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 DCN fait le bilan

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MessageSujet: DCN fait le bilan   Ven 26 Jan 2007, 11:16

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Dossier: DCN, bilan et perspectives d'une société en pleine mutation

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Le BPC 140, destiné à l'export. crédits : DCN

Mercredi, le bilan annuel du président de DCN ressemblait plus à un état des lieux de l'entreprise depuis trois ans et demi. A quelques semaines du rapprochement avec Thales, Jean-Marie Poimboeuf a fait le point sur l'évolution des anciens arsenaux, depuis leur arrivée dans l'économie de marché, le 1er juin 2003 : « Le changement de statut avait deux objectifs : Donner la capacité à être plus efficace au profit des clients, notamment de la Marine nationale, et pouvoir participer aux évolutions du secteur naval militaire. Les résultats enregistrés en 2006 et le rapprochement avec Thales, qui devrait être effectif avant fin mars, montrent que ces objectifs ont été atteints », se félicite le président de DCN. Avec 2.7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, en progression de 7% par rapport à 2006, l'année écoulée a été excellente. La jeune entreprise a bénéficié à plein de la montée en puissance et du lancement de très grands programmes, les frégates multi-missions et les sous-marins nucléaires d'attaque du type Barracuda, dont la première tranche a été notifiée fin décembre. Le carnet de commandes de DCN atteint 8.2 milliards d'euros, assurant plusieurs années de charge.

La réussite du changement de statut
En s'affranchissant des logiques comptables de l'Etat, DCN s'est progressivement réformée, devenant plus réactive et plus compétitive, industriellement et économiquement. Le simple changement de statut aurait, par exemple, permis de réduire de 30% les frais généraux. « Cette politique de progrès se traduit dans les chiffres. En 2007, nos objectifs de chiffre d'affaires sont de 2.7 milliards d'euros, dont 700 millions à l'export et de 2.87 milliards d'euros de prises de commandes », précise Jean-Marie Poimboeuf. La plupart des syndicats admettent que la transformation en société de droit privé a été positive sur de nombreux points : « DCN a fortement surpris les mauvaises langues, qui la voyait en 2003 comme un nouveau GIAT. Les efforts des personnels et les commandes de l'Etat, même si leur retard ont eu de graves conséquences, ont fait que DCN est aujourd'hui une entreprise qui vit bien et fait des bénéfices chaque année. Plus d'un milliard d'euros ont été reversés à l'Etat depuis trois ans », souligne-t-on à l'UNSA. Du côté de la CFE-CGC, on juge le changement de statut « globalement positif. Il a permis la clarification des contrats avec des engagements, des coûts et des délais à respecter, pour nous comme pour l'Etat. La souplesse d'achat est revenue par rapport à l'administration, permettant de mieux répondre aux besoins ». Plusieurs syndicats, comme l'UNSA, sont en revanche opposés à la politique industrielle de la direction et au recours jugé massif à la sous-traitance : « Malgré un carnet de commande important, les effectifs sont toujours à la baisse. Nous signons des contrats pour 10 ou 15 ans et l'entreprise refuse d'améliorer les conditions d'emplois ».

Climat social délicat et avenir des ouvriers d'Etat
Si, d'un point de vue industriel et économique, le changement de statut est, dans l'ensemble, bien perçu, le bilan social est jugé beaucoup moins positif par les syndicats. Depuis une dizaine d'années, la variable salariale a énormément évolué. A la fin des années 70, les arsenaux employaient plus de 30.000 personnes. Après le vaste mouvement de départs en préretraite des années 90, puis les « départs amiante » (qui se poursuivent), les effectifs ont progressivement baissé, pour se stabiliser aujourd'hui à un peu plus de 12.000 salariés. En juin 2003, les cadres ont du signer des CDI ou partir vers le ministère de la Défense. Seuls les ouvriers d'Etat ont conservé leur statut particulier. Alors que les « anciens » quittaient le navire DCN, une importante politique de recrutement a vu l'arrivée, sous contrats privés, de plusieurs milliers de nouveaux embauchés, souvent de jeunes ingénieurs et techniciens, à la culture et aux attentes parfois très différentes. Ainsi, pour un responsable de la CFE-CGC : « Il y a un réel problème de gestion des personnels, aussi bien des nouveaux que des anciens, qui ne sont pas faciles à réunir en raison de statuts différents ».

