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 Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)

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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mar 12 Jan 2016, 16:42

Pertes de la Royal Navy et de l’Armée Navale de la République (1793-1802)



Combat de la Réunion et du HMS Crescent (17.10.1793)

Marins anglais et français ne cesseront de s’affronter, entre 1793 et 1802. Les batailles navales en ligne, comme celle du 3 Prairial (1er juin 1794) ou d’Aboukir (1er août 1798), qui voient s’opposer de puissantes escadres, constituent, néanmoins, des exceptions, car, si l’Anglois, en raison de sa supériorité numérique, recherche ce type d’affrontements pour anéantir la flotte française, cette dernière, après avoir encaissé quelques retentissants revers, préfère, elle, les éviter. Le désastre d’Aboukir est, en général, attribué à l’indécision de Brueys, contrevenant aux consignes de Bonaparte, qui lui avait sagement conseillé de reprendre la mer pour rallier Toulon ou, à défaut, de mouiller l’escadre dans l’abri de la rade toute proche d’Alexandrie ; néanmoins, les propres écrits de l’amiral, rédigés avant qu’il ne périsse au cours du combat, font état de contingences techniques et militaires beaucoup plus complexes que ne laissent paraitre certains avis péremptoires, émis, bien souvent, du fond d’un confortable canapé parisien, en totale méconnaissance de la « chose navale ».

NOTA: A ce sujet, je ne saurais trop conseiller à ceux d’entre vous qui ont un peu de temps libre, de se procurer, sur le site de la BNF-Gallica, le document « Détail du Combat Naval qui a eu lieu le 14 Thermidor an VI », véritable « brulot » qu’un certain Achard, lieutenant de vaisseau de son état, fraichement de retour en France, s’est empressé de lancer à l’encontre des amiraux français, qui commandaient durant la bataille, à savoir Brueys, mort au combat, Blanquet du Chayla, prisonnier, Decres et Villeneuve, qui avaient, eux, réussi à prendre le large, les accusant d’impéritie, de lâcheté et de trahison, y joignant, pêle-mêle, Truguet, Ministre de la Marine de novembre 1795 à juillet 1797 et superviseur de la première et calamiteuse expédition d’Irlande (décembre 1796), Villaret-Joyeuse, qui s’était vu retiré le commandement naval de ladite expédition, en raison de son opposition patente (mais justifiée) au projet, Trogoff, qui avait livré le port et la flotte de Toulon, aux Anglais, en 1793, Lelarge, commandant de la flotte de Brest, chargé des préparatifs navals de la seconde et tout aussi catastrophique expédition d’Irlande de 1798, tous, officiers d’origine noble, constituant, selon l’auteur, « ces hommes qui étaient la crasse de l’ancienne marine » (sic) !  Sachant que tous ces amiraux, hormis les deux défunts et Trogoff, qui avait jugé plus sage d’embarquer avec la flotte anglaise, mais y compris Villaret-Joyeuse - dont la déportation en Guyane,  prononcée après la purge du 18 fructidor An 5, avait été rapidement commuée en une courte assignation à résidence dans l’Ile de Ré -, assumeront les plus hautes charges sous l’Empire, que certains d’entre eux conserveront, encore, après l’accession au trône de Louis XVIII, il y a fort à parier que le dénommé Achard, après la publication de son pamphlet assassin, aux incontestables relents rappelant les pires moments de la Terreur, aura jugé plus sage d’abandonner la carrière navale pour se consacrer à la culture du potiron.

Pour l’essentiel, la guerre sur mer se résume à des affrontements entre divisions - une division étant, en général, constituée d’une demi-douzaine d’unités - et une succession de combats « singuliers » ;  j’ai soigneusement mis l’adjectif singulier entre guillemets car, en certaines occasions, quelques malchanceux, tant anglais que français, se retrouvent esseulés face à une division ou une escadre ; si, dans une situation de déséquilibre aussi patent, l’inflexible code de justice naval consent à autoriser la fuite – sans se dispenser, pour autant, de traduire le capitaine et l’état-major du « fuyard » devant un Conseil de Guerre, pour justifier du bien-fondé de sa décision - , encore faut-il que le bâtiment soit bon marcheur et que les conditions de vent et de mer lui permettent de s’échapper.

