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 JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO

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clausewitz
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MessageSujet: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Dim 15 Nov 2009, 21:03

CUIRASSES CLASSE FUSO
(JAPON)


Le cuirassé Fuso à la mer avec la fameuse tour pagode


Avant propos

Replié sur lui même depuis le milieu du 17ème siècle, le Japon fût brutalement poussé à l'ouverture par l'escadre du commodore Perry le 8 juillet 1853 qui força l'entrée de la baie d'Edo (Tokyo) avant d'imposer le 31 mars 1854, la convention de Kanagawa qui ouvrit le Japon au commerce extérieur et entama des relations diplomatiques avec les Etats Unis.

Le Japon aurait pu connaître le sort de la Chine menacée et dépecée par les pays occidentaux mais au contraire, profita de l'occasion pour moderniser le pays à marche forcée. C'est le début de l'ère Meiji (1867) qui supprime le shogunat, les samourais provoquant une révolte en 1877 dûrement reprimée mais qui ne fût pas «digérée» par le Japon avant quinze ans.

La Nikon Kaïgun est officiellement née en juillet 1869 même si il fallut attendre 1871 pour que la marine impériale japonaise absorbe toutes les marines privées. En octobre 1873, le ministère des affaires militaires se scinda en deux, donnant ainsi naissance à un ministère de la marine.

Un projet ambitieux de 200 navires est vite remisée au profit d'une marine de défense côtière. Le Japon se rend compte qu'elle mente de ressources industrielles. Elle se tourne vers l'étranger et naturellement la Grande Bretagne, la puissance navale dominante :

Des officiers anglais sont envoyés au Japon pour la formation et des navires sont commandés aux chantiers britanniques, pratique qui perdurera jusqu'en 1913 avec la construction du croiseur de bataille Kongo.

Autre source d'influence la France, influence symbolisée par Emile Bertin qui présent au Japon de 1886 à 1890 va créer la base navale de Yokosuka et les arsenaux de Kure et de Sasebo. Les français y introduisent la mine, la torpille et une certaine conception de l'offensive.

Les cuirassés japonais : so british

Heureusement pour les marins japonais, le Japon eut la sagesse d'imiter la Grande Bretagne et non la France pour se dôter de puissants cuirassés, vitaux pour défendre un pays insulaire et lui éviter un sort comparable à la Chine.


Le cuirassé Fuji


Les premiers vrais cuirassés japonais sont les deux navires de classe Fuji. Baptisés Fuji et Yashima, ils sont construits en Angleterre, mis en service respectivement en 1897 et 1898, ils affichent un déplacement d'environ 12000 tonnes, une vitesse maximale de 18 noeuds et un armement principal composé de 4 canons de 305mm en deux tourelles doubles et si le Fuji survécu jusqu'en 1922 (démantelé pour respecter les termes du traité de Washington, il était de toute façon totalement dépassé), le Yashima sauta sur une mine au large de Port Arthur le 15 mai 1904 lors de la guerre russo-japonaise.


Le cuirassé Shikishima


Aux Fuji succédèrent bientôt, les deux cuirassés de classe Shikishima. Baptisés Shikishima et Hatsuse, ils furent comme leurs prédécesseurs construits en Angleterre et mis en service respectivement en 1900 et 1904, affichant un déplacement d'environ 15500 tonnes pour une vitesse maximale de 18 noeuds et un armement principal de 4 canons de 305mm en deux tourelles doubles.

Si le Hatsuse fût coulé par une mine russe au large de Port Arthur le 15 mai 1904, le Shikishima participa à toutes les batailles de la guerre, servant ensuite de navire de défense côtière. Désarmé en 1922, il servit ensuite de caserne flottante et de centre d'entrainement jusqu'à son démantelement en 1948.

Après les deux Shikishima, les japonais mirent en service en 1900, l'Asashi (soleil levant), un cuirassé semblable aux précédents mais qui se distinguait par deux cheminées au lieu de trois. Il s'illustra durant la guerre russo-japonaise notament la bataille de Tsushima au cours de laquelle, il accueillit un observateur britannique, le capitaine Pakeman dont le rapport fit sensation en Occident montrant l'efficacité de la marine japonaise. Transformé en auxiliaire en 1922, il servit aussi bien de transport, de bâtiment base de sous marins, de navire d'essais. Le 25 mai 1942 alors qu'il venait de quitter Singapour pour Kure, il fût torpillé par un sous marin américain et coula (16 morts mais 582 survivants)


Le Asashi


Le suivant est l'un des plus célèbres cuirassés japonais. Le Mikasa construit en Angleterre et mis en service en 1902 (15140 tonnes, 18 noeuds et 4 canons de 305mm) doit sa célébrité au fait d'avoir été le navire de l'amiral Tojo à la bataille de Tsushima le 27 mai 1905. Ayant coulé après une explosion le 11 septembre 1905, il fût relevé et remis en service en 1908 servant jusqu'à son retrait du service en 1922 suite au traité de Washington. Transformé en musée en 1925, il survécu par miracle mais restauré de 1958 à 1961, il est aujourd'hui le seul prédreadnought à avoir été préservé.


Deux photos du Mikasa, le seul prédreadnought préservé dans le monde


Les cuirassés de classe Katori (Katori et Kashima) mis en service en mai 1906 (16000 tonnes 18.5 noeuds, 4 canons de 305 et 4 canons de 254mm) connurent une carrière sans histoire et leur seul fait d'arme fût d'être les derniers cuirassés japonais à avoir été construits à l'étranger. Rapidement dépassés avec l'apparition du cuirassés type dreadnought, ils furent démantelés en 1924 pour respecter les termes du traité de Washington.


Le cuirassé Katori


Qui dit derniers dit naturellement premiers et les cuirassés de classe Satsuma (Satsuma et Aki) furent les premiers «gros» à avoir été construits au Japon. Mis en service en 1910 et 1912, ces deux navires qui flirtaient avec les 20000 tonnes, filaient à 18.5 noeuds (20 noeuds pour l'Aki) et qui étaient armés de 4 canons de 305mm et 12 canons de 254mm et connurent une carrière sans événement majeur avant d'être démantelés pour respecter les termes du traité de Washington.


