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 CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)

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MessageSujet: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMer 27 Mai 2020, 17:10

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE
(FRANCE)

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_15
Le contre-torpilleur Le Fantasque à Alger en octobre 1937. Notez les marques de nationalité sur les masques de tourelle

AVANT-PROPOS

Reconstruire la flotte : les contre-torpilleurs français

Avant-propos

En 1918 la France est victorieuse mais c'est une victoire amère et douloureuse en raison des pertes très lourdes subies sur terre mais aussi sur mer. Si l'armée de terre à supporté le gros des combats, la marine n'à pas démérité en dépit du fait qu'elle est entrée en guerre en pleine reconstruction et pleine modernisation.

Elle à du combattre avec des navires inadaptés et réaliser des missions différentes de celles envisagées.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) George15
Georges Leygues. Comme quoi on peut être du Lot et faire beaucoup pour la marine

La Royale est à l'époque en crise morale (mutineries en 1919/20) et matérielle mais fort heureusement elle va bénéficier des soins attentifs de deux hommes, Georges Leygues et François Darlan qui vont reconstituer une marine dont les magnifiques navires font vibrer la corde sensible de n'importe quel amoureux des beaux bateaux. Ils n'étaient certes pas sans défauts mais quelle marine pouvait se dire «Mes navires sont parfaits ?».

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Franzo13
François Darlan vers 1940

Faute de cuirassés, cette reconstruction va passer par la mise en service de croiseurs et surtout de contre-torpilleurs.

Les Jaguar, les premier contre-torpilleurs modernes de notre marine nationale
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_tig14
Le contre-torpilleur Tigre

Les premiers contre-torpilleurs modernes de la Royale sont les six unités de la classe Jaguar financés à la tranche 1922 et dont la construction est répartie entre l'Arsenal de Lorient et des chantiers navals privés alias L'Industrie.

Le Jaguar mis en service le 19 novembre 1926 est perdu durant l'opération DYNAMO dans la nuit du 22 au 23 mai, le Léopard mis en service le 15 novembre 1927 est perdu par échouage le 27 mai 1943 après avoir servit dans les FNFL alors que le Tigre mis en service le 7 février 1926 va survivre au conflit et ne sera désarmé que le 10 juillet 1948 (vendu à la démolition le 4 janvier 1954).  

Le Chacal mis en service le 23 décembre 1926 est coulé au large de Boulogne sur Mer par la Luftwaffe le 24 mai 1940, le Panthère mis en service le 4 février 1927 sabordé à Toulon le 27 novembre, relevé puis perdu à La Spezia le 9 septembre 1943 alors que le Lynx mis en service le 15 novembre 1927 est sabordé le 27 novembre 1942 à Toulon.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Classe53
classe Jaguar

Sur le plan technique, les Jaguar étaient des contre-torpilleurs de 2400 tonnes, mesurant 126.78m de long sur 11.40m de large avec un tirant d'eau de 4.10m, une vitesse maximale de 35 nœuds et un armement composé à l'origine de cinq canons de 130mm, deux canons de 75mm, quatre mitrailleuses de 8mm, six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples, deux grenadeurs de sillage et quatre mortiers Thornycroft.

Les Guépard : les premiers «quatre tuyaux»
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_bis12
Le contre-torpilleur Bison photographié entre le 1er octobre 1934 et le 15 août 1936 alors qu'il était affecté à la 6ème DL

A l'origine il était prévu douze contre-torpilleurs dès 1922 mais ce nombre avait été divisé par deux pour des raisons industrielles. Les contre-torpilleurs des tranches 1925 et 1926 sont ainsi dérivés des Jaguar avec une puissance propulsive supérieure ainsi qu'un armement plus puissant, le canon de 138mm faisant son apparition en remplacement du canon de 130mm.

Comme pour les Jaguar la construction est répartie entre l'Arsenal de Lorient (Guépard Bison) et l'Industrie (Lion Valmy Vauban Verdun).

Le Guépard mis en service le 16 août 1929 est sabordé à Toulon le 27 novembre 1942, le Bison mis en service le 24 octobre 1930 et coulé par l'aviation allemande au large de la Norvège le 3 mai 1940, Le Lion mis en service le 5 février 1931 sabordé à Toulon le 27 novembre, relevé puis sabordé le 9 septembre 1943, le Vauban mis en service le 5 février 1931 et sabordé le 27 novembre 1942 tout comme ses sister-ship Valmy (mis en service le 26 janvier 1930) et Verdun (mis en service le 19 avril 1930), ils sont démolis après guerre.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Classe15
Classe Guépard

Sur le plan technique les Guépard sont des navires de 2689 tonnes, mesurant 130.20m de long sur 11.76m de large et un tirant d'eau de 4.69m à l'arrière, une vitesse maximale de 36 nœuds et un armement composé à l'origine de cinq canons de 138mm modèle 1923, de quatre canons de 37mm modèle 1925, quatre mitrailleuses de 8mm, six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples et deux grenadeurs.

Les Aigle : d'autres quatre tuyaux pour la marine nationale
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_alb20
Le contre-torpilleur Albatros

Après les Jaguar et les Guépard, les contre-torpilleurs suivants vont porter le nom de rapaces, formant la classe Aigle contenant initialement six navires avant que leur nombre soit réduit à quatre, les deux derniers baptisés Milan et Epervier différant suffisamment pour justifier l'idée qu'ils forment une classe à part.

Les six navires de la tranche 1927 sont des évolutions des Guépard avec une coque plus courte (1.70m de long en moins hors tout) et un nouveau modèle de canon de 138mm, le modèle 1927.

C'est alors que les choses se compliquent. La construction des deux derniers baptisés Milan et Epervier attribuée à l'Arsenal de Lorient est retardée pour permettre l'embarquement de chaudières à surchauffe plus puissantes, plus compactes mais parfois plus fragiles. Comme elles sont encore en phase d'essais à bord du transport d'hydravions Commandant Teste, la construction des Da-5 et Da-6 est retardée.

Voilà pourquoi la classe Aigle ne va compter que quatre unités baptisées Aigle, Vautour,Albatros et Gerfaut. La construction va être assurée par des chantiers navals privés.

L'Aigle mis en service le 1er novembre 1932 et perdu dans le sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre tout comme le Vautour qui lui avait été mis en service le 1er juin 1932.

L'Albatros mis en service le 25 janvier 1932 et désarmé et démoli en 1959 alors que le Gerfaut mis en service le 15 mars 1932 disparaît lui aussi dans le sabordage de la flotte à Toulon le 27 novembre 1942.

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Classe Aigle

Sur le plan technique, les Aigle étaient des navires de 2660 tonnes, mesurant 128.50m de long (129.3m pour l'Albatros et le Gerfaut) sur 11.7m de large avec un tirant d'eau de 4.3m, une vitesse maximale de 36 nœuds, un armement composé initialement de cinq canons de 138mm modèle 1927, un canon de 75mm mod_le 1927, six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples, quatre canons de 37mm modèle 1925, quatre mitrailleuses de 8mm, quatre mortiers Thornycroft et deux grenadeurs de sillage

Milan et Epervier
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Le contre-torpilleur Milan

Les contre-torpilleurs Milan et Epervier financés à la tranche 1927 comme leurs prédécesseurs de classe Aigle sont parfois considérés comme les cinquième et sixième contre-torpilleurs de cette classe Aigle. Ils sont en réalités suffisamment différents pour être considérés comme formant une classe à part à mi-chemin entre les Aigle et les Vauquelin.

Le Milan mis en service en avril 1934 est détruit le 8 novembre 1942 lors de l'opération TORCH alors que son sister-ship baptisé Epervier est détruit devant Oran le 9 novembre 1942.

Sur le plan technique le Milan et l'Epervier étaient des navires de 2660 tonnes, mesurant 129.3m de long sur 11.84m de large pour un tirant d'eau moyen de 4.23m, une vitesse maximale de 36 nœuds et un armement composé à l'origine de 5 canons de 138mm modèle 1927, deux affûts doubles de 37mm modèle 1933 et deux affûts doubles de 13.2mm modèle 1929, sept tubes lance-torpilles de 550mm (un affût triple et deux affûts doubles), 4 mortiers Thornycroft (rapidement débarqués) et deux grenadeurs de sillage avec seize grenades.

Les Vauquelin
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_vau31
Le contre-torpilleur Vauquelin en avril 1937

Après la construction des six Guépard et des quatre Aigle, le Service Technique des Construction Navales (STCN) étudie les futurs contre-torpilleurs.

Pour éviter une rupture trop brutale, les deux derniers contre-torpilleurs de la tranche 1927 baptisés Milan et Epervier vont en quelque-sorte servir de prototypes en combinant des éléments éprouvés avec de nouvelles technologies comme des chaudières à surchauffe, plus compactes, plus puissantes mais parfois plus fragiles.

Les futures unités de classe Vauquelin sont assez semblables aux Aigle (notamment au niveau de l'armement avec cinq canons de 138mm en affûts simples sous masque) mais avec un tube lance-torpilles de plus, une poupe en cul de poule au lieu d'une poupe en sifflet pour faciliter le mouillage de mines (à l'époque la marine nationale renonce à la construction de bâtiments de surface mouilleurs de mines). Les plans définitifs sont approuvés par le ministre le 21 novembre 1928.

Ces navires devaient être financés à la tranche 1928 mais  mais les parlementaires soulignent que l'Arsenal de Lorient à l'été 1928 n'à pas encore mis sur cale le Milan et l'Epervier.

Aucune construction neuve n'est donc accordée au titre de la tranche 1928, les nouveaux contre-torpilleurs seront financés à la tranche 1929.

Cette dernière votée le 29 mars 1929 finance la construction de six contre-torpilleurs qui porteront tous le nom de grands marins français (Vauquelin Kersaint Cassard Tartu Maillé Brézé Chevalier Paul) qui en raison de la surcharge de l'Arsenal de Lorient seront tous construits par les chantiers navals privés.

Le Vauquelin est mis en service le 26 mars 1934, le Kersaint le 14 janvier 1934, le Cassard le 7 octobre 1933, le Tartu le 8 février 1933, le Maillé-Brézé le 23 avril 1933 et le Chevalier Paul le 24 août 1934. Les quatre premiers sont perdus dans le sabordage de la flotte le 27 novembre 1942, le Maillé-Brézé est détruit accidentellement le 30 avril 1940 alors que le Chevalier Paul est coulé par les britanniques au large du Liban le 16 juin 1941.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Classe20
Classe Vauquelin

Sur le plan technique les Vauquelin étaient des navires de 2480 tonnes Washington, mesuraient 129.30m de long sur 11.7m de large pour un tirant d'eau de 4.34m, une vitesse maximale de 36 nœuds et un armement composé à l'origine de cinq canons de 138mm modèle 1927, quatre canons de 37mm modèle 1925, quatre mitrailleuses de 13.2mm modèle 1929, sept tubes lance-torpilles de 550mm (une plate-forme triple axiale et deux plate-formes doubles latérales) et deux grenadeurs de sillage.
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Dernière édition par clausewitz le Sam 06 Juin 2020, 18:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyVen 29 Mai 2020, 13:25

Génèse des Fantasque

Un nouveau type de contre-torpilleur

Depuis la construction des Jaguar, la marine française améliorait sans cesse ses contre-torpilleurs en intégrant de nouveaux modèles de canons, de nouvelles machines sans oublier que le retour d'expérience était naturellement utilisé pour mettre au point les futurs navires.

Depuis 1922 la Royale connaissait un spectaculaire redressement avec la construction de magnifiques navires que les shiplovers que nous sommes racontons avec des trémolos dans la voix.

Après le programme de 1922, Georges Leygues avait souhaité en 1924 le vote d'un Statut Naval contraignant. La Chambre des Députés ne le suit pas mais le Statut Naval de 1924 va servir de document-cadre pour planifier au mieux les constructions.

Contrairement à ce qu'on écrit parfois les retards dans les constructions navales ne sont pas forcément  liées à un manque de budgets ou de commandes mais à un tissu industriel vieillissant et inadapté ce qui multipliait les goulots d'étranglement.

Initialement le Statut Naval de 1924 prévoyait six tranches annuelles de construction (1924, 1925,1926,1927,1928 et 1929) mais les retards accumulés dans les mises sur cale oblige à décaler d'un an les tranches de 1928 et 1929.

Initialement les Vauquelin devaient être financés à la tranche 1928 mais les parlementaires soulignent que l'Arsenal de Lorient à l'été 1928 n'à pas encore mis sur cale le Milan et l'Epervier. Aucune construction neuve n'est donc accordée au titre de la tranche 1928, les nouveaux contre-torpilleurs seront financés à la tranche 1929.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_typ10
CT type 1929

Voilà pourquoi les contre-torpilleurs Da-16 à Da-21 vont être financés à la tranche 1930 (votée le 21 janvier 1930).

Naturellement leur mise au point n'à pas démarré en janvier 1930 elle est nettement plus ancienne puisque les premières esquisses remontent à août 1928.

A cette époque on envisage un contre-torpilleur pouvant marcher à 37 nœuds. Aujourd'hui une telle vitesse interroge mais à l'époque la vitesse était vue comme une protection.

Dans l'ensemble ce premier jour est une redite des Vauquelin («contre-torpilleurs type 1928) mais avec un rayon d'action plus important (2500 miles nautiques à 15 nœuds) et une artillerie à plus grande portée, le nouveau canon de 138.6mm devant pouvoir atteindre une portée maximale de 20000m en envoyant dix fois par minute un obus d'une quarantaine de kilos. Pour compenser les mouvements du navire, on prévoit que l'artillerie puisse être télépointée et télécommandée.

Le projet est présenté le 13 septembre 1928 et prévoit un déplacement de 2830 tonnes en charge normale. Ils seront équipées de chaudières produisant de la vapeur surchauffée alimentant des chaudières Rateau ou Parson, la marine ayant décidé d'abandonner les turbines Bréguet et Zoelly suite à des problèmes sur des navires construits.

Initialement il était prévu que les futurs Fantasque bénéficient du RETEX de l'utilisation des contre-torpilleurs Milan et Epervier mais le retard fit que cela ne fût pas possible. Il allait falloir faire confiance aux caculs théoriques du Service Technique des Constructions Navales (STCN).

Le nouveau canon de 138.6mm est présenté le 27 février 1929, le projet étant approuvé par le Comité Technique de la Marine le 28 juin 1929. Les futurs navires sont alors désignés contre-torpilleurs de 2610 tonnes type 1929.

En raison d'un contexte diplomatique défavorable (lié au traité de Londres, la France contestant l'application de clauses qui menacent sa supériorité navale sur l'Italie) et des retards des chantiers constructeurs, les contre-torpilleurs ainsi imaginés seront financés à la tranche 1930.

On augmente encore le rayon d'action avec 4000 miles nautiques à 15 nœuds. Un temps on envisage la tourelle double mais celle-ci est abandonnée suite à des problèmes techniques.

A la fin du mois de juin 1930, on confie officiellement la construction des Da-16 et Da-17 à l'Arsenal de Lorient. Elle doit commencer le 1er juillet mais attention à ne pas faire de contre-sens il ne s'agit ici que de concentration de matériaux mais pas une mise sur cale.

De toute façon la France accepte un moratoire sur les nouvelles mises sur cale de navires légers (croiseurs, contre-torpilleurs, torpilleurs et sous-marins) jusqu'au 31 décembre 1930 le temps qu'un accord bilatéral soit trouvé avec l'Italie.

Cet accord signé le 1er mars 1931 impose jusqu'au 31 décembre 1936 (date à laquelle le traité de Washington doit expirer) le remplacement des unités anciennes à savoir celles ayant atteint seize années de service.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_16
Le contre-torpilleur Le Fantasque en 1939

C'est la fin d'une époque puisque dans la pratique la France va cesser la construction de contre-torpilleurs, ne finançant le Mogador et le Volta qu'aux tranches 1932 et 1934.

Des plans modifiés sont présentés le 28 janvier 1931 avec le regroupement des cheminées passant de quatre à deux, le déplacement de la pièce n°3 et le déplacement ou la suppression du mât arrière.

Le contre-torpilleur type 1929 devient le contre-torpilleur type 1930. En juillet 1933, le mât tripode avant est supprimé et remplacé par un mât vertical sur le bloc-passerelle, le télépointeur tournant autour du mât flèche. Six mois plus tard le mât simple arrière est supprimé et remplacé par des supports d'antennes gréées sur enveloppe de la cheminée arrière.

Entre temps les navires Da-16 à 21 sont baptisés respectivement Le Fantasque L'Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant et L'Indomptable. Les CT type Da-16 deviennent les contre-torpilleurs type Le Fantasque.

A cette époque les chantiers navals français en particulier et l'industrie française en général connaissent les premiers effets de la crise provoquée par le krack du 24 octobre 1929. Il faut donc préserver l'emploi, le tissu industriel et donc disperser les fonds publics.

Voilà pourquoi si l'Arsenal de Lorient reçoit la commande des deux premiers navires, les quatre sont construits dans trois chantiers différents avec les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de La Seyne sur Mer dans le Var (Le Malin L'Indomptable), les Ateliers et Chantiers de France (ACF) de Dunkerque (Le Triomphant) et les Chantiers Navals Français (CNF) de Caen en sous-traitance des ACL (Ateliers et Chantiers de la Loire).

La dispersion des crédits est encore plus forte pour ce qui est de l'appareil propulsif et de l'appareil évaporatoire :

-Le Fantasque : turbines Rateau-Bretagne fournies par les Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) de Nantes, chaudières avant fournies par les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime (ACSM) du Trait, chaudières arrières fournies par les ACB.

-L'Audacieux : Turbines Rateau-Bretagne fournies par Schneider, chaudières avant fournies par les ACSM, chaudières arrières fournies par Schneider.

-Le Malin : turbines Parsons fournies par les FCM, chaudières avant fournies par Augustin Normand du Havre et chaudières arrières fournies par les FCM.

-Le Terrible : turbines Rateau-Bretagne fournies par ACB, chaudières avant et arrières fournies par les ACL.

-Le Triomphant : turbines Parsons fournies par Fives-Lille, chaudières avant fournies par Babcock & Wilcox (l'un des rares fournisseurs étrangers de ce contrat), chaudières arrières fournies par les ACF.

-L'Indomptable : turbines Parsons fournies par les ACL, chaudières avant fournies par les Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) et chaudières arrières fournies par les ACSM.

La construction va se révéler difficile notamment en raison de la nouvelle technologie des chaudières à vapeur surchauffée ainsi qu'un certain nombre de défauts dans l'acier fournit pour la construction notamment sur des pièces sur les affûts de 138mm imposants de nombreux travaux et une immobilisation de cinq à six mois.

Les chantiers constructeurs

Arsenal de Lorient
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Lorien18
Lorient en 1910

La construction des deux premières unités de classe Le Fantasque est attribuée à l'Arsenal de Lorient, l'un des deux arsenaux bretons avec Brest.

La ville est créée officiellement en 1666 sous l'impulsion de Colbert pour permettre à la Compagnie Française pour le commerce des Indes Orientales créée le 27 août 1664 d'une base de départ. Une corderie est inaugurée en 1676. A la fin du 17ème siècle le chantier navale est réquisitionné par la marine, marquant la naissance de l'Arsenal de Lorient.

Des travaux sont régulièrement menés pour adapter le site aux évolutions techniques et technologiques des constructions navales.

La loi du 3 avril 1926 ferme l'Arsenal de Rochefort et fait de Lorient un site de construction d'unités légères (croiseurs et contre-torpilleurs essentiellement), le site morbihanais étant aussi chargé de tester les navires construits à Bordeaux, Saint-Nazaire et Nantes.

Le site original situé donc sur la confluence Scorff-Blavet dispose d'une forme de radoub (utilisée également pour l'armement des navires) de 240m de long sur 28m de large accompagnée de  deux cales, les cales n°4 et n°7 qui mesurent 175m de long sur 20m de large. On trouve également deux autres bassins de carénage.

-Sur la rive orientale du Scorff nous trouvons la forme dite de Lanester, une forme de 240m de long sur 30m de large. Elle est accompagnée de trois cales.

La cale n°1 (couverte) mesure 230m de long sur 32m de large pouvant donc construire tous les navires jusqu'au croiseur lourd. La cale n°2 mesure 195m de long sur 28m de large et la n°3 de 175m de long sur 25m de large.

Durant le second conflit mondial, le site fût transformé par la construction d'une base sous-marine pour les U-Boot. La ville est rasée par les bombardements alliés laissant la base sous-marine quasiment intact.

Le site à été reconstruit après guerre, Lorient étant à la fois un arsenal et une base opérationnelle avec notamment une escadrille de sous-marins.

La base navale ferme en 1995 dans le cadre du programme OPTIMAR mais les installations d'entretien et de construction restent opérationnelles, étant actuellement le seul site de Naval Group à pouvoir produire des navires de surface avec actuellement la fin du programme FREMM et le début du programme FTI (Frégate de Taille Intermédiaire).

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_mog12
Le splendide Mogador

En ce qui concerne les contre-torpilleurs postérieur au premier conflit mondial, l'Arsenal de Lorient à construit deux unités de classe Jaguar (Jaguar Panthère), deux unités de classe Guépard (Guépard Bison), les deux unités de classe Milan (Milan Epervier), Le Fantasque, l'Audacieux et le Mogador.

Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM)
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Forges12
Le site des FCM à La Seyne sur Mer

Le chantier de la Seyne est fondé en 1853 mais c'est en 1856 seulement qu'il intègre les FCM ou officiellement la Société Nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée.

Cette entreprise qui dispose de sites à La Seyne sur Mer, Marseille et Graville va construire les torpilleurs Cyclone,Mistral et Forbin mais aussi les contre-torpilleurs Vautour, Chevalier Paul,Le Malin et L'Indomptable, les torpilleurs étant construits à Graville, les contre-torpilleurs à La Seyne sur mer tout comme le croiseur léger Montcalm. Le chantier naval havrais des FCM ne construira plus après que des chasseurs de sous-marins.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_che20
Le contre-torpilleur Chevalier Paul en 1939

La Société Nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée disparaît en 1966 pour renaître sous la forme des Constructions Industrielles de la Méditerranée. Intégrés au groupe Normed en 1983, les chantiers navals de La Seyne sur Mer ferment en 1988 après la construction du pétrolier-ravitailleur La Somme.

Chantiers Navals Français (CNF)
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Chanti15

La construction du contre-torpilleur Le Terrible est attribué aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sur leur site de Nantes (Prairie aux Ducs sur l'île Saint Anne) mais ces derniers sous-traitent la construction de la coque aux Chantiers Navals français (CNF) implantés à Caen en Normandie.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_ker19
Le contre-torpilleur Kersaint le 14 novembre 1933

Ce n'est d'ailleurs pas une première puisque la coque du Kersaint avait elle aussi été construite à Caen.

Créés en 1881 à Nantes, les ACL ouvrent un deuxième chantier l'année suivante à Saint-Nazaire.

Ces chantiers disparaissent en 1955 au cours d'une double fusion : les ACL et les Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët fusionnent pour donner naissance aux Chantiers de l'Atlantique (qui renaissent en 2018) alors que les ACL (site de Nantes) fusionnent avec les Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) pour donner naissance aux Ateliers et Chantiers de Nantes (ACN).

En ce qui concerne les constructions militaires, les ACL ont construit les contre-torpilleurs Lion Lynx Verdun Albatros et Tartu.

Les CNF ont vu le jour en 1917. Ce chantier s'installe à Blainville-sur-Orne dans l'emprise du port de Caen implanté à Ouistreham. Il va construit essentiellement des navires marchands mais aussi quelques navires militaires à savoir des sous-marins, des torpilleur et des contre-torpilleurs. Le chantier à fermé en 1954.

Ateliers et Chantiers de France (ACF)
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Acf_du10

Ces chantiers sont sis à Dunkerque dans le nord du pays. Fondés le 6 juillet 1898, ils se caractérisent par le lancement de navires quasiment achevés.
Après avoir construit des clippers et autres voiliers, le chantier ne tarde pas à construire des navires militaires. En cette période de reconstruction, le travail ne manque pas pour les chantiers navals privés.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_lio12
Le contre-torpilleur Lion

C'est ainsi que les ACF vont construire les torpilleurs Bourrasque et L'Adroit, les contre-torpilleurs Lion,Vauban,Aigle et Le Triomphant.

Ravagés par la guerre, les chantiers navals dunkerquois sont reconstruits et connaissent un nouvel âge d'or au moment où il faut reconstruire la marine marchande (les commandes militaires sont plus rares et sont peu à peu réservées aux Arsenaux).

Frappé de plein fouet par la crise des années soixante-dix, les ACF devenus les Chantiers de France-Dunkerque en 1972 intègrent le groupe Empain-Schneider en 1977 puis forment en 1983 le groupe Normed qui regroupe trois chantiers en difficultés, les chantiers navals de Dunkerque, de La Ciotat et de La Seyne sur Mer. Les chantiers navals de Dunkerque ferment en 1987.

Avant de parler de l'historique un remerciement à Le Breton pour ses scans d'un livre aujourd'hui introuvable pour permettre de réaliser une historique cohérente et homogène des Fantasque ayant survécu à la campagne de 1940 et au sabordage de la Flotte à Toulon en novembre 1942.

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyDim 31 Mai 2020, 22:03

CARRIERE OPERATIONNELLE

Le Fantasque
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Le contre-torpilleur Le Fantasque à la mer

Présentation

-Le contre-torpilleur Le Fantasque est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient plus précisément dans la Forme de Lanester le 16 novembre 1931 mis à flot le 15 mars 1934 et armé pour essais le 1er septembre 1934.

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Les contre-torpilleurs Fantasque et Audacieux en achèvement à flot à Lorient

Le 23 novembre 1934 le contre-torpilleur appareille de Lorient pour son essai préliminaire en route libre. Pendant une heure il parvient à développer une puissance supérieure à 60000ch et l'essai est donc acquis.

Le 29 novembre 1934 l'essai d'avance par tour à grande vitesse est acquis avec une vitesse de 41.8 nœuds.

En rentrant à Lorient il talonne sur un haut-fond appelée Tourelle de la Paix. Il est mis au sec dans le bassin n°2 pour inspection. On pense ne trouver que des dégâts limités liés à un simple talonnage.

Grosse erreur ! Les dégâts sont considérables avec la fausse quille arrachée sur 15m, la ligne tribord faussée est à réusiner, les chaises d'arbre tribord sont à reprendre et les deux hélices sont irréparables.

Le contre-torpilleur entre le 24 décembre 1934 au bassin n°3 de l'Arsenal où il va passer plus de six mois jusqu'en juin 1935. Le 2 juillet 1935 il sort pour une sortie de vérification après réparations.

Le 11 juillet 1935 il réalise son essai PMP (Puissance Maximale Permise), un essai d'une durée de huit heures. Il parvient à développer 92364ch à raison de 388 tours par minute lui permettant d'atteindre la vitesse de 40.49 nœuds (41.53 nœuds corrigée). Dans la foulée il va tourner pendant une neuvième heure, atteignant 96773ch à raison de 399 tours par minute lui permettant d'atteindre la vitesse de 41.35 nœuds (corrigée 42.80 nœuds).

Les essais sont terminés le 24 octobre 1935, la clôture d'armement est prononcée le 15 novembre 1935 et il entre en démontage à l'Arsenal de Lorient. Il achève ses travaux fin janvier 1936 et effectue ses essais de bon fonctionnement en croisières le 30 janvier et en principales le 5 février. Il rallie alors Brest pour recevoir ses torpilles, effectue des essais au polygone du Fret du 8 au 13 février, rentrant à Lorient le 18.

Le 23 mars 1936 le ministre de la Marine François Piétri en visite officielle à Lorient inspecte le contre-torpilleur qui venait d'achever ses tirs de recette. Du 4 au 10 avril il est à Brest pour charger ses approvisionnements en munitions et ses torpilles avant de rentrer à Lorient pour nettoyer sa carène au bassin avant sa croisière d'endurance. Il quitte définitivement Lorient le 16 pour rallier Brest en fin de journée.

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Le Fantasque à Brest le 30 mars 1936

Le 17 avril 1936 le contre-torpilleur Le Fantasque appareille pour sa croisière d'endurance, mettant cap au sud vers le Maroc en compagnie du croiseur léger La Galissonnière.

Il arrive à Casablanca le 20 pour une longue escale jusqu'au 27 quand il reprend la mer en compagnie du torpilleur d'escadre de classe Bourrasque Tempête pour des essais de tir. Il met ensuite cap sur Brest, rentrant dans la rade-abri le 30 avril et se met sur coffre.

Le contre-torpilleur Le Fantasque est mis en service le lendemain 1er mai 1936. Il est affecté à la 10ème Division Légère (10ème DL) en compagnie de ses sister-ship Le Terrible et L'Audacieux. La division dépend du Groupe des Contre-Torpilleurs de la 2ème Escadre. Il est basé à Brest.

Une personne fantasque est «une personne au caractère changeant, portée à se laisser aller à des fantaisies et à des caprices bizarres, imprévisibles».

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Maquette représentant le navire de ligne Le Fantasque de 1758

L'ex-Da-16 est le sixième et actuellement le dernier navire de la Royale à avoir porté ce nom succédant à une chaloupe-canonnières (1695-1697), à un vaisseau de troisième rang de 64 canons lancé en 1758 et rayé en 1785 après avoir été utilisé par Suffren lors de la campagne de l'amiral d'Estaing en 1778/79, une chaloupe-canonnière de 1761, un patrouilleur ex-baleinier datant de 1909 réquisitionné en 1915 et perdu en 1916 et un patrouilleur de 1917.

Carrière opérationnelle

Premières années (1936-1939)


Quand il est enfin admis au service actif, Le Fantasque est donc stationné à Brest au sein de la 2ème Escadre. Cette dernière avait été longtemps le parent pauvre de la Royale en raison de la menace italienne et surtout de l'absence d'une menace navale allemande crédible. Peu à peu cependant les forces stationnées à Brest sont renforcées.

Au 1er mai 1936, la 2ème Escadre est composée des moyens suivants :

-2ème DL : cuirassés Provence Bretagne Lorraine

-Porte-avions Béarn

-Groupe des contre-torpilleurs avec le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin comme navire-amiral, le contre-torpilleur L'Indomptable hors rang, la 4ème DL (Milan Epervier Valmy), la 6ème DL (Bison Lion Vauban) et la 10ème DL (Le Fantasque Le Terrible L'Audacieux).

-2ème flottille de torpilleurs : contre-torpilleur Jaguar (navire-amiral) et trois divisions de torpilleurs

-2ème flottille de sous-marins : ravitailleur de sous-marins Jules Verne, croiseur sous-marin Surcouf et deux escadrilles de sous-marins

Le groupe des contre-torpilleurs va multiplier les entraînements dans l'Atlantique, un entrainement au canon et à la torpille.

Les contre-torpilleurs assuraient également la protection de l'Emile Bertin lorsque le splendide croiseur mouilleur de mines servait de plastron pour les sous-marins de la 2ème FSM.

Chaque mois était organisée une sortie mensuelle de l'Escadre et chaque année les contre-torpilleurs effectuaient un entrainement au mouillage de mines. Le contre-torpilleur Le Fantasque s’entraîne également au tir contre-avions à l'aide de manches remorquées.

Le 30 mai 1936 le président de la république Albert Lebrun inaugure les splendides bâtiments de l'Ecole Navale à Brest, bâtiments hélas détruits pendant la deuxième guerre mondiale. A l'issue de la cérémonie il assiste à une revue navale à laquelle participent notamment Le Fantasque mais aussi ses sister-ship Audacieux Terrible Indomptable, le dernier président de la Troisième République embarquant pour cela à bord du cuirassé Provence.

Le 30 juillet 1936, le contre-torpilleur Le Fantasque rallie Lorient. Il entre immédiatement à l'Arsenal pour ses visites de garantie et différents travaux de petit carénage. C'est parti pour quatre mois d'indisponibilité soit jusqu'en novembre 1936. Disponible le 27 novembre, il reprend aussitôt son entrainement avec ses sister-ship de la 10ème DL.

La 2ème Escadre Légère (ex-groupe des contre-torpilleurs) appareille pour l'entrainement le 15 janvier 1936. Le Malin doit immédiatement faire demi-tour suite au suicide d'un gradé. En mer d'Iroise le temps est très mauvais mais l'entrainement est réalisé avant que la 2ème EL et le reste de l'Escadre de l'Atlantique ne se séparent, les cuirassés faisant escale à Madère pendant que les unités légères mettaient le cap sur le Maroc, arrivant à Casablanca le 19 janvier.

Le contre-torpilleur Le Fantasque fait escale avec ses compères à Conakry du 27 au 31 janvier date à laquelle les navires mettent cap sur Dakar où ils arrivent le 2 février. Dans la nuit du 4 au 5 à lieu un entrainement destiné à tester les défenses du point d'appui. Le corps de débarquement est mis à terre à Tiaroye.

La 2ème EL quitte Dakar le 9 février direction Casablanca où elle arrive le 15 après un transit mit à profit pour s’entraîner à l'attaque et à la défense des convois. Toute la flotte se retrouve dans le port marocain pour une semaine de repos. L'appareillage général à lieu le 22, l'Escadre rentrant à Brest le 26 février après une série d'exercices au large des côtes de la péninsule ibérique et dans le Golfe de Gascogne.

Le contre-torpilleur Le Fantasque va participer au dispositif de non-intervention mis en place pour empêcher (sic) l'intervention étrangère dans la guerre d'Espagne. Dans l'Atlantique, la marine française reçoit une zone allant du cap Brusto à la frontière hispano-portugaise.

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Le contre-torpilleur Le Fantasque en 1937

Il appareille de Brest le 13 mars 1937 pour La Corogne où il est au mouillage du 14 au 16. Il enchaine par trois jours de patrouille avant de rentrer à La Corogne. Après une mission de contrôle à Vigo le 22, il revient à La Corogne les 23 et 24 où il est relevé par son sister-ship L'Audacieux. Il rentre à Brest le 25.

Le 12 avril 1937, les Divisions Légères (DL) deviennent des Divisions de Croiseurs (DC) ou Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT), la 10ème DL devenant la 10ème DCT.

Le 23 avril, les contre-torpilleurs Le Fantasque et Le Terrible appareillent pour la sortie générale de l'Escadre qui s’entraîne en Manche, les deux contre-torpilleurs sus-nommés faisant escale à Dunkerque du 24 au 27.

Les exercices suivants ont lieu en baie de Seine avec là encore un entrainement à la défense et à l'attaque d'une force navale. Du 30 avril au 3 mai, Le Fantasque est au repos à Cherbourg, Le Terrible ayant rallié le pays Basque suite à une nouvelle offensive nationaliste.

Après un exercice de débarquement vers Saint-Vaast-La-Hougue les 3 et 4 mai, Le Fantasque et l'Emile Bertin se ravitaille en urgence à Brest le 5 au matin avant de mettre cap quelques heures plus tard direction Saint-Jean de Luz. Le 6 mai le contre-torpilleur mouille au Verdon _l'avant port de Bordeaux_ en attendant l'arrivée des trois navires marchands destinés à évacuer les réfugiés républicains présents à Bilbao.

Pendant que Le Terrible quitte Saint-Jean de Luz en compagnie du Carimare, son sister-ship quitte l'avant-port de Bordeaux en compagnie du Margaux et du Château Palmer direction le Pays Basque espagnol.

Sous la menace de la marine nationaliste les deux contre-torpilleurs doivent se retirer le 8 pour attendre un renfort d'escorte sous la forme des cuirassés Bretagne et Lorraine. Les cargos embarquent leurs infortunés passagers à Bilbao sous la couverture des navires français, la marine franquiste s'abstenant d'intervenir.

2000 réfugiés sont à bord des cargos, Le Fantasque et le cuirassé Bretagne faisant route vers Saint-Jean de Luz, Le Terrible et le Lorraine escortant le convoi en direction du Verdon. Le contre-torpilleur et le cuirassé quitte le pays Basque le 10 mai direction Brest où ils arrivent le lendemain.

Le 23 mai 1937 la 2ème EL appareille au complet avec le reste de l'Escadre de l'Atlantique pour affronter dans le Golfe de Gascogne l'Escadre de la Méditerranée. L'exercice à lieu jusqu'au 25, les forces rouges venues de Méditerranée et représentaient le parti ennemi échouant dans sa mission.

Les deux escadres se rassemblent le 25 mai à 17h formant la Flotte de Haute-Mer qui mouille sous Penfret aux Glénans.

Après un exercice de nuit du 25 au 26, l'escadre est au repos le 26 et le 27 mai après un nouvel exercice de combat, la flotte est passée en revue par le ministre de la Marine Gaston Duparc.

Les manœuvres de la Flotte de Haute Mer reprennent le 1er juin jusqu'au week-end du 5 au 6 juin passé à Lorient avant de rentrer à Brest dans la nuit du 8 au 9 juin.

Du 28 juin au 6 juillet 1937, l'Escadre de l'Atlantique prend la mer pour des exercices au large de la côte sud de la Bretagne. Les 3 et 4 juillet, la 10ème DCT fait escale à Nantes en compagnie de sous-marins.

Le 8 juillet à Brest, le contre-torpilleur Le Fantasque reçoit la visite de l'attaché naval italien à Paris. Du 12 au 16 juillet, il se rend à Ryde sur l'île de Wight pour représenter la Royale aux régates de la Coupe de France. Le 18 il mouille en rade de Saint-Malo avant de rentrer à Brest le lendemain.

Le 20 juillet 1937, le contre-torpilleur Le Fantasque et Le Terrible appareillent de Brest pour relever l'Audacieux au large des côtes espagnoles. Le transit est l'occasion de s’entraîner avec le secteur maritime de défense de Rochefort. Le 22 les deux navires prennent des postes d'attente à La Pallice avant de relever L'Audacieux au large de Santander où ils croisent les 23 et 24. Ils passent la nuit suivante à Saint-Jean de Luz puis rentrent à Brest le 26.

Le Fantasque et Le Terrible sont remis sur rade dès le 31 août, la 10ème DCT devant participer à des patrouilles de protection du trafic commercial en Méditerranée (Dispositif Spécial en Méditerranée DSM du 17 septembre au 20 octobre 1937).

La division est relevée par la 6ème DCT le 20 octobre 1937 et rentre à Brest. Après une nouvelle phase d'entrainement en Manche, Le Fantasque et les autres unités de la 10ème DCT rallient Lorient le 18 novembre pour reprendre le carénage interrompu fin août.

Le contre-torpilleur Le Fantasque rallie Brest le 15 janvier 1938 au lendemain de son départ de Lorient. Le 1er février 1938, les six contre-torpilleurs de l'Escadre de l'Atlantique appareillent pour une sortie générale de l'Escadre qui rentre à Brest le 11 après une série d'exercices en Manche, exercices alternant avec des escales à Cherbourg et à Dunkerque. Les exercices ayant eu lieu en période de gros temps, les dégâts ne sont pas négligeables.

Il participe à la croisière de printemps de l'Escadre de l'Atlantique du 10 mai au 14 juin 1938, une croisière d'entrainement qui le conduit également aux Açores mais aussi au Maroc avec des escadres à Agadir, à Mogador et à Casablanca ainsi qu'au Portugal métropolitain (rade de Lagos).

Les exercices menés traduisent les missions que devaient assurer les contre-torpilleurs en cas de guerre à savoir la protection des convois contre un raider de surface mais aussi l'attaque des lignes de communication ennemies.

Après une aussi longue période d'activité, les contre-torpilleurs et surtout leurs équipages soufflent avec une série de permissions prises par bordée.

Pour représenter la marine auprès du roi de Grande-Bretagne George VI, la Royale désigne le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin et la 10ème DCT, quatre «lévriers des mers» qui quittent Brest le 15 juillet direction Cherbourg où ils passent la nuit du 16 au 17.

Le 17 les navires reprennent la mer en direction du Havre rejoints le 18 par l'Escadre de l'Atlantique, les navires normalement basés à Brest mouillant à Boulogne. La 10ème DCT elle prend la mer pour relever l'escorte britannique du yacht royal Enchantress et la conduire dans le port français. Tous les navires présents en rade de Boulogne tirent vingt et un coups de canons.

Les contre-torpilleurs passent quatre jours à Boulogne soit la durée de la visite des souverains britanniques à Paris.

Le 22 juillet 1938 les bâtiments rassemblés sur la rade de Calais se mettent en deux files pour accompagner le yacht royal.

Cette fois l'escorte est assurée par des torpilleurs d'escadre, Le Fantasque et les autres unités de la 10ème DCT ralliant directement Lorient pour un petit carénage qui doit précéder un redéploiement en Méditerranée en relève de la 8ème DCT.

A la fin du mois d'août la 10ème DCT doit participer au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM) mais le redéploiement est provisoirement suspendu en raison de la crise des Sudètes.

Le Fantasque et les autres navires de la division quittent Brest le 7 septembre 1938 direction Oran. La situation internationale s'aggravant la division est rappelée à Brest mais heureusement la guerre n'éclate pas suite aux accords de Munich le 30 septembre 1938.

Le contre-torpilleur Le Fantasque et ses compères de la 10ème DCT avaient quitté Alger le 29  octobre direction Brest arrivant à destination le 3 novembre pour une période de permission par bordées.

Le 8 novembre 1938 l'Escadre de l'Atlantique appareille pour une sortie générale dans la région de Cherbourg pour reprendre l'entrainement. Depuis juillet 1936 la Royale très sollicitée par la guerre d'Espagne ne pouvait pas s’entraîner comme elle le désirait. Les exercices s'achèvent lors de son retour à Brest le 17 novembre.

Le contre-torpilleur Le Fantasque et ses compères de la 10ème DCT rallient Lorient le 26 pour entrer en grand carénage la semaine suivante. Suite à une grève des ouvriers de l'Arsenal les travaux ne vont effectivement commencer que le 5 décembre 1938.

Les réparations s'achèvent le 31 janvier 1939 quand Le Fantasque et L'Audacieux sont remis sur rade, appareillant de Lorient pour des essais de vérification. Ils rallient Brest le 2 février et sont rejoints le lendemain par leur sister-ship Le Terrible.

La 2ème Escadre Légère appareille au complet en compagnie du reste de l'Escadre le 7 février avec pour thème d'exercice une sortie de Brest en temps de guerre. Ce programme qui se poursuit dans la région de La Rochelle est interrompu par la collision dans la nuit du 8 au 9 février entre le contre-torpilleur Bison et le croiseur léger Georges Leygues. Une fois les navires concernés à l'abri, l'entrainement reprend et s'achève par son retour à Brest le 17 février 1939.

Le contre-torpilleur Le Fantasque, ses compères de la 10ème et de la 8ème DCT quittent Brest le 19 mars, six splendides bâtiments fierté de notre marine mouillent à Cherbourg dans l'après midi.

Le lundi 20  la 2ème Escadre Légère se rend à Boulogne puis rallie le lendemain la rade de Calais pour accompagner la malle _ancêtre des ferry_ Côte d'Azur en direction de la Grande-Bretagne, cette escorte s'expliquant par la présence à bord du président Albert Lebrun. Cette escorte est relevée à l'entrée des eaux britanniques par des destroyers de la Royal Navy.

La 8ème DCT met cap sur Cherbourg pendant que la 10ème DCT rallie Portsmouth. Le 24 la Division de Contre-Torpilleurs (DCT) quitte le port anglais pour relever à la sortie des eaux territoriales britanniques les destroyers de la RN qui escortaient la malle transmanche Côte d'Azur.

Le Fantasque et ses compagnons de division accompagnent le navire jusqu'à l'entrée de Calais avant de rallier Brest le lendemain.

Du 12 avril au 2 juin 1939 les 8ème et 10ème DCT soit les six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque sont déployés en Méditerranée suite à l'invasion italienne de l'Albanie qui laisse craindre un conflit majeur en Europe mais rien ne se passe et les deux divisions de lévriers des mers rentrent à Brest.

Le 10 juin 1939 l'Escadre de l'Atlantique devient la 1ère Escadre et forme avec la 5ème Escadre une Flotte de l'Atlantique sous les ordres du vice-amiral Gensoul dont le navire-amiral est le splendide Dunkerque.

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Le contre-torpilleur Le Fantasque au Havre le 16 juin 1939

Les 17 et 18 juin, la 10ème DCT participe à la Grande Semaine Maritime  du Havre. Cette semaine qui aurait du être festive est endeuillée par l'annonce de la perte le 16 juin du sous-marin Phenix en Indochine. La 2ème EL qui avait quitté Brest pour entrainement le 14 juin rentre en Bretagne le 21, retour marqué par un abordage sur bâbord par un remorqueur de la Direction de Port (D.P).

