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 CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)

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clausewitz
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MessageSujet: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyMer 23 Jan 2019, 14:07

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN
(FRANCE)

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_vau19
Le contre-torpilleur Vauquelin à la mer le 11 mai 1938. Notez la présence des marques de neutralité sur les masques des pièces de 138mm II, III et IV

AVANT-PROPOS

Reconstruire la flotte

Une flotte en crise

Le 11 novembre 1918 à 11h du matin l'Armistice signé trois jours plus tôt dans la clairière de Rethondes. Cet armistice met fin à quatre ans et demi de combats, combats ayant fait plus de 9 millions de morts.

L'armée de terre française est auréolée du titre de meilleure armée du monde. Elle l'est probablement à l'époque et le restera d'ailleurs dans l'inconscient collectif ce qui explique que le monde entier sera stupéfait de la voir perdre la campagne de France en six semaines seulement.

La marine nationale est également victorieuse mais n'à pas cette chance. Ses combats meurtriers notamment contre les sous-marins allemands et austro-hongrois n'ont pas eu l'honneur des communiqués ni de l'attention médiatique d'une opinion publique focalisée, obnubilée par les tranchées du front occidental.

Entrée en guerre avec une flotte inadaptée (pas de croiseurs légers modernes, peu de torpilleurs et de contre-torpilleurs hauturiers.....), la Royale est en 1918 une flotte en voie de déclassement avec des navires usés, des équipages démoralisés qui plus est travaillés par une propagande révolutionnaire à l'origine de mutineries à Bizerte, Toulon et jusqu'en mer Noire.

Reconstruire une flotte moderne est une nécessité et ce en dépit de facteurs handicapants : tissu industriel insuffisant et dépassé (les arsenaux ont participé aux productions destinés à l'armée de terre, délaissant les constructions neuves à l'exception de la poussière navale destinée à l'escorte des convois), restrictions budgétaires, dettes de guerre sans oublier l'instabilité ministérielle même si le ministère de la Marine sera épargné.

Cette reconstruction répond principalement à deux objectif. Le premier répond tout simplement à la grandeur d'un pays qui pèse encore sur la scène internationale (deuxième empire colonial) même si face aux mastodontes américains, japonais (en attendant la Russie bolchevique voir la Chine), elle fait figure de «nain».

Le second est lié directement à la saignée de la «Der des ders». Le million et demi de morts du premier conflit mondial était pour l'immense majorité formé de jeunes hommes vigoureux en passe de devenir pères de familles.

D'où l'apparition à terme dans les années trente de «classes creuses» qui accentuèrent le déséquilibre démographique qui avait justifié en 1913 la loi sur le service militaire de trois ans. Dans une France tentée par le pacifisme, augmenter encore la durée du service militaire était impossible ou politiquement difficile à faire passer.

Les généraux veulent faire appel à la «Force Noire», la ressource humaine de l'Empire symbolisée par les tirailleurs sénégalais mais qui était également composée de tirailleurs marocains, algériens, tunisiens, de goumiers, de spahis, de zouaves........... .

Pour faire passer en métropole ces combattants, il faut une puissante marine capable de couvrir les transports de troupes reliant l'Afrique du Nord et l'Afrique Noire à la métropole.

Cette marine va être reconstruite dans le cadre du traité de Washington signé en février 1922 qui relègue la marine nationale en second division mondiale à égalité avec l'Italie et loin derrière les Etats Unis, la Grande Bretagne et le Japon.

Si à l'époque, les nationalistes voient dans ce traité une humiliation et une trahison, il faut reconnaître avec le recul qu'il à été bénéfique pour la France, lui évitant l'achèvement coûteux du programme de 1912 et permettant la naissance de la belle marine de Georges Leygues.

Cette marine va ainsi d'organiser autour d'unités légères, des torpilleurs d'escadre, des contre-torpilleurs et des croiseurs légers et lourds.

Ces magnifiques et rutilants navires si ils sont bien supérieurs à ceux d'avant le premier conflit mondial ne sont pas exempts de défauts : faible endurance, rayon d'action court lié à une stratégie méditerranéenne, appareil de détection inexistants et DCA dépassée.

Ces défauts, il faut le reconnaître n’apparaîtront pour la plupart qu'en raison d'une utilisation imprévue. Les contre-torpilleurs conçus pour attaquer à grande vitesse les lignes de communication ennemies, appuyer les torpilleurs amis et refouler les torpilleurs ennemis se retrouveront à escorter les convois et appuyer les troupes par des tirs contre la terre sous une très forte menace aérienne.

Cette marine va aussi se construire dans l'opposition avec la marine italienne, les constructions de Paris répondant à celles de Rome. Cette opposition est surtout connue pour les croiseurs lourds mais en ce qui concerne les contre-torpilleurs c'est aussi le cas.

C'est ainsi que les italiens construisent les premiers Condottieri pour contrer les contre-torpilleurs français puis après l'apparition des Fantasque et des Mogador décident de commander des croiseurs-éclaireurs de classe Capitani Romani, les derniers Condottieri devant davantage s'opposer aux Galissonnière.

Après des Jaguar semi-réussis (ou demi-ratés) c'est selon, la marine française va prendre l'habitude de commander ces contre-torpilleurs par séries de six pour former dans la mesure du possible des divisions homogènes de trois unités.

C'est la naissance des «quatre tuyaux», une série de dix-huit navires caractérisés par leurs quatre cheminées, des navires rapides mais fragiles, bien armés mais ne disposant pas forcément d'un rayon d'action très important.

Après les six unités de classe Guépard (Guépard Lion Bison Vauban Valmy Verdun), la marine nationale va mettre en service quatre unités de classe Aigle (Aigle Albatros Vautour Gerfaut) suivis des Milan et Epervier qui selon les ouvrages sont des unités de classe Aigle ou une classe à part (je suis partisan de la deuxième hypothèse), les six unités de classe Vauquelin bouclant la boucle.

NdA Pour ceux qui se demandent pourquoi je n'ai pas traiter en détail les Milan et Epervier c'est tout simplement parce que je n'ai pas encore acquis le livre sur le sujet à la différence des Guépard, des Aigle et donc des Vauquelin. Cela me semble partie remise.

Les Jaguar, les premier contre-torpilleurs modernes de notre marine nationale

En 1918 l'immense majorité des contre-torpilleurs français sont déclassés et dépassés. Signe de l'urgence, des unités ayant appartenu à la Kaiserliche Marine et à la Kaiserliche & Königliche Kriegsmarine (KuK) sont récupérés au titre des dommages de guerre à la fois pour faire la soudure mais également pour alimenter les études qui n'ont pas cessé (à la différence des constructions).

Financés à la tranche 1922, les six unités de classe Jaguar sont construits à la fois par l'Arsenal de Lorient mais aussi par ce qu'on appelait à l'époque l'Industrie, les chantiers navals privés.

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Le Jaguar

-Le Jaguar est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 24 août 1922 lancé le 17 novembre 1923 et admis au service actif le 19 novembre 1926. Gravement endommagé par des S-Boot devant Dunkerque dans la nuit du 22 au 23 mai 1940, le Jaguar est échoué sur la plage et son épave pétardée le 31 mai 1940.

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Le Léopard

-Le Léopard est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire le 14 août 1923 lancé le 29 septembre 1924 et admis au service actif le 15 novembre 1927. Saisi par les anglais en juillet 1940 puis cédé aux FNFL, il est perdu par échouage devant Tobrouk le 27 mai 1943, se cassant en deux avant toute tentative de renflouement.

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Le Tigre

-Le Tigre est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Bretagne (ACB) à Nantes le 18 septembre 1923 lancé le 2 août 1924 et admis au service actif le 7 février 1926. Saisi par les italiens après le sabordage de la flotte à Toulon, il est rendu à la France en octobre 1943 et utilisé jusqu'à son désarmement le 10 juillet 1948 (mise en réserve spéciale A) puis sa condamnation le 4 janvier 1954 et sa démolition.

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Le Chacal

-Le Chacal est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët à Sain Nazaire le 18 septembre 1923 lancé le 27 septembre 1924 et admis au service actif le 23 décembre 1926. Il est coulé par le Luftwafe le 24 mai 1940.

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Le Panthère

-Le Panthère est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 23 décembre 1923 lancé le 27 octobre 1924 et admis au service actif le 4 février 1927. Non sabordé le 27 novembre 1942, il est saisi par les italiens en mars 1943 puis sabordé à La Spezia le 9 septembre 1943. Il est relevé et démoli après guerre.

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Le Lynx

-Le Lynx est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint-Nazaire le 14 janvier 1924 lancé le 25 février 1925 et admis au service actif le 15 novembre 1927. Il est perdu lors du sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942. Il est renfloué et démoli pendant la guerre.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Classe17

Caractéristiques Techniques de la classe Jaguar

Déplacement :  standard 2400 tonnes (2126 tonnes Washington) pleine charge 3050 tonnes (2976 tonnes Washington)

Dimensions :  longueur hors tout : 126.78m largeur : 11.40m Tirant d'eau : 4.10m

Propulsion :  deux groupes de turbines à engrenages Bréguet (Jaguar Panthère) ou Rateau (Léopard Lynx Chacal Tigre) alimentées en vapeur par cinq chaudières à retour de flamme type Du Temple construits par les FCG (18kg/cm² 216°) développant 50000ch et entraînant deux hélices.

Performances :  vitesse maximale 35 noeuds (Le Tigre à attein 36.7 noeuds aux essais) Distance Franchissable : 3000 miles nautiques à 13 noeuds 1000 miles nautiques à 28 noeuds et 600 miles nautiques à 34 noeuds.

Armement : cinq canons de 130mm modèle 1919 en affûts simples sous masque, deux canons de 75mm modèle 1922, quatre mitrailleuses de 8mm en deux affûts doubles, Huit mitrailleuses de 13.2mm modèle 1929 en quatre affûts doubles à l'emplacement des canons de 75mm,six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples, deux grenadeurs de sillage et quatre mortiers Thornycroft.

Equipage :  12 officiers, 22 officiers mariniers et 165 quartiers maîtres et matelots


Les Guépard : les premiers «quatre tuyaux»

A l'origine il était prévu douze contre-torpilleurs dès 1922 mais ce nombre avait été divisé par deux pour des raisons industrielles. Les contre-torpilleurs des tranches 1925 et 1926 sont ainsi dérivés des Jaguar avec une puissance propulsive supérieure ainsi qu'un armement plus puissant, le canon de 138mm faisant son apparition en remplacement du canon de 130mm.

Comme pour les Jaguar la construction est répartie entre l'Arsenal de Lorient (Guépard Bison) et l'Industrie (Lion Valmy Vauban Verdun).

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Le Guépard

-Le Guépard est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient (cale n°7) le 14 mars 1927 lancé le 19 avril 1928 et admis au service actif le 16 août 1929. Il est sabordé le 27 novembre 1942 au poste n°1 du quai Noël. Renfloué une première fois en 1943 , il est à nouveau coulé en mars 1944. Renfloué une deuxième fois en 1947, il est démantelé.

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Le Bison

-Le Bison est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 14 mars 1927 sur la cale n°5. Il est lancé le 29 octobre 1928 et admis au service actif le 24 octobre 1930. Il est coulé par l'aviation allemande au large de la Norvège le 3 mai 1940.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_lio11
Le Lion lors de l'année d'instruction 1930/31

-Le Lion est mis sur cale aux chantiers navals des Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque le 27 juillet 1927 lancé le 5 août 1929 et admis au service actif le 5 février 1931. Capturé par les italiens en novembre 1942, il devient le FR-21 mais il est sabordé le 9 septembre 1943, renfloué par les allemands en 1944 et définitivement coulé par un bombardement allié, l'épave est relevée après guerre et démantelée.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_vau20
Le Vauban

-Le Vauban est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 25 mars 1929 lancé le 1er février 1930 et admis au service actif le 5 février 1931. Comme dans tant d'autres navires de la Royale, il termine sa carrière dans le sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942.

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Le Valmy

-Le Valmy est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 5 mai 1927 lancé le 19 mai 1928 et admis au service actif le 26 janvier 1930. Sabordé le 27 novembre 1942, il est relevé par les italiens (FR24) mais n'est pas remis en service actif. L'épave saisie à Gênes au printemps 1945 est rapidement démantelée.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_ver11
Le Verdun

-Le Verdun est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) installés à Saint-Nazaire le 10 août 1927  lancé le 4 juillet 1928 et admis au service actif le  19 avril 1930. Sabordé le 27 novembre 1942, il est renfloué, coulé à nouveau en 1944 après des bombardements alliés. Il est renfloué en 1948 et ironie de l'histoire démoli à Savone en Italie.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Classe18

Caractéristiques Techniques de la classe Guépard

Déplacement : en charge normale (prévu) 2689 tonnes (effectif) 2750 tonnes pleine charge 3200 à 3250 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 130.20m longueur entre perpendiculaires 123.10m largeur maximale 11.76m largeur à la flottaison 11.52m Tirant d'eau : 3.38m à l'avant 4.69m

Propulsion :  turbines à engrenages Parsons (Guépard,Bison,Valmy et Verdun) ou Zoelly (Lion Vauban) alimentées en vapeur par quatre chaudières Du Temple développant 64000ch et entraînant deux hélices.

Performances :  vitesse maximale en service : 36 noeuds distance franchissable : 750 miles nautiques à 6 noeuds, 3450 miles nautiques à 14.5 noeuds

Armement d'origine : 5 canons de 138mm modèle 1923 en affûts simples sous masque, 4 canons de 37mm modèle 1925 en quatre affûts contre avions simples (CAS), 4 mitrailleuses de 8mm Hotchkiss modèle 1914 en affûts simples ou doubles superposés, 6 tubes lance-torpilles de 550mm groupés en deux plate-formes triples, 4 mortiers Thornycroft avec douze bombes de 100kg et 2 grenadeurs avec 24 grenades de 200kg, (seize en position et huit en réserve)

Equipage :  9 officiers, 34 officiers mariniers et 193 quartiers maitres et matelots soit 236 hommes


A SUIVRE

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Dernière édition par clausewitz le Sam 09 Fév 2019, 15:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyVen 25 Jan 2019, 13:37

Les Aigles : d'autres quatre tuyaux pour la marine nationale

Si la France n'est pas à proprement parlé un pays maritime il y eu des périodes où marins et politiques s'entendirent pour s'équiper d'une marine adaptée aux capacités industrielles et aux besoins nationaux.

Parmi ces périodes figure l'entre-deux-guerre où la politique navale va être symbolisée par deux hommes : Georges Leygues et François Darlan. Ne pouvant encore construire de cuirassés, les deux hommes font faire porter leurs efforts sur les unités légères avec des torpilleurs, des contre-torpilleurs et des croiseurs (qu'ils soient lourds et légers).

Après les Jaguar et les Guépard, les contre-torpilleurs suivants vont porter le nom de rapaces, formant la classe Aigle contenant initialement six navires avant que leur nombre soit réduit à quatre, les deux derniers baptisés Milan et Epervier différant suffisamment pour justifier l'idée qu'ils forment une classe à part.

Les six navires de la tranche 1927 sont des évolutions des Guépard avec une coque plus courte (1.70m de long en moins hors tout) et un nouveau modèle de canon de 138mm, le modèle 1927.

C'est alors que les choses se compliquent. La construction des deux derniers baptisés Milan et Epervier attribuée à l'Arsenal de Lorient est retardée pour permettre l'embarquement de chaudières à surchauffe plus puissantes, plus compactes mais parfois plus fragiles. Comme elles sont encore en phase d'essais à bord du transport d'hydravions Commandant Teste, la construction des Da-5 et Da-6 est retardée.

Voilà pourquoi la classe Aigle ne va compter que quatre unités baptisées Aigle, Vautour,Albatros et Gerfaut. La construction va être assurée par des chantiers navals privés, l'Industrie comme on disait à l'époque.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_aig24

-L'Aigle est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 8 octobre 1928 lancé (quasiment achevé comme c'est de coutume aux ACF) le 19 février 1931 et admis au service actif le 1er novembre 1932. Il disparaît dans le sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_vau21

-Le Vautour est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) sur leur site normand de Graville près du Havre le 21 février 1929 lancé le 28 août 1930 (à la troisième tentative !) et admis au service actif le 1er juin 1932. Il disparaît dans le sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_alb19

-L'Albatros est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Nantes le 30 janvier 1929 lancé le 28 juin 1930 et admis au service actif le 25 janvier 1932.

Survivant au conflit après avoir été sérieusement endommagé à Casablanca lors de l'opération TORCH, le contre-torpilleur est transformé en navire-école de canonnage, rôle qu'il va assuré jusqu'en 1956, étant désarmé et démoli en 1959.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_ger13

-Le Gerfaut est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes le 13 mai 1929 lancé le 14 juin 1930 et admis au service actif le 15 mars 1932. Comme ses sister-ship Aigle et Vautour, il disparaît lors du sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Classe19

Caractéristiques Techniques des Aigle

Déplacement standard : 2441 tW (2660 tonnes en charge normale 3141 tonnes en charge maximale)

Dimensions : longueur hors tout 128.50m (129.3m pour l'Albatros et le Gerfaut) longueur entre perpendiculaires 122.40m largeur maximum de la coque : 11.782m (Aigle)11.704m (les autres) tirant d'eau (sous fausse quille) : 4.267m (Albatros) 4.286m (Vautour et Gerfaut) 4.285m (Albatros)

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons (Aigle, Vautour,Albatros) ou Rateau (Gerfaut) alimentées en vapeur par quatre chaudières Yarrow-Penhoët développant 64000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale en service courant 36 noeuds distance franchissable (Aigle) : 4450 miles nautiques à 15 nœuds, 726 miles nautiques à 37.45 nœuds.

Armement initialement prévu : cinq canons de 138mm modèle 1927 en affûts simples sous masque (deux avant et trois arrières), un canon de 75mm modèle 1927, quatre canons de 37mm Contre-Avions Simple (CAS) modèle 1925, quatre mitrailleuses de 8mm, quatre Mortiers Thornycroft et deux grenadeurs de sillage

Equipage : 227 officiers et matelots


Milan et Epervier

Les contre-torpilleurs Milan et Epervier financés à la tranche 1927 comme leurs prédécesseurs de classe Aigle sont parfois considérés comme les cinquième et sixième contre-torpilleurs de cette classe Aigle. Ils sont en réalités suffisamment différents pour être considérés comme formant une classe à part à mi-chemin entre les Aigle et les Vauquelin.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_mil12

-Le Milan est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient en décembre 1930, lancé le 13 octobre 1931 et  admis au service actif en avril 1934. Redéployé en Afrique du Bord, il est détruit devant Casablanca lors de l'opération Torch (8 novembre 1942).

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_epe11

-L'Epervier est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient en décembre 1930, lancé le 14 août 1931 et mis en service en avril 1934.  Réfugié en Afrique du Nord, il est détruit à Oran le 9 novembre 1942.

Caractéristiques techniques de la classe Milan

Déplacement standard : 2441 tW (2660 tonnes en charge normale 3141 tonnes en charge maximale)

Dimensions : longueur hors tout 129.30m longueur entre perpendiculaires 122.40m largeur maximum de la coque : 11.84m tirant d'eau moyen : 4.23m

Propulsion : deux turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Yarrow-Penhoët développant 68000ch et entraînant deux hélices de 3.79m de diamètre

Performances : vitesse maximale en service courant 36 noeuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 18 noeuds

Armement d'origine : 5 canons de 138mm modèle 1927 en affûts simples (deux avant deux arrières et une derrière la cheminée n°4), deux affûts doubles de 37mm modèle 1933 et deux affûts doubles de 13.2mm, sept tubes lance-torpilles de 550mm (un affût triple et deux affûts doubles), 4 mortiers Thornycroft (rapidement débarqués) et deux grenadeurs de sillage avec seize grenades.

Equipage : 220 officiers et matelots


Génèse des Vauquelin

Genèse
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Classe14

Après la construction des six Guépard et des quatre Aigle, le Service Technique des Construction Navales (STCN) étudie les futurs contre-torpilleurs.

Pour éviter une rupture trop brutale, les deux derniers contre-torpilleurs de la tranche 1927 baptisés Milan et Epervier vont en quelque sorte servir de prototypes en combinant des éléments éprouvés avec de nouvelles technologies comme des chaudières à surchauffe, plus compactes, plus puissantes mais parfois plus fragiles.

Les futures unités de classe Vauquelin sont assez semblables aux Aigle (notamment au niveau de l'armement avec cinq canons de 138mm en affûts simples sous masque) mais avec un tube lance-torpilles de plus, une poupe en cul de poule au lieu d'une poupe en sifflet pour faciliter le mouillage de mines (à l'époque la marine nationale renonce à la construction de bâtiments de surface mouilleurs de mines). Les plans définitifs sont approuvés par le ministre le 21 novembre 1928.

Ces navires devaient être financés à la tranche 1928 mais  mais les parlementaires soulignent que l'Arsenal de Lorient à l'été 1928 n'à pas encore mis sur cale le Milan et l'Epervier. Aucune construction neuve n'est donc accordée au titre de la tranche 1928, les nouveaux contre-torpilleurs seront financés à la tranche 1929.

Cette dernière votée le 29 mars 1929 finance la construction de six contre-torpilleurs qui porteront tous le nom de grands marins français (Vauquelin Kersaint Cassard Tartu Maillé Brézé Chevalier Paul) qui en raison de la surcharge de l'Arsenal de Lorient seront tous construits par les chantiers navals privés.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Sous_m10
Le sous-marin Le Tonnant

A ces six contre-torpilleurs s'ajoute également six sous-marins de classe Redoutable (Espoir,Glorieux,Centaure,Héros,Conquérant et Tonnant), un sous-marin mouilleur de mines type Saphir (Diamant),un croiseur lourd de type Suffren (Dupleix), deux avisos coloniaux classe Bougainville (Savorgnan de Brazza et D'Entrecasteaux) et deux pétroliers de 9600 tonnes (Elorn et Var).

Les chantiers constructeurs

A la différence des classes précédentes de contre-torpilleurs, les Vauquelin vont être entièrement construits par des chantiers navals privés, le premier à Dunkerque, le dernier à La Seyne sur Mer, les deuxièmes, troisièmes, quatrième et cinquièmes étant construit à Nantes et à Saint-Nazaire, un pôle majeur de la construction navale française avec pas moins de cinq chantiers.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Atelie10
Lancement du Vauquelin par les ACF

-La construction du Da-10 baptisé ultérieurement Vauquelin est attribuée aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque, un chantier réputé pour lancer des navires quasiment achevés.

En ce qui concerne les navires militaires, les ACF vont construire les torpilleurs d'escadre Bourrasque et L'Adroit ainsi que les contre-torpilleurs Lion,Vauban,Aigle, Vauquelin et Le Triomphant.

Frappés de plein fouet par la crise des années soixante-dix, les ACF devenus les Chantiers de France-Dunkerque en 1972 intègrent le groupe Empain-Schneider en 1977 puis forment en 1983 le groupe Normed qui regroupe trois chantiers jadis indépendants, les chantiers navals de Dunkerque, de La Ciotat et de La Seyne sur Mer. Les chantiers navals de Dunkerque ferment en 1987.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Chanti11
Les chantiers navals nantais en 1900

-La construction du Da-11 baptisé ultérieurement Kersaint est attribuée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sur leur site de Nantes situé sur l'île Saint-Anne (appelé également Prairie aux Ducs) juste en face du quai de l'Aiguillon. Créés en 1881 à Nantes, les ACL ouvrent un deuxième chantier l'année suivante à Saint-Nazaire.

Ces chantiers disparaissent en 1955 au cours d'une double fusion : les ACL et les Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët fusionnent pour donner naissance aux Chantiers de l'Atlantique (qui renaissent en 2018) alors que les ACL (site de Nantes) fusionnent avec les Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) pour donner naissance aux Ateliers et Chantiers de Nantes (ACN).

En ce qui concerne les constructions militaires, les ACL ont construit les contre-torpilleurs Lion Lynx Verdun Albatros,Tartu mais si le Kersaint et le Terrible sont bien commandés aux ACL, la construction de la coque sera sous-traitée aux Chantiers Navals Français de Caen.

Des torpilleurs ont également été construits en l'occurence les La Pomone, l'Iphigénie et la Bombarde ainsi que les torpilleurs d'escadre Le Hardi et Mameluk, la construction des torpilleurs de classe Le Fier étant interrompue par l'armistice de juin 1940.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Acb10
Lancement d'un navire de charge par les ACB

-La construction du Da-12 baptisé ultérieurement Cassard est attribuée aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) sis à Nantes. Créé sous le nom «De la Brosse et Fouché» en 1895, il prend son nom canonique le 2 mars 1909.

Les ACB de Nantes vont construire le Tigre, le torpilleur d'escadre Le Fougueux, les contre-torpilleurs Cassard et Volta mais aussi les torpilleurs Melpomène et La Flore ainsi que des chasseurs de sous-marins.

Les ACB fusionnent en 1955 avec les ACL pour former les Ateliers et Chantiers de Nantes (ACN). En 1969, les ACN font faillite, ACB abandonne la construction navale pendant que Dubigeon quitte son site de Chantenay pour l'île Saint-Anne où il restera sous différents avatars jusqu'à sa propre disparition en 1987, mettant fin à deux millénaires de construction navale à Nantes.

-La construction du Da-13 baptisé ultérieurement Tartu est attribuée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sur leur site de Nantes.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Saint-10
Construction de la cale n°1 aux chantiers navals de Penhoët, cale destinée au paquebot Normandie

-La construction du Da-14 baptisé ultérieurement Maillé-Brézé est attribuée à la Société des Chantiers et des  Ateliers de Saint Nazaire-Penhoët sis à Saint Nazaire. Le chantier à eu une histoire mouvementée avec une première existence entre 1862 et 1866 (chantiers John Scott soutenus par les frères Péreire) suivie d'une seconde en 1869/1870 sous le nom des Chantiers de l'Océan.

En 1881, l'activité reprend définitivement sous le nom de Chantiers et Ateliers de Penhoët sous l'augure de la Compagnie Générale TransAtlantique (CGT). Elle prend son nom final en 1900. En 1955, ce chantier fusionne avec les ACL pour former les Chantiers de l'Atlantique.

Le Maillé-Brézé est le troisième contre-torpilleur construit par ce chantier après le Chacal et le Valmy. Les chantiers navals de Penhoët ont également construits les torpilleurs d'escadre Simoun et Sirocco (classe Bourrasque).

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Forges10
Photo aérienne des Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de la Seyne sur Mer

-La construction du Da-15 baptisé ultérieurement Chevalier Paul est attribuée aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) sis à La Seyne sur Mer (Var).

Le chantier de la Seyne est fondé en 1853 mais c'est en 1856 seulement qu'il intègre les FCM ou officiellement la Société Nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée.

Cette entreprise qui dispose de sites à La Seyne sur Mer, Marseille et Graville va construire les torpilleurs Cyclone,Mistral et Forbin mais aussi les contre-torpilleurs Vautour, Chevalier Paul,Le Malin et L'indomptable, les torpilleurs étant construits à Graville, les contre-torpilleurs à La Seyne sur mer tout comme le croiseur léger Montcalm. Le chantier naval havrais des FCM ne construira plus après que des chasseurs de sous-marins.

La Société Nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée disparaît en 1966 pour renaitre sous la forme des Constructions Industrielles de la Méditerranée. Intégrés au groupe Normed en 1983, les chantiers navals de La Seyne sur Mer ferment en 1988 après la construction du pétrolier-ravitailleur La Somme.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyDim 27 Jan 2019, 11:05

CARRIERE OPERATIONNELLE

Le Vauquelin
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Le contre-torpilleur Vauquelin à la mer le 15 février 1934

Construction et mise au point

-Le Vauquelin est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 13 mars 1930, lancé le 29 septembre 1932 et armé pour essais le 5 novembre 1932 (le lancement de navires quasiment achevés fait que le délai est particulièrement court contrairement à d'autrs chantiers, le Vauquelin est considéré achevé à 96% contre 63 ou 64% pour ses sister-ship).

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29 septembre 1932 : lancement du Vauquelin aux ACF de Dunkerque
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Le premier essai est l'essais de présentation en recette. Il s'agit pour la marine de vérifier que l'appareil moteur est capable de fournir la puissance nécessaire à la vitesse demandée. Cet essai est généralement exécuté lors du transit en direction du port d'armement en l’occurrence Lorient.

Le Vauquelin exécute le sien le 13 décembre 1932  lors de sa traversée en direction de Cherbourg mais j'ignore les performances réalisées au cours de l'essai. Il rallie ensuite Lorient où il doit réaliser ses essais officiels.

Ces essais comprennent des essais de mesure de l'avance par tour à grande vitesse, d'un essai à puissance maximum normale d'une durée de 8h suivie d'une neuvième heure à feux poussés, un essai au déplacement Washington, un essai de consommation à 15 nœuds, un essai d'avance par tour à 15 nœuds.

L'essais d'avance par tour à grande vitesse à lieu le 26 janvier 1933 avec une vitesse maximale de 38.531noeuds, l'essais d'avance par tour à 15 nœuds ayant eu lieu le 18 janvier 1933 tandis que l'essai de consommation à 15 nœuds à eu lieu le 11 avril 1933.

L'essai au déplacement Washington à lieu le 16 février 1933. Déplaçant alors 2386.929t, le Vauquelin atteint la vitesse maximale brule de 39.999 nœuds (corrigée à 39.401 nœuds) avec une puissance propulsive développée de 74970ch.

L'essai de 8h à puissance maximale normale est réalisé le 7 avril 1933 avec une vitesse maximale brute enregistrée de 38.196 nœuds (corrigée à 38.2 nœuds) au déplacement de 2633.457 tonnes avec des turbines tournant à 358.196 tours d'hélice par minute, la puissance maximale développée étant de 72.891ch.

Lors de la neuvième heure à feux poussées, le Vauquelin qui déplaçait alors 2500 tonnes à été enregistré à 39.734 nœuds avec une puissance propulsive développée de 79846ch.

Le contre-torpilleur Vauquelin est déclaré achevé le 1er juin 1933. Après une période de travaux et de vérifications, un essai de bon fonctionnement est réalisé le 28 juillet 1933.

Le 2 septembre 1933 le ministre de la marine Georges Leygues décède. Le Vauquelin se trouvait alors à Dieppe pour participer aux fêtes commémoratives données en l'honneur de Jean Vauquelin par sa ville natale. La participation du bâtiment est annulée et il rentre à Brest le lundi 4.

Après avoir embarqué du matériel, le contre-torpilleur effectue des exercices avant de rentrer à Lorient le 11 septembre 1933.

La clôture d'armement du Vauquelin (qui correspond au commissioned des marines anglo-saxonnes) est prononcée le 3 novembre 1933. le 12 novembre il quitte Lorient pour Brest où il embarque obus et torpilles. Le 16 novembre alors qu'il rentrait dans la nuit dans son port d'armement, le contre-torpilleur s'échoue.

Il faut une heure à un remorqueur de la DP (Direction du Port) de Lorient pour le remettre à l'eau et lui permettre de rentrer à bon port. Mis au bassin pour inspection, le Vauquelin souffre d'avaries de coque non négligeables sur 40m.

Après avoir envisagé un retour aux ACF pour grandes réparations, décision est prise de confier la remise en état à l'Arsenal de Lorient. Le navire est mis au sec dans le bassin n°2. Son admission au service actif est ainsi reportée de plusieurs mois.

Le 23 février 1934, le Vauquelin appareille de Lorient pour des exercices avec à bord la commission permanente des essais. Les exercices terminés, il débarque les passagers à Quiberon puis reprend la mer en fin d'après midi direction Cherbourg où il arrive le lendemain matin. Après des incursions sur les côtes anglaises, il rentre à Brest le 2 avant de rallier Lorient le lendemain pour d'ultimes mises au point.

Celles-ci terminées, il rallie Brest où il arrive le 26 mars 1934.Il est admis au service actif le même jour, formant la 6ème DL de la 2ème Escadre (Atlantique) avec ses sister-ship Maillé-Brézé et Kersaint.

Jean Vauquelin
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Statue de Jean Vauquelin à Dieppe, sa ville natale

Le premier contre-torpilleur de la tranche 1929 rend hommage à Jean Vauquelin (Dieppe février 1728-Rochefort 10 novembre 1772), un officier de marine français rendu célèbre par sa bravoure au combat.

Fils d'un capitaine de la marine marchande, il commence comme c'est de coutume à l'époque à naviguer très jeune sous les ordres de son père. Il commande une frégate armée en course durant la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) avant de devenir capitaine dans la marine marchande vers 1750.

Recruté au début de la guerre de Sept Ans (1756-1763), il commande plusieurs frégates, parvenant à rentrer dans le port de Louisbourg malgré le blocus anglais. Il parvient à rentrer en Europe en forçant à nouveau le blocus anglais. Il reçoit une lettre de félicitations du ministre de la Marine.

Il retourne en Nouvelle-France en 1758, participant au siège de Québec puis à la bataille de Sainte-Foy. En 1760 il est battu par les anglais, capturé mais rapidement libéré. Sa carrière est ensuite moins glorieuse notamment dans l'Océan Indien.

Accusé de commerce illicite, il est interné trois mois à Morlaix puis à Nantes. Blanchi, il reçoit le commandement d'une frégate destinée à l'Océan Indien mais il meurt à Rochefort avant d'exécuter cette dernière mission.

La Royale à rendu hommage à ce valeureux marin en baptisant deux de ces navires. Outre le contre-torpilleur on trouve également un escorteur d'escadre de classe Surcouf en service du 3 novembre 1956 au 6 novembre 1986.

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Tombe la neige........sur l'escorteur d'escadre de classe Surcouf Vauquelin.

Carrière opérationnelle

Brest pour commencer.......

Le Vauquelin forme donc la 6ème DL avec ses sister-ship Maillé-Brézé et Kersaint. Cette division dépend du groupement des contre-torpilleurs de la 2ème escadre, groupement créé le 15 octobre 1933.

Son activité est initialement réduite car c'est la période des permissions de pâques. Le contre-torpilleur effectue sa première sortie en compagnie du Maillé-Brézé le 17 avril, entrainement interrompu par le mauvais temps. Après plusieurs sorties pour exercices, le Vauquelin rentre en visites de garantie.

Le 29 juin 1934, la 6ème division légère au grand complet appareille pour la croisière d'été de la 2ème escadre, une croisière surnommée «tournée des casinos».

Le Vauquelin et le Maillé-Brézé sont ainsi au Croisic du 29 juin au 3 juillet (pendant que le Kersaint) est à Nantes, la division est à La Pallice du 3 au 5 juillet puis à Bordeaux du 6 au 9, représentant la marine à la Foire Internationale.

Le 9 juillet, les trois contre-torpilleurs mette cap sur Concarneau mais seul le Vauquelin est présent, le Kersaint ayant été victime d'une collision avec un chalutier ce qui impose un retour prématuré à Lorient.

Le Maillé-Brézé accompagne le contre-torpilleur endommagé dans le Morbihan avant de retrouver le Vauquelin à Concarneau, les navires rentrant à Brest le 14 juillet, le Kersaint les ayant précédés dans la nuit du 12 au 13 juillet.

Le 5 août 1934, le Vauquelin devient navire-amiral en portant la marque du contre-amiral de Pontevez. Il quitte Brest direction le Canada. Il fait escale à Ponta Delgada aux Açores du 9 au 13, à Saint Pierre et Miquelon du17 au 19, à Sydney (île du Cap-Breton) du 20 au 23 avant de mouiller à Charlottetown le 24 puis à Gaspé, sur le lieu même du débarquement de Jacques Cartier.

Le contre-torpilleur est à quai à Québec du 27 août au 3 septembre pour les cérémonies commémorant le 400ème anniversaire du débarquement du malouin dans le nouveau monde. Il est à Halifax du 6 au 10 avant de rentrer en France, ralliant Brest le 23 septembre via Porta Delgada où il fait escale du 16 au 19 septembre.

La période brestoise du Vauquelin est sur le point de s'achever puisqu'il est prévu de réaffecter après changement de dénomination la 6ème DL à Toulon.

…....Toulon pour continuer

Le 1er octobre 1934, le groupement des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre est réorganisé. Les 5ème et 7ème DL permuttent leurs numéros tandis qu'une 9ème DL est créée. Il s'agit tout simplement de la redésignation de la 6ème DL quand celle-ci quittera Brest et la Bretagne pour Toulon et la Provence.

Le 22 octobre 1934, la 9ème DL quitte Brest direction Casablanca où les trois «quatre tuyaux» mouillent du 25 au 29. Les trois contre-torpilleurs arrivent à Toulon le 31 octobre après un exercice avec des navires de la 1ère Escadre mais aussi de la 3ème région maritime. Tous les contre-torpilleurs de la tranche 1929 sont désormais regroupés en Méditerranée.

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Le contre-torpilleur Vauquelin à la mer le 21 décembre 1934

Le Vauquelin commence l'année 1935 par une sortie d'entrainement en solitaire puis avec ses sister-ship Tartu et Chevalier Paul. Il participe ensuite à la sortie mensuelle de l'escadre le 15 janvier 1935. Il effectue de nombreux exercices avec les autres contre-torpilleurs du groupement de la 1ère escadre.

Le 21 mars 1935, le Tartu et le Vauquelin mouillent à Monte-Carlo pour représenter la Marine à la fête de la colonie française en Principauté. A noter qu'à l'époque le Vauquelin est provisoirement rattaché à la 5ème DL qu'il forme avec le Tartu et le Chevalier Paul. En mai 1935, la 9ème DL est composée du Maillé-Brézé (7), le Vauquelin (8) et le Kersaint (9).

Du 7 juin au 12 juillet 1935, le contre-torpilleur Vauquelin participe à la croisière d'été de la 1ère Escadre. Elle retrouve la 2ème Escadre dans l'Atlantique pour un exercice inter-escadres à l'issue duquel se déroule le 27 juin 1935 une imposante revue navale en baie de Douarnenez.

Le ministre de la Marine François Pietri embarque sur le Gerfaut suivit comme son ombre par ses sister-ship Aigle et Vautour et passe en revue cinquante-cinq bâtiments.

On trouve deux cuirassés (Bretagne Provence), cinq croiseurs lourds (Algérie Dupleix Duquesne Foch Tourville), deux croiseurs légers (Duguay-Trouin Lamotte-Picquet), treize contre-torpilleurs (Milan Epervier Valmy Bison Lion Jaguar Vauban Tartu Albatros Chevalier Paul Maillé-Brézé Vauquelin Kersaint), seize torpilleurs d'escadre (L'Adroit Basque Foudroyant Orage Ouragan Bourrasque Tramontane Trombe Tornade Cyclone Simoun Mistral La Palme La Railleuse Forbin Brestois),  seize sous-marins (Amphitrite Antiope Ariane Méduse Oréade Orphée La Psyché La Sibylle Pascal Henri Poincaré Poncelet Pasteur Persée Argo Achille Centaure) et le ravitailleur de sous-marins Jules Verne.

Après avoir participé aux cérémonies de la fête nationale, les contre-torpilleurs Vauquelin, Chevalier Paul et Maillé-Brézé effectuent des écoles à feu les 19 et 20 juillet. Des sorties du groupement des contre-torpilleurs ont lieu du 23 au 26 juillet puis du 30 juillet au 1er août.

Le mardi 19, les 5ème (Tartu Chevalier Paul et Cassard) et 9ème DL (Maillé-Brézé Vauquelin Kersaint) appareillent pour la première sortie générale de la 1ère Escadre pour l'année d'instruction 1935/36.

