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 CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)

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clausewitz
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MessageSujet: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Sam 08 Sep 2018, 13:40

CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE
(FRANCE)


Le croiseur lourd Duquesne à la mer en 1937. Il porte les marques de neutralité liées à la guerre d'Espagne

AVANT-PROPOS

De la frégate au croiseur

Les premiers navires de guerre étaient mus par le muscle. Il y avait bien des mats et des voiles mais le mouvement se faisait quasi-exclusivement à la rame. Ce sont les trirèmes grecques et les galères romaines, les navires s'abordant violemment avec souvent un éperon à l'avant, des hommes en armes _hoplites grecs et légionnaires romains_ se chargeant de terminer le travail.

Les galères constituèrent le gros des forces navales jusqu'au XVIème siècle quand les navires à voile appelés souvent navires de ligne supplantèrent définitivement les navires à rames trop lents et trop instables pour combattre en haute mer.

Ces lourds et gros navires armés de 74 voir de 110 canons étaient puissants mais également coûteux en terme de matériaux (un 74 canons nécessitait cents chênes adultes !) et d'équipage.

Ils étaient parfaitement adaptés aux batailles rangées, aux guerres majeures mais étaient particulièrement mal à l'aise dans d'autres missions comme les liaisons, la protection des ligne de communication, l'attaque du commerce ennemi, les explorations coloniales et commerciales...... .

D'où la présence de navires plus petits et plus légers, des navires mieux adaptés à ce large et vaste panel de missions. Ces navires portaient des noms aussi différents qu'aviso, canonnière, brick,sloop ou frégate.


Une frégate et ci-dessous un sloop


La frégate était la bête de somme d'une marine, le navire bon à tout à faire des marines majeures, des navires capables aussi bien de combattre dans la ligne que de mener des opérations comme l'attaque du commerce ennemi, la protection du commerce allié, les liaisons, les explorations...... .

A la fin du 18ème siècle, les coques en bois atteignent leurs limites. Le passage à l'acier, à la coque en fer devient impératif même si il se fera par étape, la France par exemple mettant du temps à passer à la structure en acier avec une coque extérieure en fer, utilisant longtemps un squelette de métal et une coque en bois.

A cela s'ajoutait le remplacement de la propulsion à voile par la propulsion à vapeur même si en raison d'un manque de fiabilité nombre de navires à vapeur conservaient une imposante mature pour manœuvrer à la voile en cas d'avarie.

Cette mutation en terme de structure et de propulsion se traduit également dans la dénomination avec le remplacement du terme frégate/frigate par le terme de croiseur/cruiser. Le terme frégate allait disparaître pour presque un siècle, réapparaissant durant le second conflit mondial pour désigner un navire totalement différent destiné à la lutte anti-sous-marine mais ceci est une autre histoire.

La France et le croiseur, une histoire

Avant-propos

Le Colbert à été le dernier croiseur de la Royale

Depuis 1991 et le désarmement du Colbert, la France ne dispose plus de croiseurs au sein de sa marine.

C'est la fin d'une histoire vieille de plus d'un siècle marquée par la construction de nombreux navires qu'il s'agisse de croiseurs protégés, de croiseurs légers, de croiseurs lourds ou encore de croiseurs cuirassés dont la France devint l'un des plus ardentes défenseur au point de négliger le croiseur léger et se retrouver fort dépourvue quand éclata le premier conflit mondial.

Le premier conflit mondial terminé elle récupéra des croiseurs allemands et austro-hongrois qu'elle utilisa aux côtés de navires neufs comme les trois croiseurs de classe Duguay-Trouin mais aussi les premiers croiseurs lourds ou croiseurs type Washington.

La France se livra alors à une vraie rivalité vis à vis de l'Italie au point de disposer du même nombre de croiseurs que sa cousine latine à savoir sept unités.

Aux côtés de croiseurs spécialisés (Jeanne d'Arc, Pluton,Emile Bertin) et polyvalents (les six unités de classe La Galissonnière), ces croiseurs lourds auraient du mener une guerre glorieuse, digne des marins qui servaient à bord mais comme nous le savons ce ne sera pas le cas.

Le second conflit mondial terminé, la flotte de croiseurs est sérieusement diminuée en quantité (nombre d'unités coulées) et en qualité (usure et déclassement en termes de performances).

La reconstitution de la flotte prévoit la construction de nombreux croiseurs (jusqu'à six) mais hélas pour les fana-mili, pour les amateurs de la puissance navale française, le nombre de croiseurs se réduira à deux avec l'achèvement d'un croiseur en construction au moment de l'armistice de juin 1940 (Le De Grasse) et la construction d'une unité neuve (Le Colbert).

Actuellement les deux plus gros navires de combat de la marine française sont les FDA (Frégates de Défense Aérienne) de classe Forbin, les Forbin et Chevalier Paul qui déplacent 7050 tonnes en charge normale.

Dans certains pays ils seraient qualifiés de destroyers et même si leur déplacement est proche de certains croiseurs du second conflit mondial, elles sont classés comme frégates ce qui à à mon avis autant de sens que classer comme destroyer les navires chinois type 055 de 12000 tonnes....... .

Les premiers croiseurs français

C'est en 1873 que le croiseur fait une timide apparition au sein de la Royale. Jusqu'ici les navires étaient classés soit comme vaisseaux, soit comme frégates ou soit comme corvettes.

Cette année là les navires sont classés selon leur mission principale et leur rôle. On trouve ainsi des bâtiments de combat, des bâtiments de défense et d'attaque des côtes mais aussi des bâtiments de course et de croisière, les mots «course» et «croisière» étant à l'origine du mot croiseur.


Les deux premiers croiseurs français en service jusqu'en 1901 sont ainsi baptisés Duquesne et Tourville, des navires de 5700 tonnes armés de sept canons de 194mm et de quatorze de 138mm. Ils pouvaient filer à 17 nœuds.

A côté de ses deux gros navires on construit également des navires plus petits, plus légers. On trouve ainsi le Duguay-Trouin ((3480t), les quatre unités de classe
Lapérouse (Lapérouse, Nielly,D'Estaing Primauguet) de 2360 tonnes ainsi que leurs cousins de classe Villars (Villars Magon, Rolland,Forfait) de 2380 tonnes.

Ils sont suivis par des navires un peu plus gros mais dont le déplacement est en retrait par rapport aux Duquesne à savoir le duo Iphigénie/Naïade (environ 3300 tonnes) ou encore les Arethuse et Dubourdieu de 3490 et 3700 tonnes. Ces différents navires sont rapidement déclassés, leur carrière est particulièrement courte.

Avec ses 4503 tonnes, le Sfax en service de 1887 à 1901 marque une rupture. Premier navire conçu par Emile Bertin, il sera le seul de son type. Le Tage lui détonne avec ses 7469 tonnes, ce navire en service de 1890 à 1895 étant arrmé de huit canons de 164mm et de dix canons de 138mm.


L'Amiral Cecille

L'Amiral Cecille en service jusqu'en 1911 est le dernier croiseur à batterie ce qui constitue pour ce cousin du précédent (même armement) le seul titre de gloire.

Les croiseurs français suivant se situent dans la tranche des 3-4000 tonnes avec tout d'abord les trois unités de type Alger (Alger,Isly,Jean Bart)en service de 1893 à respectivement 1911,1910 et 1907. Ils étaient armés de quatre canons de 164mm et de huit canons de 138mm ainsi que de cinq tubes lance-torpilles.

Ils sont contemporains des croiseurs Davout et Suchet en service respectivement de 1892 à 1909 et de 1894 à 1906. Il s'agissait de navires de 3031 et 3362 tonne avec pour armement six canons de 164mmn quatre canons de 100mm et huit canons-revolvers de 47mm.

Dans une flotte nombreuse, on trouve également les trois unités de classe Friant (le terme classe peut être un poil abusif, les navires pouvant afficher de sérieuses différences d'un chantier à l'autre). Déplaçant 3800 tonnes, ils sont armés de six canons de 164mm et de quatre canons de 100mm, leur carrière commencée vers 1895 s'achevant en 1919 pour le Friant, en 1904 pour le Bugeaud et enfin en 1910 pour le Chasseloup Laubat.

Les croiseurs Descartes et Pascal si ils déplacent 3900 tonnes affichent un armement plus léger avec quatre canons de 164mm et 10 canons de 100mm. Affectés dès l'origine outre-mer, ils connaissent une carrière longue, le Descartes étant en service de 1897 à 1918 et le Pascal de 1897 à 1909.

Les trois unités de classe Cassard (Cassard D'Assas Du Chayla) sont semblables aux Friant, déplaçant 3962 tonnes avec un armement identique sauf les tubes lance-torpilles où des tubes de 457mm remplacent celles de 356mm. Ces navires sont en service respectivement de 1897 à 1924, de 1898 à 1908 et enfin de 1898 à 1921.

Enfin on trouve également les deux navires type Catinat, les Catinat et Protet, des navires semblables aux Descartes avec un déplacement de 4048 tonnes. Ils sont en service respectivement de 1898 à 1910 et de 1899 à 1909.

Aux côtés de ces croiseurs de 2ème classe que nous venons de voir on trouve des «croiseurs de 3ème classe». Une douzaine de navires va être construit entre 1880 et 1900 avec le duo D'Estrées/L'Infermet, les trois unités de classe Forbin (Forbin, Surcouf,Coëtlogon), leurs quasi-frères de classe Troude (Troude,Lalande,Cosmao) et enfin les trois unités du type Linois (Linois,Galilée,Lavoisier)

On trouve encore plus petit avec les «croiseurs-torpilleurs» (ex-avisos torpilleurs et ex torpilleurs éclaireurs), des navires de 1200 tonnes. Ces navires qui seront reclasse contre-torpilleurs d'escadre en 1896 ont été baptisés  Epervier,Vautour,Condor,Faucon,Wattignies et Fleurus.

On trouve également un certain nombre de croiseurs isolés, des inclassables souvent issus de la fertile imagination de la Jeune Ecole.

Cette école de pensée qui influença aussi bien la France que le Japon privilégiait David et Goliath, voyant dans la mine, la torpille et le sous-marin les seules armes dignes d'intérêt, rejetant à la marge (amiral Aube) ou complètement (ses disciples) le cuirassé, les plus gros navires devant être des croiseurs destinés à la guerre de course.

Si jadis je vouais aux gémonies cette école la rendant responsable du déclassement naval de la France après 1870 j'ai tendance à la réhabiliter sans excuser tous ses errements. Il est en effet probable que la France ne pouvait se permettre le luxe d'engager une course aux armements avec la Grande-Bretagne _nous sommes bien loin de l'Entente Cordiale_ et que privilégier la torpille au cuirassé était peut être du simple bon sens (même si cela ne justifie la Flotte d'échantillon).


Le croiseur D'Entrecasteaux

Bref, revenons à nos croiseurs français. Parmi ces isolés nous trouvons tout d'abord le D'Entrecasteaux, un croiseur pour station lointaine de 8399 tonnes armé de deux canons de 240mm et de quatorze canons de 138mm temporairement classé comme «croiseur cuirassé» avant que la marine française ne revienne à une plus saine conception.

Mis en service en 1899, il participe après plusieurs passages en réserve à la première guerre mondiale, n'étant désarmé qu'en juin 1921 quand il est vendu à la Belgique puis à la Pologne, terminant sa carrière sous pavillon.....allemand, n'étant démoli qu'en 1942.  

Le Guichen est lui un «croiseur corsaire» (bien que la guerre de course à été abolie par le traité de Paris de 1856....). Navire de 8300 tonnes, il à la particularité de n'être signé par aucun ingénieur ce qui est un cas unique au sein de la Royale. Premier navire à recevoir des machines fractionnées, il est mis en service seulement en mars 1900 après des essais que nous qualifierions pudiquement de laborieux.

Son armement est faible en rapport avec son déplacement avec seulement deux canons de 164mm sous masque, six canons de 138mm et des canons-revolvers de 47mm. On trouve également deux tubes lance-torpilles sous-marins de 450mm. Après avoir participé au premier conflit mondial, le navire est désarmé le 29 novembre 1921 et démoli en 1922.

Le Jurien de La Gravière est un autre croiseur corsaire, un navire de 5595 tonnes armé de huit canons de 164mm mis en service seulement en juin 1903 après à nouveau des essais longs et difficiles. Il est désarmé le 27 juillet 1921 après une carrière marquée par un rôle inhabituel et mal défini de «répétiteur».

La Jeune Ecole si elle eut raison de croire dans le sous-marin eut aussi des projets que l'ont pourrait pudiquement qualifier de «fumeux» ou de «délirant». Parmi ces projets figure le «croiseur porte-torpilleurs» Foudre.

Séduisante sur le papier cette idée de pouvoir transporter à destination de petites unités de combat se révéla impraticable avec les moyens de l'époque mais semble annoncer cette fameuse guerre en réseau, cette guerre en essaims qui fait le délice des partisans de la RMA (Revolution in Military Affairs) mais qui peine à se concrétiser en dehors des laboratoires de recherche.

Armé définitivement en 1897, ce navire construit à Bordeaux montre très vite l'utopie de sa conception initiale. Le navire va devenir un véritable couteau suisse, devenant si l'on peut dire le premier porte-avions français avant de servir durant la guerre de bâtiment-base de sous-marins et de navire-atelier (Il à aussi été un temps mouilleur de mines).


Le croiseur français Chateaurenault

Le Chateaurenault était lui aussi un croiseur corsaire mais avec une vague silhouette de paquebot (dans le but de jouer le rôle de Q-Ship ou bateau-piège ?). Déplaçant 8300 tonnes, il était armé de deux canons de 194mm et de quatre canons de 164mm. Mis en service à l'automne 1902, il connait un sort tragique puisqu'il est torpillé par le sous-marin UC-38 alors qu'il servait de transport de troupes le 15 décembre 1917 mais les pertes humaines sont heureusement limitées.

Les croiseurs cuirassés une passion française

Initialement les premiers navires à coque en fer étaient bien plus lourds que leurs homologues à coque en bois en raison du poids des plaques d'acier ce qui imposait des choix draconiens en terme de protection pour ne pas faire exploser le devis de poids.

Cependant la metallurgie fesait des progrès considérables permettant d'imaginer des navires suffisamment protégés tout en restant d'un poids et donc d'un prix raisonable. En 1877 la Royal Navy met en service le HMS Shanon considéré comme le premier armoured cruiser ou dans notre belle langue un croiseur cuirassé.

Contrairement à ce que l'on à pu penser (et moi le premier), la France n'est pas l'inventeur de ce concept. Cette difraction historique s'explique probablement par le zèle que la Royale déploya pour s'équiper de nombreux croiseurs cuirassés au point de se lancer (trop) tardivement dans la construction de croiseurs légers nettement plus efficaces pour l'éclairage d'une escadre. Pas moins de vingt-cinq navires de ce type vont être construits.


Le croiseur cuirassé Dupuy de Lôme

Le premier du nom est le Dupuy de Lôme. Construit à l'Arsenal de Brest, ce navire de 6056 tonnes, filant à 19.7 nœuds et possédant un armement composé de deux canons de 194mm et six canons de 164mm est mis en service en mai 1895. Il est désarmé en mars 1910 et démoli en 1923.


Le croiseur cuirassé Amiral Charner

A un navire unique succède la classe Amiral Charner composée de quatre navires baptisés Amiral Charner, Bruix,Chanzy et Latouche-Treville.

Ces navires mis en service respectivement en septembre 1895, décembre 1896, juillet 1896 et mai 1895 déplaçaient 4700 tonnes, filant à 19 nœuds avec pour armement principal deux canons de 194mm et six canons de 164mm.

Si le Bruix et le Latouche-Treville terminent leur carrière par un désarmement lié à l'âge et à l'usure (respectivement en juin 1920 et mai 1919), les deux autres sont perdus avant terme, l'Amiral Charner étant torpillé par l'U-21 le 8 février 1916 (un survivant) alors que le Chanzy est perdu par échouage au large de Saïgon le 20 mai 1907.


Le Pothuau

Bien que proche des Amiral Charner, le Pothuau est considéré comme un navire à part. Mis en service en juin 1897, il déplaçait 5460 tonnes, pouvait atteindre la vitesse maximale de 19 nœuds avec un armement principalement composé de deux canons de 194mm et de dix canons de 138mm. Il est désarmé en juin 1926 et démoli trois ans plus tard.


Le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc

Le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc marque une nette rupture dans le domaine des croiseurs cuirassés puisque son déplacement double quasiment par rapport aux précédents avec 11600 tonnes. Il est également plus rapide avec 21.8 nœuds (23 nœuds prévus) avec un armement composé de deux canons de 194mm et de quatorze canons de 138mm.

Mis en service en mai 1903, ce navire aux six cheminées (d'où son surnom de «paquet de cigarettes») servit à partir de mars 1912 comme navire-école devenant le premier des trois navires-écoles de La Royale à porter le nom de la «Pucelle d'Orléans» (si le dernier à été désarmé en 2010, le groupe-école porte le nom de «Groupe école Jeanne d'Arc»). Le croiseur cuirassé est désarmé en 1933 et démoli l'année suivante.


Le croiseur cuirassé Gueydon

Au «paquet de cigarettes» succède les trois navires de la classe Gueydon, des navires baptisés Gueydon,Montcalm et Dupetit-Thouars. Ces navires mis en service respectivement en septembre 1903, mars 1902 et août 1905 déplaçaient 9500 tonnes, filaient à 21 nœuds avec un armement composé de deux canons de 194mm et de huit canons de 164mm. Si les deux premiers sont désarmés après guerre (respectivement en 1923 et 1926), le dernier navire est torpillé au large de Brest le 7 août 1918 par l'U-62.


Le croiseur cuirassé Amiral Aube

A la classe Gueydon succède la classe Sully composée de cinq navires baptisés Sully, Amiral Aube, Gloire, La Marseillaise et Condé. Il s'agissait de navires de 10376 tonnes filant à 21 nœuds avec un armement principal composé de deux canons de 194mm et de huit canons de 164mm.

