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 CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)

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clausewitz
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MessageSujet: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyDim 28 Mar 2021, 16:15

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936)
(GRANDE-BRETAGNE)

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ki10
Le HMS King George V (41)


AVANT PROPOS

Le Corps de Bataille de la Royal Navy en novembre 1918

Prologue
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Britan11
Statue représentant Britannia

Depuis 1815 et la défaite de Napoléon Bonaparte la marine britannique n'à plus aucun adversaire à sa hauteur. Comme le dit si bien un hymne populaire britannique Britannia Rules the wave.

Ce sentiment de supériorité n'empêche pas périodiquement des bouffées délirantes appelées invasion scares, la peur panique d'une invasion de ces damned froggies surtout quand ceux-ci mettent au point une arme menaçant la supériorité navale britannique comme le cuirassé ou le torpilleur.

Néanmoins si l'on regarde le sujet avec un peu de recul et de distance la supériorité navale britannique n'est véritablement contestée qu'à la toute fin du XIXème siècle par un nouveau venu à savoir l'Allemagne.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Guilla12
Guillaume II en compagnie notamment de l'amiral Tirpitz

Tardivement unifiée (1871), elle à longtemps préféré l'Europe au grand monde. Le départ du pouvoir de Bismarck en 1890 permet à l'empereur Guillaume II sur le trône depuis 1888 et la mort de son père Frédéric III (qui à régné seulement trois mois) de pouvoir lancer une Weltpolitik ou politique mondiale, une politique qui rêve de colonies, de commerce florissant ce qui nécessite une puissante flotte ce qui implique de construire toujours plus de cuirassés et de croiseurs de bataille.

Débute alors une course aux armements seulement interrompue par le premier conflit mondial, course qui voit la marine britannique construire des navires de ligne toujours plus puissants tandis que la marine allemande passe en quelques années du statut de marine littorale à celui d'une marine océanique.

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Le HMS Dreadnought (1907) et sa réponse allemande, le SMS Nassau
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En septembre 1914, la Royal Navy c'est 70 cuirassés et croiseurs de bataille dont 40 prédreadnoughts, 21 dreadnoughts et superdreadnoights et 9 croiseurs de bataille.

Voyons maintenant quelle est la situation en novembre 1918 après une guerre où les affrontements entre cuirassés et croiseurs de bataille n'ont aboutit qu'à un seul constat : la maitrise des mers britannique est impossible à contester sur la durée sauf à endurer des pertes colossales chose que Guillaume II se refusera surtout après le semi-échec ou la demi-réussite du Jutland.

Le Corps de Bataille britannique en novembre 1918

De nombreux cuirassés et croiseurs de bataille sont encore en service au moment où l'Armistice de Rethondes met fin au premier conflit mondial. La flotte cuirassée britannique est encore imposante mais largement usée et dépassée.

D'ailleurs comme vous allez voir chers lecteurs nombre de navires vont être rapidement désarmés après guerre et avant même le traité de Washington.

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Le HMS Majestic

-Les cuirassés les plus anciens sont les unités de Classe Majestic mis en service entre 1895 et 1898, ce sont donc des cuirassés prédreadnought.

Ces neufs navires (Caesar Hannibal Illustrious Jupiter Magnificent Majestic Mars Prince George et Victorious) sont désarmés entre 1918 et 1921 sauf le Majestic qui à été coulé le 27 mai 1915. Ils sont tous démolis.

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Le HMS Glory

On trouve également quatre unités de Classe Canopus sur les six unités ayant été mises en service entre 1899 et 1902 (Canopus Glory Albion Ocean Goliath Vengeance). Si les HMS Ocean et Goliath ont été perdues durant la guerre, les quatre autres ont été désarmés et démolis entre 1919 et 1922.

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Le HMS Implacable

-En 1901 trois cuirassés de Classe Formidable (Formidable Irresistible Implacable) sont mis en service, deux d'entre-eux étant coulés, le seul survivant l'Implacable étant désarmé en 1919 et démoli en 1921.

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Le HMS Bulwark

-En 1902 et 1904 cinq cuirassés de Classe London sont mises en service (HMS London Bulwark Venerable Queen et Prince of Wales)/ Si le Bulwark coule le 26 novembre 1914 victime d'une explosion interne, les autres navires survivent au premier conflit mondial étant désarmé en 1918/1919 puis démolis dans les années vingt.

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Le HMS Albemarle

-En 1903 et 1904 six nouveaux cuirassés sont mis en service, des unités formant la Classe Duncan (HMS Albemarle Cornwallis Duncan Exmouth Montagu Russell). Un navire est perdu dès 1906 par échouage (Montagu), deux autres durant le conflit (Cornwallis Russell) et les autres désarmés en 1919 sont démolis en 1920.

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Le HMS King Edward VII

-Entre 1905 et 1907, huit navires formant la Classe King Edward VII (King Edward VII Commonwealth Dominion Hindustan Britannia Zealandia Africa Hibernia) sont mis en service. Deux navires sont perdus durant la guerre (King Edward VII et Britannia), les survivants sont désarmés en 1917 et 1918 (Commonwealth en 1921) puis démolis en 1920 et 1921.

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Le HMS Triumph

-En 1904 la marine britannique à mis en service deux navires de classe Swiftsure, des navires initialement commandés par le Chili. Les HMS Swiftsure et Triumph connaissent des sorts différents, le premier étant désarmé en avril 1917 puis démoli en 1920 alors que le second à été torpillé le 25 mai 1915.

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Le HMS Lord Nelson

-Les deux unités de Classe Lord Nelsonsont les deux derniers cuirassés type prédreadnought de la marine britannique. Mis en service en 1908, les HMS Lord Nelson et Agamennon survivent au premier conflit mondial, sont désarmés en 1919 et si le premier est démoli dès 1920 le second n'est envoyé à la ferraille qu'en 1927 après avoir été utilisé de 1921 à 1926 comme bâtiment-cible.

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Le HMS Dreadnought

-Le HMS Dreadnought premier cuirassé d'un nouveau type (cuirassé à artillerie principale monocalibre) est mis en service le 2 décembre 1906, désarmé en février 1919 puis vendu aux démolisseurs le 9 mai 1921.

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Le HMS Superb

-A l'unique Dreadnought succède trois unités de Classe Bellerophon, des navires mis en service en 1909 (Bellerophon Superb Temeraire) qui survivent au premier conflit mondial étant désarmés en 1920/21 puis démolis en 1921 et 1922.

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Le HMS St Vincent

-Les trois unités de la Classe St Vincent sont mis en service en 1910 (St Vincent Collingwood Vanguard). Si les deux premiers survivent au conflit et sont désarmés puis démolis au début des années vingt, le HMS Vanguard explose à Scapa Flow le 9 juillet 1917.

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Le HMS Neptune

-Le HMS Neptune est en service de janvier 1911 à novembre 1921 avant d'être vendu à la démolition en septembre 1922.

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Le HMS Colossus

-Les deux unités de Classe Colossus sont mises en service en 1911 (Colossus Hercules), désarmées en 1921 puis démolies respectivement en 1928 et 1921.

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Le HMS Orion

-Les quatre unités de Classe Orion (Orion Monarch Conqueror Thunderer) sont les premières unités d'un nouveau type de cuirassés, le type superdreadnought. Au canon de 12 pouces (305mm), la Royal Navy lui préfère un canon de 13 pouces (343mm).

Ces quatre navires sont mis en service en 1912, désarmés dès 1922 (1921 pour le Thunderer) puis démolis en 1922 (Orion et Conqueror) et 1926 (Thunderer) alors que le Monarch à été coulé comme cible en 1925.

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Le HMS Audacious

-Les quatre unités de la Classe King George V (King George V Centurion Ajax Audacious) sont mises en service en 1912 pour la première et en 1913 pour les trois autres. Si le HMS Audacious est coulé le 27 octobre 1914 après avoir heurté une mine allemande, les trois autres sont désarmés en 1926 (KGV) et en 1924 (Centurion et Ajax). Le KGV et l'Ajax sont démolis mais le Centurion sert de bâtiment cible à partir de 1927 avant d'être sabordé comme blockship devant Omaha Beach.

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Le HMS Emperor of India

-En 1914 la Royal Navy met en service les quatre unités de la Classe Iron Duke (Iron Duke Marlborough Benbow et Empereror of India). Ils survivent tous au conflit et si les trois dernières sont démolies au début des années trente, le premier converti en bâtiment-école de canonnage puis navire-atelier avant d'être démoli en 1946.

-Profitant de la déclaration de guerre, la Royal Navy réquisitionne trois cuirassés en construction, l'un pour la marine chilienne et les deux autres pour la marine ottomane.

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Le HMS Canada futur Almirante Lattore

Le premier est le HMS Canada, un cuirassé qui sous le nom d'Almirante Lattore était destiné à la marine chilienne. Acquis le 9 septembre 1914, il est mis en service le 15 octobre 1915, désarmé en mai 1919 puis revendu au Chili (avec une ristourne) en avril 1920.

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Le HMS Agincourt

Le second est le HMS Agincourt, un nom initialement destiné au sixième cuirassé rapide de classe Queen Elizabeth. Commandé initialement par le Brésil sous le nom de Rio de Janeiro, ce cuirassé aux sept tourelles doubles est finalement revendu à l'empire ottoman qui le rebaptisé Sultan Osman 1er mais il est réquisitionné dès le 3 août 1914, utilisé jusqu'en avril 1921 puis désarmé et démoli en 1922.

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Le HMS Erin

-Le troisième lui aussi destiné à la marine ottomane devient le HMS Erin. Saisi par les britanniques le 22 août 1914 alors que son équipage ottoman était prêt à le convoyer au pays, il est utilisé en mer du Nord mais comme nombre de cuirassés de la RN il connait une guerre sans gloire. Il est désarmé en mai 1922, vendu à la démolition en décembre de la même année puis démantelé en 1923.

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Le HMS Queen Elizabeth

-Les cinq unités de Classe Queen Elizabeth peuvent être considérés comme les premiers cuirassés rapides de l'histoire. Ils sont également les plus puissants à l'époque avec huit canons de 15 pouces en quatre tourelles doubles.

Ces navires sont baptisés HMS Queen Elizabeth Warspite Valiant Barham et Malaya et mis en service respectivement en 1914, 1915, 1916, 1916 et 1915. La construction de l'Agincourt est abandonnée suite à la déclaration de la guerre.

Survivant au premier conflit mondial, ils restent en service et connaissent des modernisations plus ou moins étendues durant l'entre-deux-guerres. Si le Barham est torpillé en Méditerranée le 25 novembre 1941, les autres navires survivent à leur deuxième conflit mondial, étant désarmés puis démolis dans l'immédiat après guerre.

-Après avoir construit les Queen Elizabeth, la marine britannique choisit de poursuivre dans cette voie avec pas moins de huit navires inspirés des «QE» mais avec un certain nombre de différences qui fait qu'on peut les considérer comme des versions low cost.

Seulement cinq seront finalement construits puisque la construction d'une unité sera abandonnée (Resistance) et que deux d'entre-elles seront finalement achevées en croiseurs de bataille (Renown Repulse).

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Le HMS Royal Sovereign

Les cuirassés type R ou Classe Revenge vont être baptisés HMS Revenge Resolution Royal Oak Royal Sovereign et Ramillies. Ils sont mis en service en 1916 sauf pour la dernière unité qui n'est mis en service qu'en 1917.

Toujours en service en septembre 1939, ils sont clairement en fin carrière. Si le HMS Royal Oak est torpillé par le U-47 à Scapa Flow le 14 octobre 1939, les autres survivent au conflit même si ils sont désarmés avant la fin de la guerre. Ils sont démolis en 1948 et 1949 y compris le Royal Sovereign qui à connu une brève carrière sous pavillon soviétique sous le nom d'Arkangelsk.

Aux côtés de tous ces cuirassés on trouve un certain nombre de battlecruiser, des croiseurs de bataille, un concept inventé par lord Fisher mais dont l'utilisation inappropriée durant le premier conflit mondial à brouillé les analyses.

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Le HMS Invincible

-Les trois premiers navires de ce type sont les unités de Classe Invincible, des unités baptisées HMS Invincible Inflexible et Indomitable, des navires mis en service en 1909, 1908 et 1908 respectivement. Si le premier est perdu lors de la bataille du Jutland, les deux autres sont désarmés respectivement en 1920 et 1919 puis démolis en 1921.

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Le HMAS Australia

-Ils sont suivis par trois unités de la Classe Indefatigable, des unités baptisées Indefatigable New Zealand et Australia mises en service respectivement en 1911, 1912 et 1913. Le premier est coulé au Jutland,  le second désarmé en 1920 et démoli en 1922 alors que le troisième à été désarmé le 12 décembre 1921 puis sabordé le 12 avril 1924.

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Le HMS Princess Royal

-On trouve ensuite deux unités de Classe Lion, les HMS Lion et Princess Royal mis en service en 1912 et désarmés en 1922 pour la première et 1920 pour la deuxième avant d'être démolies en 1922.

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Le HMS Queen Mary

-L'unique HMS Queen Mary mis en service le 4 septembre 1913 et coulé lors de la bataille du Jutland le 31 mai 1916.

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Le HMS Tiger

-L'unique HMS Tiger mis en service le 3 octobre 1914 est désarmé le 15 mai 1931 puis vendu à la démolition en février 1932.

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Le HMS Renown

-Les deux unités de Classe Renown (Renown et Repulse) sont mis en service en 1916, survivant au premier  conflit mondial, refondus à plusieurs reprises (au point de former le duo HMS Repair/Refit) puis engagés durant le second conflit mondial.

Si le Repulse est coulé par l'aviation japonaise le 11 décembre 1941 aux côtés du HMS Prince of Wales, le Renown est désarmé en 1945 puis démoli en 1948.

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Le HMS Courageous

-Les trois unités formant la Classe Courageous sont issus d'un projet de débarquement sur les côtes baltiques pour accélérer le cours de la guerre. Il s'agit de navires à faible tirant d'eau pour pouvoir opérer plus facilement en mer Baltique. Si les deux premières unités baptisées Courageous et Glorious sont armées de deux tourelles doubles de 381mm, la dernière baptisée Furious va être armée de deux canons de 457mm en tourelles simples.

Si les deux premiers ont été mis en service en novembre 1916 et janvier 1917 comme navires de ligne avant d'être transformés en porte-avions, le troisième à longtemps été un navire hybride, une sorte de cuirassé porte-avions qui à surtout permis aux britanniques de défricher un nouveau domaine opérationnel à savoir l'aviation embarquée.

Si le Furious à survécu au second conflit mondial (désarmé en avril 1945 puis démoli), les deux autres ont été coulés dans la première année  du conflit, le Courageous à été torpillé par le sous-marin U-29 le 17 septembre 1939 et le Glorious coulé en mer du Nord par les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau.

-Les derniers croiseurs de bataille britanniques auraient du former la Classe Admiral. Conçus pour contrer les Mackensen allemands, ces navires baptisés Hood Anson Howe et Rodney sont mis sur cale en 1916 mais les leçons de la bataille du Jutland entraine une modification des plans.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ho11
Le HMS Hood en Australie en 1924 lors de la fameuse croisière impériale

Finalement seul le Hood sera mis en service le 15 mai 1920, devenant l'orgueil de la marine britannique jusqu'à sa fin tragique survenue le 24 mai 1941 lors de la bataille du détroit du Danemark au cours de laquelle il explosa sous les obus d'une autre légende de la marine allemande, le Bismarck (NdA coïncidence j'écris ces lignes au moment où passe sur Spotify la chanson Bismarck du groupe de métal suédois Sabaton). La construction des trois autres est suspendue le 9 mars 1917 puis définitivement abandonnée le 27 février 1919.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 30 Mar 2021, 13:43

Les projets N3 et G3

En guise d'avant-propos

Comme nous venons de le voir le corps de la bataille de la marine britannique était encore imposant quand la première guerre mondiale se termine. Cependant si on examine attentivement les données on se rend compte que nombre de navires sont obsolètes et/ou tellement usés par d'interminables patrouilles qu'ils sont bons pour la réforme.

A la différence de la France, la Grande-Bretagne à non seulement poursuivit la construction de grandes unités mais aussi les études.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ho12
Schéma du HMS Hood qui aurait du être le premier d'une classe de quatre navires

Les bureaux d'études ont continué à imaginer de nouveaux cuirassés (par exemple les unités de classe Admiral ont été initialement pensés comme des cuirassés rompant avec l'architecture imposée par le HMS Dreadnought) tout en intégrant les leçons du conflit.

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Ci-dessus la carte marquant l'emplacement des navires allemands internés à Scapa Flow et ci-dessous le croiseur de bataille SMS Hidenburg
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Sms_hi10

Les britanniques ont également pu analyser les navires allemands sabordés à Scapa Flow le 21 juin 1919 (52 navires sur 74). Ce travail à pu déboucher sur des plans pour de nouveaux cuirassés mais hélas (ou pas), la perfide Albion n'avait plus les moyens de ses ambitions.  

Cuirassés type N3 et Croiseurs de bataille type G3 : sic gloria transit mundi
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) G-3_ba10
Photo montage représentant un potentiel croiseur de bataille type G3

Alors que la Grande-Bretagne ferraille en mer du Nord, les Etats-Unis et le Japon se sont lancés dans une course aux armements épique pour le contrôle du Pacifique. Cette course est un moment stoppée par l'entrée en guerre des Etats-Unis en avril 1917 mais reprend dès la fin du premier conflit mondial.

La Grande-Bretagne qui avant guerre ne jurait que par le Two Pounder plus ten (la Royal Navy doit avoir un tonnage _sous entendu de cuirassés_ équivalent à la somme des deux marines suivantes plus une marge de sécurité de 10%) doit se résoudre à une forme de déclassement.

Déclassement ne veut pas dire renoncement et dans l'immédiat après guerre elle planifie le renouvellement de son corps de bataille avec huit navires de ligne tirant les leçons du premier conflit mondial : quatre cuirassés type N3 et quatre croiseurs de bataille type G3, ces deux classes se différenciant essentiellement par l'armement : des canons de 406mm pardon de 16 pouces les battlecruisers et des canons de 457mm pardon de 18 pouces pour les battleships.

On connait la suite : ces deux classes de navires ne furent jamais construits pour plusieurs raisons que ce soit leur coût dans une période de crise économique et de conséquences de la première guerre mondiale ou du traité de Washington qui clôtura une conférence impulsée par les britanniques, conférence qui signe des temps eut lieu à Washington et non à Londres.

Aucun nom ne fût naturellement choisit pour les cuirassés comme pour les croiseurs de bataille mais les noms suggérés font référence pour les cuirassées aux saints patrons de la Grande-Bretagne [St  Andrew (Ecosse) St David (Pays de Galles) St George (Angleterre) et St Patrick (Irlande)] alors que pour les croiseurs de bataille on trouve plusieurs pistes  [Invincible, Inflexible, Indomitable, Indefatigable pour rendre hommage aux croiseurs de bataille de la 1ère guerre mondiale ou Nelson, Rodney, Anson, and Howe, noms déjà proposés pour les sister-ship du HMS Hood qui ne furent jamais construits].

En ce qui concerne les données techniques elles sont bien entendues partielles et auraient probablement évolué. Le déplacement des cuirassés étant donné pour 48000 tonnes, celui des croiseurs de bataille 43500 tonnes, la longueur de 248m pour les cuirassés et 261m pour les croiseurs de bataille pour une largeur de 32m et un tirant d'eau d'environ 10m.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) N-3_ba10
Schéma représentant un cuirassé type N3

Si le cuirassé ne pouvait aller qu'à 23.5 nœuds en revanche le croiseur de bataille pouvait filer à  31.5 nœuds. L'armement du cuirassé aurait du se composer de neuf canons de 457mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière) associés à seize canons de 152mm en huit tourelles doubles, six canons antiaériens de 120mm, quatre affûts quadruples Pom Pom et deux tubes lance-torpilles de 622mm.

Le croiseur de bataille devait lui être armé de neuf canons de 406mm en trois tourelles triples, seize canons de 152mm en huit tourelles doubles, six canons de 120mm antiaériens et deux affûts quadruples Pom Pom

Le Traité de Washington et ses conséquences

Que retenir ?
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Traitz19
Conférence de Washington

A plusieurs reprises j'ai parlé du traité de Washington non sans je le confesse des erreurs et des approximations. Aux lecteurs attentifs si jamais vous relevez de nouvelles erreurs les commentaires sont là.

La conférence s'ouvre en novembre 1921. Cinq pays y participent (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, France et Italie) même si je devrais dire plutôt trois puisque Paris et Rome ont été davantage invités par politesse.

Après trois mois de négociations au cours desquels les américains lisent par dessus l'épaule des japonais après avoir craqué les codes diplomatiques, un accord est signé le 6 février 1922.

Il aboutit à un rapport 5/5/3/1/1 avec une parité entre les marines britanniques et américaines face à une marine japonaise clairement freinée dans sa volonté d'expansion même si n'en déplaise à la «faction de la flotte» on peut se demander si le Japon aurait été en mesure d'achever son programme de construction navale alors que son industrie est loin d'être aussi puissante que son homologue américaine.

Ce traité limite à la fois le tonnage global mais aussi le tonnage unitaire avec la fameuse Tonne Washington qui correspond à 1016 tonnes métriques. Un cuirassé ainsi définit comme un navire d'un déplacement compris entre 10000 et 35000 tonnes Washington avec une artillerie dont le calibre est compris entre 203 et 406mm.

Le tonnage global accordé est de 525000 tonnes pour la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, 315000 tonnes pour le Japon et 175000 tonnes pour la France et l'Italie.

La construction de nouveaux cuirassés est interdite jusqu'en 1931 (Battleships Holiday), la France et l'Italie recevant la possibilité de construire une nouvelle unité pour remplacer notamment pour l'Italie le Leonardo da Vinci (NdA la France reçoit la possibilité de remplacer le France mais comme le cuirassé à été perdu après je me demande si cette clause n'à été mise que pour maintenir la parité avec l'Italie) mais ces deux pays n'activeront pas cette clause. Le remplacement des unités anciennes est prévu au bout de vingt ans de service.

Ce traité stoppe les grands programmes de construction navale mais permet tout de même aux britanniques de construire des cuirassés neufs à savoir les deux unités de classe Nelson.

De drôles de cuirassés : les Nelson

Comme nous l'avons vu plus haut les britanniques ont du renoncer à la construction de quatre croiseurs de bataille et de quatre cuirassés modernes en raison d'un contexte économique, idéologique et politique défavorable.

Comme le Corps de Bataille devait rester au niveau, la construction de deux cuirassés est décidée mais avec désormais les contraintes du traité de Washington. Pour respecter les dites limitations, les ingénieurs britanniques ont du faire preuve d'imagination.

Comme un navire c'est un compromis entre vitesse, armement et protection, on peut soit essayer de ne pas sacrifier un des paramètres ou d'en privilégier deux. Les britanniques sacrifièrent la vitesse au profit de l'armement et de la protection.

La limitation du déplacement obligea également les architectes navals britanniques à faire preuve d'imagination et pour économiser le poids sans trop rogner sur le blindage, on décida de concentrer l'armement principal à l'avant ce qui ne c'était jamais encore fait, les trois tourelles triples furent donc installées sur la plage avant, les tourelles A et Q au même niveau alors que la tourelle B encadrée par les deux précédentes était surélevée. L'armement secondaire lui était monté en tourelles et non en casemates ce qui le mettait à l'abri des paquets de mer et permettait une utilisation par tous les temps.  

En ce qui concerne la protection, l'usage d'une ceinture blindée inclinée permettait un certain allègement tout en concevant la même efficacité. Suivant le schéma désormais classique du «All or  nothing», les extrémités étaient peu protégés. Après guerre, on appris que la protection conventionnelle était doublée par un ballast rempli d'eau mer et de combustible s'étendant sur toute la longueur de la coque et quand une torpille touche le navire, l'énergie de l'impact au lieu de se concentrer sur un point est répartie sur toute la coque ce qui réduisait l'importance des dégâts.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ne17

-Le HMS Nelson est mis sur cale aux chantiers navals Armstrong Whitworth de Newcastle le 28 décembre 1922 lancé le 3 septembre 1925 et admis au service actif le 10 septembre 1930.

Il participe au second conflit mondial opérant aussi bien dans l'Atlantique, qu'en mer du Nord ou en Méditerranée (juin 1941-novembre 1943). Il participe à la campagne de Normandie aux côtés de son sister-ship.

Endommagé par deux mines il est réparé aux Etats-Unis de juillet 1944 à janvier 1945 mais aussi modernisé en vue de participer aux opérations en Extrême-Orient et dans le Pacifique.

Rentré en Grande-Bretagne le 17 novembre 1945, il sert pour l'entrainement jusqu'en février 1948 quand il est mis en réserve puis désarmé. Vendu à la démolition en mars 1948, il est remorqué à Inverkeithing en mars 1949 et promptement démantelé.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ro11

-Le HMS Rodney est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead sur la rivière Mersey le 28 décembre 1922 lancé le 17 décembre 1925 et admis au service actif le 10 novembre 1927.

Il opère dans l'Atlantique et en mer du Nord jusqu'en mai 1941 jouant un rôle clé dans la destruction du Bismarck aux côtés du King George V.

Après une refonte aux Etats-Unis de juin à août 1941, il est engagé en Méditerranée notamment pour protéger les nombreux convois qui maintenaient l'île-forteresse de Malte sous perfusion. Il participe également en novembre 1942 à l'opération TORCH puis à l'opération HUSKY en juillet 1943, la première étant le débarquement allié en Afrique du Nord et le second le débarquement allié en Sicile. Il participe aussi à l'opération AVALANCHE en septembre 1943.

