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 FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT

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clausewitz
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MessageSujet: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 15:57

TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT
(FRANCE)


Le torpilleur Basque alors intégré à la 5ème division de torpilleurs

INTRODUCTION

Une marine usée et vieillissante

Le 11 novembre 1918, les puissances de l'Entente sortent victorieuses de plus de quatre ans de conflit qui dévasta l'Europe. Ce «premier suicide collectif de l'Europe» provoqua la mort de 9 millions d'hommes sans parler des morts indirectes qu'il s'agisse des mutilés ou de la grippe espagnole qui fit vingt millions de mort car frappant des corps affaiblis par les privations.

La France avait supporté l'essentiel de la lutte contre les Empires Centraux, un quart de son territoire avait été occupé par les allemands, des régions entières dévastées et elle avait soutenu grandement ses alliés qu'il s'agisse de la Grande Bretagne (quarante divisions envoyées pour soutenir les anglais mis en difficultés par l'offensive de Ludendorff au printemps 1918), de l'Italie (plusieurs divisions envoyées après le désastre de Caporetto) sans parler du front balkanique avec le soutien de l'armée serbe notamment.

Si l'armée de terre française sortait du conflit couverte de gloire avec ses poilus héroïques, la Royale ne pouvait malheureusement pas en dire autant.

Quand elle entre en guerre en août 1914, la marine nationale n'est absolument pas prête. Elle manque de patrouilleurs et d'escorteurs (bien que les possibilités réelles du sous-marin soient encore mal connues) et surtout de croiseurs légers l'obligeant à utiliser ses croiseurs cuirassés pour surveiller le détroit d'Otrante et escorter ses convois bien que ces navires soient trop gros et trop lents pour cette mission.


Le croiseur cuirassé Edgar Quinet

Ses cuirassés sont anciens ou inférieurs aux réalisations étrangères (Courbet) et ses torpilleurs sont trop petits pour combattre efficacement en haute mer obligeant l'amirauté à réquisitionner des torpilleurs en construction pour l'Argentine.

Ce n'était pourtant pas faute d'avoir voulu corriger le tir puisqu'un grand programme naval avait été voté le 30 mars 1912 qui prévoyait une marine composée de 28 cuirassés d'escadre, 10 éclaireurs d'escadre,52 torpilleurs de «haute mer», 10 bâtiments pour divisions lointaines et 94 sous marins.


Projet non réalisé du convoyeur d'escadrille (es-ce un autre nom pour les éclaireurs d'escadre prévus au programme de 1912)

Naturellement, ce programme est stoppé par le déclenchement du conflit. Les Arsenaux sont mobilisés pour satisfaires les besoins colossaux de l'Armée de Terre, stoppant les constructions neuves, se limitant à l'entretien (d'autant plus important que la moyenne d'âge de la flotte était assez élevé en 1914), les seules constructions étant celles imposées par les coupes sombres provoquées par les U-Boot dans les convois transatlantiques et transméditerranéens : cannonières, patrouilleurs, avisos, dragueurs......... .

Le 1er janvier 1914, la marine nationale dispose de 690000 tonnes de navires plus 257200 tonnes en construction soit 947200 tonnes. Le 11 novembre 1918, la Royale dispose encore de 652100 tonnes de navires en service plus 129600 tonnes en construction soit 781700 tonnes.

Cet important tonnage ne doit pas faire illusion. La majorité des unités est hors d'âge et maintenue en service faute de mieux. Les équipages qui ont payé un lourd tribu à la guerre (quatre cuirassés, cinq croiseurs cuirassés, treize contre-torpilleurs, trois torpilleurs et onze sous-marins coulés) ont le sentiment de voir leurs sacrifices non reconnus.

Ajouter à cela les fatigues et la lassitude de quatre ans de guerre et vous comprendrez pourquoi plusieurs bâtiments français sont secoués par des mutineries que ce soit en mer Noire mais aussi à Toulon ou à Bizerte.

Reconstruire une marine : l'oeuvre de Georges Leygues

Quelle marine pour la France ?

De 1919 à 1922, le tonnage de la marine nationale baisse de manière significative avec seulement 485800 tonnes en service au 31 décembre 1921. Elle à bien hérité d'anciens navires allemands et autrichiens (cinq croiseurs légers, dix torpilleurs et dix sous-marins) mais ces navires sont aussi efficaces qu'une emplâtre sur une jambe de bois : elles permettent aux marins français d'assurer leurs missions et de désarmer des unités à bout de souffle mais ne sont qu'une solution transitoire.

C'est une nouvelle marine qu'il faut mettre sur pied. La logique aurait voulu que l'on reprenne le programme de 1912 mais cette logique se heurte aux réalités : l'économie du pays est à reconstruire et la France n'à plus moyens pour cette ambitieux programme.

De plus le 6 février 1922 le traité de Washington reléguera la France au rang de puissance navale secondaire en accordant à l'Italie la parité avec son voisin transalpin. Cette conférence à abouti également à la suspension de la construction de cuirassés bien que la France reçoive la possibilité de construire deux cuirassés durant la Battleship Holiday (1922-1936) en 1927 et 1929 ainsi que la reconstruction des Courbet des Bretagne.

Reconstruire une marine ce n'est pas simplement accumuler les navires, c'est également décider d'une stratégie et d'une doctrine d'utilisation, seules elles peuvent aboutir à une flotte cohérente adaptée aux missions envisagées (mais qui ne se produisent jamais) pour un futur conflit.


Georges Leygues, le père du renouveau de la marine nationale après guerre

Par chance, la marine française va bénéficier de la vigilance attentive d'un homme : Georges Leygues. Venu pourtant d'un département où les choses de la mer sont peu courantes (le Lot), ce député radical, ministre de la marine quasiment sans interruption de 1917 à sa mort en 1932 va façonner une marine adaptée aux missions, aux menaces et aux capacités financières de la France.

L'ennemi probable n'est pas l'Allemagne mais l'Italie qui (re)devient un rival de premier plan en Méditerranée, réclamant à mots plus ou moins couverts selon les époques la Corse, Nice et la Savoie, la Tunisie et Djibouti.

Le corps de bataille de la Regia Marina restant modeste (cinq cuirassés : le Dante Alighieri Conte de Cavour Giulio Cesare Andrea Doria Caio Duilio), la différence va se faire sur les unités légères qu'il s'agisse des croiseurs, des contre-torpilleurs et des torpilleurs d'escadre.

Les deux missions principales sont la protection des voies de communication entre la Métropole et les possessions nord-africaines et la défense des côtes et la stratégie adoptée est celui de raids brefs et puissants depuis Toulon, Mers-El-Kébir et Bizerte nécessitant des navires rapides, bien armés mais dont le rayon d'action ne sera jamais le point fort ce qui posera des problèmes pour les missions d'escorte et la chasse aux raiders allemands dans l'Atlantique.

En 1914, l'Etat Major Général publie un document intitulé Tactique provisoire pour les torpilleurs qui donne pour principale mission aux torpilleurs l'attaque des forces de surface ennemies qu'il s'agisse des éclaireurs ennemis (au canon) de soutenir les cuirassés dans leur combat contre leurs homologues ennemis (à la torpille) et de protéger les cuirassés amis des torpilleurs ennemis.

