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 revoltes de la mer Noire (1919)

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tatahouinard
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MessageSujet: revoltes de la mer Noire (1919)   Sam 30 Juil 2016, 17:48

Bonjour.Dans le cadre d une recherche sur le penitencier de Dar Bel Hamrit,au Maroc,je recherche des détails,noms des navires,nombre de marins impliques,sur l affaire des revoltes de la mer Noire,pendant la guerre civile russe.Merci.
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NIALA
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MessageSujet: Re: revoltes de la mer Noire (1919)   Sam 30 Juil 2016, 19:21

Mutinerie du 16 avril 1919 à bord du torpilleur Protet sur lequel se trouvait l'officier mécanicien Marty favorable aux bolcheviques.
Le 19 avril 1919 manifestations de mécontentement de l'équipage du cuirassé France; puis celui du Jean Bart, également mais dans une moindre proportion à bord des cuirassés Justice,Vergniaud et Mirabeau.
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MessageSujet: Re: revoltes de la mer Noire (1919)   Sam 30 Juil 2016, 21:05

MUTINERIES DE LA MER NOIRE


 L'affaire du Waldeck-Rousseau, qui se produit du 26 au 28 avril [1919], confirme certains facteurs qui se sont dégagés lors des mutineries de Sébastopol : la répugnance à mener la guerre en Russie, le rôle de la propagande française, ainsi que la place déterminante tenue par les jeunes matelots. Mais elle jette un éclairage original sur l'existence et les méthodes d'un centre d'action subversif à bord d'un grand bâtiment. Elle pose à nouveau la question de la préméditation. 
 
   En elle-même, l'affaire est des plus simples. Le croiseur-cuirassé se trouve alors en surveillance devant Odessa. Il porte la marque du contre-amiral Caubet chargé depuis le 9 avril d'assurer la protection du flanc droit des armées alliées repliées derrière le Dniestr. Un début d'agitation se manifeste le 23 avril, quand l'équipage apprend que l'on vient d'embarquer un officier mécanicien accusé d'avoir fomenté un complot révolutionnaire à bord du torpilleur Protet. Les choses en sont là, quand le 25, le ravitailleur Suippe arrive de Sébastopol. Quelques matelots de ce bâtiment informent aussitôt leurs camarades du Waldeck-Rousseau des incidents qui se sont produits à bord de la 2e escadre. Deux bâtiments auraient hissé le pavillon rouge et seraient rentrés en France. Des groupes se forment à l'avant du croiseur. On entend chanter l'Internationale. Le 26 au matin, un quartier-maître découvre un placard invitant l'équipage à la révolte. Il le lacère et le jette à l'eau. Le libellé en aurait été le suivant : "Nous marchons la main dans la main avec nos frères du Jean Bart et de la France pour la révolution sociale... ". La journée s'écoule calmement. 
 
   Toutefois, les hommes tiennent des conciliabules par petits groupes et se taisent au passage des officiers. Le lendemain, dimanche 27, on trouve deux nouvelles affiches, une dans chaque batterie, invitant l'équipage à suivre l'exemple des marins de Sébastopol : « Camarades, secouons cette discipline de fer ; marchons avec nos frères du Jean Bart et rentrons en France ». C'est alors que l'amiral Caubet revient à Sébastopol, à bord du Fauconneau. Déjà averti par TSF de l'effervescence qui règne à bord du bâtiment, il décide de faire débarquer Marty immédiatement. L'opération s'effectue facilement ; par un sabord de charge, Marty se retrouve à bord du Protet qui part aussitôt pour Constantinople. 
 
   Le calme semble tout à fait revenu à bord du Waldeck-Rousseau. C'est après le déjeuner, que les premiers incidents sérieux se produisent. Une centaine d'hommes, massés sur l'avant, procèdent à l'élection d'un véritable soviet. Vers 13 heures, une délégation demande à être reçue par le commandant. En dépit de sa répugnance et sur les conseils pressants de l'amiral, celui-ci accepte de se rendre dans la salle d'armes où se trouvent une vingtaine de matelots. Celui qui paraît le chef de la délégation lit une note dont le ton apparaît fort « convenable » et qui proteste même des sentiments respectueux de l'équipage vis-à-vis du commandant et des officiers. Le texte n'en comprend pas moins plusieurs revendications dont la parenté est évidente avec celles des mutins de Sébastopol. On y retrouve le couplage habituel : revendications matérielles et revendications politiques : 
 
1. Incompréhension du rôle que joue la Marine française en mer Noire, sans qu'il y ait état de guerre avec le gouvernement bolchevik ; 
2. Conditions d'existence pénibles après quatre années de guerre, pas de descente à terre, trop d'inspections, sévérité du maître d'armes. Démobilisation des hommes des classes 1909-1910 ; 
3. Privation de nouvelles, par suite du manque de courrier ; 
4. Demande de rentrer en France. 
 