Si le premier navire est mis en service en janvier 1904, les deux suivants le sont en avril, le troisième en octobre 1903 et le dernier en août 1904. Si le Sully est perdu par échouage en baie d'Along le 2 février 1905, les autres sont désarmés après guerres (respectivement 1920 pour l'Amiral Aube et le Gloire, en février 1932 pour La Marseillaise et en 1928 pour le Condé).


Le croiseur cuirassé Dupleix

Avec les trois navires de classe Dupleix (Dupleix Kléber Desaix), la marine française revient à des navires d'une taille plus modeste environ 7000 tonnes, une vitesse de 21 nœuds est conservée mais l'armement est plus léger avec huit canons de 164mm et dix canons de 100mm.

Destinés aux stations lointaines, ces navires sont mis en service respectivement en septembre 1903, juillet 1904 et avril 1904. Le Dupleix est désarmé en mai 1919,le Kléber est coulé par une mine posée par l'UC-61 le 26 juin 1917 alors que le Desaix est désarmé en mars 1921.


Le Léon Gambetta

Avec les trois navires de la classe Léon Gambetta, la Royale revient à des gros navires puisqu'ils déplacent allègrement 12500 tonnes soit un tonnage proche des cuirassés de la catégorie prédreadnought.

Baptisés Léon Gambetta,Jules Ferry et Victor Hugo, ces navires filant à 22 nœuds étaient armés de quatre canons de 194mm et de vingt-deux canons de 164mm. Ils sont mis en service respectivement en juillet 1905, en juin 1907 et en avril 1907.

Le Léon Gambetta est torpillé par le sous-marin austro-hongrois U-5 dans la nuit du 26 au 27 avril 1915 dans le canal d'Otrante, naufrage qui ne laisse que vingt-neufs survivants sur un équipage de 728 officiers et marins. Le Jules Ferry est désarmé fin 1925 alors que le Victor Hugo le suivit en janvier 1928.


Le Jules Michelet

Initialement le Jules Michelet devait être un quatrième Gambetta mais au final il se révéla suffisamment différent pour constituer une classe à lui tout seul. Il déplaçait 12600 tonnes, filait à 23 nœuds mais son armement était plus léger avec quatre canons de 194mm et douze canons de 164mm. Mis en service en janvier 1909, il est désarmé en 1929.


L'Ernest Renan

Comme si l'histoire se répétait, l'Ernest Renan devait être un sister-ship du Michelet mais il fût au final lui aussi «fils unique». Il déplaçait 13644 tonnes, filait à 23 nœuds avec un armement identique. Mis en service en février 1909, il est désarmé en 1924.


Le croiseur cuirassé Edgar Quinet

Les deux derniers croiseurs cuirassés français baptisés Edgar Quinet et Waldeck Rousseau sont mis en service en 1911 à une époque sont déjà apparus les cuirassés type dreadnought ainsi que les croiseurs de bataille, les battlecruiser qui sont vus comme les successeurs des armoured cruiser.

Ces navires sont les plus gros croiseurs cuirassés construits par la France avec un déplacement de 14100 tonnes, une vitesse maximale de 23 nœuds et un armement composé de 14 canons de 194mm (ce qui peut sembler un peu faible). Si le premier est perdu par échouage au large du Cap Blanc le 4 janvier 1930, le second est mis en réserve en 1931, rayé en 1936 et démoli pendant la guerre par les allemands.

A SUIVRE

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Dernière édition par clausewitz le Mar 18 Sep 2018, 13:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Lun 10 Sep 2018, 15:57

La longue marche de la France vers le croiseur léger

En guise de synthèse

Le croiseur léger Duguay Trouin. Son absence totale de protection pousse certains à le considérer comme un gros contre-torpilleur

La longue passion pour le croiseur cuirassé fût un facteur expliquant pourquoi la France ne possédait pas de croiseur léger quand le premier conflit mondial éclate en août 1914. Cette carence était connue, des projets sont étudiés, la construction imminente quand le début de la «Der des Ders» stoppe tout le processus.

Les premiers vrais croiseurs légers français seront donc savoureuse ironie de l'histoire des croiseurs ayant auparavant servit sous le pavillon de la Kaiserliche Marine et de la Kaiserliche und Köningliche Kriegsmarine.

Les projets d'avant guerre, le retour d'expérience du premier conflit mondial et l'étude des croiseurs récupérés participera à l'élaboration des trois croiseurs légers de classe Duguay Trouin (Duguay-Trouin, Primauguet,Lamotte-Picquet).

A ces trois navires sans protection militaire sérieuse va succéder d'abord des croiseurs lourds (que nous étudierons ultérieurement) puis des croiseurs spécialisés, le croiseur mouilleur de mines Pluton, le croiseur-école Jeanne d'Arc, le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin en attendant les six unités de la classe La Galissonnière.

Initialement il était prévu la construction de trois unités de classe De Grasse (De Grasse, Chateaurenault,Guichen) mais la défaite de juin 1940 stoppa tout, seul le premier étant achevé après guerre comme croiseur antiaérien.

Conducteur de flottilles et croiseurs d'opportunité

Projet de convoyeur d'escadrilles

-Dès 1909 la marine nationale étudie un projet de croiseur léger appelé à l'époque «convoyeur d'escadrilles» puis «éclaireur d'escadre», le programme naval de 1912 prévoyant dix navires de ce type pour couvrir les cuirassés prévus.

Si les navires avaient été construits, ils auraient déplacé 4500 tonnes, auraient pu filer à 29 nœuds avec un armement composé de huit canons de 138mm ce qui semble bien faible pour un croiseur léger. Finalement l'abandon de la construction à peut être été un mal pour un bien.

-En attendant de construire des croiseurs légers neuds, la Royale va récupérer des navires de pays vaincus en l’occurrence quatre croiseurs légers allemands et un croiseur austro-hongrois.


Le Metz

C'est ainsi que le SMS Köninsberg (classe Köninsberg, 5440 tonnes, 27.5 nœuds, 8 canons de 150mm) devient le Metz (désarmé en 1936), que le SMS Regesnburg (classe Graundez, 4900 tonnes, 27.5 nœuds, 7 canons de 150mm) devient le Strasbourg (rayé en 1936).


Le Strasbourg et ci-dessous le Mulhouse


Le SMS Stralsund (classe Magdeburg, 4362 tonnes, 27 nœuds, 7 canons de 150mm) devient le Mulhouse (rayé en 1933) alors que le SMS Kolberg (classe Kolberg, 4362 tonnes, 25.5 nœuds, 6 canons de 150mm) devient le Colmar (rayé en 1927).


Le Colmar et ci-dessous le Thionville


Le seul croiseur austro-hongrois récupéré est le SMS Novarra (3380 tonnes, 27 nœuds, neuf canons de 100mm) qui devient le Thionville qui est désarmé en 1932.

Les Duguay-Trouin ou la renaissance de la marine nationale

Le Duguay-Trouin

Les cinq croiseurs récupérés étaient une solution court-termiste. La construction de navires neufs était indispensable.

En 1918, la marine française était usée, en crise matérielle et morale. Il fallait reconstituer les moyens militaires et (re)donner envie aux marins de servir. La priorité était la construction de croiseurs légers et de torpilleurs, des navires légers, le corps de bataille n'étant pas prioritaire.

Les trois premiers croiseurs légers français sont les unités de classe Duguay-Trouin. Le projet est mis au point en partant du projet d'éclaireur d'escadre/convoyeur d'escadrilles.

Il est nettement plus gros (8000 tonnes contre 4500), plus rapide avec un armement nettement plus puissant composé de huit canons de 155mm en quatre tourelles doubles et douze tubes lance-torpilles de 550mm. Seul bémol, l'absence totale de protection qui pouvait rendre délicate sa «durabilité» au combat.

Après une longue mise au point, trois navires sont commadés en compagnie de six contre-torpilleurs de classe Jaguar, douze torpilleurs de classe Bourrasque, douze sous-marins et la transformation du Béarn en porte-avions.

Le Duguay-Trouin est mis en service le 15 février 1927, engagé dans le second conflit mondial, survivant aux turpitudes de cette guerre où La Royale connu des moments particulièrement pénibles. Après avoir participé à la guerre d'Indochine, le croiseur léger est mis en réserve en décembre 1951 puis démoli en 1952.


Le Lamotte-Picquet

Le Lamotte-Picquet est mis en service le 30 novembre 1926, participant lui aussi à la seconde guerre mondiale. Déployé en Indochine à partir de 1935, il y est bloqué par la défaite française et ne reverra jamais la métropole. Après avoir participé à la bataille de Koh-Chang (17 janvier 1941), il est coulé par des avions américains le 12 janvier 1945.


Le Primauguet

Le Primauguet est mis en service en avril 1927. Il participe à la seconde guerre mondiale dans l'Atlantique et en Méditerranée. Immobilisé à Casablanca, il engage la marine américaine le 8 novembre 1942 (opération TORCH) dans une charge suicide digne de celle de la brigade légère en Crimée. Cette charge impressionne tellement les américains qu'il l'enseigne à l'académie navale d'Annapolis et qu'ils baptisent Casablanca un porte-avions d'escorte.

Caractéristiques Techniques des Duguay Trouin

Déplacement : standard 8000 tonnes pleine charge 8760 tonnes en surcharge 9656 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 181m (flottaison) 175m largeur 17.2m tirant d'eau 5.86m

Propulsion : Quatre groupes de turbines Parson alimentées par huit chaudières Indret développant une puissance totale de 102000ch et entraînant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 34 noeuds distance franchissable 3600 miles nautiques à 14 noeuds 1300 miles nautiques à 19 noeuds et 800 miles nautiques à 34 noeuds

Protection : pont principal 10mm premier pont 20mm tourelles de 155mm 30mm blockaus 30mm

Armement : 8 canons de 155mm modèle 1920 en quatre tourelles doubles modèle 1921, 4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples,12 mitrailleuses de 13.2mm en six affûts doubles, 12 tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples avec un stock de 24 torpilles et 15 grenades ASM de 35kg

Aviation : une catapulte avec un ou deux hydravions

Equipage : 27 officiers 102 officiers mariniers et 452 matelots.


Croiseur mouilleur de mines Pluton



Arme au rapport prix/efficacité inégalable, la mine marine nécessite des moyens particuliers pour mettre en place des bouchons ou des champs de mines.

Si on utilisait parfois des navires réquisitionnés on prévoyait souvent des moyens spécialisés, des sous-marins et des navires mouilleurs de mines. La France ne fait pas exception à la règle et décide de construire un navire baptisé Pluton.

Financé à la tranche 1925, le croiseur mouilleur de mines Pluton est mis en service en janvier 1932. Comme en temps de paix le mouillage de mines n'est pas vraiment d'actualité, le Pluton est utilisé comme navire-école plus précisément au profit de l'école d'application de Tir à la Mer mais aussi pour le transport de troupes.

Envoyé au Maroc pour protéger les côtes contre une éventuelle démonstration de croiseurs allemands, le Pluton coule accidentellement le 13 septembre 1939 après l'explosion de mines qu'il était entrain de désamorcer. Le bilan humain est lourd avec 207 hommes tués.

Caractéristiques techniques du Pluton

Déplacement : standard 5300 tonnes pleine charge : 6214 tonnes

Dimensions :  longueur 152.5m largeur : 15.5m Tirant d'Eau : 5.20m

Propulsion : Deux turbines Rateau-Bretagne alimentées par 4 chaudières à petits tubes développant une puissance maximale de 57000 ch actionnant deux hélices

Vitesse maximale : 30 noeuds (31.6 noeuds atteint aux essais) Distance Franchissable : 4510 miles nautiques à 14 noeuds

Armement :  4 canons de 138mm modèle 1923 de 40 calibres en 4 affûts simples (deux avant deux arrière), 4 canons de 75mm de 50 calibres modèle 1922 en 4 affûts simples latéraux (deux à tribord et deux à babord entre les deux cheminées), 2 canons de 37mm de 50 calibres modèle 1933 en un affût doubles, 12 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en trois affûts quadruples et 250 à 270 mines.

Equipage : 424 hommes. En configuration transport de troupes, il peut embarquer 1000 hommes


Le croiseur-école Jeanne d'Arc

Le croiseur-école Jeanne d'Arc

Si les officiers de marine  peuvent être former à terre dans des bâtiments, cette formation théorique doit se doubler d'une formation pratique à la mer pour mettre en pratique les notions apprises.

En 1912 le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc devient croiseur-école. Ce choix s'explique par la charge symbolique que représente la «Pucelle d'Orléans» dans un contexte de patriotisme exacerbé par la volonté de Revanche.

Désarmé en 1928, il est remplacé temporairement par l'Edgar Quinet en attendant qu'un nouveau croiseur-école Jeanne d'Arc soit construit. Ce navire mis en service le 6 octobre 1931 à été conçu spécifiquement pour cette mission et ne manque pas d'élégance avec un bloc-passerelle ramassé, quatre tourelles doubles de 155mm et de longs passavants qui lui donne un faux-air de paquebot.

Après plusieurs croisières d'instruction, le croiseur participe à la seconde guerre mondiale, étant bloqué aux Antilles de juin 1940 à août 1943. Il participe à la libération de la Corse, au débarquement de Provence. La paix revenue, le croiseur reprend sa mission d'instruction jusqu'à son désarmement en juin 1964, le croiseur-école étant démoli en 1966.

Caracteristiques techniques du croiseur-école Jeanne d'Arc

Déplacement : 6500 tonnes Dimensions : longueur 170m largeur : 17.70m tirant d'eau 6.50m

Vitesse maximale : 25 noeuds (27.86 noeuds atteints aux essais)  Distance franchissable : 4000 miles nautiques à 20 noeuds, 6000 miles nautiques à 14 noeuds

Armement : 8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles, 4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples, 12 mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts quadruples et deux  tubes lance-torpilles de 550mm.

Aviation :  Deux selettes pour deux hydravions CAMS 37

Equipage :  28 officiers 120 officiers mariniers et 424 matelots. 156 élèves embarquables.


Le croiseur léger Emile Bertin


Le croiseur Emile Bertin à été imaginé à une époque où on s'inquiétait des capacités réelles des Duguay-Trouin et sur l'intérêt de construire un mouilleur de mines spécialisé comme le Pluton.

Le croiseur financé à la tranche 1930 est un vrai croiseur léger ayant une capacité secondaire de mouillage de mines (mission d'ailleurs qu'il ne mènera jamais). Baptisé Emile Bertin, il est mis en service le 17 mai 1935.

Il participe à la campagne de Norvège au cours de laquelle il est légèrement endommagé. Réparé, il est envoyé aux Antilles chargé d'or. Bloqué outre-mer jusqu'en août 1943, le croiseur léger reprend alors la lutte en Méditerranée participant notamment à l'opération SHINGLE (débarquement à Anzio), à la neutralisation des moyens navals allemands en Ligurie.

Après avoir participé aux premières opérations de la guerre d'Indochine, le navire rentre à Toulon en juillet 1946, servant de navire-école jusqu'à son désarmement le 15 août 1951. Condamné en 1959, il est démoli en 1961.



Caracteristiques Techniques de l'Emile Bertin

Déplacement : déplacement Washington 5984 tonnes déplacement en charge normale 6530 tonnes déplacement en surcharge 8480 tonnes.

Dimensions : Longueur hors tout 177m Largeur : 15.84m Tirant d'eau (déplacement Washington) 5.33m

Propulsion : quatre groupes de turbines à vapeur Parson alimentées en vapeur par six chaudières Penhoët développant 102000ch et entraînant quatre hélices tripales

Performances : Vitesse maximale : 33 noeuds Distance franchissable : 6000 miles nautiques à 15 noeuds, 2800 miles nautiques à 20 noeuds, 1100 miles nautiques à 33 noeuds

Protection : parois latérales du blockaus et de la soute à munitions 30mm. Etroit compartimentage avec quatorze tranches (A à N) et donc treize cloisons transversales sans ouverture du fond au pont principal.

Armement : 9 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1930 en trois tourelles triples modèle 1930 (deux avant et une arrière), 4 canons de 90mm (3.5 pouces) Schneider modèle 1926 en un affût double axial modèle 1930 et deux affûts simples latéraux modèle 1926, 8 canons de 37 mm modèle 1933 en quatre affûts CAD, 8 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en quatre affûts doubles, 6 tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples modèle 1928T, 21 grenades ASM Guilbaud de 52kg, 84 mines mises en oeuvres par deux voies démontables Decauville de 50m et deux paravanes type C4 pour le dragage à 25 noeuds

Aviation : une catapulte et un ou deux hydravions Gourdou-Lesseure GL-832

Equipage : 23 officiers, 93 officiers et mariniers et 427 quartiers maîtres et matelots

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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Lun 10 Sep 2018, 16:18

Croiseurs légers classe La Galissonnière

Croiseur léger La Galissonnière

Le 6 février 1922 le traité de Washington avait stoppé la course aux armements navals entre les Etats-Unis et le Japon. Il interdisait jusqu'en 1931 (interdiction ensuite repoussée à 1936) la construction de cuirassés.

Ce traité définissait naturellement ce qu'était un cuirassé à savoir un navire de plus de 10000 tonnes Washington (un tonnage propice aux calculs et aux dissimulations en tout genre) et surtout  un calibre d'artillerie principale compris entre 203 et 406mm.

Toutes les marines majeures vont donc construire des croiseurs de 10000 tonnes armés de six à dix canons de 203mm. Le tonnage maximal fût vite atteint et certains pays comme le Japon essayèrent de dissimuler ce fait en construisant des croiseurs légers transformables en croiseurs lourds.

Pour éviter trop de dérives, un nouveau traité naval est signé à Londres le 22 avril 1930. Il clarifie la situation en définissant deux types de croiseurs, les croiseurs lourds ou type A et les croiseurs légers ou type B, les premiers ayant une artillerie comprise entre 155 et 203mm, les seconds une artillerie comprise entre 130 et 155mm. Le tonnage des croiseurs allait de 1850 à 10000 tonnes.

Après avoir construit le Pluton, le Jeanne d'Arc et l'Emile Bertin, la France décide de construire une nouvelle classe de croiseurs, croiseurs dit de 7600 tonnes en raison de leur tonnage standard.

