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 L'UC61 sabordé en 1917 réapparait sur la plage de Wissant

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NIALA
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MessageSujet: L'UC61 sabordé en 1917 réapparait sur la plage de Wissant   L'UC61 sabordé en 1917 réapparait sur la plage de Wissant EmptyVen 04 Jan 2019, 09:14

L'UC61 sabordé en 1917 réapparait sur la plage de Wissant Uc61_210[/url
L'épave telle qu'elle réapparaît plus de 100 ans après sur la plage de Wissant

L'UC61 sabordé en 1917 réapparait sur la plage de Wissant Uc61_110
Voici le sous marin UC61 échoué le 26 juillet 1917, ce qui attise la curiosité des habitants

L'UC61 sabordé en 1917 réapparait sur la plage de Wissant Uc61_110
L'épave de l'UC61 sabordée par son équipage

Ci dessous copie d'un article de presse détaillant les péripéties de cet échouage:
"Un sous-marin allemand capturé à Wissant 

L’enseigne de vaisseau Guichard, commandant un groupe de vedettes en surveillance au large du Gris-Nez, eut, dans la nuit du 25 au 26 juillet 1917, une belle émotion. Par un temps si parfaitement calme, que l’on aurait entendu le moindre son de voix à plus d’un mille et au milieu d’un brouillard si épais qu’il ne distinguait ni l’avant ni l’arrière de sa vedette, le commandant entendit, vers deux heures du matin, le ronronnement caractéristique d’un moteur électrique passant lentement non loin de son bord.
"… Nous écoutons, le cœur battant, a-t-il dit [note 1], une voix rauque s’élève et lance un commandement dans lequel je distingue nettement les syllabes recht et auf…"
Dans la brume épaisse les vedettes s’efforcent en vain de découvrir la piste, prêtes à lancer leurs torpilles ou leurs grenades ; mais le brouillard rend folles toutes recherches et le sous-marin, perdu, continue sa route à tâtons…
Il ne devait plus aller bien loin.           
Vers cinq heures du matin, le douanier Serin, se trouvant sur la plage de Wissant, entrevit, dans le brouillard, une masse noirâtre à quelque distance du bord de l’eau. Réquisitionner la barque de pêche du patron Ternisien, y grimper avec trois collègues (les douaniers Lambert, Delcroix et Tedellec) fut chose vite faite. À force de rames, le canot se dirige vers la chose mystérieuse et se trouve bientôt en présence d’un sous-marin qui, tous moteurs en marche, tentait vainement de regagner la haute mer. Sur le pont, une quinzaine de marins, portant des ceintures de sauvetage, travaillaient activement à jeter des munitions à la mer.       
Quelle était sa nationalité se demandèrent les douaniers ? Aucun signe de reconnaissance ne permettait de l’identifié. Le canot se rapprocha encore un peu et un douanier, se servant de ses mains en guise de porte-voix, s’écria :
̶  Ohé, du bateau, parlez-vous français ? 
La réponse étant arrivée affirmative, le douanier Serin demanda :
̶  Êtes-vous Français ou Anglais ?
̶  …           
Et, comme il ne recevait aucune réponse, il insista à nouveau ; mais, du haut de son poste de commandement, le commandant du sous-marin cria, d’une voix claire, cette réponse classique depuis Waterloo :
̶  Tu nous em…           
Ce n’est sûrement pas un bâtiment de Sa Majesté Britannique, pensèrent nos douaniers, vexés d’une telle désinvolture. Impuissants devant le nombre, ils firent demi-tour, regagnèrent la plage et prévinrent, par téléphone, toutes les autorités militaires de Calais qu’un sous-marin inconnu, parlant français comme feu Cambronne, était échoué sur la plage de Wissant.
Le sous-marin, qui venait de finir si piteusement sa carrière, était l’UC-61 (commandant : lieutenant de vaisseau Georg Gerth), mouilleur de mines d’un tonnage d’environ 400 tx, long d’une cinquantaine de mètres. Son armement comprenait trois tubes lance-torpilles, un canon de 88 m/m. À chaque croisière il emportait cinq torpilles-automobiles, plusieurs centaines d’obus, des bombes à main pour couler les navires non armés et, surtout, dix-huit mines pesant chacune près de deux cents kilos. Disposés à l’avant dans des « puits » verticaux traversant de part en part le navire, elles pouvaient être immergées automatiquement du poste de commandement sans que le sous-marin fut obligé d’être en surface. Le bâtiment, munis de moteurs à explosions et de moteurs électriques, possédait, en outre, la T.S.F. Son équipage comprenait trois officiers et vingt-deux hommes. Parmi ceux-ci se trouvaient trois engagés volontaires de 19 ans et un second pilote qui, en surnombre de l’effectif, faisait sa première sortie et aussi la dernière !...

