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 La Sardaigne [Terminée]

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clausewitz
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MessageSujet: La Sardaigne [Terminée]   Mar 12 Avr 2011, 22:04

LA SARDAIGNE
UNE AUTRE VERSION DE L'HISTOIRE


PREAMBULE : MOI ET MES UCHRONIES

Grâce à ce merveilleux forum qui viens de fêter ces cinq ans, j'ai pu me livrer à une passion qui m'anime depuis ma prime jeunesse : l'uchronie, une autre version de l'histoire qui se mue souvent en utopie à savoir un autre dessin de la carte du monde.

Si je me souviens bien, la première uchronie que j'ai réalisé était une version de la marine française qui n'aurait pas subi la défaite de juin 1940. J'ai réalisé plusieurs versions, souvent inachevées jusqu'à ce que je concrétise ce projet sur ce forum mais même cette version ne me satisfait guère et je pense qu'après la Sardaigne, je me pencherai sur une nouvelle version de ma marine française alternative voir même une armée de terre et une armée de l'air alternative soit un énorme boulot en perspective mais c'est ce qui est d'autant plus excitant.

La première uchronie que j'ai réalisé était d'ailleurs plutôt une utopie avec ma marine slavienne que j'ai achevé le vendredi 10 décembre 2010 après plus de trois années de travail. Cette utopie était une utopie que j'appelerai à spectre large avec très peu de contraintes et très peu de réalisme.

Je n'ai tenu compte ni de la taille du pays, ni du nombre de ses habitants, de ses capacité financières et technologiques à mettre une marine aussi importante.

En fait, je me suis simplement limité à une marine relativement réaliste avec deux porte-avions mais pas de croiseurs lance-missiles. En somme, j'ai donné à la Slavie une marine qui à mon sens ne serait pas hors de portée de la marine nationale avec deux porte-avions, quatre grands navires amphibies, une quarantaine de navires de combat et vingt-quatre sous-marins.

Cette version aboutie à bénéficié de l'échec de versions antérieures d'une Slavie/Slavonie encore plus réduite avec seulement une partie de la Bosnie ou d'une nouvelle Yougoslavie. Je me souviens d'une marine totalement délirante avec 28 croiseurs lance-missiles type Kirov associés à 32 croiseurs porte-hélicoptères, 20 porte-avions lourds, 4 porte-avions légers, 34 grands navires amphibies type LHA/LHD.

Un temps je me suis demandé si je n'allais pas mettre sur pied une confédération balkanique regroupant l'ancienne Yougoslavie, la Roumanie, la Bulgarie et la Grèce mais après une ébauche, j'ai senti que c'était non seulement irréaliste mais également peu motivant.

Pour finir sur la Slavie, j'ai aussi ébauché une armée de terre et une armée de l'air au niveau de l'équipement et des unités et je n'exclu un jour de les faire en vraie grandeur comme pour la MRS.

Je me dit qu'il serait aussi intéressant de faire vivre cette marine et cette armée et j'ai songé cet été à créer une rubrique «en immersion» avec des articles comparables à celui déjà écrit sur le 1er régiment de dragons portés mais j'y ai (provisoirement je l'espère) renoncé faute de temps.

J'ai aussi envisagé une Slavie avec une marine plus réaliste, à la coréenne, une marine hauturière sans porte-avions mais capable de participer à des combats loin de ses bases. Elle serait également composée de nombreux patrouilleurs et de vedettes, une importante «poussière navale» devant faire face à une guérilla navale menée par l'Albanie jouant ici la Corée du Nord.

La deuxième uchronie était donc le projet Alternative French Navy/Marine Française Alternative soit la marine française telle qu'elle aurait pu être en 1948 si la France de la IIIème République n'avait pas été foudroyée par la défaite évitable de juin 1940.

Cette uchronie imagine que le 9 novembre 1939, Georg Elser ait réussit à tuer Hitler lors de l'attentat de la brasserie de Munich et qu'après une courte période d'incertitude marquée par le retour au pouvoir de Guillaume II, trois pontes du régime nazi, Goering Borman et Himmler se soient livrés une lutte acharnée au travers d'une guerre civile de 2 ans (1943/45) qui aurait affaibli l'Allemagne et permis à la France de poursuivre son réarmement et surtout de voir des officiers prometteurs comme Alphonse Juin Charles de Gaulle et Jean De Lattre de Tassigny arriver à des postes de prestige en remplacement des généraux de 1940.

Etant sur un forum de marine, je me suis surtout interessé à la marine en faisant aboutir des projets en cours en 1940 ou encore dans les limbes tout en inventant des projets qui sans être totalement farfelus pouvaient être envisageable au cours de la décennie 1940.

J'ai achevé cette uchronie il y à quelques mois maintenant mais comme je l'ai dit plus haut, en la rélisant de temps en temps, je suis de moins en moins satisfait et je pense la refondre complètement au cours de l'année 2011.

Parmi les pistes de réflexion, je pense abandonner le troisième porte-avions de type Joffre destiné à remplacer le Béarn au profit d'un nouveau modèle plus gros fortement inspiré du Essex, peut être seulement deux cuirassés type Alsace, pas de cuirassés type CR3 ni de croiseurs de bataille type CB2 autre part que sur la planche à dessin, pas de cuirassé garde-côte pour l'Indochine, seulement trois Saint Louis (les trois autres pourraient être mis sur cale juste avant le début du conflit mais leur construction abandonnée quand les français ferront la même constatation que dans l'histoire officielle à savoir que la cadence de tir du 152mm compensait largement la puissance du 203mm à la cadence de tir plus lente), pas de croiseurs légers antiaériens de classe Condé mais un navire unique pour servir de navire-amiral pour l'Escadre Légère du Nord, les Bourrasque et les L'Adroit remplacé par des Le Hardi et une version améliorée....... . Je pense aussi réduire l'importance des fortifications des bases ainsi que l'étendue des installations navales notament dans les colonies.

Actuellement (avril 2011), j'ai abouti à un projet encore plus ambitieux puisque j'ai envie après cette marine alternative faire les autres marines étrangères, alliées comme ennemies et raconter une seconde guerre mondiale alternative en me demandant si à la place de Pearl Harbor il n'y aurait pas plutôt une grande bataille navale entre cuirassés au large des Phillipines. J'ai vraiment envie de faire une «Alternative WWII» en rupture tout en restant réaliste.

Alors même que je n'avais achevé ni la Marine de la République Slavienne ni ma marine française alternative, je me suis lancé dans une troisième uchronie, une uchronie concernant l'Ecosse. A l'origine, je voulais faire une marine néerlandaise qui en 1968 aurait remplacé son porte-avions léger Karel Doorman par un porte-avions de type Clemenceau.

Rapidement, j'ai abandonné cette hypothèse néerlandaise qui ne me laissait que très peu de marge de manoeuvre au profit d'un projet bien plus ambitieux, une royaume d'Ecosse indépendant. Ce projet achevé très récément était bien plus ambitieux puisqu'il y avait une partie historique, une partie géographique, une partie économique et une grosse partie militaire avec une histoire de l'armée de terre, de l'armée de l'air et de la marine.

Ce projet se basait sur le point de divergence suivant : en 1745, «Bonnie Prince Charlie», appuyé par la France aurait débarqué en Ecosse pour conquérir le trône au nom de son père en exil en France. Au lieu de tenter de s'emparer de Londres, le «gentil prince Charles» se serait contenté de l'Ecosse et la bataille de Falkirk en 1747 aurait tourné en leur avantage, donnant naissance à une nouvelle Ecosse indépendante, trente-huit ans après l'acte d'Union de 1707.

A la différence de la Slavie, je devais être plus soucieux de réalisme même si je n'ai pas cherché à vérifier si mes trois armées écossaises auraient pu être entretenues par un pays qui sans le pétrole serait bien pauvre. Il me semblait par exemple impensable qu'au désarmement du William Wallace, l'Ecosse puisse s'équiper d'un nouveau porte-avions.

Là encore, les défauts sont nombreux, la plupart étant la conséquence d'un travail ératique avec des périodes d'intérêt et des périodes de profond désintérêt. Comme en plus ma documentation évoluait dans le temps, j'ai changé certaines choses ce qui fait qu'il y à de nombreuses incohérences d'une partie à l'autre.

La partie géographique aurait mérité d'être plus approfondie, la partie historique manque de lien avec le reste de l'Europe (pas de référence aux révolutions de 1830 et 1848 par exemple, l'Ecosse pouvait-elle être côté français sans une vigoureuse réaction de Londres ?), la partie économique est sommaire et je pense qu'une partie consacrée à la culture et au sport aurait enrichi encore cette uchronie.

La partie militaire n'est pas non plus exempte de défauts notament la marine de l'entre-deux-guerre que j'estime parfois trop importante notament à propos des capacités des unités. Ainsi les deux croiseurs lourds devraient plus proche des County que de l'Algérie, les croiseurs légers proche des Arethusa et les destroyers des cousins non pas des Tribal mais plutôt des «Fleet Destroyers» type A-I.......... .

Je prévois donc à moyen terme de faire une «Ecosse 2.0» qui réglera les incohérences mais pourrait changer les choses de manière assez sensible par exemple au niveau des équipements. J'ai par exemple bien envie d'équiper mon armée de l'air de F111.

En ce 10 décembre 2010, je viens de finir ma marine slavienne et j'ai donc décidé de commencer enfin la Sardaigne, un projet que je caresse depuis plus d'un an.

Le choix de cette île _la deuxième plus grande de Méditerranée_ s'explique par mon envie de choisir une île (avec toutes les contraintes que cela comporte) suffisament grande pour qu'une indépendance soit crédible mais suffisament petite pour m'imposer des contraintes sévères et savoir si j'étais capable de réaliser de bons projets avec beaucoup de contraintes.

Mon projet va se composer de sept parties, la première étant consacrée à la géographie de l'île. Par essence, c'est la partie la moins libre du projet puisque je ne peux pas (contrairement à la Slavie) inventer des îles, des plaines ou des fleuves où il n'y en à pas.

La seconde sera consacrée à l'histoire avec un point de divergence fixé en 1796 et une invasion française qui changea à jamais l'histoire de cette île. Les libertés seront ensuite sévèrement encadrées puisque je ne pourrai ni faire l'impasse sur les deux conflits mondiaux et la guerre froide.

La troisième partie sera consacrée à l'Economie et à la Culture. Pour le volet économique, j'essaierai d'être le plus strict possible sans pour autant ne pas m'accorder quelques menues libertés. Pour ce qui est de la culture, je serai plus souple moins sur la langue sarde et la religion (catholique) que sur la littérature, les arts mais également le sport.

La quatrième partie sera consacrée à l'armée de terre sarde avec une sous-partie consacrée à l'histoire générale, une seconde consacrée à l'évolution de son équipement et une troisième consacrée à l'organisation actuelle détaillée.

La cinquième partie consacrée à l'armée de l'air sarde et la sixième partie traitant de la marine seront organisées sur le même modèle (histoire générale, équipement, organisation en 2010).

Enfin, je terminerai pas une partie consacrée aux autres forces de sécurité qu'il s'agisse de la garde républicaine, de la police nationale sarde, de la garde côtière et des différents services de renseigmement.

1°) GEOGRAPHIE

Carte du relief de la Sardaigne

Contrairement à ce qu'on à longtemps cru, la Sardaigne n'est pas la plus grande île de Méditerranée, ce titre de gloire appartenant à la Sicile, la Sardaigne devant se contenter du statut de dauphin avec ses 24090 kilomètres carrés.

Peuplée par 1.648 044 habitants soit une densité de 69 habitants au kilomètre carré, l'île des Sardes est une île au relief extrêmement montagneux avec des plaines de taille réduite, généralement d'origine fluviale comme celle du Campidano.


Le lac de Gusana et le mont Gennargentu

Le point culminant est le mont Gennargentu, situé à l'est et qui culmine à 1834m, la Sardaigne est donc un pays de moyenne montagne, de massifs anciens usés par l'érosion.

Deux fleuves majeurs arrose la grande île, le Flumendosa long de 127km et le Tirso de 135km, des fleuves qui ont été largement aménagés pour l'irrigation de l'agriculture et qui aujourd'hui attirent de nombreux touristes.


Le climat est méditerranéen avec des températures relativement douces, le Mistral rafraichissant l'air même si à l'intérieur des terres, des pics à 45° ne sont pas rares, le record enregistré étant de 49° le 25 juillet 1983. En hiver, la température ne descend jamais en dessous de 0°, la température moyenne annuelle étant de 18°.

La pluie est bien plus rare qu'en Corse avec 400 à 500mm d'eau par an répartis sur une quarantaine de jours d'où la nécessité ancienne de l'utilisation de l'irrigation de l'agriculture en s'appuyant sur les fleuves. Cela ne suffisant pas, la République Sarde est parfois obligée d'importer de l'eau douce de France notamment l'été où la pression sur les ressources s'accroit terriblement avec l'afflux touristique.

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Dernière édition par clausewitz le Sam 11 Fév 2012, 20:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Jeu 14 Avr 2011, 11:50

2°) HISTOIRE

A-Préhistoire et Antiquité

Les débuts de la civilisation sarde ne sont pas connus avec certitude, faisant l'objet de disputes entre préhistoriens. Des traces datant du Paléolithique inférieur (entre 400000 et 150000 a.C) ont bien été découvertes à Perfugas dans la province de Sassari dans le nord de l'île mais les objets trouvés pourraient être bien postérieurs.

Des ossements humains datés du Paléolithique supérieur (35000 à 10000 a.C) ont bien été découverts mais là encore une partie des préhistoriens les considèrent comme plus récents.

Tout ce que l'on peut dire actuellement c'est que le consensus ne se fait que sur un peuplement datant de l'époque mésolithique soit 8000 a.C.


Carte montrant l'origine du peuplement de la Sardaigne (vers -6000)

La position centrale de l'île dans le bassin occidental de la Méditerranée attire de nombreuses peuplades qui s'installent tour à tour sur l'île. Sans parler de metissage, il est intéressant de noter qu'il n'y eu jamais de peuplade originelle, autochtone en dépit des efforts des nationalistes sardes qui cherchèrent au 19ème et au 20ème siècle à exploiter un passé mythifié à des fins politiques et idéologiques.


Tour de la civilisation muragique

Une civilisation finit cependant par «dominer» l'île, la civilisation muragique qui apparaît vers -1855, connait son apogée vers -1200 avant de décliner peu à peu avec l'apparition des phéniciens qui utilisent l'île comme escale pour se ravitailler et réparer en cas d'avaries, la grande île occupant une place stratégique entre la Phénicie, les comptoirs d'Italie, de Sicile, ceux de la péninsule ibérique et de Bretagne.

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On considère généralement qu'un territoire, un peuple, une civilisation entre dans l'histoire en maitrisant l'écriture. Si l'on se fie à ce paradigme, la Sardaigne est entrée dans l'histoire en -600 a.C quand les phéniciens transmettent l'art de l'alphabet et de l'écriture aux sardes.

Les premiers contacts entre peuplades sardes et marchands phéniciens remontent au Xème siècle puisque les premiers échanges commerciaux sont attestés à cette période, des comptoirs phéniciens étant établis dans le sud et l'ouest de l'île.

La cohabitation resta excellente tant que les phéniciens restèrent sur la côte puisque les tribus sardes profitaient du commerce mais les relations se dégradèrent quand les marchands de Phénicie lorgnèrent sur les ressources minières de l'île.

La conquête de l'île est cependant une tache ardue et les phéniciens doivent demander l'aide de Carthage qui colonie de Tyr à l'origine était devenue une métropole autonome. La conquête peut être considérée comme achevée vers -523 même si la région montagneuse dans l'est résiste toujours après pourtant plus de vingt ans de guerre.

Ce conflit n'empêche par la cité punique de dévelloper l'île, les ports phéniciens qui n'avaient été jusque là que de simples comptoirs devinrent de véritables villes portuaires, l'agriculture céréalière se dévellopant en utilisant la main d'oeuvre autochtone souvent réduite au statut d'esclave.

La position stratégique de la grande île est l'enjeu de la première guerre punique (264-241 a.C) entre la puissance dominante (Carthage) et la puissance ascendante (Rome). L'île devait rester sous la domination carthaginoise mais la révolte des Mercénaires en -241 fût l'occasion rêvée pour les romains de s'emparer de l'île en -238.

Si les régions littorales sont aisement conquises par les légions romaines, la conquête du centre de l'île appelée Barbaria par les romains se révèle bien plus ardue. Les peuples de l'intérieur se révoltent en -215 et les romains doivent les surveiller comme le lait sur le feu jusqu'en -31. Bien qu'après cette date il n'y eut plus de révoltes, l'intérieur de l'île resta largement insoumi à l'autorité romaine. En 227, la Corse et la Sardaigne obtiennent le statut de la province.

