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 IJN Yamato en détails

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warburton
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyDim 26 Nov 2017, 20:08

bonsoir Hamiral.
des "Pascal": y'en a beaucoup sur le forum ? lol!
de plus, je lui ai fait un peu de pub jadis.
lui et Loïc commettent de temps en temps des articles qui se laissent lire.Mr.Red
mais que je déconseille à tout ceux qui bossent (?) dans les médias; ça pourrait les instruire. affraid
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robunker
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 09:44

Bonjour,

Je rejoins les autres, merci pour tous ces détails et ces superbes illustrations.

Impressionnante cette vue de la plage avant. La forme du pont me laisse coi.
Takagi a écrit:

IJN Yamato en détails - Page 4 Musash10
La plage avant du MUSASHI, photographiée le même jour.


study

Petite question subsidiaire, quelle est l'échelle de la maquette du Yamato Museum de Kure?
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robunker
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 09:52

robunker a écrit:
Bonjour,



Petite question subsidiaire, quelle est l'échelle de la maquette du Yamato Museum de Kure?

Bon ben j'ai la réponse, après une petite recherche rapide sur la toile. Réponse que j'aurai pu trouver dans ce sujet si j'avais pris le temps de le lire dans son intégralité d'ailleurs.
1/10ème. affraid affraid affraid
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DahliaBleue
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 10:18

robunker a écrit:
[…] Impressionnante cette vue de la plage avant. La forme du pont me laisse coi.
Citation :
[…] IJN Yamato en détails - Page 4 Musash10 La plage avant du MUSASHI, photographiée le même jour.
: study:
[…]
Il s'agit de l'effet de la fameuse ondulation Hiraga Yuzuru.

Cette photo figure aussi dans la livraison #13 de la revue LOS!

IJN Yamato en détails - Page 4 Los-13
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robunker
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 10:36

Bonjour,

Merci pour ces précisions.
DahliaBleue a écrit:

Cette photo figure aussi dans la livraison #13 de la revue LOS!

IJN Yamato en détails - Page 4 Los-13
J'ai découvert cette superbe revue bien plus tard, et je n'ai malheureusement pas encore complété ma "collection" (les finances lol! ) avec les numéros manquant.
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Takagi
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 17:41

pascal a écrit:
En revanche les compte-rendus des essais de vitesse et de consommation lors de la prise en recette des deux bâtiments ont été préservés.
Oui, je sais, mais ça fait peu en regard de ce qu'on sait sur les autres cuirassés japonais. Sad
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 17:55

Takagi a écrit:
pascal a écrit:
En revanche les compte-rendus des essais de vitesse et de consommation lors de la prise en recette des deux bâtiments ont été préservés.
Oui, je sais, mais ça fait peu en regard de ce qu'on sait sur les autres cuirassés japonais. Sad

Il y eut une volonté délibérée de secret et de préservation du secret entourant ces bâtiments ... durant la conception puis durant les constructions et les carrières et dans les dernières semaines de la guerre ... très peu de photos, des plans d'aménagement des procès-verbaux de recette ou d'essais sans parler des compte-rendus de réunion (quand il y en eu ! parce qu'en la matière les règles étaient draconiennes au regard de ce qui pouvait se passer en Europe ou aux États-Unis) à jamais perdus.

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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 18:03

pascal a écrit:
Il y eut une volonté délibérée de secret et de préservation du secret entourant ces bâtiments ... durant la conception puis durant les constructions et les carrières et dans les dernières semaines de la guerre ... très peu de photos, des plans d'aménagement des procès-verbaux de recette ou d'essais sans parler des compte-rendus de réunion (quand il y en eu ! parce qu'en la matière les règles étaient draconiennes au regard de ce qui pouvait se passer en Europe ou aux États-Unis) à jamais perdus.
Je sais tout cela.
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 18:14

Takagi a écrit:
pascal a écrit:
En revanche les compte-rendus des essais de vitesse et de consommation lors de la prise en recette des deux bâtiments ont été préservés.
Oui, je sais, mais ça fait peu en regard de ce qu'on sait sur les autres cuirassés japonais. Sad

Si tu souhaites informer au mieux un lectorat - même correctement pointu -, c'est amplement suffisant. Par contre, si tu envisages d'en construire un, à l'identique, dans ton jardin, effectivement, çà manque de précisions.  lol!

Ce n'est pas beaucoup mieux, à propos du Bismarck & du Tirpitz, car, même, quand on a récupéré ce qui semble être le dossier le plus complet, on constate, à un moment, qu'il manque des infos. Wink

Dans un domaine où je ne suis pas trop nul, le Panzerounet 39-45 - 2,50 m de large pour 7 mètres de long, pour les plus "gros"! -, à propos duquel j'empile, depuis des années, archives "techniques" officielles et d'usines... au final, il me manque, "systématiquement", des billes!... Ecrasées, poubellisées, brulées, jamais publiées ???? IJN Yamato en détails - Page 4 Coscorro

C'est, aussi, cette incertitude - en sus du frein des indispensables moyens financiers -, qui constitue tout le plaisir de ce travail (amateur) de recherche. Wink
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 27 Nov 2017, 18:23

Citation :
Je sais tout cela.

Je sais parfaitement que tu sais et pour cause thumright je n'écris pas çà pour te l'apprendre il s'agit d'un échange destiné à une communauté, dont le but est de faire partager et de générer la discussion
Wink
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Takagi
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyMer 15 Jan 2020, 20:26

Je renoue avec cette série d’articles sur le YAMATO que j’avais laissés en plan depuis quelques mois. Nonobstant le nombre impressionnant de publications dont ce cuirassé fait l’objet, il reste des choses intéressantes à dire.

La DCA principale des cuirassés de la classe YAMATO

La DCA principale du YAMATO comprenait, à l’origine, douze pièces de 127mm en trois tourelles doubles placées de part et d’autre de la superstructure centrale. En 1944, six autres tourelles furent installées sur la superstructure qui avait remplacé les 155mm latéraux. Sur le MUSASHI, ces pièces additionnelles n’eurent pas le temps d’être montées avant que le cuirassé fût coulé. Il est de notoriété publique que, malgré leur nombre, ces douze ou vingt-quatre pièces de 127 n’ont jamais eu l’efficacité de leurs homologues américaines. Plusieurs raisons de cette inefficacité sont connues et pertinentes, d’autres le sont moins ; nous y reviendrons au fil de cet article. Pour bien comprendre les lacunes de cette DCA, il faut l’aborder sous l’angle du système complet. Cela évite de se focaliser sur les seuls défauts des affûts doubles de 127mm – ou d’en inventer. Le système en question est la chaîne constituée par les moyens de veille, ceux de conduite de tir que sont les télépointeurs et les calculateurs, les affûts motorisés des canons, les canons eux-mêmes, les chaînes d’alimentation et enfin les obus.

