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 CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)

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clausewitz
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clausewitz

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MessageSujet: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Lun 24 Sep - 7:59

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE
(FRANCE)


Le contre-torpilleur Aigle en grande rade à Toulon fin 1932

AVANT-PROPOS

Une histoire du contre-torpilleur en France

En 1887, le torpilleur de défense mobile N°68 (type Normand, 33m de long, 46 tonnes) fût transféré par chemin de fer de Toulon à Cherbourg provoquant l'angoisse de la presse britannique.


Torpilleur de défense mobile n°86

Ce transfert relance les invasions scares, ces bouffées délirantes, craignant une invasion française, bouffées souvent liées à la mise en service d'un nouveau navire ou d'une nouvelle arme au sein de la Royale. La multiplication des torpilleurs dans les marines françaises et russes firent craindre une submersion des torpilleurs britanniques, écrasés par le nombre.

On chercha donc des parades et après plusieurs essais infructueux, les anglais aboutirent à un navire qu'ils appelèrent Torpedo Boat Destroyer (TBD) bientôt connu sous la forme générique de destroyer (destructeur). La France ne tarda pas à imiter la «Perfide Albion» en créant son propre «destructeur» appelé dans la langue de Molière le contre-torpilleur.


L'Arbalète

Ce terme est apparu une première fois brièvement en 1890 mais ce n'est qu'en 1896 que le terme s'impose quand les avisos-torpilleurs sont reclassés contre-torpilleurs d'escadre avant que le terme escadre ne disparaisse en 1900 et celui de contre-torpilleur en 1913 quand les contre-torpilleurs sont reclassés torpilleurs d'escadre.

Les premiers contre-torpilleurs sont des navires de 300 tonnes environs d'où leur appellation de «contre-torpilleurs de 300 tonnes», mesurant 56m de long entre perpendiculaires au moins pour les premiers, les derniers des 55 bâtiments commandés entre 1896 et 1906 déplaçant 328 tonnes et une longueur portée à 58m. L'armement ne varie pas avec un canon de 65mm en chasse, six canons de 47mm (trois sur chaque bord) et deux tubes lance-torpilles de 381mm sur les 32 premiers et de 450mm sur les 23 suivants et derniers.

Aux contre-torpilleurs de 300 tonnes succédèrent les treize contre-torpilleurs de 450 tonnes qui étaient étroitement dérivés de leurs prédecesseurs avec une longueur comprise entre 64m et 65.80m avec un déplacement compris entre 430 et 450 tonnes, un armement composé de six canons de 65mm (deux axiaux et quatre latéraux) et de trois tubes lance-torpilles de 450mm (un d'étrave, deux axiaux).

Admis au service actif entre 1909 et 1912, ils furent largement engagés dans le premier conflit mondial, étant condamnés en 1927/28 sauf un perdu par échouage durant la guerre et un autre condamné en 1922.

Les vingt et un contre-torpilleurs suivants allaient marquer un vrai bon en avant puisque le tonnage de ces navires commandés à l'Industrie (les chantiers privés) était de 800 tonnes avec un armement composé de deux canons de 100mm en chasse et en retraite et de quatre canons de 65mm installés latéralement plus quatre tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes doubles.


Le contre-torpilleur Casque

Les douze premiers sont commandés le 31 mai 1908 à sept chantiers privés : les Bouclier et Francis Garnier à Auguste Normand du Havre, les Boutefeu et Commandant Bory chez Dyle et Bacalan à Bordeaux, le Casque aux FCM de la Seyne sur Mer, les Cimeterre Dague Commandant Rivière aux FCG de Bordeaux, les Faulx Fourche chez De la Brosse et Fouché à Nantes (futurs ACB), le Capitaine Mehl aux ACL à Nantes et le Dehorter aux ateliers et chantiers de Penhoët à Saint Nazaire. Tous sont mis en service entre 1911 et 1913.

En 1911, six autres navires répondant au même programme sont commandés à l'Arsenal de Toulon (Bisson Renaudin Commandant Lucas), à l'Arsenal de Rochefort (Protet), à Schneider à Chalons sur Saone (Mangini) et un aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (Magon). Ces six navires sont armés entre 1912 et 1914. Ces navires déplaçaient près de 860 tonnes contre 780 tonnes en moyenne pour les précédents mais leur longueur était comparable (78.10m).

Enfin trois navires seront commandés en 1913, les deux premiers baptisés Enseigne Roux et Mécanicien Principal Lestin sont commandés à l'Arsenal de Rochefort et mis en service en 1916 alors que l'Enseigne de Vaisseau Gabolde dont la construction est confiée aux chantiers Auguste Normand n'entrera en service qu'après la guerre. Par rapport aux dix-huit précédents, ils sont plus long (82.60m).

Ces vingt et un navires vont former ainsi l'ossature de la force de torpilleurs de la marine nationale dans le premier conflit mondial. Cinq navires ont été perdus durant le premier conflit mondial et les autres désarmés en 1925/26 à l'exception de l'Enseigne Roux en août 1937 et de l'Enseigne Gabolde le 26 juin 1938.

Reconstruire une flotte

Quand l'armistice entre en vigueur le 11 novembre 1918, l'armée de terre française ressort meurtrie mais glorieuse du terrible conflit qui vient de s'achever. Auréolée du titre de «meilleure armée du monde», elle va inquiéter les anglo-saxons et les allemands durant les premières foucades hitlériennes au point que sa déroute vingt-deux ans plus tard choqua et stupéfia le monde.

La marine nationale, la Royale n'à pas cette chance. Entrée dans un conflit alors qu'elle entamait un processus de modernisation et surtout de rattrapage après les théories parfois justes mais souvent délirantes de la jeune école, elle à terriblement souffert sans pour autant récolter des lauriers, l'opinion publique obnubilée par les tranchées n'eut guère conscience de la dureté des combats en mer.

La marine connait donc une crise matérielle (navires usés et dépassés) doublée d'une crise morale qui provoque des mutineries en mer Noire, à Toulon et à Bizerte par des marins épuisés par près de cinq ans de guerre sans parler de questions purement idéologiques qui viennent souvent se greffer sur un profond mal-être.

Reconstruire une flotte moderne est une nécessité et ce en dépit de facteurs handicapants : tissu industriel insuffisant et dépassé (les arsenaux ont participé aux productions destinés à l'armée de terre, délaissant les constructions neuves à l'exception de la poussière navale destinée à l'escorte des convois), restrictions budgétaires, dettes de guerre sans oublier l'instabilité ministérielle même si le ministère de la Marine sera épargné.

Cette reconstruction répond principalement à deux objectif. Le premier répond tout simplement à la grandeur d'un pays qui pèse encore sur la scène internationale (deuxième empire colonial) même si face aux mastodontes américains, japonais (en attendant la Russie bolchevique voir la Chine), elle fait figure de «nain».

Le second est lié directement à la saignée de la «Der des ders». Le million et demi de morts du premier conflit mondial était pour l'immense majorité formé de jeunes hommes vigoureux en passe de devenir pères de familles.

D'où l'apparition à terme dans les années trente de «classes creuses» qui accentuèrent le déséquilibre démographique qui avait justifié en 1913 la loi sur le service militaire de trois ans. Dans une France tentée par le pacifisme, augmenter encore la durée du service militaire était impossible ou politiquement difficile à faire passer.

Les généraux veulent faire appel à la «Force Noire», la ressource humaine de l'Empire symbolisée par les tirailleurs sénégalais mais qui était également composée de tirailleurs marocains, algériens, tunisiens, de goumiers, de spahis, de zouaves........... .

Pour faire passer en métropole ces combattants, il faut une puissante marine capable de couvrir les transports de troupes reliant l'Afrique du Nord et l'Afrique Noire à la métropole.

Cette marine va être reconstruite dans le cadre du traité de Washington signé en février 1922 qui relègue la marine nationale en second division mondiale à égalité avec l'Italie et loin derrière les Etats Unis, la Grande Bretagne et le Japon.

Si à l'époque, les nationalistes voient dans ce traité une humiliation et une trahison, il faut reconnaître avec le recul qu'il à été bénéfique pour la France, lui évitant l'achèvement coûteux du programme de 1912 et permettant la naissance de la belle marine de Georges Leygues.

Cette marine va ainsi d'organiser autour d'unités légères, des torpilleurs d'escadre, des contre-torpilleurs et des croiseurs légers et lourds. Ces magnifiques et rutilants navires si ils sont bien supérieurs à ceux d'avant le premier conflit mondial ne sont pas exempts de défauts : faible endurance, rayon d'action court lié à une stratégie méditerranéenne, appareil de détection inexistants et DCA dépassée.

Ces défauts, il faut le reconnaître n’apparaîtront pour la plupart qu'en raison d'une utilisation imprévue. Les contre-torpilleurs conçus pour attaquer à grande vitesse les lignes de communication ennemies, appuyer les torpilleurs amis et refouler les torpilleurs ennemis se retrouveront à escorter les convois et appuyer les troupes par des tirs contre la terre sous une très forte menace arrière.

Cette marine va aussi se construire dans l'opposition avec la marine italienne, les constructions de Paris répondant à celles de Rome. Cette opposition est surtout connue pour les croiseurs lourds mais en ce qui concerne les contre-torpilleurs c'est aussi le cas.

C'est ainsi que les italiens construisent les premiers Condottieri pour contrer les contre-torpilleurs français puis après l'apparition des Fantasque et des Mogador décident de commander des croiseurs-éclaireurs de classe Capitani Romani, les derniers Condottieri devant davantage s'opposer aux Galissonnière.


Le contre-torpilleur Mogador

Les Jaguar : des contre-torpilleurs modernes pour la marine italienne.

Reconstruire la flotte (bis)

Schéma de la classe Jaguar

Quand le premier conflit mondial se termine, la marine nationale dispose sur le papier de treize contre-torpilleurs de 800 tonnes (trois autres mis en service après l'armistice), onze de 450 tonnes et quarante-sept de 300 tonnes soit soixante-onze navires mais l'immense majorité n'ont plus aucune valeur militaire et sont condamnées entre 1919 et 21.

Pour faire la soudure avec les futures constructions neuves, la marine nationale récupère des unités ex-allemandes et ex-austro-hongroises, la plupart d'un tonnage semblable aux unités nationales mais le destroyer S113 rebaptisé Amiral Sénès avec son déplacement de 2060 tonnes et son armement de quatre canons de 150mm annonce les futurs contre-torpilleurs de la marine nationale alors que les autres annoncent plus les futurs torpilleurs d'escadre.

Si les constructions sont interrompues par la guerre, les études se poursuivent durant le premier conflit mondial.

En juillet 1918 par exemple, on envisage la construction d'un contre-torpilleur de 1600 à 1800 tonnes, filant à 34/35 noeuds avec un armement composé de trois canons de 138mm en affûts simples axiaux, un canon de 75mm antiaérien, deux affûts lance-torpilles triples de 550mm dans l'axe et trois tubes lance-torpilles simples à l'avant.

Le projet définitif est approuvé par l'Etat-Major Général (note 1062) du 25 mai 1921 avec un armement composé de six canons de 130mm avec un affût simple et un affût double à l'avant, un affût simple au milieu et deux affûts simples à l'arrière.

Les essais d'affûts doubles se révélant infructueux (notamment en raison de problèmes d'alimentation en munitions), l'armement des contre-torpilleurs est modifié le 12 septembre 1923 avec cinq affûts simples (deux avant, un au milieu et deux à l'arrière).

Après deux ans de tergiversations, la première tranche du Programme naval est définitivement votée par le Sénat le 18 mars 1922.  

Les six contre-torpilleurs financés à la tranche 1922 reçoivent tous des noms de grands félins, la construction étant répartie entre les Arsenaux et l'Industrie, les chantiers navals privés.

Carrière opérationnelle


-Le Jaguar est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 24 août 1922 lancé le 17 novembre 1923 et admis au service actif le 19 novembre 1926. Gravement endommagé par des S-Boot devant Dunkerque dans la nuit du 22 au 23 mai 1940, le Jaguar est échoué sur la plage et son épave pétardée le 31 mai 1940.


-Le Léopard est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint Nazaire le 14 août 1923 lancé le 29 septembre 1924 et admis au service actif le 15 novembre 1927. Saisi par les anglais en juillet 1940 puis cédé aux FNFL, il est perdu par échouage devant Tobrouk le 27 mai 1943, se cassant en deux avant toute tentative de renflouement.


-Le Tigre est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Bretagne (ACB) à Nantes le 18 septembre 1923 lancé le 2 août 1924 et admis au service actif le 7 février 1926. Saisi par les italiens après le sabordage de la flotte à Toulon, il est rendu à la France en octobre 1943 et utilisé jusqu'à son désarmement le 10 juillet 1948 (mise en réserve spéciale A) puis sa condamnation le 4 janvier 1954 et sa démolition.


-Le Chacal est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët à Sain Nazaire le 18 septembre 1923 lancé le 27 septembre 1924 et admis au service actif le 23 décembre 1926. Il est coulé par le Luftwafe le 24 mai 1940.



-Le Panthère est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 23 décembre 1923 lancé le 27 octobre 1924 et admis au service actif le 4 février 1927. Non sabordé le 27 novembre 1942, il est saisi par les italiens en mars 1943 puis sabordé à La Spezia le 9 septembre 1943. Il est relevé et démoli après guerre.



-Le Lynx est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Saint-Nazaire le 14 janvier 1924 lancé le 25 février 1925 et admis au service actif le 15 novembre 1927. Il est perdu lors du sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942. Il est renfloué et démoli pendant la guerre.

Caractéristiques Techniques

Déplacement :  standard 2400 tonnes (2126 tonnes Washington) pleine charge 3050 tonnes (2976 tonnes Washington)

Dimensions :  longueur hors tout : 126.78m largeur : 11.40m Tirant d'eau : 4.10m

Propulsion :  deux groupes de turbines à engrenages Bréguet (Jaguar Panthère) ou Rateau (Léopard Lynx Chacal Tigre) alimentées en vapeur par cinq chaudières à retour de flamme type Du Temple construits par les FCG (18kg/cm² 216°) développant 50000ch et entraînant deux hélices.

Performances :  vitesse maximale 35 noeuds (Le Tigre à attein 36.7 noeuds aux essais) Distance Franchissable : 3000 miles nautiques à 13 noeuds 1000 miles nautiques à 28 noeuds et 600 miles nautiques à 34 noeuds.

Armement :

-Cinq canons de 130mm modèle 1919 en affûts simples sous masque (deux à l'avant, un au milieu derrière la cheminée n°3 et deux à l'arrière).

-Deux canons de 75mm modèle 1922 (installés sur chaque bord entre l'affût lance-torpilles arrière et l'affût III de 130mm).

-Quatre mitrailleuses de 8mm en deux affûts doubles. Huit mitrailleuses de 13.2mm modèle 1929 en quatre affûts doubles à l'emplacement des canons de 75mm.

Deux plate-formes triples lance-torpillesSchneider modèle 1920T installés axialement (la n°1 entre les cheminées 2 et 3 et la n°2 entre le rouf supportant la pièce III et le rouf supportant la pièce IV)

-Deux grenadeurs de sillage pour six grenades Guilbaud de 200kg et quatre mortiers Thornycroft modèle 1918 pour grenades Guilbaud de 100kg. L’approvisionnement global en 1934 est de vingt grenades de 200kg et de douze de 100kg.

-Possibilité d'embarquer des grenades de 52kg à mouillage manuel et deux torpilles remorquées Ginocchio.

Equipage :  12 officiers, 22 officiers mariniers et 165 quartiers maîtres et matelots


A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Mer 26 Sep - 14:29

Les Guépard : les premiers «quatre tuyaux»


Genèse des Guépard

Les premières ébauches du programme naval de l'immédiat après guerre prévoyait à l'origine douze contre-torpilleurs, nombre réduit de moitié pour des raisons industrielles. C'est en mars 1924 que commence les discussions pour les contre-torpilleurs à financer à la tranche 1925.

Rapidement, il est décidé de reprendre la même configuration d'armement que les Jaguar mais avec cinq canons de 138mm plus puissants. Ces trois navires commandés le 9 octobre 1925 sont des navires de 2690 tonnes, filant à 35.5 noeuds avec une puissance propulsive de 64000ch soit 10000ch de plus que les Jaguar.

Le 23 janvier 1926, une note des STCN envisage plusieurs hypothèses pour trois autres contre-torpilleurs à mettre en chantier en 1927, des navires bien plus gros avec un projet d'un navire de 3850 tonnes avec six canons de 138mm et 4750 tonnes avec huit canons de 138mm.

Ces projets sont jugés trop gros pour les besoins français sachant que les contre-torpilleurs italiens sont des navires de 1800 tonnes avec un armement composé de cinq canons de 120mm même si des navires armés de huit canons de 120mm sont sur le point d'être mis en service.

Finalement après moûltes discussions, il est décidé de construire trois autres contre-torpilleurs de type Guépard. Six navires identiques sont donc financés aux tranches 1925 et 1926.

A la différence des Jaguar dont les noms étaient homogènes, les six Guépard reçoivent des noms fort différent puisque l'on trouve deux félins (Guépard Lion), un bovidé (Bison), deux batailles (Verdun Valmy) et un célèbre ingénieur militaire du 17ème siècle (Vauban).

Comme pour les Jaguar, la construction des Guépard est partagé entre les Arsenaux et l'Industrie. La construction des Guépard et Bison est attribuée à l'Arsenal de Lorient, celle du Lion et du Vauban aux Ateliers et Chantiers de France à Dunkerque, celle du Valmy aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët et du Verdun aux Ateliers et Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire.

Carrière opérationnelle


Le contre-torpilleur Guépard en 1930/31

-Le Guépard est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient (cale n°7) le 14 mars 1927 lancé le 19 avril 1928 et admis au service actif le 16 août 1929. Il est sabordé le 27 novembre 1942 au poste n°1 du quai Noël. Renfloué une première fois en 1943 , il est à nouveau coulé en mars 1944. Renfloué une deuxième fois en 1947, il est démantelé.


Le contre-torpilleur Bison

-Le Bison est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 14 mars 1927 sur la cale n°5. Il est lancé le 29 octobre 1928 et admis au service actif le 24 octobre 1930. Après avoir participé à des missions d'escorte et de chasse aux raiders allemands, le Bison est engagé dans la campagne de Norvège. Le 3 mai 1940, une seule et unique bombe coupe le navire en deux, l'avant disparaissant alors que l'arrière est coulé par le destroyer britannique HMS Afridi qui sera coulé dans l'après midi.


Le contre-torpilleur Lion en 1930

-Le Lion est mis sur cale aux chantiers navals des Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque le 27 juillet 1927 lancé le 5 août 1929 et admis au service actif le 5 février 1931. Placé en gardiennage d'armistice le 1er septembre 1940, le contre-torpilleur était dans le bassin n°2 du Missiessy encadré par deux croiseurs de 7600 tonnes, le Jean de Vienne dans le n°1 et le La Galissonnière dans le n°2.

Capturé par les italiens, il devient la FR-21 mais avant même d'être utilisé par ses nouveaux propriétaires, l'ex-Lion est sabordé à La Spezia le 9 septembre 1943, renfloué par les allemands en 1944 puis recoulé par un bombardement aérien allié en 1944. L'épave à probablement été relevée et démantelée après guerre.


Le contre-torpilleur Vauban le 3 février 1931

-Le Vauban est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 25 mars 1929 lancé le 1er février 1930 et admis au service actif le 5 février 1931. Comme dans tant d'autres navires de la Royale, il termine sa carrière dans le sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942.

Chaviré à bâbord sur l'appontement n°1 Est du Milhaud, il est partiellement relevé par les italiens. Il est avarié par des bombardements alliés. L'épave est finalement relevée en mai 1947 et démolie dans la foulée.


Le contre-torpilleur Valmy en 1929

-Le Valmy est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 5 mai 1927 lancé le 19 mai 1928 et admis au service actif le 26 janvier 1930.

Après l'armistice, il intègre les FHM, participant à la campagne du Levant en 1940. Placé en gardiennage d'armistice aux FCM de la Seyne sur Mer en compagnie du Mogador. Sabordé, il coule droit ce qui facilite son renflouage.

Récupéré par les italiens (FR24), il n'est pas remis en service par ses nouveaux propriétaires. Saisi par les allemands à Gênes, il n'est pas sabordé et est retrouve en l'état en 1945. L'épave est rapidement démantelée.


Le contre-torpilleur Verdun en 1930/31

-Le Verdun est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) installés à Saint-Nazaire le 10 août 1927  lancé le 4 juillet 1928 et admis au service actif le  19 avril 1930.

Après l'armistice, le Verdun est placé en gardiennage d'armistice jusqu'en mai 1941 quand il est réarmé pour remplacer le Vauquelin envoyé au Levant. Le contre-torpilleur est sabordé dans la Darse Vauban le 27 novembre 1942. Renfloué, il est coulé à nouveau en 1944 suite aux bombardements alliés. Renfloué en 1948, il est démoli à Savone en Italie.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : en charge normale (prévu) 2689 tonnes (effectif) 2750 tonnes pleine charge 3200 à 3250 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 130.20m longueur entre perpendiculaires 123.10m largeur maximale 11.76m largeur à la flottaison 11.52m Tirant d'eau : 3.38m à l'avant 4.69m

Propulsion :  turbines à engrenages Parsons (Guépard,Bison,Valmy et Verdun) ou Zoelly (Lion Vauban) alimentées en vapeur par quatre chaudières Du Temple développant 64000ch et entraînant deux hélices.

Performances :  vitesse maximale en service : 36 noeuds distance franchissable : 750 miles nautiques à 6 noeuds, 3450 miles nautiques à 14.5 noeuds

Armement d'origine :

-5 canons de 138mm modèle 1923 en affûts simples sous masque (deux avant, deux arrières et un derrière la quatrième cheminée).

-4 canons de 37mm modèle 1925 en quatre affûts contre avions simples (CAS) installés deux par deux de part et d'autre de la cheminée n°3.

-4 mitrailleuses de 8mm Hotchkiss modèle 1914 en affûts simples ou doubles superposés

-6 tubes lance-torpilles de 550mm groupés en deux plate-formes triples, la première installée entre les cheminées deux et trois et la seconde entre le rouf milieu supportant le canon de 138mm n°3 et le rouf arrière supportant les pièces n°4 et n°5.

-4 mortiers Thornycroft avec douze bombes de 100kg et 2 grenadeurs avec 24 grenades de 200kg, (seize en position et huit en réserve)

Equipage :  9 officiers, 34 officiers mariniers et 193 quartiers maîtres et matelots soit 236 hommes


Genèse des Aigle

Quel contre-torpilleur pour la France ?


Deux des artisans du renouveau de la marine française : le ministre Georges Leygues et ci-dessous l'amiral Darlan


Depuis 1922, la marine française connait un spectaculaire renouvellement de ses moyens. Il faut dire qu'en 1918 la Royale fait plus pitié qu'envie. Sous l'impulsion d'un ministre visionnaire (Georges Leygues) et d'une génération d'officiers symbolisé par le futur amiral Darlan (qui se considérait lui même comme «l'officier le plus pistonné de la flotte»), des commandes régulières permettent une remontée en puissance progressive.

Dans le domaine des contre-torpilleurs, aux six Jaguar ont donc succédé les six Guépard, six navires à quatre cheminées ce qui leur vaut le surnom de «quatre tuyaux». Cette architecture sera caractéristique des destroyers français jusqu'aux Fantasque qui ne disposeront plus que de deux cheminées.


Classe Aigle

Les six navires de la tranche 1927 sont des évolutions des Guépard avec une coque plus courte (1.70m de long en moins hors tout) et un nouveau modèle de canon de 138mm, le modèle 1927.

C'est alors que les choses se compliquent. La construction des deux derniers baptisés Milan et Epervier attribuée à l'Arsenal de Lorient est retardée pour permettre l'embarquement de chaudières à surchauffe plus puissantes, plus compactes mais parfois plus fragiles. Comme elles sont encore en phase d'essais à bord du transport d'hydravions Commandant Teste, la construction des Da-5 et Da-6 est retardée.


Le contre-torpilleur Milan

Voilà pourquoi la classe Aigle ne va compter que quatre unités baptisées Aigle, Vautour,Albatros et Gerfaut. La construction va être assurée par des chantiers navals privés, l'Industrie comme on disait à l'époque.

Les chantiers constructeurs

-La construction de l'Aigle est attribuée aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque dans le nord du pays. Fondés le 6 juillet 1898, ils se caractérisent par le lancement de navires quasiment achevés.

