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 La Marine Nationale à cheval

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JJ
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MessageSujet: La Marine Nationale à cheval   Mar 29 Mar 2016, 13:59

La Marine Nationale à cheval.

L'image ci-dessous que j'ai posté dans un autre sujet m'a donné l'idée d'aborder celui-ci.




Les débuts.

"
Déjà en 1778, des compagnies de hussards embarquent avec leurs montures à bord de vaisseaux.
En 1795, précisément le 2 Pluviôse de l’an III, la flotte de haut bord hollandaise, prisonnière des glaces au Texel, est capturée par les cavaliers du 8ème Hussard de l’armée de Pichegru.
Quant aux marins de la garde du 1er Empire, ils sont restés célèbres.
En 1901, lors de la création du corps de Santé militaire des Colonies, les médecins de la Marine sont placés devant le choix de rester dans leur corps d’origine ou d’intégrer le nouveau corps.
Ceux qui prennent rang dans les troupes coloniales conservent en partie la tenue de marin, dont la casquette d’été à coiffe blanche, le veston de petite tenue, la redingote de grande tenue.
Mais ils revêtent dorénavant des culottes de cheval noires et chaussent des bottes ou des jambières.
Ils portent parfois un pistolet au côté et leur épée est suspendue à la selle de la monture.
Durant la guerre de 1914, dans la région du Moulin de Laffaux, où la Marine a engagé un bataillon de quatre compagnies de fusiliers-marins commandé par le capitaine de frégate Martel, les officiers et les médecins montent à cheval, ainsi que l’aumônier, coiffé d’un bonnet de police.
Le 12 février 1919, au retour de Belgique, ils défilent à Lorient avec leurs montures devant l’amiral Aubry, préfet maritime."

Et puis pendant la guerre d'Algérie : la D.B.F.M


"

Bon sang ne saurait mentir...