En mauvais état matériel, le cuirassé participa néanmoins à l'opération OVERLORD, le débarquement en Normandie. Après quelques couvertures de convois à destination de l'URSS, le cuirassé machines à bout devint navire-amiral statique à Scapa Flow en octobre 1944.

Désarmé le 30 novembre 1945 et placé en réserve, il fût rayé des registres en mars 1948 avant d'être vendu à la démolition et démantelé comme le Nelson à Inverkeithing, démantèlement qui commença le 26 mars 1948.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Classe23

Caractéristiques Techniques

Déplacement :  standard 33313 tonnes (33730 tonnes pour le Rodney) pleine charge 41250 tonnes

Dimensions :  longueur (hors tout) 216.4m (entre perpendiculaires) 201.2m largeur 32.3m tirant d'eau : 8.6m (10.2m en charge maximale)

Propulsion : deux groupes de turbines Brown Curtiss alimentées par huit chaudières Admiralty développant une puissance totale de 45000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 23 noeuds distance franchissable : 16500 miles nautiques à 12 noeuds 5500 miles nautiques à 23 noeuds

Protection : ceinture 330 à 356mm bulkheads 102 à 305mm protection des cheminées 178 à 229mm barbettes 305 à 381mm tourelles de 16 pouces 190 à 406mm bloc passerelle 159 à 356mm

Armement : 9 canons de 406mm (16 inch) Mk1 en trois tourelles triples concentrées sur la plage avant, 12 canons de 152mm (6 inch) MkXXII en 8 tourelles doubles (3 à tribord et 3 à babord), 6 canons antiaériens de 120mm  (4.7 inch) MkVIII en affût simples, 3 affûts octuples QF Mk2 «Pom Pom» (40mm), nombre porté à six au cours de la guerre. Le Nelson reçut en novembre 1944 quatre affûts quadruples Bofors de 40mm et le Nelson comme le Rodney reçurent un grand nombre de Oerlikon entre 60 et 70 en affûts simples. A cela s'ajoute deux tubes lance-torpilles de 622mm

Aviation : Le Rodney à reçut sur la tourelle «Q» (n°3) une  catapulte en 1936, catapulte débarquée en 1941/42.

Equipage :  1361 officiers et marins

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 30 Mar 2021, 14:15

Bonjour Claus
Attention pour la photo en tête d'article c'est peut-être le KGV mais certainement pas en 1941 plutôt en 1945/46 (suite radar, installations aéronautiques supprimées, affûts Bofors sextuples Mk VI ...) J'ai une légende qui évoque le Duke of York.
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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 30 Mar 2021, 16:11

pascal a écrit:
Bonjour Claus
Attention pour la photo en tête d'article c'est peut-être le KGV mais certainement pas en 1941 plutôt en 1945/46 (suite radar, installations aéronautiques supprimées, affûts Bofors sextuples Mk VI ...) J'ai une légende qui évoque le Duke of York.

Merci de la précision. Photo prise sur Wikipedia

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 30 Mar 2021, 17:24

Effectivement la première photo présentée est le Duke of York comme le dit Pascal et non le King George V; le D of Y est reconnaissable à la petite passerelle accrochée sur le devant de la seconde cheminée qui présente une avancée en pointe depuis sa modernisation cette avancée bien visible sur la photo n'existe pas sur les quatre autres cuirassés de cette classe.
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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 30 Mar 2021, 19:11

NIALA a écrit:
Effectivement la première photo présentée est le Duke of York comme le dit Pascal et non le King George V; le D of Y est reconnaissable à la petite passerelle accrochée sur le devant de la seconde cheminée qui présente une avancée en pointe depuis sa modernisation cette avancée bien visible sur la photo n'existe pas sur les quatre autres cuirassés de cette classe.

Il y à deux solutions soit Wiki s'est planté ou alors c'est moi qui était fatigué au moment du postage lol! lol!

La suite le 1er avril (promis ce ne sera pas un poisson)

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 30 Mar 2021, 21:05

J'ai la même mais en plus grand......... Mr. Green  Mr. Green

DOY en 1946

avec le Anson et le Howe en arrière plan


CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Doy_1910

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 30 Mar 2021, 21:35

Je me demande si ce n'est pas Portland Bill près de Weymouth ...
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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 30 Mar 2021, 22:01

pascal a écrit:
Je me demande si ce n'est pas Portland Bill près de Weymouth ...

Portland Harbour plus précisément

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyJeu 01 Avr 2021, 21:33

Genèse des KGV

Modernisation pour le corps de bataille britannique

En attendant de pouvoir construire des cuirassés neufs la Royal Navy décide de moderniser son corps de bataille de manière plus ou moins approfondie selon les navires ce qui aura de sérieuses incidences sur leur carrière durant le second conflit mondial. Je vais aborder ici les principales phases de travaux menées sur les cuirassés de Sa Majesté.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ho13
Le HMS Hood

-Le croiseur de bataille HMS Hood n'à pas été profondément modernisé en dépit de faiblesses criantes concernant sa protection. La suite est connue : le 24 mai 1941 dans le détroit du Danemark, les obus du Bismarck et du Prinz Eugen se chargèrent d'envoyer l'orgueil de la Royal Navy au fond de l'Atlantique.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_re12
Le HMS Renown

-En revanche son devancier le HMS Renown à justifié son surnom de HMS Refit en étant immobilisé pendant près de trois ans (septembre 1936 à juin 1939) pour une refonte voir même pourrait-on dire une quasi-reconstruction.

Il reçut de nouvelles chaudières et de nouvelles turbines plus légères et plus compactes qui permirent d'économiser 2800 tonnes. Ce poids économisé permis de renforcer le blindage _le point faible de ces navires_ avec un nouveau pont blindé, le renforcement de la protection des soutes à munitions et des machines. Les tourelles de 381mm furent démontées et les mécanismes de pointage modifiés pour permettre aux canons de tirer à un angle maximal de +30° pour  augmenter la portée.

L'armement secondaire fût totalement remplacé, les 17 canons de 102mm furent remplacés par 20 canons de 114mm en dix tourelles doubles tandis que la DCA avait troqué ses 3 canons de 76mm pour trois affûts octuples Pom Pom de 40mm et quatre affûts quadruples de 12.7mm. Il reçut également une nouvelle catapulte et un hangar pour deux hydravions.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_re13
Le HMS Repulse

Son sister-ship le HMS Repair euh pardon le HMS Repulse va lui aussi connaître une refonte de 1933 à 1936 mais ces travaux vont être moins poussés que ceux du Renown. Le croiseur de bataille est entièrement remis en état, les turbines et les chaudières remplacées, l'artillerie secondaire modernisée et enfin l'installation d'une catapulte et d'un hangar pour quatre hydravions.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_qu12
Le HMS Queen Elizabeth

-Le HMS Queen Elizabeth à lui aussi été profondément modernisé du 11 août 1937 au 10 décembre 1940 à Portsmouth puis à Rosyth pour échapper aux bombardements allemands.

Les travaux consistèrent dans le remplacement des 25 chaudières d'origine par 8 chaudières haute pression permettant un gain de poids de 50% et de place de 33%. Les nouvelles turbines permirent d'augmenter la vitesse de 25 à 29 noeuds.

L'armement principal est démonté et modifié pour augmenter la portée maximale qui passe de 21500 à 29500m, les canons de 6 pouces sont remplacés par 10 canons de 114mm en cinq tourelles doubles, l'armement antiaérien léger est renforcé.

Une catapulte et un hangar pour quatre hydravions sont installés, le pont principal est renforcé, un système radar pour le contrôle de tir est installée.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_wa10
Le HMS Warspite

De 1934 à 1937, le HMS Warspite fût lui aussi profondément modernisé avec une modification majeure des superstructures par l'installation d'un hangar aviation, l'installation de nouvelles turbines et de nouvelles chaudières, d'un blindage de pont renforcé, d'une modernisation de son armement (accroissement de l'élévation des canons de 15 pouces faisant passer la portée de 21500 à 29500m), d'une artillerie secondaire d'un nouveau type.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ba11
Le HMS Barham

-Le HMS Barham à été modernisé en 1927/28 et entre 1930/33 mais l'ampleur des travaux fût bien moindre que pour ses deux sister-ship ci-dessus.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_va10
Le HMS Valiant

Le HMS Valiant subit en 1929/30 une première grande refonte avec l'installation de bulges antitorpilles augmentant la largeur à 31.70m, les deux cheminées fusionnèrent en une seule, un affût octuple «Pom-pom» fût installé (un second le fût en 1936), deux tubes lance-torpilles débarquées et les plateformes aviation remplacées par une catapulte, augmentant le déplacement à 35970 tonnes.

Le cuirassé subit une nouvelle grande refonte à Devonport entre mars 1937 et novembre 1939 avec le changement des turbines et des chaudières, l'armement secondaire fût alors composé de 20 canons de 114mm en affûts doubles et quatre affûts quadruples de 2 pouces «Pom Pom», la conduite de tir fût modernisée, cette refonte augmenta le déplacement à 36513 tonnes et le tirant d'eau à 10m.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ma18
Le HMS Malaya

-Le HMS Malaya à lui aussi été modernisé mais comme le HMS Barham l'ampleur des travaux à été bien moindre que celle menée sur leurs trois sister-ship.

Pouvant être considérés comme une version austere des Queen Elizabeth les cinq cuirassés de classe Revenge ont subit eux aussi des travaux mais nettement moins étendus que ceux concernant les QE. Il s'agit davantage ici de modernisation alors que pour au moins trois «QE» il s'agissait d'une véritable reconstruction.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ro12
Le HMS Royal Sovereign

-Les HMS Revenge Royal Sovereign et Resolution n'ont pas été profondément modernisés durant l'entre-deux-guerres à la différence des HMS Ramillies et Royal Oak.

Le HMS Ramillies subit une importante refonte de juin 1932 à août 1934 à l'Arsenal de Plymouth, subissant de nouveaux travaux en 1935 (débarquement de la catapulte à la poupe remplacée par une catapulte installée sur la tourelle X) et 1937, la DCA fût alors totalement réorganisée avec le débarquement des canons de 102mm Mk IV remplacés par quatre tourelles doubles de 102mm Mk XVI et deux affûts octuples Pompom de 2 livres et les tubes lance-torpilles débarquées.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ro13
Le HMS Royal Sovereign

Le HMS Royal Oak à lui subit plusieurs périodes de travaux, la première fois de septembre 1922 à juin 1924 (canons antiaériens de 102mm à la place de canons de 76.2mm, sa conduite de tir est modernisée, un bulge antitorpilles renforce la protection sous marine).

Des travaux complémentaires sont menés au moment d'un petit carénage réalisé en Grande-Bretagne de mars à juin 1927 : embarquement de deux canons de 102mm antiaériens supplémentaires, débarquement des deux canons de 152mm installés sur le pont supérieur.

L'ultime refonte du premier cuirassé britannique perdu pendant le second conflit mondial à lieu de 1934 à 1936 faisant donc ironie de l'histoire du HMS Royal Oak le cuirassé le plus moderne parmi toutes les unités de classe Revenge.

Le blindage du pont principal est renforcé et porté à 127mm au dessus des soutes à munitions et de 89mm au dessus de la salle des machines. La propulsion et les sous-systèmes du cuirassé sont remis en état comme à chaque refonte ou grand carénage, une catapulte est installée sur la tourelle X, la DCA est renforcée, étant désormais composée de quatre affûts doubles de 102mm et deux affûts octuples Pom-Pom Mk VIII. Le bloc passerelle est reconstruit avec un mat tripode pour supporter la nouvelle conduite de tir. La prise de poids entraine une réduction de la vitesse qui n'était pas le point fort de ces cuirassés.

Quel cuirassé moderne pour la marine britannique
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Classe69
Un cuirassé classe King George V

Comme nous l'avons vu plus haut le traité de Washington avait sérieusement encadré la construction de cuirassés. De toute façon l'époque n'était guère propice à la construction de nombreux cuirassés.

En 1930 un nouveau traité est signé à Londres, traité entrant en vigueur en 1931 (mais non ratifié par la France). Il prolonge l'interdiction de construction des cuirassés jusqu'en 1936, interdiction qui pourrait être prolongée mais le traité peut être dénoncé par l'un des signataires avant le 31 décembre 1934 ce que feront la France et le Japon.

En décembre 1935 les signataires du traité de Washington se réunissent à Londres mais le Japon quitte les discussions dès le moins de janvier affaiblissant du même coup le traité qui entre en vigueur le 22 août 1937.

Cette fois les signataires ne peuvent construire un cuirassé dépassant 35000 tonnes avec une artillerie principale d'un calibre maximal de 356mm. Néanmoins signe des temps, une clause de sauvegarde permettant de porter le tonnage à 45000 tonnes et une artillerie de 406mm peut être activée ce qui sera chose faire par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis le 30 juin 1938 en raison de la montée en puissance de la marine impériale japonaise.

L'Allemagne corsetée par le traité de Versailles n'avait été invité ni à Washington ni à Londres. Sa marge de manœuvre est très limitée, la Reichsmarine ne pouvant construire des cuirassés de plus de 10000 tonnes avec un armement ne dépassant pas 280mm (son calibre historique).

En construisant un cuirassé de poche baptisé Deutschland, Berlin va sans le savoir lancer une nouvelle course aux armements. Comment ? Eh bien c'est très simple.

En apprenant la construction de ce navire trop faible pour détruire un cuirassé traditionnel mais pouvant surclasser un croiseur type Washington, la France décide de construire un nouveau modèle de cuirassé, un navire type croiseur de bataille, le Dunkerque bientôt suivit par son sister-ship Strasbourg. Il s'agissait de navires déplaçant 26500 tonnes standard avec un armement composé de huit canons de 330mm en deux tourelles quadruples (ou plutôt quatre tourelles doubles accolées deux par deux) concentrées à l'avant.

Face à cette menace Rome qui conteste à Paris le contrôle de la Méditerranée annonce la volonté de construire deux cuirassés de 35000 tonnes les futurs Littorio et Vittorio Veneto, de splendides navires armés de neuf canons de 381mm en trois tourelles triples.

La France ne peut bien entendu ne pas laisser passer cela et décide de commander deux navires semblables, les futurs Richelieu et Jean Bart qui peuvent être considérés comme des dérivés des Strasbourg avec pour principales différences des canons de 380mm en remplacement des 330mm et des canons de 152mm  polyvalents en remplacement des canons de 130mm.

C'est le début d'une course au cuirassé rapide à laquelle vont également participer les américains (pourtant longtemps partisans du cuirassé lent et bien protégé) avec leurs North Carolina et Washington, le Japon avec ses Yamato (même si à l'époque on ignore que ces navires sont hors normes) mais aussi la Grande-Bretagne et l'Allemagne.

Suite à la mise sur cale du Dunkerque, l'Allemagne décide de construire un quatrième Panzerschiffe mais ce plan est modifié suite à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Le nouveau chancelier du Reich est bien décidé à dénoncer une par une les clauses du «Diktat» de Versailles et notamment les restrictions militaires.

Au quatrième Deutschland on préfère finalement construire deux unités plus grosses, les futurs Scharnhorst et Gneisenau qui étaient armés de neuf canons de 280mm en trois tourelles triples.

Face à cette violation flagrante du traité de Versailles, Londres sans consulter son allié français décide d'encadrer le réarmement allemand en signant le 18 juin 1935 un accord naval  anglo-allemand (Anglo-German Naval Agreement/Deutsch-britisches Flottenabkomen) qui officialisait la politique de réarmement naval et annulait de facto les clauses navales du traité de Versailles.

Selon ce traité, la Kriegsmarine pouvait aligner un tonnage correspondant à 35% du tonnage de la Royal Navy et 45% pour les sous marins ce qui signfie que les allemands pouvaient construire 183750 tonnes de cuirassés ou assimilés, de 51380 tonnes de croiseurs lourds, de 67720 tonnes de croiseurs légers, de 47250 tonnes de porte-avions, 52500 tonnes de destroyers et de 18445 tonnes de sous marins.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Bl_14_10
Canon de 356mm modèle 1937 ou plutôt un 14 Inch BL Mk VII

Au niveau de l'armement, le traité anglo-allemand autorisait la Kriegsmarine à armer ses cuirassés de canons d'un calibre maximal de 16 pouces (406mm). Ironie de l'histoire, les britanniques décidèrent pour leurs premiers cuirassés rapides, leurs premiers «35000 tonnes» de les armer d'un calibre assez faible à savoir le 356mm faisant des futurs King George V les cuirassés les moins bien armés mais je me garderai bien de dire qu'ils étaient les moins bons des nouveaux cuirassés.

C'est en mai 1934 que l'on peut dater le début du processus qui allait conduire à la construction de nouveaux cuirassés pour la marine britannique.

C'est en effet à cette époque que la Royal Navy réclame la construction de nouveaux cuirassés pour éviter un déclassement définitif de la marine britannique, les modernisations décidées et/ou  menées à bien ne pouvant remplacer des constructions neuves.

En octobre 1935 l'Amirauté propose un navire de 35000 tonnes, 28 nœuds et un armement composé de douze canons de 356mm. La protection est importante (ceinture 356mm, ponts blindés jusqu'à 230mm) et les installations aéronautiques développées.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Classe70
Tourelle quadruple de 356mm en cours d'assemblage

La puissance propulsive est modeste pour gagner du poids, gain de masse encore accentué par la décision de réduire l'artillerie principale à dix tubes de 356mm. Cette réduction s'explique par l'impossibilité d'obtenir un cuirassé bien protégé et armé de douze canons de 356mm dans les limites fixées à savoir 35000 tonnes.

Ce choix du calibre est critiquée car les britanniques seront les seuls à respecter à la lettre les clauses du traité de Londres. Ils se gardèrent cependant d'insulter l'avenir en prévoyant d'armer les unités suivantes de canons de 406mm mais probablement par manque de temps, les cinq premiers cuirassés rapides made in britain seront identiques. Le canon de 16  pouces allait armer les cuirassés suivant de classe Lion mais comme nous le savons ces cuirassés ne seront jamais mis en service.

Les cinq King George V sont les premiers cuirassés britanniques à disposer d'un système propulsif alterné pour éviter qu'un coup ne provoque la perte de tout l'appareil évaporatoire ou de toutes les turbines.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Classe24
Schéma de protection du Tirpitz et des King George V

La protection est solide, une leçon du premier conflit mondial et notamment de la bataille du Jutland où plusieurs unités ont littéralement explosé sous les coups des allemands en raison d'une protection plus faible mais aussi d'un certain nombre de problèmes de sécurité.

Comme nous le savons le choix du 14 pouces (356mm) à été très critiqué. Une alternative à été étudiée avec neuf canons de 381mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière).

Cette alternative à été rapidement abandonnée car la mise au point d'un nouveau canon de 15 pouces aurait retardé la mise en service des nouveaux cuirassés de dix-huit mois soit 1942 ce qui au vu des tensions internationales était impossible.

La tourelle quadruple se révélera une source constante d'ennuis avec de multiples avaries liées à la fois à une construction de temps de guerre mais aussi un certain nombre de mécanismes qui par leur complexité augmentait sérieusement le risque de pannes et autres avaries.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_du10
Tourelle double de 133mm à bord du HMS Duke of York

En ce qui concerne l'armement secondaire il était comme en France et aux Etats-Unis polyvalent avec des canons de 133mm. Là encore cet armement provoqua un certain nombre de problèmes sans compter que l'obus de 133mm était jugé trop lourd pour le tir antiaérien et trop léger pour le tir antisurface. La DCA légère est faible au début du conflit mais elle sera progressivement renforcée durant le conflit.

Le premier cuirassé est baptisé King George V en référence au père du roi régnant à savoir George VI. J'ai lu ici ou là que normalement le cuirassé aurait du être baptisé King George VI mais que l'ancien duc d'York aurait voulu rendre hommage à son père.

La deuxième unité initialement baptisée King Edward VIII (succédant à George V avant d'abdiquer pour de multiples raisons et pas uniquement pour une simple histoire d'amour) est finalement baptisé Prince of Wales en référence au titre porté depuis 1301 par l'héritier du trône d'Angleterre puis de Grande-Bretagne.

La troisième unité baptisée initialement Anson est finalement baptisée HMS Duke of York, un titre porté traditionnellement par le deuxième fils du roi régnant.

Les quatrième et cinquièmes cuirassés furent initialement baptisés Jellicoe et Beatty avant d'être finalement mis en service sous le nom de HMS Anson et HMS Howe. Selon certains écrits il s'agirait d'une petite vengeance de Churchill qui n'avait toujours digéré la bataille du Jutland (NdA rancunier le père Winston).

Les chantiers constructeurs

Vickers-Armstrong (Newcastle-upon-Tyne)
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Armstr10

En 1927 la société Vickers fusionne avec Armstrong-Whitworth donnant naissance à la société Vickers-Armstrong Ltd.

Ce conglomérat dispose d'une division navale avec deux chantiers, un chantier implanté à Barrow-In-Furness en Cumbria sur la côté ouest et un autre chantier implanté à High Walker sur la rivière Tyne sur la côte est.

En 1955 la société devient Vickers-Armstrong et en 1968 Vickers Ltd Shipbuilding en 1968. En 1977, le chantier naval est nationalisé intégrant British Shipbuilding en 1977. Privatisé en 1968, le chantier naval devient VSEL (Vickers Shipbuilding & Engineering Ltd) avant d'être toujours actif aujourd'hui sous le nom de Bae Systems Submarine.
En 1968 le chantier naval implanté sur la rivière Tyne est vendu à Swan Hunter, nationalisé en 1977, privatisé en 1986 et fermé au cours des années quatre-vingt.

Outre le cuirassé HMS King George V on trouve d'autres cuirassés comme le HMS Victoria, le Yashima, le Katori, le Minas Geraes, le HMS Canada _futur Almirante Lattore_ , les HMS Agincourt Malaya et Nelson, le porte-avions Eagle pour ne citer que les plus connus.

Cammell Laird, Birkenhead
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Cammel11

Cammell Laird est une compagnie de construction navale créée suite à la fusion entre la compagnie Laird Brothers et la compagnie Johnson Cammell de Sheffield à l'orée du 20ème siècle, plus précisément en 1903. Jusqu'en 1929, la compagnie travailla tant dans la construction navale que dans la construction de matériel ferroviaire (trains et métros) avant que les deux activités soient séparées.

Implanté à Birkenhead sur les rives de la Mersey (le fleuve qui arrose Liverpool), le chantier naval à construit de nombreux navires célèbres comme le deuxième Mauretania, le porte-avions Ark Royal de 1937 (et celui de 1950 qui allait être désarmé en 1978 et marquer la fin d'une époque) ou encore les cuirassés Rodney et Prince of Wales. On trouve aussi  quatre destroyers type 42  HMS Birmingham, Coventry,Liverpool et Edinburgh

La compagnie est nationalisée en 1977 intégrant British Shipbuiders. En 1986, le chantier redevient privé au sein de VSEL Consortium. L'abandon du programme Upholder entraina la fermeture du chantier naval.

Le site est désormais loué comme site de réparations navale ce qui maintien le site en vie, plusieurs compagnies s'y succédant sur le site. En 2012, de nouveaux navires vont être construits et le chantier naval ainsi ressuscité va participer au programme de porte-avions en construisant des sous-ensembles pour le Queen Elizabeth et le Prince of Wales.  

John Brown & Company, Clydebank
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La société John Brown & Company est fondée sous le nom de J&G Thomson en 1847 à Glasgow par les frères James et George Thomson avec l'aide de l'ingénieur Robert Napier. Un chantier naval est créé à Cessnock en 1851 et le premier navire est lancé en 1852.

En 1871 elle s'installe à Barns (future Clydebank) près de Dalmuir. Le site à la confluence de la Clyde et de la Cart à Newshot Island permet le lancement de grands et de gros navires. Malgré de graves difficultés financières, l'entreprise développera une réputation fondée sur la qualité de l'ingénierie et l'innovation.

En 1899 le chantier est repris par une société de Sheffield John Brown & Co. A l'époque c'est l'un des plus puissants chantiers navals du monde.

En 1900 la société fonde une co-entreprise (Brown Curtis) avec la société américaine Curtis pour développer un nouveau mode de propulsion appelé à un très grand avenir : la turbine à engrenage

Après le second conflit mondial, le nombre de navires de guerre construit est en baisse mais le nombre de navires marchands augmente sensiblement.
Le chantier est modernisé pour être plus productif alors qu'une nouvelle concurrence émerge notamment venue d'Asie. Cela ne suffira pas et le chantier naval ferme en 1972 après l'achèvement d'un dernier navire, le transporteur de céréales Alisa.

Parmi les navires les plus célèbres construits sur les rives de Clyde on trouve plusieurs paquebots comme le Lusitania, l'Aquitania, le Queen Mary, le Queen Elizabeth, le Queen Elizabeth 2, les cuirassés Duke of York, Vanguard Barham, les croiseurs de bataille Tiger Australia Hood et Repulse, le porte-avions Indefatigable, le croiseur lourd Australia  ou encore le yacht royal Britannia.  

Swan Hunter, Wallsend
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Swan_h12

La compagnie Swan Hunter voit le jour en 1880. En 1903 sa fusion avec Wigham Richardson donne naissance à la compagnie Swan Hunter and Wigham Richardson Ltd. En 1966 fusionne avec Smiths Dock Company pour former la compagnie Associated Shipbuiders qui devint plus tard Swan Hunter Group.

Plusieurs chantiers navals sont acquis mais cela n'empêche pas la compagnie d'être nationalisée en 1977 et d'intégrer British Shipbuiders.

La compagnie est privatisée en 1987 mais en 2006, le chantier naval ferme suite à ses échecs dans le cadre du programme Bay. Tous les équipements (grues, docks flottants, machines) ont été vendus au chantiers navals indiens Bharati en 2007.