Du 15 juillet au 4 août 1939, le contre-torpilleur Le Fantasque est au bassin n°3 de l'Arsenal de Brest sur les rives de la Penfeld pour un nettoyage de carène. Remis sur rade le 5, il peut participer aux concours d'honneur annuels. Le 9 juin l'Escadre est passée en revue par le ministre de la Marine.

Le 1er septembre 1939 les troupes allemandes envahissent la Pologne. Deux jours plus tard la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre  à l'Allemagne. C'est le début de la deuxième guerre mondiale.

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyDim 31 Mai 2020, 22:10

Le Fantasque en guerre (1) septembre 1939-juin 1940
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Le Fantasque et Le Terrible

En théorie les contre-torpilleurs français sont censés attaquer les lignes de communication de l'ennemi au canon et à la torpille pas faire des missions d'escorte, mission pour laquelle ils sont dramatiquement démunis en terme de rayon d'action (d'autant que la Royale maîtrise mal le ravitaillement à la mer) que d'équipement (pas de sonar, peu de grenades anti-sous-marines encore que les autres marines belligérantes ne sont pas forcement mieux équipées).

Vous l'avez deviné nos splendides lévriers des mers vont devoir la mission ingrate d'escorte moins contre les sous-marins allemands (peu nombreux à l'époque) que contre les raiders de surface.

Le Fantasque participe avec la 10ème DCT au large de Galice à une série de patrouilles du 17 au 20 septembre 1939 pour tenter d'intercepter des navires allemands qui réfugiés au début de la guerre dans les ports espagnols pourraient être tentés de rentrer en Allemagne.

Après avoir couvert l'arrivée du convoi BC-7, Le Fantasque et ses compères de la 10ème DCT vont intégrer l'un des groupes de chasse mis en place par les alliés dans l'Atlantique. Pour le contre-torpilleur qui nous intéresse ce sera la Force X et Dakar, capitale de l'Afrique Occidentale Française (AOF).

La 10ème DCT appareille de Brest le 7 octobre 1939 en compagnie du croiseur de bataille Strasbourg retrouvant en mer le porte-avions léger HMS Hermes et ce dans l'ouest de Gibraltar. Ils sont rejoints ultérieurement par le groupe Algérie composé outre des croiseurs lourds Algérie et Dupleix ainsi que des contre-torpilleurs Maillé-Brézé et Vauquelin. La Force X ainsi constituée arrive à destination le 14 octobre après un ravitaillement rapide de la 10ème DCT à Casablanca dans la nuit du 10 au 11.

Le 16 octobre Le Fantasque intercepte le cargo allemand Halle qui se saborde à son arrivée, le contre-torpilleur l'achevant avec 40 obus de 138mm.

Une semaine plus tard la gros de la Force X appareille en vue d'intercepter dans l'Atlantique des navires marchands venus d'Amérique du Sud et cherchant tant bien que mal à rallier l'Europe. Le cargo Santa Fe est capturé puis ramené à Dakar par Le Fantasque qui doit un temps se dérouter pour retrouver un cargo suspect qui ne sera pas retrouvé. Le Santa Fe sera remis en service sous le nom de Saint-André mais ceci est une autre histoire.

La Force X entame sa deuxième patrouille à partir du 7 novembre 1939 notamment dans la région du Cap Vert. Dans la nuit du 11 au 12 novembre, Le Fantasque appréhende un cargo belge. Des ressortissants allemands sont arrêtés puis le navire d'Outre-Quiévrain est autorisé à repartir puisque pays neutre à l'époque.

Le 13 novembre Le Fantasque et Le Terrible récupèrent des pilotes du porte-avions Hermes tombés à la mer.

Relevés le 21 novembre 1939, Le Fantasque et Le Terrible quittent l'Afrique noire en compagnie respectivement du Strasbourg et de l'Algérie (L'Audacieux va lui attendre quelques jours le temps que le convoi qu'il doit escorter se rassemble). Le Fantasque se déroute pour contrôler un cargo espagnol qui est autorisé à repartir après l'arrestation d'un ressortissant allemand.

Arrivés à Casablanca dans la nuit du 24 au 25 novembre, les deux contre-torpilleurs mouillent en rade avant de prendre en charge le paquebot Massilia qui doit rallier le Verdon. Le Fantasque est un temps dérouté dans le Golfe de Gascogne pour tenter d'intercepter deux cargos allemands dont on avait signalé l'appareillage du port galicien de Vigo mais sans succès. Le paquebot reçoit la liberté de manœuvre le 30 novembre 1939 et les deux contre-torpilleurs rentrent à Brest le 1er décembre, subissant un petit carénage à l'Arsenal jusqu'au 19.

Le 26 décembre les contre-torpilleurs Le Triomphant (8ème DCT) Le Fantasque Le Terrible (10ème DCT) quittent Brest pour couvrir le retour en Bretagne du croiseur de bataille Dunkerque et du croiseur léger La Gloire qui venaient de transporter au Canada de l'or pour la mettre à l'abri et pour garantir le paiement des achats d'armes massifs effectués aux Etats-Unis.

Ils sont en attente à Belfast les 27 et 28 décembre puis rallient le point de ralliement situé dans l'ouest de la baie de Donegal. La jonction se fait le 29 à 10.30 ce qui permet aux trois destroyers britanniques d'être libérés. La petite escadre rentre à Brest le lendemain 30 décembre 1939.

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Le contre-torpilleur Le Fantasque avec une marque de coque rouge brique appliquée durant l'hiver 1939/40

Le 24 janvier 1940 le président Albert Lebrun visite Brest et inspecte notamment le contre-torpilleur Le Fantasque en compagnie du ministre de la Marine Cesar Campinchi et du commandant en chef des forces maritimes l'amiral Darlan.

Le 18 février 1940 Le Fantasque appareille de Brest pour renforcer les Forces Maritimes de l'Ouest (FMO), ces dernières surveillant les ports espagnols où on estime que les cargos allemands réfugiés là-bas au début du conflit pourraient tenter de filer à l'anglaise pour rallier le Vaterland.

Il patrouille jusqu'au 21, captant à 4h du matin le SOS du cargo néerlandais Tara attaqué par un sous-marin et coulant à 60 miles nautiques (environ 120km) dans le sud-ouest du cap Finisterre.

A 07.13 il repère un sous-marin en surface, ouvrant le feu à 10500m contre le sous-marin qui plonge, le contre-torpilleur tirant 7 coups de 138mm en raison de problèmes de ravitaillement en munitions.

Remontant sur le sillage du sous-marin il lance huit grenades réglées à 100 puis 75m. Faute de munitions, le navire signale l'événement (le sous-marin en question est le U-50 qui coulera le 6 avril 1940 après avoir heurté une mine britannique en mer du Nord) puis se met à la recherche de naufragés. Il rallie la région de Vigo pour reprendre sa patrouille qui s'achève le 24 quand il rentre à Brest.

Le 9 mars 1940, il est ravitaillé en mer par le Strasbourg et le 15 mars cette expérience est renouvelée mais avec cette fois le pétrolier Mekong.

Le Fantasque rentre le 18 mars 1940 pour un carénage qui doit durer six semaines. En réalité suite à un retard de livraison de pièces destinées aux turbines, le contre-torpilleur n'effectue sa première sortie que le 8 mai. De nouveaux problèmes révélés pendant les essais impose deux semaines d'indisponibilité supplémentaires.

Suite à l'offensive allemande à l'ouest et surtout le changement d'attitude de l'Italie, les travaux et les essais sont accélérés. Suite à une sortie d'essais satisfaisante le 23 mai 1940, Le Fantasque appareille dès le lendemain direction Mers-El-Kébir puis Alger où il arrive le 29.

Le 31 mai les 8ème et 10ème DCT échangent leurs positions, la première ralliant Alger alors que la seconde rallie Oran.

Le 3 juin 1940 Le Fantasque et L'Audacieux sortent pour une école à feux puis  le lendemain escortent les cuirassés Provence et Bretagne de la 2ème DL qui eux aussi s’entraînent au tir. Le 8 juin ce sont les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg qui sortent pour une école à feu et dont les deux contre-torpilleurs assurent la protection. Cet entrainement est indispensable pour renforcer la cohésion de la Force de Raid qui avait été dispersée entre différentes missions.

A cette époque la France craignent que les allemands n'envoient leurs grandes unités en Méditerranée pour renforcer la Regia Marina. Le 10 juin 1940  l'Italie entre en guerre.

La Force de Raid sort en masse le 12 juin et le 13 pense trouver cap sur Gibraltar une force navale italienne servant de comité d'accueil aux navires allemands.

Hélas pour la Royale les reconnaissances aériennes ont localisé la marine française ce qui fit entrer cet événement dans l'histoire sous le nom de bataille de l'armoire à glace puisque la Force de Raid n'à fait que traquer sa propre ombre. .

La 10ème DCT rentre à Mers-El-Kébir en fin d'après midi en compagnie de la 8ème DCT, les contre-torpilleurs étant après ravitaillement mis en alerte à 90 minutes d'appareillage.

Les trois contre-torpilleurs de la 10ème DCT appareillent pour une patrouille de recherche et de destruction du 18 au 20 juin 1940 sans réaction de l'ennemi.

Le 23 juin, la 10ème DCT (moins Le Terrible indisponible) et la 4ème DC appareillent d'Oran pour couvrir les convois évacuant hommes et matériel en vue d'une éventuelle poursuite du combat. Ils sont de retour à Alger le 24 vers 12h.

Sans l'entrée en vigueur de l'armistice le 25 juin à 00.35, il était prévu une offensive de la Force de Raid contre Naples et les autres bases navales ennemies dans la région.

Le Fantasque en guerre (2) : Armistice et Dakar (1940-43)
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_24
Le Fantasque à Dakar en mars 1941

Le 3 juillet 1940 les britanniques déclenchent l'opération CATAPULT pour neutraliser la marine française et empêcher tout accaparement de la Royale par les allemands voir par les italiens.

Cela se passe relativement bien en Grande-Bretagne et à Alexandrie mais cela tourne au drame à Mers-El-Kébir où la force de l'amiral Sommerville ouvre le feu sur les navires français. Je ne rentrerai pas dans le débat de savoir qui est responsable me contentant de parler du Fantasque qui lui était à Alger.

Il appareille avec les autres navires de la 8ème et de la 10ème DCT (sauf le Terrible qui est à Mers-El-Kébir) ainsi qu'avec les croiseurs à 16.30. La force H est informée et l'amiral Sommerville annonce qu'il ouvrira le feu à 17.30. La force venue d'Alger va rejoindre le Strasbourg et les autres navires qui sont parvenus à s'échapper de l'enfer oranais. Les navires français rentrent à Toulon le 4 juillet à l'aube.

La Force H semblant vouloir s'acharner sur son ancienne alliée, elle lance une nouvelle attaque aéronavale cette fois sur Mers-El-Kébir le 6 puis reprend la mer le 8 semblant mettre cap sur Toulon pour neutraliser les navires ayant réussi à s'échapper. Les contre-torpilleurs de la 2ème DL sont ainsi mis en alerte aux Salins d'Hyères du 9 au 11 juillet mais finalement aucune attaque va se produire.

A cette époque Le Fantasque est à Toulon en compagnie de quatre de ses sister-ship. Seul Le Triomphant fait bande à part en opérant au sein des Forces Navales Françaises Libres (FNFL).

Les forces navales françaises sont réorganisées et c'est ainsi que le 12 août est créée une nouvelle 4ème Escadre comprenant la 2ème Escadre Légère à deux divisions de contre-torpilleurs (8ème DCT L'Indomptable Le Malin Volta et 10ème DCT Le Fantasque L'Audacieux Le Terrible) et deux divisions de croiseurs, la 3ème DC (La Marseillaise Jean de Vienne La Galissonnière) et la 4ème DC (Georges Leygues Gloire Montcalm).

Cette organisation va être éphémère en raison de la volonté italienne de réduire au maximum les forces navales de Vichy et de la nécessité de renforcer les défenses de l'Empire alors qu'une partie des colonies d'AEF (Afrique Equatoriale Française) entre en «dissidence» pour rallier la France libre.

Suite à l'accord des commissions d'Armistice, une Force Y est mise sur pied avec la 4ème DC et la 10ème DCT composée du Fantasque, de l'Audacieux et le Malin.

Après un passage au bassin du 3 au 7 septembre 1940 pour nettoyage de la carène Le Fantasque appareille en compagnie des autres navires le 9 septembre, franchit le détroit de Gibraltar le 11 septembre en longeant les côtes du Maroc espagnol, se ravitaillant à Casablanca le jour même avant d'appareiller le 12 à l'aube pour rallier Dakar.

Devant le manque d'endurance des contre-torpilleurs, les croiseurs sont autorisés à poursuivre seuls à 27 nœuds (la vitesse de 24 nœuds avait été abaissée à 18 nœuds) pendant que la 10ème DCT fait demi-tour direction Casablanca où ils arrivent le 13. Ils repartent dans la nuit du 15 au 16 mais au large de Safi suite à une avarie de condenseur, Le Fantasque doit mouiller en rade en compagnie de ses compères.

Comme les réparations sont plus longues que prévus, L'Audacieux et Le Malin appareillent seuls direction Dakar où ils arrivent le 19. Le Fantasque reprend la mer dans la nuit du 17 au 18, arrivant à destination le 20 et est immédiatement en travaux pour une dizaine de jour. Il était donc indisponible quand les anglo-gaullistes déclenchent l'opération MENACE, la tentative de prise de Dakar du 23 au 25 septembre qui va se sceller par un fiasco.

Le Fantasque est enfin disponible le 24 septembre et va prendre son mouillage en rade pour surveiller les mouvements adverses. A 9.35 l'ordre est donné d'émettre des rideaux de fumée pour protéger les croiseurs qui évoluent à 25 nœuds entre les gerbes. A 9.40 l'ordre d'ouvrir le feu est donné et cet engagement va durer jusqu'à 10.30.

Vers 13.00, Le Fantasque et Le Malin ouvrent le feu contre les cuirassés pour dégager le torpilleur Le Hardi encadré par les salves des cuirassés britanniques. Ensuite les contre-torpilleurs émettent de nouveaux écrans de fumée pour protéger les croiseurs.

Le Fantasque passe la nuit du 24 au 25 septembre en rade extérieure en compagnie du Malin. Ils reprennent la mer le lendemain opérant contre des avions-torpilleurs britanniques et émettant des écrans de fumée pour protéger les croiseurs. Un bref et brutal combat d'artillerie à lieu de 9.00 à 9.30.

Les combats cessent peu après, les britanniques renonçant à s'emparer de Dakar et vont se replier hors de portée des navires français.

Le Fantasque est immobilisé jusqu'à la fin du mois d'octobre 1940 pour nettoyer les faisceaux tubulaires des chaudières encrassés par l'émission massive de fumées (on envoie du mazout froid dans les foyers des chaudières). L'encrassement était plus important que prévu il faudra attendre un retubage complet pour que les chaudières fonctionnent à nouveau normalement.

Initialement la force Y devait rentrer à Toulon en janvier 1941 pour y être désarmée mais devant son brillant comportement face aux anglo-gaullistes Vichy obtient le maintien des navires sur place, ignorant qu'il va ainsi les préserver du funeste sabordage de novembre 1942. A noter que la 10ème DCT est réduite à deux unités, L'Audacieux échoué et gravement endommagé étant hors service et pour ainsi dire désarmé de facto.

Dakar dispose de quelques installations d'entretien mais n'est certainement pas fait pour pouvoir appuyer sur la durée une force navale significative. Quand vous ajoutez à cela le contexte politico-diplomatique vous comprendrez aisément que la situation de la force Y, de la 4ème DC et de la 10ème DCT n'est pas une sinécure.

Le principal problème est le manque de carburant et surtout la difficulté à recompléter les stocks qui fondent comme neige au soleil.

A cela s'ajoute la question du remplacement de L'Audacieux. De longues négociations vont être nécessaires avant que la 10ème DCT puisse revenir à trois unités et encore uniquement de manière temporaire puisque les carénages avaient lieu à Toulon ou à Oran.

A plusieurs reprises Le Fantasque et Le Terrible appareillent de Dakar pour empêcher l’arraisonnement de navires français par les britanniques. La 10ème Division de Contre-Torpilleurs (10ème DCT) sort également à plusieurs reprises pour entrainement avec ou sans le concours des croiseurs légers de la 4ème DC.

En avril 1941 le stock de mazout est tombé sous la limite de sécurité des 15000 tonnes. A cette époque l'équipage du Fantasque est traversé par un profond mécontentement puisque le prochain carénage est prévu à Oran plutôt qu'à Toulon alors que de nombreux marins ont quitté la France en septembre 1940 et que si le calendrier est maintenu le prochain carénage était prévu en 1943.

Le 8 juin 1941 les combats éclatent au Levant entre d'un côté les forces vichystes et de l'autre les forces anglo-gaullistes. Les forces navales de l'AOF sont mises en état d'alerte pour faire face à une éventuelle action alliée.

Le 20 juillet 1941 Le Fantasque appareille pour Casablanca en escorte d'un groupe de sous-marins, l'escorteur devenant remorqueur suite à l'avarie de l'Oreade qui doit être ramenée à Agadir.

Le contre-torpilleur arrive à Casablanca le 27 puis repart en direction d'Oran où il arrive le 2 août 1941. Il est en disponibilité armée le 6 août, un grand carénage de quatre mois commençant le 9 août.

Il sort de l'Arsenal d'Oran le 15 décembre 1941. Il est autorisé à regagner Dakar car Le Terrible est attendu pour un grand carénage à la mi-janvier 1942. Il appareille le 18 décembre 1941, escortant le cargo Cap Blanc (convoi R-46) avec lequel il arrive à Casablanca le 21.

Il doit subir des travaux suite à une avarie de propulsion. Disponible le 18 janvier 1942, il quitte le Maroc en escorte d'un convoi le 21, arrivant à Dakar le 27 après avoir laissé les cargos à la hauteur de Saint Louis et achevé son transit par un entrainement avec les sous-marins stationnés à Dakar.

A partir du printemps 1942 la situation en matière de carburant devient critique, les sorties à la mer se font de plus en plus rares et on n'hésite pas à remorquer le navire sur rade pour économiser quelques tonnes du précieux mazout.

Le 5 août 1942 le pétrolier Nivôse arrive à Dakar avec 12000 tonnes de mazout. Ce pétrolier est parti d'Indochine à traversé le Pacifique et l'Atlantique en échappant aux japonais, aux allemands et aux alliés ! Avec ce véritable don du ciel on estime que Dakar allait pouvoir tenir jusqu'à la fin du mois de janvier 1943.

Seulement voilà le 8 novembre 1942 la situation géopolitique de l'Afrique est bouleversée par l'opération TORCH, le débarquement allié au Maroc et en Algérie.

A l'annonce du débarquement allié, les contre-torpilleurs sont mis en alerte à 6h d'appareillage au cas où l'AOF serait attaquée à son tour. De toute façon Le Fantasque et Le Terrible ont les jambes trop courtes pour être envoyés au Maroc.

C'était de toute façon mieux ainsi puisque le sous-marin USS Blackfish (SS-221) (classe Gato) était déployé au large de la capitale de l'AOF pour surveiller et probablement attaquer les navires français en cas d'appareillage. Si par exemple ils étaient arrivés à Casablanca ils auraient probablement subit le même sort que l'infortunée 2ème Escadre légère

Le 23 novembre 1942 la 4ème Escadre se rallie officiellement aux autorités d'Alger. Un mois plus tard les américains acceptent de moderniser les navires français ayant encore du potentiel.

Le Fantasque et Le Terrible sont sélectionnés tout comme le cuirassé Richelieu et les croiseurs légers de la 4ème DC (Georges Leygues Gloire Montcalm).

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyDim 31 Mai 2020, 22:21

Le Fantasque en guerre (3) : modernisation et retour au combat

Du 20 au 22 janvier 1943 Le Fantasque est mis au bassin pour nettoyage de la carène et préparer la traversée de l'Atlantique. Remplacé au bassin par son sister-ship Terrible, le contre-torpilleur perd une partie de ses équipements notamment la DCA d'origine totalement dépassée et qui doit être remplacée aux Etats-Unis par des canons modernes les inévitables Bofors de 40mm et Oerlikon de 20mm.

Le 24 janvier 1943 Le Fantasque et Le Terrible prennent leur mouillage d'attente en rade extérieure de Dakar. Ils appareillent le soir même direction le Maroc où ils arrivent le 28.

Le lendemain 1er février, ils appareillent pour les Etats-Unis en escorte d'un convoi transatlantique ou plutôt au sein du convoi ce qui provoque une blessure légitime d'amour propre parmi les équipages. On débute néanmoins un entrainement  interallié notamment le ravitaillement à la mer selon les procédures américaines.

Arrivés à New-York le 13 février, les deux contre-torpilleurs perdent une partie de leurs équipages qui rallient la France libre, la marine en Afrique qui recevra ultérieurement le surnom de «Marine Barbaresque» reprenant le combat sous les ordres de l'amiral Darlan agissant «au nom du Maréchal empêché».

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Le contre-torpilleur Le Fantasque à Boston le 21 février 1943

C'est finalement le 20 février 1943 que les deux contre-torpilleurs peuvent rallier Boston et l'Arsenal où ils doivent être modernisés. C'est ainsi que Le Fantasque est en travaux du 21 février au 25 juin 1943 (NdA le détail des travaux se fera dans la partie technique).

Une fois les travaux terminés, Le Fantasque retourne en Méditerranée pour escorter les convois, le contre-torpilleur servant souvent de navire de renfort quand un convoi était assaillit par des sous-marins. Il arrive ainsi à Casablanca le 18 juillet avant de rallier Alger le 25.

Le 10 août 1943, la 10ème DCT qui dépendait toujours de la 4ème Escadre est mise à la disposition de l'Amiral Andrew Browne-Cunningham, commandant en chef de la Mediterranean Fleet, la flotte britannique de la Méditerranée, les contre-torpilleurs français étant versés au 12th Cruiser Squadron (12th CS).

Le Fantasque et Le Terrible vont opérer depuis les ports algériens d'Alger et de Philipeville, utilisant Bizerte comme base de ravitaillement, la rade tunisienne étant considérée comme trop vulnérable aux attaques aériennes.

Le 20 août 1943 les deux contre-torpilleurs appareillent pour attaquer le trafic naval ennemi au large des côtes de Calabre. Cette mission est abandonnée au profit du bombardement de la ville de Scaléa afin de perturber le ravitaillement des troupes germano-italiennes déployées en Sicile. La mission terminée les deux navires rallient Palerme le lendemain.

On craint alors de manquer de munitions de 138mm. 9100 obus sont ainsi commandés aux Etats-Unis.

Le Fantasque va alors participer à l'opération AVALANCHE, le débarquement menée à Salerne. Il appareille avec Le Terrible en compagnie des quatre croiseurs du 12th CS afin d'intégrer la force H venue de Gibraltar et destinée à la couverture lointaine.

Cette force se compose de deux porte-avions, de quatre cuirassés, de seize destroyers et donc des navires cités juste au-dessus. Aucune attaque n'est menée par la Regia Marina et pour cause puisque le gouvernement Badoglio et le roi Victor Emmanuel III ont signé l'armistice de Casabile qui provoque le basculement de l'Italie dans le camp allié (tout est relatif).

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Le contre-torpilleur Le Fantasque modernisé avec la séduisante livrée bicolore

Suite à la signature de l'armistice, la force H se replie à l'ouest d'une ligne Salerne-Palerme, sa mission évoluant vers la couverture du repli des navires italiens en direction de Malte. Durant la nuit, le Fantasque assure la protection du Rodney et du Nelson.

A plusieurs reprises l'aviation allemande tente d'attaquer la flotte alliée mais sans réel succès, Le Fantasque parvenant à abattre au moins un avion allemand dans la nuit du 9 au 10.

Le 11 septembre 1943 la 10ème DCT reçoit l'ordre de rallier Alger, la force H elle étant dissoute le 18 octobre 1943. Le Fantasque arrive à Alger le 12. C'est à cette époque qu'on envisage de reclasser les Fantasque en croiseurs légers pour faciliter le ravitaillement et leur offrir des missions plus gratifiantes.

Suite à la signature de l'Armistice de Casabile la Corse se soulève. Les troupes italiennes se rallient à la résistance corse et vont combattre les troupes allemandes qui cherchent à gagner du temps pour permettre le repli des troupes venues de Sardaigne et permettre le repli sur le continent du maximum de troupes.

La France lance d'abord l'opération NORMAN pour transporter troupes et munitions en soutien de la résistance corse puis l'opération VESUVE, l'opération de libération de l'île de Beauté, opération menée uniquement par des moyens français.

Le Fantasque et Le Terrible vont participer à cette opération, effectuant un premier transport en embarquant à eux deux cinquante tonnes d'armes et de munitions, de la nourriture et 250 commandos. On trouve également le nouveau préfet et le nouveau gouverneur militaire.

Ils appareillent le 13 arrivant en fin de soirée, accueillies à l'entrée du port par le sous-marin Casabianca.

Ils accostent à 0.25 et débarquement troupes, armes et nourriture en moins d'une heure. Les deux navires font d'abord route séparément avant finalement de se retrouver et d'arriver à Alger en fin d'après midi.

Le 15 septembre 1943 la 4ème Escadre est dissoute. La 10ème DCT dépend désormais de l'Etat-Major Général qui négocie sa mise à disposition auprès des alliés. Le même jour un nouveau transport est réalisé avec huit tonnes de bombes d'avion, trente tonnes de munitions d'infanterie, 275 tirailleurs marocains et le général Henry Martin commandant en chef de l'opération VESUVE.

Ils appareillent le 16 septembre à l'aube arrivant le lendemain dans la nuit. Après avoir débarqué hommes et matériel, les deux navires reprennent la mer et rentrent à Alger en début de soirée.

Pour reposer l'équipage, les navires sont mis à 72h d'appareillage. Le 19 en fin d'après midi 100 tirailleurs marocains et 30 tonnes de fret sont embarqués à bord du Fantasque. Le contre-torpilleur appareille en compagnie du croiseur-école Jeanne d'Arc et de deux torpilleurs. Il arrive à l'aube le 21, décharge grâce au concours d'embarcations civils puis reprend la mer à l'aube, arrivant à Alger le 21 à 20h.

Nouveau transport le 22 septembre 1943 en compagnie du croiseur léger Montcalm mais dans la nuit du 23 au 24 suite à une erreur d'interprétation des feux, il échoue sur le sable. Après d'intenses efforts il est finalement déséchoué le 25 par les torpilleurs Le Fortuné et L'Alcyon. Il était temps car la météo se dégrade et il est probable que cela aurait entrainé la perte définitive du navire.

Le 28 septembre 1943 il reprend la mer en compagnie du torpilleur d'escadre Basque et du remorqueur britannique RFA Charon. Après une traversée difficile le petit convoi arrive à Alger le 30 septembre.

En octobre 1943 les Fantasque sont survivants (L'Audacieux ramené à Bizerte à été sabordé par les allemands alors que l'Indomptable à été sabordé à Toulon) sont reclassés croiseurs légers et logiquement la 10ème DCT devient la 10ème DCL. Le Fantasque passe sur le dock flottant du 6 au 11 octobre 1943.

Le 22 octobre 1943 ils arrivent à Mers-El-Kébir en compagnie du cuirassé Richelieu rentré de sa refonte aux Etats-Unis. Le 30 ils appareillent en compagnie du cuirassé et du destroyer HMS Tetcott direction Alger où ils arrivent en fin de journée. Le 2 novembre 1943 les deux contre-torpilleurs sont décorés de la croix de guerre et en conséquence le pavillon national de beaupré est remplacé par une flamme verte ornée de la croix de guerre.

Le 4 novembre 1943 Le Fantasque et Le Terrible reçoivent l'ordre de rallier Bizerte pour se ravitailler en munitions. Si jadis la répartition était de 800 obus perforants à but marin et 200 explosifs pour le tir contre terre désormais il est de 500 pour chaque type d'obus.

Le 8 novembre 1943 ils assurent la protection ASM du cuirassé Richelieu qui exécute une école à feu de 380mm en baie d'Alger avant de l'escorter à Mers-El-Kébir où les trois navires arrivent le lendemain.

Suite à l'usure des contre-torpilleurs, l'état-major général de la marine demande aux américains le transfert de grands destroyers pour les remplacer mais Washington refuse officiellement en l'absence de forces navales hauturières en Méditerranée.

En novembre 1943 Le Fantasque et Le Terrible vont être engagés en mer Egée pour soutenir la tentative britannique d'occuper le Dodécanèse et des îles de la mer Egée. La contre-attaque allemande est aérienne et surtout vigoureuse. Le 10 novembre 1943 les allemands attaquent Leros et Samos.

La 10ème DCL est envoyé en urgence sous l'autorité du 12th CS. Les deux navires quittent Oran pour Alexandrie le 11 novembre, mouillent à Malte dans la nuit du 12 au 13, reprenant la mer le 13 arrivant après une traversée difficile à Alexandrie le 14.

L'envoi des navires français est retardé car les compagnies de débarquement doivent être mis à terre pour protéger le consulat de France contre des manifestants......libanais qui protestaient contre la répression musclée d'une manifestation indépendantiste à Beyrouth.

Le 16 les deux croiseurs légers doivent appareiller avec à leur bord 250 commandos britanniques et grecs mais suite à l'occupation de Leros l'opération est annulée et les commandos débarquent.

Le 19 novembre 1943 ils appareillent en compagnie du croiseur léger HMS Phoebe pour un raid en mer Egée destiné à couvrir l'évacuation de Samos. Ils sont attaqués par dix-huit Junkers Ju-88, un appareil étant abattu.

Pendant que le Phoebe rallie la Crète, les deux croiseurs légers français pénètrent en mer Egée par le détroit de Scarpanto. Dans l'après midi une nouvelle attaque menée par six Junkers Ju-88 endommage le Fantasque par des coups à toucher, deux bombardiers allemands étant abattus.

Le Fantasque explore le canal de Mykonos mais comme son sister-ship il ne trouve rien et les deux croiseurs légers français rallient le Phoebe le 20 novembre 1943 pour rentrer à Alexandrie. Ils se ravitaillent auprès du pétrolier Sagona puis se mettent à quatre heures d'appareillage soit le régime normal des destroyers britanniques en zone de guerre.

Le 23 novembre 1943, Le Fantasque, Le Terrible et le Phoebe appareillent ensemble, les deux croiseurs légers français devant bombarder le port de Porto-Lago sur Leros mais finalement les deux ex-contre-torpilleurs doivent mener un raid contre le trafic maritime ennemi entre la Crète et Rhodes. Aucune cible n'est repérée et les trois navires cités plus haut rentrent à Alexandrie le 24.

Le Fantasque est en entretien à flot auprès du navire-atelier HMS Maidstone puis en repos jusqu'au 3 décembre. Les deux croiseurs légers quittent le port egyptien le 5 décembre direction Bizerte où ils arrivent deux jours plus tard. Le Fantasque se ravitaille auprès d'un pétrolier......italien avant de prendre un mouillage au milieu du lac.

Ils reprennent la mer le 9 direction Alger où ils arrivent le 10. Le Fantasque est en alerte jusqu'au 17 décembre 1943 (90 minutes d'appareillage). Il passe ensuite à 4h d'appareillage puis de nouveau en alerte à 90 minutes à partir du 23.

De décembre 1943 à janvier 1944, il participe à la traque des forceurs de blocus. Il provoque aini l'échouage au Baléares d'un cargo anciennement français chargé de wolfram (minerai de tungstène indispensable pour durcir l'acier). L'opération STONEWALL est levée le 4 janvier 1944.

Le 10 janvier 1944 Le Fantasque et Le Malin appareillent du port de La Horda aux Açores direction Oran, faisant escale à Gibraltar du 12 au 15 avant de rentrer à Oran le 16.

Alors que l'indisponibilité du Terrible se prolonge, la 10ème DCL va participer à l'opération SHINGLE, le débarquement d'Anzio destiné à contourner la ligne GOTHIQUE et débloquer la situation sur le front italien. Les deux navires appareillent le 18 janvier 1944 direction Bizerte où ils arrivent le lendemain. Le Fantasque appareille seul pour Malte le 20, se ravitaille auprès du pétrolier français RHEA avant de préparer l'opération LURCHER, une diversion.

En soirée il appareille en compagnie du Dido direction Messine. Ils sont ralliés au large de Naples par le destroyer HMS Inglefield.

Le croiseur léger antiaérien britannique va simuler par des tirs contre-terre et le lancement de ballons lestés un débarquement un Civitavecchia. Cette opération sera un succès car jusqu'à 8.30 les allemands penseront qu'un débarquement était en cours à Civitavecchia et non à Anzio. Les deux croiseurs légers et le destroyer se replient sur Naples.

Le ravitaillement est annulé, les trois navires doivent bombarder Fornéa et bloquer l'arrivée de renforts allemands depuis le sud. En treize minutes 300 coups de 138mm sont tirés puis de 17.27 à la nuit cinq coups par pièces sont tirés. Les navires passent la nuit au mouillage, dérivant même au point que  Le Fantasque manque de pénétrer dans un champ de mines.

A l'aube trois salves de cinq coups sont tirés avant de gagner une position située à 11 miles plus au nord à Terracina, ne tirant que deux salves de cinq coups en raison de la brume qui masque les objectifs.

En début d'après midi il reçoit l'ordre de rallier Naples pour se ravitailler mais comme il à épuisé presque toutes ses munitions il doit rallier Bizerte où il arrivee le 24 pour recevoir 355 obus destinés au bombardement contre la terre.

Le 25 janvier 1944, Louis Jacquinot Commissaire à la Marine visite le navire. Une semaine plus tard le 2 février, Le Fantasque et Le Malin quittent Bizerte pour Philipeville. Ils embarquent 250 soldats britanniques chacun ralliant Naples le lendemain. Les deux croiseurs légers mettent cap sur Bizerte où ils arrivent le 4 pour embarquer 200 G.I chacun, les soldats étant débarqués le 5.

Suite à une dégradation du temps les transports de troupes en pontée sont suspendus. Le 14 février 1944 des soldats américains sont embarqués et déposés à Naples le 15 avant que les deux croiseurs légers ne rallient Alger le 16.

La 10ème DCL va ensuite mener des raids contre les lignes de communication ennemies dans l'Adriatique. Le Fantasque,Le Malin et Le Terrible quittent Oran le 20 février pour Tarente où ils arrivent le lendemain.

Les trois croiseurs légers doivent opérer dans le nord de la Dalmatie entre le 44ème parallèle et la latitude de Pola (44°52' N).

Le 22 février, Le Fantasque et Le Terrible rallient Brindisi puis Bari. Ils sont de jour à 4h d'appareillage et à 90 minutes de nuit. Ils quittent Bari le 27 pour rallier Manfredonia, un mouillage situé à 45 miles de Bari.

Ils sont en patrouille du 27 au 28 puis du 28 au 29 avec à chaque fois deux navires engagés et un en ravitaillement.

Le 2 mars 1944 les croiseurs légers Le Fantasque et Le Terrible appareillent pour un raid dans le golfe de Venise mais le convoi visé n'ayant pas appareillé la mission est annulée et les deux navires rentrent à Manfredonia. Le lendemain ils mettent cap sur Bari pour se ravitailler.

Le 4 mars ils appareillent pour une patrouille le long des côtes dalmates, patrouillant vers Pola puis le golfe de Trieste. A 01.00 des fusées rouges sont lancées depuis la terre. C'est un signal d'alerte et prudemment les deux croiseurs légers se replient sur Tarente à 22h30 où ils sont rejoints par le Malin.

Le 7 mars 1944 la 10ème DCL appareille pour une série d'exercices. Une fois terminés Le Fantasque et Le Terrible appareillent pour l'ile de Zanthe afin de détruire les navires d'un convoi en formation à Zakynthos.

Ils arrivent sur zone dans la nuit. Pendant que Le Terrible surveille les airs, son compère tire des obus éclairants qui éclairent un port vide. Quelques obus de 138mm sont tirés sur la jetée entraînant la riposte des batteries côtières. Les deux navires ne tentent pas le diable et se replient à Tarente pour une semaine de repos.

Le 13 mars 1944 Le Fantasque et Le Terrible appareillent pour Manfredonia mais le lendemain à son arrivée une avarie de machine empêche la réalisation de la mission. Deux jours plus tard nouvel appareillage, deux navires sont repérés au large de Lissa mais ils répondent correctement aux signaux. Et pour cause puisqu'il s'agissait de navires ravitaillant les partisans. Aucun contact ennemi, les deux croiseurs légers rallient Brindisi le 16.

Le Fantasque et Le Terrible appareillent à nouveau le 18 mars pour un raid sur les côtes du Péloponnèse dans le golfe de Katakola où doit passer un convoi allemand.
Les deux navires entrent dans le golfe vers 22.30 et à minuit enregistrent un contact radar à 12000m dans leur 80. Ils viennent à droite, montant à 27 nœuds ouvrant le feu avec des obus éclairants à 0.32.

L'ennemi se croyant repéré ouvre le feu. Le Fantasque parvient à incendier un navire et endommage un petit chaland. Il endommage également des navires légers qui semblent être des vedettes lance-torpilles.

A 01.05 un chaland de munitions est touché et explosé. Un autre navire engagé riposte et touche Le Fantasque qui ne peut le poursuivre car la zone est signalée comme minée. Ils se replient à 01.09. Au final deux chalands Siebel sont coulés, deux autres désemparés seront achevés par l'aviation. Les deux croiseurs légers rallient Malte à 35 nœuds pour débarque le plus vite possible leurs blessés.

Après une semaine de repos ils rallient Manfredonia le 27 étant en alerte jusqu'au 31. Relevés par des destroyers britanniques ils mettent capr sur Bizerte pour un petit carénage. Le Fantasque reçoit de nouveaux canons (un provenant du Triomphant deux de l'Audacieux) mais comme il est difficile de fabriquer de nouveaux canons (2 ans d'attente), on décide de n'utiliser que des charges réduites et des tirs à cadence limitée sauf urgence.

Le 16 avril 1944 la 10ème DCL est rassemblée au complet à Bizerte. Cela ne dure pas puisque c'est en ordre dispersé qu'ils vont rallier le port d'Alexandrie, Le Fantasque y arrivant le 21 soit trois jours après Le Malin et Le Terrible.

Deux jours plus tard, Le Fantasque et Le Malin quittent Alexandrie pour intercepter un convoi concentré près de Salamine avec quatre cargos, quatre torpilleurs, trois corvettes et sept R-Boot.

Ils foncent vers le détroit de Caso mais une reconnaissance aérienne signale que le convoi n'est pas la mer. La mission est annulée. Ils retournent à Alexandrie le lendemain, Le Fantasque ayant une avarie de vannes de chaudières.

Le Fantasque et Le Terrible appareillent à nouveau le 27 avril 1944 mais ce maudit convoi est toujours au Pirée et les deux croiseurs légers sont rappelés. Ils reprennent la mer le lendemain mais le convoi avertit ayant fait demi-tour, les deux ex-contre-torpilleurs font de même, le ciel étant encore dominé par les allemands. On apprendra plus tard que le convoi à perdu un gros transport de troupes torpillé par un sous-marin britannique.

Le 30 avril 1944 suite à une avarie touchant Le Terrible la mission est annulée, Le Fantasque faisant demi-tour dans la foulée avant de profiter de 48h de repos.

Les croiseurs légers Le Fantasque et Le Malin appareillent à nouveau le 3 mai 1944 pour bombardement le port de Cos la nuit suivante. Le Fantasque tire 73 coups malgré une rapide avarie de l'alimentation de la pièce n°3. Son sister-ship tire 47 obus, les deux navires rentrant dans l'après midi du 4.

La 10ème DCL (Le Fantasque Le Malin Le Terrible) connait une période de répit. La division sort pour entrainement les 11 et 19 mai. Elle sort à nouveau le 22 mai mais cette fois pour attaquer un convoi en formation à Salamine. Encore une fois la mission est annulée car le convoi n'à quitté son port. C'est la même chose jusqu'au 26 mai.
Le même jour est formée la Task Force 55 qui regroupe le croiseur léger HMS Phoebe que nos ex-CT connaissent bien, la 10ème DCL et le destroyer HMS Kimberley (type K). La petite escadre sort à plusieurs reprises du 26 au 29 mai mais sans succès.

Le Fantasque et Le Terrible quittent Alexandrie le 6 juin 1944 pour Bizerte, Le Malin ralliant Bizerte trois jours plus tard. Toujours le 9 juin Le Fantasque et Le Terrible quittent la Tunisie pour Tarente, arrivant à destination le lendemain.

Le 13 juin ils appareillent pour attaquer le trafic commercial allemand le long des côtes grecques mais aucun contact avec l'ennemi n'à lieu. Deux jours plus tard ils retrouvent le mouillage de Manfredonia. Le Fantasque et Le Terrible appareillent le lendemain et au large de l'Istrie surprennent dans la nuit un convoi composé de quatre dragueurs et de deux cargos.

Les deux croiseurs légers français ouvrent le feu à 0.58, l'engagement durant trente-quatre minutes jusqu'à 01.32. Toutes les pièces d'artillerie sont engagées qu'il s'agisse des canons de 138mm ou des pièces légères de 20 et de 40mm. Le Fantasque est touché au niveau du bloc-passerelle à 01.02. Les navires français enregistrent plusieurs coups au but.

Au lever du jour l'aviation alliée couvre nos croiseurs qui arrivent le 17 juin à Tarente. Le convoi attaqué reliait Fiume à Pola et comme souvent les revendications effectuées dans le feu de l'action ont été largement surestimées. Si le transport d'essence Giuliana à bien été coulé, les quatre R-Boote dont deux remorquant un chaland d'essence s'en sont sortis.

Le Fantasque et Le Terrible quittent Tarente le 24 pour retourner à Manfredonia le 25 après une campagne de chasse infructueuse. Au dessus de 25 nœuds, des vibrations sont enregistrées sur l'arbre d'hélice tribord en raison d'une pale d'hélice rebroussée. Ils rallient Bizerte le 27 où ils se ravitaillent auprès d'un pétrolier néerlandais. Le Fantasque est au bassin du 5 au 8 juillet avant d'être placé en alerte à 6h d'appareillage.

Il effectue une sortie d'entrainement le 15 avant de rallier Bône pour désengorger le port de Bizerte, le croiseur léger étant en Algérie du 18 au 25 juillet 1944.  

Le Fantasque en guerre (4) : opération DRAGOON et bombardement littoral
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_26
Le contre-torpilleur Le Fantasque à la mer

La Royale va alors participer à l'opération DRAGOON, le débarquement de Provence. Initialement prévu en même temps qu'OVERLORD il est finalement décalé de deux mois pour des raisons logistiques.

Le Fantasque quitte Bône le 25 juillet 1944 et retrouve le le lendemain Le Malin venu de Bizerte dans le port italien de Tarente. Le Terrible lui ne sera disponible que le 29.

Suite à une échauffourée entre marins français et civils italiens, un marin est tué par la police italienne. Les équipages sont consignés à bord des navires jusqu'au 7 août date du début de la phase active de DRAGOON. Du 7 au 10 Le Fantasque et ses compères de la 10ème DCL s’entraînent intensivement pour préparer l'opération, ralliant Bizerte le 11 pour recompléter leurs soutes.

Les trois croiseurs légers appareillent le 13 août longent les côtes sardes et corses avant de prendre position au sein du TG 85.12, le groupe d'appui-feu de la TF.85, l'unité appuyée étant la 45ème DI chargée de débarquer dans la zone d'assaut DELTA.Si Le Fantasque accompagné du Malin opère dans le golfe de Saint-Tropez, Le Terrible traîne ses hélices au large de Fréjus.

Le Fantasque ouvre le feu à 06.55 tirant 226 coups de 138mm pour neutraliser deux canons de 220mm et pilonner la grève des Sardinaux pour faciliter la progression des troupes mises à terre.

Les demandes d'appui sont faibles et dès la fin du 1er jour les positions ennemies sont hors de portée des canons de 138.6mm.

A la nuit tombée Le Fantasque et ses sister-ship prennent le poste de protection contre les sous-marins. En pratique ils vont croiser à 12 nœuds entre la Corse et le Continent. Aucun tir le 16.

Le 17 août 1944 le dispositif d'assaut est dissous, la 10ème DCL va mouiller en baie de Propriano en Corse. Suite à un contact sous-marin, Le Fantasque patrouille dans le golfe de Valinco de 3h à 8h le 18.

