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 Armement singulier de la go[elette Terpsicore

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DMA Gaille
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MessageSujet: Armement singulier de la go[elette Terpsicore   Armement singulier de la go[elette Terpsicore EmptyVen 28 Aoû 2020, 17:15

Bonjour,
Tout d'abord j'aimerais remercier chaleureusement Loïc Charpentier pour ce travail sur cette période de l'artillerie navale en France.
Maintenant, permettez-moi de me présenter:
Je suis modéliste d'arsenal depuis de nombreuses années et passionné de la marine du XVIII ème et XIX ème siècle.
Je vis actuellement à Athènes et commence la construction (échelle 1:50) d'une goélette Grecque du nom de TERPSICORE
ou TERPSICHORE de 33 mètres, mise à l'eau en 1819 à Hydra et coulée en 1827 au large de la Crète (Gramvoussa). Les propriétaires étaient les
frères Emmanuel et Jacob (ou Jacôme) Tombazis, armateur et ingénieur naval.
Cette construction à pour but la participation aux manifestations qui se dérouleront l'an prochain à l'occasion de la commémoration des
200 ans de la guerre d'indépendance de la Grèce de 1821.
Tous les documents que j'ai en ma possession jusqu'à ce jour sont totalement contradictoires quant à son armement.
Je me suis rendu à Hydra où j'ai copié plusieurs documents qui ont été mis à ma disposition par la Directrice du Musée Archives dont je donne ici quelques données.
D'après ces documents, elle était armée de 6 canons de 12 et d'un canon (de chasse) de 48 livres!!!! en avant du mât de misaine.
Pour ce qui est des canons de 12, aucun doute n'est permis: ces pièces ont été achetées en France entre 1819 et 1820, époque à
laquelle les frères Tombazis s'engagent avec 3 navires pour la libération du joug Turc.(Terpsicore, Leonidas et Themistocle - 1 goélette et 2
brick)
Mon gros problème est ce canon de 48...
A ces dates précises, il n'existe aucun canon naval ou carronade de ce calibre; de plus le poids d'une telle pièce à la proue d'une
goélette de 250 tonnes (j'ai quelques connaissance de construction navale en tant que modéliste et skipper de voilier) devait avoir un effet
désastreux sur sa stabilité et son comportement par gros temps.
Les documents d'Hydra font référence au canon de Landouillette datant de 1690! Il est fort improbable que les frères Tombazis aient opté pour une vieillerie alors qu'ils construisent une goélette sur modèle Américain de conception très moderne pour ne pas dire d'avant-garde.
Selon le Général Thomas Gordon (History of the Greek Revolution Tome II 1832) il s'agissait d'une carronade de 48.
Or d'après toutes les recherches que j'ai effectuées aussi bien du côté Français que du côté Anglais, je ne trouve aucune carronade de 48 livres.
Enfin, en consultant le livre "Artillerie de la Marine 1758" de Jean Maritz (réédité par Jean Boudriot en 1987), je trouve les données
concernant le poids et les dimensions des boulets car je me suis posé la question: et si le chiffre 48 se référait au poids des boulets et non au calibre du canon? (la confusion entre calibre et poids est tout à fait possible connaissant les difficultés de traduction de Français, Anglais ou encore
Russe en Grec)
Alors voici ma question: pour une pièce de calibre 36, quel est le poids total (Gargousse+Valet+Boulet)de la charge?
(D'après Jean Maritz le diamètre d'une coquille pour le calibre 36 est de 6 Pouces 4 lignes 9 points)
J'ajoute encore que l'affût est de modèle rotatif (90°) probablement inspiré du modèle Anglais ce qui fait dire à Thomas Gordon
qu'il s'agissait d'une carronade.
Dans Wikipédia je trouve que le poids du boulet rond pour une pièce de 36 est de 17,6 kg et la gargousse de 5,87 kg
Qu'en pensez-vous?

Denis Gaille




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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Re: Armement singulier de la go[elette Terpsicore   Armement singulier de la go[elette Terpsicore EmptyMar 15 Sep 2020, 11:07

Bonjour,

D'abord, désolé pour cette "tentative" de réponse tardive, mais votre message, bizarrement, m'était passé sous le radar.  Boulet

Je passe vite sur les pièces de 12, puisqu'il n'y a pas matière à discussion; de surcroit ce calibre ne comptait qu'un seul modèle, sans distinction "canon long" ou "canon court".  Six pièces, çà nous fait 3 canons par bord, pesant, chacun, 1467 kg et mesurant 2,436 m (hors le cul de lampe et le bouton). Cà fait gros comme calibre de pont, à bord d'une goélette, mais c'est le choix de l'armateur "corsaire".

En ce qui concerne la pièce de chasse, installée en proue, j'ai, moi-aussi, de gros doutes sur son calibre. Habituellement, à l'époque, c'était une pièce d'un calibre moindre, souvent du 8 livres, du modèle "long" (pour des questions de haubans) et parfois en bronze (cuivre). L'intérêt de la pièce de 8 résidait dans sa portée des plus respectables, paramètre essentiel "en chasse", -  sa mise en œuvre étant généralement confiée au canonnier jugé le plus performant - et sa relative rapidité de chargement et de remise en batterie (poids des boulets et de la pièce sur son affût).