Les deux divisions manoeuvrent sur les côtes de Provence avant de mouiller dans le Golfe d'Ajaccio (5ème DL) et à l'Ile-Rousse (9ème DL). Cette dernière division passe le week-end à Calvi avant de rallier Ajaccio le 26, les six contre-torpilleurs mouillant aux Salins d'Hyères le 27 avant de rentrer à Toulon le 29. D'autres exercices ont lieu jusqu'à la fin de l'année 1935.

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Le contre-torpilleur Vauquelin à quai

Le 4 février 1936 à lieu une nouvelle sortie générale de l'Escadre. Les conditions météos sont difficiles, le Vauquelin étant endommagé (affaissement de la plage avant), devant rentrer pour réparer, étant indisponible jusqu'au 20 février 1936.

Après de nombreux exercices en Méditerranée et en Afrique du Nord, le contre-torpilleur rentre en grand carénage, période de travaux qui s'achève à la mi-septembre 1936.

A l'époque les forces navales françaises en Méditerranée ont été réorganisées, les contre-torpilleurs forment désormais une 3ème escadre légère composée de quatre divisions légères :

-5ème DL : Tartu Vauquelin Chevalier Paul

-7ème DL : Gerfaut Albatros

-9ème DL : Maillé-Brézé, Kersaint,Cassard

-13ème DL :  Guépard,Verdun,Vautour

Toutes ces divisions ne sont pas opérationnelles, trois étant disponibles et une en disponibilité armée par roulement.

Le 17 juillet 1936 des militaires espagnols tentent un nouveau pronunciamento. Ce coup d'état connait un succès inégal avec notamment des échecs cinglants à Barcelone et à Madrid. C'est le début d'une abominable guerre qui va durer quasiment trois ans.

Dans un premier temps les marines étrangères se contentent d'évacuer leurs ressortissants. La France n'échappe pas à la règle, la marine nationale escortant les paquebots qui évacuent hommes, femmes et enfants fuyant le brasier espagnol (2000 personnes évacuées).

Cette première phase dure du 21 au 31 août 1936. La marine espagnole se divise tout comme l'armée de terre et l'armée de l'air. Une partie rallie les putschistes tandis qu'une partie reste fidèle au gouvernement légal non sans perdre en efficacité, des officiers font défection ou sont exécutés par leurs équipages.

En août 1936, quatre-vingt navires étrangers sont présents dans les eaux espagnoles. La marine nationaliste impose un blocus des côtes qui ne sont pas sous son contrôle. Pour maintenir le libre accès des ports, la marine française détache des moyens généralement composés d'un croiseur et d'une division de contre-torpilleurs.

Afin d'éviter toute méprise, les navires reçoivent des marques de neutralité et passent également à Palma de Majorque en zone insurgée (même si les marins n'avaient pas le droit de descendre à terre).

Chaque division passe un mois en zone de guerre, les contre-torpilleurs effectuent deux patrouilles de dix jours entrecoupées d'une période de cinq jours de repos à Toulon (appareillage à 72h). La 5ème DL est la première affectée à ce dispositif à partir du 24 septembre 1936.

Le Vauquelin attend le 6 octobre 1936 pour participer à la croisière d'Espagne. Il rallie Barcelone, est à Alicante du 8 au 19 octobre (sauf Valence dans la nuit du 16 au 17), est à Barcelone le 20, passant sa période de repos au bassin du 21 au 25 octobre. Comme la 5ème DL est relevée dès le 29, le Vauquelin ne retourne pas (immédiatement) en Espagne.

Le 24 novembre 1936, la 5ème DL retourne au large de l'Espagne. Le Vauquelin quitte Toulon le 2 décembre, est à Alicante du 3 ou 4, est à Valence sous les feux le 4, est à Barcelone le 5 au matin.

A l'arrivée du Tartu, il rallie Palma de Majorque où il reste jusqu'au 8. Ralliant Barcelone le 9, il passe quelques jours avant de rallier Toulon le 10 décembre 1936.

Le Vauquelin quitte Toulon le 14 décembre 1936, est à Barcelone le lendemain. Relevé à Barcelone, il se rend à Valence du 17 au 18, est à Alicante l'après midi du 18, à Palma de Majorque du 19 au 22. Relevé par le Tartu, il est à Valence le 23 avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Cinq jours plus tard, le 29 décembre 1936, le Vauquelin quitte Toulon, fait successivement relâche à Palma de Majorque, Alicante, Valence et Barcelone, rentrant dans le Var le 3 janvier 1937.

Le 24 février 1937, le Vauquelin et ses sister-ship de la 5ème DL retrouvent la croisière d'Espagne, l'ex Da-10 quittant Toulon le 3 mars pour Valence. Il est à Barcelone le 5 avant de rentrer à Toulon le 6 mars 1937. La croisière d'Espagne va bientôt être supprimée suite à la mise en place d'un politique internationale de non-intervention.

Les équipages du Vauquelin et du Tartu sont épuisés, on compte plusieurs suicides et tentatives de suicide. Cette mission est très éprouvante entre le dénuement des populations civiles et la menace aérienne.

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Le Vauquelin en avril 1937

Le 12 avril 1937, les divisions légères deviennent soit des Divisions de Croiseurs ou des Divisions de Contre-Torpilleurs. Les 5ème,7ème, 9ème et 13ème DL deviennent respectivement les 5ème, 7ème,9ème et 13ème DCT.

Le 15 avril, la 5ème DCT participe pour la dernière fois à la croisière d'Espagne. Le Vauquelin quitte Toulon le 17, mouille en baie de Palma le 18 au matin, jour de la suppression de cette mission française.

La croisière d'Espagne est remplacée par la croisière de contrôle de la zone des Baléares. La 5ème DCT assure la première patrouille. Comme auparavant, le schéma est théoriquement de deux patrouilles de dix jours séparées par une période de repos de 5 jours au mouillage.

Le Vauquelin quitte Toulon le 20 avril pour couvrir la zone entre Alicante et Valence. Il est présent en zone insurgée du 23 au 26 avril, mouillant la nuit à Palma de Majorque. Il rentre à Toulon le 27 avril 1937.

Le 18 mai, le contre-torpilleur Vauquelin se rend dans la région des Baléares. Il y retrouve ses deux compères de la 5ème DCT. Le Da-10 est présent à Valence du 22 au 24 avant de rentrer à  Toulon le 25 mai 1937.

Entre-temps la 5ème DCT à participé à la croisière d'entrainement annuelle de l'Escadre de la Méditerranée. Comme on peut le constater, la Royale maintient une activité soutenue. Voilà pourquoi en septembre 1939 elle sera considérée comme la mieux préparée par rapport à ses homologues de l'armée de terre et de l'armée de l'air.

Le 7 juin 1937, le Vauquelin repart à nouveaux pour les tumultueuses eaux espagnoles. Il est présent dans la zone de contrôle des Baléares du 8 au 11. Il relève le Chevalier Paul à Barcelone le 12, retourne dans la zone de contrôle à partir du 15 juin 1937. Le lendemain il retrouve le Tartu dans le sud de Minorque, les deux contre-torpilleurs ralliant Alger en compagnie du Chevalier Paul.

La 5ème et la 9ème DCT effectuent de nouveaux entraînements à la navigation de combat, des écoles à feux et l'entrainement au lancement de torpilles. Les deux divisions rentrent à Toulon le 30.

Le Vauquelin et ses deux sister-ships de la 5ème DCT effectue une école à feux du 20 au 24 juillet 1937 avant les permissions d'été, les Vauquelin et Tartu devant entrer en grand carénage à l'Arsenal de Toulon à partir du 1er août pour deux mois, le Chevalier Paul devant lui subir des travaux à Bizerte. La croisière de contrôle dans la zone des Baléares est supprimée le 12 septembre 1937.

Le 20 septembre 1937 les accords internationaux de Nyon mettent en place le Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM) pour mettre fin aux «actes de piraterie» menés contre les navires marchands (de fin juillet au début septembre dix-huit navires neutres ont été attaqués provoquant la perte de six bâtiments).

La Mare Nostrum est divisée en sept zones pour contrôler la navigation et éviter le ravitaillement en armes des belligérants du conflit espagnol même si l'Italie était juge et partie. La France reçoit la responsabilité de la zone 2 (milieu de la Méditerranée occidentale), la zone 5 (eaux grecques) et 8 (partie est de la Méditerranée orientale).

Le Vauquelin achève ses réparations le 9 octobre 1937. Dix jours plus tard, la 5ème DCT accompagné du Kersaint sort pour l'entrainement général de l'Escadre, le premier de l'année d'instruction et ce jusqu'au 29.

Le 6 novembre, le Vauquelin accompagné de ses deux sister-ships de la 5ème DCT sont affectés au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM). La division opère essentiellement dans les secteurs de Barcelone, de Valence et des Baléares. La base reste Toulon mais Alger devient le principal port de ravitaillement.

Les divisions de contre-torpilleurs et de torpilleurs se relayent pour maintenir une présence à la mer permanente. Successivement la division est «division d'alerte» à 24h d'appareillage à la base normale, «division de patrouille» avec au moins deux bâtiments à la mer pour des périodes de huit jours et le troisième à 6 heures d'appareillage à la base normale et enfin au retour de patrouille «division au repos» ) 72h d'appareillage.

Le Vauquelin et ses deux compères appareillent le 6 novembre pour une première patrouille dans la région des Baléares. Les trois contre-torpilleurs rallient Oran pour prendre leurs ordres (8-9 novembre), les trois navires reprenant la mer le 12 pour effectuer une série de patrouilles, la division se concentre le 19 pour mettre le cap vers Toulon où ils arrivent le 20 pour une période repos.

La 5ème DCT appareillent de Toulon le 3 décembre 1937. Le Vauquelin est à Port Mahon le 5, y restant jusqu'au 12 quand il appareille pour patrouiller en Méditerranée. Les trois navires se regroupent pour rallier Toulon le 18 décembre 1937.

Cinq jours plus tard, la division quitte Toulon pour une nouvelle série de patrouilles. Le Vauquelin mouille le lendemain à Barcelone. Le 26, le contre-torpilleur libère le voilier français Yolande arraisonné en haute mer par un groupe de patrouilleurs insurgés.

Le voilier est escorté à Port-Vendres pour inspection. Comme rien d'illégal n'est retrouvé, le voilier est autorisé à reprendre sa route en direction des Baléares. Le 30 décembre la division se regroupe à l'est des Baléares pour rallier Toulon, les trois contre-torpilleurs arrivant dans le Var le 31 décembre 1937.

Le 13 janvier 1938, le Vauquelin reprend la mer en compagnie du Tartu et du Chevalier Paul pour une nouvelle série de patrouilles dans le cadre du DSM. La division est au complet à Barcelone le 16 puis de nouveau le 20 pour une patrouille, les trois contre-torpilleurs ralliant Alger le 21. La division reprend la mer le 25 janvier, le Vauquelin ralliant Toulon en solitaire le 26.

Il repart de Toulon le 5 février direction Barcelone. Sa patrouille dure cinq jours avant de faire relache quelques heures le 10. La division se regroupe alors pour rallier Toulon où elle est de retour le 11.

Le 24 février, le Vauquelin et ses autres compères de la 5ème DCT sont à nouveau détachés au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM).

Ils rallient ensemble les Baléares avant d'effectuer de brèves escales dans les ports de Catalogne et du Levant, des escales toujours sous feux pour pouvoir appareiller en cas de raid aérien nationaliste.

Le Vauquelin mouille ainsi à Valence le 26, à Barcelone le 28, la division se rassemblant à Barcelone le 3 au matin avant que les trois contre-torpilleurs ne quittent provisoirement le DSM pour s'entrainer avec avec l'Escadre.

Le 15 mars 1938, la 5ème Division de Contre-Torpilleurs est mise à la disposition du préfet de la 3ème Région Maritime (Premar III) pour une possible évacuation de Barcelone alors que les nationalistes ont lancé une puissante offensive en Catalogne. Comme la situation s'est si l'on peut dire calmer, le Vauquelin, le Tartu et le Chevalier Paul font demi-tour pour rentrer à Toulon le 16. Ils restent néanmoins en alerte à 12h.

Dans la nuit du 16 au 17 mars, l'Ambassade de France décidément alarmiste signale un débarquement massif de troupes italiennes au sud de Barcelone. Les trois contre-torpilleurs rallient la zone mais c'est une fausse alerte ce qui n'empêche pas les trois navires de rester sur place pour montrer le pavillon.

Le Vauquelin et le Chevalier Paul sont ainsi à Barcelone le 20 mars avant que le premier nommé ne rapatrie à Sète le corps du vice-consul de France tué dans un bombardement. Le 27 mars 1938, la 9ème DCT remplace la 5ème DCT au sein du DSM, le Vauquelin et ses deux sister-ship retrouvent l'Escadre de la Méditerranée.

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Le contre-torpilleur Vauquelin le 11 mai 1938

Après les permissions de Pâques et un petit carénage, le Vauquelin et ses sister-ships se préparent pour une nouvelle croisière d'entrainement, croisière qui à lieu du 11 mai au 1er juillet 1938 avec notamment des escales en Afrique du Nord, à Alexandrie, à Beyrouth et à Tripoli du Liban mais aussi à Navarin et à Bizerte.

Le 10 août 1938, la 5ème DCT est mis à disposition d'Amiral Sud. Le Vauquelin quitte Toulon le 26, patrouille dans la zone du DSM avant de mouiller à Gandia le 29, repartant avec à son bord vingt-cinq réfugies. La division se rassemble à Barcelone le 30 août avant de rentrer à Toulon le lendemain. C'est la fin du dernier détachement de la 5ème DCT au DSM.

Alors que la 5ème DCT doit être placée en position de complément le 1er octobre, la crise des Sudètes qui éclate le 7 septembre 1938 bouleverse les plans de la marine. Tous les navires sont placés à 24h d'appareillage, les permissionnaires sont rappelés tout comme les réservistes.

La tension retombe avec la signature des accords de Munich le 30 septembre 1938 mais la démobilisation des réservistes ne commence que le 12 octobre. La 5ème DCT est alors placée en position de complément.

Le 2 janvier 1939, le Vauquelin entre à l'Arsenal de Sidi-Abdallah, le contre-torpilleur de 2700 tonnes ayant appareillé la veille de Toulon pour rallier Bizerte. Il est de retour à Toulon le 5 avril 1939.

Le 9 avril 1939 l'Italie envahit l'Albanie. Cette nouvelle crise entraîne la mise en alerte de l'Escadre de la Méditerranée avec les bâtiments prêts à appareiller dans un délai de 24h, les permissionnaires sont rappelés, les réservistes sont convoqués dans la nuit du 12 au 13, tous les navires étant placés aux effectifs de guerre. Comme à l'automne précédent, la crise s'apaise et se termine le 1er mai 1939.

Les exercices reprennent pour le Vauquelin et ses sister-ships de la 5ème DCT. Le 1er juillet 1939, l'Escadre de la Méditerranée devient une Flotte.

La nouvelle flotte étant divisée en quatre escadres (2ème, 3ème,4ème et 5ème escadres). La 3ème Escadre légère qui dépend de la 3ème Escadre dispose de trois DCT, la 5ème DCT (Tartu Chevalier Paul et Vauquelin), la 7ème DCT (Vautour,Albatros,Gerfaut) et la 9ème DCT (Maillé-Brézé,Kersaint,Cassard).

L'été se passe avec de nombreux exercices. Les tensions internationales ne cessent s'accroitre. Le 24 août 1939, les permissionnaires sont rappelés, les réservistes convoqués, les carénages interrompus et les remontages immédiatement entrepris.

Le 28 août 1939 la Flotte de la Méditerranée est dissoute, les moyens la composant sont placées sous le commandement des Forces de Haute Mer (FHM) avec notamment une 3ème Escadre Légère qui regroupe les divisions de contre-torpilleurs avant que la 9ème DCT ne soit placée sous l'autorité d'Amiral Sud installé à Bizerte.

Avant même le début du second conflit mondial, le Vauquelin et ses sister-ship de la 5ème DCT effectuent des missions d'escorte de transports de troupes, un convoi entre l'Afrique du Nord et la Métropole et un autre entre la Métropole et la Corse.

Le Vauquelin dans le second conflit mondial
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Le contre-torpilleur Vauquelin à la mer au début du second conflit mondial

Le 1er septembre 1939 l'Allemagne envahit la Pologne. Deux jours plus tard après un ultimatum infructueux, la France et la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne. La France craint que Rome ne se joigne à Berlin et concentre l'essentiel de ses forces navales dans la Mare Nostrum.

Suite à une conférence navale tenue à Portsmouth le 8 août 1939, la France reçoit la direction de plusieurs zones d'importance pour l'effort de guerre allié à savoir le bassin occidental de la Méditerranée (à l'exclusion de Gibraltar et des atterrages de Malte, limite orientale fixée au méridien 15° 34'E) et une partie de l'Atlantique à l'est d'une ligne passant grosso modo par le milieu de la Manche, les Açores, le Cap Vert et le Cap des Palmes).

La non-belligérance italienne soulage grandement les forces navales françaises qui peuvent puiser au sein des FHM pour former des groupes occasionnels adaptés à une mission précise.

Comme souvent une marine conçu pour un type de conflit bien particulier (des raids courts et brutaux contre les lignes de communication italiennes) se retrouvent à escorter des navires marchands et des transports de troupes, mission pour laquelle les lévriers des mers de classe Vauquelin ne sont pas forcément les mieux armés (faible rayon d'action, pas de sonar, manque d'armes ASM).

Le 7 septembre 1939, la 5ème DCT quitte Oran pour rallier Dakar. Placée sous les ordres de l'amiral commandant la 5ème Escadre, elle doit prendre en charge un convoi transportant des troupes coloniales. Les trois navires se ravitaillent à Casablanca dans la nuit du 8 au 9 septembre, arrivant à Dakar le 12.

Le lendemain, 13 septembre 1939 (jour de la perte du croiseur mouilleur de mines Pluton), le convoi n°39 (cargos Kerguelen, Aurigny,Kilissi) appareille direction Casablanca où il arrive le 18.

Deux jours plus tard, le 20 septembre, le Vauquelin reprend la mer direction Oran en escorte de l'Aurigny et d'un cargo. Le petit convoi se ravitaille puis rallier Marseille avant que le contre-torpilleur ne retrouve ses pénates varoises le 24.

Après un petit carénage du 25 septembre au 2 octobre, le Vauquelin quitte Toulon en compagnie du Maillé-Brézé (9ème DCT) direction Dakar où ils doivent intégrer un groupe occasionnel baptisé Force X et chargé de traquer et détruire les navires allemands lancés soit dans la guerre de course ou dans le forcement du blocus.

Les deux contre-torpilleurs sont à Oran le 5, en repartent le 9, prenant en charge l'escorte des croiseurs lourds Algérie et Dupleix qui doivent eux aussi intégrer la force X. Arrivés à Dakar, les deux navires ne vont réaliser qu'une unique sortie le 16 octobre.

En effet le 17 octobre, le Vauquelin et ses deux compères de la 5ème DCT sont mis à la disposition des Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) chargées de missions d'escorte de convois. Le Vauquelin quitte Dakar le 19 en escorte du convoi britannique SL-5 (trente navires), un convoi ayant quitte Freetown et se dirigeant vers la Grande-Bretagne. Le Vauquelin et le Maillé-Brézé sont relevés au large de Casablanca le 25 par le Tartu et le Chevalier Paul qui vont ainsi rallier Brest avant le troisième membre de la 5ème DCT.

Le 27 octobre, le contre-torpilleur Vauquelin quitte Casablanca en escorte du sous-marin de 1500 tonnes Le Centaure, retrouvant ses compères de la 5ème DCT à Brest. Il reprend la mer le 2 novembre 1939 en escorte du convoi OG-5 à destination de Gibraltar où il arrive le 9 avec le Tartu, le Chevalier Paul ayant lui rallié Casablanca.

Le Vauquelin et le Tartu quittent le Rocher le 14 novembre en escorte du convoi HG-7 (31 navires), étant relevés à la hauteur de la pointe bretonne par deux destroyers britanniques avant de rallier Brest.

Le 2 décembre 1939, le Vauquelin quitte Brest pour le Verdon où il prend en charge le convoi 17-XF, les trois navires et le contre-torpilleur arrivant à Casablanca sans incidents le 7. La veille, le 6 décembre 1939, la 5ème DCT à intégré les Patrouilles de l'Océan, un nouveau groupement occasionnel toujours placé sous les ordres d'Amiral-Ouest.

Le 10 décembre 1939, le contre-torpilleur Vauquelin quitte Casablanca en escorte du convoi 38-KS composé de quatre bâtiments. Il est légèrement endommagé au moment de l'appareillage par le paquebot Marrakech mais les avaries ne l'empêche pas de mener à bien sa mission. Arrivé au Verdon le 13, il rallier Brest le 14 et rentre à l'Arsenal pour réparations le 15.

Le 5 janvier 1940, le Vauquelin et le Tartu escortent le convoi britannique OG-13 (45 bâtiments) jusqu'à Gibraltar où il arrive le 11. Ils quittent le Rocher le 15 en escorte du convoi HG-15 (38 navires), sont relevés le 23 avant de rentrer à Brest le lendemain.  

Le Vauquelin quitte Brest le 31 janvier pour le Verdon où il prend en charge le convoi 32-XF qu'il escorte jusqu'à Casablanca le 5.

Il reprend la mer deux jours plus tard le 7 janvier 1940 en escorte du convoi 64-KF, le contre-torpilleur protégeant les trois navires jusqu'au Verdon et Saint-Nazaire. Le convoi arrive à bon port le 11, le Vauquelin rallie Brest le lendemain. Il entre en réparations, une turbine étant renvoyée à Indret pour inspection et réparations.

Disponible le 29 février, le contre-torpilleur effectue une sortie d'exercice le 5 mars puis s’entraîne en baie de Quiberon du 12 au 14.

Il quitte Brest le 18 pour La Pallice. Il escorte le paquebot Massilia du 19 au 22 mars direction Casablanca. Il reprend la mer le 24 pour Brest où il arrive le 28 avec sa turbine HP tribord en avarie

Il quitte Brest le 3 avril pour Toulon en escorte du convoi 37-BF, un convoi britannique qui cingle vers Gibraltar. Il continue en solitaire direction Toulon où il arrive le 10 pour un grand carénage qui doit durer trois mois.

Il est remplacé au sein de la 5ème DCT par le Maillé-Brézé, manquant la campagne de Norvège. Le 1er mai 1940 alors qu'il est toujours en travaux, il remplace le Maillé-Brézé perdu à Greenock au sein de la 9ème DCT. Néanmoins sa disponibilité n'est prévu qu'à la mi-juillet.

Le 10 mai 1940 l'Allemagne déclenche son opération Fall Gelb en envahissant le Benelux (Belgique Pays-Bas et Luxembourg) et la France. La situation militaire tourne rapidement au vinaigre pour les alliés incapables de s'adapter au rythme allemand.

En six semaines, la défaite française est consommée, l'armistice rentre en vigueur le 25 juin à 0h30 alors que le Vauquelin est toujours en travaux à Toulon (même si il aurait pu appareiller sur une ligne d'arbre pour rallier l'Afrique du Nord).

De l'Armistice au Sabordage : le Vauquelin dans la marine de Vichy

Quand l'Armistice entre en vigueur, il est prévu que les navires soient désarmés dans leurs ports de stationnement. L'attaque britannique à Mers-El-Kebir (opération CATAPULT) le 3 juillet 1940 et l'opération MENACE (23-25 septembre 1940) contre Dakar permet à Vichy de conserver une marine de guerre sous le nom de Forces de Haute Mer (FHM).

Ces Forces de Haute-Mer disposent du croiseur de bataille Strasbourg comme navire-amiral hors rang et deux escadres en sous-ordre, la 1ère Escadre de croiseurs (navire-amiral croiseur lourd Algérie, 1ère DC Dupleix Foch 3ème DC La Marseillaise La Galissonnière) et la 3ème Escadre légère (navire-amiral contre-torpilleur Volta, 5ème DCT Tartu Vauquelin Chevalier Paul 7ème DCT Vautour Albatros 8ème DCT L'Indomptable Cassard 1ère DT Bordelais Le Mars La Palme) (NdA composition au 15 novembre 1940).

Entre juin 1940 et novembre 1942 les forces navales métropolitaines vont connaître une longue agonie, incapables de se moderniser, incapables de rallier si elles en avaient eu la volonté l'Afrique du Nord pour proposer à l'ancien allié anglais de reprendre la lutte contre l'Allemagne et l'Italie.

Le 13 septembre 1940, la 9ème DCT est dissoute, le Vauquelin réintègre la 5ème DCT en remplacement du Cassard qui intègre lui une 3ème DCT composé également du Guépard et du Valmy.

La 5ème DCT composée de trois navires est indisponible. Placée sous l'autorité de la préfecture maritime de la 3ème Région (Premar III), la division doit être disponible à la mi-décembre 1940.

Le 15 novembre 1940, la 5ème DCT est versée aux FHM en remplacement de la 3ème DCT même si ni le Vauquelin, ni le Tartu ni le Chevalier Paul ne sont encore disponibles.

Le Vauquelin et ses compères de la 5ème DCT participent à la sortie générale des FHM du 17 au 19 décembre avant que la division sorte seule les 27 et 28 décembre 1940. Il était prévu de les déployer à Oran suite à la capture de quatre cargos par les britanniques mais la Commission Italienne d'Armistice met son veto à ce mouvement.

L'année 1941 commence par le Vauquelin par une sortie de division du 7 au 9 janvier avant qu'il ne participe à une nouvelle sortie des FHM du 11 au 14 février 1941.

Du 26 au 28 février le Vauquelin, le Chevalier Paul et le Tartu effectuent une sortie en compagnie du croiseur léger La Marseillaise. La division effectue deux autres sorties, la première du 22 au 25 avril avec La Marseillaise et la seconde du 13 au 16 mai avec le Jean de Vienne.

Depuis le 8 juin 1941, troupes britanniques et français libres ont envahit les mandats français au Levant (Liban et Syrie) suite au soutien de Vichy aux allemands qui eux mêmes ont livré des armes au premier ministre irakien Rachid Ali.

Le 16 juin 1941, le Chevalier Paul envoyé avec 800 obus de 138mm pour les contre-torpilleurs Guépard et Valmy est coulé par l'aviation britannique. L'Amirauté décide d'envoyer le Vauquelin pour le remplacer, le contre-torpilleur embarquant sa dotation normale et 800 obus de 138mm pour les contre-torpilleurs de la Division Navale du Levant (DNL).

Remplacé au sein de la 5ème DCT par le Kersaint, le Vauquelin quitte Toulon pour Bizerte dans la nuit du 16 au 17. Après un ravitaillement rapide en Tunisie, le contre-torpilleur met cap à l'ouest direction Beyrouth où il arrive le 21 avec seulement 30 tonnes de mazout en soute !

Il se ravitaille auprès du pétrolier Cyrus et transfert ses obus de 138mm surnuméraires au Guépard et au Valmy.

Le lendemain 22 juin 1941, le contre-torpilleur est sérieusement endommagé par un bombardement aérien britannique, bombardement qui fait cinq morts et douze blessés (dont deux succomberont ultérieurement à leurs blessures).

Disponible après réparations le 29, le Vauquelin, le Guépard et le Valmy reçoivent alors l'ordre de rallier Salonique pour embarquer des renforts au profit du Levant. Devant la menace britannique et alors que les combats tournent mal pour les troupes vichystes, les troupes venues de Métropole ne verront jamais Beyrouth.

De retour à Salonique le 9 juillet 1941, la division y apprend la signature des accords de Saint-Jean d'Acre qui mettent fin le 14 juillet à ce conflit. Quatre jours plus tard, le 18, le contre-torpilleur met cap sur la France, rentrant à Toulon le 22 juillet. Le 30 juillet 1941, le Vauquelin entre à l'Arsenal pour les réparations définitives de ses avaries de combat, la réorganisation de sa DCA et le retubage complet des chaudières.

Cité à l'Ordre de l'Armée de Mer pour son action au Levant, le Vauquelin retrouve les FHM qui reprennent leur régime normal le 15 juillet avec un croiseur et un contre-torpilleur en alerte, les autres navires étant à 72h d'appareillage.

Devant la pénurie de carburant, les sorties à la mer sont réduites de manière drastique. Désormais les navires ne vont guère plus loin que les Salins d'Hyères. Le contre-torpilleur Vauquelin est en alerte à 72h à partir du 5 septembre même si les réparations ne doivent s'achever que le 15 octobre 1941.

La 5ème DCT (Tartu, Kersaint, Vauquelin) effectue une sortie de division du 8 au 13 septembre, le Vauquelin est abordé par son sister-ship Kersaint ce qui provoque des avaries non négligeables.

Officiellement et pleinement disponible le 9 octobre, le Vauquelin effectue une sortie avec ses compères de la 5ème DCT du 14 au 18 octobre avant une nouvelle sortie avec le croiseur de bataille Strasbourg les 13 et 14 novembre 1941.

Déployé en Afrique du Nord pour faire la chasse aux navires britanniques utilisant frauduleusement le pavillon français pour passer par les eaux territoriales françaises en vue de ravitailler Malte. Le Vauquelin quitte Toulon le 14, est à Oran du 14 au 18 novembre avant de rallier Alger le 18.

Le 18 février 1942, la 5ème DCT quitte Alger pour rallier Mers-El-Kebir et prendre en charge le Dunkerque et ses deux torpilleurs d'escorte. Le sister-ship du Strasbourg avait été sérieusement endommagé en juillet 1940 (attaque du 3 et du 8 juillet) et depuis était péniblement réparé dans un port pas du tout équipé pour de tels travaux. La petite escadre arrive à Toulon dans la nuit du 20 février 1942.

Le contre-torpilleur Vauquelin effectue un petit carénage du 14 au 19 mars. Aucune sortie n'est possible en mars et en avril 1942 en raison d'une pénurie de carburant de plus en plus prononcée.

Le 1er mai 1942, la 5ème DCT effectue une sortie en compagnie des croiseurs lourds Dupleix et Colbert. Après un séjour d'entrainement individuel aux Salins en juin, le Vauquelin participe avec ses deux compères de la 5ème DCT à un entrainement à l'écoute sous-marine.

Le contre-torpilleur Vauquelin est aux Vignettes le 11 et le 12 août, est aux Salins du 17 août au 1er septembre avant un petit carénage du 25 septembre au 1er octobre 1942. La dernière sortie de la 5ème DCT à lieu le 30 octobre 1942.

La fin : le pathétique sabordage de la flotte
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Le Vauquelin et le Kersaint sabordés

Le 8 novembre 1942 les anglais et les américains débarquent en Afrique du Nord (opération TORCH). Les troupes restées fidèles à Vichy résistent mais c'est une lutte sans espoir. Trois jours plus tard le 11 novembre, les allemands déclenchent l'opération ATTILA et envahissent la zone libre, faisant du gouvernement de Vichy un gouvernement d'opérette.

La flotte rassemblée à Toulon reste initialement à l'abri des fourches caudines allemandes. Les marins espèrent reprendre la lutte, leur ancien chef l'amiral Darlan les encourageant dans ce sens.

Depuis soixante-seize ans on se demande si la flotte française avait pu rallier l'Afrique du Nord pour reprendre le combat. Ce qui est certain en revanche c'est que la magnifique flotte de la Troisième République va finir au fond de la rade de Toulon.

Le 27 novembre 1942 les allemands déclenchent l'opération LILAS pour s'emparer du camp retranché de Toulon et des navires qui s'y trouvent. Ce jour là le Vauquelin est mouillé le long des Grands Bassins Vaubans avec le Kersaint à tribord (quai Verdun, le quai ouest des Grands Bassins).

A 4.57, le branle-bas est ordonné. A 5.15, le croiseur de bataille Strasbourg envoie le message suivant «Prenez les dispositions finales». A 5.29, le message tant redouté parvient aux différents navires «Sabordez la flotte !».

La rage au cœur, les équipages procèdent aux destructions prévues de longue date. Les vannes sont ouvertes, les réducteurs détruits, les charges mises en place. Les mèches sont allumées à 6.20 sur le Vauquelin, les charges sautant six minutes plus tard. Il faut attendre 06.35 pour que le Vauquelin commence à couler s'appuyant sur le Kersaint.

A 7.00, le pont du Vauquelin disparaît sous la surface des flots. Incliné de 15° sur babord, il ne présente plus aux yeux du monde que le sommet des cheminées et le bloc-passerelle, les couleurs battantes. Les allemands arrivent à 7.20, les équipages des deux contre-torpilleurs ralliant sans incidents le 5ème dépôt

Les deux contre-torpilleurs sont jugés irréparables (le système propulsif est totalement hors d'usage) mais des travaux sont menés à la fois pour libérer des postes à quai mais aussi pour récupérer la ferraille indispensable à l'effort de guerre italien.

Si les travaux sur le Kersaint sont vite interrompus suite à l'explosion des munitions, les travaux sur le Vauquelin se poursuivent mais quand l'Italie signe l'armistice en septembre 1943, les brèches ont été calfeutrées, le navire est toujours inondé.

Les deux contre-torpilleurs sont endommagés par les bombardements alliés des 7 et 11 mars. En septembre 1944 à la libération de Toulon, une nouvelle inspection confirme le statut de navire irrécupérable.

A plusieurs reprises on demande de relever les épaves pour faciliter l'accès à l'étroite Darse de Castigneau mais faute de budget il faut se résoudre à un démantèlement sous-marin, une tâche ô combien dangereuse car les navires ont coulé avec leurs munitions obus et torpilles avec leurs cônes explosifs. Le démantèlement du Vauquelin s'achève fin 1950/début 1951 à une époque où commence la construction des escorteurs d'escadre de classe Surcouf qui reprennent notamment les noms des six contre-torpilleurs de classe Vauquelin.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyDim 27 Jan 2019, 12:20

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Sur cette photo il ne s'agit pas du Vauquelin en effet ce contre-torpilleur à une poupe en sifflet comme les Guépard et les quatre premiers Aigle, alors que les Vauquelin ont des poupes arrondies en "cul de poule".
Je viens de me rendre compte que le Vauquelin figure bien sur la photo, mais ce n'est pas le plus proche d'ou mon intervention, il porte le numéro 52 visible sur le contre-torpilleur à quai après les quatre sous-marins, on est donc entre le 15 juin 1936 et la fin de l'année 1938.
Cette photo pourrait avoir été prise lors d'une escale à Alger en juin 1937 (à vérifier).
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyMar 29 Jan 2019, 14:51

Le Kersaint
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Le contre-torpilleur Kersaint à la mer le 14 novembre 1933

Présentation

-Le Kersaint est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Blainville près de Caen (qui à reçut la construction en sous-traitance des ACL) le 19 septembre 1930 lancé le 14 novembre 1931 et armé pour essais le 1er novembre 1932.

L'essai de présentation en recette à lieu le 8 novembre 1932, la vitesse de 36.5 nœuds est atteinte et l'essai de consommation à 15 nœuds à lieu le 18 janvier 1933 succédant à l'essai d'avance par tour à 15 nœuds réalisé le 7 janvier 1933.

Le 28 juillet 1933, le Kersaint réalise l'essai de 8h à Puissance Maximum Normale. Déplaçant 2628.392tonnes, le contre-torpilleur atteint la vitesse de 37.032 nœuds (corrigée à 37.013 nœuds) avec une puissance propulsive développée de 70997ch. Lors de la 9ème heure à feux poussés, le contre-torpilleur qui déplace 2492.690 tonnes atteint la vitesse maximale de 38.409 nœuds avec une puissance maximale développée de 70997ch.

L'essai au déplacement Washington est réalisé le 4 août 1933. Déplaçant 2383.82 tonnes, il atteint la vitesse maximale de 39.7505 nœuds (corrigée à 39.1045 nœuds) avec une puissance propulsive développée de 71799ch.

Le Kersaint entre en armement définitif le 20 septembre 1933.

Les essais de bon fonctionnement après démontages et modifications ont lieu le 16 novembre 1933. Cet essai consiste à lancer le navire à 6/10 de la puissance atteinte lors de l'essai à puissance maximale normale et ce sur une durée de trois heures. Cet essai est suivit par un essai à la puissance maximale normale (PMN) pendant une heure.  L'essai d'avance par tour à lieu le 29 novembre 1933 avec une vitesse maximale de 36.723 nœuds.

La clôture d'armement est prononcée le 31 décembre 1933. La traversée de longue durée à lieu entre Lorient et Brest via Cherbourg du 5 au 12 janvier 1934.

Le contre-torpilleur Kersaint est admis au service actif le 14 janvier 1934 au sein du  groupe de contre-torpilleurs de la 2ème Escadre, formant la 6ème DL avec le Maillé-Brézé et le Léopard. Il est stationné à Brest.

Armand de Kersaint
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Guy-Armand Simon de Coëtnempren de Kersaint, comte de Kersaint (Le Havre 20 juillet 1742-Paris 4 décembre 1793) est un officier de marine français du XVIIIème siècle. Ecrivain et conventionnel, il finit comme tant d'autres guillotiné.

Garde-marine à Brest en novembre 1755, il effectue une campagne avant d'être promu enseigne de vaisseau en avril 1757. Servant sous les ordres de son père, il participe à la guerre de Sept Ans dans des combats au large de l'Angola et dans les Antilles. Il participe à la campagne du Maroc en 1767.

Lieutenant de vaisseau en février 1770, il participe à la guerre d'indépendance américaine dans une campagne en Manche puis aux Antilles. Capitaine de vaisseau en mars 1779, il combat dans l'escadre du comte de Guichen.

Penseur et théoricien, il multiplie les propositions de réforme mais rien n'aboutit. Lassé il démissionne de la marine le 16 décembre 1789 alors qu'il était âgé de 47ans. Partisan des idées nouvelles, il devient contre-amiral en janvier 1792. Député girondin à la Convention, vice-amiral en janvier 1793 il démissionne plutôt que de récuser son vote pour la réclusion de Louis XVI.

Refusant d'émigrer, il est arrêté à Ville-d'Avray le 2 octobre, jugé par le Tribunal révolutionnaire le 4 décembre 1793, condamné à mort et guillotiné le même jour.

Sa mémoire à été célébrée par la Royale via cinq navires avec successivement un aviso de 1ère classe en service de 1869 à 1884, un croiseur de 2ème classe en service de 1897 à 1919, un transport (Amiral de Kersaint) en service de 1903 à 1917, le contre-torpilleur et enfin un escorteur d'escadre de classe Surcouf en service du 20 mars 1956 au 3 mars 1984, l'escorteur d'escadre étant devenu entre-temps un escorteur lance-missiles avec le missile surface-air Tartar comme principal système d'arme.

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Croiseur de 2ème classe Kersaint

Carrière opérationnelle

Brest pour commencer
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Le Kersaint en 1934/35

A sa mise en service, le Kersaint ne gagne pas Toulon mais Brest, formant la 6ème Division Légère (6ème DL) en compagnie de son sister-ship Maillé-Brézé et du contre-torpilleur Léopard de classe Jaguar.

Cette division dépend du groupement de contre-torpilleurs de la 2ème Escadre en compagnie de la 4ème DL (contre-torpilleurs de classe Guépard Bison et Vauban) et de la 8ème DL (contre-torpilleurs de classe Jaguar Chacal et Lynx).

Si dans l'immédiat après guerre l'Escadre de l'Atlantique ne disposait que de navires dépassés faute de menace allemande, le renouvellement des moyens de la Reichsmarine poussa la marine nationale à commencer à envoyer des navires modernes à Brest (sans compter que les navires en service jusqu'ici étaient épuisés).

