AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 [JMSDF] La vie dans la marine japonaise

Aller en bas 
AuteurMessage
Takagi
Capitaine de vaisseau
Capitaine de vaisseau
avatar

Masculin
Nombre de messages : 4785
Age : 38
Ville : Saint-Cannat (13)
Emploi : Oui
Date d'inscription : 03/09/2010

MessageSujet: [JMSDF] La vie dans la marine japonaise   Lun 30 Avr 2018, 20:27

J'ouvre une nouvelle rubrique qui aurait pu accueillir quelques-uns de mes précédents articles, aujourd'hui noyés au milieu de divers fils de discussion. Sad


Dernière édition par Takagi le Lun 30 Avr 2018, 20:47, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Takagi
Capitaine de vaisseau
Capitaine de vaisseau
avatar

Masculin
Nombre de messages : 4785
Age : 38
Ville : Saint-Cannat (13)
Emploi : Oui
Date d'inscription : 03/09/2010

MessageSujet: Re: [JMSDF] La vie dans la marine japonaise   Lun 30 Avr 2018, 20:37

Une enquête publiée le lundi 30 avril 2018 sur le site キャリコネニュース (Kari kone nyūsu, abréviation-transcription de Career Connection News, site d’information sur les carrières destiné essentiellement aux étudiants en recherche d’orientation) jette un éclairage rare sur les motivations qui poussent les jeunes Japonais à s’enrôler dans la Force Maritime d’Autodéfense. Cette enquête s’appuie en partie, mais pas uniquement, sur le discours tenu dans les stands de recrutement de ladite force lors des salons de l’étudiant et des forums à l’emploi. Pour s’affranchir des éléments de langage stéréotypé utilisés en ces occasions, elle exploite aussi les résultats d’enquêtes menées auprès des étudiants sur ce qu’ils attendent de leur futur métier, et des interviews d’ex-étudiants ayant répondu à ce genre de sondage dans le passé et aujourd’hui entrés dans la Force Maritime d’Autodéfense.

Précisons que, avec en moyenne 143 offres d’emploi pour 100 postulants sortant du système scolaire, le chômage des jeunes est inconnu au Japon. Ce n’est donc pas la crainte de ne pas trouver d’emploi qui pousse les jeunes Japonais à entrer dans l’armée navale.


La Force Maritime d’Autodéfense joue un peu sur l’excellence technologique de ses grands bâtiments, mais beaucoup plus sur l’attrait des missions : déploiements outre-mer, action de l’état en mer (ce qui permet d’insister discrètement sur la subordination du militaire au politique, histoire de démentir les craintes de ceux qui ont peur d’une résurgence du militarisme), missions anti-piraterie au large de la Somalie depuis 2009, missions de coopération internationale, missions humanitaires et de secours aux victimes de catastrophes. La reconnaissance internationale dont jouit la Force Maritime d’Autodéfense (escorte et lutte anti-piraterie dans le Golfe d’Aden, excellence en lutte ASM reconnue par les Américains, missions d’assistance humanitaire aux Philippines) est également mise en exergue pour valoriser les carrières navales. Quand on s’engage, on acquiert une expérience et une ouverture à l’international rares. La participation au maintien de la paix et de la stabilité autour du Japon mais aussi dans plusieurs endroits de la région Asie-Pacifique sert aussi d’argument d’appel : on n’est plus à l’ère de la conquête brutale des pays voisins pour s’approprier leurs ressources, on fait œuvre utile.

Les ex-étudiants engagés reconnaissent que la solde est attrayante : à la solde de base s’ajoutent des primes de risque, des frais d’éloignement et des primes de mission qui, pris dans leur globalité, sont plus élevés que dans les autres armées. Ils s’élèvent en moyenne à 33% de la solde de base. Un jeune de moins de vingt ans gagne ainsi 2,7 millions de Yens soit environ 20 500 € l’an en moyenne.