Je peux parfaitement me tromper, mais je n'ai pas souvenance de caronade installée en pièce de chasse, ne serait-ce que pour une histoire de portée pratique. Les caronades avaient, avant tout, été mises au point pour le tir à courte portée (moins d'une encablure, 200 m), d'où, à la lumière d'expériences douloureuses, la présence de quelques canons - pour éviter de se faire "fusiller" à distance, sans pouvoir répliquer - et, notamment, en chasse et retraite. Le plus gros calibre de caronade, en France, n'excédait pas 36 livres, et en Angleterre, 42 livres (38,90 livres, selon le système métrique).

L'hypothèse de la présence d'un canon de 48 livres, en chasse, me semble "délirante", déjà, parce que c'était une monstruosité, en terme de dimensions et de poids. On devait flirtouiller avec les 5 tonnes métriques, une équipe de servants de l'ordre, à vue de nez, de 16-18 "pinpins" et une cadence de tir des plus tristounettes!  Le 48 livres français n'était plus embarqué, en batterie basse, depuis le Règlement de 1765 et les rares pièces existantes étaient parties armer quelques batteries de côte.

J'ai, aussi, jeté un œil sur les mortiers de pont - qui, eux, pouvaient pivoter sur leur "cadre" -, mais leur calibre était exprimé en pouces - le modèle français "le plus courant" était le 12 pouces (324 mm de diamètre d'âme) -, ils pesaient un âne mort (près de 4400 kg, pour le mortier de 12, modèle An XIII) et exigeaient, au préalable, un nécessaire et très important renforcement de la structure du bâtiment et de son pont, pour pouvoir encaisser les effets des tirs, ce qui ne colle pas avec une goélette de 250 tonnes. En plus, il s'agissait de pièces "de siège", qui n'avaient aucune utilité en chasse!

Question subsidiaire : N'y aurait-il pas, éventuellement, une faute d'écriture ou d'impression dans l'intitulé de la "pièce de chasse" ? scratch

Document exploité :
Considérations diverses sur le Matériel de la Marine Française et de la Marine Anglaise.
Rapport de la Commission chargée d'apprécier les observations auxquelles la réunion des divisions française et anglaise dans la Manche a donné lieu.


Commission nommée sur décision du Ministre, selon la dépêche du 30 janvier 1833, composée de 5 membres.
Le document de 110 pages est récupérable sur le site de la BNF-Gallica...

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6545604s.r=Consid%C3%A9rations%20diverses%20sur%20le%20Mat%C3%A9riel%20de%20la%20Marine%20Fran%C3%A7aise%20et%20de%20la%20Marine%20Anglaise.?rk=21459;2

L'intérêt de ce rapport réside dans les poids et dimensions indiqués selon le système métrique - y compris pour les pièces anglaises! Very Happy - . Sinon, il y a, aussi, pas mal d'autres vieux grimoires qui traitent du sujet.
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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Re: Armement singulier de la go[elette Terpsicore   Armement singulier de la go[elette Terpsicore EmptyMar 15 Sep 2020, 18:02

En roulant en rase campagne, j'ai eu le temps de "réfléchir"... si, si, çà m'arrive! lol!  -

Il s'agit, apparemment, d'une "réplique"  du brick-goélette, ou goélette à huniers - au départ, mélange de voiles carrées, sur le mât principal et auriques, sur l'artimon,  à la "sauce US Navy", dont la  "Royale" - durant la Restauration, c'était le cas! -, à dater des années 1820, avait envisagé de s'inspirer, avant d'en revenir rapidement à une disposition de voilure à phares carrés, parait-il, plus simple à manœuvrer - à l'occasion, nous pourrions revenir sur le sujet!  lol! .

Nota : Un brick n'était bien souvent rien d'autre qu'une corvette - bâtiment à 3 mâts -, mais, avec, seulement, deux mâts!  Very Happy
"Goélette ou brick" , la différence résidait dans le type de voilures, sauf que la voilure "entièrement" aurique (de la goélette), elle, avait été d'apparition relativement tardive - je dirais, au mieux +/- 1840 - et, militairement, inexistante,  à l'exception des cotres (ou cutters), eux, équipés d'un unique mât principal - ce qu'on appelle, plus ou moins, de nos jours, un gréement "Marconi" -. La marche sous gréement aurique ne correspondait pas à l'emploi des bâtiments de guerre, d'où la goélette à huniers ou brick-goélette, qui avait constitué la "solution intermédiaire" - la désignation étant, également, fonction de son emploi civil ou militaire!  Armement singulier de la go[elette Terpsicore Coscorro ... mais j'ai, aussi, des cachets pour ceux qui en souhaitent!  lol! -.