Le Fantasque et ses compères de la 10ème DCL intègrent la Task Force 86 pour protéger la progression des forces terrestre, cette TF-86 opérant sur le flanc droit comme sur le flanc gauche, la géographie imposant une garde vigilante des flancs alors qu'en Normandie très vite les cuirassés, les croiseurs et les destroyers furent mis au chômage technique.

Le 20 août 1944 Le Fantasque est touché par un obus de moyen calibre (probablement de 75 ou de 88mm) qui explose contre les tubes lance-torpilles bâbord qui fort heureusement n'étaient pas armés. Il y à cinq blessés dont deux graves qui sont immédiatement transférés à bord du dragueur de mines HMS Antares, le minesweeper les transférant sur un navire-hôpital américain mouillé en baie de Cavalaire.

Le 24 août il couvre le croiseur léger antiaérien HMS Aurora en émettant des écrans de fumée quand les batteries côtières prennaient le croiseur de classe Dido pour cible et le lendemain il fait la même chose mais pour le cuirassé Lorraine.

Le 26 août il tire 241 coups contre les défenses de la batterie du cap Cépet. La batterie est neutralisée en début de soirée. Le lendemain il assure la défense anti-sous-marines du croiseur léger Emile Bertin. Le 28 la reddition des allemands défendant la presqu'ile de Saint-Mandrier marque la fin des opérations d'interdiction sur le flanc gauche des opérations.

Du 30 août au 2 septembre 1944 la 10ème DCL est rassemblée dans le Golfe de Saint-Tropez. Il rallie Ajaccio avec Le Terrible le 2,  mazoutant et se ravitaillant le lendemain.

Le 5 septembre 1944 Le Fantasque et Le Terrible quittent définitivement la Provence pour Naples où il arrive dans la nuit du 5 au 6. Un bref ravitaillement et les deux navires rallient Bizerte le 7.

Le lendemain Le Fantasque et Le Terrible quittent Bizerte direction Alexandrie où ils arrivent le 10 et si son sister-ship met immédiatement cap sur Le Terrible, Le Fantasque doit passer vingt-quatre heures sur le dock flottant pour réparer le dos du projecteur Asdic. Ils prennent la mer le 17 pour accueillir le cuirassé Richelieu rentrant d'une campagne dans l'Océan Indien.

Les deux croiseurs légers et le cuirassé rallient Alger le 23, le transit étant l'occasion de plusieurs exercices. Le 30 septembre 1944 Le Fantasque et Le Terrible met cap sur Toulon où ils arrivent le lendemain 1er octobre 1944. Le Fantasque passe trois semaines à l'Arsenal pour ouverture et visite des turbines.

Le Fantasque quitte Toulon le 20 octobre direction Bizerte. La malchance le poursuit puisque suite à un accostage un peu trop brutal au quai des Pêcheries il endommage sa coque et celle d'un chaland portuaire. Il doit subit des réparations à l'Arsenal de Sidi-Abdallah.

Il repart le 29 direction Toulon marchant à cette époque su une seule ligne d'arbre. Placé en disponibilité armée le 1er novembre il arrive en Tunisie le 15. Il est en grand carénage le 20 novembre 1944 même si les travaux ne commencent effectivement que le 16 décembre 1944 pour une disponibilité prévue pour le 1er juillet 1945.

Il était initialement prévu que la 10ème DCL au complet soit déployée en Extrême-Orient à l'automne 1945 mais suite à la terrible collision entre Le Malin et Le Terrible en décembre 1944 seuls Le Fantasque et Le Triomphant pourront être ainsi déployés jusqu'au 1er janvier 1946 même si personne à l'époque ne pouvait imaginer qu'au second conflit mondial allait succéder la première guerre de décolonisation de la France.

Crépuscule
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Photo de famille pour un contre-torpilleur

Une fois pleinement opérationnel, le croiseur léger ex-contre-torpilleur va rallier L'Indochine, arrivant à Saigon le 27 octobre 1945 à une époque où le Viet-Minh s'agite et annonce le début de la guerre d'Indochine qui ne va éclater qu'en 1946.

En compagnie de son sister-ship Le Triomphant, il assurer des missions de transport rapide de troupes et d'appui-feu notamment au profit des postes isolés attaqués par des éléments armés et qui apprécient naturellement l'appui procuré par quelques obus de 138.6mm généreusement distribués.

Il participe également début 1946 à une revue navale en baie d'Along puis à une mission de présence au Japon. Il quitte Saigon le 4 juillet 1946 et arrivé à Toulon le 20 août.

En général seul deux croiseurs légers sur quatre (Le Fantasque Le Triomphant Le Malin Le Terrible) étaient armés, les autres mis en position de complément en raison d'une pénurie de personnel entraîné.

C'est ainsi qu'entre avril et juillet 1949 Le Fantasque participe à un exercice majeur avec Le Triomphant au sein de la Force Navale d'Intervention (FNI) qui regroupait les navires les plus modernes d'une Royale encore convalescente avec des navires hérités des années trente et des navires cédés par les alliés.

Entre-temps Le Fantasque avait été opérationnel de mars à septembre 1947 avant de subir une refonte majeure à l'Arsenal de Sidi-Abdallah de septembre 1947 à mai 1948. Pleinement remis en service le 12 juillet 1948 il va le rester jusqu'en août 1950.

Il était prévu une nouvelle refonte majeure à Bizerte mais devant l'état très dégradé d'un navire ancien, usé par un service intensif et par des périodes où l'entretient ne pouvait être mené avec soin ce projet est annulé et le navire est mis en réserve.

Dernier croiseur léger ex-contre-torpilleur en service, Le Fantasque est désarmé en septembre 1953 puis remorqué à Saint-Mandrier. Il est rayé des registres et vendu à la démolition en 1958.

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyDim 31 Mai 2020, 22:36

L'Audacieux
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Le contre-torpilleur L'Audacieux en rade-abri à Brest en décembre 1935

Présentation

-L'Audacieux anciennement Da-17 est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient dans la Forme de Lanester le 16 novembre 1931 mis à flot le 15 mars 1934 et armé pour essais le 1er septembre 1934.

Il réalise un essai préliminaire au large de Lorient le 27 novembre 1934 et le 30 il réalise l'essai de présentation en recette qui est acquis du premier coup. Il entame ses essais officiels le 9 janvier 1935.

Les 9 et 10 janvier il réalise deux sorties d'essais préliminaires puis le 17 réalise l'essai officiel d'avance par tour. Des problèmes de chaudières (briques réfractaires) impose d'importants travaux qui rendent le navire indisponible pendant six semaines.

Les travaux réalisés il sort à la mer le 5 mars avec les chaudières 1 et 3 suivies le lendemain par une sortie avec les chaudières 2 et 4. Ces sorties ne sont pas satisfaisantes et le navire est de nouveau indisponible pendant deux mois.

L'essai de 8h à la Puissance Maximale Permise (PMP) est réalisé le 8 mai 1935 avec un déplacement de 2819 tonnes. La puissance développée est 93802ch à 327 tours d'hélice par minute lui permettant d'atteindre la vitesse de 41.42 nœuds pour une consommation de 31.83 tonnes par heure.

Dans la foulée est réalisé une neuvième heure d'essais avec une puissance développée de 97448ch à 407 tours d'hélices par minute lui permettant d'atteindre la vitesse maximale de 42.43 nœuds avec une consommation de 33.78 tonnes par heure.

Il rentre à l'Arsenal le 26 mai 1935 pour la traditionnelle période des démontages après essais. Il effectue une sortie de vérification de bon fonctionnement après remontages le 22 novembre puis passe la nuit au mouillage sous Groix avant de rentrer à Lorient le 23 au matin.

Il appareille pour Brest le 28 d'où il doit appareiller pour réaliser sa traversée de longue durée. Il va appareiller direction les Antilles le 4 décembre 1935.

Le contre-torpilleur L'Audacieux est mis en service le 7 décembre 1935 au sein de la 2ème Escadre légère de l'Escadre de l'Atlantique intégrant la 10ème DL en compagnie de ses sister-ship Fantasque et Terrible.

L'ex-Da-17 est le quatrième navire de la marine française à porter ce nom ou sa variante féminine succédant à un navire de 74 canons en service de 1783 à 1803, une frégate de classe Ardente datant de 1856 (date de désarmement inconnue) et un torpilleur de classe Cyclone lancé en 1900 et rayé en 1923.

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Le patrouilleur L'Audacieuse (P-682)

Depuis un cinquième navire à porté ce nom en l’occurrence un patrouilleur type P-400 L'Audacieuse (P-682). Construit aux Constructions Mécaniques de Normandie (CMN) il est mis en service le 18 septembre 1986.

Affecté brièvement à La Réunion, il est basé à Cherbourg de 1988 à 2001 puis à Brest de 2001 à novembre 2003 quand il rallie Degrad des Cannes (Guyane) pour la dernière partie de sa carrière qui s'achève en mai 2010 quand il rentre à Brest pour être désarmé.

Il est mis en position de complément le 7 juin 2010 condamné le 30 mai 2011 sous le numéro de Q-682. Il est à ma connaissance en attente de démolition au cimetière naval de Landevennec.

Carrière opérationnelle

Les jeunes années d'un contre-torpilleur

Tout comme ses cinq sister-ship il intègre la 2ème Escadre Légère (ex-groupe des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre) formant avec ses sister-ship Fantasque et Terrible la 10ème Division Légère (10ème DL), les trois autres (Le Malin Le Triomphant L'Indomptable) formant ultérieurement la 8ème DL.  

Leur mission est d'attaquer les lignes de communication de l'ennemi au canon et à la torpille au cours de raids brefs et violents.

Les contre-torpilleurs assuraient également la protection de l'Emile Bertin lorsque le splendide croiseur mouilleur de mines servait de plastron pour les sous-marins de la 2ème FSM en attendant pourquoi pas une véritable mission de ce type (Spoiler jamais l'Emile Bertin ne réalisera une mission opérationnelle de mouillage de mines).

Chaque mois était organisée une sortie mensuelle de l'Escadre et chaque année les contre-torpilleurs effectuaient un entrainement au mouillage de mines. Le contre-torpilleur L'Audacieux s’entraîne également au tir contre-avions à l'aide de manches remorquées.

Dans l'Atlantique le temps est souvent difficile et L'Audacieux comme ses sister-ship souffrent de diverses avaries qui compromettent leur disponibilité.

C'est le principal défaut de nos splendides «lévriers des mers», des performances remarquables mais une grande fragilité mécanique. On ne compte les multiples avaries d'hélice, de gouvernails, de problèmes de turbines et de chaudières. L'amiral Darlan avait raison quand avant guerre il réclamait des navires «plus militaires».

Le 4 décembre 1935 il quitte Brest en compagnie de l'Emile Bertin et du croiseur sous-marin Surcouf direction les Antilles pour célébrer le tricentennaire du rattachement des Antilles à la France.

Il est donc mis en service lors du transit vers les Antilles plus précisément lors de l'escale réalisée à Ponta Delgada (Açores).

Après mazoutage il traverse l'Atlantique direction les Saintes où il arrive le 15 attendant le pétrolier Nivôse chargé de recompléter ses soutes. Le 17 il arrive à Pointe Pitre où il retrouve le splendide Emile Bertin et le croiseur sous-marin Surcouf. Les 21 et 22 décembre le contre-torpilleur est à Basse-Terre.

Le 23 les trois bâtiments sont à Fort de France pour dix jours de célébrations. Une sortie d'entrainement de groupe à lieu du 4 au 7 janvier 1936. Il retourne ensuite à Fort de France avant d'appareiller le 9 avec l'Emile Bertin direction Port of Spain (Trinidad) où ils se ravitaillant avec de traversée l'Atlantique pour y rallier la 2ème Escadre qui avait appareillé de Brest pour la traditionnelle croisière d'hiver, cette croisière conduisant la future Escadre de l'Atlantique à Madère, à Casablanca, à Dakar et à Conakry. Cette croisière dura du 16 janvier au 27 février 1936.

L'Audacieux est immobilisé pour un petit carénage du 26 mars au 2 mai 1936 étant au bassin du 18 au 27 avril pour nettoyage de la carène.

Le 30 mai 1936 le président de la république Albert Lebrun inaugure les splendides bâtiments de l'Ecole Navale à Brest, bâtiments hélas détruits pendant la deuxième guerre mondiale. A l'issue de la cérémonie il assiste à une revue navale à laquelle participent notamment L'Audacieux mais aussi ses sister-ship Fantasque Terrible Indomptable, le dernier président de la Troisième République embarquant pour cela à bord du cuirassé Provence.

Le 15 août 1936 la 2ème Escadre devient l'Escadre de l'Atlantique et le groupe des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre devient la 2ème Escadre légère.

Un mois plus tard le 16 septembre il appareille en urgence direction l'Islande suite au naufrage du trois-mât Pourquoi Pas ? du Commandant Charcot. Il arrive à Rejkjavik le 22 participant à l'enquête sur les circonstances du naufrage. Il devait repartir le 30 septembre mais le mauvais temps retarde l'appareillage jusqu'au 3 octobre, L'Audacieux rentrant trois jours plus tard à Brest.  

Du 15 janvier au 26 février 1937 le contre-torpilleur L'Audacieux participe à la sortie d'hiver de la 2ème Escadre.

Le 23 mars 1937 il appareille de Brest pour relever Le Fantasque qui participait à des patrouilles destinées à faire respecter non pas le confinement mais la non-intervention des puissances étrangères dans la guerre d'Espagne. Il est sur zone jusqu'au 2 avril et rentre le lendemain à Brest pour une inspection des turbines BP qui présentent des problèmes imposant le démontage d'éléments pour réparations aux ACB à Nantes.

Il ne sera disponible que le 22 mai. En attendant le 12 avril 1937, les Divisions Légères (DL) deviennent des Divisions de Croiseurs (DC) ou Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT), la 10ème DL devenant la 10ème DCT.

Le 23 mai 1937 la 2ème EL appareille au complet avec le reste de l'Escadre de l'Atlantique pour affronter dans le Golfe de Gascogne l'Escadre de la Méditerranée. L'exercice à lieu jusqu'au 25, les forces rouges venues de Méditerranée et représentaient le parti ennemi échouant dans sa mission.

Les deux escadres se rassemblent le 25 mai à 17h formant la Flotte de Haute-Mer qui mouille sous Penfret aux Glénans.

Après un exercice de nuit du 25 au 26, l'escadre est au repos le 26 et le 27 mai après un nouvel exercice de combat, la flotte est passée en revue par le ministre de la Marine Gaston Duparc. Ce dernier étant embarqué sur le croiseur de bataille Dunkerque,

Les manœuvres de la Flotte de Haute Mer reprennent le 1er juin jusqu'au week-end du 5 au 6 juin passé à Lorient avant de rentrer à Brest dans la nuit du 8 au 9 juin 1937.

Dans la nuit du 15 au 16 juin le contre-torpilleur L'Audacieux appareille pour La Pallice où le torpilleur républicain Almirante Cisco serait victime d'une mutinerie de son équipage auquel il faut ajouter la présence de trois cargos qu'on dit chargés de l'or du gouvernement basque.

Le contre-torpilleur arrive sur place mais la situation comme souvent est nettement moins dramatique qu'annoncée. Le torpilleur espagnol appareille sans prévenir le 18 pour Le Verdon rattrapé par le contre-torpilleur. Il est ensuite conduit à Pauillac où il se ravitaille avant d'être escorté en dehors des eaux territoriales françaises. Sa mission effectuée L'Audacieux rallie Brest dans la foulée.

Il reprend la mer le 19 juillet pour une nouvelle mission au large des côtes espagnoles. Il patrouille devant Santander les 22 et 23 avant de rallier Brest le 24 après avoir relevé par Le Fantasque et Le Terrible.

Le 17 septembre L'Audacieux et ses deux compères de la 10ème DCT quittent Brest direction la Méditerranée pour participer à des patrouilles de protection du trafic commercial en Méditerranée. Relevée par la 6ème DCT elle rentre à Brest le 20 octobre. Les trois contre-torpilleurs vont achever leur carénage interrompu en août et L'Audacieux est le premier navire de la division disponible le 8 janvier 1938.

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Le contre-torpilleur L'Audacieux à Brest à la fin du mois de janvier 1938

L'Audacieux participe à la sortie générale de l'Escadre du 1er au 11 février avant un exercice spécifique à la 2ème EL du 7 au 18 mars 1938. Du 10 mai au 14 juin il participe à la croisière de printemps de l'Escadre de l'Atlantique avec des exercices baptisés A à H et concernant essentiellement l'escorte de convois ainsi que l'attaque et la défense des lignes de communication.

Pour représenter la marine auprès du roi de Grande-Bretagne George VI, la Royale désigne le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin et la 10ème DCT, quatre «lévriers des mers» qui quittent Brest le 15 juillet 1938 direction Cherbourg où ils passent la nuit du 16 au 17.

Le 17 les navires reprennent la mer en direction du Havre rejoints le 18 par l'Escadre de l'Atlantique, les navires normalement basés à Brest mouillant à Boulogne.

La 10ème DCT elle prend la mer pour relever l'escorte britannique du yacht royal Enchantress et la conduire dans le port français. Tous les navires présents en rade de Boulogne tirent vingt et un coups de canons.

Les contre-torpilleurs passent quatre jours à Boulogne soit la durée de la visite des souverains britanniques à Paris.

Le 22 juillet 1938 les bâtiments rassemblés sur la rade de Calais se mettent en deux files pour accompagner le yacht royal. Cette fois l'escorte est assurée par des torpilleurs d'escadre, L'Audacieux et les autres unités de la 10ème DCT ralliant directement Lorient pour un petit carénage qui doit précéder un redéploiement en Méditerranée en relève de la 8ème DCT.

Du 9 août au 7 novembre 1938 L'Audacieux est navire-amiral de la 2ème Escadre Légère. Il remplace l'Emile Bertin et assure l’intérim en attendant l'arrivée du Mogador.

A la fin du mois d'août 1938 la 10ème DCT doit participer au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM) mais le redéploiement est provisoirement suspendu en raison de la crise des Sudètes.

L'Audacieux et les autres navires de la division quittent Brest le 7 septembre 1938 direction Oran. La situation internationale s'aggravant la division est rappelée à Brest mais heureusement la guerre n'éclate pas suite aux accords de Munich le 30 septembre 1938. L'Audacieux et ses compères de la 10ème DCT avaient quitté Alger le 29  direction Brest arrivant à destination le 3 octobre pour une période de permission par bordées.

Le 8 novembre 1938 l'Escadre de l'Atlantique appareille pour une sortie générale dans la région de Cherbourg pour reprendre l'entrainement. Depuis juillet 1936 la Royale très sollicitée par la guerre d'Espagne ne pouvait pas s’entraîner comme elle le désirait. Les exercices s'achèvent lors de son retour à Brest le 17 novembre.

Le contre-torpilleur L'Audacieux et ses compères de la 10ème DCT rallient Lorient le 26 pour entrer en grand carénage la semaine suivante. Suite à une grève des ouvriers de l'Arsenal les travaux ne vont effectivement commencer que le 5 décembre 1938.

Les réparations s'achèvent le 31 janvier 1939 quand L'Audacieux et Le Fantasque sont remis sur rade, appareillant de Lorient pour des essais de vérification. Ils rallient Brest le 2 février et sont rejoints le lendemain par leur sister-ship Le Terrible.

La 2ème Escadre Légère appareille au complet en compagnie du reste de l'Escadre le 7 février avec pour thème d'exercice une sortie de Brest en temps de guerre.

Ce programme qui se poursuit dans la région de La Rochelle est interrompu par la collision dans la nuit du 8 au 9 février entre le contre-torpilleur Bison et le croiseur léger Georges Leygues. Une fois les navires concernés à l'abri, l'entrainement reprend et s'achève par son retour à Brest le 17 février 1939.

Le contre-torpilleur L'Audacieux, ses compères de la 10ème et de la 8ème DCT quittent Brest le 19 mars, six splendides bâtiments fierté de notre marine mouillent à Cherbourg dans l'après midi.

Le lundi 20  la 2ème Escadre Légère se rend à Boulogne puis rallie le lendemain la rade de Calais pour accompagner la malle _ancètre des ferry_ Côte d'Azur en direction de la Grande-Bretagne, cette escorte s'expliquant par la présence à bord du président Albert Lebrun. Cette escorte est relevée à l'entrée des eaux britanniques par des destroyers de la Royal Navy.

La 8ème DCT met cap sur Cherbourg pendant que la 10ème DCT rallie Portsmouth. Le 24 la Division de Contre-Torpilleurs (DCT) quitte le port anglais pour relever à la sortie des eaux territoriales britanniques les destroyers de la RN qui escortaient la malle transmanche Côte d'Azur. L'Audacieux et ses compagnons de division accompagnent le navire jusqu'à l'entrée de Calais avant de rallier Brest le lendemain.

Du 12 avril au 2 juin 1939 les 8ème et 10ème DCT soit les six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque sont déployés en Méditerranée suite à l'invasion italienne de l'Albanie qui laisse craindre un nouveau conflit majeur en Europe mais rien ne se passe et les deux divisions rentrent à Brest.

Le 10 juin 1939 l'Escadre de l'Atlantique devient la 1ère Escadre et forme avec la 5ème Escadre une Flotte de l'Atlantique sous les ordres du vice-amiral Gensoul dont le navire-amiral est le splendide croiseur de bataille Dunkerque.

Les 17 et 18 juin, la 10ème DCT participe à la Grande Semaine Maritime  du Havre. Cette semaine qui aurait du être festive est endeuillée par l'annonce de la perte le 16 juin du sous-marin Phenix en Indochine. La 2ème EL qui avait quitté Brest pour entrainement le 14 juin rentre en Bretagne le 21.

Le 1er septembre 1939 les troupes allemandes envahissent la Pologne. Deux jours plus tard la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre  à l'Allemagne. C'est le début de la deuxième guerre mondiale.

L'Audacieux en guerre : Force de Raid, Dakar et Bizerte
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L'Audacieux au mouillage

En théorie les contre-torpilleurs français sont censés attaquer les lignes de communication de l'ennemi au canon et à la torpille pas faire des missions d'escorte, mission pour laquelle ils sont dramatiquement démunis en terme de rayon d'action (d'autant que la Royale maitrise mal le ravitaillement à la mer) que d'équipement (pas de sonar, peu de grenades anti-sous-marines encore que les autres marines belligérantes ne sont pas forcement mieux équipées).

Vous l'avez deviné nos splendides lévriers des mers vont devoir la mission ingrate d'escorte moins contre les sous-marins allemands (peu nombreux à l'époque) que contre les raiders de surface.

L'Audacieux participe avec la 10ème DCT au large de Galice à une série de patrouilles du 17 au 20 septembre 1939 pour tenter d'intercepter des navires allemands qui réfugiés au début de la guerre dans les ports espagnols pourraient être tentés de rentrer en Allemagne.

Après avoir couvert l'arrivée du convoi BC-7, L'Audacieux et ses compères de la 10ème DCT vont intégrer l'un des groupes de chasse mis en place par les alliés dans l'Atlantique. Pour le contre-torpilleur qui nous intéresse ce sera la Force X et Dakar, capitale de l'Afrique Occidentale Française (AOF).

La 10ème DCT appareille de Brest le 7 octobre 1939 en compagnie du croiseur de bataille Strasbourg retrouvant en mer le porte-avions léger HMS Hermes et ce dans l'ouest de Gibraltar.

Ils sont rejoints ultérieurement par le groupe Algérie composé outre des croiseurs lourds Algérie et Dupleix ainsi que des contre-torpilleurs Maillé-Brézé et Vauquelin. La Force X ainsi constituée arrive à destination le 14 octobre après un ravitaillement rapide de la 10ème DCT à Casablanca dans la nuit du 10 au 11.

Le 14 octobre 1939 le contre-torpilleur L'Audacieux appareille de Casablanca pour rallier sa division à la mer alors qu'il à connu un problème au niveau de sa turbine BP bâbord. Sa vitesse est limitée à 25 nœuds et il peut arriver à Dakar le 17.

En disponibilité réduite, il quitte Dakar le 18 pour escorter le croiseur lourd Algérie qui se rend à Freetown avec le chef de la force X (AMIRAL-FORCE X) pour une conférence au sommet avec le Flag officer in charge West Africa Approaches (officier en charge des atterrages ouest-africains). Il passe la nuit du 19 au 20 au mouillage puis rentre avec le croiseur lourd le 21.

Au cours d'une sortie sur rade dans la nuit du 22 au 23 il est victime d'une nouvelle avarie avec l'introduction dans le bouilleur d'une eau de mer distillée à salinité excessive. Il faut nettoyer les tubes et vidanger complètement l'approvisionnement du bord alors que Dakar ne dispose d'une installation de production d'eau distillée à gros débit. Le contre-torpilleur est indisponible au matériel pour plusieurs jours.

Il appareille le 31 octobre 1939 pour une sortie de vérification. Il ne peut pas toujours donner sa vitesse maximum mais il est considéré comme disponible. Du 2 au 4 novembre il sort pour retrouver le cargo allemand Togo mais sans succès.

La Force X appareille le 7 novembre à 15h pour sa deuxième patrouille un balayage dans l'ouest des îles du Cap-Vert. La force occasionnelle est couverte par des patrouilles aériennes. Un hydravion d'exploration doit amerrir dans une baie de l'île de Brava.

Le contre-torpilleur L'Audacieux est désigné pour lui porter assistance. Il arrive le lendemain, le prend en remorque et ramène l'hydravion à Dakar le 14 novembre 1939.

Il appareille le 22 novembre de Dakar en escorte du convoi 3-DF dont il assure l'entrée à Casablanca le 27. Il doit rallier Toulon, quittant le Maroc le 30 et arrivant à Oran le 1er décembre 1939. Les 1er et 2 décembre, il patrouille sur la route Oran-Alger à la recherche d'un cargo suspect puis fait route sur Toulon où il arrive le 2 décembre. Il entre à l'Arsenal de Toulon le 8 décembre 1939.

Il va être indisponible pendant plusieurs mois suite à la rupture d'ailletage de sa turbine MP bâbord, les rotors ont été débarqués et renvoyés aux ACB pour réparations. Il est disponible le 15 avril 1940, quitte Toulon le 16 et arrive à Oran le 17. Il appareille le 18 en escorte du paquebot Providence et rallie Brest le dimanche 21 avril 1940.

Alors que la Drôle de Guerre semble s'éternise, la position de l'Italie change inquiétant la France qui décide de concentrer ses forces navales en Méditerranée. C'est ainsi que la Force de Raid qui regroupait depuis septembre 1939 les navires les plus modernes de la Flotte de l'Atlantique passe en Méditerranée à la fin du mois d'avril.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_l_a14
Le contre-torpilleur L'Audacieux avant guerre sa marque de coque faisant foi

C'est ainsi que le 27 avril 1940 arrivent à Mers-El-Kebir les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg, les croiseurs légers Georges Leygues et La Gloire ainsi que les contre-torpilleurs Mogador Le Terrible et L'Audacieux.

D'autres navires vont rallier dans les jours suivants mais comme la base de Mers-El-Kebir est encore en travaux, ils sont dispersés entre Mers-El-Kebir, Oran et Alger.

Le 31 mai les 8ème et 10ème DCT échangent leurs positions, la première ralliant Alger alors que la seconde rallie Oran.

Le 3 juin 1940 L'Audacieux et Le Fantasque sortent pour une école à feux puis le lendemain escortent les cuirassés Provence et Bretagne de la 2ème DL qui eux aussi s’entraînent au tir. Le 8 juin ce sont les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg qui sortent pour une école à feu et dont les deux contre-torpilleurs assurent la protection.

A cette époque la France craignent que les allemands n'envoient leurs grandes unités en Méditerranée pour renforcer la Regia Marina. La Force de Raid sort en masse le 12 juin et le 13 pense trouver cap sur Gibraltar une force navale italienne servant de comité d'accueil aux navires allemands.

Hélas pour la Royale les reconnaissances aériennes ont localisé la marine française ce qui fit entrer cet événement dans l'histoire sous le nom de bataille de l'armoire à glace puisqu'elle ne fit que traquer sa propre ombre.

La 10ème DCT rentre à Mers-El-Kébir en fin d'après midi en compagnie de la 8ème DCT, les contre-torpilleurs étant après ravitaillement mis en alerte à 90 minutes d'appareillage.

Les trois contre-torpilleurs de la 10ème DCT appareillent pour une patrouille de recherche et de destruction du 18 au 20 juin 1940 sans réaction de l'ennemi.

Le 23 juin, la 10ème DCT (réduite à L'Audacieux et au Fantasque) et la 4ème DC appareillent d'Oran pour couvrir les convois évacuant hommes et matériel en vue d'une éventuelle poursuite du combat. Ils sont de retour à Alger le 24 vers 12h. Hélas comme on le sait ce choix ne fût pas fait par les élites politiques françaises de l'époque à l'exception d'un général de brigade à titre provisoire, un certain Charles de Gaulle.

Sans l'entrée en vigueur de l'armistice le 25 juin à 00.35, il était prévu une offensive de la Force de Raid contre Naples et les autres bases navales ennemies dans la région.

La France venait de subir la pire défaite militaire de son histoire, une véritable humiliation qui allait générer une série d'événements dont les contrecoups se font encore sentir aujourd'hui.

A l'époque la Grande-Bretagne se trouve seule et personne ne donne cher de la peau de John Bull face à une machine nazie apparemment invincible. Seulement voilà au 10 Downing Street un bouillant premier ministre conservateur est bien décidé à ne jamais se rendre quitte à prendre des décisions particulièrement difficile comme celle décidant la neutralisation de la marine française.

En théorie l'Armistice prévoit que la flotte soit désarmée dans ces ports du temps de paix mais depuis longtemps Churchill n'à aucunement confiance dans les promesses et les garanties d'Hitler.

Le 3 juillet 1940 les britanniques déclenchent l'opération CATAPULT pour neutraliser la marine française et empêcher tout accaparement de la Royale par les allemands voir par les italiens.

Cela se passe relativement bien en Grande-Bretagne et à Alexandrie mais cela tourne au drame à Mers-El-Kébir où la force de l'amiral Sommerville ouvre le feu sur les navires français.

Il appareille d'Alger avec les autres navires de la 8ème et de la 10ème DCT (sauf le Terrible qui est à Mers-El-Kébir) ainsi qu'avec les croiseurs à 16.30.

La force H est informée et l'amiral Sommerville annonce qu'il ouvrrira le feu à 17.30. La force venue d'Alger va rejoindre le Strasbourg et les autres navires qui sont parvenus à s'échapper de l'enfer oranais. Les navires français rentrent à Toulon le 4 juillet à l'aube sous les ovations des marins présents dans le port varois.

La Force H semblant vouloir s'acharner sur son ancienne alliée, elle lance une nouvelle attaque aéronavale cette fois sur Mers-El-Kébir le 6 puis reprend la mer le 8 semblant mettre cap sur Toulon pour neutraliser les navires ayant réussi à s'échapper. Les contre-torpilleurs de la 2ème DL sont ainsi mis en alerte aux Salins d'Hyères du 9 au 11 juillet mais finalement aucune attaque ne va se produire.

A cette époque L'Audacieux est à Toulon en compagnie de quatre de ses sister-ship. Seul Le Triomphant fait bande à part en opérant au sein des Forces Navales Françaises Libres (FNFL).

Les forces navales françaises sont réorganisées et c'est ainsi que le 12 août est créée une nouvelle 4ème Escadre comprenant la 2ème Escadre Légère à deux divisions de contre-torpilleurs (8ème DCT L'Indomptable Le Malin Volta et 10ème DCT Le Fantasque L'Audacieux Le Terrible) et deux divisions de croiseurs, la 3ème DC (La Marseillaise Jean de Vienne La Galissonnière) et la 4ème DC (Georges Leygues Gloire Montcalm).

Cette organisation va être éphémère en raison de la volonté italienne de réduire au maximum les forces navales de Vichy et de la nécessité de renforcer les défenses de l'Empire alors qu'une partie des colonies d'AEF (Afrique Equatoriale Française) entre en «dissidence» pour rallier la France libre.

Suite à l'accord des commissions d'Armistice, une Force Y est mise sur pied avec la 4ème DC et la 10ème DCT composée du Fantasque, de l'Audacieux et le Malin.

Elle appareille le 9 septembre, franchit le détroit de Gibraltar le 11 septembre en longeant les côtes du Maroc espagnol, se ravitaillant à Casablanca le jour même avant d'appareiller le 12 à l'aube pour rallier Dakar.

Devant le manque d'endurance des contre-torpilleurs, les croiseurs sont autorisés à poursuivre seuls à 27 nœuds (la vitesse de 24 nœuds avait été abaissée à 18 nœuds ce qui rendait la force navale vulnérable à une interception britannique) pendant que la 10ème DCT fait demi-tour direction Casablanca où elle arrive le 13.

Ils repartent dans la nuit du 15 au 16 mais au large de Safi suite à une avarie de condenseur, Le Fantasque doit mouiller en rade en compagnie de ses compères.

Comme les réparations sont plus longues que prévus, L'Audacieux et Le Malin appareillent seuls direction Dakar où ils arrivent le 19. Le Fantasque reprend la mer dans la nuit du 17 au 18, arrivant à destination le 20 et est immédiatement en travaux pour une dizaine de jour. Il était donc indisponible quand les anglo-gaullistes déclenchent l'opération MENACE, la tentative de prise de Dakar du 23 au 25 septembre qui va se sceller par un fiasco.

Durant l'opération MENACE la principale mission des contre-torpilleurs de la 10ème DCT et donc de L'Audacieux était d'émettre des écrans de fumée pour protéger les croiseurs. Pour cela on envoyait du mazout froid directement dans les chaudières ce qui émettait une épaisse fumée et encrassait sérieusement les dites chaudières.

Le 23 septembre 1940 à 7h les feux sont allumées à bord de l'Audacieux et du Malin. Les premiers obus tombent à 11h et les deux contre-torpilleurs appareillent pour répérer l'adversaire qui est masqué par une épaisse brume au large de Dakar.

L'Audacieux reçoit alors l'ordre de mener une mission de reconnaissance et quitte donc l'abri relatif de la rade de Dakar. A 16.20 il appareille mais est immédiatement repéré par les avions britanniques qui transmettent l'information au croiseur lourd HMAS Australia qui montre à 25 nœuds pour l'intercepter car ce mouvement est vu comme dangereux pour les transports présents à Rufisque.

Le croiseur lourd ouvre le feu avec ses canons de 8 pouces à 3600m. Si la première salve est courte, les deux salves suivantes frappent le bloc-passerelle du contre-torpilleur.

Les dégâts sont aggravés par l'explosion de la torpille de rechange de la plate-forme n°2 provoquant une brèche dans la coque sur bâbord. Le mazout de la soute avant s'enflamme et l'incendie se propage rapidement.

L'évacuation est ordonnée mais les pièces avant continueront de tirer jusqu'à l'épuisement des munitions en parc. Ce n'est qu'à 17.30 que l'aviso La Surprise évacue 186 hommes dont un tiers de blessés.

Les pertes sont lourdes à 81 morts ou disparus dont six officiers et plusieurs dizaines de blessés. Le navire va finir par s'échouer sur la plage de Bargny près de Rufisque dans un piteux état. Dans un premier temps l'épave sera considérée comme abandonnée mais finalement on décide de sauver le contre-torpilleur de classe Le Fantasque.

Remis à flot le 11 mars 1941, Il est remorqué à Dakar où on étudie sa remise en état. Seulement voilà les travaux sont hors de portée avec les capacités très limités du port de Dakar. Il passe toute l'année 1941 dans le port de Dakar en attendant que son sort final soit décidé.

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Le contre-torpilleur L'Audacieux à Dakar fin 1941

Finalement à partir de fin décembre 1941 l'Arsenal de Dakar entame la remise en état du navire pour lui permettre de rejoindre un chantier mieux outillé c'est-à-dire soit Toulon soit Bizerte.

Il est considéré comme un navire en construction et c'est donc la Direction du Port (D.P) de Dakar qui suit les travaux. Armé pour essais le 1er mai 1942 avec des essais au point fixe puis une sortie à la mer le 5 août.

Deux jours plus tard il appareille pour Bizerte, faisant escale à Casablanca du 11 au 17, traversant le détroit de Gibraltar répondant au sémaphore du rocher émettant un triple A «Bâtiment de guerre français L'Audacieux que vous avez coulé à Dakar».

Il fait escale à Oran du 18 au 20, est à Alger le 21 pour quelques heures avant d'arriver à Bizerte le 22, étant désarmé et placé en gardiennage d'armistice.

Échoué dans un bassin de l'Arsenal de Sidi-Abdallah moins pour le réparer (la Commission Italienne d'Armistice interdit toute réparation de navires à Bizerte) et pour éviter la houle ne fatigue la poutre-navire déjà affaiblie par les combats et l'échouage. Malgré les projets aucun travail ne sera réalisé. On peut même se demander l'utilité de ramener un navire jusqu'à Bizerte.

Le sort s'acharne sur notre contre-torpilleur puisque le 8 décembre 1942 les allemands occupent la Tunisie. Depuis le débarquement des alliés au Maroc et en Algérie (opération TORCH) l'Afrikakorps qui devait se replier devant l'avancée de la 8ème Armée était menacée d'être prise à revers. L'Axe décida d'occuper la Tunisie pour éviter un tel scénario catastrophe et surtout retarder le débarquement allié en Italie (qu'elle soit insulaire _Sicile Sardaigne_ ou  péninsulaire).

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_l_a16
L'Audacieux sabordé dans son bassin à Bizerte

Bizerte est occupé le 8 décembre alors que L'Audacieux était au bassin. Il n'est donc pas sabordé mais il est endommagé par des bombardements aériens alliés. Le 7 mai 1943 il coule dans le bassin après que les allemands eurent détruit la porte du dit bassin ce qui entraîna une brusque rentrée d'eau et le chavirage du contre-torpilleur.

La coque est remise à flot le 14 décembre 1943, rafistolée pour lui permettre de sortir de la forme de radoub et finalement utilisée comme réserve de pièces détachées pour ses sister-ship encore en service. L'Audacieux est finalement condamné le 12 août 1947 puis vendu à la démolition le 24 août 1948 à un ferrailleur de Sfax.


A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyLun 01 Juin 2020, 17:49

Citation :
CARRIERE OPERATIONNELLE
Le Fantasque[…]
Le contre-torpilleur Le Fantasque est mis en service le lendemain 1er mai 1936. Il est affecté à la 10ème Division Légère (10ème DL) en compagnie de ses sister-ship Le Terrible et L'Audacieux. La division dépend du Groupe des Contre-Torpilleurs de la 2ème Escadre. […]
… sous le commandement du capitaine de vaisseau Platon. (Charles, 1886-1944 ; promotion 1904 de l'école navale)
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyLun 01 Juin 2020, 19:24

Salut à Tous,

"Le capitaine de vaisseau Charles Jean Guillaume PLATON, du port de Toulon, en service à l'état-major général à Paris est nommé au commandement de la 10e division légère et du contre-torpilleur Le Fantasque à Lorient, en remplacement du CF Rey (AMEJ). Prendra son commandement le 1er novembre 1935". (Journal Officiel de la République Française du 12 septembre 1935).


Cordialement,

André Delambily, ancien du Gustave Zédé (1963-1966)
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 11:32

Hola
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 11:54

On a du mal à comprendre; plus collabo que Darlan et meme que Laval; qu'est ce qui lui a pris!
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 14:30

NIALA a écrit:
On a du mal à comprendre; plus collabo que Darlan et meme que Laval; qu'est ce qui lui a pris!

Probablement une aversion atavique trop excessive vis-à-vis des britanniques et, notamment, de la Royal Navy.

Il était, vraisemblablement, sur le point d'entrer à l'Ecole Navale, quand l'Entente Cordiale avait été ratifiée en avril 1904. Beaucoup avaient voulu y voir un effacement "total" des rancœurs militaires, des deux côtés! C'était très loin d'être cas, notamment, entre les deux marines, adversaires, quasiment sans interruption, durant plus de 3 siècles et sachant que jusque peu avant 1904, elles étaient, l'une pour l'autre, "l'ennemi" potentiel! En réalité, c'est l'accroissement de la puissance navale allemande qui avait amené les Brits à se chercher des alliés.

En dépit de manifestations officielles amicales et de la nécessaire collaboration franco-britannique durant la Guerre de 14-18, l'ambiance entre les deux marines n'a jamais été du genre "Embrassons-nous, Folleville !".

C'est André Maurois, qui, durant la Der des Ders, était tombé "amoureux" de l'armée de terre britannique, où il servait comme officier de liaison, avec la publication, après-guerre, de deux excellents ouvrages, Les Silences du Colonel Bramble, et Les Discours du Docteur O'Grady... mais rien de tel chez les Matafs, où çà se résumait, dans les états-majors, à des relations professionnelles "cordiales" et aimables, mais, pour les équipages, à des empoignades et échanges homériques de baffes et coups de poings, dès que, à terre, le taux d'alcool avait atteint un certain niveau!

Là-dessus, en 1940, arrivent les affaires d'Alexandrie et, surtout, de Mers-el-Kébir, suivi, un peu plus tard, de Dakar, de l'occupation de Madagascar, plus un Pacha de la Marine, Darlan, qui, lui-aussi, pour diverses raisons, était anglophobe- attitude plutôt plus que moins répandue dans le corps des officiers de marine, qui pourrait, aussi, expliquer, en partie, la relative passivité de la flotte française confinée à Toulon -.

Après, concernant l'amiral Pluton, il s'agit d'une dérive toute personnelle, alors même que Darlan était parti, en 1942, se faire "adouber", les deux fesses en avant, à Alger! ... Revirement, qui, lui-même, n'avait peut-être pas été totalement étranger au jusqu’au-boutisme mortifère de Platon!

J'ai l'air, en essayant d'expliquer cette situation très particulière, de passer pour un indécrottable "passéiste", dont l'horloge interne se serait arrétée en 1903 - alors que je n'existait pas!Very Happy   -, mais les relations navales franco-britanniques, même bien après l'Entente Cordiale, ont, toujours, été très compliquées!
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 15:26

Merci Loic pour cette tentative d'explication Very Happy
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 16:02

Le Malin
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_29
Le contre-torpilleur Le Malin au Havre en novembre 1938

Présentation

-Le Malin est mis sur cale aux chantiers navals des Forges et Chantier de la Méditerranée (FCM) sis à La Seyne sur Mer le 16 novembre 1931 lancé le 17 août 1933 et armé pour essais le 15 décembre 1934.

Il réalise des essais au point fixe à La Seyne sur Mer les 12 et 15 mai avant d'effectuer son premier essai en route libre au large de Toulon le 23. Il effectue son essai de présentation en recette mais à 20 nœuds impossible de passer des turbines de croisière aux turbines principales.

Nouvel essai le 1er juin 1935 et cette fois le contre-torpilleur Le Malin atteint 37 nœuds pendant trois heures, l'essais étant acquis. Le 11 juin 1935 il appareille pour Lorient où il arrive le 14 après une traversée effectuée à une vitesse moyenne de 24.5 nœuds.

L'essai de 8h à la Puissance Maximale Permise (PMP) exécuté le 28 août 1935, Le Malin déplaçant 2844 tonnes développe 89663ch (385 tours d'hélices par minute) avec une consommation de 32.50 tonnes par heure atteint la vitesse de 41.49 nœuds (41.04 nœuds). Lors de l'essai de la 9h, il consomme 40.2 tonnes par heure développant 97956ch et atteignant la vitesse maximale de 42.26 nœuds.

En février 1936, il achève ses remontages entamés en janvier et les travaux de remplacement de ses sous-sellettes. Du 26 février au 11 mars il effectue plusieurs sorties de vérification de bon fonctionnement. Les 26 et 27 mars, il est à Brest pour ses premiers lancements de torpilles préalables à la recette de ses installations fixes.

Le contre-torpilleur Le Malin est à nouveau à Brest du 22 au 24 avril et du 7 au 9 mai pour embarquer ses approvisionnements de combat _obus et torpilles_ avant de rentrer à Lorient pour préparer sa Traversée de Longue Durée. Entre temps la clôture d'armement est prononcée le 1er mai 1936.

Il quitte Lorient le 14 mai pour Brest où débarquent les membres de la commission supérieure d'armement puis le bâtiment entreprend sa traversée de longue durée. Il arrive Alger le 18 y restant quelques jours, faisant escale à Casablanca du 24 au 29 mai avant de mettre cap sur Lorient où il arrive le 31 mai 1935. Il doit passer une semaine à l'Arsenal pour d'ultimes travaux de mise au point.

