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 [Biographie] Tamon YAMAGUCHI

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Takagi
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MessageSujet: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Dim 27 Sep 2015, 07:55

Le jeudi 17 août 1892 naît le troisième fils de Yamaguchi Shugi (山口宗義), lui-même issu d’une grande famille de samouraïs qui, avant la restauration Meiji, avait servi le clan Matsue dans l’actuelle préfecture de Shimane. Sa lignée avait connu ses premiers hauts faits d’armes dès le XVIe siècle quand son ancêtre Yamaguchi Hisashi s’était illustré comme chef des armées de la maison Matsue dans les guerres féodales de la période Sengoku (戦国時代 Sengoku Jidai) en particulier au moment de la bataille de Sekigahara, où son clan s’était rallié au shogun.


Tōkyō au début du XXe siècle. La famille Yamaguchi habite le quartier de Koishikawa.

La famille Yamaguchi a su prendre le virage de la restauration impériale, de la dissolution du shogunat et du système des castes : Yamaguchi Shugi, diplômé docteur d’université, a l’honneur d’être membre du conseil d’administration de la Banque du Japon et il a ses entrées au ministère des Finances. Le quartier de Tōkyō où il habite, Koishikawa, n’a alors rien à voir sur le plan urbanistique et architectural avec ce qu’il est devenu aujourd’hui : situé à quelques centaines de mètres au nord-ouest du palais impérial et à la périphérie de la capitale, c’est un beau quartier où se côtoient maisons traditionnelles, jardins japonais et villas à l’occidentale. C’est là que l’empereur Meiji a fait construire la prestigieuse Université de Tōkyō. À Koishikawa résident de nombreuses familles aisées de la haute société tokyoïte et plusieurs des oligarques qui président à la modernisation du Japon.

La famille Yamaguchi est lettrée : le prénom du nouveau-né, Tamon (多聞), fait référence au Tamon Maru, jonque de guerre de Kusunoki Masashige (1294-1336), samouraï d’extraction modeste de la période Nanboku ayant combattu pour le compte de l'empereur Go-Daigo dans sa tentative de reprendre le pouvoir au shogunat de Kamakura, et dont le nom est devenu synonyme à partir de l'ère Meiji de fidélité et de dévotion inconditionnelles à l'empereur. La statue équestre de Kusunoki Masashige peut toujours être contemplée devant l’entrée du palais impérial à Tōkyō. Le navire lui-même tirait son nom de Tamon qui était un dieu local de la guerre.

Né sous de tels auspices, le jeune garçon effectue une scolarité brillante dans les écoles, puis le collège et le lycée de son quartier. Chose assez rare à l’époque, il se distingue par son aptitude à apprendre l’anglais, qu’il maîtrise assez tôt. Il faut dire qu’il y a plusieurs ambassades près de chez lui et que les occasions de pratiquer les langues étrangères ne manquent pas. En digne rejeton de sa lignée, il brille aussi en arts martiaux, et notamment au kendō dont la pratique gagne du terrain après l’interdiction du port (et de l’emploi) des sabres en acier – des sabres à tuer.

En 1905, il va sur ses treize ans quand l’amiral Tōgō Heihachirō remporte la célèbre victoire navale sur la flotte tsariste à Tsushima. Tamon y trouve sa vocation : dès l’adolescence, il sait qu’il veut être officier de marine, une carrière à laquelle le prédestinait peut-être son prénom.

En septembre 1909, sorti brillamment du lycée à 17 ans (donc avec un an d’avance), il présente et réussit le concours d’entrée à l’Académie Navale d’Etajima. Entré vingt-et-unième (sur cent cinquante) dans la 40e promotion de l’Académie, il en sort deuxième (sur cent quarante-quatre brevetés) en juillet 1912. Il est également champion de l’école en kendō. Parmi ses camarades de promotion, on compte Ōnishi Takijirō, Ugaki Matome et Fukudome Shigeru qui feront parler d’eux pendant la guerre du Pacifique.


Yamaguchi Tamon à sa sortie de l'académie navale

Son goût pour le kendō mérite peut-être qu’on s’y attarde. Le kendō (la voie du sabre) a pris sa forme moderne au tournant des XIXe et XXe siècles. Sport de combat individuel considéré comme une école du caractère, il prône l’attaque et ne préconise le port de protections que pour éviter que les combattants se blessent en pratiquant. Si l’on préfère, on y apprend que seule l’attaque peut permettre d’emporter la décision, et que la défensive est la stratégie des indécis, voués à perdre le combat au bout d’un temps plus ou moins long.

Après sa sortie d’Etajima, et porté par un classement de sortie qui lui permet d’aspirer à une brillante carrière, Yamaguchi Tamon commence par parfaire sa formation maritime et militaire par l’habituelle série d’embarquements et de formations à terre : midship le 17 juillet 1912 sur le croiseur SOYA (il s’agit de l’ancien VARYAG russe), enseigne de vaisseau de deuxième classe le 1er décembre 1913, embarquement sur le croiseur protégé CHIKUMA en mai 1914 puis sur le cuirassé AKI en février 1915, navire à bord duquel il passe enseigne de vaisseau de première classe (décembre 1915). En janvier 1916, il commence la formation élémentaire de l’école d’artillerie, puis en juin 1916 celle de l’école des torpilles. À sa sortie en décembre 1916, il est affecté à la troisième flotte – celle des sous-marins. En mai 1918, il est versé à la deuxième flotte (celle des bâtiments légers) et participe à la fin de la Première Guerre Mondiale en Méditerranée comme officier d’armes et de renseignement (parce qu’il parle couramment l’anglais) du contre-torpilleur KASHI (classe MOMO de 1916) à bord duquel il embarque en juillet 1918. Un de ses rôles consiste à constituer une documentation sur les équipements et les tactiques d’emploi des sous-marins des différentes marines européennes qu’il est amené à fréquenter.


Le destroyer HINOKI, sister-ship du KASHI, photographié à Wuhan en 1923

La guerre finie, il rentre au Japon à bord du KASHI. En décembre 1918, il est promu lieutenant de vaisseau. Le 17 janvier 1919, à Yokosuka, il est nommé membre de la commission d’évaluation des sous-marins croiseurs que le Japon a reçus de l’Allemagne au titre des dommages de guerre. Puis il est versé un temps dans les défenses côtières de Yokosuka (un poste qui abrite peut-être une autre fonction, 24 juillet 1919) puis de Kure (8 octobre 1919), le temps d’attendre l’entrée au cours supérieur de l’école des torpilles le 1er décembre 1919.

Une fois breveté, il est affecté quelques mois à la défense côtière de Sasebo (1er décembre 1920) avant de suivre les cours de l’Université de Princeton aux États-Unis de février 1921 à avril 1923. Pour une raison que l’histoire n’a pas retenue ou que les archives n’ont pas encore livrée, il ne termine pas sa formation académique aux USA et reçoit une lettre de rappel le 10 mars 1923. Le 15 juin 1923, il embarque comme chef de service sur le cuirassé NAGATO mais n’y reste que quelques mois ; le 1er décembre 1923, il est nommé instructeur à l’école des sous-mariniers. Un an plus tard jour pour jour, le 1er décembre 1924, il est promu capitaine de corvette et nommé stagiaire à l’École de Guerre navale.

La petite histoire a retenu de cette époque une anecdote croustillante : au restaurant avec son ami Igarashi, un soir de décembre 1924, Yamaguchi Tamon commande quatre repas : trois pour lui, un pour son collègue. Et il mange ses trois parts sans sourciller. Sa réputation de gros mangeur le suivra jusqu’à la fin.

À sa sortie de l’école de Guerre Navale (1er décembre 1926), il passe une année à l’état-major de la première escadrille de sous-marins, puis le 15 novembre 1927 il est versé à l’État-Major de la Marine. Il profite de ses affectations à terre pour se marier. Le 10 décembre 1928, il est promu capitaine de frégate.

En septembre 1929, il effectue aux USA un voyage officiel dont les buts sont restés inconnus.

En novembre, avec Yamamoto Isoroku, il accompagne comme assistant l’envoyé plénipotentiaire que le Japon envoie à la Conférence de Londres sur la limitation des armements navals. À son retour, il prend le commandement le 7 janvier 1930 du croiseur léger YURA mais ne reste en poste que quelques mois : le 15 novembre, il est nommé à l’état-major de la 1e flotte. Il y reste deux ans.


Le croiseur léger YURA

À la fin de cette affectation survient un drame familial : son épouse Toshiko meurt le 20 septembre 1932 en donnant naissance à leur troisième fils.

Le 15 novembre 1932, il est nommé instructeur à l’école de guerre navale puis, quatre jours plus tard, à l’école de guerre terrestre. Le 1er décembre de cette même année, il passe capitaine de vaisseau. Il se remarie avec Takako, nièce du vice-amiral Kosuke Shikama qui compte aussi Yamamoto dans son entourage.

À l’issue de son professorat, le 1er juin 1934, il retourne aux USA comme attaché naval de l’ambassade du Japon à Washington, poste qu’il occupe jusqu’à l’automne 1936. Il a gardé les habitudes de l’officier de renseignement qu’il avait été en 1918-1920 et profite de son affectation pour constituer et traduire en japonais une documentation importante sur la stratégie navale moderne, et notamment sur la révolution que l’aviation embarquée est en passe d’effectuer. Mais il se montre parfois peu diplomate et peu discret dans sa soif à récupérer des informations. De plus, il a l’impression que le haut commandement de la Flotte Combinée ne tient aucun compte des nombreux rapports qu’il lui envoie. D’après Mayuzumi Haruo, son impatience tant auprès des Américains que de sa propre hiérarchie précipite son retour au Japon ; il reçoit sa lettre de rappel en octobre 1936.

Le 1er décembre 1936, il prend le commandement du croiseur léger ISUZU suivi, un an plus tard, du cuirassé ISE. Promu contre-amiral le 15 novembre 1938, il est nommé à l’état-major général de la Marine Impériale le 1er décembre. Deux semaines plus tard, il y est nommé chef d’état-major de la 5e Flotte. Le 15 novembre de l’année suivante, il est réaffecté à l’état-major de la 1e Flotte.


Sur la plage arrière de l'ISUZU, Yamaguchi Tamon et l'écrivain de marine Sanematsu Yuzuru posent au milieu de l'équipe de kendō


Le cuirassé ISE en 1936

Le 15 janvier 1940, il est nommé commandant du Dai-ichi Rengo Kokutai (第一聯合航空隊, le 1er Groupe Aérien Combiné de la marine), engagé dans les opérations de bombardement en Chine. Son camarade de promotion Ōnishi Takijirō commande le 2e Groupe. À l’époque, ces groupes sont constitués de bombardiers bimoteurs G3M, de chasseurs A5M et de divers modèles d’avions de reconnaissance, de liaison et d’appui au sol (ces derniers étant souvent assez anciens). Le manque d’autonomie des chasseurs A5M leur interdit d’escorter les G3M dans des missions de bombardement à grande distance. Yamaguchi Tamon n’en a cure : poursuivant la campagne de son prédécesseur, il ordonne plusieurs sorties de bombardement de la ville de Chongqing, où Tchang Kaï-Chek a replié sa capitale après l’évacuation de Nanjing (Nankin) en 1938. La ville est loin du front et n’est pas menacée par l’Armée Impériale japonaise. Ces bombardements ciblent quelques sites militaires, des routes, des ponts et des voies ferrées, mais visent aussi à saper le moral de la population et à la terroriser en frappant les quartiers d’habitation avec des bombes incendiaires. Les premiers raids menés en 1939 n’avaient rencontré aucune opposition, mais en 1940 les Chinois se sont organisés : malgré leurs faibles capacités, les Polikarpov I-15 et I-16 et les Curtiss Hawk III interceptent les G3M mal armés défensivement et dont les pertes augmentent. Tandis qu’Onishi fait suspendre les raids en juillet 1940 en attendant le remplacement des A5M par des A6M Zero, Yamaguchi ordonne de les continuer, moyennant quelques aménagements ; il y gagne plusieurs surnoms peu flatteurs tels que Tamon Maru l’assassin ou Tamon le boucher. L’attaque, toujours l’attaque : les protections ne servent à rien, seule l’attaque peut déboucher sur la victoire, et qu’importe la mort ? Yamaguchi se brouille avec Onishi. En août, l’arrivée des douze premiers Zero du 12e Kokutai suffit à dissuader les chasseurs chinois d’intercepter les G3M, mais la réputation de Yamaguchi est faite parmi les pilotes.


Des G3M Nell en route pour bombarder Chongqing, sans escorte


Yamaguchi Tamon (2e à partir de la gauche), Shimada Shigetaro, Onishi Takijiro et deux autres officiers en Chine

En cette même année 1940, l’amiral Yamamoto commande la Flotte Combinée depuis plus d’un an et il prépare activement l’entrée de son pays dans un conflit dont il redoute l’issue ; il réorganise la flotte en concentrant ses porte-avions, retire les unités aériennes de Chine pour les ré-entraîner à l’attaque de navires à la mer, pousse l’entraînement de toutes ses unités aux limites de ce que lui permettent ses stocks de pétrole. Son chef d’état-major est le vice-amiral Fukudome Shigeru, ancien pilote de l’aéronavale et camarade de promotion de Yamaguchi. Ce n’est pas une coïncidence si, le 1er novembre 1940, Yamaguchi Tamon quitte la Chine pour prendre le commandement de la 2e division de porte-avions, constituée des SŌRYŪ et HIRYŪ.

Les deux porte-avions rentrent tout juste d’un déploiement à Hainan, qui a duré d’août à octobre 1940, et qui a vu les deux navires et leur escorte participer à la démonstration de force que la Japon a effectuée au large de l’Indochine Française pour amener le gouvernement de Vichy à accepter la présence en Indochine de six mille soldats japonais. Rentrés à Kure, le SŌRYŪ et le HIRYŪ y restent jusqu’en février 1941, ne sortant que pour parfaire un entraînement que Yamaguchi Tamon suit de très près. En février, ils gagnent Taiwan pour participer au blocus maritime de la Chine ; une partie de leurs avions sont temporairement déployés à Hainan pour économiser le combustible – même si ces deux porte-avions sont relativement sobres.


Yamaguchi Tamon (photo non datée mais probablement prise à la fin des années 1930)

En avril 1941, la 2e division est rattachée à la Première Flotte Mobile, nouveau fer de lance de la marine, réorganisé autour des quatre et bientôt six porte-avions lourds. Fin juillet 1941, la 2e division retourne en Indochine pour une semaine, puis rentre à Sasebo. Yamamoto a réussi à imposer son plan d’attaque sur Pearl Harbor et l’entraînement reprend, désormais axé sur l’attaque des bâtiments au mouillage, l’interdiction aérienne et le bombardement des installations portuaires.

À cette occasion, Yamaguchi Tamon se montre encore plus exigeant qu’il l’était en Chine : entraînement individuel, sorties de division, manœuvres tactiques en formation, opérations aériennes diurnes et nocturnes, entraînement au torpillage sur rade et au bombardement en piqué, tir contre cible mobile, mise en œuvre de l’aviation sous menace sous-marine, attaque d’une escadre de surface à la mer. La 2e division de porte-avions et ses groupes aériens acquièrent un niveau d’entraînement exceptionnel. Avant même le début de la Guerre du Pacifique, le contre-amiral Yamaguchi se taille une solide réputation d’ambition, d’exigence, d’intransigeance quant à l’engagement de ses hommes. En 1941, il est assurément un des très rares officiers généraux de la Marine Impériale à avoir saisi et maîtrisé le pouvoir dévastateur d’une aviation embarquée concentrée à l’offensive. La médaille a cependant un revers : le rythme d’entraînement qu’il impose à ses hommes les épuise, les accidents se multiplient dans les salles des chaudières, sur les ponts d’envol et sur les aires de manœuvre. Il y gagne un nouveau surnom parmi les équipages : celui de 気違い多聞 (kichigaï Tamon), c’est-à-dire Tamon le fou… Le vice-amiral n’en a cure et se dit prêt à se faire démettre de son commandement après l’attaque, pourvu que celle-ci soit un succès.


Le SŌRYŪ dans la baie de Hitokappu, juste avant de partir pour Pearl Harbor

Le 22 novembre, la force de raid commandée par l’amiral Nagumo commence à se rassembler en grand secret dans la baie d’Hitokappu devant l’île d’Etorofu dans les Kouriles, en préparation de l’attaque sur Pearl Harbor. La 2e division de porte-avions en fait partie. Le 26, c’est l’appareillage, puis la traversée par le Pacifique Nord jusqu’au point prévu pour lancer les avions, à 230 Nq au nord des Hawaii. Dans la première vague d’attaque, les avions du SŌRYŪ et du HIRYŪ sont censés s’en prendre aux porte-avions US présents dans la base, mais il n’y en a pas. Ils coulent l’UTAH, endommagent le RALEIGH et l’HELENA, torpillent le WEST VIRGINIA et l’OKLAHOMA, placent quelques bombes de 800kg sur les cuirassés au mouillage dont celle qui fait exploser l’ARIZONA, tandis que les chasseurs Zero straffent la base aérienne d’Ewa en y détruisant une vingtaine d’avions au sol. Ceux de la deuxième vague s’en prennent à la base aéronavale de Kaneohe, au terrain d’aviation de Bellows et aux navires sur rade. À leur retour, Yamaguchi Tamon est sidéré d’apprendre que Nagumo renonce à la troisième vague d’attaque et préfère se replier avec sa flotte intacte plutôt que de tenter le diable – il ne sait pas où sont les porte-avions américains. Yamaguchi fait envoyer par pavillons et par projecteur des signaux à l’AKAGI, navire-amiral de Nagumo, pour lui demander d’organiser rapidement une réunion d’état-major, mais personne sur l’AKAGI ne les aperçoit, tout le monde étant absorbé par la récupération des avions d’après le récit que le capitaine de frégate Suzuki Eijiro fera plus tard. La force de raid fait demi-tour, laissant le bouillant contre-amiral fulminer sur la passerelle du HIRYŪ d’après quelques témoins.

Sur le trajet du retour, la 2e  division est détachée du reste de la force pour détruire les installations aériennes de l’île de Wake, qui finira par capituler le 23 décembre. À son retour au Japon, son commandant n’est pas démis de ses fonctions.

En janvier 1942, la 2e division gagne Palaos d’où elle part appuyer les débarquements sur Amboine (24 janvier). Après un ravitaillement sur rade à Davao, elle rentre à Palaos et en repart encore pour attaquer Port Darwin en Australie septentrionale (19 février). Puis elle effectue une mission d’interdiction maritime au sud de Java tandis que les Japonais y débarquent, endommage le destroyer américain EDSALL et coule de pétrolier TECOS (1er mars), attaque le trafic marchand à Tjilatjap (5 mars), bombarde l’île Christmas (7 mars). Entretemps, Yamaguchi Tamon a fait parvenir à l’état-major son plan pour la suite de la guerre : neutraliser et occuper l’Inde en mai 1942, avancer en juillet sur les Fidji, les Samoa, la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Zélande afin de couper la route maritime de l’Australie, attaquer et occuper Midway, Johnston et Palmyra avant la fin décembre, puis débarquer à Hawaii en janvier 1943, prélude à la destruction du canal de Panama et au bombardement des champs pétrolifères de la Californie et des bases de la côte ouest des États-Unis. Cet ambitieux plan (totalement infaisable en termes de logistique…) est censé être rendu possible par l’écrasante supériorité de la flotte de porte-avions japonais.


Le contre-amiral Yamaguchi en grand uniforme

En attendant, la guerre continue. Après une escale dans la baie de Staring près de Kendari (Sulawesi) où elle est rejointe par le gros de la force de Nagumo, la 2e division de porte-avions appareille le 26 mars pour participer au raid dans l’océan Indien. Le 5 avril, l’attaque aérienne sur Colombo (Ceylan) trouve la rade déserte : l’escadre britannique de l’amiral Somerville avait appareillé le 31 mars et, n’ayant pas trouvé les Japonais, s’était retirée le 4 avril pour ravitailler. Malheureusement pour eux, les deux croiseurs DORSETSHIRE et CORNWALL devaient ravitailler à Colombo… Le 5, un hydravion de reconnaissance du croiseur lourd TONE les repère à proximité de l’île. Les dix-huit bombardiers en piqué D3A du capitaine de frégate Egusa Takeshige, commandant le groupe aérien de la 2e division, attaquent les premiers : ils placent quatorze bombes au but (soit 77% de coups au but…), scellant le sort des deux croiseurs qui sont achevés par d’autres avions. Le 9 avril, c’est au tour du port de Trincomalee d’être pris pour cible. Arrivés trop tard pour s’en prendre au porte-avions HERMES, les D3A de la 2e division coulent un pétrolier et un cargo.


L'attaque du DORSETSHIRE et du CORNWALL


La fin du CORNWALL

Sur le trajet du retour vers le Japon, alors qu’elle remonte le détroit de Bashi entre Luzon et Taiwan, l’escadre apprend le 19 mars le raid de Doolittle sur Tōkyō. Elle se déroute pour chasser les porte-avions américains mais ne les trouve pas. Le 22, elle mouille l’ancre dans la baie de Hashirajima près de Kure. Sur la brèche depuis plus de quatre mois, les deux porte-avions de la 2e division bénéficient d’un rapide entretien.

Yamamoto présente alors l’idée d’attirer la flotte américaine dans un piège en attaquant Midway, pour lui briser les reins dans un engagement décisif au début du mois de juin. Pour des raisons d’abord différentes, le capitaine de frégate Genda et le vice-amiral Yamaguchi sont contre : Genda parce qu’il sait que le SHŌKAKU et le ZUIKAKU, qui rentrent à peine de la bataille de la Mer de Corail, ne seront pas prêts, Yamaguchi parce qu’il doute du fait que les Américains risqueront leurs porte-avions pour défendre Midway, bien moins crucial à leurs yeux que les grandes Hawaii. Yamaguchi préconise ensuite d’utiliser les trois porte-avions JUNYŌ, RYŪJYŌ et ZUIHŌ en soutien rapproché du groupe de Nagumo, pour recréer la concentration de moyens qui lui est chère (rejoignant alors les objections de Genda). Mais Yamamoto ne prend pas le temps de les écouter et l’opération est lancée sans modification. Au passage, à l’issue d’une réunion d’état-major tenue à bord du YAMATO le 29 avril, le contre-amiral Ugaki Matome, plus proche collaborateur de Yamamoto et camarade de promotion de Yamaguchi à Etajima, note dans le calepin qui lui sert de journal que ces officiers qui passent plus de temps à critiquer les idées de leurs chefs qu’à les rendre possibles sont « comme des articles qui dépareillent une boutique », singulier raccourci du syndrome de la pensée unique qui anime l’état-major rapproché de Yamamoto…

Et le 27 mai, l’escadre de Nagumo appareille de Hashirajima pour mettre à exécution le plan de Yamamoto, sans se douter que l’ennemi a décrypté une grande partie de ce plan et que l’effet de surprise ne jouera pas.

Le 4 juin dès 04h30, les quatre porte-avions de Nagumo lancent un premier raid sur Midway, puis commencent à armer de bombes une deuxième vague d’attaque sur l’île dès que la première s’est éloignée. Les Japonais pensent alors que les Américains sont loin. Entre 07h55 et 08h30, leurs préparatifs sont perturbés par les attaques non coordonnées et complètement inefficaces d’une cinquantaine d’avions partis de l’île. Vers 08h20, alors que ces attaques se calment et que la deuxième vague d’attaque est presque prête à partir, les reconnaissances aériennes japonaises découvrent la présence de porte-avions américains dans les parages. Yamaguchi Tamon préconise de les attaquer sans attendre ; tant pis si les avions sont armés de bombes de rupture, et non de torpilles et de bombes perforantes anti-blindages. Mais Nagumo tergiverse, puis ordonne de redescendre les avions de la deuxième vague et de les réarmer en antinavire. Puis les avions de la première vague se présentent pour apponter, retardant encore le départ de la deuxième vague. Les porte-avions Américains n’ont pas attendu que Nagumo se décide et soit prêt, et ils ont déjà lancé leurs avions. À 10h25, une partie d’entre eux trouvent les porte-avions japonais et les attaquent. L’AKAGI, le KAGA et le SORYŪ sont rapidement frappés à mort. Seul le HIRYŪ, à bord duquel Yamaguchi commande la 2e division de porte-avions, est indemne.

L’ardent contre-amiral, fidèle à ses convictions, attaque. Selon les estimations japonaises, l’ennemi ne dispose dans le secteur que de deux porte-avions. À 11h, une première vague de dix-huit D3A escortés par six A6M  décolle du HIRYŪ, trouve, frappe et immobilise le YORKTOWN vers midi. Ce premier ennemi hors de combat, Yamaguchi croit alors être à un contre un. À 14h30, une deuxième vague du HIRYŪ, forte de dix B5N et six A6M, frappe ce qu’ils croient être le deuxième porte-avions américain, mais en fait c’est encore le YORKTOWN qui a réussi à remettre en route et à éteindre en partie ses incendies. Pendant ce temps, les deux autres porte-avions américains ne restent pas inactifs : entre 15h30 et 16h, quarante Dauntless décollent du HORNET et de l’ENTERPRISE. À 16h30, Yamaguchi envoie un message radio à Nagumo pour lui dire son intention de lancer une troisième attaque en fin de journée avec les quatre D3A et les cinq B5N qui lui restent en état de vol ; mais Nagumo ordonne le repli du reste de sa flotte vers l’ouest. Les Dauntless ne laissent pas le temps à l’HIRYŪ de se mettre hors de portée : vers 17h, ils le trouvent, l’attaquent et le laissent en flammes. Les incendies sont tellement forts dans le hangar que toute la section avant du pont d’envol s’effondre dans le hangar, sa structure porteuse ayant fondu. Peu après 21h, les mécaniciens sont obligés d’évacuer les salles de machines, que les bombes n’avaient pourtant pas atteintes. Sans propulsion, le HIRYŪ continue à brûler. À 23h58, il est secoué par une forte explosion interne. L’ordre d’évacuation est finalement donné à 03h15. Yamaguchi Tamon et le capitaine de vaisseau Kaku Tomeo, commandant du navire, décident de rester à bord. Tandis que les hommes abandonnent le porte-avions, Kaku et Yamaguchi boivent un verre d’eau et mangent des biscuits sur la passerelle. Ils devisent de l’esthétique de l’astre sélène, marquant leur détachement face à leur mort prochaine…


Tableau du HIRYŪ en flammes

Les destroyers KAZAGUMO et MAKIGUMO récupèrent l’équipage, puis le MAKIGUMO tire deux torpilles sur l’épave à 05h10 pour l’achever. Mais le HIRYŪ ne coule pas tout de suite : vers 7h du matin, un avion du HŌSHŌ le trouve encore à flot et toujours en feu ; quelques hommes d’équipage qui n’avaient pas entendu l’ordre d’évacuation sont sur le pont. Trente-neuf d’entre eux réussissent à embarquer sur une baleinière qu’ils ont pu mettre à l’eau et s’esquivent juste avant que le HIRYŪ sombre, à 09h12.

Ainsi est mort à 49 ans le contre-amiral Yamaguchi Tamon, que Genda comparait à Nelson et dans lequel certains voyaient un candidat à la succession de Yamamoto, dont il ne partageait pourtant pas la façon de calculer les risques pour ménager une flotte qu’il savait irremplaçable en temps de guerre.

La mort de Yamaguchi n’a été rendue publique au Japon que le 24 avril 1943. Ce jour-là, la séquence d’actualités cinématographiques dont le titre est « l’Amiral de la dernière minute » explique qu’il a été promu vice-amiral à titre posthume. En fait, sa promotion remonte au 5 juin 1942, au moment où Yamamoto a appris sa mort à bord du HIRYŪ.

Une stèle à sa mémoire a été érigée au cimetière Aoyama à Tōkyō.


salut


Dernière édition par Takagi le Mar 29 Aoû 2017, 18:46, édité 7 fois (Raison : Correction de quelques scories de rédaction)
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pascal
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Dim 27 Sep 2015, 12:38

Son rappel de Princeton en cours de scolarité, pudiquement escamoté, est dû selon certaines sources à des questions de comportement: le jeune Tamon se prenait régulièrement des "cuites" et ses frasques lui ont valu un retour prématuré ...

très bon article
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Jeu 01 Oct 2015, 19:27

Comme nombre d'Asiatiques, il ne digérait pas l'alcool donc ne le tenait pas...
Twisted Evil
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Jeu 01 Oct 2015, 19:34

La statue équestre de Kusunoki Masashige qui défend l'entrée du palais impérial à Tōkyō :


Pas l'air commode...
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Jeu 01 Oct 2015, 19:36

pascal a écrit:
(...)très bon article
Merci...
J'avoue avoir changé plusieurs fois d'avis sur le personnage au fur et à mesure que je "creusais" les sources disponibles... shakng2
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pascal
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Jeu 01 Oct 2015, 20:32

Je suis au départ sur une certaine "attirance" pour son côté fonceur et surtout son "avant-gardisme" en matière d'emploi aéronaval ... Pharshall et Tully sont de mémoire assez favorables sur ce point au personnage. Mais YAMAGUSHI a ses zones d'ombres, et ses emportements y compris à l'encontre de ses pairs (il aurait quasiment physiquement agressé Nagumo lors d'un dîner) me font relativiser mon premier avis.

Mais ma petite expérience (lectures) me fait penser que tous ces amiraux US et japonais étaient des hommes complexes
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Sam 03 Oct 2015, 10:59

Takagi a écrit:
La statue équestre de Kusunoki Masashige qui défend l'entrée du palais impérial à Tōkyō : Pas l'air commode… : vendredi13:
Je n'aurais pas mieux dit ! thumleft
pascal a écrit:
[…] Mais ma petite expérience (lectures) me fait penser que tous ces amiraux US et japonais étaient des hommes complexes
Et ce n'est probablement pas leur exclusivité…
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Lun 05 Oct 2015, 15:09

Merci à takagi pour ce bel article. Je réagis néanmoins aux quelques lignes suivantes :

Takagi a écrit:
En digne rejeton de sa lignée, il brille aussi en arts martiaux, et notamment au kendō dont la pratique gagne du terrain après l’interdiction du port (et de l’emploi) des sabres (...)

Son goût pour le kendō mérite peut-être qu’on s’y attarde. Le kendō (la voie du sabre) a pris sa forme moderne au tournant des XIXe et XXe siècles. Sport de combat individuel considéré comme une école du caractère, il prône l’attaque et ne préconise le port de protections que pour éviter que les combattants se blessent en pratiquant. Si l’on préfère, on y apprend que seule l’attaque peut permettre d’emporter la décision, et que la défensive est la stratégie des indécis, voués à perdre le combat au bout d’un temps plus ou moins long.

Pour être exact, la pratique du kendo (qui ne portait pas encore ce nom) décline fortement après l'interdiction du port des sabres (et la dissolution de la caste des samurai) en 1876 et ne survit que dans quelques dojo privés et pour l'entraînement des policiers et militaires. Elle connait une profonde transformation et un relatif regain de vitalité au début du XXème siècle, qui se traduisent par l'élaboration du kendo-no-kata (synthèse des princiaples écoles de sabre) en 1912 et la création de la fédération japonaise de kendo en 1928.

Le kendo est un art martial traditionnel (Budo) qui a pris sa forme actuelle au fil de transformations successives. L'utilisation de l'armure (Bogu) et du sabre en bambou (shinai) date du XVIIIème siècle : auparavant, l'entraînement comportait uniquement des kihons (exercices) et des kata.

Dire que le kendo privilégie l'attaque au détriment de la défense n'est pas tout à fait exact. En réalité, il n'y a pas de différence fondamentale entre l'attaque et la défense. L'idée est de soumettre le partenaire / adversaire à une forte pression physique et mentale afin de le frapper soit directement (shikake-waza) soit avec une technique de défense - contre attaque (oji-waza), en fonction des circonstances.

Une action classique en kendo serait par exemple de menacer l'adversaire en pénétrant résolument dans la garde (semé). Si celui-ci est troublé, il y a une opportunité pour une attaque directe. S'il réagit en attaquant, il y a (théoriquement) une opportunité pour un oji-waza, comme par exemple men-nuki-do (une frappe au tronc lorsque l'adversaire lève les bras pour armer.

Il faut donc différencier en kendo la notion d'attaque de celle de frappe. Il faut en kendo (mais je crois que c'est universel) toujours attaquer, cad menacer, presser l'adversaire, manifester son énergie et sa détermination, mais la frappe peut s'effectuer dans des modalités qui peuvent apparaître défensives.
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MessageSujet: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Lun 05 Oct 2015, 16:00

merci pour tout se savoir partagé !!
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Lun 05 Oct 2015, 16:14

pascal a écrit:
J  Mais YAMAGUSHI a ses zones d'ombres, et ses emportements y compris à l'encontre de ses pairs (il aurait quasiment physiquement agressé Nagumo lors d'un dîner) me font relativiser mon premier avis.

Mais ma petite expérience (lectures) me fait penser que tous ces amiraux US et japonais étaient des hommes complexes

Je ne vois pas trop en quoi, le fait de vouloir mettre un pain à son voisin ternit l'image d'un individu. lol!
Un certain George Patton n'était pas, non plus, très fréquentable selon les règles du savoir-vivre de la bourgeoisie bostonienne.
Prendre une murge, même sévère, et faire le coup de poing avec ses semblables font, quasiment, partie de la tradition guerrière (militaire) japonaise et pas que, car la grosse "musette" nocturne hebdomadaire est, toujours, d'actualité, ne serait-ce que parmi les cadres des directions d'entreprises japonaises en Europe.
Ou ils ne tiennent pas l'alcool, ou, alors, ils l'ingèrent trop vite, mais qu'est-ce qu'ils se mettent derrière la cravate (de rigueur!) ! Shocked

A y regarder de plus près, son éviction de Princeton survient, curieusement, entre la ratification du Traité de Washington (6 février 1922), et son application officielle (21 août 1923), traité par lequel le Japon se fait éhontément "enfler" par les États-Unis. Je ne suis pas sûr que l'abus de boisson soit, en l’occurrence, le motif réel, car, on est, désormais, parti pour une petite vingtaine d'années de grosse tension, qui débouchera sur la déclaration de guerre nippone, en décembre 1941 Very Happy
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MessageSujet: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Lun 05 Oct 2015, 17:14

une question simple combien d officier japonais dans les écoles américaine a cette époque là ?? ( 1920-1925 )

le savoir qu ils avait acquit devait être ramener au japon immédiatement a cause des tensions après la signature du traité !
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Lun 05 Oct 2015, 22:18

Francis Marliere a écrit:
[…]
Takagi a écrit:
[…] Sport de combat individuel considéré comme une école du caractère, il prône l’attaque et ne préconise le port de protections que pour éviter que les combattants se blessent en pratiquant. Si l’on préfère, on y apprend que seule l’attaque peut permettre d’emporter la décision, et que la défensive est la stratégie des indécis, voués à perdre le combat au bout d’un temps plus ou moins long.
[…] Dire que le kendo privilégie l'attaque au détriment de la défense n'est pas tout à fait exact. […]
Prôner l'attaque ne signifie peut-être pas qu'elle soit « privilégiée au détriment de la défense… » ; le port de protections y est tout de même (un peu) préconisé…
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 05:57

@loïc

Citation :
Je ne vois pas trop en quoi, le fait de vouloir mettre un pain à son voisin ternit l'image d'un individu.

çà doit dépendre de quel côté de la praline on se trouve
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 09:25

pascal a écrit:
[…]
Citation :
Je ne vois pas trop en quoi, le fait de vouloir mettre un pain à son voisin ternit l'image d'un individu.
ça doit dépendre de quel côté de la praline on se trouve : marteau: : ambulance: : ken:
C'est en effet hautement vraisemblable !
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 14:02

Loïc Charpentier a écrit:
Je ne vois pas trop en quoi, le fait de vouloir mettre un pain à son voisin ternit l'image d'un individu.

En l'occurrence il ne s'agit pas d'une banale querelle d'ivrogne mais d'un amiral qui tente d'étrangler son supérieur hiérarchique. Cela fait tout de même désordre et en dit long sur la façon dont le processus de prise de décision a été kidnappé par certains ambitieux au Japon.
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 14:06

DahliaBleue a écrit:
Prôner l'attaque ne signifie peut-être pas qu'elle soit « privilégiée au détriment de la défense… » ; le port de protections y est tout de même (un peu) préconisé…

Le port de protection (bogu) est un peu plus que préconisé ... Je ne sais pas si des gens ont essayé de pratiquer sans l'armure, mais si c'est le cas, ils n'ont pas essayé longtemps. On sent, avec l'armure, assez certains coups pour imaginer ce qui se passerait sans armure.
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 14:07

D'autant que la nomination de Nagumo à la tête de la 1e Flotte aérienne n'avait pas fait que des heureux à commencer par le patron de la Flotte combinée qui aurait préféré qq comme Ozawa mais Nagumo était plus ancien dans le grade ...
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 14:08

Tout ces jeunes gens auraient dû pratiquer le rugby ils auraient vraiment su ce qu'est un sport de contact sans armure ! Mr.Red Boulet lol!
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 15:00

Francis Marliere a écrit:
Loïc Charpentier a écrit:
Je ne vois pas trop en quoi, le fait de vouloir mettre un pain à son voisin ternit l'image d'un individu.

En l'occurrence il ne s'agit pas d'une banale querelle d'ivrogne mais d'un amiral qui tente d'étrangler son supérieur hiérarchique. Cela fait tout de même désordre et en dit long sur la façon dont le processus de prise de décision a été kidnappé par certains ambitieux au Japon.


Il n'y a pas besoin de franchir la moitié du globe pour ce genre de prise de bec lol! ...
... Au printemps 1921, deux généraux espagnols, Dámaso Berenguer, Haut Commissaire au Maroc Espagnol, et Fernández Silvestre, gouverneur militaire de Melilla, en viendront aux mains, à bord de la canonnière, qui a amené le Haut Commissaire en visite d’inspection à Melilla; Berlinguer ayant, une nouvelle fois, interdit toute initiative personnelle et refusé, à Silvestre, les renforts réclamés, pour qu’il puisse mener une opération d’envergure. C'est l'enseigne de service qui parviendra à séparer les deux "camarades" de promotion de l’académie militaire de Tolède.

L'armée n'a jamais été ce corps de l'état aseptisé et "propre sur lui", comme on voudrait, souvent, nous le faire croire.
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 15:14

Certes, mais il y a une différence d'échelle entre un incident ponctuel lié à une situation extrême et un comportement hélas fréquent chez les militaires japonais de l'époque. De tête, je relève :
- les coups d'état contre le pouvoir civil, menés par des officiers subalternes ;
- les assassinats (et menaces / tentatives), toujours par des officiers subalternes, de militaires et politiques soupçonnés d'être favorable à l'apaisement avec les Etats-Unis, au point que l'amiral Yamamoto fut nommé commandant de la flotte combinée en partie pour le mettre à l'abri de ces exaltés ;
- l'attaque contre la canonnière américaine USS Panay, ordonnée par des officiers de terrain ;
- l'attitude de Yamamoto, qui impose à deux reprises (Pearl Harbor et Midway) son point de vue à l'Etat-Major de la marine (à chaque fois plus que réticent), alors que c'est à son supérieur, l'amiral Nagano (CEM de la marine) de définir la stratégie.
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 16:39

En fouillant bien, on devrait, assez facilement, trouver des comportements similaires dans toutes les armées.
On peut, également, reprocher l'attitude de l'armée nipponne, toutes armes confondues, vis-à-vis de la politique américaine, mais Washington était très loin d'avoir les "fesses propres," dans cette affaire, car il existait, au Japon, un vrai problème de ressources énergétiques, qui a motivé, sans l'excuser, sa politique expansionniste des années 1930.
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 16:41

Francis Marliere a écrit:
Certes, mais il y a une différence d'échelle entre un incident ponctuel lié à une situation extrême et un comportement hélas fréquent chez les militaires japonais de l'époque. De tête, je relève :
[…]
- […] au point que l'amiral Yamamoto fut nommé commandant de la flotte combinée en partie pour le mettre à l'abri de ces exaltés ;[…]
scratch … que l'État-major ne parvenait (donc) pas à neutraliser ? Ou bien qui étaient susceptibles de (re-)surgir après que les premiers l'aient été ? (un peu comme les têtes de l'Hydre de Lerne ?)
Citation :

-[…]
- l'attitude de Yamamoto, qui impose à deux reprises (Pearl Harbor et Midway) son point de vue à l’État-major de la marine (à chaque fois plus que réticent)[…]
[…] … à coups de poings aussi ? scratch
Citation :
[…] alors que c'est à son supérieur, l'amiral Nagano (CEM de la marine) de définir la stratégie.
… à moins que ce ne fût même du ressort du Quartier-général impérial ?
Nagano semble toutefois s'être fait l'avocat du plan d'attaque de Pearl Harbor (après pourtant avoir été réticent à l'entrée en guerre contre les États-Unis…)
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 16:52

Le fade Nagano valide PH en octobre du bout des lèvres parce que la "vedette" de l'IJN Yamamoto a mis sa démission dans la balance...

Au sein des forces armées japonaise l'influence des factions nationalistes est grande ces factions sont fagocitées par les officiers subalternes dont beaucoup sont des admirateurs de l'Allemagne nazie, l’État Major de l'Armée est fortement nationaliste celui de la Marine l'est dans une moindre mesure mais dans ces institutions les agissements de nombre d'officiers sont tolérés voir soutenus en sous main.

Au sein de l'IJN les membres de la faction des traitées (les officiers estimant que la recherche de la parité avec les USA était une hérésie militaire et une chimère industrielle) étaient parfois physiquement menacés par les factions nationalistes et notamment la faction de la Flotte dont les membres estimaient que des gens comme Yamamoto était au mieux mous au pire des traîtres.

Quand il prend la flotte combinée en 39 Yamamoto est en effet "exfiltré" par son mentor Yonaï curieusement parvenu au poste de ministre de la Marine alors qu'il est de la faction des traités; alors que Yamamoto avait pour destinée de devenir rapidement CEMM
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 17:01

Loïc, je peux me tromper, mais je ne pense pas qu'on trouve dans les autres forces armées de l'époque des comportements similaires. L'amiral Nimitz a été nommé CINPAC pour ses qualités, pas pour éviter qu'il soit assassiné. L'amiral Turner, qui avait des relations exécrables avec son supérieur l'amiral Fletcher lors de l'opération Watchtower n'a pour autant pas essayé de l'étrangler. Nimitz n'a jamais imposé frontalement une décision stratégique majeure à King comme Yamamoto l'a fait à deux reprises avec Nagumo.

En ce qui concerne, les motivations du Japon pour entrer en guerre, je crains que le manque de ressources naturelles (riz, pétrole, minerais, etc.) n'explique pas tout. Le Japon a craint au XIXème siècle d'être colonisé comme la plupart des autres pays d'Asie et s'est modernisé et militarisé à marche forcée. Les militaires ont ensuite pris le pouvoir et un mélange d'ambitions personnelles et de folie collective a amené le Japon et toute l'Asie du sud-est à la catastrophe.
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MessageSujet: Re: [Biographie] Tamon YAMAGUCHI   Mar 06 Oct 2015, 19:20

Francis Marliere a écrit:
Loïc, je peux me tromper, mais je ne pense pas qu'on trouve dans les autres forces armées de l'époque des comportements similaires. L'amiral Nimitz a été nommé CINPAC pour ses qualités, pas pour éviter qu'il soit assassiné. L'amiral Turner, qui avait des relations exécrables avec son supérieur l'amiral Fletcher lors de l'opération Watchtower n'a pour autant pas essayé de l'étrangler. Nimitz n'a jamais imposé frontalement une décision stratégique majeure à King comme Yamamoto l'a fait à deux reprises avec Nagumo.

En ce qui concerne, les motivations du Japon pour entrer en guerre, je crains que le manque de ressources naturelles (riz, pétrole, minerais, etc.) n'explique pas tout. Le Japon a craint au XIXème siècle d'être colonisé comme la plupart des autres pays d'Asie et s'est modernisé et militarisé à marche forcée. Les militaires ont ensuite pris le pouvoir et un mélange d'ambitions personnelles et de folie collective a amené le Japon et toute l'Asie du sud-est à la catastrophe.

Je suis d'accord mais l'US Navy et la marine impériale nipponne n'avaient, à l'époque, pas grand-chose de comparable, hormis qu'elles servaient, toutes deux, sur des bâtiments de facture similaire. Historiquement, en 1905, les japonais avaient mis à genoux le Tsar, alors que les américains, à part un cuirassé qui avait explosé en rade de la Havane et des escortes de convoi, en 14-18, eux, n'avaient pas grand-chose à mettre en avant depuis la guerre de Sécession. En plus, la tradition militaire nipponne remonte à la nuit des temps, celle des Américains, à 140 ans, en 1920. Quand on connait, un tout petit peu, l'esprit japonais, çà compte.

Le traité naval de Washington - de nos jours, c'est, désormais avéré - était un vaste enfumage des japonais, au profit des seuls américains, avec la complicité tacites des Anglais qui, après guerre, se retrouvait avec une flotte pléthorique sur les bras. A la même époque, nous avions, de notre côté, des régions à reconstruire, une population traumatisée, des millions de blessés de guerre, mais le gouvernement français n'avait pas été le dernier à faire la grimace au-dit traité, qu’il signera tardivement et à contre-coeur, en exigeant, au préalable, une date pour sa révision.

Après, le fonctionnement interne, les révoltes de palais, le régime politique semi-militaire (avec la bénédiction de l'Empereur)..." çà ne nous regarde pas".
Quand, dans une hiérarchie, structure sacro-sainte aux yeux des Japonais, un "subordonné" fait prévaloir ses idées, çà signifie, surtout, dans les cas évoqués, qu'il avait l'aval tacite de l'Empereur et de son entourage.
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