  Devant l'amiral, qui a tenu absolument à les recevoir, les délégués maintiennent leurs doléances. Ils en ont assez d'être loin de la France. Ils souffrent de l'existence à bord et de l'absence de courrier. L'amiral et le commandant tentent alors de les raisonner. L'armistice ne signifie pas la fin de la guerre. Si la Marine intervient en mer Noire, c'est parce que les Alliés sont d'accord pour empêcher l'extension d'un mouvement qui retarde la signature de la paix. Les hommes des classes 1909-1910 ne sont pas concernés par les mesures de démobilisation prises par le gouvernement. La demande de rentrer en France est inconcevable. Seul, le commandant en chef peut modifier la répartition des bâtiments sous ses ordres, en conformité avec les instructions qu'il reçoit du gouvernement. Ces propos sont vains. Les matelots restent inébranlables. Avant de partir, ils déclarent que si l'équipage ne reçoit pas satisfaction avant le lendemain, il se rendra maître du bâtiment. 
 
   L'amiral doute encore que cette démarche soit la manifestation des sentiments profonds de l'équipage. Décidé à « prendre la direction des opérations », il fait sonner l'assemblée. Les hommes en tenues disparates se rendent aux postes de compagnie avec une mauvaise volonté évidente. La plupart, malgré les exhortations des officiers, se massent à l'avant, sur les tourelles, sur les radeaux. Des cris, des huées fusent de tous côtés. La plupart des officiers mariniers préfèrent rester dans leurs postes. C'est alors que l'amiral paraît, accueilli par « une explosion de cris et de remarques malveillants ». Manifestement « très déconcerté et très ému », il s'adresse à l'équipage. « J'ai vu vos délégués, sont-ils bien envoyés par vous ? » Un "oui" énorme, unanime retentit. Presque toutes les mains se lèvent. Il tente alors de faire appel à leur fierté, à leur honneur, il rappelle les sacrifices consentis pendant la guerre. En vain. L'amiral promet de satisfaire les demandes dans la mesure du possible, il s'engage à obtenir le retour en France, dans les plus brefs délais. Aucune sanction ne sera prise contre les mutins. Peine perdue, le vacarme continue. L'équipage exige le retour immédiat. Comme à Sébastopol, à bord de la France, "un vent de folie semble souffler, même chez les meilleurs". 
 
   Les mutins sont alors complètement les maîtres et la situation paraît sans issue. Sur l'heure, il n'existe aucune force, aucun élément sûr pour rétablir l'ordre. Une tentative improvisée peut aboutir à une catastrophe. La crainte de l'amiral Caubet, partagée par tous les officiers, est que l'écho de la manifestation ne soit entendu à Odessa et ne provoque une initiative des bolcheviks. Tout le monde s'inquiète d'une déclaration d'un des délégués. « Nous rentrerons à Toulon et si on ne peut pas, nous accosterons à quai à Odessa ! ». Dans l'état de surexcitation où se trouve l'équipage, on peut redouter de voir le Waldeck-Rousseau livré aux bolcheviks ! 
 
   L'amiral se résout à ne rien brusquer, à gagner du temps, à multiplier les concessions. Il annonce l'appareillage pour le lendemain à Constantinople et il emploie les officiers à rallier petit à petit les meilleurs éléments. Cette tactique se révèle payante. L'équipage se calme, les groupes se dispersent. La vie à bord continue normalement. Les consignes et le service intérieur s'exécutent, les factionnaires sont à leur place et les chauffeurs et mécaniciens de service sont en bas. On relève, cependant, deux incidents symptomatiques. Un chauffeur s'introduit dans le poste de TSF et surveille l'expédition des télégrammes. On signale, en même temps, qu'un des pavillons rouges à disparu d'un des coffres. 
 