C'est une évolution de l'Emile Bertin, la «Rolls des croiseurs français» servant de base de départ pour connaître les caractéristiques techniques.

L'armement principal reste identique (neuf canons de 152mm en trois tourelles triples) mais la DCA à base de canons de 90mm est renforcée tout comme la protection. En revanche la capacité de mouillage de mines est abandonnée et la catapulte est installée de manière inhabituelle sur la tourelle III de 152mm. Plus généralement aux performances, on préfère l'endurance.

Deux navires sont financés au budget 1931 (La Galissonnière, Jean de Vienne) et quatre au budget 1932 (La Marseillaise, Chateaurenault,Gloire,Montcalm). Ultérieurement, le Chateaurenault sera rebaptisé Georges Leygues pour rendre hommage au ministre de la Marine récémment décédé.

-La Galissonnière est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 15 décembre 1931 lancé le 18 novembre 1933 et admis au service actif le 29 octobre 1936.

Affecté en Méditerranée, il participe à la seconde guerre mondiale jusqu'à l'armistice, se retrouvant bloqué en zone libre à Toulon. Intégré aux Forces de Haute Mer (FHM), il est désarmé le 11 avril 1941, servant de réserve de pièces détachées pour ses sister-ship.

Sabordé à Toulon le 27 novembre 1942 au bassin 3 du Missiessy, il est sorti du bassin par les italiens qui cherchent à la récupérer soit pour le remettre en service ou pour récupérer l'acier dont ils avaient tant besoin. Il est définitivement coulé en août 1944 par des bombardiers américains, l'épave relevée en 1954 et démolie en 1956.


Le Jean de Vienne

-Le Jean de Vienne est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 20 décembre 1931 lancé le 31 juillet 1935 et mis en service le 7 avril 1937.

Affecté en Méditerranée, il participe au contrôle océanique lié à la guerre d'Espagne puis au second conflit mondial au sein de la 4ème Escadre. Ils assure également des transport d'or en direction du Canada.

Après l'armistice, il est affecté aux FHM, étant basé à Toulon. Désarmé du 1er décembre 1940 au 15 mars 1941, il est sabordé dans le bassin n°1 du Missiessy. Relevé par les italiens, il chavire le 25 novembre 1943 au lendemain d'un bombardement allié. L'épave est relevée en 1948 et démolie.


Le croiseur léger La Marseillaise

-La Marseillaise est mise sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Saint-Nazaire le 23 octobre 1933 lancé le 17 juillet 1935 et mis en service le 26 octobre 1937.

Déployé en Méditerranée au sein de la 3ème DC, il est affecté après septembre 1939 à une 4ème escadre déployée à Bzerte. En compagnie de son sister-ship Jean de Vienne, le croiseur effectue des transports d'or en direction du Canada pour mettre à l'abri des allemands le métal précieux.

Après l'armistice, le croiseur est replié à Toulon, intégrant les Forces de Haute Mer (FHM). Le 27 novembre 1942 le croiseur se trouvait à l'épi 3 des appontements Milhaud. Sabordé, il brûle pendant plus d'une semaine ce qui fait qu'il est considéré comme une épave et que la démolition commence sur place. Endommagé à plusieurs reprises par des bombardements alliés, l'ancien croiseur est relevé au printemps 1946 et démoli.


Le croiseur léger La Gloire en 1952

-La Gloire est mise sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux le 13 novembre 1933 lancé le 28 septembre 1935 et mis en service le 4 décembre 1937.

Après une croisière en Extrême-Orient en 1938, le croiseur intégré à la 4ème DC avec le Georges Leygues et le Montcalm intègre la Force de Raid qui regroupe les navires les plus modernes de la Flotte de l'Atlantique. Cette force opère dans l'Atlantique et en Méditerranée.

Après l'armistice, la 4ème DC est envoyée à Dakar d'où elle reprend le combat après l'opération Torch (novembre 1942) qui voit le ralliement de l'AOF. Envoyé en Méditerranée, le croiseur participe  à l'opération SHINGLE (débarquement à Anzio) et à l'opération DRAGOON (débarquement en Provence).

Après avoir terminé la seconde guerre mondiale dans l'Atlantique (blocus des poches de l'Atlantique), le croiseur est déployé en Indochine en 1946/47 avant de revenir en Méditerranée. Il reviendra en Indochine après la chute de Dien-Bien-Phu. Définitivement désarmé le 1er novembre 1955, il est démoli en 1959.


Le croiseur léger Montcalm

-Le Montcalm est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) de la Seyne sur Mer le 15 novembre 1933 lancé le 26 novembre 1935 et mis en service le 4 décembre 1937.

Affecté dans l'Atlantique avec le Georges Leygues et la Gloire, il intègre en septembre 1939 la Force de Raid, force opérant dans l'Atlantique et en Méditerranée. Après l'armistice, la 4ème DC est envoyée à Dakar, défendant la capitale de l'AOF contre les anglo-gaullistes lors de l'opération Menace en septembre 1940.

Après l'opération TORCH (novembre 1942), la 4ème DC rallie les alliés, reprenant la lutte d'abord contre les forceurs de blocus allemands puis en soutien des deux débarquements majeurs en Europe, en Normandie et en Provence après un détour par les Etats-Unis pour être modernisé.

Après guerre il intègre la Force Navale d'Intervention (FNI), étant déployé en Indochine en 1954/55 avant de participer à la guerre d'Algérie ainsi qu'à l'expédition de Suez (opération MOUSQUETAIRE/MUSKEETER). Mis en réserve le 4 mars 1957, il sert de ponton-école avant d'être démoli en 1970.


Le croiseur léger Georges Leygues

-Le Georges Leygues est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire Penhoët le 21 septembre 1933 lancé le 24 mars 1936 et mis en service le 4 décembre 1937.

Il forme la 4ème DC avec laquelle il effectue une croisière en Extrême-Orient (1938). De retour dans l'Atlantique, il entre en collision avec le contre-torpilleur Bison dans la nuit du 7 au 8 février 1939, n'étant que légèrement endommagé.

En septembre 1939, il intègre la Force de Raid, opérant essentiellement en Méditerranée avec des incursions dans l'Atlantique. Après l'armistice en juin 1940, le croiseur rallie Dakar d'où il reprend la guerre après le ralliement de l'AOF après Torch.

Après avoir été modernisé aux Etats-Unis, il participe au débarquement de Normandie puis au débarquement de Provence, terminant la guerre en Méditerranée.

Le second conflit mondial terminé, le croiseur intégré la Force Navale d'Intervention (FNI) qui regroupe la quasi-totalité des navires disponibles. Il est engagé en Algérie puis à Suez dans le cadre de l'opération MOUSQUETAIRE. En réserve le 1er avril 1957, il est utilisé comme cible lors d'essais de missiles air-surface avant d'être vendu à la démolition le 17 mars 1961 en compagnie de l'Emile Bertin et démantelé.



Caractéristiques Techniques de la classe La Galissonnière

Déplacement :  standard 7720 tonnes

Dimensions : Longueur hors tout : 179.5m Longueur entre perpendiculaires 172m Largeur à la flottaison : 17.480m Tirant d'eau : 5.280m

Appareil Propulsif : deux groupes de turbines alimentées en vapeur par quatre chaudières Indret développant 84000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale en service courant 31 nœuds distance franchissable 7000 miles nautiques à 12 nœuds

Protection :  ceinture 105mm tourelles 100mm (avant) 50mm (côté) 40mm (arrière) 45mm (côtés) blockhaus 95mm (parois) 50mm (dessus)

Armement : 9 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1930 en trois tourelles triples modèle 1930 (deux avant et une arrière), 8 canons de 90mm modèle 1926 en quatre affûts doubles, 8 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en quatre affûts doubles R4 modèle 1931, deux affûts doubles lance-torpilles de 550mm, douze grenades ASM

Aviation : Une catapulte à air comprimé installée sur la tourelle de 152mm arrière avec un Hangar pour deux hydravions installés juste derrière la tourelle III de 152mm.

Equipage : 557 officiers et marins


Le De Grasse et ses frères

Le croiseur léger De Grasse

Si les La Galissonnière constituaient une nouvelle phase d'expansion de la marine nationale, les constructions suivantes de croiseurs correspondaient davantage à une phase de renouvellement avec la nécessité de remplacer les navires construits dans l'immédiat après guerre notamment les trois croiseurs légers de classe Duguay-Trouin.

Comme le temps est à l'orage et que de sombres nuages pointent à l'horizon, impossible de se lancer dans une aventure technique. Les croiseurs qui doivent succéder aux «7600 tonnes» sur les cales doivent être des développements, des améliorations des précédents pour gagner du temps.

La poupe carrée indispensable pour la mise en œuvre du tapis d'amerrissage est abandonnée au profit d'une poupe ronde plus classique.

Si l'armement principal reste identique (neuf canons de 152mm en trois tourelles triples), la DCA est renforcée avec des canons de 100mm en remplacement de ceux de 90mm ainsi que des canons de 37mm en attendant potentiellement des canons de 25mm.

Les installations d'hydraviation sont implantées de manière plus classique derrière le bloc-passerelle.

Le premier croiseur de ce nouveau modèle dit de «8000 tonnes» est financé à la tranche 1937 (loi du 31 décembre 1936). Baptisé De Grasse, sa construction est attribuée à l'Arsenal de Lorient.

La tranche 1938 (loi du 31 décembre 1937) finance la construction d'un deuxième croiseur léger de classe De Grasse. Baptisé Chateaurenault, sa construction est attribuée aux Forges et Chantiers de la Méditerranée sis à La Seyne sur Mer.

La tranche 1938bis décidée par le décret-loi le 2 mai 1938 finance la construction d'un troisième croiseur léger de classe De Grasse. Baptisé Guichen, sa construction est attribuée à la Société des Ateliers et Chantiers de la Gironde sis à Bordeaux.

Seul le premier sera mis sur cale avant la débacle de juin 1940, la construction des deux autres ayant été annulée lors de l'entrée en guerre le 3 septembre 1939. Mis sur cale le 28 mars 1939 dans la forme de Lanester, il n'est achevé qu'à 28% le 25 juin 1940.

Miraculeusement préservé des allemands et des bombardements anglais sur Lorient, la coque fut mise à l'eau le 11 septembre 1946 à Lorient.

Laissée inachevée à Lorient de 1946 à 1951, elle fut remorqué pour achèvement à Brest en 1951. La construction reprit de 1951 à 1954. Il fut armé pour essais le 17 août 1954 et admis au service actif le 10 septembre 1956.

Il servit comme croiseur antiaérien avec ses huit tourelles doubles de 127mm et dix tourelles de 57mm, il est transformé entre juin 1964 et début 1966 en bâtiment de commandement pour le Centre des Expérimentations du Pacifique (CEP), passant la campagne de tir dans le Pacifique de 1966 à 1972 (sauf en 1969 où la campagne de tir est annulée).

Le croiseur est désarmé le 28 février 1973, condamné le 24 janvier 1974 et vendu à la démolition en Italie en 1975.

Le dernier des mohicans ! Son nom le Colbert

Le croiseur Colbert dans sa configuration d'origine

Quand le second conflit mondial s’achève le 2 septembre 1945 la marine française n'aligne plus que neuf croiseurs, six croiseurs légers (Duguay-Trouin,Emile Bertin,Jeanne d'Arc,La Gloire,Le Montcalm et le Georges Leygues) et trois croiseurs lourds (Duquesne,Tourville,Suffren).

Ces unités sont dans leur ensemble dépassées et ou usées. La reconstitution de la flotte passe par la construction de navires neufs tirant les leçons du second conflit mondial. Les ambitions sont grandes puisque certains projets prévoient une marine avec jusqu'à six croiseurs.

Hélas la France n'à pas les moyens de ses ambitions. Il faut en effet tout reconstruire puisque les ports et les bases sont ravagées (la situation de l'Arsenal de Brest était telle en 1945 qu'on envisagera de le reconstruire sur le site du Poulmic avant d'y renoncer), qu'il faut penser à reconstituer la marine marchande et qu'en plus la guerre d'Indochine absorbe des ressources déjà limitées.

Outre l'achèvement du croiseur De Grasse, la marine obtient au budget 1953 le financement d'un croiseur antiaérien. Baptisé Colbert sa construction est attribuée à l'Arsenal de Brest.

-Le Colbert est mis sur cale dans la forme n°4 du Salou le 9 juin 1954 mis à flot le 24 mars 1956 et admis au service actif le 5 mai 1959 au lendemain de son arrivée à Toulon. Il participe à une revue navale à Mers-El-Kébir le 11 mai 1959 avant de devenir navire-amiral de l'Escadre en novembre de la même année en remplacement du De Grasse.

Deux ans plus tard en juillet 1961, le croiseur participe davantage en spectacteur qu'en acteur à l'incident de Bizerte qui aboutit à l'évacuation de la base deux ans plus tard.
Le Colbert devient par la suite le «croiseur du général» et notamment lors d'un fameux voyage au Canada en juillet 1967, voyage marqué par le célèbre «Vive le Québec libre!» prononcé au balcon de l'hôtel de ville de Montréal.

Se pose alors la question de sa modernisation. Si la coque et les machines sont loin d'avoir épuisé leur potentiel, l'artillerie du croiseur (canons de 127 et de 57mm) peut être considéré comme obsolète ou en voie d'obsolescence face aux nouvelles menaces (avions à réaction, missiles).


Le Colbert modernisé

La modernisation est l'objet de furieux débats sur son étendue. On prévoit le remplacement de l'armement actuel par six canons de 100mm en six tourelles simples, un système Masurca et des missiles MM-38 Exocet. A cela s'ajoute la modernisation de l'électronique et la remise en état des locaux-vie. Cela entraîne la démission de l'amiral Patou, chef d'état-major de la marine le 1er avril 1970.

La modernisation à lieu du 1er avril 1970 au 5 juillet 1973 date de sa remise en service. Il est alors affecté dans l'Atlantique en compagnie notamment des porte-avions, ne retrouvant la Méditerranée en novembre 1976. Le croiseur sera à nouveau modernisé entre septembre 1981 et début 1983.

En 1988 le Colbert est dans l'Océan Indien puis dans le Pacifique, participant notamment le 1er octobre à une revue navale organisée dans le cadre du bicentenaire du débarquement des premiers colons européens en Australie.

Il participe ensuite à l'opération Salamandre, le déploiement français dans le cadre de la première guerre du Golfe. Ce sera sa dernière mission puisqu'il est désarmé le 24 mai 1991. Condamné le 14 mai 1992, il devient le Q-683.

Il devient ensuite le deuxième musée naval à flot de France après le Maillé-Brézé à Nantes. Sa dernière demeure est Bordeaux et ses quais de la Gironde. Ouvert au public le 12 mai 1993 il connait initialement un grand succès mais très vite les ennuis s'accumulent.

L'entretien est particulièrement lourd, nombre de bordelais trouvent que ce bâteau gris dénature leurs quais (qui n'étaient pourtant pas de première fraicheur à l'époque) et le nombre de visiteurs ne cesse de chuter. Le navire ferme à la visite le 17 septembre 2006. Ramené à Brest en mai 2007, il va retrouver Bordeaux quelques années après pour y être démantelé en compagnie de la Jeanne d'Arc.



Caractéristiques Techniques du Colbert

(A la mise en service)

Déplacement : standard 9084 tW pleine charge 11093 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 180.47m longueur entre perpendiculaires 175m largeur hors tout 20.31m tirant d'eau 8.07m à pleine charge

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages CEM Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Indret développant 86000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 33.7 nœuds (essais) distance franchissable 9100 miles nautiques à 12 nœuds 2100 miles nautiques à 33 nœuds

Protection : ceinture 50 à 80mm pont blindé 50mm

Electronique : un radar de veille aérienne DRBV 20A puis C, un radar de veille aérienne DRBV 22A puis 23,un radar de veille surface DRBV-31,un radar d'altimétrie DRBI 10B, quatre radars de conduite de tir DRBC-31B pour les canons de 127mm,quatre radars de conduite de tir DRBC-31A pour les canons de 57mm, un radar de navigation DRBN-31, un radioaltimètre TACAN NRBP 20

Contre-mesures : ARBA-10B,ARBR-10B,RRBM-1,RRBM-2,AN/SPR-1  Sonar DSBV-1

Armement : seize canons de 127mm modèle 1948 en huit tourelles doubles (quatre à l'avant et quatre à l'arrière), vingt canons de 57mm Bofors modèle 1951 en dix tourelles doubles

Equipage : 70 officiers, 159 officiers mariniers et 748 quartiers maitres et matelots soit un total de 1017 hommes


(Après refonte lance-missiles)

Déplacement : standard 9562t (lège avec munitions) pleine charge 11368 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 180.47m longueur entre perpendiculaires 175m largeur hors tout 20.31m tirant d'eau 8.07m à pleine charge

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages CEM Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Indret développant 86000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 31.9 nœuds (1987) distance franchissable 9100 miles nautiques à 12 nœuds 2100 miles nautiques à 33 nœuds

Protection : ceinture 50 à 80mm pont blindé 50mm

Electronique : un radar de veille combinée (veille surface et veille aérienne basse altitude) DRBV-50, un radar de veille aérienne DRBV-23C, un radar de veille aérienne DRBV-20C,un radar d'altimètrie DRBI-10E,un radar de conduite de tir DRBC-32C pour les canons de 100mm,deux DRBC-31C pour la conduite des canons de 57mm,deux radars de conduite de tir DRBR-51B pour le Masurca et un radar de navigation DECCA 1226

Contre-mesures : Un ARBB-12 Racal, un ARBR-11B,un SR 212B, un AEBR-15,un ARBR-10F,un ARBB 30/31 et un ARBR-32, deux lance-leurres Syllex,un système de direction de combat SENIT, un système de transmissions par satellite Syracuse

Armement : deux canons de 100mm modèle 1968 à l'avant,douze canons de 57mm Bofors modèle 1951 en six tourelles doubles, un système lance-missiles surface-air Masurca à l'arrière, quatre missiles surface-surface MM-38 Exocet

Equipage : 25 officiers, 208 officiers mariniers et 329 quartiers-maîtres et matelots soit 562 hommes


A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Mer 12 Sep 2018, 16:48

Panorama des croiseurs lourds

Dans cette partie il ne s'agit pas de déflorer le sujet de l'article mais de le contextualiser. Je vais donc rapidement présenter les Duquesne et surtout parler de manière synthétique de leurs successeurs les quatre Suffren (Suffren, Colbert,Foch,Dupleix), le mythique Algérie ainsi qu'une classe de navires jamais construit en l’occurrence les trois Saint Louis.

