AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)

Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Lun 13 Nov 2017, 21:43

THE KINGDOM OF SCOTLAND

*
**

LE ROYAUME D'ECOSSE

3.0



Avant-Propos


Il y à pas si longtemps mais tout de même dix ans (2007), je me suis lancé dans une uchronie doublée d'une utopie, la Slavie en détaillant notamment sa marine. Au niveau du réalisme, c'était je dois dire proche de zéro, je me faisais plaisir sans réelles contraintes.

Bien vite, je me suis lassé de ce projet (que je n'ai d'ailleurs achevé qu'en 2010) et j'ai eu envie de quelque chose de neuf, de différent. Je voulais faire quelque chose de plus cadré, m'imposer plus de contraintes pour savoir si le travail uchronique était toujours aussi plaisant.

Dans un premier temps, j'ai pensé prendre les Pays Bas et imaginer qu'en 1968 après l'incendie du Karel Doorman, la Koniklijke Marine décide non pas de renoncer au porte-avions mais de conserver une capacité aéronavale sous la forme d'un Clémenceau.

Bien que l'idée d'avoir un Clemenceau escorté par un croiseur lance-missiles type De Ruyter me paru plaisante, j'ai rapidement décidé de choisir un autre pays, de «créer» une nouvelle nation ou plutôt de recréer une nation sous la forme d'un Royaume d'Ecosse indépendant.

Pourquoi ce choix ? La première raison c'est mon intérêt pour l'histoire écossaise, ma passion pour l'un des plus grands (si ce n'est le plus grand) héros de l'histoire écossaise : William Wallace plus connu sous le nom de Braveheart.

La seconde c'est que c'est un pays à l'histoire militaire riche, une histoire souvent tragique mais parfois magnifique où les tragédies de Fodden et de Culodden cohabitent avec Falkirk ou Banockburn.

Enfin la troisième c'est que c'est un pays suffisamment peuplé (5.1 millions d'habitants en 2007) et riche (grâce au pétrole de la mer du Nord) pour me permettre de créer une armée crédible avec du matériel moderne et performant. On pourrait aboutir à une Norvège bis.......... .

Qu'es-ce qui à donc cloché dans cette première version ?  Essentiellement un problème de méthode  car en l'absence de plan rigoureux j'ai fait n'importe quoi avec de nombreuses incohérences d'une partie à l'autre.

Sans oublier que depuis j'ai lu des choses en plus sur l'Ecosse et que j'ai évolué sur mes goûts en matière militaire notamment sur certains avions.

Entre 2012 et 2014, j'ai essayé de réaliser une Ecosse 2.0 mieux construite, sans incohérences mais par manque de temps et de motivation ce projet s'est ensablé. Plutôt que de reprendre où j'étais rendu je préfère recommencer à zéro une nouvelle uchronie écossaise baptisée  «Ecosse 3.0».

J'ai prévu un total de douze parties thématiques en commençant par la géographie avant une grosse partie sur l'histoire de l'Ecosse. Après des parties consacrées à l'Economie, la Culture et le Sport, je passerai à la partie militaire.

J'étudierai successivement l'armée de terre, l'armée de l'air et la marine avec à chaque fois le même plan : une histoire générale, les missions, la formation et l'entrainement, l'armement et les équipements, les bases, les projets en cours et l'ordre de bataille au 1erseptembre 2017.

Les quatre dernières parties seront consacrées à la Garde Royale (Scotish King's Guard) chargée de la protection de la famille royale, la Home Guard (dìon dachaigh) une garde nationale à l'écossaise, les différentes forces de police couvrant le territoire écossais et pour finit les services de renseignement qui ne manquent pas de travail entre les groupuscules d'extrême-gauche, les réminiscences de l'IRA et bien entendu le terrorisme islamiste.

Bonne lecture

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)


Dernière édition par clausewitz le Mar 03 Avr 2018, 22:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Lun 13 Nov 2017, 21:54

1-GEOGRAPHIE


Le drapeau national écossais est composé d'une croix de Saint André blanche sur un fond bleu marine


A-Principales données chiffrées

Superficie

L'Ecosse est un petit pays avec 78772km² soit à peine un septième du territoire français. Avec un linéaire de côte extrêmement découpé, le pays des Scots (Scotland) aligne 9911km de côte pour sa partie continentale. En ajoutant sa partie insulaire, le nombre de kilomètres de côte est porté à 16490km.

Population

Selon les chiffres de 2010, l'Ecosse aligne une population de 5168200 habitants ce qui donne une densité assez faible de 63.5 habitants par km² bien inférieure à la moyenne européenne qui est de 100 hab/km².

Néanmoins, il existe d'énormes disparités avec près de 3292 habitants/km² dans le sud du pays notamment autour de Glasgow alors que les Highlands n'ont qu'une moyenne de 5 habitants/km².

Les taux de natalité et de mortalité sont ceux d'un pays dévellopé, un pays néanmoins vieillissant avec un taux de natalité de 10,6 pour 1000 habitants et un taux de mortalité de 11,11 pour 1000 habitants.

La mortalité infantile est de 4,9 décès pour 1000 naissances avec pour l'espérance de vie, 74,2 ans pour les Hommes et les 79,3 ans pour les Femmes.

Le taux de natalité est assez faible avec 1,6 enfants par femme alors que le renouvellement des générations nécessiterait 2,1 enfants par femme.

La population devrait donc baisser dans les années venir à moins de faire appel massivement à l'immigration extra-européenne ce qui n'est actuellement pas d'actualité.

B-Le relief


Carte du relief de l'Ecosse

Au niveau de relief, l'Ecosse peut être divisée en trois zones du nord au sud :

Au nord, nous avons les Highlands, la région situé au nord d'une ligne Glasgow-Perth soit plus de la moitié de la superficie du pays.


Le Ben Nevis, point culminant des îles britanniques

Cette zone longtemps isolée et enclavée était peu hospitalière avec des vallées d'un accès difficile, des marais et des tourbières dans les plaines même si ses hauts sommets, ses torrents poisonneux et ses lacs rendait la zone moins effrayante pour le voyageur.

La chaine des Grampians dans les Central Highlands constitue l'épine dorsale du pays, épine dorsale qui protégea souvent le pays des invasions méridionales. Au niveau urbain, les Highlands sont ma lotis, les villes d'Aberdeen et d'Inverness étant un peu isolées.

Entre l'Atlantique et la mer du Nord, les Lowlands forment sur une centaine de kilomètres au sud des Highlands une zone basse d'origine sédimentaire partagée par la Clyde, le Forth et le Tay, c'est que les économistes appelent «L'Ecosse utile» avec près de la moitié de la population concentrée dans les principales villes du pays : Glasgow, Edimbourg,Perth et Dundee.

La région autour d'Edimbourg, le Lothian s'ouvre à l'est vers une étroite plaine côtière, couloir traditionnel d'invasions tandis qu'au sud elle rejoint les collines de la Tweed.

Les Southern Uplands occupent l'espace au sud des Lowlands. C'est un espace assez confus de collines volcaniques ou calcaires culminant à 900m. A l'est, ce sont les comtés d'Ayr, de Galloway et de Dumfries, riches en forêts et en pâturages; à l'est la fertile vallée de la Tweed, vallée longtemps disputée par l'Angleterre qui ne put conserver que la partie orientale avec la ville de Berwick que l'histoire à faite anglaise.

La frontière anglo-écossaise est une région de collines, celle des Cheviot. Cette région à longtemps été mal contrôlée et les brigands des deux pays profitaient de la mésentente entre les deux pays pour frapper dans l'un et se replier dans l'autre.

Ce n'est qu'en 1822 que la calme revint dans cette région suite à une opération combinée des armées écossaises et anglaises.

L'Ecosse c'est donc également 790 îles dont environ 140 sont réellement habitées. On à coutume de les diviser en quatre archipels : Hébrides intérieures, Hébrides extérieures ou occidentales, les Orcades et les Shetlands.

Les dix plus grandes îles sont (de la plus grande à la plus petite) sont Lewis et Harris (Hébrides extérieures 859,19 km2), Skye (Hébrides intérieures 643,28 km2), Mainland (Shetland 373,36 km2), Mull (Hébrides intérieures 347,21 km2), Islay (Hébrides intérieures 246,64 km2), Mainland (Orcades 206,99 km2), Arran (Firth of Clyde 168,08 km2), Jura (Hébrides intérieures 142,99 km2), North Uist (Hébrides extéieures 135,71 km2) et South Uist (Hébrides extérieures 128,36 km2)

C-Les fleuves et lochs

Les principaux fleuves écossais

Les fleuves écossais sont à la mesure du pays : de taille modeste. Il existe de nombreuses rivières fort poissonneuses très appréciées des amateurs de pêche en eau vive. Trois fleuves se détachent des autres à savoir la Tweed, le Tay et la Clyde.

La Tweed est le quatrième fleuve écossais avec ses 156km qui serpentent dans la région des Scottish Borders, cette région à la souveraineté longtemps disputée, une sorte de purgatoire entre l'Ecosse et l'Angleterre. Ce fleuve sert d'ailleurs de frontière avec l'Angleterre sur 27km dans la région de Berwick-upon-Tweed où il se jette dans la mer du Nord.

Le Spey est le troisième fleuve écossais avec ses 172km qui serpentent dans les Highlands avant de se jeter dans la mer du Nord au sud d'Inverness mais qui ne dispose d'aucune grande ville à son embouchure.


La Clyde à Glasgow

La Clyde est le deuxième fleuve écossais par sa longueur (176km) mais probablement le premier par ses activités puisque c'est le fleuve qui arrose Glasgow avant de se jeter en mer d'Irlande par la longue embouchure du Firth of Clyde.

La vallée de la Clyde à été longtemps l'un des poumons industriels de l'Ecosse avec des mines de charbon, des usines sidérurgiques et des chantiers navals, cette concentration de populations ouvrières lui valant le surnom de Clyde Rouge.

Après une longue période de sinistres et de désindustrialisation, la vallée de Clyde remonte peu à peu la pente.

On trouve encore quelques usines sidérurgiques et les chantiers navals John Brown mais les mines ont fermé. De nouvelles industries ont émergé dans le domaine de l'électronique et des énergies renouvelables.

Le Tay est le premier fleuve écossais avec ses 193km. Il prend sa source dans les monts Grampians (où se situe le Ben Nevis, le sommet le plus élevé d'Ecosse et des îles britanniques avec ses 1344m), s'élargit dans sa partie centrale pour former un loch d'eau douce, le loch Tay, ce fleuve arrosant Perth puis se jete dans la mer du Nord via un large estuaire, le Firth of Tay où se trouve la ville de Dundee.

Autre fleuve important, le Dee. Long de 145km et se jettant dans la mer du Nord au niveau d'Aberdeen, il est connu pour arroser la résidence d'été des souverains écossais, le château de Balmoral.

Les lochs  

Un loch est une étendue d'eau fermée (loch  d'eau douce dont le plus célèbre d'Ecosse est le Loch Ness qui abriterai un monstre lacustre) ou ouverte sur la mer (donc d'eau salée), cette dernière forme étant assez semblable aux fjords norvégiens, les imposantes falaises en moins.

Parmi les loch d'eau douce, on trouve par ordre décroissant de surface, le Loch Lomons (71 km²), le Loch Ness (56 km²) et le Loch Awe (39 km²).

En ce qui concerne les lochs de mer, le loch le plus long est le Loch Fyne avec ses 56km de long dans la région d'Argyll & Butte (capitale Lochgilpead). Parmi les plus célèbres, on trouve le Holy Loch qui abritait jusqu'en 1992 une base de sous-marins américains et le Gare Loch, une partie du Firth of Clyde qui abrite la base de Faslane, la grande navale écossaise sur la côte occidentale, le pendant d'Inverness.

D-Le climat

Le climat de l'Ecosse est généralement tempéré mais est également très variable. Réchauffée par le Gulf Stream, l'Ecosse peut connaître des températures bien plus froides que le reste des îles britanniques avec des pointes à -27.2°C.

En hiver, les moyennes maximales sont de 6°C dans les Lowlands et de 18°C l'été. La plus haute température enregistrée fût de 32.9°C à Greycrook dans les Scottish Borders le 9 août 2003.

Les précipitations sont très variables. La région la plus humide ce sont les Highlands avec des précipitations annuelles supérieures à 3000 mm, précipitations bien supérieures au reste de l'Ecosse qui reçoit moins de 800mm par an.

Les chutes de neige ne sont pas courantes dans les Lowlands mais deviennent plus fréquentes avec l'altitude.  Braemar connaît une moyenne de 59 jours de neige par an, tandis que les moyennes des régions côtières sont inférieures à 10 jours.

A suivre : les villes d'Ecosse

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Ven 17 Nov 2017, 17:18

E-Villes d'Ecosse : une brève présentation

Organisation administrative du territoire écossais : évolution et situation actuelle

Longtemps l'Ecosse à été divisée en 33 comtés. Ces comtés sont dirigés par des intendants nommés par le roi puis à partir du XIXème siècle par le premier ministre qui soumet une liste au roi dans lequel ce dernier sélectionne des candidats.

La réforme territoriale de 1995 à remplacé les 33 comtés par 8 provinces qui disposent de pouvoirs importants, transformant l'Ecosse en un Etat fédéral.

La capitale Edimbourg forme un district autonome calqué sur le modèle du district de Columbia. Les capitales de région sont Dumfries, Glasgow, Dundee, Inverness, Aberdeen, Lochmady (Hebrides), Kirkwall (Orcades) et Lerwick (Shetlands).

Les différentes provinces sont dirigées par des lord-gouverneurs qui ont la charge du pouvoir exécutif alors que le pouvoir législatif est assuré par des conseils provinciaux de 39 membres.

Si le lord-gouverneur est élu pour six ans, les conseillers provinciaux sont renouvelés tous les trois ans, les deux élections ayant eu lieu au suffrage universel direct.

Les comtés existent officiellement toujours mais n'ont plus aucun pouvoir politique efficient et effectif.

Les villes

Edimbourg



Cette ville de la côte est de l'Ecosse, baignée par le Firth of Forth est la capitale du Royaume d'Ecosse depuis 1532 abritant aussi bien le château royal d'Holyrod que le Parlement.


Palais d'Holyrod

Avec ses 465980 habitants selon les cihffres du dernier recensement (2011) est la deuxième ville la plus peuplée du pays derrière Glasgow.

Grâce à son climat océanique, la ville connait des hivers modérés et des étés humides. Le temps est changeant et le brouillard fréquent.


Longtemps ville industrielle et industrieuse (elle est surnommée Auld Reekie la vieille enfumée), la capitale écossaise s'est depuis largement tertiarisée avec notamment la présence de plusieurs universités, d'un centre de recherche en informatique et technologie de pointe sans parler d'un effort sans précédent pour mettre en valeur le patrimoine de la ville dont une partie est classée depuis 1995 au patrimoine mondial de l'Unesco.

Ville intellectuelle surnommée «L'Athènes du Nord», ses universités sont particulièrement en pointe dans les domaines de l'Informatique, de la Géologie, de la Chimie et de la Médecine.

La Bibliothèque Nationale d'Ecosse (National Library of Scotland) est la plus grande bibliothèque publique des îles britanniques. Tous les livres publiés en Ecosse y sont présents sous forme papier et numérique, permettant à chacun d'avoir accès au savoir.

On trouve également de nombreux musées, certains créés dès le XVIIIème d'autres qui ont vu le jour au XIXème sous l'impulsion de la reine Louise d'Ecosse, épouse d'Henri II et enfin les derniers qui sont apparus au 20ème siècle.

Le premier musée en terme de surface et de fréquentation est le Musée National d'Ecosse créé en 1972, musée consacré à l'histoire de l'Ecosse, ses langues, sa culture.

Chaque année au mois d'août, un festival de musique, d'opéras et de danse est célèbre dans le monde entier.

Sur le plan politique, le Conseil Municipal (City Council) est composé de 58 membres élus pour six ans. Ce conseil qui élit le maire (Lord Provost) gère la ville et le district royal qui couvre la ville, district qui évite à la capitale d'être intégrée à une province.

Les transports sont particulièrement dévellopés. On trouve bien évidément un aéroport international, de nombreuses liaisons ferroviaires avec les grandes villes d'Ecosse, les villes d'Angleterre et du Pays de Galles.

Dans les années quatre-vingt dix, l'Ecosse à porté un projet de tunnel reliant l'Ecosse à l'Irlande du Nord mais ce projet controversé par son coût et les questions de sécurité à finit par capoter en 1999. Ce tunnel aurait permis à un train à grande vitesse de relier Edimbourgh à Belfast mais visiblement ce projet ne verra jamais le jour.

Les transports en commun ne sont pas oubliés avec trois lignes de tramway (deux en projet), de nombreuses lignes de bus.


Sir Sean Connery

Ville natale de Sir Sean Connery (James Bond) et de Walter Scott, la ville est jumelée avec de nombreuses villes étrangères comme Munich (1954), Nice (1958), Florence (1964), Dunedin (Nouvelle-Zélande) (1974), Vancouver (1977), San Diego (1977), Xi'An (Chine) (1985), Ségovie (1985), Kiev (1989), Aalborg (1991), Kyoto (1994), Katmandou (1994), Cracovie (1995) et Saint-Petersbourg (1995).

Glasgow  

Mairie de Glasgow

Cette ville de la côte ouest de l'Ecosse à l'embouchure du Firth of Clyde est donc la première ville d'Ecosse par sa population avec 579000 habitants et plus d'un 1.4 millions en englobant toute la conurbation glaswegianne soit 41% de la population écossaise.

Capitale provinciale, la ville de Glasgow est comme celle d'Edimbourg marquée par un climat océanique avec des hivers modérés, des étés frais et une humidité importante.

Si le site à été occupé dès la préhistoire, il faut attendre le Moyen-Age pour que Glasgow devienne une vie majeure. Deux facteurs clés ont joué à plein : la création d'un évéché en 1175 (archevéché en 1492) et celle d'une université en 1451.

C'est donc un pole intellectuel important mais il à du mal à rivaliser en termes de notoriété avec la capitale Edimbourg.

Ville clé pour la traversée transatlantique en direction des Etats Unis, elle à bénéficié à plein de la Révolution Industrielle avec notamment des hauts-fourneaux sidérurgiques, mines de charbon et chantiers navals.

Cette concentration d'ouvriers, les revendications, les grèves et parfois les émeutes lui ont valu le surnom de «Clyde Rouge».

Cette puissance lui à valu le surnom de «Little Liverpool» (petit liverpool) mais ce surnom est autant apprécié que le surnom «Frisco» donné à la ville de San Francisco.

Comme nous l'avons vu, ce tissus industriel reste encore aujourd'hui important même si les services (banque, services aux entreprises) et le tourisme se sont dévellopés tout comme l'enseignement supérieur.

Au niveau politique et administratif, un conseil municipal de 79 membres gère les affaires de la cité. Il est élu pour six ans tout comme le Lord Provost, le maire de Glasgow, un bastion travailliste puisque le dernier conservateur à avoir dirigé la mairie à été en poste de 1966 à 1972 soit 45 ans de disette pour le «Black Party».

Sur le plan de la culture, le sport joue un rôle majeur avec le célébrissime Old Firm entre les Glasgow Rangers et le Celtic Glasgow, les premiers représentants les protestants et les seconds les catholiques (notamment les irlandais).




Parmi les célébrités nées à Glasgow citons James Watt (considéré comme l'inventeur de la machine à vapeur), Kenny Dalglish (probablement le footballeur écossais le plus célèbre de l'histoire), Alex Ferguson (monumental entraineur de Manchester United), Mark Knofler (chanteur du groupe Dire Straits), les frères Young (ACDC), les acteurs James McAvoy et Erwan McGreggor...... .

La ville de Glasgow est jumelée avec Bethléem (Palestine), Dalian (Chine), La Havane (Cuba), Lahore (Pakistan), Marseille (France), Nuremberg (Allemagne, Rostov-sur-le-Don (Russie) et Turin (Italie).


Métro de Glasgow


Les transports sont dévellopés avec le seul métro d'Ecosse (une ligne unique circulaire), de nombreuses lignes de bus (en attendant un futur tramway prévu pour 2020) et des bus fluviaux sur la Clyde avec une ligne reliant Greenock à Glasgow et une seconde ligne traversant la Clyde pour permettre de passer du sud au Nord.

Aberdeen


Avec ses 228420 habitants (2014), Aberdeen est la troisième ville la plus peuplée du Royaume d'Ecosse.

Si les hommes se sont implantés dès -8000 a.C, la ville ne devient importante qu'au Moyen-Age avec l'établissement d'une charte en 1179. La population augmente régulièrement passant de 3000 habitants en 1396 à 26992 habitants en 1801.

Elle dispose d'une gare la connectant avec toutes les îles britanniques mais également un aéroport international, l'aménagement d'un tel aéroport ayant été rendu obligatoire par le dévellopement de l'industrie pétrolière et la présence de nombreuses grandes compagnies.

Premier port d'Ecosse par le tonnage, elle à profité à plein de  la découverte des importants gisements pétroliers de mer du Nord en devenant à la fois un port de soutien pour l'exploitation pétrolière mais également en accueillant des raffineries, des dépôts pétroliers et des centres de recherche sur le pétrole, la pollution par hydrocarbure, les dérivés des produits pétroliers.

Pas étonnant dans ces conditions que cette ville, capitale régionale soit jumelée avec Clermont-Ferrand dont la fortune est liée en grande partie à la présence des usines Michelin.

Ville très riche, les prix de l'immobilier ont flambé, rendant cette ville peu accessible aux primo-accédants.

Sur le plan culturel, chaque année ont lieu à Braemar les Highlands Games alors que l'université d'Aberdeen fondée en 1495 est la troisième la plus ancienne d'Ecosse. Elle n'est cependant pas aussi prestigieuse que les universités de Glasgow et d'Edimbourg.


Château d'Aberdeen

Le principal monument de la ville est le somptueux château dit «Chateau de la Reine» en référence à Louise d'Ecosse, épouse du roi Henri II qui à la mort de son mari en 1918, s'y retira, refusant d'apparaitre en public jusqu'à sa mort en 1939.

Ce magnifique château construit par Charles IV _fondateur de la dynastie des Lorraine-Beaumont_ entre 1820 et 1825 l'à été dans un style unique que n'aurait pas renier un Louis II de Bavière.

Ce château appartient toujours à la famille royale. Si l'été, le roi Charles VI préfère la fraicheur de Balmoral, l'hiver le huitième monarque de la dynastie aime passer du temps à Aberdeen.

La ville est jumelée avec Bulawayo (Zimbawe), Clermont-Ferrand (France), Gomel (Bielorussie), Houston (Etats-Unis), Ratisbonne (Allemagne) et Stavanger (Norvège).

Enfin pour les amateurs de sport, le club de foot de la ville, l'Aberdeen Football Club à remporté en 1983 la Coupe des Coupes contre le Real Madrid, l'équipe écossaise étant à l'époque entrainée par un technicien appelé à un très grand avenir : Alex Ferguson.

Dundee

Dundee est arrosée par la rivière Tay

Cette ville du nord-est de l'Ecosse située à 100km au nord d'Edimbourg sur la rive nord de l'estuaire du Tay est la quatrième ville d'Ecosse avec ses 170000 habitants.

Site occupé depuis l'âge de fer, il connait un premier dévellopement avec les Pictes.

Elle profite à plein de la Révolution Industrielle notamment dans l'industrie textile et agro-alimentaire, Dundee étant également le principal port baleinier des îles britanniques.

Comme la ville à connu la prospérité grâce à l'industrie du jute, de la marmelade et du journalisme la ville de Dundee à été surnommée jute jam & journalism city.

Comme toutes les villes industrielles, Dundee à  connu une grave crise, de nombreuses usines fermant ce qui entraina une important émigration, la ville ayant perdu presque 40000 habitants en trente ans.

La situation s'est cependant redressée avec le dévellopement des centres de recherche dans les technologies de pointe notamment dans le domaine médical et celui des technologies de l'information et du divertissement.

Ville la plus écologique d'Ecosse, elle est jumelée avec Pittsburgh, la ville américaine ayant connu le même chemin que Dundee, passant d'une industrie lourde surpuissante à une économie tertiaire et nettement plus verte.

La ville est jumelée avec Orléans (1946), Wurtzbourg (1959), Zadar (1959), Alexandria (1974), Naplouse (1980) et Dubaï (2004).

Sur le plan politique, la ville est gérée par un conseil municipal de 29 membres actuellement dominé par les conservateurs, conseil élu pour six ans tout comme le mer (lord provost).

Au niveau des transports, on trouve un aéroport régional et deux gares. Les transports en commun s'appuient sur un réseau de bus dévellopé.

Dumfries


Cette ville du sud-ouest du pays est une ville modeste avec seulement 38000 habitants et doit essentiellement son importance à son statut de capitale régionale.

Sa modestie s'explique par le fait qu'elle est isolée de la conurbation Glasgow-Edimbourg (The Belt) par les South Upplands dont certains sommets culminent à plus de 800m d'altitude. Ses activités principales sont essentiellement l'industrie agro-alimentaire et le tourisme

Inverness


Peuplée de près de 60000 habitants, cette ville du nord-ouest de l'Ecosse est implantée au fond de la rivière Ness doit sa prospérité à la présence d'un port important et de l'une des deux grandes bases navales de la Royal Scotish Navy (l'autre étant Faslane sur la Clyde). C'est aussi une capitale régionale, celle de la région des Highlands.

Lochmaddy


Ville très modeste dont la présence dans cette rubrique tient au simple fait qu'elle est une capitale régionale, étendant son autorité sur les Hebrides.

Kirkwall


Peuplée de 8686 habitants, c'est la capitale régionale des Orcades

Lerwick


Peuplée de 7700 habitants, c'est la capitale régionale des Shetlands.

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
Loïc Charpentier
Lieutenant de vaisseau
Lieutenant de vaisseau
avatar

Masculin
Nombre de messages : 2879
Age : 71
Ville : Oberbronn
Emploi : retraité "actif"
Date d'inscription : 24/01/2013

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Ven 17 Nov 2017, 19:25

Bonsoir,
Il va p'têt y avoir un "petit" problème avec la marine "écossaise", car tout ce qui est militaire et qui flotte, dans le coin, est...anglais! La Royal Navy, même, si les gallois, les irlandais du Nord et les écossais y servent, est, historiquement, une propriété anglaise. Le pavillon réglementaire de la RN est explicite, croix rouge sur fond blanc (les armes de l'Angleterre) - avec un rappel Great Britain dans le coin supérieur gauche, c'est tout! -. Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Lun 20 Nov 2017, 21:30

Loïc Charpentier a écrit:
Bonsoir,
Il va p'têt y avoir un "petit" problème avec la marine "écossaise", car tout ce qui est militaire et qui flotte, dans le coin, est...anglais! La Royal Navy, même, si les gallois, les irlandais du Nord et les écossais y servent, est, historiquement, une propriété anglaise. Le pavillon réglementaire de la RN est explicite, croix rouge sur fond blanc (les armes de l'Angleterre) - avec un rappel Great Britain dans le coin supérieur gauche, c'est tout! -. Wink  

J'avoue ne pas comprendre le sens de votre remarque (soit c'est simple ou alors je suis très fatigué) scratch scratch

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Lun 20 Nov 2017, 21:49

2-HISTOIRE

A-Préhistoire et Antiquité, l'Ecosse terre insoumise

Les recherches archéologiques ont montré que les traces les plus anciennes d'implantations humaines datent environ de 8500 a.C. Néanmoins, la dernière période interglaciaire (-130000 à -70000) au climat plus chaud aurait pu permettre à des sociétés humaines de s'implanter en Ecosse mais la dernière glaciation à peut être effacé ces traces et l'Ecosse n'est redevenue habitable que vers 9600 a.C.

Ces implantations étaient ceux de population nomades, la sédentarisation datant du Néolithique à partir du IVème Millénaire notamment dans les Orcades et dans les Hébrides.

A partir du VIIIème siècle, l'Ecosse se celtise avec l'arrivée probablement pacifique des celtes britanniques, la présence de nombreuses fortifications montrant des populations guerrières même si certains préhistoriens estiment que ces fortifications peu entretenues étaient plus symboliques que réellement efficaces.

Longtemps, les différentes civilisations ont été des civilisations orales, l'écriture utilisée épisodiquement est généralisée et devient d'usage courant avec l'invasion romaine. Ces derniers qui ont pris pied sur l'île de Bretagne en -43 mettent près de quarante ans à entrer en Ecosse dans l'optique de contrôler toute l'île.

En dépit de leur savoir-faire militaire, les romains ne parviendront jamais à soumettre les Pictes, un peuple fort turbulent à tel point que les romains durent se replier derrière plusieurs séries de fortifications dont les plus célèbres exemples sont les murs d'Hadrien et d'Antonin, renonçant à conquérir et à romaniser la Calédonie.


Les Pictes tels qu'ils étaient imaginés dans un manuel britannique du XIXème siècle

Le premier mur relie l'embouchure de la Tyne au Solway Firth et est construit à partir de 122 p.C alors que le second traversant d'est en ouest l'isthme Forth-Clyde vers 140 p.C mais en dépit d'une longueur plus courte qui le rend plus facile à défendre, il sera évacué à peine plus de vingt ans après sa construction en 164 p.C.


Reconstitution du mur d'Hadrien et ci-dessous la carte des deux murs séparant la civilisation des "barbares


Les romains confrontés à des invasions germaniques endémiques à partir de la fin du IVème siècle décident d'évacuer l'île de Bretagne en 407, Constantin III rapatriant les légions insulaires sur le continent, laissant les britto-romains se défendre seuls contre les invasions des peuples germaniques qu'il s'agisse des scots, des jutes, des saxons, des angles en attendant bien plus tard les vikings .


Saint Colomba

C'est aussi à cette période que commence la christianisation de l'Ecosse et ce dès la fin du 4ème siècle, cette nouvelle religion apporté par Saint Ninian se répandant dans le sud et l'est de l'Ecosse sans oublier le nord de l'Angleterre, laissant cependant de marbre les pictes qui ne se convertirent au christianisme qu'à partir de 563 avec l'arrivée de Saint Colomba, la conversion de leur roi Brude qui régnait de 556 à 584 étant un événement décisif.


Statue de Saint Ninian

La cohabitation entre Pictes et Scots devient de plus en plus conflictuelle et finit par aboutir au Xème siècle au triomphe des seconds sur les premiers, le tout sur fond de raids vikings et des convoitises des royaumes anglo-saxons sur l'Ecosse notamment le puissant royaume de Wessex.

B-Anglais contre Ecossais : une lutte de trois siècles (1066-1357)


Statue de Guillaume le Conquérant

En 1066, le duc de Normandie Guillaume le Batard (qui n'est pas encore le Conquérant) débarque sur l'île de Bretagne pour faire respecter ses droits à la succession, droits qu'il tient d'Edouard le Confesseur mais que d'autres candidats lui conteste.


Représentation fantaisiste de Malcom III

Le roi d'Ecosse Malcom III (1031-1093, roi à partir de 1058) fait le pari de soutenir le principal rival de Guillaume en l'occurance Edgar Atheling, petit neveu d'Edouard le Confesseur qui devient son beau frère en épousant la soeur d'Edgar prénomée Marguerite.

Guillaume Le Conquérant envahit l'Ecosse en 1072 mais plutôt que de l'affronter, Malcom III préfère se soumettre en versant un tribu et en donnant son fils Duncan en otage. L'Ecosse va ainsi rester sous influence anglaise, Londres soutenant l'une et l'autre des factions qui disputent le pouvoir dans le lointain royaume.

Outre l'influence politique, cette influence fût religieuse (l'Eglise d'Ecosse se purge de ses scories celtiques et reconnaît le pape comme chef suprême de la chrétienté) et sociale avec l'introduction du système féodal.

En 1174, le roi Henri II Plantagenêt défait le roi d'Ecosse Guillaume 1er qui déporté en Normandie dû reconnaître que le roi d'Ecosse était vassal du roi d'Angleterre. Néanmoins, cette vassalité fût annulée en 1189 après que Guillaume 1er eut participé au financement de la croisade de Richard Coeur de Lion.

Globalement les XIIème et XIIIème siècle sont marqués par des relations cordiales entre l'Ecosse et l'Angleterre mais tout change à la mort d'Alexandre III en 1286.

Ce dernier laisse pour héritière une fille prénomée Marguerite promise à Edouard, fils d'Edouard 1er Longshanks ce qui pourrait conduire à une union des deux royaumes de l'ancienne Britannia romaine mais la petite fille âgée de sept ans meurt lors de la traversée entre Bergen et l'Ecosse, laissant vacant le royaume d'Ecosse et ouvrant la voie à une interminable querelle de succession dont va profiter Edouard 1er.

Celui-ci profite de la naïveté et/ou de la cupidité des nobles écossais qui lui demande de servir de juge de paix pour désigner le nouveau roi d'Ecosse entre les nombreux prétendants. A l'issue de la Great Cause, il choisit en 1292 Jean Balliol qui se révèle être une marionnette du roi d'Angleterre.

Sommé de fournir des troupes pour l'invasion de la France, le roi d'Ecosse avertit Phillipe IV Le Bel des intentions anglais. Un traité assistance mutuelle et réciproque est alors signé entre l'Ecosse, la Norvège et la France le 23 octobre 1295, c'est le début de la Auld Alliance qui restera en vigueur jusqu'en 1560 et le basculement de l'Ecosse dans le camp réformé.

C'est ainsi que commence la première guerre d'indépendance de l'Ecosse (1296-1398) qui est d'abord favorable aux forces anglaises qui battent l'armée écossaise à Dunbar en mars 1296 ce qui pousse Jean Balliol à abdiquer au mois de juillet.


Un temps la pierre du destin fût utilisée pour le couronnement des rois d'Angleterre

La pierre du destin (The Scone) sur lequel les souverains écossais étaient couronnés est transportée en Angleterre, les nobles écossais faisant leur soumission à Edouard 1er.


William Wallace

Dès l'année suivante (1297), les écossais se révoltent avec notamment l'action de William Wallace  dont les faits d'arme ont pris un tour légendaire avec notamment le film de Mel Gibson Braveheart dont l'exactitude historique est quasi-nulle. Le 11 septembre 1297, l'armée ecossaise dirigée par William Wallace défait les forces anglaises à Stirling.

Plusieurs raids écossais sont ainsi menés dans le nord de l'Angleterre, obligeant Edouard 1er à envoyer toujours plus de troupes contre le désormais Gardien de l'Ecosse. Le 22 juillet 1298, les forces de William Wallace sont écrasées à Falkirk, obligeant «Braveheart» à fuir et à se cacher jusqu'à sa capture et son exécution en 1305.


Robert Bruce

La guerre continue sous la direction de Robert Bruce et de John Comyn. En février 1304, le château de Stirling tombe aux mains des anglais, obligeant les écossais à négocier.

L'Ecosse semblait apaisée mais les deux leaders de la lutte pour l'indépendance se disputèrent, Robert Bruce finissant par tuer John Comyn en 1306 qui avait informé Edouard 1er de la volonté de Robert Bruce de devenir roi d'Ecosse.

Dans un premier temps, Robert Bruce fût défait à plusieurs reprises, devant même se cacher pour échapper aux anglais mais en 1307, il reprit la lutte, profitant notamment de la mort d'Edouard 1er (juillet 1307) et de la faiblesse d'Edouard II qui fût ainsi défait à la bataille de Bannockburn (23 et 24 juin 1314).


Edouard II d'Angleterre

Ce n'est cependant que le 1er mai 1328 que l'indépendance de l'Ecosse est reconnue par Edouard III qui donna sa soeur Jeanne en mariage à David, fils et héritier de Robert 1er (traité d'Edimbourg-Northampton).

La mort de Robert Bruce le 7 juillet 1329 laisse la couronne d'Ecosse à un roi de 4 ans, situation toujours périlleuse («Malheur au royaume dont le roi est un enfant») dont veux profiter Edouard III qui soutenu par certains nobles écossais va provoquer le début de la Deuxième Guerre d'Indépendance (1332-1357).  

A la bataille de Dupplin Moor le 11 août 1332, la petite armée d'Edouard Balliol, fils de Jean bat l'armée écossaise pourtant plus nombreuse, obligeant Edouard III qui avait fermé les yeux jusque là à soutenir le nouveau roi d'Ecosse  qui est pourtant battu et doit fuir en octobre 1332, poursuivit par les forces loyales au roi David ce qui donne un pretexte d'intervention à Edouard III.

David II s'exila en France pendant qu'en Ecosse, plusieurs gardiens continuaient la lutte contre Edouard III et Edouard Balliol, négociant cependant une trêve en 1336 mais la paix échoua sur le refus de David 1er de laisser Edouard Balliol sur le trône et de lui succéder sur le trône car ce dernier n'avait pas d'enfants.

La seconde guerre d'indépendance s'acheva pour ainsi dire en 1338, Edouard III ayant tourné ses forces vers le royaume de France qu'il revendiquait contre Phillipe VI de Valois. Ce dernier était le neveu de Philippe le Bel et le cousin de Charles IV, dernier capétien direct.

Sur le papier ses droits étaient moins solides que ceux d'Edouard III qui était le fils d'Isabelle, la «Louve de France», elle même fille de Phillipe IV le Bel mais depuis la succession de Louis X le Hutin, on avait estimé que les femmes ne pouvaient régner («le lys ne fil pas»), ressortant pour cela une loi des francs saliques habilement utilisée.

David II revint en Ecosse en juin 1341, soutenant la France en servant d'allié de revers jusqu'à sa défaite à la bataille de Neville's Cross le 17 octobre 1346 où il est capturé et détenu dix ans à la tour de Londres avant d'être libéré suite au traité de Berwick le 3 octobre 1357, la rançon exigée par les anglais ne sera jamais payée intégralement.  

C-Indépendance et réforme

Une indépendance fragile, une royauté chaotique (1371-1542)

L'Ecosse va alors connaître près de quatre siècles d'indépendance. Cette période va être cependant une période troublée avec de nombreux conflits contre l'Angleterre et la lutte entre catholiques et réformés.

En 1371, David II, dernier roi de la maison Bruce meurt sans descendants après un règne chaotique et lui succède Robert II Stewart, petit-fils par sa mère de Robert 1er Bruce. C'est le premier roi de la dynastie Stewart (francisé par Marie 1ère, fille de Jacques V en Stuart).

La rivalté avec l'Angleterre persiste illustrée en 1406 quand le futur Jacques 1er envoyé en France pour être mis à l'abri des coups tordus de la noblesse écossaise _notamment de son oncle le duc d'Albany_ est capturé par les anglais.

Il ne sera libéré qu'en 1424 après le paiement de la rançon, revenant en Ecosse avec une épouse anglaise, Jeanne de Beaufort. Il rétablit l'autorité royale, réforme le royaume, se faisant tellement d'ennemis qu'il est assassiné au couvent dominicain de Perth le 21 février 1437.

Son fils Jacques II lui succède, régnant de 1437 à 1460 et poursuit la politique de son père. Il tenta de profiter de la guerre des Deux Rose qui frappait l'Angleterre pour agrandir son royaume mais mouru accidentellement au siège de Roxburg

Son fils Jacques III né en 1452 lui succède donc et comme son père est mineur au moment de son avènement ce qui est rarement synonyme de paix et d'ordre dans le royaume. Huit ans plus tard, il se marie avec Marguerite de Danemark qui lui apporte en dot les Orcades et les Shetland.


Jacques IV

Comme son grand père Jacques 1er, il est assassiné au cours d'une nouvelle guerre civile, son fils Jacques IV né en 1473 lui succède en 1488 en ayant servit contre son gré de chef nominal aux clans opposés au roi régnant. Il agrandit encore le territoire national en récupérant les Hébrides.

En 1503, il épouse Marguerite Tudor, fille d'Henri VII et soeur du futur Henri VIII, enclenchant le mécanisme d'union entre l'Angleterre et l'Ecosse. Le règne de Jacques IV est marqué par plusieurs conflits avec l'Angleterre mais surtout par un intense dévellopement artistique lié à la Renaissance qui réussit à toucher la lointaine Ecosse.

En 1512, le traité de 1295 instituant la Auld Alliance est renforcé, les ressortissants écossais devenant ressortissants français et inversement. A noter que ce statut n'est supprimé qu'en 1903 en France et en 1945 en Ecosse même si par tradition, les français souhaitant s'installer en Ecosse bénéficiait d'un traitement de faveur notamment quand ils souhaitent devenir citoyens écossais, la procédure étant accélérée par rapport aux ressortissants d'autres pays.

Ce traité à cependant des conséquences funestes car il prévoit une assistance automatique entre l'Ecosse et la France.

Henri VIII ayant attaqué François 1er, Jacques IV est obligé d'envahir l'Angleterre. Il est défait et tué le 9 septembre 1513 à la bataille de Flodden Field, laissant l'Ecosse aux mains de régents, régnant au nom de Jacques V alors agé d'un an et demi.


Jacques V

Il ne commence à régner qu'en 1528, matant les rébellions dans les Highlands, les Orcades, les Shetland et les Hébride. Son rège peut être considéré comme réussi jusqu'à un nouveau désastre militaire le 24 novembre 1542 quand l'armée écossaise est battue par les anglais à Solway Moss, le roi absent du champ de bataille mouru un mois plus tard, laissant une fille de six jours, la future Marie Stuart, fille que Jacques V eut avec Marie de Guise.

Sur son lit de mort, Jacques V en voyant sa fille aurait dit «Cela à commencé par un fille et cela finira par une fille». Il ne croyait pas si bien dire....... .

La réforme et les deux Marie (1542-1587)

Marie de Guise. Quand lui proposa d'épouser Henri VIII, elle répondit "J'ai le cou trop court" en référence à la manie de Henri le huitième de décapiter ses épouses

La mort de Jacques V laisse à nouveau l'Ecosse en pleine incertitude. La régence est confiée au comte d'Arran qui doit cependant composer avec Marie de Guise, la mère de Marie Stuart et surtout avec la volonté du vieux roi Henri VIII qui tente d'unir son jeune fils Edouard à l'unique héritière de la couronne d'Ecosse dans le but évident de rattacher l'Ecosse à l'Angleterre.

Ce projet n'aboutira pas en dépit de plusieurs opérations militaires anglaises. En 1547, Henri VIII et François 1er passent de vie à trépas, laissant leurs trônes à Edouard VI et à Henri II.

Ce dernier est un opposant farouche aux anglais. Influencé par les Guise, frères de Marie de Guise et oncles de Marie Stuart, il accepte l'idée d'un mariage entre Marie et son fils et héritier François.


Marie Stuart


En 1548, Marie Stuart quitte l'Ecosse pour la France ce qui la met à l'abri des menées anglaises, sa mère restant en Ecosse pour protéger les intérêts français malmenés notamment par les protestants.

En effet, depuis le début du XVIème siècle, les idées réformées venues de Suisse et d'Allemagne étaient entrées en Ecosse, aboutissant en 1528 à l'exécution sur le bucher de Patrick Hamilton, le premier martyr protestant.

En dépit de l'action du Parlement et de la répression, les réformés ne cessèrent de croitre en nombre et en influence au grand dam de Marie de Guise, farouche catholique. Cela n'empêcha pas la reine-douarière de soutenir les pasteurs protestants pour contenir l'Angleterre alors dirigée par une reine catholique, Marie Tudor (1553-58).

Néanmoins, cette alliance contre nature ne dura pas. Le mariage de Marie Stuart et de François II en avril 1558 laisse craindre aux protestants que l'Ecosse soit réduite à terme au statut de simple province du royaume de France surtout si Marie donnait naissance à un fils.

L'année précédente en 1557, un groupe de lord écossais, les «Lords de la Congrégation» établit un covenant (assemblée) pour soutenir la réforme ce qui entraine en 1558-59 une flambée iconoclaste.

L'avénement d'Elisabeth 1er encouragea les réformateurs à s'opposer à la régente qui après avoir tenté de résister du renoncer au profit des négociations destinées à simplement gagner du temps, chaque camp attendant le soutien soit de la France soit de l'Angleterre.

Les protestants prirent l'avantage en janvier 1560 quand une flotte anglaise arriva dans le Firth of Forth. Le traité de Berwick signé en février 1560 scelle l'alliance entre protestants écossais et l'Angleterre mais ce traité devient vite caduque suite à la mort de Marie de Guise en juin 1560.

Un nouveau traité, le traité d'Edimbourg est signé. Ce traité prévoit le retrait des troupes étrangères mais reste particulièrement favorable aux protestants qui deviennent clairement les maitres du jeu.

Un parlement est ainsi réunit le 10 juillet 1560 qui enterine le basculement de l'Ecosse dans le camp réformé.

Le 17 août, le Parlement approuve la réforme de la confession de foi qui devint la confession de foi écossaise avec seulement deux sacrements sur sept, donnés uniquement par des pasteurs réformés, la célébration de la messe pouvait être passible de mort et l'autorité du pape en Ecosse rejetée.

C'est dans ce contexte houleux qu'arrive en Ecosse la très catholique Marie Stuart. Cette dernière avait embarqué à Calais en juin 1561 après avoir été une éphémère reine de France (1559-60). Peu préparée aux intrigues de cours, son catholicisme intransigeant va lui aliéner bien des sympathies.

Même la naissance d'un héritier, Jacques le 18 juin 1566 ne lui fût d'aucun secours face aux protestants menés par son frère naturel. Mariée successivement à lord Darnley puis au comte de Bothwell, Marie Stuart fût arrêtée par un groupe de nobles et emprisonnée. Le 24 juillet 1567, elle abdiqua en faveur de son fils Jacques.