Le contre-torpilleur Le Malin est mis en service le 8 juin 1936. Affecté à la 2ème Escadre, il forme une 2ème DL provisoire en compagnie de son sister-ship L'Indomptable.

C'est le troisième navire de la marine nationale à porter ce nom succédant à un cotre en service de 1780 à 1786 et à un autre cotre en service de 1795 à 1803. Depuis un quatrième navire à porté ce nom en l’occurrence l'A-616/P-701, un navire destiné à l'Action d'Etat à la Mer (AEM).

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Le_mal10
Le Malin (A-616)

A l'origine le navire est un palangrier construit entre 1994 et 1997 en Norvège portant plusieurs noms avant d'acquérir le nom d'Apache en 2004. Le 23 juin 2004 il est arraisonné par le patrouilleur australien Albatros et ramené à la Réunion.

Confisqué en 2007, il est transformé en bâtiment de soutien pour plongeurs et basé à Toulon avant d'être transformé début 2011 en patrouilleur de haute mer et redéployé à La Réunion pour remplacer La Rieuse qui après son désarmement à été vendue à la marine kényane.

Carrière opérationnelle
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_31
Le Malin à Brest en 1937

Premières années (1936-1939)

Du 9 au 24 juin 1936, les 2ème et 10ème DL participent à la sortie mensuelle de l'Escadre.

Le 20 août 1936, les contre-torpilleurs Le Malin et Le Triomphant appareillent de Brest, le premier pour Tanger _ville internationale enclavée dans le Maroc espagnol_ et le second pour pour Saint Jean de Luz.

Le Malin est à Tanger du 22 août au 6 septembre avant de rallier Casablanca le lendemain pour que le commandant le capitaine de frégate Sanson face son rapport au commandant de la Marine Nationale au Maroc (MARINE MAROC).

Il quitte le Maroc le 8 direction Lorient mais le 10 septembre 1936 il reçoit l'ordre de se dérouter vers San Sebastian pour couvrir des opérations d'évacuation de civils. Arrivé à Lorient le 12, il rallie l'Arsenal pour les visites de fin de garantie et un petit carénage.

Le 15 juin 1936 la 2ème Escadre redevient l'Escadre de l'Atlantique, le groupe des contre-torpilleurs devenant la 2ème Escadre légère.

Le 1er octobre 1936 les Divisions Légères sont réorganisées. La 2ème DL disparaît, L'Indomptable et Le Malin formant une 8ème DL avec Le Triomphant. Après les visites et les remontages il est de retour à Brest le 1er décembre 1936.

Du 15 janvier au 26 février 1937,  la 2ème Escadre légère appareille de Brest en compagnie du reste de l'Escadre pour une croisière d'hiver. La croisière commence mal pour le Malin qui doit rentrer à Brest après le suicide d'un gradé. Il reprendra la mer quelques heures plus tard pour reprendre l'entrainement.

A partir du 20 mars 1937 il entame un grand carénage à l'Arsenal de Lorient qui s'achève le 14 mai 1937 quand il quitte le Morbihan  pour rallier Brest où il arrive le lendemain. Il reprend un entrainement de routine, aucun événement saillant ne venant troubler le programme prévu.

Du 15 août au 25 octobre 1937 Le Malin et ses compères de la 8ème DCT sont immobilisés à l'Arsenal de Lorient pour un grand carénage. Il quitte Lorient le 25 pour rallier Brest, Le Malin et ses compagnons de division sortant au large de Brest les 28 et 29 octobre pour essais et reprise de l'entrainement.

Le Malin participe à la sortie générale de l'Escadre du 1er au 11 février 1938, l'Escadre de l'Atlantique s’entraînant en Manche, faisant des escales à Cherbourg, au Havre et à Dunkerque.

L'entrainement ayant eu lieu dans une météo difficile nombre de navires sont endommagés. Le Malin n'échappe pas à la règle et il doit rallier l'Arsenal de Lorient pour un petit carénage du 15 au 26 février en compagnie du Triomphant pour préparer un départ en Méditerranée.

Le 23 mars 1938 le contre-torpilleur Le Malin accompagné de ses sister-ship de la 8ème DCT et de deux divisions de torpilleurs appareillent direction la Méditerranée pour participer au DSM (Dispositif Spécial en Méditerranée), la durée prévue de ce détachement étant de cinq mois soit jusqu'en août prochain.

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Le Malin à Toulon le 11 mai 1938 lors de son détachement au sein du DSM

Les trois contre-torpilleurs de la 8ème DCT arrivent à Oran le 27 mars 1938 en pleine offensive nationaliste en Aragon. Ils vont patrouiller au large des côtes espagnoles pour faire respecter la liberté de navigation dans la Mare Nostrum. Les contre-torpilleurs assurent également l'évacuation de réfugiés français. Le Malin et ses compères de la 8ème DCT rentrent à Brest le 27 août et le 1er septembre ils rallient Lorient pour un carénage de deux mois.

Le Malin et ses deux compagnons de la 8ème Division de Contre-Torpilleurs (8ème DCT) travaux achevés quittent Lorient pour Brest le 2 novembre. Ils passent la nuit au mouillage sous Penfret aux Glénans avant de rentrer à Brest le 3.

Après une période d'entrainement avec ses compères contre-torpilleurs mais aussi avec le porte-avions Béarn, Le Malin et L'Indomptable rentrent à l'Arsenal de Lorient le 30 décembre 1938. Ils sont remis sur rade le 15 janvier 1939 et retrouvent Le Triomphant mais aucun navire de la 8ème DCT ne prend la mer en janvier.

Le Malin participe à la sortie de la 2ème EL du 7 au 17 février 1939 avec quatre exercices majeures dont les thèmes sont l'attaque des lignes de communication et l'escorte ou l'attaque de convois.

Le 6 mars 1939 l'Escadre de l'Atlantique sort guidée par le croiseur de bataille Dunkerque mais dès le 12 les contre-torpilleurs de la 2ème EL rentrent à l'Arsenal de Brest pour une peinture générale en vue du voyage officiel du président Albert Lebrun en Grande-Bretagne.

Le Malin accompagné de ses cinq sister-ship appareille de Brest le 19 mars, les six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque mouillant à Cherbourg dans l'après midi. Le 20 la 2ème EL dont le navire-amiral est le splendide Mogador (NdA j'ignore si il concerné par cette sortie) se rend à Boulogne où elle passe la nuit avant de rallier Calais le lendemain.

Quand le dernier président de la Troisième République monte à bord de la malle transmanche Cote d'Azur, celle-ci appareille saluée au canon par les contre-torpilleurs qui appareillent peu après pour escorter le navire jusqu'aux limites des eaux territoriales françaises où des destroyers britanniques prennent le relais.

Le Malin Le Triomphant et L'Indomptable rallient Cherbourg dans la journée avant d'appareiller pour Brest le 23. Ils entrent à l'Arsenal de Lorient pour  un petit carénage le 31 mars, la division ralliant Brest le 17, étant sur coffre jusqu'au 20 quand ils appareillent pour une sortie d'exercice en baie de Quiberon avec les croiseurs de la 4ème DC. La 8ème DCT appareille pour la Méditerranée le 25 avril alors que l'invasion de l'Albanie par l'Italie à provoqué une nouvelle poussée de fièvre en Europe.

Le 19 mai la 2ème Escadre légère appareille de Bizerte direction Casablanca, Le Terrible faisant une brève escale à Oran le 21. Ils passent en ligne de file devant Tanger le 21 à 16.00 avant d'arriver le lendemain à Casablanca.

La 2ème Escadre Légère appareille du Maroc le 30 mai direction Brest où elle arrive le 2 juin après une traversée qui est mise à profit pour s’entraîner, les différentes opérations ayant perturbé le planning.

Le 10 juin 1939 l'organisation des forces navales métropolitaines est modifiée. La Flotte de l'Atlantique voit le jour avec la 1ère Escadre basée à Brest et la 5ème Escadre basée à Lorient. Le vice-amiral Gensoul en est le chef, posant sa marque sur le croiseur de bataille Dunkerque.

Du 14 au 21 juin 1939 Le Malin et les autres navires de la 2ème EL sont en Normandie pour entrainement et pour opérations de relations publiques, la 8ème DCT faisant escale à Rouen pendant que la 10ème DCT est au Havre.

Le 18 août 1939 la 8ème DCT entre en réparations pour terminer le carénage interrompu en avril par la crise provoquée par l'invasion italienne de l'Albanie. Si l'Indomptable est à Brest, Le Malin et Le Triomphant sont à Lorient.

Suite au début de la crise de Dantzig qui allait conduire au second conflit mondial les travaux sont accélérés avec deux équipes et le passage à six jours de travail sur sept. Les contre-torpilleurs doivent être disponibles le 31 août 1939. Les contre-torpilleurs Le Malin et Le Triomphant rallient Brest le 30.

Le 1er septembre 1939 l'Allemagne envahit la Pologne. Deux jours plus tard la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à  l'Allemagne. La seconde guerre mondiale venait de commencer et pour la marine française le temps des épreuves.

Le Malin en guerre (1) (1939/40)
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Le Malin en mer avec les marques de coque adoptées au début du second conflit mondial

Dès le début du second conflit mondial les forces navales françaises adoptent l'organisation du temps de guerre avec des forces locales baptisées Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) pour des missions de patrouille et d'escorte et une force d'intervention la Force de Raid  qui regroupe les unités les plus modernes de la Flotte de l'Atlantique, les fleurons de la Force de Raid étant les splendides mais hélas imparfaits croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg.

Les 28 et 29 septembre 1939 Le Malin et les autres navires de la 8ème DCT assurent la couverture du convoi britannique BC-6 venu du canal de Bristol et à destination de Saint-Nazaire.

Le 14 octobre 1939, les contre-torpilleurs Le Malin et L'Indomptable mis aux ordres d'Amiral-Ouest, appareillant de Brest à 15h pour rallier le convoi britannique KJ-2 venant de l'île de la Jamaïque.

Le convoi retrouvé dans la nuit du 16 au 17 se scinde en deux, une partie seulement rallait la Bretagne, chaque contre-torpilleur escortant un cargo avec lesquels ils arrivent dans la nuit du 18 au 19. Le Malin est indisponible (voie d'eau dans sa machine bâbord) du 5 au 8 novembre 1939.

Les 21 et 22 novembre 1939 la 8ème DCT appareille pour retrouver un sous-marin qui avait attaqué un convoi dans le Golfe de Gascogne mais cette patrouille ne donne rien.

Le lendemain 23 novembre 1939 Le Malin et ses compagnons de la 8ème DCT appareillent pour renforcer l'escorte du Strasbourg rentrant de Dakar après son affectation à la force X.

Le lendemain la mer se déchaîne et les contre-torpilleurs sont endommagés, Le Malin qui à reçut un paquet de mer sur la teugue à provoqué un affaissement du gaillard et le flambage des épontilles du poste n°1.

Le temps s'améliore heureusement le 25 au matin et les contre-torpilleurs peuvent rallier le point de rendez-vous (40°30' N 12°30' W) qui est atteint à l'aube du 26, Le Malin et Le Triomphant étant privés de la compagnie de L'Indomptable qui était resté sur zone pour traquer un submersible. Les trois contre-torpilleurs et le croiseur de bataille mettent alors cap sur Brest mais ils sont déroutés le 27 vers Quiberon en raison d'un risque de mines dans le goulet.

Les trois navires passent la journée du 28 à Lorient où l'inspection révèle un certain nombre d'avaries, Le Malin doit être réparé et en profite pour réaliser à l'Arsenal de Brest un grand carénage à partir du 6 décembre 1939.

Les répartitions sont terminées le 18 janvier et la 8ème DCT reprend son format initial le 21 janvier 1940 avec notamment un entrainement de division avec les croiseurs de la 4ème DC. Les 26/27 et 31 janvier les trois lévriers de la 8ème DCT assurent l'escorte et la protection du croiseur de bataille Strasbourg effectue des écoles à feu de 330mm en mer d'Iroise.

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entrainement au ravitaillement à la mer pour Le Malin auprès du Dunkerque

Le 2 avril 1940, les trois contre-torpilleurs de la 8ème DCT et Le Terrible appareillent en compagnie des autres navires de la Force de Raid pour rallier la Méditerranée et faire pression sur l'Italie. Elle doit y rester deux semaines en «attente stratégique» faire une croisière jusqu'à Dakar et selon les circonstances rallier Brest ou Mers-El-Kebir.

Finalement suite à l'invasion du Danemark et de la Norvège par l'Allemagne (opération Weserübung), l'Amirauté décide de rappeler la Force de Raid à Brest qui privée du Terrible met cap sur Brest où elle arrive le 12.

La 8ème DCT est alors détachée auprès des britanniques pour mener des raids à grande vitesse le long des côtes norvégiennes. Le Malin et ses compères Indomptable et Triomphant quittent Brest le 16 avril pour Cherbourg, sont démagnétisés dans la forme du Homet les 17 et 18 avant d'appareiller le 18 au soir direction la rades des Dunes où ils embarquent des opérateurs radios britanniques. Ils reprennent la mer le 20 et arrivent à Rosyth le 21 avril 1940.

Les trois contre-torpilleurs quittent leur base écossaise le 23 direction le Skagerrak, un point de passage obligé des convois allemands à destination de la Norvège. Le 24 avril 1940 à 3h ils tombent sur deux patrouilleurs auxiliaires, les VP-702 et 709 qui ouvrent la voie à un convoi allemand manquant de peu le dit convoi, les contre-torpilleurs suspendant le tir après soixante obus chacun.

Peu après deux vedettes lance-torpilles sont repérées dont l'une sera coulée. A l'aube entre 6h45 et 7h15 la division subit pas moins de huit attaques aériennes, des bombes encadrant Le Triomphant alors que dans l'après midi c'est L'Indomptable qui est secoué par des coups à toucher, les trois navires rentrant le 24 avril en fin de journée.

Une nouvelle opération est envisagée mais les britanniques voudraient affecter les navires de la 8ème DCT à des missions d'escorte ce qui est impossible puisque selon l'accord interallié les contre-torpilleurs ne peuvent mener ce type de mission d'escorte en Méditerranée.

Réduite à deux navires (le Triomphant à du rallier Lorient pour réparer), la 8ème DCT quitte Rosyth le 30 avril 1940, mouillant à Boulogne le 2 mai au matin le temps qu'on s'assure de l'absence de mines magnétiques dans le détroit du Pas de Calais. Ils reprennent la mer le lendemain matin pour rallier Brest le 4.

Six jours plus tard la drôle de guerre prend fin quand les allemands lancent l'opération FALL GELB (plan jaune) qui allait offrir à la France en six semaines seulement la pire défaite militaire de son histoire.

Le Malin et L'Indomptable quittent Brest le 6 mai 1940 pour Oran où ils arrivent le 9. Ils sortent avec la Force de Raid _arrivée en Méditerranée le 27 avril_  pour entrainement du 9 au 11, la 8ème DCT privée du Triomphant replié en Grande-Bretagne étant stationnée à Oran avec  la 3ème DC (La Galissonnière, Jean de Vienne,La Marseillaise). Le Malin effectue un petit carénage rapide à l'Arsenal d'Oran.

Le 29 mai 1940 alors que la France est en facheuse posture, le contre-torpilleur Le Malin appareille d'Oran alors qu'il était en alerte à 90 minutes d'appareillage pour retrouver un Caudron Goëland en difficulté mais l'information est erronée.

La 8ème DCT appareille pour Alger le 31 mai échangeant sa place avec la 10ème DCT. Le Malin participe à la sortie générale de la Flotte de l'Atlantique (Force de Raid + 2ème Escadre) depuis Mers-El-Kébir  pour retrouver la flotte italienne que l'on soupçonne vouloir favoriser l'entrée en Méditerranée d'unités allemandes. Un temps la Royale pense avoir trouvé sa cible mais elle n'avait fait que traquer sa propre ombre (bataille de l'armoire à glace).

La 8ème DCT rentre à Alger en fin de journée le 13 juin 1940 et après ravitaillement les contre-torpilleurs restent en alerte à 90 minutes d'appareillage. La 8ème DCT appareille le 21 d'Alger pour nettoyer les routes des convois d'évacuation de la Métropole (hélas pas pour poursuivre la lutte) des sous-marins italiens.

Dans l'après midi neuf bombardiers italiens attaquent les contre-torpilleurs, Le Malin particulièrement visé dénombre 27 coups à toucher. Les deux contre-torpilleurs rentrent à Alger le lendemain 22 juin 1940.

Le 22 juin 1940 l'armistice est signé à Rethondes et entre en vigueur le 25 juin à 00h35.

Le Malin en guerre (2) : Armistice etc.....
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Le Malin à Dakar en septembre 1941

Le 3 juillet 1940, la Grande-Bretagne déclenche l'opération CATAPULT pour neutraliser la marine française en Grande-Bretagne, à Alexandrie et à Mers-El-Kébir.

Cela se passe bien à Alexandrie et en Grande-Bretagne mais cela tourne au drame à Mers-El-Kébir quand la force H de l'amiral Sommerville ouvre le feu sur les navires français embossés et qui ne peuvent se défendre aussi facilement qu'en haute-mer.

Le Strasbourg et d'autres navires parviennent à s'échapper et mettre cap sur Toulon bientôt rejoint par des navires venus d'Alger notamment les croiseurs ainsi que les 8ème et 10ème DCT.

Au 4 juillet 1940, cinq des six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque sont rassemblés à Toulon, seul Le Triomphant faisant bande à part en Grande-Bretagne. Ils restent armés car la menace reste pérenne.

En effet le 6 juillet le croiseur de bataille Dunkerque est attaqué par des Fairey Swordfish de l'Ark Royal et le 9 au matin la force H repérée au large des Baléares semble devoir viser Toulon dans une répétition de l'opération JUDGMENT contre la flotte italienne à Tarente.

Les contre-torpilleurs rallient les Salins d'Hyères prêts à appareiller pour contrer la force H mais le 10 l'escadre britannique fait demi-tour. Le 11 l'alerte est levée et les contre-torpilleurs rentrent à Toulon.

Le contre-torpilleur Le Malin est lui entré en petit carénage le 26 juillet. Il est disponible le 23 août et le lendemain la 8ème DCT (Le Malin, Volta,L'Indomptable) fait partie du groupe d'alerte qui est déployé aux Salins du 27 au 31 août 1940.

Suite au ralliement à la France libre de plusieurs colonies de l'AEF (Afrique Equatoriale Française), le gouvernement de Vichy obtient des commissions d'armistice allemandes et italiennes l'autorisation d'envoyer des forces navales supplémentaires à Dakar.

C'est l'acte de naissance de la Force Y qui comprend les croiseurs légers de la 4ème DC (Georges Leygues Gloire Montcalm) et les contre-torpilleurs de la 10ème DCT soit Le Fantasque L'Audacieux et Le Malin (qui remplace Le Terrible).

Les six navires appareillent de Toulon le 9 septembre 1940, les conditions météos sont très dures, Le Malin perdant notamment une embarcation (une tonne à essence) avant de franchir le détroit de Gibraltar le 11 sans réaction de la part des britanniques.

Après un bref ravitaillement à Casablanca les 11 et 12 septembre, l'unité met cap sur Dakar en ordre dispersé, les croiseurs filant à 27 nœuds pendant que les contre-torpilleur retournent à Casablanca pour se ravitailler à nouveau (Nda vous avez dit «jambes courtes» ?) et rallier Dakar le 19 septembre, Le Fantasque victime de problèmes mécaniques arrivant le 20.

Du 23 au 25 septembre 1940, Le Malin participe à la défense de Dakar attaqué par les anglo-gaullistes (opération MENACE). La mission principale des contre-torpilleurs étant d'émettre des écrans de fumée pour protéger les croiseurs des tirs britanniques.

Le contre-torpilleur tire également contre la force britannique notamment en compagnie du Fantasque pour dégager le torpilleur Le Hardi encadré par les salves des cuirassés britanniques. Le Malin doit aussi utiliser sa DCA contre les attaques de l'aviation embarquée britannique.

Le 28 octobre 1940, la force Y étant pérennisée elle devient la 4ème Escadre. Aucun renforcement ne sera admis, seules les relèves seront autorisées, Dakar étant à l'abri des britanniques et hors de portée des italiens et des allemands, ces derniers craignent que la Royale n'en profite pour mettre à l'abri le maximum de navires en vue de reprendre ultérieurement la lutte.

Le séjour à Dakar ne va cependant pas être une sinécure entre le climat pénible, le manque fréquent de carburant et l'impossibilité de réaliser des carénages ce qui imposait des retours à Oran voir à Toulon avec la possibilité soit d'une interception/destruction de la part des britanniques ou le refus des germano-italiens d'autoriser le retour en AOF.

Du 18 au 22 février 1941, le contre-torpilleur Le Malin participe à la sortie générale de la 4ème Escadre avant de préparer son retour à Toulon pour un grand carénage. Il quitte Dakar le 27 direction Casablanca, repoussant à 20 miles des côtes du Maroc un croiseur auxiliaire britannique en maraude près de Safi le 2 mars, arrivant quelques heures plus tard à Casablanca.

Il quitte le Maroc le 11 mars direction Oran où il arrive le 13. Il est à Toulon le 15 et le 19 est placé en disponibilité armée. Des négociations sont alors ouvertes avec les italiens pour obtenir le retour à Dakar du Malin après un carénage de deux mois et demi.

Les travaux sont terminés le 5 juin et après un passage par la station de démagnétisation, il reprend armement à effectif complet. Il effectue quelques sorties de vérification et d'entrainement  avant de se préparer à la traversée alors que le début des combats au Levant entre anglo-gaullistes d'un côté et vichystes de l'autre fait craindre une nouvelle attaque sur Dakar.

Il appareille pour Oran le 24 en escorte du transport Aude. Il escorte ensuite le convoi R-85 d'Oran à Casablanca du 27 au 30 juin. Il reprend la mer le 4 juillet en escorte du convoi C-5 à destination de Dakar, arrivant à destination le 11 juillet 1941.

Comme avant son carénage, Le Malin sort à plusieurs reprises pour entrainement, sorties strictement contingentés, le mazout étant une denrée rare dans la capitale de l'AOF. Heureusement le 5 août 1942 comme nous l'avons vu le pétrolier Nivôse à réussi à amener 12000 tonnes de carburant depuis l'Indochine en traversant le Pacifique et l'Atlantique !
Entre-temps Le Malin à quitté Dakar le 13 juillet 1942 direction Casablanca pour un grand carénage de quatre mois. Arrivé dans le grand port marocain le 24 juillet, il doit être de retour à Dakar si tout va bien en novembre 1942...... .

…...Sauf qu'un événement va bouleverser tout le calendrier et entrainer la Royale sur un chemin très glissant.

Le Malin en guerre (3) : opération TORCH et retour au combat
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Le Malin endommagé à Casablanca

Le 8 novembre 1942 les alliés déclenchent l'opération TORCH, un débarquement au Maroc et en Algérie. L'objectif est de calmer l'impatience Staline qui réclame à cor et à cris l'ouverture d'un deuxième front et surtout de faire de l'Afrique du Nord une base de départ pour de futures opérations contre l'Italie qu'elle soit insulaire ou péninsulaire, Rome étant considéré comme le ventre mou de l'Axe.

Le Malin était alors à quelques jours de la fin de son grand carénage, une sortie de vérification étant prévue le 13 novembre. L'équipage largement renouvelé est peu entraîné notamment les canonniers qui doivent effectuer un tir simulé le.....9 novembre.

Amarré à la jetée Delure bâbord à quai, le contre-torpilleur aurait donc été bien incapable de s'opposer à la flotte alliée. Le commandant rappelle cependant l'équipage aux postes de combat et la DCA du contre-torpilleur ouvre le feu contre les avions américains qui attaquent notamment le Jean Bart tout proche.

Les choses se corsent à partir de 08.25 quand le cuirassé USS Massachussets (BB-59) (classe South Dakota) ouvre le feu contre le sister-ship du Richelieu. Comme Le Malin est dans l'axe de tir du cuirassé américain, il était inévitable qu'il soit touché.

Un obus de 406mm explose contre la jetée et une partie du projectile enfonce la coque à bâbord provoquant une voie d'eau qui est vite maîtrisée. Cela n'empêche pas Le Malin d'afficher un temps une gite de 13.5° réduite progressivement à 4°.

Les marins non  indispensables sont mis à terre forment une compagnie pour défendre Casablanca pendant qu'on prépare le sabordage du navire selon les instructions édictées en juin 1940.

Le 10 novembre 1942 Le Malin est mis aux ordres du commandant de la 2ème Escadre légère mais son seul engagement sera de tirer contre des avions américains attaquant le Jean Bart. L'équipage regroupé à bord y est consigné pour éviter les frictions avec les américains et calmer les esprits.

Ces combats ont fait pour le contre-torpilleur sept morts et sept blessés dont plusieurs blessés graves. Des travaux sont immédiatement entrepris mais l'indisponibilité du navire est durable car l'Arsenal de Casablanca manque de moyens et est surtout surchargé.

Le Malin va rester ainsi pendant quatre mois. Le 8 mars 1943 les réparations sont déclarées urgentes pour accélérer le processus et permettre son départ dans un chantier américain pour une modernisation dans la première quinzaine de mai.

En réalité elles vont durer presque trois autres mois. Après une sortie de vérification le 4 juin 1943, le contre-torpilleur appareille en convoi le 9 juin, recevant la liberté de manœuvre le 23 pour rallier Boston pour réparations et modernisation. Les travaux sont exécutés du 26 juin au 10 décembre 1943.

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Le Malin refondu avec sa nouvelle livrée bicolore

Le 26 décembre 1943 il arrive dans le port portugais de La Horta (Açores) pour une mission de patrouille contre les forceurs de blocus. Il patrouille du 26 au 28 et trois jours plus tard il retrouve son sister-ship Le Fantasque.

Le 8 janvier 1944 les deux croiseurs légers reçoivent l'ordre de rallier Oran. Il quitte les Açores deux jours plus tard, sont à Gibraltar du 12 au 15 (une brève sortie réalisée le 14 janvier 1944) avant d'arriver en Algérie le 16.

Le Malin et Le Fantasque vont alors participer à l'opération SHINGLE, le débarquement exécuté à Anzio en vu de faire sauter le verrou de la ligne Gothique. La 10ème DCL appareille le 18 janvier 1944 direction Bizerte où elle arrive le lendemain.

Si le 20 janvier Le Malin charge des munitions adaptées au tir contre terre, Le Fantasque va lui participer à l'opération LURCHER, une diversion de l'opération SHINGLE.

Le 22 il quitte Bizerte direction Naples où il arrive le lendemain pour relever son sister-ship de la 10ème DCL. Il arrive dans le golfe de Gaète le 24 en compagnie du destroyer britannique HMS Inglefield, tirant à 17 puis à 12700m pour neutraliser deux batteries d'artillerie allemandes. Il met ensuite le cap sur Fornio tirant à 14000m même si la météo se dégrade ce qui entraîne une rapide interruption du tir. Après un nouveau bombardement à Gaète, il rallie Naples le 25 et deux jours plus tard est à Bizerte.

Après une période de repos, Le Malin et Le Fantasque quittent Bizerte le 2 février 1944 direction Philipeville (Algérie). Ils embarquent 250 soldats britanniques chacun arrivant à Naples le lendemain où ils débarquent leurs passagers.

Ils rallient Bizerte le 4 février pour embarquer 200 soldats américains chacun, troupes mises à terre le 5 suivit d'un ravitaillement avant de mettre cap sur la Tunisie où  ils arrivent dans la nuit du 6 au 7. Il faudra ensuite attendre la mi-février pour qu'une nouvelle mission de transport de troupes soit réalisée (14-15 février). Le 16 il est à Alger embarquant Louis Jacquinot Commissaire à la Marine direction Oran où il arrive le 19.

Le Malin et ses compères de la 10ème DCL vont alors participer à des raids en mer Adriatique contre les convois allemands qui empruntaient la mer car les routes étaient souvent attaquées par les maquisards yougoslaves. Plus de trois ans après le début du conflit les Fantasque vont enfin mener les missions pour laquelle ils avaient été conçus.

Ils quittent Oran le 20 pour rallier Tarente le 21 février 1944. La 10ème DCL va opérer avec la 24ème flottille de destroyers britannique le long des côtes dalmates.

Comme ils sont plus rapides que les destroyers de la Royal Navy on peut espérer les engager au delà du 43ème parallèle car ils pourront se dégager dans la nuit pour être hors de portée de l'aviation allemande une fois le jour levé.

Le 28 février 1944 Le Malin arrive à Manfredonia un mouillage forain situé à 113km au nord de Bari. Le 29 en compagnie du Terrible il appareille pour une patrouille de recherche et de destruction.

Les deux croiseurs légers repèrent un contact radar à 21.34 dans le 295 à une distance de 17000m, un convoi composé de deux torpilleurs, deux vedettes et un cargo. Le Malin et Le Terrible ouvrent le feu dix minutes plus tard désemparant le cargo et le torpilleur de tête.

Le Malin lance une torpille contre une vedette qui semble exploser et est manqué de peu par une torpille ennemie. Le feu est suspendu à 22.38, la division se repliant au sud-est à 22.54, la traversée du retour se déroulant sans incidents.

Après guerre la consultation des archives allemandes permettra aux alliés d'apprendre que ce convoi Trieste-Le Pirée à été très malmené. Le cargo Kapitän Diederischsen à été coulé au canon par Le Terrible, le torpilleur TA 37 est en avarie de machine et à du être remorqué à Pola, la corvette Uj-201 est gravement endommagé, les autres navires (TA 36,Uj-205, R-188,R-190 et R-191) ne sont que légèrement atteints.

Le Malin rallie Brindisi pour ravitailler et réparer son compas gyroscopique et son radar SA. Le 7 mars 1944 la 10ème DCL s’entraîne avant que Le Malin ne mette cap sur Oran. Il se ravitaille à Bizerte les 8 et 9 avant d'arriver à destination le 11.

Il est mis au sec sur le dock flottant pour mettre des hélices de rechange du Triomphant, une solution provisoire en attendant que ses hélices d'origine ne soient réparées à Gibraltar. L'intermède est rapide car les hélices de rechange provoquent de terribles vibrations ce qui impose un rapide retour des hélices d'origine.

Le Malin effectue une sortie de quelques heures le 14 puis appareille de Gibraltar dans la soirée pour Bizerte où il retrouve ses deux compères de la 10ème DCL le 16. Il appareille en compagnie du Terrible pour Alexandrie arrivant dans le port créé par Alexandre le Grand deux jours plus tard, Le Fantasque retardé par une avarie de machine n'arrivant à destination le 21.

Le 23 avril il appareille avec Le Fantasque pour intercepter un convoi dans la région de Salamine mais la mission est annulée car le convoi est toujours au port. Même chose le lendemain.

Le convoi est enfin à la mer et Le Malin appareille le 25 en compagnie du Terrible mais doit faire demi-tour suite à un problème de machine, son sister-ship faisant de même peu après.

Le Malin et Le Fantasque vont appareiller le 3 mai 1944 pour bombarder le port de Cos la nuit suivant, Le Malin tirant 47 obus de 138mm pendant que son compère en tirait 73, les deux navires rentrant à Alexandrie le 4 mai dans l'après midi.

La 10ème DCL est alors mise au repos ce qui ne signifie pas farniente puisqu'elle exécute une sortie de division les 11 et 19 mai auxquelles Le Malin ajoute une sortie individuelle le 15.

Le 22 mai la division sort au complet pour attaquer un convoi en formation à Salamine mais comme le convoi est encore au port la mission est annulée. Ce sera la même chose jusqu'au 26.

Ce jour là Le Malin et ses deux compères de la 10ème DCL vont intégrer la TF-55 retrouvant le croiseur léger HMS Phoebe et intégrant le destroyer HMS Kimberley.

Le 26 un premier appareillage matinal est infructueux et le second dans l'après midi se fait dans une mer grosse dont les lames endommagent suffisamment Le Malin pour qu'il soit obligé de faire demi-tour, le reste de la Task Force ne tardant pas à suivre.

Sérieusement endommagé c'est sur une ligne d'arbre que Le Malin rallie Bizerte le 9 juin 1944 trois jours après ses compères de division. Il va passer un mois à l'Arsenal de Sidi-Abdallah à partir du 20 juin1944, recevant des éléments prélevés sur l'épave de L'Audacieux qui ne pouvant être remis en état était cannibalisé au profit de ses sister-ship non sans parfois certaines déconvenues.

Le 25 juillet 1944 il quitte Bizerte direction Tarente où il arrive le lendemain, y retrouvant Le Fantasque venu de Bône. Des échauffourées ont lieu sur le port entre marins français et italiens, un marin étant tué par les carabiniers. Suite à cet incident les marins français sont consignés à bord de leurs navires.

Les deux croiseurs légers de la 10ème DCL disponibles s’entraînent en compagnie notamment des croiseurs Georges Leygues et Montcalm du 7 au 9 avant que Le Malin  et Le Fantasque ne rallient Bizerte le 11 août 1944. Le lendemain Le Terrible est à nouveau disponible.

Le 13 août 1944 la division de croiseurs légers appareille au grand complet pour participer à l'opération DRAGOON, le débarquement de Provence où la France va être pleinement impliquée, apportant de nombreuses unités terrestres et une composante navale non négligeable. La 10ème DCL intègre le TG 85.12, le groupe d'appui de la TF-85 qui doit appuyer dans la zone d'assaut DELTA la 45ème DI américaine, ce secteur correspondant à la baie de Borignon et à la plage de la Nartelle.

Plus précisément Le Malin va opérer dans le Golfe de Saint Tropez en compagnie du Fantasque pendant que Le Terrible va opérer au large de Fréjus. Le Malin tire à plusieurs reprises le 15 août sur des positions d'artillerie menaçant la plage de débarquement.

Dès le premier jour les positions ennemies sont hors de portée des canons de 138mm mais cela ne veut pas dire que le volet naval de DRAGOON est fini.

En effet il faut neutraliser les batteries côtières défendant les approches de Toulon et couvrir les flancs du dispositif terrestre. Pour se faire la 10ème DCL va intégrer la TF-86 tirant contre terre.

Le 22 août 1944 Le Malin participe à la neutralisation de la batterie du cap Cépet puis accompagne le cuirassé USS Nevada (BB-36) _Seul cuirassé ayant réussi à appareiller le 7 décembre 1941 à Pearl Harbor_ à Alger. Il y reste jusqu'au 26 avant de retrouver la Provence le 29. Du 30 août au 2 septembre 1944 la 10ème DCL au grand complet mouille dans le Golfe de Saint Tropez.

Le Malin est engagé au large des côtes provençales jusqu'au 8 devant faire face à la menace des mini sous-marins allemands. Il mouille ensuite dans le golfe de Saint-Tropez jusqu'au 11 septembre avant de couvrir le cuirassé Lorraine qui bombarde Menton. Le 13 il rentre à Toulon mais doit mouiller sur coffre en rades Vignettes jusqu'au 16. Inutile de préciser que la majorité des navires sabordés est encore là (les dernières épaves seront démantelées sur place ou relevées au milieu des années cinquante)

Il quitte Toulon en escorte d'une autre splendeur de notre marine le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin, les deux navires ralliant Bizerte le 18 pour un carénage de trois mois. En raison de cas de peste pulmonaire les marins ne peuvent sortir de l'enceinte de l'Arsenal de Sidi-Abdallah.

Disponible le 20 décembre 1944, il appareille le 21 en compagnie du Terrible direction la France avec leur bord des permissionnaires du Fantasque. Ils rallient ensuite Malte où Le Malin est démagnétisé. Arrivé à Naples les deux croiseurs légers vont être affectés à la Flank Force.

Cette force est destinée à interdire les mouvements navals ennemi le long des côtes ligures et attaquer les navires légers menant une véritable guérilla navale avec vedettes lance-torpilles, canots explosifs mais aussi mini sous-marins.

Ils appareillent pour Toulon le 25 mais en fin d'après midi les deux navires entrent en collision, Le Malin abordant le Terrible sur bâbord avec un angle de 60° au couple 33 soit à la hauteur des tubes lance-torpilles. La partie avant du Malin se détache et coule, le croiseur léger étant pris en remorque le 26 après avoir manqué de faire naufrage avant de rallier Naples le lendemain. Il y à 70 morts et disparus au total.

Le Malin est mis au bassin le 22. Des ingénieurs de la RN font procéder à des découpages et à la pose d'une étrave provisoire. L'enquête démontrant l'entière responsabilité du Malin, son commandant, le capitaine de frégate Balande est relevé de ses fonctions. L'infortuné croiseur léger peut prendre la mer le 25 février 1945 direction Toulon où il arrive trois jours plus tard.

Pour réparer Le Malin impossible de produire une nouvelle proue. On décide de découper celle de l'infortuné Indomptable sabordé le 27 novembre 1942 sur une longueur de 22m pour un poids de 120 tonnes. Le Malin est remis en service le 5 novembre 1945 après des travaux réalisés à La Ciotat alors que la seconde guerre mondiale est finie depuis deux mois.

Crépuscule
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Le Malin en compagnie de l'Arromanches

En mai 1946 les croiseurs légers Le Malin et Le Terrible mènent une mission de présence en Europe du Nord se rendant ainsi jusqu'à Narvik.

Le 1er janvier 1947, la 10ème DCL forme avec la 4ème DC le Groupe de Croiseurs et un an plus tard la 10ème DCL devient la 1ère Division de Croiseurs Légers (1ère DCL). En avril 1947 il participe à une série d'exercices en compagnie de son sister-ship Terrible.

Modernisé et transformé en escorteur de porte-avions (novembre 1947-octobre 1948), il est placé en réserve normale le 1er novembre 1949. Réactivé le 1er juillet 1951 et reclassé le même jour destroyer-escorteur de 1ère classe, il parvient à tenir 41 nœuds pendant 4 heures lors d'une sortie le 21 août. Comme quoi l’ancêtre avait encore de beaux restes...... .

Le 28 août il appareille de Toulon en compagnie du porte-avions Arromanches pour un déploiement en Indochine (septembre 1951-mai 1952). Les deux navires rentrent à Toulon le 13 juin 1952.

Il quitte Toulon le 23 juin pour rallier Brest douze ans après son ultime visite pour y être mis en réserve normale (réserve A) le 1er août 1952.

Il sert de brise-lames et d'annexe à l'Ecole Navale qui à quitté les rives de la Penfeld et les splendides bâtiments inaugurés en 1935 pour Lanvéoc-Poulmic (où se trouvait avant-guerre une base d'hydravions).

Servant également de ponton pour les dragueurs de mines, il est rayé des registres le 3 février 1964 puis remorqué à Lorient où il sert de brise-lames de 1965 à 1976. Il est finalement vendu à la démolition en 1977 et démantelé. Il était le dernier survivant des Fantasque.

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 16:06

NIALA a écrit:
Merci Loic pour cette tentative d'explication Very Happy  

Je confirme, sans aucun problème, c'était bien une tentative d'explication (maladroite) à propos d'un sujet épidermique très compliqué, aux motivations, souvent, peu raisonnables. CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Smiley_a Wink
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 16:21

Je parlais de tentative non pour ton explication; mais pour essayer de comprendre les motivations d'un homme dépeint comme droit et discipliné qui voue une admiration pour un régime aussi abject que le régime nazi.
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 16:22

Le Terrible
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Le contre-torpilleur Le Terrible à Brest en novembre 1934

Présentation
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Le Terrible à Ouistreham le 22 novembre 1934

La construction du contre-torpilleur Le Terrible est attribuée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) qui disposent de chantiers à Nantes et à Saint-Nazaire. Les ACL sous-traitent la construction aux Chantiers Navals Français (CNF) sis à Blainville près de Caen.

-Le Terrible est mis sur cale le 8 décembre 1931 et lancé le 30 novembre 1933. Cette mise à l'eau est purement technique, il n'y à ni cérémonie ni discours. Il est armé pour essais le 1er octobre 1934.

L'ex-Da-19 quitte la Normandie le 22 novembre. C'est le dernier navire de guerre construit à Caen suite un plan de concentration initié par le gouvernement. Il est au mouillage la nuit du 22 au 23 avant de rallier Brest où il passe trois jours. Il quitte le Finistère le 27 direction Lorient, le transit étant mis à profit pour réaliser l'essai de présentation en recette qui est acquis après une marche de 3h à 35 nœuds, le navire entrant à Lorient dans l'après midi.

Après un passage au bassin du 28 novembre au 7 décembre 1934 (nettoyage de la carène et changement d'hélice), le contre-torpilleur va entamer ses essais officiels le 4 janvier 1935 mais la météo perturbe les premières sorties.

Il se rattrape le 22 janvier 1935 et de quelle manière ! Après avoir réalisé l'essai de 8h à la Puissance Maximale Permise (PMP) (déplacement 2853 tonnes, 86343ch de puissance développée, 329 tours d'hélice par minute, vitesse de 42.92 nœuds), le contre-torpilleur atteint la vitesse de 43.78 nœuds, développant à cette occasion une puissance de 90868ch à raison de 403 tours d'hélice par minute. Ce record est bien entendu magnifié par la presse.

Le 30 janvier il réalise l'essai de vitesse maximum au déplacement Washington avec une vitesse de 45.074 nœuds corrigée à 45.1 nœuds ! Le Terrible va ainsi devenir le navire de guerre le plus rapide du monde et probablement le plus célèbre de nos contre-torpilleurs.

Le programme d'essais est clos le 8 février 1935 et comme de coutume il rentre en démontages. Il entre en armement définitif le 15 avril 1935.

Après des sorties de vérification les 10 et 14 mai, le contre-torpilleur Le Terrible appareille le 19 de Lorient pour Le Havre où il est à quai du 20 au 24 avec d'autres bâtiments de guerre pour représenter la marine à l'inauguration du paquebot Normandie le nouveau fleuron de la Transat. Il quitte Le Havre dans la nuit du 24 au 25, le contre-torpilleur rentre directement à Lorient le 26 mai au matin pour achever les recettes de ses installations.

Le 20 août, le contre-torpilleur Le Terrible rallie Brest pour recevoir les torpilles. Il procède à des lancements de réglage en baie du Fret. Après une opération de relation publique et un exercice de remorquage avec l'aviso colonial D'Iberville le contre-torpilleur rentre à Lorient le 24.

La clôture d'armement est prononcée le 1er octobre 1935. Suite à la découverte de problèmes de qualité sur les sous-sellettes des canons de 138mm, le contre-torpilleur doit subir des travaux complémentaires qui finalement se terminent plus tôt que prévu.

Remis sur rade le 12 décembre 1935, il passe à Brest pour charger ses munitions avant de revenir à Lorient pour y passer les permissions des fêtes de fin d'année. A l'époque son artillerie n'à pas encore été recettée.

Le mauvais temps contrarie les ultimes essais et il n'est finalement prêt qu'à la fin du mois de janvier 1936.

Armé définitif le 31 janvier 1936, le contre-torpilleur appareille le lendemain pour sa croisière d'endurance, traversant le golfe de Gascogne avec des conditions de mer dantesque, arrivant à Casablanca le 4 février 1936.

Le contre-torpilleur Le Terrible est admis au service actif le 5 février 1936 au sein du groupe des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre. Il doit former la 10ème DL avec ses sister-ship Le Fantasque et L'Audacieux.

Le quatrième contre-torpilleur de classe Le Fantasque est le quatorzième navire à porter ce nom dans la Royale. Il succède à un vaisseau en service de 1670 à 1678, un vaisseau en service de 1679 à 1692, une galiote à mortier en service de 1681 à 1696, un vaisseau en service de 1737 à 1762 mais pris par les anglais en 1747, il termine sa carrière sous pavillon britannique.

On trouve ensuite un vaisseau en service de 1779 à 1802, un corsaire en service en 1796, une canonnière en service en 1793 et rebaptisé Trombe en 1795, une cannonière en service de 1794 à 1803,un lougre corsaire capturé par les anglais en 1797, une bombarde en service en 1800, un vaisseau mis sur cale en 1811 à Anvers mais démoli sur cale en 1814, un vaisseau mixte en service de 1855 à 1881 et un cuirassé garde-côtes lancé en 1881, désarmé en 1911 et utilisé comme cible de tir.

Depuis deux autres navires ont porté ce nom, deux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, un de type Le Redoutable en service de 1973 à 1996 et un appartenant au type Triomphant et en service depuis 2010.