   Devant l'amiral, qui a tenu absolument à les recevoir, les délégués maintiennent leurs doléances. Ils en ont assez d'être loin de la France. Ils souffrent de l'existence à bord et de l'absence de courrier. L'amiral et le commandant tentent alors de les raisonner. L'armistice ne signifie pas la fin de la guerre. Si la Marine intervient en mer Noire, c'est parce que les Alliés sont d'accord pour empêcher l'extension d'un mouvement qui retarde la signature de la paix. Les hommes des classes 1909-1910 ne sont pas concernés par les mesures de démobilisation prises par le gouvernement. La demande de rentrer en France est inconcevable. Seul, le commandant en chef peut modifier la répartition des bâtiments sous ses ordres, en conformité avec les instructions qu'il reçoit du gouvernement. Ces propos sont vains. Les matelots restent inébranlables. Avant de partir, ils déclarent que si l'équipage ne reçoit pas satisfaction avant le lendemain, il se rendra maître du bâtiment. 
 
   L'amiral doute encore que cette démarche soit la manifestation des sentiments profonds de l'équipage. Décidé à « prendre la direction des opérations », il fait sonner l'assemblée. Les hommes en tenues disparates se rendent aux postes de compagnie avec une mauvaise volonté évidente. La plupart, malgré les exhortations des officiers, se massent à l'avant, sur les tourelles, sur les radeaux. Des cris, des huées fusent de tous côtés. La plupart des officiers mariniers préfèrent rester dans leurs postes. C'est alors que l'amiral paraît, accueilli par « une explosion de cris et de remarques malveillants ». Manifestement « très déconcerté et très ému », il s'adresse à l'équipage. « J'ai vu vos délégués, sont-ils bien envoyés par vous ? » Un "oui" énorme, unanime retentit. Presque toutes les mains se lèvent. Il tente alors de faire appel à leur fierté, à leur honneur, il rappelle les sacrifices consentis pendant la guerre. En vain. L'amiral promet de satisfaire les demandes dans la mesure du possible, il s'engage à obtenir le retour en France, dans les plus brefs délais. Aucune sanction ne sera prise contre les mutins. Peine perdue, le vacarme continue. L'équipage exige le retour immédiat. Comme à Sébastopol, à bord de la France, "un vent de folie semble souffler, même chez les meilleurs". 
 
   Les mutins sont alors complètement les maîtres et la situation paraît sans issue. Sur l'heure, il n'existe aucune force, aucun élément sûr pour rétablir l'ordre. Une tentative improvisée peut aboutir à une catastrophe. La crainte de l'amiral Caubet, partagée par tous les officiers, est que l'écho de la manifestation ne soit entendu à Odessa et ne provoque une initiative des bolcheviks. Tout le monde s'inquiète d'une déclaration d'un des délégués. « Nous rentrerons à Toulon et si on ne peut pas, nous accosterons à quai à Odessa ! ». Dans l'état de surexcitation où se trouve l'équipage, on peut redouter de voir le Waldeck-Rousseau livré aux bolcheviks ! 
 
   L'amiral se résout à ne rien brusquer, à gagner du temps, à multiplier les concessions. Il annonce l'appareillage pour le lendemain à Constantinople et il emploie les officiers à rallier petit à petit les meilleurs éléments. Cette tactique se révèle payante. L'équipage se calme, les groupes se dispersent. La vie à bord continue normalement. Les consignes et le service intérieur s'exécutent, les factionnaires sont à leur place et les chauffeurs et mécaniciens de service sont en bas. On relève, cependant, deux incidents symptomatiques. Un chauffeur s'introduit dans le poste de TSF et surveille l'expédition des télégrammes. On signale, en même temps, qu'un des pavillons rouges à disparu d'un des coffres. 
 
 
   Après une nuit calme, l'appareillage s'effectue normalement. L'équipage paraît dégrisé. Les délégués prennent progressivement conscience de la gravité de leur geste. Ils redoutent même de se rendre à Constantinople et ils se demandent quel sera l'accueil du général Franchet d'Esperey. Finalement, ils acceptent presque avec soulagement l'idée d'une relâche à Tendra, et ils promettent de s'employer désormais à rétablir l'ordre et le calme. Le commandant fait alors changer de route et l'amiral Caubet se présente à nouveau devant l'équipage rassemblé par les délégués. Il est accueilli par quelques cris de « Vive l'amiral ». 
 