Après avoir construit des clippers et autres voiliers, le chantier ne tarde pas à construire des navires militaires. En cette période de reconstruction, le travail ne manque pas pour les chantiers navals privés.

C'est ainsi que les ACF vont construire les torpilleurs Bourrasque et L'Adroit, les contre-torpilleurs Lion,Vauban,Aigle et Le Triomphant.

Ravagés par la guerre, les chantiers navals dunkerquois sont reconstruits et connaissent un nouvel âge d'or au moment où il faut reconstruire la marine marchande (les commandes militaires sont plus rares).

Frappé de plein fouet par la crise des années soixante-dix, les ACF devenus les Chantiers de France-Dunkerque en 1972 intègrent le groupe Empain-Schneider en 1977 puis forment en 1983 le groupe Normed qui regroupe trois canards boiteux, les chantiers navals de Dunkerque, de La Ciotat et de La Seyne sur Mer. Les chantiers navals de Dunkerque ferment en 1987.

-La construction du Vautour est attribuée aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) mais la construction n'à pas lieu dans le berceau de La Seyne sur Mer mais à Graville près du Havre.

Le chantier de la Seyne est fondé en 1853 mais c'est en 1856 seulement qu'il intègre les FCM ou officiellement la Société Nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée.

Cette entreprise qui dispose de sites à La Seyne sur Mer, Marseille et Graville va construire les torpilleurs Cyclone,Mistral et Forbin mais aussi les contre-torpilleurs Chevalier Paul,Le Malin et L'indomptable, les torpilleurs étant construits à Graville, les contre-torpilleurs à La Seyne sur mer tout comme le croiseur léger Montcalm. Le chantier naval havrais des FCM ne construira plus après que des chasseurs de sous-marins.

La Société Nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée disparaît en 1966 pour renaître sous la forme des Constructions Industrielles de la Méditerranée.
Intégrés au groupe Normed en 1983, les chantiers navals de La Seyne sur Mer ferment en 1988 après la construction du pétrolier-ravitailleur La Somme.



-La construction de l'Albatros est attribué aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sur leur site de Nantes. Créés en 1881 à Nantes, les ACL ouvrent un deuxième chantier l'année suivante à Saint-Nazaire.

Construisant aussi bien des navires militaires que des navires civils, disposant également de capacités de production d'appareils propulsif et de réparation navale, les ACL disparaissent en 1955 quand à lieu une double fusion : les ACL et les Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët fusionnent pour donner naissance aux Chantiers de l'Atlantique (qui renaissent en cette année 2018) alors que les ACL (site de Nantes) fusionnent avec les Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) pour donner naissance aux Ateliers et Chantiers de Nantes (ACN).

L'Albatros n'est pas le premier contre-torpilleur des ACL (les chantiers ligériens avaient déjà construit le Lion, le Lynx et le Verdun), la troisième unité de classe Aigle est le premier contre-torpilleur construit à Nantes. Il sera suivit par le Tartu mais si le Kersaint et le Terrible sont bien commandés aux ACL, la construction de la coque sera sous-traitée aux Chantiers Navals Français de Caen.

Des torpilleurs ont également été construits en l’occurrence les La Pomone, l'Iphigénie et la Bombarde ainsi que les torpilleurs d'escadre Le Hardi et Mameluk, la construction des torpilleurs de classe Le Fier étant interrompue par l'armistice de juin 1940.

-Le quatrième et dernier contre-torpilleur de classe Aigle baptisé Gerfaut va lui être construit par les Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB).

Créé sous le nom «De la Brosse et Fouché» en 1895, il prend son nom canonique le 2 mars 1909. Troisième chantier naval nantais, les ACB qui venaient de construire le Tigre vont construire le torpilleur d'escadre Le Fougueux en attendant les contre-torpilleurs Cassard et Volta, le dernier contre-torpilleur construit par la France avant la débâcle de juin 1940.

Les ACB vont également construire les torpilleurs Melpomène et La Flore ainsi que des chasseurs de sous-marins. Sans la débâcle de juin 1940 ils auraient construit quatre torpilleurs classe Le Fier et probablement un ou plusieurs contre-torpilleurs qui auraient du porter les noms de généraux (Hoche,Kléber,Desaix,Marceau).

Les ACB fusionnent en 1955 avec les ACL pour former les Ateliers et Chantiers de Nantes (ACN). En 1969, les ACN font faillite, ACB abandonne la construction navale pendant que Dubigeon quitte son site de Chantenay pour l'île Saint-Anne où il restera sous différents avatars jusqu'à sa propre disparition en 1987, mettant fin à deux millénaires de construction navale à Nantes.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Jeu 27 Sep - 8:16

Bonjour,

Merci Clausewitz pour ce développement sur les chantiers constructeurs.

Un point qui me fait réagir, en tant qu'ancien des Chantiers navals de La Ciotat :

clausewitz a écrit:

les ACF devenus les Chantiers de France-Dunkerque en 1972 intègrent le groupe Empain-Schneider en 1977 puis forment en 1983 le groupe Normed qui regroupe trois canards boiteux, les chantiers navals de Dunkerque, de La Ciotat et de La Seyne sur Mer.

De fait le groupe Normed, dont la création avait été suscitée par les pouvoirs publics, était pratiquement condamné dès l'origine, plombé par des gisements de perte. Notamment du fait de l'activation de la clause de rebut par l'armateur de deux car-ferries construit à Dunkerque ; la prise de contrats dans l'offshore par les chantiers de la Seyne n'avait pas non plus rapporté les résultats escomptés.

Plus grave, la situation de la construction navale de l'époque était telle que les prix de vente offerts par les chantiers coréens ne correspondaient, pour les chantiers européens, qu'à l'ordre de grandeur du prix d'achat des matières et fournitures, à l'exclusion de toute rémunération de leur main d’œuvre ! La situation n'était tenable qu'au prix de subventions massives. M. Madelin décida d'y mettre fin en 1986, de viser le reclassement du personnel dans d'autres activités non subventionnées et de ne conserver qu'un chantier sur la façade atlantique.

Pour autant, les Chantiers de la Ciotat n'étaient pas des "canards boiteux" : innovants et productifs, dotés d'une excellente trésorerie et d'un bon carnet de commandes, les CNC ne souffraient, mis à part la situation que je viens de décrire, que d'un actionnariat qui souhaitait se désengager. Les deux autres chantiers avaient également démontré leur professionnalisme et leur savoir-faire avec la construction de navires complexes (méthaniers, frégates F2000 du contrat Sawari I...). Dans ce domaine comme dans d'autres, une fusion de type "meccano industriel" a entrainé l'ensemble vers sa perte...
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Ven 28 Sep - 8:27

Pas de soucis j'aurais du faire preuve de plus de prudence dans mes propos. J'y penserai pour la prochaine fois.

Je vais poster la suite aujourd'hui

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Ven 28 Sep - 11:25

Anticipation

Dans cette partie je vais présenter le panorama des contre-torpilleurs français qui vont suivre les Aigle en l’occurrence leurs demi-frères Milan et Epervier, les six unités de classe Vauquelin _considérées comme les plus réussies_, les six unités de classe Le Fantasque, les «mini-croiseurs» Mogador et Volta mais aussi les projets avortés par le conflit et ceux imaginés aussi à Vichy en attendant une possible construction.

Milan et Epervier

Les contre-torpilleurs Milan et Epervier financés à la tranche 1927 comme leurs prédécesseurs de classe Aigle sont parfois considérés comme les cinquième et sixième contre-torpilleurs de cette classe Aigle.

Ils affichent cependant un certain nombre de différences qui font que la majorité des auteurs les considèrent comme formant une classe à part qui reprend des éléments éprouvés des classes précédentes (Guépard et Aigle) mais également des éléments qui annoncent la classe suivante, la classe Vauquelin. Leur construction est attribuée à l'Arsenal de Lorient.


Le Milan

-Le Milan est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient en décembre 1930, lancé le 13 octobre 1931 et  admis au service actif en avril 1934.

Il participe à la campagne de Norvège (avril-juin 1940), embarquant le 15 juin 1940 le général De Gaulle à Brest pour le déposer à Plymouth (Il repartira le lendemain à Bordeaux d'où il s'envolera définitivement pour Londres). Ce n'était pas connu à l'époque mais le contre-torpilleur à mis à l'abri des allemands l'eau lourde. Redéployé en Afrique du Bord, il est détruit devant Casablanca lors de l'opération Torch (8 novembre 1942).


L'Epervier

-L'Epervier est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient en décembre 1930, lancé le 14 août 1931 et mis en service en avril 1934.

Il participe lui aussi à la campagne de Norvège entre avril et juin 1940. Réfugié en Afrique du Nord, il est détruit à Oran le 9 novembre 1942.

Caractéristiques techniques de la classe Milan

Déplacement standard : 2441 tW (2660 tonnes en charge normale 3141 tonnes en charge maximale)

Dimensions : longueur hors tout 129.30m longueur entre perpendiculaires 122.40m largeur maximum de la coque : 11.84m tirant d'eau moyen : 4.23m

Propulsion : deux turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Yarrow-Penhoët développant 68000ch et entraînant deux hélices de 3.79m de diamètre

Performances : vitesse maximale en service courant 36 noeuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 18 noeuds

Armement d'origine : 5 canons de 138mm modèle 1927 en affûts simples (deux avant deux arrières et une derrière la cheminée n°4), deux affûts doubles de 37mm modèle 1933 et deux affûts doubles de 13.2mm, sept tubes lance-torpilles de 550mm (un affût triple et deux affûts doubles), 4 mortiers Thornycroft (rapidement débarqués) et deux grenadeurs de sillage avec seize grenades.

Equipage : 220 officiers et matelots


Classe Vauquelin

Après la construction des six Guépard et des quatre Aigle, le Service Technique des Construction Navales (STCN) étudie les futurs contre-torpilleurs.

Pour éviter une rupture trop brutale, les deux derniers contre-torpilleurs de la tranche 1927 baptisés Milan et Epervier vont en quelque sorte servir de prototypes en combinant des éléments éprouvés avec de nouvelles technologies comme des chaudières surchauffe, plus compactes, plus puissantes mais parfois plus fragiles.

Les futures unités de classe Vauquelin sont assez semblables aux Aigle (notamment au niveau de l'armement avec cinq canons de 138mm en affûts simples sous masque) mais avec un tube lance-torpilles de plus, une poupe en cul de poule au lieu d'une poupe en sifflet pour faciliter le mouillage de mines. Les plans définitifs sont approuvés par le ministre le 21 novembre 1928.

Ces navires devaient être financés à la tranche 1928 mais  mais les parlementaires soulignent que l'Arsenal de Lorient à l'été 1928 n'à pas encore mis sur cale le Milan et l'Epervier. Aucune construction neuve n'est donc accordée au titre de la tranche 1928, les nouveaux contre-torpilleurs seront financés à la tranche 1929.

Cette dernière votée le 29 mars 1929 finance la construction de six contre-torpilleurs qui porteront tous le nom de grands marins français (Vauquelin Kersaint Cassard Tartu Maillé Brézé Chevalier Paul) qui en raison de la surcharge de l'Arsenal de Lorient seront tous construits par les chantiers navals privés.

A ces six contre-torpileurs s'ajoute également six sous-marins de classe Redoutable (Espoir,Glorieux,Centaure,Héros,Conquérant et Tonnant), un sous-marin mouilleur de mines type Saphir (Diamant),un croiseur lourd de type Suffren (Dupleix), deux avisos coloniaux classe Bougainville (Savorgnan de Brazza et D'Entrecasteaux) et deux pétroliers de 9600 tonnes (Elorn et Var).


Le Vauquelin

-Le Vauquelin est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 13 mars 1930 lancé le 29 septembre 1932 et admis au service actif le 28 mars 1934. Il est sabordé à Toulon le 27 novembre 1942 comme trois de ses sister-ship. Coulé au quai à l'ouest des Grands Bassins avec le Kersaint à tribord, les travaux de renflouage sont rapidement abandonnés. L'épave sera démantelée sur place en 1951.


Le Kersaint

-Le Kersaint est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen (sous-traitant des ACL) le 19 septembre 1930 lancé le 14 novembre 1931 et admis au service actif le 14 janvier 1934.  Il est sabordé à Toulon le 27 novembre 1942 comme trois de ses sister-ship. Coulé au quai à l'ouest des Grands Bassins avec le Vauquelin à bâbord, les travaux de renflouage sont rapidement abandonnés. L'épave sera démantelée sur place en 1950.


Le Cassard

-Le Cassard est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) de Nantes le 12 novembre 1930 lancé le 8 novembre 1931 et admis au service actif le 7 octobre 1933.  Il est sabordé à Toulon le 27 novembre 1942 comme trois de ses sister-ship. Coulé au quai Noël entre l'Indomptable à babord et le Tartu à tribord, les travaux de renflouage sont interrompus en 1943. L'épave est endommagée le 7 mars 1944, l'épave démantelée sur place en 1950.


Le Tartu

-Le Tartu est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Nantes le 14 septembre 1930 lancé le 7 décembre 1931 et admis au service actif le 8 février 1933.  Il est sabordé à Toulon le 27 novembre 1942 comme trois de ses sister-ship. Coulé au quai Noël, les travaux de remise à flot sont abandonnés le 11 novembre 1943. Endommagé par des bombardements aériens les 7, 11 mars et 29 avril, l'épave est démolie sur place en 1956 à une époque où des escorteurs d'escadre arrivent à Toulon, EE portant les noms des contre-torpilleurs d'avant guerre.


"Le MBZ"

-Le Maillé-Brézé est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët le 9 octobre 1930 lancé le 9 novembre 1931 et admis au service actif le 23 avril 1933. Le 30 avril 1940, une torpille est accidentellement chassée de son tube, explose à l'avant provoquant un incendie et une voie d'eau qui provoque son naufrage à Greenock dans l'estuaire de la Clyde.


Le Chevalier Paul

-Le Chevalier Paul est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de La Seyne sur Mer le 28 février 1931 lancé le 21 mars 1932 et admis au service actif le 24 août 1934. Engagé dans la campagne de Levant, il est torpillé par des Fairey Swordfish du squadron 815 venu de Chypre au large des côtes syriennes le 16 juin 1941.



Caractéristiques Techniques de la classe Vauquelin

Déplacement : standard 2480 tW pleine charge normale 2634 tonnes surcharge 3120 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 129.30m longueur entre perpendiculaires 122.40m largeur maximum 11.69m (11.70m pour le Chevalier Paul 11.78m pour le Vauquelin) tirant d'eau sous les hélices en charge normale : 4.34m

Propulsion : deux turbines à engrenages Zoelly (Vauquelin) Rateau-Bretagne (Cassard) ou Parsons (Kersaint Tartu Maillé-Brézé Chevalier Paul) alimentées en vapeur Yarrow (sous licence Penhoët) développant 64000ch et entraînant deux hélices tripales de 3.79m de diamètre.

Performances : vitesse maximale en service 36 nœuds distance franchissable moyenne : 3000 miles nautiques à 18 noeuds

Armement d'origine : 5 canons de 138mm modèle 1927 en affûts simples (deux avant et trois arrière), 4 canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples puis 4 canons de 37mm en deux affûts doubles modèle 1933, 4 mitrailleuses de 13.2mm en deux affûts doubles; sept tubes lance-torpilles de 550mm en une plate-forme triple axiale et deux plate-formes doubles latérales; deux grenadeurs avec seize grenades; peuvent embarquer jusqu'à 50 mines

Equipage : 230 officiers et marins


Classe Le Fantasque

Si la marine française de 1939 n'est pas exempte de défauts, force est de constater que la présence d'un même ministre de 1922 à 1933 (Georges Leygues) permet une grande continuité. Les classes successives de contre-torpilleurs apportent à chaque fois un certain nombre d'améliorations mais rarement des ruptures technologiques brutales.

Les six premiers de classe Jaguar sont jugés comme moyennement réussit mais les ingénieurs du STCN apprennent vite et chaque classe apporte son lot d'amélioration. Aux six Guépard succède les quatre Aigle, aux quatre Aigle les deux Milan qui cèdent bientôt la place aux six Vauquelin.

Ces derniers sont considérés comme les meilleurs des «quatre tuyaux» montrent certaines limites et notamment dans le domaine propulsif, les chaudières à vapeur saturée ont atteint leurs limites techniques et il est nécessaire de passer à la surchauffe qui avait été expérimentée avec succès à bord du Milan et de l'Epervier (même si les Vauquelin ont conservé leurs chaudières à vapeur saturée).

Sur le plan de la silhouette, les nouveaux contre-torpilleurs de la tranche 1930 regroupent les cheminées, désormais au nombre de deux.

Au niveau armement, ils intègrent un nouveau modèle canon de 138mm, le modèle 1929 au tube plus long (45 calibres) télécommandé en site et en azimut même si ce système fragile ne donnera jamais vraiment satisfaction. Une troisième plate-forme lance-torpilles triple est installée ce qui porte la batterie à neuf tubes de 550mm.

La décision de développer un nouveau type de contre-torpilleurs est prise en août 1928 mais énormément de retard est pris et ce n'est que le 12 janvier 1930 qu'est financée la construction des six contre-torpilleurs baptisés en septembre 1931 de nom très euphoriques : Le Fantasque L'Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant et L'Indomptable.

Comme de coutume (la construction des Vauquelin avait fait exception), leur construction est répartie entre l'Arsenal de Lorient (Le Fantasque L'Audacieux) et l'Industrie en l’occurrence les FCM de la Seyne sur Mer (Le Malin L'Indomptable), les ACL (Le Terrible) et les ACF de Dunkerque (Le Triomphant).

Cette tranche 1930 finance également un croiseur lourd (Algérie), un croiseur léger (Emile Bertin), deux avisos coloniaux classe Bougainville (Rigault de Genouilly et Amiral Charner), un mouilleur de filet (Gladiateur), six sous-marins de classe Redoutable et un sous-marin mouilleur de mines de classe Saphir.


Le Fantasque

-Le Fantasque est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 16 novembre 1931 lancé le 15 mars 1934 et admis au service actif le 1er mai 1936. Après avoir survécu au conflit, le contre-torpilleur devenu croiseur léger est désarmé le 5 octobre 1950, condamné le 2 mai 1957 (Q-89) et démoli.


L'Audacieux

-L'Audacieux est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 16 novembre 1931 lancé le 15 mars 1934 et admis au service actif le 7 décembre 1935. Gravement endommagé devant Dakar lors de l'opération MENACE le 23 septembre 1940, il est détruit à Bizerte en 1943, condamné en 1947 et démoli.


Le Malin

-Le Malin est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne sur Mer le 16 novembre 1931 lancé le 17 août 1933 et admis au service actif le 8 juin 1936. Après avoir survécu au conflit le croiseur léger est désarmé le 1er août 1952, condamné le 3 février 1964 (Q-359) et démoli.


Le Terrible en 1942

-Le Terrible est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen (sous-traitants des ACL) le 8 décembre 1931 lancé le 30 novembre 1933 et admis au service actif le 5 février 1936. Reclassé croiseur léger au cours du conflit pour faciliter son ravitaillement, le plus rapide de nos contre-torpilleurs (45.37 nœuds aux essais !) survit au conflit, étant désarmé le 20 février 1955, condamné le 29 juin 1962 (Q-324) et démoli.


Le Triomphant

-Le Triomphant est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 28 août 1931 lancé le 6 avril 1934 et admis au service actif le 24 juillet 1936. Reclassé croiseur léger au cours du conflit, survivant à ce dernier, l'ex-contre-torpilleur est désarmé le 8 octobre 1949, condamné le 6 décembre 1954 (Q-36) et démoli.


L'Indomptable

-L'Indomptable est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de La Seyne sur Mer le 25 janvier 1932 lancé le 7 décembre 1933 et admis au service actif le 15 avril 1936. Sa carrière se termine non loin de là où elle avait commencé puisqu'il est le seul de sa classe à été sabordé à Toulon le 27 novembre 1942.

Les allemands envisagent de le relever, lui donnant même le nom glamour de SG9. Il est endommagé par trois bombardements alliés (4 février, 7 mars et 29 avrl 1944) et considéré comme «perte totale». Sa proue est découpée pour remplacer celle du Malin en 1945, les restes sont démolies dans les années cinquante.



Caractéristiques techniques de classe Le Fantasque

Déplacement : standard 2609 tW charge normale 2840 tonnes pleine charge 3180 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 132.40m entre perpendiculaires 125.40m largeur maximale 12m tirant d’eau sous les hélices 4.56m

Propulsion : deux turbines à engrenages Rateau (Fantasque Audacieux Terrible) ou Parsons (Malin Triomphant Indomptable) alimentées en vapeur par quatre chaudières Gironde Hugé (Fantasque Audacieux Terrible) ou Penhoët (Triomphant Indomptable Malin) développant 74000ch et entraînant deux hélices de 3.80m de diamètre

Performances : vitesse maximale en service courant 37 nœuds distance franchissable 2700 miles nautiques à 14 nœuds

Armement d'origine : cinq canons de 138mm modèle 1929 en cinq affûts simples sous masque (deux avant et trois arrières), 4 canons de 37mm en deux affûts doubles modèle 1933, 4 mitrailleuses de 13.2mm modèle 1929 en deux affûts doubles, neuf tubes lance-torpilles de 550mm en trois affûts triples (un axial et deux latéraux), deux grenadeurs électriques avec 16 projectiles et jusqu’à 40 mines

Equipage : 13 officiers 34 officiers mariniers et 163 quartiers maîtres et matelots soit 210 hommes


Mogador et Volta : contre-torpileurs ou mini-croiseurs ?

Avec les six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque, la marine nationale semblait avoir atteint un point d’équilibre en termes de coût et d’efficacité. Construire des contre-torpilleurs plus gros, plus puissants semblait être impossible au risque que ces contre-torpilleurs ne soient en réalité de véritables croiseurs.

Les Fantasque en dépit de leur efficacité n’étaient pas sans défauts, défauts communs à nombre de navires français de l’époque : «jambes courtes» (faible rayon d'action), fragilité mécanique, DCA  insuffisante. De plus, ils avaient été conçus avant le renouvellement du corps de bataille symbolisé par la construction des Dunkerque puis des Richelieu ce qui déclencha une nouvelle corse aux armements avec l'Italie.

Un cuirassé ne peut naturellement être engagé seul, il doit être escorté et soutenu par des navires légers de combat capables de les suivre.

Si l’escorte sera le rôle quasi-exclusif des torpilleurs d’escadre de type Le Hardi (1772 tW), le combat sur les flancs sera notamment assuré par deux nouveaux contre-torpilleurs.

Baptisés Mogador et Volta, ils sont financés respectivement aux tranches 1932 et 1934. Ils marquent une nette rupture avec leurs prédécesseurs.

La tranche 1932 finance outre le contre-torpilleur Mogador, quatre croiseurs légers de 7600 tonnes (La Marseillaide,La Gloire,Le Montcalm et le Georges Leygues ex-Chateaurenault), un torpilleur d'escadre de classe Le Hardi (Le Hardi), un aviso hydrographe (Amiral Mouchez) et quatre torpilleurs de classe Melpomène (Branlebas,Bombarde,Bouclier,Baliste).

La tranche 1934 finance outre le contre-torpilleur Volga finance la construction du croiseur de bataille Strasbourg, un sous-marin type Z2 (Rolland Morillot) et un sous-marin type Y3 (Aurore).

Déplaçant 2884 tW, ces deux navires ressemblent à de véritables petits croiseurs avec leurs quatre tourelles doubles de 138mm et une batterie de torpilles plus que conséquente : 10 tubes répartis en deux plates-formes triples et deux doubles, toutes latérales.

Ils marquent une rupture éphémère en terme de choix de nom : aux félins et aux rapaces, aux noms de personnalités et aux adjectifs flamboyants, on préfère des noms de lieux : une ville marocaine connue aujourd'hui sous le nom de Essaouira (Mogador) et le nom d'un fleuve d'Afrique Noire (Volta).

Ces deux navires après la période des quatre tuyaux et des Fantasque aurait du ouvrir une nouvelle ère pour les lévriers des mers français. Hélas la défaite de juin 1940 empêchera la naissance de contre-torpilleurs sans équivalent dans le monde.



-Le Mogador est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 28 décembre 1934 lancé le 9 juin 1937 et admis au service actif le 6 avril 1939. Il est sabordé à La Seyne sur Mer le 27 novembre 1942 alors qu'il avait été placé là en gardiennage d'armistice doublé de réparations.Renfloué le 5 avril 1943, endommagé par une bombe le 29 avril puis par une seconde le 4 mai, il est finalement échoué sur la plage du Bregaillon avant d'être remis à flot en 1949 et démoli.