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Le SNLE Le Terrible (classe Le Triomphant)

Carrière opérationnelle

Les jeunes années d'un lévrier des mers (1936-1939)
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Le Terrible participant à une revue navale en présence du président Lebrun le 30 mai 1936

A sa mise en service Le Terrible forme donc la 10ème Division Légère (10ème DL) en compagnie de ses sister-ship Fantasque et Audacieux. En compagnie de la 8ème DL qui regroupe les trois autres navires de la classe (Malin Indomptable Triomphant), la 10ème DL offre une force d'éclairage homogène à la 2ème Escadre dont la mission principale est de détruire les forces navales allemandes engagées dans une attaque contre nos lignes de communication maritime. Pas étonnant que la quasi-totalité des exercices concerne l'attaque de convois et leur défense.

Le cycle d'instruction des forces navales métropolitaines commence le 1er octobre de l'année X pour se terminer à la mi-août de l'année suivante (que l'on peut appeler année Y). Chaque mois l'escadre effectue un entrainement à proximité de ces bases. La division organise également un entrainement mensuel et les navires multiplient les entraînements individuels.

Une fois par an la 2ème Escadre sort au grand complet pour une série d'exercices loin de ses bases, une série d'exercices pouvant occuper la future Escadre de l'Atlantique pendant six semaines.

Les débuts de la carrière du Terrible sont poussifs avec de fréquentes indisponibilités liés à des problèmes techniques.

Le 15 août 1936 la 2ème Escadre devient l'Escadre de l'Atlantique et le groupe des contre-torpilleurs devient la 2ème Escadre légère, entité organique de l'Escadre de l'Atlantique. Deux jours plus tard Le Terrible rentre à Lorient pour carénage et visites de garantie. Il rallie Brest le 29 novembre 1936.

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Le Terrible à Brest en janvier 1937

La 2ème Escadre Légère appareille de Brest le 15 janvier 1937 en compagnie de l'Escadre de l'Atlantique pour sa croisière d'entrainement, les contre-torpilleurs appareillant les premiers. Les contre-torpilleurs dont Le Terrible attaquent les cuirassés à la torpille puis le 17 recherchent et attaquent un convoi simulé par le ravitailleur de sous-marins Jules Verne.

L'Escadre se scinde alors en deux groupes, les cuirassés poursuivant vers l'île portugaise de Madère pendant que les bâtiments légers mettent cap sur Casablanca où ils arrivent le 19 janvier.

Les deux divisions légères (8ème et 10ème DL) moins Le Triomphant victime d'une avarie appareillent le 21 et mettent cap au sud dans le sillage de l'Emile Bertin. Après six jours d'exercices intenses ils font relâche à Conakry à partir du 27, étant rejoints le lendemain par Le Triomphant qui avait appareillé de Casablanca le 24.

Le 31 janvier la 2ème EL au grand complet appareille direction Dakar où les bâtiments arrivent le 2 février. Dans la nuit du 4 au 5 février, le corps de débarquement est mis à terre à Tiaroye pour tester les défenses du point d'appui.

La 2ème EL quitte la capitale de l'AOF le 9 février 1937 et va enchainer les exercices avec la protection d'un convoi attaqué par un raider type Deutschland (10 et 11), attaque par la 8ème DL d'un convoi défendu par la 10ème DL (13) et le 15 la 2ème EL détruit au canon un convoi en formation dans un port, protégé par des sous-marins.

Après une semaine de repos la 2ème EL appareille pour une série d'exercices contre les cuirassés à l'ouest de Gibraltar, des sous-marins renseignant les cuirassés pour attaquer un convoi escorté par les forces légères.

Le 23 février 1937, une division de croiseurs figurée par trois torpilleurs venue de Lisbonne se dirigeant vers Casablanca est interceptée par l'Escadre.

Le 26, une force navale traversant le Golfe de Gascogne tente de causer le maximum de pertes à deux convois distincts, l'un au large en route vers Brest et l'autre à la terre en route vers Saint-Nazaire. Le temps se dégrade, les contre-torpilleurs doivent réduire leur vitesse à 15 nœuds ce qui n'empêche pas Le Terrible d'avoir sa plage avant défoncée par un paquet de mer et l'exercice doit être écourté. L'Escadre rentre à Brest le 26 février 1937 en fin de journée.

Le 19 mars 1937 le contre-torpilleur Le Terrible entre pour un mois à l'Arsenal de Brest. Il est disponible le 23 avril pour la sortie générale de l'Escadre en compagnie de l'unique Fantasque qui forment non plus la 10ème DL mais la 10ème DCT (10ème Division de Contre-Torpilleurs).

Le Terrible et Le Fantasque sont à Dunkerque du 24 au 27 avril puis s’entraînent en baie de Seine jusqu'au 30 avant de rallier le mouillage de Saint-Vaast-La-Hougue pour une période de repos qui est brutalement interrompue le 1er mai quand Le Terrible appareille en urgence pour Saint-Jean-de-Luz.

En effet les nationalistes ont engagé une offensive contre la zone gouvernementale autour de Bilbao. Cette attaque provoque des mouvements de population qui ne peuvent pas prendre la mer en raison du blocus mis en place par la marine insurgée. Plusieurs incidents sérieux l'oppose à la Royal Navy.

Le contre-torpilleur Le Terrible est en rade de Saint-Jean-de-Luz avec le cuirassé HMS Royal Oak les 2 et 3 mai 1937 pour préparer l'évacuation des français de Bilbao. Le 4 au matin Le Terrible fait route à l'ouest à 22 nœuds. A 14.30 fait rappeler aux postes de combat. Aucun navire ennemi n'est repéré et en début de soirée il rallie le Verdon où doit se former le convoi d'évacuation.

Il est rejoint par Le Fantasque, les deux contre-torpilleurs protégeant les cargos Carimare Margaux et Château Palmer. La marine insurgée se montre agressive ce qui impose un repli tactique le 8 mai en attendant l'arrivée des cuirassés Bretagne et Lorraine. Plus de 2000 réfugiés sont embarqués, les cargos reprenant la mer escortés par le Lorraine et Le Terrible jusqu'au Verdon. Ils sont de retour à Brest le 13 mai 1937 en compagnie de L'Emile Bertin.

Le 23 mai 1937 Le Terrible appareille pour un exercice entre les deux Escadres dans l'Atlantique mais le 2 juin il rallie La Pallice avant de patrouiller le long des côtes espagnoles. Après une courte escale à Saint-Jean-de-Luz le 8 il met cap sur Brest où il arrive le lendemain.

Le 20 juillet 1937 les contre-torpilleurs Le Terrible et Le Fantasque quittent Brest pour relever L'Audacieux en patrouille au large des côtes espagnoles. Après un exercice avec le secteur maritime de défense de Rochefort, les deux lévriers prennent des postes d'attente le 22 à La Pallice  puis relèvent leur sister-ship au large de Santander où ils croisent les 23
et 24. Ils passent la nuit suivante en rade de Saint-Jean-de-Luz puis rallient Brest le 26.

Le Fantasque et Le Terrible entrent à l'Arsenal de Brest pour deux mois de travaux au début du mois d'août mais le 31 ils sont remis sur rade pour un futur déploiement en Méditerranée pour protéger la navigation commerciale dans le cadre du Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM).

Le 17 septembre 1937 la 10ème DCT au complet appareille de Brest en compagnie d'une division de torpilleurs. Le détachement est bref puisqu'elle est de retour à Brest dès le 20 octobre. Après de nouveaux exercices avec la 8ème DCT, la 10ème DCT entre à l'Arsenal de Lorient le 18 novembre 1937 pour reprendre le carénage interrompu à la fin du mois d'août.

Le Terrible et Le Fantasque appareillent de Lorient le 14 janvier 1938 et arrivent à Brest le lendemain. Du 1er au 11 février il participe à la sortie générale de l'Escadre dans une météo franchement mauvaise. Il participe à la grande croisière d'entrainement de l'Escadre de l'Atlantique du 10 mai au 14 juin 1938.

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Le Terrible à Brest le 11 mai 1938

Le 15 juillet 1938 Le Terrible et ses compères de la 10ème DCT appareillent de Brest en compagnie de l'Emile Bertin pour participer aux cérémonies navales liées à la visite en France du roi de Grande-Bretagne George VI et de son épouse la reine Elizabeth («Queen Elizabeth»). Ils passent la nuit du 16 au 17 à Cherbourg puis appareillent pour Le Havre, Le Terrible et Le Fantasque mouillant sur rade pendant que L'Audacieux s'amarre au quai de France.

Le 18 l'Escadre de l'Atlantique prend des mouillages d'attente devant Boulogne pendant que la 10ème DCT va relever au milieu de La Manche l'escorte britannique du yacht royal HMS Enchantress. Les contre-torpilleurs vont passer quatre jours au port. Le 22 le yacht repart avec le roi et la reine saluée par la marine française et escortés par deux divisions de torpilleurs d'escadre.

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Le Terrible à Funchal sur l'île de Madère le 15 mai 1938

La 10ème DCT rallie directement Lorient où les trois contre-torpilleurs entrent le dimanche 24 juillet 1938. Ils doivent subir un petit carénage avant d'être envoyé en Méditerranée en relève de la 8ème DCT.

Le Terrible accompagnés par L'Audacieux et Le Fantasque quittent Brest le 7 septembre 1938 direction Oran. Ils ne vont pas rester longtemps en Méditerranée en raison de la crise des Sudètes qui manque de faire basculer l'Europe dans la guerre. La 10ème DCT qui avait appareillé d'Alger le 29 septembre arrive à Brest le 3 octobre, l'équipage bénéficiant de permissions par bordée.

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Le Terrible à Alger le 25 septembre 1938

Le samedi 26 novembre 1938, Le Terrible et ses compères de la 10ème DCT arrivent à Lorient pour entrer en grand carénage. Suite à une grève des ouvriers de l'Arsenal, les travaux ne vont effectivement commencer que le 5 décembre. Il rallie Brest le 3 février 1939 y retrouvant ses compères Fantasque et Audacieux arrivés la veille.

Le Terrible va reprendre alors l'entrainement courant avec notamment un entrainement de la 2ème EL exécuté du 7 au 17 février (marqué par le dramatique abordage entre le Georges Leygues et le Bison).

Après avoir participé au début de la sortie mensuelle de l'Escadre de l'Atlantique (6 au 12 mars 1939), Le Terrible et les autres contre-torpilleurs de la 2ème EL rentre à Brest pour des travaux de peinture en vue de participer à la vie officielle en Grande-Bretagne du président Albert Lebrun.

Les six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque appareillent de Brest le 19 mars et mouillent à Cherbourg en fin d'après midi. Ils appareillent le lendemain direction Boulogne avant de venir mouiller en rade de Calais.

La malle transmanche Côte d'Azur appareille avec à son bord le dernier président de la Troisième République et après les saluts des contre-torpilleurs ces derniers se mettent en position pour l'escorter jusqu'aux limites des eaux territoriales françaises. Ils sont alors relevés par des destroyers britanniques et se séparent alors.

Pendant que la 8ème DCT met cap sur Cherbourg, la 10ème DCT dont Le Terrible met cap sur Portsmouth où les trois navires arrivent en fin d'après midi après un transit effectué à 30 nœuds.

Le 24 mars 1939 à l'aube la 10ème DCT appareille et va prendre position aux limites des eaux territoriales britanniques où ils prennent le relais des destroyers britanniques. Ils accompagnent le Côte d'Azur jusqu'à l'entrée de la rade de Calais puis mettent cap sur Brest où ils arrivent le lendemain matin.

Suite à l'invasion italienne de l'Albanie, la 10ème DCT appareille pour la Méditerranée le 12 avril 1939 (elle sera rejointe par la 8ème DCT à la fin du mois d'avril). Mise à la disposition des forces légères d'attaque en Méditerranée, la 2ème EL appareille de Bizerte le 19 mai direction Casablanca directement pour tous sauf pour notre ami Le Terrible qui fait une brève escale à Oran le 21.

Ils passent devant Tanger le 21 et arrivent le lendemain matin à Casablanca. Ils quittent le Maroc le 30 mai direction Brest où ils arrivent le 2 juin, le transit étant l'occasion d'une série d'exercices dans le Golfe de Gascogne.

Le 10 juin 1939 l'organisation des forces navales métropolitaines est à nouveau modifiée. Une flotte de l'Atlantique est mise sur pied avec une 1ère escadre qui représente l'ancienne l'Escadre de l'Atlantique et la 5ème Escadre qui doit être une escadre d'instruction basée à Lorient. Elle est dirigée par un officier appelé à refaire parler de lui le vice-amiral Gensoul qui met sa marque sur le splendide mais imparfait croiseur de bataille Dunkerque.

Après une série d’entraînements et d'exercices, Le Terrible subit un petit carénage du 15 juillet au 5 août 1939. Il est de nouveau disponible pour participer aux concours d'honneur annuel en baie de Quiberon.

Alors que la crise germano-polonaise atteint un seuil critique les permissionnaires et les réservistes sont rappelés, la 10ème DCT appareille au complet pour un exercice au large d'Ouessant le 28 août puis une sortie le 1er septembre 1939 en compagnie du croiseur léger Montcalm.

A l'aube les troupes allemandes ont envahit la Pologne. Deux jours plus tard le 3 septembre 1939, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne. C'est le début de la seconde guerre mondiale.

Le Terrible en guerre (1) (septembre 1939-juin 1940)
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Le Terrible aux Salins d'Hyères en 1940

Navire rapide et véloce, Le Terrible et ses compères vont naturellement intégrer la Force de Raid, un groupe occasionnel regroupant les navires les plus modernes de la flotte de l'Atlantique pendant que les unités légères forment les Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) destinées à des missions de patrouille et d'escorte.

Du 17 au 20 septembre 1939 Le Terrible et ses compères de la 10ème DCT vont patrouiller au large des côtes de Galice pour intercepter d'éventuels navires allemands réfugiés dans les ports voir des sous-marins qui se seraient ravitaillés en Espagne. Le 30 septembre et le 1er octobre les deux navires couvrent le convoi  BC-7. Le 4 octobre 193 La Force de Raid est officiellement opérationnelle.

Suite aux méfaits du cuirassé de poche Admiral Graf Spee, les français et les britanniques décident de mettre sur pied des groupes de chasse destinés à l'intercepter et à le couler. La France choisit de mettre sur pied à Dakar une Force X dont les navires vont être fournis par la Force de Raid mais aussi par la Flotte de la Méditerranée.

La Force de Raid fournit le croiseur de bataille Strasbourg et la 10ème DCT alors que la Flotte de la Méditerranée fournit le Groupe Algérie composé des croiseurs lourds Algérie et Dupleix ainsi que des contre-torpilleurs Maillé-Brézé et Vauquelin. La Force X ainsi constituée arrive à destination le 14 octobre après un ravitaillement rapide de la 10ème DCT à Casablanca dans la nuit du 10 au 11.

Une semaine plus tard la gros de la Force X appareille en vue d'intercepter dans l'Atlantique des navires marchands venus d'Amérique du Sud et cherchant tant bien que mal à rallier l'Europe. Le cargo Santa Fe est capturé puis ramené à Dakar par Le Fantasque qui doit un temps se dérouter pour retrouver un cargo suspect qui ne sera pas retrouvé. Le Santa Fe sera remis en service sous le nom de Saint-André mais ceci est une autre histoire.

La Force X entame sa deuxième patrouille à partir du 7 novembre 1939 notamment dans la région du Cap Vert.Le 13 novembre Le Terrible et Le Fantasque récupèrent des pilotes du porte-avions Hermes tombés à la mer.

Ils sont relevés le 21 novembre 1939 quittant l'AOF en compagnie du Strasbourg et de l'Algérie,L'Audacieux devant attendre quelques jours le temps que le convoi qu'il doit escorter se rassemble.

Arrivés à Casablanca dans la nuit du 24 au 25 novembre, les deux contre-torpilleurs mouillent en rade avant de prendre en charge le paquebot Massilia qui doit rallier le Verdon. Le paquebot reçoit la liberté de manœuvre le 30 novembre 1939 et les deux contre-torpilleurs rentrent à Brest le 1er décembre, subissant un petit carénage à l'Arsenal jusqu'au 19.

Le 26 décembre 1939 les contre-torpilleurs Le Terrible Le Fantasque et Le Triomphant (appartenant respectivement à la 10ème DCT pour les deux premiers et à la 8ème DCT pour le dernier) quittent Brest pour couvrir le retour en Bretagne du croiseur de bataille Dunkerque et du croiseur léger La Gloire qui venaient de transporter au Canada de l'or pour la mettre à l'abri et pour garantir le paiement des achats d'armes massifs effectués aux Etats-Unis.

Ils sont en attente à Belfast les 27 et 28 décembre puie rallie le point de ralliement situé dans l'ouest de la baie de Donegal. La jonction se fait le 29 à 10.30 ce qui permet aux trois destroyers britanniques d'être libérés. La petite escadre rentre à Brest le lendemain 30 décembre 1939.

Du 29 janvier au 3 février 1940, le contre-torpilleur Le Terrible est déployé au large des côtes de la Galice en vue d'intercepter des cargos allemands réfugiés dans les ports espagnols. Victime d'une fuite de joint à l'arrivée de la vapeur de la turbine haute-pression tribord il doit passer par l'Arsenal de Brest pour réparer.

Disponible le 11 février, il prend la mer le lendemain pour une sortie de vérification avant d'aller mouiller en baie de Quiberon avec ses sister-ship L'Indomptable et Le Malin. Les trois contre-torpilleurs rallient Brest le 14 dans l'après midi.

Le 18 février 1940, Le Terrible appareille pour renforcer l'escorte du ravitailleur de sous-marins Jules Verne et du paquebot Djenné. Il avait rendez-vous le 19 mais en raison du mauvais temps il ne peut prendre en charge le convoi que le 20 alors que celui-ci était proche de la Bretagne. Il rentre à Brest en début d'après midi.

Le 2 avril 1940 Le Terrible rallie la Méditerranée en compagnie de la Force de Raid pour s'opposer à une éventuelle action de l'Italie ou la dissuader de toute velléité belliciste même si les discours de Mussolini laissent peu de place aux doutes.

La Force de Raid doit y passer deux semaines, effectuer une croisière en direction de Dakar avant de rallier soit Brest ou alors Mers-El-Kebir.

La traversée se passe dans une météo très difficile qui secoue rudement nos contre-torpilleurs notamment Le Terrible qui non seulement arrive à Oran quasiment à sec mais qui à eu la partie avant de sa quille roulis tribord arrachée sur 8m. Le navire est mis au sec à Oran le 7 avril. Il ne quitte l'Algerie que le 11 avril, ralliant à la mer le croiseur auxiliaire Colombie avec lequel il fait route en direction de Brest où il arrive le 15.

Le 24 avril 1940 le gros de la Force de Raid appareille pour la Méditerranée. Ils arrivent à Oran le 27 attendant l'entrée en guerre imminente de l'Italie, ses navires étant placés à douze heures d'appareillage. Après une sortie générale d'entrainement du 9 au 11 mai, la 10ème DCT et la 4ème DC rallient Alger pour désengorger Oran.

A partir du 16 mai les navires sont à six puis à quatre heures d'appareillage. Le 31 mai la 8ème DCT (L'Indomptable Le Malin) appareille pour Alger et permute ainsi avec la 10ème DCT qui s'installe à Oran. Le Terrible est à nouveau échoué sur le dock flottant suite à de nombreuses vibrations à l'arrière.

Le 10 juin 1940 l'Italie déclare la guerre à la France et la Grande-Bretagne. Les contre-torpilleurs sont mis en alerte à 30 minutes d'appareillage dans la nuit du 10 au 11 mais aucune offensive n'est lancée côté français. Le Terrible lui n'est remis à flot que le 13 juin et disponible le 16.

Après une brève sortie de vérification en début d'après midi, il reprend la mer dans la soirée pour porter assistance à l'avis La Curieuse gravement endommagée après un abordage fatal au sous-marin.

Le 18 il participe avec la 10ème DCT à un raid à grande vitesse pour contrer d'éventuelles attaques sous-marines sur les routes empruntés par les navires qui évacuent des armes et du matériel en direction de l'Afrique du Nord mais hélas pas le gouvernement voulant continuer la lutte. Le navire est à nouveau indisponible suite à l'entrée d'eau de mer dans un condenseur qui est immédiatement démonté pour être nettoyé.

Le 22 juin 1940 l'armistice est signé à Rethondes. Il entre en vigueur le 25 juin à 00.35. Pour la Royale commence une période de doutes et de déchirements.

Le Terrible en guerre (2) : Armistice et attente
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Le Terrible à Toulon

Le 3 juillet 1940 les britanniques déclenchent la tristement célèbre opération CATAPULT pour neutraliser la marine française et l'empêcher de tomber aux mains de l'ennemi.

Ce jour-là Le Terrible est à Mers-El-Kebir où il à achevé ses réparations mais n'à pu rejoindre sa division à Alger car tout mouvement naval est interdit par l'Armistice. Il est pour cela versé provisoirement à la 6ème DCT.

Le 3 juillet à 7h le contre-torpilleur Le Terrible est au poste 2 mouillé de l'avant et l'arrière mouillé sur coffre. Il vient son tour d'alerte à 90 minutes entamé à 7h le 2 juillet. Il s'est alors mis à 6h d'appareillage. L'équipage s'attend à pouvoir profiter d'une journée tranquille mais à 08.30 on ordonne de prendre les dispositions de combat. A bord du Terrible on rentre les tentes et on rallume les feux.

Les contre-torpilleurs doivent se tenir prêts à appareiller. En cas de combat la 6ème DCT doit appareiller en premier pour engager les destroyers britanniques et ainsi couvrir la sortie des cuirassés de Mers-El-Kebir.

Ils gagnent pour cela le fond de la rade, un mouillage d'attente qui leur évita de gêner la manœuvre des cuirassés.

A 17.56 la force H ouvre le feu. Aussitôt Le Terrible en compagnie du Volta. Ils engagent les destroyers britanniques, le contre-torpilleur de classe Le Fantasque tirant 99 obus de 138mm mais sans coup au but uniquement des coups encadrants.

Un temps ils se préparent à attaquer la force H à la torpille mais ils sont rappelés pour protéger le Strasbourg qui est parvenu à s'échapper. Les navires échappés de Mers-El-Kebir mettent cap sur Alger pour retrouver les navires qui ont appareiller en fin d'après midi et dont la présence à sans nul doute contribué à la volonté des britanniques d'ouvrir le feu.

A 20.55 des avions britanniques attaquent le groupe du Strasbourg. Le Terrible en antenne sur tribord devant le croiseur de bataille tire 82 coups de 37mm, 564 coups de 13.2mm et 576 coups de 8mm. Le 4 juillet 1940 il arrive à Toulon.

A deux reprises (6 et 9 juillet) la force H semble vouloir achever la flotte française qu'elle soit à Mers-El-Kebir et Toulon. Pour éviter une nouvelle surprise un groupe de bâtiments rallie les salins d'Hyères en se mettant à 3h d'appareillage.

Le 31 juillet 1940 il entame à l'Arsenal de Toulon un grand carénage de trois mois et demi. Les travaux terminés Le Terrible appareille de Toulon le 11 février 1941 pour remplacer L'Audacieux mis hors de combat et éviter qu'avec le départ du Malin pour grand carénage à Toulon la 10ème DCT ne soit réduite au seul Fantasque.

Le contre-torpilleur n'à pourtant pas encore récupéré ses turbines de croisière ! Il fait escale à Oran du 12 au 14 février, escortant le convoi R-26 jusqu'à Casablanca où il fait relâche du 17 au 20. Il reprend la mer vers l'AOF en escorte d'un sous-marin arrivant à Dakar le 26 février 1941.

Le contre-torpilleur va s’entraîner avec le Fantasque et va également sortir à plusieurs reprises pour dissuader les britanniques d'arraisonner des navires français. Pour cette dernière mission un service d'alerte est mis en place avec les croiseurs et les contre-torpilleurs. Sur cinq jours des navires se tiennent à 6h d'appareillage pendant que les autres sont à 24h d'appareillage.

Du 20 au 24 juin 1941 Le Terrible est mis au bassin pour nettoyage de la carène. On constate alors un arrachement de la fausse-quille sur une dizaine de mètres en raison d'un travail de la coque en flexion longitudinale. Les 4 et 5 juillet 1941 il couvre avec Le Fantasque le convoi B-3 à destination de Cotonou. Le Terrible ouvre le feu contre un avion menaçant (14 coups de 37mm et 356 de 13.2mm). Le 11 juillet 1941 Le Malin ramène les turbines de croisière du Terrible mais il manque des pièces laissées en dépôt à l'Arsenal !

En octobre 1941 le contre-torpilleur Le Terrible entre à l'Arsenal de Dakar pour montage des turbines de croisière ce qui va permettre à sa consommation de mazout de revenir à niveau normal ce qui est d'autant plus important que les réserves sont contingentées. Il est cependant prévu qu'il rallie Oran pour un grand carénage.

Le 31 décembre 1941, le contre-torpilleur Le Terrible appareille de Dakar en escorte du convoi D-30. Il fait escale à Casablanca les 8 et 9 janvier, renforçant l'escorte du convoi K-21 jusqu'à Oran où il fait relâche du 12 au 14. Il prend en charge l'escorte du Belain d'Estambouc à destination de Marseille, les deux navires arrivant à Toulon le 16 janvier 1942 où il entre en carénage pour trois mois.

Les travaux vont durer en réalité jusqu'au 18 mai quand  il effectue une sortie de vérification en route libre dans l'après midi. Il quitte Toulon le 20 mai pour relever Le Malin à Dakar qui doit lui aussi entrer en grand carénage.

Il appareille en escorte de deux sous-marins dont un est destiné à Dakar. Ils font escale à Oran du 22 au 25 mai avant d'arriver à Casablanca le 27. Le contre-torpilleur reprend la mer le 8 juin en escorte des deux sous-marins avec lesquels il parvient à Dakar le 14 juin 1942. Ce retour se fait dans un contexte de pénurie extrême de mazout, pénurie compensée en juillet par l'arrivée comme nous l'avons vu du pétrolier Nivôse venu d'Indochine.

Je dis bien uniquement compensée car à l'automne 1942 l'activité des contre-torpilleurs de la 10ème DCT est réduite au strict minimum, l'entrainement se faisant sur rade au mouillage, les navires remorqués pour économiser le précieux carburant.

Alors que l'année s'achève il était prévu que Le Malin en carénage à Casablanca revienne à Dakar pour permettre le départ du Fantasque pour un carénage à Oran du 15 mars au 30 juin 1943.

L'opération TORCH va se charger de bouleverser le calendrier d'une marine française sur le point de reprendre la lutte après plus de deux ans à vivoter et à louvoyer entre les alliés et l'Axe.

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyMar 02 Juin 2020, 16:31

Le Terrible en guerre (3) : opération TORCH modernisation et retour au combat
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Le Terrible en 1942

Le 8 novembre 1942 donc les américano-britanniques attaquent l'Afrique du Nord, débarquant au Maroc et en Algérie pour faire de l'Afrique du Nord une base de départ solide en vue de futures opérations en Méditerranée et calmer l'impatience de Staline qui réclame à cor et à cris l'ouverture d'un deuxième front au point de faire mine de songer à une paix séparée avec les allemands.

A Dakar Le Terrible et Le Fantasque sont mis en alerte à 6h d'appareillage au cas où l'AOF serait elle aussi attaquée. Ils prennent leurs postes de dispersion mais n'appareillent pas ce qui les sauvent probablement puisqu'un sous-marin américain, le USS Blackfish (SS-221) était en maraude dans le secteur.

Le 23 novembre 1942 l'AOF rallie officiellement les alliés. Reste à savoir ce qu'il va advenir du Terrible. Par chance ce dernier va faire partie du petit nombre de navires français que les américains vont accepter de remettre et de moderniser en vue de leur réengagement au combat après deux ans et demi de quasi-inactivité.

Le 3 janvier 1943 des officiers de l'US Navy appartenant à la mission du contre-amiral Glassford visitent les deux navires pour lister les travaux nécessaires. Du 22 au 24 janvier il est mis au bassin pour nettoyage de la carène et débarquement du matériel obsolète et qui aurait été de toute façon remplacé aux Etats-Unis comme la DCA alors totalement dépassée.

Le 24 janvier 1943 il appareille en compagnie du Fantasque direction Casablanca arrivant à destination le 28. A la grande déception des équipages on apprend que les deux contre-torpilleurs vont être escortés et non escorteur du convoi avec lequel ils vont traverser l'Atlantique.

Ils appareillent le 1er février, la traversée même en escortés permettant aux contre-torpilleurs de s'initier aux procédures alliées. Le 13 février 1943 les deux contre-torpilleurs arrivent à New-York.

Ce n'est qu'une première étape puisque les travaux doivent être réalisés à Boston. L'escale se prolonge et des marins du Fantasque (14) et un marin du Terrible vont rallier les FNFL signe que la réconciliation des FNFL et de la Marine qu'on ne va pas tarder à appeler barbaresque va prendre du temps, les premiers reprochants au seconds leur inactivité et leur fidélité au Maréchal Pétain (ce qui n'est pas totalement faux) alors que les seconds reprochent aux premiers d'avoir déserté et d'être à la solde des anglais. Des bagarres opposeront marins des deux bords avant que les combats ne recréent une unité malmenée par les événements de juin 1940.

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Le Terrible à Boston le  21 février 1943

L'appareillage initialement prévu le 15 n'à finalement lieu que le 20 en raison du mauvais temps, les deux navires arrivant le lendemain 21 février 1943 à destination. Pour ce qui concerne Le Terrible les travaux vont l'immobiliser du 21 février au 22 mai 1943.

Après essais et modifications, le contre-torpilleur Le Terrible met cap sur les Antilles après le ralliement très tardif des Antilles au Comité Français de Libération Nationale (CFLN). Il est à la Martinique le 14 juillet et à la Guadeloupe le lendemain. Après être retourné à la Martinique il quitte les Antilles le 30 juillet, traverse l'Atlantique direction Dakar où il fait escale du 5 au 9 août avant de mettre cap sur Alger où il arrive le 15 août, retrouvant son sister-ship Le Fantasque qui était arrivé sur place directement des Etats-Unis le 25 juillet 1943.

Les deux contre-torpilleurs de la 10ème DCT sont mis à la disposition de la flotte de la Méditerranée et placés sous l'autorité du 12th Cruiser Squadron. Ils vont alterner entre Alger, Philippeville et Bizerte.

Il participe avec Le Fantasque au bombardement de la ville calabraise de Scaléa pour perturber le ravitaillement des troupes germano-italiennes en Sicile.

Le Terrible et Le Fantasque vont alors participer à l'opération AVALANCHE ou plutôt la couverture éloignée du débarquement de Salerne au sein de la force H, les alliés craignant une intervention de la Regia Marina qui possédait de beaux restes et qui pourrait être tenté par une sortie désespérée.

Il n'y aura pas d'intervention car l'Italie signe l'armistice de Casabile ce qui entraîne son changement de camp. Opérant avec le Warspite et le Valiant, Le Terrible va accueillir  à Bône une partie de la flotte italienne qui devait se rendre dans des ports sous contrôle allié.

Suite à l'annonce de l'armistice de Casabile, la Corse se soulève et la France décide de libérer l'île de Beauté ce que les alliés acceptent à condition que les moyens engagés soient uniquement français. A l'opération NORMAN de transport d'armes et de matériel va émerger l'opération VESUVE de libération de l'île.

Les deux contre-torpilleurs doivent effectuer plusieurs aller et retour, transport des munitions, de la nourriture et des troupes pour renforcer la Résistance corse et les troupes italiennes qui s'étaient ralliées.

La première rotation à lieu les 13 et 14 septembre mais au retour à Alger une inspection révèle une avarie d’ailette ce qui impose plusieurs semaines de réparations, les pièces cassées étant remplacées par des pièces prélevées sur L'Audacieux qui ne s'est jamais remis des avaries de Dakar et qui à finit sabordé à Bizerte par les allemands.

Le 28 septembre 1943 alors qu'il est toujours en travaux Le Terrible est reclassé croiseur léger et en conséquence la 10ème DCT devient la 10ème Division de Croiseurs Légers (10ème DCL).

Il réalise ses essais le 9 octobre 1943 mais ces derniers ne sont satisfaisants. Il est mis à sec sur le dock flottant le 14 octobre 1943. Il est remis à flot deux jours plus tard et avec Le Fantasque il rallie Gibraltar pour ravitaillement pour ensuite venir au devant du cuirassé Richelieu qui rentrait de sa refonte aux Etats-Unis en compagnie du HMS Active.

Le contact est pris le 17 pour rallier Mers-El-Kébir le 22 octobre 1943. Ils reprennent la mer le 30 en compagnie du HMS Tetcott direction Alger où il arrivent en fin de journée. Le 2 novembre Le Terrible est décoré de la Croix de guerre, le pavillon national de beaupré est remplacé par une flamme verte ornée de la croix de guerre.

Le 4 novembre 1943 Le Terrible et Le Fantasque reçoivent l'ordre de rallier Bizerte pour se ravitailler en munitions. Signe des temps et des opérations le parc de munitions est adapté. On passe de 800 perforants à but marin et 200 explosifs pour le tir contre la terre à 500 de chaque. Le combat naval est encore possible mais clairement on s'attend davantage à utiliser les croiseurs légers ex-contre-torpilleurs comme navires de bombardement littoral.

Le 8 novembre 1943 il assure avec Le Fantasque la protection anti-sous-marine du cuirassé Richelieu qui réalisait une école à feu de 380mm en baie d'Alger avant de l'escorter jusqu'à Mers-El-Kébir le 9.

Les anciens contre-torpilleurs sont clairement usés. L'état-major général demande le transfert de grands destroyers pour les remplacer mais les américains refusent officiellement en raison de l'absence de forces ennemies de haute-mer. Il y aura donc pas de Fletcher, d'Allen M. Summer ou de Gearing sous pavillon français.

En octobre et novembre 1943 Le Terrible va participer à des raids en mer Egée où les britanniques ont déployé des troupes. Ces dernières sont vigoureusement contre-attaquées par les allemands à partir du 26 septembre 1943. Opérant dans un ciel sous contrôle ennemi les forces navales alliées subissent de lourdes pertes.

Les 10 et 11 novembre 1943 les allemands attaquent les îles de Leros et Samos. Des renforts sont réclamés et la 10ème DCL est envoyée en urgence. Enfin en urgence c'est vite dit puisque les croiseurs légers partis d'Oran le 11 novembre 1943 et n'arrivent à Alexandrie le 14 novembre où les compagnies de débarquement douvent être mis à terre pour protéger le consultat de France menacé par des manifestants.....libanais qui protestent contre la répression d'une manifestation indépendantiste au Liban.

Ils doivent appareiller le 16 avec à leur bord 250 commandos britanniques et grecs mais la mission est annulée suite à la chute des îles où ils devaient débarquer.

Le 19 Le Terrible et Le Fantasque appareillent en compagnie du croiseur léger antiaérien Phoebe pour un raid en mer Egée afin de couvrir l'évacuation de Samos. Dix-huit Junkers Ju-88 attaquent les navires alliés, Le Terrible étant victime d'un coup à toucher, un appareil étant abattu par des tirs croisés.

Les trois navires se séparent alors, le croiseur britannique ralliant la Crète pendant que les deux croiseurs légers français pénètrent en mer Egée par le détroit de Scarpanto (qui sépare Scarpanto de Rhodes), soumis à une nouvelle attaque aérienne mais sans dommages pour Le Terrible. Deux avions sont abattus.

Le Terrible explore la zone entre les îles d'Amorgos et de Levithos pendant que Le Fantasque effectue une reconnaissance dans le canal de Mykonos. Les deux croiseurs légers ne trouvent rien et rallient le HMS Phoebe le 20 décembre 1943 avant de rallier Alexandrie dans l'après midi.

Après ravitaillement auprès du pétrolier Sagona, Le Terrible et Le Fantasque se mettent en alerte à 4h d'appareillage, le régime normal des destroyers britanniques en zone de guerre.

Ils appareillent le 23 novembre 1943 pour une mission de bombardement de Porto-Lago sur l'île de Leros. Ils sont accompagnés par le HMS Phoebe mais ne tardent pas à se séparer. La mission change avec un raid contre le trafic maritime ennemi entre la Crète et l'île de Rhodes. Ils ne trouvent rien, retrouvant le croiseur britannique avant de mettre cap sur Alexandrie.

Suite à des vibrations inquiétantes (qui imposèrent une baisse de la vitesse à 28 nœuds) Le Terrible est mis au sec pour inspection. Cette dernière révèle une hélice très corrodée et l'arbre bâbord serait à changer. Remis à flot le 4 décembre 1943 il est placé en alerte à 4h.

Les deux croiseurs légers quittent Alexandrie le 5 décembre 1943 pour Bizerte où ils arrivent deux jours plus tard. Le Terrible récupère à cette occasion une des hélices de L'Audacieux.

Ils reprennent la mer le 9 décembre 1943 direction Alger où ils arrivent le lendemain. Le Terrible est en travaux à partir du 11 décembre 1943 et doit être disponible le 5 janvier 1944. Il doit ensuite monter sur le dock flottant d'Oran le 7 pour remplacer son hélice bâbord. Comme les éléments fournis par L'Audacieux sont défectueux l'indisponibilité est prolongée d'un mois. Il est finalement disponible le 16 février 1944.

Le Terrible en guerre (4) : raids en Adriatique et débarquements en Méditerranée
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Le Terrible (D-611)

De février à avril 1944 les trois croiseurs légers de la 10ème DCL (Le Terrible Le Fantasque Lle Malin) vont enfin effectuer les missions pour lesquels ils ont été conçus à savoir l'attaque au canon et à la torpille des lignes de communication ennemies. Seulement ici il ne sera pas question de cacciatorpidiniere ou de incrociatori leggeri mais plutôt de cargos et de pétroliers escortés par des navires relevant de la poussière navale.

Leur engagement permet aux alliés d'envisager des raids y compris sous la menace aérienne de l'ennemi, leur vitesse supérieure à celle des destroyers de la Royal Navy leur permettant de se mettre rapidement hors de portée des bombardiers ennemis.

Le 22 février 1944 Le Terrible et Le Fantasque quittent Tarente pour rallier Brindisi puis Bari le 23 où ils sont placés en alerte à 4h d'appareillage (90 minutes de nuit) dans un port encombré d'épaves suite au bombardement le 2 décembre 1943 et qui avait marqué par des conséquences chimiques (présence de bombes au gaz moutarde sur le cargo John Harvey).

Le 27 ils reprennent la mer en direction de Manfredonia, un mouillage situé à une centaine de kilomètres au nord de Bari. La première patrouille est infructueuse, les deux navires rentrant le 28.

Le même jour à 12.30 les trois croiseurs légers appareillent. Si ses sister-ship partent en raid, Le Terrible rallie Brindisi pour se ravitailler avant de rentrer à Manfredonia le 29, le même jour que Le Malin, Le Fantasque rallie Brindisi pour se ravitailler.

Peu après Le Terrible et Le Malin appareillent pour une troisième patrouille. A 21.34 contact radar dans le 295 à 17000m des deux ex-contre-torpilleurs. Ce contact est un convoi composé de deux torpilleurs, deux vedettes et un cargo. Les deux navires français ouvrent le feu à 21.44 désemparant le cargo et le torpilleur de tête.

Le tir ennemi se fait encadra, les deux croiseurs légers lançant une torpille, celle du Terrible contre le cargo stoppé, celle du Malin contre une vedette qui semble exploser. Le feu est suspendu à 22.38, la division se repliant au sud-est à 22.54, la traversée se faisant sans incidents avec la réception de nombreuses messages de félicitation.

Après guerre on apprendra que ce convoi Tarente-Le Pirée à été très malmené. Le cargo Kapitän Diederischsen à été coulé au canon par Le Terrible, le torpilleur TA-37 en avarie de machine à du être remorqué à Pola. La corvette Uj-201 gravement endommagée, les autres navires (TA-36,Uj-205 et trois R-Boote _R-188,R-190 et R-191_) sont légèrement atteints.

Le 2 mars 1944 vers 14.00, Le Terrible et Le Fantasque appareillent pour un raid dans le Golfe de Venise mais le convoi visé n'ayant pas appareillé la mission est annulée et les deux croiseurs légers font demi-tour direction Manfredonia. Ils rallient Bari pour se ravitailler le lendemain.

Le 4 mars 1944, Le Terrible et Le Fantasque appareillent pour une patrouille sur les côtes dalmates.

Vers minuit ils sont à la hauteur de Pola puis pénètrent dans le golfe de Trieste. A 01.00 des fusées rouges sont tirées depuis la terre. C'est un signal d' alerte ennemi et les deux croiseurs légers se replient à Tarente à 22.30 où ils sont rejoints par Le Malin.

Le 7 mars 1944 la 10ème DCL sort pour entrainement. Si Le Malin rallie Oran, Le Terrible et Le Fantasque mettent cap sur l'île de Zanthe pour détruire les navires d'un convoi en formation à Zakynthos.

Ils arrivent sur zone à 1h le 8 mars 1944. Pendant que Le Terrible effectue la veille aérienne au radar à 1000m derrière Le Fantasque qui tire des obus éclairants qui illuminent un port.....vide.

Quelques obus de 138.6mm sont tirés sur la jetée ce qui entraîne la riposte des batteries côtières, les deux navires se repliant à Tarente pour une semaine de repos.

Le Terrible et Le Fantasque appareillent le 13 mars 1944 pour Manfredonia, arrivant à destination le lendemain matin. Une avarie de machine rend la mission impossible. La 10ème DCL appareille le 15. Deux navires sont repérés au large de Lissa mais il s'agit de navires ravitaillant les partisans qui émettent les signaux connus. Aucun contact avec l'ennemi, les croiseurs légers rallient Brindisi le 16.

Le 18 mars 1944 Le Terrible et Le Fantasque appareillent à nouveau pour un raid sur la côte ouest du Péloponnèse dans le Golfe de Katakola où doit passer un convoi allemand.

Ils entrent dans le Golfe vers 22.30 par le sud. Un contact radar est enregistré à 12000m dans son 80. Il viennent à droit à 27 nœuds on tire des obus éclairants à 0.32. L'ennemi se croyant repéré ouvre le feu.

Le Terrible touche et incendie un petit cargo. A 0.49 ils engagent de petits navires qui ripostent mais finissent par se replier, l'un d'eux émettant une épaisse fumée noire. A 01.05, un chaland de munitions est touché et explose. Les deux croiseurs légers français se replient à 01.09.

Les deux chalands type Siebel SF-273 et SF-274 sont coulés, les SF-270 et F-124 désemparés sont achevés par l'aviation. Les deux croiseurs légers rallient directement Malte à 35 nœuds pour permettre au Fantasque de faire hospitaliser ses blessés.

Le 20 mars ils appareillent avec 500 marins britanniques pour un croiseur du 12th CS en réparations à Tarente. Ils arrivent le lendemain.

Après une semaine de repos, ils rallient Manfredonia mais les reconnaissances aériennes ne signalent aucune cible. Le 31, le duo Terrible/Fantasque est relevé par des destroyers britanniques avant de mettre cap sur Bizerte pour un petit carénage.

Les tubes des canons de 138.6mm sont usés mais leur remplacement est difficile. Il faut donc les faire durer : charges réduites, tirs à cadence limitée sauf si cela est nécessaire.

Le 16 avril 1944, les trois croiseurs légers de la 10ème DCL est au complet à Bizerte. Le Terrible et Le Malin appareillent pour Alexandrie, arrivant à destination deux jours plus tard. Le Fantasque retardé par un problème de chaudière quitte la Tunisie le 19 et arrive dans le grand port égyptien deux jours plus tard.

Le Terrible et Le Malin appareillent le 24 avril mais le convoi est encore au port, la mission est annulée et les deux croiseurs légers rentrent à Alexandrie dans la foulée.

Le lendemain les deux navires appareillent. Cette fois le convoi est bien à la mer mais Le Malin doit faire demi-tour sur Alexandrie suite à des problèmes techniques. Le Terrible le suit quelques heures plus tard, le convoi probablement averti à fait demi-tour. Même situation avec le Fantasque le 27 avril alors que la mission prévue le 30 avril est annulée suite à un problème technique survenu Le Terrible.

La division connait alors une période de repos mais repos ne veut pas dire inactivité puisque la 10ème DCL sort les 11 et 19 mai pour un entrainement divisionnaire.

Trois jours plus tard le 22 mai 1944, la 10ème DCL au grand complet sort pour attaquer un convoi en formation à Salamine mais encore une fois le convoi est toujours au port. La mission est reportée et cette situation va perdurer jusqu'au 26.

La 10ème DCL intègre la TF-55 en compagnie du HMS Phoebe et du HMS Kimberley. Après un premier appareillage avorté le 26 au matin, la Task Force 55 appareille dans l'après midi dans une mer grosse. La TF-55 fait demi-tour et même chose le 28 mai.