Elle réussit néanmoins à s'évader le 2 mai 1568 mais battu à Langside le 13 mai, elle se réfugia en Angleterre, espérant trouver du soutien auprès de «sa soeur» Elisabeth mais elle ne fit que se jeter dans la gueule du loup.

A l'issue d'une interminable captivité de près de vingt ans, accusée  de complot pour assassiner Elisabeth 1er (a-t-elle éta victime d'un agent provocateur ou de son imprudence ?), Marie Stuart est exécuté au château de Fotheringhay le 8 février 1587, faisant entrer cette femme deux fois reine dans la légende.


L'immense Katherine Hepburn (4 oscars de meilleure actrice) à joué le rôle de Marie Stuart dans le film éponyme de 1936


A SUIVRE

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
JJMM
Matelot de 2ème classe
Matelot de 2ème classe
avatar

Masculin
Nombre de messages : 140
Age : 68
Ville : Lotharingie
Emploi : Casquette à carreaux
Date d'inscription : 07/06/2017

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Mar 21 Nov 2017, 08:26

Bonne idée et merci à toi de la partager Clausewitz ! thumright
J'aime assez ces créations imaginaires, au moins on est sûr de ne pas être déçu !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.eeforbin.fr
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Mar 21 Nov 2017, 12:53

Merci

J'avais fait une première version assez moyenne. J'avais tenté une deuxième version mais je n'étais pas allé au bout. J'ai finalement décidé de reprendre et cette fois d'achever cette uchronie qui fait 549 pages sous open office

Je pense poster la suite demain

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Mer 22 Nov 2017, 17:59

D-L'Ecosse, la guerre civile anglaise et le Commonwealth

Un Stuart sur le trône d'Angleterre !

Jacques 1er

Agé d'à peine un an lors de son avénement, Jacques VI est donc soumis à une noblesse turbulente qu'il se chargera de mettre au pas quand il commencera son règne personnel en 1582.

En 1587, l'exécution de Marie Stuart va paradoxalement favoriser son avenir. Il dénonce sa mère _qui avait proposé un règne commun_ et l'exécution de Marie Stuart ouvre la voix à sa succession, la reine Elisabeth 1ère étant sans enfants et l'héritier le plus proche est le roi d'Ecosse, Jacques VI étant  l'arrière-arrière-petit fils d'Henri VII, grand-père d'Elisabeth 1ere.

En novembre 1590, il épouse à Oslo Anne de Danemark qui lui donnera huit enfants mais seulement trois atteindront l'âge adulte : Henri-Frederic mort à 18 ans et longtemps héritier de la couronne, Elisabeth princesse palatine et future épouse de Frederic V, le roi d'un hiver et enfin Charles, le futur Charles 1er.

Partisan de la monarchie absolue, il peut l'imposer en Ecosse mais aura  bien plus de difficultés à l'imposer en Angleterre où le parlementarisme est fortement ancré.

Dès 1601, certains ministres d'Elisabeth dont Robert Cecil correspondent avec le roi d'Ecosse à l'insu de la «Reine vierge» pour préparer une transition sans heurts. Elisabeth 1ère meurt le 24 mars 1603 à l'aube et Jacques VI est proclamé roi d'Angleterre quelques heures plus tard sous le nom de Jacques 1er.

C'est en effet une union personnelle, sans fusion des deux royaumes en dépit des espoirs de Jacques VI/1er.

En quittant Edimbourg le 5 avril 1603, Jacques promet de revenir tous les trois ans, une promesse qu'il ne tiendra jamais, le nouveau roi d'Angleterre ne venant qu'une fois dans son ancien royaume en 1617.

Un roi absolu pour l'Angleterre et l'Ecosse

Charles 1er

Jacques 1er meurt en 1625 et son fils cadet Charles lui succède sous le nom de Charles 1er. Comme son père, il est convaincu d'être un roi de droit divin et veut imposer l'absolutisme à l'Angleterre et à l'Ecosse.

Il n'à cependant pas l'intelligence et le sens politique de son père, Charles 1er ayant une personnalité rigide peu capable de compromis. Côté parlementaire, la souplesse n'est également pas vraiment de mise.

Il serait intéressant de comparer les situations de l'Angleterre et de la France à cette époque. Les deux pays connaissent alors une crise politique, un débat de fond résumé par cette formule lapidaire : monarchie absolue ou temperée ? Si en France, la monarchie absolue va triompher après le conflit de la Fronde, en Angleterre c'est le parlementarisme qui va l'emporter à l'issue de près de vingt ans de conflit.

Je ne vais pas ici parler en détails des guerres civiles anglaises, me concentrant sur ce qui concerne l'Ecosse qui délaissée par les Stuarts (Charles 1er n'est couronné roi d'Ecosse qu'en 1633, huit ans après son avénement) va pourtant enclencher le mécanisme de la guerre civile et de l'exécution du roi.

Le conflit politique se double d'un conflit religieux. Marié à une catholique _Henriette de France, fille d'Henri IV et soeur de Louis XIII_, il est soupçonné par les puritains _dominants à Westminster_ de vouloir rétablir le catholicisme.

Alors que Charles 1er gouverne sans parlement depuis 1629, un conflit couve en Ecosse. Bien qu'officiellement calviniste, elle dispose d'évêques, une introduction tardive qui répond à la célèbre formule de Jacques VI/1er «pas d'évêques pas de roi».

La guerre des évêques

La poudrière écossaise détonne quand en 1637, Charles 1er à l'idée saugrenue d'introduire en Ecosse un nouveau livre de prières, de style anglican dans l'Eglise écossaise contre l'avis des principaux évêques et sans aucune concertation.

Cela provoque une coagulation des mécontentements, ceux des presbytériens et des nobles écossais qui se sentent délaissé par le roi d'une dynastie d'origine écossaise. En février 1638 est publié un manifeste commun pour une «Convention nationale» (National Covenant).  

Les opposants au roi se trouvent un nom : les covenantaires. L'Eglise d'Ecosse devient officiellement presbytérienne au grand dam de Charles. La guerre devient inévitable mais le roi d'Angleterre se heurte à un  problème : pour lever une armée, il à besoin de fonds et pour avoir des fonds il doit réunir un parlement.

Il préfère monter une armée faite de bric et de broc qui échoua faute d'une stratégie claire et de soldats insuffisament entrainés. Les convenantaires n'étaient pas mieux préparés mais leur moral supérieur triompha des forces royales. Les deux adversaires épuisés furent obligés de négocier aboutissant à la paix de Berwick le 18 juin 1639, une paix provisoire cependant.

Moins d'un an plus tard, en avril 1640, Charles 1er se résout à réunit un parlement pour que celui-ci vote les subsides nécessaires à la guerre.

Le fils de Jacques 1er est confiant. Possédant une lettre des écossais demandant l'arbitrage de Louis XIII _ce qui peut constituer un cas de haute trahison_ , il espère faire pencher le parlement de son côté mais le  Court Parlement (avril 1640) refuse de voter les crédits nécessaires pour une nouvelle guerre.

La guerre est pourtant inévitable et ce ne sont pas les anglais qui tirent les premiers mais les écossais qui franchissent la frontière le 17 août et battent les forces nordistes du roi à Newburn.

Un traité provisoire  est signé à la fin du mois d'octobre, très favorable aux écossais suivit de la signature du traité de Londres, ratifié par le roi en août 1641.

L'Ecosse et les guerres civiles anglaises

Un an plus tard, la guerre civile éclate entre le parlement et le roi, c'est la première guerre civile anglaise qui commence donc le 22 août 1642 par le soulèvement des parlementaires et s'achève en 1646 quand l'armée royale essentiellement composée d'Ecossais doit  se replier à Southwell.


30 janvier 1649 : 144 avant la France, l'Angleterre exécute son roi

Elle est suivit d'une deuxième guerre civile qui s'achève le 30 janvier 1649 par l'exécution du roi Charles 1er à Londres, marquant la chute de la monarchie Stuart sur l'Angleterre.

Paradoxalement l'Ecosse qui avait été indirectement à l'origine de la guerre civile anglaise se rallie au fils du roi martyr qui est proclamé roi des écossais dès le 5 février 1649 alors que le parlement croupion abolit le 7 février la monarchie anglaise (l'Act abolishing the kingship est voté le 17 mars 1649).

Le 1er mai 1650 est signé le traité de Breda entre Charles II et les covenantaires. C'est une véritable alliance contre-nature mais qui répond à un changement majeur.


Oliver Cromwell

Oliver Cromwell chef des parlementaires n'est pas un homme à faire des sentiments. Les terribles exactions commises en Irlande font craindre le pire aux écossais (pour l'anecdote, le char Cromwell fût rebaptisé Dragon au sein de la Royal Scotish Army).

Les forces fidèles à Charles II sont défaites à Dunbar le 3 septembre 1650 ce qui oblige le roi à accepter toutes les revendications des convenentaires ce qui lui permet d'être couronné roi des Ecossais le 1er janvier 1651. Cela ne change rien au cour de  la guerre civile qui se termine par la défaite des  royalistes à Worcester le 3 septembre 1651, obligeant Charles II à fuir en France.
 
Le Commonwealth et la restauration

De 1651 à 1654, une résistance royaliste non négligeable se poursuivit en Ecosse bien qu'elle soit largement diffuse depuis la prise du château de Dunnotar (au sud de Stonnehaven dans l'Aberdeenshire) en mai 1652.

Dès le 28 octobre 1651, le parlement croupion avait annoncé la fin de l'indépendance de l'Ecosse qui perdait son parlement à Edimbourg au profit de trente sièges à Westminster (le traité d'union fût avalisé par le lord protecteur Oliver Cromwell le 12 avril 1654 et voté officiellement le 26 juin 1657).


Le général Monk

Durant tout l'Interègne (1649-1660), le véritable «patron» est le général Monck qui commandait les troupes parlementaires déployées dans une Ecosse encore troublée notamment dans les insoumises Highlands. Le brigandage se développa, essentiellement le fait de déserteurs de l'armée parlementaire et d'anciens royalistes.  

Le 3 septembre 1658, Oliver Cromwell meurt à Londres laissant incertain l'avenir de l'Angleterre et de l'Ecosse. Le fils du défunt lord protecteur Richard succèda à son  père mais il était loin d'en avoir l'étoffe..

Bien vite, le général Monck comprit que la seule solution viable était le retour des Stuart sur le trône des royaumes d'Irlande, d'Ecosse et d'Angleterre et plus précisément le retour de Charles II en exil sur le continent. Il était pour cela soutenu par une partie de l'armée qui ne croyait pas en la poursuite du Commonwealth maintenant qu'Oliver Cromwell était passé de vie à trépas. Un coup d'état militaire déposa Richard Cromwell le 6 mai 1659 et s'en suivit une période incertaine où plusieurs factions s'affrontèrent.

Le général Monck ne tarda pas à gagner l'Angleterre depuis l'Ecosse, allant au devant d'une armée dirigée par le général Lambert, armée qui se rallia au général Monck qui ne tarda pas à prendre Londres et à restaurer le Long Parlement en décembre 1659.


Charles II

Ce n'est cependant que le 8 mai 1660 que la Convention Parlementaire proclama que Charles II était roi depuis l'exécution de Charles I, effaçant d'un trait de plume plus de dix ans d'histoire. Le fils du roi martyr quitta La Haye le 23 mai, débarqua à Douvres le 25 mai et entra le 29 mai à Londres. Il est couronné à l'abbaye de Westminster le 23 avril 1661.  

E-De la Glorieuse Révolution à l'Acte d'Union (1688-1707)

Comme son père Charles 1er, Charles II s'intéresse peu à l'Ecosse, préférant consolider son pouvoir en Angleterre à la différence de son frère Jacques duc d'York qui est très présent en Ecosse, se préoccupant notamment de la pacification des Highlands.

Pire même, Charles II _que l'on accusait d'être crypto-catholique_ avait tenté de réintroduire des évêques dans l'église presbytérienne, provoquant une révolte durement réprimée en 1679.

Charles II n'ayant pas d'enfants légitimes, tôt ou tard son frère lui succédéra et le fait qu'il soit catholique inquiète le Parlement qui l'avait déjà privé de son titre de Lord de l'Amirauté suite au Test Act de 1673 qui imposait que tous les titulaires de grands offices soit de confession anglicane.

Inquiétude à dire vrai mesurée car il était sans héritier mâle et l'hériter le plus proche _sa soeur ainée Marie_ était une bonne protestante mariée qui plus est avec Guillaume II, stadhouder des Provinces Unies.


Jacques II

Jacques II succéda à son frère en 1685 et sa volonté de tolérance religieuse bien que peu appréciée ne suscita pas une opposition farouche.

Tout changea le 10 juin 1688 quand sa seconde épouse Marie de Modène donna naissance à un fils appelé Jacques comme son père. La perspective de voir un roi catholique à nouveau sur le trône d'Angleterre inquiéta le parlement.

Ce conflit provoqua  ce que les historiens ont appelé la Glorieuse Révolution qui concerne certes d'abord et avant tout l'Angleterre mais à de sérieuses conséquences sur l'Ecosse qui impose à Marie II Stuart et à Guillaume III le Claim of Rights équivalant du Bill of rights.


Guillaume III d'Orange Nassau

La majorité des écossais soutiennent Guillaume d'Orange mais une partie d'entre-eux prend fait et cause pour le roi déchu notamment dans la région des Highlands, une première révolte jacobite secouant la région en 1689-90. La défaite de Jacques II à la bataille de La Boyne en 1690 met cependant fin à cette révolte et éteint l'espoir d'une restauration rapide du roi déchu.

La fin du XVIIème siècle est particulièrement difficile pour l'Ecosse notamment au niveau économique avec de mauvaises récoltes. De plus comble de l'absurde alors que l'Ecosse et l'Angleterre ont un même souverain, ils se voient refuser l'accès aux colonies anglaises.

Mieux même, Londres fait tout pour torpiller le projet Darien d'une colonie écossaise au Panama afin de ne pas mécontenter l'Espagne alors alliée de l'Angleterre contre la France de Louis XIV, France louis-quatorzienne où de nombreux jacobites se sont réfugiés.


Statue d'Anne Stuart

Cet échec précipitera l'union des deux royaumes qui feront qu'un à partir de 1707 quand est voté sous le règne d'Anne Stuart, l'Acte d'Union pour éviter le retour d'un roi catholique.

C'est la fin définitive pense-t-on de l'indépendance de l'Ecosse........ .

F-Rébellions jacobites et renaissance écossaise (1707-1745)

Une première tentative avortée : le «quinze»

Le mouvement jacobite (du latin jacobus, le nom latin de Jacques II) va profiter du contexte géopolitique européen avec la guerre de Succession d'Espagne qui voit la France affronter la quasi-totalité de l'Europe, cette guerre ayant pour origine l'arrivée du duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV sur le trône d'Espagne et le refus de son grand-père de l'exclure de la succession au trône de France.  

Le «Vieux Prétendant» bénéficie du soutien de la France qui embarque à Dunkerque avec 6000 soldats français et trente navires de guerre, le corps expéditionnaire étant commandé par le maréchal de Matignon et la flotte par l'amiral Forbin. Cette expédition échoue en raison de la supériorité de la Royal Navy (23 mars 1708).

Le 1er août 1714, Anne Stuart meurt et lui succède non pas le Vieux Prétendant mais l'électeur de Hanovre, Georges 1er (arrière petit-fils de Jacques 1er). Des jacobites d'Angleterre tente de se révolter mais la révolte est vite écrasée sauf en Ecosse avec la première révolte jacobite de 1715.

Le contexte international n'est cependant pas favorable puisque la paix est revenue en Europe avec le traité d'Utrecht qui à mis fin en 1714 à la guerre de succession d'Espagne.

Le 6 septembre 1715, le comte de Mar proclame Jacques comme souverain légitime et son armée s'empare de Perth le 14 septembre. Indécis, il reste à Perth, attendant l'arrivée de renforts mais ces renforts sont ralentis par des clans loyalistes alors que les révoltes prévues dans le Devon et au Pays de Galles sont tuées dans l'oeuf.

Les forces jacobites se disputent, les highlanders notamment refusent de marcher vers l'Angleterre, se mutinant ou faisant défection. Les forces gouvernementales avancent, les jacobites ne pouvant compter sur le soutien du Vieux Prétendant qui n'est en Ecosse que du 22 décembre 1715 au 4 février 1716.

En 1719, ce sont les espagnols qui soutiennent le mouvement jacobite. Deux frégates débarquent un élément précurseur mais le corps principal (27 navires et 5000 soldats) est dispersé par les tempêtes.

Isolés, les 300 soldats espagnols doivent finalement se rendre aux forces gouvernementales à la bataille de Glen Shiel.

Bien que la révolte ait été écrasée, Londres se préoccupe de soumettre les Highlands mais cette région hostile et sauvage reste largement indisciplinée.

Le «Quarante Cinq»

En 1740, éclate la guerre de Sucession d'Autriche suite au refus de la Prusse, de la Bavière et de la France de respecter la pragmatique sanction de 1738 réservant la succession de Charles VI à sa fille Marie Thérèse.

L'Angleterre soutenant l'Autriche, les jacobites voient une occasion pour reprendre pied en Angleterre. Une tentative de débarquement français dans l'Essex en février 1744 échoue cependant suite à une terrible tempête.


"Bonnie Prince Charlie" Dans ce tableau de 1729, le futur Charles III à neuf ans

Les jacobites et leur chef, Bonnie Prince Charlie, Charles Stuart, fils du «Vieux Prétendant» débarquent sur l'île d'Eriskay dans les Hébrides extérieures le 2 août 1745. Néanmoins, les clans se mobilisent marquant le début le 19 août 1745 de la seconde révolte jacobite.

Passant en Ecosse, il réussit à mobiliser une armée conséquente, n'ayant face à eux que 4000 hommes en Ecosse, soldats inexpérimentés, la  majeure partie de l'armée britannique se trouvant dans les Flandres et en Allemagne.

Bonnie Prince Charlie connu pour être une tête chaude, un être léger et superficiel se révèle à lui même en faisant preuve de prudence, de maturité avec néanmoins des coups d'audace.

Sa petite armée ne cesse de grossir et se jette sur les villes d'Ecosse. Si Inverness résiste un temps avant d'être prise le 4 septembre 1745, la ville d'Aberdeen _principal port d'Ecosse_ lui ouvre les portes dès le 17 septembre où une petite flotte venue de Dunkerque débarque un corps expéditionnaire français ce qui permet à l'armée du prince de continuer sa progression en ayant un port de soutien ou de fuite........... .

Les villes d'Ecosse tombent les unes après les autres : Dundee le 2 octobre, Perth le 5 octobre mais Glasgow et Edimbourg semblent de solides morceaux d'autant que les forces britanniques commandées par le prince de Galles en personne avaient reçu des renforts.

Croyant en sa bonne étoile, l'armée jacobite dirigée par Charles Stuart _lieutenant général du royaume d'Ecosse depuis le 1er octobre_ profite de l'inertie du futur George II pour s'emparer de Glasgow après un siège d'un mois (12 novembre) puis d'Edimbourg le 4 décembre.

L'armée anglo-irlandaise doit se replier dans les Lowlands harcelés par les forces jacobites, cherchant à regagner l'Angleterre avant l'hiver mais le 23 décembre 1745, les deux armées s'affrontent au nord de Dumfries au  lieu dit Saint Mary.

Un temps les anglo-irlandais semblent devoir l'emporter mais Charles Stuart lance alors sa garde personnelle dans une charge désespérée qui lui permet de triompher des forces anglo-irlandaises qui repassent difficilement la frontière.

Les forces écossaises auraient pu continuer sur leur lancée mais le lieutenant général du royaume se contente de réarmer les forteresses de la frontière et d'hiverner au sud d'Edimbourg, préparant l'arrivée du Vieux Prétendant.

A Londres, le parlement whig était vent debout, réclamant une action énergique et immédiate mais George II plus allemand qu'anglais préféra négocier avec le lieutenant général qui signa au nom de son père, l'accord de Saint James le 14 février 1746.

Cet accord prévoyait qu'en échange du rétablissement de l'indépendance écossaise et de l'abrogation de l'Acte d'Union de 1707, les Stuarts s'engageaient à renoncer à la couronne d'Angleterre et d'Irlande, se contentant du royaume d'origine de la dynastie.

A SUIVRE

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Dim 26 Nov 2017, 16:17

G-Renaissance écossaise, Grande rébellion et crépuscule des Stuarts (1746-1807)

Jacques VIII par la Grâce de Dieu, roi d'Ecosse

Jacques VIII d'Ecosse

Le 8 mars 1746, une frégate française La Destinée  arrive à Leith, le port d'Edimbourg. A son bord, le Vieux Prétendant, Jacques Francis Edouard accompagné de sa suite venue de Dunkerque.

Ce voyage n'à pas été une partie de plaisir puisqu'il à fallu échapper à une tempête et aux frégates de la Royal Navy qui quadrillaient les mers. Même si le nouveau roi d'Ecosse avait obtenu un laisser-passer, on était pas à l'abri d'un acte d'indiscipline d'un commandant anglais.

Son fils, lieutenant général l'accueille avec une garde armée. Les retrouvailles entre le père et le fils sont froides ce qui surprend la majeure partie de l'assistance mais pas les plus lucides qui craignent un conflit fratricide.


Chateau d'Holyrod encore aujourd'hui la résidence des souverains écossais

Le 21 mars 1746, le nouveau roi d'Ecosse fait son entrée à Edimbourg acclamé par la foule et le peuple. Il s'installe aussitôt au château d'Holyrod sur les hauteurs d'Edimbourg bien que la demeure soit à l'abandon depuis plus de quarante ans et nécessite de gros travaux.

Le plus dur commence car il faut recréer un état «en sommeil» depuis 1707 et l'Acte d'Union mais pour cela le nouveau roi et le lieutenant général peuvent compter sur ce que les historiens ont appelés les writers.

Il s'agit de jeunes écossais, nobles ou roturiers qui s'étaient exilés ou étaient nés en France. Formés aux professions intellectuelles, ils vont former la colonne vertébrale de l'administration écossaise, annonçant un conflit avec les clans et les vieilles familles nobles.

On prépare aussitôt le sacre de Jacques VIII qui à lieu dans la cathédrale d'Edimbourg le 4 mai 1746, une cérémonie sobre liée à  la volonté du nouveau roi de  ne  s'alliener ni les presbyteriens ni les puritains.

Entre-temps, une convention (parlement non élu) à été rassemblée à Edimbourg pour effectuer un gros travail législatif, la session inaugurale ayant lieu le 27 avril 1746.

Plutôt que de reprendre les textes passés, le roi et son premier ministre, David Plumkett, comte de Stirling décide de créer une nouvelle base législative. Les négociations sont houleuses avec les parlementaires qui s'inquietent d'un retour à l'absolutisme.

Le 8 mai 1746, Jacques VIII accepte formellement un texte proposé par le parlement et inspiré du Claim of rights de la Glorieuse Révolution. Il va servir de base à tout un édifice juridique qui va aussi reprendre en les toilettant des textes plus anciens comme la Petition of rights de 1628 ou l'Habeas corpus de 1679.

Une loi électorale est également préparé prévoyant le cadre des élections législatives, imposant un renouvellement tous les sept ans (même si le roi pouvait dissoudre la Chambre des Représentants) au travers d'un vote censitaire. Une Chambre des Pairs est également mis en place avec des lords temporels héréditaires mais par de lords spirituels.

La Convention se disperse d'elle même le 14 juin 1746, les élections législatives étant prévues pour le 4 octobre 1746.


George II

Ces élections se passent dans un climat tendu et troublé, beaucoup d'écossais craignant que les perdants aux élections ne se vengent en se révoltant sans parler du fait qu'on ne fait pas confiance à George II pour respecter l'accord de Saint James.

Les élections du 4 octobre 1746 donnent une large majorité aux partisans du roi ce qui permet à Jacques VIII d'asseoir son pouvoir du moins le croit-il............. .

La grande rébellion (janvier 1747-mars 1748)

Le 15 novembre 1746 à lieu dans la grande salle du palais d'Holyrood la séance plénière du nouveau parlement écossais appelé Chambre des Représentants. 221 honorables représentants (c'est leur titre officiel) se réunissent pour continuer le travail législatif entamé par la convention.

Le discours du trône prononcé par Jacques VIII laisse beaucoup d'espoirs aux partisans d'une renaissance écossaise tranquille. Le nouveau roi promet qu'il respectera le parlement et qu'il souhaite travailler en bonne intelligence avec celui-ci.

Les problèmes ne tardent pas à arriver et notamment les problèmes religieux. En dépit de  leurs conversions au presbyterianisme, le roi et le prince héritier sont soupçonnés de vouloir rétablir le catholicisme ou du moins de se rapprocher de l'anglicanisme.

A ce problème s'ajoute la question de l'accord de Saint James que certains ultra-royalistes refusent de ratifier pour ne pas compromettre une possible succession Stuart aux Hanovre.


Et pour ne rien arranger, comme dans toute cour, il y à des rancoeurs, des jalousies et des mesquineries, des offices espérés, des postes convoités qui échappent.

En ce début de janvier 1747, la situation est mure pour éclater, un rassemblement de barils de poudre qui ne demande plus qu'une étincelle pour exploser.


Andy Warhatam est surnomé le "Savonarole écossais"

Cette étincelle à un nom : Andy Warhatam. Prédicateur presbytérien, il devint pasteur d'une petite église de Glasgow en dépit du fait que son passé était marqué par de nombreuses zones d'ombre et que l'homme était d'une moralité douteuse. Bel homme, orateur flamboyant, il remporte un franc succès alors que la police  le surveille comme le lait sur le feu.

Grisé par la foule, le sieur Warhatam se met à critiquer la personne du roi, celle du prince héritier ce qui lui vaut les foudres du palais d'Holyrod située à moins de 500m de l'église où il prèche.

Sachant la situation instable, le roi et le prince tentent d'acheter le silence du prédicateur ou lui conseiller de modérer ses propos mais cette action à l'effet inverse de celui escompté et le prédicateur devient de plus en plus virulent dans ces propos.

Le 28 janvier 1747, il franchit la ligne jaune en appelant à un nouveau roi, un nouveau Salomon pour l'Ecosse.

Cette fois le roi ne peut faire autre chose que d'arrêter le prédicateur. Une petite troupe armée enlève le prédicateur au saut du lit et le conduit à la prison centrale d'Edimbourg.

L'annonce de l'arrestation du prédicateur provoque de violentes émeutes à Edimbourg, émeutes difficilement réprimées par la garde royale.

Le roi à pu penser que la situation s'était calmée et le 5 février, en dépit des réticence du premier ministre, Jacques VIII ordonne l'explusion sur le continent du sieur Warhatam.

Le transfert doit avoir lieu le 6 février dans le secret le plus absolu mais le carosse blindé avait à peine démarré de la prison centrale qu'il est entouré par une foule hostile qui massacre la faible escorte et libère Warhatam.

Il est porté en triomphe sur la plus grande place d'Edimbourg où devant une foule hystérique, il brandit un poignard, jurant de le plonger dans le cœur du tyran et de son fils.

Cette libération met le feu aux poudres dans toute l'Ecosse. De nouvelles émeutes éclatent à Edimbourg, à Glasgow, à Dundee, à Dumfries. Dans les campagnes, de véritables jacqueries secouent l'Ecosse.

Ces émeutes éclatent avec tant de soudaineté que le pouvoir royal va longtemps croire à un véritable complot murement préparé mais encore aujourd'hui les historiens n'ont pas trouvé de trace d'une révolte organisée.

La situation à Edimbourg fût rapidement rétablie par l'énergie du prince héritier qui mobilisa sa garde personnelle et recruta des mercenaires. A la tête d'une force de 7500 hommes, il fût alors vu comme une menace par le roi qui se mit à craindre un coup d'état et une abdication forcée, lui qui avait fait preuve d'attentisme et d'inertie face aux troubles.


Charles III d'Ecosse. Alors qu'il n'était que prince héritier "Bonnie Prince Charlie" fit preuve d'énergie et de fermeté, rassurant les écossais sur sa capacité à occuper le
trône d'Ecosse


Le 4 mars 1747, il déclara d'arrestation le prince héritier qui parvint à échapper à une véritable embuscade tendue par des fidèles du roi.

Jacques VIII réfugié à Kirkcaldy en face d'Edimbourg se préparait dit-on à repartir en exil sur le continent en dépit du fait que dans les villes les partisans du roi ont fini par reprendre le contrôle de la situation.

Quand à Andy Warhatam, il est assassiné le 14 avril 1747 officiellement par un soldat royaliste en rupture du ban et cherchant à se faire pardonner mais il me semble qu'un différent d'ordre privé (Warhatam aurait déshonoré la femme du soldat en question) en soit le véritable motif.

Enterré clandestinement, le corps d'Andy Warhatam fût exhumé en 1755 par des ultra-royalistes, démantelé, les restes brûlés, les cendres dispersées au large.

Si les villes sont apparemment sous le contrôle du pouvoir, les campagnes sont largement insoumises. La situation semble se stabiliser à l'été 1747 mais le prince héritier à le malheur de se brouiller avec le duc d'Aberdeen suite à son refus d'épouser sa fille ainée.

Le duc d'Aberdeen devient le point de cristallisation des mécontents qui créé un convenant le 14 septembre 1747 qui réclame rien que moins que l'abdication du roi et le renoncement du prince héritier. La guerre civile éclate le 21 septembre 1747 quand une troupe de cavaliers royaux échoue à capturer le duc d'Aberdeen.

Les deux camps ne cessent de s'armer, les révoltés peuvent compter sur le soutien des princes protestants (qui favorise le recrutement de mercenaires) alors que le roi d'Ecosse ne peut compter que sur lui même, la France de Louis XV tout comme l'Espagne de Ferdinand VI refusant d'aider l'Ecosse.

Les révoltés défont les troupes royales à la bataille de Crieff le 4 octobre 1747 puis à Balloch le 11 octobre, s'emparant dans la foulée de Glasgow le 15 octobre.

Les Stuarts semblent à nouveau condamnés à l'exil même si leurs adversaires commencent à se quereller sur la marche à suivre sans parler d'un partage prématuré des dépouilles.

C'est alors que la chance qui avait si longtemps fui les Stuarts va leur sourire. Les insurgés ivres de leurs succès commettent une erreur stratégique lourde de conséquences : ils demandent l'aide de l'Angleterre qui trop contente de donner une leçon aux Stuarts envoie un corps expéditionnaire.

En réalité, l'enquête menée ultérieurement par le procureur royal montrera que dès le début le duc d'Aberdeen tenait informé le gouvernement britannique de son funeste dessein. Les navires et les soldats anglais étaient donc prêts à partir.

Un premier corps expéditionnaire s'empare de Dundee le 4 novembre et un second d'Inverness le 10 novembre, deux colonnes semblaient devoir converger en compagnie d'une troisième colonne de «rénégats» venue de Glasgow pour prendre en tenailles la ville d'Edimbourg mise en défense par le roi et le prince héritier reconciliés.

Les Stuarts bénéficient largement de cette erreur stratégique. Non seulement les indécis se rallient comme un seul homme au pouvoir Stuart mais certains clans hostiles changent de camp ou optent pour une neutralité bienveillante vis à vis du pouvoir royal.

Le prince héritier, chef de guerre hors pair, comprend rapidement que la seule stratégie c'est d'empêcher la jonction des trois corps. Tirant les leçons des erreurs passées, le roi laisse faire son fils, envoyant même en exil les «mauvais conseillers» alimentant la jalousie et les rancoeurs du vieux roi contre son héritier.

«Bonnie Prince Charlie» laisse un mince cordon face aux «rénégats» pour jalonner l'ennemi et y mettre des coups de sonde avant de concentrer son action sur les deux corps anglais.

Le 21 novembre 1747, les highlanders du duc de Stirling écrasent les soldats britanniques près de Perth, les survivants ne devant leur salut qu'à une évacuation menée par des navires de la Royal Navy.

Les prisonniers et les blessés sont massacrés ce qui horrifie l'Europe mais montre la détermination des Stuarts à ne pas abandonner une couronne si chèrement acquise.

Le 28 novembre, les forces dirigées en personne par le duc d'Inverness et prince héritier défont les forces du duc de Cumberland près de Stirling, une bataille couteuse en vie humaine marquée par des atrocités de part et d'autre.

Les rebelles sont donc seuls en piste. Les forces du duc de Stirling et du duc d'Inverness affrontent les rebelles du duc d'Aberdeen et les défont dans la banlieue de Glasgow le 5 décembre 1747.  Les survivants tentent de gagner Inverness mais sont battus à Culloden prêt d'Inverness le 12 décembre 1747.

Les Stuarts mettent alors le siège sur Inverness toujours tenu par 2000 britanniques. Si le prince est partisan d'attaquer pour donner une leçon aux anglais, Jacques VIII préfère négocier et le siège est levé quinze jours plus tard après l'évacuation de la garnison britannique par la Royal Navy.

Dundee est attaqué par le duc de Stirling et la ville est reprise le 7 janvier 1748, les prisonniers étant rapidement convoyés à la frontière et échangés à Berwick contre des prisonniers écossais.

La Grande Révolte s'achève au printemps 1748 quand les derniers foyers sont éteints. La répression est impitoyable. Les chefs de la rébellion sont exécutés (décapités ou pendus selon qu'ils soient nobles ou roturiers), de nombreux seconds couteaux sont condamnés à de lourdes peines de prison, certains étant déportés dans les Orcades.

Les chefs des clans rénégats sont privés de leurs privilèges et de leurs titres, leurs bien saisis et leurs descendants vont longtemps être méprisés, vivant comme des pestiférés.


Cette Grande Rébellion et la dure répression à servir d'acte fondateur à la nouvelle Ecosse obligeant le roi et le prince héritier une fois l'alerte passée à lacher du lest.

Le règle de Jacques VIII après la Grande Révolte est marqué par une grande modération avec l'établissement de la tolérance religieuse en 1752 et une politique de dévellopement économique dont les principes sont largement inspirées des idées des physiocrates.

Charles III et Henri 1er ou le crépuscule des Stuarts

En 1758, Jacques VIII tombe gravement malade. Il se rétablit mais deux ans plus tard,en 1760, alors âgé de 72 ans, il fût victime d'une attaque cérébrale.

Incapable de gouverner, le parlement désigna son fils, duc d'Inverness et prince héritier comme régent du royaume d'Ecosse en attendant que le duc d'Inverness deviennent roi ce qui devint effectif le 1er janvier 1766 à la mort de Jacques VIII à l'âge de 78 ans.

Le soutien anglais à la Grande Révolte avait rendu plus que fraiches les relations entre Edimbourg et Londres, une sorte de paix armée entre les deux, paix armée symbolisée par la construction d'une solide ligne fortifiée à la frontière sud pendant que les forts côtiers étaient remis en service pour éviter que la Royal Navy ne se sente comme chez elles dans les eaux écossaises.


George III


Néanmoins, George III _premier vrai roi anglais de la dynastie hanovrienne_ souhaite pacifier les relations entre les deux pays.


Pierre de Scone

Geste symbolique, il fait transporter sous bonne escorte la pierre de Scone sur lesquels les rois d'Ecosse avaient été couronnés de 877 à 1292 avant d'être prise par Edouard 1er en 1296. Charles III remercia chaleureusement son cousin (George III avait pour ascendante Elisabeth Stuart fille de Jacques 1er) et se rapprocha à pas comptés de l'Angleterre.

Cette politique anglophile était incompréhensible pour l'ecossais de base qui réagissait davantage avec son cœur qu'avec sa tête. Plusieurs révoltes et émeutes urbaines accompagnèrent le règne chaotique de Charles III qui pour ne rien arranger n'avait pas d'héritier.

Par une malchance incroyable, ses deux filles moururent en bas-age. Ces drames associés à l'attitude digne de la reine Marie Christine de Oldenbourg réhaussèrent le prestige de la royauté Stuart qui vivait une véritable crise car l'héritier du trône, Henri Stuart, duc de Glasgow n'avait lui non plus pas d'héritier.

Charles III mourut en 1788 à l'age de 63 ans. Son frère Henri agé de 59 ans lui succèda sous le nom d'Henri 1er. Ce fût l'un des règnes les plus calamiteux de l'histoire écossaise qui n'en manquait malheureusement pas.


Henri 1er d'Ecosse considéré par beaucoup comme le plus mauvais roi d'Ecosse

Paresseux, ignare, indolent, pusilanime, voilà les adjectifs que l'on accolait le plus souvent à Henri 1er d'Ecosse. Roi malgré lui, il préféra s'occuper de ses faucons et correspondre avec les philosophes d'Europe plutôt que se méler aux affaires de l'Etat.


Theodore Benett

La réalité du pouvoir appartenait ainsi au comte de St Andrews, Theodore Benett. Intelligent, séduisant et beau-parleur, il se comporta comme un maire du palais obtenant tout du roi.

Autoritaire et cassant, il se fit beaucoup d'ennemis mais ces derniers n'osèrent pas l'affronter frontalement en raison de sa popularité parmi le petit peuple d'Edimbourg. C'était bien le seul noble qui pouvait se promener dans les quartiers mal-famés de la capitale sans une forte escorte.

A partir de 1805, la santé d'Henri 1er se dégrada sérieusement. Le dernier roi Stuart confia dans son testament ses droits au duc de Savoie, Charles Emmanuel IV (1751-1819), un catholique, veuf de Clotilde, la sœur du roi martyr Louis XVI.

Cependant le duc de Savoie n'était pas emballé à l'idée de s'installer sur le trône d'une nation protestante. Comme sa conversion était une condition sine qua non, Charles-Emmanuel renonça à ses droits que personne ne voulu récupérer.

Que faire ? Alors que le roi d'Ecosse se mourait, on découvrit opportunément une annexe au testament du dernier roi Stuart.

Moi Henri 1er, roi d'Ecosse, sain de corps et d'esprit, dans le cas où le duc de Savoie renoncerait à la couronne d'Ecosse remet l'avenir de mon royaume dans les mains du Comte de Saint Andrews, régent du royaume.

Le 14 mars 1807, Henri 1er s'éteint à l'âge de 78 ans. Signe de son impopularité, il est enterré en catimini sous la dalle de la chapelle du château d'Holyrood. Ce n'est qu'en 1890 que ses restes seront transférés dans l'immense crypte royale construite par le roi Henri II de Lorraine-Beaumont.

Les détracteurs du comte de Saint Andrews hurlèrent à la manipulation, estimant que le texte était un faux ce qui n'était pas totalement saugrenu mais le Parlement, sûrement soucieux d'éviter les troubles valida le testament et nomma le comte de Saint Andrews régent associé à un conseil où le nouvel homme fort de l'Ecosse ne comptait pas que des amis.

A suivre

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Sam 02 Déc 2017, 13:54

H-République ou monarchie, un dilemme pour les écossais (1807-1811)

Encore une guerre civile..........

Comme nous venons de le voir, si le comte de Saint Andrews était considéré comme le véritable dépositaire du pouvoir en Ecosse depuis plus de vingt ans (il était devenu le conseiller quasi-exclusif d'Henri IX à partir de 1795), il était ni un despote ni un tyran.

Pendant les trois premiers mois, une sorte de paix armée régna entre les quinze membres du conseil de régence qui se contentèrent de gérer les affaires courantes en attendant de décider de l'avenir de l'Ecosse.

En réalité, plusieurs clans se dessinèrent quasi-immédiatement au sein du conseil de régence mais rassembler ses forces prend du temps. Aussi la guerre civile jugée inévitable par les plus lucides n'éclata pas immédiatement.

Les quinze membres du Conseil de Régence étaient parfaitement d'accord pour maintenir un roi à la tête de l'Ecosse mais en l'absence d'un Stuart et le refus d'un membre proche ou lointain de la dynastie hanovrienne, il fallait se résoudre à trouver un prince étranger, si possible protestant.

Seulement voilà, les candidats ne se bousculaient pas pour diriger ce petit et pauvre royaume, perdu là-bas dans les brumes.

Le Conseil ne tarda pas à se déchirer entre pro-anglais, pro-français et neutralistes, ces derniers étaient bien en peine de pouvoir expliquer leur position.

Choisir un prince français ou issu d'un pays allié à Napoléon 1er et c'était s'aliéner l'Angleterre et choisir un prince anglais, autrichien ou russe et c'était s'aliener l'orgueilleux empereur des français sans oublier la question religieuse et la susceptibilité proverbiale des ecossais.

Ces querelles politiques s'ajoutèrent à une économie en pleine crise suite à plusieurs mauvaises récoltes. Le peu d'intérêt du roi et du comte de Saint Andrews _grand propriétaire terrien_ pour l'industrie avait laissé la petite industrie écossaise à la merci de l'industrie anglaise plus puissante et mieux organisée.

Le mécontentement ne cessa de monter jusqu'au 14 décembre 1807 quand suite à un coup d'état, Théodore Bennett dévoila ses batteries et se proclama roi sous le nom de David III, faisant arrêter les neuf membres du conseil de régence qui lui était hostile ou neutres, les exilant sur le continent.

Cette guerre opposa trois grandes factions aristocratiques. L'armée royale restée fidèle au nouveau souverain s'opposait au duc de Perth et au duc de Stirling, deux lointains cousins des Stuarts dont la prétention à la couronne étaient bien plus sérieuses que celle de David III issue d'une famille anoblie par Jacques 1er.

Le pays sombra dans le chaos le plus complet, chaos aggravé le 5 mars 1809 quand le général Monroe marcha avec ses troupes sur Edimbourg et proclama la république.

Profitant de la stupeur de ses opposants, il reprit une à une les différentes villes, devenant le maitre absolu de l'Ecosse en juin 1810 quand le roi David III succomba au siège d'Inverness.

Le seul et unique roi de la dynastie benettienne avait mis le siège devant la grande ville du nord qui refusait de reconnaître un monarque qu'elle considérait comme un vulgaire usurpateur. Elle s'était donc rallié au duc de Perth.

Le 7 juin 1810, alors que le siège entrait dans son cinquième mois, David III décida d'inspecter les tranchées encerclant la ville qui à l'époque ne s'étendait que sur la rive sud de la Ness. Il s'agissait de remonter le moral d'assiegeants qui soutenus discrètement par la France ne semblaient pas prêts de lâcher. Un coup de feu claqua et l'éphémère roi d'Ecosse (à peine deux ans de règne) s'effondra.

Alors que ses partisans allaient le transporter à l'arrière en espérant le soigner (en réalité, il avait été tué sur le coup), une partie de la garnison tenta une sortie, s'empara du corps qui fût mis en pièce, la tête de feu David III plantée sur un pic.

Les autres leaders n'en profitèrent pas puisque le duc de Perth  avait été assassiné par l'un de ses garde du corps le 12 janvier 1810 alors que le duc de Stirling avait trouvé refuge en Angleterre où il avait succombé à la tuberculose en mars 1810.

Des suppléants avaient certes prit le relais mais ils n'avaient ni l'autorité ni le charisme des leurs prédécesseurs. Autant dire que cette mort fût un coup terrible pour les partisans du roi David III qui estimèrent à cet instant que le conflit était gagné pour les républicains.

Et en effet c'est ce qui se produisit. Les 8000 mercenaires saxons, hessoins et wurtembourgeois débarquèrent en juillet 1810, débloquèrent le port d'Inverness et permis aux républicains (appelés «cromwelliens» par leurs ennemis) de triompher des autres factions.

La République dieu nous en préserve..........

Si le général Monroe s'était révélé un habile chef de guerre, il se révéla un piètre politique, incapable de répondre aux attentes des écossais.

Des élections organisées en septembre 1810 donnèrent un parlement conservateur mais un parlement dont les convictions républicaines étaient plutôt tièdes. En somme les représentants pouvaient trouver à leur goût aussi bien une république conservatrice que le rétablissement de la monarchie.

La crise économique qui frappait l'Ecosse depuis cinq ans en raison notamment du blocus continental fût aggravé par le contre-blocus imposé par l'Angleterre qui persuadé du basculement imminent de l'Ecosse du côté français imposa un blocus sévère à l'Ecosse qui étrangla un peu plus l'économie écossaise qui n'avait vraiment pas besoin de ça.

A l'économie en panne s'ajouta une instabilité politique, le général Monroe changeant de premier ministre au gré de ses humeurs, donnant sa faveur à un clan pour lui retirer le lendemain. Derrière cet apparent machiavélisme, se traduisait en réalité une incapacité à lâcher les rennes du pouvoir et à offrir une politique claire et cohérente.

Si vous ajoutez à ces deux élements, une série de scandales financiers et de moeurs, vous comprendrez que l'idée républicaine à été durablement discréditée par la dictature du général Monroe.

Ce dernier joua le tout pour le tout en menant un coup d'état le 14 mars 1811 qui chassa le parlement pour aboutir de fait à une dictature militaire puisque seule l'armée le soutenait encore.

La bourgeoise intellectuelle et marchande qui avait espéré de la république un changement radical avaient depuis longtemps rejoint les partisans d'un rétablissement de la monarchie.

Le 4 juin 1811 alors que le général Monroe passait des troupes en revue sur la place centrale d'Edimbourg, un soldat sorti brusquement du rang le poignarda à douze reprises avant d'être abattu. Ainsi prit fin la dictature du général Monroe qui discrédita l'idée républicaine à tel point que cette forme de gouvernement fût vue comme une abomination jusqu'au 20ème siècle.