Les réflexions déjà engagées et les leçons du conflit aboutissent à deux documents de synthèse publiés les 25 février et 12 mars 1919 mais les grandes lignes étaient déjà établies à savoir l'attaque au canon et à la torpille des forces de surface ennemies.

Un premier avant-projet est présenté en avril 1920 qui donne un torpilleur de 1350 tonnes, filant à 33 noeuds, un rayon d'action de 3000 miles nautiques à 15 noeuds et un armement composé de quatre canons de 100mm, deux de 75mm contre-avions et deux à trois jumelages lance-torpilles.

Le Conseil Supérieur de la Marine demande un armement plus important, un pièce d'un calibre intermédiaire entre 100 et 138.6mm. Après avoir envisagé un canon de 120mm, on se rabat sur une version allégée de la pièce existante de 130mm. Le déplacement du torpilleur est alors porté à 1425 tonnes. Le projet définitif est adopté le 9 décembre 1921 aboutissant à des navires de 1455 tonnes.

Le 13 janvier 1920, le ministre de la Marine Georges Leygues dépose sur le bureau des Assemblées un projet de loi dit «Projet 171» qui prescrit l'arrêt définitif de la construction des cinq cuirassés de classe Normandie, la construction de six éclaireurs d'escadre et de douze torpilleurs éclaireurs. Ce projet n'est pas adopté car Georges Leygues perd son portefeuille de ministre.

Par lettre des 17 et 18 juin 1920, le ministre Adolphe Landry demande qu'on amende le projet 171 en ajoutant 12 sous marins (6 de 550 tonnes et 6 de 1100 tonnes), modification acceptée par la Commission de la Marine Militaire. Ce projet est encore amendé en 1921 par Gabriel Guist'hau, ministre de la Marine qui comprend 6 croiseurs de 8000 tonnes, 12 contre-torpilleurs de 2400 tonnes, 12 torpilleurs de 1455 tonnes, 36 sous marins de 550 à 1100 tonnes et la transformation de l'ancien cuirassé Béarn en porte-avions.


Le croiseur léger Duguay Trouin (et ses deux sister-ship) (ci-dessus) et le contre-torpilleur Tigre (avec ses cinq sister-ship de classe Jaguar) symbolisent la reconstruction de la Royale

Ce projet est adopté en principe mais il est volontairement limité aux constructions absorbables immédiatement par les Arsenaux et l'Industrie (la construction navale privée) soit 3 croiseurs légers(Duguay-Trouin Lamotte-Picquet Primauguet), 6 contre-torpilleurs (Jaguar Panthère Lynx Tigre Chacal Léopard), 12 torpilleurs, 12 sous marins et la transformation du cuirassé Béarn en «bâtiment d'aviation d'escadre».

Après deux ans de tergiversations, la première tranche du Programme naval est définitivement votée par le Sénat le 18 mars 1922. Cette tranche finance donc la construction des douze premiers torpilleurs modernes de la marine nationale : la classe Bourrasque.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:14

Classe Bourrasque


Le torpilleur Bourrasque

-Le Bourrasque est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) à Dunkerque le 12 novembre 1923, lancé le 5 août 1925 et admis au service actif le 23 septembre 1926. Il est coulé le 30 mai 1940 au large de Dunkerque par une batterie côtière allemande mais une mine pourrait être aussi à l'origine du naufrage


Le torpilleur Cyclone en 1933

-Le Cyclone est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) au Havre le 29 septembre 1923 lancé le 24 janvier 1925 et admis au service actif le 25 juin 1928. Gravement endommagé par une torpille le 30 mai devant Dunkerque, le torpilleur amputé de sa proue jusqu'à la pièce I de 130mm est mis au bassin Tourville de l'Arsenal de Brest pour réparations. Incapable de quitter le port de Ponnant quand les allemands arrivent aux portes de la ville, il est sabordé. L'épave sera retrouvé après guerre dans la darse du château et démantelée.


Le torpilleur Mistral en 1938

-Le Mistral est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) au Havre le 28 novembre 1923, lancé le 6 juin 1925 et admis au service actif le 21 janvier 1928. Réfugié en Grande Bretagne, il est saisi par la marine britannique le 3 juillet 1940 dans le cadre de l'opération Catapult et utilisé pour des escortes côtières avec un armement anglais. Restitué à la France le 24 août 1945, il est rapatrié à Cherbourg en mai 1946 avant d'être transferé à l'été 1947 à Landevennec. Il est condamné le 17 février 1950 et vendu à la démolition le 5 décembre 1952, le démantelement ayant lieu dans le port de commerce de Brest à partir du 8 janvier 1953.


Le torpilleur Orage

-L'Orage est mis sur cale aux Chantiers Navals Français (CNF) de Caen le 20 août 1923 lancé le 30 août 1924 et admis au service actif le 19 janvier 1927. Participant à l'opération Dynamo, il est coulé par des avions allemands le 24 mai 1940.


Le torpilleur Ouragan

-L'Ouragan est mis sur cale Chantiers Navals Français (CNF) de Blainville le 7 septembre 1923 lancé le 6 décembre 1924 et admis au service actif le 15 septembre 1927. Réfugié en Grande Bretagne en compagnie du Mistral et tout comme lui saisi le 3 juillet 1940, il est réarmé par la marine polonaise libre pour peu de temps, les avaries techniques limitant sa disponibilité. Il passe donc la majorité du conflit (avril 1941-mai 1945) comme dépôt des équipages à Portsmouth. Remorqué à Cherbourg en septembre 1945 puis au troisième trimestre 1947 à Landevennec. Il rayé le 7 avril 1949 puis vendu à la démolition le 1er mars 1950 et promptement démantelé.


Le torpilleur Simoun en 1945

-Le Simoun est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 8 août 1923 lancé le 3 juin 1924 et et admis au service actif en décembre 1926. Réfugié en Afrique du Nord après l'armistice de juin 1940, il est endommagé lors de Torch mais est remis en état aux Bermudes pour lui permettre de reprendre le combat notamment au sein de la Flank Force. Mis en réserve normale à Cherbourrg au printemps 1946, le Simoun est ensuite remorqué au troisième trimestre 1947 à Brest et mouillé à Landevennec. Il est rayé des registres le 17 février 1950 et vendu à la démolition le 23 avril 1952.


Le torpilleur Siroco

-Le Siroco est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët le 15 mars 1924 lancé le 3 octobre 1925 et admis au service actif le 5 février 1928. Participant aux premières opérations de la seconde guerre mondiale, crédité de la destruction de trois sous-marins (aucun en réalité n'à été coulé), le Siroco participe à l'opération Dynamo au cours de laquelle il est coulé le 30 mai 1940 par les S-Boot.


Le torpilleur Tempête

-La Tempête est mise sur cale aux Anciens Chantiers Dubigeon sis à Nantes (quartier Chantenay) le 3 décembre 1923 lancé le 21 février 1925 et admis au service actif à la fin de 1926. Le torpilleur participe aux premières opérations du second conflit mondial, se réfugiant en Afrique du Nord après l'armistice. Échappant à la destruction lors du débarquement allié en Afrique du Nord, il est remis en état aux Bermudes et reprend le combat en Méditerranée. Gagnant Cherbourg le 3 février 1946 pour y être mis en réserve normale,, la Tempête est remorquée à Landevennec au troisième trimestre 1947, rayée le 17 février 1950 et vendu à la démolition le 1er août 1951.


Le torpilleur La Tornade

-La Tornade est mise sur cale aux chantiers Dyle & Bacalan installés à Bordeaux le 25 avril 1923 lancé le 12 mars 1925 et admis au service actif le 21 mai 1928. Le torpilleur participe aux opérations de la marine française jusqu'à l'armistice, étant en Afrique du Nord le 25 juin 1940. Il est coulé par les alliés lors de l'opération Torch le 8 novembre 1942.


Le torpilleur La Tramontane

-La Tramontane est mise sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) sis à Bordeaux le 29 juin 1923 lancée le 29 novembre 1924 admise au service actif le 1er janvier 1928. Elle participe aux opérations de la marine nationale jusqu'à l'armistice avant de poursuivre sa carrière en Afrique du Nord jusqu'au 8 novembre 1942 quand le torpilleur est désemparé par les alliés s'échouant à l'entrée du port d'Oran. Irrécupérable, l'épave à probablement été démolie après la guerre.


Le torpilleur Typhon

-Le Typhon est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) en septembre 1923 lancé le 22 mai 1925 et admis au service actif le 22 octobre 1928. Comme la Tramontane, le Typhon participe aux premières opérations du second conflit mondial avant de poursuivre sa carrière en Afrique du Nord jusqu'au 8 novembre 1942 où il résiste courageusement aux navires alliés avant d'être sabordé pour bloquer le port d'Oran le 9 novembre.


Le torpilleur La Trombe

-La Trombe est mise sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Harfleur le 5 mars 1924 lancé le 27 décembre 1925 et admis au service actif le 21 décembre 1927. Il participe aux premières opérations de la seconde guerre mondiale puis après l'armistice s'échappe de Mers-El-Kébir avec le Strasbourg. Mis en gardiennage d'armistice, il est saisi intact lors du sabordage de la flotte à Toulon et confié aux italiens.

Échoué près de Tarente en mai 1943, il était encore en réparations lors de l'armistice du 8 septembre 1943. Remis à la France le 25 octobre 1943, il est remis en état et reprend le combat en juin 1944 jusqu'au 17 avril 1945 quand il est gravement endommagé par un canot explosif (ou une vedette lance-torpilles italienne).

Les dégâts sont jugés trop importants pour justifier une remise en état, les seuls travaux sont ceux nécessaires à son maintien à flot. Mis en réserve spéciale le 3 juillet 1945, La Trombe est condamnée le 12 décembre 1946. Arasée au niveau du pont principal, la coque sera mise en vente à Toulon le 7 décembre 1950 et promptement démolie.



Caractéristiques Techniques de la classe Bourrasque

Déplacement : prévu 1457.850 tonneaux charge normale 1588.053 tonneaux en surcharge 1841.331 tonneaux

Dimensions : Longueur (hors tout) 105.6m (entre perpendiculaires) 99.3m Largeur maximale : 9.88m Tirant d'eau : 3.30m à l'avant et 3.80m à l'arrière

Propulsion : Les douze torpilleurs disposent de la même organisation de l'appareil propulsif avec deux groupes indépendants composés chacun d'une turbine HP (Haute Pression) à action et à réaction, d'une turbine BP (Basse pression) qui intègre une turbine pour marche arrière.

Les turbines sont alimentées en vapeur par trois chaudières multitubulaires réparties en deux salles (une dans la chaufferie avant et deux dans la chaufferie arrière). L'appareil propulsif dévellope une puissance totale de 31000ch.

Les turbines entraine deux lignes d'arbres terminées par des hélices de 3m de diamètre quadripales en laiton haute résistance. Un gouvernail

La contenance standard est de 100 tonnes de mazout mais peu atteindre 360 tonnes en surcharge

Performances : Vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable : 3000 miles nautiques à 15 noeuds mais dans la réalité, elle sera à peine supérieure à 1500 miles à 15 noeuds.

Armement d'origine : 4 canons de 130mm modèle 1919 (deux à l'avant et deux à l'arrière), un canon de 75mm antiaérien (débarqué au début des années trente) remplacé par deux canons de 37mm modèle 1925 et deux mitrailleuses de 8mm Hotchkiss modèle 1914 (remplacées par deux affûts doubles de 13.2mm en 1939/40)


Deux plate-formes triples lance-torpilles de 550mm Schneider modèle 1920 et deux grenadeurs parallèles installés à l'arrière avec six grenades par grenadeur plus quatre grenades de réserve.

A noter qu'il était prévu à l'origine quatre mortiers de 240mm Thornycroft (supprimés au tracé des plans) et une torpille Ginocchio mais ce système jamais au point ne sera embarqué que pour essais.

Drôme : une vedette à moteur de 7m, un canot à moteur de 7m, un youyou à moteur de 5m, une baleinière de 7m, un canot Berthon en toile de 3.60m, une plate de 3m

Equipage : A la construction, l'équipage se compose de 7 officiers et de 135 officiers-mariniers, quartiers-maitres et marins, effectif porté en temps de guerre à 9 officiers et 153 officiers-mariniers, quartiers-maitres et marins.


*
**

Les douze Bourrasque ne suffisent pas à combler les besoins en torpilleurs de la Marine Nationale.

La reconstitution des forces légères françaises se poursuit avec la construction de quatorze nouveaux torpilleurs financés pour les six premiers d'entre-eux à la tranche 1924, les quatre suivants à la tranche 1925 et les quatre derniers à la tranche 1926.


Le croiseur lourd Duquesne financé à la tranche 1924

La tranche 1924 votée le 12 avril 1924 finance la construction de deux croiseurs de 1ère classe (les futurs Duquesne et Tourville), de deux sous-marins de type «Redoutable» (Redoutable Vengeur) et donc de six torpilleurs de type L'Adroit (L'Adroit L'Alcyon Le Mars Le Fortuné La Palme La Railleuse). Elle est complétée par une loi du 5 août 1924 qui permet qui l'acquisition du pétrolier Kakou (rebaptisé Loire) et la commande d'un pétrolier neuf (futur Le Loing).


Le transport d'hydravions Commandant Teste financé à la tranche 1925

La tranche 1925 votée le 13 juillet 1925 finance la construction d'un croiseur de 1ère classe (futur Suffren), de trois contre-torpilleurs de type Guépard (Guépard Bison Lion), d'un croiseur de 2ème classe mouilleur de mines (le futur Pluton), de quatre torpilleurs de type L'Adroit (Brestois Boulonnais Basque Bordelais) d'un transport d'aviation (le futur Commandant Teste) d'une canonnière fluviale (future Francis Garnier), de sept sous-marins de type Redoutable (Pascal Pasteur Henri Poincaré Poncelet Archimède FresnelMonge) et des sous-marins mouilleurs de mines Saphir et Turquoise plus quatre vedettes lance-torpilles.


Le pétrolier Mékong financé à la tranche 1926

La tranche 1926 votée le 4 août 1926 autorise la construction d'un croiseur de 1ère classe inspirée du Suffren (futur Colbert), des trois derniers contre-torpilleurs de type Guépard (Vauban Valmy Verdun), des quatre derniers torpilleurs type L'Adroit (Forbin Frondeur Fougueux Foudroyant), d'un croiseur-école d'application (futur Jeanne d'Arc), d'un ravitailleur de sous-marins (futur Jules Verne), de deux pétroliers de 9600 tonnes (futurs Mékong et Niger), d'un croiseur sous-marin (futur Surcouf), de cinq sous-marin type Redoutable (Achille Ajax Actéon Achéron Argo) et d'un sous-marin mouilleur de mines type Saphir (Nautilus).

Comme vous pouvez le voir, il n'y aucune homogénéité dans les noms choisis. La première tranche reprend les noms de navires commandés par le célèbre corsaire dunkerquois, Jean Bart alors que la seconde est baptisé du nom d'habitants du territoire métropolitain qu'il s'agisse des habitants de Brest, de Boulogne, de Bordeaux et du pays Basque.

La troisième voit trois de ses navires baptisés avec des adjectifs (Frondeur Fougueux Foudroyant) mais le quatrième porte le nom d'un célèbre marin (Forbin). Cette différence à une explication savoureuse. A l'origine le torpilleur Forbin devait être baptisé Flamboyant jusqu'à ce qu'un officier précise que la plus célèbre maison de tolérance du port varois portant ce nom........ .


Sur le plan technique, les Adroit sont légèrement plus lourds que les Bourrasque. Les différences sont minimes, la DCA étant composé dès le neuvage de canons de 37mm à la place du canon de 75mm. Ils ont les mêmes qualité (bon armement principal, bonne vitesse, bonne tenue à la mer) mais également les mêmes défauts (DCA insuffisante à l'usage, rayon d'action insuffisant).

La construction des douze torpilleurs de classe Bourrasque (ou Simoun c'est selon) est répartie entre huit chantiers privés différents : Les Ateliers et Chantiers de France à Dunkerque, les Anciens Chantiers Dubigeon à Nantes, les Ateliers et Chantiers de Bretagne à Nantes, les Chantiers Navals Français à Caen, les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime sis au Trait, les Forges et Chantiers de la Méditerranée au Havre, les Forges et Chantiers de la Gironde à Bordeaux et à Harfleur et les Chantiers Dyle et Bacaln sis eux aussi à Bordeaux.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:20

HISTORIQUE

L'Adroit

L'Adroit au mouillage lors des essais

Construction

Par le marché 1321C du 12 janvier 1924, la construction du premier torpilleur de la tranche 1924 est attribuée aux Ateliers et Chantiers de France installés à Dunkerque, chantiers connus pour lancer des navires quasiment achevés avec artillerie, turbines et chaudières.

-L'Adroit est mis sur cale le 26 mai 1925 lancé le 1er avril 1927, armé pour essais le 30 avril 1927 et entre en armement définitif le 1er janvier 1929. La clôture d'armement est prononcée le 1er juillet 1929 et l'admission au service actif le 16 octobre 1929.

Carrière opérationnelle

Le 1er avril 1928, la 1ère escadre légère est constituée en Méditerranée avec trois escadrilles de torpilleurs, les 3ème, 5ème et 7ème DT. Le 1er mars 1929, les appelations sont modifiés, le terme Escadrille étant remplacé par celui de Division, le terme de Flottille par celui d'Escadrille et le «Groupe de flottille» par celui de «Flottille».

Avant son admission au service actif, le torpilleur participe à une mission de représentation, accompagnant la 2ème Escadre à la «Grande Semaine Maritime» et mouille devant Boulogne du 17 au 19 juillet 1929. Alors que les autres navires français se présentent devant Calais, L'Adroit accompagné par le contre-torpilleur Lynx représente la marine française aux régates internationales se rendant à Trondheim.

A son admission au service actif (très tardive en raison d'essais fastidieux liés à des turbines capricieuses), L'Adroit sert de navire-amiral de la 1ère escadrille en remplacement de l'ancien torpilleur allemand Amiral Sénès alors en réparation et ce du 16 octobre 1929 au 24 février 1930 avant de rejoindre la 1ère division de torpilleur.

Le 10 mai 1930, le torpilleur participe à la revue navale en rade d'Alger organisée en présence du président de la République, Gaston Doumergue pour célébrer le centenaire de l'Algérie. Cette revue navale est suivie par des exercices combinées entre les deux escadres.

Le 1er novembre 1930 pour faire face à la pénurie d'effectifs, L'Adroit est placée en «Disponibilitée Armée» au sein du groupe des torpilleurs de réserve (futur groupe léger), formant une première division avec le Bourrasque, l'Ouragan et L'Orage.

L'Adroit reste dans cette position jusqu'au 1er octobre 1931 quand elle rejoint la 2ème escadrille dans l'Atlantique, remplaçant le torpilleur de 900 tonnes Mécanicien Principal Lestin qui est affecté à Bizerte. Il forme une nouvelle 1ère DT avec les torpilleurs Bourrasque, Ouragan et Orage.

Cette division est affectée à partir du 15 octobre 1932 aux forces de région du secteur de Brest. Le 19 mai 1933, un marin du torpilleur est tué par le départ accidentel d'une torpille, incident qui annonce ceux qui provoqueront la perte du torpilleur La Railleuse et du contre-torpilleur Maillé-Brézé.

Le 4 mai 1934 lors d'une appareillage de nuit, le torpilleur Bourrasque aborde L'Adroit, son étrave s'enfonce jusqu'au milieu du grenadeur bâbord. Il est déchiré jusqu'aux oeuvres vivres et une voie d'eau dans le compartiment du servo-moteur. Après une réparation de fortune, le torpilleur regagne Brest à faible vitesse, étant échoué le jour même dans le bassin Tourville pour trois semaines de réparations qui sont achevées le 1er juin.

Le 1er octobre 1934, la 1ère DT est rebaptisé 2ème DT mais quelques semaines plus tard est formée une 4ème DT composée de L'Adroit, du Basque et du Foudroyant. En mai 1935, cette 4ème DT accompagne le président de la République, Albert Lebrun pour les fêtes inaugurales du paquebot Normandie, nouveau fleuron des French Lines.

Le 5 juillet 1935 est créée au sein de l'Escadre de l'Atlantique la 2ème flottille de torpilleurs dont le navire-amiral est le contre-torpilleur Jaguar. Elle se compose de la 2ème DT (Fougueux Bordelais Frondeur), de la 4ème DT (L'Adroit Basque Foudroyant) et de la 6ème DT (Cyclone Mistral Siroco) plus un groupe de complément composé des torpilleurs Bourrasque Orage Ouragan et L'Alcyon.

Quand éclate la guerre d'Espagne, L'Adroit est en position de complément à Cherbourg mais cela ne l'empêche pas de participer aux premiers rapatriements au mois de juillet 1936 depuis Séville en Andalousie.

Il est ensuite engagé d'avril à septembre 1937 dans le contrôle naval destiné à garantir le caractère strictement espagnol du conflit mais ce sera en pure perte. Le torpilleur L'Adroit est affecté à la Zone du Maroc Espagnol en compagnie de son sister-ship La Railleuse, de deux torpilleurs de la 2ème DT(Fougeux Frondeur Basque) du torpilleur de «800 tonnes» Enseigne Gabolde, des avisos Suippe Ducouédic Gracieuse Quartz et Lassigny ainsi que le mouilleur de mines Castor.

Le 23 mars 1938, la 2ème DT composée des torpilleurs Fougueux Frondeur et L'Adroit appareille de brest pour Oran afin de renforcer la présence française dans le bassin occidental de la Méditerranée alors que la guerre d'Espagne se poursuit.

Le 24 juin 1938, L'Adroit alors mouillé à Caldetas croit être attaqué par douze avions gouvernementaux et appareille en urgence. Ces derniers n'effectuent en réalité qu'un exercice de tir.

Le 15 août 1938, la 2ème DT au grand complet participe à l'inauguration de la statue de Napoléon dans la ville natale de l'empereur, Ajaccio.

*
**

En septembre 1939, L'Adroit est toujours intégré à la 2ème DT, division affecté à la 2ème flottille de la 1ère escadre de la Flotte de l'Atlantique. Dès le 28 août, la 2ème flottille avait été placée sous l'autorité d'Amiral-Ouest. Cette flottille doit assurer les escortes de convois entre la Grande Bretagne et l'Afrique et la surêté générale dans le Golfe de Gascogne.

Le 20 novembre 1939 sont créées les Patrouilles de l'Océan placées sous l'autorité du contre-amiral Moreau (CA-PATOC) chargées des missions d'escorte, CA-PATOC mettant sa marque sur le contre-torpilleur Verdun en attendant que soit opérationnel le patrouilleur auxiliaire P6 Caraïbe. La 2ème flottille y est affectée à partir du 1er janvier 1940.

Il assure l'escorte du convoi OG3 en compagnie du Fougueux entre les Western Approaches et Gibraltar du 19 au 23 octobre 1939, suivi du convoi HG5 toujours en compagnie du Fougueux entre Gibraltar et les Western Approaches du 29 octobre au 6 novembre.

L'Adroit assure l'escorte du convoi 11XF Le Verdon-Casablanca du 11 au 15 novembre puis le convoi 28KF Casablanca-Brest du 18 au 22 novembre (avec une fausse victoire contre un sous-marin le 21), le convoi 15BS Brest-Casablanca du 29 novembre au 5 décembre, le convoi 37KS début décembre, le convoi 32BF Brest-Casablanca du 11 au 15 mars 1940, le convoi 79KF avec son sister-ship Le Mars Casablanca-Brest du 22 au 26 mars et enfin le convoi 38BS qu'il quitte le 9 avril 1940 après avoir appareillé avec lui de Brest le 7 avril.

Devant les demandes d'assistance des gouvernements belges et hollandais inquiets des bruits de botte allemands à ses frontières, le haut commandement de la marine nationale décide de renforcer les moyens navals d'Amiral-Nord en lui affectant la 2ème DT au complet pour des missions d'escorte et de surveillance.

Le 10 mai 1940, le Plan Jaune (Fall Gelb) est déclenché et les armées allemandes se lancent à l'assaut de la Belgique, des Pays Bas, du Luxembourg et de la France. La manoeuvre «Dyle-Breda» est déclenchée prévoyant l'entrée en Belgique et jusqu'aux Pays Bas des meilleures unités françaises et du corps expéditionnaire britannique.

La 2ème DT est chargée d'escorter pas moins de quatre convois en direction de Flessingue avec les 11ème et 14ème DT (torpilleurs type Melpomène) et les destroyers antiaériens britanniques Valentine Winchester Westminster et Vimiera.

Un premier convoi est escorté le 10 mai, la 2ème DT rentrant à Dunkerque le 11 en début de matinée, assistant au départ d'un nouveau convoi escorté par le Cyclone, le Siroco et deux destroyers britanniques.

La 2ème DT appareille en début d'après midi pour escorter le troisième convoi en compagnie des destroyer Westminster et Vinera, l'Incomprise de la 11ème DT et de la 14ème DT plus l'aviso Diligente. Le convoi arrive en début de soirée, l'Adroit repartant le 12 en matin en escorte du cargo vide Pavon.

La dégradation de la situation entraine l'envoi de la 2ème DT à Flessingue le 15, L'Adroit étant mitraillé par l'aviation. Plusieurs attaques sont lancées contre les navires français mais sans réels dégâts outre que le souffle et les éclats. La 2ème DT assure plusieurs tirs contre terre avant de devoir se replier sur le nord de la France notamment autour de Boulogne et de Dunkerque.

Replié sur Dunkerque, le torpilleur L'Adroit doit assurer l'escorte avec la 2ème DT du pétrolier Salomé récément lancé par les ACF (la violence des bombardements empêchera tout remorquage et le pétrolier inachevé sera sabordé à son quai d'armement). Le 21 dans la soirée, la 2ème DT appareille, le Fougueux précédant l'Adroit.

Un bombardier allemand attaque L'Adroit et largue trois bombes. Les deux premières frôlent la coque mais l'affaiblissent grandement par le souffle. La troisième est un coup au but : elle tombe entre les deux cheminées, noyant les deux chaufferies. Désemparé, le navire va s'échouer sur la plage de Malo les Bains.

Le navire totalement évacué vers 2.30 sera victime d'autres explosions liées à la détonation des munitions et des grenades qui transformeront le navire en épave. L'enquête montrera que seules les soutes avant ont explosé, les soutes arrières restant intactes.

L'équipage évacué n'en à pas fini avec le combat. Il est affecté au fort de Mardyck puis évacué dès le début de l'opération Dynamo le 30 mai, certains prennant place à bord du Bourrasque qui connaitra lui aussi un sort funeste.


Impressionante photo de l'épave de L'Adroit

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:24

La Palme

Le torpilleur La Palme alors intégré à la 7ème division

Construction

Par le marché 1321B du 5 novembre 1924, la construction du deuxième torpilleur de la tranche 1924 est attribuée à l'établissement des Anciens Chantiers Dubigeon de Nantes et plus précisément dans le quartier de Chantenay à l'ouest du centre-ville.

-La Palme est mise sur cale le 18 mai 1925 lancé le 30 juin 1926 et armé pour essais le 1er février 1927. Il entre en armement définitif le 1er août 1927, la clôture d'armement étant prononcée le 6 février 1928 et l'admission au service actif le 20 avril 1928.

Carrière opérationnelle

Après des essais à Lorient, le torpilleur gagne Brest où il doit former une 7ème escadrille en compagnie de ses sister-ship La Railleuse Le Mars et Le Fortuné, l'escadrille étant officiellement formée le 20 avril 1928 bien que La Palme et La Railleuse ne soit pas totalement prêts. Au cours d'exercices au large de Quiberon, le 17 mai 1928, La Palme aborde par l'arrière La Railleuse qui perd l'arceau de protection et une pale d'hélice.