La météo à provoqué de graves avaries sur Le Terrible et Le Malin. Le Terrible et Le Fantasque quittent Alexandrie le 6 juin 1944 pour Bizerte rejoints trois jours plus tôt par le Malin. Après des réparations ils quittent la Tunisie le 13 juin pour un raid contre le cabotage allemand sur les côtes grecques mais aucun contact avec l'ennemi.

Arrivés à Manfredonia le 15 juin, Le Terrible et Le Fantasque appareillent le lendemain pour un raid entre les îles d'Istrie. Deux échos sont repérés à 8400 et 11500m avec quatre dragueurs et deux cargos.

Ils ouvrent le feu à 0.58 avec les canons de 20, de 40 et de 138.6mm. Deux vedettes sont détruites, le convoi se retrouvant ensuite sur l'arrière ce qui impose aux croiseurs légers de manœuvrer pour continuer le tir. Un transport de carburant est embrasé par trois obus du Terrible. Les batteries côtières entrent en action et les deux croiseurs légers rompent le contact à 01.32. Au lever du jour l'aviation alliée couvre les croiseurs légers pour leur permettre de rallier Tarente en toute sécurité le 17 juin 1944.

Une enquête ultérieure à montré que ce convoi Fiume-Pola à perdu le transport d'essence Giuliana mais les quatre R-Boote dont deux remorquant un chaland d'essence s'en sont tirés.

Après un court raid les 24 et 25, les deux croiseurs légers rallient Bizerte pour ravitaillement et entretien. Le Terrible n'est disponible que le 12 août 1944 car comme souvent les réparations ont été plus longue que prévus sur des navires usés par un service intensif et dont les pièces détachées manquent.

Le 13 août 1944 la 10ème DCL appareille pour participer à l'opération DRAGOON, le débarquement de Provence. Elle intègre le TG-85.12, le groupe d'appui-feu de la TF-85 et chargé d'appuyer la 45ème DI américaine. Celle-ci doit débarquer dans la zone d'assaut DELTA. Si le duo Fantasque/Malin opère dans le Golfe de Saint-Tropez, Le Terrible lui opère près de Fréjus.

Les croiseurs légers ouvrent le feu à 06.55, Le Terrible tirant soixante coups. Dès la fin du «D-Day» le 15 août 1944, les positions ennemies sont hors de portée des canons de 138.6mm mais contrairement à la Normandie les flancs toujours contrôlés par l'ennemi doivent être sécurisés.

Voilà pourquoi les navires alliés vont avoir du boulot dans les jours et les semaines qui suivent le deuxième débarquement réalisé en Europe de l'Ouest (et qui initialement aurait du se tenir en même temps mais cela n'avait pu se faire pour des raisons logistiques).

Durant la nuit les trois croiseurs légers prennent leurs postes de protection contre les sous-marins ce qui signifie en pratique qu'ils vont croiser à 12 nœuds entre la Corse et le continent. Aucun tir n'est réalisé le 16 et le 17 le dispositif d'assaut est dissous, Le Terrible et ses compères de la 10ème DCL ralliant la baie de Propriano en Corse. Le 18 ils patrouillent de 3h à 8h du matin dans le Golfe de Valinco suite au signalement d'un sous-marin.

Les croiseurs légers assurent ensuite une mission de couverture des troupes au sol même si Le Terrible n'est de retour que le 29. Du 30 août au 2 septembre 1944, la 10ème DCL mouille dans le golfe de Saint-Tropez.

Le Terrible et Le Fantasque arrivent à Ajaccio le 2, mazoutent et se ravitaillent le lendemain. Ils quittent définitivement la Provence le 5 septembre 1944, sont à Naples du 5 au 6 avant d'arriver à Bizerte le 7.

Ces derniers quittent Bizerte le lendemain pour arriver à Alexandrie le 10. Si Le Fantasque passe rapidement sur le dock flottant pour réparer le projecteur Asdic, Le Terrible rallie immédiatement Port-Saïd pour accueillir le cuirassé Richelieu qui rentrait d'Extrême-Orient après sa première vraie campagne de guerre.

Le Terrible et Le Fantasque vont s’entraîner en compagnie du Richelieu avant de l'accompagner jusqu'à Alger où ils arrivent le 23. Une semaine plus tard les deux croiseurs légers rallient Toulon arrivant à destination le 1er octobre 1944.

Le Terrible accompagne le Richelieu vers Casablanca, les deux navires appareillant le 7 et y faisant escale du 10 au 22 octobre. Le Terrible se ravitaille à Oran le 24 avant d'escorter le Lorraine avec lequel il arrive à Toulon le 26. Le Terrible est ensuite en petit carénage normal jusqu'au 15 novembre 1944.

Le Terrible quitte Toulon le 12 décembre 1944 direction Alger pour une escale de ravitaillement avec de rallier Bizerte le 14 pour y attendre la disponibilité du Malin. Les deux croiseurs légers appareillent le 21 pour la France embarquant trente permissionnaires du Fantasque alors immobilisé pour grand carénage. Ils rallient ensuite Malte le 22 puis Naples le 24, intégrant la Flank Force.

Cette affectation va être symbolique puisque le 25 décembre 1944 Le Terrible entre en collision avec le Malin. Ce dernier le percute sur son bâbord avec un angle de 60° environ au couple 33 soit à la hauteur des tubes lance-torpilles. Les dégâts sont très importants. La collision à fait 70 morts et disparus.

La collision se produit à 17.40 alors que la nuit est tombée. Le Malin détruit d'abord la tourelle lance-torpilles bâbord du Terrible et successivement détruit tout jusqu'au canon n°3, arasant les superstructures, détruisant l'affût de 40mm n°2, abattant la cheminée arrière, détruisant un côté du rouf milieu avec l'Oerlikon n°6 et la baignoire de l'Oerlikon n°8.

La coque est gravement enfoncée sur une longueur de 27m et sur une largeur de 4m avec des brèches importantes qui entraînent le noyage de la tranche H (chaufferie arrière) et la tranche I (machine bâbord), la ligne d'arbre bâbord est entièrement arrachée.

Le Terrible manque de sombrer mais la situation est rapidement contrôlé en faisant basculer les réserves de mazout pour permettre au navire de se mettre à la bande sur tribord et ainsi placer les brèches au dessus de la flottaison. L'eau rentre moins vite et les puissants moyens de refoulement étalent rapidement et stabilisent le navire qui à 20.50 avec tout de même 20° de gite mais cap sur Naples où il arrive le lendemain.

Il est au bassin du 29 décembre 1944 au 15 janvier 1945 pour la mise en place d'un batardeau en ciment sur la brèche principale et pour des réparations sommaires. Pour notre croiseur léger, notre ex-contre-torpilleur, la seconde guerre mondiale est terminée même si il ne le sait pas encore à l'époque.

Crépuscule
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_50
Le Terrible (D-611) (bis)

Les travaux menés à Naples sont terminés le 21. Le 23 il appareille pour Bizerte où il arrive le lendemain pour des réparations définitives.

Celles-ci vont durer près d'un an puisqu'il n'est remis en service que le 1er janvier 1946. Après essais et ultimes modifications il rentre à Toulon le 26 avril 1946. En mai il réalise une croisière arctique avec son sister-ship Le Malin, les deux croiseurs légers se rendant jusqu'à Narvik.

Le 1er janvier 1947, la 10ème DCL forme le Groupe des Croiseurs en compagnie de la 4ème DC qui regroupe les 7600 tonnes survivants (Georges Leygues Montcalm La Gloire). D'avril à juillet 1947 il réalise une série d'exercice avec le Malin.

Le 1er janvier 1948 la 10ème DCL devient la 1ère DCL et entre avril et juillet 1948 il s’entraîne avec son sister-ship Le Triomphant (A l'époque sur les quatre navires de la 1ère DCL deux seulement sont armés, les autres étant en réserve).

Placé en disponibilité armée le 12 juillet 1948, Le Terrible arrive à Bizerte le 27 avril 1949 et il est mis en réserve le 15 mars 1950.

Il est refondu du 1er mai 1952 au 10 avril 1953 en vue de remplacer son sister-ship Malin comme escorteur de porte-avions. Il effectue une croisière en Méditerranée orientale fin mai et début juin avant d'accompagner les porte-avions en service dans la marine française que ce soit le La Fayette (juin 1953 à février 1954 et de septembre 1954 à février 1955), le Bois Belleau (février à août 1954) et l'Arromanches (février à août 1955).

Arrivé à Brest le 28 août 1955, il y est désarmé le 1er septembre. Il devient alors l'annexe de l'Ecole Navale au Poulmic.

Placé en réserve spéciale le 1er décembre 1956, il est rayé des registres le 29 juin 1962 et démantelé à Brest en 1963.

A SUIVRE

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Le Triomphant
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Le contre-torpilleur Le Triomphant à Bordeaux le 25 juin 1937

Présentation
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Le contre-torpilleur Le Triomphant est quasiment achevé quand il est lancé
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-Le Triomphant est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) sis à Dunkerque le 28 août 1931 lancé quasiment achevé (88%) le 16 avril 1934 et armé pour essais le 1er juillet 1934.  

Il quitte Dunkerque le 18 septembre 1934 direction Lorient et doit effectuer l'essai de présentation en recette en cours de route mais victime de très fortes vibrations il est ramené par précautions à Dunkerque. L'ouverture de la turbine met en évidence des ruptures d'aillettage dont les réparations durent près de quatre mois.

Il effectue enfin son essai de présentation en recette le 29 janvier 1935 avant de réaliser ses essais officiels se déroulent normalement du 31 janvier au 5 mars 1935. Ce jour là lors de l'essai à puissance maximale normale (PMN) au bout de plusieurs heures de marche, il ressent de très fortes vibrations dans la turbine BP (Basse Pression) de la machine tribord.

C'est sur une ligne d'arbre qu'il rentre au mouillage sous Groix. Il est ensuite remorqué à Lorient où une inspection montre la destruction du tambour d'équilibrage de la turbine de marche arrière intégrée à la turbine BP. L'ensemble est débarqué et renvoyé au constructeur (Fives Lille) pour six mois en réparations.

Il sort à la mer le 28 septembre 1935 pour une sortie de vérification après réparations de sa turbine BP tribord. Son programme d'essais officiels reprend le 15 octobre, les premières sorties étant perturbées par l'état de la mer.

Le 26 novembre 1935 il réalise son essai de 8h à la Puissance Maximale Normale (PMN). A un déplacement inconnu il développe 95522ch (395 tours d'hélice à la minute) lui permettant d'atteindre la vitesse de 42.12 nœuds. Lors de la 9h, il développe 98529ch (409 tours d'hélice à la minute) ce qui lui permet d'atteindre la vitesse de 43.12 nœuds.

Sans autres problèmes au cours des essais, il les achèvent au début du mois de décembre et entre en démontages le 19. Il rentre en armement définitif le 31 décembre 1935. Il termine ses remontages et le remplacement des sous-sellettes de l'artillerie principale le 16 mars. Il effectue de nouveaux essais de vérification les 3 et 7 avril.

Le contre-torpilleur Le Triomphant effectue deux brefs séjours à Brest du 30 avril au 4 mai puis du 11 au 14 mai notamment pour embarquer ses approvisionnements en munitions d'artillerie. Il rentre ensuite à Lorient pour préparer sa traversée de longue durée.

La clôture d'armement est prononcée le 6 juin 1936. Il appareille de Lorient pour Brest où il embarque ses torpilles puis appareille le soir même direction le Maroc, profitant du transit pour réaliser ses essais de consommation.

Il arrive à Casablanca le 9 y restant jusqu'au 15 quand il appareille pour Alger où il effectue d'ultimes essais ainsi que des exercices de conduite de tir. Il fait escale dans la future capitale de l'Algérie du 16 au 21, se ravitaille à Bizerte du 22 au 25 puis rallie cet Orient qu'un grand homme encore à l'époque simple lieutenant-colonel qualifia de «compliqué», faisant escale à Beyrouth du 28 juin au 3 juillet, l'équipage bénéficiant d'excursions jusqu'à Damas.

Il traverse dans une mer très dure la Méditerranée de la Crète à la Sicile. Heureusement le temps s'améliore et le contre-torpilleur rallie Mers-El-Kebir le 6 juillet dans l'après midi. Le lendemain il rallie Oran pour une escale de détente de trois jours. Il appareille le 10 juillet 1936 pour Lorient, la traversée du Golfe de Gascogne arrivant à destination le 13. Il vient de parcourir 7000 miles nautiques. Le 23 juillet 1936 il quitte définitivement son port d'armement pour Brest.

Le contre-torpilleur Le Triomphant est admis au service actif le 24 juillet 1936. Il est affecté au groupe des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre formant la 8ème DL en compagnie de ses sister-ship L'Indomptable et Le Malin.

Le cinquième contre-torpilleur de classe Le Fantasque est le sixième navire à porter ce nom au sein de la Royale, le premier de l'ère «acier/vapeur» puisque ces cinq prédécesseurs appartenaient tous à l'ère «bois/voile».

On trouve successivement un navire en service de 1667 à 1689 (rebaptisé Le Constant en 1678), une vaisseau en service de 1675 à sa destruction en 1692 (connu sous le nom de Le Constant en 1678), un vaisseau en service de 1693 à 1720, un vaisseau en service de 1778 à 1793, un corsaire en service en 1797 et un vaisseau en service de 1809 à 1821.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Classe55
Sous-marin nucléaire lanceur d'engins type Le Triomphant

Depuis un septième navire à été baptisé de ce nom en l’occurrence un sous-marin nucléaire lanceur d'engins de classe Le Triomphant en service depuis le 21 mars 1997

Carrière opérationnelle

Premières années (1936-1939)
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_54
Le Triomphant à Beyrouth en juin 1936 en compagnie de l'aviso colonial D'Iberville

La 8ème DL est officiellement constituée le 1er octobre avec L'Indomptable, Le Malin et Le Triomphant. Avec la 10ème DL (Le Fantasque L'Audacieux Le Terrible) et la 6ème DL (Milan Epervier), il appartient à la 2ème Escadre légère (ex-groupe des contre-torpilleurs) qui dépend de l'Escadre de l'Atlantique (changement de nom de la 2ème Escadre le 15 août 1936).

Du 15 au 19 octobre 1936 l'Escadre de l'Atlantique participe à une sortie générale,Le Triomphant étant provisoirement le navire-amiral de la 2ème Escadre légère en raison de l'indisponibilité de l'Emile Bertin.

Du 18 novembre au 30 décembre 1936 il est immobilisé à l'Arsenal de Lorient pour les visites de fin de garantie.

Le 15 janvier 1937 l'Escadre de l'Atlantique appareille au grand complet pour une série d'exercices et de manœuvres dans l'Atlantique jusqu'au 26 février. Les exercices alternent avec des escales à Casablanca, à Dakar et à Conakry.

Le Triomphant victime d'une avarie ne quitte Casablanca le 24 janvier soit trois jours après les autres navires. La traversée retour entre Casablanca et Brest se fait dans une météo difficile qui oblige les contre-torpilleurs à réduire leur vitesse à 15 nœuds.

Le 19 mars 1937 il entre à l'Arsenal de Lorient pour son premier grand carénage.Durant cette période les Divisions Légères (DL) deviennent des Divisions de Croiseurs (DC)  ou des Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT) (12 avril 1937).

Le Triomphant est disponible le 12 mai appareille le lendemain de Lorient direction Brest et arrive le lendemain. Il retrouve ses compères de la 8ème DL et la division s'entraine les 19 et 20 mai 1937 en mer d'Iroise.

Du 23 mai au 9 juin 1937  Le Triomphant participe avec les autres unités de la 2ème EL et de l'Escadre de l'Atlantique à des manœuvres dans le Golfe de Gascogne contre l'Escadre de la Méditerranée.

Le 18 juin il appareille pour relever le sous-marin Casabianca dans la zone de contrôle de la Galice, croisant au large des côtes espagnoles jusqu'au 25 avant de faire route vers Bordeaux où il fait escale pour représenter la Marine à la foire internationale du 25 au 26 avant de rentrer le lendemain à Brest pour un ravitaillement rapide.

Le 26 juin dans l'après midi, les contre-torpilleurs Le Triomphant et L'Indomptable appareillent de Brest et rallient La Pallice où ils font escale du 27 au 30. Ils vont alors mouiller en rade de Royan et si L'Indomptable croise dans les eaux espagnoles du 3 au 7 avant de rentrer à Brest le 8, son sister-ship après ravitaillement retourne à La Pallice, patrouille devant Santander du 8 au 12 avant de rentrer le lendemain à Brest.

Le 11 août 1937 les trois contre-torpilleurs de la 8ème DCT (L'Indomptable Le Malin Le Triomphant) rallient Lorient où ils entament le 15 pour un grand carénage accéléré en vue de leur disponibilité au plus près du 1er octobre 1937, début de l'année d'instruction 1937/38.

Les réparations achevées, Le Triomphant et ses compères de la 8ème DCT quittent Lorient pour Brest le 25 octobre arrivant à destination le lendemain. Une sortie de vérification est réalisée les 28 et 29 octobre au large de Brest.

Le contre-torpilleur Le Triomphant appareille le 6 novembre en escorte du sous-marin espagnol C-2 réfugié à Brest en avaries et qui va réparer à Saint-Nazaire.

Du 15 au 26 février 1938 il subit un petit carénage à l'Arsenal de Lorient. Le 23 mars, les contre-torpilleurs Le Triomphant L'Indomptable et Le Malin appareillent de Brest en compagnie de deux divisions de torpilleurs pour participer au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM). Ce détachement va durer cinq mois jusqu'en août, la division rentrant à Brest le 27 août.

Le 1er septembre 1938, les trois contre-torpilleurs de la 8ème DCT rallient Lorient pour un carénage de deux mois. Ils rallient Brest le 17 novembre et sortent à partir du 22 en compagnie du Béarn, rentrant à Brest le 29 après un week-end passé à Port Haliguen.

Le 19 mars 1939 Le Triomphant appareille avec les autres navires de sa classe pour accompagner le président Lebrun en visite officielle en Grande-Bretagne. Les six contre-torpilleurs mouillent ) Cherbourg dans l'après midi. La 2ème Escadre légère arrive à Boulogne le 20 et le lendemain matin arrivent à Calais.

Ils vont accompagner la malle transmanche Côte d'Azur jusqu'aux limites des eaux territoriales françaises avant de laisser l'escorte à des destroyers britanniques. La 8ème DCT rallie directement Cherbourg avant de reprendre la mer le 23 direction Brest.

Le 31 mars 1939 Le Triomphant et ses compères de la 8ème DCT arrivent à l'Arsenal de Lorient pour un petit carénage. Les réparations achevées, les trois lévriers des mers rallient Brest le 17 avril avant d'appareiller pour la Méditerranée le 25 avril 1939 alors que l'invasion italienne de l'Albanie (7 au 12 avril) fait craindre un nouveau conflit en Europe.

Durant ce déploiement les deux divisions sont organiquement rattachées aux Forces légères d'attaque concentrées en Méditerranée.

La 2ème EL quitte Bizerte le 19 mai direction Casablanca où l'Escadre arrive le 22 pour quelques jours de repos.

Elle reprend la mer le 30 mai direction Brest où elle arrive le 2 juin, le transit étant l'occasion de nombreux exercices pour compenser le retard pris en raison de ce nouveau déploiement méditerranéen.

Le Triomphant appareille seul de Brest le vendredi 9 juin 1939 pour Rouen où il séjourne le samedi matin à l'occasion des fêtes de la jeunesse présidée par le ministre de la Marine César Campinchi.

Le 10 juin les forces navales métropolitaines sont réorganisées. L'Escadre de l'Atlantique prend l’appellation de 1ère Escadre formant avec une 5ème Escadre (destinée à l'instruction) et basée à Lorient une Flotte de l'Atlantique. C'est une organisation du temps de paix, en cas de guerre l'organisation doit être différente.

Le 14 juin, le contre-torpilleur Le Triomphant appareille de Rouen pour retrouver en baie de Seine le reste de la 2ème Escadre légère venue directement de Brest. Après des exercices, les navires mouillent à Cherbourg pour la nuit avant de réaliser de nouveaux exercices jusqu'au 16 quand la 8ème DCT remonte La Seine jusqu'à Rouen alors que la 10ème DCT fait escale au Havre. La 2ème EL appareille le 20 mais le brouillard annule la revue navale prévue et les contre-torpilleurs rentrent à Brest le 21.

Le 18 août 1939, Le Triomphant rentre à l'Arsenal de Lorient pour achever les réparations interrompues en avril. Les travaux sont accélérés suite au début de la crise de Dantzig qui allait conduire à la seconde guerre mondiale. Les contre-torpilleurs sont ainsi disponible le 31 août 1939, Le Triomphant ralliant Brest la veille.

Le 1er septembre 1939 l'Allemagne envahit la Pologne. Deux jours plus tard la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre. C'est le début d'un conflit de près de six ans qui allait faire 60 millions de morts et qui allait provoquer de sérieux remous pour la Royale.

Le Triomphant en guerre (1) : Campagne de guerre (1939-1940)
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_55
Le Triomphant en Manche le 9 novembre 1938

Le 4 septembre 1939 les contre-torpilleurs de la 8ème DCT interceptent le paquebot Bremen qui est autorisé à repartir car il transporte des civils. Le lendemain le cargo Bosnia est attaqué par un sous-marin mais Le Triomphant et ses compères de division qui patrouillent sur zone ne trouvent rien. Le 28 septembre la division couvre le convoi BC-6 formé dans le canal de Bristol et ayant pour direction Saint-Nazaire et les 4 et 5 octobre même chose pour le convoi BC-8.

Début octobre les forces maritimes françaises prennent leur organisation du temps de guerre. La Flotte de l'Atlantique met ainsi sur pied la Force de Raid avec les navires les plus modernes, les plus rapides et les plus véloces. Naturellement Le Triomphant et ses cinq sister-ship en font partie.

Si la Force de Raid est la force d'intervention, il faut une force de patrouille et d'escorte. Ce sera les  Forces Maritimes de l'Ouest (FMO).

Le 17 octobre 1939 le contre-torpilleur Le Triomphant appareille de Brest pour secourir les rescapés d'un des bâtiments du convoi britannique HG-3 venant de Gibraltar direction le Royaume-Uni.

Il arrive au contact du convoi le lendemain et repère un sous-marin en surface à 12600m. Il disparaît de la surface après le tir de quatre obus de 138.6mm. Un deuxième sous-marin est alors repéré et Le Triomphant ouvre à nouveau le feu encadrant le sous-marin peu avant que ce dernier ne plonge.

Dépourvu d'appareil d'écoute le contre-torpilleur refuse de grenader à l'estime. Après avoir aidé à reformer le convoi et après avoir été relevé par des destroyers britanniques, le contre-torpilleur rentre à Brest le 20.

Les 27 et 28 octobre 1939 Le Triomphant et ses compères L'Indomptable et Le Malin manœuvrent avec le croiseur de bataille Dunkerque en mer d'Iroise le 27 et en baie de Douarnenez le lendemain, les exercices étant l'occasion d'expérimenter le ravitaillement à la mer.

Le 23 novembre 1939 la 8ème DCT appareille de Brest pour renforcer l'escorte du croiseur de bataille Strasbourg de retour de Dakar après son détachement au sein de la force X. La prise de contact doit se faire au large du Portugal.

La traversée du Golfe de Gascogne se fait dans une mer déchaînée ce qui provoque des dégâts sur les contre-torpilleurs. Sur Le Triomphant une énorme lame reçue par l'arrière a arraché les gardes-corps,enfoncé des cloisons légères de superstructures sur le rouf arrière et déformé le masque de la pièce n°5 de 138mm qui est bloquée au pointage.

Le temps redevient plus maniable le 25 et les contre-torpilleurs mettent cap sur le point de rendez-vous, L'Indomptable devant se détourner pour porter assistance à un navire attaqué par un sous-marin au canon ne retrouvant ses deux sister-ship qu'en fin de journée alors que Le Triomphant et Le Malin ont déjà pris contact.

Arrivé à proximité de Brest la petite escadre est dérouté vers Quiberon en raison d'un risque de mines dans le goulet. Les contre-torpilleurs sont à Lorient le 28 novembre 1939 pour inspection des dégâts. Des réparations de fortune sont effectuées et la division rentre à Brest le 29.

Si les dégâts du Malin et de l'Indomptable imposent des réparations ceux du Triomphant sont plus légers et le navire reste disponible. En l'absence de ses sister-ship, il est provisoirement amateloté à la 10ème DCT où il remplace L'Audacieux qui est indisponible pour plusieurs mois.

Le 1er décembre 1939 le contre-torpilleur Le Triomphant appareille en compagnie de trois contre-torpilleurs en renfort d'escorte du groupe Dunkerque. Ce dernier rentrait d'une patrouille dans l'Atlantique.

Le ralliement intervint dans la matinée du lendemain. En fin de journée, Le Triomphant assure l'escorte du croiseur léger Montcalm qui doit être caréné à Cherbourg. Le 4 décembre il prend en escorte le croiseur léger La Gloire qui venait d'être caréné à Cherbourg et rentrait à Brest, les deux navires arrivant à destination le 5.

Le 11 décembre 1939, les contre-torpilleurs Le Triomphant et Le Terrible appareillent de Brest avec trois autres contre-torpilleurs en l’occurrence les Mogador Volta et Valmy. Ils doivent assurer l'escorte du croiseur de bataille Dunkerque et du croiseur léger La Gloire qui transportaient de l'or au Canada pour le mettre à l'abri de la guerre et pour garantir le paiement des achats d'armes effectués auprès des américains.

Le croiseur de bataille et le croiseur léger quittent leurs protecteurs le 13, Le Triomphant et Le Terrible effectuant une boucle dans le Golfe de Gascogne pour retrouver deux cargos allemands qui auraient appareillé de Vigo. Cette recherche ne donnant rien, les contre-torpilleurs rentrent à Brest le 15 décembre 1939.

Le 26 décembre 1939, les contre-torpilleurs Le Triomphant Le Fantasque et Le Terrible quittent Brest pour assurer l'escorte du Dunkerque et de La Gloire rentrés du Canada.

Ils attendent à Belfast en Irlande du Nord les 27 et 28. Ils reprennent alors la mer pour gagner le point de ralliement convenu dans l'ouest de la baie de Donegal. Le contact à lieu le 29 ce qui permet de donner liberté de manœuvre à trois destroyers britanniques en escorte. Ils rentrent le lendemain à Brest.

Le 3 février 1940, le contre-torpilleur Le Triomphant appareille de Brest en renfort d'escorte pour l'arrivée du Montcalm qui rentrait de son carénage à Cherbourg.

La disponibilité de plusieurs contre-torpilleurs permet de mettre en place un système d'alerte avec un contre-torpilleur en alerte à six heures d'appareillage, un contre-torpilleur dit de première partance est en alerte à douze heures d'appareillage devenant le contre-torpilleur d'alerte en cas d'appareillage du titulaire précédent du poste.

Logiquement le contre-torpilleur de deuxième partance en alerte à 24h d'appareillage passe en première partance en cas d'appareillage du contre-torpilleur de première partance ou si ce dernier devient contre-torpilleur d'alerte.

Le 11 février 1940, le contre-torpilleur Le Triomphant appareille pour patrouiller dans la région de Vigo suite à l'appareillage de plusieurs cargos allemands la nuit précédente. Il patrouille sur les côtes de Galice jusqu'au 14 et rentre à Brest le lendemain.

La 8ème DCT et Le Terrible appareillent avec la force de Raid le 2 avril direction la Méditerranée pour faire face au changement d'attitude d'une Italie «non-belligérante» depuis septembre 1939.

Une fois là bas la Force de Raid doit y passer deux semaines en «attente stratégique» avant de faire une croisière en direction de Dakar avant soit de rallier Brest ou Mers-El-Kebir. Elle arrive le 5 avril mais dès le 9 suite à l'invasion du Danemark et de la Norvège par les allemands (opération Weserübung), elle est rappelée dans l'Atlantique et rentre à Brest le 12.

Le 16 avril 1940, les trois contre-torpilleurs de la 8ème DCT sont mis à la disposition de l'Amirauté britannique pour mener des raids dans les eaux norvégiennes.

Le Triomphant, L'Indomptable et Le Malin quittent Brest le 16 avril pour Cherbourg, sont démagnétisés dans la forme du Homet les 17 et 18 avant d'appareiller le 18 au soir direction la rades des Dunes où ils embarquent des opérateurs radios britanniques. Ils reprennent la mer le 20 et arrivent à Rosyth le 21 avril 1940.

Les trois contre-torpilleurs quittent leur base écossaise le 23 direction le Skagerrak, un point de passage obligé des convois allemands à destination de la Norvège.

Le 24 avril 1940 à 3h ils tombent sur deux patrouilleurs auxiliaires, les VP-702 et 709 qui ouvrent la voie à un convoi allemand manquant de peu le dit convoi, les contre-torpilleurs suspendant le tir après soixante obus chacun.

Peu après deux vedettes lance-torpilles sont repérées dont l'une sera coulée. A l'aube entre 6h45 et 7h15 la division subit pas moins de huit attaques aériennes, des bombes encadrant Le Triomphant (une bombe éclate à moins de 20m) alors que dans l'après midi c'est L'Indomptable qui est secoué par des coups à toucher, les trois navires rentrant le 24 avril en fin de journée.

Une nouvelle opération est envisagée mais les britanniques voudraient affecter les navires de la 8ème DCT à des missions d'escorte ce qui est impossible puisque selon l'accord interallié les contre-torpilleurs ne peuvent mener des missions d'escorte en Méditerranée.

Le 26 avril 1940 lors d'un changement de poste de mouillage des bâtiments français, Le Triomphant constate d'importantes vibrations de son arbre d'hélice bâbord. Cette pièce à été faussée par un impact de bombe proche avec excentrement au presse-étoupe du passage de coque.

Indisponible pour un nouveau raid à grande vitesse, Le Triomphant est renvoyé en réparations à Lorient. Il appareille de Rosyth le 28 faisant route sur Lorient à 20 nœuds arrivant à destination le 30 avril 1940.

Dès le 3 mai il entre en réparations à l'Arsenal pour des travaux d'une durée de trois mois au minimum soit jusqu'au mois d'août 1940.

Le Triomphant est au bassin à Lorient, sa ligne d'arbre bâbord démontée et sa machine tribord en réparations.

Le 10 mai 1940 les allemands attaquent et très vite la situation des armées alliées tourne à la catastrophe. Le coup de faux entraîne l'encerclement de plusieurs dizaines de milliers de soldats alliés qui doivent être évacués depuis Dunkerque dans le cadre de l'opération DYNAMO. Des marins du contre-torpilleur vont armer des bâtiments de pêche pour participer à leur niveau à l'évacuation.

Le 14 juin Paris déclaré ville ouverte et dès le 15 juin la Bretagne est menacée. L'ordre est donné de préparer l'évacuation des ports de Bretagne de tous les navires en état de naviguer. Le Triomphant est sorti du bassin et va mouiller sous l'île Saint-Michel tandis que les réparations de sa machine tribord sont hâtées.

Le 18 juin un général inconnu lance un appel vibrant à la résistance mais surtout Rennes tombe aux mains des allemands. La menace sur Lorient se rapproche. La ligne d'arbre et l'hélice bâbord sont chargées en pontée.

Il appareille en remorque du Mammouth qui le conduit au mouillage de Port-Tudy. Le convoi appareille en fin de journée en zig-zag à 4/5 nœuds. Les remontages se poursuivent en  mer et au bout de 36h le contre-torpilleur peut larguer la remorque et marcher à 15 nœuds. Il assure la protection d'un torpilleur évacué lui aussi de Lorient et se repliant sur l'Angleterre. Le Triomphant s'amarre sur un coffre en rade de Plymouth le 20 juin 1940.

Depuis le 17 juin 1940 la France à renoncer à la lutte et cherche à obtenir les conditions d'un armistice. Les «négociations» aboutissent le 22 juin à la signature de l'armistice qui entre en vigueur le 25 juin à 00.35.

Entre-temps le 21 juin l'Amirauté demande que tous les navires français présents en Grande-Bretagne de rallier l'Afrique du Nord. Les feux sont rallumés le lendemain, le contre-torpilleur devant appareiller avec le dernier groupe, portant la marque du vice-amiral Cayol, ancien commandant du secteur de défense de Brest et commandant supérieure français à Plymouth.

Le 23 juin 1940 les britanniques mettent leur veto à tout appareillage. Les navires français sont bloqués en Grande-Bretagne dans une situation très inconfortable.

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyJeu 04 Juin 2020, 15:44

Le Triomphant en guerre (2) : CATAPULT et Forces Navales Françaises Libres (FNFL)
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Le contre-torpilleur Le Triomphant à Greenock en mars 1941

Bloqué à Plymouth, Le Triomphant reçoit pour instruction de préparer un sabordage en cas de tentative de capture de la part d'une puissance étrangère (sous entendue britannique). Le commandant du contre-torpilleur, le capitaine de frégate Archambeaud prépare une sortie en force en dépit du fait que la machine bâbord est hors service.

Les français ignorent que depuis le 27 juin les britanniques ont pris la décision de s'emparer des navires français. L'opération CATAPULT est déclenchée le 3 juillet 1940 à l'aube et en dépit de la volonté des officiers aucun sabotage n'est réalisé. Seuls les codes et les documents secrets de peu d'intérêt pour les britanniques sont détruits, l'équipe de prise ne s'y oppose pas ce qui est significatif.

Le bâtiment est évacué, évacuation achevée à 07.30, le personnel étant rassemblé au camp de transit de Raleigh à Torpoint.

Le lendemain 4 juillet 1940 un détachement est ramené à bord pour récupérer des effets personnels. Ils constatent scandalisés que le navire ramené à quai à été pillé. Furieux, les marins français bousculent leurs gardiens anglais pour se précipiter aux machines et détruire les éléments fragiles. Ils sont rapidement maîtrisés et ramenés à terre manu militari.

L'état-major et l'équipage du contre-torpilleur sont transférés à Liverpool et internés. Le navire est remorqué dans le port de Plymouth et gardienné par des réservistes de la Royal Navy.

Un temps la Royal Navy caresse l'idée de réarmer sous son pavillon le contre-torpilleur Le Triomphant. Ce projet n'aboutira pas car dès le 5 juillet, le vice-amiral Muselier obtient la restitution des navires français saisis pour qu'ils soient réarmés avec des équipages français, les Forces Navales Françaises Libres (FNFL).

Le 29 août le contre-torpilleur Le Triomphant est officiellement remis aux FNFL. Problème, l'équipage refuse de réarmer le navire. Contrairement à ce que l'on croit souvent ce n'est pas l'opération CATAPULT qui explique cette attitude mais l'opération MENACE, l'assaut anglo-gaulliste contre Dakar, opération à laquelle participe trois Fantasque. L'équipage sera rapatrié en France à bord du paquebot Djenné le 1er décembre 1940.

Un équipage entièrement nouveau est reconstitué avec des marins d'Etat et des marins venant d'autres navires. Il faut donc réentrainer le navire avant qu'il soit à nouveau opérationnel. Il faut aussi le remettre en état.

Au début du mois de septembre 1940, le contre-torpilleur entre à l'Arsenal de Devonport pour remise en état de sa machine tribord et remontage de sa ligne d'arbre bâbord ainsi que quelques renforcements urgents de ses capacités de combat.

Disponible début novembre, il effectue des sorties de vérification les 15, 16 et 17 novembre depuis la rade de Portland. Si il est affecté au 11th Escort Group basé dans l'estuaire de la Clyde il n'est pas disponible puisqu'il est à nouveau en réparations à partir du 28 novembre. Le 5 décembre 1940, le général De Gaulle et le vice-amiral Muselier visitent le navire.

Il quitte Plymouth le 11 décembre 1940 direction Scapa Flow pour mise en condition opérationnelle. Il arrive à Greenock le 14 pour assurer une mission d'escorte en raison de l'indisponibilité des bâtiments du 11th Escort Group.

Il mazoute le 18, appareille le lendemain en renfort d'escorte d'un convoi transatlantique qu'il rattrape le 20 au large des Hébrides. Il lâche le convoi le 24 décembre et rentre à Greenock pour ravitaillement. Il est alors indisponible pour réparations de ses turbo-pompes d'alimentation pour une durée d'un mois environ.

Cette indisponibilité est prolongée car le 21 janvier 1941 il est endommagé par un cargo dérivant sur la Clyde après avoir rompu ses amarres suite à un coup de vent d'une exceptionnelle virulence.

La scoumoune continue pour notre contre-torpilleur puisqu'alors qu'il avait appareillé pour Glasgow pour réparer ses avaries de coque il talonne dans un coude du fleuve et endommage son hélice tribord.

Le 10 février 1941 cela continue avec un incendie alors qu'il venait d'entrer au bassin. Ce sinistre se déclenche dans la chaufferie avant et détruit une grande longueur de câblage électrique. Il est remis à flot le 20 mais il est durablement indisponible pour réparations à Glasgow.

Dans la nuit du 13 au 14 février un terrible bombardement allemand vise les chantiers navals de la Clyde. Trois marins du contre-torpilleur sont tués.

Le 13 avril 1941, le contre-torpilleur Le Triomphant appareille enfin pour Greenock mais ne peut entreprendre ses essais que le 21. Les essais montrent la nécessité de renvoyer à l'arsenal pour reprise de l'alignement de son arbre d'hélice tribord. Le 23 l'Amirauté donne son accord pour que les réparations soient assurées à Devonport.

Le 26 avril 1941 il appareille de Greenock en escorte d'un cargo avec lequel il arrive à Milford Haven où il parvient le 28. Il reprend la mer le lendemain avec le cargo et un pétrolier avec lesquels il arrive à Falmouth. Il rallie seul Plymouth le 1er mai 1941. Il rentre le 3 à l'Arsenal de Devonport pour réparations et renforcement de ses capacités de combat. Il est alors prévu de l'envoyer en Méditerranée pour rallier de nombreux indécis que ce soit les marins de la force X bloquée à Alexandrie ou les mandats du Levant.

Il est au bassin du 16 mai au 28 juin. Il sort du 3 au 6 juillet pour une sortie sur une seule ligne d'arbre. Le 13, il est échoué au bassin pour remontage de son arbre d'hélice tribord.

C'est alors que le chef de la France libre décide d'envoyer Le Triomphant dans le Pacifique. L'envoi d'un navire aussi fragile dans un territoire immense dépourvu d'un Arsenal bien équipé est contraire à tout bon sens militaire. Alors pourquoi ? Tout simplement pour des raisons politiques puisque les territoires ralliés sont secoués par des menées vichystes notamment à Tahiti où un coup d'état à été tenté.

Remis à flot le 22 juillet, il sort le 23 et donne 39 nœuds avant d'être à nouveau au bassin du 26 au 28 juillet.

Le 31 juillet le contre-torpilleur Le Triomphant appareille pour le Pacifique, devant visiter Tahiti et la Nouvelle-Calédonie avant de rallier la Méditerranée vers le 15 novembre.

Il appareille en fin d'après midi direction l'Irlande du Nord, étant attaqué et manqué par un bombardier ennemi. Il se ravitaille à Londonderry le 1er août, traversant l'Atlantique direction Terre-Neuve faisant escale à Saint-Jean de Terre-Neuve les 6 et 7 août, aux Bermudes du 9 au 11 et à Kingston du 13 au 14. Après avoir franchi le canal de Panama le 16 août, il arrive à San Diego le 25 août 1941.  

Le Triomphant en guerre (3) : Pacifique
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Le Triomphant à San Diego avec la fausse vague d'étrave

A San Diego le contre-torpilleur effectue quelques réparations. Il attend deux personnalités qui doivent rallier le Pacifique : le capitaine de vaisseau Thierry d'Argenlieu, haut commissaire de la France libre dans le Pacifique et le capitaine de frégate Cabanier, commandant des FNFL dans le Pacifique. Ils arrivent le 5 septembre 1941 et le contre-torpilleur appareille dans la foulée.

Il se ravitaille à Honolulu du 12 au 16. Le 18 alors qu'il fait route sur Tahiti il est dérouté par un message signalant un croiseur auxiliaire allemand sur zone mais l'alerte est levée quelques heures plus tard. Il arrive à Papeete le 23 septembre avec ses soutes quasiment vides.

Il reste quasiment un mois en Polynésie française montrant le pavillon. On prépare son retour en Méditerranée qui doit ramener le bâtiment à Suez le 13 décembre 1941.

Il quitte Papeete le 23 octobre cap à l'ouest et prend l'escorte du croiseur auxiliaire Cap des Palmes  jusqu'à Suva où les deux navires mouillent le 29 octobre. Il quitte les Fidji le 31 direction Wellington (et non Auckland comme prévu) pour effectuer quelques réparations d'urgence en attendant des travaux plus importants.

Il arrive à destination le 4 novembre, repartant le 7 novembre pour Sydney où il doit subir les véritables réparations. La traversée se fait dans une mer déchainée qui provoque son lot d'avaries. Il arrive à Sydney le 10 novembre où il est durablement indisponible à l'Arsenal de Cockatoo. Il est ainsi au bassin du 21 novembre au 5 décembre puis effectue une sortie de vérification le 8 décembre 1941.

Entre-temps le Japon à attaqué Pearl Harbor et s'est ruée sur les colonies européennes d'Asie du Sud-Est. Le retour en Méditerranée est clairement compromis....... .

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Le contre-torpilleur Le Triomphant fin 1941

Il est aussitôt placé sous l'autorité du commandant en chef de l'Eastern Fleet britannique qui la laisse à la disposition de l'Australian Station (Station d'Australie) probablement parce que le navire à besoin d'entrainement. Affecté à a Force ABDA (American-British-Dutch-Australian) il doit se trouver  à Batavia le 9 janvier 1942.

Le 17 décembre il appareille en escorte du transport Ormiston chargée de troupes australiennes destinées à défendre la Nouvelle-Calédonie. Dans la nuit du 19 au 20 il se ravitaille au pétrolier Falkefiell au mouillage en baie de Moreton près de Brisbane. Il arrive à Nouméa le 23 et en repart le 25 avec son transport direction Brisbane. Il s'y ravitaille dans la nuit du 27 au 28 puis appareille le 28 à 13h direction Darwin, la première étape sur la route de Batavia.

L'histoire semble écrite : il doit opérer sous les ordre de l'amiral néerlandais Karel Doorman et subir la foudre de la Nihon Kaigun. Le destin lui sera finalement et clément puisque deux jours plus tard le mouvement est annulé, le contre-torpilleur doit mettre cap sur Nouméa car les autorités indochinoises fidèles à Vichy veulent reprendre la Nouvelle-Calédonie ralliée à la France libre.

Il rentre à Brisbane le 30 décembre 1941 qu'il quitte le 2 janvier 1942 en escorte du Falkefjell direction Nouméa où ils parviennent le 6. Il est prévu qu'il soit renvoyé en Méditerranée après relève par le croiseur sous-marin Surcouf mais ce dernier ne parviendra jamais dans le Pacifique puisqu'il coule le 19 février 1942 après probablement pas un abordage avec le cargo Thomas Lykes mais plus probablement l'attaque d'avions américains qui l'ont pris pour un U-Boot.

Le contre-torpilleur Le Triomphant reprend la mer le 9 janvier avec toujours le même protégé direction Suva où ils arrivent le 12. Depuis les Fidji il effectue des patrouilles anti-sous-marines et des exercices.

Il rallie Brisbane avec le Fakefjekk le 21 puis c'est seul que notre contre-torpilleur des Antipodes rallie Sydney pour réparations, arrivant sur place le 22. Il est indisponible jusqu'au 5 février, sortant ensuite direction Auckland pour récupérer matériels et rechanges venus de Grande-Bretagne à son intention.

Il quitte Aotearoa le 12 direction Sydney où il arrive deux jours plus tard. Il est immédiatement échoué au bassin de l'Arsenal de Garden Island pour deux jours de travaux (reprise d'étanchéité du presse-étoupe du dôme ASDIC).

Il quitte l'Australie le 17 février 1942 direction les îles Nauru et Océan pour évacuer les ressortissants européens, ces îles étant menacés par l'avancée japonaise. C'est l'opération GR.

Il rallie d'abord Port-Sandwich dans les Nouvelles-Hébrides pour se ravitailler auprès du cargo mixte Trienza qui reçoit toute la drome du contre-torpilleur afin de l'alléger et de faire de la place.

