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 CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI)

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MessageSujet: CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI)   CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) EmptyJeu 09 Avr 2020, 13:09

CROISEUR LEGER MOUILLEUR DE MINES PLUTON
(FRANCE)

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Cl_plu12
Le croiseur mouilleur de mines Pluton au large de Toulon en 1932

AVANT-PROPOS

Une histoire de la guerre des mines : miscellanées
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Amiral27
L'amiral David Farragut

Mai 1864, baie de Mobile. La marine nordiste dirigée par l'amiral David Farragut se prépare à combattre. Les eaux ne sont pas spécialement sures mais l'amiral d'origine écossaise n'en à cure.

Selon la légende il aurait hurlé «Damn the torpedoes ! Full speed ahead !» (Au diable les torpilles ! En avant pleine vitesse !) pour fouetter des subordonnés plus circonspects.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'amiral Farragut ne parle pas des torpilles tel que nous l'entendons mais des mines marines.

En effet la torpille et la mine avaient une origine commune, les premières torpilles étant des torpilles à hampe dont l'utilisation pouvait être plus dangereuse pour le bâtiment porteur que pour la cible.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Giovan11
Giovanni Lupis

La séparation à lieu suite à l'invention de la torpille automobile par l'austro-hongrois Giovanni Lupis qui ringardise définitivement la torpille à hampe. La mine elle va peut évoluer jusqu'au vingtième siècle, ressemblant à un monstre préhistorique égaré dans notre époque pleine de bruits et de fureur.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Mine_a10
Mine allemand au sec et en mer
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Mine_a11

La mine marine n'est cependant pas apparue au 19ème siècle, elle est bien plus ancienne puisqu'on trouve dès l'époque de la Chine antique la trace de barils remplis de poudre à canon, barils mouillés dans les fleuves. Ce système était cependant peu efficace puisque la mise à feu se faisait par un système de mèche, système au fonctionnement aléatoire.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Brulot10
Gravelines 1588 : les brûlots anglais sème la désolation dans l'Invincible Armada

Aux temps de la marine à voile, le brûlot était très utilisé pour attaquer une flotte au mouillage, une arme d'une redoutable efficacité puisqu'aux dégâts directs causés par ces bombes flottantes  s'ajoute la pagaille de navires à voile devant rompre leurs amarres pour échapper à l'échouage ou à la destruction.

Le 19ème siècle marque le début de l'ère où la mine marine devient efficace via différents progrès techniques concernant la stabilité des explosifs et les systèmes de mise à feu. La guerre de Crimée et la guerre de Sécession étant les deux premiers conflits où des mines efficaces sont utilisées.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Petrop10
Destruction du cuirassé Petropavlosk

Peu à peu la mine marine gagne la haute mer, jouant un rôle capital durant la guerre russo-japonaise (1904/05) puisqu'elle bloque la flotte russe à Port Arthur et est à l'origine de la mort du meilleur amiral russe, l'amiral Stepan Makarov.

Ce conflit voit ainsi l'utilisation de la mine défensivement mais aussi offensivement ce qui inquiète les britanniques qui prévoyaient en cas de conflit avec l'Allemagne l'exécution d'un blocus, blocus dont l'efficacité pourrait être obérée par ce type d'arme. Estimant que l'utilisation de la mine marine n'est pas fair play, ils essayent de la faire interdire à la deuxième conférence de La Haye (15 juin au 18 octobre 1907) mais échouent.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Hms_au11
Le cuirassé britannique HMS Audacious à été victime d'une mine allemande en octobre 1914

Les différents pays participants parviennent cependant à un consensus sur l'utilisation défensive de la mine marine et sur l'interdiction des mines dérivantes.

Durant le premier conflit mondial, des milliers que dis-je des dizaines, des centaines de milliers de mines sont mouillés sur les mers et les océans du globe. Qui dit mouillage dit navire et c'est à cette époque qu’apparaît le minelayer le mouilleur de mines qui peut être un navire de guerre adapté ou un navire marchand modifié.

Si on mouille parfois des bouchons de mines pour paralyser les mouvements navals ennemis en lui imposant de nombreuses servitudes comme la présence de minesweeper (dragueurs de mines), on l'utilise surtout durant le premier conflit mondial pour bloquer les détroits que ce soit celui des Dardannelles ou du Pas de Calais. A la fin du conflit les alliés décident même de fermer la mer du Nord aux sous-marins allemands en tendant un barrage de près de 70000 mines (soit environ le tiers de toutes les mines posées durant le conflit à savoir environ 230000 mines).

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Barrag10
Plan du barrage de mines de la mer du Nord

Après la première guerre mondiale, quelques pays décident de construire des mouilleurs de mines dédiés mais comme il s'agit d'un navire ne devant être utilisé que durant le conflit, cette mission se double d'une ou de plusieurs autres missions notamment l'entrainement au tir.

Aux côtés de navires spécialement conçus pour cette mission, d'autres seront modifiés au cours du second conflit mondial, les américains notamment transformant certains de leurs destroyers en mouilleurs de mines et en dragueurs de mines rapides.

Toujours durant la deuxième déflagration mondiale, la mine classique à contact se double de mines dites à influence que ce soit des mines magnétiques, des mines à pression ou encore des mines acoustiques. Cela rend la tache du déminage encore plus périlleuse.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Vicker12
Vickers Wellington de déminage aéroporté

Autre nouveauté, l'utilisation de l'avion pour mouiller des bouchons de mines offensifs, l'avion partageant cette mission avec des sous-marins spécialisés.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Mouill10
Big is beautiful ! Un bombardier lourd larguant des mines en l’occurrence un Boeing B-52D Stratofortress

A la fin du second conflit mondial, la guerre des mines reste une préoccupation majeure des marines occidentales encore que l'US Navy à toujours sembler rechigner à y investir du temps et de l'argent. Et pourtant durant la première du Golfe, elle manqua de perdre deux navires qui avaient sauté sur des mines irakiennes à savoir le croiseur Princeton et le porte-hélicoptères Tripoli.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Uss_tr14
Le porte-hélicoptères Tripoli victime d'une mine irakienne
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Uss_tr13

Cet intérêt toujours important s'explique par la crainte de voir les soviétiques bloquer les ports et les bases navals par des mines ce qui empêcherait l'arrivée de renforts en hommes et en matériel.

Aujourd'hui la guerre des mines est à un tournant. Les mouilleurs de mines se font très rares voir ont quasiment disparus et les dragueurs de mines ont cédé la place à des chasseurs de mines (minehunter), ces derniers devant si tout va bien être remplacés par des drones antimines qui seraient mis en œuvre depuis des bâtiments-base ou dirigés depuis un sous-marin, une frégate, un destroyer voir un porte-avions ou un navire amphibie.