Le Kersaint participe à la sortie mensuelle de la deuxième escadre du 16 au 24 janvier, sortie perturbée par le mauvais temps qui oblige parfois à interrompre les exercices en haute-mer et à les remplacer par des exercices au mouillage. Au cours de cette sortie on constate une consommation excessive de mazout, supérieure à 10% à la normale.

Après une nouvelle phase d'exercices du 18 au 26 février, le contre-torpilleur rallie Brest le 1er mars pour les démontages et les visites de fin de garantie.

Le 26 mars 1934, le Vauquelin est mis en service et intègre la 6ème DL ce qui permet d'obtenir une division homogène (Vauquelin, Kersaint,Chevalier Paul). Comme le reste de l'escadre, l'activité est intense avec de nombreuses sorties.

La 6ème DL quitte Brest le 29 juin pour une croisière appelée «tournée des casinos». Si le Vauquelin et le Chevalier Paul mouillent au large du Croisic, le Kersaint remonte la Loire jusqu'à Nantes, mouillant quai de la Fosse (dont tout le monde connait la réputation). Il retrouve ses compères à La Pallice du 3 au 5 juillet, la division faisant escale à Bordeaux du 6 au 9.

Alors qu'il devait rallier Concarneau, le Kersaint entre en collision avec le chalutier Vauban. Les dégâts sont importants et après mis le pécheur en sécurité, le contre-torpilleur rallie Lorient pour des réparations d'urgence effectuée du 10 au 12 juillet. Il est de retour à Brest dans la nuit du 12 au 13 juillet.

Au début du mois d'août 1934, le Kersaint entre en réparations définitives à l'Arsenal de Lorient. La carrière brestoise des trois Vauquelin est sur le point de s'achever puisque la division doit être envoyée en Méditerranée.

Le 1er octobre 1934, les 5ème et 7ème DL intervertissent leurs numéros tandis que la 6ème DL devient la 9ème DL avec le Maillé-Brézé (7), le Vauquelin (Cool et le Kersaint (9).

Toulon pour continuer
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Le contre-torpilleur Kersaint le 15 novembre 1934

Le 22 octobre 1934, la 9ème DL quitte Brest pour rallier Toulon. Après avoir mouillé à Casablanca du 25 au 29, les Maillé-Brézé, Vauquelin et Kersaint rallient Toulon le 31 octobre. Désormais les six Vauquelin sont concentrés à Toulon.

Le Kersaint opère généralement avec le Maillé-Brézé dans de nombreux exercices en duo ou au sein de l'Escadre qui effectue généralement une sortie mensuelle où exercices alternes avec des escales dans les ports de la région.

Le deuxième contre-torpilleur de classe Vauquelin est en carénage du 28 janvier au 31 mars et du 16 août au 5 novembre 1935 à chaque fois à l'Arsenal de Sidi-Abdallah à Bizerte.

Entre-temps le Kersaint participe à plusieurs exercices en solo, avec les navires de sa division mais aussi avec d'autres navires de la 1ère Escadre. L'année 1935 se termine mal puisque lors de la sortie générale du 5 décembre 1935 il connait une avarie de servomoteur de barre et doit manœuvrer à bras pour rentrer à Toulon.

Pour l'année d'instruction 1936/37, la 3ème Escadre Légère (nouveau nom du groupement de contre-torpilleurs de la 1ère Escadre depuis le 15 août 1936) se compose de quatre DL dont la 9ème DL composée du Maillé-Brézé, du Kersaint et du Cassard.

Le 17 juillet 1936 l'Espagne connait un nouveau pronunciamento. Cette fois la tentative pilotée par le général Sanjurjo échoue et dégénère dans une terrible guerre, guerre civile qui se double d'interventions étrangères (Portugal, Allemagne, Italie, URSS, Brigades Internationales).

Dans un premier temps les navires de la Royale se contentent de montrer le pavillon et de se préparer à évacuer des ressortissants piégés par les combats.

Le Kersaint mouille à Alicante le 8 août et jusqu'au 13, appareillant le matin, étant remplacé par le Cassard dans l'après midi même. Il subit un grand carénage à Bizerte de la mi-septembre à la mi-décembre.  

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Le contre-torpilleur Kersaint le 9 février 1937

Le 3 janvier 1937 le Kersaint quitte Toulon pour Valence où il reste jusqu'au 4. Il relève le Cassard à Barcelone, y restant jusqu'au 6 au soir. Il rallie ensuite Palma de Majorque où il relève à nouveau le Cassard. Il reste à Majorque jusqu'au 7, relevé par le Maillé-Brézé, ralliant Barcelone le 9. Le 13 janvier 1937, il est relevé par le Cassard et rallie Toulon.

Il reprend la mer le 17, un retard de 24h suite à la rupture d'un joint de collecteur de vapeur qui à gravement brûlé deux chauffeurs. Il est à Barcelone du 18 au 21, à Malaga le 22 embarquant des réfugiés qui sont transportés à Oran. Il rallie ensuite Malaga le 25, embarquant de nouveaux réfugiés qui sont soit débarqués à Alicante ou ramené à Toulon le 27 janvier 1937.

Le contre-torpilleur Kersaint quitte Toulon le 5 mars 1937 pour Barcelone où il mouille du 6 au 8, est à Palma de Majorque du 9 au 12. Il rentre le lendemain à Toulon. Il appareille le 16, est à Alicante les 17 et 18, à Valence le 19, à Barcelone le 20 et le 21 avant de rentrer le jour même à Toulon le 21 pour un petit carénage.

Le 12 avril 1937, les Divisions Légères deviennent soit des Divisions de Croiseurs (DC) ou des Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT), la 9ème DL devient donc la 9ème DCT. Après différents exercices, la 9ème DCT (Maillé-Brézé, Cassard,Kersaint) est affecté à partir du 1er mai au contrôle de non-intervention en Espagne, relevant la 5ème DCT.

Entre deux déploiements dans les eaux espagnoles, le Kersaint et ses deux compères de la 9ème DCT effectuent de nombreux exercices. Le 19 mai, le Kersaint, le Maillé-Brézé et le Cassard entament une phase d'exercices qui va les occuper avec une bonne partie de la flotte française jusqu'au 30 juin 1937.

Les exercices ont lieu d'abord en Méditerranée puis dans l'Atlantique en compagnie d'unités stationnées à Brest. Le thème principal correspond à l'utilisation envisagée des contre-torpilleurs à l'époque : l'attaque et la défense des lignes de communication à la torpille et au canon. Il est également question de protection des grandes unités contre les sous-marins voir de raids comparables aux descentes du temps de la marine à voile.

Le 1er octobre 1937, la 9ème DCT est mise en position de complément, l'effectif correspondant au statut de «disponibilité armée». Les navires peuvent prendre la mer mais ne peuvent mener qu'une activité réduite. Jusqu'à la fin de l'année le Kersaint sort de Toulon pour différents exercices.

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Le contre-torpilleur à la mer le 16 novembre 1937

De mi-janvier à juin 1938 le Kersaint est immobilisé pour un grand carénage. Il reprend ensuite son activité habituelle et jusqu'au 7 septembre quand l'éclatement de la crise des Sudètes fait craindre une guerre entre les démocraties occidentales et l'Allemagne.

Les sorties sont annulées, les navires repassent à effectifs de guerre par rappel des permissionnaires et mobilisation des réservistes. Suite aux accords de Munich du 30 septembre, la situation s'apaise et le 12 octobre les effectifs reviennent au niveau du temps de paix.

Le 15 décembre 1938 le Kersaint effectue ce qui est à ma connaissance le premier essai de ravitaillement à la mer mené par la Royale. Ce jour il reçoit du croiseur lourd Dupleix 27 mètres cubes de mazout en 35 minutes selon la methode du ravitaillement en flèche qui n'est pas sans dangers, les hélices débordant largement de la coque des contre-torpilleurs.

Du 18 janvier au 10 mars 1939, le Kersaint et ses deux compères de la 9ème DCT participent à la croisière d'hiver de l'Escadre, croisière qui voit les navires multiplier les exercices avec des escales à Safi, Casablanca, Oran,Mers-El-Kebir, Bizerte et Ajaccio.

Le 9 avril 1939 l'Italie envahit l'Albanie. Cette nouvelle crise entraîne la mise en alerte de l'Escadre de la Méditerranée avec les bâtiments prêts à appareiller dans un délai de 24h, les permissionnaires sont rappelés, les réservistes sont convoqués dans la nuit du 12 au 13, tous les navires étant placés aux effectifs de guerre. Comme à l'automne précédent, la crise s'apaise et se termine le 1er mai 1939.

Les exercices reprennent pour le Kersaint et ses sister-ships de la 9ème DCT. Le 1er juillet 1939, l'Escadre de la Méditerranée devient une flotte.

La nouvelle flotte étant divisée en quatre escadres (2ème, 3ème,4ème et 5ème escadres). La 3ème Escadre légère qui dépend de la 3ème Escadre dispose de trois DCT, la 5ème DCT (Tartu Chevalier Paul et Vauquelin), la 7ème DCT (Vautour,Albatros,Gerfaut) et la 9ème DCT (Maillé-Brézé,Kersaint,Cassard).

L'été se passe avec de nombreux exercices. Les tensions internationales ne cessent s’accroître. Le 24 août 1939, les permissionnaires sont rappelés, les réservistes convoqués, les carénages interrompus et les remontages immédiatement entrepris. C'est ainsi que le Kersaint et ses compères de la 9ème DCT sont disponibles le 2 septembre 1939.

Le 28 août 1939 la Flotte de la Méditerranée est dissoute, les moyens la composant sont placées sous le commandement des Forces de Haute Mer (FHM) avec notamment une 3ème Escadre Légère qui regroupe les divisions de contre-torpilleurs avant que la 9ème DCT ne soit placée sous l'autorité d'Amiral Sud installé à Bizerte même si la division rallie Oran.

Le Kersaint dans le second conflit mondial
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Le contre-torpilleur Kersaint en novembre 1939

Du 12 au 14 septembre 1939, le Kersaint, le Cassard et le Maillé-Brézé assurent l'escorte du convoi britannique BE-2, un convoi de paquebots rapides transportant des troupes à destination de l'Egypte, les contre-torpilleurs protégeant les navires britanniques entre Oran et Malte où ils sont relevés par des destroyers britanniques. La division rallie Alger.

Depuis la capitale algérienne, la 9ème DCT assure des escortes dans le bassin occidental de la Méditerranée, des escortes de grands bâtiments mais aussi de transports amenant en Métropole des troupes venant de l'Empire.

Le 22 septembre 1939 le Kersaint appareille d'Alger en escorte du paquebot rapide Ville d'Alger qui amène plus de 2000 hommes à Marseille. Le paquebot arrivé dans la cité phocéenne, le contre-torpilleur rallie Toulon le 23. Il y retrouve le Cassard, l'arrivée le lendemain du Maillé-Brézé permettant la reconstitution de la division.

Suite aux accords interalliés, le Kersaint et le Cassard permutent avec deux bâtiments de la 1ère flottille de destroyers de la Mediterranean Fleet. Les deux contre-torpilleurs quittent Toulon le 3 octobre direction Gibraltar où ils arrivent le deux jours plus tard.

Du 8 au 12 septembre 1939, les deux contre-torpilleurs assure l'escorte d'un convoi franco-britannique jusqu'à Malte. Ce sera la seule escorte, la Royal Navy supprimant l'escorte systématique des convois en Méditerranée, l'Italie ne bougeant pas. Du 19 au 21 septembre, le Kersaint et le Cassard protègent le cargo Cap Varella en direction de Marseille, les deux navires ralliant Toulon dans la foulée.

Comme l'Italie ne bouge pas les escortes sont allégées et seules les patrouilles pour empêcher la contrebande de guerre sont maintenues. Le Kersaint et le Maillé-Brézé sortent ainsi du 29 novembre au 2 décembre 1939, arraisonnant le paquebot italien Saturnia qui est contrôlé puis laissé libre.

A la mi-décembre est créé au sein des Forces Maritimes du Sud les Patrouilles de la Méditerranée Occidentale, création qui entraine la dissolution des Forces d'escorte de l'amiral Sud.

Le 14 décembre 1939 appareille d'Halifax un convoi transportant du matériel américain (essentiellement des avions) destiné à la France.  A l'époque Washington applique le cash & carry, la France devant s'occuper du transport.

Le convoi est couvert par un groupe occasionnel, la force Z composée du cuirassé Lorraine et des croiseurs La Marseillaise et Jean de Vienne, la menace principale étant le croiseur auxiliaire ou le raider que le sous-marin.

Pour renforcer encore cette escorte, les contre-torpilleurs Kersaint et Maillé-Brézé quittent Toulon le 16 décembre, mouillent à Casablanca le 18. Reprenant la mer le 20, ils entrent en contact avec la force Z le 22 décembre dans la région de Madère. A la veille de Noël le convoi entre à Casablanca mais son escorte poursuit jusqu'à Mers-El-Kebir et Oran où le cuirassé, les deux croiseurs et les deux contre-torpilleurs se ravitaillent pour rallier Toulon le 27 décembre 1939 au matin.

Pour le Kersaint l'année 1940 commence par une sortie avec le Maillé-Brézé pour entrainement et ce du 16 au 19 janvier. Le 21 alors qu'il était de repos à 36h d'appareillage il quitte Toulon 12h après en avoir reçu l'ordre pour se porter au secours du paquebot italien Orazio en feu mais quand il arrive dans une mer assez mauvaise, de nombreux navires sont déjà là pour lui porter assistance.

Le Kersaint reprend le carénage interrompu en août 1939 par la mobilisation à partir du 3 février 1940. Il effectue une sortie de vérification le 18 mai 1940 qui occasionne à 32 nœuds une avarie sérieuse, la turbine HP et le rotor de la turbine BP sont débarquées et renvoyées à Nantes pur réparations auprès des ACB.

Le navire marche littéralement sur une jambe à savoir la ligne d'arbre bâbord et sa vitesse maximale est limitée à 20 nœuds. Il est donc mis à la disposition de la 3ème région maritime pour des missions d'escorte.

Disponible depuis le 13 juin alors que la situation militaire de la France est devenue désespérée, le Kersaint appareille le 20 juin en escorte du transport d'hydravions Commandant Teste qui transporte à Oran des détecteurs sous-marins qui ne doivent pas tomber aux mains de l'ennemi.

Équipé d'un décteur Alpha (ASDIC), le contre-torpilleur grenade sur plusieurs contacts puis une fois la zone nettoyée, le Commandant Teste peut quitter la rade de Toulon. En compagnie également d'un torpilleur, le Kersaint et le Commandant Teste arrivent à Oran le 22 juin 1940.

Le 24 juin 1940 le Kersaint quitte Oran en compagnie de deux chalutiers Alpha pour retrouver un sous-marin signalé près du cap de l'Aiguille. Aucun submersible n'étant retrouvé, le contre-torpilleur rentre au port, mouillant sur coffre à Mers-El-Kebir au niveau du niveau du village de Saint André.

Le 25 juin 1940 à 1h du matin, l'armistice signé dans la clairière de Rethondes trois jours plus tôt met fin à la campagne de France. Notre pays venait de connaître la pire défaite militaire de son histoire.

C'était le début d'une période sombre et d'une sombre période où le courage le plus insensé allait côtoyer la lâcheté la plus abjecte, l'humanité la plus lumineuse et la barbarie la plus effroyable, une période qui provoque encore des remous bien des années après.

De l'Armistice au Sabordage : une interminable agonie

Initialement l'armistice devait entraîner le désarmement dans les ports du temps de paix de la magnifique marine de Georges Leygues. L'opération Catapult (3 juillet 1940) et surtout l'opération Menace contre Dakar (23-25 septembre 1940) pousse les allemands à autoriser au grand dam des italiens le maintien d'une marine réduite capable de défendre les territoires fidèles à Vichy.

Le 3 juillet 1940 quand la flotte de l'amiral Sommerville se présente au large de Mers-El-Kebir, le Kersaint est toujours au mouillage. Il attendait de rallier Toulon pour achever ses réparations.

Comme le contre-torpilleur ne peut donner plus de 20 nœuds, il est placé en disponibilité réduite et ne participe pas au service d'alerte. Il allume bien ses feux pour appareiller mais comme il n'est pas en état de combattre il reçoit l'ordre de laisser passer les contre-torpilleurs en état de le faire.

A 18h alors que la flotte britannique à ouvert le feu depuis 4 minutes, le Kersaint reçoit enfin l'ordre d'appareiller. Il file à 5 puis à 10 nœuds. A bâbord il voit surgir le croiseur de bataille Strasbourg qui est parvenu à appareiller.

A 18.10 il passe à proximité du contre-torpilleur Mogador dont l'arrière avait été emporté par un obus de 15 pouces. Le Kersaint largue des radeaux pour aider les survivants qui nagent autour du sister-ship du Volta mais comme les secours s'organisent le navire poursuit son chemin. Le tir britannique s'arrête à 18.12.

Le Kersaint longe la côte le long de la baie d'Oran. Il repère alors quatre croiseurs britanniques et plutôt que de se lancer dans un combat désespéré, le contre-torpilleur mouille en baie d'Arzew, ne reprenant la mer qu'à 21.45 à une heure où la force H est plus intéressée par le Strasbourg que par un contre-torpilleur éclopé. Il se dirige vers le canal d'Ibiza puis de là met cap sur Toulon.

Arrivé dans le Var, le contre-torpilleur ne peut achever ses réparations car les éléments à remonter sont bloqués à Nantes en zone occupée. Le navire versé à la 3ème région le 25 septembre 1940 est désarmé le 20 octobre 1940 et placé en gardiennage d'armistice.

En mars 1941, la marine obtient enfin l'accord des autorités d'occupation pour récupérer les éléments indispensables à la remise en état complète du Kersaint,éléments bloqués à Nantes c'est-à-dire en zone occupée.

Disponible en juin 1941, le contre-torpilleur participe du 21 au 23 août à une sortie en mer en compagnie du croiseur de bataille Strasbourg, le navire-amiral des Forces de Haute Mer (FHM).

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Le contre-torpilleur Kersaint le 8 septembre 1941

Le 13 septembre 1941 au retour d'une sortie aux salins d'Hyères (les sorties sont rares en raison du manque de carburant, les réserves accumulées ne pouvant être reconstituées) le Kersaint aborde le Vauquelin.

Les deux navires sont endommagés, le Kersaint ayant son bordé enfoncé à tribord au niveau de la soute à mazout n°5, la rupture des couples et des lisses ainsi que la déformation du pont principal.

Après des réparations exécutées du 15 septembre au 5 octobre 1941, le contre-torpilleur effectue une sortie du 14 au 18 octobre en compagnie du Tartu et du Vauquelin avec lesquels il forme la 5ème DCT.

Après une nouvelle sortie avec le croiseur de bataille Strasbourg du 13 au 14 novembre, la 5ème DCT rallie Alger pour mettre fin à l'utilisation abusive du pavillon français par des navires britanniques qui utilise ce stratagème pour rallier Malte.

Pour camoufler ce mouvement on utilise le prétexte de protéger l'envoi en Afrique du Nord de paquebots chargés de rapatrier des troupes du Levant (où Vichy en avait été chassé par une action conjointe Grande-Bretagne et France Libre).

Le 8 décembre 1941, le contre-torpilleur Kersaint quitte Toulon direction Alger en escorte du paquebot Gouverneur General Grevy, les deux navires arrivant sur place deux jours plus tard.

A partir du 15 décembre, le Kersaint mouille à Bône. Les hommes de la 5ème DCT (sauf peut être les plus hauts gradés) ignorent encore la véritable raison de leur déploiement en Afrique du Nord à savoir l'escorte du croiseur de bataille Dunkerque.

Ce dernier était immobilisé depuis juillet 1940 à Mers-El-Kebir c'est-à-dire un port où il les réparations ne pouvaient pas être entreprises de manière sereines en temps de paix alors en temps de guerre avec un pays occupé et une autorité de fait aux pouvoirs limités je vous laisse imaginer...... .

Le fleuron de notre flotte est à l'époque juste en état de traverser la Méditerranée, la remise en état complète et définitive devant avoir lieu à Toulon.

En attendant d'escorter le Dunkerque, le Kersaint continue tant bien que mal à s’entraîner notamment dès le 5 janvier 1942 quand il met à terre sa section de débarquement dans la région de Bône pour tester le dispositif de défense terrestre contre un possible raid de commandos britanniques.

Il reprend ensuite la mer pour porter assistance au paquebot Lamoricière secoué par le mauvais temps. Il arrive après le naufrage du paquebot le 12 janvier 1942.

Avec le passage de nombreux convois britanniques à destination de Malte, le départ du Dunkerque est reporté de semaines en semaines, les autorités françaises étant persuadées que les britanniques s'opposeront au retour à Toulon du navire de ligne français.

Le jour J à lieu le 18 février 1942 quand la 5ème DCT quitte Alger, retrouvant deux torpilleurs venant d'Oran. Le croiseur de bataille quitte lui Mers-El-Kebir à 4h30, prenant contact avec son escorte à 6h00 du matin. La petite escadre met cap sur Toulon où elle arrive dans la nuit du 19 au 20 février.

Le Kersaint effectue un petit carénage (avec grattage de la coque au bassin) du 25 février au 10 mars 1942. Il effectue le 1er mai 1942  un exercice avec ses compères de la 5ème DCT et les croiseurs lourds Dupleix et Colbert. La petite escadre mouille aux Salins jusqu'au 11, effectuant un exercice avec la 7ème DCT (Gerfaut Albatros Verdun) et la 3ème DC (La Marseillaise et Jean de Vienne) qui prend la relève aux Salins.

Les 1er et 2 juillet 1942, le contre-torpilleur Kersaint mouille sur coffre au cap Brun, s’entraînant comme si il était à la mer. Le 20 juillet 1942, les contre-torpilleurs de la 5ème DCT effectuent un entrainement à l'écoute sous-marine.

Le Kersaint est aux Salins d'Hyères du 17 août au 1er septembre avant de subir un petit carénage du 3 au 10 septembre 1942. La dernière sortie de la 5ème DCT à lieu le 30 octobre 1942.

Le 8 novembre 1942 les forces anglo-américaines déclenchent l'opération TORCH, le débarquement en Afrique du Nord (Maroc et Algérie uniquement). Les FHM sont mises en état d'alerte au cas ou la flotte alliée cherchait à débarquer dans le sud de la France.

Craignant que les FHM connaissent le même sort que la 2ème Escadre légère à Casablanca, l'Amirauté décide de disperser les navires. C'est ainsi que le Kersaint et le Vauquelin sont remorqués à l'extrémité sud du quai de Verdun, le quai ouest des Grands Bassins, le Kersaint ayant son sister-ship à babord.

Les marins espèrent reprendre la lutte mais hélas rien ne se passe avant la nuit du 26 au 27 novembre 1942 quand les troupes allemandes approchent du camp retranché de Toulon.

Le branle-bas est ordonné sur tous les bâtiments à 4.57 suivis de l'ordre général d'allumage des feux. A 5.00, des fusées éclairantes sont larguées sur la rade par les avions allemands. A 5.15 le commandant en chef émet le message suivant «Prendre les dispositions finales» ce qui signifie l'ordre de préparer le sabordage, l'ordre «sabordez la flotte» est émis à 5.29 depuis le Strasbourg.

La rage au cœur, les marins mettent en place les charges, les engrenages de réducteurs sont détruits au chalumeau. Les ordres écrits confirmant les ordres radios sont apportés au Kersaint et au Vauquelin à 6.10.

Les mèches sont allumées à 6.18 sur le Kersaint. Les charges sautent à 6.25. Le Kersaint achève de couler à 07.10 et s'incline de 20° sur tribord. Seul le sommet des cheminées et du bloc-passerelle des deux contre-torpilleurs émergent encore, les deux contre-torpilleurs sombrant couleurs battantes. A 7.20 les allemands arrivent quai de Verdun, les équipages sont conduits au 5ème dépôt.

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Le Kersaint et le Vauquelin sabordés

En avril 1943, les travaux de relevage du Tartu, du Kersaint et du Vauquelin commencent. Le 24 mai l'équipe travaillant sur l'épave du Kersaint provoque l'explosion des munitions. L'épave est gravement endommagée et les travaux sont abandonnés.

En septembre 1944 Toulon est libéré. La marine française étudie le sort des épaves et aboutit aux mêmes conclusions : les quatre Vauquelin sont irrécupérables.

Début 1945 on demande le relevage des Kersaint et Vauquelin qui gênent l'accès à l'étroite passe du Castigneau mais faute de crédits cela ne peut être réalisé. Finalement l'épave du Kersaint sera démolie sur place entre fin 1950 et début 1951.

A SUIVRE

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Le Cassard
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Le contre-torpilleur Cassard à Nantes le 9 août 1932

Présentation

-Le Cassard est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) sis à Nantes le 12 novembre 1930 lancé le 8 novembre 1931 et armé pour essais le 15 juillet 1932.

L'essai de présentation en recette à lieu le 10 août 1932 lors du transit entre Nantes et Lorient, atteignant la vitesse de 36.87 nœuds.

Les essais officiels sont donc menés depuis le Morbihan. Ils ont lieu sur plusieurs jours, les navires passant généralement la nuit au mouillage à Groix.

L'essai d'avance par tour à lieu le 19 août 1932 avec une vitesse maximale de 39.917 nœuds, cet essai étant suivi le 23 août par un essai d'avance par tour à 15 nœuds, un essai de consommation à également lieu le 12 septembre 1932.

Le 26 août 1932 à lieu l'essai de 8h à la Puissance Maximum Normale (PMN). Déplaçant 2626.43 tonnes, il développe la vitesse la puissance maximale de 69725ch, atteignant la vitesse maximale de  39.642 nœuds (corrigée à 39.488 nœuds).

Il réalise un essai de la 9h à feux poussés, développant 76833ch et atteignant la vitesse maximale de 41.028 nœuds, le déplacement étant de 2476.881t.  Le 2 septembre 1932, il réalise l'essai au déplacement Washington soit 2304 tonnes, atteignant la vitesse maximale de 42.8595 nœuds avec une puissance développée de 80622ch.

Le Cassard entre en armement définitif le 1er novembre 1932.

L'essai de bon fonctionnement  après démontages à lieu le 26 juillet 1933. Le 10 septembre 1933 est prononcée la clôture d'armement.

La traversée de longue durée ayant lieu du 20 septembre au 6 octobre 1933 entre Lorient et Toulon avec des escales à Casablanca (26 au 29 septembre) et Alger (30 septembre au 5 octobre).

Le 6 au matin il mouille aux Salins d'Hyères, un mouillage forain très utilisé par la marine française pour l'entrainement. Le contre-torpilleur lance une torpille de combat avant de rallier Toulon en début d'après-midi, effectuant des tirs de salut avant de s'amarrer au coffre 7 en petite rade.

Le contre-torpilleur Cassard est admis au service actif le 7 octobre 1933, formant avec le Tartu et l'Albatros la 7ème Division Légère (7ème DL).

Jacques Cassard
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Jacques Cassard (Nantes 30 septembre 1679-Fort de Ham 21 janvier 1740) est un marin et corsaire français. Contemporain de Duguay-Trouin, cousin de Robert Surcouf, il s'illustre pendant près de 40 ans (1693-1731). Ruiné par des commanditaires ingrats, il s'emporte contre le principal ministre de Louis XV, le cardinal de Fleury et termine sa vie en prison.

Issu d'une famille de négociants et d'armateurs nantais, il est le huitième enfant de Guillaume Cassard et de Jeanne Drouard. Perdant son père jeune, la famille étant sans ressources, il s'embarque jeune sur un terre-neuva, entamant une carrière de marin d'abord dans la marine marchande puis dans la marine de guerre.

Capitaine de corvette en 1700, il participe à la guerre de Succession d'Espagne, devenant un corsaire au service de Louis XIV, s'illustrant le long des côtes anglaises.

Redoutable manœuvrier, il devient célèbre par son talent mais aussi par sa droiture morale. Sa famille devient riche grâce aux prisex du corsaire nantais.

Après avoir opéré en Manche, il opère ensuite en Méditerranée pour protéger les convois de blé d'Afrique harcelés par les anglais. Il opère au profit de la municipalité de Marseille.

Le 29 avril 1709 avec deux navires il attaque quinze navires anglais qui cherchaient à s'emparer d'un convoi de 25 bateaux. Cinq navires anglais sont coulés, les autres devant rallier Malte pour réparer, le convoi ralliant sans encombres la cité phocéenne. Arrivé à son tour à Marseille, il n'est pas payé par les échevins. En 1710, il escorte un nouveau convoi de blé à destination de Toulon.

Capitaine de frégate en janvier 1711, il à toujours des problèmes avec ses commanditaires marseillais qui refusent de payer une somme modique (10000 livres) à comparer avec la valeur d'un convoi (8 millions de livres tournois).

A de nombreuses reprises, Jacques Cassard avance l'argent nécessaire pour les opérations mais est rarement remboursé. En 1711 après une nouvelle escorte de convois, il mène une guerre de course dans les Caraïbes pillant les colonies anglaises, néerlandaises et portugaises.

Capitaine de vaisseau en novembre 1712, la paix d'Utrecht en 1713 met fin à sa carrière de corsaire, étant fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis en 1718. Il ne s'est pourtant pas enrichit, touchant fort peu sur l'immense butin récupéré. Il peine à vivre.

Il réclame son du et aurait probablement obtenu satisfaction si il n'y avait pas eu son orgueil et son mauvais caractère. Il vit difficilement, bénéficiant de l'argent de ses deux sœurs installées à Saint-Malo. Moqué par les courtisans, il est défendu par Duguay-Trouin mais cela ne suffira pas.

Se retirant définitivement en 1731, il réclame justice auprès du Cardinal de Fleury en 1736. Il est emprisonné pour avoir visiblement insulté et bousculé le principal ministre. Déclaré fou, il est interné à la forteresse de Ham (où sera ultérieurement emprisonné Louis-Napoléon Bonaparte futur Napoléon III). Il meurt à 60 ans le 21 janvier 1740.

La Royale, notre marine nationale à rendu hommage à ce grand, cet immense marin. Pas moins de douze navires ont porté son nom, le contre-torpilleur de classe Vauquelin étant le dixième.

Il succède à  un vaisseau de ligne de 74 canons mis sur cale en 1793 lancé en 1795 mais rebaptisé Dix Août en 1798 puis Brave en 1806 avant d'être détruit à Saint Domingue le 6 février 1806. Il est suivit par un vaisseau de 86 canons mis sur cale en 1795, rebaptisé Cassard en 1806 et utilisé jusqu'en 1815.

Le troisième Cassard fût un brick de 20 canons lancé en 1832 et condamné le 28 novembre 1850 suivit par une corvette à hélice lancée en 1846 rebaptisée Cassard en 1867 avant d'être désarmée en 1882 et d'être démoli en 1920.

Le cinquième Cassard est un aviso de 1ère classe lancé en 1859 sous le nom de Cassard mais qui sera rebaptisé en 1860 (il est désarmé en 1879). Le sixième navire portant le nom du corsaire nantais est un autre aviso de 1ère classe mis sur cale en 1861 sous le nom de Cassard lancé en 1866 sous un autre nom et utilisé jusqu'en 1894, date de son désarmement.

Le huitième Cassard est un croiseur protégé lancé en 1896, participant à la première guerre mondiale et désarmé en 1924. Il est suivit par un cargo construit en Angleterre en 1920, réquisitionné pendant le second conflit mondial et rebaptisé Penthièvre en 1948.

Après le contre-torpilleur de classe Vauquelin, deux autres navires vont porter ce nom. Le premier est un escorteur d'escadre de classe Surcouf (type T47)  mis sur cale aux ACB de Nantes le 3 mars 1952 lancé le 12 mai 1953 et admis au service actif le 14 avril 1956. Il est désarmé le 1er octobre 1974 et démoli en Espagne en 1989.

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La frégate antiaérienne Cassard (D-614). Son sister-ship porte le nom d'un autre grand marin français : Jean Bart

Le douzième et actuellement dernier navire à porter ce nom est une frégate de défense antiaérienne de classe Cassard (type F70AA). La frégate (ex-corvette) est mise en chantier à l'Arsenal de Lorient le 3 septembre 1982 mise à flot le 6 février 1985 et admise au service actif le 28 juillet 1988. Elle est toujours en service actuellement, devant être prochainement remplacée par une version antiaérienne des FREMM, les deux navires ayant été baptisés Alsace et Lorraine.

Carrière opérationnelle

1933-1939
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Le contre-torpilleur Cassard à la mer

A son arrivée dans le Var, le contre-torpilleur Cassard intègre la 7ème DL où il remplace le Verdun (classe Guépard).

Sa première mission est une mission diplomatique puisqu'il accompagne en octobre 1933 le cuirassé espagnol Jaime I qui ramène à Valence la dépouille de l'écrivain espagnol Vicente Basco Ibanez décédé en 1928. Le Cassard est à Valence du 29 au 31 octobre, rentrant à Toulon le lendemain.

Du 15 au 29 novembre il sot en compagnie de son sister-ship Tartu pour un exercice combiné. Le Cassard termine l'année par une succession d'exercices soit au sein de la 7ème DL ou avec d'autres unités de la 1ère escadre.

De janvier à avril 1934 le Cassard est indisponible pour visites de fin de garantie. Après plusieurs sorties pour vérifier que le contre-torpilleur était fin prêt, le Cassard participe du 19 avril au 29 juin 1934 à la croisière annuelle de l'Escadre en Méditerranée et dans l'Atlantique.

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Le contre-torpilleur Cassard le 15 septembre 1933

Entre deux exercices, le contre-torpilleur est seul ou avec d'autres navires à Bizerte, à Hammamet, à Philippeville, Alger,Oran,Casablanca,Funchal, mouille aux Canaries, repasse par Casablanca, effectue une visite de courtoisie à Gibraltar, se ravitaille à Oran avant de rentrer à Toulon. Suivent quinze jours de permissions pour l'équipage.

Le 24 août 1934 le contre-torpilleur Chevalier Paul arrivé à Toulon. Il intègre la 7ème DL qui aligne provisoirement quatre contre-torpilleurs, une situation provisoire, le Cassard devant être placé en position de complément pour l'année d'instruction 1934/35.

Cela signifie pas pour autant les vacances. Le Cassard va ainsi participer à une mission de diplomatie navale au Levant dans cet Orient qu'un grand homme avait un jour qualifié pudiquement de «compliqué».

Il quitte Toulon le 15 septembre 1934 en compagnie du Guépard. Les deux contre-torpilleurs, les deux «quatre tuyaux» font escale à Ajaccio et à Bizerte avant de mouiller à La Sude en Crète (lieu plus connu sous son nom anglais de Souda Bay, ce mouillage étant souvent utilisé par l'OTAN).

Ils y retrouvent l'aviso Vimy qui arrive avec la marque du contre-amiral Rivet, le commandant de la Division Navale du Levant (DNL).

Les deux contre-torpilleurs vont multiplier les escales, relâchant sur l'île de Milo, au Pirée, à Syros, aurait du faire escake à Smyrne, est à Mytilène, à Salonique, au cap Hellès pour rendre hommage aux victimes du cuirassé Bouvet, à Istanbul, Rhodes, Salonique pour le seul Cassard (où il débarque le personnel diplomatique), Beyrouth, Tripoli du Liban et Alexandrette.

Le Cassard quitte le Levant direction Bizerte où il arrive le 7. Après différents exercices avec des navires de la 4ème région maritime, le contre-torpilleur quitte le protectorat tunisien le 12 pour rentrer à Toulon le lendemain 13 novembre 1934.

Du 17 au 21 décembre 1934, le Cassard sort en compagnie des autres navires du Groupe de Complément de la 1ère Escadre. Il passe ensuite sous l'autorité de la IIIème Région Maritime le temps de son premier grand carénage (1er mars au 24 juillet 1935).

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Le contre-torpilleur Cassard en octobre 1935

Le 25 juillet 1935 il est reversé au groupe de complément. Cette affectation est temporaire puisqu'il est prévu qu'il soit réarmé à effectif complet pour l'année d'instruction 1935/36. C'est chose faite le 18 septembre 1935, le contre-torpilleur retrouvant la 5ème DL en compagnie de ses sister-ships Tartu et Chevalier Paul.

Pour lui permettre de se remettre en condition, le Maillé-Brézé l'accompagne lors d'une sortie d'entrainement du 3 au 5 octobre avant que le Tartu ne fasse de même du 15 au 18 pour un exercice de protection anti-sous-marine au profit du transport d'hydravions Commandant Teste.

Du 19 au 29 octobre, le Cassard participe avec les contre-torpilleurs des 5ème et 9ème DL à la première sortie générale de la 1ère Escadre pour l'année d'instruction 1935/36. C'est un spectacle disparu aujourd'hui qui voyait pendant plusieurs heures tous les navires disponibles de la 1ère Escadre sortir comme en temps de guerre pour courir sus à l'ennemi. Cette sortie voit la 5ème DL faire escale à Ajaccio.

Après avoir participé à la sortie mensuelle de la 1ère Escadre du 20 au 29 janvier 1936, le Cassard participe à un exercice commun aux 5ème et 9ème DL du 20 février au 6 mars, les contre-torpilleurs faisant escale à Nice, Golfe-Juan, Ajaccio et Bastia.

Du 5 mai au 24 juin 1936, le contre-torpilleur Cassard participe à la croisière annuelle d'entrainement de la 1ère Escadre.

Durant ses six semaines en mer, le contre-torpilleur et les autres navires de l'héritière de l'Escadre du Levant multiplient les exercices centrés essentiellement sur la défense et l'attaque de convois, le contrôle océanique et l'interdiction maritime soit les missions prévues pour les contre-torpilleurs.

Entre deux exercices entre le parti Bleu et le parti Rouge, le Cassard fait relâche pour ravitaillement et repos à Bizerte, Sidi-Abdallah, Hammamet,Sousse,Bône,Oran,Casablanca,Mogador,Safi, Mers-El-Kébir, Alger et Collo.

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Le Cassard en 1936

Le 17 juillet 1936 l'Espagne est victime d'un nouvel pronunciamento, un coup d'état mené sous l'autorité du général Sanjurjo déjà à l'initiative d'une conjuration en 1932 et dont la mort prématurée (ainsi que celle d'autres conjurés) ouvrira une fois royale à Franco qui va devenir le chef incontesté du camp nationaliste, l'échec du coup d'état entraînant une sanglante guerre, civile puis internationale avec la participation de plusieurs états européens.

Dans un premier temps la marine française va envoyer ses torpilleurs, contre-torpilleurs et croiseurs pour évacuer ressortissants et réfugiés fuyant les combats. Le Cassard est à Malaga dès le 24 (où de violents combats ont lieu) puis à Alicante. Il relève le Kersaint à Valence le 5 août 1936, mettant le cap sur Toulon le 8, arrivant à destination le lendemain.

Après une brève escale de ravitaillement, le contre-torpilleur retourne en Espagne, arrivant le 10 à Alicante. Il est à Valence le 17 puis à Palma de Majorque jusqu'au 20. Il retourne alors à Alicante, y restant jusqu'au 23 quand il met cap sur Toulon où il arrive le lendemain.

Le 15 août le groupe des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre devient la 3ème Escadre Légère, le 30 août la 1ère Escadre devenant l'Escadre de la Méditerranée. C'est également à cette époque que le Vauquelin et le Cassard échangent leur place, le premier quittant la 9ème DL pour rallier la 5ème DL que quitte la troisième unité de classe Vauquelin.

A partir de la mi-septembre la mission des navires français change de nature. Exit l'évacuation des réfugiés et des ressortissants et place à une mission de protection des navires neutres dont les manœuvres en direction des ports gouvernementaux sont gênés par les navires insurgés qui ont rapidement pris le dessus sur une marine gouvernementale désorganisée et désunie.