L'île bénéficie d''importants travaux menés par les romains qui exploitent les ressources d'une île à l'agriculture fertile et aux ressources minières précieuses pour un Empire qui peu à peu va s'affaiblir et ouvrir la voie aux «invasions barbares».

B-Vandales, Byzantins et Arabes

A partir du IIIème siècle, l'Empire est sur la voie d'un déclin net et la Sardaigne est peu à peu abandonnée aux «Barbares» et notament les Vandales, un peuple migrant qui après avoir franchit le Rhin, gagne le bassin Méditerranéen.

Ils envahissent successivement la Gaule, l'Hispanie et enfin l'Afrique du Nord, s'emparant de Carthage en 439 sans que l'Empire d'Occident à l'agonie ne fasse quelque chose pour empêcher cet état de fait.

Trop faible pour se défendre seule, la Sardaigne est conquise par les Vandales en 456 après plusieurs années de razzia.

L'île perd sa relative unité, des capitaines vandales contrôlaient un bout de l'île, régnant en maîtres absolus et se quérellant naturellement entre-eux. Cela facilite le travail des romains qui encouragent les révoltes, une façon de laisser des épines dans les pieds des nouveaux maitres de l'île.


Justinien, le dernier empereur "romain" de Byzance. Ces successeurs se replieront sur l'Orient et les Balkans

Tout change avec l'avénement de Justinien à Byzance. Ce dernier rêve de refaire l'unité de l'empire romain et après avoir réformé les structures de l'Empire d'Orient, lance ses meilleurs généraux _Bélisaire et Narsès_ à l'assaut des royaumes barbares occupant l'ancien empire romain d'Occident. La Sardaigne ne fait pas exception à la règle et en 534, Bélisaire s'empare de la grande île.

La Sardaigne sert ensuite de tremplin pour la reconquête de l'Italie qui va épuiser l'Empire qui sera bien incapable de conserver ses conquêtes de manière durable.

Sur le plan institutionnel, la Sardaigne dépend de la préfecture d'Afrique, un chef civil résidant à Cagliari alors que le chef militaire réside à Fordongianus, une cité fortifiée protégeant la «Sardaigne utile» des populations insoumises de la Barbaria.

L'affaiblissement de l'Empire Byzantin au VIIIème siècle coïncide avec la montée en puissance des Arabes qui se lancent à l'assaut de la Méditerranée. Préoccupée par la sauvegarde de la partie orientale de l'Empire, Byzance laisse la Sardaigne sans protection, à la merci des Arabes.

En octobre 710, les arabes s'emparent de la Sardaigne mais comme les envahisseurs précédents, l'île reste largement insoumise jusqu'à 778 quand une révolte généralisée chasse définitivement les arabes de l'île puisqu'ils échouent à réconquérir l'île en 821.

C-Sardaigne indépendante ! Les Judicats

Débarassée des envahisseurs arabes, la Sardaigne va connaître une longue période d'indépendance avec un système politique orignal appelé Judicats.

L'île est divisée au plus tard en 851 en quatre régions autonomes (Logudoro, Gallura, Arborée et Callaris) avec à leur tête un roi (Giudici) élu par un parlement appelé Corona de Logu.

Chaque Judicat est divisé en Curatorie, une circonscription aux pouvoirs essentiellement judiciares et qui était elle même divisée en ville dirigées par des maiore (maire).


Eleonore d'Arborée (1347-1404)

Ce système préserva la Sardaigne des influences étrangères jusqu'à une période assez tardive. A noter que le judicat d'Arborée, le plus puissant et le plus renomé des quatre promulgua à la fin du XIVème siècle, le premier code civil d'Europe, la Carta de Logu (Charte du lieu) qui resta en vigueur jusqu'en 1806 quand l'Empire français imposa le Code Napoléon.

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Jeu 14 Avr 2011, 11:59

D-Une nouvelle période de domination étrangère : Pise et Gênes

Cette période d'indépendance et d'isolement se termine en 1015 quand un aventurier arabe du nom de Museto s'empare de l'île. Cette conquête est cependant très éphémère puisqu'en 1017, une flotte chrétienne menée par Pise et Gênes chasse les arabes de l'île.


Pise domina un temps la grande île

Cette domination se fit de plus en plus lourde au fur et à mesure des siècles, un véritable protectorat s'imposa à l'île où se nouait un jeu à trois, la papauté alimentant la rivalité entre Pise et Gênes. En 1258, le Judicat de Cagliari disparaît suite à une attaque pisane et au début du XIVème siècle, seul le Judicat d'Arborée reste indépendant.

E-Et les aragonais entrèrent dans la danse

Jacques II d'Aragon

En 1323, l'Arborée consciente qu'elle ne fait pas le poids contre les républiques maritimes s'allie à Jacques II d'Aragon. Les Aragonais voit la l'occasion d'accentuer encore leur emprise en Méditerranée puisqu'ils contrôlaient depuis la fin du XIIIème siècle la Sicile et la Corse.

Le château de Cagliari est ainsi pris par les troupes aragonaises le 20 juillet 1324 marquant la naissance du royaume de Sardaigne et de Corse, un royaume autonome au sein de l'empire aragono-catalan qui est à cette époque la puissance dominante en Méditerranée occidentale.

Cette conquête se heurte au vif particularisme des sardes et le 21 juillet 1325, la commune de Sassari se rebelle, parvennant à l'indépendance durant une année avant que la représsion ne ramène l'ordre dans cette partie de l'île. Sassari se révoltera encore en 1329 mais cette fois la repression féroce tue dans l'oeuf toute contestation.

L'Arborée, bras armé des aragonais et qui avait jussque là joué le jeu de la conquête, s'estime de plus en plus floué sans parler de la révolte qui couve dans les anciens judicats conquis par l'Arborée. En 1383, une révolte secoue l'île, révolte qui après avoir visé l'Arborée est récupérée par cette dernière qui s'empresse de signer une pays de compromis en 1387. paix de courte durée car le 30 juin 1409, le judicat d'Arborée est définitivement vaincu et la Sardaigne définitivement soumise à l'Aragon ou du moins au roi aragonais puisque la grande île est propriété personnelle du monarque.

F-Espagnols, autrichiens, piémontais

L'île reste sous domination ibérique (aragonaise puis espagnole) jusqu'au tout début du 18ème siècle quand l'Autriche s'empare au cours de la guerre de succession d'Espagne (1708) mais dès 1717, la Sardaigne retourne dans le giron espagnol mais pour peu de temps.


Victor Amédée, roi de Sardaigne de 1720 à 1732

En effet en 1720, le traité de Londres voit Victor Amédée II de Savoie échanger la Sicile contre la Sardaigne donnant naissance au royaume de Sardaigne composé outre de la grande île du Piemont, du comté de Nice et du duché de Savoie.

Cette île est peu à peu délaissée par un roi qui se méfie de cette île turbulente. Entre le Piémont et la Sardaigne, ce n'est pas un monde mais un gouffre qui les séparent. Mis à part la religion catholique, la langue et la culture sont assez différentes. Les mécontentements s'accumulèrent et ne demandaient qu'une chose pour exploser : une étincelle.

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Sam 16 Avr 2011, 21:04

G-Révolte ou révolution ? (1793-1815)

NdA : ici commence la divergence par rapport à l'histoire «officielle»

En dépit d'une domination de l'aristocratie piémontaise sur les charges et les terres sardes, une élite politico-intellectuelle émerge peu à peu notamment dans la ville de Cagliari.

Les Honestes (les honnêtes) comme ils s'appelent eux même se piquent d'idées nouvelles et sont particulièrement réceptifs aux idéaux des Lumières et ont naturellement le regard tourné vers les événements de France qui aboutissent le 14 juillet 1789 à la prise de la Bastille.


La prise de la Bastille suscita un murmure de satisfaction en Sardaigne

Cet événement est connu à Cagliari le 23 juillet par des navires français arrivant dans le port sarde et cette nouvelle provoque un murmure de satisfaction chez les Honestes comme chez le petit peuple sarde qui commence à se rassembler et à s'agiter.

Le podestat de Cagliari, Gianfranco Canozza représentant du roi sur l'île prend des mesures énergiques en proclamant la loi martiale le 25 juillet, en faisant armer les forts, mobiliser la garde bourgeoise et enprisonnant au fort de Capeluzo, les meneurs ou supposés tels.

Loin de calmer la «populace» ces mesures énergiques provoquent une véritable insurrection appelée «la journée des batons» en référence à l'arme utilisée par les insurgés. Le podestat enfermé au fort de Capeluzo fait intervenir un régiment de hussards et tonner l'artillerie des forts et de la flotte, provoquant de gros dégâts à Cagliari. La révolte est ainsi matée en une semaine et en apparence tout est calme mais en réalité sous les décombres, les braises ne demandent qu'à repartir.

Si les couches éclairées de la société sarde avaient applaudi les premiers temps de la révolution française, l'échec de la monarchie constitutionnelle, la chute des girondins et la proclamation de la république poussèrent les «honestes» à se rapprocher des autorités piémontaises.

Cette révolution française restait pourtant une source d'inspiration mais cette fois dans l'aristocratie ouvrirère comme les ouvriers typographes qui continuèrent à s'agiter, stipendiés par des agents secrets français.


La frégate HMS Hermione

En mars 1796, une révolte anti-féodale éclata, embrasant la Sardaigne comme un feu de paille à la grande surprise des autorités qui n'avaient rien vu venir. Les insurgés menés par un ouvrier typographe de Cagliari, Giovanni Sasso et dans le nord par un intendant d'un domaine nobiliaire situé près de Porto-Torres, Gianfranco Pazico débordèrent les autorités qui se réfugièrent dans le fort de Capeluzo avec pour seul soutien une frégate de la Royal Navy, le HMS Hermione.

La France révolutionnaire toujours avide de conquêtes prépara dans le plus grand secret l'invasion de la grande île considérée comme la soeur de la Corse.

C'est ainsi qu'au mois d'avril, appareilla de Toulon une flotte composée d'un navire de ligne, de deux frégates et de quatre bricks avec à leur bord 6000 hommes sous le commandement du général Thomas Alexandre Dumas, l'amiral Latouche-Treville commandant la partie navale de l'expédition. Les derniers travaux historiques montrent que les deux hommes ne s'entendaient guère ce qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.


Le général Dumas

Le Général Dumas plus que tout autre, symbolise la formidable accélération des carrières militaires suite à la révolution puisque Thomas Alexandre Dumas, métis de Saint Domingue n'était que simple dragon quand éclata la révolution alors qu'il était âgé de 27 ans. Il devient ainsi général en 1793 !

Nommé à la tête de cette expédition impossible vue la présence de la Royal Navy, il parvient à déjouer les patrouilles des navires de la White Ensign et débarque le 14 avril 1796 à Sassari dans le nord de l'île.

Triomphalement accueillit par les insurgés, il descend en seulement quatre jours jusqu'à Cagliari qu'il prend sans coup férir. La forteresse de Capeluzo résiste encore un mois pour rien car la Royal Navy refuse d'intervenir, persuadée que l'arrogance française leur alienera bientôt le fier peuple sarde.

*
**

Le général Dumas est chargé de rattacher directement la Sardaigne à la France révolutionnaire mais ce dernier connu pour sa force herculéenne y fait preuve de doigté et de finesse. Les consignes strictes données à ses troupes favorise le parti français.

Quand un plébiscite est organisé en mai 1797 pour le rattachement de la Sardaigne à la France du Directoire, le rattachement à la France remporte près de 80% des suffrages.

La Sardaigne est ainsi intégré au «Département des Deux-îles» mais dès 1800, les difficultés de communication entre Ajaccio et Cagliari entraine la séparation des deux îles. La Sardaigne devient ainsi un département autonome en 1800.


Antoine de Pommiers, sieur de Chantenay. Avec le "bon roi" Amédée 1er, il est considéré comme le personnage marquage de l'histoire moderne de la Sardaigne

En 1802, un préfet est nommé à la tête de l'île. Antoine de Pommiers, sieur de Chantenay est alors âgé de 35 ans. Né dans la région nantaise en 1767, il était le fils d'un intendant du roi et d'une fille de la bonne bourgeoisie nantaise.

Formée aux meilleurs écoles du royaume, intelligent, brillant, ayant du succès avec les femmes, Antoine de Pommiers est rapidement acquis aux idées de 1789.

Membre de l'Assemblée législative en 1791, il est brièvement incarcéré après la chute des Girondins en 1793 puis libéré grâce à l'entregent de son père. Il s'exile en Suisse à Neuchatel et profite pour prendre contact avec les nombreux exilés politiques de la région dont des sardes.

Rentré en France après Thermidor et la chute de l'Incorruptible, il réintègre l'administration dans d'obscurs bureaux mais connait une brusque promotion avec l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte.

Ce dernier termine enfin la révolution et réforme en profondeur la France, jettant certaines bases de la France moderne.

Créateur du corps préfectoral, il nomme Antoine de Pommiers préfet du département de Sardaigne en mars 1802. Ce dernier gagne son poste dès le début du mois d'avril avec sa femme Isabelle, son fils Victor et sa fille Marie. Arrivé à Cagliari, il se met aussitôt au travail.

Sa connaissance des milieux sardes exilés en Suisse lui est particulièrement précieuse. Cela lui permet ainsi de prendre des libertés avec les directives de Paris qui voit dans la Sardaigne qu'une nouvelle vache à lait pour alimenter les caisses de la République consulaire puis de l'Empire.

Antoine de Pommiers à de grands projets pour l'île. Il effectue une longue tournée de deux mois, consignant dans un livre appelé Livre des Domaines les ressources de l'île.

S'appuyant sur d'anciens exilés sardes, reconnus pour leur compétence, le nouveau préfet va sortir l'île de sa léthargie. Si il renonce à une véritable réforme agraire pour ne pas s'aliéner les grands propriétaires (il se contentera d'exproprier les propriétaires exilés dans la péninsule, lots qui furent affermés à des intendants), il construit des routes, modernise le port de Cagliari, assèche des marais pour dévelloper l'agriculture, favorise la primo-industrie....... .

Sur le plan des institutions, il créé un Conseil Général sur le modèle des autres départements mais à la différence des départements français, ses membres sont nommés par le préfet tout en prévoyant des élections une fois l'île suffisamment pacifiée.

En dépit des efforts du préfet, de son tact et de son habileté, les oppositions atisées par l'Angleterre et le Piemont se maintiennent notamment dans l'ancienne Barbaria dans l'est de l'île.

La contrebande et le brigandage pousse le préfet à créer une force militaire. Baptisé Corps des Volontaires Sardes, cette unité est mise sur pied en 1805. Bien équipé,légitime aux yeux de la population (ce qui permet d'obtenir d'utiles renseignement) ce corps met fin au brigandage dans la région de Sassari et limite considérablement la contrebande.

La guerre permanente entre l'Empire et les puissances coalisées réclament toujours plus d'effectifs et le CVS censé être une unité territoriale va être engagé dans les guerres napoléoniennes en dépit des tentatives du sieur de Chantenay pour montrer l'inanité d'une telle manoeuvre.

Comme il l'écrira dans une lettre de janvier 1809 au ministre des affaires étrangères Jean Baptiste Nompère de Champagny, «l'engagement du CVS dans nos guerres pourrait conduire une partie de la société sarde qui reste dans une prudente expectative à défaut d'une hostilité ouverte à nous tourner le dos».

Finalement un compromis est trouvé et une Légion Sarde composée uniquement de volontaires participe à la campagne de 1809. 1500 fantassins sardes s'illustent ainsi à Essling et à Wagram. La Légion Sarde qui s'enrichit en 1812 d'un escadron de lanciers et d'une batterie d'artillerie s'illustre encore à Borodino et à la bataille de la Moskova.

La Légion Sarde va combattre jusqu'à la première capitulation de Napoléon 1er en 1814. Pas moins de 9000 sardes ont été engagés dans la Légion Sarde mais jamais plus de 3000 hommes en même temps.

En 1810, Antoine de Pommiers est remplacé par Pierre de Reynald. Ce dernier, issue d'une famille de vieille noblesse champenoise se montre brusque et peu diplomate, suscitant de nombreux murmures chez la bourgeoisie éclairée et le petit peuple de Cagliari qui réclame le retour du sieur de Pommiers.

L'abdication de Napoléon en avril 1814 entraine la fin de la souveraineté française. Les garnisons françaises sont évacuées en mai, le CVS assurant seul la protection de l'île bien que le port de Cagliari voit plusieurs frégates britanniques mouiller dans le port pour «protéger ses résidents» mais surtout pour faire pression sur le Conseil Général et sa Junte nommé le 5 mai 1814, Junte chargée d'expédier les affaires courantes.