Détection

Jusqu’à l’installation de radars (voir plus haut, Sam 07 Fév 2015, 17:00), la veille air était assurée par des moyens optiques depuis la plateforme de défense à vue située en haut de la tour avant (voir Sam 25 Nov 2017, 19:56). La veille lointaine était assurée par des veilleurs assistés de jumelles de 120 ou 180mm montées sur pied et de jumelles portatives, plus petites. En cas de détection d’un avion, l’alerte était donnée par interphone à la passerelle de combat, à la passerelle de navigation et aux PC de DCA. L’avion détecté était suivi par un des veilleurs qui pouvait envoyer un bien-pointé qui recopiait sur un cadran (il n’y avait pas d’asservissement des télépointeurs eux-mêmes) la circulaire des jumelles sur pied dans une ou deux (au choix du chef de défense à vue) tourelles de télépointage Type 94. Les interphones permettaient au chef de défense à vue ou aux chefs de secteurs de veille d’envoyer d’autres informations aux opérateurs des télépointeurs : distance et altitude approximatives, nombre et type d’avions, etc.

Évidemment, la première alerte pouvait également venir d’un autre navire de la force. Mais comme les plateformes de défense à vue n’avaient pas de moyen de communication directe entre elles, l’alerte devait passer par les PC radio, par signaux flottants ou lumineux avant d’être diffusée aux PC de DCA et aux veilleurs, ce qui n’était pas rapide.

Conduites de tir centralisé : télépointeurs et calculateurs

Le YAMATO disposait de quatre télépointeurs Type 94 ; ils servaient indistinctement à la conduite de tir des 127mm et des 155mm. Les deux situés le plus sur l’avant (au couple 125) avaient quelques améliorations pour aider le tir à grande distance des 155mm en antisurface ; les deux autres (au couple 131) seront débarqués, remplacés et relocalisés plus sur l’arrière (au couple 146) en 1944 par deux copies améliorées des premiers, augmentant les performances contre but flottant sur tout l’horizon des 155 comme des 127mm. En antiaérien, le fonctionnement des quatre conduites de tir était identique.

IJN Yamato en détails - Page 4 0111

IJN Yamato en détails - Page 4 0211

Le télépointeur Type 94, adopté en 1934 comme son nom l’indique, était une amélioration du Type 91 de 1931. Ce dernier avait montré plusieurs défauts : trop grande fragilité des optiques et des micro-mécanismes soumis aux vibrations, absence d’assistance hydraulique pour le pointage, absence de synchrotransmission des éléments angulaires qui devaient être affichés par un opérateur sur un pupitre qui les envoyait aux répétiteurs du PC calcul. Ce Type 91 se voulait une amélioration des télépointeurs HA Vickers par rapport auxquels l’affichage de l’altitude estimée du but avait été remplacé par une mesure de distance et un calcul de triangulation pour déterminer ladite altitude. C’était un net progrès qui permettait en théorie des tirs plus précis et qui permettait aussi d’engager des avions en glissade ou en montée. Ne nous attardons pas sur le mode opératoire du Type 91 car c’est celui du Type 94 qui nous intéresse dans le cadre de cet article.

Les améliorations apportées par le Type 94 (appelé Kōsha Sōchi, 94式高射装置) concernaient l’optique (trains de lentilles à montures souples pour amortir les vibrations, meilleur traitement de surface des optiques pour améliorer la vision nocturne), l’introduction de moteurs hydrauliques de pointage, l’installation de synchrotransmetteurs entre le télépointeur et le calculateur situé plus bas dans le navire, l’ajout d’une monture antisismique (si, si) sous le télépointeur pour éviter que les coups sur la coque ou ses vibrations se transmettent aux télépointeurs. Une autre amélioration portait sur le calculateur : le calculateur entièrement mécanique du Type 91 avait été remplacé par un conjugateur électromécanique qui exploitait directement les valeurs des synchrotransmetteurs et qui résistait bien mieux aux vibrations, les fragiles micro-mécanismes d’horlogerie en cuivre ayant été supprimés. Ce calculateur n’était pas situé dans le télépointeur mais dans le PC artillerie situé plus bas. Je le présenterai plus loin.

Bien qu’adopté en 1934, le télépointeur Type 94 n’a commencé à être produit en série par la Nippon Kōgaku Kōgyō (日本光學工業株式會社 , Optique du Japon S.A., devenue Nikon en 1946) qu’à partir de juin 1937, soit juste à temps pour les YAMATO. L’entreprise en produisait initialement cinq par mois, ce qui a permis d’en équiper tous les navires neufs et de remplacer les Type 91 sur pratiquement tous les navires modernisés à quelques exceptions près. Le Type 94 est resté la principale conduite de tir antiaérien de la Marine Impériale pendant toute la guerre ; les efforts entrepris en 1942 pour concevoir sa remplaçante n’aboutirent pas avant la fin. Sa maintenance était assez compliquée et demandait du personnel et un outillage spécialisés qui n’étaient disponibles que dans les arsenaux métropolitains et à Truk (sur un navire-atelier spécialisé), essentiellement à cause des optiques. Fort heureusement, les maintenances programmées lourdes étaient très espacées – autre gain des améliorations apportées par rapport au Type 91.