Un autre attrait de la marine est son système de formation professionnelle qui joue le rôle d’ascenseur social : chaque niveau de formation fait grimper dans l’échelle des soldes. Ainsi un jeune de 25 ans peut gagner 3,5 millions de Yens (26 500 €). Cet ascenseur social est plus rapide que dans bien des entreprises nippones. Les brevets et qualifications obtenus dans la marine sont sanctionnés par des examens universitaires (en plus d’une partie purement militaire et pratique), ce qui leur permet d’être homologués et reconnus par le Ministère du Travail,  de sorte que le marin en fin de contrat garde le bénéfice de tous les étages que lui a fait gravir l’ascenseur social. Et bien évidemment, cette formation professionnelle est entièrement payée par le ministère, un avantage dont ne bénéficient pas les salariés du privé. Les cours et les examens ne sont pas faciles, ils demandent beaucoup de travail personnel ce qui rend leur préparation difficilement compatible avec le quart à la mer, les travaux de maintenance ou d’entretien entre les quarts et le service à quai, mais globalement l’ascenseur social par la formation professionnelle est placé haut dans l’échelle des attraits.

Quelques arguments bien connus de tous les marins du monde jouent également : quand ils sont à la mer, les 海上自衛隊の船員 (les marins de la Force Maritime d’Autodéfense) ne dépensent pratiquement rien tant qu’ils sont célibataires, ce qui leur permet d’accumuler un petit pécule bien utile quand ils décident de sortir de l’ascenseur précité… ou de fonder une famille. Un ex-étudiant interrogé explique ainsi qu’être en mer lui permet d’échapper à plusieurs tentations de dépense qui trouent les poches des salariés d’entreprise : soirées alcoolisées, fortunes dépensées au Pachinko, achats dispendieux dans les grands magasins.

Autre argument de poids, la Force Maritime d’Autodéfense gère un parc immobilier important et loge son personnel à des loyers très avantageux. Un appartement 2LDK ou 3LDK (désignation nippone des types d’appartement : 2LDK signifie « 2 chambres + Living + Dining room + Kitchen » ce qui fait au Japon une cinquantaine de mètres carrés – surface très correcte dans une grande agglomération où l’immobilier est hors de prix) pour 20 à 30 000 Yens (150 à 225 € / mois). C’est un avantage en nature considérable. Ceux qui veulent dépenser encore moins peuvent opter pour la colocation à trois dans un 3LDK par exemple. En plus, les marins affectés dans les grandes bases navales ont accès gratuitement à des installations sportives, des salles de gym, des piscines, des bains et saunas japonais, etc. Ils peuvent en outre bénéficier des repas à prix réduit de la cafeteria, où la nourriture est très correcte et équilibrée pour un prix généralement inférieur à 1300¥ (10€). Ces avantages sont à ce point attrayants que les grandes entreprises s’efforcent de les copier…

Comme les autres armées et administrations, la Force Maritime d’Autodéfense permet aux jeunes parents, hommes ou femmes, de prendre des congés parentaux allant jusqu’à deux ou trois ans tout en gardant leur solde de base. Sur ce point, aucune entreprise du privé ne peut lutter.

Bien sûr, il y a des contreparties, notamment en termes de libertés. En mer, l’accent est mis sur la vie en collectivité et sur l’obéissance aux règles de la discipline militaire. Un marin explique que c’est comme si son corps appartenait à 50% à l’état. À quai, pas question de partir avant le dégagé, même pour traiter une affaire personnelle. L’intégration à l’équipage bannit tout repos extraordinaire pour convenance personnelle – convenance égoïste, disent certains. Quand on demande une permission, il faut dire où l’on va et par quel trajet on s’y rend, même si c’est pour rentrer dans sa famille. Et il n’est pas sûr que sa demande soit acceptée : le service et le bon fonctionnement de la marine priment. Quand le jeune s’engage, il doit comprendre qu’il abandonne à la marine la liberté d’organiser son quotidien comme bon lui semble.