A l'UNSA, on estime qu'il « y a de forte disparités entre salariés et ouvriers d'Etat, sans compter une politique minimaliste en matière de salaires. Même dans les nouveaux arrivés, certains, qui attendaient mieux, commencent à partir ». Dans le même temps, avec l'entrée prochaine de Thales dans le capital de DCN et la fin du contrat Etat-Entreprise en 2008, l'inquiétude persiste dans les rangs des ouvriers d'Etat, qui craignent pour leur avenir. Sur ce point, le message de l'équipe dirigeante de DCN est très clair : « Ce n'est pas Thales qui fera la politique sociale de DCN ». Interrogée sur la question, la direction du futur actionnaire assure qu'elle « n'a absolument pas l'intention de modifier le statut des ouvriers d'Etat ». Cette question devrait, en fait, se solutionner naturellement. Représentant encore 55% des effectifs de DCN, ceux-ci verront leur importance diminuer considérablement en quelques années, départs en retraite obligent : « La déflation naturelle est assez forte. Le gros des troupes ne sera plus là dans trois ou quatre ans. A l'horizon 2010, leur nombre ne sera plus significatif », reconnaît un délégué syndical.

Une nouvelle ère se dessine avec Thales
L'évolution profonde de l'ex-Direction des Construction Navale connaîtra, cette année, une « nouvelle étape », pour reprendre les propos de Jean-Marie Poimboeuf. Annoncé en décembre 2005, le rapprochement de DCN et Thales devrait se concrétiser avant la fin du mois de mars. Alors que le décret autorisant l'ouverture du capital de l'entreprise publique est paru au journal officiel mercredi, dans les tous prochains jours, les deux groupes signeront les accords de coopération industrielle et commerciale, ainsi que les documents de cession d'actifs. Le projet, baptisé Convergence, verra l'entrée à hauteur de 25% de Thales dans le capital de DCN, avec possibilité de monter, d'ici trois ans, à 35%. Dans le même temps, DCN rachètera les activités navales de Thales en France, hors équipements, ainsi que les participations de l'électronicien dans les sociétés Amaris, MOPA2 et Eurotorp. Pour le président de DCN : « Il y avait une nécessité de regrouper les acteurs français du naval. Cette étape nationale se fait dans une perspective européenne de consolidation ».

Avant que l'accord ne soit opérationnel, deux feux verts sont nécessaires, celui de la Commission des Participations et des Transferts (CPT), et celui de la Commission Européenne. La CGT et l'UNSA, qui avaient tenté d'interférer dans le processus en contestant en justice la validité du CCE du 13 octobre 2006, ont été déboutés en appel le 17 janvier. « On continue de se battre même si un certain nombre de recours ont été épuisés », indique-t-on à l'UNSA. Sans exception, les syndicats sont tous opposés à Convergence, y compris la CFE-CGC, pourtant favorable, initialement, au rapprochement : « Convergence n'a pas été fait dans de bonnes conditions de valorisation et de gouvernance. S'il ne rentre qu'à 25%, Thales aura des pouvoirs beaucoup plus importants. Cela pose de gros soucis, notamment en ce qui concerne la politique sociale, qui n'est pas la même chez Thales ». Il reste désormais à connaître le montant de l'opération. Fin 2005, DCN avait été valorisée à 2.8 milliards d'euros et les actifs de Thales à 550 millions d'euros. Pour mémoire, ces chiffres, déjà contestés à l'époque par les représentants du personnel, avaient été revus à la baisse à l'automne dernier, à respectivement 2.3 milliards d'euros et 480 millions d'euros.

Le poids stratégique des sous-marins nucléaires
Si des divergences assez fortes opposent direction et syndicats quant à la politique sociale et au regroupement stratégique, l'ensemble des acteurs se félicite, en revanche, du très beau carnet de commandes de la société et plus particulièrement des contrats nationaux. Sur les 2.7 milliards d'euros de chiffre d'affaires réalisé en 2006 par DCN, un peu plus de 2 milliards d'euros ont été assurés par le marché domestique. A cet effet, pour le groupe, les sous-marins à propulsion nucléaire de la Marine nationale sont fondamentaux. Eminemment sophistiqués, leur conception, comme leur réalisation, nécessitent un énorme savoir-faire et donc de nombreuses compétences en interne. Car, contrairement aux navires de surface, vu leur caractère stratégique, ces submersibles ne peuvent être construits à l'étranger. Ils assurent, par conséquent, une très importante charge à DCN. En 2006, le principal contributeur au chiffre d'affaires fut le quatrième sous-marin nucléaire lanceur d'engins du type Le Triomphant. Le Terrible a généré, à lui seul, 602 millions d'euros, auxquels il faut ajouter l'affermissement d'une nouvelle tranche de 359 millions d'euros. Sur l'année écoulée, DCN Propulsion, près de Nantes, a livré deux gros équipements, la cuve du réacteur nucléaire et le bloc moteur, dont l'embarquement interviendra dans les toutes prochaines semaines, à Cherbourg. Le site normand, pour qui le Terrible représente actuellement 66% de l'activité, effectuera la jonction des parties avant et arrière de la coque au printemps. Toujours en matière de sous-marins, au terme de négociations très longues, DCN a enfin signé, juste avant Noël, le contrat des six SNA du type Barracuda, donnant une visibilité sur une quinzaine d'années. La première tranche, comprenant le coût du développement ainsi que le début de la réalisation de la tête de série, a rapporté 878 millions d'euros dans les caisses de DCN. Le bâtiment, dont la découpe de la première tôle est prévue au premier semestre 2007, et ses cinq successeurs, représenteront un investissement global de 7.873 milliards d'euros, la livraison de la dernière unité étant attendue en 2027. En dehors des SNLE (16.4 milliards d'euros sur 20 ans), Barracuda est le plus important programme naval jamais lancé en France. De plus, le contrat signé en décembre porte, aussi, sur le maintien en condition opérationnelle (MCO) des trois premiers submersibles.

Les frégates Horizon essuient les plâtres de la coopération
Dans le cadre de la construction, progressive, d'une Europe de la Défense, les programmes militaires en coopération ont été multipliés ces dernières années. Bien que l'industrie navale européenne n'en soit pas au même point de restructuration que l'aéronautique, quelques programmes navals majeurs ont vu le jour au sein de l'UE, portés par une volonté politique très forte. Nous ne reviendrons pas en détails sur le projet franco-britannique de second porte-avions, que nous avons abordé en détails la semaine dernière (*). Avant que le PA 2 ne devienne réalité, la coopération européenne est aujourd'hui à l'heure des frégates. En 1992, Paris, Londres et Rome ont signé un accord portant sur la réalisation commune de grands destroyers lance-missiles. Après le retrait des Britanniques en 1999, hormis sur le système d'armes PAAMS (Principal Anti Air Missile System), la France et l'Italie se sont lancées seules dans la construction de ces bâtiments. Prévus initialement à 8, voire 10 exemplaires, la série des Horizon a finalement été ramenée à quatre bateaux, en raison des dépassements des coûts et des restrictions budgétaires. Pour DCN et son établissement de Lorient, l'année 2006 a été très importante pour ce programme (153 millions d'euros dans le CA 2006), avec la première sortie en mer du Forbin, en juin, puis le lancement du Chevalier Paul, le mois suivant. La fin des essais de plateforme est prévue dans les prochaines semaines pour le Forbin, ouvrant la voie à des essais beaucoup plus sensibles. En effet, en 2006, de gros problèmes ont été rencontrés au niveau du module de contrôle et de commande du système PAAMS, ainsi que sur la mise au point du système de combat. Le montage industriel anglo-franco-italien retenu pour un système aussi complexe semble avoir été une erreur, d'autant que chaque pays a cru bon d'ajouter sur ses navires des équipements différents. En conséquence, le Forbin, qui devait être initialement livré le 27 décembre dernier, ne le sera pas avant mi-2008, si tout se déroule comme prévu.