Et quand le terrible souvenir du général Monroe commença à s'effacer, les (rares) républicains présents en Ecosse étaient vus comme de doux rêveurs, coupés des réalités et comme souvent dans les mouvements politiques minoritaires, les rares succès étaient gâchés par des querelles de personnes et des scissions sur des points de détail de la doctrine politique défendue.

I-Un français sur le trône d'Ecosse

Vive le roi........en français dans le texte

La mort du général Monroe entraina un dangereux vide politique heureusement comblé par le parlement qui montra un républicanisme si fort que le général à peine enterré, il mit en place un conseil de régence destiné à préparer la restauration.

Ce conseil de dix-sept membres nomma trois émissaires destinés à silloner l'Europe pour proposer la couronne d'Ecosse à un prince protestant ou un catholique qui accepterait de se convertir à la foi réformée.

Comme en 1807, les candidats ne se bousculèrent pas mais alors que les trois émissaires s'apprêtaient découragés à rentrer à Edimbourg, un candidat improbable se présenta à eux à Paris.


Charles IV

Agé de 27 ans, Charles comte de Bar et duc de Lunéville fit acte de candidature pour la couronne d'Ecosse.

Lointain descendant des Guise, ce colosse de 2m et de 110kg était le «mouton noir» de la famille des Lorraine-Beaumont puisqu'il s'était converti par amour pour une prince saxonne au calvinisme.

Cette princesse Marie-Dorothée lui avait déjà donné trois enfants, un fils Maximilien (né en 1805) et deux filles Theodora (née en 1807) et Marie (née en 1808).

L'avenir de la dynastie était donc assuré par la présence d'un fils. Craignant de tomber sur une aventurier ou même un escroc, ils demandèrent l'aide de Fouché en disgrace mais qui possédait encore des réseaux bien implantés.


Fouché

Il leur confirma que Charles, comte de Bar et duc de Luneville était bien issu de la famille des Lorraine-Beaumont et qu'il n'était ni aventurier ni un escroc.

Le parlement averti sonda Londres sur ce candidat, un sondage officieux et clandestin pour ne pas échauffer l'opinion publique écossaise.

Londres n'ayant aucune objection de principe, le Parlement avalisa la candidature du duc de Lunéville (dont le titre était d'ailleurs contesté par sa famille) le 14 septembre 1811.

Le futur roi d'Ecosse fût ainsi titré Duc d'Inverness qui allait être à partir de maintenant, le titre porté par l'héritier de la couronne.

Il embarqua à Boulogne le 2 novembre 1811 sur une frégate du Naval Service et arriva le 13 novembre à Inverness où le duc fit son entrée sous les vivats de la foule qui espérait que ce nouveau roi ramenerait la paix et la prospérité en Ecosse.

Le 2 décembre 1811, il fit son entrée à Edimbourg, recevant des bourgeois de la ville les clés de la cité qui reçut confirmation de ses droits et privilèges.

Connaissant le poids des symboles, le duc d'Inverness s'installa dans la caserne de la Garde Royale, refusant de s'installer au château d'Holyrod tant qu'il ne serait pas couronné.
Les préparatifs prirent du temps et cette cérémonie fût l'occasion d'une passe d'armes entre le duc d'Inverness partisan d'une cérémonie fastueuse et le Parlement qui renaclait à désserer les cordons de la bourse, bourse assez peu garnie à dire vrai.......... .

Pour obtenir la cérémonie rêvée, Charles duc d'Inverness mit en gage des bijoux de sa famille et de son épouse pour compléter le budget accordé par les honorables représentants. Ce geste fût fort apprécié et le futur roi gagna une incroyable popularité auprès de ses nouveaux sujets.


C'est à la Cathédrale d'Edimbourg qu'eut lieu le couronnement du nouveau roi d'Ecosse

Finalement c'est le 8 mars 1812 que Charles, duc d'Inverness (il avait renoncé à ses autres titres nobiliaires) fût couronné roi d'Ecosse sous le nom de Charles IV pour signifier qu'il s'inscrivait dans les traces de la dynastie précédente.

Installé au palais d'Holyrod, il ne tarda pas à faire parler sa formidable puissance de travail et son intelligence politique.

Charles IV, roi des Ecossais (1812-1838)

Il accorda ainsi en septembre 1812 une charte constitutionnelle qui en fait ne faisait que rétablir la situation à la mort d'Henri IX, la majorité des textes votés ou sortis durant Les Troubles (c'est le nom officiel donné à cette période, équivalent de la Fronde ou de l'Interrègne) étant abrogés.

Le vote de cette charte entraîne la modification de la titulature du roi qui devient Charles IV, par la grâce de Dieu et du droit,roi des Ecossais

Intelligent et lucide, Charles IV veilla à conserver de bonnes relations avec l'Angleterre mais aussi avec la France napoléonienne ce qui était une véritable gageure. Il y parvint néanmoins en jouant de la politique de la bascule, faisant monter les enchères.

«Pire qu'un bedouin, un écossais» dira un ambassadeur anglais dépité de la faculté des écossais à négocier, à tirer le maximum de leurs interlocuteurs sans rompre les négociations. Du travail d'équilibriste.

La position écossaise paradoxalement eut le mérite de favoriser Edimbourg après la chute de Napoléon à tel point que le Congrès de Vienne qui redessina la carte de l'Europe aurait pu se tenir à Edimbourg si les négociateurs anglais, russes, autrichiens n'avaient pas préféré Vienne aux frimats de la capitale écossaise.

Le 14 janvier 1816, un illuminé Peter Nosc tenta de poignarder le roi qui ne fût que légèrement blessé par la lame.

En dépit de la volonté du roi de gracier le pauvre hère (qui semblait ne pas avoir toute sa tête puisqu'il prétendait être la réincarnation de William Wallace), la Haute Cour (émanation de la Chambre des Lords) décida de juger le régicide qui fût condamné à être pendu, écartelé et décapité (Hanged Drawned et Quartered).

Jugeant ce chatiment trop barbare, le roi gracia le condamné qui fût pendu. Peu après le roi fit passer via son ministre de la justice une loi imposant la pendaison comme mode d'exécution pour toute personne condamnée à mort quelque soit son rang social.

Nouvelle plus heureuse, le 12 septembre 1816, la reine Marie-Dorothée donna naissance à un fils prénomé Jacques, pérénisant la dynastie fraichement installée.

Sur le plan économique, l'Ecosse adopta une politique protectionniste pour protéger son industrie qui avait longtemps souffert de la concurrence anglaise.

Sur le plan politique, Charles IV accepta de jouer le jeu parlementaire même si il pesait de tout son poids jusqu'à refuser de nommer premier ministre le chef du parti vainqueur aux élections au profit d'un homme politique de son choix, position que les deux partis, le parti libéral et le parti national acceptèrent pour l'instant............ .

Le 14 mars 1838, le roi Charles IV est victime d'une attaque (un accident vasculo-cérébral dirait-on aujourd'hui) qui le laisse paralysé.

Ne pouvant plus assurer ses fonctions, il doit céder l'essentiel de ses prérogratives à son fils Maximilien, duc d'Inverness et prince Royal d'Ecosse agé de trente-trois ans qui devint régent.

Une nouvelle attaque emporta le premier roi de la nouvelle dynastie le 24 juin 1838 à l'âge de 54 ans alors qu'il se remettait de la première attaque dans le magnifique château qu'il avait construit sur les hauteurs d'Aberdeen.

La mort de Charles IV entrainant une semaine de deuil national, un deuil sincère à en croire tous les observateurs étrangers présents sur place. Le cercueil du roi quitta en bateau la ville d'Aberdeen pour rejoindre  la capitale Edimbourg.

Le cercueil suivit par sa veuve (mais point par le nouveau roi selon la tradition de «le roi est mort vive le roi»), par son fils cadet Jacques et ses filles Théodora et Marie. Une délégation du parlement, des corps constitués et de l'armée suivit également le cercueil monté sur un affût d'artillerie tracté par seize chevaux.

Exposé dans la nef de la cathédrale d'Edimbourg pendant une semaine, il est ensuite enterré dans la nécropole royale construite à proximité de la cathédrale même si le monument funéraire ne fût achevé qu'en 1843.

J-Entre libéralisme et réaction, le dilemme écossais

Maximilien 1er, roi d'Ecosse ou roi des Ecossais ?

Maximilien 1er

Agé de 33 ans, le nouveau roi bénéficie d'un état de grâce à rallonge, profitant de la popularité de son défunt père.

La rassemblance s'arrête là. En effet, si Charles était charismatique et intelligent, son fils était timide et refermé, traits de caractères alliés à une rigidité, un esprit buté et une haute conscience de son statut royal. Manquant de confiance en lui,  il réagissait par brusques enflammades suivis de longues périodes d'abattement.  

En 1824,  il épousa Elisabeth, fille du duc de Stirling, un mariage de raison sans saveur qui donna naissance à deux enfants, Charles (1825) et Elisabeth (1827).

Estimant la dynastie préservée, Maximilien délaissa sa femme, les époux royaux vivant chacun de leur côté. Si la reine qui eut des amants mais resta discrète, le roi vivait en concubinage avec le seul amour de sa vie, Moira MacDonald, une liaison publique qui faisait scandale.

Cette flamboyante rouquine, véritable aventurière, lui donna deux fils naturels, Malcom (1832) et Andrew (1835), deux enfants légitimés sous la réserve expresse qu'ils soient ainsi que leurs descendants exclus de la succession au trône d'Ecosse.

Sur le plan politique, Maximilien 1er était nettement moins libéral que son père, réactionnaire serait le terme approprié, favorisant en tout point le parti national, refusant de jouer le jeu parlementaire, estimant que le parlement ne doit être là que pour conseiller le roi et non contrôler son action et celle du gouvernement.

Dès le début, une série de conflits opposèrent le roi au parlementaires. Si au début le parti National supporta en tout point l'action du roi, peu à peu, les conservateurs trainèrent les pieds et renaclèrent devant l'autoritarisme du roi qui semblait sans limites au point qu'on murmurait qu'un tyran avait succédé au bon roi Charles.

En juin 1847, Maximilien 1er changea sa titulature pour celle de Sa Majesté Maximilien 1er, par la grâce de Dieu roi d'Ecosse, une titulature qui rappelait furieusement la monarchie absolue.

Aux élections léglisatives de septembre 1847, le parti libéral remporta la majorité des sièges au détriment du parti national qui payait son image (de moins en moins conforme à la réalité) de «Parti de la Couronne».

En dépit de ce signal, Maximilien 1er _dont beaucoup s'interrogeait  à mi-voix sur sa santé mentale_, refusa d'amender sa politique, proposant même durant le printemps des peuples en 1848, l'envoi de troupes écossaises pour soutenir les Habsbourg et les autres monarques d'Europe aux prises avec le réveil des nationalités.

Le conflit semblait insoluble mais tout s'accéléra à partir du 14 novembre 1849 avec une Remontrance des parlementaires réclamant une inflexion de la politique royale, remontrance approuvée par Charles, prince royal d'Ecosse et héritier de la couronne.


Sotwick House

Le roi dans un premier temps ne réagit pas ce qui rassura les plus optimistes mais inquieta les plus sceptiques persuadés d'un coup fourré d'un roi de plus en plus honni à tel point qu'il ne sortait guère plus d'Holyrod que pour se rendre à Sotwick House, une résidence d'été près de Glasgow, devenu une véritable forteresse.

Le parlement se réunit pour la première fois le 21 novembre 1849 dans un nouveau bâtiment installé en face du château d'Holyrod, un édifice néo-classique dont la beauté n'avait rien à envier celui de Westminster.


Le futur Carpenter Hall s'est clairement inspiré du palais de Westminster

En apparence, tout semblait calme, le roi avait décidé d'envoyer la Garde Royale en manoeuvre, laissant le Parlement sans autre protection que celle des gens du guet et la police de la cité d'Edimbourg soit peu de chose de vérité, ces hommes étant des policiers et non des soldats.

Le discours de trône se veut modéré sur la forme mais intransigeant sur le fond. Les parlementaires répondent humblement au roi que leur position n'à pas changé depuis la remontrance.

La situation est bloquée et comme cela se passe souvent dans ces moments là, les intransigeants sont de plus en plus nombreux, les modérés se taisant ou se radicalisant.

Alors que le parlement est réunit depuis huit jours, le roi Maximilien 1er perd  patience et décide la dissolution de la Chambre des Représentants. Tel le Tiers Etat au début de la Révolution Française, le Parlement refuse de se disperser.

La population fait corps avec ses honorables représentants, apportant des vivres, du vin, des vêtements. Les femmes apportent à une assemblée 100% masculine un peu de réconfort (ce qui entraînera la naissance de la légende d'un parlement devenu maison de tolérance), les hommes jurant de défendre le bâtiment alors que les enfants servaient de messager, échappant aux espions du roi.

Le roi décide de chasser par la force les parlementaires «félons». N'ayant pas confiance dans l'armée régulière, il avait embauché des mercenaires hessois, 2500 hommes, des fantassins, des cavaliers et de l'artillerie qui est utilisée contre le bâtiment du parlement, bâtiment sérieusement endommagé.

Une trentaine de parlementaires, douze policiers et miliciens, vingt-quatre mercenaires hessois sont tués. Maximilien 1er devient «Bloody Max'», Max le Sanglant qui devient un monstre que les parents invoquent aux enfants pas sages («Si tu ne mange pas ta soupe, je vais le dire à Bloody Max's).

Les autres parlementaires sont emprisonnés et le roi à en apparence gagné mais c'est sans compter sur la mobilisation de la bourgeoisie intellectuelle qui marche main dans la main avec le petit peuple, la ville d'Edimbourg s'insurge.

Le camp parlementaires se divise, une partie des honorables représentants (72 sur 209) acceptant de siéger à nouveau mais ce Rump-Parliament (parlement croupion) perd vite le peu de crédibilité, n'étant qu'une simple chambre d'enregistrement des volontés royales.

L'Ecosse sombre à nouveau dans le chaos. Dans les villes, partisans du roi et parlementaires s'affrontent alors que dans les campagnes, de véritables jacqueries ont lieu où les émeutiers se soucient plus des richesses à récupérer que de prendre parti pour un camp ou l'autre.

La situation est-telle que l'ambassadeur d'Angleterre menace de faire intervenir l'armée anglaise si jamais l'ordre n'est pas rétabli dans son petit et turbulent voisin du Nord.

Au pied du mur, le roi n'à d'autre choix que de négocier avec le camp parlementaire mais ce dernier conscient de sa puissance et du soutien du peuple d'Edimbourg se montre très dur en affaires, n'acceptant de céder que sur des points de détails.

L'accord de Sotwick House est signé le 2 février 1850 et marque le triomphe du parlementarisme, l'Ecosse devient officiellement une monarchie parlementaire, le roi  ne pouvant nommer premier ministre autre qu'un représentant issu des rangs de la majorité, généralement le chef de file du parti libéral ou du parti national.
Le droit de dissolution est encadré tout comme le pouvoir de nomination du roi sauf pour la chambre des lords où il peut nommer qui bon lui semble.

Cet accord marque la fin du règne effectif de Maximilien 1er qui refuse même de prononcer le discours du trône qui marque l'ouverture de chaque session annuelle de la Chambre des Répresentants, déléguant cette mission à Charles, duc d'Inverness et prince royal, l'héritier de la couronne.

Le roi Maximilien 1er meurt le 4 août 1860 à l'âge de 55 ans. Il est si impopulaire que son frère Jacques décide de le faire enterrer en Saxe, dans un petit château près de Dresde, le château Hoffman, batisse de la famille de sa mère.

Cette situation paradoxale durera jusqu'en septembre 1947 quand au nez et à la barbe des soviétiques, les services secrets écossais dans le cadre de l'opération Retour récupérèrent le corps du défunt roi qui fût enterré au côté de son père et de son fils. Cette opération à d'ailleurs fait l'objet d'un film en 2009 avec Liam Neeson dans le rôle du chef des agents écossais.

Retour au calme : le règne réparateur de Charles V (1860-1875)

Charles V, roi des écossais

Charles V à 35 ans quand il succède à son père. Homme d'expérience, c'est un libéral convaincu, plus proche de son grand père que de son propre père.

Avide d'aventures, le duc d'Inverness, prince royal depuis 1840 s'engage dans le combat pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, participant ainsi à la rébellion hongroise de Kossuth sous un nom d'emprunt.

Il échappe de peu à la capture mais rentre en Ecosse en héros, devenant le leader implicite du camp parlementaire contre le roi.

Populaire, il l'est par sa prestance et par le couple harmonieux qu'il forme avec Keira Walker, la fille du duc de Perth, un vrai mariage d'amour qui contraste cruellement avec celui de son père.  

Le couple royal avait déjà quatre enfants : une fille prénomée Louise née peu après leur mariage en 1845, un fils et héritier Henri né en 1847, une fille prénomée Margareth née en 1850 et un fils prénomé Charles né en 1852. Deux autres enfants naquirent encore de cette union, une fille prénomée Marie en 1854 et un fils prénomé Guillaume en 1856.

Dès son couronement, Charles V s'empresse de rétablir la titulature portée par son grand père  à savoir qu'il est connu officiellement comme Sa Majesté Charles V, par la grâce de dieu et du droit, roi des Ecossais.

Son premier acte est de reconstruire le Palais du Parlement, reconstruit à l'identique. Inauguré en 1862, il est rebaptisé Carpenter Hall en hommage à Douglas Carpenter, un parlementaire tué lors de l'attaque du parlement par les hessois.

Il acquiert rapidement le surnom de «Roi Pacificateur» par sa volonté de réparer les stigmates du règne désastreux de son père. Cela ne l'empêche pas de se montrer intransigeant sur ses pouvoirs et le respect de la majesté royale.

Son règne est également marqué par un très net rapprochement avec Londres, Charles V se montrant nettement plus anglophile que l'opinion publique écossaise qui craint toujours une invasion anglaise et qui n'à oublié ni les méfaits des rois d'Angleterre ni la fin de l'indépendance en 1707 et encore moins le soutien anglais à la Grande Révolte.

Alors que le prince héritier Henri approche de sa majorité se pose la question de son mariage et comme tout bon anglophile, le roi rêve d'un mariage anglais, rêvant d'apparenter sa dynastie de Lorraine à la prestigieuse maison de Saxe-Cobourg-Gotha.

Le couple harmonieux qu'il forme avec la reine Keira ne lui permet pas vraiment d'imposer à son fils ainé un mariage arrangé mais heureusement le destin va lui être d'un précieux secours.

En juin 1866, le roi Charles V se rend en visite officielle en Angleterre. Il est accompagné du prince héritier, Henri duc d'Inverness et prince royal d'Ecosse qui faisait là son apprentissage politique.

Au cours d'une entrevue informelle à Saint James, Henri fait la connaissance de la fille cadette de la reine Victoria, Louise. Entre les deux jeunes gens (Henri à 19 ans, Louise à 17 ans), «beaux comme des dieux» (Oscar Wilde) ce fût un véritable coup de foudre.

Sans se concerter, Henri dira à ses parents «C'est elle ou personne». Quand à Louise de Saxe-Cobourg Gotha, elle déclara à sa mère «C'est lui ou personne».

En 1975, la reine Marie III autorisa la publication de la correspondance entre Henri et Louise, une correspondance à la fois d'une haute tenue intellectuelle mais également montrant des sentiments et une passion dévorante.

Les négociations avancèrent vite, le contrat de mariage est signé en mars 1867 pour une cérémonie prévue à l'été 1868 mais au mois de mai, Louise tomba gravement malade à tel point que l'on se mit à craindre pour sa vie.

Averti, Henri voulut se rendre à son chevet. Son père refuse mais de nuit, le prince héritier d'Ecosse s'empare d'un cheval dans les écuries royales et chevauche jusqu'à Londres, donnant à l'heure du chemin de fer, une aura romantique à son histoire avec Louise. Arrivé à Windsor, il resta jour et nuit au chevet de sa future épouse et ce jusqu'à ce qu'elle se rétablisse.

Le mariage eut donc lieu le 15 juillet 1868 à Edimbourg, point d'orgue d'une semaine de festivités somptueuses qui détonna un peu dans un pays habitué à vivre chichement pour des raisons économiques et culturelles.

Le duc et la duchesse d'Inverness, prince et princesse royal d'Ecosse se rendirent ensuite en voyage de noce sur le continent, rendant visite à l'empereur des français Napoléon III comme à Guillaume 1er, roi de Prusse, à l'empereur d'Autriche-Hongrie François Joseph ou encore au tsar Alexandre II sans oublier d'autres maisons royales moins prestigieuses.

Ce mariage marqua également la fin de la réclusion de la reine Victoria qui accepta de sortir du deuil qu'elle s'était imposée à la mort de son mari.

La belle Louise n'avait qu'une mission : donner un héritier au trône d'Ecosse. Elle ne tarda pas à réaliser le souhait de tout un peuple, rapidement conquis par la douceur et la simplicité de la nouvelle reine qui s'empressa d'apprendre le scot, devenant plus écossaise que les écossais.

Le 4 juillet 1869, cent un coups de canons annoncèrent la naissance de Charles, titré duc de Dundee à sa naissance. Comme au moment de chaque naissance royale, le roi gracia un certain nombre de prisonniers, dota des jeunes filles pauvres et accorda plusieurs banquets au peuple des villes d'Ecosse.

Cela eut au moins le mérite de calmer un certainement mécontentement populaire causé par une situation économique difficile sans parler du fait que les élections de 1868 avaient porté à la chambre des représentants, une large majorité libérale bien décidée à rogner les prérogatives royales.

La situation était d'autant plus tendue que les problèmes de santé du roi se multipliaient augurant d'une succession prochaine.

Victime d'un refroidissement, Charles V succomba le 14 mars 1875 alors qu'il venait de fêter ses
cinquante ans. A l'instar de son grand père, fondateur de la dynastie, le roi est mort immensément populaire et les funérailles suivies par des milliers d'Edimbourgeois.

En Ecosse, le libéralisme triomphe : le long règne d'Henri II (1875-1918)

Henri II

Quand il monte sur le trône, Henri II à tout juste 28 ans. Intelligent, séduisant et beau parleur, il forme avec la reine Louise un couple que l'on qualifierait aujourd'hui de «glamour» et de «people».

Les historiens modernes sont formels : c'est un couple qui succède à Charles V. Autant la reine Keira avait été assez effacée, laissant le roi mener le jeu politique, autant la reine Louise est bien décidé à imprimer sa marque même si juridiquement parlant, elle n'à naturellement aucun pouvoir.


Louise de Lorraine-Beaumont

La nouvelle reine est une mère de famille accomplie, tenant à participer elle même à l'éducation de ses enfants, adoptant les valeurs de la famille bourgeoise alors que jadis dans la noblesse, les enfants étaient élevés par des nourrices et des précepteurs.

Elle va ainsi donner cinq autres enfants à son mari. Successivement, une fille Elisabeth née le 4 mars 1871, un fils prénomé Jacques  né le 12 septembre 1872, une fille prénomée Victoria née le 14 octobre 1874; une autre fille prénomée Eleonore née le 2 juin 1876 et enfin un fils prénomé David né le 23 décembre 1877.

Deux autres enfants morts nés doivent être hélas ajoutés en 1878 et 1880. Les médecins affirmant à la reine qu'une nouvelle grossesse pourrait lui être fatale, elle veilla à ne surtout pas tomber enceinte.

Personnalité originale, libérale assumée, elle forma donc un véritable couple politique avec son mari dont les orientations politiques étaient nettement plus conservatrices.

Durant les premières années de son règne, Henri II parvint à contenir les élans libéraux et féministes d'une épouse dont il était éperdument amoureux. La reine Louise se contenta donc dans un premier temps d'occuper le pré-carré laissé par son mari à savoir la charité et le mécénat.

A peine sur le trône d'Ecosse, elle utilisa sa liste civile et les revenus de ses propriétés anglaises et irlandaises pour soulager les difficultés des pauvres d’Édimbourg en faisant construire un hôpital le Queen's hospital en compagnie de la reine-mère tout comme elle fit construire plusieurs orphelinats, un hospice, une maison pour accueillir les soldats invalides, une autre pour accueillir les filles-mères.......... .

Alors qu'Henri II affrontait un parlement libéral audacieux à la limite de la rébellion, la reine Louise se préoccupait d'arts en finançant la construction de la Royal Scotland Academy of Art qui accueillait et protégeait des artistes prometteurs ainsi que du Queen Louisa Royal Museum, le premier grand musée écossais créé en 1880 même si il ne s'installa dans ses magnifiques bâtiments néo-classiques qu'en 1895.

Peu à peu, la reine Louise se fit une place dans le petit milieu politique en devenant le centre de rassemblement du parti libéral.

Comme à la même époque en Angleterre, les partis se structurent, devenant de véritables machines avec leurs permanents, leurs dirigeants et une discipline de vote qui n'existait pas jusqu'à présent.

Un bipartisme émerge avec le parti libéral et le parti conservateur, l'Ecosse singeant ainsi le modèle anglais.

La reine Louise va servir comme on dirait aujourd'hui de lobbyiste pour les idées les plus avancées, certains de ses opposants les plus farouches disant à mi-voix craindre pour la santé mentale de la reine.

Cela dégénère parfois et sur les 215 duels recensés sous le règne d'Henri II, 125 concernent l'honneur de la reine défendu par des députés libéraux comme certains députés conservateurs.

Louise d'Ecosse fût d'abord flattée par ses duels qui rappelait le Moyen-Age et l'amour courtois mais après la mort de Drew Scotington en 1895, elle condamna publiquement ce type de duel ce qui n'empêcha pas les dits duels de continuer...... .

En 1882, elle pesa de tout son poids pour faire élire Liam Macdowell à la mairie de Dundee. Libéral convaincu et convainquant, il était professeur de droit à l'université de Glasgow et proche de la reine, si proche que cela faisait jaser les échotiers et les cancanières mais gare à celui qui parlerait trop fort de ces ragots, le sieur MacDowell était un redoutable bréteur.

Dundee servit de laboratoire, d'incubateur aux idées avancées défendues par la reine qu'il s'agisse des prémices de l'état providence, de la légalisation des syndicats ou même du vote des femmes et de ce qu'on appellerait aujourd'hui le référendum d'initiative populaire.

Le succès de ce laboratoire poussa la reine des écossais à étendre ses mesures à tout le territoire et c'est ainsi que l'on vit pour les élections législatives de 1889 le roi soutenir ouvertement le parti conservateur et la reine prendre parti pour le parti libéral.

Les troisième élections du règne d'Henri II marquèrent le triomphe du parti libéral, un parti que l'on pourrait comparer en France  à une entité politique qui aurait englobé l'UDF et le PS, un vaste parti centriste avec deux ailes marchantes, une aile proche des conservateurs et une aile gauche dite «progressiste».

Cette aile gauche était alors l'aile dominante ce qui explique que son chef Liam MacDowell devint secrétaire général du parti et donc premier ministre de l'Ecosse à seulement 46 ans.

Il fit souffler un vent frais sur l'Ecosse en multipliant les réformes qui fit du pays une démocratie sociale avancée qui faisait l'admiration de nombre de libéraux européens notamment dans les pays d'Europe centrale et orientale sous le joug de princes et de monarques réactionnaires et autoritaires.

Le suffrage universel masculin est ainsi accordé en 1889 suivit l'année suivante après une bataille homérique contre la chambre des lords du suffrage universel masculin et féminin. Sur le plan social, la journée de travail de 8h est accordée en 1891, la semaine de 48h en 1892 suivit de deux semaines de congés payés en 1894.

Le premier ministre libéral échoue cependant à abolir la peine de mort en 1894 même si son champ d'application est singulièrement restreint et que le roi Henri II _pourtant personellement favorable à la peine capitale_ va largement user de son droit de grâce pour commuer les peines de morts en détention perpetuelle, en déportation dans un bagne des Orcades ou en bannissement perpétuel d'Ecosse pour le criminel et ses descendants.

C'est ce qui explique qu'il n'y aura aucune exécution entre 1897 et 1912 quand les deux assassins d'une jeune femme enceinte au cours d'un cambriolage qui à mal tourné sont pendus à la prison centrale de Glasgow après avoir échappé de peu à un lynchage de la part des autres prisonniers.

Sur le plan de la politique extérieure, l'Ecosse reste fidèle à une politique pro-britannique, Henri II mit ainsi son véto en 1894 au projet de mariage de Charles, duc de Dundee et prince royal d'Ecosse avec une princesse allemande.

Le duc de Dundee passa outre le véto paternel et épousa en mai 1895, Marie de Brunswick en renonçant à ses droits à la couronne et ses titres nobiliaires, quittant l'Ecosse pour s'installer aux Etats Unis où il se lança avec succès dans l'industrie lourde, les chemins de fer et le transport maritime, groupe appelé par ironie King's Company.

Cet abandon effectif en septembre 1895 ouvrit une véritable crise dynastique. Les libéraux estimaient que l'héritier de la couronne devait être l'ainé quelque soit son sexe alors que les conservateurs estimaient que seul un roi pouvait hériter de la couronne.

Une loi de succession est votée par la chambre des Répresentants puis par la chambre des Lords respectivement le 14 janvier et le 12 février 1896 attribuant la succession à la couronne d'Ecosse en droite ligne par primogéniture mâle.

En cas d'absence de descendance masculine ou d'héritier masculin, la Chambre des représentants et la chambre des lords devra alors se réunir pour décider de l'avenir de la monarchie écossaise.

Il était prévu l'organisation d'un conseil de régence de dix-sept membres chargé de choisir le nouveau roi, un roi venu d'une dynastie régnante, d'une dynastie déchue ou un candidat pouvant justifier une parenté même lointaine avec les Lorraine-Beaumont.

Fort heureusement en 2017, ce cas ne s'est jamais présenté et ne se présentera jamais puisque désormais l'héritier du trône est le premier enfant né quelquesoit son sexe sous réserve qu'il ne soit atteint d'aucune maladie mentale.

Le 7 mars 1896, une cérémonie à lieu au château d'Holyrod, faisant de Jacques âgé de 24 ans le nouvel héritier de la couronne d'Ecosse. Marié à une princesse néerlandaise, Hilda apparentée à la dynastie des Orange-Nassau (par une branche adultérine),  il est titré duc d'Inverness et prince royal d'Ecosse.

En mars 1900, la chambre des représentants refuse de voter le budget qui prévoit l'institution d'un impôt sur le revenu et de nouvelles taxes indirectes ce qui pousse le roi sur demande du premier ministre libéral à dissoudre la chambre des représentants pour provoquer de nouvelles élections favorables aux conservateurs. Un nouveau budget est voté, moins avancé que le projet initial.

Quand le vingtième siècle émerge, le paysage écossais est clairement bipartite avec comme en Angleterre un parti libéral et un parti conservateur. Si les conservateurs dominent la chambre des représentants de 1900 à 1907, les libéraux reprennent la majorité absolue lors des élections générales du printemps 1907.

Cette victoire écrasante des libéraux (154 sièges sur 221 alors que la majorité absolue est 111) se révéla in fine une victoire à la Pyrrhus.

En effet, ils révèlèrent au public les lignes de fracture et les tensions internes au Liberal Party entre une aile gauche en voie de radicalisation et une aile droite qui se trouvait de plus en plus d'affinités avec le parti conservateur qui se reconstruisait dans l'opposition, changeant les décisionnaires et effectuant un énorme travail de refondation intelectuelle.

En septembre 1912, Liam MacDowell démissiona du secrétariat général du parti libéral suite à une motion de censure du comité directeur ce qui provoqua la réunion d'un congrès extraordinaire à Dumbarton du 4 au 9 octobre.

Ce congrès fût d'une véritable sauvagerie avec son festival de coups bas, de trahison, d'alliances de circonstances. Cela déboucha sur l'éclatement du parti fondé dans cette même ville soixante-dix ans plus tôt (1842).

Le parti libéral devint un véritable parti centriste avec un véritable tropisme droitier, se trouvant un nombre non négligeable de convergences avec les conservateurs.

Quand à l'aile gauche, elle se regroupa dans un éphémère True Liberal Movement avant de former avec des socialistes partisan du jeu démocratique et pluraliste, le parti travailliste fondé officiellement en septembre 1913 à Dumbarton.

A SUIVRE

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Mer 06 Déc 2017, 15:54

K-Le premier conflit mondial et ses conséquences

De la neutralité à l'engagement

En dépit des approches de la France et de l'Angleterre, l'Ecosse refusa de se lier les mains en signant un traité d'alliance contraignant.

Quand l'Europe s'embrasa à l'été 1914, l'Ecosse proclama sa neutralité ce qui ne signifiait pas l'absence de mesures militaires puisque les effectifs militaires sont augmentés alors que la marine écossaise multiplie les patrouilles et décide d'assurer l'escorte des navires marchands contre les croiseurs auxiliaires allemands mais également britanniques dont on connait la détermination en cas de guerre.

Le 1er septembre 1914, le gouvernement écossais fait savoir aux belligérants qu'elle repoussera par la force toute tentative d'intrusion.

Pour autant, l'Ecosse n'était pas totalement à l'écart du conflit. De nombreux volontaires écossais s'engagèrent dans la Légion Etrangère, pas moins de 4000 jeunes écossais gagnèrent le continent dès l'automne 1914, formant de gros bataillons chez les «képis blancs» où ils justifièrent leur caractère guerrier avec les allemands et leur caractère bagarreur avec les autres militaires français et alliés.  

C'est bien simple, à l'arrière, les écossais devinrent les terreurs des bistrots et de la gendarmerie qui mettait un cierge à l'église du coin quand une unité de légionnaires écossais était stationnée dans leur secteur.


Insigne du Régiment de Marche de la Légion Etrangère (RMLE), l'une des unités les plus décorées de l'armée française avec le Régiment d'Infanterie
Coloniale du Maroc (RICM)


Sur le plan de l'économie, l'industrie écossaise profita à fond du conflit, l'Angleterre mais également la France passèrent de nombreuses commandes dans le domaine du textile (uniformes, couvertures et draps pour les hôpitaux.......), de la metallurgie, de l'armement (pistolets et fusils pour l'armée britannique)......... .

Les chantiers navals de Glasgow, de Dundee et d'Aberdeen construisirent de nombreux cargos et pétroliers pour compenser les pertes causées par les sous-marins allemands. Les mines de charbon et de minerai de fer exportaient massivement vers l'Angleterre et le continent.

Le chomage disparu, l'économie écossaise connaissant le plein emploi, un véritable âge d'or pour la classe ouvrière écossaise qui bénéficia de salaires très élevés et de condition de travail appréciables.

Cette neutralité très favorable aux alliés (il y avait certes un peu de commerce vers l'Allemagne via la Norvège neutre mais c'était quasi-insignifiant) suscita la colère de l'Allemagne qui protesta à plusieurs reprises via l'ambassade d'Espagne qui représentait ses intérêts à Edimbourg après le rappel de l'ambassadeur d'Allemagne en janvier 1915.

L'Ecosse fit la sourde oreille, ne répondant même pas aux notes. Edimbourg semblait être à l'écart du monde et de la guerre. Cela ne pouvait pas durer éternellement et comme souvent dans ces moments là, le réveil ne pouvait être que brutal.

Le 17 mars 1916, le Fort MacDonald, un cargo de 800 tonneaux chargé de blé appareilla du port de Dundee pour rallier Newcastle et alimenter une usine fabriquant des biscuits pour les troupes britanniques.

Son armateur refusa l'escorte d'un torpilleur de la Royal Scotish Navy (RSN) mais du peindre de larges drapeaux écossais sur les flancs du navire, une précaution qui se révéla bien illusoire. Le lendemain 18 mars, au large d'Holy Island, il est torpillé par un sous-marin allemand.

Le navire privé de propulsion et de son unique hélice s'échoua en direction de l'île. 18 marins sont tués sur trente-quatre, les survivants gagnant la terre par un va et vient alors que le sous-marin lâche quelques obus de 88mm sur l'épave qui brûla pendant plusieurs jours avant de sombrer.


Gottlieb von Jagow

Le chargé d'affaires écossais à Berlin (l'ambassadeur avait été rappelé pour consultations en novembre 1915) adressa une protestation officielle ce à quoi le ministre des affaires étrangères  Gottlieb von Jagow répondit par une fin de non recevoir, rappelant les nombreux écossais engagés dans la Légion Etrangère et la participation de l'économie écossaise à l'effort de guerre allié.

Entre le 25 mars et le 1er juin 1916, pas moins de trente cargos, chalutiers et pétroliers battant pavillon écossais, naviguant et isolément ou en convoi furent coulés. L'Ecosse rendit coups pour coups, trois sous-marins étant coulé par grenadage, éperonnage ou par artillerie.

Le 4 juin 1916, l'Ecosse rompt officiellement ses relations diplomatiques avec l'Allemagne. La chambre des représentants et la chambre des lords votent à une très large majorité la déclaration de guerre de l'Ecosse à l'Allemagne.

Aussitôt, un corps expéditionnaire est mis sur pied pour combattre sur le continent. Deux divisions d'infanterie soit 20000 hommes et une brigade d'artillerie lourde sont ainsi armées pour combattre en Europe alors qu'une brigade de cavalerie est envoyée dans les Balkans.

A noter que les écossais engagés dans la Légion Etrangère retrouvèrent l'armée écossaise, formant l'ossature du corps expéditionnaire, leur expérience était précieuse pour encadrer les recrues encore mal dégrossies ou des soldats ayant de nombreuses années de service mais aucune expérience du combat.

Le corps expéditionnaire écossais est déployé sur la Lys en compagnie des troupes portugaises, subissant de plein fouet l'opération Georgette (avril 1918), l'offensive allemande de la dernière chance.


Carte de l'opération Georgette

Les deux divisions (1st Scotish Division et 7th Scotish Division) furent enfoncées, résistant avec difficulté à une formidable offensive allemand soutenues par les Stosstrupen et par une aviation tactique mordante et comme tous les troupiers de toutes nationalités maudirent les aviateurs «Tous des salauds et même les nôtres parce qu'on les voit jamais».


Un membre des Stosstrupen

Les deux divisions écossaises parvinrent à rétablir un front relativement continu mais au prix de lourdes pertes. Sur 17800 soldats en ligne, les 1st SD et 7th SD perdirent près de 8000 tués, blessés, disparus et prisonniers, cessant d'être des unités constituées.

Retirées du front, elles furent reconstituées avec de nouvelles recrues et toujours des anciens de la Légion Etrangère avant d'être remises en ligne à l'été 1918 sous commandement français, participant notamment à la bataille de la ligne d'Hidenburg en compagnie du corps expéditionnaire américain et de troupes françaises, montrant un mordant admiré des français et craint des allemands.

Dans les Balkans, la brigade de cavalerie participa à la bataille décisive de Dobro Polje (14-15 septembre 1918) ce qui poussa la Bulgarie à demander l'armistice le 29 septembre 1918, exploitant la percée des armées commandées par le maréchal Franchet d'Esperey.

Quand le premier conflit mondial s'achève le 11 novembre 1918, l'armée écossaise à acquis son statut d'armée victorieuse. Pas moins de 9150 soldats écossais ont été tués ou estropiés, 2000 soldats  prisonniers sont libérés des camps de prisonniers allemands.


Grenadiers écossais en tenue de campagne

Le 14 juillet 1919, un bataillon écossais en tenue de grenadier de la garde avec bonnet de poil et kilt défila sur les Champs Elysées lors du fameux défilé de la victoire, recevant une véritable ovation du public français qui devait se rappeler à cet instant de la Auld Alliance.

Des lendemains qui déchantent........... .

Le 12 novembre 1918, le roi Henri II est victime d'un refroidissement après une longue promenade à cheval. Alité, il ne se révélera plus jusqu'au 27 novembre 1918 quand il succombe à l'âge de 71 ans, laissant inconsolable sa veuve, Louise de Lorraine-Beaumont qui lui survécu vingt ans, vivant retirée dans une aile du château d'Aberdeen construit par Charles IV et qu'elle avait aménagée avec le goût qu'on lui connaissait.

Elle cessa  d'apparaitre en public comme jadis sa mère Victoria. Les curieux approchant du château voyaient parfois une dame tout de noir vêtue marcher à l'aide d'une canne dans un parc ou prendre l'air au balcon. Des apparitions fugaces qui alimentèrent rumeurs et légendes de la «Dame en Noir» notamment après sa mort survenue le 17 août 1939.

Plusieurs dizaines de milliers d'écossais et d'écossaises suivirent ses obséques et certains d'y voir dans cette mort un mauvais présage...... .


Jacques IX (1872-1937), roi des Ecossais de 1918 à 1937


Lui succède son fils cadet Jacques sous le nom de Jacques IX. Marié à une princesse néerlandaise, âgé de 46 ans à son avènement, il à quatre enfants : le prince héritier Louis né en 1897, duc d'Inverness en 1918 et prince royal d'Ecosse en 1924 à l'âge de 27 ans, une fille prénommée Julianna née en 1899, un fils prénommé David né en 1901 et une fille, la malheureuse princesse Marie née en 1903 mais qui victime de troubles mentaux (schizophrénie paranoïde) fût internée dans un asile en 1920 où elle mourut en 1945 à l'âge de 42 ans. L'hôpital en question étant devenu à sa mort le Princess Mary Mentaly Hospital.

Homme expérimenté, il doit cependant faire face à une situation politique et économique difficile nécessitant tact, patience et doigté. Le nouveau roi à beaucoup de qualités mais malheureusement pas celle d'un véritable guide.

Sans s'en rendre compte, l'économie écossaise s'était enfermée dans une véritable bulle, une demande artificielle avec une brusque augmentation des salaires pour calmer le mécontentement d'une population active inquiète de l'inflation et aiguillonné par un développement des meneurs d'extrême gauche.

La révolution de février puis celle d'octobre 1917 avait donné des idées à certains socialistes en rupture de banc avec le parti travailliste jugé trop modéré, trop «bourgeois». Le 4 mars 1918, un colonel de la Garde Royale est victime d'un attentat à son domicile, une bombe le tuant avec son épouse.

Le Royal Intelligence Service (RIS) ouvrit l'oeil, effectuant des arrestations préventives, étouffant la contestation, à dire vrai peu visible aux yeux de l'opinion publique écossaise obnubilée par la fin qu'on espérait proche du premier conflit mondial.

La crise économique frappa durement l'Ecosse à partir du printemps 1919. La démobilisation à mit fin au plein emploi, aggravant une situation économique délicate en raison d'une reconversion difficile des industries d'armement et de l'afflux d'une main d'oeuvre prêt à accepter des emplois peu ou mal payés.

«Ces vétérans sont une plaie pour le prolétariat. Habitués à travailler dur, à obéir sans se plaindre, ils son prêts à accepter un boulot mal payé.»

Le roi Jacques IX consulta la classe politique, envisageant sérieusement une dissolution de la chambre des Représentants pour provoquer des élections anticipées et donner un nouveau souffle à l'Ecosse. Le premier ministre Ian Meadows s'y opposa et proposa sa démission refusée par le roi qui s'estimait incapable trouver un autre leader crédible comme premier ministre.

Pâques sanglantes et instabilité politique

La situation politique resta bloquée jusqu'au 4 avril 1920 quand tout explosa, marquant le début des «Paques Sanglantes». Le RIS en dépit de sa vigilance fût surpris par une telle explosion de violence simultanée ce qui indiquait un projet mûrement réfléchit et planifié.

Une série de bombes explosèrent à Glasgow, à Edimbourg, Dundee et Aberdeen. A Inverness, plusieurs navires de la Royal Scotish Navy hissèrent le drapeau rouge mais cette mutinerie fût rapidement écrasée par des troupes fidèles au pouvoir royal.

La petite ville d'Irvine occupé par des hommes du Scotish Communist Party (SCP) est transformée en Commune indépendante du pouvoir «royal, bourgeois et réactionnaire d'Edimbourg» le 5 avril 1920.

La ville fût rapidement encerclée par l'armée écossaise, bombardée par la marine. Les combats pour reprendre la ville furent extrêmement violents mais après une semaine d'affrontement (8-15 avril 1920), la ville détruite à 79% est reprise, restant sous administration militaire jusqu'en 1925.


La ville d'Irvine après sa reprise. La reconstruction engagée dès 1921 se poursuivit jusqu'en 1925.

Cette répression militaire fût suivit d'une repression judiciaire sévère. 237 personnes furent jugées à Glasgow et à Edimbourg, 77 condamnées à mort et 54 exécutées, les autres étant condamnés à des peines allant de 5 ans de prison à la prison à vie. Les 23 personnes concernées étant à leur libération déchues de leur nationalité écossaise et expulsées en direction du continent.

Pour ne pas avoir su prévoir un tel soulèvement, le premier ministre Ian Meadows démissionne et remplacé Dean MacCarter, son principal opposant qui décide de dissoudre la Chambre des Représentants après accord du roi.

Les conservateurs qui ont fait preuve de fermeté _de brutalité dirons leurs adversaires_ espèrent récolter les fruits d'une repression menée sans s'interroger sur les méthodes.

Leurs opposants libéraux si ils ont approuvé la répression contre une véritable sédition reprochent au gouvernement les méthodes notamment le bombardement d'Irvine par la marine royale (certains canonniers furent d'ailleurs traduits en cour martiale pour avoir refusé de tirer sur la ville).

Quand aux travaillistes qui participent à  leurs premières véritables élections, ils espèrent récolter les fruits d'un patient travail de terrain.

Les élections du 4 juillet 1920 (scrutin uninominal à un tour) ne satisfont personne, les électeurs semblent avoir renvoyé dos à dos tous les partis. Si le parti conservateur remporte le scrutin, il rate la majorité absolue de deux sièges avec 109 représentants sur 221, les libéraux récoltant 74 sièges et les travaillistes 38.