Désormais la compagnie Swan Hunter se concentre sur la conception de navires, les effectifs tombant à tout juste 40 personnes.

Durant sa longue histoire, la compagnie à possédé trois principaux sites de construction navale :

-Neptune Yard à Walker-on-Tyne (1860-1988)

-Wallsend West Yard à Wallsend (1842-2006)

-Naval Yard, High Waler (1912-années 80)

Ces trois chantiers se trouvaient sur la rive nord de la rivière Tyne.

On trouve également cinq porte-avions (Albion, Ark Royal, Illustrious, Vengeance,Vindex), le cuirassé HMS Anson mais aussi les croiseurs légers Edinburgh Gambia Mauritius, de nombreux destroyers dont le HMS Bristol, des frégates (deux type 14, trois type 22 mais aussi quatre type 23) sans oublier des destroyers type 42 à savoir les  HMS Newcastle Glasgow Exeter York, les quatre navires construits à Wallsend on Tyne. Le Cardiff à été achevé à Hebburn. Des navires de soutien et des navires marchands ont également été construits.

Fairfield Shipbuilding & Engineering Company, Govan
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Cette compagnie à existé sous différents noms de 1834 à 1968 quand elle fusionne avec d'autres compagnies pour former la société Upper Clyde Shipbuiders. En 1834, elle produit des moteurs et des machines,  ne passant à la construction navale qu'à partir de 1858.

Pour cela la société à acquis le Govan Old Shipyard, le premier navire étant construit en 1861. Le site se déplace en 1864 sur le lieu-dit Fairfield's Farm. Entre 1861 et 1866 cinquante-neuf navires sont construits.

La société devient John Elder & Co en 1869 et continue son expansion, de nombreux navires étant construits, essentiellement des navires marchands. La société devient en 1886 la Fairfield Shipbuilding & Engineering Co. Un an plus tard le site original est converti en parc public.

Le site est ravage par un incendie en février 1897 mais vite réparé. En 1919 la société intègre la Northumberland Shipbuilding Company. De 1914 à 1934 un chantier dédié à la construction de sous-marins à existé (Fairfield West Yard), site réutilisé pour produire quatre chalands de débarquement.

En 1924, la compagnie à acquis un chantier naval à Chepstow sur la rivière Wye dans le sud du Pays de Galles mais ce site va être reconverti dans la production de structures métalliques. En 1935 il est racheté par le groupe Lithgows de Port Glasgow.

La compagnie disparaît comme on le sait en 1968 dans une société qui elle même disparrait en 1971. En 1972 le site renait au sein d'une société appelée Govan Shipbuilders qui est nationalisée en 1977. Lors des privatisations des années quatre-vingt le site est reprise par le groupe Kvaerner devenant le Kvaerner Govan avant de devenir Bae Systems Marine en 1999 et aujourd'hui partie de BAE Systems Surface Ships.

Parmi les navires les plus célèbres construits on trouve les cuirassés HMS Valiant et Howe, les croiseurs de bataille HMS Indomitable New Zealand et Renown, les porte-avions HMS Implacable et Theseus, les croiseurs cuirassés HMS Cressy et Aboukir, les croiseurs Norfolk et Liverpool ainsi qu'un certain nombre de navires marchands (pétroliers, paquebots.....)" />
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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptySam 03 Avr 2021, 22:22

HISTORIQUE

Le HMS King George V
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Le HMS King George V (41) au bassin à Sydney

Présentation

Il est commandé le 29 juillet 1936 au titre du programme naval de 1936.

-Le HMS King George V (41) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong  de High Walker sur la rivière Tyne le 1er janvier 1937 lancé le 21 février 1939 et commissioned le 1er octobre 1940.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) George18

Le premier «35000 tonnes» est le deuxième cuirassé à rendre hommage à George V (Marlborough House Westminster (Middlesex) 3 juin 1865 Sandrigham House, Norfolk 20 janvier 1936), roi de Grande-Bretagne et d'Irlande (puis de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) du 6 mai 1910 au 20 janvier 1936, empereur des Indes du 12 décembre 1911 au 20 janvier 1936.

George Frederick Ernest Albert de Saxe-Cobourg-Gotha est né en 1865. Initialement connu sous le nom de George de Galles, il est le deuxième fils d'Edouard, prince de Galles et futur Edouard VII et d'Alexandra du Danemark.

A sa naissance, George à un frère ainé Albert Victor et à donc très peu de chance d'accéder au trône et songe plutôt à une carrière dans la marine.

En 1892 la mort de son frère ainé fait à tout jamais basculer son destin. Sa grand-mère la reine Victoria fait de lui le duc de York soit le deuxième dans l'ordre de succession.

En 1901 son père devient roi sous le nom d'Edouard VII et il devient prince de Galles. Marié en 1893 avec Mary de Teck _initialement promise à son frère ainé_ il aura cinq fils dont deux rois (Edouard VIII et George VI) et une fils Mary.

En 1917 pour faire face à la montée du ressentiment anti-allemand, George V change le nom de sa maison. Exit Saxe-Cobourg-Gotha et place à Windsor du nom d'un château de la région de Londres.

En 1924 il est le premier roi à nommer un premier ministre travailliste et en 1931 il est le roi qui met en place le Statut de Westminster qui fait passer l'empire britannique dans l'air du Commonwealth.

A partir de 1925 sa santé se dégrade en raison d'une consommation excessive de tabac. De plus en plus souvent son fils Edward doit le relayer dans ses activités officielles.

Il meurt le 20 janvier 1936 et son cercueil est veillé par ses quatre fils survivants (le prince John est mort à l'âge de 14 ans en 1919 des suites d'une crise d'épilepsie) ce qu'on à appelé la Veillée des Princes. Le prince de Galles Edouard devient Edouard VIII mais ne sera jamais couronné, abdiquant avant la fin de l'année au profit de son frère cadet Albert dit Bertie qui devint le roi George VI.

Le premier cuirassé à porter le nom de ce roi aurait du être initialement une unité de classe Orion mais le navire prévu à finalement été baptisé HMS Monarch.

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Le HMS King George V est mis sur cale à l'Arsenal Royal de Portsmouth le 16 janvier 1911 lancé le 9  octobre 1911 et commissioned le 16 novembre 1912. Ce cuirassé type superdreadnought à été désarmé le 26 octobre 1926 après avoir été utilisé pour l'entrainement entre 1923 et 1926. Il à été vendu à la démolition en décembre 1926.

Le HMS King George V (41) perpétue la mémoire de différents battle honours à savoir JUTLAND (1916), DUNKERQUE (1940) (en référence à un transbordeur à turbines le TS King George V utilisé pour l'opération DYNAMO), ATLANTIQUE (1940), BISMARCK (1941), ARCTIQUE (1942-43), SICILE (1943), OKINAWA (1945) et JAPON (1945).

En revanche je n'ai pas trouvé la devise (motto) du cuirassé.

Carrière opérationnelle

Mer du Nord et Bismarck pour commencer
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Le HMS King George V (41) au mouillage

Au 1er octobre 1940, le nouveau fleuron du corps de bataille britannique est loin d'être achevé, il doit encore réaliser ses essais à la mer et surtout sa mise en condition opérationnelle.

Le 17 octobre 1940 il quitte la Tyne pour rallier Rosyth, le tout sous escorte renforcée avec les croiseurs légers antiaériens HMS Naiad et Bonaventure et les destroyers HMS Fame Ashanti Maori Sikh Electra et Brilliant.

Deux des destroyers, les Fame et Ashanti s'échoueront et ne pourront assurer cette missions d'escorte.

Ils vont être remplacés par les destroyers HMS Beagle Westminster Wallace et Fearless. La petite escadre qui avait appareillé à 9h00 arrive à Rosyth en début d'après midi pour permettre au cuirassé d'achever son armement, d'assurer ses essais et son entrainement.

Le 23 octobre 1940 le premier ministre Winston Churchill visite le navire. Le 30 novembre c'est le premier lord de l'amirauté Albert Victor Alexander et par le commandant en chef de la Home Fleet, l'amiral Forbes.

Les essais à la mer débutent le 2 décembre 1940 entre Rosyth et Scapa Flow où le cuirassé escorté par les destroyers HMS Escapade Brilliant Beagle et Bulldog arrive le 4 décembre 1940. Les premiers essais de tir révèlent un certain nombre de problèmes et de défauts qui seront progressivement corrigés avec le temps. Les essais se poursuivent jusqu'au 10 décembre et le lendemain il est officiellement affecté à la Home Fleet.

Les travaux vont se poursuivre à Scapa Flow. Le 15 janvier 1941 Winston Churchill et Lord Halifax déjeunent à bord, le cuirassé devant transporter aux Etats-Unis Lord Halifax qui à été nommé ambassadeur de Grande-Bretagne aux Etats-Unis.

Dans le cadre de l'opération Parcel le cuirassé appareille en compagnie des destroyers HMS Somali Matabele Bedouin et Tartar direction les Etats-Unis. Deux jours plus tard, le destroyers sont détachés de l'escorte du cuirassé pour mener une mission de lutte anti-sous-marine, laissant le cuirassé poursuivre seul.

Le 24 janvier 1941  il arrive en baie de Chesapeake escorté par le destroyer américain USS Lansdale, le cuirassé étant accueillit par le président Roosevelt à bord de son yacht Potomac. Le cuirassé rallie Annapolis où il est visité par des officiers et des cadets de l'Académie. Il repart le 25 janvier 1941 direction la Grande-Bretagne.

Le 29 janvier il rejoint le convoi BXH-104 protégé par le croiseur auxiliaire Alaunia qui protégeait 36 navires marchands dont 25 pétroliers qui avaient appareillé des Bermudes le 21. La traversée se fait dans des conditions météo difficiles ce qui ne peut être qu'une bonne école.

Le 3 février 1941 à la position 62°N 25°W le convoi est rejoint par les destroyers HMS Somali Eclipse Eskimo et Napier mais les «destructeurs» ne sont là que pour protéger le cuirassé qui arrive à Scapa Flow le 6 février.

Le 9 février 1941 il appareille en compagnie du cuirassé Rodney et de six destroyers, étant rejoint le lendemain par le croiseur léger HMS Edinburgh. Cet appareillage fait suite au signalement de plusieurs grosses unités allemandes à la mer notamment les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau. Comme rien de neuf est signalé en fin d'après midi, ce groupe occasionnel reçoit l'ordre de rentrer à Scapa Flow ce qui est réalisé le 11 février.

Le 2 mars 1941 les cuirassés HMS Nelson et King George V accompagnés par les croiseurs légers HMS Edimburgh et Nigeria et les cinq destroyers appareillent de Scapa Flow pour prendre position à 200 miles nautiques au sud-ouest u Vestfjord pour couvrir les navires engagés dans l'opération commando CLAYMORE contre les Lofotens.

La petite escadre est en position le lendemain matin et en fin d'après midi les croiseurs légers s'approchent de l'entrée du Vestfjord pour prendre en charge les navires de l'opération citée plus haut.

L'opération est exécutée le 4 mars, quatre cibles étant visées (Stamsund Svolvaer Henningsvaer et Brettesnes).

Elle se déroule sans problèmes majeurs et incitera Hitler à passer un ordre imposant l'exécution des commandos capturés, ordre qui ne sera pas ou peu appliqué. En début d'après midi les commandos rembarquent et mettent cap sur la Grande-Bretagne.

Plusieurs avions ennemis sont repérés ou radiolocalisés mais aucune attaque aérienne ne sera mener contre l'escadre qui le lendemain matin 5 mars 1941 met cap sur Scapa Flow. Durant ce transit la DCA ouvre le feu à plusieurs reprises. L'escadre est de retour à Scapa Flow le 6 mars.

Suite à un message du cuirassé HMS Malaya sur la présence probable des croiseurs de bataille HMS Scharnhorst et Gneisenau, l'Amirauté demande au commandant de la Home Fleet d'envoyer le plus vite possible deux cuirassés à Halifax pour protéger les convois HX-115 et HX-116.

Cette demande envoyée à 00.58 est promptement exécutée puisqu'à 07.40 les cuirassés HMS Rodney et King George V appareillent en compagnie de six destroyers, le cuirassé rapide faisant route seul à partir du 11, arrivant à Halifax le 15.

Il appareille d'Halifax le 16 pour intercepter d'éventuels raiders en mer. Le cuirassé rejoint le convoi HX-115 le 21 escorté par le croiseur auxiliaire California, le convoi se composant de 30 navires marchands dont neuf pétroliers.

Le 28 mars il est détaché du convoi pour rallier Scapa Flow, lançant son hydravion Walrus qui doit rallier l'Island pour embarquer à bord du croiseur lourd HMS Norfolk.

Le lendemain matin, les destroyers HMS Cossack Maori et Zulu prennent contact avec le cuirassé pour l'escorter jusqu'à Scapa Flow où ils arrivent à Scapa le 31 mars 1941.

Le 1er avril 1941 le commandant en chef de la Home Fleet transfère sa marque du HMS Queen Elizabeth au HMS King George V.

Le lendemain il appareille en compagnie du croiseur lourd HMS London et de quatre destroyers direction le Golfe de Gascogne. Le 4 les destroyers sont détachés pour se ravitailler à Londonderry.

Le 8 le cuirassé est rejoint par le croiseur léger HMS Kenya puis par les quatre destroyers qui s'étaient ravitaillés en Irlande du Nord. Dans la soirée le croiseur léger est détaché auprès du croiseur de bataille HMS Hood. Le cuirassé est de retour à Scapa Flow le 12 avril 1941.

Le lendemain il reprend la mer en compagnie du HMS Nigeria et de quatre destroyers pour une nouvelle patrouille dans le Golfe de Gascogne. Le cuirassé rentre à Scapa Flow le 22 avril 1941.

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Carte de l'opération RHEINÜBUNG

Le 19 mai 1941, le cuirassé Bismarck accompagné par le croiseur lourd Prinz Eugen et des destroyers quittent l'île de Rugen pour participer à l'opération RHEINUBUNG, une opération semblable à celle récemment menée par les Scharnhorst et Gneisenau (opération BERLIN). Bien entendu l'orgueil de la Kriegsmarine ne peut savoir à l'époque qu'il s'agit de sa première et unique sortie opérationnelle.

Très vite avertis, les britanniques vont faire appareiller le maximum de navires pour intercepter le cuirassé et le croiseur lourd avant qu'ils ne pénètrent dans l'Atlantique. Le 21 un Supermarine Spitfire de reconnaissance repère les deux navires dans un fjord.

Tous les navires de la Home Fleet sont placés en alerte à deux heures d'appareillage. Le mauvais temps empêchant toute nouvelle mission de reconnaissance, l'Amirauté est dans l'incertitude concernant la position des deux navires allemands.

En dépit d'un temps exécrable, un équipage se porte volontaire pour mener une mission de reconnaissance à bord d'un Martin Maryland. Le 22 mai à 18.00 le bimoteur américain décolle et parvient au terme d'un vol remarquablement mené au dessus du fjord qui se trouve vide. La DCA les encadre mais ils parviennent à rentrer à bon port après avoir envoyé le message que les britanniques redoutaient : le Bismarck et le Prinz Eugen ont repris la mer.

Le 22 mai 1941 au soir la rade de Scapa Flow est brusquement dépeuplée puisqu'appareillent successivement le cuirassé HMS King George V, le porte-avions HMS Victorious, les croiseurs légers HMS Galatea, Aurora, Kenya et Hermione ainsi que sept destroyers.

Le lendemain matin l'escadre appareillé la veille de Scapa Flow est rejoint par le croiseur de bataille HMS Repulse et ses trois destroyers d'escorte. La puissante escadre met cap sur l'Islande dans l'espoir d'intercepter les navires ennemis avant qu'ils ne disparaissent dans l'Atlantique.

Dans la soirée du 23 les croiseurs lourds Suffolk et Norfolk ont retrouvé le duo allemand mais se tiennent prudement à distance se contentant de pister le cuirassé et le croiseur lourd en attendant que des navires plus puissants ne les rejoignent.

Le 24 mai 1941 le cuirassé HMS Prince of Wales et le croiseur de bataille HMS Hood repèrent le Bismarck et le Prinz Eugen dans le détroit du Danemark. Cette bataille se termine par la destruction de l'orgueil de la Royal Navy pendant que le Prince of Wales encore en rodage est endommagé et doit rompre le combat.

Les navires allemands continuent leur course, étant pistés par un Sunderland venu d'Islande et qui resta en vol pendant 13h et 38 minutes !

Le 24 mai un long message du Bismarck est intercepté par Betchley Park et si les cryptographes ne peuvent le décoder, la triangulation permet d'avoir une idée vague mais une idée tout de même de la position du Bismarck.

Suite à la destruction du Hood, le sang du Bouledogue ne fait qu'un tour «Coulez le Bismarck ! Faites tout ce qui faut et même l'impossible mais coulez le Bismarck !». Outre le simple bon sens militaire d'éliminer une menace avant qu'elle ne devienne trop grande, la destruction du cuirassé serait la bienvenue alors que les nouvelles en Méditerranée ne sont guère réjouissantes.

Dans la soirée du 24, le Suffolk est encadré par les obus de 15 pouces du cuirassé. La confusion provoqué par cette salve à laquelle répondent le croiseur lourd et le Prince of Wales permet au Prinz Eugent de s'échapper vers le sud pour se laisser toutes les options : continuer la guerre de course prévue ou rallier un port français pour être réparé même sous les bombes britanniques.

Dans la nuit, neuf Fairey Swordfish du squadron 825 venant du Victorious attaquent le cuirassé, une torpille touchant le cuirassé qui doit réduire un temps à 16 nœuds pour réparer.

La traque continue le 25, les britanniques ne sachant si les allemands vont rallier Brest ou Saint-Nazaire. En revanche ils excluent un passage dans l'Atlantique pour une guerre de course.

Autre inquiétude de la part de l'Amirauté : le manque de moyens ASM et la crainte qu'un U-Boot bien placé n'ajoute à son tableau de chasse un autre cuirassé de la RN ce qui ferait les délices de la propagande nazie.

Le 7 mai sur les coups de 10.00, un Consolidated Catalina du squadron 209 dont le copilote était américain repère le cuirassé en suivant une route bien plus méridionale que celle envisagée par l'Amirauté.

Le HMS King George V opère alors avec le Rodney et même en se calant sur la vitesse de l'ancien (22 nœuds), les navires se perdent de vue.

Dans la soirée, quinze Fairey Swordfish attaquent le cuirassé, deux voir trois coups au but sont enregistrés. Aucun n'est mortel du moins en apparence puisqu'une torpille va bloquer le gouvernail.

L'amiral Lutjens le confirme dans un message envoyé à l'OKM et annonce qu'il combattre jusqu'au dernier obus en souhaitant une longue vie au Fuhrer (alors qu'il n'était pas connu pour être un nazi fanatique).  

A 22.05, l'équipage du King George V reçoit la consigne de se tenir prêt à passer au poste de combat dans les cinq minutes.

La nuit se passe, le jour se lève sans qu'apparemment rien ne se passe d'autant que les britanniques sont très inquiets de leurs réserves de fioul craignant de manquer de carburant au moment opportun.

Et pourtant à 08.48 le cuirassé HMS King George V ouvre le feu à 25500 yards (23317m) du cuirassé allemand  dans des conditions météo difficiles. Peu à peu pourtant le radar permet au cuirassé britannique d'enregistrer des coups au but. La distance se réduit peu à peu et le KGV ouvre même le feu avec son artillerie secondaire.

Les canons de 14 pouces connaissent alors des problèmes et pendant respectivement dix et sept minutes, la tourelle quadruple avant et la tourelle double restent muettes. Heureusement que le cuirassé allemand était déjà sérieusement maté parce que sinon......

les combats se déroulent à peine 7000m ce qui fort peu pour cette catégorie de navires. La dernière salve est tirée à 10.21, le cuirassé allemand n'étant alors plus qu'une épave brûlante et fumante.

Au total le King George V à tiré 339 obus de 14 pouces et 660 obus de 5.25 pouces. L'artillerie principale à connu des ratés en raison de sécurités qui destinées à protéger le navire d'une explosion à provoqué un certain nombre d'avaries. Seule la tourelle B à fonctionné sans problème.

Autre problème, le design du navire, assez bas sur l'eau à provoqué des inondations de soutes à munitions à croire que les britanniques ne savaient pas qu'ils allaient parfois combattre dans des mers démontées.

A 10.23, un Swordfish approchant le cuirassé pour lui demander de cesser le tir et de lancer une nouvelle attaque à la torpille est chaudement accueillit par la DCA du navire-amiral. C'est finalement le croiseur lourd HMS Dorsetshire qui allait pouvoir achever le cuirassé en lançant des torpilles même si encore aujourd'hui on débat pour savoir si le Bismarck à coulé suite aux torpilles ou suite à l'explosion des charges de démolition placées sur le navire par les survivants.

L'orgueil de la Kriegsmarine «fait pour régner sur les sept mers» (Sabaton) coule à 10.35 selon les coordonnés approximatives suivantes :  48-10N, 16-12W.

Les cuirassés HMS King George V et Rodney se retirent vers le nord à la vitesse économique de 17 nœuds pour éviter de tomber en panne sèche. Le King George V arrive dans le Loch Ewe le 29 mai 1941 sur les coups de 04.00 du matin. Il repart dans la nuit du 29 au 30 mai pour rentrer à Scapa Flow le 1er juin 1941.

Un cuirassé en mer du Nord

Du 12 au 14 juin il sort en compagnie des croiseurs légers Aurora et Arethusa et de quatre destroyers patrouillent en mer du Nord, saisissant deux navires marchands finlandais. Apprenant que le Lutzow à été endommagé par des Bristol Beaufort, l'amirauté tente d'envoyer le KGV pour achever le travail mais sans succès. Du 15 au 30 juin il est en travaux à Scapa Flow pour embarquer et calibrer le radar de veille surrface type 271.

Suite au déclenchement par les allemands par l'opération  BARBAROSSA, les britanniques proposent d'envoyer à Mourmansk une petite escadre pour soutenir le nouvel allié soviétique. Après inspection de l'amiral Vian qui découvre un port mal protégé par la DCA, l'envoi d'une telle escadre ne sera jamais exécuté et même si le port avait été protégé il paraît douteux que Staline l'aurait accepté.

Le 9 août 1941 le roi George VI arrive à Scapa Flow à bord du destroyer HMS Inglefield escorté par le HMS Tartar. Il visite les navires de la Home Fleet dont le navire portant le nom de son père. Le 11 il remet une série de médailles et de décorations aux marins qui s'étaient illustrés face au Bismarck.

Le 21 août 1941 il arrive à Rosyth où il va rester jusqu'au 5 septembre 1941 date de son départ pour rentrer à Scapa Flow dans la soirée.

Le 23 suite à l'appareillage d'Oslo du croiseur lourd Admira Scheer, l'un des bourreaux du Bismarck appareille en compagnie du porte-avions Victorious, du croiseur léger Aurora et de six destroyers direction l'Islande et le Hvalfjord. Ils y arrivent deux jours plus tard.

Le 4 octobre, il quitte Hvalfjord pour une tournée des ports islandais puis pour l'opération EJ, des frappes aériennes menées par la Fleet Air Arm (FAA) contre le port de Bodo et son trafic marchand entrant et sortant notamment dans la zone Glomfjord-Vestfjord. Il n'est pas seul puisque l'accompagne le croiseur léger Penelope, le porte-avions Victorious et six destroyers.

Le 8 octobre, le porte-avions lance ses Albacore (cinq armés de bombes et trois de torpilles). Deux vagues vont être lancées mais une mission de recherche et de destruction est annulée en raison du mauvais temps mais aussi en raison du manque de destroyers. La petite escadre rentre à Scapa Flow le 10 octobre dans la journée.

Le 3 novembre ils appareillent pour l'Islande suite à la possibilité que de nouveaux capitals ships allemands ne tentent de passer dans l'Atlantique mais les deux navires cibles (l'Admiral Scheer et le Tirpitz) sont toujours dans les eaux allemandes. La petite escadre composée du cuirassé, du porte-avions Victorious, des croiseurs lourds Kent Berwick et Suffolk arrivent sur place le 5.

Des patrouilles communes sont menées depuis l'Islande avec la marine américaine même si officiellement les Etats-Unis ne sont pas en guerre. Parmi les navires américains mobilisés on trouve les cuirassés USS Mississippi et Idaho ainsi que les croiseurs lourds Wichita et Tuscaloosa. Les navires britanniques rentrent à Scapa Flow le 30 novembre 1941. Au cours de travaux le radar type 271 est remplacé par un type 273.

Suite à l'exécution des opérations commandos ANKLET et ARCHERY contre la Norvège, Hitler craint un débarquement allié (à l'époque britannique) en Norvège. Le cuirassé Tirpitz va rejoindre la Norvège pour défendre le pays occupé par les allemands depuis bientôt deux ans et faire peser une menace majeure sur les convois à destination de l'Union Soviétique. Jusqu'à sa destruction en novembre 1944 le sister-ship du Bismarck à va faire passer de très mauvaises nuits aux amiraux britanniques. Le 16 janvier 1942 le KMS Tirpitz arrivent en Norvège.

Le 19 janvier 1942 une partie de la Home Fleet (cuirassé King George V et Rodney, porte-avions Victorious, croiseur lourd Suffolk, croiseurs légers Nigeria, Kenya, Sheffield et dix destroyers) quitte Scapa Flow pour Hvalfjord où il arrivent deux jours plus tard. Comme précédemment ils vont sortir régulièrement pour tenter d'intercepter le cuirassé allemand aui allait subir une série d'attaque par différents vecteurs qu'ils soient aériens ou sous-marins.