-Le Volta est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes le 24 décembre 1934 lancé le 26 novembre 1936 et admis au service actif le 21 mars 1939. Il est sabordé à Toulon le 27 novembre 1942 au quai noel. Remis à flot le 20 mai 1943, il est considéré «perte totale». Endommagé par des bombardements alliés en 1944, il est relevé en 1948 et démoli.

Caractéristiques Techniques de la classe Mogador

Déplacement : standard 2884 tW pleine charge 4018 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 137.50m largeur maximale de la coque 12.67m tirant d'eau moyen 4.60m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Rateau alimentées en vapeur par six chaudières verticales Indret développant 92000ch entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 40 noeuds distance franchissable 4000 miles nautiques à 18 noeuds

Armement d'origine : 8 canons de 138mm modèle 1934 en quatre pseudo-tourelles doubles, deux affûts doubles de 37mm modèle 1933, deux affûts doubles de 13.2mm modèle 1932, dix tubes lance-torpilles en deux plate-formes triples et deux plate-formes doubles toutes latérales, deux grenadeurs de sillage avec seize grenades de 240kg et jusqu'à 40 mines

Equipage : 238 officiers et marins


Hoche, Bayard,Bruix et consorts : des projets mais aucune réalisation


En avril 1939 le Volta est mis en service. Tout le monde ignore à l'époque que le navire sorti des Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes est le trente-deuxième et dernier contre-torpilleur construit par la Royale.

La déroute de juin 1940 stoppe le programme de renouvellement des forces de la Royale avec à la fois la construction de navires modernes pour faire face à la fois à l'Italie et à l'Allemagne mais aussi pour préparer le remplacement des navires mis en service dans l'immédiat après guerre.

Si il y à bien arrêt de la construction, les études continuent pour aboutir pour ce qui concerne la catégorie des navires concernée par l'article aux escorteurs d'escadre de classe Surcouf.

En raison de l'urgence, il est parfois difficile de s'y retrouver, une forme de panique saisissant les hautes sphères de la marine qui souhaitent multiplier les commandes alors que l'industrie française est surchargée. C'est en effet le principal problème pour la Royale : l'argent est là mais le tissu industriel est limité.

La tranche 1938 (loi de finances du 31 décembre 1937) prévoyait la construction de deux porte-avions (Joffre Painlevé), d'un croiseur (Chateaurenault), de trois torpilleurs d'escadre type Le Hardi, de trois torpilleurs légers type Le Fier (L'Intrepide  Le Téméraire et L'Opiniâtre), cinq sous-marins (La Martinique _type Z2_  L'Astrée,L'Andromède,L'Antigone L'Andromaque _type Y3_)et deux vedettes rapides.

Le 2 mai 1938, un décret-loi autorise la tranche 1938bis initialement composée de deux navires de ligne (Clemenceau Gascogne), un croiseur (Guichen),dix torpilleurs (cinq Le Hardi et cinq Le Fier), sept sous-marins (sous-marins de 800 tonnes L'Artemis et L'Amirde _type Z2_ sous-marins mouilleurs de mines classe Emeraude Agate,Corail L'Escarboucle _type V2 et La Guadeloupe et La Réunion _type Z2_ )divers petits bâtiments.

Le 13 avril 1939, quatre des cinq Le Fier prévus sont abandonnés et remplacés par trois contre-torpilleurs type Mogador.

Une tranche complémentaire à la tranche 1938bis est adoptée par décret-loi du 12 avril 1939. Celle qui aurait pu s'appeler tranche 1939 prévoit un contre-torpilleur de classe Mogador, deux torpilleurs type Le Fier, quatre sous-marins, quatre avisos et dix-huit vedettes.


Les Marceau (appelés également Hoche) restèrent des navires de papier

Une fois la mobilisation digérée, l'état-major peut voir plus loin. Il s'agit à la fois de remplacer les premières pertes de la guerre et remplacer les navires hors d'âge.

Un décret du 1er avril 1940 autorise deux navires de ligne (type Province noms de baptême à choisir entre Alsace,Bourgogne,Normandie,Flandre),trois croiseurs lourds (noms à choisir parmi les six suivants :  Saint Louis, Henri IV,Charlemagne,Brennus,Charles Martel et Vercingetorix), un croiseur léger, six contre-torpilleurs, dix-huit torpilleurs et six sous-marins. Le 27 mai 1940 alors que la situation militaire est déjà inquiétante, le croiseur léger est remplacé par six torpilleurs.

Au printemps 1939 dans le domaine torpilleur/contre-torpilleur, l'état-major hésite entre huit torpilleurs d'escadre type Le Hardi amélioré et six contre-torpilleurs type Mogador dont la construction serait répartit entre les ACB de Nantes (CT-1), les FCM (CT-2 et 3), les ACF de Dunkerque (CT-4 et 5) et l'Arsenal de Lorient (CT-6).

La tranche complémentaire à la tranche 1938bis prévoit ainsi un contre-torpilleur destiné à compléter le duo Mogador/Volta, un navire baptisé Hoche.

Le programme 1938bis est modifié le 13 avril 1939 remplace quatre des cinq torpilleurs par trois contre-torpilleurs de 2930 tonnes, navires baptisés Marceau,Desaix et Kléber. A noter qu'initialement ces quatre navires devaient être baptisés Dunois,La Hire,Bayard et Du Guesclin. Les noms sont définitivement approuvés le 22 mai 1939.

Le 15 avril 1939, une note définit le type Marceau comme un navire armé de huit canons de 138mm en quatre pseudo-tourelles, quatre canons antiaériens de 100mm, quatre affûts doubles de 13.2mm, six tubes lance-torpilles (deux affûts triples latéraux et deux torpilles en réserve).

Le calendrier prévoir une présentation en recette le 15 avril 1942 pour le Marceau, le 15 mai pour le Desaix, le 1er juin pour le Hoche et le 15 juillet pour le Kléber (ce qui explique parfois que ces navires sont appelés type Marceau plutôt que type Hoche).

Ces quatre navires devaient être identiques aux Mogador pour former deux divisions homogènes comme c'est la règle depuis 1922 mais les premiers essais montrent des fragilités sans compter que le canon de 138mm n'est pas antiaérien alors que la menace aérienne est de plus en plus prise en compte. Le Marceau doit être construit à l'Arsenal de Lorient, le Hoche aux ACB, le Desaix et le Kléber aux ACF de Dunkerque.

Le 23 mai 1939 une commande conditionnelle est passée pour les Desaix, Kléber et Marceau selon des plans identiques au Mogador. Ils doivent être armés à Lorient. Un mois plus tard le 20 juin il est prévu qu'en cas de guerre la production des contre-torpilleurs sera poursuivie.

La construction des quatre contre-torpilleurs est notifiée aux chantiers le 18 août 1939, deux aux ACB (Marceau Hoche) et aux ACF (Desaix Kléber). La construction est suspendue le 26 septembre 1939.

Une dépêche du 15 avril 1940 autorise la reprise de construction. Le Marceau doit être présenté en recette en septembre 1942, le Desaix en juin 1943, le Kléber en septembre 1943 et le Hoche en décembre 1943.

Le 17 mars 1940 une note de synthèse clarifie les caractéristiques techniques du type Hoche/Marceau : amélioration des Mogador, pseudo-tourelles de 130mm contre-avions avec 2000 coups, un affût automatique contre-avions double de 37mm modèle 1935 associé à un affût double de 37mm modèle 1933 ou deux affûts simples modèles 25 en remplacement des affûts lance-torpilles arrière latéraux, deux plate-formes triples lance-torpilles à l'avant, deux grenadeurs, des paravannes.

Le 1er juin 1940 face au retard des canons de 130mm antiaériens on prévoit de revenir à huit canons de 138mm en quatre tourelles doubles, quatre canons de 100mm en deux affûts doubles et huit mitrailleuses de 13.2mm (qu'on espère remplacer par des canons de 25mm).

Devant l'avance allemande la construction allemande est suspendue le 10 juin 1940, les différents marchés sont suspendus après l'armistice puis résiliés le 20 juillet 1940.

Les six contre-torpileurs du décret du 1er avril 1940 auraient été presque identiques aux Marceau avec une DCA renforcée (probablement trois ou quatre affûts doubles de 37mm), quatre mortiers, un Asdic avec une distance franchissable en augmentation (la DF à toujours été un point faible des navires français).

Douze noms ont été proposés (Bayard, Du Guesclin,La Tour d'Auvergne,D'Assas,Turenne,Bugeaud,Bruix,La Touche Tréville,Magon,Dupétit-Thouars,Vaudreuil et Du Chayla). Il est probable que les six premiers auraient été choisis mais rien n'à été décidé en raison des événements.

Au printemps 1940, la France à demandé aux Etats-Unis la commande de destroyers. Il semble qu'il à été envisagé jusqu'à 24 navires. Quand au type il semble que la France ait hésité entre le type  Woolsey et le type Benson-Livermore.

En dépit de la défaite les projets ne sont pas interrompus, ils continuent pour maintenir la compétence des bureaux d'études et permettre la construction dès que cela sera possible à moyen ou à long terme. Vichy est le théâtre de nombreuses recherches.  


Schémas des différents projets imaginés à Vichy

Ces études sont souvent très théoriques et se heurtent à des problèmes de disponibilité des archives (perdues, égarées ou détruites dans la débâcle de mai/juin 1940) et des installations de recherche détruites ou sous contrôle allemand.

Ces études vont intégrer les leçons des neuf mois de guerre : rayon d'action insuffisant, fragilité des équipements, DCA légère à moderniser tout comme l'armement ASM et les systèmes de détection.

Un fait apparemment anodin ne trompe pas. Après une étude baptisée T41, le projet est rebaptisé E42, le T de torpilleur devenant le E d'escorteur, montrant bien que la mission principale de ces navires sera la protection du trafic commercial et des grandes unités de surface contre les sous-marins et les avions.

Le projet E-42 donnait un navire de 2000 tonnes, 105m de long, pouvant franchir 2000 miles nautiques à 20 noeuds avec un armement semblable à celui du projet T41 soit six canons de 100mm en trois tourelles doubles, quatre canons de 25mm, deux plate-formes doubles lance-torpilles, grenadeurs et mortiers. Ce projet est cependant vu comme trop chargé dans les hauts

Le projet E-42A qui tire les leçons de «l'échec» du projet précédent nous donne un navire de 2720 tonnes, 116m de long (pp), 8 canons de 115mm en quatre tourelles doubles (ce calibre entre le 100 et le 130mm montre qu'il s'agit plus d'une étude théorique qu'un projet pratique), huit canons de 25mm, deux mitrailleuses de 13.2mm, deux grenadeurs et quatre mortiers, projet qui évoluera avec le temps prennant du poids et des centimètres.

Le 19 mai 1943, une note précise les désignations de ces navires encore dans les limbes : escorteurs rapides pour la protection des grandes unités de surface (futurs escorteurs d'escadre) et escorteurs de convois commerciaux (futurs escorteurs rapides).

En octobre 1943, un nouveau projet d'escorteur est imaginé par la Direction Centrale des Industries Navales (qui camoufle le STCAN), le projet E-43, un escorteur rapide de 33 noeuds armé de 4 canons de 120mm en affûts simples ou six canons de 120mm en trois affûts doubles ou encore six canons de 130mm en trois affûts doubles avec une DCA légère composée de trois affûts doubles de 37 ou de 40mm, quatte affûts simples de 25mm, deux plate-formes doubles lance-torpilles, deux grenadeurs et quatre mortiers.

L'étude E-43 évolue et aboutit à une série de de huit avant projets. Le 12 février 1944, trois sont retenus en vue de constituer un réservoir de projets quand les constructions neuves pourront être reprises.

L'étude n°1 prévoit un navire de 3575 tonnes en charge, 122m de long, des turbines alternées avec des chaudières suralimentées développant 60000ch, une vitesse de 33 noeuds, une distance franchissable de 2800 miles nautiques à 20 noeuds et un armement composé de 6 canons de 130mm en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière), 6 canons de 40mm en trois plate-formes doubles et six canons de 20mm.

L'étude n°2 la plus prometteuse prévoit un navire de 3575 tonnes en charge, 122m de long, des turbines alternées avec des chaudières ordinaires développant 60000ch, une vitesse de 33 noeuds, une distance franchissable de 2800 miles nautiques à 20 noeuds et un armement composé de 6 canons de 130mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières une configuration annonçant celle des Surcouf), 6 canons de 40mm en trois plate-formes doubles et six canons de 20mm.    

L'étude n°3 est une version réduite déplaçant 3224 tonnes en charge, 118m de long, es turbines alternées avec des chaudières suralimentées développant 60000ch, une vitesse de 33 noeuds, une distance franchissable de 2800 miles nautiques à 20 noeuds et un armement composé de 4 canons de 130mm en affûts simples.

Ces études n'iront naturellement pas plus loin en raison des événements du printemps et de l'été 1944 qui interrompt les études qui ne reprirent qu'après guerre.

Le second conflit mondial terminé, les études continuent dans un contexte difficile avec un manque de matériel, des installations ravagées, un manque de moyens financiers sans compter que la guerre d'Indochine ponctionne une partie des ressources. Les américains aident financièrement avec le programme MDAP mais c'est loin de suffire.

Les recherches vont aboutir à la construction d'escorteurs d'escadre type T-47 pour la protection des grandes unités de surface (porte-avions et cuirassés) et d'escorteurs rapides type E-50 pour la protection des convois.



On trouve d'abord un croiseur léger type 1945, l'ultime avatar des contre-torpilleurs d'avant guerre avec une coque inspirée de celle des Fantasque, de bonnes qualités évolutives, des machines fractionnées développant 100000ch, une vitesse très (trop ?) élevée de 40 nœuds, une vitesse de croisière de 14 nœuds, une distance franchissable de 3000 miles nautiques.

L'armement aurait été composé de six canons de 127 ou de 130mm, seize canons de 40mm, dix-huit canons de 20mm, trois tubes lance-torpilles, grenadeurs et mortiers. La longueur serait de 131m entre perpendiculaires, 13.64m de large et un tirant d'eau de 4.36m, le déplacement Washington serait d'environ 3260 tonnes (3815t aux essais).

Ce projet n'à été visiblement pas mené très loin, probablement une étude théorique pour permettre aux ingénieurs français de se «rassurer». Très rapidement la conception du T-47 va s'orienter vers une «francisation» de la référence du moment à savoir les grands destroyers américains type Gearing et Allen M. Summer.



Après plusieurs projets (T-47A, T-47B et T-47C), c'est le projet T-47B qui est choisit, un navire 2750 tonnes Washington (3278 tonnes aux essais), une longueur de 123m entre perpendiculaires, une puissance propulsive de 63000ch, une vitesse maximale de 36 nœuds, un armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières), six canons de 57mm en trois tourelles doubles (un avant et deux arrière), six canons de 20mm et douze tubes lance-torpilles ASM et ASF en quatre plate-formes triples.


L'escorteur d'escadre Surcouf (D-621)

Douze navires financés aux budget de 1949 (Surcouf), de 1950 (Kersaint), de 1951 (Cassard Bouvet Dupetit-Thouars et Chevalier Paul) et de 1952 (Maillé-Brézé, Vauquelin, D'Estrées, Du Chayla Casabianca et Guépratte)


L'escorteur d'escadre Duperré (D-633) et ci-dessous le La Galissonnière (D-638)


Ils sont suivis par une version améliorée dite T53R (meilleure capacité de veille aérienne éloignée pour l'escorte des deux Clemenceau) composée de cinq unités toutes financées au budget 1953 (Duperré, La Bourdonnais Forbin Tartu et Jaureguiberry)  et un unique T56, financé au budget 1956, l'escorteur d'escadre La Galissonnière qui est le chaînon manquant entre les escorteurs d'escadre et la corvette type C65 Aconit.  Quand à la suite c'est une autre histoire...... .


La frégate Aconit (D-609)

A SUIVRE"

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Dim 30 Sep - 9:26

CARRIERE OPERATIONNELLE

L'Aigle


Présentation

-L'Aigle est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque le 8 octobre 1928 lancé (quasiment achevé comme c'est de coutume aux ACF) le 19 février 1931 et admis au service actif le 1er novembre 1932.


Aigle pomarin (Aquila pomarina)

Le premier contre-torpilleur est le quinzième navire de la marine française à porter le nom de ce rapace planeur diurne de la famille des Accipitrides (trente-huit espèces et douze genres), un oiseau symbole du Premier Empire.

Il succède à un navire de ligne de trente-six canons (1692-1712), un bateau-feu (1704-1710), un navire de ligne de cinquante canons (1751-1765), un corsaire britannique de seize canons capturé en 1780 et repris en 1782, une lougre (1781-1784), une frégate de 40 canons de 1782, une barge (1783-1788), un navire de ligne de classe Téméraire (1800-1805), une embarcation de débarquement (1805-1814), un chebec (1813-1814), un aviso (1858), un yacht impérial (1858-1891), un patrouilleur auxiliaire (1916-1919) et un remorqueur (1919-1925).

Après le contre-torpilleur un seizième navire à porté ce nom, un chasseur de mines de classe Tripartite mis en service en 1987 et toujours en service actuellement.


Le chasseur de mines Tripartite L'Aigle (M-647)

Carrière opérationnelle

Essais et mise au point


Le contre-torpilleur quitte son chantier constructeur le 27 mai 1931 arrivant à Lorient le 30 mai 1931. Durant la traversée plusieurs essais sont réalisés, le contre-torpilleur connaissant plusieurs avaries.

L'essai de présentation en recette à lieu une première fois le 27 mai 1931 au départ de Dunkerque mais suite à des avaries il n'est pas acquis. Ce sera le cas le 19 juin 1931 depuis Lorient, le nouveau contre-torpilleur atteignant la vitesse de 33.808 nœuds.

Les 27 et 29 août 1931, il réalise des essais pour déterminer l'orientation des filets liquides au voisinage des supports d'arbre.

Tous les contre-torpilleurs réalisaient des essais de mesure de l'avance par tour à grande vitesse, des essais à puissance maximum normale d'une durée de 8h suivie (sauf pour les Guépard,Bison,Milan et Epervier) d'une neuvième heure à feux poussés, un essai de consommation (à 15 et 18 nœuds pour l'Aigle), des essais d'avance par tour (à 15 et 18 nœuds pour l'Aigle). On trouve également des essais complémentaires.

En ce qui concerne L'Aigle le contre-torpilleur atteint lors d'un essai à grande vitesse exécuté le 23 juin 1931 37.482 nœuds, l'essai d'avance par tour à 15 nœuds est réalisé le 13 novembre 1931 tout comme celui de l'essai d'avance par tour à 18 nœuds et l'essai de consommation.

L'essai de huit heures à Puissance Maximale Normale (PMN) est exécuté le 18 mai 1932. Le contre-torpilleur déplace alors 2650,436 tonnes, développe une puissance maximale de 69128ch, consommant 26.144 tonnes par heure, atteignant la vitesse de 37.145 nœuds (corrigée 37.2 nœuds).

Une neuvième heure à feux poussés est exécuté dans la foulée. Le navire déplace alors 2518.424 tonnes, développe 38453ch, consomme 30.809 tonnes par heure et atteint la vitesse maximale brute de 38.610 nœuds.


Le contre-torpilleur Aigle lors de l'essai au déplacement Washington

L'essai au déplacement Washington (2475.210 tonnes) exécuté le 26 mai 1932 permet au navire de développer 72749ch, une consommation de 31.323t par heure et une vitesse de 38.738 nœuds (38.669 nœuds corrigée).

Après ces différents essais, l'Aigle passe au bassin pour démontages, travaux complémentaires. A l'issue des travaux des essais à la mer sont réalisés en l’occurrence le 9 septembre 1932.


Le contre-torpilleur l'Aigle en septembre 1932

Le 15 octobre 1932, le contre-torpilleur Aigle quitte Lorient pour exécuter sa Traversée Longue Durée (TLD), faisant escale à Alger et à Ajaccio, arrivant le 29 à Toulon.

Premières années

Le contre-torpilleur Aigle est admis au service actif le 1er novembre 1932. Il est affecté à la 5ème Division Légère (5ème DL), division intégrée à la 1ère Escadre.


Le contre-torpilleur Aigle à Toulon fin 1932

Le 8 février 1933, le Tartu (classe Vauquelin) arrive à Toulon et est provisoirement rattaché à la 5ème DL. Six mois plus tard, au 1er août 1933, la division est composée du Gerfaut,de l'Aigle, du Vautour et provisoirement du Tartu. En septembre 1933, le Tartu devient navire-amiral du Groupe des Contre-Torpilleurs de la 1ère Escadre.

Le service de l'Aigle consiste en de nombreux exercices mais aussi des navigations avec tout ou partie de l'escadre. Les sorties nombreuses sont impressionnantes, pendant plusieurs heures des dizaines de croiseurs, de contre-torpilleurs, de torpilleurs, de sous-marins traversent la rade de Toulon pour gagner la haute mer.


Le contre-torpilleur L'Aigle fume noir

Le 1er octobre 1934, les divisions légères sont réorganisées. La 5ème DL devient la 7ème DL, le Groupe des Contre-Torpileurs de la 1ère Escadre étant alors composé des navires suivants :

-5ème DL : Tartu et Chevalier Paul (classe Vauquelin), Albatros (classe Aigle)

-7ème DL : Gerfaut,Vautour et Aigle (classe Aigle)

-9ème DL : Maillé-Brézé,Vauquelin et Kersaint (classe Vauquelin).

Du 7 juin au 12 juillet 1935, le contre-torpilleur Aigle participe à la croisière d'été de la 1ère Escadre. Elle retrouve la 2ème Escadre dans l'Atlantique pour un exercice inter-escadres à l'issue duquel se déroule le 27 juin 1935 une imposante revue navale en baie de Douarnenez.

Le ministre de la Marine François Pietri embarque sur le Gerfaut suivit comme son ombre par ses sister-ship Aigle et Vautour et passe en revue cinquante-cinq bâtiments :

-Cuirassés Bretagne et Provence

-Croiseurs lourds Algérie,Dupleix,Duquesne,Foch et Tourville

-Croiseurs légers Duguay-Trouin et Lamotte-Picquet

-Contre-torpilleurs Milan,Epervier,Valmy,Bison,Lion,Jaguar,Vauban,Tartu,Albatros,Chevalier Paul,Maillé-Brézé,Vauquelin et Kersaint.

-torpilleurs d'escadre : L'Adroit,Basque,Foudroyant,Orage,Ouragan,Bourrasque,Tramontane,Trombe,Tornade,Cyclone,Simoun,Mistral,La Palme,La Railleuse,Forbin,Brestois

-Sous-marins : Amphitrite, Antiope,Ariane,Méduse,Oréade,Orphée,La Psyché,La Sibylle,Pascal,Henri Poincaré,Poncelet,Pasteur,Persée,Argo,Achille et Centaure

-Le ravitailleur de sous-marins Jules Verne

Le 31 décembre 1935, l'Aigle quitte la 7ème DL remplacé par l'Albatros. Il est placé en disponibilité armée, rattachée à la 3ème région maritime. Il est en travaux pour quatre mois à partir du 15 janvier 1936 (grand carénage, installation d'un système de ravitaillement rapide des pièces,refonte de la TSF, modification du système d'hissage rapide des torpilles,installation d'un sondeur et de hauts parleurs).

Réincorporé dans la 1ère escadre le 15 juillet 1936, il est détaché à la Division Navale du Levant (DNL), une petite escadre chargée d'appuyer les troupes françaises ou d'obédience française déployés dans les mandats syriens et libanais.

Il quitte Toulon le 30 juillet 1936, fait escale au Pirée du 2 au 6 août, à Syra (Grèce) du 6 au 7 août avant d'arriver à Beyrouth le 9, relevant le torpilleur d'escadre Trombe qui avait quitté le Liban le 26 juillet.

Le contre-torpilleur montre le pavillon, appuie les troupes au sol, effectue des exercices (notamment des coups de main) jusqu'au 20 mars 1937 quand il quitte le Levant, cinq jours après l'arrivée du Vauban (classe Guépard) à Beyrouth. L'Aigle est de retour à Toulon le 23 mars 1937.

Il rentre à l'Arsenal de Toulon pour grandes réparations du 1er avril au 16 août 1937. Il est de nouveau déployé au sein de la DNL en relève du Vauban.

Il quitte Toulon le 14 septembre 1937, fait escale à Brindisi, Kotor et Corfou. Il est placé aux ordres de la DNL le 28 septembre, relevant le Vauban deux jours plus tard. Il va resté déployé au Levant jusqu'au printemps 1938.