L’UC-61, construit à Brême, était entré en service à la fin de décembre 1916, sous une étoile fort peu brillante. Il avait accompli seulement quatre croisières et commençait sa cinquième lorsqu’il s’échoua.
La première croisière est un raid d’entraînement, la seconde, par suite d’avaries, ne dure que sept jours. Le UC-61 avait dû plonger à plus de 60 mètres pour échapper aux grenades d’un contre-torpilleur, ce qui, par la grande pression, avait provoqué une rentrée d’eau inquiétante, près d’un chalutier dont le tir le force à redescendre précipitamment et avec une inclinaison telle que l’eau, embarquée, avarie les moteurs électriques et les rend inutilisables. L’UC-61 est donc obligé de naviguer en surface et, au bout de trois jours, rentre à Zeebrugge sans avoir été aperçu de nos patrouilles, mais après une croisière complètement nulle. Au bout de sept semaines de réparations, il repart. Il est à peine hors de la rade de Zeebrugge qu’il s’avarie dans un filet anglais et fait aussitôt demi-tour.
Sa quatrième croisière donne enfin un résultat : elle commence fin juin et dure 18 jours. L’UC-61 mouille des mines aux Pierres-Noires (sur lesquelles, le 27 juin, sautera le cuirassé français Kléber), puis croise dans le golfe de Gascogne et le long de la côte anglaise. Il rentre finalement à Zeebrugge après avoir péniblement coulé 3 voiliers et 2 vapeurs.
Le 25 juillet, l’UC-61 quitte Zeebrugge à une heure de l’après-midi pour sa cinquième croisière.
Le commandant avait l’ordre de mouiller des mines devant Boulogne et le Havre, et de s’établir ensuite en croisière dans l’Atlantique.           
Pendant la nuit, il passe le barrage de la côte belge [note 2], puis, en surface, suit de très près la côte française à partir de Gravelines et traverse la rade de Calais.
À partir de Sangatte il navigue très lentement à cause du brouillard et c’est là qu’il passe à quelques mètres de l’étrave de la vedette du commandant Guichard, noyé, lui aussi, dans la brume épaisse. Le premier pilote (Steuermann) nommé Lengs, ancien pilote des compagnies allemandes de navigation, connaissait bien les atterrages du détroit ; il est de veille au poste de commandement pour le passage du Gris-Nez.   
À 4 h 20 du matin, le sous-marin talonnait plusieurs fois. Le commandant, qui était à l’intérieur, monta aussitôt sur le pont et crut qu’il était échoué sur la Bassure de Baas. Lorsque le brouillard se leva un peu, il s’aperçut alors de sa position exacte. À huit cents mètres apparaissaient des villas dispersées dans les dunes autour du mince clocher de Wissant.
Sans perdre de temps, le commandant essaye de se déséchouer à l’aide de tous ses moteurs ; puis, pour délester son navire, il fait sortir les torpilles des deux tubes avant, jeter à la mer une grande quantité de projectiles et lancer à toute vitesse ses moteurs en avant puis en arrière. Il était trop tard ; la mer baissait déjà, abandonnant à son triste sort le grand squale d’acier.
Par T.S.F., l’UC-61 prévint la station des sous-marins de Bruges de son échouage ; puis, sur l’ordre du commandant, l’équipage se prépara à faire sauter le navire en disposant, en différents endroits, les bombes destinées à couler les bâtiments non armés. Celles-ci, allumées, tout le monde se jeta à l’eau et gagna facilement la plage.
En courant à Wissant téléphoner au Gouverneur de Calais, les douaniers avaient prévenu un poste de cavalerie belge voisin. Celui-ci se hâta d’envoyer sur la plage un détachement de quarante cavaliers en armes. Il y arriva juste à temps pour faire prisonnier tout l’équipage. Déjà, sur le sous-marin, les premières explosions se faisaient entendre. Le commandant de l’UC-61 déclara alors à un capitaine de l’armée belge qui voulait aller à bord : "… Je vous en prie, n’en faites rien, nous sommes tous ici et mon bateau va sauter d’un instant à l’autre…".
Presque aussitôt, de nouvelles explosions se produisaient, coupant le sous-marin en deux. Les réservoirs de pétrole ayant pris feu, un immense panache de fumée et de flammes monta vers le ciel. L’arrière du sous-marin est en flammes et, seule, la marée montante éteindra, vers 4 heures de l’après-midi, l’incendie qui a épargné l’avant où les dix-huit mines et une torpille ne sont pas détruites.
Les autorités militaires ne tardèrent pas à accourir. Le commandant du Front de mer et le commandant de la marine, en arrivant les premiers, trouvèrent l’équipage devant la mairie de Wissant. Les interrogatoires commencèrent aussitôt ; entre temps, le général Ditte, Gouverneur de Calais, et le vice-amiral Ronarc’h, commandant supérieur de la marine de la Z.A.N., étaient également arrivés.
Un service d’ordre fut établi sur la plage pour empêcher toute la population du village d’approcher de l’épave.           

À l’interrogatoire, seul, un engagé volontaire refusa de répondre et se borna à donner son nom. Le commandant de l’UC-61 essaya de déclarer qu’il avait fait le tour de l’Écosse pour venir devant Calais, mais il ne tarda pas à avouer qu’il avait tout simplement franchi le barrage du P. de C. pendant la nuit.  Il fut ensuite l’un des plus loquaces et s’excusa presque d’être assez mal documenté. La plupart des marins capturés ne cachaient pas une satisfaction évidente de terminer de cette façon une existence à coup sûr rude et pleine de périls."
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