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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Ven 26 Jan 2007, 11:17

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FREMM : Découpe de la première tôle le 22 mars 2007
Après les déboires rencontrés sur Horizon, les Français n'ont pas souhaité renouveler l'expérience sur les frégates multi-missions. Le système de combat des FREMM sera uniquement français, bien que ces navires soient eux-aussi étudiés en coopération avec l'Italie. Plus important programme naval jamais lancé en Europe, FREMM verra, si l'ensemble des tranches optionnelles sont confirmées, la réalisation de 17 frégates françaises et 10 frégates italiennes. S'y ajouteront, peut être, six navires grecs, un accord ayant été signé en 2006 entre Armaris et Elefsis en vue de remettre une offre à Athènes. Après la notification d'une première tranche de 8 bâtiments fin 2005, DCN a achevé, l'année dernière, la conception des FREMM. Quelques détails restent, néanmoins, à régler, tels la taille du sonar de coque, trop importante pour rentrer, avec son système de silentblocs, dans le bulbe initialement prévu. La première tôle de l'Aquitaine sera découpée le 22 mars à Lorient. Compte tenu du rythme de production, avec une livraison tous les 7 mois à compter de la troisième unité, la moitié avant des frégates sera sous-traitée dès la FREMM 2. Les salariés brestois, qui comptaient réaliser des anneaux, ont manifesté leur colère après l'annonce d'une « simple » participation au montage industriel. En effet, DCN Services Brest ne devant plus qu'assurer la gestion du contrat de la partie avant, réalisée à l'extérieur, et les travaux de jumboisation, à Lorient, des parties avant et arrière. Après la mobilisation des personnels, la direction de DCN pourrait revoir partiellement sa copie. Jean-Marie Poimboeuf s'en explique dans une interview accordée à Mer et Marine (*). Les autres chantiers qui seront associés au programme ne sont pas encore connus. Les noms d'Aker Yards et Piriou en France sont évoqués, de même que des groupes polonais ou bulgares. Le recours à des chantiers étrangers reste une hypothèse très probable, notamment en raison du potentiel de baisse des coûts qu'ils représentent. La signature de contrats à l'export pourrait aussi se révéler déterminante.

Un avenir à l'export
Dans cette optique, la commande par Sofia de corvettes du type Gowind, espérée depuis de longs mois, pourrait être conditionnée par la réalisation, en Bulgarie, de blocs destinés aux FREMM.
De manière générale, DCN cherche à se développer sur le marché export. Si les contrats nationaux assurent, pour l'heure, une charge très importante, ils ne seront pas éternels. En 2025, lorsque la quasi-totalité de la flotte française sera renouvelée, DCN devra résister de longues années avant de retrouver un tel niveau de commandes pour la marine. C'est, semble-t-il, l'une des raisons pour lesquelles la direction ne souhaite pas développer outre mesure l'outil industriel du groupe. « Avec les BPC, les FREMM et les Barracuda, nous avons donné à DCN les moyens de se battre sur le marché international », résume une source au ministère de la Défense. De fait, le concept des Bâtiments de Projection et de Commandement, dont le premier exemplaire, le Mistral, a été livré à la Marine nationale en 2006, intéresse de nombreux pays. DCN propose ce bâtiment en quatre versions, de 14.000 à 27.000 tonnes. Le BPC est, ou serait, très observé de l'Inde à l'Afrique du Sud en passant par le Venezuela, la Turquie et l'Australie. Cette dernière fera son choix, cette année, entre le BPC français et le BPE espagnol, le contrat étant estimé à plus d'un milliard de dollars. Dans ce cas précis, le partenariat avec Thales prend tout son sens, DCN étant alliée sur ce projet à l'australien ADI, filiale de l'électronicien. De plus, les Etats privilégiant l'industrie nationale en matière de contrats d'armement, le rapprochement avec Thales, présent sur de nombreux marchés domestiques, peut être déterminant à l'export.

