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 Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889

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Takagi
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MessageSujet: HMS Belleisle   Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 EmptyDim 25 Nov 2018, 05:18

Après la bataille de Lissa (1866), l’architecte naval Ahmed Pasha dressa les plans d’un navire-bélier pour la marine ottomane. Il s’agissait en fait d’un petit cuirassé à éperon et à autonomie limitée, destiné au service en Méditerranée orientale et en Mer Égée. Deux exemplaires furent commandés en 1872 au chantier Samuda Brothers, implanté à Cubitt près de Londres (en face de Greenwich) : ils auraient dû s’appeler PEIK-I-SHEREF et BOURDOU-ZAFFER.  Outre leur éperon qui constituait leur armement principal, ils devaient embarquer quatre canons de 254mm aux quatre coins d’un bunker central en superstructure, arrangés de telle sorte qu’au moins un canon était battant dans n’importe quel gisement, et deux par le travers. Un certain nombre de pièces de plus petit calibre devaient compléter l’armement défensif.

Le PEIK-I-SHEREF fut mis sur cale en 1874, le BOURDOU-ZAFFER un an plus tard. Le premier fut lancé le 17 février 1876 ; il était pratiquement terminé quand survint ce que les Britanniques appellent la Peur de 1878 d’une Guerre avec la Russie (the Russian war scare of 1878) , crainte de voir le Royaume-Uni entraîné dans la guerre russo-turque à cause de son alliance avec l’Empire Ottoman. Pris de court, le gouvernement britannique déboursa en urgence un total de deux millions de livres pour acheter quatre navires alors en construction dans ses chantiers : trois turcs et un brésilien. C’est ainsi que le PEIK-I-SHEREF est devenu HMS BELLEISLE et le BOURDOU-ZAFFER est devenu HMS ORION.

Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 Bellei10
Une rare photo du BELLEISLE

Le BELLEISLE ne répondant pas du tout aux critères d’emploi de l’amirauté britannique, il fallut le remettre en travaux pour d’importantes modifications. Les canons de 254mm furent remplacés par des 305mm, quatre canons de 84mm à tir rapide et deux rampes porte-torpilles complétant l’armement. Le BELLEISLE fut finalement admis au service dans la Royal Navy le 2 juillet 1878 et l’ORION le 3 juillet 1882.

Du fait de leur très faible vitesse (12nd) et de leur réserve de charbon trop chiche pour des missions de blocus des ports adverses, ils ne furent guère utiles. Le BELLEISLE passa les quatorze premières années de sa carrière à Kingston en Irlande comme navire de garde. Ses principales activités consistaient en une croisière annuelle et quatre écoles à feu. Il fut versé dans la flotte de réserve en 1893, puis dans la grande réserve en 1894, avant d’être déclassé comme navire-cible en 1900. Il servit à tester diverses munitions ou protections : obus à lyddite, obus performants de 152 et de 234mm, protection cellulosique contre les torpilles. Cette dernière (une sorte de paillet Makarov en cellulose censé obstruer les brèches de torpille en se plaquant dessus) n’étant pas efficace, le BELLEISLE coula et se posa sur le fond. Péniblement renfloué en octobre 1903, il finit à la ferraille en Allemagne.

Son sister-ship ORION commença sa carrière à Malte où il fut immédiatement mis en réserve. Remis en service, il gagna Singapour en 1885 où il servit de navire de garde jusqu’en 1890. Rentré à Malte, il fut remis en réserve. Puis il rentra en Angleterre pour y être mis en réserve à Chatham. En avril 1902, déclaré inopérationnel comme cuirassé, il retourna à Malte comme navire-base de torpilleurs. Il y resta jusqu’en 1913, date à laquelle il rentra à Devenport pour y servir quelques mois de dépôt sous le nom de ORONTES (le nom d’ORION ayant été réattribué à un autre cuirassé en 1910) avant d’être vendu à la démolition.

Principales caractéristiques : 4870 tonnes, 75mm (pp) x 16m x 6,40m, deux lignes d’arbres, 4040cv, 12nd.

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MessageSujet: HMS Glatton 1868-1903   Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 EmptyVen 30 Nov 2018, 06:50

Sir James Edward Reed est le Chief Constructor de la Royal Navy de 1863 à 1870, années pendant lesquelles la marine britannique passe de l’ère du vaisseau à voile et à coque en bois à celle des premiers cuirassés à coque en fer. Deux ans avant de quitter son poste, Reed se voit imposer de faire construire un monitor dont il ne perçoit pas l’utilité et ne comprend pas le rôle. L’engin est mis sur cale le 10 août 1868 à Chattham et lancé le 8 mars 1871 (après le départ de Reed) sous le nom de HMS GLATTON. Il est mis en service le 24 février 1872.

Comme les monitors américains dont il s’inspire à l’évidence, son franc-bord est ridicule : 90cm, sauf à l’étrave où un pavois monte à 1,37m. Au centre, un rouf surélève l’artillerie, les portes d’accès et les prises d’air au-dessus du pont principal pour qu’elles restent au sec.

Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 Hms_gl11

L’armement principal de deux canons de 305mm à chargement par la bouche est concentré dans une seule tourelle, sur l’avant du rouf. La superstructure centrale, derrière la tourelle, est si étroite qu’au moins un des canons reste battant sur les secteurs arrière. Ainsi, une seule tourelle permet de couvrir tous les gisements. Comme on pouvait s’y attendre, le souffle des canons n’est pas sans conséquences sur la superstructure, les appareils de navigation et le personnel de quart. Après quelques années de service, des butées mécaniques sont ajoutées pour interdire à la tourelle de pointer ses canons trop près de la passerelle, ruinant le concept du cuirassé à tourelle unique omnidirectionnelle.

L’armement secondaire de trois canons de 57mm Hotchkiss à tir rapide et trois mitrailleuses est aussi sur la superstructure. Il se verra augmenté de trois autres 57mm et quatre autres mitrailleuses quand les 305 seront interdits de tir sur l’arrière.

Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 Hms_gl10

Mis en réserve dès sa mise en service, le GLATTON sert d’annexe à l’école d’artillerie. En 1878, il est affecté au Particular Service Squadron censé défendre la Tamise des intrusions adverses. Il effectue quelques sorties dans l’estuaire en 1887 ; ce sont les seules fois où il navigue pour raison opérationnelle. Reversé ensuite dans la réserve de deuxième classe puis en avril 1902 dans la réserve portuaire, il finit vendu à la casse en 1903.

Sir James Edward Reed est encore en vie quand le BATTON part à la ferraille. En 1903, il est député libéral au parlement britannique. Ce qu’il avait dit du navire en 1868 s’est avéré plus que fondé.

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MessageSujet: Re: Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889   Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 EmptyDim 04 Aoû 2019, 17:45

Le REVENGE est un cuirassé de la classe ROYAL SOVEREIGN, forte de huit unités et construite en application de la signature de la loi de défense navale de 1889 selon laquelle la Royal Navy, première marine du monde, devait pouvoir surclasser une coalition des deux suivantes.

Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 Hms_re10
HMS REVENGE

Ces huit navires déclassèrent tous leurs prédécesseurs – comme le fera le DREADNOUGHT quinze années plus tard. Leur armement principal consistait en quatre canons de 343mm en barbettes découvertes et à chargement par la bouche. L’armement secondaire comptait pas moins de dix canons de 152mm à tir rapide disposés en barbettes sur deux niveaux de part et d’autre des superstructures, seize canons de 57mm et douze canons de 47mm Hotchkiss. À cette artillerie s’ajoutait sept tubes lance-torpilles de 457mm.

Mis sur cale le 12 février 1891 au chantier Palmers Shipbuilding and Iron Company de Jarrow sur la Tyne, lancé le 3 novembre 1892 et mis en service 14 juillet 1896, le REVENGE commença sa carrière par deux années de réserve à Portsmouth (la Navy de la loi de défense navale était surdimensionnée…) avant d’être activé le 14 janvier 1896 quand le risque apparut d’une intervention allemande dans la guerre des Boers. Le REVENGE fut alors déployé en Méditerranée. Il servit de navire-amiral pendant le blocus de la Crète dont les ressortissants grecs s’étaient révoltés contre l’Empire Ottoman en 1897-98.

Endommagé en 1899 par l’explosion de trois gargousses de 152mm, le REVENGE rentra au Royaume-Uni en 1900 pour y être remis en réserve à Chatham. Il reçut alors son premier appareil TSF. Réarmé à Portland comme navire de défense côtière le 18 avril 1901, il partit se faire moderniser à Portsmouth où il arriva en mars 1902 : les 152mm du pont supérieur furent protégés par des casemates, deux des tubes lance-torpilles débarqués, et les installations entièrement révisées. À l’issue de cette refonte, le REVENGE fut le premier navire amiral de la Home Fleet lors de son réarmement en octobre 1902.

Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 Reveng10
Le REVENGE déporté par le vent jusqu'à aborder l'étrave de l'ORION dans le port de Portsmouth le 7 janvier 1912

En avril 1904, le REVENGE et son sister-ship ROYAL OAK heurtèrent une épave lors de manœuvres près des îles Scilly, ce qui les obligea à passer au bassin pour réparations. En juin 1906, le REVENGE servit d’école des canonniers à Portsmouth. Le 13 janvier 1908, il fut légèrement endommagé par un cargo à la dérive qui avait rompu ses remorques dans une tempête. Le 7 janvier 1912, une autre tempête fit casser ses amarres et il dériva jusqu’à aborder avec force dégât l’ORION. Réparé, il fut cependant désarmé le 15 mai 1913 en attente de son démantèlement. Les menaces puis la déclaration de guerre de 1914 retardèrent celui-ci : détaché auprès du commandement maritime de Douvres, le REVENGE servit à canonner des objectifs à terre en attendant la mise en service de monitors spécialisés. Un chemisage des canons de 343mm réduisit leur calibre à 305mm, ce qui permit d’accroître leur portée d’un millier de mètres. Avec d’autres navires, il effectua un raid contre les batteries côtières allemandes de Nieuwpoort (Belgique). Il expérimenta ensuite – sans grand succès – l’emploi d’un hydravion pour observer et régler les tirs. En avril-mai 1915, il reçut des bulges pare-torpilles à Chatham. Il expérimenta ensuite l’emploi d’observateurs disposés sur des barges pour régler les tirs (l’idée n’eut pas de suite). Le 2 août 1915, le REVENGE fut rebaptisé REDOUTABLE pour laisser son nom à un nouveau Dreadnought. Le 7 septembre 1915, il effectua un dernier raid de bombardement contre les installations allemandes de Westende (Belgique). Endommagé, réparé d’octobre à décembre 1915, le REDOUTABLE ne navigua plus par la suite, servant de dépôt à Portsmouth. En février 1919, il fut définitivement condamné puis vendu pour ferraillage.

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MessageSujet: Re: Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889   Les premiers cuirassés britanniques 1860-1889 - Page 3 EmptyLun 05 Aoû 2019, 14:24

Bonjour,

Takagi a écrit:
Le REVENGE est un cuirassé de la classe ROYAL SOVEREIGN, forte de huit unités

... en réalité,  la classe Royal Sovereign comptait, seulement, 7 navires de ligne...  HMS Empress of India (ex-Renown), Ramillies, Repulse, Resolution, Revenge, Royal Oak, Royal Sovereign.

Le "8ème", HMS Hood, bien que construit à partir de la même coque (380 pieds de long, 410 pieds 6 inches de large) avait été classé à part, car les pièces de 13,5 inches & 30 calibres de son artillerie principale n'étaient plus installées en barbette (en anglais dans le texte Very Happy ), mais sous tourelle (turret ship) - notre camarade Le Breton en avait tenu compte dans sa revue de détails de la classe Royal Sovereign ... http://forummarine.forumactif.com/t8061-pre-dreadnought-de-la-royal-navy-1889-1904 - ... Moralité, 1000 tonnes de supplément de poids et, au lieu que ses canons soient à 23 pieds (6,90 m, disons 7 m, à la française) au-dessus de l'eau, sous le poids des tourelles, ils n'étaient plus qu'à +/- 17 pieds (5,10 m, comptons 5 m!).

A noter que la hauteur du franc-bord était une caractéristique essentielle de la classe Royal Sovereign, comparée à celle des bâtiments de la classe Admiral - constituée de trois "sous-classes" de "barbette ships" (2 pièces de 16,25 inches), Collingwood - Anson, Camperdown, Howe, Rodney - Benbow -... sachant qu'entre les classes Admiral & Royal Sovereign, on trouve, également, deux "intrus", les "turret ships" HMS Victoria & Sans Pareil, dont les deux pièces de 16,25 in étaient, elles, en tourelles!

A noter que les pièces sous barbettes et, même, celles placées sous tourelle, à chargement par la gueule, avaient rapidement condamné à la retraite, les bâtiments de ces classes. Aucune unité de la classe Royal Sovereign ou "assimilée" n'avait été capable d'atteindre, aux essais, la vitesse "contractuelle", par contre, elles étaient, toutes, considérées comme "increvables", à vitesse de croisière, et, lorsqu'elles commenceront à être démantelées, on avait pu constater que leurs coques et leurs machineries étaient en parfait état de marche! Leur mise au rebut avait été la conséquence directe des évolutions (révolutions ?) technologiques acquises durant la première décennie du XXème siècle. De nos jours, n'importe quel gouvernement, quelque soit sa nationalité, qui mettrait au "rencard" des unités si coûteuses, moins de 20 ans après leur recette officielle, se ferait lyncher en place publique, par le biais des média! lol!  

Le plus amusant, quand on lit la prose britannique de l'époque (jusqu'en 1914), est que les narrateurs s'efforcent de donner une image réfléchie et rigoureuse des évolutions techniques réalisées; en réalité, les Brits en étaient au même stade que leurs copains français ou allemands ; en gros, ils procédaient par "tâtonnements" successifs et étaient, même, sérieusement, en retard sur l'emploi des pièces à chargement par la culasse -.

Au passage, des sommités, telle que Barnaby, auquel avait succédé White, à la direction des construction navales de la RN, avaient passé leur temps (de retraite!) à éreinter leur successeurs, à grands coups de bordées de critiques techniques négatives  lol!  A ce sujet, je ne saurais trop conseiller la lecture de "The British Battle Fleet, its inception and growth throughout the centuries to the present days", rédigé par Fred T. Jane - apparemment,  le créateur des célèbres "annuaires" -, édité en 2 volumes, en 1915.
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