Le 20 février 1942 il appareille de Seydisfjordour pour rallier Tromso et couvrir le porte-avions HMS Victorious engagé dans l'opération EO, une attaque aérienne contre le trafic maritime allant et venant du port de Tromso.

Cette opération sera annulée suite à la présence à la mer du Prinz Eugen, de l'Admiral Scheer et de destroyers. Suite à l'interception de messages britanniques, le haut-commandement allemand donne l'ordre de repli vers l'Allemagne.

Une attaque aérienne est lancée par le Victorious mais sans succès, trois appareils étant perdus les autres devant se poser à RAF Sumburgh, le temps exécrable rendant l'appontage difficile pour ne pas dire plus. Le 22 février l'escadre est de retour à Scapa Flow.

Le 4 mars 1942 il appareille en compagnie d'autres navires de la Home Fleet pour couvrir le passage de convois en direction de l'URSS et éviter ainsi que le cuirassé Tirpitz ne fasse un carton dans des navires marchands peu protégés.

Le 6 il retrouve d'autres navires et désormais on trouve une escadre que l'on pourrait considérer comme puissante puisqu'on trouvel es navires de ligne HMS King George V Renown et Duke of York, le porte-avions Victorious et neuf destroyers.

Au moment le Tirpitz à appareiller pour participer à l'opération SPORTPLAST à savoir intercepter un convoi signalé par un Focke-Wulf Fw-200. Un sous-marin britannique repère le cuirassé mais ne peut envoyer un message radio avant d'être forcé à plonger (refaisant surface presque deux heures plus tard il pourra envoyer le message).  

Les navires de surface sont pour ainsi dire aveugles puisqu'ils ne peuvent lancer d'opérations de reconnaissance aériennes en raison du mauvais temps. Les deux belligérants cherchent à en découdre alors qu'au même moment les convois QP-8 et PQ-12 sont à la mer. Un cargo soviétique du convoi est coulé mais le message de détresse envoyé n'est pas clair.

En début de soirée, la Home Fleet est à 150 miles au sud-ouest du Tirpitz et met cap au nord pour tenter de l'intercepter, les destroyers menant des missions de recherche pour retrouver le cuirassé et le conduire sous le feu des Gros.

Les deux ennemis ne se sont toujours pas trouvés mais se cherchent toujours. Les britanniques font tout pour maintenir en mer leurs destroyers, envoyant les croiseurs HMS Kent London Liverpool et Trinidad pour les ravitailler en carburant. Parallèlement tous les destroyers disponibles reçoivent l'ordre de rallier la zone de recherche.

Néanmoins dans la nuit du 8 au 9, l'amirauté signale à l'amiral Tovey que le cuirassé allemand à mit cap au sud et s'éloigne des convois. Une attaque aérienne est lancée depuis le Victorious dans la matinée, douze Albacore passent à l'attaque. Une torpille manque le cuirassé et deux Albacore sont abattus. Dans l'après midi trois Ju-88 attaquent le porte-avions mais sans succès. Le HMS King George V est de retour à Scapa Flow le 10.

Le 22 mars il reprend la mer en compagnie des navires de ligne Duke of York et Renown, le porte-avions Victorious, des croiseurs Kent et Edinburgh et de quinze destroyers pour couvrir à distance le passage des convois PQ-13/QP-9.

Le premier convoi comprend 21 navires partis de Reykjavik le 20 mars tandis que l'autre convoi avait appareillé le lendemain de Kola Inlet. L'escadre décrite plus haut va opérer pendant deux jours face à des allemands qui mobilisèrent dix U-Boot et trois destroyers dont l'action est parfaitement connue par les décrypteurs britanniques. L'escadre rentre à Scapa Flow le 28 mars 1942 en début d'après midi.

Du 3 au 5 avril 1942 il subit quelques travaux à Rosyth et à son retour à Scapa Flow une Task Force 99 arrive dans les Orcades, une escadre composée du cuirassé USS Washington (BB-56), du cuirassé lourd USS Tuscaloosa et de quatre destroyers.

Le 12 avril 1942 il appareille de Scapa Flow en compagnie du Victorious, du Kent, du Nigeria et de huit destroyers pour couvrir les convois PQ-14/QP-10. Le premier convoi comprend 26 navires ayant quitté Reykjavik le 8 avril alors que le second composé de seize navires avait quitté Kola Inlet le 10 avril. Ils sont de retour à Scapa Flow le 18.

Dix jours plus tard,  le HMS King George V appareille en compagnie du Washington, du Victorious, des croiseurs Wichita Tuscaloosa Kenya ainsi que neuf destroyers (cinq britanniques et quatre américains) pour couvrir les convois PQ-15/QP-11, le premier convoi ayant quitté l'Islande le 26 avril alors que le second avait laissé derrière lui le Kola Inlet le 28.

Le 30 avril l'escadre met cap sur Scapa Flow pour rentrer au port. Le lendemain 1er mai à 15.45, la flotte entre dans un banc de brouillard dans le nord-est de la côte islandaise. Ordre est donné de cesser les zig-zag mais le destroyer Punjabi ne reçoit pas l'ordre. Il est coupé en deux par le KGV, l'arrière coulant immédiatement, les grenades ASM explosant endommageant légèrement le Washington. Le bilan est lourd avec 49 morts et 201 survivants.

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Le HMS King George V le 1er mai 1942 après la collision avec le Punjabi

Le HMS King George V arrive le 3 mai à Seydisfjordour. Quelques heures plus tard, le cuirassé avec à bord les survivants du Punjabi escorté par quatre destroyers met cap sur Scapa où  il arrive le  lendemain 4 mai 1942.

Le 8 mai, le pavillon du commandant en chef est transféré sur le Duke of York, le King George V appareillant avec deux destroyers direction Liverpool pour réparations et refonte. Il arrive le lendemain sur les rives de la Mersey.

Le 10 juillet 1942 il appareille en compagnie de trois destroyers pour rallier Scapa Flow et ainsi achever les travaux. Arrivé le 11 juillet, il achève ses travaux et le 24 le pavillon du navire-amiral de la Home Fleet est à nouveau hissé sur le «KGV».

Suite à la débâcle du convoi PQ-17, les convois avec l'URSS sont suspendus sans compter que la Home Fleet à envoyé de nombreux navires en Méditerranée pour participer notamment l'opération PEDESTAL, le convoi de la dernière chance pour ravitailler l'île-forteresse de Malte.

Du 12 au 14 juillet l'ambassadeur de Turquie et l'attaché naval turc sont à bord du cuirassé du du 24 au 26 c'est le roi de Grèce en exil, Georges II qui est à bord du cuirassé. Le 5 septembre c'est le primat de l'Eglise d'Angleterre, l'archevêque de Canterbury qui visite le navire, une visite que l'amiral Tovey qualifia d'extrêmement «stimulante».

Il accueille le roi de Yougoslavie Pierre II du 7 au 9 octobre, le premier ministre Winston Churchill du 9 au 11 octobre.

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Un cuirassé au bassin probablement à Rosyth

Le 19 décembre il appareille en compagnie du croiseur lourd HMS Berwick et de trois destroyers pour assurer la couverture éloignée du convoi JW-51A.

C'est le premier convoi à porter la nouvelle désignation, les lettres JW ayant remplacé les lettres PQ, les lettres RA ayant remplacé le QP. Le convoi en question avait appareillé du Loch Ewe le 15 décembre 1942. Le cuirassé croise dans la région prévue les 21 et 22 décembre avant de rentrer à Scapa Flow le jour de Noël.

Le 22 décembre 1942 le convoi JW-51B avait quitté le Loch Ewe avec 15 navires marchands. Il est répéré par le U-354 qui le suit et transmet sa position. L'amiral Raeder ordonne l'appareille des croiseurs lourds Lutzow et Hipper en compagnie de six destroyers c'est l'opération REGENBOGEN.

La bataille de la mer des Barents éclate le 31 décembre 1942 quand deux destroyers allemands ouvrent le feu sur le destroyer HMS Obdurate.

La veille le convoi RA-51 de 14 navires avait appareillé de Mourmansk. Pour renforcer la force R composée de croiseurs, le commandant en chef de la Home Fleet ordonne l'appareillage de sérieux renforts avec deux cuirassés (King George V et Howe), trois croiseurs (Kent Berwick Bermuda) et six destroyers.

Le temps est épouvantable obligeant les navires à ralentir. Le groupe occasionnel ayant appareillé de Scapa Flow arrive en position le 2 janvier, restant sur zone le temps que le convoi soit passé. Le lendemain il met cap sur Scapa Flow où il arrive le 5 janvier 1943.

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Le HMS King George V le 4 février  1943

Il reprend la mer le 18 février direction l'Islande et Akureyri où il arrive le 20. Accompagné du croiseur lourd Norfolk et de trois destroyers, il reprend le 22 en  compagnie de son sister-ship Howe, du croiseur lourd Berwick et de six destroyers pour couvrir le convoi JW-53 (25 navires marchands ayant quitté le Loche Ewe le 15 février suivit le lendemain par trois navires qui forment un temps le convoi JW-53B), le temps est épouvantable et plusieurs navires sont endommagés.

Le groupe de couverture se met en position le 24 mais dès le 25 il met cap sur Akureyri où il arrive le lendemain moins le Berwick qui à été détaché à Hvalfjord.

Le 2 mars il reprend la mer en compagnie de son sister-ship Howe, du croiseur léger Glasgow et de six destroyers toujours pour une mission de couverture de convoi en l'occurrence le RA-53, un convoi de 30 navires marchands ayant quitté Kola Inlet le 1er mars pour rallier non sans mal le Loch Ewe le 14. Le groupe se met en position le 4, reste présent quelques heures avant de rallier Scapa Flow le 6 mars.

Le 18 mars, le roi George VI visite pour la deuxième fois la Home Fleet, étant accueillit à bord du HMS King George V par l'amiral Tovey. Après avoir visité d'autres navires, le père de l'actuelle reine de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord quitte Scapa Flow le 21 non sans avoir ordonner Splice the Mainbrace ce qui signifiait la distribution d'une ration supplémentaire de rhum.

Le 14 avril 1943 l'amiral Tovey hisse sa marque sur le Duke of York pour permettre au HMS King George V de rallier Rosyth le 15 pour une période de travaux qui va l'immobiliser du 15 au 30 soit un délai extrêmement court. Il est de retour à Scapa Flow le 1er mai 1943.

La Méditerranée pour changer
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Le HMS King George V vu depuis le HMS Anson

Au printemps 1943 la guerre à clairement tourné en faveur des alliés puisque dans le Pacifique la campagne d'usure de Guadalcanal à tourné en la faveur des américains, sur le front russe les allemands ont subit une cuisante défaite à Stalingrad et en Méditerranée, les alliés se préparent à prendre pied en Italie considéré comme le maillon faible de l'Axe.

Comme la Regia Marine conserve encore de beaux restes, un renfort en cuirassés est envoyé en Méditerranée sous la forme du HMS King George V qui appareille le 1er mai 1943 en compagnie de trois destroyers  direction la Méditerranée, arrivant à  Gibraltar pour intégrer la force H. Il arrive sur place le 6.

Présent à Alger le 12 juin 1943, il est à nouveau visité par le roi George VI qui comme son père avait envisagé une carrière dans la marine.

Le 5 juillet 1943 il appareille de Gibraltar en compagnie de son sister-ship Howe et de huit destroyers direction Alger. Le lendemain il retrouve au large d'Oran les cuirassés HMS Nelson et Rodney, le porte-avions Indomitable et leurs sept destroyers d'escorte.

Rentrés à Alger le 8, les deux cuirassés reprennent la mer en compagnie des croiseurs légers Dido et Sirius ainsi que de six destroyers pour prendre position entre la Sardaigne et la Sicile et empêcher toute interférence de la marine italienne dans le débarquement allié en Sicile (opération  HUSKY) qui est déclenché le 10 juillet 1943.

Le 10 au soir, les HMS King George V et le Howe bombardent le port de Trapani et les îles Favignana et Levanzo. C'est l'opération FRACTURE, une diversion pour faire croire à un débarquement allié sur la côte occidentale de la Sicile. Pour renforcer la diversion les croiseurs légers bombardent Marsala au même moment. Les bombardements continuent jusqu'au 12, la force Z restant en position jusqu'au 13, ralliant Alger le 14.

Initialement les deux cuirassés devaient retourner en mer du Nord mais l'amiral Cunningham à obtenu que les deux «35000 tonnes» restent en Méditerranée, pour participer à l'opération AVALANCHE, le débarquement dans le golfe de Salerne.

Les événements s'accélèrent alors. Le 25 juillet 1943 Mussolini est renversé puis arrêté, remplacé comme premier ministre par le maréchal Badoglio qui entame aussitôt des négociations pour sortir l'Italie de la guerre.

L'Italie se rend le 3 septembre 1943 mais l'événement n'est rendu publique que le 8 septembre 1943, date de l'opération AVALANCHE. Toujours le 3 septembre 1943 la 8ème Armée à franchit le détroit de Messine et s'est implanté à Reggia di Calabria (opération BAYTOWN) et ainsi alléger les défenses à Salerne.

Dans le cadre de l'opération SLAPSTICK, la ville de Tarente est occupée par la 1ère division aéroportée britannique qui est transportée par le mouilleur de mines HMS Abdiel les croiseurs HMS Aurora Penelope Sirius Dido ainsi que le USS Boise, le tout couvert par les cuirassés King George V et Howe depuis Malte. L'opération décidée le 5 septembre est déclenchée le 9.

Très vite le King George V est détaché pour accompagner les navires italiens à Malte où ils arrivent tous le 10. D'autres navires italiens arrivent dans l'île-forteresse le lendemain.  Le 14 il reprend la mer pour accompagner les navires italiens à Alexandrie.

On trouve les cuirassés Vittorio Veneto Italie (ex-Littorio), Caio Duilio, Andrea Doria et Ggiulio Cesare ainsi que les croiseurs légers Eugenio di Savoia, Emanuele Filiberto Duca d'Aosta, Raimondo Montecuccoli et Luigi Cadorna. Ils arrivent à destination le 17. Quelques navires vont rester en service et reprendre la lutte mais les cuirassés vont rester à l'ancre.

Le 25 septembre 1943 les cuirassés King George V et Howe quittent Alexandrie pour Alger, arrivant à destination avec leur escorte le 29.

Le 13 octobre 1943, les cuirassés King George V et Howe, les porte-avions Illustrious et Formidable accompagnés par huit destroyers (un norvégien, trois américains et quatre britanniques) quittent Gibraltar pour la Grande-Bretagne.

L'escadre va se disperser à l'approche des îles britannique, le «KGV» et ses deux destroyers arrivant à Rosyth pour un petit carénage qui va l'immobiliser jusqu'au 14 novembre, date de son départ pour Scapa, le cuirassé et ses deux destroyers d'escorte arrivant à destination en fin de journée (il avait appareillé à 00.30).

Mer du Nord me revoilà !
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Le HMS King George V à la mer à bonne vitesse

Enfin pas tout à fait car le 7 décembre 1943 il quitte Scapa Flow en compagnie de trois destroyers pour embarquer le premier ministre Winston Churchill à Gibraltar et le ramener en Grande-Bretagne après les conférences du Caire et du Téhéran. Le cuirassé arrive à Gibraltar le 12 mais le Bouledogue à été mis hors jeu par une pneumonie.

Le cuirassé accompagné du croiseur lourd London reprend la mer le 17 en compagnie de destroyers basés sur le Rocher qui sont relevés dans l'Atlantique par d'autres destroyers qui s'étaient ravitaillés aux Açores. Il arrive à Scapa Flow le 24 décembre 1943 et ne reprend pas la mer avant la fin de l'année.

Le 8 janvier 1944 il reprend la mer avec deux destroyers direction Gibraltar pour ramener Winston Churchill en Grande-Bretagne. Il arrive à destination le 14, se ravitaille embarque le premier ministre et son entourage. Il arrive à Plymouth le 18 où ses hôtes débarquent puis met cap sur Scapa où il arrive le 21 janvier 1944.

Il quitte les Orcades le 9 février pour Liverpool où il arrive le lendemain pour des travaux qui vont l'immobiliser jusqu'au 31 juillet date de son départ pour les Orcades.

Ces travaux menés par Cammel Laird doivent préparer le déploiement du cuirassé au sein de l'Eastern Fleet. Outre une remise en état complète, les installations d'hydraviation sont mises à terre et l'espace récupéré va accueillir une nouvelle superstructure rassemblant toute la drome. La DCA est modernisée et renforcée, l'électronique mise à jour avec de nouveaux radars.

Arrivé à Scapa Flow le 1er août 1944, il poursuit les travaux durant tout le mois d'août. Le 17 octobre 1944 il relève le Rodney comme navire-amiral de la Home Fleet. Ce n'est que très provisoire puisque le 24 il est relevé par le porte-avions Implacable.

Le 28 octobre 1944 il quitte Scapa Flow direction la Clyde où il arrive le jour même. A Greenock il est visité par le roi, la reine et les princesses Elizabeth et Margareth. Il reprend la mer le 30 octobre 1944 direction Gibraltar, première étape d'un long voyage vers l'Asie du Sud-Est.

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Le HMS King George V à Alexandrie durant son transit en direction du Pacifique

Il est à Gibraltar les 3 et 4 novembre, à Malte du 6 au 10, à Alexandrie les 12 et 13, bombarde l'île de Milos le 14 avant de revenir à Alexandrie le lendemain. Il reprend la mer le 1er décembre, franchit le canal de Suez, descend la mer Rouge et l'Océan Indien pour arriver à Colombo le 19. Il reprend la mer le 21 pour rallier Trincomalee où il rejoint officiellement la Flotte Orientale

L'Extrême-Orient et le Pacifique pour finir la guerre
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Le HMS King George V à Apra Harbor (Guam)

Le 1er janvier 1945 il intègre officiellement la British Pacific Fleet (BPF) sous le commandement de l'amiral Fraser, le vainqueur du Scharnhorst lors de la bataille du Cap Nord. Cette flotte doit notamment participer à l'invasion du Japon métropolitain.

Le 16 janvier il appareille en compagnie des porte-avions Indomitable, Victorious, Indefatigable et Illustrious mais aussi des croiseurs légers Black Prince Argonaut Euryalus Ceylon et de neuf destroyers pour participer à l'opération Meridian 1, des frappes aériennes sur les raffineries de Pladjoe et Palembang situées sur l'île de Sumatra.

Elle se ravitaille le 20 dans des conditions difficiles avant de rallier ses objectifs mais le temps empêche le décollage des appareils. Ce n'est que le 24 janvier 1945 que l'opération peut être lancée. La mission est un succès pour la perte de six Corsair, un Hellcat et deux Avenger. Le lendemain la TF-63 se ravitaille à nouveau, ravitaillement qui va se poursuivre le 26, 27 et 28.

Les opérations reprennent le 29 toujours dans des conditions météorologiques difficiles. Les japonais réagissent timidement, un Mitsubishi Ki-46 étant abattu par les Supermarine Seafire assurant la protection rapprochée de l'escadre. Le bilan pour ce raid est de sept appareils perdus.

Dans la matinée de nouveaux avions japonais sont signalés qui sont repoussés par la chasse, un Corsair du Victorious est porté manquant. Une nouvelle attaque menée par les japonais se termine par la destruction des sept appareils sans dégâts sur les navires visés.

A 12.03 durant l'attaque, le porte-avions Illustrious est touché par deux obus de 133mm de l'Euryalus qui provoquent la mort de 12 hommes et en blesse 21 autres.

Le lendemain 30 janvier 1945 la TF-63 commence son ravitaillement auprès de la TF-69. Il s'achève en fin de soirée et la TF-63 met cap sur Fremantle où elle arrive le 4 février 1945 à l'aube.

Les navires sont alors répartis en deux groupes occasionnels, le groupe occasionnel Able (porte-avions HMS Indomitable Illustrious Indefatigable croiseurs légers HMS Argonaut Black Prince et cinq destroyers) et le groupe occasionnel Baker (cuirassé HMS King George V porte-avions HMS Victorious croiseur léger HMS Euryalus et cinq destroyers).

Si le premier groupe appareille pour Sydney le jour même, le second prend la mer le lendemain pour la même destination. Durant le transit (6 au 10 janvier 1945), les navires s'entrainant intensivement. Le lendemain le groupe Baker arrive à Sydney.

Pour se conformer à l'usage et à la procédure américaine, les cuirassés, porte-avions, croiseurs et destroyers forment une TF-113 alors que le train d'escadre forme la TF-112.

Le 28 février 1945 à 08.30 le cuirassé HMS King George V quitte Sydney en compagnie de son sister-ship Howe, du porte-avions HMS Unicorn (navire mis en service comme navire de maintenance aéronautique mais surtout utilisé comme porte-avions), des croiseurs légers HMS Argonaut Black Prince  Gambia et Euryalus ainsi que de onze destroyers.

L'escadre retrouve les porte-avions de la BPF pour s'entrainer aux opérations combinées et préparer de futures opérations contre le Japon. La flotte britannique fait escale à Seeadler Harbour (Manus) du 8 au 11 mars.

Les exercices reprennent le lendemain, exercices dont sont exclus les deux cuirassés de classe King George V qui ne reprennent la mer pour l'entrainement que pour le 15.  

Une telle période d'entrainement aussi longue s'explique à la fois par la nécessité de préparer des navires pour des opérations communes avec les américaines mais aussi parce que les américains ont été longtemps réticents à voir les britanniques s'engager à leurs côtés avec des moyens nettement plus faibles, la Royal Navy connaissant de sérieuses pénuries en terme de navires, de carburant, de munitions et de personnels. Le 15 mars, l'amiral King donne son accord à l'engagement de la BPF aux côtés de la TF-38/58.

Le 18 mars à 06.30, la 1ère division de ligne appareille de Seeadler Harbour. On trouve les cuirassés King George V et Howe, les croiseurs légers Swfitsure Argonaut Gambia le tout couvert par cinq destroyers. Elle doit rallier Ulithi en compagnie des porte-avions qui sont retardés par des problèmes techniques. Une fois en mer les navires continuent leur entrainement en mer. Ils arrivent à destination le 20 mars 1945.

Le 23 mars les navires britanniques qui forment désormais la TF-57 appareillent direction Okinawa pour participer à l'opération ICEBERG, le débarquement mené à Okinawa, dernière opération amphibie du conflit.

La Task Force 57 se ravitaille à la mer le 25 et les porte-avions lance leurs premières opérations le lendemain contre les aérodromes d'Ishigaki sur l'île d'Ishigaki-Shima et celui de Miyako sur l'île Miyako-Jima. Le 28 les premiers débarquement ont lieu à Kerama mais le jour J de l'opération aura lieu le 1er avril 1945.

Le 27 mars il était prévu une mission de bombardement naval menée par les cuirassés contre Ishigaki mais le mauvais temps (typhon) provoque l'annulation de cette mission. Dans l'après midi après la récupération des derniers avions, la TF-57 met cap au sud-est pour se ravitailler, opération qui  à lieu du  28 au 30 mars .

Le 1er avril 1945  l'opération ICEBERG est donc lancée, les porte-avions se préparant à lancer leurs appareils contre les cibles prévues. Le programme est bouleversé par des attaques aériennes japonaises mais ces attaques ne sont que des piqures d'épingle sauf peut être pour l'Indefatigable qui est touché par un kamikaze mais à la différence des porte-avions américains il pourra reprendre après quelques heures de réparations.

Faute de menace de surface, les cuirassés britanniques vont servir surtout de batterie lourde de DCA au profit des porte-avions et de batterie d'appui-feu pour les troupes au sol. Ils vont également mener des missions de bombardement qui ne sont pas directement liées aux opérations militaires au sol. La sous-utilisation du HMS King George V et de son sister-ship inquiète le haut-commandement britannique qui craint une démoralisation des équipages.

La TF-57 se ravitaille à la mer les 4 et 5 avril 1945, un ravitaillement partiel notamment pour les cuirassés qui n'ont leurs soutes pleines qu'à 50%. Un nouveau ravitaillement à lieu les 8 et 9 avril.

Les 11 et 12 avril 1945 la TF-57 doit cibler les aérodromes de Matsuyama et Shinchiku avant de se ravitailler les 14 et 15 puis de rallier Leyte le 16. Finalement les opérations sont prolongées le 16, le King George V continuant à couvrir les porte-avions qui bombardaient les aérodromes. Le 17 avril le premier «35000 tonnes» britannique ouvre le feu contre des avions ennemis ou du moins ce qu'il pensait être. En réalité il s'agissait d'un réservoir supplémentaire largué par un Corsair.

La TF-57 se ravitaille à la mer les  18 et 19 avril 1945 avant de reprendre les opérations jusqu'au 22 avril quand elle met le cap sur Leyte où les navires britanniques arrivent le lendemain. Les navires sont réparés et ravitaillés en attendant de nouvelles opérations toujours liées à l'opération ICEBERG.

Le 1er mai 1945 la TF-57 reprend la mer avec la 1ère division de cuirassés (King George V et Howe), la 1ère division de porte-avions (Indomitable Victorious Formidable Indefatigable), la 4ème division de croiseurs (Swiftsure Euryalus Black Prince Uganda et Gambia) et deux flottilles de destroyers regroupant onze navires. Le 3 mai les navires de combat sont ravitaillés.

Les opérations reprennent le 4 mai avec toujours comme principales cibles les aérodromes pour neutraliser définitivement la menace kamikaze. Les cuirassés continuent de couvrir les porte-avions.

A 10.00 un groupe de bombardement est détaché de la TF-57. Il se compose des cuirassés HMS King George V et Howe, des croiseurs HMS Swiftsure Gambia Euryalus Black Prince et Uganda et six destroyers.  

