommagés lors d'une collision et le Vittorio Veneto endommagé par une torpille est obligé de faire demi-tour.

Le convoi fit alors demi-tour, rentrant à Tarente pour être reconfiguré. Il reprend la mer le 16 décembre, les quatre cargos disposant d'une escorte de luxe sous les ordres du vice-amiral Iachino.

La protection directe se composait de sept destroyers et d'un torpilleur, la couverture rapprochée assurée par le cuirassé Caio Duilio, trois croiseurs légers et trois destroyers alors que la couverture éloignée était du ressort de trois cuirassés (dont le Littorio), de deux croiseurs et dix destroyers.

Vingt-quatre heures plus tôt, le 15 décembre 1941, un convoi britannique était parti d'Alexandrie direction Malte. L'unique navire de charge le Breconshire était protégé par trois croiseurs et huit destroyers. Le 16, des navires de guerre venus de Malte se portèrent à la hauteur du convoi.

La bataille eut lieu le lendemain, un engagement bref sans vainqueur, les deux convois parvenant à destination.


Le Littorio à la mer avec un camouflage

Après une nouvelle mission de couverture de convoi (convoi M43 3 janvier 1942), le Littorio participa le 22 mars à la deuxième bataille du Golfe de Syrte où un convoi britannique à destination de Malte fût attaqué par une force italienne organisée autour du Littorio qui parvint à détruire une grande partie du convoi même si les pertes militaires des britanniques étaient faibles (3 croiseurs légers et 6 destroyers endommagés, 39 morts).

Le 15 juin 1942, le Littorio attaqua les convoi Vigorous et Harpoon à destination de Malte et fût endommagé par une torpille lancé par un Vickers Wellington, dommages légers puisque le navire fût capable de rentrer au port par ses propres moyens.

Réparé le 12 décembre, le Littorio accompagné par le Vittorio Veneto et un nouveau venu, le cuirassé Roma quittèrent Tarente pour La Spezia, décision prise suite à l'opération Torch, le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942. Le Roma remplace à cette occasion le Littorio comme navire-amiral.

Une telle concentration de navires ne pouvait échapper aux alliés qui en juin 1943 lancèrent une série d'attaque aériennes pour les neutraliser. Le 19 juin 1943, le Littorio est endommagé par trois bombes mais les dégâts sont limités.
Suite à la chute de Mussolini consécutif au vote du Grand Conseil Fasciste le 25 juillet 1943, le cuirassé Littorio est rebaptisé Italia (30 juillet 1943).

Le 8 septembre 1943, l'armistice entre l'Italie et les alliés entre en vigueur. Le gouvernement de Badoglio ordonne à la flotte de La Spezia de le rejoindre.

Attaquée par des bombardiers allemands équipées de bombes radio-guidées Fritz X, l'Italia est endommagé par un de ces diaboliques engins et à plus de chance que l'infortuné Roma qui coule après avoir encaissé deux bombes de ce type (9 septembre).

Après avoir rejoint Malte le 14 septembre 1943, le cuirassé est transféré à Alexandrie puis interné dans le Lac Amer, un lac d'eau salé créé par la rencontre entre les eaux de la Méditerranée et de la Mer Rouge.

Le 5 février 1947, l'Italia quitte le Lac Amer pour rallier à Augusta (Sicile) le Vittorio Veneto. Au titre du traité de paix il est cédé aux Etats-Unis. Rayé des registres le 1er juin 1948, il est démantelé à La Spezia.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Jeu 30 Avr 2015, 22:02

Le Vittorio Veneto

Présentation

Le cuirassé Vittorio Veneto en 1943

Le Vittorio Veneto est mis sur cale le 28 octobre 1934 au Cantieri Riuniti dell' Adriatico (CNR Chantiers Réunis de l'Adriatique) de Trieste, le même jour que le Littorio lancé le 25 juillet 1937

Le gros œuvre comme on dit dans le BTP est achevé en octobre 1939 non sans mal en raison de changements dans les caractéristiques techniques ainsi qu'une pénurie de plaques de blindage.

Avant le début des essais à la mer, le cuirassé est mis au sec à Venise pour nettoyer la coque (4-17 octobre 1939). Le bassin est remis en eau pour conduire les traditionnels essais de stabilité avant un retour à Trieste le 19 octobre. Les essais commencent le 23 octobre et s'achèvent en mars 1940, de nouveaux travaux sont menés jusqu'à sa livraison à la marine italienne le 28 avril 1940 (cette date est souvent considérée comme l'admission au service actif du cuirassé).

Le 1er mai, il est amené à La Spezia pour d'ultimes travaux ainsi que le chargement des soutes achevé le 20 mai. Le jour même, il est transféré à Tarente, escorté par les destroyers Ascari et Carabiniere, formant la 9ème division de cuirassés en compagnie du Littorio, les deux cuirassés étant considérés comme opérationnels le 2 août 1940, presque deux mois après l'entrée en guere de l'Italie.


Carte représentant la bataille de Vittorio Veneto

Il célèbre une bataille du premier conflit mondial, la bataille de Vittorio Veneto (24 octobre-3 novembre 1918). Cette bataille qui opposa cinquante-sept divisions alliées (51 divisions italiennes, trois divisions britanniques, deux divisions françaises, la légion Tchécoslovaque et un régiment américain) à soixante-une divisions austro-hongroises lava l'humiliation de Caporetto. Les pertes furent très lourdes, 36498 morts côté allié, 35000 morts et 426000 prisonniers côté austro-hongrois.


La victoire de Vittorio Veneto vengea l'humiliation de Caporetto

A l'origine de cette victoire figure la pire défaite de l'histoire militaire italienne, la bataille de Caporetto (24 octobre-9 novembre 1917), le front italien cédant sous les coups de boutoir des troupes de la Double-Monarchie renforcées de troupes allemandes. La Regia Esercito perdit 300000 hommes et le général Cadorna fût limogé, remplacé par le général Diaz qui stabilisa le front sur la Piave avec l'aide de divisions françaises et britanniques.

En juin 1918, l'offensive austro-hongroise échoue et le général Diaz prépare une offensive décisive pour mettre fin à ce terrible conflit. L'objectif était la ville de Vittorio (le terme Veneto fût ajouté en 1923) en Vénétie, la prise de cette ville coupant le dispositif ennemi en deux.

Après une dure bataille c'est chose faite le 3 novembre 1918. Cette bataille est le coup fatal porté à la Double-Monarchie qui ne tarde pas à s'effondrer.

Cette victoire venge Caporetto et est considéré comme la fin de l'unité italienne d'autant que les alliés ont promis au traité de Londres qui avait codifié l'entrée en guerre de l'Italie la réunion au Royaume d'Italie des terres irrédentes mais comme les promesses n'engagent que ceux qui les croient.... .

Dès le 28 octobre, Vienne avait demandé un armistice après que successivement les tchèques et les slovaques eurent demandé leur indépendance, les slaves du sud suivant le lendemain, la Hongrie annonçant son départ de l'union le 31. L'armistice de Villa Giusti est signé le 3 novembre, entrant en application le lendemain.


Le croiseur porte-hélicoptères Vittorio Veneto

Si le Littorio n'eut pas de descendant, le cuirassé Vittorio Veneto eut un successeur en l'occurence un croiseur porte-hélicoptère en service dans la marine italienne de juillet 1969 à novembre 2003, étant navire-amiral de la marine italienne de 1971 à 1985. Il à été remplacé par le porte-aéronefs Cavour.

Carrière opérationnelle

Vue avant du Vittorio Veneto

Du 31 août au 2 septembre 1940, le Vittorio Veneto est à la mer en compagnie de quatre cuirassés, dix croiseurs et trente-quatre destroyers pour intercepter deux convois britanniques, le convoi MB.3 et le convoi de l'opération Hats. La bataille n'eut jamais lieu, la flotte italienne faute de reconnaissance efficace ne put repérer les forces navales britanniques.

Quatre jours plus tard, la flotte italienne est à nouveau à la mer suite à l'appareillage de la force H de Gibraltar mais cette dernière fila dans l'Atlantique et non en Méditerranée.

Du 29 septembre au 1er octobre 1940, il est à nouveau à la mer pour intercepter le convoi MB.5, le deuxième cuirassé italien de classe Littorio étant accompagné de quatre autres cuirassés, onze croiseurs et vingt-trois destroyers. Cette fois la Regia Aeronautica fut capable de localiser le convoi mais la flotte ne put intercepter ce convoi transportant des troupes en direction de Malte.

Lors de l'opération Judgment, le Vittorio Veneto resort indemne de cette attaque. Le lendemain, il appareille direction Naples, remplaçant le Littorio comme navire-amiral de la flotte italienne, l'amiral Campioni y posant sa marque.

Cinq jours plus tard, les deux seuls cuirassés opérationnels de la marine italienne (Vittorio Veneto Giulio Cesare) appareillent pour intercepter la flotte britannique organisée autour du vieux porte-avions Argus qui devait livrer douze Hurricane et deux bombardiers en piqué Skua. La sortie massive de la flotte italienne empêcha la livraison des avions à Malte.


L'artillerie principale du Vittorio Veneto en action lors de la bataille du cap Spartivento

Néanmoins le véritable baptême du feu du sister-ship du Littorio eut lieu le 27 novembre 1940 lors de la bataille du cap Spartivento (situé au sud-ouest de la Sardaigne, fermant le golfe de Teulada d'où le nom également donné à cette bataille de bataille du Cap Teulada).

Cette bataille fait suite à l'attaque britannique sur Tarente. La Regia Marina ayant compris que le statut de fleet in being (flotte maintenue dans ses ports comme menace à la manière de la Hochseeflot allemande de la première guerre mondiale) causait plus de problèmes qu'il n'apportait de solutions se décida à agir.

Une force de surface organisée autour du Vittorio Veneto et du Giulo Cesare tenter d'intercepter le convoi britannique chargé de livrer des avions à Malte (opération Collar).

Quand la Royal Navy apprit la sortie de la flotte italienne, l'Ark Royal fit demi-tour en direction de Malte pendant que la force D de l'amiral Cunningham se portait à la hauteur des italiens mais l'affrontement resta indécis, le destroyer Lanciere et le croiseur lourd Berwick étant endommagés.

Suite à plusieurs raids sur Naples, le cuirassé se refugie en Sardaigne mais si cela mettait le cuirassé à l'abri des bombes alliées, cela facilitait le passage des convois en direction Malte imposant le retour des deux cuirassés à Naples. Néanmoins après un nouveau raid britannique dans la nuit du 8 au 9 janvier 1941, le Vittorio Veneto seul cuirassé opérationnel rallia La Spezia.

Le 9 février 1941, la force H bombardent Gênes (opération Grog). Les trois cuirassés italiens opérationnels (Vittorio Veneto Andrea Doria Guilio Cesare) appareillent pour tenter d'intercepter l'escadre britannique (cuirassé Malaya croiseur de bataille Renown porte-avions Ark Royal croiseur léger Sheffield et six destroyers) mais sans succèes.


Le Vittorio Veneto en action lors de la bataille du cap Matapan

Tout autre fût l'issue de la bataille du Cap Matapan (26-29 mars 1941) au large du Péloponnèse où le Vittorio Veneto fût avarié par une torpille lancé par l'avion torpilleur Albacore du commandant Stead (qui est d'ailleurs abattu, les trois membres d'équipage de l'avion sont les seuls tués britanniques de la bataille) qui explose au dessus de l'helice babord, le forçant à réduire sa vitesse à 12 noeuds.


Le Vittorio Veneto après l'impact de la torpille du commandant Stead

Le cuirassé doit se replier, n'assistant pas au calvaire des croiseurs Pola, Zara et Fiume massacrés par les canons de 381mm des cuirassés britanniques qui coulent également deux torpilleurs. Ayant embarqué 4000 tonnes d'eau, le Vittorio Veneto fût indisponible pour cinq mois, n'étant de nouveau opérationnel qu'en août 1941.


Après cinq mois de réparations, le Vittorio Veneto est à nouveau opérationnel

Du 22 au 25 août 1941, il sort en compagnie du Littorio pour tenter d'intercepter une force britannique cherchant à miner les accès au port de Livourne et à bombarder le nord de la Sardaigne.

Comme souvent, les deux forces ne se rencontrèrent pas et il n'y eut pas de nouveau affrontement entre les deux marines.

Le 16 septembre 1941, un convoi appareille de Liverpool pour ravitailler Malte. Neuf navires embarquant 81000 tonnes solidement escortés par trois cuirassés (Rodney Nelson Prince of Wales)  franchissent le détroit de Gibraltar le 24 septembre.

C'est l'opération Hallberd qui débouche sur un affrontement le 27 septembre 1941, le convoi britannique fût menacé par les cuirassés Vittorio Veneto Littorio cinq croiseurs et quatorze destroyers mais aucun affrontement n'eut lieu, le Nelson fût torpillé mais par des avions torpilleurs. La flotte italienne n'insista pas et fit rapidement demi-tour.