Il participe au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM), la division de la Mare Nostrum en sept zones pour contrôler la navigation et éviter le ravitaillement en armes des belligérants du conflit espagnol même si l'Italie était juge et partie.

La France reçoit la responsabilité de la zone 2 (milieu de la Méditerranée occidentale), la zone 5 (eaux grecques) et 8 (partie est de la Méditerranée orientale). L'Aigle assure la surveillance de la zone 5 en compagnie de l'aviso colonial D'Iberville.

Il quitte Beyrouth le 14 mars 1938, fait escale à Milos,Phalère,Pérama,Port Pognon,Monenvasia et Scutari, arrivant à Toulon le 29 mars 1938. Il est à nouveau en grandes réparations à partir du 16 avril et jusqu'à la fin du mois de juillet. Comme il est prévu d'en faire de L'Aigle le navire-amiral de la 1ère Flottille de Sous-Marins (1ère FSM) le navire est aménagé pour recevoir un contre-amiral et son état-major.

Le 16 août 1938, le contre-torpilleur Aigle remplace le Lion à la tête de la 1ère FSM. Dirigée par le contre-amiral Walser, elle comprend trois divisions de sous-marins de 1500 tonnes et trois divisions de sous-marins de 2ème classe (600 tonnes). Les trois premières forment la 3ème escadrille, les trois dernières la cinquième.

A l'époque la 1ère FSM dispose des navires suivants :

-1ère DSM (sous-marins de 1500 tonnes) :  Le Heros Le Glorieux Le Conquérant Le Tonnant (les deux derniers sont détachés en Extrême-Orient)

-3ème DSM (sous-marins de 1500 tonnes) : Protée Actéon Fresnel Achéron

-5ème DSM (sous-marins de 1500 tonnes) : Phénix L'Espoir Pégase Monge

-13ème DSM (sous-marins de 600 tonnes) : Doris Thétis Circé Calypso

-15ème DSM (sous-marins de 600 tonnes) : Iris Venus Orion Ondine

-17ème DSM (sous-marins de 600 tonnes) : La Vestale La Sultane Atalante Aréthuse

Du 25 novembre au 26 décembre 1938, le contre-torpilleur est immobilisé pour un petit carénage ce qui permet à l'équipage de prendre ses permissions.


Le contre-torpilleur l'Aigle en avril 1939

Le 10 mai 1939, la 1ère FSM devient la 4ème FSM. Elle dépend de la 4ème Région Maritime (Bizerte). Une 1ère FSM sera reconstituée à Toulon avec le contre-torpilleur Vauban comme navire-amiral.

Sa composition évolue avec au 27 août 1939 la 9ème DSM (sous-marins de 1100 tonnes Caïman,Morse,Souffleur), la 10ème DSM (sous-marins de 1100 tonnes Phoque Dauphin Espadon), la 11ème DSM (sous-marins de 1100 tonnes Marsouin Narval Requin _détachés au Levant_ ), la 17ème DSM (sous-marins de 600 tonnes : La Vestale La Sultane Atalante Aréthuse) et la 20ème DSM (sous-marins mouilleurs de mines Turquoise Rubis Saphir Nautilus).

En cas de guerre la 4ème FSM devient la 6ème escadrille (placée sous l'autorité de la 4ème région maritime de Bizerte) et l'Aigle doit rallier la 4ème Escadre déployée à Bizerte plus précisément au sein de la 1ère DCT avec le Vauban et le Lion. (On remarquera qu'en dépit de la commande des navires six par six les DCT ne sont pas forcément homogènes).

L'Aigle dans le second conflit mondial

Du 25 juillet au 25 octobre 1939, le contre-torpilleur est immobilisé à l'Arsenal de Sidi-Abdallah pour un grand carénage. Il redevient pourtant navire-amiral de la 4ème FSM dès le 1er août 1939, portant la marque du contre-amiral Ven.

Elle comprend donc cinq divisions et dix-sept sous-marins, une division de trois unités étant comme nous l'avons vue détachée au Levant pour surveiller le Dodécanèse alors possession italienne.

Un mois plus tard, le 1er septembre 1939, L'Aigle (X13) réintègre une DCT en l'occurence la 1ère, division formée également du Vauban (X11) de classe Guépard et de son sister-ship Lion (X12). Son intégration est effective le 9 octobre 1939 (il à été remplacé par l'Epervier), la 1ère Division de Contre-Torpilleurs dépendant des Forces légères d'attaque ou 4ème Escadre avec Bizerte pour tannière.

Cette escadre composée également des croiseurs légers Marseillaise Jean de Vienne La Galissonnière (3ème DC), du croiseur léger Emile Bertin, de la 3ème DCT (Guépard Verdun Valmy) et de la 11ème DCT (Bison Milan Epervier) était censée mener des raids sur les lignes de communication italiennes notamment entre l'Italie et l'ASI (Africa Setentrionale Italiana).

Comme Rome reste en dehors du conflit, cette escadre va être dispersée notamment pour des missions d'escorte et le moins que l'on puisse dire c'est que les Aigle tout comme les autres contre-torpilleurs sont très mal équipés (rayon d'action limité, absence d'Asdic, faible nombre de grenades ASM).

Du 2 décembre 1939 au 4 janvier 1940, le contre-torpilleur est indisponible pour réparations à l'Arsenal de Toulon. Du 20 au 25 janvier 1940, il transport de l'or turc en compagnie du contre-torpilleur Vauban et du croiseur lourd Tourville.


Essais de ravitaillement à la mer entre le croiseur lourd Algérie et le contre-torpilleur Aigle

Le 22 février puis le 1er mars 1940, le contre-torpilleur Aigle exécute des essais de ravitaillement à la mer auprès du croiseur lourd Algérie. C'est la solution pour compenser la faible endurance des torpilleurs et autres contre-torpilleurs français mais la défaite précoce de la France fait que cette technique ne sera pas encore maîtrisée par la Royale.

Durant la drôle de guerre, l'Aigle et ses condisciples de la 1ère DCT assurent à plusieurs reprises la couverture de la force X chargée des transports d'or en direction du Canada, or qui servait à garantir le paiement des commandes d'armes (essentiellement des avions) aux Etats-Unis.

C'est par exemple le cas à la mi-mars quand il protège le croiseur lourd Algérie et le cuirassé Bretagne en compagnie du Vauban et du Maillé-Brézé. Les contre-torpilleurs se contentent d'une escorte méditerranéenne, l'Aigle étant relevé le 15 mars à Casablanca par le croiseur lourd Colbert avant de faire relâche dans le grand port marocain du 17 au 21.

Jusqu'ici dépendant de la 3ème Escadre, l'Aigle et la 1ère DCT intègre une 3ème escadre légère reconstituée le 30 mai 1940. Placée sous les ordres du contre-amiral Derrien, elle comprend quatre autres divisions de contre-torpilleurs.

L'Aigle qui profitant des commodités installées pour le commandement de la 1ère FSM est le navire-amiral de la 3ème EL sauf si son commandement embarque sur le Dupleix (probablement si la 3ème EL doit opérer avec la 3ème Escadre qui regroupe les croiseurs lourds). Dans ce cas alors le contre-torpilleur réintègre la 1ère DCT.

Outre la 1ère Division de Contre-Torpilleurs, on trouve également la 3ème DCT (Guépard,Valmy,Verdun), la 5ème DCT (Tartu,Vauquelin,Chevalier Paul), la 7ème DCT (Vautour,Gerfaut,Albatros) et 9ème DCT (Cassard,Kersaint).

Es-ce une leçon du conflit mais on constate que les DCT sont homogènes contrairement au début du conflit où  plusieurs classes pouvaient cohabiter.

La quasi-totalité des «quatre tuyaux» (Guépard/Aigle/Milan/Epervier/Vauquelin) est concentrée en Méditerranée. Les exceptions sont le Maillé-Brézé et le Bison (perdus lors de la campagne de Norvège, le premier accidentellement et le seconds sous les bombes de la Luftwafe), le Milan et l'Epervier sont dans l'Atlantique, le Gerfaut est à Brest, le Kersaint et le Vauquelin sont indisponibles ce qui explique que le Cassard va temporairement remplacer le Vauquelin au sein de la 5ème DCT.

Dès le début du conflit il était prévu un bombardement des côtes italiennes par des navires basés à Toulon. L'Italie entre en guerre le 10 juin 1940 attirée par l'odeur du sang et une opération est prévue pour la nuit du 11 au 12 juin mais l'appareillage est annulé au dernier moment pour des raisons politiques.

Le bombardement italien de Bizerte le 12 juin lève les dernières hésitations et l'opération Vado est prévue pour la nuit du 13 au 14 juin 1940.

Sous le commandement du vice-amiral Duplat, commandant de la 3ème Escadre, elle voit l'engagement d'un groupe Vado (croiseur lourd Algérie _sur lequel le VA Duplat à posé sa marque_ croiseur lourd Foch, 1ère DCT Vauban Lion Aigle et 5ème DCT Tartu Chevalier Paul Cassard) et d'un groupe Gênes (croiseur lourd Dupleix _sur lequel le contre-amiral Derrien à posé sa marque_ et croiseur lourd Colbert, 7ème DCT Vautour Albatros et 3ème DCT Guépard Valmy Verdun).

A cela s'ajoute les sous-marins Iris,Venus,Pallas en barrage devant La Spezia, l'Archimède en voltigeur (c'est à dire pas d'affectation claire) et des moyens aériens répartis entre des hydravions Loire 130 (escadrille HS5), des bombardiers en piqué Vought 156F (escadrille AB3) et Loire-Nieuport 411 (escadrille AB2) et des Dewoitine D-520 du groupe de chasse III/6 de l'Armée de l'Air.

Les cibles de ce bombardement sont des batteries côtières, des chantiers navals et différentes usines.

Face à cette escadre, les italiens disposent de batteries côtières et de moyens navals limités à savoir le torpilleur Calatafimi (classe Curtatone) et six vedettes lance-torpilles (MAS 535,MAS 539,MAS 534,MAS 538).

Cette opération est d'une médiocre efficacité surtout si on fait le bilan des obus tirés à savoir 500 de 203mm, 300 de 90 et de 100mm, 800 de 138mm.

Les dégâts sont très limités, deux vedettes lance-torpilles italiennes légèrement endommagées par des éclats. En revanche le contre-torpilleur Albatros touché par un obus de 152mm voit quatorze de ses chauffeurs être brûlés (deux seulement survivront à leurs blessures).

Le 25 juin 1940 l'armistice signé à Rethondes trois jours plus tôt entre en vigueur. L'Aigle est à Toulon et le 3 juillet appareille avec toute la 3ème Escadre au moment où les anglais attaquent Mers-El-Kébir. Elle rentre le lendemain avec les croiseurs et les contre-torpilleurs venus d'Alger qui ont également couvert la spectaculaire fuite du croiseur de bataille Strasbourg.

Le 12 août 1940 les forces navales françaises sont réorganisées avec au sein de la 3ème Escadre le croiseur de bataille Strasbourg, la 1ère DC et la 3ème Escadre légère (1ère/3ème/4ème/5ème/7ème/9ème DCT), l'Aigle étant navire-amiral de la 3ème EL et donc placé hors rang. Cela nous donne la situation suivante :

Le contre-torpilleur Aigle subit un petit carénage du 4 au 12 septembre 1940. Treize jours plus tard, le 25 septembre 1940 sont créées les Forces de Haute Mer (FHM) qui regroupent le croiseur de bataille Strasbourg (navire-amiral hors rang), les croiseurs lourds Algérie Foch Dupleix (1ère DC), les croiseurs légers La Marseillaise et La Galissonnière (3ème DC) et la 3ème escadre légère.

Cette 3ème EL regroupe hors rang le contre-torpilleur Aigle (qui porte la marque du contre-amiral Jardel), la 3ème DCT (Guépard Valmy Cassard), la 7ème DCT (Vautour Albatros Gerfaut) et la 8ème DCT (L'Indomptable Volta).

L'Aigle est placé en gardiennage d'armistice en octobre 1940. Placé sous l'autorité du préfet maritime de Toulon le 16 octobre, le processus de désarmement est achevé le 21 octobre 1940.

Le 27 novembre 1940, le contre-torpilleur était à couple du Vauban à l'appontement 1 du Milhaud, proue vers la terre. Il est sabordé comme le reste de la flotte, coulant et chavirant sur tribord.


L'Aigle sabordé. Triste fin pour cette belle marine


Les travaux de renflouage sont confiés à la société Serra Frères commencent le 17 mars 1943 et se terminent le 10 juillet 1943. Il est ramené au poste 10 du quai Noël mais il est coulé par un bombardement allié le 24 novembre 1943 avant d'être à nouveau endommagé le 29 avril 1944.

Il est cédé à l'Allemagne pour riblonnage (récupération de l'acier) mais il est peu probable que beaucoup d'acier soit parti pour alimenter l'industrie d'armement d'un pays aux abois. Ce qui est certain en revanche c'est que la démolition est achevée sur place en 1952.

Sans le second conflit mondial, le désarmement de l'Aigle était prévu seize ans après la clôture d'armement soit en 1948 la même année que les cuirassés Provence et Lorraine (ils auraient du être désarmés en 1942 mais ils ont été prolongés), le porte-avions Béarn, les croiseurs lourds Duquesne et Tourville, les contre-torpilleurs Vautour Gerfaut Cassard Tartu Maillé-Brézé ainsi que les sous-marins Le Tonnant,Le Conquérant,L'Agosta,La Minerve et la Perle.

Ces six contre-torpilleurs auraient du normalement être remplacés par des navires commandés au titre de la tranche 1944 avec une mise en chantier en 1945. Bien entendu même si on peut imaginer, extrapoler qu'il s'agirait de navires semblables aux Hoche aucun plan précis n'à été dressé.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Mar 2 Oct - 9:37

Le Vautour

Le contre-torpilleur Vautour à la mer. La marque de coque "X71" et les deux anneaux blancs à la cheminée situe la photo à février 1940 au plus tôt

Présentation

-Le Vautour est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) sur leur site normand de Graville près du Havre le 21 février 1929 lancé le 28 août 1930 (à la troisième tentative !), armé pour essais le 1er juillet 1937 et admis au service actif le 1er juin 1932.


Un Vautour fauve

Le sister-ship de l'Aigle est le sixième navire français à porter ce nom vernaculaire porté par certains rapaces diurnes. Ce sont des charognards qui éliminent les carcasses d'animaux. Ce nom viens du latin vultur issu du verbe vellere («l'arracheur, le ravisseur»). Si cet oiseau à mauvaise réputation en Europe, il était l'object de cultes religieux en Egypte et chez les Aztèques.

Il succède à un corsaire de 1796, un autre corsaire de 1797 capturé par les britanniques en 1800,  un corsaire de 1797 capturé en 1798, un brick-sloop de 18 canons capturé par les britanniques en 1809, un lougre capturé pendant les guerres napoléoniennes par les britanniques.

Aucun navire n'à succédé au contre-torpilleur Vautour au sein de la marine française.

Carrière opérationnelle

Essais et mise au point

Le contre-torpilleur Vautour lors de ses essais à la mer

Tout comme les autres navires de sa classe, le contre-torpilleur Vautour effectue ses essais de son départ du Havre pour rallier son port d'armement à savoir Lorient.

Il réalise son essai de présentation en recette dès le 11 juin 1931. Il atteint la vitesse maximale de 34.05 nœuds (puissance développée 48700ch) ce qui signifie que l'essai est acquis puisqu'il devait marcher à 33.5 nœuds pendant une heure. Il arrive à Lorient le 28 juin 1931 où il va notamment réaliser ses essais officiels.

Tous les contre-torpilleurs réalisent un essais de huit à puissance maximum normale suivie d'une neuvième heure à feux poussés, un essai au déplacement Washington, un essai de consommation à 15 et 18 nœuds, des essais d'avance par tour à 15 et 18 nœuds. On réalise aussi des essais à giration, des essais de descente en allure, les premiers essais d'artillerie.

Le Vautour réalise trois essais à grande vitesse le 26 août 1931 avec une vitesse maximale de 39.177 nœuds, un essai d'avance par tour à 15 nœuds le 23 juillet 1931 suivit le même jour par un essai d'avance par tour à 18 nœuds, l'essai de consommation ayant lieu pour celui à 15 nœuds le 12 août 1931 et pour celui à 18 nœuds le 23 juillet 1931.

L'essai de 8h à Puissance Maximale Normale à lieu le 29 août 1931. Déplaçant 2644.193t, il développe 68072chn consomme 28.319t par heure et atteint la vitesse maximale de 37.753 nœuds.

L'essai à feux poussés menée lors de la 9ème heure voit le navire déplacé 2506.18 tonnes, développe 75608ch, consomme 31.822 tonnes par heure et atteint la vitesse maximale de 39.285 nœuds.

L'essai au déplacement Washington (2414.130 tonnes) est réalisé le 8 septembre 1931. Il développe 73995ch , consomme 31.784 tonnes par heure et atteint la vitesse maximale de 40.182 nœuds (corrigée 39.698 nœuds).

L'essai de bon fonctionnement à lieu le 28 janvier 1932 après un passage au bassin et différents travaux pour corriger d'éventuels défauts.

Entré en armement définitif le 1er décembre 1931, le Vautour effectue sa traversée de longue durée en quittant Lorient le 21 mai pour rallier Toulon dix jours plus tard après des escales à Agadir et Casablanca. Il est mise en service à son arrivée dans le Var.

Premières années

Comme la majorité des navires français, le Vautour rallie la Méditerranée et la 1ère escadre, escadre à l'époque commandée par le vice-amiral Robert qui avait posé sa marque sur le cuirassé Lorraine.

Il intègre le groupe des contre-torpilleurs (contre-amiral Dumont sur le Verdun) qui comprend à l'époque la 7ème DL (Verdun,Valmy,Vautour,Albatros) et la 5ème DL (Gerfaut,Panthère,Jaguar).

Au 1er août 1932, la 7ème DL dispose des contre-torpilleurs Verdun et Albatros alors que sa consœur de la 5ème DL dispose de trois unités en l’occurrence les Gerfaut,Vautour et Jaguar. L'activité est intense mais il n'y à pas d'événement saillant jusqu'au 13 juillet 1933.

Le 13 juillet 1933 lors d'une exercice de tir de nuit, un obus d'exercice de 37mm (c'est à dire un projectile inerte sans explosifs) part lors d'une manœuvre intempestive de la culasse et frappe un support de la passerelle de l'Albatros où il se brise. Il y à deux tués et un blessé grave sur l'Albatros.

Le 1er octobre 1934, le groupe des contre-torpilleurs de la 1ère escadre est réorganisé. La 5ème DL devient la 7ème, le Vautour échangeant sa marque de coque avec l'Aigle prenant la marque «5».

Le 9 octobre 1934, il accueille au large de Marseille le destroyer Dubrovnik qui avait amené de Kotor le roi Alexandre 1er de Yougoslavie.

A 150 miles de Marseille, le Dubrovnik est rallié par les torpilleurs d'escadre Forbin,Trombe et Mistral, A 70 miles par les contre-torpilleurs Gerfaut,Chevalier Paul et Vautour et à proximité de la cité phocéenne par les croiseurs lourds Duquesne et Colbert accompagnés par douze sous-marins.

Le jour même, le roi et le ministre des affaires étrangères Louis Barthou sont assassinés. Le Dubrovnik repart à Split avec le corps du roi. Il est accompagné par les contre-torpilleurs Vautour et Gerfaut.

Du 7 juin au 12 juillet 1935, le contre-torpilleur Vautour participe à la croisière d'été de la 1ère Escadre. Elle retrouve la 2ème Escadre dans l'Atlantique pour un exercice inter-escadres à l'issue duquel se déroule le 27 juin 1935 une imposante revue navale en baie de Douarnenez.

Le ministre de la Marine François Pietri embarque sur le Gerfaut suivit comme son ombre par ses sister-ship Aigle et Vautour et passe en revue cinquante-cinq bâtiments sur cinq rangs.


Le contre-torpilleur Vautour à la mer

Le Vautour subit un petit carénage du 25 au 30 septembre 1935 puis des réparations du 15 décembre 1935 au 15 janvier 1936.


Le contre-torpilleur Vautour au mouillage

Au 1er janvier 1936, la 7ème DL est composée du Gerfaut, de l'Albatros et du Vatour soit une division homogène (ce qui n'était pas toujours le cas).

Après un petit carénage du 10 février au 15 mars 1936, le Vautour participe à la croisière de printemps de l'escadre du 4 mai au 24 juin 1936.

Au 15 août 1936, la 3ème escadre légère qui regroupe les contre-torpilleurs de l'escadre de la Méditerranée dispose de la 5ème DL (Tartu Vauquelin Chevalier Paul), de la 7ème DL (Gerfaut Albatros), de la 9ème DL (Maillé-Brézé,Kersaint,Cassard) et de la 13ème DL (Guépard,Verdun,Vautour).


Le contre-torpilleur Vautour à la mer

Il participe à la guerre d'Espagne pour des patrouilles et des protections. Détaché de sa division le 1er décembre 1936, il est en disponibilité armée du 20 novembre 1936 au 1er octobre 1937 et est indisponible pour travaux du 6 janvier 1937.

Le 1er juillet 1937, il intègre la 7ème DCT (ex-7ème DL) avec le Gerfaut et l'Albatros. Il est disponible à effectifs complets le 1er octobre 1937 et reprend ses missions de patrouilles et de protection dans le cadre de la guerre d'Espagne.

Après un petit carénage du 17 avril au 5 mai 1938, le Vautour est déployé en Méditerranée orientale avec l'escadre du 11 mai au 1er juillet.

A partir du 30 août 1938, la 7ème DCT est affectée avec la 3ème DT (Le Fortuné,Tempête,La Railleuse,Simoun _ce dernier détaché au Maroc_) au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM) mais ce dernier est suspendu le 24 septembre 1938.

La 7ème DCT est en grandes réparations à partir du début du mois de novembre 1938 et reste indisponible jusqu'en janvier 1939.

Le 1er octobre 1938, le Vautour remplace le Gerfaut comme bâtiment chef de division. Les marques de coque ne changent pas avec le 73 pour le Vautour, le 72 pour l'Albatros et le 71 pour le Gerfaut. A l'époque on projette d'envoyer le Vautour et l'Albatros à la Division Navale du Levant (DNL) et de former une division avec le Gerfaut, le Milan et l'Epervier. Le 16 décembre 1938, la 4ème DCT (Lynx,Tigre,Panthère) arrive en Méditerranée.

Disponible le 3 janvier 1939, le Vautour sort avec l'Escadre du 18 janvier au 10 mars 1939. Le 28 mars 1939, la 7ème DCT remplace la 3ème DCT dans le Dispositif Spécial en Méditerranée.

Le 27 février 1939, la circulaire ministérielle 244EMG3 change les marques de coque. Celles des contre-torpilleurs sont précédés d'un X, le Vautour devenant le X71, le Gerfaut le X72 et l'Albatros le X73.

Après une nouvelle période au sein du dispositif spécial en Méditerranée du 7 au 11 avril, le Vautour participe à une croisière en Méditerranée du 31 mai au 9 juin 1939. Le 13 juin 1939, la 7ème DCT est placée aux effectifs complets temps de paix.

Le Vautour dans le second conflit mondial

Le contre-torpilleur Vautour avec un magnifique X71 peint en rouge. Avec le déclenchement de la guerre on aurait pu s'attendre à une certaine discrétion.....

Le 25 août 1939, l'ordre arrive de surseoir à tout carénage rapide. Les escadres sont placées à six heures d'appareillage.

Le 27 août 1939, l'amiral Esteva devient Amiral Sud. Le Vautour est alors qu'à Toulon. Les Forces de Haute Mer regroupent avec les 2ème et 3ème escadre, les contre-torpilleurs et les croiseurs lourds formant la 3ème escadre.

Loin d'attaquer les lignes de communication italiennes au canon et à la torpille, les contre-torpilleurs mènent des missions d'escorte, de couverture de convois et même de transport de troupes. Le 6 septembre 1939, la 7ème DCT est placée à disposition d'Amiral Sud pour des escortes de convois.

Il protège le convoi L1 (Marseille-Beyrouth 9 au 14 septembre 1939) puis le convoi L3 (Oran-Beyrouth). Dans la nuit du 22 septembre, le Vautour est abordé par le croiseur auxiliaire El Djezaïr ce qui provoque une large brèche au dessus de la flottaison (couples 56 à 61). Il y à six blessés dont quatre graves, l'un d'entre-eux décédant le lendemain.