Pour éviter une accusation de parti pris, les navires français reçoivent l'ordre d'aller mouiller régulièrement à Palma de Majorque qui se situe en zone insurgée mais ils ont interdiction de descendre à terre.

A cela s'ajoute une mission de soutien diplomatique, les navires déployés devant transporter le courrier, assurer la garde des locaux (ambassade de France à Valence et consulat général à Barcelone) et l'évacuation du personnel en cas de prise de ces villes par les forces insurgées.

Quand débute l'année d'instruction 1936/37, le Cassard forme la 9ème DL avec ses sister-ships Kersaint et Maillé-Brézé.

A la mi-septembre, la 9ème division légère entre en grand carénage. Le Cassard est en travaux à l'Arsenal de Toulon jusqu'à la mi-décembre. Il reprend ensuite l'entrainement, étant jugé opérationnel le 26 décembre 1936 à temps pour permettre la relève au large de l'Espagne de la 5ème DL.

Le Cassard quitte Toulon le 27 décembre, relève le Tartu à Barcelone le lendemain. Il est à Palma de Majorque du 29 décembre 1936 au 1er janvier 1937, passe trois jours à Barcelone avant d'être relevé par le Kersaint. Il est de retour à Palma de Majorque le 5, relevé ensuite par le Kersaint avant de rallier à Toulon le lendemain 6 janvier 1937.

Le Cassard repart de Toulon le 12 janvier, arrive le lendemain à Barcelone y restant jusqu'au 16. Il releve le Maillé-Brézé à Palma du 16 au 18. Il est à Alicante le 20, à Valence le 21, à Barcelone le 21 au soir avant de rallier Toulon le lendemain 22 janvier 1937. Il est à nouveau à Barcelone du 28 janvier au 1er février 1937.

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Le contre-torpilleur Cassard à la mer le 8 février 1937

Du 2 au 19 février il participe à la sortie d'entrainement de l'Escadre de la Méditerranée puis de nouveau du 2 au 4 mars avant de retourner dans les eaux espagnoles.

Le contre-torpilleur Cassard quitte Toulon pour Barcelone le 12 mars. Il est dans la capitale catalane du 13 au 15 mars, à Alicante, à Valence, à Barcelone à nouveau du 17 au 19 mars, à Palma de Majorque du 19 au 21, à Port Mahon (île de Minorque, zone gouvernementale) du 21 au 22, rentrant à Toulon le lendemain pour un petit carénage.

Il reprend la mer pour l'Espagne le 10 avril, est à Barcelone du 11 au 13, patrouille du 13 au 17, est à Alicante le 17 avant de rallier Toulon le lendemain.

Le 12 avril 1937 pour clarifier la situation, les DL sont rebaptisées soit Divisions de Croiseurs ou alors Divisions de Contre-Torpilleurs, la 9ème DL devient donc la 9ème DCT.

Le 20 avril le Cassard mouille vingt mines d'exercices en rade des Vignettes au profit de la Commission d'Etudes Pratiques Mines et Grenades (CEPMG).

Le 1er mai 1937 la 9ème DCT est affectée au contrôle de la non-intervention en Espagne, étant relevée le 19 mai pour lui permettre de participer à la deuxième partie de l'entrainement de l'Escadre de la Méditerranée et ce jusqu'au 30 juin.

C'est une manœuvre de grande ampleur avec des exercices en Méditerranée, au large des côtes nord-africaines et dans l'Atlantique, les navires de l'ESCMED jouant le parti Rouge (ennemi) opposé aux navires de l'ESCATL qui joue le parti Bleu chargé de défendre les côtes françaises entre l'estuaire de la Gironde et Brest.

A peine rentré du Ponnant, le contre-torpilleur Cassard est affecté avec les autres contre-torpilleurs de la division au dispositif de contrôle de la non-intervention en Espagne (juillet 1937).

Le contre-torpilleur Cassard quitte Toulon le 6 juillet, est à Palma de Majorque du 7 au 10 avant de rentrer à Toulon le 11. Il retourne rapidement dans les eaux espagnoles, reprenant la mer le 15, est à Alicante le 16, à Valence les 17 et 18, ralliant la zone de contrôle des Baléares le 19. Il est relevé par le Maillé-Brézé le 20 juillet, est à Barcelone le 21 avant de rentrer à Toulon le 22. La division est relevée le 1er août mais depuis deux jours le Cassard, le Kersaint et le Maillé-Brézé étaient tous à Toulon.

Après une sortie divisionnaire du 4 au 8 août, la 9ème DCT est placé en position de complément le 1er octobre 1937 avec un effectif au niveau de la disponibilité armée. Cela signifie que le contre-torpilleur peut sortir, peut naviguer mais ses capacités de combat de manœuvre sont très limitées.

Le 12 janvier 1938 le Cassard quitte Toulon direction Bizerte où il doit subir un grand carénage à l'Arsenal de Sidi-Abdallah. Il arrive en Tunisie le 13 et entame aussitôt cette période d'entretien qui s'achève au mois de juin, le contre-torpilleur étant de retour à Toulon le 12. La 9ème DCT s'entraine du 22 juin au 1er juillet avec une participation de l'Escadre le 30 juin.

Le réarmement de la 9ème DCT est prévu le 1er octobre 1938 mais la crise des Sudètes (7-30 septembre 1938) perturbe le calendrier. La crise s'apaisant, les réservistes rappelés à l'occasion sont libérés à partir du 12 octobre.

Du 15 au 18 octobre, les 5ème et 9ème DCT effectuent un exercice commun, la première faisant escale à Ajaccio, la seconde à Bastia.

Le 22 les trois contre-torpilleurs appareillent mais le Cassard doit revenir au port pour débarquer un marin blessé au moment d'un appareillage effectué dans des conditions difficiles. Les deux autres qui avaient réussis à prendre le large doivent se mettre à l'abri dans le golfe de Porto.

Le Cassard subit un petit carénage du 14 au 23 décembre 1938. Il effectue ensuite une sortie de remise en condition du 3 au 6 janvier 1939.

Le 18 janvier, la 9ème DCT appareille de Toulon avec le gros de l'Escadre de la Méditerranée pour la croisière d'hiver en Méditerranée et dans l'Atlantique avec pour thème essentiel l'attaque et la défense de convois. Les navires sont de retour à Toulon le 10 mars 1939.

Le 9 avril 1939, les italiens envahissent l'Albanie. Les forces navales françaises sont mises en état d'alerte, tous les bâtiments devant pouvoir appareiller dans un delai maximal de 24h. Les permissionnaires sont rappelés tout comme les réservistes destinés à porter l'effectif du bâtiment à l'effectif de guerre. Finalement la crise s'apaise le 1er mai et les réservistes vont être progressivement démobilisés dans un délai de dix jours en commençant par les classes plus anciennes.

Du 30 mai au 9 juin, le Cassard et les autres contre-torpilleurs formant les 5ème et 9ème DCT participent à la sortie générale de l'Escadre de la Méditerranée. Au programme : escorte et attaque de grands bâtiments, manœuvres à la sortie de Toulon en conditions de guerre...... .

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Le contre-torpilleur Cassard le 19 juillet 1939

Le 1er juillet 1939 l'Escadre de la Méditerranée devient la Flotte de la Méditerranée, la 3ème Escadre Légère intégrant la 3ème Escadre. Un mois plus tard, le Cassard et ses compères de la 9ème DCT entre en carénage à l'Arsenal de Toulon. Ils doivent être disponibles le 20 septembre à temps pour l'ouverture de l'année d'instruction 1939/40.

Ce programme va être bouleversé par un accroissement des tensions internationales qui laisse entrevoir l'ouverture d'un nouveau conflit majeur en Europe, vingt et un an après la fin du premier conflit mondial.

Le 24 août les permissionnaires et les réservistes sont rappelés, les carénages interrompus, les éléments démontés immédiatement remis en place. Quatre jours plus tard, le 28 août, la Flotte de la Méditerranée est dissoute et remplacée par un groupement tactique de circonstance, les Forces de Haute Mer (FHM) dont fait partie la 3ème EL.

Le Cassard dans le second conflit mondial

La France et la Grande-Bretagne se déclarent officiellement en état de guerre avec l'Allemagne le 3 septembre 1939. Les trois contre-torpilleurs de la 9ème DCT sont disponibles depuis la veille.

Du 12 au 14 septembre 1939, la 9ème DCT (Maillé-Brézé, Cassard,Kersaint) escorte le convoi britannique BE-2 composé de paquebots rapides amenant des renforts en direction de l'Egypte. Les contre-torpilleurs couvrent le convoi entre Oran et Malte, la division relevée par des destroyers britanniques ralliant Alger le 16 et le 17. Ils dépendent de l'Amiral Sud qui disposent de Forces d'Escorte.

Le 21 septembre 1939 le Cassard quitte Alger en compagnie du paquebot Gouverneur Général Jonnard qui amène des troupes coloniales à Marseille où les deux navires arrivent le lendemain, le contre-torpilleur ralliant Toulon le 23.

Suite à l'accord interallié, le Cassard et le Kersaint permutent avec deux navires de la 1st Destroyer Flottilla (Mediterranean Fleet) pour des escortes de convois. Les deux contre-torpilleurs quittent Toulon le 3 pour Gibraltar où ils arrivent deux jours plus tard. Le 8 ils escortent un convoi franco-britannique jusqu'à Malte où ils arrivent le 12.

Quatre jours plus tard, ils couvrent la sortie d'un convoi Malte-Gibraltar. Le 16 au soir les deux contre-torpilleurs quittent Malte pour rallier Bizerte. Ils escortent ensuite le cargo Cap Varella jusqu'à Marseille où la petite escadre arrive le 21, les deux navires ralliant Toulon deux jours plus tard.

Le 7 novembre 1939 le Cassard mouille à Casablanca pour se ravitailler avant de rallier la force X, un groupe occasionnel mis en place à Dakar pour traquer croiseurs auxiliaires et raiders allemands.

Il reprend la mer deux jours plus tard en escorte du croiseur lourd Foch qui lui aussi est affecté à Dakar. Les deux navires quittent le Maroc le 9 mais se séparent bientôt, le croiseur lourd devant retrouver un cargo allemand dans les eaux des Canaries.

Le Cassard arrive à Dakar le 12, intégrant provisoirement la 11ème DCT qu'il forme avec le Bison et le Milan. Les trois navires sont placés à 24h d'appareillage.

Le Cassard est à la mer du 22 au 25 novembre puis protège le porte-avions HMS Hermes jusqu'à Freeetown où les navires arrivent le 27. Le contre-torpilleur est de retour à Dakar le 1er décembre 1939.

Le Cassard est de nouveau à la mer du 7 au 16 décembre 1939. Il participe à la recherche du cuirassé de poche Admiral Scheer. Le 9 il reçoit la liberté de manœuvre pour se ravitailler à Dakar, ralliant Dakar le 13. Il s'entraine au ravitaillement à la mer avec le Foch.

Le Cassard reprend la mer dans la nuit du 29 au 30 décembre 1939 en compagnie de la force X pour couvrir jusqu'à la latitude de Port-Etienne des convois britanniques SL-14 et SLF-14. Il porte assistance au paquebot espagnol Cabo San Antonio en feu. 279 passagers sont récupérés, l'épave étant coulée au canon.

Le contre-torpilleur Cassard rentre à Dakar le 31 décembre 1939. Il est alors placé à 24h d'appareillage puis passe à partir du 13 janvier à quatre jours d'appareillage.

Il sort à nouveau les 19 et 20 janvier 1940 en compagnie de ses compères de la 11ème DCT. Il quitte la capitale de l'AOF le 21, est à Casablanca le 25 où il est immobilisé pour une avarie au servomoteur de barre.

Ce n'est que le 13 février 1940 qu'il quitte Casablanca en escorte du convoi 66-KF composé d'un unique navire, le croiseur auxiliaire Koutoubia. Les deux navires se séparent à 7 miles de Marseille le 17 à l'aube, le contre-torpilleur ralliant Toulon pour un grand carénage de trois mois qui débute le 22 janvier 1940.

Les travaux terminés, le contre-torpilleur effectue des sorties de vérification les 17 et 18 mai 1940 alors que depuis une semaine l'offensive allemande à été lancée et que la situation militaire est déjà préoccupante.

A l'époque il est le seul bâtiment disponible de la 9ème DCT et le temps que le Kersaint soit disponible (le Maillé-Brézé à été perdu accidentellement le 30 avril 1940) le Cassard est versé à la 5ème DCT qui dispose à nouveau de trois navires.

Il est aux Salins les 23 et 24 mai, passe au bassin le 25 et le 26 mai avant de sortir à nouveau du 28 au 31 mai puis de subir des travaux complémentaires à l'Arsenal de Toulon jusqu'au 3 juin.

Le 10 juin 1940 l'Italie déclare la guerre à la France et à la Grande-Bretagne, mettant fin à la position de non-belligérance adoptée en septembre 1939. Cette décision était attendue et des plans d'opérations dressés à cette fin.

Parmi les opérations envisagées figure un bombardement de la région de Gênes pour attaquer l'industrie italienne de la région. Cette opération était prévue le 11 juin dans le candide espoir de ménager (sic) l'Italie l'opération est repoussée.

Le 12 juin, Bizerte est bombardée par l'aviation italienne. Le vice-amiral Duplat obtient le feu vert du gouvernement Reynauld pour exécuter un bombardement dans la région de Gênes à l'aide de croiseurs lourds et de contre-torpilleurs.

Dans la nuit du 13 au 14 juin, deux groupes occasionnels se mettent en position au large des côtes ligures. Un groupe doit s'occuper de Gênes (croiseurs lourds Colbert Dupleix, contre-torpilleurs de la 3ème DCT Guépard Valmy Verdun et de la 7ème DCT _Vautour Albatros_) et un autre de Vado composé des croiseurs lourds Algérie et Foch ainsi que des contre-torpilleurs des 1ère (Vauban Lion Aigle) et  5ème DCT (Tartu Chevalier Paul Cassard).

A 03.48, le groupe Vado est en position à 20 miles dans le 120 du cap Vado. A l'aube en ce 14 juin, les conditions météo sont médiocres, la visibilité très limitée. Les navires français ouvrent le feu à 04.26, les croiseurs tirant à 13500m.  

Les contre-torpilleurs assurent une double mission : la protection rapprochée des croiseurs et le bombardement d'objectifs littoraux, le Cassard ayant pour objectif les acièries Ilva à Savone.

Des vedettes lance-torpilles italiennes tentent d'attaquer les croiseurs. Les contre-torpilleurs ripostent, les MAS s'éloignant sans pertes ni conséquence pour les navires français dont le bombardement aura un impact très limité.

Lors du retour vers Toulon la 5ème DCT assure la protection arrière tribord. A 06.10, le Chevalier Paul signale un sous-marin, le Cassard grenade mais sans résultats. Les contre-torpilleurs passent trois jours en alerte appareillage à 6h.

Le 17 juin 1940, le Cassard couvre le convoi d'évacuation 6P (17 bâtiments) Marseille-Oran. Sa couverture concerne la zone entre le Cap Sebascia et les Baléares, le contre-torpilleur rentrant à Toulon le 18. Il se ravitaille dès son arrivée, étant en alerte appareillage à 6h.

Les 19 et 20 juin, les trois contre-torpilleurs de la division attendent à Sète pour une mission particulière. En effet en cas d'échec des négociations d'armistice avec les allemands, le gouvernement avait prévu de se replier en Afrique du Nord, le croiseur Dupleix devant évacuer le gouvernement. Hélas pour l'honneur de la France on ne verra jamais le gouvernement franchir la Méditerranée pour continuer la lutte.

L'Armistice est signé à Rethondes le 22 juin 1940, son entrée en vigueur étant prévue pour le 25 juin à 1h du matin. Le Cassard rentre à Toulon le lendemain 23 juin 1940.

Le Cassard de l'Armistice au sabordage

Le Cassard est maintenu à 6h d'appareillage. La 5ème DCT (Cassard,Chevalier Paul,Tartu) appareille le 3 juillet suite à l'attaque britannique contre Mers-El-Kébir (opération CATAPULT). Le lendemain, 4 juillet, au niveau de l'îlôt d'Ayre au sud-est de Minorque, la division prend contact avec le groupe organisé autour du croiseur de bataille Strasbourg.

Le contre-torpilleur Cassard était en serre-file quand la barre se bloque toute à gauche à la suite d'une fuite de vapeur au servomoteur. Il abat brusquement sur sa gauche mais le contre-torpilleur stoppe aussitôt puis bat en arrière pour casser erre et limiter les dégâts. Le croiseur de tête évite la collision mais pas le Colbert même si les dégâts sont limités, le Cassard réparant sans assistance.

Le contre-torpilleur Cassard est au bassin du 10 au 15 juillet 1940, le navire ralliant les Salins où il mouille du 29 juillet au 2 août. Le 13 septembre 1940, la 9ème DCT est dissoute, le Vauquelin réintègre la 5ème DCT en remplaçant le Cassard qui lui intègre la 3ème DCT.

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Le contre-torpilleur Cassard le 16 octobre 1940

Le 25 septembre 1940 sont créées les Forces de Haute Mer (FHM) qui regroupent les navires maintenus en service. A cette époque seul le Cassard est disponible au sein de la 3ème DCT, le Valmy et le Guépard étant indisponibles. La 3ème DCT sort avec les FHM du 16 au 18 octobre 1940.

Le Guépard et le Valmy devant rallier le Levant, le Cassard est versé à la 8ème DCT, le contre-torpilleur de classe Vauquelin remplaçant le 1er novembre 1940 le Volta pour accompagner L'Indomptable.

Le 5 novembre 1940 la 8ème DCT sort en compagnie du Strasbourg. Au cours d'un exercice, une douille de 37mm explose blessant un servant au visage. Le lendemain, 6 novembre, la 8ème DCT couvre le retour à Toulon du cuirassé Provence endommagé le 3 juillet à Mers-El-Kébir et réparé sur place, la remise en état devant se faire à Toulon.

Le contre-torpilleur Cassard est à nouveau au bassin du 15 au 17 novembre, participant du 19 au 21 novembre à la sortie de la 3ème Escadre Légère. Du 5 au 7 décembre 1940, le Cassard sort avec le Strasbourg avec d'effectuer un petit carénage du 3 au 13 janvier 1941 (passage au bassin du 4 au 11) au cours duquel on améliore les installations de ravitaillement à la mer.

Le contre-torpilleur Cassard sort à nouveau avec le croiseur de bataille Strasbourg du 28 au 30 janvier 1941 avant de participer à une sortie des FHM du 11 au 14 février.

Du 5 au 7 mars il est hors de Toulon, passant la nuit aux Salins d'Hyères, principal lieu d'entrainement des navires français qui doivent limiter la consommation de carburant, les stocks diminuant et surtout ne peuvent pas être reconstitués. Après une nouvelle sortie des FHM du 8 au 10 avril, le Cassard opère à nouveau avec le Strasbourg du 6 au 9 mai.

Le contre-torpilleur Cassard sort aux Salins du 28 juillet au 2 août 1941 en compagnie des croiseurs légers de la 3ème DC (Jean de Vienne La Marseillaise). Le 1er août la 8ème DCT est dissoute, le Cassard est versé à la 7ème DCT en attendant son entrée en grand carénage normal.

Le 29 août 1941 il quitte Toulon pour Oran afin de subir à l'Arsenal d'Oran un carénage de deux mois et demi. Les travaux terminés il quitte l'Algérie le 19 décembre 1941 pour rallier Toulon trois jours plus tard. Son affectation à la 7ème DCT jusqu'ici provisoire devient définitive. L'équipage bénéficiant de permissions, le navire reste à quai au début de l'année 1942.

La première sortie du Cassard pour ce qui est son  ultime année d'existence (même si personne ne le sait encore) à lieu le 6 février, une sortie concernant la 7ème DCT (composée également du Gerfaut et du Verdun) mais aussi les croiseurs lourds Algérie,Dupleix et Colbert. La petite escadre passe une semaine à s'entrainer au mouillage aux Salins d'Hyères.

Les mouvements sont désormais chichement comptés tant la pénurie de carburant se fait sentir et désormais même un déploiement aux Salins d'Hyères devient trop gourmand en carburant ! Ce mouvement est peu à peu remplacé par un mouillage en petite rade de Toulon ou sur coffre en rade des Vignettes sous le cap Brun.

Deux contre-torpilleurs s'y succèdent chaque semaine, remorqués feux bas depuis le quai Noël, passant deux ou trois jours à s’entraîner comme à la mer avant de rentrer toujours feux bas à la remorque. Grandeur et décadence d'une si belle marine.......... .

En juin 1942 le Cassard est en rade des Vignettes avant de subir un petit carénage à l'Arsenal du 16 au 23 juin. Il est à nouveau aux Vignettes les 21 et 22 juillet avant de sortir en mer le 4 août pour un exercice d'écoute ASM. Il est néamoins présent aux Salins du 17 août au 1er septembre 1942 puis sort en mer le 9 septembre 1942.

Le 8 novembre 1942 les anglo-américains débarquent en Algérie et au Maroc c'est l'opération TORCH. Les FHM sont mises en état d'alerte et à plusieurs reprises on envisage un appareillage pour la plus grande joie des équipages qui espèrent reprendre la lutte aux côtés des alliés.

En réalité la flotte ne va pas bouger (le pouvait-elle vraiment ?) et reste dans le camp retranché de Toulon alors que le reste de la zone libre est occupée par les allemands (opération ATTILA).

Dans la nuit du 26 au 27 novembre, les allemands déclenchent l'opération LILAS, l'invasion du camp retranché de Toulon. Le Cassard est alors amarré au quai Noël avec le Tartu à sa droite et l'Indomptable à sa gauche.

Des avions allemands survolent la rade et larguent des fusées éclairantes. Le branle-bas est ordonné à 04.50 et sept minutes plus tard, l'ordre est donné d'allumer les feux. A 05.15, nouveau message «Prendre les dispositions finales» et à 05.29 «Sabordez la flotte !». Cet ordre vocal est confirmé à 06.00 par un ordre écrit.

Sur le Cassard les charges sont allumées à 06.20. La coque est éventrée par une grenade ASM de 35kg, le navire coulant droit en un quart d'heure. Il se pose au fond à 06.40.

L'épave du Cassard est touché lors d'un bombardement américain le 29 avril 1944. Il est d'emblée considéré comme irrécupérable. L'épave sera démolie sur place en 1956 juste à temps pour permettre l'arrivée des premiers escorteurs d'escadre de classe Surcouf. Parmi eux figure le D-623 baptisé Cassard........ .

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Le Cassard et le Tartu sabordés

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 02 Fév 2019, 22:31

Le Tartu
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Le contre-torpilleur Tartu le 29 juillet 1932

Présentation

-Le Tartu est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sur leur site de Nantes le 14 septembre 1930 lancé le 7 décembre 1931 et armé pour essais le 1er juillet 1932.
L'essai de présentation en recette à lieu lors du transit entre Saint-Nazaire et Lorient en l’occurrence le 29 juillet, le quatrième contre-torpilleur de classe Vauquelin atteignant la vitesse maximale de 36.02 nœuds.

L'essai d'avance par tour à lieu le 12 août 1932 pour l'essai à grande vitesse, le contre-torpilleur atteignant la vitesse maximale de 38.784 nœuds. Une semaine plus tôt avait lieu l'essai d'avance par tour à 15 nœuds, deux tentatives sont nécessaires pour le valider, le Tartu effectuant le même jour un essai d'avance par tour à 18 nœuds. Le 10 août un essai de consommation à 15 nœuds avait été organisé, cinq jours après un essai de consommation à 18 nœuds.

Le 19 août 1932 est organisé l'essai au déplacement Washington,  un calcul politique réalisé en 1922 lors du traité de Washington, un calcul qui permet de nombreuses interprétations. Ce jour au déplacement de 2343 tonnes, le Tartu atteint la vitesse maximale de 41.019 nœuds (corrigée à  40.430 nœuds), la puissance propulsive développée étant de 66593ch.

Le 24 août 1932 à lieu l'essai de 8h à la Puissance Maximale Normale (PMN), essai suivit d'une neuvième heure à feux poussés. Le contre-torpilleur Tartu déplace 2636.251 tonnes, développe 69976ch et atteint la vitesse maximale de 38.585 nœuds (corrigée à 38.374 nœuds) et lors de la neuvième heure à feux poussés, le contre-torpilleur qui déplaçait alors 2486.988 tonnes développe 72970ch et atteint la vitesse maximale de 39.901 nœuds.

Le 1er octobre 1932, le Tartu entre en armement définitif. Un essai de bon fonctionnement à lieu le 24 novembre 1932. Le 31 décembre 1932 à lieu la clôture d'armement.

La traversée de longue durée commence le 26 janvier 1933 quand le Tartu appareille de Lorient pour rallier Toulon où il arrive le 7 février 1933 après des escales à Oran et à Ajaccio.

Le contre-torpilleur Tartu est mis en service le 8 février 1933 au sein de la 1ère Escadre, intégrant en surnombre à la 5ème DL en compagnie des contre-torpilleurs Gerfaut,Aigle et Vautour.

Jean François Tartu

Jean-François Tartu est né à Recouvrance le 11 octobre 1751 (commune du Finistère qui est aujourd'hui un quartier de Brest) dans une famille de pécheurs. Servant dans la marine royale dès l'âge de 15 ans, il participe à la guerre d'indépendance américaine comme officier marinier avant de travailler à la fonderie royale de canons d'Indret, devenant sous-lieutenant de vaisseau en 1786.Il est marié et père de sept enfants.

Quand éclate la Révolution Française il devient une figure politique, une figure mineure mais une figure quand même. En mars 1791 il est fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis. Il est ensuite élu député de Loire-Inférieure à la Convention Nationale. En 1793, il accompagne le représentant en mission Fouché à Paimboeuf.

Alors qu'il était le directeur intérimaire de la fonderie (le directeur titulaire avait émigré), il reprend du service à la mer, devenant capitaine de la frégate Uranie. Il est tué à la mer le 24 octobre 1793 lors d'un affrontement avec la frégate HMS Thames. Il était capitaine depuis janvier 1793. Véritable héros national, il est immédiatement statufié, la frégate Uranie étant d'ailleurs rebaptisée Tartu.

C'est le premier navire à porté ce nom au sein de la Royale. Le second est le quatrième contre-torpilleur de classe Vauquelin et le troisième est un escorteur d'escadre de classe Surcouf.

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L'escorteur d'escadre Tartu

Le D-636 (type T53R) est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes en novembre 1954 lancé le 2 décembre 1955 et admis au service actif le 5 février 1958.
Il à été désarmé le 3 décembre 1979. Condamné, Il devient le Q605 en août 1980 et, après avoir servi de brise-lames à Lorient, a été coulé à 80 nautiques au large, le 9 décembre 1998, par une force combinée aéronavale (AM39, AS30 et GBU12 par Super Etendard Modernisé et Atlantique 2, et missiles MM38 par les aviso Lieutenant de Vaisseau Lavallée et Commandant L'Herminier).

Carrière opérationnelle

1933-1939
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Le contre-torpilleur Tartu le 4 février 1933

Le 14 février, le contre-torpilleur Tartu quitte Toulon pour Villefranche où il participe aux fêtes traditionnelles du Carnaval de Nice. Il rallie Golfe-Juan le 20 avant de participer au défilé de l'escadre en baie des Anges le 1er mars 1933.

Il enchaîne ensuite par des exercices de jour comme de nuit du 2 au 9 mars 1933 puis par un exercice commun aux contre-torpilleurs de la 1ère Escadre du 13 au 21 mars. Il enchaîne par la sortie mensuelle de la 1ère Escadre du 3 au 6 avril 1933.

A la fin du mois d'avril le contre-torpilleur Tartu entre à l'Arsenal pour les démontages et visites de fin de garantie. Résultat : il est indisponible pour deux mois. Disponible au début du mois de juillet, le Tartu participe à la sortie générale de l'Escadre avec notamment les écoles à feux du deuxième semestre.

Après avoir participé à l'inspection générale annuelle le 25 juillet 1933, le Tartu est engagé du 26 au 28 juillet à un exercice ayant pour but le contrôle de la liaison Corse-Provence, le Tartu et le Tourville forment le parti Rouge qui depuis le golfe de Gênes pour harceler les convois du parti Bleu.

Le 14 septembre 1933, le Tartu est versé à la 7ème DL en remplacement du Guépard et le lendemain rentre à l'Arsenal pour trois mois afin de procéder à l'ouverture et aux visites réglementaires de ses turbines.

Alors qu'il ne doit être disponible que le 15 novembre 1933, le Tartu devient dès le 29 septembre navire-amiral des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre, portant la marque du contre-amiral Laborde.

Le 7 octobre 1933, le Cassard est admis au service actif. Il remplace au sein de la 7ème DL le Verdun, la 7ème division légère étant désormais composée du Tartu, de l'Albatros et du Cassard.

Avec le Cassard il accueille le cuirassé espagnol Jaime I qui ramène à Valence la dépouille de l'écrivain espagnol Vicente Basco Ibanez décédé en 1928. Si le Cassard accompagne le cuirassé espagnol à Valence, le Tartu lui reste en France.

Du 15 au 29 novembre, le Tartu et le Cassard effectuent un entrainement commun avant d’enchaîner par un exercice avec les croiseurs. Du 5 au 7 décembre, ils s’entraînent pendant deux jours avec les cuirassés avant de mouiller à Golfe-Juan.

Le 10, les deux contre-torpilleurs appareillent pour porter assistance à un cargo suédois en feu au large de Saint-Raphael mais quand les deux unités de classe Vauquelin arrivent sur le zone le navire à sombré et l'équipage récupéré par d'autres navires.

Après une nouvelle phase d'entrainement à la mer du 11 au 13, les deux contre-torpilleurs s’entraînant au mouillage du 14 au 21, le Tartu et le Cassard rentrant à Toulon le lendemain.

Pour le Tartu l'année 1934 commence par un entrainement individuel du 11 au 17 janvier avant d’enchaîner par un exercice au niveau de l'escadre jusqu'au 26.

L'activité du contre-torpilleur est soutenu, les sorties à la mer (individuelles et de groupe) sont nombreuses. Du 13 au 16 mars, le Tartu participe à un entrainement de groupe des contre-torpilleurs dans la région de La Ciotat.

Le 19 avril 1934, le Tartu appareille de Toulon avec le reste de la 1ère Escadre pour deux mois d'entrainement. On peine à imaginer aujourd'hui ce spectacle de voir cuirassés, croiseurs, contre-torpilleurs, torpilleurs et sous-marins franchissent les passes de la baie de Toulon pendant des heures. La première phase à lieu au large des côtes nord-africaines, la première escale ayant lieu à Bizerte.

L'entrainement est riche et varié avant des exercices de Défense Aérienne à la Mer (DAM), des exercices de défense contre sous-marins, des écoles à feu et un entrainement au combat de nuit.

Entre deux exercices les navires font escale pour repos, ravitaillement et relations publiques. La 1ère escadre fait ainsi escale à Philippeville (auj. Skikda à 471km à l'est d'Alger), à Alger, à Oran, à Casablanca, Funchal (île de Madère), Canaries et pendant que l'escadre est de retour à Casablanca, le Tartu et le Cassard sont à Gibraltar.

La dernière phase de l'exercice à lieu au large des côtes marocaines et algériennes, la phase d'entrainement se clôturant par des bombardements simulés contre Marseille et Toulon. La 1ère Escadre est à Toulon le 29 juin 1934.

Le 24 août 1934 le contre-torpilleur Chevalier Paul est admis au service actif, c'est le dernier Vauquelin à être mis en service. Il intègre en surnombre la 7ème DL, anticipant sur le placement en position de complément du Cassard pour l'année d'instruction 1934/35.

Le 1er octobre 1934, les 5ème et 7ème DL permutent leurs appellations pendant que la 6ème DL de la 2ème Escadre de Brest doit intégrer la 1ère Escadre de Toulon, devenant la 9ème DL. Avec ce transfert les six Vauquelin vont être concentrés en Méditerranée.

Quand commence l'année d'instruction 1934/35, la 5ème DL est composée de deux unités de classe Vauquelin (Tartu Chevalier Paul) et une unité de classe Aigle (Albatros).

Le Tartu n'est pas immédiatement disponible. En effet le contre-torpilleur est entré à l'Arsenal de Toulon pour ouverture et visite des turbines. Les travaux terminés, le Tartu effectue des sorties de vérification les 1er et 3 décembre avant d'effectuer un entrainement individuel au mouillage et en mer jusqu'à la fin de l'année.

Du 15 au 25 janvier 1935, les 5ème et 9ème DL participent à la sortie mensuelle de l'Escadre. Le Tartu participe ensuite à un exercice de division du 22 février au 8 mars, le Tartu et le Chevalier Paul étant accompagnés du Vauquelin provisoirement rattaché à la 5ème division légère.

Le 6 mai 1935, le Tartu et le Chevalier Paul quittent Toulon en compagnie des croiseurs Algerie, Dupleix et Tourville mais aussi de l'Albatros (5ème DL) et des contre-torpilleurs (Gerfaut, Aigle et Vautour).

Cette petite escadre doit effectuer une croisière de diplomatie navale en direction de l'Italie et de la Yougoslavie. Elle est à Naples du 8 au 14 mai, le comité d'accueil étant composé des croiseurs lourds Zara Pola Fiume et de contre-torpilleurs.

L'escadre française se rend ensuite en Yougoslavie, faisant escale à Tivat dans les bouches du Kotor du 16 au 20 avant de rallier Split le 21. Le 27, la 5ème DL mouille à Venise, le reste de l'escadre ralliant les eaux vénitiennes le 29. C'est le début d'une visite officielle de quatre jours.

Le «détachement Algérie» appareille le lundi 3 juin direction Oran pour y retrouver le reste de la 1ère Escadre qui avait quitté Toulon le 9 mai pour une longue croisière d'entrainement.

Après des exercices à la mer et des escales à Mers-El-Kébir et Oran pour repos et ravitaillement, la 1ère Escadre franchit les colonnes d'Hercules, le détroit de Gibraltar le 10 juin 1935 en manoeuvrant, ralliant la Bretagne. Avec la 2ème Escadre, elle forme une Armée Navale qui va manœuvrer dans l'Atlantique et le Golfe de Gascogne.

Le 27 juin 1935, le ministre de la Marine François Piétri passe en revue la flotte en baie de Douarnenez. L'Armée Navale se disloque le 4 juillet, la 1ère Escadre mettant cap sur la Méditerranée, l'escadre étant de retour à Toulon le 12 juillet après un ravitaillement à Oran du 8 au 10.

Après réalisé des écoles à feu au niveau divisionnaire les 19 et 20 juillet, le Tartu entame l'année d'instruction 1935/36 au sein d'une division également composée du Chevalier Paul et du Cassard (5ème DL). A partir du 24 août, le Tartu porte la marque du contre-amiral Ollive, commandant le groupe des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre.

Du 15 au 18 octobre 1935, le Tartu et le Cassard participent à un exercice de protection contre les sous-marins en protégeant le transport d'hydravions Commandant Teste et ce au large des îles d'Hyères.

Le 19 novembre 1935 à lieu la première sortie générale de la 1ère Escadre. Cette sortie qui s'achève le 29 voit l'engagement de la 5ème puis de la 9ème DL.
Le Tartu, le Chevalier Paul et le Cassard participent à la sortie mensuelle de l'escadre du 20 au 29 janvier 1936.

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Le contre-torpilleur Tartu en 1936

Après plusieurs mois d'entrainement et d'exercices à différents niveaux, le Tartu et ses deux compères de la 5ème DL participent à la croisière d'entrainement de la 1ère Escadre. Entre deux manœuvres et deux exercices, le Tartu fait escale à Bizerte, Sidi-Abdallah, Sousse, Oran et Nemours.

Après un crochet dans l'Atlantique (escales à Casablanca et Mazagan, Mogador et Safi), l'escadre fait escale à Oran et Mers-El-Kebir les 12 et 13 juin, à Alger le 14 juin, Philippeville le 18 juin avant de rentrer à Toulon le 24 juin après deux jours de traversée entre l'Afrique du Nord et la Métropole.

Le 17 juillet 1936 à lieu un nouveau pronunciamiento mené par le général Sanjurjo (qui se tuera au décollage au Portugal) mais ce coup d'état est un échec dégénérant en une guerre qui va durer presque trois ans (juillet 1936-mars 1939).

Le 15 août 1936, le groupe des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre devient la 3ème Escadre Légère qui intègre l'Escadre de la Méditerranée. Le Vauquelin et le Cassard permutent donnant une 5ème DL composée du Tartu, du Vauquelin et du Chevalier Paul.

Courant septembre 1936 les forces navales insurgées décrètent le blocus des ports encore sous le contrôle du gouvernement espagnol. Comme ce blocus est contraire au droit international, l'Escadre de la Méditerranée détache des bâtiments au Levant espagnol et dans les Baléares. Il s'agit généralement d'un croiseur ou d'une division de contre-torpilleurs ou d'une division de torpilleurs.

Les bâtiments sont affectés à la croisière d'Espagne pour un mois avec généralement deux croisières de dix jours entrecoupées d'une période de cinq jours à Toulon où le ou les navires sont à 72h d'appareillage. La 5ème DL est la première affectée à partir du 24 septembre 1936.

La division quitte Toulon le 29, le Tartu est à Barcelone du 30 septembre au 6 octobre, mouille à Palma de Majorque (en zone insurgée) le 7, à Valence le 8 avant de rentrer à Toulon le lendemain 9 octobre 1936.

Le contre-torpilleur Tartu reprend la mer le 14, mouillant à Barcelone du 15 au 23, est à Valence le 24, à Alicante du 25 au 29 avant de rentrer à Toulon en fin de journée.
La 5ème DL est réaffectée le 24 novembre 1936. Le Tartu quitte Toulon le 3 décembre, est à Barcelone le 4, étant relevée le lendemain par le Vauquelin permettant au Tartu de rallier Palma de Majorque. Le 9, le contre-torpilleur est relevé par le Chevalier Paul et rallie Alicante le lendemain, est à Barcelone le 11 avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Le Tartu reprend la mer le 17, mouille à Barcelone du 18 au 22, relevant le Vauquelin à Palma, y restant jusqu'au 25. Le 24, il est rallié par le Chevalier Paul qui avait quitté Toulon la veille. Le Tartu est à Alicante le 26 puis à Valence le 27. Il rentre à Toulon le lendemain après avoir été relevé par son sister-ship Cassard.

Pour le Tartu l'année 1937 commence par un entrainement de division du 12 au 15 janvier avant d’enchaîner par la sortie générale de l'Escadre du 19 au 22. Une nouvelle sortie générale d'entrainement de l'Escadre de la Méditerranée à lieu du 2 au 5 février.

Du 9 au 19 février, les 5ème et 9ème DL sortent en mer pour un entrainement commun avant que la division du Tartu ne soit requise pour le service de la croisière d'Espagne et ce à partir du 24 février 1937.

Le contre-torpilleur Tartu quitte Toulon le 26, est à Valence le lendemain avant d'être relevé par le Chevalier Paul. Il est présent à Barcelone du 28 février au 3 mars, est à Palma de Majorque le 4 avant de rentrer à Toulon le 5 mars 1937.

La division est surmenée, plusieurs cas de suicides et de tentatives de suicides sont enregistrées à bord du Tartu et du Vauquelin en raison du stress lié aux opérations, de la menace aérienne et du dénuement des réfugiés.