Le sort de la Sardaigne va en fait se jouer à plusieurs centaines de kilomètres à Vienne au Congrès qui allait redessiner la carte de l'Europe pour les décennies à venir........ .

A suivre : Une Sardaigne définitivement indépendante ? (1815-1848)

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mar 19 Avr 2011, 20:42

H-Une Sardaigne définitivement indépendante ? (1815-1848)

La Sardaigne par sa position stratégique suscite bien des convoitises au cours des discussions qui alternent avec les nombreux bals.


Le diable boiteux

La France de Louis XVIII est representée par son ministre des Affaires Etrangères, Talleyrand dit le «diable boiteux». Cet homme dont la vénalité et la capacité à servir tous les régimes à stupéfié contemporains comme historiens sait parfaitement que la France ne peut conserver la Sardaigne.

Il va jouer sur les rivalités entre anglais, piémontais _qui estiment devoir récupérer une île dont ils été dépossédés par les français_, napolitains, espagnols et même autrichiens pour obtenir que l'île devienne indépendante sous l'autorité d'un prince allemand ce qui à l'avantage de ravir les anglais (le roi est aussi prince de Hanovre) et les autrichiens (par communauté de culture).


Louis 1er, premier roi de Sardaigne

Les candidats ne se bousculent pas pour aller occuper une île méditerranéenne même pour devenir «Prince de Sardaigne». Finalement, c'est le fils cadet du Margrave de Hesse, Ludwig von Hammerstein qui devint en juillet 1815 après l'épisode des Cent Jours, Louis 1er Prince Souverain de Sardaigne.

Petit, au physique quelconque et d'une intelligence qui pourrait être plus brillante, le nouveau souverain de Sardaigne à au moins la sagacité de poursuivre la politique de dévellopement économique initiée par Antoine de Pommiers.

Si la Sardaigne continue son dévellopement économique et se distingue de sa consoeur sicilienne qui peu à peu s'enfonce dans l'arriération, elle n'est pas connue pour être un modèle de modernité politique.

Louis 1er accorde bien une Charte mais ne respecte guère l'Assemblée élue au suffrage censitaire, assemblée docile car composée de notables proches du prince, la bourgeoisie éclairée des Honestes étant écartée en dépit de son poids économique.

A l'âge de 24 ans, en 1817, le prince épouse une prince italienne prénomée Marie, un mariage de raison, froid et arride qui donne pourtant à la Principauté un héritier, appelé Louis comme son père et titré dès sa naissance Duc de Cagliari puis une duchesse puisque Louis 1er et Marie donne à leur fils, une soeur prénomée Catherine.

L'autoritarisme du Prince est de plus en plus mal supporté par le peuple sarde tout comme par les notables qui réclament le respect de la Charte.

Ils boycottent ainsi le discours du trône du 13 janvier 1819, donnant ainsi le pretexte au Prince pour annoncer la suspension de la Charte et sa décision de gouverner par ordonnance.

Chauffé à blanc par une presse étonament libre, Cagliari se soulève le 4 février 1819, dressant des barricades qui repoussent la charge de la Garde Royale envoyée pour réprimer cette sédition.

D'une révolte contre le prince, cette révolte devient bien vite une révolte contre les possédants et en dépit des critiques sur l'attitude de Louis 1er, l'Assemblée des notables décide la levée d'une milice bourgeoise destinée à restaurer l'ordre, la nouvelle Armée Sarde étant jugée trop peu sure pour cette mission car composée de nombreux vétérans issus du CVS (bien qu'on ait veillé à intégrer de nombreux «bons sardes»).

Après une semaine de combat, l'ordre est rétabli. La représsion est sévère avec 114 exécutions et 550 condamnations à différentes peines de prison.

Néanmoins, le prince à compris qu'il devait lâcher du lest. Il rétablit la charte, réduisant volontairement ses pouvoirs et promet une libéralisation progressive du régime.

En 1825, la Sardaigne est érigée en Royaume et Louis 1er est sacré roi lors d'une fastueuse cérémonie dans la cathédrale de Cagliari.

Sa santé pourtant se dégrade en dépit de son jeune âge (il à alors 32 ans). Il est victime d'une attaque en mars 1826. L'assemblée des notables reconnaissant son incapacité à régner, demande qu'un Régent soit nommé.

La reine Marie prend ainsi la tête d'une régence, nommant son amant, Francesco Dolsato, comte de Sassari, lieutenant général du Royaume.

Cette régence dure jusqu'au 2 juin 1834 quand après une longue chasse dans la région de Sassari, le roi est victime d'un brusque refroidissement qui le cloue au lit. Fiévreux, il reprend conscience par étapes mais la dégradation de son état de santé est irrémédiable et il meurt à l'aube le 8 juin 1834 à l'âge de 41 ans.


Louis II de Sardaigne (1834-1853)

Son fils devient roi sous le nom de Louis II. Âgé de 17 ans, c'est un bel homme, intelligent, manoeuvrier _retor disent ces ennemis_ mais dont l'humilité et la capacité à se remettre en question ne sont pas les qualités premières.

Il est sacré en septembre 1834 et deux ans plus tard, épouse une princesse espagnole, Maria Amelia, fille du duc de Cadix qui lui donne en janvier 1837 une fille prénomée Marie puis un héritier prénomé Amédée en mars 1839.

Plus libéral que son père, il ouvre le régime vers l'étranger et augmente les pouvoirs de l'Assemblée en élargissant le corps électoral.

Cela est pourtant insuffisant pour le courant républicain qui peu à peu marquait des points au sein d'une société sarde en plein bouleversement notamment en raison des débuts de la Révolution Industrielle.

Ô certes, la grande île ne pouvait rivaliser avec les Black Country du nord de l'Angleterre et de l'Ecosse mais le dévellopement des manufactures provoqua de profondes fractures dans une société fière jusque là de son immuabilité.

Les petits paysans, la frange inférieur de la bourgeoise, les petits artisans qui sont victime de la concurrence des industries sardes et étrangères rendent la monarchie responsable de tous leurs maux, rêvant d'établir une République voir même d'une annexion par la France, la période départementale étant vue là comme un age d'or à retrouver.

Une partie de l'armée ne tarde pas à adhérer aux théories républicaines. Il s'agit souvent d'anciens du CVS (donc assez enclins à la francophilie) qui jugent que la monarchie les briment au profit d'exilés sans expérience militaire mais qui font preuve d'un zèle royaliste souvent excessif.

Ajoutez à cela la crise économique des années 1840 et vous comprendrez pourquoi la Sardaigne va être emportée par le tourbillon du printemps des peuples, mouvement enclenché par la révolution de février qui voit la monarchie de Louis Phillipe 1er être remplacée par la IIème République.

Profitant de l'absence du roi qui prend les eaux à Spa, des unités républicaines se révoltent et marchent sur Cagliari qui est prise le 2 mars 1848.

A suivre : I-République ou monarchie : le dilemne sarde (1848-1853)

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Jeu 21 Avr 2011, 20:57

Une nouvelle uchronie du père Claus. Bientôt je vais devoir totalement revoir mes cours d'histoire lol!

En tout cas bravo, ton historique est très bien travaillé (ne fait pas envahir la corse, sinon je crée une marine corse imaginaire qui ira raser la Sardaigne )

Quelque part ca me manque un peu ce genre de jeux de l'esprit (comme les soirées foot avec les potes ou les heures devant la console). Mais d'un autre côté j'échangerai contre rien au monde le temps passé avec ma fille et ma copine
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Jeu 21 Avr 2011, 22:15

Merci chef. La Corse ne risque rien. Je me souviens qu'au tout début, j'avais prévu une Corse indépendante et des relations plus musclées surtout après la découverte de pétrole dans le Détroit de Bonifacion mais finalemen, j'ai préféré rester un peu plus réaliste.

Comme je viens de poster les Floréal, je posterai la suite demain. thumright

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Ven 22 Avr 2011, 20:50

I-République ou monarchie : le dilemne sarde (1848-1853)

La révolte qui met à bas la monarchie louisienne était largement improvisée et aurait du échouer si les royalistes ne s'étaient pas divisés sur la tactique à adopter : une résistance ferme ou un repli dans les montagnes, laissant les villes aux républicains. On assiste à quelques escarmouches entre royalistes et républicains qui annoncent la guerre civile à venir.

A l'annonce de cette révolte, le roi Louis II annonce qu'il refuse d'abdiquer, considérant la junte républicaine comme un pouvoir illégitime. Il cherche l'appui des autres puissances mais celles ci ont déjà fort à faire avec leurs propres révoltes. Quand à l'Angleterre, elle reste circonspecte se demandant si au final une Sardaigne républicaine ne serait pas plus favorable à ses intérêts.

Voyant qu'il ne peut compter que sur lui même, le jeune roi âgé de 24 ans rassemble ses forces dans sa propriété d'Aix en Provence. Une frégate de la marine sarde l'embarque avec la reine, quelques ministres et un détachement de 150 hommes de la Garde Royale qui avait rejoint spontanément le roi sans aucun ordre ni autorisation.

Il espère que sa présence à l'entrée du port de Cagliari poussera les indécis à se rallier à la monarchie car il en est persuadé : les républicains ne sont qu'une poignée, le reste du peuple lui est fidèle.


La frégate La Maddalena

La frégate La Maddalena se présente à l'entrée du port de Cagliari le matin du 21 mars 1848. La forteresse de Capeluzo aux mains des républicains intiment par des tirs de sommation à la frégate de s'éloigner du port.

En dépit des conseils défavorables du capitaine, le roi ordonne que l'on passe en force. La forteresse riposte touchant la frégate qui s'éloigne le plus rapidement possible, échappant de peu à une frégate républicaine lancée à sa poursuite.

Les républicains proclament la déchéance du roi et l'abolition de la monarchie le 22 mars. La Junte provisoire composée de 9 membres est remplacée par un gouvernement provisoire qui annonce la rédaction d'une nouvelle constitution intégrant le suffrage universel masculin pour l'élection d'une assemblée et d'un président.

L'armée royale sarde devient garde nationale (le terme armée était jugé trop belliqueux par des républicains aux oreilles sensibles), la garde royale est dissoute et ses membres exilés ou emprisonnés.

La révolte de 120 prisonniers royaux sur deux bateaux prisons dans le port de Porto-Torres provoque un massacre de ces derniers par leurs gardes et la population qui dit-on aurait été excitée par des agents provocateurs venus de Rome où le roi s'était exilé pour rendre impossible tout compromis entre royalistes et républicains conservateurs mais aucun document ni aucune preuve n'est venu étaillé cette hypothèse emise par un historien allemand spécialiste de la Sardaigne, Ernst Volk dans un livre paru en 2000.

La République proclame une nouvelle constitution le 4 septembre 1848 et les premières élections ont lieu le 21 janvier 1849 dans un climat extrêmement tendu. Les difficultés économiques bien qu'en voie de resorbption sont encore présentes, les républicains peinant à contenter sa base notamment les petits artisans et les petits propriétaires.

La nouvelle assemblée composée de 120 membres est composée de 80 républicains, de 20 indécis et de 20 royalistes modérés qui s'accomoderaient bien au fond d'une république autoritaire et conservatrice.

Une semaine plus tard, ont lieu les élections présidentielles. Antonio Polembano, un vieux juriste de 55 ans, terne et sans envergure, est élu à la présidence.

Les royalistes ultras n'entendent pas laisser la République s'enraciner dans le pays. Ne pouvant obtenir satisfaction par l'élection, ils choisissent la voie des armes, déclenchant une terrible guerre civile.

Les républicains se divisent à leur tour entre modérés et extrémistes, les modérés étant partisans d'un accord a minima avec les royalistes et les extrémistes qui ne jurent que par la «liberté ou la mort», plantant des arbres de la liberté, arborant piques et bonnets phrygiens.

Les royalistes reçoivent le soutien de la Royal Navy. Londres à fini par se ranger du côté de la réaction et à partir d'octobre 1849, appuie sans réserve les troupes royalistes. Un blocus serré de l'île étrangle une économie qui doit exporter pour survivre.


Un volontaire breton de l'Armée Royale de Sardaigne

Une Armée Royale de Sardaigne est reconstituée dans les Etats Pontificaux avec plusieurs régiments de volontaires étrangers venant des cantons suisses et de Bretagne qui voient dans cette guerre civile «une croisade contre l'athéïsme». Ces unités bien entrainées et bien équipées débarquent dans le nord du pays _largement acquis à la cause royaliste_.

En dépit de cet appui massif de la Grande Bretagne (transport par la Royal Navy, subsides), les royalistes mettront plus d'un an avant de mettre le siège devant Caglari, devenu un bastion républicain par la faute d'une émigration royaliste massive.

L'offensive lancée en janvier 1851 se heurte à une résistance farouche de la Garde Nationale Sarde qui tient notamment le fort de Capeluzo, clé de la protection du port et où s'est réfugié le président de la république.

Le fort est bombardé par la Royal Navy qui réduit l'arrogante forteresse à un tas de cailloux fumants, ne laissant aucune chance aux leaders républicains. En apprennant cette destruction, le roi Louis II aurait dit «Cela va faire de la place à la potence»......... .

La ville tombe le 17 mars 1851 après d'intenses combats de rue. L'heure n'est pas à la reconciliation mais à la vengeance.

Plusieurs dizaines d'exécutions sommaires ont lieu sans parler des pillages et autres exactions qui dénotent les haines et les rancoeurs qui fermentent encore.

Le roi arrive dans la ville dévastée le 4 avril 1851. Retrouvant le palais royal incendié, il excite la violence au lieu de la canaliser.

Sans être libéral, le roi Louis II était plutôt réputé pour sa clémence et sa tempérance mais deux années d'exil l'ont transformé.

Le nouveau roi mène une politique ouvertement réactionnaire qui finit même par indisposer les royalistes qui sans partager la forme républicaine du pouvoir avaient compris pour la majorité d'entre eux que l'évolution vers la démocratie était ineluctable.

Le roi Louis II de plus en plus isolé, son jugement étant empoisonné par les querelles de cours et les intérêts d'une petite côterie d'êtres intéressés et médiocres.

Son pouvoir devient de plus en plus autoritaire à tel point que la reine-mère, Marie doit mettre tout son poids dans la balance et obtenir l'abdication de son fils au profit de son petit-fils Amédée qui devient roi sous le nom d'Amédée 1er, l'abdication étant effective le 2 septembre 1853.

A suivre : La renaissance sarde (1853-1914)

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Lun 25 Avr 2011, 20:20

J-La renaissance sarde (1853-1914)

Quand il est couronné et sacré dans la cathédrale de Cagliari le 14 octobre 1853, Amédée 1er n'à que 14 ans. Une régence est donc assurée par sa grand mère, sa mère ayant rejoint Louis II dans son exil sur les rives de l'Adriatique près de Split (le roi et la reine seront retrouvés morts dans leur sommeil en 1857 mais l'absence d'autopsie propagera la rumeur de l'empoisonnement, rumeur jamais vérifiée mais qui alimente les querelles d'historiens. Toutes proportions gardés, la mort de Louis II et de son épouse suscite un débat aussi vif en Sardaigne que la mort de Napoléon 1er à Saint Hélène en France).


Amédée 1er en 1894 alors qu'il est âgé de 45 ans. Cette photo austère ne rend pas hommage à un roi volontiers charmeur et avenant

Le jeune roi est un vrai colosse, mesurant 2m et 100kg, Intelligent et charmeur, il rassure par son calme et son sang-froid y compris quand en 1890, un républicain exalté tente de l'assassiner. Il gracie le pauvre hère qui est expulsé vers les Baléares. A la foule qui réclame de pouvoir le lyncher, il dira "Que celui qui voudra le tuer devra d'abord me tuer moi".

Sa première priorité est de mettre fin au flou constitutionnel, la constitution républicaine de septembre 1848 étant toujours en vigueur bien que dans les faits non appliquée.

Le nouveau roi fait réunir une Junte provisoire destinée à expédier les affaires politiques courantes et un comité constitutionnel destiné à rédiger une nouvelle constitution.

Le comité installé en novembre 1853 rend son projet en mars 1854. Plusieurs fois amendé, ce projet est valide par plébiscite le 14 avril 1854 par 94% de oui.

Il met en place une monarchie constitutionnelle héréditaire à primogeniture mâle puis féminine à défaut de représentant masculin. Le roi nomme les ministres qui ne sont responsables que devant lui. Ils n'ont aucun compte à rendre à l'Assemblée élue au suffrage censitaire tous les quatre ans, un suffrage censitaire très large qui annonce déjà un suffrage universel. Un Conseil Royal est également institué, il est composé de nobles ou de personnes anoblies nommées par le roi.