Classe Duquesne

Le Duquesne

Pour mémoire, les deux premiers croiseurs lourds français (officiellement croiseurs de 1ère classe) sont financés à la tranche 1924. Baptisés Duquesne et Tourville, ils sont construits respectivement à l'Arsenal de Brest et à celui de Lorient. Ils sont mis en service respectivement (bis) les 25 janvier et 12 mars 1929.

Comme pour les premiers croiseurs type Washington, les Duquesne privilégient la vitesse (34 noeuds) sur la protection (quasi-inexistante). L'armement est composé de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles, la DCA initialement assurée par huit canons de 75mm et huit canons de 37mm. L'armement en torpilles n'est pas oublié avec six tubes lance-torpilles en deux affûts triples avec trois recharges.

Classe Suffren

Le croiseur lourd Suffren

Aux deux Duquesne vont succéder quatre navires généralement regroupés sous le nom de classe Suffren même si ces navires affichent un certain nombre de différences qui pousse certains à les identifier comme quatre navires isolés.

Par rapport aux Duquesne, les Suffren (Suffren Colbert Foch et Dupleix) sont mieux protégés, leur armement secondaire plus puissant, les canons de 90mm remplaçant les pièces de 75mm. Il n'y à que trois lignes d'arbre et les chaudières sont à chauffe mixte. Ils sont financés respectivement aux tranches 1925, 1926, 1927 et 1929.

-Le Suffren est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 17 avril 1926 lancé le 3 mai 1927 et admis au service actif le 8 mars 1930.

Affecté à l'Escadre de la Méditerranée jusqu'en juillet 1939, il passe les sept mois suivants en Indochine avant de rallier Alexandrie en avril 1940 pour opérer en Méditerranée orientale au sein de la force X.

Il y reste immobilisé jusqu'en 1943, ne reprenant le combat qu'en septembre 1943 depuis Dakar avant d'être pratiquement désarmé à Casablanca entre juillet 1944 et avril 1945. Il assure ensuite des transports et des missions d'appui de feu en Indochine.

De retour à Toulon en février 1947, il sert de ponton dans le grand port varois. Rebaptisé Océan en 1963, il est condamné en 1972 et vendu à la démolition en Espagne en 1976.  


Le Colbert

-Le Colbert est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 12 juin 1927 lancé le 20 avril 1928 et mis en service le 1er avril 1931. Affecté à la 1ère DL, le croiseur lourd opère au sein de cette division avec son sister-ship Dupleix et l'Algérie. Le 2 novembre 1937 il forme une nouvelle 1ère DC avec l'Algérie, le Foch et le Dupleix.

Début 1940 il intègre la force Y à Dakar, cette force anti-raider étant à l'époque composée du Colbert, du Dupleix et de l'Emile Bertin et que depuis le 1er octobre 1939, il à intégré la 2ème DC remplaçant le Suffren affecté en Extrême-Orient soit une division composée des Duquesne,Tourville et Colbert.

En mars 1940 il intègre la force X. Ce groupe occasionnel également composé du cuirassé Bretagne et du croiseur lourd Algérie est chargé de transporter à Halifax les réserves d'or de la Banque de France pour les mettre à l'abri des allemands mais surtout pour garantir les paiements des achats d'armes aux Etats-Unis.

De retour en Méditerranée, le croiseur lourd participe dans la nuit du 13 au 14 juin 1940 à l'opération Vado le bombardement de la région de Gênes par la marine française.

Bloqué à Toulon par l'Armistice, le croiseur lourd n’intègre pas les Forces de Haute Mer (FHM) à leur création mais comme le Jean de Vienne est désarmé et placé en gardiennage d'armistice. Le 1er janvier 1941 il est réarmé, remplaçant le Dupleix.

Le 8 novembre 1942 les alliés débarquent en Afrique du Nord et trois jours plus tard dans le cadre de l'opération ATTILA les allemands envahissent la zone libre.

Toulon reste sous contrôle français jusqu'au 27 novembre 1942 quand l'opération LILAS voit les allemands envahir le «camp retranché» obligeant la flotte française à se saborder.

En ce funeste jour, le Colbert était amarré aux appontements du Milhaud avec à sa gauche le croiseur de bataille Strasbourg et à sa droite le croiseur lourd Algérie. Les vannes sont ouvertes, le navire coulant droit pendant que l'artillerie sabotée par explosifs provoque un incendie qui ravage les superstructures. Le navire est démantelé entre 1943 et 1948.


Le Foch

-Le Foch est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 21 juin 1928 lancé le 24 avril 1929 et mis en service le 20 décembre 1931.

Le Foch (ex-Louvois) sert de bâtiment-amiral à la 1ère division légère (1ère DL) à partir du 29 décembre 1931 jusqu'à l'arrivée du croiseur Algérie fin octobre 1934. Il sert de navire amiral de la 3ème DL d'octobre 1934 au 1er mai 1936.

Il est indisponible d'août à décembre 1933, en décembre 1935, de juin 1936 à février 1937, en octobre 1937 et de juillet à septembre 1938. Il reste affecté à la 1ère DL/DC de mai 1936 à 1941.

Il participe aux premières opérations de la Seconde Guerre Mondiale à Dakar du 18 novembre 1939 au 23 janvier 1940 au sein de la force X pour traquer notamment le Graf Spee. Il participe ensuite au bombardement de la côte italienne dans la région du 13 au 14 juin.

Rattaché aux Forces de Haute Mer à Toulon en septembre 1940, il est placé en gardiennage d'armistice le 4 octobre 1941. Il se saborde dans la darse Castigneau le 27 novembre 1942. Renfloué le 16 avril 1943, il est démantelé à la La Seyne avant la Libération.


Le Dupleix

-Le Dupleix est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 14 novembre 1929 lancé le 9 octobre 1930 et mis en service le 15 novembre 1933. Il forme la 1ère DL avec les croiseurs lourds Colbert et Algérie. Le 2 novembre 1937, il forme une 1ère DC en compagnie des Algérie,Foch et Colbert. En 1939 les deux divisions de croiseurs lourds forment la 3ème Escadre de la Flotte de la Méditerranée.

Quand commence le second conflit mondial il intègre la force X à Dakar pour traquer les raiders allemands notamment le cuirassé de poche Admiral Graf Spee. Il opère avec le porte-avions HMS Hermes, le croiseur de bataille Strasbourg, le croiseur lourd Algérie et la 10ème DCT (Le Fantasque,L'Audacieux,Le Terrible). Cette force est ultérieurement rebaptisée force Y, force composée début 1940 des croiseurs Emile Bertin,Colbert et Dupleix.

Présent à Toulon au moment de l'armistice de juin 1940, le croiseur lourd intégre le 25 septembre 1940 les Forces de Haute Mer (FHM) composées à leur création du croiseur de bataille Strasbourg (Al), les croiseurs lourds Algérie,Foch,Dupleix (1ère DC), les croiseurs légers La Marseillaise et La Galissonnière (3ème DC) et trois divisions de trois contre-torpilleurs.

Le 1er janvier 1941, le Dupleix est désarmé et placé en gardiennage d'armistice, remplacé au sein des FHM par le Colbert. Ce désarmement ne dure car le 4 octobre 1941 le croiseur lourd est réarmé pour remplacer le Foch.

Le 27 novembre 1942 le Dupleix se trouvait dans la Darse du Missiessy. Il est saboté mais le sabordage n'est que partiellement réalisé. L'épave est relevée après guerre et démantelée.



Caractéristiques Techniques de la classe Suffren

Déplacement : standard 10000 tonnes  charge normale 11769 tonnes (Suffren) 11757 tonnes (Colbert)11504 tonnes (Foch) 11516 tonnes (Dupleix) pleine charge 13135 tonnes (Suffren) 13313 tonnes (Colbert) 13644 tonnes (Foch) 13621 tonnes (Dupleix)

Dimensions : longueur hors tout 194m longueur entre perpendiculaires 185m largeur 19.26m tirant d'eau : 6.51m (6.57m pour le Foch ou le Dupleix)

Propulsion : trois groupes de turbines Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par six chaudières Guyot du Temple et deux chaudières mixtes charbon/mazout (pour le Suffren et le Colbert) développant 90000ch et entraînant trois hélices

Performances : vitesse maximale 32 nœuds distance franchissable 3700 miles nautiques à 20 nœuds 4600 miles nautiques à 15 nœuds (5300 miles nautiques à 15 nœuds pour le duo Foch/Dupleix)

Protection : (Suffren, Colbert) ceinture 50mm soutes à munitions 50mm bloc-passerelle 30mm tourelles 30mm
(Foch Dupleix) caisson 54mm (D= 60mm), parois 18mm (D= 30mm) pont blindé au dessus des soutes à munitions 54mm (D = 60mm) parois des soutes à munitions 20mm (D = 30mm) protection de l'appareil propulsif 26mm (pont) 18mm (parois) bloc-passerelle 30mm tourelles 30mm

Armement : huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), huit canons de 75mm modèle 1922 (Suffren) ou huit canons de 90mm modèle 1926 (Colbert) huit canons de 37mm modèle 1925 (six pour le Colbert) six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples.

Le Foch et le Dupleix disposent de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrière), huit canons de 90mm en affûts simples (affûts doubles pour le Dupleix), six canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples, seize mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts quadruples (Dupleix), six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples

Aviation : deux catapultes et deux hydravions

Equipage : 647 officiers et marins (731 en configuration navire-amiral). Le Foch et le Dupleix avaient un équipage de 605 officiers et marins en temps de paix et 752 officiers et marins en temps de guerre.


L'Algérie

Le croiseur lourd Algérie en 1940

Après la construction des Duquesne et des Suffren, la France reprit à zéro la conception de ces croiseurs lourds. Le nouveau croiseur issu du projet C-4 marque une nette rupture avec une nouvelle forme de coque, un pont ras (flusk-deck), un bloc-passerelle ramassé (qui servit de modèle pour celui des croiseurs de bataille classe Dunkerque), un armement plus important avec l'embarquement de canons de 100mm en remplacement des canons de 90mm embarqués jusqu'ici.

La rupture concerne aussi le nom. Après six navires portant le nom de personnalités historiques, le septième et dernier croiseur lourd de la Royale est baptisé Algérie. Ce choix s'explique par le fait qu'il est financé à la tranche 1930 année où on célèbre le centième anniversaire de la création de l'Algérie.

Le croiseur lourd est financé à la tranche 1930 (loi du 12 janvier 1930) en compagnie du croiseur léger Emile Bertin, des six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque (Le Fantasque, L'Audacieux, Le Malin Le Terrible Le Triomphant et l'Indomptable), de six sous-marins de 1500 tonnes (Agosta Béveziers Ouessant Sidi-Ferruch, Sfax et Casabianca), d'un sous-marin mouilleur de mines (Le Perle), de deux avisos coloniaux (Rigault de Genouilly et Amiral Charner) et un mouilleur de filets (Le Gladiateur).

Cette tranche navale est complétée par un contingent voté le 16 avril 1930 avec la loi de finances et comprenant 4 sous marins de 600 tonnes (Minerve, Junon Venus et Iris) et un lot 1930 qui comprend les goèlletes La Belle Poule et l'Etoile ainsi que les chasseurs 1 et 2 (CH1 et 2).

-Le croiseur lourd L'Algérie est mis sur cale à l'Arsenal de Brest (Cale du Point du Jour) le 19 mars 1931 lancé le 21 mai 1932 et admis au service actif le 19 octobre 1934. Affecté à Toulon, il intègre la 3ème Division Légère (3ème DL), division qu'il forme à l'époque avec les Duquesne,Tourville,Colbert,Foch et Dupleix.

Le 30 octobre 1934 le croiseur lourd devient navire-amiral de la 1ère Escadre tout en restant intégré à une division légère en l’occurrence la 1ère DL qu'il forme avec le Colbert et le Dupleix. Le 30 octobre 1936, la 1ère Escadre devient Escadre de la Méditerranée. Le 12 avril 1937, les DL deviennent soit des Divisions de Croiseurs (DC) ou des Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT), la 1ère DL devient donc la 1ère DC, division formée fin 1937 des croiseurs lourds Algérie,Dupleix,Foch et Colbert.

Le 1er juillet 1939, une nouvelle organisation fait disparaître l'Escadre de la Méditerranée, remplacée par la Flotte de la Méditerranée, réunion d'une 2ème escadre avec les cuirassés et les torpilleurs, d'une 3ème escadre formée avec les croiseurs de 10000 tonnes et la 3ème escadre légère qui regroupe les contre-torpilleurs. L'endivisionnement reste inchangé. Le vice-amiral Ollive prend le commandement de la nouvelle flotte et met sa marque sur le cuirassé Provence.

Le 28 août 1939, la Flotte de la Méditerranée devient Forces de Haute Mer sous le commandement du vice-amiral d'escadre Ollive. Elles sont toujours constituées avec la 2ème escadre (trois cuirassés et la 1ère flottille de torpilleurs) et la 3ème escadre qui regroupe la 1ère escadre de croiseurs (1ère et 2ème DC) et la 3ème escadre légère avec neuf contre-torpilleurs.

Le vice-amiral Duplat toujours sur l'Algérie, reste le chef à la fois de la 3ème escadre, de la 1ère escadre de croiseurs et de la 1ère DC qui regroupe toujours l'Algérie, le Dupleix, le Foch et le Colbert. Pour traquer les raiders allemands, des groupes de chasse franco-britanniques sont mis sur pied et notamment la Force X basée à Dakar.

La composition initiale de la Force X commandée par l'amiral Duplat sur l'Algérie est composée du croiseur de bataille Strasbourg, du porte-avions Hermes, des croiseurs lourds Algérie et Dupleix ainsi que des trois contre-torpilleurs de la 10ème DCT (Le Fantasque L'Audacieux et Le Terrible). Les changements de bâtiments seront fréquents et la Force X sera remplacée par une Force Y de janvier à avril 1940.


Ravitaillement à la mer entre le croiseur lourd Algérie et un contre-torpilleur

En mars 1940 l'Algérie après un petit carénage intègre une nouvelle Force X avec le cuirassé Bretagne et le croiseur lourd Colbert pour transporter de l'or au Canada. Le 10 mai 1940, les allemands attaquent à l'ouest et craignant une attaque italienne, la France regroupe ses moyens navals en Méditerranée, l'Algérie intégrant la 1ère DC avec les Dupleix,Foch et Colbert.

L'Italie entre en guerre le 10 juin 1940 à minuit. Une opération sur la côte Ligure est annulée et c'est le bombardement italien sur Bizerte le 12 juin qui entraine en représailles l'opération «Vado», un bombardement des chantiers navals et des industries dans la région de Gênes dans la nuit du 13 au 14 juin 1940.

Le 25 septembre 1940 sont créées les Forces de Haute Mer (FHM) avec sous le commandement de l'amiral de Laborde le croiseur de bataille Strasbourg (Al), la 1ère Division de croiseurs (Algérie Foch et Dupleix), la 3ème Division de croiseurs (La Marseillaise et La Galissonnière) et la 3ème escadre légère composée de l'Aigle (Al), de la 3ème DCT (Guépard Valmy Cassard), de la 7ème DCT (Vautour Albatros et Volta) et de la 8ème DCT (L'Indomptable Volta). Les sorties sont cependant limitées par manque de carburant.  


Sabordage de la flotte 27 novembre 1942. Aux appontements du Milhaud, l'Algérie flambe (troisième en partant de la gauche


Les FHM sont mises en alerte lors de l'opération Torch mais n'intervient pas ce qui la préserve du funeste sort de la 2ème escadre légère à Casablanca. Le 11 novembre 1942 la zone libre est envahie mais il faut attendre le 27 novembre à l'aube pour que dans le cadre de l'opération LILAS les allemands envahissent Toulon pour s'emparer des navires français.

A cette époque l'Algérie est à l'appontement de Milhaud n°4 encadré par le croiseur léger Marseillaise et le croiseur lourd Colbert, les croiseurs ont la proue vers la sortie. A 5h40 l'ordre de sabordage est donné, l'Algérie est totalement évacuée par son équipage à 6h30.

L'Algérie au moment du noyage des soutes prend 3° de gîte mais se rétablit en touchant le fond. Un feu terrible ravage le croiseur et le rayonnement thermique met le feu à un chaland citerne qui entraînera à son tour l'explosion des soutes à munitions du croiseur. L'Algérie brûlera jusqu'au 16 décembre c'est à dire 20 jours.

Le navire devait être démoli sur place mais il est finalement relevé après démolition des superstructures, la coque du croiseur lourd étant mise au bassin pour parfaire l'étanchéité avant d'être remorquée au Bregaillon. Elle finit néanmoins par couler au Bregaillon, l'ex-Algérie renfloué en 1949, étant condamnée sous le nom de Q-54 (juillet 1955) avant d'être vendue à la démolition le 21 décembre 1956.

Caractéristiques Techniques

Déplacement :standard  pleine charge 13677 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 186.20m longueur entre perpendiculaires 180m largeur 19.72m

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par cinq chaudières développant 84000ch entraînant quatre hélices

Protection : ceinture 110mm ponts blindés 70 et 80mm tourelles avant 100mm côtés 70mm faces arrières 50 à 85mm, 70mm plafond 50mm pour le plancher blockaus 100mm pour les murailles 70mm pour le plafon et 50mm pour le plancher

Performances : Vitesse maximale : 31 noeuds Distance Franchissable : 8700 miles nautiques à 15 noeuds.

Armement : huit canons de 203mm modèle 1924 en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), douze canons de 100mm modèle 1930 en six affûts doubles modèles 1931 (trois à tribord et trois à babord), quatre canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples, seize mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts quadruples et deux plate-formes triples lance-torpilles de 550mm (avec trois torpilles de réserve).

Aviation : une catapulte et deux hydravions

Equipage : L'équipage totalise 580 quartiers-maîtres et matelots. Il faut y ajouter six agents civils. L'armement total du bâtiment est de 746 hommes comme navire-amiral.  


Croiseurs classe type C-5 (classe «Saint Louis»)


Outre les limitations qualitatives et quantitatives, les différents traités imposaient un délai avant le renouvellement des unités.

En ce qui concerne les croiseurs de plus de 3000 tonnes, la durée de vie était fixée à vingt ans ce qui signifiait que le Duguay-Trouin pouvait être remplacé à partir de 1946. Comme on comptait un an de mise au point et quatre à cinq ans pour la construction, il fallait s'attaquer à cette question à la fin des années trente.

La France doit alors tenir compte à la fois de la menace italienne mais aussi de la menace allemande, la Kriegsmarine devenant une marine de première plan.

On part des plans de l'Algérie tout en intégrant de nouvelles informations. Comme une partie des archives à disparu il est difficile de retracer finement le processus créatif.

La variante qui aurait pu être choisit la variante A-3 était armée de neuf canons de 203mm en trois tourelles triples (deux avant, une arrière), dix canons de 100mm en cinq tourelles doubles, huit canon de 37mm en affûts doubles ACAD modèle 1935, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, deux catapultes et trois Loire 130. Une variante appelée SA1 (Sans Aviation 1) voyait une DCA plus importante (14 canons de 100mm, six affûts ACAD modèle 1935 et seize mitrailleuses de 13.2mm).

Lors de l'entrée en guerre de la France en septembre 1939 la construction des navires pas encore sur cale ou ne pouvant être achevés rapidement est suspendue. Le 23 janvier 1940 on demande de lancer une nouvelle étude pour un croiseur lourd de 13000 tonnes.

Le 1er avril 1940, un décret-loi finance la construction de deux cuirassés, d'un croiseur léger, de six contre-torpilleurs, de seize torpilleurs et six sous-marins mais le 27 mai le croiseur léger est remplacé par six nouveaux contre-torpilleurs. Le déplacement du futur croiseur est portée à 14774 tonnes.

Un document manuscrit en date du 15 avril 1940 donne pour les futurs Saint Louis un déplacement standard de 14537 tonnes (pleine charge 16000 tonnes), une longueur entre perpendiculaires de 202mm, une puissance propulsive fixée à 120000ch pour une vitesse maximale de 33 nœuds et une distance franchissable de 4200 miles nautiques à 20 nœuds.

Quand à l'armement, on trouve neuf canons de 203mm en trois tourelles triples, douze canons de 100mm modèle 1933 en six tourelles doubles, douze canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935, six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples, l'aviation étant composée de deux catapultes et de deux hydravions.

Le 15 mai 1940 une circulaire propose au ministre six noms pour les trois croiseurs lourds à construire à savoir Saint Louis, Henri IV,Charlemagne,Brennus,Charles Martel et Vercingetorix. C'est ce même texte qui proposait quatre noms pour les deux cuirassés de la tranche 1940 (Alsace, Normandie,Flandre,Bourgogne).

Le Traité de Washington un mal pour un bien ?

Photo de la conférence navale de Washington

Une coûteuse course aux armement

Le 19ème siècle est un siècle de Pax Britannica symbolisé par l'écrasante domination maritime britannique, le Britannia rules the wave. La Royal Navy devient une belle endormie, une géante qui semble se reposer sur ses lauriers au risque d'être surprise par une marine étrangère.

A plusieurs reprises la France montre des velléités mais c'est surtout l'Allemagne qui devient le principal rival à la puissance navale britannique. Petit-fils de la reine Victoria, Guillaume II rêve d'expansion maritime et coloniale.

Cette Weltpolitik (politique mondiale) impose une puissante marine. Cette volonté est mise en musique par l'amiral Tirpitz qui en quelques années fait passer la Kaiserliche Marine du statut de marine littorale (Green Water Navy) à une marine hauturière (Blue Water Navy) avec des cuirassés et des croiseurs de bataille qui n'ont rien à envier à leurs homologues britanniques.

Cette course aux armements empêche toute possibilité de rapprochement entre Londres et Berlin si jamais il y à eu volontiers sincère entre les deux pays.

La première guerre mondiale est le théâtre de plusieurs opérations impliquant les navires de ligne des deux pays mais le seul affrontement majeur à la bataille du Jutland (31 mai-1er juin 1916) se termine par un match nul, la Hochseeflot restant dans ses ports ce qui va jouer un rôle majeur dans la démoralisation de leurs équipages et dans leur ralliement aux mouvements révolutionnaires de l'automne 1918.

Durant le conflit qui aurait du être la «Der des Ders» une nouvelle course aux armements apparaît dans le Pacifique entre les Etats-Unis et le Japon. Si Washington prévoit la construction de dix cuirassés et de six croiseurs de bataille, le Japon planifie la constitution d'un corps de bataille composé de huit cuirassés et de huit croiseurs de bataille.

La Grande Bretagne à son grand désarroi doit reconnaître qu'elle ne peut suivre son allié japonais et son ancienne colonie. Elle profite de la crise économique et du profond pacifisme de l'opinion publique pour proposer une conférence destinée à réduire les armements.

La conférence et les résultats

Signe qui ne trompe pas la conférence n'à pas lieu à Londres mais à Washington, s'ouvrant en novembre 1921.

Cinq pays participent, les trois principaux concernés (Etats-Unis, Japon, Grande Bretagne) ainsi que la France et l'Italie dont on peut estimer qu'ils ont été invités par politesse.  L'Allemagne n'est pas concernée car le traité de Versailles dispose de clauses de limitation navale alors que l'URSS est hors du concert des nations.

Le traité est signé le 6 février 1922. C'est le triomphe de l'axe anglo-saxon par rapport au Japon, Londres sacrifié une alliance _rendue inutile par la disparition de la menace allemande_ pour privilégier la solidarité avec son ancienne colonie.

Chaque pays reçoit un contingent global à ne pas dépasser ce qui entraîne l'arrêt de nombreuses constructions voir le désarmement de navires en service. Le traité interdit la construction de nouveaux cuirassés jusqu'en 1931, la Battleship Holiday étant ensuite prolongée jusqu'en 1936.

Comme le cuirassé est considéré comme un navire de plus de 10000 tonnes armé de canons d'un calibre compris entre 203 et 406mm, ce traité va générer la construction de nouveaux croiseurs, les croiseurs lourds appelés croiseurs type Washington.

Dans ce domaine comme dans d'autres, une rivalité franco-italienne ne tarde pas à pointer le bout de son nez.

Rivalité franco-italienne

Les relations franco-italiennes ont toujours été compliquées un peu comme toutes les histoires de famille. En effet les «soeurs latines» se regardaient parfois, souvent même en chiens de faïence, alternant périodes de franche camaraderie et de brusque hostilité sans jamais aller vers un conflit ouvert.

Après avoir combattu ensemble pendant le premier conflit mondial, les deux pays s'éloignant peu à peu surtout avec l'arrivée au pouvoir de Mussolini. Ce dernier rêve de rétablir l'empire romain, de faire de la Méditerranée un lac italien.

Paris et Rome se disputent le contrôle de la Méditerranée, se construisant une marine pour combattre dans cette mer fermée où la vitesse et la puissance sont plus importants que l'autonomie.

La signature du traité de Washington avait définitivement torpillé le programme naval de 1912 qui avait prévu vingt-huit cuirassés d'escadre dans les années vingt. Si certains ont regretté cette signature force est de constater que la France n'avait plus les moyens de cette ambition et qu'il fallait en rabattre.

Faute de cuirassés, la France à lancé la construction de croiseurs modernes, de contre-torpilleurs, de torpilleurs mais aussi de sous-marins, des navires très rapides mais fragiles et aux «jambes courtes». Ces navires souffraient aussi d'un manque de standardisation, de lacunes en matière de capteurs et autres difficultés qui nous oblige à relativiser les qualités de la «belle marine de Darlan et de Georges Leygues» sans pour autant la considérer comme une marine médiocre.

Cette marine se construit clairement dans l'opposition à la marine italienne, les constructions d'un pays entraînant une réponse de l'autre côté des Alpes. C'est notamment le cas des croiseurs lourds, la France et l'Italie disposant de sept croiseurs lourds en septembre 1939.

Sur le plan technique les premiers croiseurs lourds sont très rapides, bien armés mais peu protégés ce qui leur valu le surnom peu flatteur de Thinclad Battleship ou cuirassé en papier d'étain. La génération suivante sera composée de navires moins rapides, toujours aussi bien armés mais avec une protection plus sérieuse.


Le croiseur lourd Trento

Cela commence dès 1924 avec la commande côté français des croiseurs lourds Tourville et Duquesne. Les italiens répondent en 1925 avec la commande des croiseurs lourds Trento et Trieste.

Toujours en 1925, la France finance la construction du Suffren suivit en 1926 par la construction du Colbert, en 1927 du Foch et en 1929 du Dupleix. En 1930, la France finance la construction d'un croiseur lourd remarquable, L'Algérie, une unité qui n'aura pas de réel équivalent dans la Regia Marina.


Le Fiume

La France à clairement pris de l'avance obligeant l'Italie à réagir avec le financement au budget 1929 des croiseurs lourds Zara et Fiume suivis au budget 1930 par la construction du Bolzano _un Trento modifié_ et du Gorizia, le Pola étant financé au budget 1931.


Le Bolzano

En septembre 1939, la marine italienne dispose de sept croiseurs lourds tout comme la marine française. Ces navires ont des capacités comparables à leurs probables adversaires français avec notamment une artillerie principale composée de huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles (deux avant deux arrières).

Génèse des Duquesne


A l'époque de la signature du traité de Washington la France s'interroge sur l'avenir de sa marine de guerre. Cette marine est alors en pleine crise, une crise technique (navires anciens et usés faute de constructions neuves durant la guerre) mais aussi une crise morale, les marins ayant eu l'impression d'être des combattants de seconde zone aux yeux d'une opinion obnubilée par les tranchées.

Sous l'impulsion de plusieurs amiraux d'un remarquable ministre de la marine (Georges Leygues), des constructions neuves sont déjà planifiées dans le domaine des croiseurs (les Duguay-Trouin), des contre-torpilleurs (les Jaguar), les torpilleurs (les Bourrasque) et les sous-marins (sous-marins de 1100 tonnes).

Les premières recherches pour les nouveaux croiseurs partaient des Duguay-Trouin avec une augmentation du déplacement pour permettre l'embarquement de canons de 203mm. Au niveau des missions, on restait dans du classique avec l'éclairage, la défense des lignes de communication, l'attaque des lignes de communication ennemies et le transport de troupes entre l'Afrique du Nord et la Métropole.

Tout comme dans d'autres pays, les futurs croiseurs Washington de la Royale sont classés croiseurs légers en raison du maintien en service de croiseurs cuirassés nettement plus gros. Ce n'est qu'au traité de Londres en 1930 que les futurs Duquesne et Tourville seront officiellement et définitivement considérés comme des croiseurs lourds ou croiseurs de 1ère classe.

Ce traité de Londres clarifie la catégorie croiseur avec les croiseurs légers (ou croiseur type B) de 1850 à 8000 tonnes avec une artillerie principale allant de 130 à 155mm et les croiseurs lourds (ou croiseur type A) d'un déplacement allant de 8000 à 10000 tonnes avec une artillerie allant de 155 à 203mm.

Le 6 juillet 1922 un premier texte cadre le travail des ingénieurs du Génie Maritime chargé de dessiner les plans des nouveaux navires :

-Huit canons de 203mm avec 150 coups par canon en tourelles doubles

-Quatre canons de 100mm avec 500 coups par canon

-Deux affûts quadruples de 550mm avec quatre torpilles de réserve

-Quatre mortiers de 240mm Thornycroft ASM

-Une distance franchissable de 5000 miles nautiques à 15 nœuds

Le principal débat concerne la protection. Devait-on privilégier la vitesse ou la protection ? Ce débat est tranché en faveur de la vitesse, la protection des Duquesne étant symbolique ce qui les rends parfaitement intégrables à la famille des Thinclad Battleship,les cuirassés en papier d'étain.

Très vite les demandes de la marine engendreraient une surcharge dans les hauts et donc une instabilité. Il fallait donc économiser du poids en veillant à ne pas trop réduire les capacités militaires.

C'est ainsi que les tubes lance-torpilles quadruples furent remplacés par des tubes lance-torpilles triples, les canons de 100mm par des canons de 75mm, les canons de 40mm par des canons de 37mm, la suppression des mortiers anti-sous-marins Thornycroft.

Sur le plan du design ils sont similaires aux Duguay-Trouin avec une élégante silhouette, une longue coque, un court gaillard d'avant, un bloc-passerelle ramassé, deux cheminées, un mat arrière qui avec la deuxième cheminée encadrait la catapulte hydravions.

Si les quatre tourelles doubles de 203mm sont installés deux par deux à l'avant et à l'arrière, les canons de 75mm sont installés latéralement, quatre à l'avant de part et d'autre du bloc-passerelle et les quatre arrière de part et d'autre de la catapulte. Quant aux tubes lance-torpilles de 550mm, ils sont installés à plat-pont au même niveau que la grue située entre les deux cheminées.

Les deux navires répondant à ce modèle sont financées à la tranche 1924. Ils sont baptisés du nom de deux grands marins français, Abraham Duquesne et Anne-Hilarion de Costentin,comte de Tourville. Leur construction est confiée aux arsenaux de Brest et de Lorient.

A suivre

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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Ven 14 Sep 2018, 11:14

CARRIERE OPERATIONNELLE

Le Duquesne

Le croiseur lourd Duquesne. On parle souvent de l'élégance des navires italiens mais en France on sait aussi construire de beaux navires

Présentation

-Le Duquesne est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 30 octobre 1924 à la cale du Point au jour sur la rive droite de la Penfeld lancé le 17 décembre 1925 et admis au service actif le 25 janvier 1929.


Statue d'Abraham Duquesne

Le premier croiseur lourd de la marine française est le septième navire de la marine nationale à rendre hommage à Abraham Duquesne (Dieppe 1610-Paris 2 février 1688). Ce grand marin français fût recommandé à Richelieu, assurant un premier commandement à l'âge de dix-huit ans.

Après un service en Suède entre 1644 et 1647, il devient chef d'Escadre en 1647, réprimant la fronde bordelaise avant d'opérer en Méditerranée, remportant trois victoires sur les escadres hispano-hollandaises de l'amiral Ruyter (Stromboli le 8 janvier 1675, Agosta le 22 avril 1675 et Palerme le 2 juin 1675.). Il est engagé dans dans le bombardement d'Alger en 1682/83 puis dans celui de Gênes en 1684. Refusant d'abjurer le protestantisme après l'édit de Fontainebleau qui révoque l'édit de Nantes en 1685, il ne sera jamais maréchal de France. Il meurt à Paris le 2 février 1688.

Le croiseur lourd succède à un navire de 74 canons de 1788 (capturé en 1803 par les anglais), à un vaisseau-école de 73 canons (1810-1815, un ancien navire russe de 1760), à un vaisseau de 86 canons en construction à Venise en 1813 et capturé par les autrichiens, à un vaisseau de ligne de 74 canons de 1814 (ex-Zélandais) mis en service en 1820 et désarmé en 1836 après avoir participé à l'expédition d'Alger, à un vaisseau mixte de 82 canons (1853-1867) et enfin un croiseur de 1ère classe armé en 1879 et désarmé en 1901.

Il aurait du être suivi par un cuirassé de 29000 tonnes de classe Lyon mais le Duquesne comme ses sister-ship Tourville, Lille et Lyon ne furent jamais mis sur cale. A noter que c'est peut être une coïncidence mais la construction du cuirassé Duquesne était déjà prévue à l'Arsenal de Brest.


La frégate lance-missile Duquesne (D-603). Avec son sister-ship Suffren, elle est reconnaissable entre toutes

Depuis le croiseur lourd un huitième navire à porté ce nom au sein de la marine nationale. Il s'agit d'une frégate lance-missiles type FLE-60 (Frégate Lance-Engins type 1960) ou classe Suffren.

Mise sur cale à l'Arsenal de Brest le 1er février 1965, elle est lancée le 12 février 1966 et admis au service actif le 1er avril 1970. Après trente-sept ans de carrière, la frégate Duquesne à été désarmée le 26 juin 2007. Depuis 2009, elle sert de brise-lames à Saint-Mandrier. Initialement elle aurait du être suivie par le sixième sous-marin nucléaire d'attaque de classe Suffren mais ce navire à été rebaptisé Rubis.

Carrière opérationnelle

Premières années

Le Duquesne et un autre "10000 tonnes" à quai

Avant même sa mise en service le croiseur lourd effectue une première «mission» en participant le 3 juillet 1928 à une importante revue navale organisée au Havre avec soixante-seize autres navires, le Duquesne participant à et événement avec son sister-ship Tourville mais aussi les croiseurs légers Duguay-Trouin et Lamotte-Picquet.

Du 31 janvier au 3 août 1929, le Duquesne effectue un tour du continent africain, faisant escale à Dakar, au Cap, à Madagascar, à Djibouti, arrivant en Méditerranée via le canal de Suez.

Jadis connue sous le nom d'Escadre du Levant, la force déployée dans le Var devient l'Escadre de la Méditerranée le 20 juillet 1921 puis la 1ère Escadre le 1er janvier 1927, nom qu'elle conservera jusqu'au 30 octobre 1936 quand elle redevient l'Escadre de la Méditerranée. Le 1er juillet 1939, l'escadre devient la Flotte de la Méditerranée.

Le 10 mai 1930 à lieu à Alger une revue navale destinée à célébrer le centième anniversaire de l'expédition d'Alger. Parmi les croiseurs engagés on trouve le Lamotte-Picquet,le Primauguet, le Suffren, le Colbert et donc le Duquesne.

Dans les années vingt la marine française étudie le remplacement du croiseur-école Jeanne d'Arc dont l'usure nécessite un futur remplacement. Après avoir étudié la construction d'un «paquebot militaire» ou la conversion d'un navire de guerre ancien, décision est prise de construire un croiseur-école neuf.

L'«étui à cigarette» est dans un tel état matériel qu'il doit être remplacé par un autre croiseur cuirassé, l'Edgar Quinet mais ce dernier après une première croisière sans histoire s'échoue au cours de sa deuxième croisière sur une roche inconnue près du cap Blanc le 4 janvier 1930 puis se casse en deux.

Comme le nouveau croiseur-école Jeanne d'Arc est encore en construction décision est prise pour la croisière suivante de répartir les élèves-officiers de la promotion 1928 entre trois croiseurs lourds en l’occurrence les Duquesne,Suffren et Tourville.

La division appareille de Brest le 6 octobre 1930 et arrive à Toulon le 10 janvier 1931 après être passé par les Antilles françaises, Rio de Janeiro, Dakar et Casablanca. La deuxième partie de la croisière d'instruction à lieu du 22 avril au 10 juillet notamment en Méditerranée orientale.


Schéma du Duquesne

Entre-temps le 27 avril 1930, le Duquesne et le Suffren étaient arrivés à Toulon pour former la 1ère Division Légère (1ère DL), division rattachée à une 1ère escadre de ligne elle même dépendant de la 1ère Escadre. En juillet 1931 après leur croisière d'instruction commune, le Tourville rejoint les deux croiseurs lourds au sein de la division. Cette division accueille le Colbert le 1er mai 1931, le Foch le 20 décembre 1931 et le Dupleix le 1er décembre 1932.

Le 9 octobre 1934, le roi Alexandre 1er de Yougoslavie arrive à Marseille bord du destroyer Dubrovnik sur lequel il avait embarqué à Kotor. En visite officielle en France, il est accueillit par un imposant et prestigieux comité d'accueil.

A 150 miles de Marseille, le Dubrovnik est rallié par les torpilleurs d'escadre Forbin,Trombe et Mistral, A 70 miles par les contre-torpilleurs Gerfaut,Chevalier Paul et Vautour et à proximité de la cité phocéenne par les croiseurs lourds Duquesne et Colbert accompagnés par douze sous-marins.

Le 19 octobre 1934, l'Algérie arrive à Toulon. Fierté de la Royale, probablement le meilleur croiseur lourd d'Europe à l'époque, il devient le navire-amiral de la 1ère Escadre.
Cela entraine la réorganisation des divisions légères, la 1ère DL disposant des croiseurs lourds Algérie,Dupleix et Colbert alors que la 3ème DL regroupe les croiseurs lourds Foch,Duquesne et Tourville. Le 1er mai 1936 le Foch est remplacé par le Suffren.

Le 27 juin 1935 à lieu en baie de Douarnenez une inspection à la mer avec cinquante-huit navires concernés dont les croiseurs Duquesne,Tourville,Foch,Dupleix,Algérie,Duguay-Trouin et Lamotte-Picquet.


Le Duquesne à la mer. Il porte sur des tourelles II et III de 203mm les marques de neutralité pour éviter toute confusion avec des navires nationalistes ou républicains

Le 18 juillet 1936, un pronunciamento est déclenché pour renverser la Deuxième République espagnole. Ce coup d'état est un échec et débouche sur un terrifiant conflit de quasiment trois ans.

De nombreux ressortissants étrangers sont bloqués en Espagne et la marine française décide d'évacuer ressortissants français et étrangers. Le Duquesne rallie ainsi Barcelone dès le 24 juillet 1936, effectuant une série de rotations pendant les trois semaines suivantes.

Le 27 mai 1937 une revue navale est organisée à Brest après un exercice de grande envergure entre les deux escadres. 41 navires y participent et parmi les croiseurs nous trouvons outre le Duquesne, l'Emile Bertin, l'Algérie, le Foch, le Colbert et le Tourville.

Le 30 octobre 1937, les DL déviennent soit des DC (Divisions de Croiseurs) ou des DCT (Divisions de Contre-Torpilleurs) ce qui nous donne une 1ère DC composée des croiseurs lourds Algérie,Dupleix, Foch et Colbert ainsi que la 2ème DC composée des croiseurs lourds Duquesne,Tourville et Suffren.

En février 1938, la 2ème Division de Croiseurs est rattachée à l'Ecole d'Application du Tir à la Mer (EATM). Du 11 mai au 11 juillet 1938, les croiseurs lourds de la 2ème DC effectuent une croisière en Méditerranée orientale pour montrer le pavillon tricolore.

Il était ensuite prévu une période d'entretien mais celle-ci est repoussée en raison de la crise des Sudètes qui débouche sur les peu flatteurs accords de Munich. Cette période d'entretien à finalement lieu d'octobre 1938 à janvier 1939.

Comme nous l'avons vu plus haut, le 1er juillet 1939 est créée la Flotte de la Méditerranée. Elle regroupe plusieurs escadres.

En ce qui concerne les croiseurs lourds, ils sont placés sous l'autorité de la 3ème Escadre avec deux divisions, la 1ère DC regroupant les croiseurs lourds Algérie,Dupleix,Foch et Colbert alors que la 2ème DC regroupe les Duquesne et Tourville, le Suffren ayant rallié l'Extrême-Orient pour renforcer les FNEO (Forces Navales en Extrême-Orient).

Le Duquesne dans le second conflit mondial

Le Duquesne à la mer

Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne. Comprenant qu'ils ne pourront pas faire de nouvelles concessions, Paris et Londres lance un ultimatum à Berlin, ultimatum superbement ignoré par les nazis. Le 3 septembre, la France et la Grande Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne.

Les forces navales françaises sont essentiellement concentrées en Méditerranée où on craint que l'Italie ne s'engage aux côtés de son allié germanique. Ce ne sera pas le cas, Rome se déclarant en état de non belligérance.

Le Duquesne intègre les Forces de Haute Mer avec une 3ème Escadre qui regroupe les croiseurs des 1ère et 2ème DC, la première disposant des Algérie,Dupleix,Foch et Colbert alors que la seconde dispose des Duquesne et Tourville.

La France disperse ses moyens navals pour traquer les raiders allemands. Du 30 janvier au 15 avril 1940, le Duquesne forme une Force Y sous le commandement du contre-amiral Bouxin en compagnie du cuirassé Provence, du croiseur lourd Colbert, du croiseur léger Emile Bertin et des contre-torpilleurs Bison,Milan et Epervier. La force sort au complet du 18 au 28 février et du 6 au 16 mars 1940 sans rencontrer aucun navire ennemi. La force Y quitte Dakar le 11 avril, étant dissoute quatre jours plus tard.

Il forme ensuite une nouvelle Force X déployée à Alexandrie pour opérer dans le bassin oriental de la Méditerranée. Cette force comprend initialement les cuirassés Provence,Bretagne et Lorraine,les contre-torpilleurs Tigre et Lynx et le torpilleur d'escadre Forbin, ces six navires arrivant en Egypte le 3 mai, la force X nouvelle version étant activée le lendemain, jour de l'arrivée des croiseurs lourds Duquesne et Tourville.

Le 18 mai c'est le Suffren qui arrive dans la cité fondée par Alexandre le Grand mais deux jours plus tard les cuirassés Provence et Bretagne quitte l'Egypte pour Bizerte puis pour Mers-El-Kébir. Le 24 mai le Duguay-Trouin arrive en provenance de Lorient.

Les navires français vont alors rallier Beyrouth en plusieurs groupes, le Duquesne ralliant la capitale du Liban en compagnie du Duguay-Trouin. La force rassemblée (Tourville,Duquesne,Suffren,Forbin,Duguay-Trouin,torpilleurs Le Fortuné et Le Basque) appareille le 11 juin pour un raid en mer Egée, raid infructueux, la force rentrant à Alexandrie deux jours plus tard le 13 juin 1940.

Alors qu'il était prévu un raid contre les côtes siciliennes du 23 au 26 juin, la signature de l'armistice le 22 juin bloque les navires français à Alexandrie en l'occurrence le cuirassé Lorraine, les croiseurs lourds Duquesne,Tourville,Suffren, le croiseur léger Duguay-Trouin, les torpilleurs d'escadre Fortune,Forbin,Basque ainsi que le sous-marin Protée.

Cet armistice laisse la Grande Bretagne seule face à l'Allemagne. Winston Churchill craint que les navires français ne tombent entre les mains des allemands. Il lance le 3 juillet 1940 l'opération CATAPULT.

En Grande-Bretagne les navires français sont pris d'assaut, générant affrontements et échauffourées voir pire comme à Mers-El-Kébir où plus de 1000 marins français sont tués par leurs alliés d'hier.

A Alexandrie, cela passe tranquillement. Les amiraux Godefroy et Cunningham passent un gentleman's agreement qui permet l'internement et le désarmement des navires français dans le port égyptien et ce en dépit des pressions de leurs supérieurs. L'accord est signé le 7 juillet 1940 et évite une redite des funestes événements de Mers-El-Kébir.

Les navires sont donc désarmés, une partie des équipages est rapatriée en France tandis que d'autres désertent pour rejoindre les Forces Navales Françaises Libres (FNFL) notamment le lieutenant de vaisseau Honoré d'Estiennes d'Orves, futur martyr de la résistance.

Le 8 novembre 1942 les anglo-américains débarquent en Afrique du Nord (opération «TORCH»), le protectorat du Maroc et la colonie d'Algérie se rallient non sans combattre aux alliés. Seule la Tunisie reste contrainte et forcée du côté de Vichy, les allemands envoyant rapidement des renforts pour éviter que leur Afrikakorps ne soit bloqué dans sa retraite.

Et la force X dans tout ça ? Elle ne va se rallier aux alliés que le 10 mai 1943, six mois après TORCH alors que le gouvernement de Vichy est devenu une parodie, un ectoplasme politique. Notez qu'il y aura plus tardif, les Antilles se ralliant au gouvernement du général De Gaulle qu'en juillet 1943.


Le Duquesne à la mer avec le camouflage bicolore qui situe la photo après le ralliement de la force X aux alliés

Les navires français bloqués à Alexandrie depuis bientôt trois ans sont en mauvais état et ont besoin de travaux pour être capables de reprendre le combat. En ce qui concerne les trois «10000 tonnes» Duquesne,Tourville et Suffren, les américains les jugeant dépassés refusent de mener des travaux importants.

Les travaux réalisés à Casablanca seront donc limités au strict nécessaire. Outre une remise en état globale, la DCA d'origine (canons de 37mm et mitrailleuses de 13.2mm) est remplacée par des canons de 20mm Oerlikon et de 40mm Bofors en affûts simples, les installations d'hydraviation sont débarquées tout comme les tubes lance-torpilles.

Le Duquesne et le Tourville quittent Alexandrie pour Dakar via le canal de Suez et le cap de Bonne Espérance. Ils arrivent dans le capitale de l'AOF fin septembre 1943 pour mener des opérations anti-raider.

Manquant de matières premières et de certaines denrées rares, les allemands utilisaient des forceurs de blocus pour ramener d'Asie du Sud-Est notamment des produits indispensables à leur industrie d'armement. Les alliés décident d'établir un barrage sur une ligne Pernambuco-Freetown et pour cela mobilisent des croiseurs américains, français et même italiens. Devant les rapports conflictuels entre les marins français et italiens, les alliés décideront de déployer les croiseurs transalpins à Freetown.

Le Duquesne va réaliser huit patrouilles entre septembre 1943 et février 1944. La première à lieu du 26 au 30 septembre suivie d'une seconde du 13 au 17 octobre et d'une troisième du 14 au 20 novembre 1943.

Au mois de décembre, le premier croiseur lourd français réalise trois patrouilles, la première du 1er au 12 décembre, la seconde du 18 au 22 décembre et la troisième du 27 au 31 décembre 1943, cette dernière ayant lieu en compagnie du Suffren. Les septième et huitième patrouilles ayant lieu respectivement du 6 au 13 janvier et enfin du 12 au 19 février 1944.

Il rallie ensuite Casablanca pour des travaux de modernisation et de remise en état. Il gagne ensuite la Grande-Bretagne et plus précisément le port écossais de Greenock qu'il quitte le 25 août pour retourner quatre jours plus tard à Casablanca, réalisant alors des missions de transport entre Casablanca, Gibraltar,Oran,Greenock et Cherbourg mais aussi Oran et Toulon après sa libération.

Du 1er au 14 novembre 1944, le croiseur lourd est immobilisé à Casablanca. Il gagne alors l'Atlantique, intégrant la French Naval Task Force (FNTF), un groupement occasionnel destiné à surveiller et surtout à bloquer les différentes poches de l'Atlantique notamment Lorient et Saint-Nazaire.

Le 4 décembre 1944, le croiseur lourd Duquesne et le croiseur léger La Gloire arrivent à Brest en provenance d'Oran. Le croiseur léger ne va cependant pas tarder à rallier la Méditerranée pour intégrer notamment la Flank Force.

Le 13 janvier 1945, le croiseur lourd aurait du bombarder Belle Île mais le mauvais temps annule l'opération. Après des travaux à Cherbourg du 20 janvier au 3 avril 1945 (condenseurs modernisés,deux chaudières retubées), le croiseur lourd bombarde Royan et la pointe du Grave, tirant les 15 et 16 avril pas moins de 938 obus de 203mm.


Le Duquesne au bassin après l'opération Venerable (libération de Royan) (Spasiba Starshyi pour le lien avec les photos°


Après un ravitaillement en munitions à Casablanca du 21 au 23 avril, le vétéran bombarde l'île d'Oleron le 30 avril 1945 (522 coups tirés) pour soutenir le débarquement des troupes françaises, 8000 hommes prennant pied, la garnison allemande (2000 hommes) se rendant le lendemain. La French Naval Task Force (FNTF) est dissoute le 28 mai 1945.

Crépuscule

Du 14 juin au 15 novembre 1945, le Duquesne est immobilisé à Brest pour une refonte. Il va ensuite être envoyé en Indochine à deux reprises.

Le premier déploiement voit le croiseur lourd quitter la France le 22 décembre 1945, arriver en Indochine le 25 janvier 1946, repartant d'Extrême-Orient le 4 octobre 1946 pour retrouver la Métropole un mois plus tard le 6 novembre.

Durant ce premier déploiement il participe à la reconquête du Tonkin, à une revue navale en baie d'Along le 24 mars, effectue deux voyages d'agrément à Hong-Kong et à Shanghaï. Il effectue également quatre rotations entre Saigon et le Tonkin.

Le deuxième déploiement commence le 22 décembre 1946 quand il quitte la France, arrivant en Indochine le 17 janvier 1947. Ce déploiement durant quasiment trois mois puisqu'il quitte l'Extrême-Orient le 16 avril pour rentrer en France un mois plus tard le 16 mai.

Durant ce dernier déploiement opérationnel, le croiseur effectue une mission de transport en direction du Tonkin puis ouvre le feu dans la région de Tourane, tirant notamment en mars 475 coups de 75mm.

Mis en réserve à Toulon le 1er septembre 1947, il est rattaché au Centre d'Instruction des Opérations Amphibies (CIOA) installé à Arzew près d'Oran. Il est transformé en bâtiment-base à Oran entre février et août 1948, arrivant à destination le 30 août.

Il va y servir pendant quasiment sept ans puisqu'il est condamné le 2 juillet 1955, devenant à cette occasion le Q-52. Il est remorqué à Mers-El-Kébir en août 1955 avant d'être vendu à la démolition le 27 juillet 1956 puis démantelé.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Ven 14 Sep 2018, 11:53

Sur la photo le Duquesne et un autre 10000 t ; le second est le Suffren.
J'ai aussi réussi à dater cette photo elle est d'octobre 1931, les deux croiseurs sont aux Etats Unis lors de la visite du maréchal Pétain (qui est à bord du Duquesne) venu pour participer aux célébrations du 150 ém anniversaire de la bataille de Yorktown.
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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Ven 14 Sep 2018, 17:18

NIALA a écrit:
Sur la photo le Duquesne et un autre 10000 t ; le second est le Suffren.
J'ai aussi réussi à dater cette photo elle est d'octobre 1931, les deux croiseurs sont aux Etats Unis lors de la visite du maréchal Pétain (qui est à bord du Duquesne) venu pour participer aux célébrations du 150 ém anniversaire de la bataille de Yorktown.

Merci de la précision. J'ai encore deux messages et pour l'article suivant un indice :


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MessageSujet: Six sur six !   Sam 15 Sep 2018, 11:07

clausewitz a écrit:
Croiseurs légers classe La Galissonnière […] Le dernier des mohicans ! Son nom le Colbert Le croiseur Colbert dans sa configuration d'origine […]
Outre l'achèvement du croiseur De Grasse, la marine obtient au budget 1953 le financement d'un croiseur antiaérien. Baptisé Colbert […] Le Colbert modernisé

La modernisation est l'objet de furieux débats sur son étendue. On prévoit le remplacement de l'armement actuel par six canons de 100mm en trois tourelles simples, […]
… six canons de 100mm en six tourelles simples, évidemment.
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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Sam 15 Sep 2018, 15:03

Oups lol! J'ai écris trop vite

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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Sam 15 Sep 2018, 16:08

Citation :
Oups : lol!: J'ai écrit trop vite
Yapuka rectifier (histoire de ne pas laisser tache)…
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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Dim 16 Sep 2018, 00:58

DahliaBleue a écrit:
Citation :
Oups : lol!: J'ai écrit trop vite
Yapuka rectifier (histoire de ne pas laisser tache)…

Fait thumright

La suite aujourd'hui normalement

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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Dim 16 Sep 2018, 10:29

Le Tourville

Le Tourville à la mer

Présentation

-Le Tourville est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 4 avril 1925 lancé le 24 août 1926 et admis au service actif le 12 mars 1929.



Le deuxième croiseur lourd type Washington de la marine française est le sixième (ou le septième) navire à rendre hommage à  Anne-Hilarion de Cotentin,comte de Tourville (1642-23 mai 1701), un amiral français du 17ème siècle.

Commandant la flotte française à partir de 1689 (flotte qui bénéficie des soins attentifs de Colbert et de Louis XIV), il s'illustre à la bataille de Bévéziers le 10 juillet 1690 contre les anglo-hollandais mais après la bataille de Barfleur du 29 mai 1692 qu'il remporte dans un état d'infériorité manifeste (44 vaisseaux contre 98 anglo-hollandais), il perd 15 navires faute d'abri ce qui conduira à l'aménagement de Cherbourg.

Il est élevé à la dignitié de maréchal de France en 1693 et détruit en baie de Lagos un riche convoi venu de Smyrne. Après la paix de Ryswick en 1697, il quitte le service actif et malade meurt le 23 mai 1701.

Le croiseur lourd succède à un vaisseau de 74 canons (1787-1818), un vaisseau espagnol capturé sur escale (1811), un vaisseau transformé sur cale avec une machine à vapeur (1853-1872), un croiseur de 1ère classe (1876-1902) et un transport-hôpital mis en service en 1884 sous le nom de Garonne rebaptisé Tourville en 1909 et Rhin en  1924.


Programme naval de 1912. Un cuirassé Tourville était prévu

C'est là que cela se complique puisqu'il aurait du être suivit par un sixième navire, un cuirassé de classe Lyon (29000, 21 nœuds, seize canons de 340mm en quatre tourelles quadruples). Sa mise sur cale prévue en 1915 est abandonnée suite au début du premier conflit mondial.

Le croiseur lourd de classe Duquesne est donc soit le sixième soit le septième Tourville de la marine nationale tout comme la frégate de classe Tourville (type F-67) est le septième ou le huitième navire à porter le nom de ce grand marin.


La frégate ASM type F-67 Tourville (D-610)

Construite elle aussi à l'Arsenal de Lorient, cette frégate est mis en chantier le 13 mars 1970 dans la forme de Lanester mise à flot le 13 mai 1972 et admise au service actif le 14 juin 1975. Elle à été désarmée le 10 novembre 2011.

Elle sera suivie par un sous-marin nucléaire d'attaque de classe Suffren, la troisième unité du type Barracuda. Si le calendrier est suivi, le Suffren sera mis en service en 2019, le Duguay-Trouin en 2021 et donc le Tourville en 2023.

Carrière opérationnelle

Premières années


Le 3 juillet 1928 alors qu'il n'est pas encore en service, le Tourville participe à la revue navale du Havre en compagnie de soixante-seize autres navires dont les croiseurs Duguay-Trouin,Lamotte-Picquet et Duquesne.

Le 11 décembre 1929, le Tourville est affecté en Méditerranée plus précisément au sein de la 1ère Division Légère en compagnie des croiseurs lourds Duquesne et Suffren. Cette division dépend d'une 1ère escadre de ligne (qui comprend également des «divisions de ligne» composées de cuirassés) qui elle même dépend de la 1ère Escadre (future Escadre de la Méditerranée).

L'affectation ne sera cependant effective qu'après la croisière d'application réalisée en 1930/31 pour remplacer le croiseur cuirassé Edgar Quinet échoué sur un rocher du cap Blanc en attendant que le croiseur-école Jeanne d'Arc en construction à Saint Nazaire soit disponible.


Le Tourville à la mer

Le 6 octobre 1930, les croiseurs lourds Duquesne,Tourville et Suffren appareille de Brest avec à leur bord la promotion 1928 de l'Ecole Navale. La petite flotte arrive à Toulon le 10 janvier 1931 après avoir fait escale aux Antilles Françaises, à Rio de Janeiro, à Dakar et à Casablanca. Elle repart le 22 avril pour revenir le 10 juillet 1931 après une boucle dans le bassin oriental de la Méditerranée.

Au 1er août 1933, le Tourville forme la 1ère Division Légère en compagnie des croiseurs lourds Foch Colbert et Suffren, division qui dépendent toujours de la 1ère escadre de ligne et donc de la 1ère Escadre.

Le 19 octobre 1934, le croiseur lourd Algérie arrive à Toulon. Navire-amiral de la 1ère Escadre, son arrivée entraine la réorganisation des Divisions légères, la 1ère DL disposant de l'Algérie, du Dupleix et du Colbert alors que la 3ème DL est composée des croiseurs lourds Foch,Duquesne et Tourville. Le premier nommé est remplacé par le Suffren le 1er mai 1936.

En 1935 le seul porte-avions français en service est le Béarn, un cuirassé de classe Normandie transformé (ses sister-ship ont été lancés puis envoyés à la démolition). Un débat très long concerne la construction ou non de nouveaux navires de ce type.

Cette année là ont étudie la transformation de croiseurs quasiment sans protection en porte-avions. Quatre formules sont présentées d'un déplacement de l'ordre de 12000 tonnes :

-Un pont d'envol de 139m de long, un hangar superstructure (à l'américaine) de 98m de long sur le premier pont, la tourelle avant inférieure de 203mm conservée.

-Un pont d'envol de 139m de long, un hangar superstructure sur le premier pont de 102m et la tourelle de 203mm arrière inférieure conservée.

-Un pont d'envol de 176m de long, un hangar-superstructure de 116.50m sur le premier et aucune tourelle de 203mm.

-Un pont d'envol de 139m de long, un hangar superstructure de 98m sur le deuxième pont et la tourelle avant de 203mm conservée.

La capacité devait être de douze à quatorze avions et la DCA devait comporter douze canons de 100mm et quatre de 37mm.

Ce projet est abandonné en raison de la faiblesse du groupe aérien, faiblesse qui pesait de peu de poids devant la perte de seize canons de 203mm. On préfère lancer la construction de deux porte-avions neufs baptisés Joffre et Painlevé. On connait la suite de l'histoire : seul le premier sera mis sur cale à Saint-Nazaire (Ateliers et Chantiers de Penhoët) et jamais achevé.

Ce projet va resurgir en 1945 mais à cette époque il est encore moins crédible que dix ans plus tôt tant l'outil aéronaval à évolué. La France va d'abord utiliser des porte-avions étrangers (un britannique et deux américains) en attendant de pouvoir (enfin) construire des porte-avions neufs non sans mal.

Le 27 juin 1935 le Tourville participe à une inspection à la mer en baie de Douarnenez en compagnie de cinquante-sept autres navires dont les croiseurs Duguay-Trouin,Lamotte-Picquet,Algérie,Dupleix,Foch et Duquesne.


Le croiseur lourd Tourville durant la guerre d'Espagne

Le 27 mai 1937 à lieu à Brest une nouvelle revue navale après un exercice inter-escadres. Le Tourville y participe en compagnie de quarante autres navires dont les croiseurs Emile Bertin,Algérie,Foch,Colbert et Duquesne.

Le 30 octobre 1937, les DL (Divisions Légères) deviennent soit des Divisions de Croiseurs (DC) ou des Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT).

La 1ère DL devient la 1ère DC (toujours composée des croiseurs lourds Algérie,Dupleix,Foch,Colbert) alors que la 2ème DL devient une deuxième 2ème DC avec les Duquesne,Tourville et Suffren. En février 1938, la 2éme DC est rattaché à l'Ecole d'Application du Tir à la Mer (EATM).

Le 1er juillet 1939 comme nous l'avons vu plus haut, l'Escadre de la Méditerranée devient la Flotte de la Méditerranée. Au sein de cette flotte nous trouvons une 3ème Escadre qui regroupe les croiseurs lourds (1ère DC _Algérie/Dupleix/Foch/Colbert_ et 2ème DC _Duquesne et Tourville, le Suffren étant détaché en Extrême-Orient_).

Le Tourville dans le second conflit mondial


Le 3 septembre 1939, la France et la Grande Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne. La marine nationale adopte son dispositif notamment en Méditerranée où on craint une action italienne de mèche avec Berlin.

Les Forces de Haute Mer disposent ainsi de la 3ème Escadre avec la 1ère DC composée des croiseurs lourds Algérie,Dupleix,Foch et Colbert et la 2ème DC qui ne dispose que de deux croiseurs lourds, les Duquesne et Tourville, le Suffren étant détaché en Extrême-Orient sous l'autorité des Forces Navales d'Extrême-Orient (FNEO).

Devant la neutralité (ou plutôt la non-bélligérance) italienne, la marine française allège son dispositif en Méditerranée et peut mettre sur pied des groupes occasionnels pour traquer les raiders allemands.

Le 4 mai 1940 Paris et Londres décident de mettre sur pied une force destinée à opérer contre l'Italie en Méditerranée orientale.

Cette force comprend initialement les cuirassés Provence,Bretagne et Lorraine,les contre-torpilleurs Tigre et Lynx et le torpilleur d'escadre Forbin, ces six navires arrivant en Egypte le 3 mai, rejoints le lendemain par les croiseurs lourds Duquesne et Tourville.

Le 18 mai c'est le Suffren qui arrive dans la cité fondée par Alexandre le Grand mais deux jours plus tard les cuirassés Provence et Bretagne quitte l'Egypte pour Bizerte puis pour Mers-El-Kébir. Le 24 mai le Duguay-Trouin arrive en provenance de Lorient.



Le Tourville rallie Beyrouth le 21 mai en compagnie du Suffren et du Forbin. La Force rassemblée   (Tourville,Duquesne,Suffren,Forbin,Duguay-Trouin,torpilleurs Le Fortuné et Le Basque) appareille le 11 juin pour un raid en mer Egée, raid infructueux, la force rentrant à Alexandrie deux jours plus tard le 13 juin 1940.

Alors qu'il était prévu un raid contre les côtes siciliennes du 23 au 26 juin, la signature de l'armistice le 22 juin bloque les navires français à Alexandrie en l’occurrence le cuirassé Lorraine, les croiseurs lourds Duquesne,Tourville,Suffren, le croiseur léger Duguay-Trouin, les torpilleurs d'escadre Fortune,Forbin,Basque ainsi que le sous-marin Protée.

Cet armistice laisse la Grande Bretagne seule face à l'Allemagne. Winston Churchill craint que les navires français ne tombent entre les mains des allemands. Pour des raisons aussi bien politiques que diplomatiques et militaires, Il lance le 3 juillet 1940 l'opération CATAPULT.

En Grande-Bretagne les navires français sont pris d'assaut, générant affrontements et échauffourées voir pire comme à Mers-El-Kébir où plus d'un millier de marins français sont tués par leurs alliés d'hier, la majorité étant tuée à bord du cuirassé Bretagne.

A Alexandrie, cela passe nettement mieux. Les amiraux Godefroy et Cunningham qui se connaissent et s'apprécient passent un gentleman's agreement qui permet l'internement et le désarmement des navires français dans le port égyptien et ce en dépit des pressions de leurs supérieurs. L'accord est signé le 7 juillet 1940 et évite une redite des funestes événements de Mers-El-Kébir. Les navires sont donc désarmés, une partie des équipages est rapatriée en France tandis que d'autres désertent pour rejoindre les Forces Navales Françaises Libres (FNFL).

Le 8 novembre 1942 les anglo-américains débarquent en Afrique du Nord (opération «TORCH»), le protectorat du Maroc et la colonie d'Algérie se rallient non sans combattre aux alliés. Seule la Tunisie reste contrainte et forcée du côté de Vichy, les allemands envoyant rapidement des renforts pour éviter que leur Afrikakorps ne soit bloqué dans sa retraite.
Et la force X dans tout ça ? Elle ne va se rallier aux alliés que le 10 mai 1943, six mois après TORCH alors que le gouvernement de Vichy est devenu une parodie, un ectoplasme politique. Notez qu'il y aura plus tardif, les Antilles se ralliant au gouvernement du général De Gaulle qu'en juillet 1943.

Les navires français bloqués à Alexandrie depuis bientôt trois ans sont en mauvais état et ont besoin de travaux pour être capables de reprendre le combat. En ce qui concerne les trois «10000 tonnes» Duquesne,Tourville et Suffren, les américains les jugeant dépassés refusent de mener des travaux importants.


Le Tourville en livrée bicolore, une livrée qui ne manque pas d'élégance

Les travaux réalisés à Casablanca seront donc limités au strict nécessaire. Outre une remise en état globale, la DCA d'origine (canons de 37mm et mitrailleuses de 13.2mm) est remplacée par des canons de 20mm Oerlikon et de 40mm Bofors en affûts simples, les installations d'hydraviation sont débarquées tout comme les tubes lance-torpilles.

Le Duquesne et le Tourville quittent Alexandrie pour Dakar via le canal de Suez et le cap de Bonne Espérance. Ils arrivent dans le capitale de l'AOF fin septembre 1943 pour mener des opérations anti-raider.

Manquant de matières premières et de certaines denrées rares, les allemands utilisaient des forceurs de blocus pour ramener d'Asie du Sud-Est notamment des produits indispensables à leur industrie d'armement.

Les alliés décident d'établir un barrage sur une ligne Pernambuco-Freetown et pour cela mobilisent des croiseurs américains, français et même italiens.

Devant les rapports conflictuels entre les marins français et italiens, les alliés décideront de déployer les croiseurs transalpins à Freetown, croiseurs rapatriés en Méditerranée en avril 1944.

Le Tourville va effectuer plusieurs patrouilles, la première du 2 au 6 octobre 1943, la seconde du 16 au 20 octobre 1943, la troisième du 17 au 21 novembre, la quatrième du 28 novembre au 2 décembre 1943, la cinquième du 9 au 13 décembre, la sixième du 19 au 23 décembre, la septième entamée le 17 janvier est interrompue dès le lendemain 18 janvier 1944.

La septième patrouille à lieu du 28 janvier au 2 février 1944, la huitième patrouille ayant lieu du 6 au 10 février après une escale à Freetown du 2 au 6 février.

Le croiseur lourd Tourville est présent à Casablanca pour des périodes de repos et d'entretien du 27 octobre au 10 novembre 1943 et du 25 mai au 3 juin 1944.

Le second conflit mondial s'achève là pour le Tourville. Devant la vétusté du navire, les américains avaient refusé de les moderniser. Comme la France n'à pas les moyens de le moderniser, le croiseur lourd est virtuellement désarmé à Casablanca.

Le Tourville et l'après guerre

On aurait pu s'attendre un désarmement définitif puis une vente à la démolition. C'est probablement ce qui se serait passé si l'Indochine ne s'était pas embrasée quelques mois seulement après la fin du second conflit mondial.

La France pour des raisons politiques et diplomatiques décident de lutter militairement contre le Viet-Minh. La marine va jouer un rôle important sur mer, dans les fleuves (avec les célèbres Dinassault dont le concept sera repris ultérieurement par les américains) et dans les airs avec la (re)naissance d'un outil aéronaval.

Sur le plan du commandement, les forces navales sont réparties entre deux commandements théoriquement indépendants, les Forces Maritimes en Extrême-Orient (FMEO) et Marine Indochine.

Le 15 septembre 1945, la 1ère division de croiseurs avait été reconstituée avec les croiseurs lourds survivants, les Duquesne,Tourville et Suffren. Elle est en théorie indépendante des FMEO. Le 18 février 1947 la division est dissoute, les FMEO devenant la Division navale d'Extrême-Orient (DNEO).

Le vieux croiseur va être envoyé en Extrême-Orient comme transport et bâtiment d'appui-feu. Le 5 décembre 1945 il quitte la métropole, arrive à Saigon le 16 janvier pour un déploiement de plus de cinq mois qui s'achève le 2 juillet, date à laquelle il reprend la mer direction la France où il est de retour le 27 juillet 1946.

Arrivé avec 610 passagers et 50 tonnes d'équipement, avec les tourelles II (tourelle supérieure avant) et tourelles III (tourelle supérieure arrière) de 203mm armées. Du 23 janvier au 9 février 1946, le croiseur lourd effectue une série de bombardements navals à Cam-Ranh et au Cap Saint Jacques, tirant 34 obus de 203mm et 321 de 75mm.

Il participe ensuite à l'opération Bentré puis à la revue navale de la baie d'Along le 24 mars. Il effectue une brève escale à Shanghai début juin.

Le deuxième et dernier déploiement commence par l'appareillage de France le 4 octobre 1946, se poursuit par son arrivée en Indochine le 30 novembre via Madagascar et La Réunion,débarquement à cette occasion 1379 passagers et 277 tonnes d'équipement, le déploiement durant plus d'un an puisque le croiseur lourd quitte l'Extrême-Orient le 15 novembre 1947 pour rentrer en France le 11 décembre de la même année.

Durant ce deuxième et dernier déploiement, le croiseur lourd effectue des bombardements littoraux dans la région de Tourane (décembre 1946/janvier 1947) suivit d'une mission identique au large des côtes de l'Annam fin mars 1947. Il effecte des missions de transport entre Saigon et la baie d'Along, passant l'été en juillet/août à Saigon. Il est relevé par le Duguay-Trouin avant de rentrer en France.

Crépuscule

Le Tourville arrive à Brest le 23 décembre 1947. Il est mis en réserve spéciale A le 1er janvier 1948 et comme nombre de navires anciens, il devient ponton pour écoles. Dépendant du préfet maritime de la 2ème région, il abrite l'EOR (Ecole des Officiers de Réserve) et l'EM (Ecole de Manœuvre) en compagnie du cuirassé Paris (ultérieurement remplacé par le Richelieu).

Placé en réserve spéciale B le 28 avril 1961, il est rayé des registres le 8 mars 1962 devenant le Q-312. Il est remorqué à Toulon (15 janvier-4 février 1963), vendu à la démolition et démantelé à La Seyne sur Mer.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CROISEURS LOURDS CLASSE DUQUESNE (FRANCE) (Terminé)   Mar 18 Sep 2018, 13:19

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Fiche synthétique

Le Duquesne à la mer

Déplacement : standard 10000 tonnes charge normale 11404 tonnes charge maximale 12435 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 191m longueur entre perpendiculaires 185m largeur 19m tirant d'eau maximal en charge normal 6.45m

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par huit chaudières Guyot du Temple (20 kg/cm² 215°) développant 120000ch et entraînant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale 34 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 15 nœuds 1800 miles nautiques à 29 nœuds et 700 miles nautiques à 33 nœuds Capacité carburant 1842 tonnes de mazout

Protection : soutes à munitions 20/30mm bloc-passerelle 30mm tourelles 30mm



Tourelles doubles avant de 203mm du croiseur lourd Foch

Armement : huit canons de 203mm (8 pouces) de 50 calibres (longueur du tube 10.150m) en quatre tourelles doubles modèle 1924 (deux avant et deux arrières superoposées) disposant de 150 coups par canon soit 1200 obus de 203mm.

Huit canons antiaériens de 75mm de 50 calibres (longueur du tube 3.750m) en huit affûts simples modèle 1922 installés latéralement (quatre à l'avant de part et d'autre du bloc-passerelle et les quatre arrière de part et d'autre de la catapulte) avec 500 coups par canon soit un total de 4000 obus de 75mm

Huit canons de 37mm de 50 calibres (longueur du tube 1.850m) modèle 1925 en affûts simples avec 1000 coups par canon soit 8000 obus de 37mm.

Six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples modèle 1925T installées à plat-pont au même niveau que la grue située entre les deux cheminées pour un total de neuf torpilles modèle 1923D (six torpilles en position de tir et trois recharges)


Aviation : une catapulte située entre la cheminée n°2 et le mat arrière, une grue implantée entre deux cheminées, deux hydravions d'abord des Gourdou-Lesseure GL-810 puis GL-812 et enfin des Loire 130.

Equipage : 605 officiers et marins (637 comme navire-amiral)


Les Duquesne en détail.......

Construction et structure générale

Schéma du croiseur lourd Tourville

Le dessin de la coque des croiseurs lourds type Duquesne est semblable pour ne pas dire identique à celle de leurs contemporains de la classe Duguay-Trouin. Contrairement à certaines marines, la France choisit de conserver le gaillard d'avant ne passant au pont-ras (flusk-deck) qu'avec son dernier croiseur lourd, l'Algérie.

Les deux croiseurs lourds tiennent bien la mer mais le confort et l'habitabilité auraient pu être meilleurs. Un certain nombre de faiblesses structurelles au pied du gaillard d'avant imposeront des travaux complémentaires après leur mise en service.

En ce qui concerne les superstructures, on trouve à l'avant un lourd mat-tripode autour duquel s'organise le bloc-passerelle. Les deux cheminées _un par groupe évaporatoire_ sont inclinées à 5° pour éviter que les panaches de fumée ne gênent la conduite de tir qui ne s'effectuent qu'avec des systèmes optiques.

Contrairement à d'autres navires de d'autres marines, les Duquesne ne possèdent pas de postes de tir arrière.

Entre les deux cheminées on trouve la grue à hydravions alors qu'entre la cheminée n°2 et le mat arrière on trouve la catapulte pour hydravions.

En ce qui concerne l'artillerie, les canons de 203mm sont répartis en quatre tourelles doubles, les tourelles I et IV (inférieures avant et arrières) sont installées à plat pont alors que les tourelles II et III (supérieures avant et arrières) sont installées pour la première sur un rouf au pied du bloc-passerelle alors que la seconde est installée au même niveau que la tourelle I même si pour cela elle à besoin de s'appuyer sur le rouf qui court jusqu'au niveau de la cheminée n°1.

Les canons de 75mm sont installés latéralement en deux groupes de quatre, un groupe à l'avant avec deux de chaque côté du bloc-passerelle et un groupe arrière dont les canons encadraient la catapulte à hydravions.

Les tubes lance-torpilles de 550mm, ils sont installés à plat-pont au même niveau que la grue située entre les deux cheminées.

Propulsion

Comme tous les navires de l'époque (ou presque), les Duquesne disposent d'un système de propulsion composée de turbines à engrenages alimentées en vapeur par des chaudières à petits tubes d'eau.

Les huit chaudières à petits tubes Guyot-du Temple produites à Indret (à côté de Nantes) sont réparties en deux salles de quatre chaudières, les chaufferies 1 et 2 évacuant leurs fumées par la cheminée n°1, les chaufferies 3 et 4 évacuant leurs fumées par la cheminée n°2.

Les deux premières chaufferies alimentent la salle des machines avant (située juste derrière la chaufferie n°2) alors que les deux dernières alimentent la salle des machines arrière (située juste derrière la chaufferie n°4).

Les Duquesne disposent de quatre groupes de turbines Rateau-Bretagne qui peuvent fonctionner indépendamment les uns des autres. Chaque groupe comprend deux turbines principales intégrant une turbine pour la marche arrière.

Les deux groupes avant entraînent les hélices latérales alors que les groupes arrières qui disposent également de turbines de croisière entraînent les hélices internes.

La puissance dévellopée est de 30000ch par groupe soit une puissance maximale de 120000ch.

Les quatre hélices sont identiques à savoir des modèles tripales de 4.2m de diamètre.

L'électricité nécessaire pour le bord est fournie par deux paires de turbos-dynamos alimentées par la vapeur de la propulsion principale ainsi que par deux diesels-générateurs.

Performances

Au moment de la mise au point des croiseurs lourds, la marine nationale espéraient avoir des navires pouvant filer à 36 nœuds ! Les essais démontrèrent que la vitesse maximale atteinte ne pouvait qu'être que de 34 nœuds.

Lors de son essai à puissance maximale de six heures réalisé le 17 mars 1928, le Tourville à un déplacement de 11395 tonnes à développé 126918ch, à atteint la vitesse maximale de 33.23 nœuds avec une distance franchissable de 700 miles nautiques (environ 1400km).

Lors de l'essai à puissance forcée (durée 1h) réalisé le 31 mars 1928, le Tourville qui déplaçait 9646 tonnes à développé 136742ch ce qui lui à permis d'atteindre la vitesse maximale de 34.49 nœuds.

Lors de l'essai d'endurance exécuté les 27 et 28 mars 1928 (24h de navigation à 30 nœuds), le Tourville qui déplaçait 11401 tonnesà pu atteindre une vitesse maximale 30.04 nœuds avec une distance franchissable de 1800 miles nautiques.

De son côté le Duquesne lors d'un essais à atteint la vitesse maximale de 34.12 nœuds avec une puissance propulsive de 131770ch.

Globalement les Duquesne pouvaient soutenir 31 nœuds à pleine charge sur la durée.

Protection

Comme tous les croiseurs lourds de première génération, la protection des Duquesne est quasi-inexistante. On à en effet privilégié la vitesse sur la protection, estimant que deux ou trois nœuds ou 20 ou 30mm de blindage en plus c'était pour ainsi dire pareil.

La coque est divisée en dix-sept compartiments étanches qui disposent de leurs propres moyens de ventilation et d'épuisement ce qui participe à la survie du navire. Comme tous les navires depuis le Titanic, les cloisons vont du fond de la coque au pont principal.

Les cloisons protégeant l'appareil propulsif sont renforcées par 20mm d'acier à blindage, celles des soutes à munitions elles sont renforcées par 30mm d'acier à blindage sachant que le pont et le plancher n'ont reçut que 20mm d'acier à blindage.

Les hélices sont protégées par des plaques de 17mm d'épaisseur, le bloc-passerelle et les tourelles ont des plaques d'acier à blindage de 30mm d'épaisseur.

Conduite de tir

Tout comme pour les Duguay-Trouin, le système de conduite de tir des Duquesne n'est pas prêt au moment de la disponibilité des navires. Les essais à la mer se font donc sans.

La tour de direction de tir se divise en deux compartiments (supérieur/inférieure). Le compartiment supérieur pour l'équipe  du contrôle de tir et l'inférieur pour l'équipe de télémétrie et de calcul.

Le principal télémètre est un télémètre à coïncidence de cinq mètres situé à l'arrière du compartiment inférieur. Dans la partie avant du compartiment inférieur inférieur on trouve un télémètre stéréoscopique Zeiss de 3m.

La tour de direction de tir tourne sur elle même pour suivre l'artillerie et faciliter ainsi le calcul et la conduite de tir.

Le télémètre de cinq mètres ne sera ainsi installé qu'en 1929/30. En attendant un un télémètre Triplex d'un modèle ancien mais éprouvé sera installé.

Les données recueillies sont analysées par un calculateur modèle 1924 qui en attendant sa disponibilité sera suppléé par deux calculateurs installés sur les avisos.

Outre la direction centrale de conduite de tir on trouve des moyens limités de conduite de tir «locale». Si il n'y à pas de poste de contrôle de tir secondaire, les tourelles II et III (supérieure avant et supérieure arrière) sont équipées d'un télémètre de 5m.

On trouve également quatre projecteurs de 1.2m de diamètre Sautter-Harlé installés à tribord et bâbord à l'avant du mat-tripode et à l'arrière du mat arrière. Ces projecteurs sont télécommandés pour éviter l'éblouissement des opérateurs.

Jusqu'en 1932 il n'y à aucune conduite de tir spécifique pour la Défense Aérienne à la Mer (DAM).

Cette lacune est comblée lors de la première refonte entre 1932 et 1934. Deux contrôles de tir spécifiques sont ainsi embarqués avec un télémètre de 3m, chaque contrôle de tir disposant de son propre calculateur.

Aucun radar n'à été embarqué sur les Duquesne

Aviation

Catapulte avec un Loire 130

Les premiers essais de catapulte à hydravions sont réalisés en France à bord du croiseur léger Primauguet. Seulement voilà les trois Duguay-Trouin (Duguay-Trouin, Primauguet et Lamotte-Picquet)  ont été dessinés et construits sans catapulte.

Quand Penhoet arrive à mettre au point son modèle, il faut donc trouver de la place et la seule place disponible c'est la plage arrière. Très vite cette place se révèle médiocre avec la menace du souffle des canons, les éléments qui pourraient détériorer l'hydravion, le transfert complexe de l'appareil du hangar à la catapulte et inversement.

Signe du scepticisme entourant cette position, les Duquesne sont dessinés en tenant compte du facteur aviation, la catapulte prenant place entre la cheminée n°2 et le mat arrière qui lui même précéde les tourelles doubles III et IV de 203mm.


CAMS-37

La catapulte d'origine peut lancer un appareil de 2.5 tonnes. Opérationnelle seulement en 1929/30 ce qui explique qu'en attendant, la reconnaissance est assurée par des hydravions FBA-17 et CAMS 37A mis à l'eau par grue avec toutes les limites que comporte ce système.


Gordou-Leseurre GL-810HY

Une fois la catapulte installée ces hydravions totalement obsolètes sont remplacés par des hydravions Gordou-Leseurre GL-810/811, le second modèle disposant d'elles repliables.

En 1937 ces hydravions sont retirés du service et la catapulte débarquée. En 1938 une nouvelle catapulte plus puissante est embarquée tout comme de nouveaux hydravions, des hydravions monocoques à hélice propulsive, les Loire 130.


Loire 130

Deux hydravions sont normalement embarqués, un ailes déployées sur la catapulte et le second stocké sur le pont des embarcations juste derrière la cheminée n°1.

Armement

Artillerie principale

Tourelles doubles de 203mm avant du Duquesne

Les Duquesne comme tous les croiseurs lourds suivants disposent d'une artillerie principale composée de huit canons de 203mm modèle 1924 répartis en quatre tourelles doubles, groupées deux par deux, un groupe à l'avant (tourelles I et II) et à l'arrière (III et IV), les tourelles I et IV étant inférieures, les tourelles II et III supérieures.

Canon au tube auto-fretté de 50 calibres (longueur du tube environ 10.15m) disposant d'une culasse ouvrant l'eau, pesant 20.18 tonnes. Il tire des obus explosifs (HE) de 123kg et des obus perforants (AP) de 134kg à une distance maximale de 31400m pour les obus AP (+45°) et 30000m pour les obus HE à raison de 4 à 5 coups par minute.

La tourelle double modèle 1924 pèse 180 tonnes en ordre de bataille et permet à ses canons de pointer en site de -5° à +45° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 150° de part et d'autre de l'axe à raison de 6° par seconde. Le chargement des obus peut se faire entre -5 et +10°.

En 1936 est introduit un obus explosif plus lourd, obus muni d'un colorant en mars 1939 pour distinguer en cas de tirs multiples de quel croiseur provenaient les obus. C'est ainsi que les obus du Duquesne étaient colorés de rouge, ceux du Tourville de jaune et ceux du Suffren de vert.

La dotation en munitions est de 150 coups par canon soit un total de 1200 obus de 203mm.

Artillerie secondaire

Canons de 75mm à bord du Duquesne

Les Duquesne disposent comme artillerie secondaire de huit canons de 75mm modèle 1922 en affûts simples sous boucliers. C'est le premier canon de ce calibre spécifiquement conçu pour la défense contre-avions.

Ce canon dispose d'un tube de 50 calibres (longueur du tube 3.750m), tire des obus de six kilos à une distance maximale en tir antisurface de 15000m et en tir antiaérien de 7500m. La cadence de tir est de 8 à 15 coups par minute sachant que chaque affût possède 500 coups soit un total de 4000 obus.


Schéma du canon de 75mm

Les huit affûts modèle 1922 sont installés latéralement  (quatre à l'avant de part et d'autre du bloc-passerelle et les quatre arrière de part et d'autre de la catapulte) et permettent aux canons supportés de pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 150° de part et d'autre de l'axe. Des boucliers sont ajoutés en 1933.

Les obus sont stockés dans des caisses qui sont remontés des soutes à munitions et mis à disposition des servants. Pour des raisons de sécurité, la fusée n'est installée qu'à proximité du canon.

DCA légère

Canon de 37mm modèle 1925

A leur mise en service, les croiseurs lourds Duquesne et Tourville ont reçu huit canons de 37mm modèle 1925, des canons de 50 calibres (longueur du tube : 1.850m) montés en affûts simples, deux installés sur la plage avant, deux sur la plage arrière et les quatre derniers sur le pont-abri au pied de la cheminée.

Ce canon tire des projectiles de 0.725kg à une portée maximale de 8000m en tir antisurface et de 5000m en tir antiaérien à raison de 20 coups par minute. L'affût qui pèse 470kg permet au canon de pointer en site de -15° à +80°. La dotation en munitions est de 1000 coups par canon soit 8000 projectiles.


Affût double de 13.2mm

En 1933/34, les pièces installées sur les plages avant et arrières sont relocalisés sur le pont-abri au niveau de la grue à embarcations. Au même moment sont embarquées quatre mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en deux affûts doubles, ces armes remplaçant des mitrailleuses de 8mm Hotchkiss modèle 1914. Deux affûts doubles supplémentaires sont embarqués en 1937, affûts avec des boucliers, affûts installés pour couvrir l'avant du navire. En 1940 les autres affûts reçoivent des boucliers.

La mitrailleuse de 8mm Hotchkiss modèle 1914 tire des cartouches de 13 grammes utilisés en bandes rigides de 24 cartouches ou en bandes articulées de 250 cartouches. La portée maximale est de 2400m. Elle est utilisé en affûts simples ou en affûts doubles modèle 1916, les deux mitrailleuses étant alors superposées.

La mitrailleuse de 13.2mm Hochkiss modèle 1929 dispose d'un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d'alimentation, des boitiers chargeurs de 30 cartouches). Elles sont montées en affûts simples, doubles ou quadruples.

Tubes lance-torpilles et torpilles

Tubes lance-torpilles triples sur un torpilleur d'escadre classe L'Adroit

Les croiseurs légers classe Duguay-Trouin étaient connus pour leur très lourd armement en torpilles, un armement critiqué. Aussi pour les premiers croiseurs lourds de la marine nationale, on est revenu à de plus sages proportions avec deux affûts triples lance-torpilles modèle 1925T.

Elles sont situées à plat-pont au même niveau que la grue située entre les deux cheminées pour un total de neuf torpilles modèle 1923DT (six torpilles en position de tir et trois recharges stockées dans une pièce dédiée entre les deux plate-formes triples lance-torpilles).

Le tir peut être déclenché depuis l'affût ou à distance depuis le bloc-passerelle, le télémètre de 5m étant utilisé pour acquérir les cibles.

Les contre-torpilleurs et les croiseurs (légers et lourds) utilisent des torpilles de 550mm modèle 1923DT pesant 2068kg avec une charge militaire de 310kg. Mesurant 8.280m de long, elles peuvent atteindre des cibles entre 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

Miscellanées

Embarcations

-Les Duquesne disposent de nombreuses embarcations, les navires français de l'entre-deux-guerres mouillant en rade, les places à quai étant réservées aux navires en entretien.

On trouve une pinasse de 11m, une vedette à moteur de 11m, deux pinasses à vapeur de 10m, un cutter de 10m, deux vedettes à moteur de 9m, une vedette à moteur de 7m, deux baleinières de 8.5m, deux dinghies de 5m.

A l'exception des baleinières qui disposent de bossoirs de mise à l'eau, toutes les embarcations sont mises à l'eau et récupérées par une grue de 12.3m et d'une capacité de 12 tonnes, grue également utilisée pour la récupération des hydravions.

Modifications

-En 1930, des protège-hélices sont implantés pour protéger les hélices extérieures qui débordaient de la coque. La même année, la grue à embarcations est modifiée pour pouvoir déposer des hydravions.

-Lors de leur première refonte de 1932/34, les canons de 75mm antiaérien reçoivent des boucliers pour protéger les servants, les canons de 37mm modèle 1925 sont déplacés et sur leur emplacement initial sont embarqués quatre affûts doubles de 13.2mm. Le sommet du mat-tripode est modifié pour améliorer le fonctionnement du contrôle de tir, de nouveaux télémètres de 5m d'un modèle amélioré sont également embarqués sur les tourelles II et III de 203mm.

En 1936, le télémètre de 5m d'origine est remplacé par un nouveau télémètre stéréoscopique de 8m, le OPL PC2 modèle 1935.

En 1937, la catapulte d'origine est débarquée et remplacée l'année suivante par un nouveau modèle capable de mettre en œuvre le Loire 130. La même année deux affûts doubles supplémentaires de 13.2mm sont installés latéralement à l'avant.

FIN

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