Les canons de 14 pouces des cuirassés bombardent l'aérodrome d'Hirara, tirant 77 obus de 14 pouces et 188 obus de 5. 25 pouces (obus venant des cuirassés et des croiseurs légers antiaériens).

Dans l'après midi la force de bombardement retrouve les porte-avions. Les 6 et 7 mai 1945 la TF-57 se ravitaille à la mer tout comme les 10 et 11 mai,  les 13 et 14 mai, les 18 et 19 mai et les 22 et 23 mai 1945.

Le 25 mai le cuirassé HMS King George V est détaché de la TF-57 en compagnie des destroyers HMS Troubridge Tenacious Termagant pour rallier Guam où le cuirassé arrive à Apra Harbour le 28. Le vice-amiral Rawlings est invité à diner par l'amiral Nimitz, politesse rendu le lendemain.

Le cuirassé reprend la mer le 30 mai direction Manus pour permettre la relève de l'escorte des destroyers, le cuirassé étant lui ravitaillé à la mer. Il arrive à Sydney le 5, le reste de la BPF arrivant le lendemain. Les navires doivent être réparés et ravitaillés, les équipages reposés. L'accueil des habitants de Sydney est chaleureux et nombre de marins peuvent dormir chez l'habitant.

Le 28 juin 1945, la TF-37 (nouvelle désignation de la TF-57) commence à quitter Sydney en ordre dispersé avec le King George V suivit des  porte-avions Formidable Implacable Victorious et de ses destroyers, des croiseurs légers Black Prince Euryalus Uganda Newfoundland et de sept destroyers.  

Comme à chaque fois le transit est l'occasion d'entrainer l'équipage, entrainements qui peuvent solitaires ou en groupe. Pour le KGV l'accent est mis sur le bombardement naval et la défense aérienne à la mer.

Le 4 juillet 1945 le HMS King George V arrive à Seeadler Harbour sur l'île de Manus bientôt suivit par le reste de la TF-37. La journée du lendemain est consacrée au ravitaillement des navires et à la préparation des futures opérations.

La TF-37 reprend la mer le 6 juillet pour de nouvelles opérations. Comme de coutume le transit est l'occasion de perfectionner, de peaufiner l'entrainement. Le 7 juillet le destroyer HMS Barfleur se ravitaille auprès du King George V. Du 13 au 15 juillet 1945 la Task Force britannique se ravitaille auprès des pétroliers.

A cette époque la TF-37 comprend un cuirassé, quatre porte-avions, huit croiseurs légers et dix-huit destroyers. Elle doit détruire les forces japonaises et affaiblir l'infrastructure militaire nippone sur son territoire métropolitaine. Ces opérations doivent préparer l'opération OLYMPIC, le débarquement planifié dans le sud de l'île de Kyushu.

Le 17 juillet 1945 chose impensable quelques années plus tôt, les porte-avions britanniques bombardent les aérodromes de Senda et de Matsushima. Dans l'après midi le King George V et trois destroyers sont détachés de la TF-37 pour rejoindre la Task Unit TU 34.8.2.

Cette TU comprend également les cuirassés américains USS Iowa Missouri Wisconsin North Carolina Alabama, les croiseurs USS Dayton et Atlanta et huit destroyers (nombre porté à onze avec les destroyers britanniques).

Dans la nuit du 17 au 18 juillet, ce groupe occasionnel bombarde les régions de Mito et d'Hitachi sur l'île de Honshu. La couverture aérienne nocturne est assurée par le USS Bonhomme Richard (CV-31)  et ses appareils.

Le bombardement commence à 23.10, les cuirassés tirant 1797 obus de gros calibres dont 267  pour le seul «KGV» qui détruisent des usines de sidérurgie et de cuivre, achevant une industrie japonaise passablement affaiblie. Le bombardement cesse à 01.10 et les navires britanniques sont détachés pour retrouver la TF-37 qui le lendemain reprend les attaques depuis les porte-avions.

Du 20 au 22 juillet la TF-37 se ravitaille auprès des pétroliers avant de reprendre le chemin des opérations. Le HMS King George V reprend sa mission de protecteur des porte-avions contre une possible intervention aérienne japonaise (ce qui reste de l'orgueilleuse marine impériale est bloqué au port à cause de la pénurie de mazout).

Les 26 et 27 juillet nouveau ravitaillement à la mer, le King George V se ravitaillant auprès de l'Olna non pas à couple mais par le ravitaillement en flèche. Les opérations reprennent  le lendemain 28 juillet 1945.

Le 29 juillet 1945 à 12.00, le HMS King George V accompagné par trois destroyers forme une TU.37.1.2 pour retrouver à nouveau la Task Unit 34.8.1 pour une nouvelle opérations de bombardement cette fois-ci de la région d'Hamamatsu. Cette fois la TU américaine est composée des cuirassés USS South Dakota Indiana Massachussetts, des croiseurs lourds USS Quincy Chicago Saint Paul Boston et de dix destroyers.

Le cuirassé britannique ouvre le feu à 23.19 exactement, tirant 265 obus de 14 pouces avec seulement sept coups au but ! Le tir cesse dès 23.56 et le cuirassé de Sa Majesté met cap à l'est direction la TF-37 qu'il retrouve à l'aube le 30 juillet 1945.

Le 31 juillet nouveau ravitaillement à la mer, le cuirassé se ravitaillant toujours en flèche qui permet de transférer 762 tonnes de carburant par heure sachant que le cuirassé embarque 3719 tonnes (3525 utilisables).

Le cuirassé recomplète également ses soutes à munitions avec 80 obus et 64 gargousses. Le ravitaillement est achevé le 3 août 1945 et la TF-37 reprend le chemin des opérations.

Les opérations sont néanmoins suspendues le 4 août car on ignore encore l'impact que pourrait avoir la bombe A sur des navires de guerre. Un nouveau ravitaillement à la mer à lieu les 6 et 7 août et les opérations peuvent reprendre le 8 du moins en théorie car le mauvais temps et le manque cible pousse les navires britanniques si l'on peut dire au chômage technique. Un nouveau ravitaillement à lieu les 13 et 14 août 1945

Le USS King George V se ravitaille auprès du pétrolier américaine USS Sabine avec de l'autre côté du pétrolier le USS Missouri (BB-63) sur lequel se tenait l'amiral Halsey qui fit tendre une tyrolienne entre son cuirassé et le cuirassé britannique pour prendre un verre avec le vice-amiral Rawlings.

A l'issue de ce ravitaillement, les navires britanniques encore présents (cuirassé King George V, porte-avions Indefatigable, croiseurs Gambia et Newfoundland plus 10 destroyers) forment le TG 38.5 ce qui symbolise leur pleine intégration à la TF-38 commandée par le vice-amiral John S. McCain.

Le 15 août à 9h00 les opérations sont suspendues après le lancement par l'Indefatigable des dernières opérations de l'aéronavale nippone qui se heurte aux derniers avions japonaises. Un Seafire et un Avenger sont abattus, le pilote du Seafire étant capturé et exécuté par les japonais après le cessez-le-feu.

A  11.20 signale la fin des hostilités, fin célèbrée par une distribution de rhum. La destruction d'un Yokosuka D4Y Judy par des Corsair oblige les marins à maintenir une certaine vigilance pour éviter d'ultimes actions de la part de japonais refusant la défaite.

Le King George V reste déployé à 150 miles au sud-est de Tokyo avec d'autres navires pour préparer l'occupation du Japon et la signature de la capitulation. Un accord est trouvé le 19 août, les navires alliés étant autorisés à pénétrer en baie de Tokyo le 26 août (L-Day). Le mauvais temps obligera les alliés à mouiller en baie de Sagami Wan le 28 et de débarquer au Japon le 30.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_ki22
Where is George ?

Pour préparer l'entrée en baie de Tokyo les navires britanniques forment la TF-37. Seule exception le Duke of York et ses deux destroyers qui forment le TG.30-2. Finalement l'entrée en baie de Sagami à lieu dès le 27 et le débarquement est donc mené à bien le 29 août 1945.

Le HMS King George V qui était à la mer non-stop depuis le 6 juillet 1945 à parcouru 19200 miles nautiques, un record pour un cuirassé britannique. Des Royal Marines sont mis à terre pour saisir les forts défendant le détroit d'Uraga et pour saisir et occuper la base navale de Yokosuka.

Il était toujours en baie de Tokyo lors de la cérémonie du 2 septembre 1945 qui met fin officiellement au second conflit mondial, six ans et un jour après l'invasion de la Pologne par les allemands.

Crépuscule

Le 5 septembre le HMS King George V et les autres navires britanniques repassent sous les ordres de la Royal Navy. Le 8 septembre, un détachement de Royal Marines provenant du cuirassé assure la sécurité de l'ambassade de Grande-Bretagne à Tokyo.

L'Union Jack n'y sera hissé que le 17 par un marine venant du croiseur Newfoundland dont le détachement de RM avait relevé celui du KGV.

En janvier 1946 il quitte définitivement l'Asie et le Pacifique après un ultime escale à Hobart. Durant son transit il fait relâche au Cap.

Arrivé à Portsmouth le 6 mars 1946, il devient le navire-amiral de la Home Fleet, rôle qu'il va assurer jusqu'en 1950 quand il est mis en réserve. Jamais réarmé, il est rayé des registres en 1957 puis vendu à la démolition le 20 janvier 1958. Le démantèlement qui à lieu à Troon en Ecosse est achevé en mai 1959.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyLun 05 Avr 2021, 22:22

Le HMS Prince of Wales
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Le HMS Prince of Wales au mouillage

Présentation

Le sister-ship du HMS King George V est commandé au titre du programme naval de 1937.

-Le HMS Prince of Wales (53) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird & Company Ltd sis à Birkenhead le 1er janvier 1937 lancé le 3 mai 1939 et commissioned le 19 janvier 1941 sachant qu'il n'à été complété que le 31 mars 1941.

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Armoiries du prince de Galles

C'est le sixième navire à porter ce nom celui d'un titre nobiliaire prestigieux puisque depuis 1301 c'est le titre porté par l'héritier au trône d'Angleterre puis de Grande-Bretagne. Le premier à le porter est le fils d'Edouard 1er Longshanks futur Edouard II d'Angleterre.

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Le Prince Charles

Le titulaire est le fils ainé d'Elisabeth II et du prince Philipp. Né le 14 novembre 1948, Charles Philip Arthur George à été officiellement fait Prince of Wales and Earl of Chester le 26 juillet 1958, prêtant serment à Caernavon le 1er juillet 1969. Depuis le 9 septembre 2017 il est celui qui à occupé le plus longtemps ce titre.

Il succède à un navire de ligne de 3ème classe de 74 canons lancé en 1765 et démoli en 1783, un navire de ligne de 2ème classe de 98 canons lancé en 1794 et démoli en 1822, un navire de transport armé de 38 canons acquis en 1795 (date de fin inconnue), un navire de ligne de 1ère classe de 121 canons à hélice lancé en 1860, converti en navire d'entrainement et rebaptisé HMS Britannia en 1869 (ponton en 1909, vendu à la démolition en 1914 et démoli deux ans plus tard) et un cuirassé de classe London en service du 18 mai 1904 au 10 novembre 1919 (démoli en 1920).

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Le HMS Prince of Wales (R-09)

Un septième navire porte ce nom en l'occurrence un porte-aéronefs de classe Queen Elizabeth mis en service le 10 décembre 2019.

Le cuirassé portait à sa mise en service les battle honours «ST LUCIE 1778 GRENADE 1779 GROIX 1795 BALTIQUE 1807 DARDANELLES 1915» auxquels il à ajouté «BISMARCK 1941 et CONVOIS MALTE 1941»

Le Moto du cuirassé est "Ich Dien" (Je sers)

Carrière opérationnelle

Début de carrière
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Winston Churchill à bord du Prince of Wales

L'achèvement du cuirassé à été retardée de trois mois en raison d'un bombardement allemand mené dans la nuit du 8 au 9 août 1940. Une bombe de 250kg (130kg de charge militaire) était tombé entre le cuirassé au mouillage et la paroi d'un bassin à tribord, bombe qui explosa sous l'eau provoquant une sévère voie d'eau en partie provoquée par le fait que les pompes n'étaient pas encore opérationnelles. Le sister-ship du King George V du retourner au bassin pour réparations.

Ce fût l'une des causes du retard sans oublier des problèmes au niveau de l'artillerie principale. Pour compenser ce retard, les essais furent raccourcis au maximum, certains étant même purement et simplement supprimés.

Le cuirassé est commissioned le 19 janvier 1941 et entame ses essais avec seulement la moitié de son équipage. Devant la menace des bombardements allemands sur Liverpool, décision est prise de déplacer le cuirassé à Rosyth. Il quitte la Mersey le 28 janvier avec à son bord des ouvriers travaillant sur l'artillerie principale.

Escorté par le croiseur léger antiaérien HMS Curacoa et le destroyer HMS Highlander, il profite pour tester son artillerie. Le lendemain le cuirassé, le croiseur et le destroyer sont rejoints par le croiseur léger HMS Nigeria et par les destroyers HMS Inglefield Maori et Nizam venus de Scapa Flow. De nouveaux essais de tirs sont menés au large du Cap Wrath.

Le 30 janvier 1941 la petite escadre arrive à Rosyth. Il va achever son armement et sa mise au point, recevant notamment différents radars (type 281 pour la veille air avec une capacité limitée de conduite de tir, type 284 pour le conduite de tir de l'artillerie principale, quatre type 285 pour la conduite de tir de l'artillerie secondaire).

Le 24 mars 1941 le cuirassé appareille pour Scapa Flow escorté par trois destroyers avec toujours des ouvriers à son bord. Il arrive sur place le lendemain et entame aussitôt sa mise en condition opérationnelle. Il est officiellement considéré comme achevé le 31 mars 1941 au grand soulagement de l'Amirauté qui craignait de ne pouvoir faire face au duo Bismarck/Tirpitz.

Est-il pour autant pleinement opérationnel ? C'est moins sur puisque comme je l'ai dis plus haut nombre de tests ont été supprimés ou réduits au strict minimum. De plus l'artillerie de 14 pouces devient une véritable bête à chagrin pour les artilleurs britanniques ce qui explique le maintien à bord des ouvriers de Vickers Armstrong pour régler les problèmes qui surviennent régulièrement.

Le 27 avril la dernière des trois tourelles de 14 pouces est acceptée et l'entrainement des artilleurs peut vraiment commencé. Cette artillerie bénéficie d'une suite radar complète avec notamment neuf radars de conduite de tir pour l'artillerie antiaérienne.

Les essais se poursuivent durant tout le mois de mai et si le 21 mai 1941 le cuirassé est considéré comme pouvant participer à des opérations de guerre, de nombreux problèmes de mise au point persistent. Il n'est de toute façon plus question de tergiverser car le «PoW» va bientôt connaître son baptême du feu et un baptême du feu historique.

Et le Hood explosa...... .
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Le HMS Prince of Wales le 24 mai 1941

Le déclenchement de la seconde guerre mondiale en septembre 1939 avait surpris la Kriegsmarine dans un état de faiblesse dramatique avec seulement cinq cuirassés en service et encore des navires nettement moins puissants que ceux des franco-britanniques. Un plan de construction pharaonique à bien été lancé, le Plan Z (NdA à ce titre je vous recommande le livre de Pascal Colombier sur le sujet) mais ce plan qui à mon sens aurait été difficile à réaliser en temps de paix devient impossible à réaliser en temps de guerre.

La Kriegsmarine choisit une stratégie du faible au fort et va lancer ses grosses unités (cuirassés et croiseurs lourds) dans des croisières rappelant la guerre de course du temps de la marine à voile pour tenter d'affaiblir l'ennemi en provoquant des dommages insupportables à son commerce.

Ces opérations se soldent par des résultats mitigés avec des échecs comme la croisière de l'Admiral Graf Spee mais aussi des réussites comme l'opération Berlin qui voit l'engagement des «Ugly Sisters», les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau.

Les deux frères jumeaux quittèrent l'Allemagne le 22 janvier 1941, franchirent le détroit du Danemark le 4 février 1941, attaquant des convois et des navires isolés. Rentrant à Brest le 23 mars ils avaient coulé 21 navires pour un tonnage de 110000 tonneaux.

Plus intéressant cette croisière avait été une parfaite illustration du concept d'action réciproque (Wechselwirkung) théorisé par l'amiral Raeder.

Non seulement les U-Boot avaient profité de la désorganisation du dispositif britannique en coulant d'autres navires mais en plus la force H basée à Gibraltar avait été attirée puis bloquée dans l'Atlantique ce qui l'avait empêché de bloquer le passage en Afrique du Nord de l'Afrikakorps.

L'action réussie menée par des croiseurs de bataille armés de neuf canons de 280mm en trois tourelles triples rend les allemands optimistes et les poussent à envoyer dans l'Atlantique leur nouveau fleuron, le cuirassé Bismarck (45000 tonnes, 30 nœuds, huit canons de 380mm en quatre tourelles doubles) en compagnie du croiseur lourd Prin Eugen (17000 tonnes, 32 nœuds, huit canons de 203mm en quatre tourelles doubles).

Cette nouvelle croisière est à nouveau confié à l'amiral Lutjens qui avait commandé l'opération BERLIN. Le commandement du Bismarck est confié au capitaine Lindemann alors que le Prinz Eugen est commandé par le capitaine Brikmann.

Le 19 mai les deux navires allemands appareillent. Plutôt que de passer par le canal de Kiel, le haut-commandement à choisit la voie des détroits danois. Le 20 mai le croiseur suédois Gotland repère les deux navires et l'information parvient jusqu'à Londres via le gouvernement norvégien en exil.

Les britanniques qui savent les deux navires en mer du Nord pensent qu'ils vont d'abord se ravitailler en Norvège avant de tenter le délicat passage dans l'Atlantique. Le 21 mai un Spitfire de reconnaissance repère le cuirassé et le croiseur lourd dans le Korsfjord près de Bergen. Tous les navires disponibles de la Home Fleet sont mis en alerte à 2h d'appareillage. Une nouvelle mission de reconnaissance est envoyée mais ne trouve qu'un fjord vide.

L'amiral Tovey prend les devants, envoyant dans le détroit du Danemark d'abord les croiseurs lourds HMS Suffolk et Norfolk pour servir de sentinelles et surtout une escadre pour empêcher les deux navires allemands de passer dans l'Atlantique.

Le 22 mai à 01.00 du matin, le croiseur de bataille HMS Hood appareille en compagnie du HMS Prince of Wales et de six destroyers les HMS Electra Achates Antelope Anthony Echo et Icarus. Cette escadre est commandée par l'amiral Holland.

Cela n'était qu'un élément d'un dispositif très important avec les croiseurs HMS Birmingham et Manchester déjà en position entre l'Islande et les Féroé pendant que l'amiral Tovey en personne prenait la mer à bord de son navire amiral, le cuirassé King George V accompagné par le porte-avions Victorious, les croiseurs Galatea Aurora Kenya et Hermione et 7 destroyers. Plus tard, le Repulse renforça le dispositif britannique.

A 19.22 le 23 mai 1941 le croiseur Suffolk signale le cuirassé allemand à 7 miles nautiques dans le nord-nord est puis peu après le croiseur lourd. Malheureusement la glace empêche le message d'être envoyé et ce n'est qu'à 23.02 que le message peut être envoyé.

A 20.30, le sister-ship du Suffolk le HMS Norfolk fût repéré, se trouvant à six miles du Bismarck qui fit aboyer à 20.37 ses canons de 380mm, six salves encadrèrent dangereusement le croiseur qui parvint à se dérober. Les deux «thinclad battleship» (cuirassés en fer blanc) continuèrent leur filature alors qu'Holland se trouvait à 300 miles nautiques et Tovey à 600 miles nautiques.

Le tir du Bismarck avait mit hors service son radar et Lütjens ordonna au Prinz Eugen encore équipé d'un radar fonctionnel prit la tête de la formation

Quand le cuirassé et le croiseur lourd sont repérés, l'escadre britannique se situé à 300 miles nautiques plus au sud. Le Hood et les autres navires accélèrent à 27 nœuds, l'amiral Holland prévenant les destroyers qu'il ne ralentira même si ces derniers ne pouvaient suivre cette vitesse.

Aux premières heures du 24, l'ennemi est signalé à 120 miles nautiques de l'escadre britannique et peu après la vitesse est réduite à 25 nœuds.

A 00.15 les navires se préparent à combattre, le contact devant se faire à 01.40 du matin mais à 00.28 un message des croiseurs signale à l'amiral Holland qu'ils ont perdu le contact avec le duo allemand.

A 02.03 les destroyers sont détachés au nord pour une mission de recherche avant un ravitaillement à Hvalfjord. Les deux navires de ligne poussent à 26 puis à 27 nœuds. Le temps est exécrable, la visibilité de ne dépassant pas cinq miles nautiques.

Le plan de bataille à été entre-temps précisé  : au Hood et au Prince of Wales le Bismarck, au Norfolk et au Suffolk le Prinz Eugen. Le contact est repris par le HMS Suffolk à 02.56 ce 24 mai 1941. Les navires ennemis se situent à 27432m plus au nord.

A 3.00, le Hood retrouva le Bismarck et le Prinz Eugen qui naviguaient à 35 miles nautiques dans le nord-ouest. A 4.00, la distance entre les protagonistes était réduite à vingt milles réduite à quinze milles une heure et quart plus tard.

Le Prinz Eugen en tête à 28 noeuds détecta des bruits d'hélices à l'aide de ses hydrophones au gisement 280. Le soleil se leva à 5.45 et les deux navires allemands repérèrent deux panaches de fumée à bâbord.

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Schéma du combat fatal au Hood

Le combat s'engagea sept minutes plus tard à 5.52 à une distance de 24000m, les anglais tirant les premiers suivis par le Prinz Eugen et le Bismarck qui ouvrirent le feu simultanément sur le Hood.

Trois minutes plus tard, le Prinz Eugen reçut l'ordre après sa sixième salve de tirer sur le Prince of Wales (5.59). Ce dernier avait immédiatement tiré sur le Bismarck, le Hood mettant quelques minutes à corriger son erreur et de reporter son tir sur le «Chancelier de fer».

Le Prinz Eugen plaça d'abord au but une salve qui alluma un vif incendie sur le pont des embarcations du Hood. Quelques minutes plus tard, la distance était tombée à 16500m et Holland avait alors ordonné une évolution du groupe vers bâbord destinée à améliorer le champ de battage défectueux de son artillerie.

C'est en pleine évolution qu'une salve du Bismarck frappa l'orgueil du Hood. Ce fût terrifiant, le croiseur de bataille se cassa en deux, une immense colonne de flammes et de débris monta vers le ciel.

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Et le Hood explosa.....

Secoué par une gigantesque explosion à 6.01, le bâtiment se cassa en deux et disparut en quelques instant entrainant la mort de tout l'équipage à l'exception de trois hommes (Bob Tilburn,Bill Dundas et Ted Briggs, le dernier survivant qui est mort le 4 octobre 2008) qui furent récupérés quatre heures plus tard par le destroyer Electra.

L'explosion fût si puissante que des témoins racontent qu'une tourelle de 380mm (pesant tout de même plus de 700 tonnes) fût purement et simplement projetée en l'air.

Il semble que les obus de 380mm du Bismarck aient touché la soute à munitions de 102mm qui en explosant provoquèrent la détonation des obus de 15 pouces. Une ultime salve fût tiré par le navire avant que la proue (la poupe avait déjà sombré) ne s'enfonce dans l'eau à 6.03 aux coordonnées suivantes : 63° 20' N 31° 50' W.

Le HMS Prince of Wales qui obéissait aux ordres de l'amiral Holland c'est à dire virer à bâbord du mettre barre à tribord pour éviter l'épave entrain de couler.

Le Norfolk tira également trois salves plus pour marquer le coup qu'autre chose. Le tir des navires allemands se reportèrent sur le Prince of Wales mais ce dernier dont l'artillerie n'était pas au point n'était pas le mieux placé pour arrêter le Bismarck.

Il encaissa successivement quatre obus de 380mm du Bismarck et trois obus de 203mm du Prinz Eugen. Un obus avait balayé la passerelle, tuant tout le personnel présent à l'exception du commandant Leach et d'un timonier. Les liaisons de barre, le radar, le sondeur et les circuits téléphoniques de la conduite de tir étaient rompus.

Un autre projectile détruisit le télépointeur de l'artillerie secondaire et un troisième frappa le Walrus au moment du catapultage. Au retour au port, un obus non explosé de 203mm fût retrouvé près des dynamos.

Maintenir le combat était du suicide et n'apporterait rien d'autre que la destruction d'un autre navire de ligne. Le commandant Leach qui avait gagné le poste de tir arrière ordonna la retraite à 6.13 derrière un écran de fumée, espérant participer à la poursuite avec les deux croiseurs lourds qui étaient restés prudemment à l'écart.

Le Bismarck et le Prinz Eugen avaient tiré respectivement 93 obus de 380 et 179 obus de 203mm, le cuirassé ayant été touché par trois obus du Prince of Wales, l'un d'eux ayant touché le navire à 5.53 et 5.55 avant même que le Bismarck ait ouvert le feu.

Pour un cuirassé encore en rodage et un équipage inexpérimenté (pour 80% de l'équipage il s'agissait d'un premier embarquement), c'était assez remarquable. Cependant des survivants du cuirassé ne reconnaissent pas que leur navire ait pu être touché avant d'ouvrir le feu et il est probable que nous ne connaitrons jamais la vérité.