Il subit des réparations sommaires du 23 au 29 septembre à Bizerte avant de rallier Toulon pour quasiment trois mois de travaux jusqu'au 25 décembre 1939. Outre la remise en état, le contre-torpilleur voit ses auxiliaires visités, un Asdic britannique type 128 installé, l'artillerie de 37mm modernisée. Il reprend ses missions de couverture et de convois.

Depuis le mois de novembre, le David finlandais affronte le Goliath soviétique. A l'époque Moscou est allié de l'Allemagne. Les franco-britanniques envisagent une intervention en Scandinavie pour aider la petite Finlande.

Cette opération aurait vu l'engagement d'une force Z. Sous le commandement du contre-amiral Derrien qui avait posé sa marque sur le croiseur Emile Bertin, elle aurait du disposer de la 5ème DCT (Tartu Vauquelin Chevalier Paul), de la 7ème DCT (Vautour,Albatros,Gerfaut), de la 11ème DCT (Bison Milan Epervier), la 5ème DT (Brestois,Boulonnais,Foudroyant), les navires auxiliaires Lot,Golo,Austral,Pollux et Canada, le transport des troupes devant se composer des croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX (la «division de fer»), de paquebots et de cargos réquisitionnés.

Elle est mise sur pied le 15 février 1940 mais elle est dispersée dès le 12 mars après la signature de la paix entre Helsinki et Moscou.

Le 14 avril 1940, le Vautour et l'Albatros protègent le cuirassé Richelieu lors de ses premiers essais à la mer en baie de Douarnenez.

Depuis le mois d'avril, le contre-torpilleur est à la disposition d'Amiral Ouest. Le 1er mai 1940, il est affecté aux Patrouilles de l'Océan (Patoc) pour des misisons d'escorte et de protection.

Le 13 mai 1940, la 7ème DCT est mise aux ordres de la 3ème Escadre. Le 31 mai, la 3ème Escadre légère est reconstituée.

Le 10 juin 1940, l'Italie entre en guerre alors que la France à un genoux et demi à terre. C'est un véritable coup de poignard dans le dos.

André François-Poncet quand le comte Ciano ministre des affaires étrangères italien lui remit la déclaration de guerre «Méfiez-vous les allemands seront des maîtres exigeants». La suite lui donnera raison : l'Italie devra rapidement abandonner ses rêves de guerre parallèle et quémander l'aide allemande avec si possible le plus de dignité possible.

Il était prévu dès l'entrée en guerre de l'Italie qu'un bombardement des côtes italiennes soit organisé. Initialement prévu le 11 juin, il est reporté pour des raisons politiques.

Le 12 juin, Bizerte est bombardée par l'aviation italienne. Le vice-amiral Duplat obtient le feu vert du gouvernement Reynauld pour exécuter un bombardement dans la région de Gênes à l'aide de croiseurs lourds et de contre-torpilleurs.

Dans la nuit du 13 au 14 juin, deux groupes occasionnels se mettent en position au large des côtes ligures. Un groupe doit s'occuper de Gênes (croiseurs lourds Colbert Dupleix, contre-torpilleurs de la 3ème DCT Guépard Valmy Verdun et de la 7ème DCT _Vautour Albatros_) et un autre de Vado.

La 7ème DCT se position à 2.5 miles (environ 5km) dans le nord des croiseurs, visant Sestri Ponente _commune de la banlieue de Gênes_ à une distance de 7300m.

Les tirs sont peu précis et peu efficaces surtout si on se rapporte à la consommation d'obus. Les navires français en ressortent indemnes à l'exception de l'Albatros touché par un obus de 152mm ce qui provoque la mort de douze marins. Le Vautour va tirer sur les batteries côtières et le torpilleur Calatafimi mais sans coup au but.

Quand l'armistice entre en vigueur le 25 juin 1940 à 0h35, quatorze contre-torpilleurs sont présents à Toulon (Lion Guépard Verdun ValmyTartu Chevalier Paul Vautour Albatros Gerfaut Cassard Vauquelin et Panthère).

Le 3 juillet 1940, les anglais déclenchent l'opération CATAPULT destinée à neutraliser la flotte française. Cela se passe relativement bien (Grande-Bretagne), très bien (Alexandrie) ou très mal comme à Mers-El-Kébir où l'amiral Sommerville est obligé d'ouvrir le feu sur des navires français incapables de manœuvrer.

La 3ème escadre  est mise en alerte et appareille dans la soirée pour faire face à toute éventualité et c'est ainsi qu'à l'est de Minorque elle prend contact avec le croiseur de bataille Strasbourg, les contre-torpilleurs Tigre Le Terrible Volta Lynx, les torpilleurs Trombe La Poursuivante et Bordelais ainsi que les six croiseurs de 7600 tonnes venus d'Alger . Un service d'alerte est mis sur pied aux Salins d'Hyères avec une DC et deux DCT.

Le 25 septembre 1940 les Forces de Haute Mer sont mises sur pied. Le navire-amiral est le croiseur de bataille Strasbourg accompagné de la 1ère Division de Croiseurs (1ère DC) (Algérie Foch Dupleix), de la 3ème DC (La Marseillaise La Galissonnière) et la 3ème Escadre Légère composée du contre-torpilleur Aigle (hors-rang), la 3ème DCT (Guépard Valmy Cassard), la 7ème DCT (Vautour,Albatros,Gerfaut) et la 8ème DCT (L'Indomptable Volta).

Le 13 décembre 1940 il est prévu de mettre le Vautour en gardiennage d'armistice. La 7ème DCT est dissoute suite à la mise en gardiennage d'armistice du Gerfaut (le 15 octobre 1940), du Vautour le 16 décembre, l'Albatros lui est envoyé au Maroc le 17 décembre 1940.

Affecté au 2ème sous-groupe de contre-torpilleurs en gardiennage avec le Kersaint et le Gerfaut, il subit un grand carénage du 9 juin au 28 octobre 1941.

Les accords de Paris du 28 mai 1941 autorise le réarmement de navires désarmés. Le Vautour subit des travaux avec la découpage du mat arrière, le regroupement des projecteurs sur une plate-forme à l'avant de la troisième cheminée et un renforcement de la DCA avec un affût double de 37mm modèle 1933 sur le rouf arrière, deux affûts doubles de 13.2mm Hotchkiss sur l'avant de la troisième cheminée et deux mitrailleuses de 13.2mm Browning en affûts simples devant la passerelle.

Le Vautour est réarmé le 20 juillet 1942 avec l'équipage du Valmy de la 3ème DCT. Une nouvelle 7ème DCT est formée avec le Vautour, le Gerfaut et le Cassard, le premier nommé remplaçant le Verdun au sein de la flotte d'Armistice.

Les travaux sont terminés le 14 août 1942. Les sorties en mer sont cependant strictement limitées en raison des contrôles de la commission d'armistice et du manque de carburant.

Le 27 novembre 1942, le contre-torpilleur se trouvait dans la darse du Castigneau entre le croiseur lourd Foch et le transport Champlain, l'arrière amarré au quai des Machines.

A 5h35 l'ordre fatidique «Sabordez la flotte» arrive. La manœuvre est parfaitement exécutée _on se console comme ont peu_ . Sur le Vautour les charges sont mises en place, des démolitions secondaires sont réalisées, les vannes ouvertes. Le navire est presque immergé avec 7m d'eau à l'arrière, la coque est finalement chavirée de 50° sur babord et émerge de 1m50.


Le Vautour sabordé. Une bien triste image...... .

La société Nautilus de Paris filiale de la Société Industrielle et Navale est chargée du renflouement qui commence le 22 avril 1943. Le navire flotte à nouveau le 17 juillet 1943 puis est remorquée au poste 8 du quai Noël.

Classé «non intéressant» comme l'Aigle, le Gerfaut et le Guépard, le Vautour est à nouveau coulé le 24 novembre 1943 par un bombardement allié. Il est à nouveau touché le 23 avril 1944. l'épave est cédée à l'Allemagne pour riblonnage le 19 mai 1944. L'épave est finalement démolie sur place en 1951.

Sans le second conflit mondial, le désarmement du Vautour était prévu seize ans après la clôture d'armement soit en 1948 la même année que les cuirassés Provence et Lorraine (ils auraient du être désarmés en 1942 mais ils ont été prolongés), le porte-avions Béarn, les croiseurs lourds Duquesne et Tourville, les contre-torpileurs Vautour Gerfaut Cassard Tartu Maillé-Brézé ainsi que les sous-marins Le Tonnant,Le Conquérant,L'Agosta,La Minerve et la Perle.

Ces six contre-torpilleurs auraient du normalement être remplacés par des navires commandés au titre de la tranche 1944 avec une mise en chantier en 1945. Bien entendu même si on peut imaginer, extrapoler qu'il s'agirait de navires semblables aux Hoche aucun plan précis n'à été dressé.

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Jeu 4 Oct - 9:01

L'Albatros

Le contre-torpilleur Albatros à la mer

Présentation

-L'Albatros est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Nantes le 30 janvier 1929 lancé le 28 juin 1930, armé pour essais le 15 novembre 1930 et enfin admis au service actif le 25 janvier 1932.


Un Albatros

La troisième unité de classe Aigle est le premier navire de la marine nationale à porter le nom de ce grand oiseau de mer apparenté au pélican, présent essentiellement dans l'Atlantique Sud et le Pacifique Nord. Oiseaux majestueux pouvant atteindre une envergure de 3.4m, ils ont du mal à décoller mais une fois en vol leurs longues ailes leur permette de planer longtemps et sans efforts.

Lui à succédé un patrouilleur ancien chalutier longtemps utilisé dans l'Océan Indien pour surveiller les TAAF (les Terres Australes et Antarctiques Françaises). Il à été désarmé en juillet 2015, retrouvant Brest. Il est actuellement au cimetière maritime de Landevennec et on parle de lui pour remplacer le Rhône comme brise-lames à Lorient.


Patrouilleur hauturier Albatros

Carrière opérationnelle

Essais et mise au point

L'Albatros descendant la Loire pour rallier son port d'armement à savoir Lorient

Le 17 février 1931, l'Albatros quitte la belle ville de Nantes (pleuvait-il ce jour là ?) pour rallier Lorient où il n'arrive que le 20 en raison du mauvais temps qui l'obligea à passer un peu de temps dans l'estuaire de la Loire.

L'essai de présentation en recette à lieu le 20 février 1931 lors de l'arrivée à Lorient. Il est acquis dès la première tentative, le navire parvenant à atteindre la vitesse demandée à savoir 33 nœuds.

Commencent alors les essais officiels. L'essai à grande vitesse est réalisé le 26 mars 1931, le navire atteignant 38.258 nœuds, l'essai d'avance par tour à 15 noeuds ayant lieu le 17 mars, celui à 18 nœuds une semaine plus tard.

L'essai de 8H à la Puissance Maximum Normale (PMN) à lieu le 30 avril 1931. Déplaçant 2640.776 tonnes, il atteint la vitesse maximale de 39.132 nœuds (corrigée 39.153 nœuds). Cet essai est suivie d'une neuvième heure à feux poussés qui lui permet d'atteindre la vitesse de 40.43 nœuds à un déplacement de 2507.74 tonnes.

Lors de l'essai au déplacement Washington (2480.336 tonnes), le contre-torpilleur atteint la vitesse maximale de 41.8972 nœuds (corrigée 41.23 nœuds).

Après une période de démontage et de modifications, le contre-torpilleur effectue son essai de bon fonctionnement le 3 septembre 1931 avant de réaliser sa traversée de longue durée (TLD) qui correspond à son transit en direction de Toulon.

Il entre en armement définitif le 4 septembre 1931, la clôture d'armement étant prononcée le 25 décembre 1931.

Il quitte Lorient le 16 janvier 1932 et arrive à Toulon six jours plus tard le 22 après une escale à Oran. Cette TLD n'est pas une simple croisière d'agrément, essais et entrainement se poursuivent.

Le navire quitte Lorient, effectue exercices et écoles à feu à Quiberon avant d'entamer son transit, transit qui est l'occasion de poursuivre l'entrainement de l'équipage et de réaliser des essais complémentaires.

C'est ainsi que l'Albatros effectue entre le 16 et le 18 janvier des essais de consommation : 4h à 12 nœuds, 4h à 15 nœuds, 4h à 17 nœuds, 8h à 22 nœuds, 6h à 17 nœuds,6h à 0.6P. Un dernier essai de consommation à 27 nœuds est réalisé le 21 janvier 1932.  

Premières années

L'Albatros au mouillage avec un torpilleur d'escadre

Admis au service actif trois jours après son arrivée à Toulon, il est affecté à la 7ème Division Légère avec le «3» comme marque de coque, la 7ème DL dépendant naturellement de la 1ère Escadre. Au 15 mars 1932, la division est constituée des contre-torpilleurs Verdun Valmy Albatros et Gerfaut.

Les navires sont particulièrement actifs, multipliant les exercices et les sorties ce qui explique pourquoi en septembre 1939 la marine nationale est considérée comme la mieux préparée des trois armes, ayant bénéficié de l'expérience de la guerre d'Espagne.


Les contre-torpilleurs français ne manquaient pas d'élégance

Le 1er août 1932, le Valmy et le Gerfaut quittent la 7ème DL. La division retrouve une troisième unité le 10 octobre quand arrive le Guépard. On trouve alors le Verdun («1»), le Guépard («2») et l'Albatros («3»), le contre-torpilleur étant aussi navire-amiral du groupe de contre-torpilleurs.

L'Albatros participe à un exercice inter-escadres les 22 et 23 mai 1933. Dans l'Atlantique, le «parti bleu» qui se compose du Verdun (Al), de l'Albatros, du Guépard,du Foch,du Suffren,du Tourville,du Colbert, du transport d'hydravions Commandant Teste et sa flottille affronte le «parti rouge» composé de la 2ème escadre et des unités restantes de la 1ère escadre soit un total de 2 cuirassés, un porte-avions, un croiseur, neuf contre-torpilleurs,quatorze torpilleurs, onze sous-marins, deux avisos et un ravitailleur de sous-marins.

Après différentes escales et un autre exercice à double action au large de Toulon le 24 juin, le contre-torpilleur rentre à son port d'attache.

Au 6 octobre 1933, la 7ème DL est composée du Tartu («1»), du Cassard («2») et de l'Albatros («3»). Il termine l'année par un petit carénage à Toulon du 10 au 21 novembre 1933.

Dans la nuit du 13 juillet 1934, lors d'un exercice de tir, un projectile d'entrainement inerte d'un canon de 37mm du Vautour est accidentellement éjecté lors de l'ouverture de la culasse. Le projectile heurte la passerelle de l'Albatros faisant deux morts et quatre blessés.

Au 1er octobre 1934, le groupe des contre-torpilleurs est réorganisé. L'Albatros passe à la 5ème DL dans laquelle il remplace provisoirement le Cassard. Si il porte le numéro «2» comme marque de coque, le Tartu porte le numéro «1» et le Chevalier Paul le numéro «3».

Du 7 juin au 12 juillet 1935, le contre-torpilleur Albatros participe à la croisière d'été de la 1ère Escadre. Elle retrouve la 2ème Escadre dans l'Atlantique pour un exercice inter-escadres à l'issue duquel se déroule le 27 juin 1935 une imposante revue navale en baie de Douarnenez.

Le ministre de la Marine François Pietri embarque sur le Gerfaut suivit comme son ombre par ses sister-ship Aigle et Vautour et passe en revue cinquante-cinq bâtiments sur cinq rangs. L'Albatros est donc au mouillage.

Le 18 août 1935, il est transféré au groupe de complément quand le Cassard reprend sa place au sein de la 5ème DL. Il est en travaux de la mi-août à la fin du mois de décembre 1935. Le ravitaillement des pièces est modifié, l'installation de la TSF est refondue, un sondeur CET 32 mod.35 est installé.


L'Albatros à faible vitesse (en rade de Toulon ?)

Le 1er janvier 1936, l'Albatros quitte le groupe de complément pour retrouver la 7ème DL où il remplace son sister-ship Aigle. Cette division se compose du Gerfaut (chef de division «4»), de l'Albatros («5») et du Vautour («6»).

Après un petit carénage de la mi-avril au début du mois de mai, l'Albatros participe à la croisière de printemps du 4 mai a 24 juin 1936 avant d'être engagé de manière indirecte dans la guerre d'Espagne.

Cette guerre à pour origine l'échec du coup d'état militaire exécuté le 18 juillet 1836. C'est le début d'un conflit de quasiment trois ans (juillet 1936-mars 1939), conflit qui s'internationalise rapidement avec le soutien de l'Italie, de l'Allemagne et du Portugal côté nationaliste et du côté républicain les soviétiques et les brigades internationales.

Dans un premier temps les marines étrangères vont évacuer leurs ressortissants. L'Albatros appareille de Toulon le 21 juillet, est à Port-Vendres du 21 au 24, à Valence du 25 au 27, à Port-Vendres à nouveau du 28 au 29,Palamos puis Barcelone le 29, Alicante le 30, Carthagène le 31 juillet et le 1er août, Alicante du 1er au 3, Ivice le 3, Port-Vendres encore du 4 au 6 et Barcelone le 6 août 1936. Il est à nouveau à Barcelone du 7 au 11 août.

Le 15 août 1936, la 7ème DL est versée au groupe de complément. Le même jour, le groupe des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre devient la 3ème escadre légère. Les marques de division sont changées, la 7ème DL ayant comme marque de coque le «71» (Gerfaut), le «72» (Albatros), le Vautour provisoirement attaché à la 13ème DL prendra la marque de coque «73» lors de sa réincorporation le 1er juillet 1937.

L'Albatros est en disponibilité armée pour réparations du 15 août au 3 novembre 1936. Le 30 octobre, la 1ère escadre devient l'escadre de la Méditerranée.

Il retourne en Espagne du 11 au 20 novembre puis du 28 novembre au 5 décembre avec des escales à Barcelone, Orenys, Valence,Alicante et Palma de Majorque. Il termine l'année en disponibilité armée du 6 au 31 décembre 1936.

La 7ème division est indisponible à partir du 6 janvier 1937 et entre en grandes réparations à Toulon. L'Albatros est sorti du bassin le 5 mai. Entre-temps le 12 avril, les divisions légères deviennent soit des Divisions de Croiseurs (DC) ou des Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT), la 7ème DL devient la 7ème DCT.

Les travaux se prolongent suite à des avaries et le contre-torpilleur n'est disponible que le 1er octobre 1937. La 7ème DCT est engagée à nouveau en Espagne du 22 au 26 novembre, du 9 au 17 décembre, du 30 décembre 1937 au 3 janvier 1938.

Elle repart le même jour pour Alger où elle fait escale du 7 au 11 janvier, revient à Toulon le lendemain pour un nouveau déploiement en Espagne du 20 au 28 janvier. Légèrement avarié, il est en réparations du 16 au 28 février. La 7ème DCT est en petit carnage le 11 avril, l'Albatros sortant du bassin le 15 avril et achève les travaux dix jours plus tard.

Du 11 mai au 1er juillet 1938, l'Albatros participe à la croisière de l'escadre de la Méditerranée.

Le 30 août 1938, la 7ème DCT est à nouveau affectée au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM) et le 23 septembre, la vedette du contre-torpilleur est coulé par un bombardement alors que l'Albatros mouillait devant le port. Le 1er octobre 1938, le Vautour devient chef de division à la place du Gerfaut et le 12 octobre le Maillé-Brézé remplace le Tartu comme bâtiment-amiral de la 3ème Escadre Légère.

Le grand carénage de la 7ème DCT est prévu à partir de 5 octobre. Il est un temps suspendu en raison de la crise des Sudètes mais les accords de Munich retardent d'un an le conflit et les travaux peuvent avoir lieu.

Les travaux de l'Albatros commencent le 16 septembre et s'achèvent le 12 décembre 1938. Ils comprends un carénage, le retubage des quatre chaudières,le changement des câbles électriques, l'installation d'un bouteille d'air supplémentaire pour les tubes lance-torpilles, le renforcement des électros de mise de feu des tubes,les postes de TSF OTC, l'agrandissement du PC et la modification des conjugateurs.

Il participe à la croisière d'hiver de l'escadre du 18 janvier au 10 mars 1939 avant d'être affecté au DSM à partir du 28 mars. Il est en petit carénage à la mi-avril, l'approvisionnement en 138 est complété à 800 coups.

Le 1er juillet 1939, l'escadre de la Méditerranée devient la Flotte de la Méditerranée, la nouvelle flotte étant divisée en quatre escadres (2ème, 3ème,4ème et 5ème escadres). La 3ème Escadre légère qui dépend de la 3ème Escadre dispose de trois DCT, la 5ème DCT (Tartu Chevalier Paul et Vauquelin), la 7ème DCT (Vautour,Albatros,Gerfaut) et la 9ème DCT (Maillé-Brézé,Kersaint,Cassard).

Suite à des avaries à la machine tribord, l'Albatros est indisponible à partir du 23 août. Il entre à l'Arsenal de Toulon dès le 1er août à couple avec le Cassard. L'Albatros est à Missiessy au poste 7 du 7 au 17 août puis au poste 4 du quai de l'Artillerie le 17.

L'Albatros dans le second conflit mondial

Le 27 août 1939 l'organisation du temps de guerre est mise en place, Toulon devenant le port base des Forces de haute mer. La 3ème escadre légère est commandée par le contre-amiral Derrien sur le Maillé-Brézé.

Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne. Après le rejet par Berlin des ultimatum français et britanniques, Paris et Londres déclare la guerre le 3 septembre 1939.

Quatre jours plus tard, le 7 septembre, l'amirauté met les 5ème,7ème,9ème DCT ainsi que les 1ère (La Palme,LeMars,Tempête) et 7ème DT (Tramontane,Tornade,Typhon) à la disposition de l'amiral Esteval devenu Amiral Sud. Ces contre-torpilleurs et torpilleurs forment les Forces maritimes du Sud pour l'escorte des convois en Méditerranée.

L'Albatros est toujours en travaux, il est au bassin 2 du Missiessy du 7 au 16 septembre et du 19 au 28 octobre, le reste du temps les travaux ayant lieu à quai. Il est enfin disponible le 2 décembre 1939.

A l'époque l'Amiral Sud dispose de quatre divisions de contre-torpilleurs (1ère,7ème,9ème et 11ème) et d'une division de torpilleurs (3ème DT). Ces forces d'escorte seront remplacées le 14 décembre par les Patrouilles de la Méditerranée occidentale (contre-amiral Donval).

Il effectue des missions d'escorte et de couverture de convois jusqu'à la fin de l'année. Au 31 décembre 1939, la 3ème Escadre légère comprend les 1ère,7ème,9ème et 11ème DCT, la 3ème escadre légère dépendant toujours de la 3ème escadre (vice-amiral Duplat).

Le 24 janvier l'Albatros quitte Toulon pour Casablanca en compagnie du Vautour, les deux navires participant à la recherche des navires allemands Porto,Sevilla et Hélios en compagnie des torpilleurs La Baliste,La Bayonnaise ainsi que des chalutiers armés Cap Nord et Valiant mais comme les navires se sont réfugiés dans le Guadalquivir (le fleuve qui arrose Séville), les navires français rentrent à Casablanca.

Le 7 février 1940, les contre-torpilleurs Albatros,Vautour et Maillé-Brézé sont mis aux ordres de l'amiral Afrique.

Depuis le mois de novembre, le David finlandais affronte le Goliath soviétique. A l'époque Moscou est allié de l'Allemagne. Les franco-britanniques envisagent une intervention en Scandinavie pour aider la petite Finlande.

Cette opération aurait vu l'engagement d'une force Z. Sous le commandement du contre-amiral Derrien qui avait posé sa marque sur le croiseur Emile Bertin, elle aurait du disposer de la 5ème DCT (Tartu Vauquelin Chevalier Paul), de la 7ème DCT (Vautour,Albatros,Gerfaut), de la 11ème DCT (Bison Milan Epervier), la 5ème DT (Brestois,Boulonnais,Foudroyant), les navires auxiliaires Lot,Golo,Austral,Pollux et Canada, le transport des troupes devant se composer des croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX (la «division de fer»), de paquebots et de cargos réquisitionnés.

Elle est mise sur pied le 15 février 1940 mais elle est dispersée dès le 12 mars après la signature de la paix entre Helsinki et Moscou.

Le 14 avril 1940, le Vautour et l'Albatros protègent le cuirassé Richelieu lors de ses premiers essais à la mer en baie de Douarnenez. Depuis le mois d'avril, le contre-torpilleur et son sister-ship sont à la disposition d'Amiral Ouest. Le 1er mai 1940, il est affecté aux Patrouilles de l'Océan (Patoc) pour des misisons d'escorte et de protection.