La Terpsicore, avec ses 33 m de long, mesurés, je présume, entre les perpendiculaires "étrave" & "tableau", et ses 250 "tonneaux", commence à faire un très beau "bébé"! Par comparaison, le brick  "dit de 18", Le Cuirassier, mis à l'eau, à Toulon, en 1821, mesurait 32,40 m, jaugeait  398 tonneaux, tandis que la "goélette-brick" La Gazelle, la même année, à Bayonne, affichait 30,11 m et 268 tonneaux.

Par contre, toutes ces unités légères françaises embarquaient une artillerie tout à fait respectable!... Le Cuirassier, 16 caronades de 24 et 2 canons de 18 courts, La Gazelle, 18 caronades de 18 ; la différence entre les deux, sur le seul plan de l'artillerie, s'explique par la présence des 2 canons de 18, sur la première citée, installés pour éviter de se faire "massacrer" par un bâtiment, de classe sensiblement équivalente, mais armé, lui, presque exclusivement, de canons!

Mais, revenons à nos "moutons" grecs! Là, il y a, effectivement, matière à réflexion, car 6 pièces de 12 - 3 par bord -,  vu la longueur de l'unité, çà ne fait pas bézef, à bord d'une bâtiment sensé être percé à 10 sabords (sur le pont supérieur), sur chaque bord.

Cà pourrait sous-entendre que les 6 pièces de 12 étaient, toutes, regroupées sur l'arrière, afin d'aménager de la place pour un unique "gros machin", en avant du grand mât. On retrouve ce type de disposition sur nos "galiotes à bombe", où la plage avant était réservée à un ou une paire de mortiers navals - par exemple, le 12 pouces An 13 de l'arsenal militaire français-.

Les quelques galiotes à bombe ou porte-mortiers français, mis en service en 1820, ressemblaient à çà...

Armement singulier de la go[elette Terpsicore Galiot10

Après, je n'ai pas, encore, eu le temps de comparer le poids du projectile explosif de 12 pouces du "mortier à pivot", avec celui du canon de 36 livres.  

Sinon, chez les Anglais, à la même époque, il existait, également, même si elle était d'emploi rare, une caronade de 68 livres (dite de balles)!  Ni le mortier français de 12 pouces, ni la caronade britannique de 68 livres pouvaient être assimilées à des pièces de chasse, mais leur position, par rapport à la proue, pour un pékin moyen peu initié, pouvait y ressembler.

A propos de la Terpsicore, avec un armement corsaire, réalisé par des armateurs privés, il n'y aurait, finalement, rien de bien étonnant, à ce que le résultat finisse sur un truc aussi bâtard qu'un bâtiment armé de 6 pièces de 12 livres françaises et une "hénaurme" caronade de 68 livres (tirant un pélot de 32 kilos) anglaise.

Cà reste, évidemment, à vérifier mais la disposition de la mâture devait être assez proche de celle de l'image, ci-avant, pour tenter de dégager le secteur tir de la caronade.

A mon humble avis, l'équipage avait du pleurer sa mère quand il s'était agit de  mettre en œuvre, opérationnellement,  en pleine mer, ladite caronade de 68 - je suis presque convaincu qu'il est question d'une telle pièce, que les Anglais s'étaient empressés de refiler à "vil prix", vu leur stock sur parc (!), aux "malheureux" Grecs (convaincus d'avoir fait une bonne affaire!)! Le pouvoir destructeur était, certes, là, mais la portée efficace, surement pas, car on faisait, surement plus de dégâts avec les 12 livres... qu'avec cette incongruité de 68 livres, unique résultat, de la confiance tantinet excessive des Brits, sur l'efficacité (supposée) des caronades!  lol!

Durant la guerre anglo-américaine de "1812", sur l'un des grands lacs frontaliers, une unité anglaise, genre corvette +, armée, uniquement de caronades, s'était royalement faite étriller - sans pouvoir répliquer! -, par un bâtiment américain, lui, armé de canons!

La RN en avait gardé un souvenir (très) douloureux et avait, très sérieusement, commencé à revoir, dès lors, sa "politique" d'installation des caronades, avant, finalement, d'admettre, en tout petit comité et portes fermées, que les français avaient, sans doute, raison dans leur emploi (tardif!) de la caronade, en tant qu'arme de proximité! Armement singulier de la go[elette Terpsicore Drapeau2

Le problème, avec la "technologie" de la Marine Française, est qu'elle avait été, tellement, systématiquement, pourrie par la propagande britannique, entre 1792 et 1814-1815,  "champ de ruines", sur lequel étaient venus se vautrer les "salonnards" navals de la Restauration, dès leur retour en France - pensez au Pacha de la Méduse! -  qu'on continue, encore, trop souvent,de nos jours, à accorder crédit à la propagande britannique... en oubliant, un peu trop vite, que, en 1814 - avant la "retraite" de l'Empereur dans l'ile d'Elbe  - 30% des unités  britanniques en service étaient des captures françaises! ... Là, il conviendrait de m'expliquer sur quel plan, notre construction navale pouvait être déficiente! lol!
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