Elle est détachée le 8 mars pour participer à l'entrainement de printemps de l'Escadre de la Méditerranée qui avait quitté Toulon le 2 mars et rentrera le 18 après quinze jours d'entrainement intensif.

Après un petit carénage, le Tartu reprend l'entrainement le 13 avril 1937 au lendemain d'un changement de dénomination, les divisions légère devenant soit des Divisions de Croiseurs (DC) ou des Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT), la 5ème DL devenant donc la 5ème DCT.

Le 20 avril 1937 l'accord de Londres entre en vigueur. Il met en place le contrôle naval de non-intervention. La marine française reçoit le contrôle de la zone des Baléares jusqu'aux eaux territoriales espagnoles ainsi qu'aux côtes du Maroc espagnol.

Le Tartu quitte Toulon dans la nuit du 19 au 20 avril pour rallier sa zone de patrouille dans la région de Majorque et d'Ibiza. Cette première patrouille dure jusqu'au 29. Le 30 avril 1937 le Tartu rallie Barcelone pour défendre les intérêts français alors que la capitale catalane est secouée par des combats entre factions gouvernementales. Le Tartu est de retour à Toulon le 1er mai. Remplacée par la 9ème DCT, la 5ème DCT retrouve le 11 mai l'Escadre de la Méditerranée pour sa grande croisière d'entrainement annuelle.

Une semaine plus tard cependant la 5ème DCT relève dans les eaux du Levant espagnol la 9ème DCT. Le Chevalier Paul et le Vauquelin quittent Toulon le 18 pour rallier Alger où le Tartu se trouvait depuis deux jours. Le contre-amiral Richard passe le commandement de la 3ème EL à la 3ème DCT et au contre-torpilleur Guépard.

Le Tartu rallie Valence le 19, est à la mer le lendemain avec le Chevalier Paul. Le Tartu est seul à Port Mahon en fin de journée, ralliant Toulon le 21 à 72h d'appareillage.
Il reprend la mer le 3 juin pour Barcelone où il reste jusqu'au 6 juin. Il est présent à Alicante les 7 et 8, à Valence les 9 et 10 avant de rentrer à Toulon le lendemain. Il reprend la mer le 15, ralliant le Vauquelin au sud-est de Minorque. Les deux contre-torpilleurs mettent cap sur Alger où ils sont rejoints par le Chevalier Paul venu de Valence.

Le 17 au petit matin, la 5ème DCT dépose par surprise sur les quais sa compagnie de débarquement qui s'empare par surprise des navires au mouillage. Le contre-amiral Richard reprend alors le commandement de la 3ème Escadre Légère. La 5ème et la 9ème DCT manœuvrent ensemble du 21 au 29 juin, les deux divisions rentrant à Toulon le lendemain avec le reste de l'Escadre. Du 7 au 9 juillet 1937 le Tartu participe à une nouvelle sortie générale de l'Escadre.

Après un carénage du 1er août au 8 octobre 1937, le contre-torpilleur Tartu effectue une sortie avec les deux autres navires de la 5ème DCT ainsi que le Kersaint de la 9ème DCT du 19 au 29 octobre 1937.

Le 6 novembre 1937, la 5ème DCT est affectée au Dispostif Spécial en Méditerranée (DSM) en priorité au secteur centre de la Zone II dont le périmètre englobe Barcelone au nord, Valence au sud et l'archipel des Baléares à l'est. La base normale est Toulon avec Alger comme port de ravitaillement.

Les divisions de torpilleurs ou de contre-torpilleurs détachées au DSM sont par roulement «division d'alerte» à 24h d'appareillage à la base normale puis «division de patrouille» avec au moins deux bâtiments à la mer pour des périodes de 8h et le troisième à 6h à la base normale et enfin au retour de patrouille «division de repos» à 72h d'appareillage.

Les trois contre-torpilleurs appareillent le 6 novembre pour une première patrouille dans la région des îles Baléares. La division se rend à Oran pour prendre ses ordres. Le Tartu et le Chevalier Paul sont à Oran le 8, le Vauquelin arrivant le lendemain. Le 10, le contre-amiral Richard prend le commandement des forces de haute mer du DSM.

La patrouille commence le 12. Le 13, le Tartu mouille à Palma pendant que les deux autres sont en patrouille. Le 15 novembre 1937, le Tartu est relevé par le Vauquelin et si le second mouille à Palma, le premier patrouille dans le secteur attribué.

Le 17 novembre, le Tartu met cap sur Barcelone, relevé au large des Baléares par le Vauquelin. La division se concentre le 19 et met cap sur Toulon où ils arrivent le lendemain pour une période de repos.

Le Tartu et ses deux compères de la 5ème DCT quittent à nouveau Toulon le 3 décembre, le Tartu mouillant à Palma en fin de journée. Il relève le Vauquelin le 5 qui le remplace à son mouillage. Il rallie Alger le 6 pour ravitaillement, reprenant la mer le lendemain pour rallier Barcelone le 8. Il quitte la nouvelle capitale espagnole le 9 au matin, la division se regroupe à l'est de Minorque pour rallier Toulon le lendemain.

Le Tartu et les deux autres contre-torpilleurs de la 5ème DCT appareillent de Toulon le 23 décembre 1937. Le lendemain le Tartu mouille à Palma de Majorque, reprenant la mer le jour de Noël pour retrouver le Chevalier Paul à la mer, les deux navires faisant escale quelques heures le 27. Le Tartu reprend ensuite sa patrouille jusqu'au 29 quand il fait une escale à Barcelone. Il appareille le lendemain, la division se regroupe à l'est des Baléares pour rentrer à Toulon dans la journée.

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Le contre-torpilleur Tartu le 11 mai 1938

Après une période de repos, la 5ème Division de Contre-Torpilleurs (5ème DCT) quitte Toulon pour un nouveau déploiement au sein du DSM. Le Tartu est à Valence le 15 pour une escale sous feux, la division se regroupe à Barcelone le 16 mais le Chevalier Paul doit mettre fin à arraisonnement par un patrouilleur nationaliste du cargo français Lezardrieux. Le 19 le Tartu transmet à Palma une protestation officielle aux autorités navales insurgées.

La division patrouille ensemble le 20, ralliant Alger le lendemain 21 janvier 1938. Ce repli est rendu nécessaire par l'offensive aérienne menée par l'aviation nationaliste contre les ports républicains qui rend la présence de bâtiments dans les ports espagnols inappropriée. La division reprend la mer le 25 au matin, le Tartu étant à Barcelone le 26, à Palma le 27 avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Le contre-torpilleur Tartu quitte Toulon le 3 février, mouille quelques heures à Barcelone le 4 pour déposer du courrier à l'Ambassade de France qui s'est installé à Barcelone. Il est à Port-Vendres le 6 pour déposer du courrier diplomatique.

Après avoir patrouillé jusqu'au 9, le Tartu rejoint son sister-ship Chevalier Paul le lendemain à Barcelone. Le Vauquelin boucle la boucle et la division rallie Toulon le lendemain 11 février 1938.

Le Tartu et ses deux compères quittent à nouveau Toulon le 24 février 1938. le Tartu est à Palma le 24, à Barcelone le 2 mars, la division devant se concentrer le lendemain pour rentrer à Toulon. La 5ème DCT est provisoirement détachée du DSM pour s’entraîner avec l'Escadre de la Méditerranée.

Le 9 mars débute une puissante offensive nationaliste en Catalogne. L'ambassade de France craint la chute prochaine de sa capitale. Le 14, la 5ème DCT est mise aux ordres du Préfet Maritime de Toulon. En compagnie d'un croiseur, la division doit procéder aux évacuations mais la situation s'étant stabilisée, la mission est annulée, le Tartu et ses compères faisant demi-tour pour rallier Toulon le 16, la division étant placée en alerte à 12h d'appareillage.

Dans la nuit du 16 au 17 l'ambassade de France transmet l'information d'un débarquement italien au sud de Barcelone. Cette information entraine l'appareillage de la 5ème DCT mais elle va se révéler fausse.

Le Tartu mouille à Barcelone le 17, le Chevalier Paul et le Vauquelin le retrouve le 20. Le Tartu gagne alors Valence puis retourne à Barcelone où il retrouve le reste de la division le 24. la 5ème DCT est de retour à Toulon le 25 mars. Deux jours plus tard, elle est relevée par la 3ème DCT au sein du DSM.

Après un petit carénage dans la deuxième quinzaine d'avril, le Tartu participe du 11 mai au 1er juillet 1938 à la croisière d'entrainement annuelle de l'Escadre de la Méditerranée. Cette fois les unités basées à Toulon ne manœuvrent qu'en Méditerranée dans ses bassins occidentaux et orientaux.

Les exercices sont nombreux et variés avec tout de même un thème central : l'attaque et la défense des lignes de communication ce qui est la raison d'être des contre-torpilleurs construits depuis 1922 par la marine française.

L'Escadre fait escale à Bizerte, à Sfax, à Alexandrie, à Beyrouth (où les navires de la marine inaugurent le nouveau bassin du port le 13 juin), en Grèce, à nouveau Bizerte avant de rentrer à Toulon.

Initialement le Tartu et les deux autres unités de la 5ème DCT devaient être placées en complément le 1er octobre mais alors que la division avait été détachée au DSM depuis le 10, la crise des Sudètes bouleversa les plans de la Royale. Finalement après une nouvelle reculade des démocraties occidentales, la crise s'estompe et la division peut être placée en position de complément avec un équipage réduit le 12 octobre.

Le Tartu et le Chevalier Paul appareillent le 23 août 1938 pour Caldetas, une rade foraine au sud de Barcelone. La patrouille commence le 25 août, le Tartu ralliant Sète le 26, reprenant la mer deux jours plus tard pour une nouvelle patrouille. La division se rassemble à Caldetas le 30 et rentre à Toulon le lendemain.

Après une ultime sortie en mer du 14 au 16 décembre 1938, le Tartu est immobilisé à l'Arsenal de Toulon pour un grand carénage du 2 janvier au 1er avril 1939.

Peu après l'Italie envahit l'Albanie faisant craindre à nouveau que la guerre éclate. Le Tartu, le Chevalier Paul et le Vauquelin reste en position de complément, la priorité étant donnée à la 9ème DCT dont les navires disposent des équipages du temps de guerre.

Le Tartu effectue sa première sortie post-carénage le 20 avril puis le 24 et le 25 avril, la 5ème et la 9ème DCT manœuvrent ensemble. Le 1er mai 1939 débute pour les réservistes la libération de leurs obligations militaires. Du 30 mai au 9 juin, le Tartu participe à la sortie générale de l'Escadre de la Méditerranée.

Le 1er juillet 1939, l'Escadre de la Méditerranée devient la Flotte de la Méditerranée. La 3ème Escadre Légère formant avec la 1ère Escadre de Croiseurs (Algérie Foch Dupleix pour la 1ère DC, Duquesne Tourville Colbert pour la 2ème DC) la 3ème Escadre.

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Le contre-torpilleur Tartu le 7 août 1939

Le 24 août 1939 alors que les tensions en Europe n'ont jamais été aussi élevées, le rappel des réservistes reprend. Quatre jours plus tard, le 28, la Flotte de la Méditerranée est dissoute, ses moyens confiés aux Forces de Haute Mer, un groupe occasionnel qui va servir in fine de réservoir de force pour créer des forces sur-mesure.

Le lendemain, 29 août 1939, le Tartu et ses compères de la 5ème DCT prennent en charge au large de Marseille le paquebot Chella qui transportait en métropole deux bataillons de tirailleurs. Le paquebot arrive à Marseille le lendemain, les contre-torpilleurs cinglant directement sur Toulon.

Ils n'ont pas le temps de reposer puisque la 5ème DCT assure la couverture lointaine du convoi R-3, un convoi Marseille-Ajaccio qui à l'aide de sept paquebots transportait 6500 hommes de troupes en Corse, une île revendiquée par Mussolini. Cette opération exécutée les 30 et 31 août ne débouche sur aucune action italienne.

Le 1er septembre 1939 l'Allemagne envahit la Pologne. Deux jours plus tard la France et la Grande-Bretagne lui déclare la guerre. La seconde guerre mondiale venait de commencer et personne à l'époque ne pouvait imaginer que dans neuf mois la France allait connaître la pire défaite militaire de son histoire.

Le Tartu en guerre (1939-1940)

Quand éclate le second conflit mondial, le contre-torpilleur Tartu appartient à la 5ème DCT qu'il forme avec le Chevalier Paul et le Vauquelin. Comme l'Italie adopte une position de non-belligérance, la division va être détachée à la 5ème Escadre pour couvrir un convoi en formation à Dakar.

La division quitte Oran le 7 pour Casablanca où les trois «quatre tuyaux» se ravitaillent dans la nuit du 8 au 9, arrivant à destination le 12. Ils vont escorter le convoi n°39 composé des cargos Kerguelen, Aurigny et Kilissi qui avaient embarqués des troupes noires. Le convoi appareille le 13 et arrive à Casablanca le 18.

Le Tartu quitte le Maroc le 24 en escorte du paquebot Médie II qui doit lui rallier Marseille. Son escorte terminée, le contre-torpilleur rentre à Toulon le 27.

Après un petit carénage du 23 septembre au 10 octobre 1939 à l'Arsenal de Toulon, le Tartu apprend qu'il va être détaché avec ses deux compères aux Forces Maritimes de l'Ouest chargées des escortes dans l'Atlantique (l'autre groupe occasionnel est la force de Raid chargée de traquer les raiders allemands).

Le détachement est officiel le 17 mais la division est dispersée entre différentes missions. Le 17 et le 18, le Tartu et le Chevalier Paul manœuvrent aux Salins avant de rentrer se ravitailler à Toulon. Ils quittent le Var le 19 pour Casablanca où ils arrivent trois jours plus tard le 22 octobre 1939.

Le 25 octobre, les deux contre-torpilleurs relèvent leurs sister-ship Maillé-Brézé et Vauquelin  à la hauteur de Casablanca alors qu'ils escortaient le convoi britannique SL-5 entre Freetown et Liverpool (30 navires).

Parmi les navires qui escortaient le convoi on trouve le croiseur léger Primauguet que le Chevalier Paul va accompagner à Lorient où ils arrivent le 28, le contre-torpilleur ralliant Brest quelques heures plus tard.

Entre-temps le 27 octobre, le Tartu est lui même relevé de l'escorte du SL-5, faisant route vers Brest où il arrive le 30 précédant de seulement quelques heures le Vauquelin venu de Casablanca en escorte du sous-marin Le Centaure. La 5ème DCT est ainsi reconstituée.

La division va alors assurer des escortes de convois britanniques entre les îles du mêmes nom et Gibraltar. Le premier convoi couvert est le convoi OG-5 composé de 37 batîments qui arrive sur le Rocher le 9 après une traversée d'une semaine (A  noter que le Chevalier Paul à lui rallié Casablanca).

Le 14 novembre 1939, le Tartu et le Vauquelin quittent Gibraltar en escorte du convoi HG-7 composé de 31 bâtiments qu'il confient à deux destroyers britanniques au large de la pointe bretonne le 20, les deux contre-torpilleurs ralliant Brest le lendemain.

Le 26 novembre, le Tartu et le Chevalier Paul quittent Brest en escorte du convoi OG-88 composé de 44 bâtiments. Un temps le Chevalier Paul poursuit un contact Asdic et grenade, laissant le Tartu protéger les navires du convoi, les deux contre-torpilleurs et le convoi arrivant à destination le 3 décembre 1939.

Après cinq jours de relâche, les deux contre-torpilleurs quittent Gibraltar en protection du convoi HG-10 composé lui de soixante bâtiments. Ils sont relevés au large de la pointe bretonne le 15, ralliant Brest le lendemain. Le 17, le Tartu entre à l'Arsenal pour trois semaines de travaux.

Le 5 janvier 1940, le Tartu et le Vauquelin quittent Brest pour prendre en charge la protection à partir du lendemain du convoi OG-13 composé de 45 bâtiments qu'ils conduisent à bon port le 11.

Quatre jours plus tard ils quittent Gibraltar en escorte du convoi HG-15 composé de 38 bâtiments, convoi escorté jusqu'au 23, les deux type Vauquelin ralliant Brest le lendemain 24 janvier 1940.

Le 29 janvier 1940 le Tartu quitte Brest pour renforcer la surveillance des ports espagnols de la côte cantabrique où des navires allemands s'étaient réfugiés pour échapper à la capture par les forces alliées.

Le navire veinait à peine de prendre la mer qu'une avarie de barre l'oblige à rentrer au port. L'Amiral-Patrouilles qui gère le blocus doit poser sa marque sur Le Terrible. Le Tartu reprend la mer le 1er février pour remplacer Le Terrible dans la région de Vigo. Il est remplacé à son tour par le Chevalier Paul le 6 février, mettant cap sur Cherbourg pour un petit carénage d'un mois.

Le 4 mars 1940 alors qu'il était en route entre Cherbourg et Brest, le Tartu reçoit l'ordre de l'Amiral-Force Z (une force conçue pour aider la Finlande agressée par l'URSS et qui devait couvrir et appuyer un débarquement en Norvège) de se dérouter vers la mer d'Iroise pour traquer un sous-marin.

Il est rejoint par le Chevalier Paul qui était lui à Brest. Cette patrouille ne donne rien et les deux navires sont de retour à Brest le 5 mars. Quant à la force Z elle est démantelée le 16 au lendemain de l'ajournement de l'opération BK. La 5ème DCT est remise à l'ordre d'Amiral-Ouest.

Le 20 mars 1940 les contre-torpilleurs Tartu et Chevalier Paul appareillent de Brest en escorte des croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX en route pour Oran. Suite au signalement d'un sous-marin, le Chevalier Paul couvre les croiseurs pendant que le Tartu grenade. L'escorte est levée le 21 et les deux contre-torpilleurs rentrent à Brest le 22.

Le 28 mars 1940 les alliés décident enfin de sortir de la léthargie de la «drôle de guerre» en prenant des dispositions pour couper la «route du fer» c'est à dire priver l'Allemagne du minerai de fer suédois, un minerai extrait dans la région de Kiruna et exporté quand la Baltique était prise par les glaces par un port norvégien appelé à devenir célèbre : Narvik.
Initialement il s'agissait de mouiller des mines pour perturber le trafic naval mais cette simple opération va se transformer en véritable campagne.

La force Z est ainsi reconstituée le 5 avril à Brest. Le Tartu et le Maillé-Brézé qui intègre provisoirement la 5ème DCT quittent Brest le 6 pour rallier Scapa Flow où ils arrivent le 8.
Les britanniques ont déjà commencé leurs opérations de mouillage de mines mais le même jour les allemands ont lancé leur opération Weserübung (exercice Weser), l'invasion du Danemark et de la Norvège officiellement pour protéger ces pays neutres d'une invasion alliée.

Les deux contre-torpilleurs se ravitaillent puis assurent l'escorte de l'Emile Bertin, le navire-amiral de la force Z qui rallie la Home Fleet en vue d'une bataille décisive contre la Kriegsmarine qui à mobilisé de gros moyens dans une véritable partie de poker.

Il n'y aura cependant pas de nouvelle bataille du Jutland, aucun ennemi flottant n'est repéré mais en fin d'après midi ce 9 avril 1940 plusieurs attaques aériennes sont lancées. Aucun navire n'est touché. Ce ne sera pas le cas dans les jours suivants ces premières attaques.

Dans la nuit du 9 au 10, le Tartu et le Maillé-Brézé accompagnent trois croiseurs dans une opération de ratissage dans la région de Bergen mais sans résultats. Au lever du jour la petite escadre s'éloigne des côtes puis rallier Scapa Flow après 1130 miles de patrouille. Ils y retrouvent le Chevalier Paul qui mouille dans la rade des Orcades depuis la veille.

Ce n'est que le 13 avril que la 5ème DCT quitte les Orcades destination l'estuaire de la Clynde et le petit port de Greenock à proximité de Glasgow. C'est ce site qui à été choisit par la marine française comme base avancée pour les opérations en Norvège.

Arrivés sur place le 14, ils en repartent le 16 pour protéger le convoi FP-1 (croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX El Kantara El Djézaïr El Mansour et Ville d'Oran), convoi transportant la 5ème Demi-Brigade de Chasseurs à Namsos. Au cours de la traversée dans des conditions météo très difficiles, le Maillé-Brézé grenade suite au repérage d'un sillage.

De leur côté les Tartu et Chevalier Paul couvrent l'entrée des transports dans le Foldenfjord. Une alerte aérienne est déclenchée à 18.30, les attaques commençant une demi-heure plus tard. A 19.15 le Tartu est secoué par deux bombes qui tombent à 150m.

Le convoi poursuit ensuite dans le Namsenfjord. Le Tartu reçoit d'abord l'ordre de stopper au feu de Finsneset à 20.00 avant de recevoir l'ordre de sortir du fjord, étant rejoint dans la nuit par le Maillé-Brézé.

Le convoi et ses escorteurs vont rallier le 21 avril les Shetlands pour se ravitailler avant que le Tartu et le Chevalier ne reprennent la mer avec les transports en direction de Scapa Flow où ils arrivent le 23 avril au matin. Le Maillé-Brézé lui à rallie avec le Ville d'Oran Greenock pour réparations.

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Le contre-torpilleur Tartu accompagnant le paquebot Djenné

Le lendemain le Tartu et le Chevalier Paul appareillent en escorte du convoi FP-2 (Djenné,Flandre,Président Doumer). Ce convoi transportant la 27ème Demi-Brigade de Chasseurs Alpins à Narvik arrive à destination le 27. Le 28, le Tartu et le Chevalier Paul après s'être ravitaillés auprès du croiseur léger HMS Effingham patrouillent dans la zone pour détecter une éventuelle présence de l'ennemi.

Après s'être regroupés à Harstadt, les contre-torpilleurs et les transports, les protecteurs et les protégés quittent la Norvège le 29 pour rallier Scapa Flow le 2 mai. Entre-temps le 30 avril, le Maillé-Brézé à coulé à Greenock suite au lancement accidentel d'une torpille.

Cette pertes est douloureusement ressentie mais les équipages des deux autres contre-torpilleurs n'ont pas le temps de se lamenter, se préparant à un raid à grande vitesse contre un convoi allemand qui doit passer au large de Stavanger dans la nuit du 3 au 4 mai 1940. Enfin peut être les contre-torpilleurs vont être utilisés pour la mission pour laquelle ils ont été conçus et construits.

Le 3 mai à 15h15, les contre-torpilleurs Tartu Chevalier Paul et Cassard accompagnés par deux destroyers britanniques prennent la mer mais le retard ne peut être rattrapé. Le chef de groupe change la position d'attente mais aucune cible n'est détectée. A l'aube les navires s'éloignent de la côte pour éviter les attaques aériennes. A 9.30 le 4 mai, la petite force navale rentre bredouille à Scapa Flow.

Le lendemain, les contre-torpilleurs Tartu et Chevalier Paul quittent les Orcades en escorte des transports Djenné et Président Doumer direction Greenock où ils arrivent le lendemain. Les deux contre-torpilleurs se ravitaillent auprès du pétrolier Mékong quittant l'Ecosse le 9 en escorte des deux transports précédemment cités en direction de Brest où ils arrivent le 11 mai.

C'est la fin de la campagne de Norvège, la division étant remis aux ordres de l'amiral commandant la 3ème Escadre le 13 mai, quittant la Bretagne le 14 mai direction Oran.
Ce redéploiement de forces navales en Méditerranée s'explique à la fois par le fait que la campagne de Norvège est clairement perdue pour les alliés mais surtout que l'Italie se montre remuante et agressive, faisant craindre un passage du statut de non-belligérance à celui de belligérance.

Alors que la division était à la mer le 15 mai, elle reçoit l'ordre de se ravitailler à Mers-El-Kebir puis de rallier Toulon. Le ravitaillement à lieu le 17, le Tartu et le Chevalier Paul ralliant Toulon le lendemain 18  mai 1940. Deux jours plus tard le 20, le Cassard rejoint la division mais à titre provisoire.

Le 30 mai la 3ème Escadre Légère est reconstituée, étant organisée en deux groupes tactiques chacun composé de deux croiseurs et de deux divisions de contre-torpilleurs. Cela nous donne le Groupe Algérie (croiseurs lourds Algérie Foch 1ère DCT Aigle Vauban Lion 5ème DCT Tartu Chevalier Paul Cassard) et le Groupe Colbert (croiseurs lourds Colbert Dupleix 3ème DCT Guépard Verdun Valmy 7ème DCT Vautour Gerfaut Albatros).

L'Italie entre en guerre le 10 juin 1940, un coup de poignard dans le dos car à l'époque la bataille de France est clairement perdue pour les alliés.

Dès l'entrée en guerre de l'Italie il était prévu le déclenchement de l'opération Vado le bombardement des installations portuaires et industrielles présents entre les villes de Vado et de Gênes. Cette opération va finalement être exécutée dans la nuit du 13 au 14 juin.

Deux groupes occasionnels se mettent en position au large des côtes ligures. Un groupe doit s'occuper de Gênes (croiseurs lourds Colbert Dupleix, contre-torpilleurs de la 3ème DCT Guépard Valmy Verdun et de la 7ème DCT _Vautour Albatros_) et un autre de Vado composé des croiseurs lourds Algérie et Foch ainsi que des contre-torpilleurs des 1ère (Vauban Lion Aigle) et  5ème DCT (Tartu Chevalier Paul Cassard).

A 03.48, le groupe Vado est en position à 20 miles dans le 120 du cap Vado. A l'aube en ce 14 juin, les conditions météo sont médiocres, la visibilité très limitée. Les navires français ouvrent le feu à 04.26, les croiseurs tirant à 13500m.  

Les contre-torpilleurs assurent une double mission : la protection rapprochée des croiseurs et le bombardement d'objectifs littoraux, le Tartu ayant pour objectif les réservoirs de pétrole de la firme Nafta à Vado.

Des vedettes lance-torpilles italiennes tentent d'attaquer les croiseurs, les sillages des torpilles encadrant le Tartu. Les contre-torpilleurs ripostent, les MAS s'éloignant sans pertes ni conséquence pour les navires français dont le bombardement aura un impact très limité.

Rentré à Toulon dans la journée du 14, le Tartu et le reste de la division étant en alerte à 6h. Le 17, le Tartu et les autres navires de la 5ème DCT couvrent le convoi d'évacuation 6P (17 bâtuments) avec de rentrer à Toulon le lendemain.

Dans la nuit du 19 au 20 juin, les trois contre-torpilleurs quittent Toulon pour Sète où ils auraient pu escorter le croiseur lourd Dupleix si le gouvernement avait décidé de continuer le combat en Afrique du Nord après échec des négociations avec les allemands. Hélas cette décision ne sera pas prise. Si cela avait été le cas, la 3ème Escadre aurait mené une attaque en règle contre les positions militaires italiennes dans le Golfe du Gênes.

Le 22 juin 1940 l'armistice est signé à Rethondes. C'est la fin de la campagne de France, la pire défaite de l'histoire de France et le début d'une période troublée et troublante, période qui impacte encore notre pays aujourd'hui. L'armistice entre en vigueur le 25 juin 1940 à 1h.

De l'Armistice au sabordage

Bien que les clauses de l'Armistice interdisent tout mouvement, les contre-torpilleurs de la 5ème DCT (Tartu Chevalier Paul Cassard) sont maintenus à 6h d'appareillage.

Le 3 juillet 1940 une partie de la Force de Raid mouillée à Mers-El-Kebir parvient à s'échapper et met cap sur Toulon. La 5ème DCT sort pour accueillir le groupe organisé autour du croiseur de bataille Strasbourg. Le contact à lieu à l'aube 4 juillet 1940.

Le 9 juillet 1940 les britanniques attaquent à nouveau Mers-El-Kebir. Les navires stationnés à Toulon sont mis en alerte et vont même mouiller aux Salins pour faire face à toute éventualité. L'alerte passée, toute l'escadre rendre à Toulon le 11. Par la suite, un groupe de bâtiments d'alerte à 6h d'appareillage relevé tous les quatre jours est maintenu aux Salins.

Le contre-torpilleur Tartu est immobilisé pour un grand carénage à partir du 12 juillet 1940 mais le 3 septembre les commissions d'armistice interdisent toute nouvelle sortie à la mer et exigent le désarmement intégral des forces navales métropolitaines.

Normalement les unités de la 5ème DCT doivent désarmer et se mettre à sept jours d'appareillage. Les bâtiments de Toulon ne doivent réarmer que pour assurer les relèves des bâtiments des forces coloniales océaniques et méditerranéennes.

Suite à l'opération MENACE (attaque anglo-gaulliste contre Dakar 23-25 septembre 1940), les allemands et les italiens acceptent de maintenir une escadre à Toulon. C'est l'acte de naissance des Forces de Haute Mer (FHM).

Tout comme ses deux autres compères de la 5ème DCT, le Tartu est à l'époque indisponible, en carénage. Il est donc rattaché à la 3ème Région Maritime. Le 15 novembre 1940, la 5ème DCT est versée aux FHM en remplacement de la 3ème DCT.

Le contre-torpilleur Tartu enfin disponible participe avec ses compères de la 5ème DCT à la sortie générale des FHM du 17 au 19 décembre. Le Tartu termine l'année par une sortie de division les 27 et 28 décembre.

Le 31 décembre 1940 quatre bâtiments du convoi K5 sont capturés par les britanniques dans le détroit de Gibraltar. L'Amirauté souhaite déployer la 5ème DCT à Oran pour empêcher ce type d’arraisonnement mais la Commission italienne d'armistice refuse.

La 5ème DCT sort à nouveau du 7 au 9 janvier 1941 puis à une sortie générale des FHM du 11 au 14 février. Du 26 au 28 février 1941, le Tartu, le Vauquelin et le Chevalier Paul effectuent une sortie particulière avec le croiseur léger Marseillaise au cours de laquelle ont lieu des essais de ravitaillement à la mer mais sans transfert de mazout.

Le Tartu participe à la sortie générale des FHM du 8 au 10 avril suivit de deux sorties au niveau divisionnaire du 22 au 25 avril et du 13 au 16 mai en compagnie respectivement du Marseillaise et du Jean de Vienne.

Après un passage en réparations qui voit sa DCA être réorganisée, le Tartu est de nouveau disponible le 31 août 1941. La 5ème DCT effectue une sortie de remise en condition du 8 au 13 septembre en compagnie des croiseurs lourds Algérie et Colbert.

La 5ème DCT sort à nouveau seule du 14 au 18 octobre 1941. En réalité, cette sortie se limite à des traversées aller-retour entre Toulon et les Salins d'Hyères soit 115 miles. Au mouillage, les navires s’entraînent comme à la mer. Du 19 octobre au 1er novembre, le Tartu est immobilisé pour travaux (installation de son appareil d'écoute sous-marine).

La 5ème DCT sort en compagnie du croiseur de bataille Strasbourg les 13 et 14 novembre, une sortie aux Salins d'Hyères pour un entrainement au mouillage.

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Le contre-torpilleur Tartu à Alger en décembre 1941

Fin 1941 le Tartu et les autres navires rallient Alger pour mettre fin à l'utilisation abusive du pavillon français par les navires britanniques ravitaillant Malte. Ce que les marins ne savent pas c'est que la 5ème DCT doit participer à une mission spéciale. Le 10 décembre 1941 le Tartu quitte la métropole en escorte du paquebot Athos II, les deux navires arrivant à Alger deux jours plus tard le 12.

La fameuse mission spéciale est l'escorte du croiseur de bataille Dunkerque, navire immobilisé à Mers-El-Kebir depuis le 9 juillet 1940. Les réparations ont été longues et laborieuses et ce pour plusieurs raisons (site mal équipé, pénurie, contexte politico-militaire).

Le 18 février 1942, la 5ème DCT quitte Alger pour rallier Mers-El-Kebir et prendre en charge le Dunkerque et ses deux torpilleurs d'escorte. La petite escadre arrive à Toulon dans la nuit du 20 février 1942, le Tartu marchant en tête.

Le Tartu subit un petit carénage du 19 au 28 mars avant de participer à une sortie de la 5ème DCT le 1er mai en compagnie du Dupleix et du Colbert. Ce groupe occasionnel s’entraîne au mouillage aux salins d'Hyères jusqu'au 11 mai 1942. Lors du transit en direction de Toulon, le groupe Colbert s’entraîne avec le groupe de relève aux Salins composé de la 3ème DC (Marseillaise Jean de Vienne) et de la 7ème DCT (Gerfaut Cassard Verdun).

Le contre-torpilleur Tartu est aux Vignettes les 6,7 et 8 août 1942 avant de participer du 17 août au 1er septembre 1942 à une sortie aux Salins en compagnie du Kersaint, du Vauquelin et du Cassard.

Il sort à nouveau seul le 14 avant de participer à la revue des FHM le 18 septembre 1942. Il s’entraîne ensuite aux Vignettes les 22 et 23 septembre. La dernière sortie de la 5ème DCT à lieu le 30 octobre 1942.

Le 8 novembre 1942, les alliés débarquent en Afrique du Nord (opération TORCH). Cela entraîne l'occupation de la zone libre par les allemands. Toulon reste sous l'autorité de la France, un camp retranché fragile et précaire.

Dans la nuit du 26 au 27 novembre, les allemands déclenchent l'opération LILAS. Il s'agit de prendre Toulon et de s'emparer de la flotte avant qu'elle ne s'échappe ou qu'elle ne se saborde.

A l'époque le Tartu était amarré au quai Noël avec pour seul compagnon son sister-ship Cassard situé à babord (un quai se trouvant à tribord du contre-torpilleur).

Le branle-bas est ordonné à 4.50 en raison d'une activité aérienne allemande soutenue au dessus de la rade de Toulon. A 05.00 la rade est illuminée par des fusées éclairantes, entraînant à 5.15 l'envoi de l'ordre suivant : «prendre les dispositions finales» suivit à 05.29 par l'ordre «Sabordez la flotte».

Pour les marins français qui avaient un temps pensé à l'arrivée des alliés pour reprendre la lutte interrompue depuis juin 1940, la déception est rude.

L'ordre écrit est reçu à 6.00. Les charges de destruction du Tartu sautent à 06.10, le navire violemment ébranlé coule droit, touche le fond à 7.00 avant de s'incliner légèrement sur tribord. Les équipages du Tartu et du Cassard rallient les appontements du Milhaud puis les bâtiments du 5ème dépôt.

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Triste fin pour un navire si élégant

Les travaux de relevage du Tartu commencent en avril 1943. Ils sont interrompus par l'armistice de Casabile du 8 septembre 1943, les italiens étant internés comme ex-alliés et nouveaux ennemis.

Les allemands poursuivent les travaux relativement avancés jusqu'au 11 décembre 1943 quand ils sont interrompus.

L'épave est atteinte par des bombes alliées les 7 et 11 mars puis à nouveau le 29 avril 1944. En septembre 1944 Toulon est libérée, la marine française reprend possession d'une base totalement dévastée par le sabordage et les différents bombardements.

Une rapide inspection montre que le Tartu et le Cassard sont totalement et définitivement irréparables. Après avoir envisagé de renflouer l'épave, le contre-torpilleur Tartu va être démoli sur place et ce en dépit des risques accrus puisque le navire à coulé avec son plein chargement de munitions.

Les travaux sont terminés en 1951 quelques années avant l'arrivée d'un escorteur d'escadre de classe Surcouf portant ce nom, navire lui aussi construit à Nantes (mais aux ACB non aux ACL).

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyMar 05 Fév 2019, 15:03

Le Maillé-Brézé
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Le contre-torpilleur Maillé-Brézé en achèvement à flot au printemps 1932

Présentation

-Le Maillé-Brézé (initialement baptisé Brézé) est mis sur aux chantiers navals de la  Société des Chantiers et des  Ateliers de Saint Nazaire-Penhoët le 9 octobre 1930 lancé le 9 novembre 1931 et armé pour essais le 1er septembre 1932.

L'essai de présentation en recette à lieu le 13 septembre 1932 suivit six jours plus tard par l'essai à grande vitesse, le Maillé-Brézé atteignant 39.103 nœuds. Le lendemain il réalise l'essai d'avance par tour à 15 nœuds.

Si il ne réalise pas d'essai d'avance par tour à 18 nœuds, le Maillé-Brézé réalise un essai de consommation à 15 nœuds le 27 septembre 1932.

L'essai de 8h à Puissance Maximum Normale (PMN) est exécuté le 5 octobre 1932. Déplaçant 2617.647 tonnes, le Maillé-Brézé développe 66821ch et atteint la vitesse maximale de 39.195 nœuds (corrigée à 38.9 nœuds). Lors de l'essai à la 9h à feux poussés, le navire ne déplaçant plus que 2484.436 tonnes développe 72970ch et atteint la vitesse maximale de 39.901 nœuds.

Le 19 octobre 1932, le contre-torpilleur exécute l'essai au déplacement Washington. Déplaçant 2394.745 tonnes, il développe 73136ch et atteint la vitesse maximale de 40.579 nœuds (corrigée à 40.269 nœuds).

Le Maillé-Brézé entre en armement défensif le 31 décembre 1932. Le 7 février 1933, le contre-torpilleur Maillé-Brézé exécute un essai de bon fonctionnement après un bassin au bassin pour démontages et modifications.La clôture d'armement est prononcée le 6 avril 1933

La traversée de longue durée à lieu à partir du 21 avril 1933. Le contre-torpilleur quitte Lorient, relâche à Quiberon avant d'arriver à Brest le lendemain. Cette TLD étant réduite puisqu'elle dure en tout et pour tout vingt-huit heures.

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé est admis au service actif le 23 avril 1933 au sein de la 2ème Escadre basée à Brest formant la 6ème DL en compagnie du Bison et du Vauban.

Jean Armand de Maillé marquis de Brézé
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Jean Armand de Maillé marquis de Brézé est un noble français du XVIIème siècle né au château de Milly près de Saumur le 18 avril 1619. Il est le fils d'Urbain de Maillé, 2ème marquis de Brézé et de Nicole Duplessis Richelieu, la sœur cadette de Jean-Armand Duplessis, cardinal de Richelieu (qui était également son parrain).

Issu de la noblesse d'épée, il embrasse la carrière des armes, profitant de sa position particulière  vis à vis du principal ministre de Louis XIII.

Servant aussi bien sur terre que sur mer, il combat en Méditerranée les espagnols et les barbaresques, permettant à la France de devenir la puissance navale dominante en Méditerranée.

Le 14 juin 1646, il est tué par un boulet de canon lors de la bataille d'Orbitello contre les espagnols, son corps étant rapatrié et enterré à l'église de Milly.

Cette mort est un coup terrible pour la marine royale qui va mettre plus de quarante ans à s'en remettre jusqu'à l'arrivée d'un marin d'une trempe exceptionnelle à savoir Jean Bart. Cela va accélérer le déclin d'une marine batie de toutes pièces ou presque par son oncle.

A sa mort Maillé-Brézé n'avait pas d'enfant mais une sœur Claire-Clémence ce qui explique qu'il y à encore aujourd'hui des descendants qui en 1932 demandèrent à la Marine Nationale de baptiser le contre-torpilleur Maillé-Brézé et non Brézé comme initialement envisagé.

La marine française à baptisé trois navires du nom de ce grand mais méconnu marin. Le premier fût un vaisseau de 43 canons détruit accidentellement en 1665 au cours d'une tempête alors qu'il était amarré dans le port de La Rochelle, le navire rompant ses amarres avant de s'échouer sur l'île d'Aix.

Après le contre-torpilleur de classe Vauquelin nous avons eu un troisième navire qui tient une place particulière pour votre serviteur.