Le jeune roi extrêmement populaire se marie en 1860 à une princesse bavaroise prénomée Adélaïde. Ce mariage est un mariage d'amour extrêmement prolifique puisque ce sont pas moins de sept enfants qui naissent : Otton en 1861, Marie en 1863, Louis en 1865, Anne en 1867, Amédée en 1869, Pierre en 1871 et Lucie en 1873.

Le jeune roi doit faire face au Risorgimento, la renaissance italienne avec la volonté d'unir tous les italiens sous un seul drapeau. Le Piemont est la puissance dominante dans cette unité aidé par Giuseppe Garibaldi par son Expédition des Milles en 1860/61 provoque le rattachement du royaume des Deux Siciles au reste de la Péninsule.

Si l'historiographie nationaliste sarde à fait du roi Amédée 1er, le porte-drapeau de la résistance sarde à l'unité sous la férule du Nord, la réalité est plus prosaïque, le jeune roi est tiraillé entre l'unité de la péninsule et la volonté de préserver l'indépendance de son petit royaume.

Les élections législatives de 1863 marquent le triomphe des Séparatistes sur les Unionistes, la Sardaigne à choisit : elle restera à l'écart de l'unité italienne.

Cela n'empêche pas le roi de proposer une Confédération italique avec le maintien des royaumes indépendants (Piemont, Etats Pontificaux, Deux-Siciles et Sardaigne) sous l'autorité très théorique du Piemont mais ce projet qui maintenait une certaine indépendance aux différents royaumes est rejeté par Cavour.

Le dévellopement de l'île se poursuit tout comme la démocratisation des institutions. La réforme électorale de 1877 est la dernière étape avant le suffrage universel, tous les citoyens mâles agés de 21 ans sont électeurs, payant un cens symbolique d'un sardon, devant posséder un emploi et un logement stable, la suppression du cens d'éligibilité portant le corps électoral à 150000 électeurs sur une population masculine de 300000 habitants soit un électeur pour deux habitants.

L'étape suivante est le suffrage universel qui est adopté lors de la réforme de 1901, un suffrage universel masculin, le projet d'un suffrage universel masculin et féminin s'étant heurté à l'opposition de l'Eglise au nom de «l'unité de la famille et de l'autorité du père sur son épouse et ses enfants». (Ce ne sera qu'en 1919 que les femmes sardes recevront le droit de vote).

Le roi Amédée 1er meurt subitement dans son sommeil le 14 septembre 1900 à l'âge de 61 ans. La rumeur d'un empoisonnement ne tarde pas à se réprendre dans la population de Cagliari. Des émeutes dans le quartier du port oblige le gouvernement à déployer l'armée pour rétablir l'ordre, la police de Cagliari ayant montré une curieuse passivité.


Otton 1er. Difficile de succéder au "bon roi" Amédée 1er. Otton 1er est d'ailleurs appelé le "Louis XIII sarde"

Le fils ainé d'Amédée devient roi sous le nom d'Otton 1er. Il est sacré dans la cathédrale de Cagliari le 2 décembre 1900. Timide et introverti, il n'à ni la carrure et le charisme imposant de son père. Il bénéficie d'un état de grace à rallonge lié à la popularité de son défunt père.

En 1885, il épousa une cousine du grand duc du Luxembourg, une femme d'une grande beauté prénomée Joséphine qui lui donne une fille prénomée Anne en 1887, une fils et un héritier prénomé Louis en 1889 et une fille prénomée Marie en 1893.

Les premières années du règne voient le roi laisser le jeu politique se dérouler sans incident. La période 1877-1901 est marquée par la structuration des partis. Un parti conservateur émerge à droite et domine l'assemblée, remportant les élections en 1867,1871,1875,1879,1883 et 1887 soit vingt-quatre ans de domination sans partage avant que l'usure du pouvoir ne laisse la place au parti libéral entre 1891 et 1903.

En 1903, le roi âgé de 42 ans commence à vouloir gouverner seul. La victoire du parti conservateur favorise son dessein puisque sa culture et sa formation l'incline vers ce parti qui au grand dam de certains de ses membres devient le «Parti de la Couronne».

Les élections législatives de 1907 sont une désagréable surprise pour le roi qui grisé par quelques «emincences grises» était persuadé d'être le maitre du jeu. Le retour du parti libéral se heurte à l'autoritarisme du roi.

Alors que jusque là le roi avait laissé le jeu parlementaire se dérouler sans problèmes, le 24 mai 1908, il décide la dissolution du parlement et l'organisation de nouvelles élections. Les parlementaires sardes crient à la fortfaiture puisque la dissolution n'est absolument pas prévue dans les textes et que l'usage semblait l'avoir proscrite.
La campagne électorale qui suit se fait dans un climat de tension extrême entre le parti conservateur, le parti libéral et un parti de la Couronne, en fait de simples créatures du roi Otton 1er qui ne font guère le poids face aux machines rodées que sont les deux partis dominants.

Le scrutin à lieu le 16 juin 1908. Les électeurs envoient un signal clair au roi : l'ancien parlement est renvoyé au Palais Canova (siège du Parlement), le parti de la Couronne en dépit des généreux subsides royaux est laminé.

Un roi intelligent aurait compris qu'il était allé trop loin et aurait cherché un compromis d'autant que les libéraux n'étaient loin s'en faut pas des révolutionnaires.

Otton 1er ne l'entend pas de cette oreille. S'appuyant sur une frange de l'armée, il annonce au nom de la sécurité nationale la suspension de la constitution et la dissolution du Parlement. Pendant six mois, il va gouverner par ordonnances se comportant comme un véritable potentat. La paralysie de l'administration, l'asphyxie dont était victime l'économie le poussa à rappeler le Parlement en 1911 et à se contenter d'être un roi sans pouvoirs jusqu'à sa mort en 1920 à l'âge de 59 ans

A suivre : De Charybde en Scylla, de crises en crises (1914-1931)

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Dim 01 Mai 2011, 22:21

K-De Charybde en Scylla, de crises en crises (1914-1931)

En dépit de la cour intéressée des puissances européennes, la Sardaigne est restée à l'écart des jeux diplomatiques de la seconde moitié du 19ème siècle. Elle incline plutôt en direction des alliés notamment de la Grande Bretagne mais le roi de culture allemande se sent proche des Empires Centraux.

Sur le plan intérieur, le système politique qui jusque là s'ouvrait régulièrement se verrouille à double tour avec une alternance suspecte entre libéraux qui sont au pouvoir de 1908 à 1912 et de 1916 à 1920 alors que les conservateurs les remplacent entre 1912 et 1916.

Plusieurs scandales politico-financiers et des affaires de moeurs provoque un brusque discrédit du système politique, épargnant encore la monarchie. Citons le cas du ministre du Royaume (équivalent d'un ministre de l'Intérieur) Andrea Pugnoli qui modifia le cadastre pour agrandir sa villa au dépent de terres agricoles ou encore du député Mario Balotelli qui fût condamné à cinq ans de prison pour avoir fait assassiner une maitresse encombrante.

Il faut cependant noter la renaissance d'un parti républicain, le Mouvement National Sarde ou MNS qui surfe sur ce discrédit. Le retour de la monarchie en 1851 avait provoqué l'exil des dirigeants républicains survivants pendant qu'une loi «interdisait tout mouvement politique ayant pour visée ultime d'abolir la monarchie».

Les rares républicains sont donc condamnés à la clandestinité jusqu'en 1912 quand Otton 1er fait abolir cette loi pour enfoncer un coin dans un Parlement ivre de puissance et hostile à sa personne (et non à la monarchie, de nombreux députés poussant à l'abdication du roi au profit de son fils).

Le MNS voit le jour dans un café de Cagliari le 12 mars 1912 réclamant un changement de constitution et in fine l'abolition de la monarchie et son remplacement par une république présidentielle, les républicains sardes ayant les Etats Unis pour modèle.

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Le déclenchement de la première guerre mondiale en août 1914 ne surprend personne, les tensions étaient telles depuis le début du siècle qu'une telle conflagration était inévitable. La Sardaigne est devant un cas de conscience : doit-elle se rallier aux alliés ? Doit-elle se rallier aux empires centraux ? Doit-elle proclamer sa neutralité ?

Autant le dire tout de suite, la seconde hypothèse ne fût défendue que par une poignée d'idéologues qui n'avaient apparemment pas compris que la géographie empêchait les Empires Centraux d'assister la Sardaigne d'autant que la France et la Grande Bretagne disposent de forces navales suffisamment importantes pour faire pression sur Cagliari.

Le véritable débat opposa donc les «neutralistes» aux «engagistes». Les premiers arguaient que la Sardaigne n'avait aucun traité d'amitié ou d'alliance avec l'un des bélligerants et pouvait se tenir à l'écart du conflit alors que les seconds estimaient qu'une entrée en guerre de la Sardaigne serait vue favorablement par Londres et pouvait augurer de fructueuses retombées économiques et politiques.

Au final, ce sont les neutralistes qui l'emportent, la Sardaigne proclamant sa neutralité le 3 septembre 1914.

Cette neutralité est l'occasion d'un boom économique, la perturbation des lignes commerciales avec l'Italie et la France oblige la Sardaigne à dévelloper son agriculture et son industrie. Elles sont également dopées par les commandes françaises et italiennes qu'il s'agisse d'armes ou de produits manufacturés.

La marine marchande sarde connait d'ailleurs quelques pertes du fait de sous-marins allemands et austro-hongrois en dépit de la présence d'imposantes marques de neutralité et des protections de la petite marine sarde.

A ces pertes en mer s'ajoutent quelques pertes à terre, un millier de sardes s'engageant dans la Légion Etrangère et sur ces 1000 combattants dont certains seront décorés de la Médaille Militaire et de la Légion d'Honneur, 350 sont tués et beaucoups estropiés et traumatisés.

Les productions de guerre ont comme partout enrichis beaucoup de profiteurs de guerre. Ces profits ne sont pas forcément mal vus dans un premier temps d'autant qu'une taxe à été établie en 1918 pour permettre une certaine redistribution.

Le retour à une économie ouverte provoque une brusque dépression, les industries doivent licencier, l'agriculture doit réduire la voilure. Les mécontentements grandissent alors que la monarchie et la classe politique semble sourde à ces cris de colère.

Le parti conservateur est ainsi au pouvoir de 1920 à 1928 avant que les libéraux ne prennent le relais mais surtout, l'événement notable c'est la percée du MNS qui aux élections de 1924 obtient douze députés dont le discours vigoureux tranche avec les discours ronronants et convenus des libéraux comme des conservateurs.


Louis III photographié en 1941 en Grande Bretagne

Le nouveau roi, Louis III est agé de 35 ans. Formé dans les meilleurs universités britanniques, il semble avoir la carrure pour redresser la situation. De caractère franc et altier comme son père, il à hérité de l'intelligence de son grand père Amédée 1er, le «Bon roi» selon le peuple sarde.

L'avénement du nouveau roi coïncide avec l'apparition d'un mouvement de Regénération Nationale. A un mouvement structuré avec chefs et cercles de réflexion, il faudrait plutôt y voir une nébuleuse de penseurs, de journalistes ou d'idéologues, de théoriciens à la formation souvent incomplète mais qui rêve de purger le pays notamment de sa classe politique, «un petit cercle d'envieux et de médiocres» selon l'écrivain français Pierre Drieu La Rochelle qui visite la Sardaigne en 1922.

Au début ce mouvement sans relais n'inquiète pas la classe politique qui solidement enracinée est persuadée de résister au pire coup de vent. Quand le Service de Protection National (SPN) fait état d'intérêt de la part de militaires et de prélats, les deux partis dominant commencent à s'inquiéter et voyant dans le MNS la «partie émergée de l'iceberg», ils s'allient contre le parti républicain faisant le jeu des opposants de la monarchie qui voit dans le parti libéral et le parti conservateur qu'un Janus dont les ficelles sont tirées par le roi.

Bientôt, un théoricien de valeur émerge au sein du mouvement philosophico-politique de la Régénération Nationale. Il s'agit de Pietro Danglio, un professeur de droit et de théologie de l'université de Cagliari qui dans son ouvrage «Sauvons la Sardaigne» publié en 1923 résume ce mouvement par les mots «Autorité» «Corporatisme» «Patriotisme».

Ce livre considéré comme subversif est interdit dès sa publication ce qui ne l'empêche d'être introduit sur l'île en contrebande, le sieur Danglio ayant des relations avec un imprimeur turinois qui réimprima l'ouvrage par douze fois entre 1923 et 1931, signe de l'intérêt pour une telle théorie politique.

Bien que le MNS ait qualifié ce mouvement de «fasciste», il serait réducteur de réduire le mouvement de la Régénération à cet épithète puisqu'on trouvait en son sein des réactionnaires cherchant dans l'histoire de la Sardaigne un âge d'or, des conservateurs bon tein, des royalistes, des républicains, de véritables fascistes......... .

Ce mouvement surveillé comme le lait sur le feu par la police est victime d'un coup de filet le 2 juin 1927 quand 85 personnes sont arrêtés pour «complot et atteinte à la sûreté de l'état» et condamnés à de lourdes peines de prison, deux personnes condamnées à mort étant graciées par le roi, farouche opposant à la garotte.

En dépit de la répression, ce mouvement perdure et se structure en loges secrètes sur le modèle maçonique mais là encore point de direction centralisée, le mouvement est trop hétérogène pour cela mais il y à bien une chose sur laquelle tous sont d'accord : le régime ne pourra être réformé que par la force.


Le général Miguel Primo de Rivera

L'appui de l'armée royale de Sardaigne (ARS) est indispensable. De plus en plus de militaires de tous grades sont convaincus de la nécessité d'établir un régime autoritaire qui selon les sensibilités doit être une parenthèse au sein de la monarchie louisienne (certains ayant pour modèle Primo de Rivera) ou le début d'une république nouvelle.

A suivre :Un virage autoritaire (1931-1943)

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Lun 09 Mai 2011, 21:47

L-Un virage autoritaire (1931-1943)

Un premier coup d'état échoue le 6 juin 1927. Une compagnie d'infanterie en manoeuvre près de Sassari est persuadé par un de leur sergent de marcher sur Sassari pour s'emparer du podestat (préfet) pour forcer la monarchie à changer mais la police n'à aucun mal à arrêter cette aventure de pieds nickelés.

Le second échoue tout aussi lamentablement le 5 septembre 1929 quand un quartier maitre mécanicien tente de s'emparer du torpilleur T.9 pour bombarder Cagliari mais la poignée de mutins est maitrisée par le reste de l'équipage qui reste loyaliste.

Ces deux tentatives auraient pu discréditer le mouvement mais au contraire favorise un projet autrement plus ambitieux et structuré mené par le chef d'état-major de l'armée, le général Luigi Dezorno.


Luigi Dezorno en uniforme allemand. Un faux air de Richard Burton

Né en 1883 dans une famille pauvre du nord de l'île, il bénéficie d'une bourse pour étudier au prestigieux au collège jésuite de Padoue avant de choisir la carrière des armes en suivant une formation pour devenir officier. Breveté en 1904, il s'ennuie profondément et rêve d'action. Il démissione en 1907 et s'engage dans la Légion Etrangère, effectuant cinq années où ses supérieurs le considère comme un soldat de grande valeur, l'un de ses supérieurs disant de lui «qu'il avait l'étoffe d'un général et que sous Napoléon il aurait déjà son baton de maréchal».

Libéré avec les honneurs en 1912, il tente une carrière de journaliste mais revient à la carrière des armes, se rengageant dans l'Armée Royale de Sardaigne avec le grade de capitaine acquis en 1914, celui de commandant en 1916, de colonel en 1918 puis de général en 1922. En 1927, il devient chef d'état-major de l'armée, entamant un processus de modernisation destiné à faire sortir l'armée et notament l'armée de terre du ronronement et de la léthargie qui est la sienne depuis bien des décennies.

Secrètement acquis aux idées de la régénération, il parvient à se poser en seul recours pour un coup de force ayant de réelles chances d'aboutir. Profitant de ces nombreux voyages à l'étranger, il parvient à obtenir le soutien de l'Allemagne et de l'Italie et la neutralité bienveillante de la Grande Bretagne et de la France.

En dépit de son acuité, le contre-espionnage sarde est dans l'incapacité de répérer le complot qui allait balayer l'île.

Quand le 6 avril 1931, des unités de l'armée quittent leurs casernes, la surprise est totale. Agissant avec célérité, le générla Dezorno et son adjoint le colonel Ponti désarment la police et la garde royale. Une tentative de grève générale lancée par les syndicats est tuée dans l'oeuf.

L'Etat de siège est proclamé, le monarque est déchu, le gouvernement démis de ses fonctions, le parlement dispersé et les libertés publiques suspendues «au nom de la sécurité nationale».

C'est ainsi que Louis III âgé de 46 ans embarque sur un torpilleur britannique en compagnie de la reine Amélie (d'origine française, elle à épousé le prince Louis en 1910), du prince héritier Amédée âgé de 20 ans (né en 1911) et des duchesses Anne (née en 1915) et Marie (née en 1920).

La famille royale gagne le sud de la France puis la Grande Bretagne où le roi mourra en 1945 à l'âgé de 60 ans après quatorze ans d'exil mais ayant eu la satisfaction de voir le régime du général Dezorno succomber.

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Une Junte de Salut National est mise en place dès le 8 avril 1931 pour gérer les affaires courantes. Elle se compose de neuf personnes, six militaires et trois civils mais les divisions ne tardent pas à apparaître entre ce que les historiens anglo-saxons appelent les «Re-Re» (Republican Regenerators) et les «Ro-Re» (Royal Regenerators).

Le général Dezorno par ses anciennes fonctions est alors le personnage dominant. Le 25 avril, il se proclame «Lieutenant Général et Protecteur de la Nation Sarde». En septembre 1931, un complot pour l'assassiner est rendu public, mouillant plusieurs responsables pro-républicains du mouvement régénérateur ce qui est le pretexte que le Lieutenant Général cherchait pour mener une purge contre les «Re-Re» qui perdent les places acquises en avril 1931.

Devenu tout simplement Régent, le général Dezorno, sans concurrence, peut mettre en place son grand dessein politique.

La priorité est le rétablissement de l'ordre. La loi du 24 septembre 1931 rétablit la peine de mort qui était dans les faits suspendue par la volonté de Louis III de gracier tous les condamnés à mort, renforce les peines de prison et rétablit le travail forcé. L'appareil judiciaire est purgé de ses opposants et les droits de la défense fortement réduits. Une Cour de Sûreté de l'Etat est établie en janvier 1932 mais il à noté que système n'est pas rétroactif.

Il mène ensuite une guerre contre le brigandage qui après avoir disparu à la fin du 19ème siècle était réapparu au point de créer de véritables zones de non droit dans le nord et l'est de l'île. Les différentes polices provinciales jugées incompétentes et corrompues sont dissoutes et l'armée est chargée d'éradiquer le brigandage.

Il faudra près de deux ans entre 1932 et 1934 pour que le général Dezorno parviennent à ses fins en usant de méthodes brutales comme l'utilisation de l'artillerie, l'exécution sans jugements de brigands pris les armes à la main et malheureusement parfois la torture.

Le pouvoir solidement enraciné, le général peut passer à la réforme politique. Après avoit gouverné par ordonnances, il met sur pied un Etat Nouveau comparable au Portugal de Salazar ou à l'Autriche de Dolfuss.

La Charte Nationale est proclamée le 6 septembre 1935 après un plébiscite pour la forme le 2 septembre 1935. Elle met en place un Etat autoritaire où le Régent (titre conservé pour ménager l'hypothèse d'un rétablissement de la monarchie) à le pouvoir de commander les armées, possède le pouvoir exécutif avec des ministres nommés et révoqués par luit, peut légiférer par ordonnances et peut ordonner ou non des enquêtes judiciaires.

Une Assemblée est mise sur pied mais point d'élections libres. Seuls sont autorisés les candidats «n'ayant pas exercé de mandat électif ni de fonction politique sous l'Ancien Régime» ce qui exclu de facto les membres du parti libéral, du parti conservateur ou du mouvement national sarde, ces trois partis étant de toute façon interdits en janvier 1936.

Cette Assemblée à un pouvoir uniquement consultatif, les textes préparés par le gouvernement ne peuvent être amendés, l'avis de l'assemblée pouvant être ignoré par le gouvernement.

Les syndicats ouvriers et les regroupements patronaux sont interdits (loi du 17 octobre 1935) et sont remplacés par une organisation corporatiste, organisation qui ne sera jamais parfaitement installée en raison du peu d'enthousiaste des ouvriers comme des patrons.

Toujours en 1935, l'Armée Royale de Sardaigne devient l'Armée Nationale Sarde, jetant aux orties la possibilité d'un rétablissement de la monarchie au profit du prince Amédée alors âgé de 24 ans. Le général Dezorno abandonnera en 1938 le titre de Régent pour celui de «Lord Protecteur», titre qu'il portera jusqu'à sa chute en 1943.

En 1936, l'Eglise sarde est recompensée de son soutien en obtennant la signature avec la papauté d'un Concordat qui rétablit la primauté de l'Eglise dans l'enseignement, interdit l'avortement et rétablit la primauté du mariage religieux sur le mariage civil.

En 1937, la volonté de ménager l'armée en vue de la défense du territoire entraine la création de la Police Militaire, une force paramilitaire semblable à la gendarmerie française ou aux carabiniers italiens.

Sur le plan diplomatique, le général Dezorno louvoie entre les démocraties et l'Axe, donnant des gages à l'un et à l'autre. Rapidement, il est persuadé que les démocraties ne feront rien pour s'opposer aux manigences d'Hitler, se rapprochant de l'Allemagne mais se méfiant comme de la peste de Mussolini dont les discours expansionistes l'inquiète.

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Quand Hitler envahit la Pologne le 1er septembre 1939 et que la France et la Grande Bretagne déclare la guerre le 3 septembre 1939, la Sardaigne proclame sa neutralité comme pour le conflit précédent sauf que cette fois, les puissances occidentales sont beaucoup moins disposées à laisser un régime aux sympathies axiales évidentes menacer leurs communications entre les bassins occidentaux et orientaux de la Méditerranée.

De multiples vexations, des pressions importantes aboutissent le 4 juin 1940 à l'entrée en guerre de la Sardaigne qui déclare la guerre à la Grande Bretagne et à la France, France à l'agonie mais qui à encore un sacré coup de patte.


Les 8 canons de 330mm du Dunkerque pillonnèrent Cagliari

Le 8 juin 1940, la Force de Raid appuyée par le porte-avions Ark Royal bombarde Cagliari visant notamment l'aérodrome de Cagliari-Elmas et l'Arsenal, le premier subissant beaucoup plus de dégâts que le second. Les forces armées sardes ripostent mais leurs moyens sont bien dérisoires et la marine italienne peu incline à engager ses forces contre les fleurons de la Royale

Deux jours plus tard, le 10 juin, 12 Lioré et Olivier Léo 451 non escortés sont envoyés pour bombarder Cagliari mais sont interceptés par les Me109D de l'armée de l'air sarde qui au prix de trois appareils sur huit abattent deux bombardiers et endommagent gravement deux autres qui par miracle se poseront sur le ventre en Tunisie où il ne pourront servir que de réserves de pièces détachées .

La Sardaigne va assister en spectacteur au conflit qui se passe à ses portes. La faute à un manque de moyen pattant pour porter aux britanniques autre chose que des coups d'épingle. La Royal Navy se contente ainsi de quelques raids aériens menés par ses groupes aériens embarqués pour couvrir les convois de ravitaillement à destination de Malte.

Les difficultés économiques provoqués par la guerre provoquent un mécontentement de plus en plus important dans l'opinion en dépit d'une répression discrète et efficace qui à l'instar de la PIDE portugaise parvint à paralyser les volontés.

Seuls quelques maquis pauvrement équipés commencent à poser problème dans le nord-est de l'île mais comme ils ne s'attaquent pas à la «Sardaigne utile», le pouvoir central ne s'en préoccupe guère.

La situation devient délicate à l'orée de l'année 1942 quand les maquis soutenus par le SOE commencent à tendre des embuscades contre les unités de l'armée sarde et de la police militaire, provoquant de sérieux remous au sein du Conseil National, le gouvernement sarde.

Certains commencent à vouloir se rapprocher des alliés, les plus lucides étant persuadés que l'entrée en guerre des Etats Unis allait tôt ou tard se faire sentir en Méditerranée et mieux vallait être du bon côté.

Quelques contacts informels auraient ainsi été tissés à Malte entre le consul sarde à Malte et des représentants britanniques, contacts qui n'aboutirent à rien de particulier mais cela paru suffisant aux allemands pour déclencher l'opération Percival le 14 mai 1942.


Plan de Cagliari

Depuis janvier 1941, des avions allemands et italiens profitaient des installations de l'armée de l'air sarde notamment l'aérodrome de Cagliari-Elmas, les sous-marins allemands se ravitaillaient en carburant et torpilles........ .

Le 14 mai 1942 à la surprise générale des autorités sardes, 5000 soldats allemands et 7500 soldats italiens débarquèrent en Sardaigne par voie maritime mais également par voie aérienne. L'attitude de l'armée sarde est équivoque.

Si certaines unités se débandent, d'autres tentent de résister et d'autres vont appuyer les germano-italiens notamment le bataillon parachutiste qui va désarmer une compagnie d'infanterie qui tentera d'empêcher l'atterrissage des Junkers Ju52 et des Savoia-Marchetti SM.81 transportant les troupes d'invasion.

Le général Dezorno est mis devant le fait accompli même si devant le général Hacker, commandant allemand du dispositif, il nie avoir voulu réaliser un renversement des alliances.

Il obtient ainsi le maintien d'une armée sarde (4000 hommes) sans pour autant se leurrer : la Sardaigne est placée sous la tutelle de l'Allemagne et de l'Italie ce qui renforce les maquis, l'armée connaissance une évaporation des effectifs, des hommes désertant et rejoignant les maquis avec armes et bagages (où ils sont souvent fraichement reçus pour ne pas dire plus).

L'opération Toch (8 novembre 1942) marque le début de la fin pour la Sardaigne du général Dezorno qui voit l'Angleterre et les Etats Unis prendre pied en Afrique du Nord et menacer ainsi la Sardaigne qui ne peut conserver la marge de manoeuvre réduite qui était encore la sienne.

Le 10 novembre 1942, des unités de l'armée sarde se mutinent espérant une intervention des alliés qui viennent de prendre pied au Maroc et en Algérie mais il n'y aura pas d'intervention mais une terrible répression menée par la Gestapo et la S.S. Le destroyer Cagliari (type L'Adroit mod.) tente également de rejoindre l'Afrique du Nord mais il est désemparé par des batteries côtières italiennes, s'échouant à l'entrée du port.

La défaite du Deutsche Afrika Korps en mai 1943 renforce encore la menace sur la Sardaigne car les bombardiers américains et anglais ne tardent pas à frapper la Sardaigne pour affaiblir les positions de l'Axe et détourner l'attention de l'ennemi de la Sicile, le véritable objectif de l'opération «Husky».

Déclenchée le 10 juillet 1943, l'opération Husky est doublée une semaine plus tard, le 17 juillet par l'opération Alaska, un débarquement limité en Sardaigne pour provoquer l'effondrement du régime Dezorno.


Le cuirassé HMS Warspite participa à l'opération Alaska

C'est la 45ème DI américaine appuyée par la 231ème brigade d'infanterie britannique qui débarquent au matin du 15 juillet après un court mais violent bombardement mené par le cuirassé HMS Warspite, le croiseur léger USS Boise et 6 destroyers américains, couvert par le porte-avions d'escorte britannique HMS Emperor.

Les forces italiennes et sardes ne tardent pas à capituler après un baroud d'honneur alors que les allemands tentent de remonter vers le nord pour rembarquer en direction de l'Italie via la Corse.

Quelques unités de l'Armée Nationale Sarde vont tout de même résister.

A jour J+1, une compagnie d'infanterie britannique quitte les abord de l'aérodrome de Cagliari-Elmas pour s'enfoncer dans l'arrière pays. Elle est à pied appuyée par deux autos blindés, la progression n'est dans un premier temps ralentie que par le relief.

D'un seul coup l'enfer se déclenche. Les deux autos blindées sont détruites par des canons antichars de 37mm, des mitrailleuses et des mortiers aboient, provoquant de lourdes pertes chez les britanniques qui pensent être d'abord tombés sur des unités allemandes en retraite.

Il s'agit en réalité du bataillon parachutiste sarde qui va forger sa légende dans les étroits défilés des monts Corzetta. Pendant près de deux jours, subissant de lourdes pertes sans possibilité de renforts, ils vont tenir en respect 4000 britanniques pourtant appuyés par l'aviation et l'artillerie navale. Arrivant à court de munitions, ils demandent à pouvoir se rendre en bénéficiant des honneurs de la guerre. Les britanniques qui ont surnommé les paras sardes «les diables de Corzetta» acceptent.

C'est donc à pied avec leurs armes que les paras rejoignent le camp de regroupement installé sur l'aérodrome avant d'être transféré en Tunisie où ils passeront moins de deux ans, étant libérés comme convenus quand la guerre se termina en Europe.

Si la plupart rentrèrent en Sardaigne, certains déccidèrent de s'engager dans la Légion Etrangère, formant avec d'anciens Fallschirmjäger, l'ossature des premiers Bataillons Etrangers de Parachutistes (BEP).

Les paras au béret rouge ne sont pas les seuls à résister. Dans le nord, à Sassari, une compagnie du bataillon d'infanterie de marine «San Giulio» s'oppose aux paras britanniques de la 6th Airborne parachutés sur l'aérodrome et appuyés par trois destroyers Troubridge Tuscan et Tyrian (classe T armés de 4 canons de 120mm).

De violents combats ont lieu pendant toute la journée avant que le manque de munition et les tirs de l'artillerie navale n'oblige les fusiliers marins sardes à se rendre. Comme à Corzetta, les britanniques accordent les honneurs de la guerre aux bérets bleus qui seront libérés dès le 10 mai 1945.

Cette résistance permet néanmoins aux troupes allemandes (avec quelques unités italiennes) de retraiter en bon ordre vers le nord, de franchir le détroit de Bonifacio et de s'installer en Corse jusqu'en septembre 1943 quand «l'île soeur» est à son tour prise par les alliés en l'occurence ici les français bien aidés par des italiens qui venaient de changer de camp.

Le général Dezorno ne survécu pas à cette défaite. Alors qu'il venait de décoller à bord d'un Junkers Ju52 (remis en état de marche on ne sait comment) pour gagner l'Italie et mettre sur pied un gouvernement en exil, son appareil s'écrase en mer tuant l'équipage, le général Dezorno et une partie de son ancien gouvernement. Officiellement, l'appareil à été victime d'une panne mécanique mais certains avancent que l'appareil aurait pu être saboté.

C'est donc le colonel De Santi, chef d'état-major de la première région militaire qui apporte au général Bradley, la capitulation des forces armées sardes le 19 juillet, l'île étant occupée par près de 15000 anglo-américains.

A suivre : La Sardaigne moderne (1943-2010)

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Lun 16 Mai 2011, 21:22

M-La Sardaigne moderne (1943-2010)

Le 24 septembre 1943 est mis en place l'AMGOT-Sardinia (Allied Military Governement of Occupied Territories) sous la direction du général O'Connor, récément libéré par les italiens et qui s'installe dans l'ancien Palais Royal des rois de Sardaigne.


A peine libéré par les italiens, le général O'Connor est choisit comme chef de l'AMGOT-Sardinia

La première mission de l'AMGOT est de ramener l'ordre. Quelques unités militaires en rupture de banc se comportaient en bandits de grands chemins sans parler de certains maquis d'obédience communiste qui ne rêvait que de Révolution et de Grand Soir.

Ce n'est qu'en janvier 1944 que l'île pu être considérée comme totalement sécurisée bien que les alliés n'aient pas attendu cette date pour transformer la Sardaigne en point d'appui pour les opérations contre l'Italie.

L'aérodrome de Cagliari-Elmas devint la base aérienne principale des américains en Méditerranée, des bombardiers tactiques B-25 et B-26 ainsi que des bombardiers stratégiques B-24 s'y installent pour appuyer la progression des forces anglo-américaines en Italie et pilonnant les industries d'armement dans le sud de l'Allemagne.

Des chasseurs P-51 Mustang s'installent eux à Sassari pour assurer l'escorte des Liberator qui utilisent également cette base ainsi que celle d'Olbia en cas d'incident mécanique ou de dommages les empêchant de rentrer à Cagliari-Elmas.

L'arsenal de Cagliari était trop endommagé pour pouvoir accueillir des navires de guerre, la faute aux bombardements répétés et aux sabotages orchestrés par les allemands avant leur départ : destruction des grues et des portes des bassins à l'explosif, sabordage des rares navires encore intacts de la marine sarde....... .

C'est ainsi que jusqu'en mai 1945, le port de Cagliari ne tournait qu'à 30% de ses capacités, sans capacité d'entretien autre que celle offerte par un navire atelier américain et un dock flottant, le déchargement se faisant à flot à l'aide de véhicules DUKW qui gagnaient ensuite la terre pour un immense dépôt logistique implanté à l'emplacement de l'ancienne caserne de la Garde Royale détruite par les bombardement aériens alliés de l'hiver 1942/43.

La fin de la seconde guerre mondiale le 2 septembre 1945 marque le début du débat sur l'avenir de la Sardaigne. Puissance vaincue, elle ne pouvait guère se faire entendre. Si l'Italie rangée dans le camp allié à rapidement mit sous l'éteignoir ses rèves d'annexion, la France se positionna un temps pour renouer avec les mannes du général Dumas avant de comprendre que les anglais comme les américains préféraient conserver une Sardaigne indépendante.

Restait à savoir quel type de régime. La monarchie avait disparue en 1931 mais pour autant ne bénéficiait pas d'un crédit fameux auprès de l'opinion et ce en dépit des efforts du prince héritier Amédée alors âgé de 34 ans pour proposer une monarchie constitutionnelle rénovée.

Un référendum est organisé le 12 janvier 1946 avec pour question «Souhaitez vous le rétablissement de la monarchie ou l'établissement d'une république démocratique ?». A une large majorité, les sardes choisissent la république avec près de 62.7%, référendum d'autant plus représentatif que près de 84% des électeurs ont participé.

Un gouvernement provisoire dirigé par Marco Togliani, un républicain de longue date, emprisonné en 1933 et exilé depuis 1937 prend le relais de l'AMGOT lors d'une cérémonie émouvante organisée le 4 février 1946, journée choisie en 1948 comme fête nationale.


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Les débuts de la IIème République (1947-1963)

Les élections de l'Assemblée Nationale Constituante sont d'abord prévues le 17 avril 1946 mais des problèmes logistiques font que le scrutin est reporté au 8 juin puis finalement au 12 septembre. Le parti libéral reconstitué sous le nom de Parti Démocrate Sarde (PDS) et le parti conservateur devenu le Parti National restent les deux partis dominants bien qu'ils doivent faire face à la concurrence de nouveaux mouvements politiques.

Le PCS (Parti Communiste Sarde) et le PGS (Parti de la Gauche Sarde, socialiste) apparaissent après le conflit, bénéficiant pour le premier de l'aura de l'URSS alors que le second à pour faits d'armes, sa résistance politique et armée, le PGS ayant été fondé dans la clandestinité le 17 janvier 1939.

A ces quatre grands partis s'ajoutent une myriade de petits groupuscules politiques à l'existence souvent éphémères comme le Parti Républicain ou le Parti de la Liberté qui n'apparaitront que le temps d'une élection.

Les élections constituantes ont donc lieu le 12 septembre et sur les 140 députés, le PDS remporte 64 sièges, le PN remporte 32 sièges, le PGS 20 sièges, le PCS 17 sièges, le PR 4 sièges et le PdL 3 sièges. Une comité constitutionnel composé au prorata des groupes politiques se réunit et propose en mars 1947, un projet de constitution.

Ce projet fortement inspiré par le modèle américain donne un régime présidentiel avec un président élu au suffrage universel pour 4 ans nommant le ministre et ayant tout pouvoir pour nommer ses ministres qui ne sont responsables que devant lui.

Une chambre basse appelée Assemblée Nationale est élue pour 4 ans au suffrage universel, scrutin de liste proportionnel, assemblée formant avec un Sénat, le Parlement National. Le Sénat est composé de 42 sénateurs : 24 élus dans les huit provinces et 18 élus par l'Assemblée Nationale au vote des 3/5.

L'Assemblée Nationale ne peut censurer le gouvernement et le Président ne peut dissoudre l'Assemblée et en cas de conflit, le président peut apposer son véto à une décision de l'Assemblée, un véto suspensif de deux ans, un véto utilisable au maximum à huit reprises durant son mandat.

En cas de désaccord avec la politique présidentielle, l'Assemblée comme le Sénat peuvent adresser une remontrance au président ou saisir la Cour Constitutionnelle qui peut déclarer «inconstitutionnelle» une décision du Président comme de l'Assemblée ou du Sénat.

La Cour Constitutionnelle qui siège à Sassari dans le nord du pays est composée de 9 membres, trois nommés par le président, trois nommés par l'Assemblée Nationale et trois par le Sénat. Ces juges sont inamovibles et nommés à vie.

La IIème République Sarde est un régime fédéral et l'île est divisée en huit provinces aux pouvoirs importants, une conséquence du pouvoir extrêmement centralisé et repressif de l'Etat Nouveau.


Carte des provinces de la Sardaigne

On trouve la province de Cagliari, la province de Nuoro, la province de Sassari, la province d'Oristano, la province d'Olbia-Tempio, la province de l'Ogliastra, la province de Carbonia-Iglesias et la province du Medio Campidano.

Chaque province dispose d'un conseil législatif de 21 membres élu au scrutin de liste à la proportionnelle atténuée et d'un gouverneur élu au suffrage universel, les deux pour six ans.

Ce projet est validé par un référendum organisé le 4 mai 1947, 54% de oui et une participation de 60%, le PCS ayant appelé au boycott d'un projet jugé comme «fasciste et réactionnaire, niant le droit des ouvriers et des paysans»

L'Assemblée Nationale Constituante se sépare le 5 mai 1947 et les élections présidentielles, législatives et locales sont organisées respectivement le 4 juin, le 11 juin et enfin le 17 juin.

Marco Togliani, le chef du gouvernement provisoire âgé en 1947 de 54 ans est élu à la présidence, soutenu en cela par le Parti National et le Parti Démocrate. L'Assemblée Nationale composée de 121 membres voit une majorité conservatrice élue puisque le Parti Nationale remporte 63 sièges soit la majorité absolue, reléguant le Parti Démocrate à 31 sièges, les autres parties se partageant les miettes, le Parti Communiste Sarde recueillant 14 sièges et le Parti de la Gauche Sarde 13 sièges.

Au niveau du Sénat, le Parti National est lui aussi majoritaire avec 23 sénateurs sur 42, le Parti Démocrate recueillant 12 sièges, le Parti de la Gauche Sarde 4 sièges et le Parti Communiste Sarde 3 sièges.

Le parti National entame un important travail législatif pour batir un Etat neuf et une nouvelle république.

Une première loi organique à valeur constitutionnelle abroge la majorité des lois écrites durant l'Etat Nouveau est votée par les deux chambres le 8 septembre 1947 suivie d'une seconde le 14 novembre 1947 qui met en place un nouveau système judiciaire mais conserve la Cour de Sûreté de l'Etat dont le rôle est de juger «tout crime ayant trait à l'intelligence avec une puissance étrangère, l'espionnage, le terrorisme et tout crime ayant concouru à l'affaiblissement de la nation sarde».

Le 8 décembre 1947, il s'en faut de peu que la peine de mort soit abolie en Sardaigne. L'Assemblée Nationale rejete la proposition du Parti Démocrate de Sardaigne par 64 voix contre 57 mais approuve l'abandon du garot au profit de la guilottine. (La peine de mort à été abolie en Sardaigne en 1977 mais elle à été assez peu utilisée en trente ans : 9 éxecutions capitales, toutes regroupées entre 1947 et 1967).

Le Code Napoléon dont l'application avait été suspendue en 1936 est rétablit, une commission se chargeant néanmoins de mettre au jour sa variante sarde qui n'avait pas été retouché depuis 1897. C'est encore aujourd'hui la base de la législation civile sarde, associée à plusieurs textes internationaux comme la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1948.

Plus généralement, la Sardaigne adopte la pratique jurisprudentielle chère aux anglo-saxons, donnant aux tribunaux la possibilité d'interpréter et de faire évoluer la loi.

Le Concordat de 1936 est amendé en 1949 : l'avortement reste toujours interdit (il sera partiellement légalisé en 1980 et reste sévèrement encadré), le mariage civil retrouve sa primauté sur le mariage religieux et l'Eglise perd son monopole de l'enseignement.

Sur le plan de la politique étrangère, la Sardaigne adhère à l'OTAN en 1953 après avoir été un temps tentée par le non alignement puis est admise à l'ONU dans la foulée en 1954. Menant une politique nettement pro-américaine, la République de Sardaigne est ironiquement surnomée le «51ème Etat des Etats Unis» et l'ambassadeur de France à l'ONU de suggérer en 1961 lors d'un débat sur l'Algérie à son homologue sarde «de demander son rattachement aux Etats Unis d'Amérique puisqu'il semble que la Sardaigne n'ait que l'apparence d'un état indépendant».

Cette passe d'arme provoque une brusque montée de tension entre Paris et Cagliari. L'ambassadeur de Sardaigne à Paris est rappelé pour consultations, des manifestations anti-françaises ont lieu en Sardaigne et plusieurs navires sardes se montrent fort agressifs dans le détroit de Bonifacio obligeant la France à déployer de manière ostensible une importante force navale à Ajaccio, force navale organisée autour des escorteurs d'escadre Surcouf et Kersaint, du porte-avions léger Arromanches et de deux sous-marins, les Espadon et Morse.

L'arrivée au poste de premier ministre en France de Georges Pompidou en 1962 permet de ramener un peu de calme dans les relations franco-sardes qui resteront néanmoins assez fraiches jusqu'au départ du Général De Gaulle du pouvoir en 1969.

Après deux mandats de quatre ans, Marco Togliani âgé de 62 ans décide de ne pas se représenter aux élections présidentielles de juin 1955. Son successeur est le démocrate Pietro da Francesconi âgé de 52 ans, cette élection coïncidant avec un rééquilibrage des pouvoirs.

L'hégémonie du parti National à vécu : lors des élections législatives de septembre, le Parti National perd la majorité absolu ne recueillant que 51 sièges (62 sièges aux élections de 1951) alors que le parti Démocrate augmente son poids politique avec 46 sièges (35 aux élections de 1951), le Parti Communiste récueillant 8 sièges (12 sièges en 1951) et le Parti de la Gauche Sarde receuille 16 sièges (12 sièges en 1951)

Pour la première fois, le nouveau président n'à pas en face de lui un bloc compact ce qui facilite sa politique même si le Sénat reste un bastion du Parti National.

C'est en 1958 que le président da Francesconi obtient le vote d'un amendement à la constitution interdisant un président d'effectuer plus de deux mandats consécutifs, imitant en cela les américains.

Il quitte donc le pouvoir en 1963 et remplacé par un candidat du Parti National, Angelo Togliati âgé de 65 ans mais qui ne fera qu'un mandat, sa santé chancelante ne lui permettant pas de se représenter aux élections de 1967.

Les élections législatives de 1959 confirment le déclin du Parti National qui perd sa place de premier parti de Sardaigne avec 44 sièges contre 58 sièges pour le parti Démocrate, 15 pour le parti de la gauche sarde et 4 pour le parti communiste.


Aux élections de 1963, le parti Démocrate se retrouve dans la situation du parti National entre 1947 et 1955 à savoir la majorité absolue à l'Assemblée Nationale avec 66 sièges contre 36 sièges pour le parti National, 17 sièges pour le parti de la gauche sarde et 4 pour le parti communiste.

A suivre : Une décennie agitée (1963-1973)

NdA : Je m'inquiète de n'avoir toujours pas de commentaires autre que celui d'Eagleeye Sad

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mar 17 Mai 2011, 17:35

Citation :
NdA : Je m'inquiète de n'avoir toujours pas de commentaires autre que celui d'Eagleeye

Pour l'instant, c'est très bien mais je crois qu'on attend de voir l'histoire dans son ensemble pour juger thumleft . Tu as choisi un projet minimaliste qui peut être très sympa mais va rester difficile à gérer : les forces armées devront être réduite à leur plus simple expression! Surtout qu'économiquement, il n'y a pas grand chose comme ressources et que strétégiquement, l'île n'a aucun intérêt de nos jours...
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mar 17 Mai 2011, 17:55

Merci MM40. Effectivement les forces armées sardes sont réduites (environ 10000 hommes pour l'armée de terre) ce qui à fait bizzare pour moi habitué au gigantisme de la Slavie mais c'était assez stimulant tout de même. thumright

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mar 17 Mai 2011, 18:09

10000 hommes pour 1,6 millions d'habitants, c'est énorme... 10000 pour l'ensemble des forces armées serait plus réaliste!
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mar 17 Mai 2011, 20:52

Un petit pays insulaire comme ça n'aurait-il pas intérêt à faire une quasi impasse sur l'armée de terre et concentrer ses moyens sur la marine et l'armée de l'air ? Si l'ennemi débarque, c'est déjà presque trop tard.
Quoiqu'une armée de terre peut aussi servir pour maintenir l'ordre.
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mar 17 Mai 2011, 22:34

Effectivement cela aurait pu être une possibilité mais ma Sardaigne est intégrée à l'OTAN et à certaines obligation à remplir sans parler du fait qu'elle participe à des opération de l'ONU ce qui nécessite quelques troupes au sol. Je vais poster la suite demain.

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mar 17 Mai 2011, 23:02

Pour les OPEX, deux bataillons mixtes devraient suffir. Pas besoin de former des régiments entiers.

En fait, le souci vient de deux faits majeurs :

- contexte post-1989 : donc pas de budget et pas d'ennemis
- ressources locales : même avec des conscrits, faudra pas s'attendre à beaucoup de biffins

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mer 18 Mai 2011, 17:32

Salut Claus Very Happy

Bravo pour cette nouvelle Uchronie salut thumright

J'attends la suite avec impatience

Pour MM40 : je suis confronté au même problème pour mon Royaume d'Epire.
La solution que j'ai trouvé c'est un service militaire de 2 ans pour alimenter mes forces armées de 60 000 hommes (pour 2,1 million d'habitants).
Mais, bon j'utilise la Grèce et son nationalisme comme "épouvantail" (les grecs revendiquent l'Epire, même si les relations se sont apaisées depuis la chute des "colonels" et l'entrée de la Grèce dans l'UE).
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mer 18 Mai 2011, 17:50

Je vais terminer la partie politique aujourd'hui avant la partie Economie et Culture qui sera suivit de celle consacrée à l'Armée de Terre

Une décennie agitée (1963-1973)

Cette apparente tranquilité est brusquement mise à mal par une brusque conjonction de facteurs qui vont transformer la paisible Sardaigne en un chaudron bouillonant.

En dépit d'une croissance confortable, les salariés de différentes secteurs sont mécontents, estimant ne pas recevoir une part suffisante des fruits de la croissance. A cela s'ajoute le mécontentement d'une partie de la jeunesse qui réclame un autre idéal que la société de consommation.

Le succès de la révolution castriste à Cuba donne des idées à quelques têtes folles qui imaginent reconstituer la Sierra Madre dans les montagnes de la Sardaigne. Le 5 octobre 1964, une caserne de la Gendarmerie (qui à remplacé la Police Militaire) explose près d'Olbia, victime d'un attentat d'un mystérieux «Front Révolutionnaire Uni pour la Libération du Peuple» (FRULP), attentant faisant 4 tués au sein des «forces fascistes et oppressives de l'Etat tyran».

La police antiterroriste agit vite et frappe fort, arrêtant trois semaines plus tard, quinze personnes dont plusieurs étudiants soupçonnés d'être membres du FRULP. A la suite d'un procès expéditif sans preuves accablantes, les quinze personnes sont condamnées à des peines allant de cinq à trente ans de prison.

Ces condamnations provoquent une levée de bouclier au sein de l'Université de Cagliari qui entre en rébellion le 17 décembre 1964, refusant de reconnaître l'autorité d'un gouvernement jugé autoritaire et dictatorial et s'organisant en commune populaire autogérée. De violents affrontements ont également lieu à Cagliari entre étudiants et forces de l'ordre mais également entre étudiants gauchistes et étudiants nationalistes.

Le gouvernement décrète alors l'Etat d'urgence et mobilise l'armée pour rétablir l'ordre. Les affrontements font 17 morts (douze manifestants, trois gendarmes et deux soldats) et l'université est reprise en main le 2 janvier 1965 à l'issue d'une nuit d'émeutes. L'Etat d'urgence est levé le 17 février.

A l'issue de plusieurs procès, le FRULP est décapité et sa vitrine politique, le Mouvement Révolutionnaire Sarde (MRS) est interdit par le ministre de l'Intérieur, décision confirmée en janvier 1966 par la cour constitutionnelle.

Aux élections de 1967, le Parti Nationale récolte les fruits son opposition frontale à la rébellion étudiante puisqu'il passe de 36 à 48 sièges au détriment du PDS qui passe de 66 à 54 sièges.

Le parti de la gauche sarde perd 5 sièges en passant de 17 à 12 sièges alors que le PCS disparaît de l'Assemblée Nationale. Ces élections marquent l'apparition d'un parti centriste, le Parti Radical qui pour une première élection rafle sept sièges.

Les élections présidentielles de 1967 marque l'arrivée au pouvoir de Giovanni Pizzi (parti national) élu avec 59.5% des voix devant son rival démocrate.

Il mène une politique libérale en graciant tous les condamnés à mort sous ses huit années de règne (1967-1975) mais échoue à abolir la peine de mort ou à autoriser l'avortement.

Cette politique censée calmer l'agitation étudiante est insuffisante puisqu'en imitation de leurs condisciples du quartier latin, les étudiants de l'université de Cagliari dressent des barricades le 14 mai 1968 mais comme en 1965, le pouvoir ne fléchit pas et rétablit l'ordre de manière particulièrement musclée.

L'écrasement du printemps sarde (par une analogie douteuse avec le printemps de Prague) marque une génération d'étudiants qui ne croient plus dans le processus politique et estiment que seul le terrorisme et la lutte armée peuvent changer les choses.

Le 14 janvier 1969, le gouverneur de la province d'Olbia-Tempio, Marco Materazzi est enlevé sur la route entre Olbia et Palerme à la suite d'une attaque soigneusement préparée. Après la mort de ses quatre gardes du corps, le gouverneur est enmené dans la montagne.

Son enlèvement est revendiqué par pes Fractions Armées Internationalistes (FAI) qui veulent établir la dictature du prolétariat et abattre le «capitalisme assassin».

Le président Pizzi hésite. Il aime cultiver son image de libéral et voudrait rompre avec la politique de fermeté de ses prédecesseurs mais doit tenir compte d'une opinion révulsée par cet enlèvement.

Une semaine plus tard, les FAI réclament une rançon d'un million de dollars et la libération de tous les «prisonniers politiques» emprisonnés dans les prisons sardes et pour bien appuyer cette revendication font exploser plusieurs bombes dans des lieux symboliques, attentats qui ne provoquent aucune perte humaine mais qui provoquent un fossé irrémédiable entre le gouvernement et les FAI.

Le 27 janvier après une ultime tentative de médiation roumaine, le président Pizzi annonce que les FAI seront anéanties et ne doivent s'attendre à aucune clémence de sa part. Cela signe l'arrêt de mort du gouverneur donc le corps est retrouvé le 15 février dans une voiture dans un parking public de Cagliari.

Les FAI enlèvent ensuite le 27 février, le directeur de la Banque Centrale de Sardaigne, Philippo Marigni qui est libéré par une intervention de la nouvelle unité anti-terroriste de la gendarmerie, le groupe d'opérations spéciales (GOS) après une semaine d'angoisse.

Le directeur des Acièries de Sardaigne, Marco Pangeloni à moins de chance. Victime d'un guet-apens à la sortie de Cagliari le 5 mai 1969, il est froidement exécuté par un commando de tueurs à moto qui après avoir abattu ses six gardes du corps le tue de deux balles dans la tête, le professionalisme de cette éxecution à l'opposé des tentatives plus brouillones des FAI laisse à penser que les Fractions Armées Internationalistes aient pu s'acoquiner avec le crime organisé en plein dévellopement à l'époque.

Devant la multiplication des enlèvements, l'Assemblée Nationale vote une loi de sécurité nationale qui rétablit une justice d'exception pour les terroristes et les assassins d'importantes personnalités. Les pouvoirs de la police et de la justice sont renforcés tout comme ces moyens.

Aux FAI bien connues d'obédience marxiste-léniniste s'ajoutent d'autres groupuscules d'obédience maoïstes comme les Noyaux Autonomes pour la Libération du Peuple (NALP) ou d'obédience anarcho-libertaire comme le Front de Libération des Proletaires Sardes (FLPS).

La multiplication de ces mouvements armés provoque l'inquiétude des autres pays membres de l'OTAN qui proposent discrètement au gouvernement sarde d'intervenir pour remettre de l'ordre mais le gouvernement sarde refuse nettement au nom de la souveraineté nationale.

Le service de contre-espionnage sarde à fort à faire en ces années, découvrant en octobre 1969, un complot de militaires réactionnaires voulant contrer un probable coup de force communiste.

Devant la multiplication des attentats, des affrontements urbains, le président Giovanni Pizzi doit se résoudre à proclamer l'Etat d'urgence en janvier 1970, donnant les pleins pouvoir à l'armée pour rétablir l'ordre.

Des soldats bottés, casqués et armés, montés sur de puissants blindés, un spectacle que l'on croyait réservé à l'Amérique du Sud devient tristement familliers aux habitants des villes sardes. La marine multiplie les patrouilles pour empêcher les livraisons d'armes. L'action du général De Santis est au moins efficace, le nombre d'attentats se réduisent et des opérations héliportées dans les montagnes empêchent les différents mouvements armés de respirer.

Les élections de 1971 sont un véritable plébiscite pour la fermeté. Le parti National remporte la majorité des sièges avec 66 sièges suivis à distance par le Parti Démocrate avec 34 sièges, le Parti Radical devient le troisième parti de l'Assemblée Nationale avec 15 sièges devant le PGS qui atteint son étiage historique avec seulement 6 députés.

L'Etat d'Urgence est levé en mars 1972 après 26 mois durant lesquels la vie politique (à l'exception des élections) avait été mise entre parenthèse.

Les tribunaux d'exception mis en place ont condamné 15 personnes à mort (peines graciées par le président), 150 personnes à de lourdes peines de prison et 450 à des peines plus légères sans parler de très lourdes amendes.

Il y à encore quelques attentats comme le 16 juin 1972 qui voit la destruction à l'explosif d'une villa près d'Olbia, villa appartenant à la famille Del Neri, une famille de riches industriels, attentat revendiqué par les NALP même si des doutes subsistes sur ces véritables auteurs.

Le 5 septembre 1972, le président avec l'accord des chefs des principaux partis et de l'Assemblée propose aux membres des groupes armés de déposer les armes en échange d'une amnistie, une offre valable 60 jours.

Malgré les critiques des familles des victimes des attentats, cette opération est un succès, succès renforcé par l'annonce de l'auto-dissolution des NALP en mars 1973 et des FAI en septembre 1973, seul le FLPS restant actif jusqu'à son auto-dissolution en 1981 à une époque où il était plus une vitrine «honorable» pour des gansters qu'un véritable mouvement de libération armé.

Crise et renouveau (1973-1983)

Paradoxalement, la situation politique s'apaise alors que la situation économique s'aggrave avec la crise économique causée par le premier choc pétrolier de 1973. De nombreuses usines fermes, le chomage explose........ .

Les élections de 1975 marque l'irruption d'un mouvement populiste qui surfe sur la supposée incompétence d'une classe politique, coupée du peuple. Le Front National Sarde (FNS) créé en mars 1974 rafle ainsi 6 sièges, taillant des croupières au Parti National qui dispose de 49 sièges devant le PDS avec 23 sièges talloné par le Parti Radical avec 20 sièges, les autres partis se partageant les miettes avec 9 sièges pour le PGS et 4 sièges pour le PCS qui bénéficie du congrès de La Seyne sur Mer (Var) qui tenu en juin 1975 avait marqué l'abandon du soutien à la lutte armée et du concept de dictature du proletariat.

Les élections présidentielles voit le 7 septembre 1975 l'arrivée au pouvoir du secrétaire général du Parti Radical (centre droit), Angelo Di Spaciozi, avocat de 44 ans qui fait souffler un vent de fraicheur et va tenir ses engagements à la différence de ses prédecesseurs puisqu'il obtient la suppression de la peine de mort le 14 juin 1977 (oui : 71 non : 39 abstension : 11) et la légalisation a minima de l'avortement le 5 juin 1980, pratique qui reste fortement encadrée et d'un accès peu commode.

La popularité du président rejaillit sur le Parti Radical qui devient le deuxième parti de Sardaigne aux élections législatives de 1979 avec 34 sièges derrière le Parti National (50 sièges) mais devant le Parti Démocrate (12 sièges), le Parti de la Gauche Sarde (10 sièges), le Front National Sarde (9 sièges) et le Parti Communiste Sarde (6 sièges).

Après une politique de relance plutôt timide, le président Di Spaciozi n'à pas le choix après sa réélection, il doit mener une véritable politique de rigueur, s'appuyant sur son parti mais également sur le Parti National.

Cette politique provoque un temps l'aggravation du chomage (qui passe de 8.1% en 1977 à 12% en 1980), l'explosion des déficits publics et une inflation importante (8% en 1980) mais peu à peu, l'économie sarde fait preuve d'une étonante vitalité, le chomage passant de 12% en 1980 à 8% en 181 avant de se stabiliser à 5.8% en 1983. La dette publique passe de 150 milliards de $ en 1979 (l'équivalent 70% du budget) à 30 milliards en 1983 (20% du budget), le déficit budgétaire chronique de 1972 à 1980 laisse la place à l'excédent en 1983.


La Sardaigne aurait pu intégrer la CEE mais en 2011, elle reste toujours à l'écart de la construction européenne

La belle santé de l'économie sarde lui permet de se passer d'une adhésion à l'Union Européenne alors que certains partis étaient prêts à adhérer.

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La Sardaigne à la conquête du 21ème siècle (1983-2010)

Les élections législatives de mai 1983 marquent la défaite des partis pro-européens. Le parti National eurosceptique parvient à obtenir la majorité absolue avec 67 sièges loin devant le Parti Radical bloqué à 24 sièges, dépassant encore le Parti Démocrate Sarde (16 sièges), le Parti de la Gauche Sarde (10 sièges) et le Parti Communiste Sarde (4 sièges), le FNS payant de ses divisions par une défaite cinglante avec aucun député au Parlement.

En dépit de sa victoire aux législatives, le Parti National perd pour la première fois depuis la naissance de la IIème République la majorité au Sénat avec seulement 19 sièges sur 42, le parti Radical remportant 10 sièges devant le Parti Démocrate Sarde avec 7 sièges et le Parti de la Gauche Sarde avec 6 sièges.

Ce revers n'empêche pas le secrétaire général du parti National, Piero Togliani _arrière petit fils de Marco Togliani_ d'être élu président le 28 juin 1983 avec 65% des voix.

Ces années sont marquées par la crise des euromissiles qui voit la Sardaigne soutenir fermement les Etats Unis dans sa volonté de déployer en Europe Occidentale des missiles balistiques à portée intermédiaire Pershing II et des missiles de croisière Tomahawk.


Couverture du Times consacrée à la crise des Euromissiles ("Les enjeux deviennent de plus en plus élevés). Durant cette crise, la Sardaigne apporta un soutien ferme à Washington contre Moscou.

L'économie sarde se porte encore bien mais à partir de 1985 l'effet de la politique de rigueur s'estompe, provoquant la fermeture des grandes industries de main d'oeuvre notamment dans le domaine de la mécanique et du textile, seule l'industrie minière restructurée précocément se maintien.

Cette dépression économique marque les élections de mai 1987 avec une chute du Parti National qui tombe à seulement 42 sièges alors que le Parti Radical atteint son record historique avec 36 sièges devant le Parti Démocrate Sarde qui remonte à 24 sièges, devançant le Parti de la Gauche Sarde avec 10 sièges, le Parti Communiste Sarde avec 6 sièges et le Front National Sarde avec 3 sièges.

Le Sénat passe sous le contrôle du Parti Radical avec 23 sièges sur 42 devant le Parti National avec 12 sièges et le Parti de la Gauche Sarde avec 7 sièges.

Eclaboussé par plusieurs scandales personnels (relation suivie avec une prostituée) et financiers (soupçons de corruption), le président Togliani décide de ne pas se représenter aux élections présidentielles qui marque l'arrivée au pouvoir pour la première fois d'un président de «gauche» en l'occurence, Mario Tardi du Parti de la Gauche Sarde (PGS) avec 54% des voix.

De sensibilité pro-européenne, le président Tardi est persuadé que la Sardaigne est mûre pour adhérer à la CEE. Il décide d'organiser un référendum (pratique non prévue dans la constitution) qui à lieu le 4 février 1988. Le résultat est clair : les sardes votent non à 54% avec un excellent taux de participation de 85%.

Sur le plan économique, la Sardaigne dévellope les nouvelles technologies encore balbutiantes, tournant le dos aux industries de main d'oeuvre, l'industrie minière était marginale aujourd'hui dans le secteur secondaire. Elle améliore ses infrastructures et mène une politique fiscale comparable à celle de l'Irlande pour attirer les sociétés.

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La chute du mur de Berlin, l'implosion des démocraties populaires et la fin de l'URSS surprend la classe politique sarde habituée à voir l'ennemi à l'est.

Les élections législatives de 1991 marque un véritable statu-quo avec 44 sièges pour le Parti National, 38 pour le Parti Radical, 23 pour le Parti Démocrate Sarde, 10 pour le Parti de la Gauche Sarde, 5 pour le Parti Communiste Sarde et 1 pour le Front National Sarde.

En dépit de résultats favorables au centre-droit, le président de gauche Marco Tardi est réélu à la présidence avec 52% le 17 septembre 1991 mais le 4 janvier 1993, il succombe à une crise cardiaque lors d'un conseil des ministres.

L'interim est assuré par le président du Sénat comme le prévoit la constitution suivant un amendement de 1979. Les élections organisées le 8 mars 1993 voit la victoire de Filipo Magni, secrétaire général du Parti Radical avec 51% des voix, le score le plus faible depuis les premières élections présidentielles sardes.

Ces élections se font dans un contexte tendu. La crise économique qui frappe l'Europe depuis le début de la décennie atteint la Sardaigne qui retrouve des chiffres digne de la crise des années soixante-dix avec 11% de chomage, 9% d'inflation et des déficits préoccupants.

La Sardaigne après moultes hésitations est obligé de faire appel au FMI qui impose une cure d'austérité dont la Sardaigne aura du mal à se relever mais les bases de l'économie sarde étant saines, la Sardaigne retrouve au début des années 2000 une croissance de 4%, une inflation ridicule de 1% et un excédent budgétaire de 15 millions de livres sardes par an.

Plus encore que le contexte économique c'est le contexte sociétal qui s'impose dans la campagne électorale de 1995 notamment les questions d'insécurité et d'immigration.

L'arrivée au milieu des années quatre-vingts d'immigrés nord-africains notamment marocains et algériens, généralement des travailleurs agricoles provoqua quelques crispations dans une société qui était peu habituée tant à l'émigration qu'à l'immigration.

Plusieurs faits divers vont défrayer la chronique comme le meurtre d'un viticulteur sarde de Sassari par deux de ses ouvriers agricoles en novembre 1993 et que l'enquête ait montré que la victime s'était conduite comme un véritable négrier ne changera rien à la tension qui régna à Sassari durant toute l'année 1994. Avoir le faciès un peu bronzé dans la deuxième ville du pays allait poser certains problèmes. Encore aujourd'hui, Sassari n'est pas la ville la plus appréciée par les populations étrangères.


Et ce n'est pas l'affaire Marie-Ange Nataldi qui allait arranger les choses. Marie-Ange est une petite fille de douze ans, violée et assasinée à Cagliari en janvier 1995. Le coupable est un sans-papier marocain récément arrivé.

De véritables émeutes raciales secouent la ville, la police débordée doit tirer à balle réelle faisant 4 morts parmi les émeutiers dont beaucoup profitaient du chaos pour piller sans aucune considération pour la famille de la victime qui avait appelé au calme et à la dignité

Les élections du 7 mai 1995 sont encore favorables au parti national qui à musclé son discours sur l'insécurité et l'immigration. Il remporte ainsi 50 sièges contre 32 pour le parti Radical et si le Parti Démocrate Sarde reste stable avec 23 sièges, le Front National Sarde passe de un à six sièges, profitant de la désaffection des classes populaires pour le PGS qui perd deux sièges de dix à huit et pour le PCS qui passe de cinq à deux soit une perte de deux sièges.

En juin 1997, le président Filipo Magni est réelu pour un deuxième et dernier mandat de 4 ans. Sa vision «libérale» _gauchiste disent ses détracteurs_ se heurte à un Parti National qui à clairement basculé à droite, tenant une ligne dure et conservatrice en matière sociétale mais plutôt libérale en terme économique. Les frictions sont nombreuses mais le président ne pouvant se représenter, le Parti National se sent le vent en poupe.

Néanmoins, cette politique finit par indisposer les plus modérés et on assiste en janvier 1999 à la naissance du Parti Républicain, un parti de centre droit qui va bientôt entré en opposition avec le Parti Radical, ce dernier se rapprochant du Parti Démocrate Sarde au point que les deux partis fusionnent donnant naissance au Parti Radical Démocrate et que le Parti Communiste Sarde devient le Parti de la Nouvelle Gauche ou PNG.

La recomposition du paysage politique à des conséquences des les élections de juin 2001. le Parti National passe de 50 à 29 sièges alors que le Parti Républicain nouveau venu fait une percée remarquable avec 25 sièges alors que le Parti Radical Démocrate ne recueille que 32 sièges ce qui est une déception puisque les deux partis à l'origine de la fusion alignaient 55 sièges dans l'Assemblée Nationale précédente. Le Front National Sarde atteint son chiffre historique de dix sièges, le PGS et le PNG se partageant les restes avec respectivement quatorze et onze sièges.