IJN Yamato en détails - Page 4 0310
Le télépointeur Type 94 sans le masque de sa tourelle

La mise en œuvre du télépointeur Type 94 demandait 7 personnes. Le principe était assez simple mais la manœuvre ne l’était pas : au signalement de l’alerte, la tourelle était orientée en circulaire et en élévation vers la cible signalée grâce à ses moteurs hydrauliques à télécommande électrique. Une lunette de 80mm à fort grossissement asservie au système permettait au pointeur chargé de ce recalage d’explorer plus finement le secteur angulaire indiqué, d’y relocaliser le but et de l’identifier si ce n’avait pas déjà été fait. Ce pointeur avait sous les yeux deux répétiteurs respectivement en site et en gisement des bien-pointés envoyés par les jumelles de la passerelle de défense à vue, en haut de la tour avant. Une fois qu’il avait mis le but dans cette lunette, il commandait les corrections angulaires à apporter jusqu’à ce que la cible soit dans le champ optique du télémètre. Par des jeux de miroirs, l’image vue par le télémètre était envoyée à deux opérateurs chargés d’assurer ensuite la poursuite fine en circulaire et en élévation ; pour ce faire, ils ne disposaient pas d’assistance en vitesse qui leur aurait permis de lisser leur vitesse de pointage. Ils visaient en maintenant le but au centre de leurs optiques déportées respectives. Un autre servant (qui était le chef de tourelle de télépointage) était chargé de la collimation du télémètre. Les optiques droite et gauche donnaient deux images qui se superposaient dans son collimateur : pour déterminer la distance, cet opérateur devait faire coïncider les deux images en orientant les miroirs au bout des bras de 4,50m d’empattement. L’angle et l’écartement des miroirs permettaient de calculer la distance du but visé, qui s’affichait automatiquement sur le cadran d’un autre opérateur dont le rôle principal était d’envoyer par interphone les distances au PC de lutte antiaérienne. Cette distance était également envoyée automatiquement au calculateur de tir que nous verrons plus loin. Ensuite, le servant de télémétrie / chef de tourelle devait entretenir la coïncidence des images, sans plus d’assistance que les opérateurs de pointage angulaire. Les deux derniers servants de la tourelle étaient chargés d’en compenser les mouvements de plateforme sur deux axes. Pour ce faire, ils disposaient de recopies de la centrale de cap et de verticale du cuirassé, corrigées pour être dans le repère angulaire du télémètre (et non du navire) ; leur rôle était de contrer ces mouvements pour assurer la stabilité sur deux axes du repère de visée. Une fois que la poursuite en circulaire, élévation et distance était calée et correctement entretenue, le but était déclaré « en poursuite » par le chef de télépointeur. Cette première phase, on le comprend, prenait un certain temps.

En l’absence d’assistance tachymétrique tant en distance qu’en angulaire, la mise en œuvre de l’ensemble demandait un bon entraînement. L’opérateur de télémétrie devait savoir à quelle vitesse de pointage de ses miroirs correspondait la vitesse de l’avion qui arrivait. Cela lui permettait de gagner un temps précieux lors de la prise de poursuite. Il devait également avoir une idée de la vitesse de cet avion, et comme cette estimation n’était pas fournie par les systèmes de veille du cuirassé, elle ne pouvait être faite qu’en potassant et mémorisant les manuels de renseignement et d’identification. De même, les opérateurs de pointage angulaire gagnaient à connaître les vitesses angulaires typiques des cibles en fonction de leur distance et, là encore, de leur vitesse estimée. Une équipe bien entraînée parvenait à passer en poursuite 10 secondes après avoir mis la cible dans les réticules, mais ce laps de temps pouvait monter à 20 secondes – ce qui était encore très inférieur aux délais observés au centre de formation initiale de l’artillerie. En outre, le 94式高射装置 souffrait des limites des conduites de tir optiques : incapacité à servir de nuit (ce qui n’était pas bien pénalisant à une époque où les avions n’attaquaient pas de nuit), sensibilité aux nuages (dont les pilotes américains sauront parfaitement jouer lors de l’attaque du YAMATO le 7 avril 1945), sensibilité aux manœuvres évasives des avions qui toutes pouvaient retarder ou ruiner le passage en mode poursuite, imprécision du télémètre optique à grande distance, impossibilité d’installer un asservissement qui aurait entretenu les éléments de pointage en lieu et place des servants.

Les performances chiffrées du Kōsha Sōchi Type 94 étaient les suivantes :
  • Roulis maximal admissible +/-15°
  • Butées en site -5 et +105°
  • Butées en circulaire +/- 220° de part et d’autre du travers (limitation due à la longueur des traînards de câbles électriques)
  • Vitesses maximales de pointage : 8°/s en élévation, 16°/s en circulaire
  • Cross-roll maximal (autour de la ligne de visée) +/-10° correspondant au débattement des bras du télémètre et qui servait à compenser les mouvements de plateforme
  • Précision de pointage 0°12’ (soit un cinquième de degré), réduite à 10’ en 1944
  • Temps moyen de passage en poursuite : 10 à 20 secondes (voir texte)


En termes de dimensions, ce télépointeur avait une assise de 5m de diamètre et une hauteur d’environ 1,60m. Il pesait 3,5 tonnes. À l’intérieur, le piédestal du système électro-optique faisait 1,80m de diamètre.
 
Ce n’est qu’une fois que le but était « en poursuite » que le conjugateur électromécanique pouvait prendre le relais et commencer à calculer les éléments de tir. Ce conjugateur, lui aussi mis au point en 1934, était appelé Kōsha Shagekiban Type 94 (94式高射射撃盤). Il était le premier véritable calculateur mis en service dans la Marine Impériale et présentait un net progrès par rapport aux matériels antérieurs.

IJN Yamato en détails - Page 4 0410
Vue de dessus du calculateur Type 94
Je n'ai pas réussi à déchiffrer les petites inscriptions.

