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 Royaume d'Ecosse 2.0

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clausewitz
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Ven 15 Mar 2013, 12:58

matt70 a écrit:
Personnellement moi je préférais quand tu postais l'uchronie sur le forum ... Confused

Je me perds un peu dans les dédales de ton blog, quoique j'apprécie toujours autant le projet Very Happy

Sauf qu'en terme de pages écrites j'en suis à plus de 2000 donc ce serait compliqué de tout poster ici thumright

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Ven 15 Mar 2013, 17:24

Oui je comprends.

Mais je commence à m'y retrouver. Le seul problème est qu'il faut suivre les posts quotidiennement, c'est très difficiles de retrouver d'anciens articles.
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clausewitz
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Ven 15 Mar 2013, 20:09

matt70 a écrit:
Oui je comprends.

Mais je commence à m'y retrouver. Le seul problème est qu'il faut suivre les posts quotidiennement, c'est très difficiles de retrouver d'anciens articles.

Il y à la rubrique archives et je met des mots clés pour chaque article : le nom du navire, le nom de la classe, le chantier constructeur, le port d'attache, la division......... .

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david
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Ven 15 Mar 2013, 23:03

a chaque fois que je lis le blog, j'en suis baba même si je trouve qu'il manque un ou deux accidents ici et là ( abordage, problème sur les tube lance torpilles des 1500 tonnes )

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je ne suis pas fou, juste un peu cinglé
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Sam 16 Mar 2013, 00:45

david a écrit:
a chaque fois que je lis le blog, j'en suis baba même si je trouve qu'il manque un ou deux accidents ici et là ( abordage, problème sur les tube lance torpilles des 1500 tonnes )

N'hésite pas à le mettre en com sous l'article. thumleft

dimanche normalement je posterai la suite des CT de classe Jaguar

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 11:24

En lien, une étude sur la défense d'une Ecosse indépendante:
http://www.scottishglobalforum.net/securing-the-nation-defending-an-independent-scotland.html

Intéressant!
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 11:34

fanaPHIB a écrit:
En lien, une étude sur la défense d'une Ecosse indépendante:[…]Intéressant!
Et ça, ce n'est pas de l'imaginaire, mais plutôt de la prospective plus ou moins réaliste !

À vrai dire, on peut se demander si ça ne sert pas positivement les objectifs de l'UE : « susciter et favoriser les régionalismes pour briser les États ».
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 13:15

Merci de l'info

Je pense la reprendre un jour cette uchronie même si mon uchronie sur la Seconde Guerre Mondiale me prend énormément de temps.

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 16:05

clausewitz a écrit:
[…] mon uchronie sur la Seconde Guerre Mondiale me prend énormément de temps.
Je n'ai pas de peine à l'imaginer ! cheers Je la consulte de temps en temps.
J'ai récemment hésité à y poster un comm. (j'ai l'impression qu'ils y sont assez rares Sad  ).
Je profite de cette occasion pour poser la question suivante à propos des CT de l'hypothétique classe BRUIX :


Le plan est assez similaire à celui des VOLTA. En serait-il inspiré (à quelques variantes près) ? scratch Qui en est l'auteur ? scratch
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 18:00

Faut pas hésiter à poster un com je mange personne ! ^^

Blague à part, il s'agit d'un schéma des Bayard scanné dans un numéro de Marine & Forces Navales et comme dans mon uchronie, les Bayard et les Bruix sont identiques.......... .

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 18:43

clausewitz a écrit:
Faut pas hésiter à poster un com je mange personne ! ^^[…]
Vrai ? Je peux ? Wink Dans ce cas…
Citation :
[…] il s'agit d'un schéma des Bayard scanné dans un numéro de Marine & Forces Navales et comme dans mon uchronie, les Bayard et les Bruix sont identiques………
C'est logique, en effet !  Mais les BAYARD ne sont-ils pas tout aussi uchroniques que les BRUIX, non ?
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 19:15

Non ils étaient prévus après les quatre Hoche mais le projet n'à pas été mené au bout.

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 21:26

clausewitz a écrit:
Non ils étaient prévus après les quatre Hoche mais le projet n'à pas été mené au bout.
La construction des 6 Bayard est autorisé par le Décrêt-Loi du 1er avril 1940.


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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mar 19 Nov 2013, 21:50

DahliaBleue a écrit:
[…] les BAYARD ne sont-ils pas tout aussi uchroniques que les BRUIX […]
clausewitz a écrit:
Non ils étaient prévus après les quatre Hoche mais le projet n'à pas été mené au bout.
LE BRETON a écrit:
[…]La construction des 6 Bayard est autorisé par le Décrêt-Loi du 1er avril 1940.
thumright Suis-je tête en l'air ! Je viens (seulement Embarassed) de le vérifier sur le Conway's ! Avec le nom des deux premiers ! Bayard et Bruix ! study 
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mer 27 Nov 2013, 09:18

Et voilà une nouvelle livraison sur l'avenir de l'Ecosse, du gouvernement écossais cette fois :
http://scotgov.publishingthefuture.info/publication/scotlands-future

Bonne lecture.

A+
:-)))
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clausewitz
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Lun 27 Jan 2014, 17:44

J-Entre libéralisme et réaction, le dilemme écossais

Maximilien 1er, roi d'Ecosse ou roi des Ecossais ?

Agé de 33 ans, le nouveau roi bénéficia d'un état de grâce à rallonge, profitant de la popularité de son défunt père. La ressemblance s'arrête là. En effet, si Charles était charismatique et intelligent, son fils était timide et refermé, traits de caractères allié à une rigidité, un esprit buté et une haute connaissance de son statut royal. Manquant de confiance en lui,  il réagissait par brusques enflammades suivis de longues périodes d'abattement.  

En 1824,  il épousa Elizabeth, fille du duc de Stirling, un mariage de raison sans saveur qui donna naissance à un fils prénommé Charles comme son grand père en 1825 et une fille prénommée Elisabeth en 1827, le roi et la reine vivant séparés, chacun dans une partie du château d'Holyrod, le roi préférant la compagnie de sa maitresse, Moira MacDonald qui lui donna deux fils naturels, Malcom et Andrew né en 1832 et 1835 que le roi aimait bien plus que ses enfants légitimes peut être parce que les sentiments qu'il éprouvait vis à vis de Moira étaient vrais et sincères.

Sur le plan politique, Maximilien 1er était nettement moins libéral que son père, réactionnaire serait le terme approprié, favorisant en tout point le parti national, refusant de jouer le jeu parlementaire, estimant que le parlement ne doit être là que pour conseiller le roi et non contrôler son action et celle du gouvernement.

Dès le début, une série de conflits opposèrent le roi au parlementaires. Si au début le parti National supporta en tout point l'action du roi, peu à peu, les conservateurs trainèrent les pieds et renâclèrent devant l'autoritarisme du roi qui ne semblait n'avoir plus de limites.

En juin 1847, Maximilien 1er changea sa titulature pour celle de Sa Majesté Maximilien 1er, par la grâce de Dieu roi d'Ecosse, une titulature qui rappelait furieusement la monarchie absolue.

Aux élections législatives de septembre 1847, le parti libéral remporta la majorité des sièges au détriment du parti national qui payait son image (de moins en moins conforme à la réalité) de «Parti de la Couronne».

En dépit de ce signal, Maximilien 1er _dont beaucoup s'interrogeait  à mi-voix sur sa santé mentale_, refusa d'amender sa politique, proposant même durant le printemps des peuples en 1848, l'envoi de troupes écossaises pour soutenir les Habsbourgs et les autres monarques d'Europe aux prises avec le réveil des nationalités.

Le conflit semblait insoluble mais tout s'accéléra à partir du 14 novembre 1849 avec une Remontrance des parlementaires réclamant une inflexion de la politique royale, remontrance approuvée par Charles, prince royal d'Ecosse et héritier de la couronne.

Le roi dans un premier temps ne réagit pas ce qui rassura les plus optimistes mais inquiéta les plus sceptiques persuadés d'un coup fourré d'un roi de plus en plus honni à tel point qu'il ne sortait guère plus d'Holyrod que pour se rendre à Sotwick House, une résidence d'été près de Glasgow, devenu une véritable forteresse.

Le parlement se réunit pour la première fois le 21 novembre 1849 dans un nouveau bâtiment installé en face du château d'Holyrod, un édifice néo-classique dont la beauté n'avait rien à envier à Westminster.

En apparence, tout semblait calme, le roi avait décidé d'envoyer la Garde Royale en manoeuvre, laissant le Parlement sans autre protection que celle des gens du guet et la police de la cité d'Edimbourg soit peu de chose de vérité.

Le discours de trône se veut modéré sur la forme mais intransigeant sur le fond. Les parlementaires répondent humblement au roi que leur position n'à pas changé depuis la remontrance. La situation semble donc bloquée, des deux côtés les intransigeants sont de plus en plus nombreux.

Alors que le parlement est réunit depuis huit jours, le roi Maximilien 1er perdant patience décide la dissolution de la Chambre des Représentants mais les parlementaires refusent de se disperser.

Qu'à cela ne tienne, le roi décide de chasser les parlementaires par la force en faisant intervenir des mercenaires hessois qui n'hésitent pas à utiliser l'artillerie contre le parlement, le bâtiment est incendié et assez lourdement endommagé.

Une trentaine de parlementaires, douze policiers _qui prirent le parti des parlementaires_ et huit mercenaires hessois sont tués. Maximilien 1er devient «Bloody Max'» qui devient un monstre que les parents invoquent aux enfants pas sages.

Les autres parlementaires sont emprisonnés et le roi à en apparence gagné mais c'est sans compter sur la mobilisation de la bourgeoisie intellectuelle qui marche main dans la main avec le petit peuple, la ville d'Edimbourg s'insurge.

Le camp parlementaires se divise, une partie des honorables représentants (72 sur 209) acceptant de siéger à nouveau mais ce Rump-Parliament (parlement croupion) perd vite le peu de crédibilité, n'étant qu'une simple chambre d'enregistrement des volontés royales.

L'Ecosse sombre à nouveau dans le chaos. Dans les villes, partisans du roi et parlementaires s'affrontent alors que dans les campagnes, de véritables jacqueries ont lieu où les émeutiers se soucient plus des richesses à récupérer que de prendre parti pour un camp ou l'autre.

La situation est-telle que l'ambassadeur d'Angleterre menace de faire intervenir l'armée anglaise si jamais l'ordre n'est pas rétablit dans son petit et turbulent voisin du Nord.

Au pied du mur, le roi n'à d'autre choix que de négocier avec le camp parlementaire mais ce dernier conscient de sa puissance et du soutien du peuple d'Edimbourg se montre très dur en affaires, n'acceptant de céder que sur des points de détails.

L'accord de Sotwick House est signé le 2 février 1850 et marque le triomphe du parlementarisme, l'Ecosse devient officiellement une monarchie parlementaire, le roi  ne pouvant nommer premier ministre autre qu'un représentant issu des rangs de la majorité, généralement le chef de file du parti libéral ou du parti national. Le droit de dissolution est encadré tout comme le pouvoir de nomination du roi sauf pour la chambre des lords où il peut nommer qui bon lui semble.

Cet accord marque la fin du règne effectif de Maximilien 1er qui refuse même de prononcer le discours du trône qui marque l'ouverture de chaque session annuelle de la Chambre des Représentants, délégant cette mission à Charles, duc d'Inverness et prince royal, l'héritier de la couronne.

Le roi Maximilien 1er meurt le 4 août 1860 à l'âge de 55 ans. Il est si impopulaire que son frère Jacques décide de le faire enterrer en Saxe, dans un petit château près de Dresde, le château Hoffman, bâtisse de la famille de sa mère, situation paradoxale qui durera jusqu'en septembre 1947 quand au nez et à la barbe des soviétiques, les services secrets écossais dans le cadre de l'opération Nemesis récupérèrent le corps du défunt roi qui fût enterré au côté de son père et de son fils. Cette opération à d'ailleurs fait l'objet d'un film en 2009 avec Liam Neeson dans le rôle du chef des agents écossais.

Retour au calme : le règne réparateur de Charles V (1860-1875)

Charles V à 35 ans quand il succède à son père. Homme d'expérience, c'est un libéral convaincu, plus proche de son grand père que de son propre père.

Avide d'aventures, le duc d'Inverness, prince royal depuis 1840 s'engage dans le combat pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, participant ainsi à la rébellion hongroise de Kossuth sous un nom d'emprunt.

Il échappe de peu à la capture mais rentre en Ecosse en héros, devenant le leader implicite du camp parlementaire contre le roi.

Populaire, il l'est par sa prestance et par le couple harmonieux qu'il forme avec Keira MacDonald, la fille du duc de Perth, un vrai mariage d'amour.

Le couple royal avait déjà quatre enfants : une fille prénommée Louise née peu après leur mariage en 1845, un fils et héritier Henri né en 1847, une fille prénommée Margareth née en 1850 et un fils prénommée Charles né en 1852. Deux autres enfants naquirent encore de cette union, une fille prénommée Marie en 1854 et un fils prénommé Guillaume en 1856.

Dès son couronnement, Charles V s'empresse de rétablir la titulature portée par son grand père  à savoir qu'il est connu officiellement comme Sa Majesté Charles V, par la grâce de dieu et du droit, roi des Ecossais.

Son premier acte est de reconstruire le Palais du Parlement, reconstruit à l'identique. Inauguré en 1862, il est rebaptisé Carpenter Hall de Douglas Carpenter, un parlementaire tué lors de l'attaque du parlement par les hessois.

Il acquiert rapidement le surnom de «Roi Pacificateur» par sa volonté de réparer les stigmates du règne désastreux de son père. Cela ne l'empêche pas de se montrer intransigeant sur ses pouvoirs et le respect de la majesté royale.

Son règne est également marqué par un très net rapprochement avec Londres, Charles V se montrant nettement plus anglophile que l'opinion publique écossaise qui craint toujours une invasion anglaise et qui n'à oublié ni les méfaits des rois d'Angleterre ni la fin de l'indépendance en 1707.

Alors que le prince héritier Henri approche de sa majorité se pose la question de son mariage et comme tout bon anglophile, le roi rêve d'un mariage anglais, rêvant d'apparenter sa dynastie de Lorraine à la prestigieuse maison de Saxe-Cobourg-Gotha.

Le couple harmonieux qu'il forme avec la reine Keira ne lui permet pas d'imposer à son fils ainé un mariage arrangé mais heureusement le destin va lui être d'un précieux secours.

En juin 1866, le roi Charles V se rend en visite officielle en Angleterre. Il est accompagné du prince héritier, Henri duc d'Inverness et prince royal d'Ecosse qui faisait là son apprentissage politique.


Louise d'Ecosse

Au cours d'une entrevue informelle à Saint James, Henri fait la connaissance de la fille cadette de la reine Victoria, Louise. Entre les deux jeunes gens (Henri à 19 ans, Louise à 17 ans), «beaux comme des dieux» (Oscar Wilde) ce fût un véritable coup de foudre.

Sans se concerter, Henri dira à ses parents «C'est elle ou personne». Quand à Louise de Saxe-Cobourg Gotha, elle déclara à sa mère «C'est lui ou personne».

En 1975, la reine Marie III autorisa la publication de la correspondance entre Henri et Louise, une correspondance à la fois d'une haute tenue intellectuelle mais également montrant des sentiments et une passion dévorante.