Mais cette exigence d’adhésion à l’institution a ses avantages : les marins reconnaissent eux-mêmes qu’en quittant la Force Maritime d’Autodéfense ils ont une grande facilité à travailler en équipe, à ne pas compter leurs heures comme des ronds-de-cuir et qu’ils se sont faits d’excellents amis pendant leur temps sous les drapeaux.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Takagi
Capitaine de vaisseau
Capitaine de vaisseau
avatar

Masculin
Nombre de messages : 4785
Age : 38
Ville : Saint-Cannat (13)
Emploi : Oui
Date d'inscription : 03/09/2010

MessageSujet: Re: [JMSDF] La vie dans la marine japonaise   Lun 28 Mai 2018, 19:36

Je recopie ici un article que j'avais publié le 5 décembre 2017 dans la rubrique [JMSDF] Actualités


Quand les militaires partent en intervention sur une zone sinistrée ou en déploiement de longue durée outre-mer, leurs enfants ont souvent des résultats scolaires en baisse. Or au Japon, une année ratée se rattrape difficilement et peut compromettre irrémédiablement l’avenir d’un écolier. C’est un problème qui a été remonté à plusieurs reprises au sein des Forces d’Autodéfense, dans l’équivalent nippon des rapports sur le moral qui ont cours dans nos armées. Les municipalités de Yokosuka et de Tateyama, situées de part et d’autre du canal d’Uraga qui fait communiquer la baie de Tōkyō avec l’océan, ont signé des accords avec la base navale et la base aéronavale qu’elles abritent respectivement. Ces accords prévoient que les municipalités prendront à leur charge l’organisation et une partie du financement d’un soutien scolaire et périscolaire qui sera mis en place au profit des enfants de ces militaires envoyés en mission. Les unités tiendront à jour les prévisions d'absence et les départs inopinés des parents et en informeront les services éducatifs des deux municipalités, à moins que les intéressés s'y soient opposés.


Départ du groupe école de la Force Maritime d'Autodéfense,
synonyme pour les familles de cinq à six mois d'absence

Les parents en mission auront peut-être un souci de moins quand ils partent. Recevoir de bons bulletins de notes de leur progéniture leur enlèvera un motif d'inquiétude.

D'autres municipalités devraient bientôt imiter Yokosuka et Tateyama et étendre le concept aux autres forces d'autodéfense.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Takagi
Capitaine de vaisseau
Capitaine de vaisseau
avatar

Masculin
Nombre de messages : 4785
Age : 38
Ville : Saint-Cannat (13)
Emploi : Oui
Date d'inscription : 03/09/2010

MessageSujet: Re: [JMSDF] La vie dans la marine japonaise   Lun 28 Mai 2018, 20:44

Le site 二コ二コニュース (NIKO NIKO NEWS) a publié ce 28 mai 2018 une interview du maître torpilleur 澤田貴郁 (Sawada Takafumi), embarqué sur l’escorteur HATAKAZE (DDG-171) et qui nous livre quelques détails de sa vie de tous les jours.

Le HATAKAZE est intégré au Premier Groupe d’Escorte, basé à Yokosuka. À son bord, le maître Sawada fait partie du service chargé de l’entretien et de la mise en œuvre des tubes lance-torpilles et de l’ASROC. Le HATAKAZE navigue au minimum cent jours par an (minimum requis pour le maintien des qualifications) ; il lui arrive d’effectuer des déploiements de plusieurs mois.


Pendant que l’escorteur est à quai, la journée type est la suivante :

  • 07h00 : rentrée des permissionnaires
  • 07h15 : poste de propreté
  • 08h00 : cérémonie des couleurs
  • 08h05 : assemblée
  • 08h15 : réunion de service
  • 08h30 – 11h30 : poste d’entretien
  • 11h30-13h00 : pause de midi, repas
  • 13h00 – 17h00 : poste d’entretien
  • 17h00 : dégagé
  • 17h30 : permissionnaires

Pour un gradé de son niveau, le service au mouillage tombe un jour sur huit.