Le Kōsha Shagekiban recevait du Kōsha Sōchi les vitesses angulaires et la vitesse radiale (sur la ligne de visée inclinée) du but, qui étaient en fait les commandes en vitesse appliquées par les différents servants de télépointage et transmises par les Selsin (abréviation de Self-Synchronising), ancêtres des synchrotransmetteurs des années 1960. Le Kōsha Shagekiban les conjuguait avec les mouvements de plateforme du cuirassé grâce à un résolveur sphérique afin d’affranchir les affûts du roulis, du tangage et du lacet. Il corrigeait la parallaxe (écart entre les canons et les télépointeurs). Il intégrait aussi la vitesse loch du YAMATO pour corriger la vitesse latérale des buts, ainsi que la force et la direction du vent mesurées par les anémomètres installés au bout des grandes vergues en V sur l’arrière de la tour avant. Ces éléments servaient à élaborer les déflections en latérale et en élévation qu’il fallait ajouter aux éléments de tir.
Le roulis, le tangage et le lacet n’étaient envoyés au 94式高射射撃盤 qu’en position angulaire, pas en vitesse angulaire. Cela signifiait que seuls les mouvements de plateforme relativement lents pouvaient être à peu près corrigés ; les manœuvres brusques déréglaient les conduites de tir qui « pédalaient » derrière le but futur, faute d’avoir pu anticiper sa position relative en intégrant les vitesses angulaires de la plateforme. La chose peut paraître singulière puisque la manœuvre d’esquive, considérée tout au long de la guerre comme la meilleure façon d’éviter bombes et torpilles, déréglait le tir contre les porteurs des mêmes bombes et torpilles. Ce défaut, commun à toutes les conduites de tir des années 1930 quelle que fût leur nationalité, était amplifié sur les navires japonais par l’absence d’assistance tachymétrique à la poursuite en distance et en angulaire : une fois déréglé, le tir devait être reréglé entièrement et comme précédemment, avec des délais pénalisants. Si les conduites de tir étaient restées en poursuite et les affûts en télécommande pendant la manœuvre, les éléments de tir que les premières envoyaient aux seconds étaient faux pendant quelques secondes. Le seul palliatif consistait à désengager la poursuite et à laisser les chefs de pièce tirer en contrôle local, mais le délai pour repasser ensuite en télécommande était de quelques secondes à un moment où, en général, il faut tirer en continu et avec précision.

En sortie, le 94式高射射撃盤 donnait la circulaire et l’élévation qu’il fallait envoyer (via d’autres Selsin) aux moteurs de pointage des affûts de 127mm et le temps de vol qu’il fallait envoyer aux tempeurs des canons pour que l’obus aille sur le but futur et qu’il explose à proximité d’icelle. Le tempeur remontait un détonateur chronométrique en faisant tourner la tête dudit détonateur d’un angle proportionnel au temps de vol estimé.

Physiquement, le Kōsha Shagekiban Type 94 n’était pas très encombrant. Il faisait 1,50m de long, 0,92m de large et 0,58m de haut. Il pesait 1250kg.
Ses performances chiffrées étaient les suivantes :
  • Distances de poursuite : 1500 à 20 000 m (but actuel)
  • Altitudes de poursuite : 0 à 10 000 m (but actuel)
  • Distance de tir autorisé (but futur) : 700 à 12 500m
  • Vitesses but prises en compte : +500 à -500 nd
  • Temps d’élaboration d’une solution de tir : 10 à 20 secondes
  • Déflections limites données par le calculateur : +/-45° en latéral, +/-30° en verticale
  • Tempage : de 1 à 43 secondes (1 seconde = tir sur but futur à 700m, 43s pour tir contre but flottant)
  • Précision du tempage calculé : 0,02s (environ 14m pour un obus à 720m/s qui était la vitesse initiale, 10m pour un obus à 500m/s)
  • Correction de tempage : l’opérateur pouvait afficher une correction de tempage de 0 à +/- 10s. Cela lui permettait de corriger les effets d’un vent mal estimé ou d’obliger les obus à exploser devant les avions pour créer un mur de shrapnels
  • Corrections en distance : de +3000m à -3000m


S’il présentait un progrès très net sur les précédents systèmes de réglage du tir antiaérien (devenus inopérants sur les avions de la fin des années 1930 et contre les bombardiers en piqué), le Kōsha Shagekiban mettait jusqu’à vingt secondes pour élaborer une solution de tir. Dix à vingt secondes pour que le télépointeur passe en poursuite, puis autant pour que le calculateur trouve les éléments de tir : pendant ce temps, l’avion visé parcourait 3000 à 4000m, sans que les 127mm pussent passer en télécommande. Si le pilote de l’avion manœuvrait, il fallait recommencer le calcul avec les nouvelles vitesses (en espérant que l’équipe du télépointeur n’avait pas perdu le but). On le comprend : les lenteurs du système de conduite de tir constituaient une des principales faiblesses de la DCA lourde de tous les bâtiments japonais, et la multiplication des canons n’y changeait strictement rien.

Les Japonais se sont aperçus des limites du Kōsha Shagekiban dès le conflit contre la Chine entre 1937 et 1941. Les premières opérations de la Guerre du Pacifique ne firent que confirmer le constat. Cela explique que, la plupart du temps, les servants préféraient utiliser le mode dégradé de leurs conduites de tir : au lieu de calculer la distance du but futur à partir de la distance du but actuel, de ses défilements angulaires et des diverses déflections, ils affichaient une distance prédéterminée sur la face avant du Kōsha Shagekiban. Cela accélérait grandement le calcul d’éléments de tir, mais il était évident que cela ne permettait qu’un tir de barrage : en affichant par exemple une distance fixe de 3000m face à un but en approche à 5000m, on forçait les tempeurs à régler les détonateurs pour que les obus explosent à 3000m et on affranchissait le Kōsha Shagekiban d’un lent calcul de distance du but futur. On pouvait ainsi créer un mur de shrapnells à 3000m du bateau, devant l’avion, en espérant que celui-ci allait tenter de traverser ce mur. L’efficacité de la tactique augmentait quand on prenait deux ou trois tourelles en télécommande : un ensemble de trois tourelles tirait plus d’un obus de 127mm par seconde, rendant le mur de shrapnells très risqué à franchir.

IJN Yamato en détails - Page 4 0510

Deux vues des modifications apportées en 1944

IJN Yamato en détails - Page 4 0610

Même quand le nombre de 127mm du YAMATO a été doublé, le nombre de conduites de tir est resté égal à quatre : de quoi effectuer en théorie deux barrages de shrapnells de chaque bord. Indépendamment de cela, la modernisation de 1944 a relocalisé sur l’arrière (au niveau du mât principal) et a remplacé les deux Kōsha Sōchi précédemment de part et d’autre du pied de cheminée, d’où ils laissaient un angle mort sur l’arrière du cuirassé – autre lacune du système de conduite de tir de 1941.

Il est à noter que le remplacement des 127mm/L40 par des 100mm/L60 sur les derniers YAMATO (qui n’ont jamais vu le jour) n’aurait en rien corrigé ces limites des conduites de tir.

Canons et tourelles de 127mm

Les canons de 127mm du YAMATO étaient les habituels 127mm/L40 Type 89 qui équipaient pratiquement tous les navires de combat de la Marine Impériale. Il s’agissait d’une amélioration du Type 88 de 1928 qui n’avait été monté qu’en deux exemplaires sur les sous-marins I-5 et I-6. Adopté en 1929 comme son nom l’indique en tant qu’arme à double emploi, il a attendu 1931 pour que son affût motorisé soit au point (en même temps que la conduite de tir Type 91 avec laquelle ses moteurs de pointage étaient interfacés) et est entré en production le 6 février 1932, cinq ans avant la mise en chantier du YAMATO. De 1932 à 1945, quelque 1306 de ces canons sont sortis des chaînes de production.

Le canon lui-même était très conventionnel : une volée faite d’un tube monobloc avec une chemise interne autofrettée. Ce canon pesait 3,1 tonnes et faisait 5,28m de long, dont 5,08m pour le tube (40 fois 127mm, d’où le L/40). Son âme était rayée pour imprimer aux obus le mouvement de rotation qui les stabilisait sur leur trajectoire ; les rayures couvraient les 4,45m de l’avant du tube, faisaient 1,5mm de profondeur pour 6mm de large et tournaient avec un pas de 1/28. Deux freins de recul (amortisseurs hydrauliques) étaient installés sur chacun des tubes ; le recul était limité à 45cm et réarmait le mécanisme de rechargement pour le tir suivant.

Le tube étant relativement court, la vitesse initiale de l’obus qui en sortait était limitée à 720m/s. Si cette vitesse limitait le plafond de tir à 9400m sous 90° d’élévation (ce qui n’était pas gênant pour un emploi à la mer mais qui l’était plus pour les pièces utilisées en DCA terrestre), elle limitait l’usure et garantissait une bonne durée de vie de la chemise intérieure : 800 à 1500 coups, variable en fonction du type de munitions utilisées et de l’entretien des pièces.

Le rechargement était automatique et pouvait se faire dans toutes les positions, même à 90° d’élévation ou à -8° de dépression (butées mécaniques de pointage en élévation). Le refouloir (qui pousse les obus dans la chambre de tir avant fermeture de la culasse) était à ressort et cliquet, la remise au recul étant actionnée par le recul des canons.

Les tempeurs étaient solidaires des tubes et installés juste à côté de la culasse de manière à ne copier le tempage qu’au moment de tirer.

Les Japonais appréciaient ce canon pour sa robustesse, sa fiabilité, sa facilité de maintenance, sa simplicité de mise en œuvre et sa cadence de tir. Celle-ci était de 14 coups par minute tant que le couloir d’alimentation était garni ; elle tombait à 8 coups par minute si le tir dépassait la capacité des couloirs d’alimentation sur le YAMATO. Des cadences de tir plus élevées (16 à 20 coups par minute) figurent ici ou là, mais elles ne concernaient que les batteries terrestres, dont l’approvisionnement était entièrement effectué à la main. À bord, la cadence de 14 coups par minute était dictée par les élévateurs des couloirs d’alimentation.

IJN Yamato en détails - Page 4 Musash11
Les 127mm du MUSASHI

Chaque canon de 127mm/L40 Type 89 avait les caractéristiques chiffrées suivantes :
  • Calibre : 127mm
  • Masse (y compris le mécanisme de culasse) : 3100kg
  • Longueur totale : 5,284m
  • Longueur du tube seul : 5,080m
  • Longueur de la chambre de combustion : 534,4mm
  • Volume de la chambre de combustion : 9000cm3
  • Longueur de la partie rainurée : 4,450m
  • Rayures du tube interne : 36 rayures de 1,52mm de profondeur sur 6,63mm de large, pas de 1/28
  • Vitesse initiale : 720 à 725mm/s (variable en fonction du type d’obus)
  • Pression maximale dans la chambre de combustion : 2500 à 2530 kg/cm²
  • Portée 14 700m sur but flottant, 9440m sur but aérien sous 90° d’élévation
  • Durée de vie du tube : 800 à 1500 coups (variable en fonction du type d’obus)


Les affûts qui équipaient les YAMATO à l’origine étaient des A1 Mod3. Les moteurs de pointage permettaient une vitesse de pointage de 12°/s en élévation et de 16°/s en circulaire. À titre de comparaison, les affûts doubles de 127mm américains (dont il y eut plusieurs modèles avec des performances légèrement différentes) avaient des vitesses de pointage de 15°/s en élévation et de 15°/s en circulaire (30°/s en mode de recalage rapide).

Les obus de 127mm

Les 127mm/L40 Type 89 pouvaient tirer plusieurs types de munitions dont certaines n’ont jamais été embarquées sur les YAMATO. Les principales utilisées en service étaient :
  • l’obus explosif (HE) Type 0, utilisé en antiaérien comme en tir contre but flottant,
  • l’obus éclairant
  • (à partir de 1944) l’obus à phosphore et shrapnel Type 3

L’obus antiaérien Type 0 était encartouché, c’est-à-dire solidaire de sa douille (jusqu’au tir, s’entend). Chaque ensemble obus + douille pesait 34,320kg dont 23,450kg rien que pour l’obus. L’explosion projetait les shrapnels sur un rayon efficace donné à 26m mais cette estimation datait des essais du canon en 1931 contre des biplans partiellement entoilés ; contre les appareils des années 1940, bien mieux protégés et plus robustes, ce rayon efficace était moindre (une grosse quinzaine de mètres).

IJN Yamato en détails - Page 4 0710
Obus de 127mm (il s'agit d'un Type 88, pas d'un Type 0) et, à droite, un obus de 25mm de la DCA légère.
Ces obus sont exposés au Yamato Museum de Kure.

Fabriqués par 知時計電気せいぞ株式会社 (Aichi Tokei Denki Seizo Kabushiki Kaisha, Entreprise de Fabrication de Montres et Équipements Électriques Aichi), les détonateurs étaient à double effet, inertiel et chronométrique. Ils faisaient éclater l’obus soit à l’impact, soit au bout d’un temps de vol précalculé et réglé en remontant la tête du détonateur d’un angle correspondant au temps de vol. Le mécanisme d’horlogerie avait une précision de l’ordre de +/-50m aux vitesses usuelles des obus.
Les Japonais n’ont jamais pu remplacer ce détonateur par un modèle à fusée de proximité comparable à ceux des Américains. Des estimations faites dans les années 70 conclurent que la fusée de proximité triplait l’efficacité des tirs : elle était plus précise que le tempage, faisait presque toujours exploser l’obus devant l’avion sans risque de voir l’obus dépasser celui-ci, et provoquait l’éclatement même quand l’avion était beaucoup plus proche que la cible calculée.

Les YAMATO embarquaient initialement 300 obus par canon de 127mm. À l’origine, il n’y avait qu’une soute à munitions de 127mm de chaque bord, alimentant chacune ses trois affûts. En 1944, la soute à munitions de la tourelle latérale de 155mm débarquée a été modifiée pour servir de soute aux trois nouveaux affûts de 127 ; sa capacité en obus de 127mm n’est pas connue (elle était initialement de 450 obus de 155mm, soit 150 par pièce).

Conclusions

L’inefficacité de la DCA lourde dy YAMATO n’est imputable ni au canon de 127mm/L40 Type 89, ni à l’affût motorisé A1 Mod3. S’il fallait lister les trois principales causes de cette inefficacité, le résultat serait :
  • la lenteur du calculateur Kōsha Shagekiban Type 94 à élaborer des solutions de tir
  • la lourdeur de mise en œuvre et l’absence d’assistance au pointage du télépointeur Kōsha Sōchi Type 94
  • l’absence de fusée de proximité sur les obus


Et au-delà du cas des YAMATO, ces conclusions expliquent l’inefficacité relative de toute la DCA de la Marine Impériale Japonaise tout au long de la guerre, malgré la multiplication des pièces de 127mm. Même les AKIZUKI, le TAIHŌ et l’ŌYODO, équipés de canons de 100mm en lieu et place des 127mm, étaient équipés de l’ensemble de télépointage et conduite de tir Type 94.

Plusieurs publications nippones des années 1970-80 ont tenté de remonter à la source de ces faiblesses technologiques. Elles ont pointé du doigt le retard pris par le Japon des années 1930-40 dans les technologies électroniques (radar, asservissements, calculateurs, fusées de proximité radar) et, en amont de ce retard, les vagues frénétiques de mobilisation effectuées par les deux armées dans la jeunesse japonaise à partir de 1931 et surtout de 1937 pour le conflit contre la Chine : les recruteurs arguaient que les jeunes avaient mieux à faire que d’étudier les nouvelles technologies et de développer ce qui était présenté comme des gadgets. Mais cela est une autre histoire et déborde du cadre de cette rubrique. On ne peut cependant s’empêcher de constater que la Marine Impériale a fait toute la guerre avec des systèmes d’armes et de détection dont beaucoup avaient été développés avant 1937. Coïncidence ?

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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyMer 15 Jan 2020, 20:57

Citation :
Si le pilote de l’avion manœuvrait, il fallait recommencer le calcul avec les nouvelles vitesses (en espérant que l’équipe du télépointeur n’avait pas perdu le but). On le comprend : les lenteurs du système de conduite de tir constituaient une des principales faiblesses de la DCA lourde de tous les bâtiments japonais, et la multiplication des canons n’y changeait strictement rien.

Citation :
mais il était évident que cela ne permettait qu’un tir de barrage

Contrairement à la philosophie de la DCA US fondée sur la poursuite de la cible - notamment grâce à la DCA automatique de moyen calibre (mais pas que) - les pièces lourdes japonaises avaient pour mission de "remplir" une zone déterminée d'éclats de manière à la rendre dangereuse pour tout aéronef la traversant.

Il est intéressant de constater que les Air Action Report US consacrent quasiment tous la densité du feu japonais - à des altitudes bien précises - mais guère sa précision. En clair il fallait faire attention où l'on volait ou plus exactement où l'on passait.
Une des limites de la DCA japonaise résidait dans l'espace qui prévalait entre les bâtiments dans les formations anti-aériennes et les manoeuvres violentes de chaque bâtiment qui rendaient les visées parfois difficiles compte tenue des délais imposés par les calculateurs électromécaniques.

Les Américains naviguaient en formations plus resserrées, leurs évolutions étaient moins violentes; ces escadres offraient de surcroit une densité considérable à partir de la fin 42.
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyDim 19 Avr 2020, 20:23

pascal a écrit:
[...]
Une des limites de la DCA japonaise résidait dans l'espace qui prévalait entre les bâtiments dans les formations anti-aériennes [...]

C'était en partie vrai au début de la guerre, mais faux après. La formation antiaérienne circulaire adoptée fin 1942 avait un rayon de 1500m entre le navire à protéger (au centre du cercle) et les escorteurs. Lors de l'opération Ten-Go, les neuf escorteurs (le YAHAGI faisait partie de l'écran) étaient espacés d'un millier de mètres les uns des autres.

Avant 1942, quand l'escadre naviguait en formation antiaérienne, c'est-à-dire sans laisser liberté de formation et de manœuvre aux divisions de croiseurs et de contre-torpilleurs qui formaient l'écran, le rayon de la formation était de 3000m.

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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyDim 19 Avr 2020, 22:08

Une des explications est à trouver dans l'apparition du radar de veille air qui se généralise au sein de la Marine impériale - péniblement - à compter d'octobre-novembre 1942, le premier usage opérationnel pour les Japonais c'est à Santa Cruz et encore ... les informations communiquées par les radaristes outre les marges d'erreur ont beaucoup de mal à être assimilées par l'EM japonais.

Début 42 et durant près d'un an l'absence de radar "oblige" une formation très lâche autour des grandes unités car celles évoluant loin en périphérie jouent le rôle de sonnettes de défense aérienne, cela et l'absence quasi totale de radio à bord des chasseurs explique bien souvent les CAP se guidaient sur les éclatements de DCA des bâtiments de l'écran lointain. A Midway quand l'aviation de l'atoll attaque les 4 p-a de Nagumo ceux-ci sont entouré seulement de 4 grandes unités réellement susceptibles de leur offrir un parapluie de DCA Tone, Chikuma, Haruna, Kirishima ils évoluent entre 6000 et 10 000 m des p-a. Les seuls bâtiments à naviguer près d'eux sont pour chacun leur "plane guard destroyer".
Il en va de même pour les autres grands combats à une exception notable ... la force principale MO en mai 42 qui voit les 4 CA de Goto évoluer en diamant à 1500 m du Shoho ... et encore au début de l'attaque car au cours du combat (et les photos prises par les américains l'attestent) le Shoho évolue seul avec le Sazanami son "plane guard destroyer". Mais cette formation est peut-être due au rôle joué par cette escadre dans le plan japonais: la protection en avant garde des opérations de mise en place des forces d'invasion.

Côté US on est déjà sur des distances de 1500 /2000 m y compris pour les cuirassés rapides mais on a déjà des radars ... les p-a japonais eux se battent presque seuls

En 44 quand les combats entre grandes formations reprennent et que la plupart les bâtiments ont au moins un Type 13 on resserre les rangs mais toujours avec les mêmes doctrines de feu ... D'ailleurs ces formations circulaires ne tiennent guère sous les attaques, les clichés pris en octobre 44 aux Philippines sont assez parlants à ce sujet, çà part dans tous les sens et c'est un peu du chacun pour soi et Dieu pour tous dès les premiers assauts.
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 20 Avr 2020, 03:16

pascal a écrit:
[,,,] D'ailleurs ces formations circulaires ne tiennent guère sous les attaques, les clichés pris en octobre 44 aux Philippines sont assez parlants à ce sujet, çà part dans tous les sens et c'est un peu du chacun pour soi et Dieu pour tous dès les premiers assauts.

Oui : quand on a une DCA médiocre, on privilégie la manœuvre d'esquive par rapport à la tenue de formation. Assez rapidement, la formation initiale se distend. Lors de l'opération Ten-Go, le YAMATO avait initialement et pour lui tout seul neuf escorteurs (le YAHAGI étant dans le cercle) en cercle à 1500m de lui : une des plus fortes escortes d'un groupe japonais pendant la guerre. Assez rapidement cependant, la formation s'est retrouvée disloquée par les manœuvres d'esquive.

Les Américains avaient une bien meilleure confiance que les Japonais dans les capacités de leur DCA : à partir de 1943, ils privilégiaient la tenue de formation.

Le débat de l’œuf et la poule n'est pas loin. lol!
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyDim 30 Aoû 2020, 18:20

En complément à mon article sur l'artillerie de 457mm des YAMATO, j'ajoute une photo prise après la guerre d'une tourelle inachevée destinée au SHINANO. L'absence des canons et des blindages de la tourelle permet de voir des détails de la partie oscillante.

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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyDim 30 Aoû 2020, 19:36

La pièce "A" pourrait être un bouclier pare éclat, dont la forme lui permet d'assurer sa fonction (empêcher la pénétration d'éclats en tourelle par l'espace découvrant sous le tube) quelle que soit l'élévation du tube
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyDim 30 Aoû 2020, 20:06

pascal a écrit:
La pièce "A" pourrait être un bouclier pare éclat (...)


  • La pièce A pourrait est le bouclier qui obstrue le trou laissé béant sous le tube quand celui-ci est en élévation
  • P est le manchon dans lequel le canon de 457mm coulisse quand il recule
  • B porte la masse oscillante
  • C est le tourillon d'élévation

Les trois canons pouvaient être pointés séparément en élévation.

Sur le haut de l'affût, on aperçoit les freins hydrauliques de recul.

Entre les deux emplacements de canon, on devine un officier américain reconnaissable à sa casquette et un ingénieur japonais en costume cravate.
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyLun 31 Aoû 2020, 21:59

Citation :
En complément à mon article sur l'artillerie de 457mm des YAMATO, j'ajoute […]IJN Yamato en détails - Page 4 Shinan11 : study:
Citation :
[…] P est le manchon dans lequel le canon de 457mm coulisse quand il recule […] : marin:
457 ? Il subsiste toujours un doute sur le calibre de cette artillerie ? study
Il est vrai que 3mm, c'est petit.
Faudrait renflouer les deux monstres pour vérifier.
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyMar 01 Sep 2020, 06:20

457 mm est un raccourci US correspondant à leur 18", les Japonais "fonctionnent" en cm pour les calibres au delà du 4 cm (de mémoire)

L'appellation "officielle" est 40 cm (spécial) ou 40cm/45 Type 94, le "vrai" calibre est 46 cm
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyMar 01 Sep 2020, 10:16

pascal a écrit:
457 mm est un raccourci US correspondant à leur 18", les Japonais "fonctionnent" en cm pour les calibres au delà du 4 cm (de mémoire)

L'appellation "officielle" est 40 cm (spécial) ou 40cm/45 Type 94, le "vrai" calibre est 46 cm
Super ! IJN Yamato en détails - Page 4 Smiley_a
Du coup ça m'a poussée à me replonger (avec délices, bien sûr !) dans la revue LOS!#13 (mars_avril 2014) study . Où j'ai bien retrouvé ces mêmes indications. thumleft

sauf, peut-être "40 cm (spécial)", ni "40cm/45 Type…"

* Qu'il me soit permis de profiter de l'occasion pour soulever un autre questionnement :

=> à la page 22 de cette même revue, il est écrit :
« Si le Yamato est moins long que le Hood, (262 m), en revanche… »

scratch
Vraiment moins long ?
Yamato = 263m ht - 256m fl
Hood = 8603/4 oa - 810 pp => 262,36m ht - 246,90m pp

Je tinoise, évidemment IJN Yamato en détails - Page 4 Kommmalh mais n'eût-il pas été plus exact d'écrire : « Si le Yamato n'est pas beaucoup plus long que le Hood, (263m contre 262), en revanche… »

Ou alors, c'est la longueur entre perpendiculaires qui est erronée.
Selon les sources, celle du Yamato serait de 800,5 pieds. Soit 244m pp. Ce qui est effectivement inférieur (de peu) à celle du Hood
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyMar 01 Sep 2020, 13:20

DahliaBleue a écrit:
pascal a écrit:
457 mm est un raccourci US correspondant à leur 18", les Japonais "fonctionnent" en cm pour les calibres au delà du 4 cm (de mémoire)

L'appellation "officielle" est 40 cm (spécial) ou 40cm/45 Type 94, le "vrai" calibre est 46 cm
Super ! IJN Yamato en détails - Page 4 Smiley_a
Du coup ça m'a poussée à me replonger (avec délices, bien sûr !) dans la revue LOS!#13 (mars_avril 2014) study . Où j'ai bien retrouvé ces mêmes indications. thumleft

sauf, peut-être "40 cm (spécial)", ni "40cm/45 Type…"

* Qu'il me soit permis de profiter de l'occasion pour soulever un autre questionnement :

=> à la page 22 de cette même revue, il est écrit :
« Si le Yamato est moins long que le Hood, (262 m), en revanche… »

scratch
Vraiment moins long ?
Yamato = 263m ht - 256m fl
Hood = 8603/4 oa - 810 pp => 262,36m ht - 246,90m pp

Je tinoise, évidemment IJN Yamato en détails - Page 4 Kommmalh mais n'eût-il pas été plus exact d'écrire : « Si le Yamato n'est pas beaucoup plus long que le Hood, (263m contre 262), en revanche… »

Ou alors, c'est la longueur entre perpendiculaires qui est erronée.
Selon les sources, celle du Yamato serait de 800,5 pieds. Soit 244m pp. Ce qui est effectivement inférieur (de peu) à celle du Hood

Ne serait-ce pas un article issu de la plume d'un certain Pascal C. ?  S'il s'agit bien de lui, je crois savoir qu'il fréquente, "de temps en temps", le forum.lol!