Les conservateurs soutenus par le roi mettent sur pied un gouvernement minoritaire mais les libéraux et les travaillistes unis par le plus petit dénonimateur commun _barrer la route aux conservateurs_ entament une véritable guérilla législative qui oblige le roi à demander un gouvernement «bénéficiant du soutien plein et entier de la Chambre des Représentants»

Le premier ministre conservateur tente de pousser le roi à une nouvelle dissolution, manoeuvre dilatoire car Dean MacCarter sait très bien qu'une nouvelle dissolution est impossible avant juin 1921.

Démissionnant le 7 septembre 1920, il est remplacé par le libéral Burt Monroe à la tête d'un gouvernement de coalition libéraux-travaillistes, ces derniers bénéficient des portefeuilles stratégiques des Affaires Etrangères et de la Guerre au grand dam des plus conservateurs.

Cette coalition fonctionne bien mais se heurte bientôt à l'opposition sourde de la Chambre des Lords qui bien que non élue _il existe des pairs héréditaires et des pairs nommés par le roi notamment pour services rendus_ s'estime aussi légitime que la chambre basse.

Après le rejet de plusieurs textes, le premier ministre libéral demande au roi une fournée de pairs pour faire pencher la balance en direction de la chambre basse du parlement écossais. Le roi refuse dans un premier temps, estimant que la chambre haute est dans ses droits.

Ce qui fait changer d'avis c'est le veto apposé par les lords au budget 1923 pour l'année fiscale allant du 1er juin 1922 au 31 mai 1923 ce qui bloque l'administration et le versement de sa liste civile que Jacques IX avait accepté de réduire de 30% pour améliorer l'état des finances publiques.

Le lendemain du vote négatif des Lords survenu le 14 mai 1922, le roi nomme 47 nouveaux pairs _tous issus du parti libéral_ qui font basculer la majorité de la chambre haute qui vote le 27 mai le budget proposé déjà le 14 mai.

On assiste au même conflit que onze ans plus tôt en Angleterre et comme chez leurs voisins du sud, les lords écossais jadis vus comme les gardiens de la Nation sont désormais considérés comme d’indécrottables réactionnaires, accrochés à leurs privilèges et rétifs à tout changement même celui nécessaire.

Le 6 juin 1922, est déposé sur le bureau de la Chambre des Représentants un projet de réforme constitutionnelle réduisant considérablement les pouvoirs de la Chambre des Lords. Désormais le veto ne peut concerner le budget sauf en cas de déficit manifeste. Quand aux autres projets de loi, le veto est suspensif durant la durée de la législature.

Le mandat des représentants est réduits à 5 ans mais leur nombre passe de 221 à 271, les cinquante représentants supplémentaires étant élus à la proportionnelle intégrale sur un scrutin de liste national.

Une loi de sécurité intérieure est également votée, loi qui permet en cas de besoin au premier ministre de prendre des mesures d'exception par ordonnance, de proclamer l'état d'urgence mais la possibilité de suspendre l'Habeas Corpus est rejeté par une coalition de représentants dépassant les clivages entre partis.

Une loi est également votée pour interdire le parti communiste écossais (qui devient donc clandestin) et plus généralement «toute formation, groupuscule ou entente visant à renverser par la force le gouvernement ou la monarchie».

Cette réforme n'est pas du goût de tout le monde. Plusieurs manifestations dégénèrent en émeutes comme à Glasgow le 13 août 1922 où un policier est lynché par une foule hystérique provoquant une réaction de la police qui tire à balles réelles. Le bilan est lourd : trois morts et une douzaine de blessés graves.

Le paroxysme de la contestation est atteinte le 4 septembre 1922 quand une manifestation conservatrice dégénère en émeutes, trois jours d'émeutes et de pillage. Le gouvernement libéral-travailliste à la main ferme, la répression est sévère et le calme revient.

Le 17 septembre, un régiment de la brigade de cavalerie de Falkirk se mutine et marche sur Edimbourg, campant au pied du palais royal d'Holyrod sous prérexte de protéger le roi de la subversion.

Le gouvernement ne se laisse pas intimider et encercle les factieux qui non soutenu par le reste de l'armée doivent se rendre après trois jours de négociation. Le roi Jacques IX silencieux depuis plusieurs semaines sort de sa réserve et en appelle au loyalisme de l'armée lors d'un discours radiophonique qui fera date.

Cette tentative de coup d'état militaire mal préparée est l'occasion d'une purge dans les sphères supérieures de l'armée, l'enquête du procureur général montrant que plusieurs généraux au courant de cette tentative n'ont rien fait pour s'y opposer.

Globalement, la situation politique et économique va rester tendue jusqu'au printemps 1924 quand la reprise économique va réduire considérablement les tensions politiques comme économiques, la coalition libérale-travailliste se révélant plus solide que prévue.

A suivre : "Entre libéralisme et tentation autoritaire (1924-1939)"

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Mer 13 Déc 2017, 23:17

L-Entre libéralisme et tentation autoritaire (1924-1939)

Les élections du printemps 1927 sont les premières après la réforme constitutionnelle réduisant le mandant des représentants à cinq ans.

Les élections sont largement favorables aux libéraux qui remportent la majorité absolue avec 140 sièges (+66) sur 271, laissant 82 représentants aux conservateurs (-27), 45 sièges pour les travaillistes (+7) et 4 sièges pour le Parti National Ecossais, une formation qui attire les déçus du parti conservateur jugé trop modéré, un parti inspiré par les dictatures réactionnaires d'Europe centrale, un mélange d'autoritarisme et de profonde religiosité.

L'économie qui avait connu un vrai renouveau à partir de 1924 commence à connaître des ratés à l'automne 1928 avec plusieurs faillites d'entreprise qui provoquent la remontée du chomage.

S'en suit la faillite de la Lawson & Parker Bank, la principale banque d'investissement écossaise (octobre 1928), un an avant le Krach de Wall Street. Les écossais sont d'autant plus remontés que l'enquête montre que la faillite à été provoquée par l'action de quelques pieds nickelés.  

Terriblement dépendante de l'économie américaine, l'Ecosse subit de plein fouet les effets du Jeudi Noir. Les armateurs écossais qui transportaient certaines années jusqu'à 17% des marchandises américaines grâce à des prix compétitifs doivent désarmer des dizaines de navires soient anciens soient récemment mis en service.

L'estuaire de la Clyde devient un vrai cimetière marin avec des dizaines de navires désarmés, mouillés bord à bord, gardés par quelques marins désoeuvrés.

Faute de commandes, les chantiers navals doivent réduire leurs effectifs et leurs commandes d'acier ce qui par ricochet provoque une baisse de la production d'acier ainsi que du minerai de fer et du charbon.

Le mécontentement grandit, mécontentement aggravé par des affaires politico-financières touchant le parti libéral comme le parti conservateur. Un sentiment clair de divorce entre la classe politique et le peuple se fait clairement sentir.

La conséquence ne se fait pas attendre. Aux élections de mars 1932, les libéraux subissent une véritable déroute dont ne profitent guère les conservateurs qui ne dispose que de deux sièges de majorité avec 138 sièges (82) devant les travaillistes qui doublent le nombre de leurs représentants avec 80 représentants (38), les libéraux qui n'ont que 50 sièges (140) alors que le PNE recule d'un siège faute d'une véritable stratégie et d'un programme dépassant la simple protestation.

Le PNE symbolise les contradictions et les questions que se pose la société écossaise sécouée par la crise économique. On s'interroge sur la politique à mener que ce soit sur le plan économique (libéralisme ou protectionisme), sur le plan social (libéralisme ou conservatisme) et politique (démocratie ou autoritarisme).


Les conservateurs au pouvoir _aiguillonnés par un PNE remuant, amateur de phrases et de déclarations chocs_ sont un temps tentés de changer la constitution et de suivre le modèle en vogue au Portugal, en Autriche et en Europe Centrale et orientale avec un pouvoir fort et le corporatisme mais les racines de la démocratie écossaise sont profondes et ces tentatives échouent.

La politique socio-économique des conservateurs à plus de succès. Des mesures protectionistes sont prises dès avril pour protéger l'industrie écossaise tandis qu'une politique de relance est menée via notamment de grands travaux d'infrastructures (routes, voies ferrées, ports).

Si le chomage se réduit et la demande repart, l'Etat écossais qui se piquait de gérer comme un bon père de famille se retrouve très endetté ce qui oblige les conservateurs à augmenter les impots, une bien mauvaise nouvelle en ces temps pré-électoraux.

Conséquence logique, les élections du printemps 1937 voient le retour des libéraux au pouvoir qui ratent cependant la majorité absolue avec 121 sièges (+71) les obligeant à une coalition avec le parti conservateur qui dispose de seulement 75 sièges soit presque moitié moins que dans la précédente Chambre (138).

La majorité dispose donc de 196 sièges laissant à l'opposition _non unie_ un total de 75 sièges répartis entre le parti travailliste avec 40 sièges (80) _dont la radicalisation inquiète les classes moyennes, son secrétaire général prennant langue avec le PCE clandestin_, le PNE qui aligne 15 sièges et enfin le Nouveau Parti Républicain qui fait une apparition remarquable avec 20 sièges.

L'Ecosse va alors traverser une période de turbulences liés à une série de drames touchant la monarchie.


Louis 1er (1897-1949), roi des Ecossais de 1937 à 1949

Le 24 juillet 1937, le roi Jacques IX décède des suites d'une longue maladie _terme pudique encore aujourd'hui utilisé pour parler de cancer_ à l'âge de 65 ans, laissant le trône à son fils ainé Louis qui devient roi sous le nom de Louis 1er.

Agé de 40 ans, marié depuis 1925 à une princesse espagnole, il ne profite guère de son avénement suite à un tragique accident.


Le château de Balmoral

Le 4 octobre 1937, son fils ainé Charles âgé de 9 ans, turbulent et caractériel échappe à la surveillance de sa gouvernante et se noie dans l'étang du château de Balmoral.

Certains y voie un très sombre présage sur l'avenir de l'Ecosse, d'autres se demandent si la main de Dieu avait préservé de cette façon si cruelle pour ses parents l'Ecosse de la perspective d'un roi déséquilibré tant le petit Charles semblait mentalement instable, passant d'une quasi-dépression à de brusques crises de rage et de colère souvent pour des choses insgnifiantes.

Les obsèques du petit prince sont suivi par plusieurs dizaines de milliers d'écossais, un deuil national d'une semaine est suivit y compris par les républicains qui estiment que Charles était avant tout un enfant avant d'être un prince royal.

Louis 1er et la reine Marie-Amélia vont être durablement marqués par cette tragédie au point de délaisser Balmoral durant tout leur règne. Il semble même que la démolition du château à été envisagée mais finalement jamais menée à bien. L'étang où eu lieu le drame ne fût jamais comblé mais au milieu une statue du petit prince en tenue de matelot fût érigée.

Cette mort provoque une véritable crise dynastique. Le roi n'à en effet que des filles Marie née en 1930 et Margareth née en 1932 alors que la règle dynastique prévoit la primogéniture mâle ce qui fait théoriquement de son frère David né en 1901 l'héritier du trône.

Cette crise transcende les partis politiques, deux camps s'opposent : les «légitimistes» partisan du maintien de la règle actuelle  et bientôt connus sous le nom de davidistes (majoritaires chez les conservateurs, minoritaires dans les autres partis) et les «pragmatiques» partisan du changement de la règle de succession avec la succession par primogéniture quelque soit le sexe de l'enfant et bientôt connu sous le nom de maristes qui sont majoritaires mais de peu chez les libéraux.

Le roi Louis 1er est longtemps hésitant. Plus proche des conservateurs, il serait tenté de laisser à son frère David le titre de prince héritier mais ce dernier échauffé par de nombreux courtisans, convaincus d'avoir devant eux le futur roi d'Ecosse se met à parler politique, à critiquer l'action du gouvernement et du roi, indisposant un monarque placide et bonhomme, très populaire notamment depuis la mort du prince héritier.

Louis 1er tourne casaque et se rapproche des maristes. Il décide de passer par référendum, un référendum consultatif qui est l'occasion d'une campagne assez rude, le nouveau roi se montrant d'une adresse nouvelle en faisant effectuer à la jeune princesse (huit ans) une tournée dans les villes et les villages d'Ecosse.


La princesse Marie devint Marie III en 1949

Attendris par la petite princesse très mature pour son jeune âge, l'opinion publique écossaise bascule  de son côté au grand dam des conservateurs qui digère mal l'idée de revoir une reine à la tête de l'Ecosse, une reine appelée Marie comme les deux dernières reines d'Ecosse.

Le référendum à lieu le 23 mars 1938 dans un contexte assez tendu, le dispositif sécuritaire est impressionnant autour des bureaux de vote et des lieux sensibles, pas moins de 8000 policiers et militaires sont déployés dans tout le pays, les navires de la marine royale patrouille autour des ports, l'armée de l'air maintien au dessus d'Edimbourg une patrouille double de chasse.

La question est simple «Approuvez vous la réforme constitutionnelle faisant du premier enfant né le successeur au trône d'Ecosse sans distinction de sexe ?». Le oui l'emporte largement avec 72,28% de oui et une participation massive (79,5%) faisant de Marie, la duchesse d'Inverness, princesse royale d'Ecosse.

Devant une telle démonstration de force des maristes, leurs adversaires doivent s'incliner mais pas sans combattre. Le Royal Succession Act est ainsi adopté en première lecture par la Chambre des Représentants le 5 avril 1938 mais la Chambre des Lords le rejette le lendemain 6 avril en raison d'un nombre d'opposants supérieur aux partisans du nouveau texte.

Adopté une deuxième fois par la Chambre des Représentants le 21 avril 1938 (oui 181 non 73 abstensions 17), il est adopté à une courte majorité (51 oui 44 non  6 abstensions) par la Chambre des Lords le 23 avril. Les deux chambres réunies en Congrès du 1er au 7 juin adoptent définitivement le texte par 304 voix pour et 68 contre.

Au cours d'une fastueuse cérémonie au château de Holyrod le 4 septembre 1938, la princesse Marie devient officiellement l'héritière au trône d'Ecosse, étant titrée duchesse d'Inverness et princesse royale d'Ecosse. Une lourde responsabilité sur ses frêles épaules alors que de noirs nuages s'amoncellent à l'horizon.

M-Turbulences à l'horizon : L'Ecosse dans le second conflit mondial (1939-1945)

Neutralité ou engagement ? Le dilemme écossais

En dépit des tensions internationales, L'Ecosse aborde l'automne 1939 avec confiance. L'économie va mieux, le système politique fonctionne bien et la monarchie raffermie par le changement de la loi de succession qui prépare l'Ecosse à être dirigée par une reine pour la première fois depuis Marie II Stuart. Edimbourg ne peut cependant faire fi des tensions internationales opposant l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre et la France.

Au moment de la crise des Sudètes, l'Ecosse à proposé sa médiation poliment refusée par les pays concernés ce qui explique l'accueil plutôt frais réservé à la princesse Elisabeth lors de son voyage à Glasgow et Edimbourg en août 1939.

Représentant son père George VI, la jeune (13 ans) princesse est ainsi huée à Edimbourg ce qui provoque de sérieux remous entre l'Angleterre et l'Ecosse en dépit d'un accueil chaleureux de Louis 1er à sa cousine (ils ont Victoria comme ancètre commun) à laquelle il présenta ses plus plates excuses.

En dépit des efforts franco-anglais, l'Ecosse refuse de s'engager dans une quelconque alliance en vue d'un conflit que chacun pressant comme proche.

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne (1er septembre 1939) entraine une réunion d'urgence de la Chambre des Représentants (celle-ci siège normalement d'octobre à juin) dès l'après midi pour une session extraordinaire du 1er au 5 septembre 1939.

A l'issue de débats enflammés, l'Ecosse proclame sa neutralité par le vote d'une résolution par 212 voix contre 47 et 12 abstensions. Une délégation spéciale est ainsi mise sur pied avec des représentants des différents groupes parlementaires, cette délégation de 27 représentants doit pouvoir valider des textes au cas où la réunion de la Chambre des Représentants serait impossible.

Cette délégation pompeusement baptisé «Guards of Freedom» (gardiens de la liberté) va s'installer dans une base militaire secrète de la banlieue de Glasgow, ne rejoignant Edimbourg que pour les séances de la Chambre des Représentants.

Neutralité ne veut pas dire faiblesse et l'Ecosse met sur pied une véritable économie de guerre : mise en place d'un système de rationnement, mise en culture des espaces verts dans les lieux publics, constitution de stocks alimentaires et de matières premières...... .

Des abris antiaériens sont aménagés tout comme une Défense Passive, la Scotish Protection Agency (SPA) tandis que les effectifs de l'armée augmente, la marine multipliant les patrouilles à la fois contre les sous-marins et les navires de surface étrangers.

Certains écossais vont cependant participer dès septembre 1939 à la seconde guerre mondiale en s'engageant dans la Légion Etrangère,renouant avec les manes de leurs ainés qui comme nous l'avons vu s'étaient massivement engagés en 1914.


Comme en 1914, de nombreux écossais vont s'engager dans la Légion Etrangère s'illustrant à Narvik, en Erythrée et à Bir Hakeim

Des légionnaires écossais vont ainsi s'illustrer à Narvik au sein de la 13ème DBLE, certains continuant le combat au sein des FFL.

La défaite de la France en juin 1940 surprend nombre d'observateurs et parmis eux les écossais. Il semble que le gouvernement libéral-conservateur ait à cet instant envisagé une entrée en guerre avant de se raviser, craignant qu'une défaite de l'Angleterre ne laisse la petite Ecosse seule face à l'ogre hitlerien.

Comme les américains, la neutralité écossaise est nettement plus favorable pour l'Angleterre que pour l'Allemagne. Le charbon, le minerai de fer et le blé écossais alimentent largement l'économie britannique alors que les allemands ne peuvent profiter d'une telle mane.

Ils adressent plusieurs notes de protestation (7 septembre et 13 octobre 1940 notamment) mais Edimbourg fait la sourde oreille, rappelant alors son ambassadeur en poste à Berlin, le début d'une escalade qui allait conduire l'Ecosse à la guerre.

Le 14 juin 1941 est signé le traité de Berwick entre l'Ecosse et l'Angleterre. Il définit les modalités d'une entrée en guerre de l'Ecosse qu'il s'agisse d'une participation aux opérations ou de l'effort de guerre concernant la production de matériel de guerre.

Par une bourde de l'ambassadeur de Suède à Berlin, l'existence de ce traité est officiellement rendue publique le 8 novembre ce qui suscite la fureur de Berlin qui exige des explications de la part d'Edimbourg qui fait la sourde oreille.

Le réveil va être brutal. Le 24 novembre 1941, 24 Dornier Do 217 escortés par 14 Me110 bombardent le port d'Aberdeen provoquant de gros dégâts même si la DCA abat deux bombardiers tandis que la chasse pour la perte de trois appareils descend trois bombardiers et trois chasseurs dont les équipages rejoignent sous les huées des écossais la prison centrale d'Aberdeen avant d'être transférés dans un camp de prisonnier aménagé près d'Inverness.

La Chambre des Représentants réunie en séance extraordinaire le lendemain 25 novembre 1941 vote la rupture totale des relations diplomatiques avec Berlin et déclare la guerre par 270 voix pour et une abstension.

C'est la guerre !

La déclaration de guerre est officiellement confiée à l'ambassadeur portugais qui représente les intérêts de l'Allemagne à Edimbourg (l'ambassadeur allemand avait quitté le pays dès le 10 septembre 1939) qui le transmet à Berlin qui répond par un bombardement aérien contre Inverness qui coule un cargo et endommage assez sérieusement le port pour le prix de deux bombardiers et d'un chasseur.

Les rares ressortissants allemands et italiens présents en Ecosse sont mis en prison ou en résidence surveillée pendant que le pays se prépare à un conflit extrêmement dur.

Des officiers écossais intègrent rapidement les état-majors anglais soit directement pour le commandement d'unités écossaises ou comme officiers de liaison aux Antilles et en Méditerranée où la petite armée écossaise comptait bien payer de sa personne.

La marine fût la première à se mettre en évidence en assurant l'escorte des convois transatlantiques entre Greenock et Halifax mais également des convois entre le Loch Ewe et Mourmansk et Argangelsk.

L'armée de l'air assura principalement des missions de défense aérienne contre les bombardiers allemands ainsi que des opérations de surveillance maritime en mer du Nord, missions de surveillance doublées de mission offensives contre la navigation allemande.

Ce n'est cependant qu'à partir de l'été 1942 que l'armée de l'air écossaise pu donner sa pleine mesure après un rééquipement en matériel moderne.


Fokker D.XXI

Les chasseurs Fokker D-XXI furent remplacés par des Spitfire Mk V, les Bristol Blenheim par des Bristol Beaufigther, les Fairey Battle par des De Havilland Mosquito sans parler de la mise sur pied d'unités de reconnaissance maritime équipées de Short Sunderland et de Liberator ainsi que d'une unité de bombardement stratégique équipée d'Avro Lancaster.

Dans un premier temps l'armée de terre resta dans une prudente expectative. Non pas qu'elle refusait le combat mais elle s'assura d'abord de rendre le territoire écossais inexpugnable. La menace d'un débarquement allemand s'étant rapidement dissipée, la Royal Scotish Army adopta une posture nettement plus offensive.

Jubilee ou le baptême de feu des troupes écossaises

Photo aérienne prise durant l'opération Jubilee

En janvier 1942, une délégation d'officiers écossais rencontra Lord Mounbatten, le responsable de l'opération Jubilee, un raid planifié sur Dieppe pour tester la possibilité d'un débarquement sur les côtes françaises, raid mené le 19 août 1942.


Lord Mountbatten

Les écossais obtinrent ainsi l'intégration d'un régiment d'infanterie légère, le 1st  Scotish Light Infantry au sein de la 2ème Division Canadienne, ce régiment commença aussitôt son entrainement pour s'amalgamer avec les autres unités de la division qui comptait un certain nombre d'officiers et de soldats dont les ancètres venaient d'Ecosse.

Outre ce régiment, deux squadrons de chasse équipés de Spitfire Mk V et un squadron de bombardement équipé de Bristol Beaufighter va être engagé pour appuyer les troupes au sol, troupes au sol qui bénéficieront également du soutien de la RSN qui déploya deux torpilleurs qui tirèrent contre la terre avec leurs canons de 120mm.

Le 1st SLIR participa à l'assaut direct contre Dieppe en compagnie du Royal Hamilton Light Infantry et du Essex Scottish Regiment, subissant de lourdes pertes puisque 140 soldats écossais furent tués, 200 blessés et 45 prisonniers mais beaucoup réussirent à s'évader et à rentrer en Ecosse !

L'exemple le plus spectaculaire est celui du major Caldwell et du sergent Horteson. Faits prisonniers blessés, internés en France près de Compiègne, ils tentèrent de s'évader une première fois mais repris, ils furent transférés à Flensburg près de la frontière germano-danoise. S'évadant à nouveau, ils gagnèrent Copenhague à pied où ils furent exfiltrés en Suède par la résistance danoise.

Arrivés à Stockholm, ils furent confiés à l'attaché militaire écossais en Suède et transferés par avion à Edimbourg où ils furent accueillis en héros. Remis de leurs blessures, ils furent affectés au Scotish Commando n°1 où leur expérience de la clandestinité allait se révéler précieuse.

Sur les 40 Spitfire Mk V engagés, 8 furent abattus par la chasse ou la Flak défendant le port normand alors que deux Bristol Beaufigther étaient victimes des Focke Wulf Fw-190. Quand aux deux torpilleurs, ils ne furent endommagés légèrement par des coups à toucher et des éclats des obus de la défense côtière.

L'opération Jubilee était incontestablement un échec mais il sera riche de leçons pour Overlord et d'autres débarquements amphibies.

Outre ce raid amphibie, l'armée écossaise va participer à des raids commandos sur les côtes de l'Europe occupée, des opérations coups de poing contre les ports, les aérodromes, les postes de commandement avec ou sans le soutien des mouvements locaux de résistance.

Le Scotish Commando n°1 est créé le 14 septembre 1942 en réponse à la création par l'armée de l'air du Royal Scotish Air Service (RSAS), deux unités différentes mais aux tactiques et méthodes semblables aux Royal Scotish Marines Scouts (RSMS), les forces spéciales de la marine.

Ce commando va s'illustrer notamment en Norvège, s'attaquant aux batteries côtières allemandes, aux aérodromes et même à des installations de commandement et de répression.


L'opération Nemesis eut pour objectif de faire sauter Victoria Terrasse, le siège norvégien de la Gestapo

Le 14 mars 1943 dans le cadre de l'opération «Nemesis», le SMIS (Scotish Military Intelligence Service) et le SC n°1 font sauter l'immeuble de la Gestapo à Oslo, tuant un grand nombre de policiers allemands, de collaborateurs norvégiens (les tristements célèbres «Quisling») et libérant plusieurs chefs de la résistance norvégienne. Deux commandos capturés furent torturés et fusillés par les allemands.    

Torch, Husky, Avalanche et Shingle

L'armée de terre «régulière» ne va pas tarder elle aussi à s'illustrer en participant aux nombreux opérations amphibies. La mobilisation générale decrétée dès l'entrée en guerre du royaume le 25 novembre 1941 permet à l'armée écossaise de prendre du muscle et du volume.

En juin 1942, les «forces régulières» de l'armée écossaise affichent le visage suivant :

-Quatre Divisions d'Infanterie de 12000 hommes  : (1st 2nd 3rd et 4th Scotish Infantry Division)

-Deux Divisions Blindées de 14000 hommes : (7th Highland Armoured Division et 11th Lowland Armoured Division)

-Une Division Aéroportée de 9500 hommes : (la 5th Airborne Division)

-Une Division d'Infanterie de Montagne de 8000 hommes (6th Scotish Mountain Division)

-Deux brigades d'infanterie légère de 4500 hommes chacune (8th  9th Light Infantry Brigade)

Sur le papier ce sont 102500 hommes qui sont parés au combat sans compter la logistique, les recrues à l'entrainement, les réservistes et les territoriaux, des hommes trop agés (plus de 45 ans) pour combattre mais qui étaient engagés dans la Home Guard pour la défense locale en liaison avec la police.

Ces unités subissent un entrainement poussé aux côtés d'unités britanniques expérimentées pour éviter la période délicate du baptême du feu.

Dès le début, il est décidé d'engager l'armée écossaise dans la première opération stratégique lancée par les alliées à savoir l'opération Torch, un débarquement au Maroc et en Algérie.

La conquête de l'Afrique du Nord sous contrôle de Vichy est en effet indispensable pour espérer reprendre pied en Italie, le ventre mou de l'Axe selon Churchill.


Carte de l'opération Torch

L'Ecosse y participa, engageant la 1st Scotish Infantry Division et la 11th Lowland Armoured Division à Casablanca sous commandement américain (Western Task Force), livrant quelques combats avec les troupes vichystes.

Dans le secteur d'Oran, la 8th Light Infantry Brigade débarque sous commandement britannique, s'emparant d'Arzew.

La Royal Scotish Air Force engage elle deux squadrons de chasseurs équipés de Spitfire Mk IX, un squadron de bombardiers légers équipés de B25 Mitchell et un squadron de reconnaissance maritime équipé de Consolidated Liberator, ces unités opérant depuis Gibraltar.  

Quand à la marine, elle effectue un effort significatif, déployant pour appuyer les troupes mises à terre à Casablanca, le croiseur lourd Edimbourg le croiseur léger William Wallace et les destroyers Loch Ness et Loch Lomond qui vont tirer contre terre pour museler les batteries côtières.

Au moment de la charge de la 2ème escadre légère, les navires écossais protégèrent les transports, laissant les croiseurs américains museler cette courageuse mais illusoire charge.

Les pertes écossaises sont plutôt faibles (125 tués et 750 blessés) mais plus précieux, ces unités ont acquis expérience et respect des unités alliées.

Si la 8th Light Infantry et la 1st Scotish Infantry Division continuent la guerre jusqu'en Tunisie où le sort de l'Axe est scellé en février 1943, la 11th Lowland Armoured Division est regroupée près d'Alger pour préparer les futures opérations contre l'Italie.

Le 19 avril 1943 est officiellement créé à Alger, la I Scotish Army qui regroupe la 1st Scotish Infantry Division et la 11th Lowland Armoured Division au sein du 10ème Corps d'Armée ainsi qu'un 20ème corps d'armée composée de la 2nd Scotish Infantry Division et de la 6th Scotish Mountain Division venues d'Ecosse en convoi.


Opération Husky

Placée sous le commandement du général Anton McPherson, elle va s'entrainer intensivement pour les opérations Husky et Avalanche, les débarquements de Sicile et de Salerne.

La Royal Scotish Air Force libérée d'une partie de la servitude imposée par la défense aérienne de l'Ecosse peut engager un groupement aérien tactique (Scotish Tactical Air Group STAG) disposant de deux squadrons de Spitfire Mk IX, de deux squadrons de P 47 Thunderbolt, de deux squadrons de bombardiers légers B 25 Mitchell, d'un squadron de reconnaissance équipé de Mosquito et d'un squadron de transport équipé de C-47 soit un total de 160 appareils.

La Royal Scotish Navy déploie le porte-avions d'escorte Scotland (ex-USS Breton CVE-23), le croiseur lourd Edimbourg le croiseur léger William Wallace,les destroyers Loch Ness et Loch Lomond, le pétrolier Tweed, les sous-marins S-1 et S-2 (type S britannique) pour surveiller la flotte italienne plus des hydravions de surveillance Consolidated Catalina.

Le 10ème corps d'armée est engagé en Sicile à partir du 10 juillet 1943 sous commandement américain, débarquant à Gela à l'ouest de Syracuse, participant à la prise de Palerme puis à celle de Messine, une compagnie éccossaise étant la première à y entrer.

Une fois la Sicile conquise, le 10ème CA va rallier la Corse pour participer à l'opération Dragoon, le débarquement allié prévu dans le sud de la France.

Le 20ème corps d'armée lui va être engagé dans l'opération Avalanche, le débarquement à Salerne exécuté à partir du 3 septembre 1943. Il va ensuite remonter toute l'Italie à un rythme de sénateur.

Le 22 janvier 1944, pour tenter de déborder la ligne Gustav, les alliés débarquent à Anzio dans le cadre de l'opération Shingle.

Ce débarquement voit l'engagement du croiseur léger William Wallace, de quatre torpilleurs légers type Hunt (T.1 T.2 T.3 et T.4), de la 9ème Scotish Light Infantry Brigade et d'un groupe occasionnel de forces spéciales issu du Royal Scotish Air Service et du Royal Scotish Marines Scouts (RSMS).

Ce débarquement manque de tourner à la catastrophe et ce n'est qu'en mai 1944 que les allemands sont battus devant se replier de la ligne Gustave vers la ligne Gothique.

Le 20ème CA écossais va rester déployé en Italie jusqu'à la fin du conflit, terminant en mai 1945 dans le sud de la Bavière. Les troupes écossaises intégrés dans le secteur américain vont rester en Bavière jusqu'en septembre 1946 quand elles rentrent en Ecosse.

Overlord et Dragoon, l'Ecosse fidèle à la Auld Alliance

Photo de l'Armada de l'opération Dragoon

L'armée écossaise va également participer aux débarquements menés sur le territoire français qu'il s'agisse d'Overlord ou de Dragoon.

Pour le débarquement en Normandie, se rappelant de l'opération Jubilee, l'armée écossaise accepte de placer ses unités sous commandement canadien à défaut d'obtenir une plage dédiée en dépit des efforts du gouvernement écossais.

La 3rd Scotish Infantry Division, la 1st Brigade de la 7th Highlander Armoured Division, le Scotish Commando n°2 et deux bataillons de la 9th Scotish Light Infantry Brigade vont ainsi former un 30ème CA placé sous commandement canadien, devant devenir autonome après la réussite de l'opération.

A noter que pour la première fois, la marine éccossaise va assurer le transport des unités débarquées avec des LST et des LSM pour les unités régulières, les torpilleurs légers T.5 T.6 et T.8 pour les commandos et l'infanterie légère, ces navires ayant été transformés en APD (Amphibious Personnal Destroyer).

La Royal Scotish Navy assure également l'appui-feu, engageant des LSM ( R ), des LSM équipés de lance-roquettes mais également les torpilleurs légers T.7 T.9 et T.11, les destroyers Loch Morar et Loch Tay ainsi que les croiseurs légers Robert Bruce et Charles IV.

La Royal Scotish Air Force (RSAF) engage une escadre aérienne depuis les aérodromes du sud de l'Angleterre, le 15th Tactical Air Wing composé de deux squadrons de North American P-51 Mustang (48 appareils), deux squadrons de Republic P-47 Thunderbolt (48 appareils) _les Mustang assurant la couverture aérienne et les Thunderbolt l'appui-feu à l'aide de bombes et de roquettes_, deux squadrons de bombardiers légers North American B-25 Mitchell (40 appareils) et un squadron de reconnaissance équipé de Spitfire PR Mk V (16 appareils) chargé notamment du guidage des frappes aériennes et du bombardement naval.


Célèbre photo de l'opération Overlord

La 5th Airborne Division va participer à l'opération Pegase, le volet aéroporté du débarquement. Il fût un temps question qu'elle soit chargée de s'emparer de Caen pour accélérer la percée mais ce mode d'utilisation fût jugé trop audacieux et la division aéroportée écossaise fût chargée d'appuyer la 6th Airborne anglaise.


Pegasus Bridge

Larguée à l'aube le 6 juin, elle appuya les hommes du major Howard qui s'étaient emparés par un audacieux raid en planeur de Pegasus Bridge. Ils repoussèrent plusieurs contre-attaques allemandes, affermissant les positions alliées.

A 6.45 le 6 juin 1944, la marine écossaise ouvrit le feu dans le secteur Juno en compagnie de navires britanniques et canadiens. Les croiseurs légers ouvrirent le feu avec leurs huit canons de 152mm pendant que les destroyers faisaient de même avec leurs quatre canons de 120mm. Les chalands lance-roquettes ajoutèrent leur note à cette flamboyante symphonie.

Trois quarts d'heure plus tard, à 7.30, les écossais et les canadiens commencèrent à débarquer, la première vague vit l'engagement des deux bataillons la 9th Scotish Light Infantry Brigade et du Scotish Commando n°2 qui furent chargés de s'emparer des positions fortifiées des plages.

Dès la deuxième vague, la 3rd Scotish Infantry Division fût mise à terre, à temps pour repousser avec les unités canadiennes une vigoureuse contre-attaque allemande qui fût définitivement anihilée par les Dragon (Cromwell) de la 1ère brigade de la 7th Highlander Armoured Division.

Une fois le débarquement assuré d'une totale réussite, le 30ème CA participa aux tentatives de perée menées dans la région de Caen, subissant des pertes assez sensibles.

Pour cette exploitation, le 30ème CA avait été musclé, la 7th HAD avait été entièrement engagée en France en compagnie de la 3rd SID et de la 4th SID qui avaient remplacé les bataillons d'infanterie légère et les commandos rapatriés en Angleterre pour repos et recomplément des effectifs.  

Le 30ème Corps d'Armée écossais fût encore musclé en juillet avec l'arrivée en France de la 10th Scotish Infantry Division qui permet à l'Ecosse de former deux corps d'armée, le 30ème CA composé de la 7th HAD et de la 10th SID alors que le 31ème CA alignait les 3rd et 4th SID, ces deux corps d'armée formant la 2ème armée écossaise ou II Scotish Army.

Engagée sous le commandement canadien, elle participe aux opérations pour fermer la poche de Falaise, suivant la 1ère armée canadienne au sein d'un 13ème groupe d'armée.

Ce 13ème groupe d'armée va participer ensuite à la bataille de l'Escaut, libérant du 2 octobre au 8 novembre 1944 le port d'Anvers, la 9th SLIB _reconstituée et réarmée_ participant à l'opération Infatuate contre Walcheren, subissant de telles pertes que la brigade ne pourra retrouver un niveau opérationnel correct avant la fin des opérations en Europe.


L'échec de l'opération Market Garden retarda probablement la fin de la guerre de plusieurs semaines voir de plusieurs mois

Entre-temps, la 5th Airborne Division va participer à la désastreuse opération Market Garden lancée le 17 septembre 1944 dans l'espoir d'accélérer la fin du conflit.

Le plan concocté par le maréchal Montgomery est d'une simplicité biblique : des parachutistes largués pour s'emparer des ponts sur le Rhin aux Pays Bas à  Son, Nimègue, Eindhoven et Arnhem sur lesquels passeront les blindés du 30ème corps du général Horrocks.

La 5th Airborne Division va être engagée à Arnhem en compagnie de la 1ère division aéroportée anglaise, marquant le début d'une terrible campagne de neuf jours où loin d'affronter des vieillards et des ados, les paras anglais et écossais, vont affronter deux divisions de Panzer S.S.

Le 30ème corps devait rejoindre Arnhem en quatre jours mais prennant extrêmement de retard, les paras écossais et anglais à bout de force doivent cesser le combat après neufs jours de lutte.

La 5ème division aéroportée écossaise à engagé 9500 hommes à Arnhem. Seulement 2700 échapperont à la captivité. Pas moins de 4500 paras écossais ont été tués et 2300 sont faits prisonniers et enmenés en captivité en Allemagne.

La 2ème armée écossaise participa ensuite à la garde à la Meuse de décembre 1944 au 8 février 1945 quand elle lança l'opération Veritable, une percée dans la forêt de Reichswald entre Rhin et Roer, parvenant à déborder avec le concours de la 1ère armée canadienne la ligne Siegfried.

Parvenant en Allemagne, la 2nd Scotish Army remonta vers le Nord, participant à la prise d'Hambourg en compagnie de troupes anglaises le 3 mai 1945, bordant ensuite la frontière danoise pour contrer une possible intervention soviétique dans ce pays à la situation stratégique.

Si l'armée de terre écossaise porta le plus gros du fardeau du conflit, en étant engagée massivement sur le continent européen, en Italie et en Afrique du Nord, les autres armées ne sont pas restées pour autant l'armée au pied.

La marine à ainsi subit des pertes assez sensibles en escortant les convois notamment dans l'Océan Glacial Arctique mais également dans l'Atlantique.

Elle à ainsi perdu un croiseur léger, le Jacques Stuart (coulé le 17 mai 1943 par des avions torpilleurs allemands) et le croiseur lourd Edimbourg à été gravement endommagé par des mines magnétiques le 4 janvier 1945 au large de Trondheim avant de couler alors qu'il allait être pris en remorque. A cela s'ajoute le croiseur léger Macbeth victime d'une explosion de ses soutes à munitions le 14 octobre 1944 à Inverness.

A la perte de ces unités majeures s'ajoute la perte de quatre destroyers, de trois torpilleurs, de deux sous-marins, de six escorteurs, d'un cargo rapide et d'un pétrolier. Près de 3000 marins écossais ont ainsi péri durant ce conflit.

L'armée de l'air à elle aussi connu des pertes non négligeables que ce soit en soutien des opérations terrestres que lors des missions de chasse aux submersibles en mer du Nord ou encore au cours des raids du squadron 97 _l'unique squadron de bombardiers lourds de l'armée de l'air écossaise_ sur la Norvège (six appareils engagés le 12 novembre 1944 dans l'opération Catechism, un abattu et un disparu en mer) ou sur les ports allemands de la Baltique où dira un pilote «on avait la dangereuse sensation d'être un canard dans un tonneau».  

Au final, l'armée écossaise termine le conflit avec un sentiment d'effroi devant les pertes importantes (près de 12000 tués et environ 4000 invalides) mais aussi de fierté, l'armée royale écossaise ayant fait honneur à la réputation guerrière des peuples celtes.

Un temps, l'Ecosse songea à envoyer des troupes dans le Pacifique mais aucun pays n'accepta cette aide qu'il s'agisse de l'Angleterre pour aider au désarmement des troupes japonaises occupant l'Empire anglais, des Etats Unis (qui avaient accepté poliment l'envoi de la British Pacific Fleet) ou encore de la France, l'Ecosse ayant proposé l'envoi d'une division d'infanterie légère pour aider à la réoccupation de l'Indochine.

L'armée écossaise resta déployée en Allemagne jusqu'en septembre 1946 quand le 20ème Corps d'Armée écossais déployé en Bavière est rapatrié en Ecosse et dissous.

Dès octobre 1945, la 2ème armée écossaise avait été dissoute tout comme le 31ème corps dont les divisions avaient été renvoyées en Ecosse. Quand au 30ème corps, il resta déployé en Allemagne du Nord et au Danemark jusqu'en juin 1946 quand les dernières troupes écossaises rentrent au pays.

En apparence, l'Ecosse s'apprête à redevenir un état neutre comme après la première boucherie mondiale. Sauf que cette fois les choses ne sont pas se passer comme ça...... .

A suivre : N-Neutralistes contre Engagistes : un après guerre plein d'incertitudes (1945-1949)  

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
pascal
Contre-amiral
Contre-amiral
avatar

Masculin
Nombre de messages : 5502
Age : 53
Ville : marseille
Emploi : fonctionnaire
Date d'inscription : 08/02/2009

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Jeu 14 Déc 2017, 11:04

j'ai le sentiment qu'entre les trois Armées çà fait beaucoup d'effectifs pour un pays de moins de 4 millions d'habitants en 1940/43 non ?...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
adama
Premier Maître
Premier Maître
avatar

Masculin
Nombre de messages : 766
Age : 45
Ville : charleroi
Emploi : ex mécano avion, conducteur de train
Date d'inscription : 02/09/2010

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Jeu 14 Déc 2017, 19:27

pour un pays c'est +/- 9 à 10% de la population qui peux être sous les drapeaux, donc 360.000 à 400.000 hommes (et femmes)..
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Ven 15 Déc 2017, 09:56

pascal a écrit:
j'ai le sentiment qu'entre les trois Armées çà fait beaucoup d'effectifs pour un pays de moins de 4 millions d'habitants en 1940/43 non ?...

Oui mais quand tu vois le nombre de GU (4 divisions réparties en deux CA) je trouve que je suis pas excessif

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Dim 17 Déc 2017, 21:49

N-Neutralistes contre Engagistes : un après guerre plein d'incertitudes (1945-1949)  

Quand le second conflit mondial s'achève le 2 septembre 1945, l'Ecosse peut se dire qu'elle à pris sa part du fardeau dans la lutte contre des idéologies qui sont la négation même de la civilisation (même si l'URSS était alliée des pays occidentaux).

Sur le plan des relations internationales, la situation d'Edimbourg s'est améliorée. La neutralité très rigide de l'entre-deux-guerre avait pu provoquer des tensions et des remous mais l'engagement plein et entier de l'Ecosse dans la guerre avait soldé les aigreurs et les mécontentements notamment vis à vis de Londres.


John Major, premier ministre anglais de 1993 à 1997

Comme le dira un homme politique anglais appelé à un grand avenir, John Major, «l'Ecosse avait acheté notre sympathie, notre compréhension et notre amitié avec son sang».

Désormais la rivalité avec l'Angleterre appartenait davantage au domaine du sport et de l'humour selon l'adage du «qui aime bien chatie bien».

La vie politique mise entre parenthèses par la guerre reprend ces droits. Les élections législatives prévues en mars 1942 avaient été reportées au retour de la paix en raison du grand nombre de soldats écossais déployés outre-mer.

Elles sont organisées le 7 septembre 1945. La dernière assemblée était à dominante libérale avec 121 sièges contre 75 pour les conservateurs _les deux partis formant une coalition qui à dirigé l'Ecosse en guerre, l'opposition hétéroclite, alignant 75 sièges répartis entre  le parti travailliste avec 40 sièges (80), le PNE qui aligne 15 sièges et enfin le Nouveau Parti Républicain qui avait fait une apparition remarquable avec 20 sièges.

Logiquement les élections auraient du être favorables à la coalition libéral-conservatrice qui avait su conduire le pays dans le fracas du second conflit mondial mais les électeurs soucieux de changement donnèrent sa chance au parti travailliste.

Ce dernier emporte la majorité absolue avec 141 sièges (+101 sièges !), ne laissant que 70 sièges au parti libéral (-51 sièges) et 45 sièges aux conservateurs (-30), les quinze sièges restants se repartissant entre le Parti National Ecossais avec dix sièges et le Nouveau Parti Républicain avec cinq sièges.

Les travaillistes guéris de leur volonté de se rapprocher du PCE _toujours clandestin en dépit du statut de l'URSS_ adoptent une idéologie social-démocrate, mettant en place un Etat providence qui complète des réformes introduites avant guerre par la coalition libérale-conservatrice.

Un système de retraite par répartition est mise en place tout comme un système de santé où la gratuité est la norme. Une réforme fiscale introduit un impôt sur le revenu et diverses taxes indirectes.

Sur le plan de la politique étrangère, la situation est nettement plus mouvementée. La Grande Alliance vola rapidement en éclats, les occidentaux s'opposant aux soviétiques qui ont établit un glacis protecteur sur l'Europe centrale et orientale.

L'Ecosse va alors se déchirer sur la position à adopter : choisir le camp occidental ou revenir à une neutralité aussi stricte que celle de l'Irlande, de la Suisse et de la Suède.

Les conservateurs sont favorables à une véritable alliance avec l'Angleterre, la France, la Belgique voir avec les Etats Unis, les libéraux plutôt favorables à la neutralité alors que les travaillistes sont partagés.

