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 CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)

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MessageSujet: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 23 Aoû 2019, 21:21

CROISEUR LOURD ALGERIE
(FRANCE)

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg15
Le croiseur Algérie à la mer en 1940. Les marques de nationalité apparues durant la guerre d'Espagne ont fait hélas leur réapparition

AVANT PROPOS

Des croiseurs cuirassés pour commencer

Le croiseur est l'équivalent pour les marines modernes de la frégate à savoir un navire rapide et bien armé destiné à mener des missions que ne pourraient assumer un navire de ligne dont l'exemple typique est le 74 canons mis au point en France et adopté par toutes les grandes marines de l'époque.

Peut-on dessiner le portrait-robot du croiseur ? Difficile voir impossible car on va trouver successivement des croiseurs-éclaireurs, des croiseurs de stations, des avisos-croiseurs, des croiseurs-torpilleurs, des croiseurs cuirassés en attendant des croiseurs légers et des croiseurs lourds.

Initialement les premiers navires à coque en fer étaient bien plus lourds que leurs homologues à coque en bois en raison du poids des plaques d'acier ce qui imposait des choix draconiens en terme de protection pour ne pas faire exploser le devis de poids.

Cependant la métallurgie fesait des progrès considérables permettant d'imaginer des navires suffisamment protégés tout en restant d'un poids et donc d'un prix raisonable. En 1877 la Royal Navy met en service le HMS Shanon considéré comme le premier armoured cruiser ou dans notre belle langue un croiseur cuirassé.

Contrairement à ce que l'on à pu penser (et moi le premier), la France n'est pas l'inventeur de ce concept. Cette diffraction historique s'explique probablement par le zèle que la Royale déploya pour s'équiper de nombreux croiseurs cuirassés au point de se lancer (trop) tardivement dans la construction de croiseurs légers nettement plus efficaces pour l'éclairage d'une escadre. Pas moins de vingt-cinq navires de ce type vont être construits.

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Le croiseur cuirassé Dupuy de Lôme

Le premier du nom est le Dupuy de Lôme. Construit à l'Arsenal de Brest, ce navire de 6056 tonnes, filant à 19.7 nœuds et possédant un armement composé de deux canons de 194mm et six canons de 164mm est mis en service en mai 1895. Il est désarmé en mars 1910 et démoli en 1923.

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Le croiseur cuirassé Amiral Charner

A un navire unique succède la classe Amiral Charner composée de quatre navires baptisés Amiral Charner, Bruix,Chanzy et Latouche-Treville. Ces navires mis en service respectivement en septembre 1895, décembre 1896, juillet 1896 et mai 1895 déplaçaient 4700 tonnes, gilant à 19 nœuds avec pour armement principal deux canons de 194mm et six canons de 164mm.

Si le Bruix et le Latouche-Treville terminent leur carrière par un désarmement lié à l'âge et à l'usure (respectivement en juin 1920 et mai 1919), les deux autres sont perdus avant terme, l'Amiral Charner étant torpillé par l'U-21 le 8 février 1916 (un survivant) alors que le Chanzy est perdu par échouage au large de Saïgon le 20 mai 1907.

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Le croiseur cuirassé Pothuau

Bien que proche des Amiral Charner, le Pothuau est considéré comme un navire à part. Mis en service en juin 1897, il déplaçait 5460 tonnes, pouvait atteindre la vitesse maximale de 19 nœuds avec un armement principalement composé de deux canons de 194mm et de dix canons de 138mm. Il est désarmé en juin 1926 et démoli trois ans plus tard.

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Le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc

Le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc marque une nette rupture dans le domaine des croiseurs cuirassés puisque son déplacement double quasiment par rapport aux précédents avec 11600 tonnes. Il est également plus rapide avec 21.8 nœuds (23 nœuds prévus) avec un armement composé de deux canons de 194mm et de quatorze canons de 138mm.

Mis en service en mai 1903, ce navire aux six cheminées (d'où son surnom de «paquet de cigarettes») servit à partir de mars 1912 comme navire-école devenant le premier des trois navires-écoles de La Royale à porter le nom de la «Pucelle d'Orléans» (si le dernier à été désarmé en 2010, le groupe-école porte le nom de «Groupe école Jeanne d'Arc», groupe composé d'un BPC et d'une frégate classe La Fayette). Le croiseur cuirassé est désarmé en 1933 et démoli l'année suivante.

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Le croiseur cuirassé Gueydon

Au «paquet de cigarettes» succède les trois navires de la classe Gueydon, des navires baptisés Gueydon,Montcalm et Dupetit-Thouars. Ces navires mis en service respectivement en septembre 1903, mars 1902 et août 1905 déplaçaient 9500 tonnes, filaient à 21 nœuds avec un armement composé de deux canons de 194mm et de huit canons de 164mm. Si les deux premiers sont désarmés après guerre (respectivement en 1923 et 1926), le dernier navire est torpillé au large de Brest le 7 août 1918 par l'U-62.

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Le croiseur cuirassé Amiral Aube

A la classe Gueydon succède la classe Sully composée de cinq navires baptisés Sully, Amiral Aube, Gloire, La Marseillaise et Condé. Il s'agissait de navires de 10376 tonnes filant à 21 nœuds avec un armement principal composé de deux canons de 194mm et de huit canons de 164mm.

Si le premier navire est mis en service en janvier 1904, les deux suivants le sont en avril, le troisième en octobre 1903 et le dernier en août 1904. Si le Sully est perdu par échouage en baie d'Along le 2 février 1905, les autres sont désarmés après guerres (respectivement 1920 pour l'Amiral Aube et le Gloire, en février 1932 pour La Marseillaise et en 1928 pour le Condé).

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Le croiseur cuirassé Dupleix

Avec les trois navires de classe Dupleix (Dupleix Kléber Desaix), la marine française revient à des navires d'une taille plus modeste environ 7000 tonnes, une vitesse de 21 nœuds est conservée mais l'armement est plus léger avec huit canons de 164mm et dix canons de 100mm.

Destinés aux stations lointaines, ces navires sont mis en service respectivement en septembre 1903, juillet 1904 et avril 1904. Le Dupleix est désarmé en mai 1919,le Kléber est coulé par une mine posée par l'UC-61 le 26 juin 1917 alors que le Desaix est déarmé en mars 1921.

Avec les trois navires de la classe Léon Gambetta, la Royale revient à des gros navires puisqu'ils déplacent allègrement 12500 tonnes soit un tonnage proche des cuirassés de la catégorie prédreadnought.

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Le croiseur cuirassé Léon Gambetta

Baptisés Léon Gambetta,Jules Ferry et Victor Hugo, ces navires filant à 22 nœuds étaient armés de quatre canons de 194mm et de vingt-deux canons de 164mm. Ils sont mis en service respectivement en juillet 1905, en juin 1907 et en avril 1907.

Le Léon Gambetta est torpillé par le sous-marin austro-hongrois U-5 dans la nuit du 26 au 27 avril 1915 dans le canal d'Otrante, naufrage qui ne laisse que vingt-neufs survivants sur un équipage de 728 officiers et marins. Le Jules Ferry est désarmé fin 1925 alors que le Victor Hugo le suivit en janvier 1928.

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Le croiseur cuirassé Jules Michelet

Initialement le Jules Michelet devait être un quatrième Gambetta mais au final il se révéla suffisamment différent pour constituer une classe à lui tout seul. Il déplaçait 12600 tonnes, filait à 23 nœuds mais son armement était plus léger avec quatre canons de 194mm et douze canons de 164mm. Mis en service en janvier 1909, il est désarmé en 1929.

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Le croiseur cuirassé Ernest Renan

Comme si l'histoire se répétait, l'Ernest Renan devait être un sister-ship du Michelet mais il fût au final lui aussi «fils unique». Il déplaçait 13644 tonnes, filait à 23 nœuds avec un armement identique. Mis en service en février 1909, il est désarmé en 1924.

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Le croiseur cuirassé Edgar Quinet

Les deux derniers croiseurs cuirassés français baptisés Edgar Quinet et Waldeck Rousseau sont mis en service en 1911 à une époque sont déjà apparus les cuirassés type dreadnought ainsi que les croiseurs de bataille, les battlecruiser qui sont vus comme les successeurs des armoured cruiser.

Ces navires sont les plus gros croiseurs cuirassés construits par la France avec un déplacement de 14100 tonnes, une vitesse maximale de 23 nœuds et un armement composé de 14 canons de 194mm (ce qui peut sembler un peu faible). Si le premier est perdu par échouage au large du Cap Blanc le 4 janvier 1930, le second est mis en réserve en 1931, rayé en 1936 et démoli pendant la guerre par les allemands.

A SUIVRE

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Dernière édition par clausewitz le Jeu 29 Aoû 2019, 16:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptySam 24 Aoû 2019, 12:08

Génération spontanée ! Le croiseur type Washington

Le traité de Washington et la rivalité franco-italienne

Le 19ème siècle est un siècle de Pax Britannica symbolisé par l'écrasante domination maritime britannique, le Britannia rules the wave. La Royal Navy devient une belle endormie, une géante qui semble se reposer sur ses lauriers au risque d'être surprise par une marine étrangère.

A plusieurs reprises la France montre des velléités mais c'est surtout l'Allemagne qui devient le principal rival à la puissance navale britannique. Petit-fils de la reine Victoria, Guillaume II rêve d'expansion maritime et coloniale.

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L'empereur d'Allemagne Guillaume II en tenue d'amiral

Cette Weltpolitik (politique mondiale) impose une puissante marine. Cette volonté est mise en musique par l'amiral Tirpitz qui en quelques années fait passer la Kaiserliche Marine du statut de marine littorale (Green Water Navy) à une marine hauturière (Blue Water Navy) avec des cuirassés et des croiseurs de bataille qui n'ont rien à envier à leurs homologues britanniques. Cette course aux armements empêche toute possibilité de rapprochement entre Londres et Berlin si jamais il y eut volonté sincère entre les deux pays.

La première guerre mondiale est le théâtre de plusieurs opérations impliquant les navires de ligne des deux pays mais le seul affrontement majeur à la bataille du Jutland (31 mai-1er juin 1916) se termine par un match nul, la Hochseeflot restant dans ses ports ce qui va jouer un rôle majeur dans la démoralisation de leurs équipages et dans leur ralliement aux mouvements révolutionnaires de l'automne 1918.

Durant le conflit qui aurait du être la «Der des Ders» une nouvelle course aux armements apparaît dans le Pacifique entre les Etats-Unis et le Japon. Si Washington prévoit la construction de dix cuirassés et de six croiseurs de bataille, le Japon planifie la constitution d'un corps de bataille composé de huit cuirassés et de huit croiseurs de bataille.

La Grande Bretagne à son grand désarroi doit reconnaître qu'elle ne peut suivre son allié japonais et son ancienne colonie. Elle profite de la crise économique et du profond pacifisme de l'opinion publique pour proposer une conférence destinée à réduire les armements.

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Photo de la conférence navale de Washington

Signe qui ne trompe pas la conférence n'à pas lieu à Londres mais à Washington, s'ouvrant en novembre 1921.

Cinq pays participent, les trois principaux concernés (Etats-Unis, Japon, Grande Bretagne) ainsi que la France et l'Italie dont on peut estimer qu'ils ont été invités par politesse.  L'Allemagne n'est pas concernée car le traité de Versailles dispose de clauses de limitation des armements navals alors que l'URSS est hors du concert des nations.

Le traité est signé le 6 février 1922. C'est le triomphe de l'axe anglo-saxon par rapport au Japon, Londres sacrifie une alliance _rendue inutile par la disparition de la menace allemande_ pour privilégier la solidarité avec son ancienne colonie.

Chaque pays reçoit un contingent global à ne pas dépasser ce qui entraîne l'arrêt de nombreuses constructions voir le désarmement de navires en service. Le traité interdit la construction de nouveaux cuirassés jusqu'en 1931, la Battleship Holiday étant ensuite prolongée jusqu'en 1936.

Comme le cuirassé est considéré comme un navire de plus de 10000 tonnes armé de canons d'un calibre compris entre 203 et 406mm, ce traité va générer la construction de nouveaux croiseurs, les croiseurs lourds appelés croiseurs type Washington.

Dans ce domaine comme dans d'autres, une rivalité franco-italienne ne tarde pas à pointer le bout de son nez.

Les deux pays alliés pendant le premier conflit mondial deviennent rivaux pour le contrôle de la Méditerranée, de la Mare Nostrum, les deux pays possédant des colonies en Afrique du Nord, une guerre franco-italienne aurait très probablement pour objet la rupture des lignes de communication de l'ennemi.

Posséder une puissante marine est indispensable, la Royale et la Regia Marina vont se «marquer à la culotte», les réalisations de l'un entraînant une riposte de l'autre. Cela va concerner principalement les contre-torpilleurs et les croiseurs mais même les cuirassés seront concernés quand la construction de navires de ligne sera de nouveau autorisée.

Cette rivalité est particulièrement visible dans le domaine des croiseurs lourds, les deux pays en possédant sept en septembre 1939.

Sur le plan technique les premiers croiseurs lourds sont très rapides, bien armés mais peu protégés. La génération suivante sera composée de navires moins rapides, toujours aussi bien armés mais avec une protection plus sérieuse.

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Le croiseur lourd Tourville

Cela commence dès 1924 avec la commande côté français des croiseurs lourds Tourville et Duquesne. Les italiens répondent en 1925 avec la commande des croiseurs lourds Trento et Trieste.

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Le croiseur lourd Suffren

Toujours en 1925, la France finance la construction du Suffren suivit en 1926 par la construction du Colbert, en 1927 du Foch et en 1929 du Dupleix. En 1930, la France finance la construction d'un croiseur lourd remarquable, L'Algérie, une unité qui n'aura pas de réel équivalent dans la Regia Marina.

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Deux croiseurs lourds italiens : le Trieste (ci-dessus) et le Zara
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La France à clairement pris de l'avance obligeant l'Italie à réagir avec le financement au budget 1929 des croiseurs lourds Zara et Fiume suivis au budget 1930 par la construction du Bolzano _un Trento modifié_ et du Gorizia, le Pola étant financé au budget 1931.

Aucun autre croiseur lourd ne sera construit par les deux marines. La France avait bien la volonté de construire trois croiseurs lourds de type Saint Louis mais l'armistice de juin 1940 torpilla ces projets. Du côté italien je n'ai pas connaissance de projets de croiseurs lourds mais il est probable que la mise sur cale des Saint Louis aurait provoqué une réaction de la Regia Marina.

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Le Bolzano. Pour moi le plus beau des sept croiseurs lourds italiens

Les Duquesne : premiers croiseurs lourds pour la marine nationale

Les premiers croiseurs lourds français sont les unités de classe Duquesne, les Duquesne et Tourville financés à la tranche 1924. C'est une évolution des Duguay-Trouin, les premiers croiseurs modernes de la Marine Nationale.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_duq27

-Le Duquesne est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 30 octobre 1924 à la cale du Point au jour au fond de la Penfeld lancé le 17 décembre 1925 et admis au service actif le 25 janvier 1929.

Après avoir réalisé une circumnavigation autour du continent africain (janvier-août 1929), le croiseur lourd participe à une croisière d'instruction au profit de la promotion 1928 de l'Ecole Navale et ce en compagnie de son sister-ship Tourville et du Suffren (1930-1931).

Affecté à la 1ère DL, le croiseur lourd rallie en 1934 la 3ème DL qu'il forme avec la Foch (remplacé ensuite par le Suffren) et le Tourville. Cette 3ème DL devient 2ème DC le 30 octobre 1937.

Quand éclate le premier conflit mondial, le croiseur lourd appartient à la 3ème Escadre qui regroupe les croiseurs lourds de la flotte de la Méditerranée. Il participe à des groupes de chasse contre les raiders allemands.

Immobilisé à Alexandrie de juin 1940 à juin 1943 en compagnie des autres navires de la force X, le croiseur lourd reprend du service pour des missions limitées, les américains refusant de les moderniser.

Après avoir traqué les forceurs de blocus allemands depuis Dakar de septembre 1943 à février 1944, le premier croiseur lourd français surveille les poches allemandes de l'Atlantique. Le second conflit mondial terminé, il effectue quelques missions de transport avant de rallier l'Indochine pour deux déploiements (janvier à octobre 1946 et janvçer à avril 1947).

Mis en réserve le 1er septembre 1947 il sert de bâtiment-base pour le Centre d'Instruction aux Opérations Amphibies (CIOA) d'Arzew près d'Oran. Il est transformé en bâtiment-base à Oran entre février et août 1948, arrivant à destination le 30 août.

Il va y servir pendant quasiment sept ans puisqu'il est condamné le 2 juillet 1955, devenant à cette occasion le Q-52. Il est remorqué à Mers-El-Kébir en août 1955 avant d'être vendu à la démolition le 27 juillet 1956 puis démantelé.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_tou21

-Le Tourville est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 4 avril 1925 lancé le 24 août 1926 et admis au service actif le 12 mars 1929.

Affecté en Méditerranée, il forme la 1ère DL en compagnie du Duquesne et du Suffren, cette division dépendant de la 1ère Escadre de Ligne de la 1ère Escadre (future Escadre de la Méditerranée.

Il participe comme nous l'avons vu à la croisière d'instruction de la promotion 1928 en compagnie des autres croiseurs lourds de la division. Il s'agit d'une solution temporaire en attendant la mise en service du croiseur-école Jeanne d'Arc (octobre 1930-juillet 1931).

Il est ensuite affecté à la 3ème DL qui devient le 10 octobre 1937 la 2ème DC. A noter qu'en 1935 on étudie la transformation des croiseurs lourds Duquesne et Tourville en porte-avions mais ce projet n'aboutit pas pour des raisons diverses (capacité trop faible, perte de puissance en terme d'artillerie navale).

Le Tourville entre en guerre en septembre 1939 au sein de la 2ème DC, division rattachée à la 3ème Escadre de la Flotte de la Méditerranée. Un dispositif baptisé Forces de Haute Mer est mis en place mais il est graduellement allégé en raison de la non-belligérance italienne.

Tout comme son sister-ship, il est immobilisé à Alexandrie de juin 1940 à mai 1943. Il subit des travaux limités pour lui permettre de mener des missions anti-raiders depuis Dakar de septembre 1943 à juin 1944. Manquant de moyens pour armer tous les navires, le Tourville est pour ainsi dire désarmé à Casablanca.

Tout comme son sister-ship Duquesne, le Tourville va participer à la guerre d'Indochine effectuant un premier déploiement de janvier à juillet 1946 suivit d'un deuxième et dernier déploiement de novembre 1946 à novembre 1947.