Le 13 décembre 1941, le Littorio participe à la couverture d'un convoi en direction de l'Afrique du Nord mais suite à des interceptions radios, la flotte italienne préféra faire demi-tour. Le lendemain sur le chemin du retour, le sous-marin HMS Urge le torpilla dans le détroit de Messine (qui sépare la Sicile et de l'Italie péninsulaire), une torpille sur les trois causant un trou de 13m de long sur babor, embarquant de 2000 tonnes d'eau. Sans le système Pugliese, les dégâts auraient été encore plus graves. Il peut d'ailleurs rentrer seul à Tarente sans assistance extérieure.

Du 12 au 16 juin 1942,  le Vittorio Veneto est engagé dans l'opération Vigorous, une nouvelle tentative de ravitailler de Malte depuis Port Saïd et Haïfa (convoi MW.11).

La flotte italienne appareilla et fût soumise à de violentes attaques aériennes menées le 14 juin par des Vickers Wellington et des Bristol Beaufort, endomageant le croiseur lourd Trento qui fût achevé ultérieurement par un sous-marin, le HMS Umbra qui avait manqué quelques heures plus tôt le Littorio.

Des B-24 Liberator américains attaquèrent la flotte italienne, touchant le Littorio et manquant de peu le Vittorio Veneto. Les avions britanniques furent finalement repoussés par des chasseurs italiens et allemands. Au final le convoi britannique rebroussa chemin, rentrant à Alexandrie le 16 juin.

Le 8 novembre 1942, les alliés débarquent en Afrique du Nord (opération Torch). Pour être plus à même de réagir, la marine alliée redéploie ses cuirassés de Naples à Tarente. Lors du transit, le sous-marin HMS Umbra tente de torpiller le Vittorio Veneto.

Le 4 décembre 1942, un bombardement aérien américain pousse la marine italienne à ramener les cuirassés à La Spezia, une façon de retarder l'échéance. Le 5 juin 1943, un autre bombardement aérien endommage sérieusement le cuirassé qui reçoit deux bombes à la proue mais une seule explose sous le navire ce qui aggrave les dégâts.

Réparé à Gênes, il était à La Spezia quand l'Armistice est signé entre l'Italie et les alliés (3 septembre 1943). Le 9, le Vittorio Veneto quitte la Ligurie pour rallier Malte, évitant tout dommage de la part des bombardiers allemands qui endommagèrent sérieusement l'Italia (ex-Littorio) et surtout coulèrent le Roma.

Le Vittorio Veneto resta à Malte jusqu'au 14 septembre quand il rallia Alexandrie en compagnie de l'Italia. C'est une étape vers l'internement sur le Grand Lac Amer le 17 octobre, y restant jusqu'au 6 octobre 1946.

Ils purent alors rentrer en Italie mais le traité de paix avec l'Italie signé le 10 février 1947 l'attribua à la Grande-Bretagne qui le vendit à la démolition le 3 janvier 1948, le navire étant rayé des registres le 1er février. Son démantèlement eut lieu à La Spezia

A noter que pour l'anecdote que douze canons de 90mm furent récupérés par la Yougoslavie de Tito et toujours en service en septembre 1991 quand lors de la guerre d'indépendance croate, les pièces furent saisies par la garde nationale croate et réutilisées pour défendre la ville de Sibenik contre une offensive de l'armée yougoslave (JNA)

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Jeu 30 Avr 2015, 22:20

Le Roma

Présentation

Le cuirassé Roma

-Le Roma est mis sur cale aux chantiers navals réunis de l'Adriatique (Cantieri Riuniti dell'Adriatico) sis à Trieste le 18 septembre 1938 lancé le 9 juin 1940 et mis en service le 14 juin 1942 bien qu'il n'ait rejoint la flotte à Tarente que le 21 août 1942.

Le troisième cuirassé de classe Littorio porte le nom de la Ville Eternelle. Fondée aux alentours du VIIIème siècle par les Etrusques (la date de 751 a.C est légendaire mais cohérente avec les découvertes archéologiques), elle s'affirme rapidement comme la puissance dominante en Italie puis en Méditerranée qui devient la Mare Nostrum.


Royauté jusqu'en 509 a.C, elle devient ensuite une République oligarchique qui s'effondre dans une guerre civile qui après l'assassinat de César en 44 a.C et le chatiment de ses assassins devient un Empire, le Principat, un Empire gardant la majorité des institutions républicaines mêmes vidées de leur pouvoir.