Les batailles navals ont toujours suscité des vocations d’écrivains, notamment chez les officiers de marine à la retraite ou en disponibilité mais pas que… un certain Eugène Sue, plus connu pour son œuvre, Les Mystères de Paris, se fendra, lui-aussi, d’une Histoire de la Marine Française, sous le règne Louis XIV. La période Révolution & Premier Empire n’y fera pas, non plus, exception et, dès la Restauration, des historiens s’y attèleront avec plus ou moins de talent et de souplesse d’échine vis-à-vis de la monarchie restaurée ; il faut donc se méfier de certains récits et de leurs narrateurs, qui n’hésitaient pas, pour plaire au régime, à jeter dans le même panier, révolutionnaires et serviteurs de l’Empereur déchu, quelque aient pu être leurs mérites, tout en effectuant d’élégants ronds-de-jambe quand il s’agissait d’un personnage encore en poste - çà vit vieux un amiral !-. La relation chronologique de ces actions, maintenant vieilles de plus de deux cents ans, a été menée par plusieurs historiens, dont un certain Onésime-Joachim Troude, ex-officier de marine, qui lui consacrera quatre monumentaux pavés de 500 pages, chacun, publiés, en 1867-1868, sous le titre de « Batailles Navales de la France » ; le temps écoulé depuis les événements garantit un minimum d’impartialité et de hauteur de vue de la part de l’auteur. Contrairement à ses contemporains, Onésime – oui, nous sommes devenus intimes, vu le temps passé ensemble !  - a eu l’amabilité de se fendre d’un inventaire annuel des unités perdues, détruites ou capturées, tant en Angleterre qu’en France.  Sans qu’il soit nécessaire que vous vous infligiez une revue de détails, la disproportion des listes respectives, certaines années, est, à elle seule, suffisamment parlante !
Les bâtiments de guerre y sont classés par types, vaisseaux de ligne, frégates, corvettes, bricks.


Dernière édition par Loïc Charpentier le Mar 12 Jan 2016, 17:05, édité 2 fois
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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mar 12 Jan 2016, 16:43

(suite)

La Marine des Goddons

Dans la Royal Navy, le classement était sensiblement identique, à quelques nuances près. Il existait deux classes de trois-ponts, 120-100 & 98-90 canons, eux-mêmes déclinés en 9 sous-catégories, en fonction du calibre des deuxième et troisième batterie, au-dessus de la flottaison, la batterie basse ou première batterie étant, elle, systématiquement armée du 32 livres (pounds), le plus gros calibre embarqué dans la Navy – en 1795, quelques vaisseaux britanniques portaient du 42 livres en batterie basse -, alors que la Marine française avait, elle, adopté le 36 livres. De surcroit, la livre anglaise ne faisant que 453 grammes, soit 10% de moins que notre livre nationale de 500 grammes, le boulet de 32 pounds, n’en pesait, en réalité, que 29. Autrement dit, avec une même batterie basse, percée à 15 (sabords), le poids de la salve de 32 livres, tirée par un Anglais, était de 15 x 29 livres, soit 435 livres ou 217,5 kg, alors que, côté français, la salve de 36 livres, expédiait 270 kg de ferraille.

A première vue, çà parait tout bon pour le canonnier français sauf que les pièces britanniques étaient de construction notablement plus légère, donc plus faciles à manœuvrer par ses servants, et, de toute manière, le canonnier britannique, mieux exercé, était indiscutablement plus rapide et capable de délivrer deux salves, quand son homologue français n’en lâchait qu’une.

Les deux-ponts (3ème classe), étaient répartis, comme en France, en 80 et 74 canons, mais la Royal Navy alignait encore un certain nombre de deux-ponts de 64 et 60 canons, et même une série de bâtiments, dits « hors-ligne », de 56 à 44 pièces (4ème et 5ème classes), qui n’étaient plus représentés dans la marine française, à l’exception de bâtiments de prise, comme ceux qui seront capturés à Venise.

Les frégates (5ème & 4ème classes) étaient armées de canons de 18 livres - 12 livres pour les plus petits échantillonnages - . Ces deux classes de bâtiments couvraient également la catégorie des corvettes françaises – dites corvettes de 20 -,  la corvette et le brick (ou brig) étant souvent désignés sloop dans le vocabulaire naval britannique, sans la distinction française du nombre de mâts (3 pour la corvette, 2 pour le brick). Notre bon Onésime ayant classé tous les unités plus petites que la frégate, dans une catégorie fourre-tout, « bâtiments de rangs inférieurs », je me suis efforcé, avec les moyens du bord, dont des documents fiables d’époque, d’effectuer une ventilation plus fine.

Qualités & défauts des bâtiments et équipages

Au 1er octobre 1791, la flotte française se compose de 246 bâtiments de guerre et de charge*, à flot ou en construction, dont :
86 vaisseaux (dont 10 en construction) : 3 de 118 canons, 5 de 110, 10 de 80, 67 de 74 et 1 de 64
76 frégates : 20 de 36 canons, 53 de 32 canons
47 corvettes et avisos de 26 à 4 canons
7 chaloupes canonnières portant du 24 et du 18
30 flûtes et gabares de 200 à 800 tonneaux.*

*NOTA : Le navire de charge est un transport armé ou flûte – rien à voir avec le pipeau ! -,  soit construit pour ce rôle, soit par conversion temporaire d’un navire de guerre, on parle, alors, de bâtiment armé en flûte, en débarquant une partie de son artillerie pour libérer la ou les batteries afin d’y loger la cargaison ou des troupes, quand il s’agit d’un corps expéditionnaire. La standardisation, par la marine française, du 74, en tant qu’unité de base de la ligne, ayant, progressivement, mis au rencart la classe des deux-ponts de 54 & 64 canons, certains d’entre eux, compte-tenu de leurs dimensions respectables, finiront, ainsi, leur carrière, armés en flûte. La différence entre une flûte et une gabare réside, essentiellement, dans le tonnage.

La Royal Navy, de son côté, aligne, alors, 115 vaisseaux (tous à flot !) ; en chiffres purs - comme ils les aimaient, à l’époque - sa flotte de vaisseaux porte 8 718 canons, contre 6000 pour nous, mais le poids cumulé de sa volée sur un seul bord n’est que de 88 000 livres, comparée à nos 74 000 – ces chiffres sont exprimés en livres françaises (0,4895 kg) -, avantagées, sur le papier, par le poids de nos boulets de plus grands calibres. Ces données purement théoriques, certes, d’usage courant au XIXème siècle – je les ai dénichées dans le premier tome de Guerres Maritimes sous la République et l’Empire, commis par Edmond Jurien de la Gravière (1812-1892), contre-amiral de son état, converti en auteur très prolifique, une fois mis en disponibilité -, sont assez étonnantes sous la plume d’un marin, car, si, sous certaines conditions de combat, le poids de la volée est, effectivement, à prendre en considération, l’élément humain, les caractéristiques de la plate-forme de tir, l’état de la mer, les conditions météo en sont, eux, totalement, absents. Ainsi, par mer formée, la plupart des trois-ponts ne peuvent utiliser leur batterie basse, sous peine de la noyer, en embarquant des paquets de mer par les sabords ouverts ; de même, un bâtiment qui gite fortement, sous l’effet du vent et de sa voilure, ne peut, bien souvent, utiliser sa batterie basse, sur le bord sous le vent (côté opposé au lit du vent), alors que le bord au vent est rapidement aveuglé par la fumée de ses tirs, rabattues par le vent, etc.  Je pense qu’il faut prendre en compte la proximité de l’auteur avec la cour de Napoléon III et son manque d’engouement (euphémisme !) pour la IIIème République, qui lui a succédée ; tout en le formulant avec élégance et une modération apparente, il insiste bien sur les qualités de la flotte française de Louis XVI et les impérities coupables des Révolutionnaires dont elle sera la première victime (militaire). Ce dernier constat n’est pas totalement faux pour de nombreuses raisons, dont l’une des principales est le contexte inégalitaire qui régnait dans la Marine ; pour les plus extrémistes de « nos » hommes politiques et cadres qui ont dirigé la France, aux pires heures de la Révolution, la période 1793 à 1795, baptisée, depuis lors, « La Terreur », durant laquelle le gouvernement de Salut Public a exercé le pouvoir, la « Royale » constituait l’exemple même des excès du pouvoir monarchique. Un simple pioupiou pouvait espérer, par ses actes de bravoure et sa « foi révolutionnaire », grimper dans la hiérarchie de l’Armée de Terre ou même l’Artillerie, mais de telles promotions étaient totalement à écarter dans la marine, ne serait-ce que pour de bêtes raisons de compétences techniques. Après un an de combat, un simple fantassin pouvait être propulsé à la tête d’une compagnie, voire d’un régiment, mais ce n’était pas le cas pour un matelot ou un quartier-maitre, car il fallait dix ans pour former un officier de marine, vingt, pour obtenir un commandant de bâtiment à peu près capable. Les rares « grandes gueules », étiquetées « révolutionnaires exemplaires », qui seront bombardées officiers, durant le gouvernement de Salut Public, se révèleront être totalement incompétents et, après son éviction du pouvoir, seront confinés à des tâches mineures sans aucun espoir de promotion ou carrément rétrogradés. Nos révolutionnaires les plus intransigeants et irréductibles seront trop contents de trouver, pour commander les escadres et les grandes unités, des officiers « nobles », qui, par sens du Devoir, étaient restés fidèles à une République, qui ne les avait, pourtant, pas épargnés, et dont les représentants agitaient, en permanence, la menace de la guillotine – la demande de Jean Bon Saint André, ordonnateur au Ministère de la Marine, qui avait exigé d’en embarquer un exemplaire sur les grandes unités était, quand même, restée sans suite ! -, à la moindre peccadille ou pour ce qu’ils considéraient comme un acte de traitrise, tel qu’un vent contraire empêchant au bâtiment d’engager le combat dans des conditions acceptables ! A sa décharge, la République était, alors, dans une position difficile ,contrainte de faire face, à ses frontières, à l’Angleterre, l’Autriche et l’Espagne – 1ère Coalition -, à l’intérieur, au soulèvement chouan, sans compter la menace quasi-permanente de renversement politique (sur leur Gôche, leur Droite, de la part des Monarchistes … c’est d’ailleurs ce qui leur tombera sur la tronche, en octobre 1795 !)













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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mar 12 Jan 2016, 19:07

magnifique travail..... thumleft

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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mar 12 Jan 2016, 19:19

un beau travail et là je joue au pinailleur. As tu une idée des pertes humaines ?

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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mar 12 Jan 2016, 19:23

LE BRETON a écrit:
magnifique travail…… : thumleft:
Je n'aurais su mieux dire ! salut
Juste un mini détail de rien du tout (mais qui est ma spécialité) et qui n'altère en rien la qualité et le fond de l'ouvrage : sur les huit premiers tableaux-bilans annuels, il est écrit "Royale Navy", fantaisie heureusement redressée sur les deux ultimes…
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Bleu Marine
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mar 12 Jan 2016, 23:17

Bonjour,

Merci à Loïc pour cette vaste fresque.

Quelques mots au passage sur l'affaire de Toulon, assez complexe et qui mériterait sans doute des développements dans un autre cadre.

Si certains bâtiments ont été effectivement "pris" par les Anglais, d'autres sont sortis de Toulon et ont continué à combattre sous le pavillon blanc de la Marine royale, sous les ordres de l'amiral Trogoff, lui-même rallié aux Britanniques. En particulier le "Commerce de Marseille" (plutôt que "de Paris" ?).

Mais du point de vue de "l'Armée navale de la République", ils faisaient effectivement défaut !
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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mer 13 Jan 2016, 01:23

david a écrit:
un beau travail et là je joue au pinailleur. As tu une idée des pertes humaines ?

Non, pas vraiment, en ce qui concerne l'ensemble des engagements. Pour les plus importants, par exemple, Aboukir, il est assez facile de les obtenir; pour les autres, on devrait pouvoir trouver des éléments dans la Naval Chronicle, côté britannique, qui contient, entre autres, les rapports que transmettaient les chefs d'unité à l'Amirauté, mais c'est un boulot auquel je ne me suis pas encore attaqué ; côté français, d'après ce que j'ai compris, les archives sont, désormais, conservées à Rochefort, dans mon ancienne école de spécialité, la "Caserne" Martrou Very Happy ... malheureusement, pour moi, ce n'est pas la porte à côté.
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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mer 13 Jan 2016, 01:28

DahliaBleue a écrit:

Juste un mini détail de rien du tout (mais qui est ma spécialité) et qui n'altère en rien la qualité et le fond de l'ouvrage : sur les huit premiers tableaux-bilans annuels, il est écrit "Royale Navy", fantaisie heureusement redressée sur les deux ultimes…

Oups, Sorry! Je viens de corriger les originaux mais vous ne m'en voudrez pas si je ne remplace pas les copies que je viens d'insérer...j'ai bien essayé le Tippex sur l'écran, mais çà ne marche pas. Boulet Very Happy
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mer 13 Jan 2016, 01:43

Bleu Marine a écrit:

Si certains bâtiments ont été effectivement "pris" par les Anglais, d'autres sont sortis de Toulon et ont continué à combattre sous le pavillon blanc de la Marine royale, sous les ordres de l'amiral Trogoff, lui-même rallié aux Britanniques. En particulier le "Commerce de Marseille" (plutôt que "de Paris" ?).

En l'occurrence, il s'agissait bien du trois-ponts de 120 canons Commerce de Paris, capitaine de pavillon Pasquier, chef d'escadre, contre-amiral comte de Trogoff Kerlessy.
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mer 13 Jan 2016, 01:58

Ah, une précision, sur les récapitulations annuelles, certains bâtiments sont suivis d'une annotation (1), qui indique que, une fois, capturés, ils ont repris du service chez l'adversaire ; certains changeront de mains deux fois dans la même année! Assez souvent, chez les Britanniques, une prise conservait son nom français, sauf quand il était par trop "révolutionnaire", ou était anglicisé...ainsi l'Embuscade deviendra l'HMS Ambuscade et sera, à nouveau, capturée par la corvette La Bayonnaise, sous sa nouvelle désignation. Wink
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mer 13 Jan 2016, 09:08

Loïc Charpentier a écrit:
En l'occurrence, il s'agissait bien du trois-ponts de 120 canons Commerce de Paris, capitaine de pavillon Pasquier, chef d'escadre, contre-amiral comte de Trogoff Kerlessy.

Bonjour,

Je maintiens. Toutes les sources dont je dispose citent le "Commerce de Marseille". study  

Le seul "Commerce de Paris" connu dans la Marine française, futur "Borda", a été mis sur cale en 1804. Onésime s'est peut-être mélangé les pinceaux ?
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MessageSujet: Tipp-Ex   Mer 13 Jan 2016, 09:30

Loïc Charpentier a écrit:
[…] Oups, Sorry!  Je viens de corriger les originaux mais vous ne m'en voudrez pas si je ne remplace pas les copies que je viens d'insérer… j'ai bien essayé le Tippex sur l'écran, mais ça ne marche pas. : boulet:  : D
À chacun (et surtout à chacune, spécialement celles qui sont secrétaires !) de corriger son écran : j'en ai badigeonné le mien !
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mer 13 Jan 2016, 12:05

Bleu Marine a écrit:
Loïc Charpentier a écrit:
En l'occurrence, il s'agissait bien du trois-ponts de 120 canons Commerce de Paris, capitaine de pavillon Pasquier, chef d'escadre, contre-amiral comte de Trogoff Kerlessy.

Bonjour,

Je maintiens. Toutes les sources dont je dispose citent le "Commerce de Marseille". study  

Le seul "Commerce de Paris" connu dans la Marine française, futur "Borda", a été mis sur cale en 1804. Onésime s'est peut-être mélangé les pinceaux ?

V. (Victor?) Brun, Commissaire-général de la Marine, dans le second tome de "Guerres Maritimes de la France - Port de Toulon", publié en 1861, cite, une seule fois (page 232), le vaisseau la Ville de Marseille.

E.Chevalier, capitaine de  vaisseau, dans son second ouvrage "Histoire de la Marine Française sous la Première République",publié en 1886, parle du Commerce de Marseille (page 90).

Léon Guérin, dans "Histoire Maritime de France", tome 3 (Marine Contemporaine de 1784 à 1848), éditée en 1848, parle du Commerce de Marseille (page 362)

Jurien de la Gravière , C.A., "Guerres maritimes sous la République & l'Empire", tome 1, publié en 1879, énumère les bâtiments français qui furent ainsi ajoutés à la marine anglaise... dont le Commerce de Marseille (page 57)

Quant à ce bon Onésime, qui n'est pourtant pas coutumier d'énoncer des niaiseries, il cite deux fois de suite, le Commerce de Paris, dont une en se référant au rapport du conventionnel Barrère, alors membre du Comité de Salut Public... je cherche ledit rapport mais je n'ai pas encore mis la main dessus.


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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Onésime, Honte à toi! Tu n'es qu'un gros naze!    Mer 13 Jan 2016, 14:25

Dans la monographie "Le Commerce de Marseille 1788-1801 - Vaisseau de 118 canons" de Gérard Delacroix, publiée, en 2006, et la liste récapitulative des premiers trois-ponts de J.N. Sané, il ne figure, effectivement, aucun "Commerce de Paris" en service en 1793; de plus, à Toulon, à cette date, n'étaient mouillés que le Dauphin Royal, rebaptisé Sans Culotte (puis L'Orient, celui qui explosera à Aboukir, en 1798), mais non naviguant car désarmé, et le Commerce de Marseille, en service.

En ce qui concerne le Commerce de Paris, le seul, l'unique, une "photographie" prise par Antoine Roux, le 15 novembre 1806, à Toulon, alors que la construction du trois-pont, qui a, déjà, été lancé, est en voie d'achèvement.



La conclusion est sans équivoque, sur ce coup-là, notre bon Onésime - habituellement irréprochable - s'est totalement planté! lol!  Maintenant, il serait intéressant d'en connaitre les raisons... une erreur de typo par un imprimeur parisien particulièrement chauvin?... Une confusion ou inattention de l'auteur ?...je connais bien un gusse qui est capable de mettre un "e" à Royal, dans Royal Navy! lol!
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MessageSujet: Gusse…   Mer 13 Jan 2016, 15:21

Loïc Charpentier a écrit:
[…] La conclusion est sans équivoque, sur ce coup-là, notre bon Onésime […]
… qu'il ne faut pas confondre avec Froude  
Citation :
[…] habituellement irréprochable - s'est totalement planté ! : lol!: […]. Une confusion ou inattention de l'auteur ?… je connais bien un gusse qui est capable de mettre un "e" à Royal, dans Royal Navy ! : lol!:
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mar 17 Mai 2016, 21:32

Bonsoir
Splendide.
Je n'ai pas eu le temps de lire tout l'article, mais je me permets d'apporter juste une précision sur un vaisseau britannique, le HMS Vénérable décrit comme naufragé en 1801. Ce bâtiment, construit à Blackwall chez Perry&co, a été fortement endommagé en juillet 1801 par le vaisseau de Troude ( le Formidable) et a été jeté à la côte. Cependant, il a pu être récupéré par la RN et réparé. Il est indiqué par Winfield comme étant commandé par John Searle en 1802 puis Georges Reynolds en 1803, comme navire-amiral de Collingwood (blocus de Brest). Il fait naufrage en novembre 1804 devant Torbay.

Référence: British warships in the age of sail 1793-1817, Rif Winfield, seaforth publications.

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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mer 18 Mai 2016, 11:32

X07 a écrit:
Bonsoir
Splendide.
Je n'ai pas eu le temps de lire tout l'article, mais je me permets d'apporter juste une précision sur un vaisseau britannique, le HMS Vénérable décrit comme naufragé en 1801. Ce bâtiment, construit à Blackwall chez Perry&co, a été fortement endommagé en juillet 1801 par le vaisseau de Troude ( le Formidable) et a été jeté à la côte. Cependant, il a pu être récupéré par la RN et réparé. Il est indiqué par Winfield comme étant commandé par John Searle en 1802 puis Georges Reynolds en 1803, comme navire-amiral de Collingwood (blocus de Brest). Il fait naufrage en novembre 1804 devant Torbay.

Référence: British warships in the age of sail 1793-1817, Rif Winfield, seaforth publications.

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Bonjour,
 Ces tableaux, qui sont des "photographies" des pertes pour l'année de référence, ne précisent pas la suite éventuelle de la carrière des bâtiments "naufragés", quand ils avaient pu être récupérés et remis en état (dans le cadre d'un exercice comptable ultérieur), ou le devenir des "prises" (changement de nom, etc.), à l'exception, pour certains d'entre eux, quand il s'agissait d'unités françaises, capturées par les Anglais, puis reprises par les Français... avant, bien souvent, de se les faire repiquer par les Brits. lol!
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MessageSujet: pertes-de-la-rn-et-d   Mer 18 Mai 2016, 17:10

bonjours a tous ! si je me souvient bien de mes lectures , les anglais aimer bien nos 74 cannons , les meilleur bâtiments construit a cette époque ,des qu il arrivait a en capturer un il essayer de le remettre en état
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Loïc Charpentier
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   Mer 18 Mai 2016, 17:46

valdechalvagne a écrit:
bonjours a tous ! si je me souvient bien de mes lectures , les anglais aimer bien nos 74 cannons , les meilleur bâtiments construit a cette époque ,des qu il arrivait a en capturer un il essayer de le remettre en état  

Nos bâtiments (vaisseaux, frégates, corvettes) étaient, souvent, réputés être meilleurs marcheurs que leurs équivalents britanniques, même si leur mâture était, elle, considérée comme trop importante - les Brits la réduisaient presque systématiquement -.

Il ne faut pas rêver, les batailles navales en ligne ont été rares, durant les Guerre de la Révolution et de l'Empire; c'est, à peu près, le seul cas où le vainqueur pouvait faire des prises très sérieusement endommagées, nécessitant soit la destruction définitive, soit de coûteuses réparations.

Pour le reste, les combats "isolés" à outrance étaient rares.

En général, un bâtiment qui tombait sur un adversaire, selon leur puissance de feu respective, pouvait essayé de fuir, grâce à sa vitesse, ou exploiter les conditions météo (nuit, grain, mauvaise visibilité). Ces situations étaient prévues dans les codes navals français et anglais (disproportion des forces en présence).

Dans le cas d'une rencontre à force égale, exemple, deux frégates (sans préjuger du nombre de pièces et du calibre principal de la la batterie), si le chassé ne parvenait pas à distancer le chasseur - qui, le plus souvent, avait une position au vent plus favorable - il baissait les couleurs, après la première salve, plus rarement la seconde. Ça n'avait rien à voir avec une attitude "trouillarde" ou timorée, mais quand l'adversaire avait l'avantage du vent et de la vitesse, çà risquait de tourner très vite au massacre inutile; de plus, le Français avait la manie de tirer à démâter, ce qui avait pour résultat d'expédier l'essentiel de ses volées dans l'éther, alors que le Brit, plus pragmatique, tirait en plein bois, technique ravageuse aussi bien pour la coque que pour l'équipage adverse.
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MessageSujet: Re: Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)   

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Pertes de la RN et de la "Royale" (1793-1802)
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