Il appareille dès la fin du ravitaillement, pénétrant en zone japonaise mais sans rencontrer l'ennemi. Il arrive le 23 au soir à Nauru. 700 personnes sont évacuées et réparties dans tous les endroits du navire y compris les machines ! Il fait route direction les Nouvelles-Hébrides, arrivant à Port-Sandwich le 26 en début de matinée.

Après un bref ravitaillement il appareille direction l'île Océan sous les acclamations des évacués de Nauru. Il embarque cette fois 400 personnes qu'il dépose aux Nouvelles-Hébrides le 2 mars. Le lendemain il appareille avec son ravitailleur direction Sydney où il arrive le 10.

Le 19 mars 1942 il entre à l'Arsenal de Garden Island pour retuber ses chaudières. Les travaux doivent durer deux mois et demi et à l'issue il doit former une division indépendante avec le Léopard et le Surcouf selon une décision prise le 25 février 1942 à une époque on ignore encore que le croiseur sous-marin à été coulé.

Comme souvent avec nos contre-torpilleurs, les travaux vont durer plus longtemps que prévu et ce n'est que le 2 novembre 1942 qu'il réalise ses essais au point fixe. Le 5 novembre il victime d'un problème technique (écrasement d'ailettes dans la turbine BP de la machine tribord) ce qui l'immobilise un mois de plus. Le 11 décembre 1942 il reprend ses essais au cours desquels il peut atteindre 31 nœuds.

Tout va bien alors ? Pas vraiment puisqu'au cours des essais menés les 16,17 et 19 décembre, Le Triomphant connait une importante entrée d'eau au niveau du presse-étoupe de la ligne d'arbre bâbord en dépit de vitesse importantes (36,38 et 41.7 nœuds).

Il doit être envoyé au bassin à Melbourne, appareillant de Sydney le 20 décembre 1942 arrivant à destination le 22. Jusqu'au 1er janvier 1943 il est bâtiment d'alerte et se contente de courtes sorties, restant en alerte à 60 minutes d'appareillage. Il est enfin mis au bassin le 8 janvier pour réparer un bras de la chaise d'arbre d'hélice bâbord soit trois à quatre mois de travaux.

Cela ne veut pas pour autant dire que le navire est l'arrêt mais il va simplement opérer sur une ligne d'arbre ! Si les alliés en sont réduits à employer un contre-torpilleur fragile sur une ligne d'arbre c'est bien une preuve de la pénurie de navires de combat alliés dans le secteur.

Sorti du bassin le 13 janvier, il effectue deux sorties de vérification les 16 et 17 janvier. Celles-ci s'étant révélées positives il est affecté à la protection de la navigation côtière entre Sydney et le détroit de Bass (qui séparer l'Australie de la Tasmanie).

Après avoir escorté les transports de troues HMAS Manoora et USS Henry T. Allen (AP-30) le contre-torpilleur est échoué au bassin à Williamstown du 29 au 31 mars pour débarquement de son arbre d'hélice bâbord ainsi que de sa chaise.

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Le contre-torpilleur Le Triomphant le 7 mars 1943

A nouveau disponible le 5 avril, il appareille le soir même pour de nouvelles missions d'escorte entre Sydney et le détroit de Bass, accompagnant des navires dans la région ou alors pour couvrir la sortie ou l'entrée de convois dont il n'assure pas l'escorte.

Le 4 mai il appareille avec le USS Fletcher (DD-445) pour servir de but à un exercice d'attaque à la torpille au profit d'avions de la Royal Australian Air Force (RAAF).

Il reprend ensuite ses missions d'escorte avant d'être échoué au bassin à Williamstown du 26 mai au 18 juin 1943 pour mise en place de la chaise bâbord, de la ligne d'arbre et de l'hélice correspondante. Il sort le 28 juin pour essais, essais satisfaisants. Il est à nouveau au bassin du 17 au 23 juillet où on constate le flambage d'un bras de la nouvelle chaise porte-hélice.

A partir du 29 juillet il assure l'escorte des convois de troupes et d'approvisionnements vers la Nouvelle-Guinée soit une liaison Brisbane-Townsville. Ces liaisons sont marquées par des problèmes de chaudières. Il quitte Townsville le 6 septembre 1943 direction Sydney où il arrive deux jours plus tard. L'Arsenal de Garden Island assure le retubage partiel des chaudières dès le vendredi 10.

Le navire doit rallier la Méditerranée et plus précisément Bizerte pour retubage complet de ses chaudières, renforcement provisoire de la DCA et installation d'un nouveau radar. Une modernisation plus complète du bâtiment est envisagée à l'occasion d'un grand carénage dans un arsenal américain vers septembre/octobre 1944.

Les réparations sont achevées le 7 novembre et le 9 novembre il sort pour une première sortie, ramenant le transport USS Republic (AP-33) à Sydney en fin de journée. Il reçoit alors l'ordre de rallier Alger par le canal de Suez. Il appareille le 12 novembre, quittant définitivement Sydney direction Melbourne où il relâche les 15 et 16.

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Le Triomphant à Sydney en novembre 1943

Il reprend la mer seul direction Fremantle, le port de Perth où il arrive le 20 novembre 1943. Il doit cependant patienter le temps qu'arrive le ravitailleur qui doit l'aider à traverser l'Océan Indien.

Il effectue quelques sorties locales notamment au profit de sous-marins américains basés dans le port australien.

Le Triomphant en guerre (4) : un retour épique

Le contre-torpilleur Le Triomphant peut enfin appareiller le 25 novembre 1943 en escorte du convoi OW-8 composé de deux bâtiments dont son ravitailleur, le pétrolier américain Cedar Mills.

Il doit d'abord ravitailler en mer puis de rallier seul Diego-Suarez ou alors si le ravitaillement à la mer est impossible il doit accompagner le convoi jusqu'à Diego-Garcia pour se ravitailler au mouillage avant de rallier Madagascar.

Le ravitaillement à la mer effectué le 29 novembre 1943 est un échec suite à un abordage entre le ravitailleur et le ravitaillé. Pour éviter de tomber en panne sèche le contre-torpilleur doit prendre une remorque.

La traversée se fait à 8.5 nœuds de moyenne. Le mazoutage est reprit le 1er décembre avec des manches à incendie et bâtiment stoppés ! Là encore c'est un échec avec une rupture du manche et de la remorque. De conserve avec le pétrolier, il fait route au 311 à 15 nœuds vers Diego-Garcia une seule chaufferie en communication l'autre simplement réchauffée.

Le lendemain 2 décembre 1943 le temps se dégrade. Le convoi va rencontre un cyclone ce qui l'oblige à réduire à 12 nœuds pour laisser passer le centre de la dépression sur l'avant du groupe mais cela ne sera pas suffisant avec une nuit du 2 au 3 décembre absolument cauchemardesque.

La situation est tellement grave que le contre-torpilleur doit rompre le silence radio et émettre un SOS en clair avec une gite de 50° et un vent force 10/12 ! Clairement le bâteau est menacé de faire naufrage.

La situation est toujours critique le 3 décembre obligeant le navire de s'alléger pour tenter de gagner quelques degrés de gite. Signe qui ne trompe pas le commandant du Cedar Mills refuse de le prendre en remorque de crainte que le navire ne chavire et n’entraîne le pétrolier ! Le pétrolier se maintien à proximité, prêt à recueillir l'équipage et filant de l'huile pour tenter d'apaiser les flots déchaînés.

Le 4 décembre 1943 le temps s'améliore un peu ce qui permet d'évacuer le personnel non essentiel. Le 5 décembre d'autres marins sont évacués et une remorque est passée par le pétrolier, l'ensemble mettant en route au 335 à 3 nœuds direction les Maldives.

Le 6 décembre la gite est réduite de 30° à 20°, la vitesse de remorquage passe à 6 nœuds et le travaille se poursuit du 7 au 10 décembre 1943. Le 9 décembre le contre-torpilleur flotte normalement et le petit pavois est hissé pour célébrer cette victoire miraculeuse sur les éléments.

Le 10 décembre à 360 miles nautiques de Diego Garcia le croiseur lourd HMS Frobisher arrive à hauteur du convoi. Le Cedar Mills lui transfère la remorque et ses passagers, le croiseur lourd britannique ravitaillant Le Triomphant en eau douce.

En fin d'après midi le convoi met cap sur Diego-Suarez, la vitesse étant progressivement augmentée 13.5 nœuds après que le contre-amiral ait pu rallumer une chaudière le 14. Dans la soirée ils sont rejoints par l'aviso colonial Savorgnan de Brazza qui avait capté le SOS du 3 décembre. Le 15 le remorqueur de haute mer HMS Prudent venant des Seychelles relève le Frobisher.

Le convoi arrive à Diego-Suarez le 19 décembre 1943. Le Triomphant est en piteux état et des réparations sommaires sont nécessaires pour lui permettre de rallier Bizerte. Une demande de remise en état et de modernisation aux Etats-Unis est aussitôt demandée.

Les réparations sommaires vont tout de même durer deux mois puisqu'elles ne sont achevées le 19 février 1944. Il appareille le 21 pour Tamatave où il fait escale du 23 au 27 pendant les travaux de la commission d'enquête. Il rentre à Diego-Suarez le 28 février pour préparer sa traversée en direction de la Méditerranée.

Il quitte Madagascar le 1er mars faisant escale à Djibouti du 6 au 8, à Suez le 10, à Port Saïd du 11 au 20 avant d'arriver à Bizerte le mardi 21.

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Le Triomphant à Alger le 25 mars 1944

Il embarque des rechanges puis appareille de Bizerte le 25 mars, touchant Alger brièvement le lendemain où il est inspecté par le général De Gaulle et le vice-amiral Lemonnier.

Il arrive à Gibraltar le 27 peut reprendre la mer quelques heures plus tard étant incorporé le 28 à un convoi allié. En raison de l'état de la mer il doit mazouter à La Horta aux Açores le 1er avril, retrouvant le convoi le 3.

Il peut se ravitailler auprès d'un pétrolier américain le 7 avril 1944. Il reçoit la liberté de manœuvre le 10  et prend la direction des Bermudes puis vers Boston, rentrant à l'Arsenal de Charlestown le 12 avril pour au minimum cinq mois de réparations.

Crépuscule

Les réparations vont s'avérer nettement plus longues puisqu'elles ne vont s'achever que le 26 février 1945. Il rallie Casablanca en mars 1945 alors que la guerre en Europe est sur le point de s'achever. Après un passage par Toulon, il rallie au début du mois de juin 1945 la British Eastern Fleet à Colombo (Ceylan) où il retrouve le cuirassé Richelieu le 27 mai 1945. Le dôme sonar ayant été arraché pendant la traversée, Le Triomphant va caréner à Diego-Suarez en juillet.

Il quitte Madagascar le 20 août et couvre avec le Richelieu couvre le retour des britanniques à Singapour. Les deux navires arrivent au Cap Saint-Jacques le 3 octobre 1945 et remonte aussitôt jusqu'à Saigon. Il va ensuite opérer à Nha-Trang en alternance avec son sister-ship Le Fantasque et ce jusqu'en février.

Le 6 mars 1946 il participe à l'opération BENTRE subissant pendant 25 minutes le feu chinois (cinq tués à bord d'autres sources donnent neuf tués) avant de riposter.

Le 24 mars 1946, le contre-torpilleur Le Triomphant participe à une petite revue navale en baie d'Along. Il quitte l'Indochine le 9 avril 1946.

Rentré à Toulon le 15 mai, il est placé en disponibilité armée. Le 1er janvier 1947, la 10ème DCL forme le Groupe de Croiseurs en compagnie de la 4ème DC.

Il subit un grand carénage à Bizerte de mars à octobre 1947 puis rallie Toulon en novembre et participe à des sorties jusqu'à Dakar au sein de la Force d'Intervention.

Le 1er janvier 1948 la 10ème DCL devient la 1ère DCL, division qui regroupe les quatre Fantasque survivants même si seulement deux sont armés en permanence. En 1948 il participe aux manœuvres de la Force d'Intervention en compagnie du Terrible et l'année suivante en compagnie du Fantasque.

Il est mis en réserve normale le 1er novembre 1949 à Bizerte. Il est placé en réserve spéciale A en mars 1951, en réserve spéciale B en juillet 1954, condamné le 6 décembre 1954 et finalement démoli entre 1960 et 1962 toujours à Bizerte mais dans une Tunisie devenue entre-temps indépendante.

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L'Indomptable
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Le contre-torpilleur L'Indomptable à Brest à l'automne 1937

Présentation
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L'Indomptable en construction

-L'Indomptable est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) sis à la Seyne sur Mer le 25 janvier 1932 et lancé le 7 décembre 1933 (il est alors achevé à 74%). Il prend armement pour essais le 1er octobre 1934.

Le 1er février 1935, le contre-torpilleur L'Indomptable prend la mer pour un essai préliminaire au large de Toulon pour savoir si il est capable de rallier Lorient son port d'armement.

Le 13 la marche  à 35 nœuds de présentation en recette est tentée mais interrompue par d'importantes vibrations dans la machine bâbord qui doit être stoppée. La turbine est ouverte au retour à La Seyne et l'inspection révèle que l'ailettage d'une roue est endommagé et celle-ci doit être envoyée en réparations.

De nouveaux problèmes sont relevés lors d'essais menés les 30 avril et 8 mai 1935. Cela n'empêche pas le contre-torpilleur de passer avec succès son essai de présentation en recette le 14 mai 1935.

Le 18 mai il quitte le Var direction Oran où il se ravitaille le 19 avant de rallier Lorient le 21. Il entre alors pour un mois à l'Arsenal pour embarquement de ses équipements militaires.
Le 20 juin 1935 il commence ses essais de recette qui sont particulièrement réussis. En effet le 26 juillet 1935 lors de l'essai de 8h à la Puissance Maximale Normale (PMN) il atteint la vitesse maximale de 40.99 nœuds pour une puissance développée de 90429ch à un déplacement de 2843 tonnes. Le fournisseur reçoit une prime de 916000 francs. Lors de la neuvième heure, il atteint la vitesse de 42.33 nœuds en développant 96112ch. Le programme d'essais se termine le 7 août et il entre en démontage le 12.

Sa mise en service va être retardée par la détection par l'Arsenal de Lorient de graves défauts de fonderie dans la plupart des sous-sellettes des pièces de 138.6mm fournies par un même fournisseur aux quatre contre-torpilleurs construits dans des chantiers navals privés. Il faut changer ces pièces vitales ce qui va retarder la mise en service de plusieurs mois.

Il reprend la mer le 23 janvier 1936 pour un essai de bon fonctionnement puis rallie Brest pour embarquer ses torpilles et ses munitions d'artillerie. Il réalise aussi les essais en recette de ses installations fixes.

Le 21 février 1936 il est de retour à Lorient mais sa mise en service va être à nouveau retardée par une explosion dans le vase clos de la chaudière auxiliaire de mouillage le 28. Après une dernière sortie au large de Lorient les 7 et 8 mars, il appareille pour Brest le 9. La clôture d'armement est prononcée le lendemain 10 février 1936.

Le 12 mars 1936 il quitte Brest pour Oran pour sa croisière d'endurance mouillant à Mers-El-Kebir le 15. Il rentre à Oran le lendemain pour ravitaillement. Deux détachements rallient Sidi-Bel-Abbès où se situe la maison-mère de la Légion Etrangère qui doit parrainer le bâtiment.

Une délégation de légionnaire sera reçue à bord et désormais tous les 30 avril le bâtiment célébrera Camerone, l'un des faits d'armes les plus mémorables de cette unité militaire unique au monde.

Le contre-torpilleur quitte Oran le 21 pour Mers-El-Kebir pour différents exercices dont des tirs réduits. Il appareille dans la nuit du 21 au 22, le temps se dégradant il doit réduire sa vitesse à 10 nœuds à l'approche de Gibraltar. Il arrive à Dakar le 26, repartant de la capitale de l'AOF le 30 mars 1936. Il arrive à Casablanca le 2 avril, ayant réalisé des pointes à 40 nœuds durant le transit. Il repart du Maroc le 8 et arrive à Brest le 10 avril. Il viens de parcourir 5470 miles nautiques sans incidents.

Le contre-torpilleur L'Indomptable est admis au service actif le 14 avril 1936 et affecté au groupe des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre avec Brest pour port d'attache.

Le sixième et dernier contre-torpilleur de classe Le Fantasque est le quatrième navire à porter ce nom au sein de la Royale.

Il succède à un navire de ligne à deux ponts de 80 canons en service de 1789 à 1805 étant détruit au soir de la bataille de Trafalgar, une canonnière en service de 1810 à 1813 (capturé par la frégate britannique à 38 canons HMS Bacchante) et un cuirassé garde-côtes en service de 1877 à 1906 (réserve normale à Cherbourg, désarmé en 1910 puis ponton jusqu'à sa démolition à Rochefort en 1927).

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Le sous-marin L'Indomptable

Depuis un cinquième navire à porté ce nom en l'occurence un sous-marin nucléaire lanceur d'engins de classe Le Redoutable en service du 23 décembre 1976 à avril 2005. Dénucléarisé, il doit être démantelé dans les années à venir là où il à été construit à savoir Cherbourg.

Carrière opérationnelle
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Le contre-torpilleur L'Indomptable entre Lorient et Brest le 14 février 1936

Premières années

A son admission au service actif il est donc affecté hors rang au groupe des contre-torpilleurs de la 2ème Escadre. En cas de besoin il doit former un groupe occasionnel baptisé 2ème Division légère en compagnie du croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin qui est le navire-amiral du groupe des contre-torpilleurs.

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Le contre-torpilleur L'Indomptable à Royan le 11 mai 1936

Dans la nuit du 11 au 12 mai il avarie son hélice bâbord suite à un choc avec le sous-marin Pasteur lors d'un exercice où l'Emile Bertin servait de but aux sous-marins, les contre-torpilleurs assurant la protection du croiseur amiral. Il rallie Lorient dans la journée du 12 où il est immédiatement mis au bassin pour réparations. Il est de retour à Brest le 17 mai 1936 après changement de ses hélices.

Le 27 mai 1936 il procède à ses lancements de délivrance de torpilles en baie de Fret. Trois jours plus tard il participe à une sortie de la 2ème Escadre pour permettre au président de la République Albert Lebrun venu inaugurer les splendides bâtiments de l'Ecole Navale (hélas détruits pendant la guerre) d'admirer les capacités de combat et de manœuvre de la future Escadre de l'Atlantique.

Le 8 juin 1936, Le Malin arrive à Brest et est aussitôt admis au service actif. Cela permet la formation d'une véritable 2ème DL avec L'Indomptable.

Le 23 juillet 1936, L'Indomptable et d'autres navires sont envoyés en urgence au large des côtes espagnoles. Six jours plus tôt à eu lieu une tentative de pronunciamento comme l'Espagne en à connu des dizaines.

Son échec provoque le début d'une guerre civile entre le gouvernement républicain et les militaires rebelles que l'on ne va pas tarder à appeler nationalistes. Ce qui ne va pas tarder non plus c'est l'engagement plus ou moins important et plus ou moins dissimulé de pays étrangers au point que le terme de guerre civile espagnole à été depuis longtemps oublié au profit du terme plus exact de Guerre d'Espagne.

L'Indomptable va évacuer plus de 700 personnes étrangers comme espagnols en faisant plusieurs rotations entre Santander, Bilbao et Saint-Jean-de-Luz. Relevé par Le Triomphant parti de Brest le 31 juillet, L'Indomptable rentre directement à Brest le 1er août 1936.

Le 15 août 1936, la 2ème Escadre devient l'Escadre de l'Atlantique, le groupe de contre-torpilleurs devenant la 2ème Escadre légère.

A la mi-août L'Indomptable entre à l'Arsenal de Lorient pour visites de garanties et petit carénage jusqu'à la fin octobre quand il est à nouveau disponible.

Le 1er octobre 1936 jour où commence l'année d'instruction une nouvelle 8ème DL est constituée avec L'Indomptable comme chef de division et deux de ses sister-ship en l’occurrence Le Triomphant et Le Malin.

Du 18 novembre au 29 décembre 1936 il est à l'Arsenal pour installation de la télécommande de l'artillerie principale.

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Le contre-torpilleur L'Indomptable à la mer

Du 15 janvier au 26 février 1937 L'Indomptable participe à la sortie de l'Escadre en compagnie des autres navires de la 2ème Escadre légère.

Du 20 mars au 14 mai 1937 L'Indomptable subit un grand carénage qui une fois n'est pas coutume à lieu à Brest. Il est placé en alerte à 6h en compagnie du cuirassé Bretagne alors que la situation se dégrade autour de Bilbao assiégée par les nationalistes.

Le 23 mai il appareille avec le reste de la 2ème EL et de l'Escadre de l'Atlantique pour se porter au devant de l'Escadre de la Méditerranée pour un nouvel épisode de ses manœuvres annuelles entre escadres. Les exercices reposent souvent sur le thème d'une défense ou d'une attaque de convois voir sur le blocage d'un point de passage obligé. Bien entendu des écoles à feu et des exercices de Défense Aérienne à la Mer (DAM) sont également organisés.

Ces exercices s'achèvent par le retour de l'Escadre de l'Atlantique à Brest dans la nuit du 8 au 9 juin 1937 sauf l'Indomptable qui rentre quelques heures plus tôt pour ravitailler et relever sur les côtes espagnoles son sister-ship Le Terrible.

Il doit assurer la surveillance de la zone de contrôle des côtes de Galice, y croisant du 10 au 15 juin avant de rentrer à Brest. Les relations avec la marine insurgée s'étant dégradée décision est prise de munir les torpilles de leurs cônes de combat.

Dans l'après midi du 26 juillet 1937, L'Indomptable et Le Terrible quittent Brest pour prendre des postes d'attente à La Pallice du 27 au 30. Ils rallient ensuite Royan et le 2 août il appareille direction les eaux espagnoles où il patrouille du 3 au 7, rentrant à Brest le lendemain 8 août 1937.

Le 11 août en compagnie de ses sister-ship Le Malin et Le Triomphant il rallie Lorient pour entrer en grand carénage à partir du 15. Ce carénage doit être mené avec célérité pour que les trois navires soient disponibles à une date aussi proche que possible du début de la nouvelle année d'instruction qui commence le 1er octobre 1937.

L'Indomptable et ses deux compères sont à nouveau disponible le 25 octobre. Ils quittent Lorient pour Brest. Ils effectuent une sortie de vérification les 28 et 29 octobre. Ils reprennent ensuite l'entrainement courant. Il effectue un petit carénage à Lorient à partir du 22 janvier avant de rentrer à Brest six jours plus tard.

Le 23 mars 1938, le contre-torpilleur L'Indomptable et ses deux compères de la 8ème DCT quittent en compagnie de deux divisions de torpilleurs direction la Méditerranée  pour participer au Dispositif Spécial en Méditerranée (DSM), le déploiement de groupes occasionnels pour protéger la navigation commerciale contre l'attaque de sous-marins d'une nationalité officiellement inconnue mais que l'on soupçonne fortement d'être italiens. Ce détachement doit durer cinq mois soit jusqu'à la fin du mois d'août 1938.

Le 27 août la division de contre-torpilleurs rentre à Brest pour une brève escale puisque dès le 1er septembre 1938 ils rallient Lorient pour un carénage de deux mois. La division rallie Brest le 3 novembre et le 18 L'Indomptable devient le navire-amiral de la 2ème EL, le Mogador ayant été envoyé à Lorient pour réparations.

Du 30 décembre 1938 au 15 janvier 1939, L'Indomptable et Le Malin sont à l'Arsenal de Brest pour entretien courant et réparations. La 2ème EL sort en compagnie de l'Escadre du 7 au 17 février et le 11 le Mogador redevient le navire-amiral de la 2ème Escadre légère.

Le 19 mars 1939 L'Indomptable et ses cinq sister-ship appareillent de Brest. Ils mouillent à Cherbourg dans l'après midi puis à Boulogne le 20.

Le lendemain ils rallient Calais où ils vont escorter jusqu'aux limites des eaux territoriales françaises la male transmanche  Cote d'Azur qui enmène le président Lebrun en Grande-Bretagne. Ils sont alors relevés par des destroyers britanniques.

Les deux divisions se séparent alors, la 10ème DCT ralliant Portsmouth pour assurer l'escorte au retour pendant que la 8ème DCT rallie Cherbourg qu'elle quitte le 23 pour rentrer à Brest dans la journée.  

Le 31 mars 1939 L'Indomptable et ses compères de la 8ème DCT entrent à l'Arsenal de Lorient pour un petit carénage. La division une fois les réparations achevées rallie Brest le 17 puis sortent le 20 en baie de Quiberon pour une sortie de vérification avec les croiseurs légers de la 4ème DC.

Elle appareille pour la Méditerranée le 25 avril 1939 alors que la récente invasion de l'Albanie par l'Italie fait craindre une nouvelle guerre majeure en Europe. Après tout c'est dans cette région que fût allumé le brasier qui allait consommer près de neuf millions d'européens il y à de cela vingt-cinq ans.

Finalement le calme revient (mais on le sait maintenant pour peu de temps) et la 2ème Escadre légère appareille de Bizerte le 19 mai pour rallier Casablanca le 21 mai. Elle appareille le 30 mai et rentre à Brest le 2 mai, le transit étant l'occasion de nombreuses exercices.

Le 10 juin 1939 les forces navales métropolitaines sont réorganisées avec la constitution d'une Flotte de la Méditerranée et d'une Flotte de l'Atlantique. Cette dernière est composée de la 1ère Escadre (ex-escadre de l'Atlantique) et d'une 5ème escadre basée à Lorient et regroupant les bâtiments destinés à l'instruction.

Du 14 au 21 juin la 2ème EL s'entraine en baie de Seine et effectue des escales de courtoisie, la 8ème DCT à Rouen et la 10ème DCT au Havre. Ce qui aurait du être une fête de la marine est assombrie par la perte le 15 juin 1939 en Indochine du sous-marin Phenix.

Le 13 août 1939, L'Indomptable rentre en réparations à l'Arsenal de Brest pour achever les travaux interrompus en avril. Les travaux sont menés avec célérité et le contre-torpilleur est disponible le 31 août 1939.

Le lendemain à 04.45 l'Allemagne envahit la Pologne. Deux jours plus tard la France et la Grande-Bretagne déclare la guerre. La seconde guerre mondiale vient de commencer et pour la Royale commence le  temps des épreuves même si peu de personnes imagine à l'époque que ces épreuves seront synonymes d'hésitations, de déchirements et de combats fratricides.

L'Indomptable en guerre (1) : la campagne de France (septembre 1939-juin 1940)
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L'Indomptable à Brest le 8 novembre 1939

Qui dit temps de guerre dit organisation adaptée. C'est ainsi que le 1er octobre 1939 (soit plus tard qu'initialement envisagé) va être mise sur pied la Force de Raid, un groupement occasionnel qui regroupe les navires les plus modernes de la Flotte de l'Atlantique et dont les fleurons sont les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg, splendides navires (quoi pas sans défauts) qui auraient mérité une autre guerre.

Naturellement L'Indomptable et ses sister-ship intègrent cette force pour en assurer l'éclairage de la Force de Raid, devant retrouver et débusquer les navires de la Kriegsmarine pour permettre son engagement par les deux croiseurs de bataille.

Le 4 septembre 1939 alors que la 1ère Escadre venait de faire demi-tour à la hauteur de Lisbonne pour rentrer à Brest (L'appareillage précoce des grandes unités de la Kriegsmarine faisait craindre l'attaque de nos routes commerciales le long des côtes marocaines mais cette crainte se révéla infondée), elle détache la 2ème EL pour retrouver le paquebot Bremen venant des Etats-Unis.

C'est L'Indomptable qui le stoppe après avoir tirer deux coups de semonce. Le paquebot ne transportant que des civils il est autorisé à reprendre la route. Le 5 répondant à un SOS du cargo Bosnia, la 8ème DCT est détachée pour retrouver le sous-marin en question mais cette recherche est infructueuse.

Le 28 septembre 1939 la 8ème DCT couvre le convoi britanniques BC-6 et les 4 et 5 octobre il couvre le convoi BC-8.

Le 14 octobre les contre-torpilleurs L'Indomptable et Le Malin appareillent de Brest pour rallier le convoi KJ-2 venu de Jamaïque.Le convoi retrouvé dans la nuit du 16 au 17 se scindant en deux, une partie ralliant la Bretagne, chaque contre-torpilleur protégeant un cargo. Ils arrivent tous à Brest dans la nuit du 18 au 19 octobre.

A plusieurs reprises la 8ème DCT est placée sous les ordres d'Amiral-Ouest (responsable des Forces Maritimes de l'Ouest chargées de missions de patrouille, d'escorte et de dragage) pour des sorties contre des sous-marins réels ou supposés (on se souvient des trois U-Boot prétendument coulés par le Sirocco).

Le 23 novembre L'Indomptable et ses compères de la 8ème DCT appareillent de Brest pour renforcer l'escorte du croiseur de bataille Strasbourg rentrant de Dakar après son détachement au sein de la Force X.

Le lendemain le temps se dégrade obligeant les contre-torpilleurs à prendre la cape à 8 nœuds mais à 13h un paquet de mer reçut par tribord avant enfonce deux hublots du poste n°1 de L'Indomptable. Le contre-torpilleur doit venir vent arrière pour mettre en place des paillets Colomès. Une nouveau paquet de mer venant de l'arrière enlève la Baleinière et enfonce les portes du compartiment des servo-moteurs et des deux locaux TSF arrières, tous noyés.

Heureusement le temps s'améliore le 25 novembre ce qui évite de nouvelles avaries. Dans la nuit du 25 au 26 le contre-torpilleur repère des lueurs de tir et rallie l'origine de la canonnade. Le navire visé explose et s'embrase mais il faut encore 45 minutes au contre-torpilleur pour rallier la zone.

Il mouille huit grenades puis stoppe pour répérer l'origine des appels à l'aide mais il est frôlé par une torpille qui longe le navire. Il effectue une manœuvre appelée Boutakoff pour mouiller quatre grenades. Il reste sur zone jusqu'au jour récupérant un naufragé du cargo Uskmouth, le reste de l'équipage étant récupéré plus tard par un autre bâtiment.

Il rallie ses compères et le Strasbourg en fin de journée avec lesquels il met cap sur Brest. Il est dérouté vers Quiberon suite à un risque de mines dans le goulet. Les trois contre-torpilleurs passent la journée ud 28 à Lorient pour inspection des avaries.

C'est ainsi que la plage avant de L'Indomptable est plissée sur plusieurs mètres parallèlement au livet tribord et la coque présente des fissures au dessus de l'écubier tribord. L'alerte mines est levée le 29 et les contre-torpilleurs peuvent rentrer à Brest après des réparations de fortune.

Si Le Triomphant peut être considéré comme opérationnel en revanche ses camarades de division doivent subir d'urgence des réparations. Ils vont donc entrer en grand carénage, L'Indomptable ralliant Lorient le 2 décembre pour effectuer les dites réparations et ce jusqu'au 18 janvier 1940 date de sa disponibilité en même temps que Le Malin qui lui avait été réparé à Brest. La 8ème DCT ainsi reconstituée peut reprendre l'entrainement.

Du 21 au 23 février la 8ème DCT sort en compagnie du Strasbourg pour entrainement en baie de Quiberon. Le 22, le contre-torpilleur L'Indomptable réussit un ravitaillement en marche auprès du croiseur de bataille.

Le 2 avril 1940, le contre-torpilleur L'Indomptable appareille en compagnie de la Force de Raid direction la Méditerranée pour montrer les dents alors que l'attitude de l'Italie évolue peu à peu de la non-belligérance à l'hostilité. La Force de Raid doit passer deux semaines à Mers-El-Kébir puis après une croisière jusqu'à Dakar doit rallier Brest ou MEK en fonction de l'évolution de la situation géostratégique.

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L'Indomptable au quai Lamoune le 6 avril 1940

Las ! Le 9 avril les allemands attaquent le Danemark et la Norvège (opération Weserubung) et la force de Raid est rappelée à Brest pour un hypothétique intervention en Scandinavie.

Hélas ou heureusement il n'y aura pas d'affrontements entre le duo Dunkerque/Strasbourg et les frères jumeaux terribles Scharnhorst et Gneisenau, la marine nationale ne déployant aux côtés des britanniques que des contre-torpilleurs, des torpilleurs d'escadre et des croiseurs légers.

Le 16 avril 1940 la 8ème DCT est détachée auprès de l'Amirauté britannique pour mener un raid à grande vitesse contre les lignes de communication allemandes dans le sud de la Norvège. C'est pour cela que les Fantasque ont été conçus.

Les trois contre-torpilleurs appareillent de Brest le 16 avril, passent la nuit Cherbourg avant d'être démagnétisés dans la forme du Homet. Le 18 avril L'Indomptable et ses compères quittent la haute Normandie direction Rosyth où ils arrivent le 21 après une traversée mouvementée.

Le 22 avril 1940 voit les trois navires préparer l'opération RAKE à savoir un balayage dans le détroit du Skagerrak jusqu'au méridien 10°W. L'appareillage à lieu le lendemain à l'aube direction la zone de chasse.

Vers 3.00 du matin le 24, la 8ème DCT tombe sur l'élément d'éclairage d'un convoi allemand, tirant chacun une soixantaine de coup qui vont endommager le patrouilleur VP-702 mais hélas nos lévriers des mers vont manquer un important convoi allemand qui suit juste derrière. Peu après une vedette est incendiée par les tirs conjoints de L'Indomptable et du Malin. Les contre-torpilleurs doivent éviter plusieurs torpilles. On apprendra par la suite qu'une vedette à été coulée et son équipage recueillie par une autre.

Entre 06.45 et 07.15, la 8ème DCT est visée par huit attaques aériennes mais heureusement sans gros dégâts. Les trois contre-torpilleurs rentrent à Rosyth le 24 les soutes quasiment vides. Le résultat pratique est maigre mais cela à durablement perturbé le trafic ennemi. On envisage de nouvelles opérations de ce type d'opérations mais malheureusement cela ne se produira pas.

La division est en effet rappelée en France, quittant Rosyth le 30 avril mouillant à Bologne le 2 mai avant de mettre cap sur Brest où L'Indomptable et Le Malin arrivent. Le Triomphant est lui comme nous le savons au bassin à Lorient pour réparations.

Ils ne s'y attardent pas puisque dès le 6 mai ils quittent Brest direction Oran où ils arrivent le 9 pour y retrouver la Force de Raid. Après une sortie d'entrainement du 9 au 11, la 8ème DCT et la 3ème DC (croiseurs La Marseillaise La Galissonnière Jean de Vienne) rallie Oran, la Force de Raid se répartissant entre Mers-El-Kébir, Oran et Alger. Le 31 mai la 8ème DCT quitte Oran pour remplacer la 10ème DCT à Alger, les deux divisions de contre-torpilleurs permutant.

Le 10 juin 1940 l'Italie déclare la guerre à la France et à la Grande-Bretagne. Le 12 juin 1940 la Force de Raid sort en vue de trouver les navires italiens qui ne manqueront pas d'accueillir les navires que la Kriegsmarine va chercher à envoyer en Méditerranée pour aider son allié transalpin.

Ce sera l'occasion d'une situation tragicomique quand une reconnaissance aérienne prit la Force de Raid pour la flotte italienne ce qui fit que la Force de Raid poursuivit sa propre ombre. La 8ème DCT rallie Alger en fin de journée.

Le 21 juin 1940 la 8ème DCT appareille pour balayer les zones traversées par les navires évacuant hommes et matériel en direction de l'Afrique du Bord et empêcher des sous-marins italiens de tendre des embuscades. Des bombardiers italiens attaquent les trois contre-torpilleurs mais les trois unités de la 8ème DCT en réchappent et le 22 les trois navires rentrent à Alger.

Une dernière sortie à lieu les 23 et 24 juin, sortie qui aurait pu déboucher sur un affrontement avec d'un coté les contre-torpilleurs de classe Fantasque associés à des croiseurs de classe La Galissonnière et de l'autre la 7ème division de croiseurs et des contre-torpilleurs de la Regia Marina.

Le 25 juin 1940 à 00.35, l'Armistice signé trois jours plus tôt dans la clairière de Rethondes entre en vigueur. Pour la Royale c'est le début d'une période extraordinairement compliquée.

L'Indomptable en guerre (2) : Armistice et sabordage
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Le contre-torpilleur L'Indomptable le 25 août 1941

Dire que la marine française est dans une situation inconfortable est un euphémisme mais nul doute que personne n'imaginait les drames et les souffrances que cela allait engendrer en seulement quelques années. Même le retour au combat courant 1943 n'allait pas effacer toutes les scories et toutes les rancœurs entre les anciennes FNFL et les forces de la marine «Barbaresque».

Si Le Terrible est à Mers-El-Kebir, ses sister-ship dont L'Indomptable sont à Alger. Ils appareillent à 16h30 alors que les négociations avec les britanniques se passent mal et que l'ouverture du feu semble imminente. Le sous-marin HMS Pandora signale l'appareillage des croiseurs et des contre-torpilleurs ce qui à sans nul doute poussé l'amiral Sommerville à prévoir l'ouverture du feu.

Le feu est ouvert mais une partie des navires basés à Mers-El-Kebir parvient à s'échapper mettant cap sur Toulon. Le groupe d'Alger fait route à l'ouest pour menacer la force H par le large. Elle est repérée à 19.30 par un Short Sunderland qui tient le contact pendant trois quart d'heures. Quand celui-ci disparaît les navires français viennent au nord pour une heure afin de s'écarter de la route sans doute signalée.

A 21.15  le groupe d'Alger met cap sur les îles Baléares puis au jour met cap sur Toulon où il arrive en début d'après midi le 4 juillet. Quelques heures plus tard le groupe organisé autour du Strasbourg arrive à Toulon sous les ovations des marins présents.

Cinq des six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque sont rassemblés à Toulon, le seul manquant étant Le Triomphant bloqué en Grande-Bretagne.

Un temps on craint une nouvelle attaque britannique sur Toulon mais cette attaque ne se produira pas. Par précaution un groupe d'alerte sera présent pendant quelques semaines aux salins d'Hyères.

Au 12 août 1940, on trouve sous l'autorité de la 4ème Escadre la 3ème Division de Croiseurs (La Marseillaise Jean de Vienne La Galissonnière), la 4ème Division de Croiseurs (Georges Leygues, La Gloire,Montcalm) et la 2ème Escadre Légère avec la 8ème DCT (L'Indomptable Le Malin Volta) et la 10ème DCT (Le Fantasque L'Audacieux Le Terrible).

Le contre-torpilleur L'Indomptable est en petit carénage à l'Arsenal de Toulon du 18 août au 4 septembre 1940.

Le 3 septembre 1940 le service d'alerte est levé. Les italiens décidément mauvais perdants exigent le désarmement de la flotte à Toulon avec des navires placés à sept jours d'appareillage, navires destinés à assurer la relève des forces maritimes coloniales. Ils exigent même que les navires basés en Afrique du Nord ne soient armés ni de torpilles ni de grenades ASM !

Le basculement de plusieurs colonies en faveur de la France Libre entraîne un certain assouplissement pour permettre notamment le renforcement des unités basées à Dakar et permettre la reprise des dites colonies.

Une Force Y est constituée mais L'Indomptable n'en fait pas partie. L'opération MENACE menée par les anglo-gaullistes contre Dakar permet à Vichy d'obtenir de la part des italiens le maintien d'une escadre conséquente dans les eaux métropolitaines.

Les Forces de Haute Mer (FHM) sont ainsi créées le 25 septembre 1940. Elle doit maintenir un croiseur et un contre-torpilleur en alerte à 6h, le reste des navires devant être en alerte à 72h ce qui est donc particulièrement contraignant.

Elles se compose d'une 1ère Escadre de croiseurs avec le splendide croiseur lourd Algérie comme navire-amiral, les croiseurs lourds Dupleix et Foch (1ère DC), les croiseurs légers La Marseillaise et La Galissonnière (3ème DC) et la 3ème Escadre légère composée du navire-amiral le contre-torpilleur Volta, trois DCT (5ème DCT Tartu Vauquelin Chevalier Paul 7ème DCT Vautour Albatros 8ème DCT L'Indomptable Cassard) et une Division de Torpilleur (DT), la 1ère DT avec les torpilleurs d'escadre Bordelais Le Mars La Palme.

Des réserves de carburant sont présentes à Toulon mais à Vichy on privilégie une guerre courte ce qui va très vite se révéler être une erreur. Plus encore que les prétentions italiennes c'est le manque de carburant qui va progressivement paralyser les mouvements de la flotte.

Le 6 novembre 1940 il appareille en compagnie de trois autres contre-torpilleurs pour une mission secrète qui n'est autre que la protection du cuirassé Provence qui rentrait de Mers-El-Kebir après avoir été sommairement réparé après les graves avaries subies le 3 juillet dernier. Le vénérable cuirassé protégé par cinq torpilleurs de classe Le Hardi arrive à Toulon le 8 novembre 1940 en fin d'après midi.

L'activité de L'Indomptable va donc être limitée avec de rares sorties d'entrainement pour tenter tant bien que mal de préserver les compétences de l'équipage en vue d'une hypothétique reprise des opérations.

Le 16 avril 1941 L'Indomptable entre en grand carénage à Toulon. Initialement ces travaux devaient avoir lieu à Bizerte mais la Commission Italienne d'Armistice (CIA [sic]) à refusé ce mouvement sous prétexte que Bizerte devait être démilitarisée et que ce mouvement constituait un renforcement des forces navales françaises en Afrique du Nord.

Suite à l'attaque anglo-gaulliste au Levant les travaux sont accélérés et L'Indomptable est disponible dès le 25 juin pour des essais au point fixe suivit par une sortie générale des FHM du 1er au 5 juillet 1941. La signature de l'armistice de Saint-Jean d'Acre le 14 juillet entraîne le retour des FHM au service courant avec un groupe d'alerte maintenu à 6h et le reste des navires en alerte à 72h.

Le 1er août 1941 la 8ème DCT est dissoute et L'Indomptable forme une nouvelle 6ème DCT en compagnie du Volta. Il est en réparations (du 5 au 23 août.

Du 6 au 18 octobre 1941 il subit des travaux pour renforcer la tôlerie de la plate-forme DCA qui initialement était incapable de résister au souffle des canons de 138mm ! Il est en petit carénage normal du 24 au 29 novembre. Signe de pénurie on transforme les cuisines pour la chauffe au charbon !

Le 18 décembre, le croiseur de bataille Strasbourg, un croiseur et la 6ème DCT appareillent de Toulon pour une série d'exercices avant de rallier Marseille dans la soirée.

Des délégations des écoles militaires repliées dans la région visitent le navire, L'Indomptable recevant la visite d'une délégation de la Légion Etrangère dont le contre-torpilleur est le filleul. Les navires sont de retour à Toulon le 22 décembre 1941 en fin de journée.

La pénurie de carburant devient de plus en plus critique. Les sorties se sont de plus en plus rares et on privilégie de plus en plus l'entrainement au mouillage. On remorque ainsi les navires en rade des Vignettes pour tenter d'opérer comme à la mer même si l'illusion doit certainement se dissiper rapidement.

Du 12 au 19 août 1942 il subit un petit carénage. Le prochain grand carénage est reporté après le 15 janvier 1943 pour deux mois et demi sauf si le retubage des chaudières s'avère nécessaire ce qui prolongerait les travaux d'un mois.

Le 1er septembre 1942 à lieu la dernière sortie générale des FHM. Une partie (3ème DC La Marseillaise Jean de Vienne, 6ème DCT Volta L'Indomptable 10ème DTL'Adroit Le Hardi Mameluk) rallie les Salins pour entrainement comme à la mer jusqu'au 12 septembre au cours duquel L'Indomptable effectue des écoles à feu de 138mm et le mouillage de six mines d'exercices.

Le 7 novembre 1942 le passage en Méditerranée de convois alliés venant de Gibraltar route à l'est entraine la mise en place du régime «Danger». Ces navires qui vont participer à l'opération TORCH vont entrainer par ricochet le sabordage de la Flotte, un événement qui fait encore polémique aujourd'hui.

Crépuscule
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Le contre-torpilleur L'Indomptable sera le seul navire de sa classe à périr lors du sabordage à Toulon

Le 8 novembre 1942 les anglo-saxons débarquent en Afrique du Nord plus précisément au Maroc et en Algérie. C'est l'opération TORCH.

La marine que l'on appellera bientôt barbaresque va résister aux américains et aux britanniques en dépit du fait qu'elle ne dispose que de navires anciens, dépassés et sans DCA ni détection moderne ce qui explique la sincère admiration des américains pour la charge de la 2ème Escadre légère à Casablanca au point de baptiser une classe de porte-avions d'escorte Casabianca.

A Toulon la flotte est en alerte mais ne bougera pas jusqu'à son sabordage. Depuis plus de soixante-dix ans un débat fait rage : la flotte pouvait-elle appareiller et reprendre le combat aux côtés des alliés ?

Pendant des années j'y ai répondu favorablement mais plus j'y pense et plus je me dit que cela n'aurait été in fine pas possible pour de multiples raisons qui sortent du cadre de cet article.

Le 8 novembre 1942 au matin le contre-torpilleur L'Indomptable est amarré au poste 7 du quai Noël cap au large. Le régime Alerte est prescrit dès l'annonce de l'assaut anglo-saxon et les feux sont allumés. A midi il est paré à trois heures d'appareillage.

Comme souvent dans ces moments là  les informations et les rumeurs échauffent les esprits. On parle un temps d'un raid des FHM en direction d'Oran ou d'Alger mais rien ne bouge. De toute façon le 10 novembre les combats cessent en Afrique du Nord. Le lendemain les allemands envahissent la zone libre. A 19.00 l'ordre est donné de laisser tomber les feux.

Le 12 novembre 1942 l'ordre du jour des FHM annonce que Toulon restera français et que les allemands n'y mettront pas un orteil.

Les feux sont rallumés en vue de combattre une escadre alliée repérée au large des côtes espagnoles en route probable vers Toulon. Cette information est erronée à la différence de la présence de troupes allemandes aux portes du port varois. A cet instant les FHM auraient pu appareiller mais l'ordre de laisser tomber les feux à 06.00 le 13 ôte tout espoir. La marine française à semble-t-il laisser passer sa chance.

Néanmoins par précaution les consignes données depuis juin 1940 sont confirmées : ne jamais abandonner à l'ennemi un bâtiment intact.

Le 19 novembre 1942, une section de fusiliers-marins est fournie par l'équipage du contre-torpilleurs pour armer le 5ème bataillon et relever les unités de l'armée qui assurent la protection de l'armée. Cette mesure suscitée par les allemands est destinée à diminuer la capacité de réaction des bâtiments toulonnais.

Le 21 novembre 1942 les bâtiments sont mis à 6h d'appareillage. La situation semble s'apaiser comme le confirme une visite du secrétaire d'Etat à la marine l'amiral Auphan le 23.

La situation était cependant intenable à long terme. En fait cela ne va durer que 4 jours puisque dans la nuit du 26 au 27 novembre, les allemands déclenchent l'opération LILAS pour s'emparer des navires français.

A 04.30 l'officier de garde à bord de l'Indomptable voit la rade être survolée par de nombreux avions. Des fusées éclairantes illumines la rade, des mines sont larguées. A 04.57, le contre-torpilleur reçoit le message suivant « Faites le branle-bas de l'équipage».

On pense toujours à une attaque aérienne alliée mais à 05.15 le message «Prenez les dispositions finales» ne laisse plus de place au doute. Il faut saborder le navire et nul doute que les marins ne l'ont pas fait de gaïté de cœur.

Il s'agit d'ouvrir les prises d'eau, de saboter les mécanismes et de placer des charges explosives pour rendre le navire inutilisable. A 05.30 le contre-torpilleur reçoit l'ordre d'exécutez le sabordage.

A 05.55 on entend des tirs d'armes automatiques au niveau des appontements du Milhaud mais l'ordre écrit confirme l'ordre oral de sabordage. A partir de 06.05, la grenade de 35kg placée dans la chaufferie avant et les pétards de destruction explosent.

La rade de Toulon ainsi secouée par des dizaines d'explosion. La fumée commence à obscurcir la rade. Une véritable vision d'apocalypse.

L'arrière du bâtiment se remplit rapidement en raison de la brèche ouverte dans la coque mais l'avant reste à flot. Les vannes de noyage des soutes avant sont ouverte et l'évacuation des derniers marins présents à bord est ordonnée. Elle est terminée à 06.20 et cinq minutes plus tard le contre-torpilleur la quille sur le fond s'incline sur bâbord et la plage arrière se recouvre d'eau. Le commandant quitte le bord sans avoir vu d'allemand.

L'équipage est rassemblée au 5ème dépôt pour les formalités de mise en congé d'armistice, les forces d'armées de Vichy étant dissoutes par les allemands.

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L'Indomptable et ses deux cheminées sabordé

Quelques jours plus tard l'épave est saisie par l'Axe. Si la remise en service du navire est improbable pour ne pas dire plus en revanche l'acier peut alimenter la machine de guerre de l'Axe.

Les travaux de relevage sont lancés le 9 février 1943. Ils sont interrompus et relancés à plusieurs reprises à partir du 9 avril. Sa remise à flot à lieu en novembre mais pour les allemands puisque l'Italie à signé un armistice en septembre avec les alliés.

Le contre-torpilleur est recoulé le 24 novembre 1943 suite à un bombardement aérien américain mais on espère encore le remettre en service.

En février 1944 on espère l'inclure dans un noyau pour une flotte française à reconstituer mais le contre-torpilleur est à nouveau avarié par des bombardements alliés sur Toulon que ce soit le 4 février (coup direct) et le 29 avril (deux coups au but). La coque présente de très importantes brèches et le contre-torpilleur est coulé avec 25° de bande sur bâbord.

Cette fois un nouveau renflouage paraît devoir être très difficile et en mai l'épave est abandonnée aux allemands pour démolition et riblonnage à leur profit. En pratique seulement trois canons de 138mm sont prélevés sur l'épave qui est retrouvée coulée à son poste après la libération de Toulon.

L'étrave sera prélevée en 1945 pour remplacer celle du Malin disparue après sa collision avec son sister-ship Terrible. L'épave sera démolie sur place en 1950.    

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptySam 06 Juin 2020, 18:17

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
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Le contre-torpilleur Le Fantasque en 1939

Déplacement :  Déplacement Washington 2609 tonnes Déplacement en charge normale 2840 tonnes Déplacement en surcharge normale de 340 tonnes 3180 tonnes Déplacement en surcharge complète de 577 tonnes 3417 tonnes.

Le devis de poids établit pour le Déplacement Washington se répartit entre 957.77 tonnes pour la coque, 1.31 tonnes (sic) pour la protection, 218.24 tonnes pour les installations fixes de l'artillerie, 60.66 tonnes pour les installations fixes liées aux torpilles, 12.50 tonnes pour les installations fixes liées au mouillage des mines et des grenades, 1016.38 tonnes pour la propulsion, 191.18 tonnes pour le poids proportionnel au déplacement et 95.56 tonnes pour le poids proportionnel à la puissance, 34.73 tonnes liées aux installations spéciales et 20.85 tonnes de tonnage disponible.

Pour obtenir le déplacement en charge normale il faut ajouter 120 tonnes de mazout, 43 tonnes d'eau de réserve, 10 tonnes de consommables divers et 58 tonnes de munitions hors Washington.

Pour obtenir le déplacement en surcharge normale de 340 tonnes il faut ajouter 240 tonnes de mazout, 85 tonnes d'eau de réserve, 13 tonnes de munitions et 2 tonnes de divers (dont le matériel dit Z de lutte contre les gaz de combat).

Enfin pour aboutir au déplacement en surcharge complète de 577 tonnes il faut ajouter 220 tonnes de mazout et 17 tonnes de munitions.

Dimensions : Longueur hors tout 132.40m Longueur entre perpendiculaires 125.40m Largeur maximum 12m Tirant d'eau sous les hélices : 4.96m

Construction et aménagements intérieurs
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Deux photos de l'abri de navigation
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-La coque et le pont principal sont construits en tôle de 6 à 14mm d'épaisseur. La poutre-navire est entièrement rivetée. L'utilisation d'alliage légers est en recul suite à des problèmes sur les classes précédentes. C'est ainsi que les superstructures sont en acier et même en acier renforcé pour les zones supportant les canons de 138mm.

-Les superstructures sont plus ramassées ce qui diminue la signature visuelle, un élément capital à grande distance surtout à une époque où la détection électromagnétique n'existe pas.

-La coque est divisée en treize compartiments (A à M) par douze cloisons étanches. Les tranches sensibles (tranches A,B,C,E,F,G,K et L) disposent de puissants moyens d'épuisement.  

-Les Fantasque vont souffrir de nombreux problèmes de structures notamment quand la mer est difficile. Comme nous avons pu le voir dans l'historique on ne compte plus les avaries causées par le mauvais temps ou par des abordages un peu trop brutaux à quai.

-Les tranches propulsions occupent le centre du bâtiment, les logements officiers sont comme de coutume à l'époque à l'arrière alors que les logements équipages sont à l'avant. Ce n'est qu'après le second conflit mondial qu'on décidera de loger les officiers, officiers mariniers et marins à proximité de leur poste de travail.

-En temps le confort des logements est jugé bon mais en temps de guerre ils se révéleront sous dimensionnés.

-Les contre-torpilleurs Le Fantasque et L'Audacieux ont des aménagements légèrement différents puisqu'ils peuvent être utilisés comme navires-amiraux avec à son bord un contre-amiral. On trouve ainsi deux chambres d'officiers subalternes en plus à l'emplacement du local disciplinaire, un bureau de majorité, un local à deux couchettes pouvant être utilisé par le commandant ou le chef d'état-major, la chambre de veille du commandant devenant celle de l'amiral.

-Les superstructures sont nettement réduites par rapport à leurs devanciers. Cela n'empêche pas le maintien de cinq cuisines différentes ! Oui vous avez bien lu cinq puisqu'il y à une cuisine pour le commandant et les officiers supérieures, une cuisine pour pour les officiers subalternes, une cuisine pour les maîtres, une cuisine pour les seconds maitres et une cuisine pour l'équipage. Cet état de fait est déploré par les commandants.

-La passerelle (abri de navigation et ailerons découverts) sont en revanche plus vastes que dans les classes précédentes mais là encore avec près de trente personnes aux postes de combat la sensation d'espace disparaît vite.

-Cette réduction des superstructures se révélera gênante lors de pointes à 40 nœuds. C'est le cas sur Le Malin qui le 4 juin 1936 voit une dépression se former sur l'arrière du bloc-passerelle et sous l'effet du vent relatif, des retours de gaz de combustion de mazout se produisent sur les passerelles envahies par des vapeurs soufrées suffocantes.

-Un mât unique vertical de 23m au-dessus de la flottaison en charge normale. Il porte deux vergues en croix de 8.50m sur lesquelles sont gréées les antennes principales de la TSF et le marocain des drisses à pavillon.

Propulsion :

-Le système propulsif est conventionnel pour des bâtiments de ce type à savoir des turbines à engrenages alimentées en vapeur surchauffée par des chaudières et entraînant des lignes d'arbres et des hélices.

-En raison de la situation économique difficile, les contre-torpilleurs de classe Le Fantasque disposent de turbines et de chaudières de plusieurs entreprises.

-Le Fantasque : turbines Rateau-Bretagne fournies par les Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) de Nantes, chaudières avant fournies par les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime (ACSM) du Trait, chaudières arrières fournies par les ACB.

-L'Audacieux : Turbines Rateau-Bretagne fournies par Schneider, chaudières avant fournies par les ACSM, chaudières arrières fournies par Schneider.

-Le Malin : turbines Parsons fournies par les FCM, chaudières avant fournies par Augustin Normand du Havre et chaudières arrières fournies par les FCM.

-Le Terrible : turbines Rateau-Bretagne fournies par ACB, chaudières avant et arrières fournies par les ACL.

-Le Triomphant : turbines Parsons fournies par Fives-Lille, chaudières avant fournies par Babcock & Wilcox (l'un des rares fournisseurs étrangers de ce contrat), chaudières arrières fournies par les ACF.

-L'Indomptable : turbines Parsons fournies par les ACL, chaudières avant fournies par les Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) et chaudières arrières fournies par les ACSM.

-Les chaudières sont du type Du Temple à petits tubes d'eau verticaux et flamme directe, chauffant au mazout avec des faisceaux surchauffeurs. Ces surchauffeurs sont du type Thornycroft sauf pour Le Terrible qui disposent de surchauffeurs Yarrow-Loire. Ces derniers ont 411 tubes au lieu de 284.

-Les chaudières sont timbrées à 27 kg/cm² pour une vapeur de 225° (température de saturation) mais qui peut être portée en surchauffe à 325°. Des pointes à 360/370° ont été enregistrées.

-Les chaufferies comportent chacune deux chaudières séparées par une rue de chauffe double. La chaufferie avant comprend les chaudières 1 et 3 (tranche F) alors que la chaufferie avant située dans la tranche H comprend les chaudières 2 et 4.

-Les principaux auxiliaires de chaque chaudière sont une turbo-pompe alimentaire Weir d'un débit de 120 mètres cubes par heure chacune et deux turbo-ventilateurs de chauffe Rateau d'un débit de 85000 mètres cubes d'air par heure.

-Les gaz de combustion sont évacués par quatre cheminées groupées deux par deux sous une enveloppe unique.

-La chaufferie avant comprend une chaudière auxiliaire destinée à la production de vapeur nécessaire pour le service au mouillage.

-Cette vapeur produite alimente des turbines du type Rateau-Bretagne (Fantasque Audacieux Terrible) à action ou du type Parsons à réaction (Malin Triomphant Indomptable).

-Les appareils moteurs type Rateau-Bretagne comprennent deux ensembles indépendants à trois étages de détente : machine bâbord dans la tranche G et machine tribord dans la tranche I. Chaque ensemble comprend les éléments suivants :

-un groupe de trois turbines principales (haute pression ou HP, moyenne pression ou MP et basse pression ou BP) qui attaquent l'arbre d'hélice par un réducteur à engrenage  type Power-plant à simple réduction. La turbine BP comprend un étage de marche arrière.

-Un groupe de deux turbines de croisière, une haute-pression et une basse-pression travaillant en série et attaquant l'arbre de la turbine principale MP par un réducteur type
Power-plant auxquelles elles sont reliées par un accoupleur Vulcan permettant de les débrayer.

-Un arbre en acier au nickel-chrome portant une hélice en bronze THR à trois ailes de 3.85m de diamètre. Les turbines tournent en sens inverse et les hélices sont supra-divergentes en marche avant.

-Les appareils moteurs type Parsons sont composées de deux ensembles indépendants installés dans les mêmes tranches et disposant des éléments suivants :

-Un groupe de trois turbines principales à réaction (HP,MP et BP) travaillant en série et attaquant l'arbre d'hélice par un réducteur à engrenage à simple réduction.

-Une turbine de croisière à action attaquant l'arbre de la turbine BP par un réducteur à engrenages du même type que pour les Rateau-Bretagne avec un accoupleur Vulcan

-Une turbine de marche arrière incorporée dans le bâtiment de la turbine principale BP

-Un arbre en acier au chrome portant une hélice en bronze THR (Très Haute Dureté) à trois ailes de 3.80m de diamètre.

-Initialement les six bâtiments disposaient d'hélices fournies par les constructeurs de leurs appareils moteurs mais au début de 1935 elles sont remplacées par des hélices type «bassin des carènes» au tracé amélioré et destinées à réduire le nombre de tours d'hélice à la puissance maximum normale. Finalement à l'usage les hélices type Le Terrible seront généralisées à l'été 1936 car elles procurent le meilleur rendement propulsif.

Performances/Qualites nautiques

-Coque allongée pour favoriser la vitesse. Les formes parfaitement dessinées font que le sillage est pratiquement nul jusqu'à 15 nœuds. Par mer calme, la vague d'étrave est très réduite et les bâtiments mouillent peu. La stabilité de la plate-forme est parfaite jusqu'à 28/30 nœuds mais ensuite cela se dégrade rapidement, la coque fatiguant vite ce qui explique les sévères avaries que ces magnifiques contre-torpilleurs vont subir durant toute leur carrière. En revanche les qualités évolutives sont médiocres.

-Deux quilles de roulis de 43m de longueur participent à la stabilité latérale du  bâtiment

-La puissance développée varie en fonction des bâtiments. Si on doit faire un classement cela nous donne les résultats suivants :

-Le Fantasque : 3ème à la PMN (Puissance Maximale Normale) avec 92364ch et 4ème à fex poussés avec 96773ch

-L'Audacieux : 2ème à la PMN avec 93802ch et 3ème à feux poussés avec 97448ch

-Le Terrible : 6ème à la PMN avec 86443ch et 6ème à feux poussés avec 90868ch

-Le Malin : 5ème à la PMN avec 89562ch et 2ème à feux poussés avec 97956ch

-L'Indomptable : 1er à la PMN avec 95522ch et 1er à feux poussés avec 98529ch

-Le Triomphant : 4ème à la PMN avec 90429ch et 5ème à feux poussés avec 96112ch.

-La vitesse maximum en formation est de 40 nœuds pour les contre-torpilleurs «Rateau» et de 38/39 nœuds pour les «Parsons». La vitesse pratique de raid est progressivement portée de 35 à 38 nœuds. La vitesse de combat est fixée à 28 nœuds.

-Il faut huit minutes pour leur permettre d'atteindre 27 nœuds et quarante-six minutes pour atteindre les 39 nœuds.

-Comme nombre de navires français de l'époque Les Fantasque ont les jambes courtes. L'objectif de 4000 miles nautiques à 15 nœuds ne sera jamais atteint. Les «Rateau» atteindront au maximum 2800/2900 miles nautiques à 14/15 nœuds (2700/2800 miles pour les «Parsons»).

Protection : Aucune, seules les soutes à munitions sont légèrement blindées. Cela s'explique par le fait que les Fantasque sont destinés au raid et non à un combat sur la durée sous le feu ennemi.

Conduite de tir et Détection Electromagnétique
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Télépointeur et plate-forme lance-torpilles à bord du Triomphant en 1942

-La conduite de tir est centralisée sur la passerelle de tir où on trouve deux jumelles 8x50 de désignation d'objectif. Le gisement du but est envoyé par transmetteur Granat au télépointeur principal. Celui-ci est pointé sur l'objectif par recopie sans lecture  grâce à un appareil de pointage en direction Helle-Shaw hydro-électrique. Le pointage du télépointeur à pour effet de transmettre en continu le gisement du but au poste central «artillerie».

-Le télépointeur est doté d'un télémètre-jumelle stéréoscopique de 5m de base (télémètre S de 5m type OPL ou SOM). Il permet de déterminer la distance de but qui est transmise au PC artillerie.

-Le PC traite les données grâce à un conjugateur de tir électronique modèle 1929 et envoie les éléments de pointage aux pièces par transmetteurs Granat. Le pointage des pièces se fait à bras. A noter que chaque pièce possède des optiques grossissement x5 ou x10 pour tirer en autonome.

-Le mécanisme de mise de feu se trouve dans le coin de culasse.

-En cas d'avarie du télépointeur principale, un poste secondaire situé sous tourelle légère gréé sur l'arrière de la deuxième cheminée peut prendre le relais.

-Les Fantasque devaient disposer d'un système de tir en télécommande mais ce système peut être trop complexe n'à visiblement jamais été au point.

-Pour faciliter le tir groupé, les obus des contre-torpilleurs sont colorés ce qui permet à un directeur de tir de retrouver ses petits.

C'est ainsi qu'en 1936 les obus sont colorés au sein de la 8ème DCT en vert pour L'Indomptable, en blanc pour Le Triomphant et en rouge pour Le Malin. C'est la même chose pour la 10ème DCT avec le vert pour Le Fantasque, le blanc pour L'Audacieux et le rouge pour Le Terrible. En 1937  le blanc est remplacé par le jaune plus visible.

-La conduite de tir de la DCA est assurée par des télémètres S de 1m OPL modèle J.1930 qui doivent être utilisés pour le tir en concentration.

-Pas d'appareil d'écoute, les Walser initialement prévus étant supprimés lors de la construction. Le lancement des grenades ASM se fait donc à l'estime avec naturellement toutes les limites inhérentes à cette tactique. En 1938/39 un groupement multispot sera installé mais les performances seront décevantes.

Armement

Artillerie principale
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Affûts avant de 138.6mm du Triomphant

-Depuis les Guépard les contre-torpilleurs français sont armés de cinq canons de 138.6mm en affûts simples sous masque. Plusieurs modèles vont se succéder et les six Le Fantasque marquent l'arrivée du canon de 138.6mm modèle 1929 sur affût simple modèle 1929.

Ce canon est dérivé du modèle 1927 des Vauquelin dont il conserve la culasse à coin horizontal à manœuvre semi-automatique et la planchette de chargement en rotation.

C'est un matériel à débit rapide théoriquement capable de tirer 14 à 15 coups par minute au polygone mais qui peut être réduite à 5/6 coups par mer force 3 à 4. Les projectiles tirés sont cependant à chargement séparé.

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Canon de 138.6mm arrière toujours à bord du Triomphant

Le canon de 138.6mm modèle 1929 qui va aussi équiper l'infortuné croiseur-mouilleur de mines Pluton et les avisos-coloniaux de classe Bougainville était un canon de 50 calibres (6.93m) tirant soit des obus de perforation en fonte aciérée (OPFA) modèle 1924 de 39.9kg (tir contre but marin) soit des obus explosif en acier (OEA) modèle 1928 de 40.2kg (tir contre but terrestre)  ou encore l'obus éclairant (OE) modèle 1925.

La portée maximale avec l'OPFA modèle 1924 est de 20000m (+30°) à raison de douze coups par minute (sept en pratique).

L'affût simple sous masque pèse 11.57 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10° à +30° .

Le champ de tir azimut varie en fonction de la position de la pièce avec de 0° à 110° pour la pièce I (extrême avant), 0° à 135° pour la pièce II (avant), 15° à 135° pour la pièce III (arrière de chasse), 45° à 180° pour la pièce IV (arrière de retraite) et 80° à 180°  pour la pièce V (extrême arrière).

La dotation en munitions est de 200 coups par canon soit un total de 1000 obus de 138mm. Chaque canon possède un masque envellopant de 5mm d'épaisseur pour protéger les servants des éclats.

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Schéma de l'affût simple sous masque et photo d'une pièce de 138.6mm en action
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DCA

-Les Fantasque devaient recevoir deux matériels automatiques contre-avions simple de 37mm alors en projet et donc en attendant que ces pièces soient disponibles on doit embarqué deux matériels CAD (Contre-Avions Doubles) de 37mm modèle 1933 mais comme ces modèles n'ont pas encore été mis en fabrication, les Fantasque entrent en service avec deux matériels de 37mm Contre-Avions Simples modèle 1925.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Canon_76
Canon de 37mm modèle 1925 en action lors d'une école à feu

Le canon de 37mm modèle 1925 est un canon de 60 calibres tirant un obus de 0.725kg  à 5000m en tir contre but marin et à 3500m en tir contre but aérien à raison de 20 coups par minute. Ces deux canons peuvent pointer en site de -15° à +80°. La dotation en munitions est de 500 coups par pièce en temps de paix et de 1000 coups en temps de guerre.

Ces canons de 37mm sont complétés par des mitrailleuses d'abord de 8mm puis de 13.2mm. Suite à des problèmes de positionnement on décide de limiter la batterie à quatre mitrailleuses en deux affûts doubles.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Mitrai19
Affût double de 13.2mm

La mitrailleuse de 13.2mm Hochkiss modèle 1929 dispose d'un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d'alimentation, des boitiers chargeurs de 30 cartouches). Chaque arme dispose de 2400 coups par arme.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Canon_77
Affût double de 37mm modèle 1933 sur Le Triomphant

Finalement le matériel automatique léger de 37mm modèle 1932 n'est pas produit en raison des restrictions budgétaires de 1932 à 35. On lui préfère le matériel Contre-Avions Doubles (CAD) de 37mm semi-automatique modèle 1933, chaque Le Fantasque devant embarquer deux matériels de ce type avec 1000 coups par tube.

Torpilles

-Trois plate-formes aériennes orientables triples lance-torpilles modèle 1928T installées à plat-pont de façon ce qu'on puisse lancer en chasse à proximité de l'axe du navire.

-Deux plate-formes latérales sont gréées en abord au couple 34 avec un champ de battage de 20° à 150° du bord concerné et une plate-forme axiale arrière est gréée au couple 19 avec un champ de battage de 60° à 120° de chaque bord.

-Elles fonctionne par chasse d'air comprimée mais en cas d'urgence on peut utiliser une chasse à poudre en cas d'urgence. Elles sont pointées par moteur électrique mais il existe un système manuel de secours.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Torpil32
Torpille modèle 1923T

-Le jeu d'armement de chaque bâtiment comprend onze torpilles de 550mm modèle 1923DT dont deux laissées à terre en temps de paix auxquelles il faut ajouter deux torpilles d'exercice de 550mm modèle 1924M, une torpille modèle 1924V destinée aux sous-marins mais modifiée pour servir de torpille d'exercice pour un bâtiment de surface.

-En temps de paix les sept torpilles de combat sont à poste dans les tubes avec leurs cônes d'exercice, les cônes de combat se  trouvant dans la soute à grenades ASM. Les deux dernières torpilles sont logées en valise à plat pont, étant remplacées dans les tubes par des torpilles d'exercices.

-Le lancement des torpilles est centralisée et les plate-formes sont normalement télépointées (la télécommande en direction à été envisagée mais jamais réalisée). La direction de lancement dispose d'une plate-forme de télémétrie orientable gréée au dessus du télépointeur principal de l'artillerie dont elle est indépendante.

-Cette plate-forme comprend un télémètre stéréoscopique de 5m de base (télémètre S de 5m OPL ou SOM) qui transmet par Granat ou par téléphone les coordonnées et les informations nécessaires à la direction de lancement.

-Pour le lancement en autonomie les pointeurs disposent d'un poste de visée modèle 1935 avec lunette Huet 12x50 et sont reliés par téléphone à la DL.

-La torpille modèle 1923DT était une torpille de 550mm mesurant 8.575m avec la cône de combat modèle 1924VM et pesant 2120kg dont 308kg d'explosif. Elle pouvait atteindre une cible à 10000m à 40 nœuds et à 14000m à 35 nœuds.

-La torpille modèle 1924M était une torpille de 550mm mesurant 8.46m de long avec le cône de choc modèle 1931 à tranche lumineuse et pesant 1340kg. Elle pouvait atteindre une cible à 7000m  à 32 nœuds et à 12000m à 25 nœuds.

Grenades ASM
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Grenad12
Grenade ASM Guiraud

-Les Fantasque sont équipés de deux grenadeurs électriques de sillage installés sous la plage arrière et débouchant à la poupe par des ouvertures dans le bordée fermées en service courant par des volets métalliques.

-Chaque grenadeur dispose de huit grenades sous-marines type Guiraud modèle 1922 de 252kg (dont 200kg de tolite) pouvant être mises à feu à 30,50,75 ou 100m. A ces seize grenades à poste s'ajoute en temps de guerre douze grenades supplémentaires qui sont stockées dans la soute occupée en temps de paix par les cônes de combat.

-L'installation de deux mortiers 100/250 modèle 1928 orientables à été abandonnée en février 1932.

Mines
CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Mines_12
Mine Bréguet B4

-Deux voies Decauville de 30m peuvent être installées pour pouvoir mouiller deux trains de vingt mines. Il s'agit de mines Bréguet B4 chargées à 80kg de tolite. Pour compenser la surcharge on peut débarquer les munitions des pièces 3 à 5 qui ne peuvent naturellement pas tirer.

Miscellanées

Drome d'embarcations

Elle est regroupée de part et d'autre de la 1ère cheminée avec une vedette de 7m à moteur pour officiers, deux canots de service de 7m à moteur, un youyou de 5m à l'aviron et une plate de 3m.

Ces embarcations sont mises à l'eau au moyen des deux grues électriques orientables installées, une de chaque bord sur le rouf avant (ces grues sont également utilisées pour embarquer les torpilles). Deux tangons d'amarrage de 7m sont gréés, un de chaque bord sur l'arrière de la teugue. Il y à enfin deux échelles de coupée à l'arrière (couple 10/11) pour les officiers et au milieu (couple 31/32) pour l'équipage.

Sur le pont principal par le travers du rouf milieu sont montés sur bossoirs articulés pour mise à l'eau rapide avec à bâbord la baleinière de sauvetage de 7m à l'aviron et à tribord le canot de débarquement de 7m à l'aviron.

Il y à enfin huit radeaux de sauvetage métallique type Brest pour seize personnes.

Livrées et peintures

La «peinture gris clair n°1 d'oeuvres mortes» réglementaire pour les bâtiments chauffant au mazout constitue la livrées d'origine. Les ponts extérieurs sont recouverts de linoléum brun-rouge sauf la teugue sur l'avant du brise-lames et le pont principal, au dessus des tranches «machines».

Ces parties sont recouvertes de «peinture rouge pour ponts exposés aux intempéries» de couleur rouge linoléum. Les carènes sont revêtues de peinture anti-salissure rouge vif.

Les ancres, les capots de cheminée et une bande longitudinale d'un mètre de haute centre sur la ligne d'eau (flottaison en charge normale) sont peints en noirs. Les enveloppes des télémètres sont peintes en blanc pour atténuer l'échauffement des appareils par le soleil.

En mai 1938, les six bâtiments sont repeints avec la nouvelle «peinture gris clair vernissée d’œuvres mortes». Si la peinture brillante améliore l'aspect extérieur des bâtiments elle est surtout destinée à permettre l'élimination rapide par arrosage des résidus toxiques des gaz de combat. Elle présente toutefois l'inconvénient à accroitre la visibilité des parties obliques notamment les masques des pièces.

-Durant la guerre d'Espagne des bandes de nationalité sont appliquées pour éviter les méprises. Elles sont peintes sur les masques des pièces II et IV.

-La peinture se sont aussi les marques de coque. Contrairement à notre époque où un navire ne change pas de marque de coque de sa mise en service à son désarmement (sauf rares exceptions),  les contre-torpilleurs de classe Le Fantasque ont changé à plusieurs reprises de marque de coque.

A partir d'octobre 1936, les Fantasque portent les marques de coque successives :

-Le Fantasque : 10 jusqu'en avril 1939 quand il est remplacé par un X101

-L'Audacieux : 12 jusqu'en octobre 1937 11 jusqu'en avril 1939 puis X102

-Le Malin : 9 jusqu'en octobre 1937 8 jusqu'en avril 1939 puis X82

-Le Terrible : 11 jusqu'en octobre 1937 12 jusqu'en avril 1939 puis X103

-Le Triomphant : 8 jusqu'en octobre 1937 9 jusqu'en avril 1939 puis X83

-L'Indomptable : 7 jusqu'en avril 1939 puis X81.

-Les contre-torpilleurs de la 8ème DCT portaient d'abord une bande blanche sur la cheminée n°1 (octobre 1936-avril 1939) puis deux bandes noires sur la cheminée n°2 alors que leurs homologues de la 10ème DCT portaient une bande blanche sur la cheminée n°2 (octobre 1936-avril 1939) puis deux bandes vertes sur la cheminée n°2.

Modifications

Généralités : L'armement en grenades ASM est renforcé. On passe de seize à poste et trente-deux en soute arrière avec 21 grenades type vedettes de 52kg (dont 35kg d'explosifs). Pour compenser la hausse du poids, on laisse à terre les voies à mines normalement embarquées en soute en temps de guerre.

Ces contre-torpilleurs sont désignés pour recevoir un équipement de détection sous-marine type S.S6 même si les premiers essais sont décevants surtout par rapport aux Asdic britanniques

Renforcement de la DCA rapprochée. Sans l'armistice la DCA aurait été encore renforcée avec un affût double voir selon le souhait de certains officiers supérieurs par un affût quadruple.

Ils devaient recevoir des mitrailleuses Browning de 13.2mm mais ce ne sera pas possible avant l'armistice. Le seul renforcement constituera à installer des chandeliers à fourche Fauconneau pour utiliser les armes automatiques des compagnies de débarquement (deux mitrailleuses de 8mm et quatre fusils-mitrailleurs de 7.5mm).

Doublement du nombre de radeaux de sauvetage.

En décembre 1939 Le Fantasque reçoit une livrée en deux tons de gris avec une coque gris foncée et des superstructures en gris moyen. Cette peinture ne sera que brièvement appliquée puisqu'à partir de janvier 1940 les six navires sont peints dans la teinte «peinture gris foncé d’œuvres mortes» avec les symboles de coque peints en rouge pour atténuer le contraste.

Les six Fantasque sont progressivement modifiés pour recevoir un système de ravitaillement en flèche choisit de préférence au ravitaillement couple jugé dangereux en raison du large débordement des hélices.

Remplacement partiel des équipements radios.

Suite à l'armistice de juin 1940 les modifications vont se poursuivre dans un contexte de pénurie généralisée et de blocages des commissions d'armistice notamment italienne qui se montre particulièrement intransigeante.

Ils doivent également recevoir un appareil d'écoute type Alpha 2 (équivalent de l'Asdic 128 britannique). Un dôme de protection est installé mais le détecteur ne sera installé sur les Fantasque refondus aux EUA. L'Indomptable à bien reçu son dôme mais il sera sabordé avant d'embarquer son détecteur.

Le Fantasque : au carénage de 1940 à Lorient on simplifie les norias à munitions en supprimant les postes de réception intermédiaires ce qui accélère le ravitaillement des pièces. A Dakar le contre-torpilleur va direr 250 coups sans suspension de feu pour cause de ravitaillement.

En avril 1940 à Lorient il reçoit des canons de 37mm modèle 1933 en remplacement des canons de 37mm modèle 1925.

Fin août ou début septembre il reçoit une mitrailleuse de 13.2 Browning. Il reçoit également deux chandeliers pour deux mitrailleuses de 8mm et quatre mitrailleuses de 7.5mm Darne. Une deuxième mitrailleuse Browning  est embarquée au printemps 1941.

L'Audacieux : En avril 1940 à Toulon il reçoit des canons de 37mm modèle 1933 en remplacement des canons de 37mm modèle 1925.

Fin août ou début septembre il reçoit une mitrailleuse de 13.2 Browning. Il reçoit également deux chandeliers pour deux mitrailleuses de 8mm et quatre mitrailleuses de 7.5mm Darne.

Le Malin : En janvier 1940 à Lorient il reçoit des canons de 37mm modèle 1933 en remplacement des canons de 37mm modèle 1925.

Fin août ou début septembre il reçoit une mitrailleuse de 13.2 Browning. Il reçoit également deux chandeliers pour deux mitrailleuses de 8mm et quatre mitrailleuses de 7.5mm Darne. Une deuxième mitrailleuse Browning  est embarquée au printemps 1941.

Le Terrible : En janvier 1940 à Lorient il reçoit des canons de 37mm modèle 1933 en remplacement des canons de 37mm modèle 1925. Il reçoit deux mitrailleuses Browning de 13.2mm en octobre et novembre 1940 puis deux autres armes en remplacement des affûts doubles Hotchkiss.

Le Triomphant : Aurait reçu une ceinture d'immunisation contre les mines magnétiques.

En mai  1940 à Lorient il reçoit des canons de 37mm modèle 1933 en remplacement des canons de 37mm modèle 1925.

En Angleterre il subit un certain nombre de modifications. C'est ainsi que de septembre à décembre 1940 la DCA est renforcée avec l'embarquement d'un canon de 4 pouces (102mm) en remplacement de la pièce IV de 138.6mm, deux mitrailleuses Lewis sont installées sur le toit du rouf arrière.

Les capacités anti-sous-marines sont étoffées avec l'embarquement d'un Asdic type 128 prélevé sur un torpilleur, de quatre mortiers de 240mm type Thornycroft modèle 1918 approvisionnés à 24 grenades. La tourelle de télémétrie torpille est fermée sur le dessus. La peinture est changée avec un gris foncé propre à la RN et si le X83 disparaît le H02 attribué au navire n'est pas peint sur la coque.

CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) Ct_le_66
Radar type 286M à bord du Triomphant

En 1941 il est repeint en gris-rose (Mountbatten Pink), une teinte adaptée à la lumière blafarde de l'Atlantique Nord. Il reçoit un radar type 286M de veille air/surface et la défense contre-avions rapprochée est renforcée avec deux matériels automatiques simples de 40mm Vickers installés sur les plate-formes latérales du bloc-passerelle à la place des affûts doubles de 13.2mm transférés à plat pont sur la teugue par le travers de la pièce II de 138.6mm.

Un affût CAQ (Contre-Avions Quadruple) provenant du cuirassé Paris est installé sur la plate-forme gréée au dessus des norias à munitions de 138mm arrière. En revanche les Lewis sont débarquées.

Deux grenadeurs extérieurs sont installés sur la plage arrière en remplacement des grenadeurs électriques d'origine. Les deux mitrailleuses de 8mm sont réinstallés sur le toit du rouf milieu.

Pour compenser la prise de poids, la plate-forme de télémétrie torpilles est débarquées et un nid de pied pour veilleur est gréé sur l'avant du mât.

Le Triomphant reçoit une livrée gris foncée et une fausse vague d'étrave mais la peinture comme la fausse vague d'étrave disparaissent lors de travaux de peinture réalisés à San Diego en septembre 1941. Un camouflage est appliqué en décembre 1941 en vue de son retour en Méditerranée qui comme on le sait aura lieu bien plus tard.

-Lors des réparations de 1942 à Sydney il perd ses mitrailleuses d'origine remplacées par six canons de 20mm Oerlikon installées pour deux sur la teugue aux emplacements des affûts CAD de 13.2mm,  pour un troisième sur le rouf milieu à l'emplacement des mitrailleuses de 8mm, pour deux au sommet du rouf arrière à l'emplacement de l'affût CAQ de 13.2mm et le dernier sur la plage arrière entre les grenadeurs.

Le radar type 286 est débarqué et remplacé par un nouveau radar d'un modèle inconnu. Le camouflage est modifié puis disparaît en octobre 1943 à Sydney remplacé par un gris-bleu uni.

L'Indomptable : En décembre 1939 on tente une réinstallation de la télécommande en direction avec un embrayage électro-magnétique du groupe convertisseur mais les performances sont décevantes et le système est rarement utilisé. En octobre et novembre 1940 il reçoit deux mitrailleuses Browning de 13.2mm.

Refonte aux Etats-Unis

-Remise en état complète de l'appareil propulsif. Une partie des citernes à eau est transformée en citerne à mazout pour augmenter la distance franchissable. Cela donnait 79 tonnes de mazout en plus ce qui augmentait la distance franchissable de 17%. Des diesels-générateurs américains remplacent les diesels-générateurs français et les deux évaporateurs d'origine sont remplacés par des distillateurs américains.

Les locaux-vie sont transformés pour mettre fin à une relative surpopulation quand les contre-torpilleurs sont à l'effectif de guerre.

La partie majeure de la modernisation concerne surtout la DCA. Avant même le départ des Etats-Unis, les canons de 37mm et les mitrailleuses de 13.2mm sont laissées en Afrique qu'elle soit Occidentale ou du Nord. Ils sont remplacés par huit canons de 40mm Bofors (un affût quadruple et deux affûts doubles) et huit canons de 20mm Oerlikon.

Le mât d'origine est remplacé par un mât d'un nouveau type supportant un radar de veille aérienne SA et un radar de veille surface SF. Les cadrans optiques sont remplacés par un système radio courte portée appelé TBS (Talk Between Ship). Cela entraîne un recâblage complet et une refonte du bloc-passerelle.

L'Asdic est enfin installé dans le dôme rétractable, ce système étant utilisable jusqu'à 25 nœuds.

Un câble de démagnétisation est également installé.

Pour compenser l'augmentation de poids, l'affût triple lance-torpilles arrière, le télémètre pour torpilles et un télémètre de 5m pour artillerie secondaire sont débarqués tout comme une partie de la drome jugée excessive selon les standards américains. Les embarcations françaises conservées seront ultérieurement remplacées par des embarcations américaines.

Cela donnait un tonnage accru de 410 tonnes et les américains recommandèrent de débarquer le canon de 138mm mais les français refusèrent préférant voir à l'usage.

En matière de peinture Le Fantasque Le Terrible et Le Malin sont repeints selon l'US Navy Measure 22 avec la coque au dessus du pont supérieur peint en bleu marine, le bloc-passerelle et les superstructures sont peintes en gris clair et le pont supérieur en bleu (Deck Blue).

Le Triomphant à conservé une peinture britannique avec une teinte gris clair et des losanges en bleu de mer sur la partie basse de la coque.

Equipage

-Les aménagements intérieurs des contre-torpilleurs de la tranche 1930 sont prévus pour 13 officiers, 34 officiers mariniers et 163 quartiers-maîtres et matelots. Le Fantasque et L'Audacieux prévus pour devenir navires-amiraux pouvaient avoir 14 officiers à bord.

-L'état-major est composé de onze officiers et dont trois officiers supérieurs. Ils se répartissent en huit officiers de vaisseau (dont deux officiers supérieurs) et trois ingénieurs-mécaniciens (dont un officier supérieur).

Le commandant est un capitaine de frégate, le commandant en second est un capitaine de corvette, les chefs des services «artillerie» et «armes sous-marines» sont des lieutenants de vaisseau alors que des enseignes de vaisseau de 1ère classe sont chefs des services «transmissions» et «corps de débarquement».

Une enseigne de vaisseau de 2ème classe est officier de manœuvre, une enseigne de vaisseau de 2ème classe de réserve, second canonnier est chargé de la DCA, un ingénieur-mécanicien principal chef du service «machines» et deux ingénieurs-mécaniciens de 2ème classe.

Sur les contre-torpilleurs chef de division dont le commandant est un capitaine de vaisseau sont embarqués un capitaine de corvette breveté de l'Ecole de guerre navale, chef d'état-major, un commissaire de 2ème classe et un médecin de 2ème classe.

L'effectif réglementaire du temps de paix est de 35 officiers mariniers et 186 quartiers-maîtres et matelots plus un pilote comme sur tous les bâtiments naviguant dans le nord soit 222 hommes puis à 223 avec l'embarquement d'un radio-écouteur mais en 1938 l'équipage retombe à 220 hommes.

Sur les contre-torpilleurs chef de division, un officier marinier est compté à l'état-major de division et deux hommes supplémentaires sont comptés à l'effectif sur service «armes sous-marines».

L'effectif complet du temps de guerre composée de 254 hommes (36 officiers mariniers, 218 quartiers-maîtres et matelots) et est pris le 10 avril 1939.

FIN

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyDim 07 Juin 2020, 14:09

Magnifique article - content de t'avoir aidé...... thumleft thumleft

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyDim 07 Juin 2020, 17:29

LE BRETON a écrit:
Magnifique article - content de t'avoir aidé...... thumleft thumleft

Merci. Cela aurait été une frustration d'avoir une historique très détaillée jusqu'en 1940 et de devoir passer sous silence de nombreux événements jusqu'à la fin du second conflit mondial.

Demain je commence à poster un nouvel article consacré à un célèbre paquebot

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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyDim 07 Juin 2020, 17:38

Hola!
L'oeil du canonnier frémit
"Le champ de tir azimut varie en fonction de la position de la pièce avec de 0° à 110° pour la pièce I (extrême avant), 0° à 135° pour la pièce II (avant), 15° à 135° pour la pièce III (arrière de chasse), 45° à 180° pour la pièce IV (arrière de retraite) et 80° à 180° pour la pièce V (extrême arrière)."
C'est comme la mise de feu gyroscopique. Y'a un os, sachant que 0° c'est l'axe du navire. Ou alors la phrase est mal rédigée...
A+
PS: pinaillage pour rendre l'article encore meilleur, non pas pour une critique négative!
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MessageSujet: Re: CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI)   CONTRE-TORPILLEURS CLASSE LE FANTASQUE (FRANCE) (FINI) EmptyDim 07 Juin 2020, 19:55

Starshiy a écrit:
Hola!
L'oeil du canonnier frémit
"Le champ de tir azimut varie en fonction de la position de la pièce avec de 0° à 110° pour la pièce I (extrême avant), 0° à 135° pour la pièce II (avant), 15° à 135° pour la pièce III (arrière de chasse), 45° à 180° pour la pièce IV (arrière de retraite) et 80° à 180°  pour la pièce V (extrême arrière)."
C'est comme la mise de feu gyroscopique. Y'a un os, sachant que 0° c'est l'axe du navire. Ou alors la phrase est mal rédigée...
A+
PS: pinaillage pour rendre l'article encore meilleur, non pas pour une critique négative!
Ça me donne l'impression que seule une moitié du bateau est prise en compte : tribord, en l'occurrence. Le lecteur est prié de dupliquer les secteurs de tir, pour la partie bâbord, en considérant qu'il y a simple symétrie.

Il y a toutefois une erreur sémantique manifeste. Il ne peut s'agir d'azimut ! mais bien sûr de gisement !!
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