La ville en elle même est la plus grande du monde connu à l'époque avec deux millions d'habitants, une ville au nombreux monuments dont les ruines attirent aujourd'hui les touristes du monde entier.

Déclinante avant même la fin de l'Empire d'Occident, la ville devient le siège du successeur de Saint Pierre, l'Evêque de Rome qui va progressivement devenir le chef de la chrétienté, redonnant progressivement son lustre à la ville éternelle.

Capitale des Etats Pontificaux, elle devient en 1871 capitale du Royaume d'Italie puis à partir de 1946 celle de la République d'Italie. Elle l'est toujours actuellement.

Le Roma est le troisième navire de la Regia Marina à porter ce nom après une frégate blindée à vapeur en service de 1863 à 1869 et un cuirassé type prédreadnought de classe Regia Elena en service de 1909 à 1927.


Le cuirassé type prédreadnought Roma de classe Regia Elena

A ma connaissance aucun navire de la Marina Militare Italiana n'à porté ce nom.

Carrière opérationnelle

Le cuirassé Roma arriva trop tard pour avoir une carrière comparable à ces ainés

Quand il rentre en service, le Roma arrive dans une bien mauvaise période pour la marine royale italienne.

Non seulement le sort des armes en Afrique du Nord tourne définitivement en faveur des alliés rendant l'envoi de convois en Libye inutile mais le manque de mazout immobilise encore davantage les cuirassés italiens qui font également face à un manque de navires d'escorte.


L'artillerie principale du cuirassé Roma orientée à babord

Le cuirassé Roma ne va donc participer à aucun affrontement majeur. Attaqués sans répit par l'aviation alliée, les cuirassés italiens changent régulièrement de port d'attache entre Tarente, Naples et La Spezia.

Le 5 juin 1943 dans la base ligure, le Roma est endommagé par deux bombes perforantes lancées, le cuirassé embarquanr 2390 tonnes d'eau. Il est à nouveau endommagé par un raid aérien les 23 et 24 juin 1943. Il doit gagner Gênes pour réparations, réparations effectuées entre le 1er juillet et le 13 août 1943.


Le camouflage fût impuissant à protéger le Roma des bombes planantes allemandes

Le 3 septembre 1943, les alliés débarquent à Salerne (opération Avalanche). Le même jour est signé l'armistice de Cassibile entre le gouvernement Badoglio et les alliés. Cet armistice doit permettre le retournement de l'Italie et son engagement dans le camp allié.

Cet accord devait resté secret le temps que l'armée italienne soit capable de faire face à son ex-allié allemand mais de mutiples tergiversations pousse les alliés à mettre le gouvernement Badoglio devant ses responsabilités en dévoilant l'armistice le 8 septembre 1943.

Les allemands qui se doutaient d'un tel retournement depuis la chute de Mussolini déclenchent l'opération Asche de désarmement des forces italiennes. La Regia Esercito s'effondre, une partie rejoint les alliés (comme en Corse) ou les allemands (formant le noyau dur de la Republica Sociale Italiana ou République de Salo) mais la majorité est désarmée, internée ou massacrée par les allemands comme à Céphalonie en Grèce.

La flotte italienne reçoit elle l'ordre de rallier Malte. Le 9 septembre 1943 sous les ordres de l'amiral Carlo Bergamini, la flotte italienne basée à La Spezia appareille. Elle se compose des cuirassés Vittorio Veneto Italia (ex-Littorio) Roma, des croiseurs légers Eugenia di Savoia Raimondo Montecuccoli Emanuelle Filiberto Duca d'Aosta ainsi que huit destroyers. De Gênes appareillent trois croiseurs légers (Duca Degli Abruzzi Giuseppe Garibaldi Attilio Regolo) officiellement direction Salerne pour attaquer la flotte alliée.


Destruction du cuirassé Roma par des bombes radioguidées

En réalité, la flotte veut gagner Malte pour y être internée. La Luftwafe envoie des Dornier Do217 équipés non de bombes classiques mais de bombes radioguidées FX-1400 Fritz X qui met les avions porteurs à l'abri de la DCA italienne.

Le contact est pris alors que la flotte italienne se trouve dans les Bouches de Bonifaccio entre la Corse et la Sardaigne.

Les bombardiers allemands restant à distance, l'amiral Bergamini put croire qu'il s'agissait de la couverture aérienne promise par les alliés. A 15.37, les allemands attaquent et les italiens ouvrent le feu de toute leur artillerie antiaérienne, multipliant les manœuvres évasises.