En ce qui concerne les canons de marine, notamment les pièces de très gros calibres, c'est un sujet (très) pointu que peu d'auteurs étrangers maitrisent correctement; de fait, pour tâtouiller, à peu près correctement, dans le domaine de l'artillerie navale, il convient, souvent, de devoir potasser, au préalable, les vieux grimoires de la fin des XIX et début des XXème siècles, traitant du sujet. C'est, à ma connaissance, ce qu'avait fait, dans son p'tit coin, le dénommé Pascal C., durant la période 2014-2020, car l'écriture de "Petits Mickeys" - ne serait-ce que pour de simples raisons de satisfaction personnelle! - impose la (nécessaire) maitrise optimale du sujet traité.  NOTA : Dans un genre de domaines assez similaires, Alain (Niala), Clausewitz et d'autres, ici-même, ont, eux-aussi, été, souvent, "contraints" à réviser leurs fondamentaux - comme disent les rugbymen! Very Happy  -.

En ce qui concerne les dimensions - c'est, aussi valable pour l'artillerie -, il y a, déjà, le problème de leur expression selon les sources exploitées et le système de mesures utilisé, métrique, impérial GB, "impérial" américain (qui peut, parfois, être légèrement différent du précédent:mur:), etc.  A noter, par exemple, que les marines allemandes ou françaises exprimaient la longueur d'une pièce en calibres (X fois le diamètre de l'âme), mesurée de l'extrémité de la culasse à celle de la gueule. A l'inverse, chez les Brits  (et, aussi, les Américains), il existe, également, une règle qui ne prend en compte que la partie rayée du tube! Au final, dans les ouvrages "relativement" récents, les deux mesures sont, souvent, indiquées.

Pour les dimensions  - longueur, largeur, hauteur (indication rare!), tirant d'eau - les règles de mesure dépendent souvent de la nationalité du bâtiment et des "critères" imposés par les services nationaux "d'homologation" ou de recette - le "Bureau Veritas", civil et/ou militaire local! -.  A propos des déplacements "standards", la RN, après le Traité de Washington, ratifié en 1922, avait, soigneusement, fait le forcing pour qu'aucune chatte ne puisse y retrouver ses petits! Very Happy
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyMar 01 Sep 2020, 22:21

J'ai repris mes grimoires ... Pour le Yamato et le Hood

-la longueur hors-tout en anglais "oa" ou "over all" est de 263 m (Yamato); 262.3 m (Hood) elle correspond à la distance entre les points extrêmes avant et arrière permanents du bâtiment donc par exemple pour le Yamato on peut y inclure l'épaisseur du chrysanthème d'étrave

-la longueur à la flottaison en anglais "wl" ou water line est donnée pour 256 m (Yamato) et 259.2 m (Hood) elle correspond à la longueur de la carène c'est à dire des oeuvre vives à la flottaison au "déplacement normal" alors qu'est-ce que le déplacement normal pour un bâtiment de guerre?
--le déplacement Washington (sans le combustible et les eaux de chaufferies
--le déplacement en ordre de combat
--un autre ?

-la longueur entre perpendiculaires "lpp" est de 244 m (Yamato) et 247 m (Hood),
Citation :
Elle correspond(rait) à la longueur entre la perpendiculaire avant (PPAV) et la perpendiculaire arrière (PPAR), qui sont des droites normales à la flottaison, passant par les points d'intersection de la carène immergée avec le plan de flottaison.
cette mesure correspond-elle pour un bâtiment militaire à la flottaison au déplacement lège ? (sans les munitions, le combustible, l'équipage, les approvisionnements ...) ou au déplacement lège dit armé ? (équipements amovibles embarqués - exemple les mouillages)

On peut en conclure que les élancement du Yamato sont plus importants mais que la carène du Hood à la flottaison est légèrement plus longue; en revanche la longueur de carène du Yamato est plus importante que sa Lwl en raison de la présence du bulbe ...

Pour en revenir au LOS n°13 p.22 il est tout a fait d'envisager que je prenne comme élément d'argumentation la Lwl du premier et la Loa du second ... approximation qu'heureusement je me garde bien de réitérer ultérieurement dans le livre ...
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MessageSujet: Re: IJN Yamato en détails   IJN Yamato en détails - Page 4 EmptyMer 02 Sep 2020, 22:33

pascal a écrit:
[…]
Citation :
Elle correspond(rait) à la longueur entre la perpendiculaire avant (PPAV) et la perpendiculaire arrière (PPAR), qui sont des droites normales à la flottaison, passant par les points d'intersection de la carène immergée avec le plan de flottaison.
cette mesure correspond-elle pour un bâtiment militaire à la flottaison au déplacement lège ? (sans les munitions, le combustible, l'équipage, les approvisionnements ...) ou au déplacement lège dit armé ? (équipements amovibles embarqués - exemple les mouillages) […]
Lège, c'est sûr. Donc, pour les bâtiments de guerre, égal au DtW. Donc avec approvisionnements, rechanges et consommables, ainsi que ses munitions ; mais sans le combustible ni eau de réserve pour machines et chaudières. Cette charge détermine un plan de flottaison de référence, repéré d'une façon fixe et définitive dans la monographie par la ligne 10H (qui est intrinsèque à la structure  du bateau).
C'est pourquoi cette longueur pp est invariable (tant que la carène ne fait pas l'objet d'une reconstruction, comme, par exemple le ferait une jumboïsation.
Alors qu'une longueur "à la flottaison" varie à tout moment.

Voir ci-dessous un exemple de perpendiculaire (arrière).

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