À la mer, le rythme est évidemment différent. Le MT Sawada ne fait pas de quart et sa journée se décompose comme suit :

  • 07h00 : fin du 朝ごはん (asagohan, petit déjeuner)
  • 07h15 : poste de propreté
  • 08h00 : appel par service
  • 08h15 : réunion de service
  • 08h30 : poste d’entretien ou mise en œuvre du matériel ou formation du personnel
  • 12h00 : 昼ごはん (hirugohan, déjeuner)
  • 12h40 : gymnastique pour tous
  • 13h00 : réunion de service
  • 13h15 : poste d’entretien ou mise en œuvre du matériel ou formation du personnel
  • 18h00 : 夜ごはん (yorugohan, dîner)
  • 19h00 : bain et repos
  • 22h00 : extinction des feux


Le HATAKAZE effectue plusieurs lancements de torpilles d’exercice chaque année dans les secteurs d’entraînement au large de Yokosuka. Le MT Sawada est fier de les réussir tous mais avoue être un peu tendu avant chaque lancement par crainte des accidents.

Les autres exercices en mer comprennent la lutte contre l’incendie (avec fumigènes à bord pour les besoins de l’entraînement) et contre les voies d’eau (la formation pratique dans ce domaine s’effectue à terre…), le repêchage d’hommes à la mer (l’ami Oscar de Dahlia Bleu) et l’entraînement au combat.

Une des choses qui pèse le plus au MT Sawada est que le téléphone cellulaire ne marche pas en mer. Il ne peut contacter sa famille que quand il est en escale. Lors des déploiements longs tels que ceux au large de la Somalie, qui durent deux mois, c’est assez pesant.


Cela fait 11 ans que Sawada Takafumi est entré dans la Force Maritime d’Autodéfense. Au début, la vie en collectivité lui a posé quelques problèmes mais il a fini par se faire à la promiscuité, à l’absence de chez-soi et d’espace privatif. Il reconnaît aussi qu’il lui a fallu du temps pour se défaire de l’approche scolaire de ses premiers mois de marine et pour faire le lien entre ce qu’on lui avait enseigné et ce dont il avait besoin à bord, car il ne venait pas d’un milieu de marins. Avant de s’engager, il a travaillé pendant un an dans une agence immobilière après l’université où il avait suivi une formation de programmateur informatique. Mais il ne se voyait pas vivre la vie rangée et conventionnelle d’employé de bureau, alors il a radicalement changé d’orientation et s’est engagé dans la Force Maritime d’Autodéfense. Aujourd’hui, il ne sait pas pourquoi il avait voulu faire de l’informatique et il dit que taper du code sur un clavier à longueur de journée ne lui aurait pas plu. Il préfère nettement sa vie actuelle.


Être capable de travailler en équipe est plus important à ses yeux que de développer des capacités individuelles déconnectées du groupe.

Tous les membres de la Force Maritime d’Autodéfense passent des épreuves physiques chaque année : pompes, abdominaux, lancé du poids, course de 3000m, 50m crawl et 50m brasse, le tout assorti de performances minimales nécessaires à la promotion au grade supérieur. Pour lui, ces épreuves sont infaisables si on n’a pas été un minimum sportif dans sa jeunesse – un message à une certaine jeunesse actuelle, sans doute.

Le journaliste lui a alors demandé s’il avait un message à faire passer aux collégiens (principaux lecteurs de Niko Niko News). Il a répondu que les marins étaient plus souvent à l’étranger que dans des casernements à terre, qu’ils faisaient beaucoup d’économies en mer parce qu’ils ne pouvaient rien dépenser et parce que la nourriture et les habits étaient gratuits, avant de partir d’un éclat de rire et de revenir à des considérations plus sérieuses : importance de la mission, sens du service et des responsabilités, engagement à servir le plus de gens possible et du mieux possible.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [JMSDF] La vie dans la marine japonaise   

Revenir en haut Aller en bas
 
[JMSDF] La vie dans la marine japonaise
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [JMSDF] Marine Japonaise actuelle et future
» Vous savez ce que je lui dis à la marine Japonaise??
» Carrière dans la Marine Marchande?
» INFANTERIE DE MARINE JAPONAISE 1945
» Les filles dans la marine.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Marine forum :: Les Marines du monde :: Asie :: Japon-
Sauter vers: