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 FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC

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clausewitz
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MessageSujet: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 17 Aoû 2011, 21:15

CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC (1931)
(FRANCE)


Croiseur-école Jeanne d'Arc en 1932 à la mer

INTRODUCTION

Pendant des siècles, le recrutement des marins des flottes de guerre était plus soucieux de quantité que de qualité, on trouvait ainsi dans les équipages des esclaves, des prisonniers de guerre, des bandits ce qui explique la féroce discipline imposée par des officiers et officiers-mariniers omnipotents qui avaient le pouvoir de vie et de mort sur les matelots.

Le corps des officiers n'était pas forcément composé des meilleurs. Souvent la naissance suppléait à la compétence. Quand à la compétence, elle était souvent acquise sur le tas sans un véritable enseignement théorique comme c'est le cas aujourd'hui.

La formation des futurs officiers ne peut être que théorique, elle doit comprendre une formation pratique à la mer. Au sein de la marine nationale avant la construction des magnifiques bâtiments de l'Ecole Navale à Brest (hélas trois fois hélas détruits par les bombardements alliés et les combats de l'été 1944), les futurs officiers étaient formés sur le «Borda», un ancien navire à voile transformé en ponton école avant un stage à la mer sur le croiseur école Duguay Trouin, l'un des navires qui abritait l'Ecole d'application créée par le décret du 12 octobre 1964.


Le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc alias "étui à cigarettes"

En 1912, on décide de confier la tâche de navire-école au croiseur cuirassé Jeanne d'Arc. Le choix de ce dernier n'est pas innocent : la «Pucelle d'Orléans» symbolise le patriotisme français de ce début de siècle et l'étendard de la revanche pour récupérer les provinces perdues.

Ce croiseur cuirassé dont les plans avaient été dessinés par un certain Emile Bertin est mis sur cale à l'Arsenal de Toulon le 24 octobre 1896 lancé le 8 juin 1899 et admis au service actif le 19 mai 1903.

Il est d'abord affecté à l'Escadre du Nord puis à l'Escadre de la Méditerranée à partir de juillet 1906 puis de nouveau à l'Escadre du Nord.

Placé en réserve en 1909, il est désigné en mars 1912 pour servir d'école d'application des aspirants jusqu'au 27 juillet 1914, inaugurant ainsi la tradition de placer le navire école de la Royale sous le saint patronnage de la «Bergère de Domremy».

Il participe à la première guerre mondiale en Méditerranée orientale avant de reprendre son rôle de croiseur école de décembre 1919 à 1928. Rayée le 15 février 1933 et condamnée le 21 mars, elle est vendue à la démolition aux chantiers de la Seyne sur Mer le 9 juillet 1934.

Caracteristiques Techniques de la Jeanne D'Arc :

Déplacement 11600 tonnes

Dimensions longueur 145.4m largeur 19.4m tirant d'eau 8.1m

Vitesse maximale 21.8 noeuds (23 noeuds prévus sur le papier)

Armement : 2 canons de 194mm en deux tourelles simples avant et arrières, 14 canons de 138mm (8 en casemates latérales et 6 sous masque sur le pont)


Dès le début des années vingt, la marine s'interroge sur le successeur à donné à la Jeanne d'Arc usé par un service intensif notamment durant le premier conflit mondial. On envisage plusieurs hypothèses, la première consistant en la conversion d'un navire de guerre ancien, la second consistant en l'achat et en la conversion d'un paquebot.

Ces deux hypothèses sont rapidement écartées : la première est séduisante sur le papier mais elle coûte cher surtout que la marine nationale ne dispose d'aucun navire qu'elle pourra sacrifier pour une mission secondaire par rapport aux missions de combat alors que la seconde est couteuse à l'achat comme à l'aménagement.

Il faut donc construire un navire neuf. La tranche 1926 financée le 4 août 1926 prévoit ainsi la construction d'un croiseur lourd (le futur Colbert), de trois contre-torpilleurs de classe Guépard, des quatre derniers torpilleurs d'escadre de classe L'Adroit, du sous marin croiseur Surcouf, de cinq sous marins de 1ère classe, d'un sous marin mouilleur de mines, du ravitailleur de sous marins Jules Verne, deux pétroliers de type Mékong et un «croiseur à déplacement réduit» spécifiquement conçu pour l'écolage mais qui est avant tout un véritable navire de guerre.


Le Jeanne d'Arc à Venise

La mise en service de ce navire est prévue pour 1931 mais la «Jeanne à six tuyaux» alias «l'étui à cigarettes» est dans un état matériel tel qu'il ne peut attendre et doit donc être remplacé. La solution intérimaire choisie est la conversion d'un croiseur cuirassé, l'Edgar Quinet.


L'Edgar Quinet. Une fois transformé en navire-école, il perdit deux cheminées

L'Edgar Quinet est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 6 novembre 1905 lancé le 21 septembre 1907 et admis au service actif en avril 1911 au sein de la Division Légère de la 1ère Escadre (Méditerranée) en compagnie du Léon Gambetta et de l'Ernest Renan. Il participe à la guerre sans réellement se faire remarquer. Placé en réserve à Bizerte le 1er juillet 1919, il est réarmé en juillet 1920, intervenant notament en Turquie en septembre 1922, sauvant 1200 chrétiens lors de l'incendie de Smyrne par les Turcs.

Remplacé par l'Ernest Renan le 1er octobre 1923, il est placé en disponibilité armé en 1924 puis affecté à l'Ecole de canonnage le 1er février 1927 puis transformé en navire école pour remplacer le Jeanne d'Arc (deux chaufferies centrales supprimées avec les cheminées correspondantes, débarquement des quatre canons de 194mm en casemates, aménagement d'installations pour deux hydravions).

Il effectue une première croisière en 1928 mais lors de la seconde croisière, il s'échoue sur une roche inconnue de la côte algérienne au large du Cap Blanc le 4 janvier 1930 et ne peut être sauvé, il se casse en deux et coulera quatre jours plus tard.

Comme le Jeanne d'Arc n'est pas encore prêt à acceuillir ses élèves, la croisière d'application 1930-1931 aura lieu à bord des croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren qui se partageront la promotion 1928.

Caracteristiques techniques des Edgar Quinet et Waldeck Rousseau

Déplacement : 14100 tonnes

Dimensions : longueur 159m largeur 21.64m tirant d'eau 8.38m

Vitesse maximale : 23 noeuds

Armement : 14 canons de 194mm en deux tourelles doubles (une avant une arrière), en six tourelles simples latérales et quatre en casemates.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 17 Aoû 2011, 21:29

HISTORIQUE

Construction et mise au point

Morceaux après morceaux, le croiseur prend forme


Le contrat de construction du croiseur E1 est signé entre la marine nationale et la Société des Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 7 septembre 1928 néanmoins la mise sur cale à eu lieu dès le 31 août.


Le montage de la coque est achevé


Un temps, il fût question de baptisé le croiseur-école du nom de Neptune voir de Patrie mais une lettre de 1928 du président du Conseil Raymond Poincaré confirme le nom de la Pucelle d'Orléans pour le nouveau croiseur-école d'application de la Royale.

Le croiseur «E1» est officiellement baptisé le 14 février 1930, jour de son lancement. Signe de son importance symbolique, la marraine du bâtiment n'est autre que la femme du ministre de la Marine, Georges Leygues.


Et la coque devint navire...........


Il entre en armement pour essais le 15 décembre 1930 mais ne commence ses essais à la mer qu'à la fin du mois, connaissant une sérieuse alerte du 28 au 30 décembre, un mauvais équilibrage des turbines HP l'oblige à stopper à proximité du banc de Guérande. Il ne rentre ainsi à Saint Nazaire que le 30 décembre avec trois jours de retard sur le planning.


L'armement du navire est assuré à flot


Les essais ne vont ainsi reprendre qu'à la fin du mois de janvier 1931, essais satisfaisants et sans problèmes majeurs. Il passe au bassin du 29 janvier au 7 février, les essais officiels commencent le 10 février 1931.

Le 14 mars 1931, l'essai à puissance maximale normale permet à la Jeanne de dévelloper 39120ch et de filer à 27.035 noeuds. Trois jours plus tard, lors de l'essais à feux poussés, le croiseur-école dévellope 43660ch et file à 27.878 noeuds.

Il entre à l'Arsenal de Brest à la fin du mois de mars pour la période de démontage et de modifications.

Il subit un premier armement définitif le 1er avril 1931, reprennant ses essais à partir du 25 juin après la fin des travaux. La clôture d'armement est prononcée le 14 septembre 1931.

Le 6 octobre 1931, le croiseur-école d'application Jeanne d'Arc est admis au service actif

Jeanne d'Arc (Domrémy 6 janvier 1412 Rouen 30 mai 19431)

Jeanne d'Arc au couronement du roi Charles VII dans ce tableau d'Ingres

Jeanne d'Arc est la fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée, l'ainé d'une famille de cinq enfants, la Pucelle ayant trois frères (Jacques Jean Pierre) et une soeur (Catherine). Domrémy est imbriquée dans un territoire aux suzerainetés diverses mais il semble que la famille de Jeanne d'Arc vive dans le sud de Domrémy, relevant donc du Barrois mouvant, le duc de Bar étant vassal du roi de France depuis 1301.

A 13 ans soit en 1425, Jeanne affirme avoir entendu les voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France, de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône.

A l'époque, le Royaume de France est divisé entre Armagnacs, partisans du dauphin Charles, prétendant légitime à la couronne de France et les Bourguignons alliés aux anglais d'Henri V qui par le traité de Troyes de 1420 peut espérer unifier les deux couronnes.
Il est en effet marié à Catherine de Valois, fille de Charles VI et d'Isabeau de Bavière qui lui donna un fils, le futur Henri VI.

Jeanne d'Arc arrive à la cour du dauphin au mois d'avril 1429 alors âgé de 17 ans et va s'imposer au siège d'Orléans, regonflant le moral des troupes françaises et leur redonnant l'ascendant psychologique, les anglais levant le siège dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.

La victoire d'Orléans lui donne le surnom de «Pucelle d'Orléans» et permet à l'armée royale de nettoyer la vallée de la Loire, combats auxquels ne prit pas part Jeanne d'Arc. Elle réussit à convaincre le dauphin Charles de se faire sacrer à Reims, chose faite après la reprise de la ville le 17 juillet 1429. Elle échoue cependant à convaincre le roi de reprendre Paris et va opérer comme un véritable seigneur de guerre.

Au printemps 1430, elle reprend le combat en réponse à l'appel à l'aide de Compiègne assiégée par les bourguignons. Finalement, elle est capturée par les Bourguignons lors d'une sortie aux portes de Compiègne le 23 mai 1430. Elle essaie de s'échapper par deux fois, mais échoue. Elle se blessera même sérieusement en sautant par une fenêtre au château de Beaurevoir. Elle est rachetée par les Anglais pour 10000 livres et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais.

Elle est jugée du 21 février au 23 mai 1431 à Rouen mais, les enquêteurs, conduits par l'évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l'Église en ces temps troublés.

Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d'homme, d'avoir quitté ses parents sans qu'ils lui aient donné congé, et surtout de s'en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu'à celui de « l'Église militante », c'est-à-dire l'autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées
par le démon.

L'Université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est
coupable d'être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d'hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au Pape, ce qui sera ignoré par les juges.

Le 24 mai 1431, Jeanne reconnaît ses fautes sous la promesse de pouvoir être incarcérée dans une prison écclesiastique mais elle se rétracte deux jours plus tard s'estimant trompée. Déclarée relapse, elle est livrée au bras séculier et brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen par le bourreau Geoffroy Thérage.

La fin de la guerre de Cent Ans change le contexte politique. Un second procès la déclare innocente en 1456. Elle à été canonnisée en 1920 et déclarée sainte patronne secondaire de la France en 1922.

Le croiseur-école d'application est le cinquième navire de la Royale à porter le nom de la Pucelle d'Orléans après une frégate de 52 canons (1820-34), une frégate de 42 canons (1852-1898 rebaptisée Prudente en 1865), une corvette cuirassée de 1867 à 1898 et un croiseur cuirassé en service de 1903 à 1928.

Depuis, un sixième navire à porté ce nom en l'occurence un croiseur porte-hélicoptères connu à l'origine sous le nom de La Résolue mis en service le 16 juillet 1964 et désarmée le 2 novembre 2010, remplacée dans sa mission par l'un des BPC.


Le porte-hélicoptère Jeanne d'Arc

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 17 Aoû 2011, 21:42

Carrière opérationnelle (1) 1931-1939

Le croiseur école Jeanne d'Arc à la mer

De sa mise en service au début de la seconde conflagration mondiale, la Jeanne d'Arc va réaliser huit croisières d'application.

La première voit le croiseur-école être absent de son port d'attache Brest du 10 octobre 1931 au 4 juillet 1932, contournant l'Amérique du Sud par le cap Horn (franchit le 10 décembre), franchissant le canal de Panama entre le 18 et le 21 janvier 1932, traversant la mer des Caraïbes et les Antilles puis l'Atlantique pour des escales à Dakar et Casablanca.


Brest devant les superbes bâtiments de l'Ecole Navale. Le croiseur-école Jeanne d'Arc est amarré avec le croiseur léger Emile Bertin

Le croiseur effectue une longue croisière en Méditerranée (passage au bassin à Toulon du 23 mars au 16 avril, les élèves prennant quelques jours de permission) avec une incursion en mer Noire avant de rentrer à Brest. Pour cette première croisière, 147 élèves sont embarqués à bord de la «Jeanne» dont trois étrangers : deux polonais et un letton.


Vue arrière de la Jeanne d'Arc

Après un carénage de juillet à septembre 1932 pour préparer une deuxième croisière d'application, le croiseur-école est absent de Brest du 5 octobre 1932 au 5 juillet 1933 pour un véritable tour du monde, faisant escale en Grèce, au Liban, en Egypte, à Djibouti, dans la péninsule arabique et le Golfe Persique, à Singapour, en Malaisie et dans les Indes Néerlandaises, en Indochine, à Hong Kong, en Chine, au Japon (passage au bassin à Nagasaki du 10 au 23 mars 1933) , à Hawaï, sur la côte ouest des Etats Unis, à Panama, dans les Antilles et aux Açores avant de rentrer à Brest. 156 élèves participent à cette circumnavigation dont 145 marins (six officiers de réserve, un polonais et un roumain) et 11 ingénieurs du Génie Maritime.


Par temps chaud, les plages avant et arrières de la Jeanne d'Arc sont couvertes

La Jeanne d'Arc appareille pour sa troisième croisière le 5 octobre avec 153 élèves à bord. Après une traversée de la Méditerranée d'ouest en est, le croiseur-école franchit le canal de Suez pour une croisière le long de la côte orientale de l'Afrique avant de passer le Cap de Bonne Esperance pour une croisière le long de la côte est du continent américain avec une incursion dans les Caraïbes.

Véritable outil de diplomatie flottante, il est visité par le président argentin, le général Jusot tandis que le président brésilien Gatulio Vargas reçoit en audience le capitaine de vaisseau Donval, commandant de la Jeanne d'Arc. Le 31 mai 1934, le croiseur-école participe à une revue navale au large de New York avant de rentrer à Brest le 6 juillet 1934.


La Jeanne d'Arc franchissant le canal de Panama

Pour la quatrième croisière école d'application, la Jeanne d'Arc quitte Brest le 5 octobre 1934 avec 122 élèves dont 92 issus de l'Ecole Navale (dont trois polonais et un roumain), va aux Antilles, franchit le canal de Panama, se rend à Clipperton (l'archipel disputé avec le Mexique à été attribué par arbitrage du roi d'Italie Victor Emmanuel III le 28 janvier 1931) avant de découvrir la côte occidentale des Etats Unis puis de franchir ans le sens inverse le canal de Panama pour une incursion en Méditerranée avant de rentrer à Brest le 4 juillet 1935.

La cinquième croisière école d'application commence le 5 octobre 1935 quand la Jeanne d'Arc appareille de Brest avec 91 élèves-officiers dont sept élèves étrangers roumains et polonais.

Le croiseur file dans l'Atlantique Sud, faisant escale à Saint Hélène au début du mois de novembre avant de franchir le cap Horn pour une incursion dans le Pacifique jusqu'à Valparaiso avant de revenir dans l'Atlantique, de franchir le cap de Bonne Esperance, de longer la côte orientale de l'Afrique, de franchir le canal de Suez pour traverser la Méditerranée d'est en ouest avant de rentrer à Brest le 4 juillet 1936.


Le croiseur école Jeanne d'Arc en 1936

Comme durant chaque croisière, le croiseur manoeuvre avec des navires français présent dans la région tout en menant une oeuvre de diplomatie navale comme défiler à Valparaiso du 8 au 16 décembre pendant que le capitaine de vaisseau Latham est reçu par le président de la république du Chili Arturo Alessandri Palma. Durant les jours précédents son retour à Brest, le croiseur-école manoeuvre avec les torpilleurs d'escadre basé au Ponnant.

La sixième campagne d'application commence le 5 octobre 1936 avec l'appareillage du croiseur-école avec 117 élèves-officiers dont trois étrangers (deux polonais et un letton) à bord.

Le croiseur gagne les Antilles faisant escale à Port of Spain (Trinidad) du 8 au 14 décembre où il retrouve les croiseurs lourds Indianapolis et Chester, le premier embarquant le président Roosevelt qui reçoit en audience le CV Latham. Lors de l'escale à la Guayra (Venezuela) du 25 janvier au 1er février 1937, la Jeanne retrouve les sous-marins Persée et Poncelet alors en croisière d'endurance.


La Jeanne d'Arc à Portsmouth en 1937

Le croiseur-école remonte ensuite la côte est des Etats Unis, traverse l'Atlantique et la Manche jusqu'à Cherbourg et Portsmouth avec ses hélices ne découvrent une nouvelle étendue d'eau en l'occurence la mer du Nord et les ports danois, norvégiens et néerlandais avant de rentrer à Brest le 4 juillet 1937.

Trois mois plus tard, le 4 octobre 1937, c'est le départ pour la septième campagne école d'application avec 113 élèves-officiers dont cinq polonais et un iranien. Cette fois, la «Jeanne» effectue un nouveau tour du monde, franchissant le détroit de Gibraltar, le canal de Suez, le détroit de Malacca, faisant escale aux Indes Néerlandaises et en Indochine, en Australie, en Nouvelle Zélande, en Polynésie française, franchit le canal de Panama avant de rentrer à Brest le 2 juillet 1938.

Guerre d'Espagne oblige, des marques de nationalité sont peintes sur la tourelle II le temps de la traversée de la Méditerranée occidentale. La Jeanne d'Arc participe le 2 février 1938 aux célébrations du 150ème anniversaire de la fondation de l'Australie en compagnie du croiseur lourd USS Louisville, du croiseur léger italien Raimundo Monteccucoli, de l'aviso colonial Rigault de Genouilly. La traversée du Pacifique se fait en compagnie du pétrolier Loing.

La 8ème et dernière croisière école d'application d'avant guerre commence par l'appareillage de Brest le 5 octobre 1938 avec 122 élèves-officiers, une croisière volontairement limitée à un tour de l'Amérique du Sud avec une escale en Louisiane et aux Antilles avant de rentrer à Brest le 16 avril 1939 en raison du contexte international, contexte tendu qui fait que la croisière passa à deux doigts de l'annulation.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 17 Aoû 2011, 21:51

Carrière opérationnelle (2) septembre 1939-juillet 1943 : la Jeanne d'Arc aux Antilles

Le croiseur-école à la mer

Le 23 août 1939, le croiseur-école reçoit l'ordre d'interrompre immédiatement les préparatifs pour une neuvième croisière école d'application. Personne ne sait que la 9ème du genre n'aura lieu que sept ans plus tard après bien des péripéties.

Le lendemain, 24 août, le croiseur-école reçoit l'ordre de prendre l'effectif de guerre, étant affecté le 31 août 1939 au théâtre de l'Atlantique Ouest (ordre 14 F.M.F/3).

Le 3 septembre 1939, avant même la déclaration de guerre de la France et de la Grande Bretagne, le croiseur léger (NdA : durant le conflit, j'ai décidé d'utiliser le terme «croiseur léger» au terme «croiseur-école») appareille pour les Antilles avec à bord l'amiral Robert, rappelé au service actif pour l'occasion.

Il fait escale aux Bermudes les 10 et 11 septembre pour coordonner l'action des forces françaises de la région avec celle de l'America & West Indies Station (Royal Navy). Trois jours plus tard, le croiseur arrive à son nouveau port d'attache Fort de France (Martinique).

Depuis son port martiniquais, le croiseur va mener des patrouilles pour intercepter des forceurs de blocus et autres raiders allemands. Le 2 octobre 1939, l'amiral Robert ajoute à son commandement naval, le titre de Haut-Commissaire de la République aux Antilles et en Guyane française.


La Jeanne d'Arc en 1940

Le 12 avril 1940, la Jeanne d'Arc quitte Fort de France pour une école à feu avant de traverser l'Atlantique en direction de Casablanca où le croiseur léger arrive le 21 pour deux jours d'escale. Il repart le 23 avril pour Brest où il arrive le 26 avril avec vingt-quatre heures de retard en raison du mauvais temps.

Il entre en petit carénage le jour même mais les travaux seront largement écourtés en raison de la dégradation de la situation sur le front Nord-Est depuis la percée allemande dans les Ardennes le 13 mai 1940. Il passe au bassin du 2 au 15 mai et est de nouveau disponible le 20 mai 1940.

Il quitte Brest le lendemain 21 mai en compagnie du croiseur léger Emile Bertin, transportant avec son compère sept milliards de la Banque de France à destination d'Halifax, les deux croiseurs traversant seuls l'Atlantique et sans escorte, la 2ème DCT (Jaguar, Chacal, Léopard) ayant du être envoyé en Manche pour tenter de stopper l'avance allemande.

Le 25 mai 1940, ils rallient le porte-avions Béarn entre les Canaries et les Açores (31°30' Nord 22°40' Ouest), le vénérable navire transportant 9 milliards d'or escorté par les avisos coloniaux Bougainville et D'Entrecasteaux, la vitesse étant réduite à seulement douze noeuds, la petite escadre arrivant à Halifax le 1er juin 1940.

Si l'Emile Bertin repart le 3 juin pour Brest après avoir déchargé son or, la Jeanne d'Arc doit attendre que le Béarn ne charge les avions commandés aux Etats Unis en l'occurence 44 bombardiers en piqué Curtiss SBC-4 Helldiver (il s'agit d'appareils américains, les CW.77 commandés par l'aéronavale n'étant pas encore disponible), 23 chasseurs Curtiss H-75, 6 chasseurs Brewster B-339 et 33 avions de liaison Stinson 105.

Le porte-avions et le croiseur léger quittent Halifax le 16 juin pour Brest mais devant la menace allemande (Brest sera pris le 18), le capitaine de vaisseau Rouyer décide de gagner Casablanca, ne recéptionnant pas l'ordre de rentrer à Fort de France, ordre finalement reçu et compris le 20 juin 1940.

L'armistice franco-allemand est signé le 22 juin et l'armistice franco-italien le 24 juin, le porte-avions Béarn et les croiseurs Emile Bertin et Jeanne d'Arc arrivant à Fort de France le 27 juin 1940 à l'aube.

Le 29 juin 1940, le croiseur léger arrive à Pointe à Pitre où il débarque ses avions en l'occurence huit chasseurs assemblés, deux en caisse et huit appareils de liaison tous en caisse.

C'est le début de trois années d'immobilisation aux Antilles, les sorties en raison du manque de carburant et des contigences politiques étant très rares, les américains qui sont les seuls à pouvoir ravitailler les Antilles, faisant tout pour empêcher un éventuel départ des croiseurs français en direction de l'Afrique du Nord ou de la métropole.

En dépit du débarquement allié en Afrique du Nord (opération Torch 8 novembre 1942) et de son ralliement ainsi que celui de l'AOF aux alliés, l'amiral Robert reste fidème à Vichy.

Comme nombre d'officiers hauts-gradés, l'amiral Robert est tiraillé entre sa fidélité au maréchal Petain (pourtant devenu depuis l'invasion de la zone libre et le sabordage de la flotte à Toulon un simple pantin aux mains des allemands) et la volonté des équipages de reprendre le combat contre les allemands.

En février 1943, l'amiral Battet échoue dans sa tentative pour rallier son ancien chef aux Forces françaises d'Afrique. Les désertions se multiplient mais l'amiral Robert reste sourde, faisant même arrêter l'ingénieur mécanicien Chaffiote de la Jeanne d'Arc, accusé d'encourager la désertion de trois officiers qui gagnent Saint Lucie pour reprendre le combat. C'est une vraie maladresse, l'IM Chaffiote étant très populaire parmi l'équipage du croiseur léger.

Une véritable mutinerie à lieu le 23 avril 1943 et si l'ordre est rétabli par les officiers, la situation reste tendue. Dans la nuit du 3 au 4 juin 1943, une tentative de ralliement de la Guadeloupe au gouvernement d'Alger échoue par l'intervention des gendarmes et de la compagnie de débarquement du croiseur léger. Au 7 juin, quatre officiers et 201 hommes ont quitté le bord pour reprendre le combat.

La situation est de plus en plus difficile, des divisions importantes apparaissant au sein des forces armées de la région sans parler d'un sévère blocus américain. Le haut-Commissaire finit par capituler le 30 juin, avertissant Vichy qui maintien son ordre de saborder les navires et d'immerger l'or mais la garnison du Fort-Desaix prévient qu'elle s'opposera par la force à une telle opération.

Le 14 juillet 1943, les nouvelles autorités arrivent à Fort de France sur le contre-torpilleur Le Terrible, une semaine plus tard, le croiseur léger retrouvant la Martinique. 57 marins de l'équipage refusent de suivre les nouvelles autorités nommées par Alger.

Carrière opérationnelle (3) : La Jeanne s'en va en guerre ! (août 1943-août 1946)

Vue rapprochée du croiseur-école

Le 31 juillet 1943, le croiseur léger quitte Fort de France pour Porto Rico, attendre les ordes de l'amiral américain commandant en chef de la région des Caraïbes. Il passe au bassin pour carénage du 7 au 14 août, quittant San Juan le 25 août pour rentrer à Fort de France le lendemain. Une refonte aux Etats Unis est un temps évoqué mais ne dépassera pas le stage du projet.

Le 27 août 1943, la Jeanne d'Arc quitte Fort de France pour Hamilton (Bermudes) où le navire arrive le 30 août. Le 1er septembre, le croiseur appareille seul pour Casablanca, arrivant à destination le 9 septembre.

Le 15 septembre, le croiseur quitte Casablanca pour Alger afin de compléter son équipage avant de repartir dans la journée pour Gibraltar où la Jeanne d'Arc arrive le lendemain pour charger des canons de DCA avant de rentrer à Alger le 17 septembre.

Du 17 au 19 septembre 1943, la Jeanne d'Arc est en travaux à couple avec le navire-atelier Vulcan (AR-5). La DCA d'origine et les installations d'aviation sont débarquées pour permettre l'installation de six canons de 40mm Bofors et de 20 canons de 20mm Oerlikon.

Les travaux achevés, le croiseur effectue sa première mission opérationnelle depuis l'armistice de juin 1940 en l'occurence le transport de 1200 hommes et de 110 tonnes de matériel en direction d'Ajaccio en compagnie du contre-torpilleur Le Fantasque et des torpilleurs d'escadre Tempête et Alcyon.

Le croiseur léger est de retour à Alger le 22 septembre 1943 et va effectuer d'autres rotations : une deuxième du 25 au 27 septembre, une troisième du 30 septembre au 2 octobre, une quatrième rotation du 31 octobre au 2 novembre et une cinquième du 12 au 15 novembre.

Le 22 novembre 1943, le croiseur léger quitte Alger pour Oran où il fait escale les 23 et 24 novembre avant de gagner Dakar où il séjourne du 28 novembre au 26 décembre, passant au bassin pour une visite des hélices. Il est de retour à Casablanca le 29 décembre 1943.

La Jeanne d'Arc commence l'année 1944 en menant des missions de transport de troupes..........britanniques (sic) durant tout le mois de janvier, faisant escale à Alger, Porto Farina (Tunisie), Syracuse, Tripoli et Gibraltar avant de rentrer à Casablanca le 20 janvier.

La Jeanne d'Arc est alors indisponible pour grandes réparations, étant en travaux jusqu'au 8 mai à Casablanca avant de gagner Oran le lendemain. Le crposeir léger sort pour exercices le 15 mai avant de passer sur le dock-flottant du 16 au 27 mai pour grattage de la carène et quelques menus travaux.

Le croiseur est cependant loin d'avoir retrouvé tout son potentiel : appareil évaporatoire partiellement remis en état, circuits électriques et gouvernail réparé avec les moyens du bord. Cela n'empêchera pas le croiseur léger de pouvoir atteindre 25 noeuds, suffisant pour les missions qui lui sont confiées.

Le mois de juin 1944 voit le croiseur reprend ses missions habituels de transport de troupes entre Alger et Ajaccio notamment mais également entre Alger et Gibraltar, entre Mers-el-Kébir et Cagliari et entre Alger et Cherbourg, la première rotation entre l'Algérie et la Normandie ayant lieu du 28 août au 6 septembre, du 14 au 18 septembre et du 20 au 24 septembre 1944.

Après une période d'indisponibilité du 1er au 20 octobre, le croiseur arrive à Toulon le 22 octobre 1944. C'est seulement la deuxième fois en douze ans que le croiseur léger passe à Toulon.

Il est alors affecté au soutien des forces armées alliées en Italie, ce groupement occasionnel étant baptisé TF86 puis Flank Force où la Jeanne d'Arc forme la 3ème division de croiseurs en compagnie de l'Emile Bertin et du Duguay Trouin.

Il va opérer au sein de ce groupement occasionnel jusqu'à la fin de l'année 1944. Il subit des travaux du 2 au 7 janvier et du 10 au 20 janvier et après quelques sorties d'entrainement, la Jeanne d'Arc quitte Toulon pour Golfe Juan le 5 février 1945 afin de reprendre sa mission au sein de la Flank Force.

Le croiseur léger effectue sa dernière mission de combat les 12 et 13 mars 1945, cessant d'appartenir à la Flank Force le 15 mars, étant remplacé par le croiseur léger Gloire.

La Jeanne d'Arc passe au bassin à Bizerte du 17 au 29 mars et en raison de félures, la ligne d'arbre bâbord est démonté, le croiseur opérant sur une patte jusqu'au 21 avril quand il repasse au bassin jusqu'au 2 mai pour remise en place de l'arbre et de l'hélice. Il est de retour à Toulon le 4 mai 1945.

La guerre terminée, le croiseur léger va assurer de nombreuses missions de transport entre les ports de la Méditerranée occidentale du 1er juin au 15 octobre. Le 17 octobre, la Jeanne d'Arc entre en grand carénage à Oran, étant placé en disponibilité armée.

Ces travaux qui immobilisent le croiseur jusqu'au 8 août 1946 ont pour but de redonner tout son potentiel au navire et lui permettre de reprendre sa mission de temps de paix.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 17 Aoû 2011, 22:09

Carrière opérationnelle (4) : de croiseur léger à croiseur-école (août 1946-mai 1952)

Plage avant du croiseur-école Jeanne d'Arc en 1945

Après plusieurs missions de transport entre la métropole et l'Afrique du Nord, le croiseur-école gagne Toulon le 27 août 1946 pour préparer la neuvième campagne d'application, la première de l'après guerre et la seule au départ de Toulon.

Le croiseur-école appareille de Toulon le 20 septembre 1946 avec 136 élèves-officiers effectuant une boucle en Méditerranée jusqu'à Istanbul, passant dans l'Atlantique, longeant la côte occidentale de l'Afrique jusqu'à Port Gentil, traversant l'Atlantique entre Dakar et Cayenne avant un crochet dans les Caraïbes, le croiseur-école rentrant à Brest le 19 avril 1946. Lors d'un exercice de tir au polygone d'artillerie de Gâvres, un pétard explose tuant quatre personnes dont le CF Levasseur qui avait servi à bord de la corvette Aconit.


Le croiseur-école Jeanne d'Arc en 1946

Après un grand carénage du 1er juin au 24 octobre 1947, le croiseur-école se rend en Méditerranée pour effectuer des transports afin de compenser la grève de la marine marchande. Il est indisponible du 11 décembre 1947 au 11 janvier 1948 pour préparer la 10ème campagne d'application.

Celle-ci commence le 22 janvier 1948 quand le croiseur-école quitte Brest avec 148 élèves dont 98 de l'Ecole Navale. L'itinéraire voit la Jeanne d'Arc effectuer une boucle dans l'Atlantique Sud jusqu'à Rio de Janeiro, de remonter jusqu'aux Antilles, de longer la côte est des Etats Unis et du Canada (escales à Saint Pierre et Miquelon, Montreal et Argentia _Terre Neuve_) et de faire un crochet par Brest du 17 au 21 juin.

Après des exercices avec les sous-marins et l'aéronautique navale de la 2ème région puis une navigation jusqu'à la hauteur du Cap Saint Vincent (Portugal) avec les navires du Groupe croiseurs (croiseurs légers Montcalm Gloire Le Terrible Le Triomphant) et du Groupe porte-avions (porte-avions légers Arromanches et Dixmude, escorteurs Hova et Marocain).

Le croiseur-école fait école à Casablanca, Alger, Mers-el-Kébir et Le Poulmic avant de rentrer à Brest le 31 juillet 1948. Il est ensuite en travaux du 1er août au 27 octobre 1948 avant deux jours d'essais jusqu'au 30 octobre 1948.

Le 9 novembre 1948, le croiseur-école appareille pour sa 11ème campagne d'application avec 126 élèves-officiers dont 89 issus de la Navale. Il traverse l'Atlantique d'est en ouest, franchit le canal de Panama, long la côte sud-américaine, franchit le cap Horn, traverse l'Atlantique Sud d'ouest en est, franchit le cap de Bonne Espérance, remontre la cote est-africaine, passe le canal de Suez, se rend à Istanbul avant de traverser la Méditerranée d'est en ouest puis de rentrer à Brest le 28 juillet 1949.

Durant cette circumnavigation, les présidents péruviens et chiliens montent à bord de ce croiseur-école qui plus que tout autre navire de la Royale est un précieux instrument au service de notre diplomatie. Il va effectuer plusieurs exercices, embarquant du 1er au 28 juillet le prince Moulay Hassan, le futur Hassan II.

Le 22 juillet, le crash d'un Catalina provoque la mort de huit élèves-officiers et des neuf membres d'équipage. Comme à chaque fois, le croiseur-école est indisponible pour travaux, en l'occurence ici du 1er août au 24 octobre avant deux jours d'essais de bon fonctionnement.

La 12ème campagne d'application commence le 5 novembre 1949 quand le croiseur-école largue les amarres, s'ébroue et franchit le goulet pour retrouver la haute mer avec 127 élèves. Il traverse l'Atlantique Nord jusqu'à Saint Pierre et Miquelon, longe la côte est, fait une large boucle aux Antilles, traverse l'Atlantique jusqu'à Dakar, passe les colonnes d'Hercules (le détroit de Gibraltar) pour un court passage en Méditerranée jusqu'à Bizerte avant de rentrer à Brest le 29 juillet 1950.

Il est en période d'entretien du 1er juillet au 23 octobre avant les traditionnels essais de bon fonctionnement réalisés les 24 et 25 octobre 1950.

Dix jours plus tard soit le 4 novembre 1950, la Jeanne d'Arc quitte Brest pour la treizième campagne d'application avec 135 élèves-officiers dont 8 étrangers (quatre egyptiens, trois syriens et un libanais).

Il commence par la Méditerranée qu'il traverse d'ouest en est, passe le canal de Suez, longe la côte est-africaine, franchit le Cap de Bonne Esperance, remonte vers le nord le long des côtes de l'Afrique Noire, fait un crochet dans les Antilles avant de remonter la côte est, de faire un crochet en Méditerranée (Arzew, Alger, Tanger) avant de rentrer à Brest le 23 juin 1951.

Présent à Annapolis du 28 mars au 4 avril, il renforce le poids de la visite du président de la République Vincent Auriol qui remet la croix de la Légion d'Honneur à l'Ecole Navale américaine.

La Jeanne d'Arc se refait une beauté du 1er juillet au 25 octobre 1951 en état en grand carénage pour le retubage des chaudières et le remplacement du réducteur de la turbine de croisière tribord avant des essais les 26 et 27 octobre.

C'est le 5 novembre 1951 que commence pour le vénérable croiseur-école (vingt ans de service quand même) la quatorzième croisière d'application avec 145 élèves-officiers dont 96 de l'Ecole Navale plus huit étrangers (quatre egyptiens, trois syriens et un libanais).

Le trajet de cette campagne est essentiellement un long périple entre Brest et les îles Hawaï via Dakar, Rio de Janeiro, le canal de Panama, San Francisco avec un voyage retour via Acapulco, le canal de Panama et Casablanca avant une traversée de la Méditerranée jusqu'à Istanbul. Après des escales à Beyrouth, Bizerte, Alger et Arzew, le croiseur-école rentre à Brest le 7 mai 1952.

Après la traditionnelle période d'entretien du 15 mai au 26 août et les essais qui en découlent du 27 août au 2 septembre, la Jeanne d'Arc se prépare à partir pour sa quinzième campagne d'application.


La Jeanne d'Arc à Fort de France en 1952

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 17 Aoû 2011, 22:15

Carrière opérationnelle (5) : le croiseur-école n'est plus seul (mai 1952-juin 1964)

La Jeanne d'Arc au Cap en 1957

Cette quinzième campagne marque une nette rupture par rapport aux années précédentes. En effet, c'est la première que la Jeanne d'Arc va réaliser avec une converse en l'occurence l'escorteur de 2ème classe et ex-aviso colonial La Grandière. C'est la réponse à la volonté d'envoyer plus d'élèves officiers en croisière et de permettre la réalisation d'exercices impossible à faire avec le seul croiseur-école.

La Jeanne d'Arc et l'escorteur La Grandière quittent donc Btest le 9 septembre 1952 avec 177 élèves-officiers dont six israéliens. Les deux navires traversent la Méditerranée d'ouest en est, repasse dans l'Atlantique pour rallier Norfolk.

Ils effectuent ensuite une boucle dans les Antilles, la descente de la côte orientale du sous-continent sud-américain, traversent l'Atlantique Sud jusqu'au Cap avant de remonter la côte ouest du continent africain, de faire une ultime incursion en Méditerranée jusqu'à Arzew avec de rentrer à Brest le 2 avril 1953.

Durant cette croisière, le commandant, les officiers et les élèves-officiers sont reçus en audience spéciale par le pape Pie XII à Castelgondolfo, sa résidence d'été du Saint Père alors que le croiseur était en escale à Naples (11-15 octobre 1952). Lors de l'escale à Montevideo, le président uruguayen, M. Trueba visite le croiseur.

Comme après chaque croisière, la Jeanne d'Arc est en entretien, cette année du 7 avril au 31 août 1953 avant deux jours d'essais les 1er et 2 septembre.

La 16ème campagne d'application commence le 16 septembre 1953 quand le croiseur-école et sa conserve quitte Brest avec 176 élèves-officiers dont 101 de la Navale et 7 officiers étrangers (deux israéliens, un libanais, deux syriens et deux vietnamiens).

Le duo descend l'Atlantique jusqu'à Dakar, le traverse d'est en ouest, franchit le canal de Panama, longe la côte occidentale du sous-continent sud-américain jusqu'à Valparaiso, repasse le canal de Panama, barbote en mer des Caraïbes, traverse l'Atlantique, franchit les colonnes d'Hercules, traverse la Méditerranée jusqu'à Beyrouth, va à Split en mer Adriatique avant de rentrer à Brest le 15 avril 1954 via Arzew et Alger.

Du 18 au 29 décembre, le croiseur-école et l'escorteur sont à La Nouvelle Orléans pour célébrer ou commémorer (c'est selon les points de vue) le 150ème anniversaire de la cession de la Louisiane aux Etats Unis en 1802.

Du 3 au 13 mars, le croiseur-école participe à des exercices, les élèves-officiers étant dispatchés entre le sous-marin L'Africaine et les escorteurs Touareg, Dragon Lansquenet et Mameluck.

Il est en travaux d'entretien et de réparations du 20 avril au 20 septembre 1954.

La 17ème campagne d'application commence le 24 septembre 1954 par le traditionnel appareillage de Brest avec 177 élèves-officiers dont 105 de la Navale (quatre vietnamiens et cent-un métropolitains). Le croiseur-école et l'escorteur vont à Casablanca avant de traverser l'Atlantique puis de se rendre aux Antilles françaises avant de traverser à nouveau l'Atlantique dans le sens inverse jusqu'à Dakar.

Le duo longe la côte occidentale de l'Afrique Noire, franchit Le Cap de Bonne Espérance, remonte la côte orientale de l'Afrique tout en passant à Madagascar, fait un crochet par Colombo (Ceylan) et Ras Tanura (Arabie Saoudite), franchit le canal de Suez, traverse la Méditerranée d'est en ouest avant de rentrer à Brest le 15 mai 1955. Il est en entretien du 17 mai au 12 septembre 1955 avant essais à la mer les 13 et 14 septembre.

La 18ème campagne d'application commence par l'appareille de Brest le 6 octobre 1955 avec 180 élèves-officiers. Le croiseur-école et son bâtiment conserve traversent l'Atlantique, la mer des Caraïbes, franchissent le canal de Panama, remonte la côte jusqu'à Los Angeles.

Ils traversent ensuite le Pacifique jusqu'à Honolulu avant de se rendre en Polynésie, aux îles Fidji, en Nouvelle Calédonie, en Nouvelle Zélande, en Australie et en Indonésie. Ils passent le canal de Suez puis traversent la Méditerranée d'est en ouest avant de rentrer à Brest le 28 mai 1956, terminant un tour du monde de sept mois.

Du 28 avril au 3 mai, le croiseur-école et l'escorteur est en escale à Sorrente et une délégation est reçue en audience à Rome par Pie XII.

Le croiseur-école est en travaux du 1er juin au 9 octobre 1956 avant des essais assez long du 10 octobre au 2 novembre.

Le 9 novembre 1956, la Jeanne d'Arc appareille de Brest en compagnie de La Grandière pour la 19ème campagne d'application, la dixième de l'après guerre avec 179 élèves. Le duo descend l'Atlantique judqu'à Abidjan, le traverse jusqu'à Porto Rico pour une incursion dans les Caraïbes.
Les deux navires traversent le canal de Panama, longent la côte sud-américaine jusqu'à Valparaiso (Chili), repassent le canal de Panama, traversent la mer des Caraïbes et l'Atlantique d'ouest en est avant un crochet en Méditerranée jusqu'à Bizerte. Il est de retour à Brest le 29 mai 1957.

La Jeanne d'Arc est en grand carénage du 1er juin au 2 octobre 1957 avec les essais de bon fonctionnement les 3 et 4 octobre.

La 20ème campagne d'application commence le 29 octobre 1957 quand la Jeanne d'Arc et son binôme quitte Brest pour Dakar. Ils traversent l'Atlantique jusqu'à Rio de Janeiro puis jusqu'au Cap après les escales de Montevideo et Buenos Aires.

Ils remontent ensuite l'Atlantique, jusqu'à Abidjan, traversant à nouveau l'Atlantique pour un crochet aux Antilles suivit d'une remontée de la côte est des Etats Unis avant une nouvelle traversée de l'Atlantique suivit d'une traversée de la Méditerranée jusqu'à Istanbul. Le croiseur-école est de retour à Brest le 2 juillet 1958. Il est en grand carénage du 1er juin au 22 octobre avant les essais de bon fonctionnement les 23 et 24 octobre.

La 21ème campagne d'application commence le 20 novembre 1958 quand le croiseur-école et l'escorteur quittent Brest avec 173 élèves dont 105 de la Navale et 5 étrangers. Il descend jusqu'à Dakar, raverse l'Atlantique jusqu'à Port of Spain puis la mer des Caraïbes.


La Jeanne d'Arc en 1959

Le canal de Panama franchit, les eux navires traversent le Pacifique direction la Polynésie puis les îles Hawaï avant de faire escale à San Francisco, de repasser le canal de Panama, de traverser la mer des Caraïbes puis l'Atlantique jusqu'à Casablanca et Lisbonne. Après une boucle en Méditerranée, le croiseur-école rentre à Brest le 5 juin 1959.

La Jeanne d'Arc est en grand carénage du 8 juin au 18 octobre 1959 avant les essais à la mer du 19 au 24 octobre. A noter que depuis le 3 juillet 1959, l'escorteur La Grandière à été mis en réserve spéciale «B», la Jeanne d'Arc ne devant plus disposer que d'une conserve occasionnelle.

Le 17 novembre 1959, le croiseur-école Jeanne d'Arc appareille pour sa vingt-deuxième campagne d'application avec 181 officiers-mariniers mais en raison du manque de place, on prévoit une relève à Diego-Suarez (27 février au 3 mars 1960), les 23 ingénieurs du Génie Maritime étant alors remplacés par les onze commissaires et les dix-sept médecins.

Le croiseur-école traverse la Méditerranée d'ouest en est, franchit le canal de Suez, fait escale à Djibouti avant de traverser l'Océan Indien jusqu'à Bangkok. La Jeanne d'Arc va ensuite faire escale en Asie du Sud-Est, à Singapour avant de traverser d'est en ouest l'Océan Indien, de franchir le Cap de Bonne Espérance, de remonter l'Atlantique du sud au nord, de faire une incursion en Méditerranée (Oran, Barcelone et Alger) avant de rentrer à Brest le 8 juin 1960.

L'Ile Maurice ayant été victime du cyclone «Carole», le croiseur-école se rend à Port Louis du 4 au 9 mars pour participer aux secours. Le 17 mars 1960, le croiseur-école Jeanne d'Arc retrouve au Cap l'aviso-escorteur Commandant Rivière. Il fait escale jusqu'au 22 mars avec l'aviso pour les fêtes du cinquantième anniversaire de l'Union Sud-Africaine. Le 11 avril, l'aviso Paul Goffeny (ex dépanneur d'aviation Max Stinsky) retrouve le duo Jeanne d'Arc/Commandant Rivière.

Dans la nuit du 17 au 18 avril 1960, l'aviso-escorteur aborde le croiseur-école par tribord. Après le choc initial, l'aviso rague sur toute la partie arrière du croiseur qui prend 7° de gite de 2h20 à 3h15 avant de se redresser automatiquement. Deux marins (un second maitre et un matelot) sont tués et six blessés. Le 19 avril, le croiseur-école arrive à Dakar suivit quelques plus tard par l'aviso-escorteur.

Les avaries sont sérieuses : brèche de 6m de long sur 2m de haut sous la ligne de flotaison avec deux compartiments latéraux à tribord de la machine avant envahis plus une soute à mazout et une soute à huile.

Les réparations sont réalisées par des ouvriers de Dakar et des renforts venus de Brest. Ils immobilisent le navire jusqu'au 16 mai quand la Jeanne d'Arc quitte Dakar pour Oran où il arrive le 21 mai.

Durant ce laps de temps, 100 enseignes quittent le bord pour l'Algérie, intégrant la Demi-Brigade de Fusiliers Marins (D.B.F.M) avant de participer à des exercices sur les escorteurs rapides Le Gascon et Le Picard et les escorteurs d'escadre Maillé-Brézé et D'Estrées. Il rentrer à Brest le 8 juin 1960.

Il est en grand carénage du 13 juin au 16 octobre 1960, passant au bassin n°3 du Pontaniou du 24 juin au 5 août. Il est ensuite en essais du 17 au 24 octobre 1960.

La 23ème campagne d'application commence le 16 novembre 1960 quand la Jeanne d'Arc appareille avec 158 officiers-élèves dont 93 officiers de la Navale (80 français et 13 étrangers _deux ouest-allemands, un finlandais, un cambodgien, deux libanais, quatre marocains, deux thaïlandais et un urugayen) accompagné par l'aviso-escorteur Commandant Rivière.

Il traverse l'Atlantique, la mer des Caraïbes et le canal de Panama, longe du nord au sud la côte occidentale du sous-continent sud-américain, franchit le détroit de Magellan, remonte la côte orientale de l'Amérique du Sud jusqu'à Rio de Janeiro avant de traverser l'Atlantique jusqu'à Port Etienne et Dakar. Il franchit le détroit de Gibraltar, traverse la Méditerranée jusqu'à Istanbul avant de rentrer à Brest le 8 juin 1961.

Il est en grand carénage du 12 juin au 22 octobre 1961, passant au bassin du 7 août au 13 septembre avant des essais à la mer du 23 au 25 octobre et le 27 octobre.

La 24ème et avant-avant dernière campagne d'application commence le 21 novembre 1961 quand le croiseur-école Jeanne d'Arc quitte Brest en compagnie de l'aviso-escorteur Victor Schoelcher, sister-ship du Commandant Rivière. 151 élèves-officiers sont à bord dont sept sont étrangers.

Le croiseur-école et l'aviso-escorteur descendent l'Atlantique le long de la côte ouest-africaine, franchissent le Cap de Bonne Espérance, traverse l'Océan Indien avant de faire escale en Australie, en Nouvelle-Calédonie, aux Nouvelles Hebrides avant de retraverser dans le sens inverse l'Océan Indien, de franchir le canal de Suez, de traverser la Méditerranée d'est en ouest avant d'arriver à Brest le 6 juin 1962.

Le croiseur-école est en travaux du 10 juin au 16 octobre 1962 avant des essais de bon fonctionnement les 17,23 et 24 octobre 1962.

La 25ème campagne d'application commence le 6 novembre 1962 quand la «Jeanne» appareille en compagnie du Victor Schoelcher pour un véritable tour du monde, avec la traversée de l'Atlantique, le franchissement du canal de Panama, la traversée du Pacifique jusqu'au Japon, des escales à Hong Kong, au Vietnam, la traversée de l'Océan Indien, le franchissement du canal de Suez, la traversée de la Méditerranée d'est en ouest avant de rentrer à Brest le 5 juin 1963.

Le 8 décembre 1962, la ligne d'arbre tribord rompt après 68909 heures de fonctionnement (elle est d'origine) mais l'hélice changée l'année précedente ne totalisait que 3375 heures. Le croiseur-école et sa conserve font demi-tour en direction de Balboa (Panama) pour passer au bassin du 18 au 20 décembre 1962.

Une hélice de rechange est disponible mais il faut usiner une ligne d'arbre à partir d'une ébauche trouvée à Indret. Les équipes de la DCAN de Brest vont se relayer jour et nuit. Ce contre-temps entraine l'annulation des escales à Callao, en Polynésie, à Wallis et Futuna, Nouméa et Guam.

Le croiseur reprend la mer le 21 décembre 1962 marchant sur une hélice. En mer le 4 février, le croiseur encaisse trois grosses lames avec 35° de roulis, événement connu sous le nom de «Trois glorieuses».

Le groupe Jeanne d'Arc arrive à Hong Kong le 26 février et va y rester jusqu'au 14 mars. Le croiseur-école passe au bassin du 1er au 8 mars pour recevoir un nouveau tronçon d'arbre et une nouvelle hélice. Les travaux achevés, le croiseur-école et sa conserve appareillent le 14 mars 1963.

Après un passage au bassin pour examen du 10 au 17 juin, le croiseur-école subit un grand carénage du 10 août au 8 octobre avec passage au bassin du 10 août au 6 septembre. Il est en essais les 9 et 10 octobre.

Le croiseur-école appareille pour sa 26ème et dernière campagne d'application le 5 novembre 1963 en compagnie de l'aviso-escorteur Victor Schoelcher avec 155 élèves-officiers dont 16 étrangers (deux allemands, deux belges, six cambodgiens, trois iraniens, deux marocains et un sénégalais).


Le croiseur-école Jeanne d'Arc en 1964 au large de Québec

Les deux navires font le tour de l'Afrique par Le Cap de Bonne Espérance avant de traverser l'Atlantique Sud jusqu'en Amérique du Sud dont il longe la côte avant une incursion aux Antilles, une remontée de la côte est du continent américain avant de rentrer à Brest le 8 juin 1964.

Le 27 mars, le croiseur-école est au mouillage aux Saintes et y retrouve le porte-hélicoptères La Résolue qui doit reprendre le nom et les missions du vénérable navire-école.


Passage de témoin : le porte-hélicoptères La Résolue et le croiseur Jeanne d'Arc

Le 8 juin, le retour du croiseur-école est salué par une petite revue navale avec treize bâtiments et l'aviation. Les bâtiments participant à cette revue navale sont le croiseur De Grasse, les escorteurs rapides Le Basque, Le Champenois, Le Boulonnais et Le Corse, les escorteurs Commandant de Pimodan, Yser et Commandant Amyot d'Inville plus les dragueurs Lobelia Aconit Eglantine et Glycine.

La fin (1964-1966)

18 janvier 1965 : le Q381 arrive à Toulon pour y être démantelé

Le 1er juillet 1964, les opérations de mise en réserve spéciale «B» commencent (DM 75 EMG 1 du 13 avril 1964). A noter qu'on avait envisagé au mois de février plusieurs rôles pour l'ex-croiseur école : caserne flottante à Lorient en remplacement du Chateaurenault, remplacement de l'ancien porte-avions Béarn comme caserne flottante à Toulon, caserne-hôpital à Mers-el-Kébir....... . En février 1961, la marine thaïlandaise avait transmis une offre d'achat, offre qui n'eut pas de suite.

Le 16 juillet 1964, le croiseur-école devient le Q381 et le porte-hélicoptères La Résolue est rebaptisée Jeanne d'Arc. Pour encore accentuer le passage de temoin, le dernier commandant du croiseur-école, le capitaine de vaisseau Postec devient le premier commandant du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc.

Le Q381 passe au bassin du 28 août au 15 septembre 1964 avant d'être remorqué à Landevennec pour y attendre son démantelement. Le navire est condamné le 25 mars 1965 et mis en vente le 28 octobre.

Il est vendu à deux sociétés associées pour l'occasion, «Les Abeilles» et la «Société du Matériel Naval du Midi» pour 1.5 millions de France.
Le convoi quitte Landevennec le 6 janvier pour être démantelé à La Seyne sur Mer. Le convoi arrive à Toulon le 18 janvier. Le démantelement commence peu après.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 17 Aoû 2011, 22:32

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES


Construction : Comme les croiseurs légers de classe Duguay-Trouin auxquels elle peut être apparentée, la Jeanne d'Arc n'à aucune protection digne de ce nom, seulement un renforcement des zones les plus sensibles comme les soutes à munitions et le blockaus.

La coque est divisée en dix-sept tranches numérotées A à Q délimitées par des cloisons étanches permettant de franchir ces cloisons, les portes étanches sont toutes situées au dessus du pont principal.

Déplacement : standard théorique 6600 tonnes en charge normale 7893 tonnes le déplacement Washington est de 6496 tW.

Dimensions : longueur hors tout 170m longueur entre perpendiculaires 160m largeur maximale 17.53m (17.50m à la flottaison) tirant d'eau en charge normale 5.85m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières à petits tubes de type Du Temple et entrainant deux lignes d'arbres terminées par des hélices tripales.

Pour améliorer la survivabilité du navire, le système propulsif est fractionné avec la chaufferie avant dans la tranche H, la machine tribord dans la tranche I, la chaufferie arrière dans la tranche J et la machine bâbord dans la tranche K.

Chaque groupe se compose d'une turbine haute pression, d'une turbine à basse pression (les deux de marque Parson)n de deux turbines de croisière Rateau et d'une turbine de marche arrière logée de le bâti d'échappement de la turbine BP.

Les chaudières Du Temple sont timbrées à 20 kg/cm² avec cinq brûleurs.

La chaufferie avant dispose d'une chaudière auxiliaire timbrée à 20 kg/cm². La production d'énergie électrique est assurée par sept groupes électrogènes répartis en quatre usines. Le courant fourni est un courant continu de 230 volts, il peut être distribué par trois circuits.

Les deux hélices tripales ont un diamètre de 3.650m

Performances : Théoriquement, le croiseur-école doit pouvoir dévelloper 32500ch à 300 tours/minute soit une vitesse de 25 noeuds mais au courant des essais, la Jeanne d'Arc à pu filer à 27.035 noeuds (puissance maximum normale PMN) et 27.86 noeuds à feux poussées (43600ch) au déplacement moyen de 6600 tonnes

La distance franchissable est de 6670 miles nautiques à 11 noeuds, 5600 miles nautiques à 16 noeuds, 3500 miles nautiques à 22 noeuds, 2900 miles nautiques à 24 noeuds et 2300 miles nautiques à 27 noeuds.

«Protection» : autour des groupes avant et arrière des soutes à munitions, entre la cale et le premier faux pont, l'épaisseur des cloisons est portée à 20mm. Autour du blockaus la carapace à 30mm en deux plans de 15mm. Autour du tube reliant le blockaus aux postes centraux, la paroi à 20mm. Aucune protection horizontale.

Armement :

Tourelles doubles de 155mm du Jeanne d'Arc en 1945

-8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles. Ce canon de 50 calibres tire des obus 56kg à 26100m à raison de 3 coups par minute.

La tourelle double modèle 1921 pèse 80 tonnes en ordre de combat permettant aux canons de pointer en site de -5° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut de -140° à +140° à raison de 6.4° par second. La dotation en munitions est de 150 obus par canon soit un total de 1200 obus.

La chambre de tir est cependant plus large que celle des Duguay-Trouin en raison de la fonction école du croiseur.


Canon de 75mm après guerre avec en arrière plan un Bofors

-4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples. Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute. L'affût permet au canon de pointer en site de -5° à +85° et en azimut de 0 à 175° (pièces avant) et de 20° à 160° (pièces arrière)

La dotation en munitions est de 450 obus par canon soit un total de 1800 obus

Les pièces avant sont en abord de part et d'autre du blockaus, les deux autres pièces sont au milieu du navire, en abord, de part et d'autre de la grue d'embarcations.

-Deux canons de 37mm modèle 1925 en deux affûts contre-avions simples (CAS). Le canon de 37mm modèle 1925 est un canon de 60 calibres tirant un obus de 0.725kg à 8000m avec un plafond de 5000m à raison de 20 coups par minute. Ces deux canons peuvent pointer en site de -15° à +80°. La dotation en munitions est de 900 coups par pièce soit 1800 obus. Sur la Jeanne d'Arc, ces canons sont installés de chaque côté de la cheminée arrière.


En 1937 en Indochine, démonstration d'une mitrailleuse de 13.2mm devant l'empereur Bao Daï

-Deux mitrailleuses Hotchkiss de 8mm

-Deux tubes simples modèle 1926 avec un champ de batttage allant de 40 à 140° pour le tube tribord et de 320 à 220°. Ils sont débarqués en septembre 1943

Modifications de l'armement :

-Embarquement en 1935 de huit mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en quatre affûts Contre-Avions Double (CAD) installés pour deux d'entre-eux sur les ailerons de passerelle et deux à l'arrière du spardeck

-Embarquement d'un grenadeur avec 15 grenades de 35kg

-Lors des travaux réalisés à Alger les 17 et 18 septembre 1943, la DCA rapprochée alors composée de deux canons de 37mm, huit mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts doubles et six mitrailleuses de 12.7mm (provenant des Curtiss SBC-4) est débarquée et remplacée par six canons de 40mm Bofors et vingt canons de 20mm Oerlikon, tous en affûts simples. 4 canons de 40mm en affûts simples s'ajoutent au printemps 1944.

Dix canons de 20mm sont démontés en 1952 et débarquées en 1956. En 1954, le nombre de canons de 40mm est réduit à huit.

Aviation : A l'origine il étai prévu deux catapultes mais au final, seulement deux pivots furent installés pour permettre l'embarquement de deux hydravions, des CAMS 37 puis des Loire 130


CAMS-37 à bord du croiseur-école Jeanne d'Arc et ci-dessous, le Loire 130 à bord d'un Georges Leygues


Equipage : 26 officiers, 105 officiers-mariniers et 351 quartiers maitres et matelots soit 482 hommes plus 156 officiers-élèves, ces derniers étant répartis entre six postes de douze et six postes de quatorze

SOURCES

-Jean Guiglini Albert Moreau Les croiseurs Jeanne d'Arc et Pluton

-Jean Moulin Les croiseurs français en images (Jeanne d'Arc p36 Edgar Quinet p66 croiseur cuirassé Jeanne d'Arc p80)

-Jean Moulin Les navires français 1960-1980 (Jeanne d'Arc p16 Jeanne d'Arc ex-La Résolue p18 )

-Marines Magazine HS n°2 «100 ans de marine française T.2 Croiseurs et garde-côtes»

-Patrick Houy-Bezaux et Jacques Ducros Navires et histoire HS n°12 «La renaissance de la marine française 1922-1939»

-Ressources internet diverses


FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : CUIRASSES CLASSE INDIANA


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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Sam 20 Aoû 2011, 18:33

joli ... serais moins bête sur l'histoire de la Vieille Jeanne thumright

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Sam 20 Aoû 2011, 19:34

Merci Jolly. Un très beau navire. Je pense qu'il aura une place de choix dans mon uchronie que je prépare.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mar 29 Avr 2014, 23:26

clausewitz a écrit:
CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC (1931) (FRANCE) […] INTRODUCTION […] avant la construction des magnifiques bâtiments de l'Ecole Navale à Brest (hélas trois fois hélas détruits par les bombardements alliés et les combats de l'été 1944), […] 
Détruits, ou seulement sévèrement endommagés… Ce qui a permis le déplacement de l'école de l'autre côté de la rade, à Lanvéoc, avec un accent davantage aéronautique, ayant tiré les leçons de la carence de la marine d'avant-guerre dans ce domaine.
Voici ce qu'il en restait à la Libération (en surplomb de la base sous-marine) :


Cet édifice a ensuite été réhabilité pour abriter différentes écoles de la région, comme l'école des Mousses, l'école de Maistrance, l'école des EOR… ensemble aujourd'hui désigné "Centre d'Instruction naval".
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 30 Avr 2014, 10:11

Bonjour,

En fait la photo "Brest devant les superbes bâtiments de l'Ecole Navale" montre le bâtiment du 2e dépôt des équipages, alias "la Cayenne".

Le bidel capitain' d'armes, et son cahier d'punis
Dans la Cayenn' f'sait du charme
[...]
Elle fréquentait un bistrot, rempli de mat'lots, en face du dépôt [...]
Pierre MacOrlan - Fanny de Laninon

L'École navale n'a jamais été installée dans ce bâtiment en rive droite de la Penfeld mais successivement, pour la période d'avant-guerre :
- de 1830 à 1914, sur des vaisseaux mouillés en rade (L'Orion, puis les trois Borda, ex-Commerce-de-Paris, ex-Valmy et ex-Intrépide),
- en 1913-14 sur le vieux croiseur Duguay-Trouin,
- de 1915 à 1935 à terre à Laninon, dans les locaux de la flottille des torpilleurs,
- de 1935 à 1940 aux Quatre-Pompes, dans les majestueux bâtiments montrés sur la photo de Dahlia Bleue, alias "le Versailles de la mer" ou  Confused  "l'École navale de Darlan".
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 30 Avr 2014, 10:34

Merci pour ces corrections/compléments

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 30 Avr 2014, 12:41

clausewitz a écrit:
Carrière opérationnelle (1) 1931-1939 […]
Brest devant les superbes bâtiments de l'Ecole Navale. Le croiseur-école Jeanne d'Arc est amarré avec le croiseur léger Emile Bertin […].
Bleu Marine a écrit:
[…] En fait la photo "Brest devant les superbes bâtiments de l'Ecole Navale" montre le bâtiment du 2e dépôt des équipages, alias "la Cayenne".[…].
Il s'agit bien du Dépôt de "la Cayenne", installé sur le plateau de Pontaniou, et qui a bien été détruit par les bombardements de 1944, comme en témoigne ce cliché daté de 1966.


On y voit le plateau dénudé, mais on reconnaît (comme sur le précédent cliché, à gauche, cerclé de blanc) la prison de Pontaniou (ou de "la Madeleine") aujourd'hui désaffectée (depuis 1990) et un immeuble qui a survécu aux bombardements. La prison de Pontaniou (qui a aussi survécu aux bombardements) se trouve à droite (et non à gauche) de la photo.


Dernière édition par DahliaBleue le Jeu 01 Mai 2014, 10:46, édité 5 fois (Raison : Rectifié erreur d'identification et de localisation)
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 30 Avr 2014, 14:16

Je poursuis le sujet dans "Bases et arsenaux".
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Ven 02 Mai 2014, 11:57

clausewitz a écrit:
Carrière opérationnelle (4) : de croiseur léger à croiseur-école (août 1946-mai 1952) […] Lors d'un exercice de tir au polygone d'artillerie de Gâvres, un pétard explose tuant quatre personnes dont le CF Levasseur qui avait servi à bord de la corvette Aconit. […]
 scratch « un pétard […] » ? Qui devait être bigrement puissant  affraid Un artifice, probablement ? un détonateur ? une mise de feu ? une gargousse ?
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Ven 02 Mai 2014, 14:02

Bonjour.

L'accident relaté date du 15 Avril 1947 ( je m'en souviens, je suis né la veille !  lol! de plus la plage du Magouëro, à Plouhinec était mon lieu de baignade préféré pendant ma période Morbihannaise  Very Happy   cheers  )

Les circonstances :

" Le 15 Avril 1947, une explosion accidentelle sur le polygone de Gâvre avait provoqué la mort de Jean LEVASSEUR qui était directeur des études de l'Ecole d'Application des EV sur la Jeanne D'Arc. Pour mémoire cet Officier avait été le Commandant de la corvette Aconit qui coula sous ses ordres, deux U Boot lors de la seconde guerre mondiale.
Je suis sûr de l'année de l'accident qui était arrivé sur la batterie du 2 ème Massif.
Suite à cet accident le président de la Commission d'Expériences de Gâvres l'Ingénieur Général Winter a rédigé un document que j'ai beaucoup utilisé en activité et qui a été en usage jusque la fin des années 1980.
Ce document imprimé 1 an après l'accident était connu sous le nom d' OPP n°20 (Ordre Permanent du Président n°20) dont la première édition était en date du 1er Août 1948. Si je me souviens bien, dans sa dernière version en vigueur jusque fin des années 1980 il s'était enrichi d'environ 70 additifs le rendant difficilement exploitable.
Aussi il avait été refondu entièrement fin 80 début 1990.
Les victimes étaient militaires mais également civiles (du personnel du polygone).
Les circonstances de l'accident furent les suivantes :
    - pour présenter le dispositif expérimental aux élèves (et ne pas perdre de temps) deux dispositifs de mise de feu avaient été préparés avant leur arrivée.
    - le premier dispositif de mise à feu était destiné à matérialiser le système avec une charge réduite (genre charge à blanc)
    - le deuxième dispositif était relié à la charge explosive (objet de la visite des élèves)
Pour cette démonstration "à blanc" les visiteurs étaient autour du spécimen de démonstration.
Lorsque l'ordre de branchement de la ligne de mise de feu a été donné l'artificier ou l'artilleur a raccordé la ligne de mise de feu liée à la charge explosive et non la ligne de mise de feu raccordée à la charge de démonstration.
Lors de la mise à feu la charge explosive a donc fonctionné avec tous les observateurs à proximité.
De mémoire il y a eu 4 militaires tués et 1 civil, voir plus.
*Une des directives de l'OPP n°20 spécifiait l'interdiction de disposer sur une aire d'essai de plus d'une ligne de tir (erreur ayant conduit à l'accident mortel).  "
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Ven 02 Mai 2014, 14:30

La petite histoire ....Que c'est beau et cette anecdote m'était inconnue ...Heureusement nous y étions mais j'avais deux ans et ma mémoire me fait probablement défaut. Ah Eloïse.........
Pourtant je me souviens avoir vu le croiseur en dessous du grand pond sur la Penfield dans les années 60 et je n'avais pas à cette époque d'appareil de photo mais l'aurais-je pris en photo ???
Auriez vous des photos de ce Navire dont il ne me reste comme image que le pont en bois.
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Ven 02 Mai 2014, 14:36

DahliaBleue a écrit:

« un pétard […] » ? Qui devait être bigrement puissant  affraid Un artifice, probablement ? un détonateur ? une mise de feu ? une gargousse ?

Bonjour,

Selon la documentation du CPADD - Centre de formation au déminage humanitaire : les "pétards" sont, avec les "pains", une des deux formes de conditionnement des explosifs militaires.

Exemple de pétard :



Utilisation : destructions.

Merci à JJ pour les précisions sur les circonstances et sur les mesures de prévention.
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Sam 03 Mai 2014, 09:29

Gilles17137 a écrit:
[…] Que c'est beau et cette anecdote m'était inconnue ...Heureusement nous y étions mais j'avais deux ans et ma mémoire me fait probablement défaut. […]
« beau […] » ? le récit du drame ? scratch Tragique ! Ou stupide ?
Citation :
[…]
Auriez vous des photos de ce Navire dont il ne me reste comme image que le pont en bois.
En voici toujours une :

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Sam 03 Mai 2014, 09:38

JJ a écrit:
[…] L'accident relaté date du 15 Avril 1947 […] Les circonstances :
"Le 15 Avril 1947, une explosion accidentelle sur le polygone de Gâvre avait provoqué la mort de Jean LEVASSEUR […] (erreur ayant conduit à l'accident mortel)."
Bleu Marine a écrit:
[…] les "pétards" sont, avec les "pains", une des deux formes de conditionnement des explosifs militaires. […]
 thumright  Ainsi relaté et expliqué, le terme est nettement plus compréhensible.  study 
 Embarassed J'aurais d'ailleurs dû me souvenir qu'un "pétardement" (de mine, ou d'explosif…) n'est pas un amusement de gamins en mal de sottises…   
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Sam 03 Mai 2014, 10:08

Gilles17137 a écrit:
La petite histoire ....Que c'est beau et cette anecdote m'était inconnue ...Heureusement nous y étions mais j'avais deux ans et ma mémoire me fait probablement défaut.  Ah Eloïse.........
Pourtant je me souviens avoir vu le croiseur en dessous du grand pond sur la Penfield dans les années 60 et je n'avais pas à cette époque d'appareil de photo mais l'aurais-je pris en photo ???
Auriez vous des photos de ce Navire dont il ne me reste comme image que le pont en bois.

Il n'en manque pas dans cet article!
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Dim 18 Mai 2014, 11:50

clausewitz a écrit:
Carrière opérationnelle (4) : de croiseur léger à croiseur-école (août 1946-mai 1952)
[…] Le 9 novembre 1948, le croiseur-école appareille […] avec 126 élèves-officiers dont 89 issus de la Navale. […]
Citation :
Carrière opérationnelle (5) : le croiseur-école n'est plus seul (mai 1952-juin 1964)
[…] le 16 septembre 1953 […] le croiseur-école et sa conserve quitte Brest avec 176 élèves-officiers dont 101 de la Navale et 7 officiers étrangers […]
[…] le 24 septembre 1954 […] traditionnel appareillage de Brest avec 177 élèves-officiers dont 105 de la Navale […]
[…] le 20 novembre 1958 […] le croiseur-école et l'escorteur quittent Brest avec 173 élèves dont 105 de la Navale […]
[…] Le 17 novembre 1959 […] appareille […] avec 181 officiers-mariniers […]
[…] le 16 novembre 1960 […] la Jeanne d'Arc appareille avec 158 officiers-élèves dont 93 officiers de la Navale […]
L'expression La Navale est impropre. Elle se rapporte (me semble-t-il) à l'industrie et à la construction navale (une influence de la culture nantaise ?). Le substantif adéquat est tout simplement "Navale" (sans article).

À la rigueur on peut employer le terme (non officiel) de "La Baille" (c'est de l'argot).

"Navale" ne doit pas être confondue avec l'école de Santé navale (de Bordeaux), dont les élèves sont appelés les Navalais ! Alors que ceux de Navale sont appelés Bordaches (à cause du Borda, évidemment !).

Par ailleurs, les élèves embarqués sur la Jeanne, ne sont pas des "élèves-officiers" (et encore moins des officiers-mariniers !), mais des officiers-élèves ; nuance correctement rétablie à la cinquième occurrence des citations.
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mar 20 Mai 2014, 19:13

clausewitz a écrit:
Carrière opérationnelle (5) : le croiseur-école n'est plus seul (mai 1952-juin 1964)
[…] La 25ème campagne d'application commence le 6 novembre 1962 quand la «Jeanne» appareille […] pour un véritable tour du monde […] avant de rentrer à Brest le 5 juin 1963. […]
Pour cette description, il aurait été intéressant de citer quelque illustre participant étranger (à l'instar des autres années) tel le Malgache Didier Ratsiraka.

Ce dernier n'était toutefois pas raccroché à la croisière en provenance d'une (autre) école navale nationale, mais avait suivi le cursus normal français (en fait, via le CPEOM et l'école des officiers de marine).
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR-ECOLE JEANNE D'ARC   Mer 21 Mai 2014, 16:45

clausewitz a écrit:
Carrière opérationnelle (5) : le croiseur-école n'est plus seul (mai 1952-juin 1964)
[…] Dans la nuit du 17 au 18 avril 1960, l'aviso-escorteur aborde le croiseur-école par tribord. Après le choc initial, l'aviso rague sur toute la partie arrière du croiseur qui prend 7° de gite de 2h20 à 3h15 avant de se redresser automatiquement[…]
 scratch « automatiquement » ? Pas plutôt : « sans action de l'équipage » ? Donc : « par un simple et heureux hasard » ? scratch
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MessageSujet: La 25 é croisière, episode des trois glorieuses    Mer 21 Mai 2014, 17:21

http://www.netmarine.net/bat/croiseur/jeannedarc/3glorieuses/3glorieuses.htm

Voici un épisode marquant de la 25é croisières, que je vous recommande.
(avec l'autorisation de Net-marine)
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