La Palme peu endommagée participe à des manoeuvres en Méditerranée puis à une grande revue navale le 3 juillet 1928 en présence du président de la République pour cloturer la semaine nautique du Havre. Elle participe avec ses trois sister-ship à une autre mission de relation publique, en séjournant à Dieppe du 7 au 9 juillet, accompagnant le croiseur Duquesne puisqu'Abraham Duquesne était origine de la ville.

Après plusieurs escales dans différents ports de la Manche, le torpilleur passe à Brest du 20 au 23 juillet avant d'appareiller pour Toulon avec les trois autres navires de sa classe, arrivant à destination le 4 août. La 7ème escadrille appelée division à partir du 1er mars 1929 est affecté à partir de maintenant à la Méditerranée.

Le 10 mai 1930, le torpilleur participe à la revue navale en rade d'Alger organisée en présence du président de la République, Gaston Doumergue pour célébrer le centenaire de l'Algérie. Cette revue navale est suivie par des exercices combinées entre les deux escadres.

Le 1er septembre 1932, les divisions de torpilleurs passent de quatre à trois unités mais. La Palme entre donc en grandes réparations le 1er septembre 1932 ne retrouvant la division que le 15 août 1933.

Le 11 janvier 1934 alors en exercice de grenadage, La Palme aborde le contre-torpilleur Guépard chef de flottille. Les dégâts sur le contre-torpilleur sont limités mais La Palme à l'étrave tordue et est immobilisée pour réparations jusqu'à la fin du mois.

Le 1er octobre 1934, les 9ème 7ème et 11ème DT sont dissoutes mais La Palme ne rejoint pas le groupe de complément, devenant le navire amiral d'une nouvelle 1ère DT formée outre de La Palme par les torpilleurs La Railleuse, Brestois et Forbin.

Quand éclate la guerre d'Espagne en juillet 1936, La Palme est toujours endivisionné au sein de la 1ère DT mais avec Le Mars et le Forbin et à partir de septembre 1936, elle est navire-amiral e la 1ère flottille.

Les torpilleurs de la 1ère flottille participe au contrôle naval d'avril à septembre 1937 puis une fois levé à une présence navale massive pour éviter les interférences du conflit sur la liberté de circulation en haute mer.

Les signalement de mines se faisant de plus en plus nombreux, il est nécessaire de disposer en permanence d'un dragueur rapide. La Palme est ainsi affecté à la 7ème DCT pour mener cette délicate mission.

Le 18 février 1938, le cargo El Mansour engagé par des avions identifiés est secouru par les torpilleurs La Cordelière et La Palme.

La guerre d'Espagne prend fin en avril 1939 par la prise de Madrid par les nationalistes ce qui allège la charge de travail de la marine nationale en Méditerranée permettant la libération des réservistes rappelés au moment de la crise de Munich en septembre 1938.

Néanmoins cette période chargée à permis aux équipages de s'entrainer comme jamais et on peut considérer qu'en septembre 1939, la marine est des trois armes la mieux préparée au terrible conflit qui s'annonce.

*
**

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 3 septembre 1939, La Palme appartient toujours à la 1ère DT en compagnie de son sister-ship Le Mars et de La Tempête. Cette division est intégrée à la 2ème escadre elle même intégrée à la Flotte de la Méditerranée.

De manière éphémère, La Palme sera intégré dans des groupes d'escorte franco-anglais plus précisément le groupe G1 avec son sister-ship Le Mars et le destroyer britannique Greyhound (classe G) mais à la mi-octobre les britanniques ayant abandonné l'escorte des convois en Méditerranée, les destroyers de sa majesté regagnent leurs pénates. La France supprimera à son tour l'escorte des convois en Méditerranée le 20 novembre une fois la neutralité italienne solidement établie.

La Palme escorte le convoi de transports de troupes R3 entre Marseille et Ajaccio le 31 août 1939 suivit par un convoi Oran-Beyrouth du 24 au 30 septembre 1939 et un convoi Oran-Marseille le 23 octobre.

Le 28 novembre 1939, suite à une avarie de barre, La Palme aborde le Mars alors qu'il menait un exercice de lancement de torpille au large des Salins d'Hyères.

Le 14 décembre 1939 sont mises sur pied les Patrouilles de la Méditerranée Occidentale (Patmoc) dont le commandant met sa marque sur le patrouilleur auxiliaire Cyrnos. La 1ère flottille de torpilleurs et la 1ère Escadrille de Patrouilleurs Auxiliaires font partie intégrante des PATMOC.

Au début du mois de mars 1940 pour remplacer les torpilleurs de la 9ème DT (Basque Fortuné) partis successivement en carénage, trois torpilleurs sont détachés à Marine-Maroc : La Railleuse, Le Mars et La Palme mais le premier nommé est détruit par l'explosion d'une de ses torpilles le 23 mars. La Palme escorte le convoi 24DF de Casablanca jusqu'à Gibraltar le 29 mars 1940 puis enfin un convoi entre Toulon et la Corse les 18 et 19 mai 1940.

Le théâtre méditerranéen reste calme jusqu'à l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin 1940 alors que la France à déjà un genou à terre. Les opérations navales sont limitées, tout juste voyant la 1ère DT couvrir la coupure du cable sous-marin Rome Barcelone par le cablier Arago (nuit du 11 au 12 juin).

Devant l'évolution défavorable des combats, l'Amirauté demande au Préfet Maritime de la 3ème région (Prémar III) de prévoir l'évacuation en Afrique du Nord des navires en achèvement ou en réparations ainsi que des stocks de munitions. On prévoit donc la mise en défense de Toulon.

La 1ère DT elle, reçoit l'ordre de gagner Port Vendres avec d'autres bâtiments pour évacuer le gouvernement dans l'hypothèse de la poursuite de la lutte depuis l'Afrique du Nord mais malheureusement cette décision n'est pas prise. La division reste dans ce port jusqu'au 3 juillet avant de rallier Toulon dans la nuit du 3 au 4 juillet.

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Après Catapult, le désarmement complet de la marine est suspendu et les forces françaises sont réorganisées. Si les gros navires dépendent des escadres (3ème à Toulon 4ème en Afrique du Nord), les unités légères comme les torpilleurs dépendent des préfets maritimes. Les torpilleurs stationnés en Afrique du Nord dépendant ainsi de Premar IV.

Dès le 1er septembre 1940, les italiens exigent qu'une flotte d'Armistice soit organisée. Le 25 septembre 1940, les Forces de Haute Mer sont constituées à Toulon sous l'autorité de l'amiral de Laborde avec le croiseur de bataille Strasbourg, deux divisions de croiseurs (1ère et 3ème DC), trois divisions de contre-torpilleurs (5ème, 7ème et 8ème DCT) et une division de torpilleurs (1ère DT).

Une «Division métropolitaine de police» est mise sur pied au sein des Forces Navales de la 3ème région avec de la «poussière navale». Les forces navale de la 4ème région sont composés de navires légers à savoir quatre divisions de torpilleurs.

La 1ère DT (Bordelais Le Mars et La Palme) est basée à Toulon et intégrée donc aux Forces de Haute Mer (FHM). En janvier 1941, la 1ère DT permute avec la 7ème DT intégrée à la 4ème région maritime le temps que cette dernière soit réparée et modernisée.