Ralliant Brest le 23 décembre 1947, le Tourville est mis en réserve spéciale A le 1er janvier 1948 et comme nombre de navires anciens, il devient ponton pour écoles.

Dépendant du préfet maritime de la 2ème région, il abrite l'EOR (Ecole des Officiers de Réserve) et l'EM (Ecole de Manoeuvre) en compagnie du cuirassé Paris (ultérieurement remplacé par le Richelieu).

Placé en réserve spéciale B le 28 avril 1961, il est rayé des registres le 8 mars 1962 devenant le Q-312. Il est remorqué à Toulon (15 janvier-4 février 1963), vendu à la démolition et démantelé à La Seyne sur Mer.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_duq28

Caracteristiques Techniques des croiseurs lourds classe Duquesne

Déplacement : standard 10000 tonnes charge normale 11404 tonnes charge maximale 12435 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 191m longueur entre perpendiculaires 185m largeur 19m tirant d'eau maximal en charge normal 6.45m

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par huit chaudières Guyot du Temple (20 kg/cm² 215°) développant 120000ch et entraînant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale 34 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 15 nœuds 1800 miles nautiques à 29 nœuds et 700 miles nautiques à 33 nœuds Capacité carburant 1842 tonnes de mazout

Protection : soutes à munitions 20/30mm bloc-passerelle 30mm tourelles 30mm

Armement : huit canons de 203mm (8 pouces) en quatre tourelles doubles modèle 1924 (deux avant et deux arrières superposées), huit canons de 75mm en affûts simples modèle 1922, Huit canons de 37mm de 50 calibres (longueur du tube 1.850m) modèle 1925 en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples (plus trois recharges)

Aviation : une catapulte située entre la cheminée n°2 et le mat arrière, une grue implantée entre deux cheminées, deux hydravions d'abord des Gourdou-Lesseure GL-810 puis GL-812 et enfin des Loire 130.

Equipage : 605 officiers et marins (637 comme navire-amiral)


Croiseurs lourds classe Suffren

Les quatre croiseurs lourds de classe Suffren s'inscrivent dans la lignée des Duquesne. Ils sont essentiellement des navires mieux protégés que leurs devanciers qui comptaient davantage sur la vitesse que sur le blindage pour se protéger. Ces navires sont baptisés Suffren, Colbert,Foch (ex-Louvois) et Dupleix, navires commandés respectivement aux tranches 1925,1926,1927 et 1929.

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-Le Suffren initialement connu sous le nom de coque n°54 est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 17 avril 1926 lancé le 3 mai 1927 et admis au service actif le 8 mars 1930. Déployé en Méditerranée, le croiseur lourd participe à la croisière d'instruction de la promotion 1928 de l'Ecole Navale avant de devenir un véritable croiseur opérationnel.

Après une longue période de mise en disponibilité, le Suffren remplace le Foch au sein de la 3ème DL le 1er mars 1936. En 1937, une partie des DL deviennent des DC, la 2ème DC étant composée des Duquesne,Tourville et Suffren.

De juillet 1939 à mars 1940, il est déployé en Indochine au sein des Forces Navales en Extrême-Orient (FNEO). Il rallie ensuite Alexandrie pour intégrer une force X. Sans le savoir, il va passer plus de trois ans immobilisé à Alexandrie jusqu'au 17 mai 1943 quand enfin elle rallie les alliés.

Jugés trop vieux, les croiseurs lourds français ne seront pas refondus et utilisés pour des missions de seconde ligne, loin des combats les plus violents. Il opère notamment depuis Dakar contre les forceurs de blocus allemands. Désarmé du 17 avril 1944 au 21 avril 1945, il termine sa carrière par un engagement en Indochine.

Mis en réserve le 1er octobre 1947, le croiseur lourd est amarré à l'angle Robert pour servir de ponton-école. Rebaptisé Océan le 1er janvier 1963, il est vendu à la démolition le 5 novembre 1975 et démantelé à Valence.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_col21

-Le Colbert connu initialement sous le nom de coque n°77 est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 12 juin 1927 lancé le 20 avril 1928 et mis en service le 1er avril 1931.

A sa mise en service, il intègre la 1ère Division Léfère en compagnie des croiseurs lourds Tourville et Suffren. Après la mise en service de L'Algérie, la 1ère DL est formée de l'Algérie, du Dupleix et du Colbert. En novembre 1937, la 1ère DL devient la 1ère DC et est alors composée des Algérie, Dupleix,Foch et Colbert.  

Participant au second conflit mondial, le Colbert est essentiellement engagé dans des opérations contre les raiders allemands. Il participe dans le nuit du 13 au 14 juin à l'opération VADO, un bombardement naval peu efficace sur les régions de Gênes et de Vado, le Colbert opérant contre la première nommée en compagnie du Dupleix mais aussi des contre-torpilleurs Guépard Valmy Verdun Vautour Albatros.

Le 1er janvier 1941, le Colbert remplace le Dupleix au sein des Forces de Haute Mer (FHM). Le 27 novembre 1942, le Colbert était amarré au poste 5 des appontements du Milhaud. Sabordé, il est partiellement démantelé entre 1942 et 1945, les travaux sont achevés en 1948.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_foc20

-Le Foch initialement connu sous le nom de coque n°100 est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 21 juin 1928 sous le nom de Louvois rebaptisé Foch le 20 avril, lancé le 24 avril 1929 et mis en service le 20 décembre 1931 au lendemain de son arrivée à Toulon.

Intégré à la 1ère DL, le croiseur lourd de classe Suffren intègre ensuite la 3ème DL suite à l'arrivée de L'Algérie. Il est le navire-amiral de la 3ème DL qu'il forme avec le duo Duquesne/Tourville.

Le 2 novembre 1937, les divisions de croiseurs sont réorganisées avec la 1ère DC (Algérie Dupleix Foch Colbert), la 2ème DC (ex-3ème DL) (Duquesne Tourville Suffren) et la 3ème DC (La Marseillaise Jean de Vienne La Galissonnière).

Il participe à la traque des raiders allemands au sein des groupes de chasse mis en place par les français et les britanniques. Il participe à l'opération VADO, bombardant Vado en compagnie de l'Algérie et des contre-torpilleurs Vauban Lion Aigle Tartu Chevalier-Paul Cassard (13/14 juin 1940).

Après l'Armistice, il intègre les Forces de Haute Mer (FHM), formant la 1ère DC en compagnie de l'Algérie et du Dupleix.

Les sorties sont limitées en raison des contrôles tatillons des commissions d'Armistice mais aussi en raison du manque de carburant, les réserves ne pouvant être reconstituées. Le 4 octobre 1941, le Dupleix remplace le Foch, ce dernier entrant en gardiennage d'armistice et ralliant la Darse du Castigneau.

Le 27 novembre 1942 les allemands déclenchent l'opération LILAS, l'invasion du camp retranché de Toulon. Les allemands se perdent dans les dédales de l'Arsenal donnant le temps aux français de donner l'alerte et de procéder aux sabordages, une opération hélas minutieusement depuis l'Armistice.

Le Foch intéresse rapidement les italiens qui étudient son renflouement pour le transformer en porte-avions mais naturellement ce projet ne verra jamais le jour (si tant est qu'il à été autre chose qu'une étude théorique).

Renfloué le 16 avril 1943, il est démantelé à La Seyne sur Mer avant la Libération. Son acier à probablement alimenté l'effort de guerre allemand.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_dup18

-Le Dupleix (ex-croiseur C3 ex-coque n°119) est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 14 novembre 1929 lancé le 9 octobre 1930 et mis en service le 15 novembre 1933.

Il intègre la 1ère DL qui comprend en 1935 l'Algérie, le Colbert et le Dupleix. En novembre 1937, la 1ère DL devient la 1ère DC.  

Le 1er juillet 1939 l'Escadre devient Flotte. Les croiseurs lourds sont regroupés au sein d'une 3ème Escadre qui aligne la 1ère DC (Algérie Dupleix Foch Colbert) et la 2ème DC (Duquesne, Tourville _le Suffren partant pour l'Extrême-Orient).

Il participe au second conflit mondial en traquant les raiders allemands notamment depuis Dakar au sein de la force X. En janvier 1940, il rallie la Méditerranée, participant à l'opération VADO. A noter que si les négociations d'armistice avaient échoué, le Dupleix aurait du évacuer le gouvernement en Afrique du Nord sous la protection des contre-torpilleurs de 5ème DCT (Tartu Chevalier-Paul Cassard) qui attendaient à Sète pour une mission particulière.

A partir du 25 septembre 1940, le Dupleix intègre les FHM, formant la 1ère DC avec son sister-ship Foch. Le 1er janvier 1941 le Dupleix est remplacé par le Colbert. Il est alors placé en gardiennage avec une équipe de maintenance réduite. Cette situation dure jusqu'en octobre 1941 quand il reprend du service.

Mouillé dans la Darse du Missiessy à proximité de la caserne des sous-mariniers, le croiseur lourd est sabordé. Le croiseur lourd est renfloué en deux sections le 3 juillet 1943 par les italiens mais les deux éléments sont touchés par le bombardement allié du 11 mars 1944. l'avant coule immédiatement, l'arrière le 15 mars 1944. Les éléments sont ferraillés sur place en 1951.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_suf13

Caracteristiques Techniques des croiseurs lourds classe Suffren

Déplacement :  Déplacement Washington 10160 tonnes (tous)  Déplacement normal : 11769 tonnes (Suffren) 11570 tonnes (Colbert) 11504 tonnes (Foch) 11516 tonnes (Dupleix) Déplacement à pleine charge 13135 tonnes (Suffren), 13313 tonnes (Colbert),13644 tonnes (Foch) 13621 tonnes (Dupleix)

Dimensions : longueur hors tout 194m longueur entre perpendiculaires 185m largeur 19.26m tirant d'eau 6.51m (6.57m pour le Foch et le Dupleix) (déplacement maximal)

Propulsion : (Suffren et Colbert) Turbines à engrenages Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par six chaudières à vapeur Guyot du Temple (20 kg/cm² et 215°) et deux chaudières mixtes charbon/mazout, le tout développant 90000ch et entraînant trois hélices. Ils embarquent 1876 tonnes de mazout et 500 tonnes de charbon. (Foch et Dupleix)  Turbines à engrenages Rateau-Bretagne alimentées en vapeur par six chaudières à vapeur Guyot du Temple (20 kg/cm² et 215°), le tout développant 90000ch et entraînant trois hélices. Ils embarquent  2600 tonnes de mazout

Performances : (Suffren Colbert) Vitesse maximale 32 nœuds distance franchissable 4600 miles nautiques à 15 nœuds, 3700 miles nautiques à 20 nœuds et 2000 miles nautiques à 11 nœuds (chaudières de croisière) (Foch Dupleix) vitesse maximale 32 nœuds distance franchissable 5300 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : (Suffren Colbert) ceinture blindée de 50mm soutes à munitions 50mm sur les côtés et 20mm pour les crowns (couronnes) bloc-passerelle 30mm tourelles 30mm

La protection des Foch et Dupleix et différentes avec l'utilisation d'un caisson blindé plus protecteur dont l'épaisseur varie selon le navire. Si pour le Foch les parois font 54mm d'épaisseur et le pont 18mm, le Dupleix affiche respectivement 60 et 30mm d'épaisseur.

Les soutes à munitions sont solidement protégées avec des parois de 54 (Foch) ou 60mm (Dupleix) d'épaisseur, des «crowns» de 20 (Foch) ou 30mm (Dupleix). Le local du gouvernail est protégé sur les côtés par 26mm de blindage et sur le toit par 18mm.

Le bloc-passerelle est toujours protégé par 30mm de blindage tout comme les tourelles

Conduite de tir : Les quatre croiseurs lourds type Suffren disposent d'un télémètre pour l'artillerie principale installé soit sur le bloc-passerelle ou dans une pièce intégré au mat-tripode selon les navires, de télémètres grand angle pour la défense contre-avions et de télémètres sur les tourelles supérieures avant et arrière.

Armement :  Huit canons de 203mm (8 pouces) modèle 1924 regroupés en quatre tourelles doubles modèle 1924, Huit canons de 75mm  en affûts simples (Suffren) huit canons de 90mm en affûts simples (Colbert Foch) ou doubles (Dupleix),  Huit (Six pour le Colbert, le Foch et le Dupleix) canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples avec 1000 coups par canon. Le Suffren conserve jusqu'en 1944 ses canons de 37mm modèle 1925 alors que les autres remplacent leurs affûts simples de 37mm arrière par des affûts doubles modèle 1933, un nombre variable selon les navires de mitrailleuses de 13.2mm, Deux affûts triples lance-torpilles de 550mm modèle 1925T avec neuf torpilles modèle 1923D (six en position de tir et trois recharges)

Aviation Embarquée : deux catapultes pour trois hydravions ((deux seulement pour le Foch et le Dupleix)

Equipage :  (Suffren et Colbert) 647 officiers et marins (731 en navire-amiral) (Foch et Dupleix) 605 officiers et marins (752 en temps de guerre)


A SUIVRE

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Dernière édition par clausewitz le Dim 25 Aoû 2019, 16:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyDim 25 Aoû 2019, 08:11

Bonjour Clausewitz,

Merci pour l'idée de traiter l"Algérie, qui parait prometteuse.

En revanche, je ne suis pas très fan de "l'historique" un peu répétitif à chaque article (déjà vu notamment pour les autres croiseurs lourds français). Cet historique pourrait faire l'objet d'un article à part entière, plutôt que de revenir avec chaque classe ? Mais si ça ne perturbe que moi, ce n'est pas grave Very Happy

A noter que les petites imprécisions déjà signalées précédemment dans l'article précédent ("thinclad", cale du Point du Jour en "rive droite") sont revenues avec le copier-coller.
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyDim 25 Aoû 2019, 16:37

Bleu Marine a écrit:
Bonjour Clausewitz,

Merci pour l'idée de traiter l"Algérie, qui parait prometteuse.

En revanche, je ne suis pas très fan de "l'historique" un peu répétitif à chaque article (déjà vu notamment pour les autres croiseurs lourds français). Cet historique pourrait faire l'objet d'un article à part entière, plutôt que de revenir avec chaque classe ? Mais si ça ne perturbe que moi, ce n'est pas grave  Very Happy

A noter que les petites imprécisions déjà signalées précédemment dans l'article précédent ("thinclad", cale du Point du Jour en "rive droite") sont revenues avec le copier-coller.

Merci de ce commentaire. Je n'aurais pas la prétention d'être historien mais j'aime le temps long. Je me met aussi à la place des gens qui découvrent tout cela. Je me dis que cela leur permet de mieux se situer. Par exemple pour mon prochain article sur les Spruance, je commence en 1945 par une situation des destroyers américains avant de parler des différentes classes qui précédent les Spruance.

Pour le reste je crois que je vais arrêter d'utiliser Thinclad et pour la cale dire qu'elle est au fond de la Penfeld cela devrait m'éviter certains écueils ^^

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyDim 25 Aoû 2019, 17:15

Genèse d'un splendide croiseur

Le dernier
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg10

Après la construction du Dupleix, les français envisagent de produire un nouveau croiseur lourd provisoirement baptisé C4. L'Etat-Major de la marine demande un navire mieux protégé mais cette protection accrue avec une puissance propulsive limitée, la vitesse tombe à 31 nœuds.

Ce projet est finalement abandonné mais sert de base de travail. On cherche à alléger le navire pour qu'avec une puissance propulsive similaire la vitesse soit similaire et si en plus on peut améliorer la protection...... .

On passe de trois à quatre lignes d'arbre ce qui améliore le rendement de l'appareil propulsif et diminue les problèmes de cavitation.

Comme la France respecte encore les termes des traités, il est impossible de trop s'éloigner du tonnage de 10000 tW. La moindre solution d’allègement est appréciée.

C'est ainsi que le système de caisson est abandonné au profit de la ceinture extérieure, une ceinture de 110mm d'épaisseur ce qui offre au nouveau croiseur lourd une sérieuse protection.

Toujours dans un souci d’allègement, la teugue est abandonnée au profit d'un pont ras (flusk-deck) et le bloc-passerelle totalement nouveau qui va inspirer celui de nos nouveaux cuirassés. Une seule cheminée évacue les fumées des chaudières ce qui facilite l'installation et l'utilisation de la DCA qui se compose notamment de canons de 100mm en remplacement des canons de 90mm.

La construction du nouveau croiseur lourd (personne à l'époque n'imagine bien entendu à l'époque que ce sera le dernier) est financée à la tranche 1930 votée par le parlement le 12 janvier 1930.

Outre le croiseur lourd, elle comprend un croiseur mouilleur de mines (futur Emile Bertin), six contre-torpilleurs (Le Fantasque L'Audacieux Le Malin Le Terrible Le Triomphant L'Indomptable), six sous-marins de 1500 tonnes (Agosta, Bévéziers,Ouessant,Sidi-Ferruch,Sfax et Casabianca), un sous-marin mouilleur de mines (Perle), deux avisos coloniaux (Rigault de Genouilly et Amiral Charner) et un mouilleur de filet baptisé Gladiateur.

Reste à trouver un nom à ce croiseur qui est pour l'instant connu sous appellation glamour de PN 141.

La logique voudrait qu'un personne illustre le baptise mais c'est un tout autre nom qui est choisit puisque la marine nationale choisit de le baptiser Algérie, 1930 marquant le centième anniversaire de l'expédition d'Alger qui de fil en aiguille allait donner naissance à 132 années de colonisation dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui.

La construction va être attribuée au chantier ayant fait un quasi-grand chelem avec cinq des six croiseurs lourds construits à savoir l'Arsenal de Brest.

Le chantier constructeur : l'Arsenal de Brest
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Brest_11

Les bases navales en particulier et les ports en général ne sont pas installés n'importe où mais généralement dans des lieux accessibles et aisément défendables. Dans ce cas, le site de Brest est remarquable.

C'est comme si la nature avait tout fait que pour l'homme y implante une base ou un port important avec un vaste plan d'eau protégé des vents, un fleuve côtier pénétrant assez loin dans les terres ce qui facilite les communications avec son hinterland et surtout un accès très facile à défendre car le Goulet est non seulement étroit mais en plus, un haut fond oblige l'assaillant à serrer au nord ou au sud ce qui facilite l'action des batteries côtières.

Les premiers travaux commencent au milieu du 17ème siècle sous l'impulsion de Richelieu dont l'oeuvre pour la marine est souvent éclipsée par celle de Colbert et ne cesseront jamais jusqu'au 20ème siècle.

Un temps le grand ministre de Louis XIV privilégie le site de Rochefort sur Mer en Charente Maritime mais si ce site loin à l'intérieur des terres le met à l'abri d'une descente de la marine anglaise, l'envasement continuel de la Charente rend les manœuvres compliquées.

C'était donc écrit que Brest allait devenir la principale base navale française sur la côte Atlantique ou du Ponant comme on disait à l'époque.

Le site de Brest est à la fois une base opérationnelle, un site d'entretien avec deux zones (le site de Laninon et la Penfeld) et une lieu de construction où sont généralement construites les plus grosses unités de la Royale comme les porte-avions, les cuirassés et les croiseurs (les unités plus légères étant généralement construites par les chantiers privées ou par l'Arsenal de Lorient).

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Brest_10
La Penfeld en 1933

On compte ainsi jusqu'à huit bassins ou formes de radoub, un seul sur la rive gauche de la Penfeld (bassin Tourville ou n°1), cinq sur la rive droite de la Penfeld et deux au Laninon (n°8 et 9).

Si vous comptez bien cela ne donne que huit tout simplement parce que le bassin n°5 n'à jamais existé (il aurait probablement été situé entre les bassins n°4 et n°7 dans la zone dite du Salou)

En 1938 des travaux pour une forme n°10 sont entamés au nord du bassin n°8 mais sont interrompus par l'armistice tout comme celui d'un nouveau bassin (le futur n°11) au sud du bassin n°9. Ces travaux ne sont pas repris après guerre.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Cale_d10
Cale du Point du Jour

Il était également prévu deux cales (une de 220m et une de 175m) pour permettre la construction de croiseurs et de contre-torpilleurs normalement construits pour les premiers à cale du Point du et pour les seconds à Lorient. Es-ce que cela voulait signifier une désaffectation de la cale du Point du Jour ou une volonté d'augmenter les capacités de construction ?

Personnellement je pencherai pour la seconde hypothèse. En effet durant la période 1939/40 les commandes sont nombreuses, les fonds ne manquent pas à la différence des goulets d'étranglement que constituent les faibles capacités des chantiers navals français qui n'ont su ou pu investir pour augmenter leurs capacités et réduire le délai entre la commande et la mise en service.

Si le BPC Tonnerre à été le dernier navire construit à Brest (et encore avec la partie avant construite à Saint Nazaire), de nombreux navires l'ont précédé.

Pour ne prendre que les croiseurs, on trouve au XIXème siècle les Isly, Chasseloup Laubat, Dupuy de Lôme, La Marseillaise, Leon Gambetta et Edgar Quinet (ces quatre derniers étant des croiseurs cuirassés). Ils sont suivis par les croiseurs légers dit de 8000 tonnes Duguay-Trouin et Primauguet, les croiseurs lourds Duquesne,Suffren,Colbert,Foch,Dupleix et Algérie avant de boucler la boucle les croiseurs légers La Galissonnière et Colbert, le dernier croiseur de la marine française.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Brest_11
24 mars 1956: mise à flot du Colbert, dernier croiseur de la Marine Nationale

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyLun 26 Aoû 2019, 18:15

CARRIÈRE OPÉRATIONNELLE

Présentation
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg16
Le croiseur Algérie à la mer.

-L'Algérie est mis sur cale le 19 mars 1931 sur la cale du Point du Jour (au fond de la Penfeld sur sa rive gauche)

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg17
21 mai 1932, la coque de l'Algérie prend contact avec son élément. En arrière plan le pont transbordeur (très endommagé en 1944, démonté en 1947)

Il est lancé le 21 mai 1932 à 15.45 en l'absence du ministre de la Marine François Pietri suite au deuil national décrété après l'assassinat du président Doumer le 5 mai dernier.

Le croiseur est armé pour essais le 15 mai 1933, essais qui vont se poursuivre jusqu'au mois de février. Il est au bassin du 2 février au 9 juin pour démontages et modifications après essais.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg18
L'Algérie pendant ses essais de stabilité dans un bassin de Laninon

Entré en armement définitif le 15 juin 1934, la clôture d'armement étant prononcée le 5 septembre 1934.

Il quitte Brest le 8 octobre 1934 pour rallier sa base à savoir Toulon. Cette traversée est mise à profit pour effectuer la TLD. Le croiseur lourd fait escale à Casablanca le 11 octobre, mouille aux Salins d'Hyères le 17 octobre et rentre à Toulon le lendemain.

Le croiseur lourd Algérie est admis au service actif le 19 octobre 1934. Il intègre provisoirement la 3ème DL en compagnie des autres croiseurs lourds

Jeunes Années (1934-1939)
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg19
Le croiseur Algérie en février 1934

Le 30 octobre 1934, le vice-amiral Mouget devient commandant de la 1ère Escadre en remplacement du vice-amiral Dubois. Cette première escadre regroupe les moyens navals français déployés en Méditerranée, le centre de gravité de la puissance navale française, rivalité franco-italienne oblige.

Si le vice-amiral Dubois avait posé sa marque sur le vieux cuirassé Jean Bart (classe Courbet), son successeur profite de l'arrivée de l'Algérie pour en faire son navire-amiral. C'est même un double navire-amiral si je peux dire puisqu'il est aussi le chef de la 1ère Division Légère qui regroupe à Toulon les croiseurs lourds français.

Cela ne dure pas car dès le 1er novembre, ces divisions légères sont réorganisées. La 1ère DL regroupe les croiseurs lourds Algérie,Colbert et Dupleix alors que la 3ème DL regroupe le Foch, le Duquesne et le Tourville. Le Suffren est lui en travaux et donc indisponible.

Jusqu'au déclenchement de la seconde guerre mondiale, l'activité du croiseur lourd va être partagée entre des sorties individuelles à proximité de Toulon pour des exercices et des sorties de groupes avec tout ou partie de l'escadre.

Quand l'Escadre de la Méditerranée sortait de Toulon pour sa croisière de printemps ou sa croisière d'hiver, c'était un spectacle extraordinaire puisque pendant plusieurs heures, des dizaines de navires, torpilleurs et contre-torpilleurs, sous-marins et croiseurs franchissaient les passes de Toulon pour rallier la haute-mer. Un spectacle qui appartient désormais au passé.

La première sortie de l'Escadre pour l'année 1935 à lieu du 15 au 25 janvier. L'Algérie y participe en compagnie des croiseurs lourds Colbert, du Dupleix, du Foch, du Duquesne, du transport d'hydravions Commandant Teste, de neuf contre-torpilleurs, des torpilleurs de la 1ère flottille et de la 3ème escadre. Plus précisément cela nous donne :

-1ère DL : croiseurs lourds Algérie Colbert Dupleix

-3ème DL : Foch Tourville Duquesne

-Groupe des contre-torpilleurs : 5ème DL Tartu Albatros Chevalier Paul 7ème DL Gerfaut Vautour Aigle 9ème DL Maillé-Brézé Vauquelin Kersaint

-1ère flottille de torpilleurs : contre-torpilleur Jaguar (navire-amiral) 1ère DT La Palme La Railleuse Brestois Forbin 3ème DT Tramontane Trombe Tornade 5ème DT Cyclone Siroco Mistral

-3ème Escadrille de sous-marins : aviso Suippe (navire-amiral) sous-marins Acheron Fresnel Monge Pégase Espoir Glorieux Héros

-Hors-rang : contre-torpilleur Verdun transport d'hydravions Commandant Teste

-Train d'escadre : aviso Nancy pétrolier Rhône et Fraîche

-Groupe de complément : (NdA navire en sous-effectifs ne pouvant effectuer que des exercices limités) contre-torpilleurs Guépard Cassard Tempête

-Aviation maritime : escadrilles 7B2,7S2,7C1,7B1 et 7S1


Les différents navires multiplient les exercices, mouillant à Golfe Juan et aux Salins d'Hyères avant de rentrer à Toulon.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg20
Le croiseur lourd Algérie le 4 février 1935

Le 4 février 1935, L'Algérie quitte Toulon en compagnie du contre-torpilleur Maillé-Brézé direction Malte où il fait une escale du 6 au 8. L'amiral Mouget y rencontre le vice-amiral Fisher, commandant de la Mediterranean Fleet à bord du cuirassé Queen Elizabeth. Initialement les deux navires devaient passer par Bizerte mais finalement ils rentrent directement sur Toulon le 10 février 1935.

Le 1er mars 1935, le Colbert entre en période de travaux, réduisant la 1ère DL aux croiseurs lourds Algérie et Dupleix.

L'Escadre fait une sortie majeure du 27 février au 15 mars mais l'Algérie et le Chevalier Paul ne prennent la mer que le 1er mars. Cette sortie n'est naturellement pas une sortie d'agrément mais une sortie pour une série d'entrainement.

C'est ainsi que le croiseur lourd se fait attaquer par les sous-marins Morse,Marsouin,Sirène et Nymphe, par des hydravions de l'Aviation Navale, par les torpilleurs d'escadre de la 1ère flottille, bombardent le front de mer d'Ajaccio avant d'y faire escale puis de rentrer à Toulon.

Après une nouvelle sortie de l'Escadre du 25 mars au 9 avril, l'Algérie reprend la mer le 6 mai en compagnie des croiseurs lourds Dupleix Tourville ainsi que des contre-torpilleurs Tartu Albatros Chevalier Paul Gerfaut Vautour Aigle pour une croisière en Italie.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Croise15
Le croiseur lourd Algérie amarré dans le port de Naples

Ce groupe occasionnel fait escale à Naples du 8 au 14 mai où l'amiral Mouget est reçut par l'amiral Bucci sur le croiseur lourd Zara. Les navires français font escale à Kotor du 16 au 20 mai, à Split du 21 au 28, à Venise du 29 mai au 3 juin avant de rallier Oran le 8 sauf l'Algérie qui fait un crochet par Alger.

La 1ère Escadre se regroupe entre Oran et le mouillage de Mers-El-Kébir avec les bâtiments ayant manœuvré depuis Bizerte. Elle reprend la mer le 11 juin, l'Algérie appareillant de Mers-El-Kébir dans la nuit du 11 au 12 juin. Après des exercices, la 1ère Escadre cherche la 2ème Escadre venue de Brest, un exercice à double action ayant lieu au large du cap Saint-Vincent (Portugal).

Les deux escadres s’entraînent jusqu'au 15 juin avant de rallier Brest le lendemain, y restant jusqu'au 25 quand les navires reprennent la mer, l'Algérie croisant le cuirassé Nelson qui est alors le navire-amiral de la Home Fleet. Le 27 juin, une revue navale à lieu en baie de Douarnenez en présence du ministre de la marine François Piétri qui passe les navires en revue à bord du contre-torpilleur Gerfaut.

Le ministre de la Marine François Pietri embarque sur le Gerfaut suivit comme son ombre par ses sister-ship Aigle et Vautour et passe en revue cinquante-cinq bâtiments sur cinq rangs.

Les trois contre-torpilleurs passent dans l'allée formée d'un côté par les cuirassés Provence et Bretagne, les croiseurs légers Lamotte-Picquet et Duguay Trouin ainsi que les contre-torpilleurs de la 2ème escadre et de l'autre par les croiseurs lourds Algérie,Dupleix,Tourville,Foch,Duquesne ainsi que les contre-torpilleurs de la 1ère escadre. Virant de bord les trois contre-torpilleurs passent entre les filles des torpilleurs et des sous-marins.

Les navires rentrent sur Brest le 28 juin, l'Algérie accueillant le ministre à son bord. Les cinq croiseurs lourds et les contre-torpilleurs ne vont quitter la Bretagne que le 4 juillet après de nouveaux mouillages à Groix et à Quiberon. La petite escadre rentre à Toulon le 12 après un mouillage à Oran et Mers-El-Kébir du 8 au 10.

L'Escadre dont son navire-amiral ressort du 23 au 26 juillet. Les cinq croiseurs lourds sortent à nouveau le 30 juillet ainsi que les 2,3 et 7 août.

A partir du 13 août, l'Algérie est immobilisée pour carénage. Les travaux concernent notamment une visite des turbines auxiliaires, des travaux pour achever la télécommande du projecteur axial arrière, la ventilation filtrée et un traceur de route. Les installations de TSF sont modernisées mais faute de pièces on ne pourra achever les travaux sur la télécommande du projecteur.

Après une sortie pour essais le 16 octobre, le croiseur lourd va mouiller aux Salins le 29 en compagnie du porte-avions Béarn, les deux navires rentrant à Toulon le 2 novembre 1935.

Le 16 novembre 1935, la 1ère DL retrouve un troisième croiseur avec l'incorporation du Suffren qui venait d'achever ses réparations. L'année se termine par de petites sorties avec des escales dans les ports de la région notamment La Ciotat du 12 au 14 et Marseille du 14 au 16 décembre, cette dernière escale voyant l'Algérie être accompagné par les contre-torpilleurs Maillé-Brézé, Chevalier Paul et Vauquelin.

L'année 1936 commence par une série de courtes sorties locales avant que l'Algérie ne sorte pour une série d'exercices du 20 au 29 janvier en compagnie de la 1ère escadre. Le 22, la catapulte du croiseur amiral est rendue indisponible par une avarie au niveau du frein.

Le 1er février 1936, le Colbert intègre la 1ère DL en remplacement du Suffren qui est transféré à la 3ème DL le 1er mars. Désormais la 1ère Division Légère est composée de l'Algérie, du Dupleix et du Colbert.

L'Algérie et la 1ère escadre sortent à nouveau du 4 au 8 février et du 20 au 26 février, la 1ère DL mouille à Villefranche à l'occasion du carnaval de Nice, les 10000 tonnes étant accompagné des contre-torpilleurs Maillé-Brézé, Cassard et Kersaint, des torpilleurs La Palme, le Forbin, Le Mars et Le Boulonnais sans oublier le transport Hamelin.

Le 22 février, le prince de Monaco déjeune à bord du croiseur-amiral. Le mauvais temps limite les exercices lors du transit en direction de la Corse, les croiseurs lourds et les contre-torpilleurs de la 5ème DL faisant escale à Ajaccio du 29 février au 3 mars 1936.

Les exercices s’enchaînent dans le printemps naissant, exercices qui voient des hôtes prestigieux y assister comme le prince Bertil de Suède, petit-fils de Gustav V le 24 mars. Le 26 mars, une revue navale à lieu au large de Nice, revue navale à laquelle assiste le roi de Suède Gustav V, le roi du Danemark Christian X et le prince Louis II de Monaco. L'escadre est de retour à Toulon le 3 avril.

Après un petit carénage pendant la première moitié du mois d'Avril, l'Algérie va participer à la croisière de printemps de la 1ère Escadre et ce du 4 mai au 3 juillet. Entre deux exercices, elle fait escale dans différents ports.

C'est ainsi qu'elle est en Tunisie jusqu'au 22 mai, faisant escale à Bizerte du 7 au 11, passe dans le golfe de Gabès, est à La Goulette du 16 au 17 puis à nouveau à Bizerte du 19 au 22.

L'escadre met ensuite cap à l'ouest, se divisant entr Bône et Tanger pour les escales, ralliant ensuite Casablanca le 29 mai. Repartant le 2 juin, l'Escadre mouille ensuite dans les ports du sud-marocain (Safi, Mogador et Agadir).

De retour à Casablanca le 8, l'Algérie appareille le 10 de nuit. Au cours de cette manœuvre, le croiseur-amiral est endommagé par le Colbert. Des réparations provisoires sont réalisées à Oran avec le concours de l'industrie locale.

Du 12 au 15, les navires de l'escadre relâchent à Oran ou à Mers-El-Kébir, sont à Alger du 16 au 22 avant de rentrer à Toulon le 24 juin 1936.

L'activité du croiseur-amiral est plutôt réduite à son retour de la croisière de printemps. Il subit des réparations liées à l'abordage de Casablanca puis à partir du 20 novembre 1936, il est mis au bassin pour des travaux jusqu'au 1er février 1937. Durant son indisponibilité, le vice-amiral Abrial, commandant de l'Escadre de la Méditerranée (ex-1ère Escadre changement effectif le 30 octobre 1936) met sa marque sur le Dupleix, lui même remplacé par le Foch le 1er février 1937.

Au 1er décembre 1936, l'Escadre de la Méditerranée dispose de huit croiseurs (croiseurs lourds Algérie Dupleix Colbert Foch Duquesne Tourville Suffren croiseur léger La Galissonnière), du transport d'aviation Commandant Teste, de quatorze contre-torpilleurs (Tartu Vauquelin Chevalier Paul Gerfaut Vautour Albatros Maillé-Brézé Kersaint Cassard Guépard Valmy Verdun Aigle et Lion), de sept torpilleurs d'escadre (La Palme Le Mars Forbin Le Fortuné La Railleuse La Tempête Le Simoun), du mouilleur de filets Gladiateur et de treize sous-marins (Le Glorieux Le Héros Pegase Phenix Monge L'Espoir Actéon Protée Atalante La Sultane La Vestale Arethuse et Doris).

Le croiseur lourd Algérie sort de l'Arsenal le 8 février. Deux jours plus tard, l'amiral Abrial met sa marque sur le croiseur lourd. La 1ère DL est alors formée des croiseurs lourds Algérie,Foch et Colbert. Les essais ont lieu du 15 au 25 février avec des mouillages à La Ciotat, aux Salins d'Hyères mais aussi à Bregançon.

Il sort avec l'escadre du 2 au 18 mars 1937 avec des mouillages aux Salins, à Saint Raphaël, aux Salins, faisant escale à Marseille du 12 au 16 en compagnie des croiseurs lourds Colbert et Foch et des contre-torpilleurs Tartu Vauquelin et Chevalier Paul.

Le 12 avril 1937, les Divisions Légères deviennent des Divisions de Croiseur (DC) ou des Divisions de Contre-Torpilleurs (DCT), la 1ère DL devenant la 1ère DC.

Le 11 mai 1937, l'Algérie appareille en compagnie de l'Escadre de la Méditerranée. Il passe à Bizerte du 13 au 18, gagnant ensuite l'Atlantiqu, l'Algérie mouillant à Penfret du 25 au 27, séjour coupé par une petite sortie le 26. Il participe à une revue navale le 27 mai en présence du ministre de la Marine, Gasnier Duparc qui avait pris en place sur le nouveau fleuron de la Royale, le croiseur de bataille Dunkerque.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg21
Le croiseur lourd Algérie rentrant en rade-abri après la revue navale du 27 mai 1937

Le 29 mai, le croiseur lourd est intégré au sein des Forces de Haute Mer, le regroupement des Escadres de l'Atlantique et de la Méditerranée. Il quitte Brest dans la nuit du 31 mai au 1er juin pour des manœuvres des FHM, mouillant à Quiberon du 1er au 8 juin. Les FHM sont dissoutes le 8 juin et chaque escadre regagne sa base.

L'Algérie fait escale à Lisbonne du 11 au 15 avec le Colbert et le Foch, est à Oran du 17 au 21 puis à Alger du 22 au 29, toujours avec ses compères de la 1ère DC. L'Escadre de la Méditerranée rentre à Toulon le 30 juin 1937.