A 15.52, l'Italia est touché à tribord au niveau de la tourelle «A» (pour reprendre une dénomination anglo-saxonne) suivit du Roma qui est touché approximativement au même niveau.

Si l'Italia peut continuer sa route sans trop de problèmes, le Roma est bien plus sérieusement endommagé puisque la bombe en explosant à endommagé la coque et à inondé la salle des machines arrière ainsi que deux salles des chaudières, réduisant la puissance propulsive. De nombreux incendies liés à des court-circuits se déclenchent.

Le dernier cuirasssé italien construit quitte la formation. A 16.02, une deuxième bombe Fritz X touche le navire au niveau de la salle des machines avant, inondant les soutes de la tourelle «B»  ainsi que les soutes des tourelles d'artillerie secondaire installées à babord.

Quelques secondes plus tard, la soute à munitions de cette même tourelle «B» explose et la pression provoquée entraine une inondation catastrophique du navire qui est cette fois condamné, s'enfonçant par la proue et s'inclinant à tribord avant de chavirer et de se casser en deux.

Sur les 1849 membres d'équipage, 596 survivent à ce naufrage soit 1253 hommes tués. L'épave à été découverte en juin 2012 à 19 miles au nord de la Sardaigne à environ 1000m de profondeur.

L'Impero

Un cuirassé mort-né

Le cuirassé Impero en construction à Gênes

-L'Impero fût mis sur cale aux chantiers Ansaldo de Gênes le 14 mai 1938 lancé le 15 novembre 1939 mais jamais achevé.


La coque du futur Impero achevée atteint le lancement.....

Impero en italien signifie naturellement Empire qui fait référence à l'Empire Romain, une période de grandeur vantée par le fascisme (avec la Renaissance) mais qui fait référence au Royaume d'Italie car Victor-Emmanuel III était Empereur d'Ethiopie depuis la conquête de l'Abyssinie par l'Italie en 1935/36.


....qui survient le 12 novembre 1939

Gênes étant trop proche de la France à portée de bombardement aérien et naval (la marine française bombarde d'ailleurs la cité ligure le 14 juin 1940), le cuirassé est transféré à Brindisi sur la côte Adriatique le 8 juin 1940 (Trieste qui achevait le Roma ne pouvait accueillir deux cuirassés en même temps).

Les travaux continuent alors et si il y eut des bombardements aériens ennemis, l'Impero resta intact. Les travaux continuent certes mais à un rythme lent, l'Italie privilégiant les navires d'escorte nécessaires pour protéger ses navires marchands contre les sous-marins britanniques en Méditerranée.

Il est néanmoins capable de rallier Venise le 22 janvier 1942 en autonome avant de rallier Trieste sans que de nouveaux travaux soit menés.

Quand l'Italie sort du conflit (8 septembre 1943), le navire était achevé à 88% pour sa  coque et 76% pour la propulsion mais si on prend en compte tous les domaines, l'achèvement n'était que de 28%.

Dix-huit mois étaient encore nécessaires pour rendre le navire opérationnel soit mars 1945 et même si l'Italie avait encore dans le conflit à cette époque, nul doute qu'au mieux le cuirassé aurait connu un sort comparable au Tirpitz.

Saisi par les allemands et utilisé comme leurre, il est coulé le 20 février 1945. Rayé des registres le 27 mars 1947, l'épave est relevé, remorquée à Venise, échouée sur une plage et démantelé entre 1948 et 1950.

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Jeu 30 Avr 2015, 22:33

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES


Déplacement :  Littorio standard 40724 tonnes pleine charge 45236 tonnes Vittorio Veneto standard 40517 tonnes pleine charge 45029 tonnes Roma 40992 tonnes pleine charge 45485 tonnes Impero inconnu

Dimensions :  longueur (hors tout) 237.76m (perpendiculaires) 224.5m (Vittorio Veneto Littorio) 240.68m hors tout pour le Roma et l'Impero largeur : 32.82m tirant d'eau : 9.6m (charge normale)

Propulsion :  Quatre groupes de turbines Belluzo alimentées par 8 chaudières Yarrow dévellopant une puissance totale de 128200 ch et actionnant quatre hélices

Performances : vitesse maximale : 30 nœuds mais aux essais le Littorio à atteint 31.3 nœuds (137649ch), le Vittorio Veneto 31.4 nœuds (133771ch). Dans la pratique la vitesse maximale ne dépassait pas 28 nœuds. distance franchissable : 3920 miles nautiques (7260km) à 20 noeuds ou 4580 miles nautiques à 16 nœuds avec 4140 tonnes de mazout

Protection : Ceinture de 280mm inclinée à 15° réduite à 70mm au niveau de la flottaison et 60mm sous celle-ci Ponts blindés à 36mm passant à 150mm au dessus des soutes à munitions et 100mm pour protéger les machines. Système Pugliese de défense contre les torpilles (épaisseur 90mm)
Barbettes : 100mm Tourelles (face avant) 150mm (faces latérales) 75 à 130mm

Armement :

Tourelles avant de 381mm du Vittorio Veneto

-9 canons de 381mm Ansaldo modèle 1934. Ce calibre à été choisi au détriment du 406mm en raison du dévellopement passé d'un canon de ce calibre pour les quatre  super-dreadnought classe Caracciolo dont la construction fût stoppée par le traité de Washington.

L'Ansaldo M1934 est un canon de 50 calibres tirant des obus de 774 kg (modèle explosif) ou 885kg (modèle perforant) à raison d'un 1.3 coup par minute. Le tube à une durée de vie comprise entre 110 et 130 coups, chaque canon disposant d'une réserve de 74 coups soit 222 par tourelle et 666 pour la totalité du navire.  

La portée varie de 10000 (élévation 4.3°) à 42800m (élévation 36°) pour l'obus perforant et de 10000 (élévation 4.3°) à 44640m (élévation 35°) pour l'obus explosif même si pour ces distances maximales, un coup au but et un coup chanceux (le taux de dispersion atteint 37.6% à 35000m)

La tourelle triple pèse 1595 tonnes affichant une amplitude en site comprise entre -5 et +35° voir -5.5 à +36° sachant qu'il faut 6s pour atteindre l'élévation maximale tandis que l'amplitude azimutale est de 120° avec toujours une vitesse de 6° par seconde. Le tir effectué, le canon pointe automatiquement à +15° pour le rechargement.  


Tourelles doubles de 152mm du croiseur léger Bartolomeo Colleoni

-12 canons de 152mm de 55 calibres Ansaldo M1934 ou Oto M1936. Ce canon de 55 calibres tire des obus explosifs de 44kg et des obus perforants de 50kg à une distance maximale de 25740 et 24900m à raison de 4 à 5 coups par minute.

La tourelle double dont j'ignore le poids permet aux canons de pointer de -5° à +45° en site et sur 120° de part et d'autre de l'axe en azimut. Chaque canon dispose de 210 coups ce qui nous donne une réserve de 2520 obus.


Canon de 90mm en affût simple préservé dans un musée après avoir armé le Caio Duilio

-12 canons de 90mm Ansaldo M1938 ou Oto M1939. Ces canons de 50 calibre tirent des obus de 10.1kg à une portée maximale de 16000m en tir antisurface et de 10800m en tir antiaérien à raison de 12 coups par minute.

Ces canons sont mis en œuvre par des tourelles simples avec quatre-vingt dix coups immédiatement prêts au tir. L'affût simple pèse 19.07 tonnes et permet au canon de pointer en site de -3° à +75° et en azimut sur 120° de part et d'autre de l'axe. La dotation globale en munitions est de 5842 projectiles et 50 obus éclairants.


Affût double de 37mm

-40 canons de 37mm en 20 affûts doubles. Plusieurs modèles sont utilisés, le Breda 1932 est un canon de 54 calibres  tirant des obus de 823g à raison de 120 coups par minute. La portée maximale est de 7800m en tir surface et 5000m en tir antiaérien.  


Affût double de 20mm

-60 canons de 20mm Breda M1935 en affût double. Ce canon de 75.7 calibres tire des obus de 134g à raison de 240 coups par minute. La portée maximale est de 5500m en tir surface et 2900m en tir antiaérien.

Aviation :

Hydravion d'observation IMAN Ro43

Une catapulte sur la plage arrière mais pas de hangar

Trois appareils peuvent être embarqués que ce soit trois hydravions d'observation IMAM Ro 43 ou des chasseurs Reggiane Re 2000 transformés, semblable dans leur concept aux Hurricat britanniques. Le Vittorio Veneto et le Littorio embarque un Re 2000 en septembre 1942 à la place d'un Ro 43

Equipage :  1920 hommes

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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Dim 10 Mai 2015, 14:18

Merci pour ce poste, malheureusement l.histoire de la marine italienne n'est pas mis accés en avant
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Dim 10 Mai 2015, 14:56

Bandung a écrit:
Merci pour ce post, malheureusement l'histoire de la marine italienne n'est pas mise assez en avant
… en France ? ou en général ? scratch
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pascal
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Dim 10 Mai 2015, 15:17

Citation :
Sans le système Pugliese, les dégâts auraient été encore plus graves. Il peut d'ailleurs rentrer seul à Tarente sans assistance extérieure.

affirmation qu'il convient de modérer quelque peu au vu de l'importance des entrées d'eau et du nombre très élevé de victimes lors de ce torpillage, le système Pugliese était original mais comportait de nombreuses faiblesses mises en lumière par les deux torpillages, d'un autre côté il semble un peu normal qu'un cuirassé ultra-moderne ne chavire pas ou ne soit pas immobilisé en raison d'un seul impact de torpille en pleine coque à hauteur de la citadelle cuirassée (et protégée en sous marine) de surcroit ...
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MessageSujet: Système Pugliese…   Dim 10 Mai 2015, 15:35

pascal a écrit:
[…] le système Pugliese était original mais comportait de nombreuses faiblesses mises en lumière par les deux torpillages […]
Il y a d'ailleurs ici, une intéressante analyse de cette structure défensive (passive) -> Pugliese
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Dim 10 Mai 2015, 16:20

Bonjour
à propos du "système Pugliese"; Bertin n'avait-il pas expérimenté quelque chose du même genre ?
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pascal
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Dim 10 Mai 2015, 18:47

Émile Bertin avait imaginé un système de "caisson" ... bien avant tout le monde (au XIXe je crois ...)


L'idée générale de Bertin (et des autres ...) est d'éloigner l'impact d'un abordage ou l'explosion de la torpille des centres vitaux du bâtiment. Non seulement éloigner mais aussi cloisonner (système cellulaire) autant que possible cette zone située entre le bordé et la cloison longitudinale principale étanche qui assure l'intégrité des compartiments propulsion et des magasins. Pugliese imagine un système basé sur un cylindre car la forme cylindrique est sensée mieux absorber les contraintes mécaniques de l'explosion que des parois verticales ou inclinées mais droites. Les britanniques et les américains (ces derniers sur les Big Fives retrofités et les North Carolina) préfèrent le système des cloisons délimitant des mailles vides ou remplies de liquides. Ces cloisons sont en acier à haute élasticité le but étant d'absorber l'énergie de l'explosion.
Le système Pugliese avait deux gros défauts il était compliqué à réaliser et surtout à réparer mais aussi le rivetage utilisé largement pour l'assemblage notamment au niveau de la liaison enceinte de confinement double/triple fond résistait mal aux pressions nées de l'explosion. De plus il s'affine aux extrémités ce qui rend le cylindre de diamètre inférieur bien moins efficace

Donc l'idée est d'absorber les effets de l'explosion plutôt que d'y résister par le biais d'une cuirasse verticale intégrale partant des fonds jusqu'au pont blindé supérieur.
Deux classes de bâtiments essayèrent cette dernière méthode, sensée protéger plus efficacement les bâtiment contre les obus de rupture à trajectoire finale plongeante sous-marine, les Yamato et les South Dakota/Iowa (qui étaient des Sodak filant 33 nds c'est à dire que leur schéma de protection reprend celui des Sodak -leur zone d'immunité est quasiment la même ...) les essais réalisés montrèrent que cette technique était moins performante que le sandwich, pourquoi alors ceci fut adopté

-sur le Yamato on pensait que les torpilles US avaient une charge militaire au TNT alors qu'elles utilisaient le Torpex 50% plus efficace
-sur le Sodak les essais furent réalisés alors que trois des bâtiments étaient en construction
-pour les Iowa on était dans l'urgence (on reviendra au sandwich sur les Montana)
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MessageSujet: Re: ITALIE CUIRASSES CLASSE LITTORIO (NOUVELLE VERSION)   Dim 10 Mai 2015, 20:13

DahliaBleue a écrit:
Bandung a écrit:
Merci pour ce post, malheureusement l'histoire de la marine italienne n'est pas mise assez en avant
… en France ? ou en général ? scratch


En France mon général. On parlera plus des allemands que des italiens
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