Le Bordelais et Le Mars appareillent de Toulon le 23 janvier et La Palme le lendemain, arrivant à Bizerte le 26 en protégeant un convoi. Le Mars et le Bordelais arrivent à Toulon le 13 avril mais La Palme doit attendre le 18 juin.

Contexte politique et manque de carburant se conjuguent pour limiter les sorties à la mer qui ne dépassent pas quatre jours jusqu'aux salins d'Hyères voir Cavalaire.

Le 1er janvier 1942, la 1ère DT est affectée à la Division Métropolitaine de Police mais les sorties se limiteront bien souvent à prendre en position à l'entrée de la grande passe.

Le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 suivit du ralliement aux alliés des forces françaises entraine le 11 novembre 1942, l'invasion de la zone sud. Toulon reste un camp retranché sous contrôle français mais pour peu de temps.

Le 27 novembre 1942 à l'aube, deux colonnes blindées allemands pénètrent dans le port varois dans l'objectif de s'emparer de la flotte française. L'amiral de Laborde ordonne le sabordage de la flotte.

Ce jour là, La Palme et le Bordelais sont amarrés aux postes 17 et 18 du quai Noël. La Palme réussit à se saborder avant l'arrivée des allemands.

Renfloué le 26 mars 1943, le torpilleur est jugé irréparable et échouée au Bregaillon. Elle est toute fois maintenue en l'état puisque des pompes se chargent de limiter les voies d'eau. L'épave est restituée à la marine française en avril 1944 mais ne sera bien entendue jamais remise en état jusqu'à son renflouement en 1947 puis son démantelement.


Le torpilleur La Palme sabordé à Toulon

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:28

La Railleuse

La Railleuse lors de ses essais à la mer

Construction

Par le marché 1321B du 5 novembre 1924, la construction du troisième torpilleur de la tranche 1924 est confiée à l'établissement des Anciens Chantiers Dubigeon installés à Nantes quartier Chantenay.

-La Railleuse est mise sur cale le 1er août 1925 lancé le 9 septembre 1926 et armée pour essais le 1er mai 1927. L'entrée en armement définitif est prononcée le 15 octobre 1927, la clôture d'armement le 15 mars 1928 et l'admission au service actif datée du 20 avril 1928.

Carrière opérationnelle

Le torpilleur La Railleuse après son admission au service actif

Après des essais réalisés à Lorient, La Railleuse rallie Brest pour former la 7ème escadrille avec ses sister-ship Le Mars Le Fortuné et La Palme. La 7ème ET est constituée au mois d'avril mais au cours d'essais le 17 mai, La Railleuse est abordée par la Palme qui l'endommage assez sérieusement à l'arrière. Si le torpilleur manque les grandes manoeuvres à Oran en mai, elle participe aux grandes manoeuvres du mois de juin qui s'achèvent le 29 juin suivie par une grande revue navale le 3 juillet qui cloture la Sémaine nautique du Havre.

La Railleuse accompagne ses sister-ship de la 7ème ET dans une opération de relation publique, escortant le croiseur lourd Duquesne qui se rend à Dieppe du 7 au 9 juillet, le port normand étant la ville natale d'Abraham Duquesne.

Après un court séjour à Brest du 20 au 23 juillet, l'escadrille appareille pour la Méditerranée, arrivant à Toulon le 4 août 1928. Ils repasseront à Lorient (Le Mars Le Fortuné) et à Cherbourg (La Palme et La Railleuse) entre octobre et décembre pour différentes modifications dont l'abaissement des cheminées.

Le 26 janvier 1929, la division mouille à Villefranche pour le Carnaval avant d'entamer un entrainement intensif multipliant les écoles à feu, les lancements de torpilles...... . Elle accompagne l'escadre pour une visite à Barcelone le 18 mai.

Le 1er mars 1929, le terme «Escadrille» est remplacé par celui de «Division» et la 7ème ET devient la 7ème DT avec Le Mars, Le Fortuné La Railleuse et La Palme. La Flottille devient Escadrille regroupant deux ou trois divisions et enfin le «Groupe de flottille» devient «Flottille».

En mai et en juin 1930, les deux escadres se réunissent en Méditerranée pour des manoeuvres qui suivent une revue navale en rade d'Alger le 10 mai 1930 pour le centenaire de l'Algérie. Les manoeuvres qui s'achèvent le 12 juin voit par exemple deux exercices amphibies, l'un à Hyères le 19 mai et le second le lendemain le 20 mai.

Le 1er septembre 1932, les divisions de torpilleurs passent de quatre à trois navires. Le 15 août 1933, le Fortuné et La Railleuse sont placés en position de complément pour permettre de grandes réparations.

Le 1er octobre 1934, la composition et l'organisation tactique des divisions de torpilleurs sont modifiées. Les 9ème 7ème et 11ème DT sont dissoutes et les navires placées dans le groupe de complément en compagnie de La Tramontane, de La Trombe, de La Tornade, de La Tempète, du Typhon et de L'Alcyon.

Cela ne stoppe pas une activité soutenue marquée par de nombreux exercices et sorties en mer. Du 25 au 27 octobre 1935, La Railleuse et le Boulonnais se rendent à Marseille pour rendre les honneurs aux cendres du Maréchal Lyautey venues du Maroc.

Les deux torpilleurs encadrent la chaloupe du croiseur Dupleix alors que cette dernière portent le cercueil à bord du Foch. Les deux torpilleurs ne pourront pas accompagner les croiseurs jusqu'au bout à cause du mauvais temps. La veille, 26 octobre, La Railleuse avait abordé le yacht Aventure dans le port de Marseille.

En septembre 1936, La Railleuse quitte le groupe de complément et retrouve Le Fortuné pour former une 3ème DT. Engagée dans les opérations liées à la guerre d'Espagne, elle participe au contrôle naval (avril-septembre) dans la zone du Maroc Espagnol en compagnie de son sister-ship L'Adroit, de deux torpilleurs de la 2ème DT(Fougeux Frondeur Basque) du torpilleur de «800 tonnes» Enseigne Gabolde, des avisos Suippe Ducouédic Gracieuse Quartz et Lassigny ainsi que le mouilleur de mines Castor.

Du 23 au 29 janvier, La Railleuse participe aux dernières évacuations de ressortissants français du port de Barcelone en compagnie du croiseur lourd Suffren et des torpilleurs Le Fortuné le Siroco et le Simoun. A notez que La Railleuse sera le premier stationnaire français dans Barcelone sous contrôle nationaliste.

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Quand la France déclare la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939, La Railleuse est intégrée à la 3ème DT en compagnie du Fortuné et du Simoun, division appartenant à la 2ème escadre de la Flotte de la Méditerranée.

Pour financer l'achat d'armes aux Etats Unis, la France décide d'utiliser l'encaisse en or de la Banque de France. Plusieurs convois sont donc organisés entre la France et le port canadien d'Halifax.

Le 14 novembre 1939, appareille de Toulon une force navale composée du cuirassé Lorraine et des croiseurs légers La Marseillaise et Jean de Vienne avec à leur bord cent tonnes d'or fin. L'escorte au départ est assurée par le contre-torpilleur Aigle, les torpilleurs de la 3ème DT Le Fortuné et La Railleuse, rejoints le lendemain par le contre-torpilleur Lion et le Simoun venus d'Oran.