Outre les navires amphibies, DCN nourrit de solides espoirs dans les FREMM. Bâtiment volontairement polyvalent et très compétitif en matière de coûts, la frégate semble pouvoir jouer un rôle important dans le marché international des bâtiments de surface. En attendant l'arrivée de ce nouveau produit, DCN surfe sur la fin de la vague La Fayette. Vendue en France, à Taïwan et en Arabie Saoudite, cette gamme a été retenue, dans une ultime version, par Singapour. Livrée par Lorient en 2005, le Formidable a été suivi par deux de ses quatre sisterships en juillet et décembre. Ces quatre frégates sont réalisées à Singapour, en transfert de technologie. Sur les unités de plus petit tonnage, un premier contrat de Gowind bulgares pourrait inciter, comme à l'accoutumée, d'autres Etats à passer commande. Une bonne nouvelle est également attendue du côté de l'Arabie Saoudite, qui étudie l'acquisition de nouvelles séries de bâtiments. Les capacités industrielles de DCN étant pour ainsi dire saturées avec les FREMM, les futures commandes, notamment si elles portent sur de longues séries, pourraient être assurées en collaboration avec des chantiers extérieurs, notamment français.

Les sous-marins, produits phares sur le marché international
Après les Daphné et Agosta dans les années 70 et 80, DCN a renoué avec l'exportation de submersibles en 1994, avec la commande par le Pakistan de trois Agosta 90B. Si, d'extérieur, ces bâtiments ne présentent pas un design des plus modernes, ce programme est sans nul doute l'un des plus stratégiques pour DCN. La troisième unité de la série, l'Hamza, a été lancé l'été dernier. Il présente la particularité d'être le premier sous-marin équipé du système de propulsion anaérobie français MESMA, permettant d'augmenter considérablement l'autonomie en plongée des sous-marins diesels. Les essais à la mer de cet Air Independent System (AIP), dans les prochains mois, seront cruciaux pour le positionnement de DCN sur le marché, au moment où la concurrence allemande semble rencontrer des difficultés sur son système, à base de piles à combustible. Leader mondial de la vente de sous-marins à l'export, les Allemands de TKMS seraient d'ailleurs revenus en force, ces derniers mois, pour emporter la commande d'une nouvelle série de submersibles, souhaitée par le Pakistan. Sur fond de rivalités géostratégiques entre New Delhi et Islamabad, la vente de six Scorpène à l'Inde, fin 2005, ne serait pas étrangère à cette remontée face à DCN, qui présente au Pakistan son tout nouveau Marlin, produit dérivé du Scorpène.

Conçu et réalisé en coopération avec les Espagnols de Navantia, le Scorpène rencontre un beau succès. A ce jour, 10 unités ont été vendues, dont deux pour le Chili et deux autres pour la Malaisie. La deuxième unité chilienne, le Carrera, a été livrée le mois dernier. Le contrat malaisien suit quant à lui son cours, les deux bâtiments se suivant à trois mois d'intervalle. Fin février, Cherbourg recevra le tronçon avant du premier sous-marin, réalisé à Carthagène et assurera la jonction avec la partie arrière le mois suivant. Toujours en matière de Scorpène, après le véto de l'Elysée, DCN s'est retirée en 2006 de la compétition au Venezuela, qui souhaite acquérir neuf submersibles de nouvelle génération. Navantia n'a, toutefois, pas retiré son offre et, compte tenu des accords de coopération, si l'Espagne remporte le contrat, DCN bénéficiera à plein de la commande, d'autant que Caracas ne dispose pas de l'outil industriel pour réaliser les bâtiments dans ses chantiers.

Garder une longueur d'avance
BPC, FREMM, La Fayette, Gowind, Scorpène, Marlin... Jamais DCN n'a présenté une gamme de produits à l'export aussi complète. Le groupe, qui vendait traditionnellement des navires dérivés des bâtiments nationaux, a commencé avec le Scorpène a développer des produits spécialement conçu pour le marché export. Les corvettes Gowind répondent à la même problématique, tout comme le Marlin, dérivé du Scorpène, et désormais le SMX-23. Avec ce petit sous-marin côtier, développé pour les petites marines et spécialisé dans le combat littoral, DCN tente de provoquer une rupture sur le marché. En effet, le Français s'adresse, avec ce submersible, à des marines ne disposant pas de sous-marinade ou à des Etats n'ayant pas les moyens d'investir dans des équipements « haut de gamme ».