Les négociations avancèrent vite et le contrat de mariage signé en mars 1867 pour une cérémonie prévue à l'été 1868 mais au mois de mai, Louise tomba gravement malade. Son futur mari, Henri défiant les conventions se rendit à son chevet, chevauchant jour et nuit, arrivant à Buckingham et y resta jusqu'à ce qu'elle se rétablisse.

Le mariage eut donc lieu le 15 juillet 1868 à Edimbourg, point d'orgue d'une semaine de festivités somptueuses qui détonna un peu dans un pays habitué à vivre chichement à la fois pour des raisons économiques et culturelles.

Le duc et la duchesse d'Inverness, prince et princesse royal d'Ecosse se rendirent ensuite en voyage de noce sur le continent, rendant visite à l'empereur des français Napoléon III comme à Guillaume 1er, roi de Prusse, à l'empereur d'Autriche-Hongrie François Joseph ou encore au tsar Alexandre II.

Ce mariage marqua également la fin de la réclusion de la reine Victoria qui accepta de sortir du deuil qu'elle s'était imposée à la mort de son mari.

La belle Louise n'avait qu'une mission : donner un héritier au trône d'Ecosse. Elle ne tarda pas à réaliser le souhait de tout un peuple, rapidement conquis par la douceur et la simplicité de la nouvelle reine qui s'empressa d'apprendre le scot et le gaélique, devenant plus écossaise que les écossais.

Le 4 juillet 1869, cent un coups de canons annoncèrent la naissance de Charles, titré duc de Dundee à sa naissance. Comme au moment de chaque naissance royale, le roi gracia un certain nombre de prisonniers et accorda plusieurs banquets au peuple des villes d'Ecosse.

Cela eut au moins le mérite de calmer un certainement mécontentement populaire causé par une situation économique difficile sans parler du fait que les élections de 1868 avaient porté à la chambre des représentants, une large majorité libérale bien décidé à rogner les prérogatives royales.

La situation était d'autant plus tendue que les problèmes de santé du roi se multipliaient augurant d'une succession prochaine.

Victime d'un refroidissement, Charles V succomba le 14 mars 1875 alors qu'il venait de fêter ses cinquante ans. A l'instar de son grand père, fondateur de la dynastie, le roi est mort immensément populaire et les funérailles suivies par des milliers d'Edimbourgeois.

A suivre

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mer 29 Jan 2014, 10:35

En Ecosse, le libéralisme triomphe : le long règne d'Henri II (1875-1918)

Quand il monte sur le trône, Henri II à tout juste 28 ans. Intelligent, séduisant et beau parleur, il forme avec la reine Louise un couple que l'on qualifierait aujourd'hui de «glamour» et de «people».

Les historiens modernes sont formels : c'est un couple qui succède à Charles V. Autant la reine Keira avait été assez effacée, laissant le roi mener le jeu politique, autant la reine Louise est bien décidé à imprimer sa marque même si juridiquement parlant, elle n'à naturellement aucun pouvoir.

La nouvelle reine est une mère de famille accomplie, tenant à participer elle même à l'éducation de ses enfants, adoptant les valeurs de la famille bourgeoise alors que jadis dans la noblesse, les enfants étaient élevés par des nourrices et des précepteurs.

Elle va ainsi donner cinq autres enfants à son mari. Successivement, une fille Elisabeth née le 4 mars 1871, un fils prénommé Jacques né le 12 septembre 1872, une fille prénommée Victoria née le 14 octobre 1874; une autre fille prénommée Eleonore née le 2 juin 1876 et enfin un fils prénommé David né le 23 décembre 1877.

Personnalité originale, libérale assumée, elle forma donc un véritable couple politique avec son mari dont les orientations politiques étaient nettement plus conservatrices.

Durant les premières années de son règne, Henri II parvint à contenir les élans libéraux et féministes d'une épouse dont il était éperdument amoureux. La reine Louise se contenta donc dans un premier temps d'occuper le précaré laissé par son mari à savoir la charité et le mécénat.

A peine sur le trône d'Ecosse, elle utilisa sa liste civile et les revenus de ses propriétés anglaises et irlandaises pour soulager les difficultés des pauvres d’Édimbourg en faisant construire un hôpital le Queen's hospital en compagnie de la reine-mère tout comme elle fit construire plusieurs orphelinats, un hospice, une maison pour accueillir les soldats invalides.......... .

Alors qu'Henri II affrontait un parlement libéral audacieux à la limite de la rébellion, la reine Louise se préoccupait d'arts en finançant la construction de la Royal Scotland Academy of Art qui accueillait et protégeait des artistes prometteurs ainsi que du Queen Louisa Royal Museum, le premier grand musée écossais créé en 1880 même si il ne s'installa dans ses magnifiques bâtiments néo-classiques qu'en 1895.

Peu à peu, la reine Louise se fit une place dans le petit milieu politique en devenant le centre de rassemblement du parti libéral.

Comme à la même époque en Angleterre, les partis se structurent, devenant de véritables machines avec leurs permanents, leurs dirigeants et une discipline de vote qui n'existait pas jusqu'à présent. Un bipartisme émerge avec le parti libéral et le parti conservateur, l'Ecosse singeant ainsi le modèle anglais.

La reine Louise va servir comme on dirait aujourd'hui de lobbyiste pour les idées les plus avancées, certains de ses opposants les plus farouches disant à mi-voix craindre pour la santé mentale de la reine.

En 1882, elle pesa de tout son poids pour faire élire Liam Macdowell à la mairie de Dundee. Libéral convaincu et convainquant, il était professeur de droit à l'université de Glasgow et proche de la reine, si proche que cela faisait jaser les échotiers et les cancanières mais gare à celui qui parlerait trop fort de ces ragots, le sieur MacDowell était un redoutable bretteur.

Dundee servit de laboratoire, d'incubateur aux idées avancées défendues par la reine qu'il s'agisse des prémices de l'état providence, de la légalisation des syndicats ou même du vote des femmes et de ce qu'on appellerait aujourd'hui le référendum d'initiative populaire.

Le succès de ce laboratoire poussa la reine des écossais à étendre ses mesures à tout le territoire et c'est ainsi que l'on vit pour les élections législatives de 1889 le roi soutenir ouvertement le parti conservateur et la reine prendre parti pour le parti libéral.

Les troisième élections du règne d'Henri II marquant le triomphe du parti libéral, un parti que l'on pourrait comparer en France à un parti qui aurait englobé de l'UDF au PS, un vaste parti centriste avec deux ailes marchantes, une aile proche des conservateurs et une aile gauche dite «progressiste»

Cette aile gauche était alors l'aile dominante ce qui explique que son chef Liam MacDowell devint secrétaire général du parti et donc premier ministre de l'Ecosse à l'âge de 46 ans ce qui était assez jeune.

Il fit souffler un vent frais sur l'Ecosse en multipliant les réformes qui fit du pays une démocratie sociale avancée qui faisait l'admiration de nombre de libéraux européens notamment dans les pays d'Europe centrale et orientale sous le joug de princes et de monarques réactionnaires.

Le suffrage universel masculin est ainsi accordé en 1889 suivit l'année suivante après une bataille homérique contre la chambre des lords du suffrage universel masculin et féminin. Sur le plan social, la journée de travail de 8h est accordée en 1891, la semaine de 48h en 1892 suivit de deux semaines de congés payés en 1894.

Le premier ministre libéral échoue cependant à abolir la peine de mort en 1894 même si son champ d'application est singulièrement restreint et que le roi Henri II _pourtant personnellement favorable à la peine capitale_ va largement user de son droit de grâce pour commuer les peines de morts en détention perpétuelle, en déportation dans un bagne des Orcades ou en bannissement perpétuel d'Ecosse pour le criminel et ses descendants.

C'est ce qui explique qu'il n'y aura aucune exécution entre 1897 et 1912 quand les deux assassins d'une jeune femme enceinte au cours d'un cambriolage qui à mal tourné sont pendus à la prison centrale de Glasgow après avoir échappé de peu à un lynchage de la part des autres prisonniers.

Sur le plan de la politique extérieure, l’Écosse reste fidèle à une politique pro-britannique, Henri II mit ainsi son véto en 1894 au projet de mariage de Charles, duc de Dundee et prince royal d’Écosse avec une princesse allemande.

Le duc de Dundee passa outre le véto paternel et épousa en mai 1895, Marie de Brunswick en renonçant à ses droits à la couronne et ses titres nobiliaires, quittant l’Écosse pour s'installer aux Etats-Unis où il se lança avec succès dans l'industrie lourde.

Cet abandon effectif en septembre 1895 ouvrit une véritable crise dynastique. Les libéraux estimaient que l'héritier de la couronne devait être l'ainé quelque soit son sexe alors que les conservateurs estimaient que seul un roi pouvait hériter de la couronne.

Une loi de succession est votée par la chambre des Représentants puis par la chambre des Lords respectivement le 14 janvier et le 12 février 1896 attribuant la succession à la couronne d’Écosse en droite ligne par primogéniture mâle.

En cas d'absence de descendance masculine ou d'héritier masculin, la Chambre des représentants et la chambre des lords devra alors se réunir pour décider de l'avenir de la monarchie écossaise.

Le 7 mars 1896, une cérémonie à lieu au château d'Holyrod, faisant de Jacques âgé de 24 ans le nouvel héritier de la couronne d'Ecosse. Marié à une princesse néerlandaise, Hilda apparentée à la dynastie des Orange-Nassau (par une branche adultérine), il est titré prince royal d'Ecosse.

En mars 1900, la chambre des représentants refuse de voter le budget qui prévoit l'institution d'un impôt sur le revenu et de nouvelles taxes indirectes ce qui pousse le roi sur demande du premier ministre libéral à dissoudre la chambre des représentants pour provoquer de nouvelles élections favorables aux conservateurs. Un nouveau budget est voté, moins avancé que le projet initial.

Quand le vingtième siècle émerge, le paysage écossais est clairement bipartite avec comme en Angleterre un parti libéral et un parti conservateur. Si les conservateurs dominent la chambre des représentants de 1900 à 1907, les libéraux reprennent la majorité absolue lors des élections générales du printemps 1907.

Cette victoire écrasante des libéraux (154 sièges sur 221 alors que la majorité absolue est 111) se révéla in fine une victoire à la Pyrrhus puisqu'ils révélèrent au public les lignes de fracture et les tensions internes au Liberal Party entre une aile gauche en voie de radicalisation et une aile droite qui se trouvait de plus en plus d'affinités avec le parti conservateur qui se reconstruisait dans l'opposition.

En septembre 1912, Liam MacDow démissiona du secrétariat général du parti libéral suite à une motion de censure du comité directeur ce qui provoqua la réunion d'un congrès extraordinaire à Dumbarton du 4 au 9 octobre.

Ce congrès fût d'une véritable sauvagerie, l'équivalent du Congrès de Rennes de 1990 pour le PS français avec son festival de coups bas, de trahison, d'alliances de circonstances. Cela déboucha sur l'éclatement du parti fondé dans cette même ville soixante-dix ans plus tôt (1842).

Le parti libéral devint un véritable parti centriste avec un véritable tropisme droitier, se trouvant un nombre non négligeable de convergences avec les conservateurs. Quand à l'aile gauche, elle se regroupa dans un éphémère True Liberal Movement avant de former avec des socialistes partisan du jeu démocratique et pluraliste, le parti travailliste fondé officiellement en septembre 1913 à Dumbarton.

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Ven 31 Jan 2014, 11:20

K-Le premier conflit mondial et ses conséquences

De la neutralité à l'engagement

En dépit des approches de la France et de l'Angleterre, l’Écosse refusa de se lier les mains en signant un traité d'alliance contraignant.

Quand l'Europe s'embrasa à l'été 1914, l’Écosse proclama sa neutralité ce qui ne signifiait pas l'absence de mesures militaires puisque les effectifs militaires sont augmentés alors que la marine écossaise multiplie les patrouilles et décide d'assurer l'escorte des navires marchands contre les croiseurs auxiliaires allemands mais également britanniques dont on connait la détermination en cas de guerre.

Pour autant, l’Écosse n'était pas totalement à l'écart du conflit. De nombreux volontaires écossais s'engagèrent dans la Légion Etrangère, pas moins de 4000 jeunes écossais gagnèrent le continent dès l'automne 1914, formant de gros bataillons chez les «képis blancs» où ils justifièrent leur caractère guerrier avec les allemands et leur caractère bagarreur avec les autres militaires français et alliés.

C'est bien simple, à l'arrière, les écossais devinrent les terreurs des bistrots et de la gendarmerie qui mettait un cierge à l'église du coin quand une unité de légionnaires écossais était stationné dans leur secteur.

Sur le plan de l'économie, l'industrie écossaise profita à fond du conflit, l'Angleterre mais également la France passèrent de nombreuses commandes dans le domaine du textile (uniformes, couvertures et draps pour les hôpitaux.......), de la métallurgie, de l'armement (pistolets et fusils pour l'armée britannique)......... .

Les chantiers navals de Glasgow, de Dundee et d'Aberdeen construisirent de nombreux cargos et pétroliers pour compenser les pertes causées par les sous-marins allemands. Les mines de charbon et de minerai de fer exportaient massivement vers l'Angleterre et le continent.

Le chômage disparu, l'économie écossaise connaissant le plein emploi, un véritable âge d'or pour la classe ouvrière écossaise qui bénéficia de salaires très élevés et de condition de travail appréciables.

Le 17 mars 1916, le Fort MacDonald, un cargo de 800 tonneaux chargé de blé appareilla du port de Dundee pour rallier Newcastle et alimenter une usine fabriquant des biscuits pour les troupes britanniques.

Son armateur refusa l'escorte d'un torpilleur de la Royal Scotish Navy (RSN) mais du peindre de larges drapeaux écossais sur les flancs du navire, une précaution qui se révéla bien illusoire. Le lendemain 18 mars, au large d'Holy Island, il est torpillé par un sous-marin allemand.

Le navire privé de propulsion et de son unique hélice s'échoua en direction de l'île. 18 marins sont tués sur trente-quatre, les survivants gagnant la terre par un va et vient alors que le sous-marin lâche quelques obus de 88mm sur l'épave qui brûla pendant plusieurs jours.

Le chargé d'affaires écossais à Berlin (l'ambassadeur avait été rappelé pour consultations en novembre 1915) adressa une protestation officielle ce à quoi le ministre Gottlieb von Jagow répondit par une fin de non recevoir, rappelant les nombreux écossais engagés dans la Légion Etrangère et la participation de l'économie écossaise à l'effort de guerre des alliés.

Entre le 25 mars et le 1er juin 1916, pas moins de trente cargos, chalutiers et pétroliers battant pavillon écossais, naviguant et isolément ou en convoi. L’Écosse rendit coups pour coups, trois sous-marins étant coulé par grenadage, abordage ou par artillerie.

Le 4 juin 1916, l’Écosse rompt officiellement ses relations diplomatiques avec l'Allemagne. La chambre des représentants et la chambre des lords votent à une très large majorité la déclaration de guerre de l'Ecosse à l'Allemagne.

Aussitôt, un corps expéditionnaire est mis sur pied pour combattre sur le continent. Deux divisions d'infanterie soit 20000 hommes et une brigade d'artillerie lourde sont ainsi armées pour combattre en Europe alors qu'une brigade de cavalerie est envoyée dans les Balkans.

A noter que les écossais engagés dans la Légion Etrangère retrouvèrent l'armée écossaise, formant l'ossature du corps expéditionnaire, leur expérience était précieuse pour encadrer les recrues encore mal dégrossies ou des soldats ayant de nombreuses années de service mais aucune expérience du combat.

Le corps expéditionnaire écossais est déployé sur la Lys en compagnie des troupes portugaises, subissant de plein fouet l'opération Georgette (avril 1918), l'offensive allemande de la dernière chose.

Les deux divisions (1st Scotish Division et 7th Scotish Division) furent enfoncés, résistant avec difficulté à une formidable offensive allemand soutenues par les Stosstrupen et par une aviation tactique mordante et comme tous les troupiers de toutes nationalités maudirent les aviateurs «Tous des salauds et même les nôtres parce qu'on les voit jamais».

Les deux divisions écossaises parvinrent à rétablir un front relativement continu mais au prix de lourdes pertes. Sur 17800 soldats en ligne, les 1st SD et 7th SD perdirent près de 8000 tués, blessés, disparus et prisonniers, cessant d'être des unités constituées.

Retirées du front, elles furent reconstituées avec de nouvelles recrues et toujours des anciens de la Légion Etrangère avant d'être remises en ligne à l'été 1918 sous commandement français, participant notamment à la bataille de la ligne Hidenburg en compagnie du corps expéditionnaire américain et de troupes françaises, montrant un mordant admiré des français et craint des allemands.

Dans les Balkans, la brigade de cavalerie participa à la bataille décisive de Dobro Polje (14-15 septembre 1918) ce qui poussa la Bulgarie à demander l'armistice le 29 septembre 1918, exploitant la percée des armées commandées par le maréchal Franchet d'Esperey.

Quand le premier conflit mondial s'achève le 11 novembre 1918, l'armée écossaise à acquis son statut d'armée victorieuse. Pas moins de 9150 soldats écossais ont été tués ou estropiés, 2000 soldats prisonniers sont libérés des camps de prisonniers allemands.

Le 14 juillet 1919, un bataillon écossais en tenue de grenadier de la garde avec bonnet de poil et kilt défila sur les Champs Elysées lors du fameux défilé de la victoire, recevant une véritable ovation du public français qui devait se rappeler à cet instant de la Auld Alliance.

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Ven 31 Jan 2014, 11:46

Des lendemains qui déchantent........... .

Le 12 novembre 1918, le roi Henri II est victime d'un refroidissement après une longue promenade à cheval. Alité, il se révélera plus jusqu'au 27 novembre 1918 quand il succombe à l'âge de 71 ans, laissant inconsolable sa veuve, Louise de Lorraine-Beaumont qui lui survécu vingt ans, vivant retirée dans une aile du château d'Aberdeen construit par Charles IV et qu'elle avait aménagée avec le goût qu'on lui connaissait.

Lui succède son fils cadet Jacques sous le nom de Jacques IX. Marié à une princesse néerlandaise, âgé de 46 ans à son avènement, il à quatre enfants : le prince héritier Louis né en 1897, duc d'Inverness en 1918 et prince royal d'Ecosse en 1924 à l'âge de 27 ans, une fille prénommée Julianna née en 1899, un fils prénommé David né en 1901 et une fille, la malheureuse princesse Marie née en 1903 mais qui victime de troubles mentaux (schizophrénie paranoïde) fût internée dans un asile en 1920 où elle mouru en 1945 à l'âge de 42 ans. L'hôpital en question est devenu le Princess Mary Mentaly Hospital.

Homme expérimenté, il doit cependant faire face à une situation politique et économique difficile nécessitant tact, patience et doigté. Le nouveau roi à beaucoup de qualités mais malheureusement pas celle d'un véritable guide.

Sans s'en rendre compte, l'économie écossaise s'était enfermée dans une véritable bulle, une demande artificielle avec une brusque augmentation des salaires pour calmer le mécontentement d'une population active inquiète de l'inflation et aiguillonné par un dévellopement des meneurs d'extrême gauche.

La révolution de février puis celle d'octobre 1917 avait donné des idées à certains socialistes en rupture de banc avec le parti travailliste jugé trop modéré, trop «bourgeois». Le 4 mars 1918, un colonel de la Garde Royale est victime d'un attentat à son domicile, une bombe le tuant avec son épouse.

Le Royal Intelligence Service (RIS) ouvrit l’œil, effectuant des arrestations préventives, étouffant la contestation, à dire vrai peu visible aux yeux de l'opinion publique écossaise obnubilée par la fin qu'on espérait proche du premier conflit mondial.

La crise économique frappa durement l’Écosse à partir du printemps 1919. La démobilisation à mit fin au plein emploi, aggravant une situation économique délicate en raison d'une reconversion difficile des industries d'armement et de l'afflux d'une main d’œuvre prêt à accepter des emplois peu ou mal payés.

Le roi Jacques IX consulta la classe politique, envisageant sérieusement une dissolution de la chambre des Représentants pour provoquer des élections anticipées et donner un nouveau souffle à l’Écosse. Le premier ministre Ian Meadows s'y opposa et proposa sa démission refusée par le roi qui n'estimait trouver un leader crédible comme premier ministre.

Pâques sanglantes et instabilité politique (1920-1924)

La situation politique resta bloquée jusqu'au 4 avril 1920 quand tout explosa, marquant le début des «Paques Sanglantes». Le RIS en dépit de sa vigilance fût surpris par une telle explosion de violence simultanée ce qui indiquait un projet mûrement réfléchit et planifié.

Une série de bombes explosèrent à Glasgow, à Edimbourg, Dundee et Aberdeen. A Inverness, plusieurs navires de la Royal Scotish Navy hissèrent le drapeau rouge mais cette mutinerie fût rapidement écrasé par des troupes fidèles au pouvoir royal.

La petite ville d'Irvine occupé par des hommes du Scotish Communist Party (SCP) est transformée en Commune indépendante du pouvoir «royal, bourgeois et réactionnaire d'Edimbourg» le 5 avril 1920.

La ville fût rapidement encerclée par l'armée écossaise, bombardée par la marine. Les combats pour reprendre la ville furent extrêmement violents mais après une semaine de violents combats (8-15 avril 1920), la ville détruite à 79% est reprise, restant sous administration militaire jusqu'en 1925.

Cette répression militaire fût suivit d'une répression judiciaire sévère. 237 personnes furent jugées à Glasgow et à Edimbourg, 77 condamnées à mort et 54 exécutées, les autres étant condamnés à des peines allant de 5 ans de prison à la prison à vie.

Pour ne pas avoir su prévoir un tel soulèvement, le premier ministre Ian Meadows démissionne et remplacé Dean MacCarter, son principal opposant qui décide de dissoudre la Chambre des Représentants après accord du roi.

Les conservateurs qui ont fait preuve de fermeté _de brutalité dirons leurs adversaires_ espèrent récolter les fruits d'une répression menée sans s'interroger sur les méthodes.

Leurs opposants libéraux si ils ont approuvé la répression contre une véritable sédition reprochent au gouvernement les méthodes notamment le bombardement d'Irvine par la marine royale (certains canonniers furent d'ailleurs traduits en cour martiale pour avoir refusé de tirer sur la ville).

Quand aux travaillistes qui participent à leurs premières véritables élections, ils espèrent récolter les fruits d'un patient travail de terrain.

Les élections du 4 juillet 1920 (scrutin uninominal à un tour) ne satisfont personne, les électeurs semblent avoir renvoyé dos à dos tous les partis. Si le parti conservateur remporte le scrutin, il rate la majorité absolue de deux sièges avec 109 représentants sur 221, les libéraux récoltant 74 sièges et les travaillistes 38.

Les conservateurs soutenus par le roi mettent sur pied un gouvernement minoritaire mais les libéraux et les travaillistes unis par le plus petit dénominateur commun _barrer la route aux conservateurs_ entament une véritable guérilla législative qui oblige le roi à demander un gouvernement «bénéficiant du soutien plein et entier de la Chambre des Représentants»

Le premier ministre conservateur tente de pousser le roi à une nouvelle dissolution, manoeuvre dilatoire car Dean MacCarter sait très bien qu'une nouvelle dissolution est impossible avant juin 1921.

Démissionnant le 7 septembre 1920, il est remplacé par le libéral Burt Monroe à la tête d'un gouvernement de coalition libéraux-travaillistes, ces derniers bénéficient des portefeuilles stratégiques des Affaires Étrangères et de la Défense au grand dam des plus conservateurs.

Cette coalition fonctionne bien mais se heurte bientôt à l'opposition sourde de la Chambre des Lords qui bien que non élue _il existe des pairs héréditaires et des pairs nommés par le roi notamment pour services rendus_ s'estime aussi légitime que la chambre basse.

Après le rejet de plusieurs textes, le premier ministre libéral demande au roi une fournée de pairs pour faire pencher la balance en direction de la chambre basse du parlement écossais. Le roi refuse dans un premier temps, estimant que la chambre haute est dans ses droits.

Ce qui fait changer d'avis c'est le veto apposé par les lords au budget 1923 pour l'année fiscale allant du 1er juin 1922 au 31 mai 1923 ce qui bloque l'administration et le versement de sa liste civile que Jacques IX avait accepté de réduire de 30% pour améliorer l'état des finances publiques.

Le lendemain du vote négatif des Lords survenu le 14 mai 1922, le roi nomme 47 nouveaux pairs _tous issus du parti libéral_ qui font basculer la majorité de la chambre haute qui vote le 27 mai le budget proposé déjà le 14 mai.

On assiste au même conflit que onze ans plus tôt en Angleterre et comme chez leurs voisins du sud, les lords écossais jadis vus comme les gardiens de la Nation sont désormais considérés comme d’indécrottables réactionnaires, accrochés à leurs privilèges et rétifs à tout changement même celui nécessaire.

Le 6 juin 1922, est déposé sur le bureau de la Chambre des Représentants un projet de réforme constitutionnelle réduisant considérablement les pouvoirs de la Chambre des Lords. Désormais le veto ne peut concerner le budget sauf en cas de déficit manifeste. Quand aux autres projets de loi, le veto est suspensif durant la durée de la législature.

Le mandat des représentants est réduits à 5 ans mais leur nombre passe de 221 à 271, les cinquante représentants supplémentaires étant élus à la proportionnelle intégrale sur un scrutin de liste national.

Une loi de sécurité intérieure est également votée, loi qui permet en cas de besoin au premier ministre de prendre des mesures d'exception par ordonnance, de proclamer l'état d'urgence mais la possibilité de suspendre l'Habeas Corpus est rejeté par une coalition de représentants dépassant les clivages entre partis.

Une loi est également votée pour interdire le parti communiste écossais (qui devient donc clandestin) et plus généralement «toute formation, groupuscule ou entente visant à renverser par la force le gouvernement ou la monarchie».

Cette réforme n'est pas du goût de tout le monde. Plusieurs manifestations dégénèrent en émeutes comme à Glasgow le 13 août 1922 où un policier est lynché par une foule hystérique provoquant une réaction de la police qui tire à balles réelles. Le bilan est lourd : trois morts et une douzaine de blessés graves.

Le paroxysme de la contestation est atteinte le 4 septembre 1922 quand une manifestation conservatrice dégénère en émeutes, trois jours d'émeutes et de pillage durement réprimée après application de l'état d'urgence et déploiement de l'armée.

Le 17 septembre, un régiment de la brigade de cavalerie de Falkirk se mutine et marche sur Edimbourg, campant au pied du palais royal d'Holyrod sous prétexte de protéger le roi de la subversion.

Le gouvernement ne se laisse pas intimider et encercle les factieux qui non soutenu par le reste de l'armée doivent se rendre après trois jours de négociation. Le roi Jacques IX silencieux depuis plusieurs semaines sort de sa réserve et en appelle au loyalisme de l'armée lors d'un discours radiophonique qui fera date.

Cette tentative de coup d'état militaire mal préparée est l'occasion d'une purge dans les sphères supérieures de l'armée, l'enquête du procureur général montrant sans doutes possibles que plusieurs généraux au courant de cette tentative n'ont rien fait pour s'y opposer.

Globalement, la situation politique et économique va rester tendue jusqu'au printemps 1924 quand la reprise économique va réduire considérablement les tensions politiques comme économiques, la coalition libérale-travailliste se révélant plus solide que prévue.

A suivre

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Dim 02 Fév 2014, 14:42

L-Entre libéralisme et tentation autoritaire (1924-1939)

Les élections du printemps 1927 sont les premières après la réforme constitutionnelle réduisant le mandant des représentants à cinq ans.

Les élections sont largement favorables aux libéraux qui remportent la majorité absolue avec 140 sièges (contre 74 dans la précédente chambre) sur 271, laissant 82 représentants aux conservateurs (109 dans l'ancienne chambre), 45 sièges pour les travaillistes (38 dans l'ancienne chambre) et 4 sièges pour le Parti National Ecossais, une formation qui attire les déçus du parti conservateur jugé trop modéré, un parti inspiré par les dictatures réactionnaires d'Europe centrale, un mélange d'autoritarisme et de profonde religiosité.

L'économie qui avait connu un vrai renouveau à partir de 1924 commence à connaître des ratés à l'automne 1928 avec plusieurs faillites d'entreprise qui provoquent la remontée du chômage.

S'en suit la faillite de la Lawson & Parker Bank, la principale banque d'investissement écossaise (octobre 1928), un an avant le Krach de Wall Street. Les écossais sont d'autant plus remontés que l'enquête montre que la faillite à été provoquée par l'action de quelques pieds nickelés.

Terriblement dépendante de l'économie américaine, l'Ecosse subit de plein fouet les effets du Jeudi Noir. Les armateurs écossais qui transportaient certaines années jusqu'à 17% des marchandises américaines grâce à des prix compétitifs doivent désarmer des dizaines de navires soient anciens soient récemment mis en service. L'estuaire de la Clyde devient un vrai cimetière marin avec des dizaines de navires désarmés, mouillés bord à bord, gardés par quelques marins désœuvrés.

Faute de commandes, les chantiers navals doivent réduire leurs effectifs et leurs commandes d'acier ce qui par ricochet provoque une baise de la production d'acier ainsi que du minerai de fer et du charbon.

Le mécontentement grandit, mécontentement aggravé par des affaires politico-financières touchant le parti libéral comme le parti conservateur. Un sentiment clair de divorce entre la classe politique et le peuple se fait clairement sentir.

La conséquence ne se fait pas attendre. Aux élections de mars 1932, les libéraux subissent une véritable déroute dont ne profitent guère les conservateurs qui ne dispose que de deux sièges de majorité avec 138 sièges (82) devant les travaillistes qui doublent le nombre de leurs représentants avec 80 représentants (38) et les libéraux qui n'ont que 50 sièges (140) alors que le PNE recule d'un siège faute d'une véritable stratégie et d'un programme dépassant la simple protestation.

Le PNE symbolise les contradictions et les questions que se pose la société écossaise secouée par la crise économique. On s'interroge sur la politique à mener que ce soit sur le plan économique (libéralisme ou protectionnisme), sur le plan social (libéralisme ou conservatisme) et politique (démocratie ou autoritarisme).

Les conservateurs au pouvoir _aiguillonnés par un PNE remuant, amateur de phrases et de déclarations chocs_ sont un temps tentés de changer la constitution et de suivre le modèle en vogue au Portugal, en Autriche et en Europe Centrale et orientale avec un pouvoir fort et le corporatisme mais les racines de la démocratie écossaise sont profondes et ces tentatives échouent.

La politique socio-économique des conservateurs à plus de succès. Des mesures protectionnistes sont prises dès avril pour protéger l'industrie écossaise tandis qu'une politique de relance est menée via notamment de grands travaux d'infrastructures (routes, voies ferrées, ports).

Si le chômage se réduit et la demande repart, l'Etat écossais qui se piquait de gérer comme un bon père de famille se retrouve très endetté ce qui oblige les conservateurs à augmenter les impôts, une bien mauvaise nouvelle en ces temps pré-électoraux.

Conséquence logique, les élections du printemps 1937 voient le retour des libéraux au pouvoir qui ratent cependant la majorité absolue avec 121 sièges (50 dans la précédente assemblée) les obligeant à une coalition avec le parti conservateur qui dispose de seulement 75 sièges soit presque moitié moins que dans la précédente Chambre (138).

La majorité dispose donc de 196 sièges laissant à l'opposition _non unie_ un total de 75 sièges répartis entre le parti travailliste avec 40 sièges (80) _dont la radicalisation inquiète les classes moyennes, son secrétaire général prenant langue avec le PCE clandestin_, le PNE qui aligne 15 sièges et enfin le Nouveau Parti Républicain qui fait une apparition remarquable avec 20 sièges.

L'Ecosse va alors traverser une période de turbulences liés à une série de drames touchant la monarchie. Le 24 juillet 1937, le roi Jacques IX décède des suites d'une longue maladie _terme pudique encore aujourd'hui utilisé pour parler de cancer_ à l'âge de 65 ans, laissant le trône à son fils ainé Louis qui devient roi sous le nom de Louis 1er.

Agé de 40 ans, marié depuis 1925 à une princesse espagnole, il ne profite guère de son avènement suite à un tragique accident.


Le château de Balmoral. L'étang où se noya le prince héritier existe toujours un monument y étant implanté au milieu

Le 4 octobre 1937, son fils ainé Charles âgé de 9 ans, turbulent et caractériel échappe à la surveillance de sa gouvernante et se noie dans l'étang du château de Balmoral.

Les obsèques du petit prince sont suivi par plusieurs dizaines de milliers d'écossais, un deuil national d'une semaine est suivit y compris par les républicains estimant que Charles était avant tout un enfant avant d'être un prince royal.

Louis 1er et la reine Marie-Amélia vont être durablement marqués par cette tragédie au point de délaisser Balmoral durant tout leur règne.

Cette mort provoque une vrai crise dynastique. Le roi n'à en effet que des filles Marie née en 1930 et Margareth née en 1932 alors que la règle dynastique prévoit la primogéniture mâle ce qui fait théoriquement de son frère David né en 1901 l'héritier du trône.

Cette crise transcende les partis politiques, deux camps s'opposent : les «légitimistes» partisan du maintien de la règle actuelle et bientôt connus sous le nom de davidistes (majoritaires chez les conservateurs, minoritaires dans les autres partis) et les «pragmatiques» partisans du changement de la règle de succession avec la succession par primogéniture quelque soit le sexe de l'enfant et bientôt connu sous le nom de maristes qui sont majoritaires mais de peu chez les libéraux.

Le roi Louis 1er est longtemps hésitant. Plus proche des conservateurs, il serait tenté de laisser à son frère David le titre de prince héritier mais ce dernier échauffé par de nombreux courtisans, convaincus d'avoir devant eux le futur roi d'Ecosse se met à parler politique, à critiquer l'action du gouvernement et du roi, indisposant un monarque placide et bonhomme, très populaire notamment depuis la mort du prince héritier.

Louis 1er tourne casaque et se rapproche des maristes. Il décide de passer par référendum, un référendum consultatif qui est l'occasion d'une campagne assez rude, le nouveau roi se montrant d'une adresse nouvelle en faisant effectuer à la jeune princesse (huit ans) une tournée dans les villes et les villages d'Ecosse.

Attendris par la petite princesse très mature pour son jeune âge, l'opinion publique écossaise bascule de son côté au grand dam des conservateurs qui digère mal l'idée de revoir une reine à la tête de l'Ecosse.

Le référendum à lieu le 23 mars 1938 dans un contexte tendu, le dispositif sécuritaire est impressionnant autour des bureaux de vote et des lieux sensibles, pas moins de 8000 policiers et militaires sont déployés dans tout le pays, les navires de la marine royale patrouille autour des ports, l'armée de l'air maintien au dessus d'Edimbourg une patrouille double de chasse.

La question est simple «Approuvez vous la réforme constitutionnelle faisant du premier enfant né le successeur au trône d'Ecosse sans distinction de sexe ?». Le oui l'emporte largement avec 72,28% de oui et une participation massive (79,5%) faisant de Marie, la duchesse d'Inverness, princesse royale d'Ecosse.

Devant une telle démonstration de force des maristes, leurs adversaires doivent s'incliner non sans combattre. Le Royal Succession Act est ainsi adopté en première lecture par la Chambre des Représentants le 5 avril 1938 mais la Chambre des Lords le rejette le lendemain 6 avril en raison d'un nombre d'opposants supérieur aux partisans du nouveau texte.

Adopté une deuxième fois par la Chambre des Représentants le 21 avril 1938 (oui 181 non 73 abstentions 17), il est adopté à une courte majorité (51 oui 44 non 6 abstentions) par la Chambre des Lords le 23 avril. Les deux chambres réunies en Congrès du 1er au 7 juin adoptent définitivement le texte par 304 voix pour et 68 contre.

Au cours d'une cérémonie au château de Holyrod le 4 septembre 1938, la princesse Marie devient officiellement l'héritière au trône d'Ecosse, étant titrée duchesse d'Inverness et princesse royale d'Ecosse. Une lourde responsabilité sur ses frêles épaules alors que de noirs nuages s'annoncent à l'horizon.

A suivre : l'Ecosse dans le second conflit mondial

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clausewitz
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Lun 03 Fév 2014, 16:32

M-Turbulences à l'horizon : L'Ecosse dans le second conflit mondial (1939-1945)

Neutralité ou engagement ? Le dilemme écossais

En dépit des tensions internationales, L'Ecosse aborde l'automne 1939 avec confiance. L'économie va mieux, le système politique fonctionne bien et la monarchie raffermie par le changement de la loi de succession qui prépare l'Ecosse à être dirigée par une reine pour la première fois depuis Marie II Stuart.

Edimbourg ne peut cependant faire fi des tensions internationales opposant l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre et la France. Au moment de la crise des Sudètes, l'Ecosse à proposé sa médiation poliment refusée par les pays concernés ce qui explique la fraicheur de l'accueil de la princesse Elisabeth lors de son voyage à Glasgow et Édimbourg en août 1939.

Représentant son père George VI, la jeune princesse (13 ans) est ainsi huée à Édimbourg ce qui provoque de sérieux remous entre l'Angleterre et l'Ecosse en dépit d'un accueil chaleureux de Louis 1er à sa cousine (ils ont Victoria comme ancêtre commun) à laquelle il présenta ses plus plates excuses.

En dépit des efforts franco-anglais, l'Ecosse refuse de s'engager dans une quelconque alliance en vue d'un conflit que chacun pressant comme proche.

L'invasion de la Pologne par l'Allemagne (1er septembre 1939) entraine une réunion d'urgence de la Chambre des Représentants (celle-ci siège normalement d'octobre à juin) dès l'après midi pour une session extraordinaire du 1er au 5 septembre 1939.

A l'issue de débats enflammés, l'Ecosse proclame sa neutralité par le vote d'une résolution par 212 voix contre 47 et 12 abstentions. Une délégation spéciale est ainsi mise sur pied avec des représentants des différents groupes parlementaires, cette délégation de 27 représentants doit pouvoir valider des textes au cas où la réunion de la Chambre des Représentants serait impossible.

Cette délégation pompeusement baptisé «Guards of Freedom» (gardiens de la liberté) va s'installer dans une base militaire secrète de la banlieue de Glasgow, ne rejoignant Edimbourg que pour les séances de la Chambre des Représentants.

Neutralité ne veut pas dire faiblesse et l'Ecosse met sur pied une véritable économie de guerre : mise en place d'un système de rationnement, mise en culture des espaces verts dans les lieux publics, constitution de stocks alimentaires et de matières premières...... .

Des abris antiaériens sont aménagés tout comme une Défense Passive, la Scotish Protection Agency (SPA) tandis que les effectifs de l'armée augmente, la marine multipliant les patrouilles à la fois contre les sous-marins et les navires de surface étrangers.

Certains écossais vont cependant participer dès septembre 1939 à la seconde guerre mondiale en s'engageant notamment dans la Légion Etrangère,renouant avec les mannes de leurs ainés qui comme nous l'avons vu s'étaient massivement engagés en 1914.

La défaite de la France en juin 1940 surprend nombre d'observateurs et parmi eux les écossais. Il semble que le gouvernement libéral-conservateur ait à cet instant envisagé une entrée en guerre avant de se raviser, craignant qu'une défaite de l'Angleterre ne laisse la petite Ecosse seule face à l'ogre hitlérien.

Comme les américains, la neutralité écossaise est nettement plus favorable pour l'Angleterre que pour l'Allemagne. Le charbon, le minerai de fer et le blé écossais alimentent largement l'économie britannique alors que les allemands ne peuvent profiter d'une telle manne.

Ils adressent plusieurs notes de protestation (7 septembre et 13 octobre 1940 notamment) mais Edimbourg fait la sourde oreille, rappelant alors son ambassadeur en poste à Berlin, le début d'une escalade qui allait conduire l'Ecosse à la guerre.

Le 14 juin 1941 est signé le traité de Berwick entre l'Ecosse et l'Angleterre. Il définit les modalités d'une entrée en guerre de l'Ecosse qu'il s'agisse d'une participation aux opérations ou de l'effort de guerre concernant la production de matériel de guerre.

Par une bourde de l'ambassadeur de Suède à Berlin, l'existence de ce traité est officiellement rendue publique le 8 novembre ce qui suscite la fureur de Berlin qui exige des explications de la part d'Edimbourg qui fait la sourde oreille.

Le réveil va être brutal. Le 24 novembre 1941, 24 Dornier Do 217 escortés par 14 Me110 bombardent le port d'Aberdeen provoquant de gros dégâts même si la DCA abat deux bombardiers tandis que la chasse pour la perte de trois appareils descend trois bombardiers et trois chasseurs dont les équipages rejoignent sous les huées des écossais la prison centrale d'Aberdeen.

La Chambre des Représentants réunie en séance extraordinaire le lendemain 25 novembre 1941 vote la rupture totale des relations diplomatiques avec Berlin et déclare la guerre par 270 voix pour et une abstention.

C'est la guerre !

La déclaration de guerre est officiellement confiée à l'ambassadeur portugais qui représente les intérêts de l'Allemagne à Edimbourg (l'ambassadeur allemand avait quitté le pays dès le 10 septembre 1939) qui le transmet à Berlin qui répond par un bombardement aérien contre Inverness qui coule un cargo et endommage assez sérieusement le port pour le prix de deux bombardiers et d'un chasseur.

Les rares ressortissants allemands et italiens présents en Ecosse sont mis en prison ou en résidence surveillée pendant que le pays se prépare à un conflit extrêmement dur.

Des officiers écossais intègrent rapidement les état-majors anglais soit directement pour le commandement d'unités écossaises ou comme officiers de liaison aux Antilles et en Méditerranée où la petite armée écossaise comptait bien payer de sa personne.

La marine fût la première à se mettre en évidence en assurant l'escorte des convois transatlantiques entre Greenock et Halifax mais également des convois entre le Loch Ewe et Mourmansk et Arkhangelsk.

L'armée de l'air assura principalement des missions de défense aérienne contre les bombardiers allemands ainsi que des opérations de surveillance maritime en mer du Nord, missions de surveillance doublées de mission offensives contre la navigation allemande.

Ce n'est cependant qu'à partir de l'été 1942 que l'armée de l'air écossaise pu donner sa pleine mesure après un rééquipement en matériel moderne. Les chasseurs Fokker D-XXI furent remplacés par des Spitfire Mk V, les Bristol Blenheim par des Bristol Beaufigther, les Fairey Battle par des De Havilland Mosquito sans parler de la mise sur pied d'unités de reconnaissance maritime équipées de Short Sunderland et des Liberator ainsi que d'une unité de bombardement stratégique équipée d'Avro Lancaster.

Dans un premier temps l'armée de terre resta dans une prudente expectative. Non pas qu'elle refusait le combat mais elle s'assura d'abord de rendre le territoire écossais inexpugnable. La menace d'un débarquement allemand s'étant rapidement dissipée, la Royal Scotish Army adopta une posture nettement plus offensive.

Jubilee ou le baptême de feu des troupes écossaises

En janvier 1942, une délégation d'officiers écossais rencontra Lord Moubatten, le responsable de l'opération Jubilee, un raid planifié sur Dieppe pour tester la possibilité d'un débarquement sur les côtes françaises, raid mené le 19 août 1942.

Les écossais obtinrent ainsi l'intégration d'un régiment d'infanterie légère, le 1st Scotish Ligth Infantry au sein de la 2ème Division Canadienne, ce régiment commença aussitôt son entrainement pour s'amalgamer avec les autres unités de la division qui comptait un certain nombre d'officiers et de soldats dont les ancêtres venaient d'Ecosse.

Outre ce régiment, deux squadrons de chasse équipés de Spitfire Mk V et un squadron de bombardement équipé de Bristol Beaufigther va être engagé pour appuyer les troupes au sol, troupes au sol qui bénéficieront également du soutien de la RSN qui déploya deux torpilleurs qui tirèrent contre la terre avec leurs canons de 120mm.

Le 1st SLIR participa à l'assaut direct contre Dieppe en compagnie du Royal Hamilton Light Infantry et du Essex Scottish Regiment, subissant de lourdes pertes puisque 140 soldats écossais furent tués, 200 blessés et 45 prisonniers mais beaucoup réussirent à s'évader et à rentrer en Ecosse !

L'exemple le plus spectaculaire est celui du major Caldwell et du sergent Horteson. Faits prisonniers blessés, internés en France près de Compiègne, ils tentèrent de s'évader la première fois mais repris, ils furent transférés à Flensburg près de la frontière germano-danoise. S'évadant à nouveau, ils gagnèrent Copenhague à pied où ils furent exfiltrés en Suède par la résistance danoise.

Arrivés à Stockholm, ils furent confiés à l'attaché militaire écossais en Suède et transférés par avion à Edimbourg où ils furent accueillis en héros. Remis de leurs blessures, ils furent affectés au Scotish Commando n°1 où leur expérience de la clandestinité allait se révéler précieuse.

Sur les 40 Spitfire Mk V engagés, 4 furent abattus par la chasse ou la Flak défendant le port normand alors que deux Bristol Beaufigther étaient abattus. Quand aux deux torpilleurs, ils ne furent endommagés légèrement par des coups à toucher et des éclats des obus de la défense côtière.

L'opération Jubilee était incontestablement un échec mais il sera riche de leçons pour Overlord et d'autres débarquements amphibies.

Outre ce raid amphibie, l'armée écossaise va participer à des raids commandos sur les côtes de l'Europe occupée, des opérations coups de poing contre les ports, les aérodromes, les postes de commandement avec ou sans le soutien des mouvements locaux de résistance.

Le Scotish Commando n°1 est créé le 14 septembre 1942 en réponse à la création par l'armée de l'air du Royal Scotish Air Service (RSAS), deux unités différentes mais aux tactiques et méthodes semblables des Royal Scotish Marines Scouts (RSMS), les forces spéciales de la marine.

Ce commando va s'illustrer notamment en Norvège, s'attaquant aux batteries côtières allemandes, aux aérodromes et même à des installations de commandement et de répression.

Le 14 mars 1943 dans le cadre de l'opération «Thanatos», le SMIS (Scotish Military Intelligence Service) et le SC font sauter l'immeuble de la Gestapo à Oslo, tuant un grand nombre de policiers allemands, de collaborateurs norvégiens (les tristements célèbres «Quisling») et libérant plusieurs chefs de la résistance norvégienne. Deux commandos capturés furent torturés et fusillés par les allemands.    

Torch, Hushy, Avalanche et Shingle

L'armée de terre «régulière» ne va pas tarder elle aussi à s'illustrer en participant aux nombreux opérations amphibies. La mobilisation générale décrétée dès l'entrée en guerre du royaume le 25 novembre 1941 permet à l'armée écossaise de prendre du muscle et du volume.

En 1942, elle aligne en Ecosse quatre divisions d'infanterie (1st 2nd 3rd et 4th Scotish Infantry Division) de 12000 hommes, deux divisions blindées (7th Highland Armoured Division et 11th Lowland Armoured Division) de 14000 hommes, une division aéroportée (la 5th Airborne Division) de 9500 hommes, une division d'infanterie de montagne (6th Scotish Mountain Division) de 8000 hommes et deux brigades d'infanterie légère (8th  9th Light Infantry Brigade) de 4500 hommes chacun qui ne vont pas tarder à se spécialiser dans les raids amphibies soit un total de 102500 hommes prêts à être engagés sans compter de nombreux réservistes et de recrues à l'entrainement.

Le 8 novembre 1942, l'opération Torch est lancée contre le Maroc et l'Algérie. La conquête de l'Afrique du Nord sous contrôle de Vichy est indispensable pour espérer reprendre pied en Italie, le ventre mou de l'Axe selon Churchill.

L'Ecosse y participa, engageant la 1st Scotish Infantry Division et la 11th Lowland Armoured Division à Casablanca sous commandement américain (Western Task Force), livrant quelques combats avec les troupes vichystes. Dans le secteur d'Oran, la 8th Light Infantry Brigade débarque sous commandement britannique, s'emparant d'Arzew.

La Royal Scotish Air Force engage elle deux squadrons de chasseurs équipés de Spitfire Mk IX, un squadron de bombardiers légers équipés de B25 Mitchell et un squadron de reconnaissance maritime équipé de Consolidated Liberator

Quand à la marine, elle effectue un effort significatif, déployant pour appuyer les troupes mises à terre à Casablanca, le croiseur lourd Edimbourg le croiseur léger William Wallace et les destroyers Loch Ness et Loch Lomond qui vont tirer contre terre pour museler les batteries côtières. Au moment de la charge de la 2ème escadre légère, les navires écossais protégèrent les transports, laissant les croiseurs américains museler cette courageuse mais illusoire charge.

Les pertes écossaises sont plutôt faibles (125 tués et 750 blessés) mais plus précieux, ses unités ont acquis expérience et respect des unités alliées. Si la 8th Light Infantry et la 1st Scotish Infantry Division continuent la guerre jusqu'en Tunisie où le sort de l'Axe est scellé en février 1943, la 11th Lowland Armoured Division est regroupée près d'Alger pour préparer les futures opérations.


Le char Cromwell rebaptisé Dragon par les écossais était le principal blindé de l'armée écossaise

Le 19 avril 1943 est officiellement créé à Alger, la I Scotish Army qui regroupe la 1st Scotish Infantry Division et la 11th Lowland Armoured Division au sein du 10ème Corps d'Armée ainsi qu'un 20ème corps d'armée composée de la 2nd Scotish Infantry Division et de la 6th Scotish Mountain Division venues d'Ecosse en convoi.

Placée sous le commandement du général Anton Maxwell, elle va s'entrainer intensivement pour les opérations Husky et Avalanche, les débarquements de Sicile et de Salerne.


Republic P-47D

La Royal Scotish Air Force libérée d'une partie de la servitude imposée par la défense aérienne de l'Ecosse pour engager un groupement aérien tactique (Scotish Tactical Air Group) disposant de deux squadrons de Spitfire Mk IX, de deux squadrons de P 47 Thunderbolt, de deux squadrons de bombardiers légers B 25 Mitchell, d'un squadron de reconnaissance équipé de Mosquito et d'un squadron de transport équipé de C-47 soit un total de 160 appareils.


Le HSMS Scotland

La Royal Scotish Navy déploie le porte-avions d'escorte Scotland (ex-USS Breton CVE-23),   le croiseur lourd Edimbourg le croiseur léger William Wallace,les destroyers Loch Ness et Loch Lomond, le pétrolier Tweed, les sous-marins S-1 et S-2 (type S britannique) pour surveiller la flotte italienne plus des hydravions de surveillance Consolidated Catalina.

Le 10ème corps d'armée est engagé en Sicile à partir du 10 juillet 1943 sous commandement américain, débarquant à Gela à l'ouest de Syracuse, participant à la prise de Palerme puis à celle de Messine, une compagnie écossaise étant la première à y entrer. Une fois la Sicile conquise, le 10ème CA va rallier la Corse pour participer à l'opération Dragoon, le débarquement allié prévu dans le sud de la France.

Le 20ème corps d'armée lui va être engagé dans l'opération Avalanche, le débarquement à Salerne exécuté à partir du 3 septembre 1943. Il va ensuite remonter toute l'Italie à un rythme d'une lenteur désespérante.

Le 22 janvier 1944, pour tenter de déborder la ligne Gustav, les alliés débarquent à Anzio dans le cadre de l'opération Shingle. Ce débarquement voit l'engagement du croiseur léger William Wallace, de quatre torpilleurs légers type Hunt (T.1 T.2 T.3 et T.4), de la 9ème Scotish Light Infantry Brigade et d'un groupe occasionnel de forces spéciales issu du Royal Scotish Air Service et du Royal Scotish Marines Scouts (RSMS). Ce débarquement manque de tourner à la catastrophe et ce n'est qu'en mai 1944 que les allemands sont battus devant se replier de la ligne Gustave vers la ligne Gothique.

Le 20ème CA écossais va rester déployé en Italie jusqu'à la fin du conflit, terminant en mai 1945 dans le sud de la Bavière. Les troupes écossaises intégrés dans le secteur américain vont restés en Bavière jusqu'en septembre 1946 quand elles rentrent en Ecosse.

Overlord et Dragoon, l'Ecosse fidèle à la Auld Alliance

L'armée écossaise va également participer aux débarquements menés sur le territoire français qu'il s'agisse d'Overlord ou de Dragoon.

Pour le débarquement en Normandie, se rappelant de l'opération Jubilee, l'armée écossaise accepte de placer ses unités sous commandement canadien à défaut d'obtenir une plage dédiée en dépit des efforts du gouvernement écossais.

La 3rd Scotish Infantry Division, la 1st Brigade de la 7th Highlander Armoured Division, le Scotish Commando n°2 et deux bataillons de la 9th Scotish Light Infantry Brigade vont ainsi former un 30ème CA placé sous commandement canadien, devant devenir autonome après la réussite de l'opération.

A noter que pour la première fois, la marine écossaise va assurer le transport des unités débarquées avec des LST et des LSM pour les unités régulières, les torpilleurs légers T.5 T.6 et T.8 pour les commandos et l'infanterie légère, ces navires ayant été transformer en APD (Amphibious Personnal Destroyer).

La Royal Scotish Navy assure également l'appui-feu, engageant des LSM ( R ), des LSM équipés de lance-roquettes mais également les torpilleurs légers T.7 T.9 et T.11, les destroyers Loch Morar et Loch Tay ainsi que les croiseurs légers Robert Bruce et Charles IV.

La Royal Scotish Air Force (RSAF) engage une escadre aérienne depuis les aérodromes du sud de l'Angleterre, le 15th Tactical Air Wing composé de deux squadrons de North American P-51 Mustang (48 appareils), deux squadrons de Republic P-47 Thunderbolt (48 appareils) _les Mustang assurant la couverture aérienne et les Thunderbolt pour l'appui-feu à l'aide de bombes et de roquettes_, deux squadrons de bombardiers légers North American B-25 Mitchell (40 appareils) et un squadron de reconnaissance équipé de Spitfire PR Mk V (16 appareils).

La 5th Airborne Division va participer à l'opération Pegase, le volet aéroporté du débarquement. Il fût un temps question qu'elle soit chargée de s'emparer de Caen pour accélérer la percée mais ce mode d'utilisation audacieux fût jugé trop audacieux et la division aéroportée écossaise fût chargée d'appuyer la 6th Airborne anglaise.

Larguée à l'aube le 6 juin, elle appuya les hommes du major Howard qui s'étaient emparé par un audacieux raid en planeur de Pegasus Bridge. Ils repoussèrent plusieurs contre-attaques allemandes, affermissant les positions alliées.

A 6.45 le 6 juin 1944, la marine écossaise ouvrit le feu dans le secteur Juno en compagnie de navires britanniques et canadiens. Les croiseurs légers ouvrirent le feu avec leurs huit canons de 152mm pendant que les destroyers faisaient de même avec leurs quatre canons de 120mm. Les chalands lance-roquettes ajoutèrent leur note à cette flamboyante symphonie.

Trois quarts d'heure plus tard, à 7.30, les écossais et les canadiens commencèrent à débarquer, la première vague vit l'engagement des deux bataillons la 9th Scotish Light Infantry Brigade et du Scotish Commando n°2 qui furent chargés de s'emparer des positions fortifiées des plages.

Dès la deuxième vague, la 3rd Scotish Infantry Division fût mise à terre, à temps pour repousser avec les unités canadiennes une vigoureuse contre-attaque allemande qui fût définitivement annihilée par les Dragon (Cromwell) de la 1ère brigade de la 7th Highlander Armoured Division.

Une fois le débarquement assuré d'une totale réussite, le 30ème CA participa aux tentatives de percée menées dans la région de Caen, subissant des pertes assez sensible. Pour cette exploitation, le 30ème CA avait été musclé, la 7th HAD avait été entièrement engagé en France en compagnie de la 3rd SID et de la 4th SID qui avait remplacé les bataillons d'infanterie légère et les commandos.  

Le 30ème Corps d'Armée écossais fût encore musclé en juillet avec l'arrivée en France de la 10th Scotish Infantry Division qui permet à l'Ecosse de former deux corps d'armée, le 30ème CA composé de la 7th HAD et de la 10th SID alors que le 31ème CA alignait les 3rd et 4th SID, ces deux corps d'armée formant la 1ère armée écossaise.

Engagée sous le commandement canadien, elle participe aux opérations pour fermer la poche de Falaise, suivant la 1ère armée canadienne au sein d'un 13ème groupe d'armée.

Ce 13ème groupe d'armée va participer ensuite à la bataille de l'Escaut, libérant du 2 octobre au 8 novembre 1944 le port d'Anvers, la 9th SLIB participant à l'opération Infatuate contre Walcheren, subissant de telles pertes que la brigade ne pourra retrouver un niveau opérationnel correct avant la fin des opérations en Europe.

Entre-temps, la 5th Airborne Division va participer à la désastreuse opération Market Garden lancée le 17 septembre 1944 dans l'espoir d'accélérer la fin du conflit.

Le plan concocté par le maréchal Montgomery est d'une simplicité biblique : des parachutistes largués pour s'emparer des ponts sur le Rhin aux Pays Bas à  Son, Nimègue, Eindhoven et Arnhem sur lesquels passeront les blindés du 30ème corps du général Horrocks.

La 5th Airborne Division va être engagée à Arnhem en compagnie de la 1ère division aéroportée anglaise, marquant le début d'une terrible campagne de neuf jours où loin d'affronter des vieillards et des ados, les paras anglais et écossais, vont affronter une division de panzer S.S au repos à Arnhem.

Le 30ème corps devait rejoindre Arnhem en quatre jours mais prenant extrêmement de retard, les paras écossais et anglais à bout de force doivent cesser le combat après neufs jours de combat

La 5ème division aéroportée écossaise à engagée 9500 hommes à Arnhem. Seulement 2700 échapperont à la captivité. Pas moins de 4500 paras écossais ont été tués et 2300 sont faits prisonniers et emmenés en captivité en Allemagne.

La 1ère armée écossaise participa ensuite à la garde à la Meuse de décembre 1944 au 8 février 1945 quand elle lança l'opération Veritable, une percée dans la forêt de Reichswald entre Rhin et Roer, parvenant à déborder avec le concours de la 1ère armée canadienne la ligne Siegfried.

Parvenant en Allemagne, la 1st Scotish Army remontant vers le Nord, participant à la prise d'Hambourg en compagnie de troupes anglaises le 3 mai 1945, bordant ensuite la frontière danoise pour contrer une possible intervention soviétique dans ce pays à la situation stratégique.

Si l'armée de terre écossaise porta le plus gros du fardeau du conflit, en étant engagée massivement sur le continent européen, en Italie et en Afrique du Nord, les autres armées ne sont pas restées pour autant l'armée au pied.

La marine à ainsi subit des pertes assez sensibles en escortant les convois notamment dans l'Océan Glacial Arctique mais également dans l'Atlantique.

Elle à ainsi perdu un croiseur léger, le Jacques Stuart (coulé le 17 mai 1943 par des avions torpilleurs allemands) et le croiseur lourd Edimbourg à été gravement endommagé par des mines magnétiques le 4 janvier 1945 au large de Trondheim avant de couler alors qu'il avait été pris en remorque. A cela s'ajoute le croiseur léger Charles IV victime d'une explosion de ses soutes à munitions le 14 octobre 1944 à Inverness.

A la perte de ces unités majeures s'ajoute la perte de quatre destroyers, de trois torpilleurs, de deux sous-marins, de six escorteurs, d'un cargo rapide et d'un pétrolier. Près de 3000 marins écossais ont ainsi péri durant ce conflit.

L'armée de l'air à elle aussi connu des pertes non négligeables que ce soit en soutien des opérations terrestres que lors des missions de chasse aux submersibles en mer du Nord ou encore au cours des raids du squadron 97 _l'unique squadron de bombardiers lourds de l'armée de l'air écossaise_ sur la Norvège (six appareils engagés le 12 novembre 1944 dans l'opération Catechism, un abattu et un disparu en mer) ou sur les ports allemands de la Baltique.

Au final, l'armée écossaise termine le conflit avec un sentiment d'effroi devant les pertes importantes (près de 12000 tués et environ 4000 invalides) mais aussi de fierté, l'armée royale écossaise ayant fait honneur à la réputation guerrière des peuples celtes.

Un temps, l'Ecosse songea à envoyer des troupes dans le Pacifique mais aucun pays n'accepta cette aide qu'il s'agisse de l'Angleterre pour aider au désarmement des troupes japonaises occupant l'Empire anglais, des Etats-Unis (qui avaient accepté poliment l'envoi de la British Pacific Fleet) ou encore de la France, l'Ecosse ayant proposé l'envoi d'une division d'infanterie légère pour aider à la réoccupation de l'Indochine.

L'armée écossaise resta déployée en Allemagne jusqu'en septembre 1946 quand le 20ème Corps d'Armée écossais déployé en Bavière est rapatrié en Ecosse est dissous.

Dès octobre 1945, la 1ère armée écossaise avait été dissoute tout comme le 31ème corps dont les divisions avaient été renvoyées en Ecosse. Quand au 30ème corps, il resta déployé en Allemagne du Nord et au Danemark jusqu'en juin 1946 quand les troupes écossaises rentre au pays.

A suivre

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Dernière édition par clausewitz le Sam 31 Mai 2014, 16:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Sam 08 Fév 2014, 15:12

N-Neutralistes contre Engagistes : un après guerre plein d'incertitudes (1945-1949)

Quand le second conflit mondial s'achève le 2 septembre 1945, l'Ecosse peut se dire qu'elle à pris sa part du fardeau dans la lutte contre des idéologies qui sont la négation même de la civilisation (même si l'URSS était alliée des pays occidentaux).

Sur le plan des relations internationales, la situation d'Edimbourg s'est améliorée. La neutralité très rigide de l'entre-deux-guerre avait pu provoquer des tensions et des remous mais l'engagement plein et entier de l'Ecosse dans la guerre avait soldé les aigreurs et les mécontentements notamment vis à vis de Londres. Comme le dira un homme politique anglais appelé à un grand avenir, John Major, «l'Ecosse avait acheté notre sympathie, notre compréhension et notre amitié avec son sang».

La vie politique mise entre parenthèses par la guerre reprend ces droits. Les élections législatives prévues en mars 1942 avaient été reportées au retour de la paix en raison du grand nombre de soldats écossais déployés outre-mer.

Elles sont organisées le 7 septembre 1945. La dernière assemblée était à dominante libérale avec 121 sièges contre 75 pour les conservateurs _les deux partis formant une coalition qui à dirigé l'Ecosse en guerre, l'opposition hétéroclite, alignant 75 sièges répartis entre le parti travailliste avec 40 sièges (80), le PNE qui aligne 15 sièges et enfin le Nouveau Parti Républicain qui fait une apparition remarquable avec 20 sièges.

Les élections devaient être favorables aux libéraux et aux conservateurs mais les électeurs peut être lassés d'une telle coalition au pouvoir depuis huit ans donnent sa chance aux travaillistes qui remportent la majorité absolue des sièges avec 141 sièges, ne laissant qu'une portion congrue qu'aux libéraux avec 70 sièges et aux conservateurs avec 45 sièges, le reliquat de quinze sièges étant réparti entre le Parti National Ecossais avec dix sièges et le Nouveau Parti Républicain avec cinq sièges.

Les travaillistes guéris de leur volonté de se rapprocher du PCE _toujours clandestin en dépit du statut de l'URSS_ adoptent une idéologie sociale démocrate, mettant en place un Etat providence qui complète des réformes introduites avant guerre par la coalition libérale-conservatrice.

Un système de retraite par répartition est mise en place tout comme un système de santé où la gratuité est la norme. Une réforme fiscale introduit un impôt sur le revenu et diverses taxes indirectes.

Sur le plan de la politique étrangère, la situation est nettement plus mouvementée. La Grande Alliance vola rapidement en éclats, les occidentaux s'opposant aux soviétiques qui ont établit un glacis protecteur sur l'Europe centrale et orientale.

L'Ecosse va alors se déchirer sur la position à adopter : choisir le camp occidental ou revenir à une neutralité aussi stricte que celle de l'Irlande, de la Suisse et de la Suède.

Les conservateurs sont favorables à une véritable alliance avec l'Angleterre, la France, la Belgique voir avec les Etats Unis, les libéraux plutôt favorables à la neutralité alors que les travaillistes sont partagés.

L'Ecosse s'enfonce dans une période d'instabilité politique opposant les «neutralistes» contre les «engagistes» qui transcendent les partis politiques. On ne compte plus les affrontements houleux au sein des partis politiques, les manifestations qui dégénèrent dans les rues, mettant les nerfs de la police à rude épreuve.

Les travaillistes hésitent et tergiverses, les appels au calme du roi Louis 1er et de l'héritière du trône Marie âgée de 16 ans ne parviennent pas à ramener la paix dans les cœurs et les esprits.

Conséquence, le 4 janvier 1947, l'Etat d'urgence est déclaré dans tout le pays. C'est la première mise en œuvre de la loi du 8 juillet 1922 qui prévoit le déploiement de l'armée et de la Home Guard, l'internement préventif des meneurs et fauteurs de trouble potentiels, des procédures judiciaires accélérées........... .

En dépit de cette mise en œuvre de l'état d'urgence, la situation reste tendue et explosive. Le 1er mai 1947, 55000 personnes manifestent à Édimbourg contre une alliance militaire pérenne. Dans des conditions encore non élucidées aujourd'hui, un policier monté est abattu. Ses collègues ripostent en chargeant les manifestants faisant 14 morts. S'en suit trois jours d'émeutes et de pillages qui provoquent de terribles dégâts à Édimbourg.

Le parti travailliste victime de divisions internes semble incapable d'adopter une position claire sur le plan des alliances, louvoyant entre neutralistes et engagistes. Ces derniers ne cessent de gagner du terrain, les engagistes ne cessent de répéter que la petite Ecosse ne pourrait se défendre seule en cas d'attaque soviétique.

Le 7 mars 1947, la France et l'Angleterre signe le traité de Dunkerque, un traité qui prévoit une assistance militaire automatique en cas d'agression. En dépit des efforts du premier ministre Stuart Maxwell pour intégrer ce traité, l'Ecosse reste en dehors du premier système d'alliance de l'après guerre.

Cette alliance franco-anglaise est complétée le 17 mars 1948 par une alliance franco-anglo-belgo-néerlando-luxembourgeoise (traité de Bruxelles), une alliance conçue à l'origine pour se prémunir d'une résurgence de la menace allemande mais qui est vite tournée vers la menace soviétique.

Contesté par son propre camp, le premier ministre tente un coup de poker en obtenant le 4 juin 1948 de la part du roi Louis 1er, la dissolution de la Chambre des Représentants élue en septembre 1945 et qui ne devait être renouvelée qu'en septembre 1950.

La campagne qui doit durer trois mois est intense et violente. Les libéraux comme les conservateurs attaquent les travaillistes sur leur incapacité à choisir une politique étrangère cohérente et sur le déficit du budget (alors que l'économie est en pleine croissance).

Les élections du 12 septembre 1948 voit le triomphe des conservateurs. Ils ont su rassurer la classe moyenne sur le fait qu'ils ne reviendraient pas sur les réformes travaillistes tout en tenant un discours de fermeté tant sur le plan intérieur (refus de l'abolition de la peine de mort et de l'avortement, deux thèmes chers aux libéraux et aux travaillistes) que sur le plan extérieur (anticommunisme farouche, alliance recherchée avec les Etats-Unis pour contrer l'URSS).

Résultat, ces élections sont un triomphe pour les conservateurs qui remportent la majorité absolue avec 195 sièges sur 271 ne laissant que des miettes aux libéraux (45 sièges) et aux travaillistes (31 sièges), les autres partis disparaissant de la chambre basse, le PNE et le NPR disparaissant peu après dans les méandres des divisions et autres scissions.

Le nouveau premier ministre, Erik Donegan à 42 ans. Jeune, il militait au parti libéral mais durant les années trente, il se radicalise adhérent au parti conservateur en 1934. Réformé en 1926, le plus jeune député d'Ecosse (31 ans en 1937) s'engage comme volontaire dans l'armée de terre, participant à plusieurs raids commandos en Europe occidentale puis à l'opération Overlord où il est grièvement blessé.

Réformé en septembre 1944, il est affecté aux services de renseignement comme instructeur.

Avec un tel pedigree, Erik Donegan n'à aucun mal à être élu secrétaire général du parti conservateur à l'âge de 39 ans, un record de précocité pour le député d'Inverness dans un parti plus connu pour ses barbons aux cheveux blancs que pour ses jeunes loups ambitieux.

Devenu premier ministre, sa première tache est d'accrocher l'Ecosse au wagon de l'alliance Atlantique et de son bras armé l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Bien que n'ayant pas participé aux négociations préliminaires que comme observateur, l'Ecosse se voit attribuer le titre de membre fondateur en compagnie des Etats-Unis, du Canada, du Royaume d'Angleterre, du Pays de Galles et de l'Irlande du Nord, de la France, du Danemark, de la Belgique, du Luxembourg, des Pays Bas, de la Norvège, de l'Italie, de l'Islande et du Portugal.

Le premier ministre peut ainsi signer le 4 avril 1949 à Washington le traité qui met en place l'une des plus formidables alliances militaires de l'histoire, mettant fin à une période de troubles et d'incertitudes.

A suivre

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Sam 15 Fév 2014, 11:34

O-Le long règne conservateur (1949-1963)

Le roi est mort vive la reine !

Alors que l'Ecosse célèbre la signature du traité (qui sera ratifié par le parlement par 212 voix contre 49), le roi Louis 1er meurt dans son sommeil le 12 avril 1949 à l'âge de 52 ans des suites d'un problème cardiaque. L'émotion est immense, le roi bonhomme avait été transcendé par la perte de son fils ainé et par les soucis de la guerre, le roi écrivant personnellement à chaque famille ayant perdu un être cher.

Lui succède sur le trône, sa fille ainée, Marie qui devient Marie III, reine des Ecossais. Âgée de 19 ans, elle à une réputation de tête frivole. La petite fille de huit ans qui prononçait avec aisance des discours complexes s'était métamorphosée à l'adolescence en une gamine capricieuse, une tête légère dont les emportements augurait mal un règne qui allait marquer en profondeur l'Ecosse.

Le premier ministre écossais après avoir présidé les obsèques du feu roi est bien décidé à encadré les premiers pas de la nouvelle reine.

Entre les deux naquit une vraie complicité intellectuelle, une véritable amitié et bien après son départ du pouvoir, Sir Erik Donegan restera un conseiller très écouté jusqu'à sa mort en 1976 qui laissa la reine inconsolable qui dira avoir perdu non pas un ami mais un membre de sa famille.

Inévitablement, cette complicité provoqua un nouveau lot de ragots qui alourdit encore un peu plus le dossier de la jeune reine. On lui prêta de nombreuses aventures tant masculines et que féminines et la discrétion qu'elle portait à sa vie sentimentale alimenta la rumeur entêtante, obsédante d'une reine lesbienne.

Le premier ministre conjura la reine à se marier. Celle-ci traina les pieds mais au cours d'une réception à l'ambassade d'Italie en Ecosse, elle rencontra Hans von Stauffenberg, un cousin du héros malheureux de la conjuration du 20 juillet 1944.

Duc de Carinthie et comte d'Heidelberg, Hans était bel homme et bien qu'il rendait cinq ans à la reine, celle-ci décida de l'épouser après avoir consulté le premier ministre, les parlementaires et après avoir demandé une enquête approfondie des services de renseignement sur le comportement du futur prince consort pendant la guerre.

Le mariage eut lieu en grande pompe à Edimbourg le 15 septembre 1950, un an après la rencontre entre la reine et le prince consort. Au grand dam d'Hans, Marie III resta inflexible : il ne serait jamais roi d'Ecosse.

Es-ce pour cela que les premières années du mariage furent si difficiles ? En tout cas tout les témoins de l'époque s'accorde à dire que le couple ne s'entendait guère à cette époque, que Marie accaparée par son métier de reine était une épouse peu attentive et qu'Hans s'ennuyait dans un rôle de prince consort bien moins passionnant qu'espéré.

Ce mariage aurait pu virer à la catastrophe mais au printemps 1952, la reine tomba enceinte. Des lors, le prince consort se montra bien plus proche et attentif vis à vis de la femme dont il était tombé amoureux au cours du bal. Le 2 septembre 1952, Charles, duc d'Inverness et prince royal d'Ecosse nait au Queen Lousia Medical Hospital.

Cette naissance de l'avis de l'entourage royal marqua un tournant dans le mariage entre Marie et Hans comme si ils étaient tombés amoureux en apprenant qu'ils allaient devenir parents.

Sur le plan politique, la reine appuya totalement son premier ministre qui mena une politique extérieure ambitieuse.

Membre très actif de l'OTAN, l'Ecosse accepta le déploiement de troupes américaines dans le pays en dépit des réserves des conservateurs les plus nationalistes qui citaient l'exemple de la Norvège pour s'opposer à la présence permanente de troupes américaines.

L'Ecosse devient une base importante de l'OTAN notamment en vue de contrer le passage des sous-marins soviétiques dans l'Atlantique pour s'en prendre aux convois américains et canadiens amenant les renforts en Europe.

Scapa Flow mouillage équipé pour accueillir une petite escadre va servir de lieu de rassemblement des navires de l'OTAN lors des exercices. En 1995, un ancien amiral américain révèle qu'à Scapa Flow avaient été aménagés des dépôts et des bunkers souterrains utilisables en cas de guerre atomique.

La base navale d'Inverness accueille en permanence un porte-avions américain d'abord le USS Wasp (CVA-18) puis de 1965 à 1977, le USS Franklin D. Roosevelt (CVA-42) _les deux porte-avions se relayant un temps durant les immobilisations pour refonte_ alors que Holy Loch sur la côte ouest de l'Ecosse sert de mouillage pour les sous-marins armés de missiles balistiques.

A Edimbourg, un squadron de chasse, un squadron de bombardement, un squadron de reconnaissance et un squadron de transport, le tout formant un Scotland Tactical Wing s'installe à partir de 1954.

Au niveau des troupes au sol, la 172th Airborne Infantry Brigade s'installe à Glasgow tandis que du matériel pour une brigade de marines est stocké à Inverness.

Après avoir longuement hésité, l'Ecosse décide de déployer des troupes en Allemagne, une tête de pont destiné en cas de conflit à déployer le corps de bataille de l'armée écossaise.

Le 12 septembre 1954, l'état-major des Scotish Forces in West Germany (SFWG) est activé à Flensburg à la frontière germano-danoise. Ce choix est tout sauf innocent : c'est là que les écossais ont livré leurs derniers combats en mai 1945.

Ce commandement dispose en permanence de la 9th Light Infantry Division, de la 13th Independent Armoured Brigade, du 155th Independent Artillery Regiment équipé de missiles tactiques Honest John, d'un Tactical Helicopter Group, du 2nd Royal Scotish Operation Group et de différents éléments de soutien représentant environ 25000 hommes chargés de préparer l'arrivée notamment de la 7th Highlander Armoured Division et de la 11th Lowland Armoured Division.

Si la marine n'à aucun navire basé à demeure en Allemagne, l'armée de l'air elle à déployé dès 1955 dans le nord de l'Allemagne, sur la base aérienne de Schleswing, une escadre aérienne, le 11th Tactical Wing composé d'un squadron de chasse, d'un squadron de bombardement, d'un squadron d'attaque légère destiné à l'appui rapproché des troupes au sol et un squadron de reconnaissance.

Cette base sous pleine souveraineté écossaise jusqu'en 1958 est alors rétrocédée à la Luftwafe qui la partage avec le 11th TW.

L'Ecosse participe également à l'Allied Mobile Force-Nord (AMF-Nord) qui doit dissuader l'URSS d'attaquer la Norvège, une sorte de force de réaction rapide à laquelle l'Ecosse fournit l'un de ses deux régiments d'infanterie légère, un groupement d'hélicoptères de manoeuvre issu de la brigade aéromobile et un bataillon de Marines.

Les élections de septembre 1953 sont un nouveau triomphe pour les conservateurs qui réalisent un score historique avec 205 représentants, les libéraux conservant leurs 45 sièges alors que les travaillistes deviennent une espèce en voie de disparition avec seulement 21 sièges.

Si l'Ecosse à prit le train en marche en ce qui concerne l'OTAN, l'Ecosse est l'un des membres fondateurs de l'Association Européenne de Libre Echange, le concurrent de la Communauté Economique Européenne réunissant l'Angleterre, le Danemark, la Norvège, la Suisse, le Portugal, l'Autriche et la Suède. L'AELE voit le jour en 1960 mais le rêve de ses fondateurs de la voir absorber la CEE va se transformer en cauchemar, l'Angleterre adhérant en 1973 à la CEE avec le Danemark et l'Irlande.

L'Ecosse à aussi été membre fondateur de l'ONU signant en juillet 1945 à San Francisco la Charte des Nations Unies. Un temps, Edimbourg caressa l'espoir d'obtenir un siège de membre permanent mais en dépit d'un investissement conséquent dans le second conflit mondial, le Royaume d'Ecosse du se contenter de jouer un rôle secondaire au sein du «machin».

Elle participe ainsi depuis le début aux opérations de maintien de la paix, fournissant des observateurs et des casques bleus. L'armée écossaise à ainsi participé aux opérations de maintien de la paix en Egypte, au Congo, au Proche Orient (Liban et Palestine), au Cambodge, en Bosnie, au Timor et en Haïti.

L'économie fonctionne bien, en pleine croissance, elle capitalise sur la modernisation engagée dans les années trente et accélérée par la guerre. L'industrie écossaise relativement épargnée par la guerre profite de la ruine de l'industrie anglaise, de l'industrie française, allemande et italienne.

Avec un taux de croissance de 12% par an, l'économie écossaise affiche une vitalité sans précédent avec une industrie lourde moderne et compétitive, des chantiers navals encore capables de damner le pion aux chantiers japonais pour les navires de charge, une industrie automobile qui n'à rien à envié à l'industrie automobile française, anglaise, italienne et allemande. De nouveaux secteurs se dévellopement avec une industrie électronique, le dévellopement de la production de métaux complexes........... .

Le 17 août 1956, la princesse Louise voit le jour au château d'Aberdeen. La reine et le prince consort étaient en visite dans la grande ville de l'est en difficulté depuis quelques années en raison de problèmes de surpêche.

La présence de la reine enceinte rassénéra la population d'Abderdeen. Après la visite du matin, la reine se reposa au château quand le travail commença. La princesse Louise naquit avant même le transfert de la reine à l'hôpital.

La petite soeur du prince héritier Charles (4 ans) fût ainsi titrée duchesse d'Aberdeen, le maire de la ville et son épouse devenant parrain et marraine de la petite princesse.

Les élections de septembre 1958 furent à nouveau favorables aux conservateurs mais après dix ans de pouvoir, l'usure du pouvoir guettait Erik Donegan qui avait cédé la place à Mathilda Exwell, la première femme à tenir le poste de premier ministre.

Avec 180 sièges, la majorité était encore confortable, les libéraux avaient 75 sièges et les travaillistes 16 sièges, un parti travailliste qui s'enfonçait dans un gauchisme infantile qui ne cessait de lui faire perdre des militants et des électeurs notamment ceux de la classe moyenne qui appréciaient la modération des libéraux.

Anobli en 1959, Sir Erik Donegan devenu duc de Dundee (la famille des ducs de Dundee s'était éteinte en 1951) resta un membre influent de la Chambre des Pairs, influençant le gouvernement où la première ministre avait du mal à se faire respecter.

Devant un manque patent d'autorité gouvernementale, la reine Marie III demanda à Mathilda Exwell de démissionner. Après de multiples manoeuvres dilatoires, elle résolu à démissionner en mars 1960 et comme aucun candidat crédible ne se détachait, Sir Erik Donegan reprit du service au grand dam d'adversaires et d'ennemis de plus en plus nombreux au sein du parti conservateur qui ne supportait plus son autoritarisme.

Tout va bien mais jusqu'à quand ?

Alors que les conservateurs semblaient durablement installés au pouvoir, les clignotants tant politiques, économiques que culturels et sociétaux viraient à l'orange voir au rouge.

Sur le plan politique, la jeunesse écossaise ne se reconnaissait plus dans les partis en présence à la Chambre des Représentants. Le premier ministre qui n'avait pourtant que 54 ans en 1960 était vu comme vieux et dépassé. Les universités davantage ouvertes depuis 1945 devenaient un bouillon de fermentation d'idées nouvelles.

Des meneurs gauchisant avaient de plus en plus d'audience. Le 12 juin 1960, un rassemblant d'intellectuels italiens et allemands d'extrême gauche dégénéra en émeute à l'université d'Aberdeen.

Les étudiants proclamèrent une commune populaire interdisant l'accès au campus aux «forces bourgeoises et réactionnaires du gouvernement royal» et les écossais sidérés de voir des hommes en armes filtrer entrées et sorties du campus.

Le premier ministre soucieux de ne pas envenimer les choses décide de négocier mais après l'incendie de l'Eglise du campus, Sir Erik Donegan décide de reprendre le campus par la force.

N'ayant pas confiance dans la police d'Aberdeen, le premier ministre décida d'utiliser l'armée et la Home Guard. Pas moins de 4500 hommes donnèrent l'assaut le 8 juillet pour reprendre le campus, les combats extrêmement violents vont durer deux jours, faisant une quarantaine de morts et de gros dégâts matériels.

La répression judiciaire fût extrêmement féroce. Quatre meneurs furent jugés, condamnés à mort et pendus à la prison d'Edimbourg. Une centaine d'étudiants notamment ceux convaincus d'avoir porté les armes furent condamnés à de très lourdes pertes de prison (dix à cinquante ans).

La répression de la commune populaire d'Aberdeen marque le début de quinze années de plomb, des années où la vie politique «légitime» fût troublée par des attentats, des manifestations dégénérant en émeutes à tel point qu'aujourd'hui, le fait de parler de guerre civile en Ecosse pour la période 1960/1975 fait consensus chez les historiens comme chez les politiques.

Même la naissance du prince Andrew, troisième enfant du couple royal le 4 septembre 1960 ne calma pas la situation tendue. Il faut dire que le couple royal jusque là solide avait été éclaboussé par la révélation d'une liaison du prince consort avec une secrétaire de l'ambassade de France à Edimbourg et de pratiques financières douteuses. La monarchie jusque là sans taches était éclaboussée.

Sur le plan économique, la situation jusque là florissante se dégradait. La croissance qui pouvait atteindre les deux chiffres ne cessait de baisser. Certaines industries étaient en très grande difficulté comme les constructions navales et la sidérurgie. Les mines de charbon fermaient les unes après les autres. Même la découverte de pétrole en mer du Nord en 1965 ne calma pas l'inquiétude des milieux économiques.

Sur le plan sociétal, la jeunesse revendiquait plus de liberté, le droit à l'avortement et à la contraception, l'abolition de la peine de mort et des privilèges.

La situation était telle que la reine suggéra au premier ministre de dissoudre la Chambre des Représentants pour retrouver la confiance du peuple. Erik Donegan refusa ce qui suscita une brouille entre la reine et son mentor en politique.

Les élections eurent lieu comme prévu en septembre 1963. Ce fût une véritable déroute pour le parti conservateur qui passa de 180 sièges à 77, les libéraux redevenant le premier parti de la Chambre avec 120 députés mais en l'absence de majorité, ils devaient s'appuyer sur les travaillistes qui retrouvaient des couleurs avec 59 députés, les quinze autres députés étant répartis entre le Parti Communiste Ecossais (autorisé depuis septembre 1958) qui disposait de dix sièges et le Parti Républicain du Peuple Ecossais (PRPE) qui disposait de cinq sièges.

Les libéraux s'allièrent avec les travaillistes pour former une coalition rouge-violette, les négociations avec les conservateurs ayant échoué sur la répartition de certains portefeuilles ministériels.

A suivre

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Lun 17 Fév 2014, 18:20

P-Tensions et instabilité (1963-1974)

Cette déroute des conservateurs provoqua la fin de la carrière politique de Sir Erik Donegan qui mis en minorité démissionne de son poste de secrétaire général du parti conservateur, poste qu'il occupait depuis 1947.

Membre influent de la Chambre des Pairs, l'ancien combattant, le mentor politique de Marie III, le parrain du prince Andrew espère jouer le rôle du sage en politique.

Le destin en décidera autrement, lui qui avait survécu au second conflit mondial fût victime d'une vilaine grippe qui fût trop pour un corps affaibli par les blessures de la guerre et le stress de la fonction.

Décédé le 8 mars 1964 à l'âge de 58 ans, il est enterré dans le cimetière Saint James après que le cortège eut été suivit par plus de 150000 personnes. Alors que l'Ecosse s'enfonce dans une période d'instabilité, l'ère Donegan (1948-1963) est vu comme un âge d'or.

La coalition libérale-travailliste est dès le départ un véritable mariage de raison. Alors qu'un fort courant républicain agite le parti travailliste, les libéraux sont des royalistes bon teints.

Les troubles économiques nécessitent une réponse forte ? Les libéraux souhaitent une politique de rigueur, un choc salvateur destiné à relancer l'économie, les travaillistes parlent de relance keynésienne, de politique de grands travaux avec son corollaire d'endettement et de déficit budgétaires.

Cet attelage brinquebalant va pourtant devoir affronter l'une des périodes les plus complexes, les plus difficiles de l'Ecosse qui ressemblait à un esquif prenant l'eau de toute part.

Seule note réconfortante, la naissance le 21 décembre 1963 de David, le troisième fils de Marie III et le quatrième enfant du couple royal, toujours aussi amoureux.

Cette naissance fût célébrée par un gigantesque feu d'artifice à Edimbourg, une parade militaire, un bal où la reine dotait sur sa liste civile des jeunes filles pauvres sur le point de se marier et un tournoi de rugby dans le nouveau stade de Murrayfield construit pour la candidature malheureuse d'Edimbourg aux J.O de 1960.


Le stade de Murrayfield dans sa configuration actuelle

Le 4 janvier 1964, un attentat frappe la caserne de la Garde Royale à 150m du palais d'Holyrod, un attentat qui provoque la mort de douze grenadiers de la garde pendant que dix autres sont blessés, un attentat revendiqué par l'Armée de Libération du Peuple Ecossais (ALPE) plus connue sous le nom de Tomkinson Gang.

Bret Tomkinson né en 1934 est issue d'une riche famille d'Edimbourg, une famille ayant ses entrées au palais royal. Manifestant un caractère frondeur, il est interné en maison de correction de 13 à 15 ans avant de multiplier les petits délits.

A l'age de 18 ans, il épouse une amie d'enfance, Katarina Velvett avec qui il à une fille prénomée Eléonora. Il s'assagit en apparence mais en apparence seulement car cinq ans plus tard, il est condamné à cinq ans de prison pour l'agression d'un policier mais l'entregent de la famille lui permet d'être amnistié en 1962.

Il en profite pour abandonner femme et enfant et bascule dans la clandestinité. Les services de renseignement perdent sa trace. On le signale tantôt en URSS tantôt en RDA ou encore en Afrique du Sud.

Revenu en Ecosse en septembre 1963, il publie sous le nom de guerre de «Kronsky» un manifeste pour la libération du peuple d'Ecosse, ce texte marquant le début officiel des «Troubles du Chardon», l'équivalent des années de plomb en Ecosse.

Il y eut après ce manifestes des escarmouches avec la police, des vols à main armée, des destructions de bâtiments mais jamais jusqu'à l'attentat frappant la Garde Royale, le Tomkinson Gang n'avait été aussi meurtrier.

Les obsèques nationales des gardes royaux tués furent l'occasion d'un discours vibrant du premier ministre libéral, Bret Dickinson. Celui-ci déclara la guerre au terrorisme, annonçant que le projet d'abolition de la peine de mort était repoussé sine die.

Le Tomkinson Gang composé d'une trentaine de membres permanents et d'un bon millier de sympathisants plus ou moins actifs ne tarda pas à multiplier braquages de banques, attentats à la bombe contre des postes de police sans oublier l'assassinat de plusieurs responsables politiques.

Le 5 mai 1964, le gouverneur des Orcades, Brett Matthews en visite à Aberdeen est abattu de trois balles dans la tête et le 12 mai 1964, le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur, Ted Dickinson est enlevé à Edimbourg. Après 77 jours de captivité, son corps est retrouvé flottant dans le port d'Aberdeen.

Cet assassinat et celui du patron de la Scotish Fishing Company (nationalisation réalisée en 1960 pour sauvegarder une vingtaine de conserveries de poissons) le 7 septembre 1964 provoqua de sérieux remous dans la coalition bleu-rouge.

Les libéraux étaient prêts à imposer l'état d'urgence alors que les travaillistes refusent avec la dernière énergie. Les conservateurs buvaient du petit lait devant les déchirements de la coalition soumise à rude épreuve d'autant que l'économie n'était pas dans une forme florissante.

Le Royal Intelligence Service (R.I.S) reçoit l'ordre de traquer, de retrouver le Tomkinson Gang, bénéficiant pour cela d'une autonomie et d'une liberté qui pourrait paraître dangereuse dans un pays démocratique.

En mai 1965, un informateur nom de code «Pillbox» informa le RIS que le Tomkinson Gang allait attaquer un commissariat près de Dundee. La police qui à l'époque ne disposait pas d'unités capables de faire face à ce genre d'attaque laissa la main à l'armée et au Royal Scotish Air Service (RSAS) qui décida de tendre une embuscade aux assaillants.

Le 7 mai 1965, une douzaine d'hommes lourdement armés approchent du commissariat de Town Valley dans des embarcations pneumatiques. Ils ouvrent le feu au lance-roquettes puis mitraillent les ruines du commissariat évacué.

Avant même de se replier, les quatorze assaillants furent accrochés par trois team du RSAS, vingt-quatre hommes lourdement armés qui ne laissèrent aucune chance aux hommes de l'Armée de Libération du Peuple Ecossais (ALPE). Dix furent tués et quatre autres blessés, les quatre blessés furent jugés et condamnés à la prison à vie.

Cette opération fût un franc succès et fût suivit d'une autre opération menée le 12 septembre 1965 quand des hommes du RSAS _officiellement chargés depuis le 4 août 1965 de la lutte antiterroriste_ localisèrent Tomkinson et sa concubine.

Un vrai siège dura près de 40h et se termina par l'assaut du RSAS qui découvrit Tomkinson et sa compagne suicidés bien que l'Extrême Gauche fût persuadée qu'ils avaient été assassinés. S'en suivit une nuit d'émeute et de pillage dans plusieurs villes d'Ecosse mettant les nerfs de la police écossaise à rude épreuve.

Le gouvernement libéral-travailliste soucieux de maintenir l'ordre proclama l'état d'urgence le 14 septembre 1965, déployant en appui de la police des unités de la Home Guard. Les émeutes vont durer huit jours, provoquant de sérieux dégâts à Glasgow, Edimbourg et Falkirk notamment.

La répression fût impitoyable. Une fois l'état d'urgence levé (24 septembre), les responsables des émeutes furent condamnés à de lourdes peine de prison, plusieurs échappant de peu à la peine capitale.

Sur le plan économique, la situation se stabilisait mais le pays connaissait un vrai marasme, les prémices de la crise des années soixante-dix qui allait frapper l'Europe et le monde. La découverte en juin 1965 de gisements pétroliers en mer du Nord laissait cependant augurer d'un avenir radieux même si la mise en exploitation de ces gisements allait prendre du temps.

Sur le plan politique, la situation semblait se stabiliser, la coalition libérale-travailliste parvenait à travailler même si l'aile gauche du parti travailliste et l'aile conservatrice du parti libéral avaient l'impression d'avaler des couleuvres.

Aux élections de septembre 1968, les libéraux passèrent de 120 à 134 sièges, ratant de peu la majorité absolue. Les conservateurs passèrent de 77 à 110 sièges, les travaillistes perdant du terrain passant de 59 à 27 sièges, les autres partis disparaissant de la chambre.

La coalition libérale-travailliste fût renouvelée mais sur des bases nettement plus favorables aux libéraux qui ne tardèrent pas à faire comprendre aux travaillistes leur statut minoritaire. Le premier ministre Bret Dickinson étant suffisamment habile pour allier libéralisme économique et conservatisme social ce qui lui permettait de rallier le parti conservateur à certaines de ses thèses.

Ces élections avaient apparemment stabilisé la situation sur les plans politiques et économiques mais un élément extérieur allait provoquer pas mal de remous en Ecosse : le conflit nord-irlandais.

La position d'Edimbourg sur cette guerre civile entre protestants unionistes, catholiques de l'IRA (avec les soldats anglais au milieu) resta toujours complexe et compliquée.

La proximité (Belfast n'est qu'à 177km de Glasgow) lui imposait la prudence d'autant que si les presbytériens écossais se sentaient proches des protestants de l'Ulster, ils étaient loin de partager leur amour pour l'Angleterre et que la présence de nombreux catholiques d'origine irlandaise dans l'ouest de l'Ecosse empêchait une politique ferme et décidée sur le sujet.

Le Royaume d'Ecosse fût donc aux premières loges de ce terrible conflit. L'IRA ne tarda pas à exporter le conflit en Ecosse, manipulant la communauté catholique irlandaise en imposant un racket (appelé pudiquement «impôt révolutionnaire»), en organisation des manifestations auxquelles répondaient les orangistes, très présents en Ecosse.

A plusieurs reprises de véritables batailles rangées eurent lieu entre catholiques d'origine irlandaise et presbytériens. La police écossaise et ses unités anti-émeutes vont ainsi acquérir une solide expérience en matière de maintien de l'ordre.

Le National Security Act du 8 août 1971 permet à la justice écossaise de disposer des outils nécessaires pour mettre fin à cette subversion étrangère.

Les écoutes sont autorisées, la garde à vue passe de 24 à 72h, l'internement sans jugement devient possible. La dissolution des organisations terroristes est possible par simple décret tout comme les partis politiques approuvant les actes terroristes.

Le RIS tenta également d'infiltrer l'IRA mais la plupart des opérations furent des échecs cuisants en raison du cloisonnement des unités de l'Armée Républicaine Irlandaise et la difficulté à retourner des agents opérationnels.

Les services secrets eurent plus de succès dans l'interception de cargaisons d'armes en coopération avec les services secrets anglais. Le 12 mars 1972, le cargo Monachan explosa dans l'estuaire de la Clyde, officiellement suite à un court circuit.

Officieusement, il semble bien que des nageurs de combat écossais ont fait sauter le navire alors qu'il allait appareiller pour l'Irlande du Nord, une explosion publique ayant été parfaitement comprise par les principaux intéressés qui évitèrent les ports écossais pour expédier les armes qui se servaient de l'Ecosse comme plaque tournante.

L'Ecosse fût également frappée par quelques attentats. Le 4 janvier 1970, un poste de police de la région d'Inverness est soufflé par une bombe qui tue deux policiers et en blesse gravement huit autres.

Un mois plus tard, le 3 février, c'est une base de l'armée de l'air écossaise qui est attaquée au mortier sans faire de victimes. Le 7 mars, une usine d'armement produisant du matériel anti-émeutes pour l'armée britannique est détruite par un incendie criminel qui fait trois morts, suscitant à chaque fois une exaspération profonde de l'opinion publique écossaise qui voyait dans tout catholique un terroriste potentiel ce qui provoqua son lot de meurtres et d'agressions stupides.

A partir de 1972 cependant, la situation se calma, se stabilisa. L'action efficace du RIS et de la police réussit à démanteler plusieurs réseaux pro-IRA ainsi que des cellules supportant les paramilitaires protestants.

L'action musclée de la police pour réprimer les émeutes fit comprendre notamment à l'IRA qu'il était compliqué d'importer le conflit nord-irlandais en Ecosse. On assiste même à une coopération entre Dublin, Londres et Edimbourg pour tenter de mettre fin à un conflit. A plusieurs reprises, l'Ecosse va accueillir des négociations entre anglais et nord-irlandais sans succès jusqu'en 1998 avec l'accord du vendredi saint.

Le 25 septembre 1972, les électeurs écossais rejettent l'adhésion de leur pays à la CEE en même que la Norvège et la CEE qui devait devenir l'Europe des onze ne sera que l'Europe des neufs.

Sur le plan économique, l'exploitation du pétrole de la mer du Nord permet à l'économie écossaise de mieux encaisser le choc que l'Angleterre ou l'Europe continentale. Le Royaume d'Ecosse connait néanmoins son lot de faillites d'entreprises, de l'agonie de certaines activités comme les chantiers navals d'Aberdeen qui ferment leurs portes en février 1974.

Cinq mois plus tôt, avaient eut lieu les élections législatives qui marquèrent le retour des conservateurs au pouvoir. Avec 147 sièges, les «noirs» remportaient la majorité absolue, laissant seulement 90 sièges aux libéraux, 34 aux travaillistes et 10 aux républicains qui revenaient dans l'assemblée à une époque où le mouvement républicain redevenait politiquement crédible comme une alternative à la royauté.

A suivre

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MessageSujet: Re: Royaume d'Ecosse 2.0    Mer 19 Fév 2014, 11:19

Q-«The Black Area» le long règne des conservateurs (1973-1987)

Après dix années dans l'opposition, on aurait pu craindre une attitude revancharde pour les conservateurs. Point de tout ça et c'est surtout grâce à John Tatewood, leur leader qu'on le doit.

Issue d'une famille libérale, John Tatewood à 55 ans quand il accède au pouvoir en 1973. Né en 1918, il se destine à une carrière d'avocat mais en 1942, il s'engage volontairement dans l'armée et pas dans n'importe quelle unité : le Royal Scotish Air Service (RSAS), participant à des coups de main qui lui valent deux graves blessures au ventre et au dos et surtout une batterie de médailles.

Démobilisé en 1946, il embrasse la carrière d'avocat jusqu'en 1956 quand il démissionne pour faire le tour du monde à la voile en compagnie de son épouse Margareth, de sa fille Mary et de son fils Tom.

Revenu en Ecosse en 1957, il s'inscrit au parti libéral mais déçu le quitte dès 1960 pour le parti conservateur ce qui lui voudra une fois au pouvoir la haine et la rancune tenace des libéraux pour qui il n'est qu'un traitre et un opportuniste.

Il gravit rapidement les échelons et devient secrétaire général du parti conservateur en 1968 entamant un profond renouvellement doctrinal alliant libéralisme économique en s'inspirant de Milton Friedman et de l'Ecole de Chicago et conservatisme social, refusant l'avortement et la peine de mort.

Il exploite le désarroi d'une classe moyenne travailleuse jugeant de plus en plus insupportable les impôts et un état providence obèse avec des impôts qui semblent ne profiter qu'aux parasites du système et non à ceux qui le finance.

Sur le plan sociétal, il profite d'une vague de criminalité en partie lié au conflit nord-irlandais pour refuser toute abolition de la peine de mort et pour maintenir de lourdes peines dans un code pénal non réformé depuis 1930.

Sur le plan de l'avortement, il est moins tranché mais refuse toute légalisation même si il reste plus ouvert sur ce sujet.

Les élections de septembre 1973 sont son triomphe. Battant le terrain, effectuant jusqu'à quatre réunions publiques dans la journée, se montrant énergique et offensif, bien plus que les libéraux et les travaillistes il est vrai usé par dix années de pouvoir.

Nommé premier ministre le 4 octobre 1973, John Tatewood se met aussitôt au travail pour appliquer son programme. Energique et travailleur, véritable meneur d'hommes, il mène les réformes au pas de charge.

En six mois,c'est un véritable tourbillon de projets de lois et de décrets à tel point que la reine Marie III s'inquiète de l'activisme de son premier ministre avec qui elle retrouve la même complicité politique qu'avec feu Erik Donegan.

Le nouveau premier ministre met fin à un moratoire sur les exécutions en vigueur depuis 1969 et en un an, douze condamnés à mort pour meurtre sont exécutés en Ecosse.

Les conditions d'accès à l'avortement sont facilités avec des cliniques spécialisées mais les conditions nécessaires pour y accéder son draconiennes : seules des femmes risquant leur vie ou enceinte suite à un inceste ou à un viol peuvent avorter.

Sur le plan économique, la crise économique lié au choc pétrolier et qui frappe quand même l'Ecosse permet aux conservateurs d'appliquer leur programme libéral avec des privatisations massives et des coupes sombres dans le budget de l'état qui se replie sur ses missions régaliennes.

Cette politique qui satisfait même une partie des libéraux permet à l'Ecosse d'afficher une santé économique insolente alors que le reste de l'Europe s'enfonce dans la crise. Il faut dire que l'exploitation intensive des champs pétroliers de la mer du Nord permet à l'Ecosse d'avoir une balance commerciale largement excédentaire, excédents servant à rembourser la dette et les emprunts ultérieurs.

Sur le plan de la politique extérieure, on assiste chose impensable il y à un peu à la visite du premier ministre écossais en URSS en mars 1976. Ce voyage qui sera suivit d'un voyage de Leonid Brejnev en septembre 1977 concrétise quinze ans d'une politique de petits pas.

En 1961, l'Ecosse avait reconnu officiellement l'URSS et le chargé d'affaires installé à Moscou avait reçu le titre d'ambassadeur d'Ecosse en URSS. Deux ans plus tard, le Parti Communiste Ecossais avait été légalisé et les militants emprisonnés avaient été amnistiés.

En septembre 1978, la politique des conservateurs est plébiscitée avec 167 sièges pour les conservateurs, 72 pour les libéraux, 30 pour les travaillistes et seulement deux pour les républicains qui payaient leurs attaques contre la personne de la reine et leurs querelles picrocholines.

L'année 1979 voit l'arrivée au pouvoir de Margareth Tatcher et un raffermissement des relations entre Edimbourg et Londres, les deux gouvernements partageant la même orientation politique ce qui n'empêcha pas certains désaccords et certaines crispations.

Le 15 mars 1979, le prince consort Claus décède à l'âge de 52 ans des suites d'une crise cardiaque, laissant son épouse inconsolable.

Telle son aïeule, Louise d'Ecosse, Marie III se retira du monde, cessant de jouer un rôle politique actif, laissant son fils ainé Charles prendre de plus en plus d'importance au point qu'on envisagea fortement de faire du prince héritier, un régent en attendant le décès de sa mère avant d'y renoncer devant la popularité de la souveraine.

Le prince héritier après des études universitaires brillantes (doctorat en chimie, licence de droit, licence d'histoire plus un cursus militaire dans les trois armes) avait épousé le 4 janvier 1979, sa fiancée Katleen Ogdwall, une jeune et jolie roturière rencontrée à l'université de Saint Andrew.

Un an plus tard, la princesse d'Ecosse et duchesse d'Inverness donne naissance à un fils prénomé George, un prénom très anglais jamais donné à un enfant royal d'Ecosse ce qui suscita quelques remous.

Cette naissance redonne (un peu) de joie de vivre à la reine qui sort d'un long silence, portant son premier petit-fils sur les fonds baptismaux de la cathédrale d'Edimbourg.

Le début des années quatre-vingt est marqué par des débats majeurs qui secouent l'opinion publique écossaise.

Le premier concerne la peine de mort. Ce débat est relancé suite à l'exécution le 4 mars 1980 de Pete Mistif, un jeune homme de 20 ans jugé coupable du viol et de l'assassinat de la mère de son ex-fiancée. Un mois plus tard, un autre homme avait été reconnu coupable.

Les abolitionnistes tentèrent de profiter de l'émotion _légitime_ pour faire avancer leur cause mais au moment de l'examen d'un projet de loi abolissant la peine de mort _à l'exception des crimes de haute trahison et d'intelligence avec une puissance étrangère_ en septembre 1980, plusieurs meurtres sordides et barbares réussirent à convaincre l'opinion de l'utilité de la peine de mort et le projet fût rejeté par la Chambre basse du parlement écossais.

En 1982, outre la naissance de Marie, le deuxième enfant du couple héritier, un débat agita l'opinion sur le retrait de l'OTAN et sur l'adhésion à la CEE. Le premier débat allait perdurer jusqu'en 1987 quand un référendum conclu au maintien au sein de l'OTAN de l'Ecosse alors que le second ne sera tranché qu'au milieu des années quatre-vingt dix.

En septembre 1983, les élections législatives voient les conservateurs l'emporter pour la troisième fois consécutive avec toujours John Tatewood à leur tête mais ce dernier est victime un mois plus tard d'une crise cardiaque qui l'emporte à l'âge de 65 ans.

Il est remplacé par Michael Bufford mais ce dernier n'à ni les épaules ni le charisme de son prédécesseur enterré avec les honneurs miliaires dans le Hall of heroes, une crypte réservée aux héros écossais.

Les conservateurs au pouvoir depuis dix ans s’essoufflent. Les électeurs l'ont d'ailleurs bien fait comprendre aux élections avec seulement 142 sièges contre 80 pour les libéraux, 40 pour les travaillistes, 6 pour les communistes et 3 pour les républicains.

Par rapport aux deux mandats de John Tatewood, le mandat de Michael Bufford ressemble à une longue agonie avec un manque criant d'autorité _ce qui fait dire à certains que c'est pour cela que John Tatewood l'avait choisit comme dauphin_ , des affaires politico-financières ou de mœurs (arrestation du ministre de la Défense avec une prostituée mineure en mars 1985).

Tout cela passa au second plan quand en mai 1985, dans la foulée de la naissance du prince Andrew _deuxième fils et troisième enfant du couple héritier_ , la reine Marie III annonça son abdication au profit de son fils qui devint roi sous le nom de Charles VI.

La reine-mère elle se retira dans le château de son aïeule Louise où elle décéda le 4 mars 1996 à l'âge de soixante six ans.

Le nouveau roi alors âgé de 33 ans du faire face à la déliquescence du pouvoir conservateur. Le Black Party se déchirant entre modérés, neutres et durs. Le premier ministre Michael Bufford après avoir longtemps tergiversé obtient du roi de dissoudre la Chambre, provoquant de nouvelles élections en juin 1987.

A suivre

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