Signe que l'opinion publique sarde est plutôt tolérante, 60000 habitants de Cagliari sur une population de 140000 habitants manifestèrent en septembre 2002 pour protester contre le meurtre barbare de Barbara Sindella, une jeune sarde de 20 ans qui avait eu le malheur de tomber amoureuse d'un ouvrier marocain travaillant pour son père et qui avait été victime de ses deux frères, voulant «laver l'honneur de la famille».

Le 8 juillet 2001, Marco Tenarozzo, candidat du parti républicain est élu président avec 52% des voix battant le candidat du parti national. Menant une politique audacieuse en assouplissant notamment l'accès à l'avortement, en se montrant extrêmement ferme contre toutes les tentations communautaristes, il donne du corps au jeune parti républicain qui s'affirme comme le premier parti de Sardaigne.

Sur le plan de la politique étrangère, il prend ses distances avec les Etats Unis ce qui constitue une véritable rupture avec cinquante-cinq ans de politique étrangère. Il demande ainsi le départ de la base navale installée à la Maddalena (base effectivement fermée en 2006) tandis que les conditions d'accès au port de Cagliari sont redéfinies. Cela ne l'empêche pas d'envoyer des troupes en Afghanistan, un appui symbolique vu la taille des FANS (une compagnie de marche au sein de l'ISAF de 2002 à 2005).

Cette politique est plébiscitée par les électeurs aux élections législatives de juin 2005, le Parti Républicain devenant le premier parti de Sardaigne avec 45 députés devant le Parti Radical Démocrate (28 sièges) et surtout le Parti National (21 sièges) rattrapé par le Parti de la Gauche Sarde avec 20 sièges, le Parti de la Nouvelle Gauche retombant à 6 sièges et le Front National Sarde décridibilisé par plusieurs dérapages de ses membres retombe à un siège.

Sans surprise, Marco Tenarozzo est réélu pour un deuxième mandat de quatre ans qui s'acheva en juin 2009 sur un taux de popularité qui laisserai réveur bien des hommes politiques : 80% de bonnes opinions.

Cette popularité à rejaillit sur le Parti Républicain qui aux élections de 2009 qui voit le PR rater la majorité absolue d'un cheveux avec 58 sièges très loin devant le Parti Radical Démocrate avec 21 sièges, le Parti de la Gauche Sarde avec 20 sièges, le Parti National atteignant un score historiquement bas avec 15 sièges devant le Parti de la Nouvelle Gauche qui passe à 7 sièges alors que le FNS disparaît à nouveau de l'assemblée.

Aussi l'élection de Filipo Endroni, dauphin désigné du président Tenarozzo est tout sauf une surprise avec 57% des voix.

Quand au Sénat, le Parti Républicain ne dispose encore que de 12 sièges, le Parti National en disposant de 20 sièges, les autres partis se partageant le reste avec 8 sièges pour le PRD et 2 sièges pour le PNG.

Ces élections se sont déroulés sur un contexte de crise économique qui à dûrement frappé la Sardaigne à l'économie fortement mondialisée. Le chomage à augmenté tout comme les déficits et la dette.

A l'heure où nous écrivons ces ligne, la Sardaigne entamait des négociations pour un prêt auprès de la Banque Mondiale et du FMI tout en tentant de préserver son indépendance et la stabilité du sardon, sa monnaie nationale qui au 30 décembre 2010 valait sur le marché des changes à 8 sardons pour un euro.

A suivre : Economie et Culture

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Dernière édition par clausewitz le Mer 18 Mai 2011, 18:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mer 18 Mai 2011, 18:29

Je me trompe ou il manque la période 1963-1973.
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mer 18 Mai 2011, 18:33

LaurentV a écrit:
Je me trompe ou il manque la période 1963-1973.

Embarassed C'est corrigé Embarassed

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mer 18 Mai 2011, 20:23

Citation :
Un petit pays insulaire comme ça n'aurait-il pas intérêt à faire une quasi impasse sur l'armée de terre et concentrer ses moyens sur la marine et l'armée de l'air ? Si l'ennemi débarque, c'est déjà presque trop tard.

Pas tout à fait d'accord, un petit pays comme ca ne pourra jamais rivaliser avec les flottes navales et aériennes d'un de ses gros voisins, d'où l'importance d'avoir une force terrestre suffisante pour tenir tête aux troupes ennemies qui débarqueront (par mer ou par air, voir les deux à la fois). En plus le relief de la Sardaigne se prête bien à des opérations défensives, des forces relativement légères avec un bon armement antichar (missiles portables, lance-roquette) et appuyé sur des fortifications à la suisse pourraient tenir tête à des forces bien plus nombreuses et mieux armées.
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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Mer 18 Mai 2011, 21:07

Tu pourrais effectivement t'inspirer des ordres de bataille autrichiens et finlandais des années 1980. Avec une composante professionnelle pour l'action immédiate, et des unités de réserve plus ou moins activées et plus ou moins locales, en cas de besoin.

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MessageSujet: Re: La Sardaigne [Terminée]   Jeu 19 Mai 2011, 11:53

3°) ECONOMIE ET CULTURE

A-Economie

Un sous-sol et un sol riche pour une île méditerranéene

Si de nombreux envahisseurs ont voulu conquérir la Sardaigne c'est à la fois pour sa position stratégique au milieu du bassin occidental de la Méditerranée mais également pour la richesse de son sous-sol.


Chevalet de la dernière mine de charbon de Sardaigne fermée en 1987 : Carbonia

C'est ainsi que la géologie à donné à la Grande Ile et notamment à sa partie nord-est de riches veines charbonnières qui précocément exploitées (1750) à permis le dévelloper d'une petite industrie jusqu'à leur fermeture progressive dans les années quatre-vingt, la dernière mine fermant en 1987.

Des mines de fer ont également été exploitées dès l'Antiquité mais ont été épuisées dès le milieu du 19ème siècle, pénalisant le décollage industriel de la Sardaigne qui fût obligée d'importer du minerai de fer de France, d'Espagne ou même d'Italie.

On trouve également quelques petites mines cuivre, d'or, d'aluminium et de plomb dans le sud-ouest de l'île qui exploitées depuis le milieu des années soixante-dix permettent à la Sardaigne de profiter à plein de la flambée régulière du prix des matières premières.

Dans les années soixante plusieurs campagnes de prospection ont pu laisser espérer la découverte de riches champs pétrolifères et gaziers notamment au large de la côte orientale de l'île mais au final la Sardaigne ne devint jamais une nouvelle Ecosse ou un emirat du Golfe.

La Sardaigne doit donc importer la totalité de son brut puisqu'elle dispose d'une importante raffinerie intégrée au Nouveau Port de Cagliari qui lui permet de fournir à son économie suffisament d'essence et de produits parapétroliers en transformant du brut venant du Sahara algérien (55%), du Caucase (30%) et en partie du Golfe Persique (15%).

*
**

En dépit de contraintes géologiques et climatologiques, la Sardaigne peut se targuer de n'avoir jamais connu de famines massives grâce à une agriculture suffisamment dévellopée pour qu'elle soit considérée dans l'Antiquité comme l'un des greniers à blé de l'Empire romain.


Chariot traditionnel sarde

Si la culture du blé pouvait constituer une quasi-monoculture dans le sud et le sud-ouest de l'île, les autres régions préféraient la polyculture suivant la triade méditerranéene du blé, de l'olive ( cueillette de l'olive sauvage puis culture de l'olive à partir du 16ème siècle) et du vin, le vignoble de Sassari produisant encore aujourd'hui un blanc sec très réputé.

La région d'Olbia est réputée pour sa production d'agrumes qu'il s'agit d'oranges ou de citrons sans parler de la culture du crocus printanier à la base d'une épice fort rare donc fort chère, le safran.

L'élevage n'est pas absent, les espaces peuplés du centre de l'île bien qu'escarpés ont permis le dévellopement de l'élévage certes point de l'élévage bovin mais de l'élévage ovin (mouton) et caprin (chèvre) ainsi que de l'élevage porcin (porc), ces trois espèces se contentant d'une alimentation pauvre. Voilà ce qui explique peut être l'appétance des sardes pour le fromage de chèvre et la charcuterie

Dévellopement et aménagement : l'oeuvre du sieur de Pommiers

L'île est riche mais bien peu mise en valeur entre la chute de l'Empire Romain et le 19ème siècle, les différents conquérants et autorités politiques sardes se contentant de parer au plus presser et d'exploiter l'île en la pressurant sans chercher à en faire fructifier les atouts.

Il y à bien quelques tentatives mais elles sont bien peu de choses à comparer avec l'oeuvre monumentale du sieur de Pommiers, préfét de Sardaigne qui va sortir l'île du «Moyen Age».

Il améliore d'abord les infrastructures. Imprégnée des idées des physiocrates du XVIIIème siècle, il fait désenclaver des régions entières en construisant des kilomètres et des kilomètres de route, appuyés par des ingénieurs du Corps des Ponts et Chaussés. Il impose également aux propriétaires l'entretien de chemins vicinaux et de passerelles, n'hésitant pas à saisir les terres d'un propriétaire récalcitrant.


Panorama de Cagliari aujourd'hui

Il modernise le port de Cagliari qui prend définitivement le pas sur Porto Torres comme premier port de l'île, les quais en pierre sont relevés et agrandis, des grues à vapeur sont installées, des entrepôts aménagés.

Il modernise également l'agriculture. Si pour des raisons politiques, il abandonne l'idée d'une réforme agraire, il fait saisir les biens des nobles exilés sur en Italie et les afferment à des bourgeois de la ville qui prennent le nom d'intendant.

Il encourage la viticulture et l'oléiculture, favorisant ainsi la naissance à côté d'une agriculture vivrière d'une agriculture spéculative, exportant largement en Italie, en France et même en Grande Bretagne où le blanc de Sassari devint une boisson de choix.

Il favorise également le dévellopement d'une primo-industrie. Certes une industrie rudimentaire et quelques manufactures existaient déjà depuis le milieu du XVIIIème siècle mais les efforts de quelques entrepreneurs visionnaires n'étaient guère encouragés par les autorités piémontaises.

Outre une fiscalité avantageuse, le sieur de Pommiers qui reçut bien vite le surnom de «Roi de Sardaigne» organise plusieurs expositions de produits industriels. L'extraction minière se dévellope ainsi que le textile, des manufactures apparaissant à Cagliari en dépit d'un marché national étroit, de perspectives à l'exportation peu affolantes et l'opposition des Metiers.

La monarchie si elle est moins entreprenante qu'Antoine de Pommiers continue sur cette lancée, les besoins de la petite cour favorisant notamment l'industrie du luxe qu'il s'agisse de tissus précieux, de bijouterie, de véroterie ou de porcelaine.

Une industrie fragile mais adaptable

La crise de 1840 frappe la Sardaigne alors que l'île devenait une «puissance» industrielle dont la richesse suscitait bien des convoitises.

Devant exporter massivement, les entreprises sardes ont pris beaucoup de risques et même trop de risque, de nombreuses petites unités de production quasi-familliales devant cesser toute activité. Le chomage augmente tout comme les miséreux, faisant le lit des républicains qui exploiteront cette misère pour s'emparer du pouvoir.

La reprise économique dans les années 1850 améliore grandement la situation, le textile confortant sa première place dans le secteur secondaire devant l'extraction minière et la métallurgie handicapée par l'absence de houille de bonne qualité et de minerai de fer, deux matières devant être importés ce qui n'améliore pas la compétitivité des entreprises sardes qui peuvent bénéficier pourtant d'une main d'oeuvre bon marché.

Sur le plan des transports, le chemin de fer fait son apparition en 1865 seulement en raison d'un relief ingrat. Le réseau sera d'ailleurs très limité avec une ligne Cagliari-Sassari, une ligne Sassari-Olbia et une ligne Cagliari-Olbia, laissant la Sardaigne de l'intérieur sans connexion mais vu sa faible population, l'intérêt de ligne traversant la Sardaigne de part en part était de toute façon ténue.

Dans les années 1880, une nouvelle activité apparaît : le tourisme. De riches anglais prennent ainsi l'habitude de passer l'hiver dans le nord de la Sardaigne, entrainant le dévellopement d'une hotelerie de luxe notamment dans la région d'Olbia et de Sassari.

C'est également à la même période que commence le dévellopement de l'industrie chimique notamment à l'ouest de Cagliari, industrie d'abord liée aux besoins en colorants de l'industrie textile.

Bien vite, à l'orée du 20ème siècle, elle base son dévellopement sur le pétrole, produisant les produits nécessaires à une industrie mécanique qui se dévellope dans l'est de l'île.

Comme dans tous les pays, la crise de 1929 frappe la Sardaigne d'autant que l'industrie était très liée à l'exportation et ce n'est pas un hasard si le régime dictatorial du général Dézorno est apparu en 1931 alors que la crise atteignait son paroxysme avant qu'une politique d'autarcie (dévellopement des ersatz et du carburant synthétique) et de mise au travail systématique des chomeurs (asséchement de marais mais surtout construction de fortifications) ne dope l'industrie.

La Seconde Guerre Mondiale provoque comme partout une crise importante notamment liée au manque de main d'oeuvre, à l'action des maquis contre «les exploiteurs» et les bombardements alliés.

L'après guerre

Comme le reste de l'Europe, la reconstruction génère en Sardaigne une très importante croissance. Si l'industrie textile se restructure et se modernise, l'industrie mécanique est dopée par le dévellopement à dire vrai modeste de l'automobile en Sardaigne.

Le constructeur national Volgoda créé de toutes pièdes par la dictature en 1937 pour la fabrication de matériel militaire ne survit pas à l'échec de sa voiture V6 et doit se placer en situation de faillite en 1962. Aujourd'hui, l'industrie mécanique est sarde est présente dans l'outillage industriel et la mécanique de précision, sa seule présence de la secteur automobile est liée à la sous-traitance, les PME sarde livrant une guerre acharnée avec les pays d'Europe de l'est.

L'industrie metallurgique reste comme avant guerre modeste faute de ressources autochtones abondantes ce qui n'empêche le dévellopement à Porto Torres d'un complexe metallurgique qui permet à la Sardaigne de produite la totalité de la fonte et de l'acier dont elle à besoin.

L'industrie chimique reste également une valeur sure, des installations modernisées permettent à Sardinia Chemical Industries (SCI) d'occuper au milieu des années soixante le cinquième rang mondial dans la chimie fine.

L'industrie minière nationalisée au sortir de la guerre connait elle un lent déclin, les dernières mines de charbon fermant en 1987, la dernière mine de fer issue d'une veine découverte seulement en 1920 ferme en 1988 et aujourd'hui, seules des mines de métaux précieux comme l'or, le zinc et le titane sont exploitées dans le nord-est de l'île.

A partir des années cinquante, un nouveau secteur dope l'économie sarde : le tourisme. Aux riches anglais des années dix-huit cent quatre-vingt succèdent une clientèle nettement plus populaire notamment sur la côte occidentale de l'île. Quelques stations haut de gamme apparaissent dans la région d'Olbia et sur l'île San Pietro au sud-ouest.

Certaines portions de la côte sarde connaissent le sort de Benidorm et se transforment en zone de cages à lapin pour touristes allemands et scandinaves.

Fort heureusement, une prise de conscience intervient en 1977 et pour éviter le saccage des côtes, on décide de protéger certains secteurs du littoral déclarés inconstructibles et les nouvelles constructions touristiques prennent davantage en compte le paysage sans parler de l'évolution des goûts et des attentes des clients.


Photo aérienne de la partie civile de la zone aéroportuaire de Cagliari-Elmas

Le dévellopement du tourisme favorisé par la constructions d'infrastructures modernes de transport (extension et modernisation de l'aéroport de Cagliari, aménagement de gares maritimes à Olbia, Cagliari et Porto-Torres, modernisation du réseau ferroviaire) va de paire avec le choix des nouvelles technologies.

La Sardaigne comprend que ses industries de main d'oeuvre sont à moyen terme condamnées et met le paquet sur les nouvelles technologies qu'il s'agisse de la fibre optique, de l'informatique prennant une avance conséquente sur les autres pays européens au point d'hériter du surnom de «Silicon Island» par analogie avec la Silicon Valley en Californie.

En 2010, l'industrie représente 25% de la population active et produit environ 40% du PNB sarde, le secteur secondaire de la grande île reposant sur l'industrie mécanique, l'industrie chimique et le textile.

Le secteur tertiaire emploi 70% de la population avec le tourisme et les services aux entreprises comme secteur de pointe. Quand au secteur primaire, il représente 5% de la population active.

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