Le 13 mai 1940, la 7ème DCT est mise aux ordres de la 3ème Escadre. Le 31 mai, la 3ème Escadre légère est reconstituée. L'Albatros est de retour à Toulon le 18 mai 1940.

Le 10 juin 1940, l'Italie entre en guerre alors que la France à un genoux et demi à terre. C'est un véritable coup de poignard dans le dos.

Il était prévu dès l'entrée en guerre de l'Italie qu'un bombardement des côtes italiennes soit organisé. Initialement prévu le 11 juin, il est reporté pour des raisons politiques.

Le 12 juin, Bizerte est bombardée par l'aviation italienne. Le vice-amiral Duplat obtient le feu vert du gouvernement Reynauld pour exécuter un bombardement dans la région de Gênes à l'aide de croiseurs lourds et de contre-torpilleurs.

Dans la nuit du 13 au 14 juin, deux groupes occasionnels se mettent en position au large des côtes ligures. Un groupe doit s'occuper de Gênes (croiseurs lourds Colbert Dupleix, contre-torpilleurs de la 3ème DCT Guépard Valmy Verdun et de la 7ème DCT _Vautour Albatros_) et un autre de Vado.

La 7ème DCT se position à 2.5 miles (environ 5km) dans le nord des croiseurs, visant Sestri Ponente _commune de la banlieue de Gênes_ à une distance de 7300m. Les tirs sont peu précis et peu efficaces surtout si on se rapporte à la consommation d'obus.

L'Albatros ouvre le feu à 4h33 (distance 7300m), connait une brève avarie de barre à 4h40 puis émet de la fumée à 4h45. Le contre-torpilleur est touché par un obus de 152mm de la batterie Mameli.

Le projectile traverse une soute à mazout et éclate dans la chaufferie arrière. Des tubes à vapeur sont coupés, le mazout se répand mais sans prendre feu, la chaudière est isolée du collecteur, le second-maître Jacob parvient avec un matelot à fermer les brûleurs.

Ce seront les seuls survivants de la chaufferie, les douze blessés décéderont, un à bord, cinq le premier jour et six dans les jours qui suivent. Le contre-torpilleur va rester en ligne jusqu'à la fin de l'opération.

Quand l'armistice entre en vigueur, l'Albatros était en réparations. Il aurait pu appareiller pour rallier l'Afrique du Nord mais il reste dans le Var.

Il prend la mer avec toute la 3ème escadre légère suite à l'attaque britannique contre Mers-El-Kébir et couvre au large de Minorque l'arrivée du croiseur de bataille Strasbourg, des contre-torpilleurs l'accompagnant ainsi que des six croiseurs de 7600 tonnes venus d'Alger.

Le 25 septembre 1940, les Forces de Haute Mer sont créés à Toulon, la 7ème DCT (Vautour,Albatros,Gerfaut) les intégrant même si le 21 octobre le dernier nommé est désarmé puis mis en gardiennage le 29.

Le 16 décembre 1940 le Vautour est placé en gardiennage d'armistice, la 7ème DCT étant dissoute la veille. L'Albatros quitte les FHM et passe sous l'autorité de la 3ème région maritime le 17.

Il est provisoirement affecté à Marine Maroc, quitte Toulon le 17 décembre, escortant les sous-marins Aurore,Psyché et Oréade. Le petit groupe arrive à Casablanca le 23 après une escale à Oran du 19 au 21.

Il est rattaché aux Patrouilles de l'Océan (Patoc) qui comprend à l'arrivé de l'Albatros le Milan et l'Epervier _ce dernier indisponible ce qui explique l'arrivée de l'Albatros_ de la 11ème DCT, les torpilleurs d'escadre Fougueux Frondeur (2ème DT) Brestois Boulonnais (5ème DT) Simoun Tempête (6ème DT), la 6ème escadrille d'avisos, la 6ème escadrille de patrouilleurs, la 5ème section de dragueurs ordinaires, les 20ème et 21ème sections de dragueurs magnétiques.

On trouve également à Casablanca le cuirassé Jean Bart inachevé, les croiseurs Primauguet et Gloire,les sous-marins Meduse et Thetis (13ème DSM)  Oréade,La Psyché (16ème DSM).

Depuis son nouveau port d'attache marocain, l'Albatros effectue des escortes de convois, reprend le contrôle du banannier Fort de France saisi par les britanniques..... .

Du 10 juin au 5 septembre 1941 il est à l'Arsenal d'Oran pour un grand carénage. Le mat arrière est supprimé, des supports d'antenne sont installés sur la cheminée n°4, deux projecteurs de 75cm sont installés sur une plate-forme à l'avant de la cheminée n°3, le projecteur avant de 75cm est remplacé par un projecteur de 60cm, deux canons de 37mm modèle 1925 CAS (Contre-Avions Simple) sont débarqués, deux mitrailleuses Browning de 13.2mm sont ajoutées à l'arrière des ailerons de passerelle et un canon de 37mm modèle 1933 CAD (Contre-Avions Double) installé sur le rouf arrière.

Après une sortie pour essais les 3 et 4 septembre, le contre-torpilleur est à nouveau disponible le 5 septembre. Il quitte Oran le 22 septembre avec le convoi R-19 (quatre navires), arrivant à Casablanca le 25 septembre 1941.

Après plusieurs sorties d'entrainement et écoles à feux, l'Albatros est en petit carénage du 8 au 21 avril avec un passage sur le dock flottant de 5000 tonnes du 8 au 13.

Le 18 avril 1942 la 2ème escadre légère est constituée à Casablanca sous les ordres du contre-amiral Gervais de Lalond qui à posé sa marque sur le croiseur léger Primauguet.

Au 25 mai 1942, elle comprend la 11ème DCT (Milan,Epervier,Albatros), la 5ème DT (Brestois,Boulonnais), la 6ème DT (Tempête, Simoun ce dernier est indisponible son équipage armant les patrouilleurs Algéroise et Servannaise).

On trouve également le torpilleur d'escadre L'Alcyon détaché à Oran depuis le 8 mai, les Fougueux et Frondeur étant en grand carénage à Alger.

La mission de cette escadre est de protéger l'Afrique du Nord contre un débarquement ennemi, le jour le croiseur, les contre-torpilleurs et les torpilleurs doivent attirer la force ennemie dans la zone d'action des sous-marins et de nuit attaquer la force navale ennemie au canon et à la torpille.

Les navires effectuent plusieurs sorties au large des côtes pour s’entraîner avec lancements de torpilles et écoles à feu. Un contre-torpilleur est maintenu à 6h d'appareillage.

Le 25 octobre 1942, l'amiral Darlan de passage à Casablanca passe en revue la 2ème Escadre légère. Un petit carénage de l'Albatros est prévu en novembre avec échouage sur dock du 10 au 14 puis du 20 au 22 novembre.

Il était prévu une sortie à la mer le 9 novembre avec les contre-torpilleurs Milan Albatros, les torpilleurs Le Fougueux,L'Alcyon,le Brestois,le Boulonnais et trois sous-marins.

L'Albatros reprend le combat ou la charge de la 2ème escadre légère

Le combat de l'Albatros contre la marine américaine s'est mal terminé


Le 7 novembre 1942 au soir, l'Albatros est à 24h d'appareillage amarré au poste C, l'arrière à la jetée entre le Boulonnais et La Gracieuse.

La Task Force 34 (Western Task Force) sous le commandement du contre-amiral Hewitt (qui à mis sa marque sur le croiseur lourd Augusta) se positionne au large de Casablanca. C'est le début de l'opération TORCH, le débarquement allié en Afrique du Nord.

Cette Task Force est organisée en cinq Task Group avec le groupe de couverture ou TG 34-1 composé du cuirassé USS Massachusetts (BB-59), des croiseurs lourds USS Wichita (CA-45) et Tuscaloosa (CA-37), quatre destroyers et un pétrolier.

Le groupe d'attaque centre (Fédala) ou TG 34-9 se compose du croiseur lourd Augusta (CA-31), du croiseur léger Brooklyn (CL-40), de onze destroyers, deux sous-marins, un mouilleur de mines, trois dragueurs de mines rapides, un dragueur de mines, un pétrolier, douze transports de troupes et trois transports de matériel.

Le TG 34-2 est le groupe aéronaval engagé au dessus du Maroc avec le porte-avions USS Ranger (CV-4), le porte-avions d'escorte USS Suwanee (ACV-27), le croiseur léger USS Cleveland (CL-55) et quatre destroyers.

Le groupe d'attaque nord chargé d'attaquer Port Lyautey (TG 34-8) se compose du cuirassé USS Texas (BB-35), du croiseur léger USS Savannah (CL-42), des porte-avions d'escorte USS Sangamon (ACV-26) et Chenango (ACV-28), neuf destroyers, un sous-marin, deux dragueurs de mines, un ravitailleur d'hydravions, un paquebot, six transport de troupes et deux transports de matériel.

Le groupe d'attaque sud ou TG 34-10 qui vise Safi se compose du cuirassé USS New York (BB-34), du croiseur léger USS Philadelphia (CL-41), du porte-avions Santee (ACV-29), de dix destroyers, un sous-marin, un mouilleur de mines, deux dragueurs de mines rapides, deux pétroliers, cinq transport de troupes, un transport d'aviation et un remorqueur de haute-mer.

Le 8 novembre 1942 l'Albatros est alerté à 3h45. A 5h l'ordre est reçu de tenir le bâtiment prêt à appareiller. La chaudière n°1 est allumée à 5h50, le contre-torpilleur devant être prêt à 9h. A 6h15 l'équipage est appelé au poste de combat alors que vingt minute plus tard un avion survole Casablanca.

A 7h45, le contre-torpilleur reçoit l'ordre d'appareiller le plus vite possible. Une deuxième alerte DCA survient à 7h55, les canons de 37mm et les mitrailleuses ouvrent le feu contre dix-huit bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless venus du Ranger.

Cinq minutes plus tard, le cuirassé Massachusetts commence à bombarder le port avec ses canons de 406mm, le cuirassé inachevé Jean Bart étant considéré comme une menace à neutraliser en priorité.

Un remorqueur le prend en charge à l'avant à 8h45, un autre à l'arrière dix minutes plus tard. Le contre-torpilleur appareille à la remorque à 9h alors que les chaudières et les machines sont lancées, l'Albatros étant le dernier navire de la 2ème DL à appareiller.

A 9h10 l'Albatros largue les amarres et franchit les passes du port de Casablanca se positionnant derrière le Milan qui porte la marque du commandant de la 2ème Escadre légère, le contre-amiral Gervais de Lafond.

A 9h15, l'escadre file à 18 nœuds, le Milan ouvrant la marche suivit de l'Albatros et des deux divisions de torpilleurs, la 5ème DT (Brestois Boulonnais) et la 2ème DT (Fougueux,Frondeur,L'Alcyon).

Elle est attaquée par par des Grumman F4F Wildcat des VF-41 et VF-9 du Ranger. Ces chasseurs devaient protéger les plages de débarquement mais se détournent vers les navires français qui sont mitraillés provoquant de légers dégâts. Une deuxième attaque à lieu à 9h25 alors que les navires américains sont aperçus par les français.

Il s'agit des destroyers Wilkes et Ludlow. Dès l'appareillage des navires français, le contre-amiral Hewitt à envoyé trois destroyers (Wilkes,Swanson,Ludlow) et deux croiseurs (Brooklyn Augusta).

L'Albatros ouvre le feu à 9h28 une minute après le Milan. Tout en tirant sur les navires américains, les contre-torpilleurs et les torpilleurs français  sont attaqués par les F4F Wildcat. Les navires américains se replient à 9h34 mais à 9h36 ils reçoivent l'ordre d'intercepter les navires français.

A 9h40, la 2ème Escadre légère se replie vers Casablanca pour essayer d'attirer les navires américains vers les batteries côtières.

Le croiseur lourd Augusta ouvre le feu avec ses canons de 203mm, encadrant les deux contre-torpilleurs. L'Albatros fait de la fumée et cesse le feu, son objectif étant masqué (rappelons que contrairement aux américains, les navires français n'ont pas de radars).

Entre 9h42 et 9h45 les américains lancent une nouvelle attaque aérienne, un des Douglas SBD Dauntless de la VS-41 étant abattu. Sur l'Albatros une douille s'enflamme dans la noria du canon de 138mm n°2, brûlant l'équipe de pièce. Les servants du canon sont tués ou blessés.

La tourelle de direction de tir et de télémétrie est touchée, la direction de tir est avariée. L'officier canonnier, le télé-pointeur, le télémétriste et des hommes sont blessés. On compte déjà cinq morts et une trentaine de blessés.

Les croiseurs et les destroyers américains ouvrent le feu à 9h45 sur une escadre légère renforcée par le croiseur léger Primauguet. L'Albatros est encadré tirant à nouveau entre 10h37 et 10h56 quand l'émission de fumées le permet.

Il manœuvre à l'imitation du croiseur léger alors que le Milan à du stopper après avoir été touché par les américains. Les échanges de tir ont lieu entre 14 et 16000m, les canons de 138mm 1, 4 et 5 ouvrant le feu dès que le contre-torpilleur arrive à acquérir une cible.

L'Albatros est touché vers 11h40 par un obus qui explose près de l'étrave. Il continue à tirer de 11h45 à 12h35 à une distance de 16000m à une vitesse de 20 puis de 25 nœuds. Le Brooklyn est touché par un obus de 138mm mais cet obus n'explose pas ce qui explique pourquoi il n'y à que six blessés.

A 12h45, les Dauntless repassent à l'attaque touchant l'Albatros avec deux bombes. Les dégâts sont importants : équipe de la pièce n°1 décimé, des hommes tués et blessés sur la passerelle, de nombreux incendies partout sur le navire.

La première bombe explose dans le local des groupes électrogènes, abat la cheminée n°3,disloque le rouf milieu alors que la seconde explose dans la soute à mazout n°4. Le feu se propage obligeant les «bouchons gras» de la machine avant et de la chaufferie arrière à évacuer, les chaudières 3 et 4 sont mises bas les feux, la machine avant stoppée. Le navire doit mouiller.

Alors que le remorqueur Lavandou prend l'Albatros en remorque, l'Augusta ouvre le feu, deux projectiles touchant le navire à la machine avant et dans le poste des maîtres et celui d'équipage.

L'Albatros arrive dans l'avant port à 15h30, le commandant décidant d'échouer le navire par petits fonds pour évacuer les blessés. Il se trouve à 250m sur l'avant du Primauguet et à 300m par le travers du Milan.

Trois embarcations évacuent les blessés sauf le feu des Grumman F4F Wildcat de la VF-9. Rempli d'eau jusqu'à la flottaison, le contre-torpilleur se couche sur bâbord à la marée descendante. Le commandant, le capitaine de frégate Périès quitte le bord à 17h45. Quant aux corps des marins tués, ils seront récupérés le lendemain.

Le bilan est lourd puisque on compte seize morts et soixante-quatre blessés nécessitant une hospitalisation, cinq d'entre-eux succombant à leurs blessures. L'Albatros qui à tiré 420 coups de 138mm est échoué doué perpendiculairement à la plage, de l'eau jusqu' à la flottaison.

Une équipe reste à bord pour éviter le naufrage définitif et préparer le renflouement qui à lieu avec l'aide des américains. Après qu'un bateau-pompe américain à évacué l'eau, le navire est remorqué dans le port lors d'une grande marée le 10 décembre 1942.

Un survivant : la carrière de l'Albatros dans l'après guerre

L'Albatros après guerre avec une élégante livrée bicolore

Jusqu'en juillet 1944 différents travaux ont lieu à bord du navire pour non pas le remettre en état mais le maintenir à flot. L'Albatros est mis en réserve spéciale le 31 juillet et placé en gardiennage par la Direction du Port (DP) de Casablanca le 1er août 1944.

Son artillerie de 138mm est expédiée à Bizerte et il sert de réserve de pièces détachées non pas pour ses sister-ships (qui ont tous disparus dans le sabordage de la flotte à Toulon) mais pour d'autres navires en surface. Quelques marins assurent la garde et l'entretien mais l'avenir du contre-torpilleur semble bien sombre.

Le 9 avril 1945, décision est prise de placer l'Albatros en position d'attente et des travaux préliminaires sont entrepris à partir du 16 octobre our lui permettre de rallier Lorient, la décision est confirmée le 27 novembre.

Le 4 février 1946 le contre-torpilleur passe sur le dock. L'inspection révèle une coque en bon état général ce qui permet d'imaginer une éventuelle remise en service non pas bien sur comme navire opérationnel mais plutôt comme bâtiment-école d'application de tir à la mer, travaux financés par le budget 1947.

Les grandes réparations et les transformations commencent en juin 1947. La chaufferie avant est supprimée et un poste central de croiseur est installé à la place. Le CF Duffo prend le commandement du navire le 29 décembre 1947.

Les travaux sont terminés en août 1948 et le navire remis en service le 9 septembre 1948. Il est toujours classé contre-torpilleur avec marque de coque «T 06».

Au sein de l'EATM (Ecole d'Application du Tir à la Mer), l'Albatros remplace le Tigre désarmé le 10 juillet 1948.


Les papys font de la résistance ! Le cuirassé Lorraine et le contre-torpilleur Albatros bord à bord à Toulon

Depuis février 1947, l'Ecole de canonnage est installée à bord du cuirassé Lorraine amarré à l'Angle Robert depuis février 1947. Les élèves canonniers suivent une formation théorique à bord du vieux cuirassé, la formation pratique se faisant à bord de l'Emile Bertin et des patrouilleurs La Sétoise et La Toulonnaise.

Les sorties sont uniquement locales pour entraîner les futurs officiers-canonniers. En 1951, il est reclassé escorteur de 2ème classe avec comme marque de coque F-762.

Indisponible de janvier à mai 1951, il perd l'affût double allemand de 105mm remplacé par le prototype de l'affût double de 100mm modèle 1945, le télémètre antiaérien remplacé par une tourelle de télépointage stabilisé sur trois axes avec un radar français ACAE. Les canons de 138mm sont rechemisés à Ruelle et les canons de 75mm usés sont remplacés.

Du 28 août au 1er octobre, il est indisponible à huit jours pour permissions. On en profite pour achever l'installation de la conduite de tir de 100 et du radar ACAE. En janvier 1952, il reçoit deux nouveaux Oerlikon.

Le 1er mai 1952, le Richelieu arrive à Toulon pour devenir navire-école de canonnage. Il devient naturellement navire-école du Groupe des Ecoles de la Méditerranée (GEM). Il remplace dans ce rôle le croiseur léger Emile Bertin désarmé le 15 août 1951.

Du 26 septembre au 4 octobre 1952, deux officiers et cinquante cadets de la marine brésilienne sont à bord pour une croisière d'instruction en Afrique du Nord. Ils visitent le Centre d'Instruction aux Opérations Amphibies (CIOA) d'Arzew, assistant à des démonstrations de commandos.

Après un grand carénage du 1er novembre 1952 au 1er mars 1953, l'escorteur de 2ème classe entraîne son nouveau matériel notamment un affût double de 100mm de série et de nouveaux radars.

Reclassé escorteur rapide en 1953 (date exacte inconnue), l'Albatros alterne sorties d'instruction et périodes de travaux pour recevoir de nouveaux équipements qu'il teste et sur lequel les futurs officiers s’entraînent. Il subit un nouveau grand carénage du 15 novembre 1954 au 22 mars 1955.

L'année 1955 est marquée par un nouveau changement de marque de coque, le D-614 remplaçant le F-762.

Le 17 octobre 1955, le Jean Bart arrive à Toulon pour remplacer le Richelieu au Groupe des Ecoles Sud, le changement se faisant le 21. Il est à nouveau en grand carénage de décembre 1955 à mars 1956.

Il reste ensuite à quai pour sa mission d'entrainement et ce jusqu'au 16 juillet 1956 pour des exercices de lancement de torpilles.

Suite au déclenchement de la crise de Suez, la préparation de l'opération MOUSQUETAIRE précipite le désarmement du vénérable contre-torpilleur. Il est mis à effectif réduit le 3 août 1956 et transféré aux appontements du Milhaud (n°4 est) dix jours plus tard.

Mis en réserve spéciale A le 10 septembre 1956, il reste entretenu par une petite équipe de mécaniciens de marine.

Après un passage au bassin du Missiessy, il est amarré derrière le porte-avions Béarn le 15 septembre 1958 pour accueillir l'état-major du GASM, remplaçant le Gustave Zédée durant sa période de travaux à Bizerte entre septembre 1958 et avril 1959.

Mis en réserve spéciale B et rayé des listes de la flotte le 22 juin 1959, il est condamné le 7 septembre suivant recevant comme marque de coque Q-167. Il fût un temps question de le transformer en ponton pour l'île du Levant mais il est finalement démoli à Tamaris.

Durant sa carrière de navire école, l'Albatros à tiré 21019 coups de 138mm, 17 coups de 105mm, 2569 coups de 100mm,15175 coups de 75mm, 15345 coups de 40mm, 43908 coups de 37mm, 22197 coups de 20mm soit un total de 120230 coups.

Dans ce rôle, il est remplacé par le Bouvet de 1957 à 1962 puis par le D'Estrées de 1962 à 1965 et enfin par le Brestois de 1962 à 1971.

Si le calendrier initial avait été respecté, l'Albatros aurait du être désarmé en 1947 (seize après la clôture d'armement) en même temps que les croiseurs légers Lamotte-Picquet et Primauguet, les contre-torpilleurs Lion et Vauban, le torpilleur d'escadre Le Frondeur ainsi que les sous-marins Le Centaure,Le Héros, La Sibylle,La Vestale et la Sultane. A noter que le cuirassé Bretagne était également concerné , sa carrière opérationnelle ayant été prolongée de 1941 à 1947.

A SUIVRE

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MessageSujet: Les torpilleurs   Jeu 4 Oct - 13:53

Bonjour cher camarade,

Je reviens sur le cas du JAGUAR,coulé à DUNKERQUE lors de l'opération DYNAMO.
Je pense que tu confond avec l'ADROIT.Ce batiment à bien été touché par un U-BOOT.Le commandant,pour sauver le maximum d'hommes
d'équipage est venu s'échouer sur la plage de MALO LES BAINS.Effectivement,il a été pétardé.
Quant au JAGUAR,il a sauté sur une mine qui était à la sortie du port,jetée EST.Il n'a pas été pétardé.Par contre,lors de grandes marées ont
peu voir le canon AV.Toujours pendant les grandes marées,il est possible de pêcher la crevette autour de l'épave.

Bien cordialement Pierre.
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Jeu 4 Oct - 14:32

Merci de la correction. La cause du naufrage d'un navire de guerre est parfois incertaine. Par exemple le torpilleur Bourrasque coulé lui aussi devant Dunkerque à visiblement été touché par une mine mais son commandant à été longtemps persuadé d'avoir été torpillé par des S-Boot

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Jeu 4 Oct - 18:20

Pour moi L'Adroit c'est une attaque aérienne qui l'a coulé

http://marine1939.blogspot.com/2012/03/le-torpilleur-ladroit.html


Et le Jaguar c'est des S-boats......

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Sam 6 Oct - 13:16

Le Gerfaut

Le Gerfaut le 8 octobre 1941

Présentation

-Le Gerfaut est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes le 13 mai 1929 lancé le 14 juin 1930, armé pour essais le 15 janvier 1931 et admis au service actif le 15 mars 1932.


Un gerfaut

La quatrième et dernière unité de classe Aigle est le deuxième navire de la marine française à porter le nom de cette espèce de faucon à plumage blanc d'Europe septentrionale pouvant atteindre 50cm de long. Il succède à un brick de 1782 échoué le 9 mars 1796 pour ne pas être capturé. Depuis aucun navire n'à porté ce nom là dans les rangs de la Royale.

Carrière opérationnelle

Essais et mise au point

14 juin 1930 : lancement du Gerfaut à Nantes

Armé pour essais comme nous l'avons vu le 15 janvier 1931, il est au bassin (ou plutôt sur un dock-flottant puisqu'il n'y à pas de forme de radoub à Nantes) jusqu'au 16 mars. Dix jours plus tard, il quitte Nantes pour rallier son port d'armement en l’occurrence Lorient.

Il va alors entamer toute une série d'essais destiné à vérifier que le chantier à respecté les demandes de la marine. Il s'agit également de pousser le navire dans ces retranchements pour que si il y à casse elle ait lieu durant la phase d'essais et non en carrière opérationnelle.

Le transit est l'occasion comme souvent de réaliser l'essai de présentation en recette. Le Gerfaut doit marcher à 33.5 nœuds pendant une heure. L'essai est acquis, le navire parvenant à la vitesse maximale de 37.217 nœuds.


Le Gerfaut lors de ses essais à la mer

L'essai à grande vitesse est exécuté le 16 avril 1931, le contre-torpilleur atteignant la vitesse maximale de 38.685 nœuds. L'essai d'avance par tour à 15 nœuds est réalisée le 21 avril tout comme l'essai d'avance par tour à 18 nœuds. Un essai de consommation à 15 nœuds est réalisé le 13 mai 1931.

Le 30 avril 1931, le Gerfaut exécute l'essai de 8h à Puissance Maximale Normale (PMN) immédiatement suivit par une neuvième heure à feux poussés. Pour la première partie de l'essai, le contre-torpilleur déplace 2568.02 tonnes, consomme 28.40 tonnes par heure, développe 80045ch ce qui lui permet d'atteindre la vitesse maximale de 40.3147 nœuds, vitesse corrigée à 40.018 nœuds ce qui reste nous sommes tous d'accord remarquable.

Lors de l'essai de la neuvième heure à feux poussés, le navire qui déplaçait alors 2503.714 tonnes, consommait 28.404 tonnes par heure, développait 83436ch pour une vitesse maximale de 41.457 nœuds.

L'essai au déplacement Washington est exécuté le 9 mai 1931. Le navire déplace alors 2359.11 tonnes, consomme 32.251t par heure, dévellope 89714ch et atteint la vitesse maximale de 42.789 nœuds ultérieurement corrigée à 41.207 nœuds.

Il entre en armement définitif le 5 septembre 1931 et réalise trois jours plus tard le _ septembre, des essais de consommation à 26 puis à 20 nœuds.

Il quitte Lorient le 14 octobre 1931, direction Brest. Il en effet affecté provisoirement à la 2ème Escadre légère pour servir essentiellement de plastron puisque son artillerie ne sera embarquée à Lorient qu'à la fin janvier 1932 !

Revenu à Lorient le 19 décembre 1931, il reprend ses travaux jusqu'à ce que soit prononcée la clôture d'armement le 30 janvier 1932.

Les essais d'artillerie ont lieu le 12 février, le contre-torpilleur passe une dernière fois au bassin du 15 au 18 février.

Le 22 février 1932, le contre-torpilleur quitte Lorient direction Toulon, faisant escale à Casablanca et à Tanger, arrivant à destination le 3 mars. Il est admis au service actif douze jours plus tard le 15 mars 1932.

Premières années

Affecté à la 1ère escadre, le Gerfaut rejoint la 7ème Division Légère en compagnie du Verdun (1) _qui est aussi navire-amiral du groupe des contre-torpilleurs_ , du Valmy (2), du Vauban (3), le Gerfaut prenant la marque de coque «4».

Il participe aux nombreuses sorties de l'escadre qu'elles soient locales où à l'échelle de la Méditerranée notamment lors des différentes croisières.

Avec la mise en service du Vautour, les divisions légères du groupe des contre-torpilleurs devaient normalement se composer d'une 7ème DL (Verdun,Valmy,Vautour,Albatros) et d'une 5ème DL (Gerfaut,Panthère,Jaguar).

En réalité mi-1932, la 7ème DL aligne les Verdun,Valmy,Albatros,Gerfaut alors que la 5ème DL est composée des contre-torpilleurs Panthère,Vautour et Jaguar.


Le contre-torpilleur Gerfaut le 28 juillet 1932

Le 1er août 1932, le groupe des contre-torpilleurs est réorganisé avec une 7ème division composée des contre-torpilleur Verdun,Guépard et Albaros alors que la 5ème division est composée du Gerfaut, de l'Aigle et du Vautour.

Ces trois derniers navires prennent pour marque de coque respectivement, 4 5 et 6, le Gerfaut étant le navire-amiral de la division. Le 8 février 1933, le Tartu est mis en service et provisoirement rattaché à la 5ème DL.

Au début du mois d'août 1933, une escadre italienne vient mouiller en rade de Villefranche. Sous le commandement de l'amiral Burzagli, les croiseurs lourds Trieste et Fiume et quatre contre-torpilleurs sont accueillis par le cuirassé Lorraine sur lequel le vice-amiral Dubois à posé sa marque, les croiseurs lourds Tourville et Colbert, les contre-torpilleurs Gerfaut,Tartu et Aigle.

Les navires français sortent de Toulon le 3 août, sont à Golfe-Juan ou à Villefranche pour le Gerfaut du 4 au 8, rentrant à Toulon le 8 août 1933.

A la date du 1er août 1933, la 5ème DL est toujours formée par le Gerfaut, l'Aigle,le Vautour et le Tartu, ce dernier devant être rattaché à la 7ème DL à l'arrivée du Cassard.

Le 28 septembre 1933, le contre-amiral Laborde commandant le Groupe des contre-torpilleurs quitte le Verdun et met la marque sur le Tartu qui passe de la 5ème à la 7ème DL.

Il connait une longue période d'immobilisation. Au 1er octobre, il doit être indisponible jusqu'au 15 décembre 1933 mais le 1er décembre, il est prévu qu'il soit indisponible jusqu'au 1er janvier 1934. Il est en avarie d'appareil de manœuvrer.

Il sort enfin en mer le 10 septembre 1934, les essais se passent bien et le navire peut reprendre du service après donc quasiment un an d'immobilisation.

Le 1er octobre 1934, les divisions de contre-torpilleurs sont à nouveau réorganisées, la 5ème DL devient la 7ème DL avec le Gerfaut (4), le Vautour (5) et l'Aigle (6). Le 9 octobre, il participe au comité d'accueil du destroyer yougoslave Dubrovnik qui amenait le roi Alexandre 1er en France.

A 150 miles de Marseille, le Dubrovnik est rallié par les torpilleurs d'escadre Forbin,Trombe et Mistral, A 70 miles par les contre-torpilleurs Gerfaut,Chevalier Paul et Vautour et à proximité de la cité phocéenne par les croiseurs lourds Duquesne et Colbert accompagnés par douze sous-marins.

Le jour même, le roi et le ministre des affaires étrangères Louis Barthou sont assassinés. Le Dubrovnik repart à Split avec le corps du roi. Il est accompagné par les contre-torpilleurs Vautour et Gerfaut mais aussi par les croiseurs lourds Colbert (sur lequel à embarqué le ministre de la Marine François Piétri) et Duquesne.

Le 30 octobre 1934, le croiseur lourd Algérie devient navire-amiral de la 1ère escadre.


Le Gerfaut à Venise en 1935

Du 7 juin au 12 juillet 1935, le contre-torpilleur Vautour participe à la croisière d'été de la 1ère Escadre. Elle retrouve la 2ème Escadre dans l'Atlantique pour un exercice inter-escadres à l'issue duquel se déroule le 27 juin 1935 une imposante revue navale en baie de Douarnenez.

Le ministre de la Marine François Pietri embarque sur le Gerfaut suivit comme son ombre par ses sister-ship Aigle et Vautour et passe en revue cinquante-cinq bâtiments sur cinq rangs.

Les trois contre-torpilleurs passent dans l'allée formée d'un côté par les cuirassés Provence et Bretagne, les croiseurs légers Lamotte-Picquet et Duguay Trouin ainsi que les contre-torpilleurs de la 2ème escadre et de l'autre par les croiseurs lourds Algérie,Dupleix,Tourville,Foch,Duquesne ainsi que les contre-torpilleurs de la 1ère escadre. Virant de bord les trois contre-torpilleurs passent entre les filles des torpilleurs et des sous-marins.

Le ministre de la Marine passe la nuit sur le Provence, assistant à un exercice de projecteur. Le lendemain François Pietri montre sur l'Algérie. Les cinquante-cinq navires qui forment une file de 12km rentre à Brest. Les navires toulonnais rentrent dans le Var le 12 juillet 1935.

Le 1er septembre 1935, le Gerfaut rentre en carénage. Le système de ravitaillement des canons de 138mm est modifié, les installations de la TSF sont refondues, les tourelles de télémétrie avant et arrière sont embarquées, la tourelle arrière étant destinée à des essais. La fin des travaux est prévue pour le 15 décembre 1935.

Le 1er janvier 1936, la composition de la 7ème DL change, l'Aigle est remplacé par l'Albatros et le Verdun passe dans le groupe de complément. Cela nous donne le Gerfaut (4) _toujours chef de division_ , l'Albatros (5) et le Vautour (6).

Les travaux terminés, le Gerfaut ressort en mer le 7 janvier 1936 et rentre à Toulon trois jours plus tard. Il ressort plusieurs fois pour entrainement notamment avec les autres navires de la division pour mettre tout le monde au même niveau.

Le 15 août 1936, le groupe des contre-torpilleurs devient la 3ème Escadre légère, toujours commandée par le contre-amiral Ollive qui à toujours sa marque sur le Tartu. Le Gerfaut lui est en disponibilité armée du 15 août 1936 au 1er octobre 1937. Le 30 octobre 1936, la 1ère escadre devient l'Escadre de la Méditerranée.

Du 10 au 23 novembre, le contre-torpilleur est au bassin pour permettre le changement de l'hélice babord sur laquelle une crique avait été décélée. A partir du 6 janvier 1937, le Gerfaut est en grand carénage en même temps que le Vautour et l'Albatros. Alors que le navire est encore en travaux, le 12 avril 1937 la 7ème DL devient la 7ème DCT. Les travaux s'achèvent le 1er mai.

En août 1937, le Gerfaut est affecté au contrôle maritime imposé par la guerre d'Espagne, mission qu'il va mener avec le contre-torpilleur Lion ainsi que les sous-marins Monge Phenix Espoir Iris et Venus. Il est ainsi présent sur zone du 10 au 16 août et du 21 au 26 août. Il subit ensuite un carénage du 27 août au 9 septembre.

Le 4 octobre 1937, la 7ème DCT est affectée au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM). Le commandant du Gerfaut est informé par les nationalistes que les ports républicains pourraient être bombardés et que des mines pourraient être mouillées devant le port de Valence.

Le Gerfaut est ainsi déployé du 7 au 18, du 19 au 23, du 30 octobre au 6 novembre, du 19 au 27 novembre, du 9 au 17 décembre, du 30 décembre 1937 au 12 janvier 1938 à chaque fois avec ses sister-ship.

Au printemps 1938, le contre-torpilleur est intensivement déployé au large des côtes espagnoles, multipliant les patrouilles et des escales dans les ports encore contrôlés par les républicains.

Du 11 mai au 1er juillet 1938, le Gerfaut participe à la croisière de l'escadre de la Méditerranée en compagnie de quatre croiseurs lourds, trois croiseurs légers, cinq contre-torpilleurs, cinq torpilleurs d'escadre, le pétrolier Durance et dix sous-marins.

Bien évidemment, tous les navires ne peuvent faire escale dans un même port, les navires vont se disperser dans les ports d'Afrique du Nord.

En ce qui concerne le Gerfaut, il fait escale à Bougie du 13 au 18 mai, à Sidi-Abdallah le 20, à Bizerte du 20 au 23 mai, à Hammamet du 24 au 25, Sousse du 25 au 30, Port Saïd du 3 au 8 juin, Famagouste les 9 et 10 juin, Beyrouth du 11 au 14 juin, Phalère du 16 au 18, Pirée du 18 au 25 juin, Navarin les 26 et 27 juin. L'Escadre se regroupe à Bizerte les 29 et 30 juin avant un retour à Toulon le lendemain 1er juillet 1938.

Le 30 août 1938, la 7ème DCT est à nouveau affecté au DSM. Le Gerfaut est ainsi engagé dans des missions de patrouille du 30 août au 7 septembre et du 19 au 24 septembre, date à laquelle le DSM est suspendu. Un mois plus tard, le 30 septembre 1938, le Vautour remplace le Gerfaut comme chef de la 7ème DCT.

Du 15 octobre 1938 au 10 janvier 1939, le Gerfaut est immobilisé pour travaux avec un carénage, le retubage des chaudières, le remplacement des cables électriques, l'embarquement d'un bouteille d'air supplémentaire pour les tubes lance-torpilles, la modification de la TSF, l'installation d'un faux canon ainsi que la remise en état de la turbine HP.

Il participe à la croisière d'hiver de l'escadre du 18 janvier au 10 mars.

Le Gerfaut fait escale à Casablanca,Safi,Oran,Arzew,Bône,SidiAbdallah,Bizerte,Hammamet,Sfax,Gabès,Aleria,Calvi,Ajaccio,Aspretto.
 
Durant cette dernière escale, il talonne sur une roche et fausse des pales d'hélice ce qui l'oblige à des réparations du 16 au 23 mars 1939. Il reçoit une nouvelle marque de coque, le «71» étant remplacé par le «X72».

Le 30 juin 1939, une 3ème Escadre est créée à Toulon sous le commandement du vice-amiral Duplat. Ce dernier pose sa marque sur le croiseur lourd Algérie et commande deux divisions de croiseurs (1ère et 2ème DC), le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin et la 3ème Escadre légère et ses trois divisions de contre-torpilleurs  (5ème, 7ème et 9ème DCT).

Le lendemain, l'Escadre de la Méditerranée devient la Flotte de la Méditerranée. Elle est commandée par le vice-amiral Ollive qui à mis sa marque sur le cuirassé Provence.

Le Gerfaut dans le second conflit mondial de Toulon à Toulon

Le Gerfaut à Toulon en 1941

Dès le 27 août 1939, les dispositions de guerre sont prises. Les Forces de Haute Mer sont regroupées à Toulon avec sous le commandement de la 3ème Escadre la 1ère escadre de croiseurs _commandée comme la 3ème Escadre par le vice-amiral Duplat_ (1ère et 2ème DC), la 3ème escadre légère _commandée par le contre-amiral Derrien_ (5ème,7ème et 9ème DCT). Cela nous donne la situation suivante :

-1ère DC : Algérie,Dupleix,Foch,Colbert

-2ème DC : Duquesne et Tourville

-5ème DCT : Tartu,Vauquelin,Chevalier Paul

-7ème DCT : Vautour,Albatros,Gerfaut

-9ème DCT : Maillé-Brézé,Kersaint,Cassard

Comme l'Italie ne bouge pas, la France peut disperser ses forces navales. C'est ainsi que l'amiral Esteva installé à Bizerte (Amiral Sud) peut bénéficier du concours des 5ème, 7ème et 9ème DCT pour l'escorte de convois, une mission pour laquelle ils sont très mal équipés.

Il escorte ainsi les navires des convois L1 (Marseille-Beyrouth) puis le convoi L3 (Oran-Beyrouth). Ces deux convois se croisent trop près ce qui entraine un certain nombre de collisions, le Gerfaut accompagné à Malte le Chenonceaux endommagé lors d'une collision avec le Marinette Pacha.

Il enchaîne par l'escorte des convois L3ter et 1R. Il est indisponible du 25 octobre au 20 novembre, quittant ce dernier jour Toulon pour rallier Oran trois jours plus tard. Il est en grand carénage du 27 novembre au 11 février 1940. Au 31 décembre 1939, il appartient à nouveau à la 3ème Escadre et donc à la 3ème Escadre légère.

Sans la fin du conflit en mars 1940, le Gerfaut aurait fait partie de la force Z destinée à intervenir en soutien de la Finlande en Scandinavie.  

Sous le commandement du contre-amiral Derrien qui avait posé sa marque sur le croiseur Emile Bertin, elle aurait du disposer de la 5ème DCT (Tartu Vauquelin Chevalier Paul), de la 7ème DCT (Vautour,Albatros,Gerfaut), de la 11ème DCT (Bison Milan Epervier), la 5ème DT (Brestois,Boulonnais,Foudroyant), les navires auxiliaires Lot,Golo,Austral,Pollux et Canada, le transport des troupes devant se composer des croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX (la «division de fer»), de paquebots et de cargos réquisitionnés.

A nouveau disponible le 19 mars 1940, il quitte Cherbourg où il se trouvait en vue d'une éventuelle opération en Scandinavie pour être mis à la disposition d'Amiral Ouest avec son «demi-frère» le Milan, la 2ème escadrille d'avisos, les 4ème et 5ème escadrilles de patrouilleurs auxiliaires plus des patrouilleurs et des avisos indépendants. Comme en Méditerranée, il protège des navires isolés et des convois.

Le 15 juin 1940, il est remis aux ordres de l'amiral Duplat, commandant de la 3ème Escadre, la 3ème EL ayant été reconstituée le 31 mai toujours sous le commandement du contre-amiral Derrien. Il quitte Brest le 16 juin, fait escale à Casablanca les 18 et 19 juin avant d'arriver à Toulon le 21 juin après cinq jours de mer.

Le 25 juin 1940 à 0h35, l'armistice signé à Rethondes trois jours plus tôt entre en vigueur, le Gerfaut étant toujours à Toulon. Le 3 juillet 1940 à l'annonce de l'attaque britannique sur Mers-El-Kébir, le contre-torpilleur sort avec le reste de la 3ème Escadre pour accueillir les rescapés de Mers-El-Kébir ainsi que les six croiseurs légers et les quatre contre-torpilleurs venus d'Alger.

Le Gerfaut doit être mis en gardiennage d'armistice mais l'opération MENACE (23-25 septembre 1940), le raid anglo-gaulliste bouleverse les prévisions. Le 25 septembre 1940 sont créées les Forces de Haute Mer (FHM), le Gerfaut et la 7ème DCT en font partie.

Le 9 octobre 1940, décision est prise de mettre en gardiennage le Gerfaut avant le 15 octobre. Le 16 octobre, il est mis aux ordres de la Préfecture Maritime en compagnie de son sister-ship Aigle ce qui explique la dissolution de la 7ème DCT le 15 octobre 1940.

Le désarmement du Gerfaut est terminé le 21 octobre 1940. Il appartient au deuxième sous-groupe des contre-torpilleurs en gardiennage en compagnie du Kersaint et du Vautour.

Il reste en gardiennage jusqu'au 25 juillet 1941 quand il est remis en service, réintégrant la 7ème DCT le 1er août, devenant à cette même occasion le chef de division.

Il est indisponible pour travaux jusqu'au 14 août 1941 avec notamment une modernisation de la DCA.

Au 4 octobre 1941, on trouve au sein des FHM la 3ème DCT (Guépard,Valmy), la 5ème DCT (Tartu,Vauquelin,Kersaint), la 6ème DCT (Volta,L'Indomptable) et la 7ème DCT (Gerfaut,Cassard,Verdun). Il n'effectue que des courtes sorties, allant notamment aux salins d'Hyères. Après un abordage, il est en réparations du 26 novembre au 1er décembre 1941.

Le Gerfaut est à nouveau en petit carénage du 15 au 25 janvier 1942 avant d'effectuer une sortie avec d'autres navires des FHM du 6 au 13 février.

Il est immobilisé pour grand carénage à partir du 15 septembre 1942. les canons sont débarqués,une plate-forme est installée à l'avant de la troisième cheminée pour regrouper les projecteurs, la DCA étant alignée sur celle du Vautour avec un affût double de 37mm modèle 1933 sur le rouf arrière, deux affûts doubles de 13.2mm Hotchkiss sur l'avant de la troisième cheminée et deux mitrailleuses de 13.2mm Browning en affûts simples devant la passerelle.

Les travaux devaient s'achever le 15 janvier 1943 mais le 27 novembre 1942, les allemands déclenchent l'opération LILAS, l'occupation de Toulon où est regroupée une partie importante de la flotte française.


Triste fin pour le contre-torpilleur Gerfaut

Ce jour-là, le Gerfaut se trouvait dans le bassin Missiessy accosté par bâbord au quai est. Le Dupleix se trouve en face de l'autre côté du bassin.

Le contre-torpilleur est réveille par le branle-bas à 05.05 et quinze minutes plus tard reçoit le message «prenez les dispositions finales». Les charges de démolition sont mises en place, les hublots ouverts.

A 05.30 le contre-torpilleur reçoit le message «Sabordez la flotte», ordre confirmé par pli à 05.45. Les mèches sont allumées à 06.02, des allemands montent à bord mais descendent rapidement quand les marins français leur annonce que le navire va exploser. Le dernier commandant du Gerfaut, le capitaine de vaisseau LePetitPas est blessé par des éclats au moment de l'explosion des charges.

Le navire manque de chavirer mais le lendemain il était à six mètres du quai incliné à 30° à tribord, le pont est immergé, le massif avant émerge. Les soutes avant et arrière noyées, six brèches dans la coque.

Le renflouement mené par le chantier naval Santa Maria commence le 12 mars 1943. Les pompes sont mises en place le 8 mai, activées une semaine plus tard. Le bâtiment chavire partiellement mais se redresse le 18 mai avant d'être relevé le 21 mai. Il flotte trois heures puis recoule.

Renfloué le 1er juin 1943, il est mis au bassin n°2 du Missiessy puis à l'appontement 4 ouest du Milhaud près du Colbert. Il est considéré comme irrécupérable comme l'Aigle, le Vautour et le Guépard.

La démolition est menée sur place mais elle est stoppée par la capitulation italienne le 8 septembre 1943. Réduit à l'état de ponton, il est recoulé le 7 mars 1944 quand des bombardiers alliés attaquent Toulon. Le reste est découpé sur place en 1948 par l'entreprise «Grands Travaux de Seine».

Selon le calendrier prévu, le Gerfaut devait être désarmé en 1948 en même temps que les contre-torpilleurs Aigle,Vautour,Cassard,Tartu,Maillé-Brézé, les cuirassés Provence et Lorraine, le porte-avions Béarn, les croiseurs lourds Duquesne et Tourville ainsi que les sous-marins Conquérant,Tonnant,Agosta,Perle et Minerve, le remplaçant du Gerfaut devant être financé à la tranche 1945.

A SUIVRE

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MessageSujet: Réponse au BRETON.   Dim 7 Oct - 7:03

Bonjour cher ami,
En ce qui concerne l'ADROIT,tu as vraisemblablement raison,mais en ce qui concerne le JAGUAR,ce n'est pas la même chose.
Je connais bien les passes du port de DUNKERQUE,puisque je vais soit à la pêche à pied,soit en bateau.Il faut bien connaitre
les passages,car il n'y a pas de grands fonds,mais surtout des bancs de sable qui évolue sans arrêt en fonction des vents,des
des marées.Or,pour atteindre le JAGUAR,un U-BOOT,ne eut pas plonger;Les fonds sont compris entre 0 et 25 mètres.sur une
dizaine de nautiques.D'ailleurs,les minéraliers rentrant sur DK,vident une partie de leur cargaison en GB,qui est ensuite amenée
sur DK par petit cargos.

Bien cordialement Pierre
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MessageSujet: S-Boote   Dim 7 Oct - 10:36

LE BRETON a écrit:
Pour moi L'Adroit c'est une attaque aérienne qui l'a coulé […] Et le Jaguar c'est des S-boats……
SAGHAAR a écrit:
[…] En ce qui concerne l'ADROIT, tu as vraisemblablement raison, mais en ce qui concerne le JAGUAR, ce n'est pas la même chose.
Je connais bien les passes du port de DUNKERQUE, puisque je vais soit à la pêche à pied, soit en bateau. Il faut bien connaitre les passages, car il n'y a pas de grands fonds, mais surtout des bancs de sable qui évolue[nt] sans arrêt en fonction des vents, des marées. Or, pour atteindre le JAGUAR, un U-BOOT, ne peut pas plonger; Les fonds sont compris entre 0 et 25 mètres, sur une dizaine de nautiques. D'ailleurs, les minéraliers rentrant sur DK, vident une partie de leur cargaison en GB, qui est ensuite amenée sur DK par petit[s] cargos. […]
study Il n'a pas été écrit U-BOOT, mais S-BOOT[E].
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Dim 7 Oct - 16:31

S-BOOTE c'est le nom attribué aux vedettes lances-torpilles allemandes

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MessageSujet: Réponse à vos observations   Lun 8 Oct - 8:24

Chers amis,
Vous avez raison de reprendre mes écrits.L'erreur est humaine.
J'aurais dû y penser,car lors du rassemblement des LITTLES BOATS,chaque année à date anniversaire de l'opération DYNAMO,il y a
un S-BOOT (d'époque) qui est présent,ainsi que des bateaux ayant participé à l'opération.Ce n'est pas les anciens propriétaires mais
il est possible de voir des pièces de musée.