L'Ecosse s'enfonce dans une période d'instabilité politique opposant les «neutralistes» contre les «engagistes» qui transcendent les partis politiques. On ne compte plus les affrontements houleux au sein des partis politiques, les manifestations qui dégénèrent dans les rues, mettant les nerfs de la police à rude épreuve.

Les travaillistes se montrent hésitants, les appels au calme du roi Louis 1er et de l'héritière du trône Marie âgée de 16 ans ne parviennent pas à ramener la paix dans les coeurs et les esprits.

Conséquence, le 4 janvier 1947, l'Etat d'urgence est déclaré dans tout le pays. C'est la première mise en oeuvre de la loi du 8 juillet 1922 qui prévoit le déploiement de l'armée et de la Home Guard, l'internement préventif des meneurs et fauteurs de trouble potentiels, des procédures judiciaires accélérées........... .

En dépit de cette mise en oeuvre de l'état d'urgence, la situation reste tendue et explosive. Le 1er mai 1947, 55000 personnes manifestent à Edimbourg contre une alliance militaire pérenne. Dans des conditions encore non élucidées aujourd'hui, un policier monté est abattu.

Ses collègues riposent en chargeant les manifestants faisant 14 morts. S'en suit trois jours d'émeutes et de pillages qui provoquent de terribles dégâts à Edimbourg.

Le parti travailliste victime de divisions internes semble incapable d'adopter une position claire sur le plan des alliances, louvoyant entre neutralistes et engagistes. Ces derniers ne cessent de gagner du terrain, les engagistes ne cessant de répéter que la petite Ecosse ne pourrait se défendre seule en cas d'attaque soviétique.

Le 7 mars 1947, la France et l'Angleterre signent le traité de Dunkerque, un traité qui prévoit une assistance militaire automatique en cas d'agression. En dépit des efforts du premier ministre Stuart Maxwell pour intégrer ce traité, l'Ecosse reste en dehors du premier système d'alliance de l'après guerre.

Cette alliance franco-anglaise est complétée le 17 mars 1948 par une alliance franco-anglo-belgo-néerlando-luxembourgeoise (traité de Bruxelles), une alliance conçue à l'origine pour se prémunir d'une résurgence de la menace allemande mais qui est vite tournée vers la menace soviétique.

Contesté par son propre camp, le premier ministre tente un coup de poker en obtenant le 4 juin 1948 de la part du roi Louis 1er, la dissolution de la Chambre des Représentants élue en septembre 1945 et qui ne devait être renouvelée qu'en septembre 1950.

La campagne qui doit durer trois mois est intense et violente. Les libéraux comme les conservateurs attaquent les travaillistes sur leur incapacité à choisir une politique étrangère cohérente et sur le déficit du budget (alors que l'économie est en pleine croissance).

Les élections du 12 septembre 1948 voit le triomphe des conservateurs. Ils ont su rassurer la classe moyenne sur le fait qu'ils ne reviendraient pas sur les réformes travaillistes tout en tenant un discours de fermeté tant sur le plan intérieur (refus de l'abolition de la peine de mort et de l'avortement, deux thèmes chers aux libéraux et aux travaillistes) que sur le plan extérieur (anticommunisme farouche, alliance recherchée avec les Etats Unis pour contrer l'URSS).

Résultat, ces élections sont un triomphe pour les conservateurs qui remportent la majorité absolue avec 195 sièges sur 271 ne laissant que des miettes aux libéraux (45 sièges) et aux travaillistes (31 sièges), les autres partis disparaissant de la chambre basse, le PNE et le NPR disparaissant peu après dans les méandres des divisions et autres scissions.


Le nouveau premier ministre, Erik Donegan à 42 ans. Jeune, il militait au parti libéral mais durant les années trente, il se radicalise adhérent au parti conservateur en 1934.

Réformé en 1926, le plus jeune député d'Ecosse (31 ans en 1937) s'engage comme volontaire dans l'armée de terre, participant à plusieurs raids commandos en Europe occidentale puis à l'opération Overlord où il est grièvement blessé. Réformé en septembre 1944, il est affecté aux services de renseignement comme instructeur.

Avec un tel pédigree, Erik Donegan n'à aucun mal à être élu secrétaire général du parti conservateur à l'âge de 39 ans, un record de précocité pour le député d'Inverness dans un parti plus connu pour ses barbons aux cheveux blancs que pour ses jeunes loups ambitieux.

Devenu premier ministre, sa première tache est d'accrocher l'Ecosse au wagon de l'alliance Atlantique et de son bras armé l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).


Drapeau de l'OTAN

Bien que n'ayant pas participé aux négociations préliminaires que comme observateur, l'Ecosse se voit attribuer le titre de membre fondateur en compagnie des Etats Unis, du Canada, du Royaume d'Angleterre, du Pays de Galles et de l'Irlande du Nord, de la France, du Danemark, de la Belgique, du Luxembourg, des Pays Bas, de la Norvège, de l'Italie, de l'Islande et du Portugal.

Le premier ministre peut ainsi signer le 4 avril 1949 à Washington le traité qui met en place l'une des plus formidables alliances militaires de l'histoire, mettant fin à une période de troubles et d'incertitudes.

O-Le long règne conservateur (1949-1963)

Le roi est mort vive la reine !

Marie III

Alors que l'Ecosse célèbre la signature du traité (qui sera ratifié par le parlement par 212 voix contre 49), le roi Louis 1er meurt dans son sommeil le 12 avril 1949 à l'âge de 52 ans des suites d'un problème cardiaque.

L'émotion est immense, le roi bonhomme avait été transcendé par la perte de son fils ainé et par les soucis de la guerre, le roi écrivant personellement à chaque famille ayant perdu un être cher.

Les obsèques ont lieu le 21 avril. Le corps du roi est monté sur une allonge d'artillerie remorquée par huit chevaux blancs. Les corps constitués et la famille royale suivent le cortège sauf le nouveau souverain selon le vieux principe «le roi est mort vive le roi».

Lui succède sur le trône, sa fille ainée, Marie qui devient Marie III, reine des Ecossais. Âgée de 19 ans, elle à une réputation de tête frivole. La petite fille de huit ans qui prononçait avec aisance des discours complexes s'était métamorphosée à l'adolescence en une gamine capricieuse, une tête légère dont les emportements augurait mal un règne qui allait marquer en profondeur l'Ecosse. Le premier ministre écossais après avoir présidé les obsèques du feu roi est bien décidé à encadrer les premiers pas de la nouvelle reine.

Entre les deux naquit une vraie complicité intellectuelle, une véritable amitié et bien après son départ du pouvoir, Sir Erik Donegan restera un conseiller très écouté jusqu'à sa mort en 1964 qui laissa la reine inconsolable qui dira avoir perdu non pas un ami mais un membre de sa famille.  

Inévitablement, cette complicité provoqua un nouveau lot de ragots qui alourdit encore un peu plus le dossier de la jeune reine.

Très belle jeune femme («la plus belle femme des îles britanniques, plus belle que la princesse Margaret» ce que les anglais contestaient), on lui prêta de nombreuses aventures tant masculines que féminines et la discrétion qu'elle portait à sa vie sentimentale alimenta la rumeur entétante, obsédante d'une reine lesbienne.

Le premier ministre conjura la reine à se marier. Celle-ci traina les pieds mais au cours d'une réception à l'ambassade d'Italie en Ecosse, elle rencontra Hans von Stauffenberg, un cousin du héros malheureux de la conjuration du 20 juillet 1944. Il avait échappé à la répression par un poste d'attaché militaire à Berne où il demanda l'asile politique après l'échec de l'opération Walkyrie.


Le nouveau prince consort était le cousin de Claus von Stauffenberg, le héros malheureux du complot du 20 juillet 1944

Duc de Carinthie et comte d'Heidelberg, Hans était bel homme et bien qu'il rendait cinq ans à la reine, celle-ci décida de l'épouser après avoir consulté le premier ministre, les parlementaires et après avoir demandé une enquête approfondie des services de renseignement sur le comportement du futur prince consort pendant la guerre.

Le mariage eut lieu en grande pompe à Edimbourg le 15 septembre 1950, un an après la rencontre entre la reine et le prince consort. Au grand dam d'Hans, Marie III resta inflexible : il ne serait jamais roi d'Ecosse.

Es-ce pour cela que les premières années du mariage furent si difficiles ? En tout cas tous les témoins de l'époque s'accorde à dire que le couple ne s'entendait guère, que Marie accaparée par son métier de reine était une épouse peu attentive et qu'Hans s'ennuyait dans un rôle de prince consort bien moins passionnant qu'espéré.

Ce mariage aurait pu virer à la catastrophe mais au printemps 1952, la reine tomba enceinte. Des lors, le prince consort se montra bien plus proche et attentif vis à vis de la femme dont il était tombé amoureux au cours du bal.

Le 2 septembre 1952, Charles, duc d'Inverness et prince royal d'Ecosse nait au Queen Lousia Medical Hospital.

Cette naissance de l'avis de l'entourage royal marqua un tournant dans le mariage entre Marie et Hans comme si ils étaient tombés amoureux en apprennant qu'ils allaient devenir parents.

Sur le plan politique, la reine appuya totalement son premier ministre qui mena une politique extérieure ambitieuse.

Membre très actif de l'OTAN, l'Ecosse accepta le déploiement de troupes américaines dans le pays en dépit des réserves des conservateurs les plus nationalistes qui citaient l'exemple de la Norvège pour s'opposer à la présence permanente de troupes américaines.

L'Ecosse devient une base importante de l'OTAN notamment en vue de contrer le passage des sous-marins soviétiques dans l'Atlantique pour s'en prendre aux convois américains et canadiens amenant les renforts en Europe.

Scapa Flow mouillage équipé pour acceuillir une petite escadre va servir de lieu de rassemblement des navires de l'OTAN lors des exercices. En 1995, un ancien amiral américain révèle qu'à Scapa Flow avaient été aménagés des dépôts et des bunkers souterrains utilisables en cas de guerre atomique.

Sur ces souterrains beaucoup de fantasmes circulent car ils sont toujours inaccessibles au public, la dernière personne ayant réussi à pénétrer dans le périmètre à été condamné à cinq de prison avant d'être gracié par la reine.

La base navale d'Inverness accueille en permanence un porte-avions américain d'abord le USS Wasp (CVA-18) puis de 1965 à 1977, le USS Franklin D. Roosevelt (CVA-42) _les deux porte-avions se relayant un temps durant les immobilisations pour refonte_ alors que Holy Loch sur la côte ouest de l'Ecosse sert de mouillage pour les sous-marins armés de missiles balistiques.


Holy Loch

Lors du retrait du «FDR», les écossais espéraient le déploiement permanent d'un nouveau porte-avions mais les américains ont décidé de conserver leurs porte-avions sur la côte est.

A Edimbourg, un squadron de chasse, un squadron de bombardement, un squadron de reconnaissance et un squadron de transport, le tout formant un Scotland Tactical Wing s'installe à partir de 1954.

Au niveau des troupes au sol, la 172th  Airborne Infantry Brigade s'installe à Glasgow tandis que du matériel pour une brigade de marines est stocké à Inverness.

Après avoir longuement hésité, l'Ecosse décide de déployer des troupes en Allemagne, une tête de pont destiné en cas de conflit à déployer le corps de bataille de l'armée écossaise.

Le 12 septembre 1954, l'état-major des  Scotish Forces in West Germany (SFWG) est activé à Flensburg à la frontière germano-danoise. Ce choix est tout sauf innocent : c'est là que les écossais ont livré leurs derniers combats en mai 1945.


missile sol-sol Honest John

Ce commandement dispose en permanence de la 9th Light Infantry Division, de la 13th Independent Armoured Brigade, du 155th Independent Artillery Regiment équipé de missiles tactiques Honest John, d'un Tactical Helicopter Group, du 2nd Royal Scotish Operation Group et de différents éléments de soutien représentant environ 25000 hommes chargés de préparer l'arrivée des unités venues d'Ecosse notamment de la 7th Highlander Armoured Division et de la 11 st Lowland Mecanized Division.

Si la marine n'à aucun navire basé à demeure en Allemagne, l'armée de l'air elle à déployé dès 1955 dans le nord de l'Allemagne, sur la base aérienne de Schleswig, une escadre aérienne, le 11th Tactical Wing composé d'un squadron de chasse, d'un squadron de bombardement, d'un squadron d'attaque légère destiné à l'appui rapproché des troupes au sol et un squadron de reconnaissance.


Plan de la base aérienne de Schleswig

Cette base sous pleine souveraineté écossaise jusqu'en 1958 est alors rétrocédée à la Luftwafe qui la partage avec le 11th TW, Edimbourg payant une redevance annuelle au gouvernement ouest-allemand.

L'Ecosse participe également à l'Allied Mobile Force-Nord (AMF-Nord) qui doit dissuader l'URSS d'attaquer la Norvège, une sorte de force de réaction rapide à laquelle l'Ecosse fournit l'un de ses deux régiments d'infanterie légère, un groupement d'hélicoptères de manoeuvre issu de la brigade aéromobile et un bataillon de Marines.

Les élections de septembre 1953 sont un nouveau triomphe pour les conservateurs qui réalisent un  score historique avec 205 représentants, les libéraux conservant leurs 45 sièges alors que les travaillistes deviennent une espèce en voie de disparition avec seulement 21 sièges.

Si l'Ecosse à prit le train en marche en ce qui concerne l'OTAN, l'Ecosse est l'un des membres fondateurs de l'Association Européenne de Libre Echange, le concurrent de la Communauté Economique Européenne réunissant l'Angleterre, le Danemark, la Norvège, la Suisse, le Portugal, l'Autriche et la Suède.

L'AELE voit le jour en 1960 mais le rêve de ses fondateurs de la voir absorber la CEE va se transformer en cauchemar, l'Angleterre adhérant en 1973 à la CEE avec le Danemark et l'Irlande.

L'Ecosse à aussi été membre fondateur de l'ONU signant en juillet 1945 à San Francisco la Charte des Nations Unies.


Conseil de Sécurité de l'ONU

Un temps, Edimbourg caressa l'espoir d'obtenir un siège de membre permanent mais en dépit d'un investissement conséquent dans le second conflit mondial, le Royaume d'Ecosse du se contenter de jouer un rôle secondaire au sein du «machin».

Elle participe depuis le début aux opérations de maintien de la paix, fournissant des observateurs et des casques bleus.

L'armée écossaise à ainsi participé aux opérations de maintien de la paix en Egypte, au Congo, au Proche Orient (Liban et Palestine), au Cambodge, en Somalie, en Bosnie, au Timor et en Haïti. Les pertes sont à la hauteur de l'engagement avec 84 casques bleus écossais tués en opération.

L'économie fonctionne bien, en pleine croissance, elle capitalise sur la modernisation engagée dans les années trente et accélérée par la guerre. L'industrie écossaise relativement épargnée par la guerre profite de la ruine de l'industrie anglaise, de l'industrie française, allemande et italienne.

Avec un taux de croissance de 12% par an, l'économie écossaise affiche une vitalité sans précédent avec une industrie lourde moderne et compétitive, des chantiers navals encore capables de damner le pion aux chantiers japonais pour les navires de charge, une industrie mécanique fournissant de nombreuses entreprises en Europe...... .

De nouveaux secteurs se dévellopement avec une industrie électronique, le dévellopement de la production de métaux complexes........... .


Le 17 août 1956, la princesse Louise voit le jour au château d'Aberdeen. La reine et le prince consort étaient en visite dans la grande ville de l'est en difficulté depuis quelques années en raison de problèmes de surpêche.

La présence de la reine enceinte rassénéra la population d'Abderdeen. Après la visite du matin, la reine se réposa au château quand le travail commença. La princesse Louise naquit avant même le transfert de la reine à l'hôpital.

La petite soeur du prince héritier Charles (4 ans) fût ainsi titrée duchesse d'Aberdeen, le maire de la ville et son épouse devenant parrain et marraine de la petite princesse.

La princesse Louise est d'ailleurs très attachée à cette ville et c'est à Aberdeen qu'elle à prêté en 1972 son serment à la reine et au peuple d'Ecosse, "jurant d'être de bon et de noble conseil pour le monarque régnant et ses successeurs" (A 16 ans, chaque membre de la famille royale prête ce serment).


Pillodrie Stadium où évolue le FC Aberdeen. La princesse Louise y est présente plusieurs fois par saison

Elle est même devenue présidente d'honneur du club de football d'Aberdeen, le Aberdeen FC,club dont elle est une fervente supportrice alors que son frère Charles était un inconditionnel des Glasgow Rangers. Voilà pourquoi depuis 1964, le match Aberdeen FC contre Glasgow Rangers à été baptisé «le match de la famille royale» (Royal Family's match).

Les élections de septembre 1958 furent à nouveau favorables aux conservateurs mais après dix ans aux commandes, l'usure du pouvoir guettait Erik Donegan qui avait cédé la place à Mathilda Exwell, la première femme à tenir le poste de premier ministre.

Avec 180 sièges, la majorité était encore confortable, les libéraux avaient 75 sièges et les travaillistes 16 sièges, un parti travailliste qui s'enfonçait dans un gauchisme infantile qui ne cessait de lui faire perdre des militants et des électeurs notamment ceux de la classe moyenne qui appréciaient la moderation des libéraux.

Anobli en 1959, Sir Erik Donegan devenu duc de Dundee (la famille des ducs de Dundee s'était éteinte sans descendance en 1951) resta un membre influent de la Chambre des Pairs, influençant le gouvernement où la première ministre avait du mal à se faire respecter.

Devant un manque patent d'autorité gouvernementale, la reine Marie III demanda à Mathilda Exwell de renoncer à son poste.

Après de multiples manoeuvres dilatoires, elle résolu à démissioner en mars 1960 et comme aucun candidat crédible ne se détachait, Sir Erik Donegan reprit du service au grand dam d'adversaires et d'ennemis de plus en plus nombreux au sein du parti conservateur qui ne supportait plus son autoritarisme.

Tout va bien mais jusqu'à quand ?

Alors que les conservateurs semblaient durablement installés au pouvoir, les clignotants tant politiques, économiques que culturels et sociétaux viraient à l'orange voir au rouge.

Sur le plan politique, la jeunesse écossaise ne se reconnaissait plus dans les partis en présence à la Chambre des Représentants. Le premier ministre qui n'avait pourtant que 54 ans en 1960 était vu comme vieux et dépassé. Les universités davantage ouvertes depuis 1945 devenaient un bouillon de fermentation d'idées nouvelles, parfois justes, parfois excessives.

Des meneurs gauchisant avaient de plus en plus d'audience. Le 12 juin 1960, un rassemblement d'intellectuels italiens et allemands d'extrême gauche dégénéra en émeute à l'université d'Aberdeen.

Les étudiants proclamèrent une commune populaire interdisant l'accès au campus aux «forces bourgeoises et réactionnaires du gouvernement royal» et les écossais sidérés de voir des hommes armés de fusil de chasse filtrer entrées et sorties du campus.

Le premier ministre soucieux de ne pas envenimer les choses décide de négocier mais après l'incendie de l'Eglise du campus, Sir Erik Donegan décide de reprendre le campus par la force. N'ayant pas confiance dans la police d'Aberdeen, le premier ministre décida d'utiliser l'armée et la Home Guard.

Pas moins de 4500 hommes donnèrent l'assaut le 8 juillet pour reprendre le campus, les combats extrêmement violents vont durer deux jours, faisant une quarantaine de morts et de gros dégâts matériels.

La répression judiciaire fût extrêmement féroce. Quatre meneurs furent jugés, condamnés à mort et pendus à la prison d'Edimbourg. Une centaine d'étudiants notamment ceux convaincus d'avoir porté les armes furent condamnés à de très lourdes pertes de prison (dix à cinquante ans).

La répression de la commune populaire d'Aberdeen marqua le début de quinze années de plomb, des années où la vie politique «légitime» fût troublée par des attentats, des manifestations dégénérant en émeutes à tel point qu'aujourd'hui, le fait de parler de guerre civile en Ecosse pour la période 1960/1975 fait consensus chez les historiens comme chez les politiques.

Même la naissance du prince Andrew, troisième enfant du couple royal le 4 septembre 1960 ne calma pas la situation tendue.

Il faut dire que le couple royal jusque là solide avait été éclaboussé par la révélation d'une liaison du prince consort avec une secrétaire de l'ambassade de France à Edimbourg et de pratiques financières douteuses. La monarchie jusque là sans taches était éclaboussée.

Sur le plan économique, la situation jusque là florissante se dégradait. La croissance qui pouvait atteindre les deux chiffres ne cessait de baisser. Certaines industries étaient en très grande difficulté comme les constructions navales et la siderurgie. Les mines de charbon fermaient les unes après les autres. Même la découverte de pétrole en mer du Nord en 1965 ne calma pas l'inquiétude des milieux économiques.

Sur le plan sociétal, la jeunesse revendiquait plus de liberté, le droit à l'avortement et à la contraception, l'abolition de la peine de mort et des privilèges.

La situation était telle que la reine suggera au premier ministre de dissoudre la Chambre des Représentants pour retrouver la confiance du peuple. Erik Donegan refusa ce qui suscita une brouille entre la reine et son mentor en politique.

Les élections eurent lieu comme prévu en septembre 1963. Ce fût une véritable déroute pour le parti conservateur qui passa de 180 sièges à 77, les libéraux redevenant le premier parti de la Chambre avec 120 députés mais en l'absence de majorité, ils devaient s'appuyer sur les travaillistes qui retrouvaient des couleurs avec 59 députés, les quinze autres députés étant répartis entre le Parti Communiste Ecossais (autorisé depuis septembre 1958) qui disposait de dix sièges et le Parti Républicain du Peuple Ecossais (PRPE) qui disposait de cinq sièges.

Les libéraux s'allièrent avec les travaillistes pour former une coalition rouge-violette, les négociations avec les conservateurs ayant échoué sur la répartition de certains portefeuilles ministériels. A charge pour cette Red-Purple Coalition de redresser la situation politique et économique.

P-Tensions et instabilité (1963-1974)

Cette déroute des conservateurs provoqua la fin de la carrière politique de Sir Erik Donegan qui mis en minorité démissione de son poste de secrétaire général du parti conservateur, poste qu'il occupait depuis 1947.

Membre influent de la Chambre des Pairs, l'ancien combattant, le mentor politique de Marie III, le parrain du prince Andrew espère jouer le rôle du sage en politique.

Le destin en décidera autrement, lui qui avait survécu au second conflit mondial fût victime d'une vilaine grippe qui fût trop pour un corps affaibli par les blessures de la guerre et le stress de la fonction.

Décédé le 8 mars 1964 à l'âge de 58 ans, il est enterré dans le cimetière Saint James après que le cortège eut été suivit par plus de 150000 personnes. Alors que l'Ecosse s'enfonce dans une période d'instabilité, l'ère Donegan (1948-1963) est vu comme un âge d'or.

Belle revanche pour celui qu'on accusait de vouloir établir un régime autoritaire au pays du Chardon avec la complicité de la reine que certains considérait comme sa maitresse. D'autres encore plus imaginatifs (quoique) inventèrent une liaison entre le prince consort et Mme Donegan !

La coalition libérale-travailliste est dès le départ un véritable mariage de raison. Alors qu'un fort courant républicain agite le parti travailliste, les libéraux sont des royalistes bon teints.

Les troubles économiques nécessitent une réponse forte ? Les libéraux souhaient une politique de rigueur, un choc salvateur destiné à relancer l'économie, les travaillistes parlent de relance keynésienne, de politique de grands travaux avec les conséquences que l'on connait à savoir l'endettement et le déficit.

Cet attelage brinquebalant va pourtant devoir affronter l'une des périodes les plus complexes, les plus difficiles de l'Ecosse qui ressemblait à un esquif prennant l'eau de toute part.

Seule note réconfortante, la naissance le 21 décembre 1963 de David, le troisième fils de Marie III et le quatrième enfant du couple royal qui avait franchit avec succès l'écueil de la liaison du prince consort avec Madeleine Chantençon,secrétaire à l'ambassade de France qui donna naissance à une petite fille prénomée Elisabeth.

Le prince consort reconnu cette fille en 1975 et après de multiples hésitations, les enfants de Claus et de Marie III acceptèrent de faire connaissance avec leur demi-soeur, brillante chanteuse d'Opéra.

Marie III ne rencontra Elisabeth qu'en 1990 lors d'un gala de charité à l'opéra d'Edimbourg. Inutile de préciser qu'Elisabeth et ses enfants (deux fils et une fille) n'ont aucun droit à faire valoir concernant le trone d'Ecosse et n'ont d'ailleurs jamais manifesté un tel désir.

La naissance de David, duc de Glasgow fût célébrée par un gigantesque feu d'artifice à Edimbourg, une parade militaire, un bal où la reine dotait sur sa liste civile des jeunes filles pauvres sur le point de se marier et un tournoi de rugby dans le nouveau stade de Murrayfield construit pour la candidature malheureuse d'Edimbourg aux J.O de 1960.


Initialement le stade Murrayfield avait été construit pour les J.O de 1960 mais comme la candidature d'Edimbourg n'à pas été retenue, le stade est devenu le stade
national de rugby


Cette naissance et les festivités qui l'accompagne font office de parenthèse dans la période des Troubles du Chardon. Très vite la réalité sombre et amère explose à nouveau au visage d'une Ecosse qui se croyait au dessus des troubles touchant des pays comme l'Italie.

Le 4 janvier 1964, un attentat frappe la caserne de la Garde Royale à 150m du palais d'Holyrod, un attentat qui provoque la mort de douze grenadiers de la garde pendant que dix autres sont blessés, un attentat revendiqué par l'Armée de Libération du Peuple Ecossais (ALPE) plus connue sous le nom de Tomkinson Gang.


Bret Tomkinson

Bret Tomkinson né en 1934 est issue d'une riche famille d'Edimbourg, une famille ayant ses entrées au palais royal. Manifestant un caractère frondeur, il est interné en maison de correction de 13 à 15 ans avant de multiplier les petits délits.

A l'age de 18 ans, il épouse une amie d'enfance, Katarina Velvett avec qui il à une fille prénomée Eléonora.

Il s'assagit en apparence mais en apparence seulement car cinq ans plus tard, il est condamné à cinq ans de prison pour l'agression d'un policier mais l'entregent de la famille lui permet d'être amnistié en 1962.

Il en profite pour abandonner femme et enfant et bascule dans la clandestinité. Les services de renseignement perdent sa trace. On le signale tantôt en URSS tantôt en RDA ou encore en Afrique du Sud.

Revenu en Ecosse en septembre 1963, il publie sous le nom de guerre de «Saltikov» un manifeste pour la libération du peuple d'Ecosse, ce texte marquant le début officiel des «Troubles du Chardon», l'équivalent des années de plomb en Ecosse.

Il y eut après ce manifestes des escarmouches avec la police, des vols à main armée, des destructions de bâtiments mais jamais jusqu'à l'attentat frappant la Garde Royale, le Tomkinson Gang n'avait été aussi meurtrier.

Les obsèques nationales des gardes royaux tués furent l'occasion d'un discours vibrant du premier ministre libéral, Bret Dickinson. Celui-ci déclara la guerre au terrorisme, annonçant que le projet d'abolition de la peine de mort était repoussée sine die.

Le Tomkinson Gang composé d'une trentaine de membres permanents et d'un bon millier de sympathisants plus ou moins actifs ne tarda pas à multiplier braquages de banques, attentats à la bombe contre des postes de police sans oublier l'assassinat de plusieurs responsables politiques.

Le 5 mai 1964, le gouverneur des Orcades, Brett Matthews en visite à Aberdeen est abattu de trois balles dans la tête et le 12 mai 1964, le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur, Ted Burrows est enlevé à Edimbourg. Après 77 jours de captivité, son corps est retrouvé flottant dans le port d'Aberdeen.

Cet assassinat et celui du patron de la Scotish Fishing Company (nationalisation réalisée en 1960 pour sauvegarder une vingtaine de conserveries de poissons) le 7 septembre 1964 provoqua de sérieux remous dans la coalition bleu-rouge.

Les libéraux étaient prêts à imposer l'état d'urgence alors que les travaillistes refusent avec la dernière énergie. Les conservateurs buvaient du petit lait devant les déchirements de la coalition soumise à rude épreuve d'autant que l'économie n'était pas dans une forme florissante.

Le Royal Intelligence Service (R.I.S) reçoit l'ordre de traquer, de retrouver le Tomkinson Gang, bénéficiant pour cela d'une autonomie et d'une liberté qui pourrait paraître dangereuse dans un pays démocratique.

En mai 1965, un informateur transmit à son officier traitant que le Tomkinson Gang allait attaquer un commissariat près de Dundee.


saut de quatre membres du RSAS

La police qui à l'époque ne disposait pas d'unités capables de faire face à ce genre d'attaque laissa la main à l'armée et au Royal Scotish Air Service (RSAS) qui décida de tendre une embuscade aux assaillants.

Le 7 mai 1965, une douzaine d'hommes lourdement armés approchent du commissariat de Kingoodie dans des embarcations pneumatiques. Ils tirent une demi-douzaine de roquettes puis mitraillent les ruines du commissariat évacué.

Cette ouverture du feu était le signal attendu par les vingt-quatre hommes du RSAS solidement retranchés. En état de légitime défense, ils accrochèrent les assaillants de l'ALPE, ne leur laissant aucune chance.  

Dix furent tués et quatre autres blessés, les quatre blessés furent jugés une fois rétablis et condamnés à la prison à vie. Ils ont été libérés en 1985 et 1987 puis expulsés en direction du continent.

Cette opération fût un franc succès et fût suivit d'une autre opération menée le 12 septembre 1965 quand des hommes du RSAS _officiellement chargés depuis le 4 août 1965 de la lutte antiterroriste_ localisèrent Tomkinson et sa concubine.

Un vrai siège dura près de 40h et se termina par l'assaut du RSAS qui découvrit Tomkinson et sa compagne suicidés bien que l'extrême gauche fût persuadée qu'ils avaient été assassinés. S'en suivit une nuit d'émeute et de pillage dans plusieurs villes d'Ecosse mettant les nerfs de la police écossaise à rude épreuve. Au matin de cette première nuit d'émeute, on compta seize tués (quatre policiers et douze émeutiers).

Le gouvernement libéral-travailliste soucieux de maintenir l'ordre proclama l'état d'urgence le 14 septembre 1965, déployant en appui de la police des unités de la Home Guard. Les émeutes vont durer huit jours, provoquant de sérieux dégâts à Glasgow, Edimbourg et Falkirk notamment. Le bilan humain était terriblement lourd avec douze policiers tués, quatre membres de la Home Guard et trente-quatre émeutiers.

La répression fût impitoyable. Une fois l'état d'urgence levé (24 septembre), les responsables des émeutes furent condamnés à de lourdes peine de prison, plusieurs échappant de peu à la peine capitale.

Sur le plan économique, la situation se stabilisait mais le pays connaissait un vrai marasme, les prémices de la crise des années soixante-dix qui allait frapper l'Europe et le monde.


Plate-forme pétrolière en mer du Nord

La découverte en juin 1965 de gisements pétroliers en mer du Nord laissait cependant augurer d'un avenir radieu même si la mise en exploitation de ces gisements allait prendre du temps.

Sur le plan politique, la situation semblait également se stabiliser, la coalition libéraux-travaillistes parvenait à travailler même si l'aile gauche du parti travailliste et l'aile conservatrice du parti libéral avaient l'impression d'avaler beaucoup trop de couleuvres à leur goût.

Aux élections de septembre 1968,  les libéraux passèrent de 120 à 134 sièges, ratant de peu la majorité absolue. Les conservateurs passèrent de 77 à 110 sièges, les travallistes perdant du terrain passant de 59 à 27 sièges, les autres partis disparaissant de la chambre.

La coalition libérale-travailliste fût renouvelée mais sur des bases nettement plus favorables aux libéraux qui ne tardèrent pas à faire comprendre aux travaillistes leur statut minoritaire.

Le premier ministre Bret Dickinson étant suffisamment habile pour allier libéralisme économique et conservatisme social ce qui lui permettait de rallier le parti conservateur à certaines de ses thèses.

Ces élections avaient apparemment stabilisé la situation sur les plans politiques et économiques mais un élément extérieur allait provoquer pas mal de remous en Ecosse : le conflit nord-irlandais.


combattant de l'IRA dans les rues nord-irlandaises

La position d'Edimbourg sur cette guerre civile entre protestants unionistes, catholiques de l'IRA (avec les soldats anglais au milieu) resta toujours complexe et compliquée.

La proximité (Belfast n'est qu'à 177km de Glasgow) lui imposait la prudence d'autant que si les presbytériens écossais se sentaient proches des protestants de l'Ulster, ils étaient loin de partager leur amour pour l'Angleterre et que la présence de nombreux catholiques d'origine irlandaise dans l'ouest de l'Ecosse empêchait une politique ferme et décidée sur le sujet.

Le Royaume d'Ecosse fût donc aux premières loges de ce terrible conflit. L'IRA ne tarda pas à exporter le conflit en Ecosse, manipulant la communauté catholique irlandaise en imposant un racket (appelé pudiquement «impôt révolutionnaire»), en organisant des manifestations auxquelles répondaient les orangistes, très présents en Ecosse.

A plusieurs reprises de véritables batailles rangées eurent lieu entre catholiques d'origine irlandaise et presbytériens. La police écossaise et ses unités anti-émeutes vont ainsi acquérir une expérience en matière de maintien de l'ordre et de lutte anti-émeutes, expérience qui avait peu d'équivalents dans le monde.

Le National Security Act du 8 août 1971 permet à la justice écossaise de disposer des outils nécessaires pour mettre fin à cette subversion étrangère.

Les écoutes sont autorisées, la garde à vue passe de 24 à 72h, l'internement sans jugement devient possible. La dissolution des organisations terroristes est possible par simple decret tout comme les partis politiques approuvant les actes terroristes.

Le RIS tenta également d'infiltrer l'IRA mais la plupart des opérations furent des échecs cuisants en raison du cloisonement des unités de l'Armée Républicaine Irlandaise et la difficulté à retourner des agents opérationnels.

Les services secrets eurent plus de succès dans l'interception de cargaisons d'armes en coopération avec les services secrets anglais. Le 12 mars 1972, le cargo Monachan explosa dans l'estuaire de la Clyde, officiellement suite à un court circuit.

Officieusement, il semble bien que des nageurs de combat écossais ont fait sauter le navire alors qu'il allait appareiller pour l'Irlande du Nord, une explosion publique ayant été parfaitement comprise par les principaux intéressés qui évitèrent les ports écossais pour expédier les armes.

Le trafic d'armes continua depuis le «pays des Scots» mais le chargement se faisait depuis des criques isolées, de nuit, de petites embarcations ou des chalutiers rejoignant des cargos en haute-mer.

Les armes étant souvent larguées au large des côtes de l'Irlande du Nord et récupérés dans des lieux d'arrivée tout aussi isolés que les lieux de départ.

L'Ecosse fût également frappée par quelques attentats. Le 4 janvier 1970, un poste de police de la région d'Inverness est soufflé par une bombe qui tue deux policiers et en blesse gravement huit autres.

Un mois plus tard, le 3 février, c'est une base de l'armée de l'air écossaise qui est attaquée au mortier sans faire de victimes.

Le 7 mars, une usine d'armement produisant du matériel anti-émeutes pour l'armée britannique est détruite par un incendie criminel qui fait trois morts, suscitant à chaque fois une exaspération profonde de l'opinion publique écossaise qui voyait dans tout catholique un terroriste potentiel ce qui provoqua son lot de meurtres et d'agressions stupides.

A partir de 1972 cependant, la situation se calma, se stabilisa. L'action efficace du RIS et de la police réussit à démanteler plusieurs réseaux pro-IRA ainsi que des cellules supportant les paramilitaires protestants.

L'action musclée de la police pour réprimer les émeutes fit comprendre notamment à l'IRA qu'il était compliqué d'importer le conflit nord-irlandais en Ecosse.

On assiste même à une coopération entre Dublin, Londres et Edimbourg pour tenter de mettre fin à un conflit. A plusieurs reprises, l'Ecosse va accueillir des négociations entre anglais et nord-irlandais sans succès jusqu'en 1998 avec l'accord du vendredi saint.

Le 25 septembre 1972, les électeurs écossais rejettent l'adhésion de leur pays à la CEE en même temps que la Norvège et la CEE qui devait devenir l'Europe des onze ne sera que l'Europe des neufs.

Sur le plan économique, l'exploitation du pétrole de la mer du Nord permet à l'économie écossaise de mieux encaisser le choc que l'Angleterre ou l'Europe continentale. Le Royaume d'Ecosse connait néanmoins son lot de faillites d'entreprises, de l'agonie de certaines activités comme les chantiers navals d'Aberdeen qui ferment leurs portes en février 1974.

Cinq mois plus tôt, avaient eut lieu les élections législatives qui marquèrent le retour des conservateurs au pouvoir. Avec 147 sièges, les «noirs» remportaient la majorité  absolue, laissant seulement 90 sièges aux libéraux, 34 aux travaillistes et 10 aux républicains qui revenaient dans l'assemblée à une époque où le mouvement républicain redevenait politiquement crédible comme une alternative à la royauté.

A suivre : Q-«The Black Area» le long règne des conservateurs (1973-1987)

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
DahliaBleue
Amiral
Amiral
avatar

Féminin
Nombre de messages : 10816
Age : 36
Ville : Au septième Ciel… sous la dunette
Emploi : Passagère du Vent
Date d'inscription : 21/06/2010

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Dim 17 Déc 2017, 22:44

clausewitz a écrit:
N-Neutralistes contre Engagistes : un après guerre plein d'incertitudes (1945-1949)
[…] Le roi est mort vive la reine !
Marie III  […] Lui succède sur le trône, sa fille aînée, Marie qui devient Marie III, reine des Ecossais. Âgée de 19 ans, elle à une réputation de tête frivole. La petite fille de huit ans qui prononçait avec aisance des discours complexes s'était métamorphosée à l'adolescence en une gamine capricieuse, une tête légère dont les emportements augurait mal un règne qui allait marquer en profondeur l'Ecosse. Le premier ministre écossais après avoir présidé les obsèques du feu roi est bien décidé à encadrer les premiers pas de la nouvelle reine. […] Très belle jeune femme («la plus belle femme des îles britanniques, plus belle que la princesse Margaret» ce que les Anglais contestaient), […]
"Physionomiquement" parlant, Marie III me rappelle étrangement une princesse britannique, à peu près contemporaine…
Citation :
[…] Le 4 janvier 1964, un attentat frappe la caserne de la Garde Royale à 150m du palais d'Holyrod, un attentat qui provoque la mort de douze grenadiers de la garde pendant que dix autres sont blessés, un attentat revendiqué par l'Armée de Libération du Peuple Écossais (ALPE) plus connue sous le nom de Tomkinson Gang.
Bret Tomkinson Bret Tomkinson né en 1934 est issue d'une riche famille d’Édimbourg, une famille ayant ses entrées au palais royal. […]
Ce BT semble être le sosie d'un membre d'une bande terroriste et extrémiste bien connue, et dont le sigle fait penser à une armée de l'Air réputée…

Superbe ouvrage que cette Uchronie !! Ça vaut largement certaines maquettes de modélistes… thumleft
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Lun 18 Déc 2017, 11:00

Tu as l'oeil ma chère Dahlia. Comme il s'agit de personnages fictifs je m'amuse à choisir des personnages historiques, la photo de Marie III est celle de la princesse Margareth et celle de Bret Tomkinson est celle d'Andreas Baader.

Par contre pour Erik Donegan je n'ai pas trouvé de photos suffisamment convaincante

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Sam 23 Déc 2017, 21:33

Q-«The Black Area» le long règne des conservateurs (1973-1987)

Après dix années dans l'opposition, on aurait pu craindre une attitude revancharde pour les conservateurs. Point de tout ça et c'est surtout grâce à John Tatewood, leur leader qu'on le doit.


John Tatewood

Issu d'une famille libérale, John Tatewood à 55 ans quand il accède au pouvoir en 1973. Né en 1918, il se destine à une carrière d'avocat mais en 1942, il s'engage volontairement dans l'armée et pas dans n'importe quelle unité : le Royal Scotish Air Service (RSAS), participant à des coups de main qui lui valent deux graves blessures au ventre et au dos et surtout une batterie de médailles.

Démobilisé en 1946, il embrasse la carrière d'avocat jusqu'en 1956 quand il démissione pour faire le tour du monde à la voile en compagnie de son épouse Margareth, de sa fille Mary et de son fils Tom.

Revenu en Ecosse en 1957, il s'inscrit au parti libéral mais déçu le quitte dès 1960 pour le parti conservateur ce qui lui voudra une fois au pouvoir la haine et la rancune tenace des libéraux pour qui il n'est qu'un traitre et un opportuniste.


Milton Friedman. A son propos John Tatewood dira "j'étais dans l'obscurité et Milton Friedman à appuyé sur l'interrupteur"

Il gravit rapidement les échelons et devient secrétaire général du parti conservateur en 1968 entamant un profond renouvellement doctrinal alliant libéralisme économique en s'inspirant de Milton Friedman et de l'Ecole de Chicago et conservatisme social, refusant l'avortement et jurant impératif le maintien de la peine de mort.

Il exploite le desarroi d'une classe moyenne travailleuse jugeant de plus en plus insupportable les impots et un état providence obèse avec des impots qui semblent ne profiter qu'aux parasites du système et non à ceux qui le finance.

Sur le plan sociétal, il profite d'une vague de criminalité en partie lié au conflit nord-irlandais pour refuser toute abolition de la peine de mort et pour maintenir de lourdes peines dans un code pénal non réformé en profondeur depuis 1930.

Sur le plan de l'avortement, il est moins tranché mais refuse toute légalisation, le débat restant néanmoins ouvert.

Les élections de septembre 1973 sont son triomphe. Battant le terrain, effectuant jusqu'à quatre réunions publiques dans la journée, se montrant énergique et offensif, bien plus que les libéraux et les travaillistes il est vrai usé par dix années de pouvoir et devant assumer un bilan qui sans être négatif n'était pas non plus extraordinairement positif.

Nommé premier ministre le 4 octobre 1973, John Tatewood se met aussitôt au travail pour appliquer son programme. Energique et travailleur, véritable meneur d'hommes, il mène les réformes au pas de charge.

En six mois,c'est un véritable tourbillon de projets de lois et de decrets à tel point que la reine Marie III se demande si le nouveau premier ministre ne va pas trop vite et ne remet pas trop de choses en question.

Cette inquiétude ne dure pas. Marie III au pouvoir depuis vingt-cinq ans retrouvant avec John Tatewood la même relation qu'avec feu Sir Erik Donegan.

Le nouveau premier ministre met ainsi fin à un moratoire sur les executions en vigueur depuis 1969 et en un an, douze condamnés à mort pour meurtre sont executés en Ecosse.

Les conditions d'accès à l'avortement sont facilités avec des cliniques spécialisées mais les conditions nécessaires pour y accéder son draconiennes : seules des femmes risquant leur vie ou enceinte suite à un inceste ou à un viol peuvent avorter.

Sur le plan économique, la crise économique lié au choc pétrolier et qui frappe quand même l'Ecosse permet aux conservateurs d'appliquer leur programme libéral avec des privatisations massives et des coupes sombres dans le budget de l'état qui se replie sur ses missions régaliennes.

Cette politique qui satisfait même une partie des libéraux permet à l'Ecosse d'afficher une santé économique insolente alors que le reste de l'Europe s'enfonce dans la crise.

Il faut dire que l'exploitation intensive des champs pétroliers de la mer du Nord permet à l'Ecosse d'avoir une balance commerciale largement excédentaire, excédents servant à rembourser la dette et les emprunts ultérieurs.


Leonid Brejnev au pouvoir de 1964 à 1982

Sur le plan de la politique extérieure, on assiste chose impensable il y à un peu à la visite du premier ministre écossais en URSS en mars 1976. Ce voyage qui sera suivit d'un voyage de Leonid Brejnev en septembre 1977 concrétise quinze ans d'une politique de petits pas.

En 1961, l'Ecosse avait reconnu officiellement l'URSS et le chargé d'affaires installé à Moscou avait reçu le titre d'ambassadeur d'Ecosse en URSS.

Deux ans plus tard, le Parti Communiste Ecossais avait été légalisé et les militants emprisonnés avaient été amnistiés à l'exception de ceux ayant commis des crimes de sang.

En septembre 1978, la politique des conservateurs est plébiscitée avec 167 sièges pour les conservateurs, 72 pour les libéraux, 30 pour les travaillistes et seulement deux pour les républicains qui payaient leurs attaques contre la personne de la reine et leurs querelles picrocolines.

L'année 1979 voit l'arrivée au pouvoir de Margareth Tatcher et un rafermissement des relations entre Edimbourg et Londres, les deux gouvernements partageant la même orientation politique ce qui n'empêcha pas certains désaccords et certaines crispations.

Le 15 mars 1979, le prince consort Claus décède à l'âge de 52 ans des suites d'une crise cardiaque, laissant son épouse inconsolable.

Telle son aïeule, Louise d'Ecosse, Marie III se retira du monde, cessant de jouer un rôle politique actif, laissant son fils ainé Charles prendre de plus en plus d'importance  au point qu'on envisagea fortement de faire du prince héritier, un régent en attendant le décès de sa mère avant d'y renoncer devant la popularité de la souveraine et le refus du futur Charles VI de brûler les étapes.


Charles VI, roi des écossais depuis mai 1985

Le prince héritier après des études universitaires brillantes (doctorat en chimie, licence de droit, licence d'histoire plus un cursus militaire dans les trois armes) avait épousé le 4 janvier 1979, sa fiancée Katleen Ogdwall, une jeune et jolie roturière rencontrée à l'université de Saint Andrew.


Katleen Ogdwall

Bien évidément au début Marie III avait renaclé à l'idée que son fils ainé et héritier épouse une roturière mais devant les sentiments profonds qui unissaient les deux êtres, elle avait renoncé à moins que ce ne soit à cause du caractère tétu du duc d'Inverness qui avait menacé de renoncer à la couronne comme jadis son aieul Charles, fils d'Henri II qui laissa la couronne au futur Jacques IX.

Un an plus tard, la princesse royale d'Ecosse et duchesse d'Inverness donne naissance à un fils prénommé George, un prénom très anglais jamais donné à un enfant royal d'Ecosse ce qui suscita quelques remous.

Cette naissance redonne (un peu) de joie de vivre à la reine qui sort d'un long silence, portant son premier petit-fils sur les fonds baptismaux de la cathédrale d'Edimbourg.

Le début des années quatre-vingt est marqué par des débats majeurs qui secouent l'opinion publique écossaise.

Le premier concerne la peine de mort. Ce débat est relancé suite à l'exécution le 4 mars 1980 de Pete Mistif, un jeune homme de 20 ans jugé coupable du viol et de l'assassinat de la mère de son ex-fiancée. Un mois plus tard, un autre homme à été reconnu coupable.


Les abolitionnistes tentèrent de profiter de l'émotion _légitime_ pour faire avancer leur cause mais au moment de l'examen d'un projet de loi abolissant la peine de mort _à l'exception des crimes de haute trahison et d'intelligence avec une puissance étrangère_ en septembre 1980, plusieurs meurtres sordides et barbares réussirent à convaincre l'opinion de l'utilité de la peine de mort et le projet fût rejeté par la Chambre basse du parlement écossais.

En 1982, outre la naissance de Marie, le deuxième enfant du couple héritier, un débat agita l'opinion sur le retrait de l'OTAN et sur l'adhésion à la CEE. Le premier débat allait perdurer jusqu'en 1987 quand un référendum conclu au maintien au sein de l'OTAN de l'Ecosse alors que le second ne sera tranché qu'au milieu des années quatre-vingt dix.

En septembre 1983, les élections législatives voient les conservateurs l'emporter pour la troisième fois consécutive avec toujours John Tatewood à leur tête mais ce dernier est victime un mois plus tard d'une crise cardiaque qui l'emporte à l'âge de 65 ans.

Il est remplacé par Michael Bufford mais ce dernier n'à ni les épaules ni le charisme de son prédecesseur enterré avec les honneurs miliaires dans le Hall of heroes, une crypte réservée aux héros écossais.

Les conservateurs au pouvoir depuis dix ans s'essouflent. Les électeurs l'ont d'ailleurs bien fait comprendre aux élections avec seulement 142 sièges contre 80 pour les libéraux, 40 pour les travaillistes, 6 pour les communistes et 3 pour les républicains.

Par rapport aux deux mandats de John Tatewood, le mandat de Michael Bufford ressemble à une longue agonie avec un manque criant d'autorité _ce qui fait dire à certains que c'est pour cela que John Tatewood l'avait choisit comme dauphin_ , des affaires politico-financières ou de mœurs (arrestation du ministre de la Défense avec une prostituée mineure en mars 1985).

Tout cela passa au second plan quand en mai 1985, dans la foulée de la naissance du prince Andrew _deuxième fils et troisième enfant du couple héritier_ , la reine Marie III annonça son abdication au profit de son fils qui devint roi sous le nom de Charles VI. Deux ans plus tard, le 14 juin 1987, naquit la princesse Louise, le quatrième et dernier enfant du couple royal.

La reine-mère elle se retira dans le château de son aïeule Louise où elle décéda le 4 mars 1996 à l'âge de soixante six ans. L'émotion fût immense dans toute l'Ecosse et les obsèques royales furent suivies à Edimbourg par 750000 personnes !

Le nouveau roi alors âgé de 33 ans du faire face à la déliquescence du pouvoir conservateur. Le Black Party se déchirant entre modérés, neutres et durs. Le premier ministre Michael Bufford après avoir longtemps tergiversé obtient du roi de dissoudre la Chambre, provoquant de nouvelles élections en juin 1987 en sachant très bien qu'une victoire tiendrait du miracle.

R-Le centre-gauche au pouvoir : travaillistes et libéraux (1987-1997)

Comme les observateurs le pronostiquait et comme les conservateurs les plus lucides s'en doutaient, les élections se conclurent par une défaite avec sur 271 sièges, 105 pour les libéraux, 56 pour les travaillistes, 100 sièges pour les conservateurs, huit pour les communistes et deux pour les républicains.

Les libéraux après avoir proposé une coalition avec les conservateurs s'allièrent avec les travaillistes pour une coalition de centre-gauche, une coalition «violet-rouge» pour reprendre le code couleur traditionnellement attribué aux différents partis politiques (noir pour les conservateurs, rouge foncé pour les communistes et bleu pour les républicains).

Pro-européens assumés, les libéraux comme les travaillistes voulurent accéder à la CEE. Les négociations commencèrent dès leur arrivée au pouvoir au grand dam de certains secteurs économiques comme la pêche qui craignait de voir sa liberté d'action entravée par Bruxelles.

La peine de mort est abolie en 1992 après des discussions houleuses, un débat profond agitant la société écossaise. Comme souvent plusieurs faits divers virent vaciller l'opinion mais les abolitionistes eurent au final gain de cause.

Liam Maclven fût donc le dernier condamné à mort exécuté en Ecosse. Pendu à la prison centale d'Edimbourg le 27 septembre 1991, il avait été reconnu coupable en juin 1990 de l'assassinat de sa femme et de sa fille de douze ans qui avaient découvert la double vie de cet architecte bien sous tous rapports.

Désormais la peine la plus sévère du Code Pénal Ecossais est la prison à vie sans possibilité de grâce ou de liberté conditionnelle. Comme nous le verrons, cette abolition allait être éphémère.

La coalition de centre-gauche eut moins de succès avec l'avortement. Les conditions furent assouplies mais un avortement sans condition fût retoqué par la chambre des Lords.

Aux élections de septembre 1992, les libéraux et les travaillistes obtinrent un satisfecit des électeurs en remportant à nouveau les élections même si la victoire fût moins nette que cinq ans plus tôt.

Les libéraux l'emportent avec 100 sièges, 61 sièges pour les travaillistes, 105 pour les conservateurs et cinq pour les républicains, les communistes disparaissant de la chambre basse.

En octobre 1994, un référendum est organisé pour ou contre l'adhésion à la Communauté Economique Européenne (CEE) de l'Ecosse. La coalition mène une campagne agressive, un véritable rouleau-compresseur auquel répond un parti conservateur qui joue sur la corde du patriotisme et de l'indépendance nationale.

Résultat, l'Ecosse dit non à 55,7 % à l'adhésion à la CEE, refusant de rejoindre l'Europe des douze, préférant préserver son indépendance à une construction européenne qui est une entité économique en attendant une potentielle construction politique.

L'année 1995 fût marquée par une grande réforme politique. Elle ne concerne pas le régime politique (l'Ecosse reste une monarchie) mais l'organisation du pays.
Jusque là, le pays était organisé en trente-trois comtés dirigés par des intendants d'abord nommés par le roi puis à partir du 19ème siècle par le premier ministre qui soumet une liste au roi dans lequel ce dernier sélectionne des candidats, généralement ceux du premier ministre.


Carte des capitales provinciales (en vert). Edimbourg est un district autonome comparable au District de Columbia


Lerwick et Kirkwall sont les plus petites capitales provinciales de l'Ecosse


La réforme territoriale de 1995 à remplacé les 33 comtés par 8 régions qui disposent de pouvoirs importants. La capitale Edimbourg forme un district autonome calqué sur le modèle du district de Columbia. Les capitales de région sont Dumfries, Glasgow, Dundee, Inverness, Aberdeen, Lochmady (Hebrides), Kirkwall (Orcades) et Lerwick (Shetlands).

Les comtés perdent tout pouvoir à l'exception de servir de circonscription électorale pour la chambre basse (trois députés par circonscription soit 99 députés), les 172 députés restant étant élus sur des listes nationales.

Si les députés des circonscriptions sont élus au suffrage direct à un tour (le premier arrivé en tête l'emporte), les députés «nationaux» sont élus à la proportionnelle intégrale, le parti arrivé à tête remportant d'office la moitié des sièges plus un siège tous les 5%, laissant les sièges vacants aux autres partis.

Les huit régions fournissent quatre lords territoriaux chacune plus deux autres par le district d'Edimbourg soit un total de trente-quatre lords qui s'ajoutent en 1995 aux 104 lords nobles et anoblis par le roi.

A noter que cette loi de 1995 supprime les lords héréditaires ce qui signifie que les titulaires actuels du poste ne pourront le transmettre à leurs descendants.

Désormais, les seuls lords seront nommés par le roi sur proposition d'un Conseil de Sages ou du premier ministre, les personnes pouvant accéder à la Chambre des Lords devant avoir fait «preuve d'un mérite exceptionnel au service de l'Ecosse, d'une aptitude au bon gouvernement, d'un calme et d'une lucidité propice au conseil du roi et de la Chambre des représentants».

Chaque région est dirigée par un lord-gouverneur élu au suffrage universel direct pour six ans renouvelable une seule fois.

C'est le chef de l'executif régional disposant de pouvoirs étendus contre-balancés par une assemblée locale elle aussi élue au suffrage universel pour trois ans, assemblée locale composée de 39 membres.

En cas de vacance du trône ou de régence au profit d'un roi ou d'une reine mineure, les huit lord-gouverneurs feraient automatiquement partie du conseil de régence en compagnie de la mère du roi ou de la reine, les quatre autres personnes étant choisies par le régent en titre.

Cette réforme validée par les deux chambres réunies en Congrès est approuvée par référendum le 8 février 1996 par 65% de oui pour une participation élevée de 85%, les républicains et une partie des travaillistes ayant appelé au boycott.

C'est le chant du cygne de la grande coalition dont les divergences se font chaque jour un peu plus grande. Le parti conservateur rassénéré par dix ans d'opposition, de renouvellement doctrinal et des personnes boit du petit lait, attendant avec impatience les élections de septembre 1997.

S-Les conservateurs au pouvoir (1997-2007)

Les élections de septembre 1997 étaient écrites d'avance. Seule l'ampleur du score était encore indécise. Les conservateurs allaient-ils remporter la majorité absolue ou allaient-ils devoir gouverner avec les libéraux (les travaillistes refusant tout idée de coalition avec un parti considéré comme «fasciste» par son aile gauche).

La victoire est un raz de marée, une véritable «marée noire» qui submerge Edimbourgh avec 198 sièges sur 271, laissant des miètes aux libéraux (34 sièges) et aux travaillistes (30 sièges), les républicains occupant les neuf sièges restant.


Allistair Lowell

Le nouveau premier ministre est Allistair Lowell, un homme de 45 ans. Né en 1952 dans une famille pauvre, il s'engage dans l'armée pour ne pas «mourir de faim» et sert deux ans dans la marine écossaise jusqu'à son renvoi pour indiscipline en 1972 après avoir mis son poing dans la tête d'un officier tyrannique.

Engagé dans une entreprise de travaux publics d'Aberdeen, il rencontre sa femme Patricia qui n'est autre que la fille du président de la société. De ce mariage naisse deux enfants, une fille Clélia et un fils Patrick.

La rencontre avec sa femme nettement plus cultivée que lui est un déclic. Après des études à l'université d'Aberdeen et une maitrise de sciences politiques en poche, il adhère au parti conservateur en 1980 à l'âge de 28 ans, devenant rapidement un élément prometteur du parti, élément promis aux postes les plus élevés.

Après la défaite de 1987, il reprend un parti usé par des années de pouvoir. Il entreprend une véritable purge avec la mise à la retraite des responsables de la défaite et leur remplacement par des jeunes loups aux dents longues.

Moqué dans les médias pour son accent d'Aberdeen à couper au couteau, il fait taire les sceptiques en étant un chef de l'opposition redoutable et redouté.

Intelligent et habile _retors disent ses ennemis_ , orateur brillant à la répartie assassine, il est considéré comme le candidat le plus sérieux au poste de premier ministre.

Si il échoue aux élections de 1992, tous les observateurs s'accordent à dire qu'Allistair Lowell est le futur premier ministre de l'Ecosse. C'est chose faite en septembre 1997.

Il mène une politique réformiste à mi-chemin entre le dirigisme des travaillistes et un libéralisme échevelé qui avait rapporté énormément aux conservateurs mais leur avait également coûté une défaite en 1987.

Sur le plan sociétal, on assiste à une véritable réaction. La peine de mort abolie en 1992 est rétablie en 1998 mais le roi jouant généreusement de son pouvoir de grâce, seulement quatre condamnés ont été pendus à la prison d'Edimbourg depuis ce rétablissement.

L'avortement reste limité aux cas de viol, d'inceste et de danger pour la vie de la mère. La contraception en revanche est mieux prise en charge par les assurances privées ou semi-publiques suite à un accord de 1998. L'adoption est encouragée notamment grâce à différentes associations proches de l'Eglise d'Ecosse.

Cette politique que les opposants d'Allistair Lowell qualifient de tiède plait suffisamment aux électeurs écossais pour reconduire la majorité conservatrice aux élections de septembre 2002 avec néanmoins une majorité plus réduite (il est vrai que la sortante était exceptionnelle).

Le parlement de la nouvelle mandature voit donc les conservateurs l'emporter avec 180 sièges, les libéraux occupant 56 sièges et les travaillistes 35 sièges, les républicains disparaissant du parlement suite à nouveau à des querelles internes.

Allistair Lowell poursuit sa politique menée depuis 1997. Il baisse les impôts pour encourager les investissements tout en finançant de lourds travaux d'infrastructure ce qui entraine un endettement croissant du pays, jadis habitué à vivre chichement.

En dépit des avertissements de ses amis politiques, le premier ministre continue dans cette politique ce qui entraine sa défaite aux élections de septembre 2007. Il se retire de la vie politique, s'installant à Philadelphie où il devient professeur en sciences politiques, refusant à plusieurs reprises de revenir dans le jeu  politique.

Sur le plan extérieur, en mars 1999, l'Ecosse signe un accord d'association avec l'Union Européenne, une étape pense-t-on sur une possible adhésion à l'UE mais le premier ministre conservateur affirme que ce ne sera jamais le cas.

Toujours en 1999, en septembre cette fois, un nouveau référendum est organisé sur le départ ou non de l'OTAN, douze ans après le premier référendum qui avait conclu au maintien de l'Ecosse au sein de l'Alliance Atlantique et du commandement intégré.

Le référendum propose le maintien au sein de l'Alliance Atlantique et le départ du commandement intégré mais comme en 1987, les écossais refusent et la proposition est rejetée par 53% des votants.

Le 11 septembre 2001, deux avions-suicide touchent les tours du World Trade Center à New-York, un troisième s'écrasant contre le Pentagone et le quatrième en Virginie alors qu'il visait le Capitole.



L'Ecosse apporte tout son soutien aux Etats-Unis. Les écossais envoient de nombreux dons à la Croix-Rouge pour les familles des victimes, des membres de l'Armée du Salut organisent de l'aide aux sinistrés depuis la Maison de l'Ecosse à New-York et six mois plus tard, une délégation du NYFD (New-York Fire Department) est acclamée à Edimbourg.

Sur le plan militaire, l'armée écossaise va participer à l'opération Enduring Freedom. De 2001 à 2004, elle déploie au sein de l'ISAF un bataillon d'infanterie de marche de 800 hommes dans la région de Kaboul associé à un escadron de cavalerie équipé de Centauro, des unités de soutien ainsi que des hélicoptères Bell 412.



De 2004 à 2007, cette force baptisée Force Braveheart va être déployée à Kandahar pour une mission plus offensive non sans pertes comme le 14 mars 2007 quand sept soldats écossais sont tués par une IED provoquant un vif débat en Ecosse sur l'utilité de leur présence dans ce pays où il est facile de rentrer mais incroyablement difficile de sortir.
Les libéraux et les travaillistes ayant promis de retirer les troupes écossaises en cas de victoire, le contingent écossais quitte le «pays de l'insolence» en mars 2008.

Trois ans plus tard, suite à la dégradation de la situation sur place, 64 soldats écossais sont renvoyés à Kaboul pour protéger l'ambassade d'Ecosse en Afghanistan. Ils y sont toujours en 2017, leur nombre ayant été porté à 76 soldats.

T-Les libéraux et les travaillistes au pouvoir (2007-2017)

Les élections de septembre 2007 se passent dans un climat vicié par plusieurs affaires politico-financières qui éclaboussent le parti conservateur.

La politique pro-américaine du premier ministre est violement critiquée tout comme sa politique économique qui à entraîné un lourd endettement du pays, pays longtemps cité comme un modèle de vertu, gérant ses finances en «bon père de famille».  

Dans ces conditions, la défaite des conservateurs est ineluctable. La question était son ampleur et les caciques d'Edan Road _où est implanté depuis 1872 le Black Party_ pouvaient craindre le pire.

C'est avec un certain étonement qu'ils peuvent remarquer des dégâts limités. Le parti libéral arrive en tête avec 100 sièges, le parti travailliste le talonne avec 98 et le parti conservateur récupère le reste soit tout de même 73 sièges alors que les prédictions les plus pessimistes lui en donnait moins de cinquante !

Une nouvelle coalition libéral-travailliste arrive au pouvoir, une coalition qui arrive avec des propositions généreuses mais découvre une situation financière cataclysmique.

C'est bien simple, l'Ecosse est au bord de la banqueroute, les agences de notation considérant l'achat de bons du trésor écossais comme très risqué.

La crise économique qui éclate en septembre 2008 menace clairement l'avenir de l'Ecosse comme nation indépendante. Le FMI propose son aide financière mais la fierté nationale écossaise transcende les clivages politiques.

Un gouvernement d'union national tripartite libéral-travailliste-conservateur est mis en place en janvier 2009 pour mener une politique d'austérité. Cette politique est mal vécue par l'opinion écossaise mais les démagogues qui tentent de surfer sur ce mécontentement n'ont guère de prise.

En effet, la classe politique met aussi la main à la patte en baissant de 30 à 40% leurs rémunérations, le roi baissant sa liste civile, vendant même certaines propriétés pour renflouer le budget de la Maison Royale.

Ce traitement de choc, cette potion amère doit purger le corps du malade. Les débuts sont difficiles, la crise s'aggrave avec un chomage très important mais peu à peu, l'Ecosse remonte la pente.

La réduction drastique des dépenses publiques mais une augmentation modérée des impôts permet de dégager des excédents budgétaires aussitôt affectés à la réduction de la dette qui passe de 85% du PIB en 2009 au plus fort de la crise à 75% en 2010, 70% en 2011 et 65% en 2012.

L'économie repart, les embauches reprennent ce qui permet la renaissance d'un cycle économique vertueux.

Il ne faut pas oublier l'apport des recettes pétrolières qui ont permis à l'Ecosse de garder mine de rien la tête hors de l'eau ce que certains pays n'ont pu faire.

Le 14 juin 2011, l'Ecosse à pu oublier un peu les soucis en assistant au mariage du duc d'Inverness, prince royal d'Ecosse, George de Lorraine-Beaumont avec Mélanie Connelly, une avocate irlandaise. Agé de trente et un ans, il épousait sa fiancée qui avait cinq ans de moins que lui. Ils s'étaient rencontrés dans un gala de charité à Dublin.

De ce mariage sont nés trois enfants, Charles né le 8 juin 2012, Victoria née le 14 juin 2014 et Amélie née le 8 octobre 2017.

Les élections de septembre 2012 ont conforté la coalition libéral-travailliste en accentuant l'avantage du camp libéral avec 125 sièges contre 84 pour les travaillistes, les conservateurs avec 62 sièges complétant le tableau.

Les libéraux peuvent donc mettre en place leur réforme fiscale, l'assouplissement du droit du travail ainsi que des réformes sociétales : moratoire sur la peine de mort (l'abolition à été bloquée par les conservateurs aidés d'une partie non négligeable des libéraux. Depuis 1998, seize hommes et quatre femmes ont été pendues en Ecosse), assouplissement des conditions d'avortement, facilités accrues pour l'adoption.

Le 9 octobre 2012, la princesse Marie à épousé Arthur Wesley Conningham, un avocat d'affaires de Glasgow, son fiancé depuis cinq ans. Cinquième dans l'ordre de succession, elle à donné naissance à deux enfants, Elisabeth née le 8 juin 2014 (sixième dans l'ordre de succession) et David né le 14 décembre 2016 (septième dans l'ordre de la succession).

Sur le plan de la politique extérieure, les relations avec l'UE restent au point mort, l'accord d'association signé en mars 1999 n'ayant pas débouché sur l'ouverture de négociations d'adhésion, l'opinion publique écossaise y étant farouchement opposée.

L'Ecosse reste membre de l'OTAN à la fois de l'Alliance Atlantique et du commandement militaire intégré.

En ce qui concerne l'ONU, l'Ecosse a été membre du conseil de sécurité pour une durée de deux ans (2013-2015), représentant l'Europe aux côtés du Luxembourg (présent jusqu'en 2014), de la France et de la Russie.

Comme tous les pays européens, l'Ecosse vit sous la menace du terrorisme islamisme. Le 4 mai 2013, une voiture piégée à explosé devant le stade de Murrayfield à Edimbourg faisant 4 morts et huit blessés.

D'autres attentats ont été déjoués par les services de renseignement qui restent vigilants, vigilance qui bénéficie de moyens humains, technologiques et financiers accrus.

Le 5 septembre 2017, les élections législatives ont marqué le retour des conservateurs au pouvoir, le Black Party récupérant la majorité absolue avec 142 sièges sur 271, les libéraux passant de 125 à 77, les travaillistes de 84 à 52. Le nouveau premier ministre écossais est Michael Donovan, 51 ans.


Michael Donovan

Le 4 novembre 2017, le prince Andrews (huitième dans l'ordre actuel de la succession), fils cadet du roi Charles VI à épousé Cassandra Lindsay-Jones, une étudiante américaine rencontrée lors de ses études à Princeton.

Et ce n'est pas fini puisqu'au printemps 2018 la princesse Louise convolera en justes noces avec Burt MacAndrew, un juriste d'entreprise. Les anglais disent d'ailleurs que c'est pour parasiter le mariage du prince Harry prévu à la même période.

A suivre : 3-ECONOMIE

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Jeu 28 Déc 2017, 23:38

3-ECONOMIE

A-Agriculture

Pays froid et austère, l'Ecosse n'à guère été avantagée par le climat. Les riches vallées agricoles ne prirent pas racine dans les Highlands ou mêmes les Lowlands.

L'agriculture écossaise était plutôt chiche et miséreuse, la petite propriété cohabitait avec d'immenses domaines latifundiaires aux propriétaires absents, utilisés plus comme réserve de chasse que comme terres utiles.

Il faut attendre le retour des Stuarts au pouvoir pour que l'agriculture écossaise face l'objet de soins particuliers du pouvoir.

Les confiscations de domaines ayant appartenus aux nobles révoltés permis à la Couronne de se tailler un domaine royal dont les ancètres de Jacques VIII n'avaient même pas osé rêver.

Ce domaine était cependant mal géré ce qui obligeait l'Ecosse à importer la majorité des céréales nécessaires à la nourriture de la population.

Ce sont les Lorraine et en particulier Charles IV qui favorisent la modernisation de l'agriculture écossaise. Le domaine royal est mieux mis en valeur grâce à l'affermage des terres les plus riches à des interêts privés.

La redevance annuelle et la part sur la vente des récoltes va constituer jusqu'au milieu du 19ème siècle une part substantielle des revenus de la couronne. Les marais et les tourbières sont asséchés et transformés en pâturages ou en forêts d'exploitation.



Les Highlands sont particulièrement concernées par cette action volontariste. De vaste domaines gérés par les agriculteurs présents sur place permettent le dévellopement de l'élevage de mouton pour alimenter l'industrie de conserverie mais aussi l'industrie textile.

Charles V (1860-1875) fût en particulier l'initiateur d'une politique volontariste d'aménagement des Highlands : routes, ponts, point d'appui militaires, colons issus des quartiers pauvres des villes permettant également d'éviter les révoltes urbaines.

Aujourd'hui, l'agriculture écossaise est devenu exportatrice. Elle produit peu de céréales mais est connue et reconnue pour son élevage de moutons qui fournit une viande de qualité et une laine recherchée par les meilleurs fileurs d'Europe et du monde.

La pisiculture connait également un boom important depuis les années quatre-vingt non sans interrogations sur les conséquences écologiques d'un élévage intensif.
Elle commence à concurrencer la pêche de haute-mer, activité économique encore importante pour les ports des Hebrides et des Orcades mais également Dumfries sur la côte occidentale.

B-Ressources du sous-sol


Si la nature n'à pas été généreuse en ce qui concerne l'agriculture, elle l'à été davantage dans lees ressources du sous-sol avec du charbon, du minerai de fer en attendant la découverte du pétrole en mer du Nord.  

Si quelques gisements ont été exploités dès le 18ème siècle, il faut attendre le 19ème siècle pour que les mines transforment le paysage écossais.

L'amélioration des techniques d'extraction et de transformation permet à la région de Glasgow de devenir l'une des plus importantes région industrielle d'Europe, la production de fer passant de 30000 tonnes en 1825 à 910000 tonnes en 1857. la production d'acier alimente ainsi la construction navale qui bien que présente également à Aberdeen et Inverness est surtout concentrée sur la Clyde dans la région de Glasgow.

L'industrie metallurgique supplante ainsi peu à peu l'industrie textile, longtemps moteur de l'industrie écossaise.

D'autres minerais sont également exploités mais en plus faible quantité comme de l'aluminium et du cuivre mais ces gisements difficiles à exploiter et de pauvre qualité sont abandonnés au début du vingtième siècle au profit de l'importation.

L'industrie écossaise florissante jusqu'aux années 1880 connait un contre-coup avec l'épuisement progressif des mines de charbon.

L'Ecosse doit donc importer d'Angleterre et de France mais au début du vingtième siècle, la découverte de plusieurs gisements dans les Orcades permettent à l'Ecosse de retrouver une certaine autonomie temperée par les difficultés d'extraction et de transport jusqu'aux industries.

La dernière mine de charbon en Ecosse à fermé en 2000 et depuis le charbon est importé des Etats-Unis et d'Afrique du Sud. L'Ecosse prévoit d'abandonner le charbon au profit d'autres sources d'énergie d'ici les quinze prochaines années.


Plate-forme pétrolière en mer du Nord

En 1965, les premiers gisements pétroliers sont découverts en mer du Nord. L'exploitation commence réellement  à la fin des années soixante.

Outre une autonomie par rapport aux pays arabes exportateurs de brut, l'Ecosse voit là la possibilité de recettes supplémentaires avec les royalties versées par Petroleum of Scotland mais également par les opérateurs étrangers que sont Total ou Texaco.

Les gisements sont toujours exploités en 2017 et depuis deux ans, des campagnes d'exploration ont lieu pour découvrir de potentiels gisements de gaz de schiste, les spécialistes de la question estimant que l'Ecosse disposerait des troisièmes réserve d'Europe derrière la France et la Pologne.

Si le maintien de l'exploitation du pétrole de la mer du Nord fait consensus, l'exploitation du gaz du schiste est l'occasion d'un débât houleux entre partisans de l'autonomie énergique et écologistes.

C-Industrie : textile, chimie et électronique

Comme dans nombre de pays, la première industrie à dominer le paysage écossais, c'est le textile qui emploie plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers dans les années 1830 (35600 ouvriers pour le seul coton).

L'industrie textile écossaise concurrence sérieusement son homologue anglaise, ses produits meilleur marché se taillant une jolie réputation dans toute l'Europe.

C'est également le dévellopement de l'industrie chimique (savonnerie, acides, eau de javel teintures) et de la conserverie de poisson (régions d'Aberdeen et d'Inverness)


Centrale nucléaire de Dumfries


Poursuivant la politique de ses ascendants sur le trône d'Ecosse, Marie III appuya une politique volontariste d'industrialisation qui vit la construction de deux centrales nucléaires (une près d'Inverness et l'autre au sud de Dumfries, le dévellopement de l'industrie de l'aluminium dans la région de Dundee et surtout de l'électronique dans la région de Stirling.

Aujourd'hui l'économie écossaise est semblable à celle des autres pays industrialisés avec une prédominance des services (76% des actifs) une agriculture performante mais peu gourmande en bras (3% des actifs) et un secteur industriel encore puissant (21% des actifs) qui s'appui sur l'extraction du pétrole et du gaz en mer du Nord, la construction navale sur la Clyde et la siderugie sur l'eau.


Atelier des chantiers navals John Brown de Clydebank

L'électronique représente près de 45% des actifs du secteur secondaire, les PME écossaises rivalisant avec leurs homologues françaises, anglaises et allemandes dans le domaine pointu des micro-processeurs.

En ce qui concerne l'industrie mécanique, si il n'y à jamais eu de constructeur automobile écossais de premier plan, l'industrie mécanique écossaise est réputée pour la fabrication d'ensemble semi-finis, de pièces mécaniques pour l'industrie et de machines outils presque aussi réputées que les machines Deutsche kalitat.

Pour ce qui est de la construction navale, l'Ecosse à longtemps connu un âge d'or avec des dizaines d'entreprises, certaines très importantes comme John Brown à Clydebank ou Aberdeen Shipbuilding Corporation mais les années soixante-dix, l'ouverture des frontières et la concurrence étrangère ont eu raison de nombreux chantiers écossais comme Aberdeen qui ferma en 1974.

En 2017, deux chantiers majeurs sont parvenus à surnager. John Brown sur la Clyde sur un site plus en aval que celui d'origine, proche de la base navale de Faslane et Bae Shipbuilding, une entreprise anglaise qui dispose d'un chantier installé à Inverness et qui depuis 2012 assure la gestion des arsenaux royaux de Faslane et d'Inverness.

Quelques petits chantiers installés à Dundee et à Dumfries continuent de fabriquer des navires pour la pêche ainsi que pour l'extraction pétrolière. Le chantier naval de Dundee un temps menacé à été racheté en 2012 par une société sud-coréenne, Daewo qui l'à dévellopé pour fabriquer des navires plus gros comme des ferry.

De gros investissements ont permis au chantier d'obtenir la commande de six ferrys pour les liaisons avec la Norvège. Ces navires doivent être livrés entre 2016 et 2022.

D-Services et tourisme

Pays dévellopé, l'Ecosse voit son économie jadis dominée par l'industrie être aujourd'hui, une économie de services avec notamment le formidable dévellopement du tourisme.

Les touristes visitant l'Ecosse sont attirés à la fois par les monuments des grandes villes écossaises avec en premier lieu Edimbourg, le château royal d'Holyrod, le palais du Parlement ou Carpenter Hall, la cathédrale de style néo-classique mais également de nombreux musée comme le Queen Louisa Royal Museum pour la peinture, le War Museum sur l'histoire militaire de l'Ecosse....... .

Glasgow est également une ville connue pour son riche patrimoine historique, son Archeological Museum étant reputé dans toutes les îles britanniques.

Plus généralement, chaque ville écossaise à son église, sa mairie au style architectural souvent unique matinant style néo-classique et baroque.

Outre les musées et les monuments, la nature attire les amateurs de grands espaces. Les Highlands sont réputées pour ses réserves de chasse, ses rivières poissonneuses, ses paysages restés très sauvages en dépit des travaux d'aménagement réalisés au 19ème siècle.


Les Orcades, un paysage magnifiquement sauvage

Les Orcades et les Hébrides sont elles restées bien plus sauvages encore que les Highlands et jouent à plein du dévellopement du tourisme vert.

En 2016, l'Ecosse à accueillit 30 millions de touristes soit six fois plus que sa population ce qui constitue probablement un record mondial.

4-CULTURE

A-Langues

Bien que l'ayant longtemps nié, l'Ecosse est clairement un pays de langue et de culture anglaise et ce n'est pas un hasard si l'anglais est l'une des deux langues officielles du royaume en compagnie du gaélique écossais (Gàidhlig).

En théorie, les deux langues sont sur le pied d'égalité. Les textes de loi sont écrits dans les deux langues, les panneaux indicateurs également et un administré peut exiger d'être reçu par un fonctionnaire parlant le gaélique écossais.

Néanmoins, dans la pratique, l'anglais impose une domination écrasante. L'immense majorité des cours dans les écoles privées et publiques du Royaume sont en anglais, la majorité des écossais ne comprennent pas ou plus la langue de leurs aïeuls.

Il ne faudrait pas enterrer le gaélique écossais qui connait depuis les années soixante-dix une nouvelle vitalité culturelle.

En 1975, un groupe de passionnés décident de réaliser un dictionnaire anglais/gaélique écossais puis dans la foulée de codifier une langue longtemps restée orale avec de multiples dialectes régionaux.

Ce travail remarquable et remarqué est validé par l'Académie des Lettres d'Edimbourg et le 14 mai 1982, le gaélique écossais devient la deuxième langue officielle du pays.

Lors du discours du trône ouvrant la session parlementaire 1982-83 (septembre-avril avec possibilité de sessions extraordinaires), la reine Marie III surprend son monde en prononçant une partie de son discours en gaélique écossais.

Depuis, les actions pour favoriser la promotion du Scotish Gaelic se multiplient avec un festival annuel à Dumfries de chants et de contes en gaélique, de nombreuses publications qu'il s'agisse de romans, de pièces de théâtre mais également de textes théoriques sur la compréhension et sur l'origine d'une langue parlée par environ 5% des écossais.

Outre ces deux langues officielles, deux idiomes régionaux sont protégés en l'occurence le scot parlé dans les Lowlands et longtemps la langue dominante de l'Ecosse (au moins jusqu'au VIème siècle) et le doric, une variante du précédent parlé sur la côte nord-ouest de l'Ecosse. Ils n'ont pas le statut de langue officielle et le nombre de locuteurs est faible.

Comme ces langues sont menacées de disparition (la quasi-totalité des locuteurs sont âgés), un gros travail de mémorisation et de préservation à été entrepris pour qu'une fois les derniers locuteurs disparus, ces idiomes conservent une certaine réalité.

B-Religion

Depuis le 16ème siècle, l'Ecosse à quitté le giron de l'Eglise catholique pour celui du camp réformé en adoptant le culte presbytérien qui à le statut de religion d'Etat.

L'Ecosse ignore donc la laïcité à la française et c'est d'ailleurs l'une des raisons de l'échec des négociations entre l'UE et Edimbourg, Bruxelles voulant remettre en question ce statut préférentiel de cette église qui à la hierarchie catholique préfère une organisation à base de synode non pour des raisons démocratiques mais parce que tout fidèle est considéré comme un pasteur.

Ce statut octroi à l'Eglise la gestion de l'état civil (ce qui n'est pas sans poser de problèmes aux athés et aux fidèles des autres religions au point que la sécularisation de l'Etat-Civil est régulièrement envisagée mais n'aboutit jamais), une exemption fiscale en échange d'une participation à l'Etat-providence via la gestion d'hôpitaux, d'orphelinats...... .

Sur le plan politique, le roi et son épouse, la reine et son époux doivent obligatoirement être de confession presbytérienne et les quelques tentatives pour changer cet état fait se son heurtés à une violente opposition, le presbytérianisme était considéré comme l'un des ciments de la nation écossaise.

Cela n'empêche pas l'Ecosse de reconnaître la liberté de conscience et de culte à condition qu'ils restent discrets et ne provoquent ni gêne ni trouble à l'ordre public.

Si l'immense majorité de la population est presbytérienne (85%), il existe une forte minorité catholique essentiellement composée de descendants d'irlandais venus massivement au 19ème siècle (8%), une communauté juive non négligeable (5%), le reliquat étant constitués de musulmans (1%), d'athés mais également de membres de religions païennes voir même d'un culte Jedi.

C-Symboles nationaux

Drapeau et pavillons


Le drapeau du Royaume d'Ecosse est le même depuis le IXème siècle à savoir une croix de Saint-André _saint patron de l'Ecosse_ blanche sur fond bleu marine.

Il faut néanmoins attendre 1385 et un texte officiel du Parlement d'Ecosse pour que la croix de Saint-André devienne le symbole de l'Ecosse.

Au 16ème siècle encore, le dessin n'est pas encore fixé puisque le drapeau écossais de l'époque est une croix de Saint-André blanche sur fond rouge. Il faut attendre 1540 pour que le dessin définitif soit adopté avec donc une croix blanche sur fond bleu, le bleu se référant à la Auld Alliance signée avec la France.



L'Ecosse possède également un deuxième drapeau appelé Lion Rampant qui reprend le lion écossais en rouge sur fond jaune.

L'usage de ce drapeau est limité au roi ou à la reine. Il est hissé sur les demeures royales en présence du souverain et sert également de pavillon de guerre. A la différence du drapeau national, il n'est jamais mis en berne en vertu du vieux principe «Le roi est mort, vive le roi».

Devise et hymnes

La Devise du Royaume d'Ecosse est celle adoptée par Charles IV en 1815 «In God resides honor of Scotland» ou «En dieu, réside l'honneur de l'Ecosse».

Cette devise traduit la place importante de la religion presbytérienne à la fois code moral, croyance et ciment national de la nation écossaise. Quelques athés lancent régulièrement des pétitions pour une dévise laïque mais sans succès au delà un cercle très restreint.  

L'Hymne National est une chanson folklorique composée en 1967 baptisée Flower of Scotland qui se remémore des relations hostiles entre Angleterre et Ecosse notamment lors de la première guerre d'indépendance menée par Robert Bruce et William Wallace (Auparavant, il n'y avait pas d'hymne officiel).

Ce choix mené par un jury provoqua un incident diplomatique avec Londres, le premier ministre anglais de l'époque, Harold Wilson convoquant l'ambassadeur d'Ecosse à Londres qui fermement rappela que l'Ecosse était un royaume souverain et que le choix de l'hymne ne regardait pas Londres.

Un autre chant plus ancien appelé Scotland the Brave est considéré comme l'hymne officieux du Royaume d'Ecosse. Il est très employé dans les compétitions sportives.

Monnaie

La Monnaie nationale est la livre écossaise, monnaie nationale depuis 1820. Son cours actuel au 29 juin 2017 est d'un euro pour 3.00 livres soit une monnaie très compétitive qui n'est pas le moindre des facteurs à l'origine du succès de l'économie écossaise.

La livre écossaise est disponible en pièces et billets. Les pièces de une, deux, cinq, dix, vingt et cinquante scotish pence sont dans un alliage de cuivre et d'argent donnant une couleur rouge clair assez proche des centimes d'euros.

Les pièces d'une et de deux livres sont de couleur grise avec d'un côté l'Ecosse surmontée d'une couronne avec la devise nationale et de l'autre le portrait stylisé du souverain régnant en l'occurence Charles VI même si des pièces portant le portrait de Marie III sont encore en circulation.


Kenny Dalglish, joueur légendaire du Celtic Glasgow, de Liverpool et de l'équipe d'Ecosse orne les billets de cinq livres. Surnommé "King Kenny", il attira cette blague de Charles VI lors de son anoblissement en 2000 "J'espère que vous ne comptez pas me remplacer un jour prochain"

Les billets sont de couleur différente. Le premier de cinq livres est de couleur verte avec le portrait de Kenny Dalglish, probablement le plus célèbre footballeur écossais.

Le billet de dix livres est orné du portrait de William Wallace (ou plutôt de Mel Gibson, interprète du plus grand héros national écossais) sur un fond de couleur rouge, le billet de vingt livres de couleur bleu est orné du portrait de Robert Bruce alors que le billet de cinquante livres est orné du portrait de Robert Burns, le poète national de l'Ecosse sur fond gris.


Robert Burns

Enfin, le billet de cent livres de couleur jaune est orné du portrait de Charles IV, le fondateur de la dynastie actuellement au pouvoir en Ecosse.

Par le passé, il exista un billet de deux cent livres de couleur orange. Orné du portrait d'Adam Smith, il fût en circulation de 1950 à 1975, date de son retrait pour limiter l'inflation. Régulièrement sa réintroduction est envisagée mais jamais menée à bien.


Adam Smith

A SUIVRE : 4-SPORT

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Sam 30 Déc 2017, 21:39

5-SPORTS

A-Football

Comme dans de nombreux pays européens, le sport n°1 c'est un sport anglais, le football qui attire les foules dans les stades qu'il s'agisse du championnat ou de l'Equipe nationale qui connait des résultats en dents de scie.

Jusqu'en 1995 et l'arrêt Bosman, les clubs écossais pouvaient conserver longtemps leurs meilleurs joueurs voir attirer des pointures mais depuis cet arrêt, la situation est beaucoup plus complexe, preuve en est les résultats européens des clubs écossais, résultats de plus en plus décevants.

Pour tenter de contrer ce problème, une politique ambitieuse de détection des jeunes joueurs prometteurs _écossais et étrangers_ à été lancée en 2012 mais il faudra attendre plusieurs années avant que cela ne donne des résultats concrets.

Championnat

Le championnat national est né en 1890, succédant à des matchs informels entre les clubs sans qu'il n'existe de classement ou de trophée.


Blason des Glasgow Rangers

Géré par la Royal Scotish Football League (RSFL) créée en 1886 sous l'impulsion du roi Henri II _passionné de football et supporter acharné des Glasgow Rangers_ , ce championnat de seize clubs fût ensuite réduit à douze en 1922.

Suspendu durant le premier et le deuxième conflit mondial et remplacé par des matchs entre sélections régionales, le championnat écossais appelé Scotish First League connu une première réforme en 1930 quand un système de promotion et de rélégation fût mis en place avec la First Division, l'équivalent de notre L2, cette deuxième division étant composée également de douze clubs.

Le premier de deuxième division accède directement à la SFL en remplacement du dernier, le deuxième et le troisième affrontant en barrages le 11ème et le 10ème de SFL, le vainqueur restant ou accédant à la SFL, le perdant restant en deuxième division ou y descendant. Les deux derniers descendent en troisième division.

Il existe depuis 1976 une Scotish Second Division, l'équivalent de notre championnat de National 1, un championnat de douze équipes, les deux premiers montant en deuxième division, les deux derniers descendant en Scotish Third Division composée également de douze équipes et si les deux premiers accédent à la STD, il n'y à pas de rélégation car il n'existe pas de passerelles avec les championnats régionaux.

Si les deux premières divisions sont entièrement professionnalisées, la troisième est composée de quatre équipes professionnelles, quatre équipes semi-professionnelles et quatre équipes amateurs.

Les championnats régionaux ont été longtemps marqués par une véritable anarchie organisationnelle jusqu'à ce que la fédération écossaise ne décide en 1992 de réorganiser les championnats amateurs en deux niveau : Ligue (League) et County (Comté).

Les championnats de Ligue sont au nombre de huit, le tracé des Ligue correspondant à celui des provinces issues de la réforme de 1995 et ne comportent qu'un niveau avec huit à douze équipes.

Quand aux championnats de Comté, ils ont lieu dans les trente-trois comtés du pays sans qu'il y ait (pour l'instant?) de possibilité d'accéder au championnat de Ligue.

Ces derniers championnats alignent que des équipes amateurs, des équipes pouvant venir d'une usine, d'une église ou même d'un pub !

En raison du faible nombre d'équipe engagées, les équipes ne se rencontrent pas deux mais trois fois dans une saison. Une victoire vaut trois points, un nul un point et une défaite zéro. Des systèmes de bonus ont pu exister (1950-1968 et 1980-1984) mais sans que leur impact justifia leur maintien sans parler de scores étranges au cours d'un match décisif.

Pour ce qui est de l'élite, depuis 1992, elle bénéficie du principe du naming en l'occurence depuis 2010 et jusqu'en 2015 par la compagnie aérienne Emirates d'où le nom de Emirates Scotish First League.

A la compagnie des Emirats Arabes Unis (EAU) à succédé la banque Barclay's qui trouvait là un point de chute après la fin du contrat de sponsoring avec la Premiere League anglaise. Ce contrat est 150 millions de livres écossaises par an court jusqu'en 2020.

A l'issue des trente-trois journées de la saison régulière, les six premiers s'affrontent en play-off en matchs aller-retour soit dix matchs de plus, les points accumulés étant ajoutés à ceux de la saison régulière.

C'est ainsi que parfois l'équipe qui à terminé première de la saison régulière ne finit pas forcément championne même si le cas est rarissime, le dernier exemple en date remontant à 1990 avec le titre d'Inverness qui avait terminé 4ème de la saison régulière. Neuf fois sur dix, le premier de la saison régulière devient champion.

Les six derniers participent aux play-down selon le même principe que les play-off. Les points sont additionnés à ceux de la saison régulière. Le 12ème est relégué en deuxième division, les 10ème et 11ème participent à des barrages aller-retour contre le 2ème et le 3ème de la division inférieure. Les équipes classées 7 à 9 restent dans l'élite.

Les championnats inférieurs du moins les deuxième et troisième division possèdent également leurs play-off et play-down mais la 4ème division ne dispose pas de play-down car il n'y à pas de possibilité de relégation vers les championnats de province.

De 2002 à 2009 à eu lieu une compétition baptisée Hermann Cup pour les équipes classées 7 à 9 et leur permettre de meubler leur saison. Des équipes étrangères étaient parfois invitées mais elle n'à jamais prit.

Conséquence, l'édition 2009 à été la dernière et depuis les équipes classées à ces places occupent leur fin de saison avec des tournées en Europe ou en Amerique du Nord.

La saison 2016-2017 de la Scotish First League à vu s'affronter les équipes suivantes : Aberdeen FC, Celtic Glasgow, _champion en titre depuis la saison 2013/14_ Dundee United, Heart of Midlothian, Glasgow Rangers, Inverness Caledonian Thistle, Kilmarnock FC, Motherwell FC,Partick Thistle FC,Ross County, Saint Johnstone et St Mirren.



Après cinq titres consécutifs, le Celtic Glasgow à été détroné par son ennemi intime, les Glasgow Rangers, Inverness Caledonian Thistle terminant 2ème.

St Mirren à été relégué en deuxième division remplacé par Irvine United, Aberdeen FC et Dundee United ont participé aux barrages respectivement contre Falkirk FC et Hibernian FC. Les deux équipes de première division l'ont emporté, poursuivant leur bail dans l'élite


Le Celtic Park antre du Celtic Glasgow

En ce qui concerne l'Europe, le champion d'Ecosse est qualifié pour le troisième tour préliminaire, devant jouer deux tours avant d'accéder à la phase de poule. Le 2ème et le 3ème jouent en Ligue Europa, qualifiés pour respectivement le 1er tour préliminaire. Le vainqueur de la coupe d'Ecosse entrant au 2ème tour préliminaire en l’occurrence le Celtic Glasgow


Trophée de la ligue Europa


Le Celtic Glasgow à atteint la phase de poule, tombant dans le groupe C avec le FC Barcelone, Manchester City et le Borussia Mönchengladbach. Sans surprise, le Celtic à terminé bon dernier du groupe.

Ne remportant aucune victoire, le club de Glasgow est battu à deux reprises par le FC Barcelone (2-0 au Celtic Park et 7-0 au Nou Camp) auquel il faut ajouter une défaite à domicile contre le Borussia Monchenglabach (0-2).

On ajoute trois matchs nuls, deux contre Manchester City (3-3 à domicile 1-1 à l'extérieur) et un à Monchenglabach (1-1).

En Ligue Europa, aucun club n'à atteint la phase de poule. Deux clubs étaient engagés dans le 1er tour préliminaire de la Ligue Europa.

Heart of Midlothian élimine le club estonien de Tallin Infonet (6-3 sur l'ensemble des deux matchs) pendant que Aberdeen FC écarte le club luxembourgeois CS Fola Esch (3-2 sur l'ensemble des deux matchs).

Au 2ème tour, Heart of Midlothian est éliminé par le club danois Bronby IF (1-1 5 TAB à 3) alors que Aberdeen FC écarte un club letton, le FK Ventspils (4-0 sur l'ensemble des deux matchs).

Hélas pour le football écossais, Aberdeen est éliminé par le club slovène du NK Maribor (2-1 sur l'ensemble des deux matchs).

Pour la saison 2017/2018, les Glasgow Rangers sont qualifiés pour le troisième tour préliminaire alors qu'Inverness et Hearth of Midlothian seront qualifiés pour le 1er tour préliminaire de la Ligue Europa. Au 2ème tour, le Celtic Glasgow vainqueur de la coupe d'Ecosse sera engagé.

Le club de la communauté protestante de Glasgow élimine au troisième tour préliminaire le club norvégien de Rosenborg BK. Après une victoire 2-0 à Ibrox Park, le club écossais l'emporte 1-0 à Trondheim.

Lors du tour de barrage les Rangers se voient offrir un tirage exotique avec une équipe kazakhe, le FK Astana. L'aller en Ecosse est une formalité avec une victoire 5-0 mais le match retour dans les steppes kazakhe est plus mouvementé avec une victoire 4-3 des Rangers.

Comme le Celtic l'année précédente, les Glasgow Rangers peuvent accéder à la phase de poule en sachant très bien que le tirage sera costaud. En effet, le groupe B voit les Rangers affronter le PSG, le Bayern Munich et le RSC Anderlecht. Autant dire que la qualification pour les huitièmes constituerait une performance remarquable.

Cela commence d'ailleurs mal avec une défaite 5-0 à domicile contre le PSG mais cela s'améliore nettement avec une victoire 3-0 à Bruxelles contre le RSC Anderlecht. Les deux matchs suivants contre le Bayen de Munich se soldent pas deux défaites, 3-0 en Bavière et 2-1 à Ibrox Park.

Le match retour à Paris commence très bien avec une ouverture du score dès la 5ème minute mais hélas pour les Glasgow Rangers, l'équipe de Cavani, Neymar, Mbappe et consort se réveille, écrasant l'équipe écossaise 7-1. Piètre consolation, les Glasgow Rangers l'emportent 2-0 contre Anderlecht, terminant troisième avec six points. Ils vont être reversés en Ligue Europa, participant au 16ème de finale.

Ils affronteront les 15 et 22 février 2018 le Zenith Saint Petersbourg, un tirage qui aurait pu être plus dur mais également plus simple.
En ce qui concerne la Ligue Europa sont concernés les 2ème et 3ème du championnat ainsi que le vainqueur de la coupe d'Ecosse.

Inverness qui à terminé 2ème du championnat 2016-2017 entre au 1er tour préliminaire, ayant comme adversaire le club luxembourgeois de Progrès Viederkon, un adversaire modeste qui va lui faire mordre la poussière. Si Inverness l'à emporté à l'aller 1-0, elle à du s'incliner 2-0 au retour.

Même sort pour Heart of Midlothian qui est éliminé par le club lituanien du FK Trakai avec une victoire 1-0 à l'aller en Ecosse mais une défaite 2-0 après prolongations en Lituanie.

Le Celtic Glasgow qui avait terminé 4ème du dernier championnat pu participer à la coupe d'Europe après avoir remporté la coupe d'Ecosse. Engagé au 2ème tour préliminaire, l'équipe de la communauté catholique de Glasgow à écarte le club bosnien de Siroki Brijeg avec un match nul 1-1 en Bosnie et une victoire 2-0 au retour en Ecosse.

Au 3ème tour préliminaire, le Celtic affronte le club chypriote de l'Apollon Limassol qu'il écarte sans coups férir avec une victoire 2-0 à l'aller à Chypre et une victoire 2-1 au match retour au Celtic Park.

Le tour de barrage lui offre un adversaire danois, le FC Mittjylland. Après une victoire 2-0 au Danemark, les verts et blancs l'emportent 3-1 en Ecosse, se qualifiant pour la phase de poule de la Ligue Europa.

Placée dans le groupe E, elle doit affronter l'Olympique Lyonnais (France), l'Atalanta Bergame (Italie) et Everton (Angleterre). Après un match nul 1-1 contre Lyon, les écossais font sensation en l'emportant 4-2 à Liverpool contre les Tofees. Le match suivant voit les Green & White s'incliner 3-1 à Bergame avant de prendre leur revanche et de l'emporter 2-0. Le Celtic à donc sept points à égalité avec l'Atalanta Bergame et juste derrière l'Olympique Lyonnais qui dispose de huit points.

A Lyon, le Celtic Glasgow l'emporte 1-0 sur un penalty litigieux avant d'écraser Everton au Celtic Park 5-0, terminant la poule avec treize points. De leur côté l'Atalanta Bergame à battu Everton 1-0 avant de faire match nul contre Lyon 1-1, terminant avec onze points à la deuxième place.


Groupama Stadium, stade de l'olympique lyonnais

Le Celtic Glasgow est donc qualifié avec l'Atalanta Bergame pour les seizième de finale. C'est ainsi que deux clubs écossais vont participer à ces tours à élimination directe. Le club de la communauté catholique va ainsi affronter le club espagnol de Villareal FC.

Les coupes

Trophée de la coupe d'Ecosse

Outre le championnat, il existe une Scotish Cup, la coupe d'Ecosse dont la première édition s'est jouée lors de la saison 1873-74. Même durant les deux guerres mondiales, elle eut lieu à la différence du championnat même si les équipes de club furent remplacées à ce moment là par des équipes de provinces.

Les matchs ont lieu sur le terrain de l'équipe du premier tiré au sort sans changement en cas de rencontre entre un club de comté et un club professionnel. Lors de l'édition 2016-2017 remportée par le Celtic (quatre coupes consécutives), 128 équipes ont participé ce qui nécessita cinq tours avant les demi-finale.


C'est à l'Hampden Park qu'ont lieu les demi-finales et la finale de la coupe d'Ecosse

Les demi-finales et la finale ont lieu sur terrain neutre à Hampden Park, le stade national où joue habituellement l'Equipe d'Ecosse de Football sauf entre 2008 et 2010 où les demi-finale eurent lieu à Murrayfield en raison de la rénovation d'Hampden Park.


Scotish League Cup

Il existe également une coupe de la Ligue, la Scotish League Cup nettement moins prestigieuse que son ainé notamment car elle ne donne pas d'accessit à la Ligue Europa à tel point que sa suppression est régulièrement envisagée. Chaque année elle échappe au couperet mais jusqu'à quand...... .

Enfin, chaque dernier week-end de juillet à lieu à Hampden Park, le Queen Louisa Trophy opposant le champion d'Ecosse contre le vainqueur de la coupe ou le finaliste si un club est parvenu à faire le doublé. La recette est remise  à la fondation portant le nom de l'épouse d'Henri II.

La dernière rencontre en date à eu lieu le 30 juillet 2017 à Hampden Park. Dans un stade comble, le Celtic Glasgow à battu les Glasgow Rangers 6-4.

Oui vous ne rêvez pas, un véritable score de tennis dans la lignée de l'édition 2016 où le Celtic l'avait emporté contre Hibernian 5-4 après avoir pourtant mené 3-0 à la mi-temps.

Equipe Nationale et Coupes d'Europe

Petit pays, l'Ecosse peut néanmoins se targuer de résultats honorables en coupe d'Europe. En ce qui concerne la Ligue des Champions, le Celtic l'à remporté en 1965, c'est d'ailleurs la seule remportée par un club écossais.


En battant le Dynamo Moscou à Barcelone le 24 mai 1972, les Rangers ont remporté la coupe des vainqueurs de coupe

Les Glasgow Rangers ont remporté la Coupe des coupes en 1972 et la Ligue Europa en 2008, Dundee United remportant feu la Coupe des Coupes en 1980. L'Ecosse à donc remporté quatre coupes européennes soit le double du football français.

L'Equipe Nationale d'Ecosse peut se targuer d'être à l'origine du premier match international de football, match opposant l'Angleterre à l'Ecosse le 30 novembre 1872 et qui se termina par un score nul et vierge.


2008 : Ecosse contre Irlande du Nord

Jouant ses matchs à Hampden Park à Glasgow depuis 1903, elle connait des résultats irréguliers qui dépend souvent d'un joueur exceptionnel ou sortant de l'ordinaire.

Elle à ainsi participé aux coupe du monde 1954, 1958, 1974,1978,1982,1986,1990,1998 et 2014, terminant deuxième de son groupe derrière la Belgique et se qualifiant au cours des barrages contre l'Islande. Le tirage au sort l'envoya dans le groupe A en compagnie du Brésil, du Mexique et du Cameroun.

Seize ans après, elle allait retrouver le Brésil pour le match d'ouverture à Sao Paulo avant d'affronter le Cameroun à Manaus puis le Mexique à Recif.

Après avoir perdu contre le Brésil (4-1), l'Ecosse l'à emporté contre le Cameroun (2-0) puis contre le Mexique (1-0), se qualifiant pour les huitièmes de finale où le XI du Charbon perdit avec les honneurs contre les Pays-Bas, futur 3ème de l'épreuve (2-1ap).

Quand au championnat d'Europe, elle à participé aux éditions 1992 et 1996 _éliminée au premier tour_ et 2012 où elle  passa _enfin_ le premier tour.

Après avoir terminé deuxième de son groupe derrière l'Espagne, l'Equipe d'Ecosse affronta l'Estonie en barrages, l'emportant largement à Tallin (4-0) avant d'assurer à Glasgow (2-0).

Le tirage au sort l'envoya dans le groupe A en compagnie de la Russie, de la Grèce et de la Pologne, un groupe relevé dont les écossais terminèrent premier après une défaite contre la Russie (4-1) mais deux victoires, une contre la Grèce (2-1) et la seconde contre le pays organisateur, la Pologne (1-0).

En quart de finale, ils sont battus 1-0 par le Portugal à l'issue d'un match fermé qui laissa bien des regrets aux écossais, convaincus qu'ils auraient poser des problèmes en demi-finale aux futurs champions d'Europe espagnols.


Les supporter écossais forment la bruyante et sympathique Tartan Army

Elle à aussi participé à l'Euro 2016 en France où la bonne humeur de la Tartan Army fit un bien fou à la population française, les supporters écossais rivalisant d'ingéniosité et de bonne humeur avec les supporters irlandais.

Qualifiée dans le groupe D (2ème derrière l'Allemagne mais devant la Pologne, l'Irlande,la Géorgie et Gibraltar), elle est placée dans le groupe E en compagnie de l'Italie, de la Belgique et de la Suède.

Après un match nul prometteur au Stade de France contre la Suède (1-1), le XI du Chardon s'incline lourdement contre la Belgique à Bordeaux (3-0) avant d'effectuer un véritable exploit contre l'Italie à Lille en l'emportant in-extremis 1-0.

Qualifié pour les huitièmes de finale, l'Ecosse rencontre la France à Lyon, s'inclinant 2-1 avec les honneurs. Les images de 30000 supporters écossais chantant le Flower of Scotland à pleins poumons, des joueurs écossais faisant la haie d'honneur à l'équipe de France font parti des images fortes de cette compétition. Au final, elle termine 15ème de la compétition.

Actuellement, l'Ecosse participe aux éliminatoires de la coupe du monde 2018 en Russie. Le XV du chardon est engagé dans le groupe F en compagnie de l'Angleterre, de la Slovaquie, de la Slovénie, de la Lituanie et de Malte.

Les résultats sont plutôt bons avec six victoires (1-5 et 2-0 contre Malte, 2-0 et 0-3 contre la Lituanie, 1-0 contre la Slovénie et la Slovaquie), deux matchs nuls (1-1 en Slovaquie, 2-2 contre l'Angleterre) et une défaite 3-0 en Angleterre.

Lors de la dernière journée, l'Ecosse à fait match nul 1-1 pendant que l'Angleterre l'emportait 2-0 en Lituanie. Opposée à la Croatie en barrage, l'Ecosse l'à emporté 2-0 à l'aller à Edimbourg avant de faire match nul 2-2 à Zagreb se qualifiant pour une nouvelle coupe du monde.


Ronaldo (le vrai) lors du tirage au sort de la coupe du monde 2018

Le tirage au sort organisé à Moscou le 1er décembre 2017 à offert des matchs de prestige à l'Ecosse. Placée dans le groupe D, elle va affronter l'Argentine, l'Islande et le Nigéria.


Baltik Arena à Kaliningrad

Le premier match aura lieu le 16 juin à Kaliningrad (Baltik Arena) contre le Nigéria suivit cinq jours plus tard le 21 par un alléchant Argentine-Ecosse qui aura lieu à Nijni Novgorod (Stade de Nijni Novgorod) avant de terminer le premier tour par un Islande-Ecosse le 26 juin à Rostov sur le Don (Rostov sur le Don). En cas de qualification la sélection nationale pourrait à nouveau affronter la France.


Stade de Nijni Novgorod

Le maillot écossais actuel est constitué d'un maillot bleu frappé d'une croix de Saint-André blanche, d'un short blanc et de chaussettes rouges. Le maillot extérieur est blanc avec un lion rouge comme sur le drapeau, un short bleu marine et des chaussettes blanches.


La Rostov Arena

L'Ecosse en compagnie de l'Irlande s'est proposée pour organiser l'Euro 2008 mais sans succès tout comme 2020 en compagnie de l'Irlande et du Pays de Galles.

Hampden Park à néanmoins été retenu pour accueillir des matchs de poule et des huitièmes de finale de cet Euro unique, célébrant le 60ème anniversaire de cette compétition.

A suivre : le rugby

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Mer 03 Jan 2018, 21:57

B-Rugby

Ecosse-France tournoi des VI Nations 2010. Une victoire 18-9 des français qui vont remporter leur neuvième grand chelem

L'autre sport majeur en Ecosse c'est le Rugby à quinze. Comme l'équipe nationale de football, son homologue de rugby à quinze peut s'enorgueillir d'avoir disputé le premier match international en 1871, deux ans avant la création de la Scotish Rugby Union, la fédération de rugby à XV écossais.

L'équipe nationale participe depuis sa création au Tournoi des V puis des VI Nations qui regroupe quatre nations britanniques (Angleterre, Pays de Galles,Ecosse et Irlande) et deux nations latines (France et Italie).

Les performances sont contrastées notamment depuis l'avènement du professionnalisme (1995), le XV au Chardon ayant remporté vingt-deux fois le tournoi (mais quatorze comme vainqueur unique) avec trois grand chelem en 1925, 1984 et 1990.

Depuis les performances sont véritablement en dents de scie même si la SRU à décidé d'investir massivement pour changer cette situation insupportable.

Le XV du Chardon à participé à toutes les éditions de la coupe du monde depuis la première  en 1987.

En 1987 en Nouvelle-Zélande, l'Ecosse tomba dans le groupe D en compagnie de la France, de la Roumanie et du Zimbabwe. Après un match nul (20-20) contre la France, l'Ecosse l'emporta largement contre le Zimbabwe (60-21) et la Roumanie (55-28). Qualifiés pour les quarts de finale, elle tomba contre la Nouvelle-Zélande _future vainqueur de l'épreuve_ (30-3).

La deuxième coupe du monde à lieu en Europe en 1991 avec des matchs organisés en Angleterre, au Pays de Galles, en Irlande et en Ecosse à Murayfield.

Tombé dans le groupe B, le XV d'Ecosse remporta ses trois matchs contre le Japon (47-9), le Zimbawe (51-12) et l'Irlande (24-15).

Après avoir éliminé les Samoa en ¼ de finale (28-6), il tomba contre l'Angleterre 9-6, terminant 4ème de la coupe du monde après avoir perdu la petite finale contre la Nouvelle-Zélande (13-6).

En 1995, l'Ecosse participe à la première coupe du monde organisée en Afrique en l'occurence, l'Afrique du Sud. Le groupe D voit l'Ecosse affronter la Côte d'Ivoire (89-0), le Tonga (41-5) avant de s'incliner contre la France 22-19. En quart de finale, elle tombe contre la Nouvelle-Zélande 48-30.

En 1999, la coupe du monde à de nouveau lieu en Europe avec des matchs en France, au Pays de Galles, en Irlande, en Angleterre et en Ecosse. Tombée dans le Groupe A, la sélection écossaise perd son premier match contre l'Afrique du Sud (46-29) avant de battre l'Uruguay (43-12) et l'Espagne (48-0).

Qualifiée pour les barrages, elle l'emporte contre les Samoa (35-20) avant de perdre encore une fois contre la Nouvelle-Zélande 30-18 au point que certains considèrent que les écossais sont comme des «All Blacks qui n'ont pas appris à gagner».

Quatre ans plus tard, en Australie en 2003, l'Ecosse est versée dans le groupe B retrouvant pour la troisième fois la France (après 1987 et 1995), le Japon pour la deuxième fois (après 1991), faisant connaissance avec les Etats-Unis et les Fidji.

Après deux victoires contre le Japon (32-11) et les Etats-Unis (39-15), l'Ecosse subit une vrai claque contre la France, une défaite 51-9. Le quatrième match la voit gagner de justesse contre les fidjiens 22-20. En quart de finale, elle est battue par le pays organisateur à savoir l'Australie 33-16.


Le stade Murrayfield accueille les matchs de l'équipe d'Ecosse de rugby à XV

En 2007, la coupe du monde à lieu en France dans les dix stades de la coupe du monde 1998 de football auxquels s'ajoute Cardiff et Edimbourg ce qui permis à la candidature française de triompher du projet anglais qui prévoyait un double tournoi.

Le XV du Chardon tombe dans le groupe C en compagnie de la Nouvelle-Zelande, de la Roumanie, du Portugal et de l'Italie.

Après deux larges victoires contre le Portugal (56-10) et la Roumanie (42-0), l'Ecosse est sévèrement battu par la Nouvelle-Zelande à Edimbourg (0-40) _match marqué par une polémique  sur les maillots ce qui valu aux écossais de subir le féroce Kapa o Pango_ avant de battre l'Italie 18-16.

Comme lors des trois précédentes éditions, l'Ecosse tombe en quart de finale contre l'Argentine,une défaite 19-13.

Lors de la  coupe du monde en 2011 en Nouvelle-Zelande, l'Ecosse est placée dans le groupe B en compagnie de l'Angleterre, de l'Argentine, de la Géorgie et de la Roumanie.

Après deux victoires contre la Roumanie (34-24) et la Géorgie (15-6), elle perd contre l'Argentine (13-12) et l'Angleterre (16-12), terminant troisième du groupe et échouant donc à se qualifier pour les quarts de finale.

La huitième coupe du monde (2015) est organisée en Angleterre voit l'Ecosse être placée dans la poule B en compagnie de l'Afrique du Sud, des Samoa, du Japon et des Etats-Unis.

Le XV du Chardon termine deuxième de leur poule, gagnant contre le Japon 45-10 à Gloucester, 39-16 contre les Etats-Unis à Leeds, perdant contre l'Afrique du Sud 34-16 à Newcastle. Elle perd d'un point contre l'Australie à Twickenham (35-34) en quart de finale.

La neuvième coupe du monde aura lieu en 2019 au Japon. Le tirage au sort organisé au mois de mai verra l'Ecosse jouer dans la poule A avec l'Irlande, le Japon, le vainqueur de la zone Europe, et du vainqueur des play-off ou tournoi intercontinental.

En cas de qualification, le XV du Chardon affrontera le premier ou le deuxième du groupe B composé de la Nouvelle Zélande, de l'Afrique du Sud, de l'Italie, du vainqueur de la zone Afrique et du vainqueur du tournoi de répéchage.

Il existe également un championnat d'Ecosse de rugby créé en 1972 avec trois divisions de dix clubs avec montées et descentes.

Les équipes classées un à quatre en première division s'affrontent ensuite en demi-finale (le premier contre le troisième, le deuxième contre le quatrième), les deux vainqueurs s'affrontant ensuite en finale, les trois matchs ayant lieu à Murrayfield, le stade national de rugby d'Ecosse.

Outre le championnat, deux équipes écossaises, Edimbourgh et Glasgow participent au Pro12 _anciennement Celtic League_ en compagnie de quatre provinces galloises, deux provinces italiennes et quatre provinces irlandaises.

Les deux premières équipes écossaises de la Celtic Cup et les deux premières du championnat sont qualifiées pour la coupe d'Europe mais malheureusement mis à part une demi-finale d'Edimbourg en 2012, les équipes écossaises n'y ont jamais brillé, la faute à un niveau insuffisant et à la difficulté d'attirer des joueurs étrangers compétitifs.

C-Tennis

Sir Andy Murray

Le tennis écossais peut compter sur un joueur de premier plan en la personne d'Andy Murray qui à remporté l'US Open 2012 et Wimbledon (2013 et 2016).

Un an avant son premier titre, aux jeux olympiques de Londres, il remporta la médaille d'or du simple messieurs, un moment majeur de l'histoire du sport écossais. Il  à été anoblit suite à sa victoire à Wimbledon, devenant Sir Andy Murray.

«Vous n'imaginez pas ce qu'un patriote écossais pu ressentir en voyant son drapeau s'élever dans le ciel de Londres». Il à conservé son titre olympique à Rio en 2016.

L'Ecosse participe également à la coupe Davis, l'une des compétitions sportives les plus anciennes du monde, une compétition hélas en perte de vitesse.

Profitant de la présence régulière d'Andy Murray, l'équipe d'Ecosse est devenue particulièrement compétitive.

C'est ainsi qu'en 2014 elle à battu les Etats-Unis à San Diego (3-2) avant de s'incliner contre l'Itlaie sur le même score et ce en dépit de la présence du roi Charles VI. Si le prince héritier George est fan de cyclisme, le huitième souverain de la dynastie Lorraine-Beaumont est un passionné de la petite balle jaune.


La LG Arena d'Edimbourg

Pour l'édition 2015, l'Ecosse à battu les Etats-Unis au Royal Hall de Glasgow 3-2 avant de l'emporter contre la France à la LG Arena d'Edimbourg 3-1. Après une victoire 3-2 contre l'Australie au Royal Hall de Glasgow, les écossais menés par un Andy Murray au sommet de son art et un petit nouveau Scott Johnson _17 ans seulement_ remporte la première coupe Davis de l'histoire de l'Ecosse à Gand en Belgique (3-1).

Accompagnés par 5000 supporters, l'équipe d'Ecosse rentre le lendemain à Edimbourg, un accueil absolument délirant avec plus de 70000 personnes dans les rues, les joueurs étant reçus par la famille royale au grand complet notamment le roi Charles VI (63 ans), le prince George (36 ans), les princesses Marie (34 ans) et Louise (29 ans), le prince Andrew (31 ans)

Favorite de l'édition 2016, l'Ecosse ne peut tenir son rang en raison du forfait d'Andy Murray. Elle est ainsi battue au premier tour par l'Espagne à Madrid 4-1. Elle à du passer par les barrages et en triomphant de l'Afrique du Sud 3-2 à sauvé sa place dans le groupe mondial.

Pour l'édition 2017, l'Ecosse à battu la Croatie à Glasgow 5-0 avant de perdre en Italie au deuxième tour 3-2. En 2018, elle pourra compter sur Andy Murray pour espérer remporter à nouveau le saladier d'argent même si le tirage lui impose un premier tour à Marbella en Espagne avant un éventuel affrontement contre le vainqueur d'Australie-Allemagne.

Il existe également un tournoi ATP à Edimbourg, un tournoi de type ATP 500 qui à lieu au printemps avec le dur pour surface. Le vainqueur de l'édition 2013 est le serbe Novak Djokovic suivi en 2014 par le français Gilles Simon, en 2015 par un autre français Lucas Pouille qui récidiva en 2016. En 2017 c'est l'autrichien Dominique Thiem qui l'à emporté.

D-Autres sports

Handball, Basket-Ball et Volley-Ball

Si le football et le rugby sont des sports établis, enracinés, un nouveau sport commence à pointer le bout de son nez en l'occurence le handball.

Il est apparu en Ecosse dans les années quatre-vingt dix grâce à des étudiants écossais revenus de France, pays où le handball est un sport majeur avec une équipe nationale au palmarès copieux (six fois champions du monde _1995 2001 2009 2011 2015 2017_, trois fois champions d'Europe _2006 2010 2014_ et deux fois champion olympique en 2008 et 2012 auxquels il faut ajouter une médaille de bronze en 1992 et une médaille d'argent en 2016).

L'équipe nationale d'Ecosse n'à encore participé à aucune compétition internationale mais espère pouvoir le faire bientôt, la fédération ayant mis sur pied un championnat national en 2010 et recruté Daniel Constantini, _l'ancien sélectionneur français_ comme conseiller du président pour ancrer définitivement ce sport dans ce pays.


Daniel Constantini

-Le Basket Ball est également un sport en vogue en Ecosse même si comme le hand-ball, l'équipe nationale à des résultats très modestes.

Un championnat professionnel de huit équipes à été institué en 1995 suivit d'une seconde division en 2000. Un championnat universitaire existe également depuis 1998.

-Le Volley-Ball se porte mieux que le basket, l'équipe nationale participe en effet régulièrement au championnat d'Europe avec des résultats en dents de scie même si son meilleur résultat est une 4ème place en 2007 en Russie après avoir perdu contre la Serbie lors de la petite finale et avoir fait longtemps douter en demi-finale le pays organisateur.

Elle à également participé à plusieurs championnats du monde (1962, 1966,1970,1986, 1994 et 2002). Lors de cette dernière édition qui se déroula en Argentine, elle rata de peu un exploit retentissant contre le Brésil _référence mondiale en la matière_ et donna du fil à retordre contre la France lors de la petite finale.

Si elle à manqué les deux éditions suivantes (2006 au Japon 2010 en Italie), elle à participé à l'édition 2014 en Pologne (30 août-21 septembre), terminant à la 5ème place du groupe D composé de la France, de l'Iran, de l'Italie, des Etats-Unis et de Porto Rico avec une seule victoire contre Porto Rico (3-0). Elle termine 17ème ex-aequo avec la Corée du Sud, le Venezuela et le Mexique.  

En ce qui concerne les jeux olympiques, l'équipe nationale d'Ecosse à participer aux jeux de 1948 à Londres, de 1956 à Melbourne, de 1972 à Munich, de 1984 à Los Angeles, de 1992 à Barcelone et de 2000 à Sydney. Elle n'à depuis pas participé aux jeux olympiques, échouant à se qualifier à nouveau pour Rio 2016. Son meilleur résultat est une septième place à Barcelone.

L'équipe féminine réalise également d'excellentes performances (en rapport avec le réservoir de population). En ce qui concerne les championnats du monde, elle à participé aux éditions 1952, 1956,1967,1978,1986,1994,2002 et 2010.

Lors des championnats du monde 2002, la petite équipe d'Ecosse fait sensation en terminant troisième. Après une défaite en demi-finale contre l'Italie, elle bat la Russie 3-0, une victoire célébrée comme il se doit en Ecosse, l'équipe étant reçue par le roi en personne.

Huit ans plus tard, lors des championnats du monde 2010 au Japon, elle manque de peu de récidiver, perdant 3-2 contre le pays organisateur.

Lors de l'édition 2014 en Italie, l'Ecosse passe le 1er tour en terminant 3ème derrière la Chine et le Japon et devant l'Azerbaïjan, Porto Rico et Cuba. Au deuxième tour, elle termine 6ème en remportant une victoire contre la Croatie. Son classement final est 11ème à égalité avec la Bulgarie.

En ce qui concerne les championnats d'Europe, les résultats sont meilleurs encore. La sélection écossaise à participé aux éditions de 1955, 1963, 1971,1977,1985,1991,2001,2007 et 2011.

Son meilleur résultat est une deuxième place  en 2007, une défaite en finale contre l'Italie 3-2 après avoir écarté la Russie en demi-finale. Viennent ensuite une troisième place en 1991 (victoire lors de la petite finale contre l'Italie devant son public) et en 2011 (victoire à nouveau contre l'Italie) et enfin une quatrième place en 1985 derrière l'URSS, la RDA et la Tchecoslovaquie.

Des championnats sont également organisés avec huit équipes chez les hommes comme les femmes mais les audiences sont encore confidentielles, les amateurs écossais de Volley-Ball préférant suivre l'équipe nationale et les meilleures joueuses et joueurs évoluant à l'étranger en Italie et en Russie essentiellement.

Cyclisme

-Le cyclisme est également pratiqué qu'il s'agit du cyclisme sur piste (équipe de poursuite médaillée de bronze à Londres en 2012, en or en 2016 après une victoire sur l'Angleterre) ou de la route avec de nombreux critériums, des courses d'un jour comme le Glasgow-Edimbourg-Glasgow, une course de 130km disputée en mai qui précède le Tour d'Ecosse en juin.

Ce dernier à été une course prisée de 1967 à 1983 avant de sombrer dans l'oubli des écossais eux même. Néanmoins depuis 2003, il connait une véritable renaissance, ayant repris sa place au calendrier UCI depuis 2010.

Il faut expliquer cette renaissance par l'intérêt du prince héritier Georges aujourd'hui âgé de 37 ans et passionné de vélo au point d'avoir traversé l'Europe à bicyclette incognito quand il avait vingt ans.

Il à ainsi pesé de tout son poids pour que l'organisation du tour d'Ecosse soit repris par une société privée en 2003.

Depuis 2010, une année sur deux, le départ à lieu de l'étranger. En 2011, le tour à effectué son départ d'Oslo en Norvège (prologue plus une étape) et en 2013 est parti de Belfast pour un prologue et une étape avant transfert en Ecosse.

Si l'édition 2014 est partie de Glasgow comme il est de tradition, l'édition 2015 est partie  de Brême en Allemagne, celle de 2016 est partie d'Inverness alors que l'édition 2017 est partie  de la France en l'occurence de Brest avec un prologue et deux étapes en Bretagne. On sait déjà qu'en 2019 le départ aura lieu à Cardiff au Pays de Galles, Amsterdam devant accueillir le départ de l'édition 2021.

L'arrivée à lieu à Edimbourg, devant le palais royal d'Holyrod et c'est le prince héritier George qui remet le trophée au vainqueur.

Sport mécaniques

Colin McRae

Les sports mécaniques sont également prisés des écossais. Si il n'y eut jamais de grand prix de formule 1, il existe en revanche un rallye d'Ecosse inscrit au calendrier international et qu'à remporté à quatre reprises le pilote écossais Colin McRae tragiquement décédé en 2007 dans un accident d'hélicoptère.

Actuellement le leader des sports mécaniques écossais est Burt MacAndrew qui après avoir participé au championnat du monde des rallyes de 2002 à 2012 (meilleur classement 3ème en 2011) participe désormais à des courses d'endurance notamment le Dakar qu'il manqua de remporter en 2013, devant abandonner lors de la deuxième étape en 2014.

Après avoir fait l'impasse pour des raisons familliales en 2015 et 2016 (femme atteinte d'un cancer décédée depuis), il à annoncé sa participation à l'édition 2017 avant de renoncer suite à des problèmes financiers. Il espère être présent en 2018.  

Les sports traditionnels écossais


Le Caber (lancer de tronc d'arbre) est une des épreuves des jeux traditionnels écossais

L'Ecosse à également des sports bien à elle appelés Highland Games qui se déroulent toute l'année même si les jeux les plus importants ont lieu au moins d'août à Dunoon dans le sud-ouest de l'Ecosse avec jusqu'à 4000 participants et des dizaines de milliers de spectacteurs.

Les jeux réservés aux hommes voient les participants qu'ils soient écossais ou non porter un kilt et participer à de nombreuses épreuves de forces qu'il s'agisse du lancer de tronc d'arbre ou Caber, le lancer de pierres, le lancement de marteaux, le lancement de poids munis de chaîne, le lancement de poids très lourds (56 livres) par dessus une barre, le tir à la corde, des courses de fonds et demi-fonds le tout accompagné de concours de cornemuse et de danses traditionnelles.

En bref

Golfe de Saint Andrew

-L'Ecosse peut s'enorgueillir d'avoir inventé le golf au 15ème siècle et de l'avoir perfectionné. Un open d'Ecosse internationalement reconnu à lieu chaque année sur le parcours de Saint Andrew au nord d'Aberdeen dans un cadre naturel magnifique magnifié par le château construit par Charles IV.

-L'un des rares sports d'hiver pratiqué en Ecosse est le curling, l'Ecosse remportant l'or olympique en 2010 à Vancouver, conservant son titre olympique à Sotchi en 2014 en battant la Norvège.


Quatre pistes de curling. L'équipe d'Ecosse est favorite pour conserver son titre olympique à Pyeongchang

Le hockey sur glace est également pratiqué mais la petite équipe d'Ecosse n'à jamais pu se qualifier pour un tournoi olympique.

E-L'Ecosse et les jeux olympiques

A trois reprises, l'Ecosse se lança dans une candidature aux jeux olympiques d'été, étant à chaque fois battu.

La première candidature remonte à 1936, Edimbourg se proposant d'accueillir les Xème jeux olympiques d'été. Elle échoua face à Berlin (élue) et Barcelone.

Vingt-quatre ans plus tard en 1960, Edimbourg fût de nouveau candidate, investissant dans la construction du stade de Murrayfield qui aurait du recevoir une piste d'athlétisme mais n'eut pas plus de succès, parvenant néanmoins au troisième tour en écartant Bruxelles, Mexico, Tokyo,Budapest et Détroit, Rome étant finalement désignée devant Lausanne et la capitale écossaise.

En 1992 c'est Glasgow qui postula à l'organisation en compagnie de Barcelone, Paris, Belgrade,Brisbane et Amsterdam.

Après avoir remporté huit voix au premier tour, la candidature écossaise fût éliminée au 2ème tour après n'avoir récolté que huit voix.

Depuis on parle régulièrement d'une nouvelle candidature écossaises pour organiser les jeux olympiques mais devant les coûts faramineux, le royaume d'Ecosse semble fonder plus d'espoir sur les jeux olympiques de la jeunesse au coût plus abordable.

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Ven 05 Jan 2018, 16:46

6-THE ROYAL SCOTISH ARMY

A-Une histoire militaire de l'Ecosse

Généralités

Prise d'arme du RMLE en 1918.

Le 14 mars 1915, une vingtaine de légionnaires écossais appartenant au Régiment de Marche de la Légion Etrangère (RMLE) arrive dans un village situé en arrière du front dans la région de Lille.

Après de bruyantes libations, une unité de gendarmerie entre dans le bar pour faire respecter l'extinction des feux et le retour au camp. Les pandores sont mis dehors et doivent battre en retraite en catastrophe sous les verres, les tabourets et les lazzis des légionnaires venus de la froide et lointaine Ecosse.

Ils doivent appeler des renforts mais quand ils arrivent, les légionnaires venus du froid ont disparu après avoir indemnisé avec leur solde le tenancier du bar.

Encore une fois, les légionnaires écossais ont démontré leur tempérament bagarreur qui faisait la terreur des gendarmes chargés de maintenir l'ordre sur les arrières mais également des unités françaises et surtout anglaises.

«Bien évidement quand on commençait à se battre contre des français si des anglais arrivaient, on se liguaient tous contre ces damnés rosbeef».

Outre leur tempérament bagarreur, les troupes écossaises démontrèrent leurs qualités guerrières dans les tranchées.

Du temps où l'Ecosse n'était pas officiellement en guerre, les écossais engagés dans la Légion étaient toujours volontaires pour les boulots les plus risqués comme les patrouilles ou le nettoyage des tranchées.

Cet enthousiasme même après le début de la période des tranchées agaçait au plus haut point leurs homologues anglais et français qui à demi-mot disaient que les soldats écossais étaient fous mais si les hommes au chardon l'entendait, cela déclenchait une nouvelle bagarre.


Les pictes tels qu'ils étaient vus au XIXème siècle

Ils firent donc honneur aux vertues guerrières que les romains prétèrent aux pictes, les «hommes peints», nom attribué par l'historien Tacite en raison des tatouages couvrant les corps des hommes et des femmes dont le témpérament guerrier n'était pas moins volcanique que celui des hommes.


Reconstitution du mur d'Hadrien

Voilà pourquoi les romains en dépit de leur volonté de conquérir la totalité de l'île de Bretagne ne purent soumettre l'Ecosse et passé le 1er siècle de notre ère, les romains se retranchèrent derrière le mur d'Hadrien brièvement supplanté par le mur d'Antonin.

Le premier à été construit par l'empereur Hadrien à partir de 122 p.C, un mur de 117km reliant le Solway Forth à l'ouest à l'estuaire de la Tyne. C'était un dispositif complet avec mur, tours et avant-postes avec un mur principal haut de 4.5m et large de 2.7m

Le second situé au nord du précédent à été construit par son successeur Antonin le Pieux, un mur nettement moins solide mais plus court avec seulement 60km entre le Firth of Forth et le firth of Clyde. Ce mur érigé vers 140 est abandonné à peine vingt ans plus tard.

Outre la résistance des peuples autochtones, il est probable que c'est l'absence de richesses qui poussèrent les romains à renoncer à la conquête à une époque également où l'Empire semblait repu  et préférait stabiliser les frontières plutôt que de s'engager dans de nouvelles conquêtes.

Cela n'empêcha l'influence romaine de marquer même a minima l'art militaire écossais avec des armes notamment le pilum et le gladius.


Le drakkar symbolisa des années de terreur en Europe occidentale

Comme le reste des îles britanniques, l'Ecosse fût victime des raids vikings même si il y avait peu de villes ou de lieux riches comme les abbayes à piller.

Es-ce une conséquence de ces raids mais à partir du 10ème siècle émergea un royaume unifié, le royaume d'Alba qui influencé par le royaume normand du sud marqua l'arrivée en Ecosse des pratiques féodales ayant court sur le continent avec une chevalerie strictement codifiée qui cohabitaient avec des armées traditionnelles.

Une forme de syncrétisme donna naissance à un art militaire écossais qui profita pleinement lors des guerres d'indépendance opposant l'Ecosse à l'Angleterre des Plantagenêts qui profitèrent des difficultés causées par la mort de Margareth, la fille d'Alexandre III mort en 1286 et qui ouvrit une période de plus de cinquante années de guerre.

Cette période fût marquée par des succès (William Wallace, Robert Bruce) et des échecs avant que la guerre de Cent Ans n'oblige les anglais à se tourner vers la France.

La France et l'Ecosse étaient liés par une alliance, la Auld Alliance, plus vieille alliance scellée en 1295 (même si on retrouve des traces dès 1165), dénoncée seulement lors du basculement de l'Ecosse dans le camp protestant au milieu du XIXème siècle.


Reconstitution d'archers gallois

Durant les trois siècles d'indépendance (1338-1707), l'art militaire écossais ne se distingua guère du continent. A la lourde chevalerie du Moyen-Age s'associaient les troupes à pied et des archers qui n'eurent pas l'occasion d'acquérir une aura aussi légendaire que celle des archers gallois.

Les écossais servirent également durant cette période de mercenaires notamment au service du roi de France, les écossais formant le plus gros contingent de mercenaires étrangers derrière les suisses.

Suite à l'Acte d'Union de 1707, quelques unités de recrutement écossais servirent au sein de l'armée anglaise mais dès 1745 et la renaissance d'une Ecosse indépendante, ces unités furent dissoutes et ses membres invités à rentrés en Ecosse où on l'imagine que l'accueil fût plutôt frais.

La nouvelle Royal Scotish Army créée en 1750 s'organise en une Garde Royale de 3500 hommes recrutés dans les clans fidèles aux Stuarts, des régiments étrangers de mercenaires (saxons, prussiens,irlandais et napolitains essentiellement) et des milices comtales chargées de la défense locale et de la lutte contre le brigandage.

Cette organisation va perdurer jusqu'au milieu du 19ème siècle quand une réforme est engagée pour adapter l'outil militaire aux nouvelles contingences de l'époque.

Paradoxalement, l'Ecosse n'à jamais souffert de problèmes de recrutement en dépit de l'absence de menaces extérieures et de véritables perspectives de carrière. Peut être faut-il y voir le tempérament guerrier des écossais à moins que la solde même modeste puisse suffire à sortir une famille de la misère.

Voilà pourquoi le mercenariat était une activité fort prisée des jeunes écossais qu'ils soient en rupture de ban ou ne pouvant espérer accéder aux plus hautes fonctions de l'armée.

De nombreux volontaires écossais participèrent à toutes les guerres du 18ème siècle et si ils furent fort peu nombreux à intégrer l'armée anglaise (pour des raisons évidentes), ils servirent aussi bien au sein de l'armée autrichienne, de l'armée espagnole, des armées prussiennes, russes ou saxonnes.

Au 19ème siècle, ils participèrent aux différents soulèvements nationaux qu'ils soient italiens, polonais ou hongrois.

Ils s'engagèrent aussi dès cette période dans la Légion Etrangère, acquérant une expérience du combat précieuse d'autant que certains revenaient en Ecosse et mettaient leur expérience au service de jeunes recrues.


Une dizaine d'écossais participa à l'expédition des chemises rouges de Garibaldi

Une dizaine d'écossais participa à l'Expédition des Miles en direction du Royaume des Deux Siciles qui provoqua la réunification de la péninsule italienne sous l'autorité du roi de Piemont.

Ils participèrent donc à la conquête de l'Empire colonial français après avoir soutenu la jeune Troisième République et le gouvernement provisoire dans de rudes combats à Belfort et sur la Loire lors de la guerre franco-allemande de 1870.

Des écossais se retrouvèrent engagés également dans la guerre de Sécession (1861-1865) côté nordiste principalement mais également du côté des confédérés.

Si les premiers avaient été recrutés de manière directe par des officiers de l'Union d'ascendance écossaise, les seconds étaient davantage des aventuriers dont les sudistes se méfiaient à cause de leur indisciple et de leur habitude de n'en faire qu'à leur tête, plusieurs de ses aventuriers ayant été pendus après avoir été accués à tort ou à raison d'avoir déserté.

Evolution des structures jusqu'à la seconde guerre mondiale

La réforme de 1857 bouleverse bien des habitudes en établissant une conscription obligatoire sans possibilité de remplacement.

Les jeunes écossais sont astreints à un service de deux ans de 20 à 22 ans suivit d'un passage dans la réserve jusqu'à 35 ans (avec des rappels réguliers sous les drapeaux) et dans la garde territoriale jusqu'à 45 ans ce qui permis à l'Ecosse de disposer d'un réservoir appréciable de recrues entrainées.

La Garde Territoriale (en français dans le texte) devient en 1875 la Home Guard, force qui existe encore en 2017 même si elle à évoluer d'un rôle de défense ferme du territoire à un rôle de maintien de l'ordre et d'intervention en cas de catastrophes naturelles.

Dès les années 1820, des écoles militaires voient le jour pour améliorer l'encadrement. Une loi de 1844 met ainsi fin à  un véritable anachronisme : seuls les nobles pouvaient devenir officiers.

Désormais, pour accéder aux écoles militaires, il faut justifier d'un diplôme universitaire qui permet déjà de faire un premier tri, les diplômes scientifiques étant naturellement orientés vers l'artillerie et le génie.