Pour anticiper les évolutions du marché et s'adapter, au mieux, aux attentes et demandes des clients, d'importants moyens sont dégagés en matière de recherche et de développement. En 2004, 59 millions d'euros ont été affectés à la R&D, puis 99 millions d'euros en 2005. DCN semble, d'ailleurs, miser énormément sur son offre sous-marine. Ce segment est plus rentable que celui navires de surface, pour lesquels les coques seront, d'ailleurs, de plus en plus souvent réalisées à l'extérieur pour des questions de coûts. Signe des temps, la majorité des personnels de DCN Ingénierie devrait, bientôt, travailler au développement des submersibles.
En matière de sous-marins vendus à l'exportation, DCN est en compétition frontale avec TKMS, qui détient entre 60 et 70% du marché international. Outre l'industrie russe, toujours présente sur ce créneau avec son nouveau Lada, Français et Allemands savent, néanmoins, qu'une concurrence très dangereuse finira par se développer en Asie. Dans cette optique, le transfert de technologie très poussé accepté par TKMS en Corée fut, peut être, une erreur. Disposant d'une solide industrie navale, les Coréens semblent s'être rapidement inspirés de la technologie allemande et commencent à faire des offres de submersibles, notamment en Indonésie. Désormais incontournable pour remporter certains contrats (Scorpène Inde, Agosta pakistanais, Frégates Singapouriennes...), le transfert de technologie doit être très encadré : « Il faut prendre des précautions sur des verrous stratégiques, des équipements que nous construisons nous-mêmes. De cette manière, on ne peut pas avoir de copies », souligne ainsi Pierre Quinchon, directeur du pôle Navires et Systèmes de DCN.

Réduire les coûts
Face aux restrictions budgétaires nationales et à la compétition toujours plus féroce sur le marché international, DCN se doit de réduire ses coûts. Le programme des frégates multi-missions est, à cet effet, révélateur. Hors conception, le prix à l'unité dépasse tout juste les 280 millions d'euros, soit 30% de moins que le prix moyen d'une frégate construite en Europe. Pour proposer un tel prix, le groupe bénéficie bien évidemment de l'effet de série, les FREMM devant être construites à 17 exemplaires, mais aussi des achats communs avec l'Italie. Ainsi, le prix unitaires des turbines à gaz a été considérablement réduit, DCN et Fincantieri passant une commande groupée pour l'acquisition des LM 2500 de GE/Avio. La problématique est la même pour le second porte-avions, Français et Britanniques visant l'achat d'un maximum d'équipements communs pour diminuer la facture. Dans le domaine des achats communs, cinq industriels européens se sont récemment regroupés au sein du Warship European Procurement Club (WEP). DCN, Fincantieri, BAE Systems, VT Group et Navantia souhaitent acheter ensemble, entre 2007 et 2009, un important volume de tôle, câbles électriques, vannes, tubes et portes, pour un montant global de 100 millions d'euros. En France, DCN a, par ailleurs, lancé une ambitieuse politique en matière d'achat auprès de ses fournisseurs, visant 500 millions d'économies entre 2003 et 2008 (360 millions ont déjà été réalisés), soit 15% de réduction de ses coûts. Aux 86 fournisseurs concernés l'année dernière, 30 autres se sont ajoutés ce mois-ci, 40 sociétés supplémentaires devant être intégrées au plan de développement d'ici décembre. Conséquence de cette réorganisation générale, le nombre de fournisseurs de DCN devrait être divisé par deux, passant à seulement 1500 à l'horizon 2008 : « Nous souhaitons établir un partenariat privilégié avec certains sous-traitants. Cela signifie que nous allons réduire la voilure sur le nombre de sociétés mais que les autres disposeront de marchés plus importants et seront donc à même de proposer les meilleurs coûts », explique-t-on à la direction des achats de DCN.

Le Maintien en Condition Opérationnelle : 30.000 euros par jour pour un SNA
Réalisant environ 1 milliard d'euros d'achats chaque année, DCN souhaite que cette politique bénéficie aux constructions neuves mais aussi à la maintenance. Au sein du groupe, 30 à 40 % de l'activité dépend du Maintien en Condition Opérationnelle (MCO), c'est-à-dire de l'entretien des navires, réalisé à Brest et Toulon (848 M€ sur le CA 2006). Pour autant, avec le changement de statut, ce pôle a vécu une véritable révolution, passant de la simple réparation au service de maintenance permanent. Dès 2001, des études ont été menées pour optimiser le coût d'entretien des bâtiments de la marine. Selon Marc Vicaire, directeur commercial délégué de DCN, il a d'abord fallu, avec les militaires, redéfinir le rôle et les prérogatives de chacun : « Environ 15% du coût venait des marins qui tentaient de réparer eux-mêmes. Il fallait trouver une nouvelle organisation. L'argument a été simple : le MCO sera moins cher et offrira plus de disponibilité ». Les commerciaux de DCN se seraient, pour établir leur offre, imprégnés des méthodes du groupe de location de voitures Hertz, avec un contrat journalier, état des lieux, barèmes, réductions... DCN est désormais rétribuée à la disponibilité générale des bâtiments, mais aussi des installations et des sous-systèmes. En cas d'indisponibilité, l'entreprise doit payer des pénalités. Pour un sous-marin nucléaire d'attaque, ces pénalités s'élèvent à 30.000 euros par jour (soit le prix que rapporte quotidiennement le MCO d'un SNA).

« Nous avons constaté une amélioration de l'efficacité du système. Résultat, toutes les journées ont été oeuvrées à Toulon en 2005 et, contre l'engagement sur de gros volumes, 5 à 10 navires, et sur la durée, 5 à 7 ans, les coûts ont été réduits de 20% pour la marine. Enfin, la disponibilité des bâtiments s'est nettement accrue, passant de 58.2% en 2003 à 74% en 2006 », explique Marc Vicaire. Afin d'améliorer la souplesse et la réactivité des services, DCN a initié une réorganisation importante au sein de ses fournisseurs : « Le but est de pouvoir fournir la bonne pièce au bon moment. Ceci implique la création, sur place, d'une chaîne de soutien performante ». Moins compétitive que les petits chantiers sur les petites unités ou les bâtiments peu armés, DCN concentre ses efforts sur les grands navires de la flotte. Outre les sous-marins et les frégates, DCN a terminé l'année 2006 avec la notification, très attendue, du MCO du Charles de Gaulle. Ce contrat d'une durée de cinq ans rapportera 287 millions d'euros à l'entreprise. Le gros de l'opération interviendra à l'été avec les travaux préparatoire de l'Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparation (IPER) du bâtiment. Le passage en bassin, qui s'achèvera fin 2008, débutera en septembre prochain à Toulon. Le chantier, qui comprendra notamment le rechargement des coeurs nucléaires, mobilisera près d'un millier de personnes. La prochaine IPER du Charles de Gaulle est ensuite prévue en 2015, au moment où le second porte-avions (PA 2) devrait être en service.

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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Sam 27 Jan 2007, 15:43

Est ce que l'on sait plus précisément quand les australiens doivent se prononcer pour le BPC (quel mois) ?
N'y a t'il que le BPC et le BPE en compétition ?
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Sam 27 Jan 2007, 16:17

Reste à savoir si les Grecs ou un autre pays acheteront vraiment les FREMM salut
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Sam 27 Jan 2007, 16:52

zubuw a écrit:
Est ce que l'on sait plus précisément quand les australiens doivent se prononcer pour le BPC (quel mois) ?
N'y a t'il que le BPC et le BPE en compétition ?

a ma connaissance il n'y a que ces deux là Wink
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Dim 28 Jan 2007, 09:59

c'est bien ce qui me semblait.
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Dim 28 Jan 2007, 14:27

Juste une question le BPE c'est le BPC en version export? scratch salut
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Dim 28 Jan 2007, 16:08

Non le BPE c'est l'équivalent espagnol du BPC ... enfin ... en moins bien évidemment