Victime d''une avarie de turbine, le croiseur lourd qui devait subir un grand carénage en décembre 1937 et janvier 1938 est finalement en carénage du 17 août au 8 septembre. Le 3 septembre 1937, la 1ère DC passe à quatre croiseurs avec la réintégration du Dupleix.

De retour à la mer, le croiseur lourd multiplie les exercices en compagnies de croiseurs et de contre-torpilleurs avant d'être à nouveau indisponible le 20 novembre, l'amiral Abrial passant sur le Dupleix.

Il entre à l'Arsenal de Toulon deux jours plus tard. Les travaux concernent les turbines mais aussi l'artillerie notamment le déplacement des affûts quadruples de 13.2mm et le regroupement des 37mm contre-avions sur la plage arrière.

Alors que l'Algérie est immobilisée par des travaux, de nouveaux croiseurs arrivent à Toulon en l’occurrence les croiseurs légers de 7600 tonnes, des navires armés de neuf canons de 152mm en trois tourelles triples, les La Galissonnière, La Marseillaise et Jean de Vienne, ces trois navires formant la 3ème DC.

Disponible le 15 mars 1938, l'Algérie effectue sa première sortie à la mer le 22. Il mouille aux Salins du 22 au 25 puis rentre à Toulon dans la soirée. Il sort à nouveau du 29 au 31, mouillant aussi aux Salins. Le lendemain, 1er avril, il redevient navire-amiral quand l'amiral Abrial quitte le Dupleix pour revenir sur l'Algérie.

Le 11 mai 1938, le croiseur lourd Algérie appareille en compagnie de l'Escadre de la Méditerranée.

Pour cette croisière, le navire-amiral de feu la 1ère Escadre n'est pas seul puisqu'il est accompagné des croiseurs lourds Dupleix Foch et Colbert, des croiseurs légers La Galissonnière La Marseillaise et Jean de Vienne, des contre-torpilleurs Tartu Vauquelin Chevalier-Paul (5ème DCT) Gerfaut Albatros et Vautour (7ème DCT).

L'escadre se sépare entre différents ports algériens, l'Algérie et les trois autres croiseurs de la 1ère DC faisant escale à Alger du 13 au 18. Après s'être regroupée à Bizerte du 20 au 23, l'Escadre se sépare à nouveau, les 10000 tonnes faisant escale à Sousse avec la 7ème DCT du 25 au 30 mai.

L'Escadre rallie l'Egypte où en raison du nombre de navires, elle se sépare à nouveau entre différents ports. Cette fois c'est avec la 5ème DCT que l'Algérie et ses complères font relâche à Alexandrie du 3 au 8 juin 1938, les autres navires étant à Port Saïd.

L'Escadre se regroupe à Beyrouth, l'Algérie y faisant escale du 9 au 14. La 1ère DC est ensuite à Phalère (Grèce) du 16 au 25 puis à Navarin du 26 au 27, les autres navires se séparant entre Tripoli du Liban, les îles grecques et la Yougoslavie. Après un bref passage par Bizerte, l'Algérie et l'escadre retrouvent Toulon le 1er juillet 1938 après quasiment deux mois de mer.

Après  une sortie en compagnie du Dupleix, du Foch et du Colbert, l'Algérie est en petit carénage du 24 juillet au 5 août 1938. Il reprend la mer du 20 au 23 septembre avec un mouillage à Cavalaire en compagnie du Dupleix et du Colbert. Une partie de l'escadre participe à cette sortie qui mèle exercices et mouillages le long de la côte.

Après une nouvelle sortie du 19 au 28 octobre, le croiseur lourd est immobilisé pour grand carénage du 4 novembre 1938 au 15 janvier 1939.

Initialement il était prévu une grande croisière dans l'Atlantique du 18 janvier au 17 mars. Un groupe avec la 3ème DC (La Galissonnière, La Marseillaise, Jean de Vienne) devait aller aux Antilles alors que l'Algérie avec le Dupleix, le Foch, les 3ème, 7ème et 9ème DCT ainsi que la 1ère FSM devaient eux se rendrent à Dakar, Freetown et Conakry. Finalement la croisière sera limitée à l'Afrique du Nord.

Le croiseur-amiral appareille de Toulon le 18 janvier 1939 en compagnie du Foch, du Dupleix et de huit contre-torpilleurs. Les croiseurs lourds sont à Casablanca du 21 au 30 janvier, à Gibraltar du 31 janvier au 2 février, à Oran du 3 au 6, à Arzew les 7 et 8, à Alger du 9 au 15 et à Bizerte du 17 au 21.

L'Algérie mouille à Hammamet pour les nuits du 22 au 24, revient à Bizerte du 24 février au 1er mars, rentrant à Toulon le 2 mars alors que le reste de l'escadre est encore en Tunisie.

Le croiseur lourd repart le 6 mars, passe à Porto Vecchio, mouille avec le duo Foch/Dupleix à Bastia du 7 au 8, est à Ajaccio le 9 en compagnie du Foch et de six contre-torpilleurs. L'escadre regroupée rentre à Toulon le 10.

Le croiseur lourd ressort à nouveau du 13 au 15 mars toujours en compagnie du Foch et du Dupleix, réalisant une école à feu de 203mm le 14.

Après une série de petites sorties locales, l'Algérie appareille pour une sortie d'escadre le 31 mai. Il faut imaginer ce que représente la sortie de huit croiseurs, onze contre-torpilleurs et quatre torpilleurs. L'escadre rentre à Toulon le 8 juin 1939.

Le 30 juin 1939, l'amiral Abrial est remplacé à la tête de la 3ème Escadre et de la 1ère DC par le vice-amiral d'escadre Duplat qui conserve l'Algérie comme navire-amiral.

Le lendemain 1er juillet, les forces navales françaises en Méditerranée sont réorganisées. L'Escadre est remplacée par une Flotte de la Méditerranée qui regroupe une 2ème Escadre (cuirassés et torpilleurs d'escadre), une 3ème escadre (croiseurs lourds) et une 3ème Escadre Légère qui regroupe les contre-torpilleurs (la 3ème DC à rallier Bizerte pour former une 4ème Escadre avec les contre-torpilleurs). La nouvelle entitée est placée sous l'autorité du vice-amiral Ollive qui met sa marque sur le cuirassé Provence.

Du 5 au 7 juillet 1939, la 1ère DC  sort en mer pour entrainement en compagnie de trois divisions de contre-torpilleurs (5ème, 7ème et 9ème DCT), les croiseurs lourds et les contre-torpilleurs s’entraînant au tir avec pour cible la coque de l'ancien torpilleur de 800 tonnes Enseigne Gabolde remorquée à 17 nœuds.

Après un petit carénage du 10 au 15 juillet, l'Algérie sort avec la 3ème Escadre quasiment au complet du 19 au 28 juillet moins la 5ème DCT qui est à l'époque à Malte.

Le croiseur-amiral sort à nouveau du 7 au 12 août en compagnie du Foch, du Colbert, des croiseurs lourds de la 2ème DC Tourville et Duquesne (le Suffren est à l'époque en Indochine), du croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin et de deux divisions de contre-torpilleurs, les 5ème et 7ème DCT.

L'Algérie mouille avec ses compères de la 1ère DC à Porquerolles (8 et 9) puis à Bormes (les 10 et 11), le croiseur-amiral effectuant des écoles à feux les 7 et 9 août ainsi qu'un lancement groupé de torpilles le 7.

En alerte du 11 au 20 août 1939, l'Algérie reste au port en compagnie du Tourville et de la 1ère DCT. Initialement il était prévu une sortie générale du 19 au 29 septembre des 2ème et 3ème Escadre mais le 27 août tous les mouvements sont annulés tout comme toutes les périodes d'entretien, la guerre approche et finit par éclater le 3 septembre 1939.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyMar 27 Aoû 2019, 13:19

L'Algérie en guerre (1939-1940)
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg22
Le croiseur lourd Algérie

Prémices

Avec le début du second conflit mondial, l'organisation du temps de paix  doit être mise en sommeil au profit d'une organisation prévue par les textes en cas de conflit.

Le 27 août 1939 alors que la guerre est visiblement imminente, les moyens navals français en Méditerranée sont répartis entre trois commandements :

-Les Forces Maritimes du Sud dirigées par l'amiral Esteva qui est connu désormais sous la désignation d'Amiral Sud

-Les Forces de Haute Mer dirigées par le vice-amiral d'escadre Ollive

-La Division Navale du Levant dirigée par le contre-amiral de Carpentier.

Les FHM comprennent la 2ème Escadre (trois cuirassés et les torpilleurs de la 1ère flottille) et la 3ème Escadre qui regroupe une 1ère Escadre de croiseurs (1ère et 2ème DC) et la 3ème Escadre Légère avec trois DCT et donc neuf contre-torpilleurs.

Le vice-amiral Duplat qui à toujours sa marque sur l'Algérie reste le chef à la fois de la 3ème Escadre, de la 1ère Escadre de croiseurs de la 1ère DC, cette dernière étant toujours composée de l'Algérie, du Dupleix, du Foch et Colbert.

Le 31 août 1939, le convoi R3 assure l'envoie en Corse de renforts pour faire face à une possible voir probable attaque italienne. Sept paquebots sont escortés par la 2ème Escadre pendant que la 3ème Escadre assure une couverture en direction du nord-est avec les croiseurs lourds Algérie, Foch, Colbert,Duquesne accompagnés par cinq contre-torpilleurs.

Le convoi arrivé sur l'île de Beauté, la 2ème Escadre rallie Oran pendant que les navires de la 3ème Escadre vont protéger le retour des paquebots vides sur Marrseille, les navires rentrant sur Toulon le 2 septembre dans la nuit.

La 3ème Escadre repart de Toulon dès le 2 septembre et arrive le lendemain à Oran. Elle se compose alors des croiseurs lourds Algérie, Foch,Colbert,Tourville accompagnés par huit contre-torpilleurs. Ils sont rejoints à la mer par le croiseur lourd Dupleix.

Si l'Algérie et le Dupleix restent à Oran, le Foch et le Colbert vont mouiller à Mers-El-Kébir (le mouillage doit devenir une base mais les travaux lancés à partir de 1936 sont encore dans l'enfance).

La France déclare officiellement la guerre à l'Allemagne à 17h mais l'Italie reste «non belligérante» ce qui soulage les forces navales françaises en Méditerranée, un certain nombre de navires basés en temps normal à Toulon vont rallier l'Atlantique pour notamment donner la chasse aux raiders allemands qui attaquaient le trafic commercial allié.

Les cinq croiseurs lourds quittent l'Oranie le 18 septembre 1939 pour rentrer à Toulon le lendemain.

L'Algérie, le Dupleix et le Foch sortent le 26 septembre pour mouiller aux Salins d'Hyères jusqu'au 30. Ils effectuent une école à feux de 203 le 28, regagnant Toulon le 30 au soir.

Sus au Raider !
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg23
Le croiseur lourd Algérie testant le ravitaillement à la mer avec un contre-torpilleur

Suite à la destruction du cargo Clement par le cuirassé de poche Admiral Graf Spee, la Royale décide en liaison avec les britanniques de mettre sur pied des groupes de chasse pour retrouver le navire du capitaine Langsdorff.

Le 4 octobre, la force X est officiellement créée. Elle est composée du croiseur de bataille Strasbourg, des croiseurs lourds Algérie et Dupleix et du porte-avions Hermes.

Le croiseur-amiral appareille de Toulon le 7 octobre en compagnie du Dupleix, du Maillé-Brézé et du Vauquelin. Ce groupe occasionnel se ravitaille à Oran le 9, retrouvant à la mer le 10 octobre à 90 miles de Casablanca le croiseur de bataille Strasbourg, du porte-avions Hermes et du contre-torpilleur Volta.

La force X arrive à Dakar le 14 octobre à 8h. Elle y retrouve les croiseurs légerrs de la 5ème Escadre Duguay-Trouin et Primauguet ainsi que l'aviso colonial D'Entrecasteaux.

La composition initiale de la force X commandée par l'amiral Duplat (navire-amiral Algérie) comprend le Strasbourg, l'Hermes, l'Algérie, le Dupleix ainsi que les contre-torpilleurs de la 10ème DCT (Le Fantasque L'Audacieux Le Terrible). Sa composition va beaucoup évoluer jusqu'au remplacement de la force X par la force Y en janvier 1940.

Quatre jours après son arrivée à Dakar, l'Algérie appareille en compagnie du contre-torpilleur l'Audacieux direction Freetown où ils font escale les 19 et 20 octobre, l'amiral Duplat rencontrant l'amiral Lyon, commandant le South Atlantic Squadron pour coordonner l'action entre la force X et la force K afin qu'un groupe de chasse soit en permanence à la mer.

De retour à Dakar le 21 avec le contre-torpilleur, l'Algérie passe au bassin le 22 pour réparer une légère fuite sur un presse-étoupe.

La première sortie de la force X à lieu du 23 au 29 octobre, tous les navires sont concernés sauf L'Audacieux victime d'une avarie. Sept navires sont arraisonnés dont le cargo allemand Santa Fé qui saisi deviendra le Saint André (récupéré par les allemands après la défaite de juin 1940, il est torpillé en mer Noire par un sous-marin soviétique le 24 novembre 1943).

Cette sortie confirme les limites des navires français à savoir des avaries mineures régulières (à trop chercher la performance on à acquis des navires pas toujours adaptés aux combats) et surtout un manque d'autonomie. Ce manque est aggravé par l'absence d'une solution pratique de ravitaillement à la mer (on était au stade des essais).

Une deuxième sortie à lieu du 7 au 13 novembre 1939, direction le Cap Vert, la force X étant accompagnée par un Latécoère Laté 302 de l'escadrille E4 mais l'appareil tombe en panne et doit être assisté par L'Audacieux dans la soirée du 7.

Le 9 novembre, les contre-torpilleurs Le Fantasque et Le Terrible sont détachés pour retrouver le cargo allemand Santos mais les deux contre-torpilleurs ne trouvent qu'un navire belge, le Priapolis avec quatre allemands à bord. Ils retrouvent la force X le 12 dans la matinée. Le 13, deux avions du porte-avions Hermes sont perdus en mer mais les pilotes sont récupérés. La Force X rentre dans la soirée.

Le 9 novembre 1939, les contre-torpilleurs Cassard et Milan arrivent à Dakar suivis quatre jours plus tard par le Foch. L'amiral Duplat met sa marque sur le Dupleix, le croiseur lourd Algérie devant subir un grand carénage à Toulon.

L'amiral Moreau, ancien commandant de la 5ème Escadre  met sa marque sur l'Algérie le 18 novembre, formant la force Y avec le croiseur de bataille Strasbourg et les contre-torpilleurs Le Fantasque et Le Terrible. Elle quitte Dakar le 21 novembre, l'Audacieux partant le lendemain avec le convoi 3DF.

Le 24 novembre à midi, la force Y est ralliée par quatre contre-torpilleurs (Guépard Verdun Valmy Lion) et un torpilleur (La Railleuse) venus de Casablanca. Peu après la force se scinde en deux, des navires mettant cap sur Brest et l'autre sur Toulon.

L'Algérie, Le Fantasque,Le Terrible,le Lion et La Railleuse font route vers Gibraltar. Le duo Le Fantasque/Le Terrible sont détachés pour rallier Casablanca, étant remplacés le 25 par les torpilleurs d'escadre Le Fortuné et Simoun.

L'Algérie arrive à Toulon le 26 novembre. Il entre en carénage le 1er décembre. Alors que le croiseur-amiral est en travaux, les structures des forces navales françaises en Méditerranée sont modifiées.

On à d'abord eu le 9 octobre le regroupement au sein de la Flotte de la Méditerranée, des 2ème, 3ème et 4ème Escadre, escadres «affaiblies» par de nombreux détachements dans l'Atlantique. La flotte est finalement dissoute le 28 novembre, les escadres devenant indépendantes sous l'autorité de l'Amirauté. Si d'aventure les trois escadres devaient à nouveau se regrouper, c'est le commandant de la 3ème Escadre qui serait placé à leur tête.

Quand se termine l'année 1939, la 1ère DC est réduite au seul croiseur Algérie, la 2ème DC regroupant les croiseurs lourds Duquesne Tourville et Colbert. Le Dupleix et le Foch sont à Dakar et le Suffren en Indochine.

Le grand carénage s'achève le 1er février 1940. Le 18 février 1940, l'amiral Duplat remet sa marque sur le croiseur-amiral. Il reprend ensuite la mer pour différentes entrainement et des essais de ravitaillement à la mer avec le contre-torpilleur Aigle les 22 février et 1er mars 1940.

Transport d'or
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Le croiseur lourd Algérie en 1940

Au début du mois de mars 1940 alors que l'Algérie remonte en puissance, une nouvelle force X est mise sur pied pour transporter de l'or de l'autre côté de l'Atlantique.

Le choix d'un navire de guerre s'explique aisément : si l'ennemi est au courant, sa tache pour récupérer le précieux métal sera diablement compliquée. Si la volonté de mettre une partie du stock à l'abri des allemands est évidente, il s'agit davantage d'une garantie de paiement pour les achats massifs d'avions effectués par Paris.

Cette force X est composée du croiseur lourd Algérie et du cuirassé Bretagne. Le croiseur-amiral embarque aux appontements du Milhauf 1179 caisses d'or (1820 pour le cuirassé) soit 7 milliards de francs de l'époque.

Les deux navires quittent Toulon le 10 mars, escortés par les contre-torpilleurs Maillé-Brézé,Vauban et Aigle. Ils sont ensuite rejoints en mer par le contre-torpilleur Lynx et le croiseur léger Primauguet.

Après une escale de ravitaillement à Oran le 12 mars, la petite escadre franchit le détroit de Gibraltar avec une protection assurée par trois navires et des avions britanniques mais aussi les torpilleurs La Railleuse,La Palme et Le Mars. Peu après le Primauguet et le Lynx rallient Casablanca remplacés par le croiseur auxiliaire Victor Schoelcher. Le 14 ce sont les trois torpilleurs d'escadre qui abandonnent la flotte suivit par les trois contre-torpilleurs. Le 15, le Colbert parti de Dakar trois jours plus tard rallie.

Le 22 mars, des navires canadiens assurent l'escorte à 20 miles d'Halifax où l'or est déchargé le 23 et ce en huit heures ce qui constitue une belle performance car chaque caisse pèse 60kg.

Le 28 mars, les cargos Wisconsin et Louis LD transportant 82 avions, du cuivre et des véhicules quittent New-York et rallient Halifax. Ils vont être escortés par les croiseurs lourds Algérie et Colbert, par le croiseur auxiliaire Victor Schoelcher et par le cuirassé Bretagne.

Le 6 avril ils sont rejoints en mer par les contre-torpilleurs Vautour,Albatros,Aigle,Valmy et Verdun puis le lendemain par les torpilleurs d'escadre La Palme,Le Mars et Forbin.

Le 8, la formation se disloque. Les cargos, le croiseur auxiliaire et les torpilleurs rallient Casablanca, le Colbert retourne à Dakar, le reste vers Oran même si peu avant la nuit les contre-torpilleurs rallient à leur tour Casablanca. L'Algérie et La Bretagne abandonnés par l'Aigle devant Oran rentrent à Toulon le 10.

Guerre contre l'Italie ou l'opération VADO
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg24

A l'époque, la guerre est sortie de sa torpeur en Scandinavie puis sur le front occidental avec l'offensive allemande (FALL GELB). La marine française comprenant que l'Italie ne va pas rester longtemps en dehors du conflit commence à regrouper ses moyens dans la Mare Nostrum pour être en mesure de faire face le moment venu.

Les croiseurs lourds Algérie,Dupleix et Duquesne effectuent une sortie en direction des Salins du 23 au 25 avril 1940 en compagnie des contre-torpilleurs Vauban et Kersaint.

Le 28 avril 1940, l'Amirauté décide de regrouper la quasi-totalité de ses moyens en Méditerranée pour faire à la Regia Marina. Il est prévu de baser la Force de Raid en Méditerranée, une nouvelle force X à Bizerte ou à Alexandrie pendant que la 3ème Escadre restait basée à Toulon.

Deux jours plus tard, le 30 avril 1940, la 2ème DC rallie la Méditerranée orientale pendant que le Colbert intègre la 1ère DC.

C'est ainsi que la 3ème Escadre va regrouper quatre croiseurs lourds (Algérie Dupleix Foch Colbert) regroupés au sein de la 1ère DC mais aussi cinq divisions de contre-torpilleurs qu'il s'agisse de la 1ère DCT (Vauban Lion Aigle), de la 9ème DCT (Kersaint Cassard Vauquelin), de la 3ème DCT (Guépard Verdun Valmy), de la 5ème DCT (Tartu Chevalier Paul) et de la 7ème DCT (Gerfaut Albatros Vautour).

Il faudra cependant attendre fin mai pour que tous les moyens navals soient rassemblés. Le 31, la 3ème Escadre légère est reconstituée sous le commandement du contre-amiral Derrien.

Dans les jours suivant son retour en Méditerranée, le croiseur-amiral se contente de sorties limitées pour entrainement et pour bien entendu ne pas être surpris par une attaque surprise de la Regia Marina. Des navires sont d'ailleurs régulièrement maintenus en alerte dans le port varois pour faire à toute éventualité.

Le 10 juin 1940 à minuit, l'Italie et la France sont officiellement en état de guerre. Les plans dressés depuis plusieurs années prévoient dès le déclenchement des hostilités un bombardement naval de  la Ligurie (région de Gênes). Cette région outre des industries stratégiques abrite la base navale de La Spezia, le principal port militaire italien avec Tarente.

L'amiral Duplat demande l'exécution de l'opération prévue ce qui est accordée, les navires concernés appareillant le 11 juin mais en fin d'après midi l'opération est annulée en raison de la volonté du gouvernement français de ménager (sic) l'Italie. Les navires mouillent aux Salins puis rentrent à Toulon le 12 juin moins deux DCT laissées sur place. Il faudra attendre un bombardement italien sur Bizerte pour qu'enfin l'opération soit déclenchée.

L'ordre est cette fois donné pour une opération prévue dans la nuit du 13 au 14 juin 1940, c'est l'opération VADO que prévoit le bombardement de sites industriels situés à Vado et à Gênes par deux groupes occasionnels composés de croiseurs lourds et de contre-torpilleurs. Théoriquement les 10000 tonnes doivent bombarder et les contre-torpilleurs protéger les «gros» mais comme souvent cela ne se passera pas vraiment comme cela.

Alors que la 3ème Escadre est toujours à Toulon, une alerte aérienne retentit. Des bombes tombent entre le croiseur-amiral amarré au coffre 1 et les Grands Bassins Vauban près de l'arrière des contre-torpilleurs.....Vauban et Chevalier-Paul qui sont eux amarrés au quai Noël. La flotte riposte ce qui impose un ravitaillement en obus contre-avions avant tout appareillage.

Les navires appareillent pour les Salins entre 16.30 et 17.00, arrivant au mouillage pour une brève escale puisqu'ils repartent à 21.10. Les navires sont en position à 03.48 du matin le 14 juin 1940 dans le 120 du cap Vado.

Le groupe VADO comprend le croiseur lourd Algérie qui porte la marque du vice-amiral Duplat, le croiseur lourd Foch ainsi que deux divisions de contre-torpilleurs, la 1ère DCT (contre-torpilleurs Vauban et Lion [classe Guépard] Aigle [classe Aigle]) et la 5ème DCT (contre-torpilleurs Tartu Chevalier-Paul Cassard [classe Vauquelin]).

Le groupe GENES comprend lui le croiseur lourd Dupleix qui porte la marque du contre-amiral Derrien ainsi que son sister-ship Colbert, les deux navires formant une 5ème DC dirigée également par le contre-amiral Derrien.

Ce groupe comprend également la 7ème DCT (contre-torpilleurs Vautour Albatros [classe Aigle]) et la 3ème DCT (contre-torpilleurs Guépard Valmy Verdun [classe Guépard]).

Comme j'ai déjà abordé cette opération dans de nombreux articles, je me vais concentrer uniquement sur les faits et gestes du croiseur-amiral.

A 04.22, l'Algérie vient dans le 270 puis au 200 à 04.24. A 04.26, il ouvre le feu alors qu'il se trouve à 13500m du phare de Vado, son objectif étant les réservoirs de combustible de la ville de Vado. Les tirs vont continuer jusqu'à 04.40, route au 200 puis au 180 à partir de 04.31. Chaque canon de 203mm tire une vingtaine de coups sans incident.

Les italiens sont un temps surpris mais réagissent sous la forme d'une attaque de vedettes lance-torpilles en l'occurence les Mas-534/535/538 et 539 de la 13ème flottille. Les canons de 100 (Algérie), de 90 (Foch) et de 138mm (Aigle) ouvrent le feu, les six torpilles lancées échouant à toucher leur cible. Seule la 535 est légèrement endommagé pendant que la batterie AT-17 de Savone et le train blindé n°3 ripostent aux tirs français.

Les autres navires du groupe bombardent d'autres cibles littorales, seule la 1ère DCT se chargeant de la protection du navire-amiral.

Au final le bilan est très décevant, les dégâts sont très limités, les navires français plus ou moins endommagés, le plus gravement étant l'Albatros (douze morts).

Tout en tirant le croiseur-amiral fait route au 130 (04.38), au 195 (04.48), naviguant à 23 puis à 26 nœuds.

Le tir cesse et la formation française se regroupe à 25 nœuds maximum pour permettre à l'Albatros de suivre. A 05.52 nouveau ralentissement suite à une avarie de barre du Foch. Le repli se fait à 25 puis à 27 nœuds. La traversée est simplement perturbé par la détection de deux avions français et une alerte au sous-marin qui ne se traduit par aucune attaque. L'escadre est à Toulon le 14 juin en fin de matinée.

A cette date la situation militaire de la France est désespérée. Paris déclarée ville ouverte est au mains des allemands qui sont proche de la Loire. Si certaines unités se battent avec panache, d'autres abandonnent. Ce pays ressemble à un canard sans tête, aucune direction ferme, aucun ordre n'est donné.

A Bordeaux, partisans de l'armistice et partisans de la lutte de l'Empire s'affrontent et malheureusement pour l'honneur de la France, les premiers finissent par l'emporter.

Le 17 juin 1940, la 3ème escadre reprend la mer à 21.00. l'Algérie est à la mer avec les croiseurs lourds Dupleix Colbert Foch ainsi que les 1ère, 3ème et 5ème ECT. Ils couvrent entre le cap San Sébastien et les Baléares le convoi 6P composé de dix-sept navires ralliant Oran depuis Marseille, l'escorte étant assurée par les torpilleurs d'escadre La Palme et Tempête ainsi que par les patrouilleurs auxiliaires P4 Ville d'Ajaccio et P7 Pascal Paoli. La 3ème escadre rentre à Toulon en début d'après midi un certain 18 juin soit une semaine avant l'entrée en vigueur du funeste armistice.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyMer 28 Aoû 2019, 19:06

Armistice et Sabordage pour un croiseur lourd (1940-1942)

L'Armistice et ses suites
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg26
Le croiseur lourd Algérie à la mer

Signé le 22 juin 1940 dans la clairière de Rethondes, l'armistice entre en vigueur le 25 juin 1940 à 00.35. Le croiseur lourd Algérie est alors à Toulon.

Initialement les clauses de l'armistice prévoyaient le désarmement de la flotte française dans ses ports du temps de paix. Les attaques britanniques et britannico-gaullistes respectivement à Mers-El-Kébir et Dakar vont pousser les allemands et les italiens à admettre le maintien d'une marine réduite.

Le 3 juillet 1940 quand la flotte de l'amiral Sommerville attaque Mers-El-Kébir, la 3ème Escadre appareille de Toulon à 19h. Elle comprend les croiseurs lourds Algérie,Foch et Colbert mais aussi les 1ère,3ème, 5ème et 7ème DCT.

Le 4 juillet à l'aube (04.45), ce groupe occasionnel retrouve en mer les six croiseurs et les quatre contre-torpilleurs partis d'Alger, les navires ralliant Toulon dans la soirée. Les croiseurs lourds de la 1ère DC restent sur rade prêts à tirer.

Le 10 juillet 1940, la 3ème Escadre est mise aux ordres de l'amiral Atlantique, le vice-amiral d'escadre Gensoul qui posera sa marque sur le croiseur de bataille Strasbourg du 6 juillet au 10 août.

Deux jours plus tard, le contre-amiral Derrien est remplacé par le contre-amiral Lacroix qui assure à la fois le commandement des croiseurs de la 3ème Escadre mais aussi le commandement par intérim de la 3ème Escadre.

La situation est particulièrement troublée et complexe. Ce qui est certain c'est qu'à la mi-juillet tout désarmement est suspendu sine die. Les sorties sont limitées par le contrôle tatillon des allemands et surtout des italiens, les navires français n'allant guère plus loin que les salins d'Hyères.

Le 12 août 1940, une nouvelle réorganisation est menée. La 3ème Escadre est reconstituée à Toulon avec comme navire-amiral, le croiseur de bataille Strasbourg, la 1ère DC (Algérie Foch Dupleix Colbert)  et la 3ème Escadre légère qui comprend six DCT, les 1ère,3ème,4ème,5ème,7ème et 9ème DCT.

Le 1er septembre 1940 les italiens exigent l'application des clauses de l'armistice prévoyant le désarmement de la flotte. Ces clauses sont cependant plus souples puisqu'il est prévu le maintien d'un noyau naval. C'est finalement l'offensive anglo-gaulliste contre Dakar (opération MENACE) qui sauve la marine française d'un désarmement qui l'aurait réduite à une force croupion.

Le 25 septembre 1940 sont constituées les Forces de Haute Mer (FHM) sous l'autorité du «comte Jean», l'amiral Jean de Laborde qui pose sa marque sur le croiseur de bataille Strasbourg.

Les FHM se composent initialement de la 1ère DC (croiseurs lourds Algérie Foch Dupleix), de la 3ème DC (La Marseillaise et La Galissonnière) mais aussi une 3ème Escadre légère qui regroupe les contre-torpilleurs.

Le navire-amiral est le contre-torpilleur Aigle sur lequel le contre-amiral Jardel à posé sa marque et qui commande trois DCT, la 3ème DCT (Guépard Valmy Cassard [classe Guépard]), la 7ème DCT (Vautour Albatros Gerfaut [classe Aigle]) et la 8ème DCT (contre-torpilleur L'Indomptable [classe Le Fantasque] et Volta [classe Mogador]).

Le 27 septembre 1940, le contre-amiral Bouxin prend la tête de la 1ère DC et met donc sa marque sur le croiseur lourd Algérie.

Jusqu'au sabordage, la composition des FHM va évoluer avec des navires mis en gardiennage et d'autres réarmés mais la structure restera la même à savoir le Strasbourg, trois croiseurs lourds, deux croiseurs légers et une dizaine de contre-torpilleurs et de torpilleurs. En gros de quoi protéger Toulon d'une agression anglaise mais guère plus. De toute façon l'impossibilité de reconstituer les stocks de mazout va peu à peu paralyser la flotte à Toulon.

Les FHM réalisent leur première sortir du 16 au 18 octobre, L'Algérie appareillant en compagnie du Strasbourg, du Foch,du Dupleix, de La Galissonnière, du Cassard, du Volta, de L'Indomptable, du Guépard, du Valmy, de La Palme et du Mars. Le croiseur-amiral sort à nouveau en compagnie des Foch,Dupleix,Vautour et Albatros du 29 au 31 octobre 1940.

Le 5 novembre 1940, le croiseur-amiral prend la mer pour entrainement en compagnie du Strasbourg, des croiseurs lourds Foch et Dupleix, des croiseurs légers La Marseillaise et La Galissonnière et des contre-torpilleurs Volta,L'Indomptable,Cassard et Vautour.

Après un mouillage  aux Salins, le groupe occasionnel reprend la mer pour couvrir le retour à Toulon du cuirassé Provence endommagé lors de l'opération CATAPULT à Mers-El-Kébir le 3 juillet 1940.

Ce dernier avait quitté l'Oranie le 6 en compagnie des torpilleurs d'escadre Le Hardi, Epervier,Fleuret,Mameluk et Lansquenet, la jonction se faisant le 7 novembre à 13h à 15 miles dans le 170 de Columbretes (les Columbretes sont un ensemble d'îles volcaniques situées à 30 miles marins à l'est du cap d'Oropesa dans la province de Castellon en pays valencian). L'escadre rentre à Toulon le 8 novembre en début d'après midi.

Le croiseur-amiral termine l'année par deux courtes sorties du 10 au 12 et du 17 au 19 décembre 1940, la première en compagnie des croiseurs lourds Foch et Dupleix ainsi que des torpilleurs d'escadre La Palme et Le Mars alors que la seconde s'est faite en compagnie du croiseur de bataille Strasbourg.

Le 1er janvier 1941, le croiseur lourd Colbert remplace le Dupleix au sein de la 1ère DC. La première sortie du croiseur-amiral à lieu du 11 au 14 février 1941 avec à chaque fois le même programme : quelques exercices en mer et un mouillage aux Salins.

Après une sortie avec les autres navires de la 1ère DC accompagnés par les torpilleurs d'escadre Typhon Tornade Tramontane du 18 au 20 février 1941, il sort en compagnie des autres navires des FHM du 8 au 10 avril.

Le 26 avril 1941, le contre-amiral Bouxin quitte la 1ère DC, remplacé à la tête de la division par le vice-amiral d'escadre Lacroix qui en plus de la division prend le commandement d'une 1ère escadre de croiseurs qui regroupe les 1ère et 3ème DC, l'Algérie restant navire-amiral.

Après une dernière sortie du 28 au 30 avril 1941, l'Algérie est immobilisé pour carénage à partir du 2 mai et jusqu'au mois de juillet. Les essais au point fixe puis en route libre le 10 juillet 1941. Il sort du 15 au 19 juillet en compagnie des autres croiseurs de la 1ère DC ainsi que des contre-torpilleurs Volta Kersaint et Verdun.

Il est à nouveaux aux salins du 4 au 9 août (avec le Colbert,le Volta, le Cassard et le Verdun) puis du 8 au 13 septembre (avec le Colbert et trois contre-torpilleurs, les Tartu Kersaint et Vauquelin). Le 4 octobre 1941, le Dupleix est réarmé en remplacement du Foch qui passe donc en gardiennage d'armistice.

Il sort aux salins du 21 au 24 octobre avant d'être à Marseille du 14 au 19 novembre 1941. Aucune sortie n'à lieu en décembre en raison du mauvais état des chaudières qu'on propose de retuber.

Après une sortie jusqu'aux Salins du 6 au 13 février 1942, l'Algérie ne sort que le 30 avril avant un nouveau grand carénage du 30 avril au 25 juillet, les principaux travaux concernant le retubage des chaudières et le renforcement de la DCA. Il mouille aux Vignettes du 3 au 6 août avant d'être indisponible du 8 au 24 août pour pouvoir réparer la turbine HP tribord centrale.

Le croiseur-amiral sort aux Salins du 24 au 30 août en compagnie du Dupleix, retrouvant des contre-torpilleurs depuis le 17. L'Algérie y effectue des écoles à feu pour son artillerie principale (203mm) et secondaire (100mm). Le 1er septembre 1942, le retour à Toulon est l'occasion pour l'Algerie de s’entraîner avec le reste des FHM.

Les sorties sont de plus en plus limitées en raison d'un manque de carburant chronique, les réserves accumulées jusqu'en juin 1940 ne pouvant être reconstituées. Même les Salins d'Hyères sont trop loin imposant l'aménagement d'un mouillage en rade des Vignettes. Les navires sont mêmes remorqués au mouillage pour économiser le précieux carburant. Mouillés, ils tentent de maintenir l'illusion en entraînant les équipages comme à la mer avec bien entendu un réalisme amoindri.

La fin ou le sabordage de la flotte (26-27 novembre 1942)
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg27
Le croiseur lourd Algérie à la mer le  24 août 1942

Le 7 novembre 1942, l'arrivée au large de l'Afrique du Nord de convois alliés entraîne la mise en état d'alerte des FHM qui sont placées à six heures d'appareillage pendant qu'en Afrique du Nord on applique le «Régime Danger».

L'opération TORCH à lieu le 8 novembre 1942, les américains et les britanniques prenant pied au Maroc et en Algérie. Les combats s'arrêtent le 11 novembre. Il était prévu une sortie des FHM pour aider les forces navales en Afrique du Nord mais si elle avait eu lieu elle aurait aboutit à un véritable massacre.

En effet qu'auraient pu faire des navires usés, mal entretenus, dépourvus de radars et d'une DCA moderne contre l'écran de couverture allié qui se composait de quatre cuirassés, trois porte-avions, trois croiseurs et dix-sept destroyers ?

Toujours le 11 novembre, les allemands déclenchent l'opération ATILA,l'invasion de la zone dite libre. Le port de Toulon reste sous le contrôle du gouvernement de Vichy mais on s'en doute pour peu de temps.

Depuis cette époque un débat agite les historiens, les passionnés sur la possibilité pour la flotte française d'appareiller pour l'Afrique du Nord et reprendre la lutte. Pendant longtemps j'ai cru à cette possibilité mais plus le temps passe et plus je pense que cela est une chimère.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ct_aig25
Position des navires français en ce funeste 27 novembre 1942

27 novembre 1942 à l'aube, les FHM sont placées à six heures d'appareillage. A l'époque, cette force est composée des navires suivants :

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Croise16
Ah si seulement le Strasbourg et son sister-ship avait eu une guerre à la hauteur de leur élégance......

-Croiseur de bataille Strasbourg navire-amiral hors rang

-1ère Escadre de Croiseurs : croiseurs lourds Algérie Dupleix Colbert (1ère DC) croiseurs légers La Marseillaise Jean de Vienne (3ème DC)

-3ème Escadre légère : contre-torpilleurs Guépard Verdun (3ème DCT) Volta L'Indomptable (6ème DCT) Gerfaut Cassard Vautour (7ème DCT) Tartu Vauquelin Kersaint (5ème DCT) torpilleurs d'escadre l'Adroit Mameluk Casque (10ème DT).

En ce funeste jour pour la Royale, l'Algérie est amarré à l'appontement du Milhaud n°4 encadré par le croiseur léger La Marseillaise (n°3) et le croiseur lourd Colbert (n°5).

Grâce au compte-rendu du vice-amiral Lacroix, on connait bien les dernières heures du dernier croiseur lourd de la marine nationale.

Tout d'abord à l'époque l'équipage n'est pas au complet, on trouve des permissionnaires pour la nuit tandis qu'une partir de l'équipage doit assurer la protection de la base aéronavale de Saint Mandrier. Il reste à bord du croiseur-amiral environ 550 hommes.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg28
Navires en feu, fumée noire, la flotte française se saborde

A 05.10, le branle-bas est ordonné à tous les navires. Cinq minutes plus tard, on apprend l'occupation du fort Lamalgue par les allemands. A 05.20, des fusées éclairantes éclatent au dessus de la rade.

A 05.24, ordre est donné d'allumer les feux et de prendre les dispositions finales c'est à dire de saborder les navires. Depuis juin 1940 tout est prévu mais tout ne pourra pas être réalisé, appliquant la célèbre maxime de Clausewitz «A la guerre, la première victime est le plan».

C'est ainsi sur le croiseur-amiral aucune charge ne pourra être placée, les réducteurs sont découpés au chalumeau, les pièces de 203mm sont grenadées, les culasses des canons de 100mm sont jetées à la mer. L'incendie à cependant été allumé, incendie alimenté par un chaland à mazout qui avait dérivé ce qui explique des dégâts bien plus importants que sur d'autres navires où le sabotage à été réalisé de manière plus poussée.

A 05.25, ordre est donné d'éloigner les bâtiments du quai. Comme les dispositions de sabordage et l'allumage des feux sont incompatibles, on donne la priorité sur les premières. Se pose aussi la question de se défendre en cas d'attaque. Cette question ne sera jamais tranchée mais sur le croiseur lourd Algérie les canons de 37mm et les mitrailleuses sont armées.

A 05.35, l'Algérie appelle aux postes d'évacuation et cinq minutes plus tard retentit l'ordre «Sabordez la flotte sabordez la flotte». On imagine bien les sentiments des marins forcés de détruire ces magnifiques navires pour éviter qu'ils ne tombent aux mains des allemands et des italiens. C'est dans la rade de Toulon qu'allait disparaître une de nos plus belles marines.

A 05.42, des détonations sont entendues du côté du croiseur de bataille Strasbourg qui sont interprétés comme la détonation des premières charges de sabordage. En réalité il s'agit d'un échange de coups de feu entre le croiseur de bataille et un Panzer IV de la 7. PanzerDivision, le premier tirant à la mitrailleuse de 13.2mm, le second deux obus de 75mm sans que l'on sache qui à tiré en premier. Le croiseur de bataille à un tué et plusieurs blessés.

A 05.50, en scott, le navire-amiral des FHM ordonne le sabordage de la flotte. Cette fois impossible de revenir en arrière. L'équipage de l'Algérie commence à évacuer dix minutes plus tard à 06.00 et cinq minutes plus tard, le poste OTC est détruit.

A 06.10, les allemands approchent. L'équipage du croiseur lourd est à terre au niveau de la gare de La Seyne-Arsenal. A 06.15, un capitaine allemand accompagné de quelques hommes arrive au niveau de la coupée arrière de l'Algérie.

Les allemands tentent d'interrompre le sabordage pendant que les français parlementent pour gagner du temps et empêcher les allemands de parvenir à leurs fins. Le croiseur lourd est finalement évacué entièrement à 06.30, les charges placées dans les tourelles explosant à 06.40.

Après de nombreuses péripéties et des allemands particulièrement nerveux, l'équipage de feu le croiseur-amiral est regroupé après 07.00. Enfin regroupé si l'on peut dire puisque les officiers sont séparés de leurs équipages.

Machines sabotées, tourelles pétardées, soutes noyées, le croiseur lourd prend 3° de gite mais se rétablit en touchant le fond. Les soutes à mazout s'embrasent, alimentant les foyers allumés un peu partout sur le navire. D'immenses flammes sortent de l'unique cheminée.

Le rayonnement thermique est tel qu'il incendie un chaland citerne à proximité ce qui entraîne à son tour l'explosion des soutes à munitions du croiseur lourd. L'incendie va faire rage jusqu'au 16 décembre 1942, les dégâts sont considérables.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg29
Deux photos du croiseur lourd Algérie
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg30

Crépuscule

L'étendue des dégâts ne laissait guère de doutes et c'est sans surprise que le croiseur est classé irréparable et doit être démantelé.

Initialement le démantèlement devait se faire sur place mais pour libérer l'appontement n°4 on décide de le renflouer.

Les travaux sont confiés à l'entreprise Santa Maria de Gênes. Ils commencent le 9 avril 1943, la remise à flot devant se faire par pompage. La tour est démolie à partir du 17 avril mais les travaux sur la coque sont interrompus le 21 mai. Les travaux reprennent du 11 au 23 juin, l'Algérie étant quasiment réduit à l'état de coque au 26 juin 1943.

La remise à flot à  lieu le 19 août, la coque est remorquée en direction des Grands Bassins Vauban où elle est mise au sec pour des travaux d’étanchéification. Ces travaux effectués, la coque est remorquée au Bregaillon.......où elle prend plusieurs degrés de gite.

La coque est ramenée au bassin où elle reste jusqu'au 1er janvier 1944. Depuis une note du 24 novembre 1943, la démolition à été interrompue.

Feu le croiseur lourd est ramené au Bregaillon, mouillé à couple du paquebot Orford mais suite à de nouveaux problèmes d'étanchéité, elle s'échoue. Remise à flot la coque est remorquée aux appontements du Milhaud puis à nouveau au Bregaillon.

Endommagé lors du bombardement américain du 7 mars 1944, elle finit par couler entre l'Orford et les coques de quatre sous-marins. Renflouée en 1949, la coque perd officiellement son nom en juillet 1955, devenant Q-54. Les restes du croiseur sont vendus à la démolition le 21 décembre 1956 et démantelés.

A SUIVRE

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyJeu 29 Aoû 2019, 16:09

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Fiche Technique
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg11

Déplacement : déplacement charge normale 10931 tonnes déplacement en surcharge 13644 tonnes

Dimensions : Longueur hors tout 186.20m longueur entre perpendiculaires 180m largeur 20m tirant d'eau 6.125m en charge normale

Propulsion : Quatre turbines à engrenages Rateau alimentées en vapeur par cinq chaudières Indret développant 84000ch et entraînant quatre hélices d'un diamètre de 3.60m

Performances : Vitesse maximale 31 nœuds distance franchissable 8000 miles nautiques à 15 nœuds 7000 miles nautiques à 20 nœuds 4000 miles nautiques à 27 noeuds

Protection : ceinture 110mm réduit central 40 à 70mm pont 70 à 80mm tourelles 95mm blockhaus 95mm

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Canon_48
Tourelles de 203mm avant du croiseur lourd Foch. Les tourelles de l'Algérie étaient semblables mais pas identiques

Armement : huit canons de 203mm modèle 1924 en quatre tourelles doubles (deux avant deux arrières), douze canons de 100mm modèle 1930 en six affûts doubles, huit mitrailleuses Hotchkiss de 13.2mm en un affût quadruple et deux affûts doubles, huit canons de 37mm, deux affûts triples lance-torpilles de 550mm modèle 1923

Aviation : une catapulte et deux hydravions

Equipage : 616 hommes. 746 hommes comme bâtiment-amiral (34 officiers, 126 officiers mariniers et 586 quartiers-maîtres et matelots)

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyJeu 29 Aoû 2019, 16:50

L'Algérie en détail

Devis de poids initial
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg32
Le croiseur lourd Algérie à la mer en 1940. Les marques de nationalité situent la photo à l'été 1940 au plus tôt

-Coque nue 3800 tonnes à laquelle il faut ajouter  1720 tonnes pour sa protection, 315 tonnes pour la protection de l'artillerie, 1415 tonnes pour l'artillerie, 1335 tonnes pour la propulsion, 111 tonnes pour les torpilles et l'aviation, 1538 tonnes pour les installations générales et les approvisionnements et 27 tonnes pour les divers soit un total de 10261 tonnes Washington.

Cela donne 10160 tonnes métriques. On doit ajouter 750 tonnes pour le combustible et l'eau de réserve et 40 tonnes de divers soit un déplacement normal de 10950 tonnes. Le déplacement en surcharge est de 13577 tonnes.

Construction et aménagement intérieur

Coque
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg38
La coque de l'Algérie à son lancement

A la différence des six premiers croiseurs lourds, la coque de l'Algérie est sans teugue, flush-deck dans la langue de Shakespeare. Elle est largement soudée ce qui permet un gain de poids appréciable par rapport au rivetage (de 10 à 25% en moyenne). On garde cependant le rivetage pour le cuirassement qu'il s'agisse de la ceinture de 110mm ou des ponts blindés de 70 à 80mm.

L'appareil propulsif est entièrement protégé contre les explosions sous-marines. Les cloisons longitudinales sont décrochement contrairement au Suffren et au Dupleix.

Le compartimentage est assuré par seize cloisons transversales allant du fond au pont supérieur. Les cloisons transversales sont sans aucune ouverture depuis le fond jusqu'au pont principal (plafond des machines et des chaufferies). Dans l'entrepont principal, elles sont percées de portes étanches.

Le premier pont est recouvert d'un bordé en bois de 60mm au milieu et de 50mm sur la partie arrière, dans les zones où il est exposé à l'air libre. Ce bordé est toutefois interrompu sur la plage avant jusqu'au brise-lames et par le travers des tubes lance-torpilles et des postes d'embarquement de mazout.

Le sol de certains locaux sont recouvert de linoléum d'une épaisseur variant de 2 à 6mm. Le linoléum est remplacé par de la tôle striée vers les forges, le four de la fonderie et les portages des poulies de coupée. Avant la mise en place du linoléum on applique l'acier une peinture type Bitumastic.

D'autres endroits sont couverts de lattes striées ou de caillebotis en bois inifugée (ou en métal).

Superstructures (1) : tour avant
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg31
Schéma du bloc-passerelle du croiseur lourd Algérie

Le croiseur lourd Algérie est un navire d'une rare élégance avec une coque rase et un bloc-passerelle dont la forme allait inspirer celle des croiseurs de bataille de classe Dunkerque et par voie de conséquence celui des Richelieu.

La tour s'élève sur l'arrière du blockhaus à 25m au dessus de la flottaison. Au sommet, on trouve un local appelé plate-forme de télépointage, cette dernière étant également appelée plate-forme supérieure de la tour. Elle est entourée d'un pavois en duralium.

Elle porte la tourelle de télépointage pour l'artillerie principale avec un télémètre de 5m et deux tourelles de télépointage pour l'artillerie antiaérienne avec pour chacune une télémètre de 3m.

Le tube central se divise au dessus de la passerelle de commande des projecteurs en trois tubes qui débouchent dans l'axe des trois tourelles de télépointage. Ces tubes servent au passage des câbles de conduite de tir. Des écrans horizontaux sont prévus pour éviter l'appel d'air.

Un nid de pie est disposé dans l'axe sur l'avant de la plate-forme supérieur. La plate-forme supérieure porte sur l'arrière deux vergues en V réservées aux signaux flottants et aux fanaux de bout de vergue.

Juste en dessous de de la plate-forme de télépointage, on trouve la plate-forme du projecteur avant qui supporte un projecteur de 0.75m sur un encorbellement sur l'avant.

Juste en dessous on trouve la plate-forme de commande des projecteurs appelée également plate-forme de l'amiral. Cette plate-forme était initialement destinée à la commande des projecteurs mais elle est au final aménagée pour servir d'abri pour l'amiral, local capital pour un avenir qui à été navire-amiral durant toute sa carrière.

Résultat, les postes de télécommande du projecteur axial arrière de 120m ainsi que les postes de veille sont déplacées sur la passerelle intermédiaire où ils remplacent les projecteurs de signalisation qui étaient initialement installées sur la passerelle intermédiaire.

Cette plate-forme de l'amiral comprend un abri navigation, un PC de transmission réduit, un PC d'opérations réduit et deux répétiteurs de compas gyroscopiques formant les taximètres.

On trouve à l'étage inférieur la plate-forme du télémètre de navigation qui se situe au niveau du toit du blockhaus, un télémètre de navigation étant placé à l'extérieur sur le blockhaus. La tour à ce niveau renferme le poste de commande des moyens optiques.

La passerelle de navigation se situe au niveau du blockhaus. Appelée également passerelle supérieure, elle comprend deux répétiteurs de compas gyroscopiques en abord (formant les taximètres), les feux de route, les casiers à pavillon, deux postes de chef de veille, deux projecteurs de signalisation, quatre prises de courant pour fanal à main à éclat blanc et deux postes extérieurs de manipulation de signaux avec pupitre écritoire.

Sur l'arrière de la passerelle se trouvent deux ailerons de manœuvre qui permettent de voir le long du bord (ils sont démontés pour le tir des canons de 100mm).

Les emménagements de la tour au niveau de la passerelle de navigation comprennent la cabine des cartes et la chambre de veille du commandant, le poste de commandement des moyens lumineux, une cabine des cartes pour l'amiral et un urinoir. Les pavois de la passerelle de navigation ont une hauteur de 1.55m afin d'assurer une protection efficace contre le vent.

L'abri de navigation est disposé sur l'avant du blockhaus. Il renferme un répétiteur de compas gyroscopique sur l'avant et dans l'axe une table à carte muni d'un éclairage discret, une tablette rabattable pour le commandant, les commandes à distance des sifflets et un coffre à document secret.

Le Blockhaus dispose d'un blockhaus de manœuvre sur l'avant et dans l'axe et une plate-forme surelevée, réservée au commandant sur l'arrière et dans l'axe. En abord sont disposés sur l'avant les postes secondaires avant de direction de tir et sur l'arrière, les postes de lancement des torpilles.

Le blockhaus comprend le poste de manœuvre, le poste de commandement, deux postes secondaires de direction de tir et deux postes de lancement des torpilles.

Juste en dessous on trouve la passerelle intermédiaire qui est également appelée passerelle inférieure. Elle comprend l'abri de navigation réservé à l'amiral sur l'avant situé sous l'abri de navigation du commandant avec une vue dégagée au dessus de la tourelle II.

A l'aplomb et au dessous du blockhaus on trouve le central opérations, le central transmission et le bureau du chiffre. Sous l'arrière du blockhaus on trouve le local des postes TSF avant (local réception), une cabine des cartes pour l'amiral et la chambre de veille de ce dernier.

Le pont-passerelle se trouve à l'aplomb du blockhaus et de la tour et comprend le poste de DCA, le poste de télécommande et deux chambres de veille pour officiers.

Superstructures (2) : superstructures arrières

Le support des projecteurs arrière s'élève du couple 76 au couple 80 à 15.60m au dessus de la flottaison. Il supporte les mâts de charge pour les embarcations et les hydravions.

La plate-forme supérieure porte trois projecteurs de 1.20m et les sorties des antennes principales.

Les postes de commande des projecteurs sont disposés en dessous sur une plate-forme spéciale à 11.70m au dessus de la flottaison. Cette plate-forme porte également deux projecteurs de signalisation de 30 centimètres.

Le mât arrière s'élève au couple 61 à 28.50m au dessus de la flottaison. Il porte un paratonnerre, le feu de pointe, deux vergues de 8 et de 6m pour la tenue des antennes principales, une corne pour pavillon et feux de position et la ratière.

L'Algérie dispose d'une cheminée unique de 4.760m de haut et de 3.6m de large, la section totale étant de 14.35 m². La hauteur verticale de la cheminée au-dessus de la flottaison (mesurée sur son axe) est de 19m. Elle sera surmontée d'un capot fin 1939/début 1940.

Propulsion

Présentation

L'appareil moteur comporte quatre ensembles  de turbines à vapeur, un système mixte Rateau ACB et Brown Boveri actionnant chacun une ligne d'arbre et donc une hélice. Le système n'est pas fractionné puisqu'on trouve successivement de l'avant à l'arrière les trois chaufferies, la salle des machines avant et la salle des machines arrière.

Appareil évaporatoire

La vapeur est produite par cinq chaudières à petits tubes verticaux à flamme directe avec surchauffe. Une sixième à tubes verticaux à retour de flamme est prévue pour le service au mouillage.

Les chaudières ont toutes été construites par l'établissement d'Indret et sont reparties entre trois compartiments ou rues de chauffe. Elle dispose d'un timbre de 27kg/cm² et une vapeur de 325°.

La chaufferie avant abrite les chaudières 11 et 12 (885m²), la chaufferie milieu les chaudières 21 et 22 (885m²), la chaufferie arrière abritant la chaudière principale arrière tribord (1515m²) et la chaudière auxiliaire arrière bâbord (300 m²). Les chaudières de 885 m² ont cinq brûleurs Penhoët, celle de 1515 m² huit et celle de 300m² trois.

Turbines

Chaque ensemble est composé d'une turbine HP (Haute Pression), une turbine MP (Moyenne Pression) et une turbine BP (Basse Pression), travaillant en série et attaquant par l'intermédiaire d'un engrenage à simple réduction, l'arbre d'hélice correspondant. Une turbine de marche AR est incorporée dans le bâti d'échappement de chaque turbine BP.

Les turbines HP et MP sont à action système Rateau-Bretagne, construites par Indret, les turbines BP sont à réaction et à double flux, système Brown-Boveri Parsons (Compagnie électro-mécanique du Bourget).

Le condenseur est refroidit par un circuit d'eau de mer, alimenté par une turbopompe de circulation pouvant aspirer 5000 mètres cubes par heure.

La puissance maximale normale est de 84000ch (96000ch à feux poussés)

Les hélices sont supra-divergentes c'est à dire que les deux hélices du même bord tournant dans le même sens. Elles son tripales avec un diamètre de 3.6m.

Production d'énergie

A la mer, l'électricité est fournie par quatre groupes de turbo-dynamos de 300kW de puissance normale, pouvant donner en surcharge 400 kW pendant une heure. Ces groupes sont alimentés par la vapeur surchauffée.

Le service de secours à la mer en cas d'impossibilité d'utiliser les groupes à vapeur est assuré par deux dynamos à moteur diesel d'une puissance normale de 100kW et maximum (pendant une heure) de 120kW. Elles peuvent être couplées entre elles mais ne peuvent pas être couplées avec une dynamo à vapeur.

Performances/Essais

La vitesse maximale en service courant est de 31 nœuds mais la puissance propulsive de l'Algérie lui permet en théorie d'atteindre pour de courtes périodes la vitesse maximale de 33 nœuds.

Les essais sont l'occasion de dépasser ses performances. Le navire est neuf, la coque propre et surtout on le pousse dans ses retranchements pour savoir ce qu'il à dans le ventre et surtout détecter de potentiels problèmes techniques qu'il est nettement plus facile de réparer avant la mise en service.

Les 4 et 5 janvier 1934, le futur croiseur-amiral réalise un essai d'endurance et de consommation, devant marcher à 27 nœuds pendant 24h. Il atteint 27.41 nœuds (235.7 tours/min pour une puissance moyenne de 41700ch), la consommation étant de 489.4kg de mazout par mille nautique à la vitesse de 27 nœuds.

Le deuxième essai officiel est exécuté le 22 janvier sur la base de Pennmarch-Lesconil. C'est l'essai à la puissance maximale normale ou PMN. Le navire doit soutenir 84000ch pendant six heures. La vitesse enregistrée est de 31.707 nœuds (287.12 tours par minute, puissance moyenne développée 85190ch).

De nouveaux essais de consommation sont organisés les 24 et 25 janvier 1934 avec cette fois les machines latérales seules en action pour cet essai de huit heures, la vitesse enregistrée est de 15.622 nœuds (151 tours par minute 7380ch).

Le 2 février 1934 à lieu un essai en route libre et à feux poussés. Après des problèmes techniques le matin, l'après midi voit le croiseur atteindre les vitesses respectives de 32.87 et de 33 nœuds, de bonnes performances même si avec un déplacement de 9940 tonnes, cela n'est pas vraiment significatif des performances au combat.

Après un passage au bassin jusqu'au 9 juin 1934, d'autres essais sont réalisés, confirmant les performances enregistrées durant la première phase de test.

Protection

La protection de l'Algérie comporte une protection verticale des soutes et de l'appareil propulsif, une protection horizontale des soutes et de l'appareil propulsif, une protection spéciale de l'appareil propulsif contre les explosions sous-marines, la protection de l'appareil à gouverner et la protection du blockhaus et de l'artillerie. Elle est marquée par le retour de la solution de la cuirasse extérieure.

La ceinture est épaisse de 110mm s'étendant du couple 60 au couple 144 sur une hauteur variant de 3.76m à 4.45m depuis le pont principal jusqu'à un mètre au dessus de la 10° horizontale. Elle protège l'appareil propulsif, les postes centraux, le compartiment des dynamos avant et les soutes à munitions avant.

Cette cuirasse se prolonge sur une hauteur totale réduite à 2.45m au droit des soutes à munitions arrière, du couple 39 au couple 60. Sur toute la longueur de l'appareil propulsif, la protection vertical est complétée par un pare-éclats de 40mm.

Du couple 60 au couple 144, le pont principal est renforcé de manière à protéger l'appareil propulsif, les postes centraux et le compartiment des dynamos avant.

Les ouvertures découpées dans les ponts blindés par les conduits de fumées, les manches à air et les descentes sont protégées par des grilles fixes ou mobiles, en acier spécial de 120mm de hauteur. Les trous d'hommes et panneaux d'accès aux soutes sont munis au combat de tapes blindées.

L'appareil propulsif est protégé contre les explosions sous-marines par un système comprenant un bordé d'éclatement épais de 16mm, une lame d'air d'environ 1m, une lame d'air d'environ 2.20m, une cloison longitudinale de 40mm d'épaisseur portée à 50 et 60mm aux extrémités.

Les cloisons 60,76 et 120 sont renforcées. L'appareil à gouverner est protégé par des plaques en acier spécial à 80kg.

Les tourelles et le blockhaus sont protégés par des plaques en acier spécial à 80kg d'épaisseur variable : 100mm pour la face avant des tourelles,70mm pour les faces latérales, de 50 à 85mm pour la face arrière,70mm pour le plafond,50mm pour le plancher,100mm pour le sur-bau,70mm pour l'assise et 30mm pour les pare-éclats horizontaux.

La protection du blockhaus est de 100mm pour les murailles, 70mm pour le plafond et 50mm pour le tube central.

Conduite de tir

La conduite de tir de l'artillerie principale comprend une tourelle de télépointage avec télécommande boulonnée sur la plate-forme supérieure de la tour et équipée d'un télémètre à coïncidence de 5m et de un télémètre stéréoscopique de 3m, un poste de calcul placé dans les fonds, des appareils de conduite de tir placés dans le blockhaus de tir et de manœuvre, un réseau de veille optique, un télémètre de navigation de 3m placé sur le toit du blockhaus.

On trouve également trois postes de télémétrie sur les tourelles avec pour la tourelle II (supérieure avant) un télémètre C de 5m SOM, pour la tourelle III (supérieure arrière) un télémètre S de 5m OPL et enfin pour la tourelle IV (inférieure arrière) un télémètre C de 5m SOM. Le capot tournant des télémètres permet d'orienter le télémètre de 13° par rapport à la tourelle.

La conduite de tir de l'artillerie de 100mm AA est limitée aux seules pièces avant. Elle comprend deux télépointeurs contre-avions situés dans les angles arrières de la plate-forme supérieure de la tour et disposant chacun d'un télémètre S de 3m, deux postes de calcul sous le blockhaus, un poste central de télécommande.

La DCA légère est conduite par quatre télémètre de 1m (un sur la plage arrière sur l'avant des deux sections de 37mm, un de chaque bord  au pied de la tour arrière sur les parcs à munitions de 100mm, un sur l'avant de la tourelle 1 près de 37mm avant).

L'Algérie dispose également de deux cadrans optiques, l'un est placé sur la tour au dessus du projecteur de 0.75m et un autre placé sur le mât arrière.

En 1942, un système de Détection Electromagnétique (DEM) est installé.

Armement

Artillerie principale
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg33
Tourelles avant de 203mm du croiseur lourd Algérie

L'Algérie dispose d'une artillerie principale composée de huit canons de 203mm modèle 1924 répartis en quatre tourelles doubles, groupées deux par deux, un groupe à l'avant (tourelles I et II) et à l'arrière (III et IV), les tourelles I et IV étant inférieures, les tourelles II et III supérieures.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg34
Schéma de la tourelle de 203mm du croiseur lourd Algérie

Canon au tube auto-fretté de 50 calibres (longueur du tube hors tout 10.500m) disposant d'une culasse ouvrant vers le haut, pesant 20.18 tonnes. Il tire des obus de rupture ou des obus explosifs de 119kg ou un obus explosif en acier (OEA) de 124kg à raison de 4 coups par minute. En 1936 est mis en service un nouvel obus de rupture de 134kg. La portée maximale est de 31400m et la cadence de tir atteint les quatre coups par minute.

La tourelle double modèle 1924 pèse 158 tonnes en ordre de bataille et permet à ses canons de pointer en site de -5° à +45° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 150° de part et d'autre de l'axe à raison de 6° par seconde. Le chargement des obus peut se faire entre -5 et +10°.

La dotation en munitions est de 150 coups par canon soit un total de 1200 obus de 203mm.

Les tourelles ont reçu des noms de baptême, Alger (tourelle I), Oran (tourelle II), Constantine (tourelle III) et Kara Mustapha (tourelle IV).

Artillerie secondaire
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Canons11
Affûts doubles de 100mm à bord du cuirassé Richelieu

Le croiseur lourd Algérie dispose de l'artillerie secondaire la plus puissante jamais embarquée par un croiseur lourd puisqu'il dispose de douze canons de 100mm modèle 1930 montés en six affûts doubles modèle 1931 (trois à tribord et trois à babord). Initialement le Dupleix devait aussi recevoir ce canon mais il n'était pas prêt ce qui explique le maintien du canon de 90mm sur la dernière unité de classe Suffren.

Outre l'Algérie ce canon va équiper le cuirassé Lorraine après sa refonte de 1934/35 mais pour peu de temps puisqu'ils sont démontés pour être installés sur le Richelieu en raison de problèmes de mise au point du canon de 152mm censé être polyvalent.

Ce canon est une pièce d'une longueur de 45 calibres (longueur du tube 4.50m) tirant des obus d'un poids allant de 21.8 à 24kg. Si l'obus éclairant ne pèse que 21.8kg, l'obus explosif en acier (OEA) pèse 22.7kg et l'obus perforant (Opf) pèse 24kg. La portée maximale est de 15000m, le plafond en tir antiaérien est de 10000m et la cadence de tir maximale est de dix coups par minute.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg35
Schéma de l'affût double de 100mm

L'affût double modèle 1931 pèse 13.5 tonnes permettant au canon de pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 80° de chaque côté. La dotation en munitions est de 180 coups par canon soit un total de 2160 coups.

Artillerie légère

Comme de nombreux navires français construits dans les années trente, le croiseur-amiral devait recevoir le canon de 37mm modèle 1935 ACAD (Affût Contre-Avions Double), un canon automatique aux performances remarquables qui resta à l'état de prototype suite à la défaite de juin 1940.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Canon_49
Canon de 37mm modèle 1925 lors d'une école à feux

En attendant que ce canon soit disponible, l'Algérie va recevoir des canons de 37mm modèle 1925, des canons CAS (Contre-Avions Simples). Ils sont initialement installés sur la plage avant (un tribord et un bâbord) et sur la plage arrière (un à babord et un à tribord).

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Canon_50
Canon de 37mm modèle 1933 à bord du cuirassé Richelieu à Dakar

En 1939/1940, les quatre canons modèle 1925 sont remplacés par des canons modèle 1933. La seule différence entre les deux modèles concernent les canons et les mécanismes.

Les canons de 37mm de 50 calibres pointant de -15° à +80° tirent des obus de 0.725kg à une cadence de 20 coups (30 pour le modèle 33) par minute à une distance de 5000m.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Mitrai16
Affût quadruple de 13.2mm Hotchkiss

Les canons de 37mm sont complétées par des mitrailleuses Hotchkiss de 13.2mm modèle 1929. Elle dispose d'un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d'alimentation, des boîtiers chargeurs de 30 cartouches).

Sur le croiseur-amiral, elle est utilisée en affût quadruple (CAQ), fixés à chaque angle du spardeck devant et derrière les affûts de 100mm.

En 1941, l'Algérie reçoit quatre mitrailleuses Browning de calibre 12.7 modifiées en calibre 13.2 par FN Herstal. Elle est alimentée à bandes de 500 cartouches avec un débit de 1000 coups par minute et une portée efficace de 2000m. L'arme est utilisé en affût simples.

Torpilles
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Torpil22
Torpille modèle 1923DT

L'Algérie dispose de deux affûts triples orientables modèle 1929T pour des torpilles de 550mm type 1923D. Le croiseur dispose de six armes en position de tir et trois en réserve. Les torpilles 1923D affiche les dimensions suivantes : 8.60m de long, un poids de 2100kg et les performances suivantes : vitesse comprise entre 29 et 35 noeuds pour une portée de 15 à 20000m.

Aviation Embarquée
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg36
Catapulte sur le croiseur lourd Algérie

En l'absence du radar, la seule façon de repérer à longue distance des cibles c'était l'aviation embarquée sous la forme d'un ou plusieurs hydravions mis en œuvre depuis une ou plusieurs catapultes à poudre ou à air comprimé.

L'Algérie dispose d'une catapulte orientable à air comprimé, la catapulte du croiseur-amiral doit pouvoir lancer un hydravion de 3 tonnes à 98 km/h. Elle est installée entre la cheminée et la tour à projecteur à bâbord. Elle mesure 22.262m. Entre août 1936 et février 1937, la catapulte est modifiée pour lancer des hydravions de 3500kg à 102km/h.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Gourdo14
Lancement d'un Gourdou Lesseure GL.812 par le transport d'hydravions Commandant Teste

Le croiseur-amiral embarquait deux hydravions. On trouvait d'abord des Gourdou-Lesseurre GL-812Hy avant que ce dernier ne cède la place au Loire 130.

CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Loire_12
Loire 130 sur la catapulte d'un croiseur de classe La Galissonnière

Drome d'embarcation
CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Ca_alg37
Schéma de la drome du croiseur lourd Algérie

L'Algérie embarque une drome d'embarcation importante, avant la guerre, les bâtiments sont nombreux, les places à quai sont limitées et les navires, notamment les grosses unités sont le plus souvent au mouillage sur rade. Chaque liaison avec la terre ou les autres unités se font avec les embarcations du bord d'où leur importance.

L'Algérie embarque une vedette amiral, une chaloupe à moteur de 11.50m, deux vedettes de service de 10.50m, une vedette de 9m pour officiers, une chaloupe à rames de 11.50m, un canot de 10m (posé sur la chaloupe) deux baleinières de 8.50m, deux vedettes de 7m, deux youyous de 5m et deux plates de 3.50m.

Toutes les embarcations sauf les deux baleinières sont placées sur le spardeck. Les deux baleinières sont montées sous bossoir portemanteaux de chaque bord à hauteur de la cheminée.

Modifications

3 août 1936 au 1er mars 1937

-Réparations définitives de l'abordage du 10 juin

-Modifications au niveau de l'appareil propulsif

-Remplacement du télémètre C de 5m par un télémètre S de 8m

-Aménagement de la passerelle amiral

20 novembre 1937 au 1er avril 1938

-Travaux sur la passerelle amirale

-Regroupement sur la plage arrière des canons de 37mm CAS modèle 1925, les deux pièces de la plage avant sont déplacées sur la plage arrière, sur l'arrière des deux affûts existants

-Modification dans la disposition des affûts quadruples des mitrailleuses Hotchkiss de 13.2mm, les deux affûts CAQ de 13.2mm de l'arrière sont transférés un à l'avant sur le toit du blockhaus et l'autre à tribord de la plage arrière

1er novembre 1938 au 1er janvier 1939

-Le télémètre C de 5m installé sur la tourelle III est remplacé par un télémètre S de 8m

-Modernisation de l'habitabilité

-Couverture des télépointeurs de DCA

-Modifications des installations aviation pour l'embarquement du Loire 130

1er décembre 1939 au 1er février 1940

-Adjonction d'un nouveau capot de cheminée arrondi pour mieux évacuer la fumée vers l'arrière

-Les quatre canons De 37mm CAS modèle 1925 sont remplacés par quatre affûts doubles de 37mm CAD modèle 1933 sur les mêmes emplacement

-Installation d'un blindage de protection autour de l'affût de 13.2mm placé sur le toit de la passerelle

1er mai 1941 au 1er juillet 1941

-Les pièces de 203mm reçoivent des braies d'étanchéité

-La DCA rapprochée est renforcée par l'installation de quatre mitrailleuses Browning de 13.2mm en affûts simples (une sur le télépointeur, une sur la plage arrière, deux sur le spardeck à chacun des angles arrière)

1er mai au 1er août 1942

-Le mât tripode arrière est supprimé remplacé par un mat fixé sur la superstructure des projecteurs pour dégager l'espace rendu nécessaire par la volonté de «renforcer» la DCA du croiseur.

-Installation d'une plate-forme DCA à la place de la passerelle avec deux affûts de 37mm CAD modèle 1933

-Installation de deux plate-formes de DCA superposées à la place du mat arrière, l'inférieure porte deux affûts de 37mm CAD modèle 1933 et la supérieure deux affûts contre-avions quadruples (CAQ) Hotchkiss de 13.2mm. Cette plate-forme est elle même surmontée par deux mitrailleuses Browning de même calibre. A noter que cet ensemble reçoit le nom de pergola. Il ne s'agit donc pas d'un renforcement de la DCA mais d'une réorganisation pour concentrer les feux. De toute façon les pénuries et le contrôle tatillon des germano-italiens ne l'aurait pas permis.

-Installation d'un radar de tir appelé Détecteur Electromagnétique

-Il était prévu d'ajouter deux autres mitrailleuses de 13.2mm Browning mais le sabordage se produisit avant la réalisation des travaux.

Peinture

-Oeuvres mortes de la coque, superstructures, tourelles de 203mm et artillerie légère : gris clair n°1

-Oeuvres vivres en brun-rouge carène

-Faux col à mazout, capot de la cheminée et cadrans optiques en noir

-Télémètres en blanc

-Pont de la plage avant jusqu'au brise-lames et le pont du spardeck sont en tôle nue à quoi il faut ajouter un petit segment circulaire à l'extrême arrière. Tout le reste du 1er pont est couvert d'un plancher en bois clair

-Ancres en noir jusqu'en 1936 puis gris clair n°1 de 1937 à mi-1942 puis à nouveau noir. L'ancre de détroit est noire puis grise à partir de 1935

-Les embarcations ont une coque en gris clair n°1 avec l'intérieur en blanc. Les vedettes sont peintes de la même manière avec des roufs blancs sauf la vedette amiral qui est blanche avec des roufs acajous au toit blanc.

-On trouve également des marques particulières. Du 1er octobre 1934 à la fin 1936, le croiseur-amiral porte un anneau blanc large de 50cm placé à 50cm du haut de la cheminée. Du 1er avril 1939 à avril 1940, un anneau plus étroit de couleur blanche est peint de nouveau en haut de la cheminée en dessous du capot.

Durant la guerre d'Espagne, des marques de nationalité sont appliquées sur les tourelles II et III. Tourelles dans l'axe, on trouve le bleu toujours à l'avant suivit du blanc et du rouge. Ces marques réapparaissent hélas trois fois hélas après l'Armistice.

Equipage

L'Algérie à été bâtiment-amiral pendant toute la durée de son service actif, les logements sont, pour le plus grand nombre, installés sur le pont principal.

Les officiers sont logés à l'arrière. Les postes des officiers mariniers sont à l'avant, les second-maîtres mécaniciens sous la plage avant et les maîtres de pont entre le cabestan et les tourelles de 203.

Les postes d'équipages sont situés entre les tourelles de 203 de l'avant et de l'arrière, sur les bords. Les sept postes de tribord logent de 34 à 72 hommes et les six postes bâbord de 30 à 82 hommes.

Avec un officier général embarqué, 34 officiers sont à bord dont dix officiers supérieurs, 17 subalternes et six enseignes de vaisseau de 2ème classe.

Les 126 officiers mariniers se répartissent entre deux maîtres principaux, deux premiers maîtres mécaniciens et douze de pont, dix maîtres mécaniciens et 18 de pont, 28 secondes-maitres mécaniciens et 54 de pont.

L'équipage totalise 580 quartiers-maîtres et matelots. Il faut y ajouter six agents civils. L'armement total du bâtiment est de 746 hommes comme navire-amiral.

FIN

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Dernière édition par clausewitz le Ven 30 Aoû 2019, 11:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyJeu 29 Aoû 2019, 21:59

Bonjour,

Merci beaucoup Clausewitz pour ce bel article bien documenté. L'Algérie, un bâtiment, parmi bien d'autres, qui aurait mérité un meilleur destin.

J'ai apprécié aussi, au passage, l'évocation de quelques amiraux célèbres de l'époque, tels que Mouget, au destin tragique, Lacroix dit "Mimile Lagadec"... CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Marin-si

Je t'envoie quelques suggestions d'amélioration par MP pour ne pas alourdir.
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 30 Aoû 2019, 00:40

Merci beaucoup

Je prends bonne note des suggestions et conseils (je suis un perfectionniste donc j'accepte bien volontiers les critiques constructives)

Pour le prochain il faudra attendre un peu parce qu'il s'agit d'un article sur les Spruance

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 30 Aoû 2019, 05:43

Bonjour,

En accord avec Clausewitz, je vous fais partager mes quelques réflexions, à nuancer ou contredire... Very Happy
Rien de majeur de toute façon.

"L'Algérie pendant ses essais de stabilité dans un bassin du Laninon"

Pour mémoire : "de Laninon"
Essai de stabilité : pour moi ce sont des essais de bon fonctionnement de matériels à la gite et pas des essais (ou "expérience") de stabilité. Question largement discutée sur une photo analogue d'un de nos porte-avions.

"Il quitte Brest le 8 octobre 1934 pour rallier son port d'attache, à savoir Toulon"

L'expression "port d'attache", même si elle est commode, est propre à la Marine marchande.
Quelque chose du genre "Désormais basé à Toulon, il quitte Brest le ..." ?

"un tracteur de route"

J'avoue ignorer ce que c'est ? Un traceur de route ?

"Le 13, deux avions du porte-avions Hermes mais les pilotes sont récupérés."

Manque un bout de phrase après Hermes.

"En effet qu'auraient pu faire des navires usés, mal entretenus, dépourvus de radars et d'une DCA moderne"

D'accord sur l'idée générale, moins sur "usés" (ils ne l'étaient pas tous, certains étant même plutôt récents dont les 7600 t et justement l'Algérie).

"...soit un total de 10261 tonnes Washington. Cela donne 10160 tonnes métriques."

Chiffres pas cohérents : la tonne Washington est la "long ton" de 1016 kg. A déplacement égal, la donnée en tonnes W doit donc être plus faible que sa traduction en tonnes métriques. En outre, je ne retrouve le rapport 1,016 entre les deux.

A priori, en France, on établit le devis de poids en tonnes métriques, puis le total est traduit en tonnes W, plutôt qu'en sens inverse. Avec le petit "bonus" de 1,6% bien apprécié quand on flirtait avec la limite du Traité.

"Le système n'est pas fractionné"

Je n'ai pas de plan, mais je ne vois pas trop l'idée, dans la mesure où je comprends plus loin que les trois chaufferies sont dans trois compartiments, et que l'appareil propulsif est lui-même réparti sur deux autres compartiments.

"Les hélices sont supra-divergentes c'est à dire que les deux hélices du même bord tournant dans le même sens."

c'est-à-dire : oui et non, pas de rapport direct. Il pourrait en être de même si elles étaient supra-convergentes.

"par mile nautique"

A éviter, plutôt mille (deux L) marin.
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 30 Aoû 2019, 09:49

Bleu Marine a écrit:
[…] mes quelques réflexions, à nuancer ou contredire... : D
[…]
[…] pour rallier son port d'attache, à savoir Toulon […] L'expression "port d'attache", même si elle est commode, est propre à la Marine marchande. […]
Approuvé. C'est même une notion juridique, une immatriculation, sans rapport avec la présence du navire : voir les (nombreux) navires immatriculés au Panama, ou même (à une époque, et moins nombreux) à Port-aux-Français (Kerguelen).
[Tiens ? une terminaison bretonne en …ène ?]
Citation :
[…] "Les hélices sont supra-divergentes c'est à dire que les deux hélices du même bord tournant dans le même sens."

c'est-à-dire : oui et non, pas de rapport direct. Il pourrait en être de même si elles étaient supra-convergentes.[…]
Exactement. En fait ça ne concerne pas les hélices d'un même bord, mais, justement les hélices des bords opposés. Mais ce terme ne s'applique que s'il y a au moins deux lignes d'arbres… S'il n'y a qu'une seule LA, il n'y a ni convergence, ni divergence.

Citation :
[…] "par mile nautique"

A éviter, plutôt mille (deux L) marin.
Approuvé.
Ou bien (en usage courant dans la marine) "Nautique" (tout court).
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 30 Aoû 2019, 10:28

Merci DahliaBleue.

DahliaBleue a écrit:


Citation :
[…] "par mile nautique"

A éviter, plutôt mille (deux L) marin.
Approuvé.
Ou bien (en usage courant dans la marine) "Nautique" (tout court).

Je connais aussi ce calque de l'anglais "nautical mile", arrivé par l'Aéronavale je crois, puis généralisé.  CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) Marinos

Mais il me semble que ça date plutôt de la 2e GM ou de l'après-guerre. Dans une description de l'Algérie, ça fait peut-être un peu anachronique (un peu comme donner des puissances en kW, par exemple).
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 30 Aoû 2019, 11:07

Merci pour ces commentaires. J'ai donc appris aujourd'hui que port d'attache était une notion de marine marchande. Faut que je pense à changer cela pour mon article sur les Spruance .

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 30 Aoû 2019, 11:11

Bleu Marine a écrit:
Bonjour,

En accord avec Clausewitz, je vous fais partager mes quelques réflexions, à nuancer ou contredire... Very Happy
Rien de majeur de toute façon.

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"Il quitte Brest le 8 octobre 1934 pour rallier son port d'attache, à savoir Toulon"

L'expression "port d'attache", même si elle est commode, est propre à la Marine marchande.
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"un tracteur de route"

J'avoue ignorer ce que c'est ? Un traceur de route ?

"Le 13, deux avions du porte-avions Hermes mais les pilotes sont récupérés."

Manque un bout de phrase après Hermes.

"En effet qu'auraient pu faire des navires usés, mal entretenus, dépourvus de radars et d'une DCA moderne"

D'accord sur l'idée générale, moins sur "usés" (ils ne l'étaient pas tous, certains étant même plutôt récents dont les 7600 t et justement l'Algérie).

"...soit un total de 10261 tonnes Washington. Cela donne 10160 tonnes métriques."

Chiffres pas cohérents : la tonne Washington est la "long ton" de 1016 kg. A déplacement égal, la donnée en tonnes W doit donc être plus faible que sa traduction en tonnes métriques. En outre, je ne retrouve le rapport 1,016 entre les deux.

A priori, en France, on établit le devis de poids en tonnes métriques, puis le total est traduit en tonnes W, plutôt qu'en sens inverse. Avec le petit "bonus" de 1,6% bien apprécié quand on flirtait avec la limite du Traité.

"Le système n'est pas fractionné"

Je n'ai pas de plan, mais je ne vois pas trop l'idée, dans la mesure où je comprends plus loin que les trois chaufferies sont dans trois compartiments, et que l'appareil propulsif est lui-même réparti sur deux autres compartiments.

"Les hélices sont supra-divergentes c'est à dire que les deux hélices du même bord tournant dans le même sens."

c'est-à-dire : oui et non, pas de rapport direct. Il pourrait en être de même si elles étaient supra-convergentes.

"par mile nautique"

A éviter, plutôt mille (deux L) marin.

La tonne Washington n'est pas la ton impériale il me semble mais un savant calcul qui peut être soumis à moultes interprétations

Pour le système propulsif habituellement il y à une tranche chaufferie, une tranche machine et une tranche chaufferie. Là l'Algérie à trois tranches chaufferies et deux tranches machines sans alternance

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 30 Aoû 2019, 11:44

clausewitz a écrit:

La tonne Washington n'est pas la ton impériale il me semble mais un savant calcul qui peut être soumis à moultes interprétations

Il arrive, dans certains systèmes d'évaluation, que le résultat soit exprimé dans une unité de mesure, mais sans aucun rapport avec une réalité physique observable.
Exemple typique : le mêtre, dans la Jauge internationale des voiliers. Un "12 m JI" ne mesure pas 12 m de long, mais plutôt le double !

En revanche, pour ce qui est du Traité de Washington, le déplacement "Washington" :
- correspond au déplacement du bâtiment, dans un état physique défini avec précision et mesurable (le réalisme de cet état physique, sur un plan opérationnel, est une autre question)
- est exprimé en long tons de 1016 kg (sans aucun doute possible).

clausewitz a écrit:
Pour le système propulsif habituellement il y à une tranche chaufferie, une tranche machine et une tranche chaufferie. Là l'Algérie à trois tranches chaufferies et deux tranches machines sans alternance

Merci pour l'explication. Je comprends que les tranches chaufferies/propulsion ne sont pas alternées C/P/C/P, mais regroupées C/C/C/P/P.
Une brèche dans la cloison entre deux tranches chaufferies est susceptible de faire perdre les deux tiers de la production de vapeur au lieu de la moitié. D'autres dispositions connues sont dans le même cas, comme sur le Dunkerque C/P/C/C/P (bâtiment qui a effectivement eu des gros pbs de ce fait, cf. les infos d'ecourtial sur MeK)
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptyVen 30 Aoû 2019, 20:31

Bleu Marine a écrit:

clausewitz a écrit:
Pour le système propulsif habituellement il y à une tranche chaufferie, une tranche machine et une tranche chaufferie. Là l'Algérie à trois tranches chaufferies et deux tranches machines sans alternance

Merci pour l'explication. Je comprends que les tranches chaufferies/propulsion ne sont pas alternées C/P/C/P, mais regroupées C/C/C/P/P.
Une brèche dans la cloison entre deux tranches chaufferies est susceptible de faire perdre les deux tiers de la production de vapeur au lieu de la moitié. D'autres dispositions connues sont dans le même cas, comme sur le Dunkerque C/P/C/C/P (bâtiment qui a effectivement eu des gros pbs de ce fait, cf. les infos d'ecourtial sur MeK)

De mémoire c'est les américains qui ont eu les premiers cette idée. Chez nous je crois que seul le Colbert a eu cette disposition, vu que pour le De Grasse les machines ne furent pas changées et la coque achevée selon les plans d'origines, puis sans travaux ultérieurs sur cette partie.

Citation :
Depuis cette époque un débat agite les historiens, les passionnés sur la possibilité pour la flotte française d'appareiller pour l'Afrique du Nord et reprendre la lutte. Pendant longtemps j'ai cru à cette possibilité mais plus le temps passe et plus je pense que cela est une chimère.
Moi aussi (est-ce parce que l'on vieillit et devient plus raisonnables?  Mr. Green  ). Déjà pour des raisons humaines (Darlan vs De Saborde) ou encore parce que tout le monde n'était pas d'accord (voir les sorts des sous-marins échappés du désastre), puis pratiques: certains navires en gardiennage comme la Provence ou en réparation comme le Dunkerque n'étaient pas état de naviguer. Ceci sans parler des sous-marins allemands et ... anglais qui ne se seraient pas fait priés pour s'amuser.
Et quand bien-même, arrivés en Algérie, nous n'avions pas les moyens de moderniser ni réarmer convenablement tout ce monde.
Au mieux, cela se serait fait au compte goutte, et ces navires auraient fini comme les autres, en réserve dès le début des années 50 par manque de personnel et de crédits pour les moderniser convenablement.
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptySam 31 Aoû 2019, 10:53

Quand on voit le volume et surtout le degré de modernité des production anglo-US de l'époque on se demande bien à part la France qui aurait pu être intéressé par la flotte française en 1943 ... Flotte qui de toute manière aurait nécessité une remise à niveau dans les seuls arsenaux disposant des capacités nécessaires c'est à dire ceux de la côte est. Les Américains n'étaient pas particulièrement enthousiastes à l'idée de divertir une partie de leurs capacités de production pour moderniser des bâtiments qui pour beaucoup étaient relativement obsolètes ou manquant de fiabilité.
Seuls 4 grands bâtiments furent refondus, ainsi le Dusquesne le Tourville ou le Duguay Trouin jugés trop ancien ne le furent pas, les anglais eurent le plus grand mal a faire modernisés certains classe R aux States
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptySam 31 Aoû 2019, 11:34

ecourtial a écrit:


De mémoire c'est les américains qui ont eu les premiers cette idée. Chez nous je crois que seul le Colbert a eu cette disposition, vu que pour le De Grasse les machines ne furent pas changées et la coque achevée selon les plans d'origines, puis sans travaux ultérieurs sur cette partie.

Bonjour,

Est-ce que tu peux préciser davantage les dispositions que tu évoques ? Merci
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptySam 31 Aoû 2019, 14:14

Je pense qu'il évoque ceci
cette disposition alternée est mise en oeuvre sur les deux Pensacola dès la fin des années 20

http://www.navsource.org/archives/04/024/0402461.jpg

reprise sur les Northampton Portland

http://ibiblio.org/hyperwar/USN/WarDamageReports/WarDamageReportCA24-CA33/CA33PlateVI.jpg

Mais pas sur les New Orleans

L'alternance n'a pas que des avantages demandant plus d'espace elle oblige à avoir des compartiments propulsion plus longs donc une zone à protéger plus importante donc de la masse et du déplacement en plus ... d'où la tentation parfois de réduire la longueur des compartiments propulsion pour pouvoir leur offrir un blindage de ceinture plus épais à poids égal
c'est le choix fait sur l'Algérie ou les New Orleans

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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptySam 31 Aoû 2019, 15:53

pascal a écrit:
Quand on voit le volume et surtout le degré de modernité des production anglo-US de l'époque on se demande bien à part la France qui aurait pu être intéressé par la flotte française en 1943 ... Flotte qui de toute manière aurait nécessité une remise à niveau dans les seuls arsenaux disposant des capacités nécessaires c'est à dire ceux de la côte est. Les Américains n'étaient pas particulièrement enthousiastes à l'idée de divertir une partie de leurs capacités de production pour moderniser des bâtiments qui pour beaucoup étaient relativement obsolètes ou manquant de fiabilité.
Seuls 4 grands bâtiments furent refondus, ainsi le Dusquesne le Tourville ou le Duguay Trouin jugés trop ancien ne le furent pas, les anglais eurent le plus grand mal a faire modernisés certains classe R aux States


je ne suis absolument pas d'accord avec toi,en 42 le sort des armes n'est pas encore fait et c'est facile de jugée 50-60 ans plus tard, si la flotte sort vraiment et vas en Afrique du nord, et même si une partie de celle-ci est vieille, la France en aurai eu une utilité, voir même les alliés.


Dernière édition par adama le Dim 01 Sep 2019, 10:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptySam 31 Aoû 2019, 16:10

pascal a écrit:
Je pense qu'il évoque ceci
cette disposition alternée est mise en oeuvre sur les deux Pensacola dès la fin des années 20

Exactement. D'ailleurs je pensais que c'était plus récent que cela  Very Happy

adama a écrit:
pascal a écrit:
Quand on voit le volume et surtout le degré de modernité des production anglo-US de l'époque on se demande bien à part la France qui aurait pu être intéressé par la flotte française en 1943 ... Flotte qui de toute manière aurait nécessité une remise à niveau dans les seuls arsenaux disposant des capacités nécessaires c'est à dire ceux de la côte est. Les Américains n'étaient pas particulièrement enthousiastes à l'idée de divertir une partie de leurs capacités de production pour moderniser des bâtiments qui pour beaucoup étaient relativement obsolètes ou manquant de fiabilité.
Seuls 4 grands bâtiments furent refondus, ainsi le Dusquesne le Tourville ou le Duguay Trouin jugés trop ancien ne le furent pas, les anglais eurent le plus grand mal a faire modernisés certains classe R aux States


je ne suis absolument pas d'accord avec toi,le 42 le sort des armes n'est pas encore fait et c'est facile de jugée 50-60 ans plus tard, si la flotte sort vraiment et vas en Afrique du nord, et même si une partie de celle-ci est vieille, la France en aurai eu un utilité, voir même les alliés.

Ce n'est pas du tout une question de choix des armes ni de juger 60 ans après, c'est une question de pragmatisme au regard de ce qui a été réellement fait à une échelle beaucoup plus petite, comme expliqué par pascal. Sans même parler du fait, comme je l'ai expliqué plus haut, qu'une partie de la flotte aurait finie au fond de la mer sous les coups allemands et alliés.

Mais quand bien même admettons que tout se passe comme dans le meilleur des monde, et toute la flotte arrive en Algérie, s'entassant comme elle peut dans les ports de MEK, Oran et Alger, dans le peu de place qui reste à cause de la marine marchande et des unités alliées.
Donc, et on les réarme (personnel et équipements) avec quoi? On a eu du mal à trouver tout le personnel nécessaire parfois pour équiper les navires que nous avions. Et pour l'équipement, nous sommes tributaires des US, et il ne faut pas se raconter d'histoires, sans RADAR ou DCA (en nombre et moderne), tes bateaux ils sont juste bons pour l'entraînement côtier. Il suffit d'ailleurs de voir la Lorraine, un bel exemple, malgré un équipage complet, était dans un état très moyen, pas de modernisation depuis 5-6 ans (dont 3 de guerre), tout juste assez de personnel, DCA ridicule et périmée à l'image du reste de la flotte. Résultat : on a du lui faire faire le tour de l'Afrique pour ne pas l'exposer, et arrivée à Oran, gratter de la peinture, des RADAR et quelques Bofors aux USA pour lui donner un état présentable et que les ricains acceptent de l'intégrer dans la flotte qui allait participer au débarquement en Provence...
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MessageSujet: Re: CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE)   CROISEUR LOURD ALGERIE (FRANCE) (TERMINE) EmptySam 31 Aoû 2019, 21:38

Merci Pascal pour les plans.
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