Merci pour votre mise au point et bien cordialement à tous.Pierre
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)   Lun 8 Oct - 12:46

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Fiche-synthétique


Déplacement standard : 2441 tW (2660 tonnes en charge normale 3141 tonnes en charge maximale)

Dimensions : longueur hors tout 128.50m (129.3m pour l'Albatros et le Gerfaut) longueur entre perpendiculaires 122.40m largeur maximum de la coque : 11.782m (Aigle)11.704m (les autres) tirant d'eau (sous fausse quille) : 4.267m (Albatros) 4.286m (Vautour et Gerfaut) 4.285m (Albatros)

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons (Aigle, Vautour,Albatros) ou Rateau (Gerfaut) alimentées en vapeur par quatre chaudières Yarrow-Penhoët dévellopant 64000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale en service courant 36 noeuds distance franchissable (Aigle) : 4450 miles nautiques à 15 nœuds, 726 miles nautiques à 37.45 nœuds.

Armement initialement prévu : cinq canons de 138mm modèle 1927 en affûts simples sous masque (deux avant et trois arrières), un canon de 75mm modèle 1927, quatre canons de 37mm Contre-Avions Simple (CAS) modèle 1925, quatre mitrailleuses de 8mm, quatre Mortiers Thornycroft et deux grenadeurs de sillage

Equipage : 227 officiers et matelots


Les Aigle en détail


Construction

Lancement à Dunkerque du contre-torpilleur Aigle

La coque des Aigle est une amélioration des Guépard. L'emploi (limité) de la soudure à permis de réduire un peu le poids des navires.

Elle est néanmoins plus courte (70cm de moins entre les perpendiculaires, 1.70m de moins en hors tout même il y à de légères différences de taille). Elle conserve une poupe en biseau mais elle est légèrement différente au niveau de la flottaison. Ils seront les derniers concernés, les Milan et les contre-torpilleurs suivants disposant d'une poupe dite en «cul de poule» pour le mouillage de mines.


Le contre-torpilleur Aigle en construction

Les superstructures sont semblables à celles des Guépard avec un gaillard d'avant, un bloc-passerelle ramassé à l'avant qui dispose des pièces I et II de 138mm, les cheminées 1 et 2 sur un rouf qui prolonge le gaillard d'avant.

Après un espace occupé par une plate-forme triple lance-torpilles, on trouve un rouf central supportant les cheminées 3 et 4 ainsi que la pièces III de 138mm, un espace occupé par une plate-forme triple lance-torpilles et enfin un rouf arrière supportant un mat et les pièces IV et V de 138mm.

La passerelle de navigation comprend un abri de navigation vitré et deux ailerons épontillés qui débordent jusqu'à l'aplomb de la coque. Elle est surmontée par une passerelle de tir qui comprend comme son nom l'indique tous les équipements nécessaires à la conduite de tir de l'artillerie de 138mm et au lancement des torpilles.

Le niveau dit «passerelle de navigation» dispose en son centre d'un petit rouf comprenant une chambre des cartes et une chambre de veille, rouf prolongé sur l'avant par l'abri de navigation. Le toit de ce dernier est tout simplement le plancher de la passerelle de tir et sur l'avant des châssis vitrés.

Cet abri est occupé par une table à carte, des organes de transmissions, la commande de bar, le donneur d'ordres à la machine. De chaque bord, un aileron supporte deux commandes pour les projecteurs (avant et arrière), un projecteur de signalisation, un compas et à bâbord le sondeur Warluzel.

Les châssis vitrés sont différents entre l'Aigle et ses sister-ship. Le contre-torpilleur L'Aigle dispose de trois vitres sur la face avant, trois sur la partie oblique et trois de chaque bord. Le Vautour, l'Albatros et le Gerfaut ont cinq châssis sur l'avant, deux sur les parties obliques et quatre de chaque bord.

Propulsion

Le système propulsif est classique pour l'époque avec des chaudières produisant de la vapeur qui alimentent des turbines à engrenages qui eux même entraînent deux lignes d'arbre et des hélices.

Les quatre chaudières produisent une vapeur saturée à 20 kg/cm². La chaufferie avant alimente la machine avant, la chaufferie arrière alimente la machine arrière. Les chaudières sont multitubulaires à flamme directe, chaque chaudière disposant de deux brûleurs.

L'évacuation des fumées se fait par quatre cheminées d'un diamètre de 2m mais d'une taille différente, la n°1 (avant) mesurant 13.50m de haut, la n°2 13.10m, la n°3 12.40m et la n°4 12m.

On trouve également une chaudière auxiliaire installée à tribord dans la chaufferie arrière pour fournir de l'énergie au mouillage.

Si l'appareil évaporatoire est identique pour les quatre contre-torpilleurs, les turbines sont différentes, le Gerfaut disposant de turbines Rateau-Bretagne, les Aigle,Vautour et Albatros disposant de turbines Parsons.

Chaque groupe produit 32000ch en service courant et jusqu'à 35200ch à feux poussés. Une turbine haute pression peut produire 14000ch, une turbine basse pression 18000ch, la turbine marche arrière produisant 4000ch.

Le système Parsons comprend à chaque fois une turbine haute pression et une turbine basse pression.

Elles attaquent par l'intermédiaire d'un engrenage à simple réduction l'arbre d'hélice correspondant. La turbine de croisière installée dans la même enveloppe que que la turbine HP peut fonctionner jusqu'à 18 nœuds alors que la turbine de marche arrière dans enveloppe de la turbine basse pression.  

Le Gerfaut dispose lui de deux ensembles comprenant chacun le groupe de turbines principales (une HP et une BP à double flux pour la marche arrière), deux turbines de croisière (une dans le corps de la turbine HP et une autre dans le corps de la turbine BP).

La ligne d'arbre bâbord mesure 23.916m de long alors que la ligne d'arbre tribord mesure 52.515m  entraînant chacune hélice en laiton à haute résistance. Le diamètre des hélices des Aigle mesure 3.670m, 3.700m pour le Vautour et 3.690m pour l'Albatros et le Gerfaut. Elles sont à pas constant.

Les soutes peuvent en théorie accueillir 580 mètres cubes de mazout soit 530 à 540 tonnes mais en service courant il est limité à 360 tonnes car une partie du mazout est inpompable et donc inutilisable.

L'électricité est produite par deux turbodynamos de 80 kW et deux groupes électrogènes

Performances

La vitesse maximale en service courant est de 36 nœuds. La distance franchissable varie en fonction des différents navires. L'Aigle peut franchir 4450 miles nautiques à 15 nœuds et 726 miles nautiques à 37.145 noeuds, le Vautour franchit lui 4042 miles nautiques à 15 nœuds, 3233 miles nautiques à 18 nœuds et 706 miles nautiques à 37.753 nœuds.

L'Albatros peut franchir 4378 miles nautiques à 15 nœuds, 3375 miles nautiques à 18 nœuds et 709 miles nautiques à 39.153 nœuds alors que le Gerfaut peut franchir 5298 miles nautiques à 15 nœuds, 4271 miles nautiques à  18 nœuds et enfin 740 miles nautiques à 40.042 nœuds.

Des essais de ravitaillement à la mer ont lieu entre le contre-torpilleur Aigle et le croiseur lourd Algérie (22 février et 1er mars 140) mais les essais sont sans lendemain. Le ravitaillement en flèche à été privilégié en raison des hélices qui débordent de la coque.

Conduite de tir

L'artillerie principale est télépointée en direction, le télépointage en hauteur et en direction sont finalement abandonnées car les technologies ne sont pas jugées assez fiables.

La direction du tir se fait depuis la passerelle de tir située au niveau supérieur du bloc-passerelle avec un télémètre stéréoscopique de 3m de base.

Initialement les quatre contre-torpilleurs sont équipés d'un simple télémètre OPL (Optiques et Précision de Levallois) à coïncidence de 3m base installé sur un pied léger posé sur la passerelle de tir.

Deux télémètres de 1m pour la Défense Contre-Avions sont installés en 1933 sur l'avant du rouf milieu devant la troisième cheminée, un de chaque bord.

Il est prévu de remplacer le télémètre de 3m par un appareil stéréoscopique de 5m et l'installation d'un télémètre stéréoscopique de 4m. Le nouveau télémètre arrière de 4m est installé sauf sur le Gerfaut en 1935 sur un pied léger avec un masque protecteur. Le télémètre avant de 5m est installé en 1937 dans une tourelle légère embarquant deux hommes.

En 1941/42, les télémètres de 1m situés devant la cheminée n°3 sont démontés et placés sur la plate-forme arrière de l'affût double de 37mm modèle 1933. Le télémètre arrière est surélevé d'un mètre.

Les contre-torpilleurs sont également équipés de cadrans optiques pour permettre la concentration du tir en permettant à un contre-torpilleur de désigner les cibles à des navires qui ne pourraient voir la cible.

Armement

Canon de 138mm modèle 1927

Canon de 138mm modèle 1927


Le canon de 138mm est le canon standard des contre-torpilleurs français, les Jaguar faisant exception avec leurs cinq canons de 130mm. Si les Guépard utilisaient le modèle 1923, les Aigle disposaient d'un nouveau modèle le modèle 1927.

Ce canon de 138mm est une version améliorée de la pièce précédente avec une culasse à coin horizontal semi-automatique avec mise à feu automatique.

Ce canon va équiper les contre-torpilleurs de classe Aigle, le duo Milan/Epervier ainsi que les unités de classe Vauquelin soit un total de douze navires et de soixante pièces sous masque.


Autre vue du canon de 138mm modèle 1927

Ce canon de 138mm modèle 1927 est un canon de 40 calibres (longueur du tube : 5.520m) qui tire des obus de 39.9kg à une distance maximale de 16600m (+28°) à raison de 12 coups à la minute (8-10 dans la pratique).

L'affût simple sous masque pèse 13 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -5° à +28° et en azimut sur 135°. La dotation en munitions est de 500 coups et 85 obus éclairants.

Canon de 75mm modèle 1925


Les contre-torpilleurs de classe Aigle sont conçus avec un canon de 75mm modèle 1922. Seuls l'Albatros et le Gerfaut vont recevoir ce canon qui sera débarqué fin 1932.

Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 8 à 15 coups par minute.

L'affût simple permet au canon de pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions est de 125 coups par canon soit un stock global allant de 500 à 1000 coups.

Deux canons seront rembarqués sur l'Albatros en 1947 dans son nouveau rôle de navire-école de canonnage.

DCA légère

Photo et schéma du canon de 37mm modèle 1925


Initialement il était prévu l'embarquement de deux canons de 37mm CAS modèle 1925 avec 2000 coups de combat et 400 d'exercice en soute. Un canon automatique est envisagé mais le canon de 37mm ACAD (Automatique Contre-Avions Double) modèle 1935 ne dépassera pas le stade du prototype (installé sur le vieil aviso Amiens il était encore en phase de test lors de la débâcle de juin 1940).

Finalement, les quatre contre-torpilleurs de classe Aigle reçoivent quatre canons de 37mm CAS (Contre-Avions Simple) modèle 1925 posées à plat pont de chaque bord sur le pont principal, deux armes formant une section. Ce canon est à chargement manuel au coup par coup, la manœuvre se fait par des volants à bras ce qui fait qu'il est totalement dépassé en 1940.

Le canon de 37mm modèle 1925 est un canon de 60 calibres tirant un obus de 0.725kg  à 8000m avec un plafond de 5000m à raison de 20 coups par minute. Ces deux canons peuvent pointer en site de -15° à +80°. La dotation en munitions est de 500 coups par pièce.


Canon de 37mm modèle 1933 ACAD sur le croiseur lourd Algérie et ci-dessous le schéma


Les Aigle doivent ultérieurement recevoir deux affûts doubles (CAD) modèle 1933 sur le pont principal à la place des modèle 1925 et ultérieurement un troisième. Finalement trois des quatre Aigle n'embarquent qu'un unique affût (Albatros,Gerfaut,Vautour), l'Aigle en gardiennage ne le reçoit pas.

Le canon de 37mm modèle 1933 est un canon de 50 calibres tire des obus de 0.7kg à une distance maximale de 5000m (8000m en théorie) à raison de 15 à 21 coups par minute. L'affût double permet à ce canon de pointer en site de -15° à +80° et en azimut sur 360°.

Les canons de 37mm sont complétés non pas par des mitrailleuses de 8mm Hotchkiss modèle 1914 comme initialement prévu mais par des mitrailleuses de 13.2mm plus efficaces. Deux affûts doubles sont installés sur les contre-torpilleurs à partir de 1933.


Mitrailleuse de 13.2mm en affût double

Ils sont initialement posés sur le pont, à l'arrière des pièces de 37mm puis vers 1939 transférés sur de petites plate-formes sur les côtés de l'abri des norias, devant l'abri de navigation. Ces deux affûts sont placés devant l'abri de navigation lors du renforcement de la DCA en 1941/42.

La mitrailleuse de 13.2mm Hochkiss modèle 1929 dispose d'un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d'alimentation, des boîtiers chargeurs de 30 cartouches). Elles sont montées en affûts simples, doubles ou quadruples.

Des mitrailleuses Browning sont commandées à la firme belge FN Herstal. Ces armes initialement d'un calibre de 12.7mm sont recalibrées en 13.2mm pour tirer la cartouche déjà utilisée par les mitrailleuses Hotchkiss. Seuls les Albatros,Gerfaut et Vautour vont recevoir deux mitrailleuses, l'Aigle en gardiennage ne recevant pas ces armes.

Le Vautour reçoit ses deux mitrailleuses sur les ailerons du rouf des norias avant, l'Albatros et le Gerfaut dans les angles arrière des ailerons de passerelle.

Torpilles

Torpille modèle 1923DT

Les quatre contre-torpilleurs classe Aigle embarquent deux plate-formes triples lance-torpilles de 550mm modèle 1920 placées dans l'axe, la première plate-forme est installée derrière la cheminée n°2 et la seconde est installée derrière la cheminée n°4.

La plate-forme est manœuvrée soit via un moteur de 3ch ou à bras, le champ de battage étant de 60 à 120°. La chasse fait à l'air comprimée (une bouteille de 100l à 60kg pour chaque tube) ou à poudre en cas d'urgence.

Ces plate-formes  utilisent des torpilles de 550mm modèle 1923DT pesant 2068kg avec une charge militaire de 310kg. Mesurant 8.280m de long, elles peuvent atteindre des cibles entre 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

La direction de lancement se fait par deux postes de conduite de lancement modèle 1929 installés un sur chaque bord sur chaque aileron de passerelle.

En 1947, l'Albatros alors seul survivant de sa classe ne disposera plus que d'une plate-forme triple d'un modèle plus moderne.

Armes ASM

Grenades Guiraud

Bien que conçus pour l'attaque au canon et à la torpille des lignes de communication italiennes, les contre-torpilleurs français disposaient d'armes anti-sous-marines en nombre limité et sans capteur dédié.

Ces carences se révélèrent problématiques quand aux raids rapides et brutaux en Méditerranée, les Aigle et leurs confrères se retrouvèrent à devoir escorter des navires en Méditerranée et dans l'Atlantique.

Les quatre contre-torpilleurs classe Aigle disposent initialement de quatre mortiers Thornycroft modèle 1928 et deux grenadeurs de sillage, les premiers étant installés latéralement au niveau des cheminées avant, les seconds à la poupe.

Les quatre mortiers qui peuvent mettre en œuvre douze bombes sont débarqués fin 1932 mais deux sont remis en place en 1939. L'Albatros n'à plus de mortiers en novembre 1942. Les projectiles utilisés sont des grenades Guiraud modèle 1922 de 100kg (le poids de l'explosif, le poids total étant de 130.4kg).


Grenadeurs à chaine sur le contre-torpilleur Aigle

Les deux grenadeurs à chaîne à la poupe disposent de huit grenades en position de tir chacun, les projectiles utilisés étant des grenades Guiraud de 200kg (poids réel : 280kg). Outre les seize grenades en position de tir, on trouve vingt-quatre projectiles en réserve.

Si on calcule cela nous donne cinquante-deux grenades ASM ce qui est peu par rapport aux Flower et autres Castle engagées dans la bataille de l'Atlantique mais pas si faible qu'on à pu le dire ou écrire.

Les contre-torpilleurs rentrent en guerre sans appareil d'écoute ce qui n'empêchera pas la marine de revendiquer la destruction de plusieurs sous-marins (trois pour le seul torpilleur d'escadre Sirocco).

Devant la lenteur de la mise au point d'un détecteur français, la marine nationale passe commande d'Asdic britanniques (appelés appareils Alpha en France).

Seize sont commandés le 10 mai 1939 suivis de cinquante en septembre de la même année. Les contre-torpilleurs doivent recevoir un asdic type 128 appelé donc Alpha en France. Un appareil Alpha est monté sur le Vautour à Toulon entre octobre et décembre 1939, le Gerfaut reçoit le sien entre mars et mai 1940 à Cherbourg. L'Albatros aurait reçu le sien à Oran entre juin et septembre 1941. L'Aigle n'en à jamais reçu car mise en gardiennage.

L'Albatros qui disposait encore d'éléments en 1946 les débarque car ils sont en trop mauvais état, le projet d'embarquer un nouveau sonar n'à pas débouché.

Les canons de l'Albatros

A la fin du second conflit mondial sur les quatre contre-torpilleurs de classe Aigle, seul l'Albatros à survécu au conflit. Il est remis en état bien entendu pas pour un usage opérationnel mais pour servir de navire-école de canonnage au profit de l'Ecole d'Application du Tir à la Mer (EATM).

Il va ainsi recevoir différents modèles de canons légers et médians pour à la fois former les futurs canonniers et les futurs officiers-canonniers mais aussi pour tester des prototypes avant de les embarquer (ou non) sur les navires opérationnels.

Tout en conservant trois canons de 138mm (pièces I, II et V), l'Albatros va embarquer plusieurs modèles de canons.


Affût double de 105mm

L'ancien contre-torpilleur embarque ainsi entre 1947 et 1950 un affût double de 105mm allemand, le Dopp MC/37 qui supporte deux canons de 105mm SKC/33.

Ce canon allemand est utilisé bien entendu sur des navires allemands récupérés (comme les grands dragueurs de mines type M), remplace le canon de 102mm sur les River britanniques et surtout arme les escorteurs d'escadre Chateaurenault et Guichen, d'anciens croiseurs-éclaireurs de classe Capitani Romani cédés par l'Italie en guise de dommage de guerre.

Ce canon de 65 calibres tire des obus de 27 kg à une distance maximale de 17700m en tir antisurface (site : +45°) et de 12500m (site : +80°) à raison de 15 à 18 coups par minute.

L'affût double pèse 44 tonnes en ordre de combat, pouvant pointer en site de -8° à +80° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 8° par seconde.


Affût double de 100mm modèle 1946

Il reçoit également un affût double de 100mm modèle 1946 (deux canons modèle 1945) mis au point notamment pour permettre d'achever enfin le Jean Bart. Il est embarqué début 1951 en remplacement du canon allemand.

Ce canon de 55 calibres (longueur du tube : 5.5m) tire des obus de 22.9kg à une distance maximale de 17000m en tir antisurface et de de 11500m en tir antiaérien à raison de 20 à 25 coups par minute. L'affût CAD modèle 1946 pèse 26.55 tonnes et peut pointer en site de -8° à +70° et en azimut sur 90° de chaque côté


Canons de 75mm modèle 1924 à bord du porte-avions Béarn

-En 1947, l'Albatros embarque deux canons de 75mm modèle 1924 en remplacement du canon de 138mm IV. C'est un canon de 50 calibres (longueur du tube : 3.75m) tirant des obus de 5.93kg (dont seulement 0.5kg d'explosifs) à  une distance maximale de 14910m avec un plafond de 8000m à raison de douze coups par minute. L’élévation maximum est de 28°.

-En ce qui concerne l'artillerie légère, l'Albatros embarque le célébre duo Bofors (de 40mm)/Oerlikon (20mm). L'Albatros embarque un affût double américain MkI et un affût simple canadien Mk I puis un Bofors L/60 modèle 1951 français pour les essais à la mer.

Ce canon de 56 calibres (longueur du tube : 2.24m) tire des projectiles de 0.9kg à une distance maximale de 10160m, un plafond maximum de 6960m à raison de 160 coups par minute.

Le canon de 20mm Oerlikon est un canon de 70 calibres (longueur du tube 1.4m) tire des projectiles de 0.123kg à une distance maximale de 4390m, un plafond maximum de 3050m à raison de 480 coups/minute.

Equipage

Lors de l'achèvement, les logements sont conçus pour trois officiers supérieurs (chef d'escadrille et commandant,commandant en second, chef d'état-major),sept officiers subalternes,deux premiers maîtres,huit maîtres,vingt-quatre seconds maîtres, cent-soixante trois quartiers-maîtres et matelots et trois agents de service.

Une note du 10 mai 1933 ajoute un second maître et seize quartiers-maîtres et matelots portant donc le total à 227 hommes.

Dans l'ensemble, l'équipage juge ses locaux vastes et bien aérés. Les 227 hommes sont répartis sur tout le bateau mais contrairement à ce qui deviendra la norme après guerre (et qui semble logique), les marins ne sont pas forcément logés à proximité de leur poste de combat, les officiers étant logés à l'arrière, le reste de l'équipage à l'avant.

Le rouf avant comprend quatre chambres (officiers et premiers maîtres), la partie avant du pont principal qui constitue la teugue sous la plage avant abrite un poste d'équipage qui est quasiment à l'étrave, seule une soute à matériel la séparant de l'extérieur.

Sur l'arrière du pont principal, on trouve légèrement décalée sur babord par rapport à l'axe une coursive et à tribord de celle-ci on trouve le poste des seconds maîtres et des maîtres.

Le pont des logements est coupé en deux par les compartiments propulsion. La partie avant comprend à l'arrière deux postes  d'équipage, le local pour un appareil de détection sous-marine, le local de télépointage et un autre poste d'équipage.

La partie arrière divisée en trois tranches. Celle contiguë à la machine arrière est occupée par les officiers supérieurs. On trouve à tribord les appartements du commandant et à bâbord les chambres du commandant en second et du chef d'état-major.

La tranche suivante comprend cinq chambres destinées aux officiers subalternes et le carré. La dernière tranche est occupée à tribord par une chambre pour trois agents civils rapidement transformée pour les enseignes de vaisseau de 2ème classe.

Les officiers sont donc installés à l'arrière selon la tradition de l'époque sur le pont des logements avec les trois officiers supérieurs qui occupent une tranche complète sur l'arrière des compartiments machines.

Le commandant dispose d'une chambre bureau et d'une salle à manger avec un office à tribord alors que l'autre bord est occupé par une chambre pour le chef d'état-major et une chambre bureau pour le commandant en second.

La tranche sur l'arrière abrite cinq chambres d'officiers et sur bâbord le carré des officiers subalternes. Deux chambres d'officier sont installées dans le rouf avant et le commandant dispose d'une chambre de veille sur la passerelle de navigation.

Les maîtres et les seconds maîtres sont installés dans deux postes contigus à tribord du pont principal sous le bloc-passerelle et la plage avant. Les seconds maîtres disposent de hamacs alors que les maîtres ont des couchettes, superposées par deux. Les deux chambres pour les deux premiers maîtres sont situées dans le rouf avant à bâbord des chambres d'officiers.

Les quartiers-maîtres et matelots sont répartis entre quatre postes. Un premier poste est installé sur le pont principal sous la plage avant mais la plus grande partie des hommes est logée dans trois postes placés à l'avant sur le pont des logements. Il s'agit en réalité d'un grand poste divisé en trois par des cloisons étanches. Les quartiers-maîtres et les matelots disposent de hamacs.

Les repas sont pris au poste, un marin allant chercher le repas à la cuisine, un autre le pain et le vin à la cambuse.

L'infirmerie installée sur le pont principal à l'arrière de la partie avant comprend quatre lits superposés par deux, une salle de visite, une salle de bain et des WC.

Les contre-torpilleurs comptent quatre cuisines installées dans les roufs du pont principal avec une pour les officiers supérieurs, une pour les officiers subalternes, une pour les officiers mariniers et la dernière pour l'équipage.

Embarcations

A l'époque des Aigle, les navires de la marine française étaient tellement nombreux qu'il était impossible que tous prennent place à quai (on aimerait que ce soit le cas en 2018.....). Voilà pourquoi les places à quai étaient réservées aux navires en travaux, les navires opérationnels mouillant sur coffre.

Voilà pourquoi les navires de l'époque disposaient de nombreuses annexes. A leur mise en service les quatre unités de classe aigle disposaient d'une vedette à moteur de 7m, d'un canot de service à moteur de 7m, d'un canot de service à rames de 7m, une baleinière de 7m, un youyou à moteur de 5m,un youyou sans moteur de 5m, un berthon en toile de 3.60m non pliable, une plate de 3m.

A partir de 1936 des radeaux type Brest sont embarqués.

FIN

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CONTRE-TORPILLEURS CLASSE AIGLE (FRANCE) (Terminé)
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