De son côté le HMS Prince of Wales était passablement amoché. Il avait tiré 18 salves avec son artillerie principale et avait enregistré trois coups au but sur le cuirassé allemand. Il avait été donc touché à sept reprises, trois par des obus de 380mm et quatre par des obus de 203mm provoquant la mort de 13 marins tandis que neuf étaient blessés (l'un des blessés allait succomber le lendemain).

A 06.15, le contre-amiral Frederic Wake-Walker à bord du Norfolk ordonne au cuirassé de le rejoindre. A 07.40 nombre d'avaries ont été réparées et le cuirassé à retrouver un peu de vigueur.

A 08.00 un message électrise les marins britanniques : le Bismarck est en feu. Malheureusement ceux qui voulaient venger leurs camarades présents à bord du Hood doivent rapidement en rabattre : le Sunderland envoyé en reconnaissance repère le cuirassé mais aucune trace d'incendie visible.

En fin de matinée le temps se dégrade et l'amiral Wake-Walker ordonne de s'éloigner du cuirassé allemand dont il craint une attaque surprise. En réalité les allemands ont décidé de se séparer, le cuirassé devant mettre cap à l'ouest pendant que le croiseur lourd devait continuer vers le sud. Une première tentative infructueuse à lieu à 15.40 suivit d'une seconde réussie à 18.14.

Au même moment l'Amirauté interroge l'amiral Wake-Walker sur la capacité de combat de l'ennemi et de celle de ses navires. Il répond que le cuirassé allemand dispose encore d'une solide capacité de combat et qu'en plus l'état du cuirassé britannique est incompatible avec un nouvel affrontement sans l'aide d'autres cuirassés et croiseurs de bataille.

En début de soirée plusieurs échanges de tirs infructueux ont lieu entre les deux croiseurs lourds et le cuirassé britannique d'un côté et le cuirassé allemand de l'autre. Le Prince of Wales tire à 18.47 mais quasi-immédiatement deux canons de la tourelle A sont hors service. Les douze salves qui suivent n'enregistrent aucun coup au but. Détail intéressant le cuirassé allemand ne répond aux tirs du cuirassé britannique alors qu'à 18.40 il avait ouvert le feu sur le Suffolk (qui avait riposté). A noter que pour faire face à la menace sous-marine, les navires britanniques zig-zaguaient.

Dans la nuit du 24 au 25 mai les britanniques lancent tous leurs moyens pour retrouver le cuirassé allemand. A 00.20 le Prince of Wales refuse de suivre l'ordre donné par le Norfolk d'ouvrir le feu sur un navire présenté comme étant le Bismarck. Bien lui en prend car il s'agissait en réalité du cotre des garde-côtes américains Modoc. Ironie de l'histoire leur cible n'était situé qu'à six miles plus au sud.

Le contact est perdu à 04.01 et à 06.20 le Prince of Wales est détaché pour rejoindre le commandant en chef de la Home Fleet. A 10.47 une nouvelle position du cuirassé est transmise mais à cette époque le HMS Prince of Wales à court de carburant à reçu l'ordre de rallier le Hvalfjord pour se ravitailler. Durant le transit, les corps des marins tués sont immergés.

A 11.00 il prend contact avec les destroyers HMS Electra Anthony Echo et Achates venus d'Islande. La petite escadre renforcée par les croiseurs légers HMS Galatea et Aurora arrive le 27 mai à 05.30 pour se ravitailler et réparer les avaries de combat les plus problématiques. Le sister-ship du King George V à donc assisté de loin à la destruction du Bismarck. Reprenant la mer le 28, il arrive à Rosyth le 30 pour une véritable remise en état.

Méditerranée
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Le HMS Prince of Wales lors de la Conférence de l'Atlantique

Les réparations s'achèvent le 18 juillet 1941. Le lendemain à 06.00 du matin, le cuirassé escorté par les destroyers HMS Active Achates et Icarus quitte Rosyth pour Scapa Flow où il arrive à 19.30. Il reprend l'entrainement au tir avec son sister-ship HMS King George V auréolé de son rôle dans la destruction du cuirassé Bismarck.

A la fin du mois de juillet le cuirassé est choisit pour une mission spéciale nom de code RIVIERA. Cette mission c'est tout simplement le transport à Terre-Neuve du premier ministre britannique Winston Churchill pour une rencontre au sommet avec le président Roosevelt pour discuter notamment des conditions du prêt-bail.

Churchill aurait selon la légende exigé un canot de sauvetage armé d'une mitrailleuse pour se défendre en cas de naufrage et de tentative de capture. J'ignore également si c'est cette première rencontre qui donna ce merveilleux mot d'esprit à «FDR» :

«Winston à vingt ou trente idées par jour mais seulement deux ou trois de bonnes. Le problème c'est qu'il ne sait pas lesquelles»

Du 1er au 3 août une série de réunions ont lieu à bord pour préparer RIVIERA. L'appareillage à lieu lendemain avec trois destroyers pour escorte, destroyers qui sont relevés par d'autres destroyers.

Le premier ministre britannique n'est pas seul, on trouve également à bord le premier lord de la mer l'amiral Dudley-Pound, le chef d'état-majoe impérial, le maréchal Dill et d'autres responsables ainsi que le conseiller spécial de Roosevelt, Harry Hopkins.

Le 9 août 1941 sur les coups de 07.00 le cuirassé arrive au large du Cap St Mary (Terre-Neuve) soit avec 1h30 d'avance sur le planning prévu. Winston Churchill exige que le cuirassé patrouille au large de la côté avant de rentrer au port de Placentia à l'heure prévue soit 08.30 du matin.

Il y à du monde dans ce port de cet ancien dominion (En 1937 Terre-Neuve à intégré le Commonwealth du Canada) qui depuis 1940 est devenu une base militaire américaine (accord bases contre destroyers) avec le croiseur lourd USS Augusta à bord duquel se trouve le 32ème président des Etats-Unis  mais aussi le cuirassé USS Arkansas, le croiseur lourd USS Tuscaloosa ainsi que neuf destroyers, un pétrolier et un ravitailleur d'hydravions.

A 11.00, le premier ministre britannique rend visite au président Roosevelt sur le croiseur lourd sur lequel il passa la journée. En dépit de sa mémoire prodigieuse, le Bulldog avait oublié qu'ils s'étaient déjà rencontré à Londres en juillet 1918 alors qu'il membre du cabinet et que Roosevelt était secrétaire adjoint à la marine).

Le lendemain,  le destroyer USS McDougal embarque le président des Etats-Unis pour l'amener sur le cuirassé où ils assistent d'abord à un office religieux avant un repas avant que Churchill comme Roosevelt ne retournent sur l'Augusta pour la suite des réunions.

J'ignore si les réunions étaient organisées sur le croiseur lourd en raison de la santé précaire de Roosevelt mais cela à valeur de symbole sur le poids des Etats-Unis. De nouvelles réunions ont lieu les 11 et 12, le premier ministre et le président ayant également des entretiens privés sur lesquels rien ne filtre. Le 13 août la Charte de l'Atlantique est approuvée et promulguée.

Winston Churchill rembarque sur le cuirassé en fin d'après midi et le Prince of Wales reprend la mer direction l'Islande le 15 août 1941. Il se ravitaille à Hvalfjord le 16, le bouillant premier ministre britannique ralliant Reykjavik pour une brève visite avant de revenir à bord du cuirassé qui reprend la mer en début de soirée pour rallier Scapa Flow.

Le 18 le cuirassé tire de toutes ses pièces pour le plus grand bonheur du premier ministre. Le HMS Prince of Wales arrive à Scapa Flow quelques plus tard et après un discours à l'équipage, Winston Churchill embarque à bord d'un destroyer pour rentrer en Grande-Bretagne puis rallier Londres.

Il reprend l'entrainement peu après, entrainement qui on s'en souvient avait été interrompu par la menace du Bismarck puis l'opération RIVIERA. Le 9 septembre il est mis en alerte de crainte que l'Admiral Scheer ne passe dans l'Atlantique pour une nouvelle campagne de course mais suite à plusieurs bombardements infructueux de la RAF sur Oslo où il s'était réfugié, le Commandement de la Guerre sur Mer (SKL) prend la décision de le ramener en mer Baltique.

Les 10 et 11 septembre le cuirassé s'entraine en mer du Nord. Le 15 septembre 1941 il quitte Scapa Flow en compagnie du croiseur léger antiaérien HMS Euryalus et de deux destroyers direction l'estuaire de la Clyde.

Il arrive à Greenock  le lendemain après vingt-quatre heures. Le cuirassé est choisit pour être déployé avec la Force H pour couvrir un convoi à destination de Malte dans le cadre de l'opération HALBARD.

Le 17, il appareille en compagnie des croiseurs légers HMS Kenya et Euryalus _qui transportaient respectivement 400 et 300 hommes de la RAF_ et de cinq destroyers (dont un polonais et un néerlandais). Il va couvrir le convoi WS-11X (14 navires marchands et quatre destroyers). De nombreux navires vont et viennent durant le transit dont les cuirassés HMS Nelson et  HMS Rodney ou encore le croiseur léger HMS Sheffield.

Le 23 septembre il se ravitaille à Gibraltar reprenant la mer le lendemain dans la soirée. Le convoi passe le détroit de Gibraltar le 25, le convoi devenant en Méditerranée le convoi GM-2 composée de neuf navires marchands.

L'escorte est divisée en un groupe 2 chargé de l'escorte rapprochée alors que le groupe 1 est chargé de la couverture lointaine. Le premier est composé des cuirassés HMS Prince of Wales et Rodney, les croiseurs légers HMS Kenya Edinburgh Sheffield Euryalus et douze destroyers alors que le second était composée du cuirassé HMS Nelson, le porte-avions HMS Ark Royal, du croiseur léger HMS Hermione et de cinq destroyers.

Plusieurs avions  ennemis sont repérés ce qui annonce de futures attaques aériennes, sous-marines et navales. Les premières attaques ont lieu en fin de matinée le 27 septembre 1941. le cuirassé Nelson est touché par une torpille à 13.30, l'appareil lanceur étant abattu par les tirs croisés du Prince of Wales et du Sheffield. En début d'après midi on signale la présence en mer de deux cuirassés ennemis et les «Gros» du convoi (Nelson Rodney Prince of Wales) manœuvrent pour se placer en tête du convoi. Un nouveau message signale quatre croiseurs et huit destroyers.

Le Nelson embarquant de plus en plus d'eau, le commandant du convoi ordonne au HMS Prince of Wales Rodney Edinburgh et Sheffield accompagnés par six destroyers de se porter au devant de l'ennemi. On sait aujourd'hui que le 24 septembre, les cuirassés Littorio et Veneto ont appareillé en compagnie de sept destroyers. Ils sont rejoints le 26 par les croiseurs lourds Trento Trieste Gorizia accompagnés par les croiseurs légers Abruzzi et Munzio Atendolo accompagnés par sept destroyers.

Est-ce l'annonce d'une bataille navale majeure en Méditerranée ? Hélas ou heureusement non puisque les reconnaissances aériennes britanniques signalent que les italiens ont fait demi-tour. Le groupe occasionnel détaché pour lui donner la tache reçoit l'ordre de rallier le convoi.

A 18.55 la Force A composée des cuirassés Nelson Prince of Wales et Rodney, du porte-avions Ark Royal et de huit destroyers est détachée du convoi et fait demi-tour, cap à l'ouest à la vitesse maximale de 14 nœuds, la vitesse maximale de l'éclopé, le HMS Nelson. Dans la soirée la vitesse est réduite à 12 nœuds pour soulager les structures du cuirassé.

Peu après les deux cuirassés, l'Ark Royal et cinq destroyers sont détachés et mettent cap à l'est pour retrouver la Force X, l'escorte du convoi qui rentrait de Malte. Le contact est pris le lendemain 29 septembre 1942 à 10.30. La force combinée met cap à l'ouest direction Gibraltar.

Le HMS Prince of Wales arrive à Gibraltar le 30 septembre 1941. Le cuirassé s'est très bien comporté, sa détection radar à parfaitement fonctionné lui permettant d'abattre trois appareils, deux italiens et un Fairey Fulmar de la FAA.

Le 1er octobre 1941, il quitte Gibraltar accompagné par quatre destroyers direction Scapa Flow où il arrive avec son escorte le 6. Le lendemain le cuirassé redevient le navire-amiral de la Home Fleet (c'est le croiseur léger HMS Aurora qui avait assuré l'interim). Ce statut est temporaire car le 10 octobre 1941 il cesse d'être navire-amiral. Le Prince of Wales ne le sait pas encore mais son destin est déjà scellé.

Plus que deux mois à servir (mais ça le Prince of Wales ne le sait pas encore)
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_pr16
Le HMS Prince of Wales arrivant à Singapour le 4 décembre 1941

Alors que la guerre fait rage en Europe depuis deux ans, les tensions s'accumulent en Asie où le Japon déjà engagé en Chine depuis 1937 se montre menaçant, estimant nécessaire à son développement la création d'une sphère de coprospérité (en réalité un empire colonial) au détriment des puissances coloniales européennes (France, Grande-Bretagne et Pays-Bas) dont deux sont vaincues auxquelles il faut ajouter les Etats-Unis et leur colonie philippine.

Pour dissuader le Japon, Churchill souhaite envoyer à Singapour une escadre moderne. A la mi-octobre alors que le premier ministre japonais, le prince Konoye estime inévitable une guerre avec les puissances occidentales, aucune décision n'est encore prise.

Problème le cuirassé rapide est à l'époque une denrée rare dans la Home Fleet. Seul le King George V est disponible  à l'époque, le Duke of York étant en travaux pour encore deux mois (NdA il à été commissioned le 19 août 1941 mais il est loin d'être opérationnel). Envoyer dès maintenant le Prince of Wales est donc jugé comme prématuré car donnant un mauvais message à l'ennemi.

Finalement la décision est prise d'envoyer le cuirassé Prince of Wales, le croiseur de bataille Repulse et le porte-avions Indomitable à Singapour. Le 3 novembre 1941 le porte-avions s'échoue en Jamaïque et les réparations l'empêche de rallier les deux navires de ligne qu'il était censé protéger et depuis 80 ans on se demande si sa présence aurait changé quelque chose un certain 11 décembre 1941.

Le 23 octobre 1941 le HMS Prince of Wales quitte Scapa Flow en compagnie de deux destroyers direction l'estuaire de la Clyde où il arrive le lendemain à 05.00 du matin après vingt-deux heures de mer. Il reprend la mer en début d'après midi avec trois destroyers direction Freetown.

Les trois navires arrivent à Freetown le 5, repartent le 7 direction Capetown qu'ils atteignent le 16 novembre 1941. Une réunion à Pretoria avec le premier ministre Smuts à lieu. Ce dernier supplie Churchill ne pas envoyer les cuirassés à Singapour estimant qu'ils ne pourront rien faire et que cela aboutira à un désastre de premier ordre. Pour le plus grand malheur des marins du «PoW» Churchill ignore de ce message (mais politiquement pouvait-il  faire autrement ?).

Le cuirassé et son escorte appareillent le 18 direction Port Louis (Ile Maurice), arrivant à destination le 23 pour un rapide ravitaillement. Ils mettent aussitôt cap sur les Maldives et l'atoll d'Addu à l'époque connu sous le nom de Port T. Ils y arrivent le 26 pour ravitaillement et repartent le lendemain pour Colombo dans des conditions difficiles pour l'équipage en l'absence d'air conditionné et d'une bonne ventilation. Ils arrivent sur l'île de Ceylan le 28.

Le lendemain ils repartent pour retrouver en mer le croiseur de bataille HMS Repulse et ses deux destroyers d'escorte. Le contact se fait le 30 novembre donnant naissance à la force G qui met cap sur Singapour le 1er décembre 1941. Ils y arrivent le lendemain et la force est rebaptisé Force  Z et c'est sous ce nom qu'elle va entrer dans l'histoire.

Le 5 décembre 1941 le Repulse quitte Singapour en compagnie des destroyers HMS Tenedos et HMAS Vampire direction Darwin afin de rassurer Canberra sur la volonté de Londres défendre les dominions du Pacifique.

Le lendemain cette croisière diplomatique est annulée suite à la découverte par un Lockheed Hudson de la RAAF d'une flotte d'invasion japonaise en mer de Chine méridionale. Ce sont pas moins de 28 transports escortés par le croiseur léger Sendai, dix destroyers, six dragueurs de mines et trois chasseurs de sous-marins. Le ravitailleur d'hydravions Kamikawa Maru lance un hydravion Mitsubishi F1M2 pour intercepter le Hudson mais ce dernier se réfugie dans les nuages.

Cette force d'invasion est un élément de la Force Expéditionnaire Méridionale qui comprend également les croiseurs lourds Chokai Kumano Suzuya Mikuma Mogami ainsi que quatre destroyers.

Encore au large de l'Indochine, on trouve les croiseurs de bataille ou cuirassés Kongo et Haruna, les croiseurs lourds Atago et Takao ainsi que dix destroyers. C'est la 2ème flotte du vice-amiral Kondo.  

De nouvelles missions de reconnaissance sont lancées dans la nuit du 6 au 7 décembre par deux Catalina du squadron 205. Le premier ne parvient pas retrouver la flotte japonaise alors que le second est repéré et endommagé (puis ultérieurement battu) sans avoir pu informer Singapour de la présence de cette force d'invasion.

Le 7 décembre à 12.00 le Repulse est de retour à Singapour. Les britanniques hésitent. Si l'amiral Philipps chef de la force Z est plutôt partisan d'attaquer la force d'invasion japonaise, l'Amirauté sera plus encline à replier les cuirassés et à ne pas tenter le diable.

Les japonais débarquent le 8 décembre 1941 à 00.25 à Kota Bharu, trente-cinq minutes avant l'attaque sur Pearl Harbor. A 03.05 un autre débarquement est signalé à Singora dans l'isthme de Kra en Thaïlande. Les alliés (britanniques, américains et néerlandais) tentent de coordonner leur action mais cela semble compromis en raison des divergences de vue entre les différents partenaires.

Le 8 décembre 1941 sur les coups de 4h du matin, dix-sept bombardiers bimoteurs Mitsubishi G3M ayant décollé de Saigon attaquent le port de Keppel, la base navale de Sembawang et les aérodromes de Tengah et de Seletar. Les deux navires de ligne britanniques ouvrent le feu avec leur artillerie antiaérienne pour aider les batteries terrestres. Il y à 61 morts mais les seuls dommages militaires sont trois bombardiers Bristol Blenheim détruits sur l'aérodrome de Tengah.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_pr17
Le 8 décembre 1941, le HMS Prince of Wales appareille ignorant qu'il ne reviendra jamais à Singapour

A 17.35 ce 8 décembre 1941 la force Z appareille. Elle se compose du HMS Prince of Wales, du HMS Repulse et de quatre destroyers, les HMS Electra Express Tendos ainsi que le HMAS Vampire. Elle doit passer à l'est des îles Anamba puis mettre cap au nord. L'amiral Philipps apprend alors qu'il ne pourra pas disposer d'une couverture de chasse ce qui semble ne pas l'inquiéter outre-mesure.

Le 9 décembre 1941 à 13.43, la force Z est repérée par le sous-marin japonais I-65 qui va suivre la force Z pendant cinq heures.

A 18.00 des bombardiers bimoteurs de la 22ème flottille décollent pour trouver la force Z et la détruire mais la nuit tombe vite et les bombardiers font demi-tour. Les japonais sont perdus car le message de l'I-65 peut clair conduit les navires de surface trop à l'ouest pour intercepter le cuirassé et le croiseur de bataille britannique. Ces derniers annulent le raid prévu et décident de se replier sur Singapour. Les informations partielles et contradictoires ne facilitent ni la tache des japonais ni de celle des britanniques.

Dans la nuit du 9 au 10 décembre, le sous-marin I-58 repère la force Z et l'attaque, lançant cinq torpilles contre le Prince of Wales mais toutes manquent leur cible. Suite à un message reçu à 03.15, des missions de reconnaissance sont lancées mais la mauvaise visibilité fait qu'aucune ne retrouve la force britannique.

A 07.00 84 bombardiers (59 G3M armés de bombes et 25 armés de torpilles) de la 22ème flottille décollent de Saigon pour tenter de retrouver et de détruire la force Z mais sans succès immédiat.

A 07.30 le HMS Prince of Wales lance l'un de ses Walrus pour une mission de reconnaissance en direction de Kuantan mais l'appareil ne trouve rien et rallie Singapour. A 10.05 le Tenedos est attaqué mais échappe aux bombes japonais. A 10.15 un Mitsubishi Ki-15/C5M2 «Babs» repère la force Z, transmettant l'information qui est reçu à 10.45, les bombardiers mettant cap sur la position.

A 10.05, le vieux destroyer Tenedos annonça qu'il venait d'être attaqué par neuf Mitsubishi G3M Nell à 140 miles au Sud-Est de la force Z sans dommages. Simultanément des avions japonais repérèrent la force Z sans que cette dernière n'ait pu localiser des navires japonais.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Force_10
Carte de la fin de la force Z

Une première attaque frappa la flotte britannique à 11.13. Trois vagues successives frappèrent le Repulse et le Prince of Wales soit un total de 25 G3M armés de bombes qui n'obtinrent qu'un coup au but sur le Repulse qui détruisit le hangar à hydravions sans parler de 8 coups à toucher qui affaiblissaient la structure.

A 11.40, 16 G3M armés de torpilles attaquèrent les cuirassés anglais, lançant notamment six torpilles sur le Prince of Wales. Une seule alla au but  mais provoqua des dégats catastrophiques puisque l'arbre d'hélice désaxé continua à tourner endommageant gravement l'arrière du navire avant d'être stoppé. Le Prince of Wales embarqua 2400 tonnes d'eau et sa vitesse tomba à 16 noeuds, le cuirassé affichant une gite de 11.5° et surtout les tourelles de 133mm privées d'énergie étaient incapable de tirer.  

A 12.22, 25 bombardiers attaquèrent à nouveau, quatre visant spécifiquement le cuirassé de classe King George V. Incapable de manœuvrer, il encaissa trois (et non quatre comme on l'à longtemps cru) torpilles à tribord, des torpilles type 91 mod.2 de 450mm disposant d'une charge militaire de 205kg. La première à frappé le navire à l'avant au niveau de la proue, la second au niveau de la tourelle B à l'opposé de la première et la dernière au niveau de la tourelle Y.

Le Prince of Wales fût également touché par deux bombes qui provoquèrent bien peu de dégâts mais des pertes humaines sensibles, l'une d'elle explosant dans le cinéma du bord où avaient été entassés 300 blessés.

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This is the end.....
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_pr19

A 12.30 la vitesse est réduite à 8 nœuds et la gite à 3°. A 12.50,  Le destroyer Express se plaça à couple, embarquant les blessés et l'équipage non indispensable avant que l'ordre d'abandonner le navire soit donné.

Le prince of Wales chavira et coula à 13.20, manquant d'entrainer le destroyer avec lui. Au même moment des chasseurs Brewster Buffalo du squadron 453 de la RAAF arrivèrent sur zone.  

Le cuirassé à coulé aux coordonnées suivantes « 3-33-36N, 104-28-42E». Sur les 1612 hommes d'équipage on relève 327 tués (20 officiers, 280 marins et 27 marines). Ni l'amiral Phillips ni le capitaine Leach ne font partie des survivants. Les destroyers HMS Express Electra et HMAS Vampire vont arracher aux eaux 90 officiers et 1195 hommes.

Ironie de l'histoire des destroyers américains promis par l'amiral Hart arrivèrent sur zone. Ils parcourent la zone pour récupérer d'éventuels survivants mais ne trouvèrent personne. A 23.30 ce 10 décembre 1941, les survivants du Prince of Wales arrivent à Singapour.

L'épave repose chavirée à  68m de profondeur aux coordonnées suivantes :  3°33′36″N 104°28′42″E avec toujours la White Ensign bord. L'épave est protégée depuis 2001 et en 2002 la cloche à été récupérée puis donnée à l'association des survivants de la Force Z.

En mai 2007 une expédition à été lancée pour surveiller la coque du cuirassé et du croiseur de bataille, permettant aussi de corriger les récits des derniers instants de la force Z et notamment du nombre de torpilles avant frappé le sister-ship du King George V.

Reposant à faible profondeur, l'épave à malheureusement attiré des pilleurs d'épave qui au mépris de toute décence n'hésitent pas à récupérer le métal sur un navire qui est pourtant la tombe de nombreux marins. Je préfère pas dire ici ce que je pense d'eux je risquerai d'être vulgaire.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 06 Avr 2021, 09:00

Bonjour,

Merci Claus pour cette intéressante série !

clausewitz a écrit:

Le HMS King George V [...] En revanche je n'ai pas trouvé la devise (motto) du cuirassé.

Selon les infos disponibles sur le net :

HMS KGV: Qui Tangit Frangitur (Whoever touches me is broken)
HMS POW: Ich Dien (I Serve)
HMS DOY: Honi Soit Qui Mal Y Pense (Shame to him who thinks evil of it)
HMS Howe: Utcumque Placuerit Deo (God's will be done)
HMS Anson: Nil Desperandum (One mustn't give up hope).
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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMar 06 Avr 2021, 11:12

Bleu Marine a écrit:
Bonjour,

Merci Claus pour cette intéressante série !

clausewitz a écrit:

Le HMS King George V [...] En revanche je n'ai pas trouvé la devise (motto) du cuirassé.

Selon les infos disponibles sur le net :

HMS KGV: Qui Tangit Frangitur (Whoever touches me is broken)
HMS POW: Ich Dien (I Serve)
HMS DOY: Honi Soit Qui Mal Y Pense (Shame to him who thinks evil of it)
HMS Howe: Utcumque Placuerit Deo (God's will be done)
HMS Anson: Nil Desperandum (One mustn't give up hope).