Jusqu'en 1870, l'armée de terre était organisée en légions, huit légions d'infanterie à deux bataillons (soit seize bataillons), deux légions de cavalerie (six bataillons) et une légion d'artillerie à huit batteries.

Cette organisation est jugée peu pratique et en 1870, l'Ecosse adopte définitivement la structure divisionnaire avec quatre divisions d'infanterie et deux divisions de cavalerie plus des unités indépendantes notamment pour l'artillerie.

Durant le premier conflit mondial, l'Ecosse envoie sur le front ouest un corps expéditionnaire composé de deux divisions d'infanterie et d'une brigade d'artillerie lourde, le tout placé sous commandement anglais juste à côté du corps expéditionnaire portugais.

Dans les Balkans, c'est une brigade de cavalerie composée d'un régiment de chaque division qui allait participer à la lutte contre la Bulgarie et leurs alliés des empires centraux.

Les structures n'évoluent pas jusqu'aux années vingt quand l'armée écossaise reconstitue et modernise ses forces, passant à six divisions d'infanterie, deux divisions de cavalerie et deux brigades d'infanterie légère.

Chaque division d'infanterie dispose d'un état-major, d'unités de soutien, de trois régiments d'infanterie et d'un régiment d'artillerie alors que les divisions de cavalerie sont organisées en un état-major, un régiment d'artillerie et trois régiments montés.

Les deux brigades d'infanterie légère sont organisées en un état-major, des unités de soutien, deux bataillons d'infanterie et un bataillon d'artillerie.

Appelés Rangers, ils sont considérés comme l'élite de la Royal Scotish Army et vont constituer un réservoir pour les futurs commandos du second conflit mondial.


Renault FT avec une mitrailleuse

Au début des années trente, la motorisation commence à devenir un axiome majeur de l'armée écossaise qui s'équipe de deux bataillons de chars de combat indépendants _équipés de Renault FT puis de Cruiser MkI_ tandis que chaque division de cavalerie reçoit un groupement d'automitrailleuses, groupement équipé d'autos blindées de conception nationale composées de chassis étrangers avec une caisse blindée de conception nationale.


Cruiser Mk I

Comme pour le premier conflit mondial, l'Ecosse n'entre pas immédiatement dans le second conflit mondial. Ce n'est  qu'en 1942 qu'elle s'engage vraiment mais effectue un effort important, le plus important des pays alliés en rapport avec sa population.
C'est ainsi qu'en 1942, elle aligne en Ecosse les unités suivantes :

-Quatre divisions d'infanterie (1st 2nd 3rd et 4th Scotish Infantry Division) de 12000 hommes chacune

-Deux divisions blindées (7th Highland Armoured Division et 11th Lowland Armoured Division) de 14000 hommes chacune

-Une division aéroportée (la 5th Airborne Division) de 9500 hommes

-Une division d'infanterie de montagne (6th Scotish Mountain Division) de 8000 hommes destinée à intervenir si besoin en Norvège

-Deux brigades d'infanterie légère (8th  9th Light Infantry Brigade) de 4500 hommes chacun qui ne vont pas tarder à se spécialiser dans les raids amphibies

Cela représente un total de 102500 hommes prêts à être engagés au combat sans compter les unités de soutien et de nombreux réservistes et  recrues à l'entrainement.

N'ayant pas à redouter un débarquement allemand, l'Ecosse peut s'engager massivement en Méditerranée et en Europe occidentale.

En Méditerranée, l'armée de terre écossaise participe à l'opération Torch (débarquement en Afrique du Nord le 8 novembre 1942) puis aux opérations en Italie qu'il s'agit de Husky (débarquement en Sicile le 10 juillet 1943), Avalanche (débarquement à Salerne le 3 septembre 1943) puis ultérieurement Shingle (débarquement à Anzio le 22 janvier 1944).

La 1ère armée écossaise (10ème CA _1st Scotish Infantry Division et la 11th Lowland Armoured Division_ accompagné du 20ème CA_ 2nd Scotish Infantry Division et de la 6th Scotish Mountain Division_) est engagée en Sicile (10ème CA) puis en Italie métropolitaine (20ème CA).

Une fois la conquête de la Sicile assurée, le 10ème CA va être engagé en Provence pour l'opération Dragoon sous l'autorité de la 1ère armée française alors que le 20ème CA va terminer la guerre en Bavière.

La 2ème armée écossaise est elle chargée de la libération de l'Europe du Nord-Ouest avec eux aussi deux corps d'armée, les 30ème et 31ème Corps d'Armée.


Juno Beach 6 juin 1944

Le débarquement de Normandie (opération Overlord 6 juin 1944) voit l'engagement sous commandement canadien (Juno Beach) d'un 30ème Corps d'Armée composé de la 3rd Scotish Infantry Division, la 1st Brigade de la 7th Highlander Armoured Division, le Scotish Commando n°2  et deux bataillons de la 9th Scotish Light Infantry Brigade, ces deux dernières unités étant chargées de prendre les batteries côtières pour faciliter la percée.

Une fois le débarquement assuré, le 30ème Corps d'Armée est réorganisé et musclé avec la 7th Highlander Armoured Division au complet et deux divisions d'infanterie, les 3rd  Scotish Infantry Division et 4th Scotish Infantry Division qui remplacent les bataillons d'infanterie légère et le commando, renvoyés en Angleterre pour être réorganisés en vue de futures opérations.

En juillet, la 10th Scotish Infantry Division créée en septembre 1943 arrive en France, entrainant la création d'une 2ème armée écossaise (2nd Scotish Army) avec le 30ème Corps d'Armée (7th HAD et 10th SID) et le 31ème Corps d'Armée (3rd SID et 4th SID).

On voit donc que la TOTALITE de l'armée écossaise est engagée en Europe, ne laissant en Ecosse que la Home Guard. Même la 5th Airborne après avoir participé à l'opération Pegase est déployée en Grande-Bretagne où elle reconstitue ses forces avant de participer à Market-Garden où elle subira de lourdes pertes, la rendant inapte à toute opération majeure jusqu'à la fin du conflit en Europe.

Quand aux différents commandos et aux deux brigades légères d'infanterie, ils vont multiplier les raids amphibies sur les côtes occupées par les allemands.

La 2ème armée écossaise participa ensuite à la garde de la Meuse de décembre 1944 au 8 février 1945, date à laquelle elle lança l'opération Veritable, une percée dans la forêt de Reichswald entre Rhin et Roer, parvenant à déborder avec le concours de la 1ère armée canadienne la ligne Siegfried non sans pertes sensibles.

Parvenant en Allemagne, la 2nd Scotish Army remonta vers le Nord, participant à la prise d'Hambourg en compagnie de troupes anglaises le 3 mai 1945, bordant ensuite la frontière danoise pour contrer une possible intervention soviétique dans ce pays à la situation stratégique.

L'armée écossaise resta déployée en Allemagne jusqu'en septembre 1946 quand le 20ème Corps d'Armée écossais déployé en Bavière est rapatrié en Ecosse et dissous.

Dès octobre 1945, la 2ème armée écossaise avait été dissoute tout comme le 31ème corps dont les divisions avaient été renvoyées en Ecosse. Quand au 30ème corps, il resta déployé en Allemagne du Nord et au Danemark jusqu'en juin 1946, date de leur retour au pays.

Evolution contemporaine des structures de l'armée de terre

Comme nous l'avons vu dans la partie consacrée à l'histoire, l'Ecosse est un temps tentée par un retour à la neutralité d'avant guerre, vue par ses partisans comme le moyen de réduire la taille des forces armées alors que ce n'est pas le cas, une stricte neutralité nécessitant au contraire des forces armées puissantes et un budget conséquent.

Finalement l'Ecosse intègre l'OTAN ce qui lui impose des servitudes en matière de défense à savoir une participation à la défense de la Norvège et de l'Allemagne de l'Ouest.
Le 12 septembre 1954, l'état-major des  Scotish Forces in West Germany (SFWG) est activé à Flensburg à la frontière germano-danoise. Ce choix est tout sauf innocent : c'est là que les écossais ont livré leurs derniers combats en mai 1945.

L'insigne des forces écossaises en Allemagne de l'ouest est un chardon sur une bande noir-rouge-or, le tout sur un fond vert foncé, la devise écrite en or étant «Tenir Bon» en gaélique écossais (Cumail Air).

Ce commandement dispose en permanence des unités suivantes :

-9th Light Infantry Division _issue de la transformation de la 9th Light Infantry Brigade_ avec deux régiments d'infanterie motorisée, un régiment de cavalerie, un régiment d'artillerie et des unités de soutien.  

-13th Independent Armoured Brigade. Unité de création nouvelle (mars 1951), c'est la composante blindée des SFWG. Elle se compose d'un état-major, d'une compagnie de reconnaissance équipée d'Alvis Ferret, de deux bataillons de chars, d'un bataillon d'artillerie autoportée, d'un bataillon d'infanterie mécanisée ainsi que d'unités de soutien.

-155th Independent Artillery Regiment équipé de missiles tactiques Honest John pouvant être équipés de charges conventionnelles ou nucléaires.

-Un Tactical Helicopter Group fourni par la brigade aéromobile composé d'abord uniquement d'hélicoptères de manœuvre et d'observation puis rapidement d'hélicoptères de combat dont la mission première est la lutte antichar pour tenter de freiner le déferlement des forces soviétiques.

-2nd Royal Scotish Operation Group. C'est un groupement composite fournit par le Royal Scotish Air Service et par les Rangers, une unité para-commando créée en 1950 sur le modèle des Rangers américains du second conflit mondial (à ne pas confondre avec les Rangers des deux brigades d'infanterie légère dont ils ont repris la démonination).

Ces différentes unités citées plus haut et différents éléments de soutien représentant environ 25000 hommes chargés de préparer l'arrivée de renforts venus d'Ecosse notamment ceux issus des deux divisions blindées de l'armée écossaise en l'occurence la 7th Highlander Armoured Division et la 11th Lowland Armoured Division.

On pourrait de prime abord s'étonner qu'aucune division blindée ne soit présente en permanence en République Fédérale Allemande (RFA).

Il semble que cela à été étudié mais que le haut commandement de l'OTAN à préféré conserver sur un territoire inaccessible aux soviétiques une réserve blindée pour la phase de «reconquête».

Selon les plans dévoilés en 2000, il était prévu l'engagement de la 7th HAD en Allemagne pendant que la 11th LAD restait en réserve pour intervenir en Norvège, opérer en reconquête sans compter qu'elle devait favoriser la mise sur pied d'unités blindées supplémentaires.

L'Ecosse participe également à l'Allied Mobile Force-Nord (AMF-Nord) qui doit dissuader l'URSS d'attaquer la Norvège, une sorte de force de réaction rapide à laquelle l'Ecosse fournit l'un de ses deux régiments d'infanterie légère _intégrés à la 8th Light Infantry Brigade_, un groupement d'hélicoptères de manoeuvre issu de la Brigade Aéromobile et un bataillon de Marines fourni par la Royal Scotish Navy qui en possède deux (plus un de réserve).


Daimler Ferret

En 1955, la Royal Scotish Army (RSA) représente le visage suivant :

-Deux divisions blindées : la 7th Highlander Armoured Division et 11th Lowland Armoured Division qui répondent à la même organisation :

-Un état-major

-Une compagnie d'état-major

-Un bataillon de reconnaissance

-Deux régiments de chars  (1st & 3rd Scotish Tank Regiment pour la première 2nd et 4th Scotish Tank Regiment pour la deuxième)


Le Centurion à équipé les deux divisions blindées écossaises remplaçant les Cromwell avant d'être lui même remplacé par le Leopard 1

-Deux régiments d'infanterie mécanisée (7th et 9th Scotish Infantry Regiment (Mecanized) pour la première, 8th et 10th Scotish Infantry Regiment (Mecanized) pour la seconde)

-Un régiment d'artillerie autoportée

-Un bataillon du génie

-Un bataillon de transmissions

-Un groupement de soutien logistique

-Une brigade blindée indépendante déployée en Allemagne, la 13th Independent Armoured Brigade

-Deux divisions d'infanterie, les 1st Scotish Infantry Division et 4th Scotish Infantry Division, divisions organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Une compagnie d'état-major

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

-Trois régiments d'infanterie (1st 3rd et 5th Scotish Infantry Regiment pour la première, 2nd 4th et 6th Scotish Infantry Regiment pour la seconde),

-Un régiment d'artillerie tracté

-Un bataillon du génie

-Un bataillon de transmissions

-Un groupement de soutien logistique

-Une division d'infanterie légère déployée en Allemagne, la 9th Light Infantry Division qui se distingue des deux divisions ci-dessus par la présence de seulement deux régiments d'infanterie, les 11th et 13th Scotish Infantry Regiment.

-Une brigade d'infanterie légère, la 8th Light Infantry Brigade

-Un état-major

-Une compagnie d'état-major

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

-Deux régiments d'infanterie (12th et 14th Scotish Infantry Regiment)

-Un bataillon de cavalerie légère

-Un régiment d'artillerie légère (canons de 105mm)

-Une brigade aéroportée, la 5th Scotish Airborne Brigade issue de la 5ème division aéroportée qui avait sauté sur la Normandie le 6 juin 1944 et sur Arnhem le 17 septembre 1944. Elle est organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Une compagnie d'état-major

-Une compagnie d'éclaireurs parachutistes

-Deux régiments parachutistes

-Un bataillon de cavalerie légère

-Un régiment d'artillerie parachutiste

-Un bataillon du génie

-Une compagnie sanitaire

-Une compagnie de transmission

-La 6th Scotish Mountain Division est dissoute en 1954 en dépit des besoins de combattants pouvant opérer par grand froid en Norvège.

Désormais, les unités affectées à l'AMF-Nord s’entraînent au minimum une fois par an en Norvège aux côtés de marines britanniques, des marines américains et des troupes norvégiennes. Une unité non affectée est invitée par an pour transmettre le savoir faire grand froid au maximum d'unités de la Royal Scotish Army.

-Une brigade aéromobile, la 2nd Scotish Airmobile Brigade organisée en un état-major, un régiment de reconnaissance et d'observation et deux régiments de manœuvre. Cette brigade détache des appareils au sein de deux Tactical Helicopter Group, un stationné en Allemagne et un appelé à être engagé en Norvège.

-Un régiment de Rangers organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de combat et une compagnie d'appui.


Missile sol-sol Lance. Ce missile était utilisé en version conventionnelle et nucléaire, les têtes atomiques étant sous contrôle américain

-Un régiment d'artillerie indépendant, le 155th Independent Artillery Regiment déployé en Allemagne avec ses missiles Honest John puis Lance

-Un régiment de forces spéciales, le 1st Royal Scotish Commando. Ce régiment de forces spéciales est issu des unités commandos du second conflit mondial en l'occurence les Scotish Commando n°1,n°2,n°3 et n°4 qui pour faciliter leurs opérations intégraient des soldats issus des pays où ces unités opéraient.

C'est ainsi que le n°1 intégra des norvégiens, le n°2 des danois, le n°3 des néerlandais et des flamands et le n°4 des français.

A la fin du conflit, les n°1 et n°3 sont préservés, les n°2 et n°4 étant dissous. Le 1er mai 1950, les Scotish Commando n°1 et n°3 sont fusionnés pour former un 1st Royal Scotish Commando, le pendant pour l'armée de terre du Royal Scotish Air Service (RSAS).

En 1955, un régiment de réserve, le 2nd Royal Scotish Commando (Reserve) est créé pour permettre de créer un réservoir d'hommes capables d'intégrer le 1st RSC ou en temps de guerre de former des patrouilles dans la profondeur (Long Range Patrol) notamment en Allemagne pour guider la frappe des missiles Honest John et Lance.

Les dividendes de la paix

La fin de la guerre froide entraine une profonde réorganisation de l'armée écossaise qui n'à plus à devoir défendre la RFA contre le déferlement de milliers de chars soviétiques et est-allemands _les adversaires potentiels des SFWG.

Les Scotish Forces in West-Germany sont dissoutes le 1er septembre 1997 en compagnie des différentes unités qui la compose.

En ce qui concerne les unités déployées en Ecosse même, la voilure est également réduite à la fois en raison de réductions budgétaires mais égalment à cause de la suppression en 1995 du service militaire.

Un plan baptisé XXIArmy  est mis en place à l'orée du nouveau siècle, aboutissant en 2005 à une armée composée des unités suivantes :

-Une division blindée : la 7th Highlander Armoured Division dont l'organisation interne n'évolue pas


Le VBCR Centauro

-Une division légère blindée, la 11th Lowland Mecanized Division.

Cette unité créée en 1999 est issue de la transformation de la 11th Lowland Armoured Division en une division légère blindée inspirée de la 6ème DLB française avec des chars légers à roue Centauro et des VTT 6X6 Fuchs en attendant des 8X8, l'Ecosse étant très intéressée par deux véhicules, le Freccia, version VCI du Centauro et le VBCI français qui pourrait bien être dérivé en un VBCR à canon de 120mm.

En mars 2017, l'Ecosse à sélectionné le VBCI de la firme Nexter. Ce véhicule va équiper dans un premier temps la 11th LMD avant peut être d'équiper les deux divisions d'infanterie ci-dessous. En décembre 2017, l'Ecosse à annoncé qu'elle allait remplacer le Centauro à canon de 105mm par une version à canon de 120mm.


Le Véhicule Blindé de Combat d'Infanterie (VBCI)
 
-Deux divisions d'infanterie, les 1st Scotish Infantry Division et 4th Scotish Infantry Division dont l'organisation interne ne change pas.

-Une Division Aérohéliportée, la 3rd Scotish Infantry Division issue de la fusion de la 8th Ligh Infantry Brigade et de la 5th Scotish Airborne Brigade.

Cette division est organisée en un état-major, des unités de soutien, un régiment d'infanterie légère (12th Scotish Infantry Regiment), un régiment parachutiste (1st Scotish Airborne Regiment) et le régiment de Rangers, un régiment d'artillerie automouvante et un bataillon de cavalerie légère équipé de VBL.

-Une brigade aéromobile, la 2nd Scotish Airmobile Brigade organisé en un état-major, une unité de soutien logistique, un régiment antichar, un régiment de reconnaissance et d'observation, deux régiments de manœuvre et un bataillon d'hélicoptères lourds.

-Un régiment de forces spéciales, le 1st Royal Scotish Commando. Le régiment de réserve à été dissous en 2003 pour renforcer le régiment d'active qui dispose désormais d'une compagnie de réserve où les réservistes effectuent de régulières périodes d'entraînement.  

Outre ces unités de combat, on trouve également des brigades de soutien, deux brigades logistiques (1st Scotish Logistic Brigade et 11th Scotish Logistic Brigade), une brigade du génie (5th Scotish Engineer Brigade) et une brigade de transmissions (6th Scotish Signals Brigade).

En 2010, la 3rd Scotish Infantry Division fût menacée de dissolution avant d'être finalement préservée tout comme les autres divisions, le haut commandement écossais ayant réussit à convaincre les politiques qu'avec moins de divisions, l'armée écossaise perdrait en efficacité.

Le 17 mars 2017 un nouveau livre blanc (Scotish Strategic Review) à été publié, identifiant de nombreuses menaces qu'elles soient réelles (terrorisme islamique, tensions en Europe de l'est, vagues migratoires) ou virtuelles (piratage informatique).

Cette SSR (la septième depuis l'après guerre après 1950, 1960, 1972, 1989, 1994 et 2002) doit déboucher sur un plan d'équipement et de réorganisation de l'armée de terre écossaise.

L'utilisation du fond souverain devrait permettre d'accélérer les commandes d'équipement et améliorer les conditions de travail des soldats.

Le 12 juin 2017, le ministre de la défense libéral Andrews Slowens à publié un avant-projet prévoyant la réorganisation de l'armée de terre écossaise. Ce projet qui est encore loin d'être finalisé prévoit la réactivation d'une division d'infanterie et la création d'une nouvelle division blindée.

Les forces spéciales seront totalement réorganisées mais la 3rd Scotish Infantry Division pourrait être dissoute et ses moyens dispersées entre plusieurs brigades spécialisées par exemple une brigade d'infanterie légère et une brigade parachutiste. Des décisions fermes doivent être prises courant 2018.

A suivre : B-Formation et entraînement

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
clausewitz
Vice-amiral d'Escadre
Vice-amiral d'Escadre
avatar

Masculin
Nombre de messages : 9662
Age : 34
Ville : Nantes
Emploi : Agent de sécurité
Date d'inscription : 22/12/2005

MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    Mar 09 Jan 2018, 21:50

B-Formation et entraînement


Les splendides bâtiments de l'Ecole Supérieure Militaire d'Edimbourg, le "Saint Cyr" écossais

Le 1er mars 1842 est créée l'Ecole Supérieure Militaire d'Edimbourg, l'équivalent écossais de Saint-Cyr ou de West Point.

Cette création répondait à une lacune de la formation des officiers. Depuis 1820, il existait des écoles pour chaque arme (comme nous le verrons plus bas) mais pas d'école centralisée permettant aux officiers d'avoir une vision d'ensemble de la chose militaire.

C'est désormais chose faite. Le cursus est ouvert à partir de 1844 à tous les personnes titulaires d'un diplôme universitaire. La même année comme on l'à vu, les roturiers peuvent enfin accéder à toutes les écoles militaires.

On peut s'étonner de la persistance d'un tel anachronisme. Il semble qu'il s'agit simplement d'une condition oubliée de tous faute de roturiers souhaitant devenir officier. On compte cependant un certain nombre d'arrangements ce qui peut pousser à croire que cette décision de 1844 n'à été que la régularisation a posteriori d'un fait antérieur.

Deux voies d'accès existent. La première _la plus courante_ voit le candidat après son diplôme universitaire entrer à l'Ecole Militaire pour un cursus de trois ans suivit de deux ans de spécialisation dans une école d'Armes. Il est ensuite affecté à un régiment.

La deuxième plus rare voit les fantassins, cavaliers et artilleurs se former à l'interarmes au sein de l'Ecole Supérieure Militaire d'Edimbourg notamment pour les officiers souhaitant accéder aux plus hautes fonctions de la Royal Scotish Army, l'accès aux grades d'officiers généraux imposant depuis 1985 le passage par l'ESM.

En ce qui concerne les Ecoles d'Armes, l'Ecole d'Infanterie est installée à Glasgow depuis 1820, l'Ecole de la Cavalerie est installée à Dundee depuis 1821, l'Ecole de l'Artillerie est installée à Dumfries depuis 1819 et l'Ecole du Génie est implantée à Inverness depuis 1823.

Une Ecole des Transmissions à été ouverte à Stirling à partir de 1935 et une Ecole du Train à été ouverte à Greenock en 1915. Ces différentes écoles existent encore aujourd'hui. Régulièrement on parle de les regrouper sur un même site mais le projet échoue toujours.

L'armée de terre écossaise dispose également de plusieurs camps de manœuvre en profitant de la faible densité de certaines régions du pays.

Citons le Highland Military Camp situé au nord-ouest d'Inverness, un camp de 150 hectares dédiée aux manœuvres en terrain libre et aux exercices de tir et le Orkney Militaire Camp situé sur Mainland, la principale île des Orcades, ce camp ayant été ouvert en 1955 après la désafectation de la rade de Scapa Flow.

C-Stratégies générales et tactiques opérationnelles

L'Ecosse au temps de la guerre froide

Jusqu'à la seconde guerre mondiale, le Royaume d'Ecosse n'eut guère à se préoccuper de stratégie en l'absence d'intérêts importants ou d'un empire colonial à défendre.

Avec la guerre froide et l'intégration à l'OTAN, Edimbourg ne peut plus faire l'économie d'une réflexion stratégique. En clair, quoi faire avec des moyens militaires limités face à un adversaire redoutable alors qu'une alliance militaire permanente impose de nombreuses servitudes aux forces militaires écossaises.

Un Strategic Book est rédigé en 1949 et publié en octobre 1950. Il précise le cadre stratégique dans lequel doit évoluer l'armée de terre écossaise. Celle-ci à trois missions principales :

-Défense du territoire national

-Défense de l'Allemagne de l'ouest et du Danemark

-Intervention pour maintien de l'ordre

La défense du territoire national est paradoxalement considérée comme la mission la moins importante non pour son côté symbolique mais par l'improbabilité en 1949 d'un débarquement amphibie et aéroporté soviétique en Ecosse.

Outre le peu d'intérêt stratégique direct de l'Ecosse pour l'URSS, la marine soviétique et notamment ses forces de surface auraient été incapables d'escorter une force amphibie pour débarquer sur la côte orientale. De même les moyens de transport de la VVS étaient insuffisants pour transporter jusqu'en Ecosse des troupes nombreuses et bien équipées.

Même avec la modernisation de la flotte soviétique de surface _une leçon de la crise des missiles de Cuba_ et des moyens de transport, cette hypothèse restait improbable.

Des plans étaient néanmoins dressés au cas où. L'objectif de l'armée écossaise à défaut de repousser une invasion massive était de freiner l'avance soviétique, de l'user jusqu'à envisager l'emploi d'armes nucléaires tactiques après avoir évacué les villes pour limiter au maximum les pertes civiles.

Le cœur de la stratégie de défense nationale était de tenir l'Ecosse «utile», la région de la Clyde, la conurbation Glasgow-Edimbourg qui correspond au cœur industriel du pays. La RSA abandonnait donc les Highlands, la base navale d'Inverness pouvant servir de point de fixation même si en cas d'usage d'armes nucléaires, la base navale était une cible de choix pour les soviétiques.

La mission principale de l'armée de terre écossaise était donc la défense du bloc occidental en Allemagne de l'Ouest et secondairement du Danemark avec les Scotish Forces in West-Germany(SFWG). Les forces prépositionnées doivent assurer une défense ferme, l'absence de profondeur stratégique ne permettant pas de mener des combats retardateurs.

Les forces prépositionnées doivent également tenir les approches des ports allemands de la mer du Nord pour permettre l'arrivée de renforts venus des îles britanniques qu'ils soient anglais ou écossais notamment les deux divisions blindées écossaises même si à l'usage, il était prévu de conserver une DB écossaise à l'abri d'une riposte conventionnelle du pacte de Varsovie.

L'intervention pour maintien de l'ordre est prévue en dernier recours, la police écossaise devant d'abord être soutenue par la Home Guard.

Cette mission à fait germer une véritable «théorie du complot» dans certains milieux politiques voyant la main  de l'armée dans la tension qui secoua l'Ecosse. Même le Tomkinson Gang fût vu comme une émanation de cercles de l'armée dans le cadre plus général de la «stratégie de la tension».

Aujourd'hui, les missions ont évolué et tendent plus à faire de l'armée écossaise une armée expéditionnaire, opérant sous mandat ONU ou OTAN.

La Royal Scotish Army participe ou à participé aux opérations ONU au Liban, au Timor-Oriental, au Congo-belge, en Haïti, en ex-Yougoslavie ou encore en Somalie.


Leopard 1 de l'armée norvégienne

Elle à également participé à la première guerre du Golfe (opération Claymore), fournissant une brigade de marche composée d'un bataillon de chars Léopard 1A5, deux bataillons d'infanterie sur M113, une batterie d'artillerie tractée, des unités de soutien, un groupe de forces spéciales ainsi qu'une demi-douzaine d'hélicoptères.


M-113 australien

De 1999 à 2014, l'Ecosse à déployé des troupes au Kosovo (un bataillon de marche et des services à l'apogée, une compagnie de 2005 à 2012 et une section d'infanterie pour terminer).

Depuis 2006, un bataillon de marche est intégré à la FINUL déployée au Liban alors que la compagnie d'infanterie légère et un détachement blindé léger déployés à Haïti sont rentrés en mars 2015. Les unités déployées au pays du Cèdre devraient rentrer au pays en 2019.

La Royal Scotish Army à participé également à l'opération Sangaris sous commandement français pour assurer la sécurisation de Bangui. Initialement une simple compagnie du 1st Scotish Airborne Regiment à été engagée mais très vite le dispositif à été musclé.

En effet, de compagnie, les forces écossaises sont passées au niveau du bataillon de marche, une unité d'environ 800 hommes déployée à Bangui.


Fuji AH-1S

Outre les forces au sol, l'Ecosse à déployé des hélicoptères de manœuvre Bell 412 (quatre), de reconnaissance Panther (quatre) et d'attaque AH-1S Cobra (quatre).

Ce dispositif à été réduit à une compagnie d'infanterie accompagnée par deux Bell 412 et deux AH-1S avant d'être retiré du pays le 30 septembre 2017.

Depuis septembre 2016, des FS écossaises sont déployées depuis la Jordanie pour traquer les terroristes de l'Etat Islamique mais fort peu d'informations ont filtré à la différence des soldats écossais envoyés au Kurdistan irakien pour former des policiers et des militaires irakiens.

Il semble néanmoins admis dans les «milieux autorisés» que les FS du Chardon ont guidé les frappes aériennes de la RSAF mais également ont traqué les djihadistes de l'E.I, d'anciens ressortissants écossais mais également les auteurs d'exactions vis à vis de sujets de Charles VI (un journaliste et deux humanitaires exécutés par Daesh).

L'armée de terre écossaise à également été engagée en Afghanistan au sein de l'ISAF de 1999 à 2008 date du retrait du contingent écossais qui avait perdu 34 soldats en l'espace de treize ans .En réalité ce retrait n'est pas complet car 75 hommes sont maintenus à Kaboul jusqu'en 2012 pour protéger l'Ambassade d'Ecosse en Afghanistan.

La protection est alors confiée à une société de sécurité privée mais suite à la dégradation de la situation, le contrat n'est pas renouvelé à son expiration (septembre 2015) et un nouveau détachement est envoyé au «royaume de l'insolence», 64 hommes initialement, 76 actuellement.

Les Etats-Unis ont solicité leurs alliés de l'OTAN pour renvoyer des troupes mais pour le moment l'Ecosse s'est borné à répondre que la question était à l'étude.

Tactiques opérationnelles

Connus pour leur tempérament guérrier, les soldats écossais ont toujours adopté des tactiques opérationnelles agressives et un corps des officiers connaisseur à toujours profité de ce tempérament en choisissant la tactique la plus agressive au risque de provoquer des pertes évitables.

Mais que faire quand un soldat blessé doit être évacué avec deux MP pour éviter qu'il ne saute de l'ambulance pour retourner au combat même avec de sérieuses blessures ? Que faire quand un blessé doit être menotté à son brancard pour éviter qu'il ne s'échappe de l'hôpital ?

L'infanterie écossaise qu'elle soit légère, aéroportée, de montagne (jusqu'en 1955), mécanisée ou motorisée voue un véritable culte à l'offensive, n'hésitant pas à charger à la baïonette pour se dégager comme à pu le faire une section écossaise tombée dans une embuscade en Afghanistan en mars 2011, neutralisant les talibans.

Allez savoir pourquoi mais à partir de cet instant, les talibans évitaient autant faire se peu les secteurs tenus par les guerriers venus du froid.

Plus que la puissance de feu, l'Ecosse fait confiance à la manœuvre. Les charges frontales à la baïonnette ont leur utilité mais comme les Stosstrupen allemandes du premier conflit mondial, les fantassins écossais n'hésitent à tourner l'adversaire, à chercher à infiltrer le dispositif ennemi pour provoquer son effondrement en espérant qu'une panique ne se déclenche dans les rangs ennemis.

En ce qui concerne la cavalerie, la Royal Scotish Cavalry utilise tout l'éventail des missions de la cavalerie qu'elle soit jadis à cheval ou chevauchant comme aujourd'hui des engins motorisés. Elle peut éclairer, couvrir ou percer, les chars écossais ayant menés de durs combat contre la Panzerwafe en France, en Belgique et en Allemagne, rendant coup pour coup.

En ce qui concerne l'artillerie, celle-ci à été à excellente école puisque bénéficiant de l'expérience de l'artillerie anglaise mais également de l'artillerie française.

Apprenant vite, les écossais qui durant les premiers mois du premier conflit mondial réservaient des batteries au harcèlement et des batteries à l'appui purent faire évoluer la formation et l'entraînement de leurs artilleurs pour leur permettre de passer rapidement d'une mission à l'autre sans fausse note ni temps mort.

Durant le second conflit mondial, l'artillerie écossaise joua un rôle plus effacé mais pas moins efficace, causant des pertes non négligeables à l'infanterie et aux blindés allemands notamment en stoppant net des contre-attaques allemandes par un tir bref mais violent.

Quand aux forces spéciales, les écossais se considèrent comme les inventeurs de ce concept, ayant pratiqué plus aucun autre peuple la guerilla, le hit and run.

Les différentes unités de forces spéciales écossaises pratiquent les missions classiques des FS et en cas d'invasion du territoire national, auraient du encadrer le «peuple en armes» au travers de maquis dont la mise en place avait été planifié dès le temps de paix en aménageant des caches et des stocks d'armes.

Suite à plusieurs affaires de trafic d'armes, l'armée écossaise à procédé au destockage de ces caches, armes qui furent soit détruites soit réintégrées aux stocks.

Officiellement, il n'existe plus aucune cache d'armes du système Braveheart, le nom écossais du système Gladio mis en place dans tous les pays de l'OTAN pour anticiper sur une occupation des pays occidentaux par les forces du pacte de Varsovie.

D-Armement

Fusils

L'armement de l'armée écossaise ne se fit pas sans difficultés. En effet, peu d'états étaient prêts à fournir des armes à ce nouvel état de peur de devoir affronter les foudres de l'Angleterre et ses rétorsions commerciales.

L'Ecosse usa dans ses premières années de divers subterfuges comme l'achat en contrebande, le vol dans des pays étrangers et en Angleterre ainsi que la fabrication de fusils nationaux ce qui permis certes d'équiper l'armée mais provoqua une joyeuse pagaille dans les armureries.

Ce n'est que vers 1770 que les choses s'arrangèrent. La monarchie favorisa la mise en place d'une industrie militaire, créant des arsenaux dans diverses villes d'Ecosse (Dumfries pour l'artillerie, Perth pour les fusils........) mais surtout favorisa les entreprises privées.

C'est ainsi qu'en 1775, la MacGregor Rifle Corporation fût fondée à Stirling faisant de cette ville du Firth of Forth, un bastion de l'industrie militaire, la MRC faisant travailler des milliers d'ouvriers venus le plus souvent des régions pauvres du Nord.

C'est ainsi que tout au long du 19ème siècle, cette enterprise fabriqua pistolets et fusils au profit de l'armée écossaise.

Tout se passa bien tant que les fusils étaient à chargement par la bouche mais quand la MRC se lança dans les fusils à chargement par la culasse, ce fût tout simplement une catastrophe.

Le premier fusil adopté baptisé Scotish Rifle mod. 1850 fût si mauvais qu'il fût surnommé le «faiseur  de veuves» car il avait la particularité d'exploser en cas d'échauffement trop prononcé.


Fusil Dreyse

Malgré les différentes modifications, la réputation du MacGregor ne s'améliora pas et pour ne pas laisser l'armée écossaise sans fusils modernes, le gouvernement d'Edimbourg acquis en 1860 quelques exemplaires du Dreyse allemand qui n'allait pas tarder à faire ses preuves dans la guerre des Duchés (1864) et à la bataille de Sadowa (1866).

Ces fusils furent intensément étudiés, démontés et remontés ce qui permis à la MRC de produire un nouveau fusil qui fit oublier le Scotish Rifle mod.1850.

Calibre : 15.4mm  Longueur : (totale) 1425mm (canon) 907mm Masse : 4,615kg
Hausse à curseur mobile capacité : 1 coup.


Cette action si elle fût efficace à court terme eut le tort de pousser les bureaux de MRC à une certaine paresse intellectuelle.

Pour remplacer le Dreyse alors que plusieurs modèles nationaux avaient fait leurs preuves, elle décida d'acquérir des Mauser modèle 1871 et d'en produire ensuite des modèles écossais.


Mauser modèle 1871

Calibre : 11mm  Longueur (totale) : 1350mm (canon) 855mm Masse : 4,5kg

En l'absence de guerres qui ont l'avantage de stimuler la recherche, il fallut attendre 1905 pour qu'un nouveau fusil n'équipe l'armée écossaise en l'occurence le Springfield M1903.

Ce choix s'explique aisément : en 1902, la Mac Gregor Corporation venait de faire faillite et le démantelement des bureaux d'études empêcha la mise en place d'un fusil de conception nationale.


Springfield M1903

Le Springfield M1903 équipa en 1905/1906 d'abord la Garde Royale puis les unités régulières qui adoptèrent la méthode de tir britannique avec une discipline rigoureuse et un entrainement intensif permettant une cadence de tir de 8 à 12 coups par minute.

Poids : 3.9kg  Longueur (totale) 1140mm (canon) 610mm  Calibre : .30 (7.7mm)  Vitesse initiale : 853 m/s Chargeur de 5 puis 10 coups.

5000 fusils furent commandés dans un premier temps directement à l'Arsenal de Springfield avant qu'une licence de production ne soit accordée à l'Ecosse.

Ne voulant pas refaire l'erreur de la Mac Gregor Corporation, le royaume d'Ecosse décide de produire le fusil dans des arsenaux nationaux alors que plusieurs capitaines d'industrie se tenaient prêts à produire dans des usines privées ce fusil.

Ce fusil devint l'arme standard de l'armée écossaise jusqu'au milieu des années trente avec des modifications. C'est ainsi qu'en 1932, les nouvelles armes disposent d'une poignée pistolet, d'une nouvelle baïonette et d'un chargeur de dix cartouches.

Le Springfield M1903 va rester le fusil standard de l'armée écossaise jusqu'en 1941 quand l'Ecosse reçoit une licence pour la production du Garand M1.


M-1 Garand

C'est ainsi que l'Ecosse produisit des armes pour l'armée écossaise mais aussi pour l'armée américaine qui pouvait ainsi obtenir des armes plus vite qu'aux Etats Unis en évitant l'incertaine traversée de l'Atlantique.

L'armée écossaise modifia ses armes, les dotant de sa propre baionette et transforma certaines armes en fusil automatique dans un but expérimental mais qui fût selon les experts pas dénué d'efficacité.

Calibre : .30-06 (7.62mmx63mm) Longueur (totale) : 1092mm (canon) 610mm Masse : 4.7kg non chargé 4.9kg chargé Portée : 400m Cadence de tir : 30 coups/minutes vitesse initiale : 30 coups par minute Chargeur : 8 cartouches.

Ce fusil resta en service jusqu'en 1955 date à laquelle l'Ecosse dut choisir un nouveau fusil compatible avec le calibre OTAN (7.62mm).


FN FAL (Fusil Automatique Léger)

La logique aurait voulu que l'armée écossaise adopte le M14, la version automatique du M1 Garand mais à la surprise générale, l'Ecosse adopta le FN FAL (Fusil Automatique Léger) de conception belge pour la simple et bonne raison que la Fabrique Nationale d'Armes d'Herstal offrait une licence de production «aux oignons» à la différence de l'arsenal de Springfield qui refusa pour des motifs obscurs.

Les premiers FAL écossais connus sous le nom de SR-55 (Scotish Rifle mod. 55, date de son adoption) furent livrés par la FN en 1958 et les derniers produits par la Scotish National Rifle Corporation (SNRC) furent livrés en 1982.

Par rapport aux FAL belges, les SR-55 ne tiraient qu'en semi-automatique, un sélecteur de tir permettant de choisir entre tirer au coup par coup ou par «rafales» de trois coups.

Ils reçurent plus tard une lunette pour le tir de précision. En 1963, les parachutistes, les Rangers et les fantassins légers reçurent la version para avec une crosse repliable.

Calibre : 7.62mmx51mm Longueur (totale) 1090mm (canon) 533mm Masse : 4 à 4.45kg  
Cadence de tir : 650 coups par minute Vitesse initiale : 823 m/s Portée efficace : 500m
Chargeur amovible de 20 ou 30 cartouches


Au milieu des années quatre-vingt, l'OTAN changea son fusil d'épaule en matière d'armement individuel pour l'infanterie.

La cartouche de 7.62mm était une excellente cartouche mais son poids empêchait les soldats d'en embarquer beaucoup. Or les combats allaient être intenses nécessitant le plus de munitions possible. On décida d'adopter une cartouche de plus petit calibre que les soldats pourraient emporter en plus grand nombre.

L'Angleterre proposa sa cartouche de 4.85mm mais c'est la cartouche de 5.56mm SS109 belge qui fût choisie en raison du poids des Etats-Unis qui possédait depuis quelques années un fusil de ce calibre, le M-16.

L'Ecosse en première ligne en cas d'invasion soviétique ne pouvait se permettre d'être à la traine dans le choix de son nouveau fusil d'assaut.

Après avoir envisagé de dévelloper un fusil national, l'Ecosse étudia différents fusils d'assaut étranger , le vainqueur devant être ensuite produit sous licence en Ecosse.


Demiaco C-7

Après avoir évalué le M-16 américain, le Steyr AUG autrichien, le FNC belge et le FAMAS français, l'armée écossaise sélectionna le Diemaco C7, version canadienne du M16A2.

Après un premier lot de 1500 fusils produit au Canada, les autres sont produits à Stirling sous licence, la production continuant toujours à cadence réduite en 2017 pour remplacer les armes usées ou perdues. La production doit cependant s'arrêter d'ici quelques mois, les stocks permettant à l'armée écossaise de tenir le temps qu'un nouveau fusil soit choisit.

C'est le fusil standard de l'armée écossaise, équipant aussi bien les troupes régulières que les forces spéciales bien que ces dernières disposent aussi d'autres armes comme le Colt M4A1 _lui aussi descendant du M16_ et le G-36.

Après la version C7, les versions C7A1 et C7A2 sont entrées en service dans l'armée écossaise qui bien que satisfaite de cette arme envisage de le remplacer par une nouvelle arme plus moderne.


Heckler & Koch HK-416

Le 15 mars 2017, l'armée écossaise à annoncé que le Diemaco C7 sera remplacé à terme par le Heckler & Koch HK-416, un autre rejeton de la famille M-16. Une première commande de 5500 fusils à été passée officiellement le 1er juin, les premières armes ayant été livrées en octobre 2017.

Ces armes ne vont pas équiper pour le moment les unités régulières mais vont servir à former les formateurs à la nouvelle arme, cinquante FireArms Training Officer (FTO) devant suivre jusqu'à la fin 2017 une formation intensive pour ensuite être dispatchés dans les différentes unités au fur et à mesure que les fusils arrivent dans les garnisons.  

Une fois cette première commande honorée (probablement à la fin 2018), l'Ecosse à annoncé que la Stirling Weapons Company (SWC) _la manufacture d'armes de Stirling à été privatisée en 2015_ allait produire le fusil en compagnie du HK-417 en calibre 7.62mm.


Heckler & Koch HK-417

Le choix d'un fusil de plus gros calibre s'explique par le retour d'expérience des combats post-11 septembre où le 5.56mm manque clairement de puissance d'arrêt face à des combattants fanatisés quand ils ne sont pas drogués, disposant de protections balistiques efficaces.

L'infanterie écossaise à donc décidé de s'équiper de l'HK-416 comme arme standard mais de prévoir des HK-417 en cas de besoin et pas forcément uniquement pour les tireurs de précision.

Sans qu'il y ait une double dotation de prévue, il semble que chaque unité disposera du HK-416 comme arme de base et un stock de HK-417 correspondant à 25% des effectifs. Il n'est pas impossible qu'un stock stratégique national soit également constitué.

Caractéristiques du Diemaco C7A2

Calibre : 5.56x45mm Poids : à vide 3.3kg chargé 3.9kg  Longueur : 1006mm crosse tirée (929.8mm crosse rentrée) longueur du canon 508mm Portée effective : 400 à 600m cadence de tir 700 à 900 coups/minute Alimentation : chargeurs de 30 coups


Les fusils G-36 et Colt M4A1 sont utilisés par les forces spéciales car jugés plus compacts que le Colt C7 et donc plus efficaces dans le combat en localité. Un temps les FS ont cherché un nouveau fusil car le G-36 était considéré comme le candidat le plus sérieux pour remplacer le Diemaco C-7 mais comme le HK-416 à été choisit, le projet à été abandonné ou du moins repoussé.


Heckler & Koch G-36

Caractéristiques du Heckler & Koch G36

Calibre : 5.56x45mm

Longueur : (crosse deployée) 99,8 cm (crosse repliée) 75,8 cm

Longueur du canon : 48cm

Poids (non chargé) 3.6kg

Portée : 400 à 600m Cadence de tir : 750 coups/minute

Capacité : chargeurs de 30 cartouches



Colt M4A1 associé à un lance-grenades M-203

Caractéristiques du Colt M4A1 Carbine

Calibre : 5.56x45mm

Longueur (totale) 85.09cm (canon) 35.08cm

Poids (vide) 2.94kg (chargé) 3.4kg

Portée effective : 360m Cadence de tir : 700/950 coups par minute

Capacité : chargeurs de 30 cartouches


A suivre : Pistolets mitrailleurs et mitraillettes

_________________
"J'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner (F. Naudin, poète)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur https://clausuchronia.wordpress.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)    

Revenir en haut Aller en bas
 
ROYAUME D'ECOSSE 3.0 (Terminé)
Revenir en haut 
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» Anne PERRY (Royaume Uni/Ecosse)
» Peter MAY (Royaume-Uni/Ecosse)
» Robert Louis STEVENSON (Royaume-Uni/Ecosse)
» Dominic COOPER (Royaume-Uni/Ecosse)
» Janet MORGAN (Royaume-Uni/Ecosse)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Marine forum :: Divers :: Les Marines Imaginaires-
Sauter vers: