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 US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)

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clausewitz
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MessageSujet: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Ven 24 Jan 2014, 21:04

Le USS Randolph (CV-15)

Le USS Randolph (CV-15) à la mer le 12 novembre 1944, un mois après sa mise en service

Présentation

-Le USS Randolph (CV-15) est mis sur cale aux chantiers navals Newport News Shipbuilding  & Drydock Company installés à Newport News en Virginie le 10 mai 1943 lancé le 28 juin 1944 et commissionné le 9 octobre 1944.

Techniquement prêt, il ne l'était pas opérationnellement parlant aussi le porte-avions rallia Trinidad pour entraîner son équipage à la navigation de combat, les opérations aériennes, la défense aérienne à la mer et son groupe aérien aux différentes opérations de combat : chasse, bombardement, torpillage, reconnaissance....... .

Fin prêt, il franchit le canal de Panama, remonte les côtes de l'Amérique centrale avant de venir s'amarrer à San Francisco le 31 décembre 1944. Le baptême du feu approchait..... .

Peyton Randolph (1721-1775)


Le septième porte-avions de classe Essex rend hommage à Peyton Randolph (Williamsburg, Virginie 10 septembre 1721-Philadelphie,Pennsylvanie 22 octobre 1775), un planteur de Virginie comme nombre de pères fondateurs et donc un homme politique de premier plan au sein de la colonie de Virginie puis au sein du Congrès Continental dont il devint le premier président.

Le CV-15 est le deuxième navire à lui rendre hommage après une frégate de 1776 perdue en 1778 lors d'un duel contre la frégate britannique HMS Yarmouth.

Depuis, aucun navire n'à été baptisé de ce nom.

Carrière opérationnelle

Un porte-avions dans la guerre du Pacifique

Le USS Randolph (CV-15) à Hunters Point le 18 janvier 1945

Le 20 janvier 1945, le USS Randolph (CV-15) quitte San Francisco avec à son bord le CVG-12 pour Ulithi d'où il repart dès le 10 février en compagnie des autres porte-avions de la TF-58, le Randolph intégrant le Task Group 58-4 en compagnie de son sister-ship Yorktown et des porte-avions légers Langley et Cabot (ces deux porte-avions ayant la particularité d'avoir connu après guerre une carrière sous un autre pavillon, français pour le Langley devenu La Fayette et espagnol pour le Cabot devenu Dedalo).


Le USS Randolph (CV-15) à Ulithi le 8 février 1945

Ils lancent ses premiers raids les 16 et 17 février contre les aérodromes de Tokyo et la centrale électrique de Tachikawa, ces raids devant empêcher l'envoi de renforts à Iwo Jima à deux jours du déclenchement de l'opération Detachment.

Le 18 février, les bombardiers et les chasseurs-bombardiers du Randolph s'attaquent à Chichi Jima puis le 20 février alors que les marines des 4ème et 5ème division ont pris pied la veille sur Iwo Jima, le groupe aérien du Randolph assure l'appui des troupes au sol ainsi que des raids de diversion contre Haha Jima.

Après quatre jours au large d'Iwo Jima (20-24 février) et des raids contre Tokyo et Hachijo Jima le 25, le porte-avions retourne à Ulithi pour repos de l'équipage et entretien.

Le 11 mars 1945, alors qu'il était au mouillage à Ulithi, un bimoteur Yokosuka P1Y1 «Frances» touche le Randolph à tribord à l'arrière juste en dessous du pont d'envol tuant vingt-sept hommes et en blessant 105.


Le USS Randolph (Cv-15) à couple avec le navire-atelier USS Jason en mars 1945 après les événements du 11 mars 1945

Réparé à Ulithi, il retourne au combat le 7 avril au large d'Okinawa, théâtre du dernier débarquement amphibie de la guerre entamé le 1er avril (opération Iceberg). Il forme pour l'occasion un nouveau TG 58-2 composé également de l'Enterprise et de l'Independence.

Après une semaine passée à couvrir Okinawa contre les kamikazes japonaises et à assurer l'appui au sol, le Randolph retourne le 15 avril au large du Japon pour attaquer les aérodromes de Kyushu d'où partaient des kamikazes qui frappaient régulièrement la flotte américaine. Jusqu'à la fin du mois, le porte-avions comme ses congénères assura l'appui des marines et des G.I menant de durs combats à Okinawa, mission qui alternait avec des raids contre le Japon métropolitain.

Au mois de mai, le porte-avions continua cette mission, devenant le 15 mai, le navire-amiral de la Fast Carrier Task Force plus connue sous le nom de TF 58, Mitscher devant quitter l'Enterprise touché par un kamikaze. Il soutien les opérations au dessus d'Okinawa jusqu'au 29 mai quand il se retira aux Phillipines via Guam.

Le 7 juin 1945, le USS Randolph (CV-15) est avarié par un P-38 qui s'écrase accidentellement sur le porte-avions.

Embarquant désormais le CVG-16, le USS Randolph (CV-15) retourne au combat au mois de juillet, lançant pas moins de huit raids le 10 juillet contre les aérodromes de la région de Tokyo, continuant les jours suivants, le 14 juillet, le Bastille Day, les avions du Randolph s'occupant des aérodromes près du détroit de Tsugaru (séparant Hokkaïdo et Honshu) mais également de la navigation, deux ferry étant coulés et trois endommagés.

Le 18, c'est le cuirassé Nagato pourtant camouflé à Yokosuka qui est touché par les avions américains et donc ceux du Randolph. Le cuirassé dont la puissance ne fût dépassée que par les Yamato allait cependant survivre pour servir de cible aux expériences nucléaires de Bikini.

Le 24 juillet, c'est la région de Shikoku qui est attaquée et notamment la navigation dans la mer intérieure, le cuirassé hybridé en porte-avions Hyuga étant sérieusement endommagé sans oublier les dégâts causés à l'industrie et aux infrastructures du transport.

Selon les propres dires des pilotes du Randolph, entre le 10 et le 25 juillet 1945, ils détruisirent entre 25 et 30 navires et endommageant entre 35 et 40 et dans cette expression, il faut parler de la poussière navale comme des (rares) cargos de 5 à 6000 tonnes qui n'avaient pas été coulés par le Silent Service, les sous-marins de la flotte du Pacifique qui passé un temps à pester contre les déficiences des torpilles taillèrent des coupes sombres dans une navigation insuffisamment protégée.

Pour le USS Randolph (CV-15), le second conflit mondial se termina le 15 août 1945 par la capitulation nippone et par d'ultimes raids contre l'aérodrome de Kisarazu (région de Chiba).  

Le 25 août 1945, pris dans un typhon, le Randolph reste sans barre pendant quatre minutes avant que la situation (et la barre) ne se débloque.

Un immédiat après guerre actif pour le Randolph

Le USS Randolph (CV-15) en 1947

Comme les autres porte-avions américains, le USS Randolph (CV-15) resta déployé jusqu'au début du mois de septembre au large du Japon avant de rallier la côte......est via le canal de Panama le 15 octobre quand il arrive à Norfolk.

Il est aussitôt transformé pour participer à l'opération Magic Carpet et rapatrier d'Europe plusieurs centaines de milliers d'hommes. Pour cela, le groupe aérien est débarqué, l'équipage réduit, la capacité des cuisines augmentée tandis que des couchettes sont installées dans le hangar.

Il va effectuer deux rotations en direction de la Méditerranée avant de devenir à partir de 1946, navire d'entraînement, effectuant une croisière pour réservistes et aspirants en Méditerranée du 22 octobre au 21 décembre 1946.Après un entraînement dans les Caraïbes, il effectue une croisière en Europe du Nord à l'été 1947.

Le 25 février 1948, le Randolph est désarmé et placé en réserve (out of commission, in reserve) à Philadelphie.

Refonte, retour au service actif et refonte

Ce passage sous cocon va être bref. En effet, le Randolph va être refondu et remis en service avec des avions de combat à réaction.

Financée au budget 1951 (1er juillet 1950 au 30 juin 1951), sa refonte SCB-27A est réalisée dans son chantier constructeur  du 22 juin 1951 au 1er juillet 1953. Reclassé porte-avions d'attaque le 1er octobre 1952 et devenu le CVA-15, il est officiellement remis en service le 1er juillet 1953.


Automne 1953, le Randolph (CVA-15) à été refondu SCB-27A en attendant mieux


Les travaux et les essais terminés, le USS Randolph (CVA-15) embarque le Carrier Air Group 10 (CVG-10) pour sa remise en condition mais c'est avec le CVG-14 qu'il va effectuer son premier déploiement en Méditerranée.

Le 3 février 1954, le USS Randolph (CVA-15) quitte Norfolk pour le premier de ces cinq déploiements au sein de la 6ème flotte. Il relève le USS Bennington (CVA-20) et va enchainer les exercices notamment au sein de l'OTAN.


Le USS Randolph (CVA-15) à Gibraltar en février 1954

Rentré à Norfolk le 6 août 1954, il va subir au sein du Norfolk Navy Yard une nouvelle refonte, la refonte SCB-125 qui paradoxalement altère bien plus la silhouette des Essex que les refontes SCB-27A/C avec sa piste oblique et une étrave fermée mais dure moins longtemps car le CVA-15 n'est immobilisé que du 18 juin 1955 au 12 février 1956.

Les travaux et les essais terminés, le porte-avions va passer six mois à s'entraîner au large de la côte est, lançant un missile Regulus depuis son pont d'envol. Cette première pour un porte-avions de la flotte de l'Atlantique (2ème flotte) rappelle le lancement de V-2 par les Midway en 1946/47.  


Le USS Randolph (CVA-15) en 1956

Le 14 juillet 1956, le USS Randolph (CVA-15) quitte Norfolk pour son troisième déploiement au sein de la 6ème flotte en Méditerranée, relevant son sister-ship Ticonderoga (rentré à Norfolk le 2 août).


Le USS Randolph (CVA-15) en Méditerranée en octobre 1956 avec deux Banshee en vol

Avec l'ATG-202 _un groupe aérien composé de réservistes_ , il va participer à l'évacuation des ressortissants américains d'Egypte depuis Alexandrie alors que les français et les britanniques ont lancé l'opération Mousquetaire en liaison avec les israéliens pour reprendre le contrôle du canal de Suez et pour la France de faire cesser le soutien de Nasser au FLN algérien.


Le USS Randolph (CVA-15) en 1956-57

Durant cette période de tension, ce sont pas moins de trois porte-avions américains qui sont déployés dans la région, le Randolph cohabitant avec son sister-ship Antietam et le porte-avions lourd Coral Sea. Relevé par le Lake Champlain le 21 janvier, il rentre à Norfolk le 19 février 1957.

Après plusieurs mois à opérer dans l'Atlantique, le Randolph quitte à nouveau Norfolk et la Virginie pour rallier la Méditerranée et participer à son quatrième déploiement au sein de la Sixth Fleet.

Il quitte les Etats-Unis le 1er juillet 1957 avec le CVG-4, relève le Lake Champlain et passe sept mois dans la Mare Nostrum. Il est de retour à Norfolk le 24 février 1958 après avoir été relevé par l'Essex. Il effectue un cinquième et dernier déploiement en Méditerranée du 2 septembre 1958 au 12 mars 1959 date de son retour à Norfolk avec à bord le CVG-7.

De l'attaque à la lutte anti-sous-marine

Le 31 mars 1959, le Randolph est reclassé porte-avions anti-sous-marin avec la marque de coque CVS-15.

D'octobre 1960 à mars 1961, dans le cadre du programme FRAM , le Randolph subit une refonte SCB-144, recevant un sonar d'étrave SQS-23 et un CIC modernisé pour améliorer la coordination avec ses escorteurs et ses avions ASM, les Grumman S-2 Tracer.

Le 30 mai 1961, le dictateur Rafaël Trujillo, chef de la République Dominicaine au pouvoir depuis 1930 est assassiné. Le Randolph accompagné du Shangri-La (CVA-38) et de l'Intrepid (CVA-11) se déploient à portée d'intervention le 1er juin mais celle-ci ne s'avéra pas nécessaire.


Le USS Randolph (CVS-15) le 27 février 1962 avec deux Tracker sur les catapultes

Après un court déploiement en Méditerranée à l'été 1962, le USS Randolph (CVS-15) va être engagé dans la crise des missiles de Cuba, la plus grave poussée de fièvre de la guerre froide qui mena le monde au bord de la troisième guerre mondiale et ce n'est pas le Randolph qui allait dire le contraire.

En effet, le 27 octobre 1962, le Randolph et sept destroyers détectèrent le sous-marin soviétique B-59 (classe Fox-Trot) et se préparaient à larguer des charges de profondeur alors que le sous-marin soviétique allait lancer une torpille nucléaire !

Après un carénage à Norfolk, le porte-avions reprend ses missions dans l'Atlantique, en Europe du Nord et en Méditerranée. Il passait néanmoins la majeure partie de son temps au large de la côte est ou dans les Caraïbes.

Il participe également au programme spatial américain, en assurant la récupération de la capsule Mercury 4 transportant Virgil Grissom (21 juillet 1961), le deuxième américain à être allé dans l'espace après John Glenn de la mission Mercury 6 qui avait été également récupéré par le CVS-15 et ce le 20 juillet 1962.  

Le USS Randolph (CVS-15) est aussi le théâtre le 1er avril 1964 d'un incident rarissime. En pleine nuit alors que des opérations aériennes sont en cours, l'ascenseur babord cède et tombe à la mer entraînant un S-2D Tracker, ses cinq membres d'équipement et un tracteur. Trois membres d'équipage sont récupérés mais deux sont perdus en mer.

Voilà c'est fini...... .

Le USS Randolph (CVS-15) en septembre 1968

Le 7 août 1960, le Dod (Department of Defense) annonce le désarmement de cinq navires en 1969 dans le but de faire de substantielles économies. Le Randolph est inclus dans le lot et il est décommissioné le 13 février 1969 au Boston Navy Yard.

Remorqué au Philadelphia Navy Yard, il est rayé du Naval Vessel Register le 1er juin 1973 et vendu à la démolition par la Defense Reutilization and Marketing Service (DRMS) _l'équivalent américain de nos Domaines_ à Union Minerals & Alloys qui procéda à son démantèlement à Kearny dans le New Jersey.


L'ex-USS Randolph (CVS-15) à Bayonne (New-Jersey) en 1975

_________________
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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Ven 24 Jan 2014, 21:48

Le USS Lexington (CV-16)

Le USS Lexington à la mer en novembre-décembre 1943

Présentation

26 septembre 1942, le PCU Lexington prend contact avec son élément


-Le USS Lexington (CV-16) est mis sur cale sous le nom de Cabot dans les chantiers navals Fore River Shipyard de Quincy (Massachussetts) le 15 juillet 1942.

Suite à la destruction du premier porte-avions nommé Lexington, le CV-16 est rebaptisé (sur proposition des ouvriers) et c'est sous ce nom qu'il est lancé le 23 septembre 1942 et commissionné le 17 février 1943.


Carte de la région de Quincy

Le Lexington est le premier Essex à avoir été construit aux chantiers navals de Quincy connus officiellement sous le nom de Fore River Ship & Engine Building Company créé en 1883 sur cette rivière d'abord à Braintree avant de rallier son site final à Quincy en 1901. En 1913, il est racheté par le groupe Bethleheem Steel.

Il fabriqua de nombreux navires qu'il s'agisse des premiers sous-marins américains, des cuirassés comme le Massachusetts ou le Rivadivia pour la marine argentine.

En ce qui concerne les porte-avions de classe Essex, les chantiers de Quincy vont fabriquer le Lexington, le Bunker-Hill, le Wasp, le Hancock et le Phillipine Sea auquel aurait du s'ajouter le CV-50 qui ne fût jamais mis sur cale.

Racheté par le groupe General Dynamics en 1964, il à fermé en 1986 après une infructueuse reconversion dans la production de méthaniers.

Lexington et Concord (19 avril 1775)

Représentation "romantique" (c'est à dire peu fiable) de la bataille de Lexington

Le huitième Essex célèbre la mémoire de la première bataille de la guerre d'indépendance, la bataille de Lexington (et celle de Concord qui est liée), bataille survenue le 19 avril 1775 dans le Middlesex County (Massachusetts) quand une troupe régulière britannique tenta de s'emparer des stocks de la milice du Massachusetts, échouant et devant se replier sur Boston en raison d'une infériorité numérique flagrante (3800 miliciens, insurgents contre seulement 1500 britanniques).

Le CV-16 est le sixième (ou septième) navire de l'US Navy à porter ce nom succédant à une brigantine acquise en 1776 mais perdu dès 1777 suivit par un sloop en service de 1826 à 1830 et de 1831 et à 1855 avant une canonnière en service en 1861 à 1865 et un patrouiller réquisitionné en 1917/1918.

Le cinquième navire aurait du être un croiseur de bataille de classe Lexington, le CC-1 dont la construction fût abandonnée à cause du traité de Washington de 1922. Transformé en porte-avions en compagnie de son sister-ship Saratoga, il est coulé à la bataille de la mer de Corail le 8 mai 1942.

Voilà pourquoi je parle du CV-16 comme le sixième (si on considère que le croiseur de bataille CC-1 et le porte-avions CV-2 est le même navire) ou le septième si on considère qu'il s'agit de deux navires.

En raison de la longue carrière du CV-16, aucun autre navire n'à été depuis baptisé ce nom au sein de l'US Navy.

Carrière opérationnelle

Pacifique

Le USS Lexington (CV-16) le 17 février 1943

Après la traditionnelle croisière de mise en condition dans les Caraïbes et notamment au large de la colonie britannique de Trinidad où les américains avaient pu installer une base (en vertu d'un accord de 1940 qui avait organisé le transfert de cinquante destroyers, les flush-deckers connus sous le nom des «cinquante destroyers ayant sauvé le monde»), le Lexington rallie ensuite le Pacifique, arrivant à Pearl Harbor le 9 août 1943.

Il connait son baptême du feu à la fin du mois de septembre en participant à un raid contre les aérodromes japonais implantés sur Tarawa avant de participer aux assauts de Wake en octobre puis de retourner à Pearl Harbor pour préparer le premier grand débarquement amphibie américain en l'occurence, l'opération Galvanic.

Lancée le 20 novembre 1943 contre Tarawa bientôt connue comme «Bloody Tarawa», cette opération va durablement marquer l'opinion publique américaine qui comprend pour la première fois la dureté des combats contre un adversaire longtemps méprisé.

Le Lexington assure avec ses compères la couverture et l'appui des marines débarqués du 19 au 24 novembre 1943 au sein de la TF-50 composée notamment du TG 50-1 composé du Yorktown, du Lexington et du Cowpens.

Le 4 décembre 1943, les avions embarqués sur le USS Lexington (CV-16) s'attaquent à Kwajalein, une base japonaise majeure dans la région.

Cette opération voit l'engagement sous le commandement de l'amiral Pownall de six porte-avions, le TG 50-1 regroupant le Lexington, le Yorktown et le Cowpens alors que le TG 50-3 regroupe l'Essex, l'Enterprise et le Belleau Wood soit 386 appareils engagés.

Cette opération voit la destruction de 55 avions japonais et de six transports alors que deux croiseurs légers sont avariés.

Dans la nuit du 4 au 5 décembre, l'aviation japonaise attaque le porte-avions après avoir largué des fusées éclairantes qui illuminèrent la scène.

A 23.32, une torpille toucha le navire à tribord, mettant hors-service son gouvernail avec un bilan humain de neuf morts. Un incendie se déclara mais il fût vite maitrisé tout comme la voie d'eau vite colmatée par des équipes de contrôle des dommages qui avaient derrière eux plus deux ans d'expérience.

Le porte-avions rallie Pearl Harbor pour des réparations d'urgence à partir du 9 décembre avant de rallier Bremerton dans l'Etat de Washington le 22 décembre pour des réparations complètes achevées le 20 février 1944.


Le USS Lexington (CV-16) dans le Puget Sound le 16 février 1944

L'enquête démontra que le refus d'ouvrir le feu de nuit était en partie à l'origine de la réussite de l'attaque japonaise et cette erreur ne fût jamais répétée ce qui sauva probablement la mise à nombre de navires américains.


Le USS Lexington (CV-16) le 20 février 1944

On peut voir l'une des causes de la défaite japonaise. Par honte de la défaite, on masquait volontairement les erreurs commises et on refusait de faire le retour d'expérience qui aurait permis aux japonais à défaut de gagner la guerre de retarder l'échéance et de faire payer un  prix encore plus forts aux américains.

En attendant, cela n'empêcha pas la radio japonaise et Tokyo Rose d'annoncer que le Lexington avait été coulé. Cela fût la première mais pas la dernière fois qu'une telle annonce fût faite et à l'origine du surnom du CV-16 «The Blue Ghost» (le Fantôme Bleu en référence à son camouflage).  

C'est le 8 mars 1944 que le porte-avions rallie l'atoll de Majuro, le même jour de la prise de fonction  de l'amiral Mitscher qui commandant de la Fast Carrier Task Force ou Task Force Fifty-Eight (TF-58) mit sa marque sur le Lexington.

Le 18 mars 1944, le Lexington accompagnés de sept destroyers couvre les cuirassés Iowa et New Jersey qui bombardent Mille

Le groupe occasionnel de porte-avions rapides va appuyer la progression de la 7ème armée de Mac Arthur en Nouvelle Guinée, appuyant le débarquement sur Hollandia le 13 avril avant de frapper la grande base de Truk le 28 avril, le porte-avions étant attaqué par les japonais mais sans conséquences pour le porte-avions qui abat 17 chasseurs ennemis ce qui n'empêcha pas la propagande japonaise d'annoncer pour la deuxième fois sa destruction.

Il participe ensuite à l'opération Forager, le débarquement aux Mariannes, la TF 58 appareillant le 6 juin de Majuro pour rallier la zone des combats qui voyait les américains devoir débarquer à Saipan, Guam et Tinian.

Les premières frappes ont lieu à partir du 11 juin et vont virtuellement éliminer toute menace japonaise. Le 16 pourtant, le Lexington est attaqué à nouveau par des avions torpilleurs basés à Guam et bien qu'il en soit sorti indemne, sa destruction fût annoncée pour la troisième fois.

La riposte japonaise provoqua la bataille de la mer des Phillipines. Acte 1, le 19 juin 1944, l'aviation embarquée japonaise est étrillée par son homologue américaine.

Les pertes de Midway et de la campagne de Guadalcanal se font sentir. Arme d'élite avant guerre, l'aéronavale japonaise ne put se reconstituer aussi rapidement que les américains qui dès Pearl Harbor mirent en place de nombreuses écoles de formation et mirent en service, deux porte-avions d'eau douce, deux navires à roues à aube (!), les USS Wolverine (IX-64) et USS Sable (IX-81) déployés sur le lac Michigan à l'abri de la riposte japonaise comme allemande.

Outre un meilleur entraînement (favorisé par le détachement de pilotes expérimentés auprès des novices comme instructeurs), l'US Navy bénéficie d'avions plus modernes, le Hellcat surclassant le Zéro et quand il est manié par un pilote expérimenté face à un novice nippon.......... .

Résultat, pour la perte d'une poignée d'appareils, les Hellcat des porte-avions et donc du Lexington vont envoyé au tapis et dans les flots près de 300 appareils nippons (283 selon la majorité des sources), l'aéronavale japonaise cessant d'être une armée constituée.

L'homme de la journée est le lieutenant de vaisseau Joseph R. Eggert du Lexington qui assure le contrôle de la chasse de la Task Force avec talent et brio.

Le lendemain, 20 juin, les américains lancent un raid mémorable pour détruire les porte-avions japonais, une mission restée célèbre sous le nom de «Mission Beyond Darkness».

La TF-58 et donc le Lexington lancent  96 Hellcat, 54 Avenger,51 Helldiver et 26 Dauntless, tous les appareils étant armés de bombes sauf les Avenger armés de torpilles pour frapper une flotte japonaise trouvée à 18.40.

L'attaque commence au crépuscule et pour la contrer les japonais ont fait décoller 68 chasseurs depuis les porte-avions Junyo, Hiyo, Ryuho,Zuikaku, Chitose, Zuiho et Chiyoda.

Les Avenger du Yorktown et du Belleau Wood armés de torpilles attaquent les porte-avions Zuikaku et Hiyo, ce dernier étant coulé. Le Zuikaku est touché par des bombes, le Chiyoda, le Haruna et le Maya encaisse chacun une bombe et duex pétroliers sont perdus et 65 avions japonais sont abattus.

Le retour des avions américains, de nuit, à bout de carburant, certains endommagés, est resté légendaire. 20 avions ont été perdus au cours de l'attaque et 80 pendant le retour, amerris, faute d'essence ou accidentés à l'appontage.

En dépit des risques, l'amiral Mitscher donne l'ordre d'allumer les feux de sa flotte pour aider les aviatiques. Les porte-avions se signalent par un projecteur braqué verticalement, les appareils se posent sur le premier pont disponible avec parfois deux appontages simultanés : un Hellcat sur le brin 2 et un bombardier sur le brin 5.

Les avions du Lexington détruisirent ou participèrent à la destruction d'un porte-avions, d'un pétrolier et d'un destroyer.
Cette bataille est le dernier engagement du Douglas Dauntless embarqués sur l'Enterprise (VB-10) et sur le Lexington (VB-16). Il va donc être remplacés par le Curtiss Helldiver.

Après repos et ravitaillement à Eniwetok, le USS Lexington (CV-16) reprend la mer pour frapper Guam _où les américains débarquent le 21 juillet_ , Palaus et les Bonins en août. A partir du 7 septembre, il frappe Yap et Ulithi avant de commencer à attaquer les Phillipines, le prochain gros morceau des américains dont la réoccupation est la mission de la 7ème armée de Mac Arthur qui souhaite respecter la promesse faire à Corregidor.

Il bombarda ainsi Mindanao, les Visayas, la région de Manille ainsi que la navigation sur la côte ouest de Luzon pour préparer le débarquement de Leyte. Pour distraire l'attention des japonais, la force de porte-avions rapide frappe Okinawa le 10 et Formose le 12 octobre. Il échappe encore à une attaque japonaise lors de l'assaut sur Formose _un temps envisagé comme cible d'un débarquement américain_ .

Comme les autres porte-avions d'escadre, le Lexington va participer à la couverture des débarquements à Leyte le 20 octobre 1944 et à sa conséquence directe, le dernier affrontement entre la marine impériale nippone et la marine américaine : la bataille de Leyte qui va s'étendre du 22 au 25 octobre et sur une surface géographique grande comme un tiers de l'Europe !

Les avions embarqués sur le Lexington (lui même intégré au TG 38.3 du CA Sherman composé également de l'Essex, du Langley et du Princeton) participe à la destruction du supercuirassé Musashi, endommagent trois croiseurs le 24 octobre et le lendemain 25 octobre, lors de la bataille du cap Engano, les avions du Lexington et de l'Essex jouent un rôle prépondérant dans la destruction des porte-avions Chitose, Zuikaku _dernier survivant du raid sur Pearl Harbor_ et du Zuiho.


Le USS Lexington (CV-16) le 14 avril 1945

Le 30 octobre 1944, l'amiral Mitscher est relevé par le vice-amiral John McCain à la tête de la TF38, le Lexington restant navire-amiral.

Le 5 novembre, le croiseur lourd Nachi est coulé par quatre torpilles lancés par les avions du Lexington.
Quelques heures plus tard, un kamikaze s'écrase sur le porte-avions à proximité de l'ilôt totalement ravagé par l'incendie qui est fort heureusement maitrisé au bout de 20 minutes permettant au porte-avions de continuer ses opérations aériennes et notamment de pouvoir récupérer son groupe aérien.

Il rallie ensuite Ulithi le 9 novembre 1944 et la radio japonaise d'annoncer pour la quatrième fois la destruction du Lexington.

Les dégâts sont au final limités puisqu'il retourne au combat dès le 11 décembre comme navire-amiral du TG 38-2 composé des porte-avions Lexington, Hancock, Hornet, Independence et Cabot soit une puissance aérienne impressionnante approchant les 400 appareils embarqués (si l'on se base sur 100 avions par Essex et 30 par porte-avions léger).

Le USS Lexington (CV-16) commence l'année 1945 par neuf jours de frappe intensives contre les aérodromes implantés sur l'île de Luçon mais également contre Formose pour détruire la résistance ennemie à un futur débarquement et le maintenir le plus longtemps possible dans l'incertitude du lieu frappé.

Le 10 janvier 1945, la Fast Carrier Task Force pénètre en mer de Chine méridionale pour une mission de chasse aux navires ennemis ainsi qu'à ces aérodromes, les avions du Blue Ghost frappant aussi bien l'Indochine, Hong Kong Formose et les Pescadores.

Quittant la mer de Chine méridionale le 20 janvier, le Lexington et les autres porte-avions rapides américains bombardèrent à nouveau Formose le 21 janvier et Okinawa le lendemain avant de mettre cap sur Ulithi pour ravitaillement, entretien et repos de l'équipage.

Il quitte l'atoll en compagnie des autres porte-avions du TG 58.2 (Hancock et San Jacinto) pour rallier les eaux du Japon métropolitain pour une série de raids destinés à empêcher les japonais d'envoyer des renforts à Iwo Jima.

En effet, les raids lancés les 16 et 17 février 1945 précèdent de deux jours les opérations amphibies de l'opération Detachment. Le Lexington assure le soutien des troupes au sol jusqu'au 22 février puis après quelques raids sur le Japon, il met cap à l'est direction les Etats Unis pour subir son premier carénage au Puget Sound Navy Yard.

Les travaux et la remise en condition terminés, le porte-avions Lexington rallie le «front» début juin, retrouvant la flotte en baie de San Pedro à Leyte, participant aux derniers raids aériens de l'aviation embarquée américaine sur le Japon, une ironie du sort savoureuse quant on sait comment la guerre à commencé.


Le USS Lexington (CV-16) le 16 mai 1945

Durant ce transit, le 20 juin 1945, le Lexington accompagné du Hancock et du Cowpens au sein d'un TG 12.4 bombarde Wake.

Les avions du Lexington frappèrent aussi bien des aérodromes, des bases navales que des industries sur Honshu et Hokkaido, devant même larguer leurs bombes en mer le 15 août après avoir reçut l'annonce de la capitulation du Japon.

La capitulation du Japon ne signifie pas la fin des opérations pour le USS Lexington (CV-16). En effet, il faut couvrir le déploiement des troupes d'occupation, localiser les camps de prisonniers et les ravitailler par des largages ce que font les avions du Blue Ghost, notamment les camps localisés sur l'île d'Honshu.

La capitulation japonaise officiellement entérinée par la signature de l'acte sur le cuirassé Missouri en baie de Tokyo le 2 septembre 1945, le Lexington va participer au sein de la TF 11 à l'opération Magic Carpet, le rapatriement des vétérans américains aux Etats-Unis. Il rentre ainsi aux Etats-Unis le 16 décembre 1945, date de son arrivée à San Francisco après treize jours de mer.

L'Après guerre : désarmement, refonte et retour au service actif

Le USS Lexington (CV-16) en refonte (1954)

Après plusieurs mois à s'entraîner au large de la côte ouest, le USS Lexington (CV-16) est désarmé à Bremerton le 23 avril 1947, ayant le statut reserve out of commission ce qui correspond à une mise sous cocon et qu'un réarmement prendrait plusieurs semaines.

Le 21 juillet 1952, le Lexington sort de sa torpeur pour subir une refonte destinée à lui permettre de mettre en œuvre des avions à réaction autrement plus exigeants que les avions à moteur à piston utilisés jusque là.

Le 1er octobre 1952, le Lexington devient un Carrier Vessel Attack avec la marque de coque CVA-16.
Alors que la refonte SCB-27C est en cours, l'apparition de la piste oblique et de la catapulte à vapeur pousse les américains à bouleverser le programme.

C'est ainsi que les trois porte-avions alors engagés dans la refonte SCB-27C (Lexington, Shangri-La et BonHomme Richard) vont subir directement la refonte SCB-125 qui voir l'installation de la piste oblique, de catapultes à vapeur en remplacement des catapultes hydrauliques et d'une proue fermée appelée Hurricane Bow.


Le USS Lexington (CVA-16) en refonte. Installation de la piste oblique

Le USS Lexington (CVA-16) est recommissioné, remis en service le 15 août 1955 avec San Diego pour port d'attache.
Après avoir entraîné son groupe aérien pendant neuf mois, le Lexington quitte la Californie en mai 1956 pour son premier déploiement en Extrême-Orient, détaché à Yokosuka au sein de la 7ème flotte.


Le USS Lexington (CVA-16) en mai 1955

Ce déploiement qui s'achève le 20 décembre par son retour à San Diego n'est marqué par aucun événement saillant tout comme le second déploiement exécuté du 1er juin 1957 _date de son arrivée à Yokosuka_ au 17 octobre 1957 _date de son retour à San Diego_.


Le USS Lexington (CVA-1-) le 16 septembre 1955

Après un carénage à Bremerton, le USS Lexington (CVA-16) commence sa remise en condition mais cette période est interrompue prématurément suite à la tension qui augmente entre la Chine populaire et Formose.

Le 14 juillet 1958, il embarque le Carrier Air Group Twenty-One (CVG-21) à San Francisco rallie la 7ème flotte, retrouvant ses sister-ship Hancock et Shangri-La.

La crise bascule dans l'affrontement armé quand dans la nuit du 22 au 23 août, l'artillerie communiste bombarde les îles de Quemoy et de Matsu, têtes de pont nationalistes à proximité du continent.

A cette époque, le Hancock est à l'est de Formose, le Shangri-La est à Yokosuka, le Lexington et le Princeton à la mer dans l'est du Japon. Ces porte-avions se déploient face à la Chine bientôt rejoints par l'Essex venu de.......Méditerranée et du Midway venu de Pearl Harbor.

Des négociations entre Américains et Soviétiques, les deux parrains des ennemis dans la région permettent de calmer la situation après que l'artillerie communiste eut bombardé Quemoy et Matsu avec 450000 obus et que des affrontements entre Mig chinois et Sabre taïwanais ait vu l'utilisation par ces derniers des premiers Sidewinder.


Le USS Lexington (CVA-16) à la mer le 16 août 1958

Quand au Lexington, son déploiement terminé, il rentre à San Diego en Californie le 19 décembre, passant quelques mois à réparer et à préparer un nouveau déploiement en Extrême-Orient exécuté du 26 avril au 2 décembre 1959, restant déployé en août et en septembre à proximité du Laos alors que la monarchie pro-américaine étaient aux prises avec la guerilla communiste du Pathet Lao mais sans intervenir.

Préparer l'avenir ou le Lexington comme porte-avions d'entraînement

Le USS Lexington (CVA-16) en 1962

Après un dernier déploiement en Extrême-Orient qui début fin 1960 et qui se prolongea durant l'année 1961, le Lexington termina cette année sur la côte ouest jusqu'en janvier 1962 quand il reçoit l'ordre de se préparer à remplacer l'Antietam comme porte-avions d'entraînement dans le Golfe du Mexique.

Reclassé Carrier Vessel Submarine avec la marque de coque CVS-16 le 1er octobre 1962, il reprend du service actif durant la crise des missiles de Cuba et ce n'est que le 29 décembre 1962 qu'il remplace l'Antietam à Pensacola (Floride).

Opérant depuis Pensacola, Corpus Christi et la Nouvelle Orleans, le porte-avions va qualifier des aviateurs au catapultage et à l'appontage qu'il s'agisse d'aviateurs d'active ou de réserve. Son rôle devint crucial durant le conflit vietnamien où les besoins ne cessèrent de croire. C'est ainsi que le 17 octobre 1967, le Lexington enregistra son 200000ème appontage.


Le USS Lexington (CVT-16) le 22 mai 1972, le jour où il enregistra son 300000ème appontage

Reclassé CVT-16 le 1er janvier 1969, il assura sa mission ingrate mais indispensable jusqu'au 8 novembre 1991. Il aurait du être remplacé par le Forrestal mais finalement le premier super porte-avions américain n'allait pas être utilisé pour l'entraînement, laissant l'US Navy sans porte-avions dédié à la formation.


Le USS Lexington (AVT-16)

Le 29 octobre 1989, un North American T-2 Buckeye manqua son appontage et heurta l'ilôt avec son aile droite tuant cinq hommes dont le pilote et en blessant quinze autres. Les dégâts furent limités et l'incendie contrôlé en quinze minutes.

Une paisible retraite

Le USS Lexington coule depuis son désarmement une paisible retraite à Corpus Christi (Texas)


Dernier Essex en service, le Lexington fût préservé comme musée, étant cédé par l'US Navy le 15 juin 1992, devenant la pièce majeure du USS Lexington Museum on the Bay implanté à Corpus Christi. Il est classé monument historique (National Historic Landmark) depuis 2003.

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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Ven 24 Jan 2014, 22:08

Le USS Bunker Hill (CV-17)

Le USS Bunker Hill (CV-17) à l'été 1943 peu après sa mise en service

Présentation

7 décembre 1942 : un an jour pour jour après Pearl Harbor, le Bunker Hill est lancé par son chantier constructeur

-Le USS Bunker Hill (CV-17) est mis sur cale dans les chantiers navals Fore River Shipyard de Quincy (Massachussetts) le 15 septembre 1941 lancé le 7 décembre 1942 et commissioné le 24 mai 1943.

La bataille de Bunker Hill (17 juin 1775)

Représentation de la bataille de Bunker Hill

Le neuvième porte-avions de classe Essex célèbre la mémoire de la bataille de Bunker Hill, une colline à proximité de Boston qui ne fût pourtant que faiblement concernée par les combats ce qui explique que cette bataille est parfois connu sous le nom de Breed Hill.

Alors que les insurgents assiégeaient Boston, ces derniers apprirent que les britanniques voulaient occuper des collines autour de la ville.

1200 miliciens sous le commandement de William Prescott occupèrent Bunker Hill et Breed Hill qui furent fortifiées tandis qu'une ligne fortifiée coupait en deux d'ouest en est la péninsule de Charlestown, confinant les britanniques dans Boston.

Les britanniques lancèrent de vigoureux assauts contre les positions américaines et ce n'est qu'à la troisième tentative qu'ils purent s'emparer des redoutes de Breed et de Bunker Hill avec de lourdes pertes (226 tués et 800 blessés), une vrai victoire à la Pyrrhus. Non seulement le gain ne justifiait pas de telles pertes mais les insurgents purent se replier sans dommages et acquièrent confiance et expérience dans une bataille rangée contre des troupes d'élite.

Les autres navire ayant porté ce nom

Le croiseur lance-missiles Bunker Hill (CG-52)

Curieusement, il faut attendre le 20ème siècle pour qu'un navire rende hommage à cette bataille et encore il s'agit d'un navire civil, le Bunker Hill, un vapeur réquisitionné par l'US Navy en 1917 et utilisé comme mouilleur de mines sous le nom de Aroostook (CM-3).

Le CV-17 est le premier navire à avoir porté ce nom dans la marine américaine mais pas le dernier puisque lui à succédé un croiseur lance-missiles de classe Ticonderoga, le USS Bunker Hill (CG-52) mis en service en 1986, basé à San Diego et toujours en service actuellement.

Carrière opérationnelle

Le Pacifique pour commencer........

Le USS Bunker Hill (CV-17) en transit, le groupe aérien sur le pont

Après sa mise en condition opérationnelle, le porte-avions rejoint le Pacifique comme la totalité des porte-avions d'escadre américains (seul le Ranger trop lent et trop peu protégé restera dans l'Atlantique durant toute la guerre) pour porter le fer contre l'empire du Japon et sa sphère de coprospérité censée rendre l'Asie aux asiatiques alors qu'il ne s'agit que d'un nouveau colonialisme dont la dureté fera presque regretter aux colonisés le colonisateur blanc.

A noter qu'en juillet 1943, le F4U Corsair effectue sa qualification à l'appontage sur le Bunker Hill à bord de la VF-17 mais en raison d'une vitesse à l'appontage jugée excessive, il est d'abord utilisé à terre. Il faudra attendre décembre 1944 pour que la VF-124 à bord de l'Essex marque le début de la carrière embarquée de ce formidable oiseau de proie.

Quand il arrive sur zone à l'automne 1943, le vent à tourné en faveur des américains. Après les coups d'arrêt de la mer de Corail et de Midway, la guerre à définitivement basculé du côté des américains après la longue et sanglante campagne de Guadalcanal (août 1942-février 1943).

Reste maintenant aux américains à reconquérir les différents atolls du Pacifique, à s'occuper des Philippines et d'envisager avec angoisse un futur débarquement au Japon même.

Le baptême du feu du Bunker Hill eut lieu le 11 novembre 1943 quand il participa avec l'Essex et l'Independence à un raid sur Rabaul, une base japonaise majeure de la région (où fût notament stationnée le Yamato durant la campagne de Guadalcanal).

Au cours de cet engagement, le Curtiss Helldiver _remplaçant du Dauntless_ connait son baptême du feu au sein de la VB-17 embarquée sur le Bunker Hill.

Il enchaine par l'opération Galvanic, le débarquement amphibie à Tarawa dans les îles Gilbert, la première opération amphibie de reconquête où il est déployé du 13 novembre au 8 décembre 1943 au sein du TG 50.3 composée du Bunker Hill, de l'Essex et de l'Independence.

Au cours des débarquements amphibies dans les îles Bismarck (25 décembre 1943, 1er et 4 janvier 1944), le Bunker Hill accompagné du porte-avions léger Monterey bombardent Kavieng le 25 décembre en coulant un transport et en avariant deux dragueurs et un transport.

Il lance ensuite des raids aériens contre les Marshalls du 29 janvier au 8 février en appui de l'opération Flintlock, les troupes étant mises à terre le 31 juillet, Kwajalein tombant le 7 février 1944.

Il enchaine en participant au mois de février 1944 à l'opération Hailstone, les raids aériens contre la base japonaise de Truk (17-18 février) menée par la TF-58 au complet qui voit l'engagement des porte-avions Enterprise Yorktown Belleau Wood (TG 58-1), Essex Cabot Intrepid (TG 58-2), Bunker Hill Monterey Cowpens (TG 58-3) soit un une force de frappe de six cents appareils qui s'abat sur l'atoll, coulant huit navires de guerre japonais et causant de gros dégâts sur les infrastructures.

C'est ensuite des opérations contre les Mariannes (Guam, Saipan et Tinian) le 23 février suivis d'une action contre Palau, Yap, Ulithi et Woleai dans les Palaus du 30 mars au 1er avril et enfin de raids contre les Carolines (Truk,Satawan et Ponape) du 29 avril au 1er mai.

Entre temps, il couvre avec les autres porte-avions les débarquements de la 7ème armée du général Douglas MacArthur à Hollandia en Nouvelle Guinée du 21 au 28 avril.

Le USS Bunker Hill (CV-17) enchaine ensuite par l'opération Forager, le débarquement dans les îles Mariannes et plus précisément à Saipan (15 juin), à Guam (21 juillet) et Tinian (24 juillet).

Cette opération qui offrait la possibilité aux américains de baser des B-29 pouvant frapper le Japon entraîne une réaction de la marine japonaise.

C'est la bataille de la mer des Phillipines (19-20 juin 1944) avec son «tir aux pigeons des Mariannes» et la destruction de peès de 400 avions japonais (les bilans fluctuent selon les sources).

Le Bunker Hill est d'ailleurs endommagé le 19 par des éclats de bombe qui tue deux marins et en blesse quatre-vingt.

Le 21 juin, le Bunker Hill et le Wasp sont détachés de la TF 58 pour couvrir les cuirassés du TG 58.7 du vice-amiral Lee (Washington, North Carolina Iowa New Jersey Indiana South Dakota et Alabama) qui doivent retrouver et achever les éclopés japonais mais sans succès, le groupe occasionnel rentrant à Eniwetok le 23 juin 1944.

La fin de l'été et le début de l'automne voit la participation du USS Bunker Hill (CV-17) à des raids contre les Carolines Occidentales puis sur Luzon, Formose et Okinawa en vue des débarquements à venir aux Phillipines, prochaine étape de la reconquête américaine.

Le 6 novembre 1944 après presque un an d'opérations non-stop, le Bunker Hill ralie Bremerton pour un carénage au Puget Sound Navy Yard. Outre une remise en état complète, sa DCA est renforcée pour faire face à la menace kamikaze. Désormais il ne s'agit plus d'abattre un avion mais de le pulvériser.

Les travaux terminés, il effectue essais et remise en condition, quittant Bremerton le 24 janvier 1945 pour retourner au combat.

Il participe aux principales opérations américains de cette fin de guerre du Pacifique qu'il s'agisse de l'opération Detachment contre Iwo Jima (février 1945), des raids contre le Japon métropolitain ou de la destruction du cuirassé Yamato par 400 avions de la TF 58 qui en coulant le plus grand cuirassé de tous les temps marque la fin d'une époque et le début d'une autre (7 avril 1945, un croiseur léger et quatre destroyers accompagnant le monstre chez Neptune).

…..Et pour finir

La carrière du Bunker Hill s'arrêta le 11 mai 1945

Le 11 mai 1945, au matin, alors qu'il soutenait les troupes débarquées à Okinawa dans le cadre de l'opération Iceberg (troupes à terre le 1er avril), à 76 miles à l'est, il est sévèrement endommagé par deux kamikazes (attaque Kikusui 6)

Le premier, un Zero porteur d'une bombe de 250kg largua sa bombe qui explosa dans le hangar avant que l'avion se crashe sur les avions rassemblés, prêts à être catapultés (et donc plein de carburant et de munitions) soit 30 sur le pont et 48 dans le hangar.

Le second, un autre Zero largua une bombe de 250kg qui s'écrasa à proximité de l’ilot, cible de choix pour les kamikaze. La bombe explosa dans le hangar (mais j'ignore si l'avion s'est crashé en mer où si il à accompagné la bombe).


...Et le Bunker Hill (CV-17) devint une annexe de l'enfer

Outre les dégâts considérables, le bilan humain est très lourd avec la mort de 346 marins (plus 43 disparus dont les corps n'ont jamais été retrouvés) et 264 blessés. L'amiral Mitscher évacué par le destroyer English (DD-696) et passe sur l'Enterprise. Il est assisté par le croiseur léger USS Wilkes-Barre (CL-103) et trois destroyers.


Les dégâts importants causés par les japonais au Bunker Hill

Après des réparations d'urgence à Pearl Harbor, il est envoyé à Bremerton pour remise en état, il y était toujours à la mi-août quand la guerre s'acheva.

Si j'ai utilisé les mêmes sous-titres que pour le Franklin ce n'est pas un hasard. Le Bunker Hill partage en effet avec le Franklin le sort peu enviable d'être le seul Essex à n'avoir jamais réarmé et refondu après guerre, la faute à des dégâts trop importants qui ont du provoquer de sérieux problèmes structuraux rendant délicat des refontes aussi radicales que la SCB-27A/C ou SCB-125.

Remis tout de même état, il va participer à l'opération Magic Carpet dans le Pacifique jusqu'en janvier 1946 quand il rallie Bremerton pour y être désarmé. Son désarmement est officiel est daté du 9 janvier 1947.

Mis sous cocon, le vieux guerrier va attendre vainement un réarmement ce qui ne l'empêche pas  d'être reclassé porte-avions d'attaque (CVA-17) en octobre 1952, porte-avions anti-sous-marin en août 1953 (CVS-17) et enfin Auxiliary aircraft Vessel Transport Nine (AVT-9) en mai 1959.


Le USS Bunker Hill (CV-17) à San Diego en 1966

Rayé du Naval Vessel Register en novembre 1966, il sert de plate-forme pour des tests électroniques à North Island près de San Diego jusqu'en mai 1973 quand il est vendu à la démolition et démantelé.

Une tentative de le préserver comme musée (ce qui aurait permis d'avoir un Essex dans sa configuration d'origine) à malheureusement échoué.


Le USS Bunker Hill (CV-17) le 17 octobre 1971

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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Ven 24 Jan 2014, 22:33

Le USS Wasp (CV-18)

Vue aérienne du USS Wasp (CV-18) au large de Trinidad le 22 février 1944

Présentation

-Le USS Wasp (CV-18) est mis sur cale aux chantiers navals Fore River Shipyard (Bethlehem Steel Comany) installés à Quincy (Massachusetts) le 18 mars 1942 sous le nom d'Oriskany.

Suite au torpillage et à la destruction du CV-7 survenu le 15 septembre 1942, il est rebaptisé le 13 novembre de la même année.  Lancé le 17 août 1943, il est commissionné le 24 novembre 1943.


17 août 1943 : le PCU Wasp (CV-18) est lancé par son chantier constructeur


Quand à son d'origine, il sera réattribué au CV-34 mais ceci est une autre histoire.

Les autres navires du même nom

Le CV-18 n'est donc pas le premier navire de l'US Navy à porter le nom de cet insecte aux piqures nettement moins sympathiques que les chansons de Maya utilisé comme acronyme pour désigner les blancs non latinos aux Etats-Unis (White Anglo-Saxon Protestant).

Ce n'est pas non plus le deuxième, de nombreux navires de la marine américaine ont porté ce nom et chose étrange, plusieurs navires en service en même temps notamment au début du 19ème siècle.

Le premier fût un schooner (goélette) marchand acquis par la jeune Continental Navy en 1775 et perdue en 1777. Il est suivit par un sloop construit en 1806 mais perdu durant la guerre de 1812 et d'un schooner construit en 1810 et vendu (à un armateur ?) après 1814.

Le quatrième Wasp est un sloop réquisitionné en 1813 et rendu dès l'année suivante à ses propriétaires, le cinquième étant un sloop construit en 1813 mais perdu dès l'année suivante en 1814.

Le Wasp n°6 est une frégate confédérée, l'Emma Henry rebaptisée en juin 1865 et désarmée en 1876 après qu'elle fût jugée inapte au service armé.

Il (ou elle) est suivit par un yacht à vapeur mis en service en 1898 et utilisé comme navire d'entraînement jusqu'en 1919 quand elle est vendue et qui cohabite avec une vedette à moteur louée par la marine américaine pour des patrouilles côtières en 1917.

Le neuvième Wasp est également le premier porte-avions à porter ce nom. Version réduite des Yorktown, le USS Wasp (CV-7) est mis sur cale le 1er avril 1936 aux....Fore River Shipyard de Quincy (Massachusetts) lancé le 4 avril 1939 et admis au service actif le 25 avril 1940 à Boston. Il est perdu par torpillage du sous-marin I-19 le 15 septembre 1942 au large de Guadalcanal.

Le CV-18 est le dixième navire de la marine américaine à porter ce nom mais il n'est pas le dernier puisqu'un Wasp n°11 à rejoint les rangs de la marine américaine.


Le USS Wasp (LHD-1)

Premier navire de la classe éponyme, c'est un Landing Helicopter Dock (LHD), un porte-hélicoptères d'assaut pouvant héliporter des marines et mettre à terre leur matériel lourd à l'aide de chalands de débarquement ou de véhicules sur coussins d'air voir de tracteurs amphibies.

-Le USS Wasp (LHD-1) est mis sur cale aux chantiers navals de la Litton-Ingalls Shipbuilding Corporation sis à Pascagoula (Mississipi) le 30 mai 1985 lancé le 4 août 1987 et admis au service actif le 29 juillet 1989. Toujours en service en 2013, il est basé à Norfolk.

Carrière opérationnelle

Un porte-avions dans le second conflit mondial

Le USS Wasp (CV-18) dans le Puget Sound le 9 juin 1945

Après sa mise en condition opérationnelle qui l'occupa jusqu'à la fin de l'année, le porte-avions passa un peu de temps au Boston Navy Yard pour des réparations suite à des avaries mineures au cours de sa croisière d’aguerrissement.

Le 10 janvier 1944, le USS Wasp (CV-18) quitta Boston pour rallier Hampton Roads (Virginie) où il resta jusqu'à la fin du mois quand il rallia Trinidad et la base américaine implantée dans cette colonie britannique, y restant jusqu'au 22 février, date à laquelle il mit cap sur Boston où il arriva le 27 pour préparer son transfert dans le Pacifique.

Début mars, il quitta la côte est direction la zone des combats, franchissant le canal de Panama pour rallier San Diego le 21 mars n'y faisait qu'une brève escale car il était à Pearl Harbor dès le 4 avril 1944.

Après des entraînements complémentaires dans les eaux hawaïennes, le nouveau porte-avions rallie Majuro où il intégra le TG 58.6 (contre-amiral Montgomery) composé de l'Essex et du San Jacinto, une partie de la TF 58 alors sous l'autorité de l'amiral Mitscher. Son baptême du feu eut lieu à la mi-mai quand il participa à des raids contre Marcus et Wake.

Alors que le San Jacinto traquait les piquets de surveillance japonais, le Wasp et l'Essex lancèrent leurs avions à l'asaut des îles Marcus les 19 et 20 mai, ces raids devant neutraliser les forces japonaises qui pourraient s'opposer à l'opération Forager prévue à la mi-juin.

Le temps se dégradant, les raids prévus le 21 furent annulés, le Wasp et l'Essex retrouvant le San Jacinto pour rallier les environs de Wake qui fût attaquée le 24 et neutralisée, devenant une «position morte», une île ou un atoll isolée par l'avance américaine que les américains laissaient péricliter et qui servaient de cibles d'entraînement pour les groupes aériens des nouveaux porte-avions ou des ponts plats ralliant le front après un grand carénage sur la côte ouest.

Le 6 juin 1944, le Wasp intégré au TG 58-2 en compagnie du Bunker Hill, du Cabot et du Monterey quitte Majuro pour participer à l'opération Forager, le débarquement dans les Mariannes.

Le 11 juin, les porte-avions de la TF58 lancent leurs chasseurs Hellcat sur Saipan et Guam pour frapper les aérodromes et éliminer la chasse japonaise mais seulement 30 appareils sont abattus. Du 12 au 15 juin, les porte-avions de la Fast Carrier Task Force pilonnent Saipan et Tinian pour neutraliser toutes les positions japonaises.

Les troupes américaines sont mises à terre le 15 juin 1944 mais le 17, les porte-avions rapides cèdent la couverture et l'appui des troupes débarquées aux porte-avions d'escorte pour neutraliser la flotte japonaise dont la présence avait été détectée, la flotte mobile de l'amiral Ozawa ayant quitté Tawi Tawi (extrémité sud-ouest de l'archipel des Sulu au sud-ouest des Philippines à proximité de la Malaisie) dès le 13 juin, deux jours avant le déclenchement de Forager.

C'est le début de la bataille de la mer des Phillipines (19 et 20 juin), bataille qui donnera son nom au dernier Essex. Le 19 juin à lieu le «Mariannas Great Turkey's shot», le tir aux pigeons des mariannes, la destruction ou plutôt le massacre de l'aéronavale japonaise avec 283 appareils japonais détruits en vol ou au sol pour seulement 30 avions côté américain, un rapport de un pour dix. Un marin du Wasp est tué par un coup à toucher.

Le lendemain, 20 juin, les américains lancent un raid mémorable pour détruire les porte-avions japonais, une mission restée célèbre sous le nom de «Mission Beyond Darkness».

La TF-58 et donc le Wasp lancent  96 Hellcat, 54 Avenger,51 Helldiver et 26 Dauntless, tous les appareils étant armés de bombes sauf les Avenger armés de torpilles pour frapper une flotte japonaise trouvée à 18.40.

L'attaque commence au crépuscule et pour la contrer les japonais ont fait décoller 68 chasseurs depuis les porte-avions Junyo, Hiyo, Ryuho,Zuikaku, Chitose, Zuiho et Chiyoda.

Les Avenger du Yorktown et du Belleau Wood armés de torpilles attaquent les porte-avions Zuikaku et Hiyo, ce dernier étant coulé. Le Zuikaku est touché par des bombes, le Chiyoda, le Haruna et le Maya encaisse chacun une bombe et deux pétroliers sont perdus et 65 avions japonais sont abattus.

Le retour des avions américains, de nuit, à bout de carburant, certains endommagés, est resté légendaire. 20 avions ont été perdus au cours de l'attaque et 80 pendant le retour, amerris, faute d'essence ou accidentés à l'appontage.

En depit des risques, l'amiral Mitscher donne l'ordre d'allumer les feux de sa flotte pour aider les aviateurs. Les porte-avions se signalent par un projecteur braqué verticalement, les appareils se posent sur le premier pont disponible avec parfois deux appontages simultanés : un Hellcat sur le brin 2 et un bombardier sur le brin 5.

Durant cette bataille,trois porte-avions japonais furent coulés en l'occurence le Taiho, le Shokaku et le Hiyo, les deux premiers ayant été coulé par des sous-marins et le troisième par l'aviation. A cela s'ajoute la destruction de deux pétroliers _tellement endommagés qu'ils durent être sabordés_ ainsi que plusieurs navires endommagés en l'occurence les porte-avions Ryuho, Junyo et Zuikaku.

Le 21 juin, le Wasp et le Bunker Hill sont détachés de la TF 58 pour couvrir les cuirassés du TG 58.7 du vice-amiral Lee (Washington, North Carolina Iowa New Jersey Indiana South Dakota et Alabama) qui doivent retrouver et achever les éclopés japonais mais sans succès, le groupe occasionnel rentrant à Eniwetok le 23 juin 1944.


Le USS Wasp (CV-18) le 6 août 194( quelque part dans le Pacifique

Dès le 30 juin, le Wasp et les autres porte-avions du TG 58.2 (Bunker Hill, un nouveau venu _le Franklin_ et les porte-avions légers Cabot et Monterey) accompagnés de ceux du TG 58.1 (Hornet Yorktown Belleau Wood et Bataan) soit une puissance aérienne respectable de 520 appareils (si on part de 100 par Essex et 30 par Independence) reprennent la mer direction Iwo et Chichi Jima pour des raids menés les 3 et 4 juillet, détruisant 75 appareils en l'air et au sol, les croiseurs de l'écran ajoutant aux bombes leurs obus de 203mm (Boston Baltimore Canberra), de 152 (Santa Fe Mobile Biloxi) et de 127mm pour l'Oakland et ceux pendant 2h30.

Le lendemain 5 juillet, les deux Task Groups retournèrent au large des Mariannes, attaquant Guam et Rota pour préparer le futur débarquement américian sur Guam  qui à lieu le 21 juillet. Le 22, le Wasp  et ses compères du TG 58.2 accompagnés de deux autres task groupes mettent cap au sud-ouest, direction les Carolines Occientales pour frapper les Palaus.

Alors que les TG 58.1 et TG 58.3 mettaient cap au nord pour des raids contre les Bonins et les îles Volcano, le TG 58.2 auquel appartenait le Wasp mit cap sur les Marshalls et Eniwetok où il arriva le 2 août.

Le 26 août, la 5ème flotte devient la 3ème flotte, l'amiral Halsey relevant l'Amiral Spruance. La TF 58 devient donc la TF 38. Outre ce changement de nom, le USS Wasp (CV-18) est réaffecté au TG 38-1 du vice-amiral John S. McCain, groupe occasionnel également composé des porte-avions Hornet, Cowpens et Belleau Wood.

Le 6 septembre 1944, la Fast Carrier Task Force lance une série de raids contre les Palaus, raids achevés le 9 septembre quand les porte-avions d'escadre de l'US Navy rallient les Philippines pour neutraliser les forces aériennes ennemies pendant la conquête de Morotai, de Peleliu et d'Ulithi.

Après les aérodromes implantés sur Mindanao le 10, ce sont ceux des Visayas le 12 et 13 septembre qui furent pilonnés. L'absence de menace japonaise dans le sud des Phillipines poussa les planificateurs à annuler le débarquement sur Mindanao prévu le 16 novembre et avancer le débarquement prévu à  Leyte au 20 octobre 1945.

Après de nouveaux raids contre les Phillipines (Mindanao, Visayas), le Wasp rallie Manus dans les îles de l'Amirauté le 29 septembre pour ravitaillement, retournant au combat le 4 octobre, ralliant la mer des Phillipines le 7 octobre à 375 miles à l'ouest des Mariannes.

Les porte-avions américains devaient mener des missions d'interdiction aérienne contre les aérodromes japonais pour couvrir le débarquement de Leyte _un nom qui allait être donné à un Essex_ , se ravitaillant le 8 pour rallier les Ryu-Kyus _l'archipel où se trouve l'île d'Okinawa_ le 10 et matraquer les aérodromes ainsi que la navigation japonaise.

C'est ensuite Formose qui est attaquée du 12 au 15 octobre, les japonais subissant des pertes considérables qu'il s'agisse d'avions, de navires marchands ou d'infrastructures non sans pertes pour les américains : 79 appareils, 64 pilotes et navigants, les croiseurs Canberra et Houston ainsi que le porte-avions Franklin endommagés mais sans que la blessure soit mortelle.

La TF-38 alors qu'une étape cruciale de la guerre du Pacifique allait être franchie est composée des éléments suivants :

-TG 38.1 : Wasp Hornet Hancock Cowpens et Monterey

-TG 38.2 : Intrepid Bunker Hill Independence et Cabot

-TG 38.3 : Lexington Essex Princeton et Langley

-TG 38.4 : Franklin Enterprise San Jacinto et Belleau Woods

C'est donc une formidable puissance aérienne de près de 1200 appareils qui va s'abattre sur l'île de Leyte pour appuyer le débarquement des troupes du «héros de Corregidor», la 7ème armée du général Douglas MacArthur.

Ce débarquement plus encore que celui des Mariannes devait entraîner une riposte japonaise. Un plan simple et audacieux (Sho-Go 1) _une fois n'est pas coutume pour les japonais_ vit les porte-avions de la marine impériale japonaise sans beaucoup d'avions à bord attirer loin de Leyte les porte-avions de la TF38 pour permettre aux cuirassés et aux croiseurs lourds japonais d'écraser les troupes mises à terre le 20 octobre 1944 en passant par le sud via le détroit de Surigao et par le nord à travers le détroit de San Bernadino.

Du 22 au 25 octobre 1944 à lieu la bataille du golfe de Leyte, la plus grande bataille navale de tous les temps avec le Jutland, l'engagement de plusieurs dizaines de navires  sur 900 miles nautiques du nord au sud.

Cette bataille fût le dernier affrontement entre la marine japonaise et la marine américaine, l'orgueilleuse marine impériale y perdant ses derniers porte-avions ainsi que plusieurs cuirassés dont le Musashi, le Fuso et le Yamashiro mais également le croiseur lourd Kumano et le croiseur léger Noshiro.

Le Wasp manqua le début de la bataille, lui et ses autres comparses du TG 38.1 devant se ravitailler à Ulithi. Les porte-avions furent rappelés pour secourir les porte-avions d'escorte, les destroyers et les destroyers d'escorte qui devant Leyte se défendaient comme des diables contre des cuirassés et des croiseurs lourds nettement plus puissants.

La bataille du golfe de Leyte terminée, le Task Group Thirty-Eight-One opéra encore deux jours dans les eaux Philippines avant de regagner Ulithi le 28 octobre pour quelques jours consacrées à des réparations, du ravitaillement et le repos de l'équipage.

Durant les suites de cette gigantesque bataille, les avions du Wasp accompagnés de ceux du Hornet achèvent le destroyer Hayashimo échoué.

Dès le 5 novembre, le USS Wasp (CV-18) était à nouveau sur le pied de guerre, frappant les aérodromes de Luzon, détruisant plus de 400 appareils japonais, la majorité au sol. Après que le Lexington eut été touché par un kamikaze, le Wasp devient navire-amiral de la TF-38, embarquant le vice-amiral McCain.

Peu après, il rallia Guam pour un échange de groupe aériens avant de retourner au combat aux Philippines à la mi-novembre pour quinze jours d'opérations, la force de porte-avions rapides ralliant Ulithi le 26 novembre à une époque où le soutien des troupes au sol avait été transféré à l'USAAF.

Le 10 décembre 1944, la TF-38 quitta Ulithi pour se positionner à l'est de Luzon et frapper l'île du 14 au 16 décembre alors que le débarquement sur Mindoro devait avoir lieu le 15 décembre.

Elle devait ensuite se ravitailler mais le typhon Cobra à la course changeante força les américains à annuler ce ravitaillement et à tenter de sauver le maximum de navires et d'éviter que les vents qui avaient déjà engloutis trois destroyers ne fassent de plus gros dégâts. La TF-38 rentre à Ulithi le 26 décembre après des raids en mer de Chine méridionale notamment contre Formose, les Pescadores et les Sakishimas.

La prochaine opération à laquelle le Wasp allait participer fût l'opération Detachment, l'invasion de l'île d'Iwo Jima dans l'archipel des Volcanos. La conquête de cette île était nécessaire, vitale même pour permettre d'y baser les chasseurs d'escorte, les North American P-51 Mustang et de permettre aux Boeing B-29 Superfortress endommagées de s'y poser.

La TF-58 quitte Ulithi le 10 février pour rallier les eaux japonaises, entamant ses opérations le 16 février par un raid de chasse libre ou sweep pour neutraliser la chasse japonaise  avant de s'attaquer à l'industrie aéronautiques dans la région de Tokyo. Les opérations n'eurent pas le succès escompté en raison de mauvaises conditions météorologiques.

Dans la nuit du 16 au 17 février 1945, la force de porte-avions rapide rallie Iwo Jima pour couvrir le débarquement amphibie exécuté à partir du 19. Les chasseurs-bombardiers des porte-avions rapides et des porte-avions légers vont couvrir la mise à terre des marines et des G.I et en assurer leur appui.  

Le USS Wasp (CV-18) va assurer cette mission jusqu'au 23 février quand la TF-58 met à nouveau le cap sur le Japon pour de nouvelles frappes sur la région de Tokyo le 25 mais les conditions météorologiques dégradées oblige les américains à annuler les raids du lendemain sur Nagoya puis de mettre cap sur les Ryu-Kyu et Okinawa pour des frappes menées le 1er mars suivies d'un bombardement nocturne mené par des navires de surface. Le Wasp et les autres porte-avions de la TF-58 rallient Ulithi le 4 mars 1945.

Du 17 au 23 mars, le Wasp mène de nombreux raids sur le Japon mais également sur Iwo Jima ce qui lui vaut d'être endommagé le 19 mars par une bombe. Durant cette semaine, son groupe aérien descendit quatorze appareils japonais, en détruisant six au sol auxquels s'ajoute de nombreux navires endommagés par bombes et mitraillages.

Le 13 avril 1945, il arrive au Puget Sound Navy Yard pour réparer les dégâts causés par la bombe et plus généralement une remise en état complète, une modernisation de son électronique et un accroissement de la DCA pour faire face à la menace kamikaze, menace de plus en plus prégnante.

Après presque trois mois de travaux, le USS Wasp (CV-18) quitte la côte ouest pour rallier Pearl Harbor qu'il quitte le 12 juillet pour rallier le «front», attaquant Wake durant le transit.

Après un bref arrêt à Eniwetok, le Wasp rallie la Fast Carrier Task Force au large du Japon pour les dernières opérations de la guerre, les avions du Wasp frappant notamment la base navale de Yokosuka, des aérodromes et des implantations industrielles.

Le 9 août 1945, un kamikaze manque de peu le porte-avions et le 15, le jour de la capitulation japonaise, deux avions nippons tentent d'attaquer le porte-avions mais sont expédiés dans les flots par la patrouille de chasse (C.A.P Combat Air Patrol) couvrant le Wasp.

Le Wasp et l'après guerre

Le USS Wasp (CV-18) après avoir été endommagé par un typhon

Le USS Wasp (CV-18) reste déployé au large du Japon pour couvrir le débarquement des troupes d'occupation, répérer les camps de prisonniers alliés et les ravitailler par des largages.

Le 25 août, un puissant typhon (vents de 140 km/h) endommage le pont du porte-avions qui perd 9m de pont d'envol ce qui ne l'empêche pas de continuer ses opérations, opérations rendues délicates par un pont d'envol racourcci.

Sa mission de présence terminée (31 août), le porte-avions rallie la côte est et Boston pour participer au Navy Day le 27 octobre 1945.

Trois jours plus tard, il rallie le Brooklyn Navy Yard pour des travaux destinés à rapatrier les vétérans du Pacifique dans le cadre de l'opération Magic Carpet, le porte-avions pouvant embarquer 4500 passagers par voyage. Plus tard, il rapatria en Italie des prisonniers italiens libérés.

Le 17 février 1947, le USS Wasp est désarmé avec le statut out of commission in reserve ce qui signifie qu'il ne pouvait être réarmé qu'après plusieurs semaines voir plusieurs mois de travaux.Il est placé sous l'autorité de l'Atlantic Reserve Fleet.

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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Ven 24 Jan 2014, 22:53

Refonte et retour au service actif

La proue du Wasp endommagé après la collision avec le Hobson

Les Essex, excellents porte-avions du second conflit mondial (probablement les meilleurs avec les Shokaku et Zuikaku japonais) durent faire face à l'arrivée d'avions à réaction qui étaient nettement plus exigeants en terme de place et d'infrastructures qu'il s'agisse des  catapultes ou des brins d'arrêts.

En dépit du lobbying hostile de l'USAF, l'US Navy allait pouvoir refondre ses Essex pour les adapter aux avions à réaction et au bombardement nucléaire.

Le Wasp fût le second porte-avions de classe Essex à subit la refonte SCB-27A avec l'Essex. Les travaux vont être menés par le Brooklyn Navy Yard du 1er septembre 1948 au 28 septembre 1951.

Recommissioné le 10 septembre 1951, le USS Wasp (CV-18) est réaffecté à la 2ème flotte ou Flotte de l'Atlantique en novembre 1951, entamant alors sa mise en condition, celle de l'équipage du navire mais également de son groupe aérien.

Après sa croisière de mise en condition, le porte-avions repasse au Brooklyn Navy Yard en février et mars 1952.

A la fin avril, le USS Wasp (CV-18) met cap à l'est pour son premier et unique déploiement au sein de la 6ème flotte en Méditerranée.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1952, le porte-avions et son groupe de combat sont à 700 miles à l'ouest des Açores. Le transit est l'occasion de nombreux d'exercices de jour comme de nuit.

Au cours d'opérations aériennes, le porte-avions se met vent debout pour permettre l'exercice et les deux destroyers d'escorte, le Hobson (DMS-26) et le Rodman (DD-456) se mettent en position pour permettre de sauver des pilotes tombés à la mer.

Pour une raison inexplicable (et qui restera inexpliquée), le Hobson manœuvre et va se placer dans la route du Wasp. Le choc est inévitable et le destroyer dragueurs de mines de classe Gleaves est coupé en deux. Le navire coule rapidement et seulement 61 marins et officiers sur 237 sont récupérés soit 176 morts dont le commandant du destroyer.

Le porte-avions est suffisamment endommagé pour devoir rallier Bayonne dans le New Jersey pour des réparations. La proue est coupée et remplacée par celle du Hornet alors en conversion SCB-27A, proue découpée au Brooklyn Navy Yard et ramenée sur une barge jusqu'au New Jersey.

Dans un delai record de dix jours, le porte-avions est remis en état et dès le 24 mai 1952, il peut mettre cap à l'est pour enfin réaliser son déploiement au sein de la 6ème flotte.

Le 2 juin 1952, il relève le Tarawa (CV-40) à Gibraltar et retrouve la Carrier Division Six en Méditerranée. Pendant cinq mois, le porte-avions va réaliser de nombreux exercices et des escales de courtoisie dans les ports méditerranéens.

Relevé le 5 septembre par son sister-ship Leyte (CV-32) à Gibraltar, il rallie l'Europe du Nord pour participer à l'exercice Mainbrace au large de Greenock puis à une escale à Plymouth avant de rentrer à Norfolk le 13 octobre 1952.

Reclassé porte-avions d'attaque (Carrier Vessel Attack) le 1er octobre 1952, le USS Wasp (CVA-18) subit un grand carénage de sept mois au Brooklyn Navy Yard pour préparer un véritable tour du monde qui doit le ramener dans le Pacifique.

Les travaux ainsi que la remise en condition terminées, le porte-avions quitte Norfolk le 16 septembre 1953, longe la côte est, pénètre dans la mer des Caraïbes avant de franchir le canal de Panama pour pénétrer dans l'océan baptisé ainsi par Magellan.

Il rallie directement le Japon pour une brève visite de courtoisie avant de participer à des exercices au sein de la TF-77, la composante porte-avions de la 7ème flotte. Entre deux exercices, il fit ainsi escale à Hong-Kong, Manille, Yokosuka et Sasebo.

Des chefs d'état visitèrent le bord qu'il s'agisse de Tchang-Kaï-Chek, le président de Formose ou Ramon Magsaysay, président des Philippines, invité de l'ambassadeur des Etats-Unis à Manille, un certain Raymond A. Spruance.


Le USS Wasp (CVA-18) en mars 1954

Relevé en avril 1954 par le Boxer, le Wasp rallie son nouveau porte d'attache en l'occurence San Diego.

Alors qu'il se trouvait dans les eaux philippines, le porte-avions aurait pu participer à l'opération Vulture, un bombardement aérien pour sauver le camp retranché de Dien-Bien-Phu mais des considérations politiques empêchèrent l'exécution de l'opération.

Comme tous les porte-avions de la 3ème flotte, le Wasp va partager son temps en des détachements au sein de la 7ème flotte et des opérations au large de la côte ouest pour entrainer son groupe aérien et maintenir un haut niveau de compétences.

En septembre 1954, il quitte San Diego et les Etats-Unis pour rallier l'Extrême Orient et participer ainsi à son deuxième déploiement au sein de la TF-77. Il fit escale à Pearl Harbor et à Iwo Jima en route, relevant le Boxer en octobre.

Outre des exercices et des escales de représentation, le USS Wasp (CVA-18) participe à la couverture de l'opération d'évacuation des îles Tachen par les nationalistes de Tchang-Kaï-Chek.


Le USS Wasp (CVA-18) en Extrême Orient le 5 janvier 1955

De retour aux Etats-Unis en avril, il va subir de mai à décembre 1955 au Hunters Point Navy Yard une nouvelle refonte baptisée SCB-125 qui modifie radicalement sa silhouette avec une proue fermée dite Hurricane Bow, une piste oblique et des catapultes à vapeur. Rentré à San Diego les travaux terminés, le porte-avions va préparer un nouveau déploiement en Extrême-Orient.

Le USS Wasp (CVA-18) quitte San Diego le 23 avril 1956 pour un nouveau déploiement en Extrême-Orient avec le Carrier Air Group Fifteen (CVG-15) à son bord. Au cours d'une escale à Pearl Harbor, il subit une inspection de ses capacités avant de rallier Guam le 14 mai.

Il rallie ensuite le Japon, effectuant durant le transit l'opération Sea Horse, une série d'exercices de jour et de nuit organisées sur cinq jours. Arrivé à Yokosuka le 4 juin, il va effectuer plusieurs escales dans les ports de la région, participant à l'inauguration de la nouvelle base aéronavale de Cubi Point située en face de Subic Bay.

Il est de retour à San Diego le 15 octobre 1956 et dix-sept jours plus tard, le 1er novembre, il est reclassé Carrier Vessel Submarine avec la marque de coque CVS-18. Il va ensuite préparer son transfert sur la côte est.


Le USS Wasp (CVS-18)

Le 31 janvier 1957, le USS Wasp (CVS-18) quitte San Diego, franchit le cap Horn, manœuvre dans l'Atlantique Sud et les Caraïbes avant de rallier Boston le 21 mars après presque deux mois de mer.

Il met cap sur Norfolk où il arrive le 6 avril pour un entraînement à la lutte anti-sous-marine qui va l'occuper jusqu'au mois d'août.

Il participe en septembre à deux exercices OTAN codés «Seaspray» et «Strikeback» exécutés au large des côtes écossaises, un lieu qu'auraient sûrement à fréquenter les porte-avions ASM américains en cas de guerre. Le Wasp est de retour à Boston le 23 octobre 1957, subissant un grand carénage au Boston Naval Shipyard qui s'achève le 10 mars 1958.

Après avoir effectué sa remise en condition dans les Caraïbes, il intègre la TF-66, la force anti-sous-marine de la 6ème flotte (Méditerranée) dès son appareillage de Quonset Point (Rhode Island) le 12 mai 1958.

Le programme initial est perturbé par les événements du Liban. Le Wasp était arrivé à Gibraltar le 21 mai et avait ensuite fait escale à La Sude, à Rhodes et à Athènes, effectuant un exercice américano-italien de dix jours au large de la Sardaigne.

Le 15 juillet 1958, au lendemain du coup d'état irakien qui déstabilisa la bien mal nommée «Suisse du Moyen-Orient», le Wasp commença à patrouiller au large du Liban, son squadron d'hélicoptères de transport s'installa sur l'aéroport de Beyrouth d'où il assura le soutien logistique et sanitaire des marines déployés dans la région.

Le Wasp resta déployé au large du Liban jusqu'au 17 septembre date à laquelle il quitta Beyrouth pour rallier Norfolk, arrivant en Virginie le 7 octobre, n'atteignant sa destination finale en l'occurence Boston le 11 octobre après une courte escale à Quonset Point.

Quatre jours plus tard, le USS Wasp (CVS-18) devint le navire amiral du Task Group Bravo, l'un des deux groupes anti-sous-marins _l'autre étant le Task Group Alfa_ de la Flotte de l'Atlantique, chacun de ses groupes étant composé d'un porte-avions anti-sous-marin, de destroyers (sept en l'occurence pour ce groupement) et d'avions de patrouille anti-sous-marins basés à terre, des Lockeed P2V Neptune qui complètent l'action des Trackers et des hélicoptères embarqués.

Pour permettre à ce groupe occasionnel permanent d'être réellement opérationnel, le Task Group Bravo effectue un cycle de manœuvres de dix-sept jours dans l'Atlantique Nord (26 novembre au 13 décembre 1958).

The Wasp in the Sixties

Le USS Wasp (CVS-18) en 1960

Le USS Wasp (CVS-18) va opérer en compagnie du Task Group Bravo jusqu'en février 1960, subissant un grand carénage du 27 février 1960 à début juillet, ralliant l'Atlantique Sud alors que le Congo belge récement indépendant était déjà secoué par des troubles intérieurs.

Le porte-avions anti-sous-marin se tint prêt à intervenir pour évacuer les ressortissants américains jusqu'à début août, ralliant Boston le 11 août, passant la fin de l'année sur la côte est et dans les Caraïbes, restant au port jusqu'à la fin de l'année et ce partir du 10 décembre.

Après avoir passé la première partie de l'année à s'entraîner au large de la côte est, le porte-avions quitte Norfolk le 9 juin pour une croisière de trois mois en Méditerranée, une croisière qui vit le porte-avions multiplier les escales et les exercices.

De retour à Norfolk le 1er septembre, le porte-avions subit un nouveau carénage au Boston Naval Shipyard et ce jusqu'au 6 novembre 1961 quand il entame sa mise en condition.

Après s'être entraîné au large de la côte est, le porte-avions quitte Boston le 18 février 1962, faisant escale à Portsmouth, à Rotterdam, à Greenock,à Plymouth, à Kiel _le Wasp étant le premier porte-avions à faire escale dans ce port de la Baltique_, à Oslo, Reykjavik et Argentia (Terre-Neuve) pour rallier Boston le 16 juin.


Le USS Wasp (CVS-18) en ravitaillement

Il participe ensuite au blocus de Cuba durant la crise des missiles, restant en ligne durant toute cette  période de tension. Il rallie Boston le 22 novembre pour entretien puis quitte le Massachusetts le 21 décembre pour les Bermudes afin d'executer une croisière au profit d'aspirants officiers. Il rentre à son port d'attache le 29 décembre et y reste jusqu'à la fin de l'année.  

Le USS Wasp (CVS-18) commence l'année 1963 par des exercices anti-sous-marins en baie de Chesapeake avant de rallier le Costa-Rica dans le cadre d'une visite présidentielle du président Kennedy qui organisait un sommet avec six nations d'Amérique Centrale (21 mars).

Après des exercices, il rallie Boston le 4 avril 1963 avant de se positionner au large des Bermudes du 11 au 18 mai pour participer à une éventuelle récupération du major Gordon Cooper qui participait à une mission Mercury mais la capsule étant rentrée comme prévue à proximité de Midway, c'est le Kearsarge qui se chargea de la récupération.

Après avoir passé le reste de l'année à effectuer des exercices anti-sous-marins dans l'Atlantique et dans les Caraïbes, le Wasp subit une refonte FRAM (Fleet Rehabilitation and Modernization) au Boston Navy Yard.

Les travaux s'achèvent au printemps suivant et le porte-avions peut effectuer ses essais au mois de mars 1964 suivit d'un mois d'avril consacré à l'entraînement au large de Norfolk et en baie de Narragansett. Après des travaux complémentaires à Boston du 4 au 14 mai, le Wasp effectue sa remise en condition dans les Caraïbes, rentrant à son port d'attache le 3 juin 1964.


Le USS Wasp (CVS-18) et les autres entités du Task Group Bravo

Il passe ensuite la fin de l'année en Méditerranée, quittant la côte est le 8 septembre pour y rentrer le 18 décembre après avoir manœuvré dans la Mare Nostrum et fait escale à Valence, dans des ports espagnols, français et italiens.

Le USS Wasp (CVS-18) reprend la mer le 8 février 1965 pour des manœuvres dans les Caraïbes et au large de la côte est, récupérant ensuite la capsule Gemini IV (James McDivitt et Edward H. White 3-7 juin) le 7 juin.

Il passe ensuite l'été à multiplier des exercices, participant au opérations de recherche et de sauvetage d'un C-121 de l'Air Force perdu au large de Nantucket ainsi que des exercices avec les marines ouest-allemandes et françaises.

L'année se termine par la récupération des astronautes des missions Gemini VI (Stafford et Schirra) et VII (Lowell et Borman), la première ayant été dans l'espace les 15 et 16 décembre et la seconde du 4 au 18 décembre, les deux capsules effectuant un vol en formation le 15. Le porte-avions rentre à Boston le 22 décembre et reste au port jusqu'à la fin de l'année.


Atlantique 1965 : USS Wasp (CVS-18)

Pour le Wasp, l'année 1966 doit commencer par des exercices au sein de la flotte de l'Atlantique  mais au cours du transit en direction de Porto-Rico, le mauvais temps cause des dégâts suffisament importants pour que le porte-avions soit obligé de rallier Boston le 18 février pour des travaux qui vont l'immobiliser jusqu'au 7 mars.

Après sa remise en condition et divers exercices jusqu'au 24 mars, le porte-avions reste à Boston jusqu'à la mi-avril avant d'amener à Guantanamo le Secrétaire à la Navy et ses invités, le porte-avions quittant le Massachusetts le 18 avril et y revenant le 6 mai.

Décidément fort actif, le vétéran, participe à la récupération de Gemini IX le 6 juin, ramenant à Cap Kennedy  le Lieutenant-Colonel Thomas P. Stafford et le Lieutenant Commander Eugène Cernan mais pas la capsule qui fût ramenée à Boston à bord du porte-avions.  

Après avoir participé à cette opération de soutien à la conquête spatiale, le USS Wasp (CVS-18) enchaine par deux exercices destinés à entretenir ses capacités dans son domaine de prédilection à savoir la lutte anti-sous-marine. Ces deux exercices sont «ASWEX III» du 20 juin au 1er juillet 1966 et «ASWEX IV» du 25 juillet au 5 août.

Après un petit carénage du 1er au 19 septembre, le porte-avions enchaine par un exercice de lutte anti-sous-marine marquée par la présence à bord d'avions de la marine canadiennes, l'opération de récupération de Gemini XII (5-18 novembre), le porte-avions accueillant à son bord le 15 novembre le capitaine James A. Lovell et le major Edwin E. Aldrin avant de rallier Boston avec eux le 18.  

L'année 1966 se termine pour le Wasp par un exercice majeur de la 2ème flotte. Baptisé «Lantflex 66», il voit l'engagement de plus de cent navires du 28 novembre au 16 décembre, date du retour du porte-avions à Boston où il reste jusqu'à la fin de l'année civile.


Le USS Wasp (CVS-18) le 18 février 1967

Après avoir qualifié de jeunes pilotes et manoeuvré dans le Golfe du Mexique du 24 janvier au 26 février 1967  (avec des escales à La Nouvelle Orléans, Pensacola et Mayport), le Wasp est de retour à Boston le 27, y restant jusqu'au 19 mars avant de nouveaux exercices dans les Caraïbes jusqu'au 7 avril, date de son retour à Boston.

Le 11 avril 1967, il quitte Boston pour le Naval Amunitions Depot Earle (New Jersey) (il porte le nom du contre-amiral Ralph Earle, chef du BuOrd ou Bureau of Ordnance _Bureau des Munitions_ pendant le premier conflit mondial) où il débarque ses munitions, visite New York pendant trois jours avant de retourner à Boston et de subir un grand carénage qui va l'immobiliser du 21 avril 1967 au 28 janvier 1968 en incluant les tests préliminaires.

Après les essais opérationnels, le porte-avions entame sa remise en condition le 28 février 1968 pour  cinq semaines d'entraînement au large de Guantanamo, ralliant Boston le 6 avril et y restant jusqu'au 29 pour repos de l'équipage et des réparations mineures.

Après avoir participé à l'exercice «Fixwew C» au large des Bahamas, le porte-avions mit cap sur Boston le 20 mais mais cinq jours plus tard, il fût détourné pour participer à des opérations de qualification (CARQUAL) au large de Jacksonville (Floride).

Après une collision avec le pétrolier USS Truckee (AO-147) le 12 juin 1968, le porte-avions rallie Norfolk pour enquête sur cette collision. Le porte-avions n'ayant pas été immobilisé pour réparations, on peut supposer qu'il n'y à eut entre le porte-avions de classe Essex et le pétrolier classe Neosho que de la tôle froissée.

Rentré à Boston le 20 juin, il y reste jusqu'au 3 août quand il quitte le Massachusetts pour la Virginie et Norfolk pour embarquer des munitions et ce cinq jours après que le port d'attache du porte-avions ait été changé, Quonset Point (Rhode Island) remplaçant Boston, le Wasp y arrivant le 10 août pour préparer un déploiement outre-mer.

Le 20 août, il quitte son port d'attache pour l'Europe avec des exercices entrecoupés d'escales à Portsmouth, Firth of Clyde, Hambourg et Lisbonne avant le plus important exercice OTAN depuis quatre ans («Silvertower»).

Il pénètre en Méditerranée le 25 octobre pour la deuxième partie de la croisière dont le programme ne change pas avec des exercices entrecoupés d'escales à Naples, à Tarente, Naples, Barcelone et Gibraltar. Le USS Wasp (CVS-18) est de retour à Quonset Point le 19 décembre et reste au port jusqu'à la fin de l'année civile.

Après une période d'entretien (que l'on pourrait comparer à notre PEI _Période d'Entretien Intermédiaire_) du 10 janvier au 17 février 1969, le Wasp va manoeuvrer dans les Caraïbes jusqu'au 6 mars date de son retour à Rhode Island où il va préparer un nouveau déploiement outre-mer.

Le 1er avril 1969, il quitte Quonset Point et traverse l'Atlantique direction Lisbonne où le porte-avions arrive le 16 avril. Il participe à l'exercice «Trilant» (21 au 26 avril) en compagnie d'autres navires américains mais également d'unités espagnoles et portugaises.

Le 15 mai, il arrive à Portsmouth et participe à une revue navale organisée pour le vingtième anniversaire de la création de l'OTAN. Cette revue navale organisée le 16 mai en rade de Spithead en présence de la reine Elisabeth II et du prince Philip voit la participation de soixante-quatre navires de onze pays de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Ces festivités terminées, le USS Wasp (CVS-18) reprend une activité normale avec des exercices et des escales à Rotterdam, Oslo et Copenhague, rentrant aux Etats-Unis le 30 juin et y restant jusqu'au 24 août.

Du 24 août au 6 octobre, le porte-avions anti-sous-marin ne chôme pas, participant à l'entraînement des futurs pilotes de l'US Navy qu'il s'agisse des qualifications préliminaires au large de Pensacola ou des qualifications avancées au large de Corpus Christi. La guerre du Vietnam bat alors son plein et les besoins en pilotes sont très importants.

Après une période de disponibilité limitée, le porte-avions va manoeuvrer en baie de Chesapeake jusqu'au 22 novembre avant de retourner au large de Jacksonville pour qualifier de nouveaux pilotes jusqu'au 10 décembre. Rentré à Naval Air Station Quonset Point le 13 décembre, il y reste jusqu'à la fin de l'année civile.

Fin de carrière

USS Wasp (CVS-18)

Le 4 janvier 1970, le USS Wasp quitte Quonset Point direction le Naval Ammunition Depot Earle.

Ce dernier installé en baie de Sandy Hook à été créé durant la seconde guerre mondiale avec comme élément remarquable un quai en trident pour éloigner le plus possible les navires des dépôts pour empêcher qu'une explosion sur un dépôt ne détruise le navire et inversement.

Après avoir déchargé ses bombes, ses torpilles et autres charges de profondeur, le porte-avions rallie le Boston Navy Yard pour un grand carénage de six semaines entamé le 9 janvier et achevé le 16 mars quand le Wasp entame sa remise en condition.

Rentré à Quonset Point le 3 avril, il prépare un nouveau déploiement en Europe qui commence le 25 mai 1970 quand il arrive à Lisbonne.

Après une semaine passée au mouillage dans l'estuaire du Tage, le porte-avions participe à l'exercice «Night Patrol» avec des unités canadiennes, néerlandaises, portugaises, britanniques et ouest-allemandes.

Arrivé le 8 juin 1970 à Rota (près de Cadix, l'une des bases américaines du pays), il embarque un groupe d'aspirants pour une croisière jusqu'à Copenhague. Cette croisière marquée par plusieurs exercices est attentivement surveillée par des navires et des avions soviétiques. Il quitte Copenhague le 26 juin et franchit trois jours plus tard le Cercle Polaire Arctique.

Le 13 juillet 1970, le USS Wasp (CVS-18) arrive à Hambourg. Ouvert au public, plus de 15000 hambourgeois et ouest-allemands vont visiter le porte-avions. Il fait ensuite escale à Edinbourg, à Glasgow avant une série d'exercices en mer de Norvège. Mouillant près de Plymouth le 28 août, il rallie ensuite Quonset Point le 8 septembre.

Le 11 octobre, il quitte Rhode Island pour le Naval Ammunitions Depot où il vide ses soutes à munitions avant de rallier le Boston Naval Shipyard pour un petit carénage du 15 octobre au 14 décembre. Il rembarque alors ses munitions, retourne à Quonset Point le 19 et y reste jusqu'à la fin de l'année.

Le 14 janvier 1971, le USS Wasp (CVS-18) quitte Quonset Point pour entraînement. Après une remise en condition aux Bermudes _colonie britannique mais où une importante base américaine était installée depuis le Second Conflit Mondial et jusqu'en 1994_, il franchit l'Atlantique, direction Rota.

Pénétrant en Méditerranée, il participe à l'exercice «National Week III» avant une visite du secrétaire à la Navy et du commandant de la 6ème flotte le 12 février.

Le 15 février, le Wasp est détaché de l'exercice cité plus haut pour escorter le porte-avions USS John F. Kennedy (CVA-67) lors de sa traversée du détroit de Gibraltar, traversée faite sous la surveillance de navires soviétiques.

Les deux porte-avions naviguent de conserve jusqu'au détroit de Sicile quand ils se séparent, le CVS-18 ralliant Barcelone le 24 février puis après une brève escale, met cap à l'ouest direction Quonset Point où il arrive le 3 mars 1971.

Après une inspection de sécurité nucléaire le 27 avril, il participe à l'exercice «Exotic Dancer» du 3 au 8 mai puis à «Rough ride», un exercice qui le conduit des Bermudes à la Nouvelle Ecosse. Il est de retour à Quonset Point le 2 juillet.

Il passe l'été entre un exercice baptisé «Squeez Play IX» au large des Bermudes puis une croisière d'entraînement au profit d'un groupe aérien de réserve, entraînement mené au large de Mayport en Floride, le vétéran ralliant son port d'attache le 26 août.

Du 23 septembre au 6 octobre, le USS Wasp (CVS-18) participe à l'exercice «Lantcortex 1-72» puis à un entraînement aux opérations embarquées au large des Bermudes, de Mayport et de Norfolk et ce jusqu'au 4 novembre, date de son retour à Quonset Point.

Crépuscule

Le 8 novembre 1971, le USS Wasp (CVS-18) quitte Quonset Point pour Newport News et les chantiers navals implantés dans cette région (Newport News Shipbuilding & Drydock co) pour une inspection et des travaux jusqu'au 22 novembre.

Le 1er mars 1972, l'US Navy annonce le désarmement imminent du porte-avions. Ce désarmement est officiel le 1er juillet 1972 et dès le 21 mai 1973, le porte-avions de classe Essex est rayé du Naval Vessel Register, vendu à la démolition le même jour à Union Minerals & Alloys Corporation de New York et promptement démantelé.

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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Ven 24 Jan 2014, 23:19

Le USS Hancock (CV-19)

Le USS Hancock (CV-19)

Présentation

24 janvier 1944 : lancement du PCU Hancock

-Le USS Hancock (CV-19) est mis sur cale aux chantiers navals Fore River Shipyard (Bethlehem Steel Comany) installés à Quincy (Massachusetts) le 26 janvier 1943 sous le nom de Ticonderoga.

Le 1er mai, il est rebaptisé Hancock suite à une proposition de la compagnie d'assurance-vie John Hancock de lancer un bond de guerre pour financer le navire si ce nom était choisit.

Lancé le 24 janvier 1944, il est commissionné le 15 avril 1944. Prêt techniquement, il doit encore assurer sa mise en condition au large de Trinidad et du Venezuela jusqu'au 9 juillet quand il retourne au Boston Navy Yard pour des travaux complémentaires et d'ultimes modifications. Reste à rallier le Pacifique pour connaître son baptême du feu.

John Hancock......


Le onzième porte-avions de classe Essex rend hommage à John Hancock (Braintree auj. Quincy 23 janvier 1757 Hancock Manor Boston 08 octobre 1793), l'une des pères de l'indépendance américaine, président du Congrès Continental du 24 mai 1775 au 31 octobre 1777 et gouverneur du Massachusetts du 25 octobre 1780 au 29 janvier 1785 et du 30 mai 1787 au 8 octobre 1793.

L'US Navy lui à rendu hommage en baptisant cinq de ces navires de ce nom, le onzième Essex étant le cinquième de la série après un schooner réquisitionné en 1775-76, une frégate en service en 1776 mais capturée par les britanniques l'année suivante, une frégate lancée en 1778 mais rebaptisée USS Alliance pour célébrer l'entrée en guerre de la France, un cargo, le SS Arizona racheté par l'US Navy et devenu Hancock (AP-3), acheté par le département d'état, transféré à l'US Navy en 1902 et utilisé jusqn'en 1925.


Le destroyer lance-missiles USS John Hancock (DD-981) à Gênes le 13 octobre 1988

Deux navires de la marine américaine ont été baptisés John Hancock avec un remorqueur à vapeur en service de 1851 à 1856, démoli en 1865 et un destroyer lance-missiles classe Spruance, le DD-981 en service du 10 mars 1979 au 16 octobre 2000 avant d'être démantelé à partir d'avril 2007.

Carrière opérationnelle

Le USS Hancock (CV-19) date et lieu inconnu

Pacifique

Le USS Hancock (CV-19) et un Hellcat en approche

Le 31 juillet 1944, le USS Hancock (CV-19) quitte Boston pour rallier le Pacifique, faisant escale à San Diego et à Pearl Harbor. Il quitte les îles hawaïennes le 24 septembre pour rallier la TF 38 à Ulithi le 5 octobre, intégrant le TG 38.2 (contre-amiral Bogan) qu'il forme avec ses sister-ship Intrepid et Bunker Hill ainsi que des porte-avions légers Cabot et Independence.

Il connait son baptême du feu à l'automne 1944, son groupe aérien lançant des raids contre les Ryu-Kyu, Formose et les Phillipines pour paralyser la riposte japonaise contre le débarquement de Leyte exécute à partir du 17 octobre.

C'est d'abord Okinawa le 10 qui est attaqué par les chasseurs et les bombardiers du Hancock, de nombreux navires allant du sampan au ravitailleur de sous-marins sont détruits sans oublier les avions avec sept appareils détruits au sol.

Le 12, c'est Formose _possession japonaise depuis 1895_ qui est attaqué par les porte-avions rapides américains, les pilotes du Hancock détruisant six avions ennemis en vol et neuf au sol. Un cargo est coulé, trois grièvement endommagés et d'autres endommagés plus légèrement. A cela s'ajoute les installations portuaires et aéroportuaires qui systématiquement pilonnés.

Le 14 octobre au cours de la seconde nuit de raids, les japonais ripostèrent à nouveau, la DCA du Hancock détruisant de nouveaux avions japonais mais le 15, le porte-avions est encadré par des bombes, l'une traverse une plate-forme de DCA mais explose en mer.

La TF-38 et donc le Hancock mettent ensuite cap sur Leyte pour couvrir les débarquements exécutés à partir du 20 octobre. Deux jours plus tôt, les avions du CVA-19 sont lâchés sur les aérodromes et les ports pour neutraliser toute résistance japonaise.

Le 19, le TG 38.1 (Wasp, Hornet, Hancock, Cowpens et Monterey) met cap sur Ulithi pour entretien et ravitaillement mais le 23 octobre, il reçoit l'ordre de rallier les Phillipines pour intercepter la flotte japonaise qui tentait de s'opposer aux débarquements de Leyte, provoquant la bataille du Golfe de Leyte (22 au 25 octobre), le dernier grand affrontement de la guerre entre les deux flottes, une victoire américaine non sans frayeurs pour l'US Navy.

Le 26 octobre, il endommage le croiseur lourd Kumano et le croiseur léger Noshiro en baie de Manille.

Du 29 octobre au 19 novembre 1944, le Hancock participent à la campagne de bombardements contre la région de Manille. Comme toujours, les aérodromes et la navigation japonaises sont particulièrement visés, le tout pour faciliter la progression de la 7ème armée du général Douglas MacArthur. Le 17, il devient navire-amiral de la TF38 quand l'amiral McCain met sa marque à bord.

Une période de mauvais temps empêche les opérations jusqu'au 25 novembre quand un kamikaze tombe dangereusement prêt du navire, projetant une partie de son fuselage sur le pont d'envol, prenant feu mais les équipes de sécurité interviennent promptement pour étouffer l'incendie avant qu'il n'endommage gravement le porte-avions. Il rentre à Ulithi deux jours plus tard.

Il ne reprend du service qu'à la mi-décembre, son groupe aérien frappant l'île de Luzon en vue de protéger la flotte amphibie débarquant les troupes à Mindoro. Comme un mois plus tôt en baie de Manille, la navigation japonaise et les aérodromes nippons sont particulièrement visés.


Le USS Hancock (CV-19) le 15 décembre 1944

Echappant au typhon Cobra (17-18 décembre), il regagne sans dommages Ulithi le 24 décembre qu'il quitte six jours plus tard pour une série de raids aériens contre les aérodromes et la navigation japonaise en mer de Chine Méridionale.

Ses bombardiers attaquent durement les aérodromes de Luzon les 7-8 janvier puis Formose le 9 janvier suivit d'un convoi en baie de Cam-Ranh (Indochine), convoi qui perd deux navires tandis que onze autres sont endommagés.

Le même jour que cette attaque voit les avions du USS Hancock (CV-19) bombarder les aérodromes de Saigon. Les attaques contre cette région s'achèvent le 16 janvier après des raids contre l'île de Hainan, les Pescadores et Hong Kong avant de nouveaux raids contre Formose le 20 janvier 1945, marqué par un accident dramatique, un avion s'écrasa sur l'îlot, tuant 50 hommes et en blessant 75 ce qui n'empêcha pas le porte-avions de lancer le lendemain des raids contre Okinawa.

De retour à Ulithi le 25 janvier 1945, il y reste jusqu'au 10 février quand il appareille pour le Japon afin de pilonner la région de Tokyo le 16 février.

Le groupe aérien du Hancock, le Carrier Air Group Eight (CVG-Cool abat 71 avions ennemis et 12 autres le lendemain alors que les bombardiers attaquent les bases navales ennemies à Chichi et Haha Jima le 19.

Ces raids sont menés pour isoler Iwo Jima, le Hancock ralliant la région le 22 février pour assurer l'appui rapproché des troupes mises à terre le 19 dans le cadre de l'opération Detachment.

Le Hancock retourne fin février dans les eaux japonaises où la menace est moins la flotte que l'aviation et notamment les kamikazes qui mettent à rude épreuves les équipages. Il lance un raid contre les îles Nansei-Shoto le 1er mars avant de retourner à Ulithi le 4 mars pour ravitaillement, réparations et repos de l'équipage.

Après une dizaine de jours de repos à Ulithi, le porte-avions retourne au combat le 18 mars avec toujours le Japon métropolitain comme cible et plus précisément les aérodromes de Kyushu, de Honshu ainsi que le trafic maritime dans la Mer intérieure.

Le 20 mars, il à nouveau légèrement endommagé par un kamikaze désintégré par la DCA du porte-avions et du destroyer qu'il ravitaillait (le USS Halsey Powell DD-686 classe Fletcher) mais dont les fragments s'abattirent sur les deux navires.

Intégré ensuite au TG 58.3 (en compagnie de l'Essex, du Bunker Hill, du Cabot et du Bataan), le USS Hancock participe aux raids sur les îles Nansei-Shoto du 23 au 27 mars puis aux actions contre les îles Minami Daito et l'île de Kyushu jusqu'à la fin du mois.

Le 1er avril 1945, les américains lancent leur dernière opération amphibie de la guerre. Sous le nom de code de Iceberg, les marines et les G.I de la 7ème armée prennent pied sur la principale île des Ryu-Kyu à savoir Okinawa. Le Hancock et les autres porte-avions rapides de la TF 58 vont participer à l'appui rapproché des troupes au sol tout en se défendant contre les raids réguliers de kamikaze.

Le 7 avril 1945, un kamikaze s'écrase sur le pont d'envol sur un groupe avion paré à être catapulté avec donc un plein de carburant, des bombes et des roquettes. Cette attaque cause la mort de soixante deux hommes et en blesse soixante et onze.

Les équipes de lutte contre les avaries font cependant des miracles et le porte-avions peut reprendre son service deux heures après l'attaque.

Néanmoins, le 9 avril, il est détaché de son groupe occasionnel (Task Group) pour rallier Pearl Harbor et y être réparé.

Il retourne au combat à la mi-juin, quittant les eaux hawaïennes le 13, bombardant Wake le 20 alors qu'il ralliait les Philippines, le CV-19 retrouvant en baie de San Pedro les porte-avions d'escadre et les porte-avions légers de la Force de porte-avions rapide.

Le 1er juillet 1945, le USS Hancock quitte la baie de San Pedro en compagnie de ses congénères de la TF 38 pour les dernières opérations de la guerre, les derniers raids contre les aérodromes, les ports et l'industrie japonaise, relayant l'action des B-29 de l'USAAF.

Ces raids vont se poursuivre jusqu'au 15 août, date de la capitulation japonaise qui oblige le porte-avions à rappeler ses bombardiers.

Néanmoins, cela ne se fait pas sans pertes car des avions de reconnaissance sont attaqués par des avions japonais, trois étant perdus et le quatrième s'échappant dans les nuages. L'après midi, une Combat Air Patrol (CAP), abat un avion torpilleur qui visait la Task Force britannique intégrée à la Fast Carrier Task Force.

Les opérations continuent néanmoins mais cette fois se limitent à des missions de reconnaissance pour repérer les camps de prisonniers alliés et y larguer nourritures et médicaments en attendant l'arrivée du personnel médical.

Le 2 septembre 1945, l'acte de capitulation du Japon est signé en baie de Tokyo à bord du cuirassé Missouri.

Le troisième cuirassé de classe Iowa est entouré d'une flotte nombreuse mais les porte-avions rapides sont en mer pour couvrir la cérémonie et permettre aux avions embarqués de survoler l'escadre.

Le 10 septembre, le porte-avions rentre en baie de Tokyo et va y rester jusqu'au 30 septembre quand il appareille pour Okinawa où après avoir embarqué 1500 passagers, il met cap sur San Pedro (Californie) où il arrive le 21 octobre.


Le USS Hancock (CV-19) lors d'un Ravitaillement à la Mer appelée RAS (Repleshiment at Sea)

Après-guerre

Il est ensuite transformé en transport de troupes pour participer à l'opération Magic Carpet, la gigantesque opération de rapatriement des soldats, marins et aviateurs démobilisés entre le Pacifique, l'Europe et les Etats-Unis.

Le groupe aérien est débarqué, l'équipage est réduit, des couchettes sont installées dans le hangar et la capacité des cuisines augmentées. Il appareille de San Pedro le 2 novembre pour Seadler Harbor (Manus, îles de l'Amirauté), embarquant 4000 passagers débarqués à San Diego le 4 décembre 1945.

Une semaine plus tard, il repart pour le Pacifique et un deuxième voyage pour l'opération Magic Carpet, embarquant 3773 passagers à Manille pour les ramener à Alameda (Californie) le 20 janvier 1946.

Le 18 février, il quitte San Diego avec le Carrier Air Group Seven (CVG-7) embarqué pour des opérations aériennes au large des côtes de Californie.

Cet entraînement terminé, il rentre à San Diego d'où il repart le 11 mars sans groupe aérien, servant de transport d'avions avec deux groupes aériens et leurs appareils entre Pearl Harbor et Saïpan où il arrive le 1er avril.

Rembarquant deux autres groupes aériens, il rallie Guam où il embarque des appareils et met cap à l'est direction Alameda (avec une escale à Pearl Harbor), arrivant à destination le 23 avril. Il met ensuite cap sur Seattle (Etat de Washington) où il arrive le 29, première étape de sa désactivation.

Le 9 mai 1947, le USS Hancock est désarmé et affecté à la Pacific Reserve Fleet avec Bremerton pour port d'attache.

Refonte et remise en service

Le USS Hancock (CVA-19) en 1954

Après quatre ans et demi sous cocon, le USS Hancock est remorqué au Puget Sound Naval Shipyard le 15 décembre 1951 pour subir la refonte SCB-27C. Au cours de cette refonte, il devient porte-avions d'attaque (Carrier Vessel Attack) avec la marque de coque CVA-19, reclassement effectif le 1er octobre 1952.

Remis en service le 15 février 1954, le USS Hancock (CVA-19) est le premier porte-avions américain à utiliser des catapultes à vapeur plus à même de mettre en œuvre des avions à réaction plus lourds que leurs devanciers à hélice.

Il entame ensuite sa mise en condition au large des côtes de Californie, quittant San Diego le 7 mai 1954. Il passe ensuite un an à mettre en condition son groupe aérien, participant à des opérations spéciales notamment les lancements de missiles Sparrow I et Regulus.


Le USS Hancock (CVA-19) en 1955

Le 10 août 1955, il quitte la Californie pour son premier déploiement en Extrême Orient au sein de la 7ème flotte et plus précisément de la TF 77, la force de porte-avions de cette flotte chargée de la défense du Japon et du soutien aux pays alliés à savoir la Corée du Sud et Formose mais également les Phillipines. Ce déploiement s'achève le 15 mars 1956 quand il rallie San Diego.

Au cours de ce déploiement, il embarque quatre missiles de croisière Regulus I pour tests, expérimentations voir usage en cas de conflit.

Le 13 avril 1956, le USS Hancock (CVA-19) est à nouveau décommissioné pour subir une nouvelle refonte, la refonte SCB-125 extérieurement marquante (piste oblique et étrave fermée ou Hurricane Bow) mais nécessitant moins de travaux, le porte-avions achevant ses travaux le 15 novembre 1956 quand il est remis en service.


Le USS Hancock (CVA-19) en 1957


Après plus de six mois passés à s'entraîner au large des côtes californiennes, le porte-avions met cap à l'ouest le 6 avril 1957 pour son deuxième déploiement en Extrême Orient, un déploiement de cinq mois jusqu'à son retour à San Francisco, effectif le 18 septembre.

Son troisième déploiement au sein de la 7ème flotte commence le 15 février 1958 quand il quitte la Californie pour le Japon. Si les deux premiers déploiements ne sont marqués par aucun événement saillant, ce n'est pas le cas pour ce déploiement-ci puisqu'il participe à la deuxième crise du détroit de Taiwan quand les communistes tentent de s'emparer de Matsu et de Quemoy.

Cette crise (23 août-22 septembre 1958) voit le déploiement de la 7ème flotte pour soutenir Formose et empêcher la chute de ces îles, véritables têtes de pont nationalistes sur le continent. Il est de retour à San Francisco le 2 octobre pour subir un petit carénage suivit d'une remise en condition.

Le 1er août 1959, il quitte la Californie pour rallier l'Extrême-Orient et renforcer la 7ème flotte déployée au large de la Péninsule indochinoise alors que le Laos pro-américain est secoué par la sédition communiste du Pathet Lao. Le USS Hancock rentre à San Francisco le 18 janvier 1960.

Après sept mois passés au large de la côte ouest, il retourne en août en Extrême-Orient, toujours au large de Laos puis une fois la tension retombée au large du Japon et des Philippines pour des exercices.

De retour aux Etats-Unis en mars 1961 après ce cinquième déploiement, le Hancock rallie le Puget Sound Naval Shipyard pour un grand carénage suivit des essais et de sa remise en condition.

Le 2 février 1962, le USS Hancock (CVA-19) quitte les Etats-Unis pour un sixième déploiement en Extrême-Orient au large du Laos, du Sud-Vietnam mais également dans le détroit de Taïwan, au Japon et à Okinawa.

Le 6 mai, la prise de la ville laotienne de Nam Tha par le Pathet Lao entraine le déploiement a large de Da Nang (Sud-Vietnam) du Hancock (CVA-19) et du Bennington (CVS-20) pendant qu'un groupe amphibie est déployé dans le golfe de Siam, les marines débarquant en Thaïlande, gagnant la frontière prêt à intervenir mais une coalition gouvernementale est mise sur pied le 23 juillet 1962 et la tension redescend. Le USS Hancock (CVA-19) rentre à San Francisco le 7 octobre 1962.

Il va passer les huit mois suivants à s'entraîner au large des côtes californiennes moins une croisière d'entraînement dans les eaux hawaïennes.


Le 19 avril 1963, le USS Hancock (CVA-19) passant sous le pont du Golden Gate

Le 7 juin 1963, il quitte la Californie pour un nouveau déploiement en Extrême-Orient au sein de la 7ème flotte, exécutant des exercices combinés au large de la Corée du Sud avant de rallier le Sud-Vietnam suite au coup d'état (approuvé par les américains) qui renverse le premier président de la République du Sud-Vietnam, Ngo Dinh Diem le 1er novembre 1963.

De retour aux Etats-Unis, il subit un grand carénage au Hunters Point Naval Shipyard à partir de janvier 1964 et jusqu'au mois de mai, entamant alors ses essais et sa remise en condition.

C'est alors qu'éclata le conflit vietnamien auquel le Hancock allait prendre une part importante voir même décisive.

Vietnam

A partir d'octobre 1964, le USS Hancock va donc participer à son deuxième conflit après la seconde guerre mondiale. Il va réaliser pas moins de huit déploiements durant la phase active du conflit (c'est à dire jusqu'à la signature le 21 décembre 1973 des accords de Paris) et d'un neuvième marqué par l'évacuation paniquée de Saigon.

Le premier déploiement du CVA-19 voit le porte-avions quitter Alameda et la baie de San Francisco le 21 octobre 1964 avec à son bord le Carrier Vessel Wing Twenty-One (CVW-21) composé de deux unités de chasse (VF-211 équipée de F-8E et VF-24 équipée de F-8C), de trois unités d'assaut (VA-212 équipée d'A-4E, VA-216 équipée d'A-4C et VA-215 équipée d'A-1H/J) et de détachements d'unités (VAH-4 Det L équipé d'A-3B, VFP-63 Det L équipée de RF-8G Crusader, VAW-11 Det L équipé d'E-1B, HU-1 Det 1 Unit L équipé d'UH-2A ).

Il arrive sur place le 28 décembre et va y rester déployé jusqu'au 28 avril 1965, rentrant en Californie le 29 mai 1965.

Le 2 avril 1965, dans le cadre de l'opération Rolling Thunder, un Skyraider du VA-215 est abattu lors d'une mission au dessus de la piste Ho-Chi-Minh au Laos et son pilote est tué.

Les 3 et 4 avril, les américains attaquent les ponts de Thanh Hoa et perdent sept appareils, six de l'USAF et un Skyhawk du VA-216 pour le seul 3 avril, son pilote étant capturé.


Le USS Hancock (CVA-19) au large du Vietnam en juin 1966

Moins de six mois après son retour à Alameda, le USS Hancock (CVA-19) quitte la Californie pour son deuxième déploiement opérationnel de la guerre, toujours avec le CVW-21 à bord dont la composition est identique à l'exception de l'absence du détachement de Skywarrior et le remplacement des RF-8G par des RF-8A.

Ce deuxième déploiement s'achève le 10 juillet 1966 et le porte-avions est de retour au pays le 1er août.

Du 26 mars au 7 avril, il couvre l'opération amphibie Jackstay dans le Rung Sat pour dégager les approches de Saïgon. Il est relevé au cours de l'opération par le Kitty Hawk.

Il est marqué également par la destruction de trois Mig 17 par les Crusader de la VF-211 (un le 12 juin et deux autres le 17).

Le 1er juillet 1966, des avions du Hancock détruisent deux vedettes P-6 dans le Golfe du Tonkin qui venaient d'attaqer les navires en station SAR (Search and Rescue).

Le USS Hancock s'enfonce alors dans une forme de routine avec une période d'entretien, le repos de l'équipage, la remise en condition et un nouveau déploiement au Vietnam, le troisième du nom qui commence quand il appareille d'Alameda le 5 janvier 1967.

Exit le CVW-21, c'est le CVW-5 qui est la force de frappe du onzième Essex. Ce groupe aérien dispose de la même structure que le précédent avec deux unités de chasse équipées de Vought F-8E Crusader (VF-51 et VF-53), de trois unités d'attaque, deux équipées de Skyhawk (VA-93 avec des A-4E et VA-94 avec des A-4C) et une équipée de vénérables mais efficaces Skyraider (VA-115 avec des AH-1J/H) ainsi que de détachements spécialisés (VAH-4 Det.B équipé d'A-3B, VFP-63 Det.B équipé de RF-8G, VAW-11 Det B/9 équipée de E-1B et le HC-1 Det.19 équipé de UH-2A/B). Ce déploiement s'achève le 27 juin 1967 et le porte-avions rentre à Alameda le 22 juillet 1967.

Il faut ensuite attendre près d'un an pour que le Hancock puisse réaliser son quatrième déploiement de la guerre du Vietnam, appareillant le 18 juillet 1968 avec à son bord le CVW-21.


Le USS Hancock (CVA-19) en 1968

Le Carrier Vessel Wing Twenty One est composé pour ce déploiement de deux unités de chasse équipées de Vought F-8H Crusader (VF-24 et VF-211), de trois unités d'assaut équipées de Skyhawk (VA-55 avec l'A-4F, VA-163 et 164 avec le A-4E) ainsi que des détachements spécialisés qu'il s'agisse de reconnaissance (VFP-63 Det.19 avec des RF-8G), de guerre électronique (VAW-13 Det.19/VAQ-130 det.19 équipée de EKA-3B), de veille aérienne avancée (VAW-111 Det.19 équipé de E-1B) et d'hélicoptères (HC-1 Det.19).

Ce déploiement se déroule du 23 août 1968 au 9 février 1969, le USS Hancock ralliant Alameda et la Californie un mois plus tard, le 3 mars.

Après entretien et repos de l'équipage, le porte-avions entame sa remise en condition et la préparation d'un nouveau déploiement qui manque de peu d'être retardé en raison d'un crash d'un Crusader sur le pont d'envol qui causa de sérieux dommages au pont d'envol, obligeant l'équipage à travailler 24h/24h pour réparer à temps.

Pour ce cinquième déploiement, le USS Hancock embarque le CVW-21 qui dispose de deux unités de chasse équipées de Vought F-8H Crusader (VF-24 et VF-211), de trois unités d'assaut équipées de Skyhawk (VA-55, VA-164 et VA-212, tous équipés de A-4F) ainsi que des détachements spécialisés qu'il s'agisse du ravitaillement en vol (VAH-10 Det.19 équipé de KA-3B), de reconnaissance (VFP-63 Det.19 équipé de RF-8G) d'alerte aérienne avancée (VAW-11 Det 19 équipé de E-1B Tracer) et d'hélicoptères (HC-1 Det.19 équipé de SH-3A).

Ce déploiement commence le 1er septembre 1969 quand le Hancock lance ses premiers raids contre le Nord-Vietnam et s'achève le 26 mars 1970, le CVA-19 rentrant à Alameda le 15 avril.

Six mois plus tard, le USS Hancock quitte la Californie pour son sixième déploiement de la guerre, embarquant le CVW-21 qui dispose de deux unités de chasse équipées de Vought F-8H Crusader (VF-24 et VF-211), de trois unités d'assaut équipées de Skyhawk (VA-55, VA-164 et VA-212, tous équipés de A-4F) ainsi que des détachements spécialisés qu'il s'agisse de guerre électronique (VAQ-129 Det.19 équipé de EKA-3B), de reconnaissance (VFP-63 Det.1 équipé de RF-8G) d'alerte aérienne avancée (VAW-11 Det 3 équipé de E-1B Tracer) et d'hélicoptères (HC-1 Det.7 équipé de UH-2C).

Appareillant le 22 octobre 1970, il est déployé sur zone du 20 novembre 1970 au 3 mai 1971, rentrant en Californie le 3 juin suivant.

Le septième déploiement du Hancock dans la guerre du Vietnam commence le 7 janvier 1972 quand il quitte Alameda pour rallier l'Indochine en compagnie du CVW-21 qui dispose des même unités de chasse que huit mois plus tôt mais ces unités sont équipées de F-8J au lieu du modèle H.

Pour ce qui est des unités d'attaque, la situation n'évolue pas avec les trois même unités toujours équipées d'A-4F. Les détachements embarqués eux évoluent avec pour la reconnaissance toujours le VFP-63 Det 1 équipé de RF-8G mais la guerre électronique est assurée par le VAQ-135 Det.5 toujours équipé d'EKA-B alors que la veille aérienne avancée est assurée par les Tracer du VAW-11 Det.2 et que les hélicoptères sont à nouveau des Sea King (SH-3G du HC-1 Det.7).

Ce déploiement occupe le porte-avions du 7 février au 14 septembre 1972, le Hancock rentrant à son port d'attache le 3 octobre suivant.


Le USS Hancock (CVA-19) entre 1972 et 1974

Le huitième déploiement du USS Hancock (CVA-19) dans la guerre du Vietnam à lieu à partir du 8 mai 1973 quand il appareille d'Alameda en compagnie du CVW-21.

Il est en ligne du 1er juin au 6 août 1973, rentrant en Californie le 8 janvier 1974 après un crochet par la mer d'Arabie en relève de l'Oriskany alors que le Moyen-Orient est secoué par la guerre du Kippour.

Le neuvième déploiement est particulier puisque le vétéran de deux guerres reçoit l'ordre le 17 mars 1975 de laisser son groupe aérien en Californie et de mettre cap à l'ouest direction Pearl Harbor où il arrive quelques jours plus tard pour embarquer le Marine Heavy Lift Helicopter Squadron HMH-463 et ses nombreux hélicoptères qu'il s'agisse de CH-53 Sea Stallion, de CH-46 Sea Knight, d'AH-1J Sea Cobra et de UH-1E Huey.

Il rallie ensuite les Phillipines et Subic Bay où il embarque d'autres hélicoptères avant d'être affecté à l'Amphibious Ready Group Bravo au large de Vung Tau (Sud-Vietnam) puis à le 11 avril à l'Amphibious Ready Group Alpha dans le Golfe de Thaïlande.

Il va ainsi participer à l'opération Eagle Pull l'évacuation de Phnom Penh le 12 avril 1975 suivit de l'opération Frequent Wind, l'évacuation du personnel américain et de collaborateurs sud-vietnamiens réalisée le 29 et le 30 avril 1975 alors que ce n'était plus qu'une question de temps avant que les nord-vietnamiens n'occupent la capitale sud-vietnamienne.

Les événements se bousculent et les Khmers Rouges, nouveaux maitres de Phnom Penh capturent le porte-conteneurs SS Mayaguez, entraînant une intervention américaine, le Hancock étant mobilisé mais restant en réservant sans intervenir (12-14 mai).

Et puisqu'il doit y avoir une fin......

1974 : Naval Air Station Alameda à quai les porte-avions Coral Sea, Hancock, Oriskany et Enterprise

Avant-dernier Essex encore en service, le USS Hancock (CVA-19) est décommissioné le 30 janvier 1976 et rayé du Naval Vessel Register le lendemain. Il est vendu à la démolition le 1er septembre 1976 par le Defense Reutilization and Marketing Service (DRMS) _équivalent américain des Domaines_ et démantelé.

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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Ven 24 Jan 2014, 23:40

Le USS Bennington (CV-20)

Le USS Bennington (CV-20) le 25 septembre 1944

Présentation

-Le USS Bennington (CV-20) est mis sur cale au Brooklyn Navy Yard le 15 décembre 1942 (un an jour pour jour après sa commande) lancé le 28 février 1944 et commissioné le 6 août 1944 après moins de vingt mois de construction.

Le CV-20 est le premier Essex construit par cet arsenal installé en plein cœur de la ville de New-York. Ouvert en 1800 et fermé en 1966, il va construire plusieurs cuirassés mais également des porte-avions.

Outre les quatre Essex, l'Arsenal New-yorkais va construire le Franklin D. Roosevelt (CV-42) (classe Midway) mais également le Saratoga (CV-60) et le Constellation (CV-64), ce dernier étant le dernier porte-avions à ne pas avoir été construit à Newport News.

La bataille de Bennington (16 août 1777)

Bennington Battle Monument

Le douzième porte-avions de classe Essex célèbre la mémoire de la Bataille de Bennington (16 août 1777), une bataille de la guerre d'indépendance opposant à Walloomsac (Etat de New-York) à 16km de Bennington les miliciens (essentiellement du New Hampshire et du Massachusetts) aux forces britanniques composés de soldats britanniques, de loyalistes canadiens, d'indiens et de mercenaires allemands.

Cette bataille se révéla décisive, renforçant la cause des rebelles avec la perte pour les anglais du soutien indien et contribua à la future reddition du général Burgoyne à Saratoga. Elle joua un rôle non négligeable dans le futur engagement de la France aux côtés des insurgents. L'Etat du Vermont célèbre cette bataille le 16 août par le Bennington Battle Day.

Le CV-20 est le deuxième (et actuellement dernier) navire de l'US Navy à avoir porté ce nom, succédant à une canonnière de classe Yorktown, la PG-4 mise en service en 1891, participant à la prise de Wake lors de guerre hispano-américaine, décommissionée le 31 octobre 1905, rayée des registres le 10 septembre 1910 et sabordée au large d'Oahu en 1924.

Carrière opérationnelle

Pacifique

Le USS Bennington (CV-20) le 25 septembre 1944

Après ses essais et sa mise en condition, le nouveau porte-avions quitte New York le 15 décembre 1944, franchit le canal de Panama le 21 et rallie Pearl Harbor le 8 janvier 1945, n'y faisant qu'une brève escale avant de rallier l'atoll d'Ulithi (Caroline), la grande base avancée de la marine américaine.

Il y intègre le Task Group 58.1 où il retrouve ses sister-ship Hornet et Wasp ainsi que le porte-avions léger Belleau Woods, connaissant son baptême du feu au cours des premiers raids de l'aviation embarquée contre le Japon métropolitain (16 et 17 février ainsi que le 25 février), les îles Volcano (18 février au 4 mars) et Okinawa (le 1er mars).


Le USS Bennington (CV-20) le 13 décembre 1944

Le 1er avril 1945, les marines et les G.I prennent pied sur Okinawa pour la dernière opération amphibie de la guerre (opération Iceberg) mais dès le 18 mars et jusqu'au 5 juin, les porte-avions rapides dont le Bennington attaquèrent l'île pour dans un premier temps amoindrir les défenses japonaises puis pour appuyer les troupes au sol.

Seule exception à ce programme bien huilé, le 7 avril 1945, la Fast Carrier Task Force est détournée d'Okinawa pour intercepter une escadre japonaise composée du cuirassé Yamato, du croiseur léger Yahagi et de huit destroyers chargée de rejoindre Okinawa pour soutenir les défenseurs dans une véritable mission suicide puisque le cuirassé géant n'avait pas de carburant pour rentrer au Japon.


Le USS Bennington (CV-20) en mars 1945 à Pearl Harbor avec le CVG-82

Interceptée non pas par des cuirassés mais par des avions, l'escadre japonaise perd le cuirassé, le croiseur léger et quatre destroyers sur huit sans avoir pu approcher la flotte américaine.

Le 5 juin, le USS Bennington est endommagé par un typhon au large d'Okinawa. Les dégâts sont suffisament sérieux pour nécessiter un départ de la première ligne et des réparations à Leyte où il arrive le 12 juin. Durant sa convalescence, il est remplacé par son sister-ship Bonhomme Richard (CV-31).

Les réparations terminées, le USS Bennington (CV-20) quitte Leyte le 1er juillet et va participer du 10 juillet au 15 août aux ultimes raids de l'aéronavale américaine contre le Japon.

Le 15 août 1945, l'empereur du Japon Hiro-Hito consent à «accepter l'inacceptable» à savoir la capitulation. Cette capitulation est effective le 2 septembre quand l'acte est signé en baie de Tokyo à bord du cuirassé Missouri.

Après guerre

Le USS Bennington (CV-20) le 23 janvier 1946

Les opérations actives terminées, le Bennington assure le soutien des troupes d'occupation au Japon après avoir repéré les camps de prisonniers alliés et avoir ravitaillé en vivres et médicaments en attendant l'arrivée de secours à terre.

Il reste déployé au large du Japon jusqu'au 21 octobre, son groupe aérien participant le 2 septembre à une parade aérienne massive au dessus de la cérémonie de la rédition du Japon.

Il rentre alors aux Etats-Unis, ralliant San Francisco le 7 novembre 1945 y restant jusqu'au mois de mars quand il rallie la côte Est via le canal de Panama, rentrant à Norfolk où il est désarmé et mis en réserve le 8 novembre 1946.

Refonte et retour au service actif

Après quasiment quatre ans sous cocon, le USS Bennington (CV-20) rallie le Brooklyn Navy Yard pour être refondu selon le projet SCB-27A, travaux l'immobilisant du 29 octobre 1950 au 13 novembre 1952.

Alors qu'il était encore en travaux, le 1er octobre 1952, le porte-avions est reclassé Carrier Vessel Attack avec la nouvelle marque de coque CVA-20. Il est officiellement remis en service le 13 novembre 1952.

Après ses essais, il entame sa remise en condition au large de la Floride, le premier avion à effectuer un appontage le 13 février 1953 étant un Skyraider du VMA-211, une unité d'attaque des Marines du Marine Air Group Fourteen (MAG-14). Cinq jours plus tard, le 18 février, le premier avion à réaction apponte sur le Bennington en l'occurence un F9F-5 (unité inconnue).

Les qualifications terminées, le porte-avions rallie Guantanamo pour entamer onze semaines d'entraînement intensif jusqu'en mai 1953 quand il retourne à Norfolk pour des derniers travaux.

Le 27 avril 1953, une chaudière de la chaufferie n°1 explose provoquant la mort de onze marins et en blessant quatre autres.


Le USS Bennington (CVA-20) à Gibraltar en 1954

Du 14 mai 1953 au 27 mai 1954, le porte-avions opère au large de la côte est, effectuant une croisière pour aspirants officiers en direction Halifax ainsi qu'un déploiement en Méditerranée au sein de la 6ème flotte du 16 septembre 1953 au 21 février 1954.

Le 26 mai 1954, le porte-avions USS Bennington (CVA-20) est à nouveau endeuillé. Alors qu'il manœuvrait en baie de Narragansett, une catapulte hydraulique fuit et le liquide prend feu à cause des flammes d'un réacteur d'un avion catapulté, provoquant une explosion causant la mort de 103 marins alors que 201 sont blessés.

C'est seul qu'il rallie la base aéronavale de Quonset Point (Rhode Island). Cet accident est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour l'US Navy qui abandonne définitivement la catapulte hydraulique pour la catapulte à vapeur plus sure et pouvant lancer des avions lourds. Un monument commémoratif est érigé dans le coin sud-ouest du Fort Adams State Park de de Newport (Rhode Island).

Il rallie le Brooklyn Navy Yard à New-York pour être réparé et refondu, l'US Navy profitant de son immobilisation pour lui faire subir la refonte SCB-125 dont les principaux travaux le voit recevoir des catapultes à vapeur, une piste oblique et une proue fermée appelée hurricane bow.


Le USS Bennington (CVA-20) refondu SCB-125

Les travaux vont l'immobiliser du 12 juin 1954 au 19 mars 1955. Après les essais, il reprend du service à partir du mois d'août 1955, intégrant la Carrier Division Two en compagnie de son sister-ship Lake Champlain pour remise en condition notamment dans les Caraïbes.

A noter que le 8 mai 1955, le Bennington est le premier porte-avions à embarquer le North American FJ-3 Fury, version embarquée du F-86 Sabre avec les appareils de la VF-173.

Le 8 septembre 1955, il quitte Mayport (Floride) pour le Pacifique, contournant le Cap Horn pour rallier San Diego un mois plus tard.

Il est désormais affecté à la 3ème flotte, effectuant des déploiements au sein de la TF 77, la composante porte-avions de la 7ème flotte chargée de défendre le Japon, la Corée du Sud, Formose, le Sud-Vietnam sans parler des Phillipines et du duo Australie-Nouvelle Zélande. Il va effectuer deux déploiements en Extrême-Orient en 1955-1956 et en 1956-1957.

Le 7 mai 1957, il est victime d'un incident plus comique que tragique quand dix étudiants de l'université de Sydney déguisés en pirate montent sur le bateau et annonce avec le haut-parleur que le navire à été capturé, déclenchant le branle-bas de l'équipage. Les marines escortèrent les plaisantins hors du navire et bonne joueuse, l'US Navy ne porte pas plainte.

Lutte anti-sous-marine et guerre du Vietnam

Le USS Bennington (CVS-20)

Le 30 juin 1959, le Bennington cesse d'être un porte-avions d'attaque pour devenir un porte-avions anti-sous-marin avec la marque de coque CVS-20.

Il subit quelques menus travaux pour s'adapter à sa nouvelle mission, recevant un sonar SQS-23 ainsi qu'une modernisation partielle des liaisons et du CIC (Command and Information Center).

Il est déployé en 1960 au large de l'Indochine alors que le royaume du Laos pro-américain est menacé par la guerilla communiste du Pathet Lao. Il livre ainsi quatorze Sikorsky H-34 à l'armée laotienne qui négocie un cessez-le-feu avec ses adversaires en mai 1961.

Le 6 mai, la prise de la ville laotienne de Nam Tha par le Pathet Lao entraine le déploiement au large de Da Nang du Bennington (CVS-20) et du Hancock (CVA-19) pendant qu'un groupe amphibie est déployé dans le golfe de Siam, les marines débarquant en Thaïlande, gagnant la frontière prêts à intervenir mais une coalition gouvernementale est mise sur pied le 23 juillet 1962 et la tension redescend.


Le USS Bennington (CVS-20) à Long Beach le 1er mai 1963

Le Bennington va également participer à la guerre du Vietnam avec trois déploiements à l'époque où des porte-avions anti-sous-marins étaient encore déployés pour couvrir la TF 77 contre une éventuelle intervention de sous-marins chinois voir soviétiques.


Le USS Bennington (CVS-20) en ravitaillement à la mer en compagnie du USS Mispillion (AO-105) et du USS Alfred A. Cunningham (DD-752)

Le premier déploiement du USS Bennington (CVS-20) commence le 22 mars 1965 quand il quitte la Californie pour rallier le Vietnam où il est déployé du 28 juillet au 9 septembre 1965 avec à son bord le Carrier Vessel Submarine Group Fifty-Nine (Groupe anti-sous-marin embarqué 59) composé de deux squadrons de Grumman S-2E Tracker (VS-33 et VS-38), un squadron d'hélicoptères équipé de Sikorsky SH-3A (HS-Cool, un détachement de veille aérienne avancé équipé de Grumman E-1B Tracer (VAW-11 Det Q.) et un détachement d'A-4B (VA-113 Det Q) chargé de missions d'attaque et de chasse.


Le USS Bennington (CVS-20) et le USS Tolovana Extrême Orient 1966

Le deuxième déploiement à lieu à partir du 4 novembre 1966 quand il quitte la Californie pour rallier le Sud-Est Asiatique. Il est déployé du 21 décembre 1966 au 15 avril 1967 avec le CVSG-59 qui dispose des mêmes unités exception faite du détachement de Skyhawk absent cette fois ci soit parce que le niveau de menace ne le justifiait ou les groupes aériens d'attaque avaient besoin d'être renforcés.


Le USS Bennington (CVS-20) à Pearl Harbor en mai 1968

Le troisième et dernier déploiement vietnamien commence le 1er mai 1968 quand il appareille de San Diego pour être déployé du 25 juin au 20 octobre avec le CVSG-59 dont la composition est identique au déploiement précédent.

Entre le premier et le deuxième déploiement, le Bennington participe aux essais de l'avion de transport expérimental ADAC/V LTV (Ling-Temco-Vought) XC-142A qui ne dépassa pas le statut du prototype. Cinquante posés ont lieu sur le porte-avions dont six en mode totalement vertical.

Entre le deuxième et le troisième déploiement, il participe à la récupération de la capsule Apollo 4 le 9 novembre 1967, capsule qui retomba à seulement dix miles du navire. Cette capsule était une capsule de test donc sans astronautes à bord.

Crépuscule

Le USS Bennington (CVS-20) le 25 mai 1969

Le USS Bennington (CVS-20) est désarmé le 15 janvier 1970 et va passer presque vingt-ans sous cocon, attendant un hypothétique réarmement en cas de conflit où si la 600 ship-navy de l'Administration Reagan avait pu voir le jour.

Rayé du Naval Vessel Register le 12 janvier 1989, il est vendu à la démolition le 12 janvier 1994 et démantelé dans un chantier de démolition indien, les contraintes environnementales, juridiques et politiques ayant rendu peu rentable le démantèlement d'aussi grosses unités aux Etats-Unis.



FIN DE LA DEUXIEME PARTIE

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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Sam 25 Jan 2014, 11:20

clausewitz a écrit:
Le USS Randolph (CV-15)[…] Le USS Randolph (CVS-15) est aussi le théâtre le 1er avril 1964 d'un incident rarissime. En pleine nuit alors que des opérations aériennes sont en cours, l'ascenseur babord cède et tombe à la mer entraînant un S-2D Tracker, ses cinq membres d'équipement et un tracteur. Trois membres d'équipage sont récupérés mais deux sont perdus en mer. […]
Il est vrai que la structure (et le principe de fonctionnement) de cet ascendeur repliable paraît relativement fragile affraid Mais, on n'y déplore qu'un seul accident sur une vingtaine d'installations (et en une vingtaine d'années…) on peut en effet le considérer comme l'exception qui confirme la règle de leur fiabilité
Citation :
[…] Voilà c'est fini...... . Le USS Randolph (CVS-15) en septembre 1968 […]
Beau travail ! thumleft 
Citation :
[…] Le 7 août 1960, le Dod (Department of Defense) annonce le désarmement de cinq navires en 1969 dans le but de faire de substantielles économies. […]
On peut supposer qu'il s'agit plutôt du 7 août 1968… ; « substantielles… » ? C'est en effet préférable à des économies de bouts de chandelle… Rolling Eyes 
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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Dim 26 Jan 2014, 14:39

DahliaBleue a écrit:
clausewitz a écrit:
Le USS Randolph (CV-15)[…] Le USS Randolph (CVS-15) est aussi le théâtre le 1er avril 1964 d'un incident rarissime. En pleine nuit alors que des opérations aériennes sont en cours, l'ascenseur babord cède et tombe à la mer entraînant un S-2D Tracker, ses cinq membres d'équipement et un tracteur. Trois membres d'équipage sont récupérés mais deux sont perdus en mer. […]
Il est vrai que la structure (et le principe de fonctionnement) de cet ascendeur repliable paraît relativement fragile affraid Mais, on n'y déplore qu'un seul accident sur une vingtaine d'installations (et en une vingtaine d'années…) on peut en effet le considérer comme l'exception qui confirme la règle de leur fiabilité
Citation :
[…] Voilà c'est fini...... . Le USS Randolph (CVS-15) en septembre 1968 […]
Beau travail ! thumleft 
Citation :
[…] Le 7 août 1960, le Dod (Department of Defense) annonce le désarmement de cinq navires en 1969 dans le but de faire de substantielles économies. […]
On peut supposer qu'il s'agit plutôt du 7 août 1968… ; « substantielles… » ? C'est en effet préférable à des économies de bouts de chandelle… Rolling Eyes 

Effectivement j'ai vérifié c'est bien 1968. Cela aurait du me mettre la puce à l'oreille

La suite normalement sera postée lundi soir

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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   Dim 26 Jan 2014, 15:51

clausewitz a écrit:
Le USS Hancock (CV-19) Présentation […]

[…]

Le 19 avril 1963, le USS Hancock (CVA-19) passant sous le pont du Golden Gate […]
Le rapprochement des deux photos ci-dessus est édifiant : il permet de comparer la taille (impressionnante) des AJ Savage avec celle des petits A-4 Skyhawk, et même des E-1 Tracer, voire des A-3 Skywarriorstudy
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MessageSujet: Re: US NAVY PORTE-AVIONS CLASSE ESSEX (2EME PARTIE)   

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