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L'escorteur d'escadre Maillé-Brézé (D-627) goûte une retraite bien méritée quai de l'Aiguillon à Nantes

Il s'agit d'un escorteur d'Escadre de classe Surcouf, le D-627. Mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le  le 9 octobre 1953, il est  mis à flot le 2 juillet 1955 et admis au service actif le 4 mai 1957 à Toulon sous la forme d'un escorteur antiaérien armé de canons (canons de 127 et de 57mm).

Transformé en escorteur ASM à l'Arsenal de Lorient du 15 janvier 1967 au 4 octobre 1968, il est remis en service le 13 mars 1969, servant depuis Brest au sein de l'Escadre de l'Atlantique.

Désarmé le 1er avril 1988, il est remorqué à Nantes pour devenir navire-musée à flot, le seul de son type en France. C'est hélas toujours le cas aujourd'hui.

Carrière opérationnelle

Brest pour commencer
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Le Maillé-Brézé le 21 avril 1933 deux jours avant son admission au service actif

Dans la marine française d'avant guerre l'année d'instruction commence le 1er octobre pour s'achever à la mi-août de  l'année suivante après les concours d'honneur pour vérifier le niveau de préparation des escadrilles, des divisions et autres flottilles.

Sur le plan de l'entrainement les sorties générales durent en général deux semaines avec une croisière annuelle dans des eaux plus éloignées que les eaux habituelles et familières par exemple l'Atlantique pour l'Escadre de la Méditerranée.

Quand le Maillé-Brézé est mis en service la 2ème Escadre est commandée par le croiseur léger Lamotte-Picquet avec comme principales unités organiques une division de torpilleurs d'escadre (1ère DT L'Adroit Orage Bourrasque), deux divisions légères (4ème DL Lion Léopard Lynx 6ème DL Bison Vauban Maillé-Brézé) et la 4ème Escadrille de Sous-Marins (cinq sous-marins de 1ère classe).

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé effectue un premier exercice du 25 au 29 avril 1933 puis sort avec les autres unités de la 2ème Escadre du 8 mai au 23 juin, un exercice de défense et d'attaque des lignes de communication, d'escorte mais aussi de raids amphibies avec la mise à terre des compagnies de débarquement. Au cours de ce dernier exercice le contre-torpilleur est légèrement endommagé par une collision avec le transport d'hydravions Commandant Teste.

Après la sortie mensuelle de  la 2ème Escadre du 4 au 10 juillet 1933 et d'autres exercices, le Maillé-Brézé se rend à Cherbourg pour une revue navale en présence du président de la République Albert Lebrun. Cette revue qui à lieu le 30 juillet couronne les trois jours de visite, visite qui à vu l'inauguration du port en eau profonde et de la nouvelle gare maritime transatlantique (qui est aujourd'hui devenue la Cité de la Mer avec le sous-marin Le Redoutable).

Le 1er août 1933, le contre-torpilleur arrive à Lorient où il entame ses démontages et ses visites de fin de garantie.

Le 15 octobre 1933 la 2ème Escadre est réorganisée. Désormais les contre-torpilleurs sont regroupés au sein d'un groupe de contre-torpilleurs. Au 14 janvier 1934, ce groupement se compose de la 4ème DL (Bison Vauban), de la 6ème DL (Maillé-Brézé, Kersaint,Léopard) et de la 8ème DL (Chacal Lynx).

Le Maillé-Brézé participe à la sortie mensuelle de la 2ème Escadre du 12 du 20 décembre 1933, sortie qui est la dernière de l'année.

Les 14 janvier et 26 mars 1934 sont admis au service actif les contre-torpilleurs Kersaint et Vauquelin, navires intégrés à la 6ème DL qui devient une division homogène «100% Vauquelin».

Du 17 au 20 avril 1934, le Maillé-Brézé sort avec son sister-ship Vauquelin pour la sortie mensuelle de la 2ème Escadre. Du 30 avril au 3 mai c'est cette fois avec le Kersaint que le Maillé-Brézé sort pour des écoles à feux, écoles à feux suivies le lendemain par un exercice à double détente avec les croiseurs lourds de la 1ère DL, croiseurs provisoirement détachés de la 1ère Escadre.

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Le Maillé-Brézé à Bordeaux le 6 juillet 1934

Le 29 juin 1934, le Maillé-Brézé et ses deux compères de la 6ème Division Légère appareillent de Brest pour participer à la croisière d'été de la 2ème Escadre, croisière surnommée «tournée des casinos».

Le Maillé-Brézé et le Vauquelin mouillent au Croisic du 29 juin au 3 juillet (pendant que le Kersaint est à Nantes), les trois navires de la 6ème DL se regroupant à La Pallice du 3 au 5, à Bordeaux du 6 au 9 (ils représentent la marine à la Foire Internationale) avant de mettre cap sur Concarneau.

Le 9, le Kersaint entre en collision avec le chalutier Vauban. Le Maillé-Brézé accompagne le contre-torpilleur endommagé dans le Morbihan avant de retrouver le Vauquelin à Concarneau, les navires rentrant à Brest le 14 juillet, le Kersaint les ayant précédés dans la nuit du 12 au 13 juillet.

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Le Maillé-Brézé au Havre le 21 juillet 1934

Après avoir passé les cérémonies de la fête nationale à Brest, le Maillé-Brézé quitte Brest en compagnie du Vauquelin direction Cherbourg. Si le Vauquelin quitte le Cotentin pour le Finistère le 20, son sister-ship met cap plein est, escortant le croiseur léger Duguay Trouin qui transporte le ministre de la marine François Piétri au Havre pour les grandes régates internationales, régates à laquelle le ministre assiste depuis le contre-torpilleur. Le contre-torpilleur relâche à Rouen du 27 au 27 avant de rentrer à Brest le lendemain.

La décision est alors prise de renforcer les moyens de la 1ère Escadre en cas de conflit avec l'Italie, conflit pour lequel la marine française à été reconstruite (ce qui explique une bonne partie de ses faiblesses). La 6ème DL fait partie de ces renforts, la division devant changer de port d'affectation mais aussi appellation.

Bye Bye 6ème DL et bonjour 9ème Division Légère.

Toulon pour continuer
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Aux frimats de l'Atlantique, le Maillé-Brézé préfère le soleil méditerranéen

Le 22 octobre 1934 les contre-torpilleurs Maillé-Brézé, Vauquelin et Kersaint quittent Brest et l'Atlantique pour Toulon et la Méditerranée. Les trois navires mouillent à Casablanca du 25 au 29 avant de rallier son nouveau port d'attache le 31 après un exercice avec d'autres navires de la 1ère Escadre mais aussi avec des navires dépendant de la 3ème Région Maritime. Les six unités de classe Vauquelin sont désormais toutes basées à Toulon.

Du 15 au 25 janvier 1935, la 9ème et la 5ème DL participent à la sortie mensuelle d'ensemble de l'Escadre.

Le 4 février 1935, le Maillé-Brézé appareille de Toulon en compagnie du croiseur lourd Algérie. Ce dernier porte la marque du vice-amiral Mouget, nouveau commandant de la 1ère Escadre. Le croiseur lourd et le contre-torpilleur se rendent à Malte où le VA Mouget va rendre une visite de courtoisie à son homologue de la Mediteranean Fleet, l'amiral William Fisher (qui portait sa marque sur le HMS Resolution puis sur le HMS Queen Elizabeth) et ce du 6 au 8 février, les deux navires rentrant à Toulon le 10.

Après un petit carénage d'un mois, le Maillé-Brézé reprend son activité habituelle fait de sorties d'entrainement fréquentes et intensives. Il quitte Toulon le 8 mai pour Saint Raphael où il retrouve une personne connue en l’occurrence le ministre de la Marine François Piétri. Il dépose son hôte de marque à Propriano avant de franchir les bouches de Bonifaccio pour retrouver l'Escadre en mer Tyrrhénienne, escadre qui avait quitté Toulon le 9 pour rallier les eaux tunisiennes.

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Le Maillé-Brézé aux Salins d'Hyères fin avril 1935

Après un entrainement intense marqué par des escales dans les ports du protectorat, le Maillé-Brézé est immobilisé quatre jours à Bizerte du 24 au 28 mai pour réparer une avarie mécanique. Il retrouve ses compères de la 9ème DL à Alger qu'ils quittent tous le 4 pour se ravitailler le 5 au matin à Mers-El-Kebir, les trois contre-torpilleurs mouillant à Oran dans l'après midi.

Le 10 mai les trois contre-torpilleurs quittent Oran, franchissant le détroit de Gibraltar pour rallier l'Atlantique et poursuivre son cycle d'entrainement. Après une série d'exercices avec la 2ème Escadre, le Maillé-Brézé participe à la revue navale en baie de Douarnenez le 27 juin.

L'Armée Navale _regroupement des 1ère et 2ème Escadre_ se disloque le 4 juillet, la 1ère Escadre mettant le cap sur Toulon où elle arrive le 12 après avoir ravitaillé à Oran du 8 au 10 juillet. Il participe ensuite à des sorties d'entrainement propres au groupe des contre-torpilleurs (23 au 26 juillet et 30 juillet au 1er août).

Du 3 au 5 octobre 1935 le Maillé-Brézé assiste le Cassard dans sa sortie de remise en condition après carénage. Les deux navires effectuent un entrainement individuel conjoint le 13 novembre de la même année.

Du 19 au 29 novembre, la 5ème et la 9ème DL sortent en compagnie de la 1ère Escadre pour la première sortie générale de celle-ci lors de l'année d'instruction 1935/36, exercices ayant le golfe du Lion et la Corse pour lieux. Le Maillé-Brézé termine l'année en participant à la sortie générale de l'Escadre du 5 au 16 décembre 1935.

Après avoir participé à la sortie mensuelle de l'escadre du 20 au 29 janvier 1936, le Maillé-Brézé enchaîne les exercices, participant avec ses compères de la 9ème DL à une sortie d'entrainement de la 1ère Escadre au large des côtes provençales et ce du 1er au 3 avril 1936.

C'est ensuite la croisière d'entrainement annuelle de la future Escadre de la Méditerranée et du 5 mai au 24 juin, croisière qui voit le Maillé-Brézé s’entraîner au large de la Tunisie, dans le bassin occidental de la Méditerranée, dans l'Atlantique (au large du cap St Vincent au Portugal) et dans les eaux marocaines.

Le 17 juillet 1936 l'Espagne connait un nouveau coup d'état, un pronunciamento dans la langue de Cervantes. Le pays en à connu de nombreux mais cette fois c'est non seulement un échec mais surtout le début d'une terrible guerre de presque trois ans (juillet 1936-mars 1939), conflit qui annonce les horreurs de la seconde guerre mondiale.

La marine française intervient initialement pour protéger ses intérêts et ses ressortissants, une mission délicate car nécessitant du doigté et du pragmatisme. Le contre-torpilleur Maillé-Brézé se rend à Tanger suite à l'arrivée de navires républicains ayant tenté de s'opposer au franchissement du détroit de Gibraltar par les forces insurgées du Maroc Espagnol. En réalité ces navires sont à court de carburant et ne sont pas là pour occuper la zone internationale.

Le contre-torpilleur rallie ensuite Oran, fait escale à Almeria, à Malaga du 4 au 7 août avant de rentrer à Oran. Il en repart le 10 pour des escales à Almeria et Mellila avant un retour à Toulon le 14 août 1936.

Le 15 août 1936, le groupe des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre devient la 3ème Escadre Légère. Autre changement le Cassard et le Vauquelin permutent, la 9ème DL étant désormais composée du Maillé-Brézé, du Kersaint et du Cassard.

Après un grand carénage de la mi-septembre à la mi-décembre, le Maillé-Brézé est disponible le 26 décembre 1936 (tout comme ses compères de la division), prêt pour relever la 5ème DL à la croisière d'Espagne pour le mois de janvier 1937.

Le 5 janvier 1937, le contre-torpilleur Maillé-Brézé quitte Toulon pour relever le Kersaint à Barcelone mais il est retardé par une mission d'assistance au profit du transport Coëtlogon en difficulté au large de la Corse.

Une fois sur zone, il attend l'arrivée d'un remorqueur de la Direction du Port (D.P) de Toulon qui le prend en remorque, permettant au contre-torpilleur de mettre cap sur l'Espagne.

Il est à Barcelone le 7, à Alicante le 9, de nouveau à Barcelone le 11, à Palma de Majorque (zone insurgée) du 12 au 15, ralliant ensuite Valence _après avoir été relevé par le Cassard_ où le navire mouille du 15 au 17, le navire étant à Barcelone le jour même avant de mettre cap sur Toulon le 18.

Alors qu'il était en mer, le contre-torpilleur repère plusieurs navires insurgés voulant visiblement bombarder le port de Barcelone. Le contre-torpilleur s'éloigne pour éviter d'être pris dans un éventuel combat. Peu de temps après des avions non identifiés (mais visiblement gouvernementaux) attaquent le Maillé-Brézé qui n'est pas touché, le contre-torpilleur n'ouvrant pas le feu avec sa DCA. Il est de retour en fin de journée à Toulon.

Le contre-torpilleur reprend la mer le 22 janvier, mouillant à Barcelone les 23 et 24 avant de passer les trois jours suivants à Valence et Alicante, mouillant le 27 au matin à Barcelone puis à Palma de Majorque l'après midi. Le Maillé-Brézé est à Valence le 1er février avant de rallier Toulon le lendemain.

Après une sortie d'entrainement mensuelle perturbée par le mauvais temps (2 au 4 mars 1937), le Maillé-Brézé et les autres unités de la 9ème DL rentrent à Toulon pour préparer leur prochain déploiement en Espagne.

Le 6 mars 1937, le Maillé-Brézé quitte Toulon pour rallier Palma de Majorque. Il est relevé par le Kersaint le 9 au matin. Le Maillé-Brézé avait lui quitté les Baléares la veille pour rallier Alicante (8 et 9 mars), étant à Valence (9 au 12 mars), à Barcelone (12 et 13 mars), à Palma de Majorque de nouveau (13 au 15 mars), à Barcelone de nouveau (15 au 17 mars) avant de rentrer à Toulon le 18 mars 1937.

De retour d'Espagne, le Maillé-Brézé, le Cassard et le Kersaint sortent de Toulon pour entrainement du 21 au 23 mars 1937, le Maillé-Brézé passant ensuite au bassin pour réparer une avarie sur la prise d'eau d'un condenseur (système refroidissant la vapeur résiduelle pour la récupérer sous forme d'eau).

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Le Maillé-Brézé à Toulon le 13 avril 1937

Le 18 avril 1937 sont signés les accords de Londres qui entrent en vigueur deux jours plus tard, mettant en place le contrôle naval de Non-Intervention.

La France reçoit les atterrages des Baléares jusqu'aux eaux territoriales espagnoles ainsi que les côtes du Maroc Espagnol. Comme lors de la croisière d'Espagne, les contre-torpilleurs effectuent normalement deux patrouilles de dix jours avec cinq jours de repos au mouillage.

Le 1er mai 1937, la 9ème DCT (ex-9ème DL) est affectée au contrôle de la non-intervention en Espagne en remplacement de la 5ème DCT. Le 4 mai le Maillé-Brézé quitte Toulon pour rallier Barcelone le 5 puis Valence du 6 au 11. Il patrouille dans les Baléares du 11 au 14 avant de rentrer à Toulon le lendemain.

Le 18 mai 1937, la 9ème Division de Contre-Torpilleurs (9ème DCT) est relevée par la 5ème DCT dans le contrôle de la non-intervention. Après avoir ravitaillé à Toulon, le Maillé-Brézé et le Kersaint retrouvent le Cassard au large d'Alicante pour ensuite rallier l'Escadre dans sa grande croisière d'entrainement annuelle.

Après un nouveau ravitaillement à Mers-El-Kebir le 19, la 9ème DCT doit reprendre la mer pour poursuivre l'entrainement mais le Maillé-Brézé connait une avarie de servomoteur de barre qui l'oblige à réparer avec l'aide de l'industrie locale.

Résultat alors que la 1ère Escadre à franchit le détroit de Gibraltar le 21, le Maillé-Brézé ne rallie la Bretagne que le 26, jour de la constitution de la Flotte de Haute-Mer (qui regroupe les deux escadres de la marine nationale). Le lendemain la Flotte de Haute Mer est passée en revue par le ministre de la Marine Pierre Gasnier-Duparc.

Le 8 juin 1937 la Flotte de Haute Mer est disloquée, la 1ère Escadre ralliant la Méditerranée après annulation des escales prévues au Maroc (épidémies importantes), les contre-torpilleurs de la 9ème DCT se ravitaillent à Mers-El-Kebir le 13, vont mouiller à Oran pour repos jusqu'au 15.

Dans l'après midi du 16, les contre-torpilleurs de la 9ème DCT arrivent à Alger. Le Maillé-Brézé dans le brouillard doit stopper pour éviter un vapeur. Son sister-ship Kersaint ne peut l'éviter et endommage sérieusement le «MBZ». A Alger on procède à une réparation provisoire par soudage de plaques de tôle sur la brèche.

Les deux divisions de contre-torpilleurs reprennent l'entrainement le 21 (la 5ème DCT avait été relevée d'Espagne le 16), alternant exercices et escales dans les ports d'Algérie. La 1ère Escadre met cap sur Toulon le 29 y arrivant le lendemain après de nouveaux exercices. Durant le retour à Toulon, le Maillé-Brézé à sa teugue enfoncée par un paquet de mer.

Après remise en état, le contre-torpilleur Maillé-Brézé appareille pour l'Espagne, retrouvant le reste de la 9ème DCT qui est officiellement relevée le 1er août mais qui en réalité est à Toulon depuis deux jours.

Durant ce déploiement, le Maillé-Brézé reste en alerte à Toulon jusqu'au matin du 20 juillet 1937 quand il appareille pour relever le Cassard au large de Majorque. Il patrouille jusqu'au 23, est à Valence le 24, à Barcelone le 29, de nouveau à Palma le 30 avant de rentrer à Toulon dans la journée.

La 9ème DCT sort pour entrainement du 4 au 8 août, restant ensuite à quai pour entrainement et ce jusqu'au début de l'année d'instruction 1937/38 (1er octobre).

Ce 1er octobre 1937 voit la 9ème DCT être placée en position de complément avec des navires à effectifs réduits (disponibilité armée 107 hommes contre 201). Les navires peuvent sortir et participer à certains exercices mais pas plus. Voilà pourquoi la division ne va pas être affectée au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM).

Mi-janvier 1938 les trois contre-torpilleurs de la division sont entrés en grand carénage. Si le Cassard est en travaux à l'Arsenal de Sidi-Abdallah près de Bizerte, ses sister-ship Maillé-Brézé et Kersaint sont en travaux à l'Arsenal de Toulon.

Le Maillé-Brézé est disponible le 1er juin après plus de cinq mois de travaux. Il quitte Toulon pour Barcelone pour une mission de liaison au profit de l'ambassade de France implanté dans la capitale catalane (qui était aussi celle du gouvernement républicain). Il est de retour à Toulon le 10 juin 1938.

Le 22 juin 1938, le Maillé-Brézé, le Kersaint et le Cassard quittent Toulon pour une période d'entrainement individuel aux Salins d'Hyères. La division rallie Ajaccio le 24 pour poursuivre l'entrainement au mouillage avant un ultime exercice avec l'Escadre de la Méditerranée le 30.

Le réarmement de la division à effectifs complets est prévu le 1er octobre. La crise des Sudètes perturbe le processus. Comme la priorité est donnée à la 5ème DCT (qui est portée à l'effectif de guerre), la remontée en puissance de la 9ème DCT est assurée avec des réservistes. Les accords de Munich du 30 septembre 1938 apaisent la situation et le 12 octobre, les réservistes commencent à être libérés de leurs obligations militaires.

La 9ème DCT retrouve ses effectifs complets du temps de paix. Comme la 5ème DCT est passé en position de complément, le contre-amiral Richard, commandant de la 3ème EL met sa marque sur le Maillé-Brézé qui combine navire-amiral de la 3ème Escadre Légère et navire-amiral de la 9ème DCT (marque de coque «91»).

Les 5ème et 9ème DCT sortent pour un exercice commun du 25 au 28 octobre puis participent à la sortie générale de l'Escadre du 15 au 25 novembre, passant le week-end à Bastia (pour la 9ème DCT) et à Ajaccio (5ème DCT). Le Maillé-Brézé termine l'année par un petit carénage avec une semaine au bassin du 23 au 30 décembre 1938.

Le 18 janvier 1939 le Maillé-Brézé et ses deux compères de la 9ème DCT sortent pour la croisière d'hiver de l'Escadre de la Méditerranée. Feu la 1ère Escadre franchit le détroit de Gibraltar, les colonnes d'Hercule dans la nuit du 19 au 20, la 9ème Division de Contre-Torpilleurs faisant escale à Safi (Maroc) le 21 puis à Casablanca à partir du 25.

Ils reprennent la mer le 30, sont à Oran du 1er au 6 février avant de rallier Mers-El-Kebir dans l'après midi du 6. Les exercices reprennent le 7, les contre-torpilleurs simulant un bombardement du port d'Alger le 9 à l'aube. La DCT fait escale dans la future capitale de l'Algérie jusqu'au 14 quand la division reprend la mer.

Après un exercice d'embouteillage du canal de Bizerte le 17, le Maillé-Brézé, le Cassard et le Kersaint manœuvrent le 21 dans le Golfe d'Hammamet avec des écoles à feux. La division fait escale à Sousse du 24 au 28, reprenant la mer par mauvais temps avec de nouvelles écoles à feu les 1er et 2 mars à Bou-Ficha.

Après une escale du 3 au 6 à Bizerte pour ravitaillement et repos, la division rallie Ajaccio le 7, continue à s'entrainer au mouillage avant de rentrer à Toulon trois jours plus tard.

Le Maillé-Brézé et ses deux compères de la 9ème DCT sortent à nouveau du 13 au 15 mars, le Maillé-Brézé et le Kersaint sortant eux du 21 au 24 mars.

Le 9 avril 1939, les italiens envahissent l'Albanie. Dans la nuit du 9 au 10, les unités françaises stationnées à Toulon sont placées en alerte à 24h d'appareillage.

Dans la nuit du 12 au 13, les réservistes sont convoqués pour porter les navires aux effectifs complets de guerre soit 220 hommes (224 en cas d'équipement avec un détecteur Alpha). La crise est close le 1er mai 1939 et les réservistes progressivement démobilisés.

Les 5ème et 9ème DCT prennent la mer le 30 mai pour une sortie générale de l'Escadre de la Méditerranée et ce jusqu'au 9 juin 1939. Les 13 et 14 juin le contre-torpilleur Maillé-Brézé sort en compagnie du croiseur lourd Algérie, les deux navires manœuvrant entre Toulon et les Salins d'Hyères.

Le 1er juillet 1939 l'Escadre de la Méditerranée devient la Flotte de la Méditerranée. La 3ème Escadre Légère intègre une 3ème Escadre composée également de la 1ère Escadre de Croiseurs. La 3ème Escadre effectue une sortie d'assouplissement du 19 au 28 juillet.

La 9ème DCT entame alors un grand carénage normal. Ils doivent être disponibles le 20 septembre pour être prêts le 1er octobre 1939 date de l'ouverture de l'année d'instruction 1939-40.

Une nouvelle crise internationale entraîne l'interruption des permissions, du grand carénage et le rappel des réservistes.

Le 24 août 1939 la Flotte de la Méditerranée est dissoute et remplacée par les Forces de Haute Mer (FHM), un réservoir de force dans lequel l'état-major pouvait puiser à loisir pour constituer des Task Forces ou en bon français des groupements occasionnels.

Quant aux trois contre-torpilleurs de la 9ème DCT ils sont disponibles le 2 septembre 1939 au lendemain de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne et à la veille de la déclaration de guerre franco-britannique. Ils rallient aussitôt Oran.

D'Oran à Greenock : le Maillé-Brézé en guerre
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Le Maillé-Brézé à la mer en 1939

Arrivée en Oranie, le Maillé-Brézé et ses compères de la 9ème DCT sont placés en alerte à 4h d'appareillage. La première mission opérationnelle du conflit pour le «MBZ» est l'escorte d'Oran à Malte du convoi BE-2, un convoi composé de paquebots rapides et transportant des troupes supplémentaires en Egypte. Relevée par des navires britanniques, la division rallie Alger dans la nuit du 16 au 17 septembre.

Le Maillé-Brézé quitte Alger le 23, escortant jusqu'à Marseille les paquebots Président Dal Piaz et Sidi Bel-Abbès, paquebots amenant des troupes coloniales en Métropole. Sa bonne action accomplie, le contre-torpilleur rallie Toulon le 24.

Suite aux premières actions de la Kriegsmarine contre la navigation alliée, décision avait été prise de quadriller l'Océan Atlantique et l'Océan Indien pour traquer les raiders et les détruire. Pour cela des groupes de chasse sont constitués avec des unités rapides, quelques cuirassés mais surtout des croiseurs.

Parmi ses groupes de chasse figure la force X qui doit couvrir l'Atlantique Sud depuis la capitale de l'AOF à savoir Dakar.

Le 5 octobre, le Maillé-Brézé et le Vauquelin quittent ensemble Toulon pour rallier Oran, faisant escale pour reposer l'équipage et surtout se ravitailler. Ils repartent le 9, prenant en escorte devant Mers-El-Kébir, les croiseurs lourds Algérie et Dupleix qui devaient eux aussi intégrer la force X.

le 10 octobre 1939, le groupe Algérie est rallié par le groupe Strasbourg venu de Brest, groupe composé du croiseur de bataille Strasbourg, des contre-torpilleurs Volta, Le Fantasque, L'Audacieux et Le Terrible. Cette petite escadre rallie Dakar le 14.

L'affection de l'antépénultième contre-torpilleur de classe Vauquelin à la force X sera brève car il n'effectue qu'une patrouille du 16 au 18.

Dès le 19, le Maillé-Brézé et le Vauquelin quittent Dakar en escorte du convoi britannique SL-5 composé de trente bâtiments, convoi formé à Freetown et à destination de Liverpool. Les deux contre-torpilleurs sont relevés le 25 à la hauteur de Casablanca par leurs sister-ship Tartu et Chevalier Paul.

Si le Vauquelin attend un convoi pour rallier Brest et ses compères de la 5ème DCT, le Maillé-Brézé lui quitte le Maroc dès le 28 pour retourner en Méditerranée. Comme il n'y à pas de mouvements inutiles, le contre-torpilleur assure l'escorte du convoi 21-K composé de huit bâtiments. Le Maillé-Brézé arrive à Toulon le 31 octobre 1939. Du 29 novembre au 2 décembre, le contre-torpilleur patrouille sur la route Toulon-Ajaccio, arraisonnant et contrôlant le paquebot italien Saturnia.

A la mi-décembre est créé au sein des Forces Maritimes du Sud les Patrouilles de la Méditerranée Occidentale, création qui entraîne la dissolution des Forces d'escorte de l'amiral Sud.

Le 14 décembre 1939 appareille d'Halifax un convoi transportant du matériel américain (essentiellement des avions) destiné à la France.  A l'époque Washington applique le cash & carry, la France devant s'occuper du transport.

Le convoi est couvert par un groupe occasionnel, la force Z composée du cuirassé Lorraine et des croiseurs La Marseillaise et Jean de Vienne, la menace principale étant davantage le croiseur auxiliaire ou le raider que le sous-marin.

Pour renforcer encore cette escorte, les contre-torpilleurs Maillé-Brézé et Kersaint quittent Toulon le 16 décembre et mouillent à Casablanca le 18.

Reprenant la mer le 20, ils entrent en contact avec la force Z le 22 décembre dans la région de Madère.

A la veille de Noël le convoi entre à Casablanca mais son escorte poursuit jusqu'à Mers-El-Kebir et Oran où le cuirassé, les deux croiseurs et les deux contre-torpilleurs se ravitaillent pour rallier Toulon le 27 décembre 1939 au matin.

Pour le  Maillé-Brézé l'année 1940 commence par une sortie avec le Kersaint pour entrainement et ce du 16 au 19 janvier. Cet entrainement se compose de différents exercices avec des écoles à feux, des lancements d'exercices et un essai de ravitaillement à la mer. A leur retour à Toulon les deux contre-torpilleurs sont mis au repos à 36h d'appareillage.

Le 23 janvier 1940, le Maillé-Brézé et le Kersaint quittent Toulon pour rallier Ajaccio et de là cingler vers Malte où ils mouillent du 25 au 27. Ils sont ensuite à Bône le 28, à Philippeville du 29 au 31, à Alger le 1er février, le Maillé-Brézé appareillant trois jours plus tard pour renforcer l'escorte d'un convoi amenant une centaine d'avions venus du Maroc.

Rallié par deux contre-torpilleurs venus d'Oran, le Maillé-Brézé fait route vers Casablanca où le petit groupe arrive le 6, retrouvant le Cassard qui doit lui aussi participer à cette mission. Le jour du départ le 11, le Maillé-Brézé est le seul à pouvoir continuer, le Cassard ayant connu une avarie.

Le convoi composé de trois cargos escortés par les croiseurs lourds Foch et Dupleix reçoit le renfort du Maillé-Brézé à partir du 13, arrivant sans problème à Casablanca le 15 au matin. Après un ravitaillement rapide, il rallie le croiseur léger Emile Bertin.

Ce dernier embarque le contre-amiral Derrien qui doit prendre la tête de la force Z en vue d'une opération alliée en Scandinavie au secours de la Finlande attaquée depuis novembre par l'URSS. La marque du contre-amiral commandant la 3ème EL est rentrée sur le Maillé-Brézé au moment du ralliement.

La navigation commune est brève, le contre-torpilleur ralliant Gibraltar puis Oran où il arrive le lendemain. Arrivé à Toulon le 23, il se met à 4 jours d'appareillage avant de subir un petit carénage rapide du 4 au 10 mars à l'Arsenal de Toulon.

A titre provisoire il intègre la 1ère DCT où il remplace le Lion indisponible. Il quitte Toulon le 11 pour renforcer l'escorte d'un groupe occasionnel, une nouvelle force X composée du cuirassé Bretagne et du croiseur lourd Algérie qui doivent transporter à Halifax l'or de la Banque de France pour à la fois garantir le paiement des commandes mais aussi pour le mettre à l'abri des allemands (cette précaution se révélera hélas très utile). Le contre-torpilleur se ravitaille à Mers-El-Kebir le 13, escortant la force X jusqu'au méridien 19°W avant de rallier Casablanca le 17.

Après ravitaillement, le contre-torpilleur prend en charge l'escorte du paquebot Médie II (convoi 22-DF) qui transporte des troupes d'Afrique Noire entre le Maroc et Oran. Le Maillé-Brézé quitte Oran le 21 en relève de l'escorte du convoi 77-KF venant de Casablanca. Prenant en charge l'escorte au large de Tarifa, il couvre ce convoi jusqu'à Marseille avant de rallier Toulon le 24 février 1940.

Depuis le mois de novembre 1939 la Finlande résiste courageusement à l'attaque soviétique. Les alliés l'aide du bout des lèvres, livrant des armes mais peu de troupes. A partir de janvier les alliés envisagent enfin d'intervenir directement contre l'URSS. C'est l'opération BK qui doit voir la prise du port de Narvik pour couper l’approvisionnement en fer de l'Allemagne mais aussi d'acheminer à travers le territoire suédois d'armes et d'hommes pour soutenir l'armée finlandaise.

Un corps expéditionnaire est mis sur pied en France et les transports rassemblés à Brest. Pour en assurer l'escorte, une nouvelle force Z est mise sur pied, le croiseur léger Emile Bertin en étant le navire amiral.

La lenteur des préparatifs alliés rend illusoire un soutien rapide à une Finlande épuisée par les combats. Le conflit se termine le 12 mars 1940, l'opération BK est ajournée le 15 et la force disloquée le lendemain. Ce n'est que partie remise........... .

L'ouverture d'un théâtre d'opérations sur la région Scandinavie n'est cependant abandonnée. Le 1er avril le Maillé-Brézé quitte Toulon pour rallier la 5ème DCT.

Il porte la marque du contre-amiral Derrien qui doit reprendre le commandement de la force Z. Arrivé le lendemain à Oran, le contre-amiral Derrien transfère sa marque sur l'Emile Bertin. Les deux navires prennent la mer dans l'après midi pour rallier Brest le 5 avril 1940 au matin.

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé quitte Brest en compagnie du Tartu le 6 pour rallier Scapa Flow dans les Orcades om était stationnée la Home Fleet, arrivant à destination le 8. Les britanniques ont déjà commencé leurs opérations de mouillage de mines mais trop tard pour réellement perturber l'opération Weserübung, l'invasion allemande du Danemark et de la Norvège.

Après un ravitaillement rapide, le Tartu et le Maillé-Brézé appareillent en escorte de l'Emile Bertin qui doit rallier la Home Fleet et ainsi contrer la Kriegsmarine qui tel un joueur de poker à mobiliser le gros de ses moyens dans une partie à très hauts risques.

Après cette journée du 9 passée sans contact avec les forces navales ennemis, un groupe de trois croiseurs escorté par le Maillé-Brézé et Tartu est détaché à 20h pour patrouiller devant Bergen et intercepter des convois ennemis mais là encore sans résultats. La petite force s'éloigne des côtes à l'aube et rallie Scapa Flow le 10, retrouvant le Chevalier Paul arrivé la veille de Brest d'où il était parti le 7.

Le 13 avril 1940, le Maillé-Brézé, le Tartu et le Chevalier Paul (5ème DCT) quittent Scapa Flow pour rallier Greenock sur la côte occidentale de l'Ecosse. Ce petit port de l'estuaire de la Clyde à proximité de Glasgow va servir de base avancée pour les unités françaises engagées en Norvège.

Arrivés sur place le 14, ils en repartent le 16 pour protéger le convoi FP-1 (croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX et le paquebot Ville d'Oran), convoi transportant la 1ère Demi-Brigade de Chasseurs à Namsos. Au cours de la traversée dans des conditions météo très difficiles, le Maillé-Brézé grenade suite au repérage d'un sillage.

De leur côté les Tartu et Chevalier Paul couvrent l'entrée des transports dans le Foldenfjord. Une alerte aérienne est déclenchée à 18.30, les attaques commençant une demi-heure plus tard. A 19.15 le Tartu est secoué par deux bombes qui tombent à 150m.

Le convoi poursuit ensuite dans le Namsenfjord. Le Tartu reçoit d'abord l'ordre de stopper au feu de Finsneset à 20.00 avant de recevoir l'ordre de sortir du fjord, étant rejoint dans la nuit par le Maillé-Brézé.

Le convoi et ses escorteurs vont rallier le 21 avril les Shetlands pour se ravitailler avant que le Tartu et le Chevalier ne reprennent la mer avec les transports en direction de Scapa Flow où ils arrivent le 23 avril au matin. Le Maillé-Brézé lui à rallie avec le Ville d'Oran Greenock pour réparations, arrivant à destination le 24.

Le Maillé-Brézé quitte Greenock le 25 en escorte d'un convoi de matériel codé PS-2. Il passe le relais à des destroyers britanniques au large de Scapa Flow le 26, ralliant le Greenock le 27 pour retrouver le convoi FP-3 transportant la 13ème Demi-Brigade de Légion Etrangère. Il n'en n'aura pas le temps.

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Le Maillé-Brézé en feu à Greenock

Le 30 avril 1940 le Maillé-Brézé est mouillé dans l'estuaire de la Clyde, feux bas. Le navire s'entraine au mouillage notamment en simulant des lancements de torpille. L'exercice terminé, la plate-forme latérale tribord est remise en place avec la gargousse de mise à feu toujours en place.

Pour une raison inexpliquée la torpille du tube n°1 est mise à feu et lancée à 14.35, traversant le navire profondément sous la teugue.

Sous l'échauffement du choc, le réservoir d'air comprimé éclate, provoquant un terrible incendie qui ravage les superstructures avant. Le cône de combat explose et si les dégâts en eux-mêmes sont limités, cela entraîne un incendie attisé par le vent. Des brèches dans la coque entraînent des voies d'eau et une fite à 9° sur babord.

Dès le début les secours se sont précipités à l'aide de l'infortuné contre-torpilleur mais l'unité de classe Vauquelin est blessée à mort. A 15.15 l'évacuation du personnel est ordonné. Comme l'incendie menace de faire sauter les munitions des soutes arrières, une équipe de sécurité doit retourner à bord pour noyer les dites soutes ce qui est chose faite à 16.30.

A 18.30 une allège transportant des motopompes des pompiers de Greenock permet de combattre l'incendie de manière efficace. Le sinistre est maîtrisé en moins d'une heure mais un autre problème se pose alors en l'occurence l'eau qui surcharge le navire qui s'enfonce peu à peu vers l'avant, le remplissage étant accéléré par des hublots restés ouverts.

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Plus que l'incendie et l'explosion ce sont les multiples voies d'eau qui ont eu raison du "MBZ"
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On tente de remorquer l'épave mais le contre-torpilleur coule vers 20.00 dans des fonds de 12m, ne laissant voir à marée haute que des vestiges du bloc-passerelle et de la mâture ainsi que le sommet de trois cheminées (la première s'est effondrée). Le bilan de cet accident est lourd avec six morts, 21 disparus (piégés à l'intérieur du navire) et 47 blessés.

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé est officiellement radié par l'ordre 1633 FMF/3 du 28 août 1940.

Comme le veut la procédure, le commandant du bâtiment, le capitaine de frégate Glotin (en poste depuis le 2 mai 1939) passe en conseil de guerre mais il est acquitté à Toulon le 4 novembre 1940.

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Quatorze après le naufrage l'épave est relevée puis feraillée sur place

L'épave en elle-même est relevée en août 1954 et feraillée sur place à Greenock.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyJeu 07 Fév 2019, 16:52

Le Chevalier Paul
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Le contre-torpilleur Chevalier Paul en 1934

Présentation

-Le Chevalier Paul est mis sur cale aux chantiers navals de la Société Nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée situés à la Seyne sur Mer (Var) le 28 février 1931 et lancé le 21 mars 1932.

C'est alors que les choses se compliquent. Un acte additionnel au marché n°5268F reporte de plus d'un an la présentation en recette initialement prévue pour le 1er septembre 1932.

La raison de ce report est tout simple, la marine impose aux FCM de céder aux ACF le train d'engrenages destiné au réducteur principal de la machine tribord du contre-torpilleur pour réparer l'Aigle dont le réducteur tribord été détruit au cours de ses essais.

Comme il faut au minimum un an pour fabriquer le train d'engrenages et cinq mois de délai supplémentaire, le retard sera supérieur à plus d'un an.

Le contre-torpilleur Chevalier Paul est armé pour essais le 16 octobre 1933 soit un retard supérieur à un an.

Le 20 novembre 1933, le contre-torpilleur sort au large de Toulon pour un essai préliminaire. Il atteint 34 nœuds mais en raison du mauvais temps la vitesse ne peut être tenue ce qui empêche de valider cet essai.

L'essai de présentation en recette à finalement lieu le 22 novembre 1933 au large de Toulon, essai acquis à la deuxième tentative. Pourtant la date retenue est celle du 27 novembre, le jour de son arrivée à Lorient après quatre jours de mer et une escale à Oran. Les essais vont officiellement commencer le 6 décembre 1933.

L'essai d'avance par tour à grande vitesse à lieu le 28 février 1934, le contre-torpilleur Chevalier Paul atteignant la vitesse maximale de 38.099 nœuds après pas moins de cinq tentatives.

Le 3 mars 1934, le Chevalier Paul réalise son essai de 8h à Puissance Maximale Normale. Alors qu'il déplaçait 2622.904tonnes, il atteint la vitesse maximale de 37.736 nœuds avec une puissance maximale développée de 65415ch. Lors de l'essai de la neuvième heure à feux poussés, le contre-torpilleur qui déplaçait 2490.718t développe 70575ch et atteint la vitesse maximale de 39.180 nœuds.

Le 24 mars 1934 le Chevalier Paul effectue son essai au déplacement Washington soit 2464.01 tonnes, développant 72241ch et atteignant la vitesse maximale de 39.8337 nœuds.

Le 27 mars le contre-torpilleur effectue son essai de consommation à 15 nœuds suivi le même jour de l'essai d'avance par tour à 18 nœuds.

Deux jours plus tard, le 29 mars 1934, le Chevalier Paul réalise son essai d'avance par tour à 15 nœuds (trois tentatives) suivi le 6 avril par un essai de consommation à 18 nœuds. Ce dernier jour les essais sont clos. Il rentre ensuite à l'Arsenal pour les démontages et les visites.

Le contre-torpilleur Chevalier Paul entre en armement définitif le 1er juin 1934. Les sorties de vérification ont lieu les 27 et 29 juin.

Le 9 août 1934 le dernier contre-torpilleur de classe Vauquelin appareille de Lorient. Il arrive à Toulon le 21 août après des escales à Casablanca et à Alger.

Le contre-torpilleur Chevalier-Paul est admis au service actif le 24 août 1934 au sein de la 7ème DL du groupement des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre

Jean Paul de Saumeur, Chevalier Paul
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Jean Paul de Saumeur, Chevalier Paul est un officier de marine français né en décembre 1597 au large de Marseille et mort le 20 décembre 1667 à Toulon. D'origine très modeste, il est attiré très tôt par la marine, servant d'abord pour l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem puis après en avoir été exclu devient corsaire avant d'intégrer  la marine française à la demande du cardinal de Richelieu.

Remportant de nombreuses victoires au cours de la guerre franco-espagnole (1635-1659), il devient lieutenant-général et vice-amiral du Levant.

Fils du capitaine Elzias Samuel et de demoiselle Jeanne Riche, il prend le nom de Saumeur pour visiblement éviter des allusions sur une lointaine origine juive (alors que les deux parents sont catholiques). Très jeune ses qualités et ses capacités de marin le font remarquer par ses supérieurs notamment lors de combats contre les Turcs et les Barbaresques.

Entré dans La Royale en 1638 avec le grade de capitaine de vaisseau, il affronte les espagnols, combattant avec d'autres grands marins, Abraham Duquesne et Maillé-Brézé, étant par exemple présents aux batailles de Carthagène et d'Orbitello (bataille au cours de laquelle le marquis de Brézé est tué). Devenu chef d'escadre en 1647, il continu à se battre contre les espagnols.

Lieutenant-général et vice-amiral du Levant en 1654, il rencontre le jeu roi Louis XIV, participant à une cavalcade pour la majorité du Roi Soleil (Pas mal pour une personne n'ayant jamais monté à cheval). Il est vice-amiral en 1657. En 1659, il reçoit la charge d'une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

En 1662, il mène une expédition de secours au profit des vénitiens assiégés à Candie et en 1663 participe à une expédition contre Alger, place-forte des Barbaresques. Même chose l'année suivante avec des combats à Cherchell et à La Goulette près de Tunis.

Sa dernière mission est nettement plus tranquille puisqu'il transporte en 1666, Marie-Françoise-Élisabeth de Savoie à Lisbonne, la princesse devant épouser Alphonse VI. Il arrive à l'embouchure du Tage en août, le roi du Portugal le couvrant d'honneurs.

Sa date de décès est incertaine (20 décembre ou 18 octobre 1667). N'ayant pas oublié d'où il venait, il lègue aux pauvres tous ses biens et demande à être enterré avec eux au cimetière de Toulon.

Trois navires ont porté ce nom dans la marine française. Après le contre-torpilleur de classe Vauquelin on trouve un escorteur d'escadre de classe Surcouf.

Le D-626 est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux en février 1952 lancé le 28 juillet 1953 et admis au service actif actif le 22 décembre 1956. Transformé en conducteur de flottille entre 1960 et 1962 (suppression de la tourelle double de 57mm avant remplacée par un rouf pour amiral) il est désarmé le 1er juillet 1971.

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Frégate de Défense Aérienne (FDA) Chevalier Paul à Nantes en mars 2012

Le troisième est une frégate type Horizon sister-ship du Forbin. Mise sur cale à l'Arsenal de Lorient le 17 janvier 2005 mise à flot le 12 juillet 2006 et mise en service le 10 juin 2011, frégate dont la ville marraine est Nantes, frégate qui porte la marque de coque D-621, celle portée jadis par l'escorteur d'escadre Surcouf.

Le centre de Préparation Militaire Marine de la ville de Marseille porte également le nom de Chevalier Paul.

Carrière opérationnelle

1934-1939
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Le Chevalier Paul à Alger en août 1934

A son admission au service actif, le Chevalier Paul intègre la 7ème DL en surnombre, le Cassard devant passer en position de complément pour l'année d'instruction 1934/35.
Le 1er octobre 1934, les 5ème et les 7ème DL intervertissent leurs numéros, la 5ème DL étant formée du Tartu, de l'Albatros et du Chevalier Paul. A ses deux divisions déjà présentes s'ajoute une nouvelle division, la 9ème DL feu la 6ème DL de la 2ème Escadre (future Escadre de l'Atlantique).

Le 9 octobre 1934, le contre-torpilleur quitte Toulon direction Marseille. A 70 miles nautiques de la cité phocéenne, il prend en escorte le torpilleur Dubrovnik qui transportait le roi Alexandre 1er de Yougoslavie en visite officielle en France.

Cette visite sera brève puisqu'il est assassiné quelques minutes plus tard en compagnie du ministre des affaires étrangères Louis Barthou. Le corps du deuxième roi de Yougoslavie est rembarqué sur le torpilleur, le Chevalier Paul l'escortant jusqu'à la limite des eaux territoriales françaises. Il rentre ensuite à Toulon où il exécute ses visites de fin de garantie.

Le Chevalier Paul sort les 18 et 21 décembre 1934 pour vérifications. L'année 1935 commence par une mission VIP puisqu'il transporte à Bastia le général Weygand, inspecteur général de l'Armée de Terre venue en tournée d'inspection des défenses terrestres du port. Le contre-torpilleur rentre à Toulon le 7 dans un contexte d'épidémie de grippe qui paralyse l'Escadre.

La 5ème et la 9ème DL sortent du 15 au 25 janvier pour la sortie mensuelle de l'Escadre, le Chevalier Paul participant ensuite à un exercice de groupe du 22 au 28 février en compagnie de ses sister-ship Tartu et Vauquelin. Le Chevalier Paul rentre à Toulon le 28 puis le 1er mars rallie Villefranche avec le croiseur lourd Algérie et le Tartu (venu de Golfe Juan où il à été remplacé par le Vauquelin). Du 6 au 8 mars, les contre-torpilleurs Tartu Chevalier Paul Vauquelin s'entrainent au mouillage aux Salins d'Hyères.

Le 6 mai 1935, le Chevalier Paul quitte Toulon en compagnie des croiseurs Algerie, Dupleix et Tourville mais aussi des contre-torpilleurs Tartu Albatros Gerfaut, Aigle et Vautour.
Cette petite escadre doit effectuer une croisière de diplomatie navale en direction de l'Italie et de la Yougoslavie. Elle est à Naples du 8 au 14 mai, le comité d'accueil étant composé des croiseurs lourds Zara Pola Fiume et de contre-torpilleurs.

L'escadre française se rend ensuite en Yougoslavie, faisant escale à Tivat dans les bouches du Kotor du 16 au 20 avant de rallier Split le 21. Le 27, la 5ème DL mouille à Venise, le reste de l'escadre ralliant les eaux vénitiennes le 29. C'est le début d'une visite officielle de quatre jours.

Le «détachement Algérie» appareille le lundi 3 juin direction Oran pour y retrouver le reste de la 1ère Escadre qui avait quitté Toulon le 9 mai pour une longue croisière d'entrainement.

Après des exercices à la mer et des escales à Mers-El-Kébir et Oran pour repos et ravitaillement, la 1ère Escadre franchit les colonnes d'Hercules, le détroit de Gibraltar le 10 juin 1935 en manoeuvrant, ralliant la Bretagne. Avec la 2ème Escadre, elle forme une Armée Navale qui va manoeuvrer dans l'Atlantique et le Golfe de Gascogne.

Le 27 juin 1935, le ministre de la Marine François Piétri passe en revue la flotte en baie de Douarnenez. L'Armée Navale se disloque le 4 juillet, la 1ère Escadre mettant cap sur la Méditerranée, l'escadre étant de retour à Toulon le 12 juillet après un ravitaillement à Oran du 8 au 10.

Le 20 juillet 1935, le Chevalier Paul entre en grand carénage normal. Il sort pour essais le 24 octobre, mouillant aux Salins pour la nuit, effectuant une deuxième sortie le lendemain, ralliant Toulon en fin de journée. La 5ème DL est alors formée du Tartu, du Chevalier Paul et du Cassard.

Le mardi 19 novembre 1935, les contre-torpilleurs des 5ème et 9ème DL (Maillé-Brézé, Vauquelin Kersaint) appareillent pour la 1ère sortie générale de la 1ère Escadre pour l'année d'instruction 1935/36, sortie qui s'achève le 29 après dix jours d'exercices et des escales dans le golfe d'Ajaccio, l'Ile-Rousse, Calvi et Ajaccio.

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Le contre-torpilleur Chevalier Paul en 1935

Le 20 janvier 1936, la 1ère Escadre sort pour sa sortie mensuelle et ce jusqu'au 29 janvier, le Chevalier Paul participant à différents exercices d'évolution ainsi que des manœuvres au mouillage.

Le 5 mai 1936, le contre-torpilleur Chevalier Paul sort en compagnie de la 1ère Escadre pour participer à la croisière d'entrainement annuelle. La première phase de la croisière conduit la future escadre de la Méditerranée dans les eaux tunisiennes pour exercices et escales.

La 5ème DL se ravitaille à Bizerte le 19 mais le Chevalier Paul ne peut participer à l'appareillage général du lendemain en raison d'une avarie de servomoteur de barre. Ce n'est que le 26 mai qu'il peut rallier à la mer l'Escadre qui franchit le détroit de Gibraltar pour la suite des exercices prévus, exercices ayant principalement pour thème l'attaque et la défense de convois. Normal me direz-vous puisque les Vauquelin sont conçus pour attaquer la navigation ennemie au canon de 138 et à la torpille de 550mm.

L'Escadre reste dans l'Atlantique au large des côtes du Maroc jusqu'au 10 juin, rentrant ensuite en Méditerranée pour de nouvelles manœuvres. Elle se ravitaille à Oran et Mers-el-Kebir les 12 et 13 juin, fait escale à Alger du 14 au 17 avant de rallier l'est algérien. Le 22 juin est entamée la traversée retour vers la métropole, le groupe des CT rentrant à son port d'attache le 24.

Après d'ultimes exercices et les permissions d'été, le Chevalier Paul entre en grand carénage. Durant cette période de travaux, le groupe des torpilleurs de la 1ère Escadre est devenu la 3ème Escadre Légère regroupant quatre DL et douze navires (3ème DL Guépard Valmy Verdun 5ème DL Tartu Vauquelin Chevalier Paul 7ème DL Gerfaut Vautour Aigle 9ème DL Maillé-Brézé Kersaint Cassard).

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Le contre-torpilleur Chevalier Paul à Toulon en 1936

Les travaux terminés, les essais effectués, les trois bâtiments de la 5ème DL sont affectés le 24 septembre 1936 au service de la croisière d'Espagne, une mission apparue après l'échec du Pronunciamento du 17 juillet 1936 qui à débouché sur un terrible conflit, une guerre civile qui ne tarde pas à s'internationaliser avec l'intervention du Portugal, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'URSS mais aussi des Brigades Internationales.

La 5ème DL est la première division affectée à cette croisière d'Espagne à partir du 24 septembre 1936. Le contre-torpilleur Chevalier Paul est en alerte à Toulon jusqu'au 2 octobre quand il appareille pour Barcelone où il reste jusqu'au 3. Le contre-torpilleur est à Palma de Majorque le 4, à Valence le 5, à Alicante du 5 au 7, à nouveau à Barcelone du 8 au 14, à Valence encore le 15. Il met le cap sur Toulon le 16, arrivant à destination le lendemain.

Le Chevalier Paul retourne dans les eaux espagnoles à partir du 8 décembre, la 5ème DCT étant affectée à la patrouille d'Espagne à partir du 24 novembre. Il relève le Tartu le 9 à Palma avant de rallier Alicante où il mouille du 13 au 15. Il est ensuite à Barcelone du 15 au 18 avant de rentrer à Toulon le 19.

Il quitte à nouveau le Var le 23, le Chevalier Paul ralliant Palma le lendemain. Il reprend la mer le 25, faisant escale à Barcelone du 26 au 28 avant de rentrer à Toulon le 29.  

Après une sortie au niveau divisionnaire du 12 au 15 janvier 1937, le Chevalier Paul et les autres navires de la division participent aux  sorties générales de l'Escadre du 19 au 22 janvier et du 2 au 5 février 1937.

La 5ème DL retrouve la croisière d'Espagne à partir du 24 février 1937. Le Chevalier Paul quitte Toulon le 25, étant à Barcelone du 25 au 27, Palma du 28 février au 1er mars, Valence le 2 mars avant de rallier Toulon le lendemain. Du 8 au 18 mars, la 5ème DL s'entraine avec l'Escadre de la Méditerranée.

Le 13 avril 1937, les Divisions Légères changent de nom, devenant soit des Divisions de Croiseurs (DC) ou des Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT). La 5ème DCT est affectée au contrôle de la non-intervention jusqu'à la fin du mois d'avril, étant relevée le 1er mai par la 9ème DCT.

Durant ce déploiement, le Chevalier Paul quitte Toulon le 15 avril dans la soirée. Il est à Barcelone le 17 dans l'après midi. La croisière d'Espagne est alors supprimée, remplacée par le contrôle naval de la non-intervention.

Le 20 avril 1937 entre en vigueur le contrôle naval de la non-intervention, la marine française recevant les atterrages des îles Baléares jusqu'aux eaux territoriales espagnoles et les côtes du Maroc espagnol mais seule la première zone concerne l'Escadre de la Méditerranée.

La veille, le contre-torpilleur Chevalier Paul avait quitté Toulon pour rallier sa zone de patrouille le 20, passant la nuit au mouillage dans les eaux des Baléares. Il rallie ensuite Minorque avant de rentrer à Toulon le 22 avril.

La 5ème DCT quitte Toulon pour Bizerte le 11 mai et ainsi participer à la croisière d'entrainement annuelle de l'Escadre de la Méditerranée. Cet engagement est bref car le Chevalier Paul, le Tartu et le Vauquelin doivent relever la 9ème DCT au contrôle de la non-intervention le 18.

Les contre-torpilleurs Chevalier Paul et Tartu quittent Toulon le 19 mai pour rallier Valence. Il reprend la mer le lendemain pour rallier la zone de contrôle pour une courte patrouille, le Chevalier Paul étant à Barcelone du 20 au 24, date à laquelle il relève le Vauquelin pour une nouvelle patrouille, le contre-torpilleur rentrant à Toulon le 27 mai 1937.

Le Chevalier Paul quitte Toulon le 9 juin 1937, étant à Barcelone du 10 au 12n patrouillant vers Majorque du 12 au 14 avant de faire escale à Valence le 15. Il quitte le Pais Valenciana le 16 pour rallier Alger où il retrouve le Tartu et le Vauquelin pour s'entrainer avec la 9ème DCT, les deux divisions rentrant à Toulon le 30 juin 1937.

Le 20 juillet 1937, les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT participent à des écoles à feu contre la coque du vieux croiseur cuirassé Ernest Renan. La division enchaîne par un exercice d'entrainement au mouillage de mines en rade des Vignettes avant un entrainement individuel au mouillage des Salins d'Hyères. Après de nouvelles écoles à feux et des lancements simulés, la division rentre à Toulon le 24.

Le contre-torpilleur Chevalier Paul quitte Toulon le 31 juillet 1937 pour rallier Bizerte. Arrivé en Tunisie, le navire est confié aux bons soins de l'Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage. Il rentre à Toulon le 29 septembre, étant disponible le 1er octobre, juste à temps pour le début de l'année d'instruction 1937/38.

La division reprend l'entrainement le 19 octobre et après plusieurs exercices est affectée à partir du 6 novembre au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM). Cette affectation prend fin le 25 mars 1938, les trois contre-torpilleurs de la division effectuant un petit carénage à l'Arsenal de Toulon dans la deuxième quinzaine d'avril.

La 5ème DCT est affectée au DSM à partir du 6 novembre 1937, opérant dans le secteur «Centre» de la zone II (Barcelone,Baléares,Valence), la base opérationnelle étant Toulon avec Alger comme base de ravitaillement.

Il patrouille dans les Baléares dès le 6, le Chevalier Paul et le Tartu sont à Oran le 8, le Vauquelin les retrouvant le 9. Ils appareillent tous le 12, le Chevalier Paul étant à Port Mahon le 14, patrouillant à partir du 18, la division se concentrant le 19 avant de rallier Toulon le lendemain pour repos.

La division reprend la mer le 3 décembre 1937, le Chevalier Paul patrouillant du 3 au 8 avant de rallier Barcelone, le Tartu le relevant le 9. Il rallie ensuite les Baléares où la division se concentre pour mettre cap sur Toulon le lendemain.

Douze jours plus tard, le Chevalier Paul et ses deux compères de la 5ème DCT quittent Toulon, enchainant par une patrouille avant de rallier Barcelone le 27. Le Chevalier Paul est à Palma le 28, la division se regroupant le 30 avant de rentrer à Toulon le 31 décembre 1937.

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Le Chevalier Paul en 1938

Après plus de dix jours de repos, la 5ème DCT quitte Toulon le 13 janvier 1938, patrouillant en bloc dans les eaux des Baléares. Le Chevalier Paul libère le cargo Lézardrieux arraisonné par un torpilleur franquiste qui doit relâcher son emprise. La division rallie Alger le 21, ne reprenant la mer que le 25 pour deux jours de patrouille, le Chevalier Paul et ses compères rentrant à Toulon le 27 janvier 1938.

Le contre-torpilleur reprend la mer le 3 février 1938 pour une patrouille qui s'achève par une escale à Barcelone le 9. La division reprend la mer le lendemain pour rentrer à Toulon le 11.

Le 24 février 1938, la 5ème DCT est de nouveau à la mer, ralliant les Baléares pour patrouiller jusqu'au 27 quand le Chevalier Paul mouille à Port Mahon.

La division se concentre à Barcelone le 3. Le même jour, le Chevalier Paul se met en position pour faire face à trois croiseurs nationalistes menant des patrouilles de blocus mais de combat il n'y en aura point, les navires échangeant des signaux avant de s'éloigner.

Le 9 mars 1938 les franquistes lancent une offensive majeure en Catalogne. L'ambassade de France craint un effondrement complet et sollicite la marine pour des évacuations. La 5ème DCT aux ordres du préfet maritime de Toulon appareille avec un croiseur le 15 mars mais dans la nuit du 15 au 16, la situation de stabilisant l'opération est annulée et la petite escadre rallie Toulon le 16.

Dans la nuit du 16 au 17, la 5ème DCT quitte Toulon pour vérifier une information alarmiste de l'Ambassade : les italiens auraient débarqué au sud de Barcelone. Cette information se révèle fausse mais la 5ème Division de Contre-Torpilleurs reste sur zone, le Chevalier Paul étant à Barcelone du 20 au 24 mars. Le 22, un second maître chauffeur est porté disparu. Le Chevalier Paul et les autres navires de la 5ème DCT sont de retour à Toulon le 27.

Le 11 mai 1938, la 5ème DCT appareille avec le reste de l'Escadre de la Méditerranée pour la croisière d'entrainement annuelle, croisière de quasiment deux mois puisqu'elle n'est de retour que le 1er juillet.

Entre deux exercices, le Chevalier Paul et ses compères de la division font escale dans différents ports d'Algérie, à Bizerte et Sidi-Abdallah, Sfax, Alexandrie (où la 5ème DCT escorte le croiseur lourd Algérie), Beyrouth, Tripoli-de-Syrie et les ports de Grèce (Candie du 20 au 22 et Syros du 23 au 25 pour la 5ème DCT, Navarin).

La 5ème DCT est provisoirement détachée au Dispositif Spécial en Méditerranée du 10 au 30 août 1938. Le Chevalier Paul et le Tartu quittent Toulon le 23 août, mouillent à Caldéras _une rade forraine au sud de Barcelone_ le 25, sont à El Perillo le 26 où le Chevalier Paul embarque des réfugiés qui sont débarqués le 28. Il quitte Banyuls le 29 pour rallier Caldetas le 30 août. La 5ème DCT rentre le lendemain à Toulon.

Le 7 septembre 1938 éclate la crise des Sudètes. Région peuplée de germanophones ayant appartenu à l'Autriche-Hongrie, ce quadrilatère bohémien est une région stratégique car abritant la ceinture fortifiée protégeant la Tchécoslovaquie.

La flotte est placée à 24h d'appareillage et le passage en complément de la 5ème DCT est reportée à une date ultérieure. Les équipages sont portés aux effectifs de guerre avec le rappel des premiers réservistes. Les accords de Munich signés le 30 septembre apaise la situation permettant la libération des réservistes et le passage de la 5ème DCT en position de complément et ce à partir du 12 octobre 1938.

Du 15 au 25 octobre, les contre-torpilleurs des 5ème et 9ème DCT participent à la la sortie générale de l'Escadre, sortie au cours de laquelle le Chevalier Paul entre en collision avec le Vauquelin même si les dégâts sont in fine limités.

A partir du 2 janvier 1939, les contre-torpilleurs de la 5ème Division entrent en carénage, le Chevalier Paul étant disponible le 1er avril après quasiment trois mois de travaux.

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Le Chevalier Paul en 1939

Le 9 avril 1939, l'Italie envahit l'Albanie. Dans la nuit du 9 au 10, la flotte française est mise en alerte, placée à 24h d'appareillage. Les permissionnaires sont rappelés et dans la nuit du 12 au 13 avril on procède à la convocation des réservistes. Néanmoins comme la priorité est donnée à la 9ème DCT, la 5ème DCT reste à l'effectif de disponibilité armée. La crise se termine le 1er mai, les réservistes progressivement renvoyés dans leurs foyers.

Au cours du mois de mai, le contre-torpilleur Chevalier Paul repasse à effectifs complets. Il effectue une sortie de vérification de 300 miles nautiques le 26 mai 1939. Du 30 mai au 9 juin, il participe avec les contre-torpilleurs des 5ème et 9ème DCT à la sortie générale de l'Escadre de la Méditerranée qui vit ses dernières heures.

En effet, le 1er juillet 1939, l'Escadre devient Flotte de la Méditerranée, la 3ème Escadre Légère intégrant une 3ème Escadre qu'il forme avec la 1ère Escadre de Croiseurs qui regroupe les croiseurs lourds de la Royale.

Le Chevalier Paul quitte Toulon avec ses compères de la 5ème DCT pour rallier Malte en escorte du cuirassé Provence. Navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée, il porte la marque de son chef, le vice-amiral Ollive qui rallie Malte pour effectuer une visite de courtoisie à son homologue de la Mediteranean Fleet.

Les contre-torpilleurs et le cuirassé sont à La Valette du 27 au 29. Tous les navires rentrent à Toulon directement à l'exception du Chevalier Paul qui rallie Bizerte pour une mission de liaison.

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Le Chevalier Paul le 7 août 1939

Les 7 et 8 août 1939, le Chevalier Paul et le Tartu exécutent leurs exercices annuels à  grande vitesse, effectuant à 34 nœuds des écoles à feu des lancements de torpilles.

Les relations internationales se crispent à nouveau. Le 24 août 1939 les permissionnaires sont rappelés, les réservistes convoqués, les approvisionnements complétés, les carénages interrompus.

Le 28 août 1939, la Flotte de la Méditerranée est supprimée, la 3ème EL est versée aux Forces de Haute Mer un groupement tactique, un véritable réservoir de forces dans lequel l'amirauté pouvait puiser pour créer des forces adaptées à une mission précise.

Le 29 août 1939, la 5ème DCT escorte le paquebot Chella qui transportait du Maroc en direction de Marseille deux bataillons de tirailleurs. Les contre-torpilleurs rentrent à Toulon le lendemain 30 août 1939.

Le 31 août, le convoi R-3 appareille de Marseille pour transporter 6500 hommes en Corse (sept paquebots rapides), la 5ème DCT assurant la couverture éloignée, tenant un barrage en direction du Golfe de Gênes pour éviter toute interférence italienne. Le Chevalier Paul et les autres navires de la 3ème Escadre rentrent à Toulon le 1er septembre.

Après un ravitaillement rapide, la 3ème Escadre Légère quitte le Var direction Oran où elle se trouvait quand la France et la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne.

Bien entendu à l'époque personne ne pouvait imaginer que la France était à neuf mois de la pire et de la plus humiliante défaite de son histoire.

Le Chevalier Paul en guerre : Méditerranée, Atlantique et Mer du Nord

Le 7 septembre 1939, la 5ème DCT quitte Oran pour rallier Dakar. Placée sous les ordres de l'amiral commandant la 5ème Escadre, elle doit prendre en charge un convoi transportant des troupes coloniales. Les trois navires se ravitaillent à Casablanca dans la nuit du 8 au 9 septembre, arrivant à Dakar le 12.

Le lendemain, 13 septembre 1939 (jour de la perte du croiseur mouilleur de mines Pluton), le convoi n°39 (cargos Kerguelen, Aurigny,Kilissi) appareille direction Casablanca où il arrive le 18, protégé par les trois contre-torpilleurs.

Dans le grand port marocain, le contre-torpilleur Chevalier Paul prend sous son aile le paquebot General Lyautey avec lequel il appareille le 25. Arrivé à Marseille, le contre-torpilleur laisse le paquebot et rallie Toulon le 28 septembre 1939.

Après un petit carénage du 30 septembre au 12 octobre 1939 à l'Arsenal de Toulon, le Chevalier Paul va être affecté avec ses deux compères de la 5ème DCT aux Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) qui sous le commandement d'Amiral-Ouest assure des missions d'escorte dans l'Atlantique, laissant à la Force de Raid traquer les raiders allemands.

Le détachement est officiel le 17 mais la division est dispersée entre différentes missions. Le 17 et le 18, le Chevalier Paul et le Tartu manoeuvrent aux Salins avant de rentrer se ravitailler à Toulon. Ils quittent le Var le 19 pour Casablanca où ils arrivent trois jours plus tard le 22 octobre 1939.

Le 25 octobre, les deux contre-torpilleurs relèvent leurs sister-ships Maillé-Brézé et Vauquelin  à la hauteur de Casablanca alors qu'ils escortaient le convoi britannique SL-5 entre Freetown et Liverpool (30 navires).

Parmi les navires qui escortaient le convoi on trouve le croiseur léger Primauguet que le Chevalier Paul va accompagner à Lorient où ils arrivent le 28, le contre-torpilleur ralliant Brest quelques heures plus tard. Le 30 octobre, le Tartu et le Vauquelin arrivent à Brest.  La 5ème DCT est ainsi reconstituée.

La division va escorter des convois britanniques qui quittaient les îles britanniques pour rallier Gibraltar. On trouve ainsi  le convoi OG-5 de 37 navires du 2 au 9 novembre, le Chevalier Paul lui ralliant directement Casablanca.

Le 10 novembre 1939, il reprend la mer en escorte du croiseur léger La Galissonnière avec lesquels il doit rallier Brest mais deux jours plus tard les deux navires reçoivent l'ordre de rallier la région de Vigo pour empêcher l'appareillage de navires allemands réfugiés en Espagne depuis la déclaration de guerre.

Faute d'autonomie, le croiseur et le contre-torpilleur doivent rentrer à Brest où ils arrivent le 12 en fin de journée. Le contre-torpilleur se ravitaille et est mis en alerte à 3h d'appareillage au cas où les navires allemands quitteraient leurs ports espagnols pour par exemple tenter de rentrer en Allemagne.

Il quitte Brest le 13 novembre, ralliant sa zone de patrouille à savoir un arc de cercle de l'ouest au nord-ouest à 100 miles de Vigo. Patrouillant à 14 nœuds (12 la nuit) pour économiser le carburant, le contre-torpilleur arraisonne cinq bâtiments neutres du 14 au 17.

Dans la nuit du 17 au 18 on lui signale la présence à proximité d'un sous-marin, un patrouilleur ayant déjà grenadé précédemment.

Dans l'après midi du 18h un périscope est repéré à 100m sur tribord, le contre-torpilleur manœuvre pour mouiller le contenu complet de son grenadeur bâbord mais n'utilise pas son grenadeur tribord car la brume et la présence de cargos oblige le Chevalier Paul à manœuvrer et la perte de temps fait qu'une nouvelle passe de grenade est jugée inopportune. Le sous-marin n'ayant pas été retrouvé, le Chevalier Paul rentre à Brest le 20 novembre 1939.

Le contre-torpilleur Chevalier Paul va alors enchainer les escortes de convois avec tout d'abord le convoi OG-88 de 44 navires (26 novembre-3 décembre 1939), le convoi HG-10 de 60 navires parti de Gibraltar le 8, les contre-torpilleurs Chevalier Paul et Tartu étant relevés au large de la Bretagne le 15 avant de rentrer à Brest le 17 décembre 1939.

Le 6 décembre 1939 sont mises sur pied les Patrouilles de l'Océan. Sous le commandement de l'amiral Moreau, elles regroupent les navires d'escorte stationnés à Brest y compris donc les contre-torpilleurs de la 5ème DCT.

Le 28 décembre 1939, les contre-torpilleurs Chevalier Paul et Valmy (classe Guépard) quittent Brest en escorte du convoi OG-12 composé de 44 bâtiments qui arrive à Gibraltar le 4 janvier 1940. La rade du Rocher est particulièrement encombrée. Alors qu'il termine sa prise de coffre, le Chevalier Paul est heurté par un remorqueur qui endommage son garde-hélice tribord.

Le Chevalier Paul quitte Gibraltar le 8 janvier en escorte du convoi HG-14, un convoi de trente-quatre bâtiments. Les britanniques prennent le relais au large de la Bretagne et les deux contre-torpilleurs rentrent à Brest le 16.

Le 24 janvier 1940, le Chevalier Paul quitte Brest en escorte du convoi rapide 23-BF qui se rend en Méditerranée. Il lève l'escorte le 26 au large de Gibraltar avant de rallier Casablanca le 28. Il repart du grand port marocain le 30 janvier 1940 en escorte du paquebot Asie (convoi 60-KF) qu'il abandonne au large du Verdon, le port situé à l'entrée de l'estuaire de la Gironde le 3 février 1940 et rentre le lendemain à Brest.

Le 5 février 1940, le contre-amiral Moreau met sa marque sur le Chevalier Paul. Le contre-torpilleur rallie le sud du Golfe de Gascogne pour relever le Tartu. Après deux jours de patrouille, le Chevalier Paul met cap au nord à 24 nœuds pour détecter d'éventuels navires ayant échappé aux patrouilles de surveillance au large des côtes du nord de l'Espagne (notamment Vigo).

Arrivé à 300 miles d'Ouessant, le contre-torpilleur est ballotté par un temps exécrable. Il doit réduire à 20 nœuds pour éviter que les dégâts ne mettent en péril l'intégrité du navire qui rentre à Brest le 9 février après une patrouille de 1600 miles nautiques, le Chevalier Paul étant à l'Arsenal pour réparations du 10 février au 1er mars 1940.

Le 4 mars 1940, le contre-torpilleur Chevalier Paul quitte Brest pour rallier la mer d'Iroise et retrouver un sous-marin signalé dans le secteur. Accompagné du Tartu venu de Cherbourg. Cette patrouille ne donne rien et les deux navires sont de retour à Brest le 5 mars.

Le 15 février 1940, une force Z avait été mise en place pour une opération en Scandinavie en soutien du David finlandais attaqué par le Goliath Russe. Les plans prévoyaient un débarquement à Narvik pour tendre la main aux finlandais. Cette opération BK doit aussi priver l'Allemagne d'un port d'exportation du minerai de fer de Kiruna (quand la Baltique était prise par les glaces).

Cette opération n'aura pas lieu, pas immédiatement en tout cas. L'opération est ajournée le 15, trois jours après la signature du traité de paix entre la Finlande et l'URSS. La force Z elle est démantelée le 16, la 5ème DCT remise aux ordre d'Amiral-Ouest.

Le 20 mars 1940 les contre-torpilleurs Chevalier Paul et Tartu appareillent de Brest en escorte des croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX en route pour Oran. Suite au signalement d'un sous-marin, le Chevalier Paul couvre les croiseurs pendant que le Tartu patrouille et grenade. Le Chevalier Paul rallie les croiseurs, le Tartu restant un temps sur zone. L'escorte est levée le 21 et les deux contre-torpilleurs rentrent à Brest le 22.

Le 24 mars 1940, le Chevalier Paul quitte Brest en escorte de transports de feu la force Z. Rendu au large du cap Saint-Vincent, le contre-torpilleur se détache du convoi en compagnie du paquebot Djenné avant d'arriver à Casablanca le 27.

Le 28 mars 1940 les alliés décident enfin de sortir de la léthargie de la «drôle de guerre» en prenant des dispositions pour couper la «route du fer» c'est à dire priver l'Allemagne du minerai de fer suédois, un minerai extrait dans la région de Kiruna et exporté quand la Baltique était prise par les glaces par un port norvégien appelé à devenir célèbre : Narvik.

Initialement il s'agissait de mouiller des mines pour perturber le trafic naval mais cette simple opération va se transformer en véritable campagne.

La force Z est ainsi reconstituée le 5 avril à Brest. La 5ème DCT l'intègre, le Chevalier Paul quittant Casablanca le 30 pour rallier Brest le 1er avril, le Tartu arrivant le 2 avril après trois jours de combat. Le Chevalier Paul rentre immédiatement à l'Arsenal pour démagnétisation. A noter qu'au sein de la 5ème DCT le Maillé-Brézé remplace le Vauquelin.

Le contre-torpilleur Chevalier Paul quitte Brest le 7 avril pour rallier Scapa Flow le 9, retrouvant ses deux compères de la 5ème DCT. Le 13 avril, les trois contre-torpilleurs quittent les Orcades pour rallier Greenock dans l'estuaire de la Clyde, la base navale avancée de la marine française. Ils arrivent sur place le 14.

Le 16 avril 1940, le Chevalier Paul, le Vauquelin et le Maillé-Brézé reprennent la mer pour protéger le convoi FP-1 composé des croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX El Djezaïr El Kantara El Mansour et Ville d'Oran, convoi transportant à Namsos la 5ème Demi-Brigade de Chasseurs Alpins (13ème, 53ème et 67ème BCA).

Le convoi arrive à destination le 19, le déchargement commence immédiatement sous des attaques aériennes qui ne provoquent heureusement aucun dégat. Les contre-torpilleurs escortent les transports jusqu'aux Shetlands pour se ravitailler au mouillage de Sullom Voe (21 avril) avant de rallier Scapa Flow le 23, le Maillé-Brézé lui ralliant directement Greenock avec le Ville d'Oran qui avait besoin de réparations suite à une avarie provoquée par une bombe.

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Le contre-torpilleur Chevalier Paul en compagnie du paquebot Djenné, Norvège avril 1940

Le lendemain le Chevalier Paul et le Tartu appareillent en escorte du convoi FP-2 (Djenné,Flandre,Président Doumer), convoi transportant la 27ème Demi-Brigade de Chasseurs Alpins (6ème, 12ème et 14ème BCA) à Narvik et qui arrive à destination le 27. Le 28, les deux contre-torpilleurs après s'être ravitaillés auprès du croiseur léger HMS Effingham patrouillent dans la zone pour détecter une éventuelle présence de l'ennemi.

Après s'être regroupés à Harstadt, les contre-torpilleurs et les transports, les protecteurs et les protégés quittent la Norvège le 29 pour rallier Scapa Flow le 2 mai. Entre-temps le 30 avril, le Maillé-Brézé à coulé à Greenock suite au lancement accidentel d'une torpille.

Cette perte est douloureusement ressentie mais les équipages des deux autres contre-torpilleurs n'ont pas le temps de se lamenter, se préparant à un raid à grande vitesse contre un convoi allemand qui doit passer au large de Stavanger dans la nuit du 3 au 4 mai 1940.

Enfin peut être les contre-torpilleurs vont être utilisés pour la mission pour laquelle ils ont été conçus et construits.

Le 3 mai à 15h15, les contre-torpilleurs Chevalier Paul Tartu et Cassard accompagnés par deux destroyers britanniques prennent la mer mais le retard ne peut être rattrapé. Le chef de groupe change la position d'attente mais aucune cible n'est détectée. A l'aube les navires s'éloignent de la côte pour éviter les attaques aériennes. A 9.30 le 4 mai, la petite force navale rentre bredouille à Scapa Flow.

Le lendemain, les contre-torpilleurs Chevalier Paul et Tartu quittent les Orcades en escorte des transports Djenné et Président Doumer direction Greenock où ils arrivent le lendemain. Les deux contre-torpilleurs se ravitaillent auprès du pétrolier Mékong quittant l'Ecosse le 9 en escorte des deux transports précédemment cités en direction de Brest où ils arrivent le 11 mai.

C'est la fin de la campagne de Norvège pour la 5ème DCT, la division étant remis aux ordres de l'amiral commandant la 3ème Escadre le 13 mai, quittant la Bretagne le lendemain direction Oran.

Ce redéploiement de forces navales en Méditerranée s'explique à la fois par le fait que la campagne de Norvège est clairement perdue pour les alliés mais surtout que l'Italie se montre remuante et agressive, faisant craindre un passage du statut de non-belligérance à celui de belligérance.

Alors que la division était à la mer le 15 mai, elle reçoit l'ordre de se ravitailler à Mers-El-Kebir puis de rallier Toulon. Le ravitaillement à lieu le 17, le Chevalier Paul et son sister-ship Tartu ralliant Toulon le lendemain 18  mai 1940. Deux jours plus tard le 20, le Cassard rejoint la division mais à titre provisoire.

Le 30 mai la 3ème Escadre Légère est reconstituée, étant organisée en deux groupes tactiques chacun composé de deux croiseurs et de deux divisions de contre-torpilleurs.
Cela nous donne le Groupe Algérie (croiseurs lourds Algérie Foch 1ère DCT Aigle Vauban Lion 5ème DCT Tartu Chevalier Paul Cassard) et le Groupe Colbert (croiseurs lourds Colbert Dupleix 3ème DCT Guépard Verdun Valmy 7ème DCT Vautour Gerfaut Albatros).

L'Italie entre en guerre le 10 juin 1940, un coup de poignard dans le dos car à l'époque la bataille de France est clairement perdue pour les alliés. L'ambassadeur de France à Rome, François André-Poncet ne manquera pas de le dire au comte Ciano, ministre des Affaires Etrangères de son beau-père Mussolini «Méfiez-vous les allemands seront des maîtres exigeants».

Dès l'entrée en guerre de l'Italie il était prévu le déclenchement de l'opération Vado le bombardement des installations portuaires et industrielles présents entre les villes de Vado et de Gênes. Cette opération va finalement être exécutée dans la nuit du 13 au 14 juin.

Deux groupes occasionnels se mettent en position au large des côtes ligures. Un groupe doit s'occuper de Gênes (croiseurs lourds Colbert Dupleix, contre-torpilleurs de la 3ème DCT Guépard Valmy Verdun et de la 7ème DCT _Vautour Albatros_) et un autre de Vado composé des croiseurs lourds Algérie et Foch ainsi que des contre-torpilleurs des 1ère (Vauban Lion Aigle) et  5ème DCT (Tartu Chevalier Paul Cassard).

A 03.48, le groupe Vado est en position à 20 miles dans le 120 du cap Vado. A l'aube en ce 14 juin, les conditions météo sont médiocres, la visibilité très limitée. Les navires français ouvrent le feu à 04.26, les croiseurs tirant à 13500m.  

Les contre-torpilleurs assurent une double mission : la protection rapprochée des croiseurs et le bombardement d'objectifs littoraux, le Chevalier Paul ayant pour objectif les réservoirs de pétrole de la firme Petrolea à Vado.

Des vedettes lance-torpilles italiennes tentent d'attaquer les croiseurs, les sillages des torpilles encadrant le Tartu. Les contre-torpilleurs ripostent, les MAS s'éloignant sans pertes ni conséquence pour les navires français dont le bombardement aura un impact très limité.

Rentré à Toulon dans la journée du 14, le Chevalier Paul et le reste de la division étant en alerte à 6h. Le 17, le Chevalier Paul et les autres navires de la 5ème DCT couvrent le convoi d'évacuation 6P (17 bâtiments) avec de rentrer à Toulon le lendemain.

Dans la nuit du 19 au 20 juin, les trois contre-torpilleurs quittent Toulon pour Sète où ils auraient pu escorter le croiseur lourd Dupleix si le gouvernement avait décidé de continuer le combat en Afrique du Nord après échec des négociations avec les allemands.

Hélas cette décision ne sera pas prise. Si cela avait été le cas, la 3ème Escadre aurait mené une attaque en règle contre les positions militaires italiennes dans le Golfe du Gênes.

Le 22 juin 1940 l'armistice est signé à Rethondes. C'est la fin de la campagne de France, la pire défaite de l'histoire de France et le début d'une période troublée et troublante, période qui impacte encore notre pays aujourd'hui. L'armistice entre en vigueur le 25 juin 1940 à 1h.

De l'Armistice aux combats du Levant : vie et mort d'un contre-torpilleur

Au moment de l'Armistice, les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT (Chevalier Paul Tartu Cassard) sont maintenus en alerte à 6h d'appareillage.

Le 3 juillet 1940, les britanniques attaquent la Force du Raid embusquée à Mers-El-Kebir. La 3ème Escadre reçoit l'ordre d'appareiller pour rallier les navires mouillés à Mers-El-Kebir. En raison d'un régime de silence radio, le contact est impossible et les navires venus de Toulon associés à ceux venus d'Alger rentrent dans la journée du 4.

Après un passage au bassin pour grattage de la coque, le Chevalier Paul appareille le 9 juillet 1940 pour rallier les Salins d'Hyères suite à une nouvelle attaque contre Mers-El-Kebir et surtout la crainte qu'une attaque identique soit menée contre Toulon. Toute l'escadre rentre à Toulon, des bâtiments d'alerte ralliant régulièrement les Salins, des mouvements tolérés par les italiens.

Du 16 au 19 juillet, le Chevalier Paul et le Cassard appartiennent au groupe d'alerte aux Salins, le Chevalier Paul y retournant du 2 au 6 puis du 20 au 24.

Le 3 septembre 1940 les commissions d'armistice interdisent tout nouveau mouvement. En principe, les contre-torpilleurs Chevalier Paul Cassard et Tartu doivent désarmer et se mettre à sept jours d'appareillage.

Suite à l'opération MENACE contre Dakar sont mises sur pied les FHM qui au 15 novembre 1940 sous le commandement du croiseur de bataille Strasbourg comprennent la 1ère Escadre de croiseurs (croiseur lourd Algérie hors rang 1ère DC avec le Dupleix et le Foch 3ème DC La Marseillaise et La Galissonnière) et la 3ème Escadre Légère (contre-torpilleur Volta hors rang 5ème DCT Tartu Vauquelin Chevalier Paul 7ème DCT Vautour Albatros 1ère DT Bordelais Le Mars La Palme).

Le 13 septembre 1940 alors qu'il est placé à l'effectif de disponibilité armée, le Chevalier Paul entre en carénage à l'Arsenal de Toulon. Le 15 décembre alors que la 5ème DCT n'est pas encore disponible, elle remplace la 3ème DCT au sein des FHM.

Enfin disponibles, les trois contre-torpilleurs de la 5ème DCT participent du 17 au 19 décembre 1940 à la sortie générale des FHM avant une sortie propre à la division les 27 et 28 décembre 1940.

Après la capture de quatre navires français par les britanniques dans le détroit de Gibraltar (convoi K-5), la France souhaitait envoyer la 5ème DCT à Oran pour éviter que ce type d'action ne se reproduise mais la commission italienne d'Armistice met son veto à ce déploiement.

Après être sorti avec la 5ème DCT du 7 au 9  janvier 1941, le Chevalier Paul subit une période de travaux à l'Arsenal d'où il ressort le 27. La Commission Italienne d'Armistice proteste car la réorganisation de la DCA et le changement de silhouette laisse craindre un renforcement des capacités de combat ce qui est rigoureusement interdit.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_che19
Le contre-torpilleur Chevalier Paul s’entraînant au ravitaillement à la mer en 1941

Du 11 au 14 février 1941, le contre-torpilleur sort en compagnie de sa division pour une nouvelle sortie générale des FHM. Du 26 au 28 il participe à la sortie de sa division en compagnie du croiseur léger La Marseillaise.

Du 22 au 25 avril et du 13 au 16 mai 1941, le Chevalier Paul et ses compères de la 5ème DCT sortent en compagnie respectivement de La Marseillaise et du Jean de Vienne. Le contre-torpilleur Chevalier Paul est ensuite au bassin du 17 au 23 mai pour un carénage en vue d'une prochaine sortie générale des FHM, sortie du 27 au 30 mai qui se limite à rallier les Salins d'Hyères pour s'entrainer au mouillage.

Le 8 juin 1941, les troupes britanniques et françaises libres entrent en Syrie, un protectorat français confié par la SDN après le premier conflit mondial. Cette invasion fait suite à l'ouverture des aérodromes français des mandats syriens et libanais aux avions allemands venus aider le premier ministre irakien Rachid Ali en révolte contre les britanniques.

La Division Navale du Levant (DNL) engage dès le 9 ses moyens navals et notamment ses contre-torpilleurs Guépard et Valmy. Ces deux navires armés de canons de 138mm consomment une quantité importante de leurs munitions alors qu'il n'y à aucune réserve disponible sur place !

Le 11 juin 1941, le Chevalier Paul appareille de Toulon avec 800 coups complets en plus de son propre approvisionnement. Il arrive à Bizerte le lendemain soir pour un rapide ravitaillement, contourne la Sicile par le nord, franchit le détroit de Messine dans la nuit du 13 au 14, passant au large de Kasos le 15 juin à l'aube. Jusqu'ici tout va bien.

Dans la journée du 15, le Chevalier Paul doit passer au nord de Chypre à 28 nœuds pour arriver à Tripoli-de-Syrie le lendemain matin.

Dans la matinée un hydravion britannique le repère, un second gardant le contact avant qu'à la tombée de la nuit, le contre-torpilleur ne réduise alors sa vitesse à 12 nœuds pour rendre son sillage moins visible.

Il décroche au sud jusqu'à la nuit noire pour faire perdre le contact à l'hydravion. Il remet ensuite à 28 nœuds pour doubler le cap Andreas (extrémité nord-est de l'île de Chypre) avant minuit puis cingler directement sur Beyrouth.

Cette ruse de guerre est déjouée par les britanniques. Peu après minuit deux avions torpilleurs Fairey Swordfish attaquent. Une torpille touche le contre-torpilleur à tribord au niveau de la cloison C29 entraînant l’inondation de deux tranches (tranche G _machine tribord_ et tranche H _chaufferie arrière_).

Le Chevalier Paul est stoppé avec 4/5° de bande sur tribord, sans énergie ce qui lui interdit d'épuiser les voies d'eau. Le navire s'enfonce peu à peu par l'arrière mais la deuxième torpille manque le navire de 5m, l'avion qui après avoir sauté le contre-torpilleur voit une aile toucher l'eau et s'écraser en mer.

Le contre-torpilleur étant condamné, l'ordre d'évacuation est donnée. Tout cela se passe parfaitement, le commandant et des volontaires restant à bord pour attendre les secours.
Dans la matinée un hydravion se pose à proximité et permet l'évacuation d'un blessé grave. Le Guépard et le Valmy alertés par l'hydravion appareillent immédiatement pour porter assistance à leur infortuné collègue.

Ils n'en auront pas le temps. Des bâtiments britanniques étant signalés, l'évacuation complète est ordonnée. Le navire va finir par sombrer, l'équipage chantant la Marseillaise pendant que les deux aviateurs britanniques du deuxième appareil se mettent au garde à vous.

Les contre-torpilleurs Guépard et Valmy apparaissent à l'horizon récupérant les rescapés du contre-torpilleur mais aussi les deux aviateurs. Le bilan est de 8 morts (un ingénieur-mécanicien et sept hommes) et trois blessés. Le navire repose à la position suivante : 35°20' N et 35°20'E.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 09 Fév 2019, 15:17

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Classe15

Fiche Technique

Déplacement : Standard dit «Washington» 2480 tW En charge normale 2634.4 tonnes en Surcharge Normale 2980.9 tonnes (+345t) Surcharge Exceptionnelle 3120.9 tonnes (+485t)

Dimensions : longueur hors tout 129.30m longueur entre perpendiculaires 122.40m largeur 11.69m (Vauquelin 11.78m Chevalier Paul 11.70m) tirant d'eau (sous les hélices, charge normale 4.34m)

Propulsion : Système classique avec deux groupes de turbines à engrenages (machine tribord en tranche G et machine tribord en tranche I) alimentées en vapeur par des chaudières à vapeur saturée (tranche F pour la machine avant et tranche H pour la machine arrire).

La puissance développée est de 64000ch avec un approvisionnement en mazout de 640 mètres cubes (même si pour des raisons de sécurité il faut laisser 5% d'espace libre)

Deux lignes d'arbre à engrenage simple avec des hélices en bronze

Performances : La vitesse normale de combat est limitée à 30/31 nœuds mais au sein des DCT en raison de leur composition homogène, la vitesse de raid potentielle est de 38.5 nœuds.

La distance franchissable varie en fonction des différents navires allant de 2750 miles nautiques à 14 nœuds pour le Maillé-Brézé à 3320 miles nautiques à la même vitesse pour le Vauquelin.

A la vitesse de 30 nœuds et les quatre chaudières allumées, le plus endurant est le Cassard avec 1210 miles nautiques, les moins endurants étant le Kersaint et le Maillé-Brézé avec seulement 880 miles nautiques.

Conduite de tir : L'artillerie des contre-torpilleurs type 1929 est prévue pour le télépointage en direction. Un télémètre de 3m de base (télémètre C de 3m SOM modèle 1926) assure la conduite de tir associé à deux télémètres de 1m base installés sur les ailerons de passerelle.

Rapidement le télémètre de 3m est déplacé et remplacé par un télémètre plus performant, le télémètre S de 4m OPL modèle E.1930 (grossissement x24 contre x20), lui même remplacé par un télémètre de 5m léger OPL modèle E.1935, le télémètre de 4m remplaçant le télémètre de 3m.

Un système de cadran optique permet le tir groupé d'une division de trois contre-torpilleurs avec des obus à coloration de gerbe pour permettre à un directeur de tir de «retrouver ses petits».

Par exemple en 1936 au sein de la 5ème DL, les obus du Tartu sont rouges, ceux du Vauquelin sont verts et ceux du Chevalier Paul sont blancs (puis jaunes) alors qu'au sein de la 9ème DL les rouges sont pour le Maillé-Brézé, les verts pour le Kersaint et les blanches pour le Cassard.

Armement d'origine :
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Canon_28
Canon de 138mm modèle 1927

-Cinq canons de 138.6mm modèle 1927 en cinq affûts simples (deux avant et trois arrières) modèle 1927 avec 175 coups par affût (dont 75 éclairants)

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Canon_29
Canon de 37mm modèle 1933 à bord du Triomphant en 1941. Les modèles 1933 ont remplacé les modèles 1925

-Quatre canons de 37mm modèle 1925 en quatre affûts Contre-Avions Simples (CAS) avec 500 coups par pièce

-Quatre mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en deux affûts doubles avec 2400 coups par pièce

-Sept tubes lance-torpilles de 550mm en trois plate-formes (deux plate-formes doubles modèle 1928D latérales et une plate-forme triple axiale modèle 1928T) tirant des torpilles de 550mm modèle 1923DT

-Deux grenadeurs de sillage et deux mortiers latéraux avec seize grenades de 200kg en position de lancement pour les grenadeurs à sillage et six de 100kg en réserve en soute soit un total de vingt-deux projectiles.

Cet approvisionnement du temps de paix est porté en temps de guerre à  trente-six avec l'embarquement de huit grenades 200kg qui remplacent les cônes de combat des torpilles (qui sont mis en position) et de six grenades de 100kg (deux en poste sur les mortiers, deux sur chantiers à proximité et 2 en réserve en soute)

-Capacité de mouillage de mines avec deux voies type Decauville de 25m permettant d'embarquer deux trains de 20 mines sous-marines légères (mine Bréguet type B4 disposant de 80kg de tolite).

Equipage : 12 officiers et 201 hommes en temps de paix 12 officiers et 220 hommes en temps de paix, les navires équipés de détecteurs Alpha (Asdic) disposant de 224 hommes

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Dernière édition par clausewitz le Sam 09 Fév 2019, 21:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 09 Fév 2019, 15:38

Les Vauquelin en détail
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Ct_che10
Schéma du contre-torpilleur Chevalier Paul

Coque et superstructures

Les Vauquelin utilisent un système de construction longitudinal, la coque étant divisée par douze cloisons transversales, formant treize compartiments (A à M dans le sens proue-poupe).

Le rivetage est très utilisé mais on note l'introduction de la soudure pour les liaisons et les cloisons légères internes ce qui permet un gain de quelques tonnes.

La coque est à teugue surélevée avec un gaillard d'avant qui met à l'abri des lames et des paquets de mer les pièces n°1 et n°2 de 138mm, le gaillard se terminant juste en arrière du bloc-passerelle. L'arrière en cul de poule introduit sur les Milan et Epervier est destiné aux missions de mouillage de mines.

Les superstructures peuvent être divisées en quatre groupes avec successivement le bloc-passerelle, le rouf avant avec les cheminées n°1 et 2 (chaufferie avant), le rouf milieu avec les cheminées n°3 et 4 (chaufferie arrière) et le rouf arrière surmonté par le mât-gaule arrière à double vergue.

A noter que les ingénieurs du STCN ont envisagé le regroupement des cheminées deux par deux pour des raisons de discrétion visuelle mais la sécurité à prévalu. Il faudra attendre les Fantasque pour voir les contre-torpilleurs français adopter la configuration à deux cheminées.

La coque est solide (notamment au niveau de la poutre-maîtresse) mais l'échantillonnage relativement léger pose problème, les Vauquelin connaissant de nombreuses avaries de coque notamment lorsque la mer est dure.

La protection se limite au blindage des soutes à munitions. Il n'y à aucune protection des zones sensibles comme la passerelle ou l'appareil à gouverner. Néanmoins un compartimentage serré limite la vulnérabilité en cas de voie d'eau, voie d'eau pouvant être combattue par des systèmes d'épuisement (deux éjecteurs à vapeur d'un débit de 30t/heure dans les tranches extrêmes, un éjecteur de 100 tonnes dans chacune des tranches B à E et J à L et deux éjecteurs de 100 tonnes dans chacune des quatre tranches machines [F à I]).

Propulsion

Comme tous les navires de l'époque les Vauquelin sont propulsés par des turbines à engrenages alimentées en vapeur. Ce sont les derniers navires à utiliser de la vapeur saturée et non surchauffée. C'est une installation souple, de grande fiabilité et une conduite aisée.

Les chaudières à mazout sont du type Du Temple multitubulaires, flamme directe avec 20kg de pression par centimètre carré et une vapeur saturée de 215°.

Les chaudières sont groupées deux par deux, dans la tranche F pour la chaufferie avant et la tranche H pour la chaufferie arrière. Les turbines sont installées en tranche G pour la machine tribord et dans la tranche I pour la machine bâbord.

Les chaufferies ne sont pas identiques d'un navire à l'autre. Le Cassard dispose de chaufferies fabriquées par les Ateliers et Chantiers de la Seine Maritime du Trait, le Kersaint dispose d'une chaufferie avant produite par les Chantiers Navals Français de Caen alors que la chaufferie arrière à été produite par les Ateliers et Chantiers de la Gironde de Bordeaux.

Le Maillé-Brézé dispose d'une chaufferie avant fournie par les chantiers navals de Penhoët alors que la chaufferie arrière à été produite par les Ateliers et Chantiers de la Gironde de Bordeaux.

Le Vauquelin dispose d'une chaufferie avant produite par son chantier constructeur (Ateliers et Chantiers de France de Dunkerque) alors que la chaufferie arrière à été fabriquée par Babcock & Wilcox.

Le Tartu et le Chevalier Paul disposent d'une chaufferie arrière fournie par les Ateliers et Chantiers Augustin Normand du Havre mais la chaufferie avant diverge entre les deux navires, les ACL pour le premier et les FCM de la Seyne sur Mer pour le second.

Les turbines sont du type Parsons ou Rateau selon les navires, la puissance développée étant de 64000ch, les engrenages étant du type à simple réduction, les hélices étant fabriquées en bronze THR à pas constant de 3.69m de diamètre (4.18m pour le Cassard).

Le gouvernail axial unique de petite dimension rend les bâtiments peu manœuvrant. A 30 nœuds le rayon de giration est de 1100 à 1300m !

Si les Cassard et Kersaint disposent de turbines type Rateau-Bretagne à action, les Maillé-Brézé, Vauquelin,Tartu et Chevalier Paul disposent de turbines Parson à réaction.

Chaque ensemble type Parsons dispose d'une turbine principale à deux étages de détente (l'étage supérieur étant la turbine principale HP alors que l'étage inférieur étant la turbine principale BP), la première développant 14000 et 18000ch (puissance maximum normale), le bâti de la principale BP intégrant une turbine de marche arrière. On trouve également une turbine de croisière développant 9000ch.

Chaque ensemble type Rateau-Bretagne dispose d'une turbine principale à deux étages de détente (turbine principale HP et turbine princpale BP) travaillant en série et développant 32000chà la PMN, une turbine de marche arrière de 8000ch étant intégrée dans l'étage BP, deux turbines de croisière (CR1 et CR2) qui travaillent en parallèle et développent 4800ch chacune à PMN.

Le volume total des soutes à combustible est de 640 mètres cubes (dont 5% doit rester vide comme sécurité de dilatation) réparti par la soute principale transversale avant de 157 mètres cubes, la soute transversale arrière de 52 mètres cubes et six soutes latérales en abord des compartiments «machines» et «chaufferies» pour un total de 431 mètres cubes.

La capacité normale est de 175 tonnes de mazout (dont 85 intégrées dans le déplacement Washington). A ce mazout s'ajoute 120 tonnes d'eau industrielle et 19 tonnes de lubrifiants.

En surcharge normale ils sont portés à 445 tonnes de mazout et 185 tonnes d'eau industrielle dont 129 tonnes de réserve. En surcharge complète, l’approvisionnement de mazout peut atteindre 585 tonnes.

La production d'électricité est assurée par deux turbo-dynamos de 80 kW Rateau à vapeur tandis qu'au mouillage, elle est produite par deux groupes électrogènes à pétrole de 22 kW Bettus-Loire.

Les apparaux de mouillage sont composées de deux lignes de mouillage principales installées sur l'étrave. Chaque ligne de mouillage comporte une ancre à pattes articulées de 2350kg montée sur écubier avec 7 maillons de chaîne à 42mm. La manœuvre des ancres de poste est effectuée par un guindeau à vapeur de 30ch installé à plat pont sur la teugue en arrière du brise-lames.

On trouve également des ancres d'embossage à jet de 600 et 300kg qui sont gréées sur la façade arrière de la teugue, un sur chaque bord. Elles sont mouillées et ramassées au moyen des grues d'embarcations. L'ancre de 600kg est débarquée en 1937 pour réduire le poids dans les hauts.

Performances :

La vitesse normale de combat est limitée à 30/31 nœuds mais au sein des DCT en raison de leur composition homogène, la vitesse de raid potentielle est de 38.5 nœuds.

La vitesse maximale normale de chaque bâtiment varie avec 34 nœuds pour le duo Cassard/Kersaint, 32.4 nœuds pour le Tartu, 32 nœuds pour le Vauquelin, 31 nœuds pour le Chevalier Paul et 30 nœuds pour le Maillé-Brézé.

Aux essais, la vitesse maximale atteinte varie. Si on prend en compte l'essai de 8h à Puissance Maximale Normale, les contre-torpilleurs sont classés du plus rapide au plus lent avec en première place Cassard (39.488 nœuds) suivi du Maillé-Brézé (38.9 nœuds), du Tartu (38.374 nœuds), du Vauquelin (38.2 nœuds), du Chevalier Paul (37.736 nœuds), le Kersaint fermant la marche avec la vitesse de 37.013 nœuds.

En ce qui concerne la distance franchissable, à la vitesse de croisière de 14 nœuds (environ 28 km/h), le plus endurant est le Vauquelin avec 3320 miles nautiques (6148.64 km) suivi du duo Cassard/Chevalier Paul avec 2900 miles nautiques (5370.8 km), du duo Kersaint/Tartu avec 2850 miles nautiques (5278.2 km), le Maillé-Brézé fermant la marche avec 2750 miles nautiques (5093 km).

A la vitesse maximale normale de chaque bâtiment, le leader est le Maillé-Brézé avec 880 miles nautiques (1629.76 km) suivit du Chevalier Paul avec 860 miles nautiques (1592.72 km), du Cassard avec 850 miles nautiques (1574.2 km), du Tartu avec 833 miles nautiques (1542.716km), le Vauquelin et le Kersaint fermant la marche avec 780 miles nautiques (1444.56 km).

Conduite de tir

L'artillerie des contre-torpilleurs type 1929 est prévue pour le télépointage en direction. Un télémètre de 3m de base (télémètre C de 3m SOM modèle 1926) assure la conduite de tir associé à deux télémètres de 1m base installés sur les ailerons de passerelle.

Rapidement le télémètre de 3m est déplacé et remplacé par un télémètre plus performant, le télémètre S de 4m OPL modèle E.1930 (grossissement x24 contre x20), lui même remplacé par un télémètre de 5m léger OPL modèle E.1935, le télémètre de 4m remplaçant le télémètre de 3m.

Un système de cadran optique permet le tir groupé d'une division de trois contre-torpilleurs avec des obus à coloration de gerbe pour permettre à un directeur de tir de «retrouver ses petits».

Par exemple en 1936 au sein de la 5ème DL, les obus du Tartu sont rouges, ceux du Vauquelin sont verts et ceux du Chevalier Paul sont blancs (puis jaunes) alors qu'au sein de la 9ème DL les rouges sont pour le Maillé-Brézé, les verts pour le Kersaint et les blanches pour le Cassard.

Armement

Canons de 138.6mm modèle 1927
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Canon_30

Le canon de 138mm est le canon standard des contre-torpilleurs français, les Jaguar faisant exception avec leurs cinq canons de 130mm. Si les Guépard utilisaient le modèle 1923, les Aigle et les Vauquelin disposaient d'un nouveau modèle le modèle 1927.

Ce canon de 138mm est une version améliorée de la pièce précédente avec une culasse à coin horizontal semi-automatique avec mise à feu automatique.

Ce canon va équiper les contre-torpilleurs de classe Aigle, le duo Milan/Epervier ainsi que les unités de classe Vauquelin soit un total de douze navires et de soixante pièces sous masque.

Ce canon de 138mm modèle 1927 est un canon de 40 calibres (longueur du tube : 5.520m) qui tire des obus de 39.9kg à une distance maximale de 16600m (+28°) à raison de 12 coups à la minute (8-10 dans la pratique).

L'affût simple sous masque pèse 13 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -5° à +28° et en azimut sur 135°. La dotation en munitions est de 175 coups par affût dont 75 éclairants soit un total de 875 coups.

Canons de 37mm

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Canon_31
Canon de 37mm modèle 1925

Les contre-torpilleurs classe Vauquelin disposent à l'origine de quatre canons de 37mm modèle 1925 CAS (Contre-Avions Simple) installés deux par deux sur chaque bord. Ce canon est à chargement manuel au coup par coup, la manœuvre se fait par des volants à bras ce qui fait qu'il est totalement dépassé en 1940.

Le canon de 37mm modèle 1925 est un canon de 60 calibres tirant un obus de 0.725kg  à 8000m avec un plafond de 5000m à raison de 20 coups par minute. Ces deux canons peuvent pointer en site de -15° à +80°. La dotation en munitions est de 500 coups par pièce soit un total de 2000 coups avec 140 coups par pièce immédiatement disponibles.  

Outre un fonctionnement dépassé (pointage par volant, système semi-automatique), leur positionnement laissant de larges secteurs non-battus notamment vers l'avant et vers l'arrière alors que les attaques aériennes sont généralement prononcées dans l'axe.

Avant 1939 il n'y à aucun changement majeur en raison du retard du canon de 37mm modèle 1935 ACAD (Affût Contre-Avions Automatiques Double). Il faudra attendre la guerre pour avoir des modifications et encore des modifications très limitées qui ne changent pas grand chose.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Canon_32
Le canon de 37mm modèle 1933 sur le pont du croiseur lourd Algérie

Finalement on décide de remplacer des canons de 37mm CAS  modèle 1925 par des canons de 37mm CAD modèle 1933 qui ne sont en réalité que deux canons de 37mm modèle 1925 montés sur un affût jumelé.

Initialement il était prévu de remplacer les quatre canons de 37mm modèle 1925 CAS par deux canons de 37mm modèle 1933 mais dans la pratique il va y avoir des différences. Le Vauquelin suit le schéma prévu à Toulon en mai 1940.

Le Tartu ne sera modifié qu'en novembre 1940 avec le maintien des canons de 37mm modèle 1925 n°1 et n°2 (tribord et bâbord avant) et l'embarquement de deux matériels modèle 1933 pour remplacer les affûts arrières.

Si le Maillé-Brézé n'à pas le temps d'être modifié avant sa destruction, le Chevalier Paul est modifié  fin 1940 début 1941. Une plate-forme est aménagée au sommet du rouf arrière avec un affût double modèle 1933 axial et deux canons de 37mm modèle 1925 dans des encorbellements latéraux.

Ces travaux sont contestés par la Commission Italienne d'Armistice (CIA) qui met son véto à des modifications identiques sur les Kersaint, Tartu et Vauquelin. Il faudra attendre les combats au Levant (combats fatals au Chevalier Paul) pour que la CIA lève son interdiction.

-Le Tartu subit des travaux en juillet/août 1941. Un canon de 37mm modèle 1933 est installé en position axiale et comme d'autres affûts doubles ne sont pas disponibles les encorbellements latéraux sont provisoirement armés avec un canon de 37mm modèle 1925. Il y à 1095 coups en parcs et au total 3678 coups avec les soutes.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Canon_33
Canon de 25mm modèle 1938 Hotchkiss

-Le Kersaint subit des travaux en juillet/août 1941. Sur la plate-forme au sommet du rouf arrière, il reçoit provisoirement trois mitrailleuses de 25mm Hotchkiss sur affût de bord Panhard approvisionnement à 8 chargeurs et 800 coups par arme. Ces armes doivent être remplacés dès que possible par des affûts doubles de 37mm modèle 1933. Les quatre canons de 37mm modèle 1925 sont conservés à leurs emplacements initiaux.

-Le Vauquelin est modifié à Toulon en août 1941. Les deux affûts doubles de 37mm modèle 1933 sont réinstallés sur le rouf arrière l'un en position axiale et l'autre dans l'encorbellement bâbord. En attendant la disponibilité d'un troisième affût double de 37mm modèle 1933, un canon de 37mm modèle 1925 est installé dans l'encorbellement tribord.

-Le Cassard subit les mêmes modifications que le Tartu mais à Oran et entre octobre/novembre 1941.

Mitrailleuses de 13.2mm
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Mitrai12
Affût double de 13.2mm

Les contre-torpilleurs de classe Vauquelin disposent également de quatre mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 groupés en deux affûts doubles avec 2400 coups par pièces. Ils sont installés sur la teugue, un de chaque bord, par le travers du bloc-passerelle en abord.

La mitrailleuse de 13.2mm Hochkiss modèle 1929 dispose d'un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d'alimentation, des boitiers chargeurs de 30 cartouches). Elles sont montées en affûts simples, doubles ou quadruples.

Des mitrailleuses Browning sont commandées à la firme belge FN Herstal. Ces armes initialement d'un calibre de 12.7mm sont recalibrées en 13.2mm pour tirer la cartouche déjà utilisée par les mitrailleuses Hotchkiss. Chaque contre-torpilleur de classe Vauquelin doit normalement recevoir deux armes avec 2500 cartouches et 2000 maillons métalliques par arme, dont trois bandes de 500 cartouches en parc et le reste en soutes.

Ces armes doivent être provisoirement installées en position axiale, l'une sur le toit du rouf des norias arrière et l'autre sur la plage arrière. Le Tartu lui dispose de ses deux mitrailleuses sur le toit du rouf arrière.

Le Chevalier Paul suite aux modifications décrites plus haut installe ses Browning sur les angles avant du rouf milieu à l'emplacement des télémètres CA.

Lorsque le Kersaint réorganise sa DCA, les deux Browning sont installées sur l'arrière de la plate-forme DCA du rouf arrière puis pour ne pas réduire le champ de battage des mitrailleuses de 25mm, les Browning sont disposées sur la plate-forme des norias avant, les Hotchkiss étant transférées sur les angles avant du rouf milieu. Cette modification est aussi appliquée sur le Cassard.

Plus anecdotique, on installe une mitrailleuse double Hotchkiss de 8mm modèle 1926 sur la plage arrière et des chandeliers à fourche Fauconneau pour pouvoir utiliser les trois fusils mitrailleurs de 7.5mm modèle 1924/29 de la compagnie de débarquement. Leur efficacité est plus de l'ordre du symbolique.

Tubes lance-torpilles
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Tubes_10
Les tubes lance-torpilles des Vauquelin utilisaient des torpilles modèle 1923DT
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Torpil12

Les contre-torpilleurs de classe Vauquelin disposaient de sept tubes lance-torpilles de 550mm en trois plate-formes (deux plate-formes doubles modèle 1928D latérales et une plate-forme triple axiale modèle 1928T) tirant des torpilles de 550mm modèle 1923DT.

La plate-forme est manœuvrée soit via un moteur de 3ch ou à bras, le champ de battage étant de 60 à 120°. La chasse fait à l'air comprimée (une bouteille de 100l à 60kg pour chaque tube) ou à poudre en cas d'urgence.

Ces plate-formes  utilisent des torpilles de 550mm modèle 1923DT pesant 2068kg avec une charge militaire de 310kg. Mesurant 8.280m de long, elles peuvent atteindre des cibles entre 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

La direction de lancement se fait par deux postes de conduite de lancement modèle 1929 installés un sur chaque bord sur chaque aileron de passerelle.

Les cônes d'exercices utilisés en temps de paix sont stockés dans des valises à proximité des tubes alors que les cônes de combat sont stockés dans la soute à grenades ASM.

A noter que lors des travaux de réorganisation de la DCA, la plate-forme lance-torpilles arrière du Chevalier Paul est débarquée ce qui est critiqué. Cette mesure est rapportée mais le navire est détruit avant de pouvoir rembarquer la plate-forme lance-torpilles mise à terre.

Grenades ASM et Mines
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Grenad11
Grenade ASM française

Les Vauquelin disposaient de deux grenadeurs de sillage et deux mortiers latéraux avec seize grenades de 200kg en position de lancement pour les grenadeurs à sillage et six de 100kg en réserve en soute soit un total de vingt-deux projectiles.

Cet approvisionnement du temps de paix est porté en temps de guerre à  trente-six avec l'embarquement de huit grenades 200kg qui remplacent les cônes de combat des torpilles (qui sont mis en position) et de six grenades de 100kg (deux en poste sur les mortiers, deux sur chantiers à proximité et 2 en réserve en soute)

En 1936 les mortiers et leur approvisionnement en grenades de 100kg sont débarqués. La place libérée est occupée par des grenades de 200kg.

En octobre 1939 décision est prise d'embarquer deux mortiers Thornycroft modèle 1918 de 240mm pour tirer des grenades ASM de 100kg. Ils sont installés à plat pont au niveau du rouf milieu. Leur pointage en site est fixe à +50° et la portée est de 60m, les mortiers disposant de douze grenades (deux à poste, quatre en parc à proximité et six en réserve dans la soute à munitions arrière). Cette installation réduit le nombre de grenades de 200kg à vingt-quatre (seize en position sur les grenadeurs et huit en réserve en soute)

Les mortiers sont installés sur le Cassard à Toulon en mai 1940, sur le Vauquelin à Toulon en juin 1940 et sur le Kersaint  à Toulon en mai/juin 1941.

L'armement anti-sous-marin est encore renforcée avec l'embarquement de seize grenades légères de 52kg (dites du type vedette), mouillées par un système de gouttière métallique avec deux fois trois en position et les autres en réserve en soute.

En ce qui concerne les détecteurs Alpha, seul le Kersaint est équipé avant l'armistice, le Vauquelin le sera qu'à l'automne 1940. Le Maillé-Brézé et le Chevalier Paul ne sont pas équipés avant leur destruction, le Tartu l'est en octobre 1941 et enfin le Cassard l'est deux mois plus tard.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Mines_10
Mine Bréguet B4

Les contre-torpilleurs peuvent mouiller des mines. Ce choix s'explique par la volonté d'éviter de construire des mouilleurs de mines spécialisés. Pour cela les Vauquelin utilisaient deux voies type Decauville de 25m permettant d'embarquer deux trains de 20 mines sous-marines légères (mine Bréguet type B4 disposant de 80kg de tolite).

Les contre-torpilleurs type 1928 ne disposent pas de paravanes pour le dragage d'auto-protection mais néanmoins ils disposent d'un écubier pour filières de paravanes gréé sur l'étrave de façon qu'ils puissent éventuellement en mettre en œuvre.

Drome d'embarcations

A l'époque des Vauquelin, les navires de la marine française étaient tellement nombreux qu'il était impossible que tous prennent place à quai (on aimerait que ce soit le cas en 2018.....). Voilà pourquoi les places à quai étaient réservées aux navires en travaux, les navires opérationnels mouillant sur coffre.

Voilà pourquoi les navires de l'époque disposaient de nombreuses annexes. Les contre-torpilleurs de classe Vauquelin disposent d'une vedette de 7m pour le commandant installée au poste tribord, un canot de service de 7m à moteur au poste bâbord, un youyou de 5m à moteur au poste axiale, un youyou de 5m à l'aviron, un Berthon en toile de 3.60m et une plate de 3m.

Ultérieurement la drome d'embarcations serait augmentée avec un canot de service de 7m à l'aviron, à tribord et une baleinière de sauvetage de 7m à l'aviron à bâbord. On trouve également huit radeaux de sauvetage métalliques pour seize personnes type Brest.

Les embarcations sont mises à l'eau par deux grues à treuil électrique orientables à bras. La montée à bord s'effectue par deux échelles de coupée, l'une à l'arrière pour les officiers et l'autre au milieu pour l'équipage.

Equipage

L'équipage du temps de paix d'un contre-torpilleur de classe Vauquelin se compose de douze officiers, trente-quatre officiers mariniers et 167 quartiers-maîtres et matelots soit un total de 213 hommes, effectifs portés à 220 hommes en temps de guerre et 224 pour les contre-torpilleurs équipés de l'Alpha (Asdic).

Les douze officiers se répartissent en dix officiers de marine (huit officiers de vaisseau et deux ingénieurs mécaniciens) et deux officiers des corps annexe (un commissaire et un médecin).

Le grade du commandant était capitaine de frégate ou capitaine de vaisseau si il commandait une DL/DCT.

Quand le navire est disponibilité armée, on trouve un capitaine de frégate (commandant), deux lieutenants de vaisseau et un ingénieur mécanicien de 1ère, 2ème ou 3ème classe. L'effectif global est de 107 hommes et durant la période 1940/42, les navires en position de gardiennage disposaient d'un effectif de 45 hommes au statut civil (qui n'entraient pas en compte dans les effectifs autorisés par les commissions d'armistice).

En ce qui concerne les officiers mariniers ont trouve deux premiers maîtres, huit maîtres et vingt-quatre maîtres.

Le rang se compose de 167 quartiers-maîtres et matelots.

Quand un Vauquelin était bâtiment-amiral, on trouvait un état-major composé d'un amiral, d'un capitaine de frégate comme chef d'état-major, un ingénieur mécanicien principal, un commissaire principal et un médecin principal. Le personnel de majorité non-officier comprend cinq officiers mariniers et douze quartiers-maîtres et matelots.

FIN

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 09 Fév 2019, 16:15

Citation :
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Classe15Fiche Technique […]
Armement d'origine : CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Canon_28
Canon de 127mm modèle 1938 […]
Canons de 127, modèle 1938 ? Pour des CT construits en ~1930 ? scratch
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 09 Fév 2019, 16:42

Merci Claus ! Encore une belle série qui a été décrite, beau travail !!
Évocation de 3 unités de cette classe en dessins :

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) 2_vauq10
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) 2_mail10
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) 2_tart10

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 09 Fév 2019, 18:00

DahliaBleue a écrit:
Citation :
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Classe15Fiche Technique […]
Armement d'origine : CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) Canon_28
Canon de 127mm modèle 1938 […]
Canons de 127, modèle 1938 ? Pour des CT construits en ~1930 ? scratch

bonsoir
on aura compris: 138 modèle 1927…
bel article. et maintenant ? lol!
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 09 Fév 2019, 21:37

Oups je vais corriger de suite

Pour le prochain article un indice : bataille décisive

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 09 Fév 2019, 21:38

JJMM a écrit:
Merci Claus ! Encore une belle série qui a été décrite, beau travail !!
Évocation de 3 unités de cette classe en dessins :

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) 2_vauq10
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Dessins (c) JJMM

Merci superbes réalisations

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyDim 10 Fév 2019, 08:53

Merci Claus !
A propos de dessins, si tu veux tous les originaux numériques du MB en PDF haute définition,  fais le moi savoir par mail, ce sera avec plaisir ...
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MessageSujet: Merci   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyDim 10 Fév 2019, 17:30

Merci pour ce très long exposé si enrichissant....
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyLun 11 Fév 2019, 00:14

Berold a écrit:
Merci pour ce très long exposé si enrichissant....

De rien c'est toujours un plaisir

Demain un nouvel article mais je n'en dis pas plus

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptySam 30 Mar 2019, 19:00

Superbe article.

clausewitz a écrit:

Statue de Jean Vauquelin à Dieppe, sa ville natale

On dirait celle présente à Montreal scratch
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE VAUQUELIN (FRANCE) (Terminé) EmptyDim 31 Mar 2019, 10:50

ecourtial a écrit:
Superbe article.

clausewitz a écrit:

Statue de Jean Vauquelin à Dieppe, sa ville natale

On dirait celle présente à Montreal scratch

Après vérification effectivement une petite erreur, merci de la correction

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