   Le Waldeck Rousseau mouille le 18 à 16 heures, en rade de Tendra. On peut croire l'affaire terminée. On vient même de retrouver à sa place le pavillon rouge qui avait disparu du coffre. C'est alors que la crise rebondit. Le croiseur Bruix se trouve lui aussi en rade de Tendra et une « grande fermentation » règne à bord. En fin de journée, il envoie au Waldeck-Rousseau une soixantaine d'hommes venus de Sébastopol et qui lui sont destinés. L'arrivée malencontreuse de ces nouveaux venus relance l'agitation. Un quartier-maître réussit à s'emparer d'un papier qu'un homme du vapeur du Bruix remet à un marin du bord. Ce « factum » appelle l'équipage à la révolte. En même temps, on apprend qu'une centaine d'hommes réunis à l'avant procèdent à l'élection d'une nouvelle délégation plus énergique que la première. L'amiral Caubet et le commandant Chopard décident de réagir immédiatement. Ils constituent à l'arrière du bâtiment une forte garde armée avec les officiers, les officiers mariniers et tous les hommes décidés au maintien de l'ordre. A la tête de cette troupe, ils s'avancent vers l'avant du Waldeck-Rousseau. Impressionnés, la plupart des matelots acceptent de se rallier et passent derrière la garde armée. Il ne reste bientôt plus qu'une trentaine d'irréductibles qui finissent par se disperser à leur tour, un par un. 
 
Cette fois, tout est terminé. 
 
Source: Un extrait de l'ouvrage :

La Marine française et la Mer Noire (1918-1919), de Philippe Masson, Editions de La Sorbonne, Service Historique de la Marine, 1982,
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MessageSujet: revoltes de la mer Noire (1919)   Sam 30 Juil 2016, 21:24

Bonsoir et merci infiniment pour ce beau recit tres detaille.Savez vous si par la suite des marins ont été envoyes au bagne de Dar Bel Hamrit,au Maroc,ou dans les Sections Spéciales,notamment celles de Nice ou de Touggourt?Cordialement.
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MessageSujet: Re: revoltes de la mer Noire (1919)   Sam 30 Juil 2016, 21:41

Voici donc un éclairage sur la première vague d'indiscipline dans laquelle le Waldeck-Rousseau est impliqué. Un second mouvement de mutineries aura lieu à partir de juin suivant, avec des incidents en Métropole, des manifestations dans les ports, la révolte de la Provence, des incidents sur le Voltaire, et, bien entendu, la mutinerie du Guichen et sur bien d'autres bâtiments, événements détaillés dans l'ouvrage précité.
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MessageSujet: Re: revoltes de la mer Noire (1919)   Sam 30 Juil 2016, 21:48

Pour en savoir plus sur ces événements voici une bibliographie:

La flotte des Russes Blancs, Marc Saibène, Marines Editions, 2008
Pour situer le contexte.

La Marine française et la Mer Noire (1918-1919), Philippe Masson, Editions de La Sorbonne, Service Historique de la Marine, 1982
Gros pavé de 670 pages

La révolte de la Mer Noire, André Marty, Bureaux d'édition et Editions sociales, Paris.
Il y a au moins 4 éditions, voir surtout celles de 1932 et 1949. L'ouvrage reste néanmoins orienté.

L'affaire Marty, André Marty, Editions les deux rives, Paris, 1955

La révolte vient de loin, Charles Tillon, Julliard, Paris, 1969
Concerne la mutinerie sur le Guichen.
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Bleu Marine
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MessageSujet: Re: revoltes de la mer Noire (1919)   Mar 08 Nov 2016, 16:25

tatahouinard a écrit:
Savez vous si par la suite des marins ont été envoyes au bagne de Dar Bel Hamrit,au Maroc,ou dans les Sections Spéciales,notamment celles de Nice ou de Touggourt?Cordialement.

Bonjour Tatahouinard,

Quelques informations dans "Les Mutins de la Mer Noire" de Jacques Raphaël-Leygues et Jean-Luc Barré, chez Plon, 1981, qui confirment que certains mutins furent envoyés dans un bagne marocain.

"Au terme des jugements rendus les 4 et 19 juillet [1919], Marty est condamné à vingt ans de travaux forcés, vingt ans d'interdiction de séjour et à la dégradation militaire. Même sort est réservé au quartier-maître mécanicien Badina.[...]

A partir du 19 juillet, Marty se trouve à la maison d'arrêt de Toulon. Le 23 juillet, son frère Jean Marty écrit au député Tardieu : "Il ne se peut pas que mon frère parte au bagne !".[...]

La sentence est tombée. Cent condamnations seront prononcées. Six pour le Waldeck-Rousseau, dont trois avec sursis et une à une peine de détention de dix ans concernant le matelot sans spécialité Perronne. Vingt-six pour la France, dont six s'accompagnent de la dégradation militaire et d'une peine de détention variant entre quinze et cinq ans. Trois hommes seulement sont inculpés à bord du Jean-Bart en dépit de la similitude des incidents. Aucun à bord du Bruix, de l'Algol et du Chamois.[...]

Diverses commissions se sont réunies, dont la commission Barthes, qui étudie plus particulièrement le cas de la France. La commission préconise l'envoi de quelques hommes en sections spéciales.[...] Une trentaine de matelots sont concernés. Parallèlement, la commission propose de remettre au grade de quartier-maître quatre seconds-maîtres mécaniciens, de suspendre pour trois mois une quinzaine de seconds-maîtres canonniers et de procéder à trois mises à la retraite d'office. Elle encourage, enfin, à ne "rien tenter" contre les délégués  - ce en quoi elle ne sera pas entendue puisque Vuillemin et Doublier seront condamnés à cinq ans d'emprisonnement...[...]

Le 9 janvier 1920, un "doublard" découd les galons du quartier-maître Charles Tillon, condamné à cinq ans de travaux forcés pour excitation à la révolte et violences sans armes. On lui remet "nippes de forçat, chemise de grosse toile, pantalon et veste de bure." Après avoir subi l'humiliation d'un "défilé", Tillon et ses camarades prennent la route du bagne. Les condamnés, tout le jour doivent "charger et pousser un lourd wagonnet de pierres débitées par blocs au fond de l'excavation où s'exténuent des casseurs geignants."[...]

Au terme de l'année 1920, seuls vingt et un condamnés continuent à purger leur peine. En revanche, le ministre de la Marine déclare irrecevable une proposition de faveur semblable à l'égard des "chefs du mouvement révolutionnaire". Puis en juillet 1922 une amnistie générale libère l'ensemble des mutins de la mer Noire... à l'exception d'André Marty.[...]

Le parti communiste est allé jusqu'à faire élire conseillers municipaux en novembre 1921 des mutins encore emprisonnés tels Badina et Marty à Paris...[...]

Après la loi de juillet 1922 [...] André Marty seul demeure sous les verrous.[...]

Marty, après une houleuse réunion à la Chambre, quittera la maison d'arrêt en 1924.[...]

Interview de Charles Tillon [mutinerie du Guichen, en Grèce] dans le même ouvrage :

Mes camarades et moi-même, traduits à plus de vingt en conseil de guerre, nous en avons souffert, et le bagne au Maroc, c'était un dur châtiment.[...]

Marty ne sortira de Clairvaux qu'en 1924, longtemps après la mise en liberté des marins révoltés...[...]

Si les mutins comme moi étaient restés emprisonnés plus longtemps, ils seraient tous morts au Maroc...[...]
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MessageSujet: Marins revoltes   Jeu 10 Nov 2016, 11:11

Bonjour et merci.Il semblerait que la revolte de 1919 n ait pas que des motifs idéologiques.En effet,beaucoup pensaient qu il était illusoire de vouloir reconquérir ou liberer la Russie avec quelques milliers d hommes.
Les formes de la repression sont variables:
La peine des travaux forces,qui se purge en Guyane, équivaut a la peine de mort.J ai rentre en statistiques toute la population de 1854 (arrivee des bagnards de Brest) a 1918.Un dernier bond me menera de 1918 a 1938.Je n ai pas encore trouve un seul engage de la Marine d active.
La peine des travaux publics ,apparue en 1803 et supprimee en 1928,est une peine correctionnelle.Ceci dit,l etablissement de Dar bel Hamrit passait pour le pire d AFN.Les anciens sous officiers des BILA qui exerçaient la bas etaient certainement les cadres les plus méchants de l armee francaise.
Les Sections Spéciales,qui ont succede en 1910 aux redoutables compagnies de discipline d Afrique (1818-1910) regroupaient les marins a Calvi.Elles semblent strictes mais pas inhumaines (voir le reportage de Match en juillet 1939).Cordialement.
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