Les Satsuma furent les premiers cuirassés construits au Japon

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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Dim 15 Nov 2009, 21:19

Outre ses propres cuirassés, la marine japonaise profita de la guerre russo-japonaise pour mettre la main sur des cuirassés russes qu'elle remit en service après réparations :


Le Pobedia devenu le Suwo

-Le Pobedia était un cuirassé de classe Peresviet admis au service actif en 1902. Déplaçant 13700 tonnes, filant 16 noeuds et armé de 4 canons de 254mm et 10 canons de 152mm, il est endommagé dans la bataille de la mer Jaune puis réfugié à Port Arthur, il est coulé par les canons des japonais qui assiégaient la ville le 7 juillet 1904. Remis à flot en octobre 1905, il est rebaptisé Suwo et sert de navire de défense côtière jusqu'en 1917 date à laquel il sert de navire école jusqu'en 1922. Désarmé, il chavire et la coque sert de citerne jusqu'à son démantelement en 1948.


Le Retvizan devenu Hitzen

-Le Retvizan était un cuirassé construit aux Etats Unis pour la marine impériale russe et admis au service actif en mars 1902. Déplaçant 13000 tonnes, filant à 18 noeuds et armé de 4 canons de 305mm et de 12 canons de 152mm, il est coulé le 6 décembre 1904 au siège de Port Arthur. Relevé en 1908 et rebaptisé Hizen, il participa à la traque des forces de l'amiral Graf Spee avant d'intervenir dans une Russie secouée par la guerre civile. Il est désarmé et démantelé en 1923 pour respecter les termes du traité de Washington.


Le cuirassé russe Poltava devenu le Tango dans la Nihon Kaigun

-Le Poltava était un cuirassé de classe Petropavlovsk admis au service actif en 1898. Déplaçant 11000 tonnes environ, filant à 18 noeuds, il était armé de 4 canons de 305mm et 10 canons de 152mm. Il connu une carrière des plus mouvementés puisqu'il fût coulé au siège de Port Arthur relevé en octobre 1905 et remis en service dans la marine japonaise sous le nom de Tango, il fût retrocédé à la marine russe le 4 avril 1916 et rebaptisé Chesma. Capturé par les britanniques en 1923, il est aussitôt démantelé.


L'imperator Nikolaï I devint le Iki dans la marine japonaise

-L'Imperator Nikolaï I était un cuirassé de classe Alexandre II admis au service actif en 1892. Déplaçant 8500 tonnes environ, filant à 16 noeuds, il était armé de 3 canons de 305mm et de 6 canons de 152mm. Obsolète au moment de la guerre russo-japonaise, il participa à la traversée épique de la Baltique à la mer Jaune avant de survivre par miracle à la bataille de Tsushima (28 mai 1905) et fût capturé par les japonais et rebaptisé Iki. Navire école de cannonage, l'Iki fût désarmé en 1915 et coulé par le Haruna et le Hiei.


Le Oryol devenu le Iwami

-Le Oryol était un cuirassé de classe Borodino admis au service actif en septembre 1904 qui déplaçait environ 13800 tonnes, filant à 18 noeuds avec pour armement principal 4 canons de 305mm et 6 de 200mm. Capturé le 28 mai 1905 après la bataille de Tsushima, il est remis en service le 12 décembre 1905 sous le nom d'Iwami, il sert jusqu'en 1923 avant d'être désarmé et démoli en raison du traité de Washington en 1924.


L'Amiral Senyavin devenu le Mishima

-L'Amiral Senyavin était un cuirassé de défense côtière de classe Admiral Ushakov admis au service actif en 1896 qui déplaçait environ 4400 tonnes, filait à 16 noeuds avec un armement principal composé de 4 canons de 254mm et 4 canons de 120mm. Capturé le 28 mai 1905 après la bataille de Tsushima, il est rebaptisé Mishima participant aux opérations de la première guerre mondiale ainsi que la participation du Japon à la guerre civile russe, servant de brise glace entre le Japon et Vladivostok. Reclassé ravitailleur de sous marin le 1er avril 1921, il est désarmé le 10 octobre 1935 et coulé comme cible en septembre 1936.


Le Graf Apraskin devenu le Okinoshima

-Le Graf Apraksin était un cuirassé de défense côtière de classe Admiral Ushakov et donc sister-ship du précédent admis au service actif en 1899. Déplaçant 4200 tonnes, filant à 15 noeuds, il était armé de 4 canons de 254mm et 4 canons de 120mm. Capturé le 28 mai 1905 après la bataille de Tsushima, il est rebaptisé Okinoshima et remis en service en juin 1905. Participant aux opérations de la première guerre mondiale dont la poursuite des forces Graf Spee, il fût reclassé ravitailleur de sous marins le 1er avril 1921 mais dès 1922 fût désarmé et vendu à la démolition à une firme privée qui le transforma en mémorial de la bataille de Tsushima mais une tempête en 1939 l'endommagea à tel point qu'il fût demantelé.


Les Kawachi furent les premiers et les seuls dreadnought japonais

Avec les Satsuma s'acheva la période des pré-dreadnought, le Japon suivant les autres marines en se dôtant de cuirassés de type dreadnought. Les Kawachi et Settsu furent mis en service en 1912 bien après les autres marines étrangères. Déplaçant 21000 tonnes, ils filaient à 18.5 noeuds avec un armement composé de 12 canons de 305mm en six tourelles doubles, l'armement secondaire étant composé de 10 canons de 152mm. La carrière du Kawachi fût des plus brève puisqu'il fût victime d'une explosion interne le 12 juillet 1918 tandis que le Settsu fût désarmé en 1924 pour respecter les termes du traité de Washington, étant utilisé jusqu'au début de la seconde guerre mondiale comme navire cible radiocommandé.

Ce fût les deux seuls dreadnought de la marine japonaise qui passa dès la classe suivante (classe Fuso) aux superdreadnought.

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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Dim 15 Nov 2009, 21:22

Genèse des Fuso

Quelques années après l'apparition du «All big gun ship», la Royal Navy innovant encore avec le croiseur de bataille qui était pour simplifier un cuirassé sans blindage, protégé par sa vitesse.

A une époque où les turbines étaient d'une puissance médiocre et la métallurgie incapable de fournir des plaques de blindage à la fois légères et résistantes. Il fallait donc faire un choix entre l'armement, la vitesse et la protection.

Les premiers cuirassés type dreadnought étaient bien armés, bien protégés mais lents (20 à 21 noeuds) ce qui ne permettait pas à un des deux adversaires de choisir son champ de bataille.

Les batailles navales à venir allaient donc ressembler à celles du temps de la marine à voile avec de lourdes escadres se cannonant à une distance relativement courte, seule la vapeur changeait les choses, l'absence de vent n'empêchant pas la bataille d'avoir lieu.

Il y avait certes les forces légères composées de croiseurs, de torpilleurs qui pouvaient attaquer et harceler la ligne de bataille mais que pouvait réellement faire un croiseur léger ou un croiseur cuirassé face à un cuirassé, sûrement peu de chose.

C'est alors que l'amiral Fisher, premier lord de l'Amirauté eut l'idée d'un cuirassé rapide. Il reprit donc l'armement des premiers cuirassés (canons de 305mm) mais allégea considérablement la protection.

Par exemple, le HMS Dreadnought, premier All Big Gun Ship avait une ceinture blindée d'une épaisseur de 64 à 280mm, un pont blindé à 75mm et des tourelles à 280mm alors que le HMS Invincible, premier croiseur de bataille avait une ceinture de 51 à 152mm, un pont blindé de 25 à 64mm et des tourelles protégées de 102 à 178mm.


Le croiseur de bataille HMS Invinvible

En échange de cet allègement, la vitesse passait de 21 à 28 noeuds et à ceux qui renaclait sur cet allègement, lord John Arbuthnot Fisher répondait «Speed is armour» (la vitesse vaut un blindage)
Dans son esprit, le croiseur de bataille devait écraser les forces d'éclairage ennemi et priver celui-ci de toute possibilité de choisir le champ de bataille. Il n'était aucunement question que ces navires affrontent les cuirassés de conception plus orthodoxe contrairement à ce qui se passa à la bataille du Jutland qui fit une bien mauvaise publicité au croiseur de bataille.

Les japonais alliés de la Grande Bretagne depuis 1902 se montrèrent rapidement très interessés par le concept de croiseur de bataille.
Ils demandèrent donc à un chantier anglais de leur proposer un modèle. La société Vickers et son architecte, Sir George Thurston s'inspirèrent du HMS Lion alors en cours de construction pour la Royal Navy pour obtenir le Kongo.


Le croiseur de bataille Kongo


C'est ainsi qu'un contrat fût signé prévoyant la construction d'un premier navire en Grande Bretagne suivi de la construction des trois autres au Japon.

Le modèle s'avèra si efficace que l'Amirauté s'en inspira pour construire le HMS Tiger qui devait être à l'origine le quatrième Lion (cette classe surnomée «The Splendide Cats» se composait du Lion, du Queen Mary coulé à la bataille du Jutland et du Princess Royal).

Les Quatre Kongo se révélèrent si efficaces que le Japon ne chercha pas loin pour se dôter de superdreadnought, les Fuso et Yamashiro pouvant être considérés comme la version cuirassé de ces croiseurs de bataille.


Dessin des Fuso avec une répartition singulière de l'artillerie principale

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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Dim 15 Nov 2009, 21:32

Historique

Le Fuso

Présentation


Le cuirassé Fuso à la mer

Le Fuso est mis sur cale à l'Arsenal de Kure le 11 mars 1912 lancé le 28 mars 1914 et admis au service actif le 8 novembre 1915. La carrière du cuirassé durant la première guerre mondiale fût sans grand éclat, tout comme le reste de la marine japonaise qui une fois la flotte de Graf Spee éliminée aux Malouines n'eut pas grand chose à faire.

Une carrière opérationelle en demi-teinte...........

Durant l'entre-deux-guerre, l'impossibilité pour les japonais de construire de nouveaux cuirassés obligea la marine impériale à moderniser les cuirassés existant.

Le Fuso n'échappa à la règle avec une première modernisation à la fin des années vingt suivit d'une autre entre 1930 et 1935 à l'Arsenal de Kure avec notament un allongement de 7.62m, la fusion des deux cheminées en une seule, de nouvelles turbines,les 24 chaudières d'origine pouvant fonctionner au charbon et au mazout furent remplacés par six nouvelles chaudières au mazout tandis que les superstructures avant furent totalement reconstruits avec la fameuse tour pagode caracteristique des cuirassés japonais.

Le blindage fût accru en quantité et amélioré en qualité surtout au niveau des machines et sous la ligne de flottaison, prennant en compte les leçons de la bataille du Jutland. En dépit du poids supplémentaire, les navires étaient plus rapides après la refonte qu'avant (25.4 contre 22 noeuds).

Au niveau de l'armement, les tubes lance-torpilles furent débarqués et en échange reçut 8 canons de 127mm et 16 mitrailleuses de 13.2mm. Une catapulte à poudre fût installée sur la tourelle n°3 (déplacée à la poupe au début de la seconde guerre mondiale). En 1937, deux canons de 152mm furent débarqués.


Le cuirassé Fuso et le croiseur de bataille Haruna à la mer

En dépit de ces améliorations, la marine impériale japonaise considérait les Fuso comme insuffisament blindés et trop lents pour suivre les porte-avions d'escadre. Ils restaient ainsi en réserve au Japon pour protéger la métropole mais aussi dans l'attente de la «bataille décisive», bataille qui comme chacun le sait n'eut jamais lieu.

Il participa pourtant à quelques opérations. Le 18 avril 1942, les B25 du colonel James Doolitle bombardèrent Tokyo, Yokosuka, Yokohama, Kobe et Nagoya et le Fuso appareilla pour tenter de rattraper les porte-avions japonais mais sans succès.

Quelques semaines plus tard, le Fuso participe aux débarquements dans les Aléoutiennes, la diversion de l'opération MI se déroulant à plusieurs milliers de kilomètres au sud à Midway. Le 8 juin 1943 alors qu'il était ancré à Hashirajima, le Mutsu cuirassé de classe Nagato explosa et le Fuso sauva des eaux 353 survivants.

Une fois Guadalcanal en leur possession en février 1943, les américains engagèrent la contre-offensive, contre-offensive qui commença par la conquête de la Nouvelle Guinée ce qui obligea les japonais à y envoyer des renforts. Le Fuso participa ainsi à l'escorte des convois renforçant les défenses de Truk et de Biak respectivement en août 1943 et juin 1944. A noter que les japonais envisagèrent la transformation des Fuso en cuirassés porte-avions comme les deux Ise mais y renoncèrent devant l'ampleur des travaux et la faiblesse désormais patente de l'aéronavale japonaise.


Le Yamashiro, le Fuso et le Haruna au mouillage

…........Mais une fin remarquable.

Le Fuso en 1944

Si beaucoup de personnes considèrent la bataille du Jutland comme la plus grande bataille navale de tous les temps, la bataille de Leyte peut aisement lui contester la place puisque pendant deux jours, les marines américaines et japonaises vont s'affronter sur une distance globale de prêt de 900 miles du nord au sud.

Les «pro-jutlandiens» avancent comme argument que Leyte n'est pas une bataille mais une suite d'engagements au nombre de six : l'attaque des sous marins américains Dace et Darter contre la flotte de Kurita dans la nuit du 22 au 23 octobre, l'amiral japonais prenant un bain forcé puisque le navire-amiral Atago est coulé et que le Takao est avarié est suivie par les attaques de l'aviation japonaise sur la TF38 le 24 octobre.

Le troisième engagement appelé «bataille de la mer de Sibuyan» voit le 24 octobre les porte-avions américains attaquer l'escadre de Kurita, bataille suivit par celle du Surigao dans la nuit du 24 au 25 octobre 1944, le dernier duel entre cuirassés de l'histoire.

La bataille de Leyte se termine le 25 octobre par la bataille de Samar qui voit les cuirassés et les croiseurs lourds japonais attaqué la 7ème flotte, les mastodontes japonais affrontant les porte-avions d'escorte, les destroyers et les destroyers d'escorte et devant leur survie tant à leur résistance qu'à la timidité de Kurita et la bataille du Cap Engano qui voit les porte-avions américains attaquer ceux d'Ozawa.

A l'origine de cette gigantesque bataille l'invasion des Phillipines par les américains le 17 octobre 1944 quand la 7ème armée. Les japonais ne pouvaient laisser les américains reconquerir un archipel d'où provenait l'essentiel de leurs matières premières.

Un plan baptisé «Sho-Go» est prévu. Ce plan est relativement simple (pour une fois chez les japonais). L'amiral Ozawa venant du Japon avec 4 porte-avions mais seulement 116 avions, deux cuirassés, trois croiseurs légers et dix destroyers doit attirer les porte-avions américains au nord pendant que le vice-amiral Kurita avec cinq cuirassés, dix croiseurs lourds, deux croiseurs légers et quinze destroyers doit se faufiler entre les îles de l'archipel phillipines, franchir le détroit de Surigao pour écraser les forces de débarquement américaines dans le golfe de Leyte.

Une autre force venant du sud sous le commandement du vice-amiral Nishimura avec deux cuirassés, un croiseur lourd et quatre destroyers renforcée en mer par deux croiseurs lourds, un croiseur léger et sept destroyers venant du nord sous le commandement du vice-amiral Kiyohide Shima.

La bataille de Leyte est suffisament connue je pense pour ne pas être racontée ici en détail, ce n'est de toute façon par le sujet de cet article, je me contenterai donc de relater la bataille du détroit du Surigao, le dernier engagement entre cuirassés de l'histoire 82 ans après le premier au large de la Virginie.

La bataille du détroit de Surigao est en sorte la deuxième manche de la bataille de la mer de Sibuyan qui avaient vu les japonais à deux doigt d'anéantir les forces américains débarquant à Leyte. L'amiral Jesse Oldendorf embarqué sur le croiseur lourd Louisville monte une embuscade pour surprendre la formation japonaise qui se dirige par le détroit de Surigao entre Leyte et Mindanao.


Carte de la bataille du détroit de Surigao

La TF38 verrouille le détroit de San Bernardino au nord, la force de couverture est donc concentré dans le détroit avec treize sections de 3 vedettes lance-torpilles chargées d'alerter et de ralentir l'ennemi.


La ligne de bataille verrouille la sortie du détroit avec à l'aile droite (côté Leyte) les forces du contre-amiral Berkey avec les croiseurs légers Phoenix et Boise, le croiseur lourd australien Shropshire et treize destroyers, l'aile gauche côté Dinagat sous le commandement de l'amiral Olendorf se compose des croiseurs lourds Louisville, Portland et Mineapolis, des croiseurs légers Denver et Columbia et neuf destroyers.

Le centre sous le commandement di contre-amiral Weyler se compose des cuirassés Mississippi, Maryland, West Virginia, Tennessee, du California, du Pennsylvania et de six destroyers. Savoureux retournement du destin : tous ces cuirassés sauf le Mississippi étaient à Pearl Harbor le 7 décembre 1941.

Face à ce déploiement de force, l'amiral Nishimura aligne le croiseur lourd Mogami avec les destroyers Asagumo, Michisshio et Yamagumo dans une force avancée, suivent les cuirassés Yamashiro et Fuso avec le destroyer Shigure. Encore derrière se situe la force de l'amiral Shima composée des croiseurs lourds Nachi et Ashigara et de sept destroyers dont l'Akebono.

Les forces de Nishimura se présentent dans le sud de Bohol à la nuit. A 22h14, les japonais repérèrent au radar la vedette PT131 et l'engage. Il s'en suit une mélée bien confuse durant laquelle 30 vedettes engage l'ennemi et quinze d'entre-elles lancent 39 torpilles mais la vigoureuse réaction des japonais ne permet pas de juger du résultat alors qu'au moins dix vedettes sont touchés à des degrés divers de gravité. Le croiseur Abukuma est touché par une torpille lancée par la PT137 sur un destroyer, forçant le croiseur à se retirer avec le destroyer Ushio.

Cinq destroyers commandés par le capitaine de vaisseau Jesse G. Coward foncent à pleine vitesse et lancent un total de 47 torpilles avant même que les japonais n'ouvrent le feu ce qui prouve les progrès des américains dans le combat de nuit, jadis spécialité nippone. Difficile de tire qui à touché qui mais ce qui est sur c'est que le destroyer Yamagumo touché sauté et que les Michishio et Asagumo sont endommagés. Plus grave pour les japonais, le Fuso encaisse entre deux et quatre torpilles ce qui le ralentit et l'oblige à quitter la colonne.

Une seconde attaque est exécutée par les six destroyers du capitaine Kenmore M. McManes, attaque qui touche le Yamashiro à 3h25 à deux reprises ce qui n'empêche pas le cuirassé de poursuivre sa manoeuvre et de rester opérationel. Le destroyer Michishio est coulé par une torpille. A 3h45, le Fuso lui est victime de l'explosion interne d'une ou plusieurs de ses soutes à munitions et se casse en deux. La section avant est coulé par les canons du croiseur lourd Louisville alors que la section arrière ne coule à proximité de l'île de Kanihaan sans survivants, les rares rescapés de l'explosion et du naufrage ayant apparemment refusé le secours. Le Fuso est rayé des registres le 31 août 1945.

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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Dim 15 Nov 2009, 21:41

Le Yamashiro

Présentation


Le Yamashiro en 1928. Cette photo montre l'aspect originel des Fuso

-Le Yamashiro est mis sur cale à l'Arsenal de Yokosuka le 20 novembre 1913 lancé le 3 novembre 1915 et admis au service actif le 31 mars 1917. A noter qu'il fût le premier navire de la marine japonaise à recevoir une catapulte. Comme son sister-ship, le cuirassé ne connu par une carrière très intense durant la première guerre mondiale faute d'adversaire à combattre. Au début des années vingt, deux plate-formes sont installées sur les tourelles n°2 et n°4 pour des tests de décollage de chasseurs à la manière de ce qui se passait chez les autres marines.

Une carrière sans histoire...........



Les japonais ne pouvant construire de cuirassés neufs avant 1937, ils durent moderniser profondément leurs cuirassés en service pour leur permettre de faire bonne figure dans une guerre moderne. Après une première modernisation en 1927/28, le sister-ship du Fuso fût profondément refondu entre décembre 1930 et mars 1935.

Les 24 chaudières à charbon et mazout Miyabara furent remplacés par 6 chaudières à mazout Kampon qui produisait une puissance presque deux fois supérieure (75000 contre 40000ch), les deux cheminées furent fusionnées en une, des bulges anti-torpilles furent installés ce qui élargissait le navire d'un mètre, la coque fût allongée de sept mètres pour compenser le poids supplémentaire, les blindages de pont furent accrus, l'élévation de l'armement principal passa de 30 à 43°,

8 canons de 127mm furent installés tout comme 8 mitrailleuses de 13.2mm et 2 canons de 40mm alors que les tubes lance-torpilles étaient débarqués, les superstructures avant reconstruites sous la forme d'une tour pagode et une catapulte installée sur la tourelle centrale arrière qui à la différence du Fuso étaient orientées dans le même sens que la tourelle centrale avant (elle fût ensuite installée à la poupe pour réduire le poids dans les hauts). En 1937, deux canons de 152mm furent débarqués.

En dépit de ces améliorations, la marine impériale japonaise considérait les Fuso comme insuffisament blindés et trop lents pour suivre les porte-avions d'escadre. Ils restaient ainsi en réserve au Japon pour protéger la métropole mais aussi dans l'attente de la «bataille décisive», bataille qui comme chacun le sait n'eut jamais lieu.

C'est ainsi que les Fuso passèrent une grande partie de leur carrière en réserve au Japon, ne quittant que parcimonieusement les eaux territoriales : du 8 au 13 décembre 1941, ils furent présents aux îles Bonins et le 18 avril 1942 poursuivirent sans succès les porte-avions Hornet et Enterprise qui venaient de bombarder plusieurs villes japonaises (Le Hornet portait les bombardiers B25 de Doolitle alors que l'Enterprise était chargé de sa protection). Ils participèrent enfin au volet Aléoutiennes de l'opération MI contre Midway.

Après un carénage du 18 au 22 juillet 1943, les deux Fuso participèrent au renforcement de Truk, le Fuso y arrivant le 23 août avec des troupes et du matériel divers, bientôt rejoint (20 octobre) par le Yamashiro. Le 5 décembre 1943 alors qu'il effectuait le trajet retour entre Truk et le Japon, il est touché par une torpille tout comme le Junyo mais les torpilles n'explosent pas, laissant le cuirassé indemne.

.........Une fin de carrière flamboyante


Le Yamashiro en 1944

Après un début d'année 1944 timide, le Yamashiro et le Fuso participèrent à la bataille du détroit du Surigao, dernier affrontement entre «gros» de l'histoire.

A 22h14 ce 24 octobre 1944, les japonais repérèrent au radar la vedette PT131 et l'engage. Il s'en suit une mélée bien confuse durant laquelle 30 vedettes engage l'ennemi et quinze d'entre-elles lancent 39 torpilles mais la vigoureuse réaction des japonais ne permet pas de juger du résultat alors qu'au moins dix vedettes sont touchés à des degrés divers de gravité. Le croiseur Abukuma est touché par une torpille lancée par la PT137 sur un destroyer, forçant le croiseur à se retirer avec le destroyer Ushio.

Cinq destroyers commandés par le capitaine de vaisseau Jesse G. Coward foncent à pleine vitesse et lancent un total de 47 torpilles avant même que les japonais n'ouvrent le feu ce qui prouve les progrès des américains dans le combat de nuit, jadis spécialité nippone. Difficile de tire qui à touché qui mais ce qui est sur c'est que le destroyer Yamagumo touché sauté et que les Michishio et Asagumo sont endommagés. Plus grave pour les japonais, le Fuso encaisse entre deux et quatre torpilles ce qui le ralentit et l'oblige à quitter la colonne.

Une seconde attaque est exécutée par les six destroyers du capitaine Kenmore M. McManes, attaque qui touche le Yamashiro à 3h25 à deux reprises ce qui n'empêche pas le cuirassé de poursuivre sa manoeuvre et de rester opérationel. Le destroyer Michishio est coulé par une torpille.

A 3h45, le Fuso lui est victime de l'explosion interne d'une ou plusieurs de ses soutes à munitions et se casse en deux. La section avant est coulé par les canons du croiseur lourd Louisville alors que la section arrière ne coule à proximité de l'île de Kanihaan sans survivants, les rares rescapés de l'explosion et du naufrage ayant apparemment refusé le secours.

C'est au tour des gros de s'expliquer. Les croiseurs ouvrent le feu à 3h51 et les cuirassés à 3h53 et ce jusqu'à 4h06 pour les cuirassés et 4h09 pour les croiseurs.

Le Yamashiro vire à bâbord sans que l'on sache si cette manoeuvre est accidentelle ou intentionelle pour rendre toute son artillerie battante. Il est alors pilonné par les cuirassés américains dont la majorité sont des rescapés de Pearl Harbor.

Neufs destroyers du capitaine de vaisseau Roland N. Smoot lancent une troisième attaque à la torpille à 4h04, le Yamashiro encaissant sûrement une ou deux torpilles à 4h11. Incendié, il encaisse un dernier coup à 4h19, coule par la poupe en deux minutes.

Le croiseur lourd Mogami est atteint à 3h56 mais parvient à encadrer le Mineapolis, le Denver et le Columbia et ses torpilles obligent les cuirassés américains à manoeuvrer. A 4h30, il entre en collision avec le Nachi.

Une poursuite s'engage, les croiseurs Louisville, Portland et Denver voulant achever le Mogami mais craignent les torpilles japonaises dans les eaux resserées et restent à distance. L'Asagumo est achevé par le Denver et le Michishio est coulé par le destroyer Hutchins.

Le Mogami encore attaqué par 17 Avenger en mer de Mindanao est finalement achevé par une torpille de l'Akebono qui récupère 700 survivants. Au final seuls les Nachi, Ashigara, Shigure et les quatre destroyers de Shima s'échapperont de Surigao.

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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Dim 15 Nov 2009, 21:54

Caractéristiques Techniques


Déplacement : standard 34700 tonnes pleine charge 39782 tonnes

Dimensions : longueur (origine) 205.13m (après refonte) 212.75m largeur : (origine) 29m (après refonte) 30m tirant d'eau : 9.5m

Propulsion : A l'origine, les Fuso étaient propulsés par 4 chaudières Brown-Curtiss alimentées par 24 chaudières à charbon et mazout Miyabara dévellopant une puissance totale de 24000ch et actionnant quatre hélices.

Après la refonte des années trente, les Fuso étaient propulsés par 4 turbines Kampon alimentées par 6 chaudières à mazout Kampon dévellopant 40000ch et actionnant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale : 22 noeuds à la construction 25 noeuds après refonte distance franchissable : 11800 miles nautiques à 16 noeuds

Protection : ceinture blindée de 203 à 305mm au milieu du navire, de 100 à 127mm à la proue et de 100mm à la poupe; pont blindés de 27 à 52mm bulkheads 100 à 305mm, barbettes 203 à 305mm tourelles 203 à 305mm tour de commandement 152 à 305mm.

Electronique

-Radar type 21 : Radar de veille combinée disposant de deux antennes fonctionnant sur une longueur d'ondes métrique (1.5m) et pouvant détecter une formation aérienne à 120km et un avion isolé à 70km.

-Radar type 22 : Radar de veille surface composé de deux antennes, une antenne supérieure pour recevoir et une antenne inférieure pour émettre. C'était un radar centimétrique (longueur d'onde : 10cm) pouvant détecter un cuirassé à 35km, un croiseur à 20 et un destroyer à 17km avec une marge d'erreur de 5°

-Radar type 13. Un radar de veille aérienne équipé de deux antennes, l'une pour émettre et l'autre pour recevoir. C'était un radar métrique (longueur 2.0m) pouvant détecter un groupe d'avions à 100km et un avion isolé à 50km avec une marge d'erreur de 2 à 3km et de 10°.

Armement


Les canoniers du Yamashiro en pleine action

-12 canons de 356mm (14 pouces) modèle 1910 en six tourelles doubles (deux à l'avant, deux au centre et deux à l'arrière). Ce canon de 45 pouces tire des obus perforants de 673kg à des distances comprises entre 5000m (site = +2.6°) et 35450m (site = +43°) et des obus explosids de 625kg (portée maximale : 28025m à +43°) à raison de 2 coups par minute.

La tourelle double semblable à celle des Kongo pèse 699 tonnes (634 pour les Kongo) et peut pointer en site de -5° à +43° (+25° à l'origine) à raison de 5° par seconde et en azimut sur 150° pour les tourelles avant et arrière et de 30 à 150° pour les tourelles centrales à raison de 3° par seconde. La dotation en munitions est de 90 obus par canon soit un total de 1080 obus


Canon de 152mm identique à ceux des Fuso

-16 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1908 en casemates latéraux simples. Ce canon de 50 calibres tire des obus de 45kg à des distances maximales comprise entre 5000m (site = +2.7°) et 19500m (site = +30°) à raison de 5 à 6 coups par minute.

L'affût simple peut pointer en site de -5° à +30° et en azimut sur 70°. La dotation en munitions est inconnue.

Après la refonte des années trente, les Fuso reçurent un nouvel armement secondaire en profitant du débarquement des tubes lance-torpilles et de deux canons de 152mm :


Affût double de 127mm du Nagato

-8 canons de 127mm type 89 (modèle 1929) en quatre affûts doubles. Ce canon de 40 calibres tire des obus de de 35kg (explosif, perforant, éclairant) à une distance maximale de 14800m en tir à but surface (site : +45°) et de 9400m en tir antiaérien (site : +75°) à raison de 8 à 14 coups par minute.

L'affût double A1mod.3 pèse 29 tonnes et peut pointer en site de -7° à +90° (+8 à +85° selon d'autres sources) à raison de 12° par seconde et en azimut de 70 ou 150° en fonction de l'emplacement à raison de 6° par seconde. Chaque canon dispose de 300 obus soit un total de 2400.

-8 (Yamashiro) ou 16 (Fuso) mitrailleuses de 13.2mm et 2 canons de 40mm pour le Yamashiro qui furent bien vite remplacés par des canons de 25mm. La mitrailleuses de 13.2mm type 93 (modèle 1933)de 70 calibres inspiré comme le canon de 25mm par les réalisations de la maison Hotchkiss avait une portée maximale de 6500m en tir à but surface (site +50) et de 3980m en tir antiaérien (site +85°) à raison de 250 coups par minute. Le pointage en site est de -15° à +85° et en azimut sur 360°. La dotation en munitions est de 2500 coups par mitrailleuse.


Schéma d'un affût double de 25mm

-16 canons de 25mm type 96 (modèle 1936) en huit affûts doubles. Ce canon de 60 calibres tire des obus de 250° à une distance maximale comprise de 7500m en tir à but surface (+50°) et de 3000m en tir antiaérien (+85°) à raison de 220 à 260 coups/minute (théorique, la cadence pratique est de 110 à 120 coups).

L'affût double pèse 1100kg et peut pointer en site de -10° à +85° et en azimut sur 360° . La dotation en munitions est de 2000 obus par canon soit un total de 48000 projectiles. Le nombre d'obus par pièce à probablement décru avec l'augmentation du nombre des pièces qui passèrent 37 en juillet 1943 pour atteindre au final 110 (Fuso) ou 92 (Yamashiro).

Aviation : Une catapulte à poudre installée à la poupe et 3 hydravions

Equipage : 1400 hommes

Sources

-Simon Liot de Nortbécourt La Flotte Combinée japonaise De Pearl Harbor à Hiroshima

-Jean Moulin US Navy T1 1898-1945 du Maine au Missouri

-Jean Moulin Les cuirassés de la seconde guerre mondiale en images

-Encyclopédie des armes éditions Atlas tome 10 «Vedettes rapides 1939-45» p2321-2340 notament les pages 2338-2339 sur la bataille du détroit de Surigao

-Ressources internet diverses : wikipedia, navweaps

-Photos et un PDF de l'ami Vautour.

FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : SNA CLASSE SWIFTSURE


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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Dim 15 Nov 2009, 22:34

Ha le Fuso , Claus,

Une cathédrale de dentelle d' acier, moche mais impressionnant , un rêve de maquettiste
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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Lun 16 Nov 2009, 19:11

Ouai tu la dit JB52, C'est même carrément l'équivalent Dreadnought du Hoche ! Mr.Red
Après le "Grand Hôtel", voici la "Grande Pagode Japonaise" !!!

Merci pour ce nouvel article, Clauss !
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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Mar 17 Nov 2009, 09:16

On a coutûme de dire que Surigao est la dernière bataille de cuirassés... ce qui a mon sens est largement exagéré.

Ce fut plutôt un massacre dans lequel les destroyersi jouèrent le rôle prédominant en coulant l'un des deux cuirs (certains historiens US disant que ce serait le Yamashiro qui aurait été coupé en deux par une explosion interne et non le Fuso... mais c'est un peu accessoire) et en rendant très peu manoeuvrant le second.

Les destroyers américains qui sortirent de ce combat de nuit sans torpilles et avec des réserves de mazout a minima qui les auraient empêché de rallier à grande vitesse un éventuel point de rencontre avec la force Kurita au large de Samar.

Ce combat de nuit fut un franc succès tactique mais il laissait la force de couverture de la TF 77sans obus AP (les 25 coups par tubes sur les cuirs avaient été largement dépensés durant l'action sans parler des croiseurs)

En clair il n'y avait vraiment plus grand monde entre Kurita et la force de débarquement ...

A part le TG 77.4 de l'Amiral THomas Sprague ventilé en trois sous groupes de porte-avions d'escorte
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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Mar 17 Nov 2009, 10:09

Re,
pascal a écrit:
On a coutûme de dire que Surigao est la dernière bataille de cuirassés... ce qui a mon sens est largement exagéré.
pas du tout, ce n'est pas exagéré, c'est vrai !
c'est la dernière bataille ou des cuirassés se tirent dessus
(la fin des yamato & tirpitz est face à des avions)

pascal a écrit:
Ce fut plutôt un massacre dans lequel les destroyersi jouèrent le rôle prédominant en coulant l'un des deux cuirs (certains historiens US disant que ce serait le Yamashiro qui aurait été coupé en deux par une explosion interne et non le Fuso... mais c'est un peu accessoire) et en rendant très peu manoeuvrant le second.
massacre uniquement car,
- les PT Boats US détectèrent et suivèrent l'approche des japonais durant le début de la nuit....l'effet de surprise japonais étant nul
- les japonais arrivèrent en T face à une escadre us par le travers et avec toutes pièces battantes !...le massacre était annoncé !

pascal a écrit:
Les destroyers américains qui sortirent de ce combat de nuit sans torpilles et avec des réserves de mazout a minima qui les auraient empêché de rallier à grande vitesse un éventuel point de rencontre avec la force Kurita au large de Samar. Ce combat de nuit fut un franc succès tactique mais il laissait la force de couverture de la TF 77sans obus AP (les 25 coups par tubes sur les cuirs avaient été largement dépensés durant l'action sans parler des croiseurs) En clair il n'y avait vraiment plus grand monde entre Kurita et la force de débarquement ...A part le TG 77.4 de l'Amiral THomas Sprague ventilé en trois sous groupes de porte-avions d'escorte
pas vraiment
les cuirassés & croiseurs us avaient encore quelques réserves, et puis t'oublies les forces qui protégaient & appuyaient directement le débarquement à leyte (quelques croiseurs, d'autres destroyers, destroyers d'escorte, de nombreuses PT Boats, l'US air force)

le plan japonais échoua pour plusieurs raisons:
- trop compliqué
- dispersion des forces
- manque d'appuie aérien massif & définitifs* le jour meme de l'opération
- manque d'appuie massif & définitifs* le jour meme des sous marins
et surtout
- plans japonais connus des services secrets us

* des centaines d'avions japs étaient présent aux philipinnes et 1 ou 2 douzaines de SM japonais étaient dispo, mais les 24/26 octobre, seulements 100/150 avions japs et 5/6 SM japs étaient engagés
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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Mar 17 Nov 2009, 11:38

La force C est repérée depuis le 24 à 0904 donc effectivement plus d'effet de surprise

Les avions japonais sont pilotés par des novices. Les intervieuw réaliséses après guerre des officiers d'EM japonais ont permis aux américains de mesurer l'ampleur du pb. Les pilotes de la force d'appat d'Ozawa ne savaient pas apponter ... les autres détails sont connus

Les qq croiseurs qui appuient le débarquement (vieux de 4 jours il n'y a plus d'appui direct par navire... mais par l'aviation) n'ont que du HE et pas d'AP
L'AIr force est encore bien faible sur zone
Les PT sont une proie facile ...
Bref une situation tactique extrèmement tendue pour les américains de leur aveu même (la vision de Morison et de Spector est assez critique là dessus d'ailleurs)

Le problème des dotation en AP fut une source de soucis constant pour l'Amiral Daniel Barbey qui émit une note en ce sens à Kinkaid qui n'obtint pas de réponse...

Il est établi que Kinkaid et Halsey ne croyaient pas à un déploiement de la flotte japonaise à l'occasion de l'opération sur les Philippines notamment du fait de la faiblesse de la couverture aérienne après les massacres des Mariannes et de Formose...
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MessageSujet: Re: JAPON CUIRASSES CLASSE FUSO   Mar 17 Nov 2009, 14:08

Pour complèter mon post précédent...

Il est certain que les américains avaient casé une bonne partie du code de la Marine japonaise.
Alors oui ils savaient qu'OZAWA avait quitté la mer intérieure avec 4 porte-avions ils le savaient d'autant plus que les japs avaient fait et feront tout leur possible pour que les américains repèrent Ozawa pour laisser le temps à un KURITA soumis lui au silence radio de passer en force au milieu des Philippines.

Le problème des américains est que le 22 octobre ils savent que les japonais ont fait donner la flotte combinée (pour la force A et la force C c'est plus flou) mais leur problème c'est qu'ils ne savent pas où elle est.


Kurita ne sera repéré que le 23 au matin
Nishimura le 24 au matin
Ozawa le 24 en fin d'aprème
Quant à Shima il passa a peu près inaperçu au milieu du gigantesque mécano qui se mettait en place.

C'est d'ailleurs l'heure tardive de la découverte d'Ozawa qui fut un des éléments capitaux. Ce dernier avait tout fait y compris envoyer ses deux cuirs loin dans le sud pour attirer à lui Bull Halsey. Mais durant une grande partie de la journée du 24 çà ne fonctionna pas pour deux raisons majeures

-les attaques aériennes sur le TG 34 3 de SHERMANN dans la matinée du 24 par l'aviation de Luçon si (en dehors du Princeton) ne font aucun aux américains retardent considérablement le reco prévues vers le Nord

-la découverte de Kurita par le Darter et le Dace entraîne le lancement de plusieurs raids par la TF 38 dès le milieu de matinée. Avec pour conséquence là encore de diminuer les reco et surtout d'arriver en fin de journée avec des pilotes sur les rotules qui pour la plupart viennent de faire deux raids long range alors qu'enfin à 1640 on vient de dénicher Ozawa qui n'en pouvait plus de chercher à se faire repérer.


Bref Kurita ne sait pas qu'HALSEY fait route au nord dans la nuit du 24/25 et quand à l'aube il tombe sur Clifton Sprague et ses six CVE il croit tomber sur Halsey ... (en plus de çà aussi étrange que çà puisse paraître les amiraux japonais ne connaissaient pas l'existance des CVE)

La pince sud n'avait rigoureusement aucune chance quand à la force A plus au nord elle n'eut jamais de couverture aérienne attendu que Fukudome préférait utiliser ses maigres forces dans des assauts sur la TF 38 plutôt que dans la protection de Kurita. Il n'avait aucune illusion quant aux capacités de la plupart de ses pilotes à affronter les escortes de Hellcats des raids US.

Sho était condamné d'avance quasiment du fait de l'absence de chasse valable

Mais il y eut les incontournables grains de sable communs à ce genre de situation et le 25 au matin on aboutit au fait les américains eurent de vraies sueurs froides. Il fallut le sacrifice de l'écran de Taffy 3 et l'incroyable pugnacité de 200 pilotes pour éviter une vraie embrouille dans le golfe de Leyte.

Halsey leur dut une fière chandelle
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MessageSujet: Petit complément sur une conversion envisagée   Mer 08 Sep 2010, 02:43

Après Midway, il fut un temps envisagé de convertir les deux Fuso en porte-avions (24nd, 50 avions, 24 mois de travaux de conversion) ou en hybrides à l'instar des Ise / Hyuga. L'idée d'une conversion complète en porte-avions fut abandonnée parce qu'elle était plus coûteuse que la construction d'un Unryu neuf. Celle de la conversion en cuirassé porte-hydravions connut plusieurs variantes, supprimant tantôt les deux tourelles arrière, tantôt les deux centrales, tantôt les quare arrière. L'idée fut finalement abandonnée devant le peu de potentiel militaire reconnu à ces deux cuirassés, fort âgés.
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MessageSujet: Les noms Fuso et Yamashiro   Mer 08 Sep 2010, 02:51

Le FUSO tire son nom de la très ancienne province homonyme, disparue depuis fort longtemps mais qui passe pour le berceau traditionnel de l'ancienne structure clanique japonaise. FUSO signifie « Divin pays des muriers ».

L’ancienne province de YAMASHIRO (dont le nom signifie « forteresse dans la montagne ») est aussi un des berceaux du Japon : s’étendant sur l’actuelle plaine du Kansai qui va de Ōsaka à Kyōto, elle compte les villes de Heian, Nagaoka et Otsu qui furent tour à tour capitales.
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