Depuis le 1er novembre 1954, jour de la «Toussaint rouge», l’armée française est engagée dans un nouveau conflit en Algérie.
En mai 1956, la Marine crée la Demi-Brigade de fusiliers-marins (DBFM), dans le secteur de Nemours (zone de l’ouest oranais).
Cette unité comprend un état-major, la compagnie de commandement et des services (CCS), trois bataillons, des équipes de grottes et un peloton cynophile.
En décembre 1956, à Mostaganem, dans la cour de la caserne du 31ème groupe vétérinaire, débarquent d’un GMC une dizaine de marins avec sacs et valises partis de Nemours, ils viennent suivre un stage d’équitation.
Un sergent, l’air goguenard, les accueille :
- Salut la Marine, vous venez encore pour les chiens ?
- Non, répond le second-maître Laurent, chef du détachement, on est là pour les chevaux !
- Décidément, rétorque le sous-officier, rien ne vous arrête.
Après les chiens, vous voilà entichés de « bourrins ».
Il ne vous manquera plus que les brèles (brel en arabe signifie mulet) et les dromadaires.,,
La réflexion déclenche un éclat de rire général parmi les curieux accourus voir les néophytes.
Pourtant il ne faut pas juger sur les apparences.
Pierre Laurent est un initié. Son père, palefrenier des haras, lui a appris à monter et à travailler en station de monte, jusqu’à ce qu’il entre dans la Marine.
Sa profession étant inscrite sur son livret, son capitaine de compagnie au 3/DBFM lui demande s’il est volontaire pour constituer un peloton à cheval.
Laurent et ses hommes sont mis entre les mains d’un instructeur, l’adjudant-chef Noël.
Se succèdent les reprises de monte et les promenades dans les dunes en bord de mer.
Ils apprennent à soigner les chevaux.
Le stage terminé, le peloton rallie la gare de Mostaganem avec 20 chevaux, le matériel, la nourriture et un maréchal-ferrant musulman du contingent.
Hommes et chevaux passent la nuit dans quatre wagons jusqu’au petit matin, heure de « l’appareillage » sur une voie métrique.
Après les traversées de Tlemcen et de Zoudj-el-Begal, ils arrivent enfin à Nemours où, sitôt débarqués, un détachement de dix chevaux est envoyé par la route, avec le matériel et la nourriture, au poste de Béraoun, PC du 2/DBFM, commandé par le capitaine de corvette Servent.
Quant à Laurent et le reste du peloton, ils gagnent un hangar sur le port où ils vont séjourner quelques temps, dans l’attente d’autres cavaliers.
Un matin, Laurent selle son cheval, un beau bai appelé « Novice », qu’il monte depuis le début de l’expédition, il est attendu à la villa Llabador, siège de l’état-major de la DBFM.
En remontant la rue principale, fier d’attirer l’attention des passants, il est interpellé par un groupe d’officiers- mariniers sortant du Café de Paris, qui donne sur la place de l’église Saint Jean-de-Mata, ils l’invitent à boire une bière, à la condition qu’il se présente devant le comptoir à cheval, sans en descendre.
« Novice » et son maître relèvent le défi et le coude, puis vident la bière et les lieux sous les applaudissements.
Par Saint-Georges, Montjoie !
Quelques instants plus tard, c’est l’arrivée devant le perron de l’état- major où le capitaine de vaisseau Vivier, pacha de la DBFM, ancien du RBFM et grand amateur de rugby, entouré de quelques officiers, répond au salut de Laurent, très digne.
Le 30 décembre, avec son peloton au complet Laurent «embouque» la route de Béraoun, où un bon déjeuner leur est servi au poste.
Reprenant la route, ils passent devant le poste du «Palmier d’Abd el Kader», tenu par des spahis qui les invitent à trinquer.
Il faut préciser qu’en ces temps étranges, si les marins montent à cheval, les spahis conduisent des auto mitrailleuses.
En fin d’après-midi, le peloton arrive à Bab-el-Assa, PC du 3/DBFM, sur la frontière, face au Maroc, où hommes et chevaux vont passer la nuit.
Le capitaine de corvette Frain de la Gaulayrie, commandant le 3ème bataillon, a prévu de les envoyer en patrouille, dès le lendemain matin, longer ostensiblement la frontière marocaine.
L’idée consiste à les bien montrer aux « gens d’en face ».
La représentation terminée, ils rejoignent leur poste d’affectation à Sebabna Mine (34ème Cie), commandé par le lieutenant de vaisseau Aymar Achille-Fould.
Ils s’y installent enfin et se préparent aux missions qui les feront rayonner dans le secteur de la frontière, particulière ment celui du djebel Zendal qui surplombe le poste.
Sitôt parés, Laurent emmène ses cavaliers, commencent ainsi, à une cadence soutenue, les patrouilles au gré des pistes, des fonds d’oueds, guidées parfois par un Morane 500 (Criquet) du détachement de la 5S basé au terrain de Nemours.
Lors de leurs rencontres avec des rassemblements de population ou des convois de mulets, ils contrôlent les papiers d’identité et les marchandises transportées.
Leurs incursions-surprises dans les douars contrarient tous ceux qui ont quelque chose à se reprocher, et gênent les rebelles dans leurs mouvements en leur interdisant de se ravitailler chez l’habitant.
Après la dissolution de la 34ème compagnie, les cavaliers sont affectés à la 32ème compagnie, placée sous les ordres du lieutenant de vaisseau Le Rohellec, à Sebabna Souk, poste bénéficiant de la proximité d’un point d’eau et de l’appui de deux pièces de 155 mm servies par des canonniers de la Marine.
Derrière le poste, bouchant l’horizon, le djebel Zendal.
Le village est situé à son pied, entre la mer et la zone interdite.
Laurent, en tant que chef, est désigné pour les corvées « diplomatiques ».
A peine arrivé dans les douars ou les mechtas, il est invité par les chibanis (anciens) et les anciens spahis ou tirailleurs à prendre le thé au citron ou le café.
Dans les premiers temps, il doit s’habituer à boire dans des tasses ébréchées et culottées par des dépôts de sucre roux (il n’y a pas toujours d’eau pour les laver).
« On échappe bien aux balles, pourquoi pas aux microbes », pense Laurent, philosophe.
Ils couvrent pendant les patrouilles de larges étendues en terrain varié mais, à cheval.
Il est plus facile de «crapahuter», les pieds bien au chaud dans les pataugas ou les rangers.
L’avantage des chevaux réside dans la discrétion, par comparaison avec les camions et les blindés des forces mécanisées, les chevaux peuvent progresser dans les sentiers montagnards, hors des routes.
Il y a aussi l’effet psychologique.
Les Arabes éprouvent du respect pour le cavalier, d’autant plus fort qu’il porte une arme.
La Marine avait implanté sa DBFM dans le secteur de Nemours situé dans l'ouest Oranais.
Cette unité comprenait un état-major, la compagnie de commandement et des services, trois bataillons, des équipes de grottes et un peloton cynophile.
Le 14 Juillet 1957, le peloton à cheval, fanion en tête, défile devant les autorités et la population.
Il participera désormais à toutes les prises d’armes.

Le peloton du deuxième bataillon

Les chevaux de Béraoun, à la même époque, sont pris en charge par l'enseigne de vaisseau Bonbon et son adjoint, le second-maître Pocher, fils de cultivateur, mais dont les connaissances en hippologie sont plutôt rudimentaires.
Il y a bien le quartier-maître CS Creff, fils d’un employé des haras de Lamballe, mais Bonbon est le seul vrai cavalier.
La sélection n’est pas des plus sévères.
Il suffit que le volontaire soit capable de mener sa monture et de ne pas se laisser guider par elle.
Les franchissements de haies ou de fossés sont parfois sanctionnés par des chutes brutales, mais sans grand mal.
Les hommes portent le chapeau de brousse, la veste de treillis, des pantalons bouffants et des jambières.
Un maréchal des logis du 5ème régiment des Spahis algériens est détaché comme interprète Plus tard, sera également détachée une section muletière du 65ème régiment de Tirailleurs sénégalais. "










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MessageSujet: Re: La Marine Nationale à cheval   Mar 29 Mar 2016, 23:03

Citation :
La Marine Nationale à cheval.
L'image ci-dessous que j'ai posté dans un autre sujet m'a donné l'idée d'aborder celui-ci. […] […]
Et salut à l'auteur de ce passionnant article ! (K. Nasson) study
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MessageSujet: Re: La Marine Nationale à cheval   Mar 29 Mar 2016, 23:06

intéressant, ces hippocampes…
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MessageSujet: Re: La Marine Nationale à cheval   

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