Pour plus d'infos sur le BPE :
- Sujet de Marine Forum / Espagne / les Nouveaus Programmes espagnols
- meretmarine
- Navantia
- Armada

Concernant le marché à pourvoir : (emprunté sur internet)
Une enveloppe de 1,5 milliard de dollars a été allouée au projet de
porte-hélicoptères d'assaut souhaité par Cambera. Ces navires,
dont l'admission au service actif est prévue en 2012 et 2015, sont
destinés à remplacer les bâtiments de débarquement de chars HMAS
Kanimbla et Manoora (type Newport), transférés par les Etats-Unis en
1994, après 23 ans de service dans l'US Navy. Deux compétiteurs
étrangers sont en lice pour décrocher ce contrat. L'espagnol
Navantia propose son BPE (Buque de Proyección Estratégica) et le
français Armaris le BPC (Bâtiment de Projection et de Commandement).
Le navire espagnol, dont un exemplaire est actuellement en construction
pour l'Armada, mesure 230 mètres de long pour un déplacement de
27.000 tonnes.

Capable de mettre en oeuvre des avions à décollage court et appontage
vertical, il pourra transporter 900 hommes et 12 aéronefs. Le
bâtiment proposé par la France est une version agrandie du Mistral.
Cette unité mesurerait 213 mètres de long, contre 199 pour le BPC de
la Marine nationale, et sa capacité d'emport passerait de 500 à 900
hommes. En fait, les dimensions du navire sont celles initialement
prévues pour le projet français. Les contraintes budgétaires
s'étaient toutefois soldées par l'abandon du 7ème spot
hélicoptère, situé à l'avant, amputant le navire d'une quainzaine
de mètres. Par rapport aux espagnols de Navantia, le dossier de DCN et
Thales présente un gros avantage. Les industriels peuvent arguer du
fait que le Mistral sera bientôt en service, alors que le BPE espagnol
ne le sera pas avant trois ans. L'Australie doit opérer un choix
définitif début 2007.


Concernant les versions "export" du BPC :
Mer et Marine / Euronaval 2006
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Dim 28 Jan 2007, 17:26

je comprend mieux pourquoi notre BPC fait un peu court visuellement...restrictions budjetaire encore et toujours
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Dim 28 Jan 2007, 17:44

Citation :
je comprend mieux pourquoi notre BPC fait un peu court visuellement...restrictions budjetaire encore et toujours

En l'occurence, ce n'est pas les restrictions budgétaires françaises mais australiennes qui sont citées.

Le Mistral a toujours été créé avec six spots et avec cette gueule un peu courte.

Pour répondre au cahier des charges des australiens, DCN avait proposé un BPC plus long. Leurs coupes budgétaires ont finalement eu raison du septième spot.

Finalement, y'a pas qu'en France et en Europe qu'on a droit qu coupes budgétaires. lol!
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Lun 29 Jan 2007, 14:29

lol! de mon côté ça me rassure qu'à moitié lol!
Merci pour les infos sur les BPE salut
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clausewitz
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MessageSujet: Re: DCN fait le bilan   Mar 30 Jan 2007, 13:24

Citation :
Signature des accords de coopération entre DCN et Thales

Citation :

Frégate du type Sawari II

Les accords régissant la coopération industrielle et commerciale entre les deux groupes, ainsi que les documents relatifs aux cessions d'actifs ont été signés ce matin, à Paris. Cette étape, fondamentale dans le processus de rapprochement entre DCN et Thales, doit être suivie, d'ici la fin mars, des feux verts de la Commission des Participations et des Transferts (CPT) et de la Commission Européenne. Au terme du projet Convergence, Thales détiendra 25% du capital de DCN, avec possibilité de monter sa participation à 35% (l'Etat détiendra le solde du capital). L'ex-Direction des Constructions Navales rachètera, dans le même temps, les activités navales françaises de l'électronicien, hors équipements, ainsi que ses participations dans les sociétés Armaris, MOPA2 et Eurotorp. Jeudi dernier, le décret autorisant l'ouverture du capital de DCN a été publié au journal officiel.

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