Merci beaucoup pour ces infos. La suite demain thumleft

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MessageSujet: Re: CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE)   CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) EmptyMer 14 Avr 2021, 11:46

Le HMS Duke of York (17)
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_du11
Le HMS Duke of York (17)

Présentation

La troisième unité de classe King George V est commandée le 28 avril 1937 dans le cadre du programme naval de 1937 sous le nom d'Anson.

-Le HMS Duke of York (17) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company de Clydebank le 5 mai 1937. Rebaptisé en décembre 1938 pour rendre hommage à la carrière de George VI l'ancien duc d'York dans la Royal Navy. Il est lancé le 28 février 1940 en présence de la reine Elizabeth, l'épouse de George VI et future «Queen Mum». Il est commissioned le 4 novembre 1941.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) George19
George VI en tenue d'officier de la Royal Navy

La devise du cuirassé est celle de l'ordre de la jarretière «Honi soit qui mal y pense» et il porte les battle honours suivants : ARTIC 1942 NORTH AFRICA 1942 CAPE NORTH 1943.

C'est simplement le deuxième navire à porté ce nom au sein de la marine britannique succédant à un cotre de 4 canons en service entre 1763 et 1776.

Traditionnellement le titre de duc d'York est donné au deuxième fils d'un souverain anglais puis britannique. Il à été créé à huit reprises, certains ducs d'York finissant le trône d'Angleterre ou de Grande-Bretagne.

Il à été créé une première fois au 14ème/15ème siècle (1385-1415 et 1425-1461), une deuxième fois en 1474, une troisième fois en 1494 pour le futur Henri VII (fondateur de la dynastie Tudor), une quatrième fois en 1605 pour le futur Charles 1er, une cinquième fois entre 1633 et 1644,  en 1725 par les jacobites, en 1892 pour le futur George V, en 1920 pour le futur George VI et enfin en 1986 suite au mariage d'Andrew, deuxième fils d'Elisabeth II avec Sarah Ferguson (divorcés en 1996, deux filles).

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Prince11
Le Prince Andrew

Carrière opérationnelle

Un voyage diplomatique et des couvertures de convois pour commencer
CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_du15
Winston Churchill saluant sa fille Mary à bord du Duke of York. Cela me rappelle cette anecdote attribuée à l'amiral Lyster qui un jour passe en revue des auxiliaires féminines de la
Royal Navy dont sa fille. Il s'arrête devant elle et lui demande son nom "Lyster sir" répond-t-elle. L'amiral s'éloigne et répond "Il me semble avoir connu votre mère il y à quelques années"


Le HMS Duke of York arrive à Scapa Flow le 3 novembre 1941 à la veille de sa mise en service. Les travaux de mise au point continue. Initialement il devait amener Winston Churchill aux Etats-Unis mais la perte du Prince of Wales et du Repulse fit craindre à l'Amirauté que l'envoi du Duke of York aux Etats-Unis ne soit un signal envoyé à l'Allemagne pour envoyer le Tirpitz dans l'Atlantique.

Ce ne sera qu'une question de temps puisque le 13 décembre 1941 le cuirassé appareille pour traverser l'Atlantique dans des conditions météo absolument épouvantables, la vitesse devant être parfois réduite à 6 nœuds.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_du16
Le HMS Duke of York (17) à la mer en décembre 1941

Le 17 décembre 1941 il se ravitaille à Ponta Delgada (Açores) avant d'être pris en charge le 21 par trois destroyers américains qui vont le conduire en baie de Chesapeake. Il rallie ensuite le Norfolk Navy Yard où Churchill débarque avant de rallier Washington pour participer à la conférence ARCADIA qui se termine le 1er janvier 1942 par la signature de la Déclaration des Nations Unies.

Le 3 janvier 1942 il quitte la baie de Chesapeake avec trois destroyers direction les Bermudes pour s'entrainer. Le 15 Churchill et son staff arrivent par avion aux Bermudes mais finalement le premier ministre britannique choisit de revenir en Grande-Bretagne par hydravion, seuls les passagers ne pouvant prendre place dans l'hydravion vont rentrer en Grande-Bretagne à bord du cuirassé.

Le Duke of York quitte les Bermudes le 17 direction la Clyde où il arrive le 25. Il repart le 29 pour rallier Scapa Flow où il arrive le lendemain 30 janvier 1942. Il reprend son entrainement avec l'ombre menaçante du Tirpitz qui tapit dans ses fjords norvégiens semble prêt à bondir contre la navigation qu'elle soit Atlantique ou Arctique, les alliés soutenant les soviétiques en envoyant à Mourmansk une aide capitale mais qui sera toujours minimisée par les soviétiques durant la guerre et a fortiori durant la guerre froide.

Le 28 février 1942 il appareille de Scapa Flow direction le Hvalfjord en compagnie du croiseur léger HMS Kenya et de quatre destroyers.

Le 1er mars le convoi PQ-12 avait prit la mer direction Mourmansk où il va arrive le 12 mars. Le cuirassé va couvrir le passage durant la partie la plus sensibles du trajet du 6 au 10 mars. Pour cela il  était arrivé ne Islande le 2 mars, repartant le lendemain en compagnie du croiseur de bataille HMS Renown, du croiseur léger HMS Kenya et de six destroyers.

Le 6 mars 1942 le groupe occasionnel retrouve d'autres unités de la Home Fleet. Désormais on trouve à la mer trois navires de ligne (King George V Duke of York Renown), un porte-avions (le Victorious) et neuf destroyers. Ce ne sera pas de trop puisqu'au même moment le Tirpitz à appareiller pour participer à l'opération SPORTPLAST.

La Home Fleet n'est informée de cette sortie que le lendemain 7 mars 1942 avec toujours ce doute lancinant : attaque d'un convoi arctique ou percée dans l'Atlantique. La flotte métropolitaine et le Tirpitz se cherchent mutuellement mais ne parviennent pas à s'accrocher. Ce qui est certain c'est que le cuirassé allemand se rapproche des convois PQ-12 et QP-8.

Le 8 à l'aube la force de l'amiral Tovey met cap au sud-ouest direction l'Islande pour retrouver des destroyers et améliorer la protection rapprochée.

Pour accélérer le ravitaillement, l'Amirauté envoie quatre croiseurs (Kent London Liverpool Trinidad) entre les îles de Jan Mayer et de l'île aux Ours pour ravitailler les destroyers. Dans la soirée l'amiral Cilax décide d'abandonner l'opération et de se rendre à Trondheim.

Dans la nuit la Home Fleet est informée de la décision de l'amiral allemand mais cela ne veut pas dire que les britanniques ont renoncé.

Le Victorious lance des avions de reconnaissance pour retrouver le cuirassé Tirpitz et si besoin l'intercepter. C'est un Albacore du squadron 832 qui retrouve le cuirassé et son destroyer d'escorte. A 9.17 douze Fairey Albacore attaquent le cuirassé mais c'est un échec, la seule torpille manquant sa cible, deux biplans étant abattus.

En début d'après midi c'est la flotte britannique qui est attaquée par trois Junkers Ju-88. Le Victorious est victime d'un coup à toucher. Le Tirpitz est de retour en Norvège à 19.57, la Home Fleet rentrant à Scapa Flow le 10 mars à 23.00.

Le 22 mars 1942 le HMS Duke of York appareille pour une nouvelle mission de couverture de convois, le duo PQ-13/QP-9, le  premier ayant appareillé le 10 mars avec 21 navires marchands d'Islande direction Mourmansk où il arriva le 31 alors que son compère venant de Kola Inlet près de Mourmansk avait prit la mer le 21 mars pour rallier le Loch Ewe le 3 avril 1942.

La mission de couverture lui permet d'opérer avec le croiseur de bataille Renown, le cuirassé King George V, les croiseurs Kent et Edinburgh et 15 destroyers. Face à ces convois, la Kriegsmarine déploie dix U-Boot et trois destroyers. Le mauvais état empêchant la Home Fleet d'assurer sa mission de couverture elle rallie Scapa Flow le 28 mars.

A Scapa Flow il reçoit un complément de DCA avec huit canons de 20mm supplémentaires. La mission suivante c'est à nouveau une mission de couverture de convois, le duo PQ-14/QP-10, le premier composé de 26 navires ayant appareillé d'Islande le 26 mars pour rallier Kola Inlet le 19 avril  1942 alors que le second avait quitté Kola Inlet le 10 avril pour arriver à destination le 21 avril 1942.

La mission de couverture du HMS Duke of York dure du 12 au 18 avril. Il n'est naturellement pas seul, étant accompagné par son sister-ship King George V, le porte-avions HMS Victorious, le croiseur lourd HMS Kent, le croiseur léger HMS Nigeria et huit destroyers. Cette petite mais puissante escadre rentre à Scapa Flow à 05.00 du matin.

Le 22 avril 1942, il quitte Scapa Flow avec trois destroyers direction Hvalfjord où il arrive le 24. Le 1er mai il appareille avec deux destroyers pour retrouver la Home Fleet et relever le KGV endommagé suite à une collision avec le destroyer Punjabi. La relève est réalisé le lendemain 2 mai 1942.

Nouvelle mission de couverture de convois, cette fois c'est le duo PQ-15/QP-11 qui est couvert du 2 au 5 mai. Le 6 mai, l'amiral Tovey met sa marque sur le HMS Duke of York. A noter que la Home Fleet bénéficie du renfort de la TF-99 composée de navires américains.

Du 23 au 29 mai 1942, le troisième cuirassé de classe King George va couvrir le duo PQ-16/QP-12 composés respectivement de 36 et de 15 navires, les deux convois ayant appareillé le 21 mai pour arriver à destination respectivement les 30 et 29 mai. Il opère avec le USS Washington (BB-56), le Victorious, les croiseurs lourds USS Wichita (CA-45) et HMS London et neuf destroyers.

Le 6 juin 1942 le roi George VI arrive à Scapa Flow à bord du destroyer HMS Somali où il rencontre le commandant en chef de la Home Fleet. Le roi de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord reste à bord du 6 au 8, George VI visitant également d'autres navires comme le Washington.

Du 28 juin au 8 juillet 1942  il couvre les convois QP-13/PQ-17, le premier convoi ayant quitté Kola Inlet le 26 juin avec 35 navires pour arriver à destination le 7 juillet alors que le second avec 36 navires  à effectué la traversée prévue du 29 juin au 4 juillet 1942. Il opère avec le Washington, le Victorious, le croiseur lourd HMS Cumberland, le croiseur léger HMS Nigeria et huit destroyers.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_du17
Le HMS Duke of York (17)

Le 2 juillet 1942 les allemands déclenchent l'opération RÖSSELSPRUNG (le mouvement du cavalier aux échecs) pour attaquer le convoi PQ-17 répéré la veille par le U-456, un hydravion Blohm & Voss Bv-138 suivant les navires. En soirée, un Focke-Wulf Fw-200 Condor est abattu par des Hurricane du Victorious.

Entre-temps la couverture du convoi avait été renforcée par les croiseurs HMS London Norfolk USS Wichita et Tuscaloosa avec également trois destroyers (un britannique et deux américains).

Toujours le 2 juillet 1942, le Tirpitz à appareillé en compagnie du croiseur lourd Admiral Hipper ,de quatre Zerstörer et de deux torpilleurs. Peu après les croiseurs lourds Lützow et Admiral Scheer accompagné par cinq destroyers et un pétrolier.

Le Lutzow endommagé par un échouage doit rester derrière, laissant les autres navires rallier le convoi pour le détruire.

Le 4 juillet 1942 la Luftwaffe signale la force de couverture qui comprend un cuirassé. De nouveaux navires rejoignent la Home Fleet bien décidé si l'occasion se présenter d'envoyer le Tirpitz rejoindre le Bismarck.

Dans la soirée l'Amirauté prend la décision de disperser le convoi en retirant l'escorte et laisser les navires marchands rallier en ordre dispersé l'URSS. Les bombardiers de la Luftwaffe et les sous-marins vont littéralement massacrer le convoi (Sur les 36 navires prévus un n'est pas parti, deux ont fait demi-tour, vingt-deux ont été coulés et ont sont parvenus à destination) à tel point que le Tirpitz reçoit l'ordre de rentrer. De son côté la Home Fleet est rentré à Scapa Flow le 8 juillet 1942.

Le 24 juillet le commandant en chef de la Home Fleet transfert son pavillon sur le King George V.

Deux jours plus tard il reprend la mer en compagnie de quatre destroyers dont trois américains direction le Hvalfjord où il arrive le 28.

Du 11 au 14 septembre 1942, il assure la couverture du convoi PQ-18 et du 19 au 22 septembre le convoi QP-14. Le premier convoi composé de 39 navires à réalisé sa traversée du 2 au 21 septembre et le second du 13 au 26 septembre.

Pourquoi un tel délai entre les convois arctiques ? A la fois parce qu'il faut penser les plaies d'une telle débâcle et aussi parce que l'opération PEDESTAL, le ravitaillement de Malte est prioritaire.

Le 9 septembre 1942, les cuirassés HMS Duke of York et Anson quittent Hvalfjord en compagnie du croiseur léger HMS Jamaica et de cinq destroyers direction Akureyri où ils arrivent le lendemain. Ils reprennent la mer le 11 pour assurer la couverture lointaine du PQ-18. Le jour même la Luftwaffe repère cette concentration des moyens mais ce que les allemands ignorent c'est que les britanniques savent qu'ils savent. Un mouchard suit les navires britanniques mais le mauvais temps permet à la Royal Navy de se débarrasser de l'intru. Le 14 ils sont de retour à Akureyri.

Ils reprennent la mer le 19 pour couvrir le convoi QP-14 et ce jusqu'au 22 septembre date à laquelle ils sont de retour à Hvalfjord. Deux jours plus tard soit le 24 septembre c'est l'appareillage direction Scapa Flow où  ils arrivent le 26.

Le 15 octobre 1942 il appareille en compagnie du HMS Renown et de quatre destroyers direction Rosyth pour un passage au bassin du 17 au 27 date à laquelle le cuirassé qui à cédé son statut de navire-amiral au Malaya appareille pour rentrer à Scapa le lendemain.

Opération TORCH
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George VI à bord du Duke of York

Depuis le 22 juin 1941 Staline réclame aux alliés occidentaux l'ouverture d'un second front pour soulager l'immense pression que subit son armée sur le front russe. Seulement voilà c'est plus facile à dire qu'à faire.

Comme prendre pied directement sur le continent européen est impossible, les alliés choisissent une stratégie périphérique. La Méditerranée doit servir à la fois de tremplin pour de futures opérations mais aussi de terrain d'entrainement et d'expérimentation.

Depuis juin 1940 le Maroc, l'Algérie et la Tunisie sont sous l'autorité de Vichy. Les deux premiers territoires sont choisis pour la première opération amphibie du théâtre européen, l'opération TORCH.

Le HMS Duke of York va devenir le navire-amiral de la Force H destiné à couvrir les débarquements en Algérie contre une possible intervention de la marine italienne qui possède encore de beaux restes.

Le 30  octobre 1942 une Force X comprenant le Duke of York, le Nelson, le Renown, le croiseur léger Argonaut et sept destroyers quitte Scapa Flow pour retrouver venue de l'estuaire de la Clyde les porte-avions HMS Victorious et Formidable et leurs cinq destroyers. Ces deux forces fusionnées deviennent la force H qui met cap sur Gibraltar.

La Force H arrive à proximité de Gibraltar le 5 novembre en début d'après midi. A 19.00 la Force H mouille dans le port du Rocher et entame aussitôt son ravitaillement en carburant. Elle repart le lendemain en ordre dispersé pour franchir le détroit de Gibraltar, pénétrer en Méditerranée et prendre position.

La force H est alors composé des cuirassés et des porte-avions déjà cités, des croiseurs légers HMS Bermuda et Sirus ainsi que de 17 destroyers (quinze britanniques, un néerlandais et un australien).

Le 7 novembre 1942 à l'aube la force H est en position pour intervenir soit contre une intervention des FHM de la France de Vichy basées à Toulon ou celle de la flotte italienne.

Les mouvements navals alliés ont bien été repérés par les agents italiens et allemands mais les analystes ont imaginé davantage des opérations contre Tripoli, Benghazi, la Sicile ou la Sardaigne. Ils ont été complètement pris au dépourvu par des débarquements au Maroc et en Algérie.

Les débarquements ont lieu à l'aube le 8 novembre 1942. la force H reste en position, les cuirassés prêts à intervenir pour un combat entre «gros» pendant que les avions du Victorious mènent des patrouilles de combat aérien et des patrouilles de lutte anti-sous-marine.

L'ennemi réagit par des attaques aériennes mais sans réels dommages.

Le 11 novembre 1942 les forces de Vichy cessent le combat et se rendent aux alliés. Le 15, la force H retourne à Gibraltar, le pavillon du commandant de la force H étant transféré sur le HMS Nelson.

Le 18, le HMS Duke of York et le HMS Victorious accompagnés par six destroyers quittent le rocher pour rentrer en Grande-Bretagne. Ils arrivent à Greenock le 23, reprennant la mer le 25 direction Scapa Flow où le cuirassé arrive le 26.

Retour en mer du Nord pour un cuirassé
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Carte représentant la bataille du Cap Nord

Le 8 décembre 1942 il reprend la mer avec trois destroyers pour Rosyth afin de subir un grand refonte pour remise en état et modernisation. Il reprend la mer le 14 mars 1943 pour rentrer à Scapa Flow le lendemain et reprendre aussitôt l'entrainement. Le 14 avril 1943 il redevient navire-amiral de la Home Fleet en remplacement de son sister-ship King George V.

Le 8 mai 1943 l'amiral Tovey est remplacé par l'amiral Bruce Fraser comme commandant en chef de la Home Fleet. Le HMS Duke of York reste le navire-amiral de la «Flotte métropolitaine». Face au déploiement de cuirassés britanniques en Méditerranée, l'US Navy renforce la Home Fleet avec les HMS South Dakota et Alabama.

Le 31 mai avec les navires américains le Duke of York appareille pour l'Islande et le Hvalfjord où ils arrivent le 2 juin.

Le 7 il repart pour Akureyri en compagnie des cuirassés américains, du porte-avions Furious, des croiseurs Berwick et Scylla et de onze destroyers pour couvrir la Force R (croiseur lourd Cumberland croiseur léger Bermuda et deux destroyers) chargée de ravitailler la garnison norvégienne aux Spitzberg (opération GEARBOX III). Le 12 les navires américains mettent cap sur Hvalfjord alors que les navires britanniques mettent cap sur Scapa Flow où ils arrivent le 13 juin 1943.

Le 6 juillet 1943 il va participer à l'opération CAMERA, une opération de diversion stratégique en lien avec l'opération HUSKY en Sicile. Il intègre une force de couverture en compagnie du South Dakota, du croiseur léger Glasgow et de six destroyers pour couvrir un convoi simulé (force R) et deux groupes de croiseurs (Force Q  et Force S).  La force du Duke of York rentre à Scapa Flow le 9 juillet 1943.

Du 25 au 29 juillet il participe à une opération similaire, l'opération GOVERNOR avec l'engagement de cinq forces qui voyaient notamment l'engagement de quatre cuirassés et d'un porte-avions.

Durant tout le moins d'août 1943, le cuirassé reste mouillé à Scapa Flow sans prendre la mer.

Le 6 septembre 1943 les allemands déclenchent l'opération ZITRONELLA, l'attaque de la station météo des Spitzberg, opération qui voit l'engagement du Tirpitz, du Scharnhorst, du Lutzow et de neuf destroyers.

Le lendemain les alliés prennent la mer avec les cuirassés HMS Duke of York et Anson, le porte-avions USS Ranger, les croiseurs lourds HMS London USS Augusta et Tuscaloosa ainsi que onze destroyers.

Est-ce le début d'une possible bataille ? Ce ne sera pas le cas car une mission de reconnaissance à repéré le Tirpitz de retour dans son antre. La force navale anglo-américaine est de retour à Scapa Flow le 10 septembre 1943.

Le 2 octobre 1943 il quitte Scapa Flow pour participer à l'opération LEADER, une opération de l'aviation embarquée en direction du port de Bodo et de son trafic maritime allant et venant. Il reprend la mer en compagnie de son sister-ship HMS Anson, du porte-avions USS Ranger (CV-4), du croiseur lourd USS Tuscaloosa, du croiseur léger HMS Belfast et de neuf destroyers. Le Duke of York et ses compères sont de retour à Scapa Flow le 6 octobre 1943.

Le soir même il appareille pour Rosyth en compagnie de deux destroyers arrivant à destination le lendemain pour un court passage au bassin. Il repart le 19 pour rentrer le lendemain dans les Orcades.

Le 12 décembre 1943 le HMS Duke of York appareille de Scapa Flow en compagnie du croiseur léger HMS Jamaica  et de quatre destroyers. Ils forment la Force 2 destinée à participer à l'opération FV à savoir la couverture du convoi JW-55A (12 au 22 décembre 1943), le cuirassé couvrant le dit convoi du 18 au 20 décembre 1943.

Elle rallie Vayenga le 16 (auj. Severomorsk) pour une rencontre avec le vice-amiral Arseni Golovko, le commandant en chef de la Flotte du Nord qui visite le cuirassé. Ils reprennent la mer le 18 pour l'Islande.

Le 21 décembre 1943 la Force 2 arrive à Akureyri. La veille le convoi JW-55B (19 navires marchands et 13 escorteurs) avait pris la mer pour rallier l'URSS. Il était couvert en mer des Barents par le groupe du vice-amiral Burnett composé des croiseurs légers Belfast, Sheffield et le croiseur lourd Norfolk qui couvrait également le convoi retour RA55A qui avait appareillé de Kola Inlet le 22 décembre pour rallier l'Islande le 1er janvier 1944.

Le 23 la Force 2 quitte l'Islande pour reprendre la mer et couvrir le convoi contre une probable intervention du croiseur de bataille KMS Scharnhorst. C'est le début d'une course contre la montre entre allemands et britanniques.

La Force 2 navigue à 15 puis à 17 noeuds dans des conditions difficiles avec des vents force 6 à 8, la mer rendant la navigation particulièrement difficile. Les deux convois sont pistés par les U-Boot et les avions de la Luftwaffe.

Le 25 décembre 1943 les allemands déclenchent l'opération OSTFRONT. Ils vont engager le Scharnhorst et cinq Zerstörer.

Le temps s'améliore le 26 décembre 1943 à l'aube et l'amiral Fraser ordonne d'augmenter à 24 noeuds.

Les croiseurs qui forment la Force 1 doivent se placer entre le Scharnhorst et le convoi en attendant l'arrivée de la force 2. Le cuirassé, le croiseur léger et les destroyers sont repérés par la Luftwaffe dans la matinée du 26 décembre 1943.

Après de longues heures de traque dans des conditions météo difficiles, les deux adversaires se trouvèrent vers 9.00 et comme à Fontenoy, les anglais tirèrent les premiers, le Norfolk qui ouvrit le feu à 9.20 plaça deux obus dont un arracha le radar du cuirassé qui fût ainsi aveuglé.

Les croiseurs cessèrent le tir à 9.40 mais le contact radar fût tenu jusqu'à 10.15. Retrouvé à 12.05, le contact fût suivi à 12.24 par l'ouverture du feu par les croiseurs pendant que les destroyers tentaient de gagner la bonne position pour lancer leurs torpilles.

Le Scharnhorst concentra son tir sur le croiseur lourd Norfolk qui ne disposait pas de charges anti-lueurs (ces charges sont en partie issues de l'expérience du combat de nuit dans le Pacifique, les japonais ayant montré aux alliés que les lueurs n'avaient aucun impact psychologique mais augmentait le risque d'être pris pour cible) qui encaissa deux obus de 280mm, l'endommageant gravement.

A 12.28, l'amiral Bey décida de rompre le combat, estimant être inférieur à la force anglaise composée de trois croiseurs et de quatre destroyers.

Ce repli sera reproché à l'amiral allemand mais en posant un regard objectif soixante dix-huit ans après, il est bien difficile de donner tort à l'amiral Bey qui aurait du neutraliser une escorte puissante et déterminée, détruire un convoi et rentrer en Norvège en échappant à toute la Home Fleet, difficile n'est-il pas ?

Les croiseurs anglais durent cesser le feu à 12.41 tout en gardant le contact en attendant l'arrivée du groupe de l'amiral Fraser. A 16.17, le Duke of York obtint un premier contact radar à 41600m, ouvrant le feu avec ces canons de 356mm à 16.50.

Le croiseur de bataille était maintenant entouré par un cuirassé, quatre croiseurs et huit destroyers, une situation sans espoir. Sa vitesse lui permis d'échapper un temps à ses ennemis, les anglais étant obligés de suspendre leur tir à 18.30.

Les avaries du navire le forcèrent à réduire sa vitesse à 8 noeuds. Le cuirassé Duke of York cessa de tirer quand les destroyers attaquèrent le croiseur de bataille à la torpille, le croiseur de bataille encaissa trois torpilles  suivi par un nouveau pilonnage du cuirassé avant une nouvelle attaque des destroyers.

A 19.29 le HMS Duke of York avait tiré 77 salves pour un total 13 à 30 coups au but, le mauvais temps rendant difficile la vérification des coups au but même quand l'amiral Fraser demanda à ses destroyers de l'informer des résultats d'un tir effectué à longue distance et au radar.

Le sister-ship du King George V ne le savait pas mais quand il cessa définitivement son tir sur le sister-ship du Gneisenau c'était la dernière fois qu'un cuirassé britannique tirait sur un de ses homologues. Sans surprise les tourelles de 14 pouces n'ont pas fonctionné à leur optimum avec plusieurs problèmes techniques.

Le sort des Scharnhorst est scellé, les marins allemands précipitant le sort de leur navire en le sabordant.

Sans embarcations de sauvetage, les marins allemands doivent sauter à l'eau, une eau glaciale ce qui explique le faible nombre de survivants : 36 sur un équipage de 1968.

L'épave à été retrouvée le 3 octobre 2000, reposant à 66 miles dans le nord-nord est du Cap Nord à une profondeur de 292m aux coordonnées suivantes : 72-10N, 24-24E. La coque à chaviré durant le naufrage, coque percée comme un écumoire.

Après le naufrage, l'amiral Fraser aurait rassemblé ses officiers et leur aurait tenu le discours suivant «J'espère que s'il vous arrive un jour d'avoir à commander un grand bâtiment dans un engagement contre des forces plusieurs fois supérieures, vous le ferez aussi vaillamment que les marins allemands. Si jamais, vous vous trouvez dans une situation désespérée comme celle du Scharnhorst, j'espère que vous manœuvrerez aussi bien que ses officiers l'ont fait, et qu'avec votre équipage vous vous battrez  aussi courageusement qu'eux.».

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Le HMS Duke of York (17) en décembre 1943

Côté allemand, parmi les 1968 hommes présents à bord, se trouvait 40 cadets de l'Ecole Navale, une promotion  entière fauchée par ce glorieux combat. Si l'amiral Raeder avait assumé seul la perte du Bismarck, Dönitz qui en bon sous-marinier aimait peu les «gros» refusa d'assumer un échec qu'il fit porter à un mort qui avait été pourtant peu enthousiaste pour un telle opération.

La bataille terminée, les deux forces britanniques vont rallier Vayengga en URRSS, arrivant le 27 en début d'après midi. Ils repartent le lendemain 28 décembre pour rentrer à Scapa Flow le 1er janvier 1944 dans la matinée.

Le 5 janvier 1944 il appareille pour Rosyth en compagnie de deux destroyers, arrivant le lendemain pour une courte période d'entretien et surtout la réparation des avaries de combat. Il devait aussi recompléter ses soutes à munitions. Il repart le 24 janvier 1944 pour rentrer le lendemain dans les Orcades.

Après un mois de février 1944 sans aucune sortie à la mer, le cuirassé quitte les Orcades le 13 mars 1944 direction la Clyde. Arrive le lendemain à Greencok, il repart le 16 pour Scapa Flow où il arrive le 17 mars 1944.

Le 30 mars 1944 il quitte Scapa Flow en compagnie de son sister-ship Anson, du porte-avions Victorious, du croiseur léger Belfast et de cinq destroyers pour participer à l'opération FY (couverture du convoi JW-58) et à l' opération TUNGSTEN, une série d'attaques aériennes contre le Tirpitz.  

D'autres navires sont engagés au sein d'une force 2 avec les croiseurs légers Royalist Jamaica Sheffield, les porte-avions Furious Searcher Emperor Persuer et Fencer, deux pétroliers et de cinq destroyers.

Le 2 avril le HMS Duke of York et deux destroyers sont détachés vers le nord pour couvrir le dispositif de l'opération TUNGSTEN. Cette opération est lancée le lendemain et à 07.30 le 3 il reçoit l'ordre de rallier Scapa Flow où il arrive le 5 avril 1944 dans la matinée.

Le 6 mai 1944 le cuirassé reçoit la visite du général Montgomery et le 10 c'est le roi George VI qui rend visite au Duke of York. Le 14 juin 1943 l'amiral Fraser est remplacé à la tête de la Home Fleet par l'amiral Henry Moore.

Le 29 juin 1944 il appareille en compagnie de l'Anson, du Jamaica, du Bermuda et de trois destroyers pour participer à l'opération TIGER CLAW et plus précisément servir de leurre à une nouvelle opération de l'aviation embarquée contre le Tirpitz. Une fois repéré par un avion de reconnaissance météo allemand, il met cap sur Scapa Flow, rentrant le 30 juin 1944 en début de soirée.

Le 14 juillet 1944 il reprend la mer en compagnie des porte-avions HMS Formidable Indefatigable et Furious, des croiseurs lourds HMS Devonshire et Kent, des croiseurs légers HMS Jamaica et Bellona ainsi que de douze destroyers et de quatre frégates. C'est le début de l'opération MASCOT, une nouvelle tentative de neutraliser le sister-ship du Bismarck avec l'aviation embarquée.

L'opération est lancée le 17 juillet 1944 à 01.00 mais les allemands sont vite avertis et lancent aussitôt les fumigènes pour masquer le cuirassé. L'attaque est un échec, deux appareils étant perdus, un second raid étant annulé. A 05.30 la Home Fleet met cap sur Scapa Flow pour rentrer le 19 dans l'après midi.

Le 18 août 1944, il appareille en compagnie des porte-avions Indefatigable Formidable Furious, des croiseurs lourds Berwick et Devonshire ainsi que de six destroyers pour l'opération GOODWOOD, une nouvelle attaque contre le Tirpitz. On trouve également une Force 2 (deux porte-avions d'escorte et cinq frégates) et la Force 9 (deux pétroliers et trois corvettes). Cette force devait également couvrir le passage des convois JW-59/RA-59.

L'opération censée être lancée le 21 est retardée de 24h en raison du mauvais temps. L'attaque est un nouvel échec. Une nouvelle opération est lancée le 24 mais là encore les défenses allemandes réagissent vite et les bombes qui touchent le cuirassé n'explosent pas.

Le 29 août 1944 une nouvelle opération est lancée mais aucun coup au but n'est enregistré en dépit des revendications britanniques. Le 30, le cuirassé met cap sur Scapa Flow, rentrant Scapa Flow le 3 septembre 1944.

Le 17 septembre 1944 le pavillon du commandant en chef de la Home Fleet est transféré sur le Furious. Le 18, il appareille avec deux destroyers direction Liverpool où il arrive le 19 pour un grand carénage et une modernisation.

Les travaux vont durer d'octobre 1944 à mars 1945. Il s'agit de préparer son envoi dans le Pacifique et cela impose un renforcement de la DCA pour faire face à la menace kamikaze.
Les catapultes et les Walrus sont débarqués, les hangars sont transformés en cinéma et en nouveaux logements pour l'équipage, la DCA est renforcée, la suite radar modifiée avec deux radars type 274, le débarquement du type 284, un type 281B, un type 293, le radar type 273 est débarqué, un type 277, des type 282 et un type 242.  

Le 27 mars 1945 le roi et la reine visite le navire alors qu'il achevait ses travaux. Il quitte Liverpool escorté par deux destroyers le 4 avril, mettant cap sur Scapa où il arrive le lendemain. Il reprend aussitôt l'entrainement.

Le Pacifique nous voilà !
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Le HMS Duke of York (17) en baie de Sagami Wan le 28 août 1945

Avec la destruction du Tirpitz en novembre 1944 la Home Fleet avait moins besoin de cuirassés, les derniers grosses unités de la Kriegsmarine ayant été repliées en mer Baltique et n'avaient plus vraiment la tête à une croisière dans l'Atlantique.

La Royal Navy peut donc envoyer de nombreux navires dans le Pacifique. Il quitte Scapa Flow le 25 avril 1945, arrivant à Gibraltar le 30 pour ravitaillement avant de rallier Malte.
Arrivé sur l'île-forteresse le 2 mai 1945, il doit passer au bassin pour réparer un problème électrique important. Il reprend la mer le 26 direction Port Said où il arriva le 28. Il est à Suez le 30, à Aden le 3 juin, à Colombo le 8, ) à Fremantle le 24, à Albany (Australie occidentale) le 26 et enfin à Sydney le 1er juillet 1945.

Le cuirassé reprend la mer le 17 juillet 1945 pour une journée d'exercice, revenant le lendemain à Sydney. Il est au bassin du 26 au 30 juillet avant de prendre la mer le 31 pour rallier Manus, le cuirassé et ses deux destroyer d'escorte arrivant à Seeadler Harbour le 5 août 1945. Dès son arrivée, l'amiral Fraser, commandant en chef de la Flotte du Pacifique hisse son pavillon.

Le 7 août 1945 il quitte Manus pour Guam où il arrive le 9. Le lendemain, l'amiral Nimitz est décoré par l'amiral Fraser de la Grand Croix de Chevalier de l'Ordre du Bain. L'amiral Fraser apprend le même jour que le Japon après avoir reçu deux bombes atomiques était sur le point de capituler.

Le 13 août il reprend la mer avec les destroyers HMS Wager et Whelp formant le TG 30.2 mais en mer le 15 il apprend la capitulation du Japon. Le TG va se placer en position au large du Japon, étant placé sous l''autorité de la 3ème flotte commandée par l'amiral Halsey. L'amiral Fraser le décore de l'ordre de chevalier de l'Empire britannique.

Le 18 il retrouve le reste de la BPF avec son sister-ship King George V, son porte-avions Indefatigable, les croiseurs légers Newfoundland et Gambia ainsi que huit destroyers. Le 20 août 1945 à lieu un ravitaillement à la mer.

Le 23 août le TG 30.2 est reconstitué pour l'entrée en baie de Tokyo, le reste de la BPF formant la TF-37. Le 27, il jette l'ancre en baie de Sagami et le 29 il pénètre en baie de Tokyo, les porte-avions restant au large pour couvrir les navires et se prémunir d'un éventuel coup fourré des japonais.

Le 2 septembre 1945 il assiste à la cérémonie de capitulation du Japon signée à bord du USS Missouri (BB-63). C'est l'amiral Fraser qui signe au nom de la Grande-Bretagne.

Le 5 septembre 1945 les navires britanniques repassent sous contrôle britannique. Le 9, le HMS Duke of York quitte le Japon direction Hong-Kong où il arrive le 14 après être passé par Okinawa. Le 16, la cérémonie de capitulation des forces japonaises à Hong-Kong est officiellement signée à bord du cuirassé.

Le 21 septembre 1945, il appareille pour Sydney faisant escale à Manille pour se ravitailler en carburant. Il arrive dans la ville australienne le 9 octobre. Il reste à Sydney jusqu'au 3 novembre quand il appareille pour la Tasmanie où il passe quelques jours, revenant à Sydney le 21 novembre.

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Le HMS Duke of York (17) à Hong Kong en 1945

Le 1er décembre 1945 il quitte Sydney pour Hong-Kong faisant escale à Fremantle (7 décembre), dans les îles Christmas, à Singapour (14 décembre) avant d'arriver à destination le 21. Le 26, 1200 hommes du navire sont mis à terre, formant la Kennedy Force pour former une garnison temporaire en attendant l'arrivée de l'Armée. Ils relèvent les hommes de leur sister-ship HMS Anson.  

Il est absent de Hong-Kong pour une visite à Amoy du 17 au 21 janvier. Il reprend la mer le 19 février 1946 pour des exercices avec des navires américains. Le 10 mars 1946, l'amiral Fraser et son état-major quittent le bord, la BPF étant gérée depuis Hong-Kong.

Le 11 mars 1946, il quitte la colonie britannique pour rallier le Japon, étant à Nagasaki le 15, à Kagoshima le 16, à Kure le 19, à Yokohama le 26 avant de reprendre la mer direction Sydney le 27 mars 1946.

Arrivé à Sydney au début du mois d'avril, le cuirassé y reste jusqu'au 15 mai quand il appareille pour Hong-Kong arrivant à destination le 29. Le 7 juin, l'amiral Fraser embarque pour Singapour où le nouveau Lord arrive le 11. Il est relevé par l'amiral Denis Boyd comme commandant en chef de la BPF avant de reprendre la mer à bord du cuirassé pour rentrer en Grande-Bretagne.

Il est à Colombo qu'il quitte le 18, à Port Said qu'il quitte le 28 juin 1946, faisant ensuite à Malte et Gibraltar. Il quitte le Rocher le 8 juillet 1946 pour Plymouth où il arrive trois jours plus tard.

Crépuscule

Navire-amiral de la Home Fleet jusqu'en 1949, il devient navire-amiral de la flotte de réserve, rôle qu'il va assurer jusqu'en novembre 1951 quand il est mis en réserve et désarmé. Mouillé à Gareloch jusqu'en 1957, il est alors rayé des registres puis vendu à la démolition. Il arrive dans son chantier de démolition implanté à Faslane le 18 février 1958, le démantèlement commençant aussitôt.

A SUIVRE

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Le HMS Anson
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Ecole à feux pour le HMS Anson (79)

Présentation

Le quatrième cuirassé de classe King George V est commandé à son chantier constructeur le 28 avril 1937 dans le cadre du programme naval de 1937.

Le HMS Anson (79) est mis sur cale sous le nom de Jellicoe  le 20 juillet 1937 aux chantiers navals Swan Hunter sis à Waller-on-Tyne. Rebaptisé Anson il est lancé le 24 février 1940 et commissioned le 14 avril 1942 même si il est considéré comme pleinement achevé le 22 juin 1942.

Ayant reçu la devise Nil Desperandum (Ne désespérez jamais), il à hérité des Battle Honours LES SAINTES 1782 DONEGAL 1798 CURACOA 1807 auxquels il à ajouté ARCTIC 1942-43.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) George20
George Anson

C'est le septième navire à célébrer la mémoire de George Anson, 1st Baron Anson (Dans le Staffordshire 23 avril 1697-Moor Park Hertfordshire 6 juin 1762).

Servant dans la marine britannique de 1711 à 1762, il participe à la guerre de Succession d'Espagne, à  la guerre de la Quadruple Alliance, à la guerre de l'Oreille de Jenkins ainsi qu'à la guerre de Succession d'Autriche.

De 1751 à 1756 et de 1757 à 1762 il occupe le poste de Premier Lord de l'Amirauté où il réforme en profondeur la Royal Navy :  lutte contre la corruption chez les fournisseurs, amélioration du suivi médical des marins, amélioration de la discipline, impose l'uniforme chez les officiers mariniers, obtient le transfert des Royal Marines de l'armée de terre à la marine et réorganise les catégories des navires en s'appuyant sur le nombre de canons embarqués (first rate to eight rate).

Marié à Elizabeth Yorke en avril 1748 il n'eut aucun enfant.

Le cuirassé de classe King George V succède aux navires suivants :

-Un navire de quatrième classe de 60 canons lancé en 1747 et vendu en 1773

-Un cotre de six canons construit par les français sous le nom de L'Iroquois en 1759, capturé par les britanniques en 1760, rebaptisé Anson. En 1763, il s'échoue sur un banc de sable au large de l'île Susan (Etat de New-York) avant de sombrer.

-Un navire de troisième classe de 64 canons lancé en 1781 refondu en frégate de 44 canons et perdu par échouage en 1807.

-Un navire de ligne de troisième de classe de 74 canons lancé en 1812 utilisé pour le service portuaire en 1831, pour le transport de forçats en 1844 et démoli en 1851.

-Un cuirassé à hélice de 91 canons lancé en 1860 rebaptisé Algiers en 1883 et démoli en 1904.

-Un cuirassé à coque en fer en service de 1889 à 1904 (vendu à la démolition en 1909)

-Le croiseur de bataille de classe Admiral à été mis sur cale le 9 novembre 1916 aux chantiers navals Armstrong Whitworth d'Elswick mais sa construction à été suspendu le 9 mars 1917 puis définitivement annulé le 27 février 1919.

-Le cuirassé Duke of York fût initialement connu sous le nom d'Anson

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_an12
Le HMS Anson (S-123)

Après le quatrième cuirassé de classe King George V, un huitième navire va porter ce nom, le S-123 le cinquième sous-marin de classe Astute. Sa construction à débuté en octobre 2011,sa mise en service est prévue cette année (2021) (NdA si quelqu'un à les dates exactes je suis preneur).

Carrière opérationnelle

Une guerre sans gloire
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Winter is coming !

Le 14 avril 1942 le HMS Anson est commissioned pour essais, le mois de mai étant consacrés à des essais constructeurs. Le 22 mai ont lieu les essais officiels, l'Anson atteignant sur un mile la vitesse de 27.62 nœuds. Dans la foulée il rallie Scapa Flow pour terminer ses essais et réaliser son entrainement au tir. Le 28,  le commandant en second de la Home Fleet hisse sa marque sur le cuirassé.

Après l'été passé à s'entrainer avec des unités plus expérimentées de la Home Fleet, le cuirassé est enfin prêt pour des missions opérationnelles. Le 2 septembre 1942 il quitte les Orcades direction Hvalfjord (Islande) où il arrive le 4.

Le 9 septembre 1942 il rallie Akureyri et deux jours plus tard il appareille en compagnie de son sister-ship HMS Duke of York, du croiseur léger HMS Jamaica et de de quatre destroyers pour assurer jusqu'au 14 septembre la couverture éloignée du convoi PQ-18 (2 au 21 septembre 1942).

Rentré à Scapa Flow le 14 septembre, il reprend la mer pour couvrir du 19 au 22 septembre 1942 le convoi QP-14 (13 au 26 septembre).

Le 9 octobre 1942 après une visite du premier ministre Winston Churchill, le cuirassé appareille pour l'Islande pour assurer l'interception de navires allemands mais aussi pour protéger les convois.

Durant tout le mois de novembre 1942 il était stationné en Islande ou à Scapa Flow.

Le 22 décembre 1942 il appareille en compagnie du croiseur lourd HMS Cumberland et de cinq destroyers pour assurer la couverture lointaine du convoi JW-051B (22 décembre 1942 au 4 janvier 1943), mission de couverture qui dure du 26 au 30 décembre 1942.

Le lendemain 31 décembre le convoi est attaqué par le croiseur lourd ex-cuirassé KMS Lützow, le croiseur lourd KMS Admiral Hipper et six destroyers, la force de couverture située à 1000 miles nautiques à l'ouest est dans l'incapacité d'intervenir. Pourtant la défense du convoi réussi à faire parvenir le convoi en URSS sans perte dans ce qui à été connu comme la Bataille de la mer des Barents ou Opération Regenbogen. Hitler piqua une crise homérique ce qui entrainera au mois de janvier suivant la démission de l'amiral Raeder remplacé par l'amiral Donitz.

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Le HMS Anson (79) à la mer

Le 23 janvier 1943 il quitte Scapa Flow en compagnie du croiseur léger HMS Sheffield et de huit destroyers pour couvrir le passage des convois JW-52 et RA-52, le premier effectuant la traversée ouest-est du 17 au 27 janvier et le second du 29 janvier au 9 février 1943, le cuirassé couvrant les convois respectivement les 23 et 24 janvier et les 1er et 2 février.

Le 9 juin 1943 il prend la mer pour couvrir une mission de ravitaillement de la garnison norvégienne aux Spitzberg (opération GEARBOX). Il n'est pas seul puisqu'il appareille avec le Duke York, les cuirassés américains South Dakota et Alabama et cinq destroyers américains. Il rallie Scapa Flow le 13 juin et le 28 le vice-amiral Bruce Fraser quitte le bord après avoir été promu au grade d'Amiral, étant remplacé par le vice-amiral Sir Henry Moore.

Le 27 juillet 1943 il est déployé avec les porte-avions HMS Illustrious et Unicorn pour une opération de diversion suite au déclenchement de l'opération HUSKY en Sicile. Ils ne sont pas seuls, le Duke of York, sept croiseurs et des destroyers (opération GOVERNOR). Le 1er août 1943 les cuirassés américains sont rappelés.

Le 8 septembre 1943 le cuirassé HMS Anson appareille en compagnie de son sister-ship Duke of York et de cinq destroyers pour tenter d'intercepter le cuirassé Tirpitz et le croiseur de bataille Scharnhorst qui venaient de bombardement les Spitzberg. Ils sont de retour le lendemain après avoir été informés que les navires allemands étaient rentrés à Altenfjord.

Le 4 octobre 1943 il appareille en compagnie du Duke of York, du croiseur lourd américain Tuscaloosa, de trois croiseurs britanniques et de destroyers britanniques et américains pour couvrir le porte-avions USS Ranger (CV-4) qui dans le cadre de l'opération LEADER venait d'attaquer le trafic allant et venant à Bodo. Ils sont de retour à Scapa Flow le 6 octobre 1943.

Le 14 octobre 1943 il participe à l'opération GEARBOX III/FQ en compagnie de cinq destroyers pour couvrir le ravitaillement de la garnison alliée au Spitzberg.

Du 2 au 8 novembre 1943 en compagnie du porte-avions HMS Formidable, du croiseur HMS Jamaica et de six destroyers (dont un canadien, un norvégien et deux américains) il assure la couverture éloignée du convoi RA-54 qui avait pris la mer le 1er novembre pour arriver à destination le 14 novembre 1943.

Il remet ça du 19 au 24 novembre en compagnie du croiseur lourd Tuscaloosa et de quatre destroyers américains pour couvrir le convoi JW-54A qui avait pris la mer le 15 novembre pour arriver à destination le 24.

Du 28 novembre au 3 décembre 1943 en compagnie du croiseur léger HMS Belfast et de quatre destroyers le cuirassé HMS Anson assure la couverture des convois JW-54B et RA-54B qui ont effectué leur traversée respectivement du 22 novembre au 3 décembre et du 26 novembre au 9 décembre 1943.

Du 10 au 12 février 1944, les cuirassés Anson et Richelieu; le porte-avions Furious; les croiseurs légers Nigeria et Belfast et sept destroyers appareillèrent des Orcades pour attaquer la navigation allemande dans le nord de la Norvège (opération POSTHORN). Les résultats furent des plus décevants : les navires allemands présents en Norvège ne bougèrent pas et seul un cargo de 3000 tonnes fût coulé par les avions du Furious qui descendirent également un Me109.

Le 24 février 1944 il est déployé au large de la Norvège en compagnie du cuirassé français Richelieu et de deux croiseurs pour couvrir le porte-avions HMS Furious mais l'opération BAYLEAF est annulée.

Le 30 mars  1944 il appareille de Scapa Flow en compagnie de son sister-ship Duke of York, des porte-avions Victorious et Furious, des croiseurs légers Belfast Royalist Sheffield et Jamaica, des porte-avions d'escorte Emperor Fencer Pursuer et Searcher ainsi que quatorze destroyers pour assurer la couverture lointaine du convoi JW-58 direction Kola Inlet et pour mener une attaque aérienne contre le cuirassé KMS Tirpitz (opération TUNGSTEN).

L'opération à lieu le 3 avril 1944 mais les frappes prévues le lendemain sont annulées et la Home Fleet reçoit l'ordre de rallier Scapa Flow qu'elle retrouve le 6 avril 1944.

Le 21 avril 1944 le cuirassé HMS Anson reprend la mer en compagnie des porte-avions Victorious Furious Searcher Striker Emperor et Pursuer, de croiseurs et de destroyers pour des opérations de frappe contre le Tirpitz mais en raison du mauvais temps, l'opération PLANET est repoussée du 25 au 26 puis annulée en raison du mauvais temps. C'est la cible secondaire qui est activée en l'occurrence l'attaque du trafic maritime allant et venant du port de Bodo.

Le 12 mai 1944 il est déployé en couverture des porte-avions Victorious et Furious pour une nouvelle tentative de neutralisation du Tirpitz par l'aviation embarquée mais l'opération est annulée et le cuirassé doit retourner à Scapa Flow.

En juin 1944 décision est prise de l'envoyer à Devonport pour refonte afin de le préparer à un envoi dans le Pacifique au sein de la British Pacific Fleet (BPF). A l'époque les plus optimistes estiment que la guerre ne finira pas avant 1946 ou 1947. On connait la suite.... .

Les travaux vont durer de juillet 1944 à février 1945. Outre une remise en état complète il reçoit de nouveaux radars avec un radar de veille air type 281 en lieu et place d'un type 281B, un radar de veille surface type 293 et un radar de veille surface type 277 en remplacement d'un radar type 273, quatre radars de conduite de tir DCA légère type 262 en renfort du type 282, un radar type 274 en remplacement du type 285, un radar type 283, deux radars de conduite de tir de l'artillerie principale type 274 en remplacement du type 284.

Les installations d'hydraviation sont débarquées et l'espace ainsi gagner permet de réorganiser le stockage des embarcations et d'augmenter les locaux équipages.

CUIRASSES CLASSE KING GEORGE V (1936) (GRANDE BRETAGNE) Hms_an15
Le HMS Anson (79) le 1er mars 1945

Il est remis en service en mars pour réaliser les essais à la mer qui suivent ces travaux. En avril il effectue sa remise en condition en compagnie d'autres navires de la Home Fleet. Le 25 avril 1945  il appareille en compagnie du HMS Duke of York pour rallier le Pacifique.

Les deux cuirassés arrivent à Malte le  2 mai mais suite à un problème électrique majeur, le Anson doit continuer seule sa route en direction du Pacifique via le Canal de Suez, la mer Rouge, le détroit de Bab-el-Mandeb, l'Océan Indien, Ceylan, Singapour et enfin Sydney où le cuirassé arrive en juillet.

Il va aussitôt intégrer la TF-37 la désignation américaine de la British Pacific Fleet qui comme son numéro l'indique est placée sous l'autorité de la 3ème flotte.

Arrivé tardivement sur zone, l'Anson n'aura pas à s'employer et il va surtout participer à la réoccupation des territoires occupés par le Japon. Il arrive ainsi le 26 août 1945 à Hong-Kong en compagnie notamment du porte-avions léger HMS Vengeance.

Crépuscule
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Le HMS Anson (79) à Hong Kong

Le HMS Anson va rester déployé dans la région jusqu'au 28 juin 1946 quand il reprend le chemin de la Grande-Bretagne. Arrivé à Plymouth le 29 juillet, il est affecté à l'Escadre d'entrainement jusqu'en novembre 1949 quand il est désarmé et mis en réserve. Mouillé dans la Gareloch, il est rayé des registres en 1957, vendu à la démolition et démantelé à partir du 17 décembre 1957 jour de son arrivée à Faslane.


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