A SUIVRE

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Dernière édition par clausewitz le Mer 15 Avr 2020, 16:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI)   CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) EmptySam 11 Avr 2020, 11:22

Les mouilleurs de mines de la Royale : du Pluton au Pluton

Mouilleurs de mines classe Pluton
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Mouill11
Mouilleur de mines Pluton

La guerre russo-japonaise démontre aux derniers sceptiques que la mine est une arme redoutable et qu'il faut l’intégrer aux plans d'opérations aussi bien pour protéger les bases navales et les ports via des champs de mines défensifs que pour perturber les mouvements de l'ennemi.

La France décide de s'équiper d'une véritable capacité de mouillage de mines et pour cela transforme deux torpilleurs-canonnières en 1911/12 mais le résultat est décevant et la Royale doit se résoudre à commander deux mouilleurs de mines spécialisés, des navires baptisés Pluton et Cerbère, navires commandés dans le cadre du programme naval de 1912.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Mouill12
Le Cerbère. On remarque parfaitement l'ouverture dans la poupe pour mouiller les mines

Le Cerbère est mis sur cale en août 1911 aux chantiers navals Auguste Normand du Havre lancé le 13 juillet 1912 et mis en service en 1914.

Le Pluton est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes lancé le 10 mars 1913 et mis en service en 1914.

Ces deux navires sont d'abord affectés à l'Escadre du Nord, le Pluton capturant le 5 août 1914 un cargo allemand. Il passèrent le reste de l'année à mouiller des mines au large des ports belges occupés par les allemands.

Si le Pluton passa le reste de la guerre en Manche, son sister-ship est transféré en Méditerranée, mouillant des champ de mines au large des côte syriennes et dans le détroit des Dardanelles avant de participer à un coup de force politico-militaires à Athènes le 31 mai 1916.

Considérés comme surplus à la fin du premier conflit mondial ils sont désarmés puis vendus à la démolition.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 574 tonnes

Dimensions : longueur 60.8m largeur 8.3m tirant d'eau 4.3m

Propulsion : deux machines verticale à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières développant 6000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 21 nœuds distance franchissable 1900 miles nautiques à 16 nœuds

Armement : un canon de 75mm et 140 mines

Equipage : 52 officiers et marins.


Mouilleur de mines Aurore
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Basili10
Le Basilisk

En février 1903, la marine austro-hongroise met en service un petit mouilleur de mines baptisé Basilisk. Suite à la défaite de la Double-Monarchie, le navire est cédé à la France en 1920 au titre des dommages de guerre.

Rebaptisé Aurore, il n'est utilisé que pendant deux ans par la Royale qui le cède en 1922 à la marine roumaine où il devient l'Aurora.

De 1927 à 1937, il est transformé en navire marchand sur le Danube. Il est alors repris par la marine roumaine et entièrement modernisé pour redevenir un minelayer. Il est coulé le 15 juillet 1941 au large de Sulina par l'aviation soviétique.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 314 tonnes

Dimensions : longueur 46m largeur 7.9m tirant d'eau 1.5m

Propulsion : une machine verticale à triple expansion, une chaudière cylindrique 550ch une hélice

Vitesse maximale 11 nœuds

Armement : deux canons de 47mm, deux mitrailleuses de 8mm, 145 mines


Le Castor
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Castor10

Le mouilleur de mines Castor était à l'origine un brise-glace russe baptisé Kosma Minim, un navire construit en Grande-Bretagne chez Swan Hunter. Mis sur cale le 1er janvier 1915, il est lancé le 29 août 1916 et mis en service en novembre 1916.

Il participe à la première guerre mondiale puis à la guerre civile russe du côté des blancs  au sein de la flotte de l'amiral Wrangel avec qui il se réfugie à Bizerte. Pour payer les frais d'entretien de cette flotte, des navires sont vendus.

Parmi eux figure le Kosma Minim qui est transformé en mouilleur de mines par l'Arsenal de Lorient et rebaptisé Castor.

En compagnie du Pollux un autre ancien navire russe transformé (voir ci-après), il est utilisé comme navire de soutien notamment le ravitaillement d'hydravions et le soutien de sous-marins basés à Toulon.

En 1932, le Castor était en Extrême-Orient. Quand la France signe l'armistice le 22 juin 1940, il est à Bizerte. Désarmé le 10 octobre 1940 et placé en gardiennage d'armistice, il est saisi par les allemands le 8 décembre 1942 qui le rétrocède aux italiens où il devient FR 60.

Il est sabordé à Bizerte par les allemands le 6 mai 1943, l'épave étant renflouée en 1946, remorquée en baie de Sebra puis démolie en 1947 après avoir été condamnée le 12 août 1947.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 3150 tonnes

Dimensions : longueur 75.20m largeur 17.30m tirant d'eau 6.40m

Propulsion : trois machines alternatives à triple expansion alimentées en vapeur par six chaudières développant 6400ch et entraînent deux hélices

Performances : Vitesse maximale 14.50 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 10 nœuds 2300 miles nautiques à 14.3 noeuds

Armement : quatre canons de 100mm, deux canons de 37mm antiaériens 368 mines

Equipage : cinq officiers et 162 officiers mariniers, quartiers-maitres et matelots


Le Pollux
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Pollux10

Le Pollux était donc comme le Castor un brise-glace russe. Baptisé Ilya Mouromets, il est mis sur cale en 1915 lancé le 25 novembre 1915 et mis en service le 12 décembre 1915.

De retour en Grande-Bretagne pour y être réparé, le navire est cédé à la marine française et rebaptisé Olga. Il opère en Russie dans la cadre de la guerre civile russe du 27 décembre 1918 au 18 juillet 1919, date de son arrivée à Cherbourg.

Il reprend son nom d'origine puisqu'il est cédé à la flotte blanche de l'amiral Wrangel, arrivant à Constantinople via Alger en octobre 1920. Le 12 décembre 1920, il rallie Bizerte où la flotte russe blanche se réfugie pour échapper aux bolcheviks.

Il est cédé à la France pour payer les frais d'entretien de la flotte internée. Dix autres navires seront cédés à la France dont le Castor, le Vulcain (qui était  l'ancien navire-atelier Cronstadt) et l'Iroise qui était le remorqueur de haute-mer Tchernomore. Deux vapeurs sont achetés par l'Italie.

De 1927 à 1929, l'Ilya Mouromets est transformé en mouilleur de mines et rebaptisé Pollux. En temps de paix il va être utilisé comme ravitailleur d'hydravions, ravitailleur de sous-marins mais aussi comme bâtiment scientifique. En janvier 1933, il participe au sauvetage du paquebot l'Atlantique.

Au début du second conflit mondial, il mouille des champs de mines sur les bancs de Flandres puis entre Douvres et Ostende. Il rallie ensuite la Grande-Bretagne pour soutenir le sous-marin Rubis qui avait été chargé de miner les eaux norvégiennes.

Le 3 juillet 1940 lors de l'opération CATAPULT, il est saisi à Portsmouth. Il sert durant toute la guerre comme navire-école des opérateurs radars.

Il est restitué à la marine française à Cherbourg le 5 juillet 1946. Remorqué de Cherbourg à Lorient le 9 août 1950, il est renommé Télémaque et finit sa carrière comme ponton-caserne. Il est condamné le 22 juillet 1963 sous le nom de Q-347 et vendu à la démolition en 1964.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 2450 tonnes

Dimensions : longueur 64.20m largeur 15.50m tirant d'eau 6m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par six chaudières développant 4000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 14 nœuds distance franchissable 2300 miles nautiques à 8 nœuds 1470 miles nautiques à 14 nœuds

Armement : quatre canons de 100mm, deux canons de 37mm antiaériens et 236 mines

Equipage : 5 officiers et 157 officiers-mariniers, quartiers-maitres et matelots


Genèse du Pluton
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Hms_ad10
La mise en service de l'HMS Adventure à contribué la réflexion aboutissant au Pluton

Durant le premier conflit mondial, la mine marine à montré son efficacité et les différentes marines s'interrogent sur le meilleur moyen de l'utiliser efficacement. Il faut envisager le mouillage de mines offensif et défensif.

La construction de sous-marins mouilleurs de mines est rapidement actée mais la construction d'un mouilleur de mines de surface est plus délicate et plus longue à mûrir.

Pourquoi ? Probablement parce que contrairement au sous-marin mouilleur de mines qui pouvait avec ses tubes lance-torpilles servir de sous-marin d'attaque et avec ses tubes de mouillage de mines de transport de matériel, le mouilleur de mines semble n'être adapté qu'à une seule mission.

En novembre 1922 les britanniques mettent sur cale l'Adventure un mouilleur de mines destiné à remplacer le Princess Margaret, un navire réquisitionné de la première guerre mondiale. Ce nouveau minelayer se distingue par un bon rayon d'action, une vitesse élevée (27 nœuds) et un armement respectable avec quatre canons de 120mm. Surtout sa capacité en mines est importante avec 280 à 340 mines selon les modèles.

A cette époque les français ne possèdent plus de mouilleur de mines puisqu'ils ont désarmé les deux Pluton et vendu l'Aurore à la marine roumaine.

Le 13 juillet 1925 est voté la loi finançant la tranche 1925 de construction navale. Cette tranche comprend un croiseur lourd (le futur Suffren), trois contre-torpilleurs de classe Guépard (Guépard Bison Lion), quatre torpilleurs classe L'Adroit (Brestois Boulonnais Basque Bordelais), un croiseur léger mouilleur de mines dit croiseur de deuxième classe, un transport d'avions (futur Commandant Teste) et une canonnière fluviale la future Francis Garnier.

Cette loi autorise également la mise en chantier de sept sous-marins type Redoutable (Pascal Pasteur Henri Poincaré Poncelet Archimède Fresnel Monge) et de deux sous-marins mouilleurs de mines type Saphir (Saphir Turquoise).

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Cl_plu11
Navire élégant n'est-il pas ?

Le futur Pluton est donc d'abord officiellement un croiseur de 2ème classe puis un «mouilleur de mines de surface» et enfin un croiseur mouilleur de mines. Le navire dessiné est comme souvent à l'époque dans la marine nationale un navire élégant avec un long gaillard d'avant élégamment prolongé par des passavants ce qui donne l'impression d'une absence de décrochage.

Le bloc passerelle est ramassé, les deux cheminées sont très écartées, l'arrière étant occupé par un rouf surmonté d'un mat.

Si la forme générale et la propulsion ont été vite choisies, l'armement à fait l'objet de débats avec par exemple un premier projet prévoyant deux canons de 203mm en tourelles simples avant et arrière, quatre canons de 75mm et quatre canons de 37mm tous contre-avions. Ultérieurement deux canons de 138mm font s'ajouter.

Rapidement les canons de 203mm sont abandonnés et remplacés par deux autres canons de 138mm portant le total à quatre pièces qui sont installés à l'avant et à l'arrière en affûts simples sous masque avec un affût à plat pont et un affût le surmontant. L'armement antiaérien se composera finalement de dix canons de 37mm.

La construction de ce navire est attribuée à l'Arsenal de Lorient qui avait déjà été chargé de la transformation des deux brise-glace russes en mouilleur de mines ce qui est bien évidemment tout sauf un hasard.

Arsenal de Lorient
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Lorien17
L'Arsenal de Lorient en 1910

Bien que ce site ait été peuplé dès la préhistoire, la ville de Lorient à été fondée officiellement en 1666 sous le nom de L'Orient sous l'impulsion de Colbert qui voulait dôter la Compagnie Française pour le commerce des Indes Orientales créée le 27 août 1664 d'une base de départ. Une corderie est inaugurée en 1676.

Lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697), le chantier naval implanté à L'Orient est réquisitionné par la marine royale, marquant le début de la présence de la marine nationale sur le site bientôt connu sous le nom d'Arsenal Royal de Lorient.

Pendant longtemps cependant, le port vivote, reste chétif. Des travaux sont bien menés avec la création d'un avant port et d'un bassin à flot entre 1839 et 1848 qui suivent les travaux de modernisation menés dans l'enceinte de l'Arsenal avec une forme de radoub et une cale couverte.

Il  était cependant dit que Lorient, 26ème port commercial de France en 1860 ne serait jamais un port majeur en dépit des efforts de la chambre de commerce et l'essentiel (pour ne pas dire la totalité) de l'activité maritime serait celle de l'Arsenal.

Longtemps, l'Arsenal de Lorient va mener des constructions neuves et des entretiens mais la loi du 3 avril 1926 fait de l'établissement morbihanais un établissement consacré aux constructions neuves. Il assure également les essais officiels des navires construits sur la façade atlantique (Bordeaux, Saint-Nazaire et Nantes).

Le site original situé donc sur la confluence Scorff-Blavet dispose d'une forme de radoub (utilisée également pour l'armement des navires) de 240m de long sur 28m de large accompagnée de  deux cales, les cales n°4 et n°7 qui mesurent 175m de long sur 20m de large. On trouve également deux autres bassins de carénage.

-Sur la rive orientale du Scorff nous trouvons la forme dite de Lanester, une forme de 240m de long sur 30m de large. Elle est accompagnée de trois cales.

La cale n°1 (couverte) mesure 230m de long sur 32m de large pouvant donc construire tous les navires jusqu'au croiseur lourd. La cale n°2 mesure 195m de long sur 28m de large et la n°3 de 175m de long sur 25m de large.

Durant le second conflit mondial, le site fût transformé par la construction d'une base sous-marine pour les U-Boot. La ville est rasée par les bombardements alliés laissant la base sous-marine quasiment intact.

Le site à été reconstruit après guerre, Lorient étant à la fois un arsenal et une base opérationnelle avec notamment une escadrille de sous-marins.

La base navale ferme en 1995 dans le cadre du programme OPTIMAR mais les installations d'entretien et de construction restent opérationnelles, étant actuellement le seul site de Naval Group à pouvoir produire des navires de surface avec à l'heure actuelle la fin du programme FREMM et le début du programme FTI (Frégate de Taille Intermédiaire) qui vont former la classe Amiral Ronarc'h (Ronarc'h, Louzeau, Castex, Nomy et Cabanier).

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI)   CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) EmptyLun 13 Avr 2020, 14:04

CARRIERE OPERATIONNELLE
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Cl_plu13
Le croiseur mouilleur de mines Pluton à Lorient en 1931

Présentation

Le 26 août 1926, une dépêche ministérielle numéro 15261/C.N.4 confie au port de Lorient la construction du croiseur mouilleur de mines.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Cl_plu14
Le croiseur Pluton le 11 avril 1929 au lendemain de son lancement

Le Pluton est mis sur cale le 16 avril 1928 lancé le 10 avril 1929 et armé pour essais le 15 mai 1930.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Cl_plu15
Le Pluton le 2 septembre 1929

L'essai de présentation en recette est acquis 10 mars 1931. Lors de l'essai de 1h à feux poussés réalisé le 11 septembre 1931, le  Pluton qui déplaçait 5634 tonnes atteint la vitesse de 31.365 nœuds avec une puissance développée de 63907ch.

Lors de l'essai de 3h à feux poussés réalisé le 29 avril 1931, le Pluton qui déplace 5509 tonnes développe une puissance de 64705ch et atteint une vitesse maximale de 31.31 nœuds.

Les 16 et 17 avril 1931 sont réalisés les essais de consommation. Lors de l'essai de 8h, il consomme 244.921kg de mazout par mille pour une vitesse de 20 nœuds ce qui correspond à une distance franchissable de 4900 miles nautiques.

Lors de l'essai à 6h, il consomme 155.096kg de mazout par mille pour une vitesse de 14 nœuds ce qui correspond à une distance franchissable de 7700 miles nautiques.

La clôture d'armement est prononcée dès le 1er octobre 1931, l'entrée en armement définitif à lieu le 15 novembre 1931 et l'admission au service actif est prononcée le 25 janvier 1932.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Pluton10
Statue de Pluton

Le croiseur mouilleur de mines est le sixième navire de la Royale à porter non pas le nom d'une ancienne planète du système solaire mais le dieu romain des morts, le roi des Enfers (ce qui est plutôt raccord avec un mouilleur de mines).

Il succède à un vaisseau de 74 canons (1778-1805), un autre vaisseau de 74 canons (1805-1808), une corvette de 2ème classe à roues (1841-1854), le quatrième était un vaisseau de 74 canons initialement connu sous le nom de Marengo (1810) rebaptisé Pluton en 1865 et condamné en 1873 et enfin un mouilleur de mines en service de 1913 à 1921.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Bbpd_p10
Le bâtiment base de plongeur démineur (BBPD) Pluton (M-622)

Depuis un septième navire à porté ce nom, un bâtiment-base de plongeurs démineurs de classe Vulcain construits aux chantiers navals de La Perrière à Lorient et mis en service le 12 décembre 1986 et toujours en service en 2020 même si il est fin de carrière.Il est affecté au Groupement des Plongeurs Démineurs (GPD) de la Méditerranée avec Toulon comme port d'attache.

Historique

Premières années
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Cl_plu16
Le croiseur mouilleur de mines Pluton en mai 1932

Le 16 janvier 1932, le Pluton quitte Lorient en compagnie du contre-torpilleur Albatros direction Toulon, le transit étant l'occasion de réaliser la TLD (Traversée de Longue Durée). Cette traversée n'est pas qu'un simple transit puisque des tirs de 138mm et des essais de consommation sont réalisés.

Le croiseur Pluton est à Oran du 19 au 21 janvier, fait escale aux Salins d'Hyères les 22 et 23 pour un exercice de mouillage de mines avant de mouiller en rade de Toulon le 23 janvier 1932 à 10.30 du matin.

Deux jours plus tard le 25 janvier 1932, le croiseur léger mouilleur de mines est admis au service actif. Il est affecté à la Division d'instruction de la 1ère Escadre, étant placé en position «armé à effectifs réduits» avec un équipage composé de 260 hommes contre normalement 424 hommes en temps de paix (et 513 en temps de guerre).

Le 2 mars 1932, il appareille de Toulon en compagnie de navires de la 1ère Escadre dont notamment le cuirassé Jean Bart mais aussi des croiseurs et des contre-torpilleurs. Il mouille en baie de Calvi le 3 et rentre à Toulon le lendemain.

Du 14 au 16 avril, il participe à des exercices avec la 1ère Escadre sur les côtes algéro-tunisienne avant de faire escale à Tabarka (Tunisie) du 16 au 21 avril et à Alger du 22 avril au 1er mai. Il est de retour à Toulon le lendemain.

Il reprend la mer le 5 mai 1932 pour transporter en baie de La Sude (Crète) du personnel nouvellement recruté pour la 1ère Escadre. Il y reste jusqu'au 8 puis rallie Candie où  il reste jusqu'au 11.

Sans perdre de temps il rallie Bizerte où il fait escale du 13 au 16 mai pour ravitailler. Il rallie Cherbourg pour embarquer un chargement de mines destiné à Dakar. Il est présent dans le port normand ud 21 au 25 mai pour embarquer 270 mines Bréguet B2. Il arrive dans la capitale de l'AOF le 1er juin, débarque sa cargaison et reprend la mer le 8 pour Toulon où il arrive le 15.

Le 18 juin 1932, il entre à l'Arsenal pour notamment les différentes visites de garantie concernant les turbines. La situation n'est pas satisfaisante, la marine prolongeant de six mois le délai de garantie avec une retenue de 100000 francs sur la somme due au constructeur.

La décision est alors prise de transformer le Pluton en bâtiment-école pour l'Ecole d'Application du Tir à la Mer (EATM) afin de remplacer le croiseur cuirassé Gueydon arrivé à bout de potentiel. Cette décision très critiquée par le capitaine de vaisseau Puech commandant du navire va être à l'origine de la perte du bâtiment mais ça bien évidemment tout le monde l'ignore à l'époque.

Les travaux débutent le 24 octobre 1932. Théoriquement les travaux doivent être réversibles et permettre au Pluton de mener ses opérations de mouillage de mines en cas de conflit. En réalité ce choix se révélera a posteriori désastreux puisqu'il empêchera l'équipage du Pluton de s’entraîner normalement dans les domaines du mouillage de mines, du désamorçage des engins et de la sécurité générale du navire. Le navire doit être disponible le 1er mai 1933 pour assurer ses nouvelles fonctions.

Remis à flot le 8 mars, il est mis sur rade le 27 avril pour réaliser ses essais de bon fonctionnement, le croiseur léger mouilleur de mines étant disponible à la date prévue. Pleinement opérationnel à la mi-mai, il va multiplier les aller et les retour entre Toulon, les Salins d'Hyères, Bregançon et le Lavandou pour former les futurs officiers-canonniers de la flotte. Du 25 novembre 1933 au 13 février 1934, le Pluton est en travaux à l'Arsenal.

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Le Pluton en mars 1934

Du 14 février au 10 août il multiplie les rotations aux Salins pour assurer sa mission de navire-école. Il est alors indisponible pour réparations puis rentre à l'Arsenal le 1er novembre pour une indisponibilité de deux mois et demi (deux mois étaient initialement prévus). On en profite pour réaliser à cette occasion un grand carénage.

Le croiseur est à nouveau disponible le 15 janvier 1935, reprenant son travail de l'ombre au profit de l'EATM. Il est ensuite en réparations pour trois mois à partir du 22 août mais le 1er octobre les travaux sont suspendus et le navire rendu disponible. Les travaux reprennent ud 25 octobre au 25 novembre mais avec la condition sine qua none que le navire puisse si nécessaire appareiller. Les travaux terminés il ne prend la mer que les 29 novembre et 12 décembre 1935.

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Le Pluton en 1935/36

L'année 1936 n'est guère différente des années précédentes. L'année d'instruction commence le 14 janvier 1936. Il y à cependant quelques légères variantes avec deux passages au bassin à l'Arsenal de Toulon du 1er au 28 février et du 10 juin au 30 juillet. Du 26 au 28 octobre, il est à Palma de Majorque suite au déclenchement de la guerre d'Espagne. Le 25 novembre 1937 il rentre à l'Arsenal pour réparations.

Il effectue des essais de bon fonctionnement du 15 au 17 mars. Comme les essais se révèlent positifs, le navire est déclaré disponible dès le lendemain 18 mars 1937.

Son activité de navire-école est interrompue par un passage par l'Arsenal du 15 juin au 1er août avant de reprendre sa campagne d'instruction qui va se terminer jusqu'au 8 novembre. Une semaine plus tard il entre en grand carénage pour d'importants travaux concernant notamment la direction de tir.

Les essais de bon fonctionnement ont lieu le 30 mars 1938 ainsi que les 6 et 7 avril. Il reprend ses activités de navire-école le 11 avril en compagnie du contre-torpilleur Lynx.
En effet à l'époque ce contre-torpilleur de classe Jaguar formant la 1ère DCT avec son sister-ship Panther, division affecté à l'EALM. D'autres navires sont également croisés comme les torpilleurs Le Fortuné et Tempête ou encore le croiseur léger Duguay-Trouin voir les sous-marins Thetis et Venus.

A partir du 1er octobre 1938, tout en conservant son rôle au sein de l'EATM, le Pluton est incorporé à la division de canonnage de l'Escadre d'instruction, cette dernière ayant remplacé la divsion d'instruction de l'Escadre de la Méditerranée.

Du 15 novembre 1938 au 15 février 1939, le Pluton est immobilisé pour entretien et grand carénage à l'Arsenal de Toulon. Il est pleinement disponible le 1er mars 1939.

Le 6 mai 1939, une dépêche ministérielle réorganise à nouveau les forces navales françaises avec la création notamment d'une Flotte de l'Atlantique qui intégrerait une 5ème Escadre regroupant tous les navires-écoles, escadre qui serait basée à Lorient.

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14 juin 1939. Le Pluton quitte Toulon pour la dernière fois

Cette décision entre en vigueur le 10 juin 1939. L'escadre d'instruction est dissoute à Toulon et le Pluton est affecté à Lorient en compagnie du croiseur léger Duguay-Trouin, de la 3ème Division de Ligne (cuirassés Paris Courbet), de la 14ème DT (Bouclier La Flore La Melpomène) en attendant les torpilleurs d'escadre de la 2ème DT (Frondeur Fougueux L'Adroit).

A l'époque il était prévu que le croiseur léger mouilleur de mines Pluton poursuive sa mission au profit de l'EATM jusqu'au 1er juin 1940 date à laquelle il aurait été remplacé par le croiseur léger Duguay-Trouin.

Le Pluton serait alors devenu un navire-école d'application pour accompagner sous le nom de La Tour d'Auvergne le croiseur-école Jeanne d'Arc et ainsi augmenter le nombre d'élèves embarqués, annonçant ce qui se fait depuis la fin du second conflit mondial avec le croiseur-école Jeanne d'Arc puis son successeur le porte-hélicoptères et qui se poursuit en 2020 avec un BPC et une frégate (d'abord la frégate Georges Leygues puis une frégate légère de classe La Fayette).

Comme nous le savons ce programme va être bouleversé non seulement par la guerre mais surtout par la perte du Pluton dans des circonstances tragiques et polémiques.

«L'état-major à le regret de vous annoncer la perte de La Tour d'Auvergne»

Une bonne fois pour toute essayons de tordre définitivement le cou à une légende tenace : le Pluton n'à jamais été rebaptisé La Tour d'Auvergne.

Cette légende s'explique par deux éléments principaux : la décision de rebaptiser le 1er juin 1940 le croiseur léger mouilleur de mines Pluton et ainsi le faire opérer avec le croiseur-école Jeanne d'Arc comme bâtiment-école d'application et le choix de la marine d'annoncer la perte du Pluton sous son futur nom.

Après la fin de la session de l'EATM, le Pluton passe de la position armé à effectifs réduits à armé à effectif spécial. Il quitte Toulon le 14 juin pour Lorient en compagnie du Duguay-Trouin et des cuirassés Courbet et Paris ce qui explique une vitesse transit assez lente (11 nœuds). Les navires font escale à Oran les 16 et 17 juin où le contre-amiral Moreau, commandant de la 5ème Escadre met sa marque sur le Paris.

Ils sont ensuite à Casablanca du 19 au 22, les deux croiseurs arrivant à Lorient le 25, les cuirassés prennant des chemins différents. Le Pluton subit un petit carénage à Lorient du 29 juin au 20 juillet 1939.

On étudie à l'époque les travaux à effectuer pour son nouveau rôle. On envisage l'installation de six postes de douze élèves en remplacement des quatre postes de dix-huit ainsi que d'une blanchisserie. Il est également prévu de remplacer le mât de charge par une grue pour faciliter les manœuvres sur rade foraine.

Le 25 août 1939 la 5ème Escadre effectue sa concentration en rade de Brest. Trois jours plus tard, une nouvelle dépêche modifie à nouveau l'organisation de la dite escadre qui est désormais composée d'une 6ème DC (croiseurs légers Duguay-Trouin Primauguet) et de la 7ème Division de Croiseurs (Jeanne d'Arc Pluton).

Le 31 août 1939, nouveau changement, la 7ème DC est retirée de la 5ème Escadre. Cette division aura de toute façon une existence théorique puisque les deux croiseurs n'auront pas le temps d'opérer ensemble.

En effet le croiseur-école Jeanne d'Arc va partir aux Antilles alors que le Pluton va être amené à opérer au large des côtes du Maroc. En effet l'Amirauté craint que les croiseurs allemands n'effectuent une démonstration de force devant les ports de la côte Atlantique du Maroc comme avait pu le faire le Goeben et le Breslau en 1914 au large de l'Algérie.

Le 2 septembre 1939 alors que l'Allemagne à envahit la Pologne la veille mais que la seconde guerre mondiale n'à pas encore éclaté, le Pluton reçoit l'ordre d'appareiller pour Casablanca en compagnie de la Force de Raid, le croiseur léger mouilleur de mines ayant auparavant embarqué 125 mines B.4. Le navire appareille sur les coups de 20h00.

L'amorçage des mines se fait à bord non sans mal mais au cours de la traversée il apprend qu'il faut surseoir au mouillage en raison de l'absence d'une menace crédible de la part de la flotte allemande qui à bien envoyé ses croiseurs et ses cuirassés de poche dans l'Atlantique mais pour courir sus au commerce et non pour bombarder les ports marocains.

Le Pluton arrive à Casablanca le 5 septembre 1939, restant dans le port marocain en attente. Le 11 septembre, l'Amirauté envoie un télégramme à Marine Maroc ordonnant d'effectuer un mouillage de mines contre sous-marins mais cet ordre est annulé dès le lendemain. Il est prévu un mouillage effectif pour tromper l'ennemi pendant que les mines seront débarqués, le navire devant devenir un transport de troupes.

Le 13 septembre 1939 au matin, le croiseur léger mouilleur de mines se trouve amarré au poste d'honneur de la jetée Delure, bâbord à quai. Les mines Bréguet B4 M sont toujours à bord amorcées.

Le capitaine de vaisseau Dubois, commandant du navire ayant reçut l'ordre de Marine Maroc de débarquer les mines, ce travail hautement périlleux commence sur les coups de 10.30 par le désamorçage avant le débarquement des mines.

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Le Pluton en feu

Vers 10.40, une explosion terrifiante secoue le navire qui est littéralement pulvérisé, se transformant en un amas de métal tordu dévoré par les flammes et le mazout qui ne tarde pas à prendre feu.

Le bilan humain est terrifiant avec plus de 270 morts sur le Pluton mais aussi sur les chalutiers Etoile du Matin, Sultan et Marie-Merveilleuse. Le croiseur à 186 tués (dont le commandant) et 73 blessés, 21 autres marins étant également tués par cette opération menée en dépit du bon sens dans un port bondé sans aucun périmètre de sécurité. L'épave va continuer à brûler jusqu'à 18h.

Comment expliquer une telle catastrophe ? Les causes sont comme toujours multiples avec des causes profondes et des causes immédiates.

En ce qui concerne les causes profondes, la principale semble être la multiplicité des missions et l'absence d'un délai incompressible entre la mission de mouillage de mines, la mission de transport de troupes et sa fonction de navire-école.

Ce choix de transformer le Pluton en navire-école au profit de l'EATM avait été très critiquée car cela empêchait l'équipage de s’entraîner à cette mission, l'instruction n°1600 du 3 août 1928 prévoyant que les mouilleurs de mines de surface devaient effectuer quatre mouillages diurnes et quatre mouillages de nuit.

Durant toute sa carrière, le Pluton n'à effectué qu'un seul mouillage complet avec des mines d'exercices.

Cela explique pourquoi l'état-major général avait choisit de transformer le Pluton en navire-école d'application des enseignes de vaisseau.

Pour ne rien arranger les mines d'exercices dépendaient de la Direction des Constructions Navales (DCN) alors que les mines de guerre dépendaient de la Direction de l'Artillerie Navale (DAN), deux directions qui s'ignoraient superbement avec toutes les connaissances que l'on peut imaginer.

Les causes immédiates semblent être la précipitation non prévue initialement pour le désamorçage et le débarquement des mines, précipitation qui explique que cette opération hautement risquée (surtout avec un équipage mal entraîné) à eu lieu en plein milieu d'un port très fréquenté. De plus aucun exercice périodique de désamorçage n'avait été organisé. Autant dire que la catastrophe était plus que prévisible.

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Epave du Pluton dans le port de Casablanca

Après l'Armistice des équipements encore en bon état sont récupérés sur l'épave. L'épave du Pluton ne sera relevée et démolie par Maroc-Métaux d'octobre 1952 à juillet 1953.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI)   CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) EmptyMer 15 Avr 2020, 16:01

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Cl_plu22

Déplacement : 5300 tonnes Washington 5321 tonnes en charge normale 6214 tonnes en surcharge

Dimensions : longueur hors tout 152.5m longueur entre perpendiculaires 144m largeur 15.55m tirant d'eau en charge normale 4 à 5.20m

Propulsion : deux ensembles de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières à mazout développant 57000ch (62700ch à feux poussés) et entraînant deux hélices tripales en laiton à haute résistance de 4.08m de diamètre.

Chaque ensemble de turbine comprend deux turbines identiques montées en parallèle, ces turbines attaquent l'arbre porte-hélice qui leur correspond par l'intermédiaire d'un engrenage à simple réduction.

Chaque ensemble comprend de plus une turbine de croisière attaquant par un réducteur à engrenages l'arbre de la turbine. Cette turbine de croisière peut être débrayée dès qu'elle ne reçoit plus de vapeur mais ne peut être embrayée qu'à l'arrêt. Une turbine de marche AR est incorporée dans chaque turbine principale.

Une chaudière auxiliaire est installée pour alimenter au mouillage le chauffage à la vapeur ou bien les appareils frigorifiques des soutes, les installations d'hygiène, un bouilleur de 300 litres d'eau de boisson à l'heure environ.

L'énergie électrique est produite à la mer par deux ensembles électrogènes alimentés par les turbines à vapeur d'une puissance unitaire normale de 200 kW et maximum de 266kW sous 235 volts.

Au mouillage ce sont trois dynamos à moteur diesel d'une puissance unitaire normale de 100kW et maximum de 120 kW sous 220 volts.

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 4510 miles nautiques à 14 nœuds au déplacement de 6106 tonnes 2235 miles nautiques à 24 nœuds au déplacement de 5974 tonnes

Protection : aucun blindage et sa protection n'est assurée que par un compartimentage assez serré de la coque. Ce compartimentage comprend quinze cloisons transversales principales s’élevant depuis le fond jusqu'au 1er pont. Aucune ouverture jusqu'au pont principal et dans l'entrepont on trouve des portes étanches. Le système de construction longitudinal à été généralisé.

Conduite de tir :

A son admission au service actif, le Pluton ne disposait que pour sa conduite de tir que de deux télémètres à coïncidence de 3m de base, l'un est installé sur le toit du petit local de la passerelle supérieure et l'autre sur une plate-forme à l'arrière du mât arrière associés à un conjugateur mécanique modèle 1923.

Son affectation à l'Ecole d'Application du Tir à la Mer (EATM) permet une transformation radicale de sa conduite de tir.

Les télémètres de l'Ecole de télémétrie sont installés sur tout le navire avec sur la passerelle supérieure avant deux télémètres OPL (S) de 3m de base, deux télémètres Zeiss (S) de 3m de base, deux télémètres Zeiss (S) de 1.5m de base et deux Barr & Stroud (C) de 2m de base.

Sur le manche à air des chaufferies avant on trouve un télémètre Barr & Stroud (C) de 4.57m de base.

Sur les bastingages milieu on trouve un télémètre OPL (S) de 3m de base alors que sur la dunette arrière on trouve un télémètre OPL (S) de 4m de base et quatre télémètres OPL (S) de 3m de base.

Armement :

Artillerie principale
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Canon_71
Schéma du canon de 138mm modèle 1923

Le croiseur léger mouilleur de mines dispose pour sa défense de quatre canons de 138.6mm modèle 1923 en quatre affûts simples sous masque (deux à l'avant et deux à l'arrière).

Le canon de 138mm modèle 1923 est un canon de 40 calibres (longueur du tube : 5.52m), pesant 4.40 tonnes, tirant des obus de 40kg à une distance maximale de 19000m (+35°) à raison de 5 à 6 coups par minute.

L'affût simple sous masque modèle 1924 permet aux canons de pointer en site de -10° à +35° et en azimut sur 150° de part et d'autre. La dotation en munitions est de 600 coups soit 150 coups par pièce.

Défense Contre-Avions
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Canon_72
Ecole à feu pour des canons de 37mm modèle 1925

La Défense Contre-Avions se compose à l'origine de dix canons de 37mm CA modèle 1925 et de douze mitrailleuses de 8mm Hotchkiss modèle 1914.

Le canon de 37mm modèle 1925 est un canon de 60 calibres tirant un obus de 0.725kg  à 8000m avec un plafond de 5000m à raison de 20 coups par minute. Ces canons peuvent pointer en site de -15° à +80°. La dotation en munitions est de 1000 coups par pièce soit 10000 coups au total (144 coups par pièce immédiatement prêts à l'emploi).

Ces canons sont installés pour deux d'entre-eux à l'avant, pour six autres entre les deux cheminées, deux sur une plate-forme spéciale à l'extrême arrière. Il existe également quatre sous-sellettes pour canons de 75 contre-avions sur le pont milieu, destinées éventuellement au montage de canons de ce calibre à la place des six canons de 37mm du milieu.

Les douze mitrailleuses de 8mm Hotchkiss modèle 1914 sont disposées par paires sur six affûts doubles CA (deux sur le rouf passerelle, deux sur la manche à air de la chaufferie arrière et deux sur la passerelle arrière juste sur l'avant du mât arrière.

Elle tire des cartouches de 13 grammes utilisés en bandes rigides de 24 cartouches ou en bandes articulées de 250 cartouches. La portée maximale est de 2400m. La dotation en munitions est de 48000 cartouches soit 4000 par pièce.

CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Mitrai18
Schéma de l'affût double de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929

A l'issue de sa transformation en navire-école de l'EATM le Pluton dispose de quatre canons de 138mm modèle 1923, de quatre canons de 75mm modèle 1922, de deux canons de 37mm modèle 1925, d'un canon de 37mm de débarquement (canon G modèle 1915 sur affût modèle 1916 G), douze mitrailleuses de 13.2mm modèle 1929 en six affûts doubles, de trois mitrailleuses de 8mm, de deux canons de 47mm modèle 1885 pour armer des embarcations

Equipements spécifiques :
CROISEUR MOUILLEUR DE MINES PLUTON (FRANCE) (FINI) Mines_11
Schéma de la mine Bréguet B4

-Le Pluton est conçu pour pouvoir porter et mouiller 250 mines, 220 en charge normale et 30 en surcharge. Elles sont disposées sur quatre voies installées sur le 1er pont ou pont des mines.

-Les voies se terminent par des plans inclinés à 30° pour éviter que la hauteur de chute des mines soit effective. Chaque voie est constituée par deux fers en U écartés de 0.50m fixés sur le pont avec interposition de cales nécessaires pour corriger le bouge.

-A l'avant vers le couple 100, les deux voies d'un même bord se raccordent à une plaque tournante servant à faire passer les mines d'une voie sur l'autre.

-Les deux plaques tournantes sont reliées par un tronçon de voie transversal destiné en cas d'embarquement de mines d'un seul bord à garnir simultanément les 4 lignes.

-Pour faciliter la circulation quand le bâtiment n'a pas de mines à bord, des caillebotis sont disposés entre les rails de chaque voie et à hauteur de ces rails.

-Les mines sont embarquées à l'avant via deux grues à commande électrique

Divers :

-Quatre projecteurs de 0.75m de diamètre (deux sur la plate-forme supérieure du tripode AV, deux sur la plate-forme supérieure du tripode AR), quatre projecteurs de signalisation de 0.30m de diamètre (deux sur les ailerons de passerelle de navigation et deux sur la plate-forme de commande des projecteurs AR ou plate-forme inférieure du tripode arrière).

-Trois ancres _deux de poste et une de réserve_ Elles sont de type Byers de 4000kg chacune et placées en écubiers. On trouve également une ancre de détroit type Byers de 1400kg, deux ancres à jet de 1020 et de 760kg.

-La drome se compose de deux canots à vapeur de 9m, deux canots de 9m dont un à moteur, une vedette à essence de 9m, une chaloupe de 10m, deux baleinières de 8m, deux youyous de 5m et une plate de 3.50m. La manœuvre des embarcations se fait grâce à  un mat de charge métallique.

Peintures :

-La coque au dessus de la flottaison ainsi que les superstructures du Pluton sont peintes en gris clair à l'exception des éléments suivants :

-En noir les ancres, les capots de cheminées, les apparaux de mouillage, bittes et chaumards ainsi que le faux-col à mazout.

-Les parties inclinées des voies à l'arrière sont en tôle nue (gris noir)

-Les télémètres sont peints en blanc, les feux de position sont rouge à bâbord et vert à tribord

-Les surfaces horizontales des ponts extérieurs ont des revêtements divers, le 2ème pont (teugue et pont passerelle) est recouvert d'un bordé en bois de pin d'Oregon depuis une ligne située à 1m sur l'arrière des barbotins des cabestans jusqu'à l'extrémité arrière. La partie avant de la teugue jusqu'à l'étrave est en tôle nue.

-Le 1er pont ou pont des mines est également recouvert de bois depuis l'arrière de la teugue (environ du couple 104) jusqu'à l'arrière mais seulement à l'extérieur des rails de chaque voie.

-Les planchers des passerelles sont recouverts de linoléum brun rouge y compris la passerelle arrière.

-Toutes les autres surfaces horizontales sont en tôle nue.

-L'entrée de service du bâtiment est peinte en rouge spécial. Les mines sont peintes en vert foncé.

Les modifications

Transformation du Pluton en bâtiment-école d'application du tir à la mer (EATM) (Arsenal de Toulon 24 octobre 1932 au 1er octobre 1933)

-Installation d'un PC type croiseur de 10000 tonnes dans le local prévu pour servir de PC de télécommande, ce local étant au besoin agrandi.

-Utilisation de l'installation actuelle de télépointage des 138 du Gueydon (tourelle de télépointage et appareils de transmissions) pour réaliser une installation de télépointage complète ou dans un premier temps simplifiée.

-Installation des appareils de tir simulé sans thème de la salle de conférence réalisée par les EOR sur le Pluton

-Installation des quatre canons de 75 CA du Gueydon sur les sous-sellettes existant à bord du Pluton.

-Installation de la conduite de tir contre-avions (câblage, plate-forme de télépointage CA et PC de télécommande)

-Installation provisoire de deux mitrailleuses de 13.2mm provenant du Gueydon en attendance la délivrance des mitrailleuses identiques prévues pour le croiseur léger mouilleur de mines.

-Installation des télémètres nécessaires au fonctionnement de l'Ecole de télémétrie

-Installation pour les officiers-élèves de huit chambres démontables comportant deux couchettes type infirmerie et un ameublement sommaire, dans les deux postes d'équipage arrière (4 dans chaque poste) qui devront pouvoir être démontées dans un délai de quatre jours.

-Déplacement d'un projecteur avant et débarquement d'un autre

-Agrandissement des locaux de la passerelle inférieure pour y placer les postes à calcul et les installations de tir simulé

-Groupement des télémètres en deux postes principaux sur la passerelle supérieure AV et sur la dunette AR, toutes les deux agrandies à cet effet. Deux télémètres de grande longueur sont installés entre les deux cheminées.

-Suppression du petit rouf de la passerelle supérieure et installation à sa place du télépointeur de 138mm

-Renforcement de la mâture avant afin d'installer au sommer du tripode le télépointeur contre-avions.

-Débarquement de huit canons de 37mm modèle 1937 et des douze mitrailleuses de 8mm remplacés donc par quatre canons de 75mm modèle 1922.

Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 8 à 15 coups par minute. L'affût simple permet au canon de pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions est de 125 coups par canon soit un stock 500 coups.

Les douze mitrailleuses de 13.2mm en six affûts doubles sont embarqués sur la plage avant (deux), sur le pont passerelle milieu (quatre _deux sur chaque bord_).

La mitrailleuse de 13.2mm Hochkiss modèle 1929 dispose d'un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d'alimentation, des boitiers chargeurs de 30 cartouches). Elles sont montées en affûts simples, doubles ou quadruples.  

Indisponibilité du 1er juillet au 13 septembre 1933

-Début d'installation de la télécommande des canons de 75mm (2 sur 4), installation de la télécommande des projecteurs arrière, renforcement des superstructures endommagées par le souffle des pièces de 138mm, renforcement du dispositif d'amarrage arrière.

Indisponibilité du 25 novembre 1933 au 14 février 1934

Fin de l'installation de la télécommande des 75, remplacement de deux affûts de 75mm modèle 1922 télépointés par deux affûts télécommandés, mise en place d'un cadran optique à l'avant.

Autres travaux

-Du 1er novembre 1934 au 15 janvier 1935, on installe un poste provisoire pour 40 hommes dans l'entrepont des mines à tribord identique à celui installé à bâbord en 1932/33. On embarque également huit radeaux type Brest.

Du 22 août au 25 novembre 1935 on agrandit la plate-forme de télécommande des projecteurs AR, installation d'un cadran optique arrière orientable, installation de six nouveaux radeaux type Brest

Du 1er au 28 février 1936, on ajoute dix télémètres supplémentaires portant le nombre à 31. Cela nous donne le panorama suivant.

-Sur la passerelle avant on trouve huit télémètres, quatre (S) OPL de 3m (deux modèle 1927 et deux modèle 1932), deux (S) Zeiss de 3m, un (C) SOM de 3m modèle 1926 et un (C) SOM de 3m modèle 1926

-Sur l'avant de la passerelle on trouve un télémètre (C) Barr et Stroud de 2m

-Sur la passerelle arrière ou dunette on trouve sept télémètres : quatre (S) OPL de 3m modèle 1924 et 1927, deux (S) OPL de 4m modèle 1933, un (S) SOM de 5m

-Sur le rouf arrière on en trouve quatre à savoir trois (S) SOM de 3m modèle 1932 et un (C) SOM de 3m modèle 1931

-Sur la passerelle de commande des projecteurs on trouve deux télémètres (S) OPL de 3m modèle 1926 et 1927

-Sur le télépointeur CA (Contre-Avions) on trouve un télémètre (S) OPL de 3m modèle 1926

On trouve également huit télémètres de 1m (S) OPL modèle J.30.

-Du 15 novembre 1937 à début mars 1939, on remplace la tourelle de télépointage des 138 par une tourelle type «croiseur de 8000 tonnes» avec mise de feu gyroscopique, on installe la télécommande en direction des 138mm ce qui entraine le déplacement de la plate-forme du projecteur avant laquelle est installée 1.25m plus haut.On déplace également deux affûts doubles de 13.2mm.

Equipage : En temps de paix on trouve 17 officiers dont 4 officiers supérieurs, 87 officiers mariniers et 320 quartiers-maitres et matelots (y compris quatre agents de service) soit un total de 424 hommes. En temps de guerre l'effectif total passe à 513 hommes avec 17 officiers, quatre-vingt douze officiers mariniers et 404 quartiers-maitres et matelots.

FIN


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