La présence d'un sous-marin ayant été signalé, la force fait escale à Mers-El-Kébir moins les torpilleurs qui rejoignent Casablanca et qui retrouvent la force en mer le 17 avant de recevoir leur liberté de manoeuvre le 19 et de retrouver Casablanca.

Le 20 novembre 1939, sont mises sur pied les Patrouilles de la Méditerranée occidentale (PATMOC) sous la direction du contre-amiral Donval qui met sa marque sur le patrouilleur auxiliaire Cyrnos.

Il dispose pour cela de la 1ère flottille de torpilleurs (1ère DT : La Palme Le Mars Tempête 3ème DT Le Fortuné Simoun La Railleuse _ce dernier à été détaché à Casablanca_ 7ème DT Tramontane Tornade Typhon et la 8ème DT Bordelais L'Alcyon Trombe) et de la 1ère EPA (escadrille de patrouilles auxiliaires composée des P1 Marigot P3 Sidi-Okba P4 Ville d'Ajaccio P5 Pascal Paoli P8 Sampiero Corso). La flotte de Méditerranée et la 6ème escadre, étant ainsi amputées d'une portion importante de leurs éléments vont êtres dissoutes.

La Railleuse escorte les 4 et 5 décembre 1939 le convoi 16XS avec onze navires depuis Casablanca avant de le quitter en haute mer. Il escorte ensuite le convoi 40KS Casablanca-Brest avec onze navires du 15 au 22 décembre au cours duquel il engage un sous-marin avec le Siroco qui prétend l'avoir coulé. Il suivi par le convoi 42KF qu'il escorte le 25 décembre entre Casablanca et Gibraltar puis par le convoi 8DF le 1er janvier depuis le cap Bojador jusqu'à Casablanca.

La Railleuse escorte ensuite le convoi 13DF Dakar-Casablanca du 1er au 5 février 1940, le convoi 16F de Casablanca à Tarifa le 22 décembre puis un navire de Casablanca à Brest du 26 au 29 février 1940.

Le torpilleur retourne ensuite à Casablanca. Le 23 mars 1940, elle marrée au poste des stationnaires près de l'épi Vrigneaux embossé sur deux coffres sous les feux avec deux chaudières allumées et en pression pour un appareillage prévu à 17h30.

A 16h55, une forte explosion secoue le navire au milieu suivit de trois éclairs aveuglant puis trois explosions très rapprochées qui ravage les oeuvres vives et les superstructures. L'avant et l'arrière se soulèvent puis retombent.

Le navire est littéralement coupé en deux et devant la crainte du chavirement, l'évacuation est ordonnée pour les survivants. Comme le veut la tradition, le commandant est le dernier à quitté le bord à 18h25 après l'extinction de l'incendie. Vingt-quatre blessés sont évacués alors que vingt-huit officiers mariniers et matelots ont été tués.

L'enquête se concentre sur l'affût lance-torpilles avant situé juste au dessus de la chaudière 3. Au moment de l'explosion, l'équipage était en train de ramasser le matériel ayant servi au chargement des bouteilles d'air comprimé.

Faute de témoignage, les enquêteurs ne peuvent émettre que des hypothèses mais la perte ultérieure du Maillé-Brézé le 30 avril 1940 à Greenock par l'explosion d'une torpille lancée accidentellement ressemble à ce qui s'est passé pour La Railleuse : le lancement accidentel d'une torpille percutant les superstructures mais l'hypothèse d'une explosion d'un réservoir d'air comprimé n'est pas à exclure.

Les quatre canons de 130mm sont récupérés et mis à terre formant à Safi la «Batterie La Railleuse» et l'épave est vendue à la démolition en avril 1942 à la Société Marocaine de Sauvetage.


Epave du torpilleur La Railleuse

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:33

Le Fortuné

Le Fortuné à la mer

Construction

Par le marché 1321A du 5 novembre 1924, la construction du quatrième torpilleur de la tranche 1924 est attribué aux Chantiers Navals Français (CNF) et plus précisément leur site de Caen.

-Le Fortuné est mis sur cale le 11 septembre 1925 lancé le 15 novembre 1926 et armé pour essais le 10 juillet 1927. L'entrée en armement définitif à lieu le 1er décembre 1927, la clôture d'armement est prononcée le 1er février 1928 et l'admission au service actif le 20 avril 1928.

Carrière opérationnelle

Après des essais réalisés à Lorient, Le Fortuné rallie Brest pour former la 7ème escadrille avec ses sister-ship Le Mars La Railleuse et La Palme. La 7ème ET est constituée au mois d'avril et Le Fortuné participe aux grandes manoeuvres à Oran en mai 1928. Il participe aux grandes manoeuvres du mois de juin qui s'achèvent le 29 juin suivie par une grande revue navale le 3 juillet qui cloture la Sémaine nautique du Havre.

Le Fortuné accompagne ses sister-ship de la 7ème ET dans une opération de relation publique, escortant le croiseur lourd Duquesne qui se rend à Dieppe du 7 au 9 juillet, le port normand étant la ville natale d'Abraham Duquesne.

Après un court séjour à Brest du 20 au 23 juillet, l'escadrille appareille pour la Méditerranée, arrivant à Toulon le 4 août 1928. Ils repasseront à Lorient (Le Mars Le Fortuné) et à Cherbourg (La Palme et La Railleuse) entre octobre et décembre pour différentes modifications dont l'abaissement des cheminées.

Le 26 janvier 1929, la division mouille à Villefranche pour le Carnaval avant d'entamer un entrainement intensif multipliant les écoles à feu, les lancements de torpilles...... . Elle accompagne l'escadre pour une visite à Barcelone le 18 mai.

Le 1er mars 1929, le terme «Escadrille» est remplacé par celui de «Division» et la 7ème ET devient la 7ème DT avec Le Mars, Le Fortuné La Railleuse et La Palme. La Flottille devient Escadrille regroupant deux ou trois divisions et enfin le «Groupe de flottille» devient «Flottille».

En mai et en juin 1930, les deux escadres se réunissent en Méditerranée pour des manoeuvres qui suivent une revue navale en rade d'Alger le 10 mai 1930 pour le centenaire de l'Algérie. Les manoeuvres qui s'achèvent le 12 juin voit par exemple deux exercices amphibies, l'un à Hyères le 19 mai et le second le lendemain le 20 mai.

Le 1er septembre 1932, les divisions de torpilleurs passent de quatre à trois navires. Le 15 août 1933, le Fortuné et La Railleuse sont placés en position de complément pour permettre de grandes réparations, le Fortuné ayant été endommagé à la poupe en abordant le cuirassé Jean Bart amarré au coffre n°1 le 9 août précédent.

Le 1er novembre 1935, il réintègre la structure divisionnaire, intégrant la 3ème DT composée également du Brestois et du Boulonnais. En septembre 1936, la 3ème division est réduite à deux navires, Le Fortuné et La Railleuse.
Comme une bonne partie de la marine française, Le Fortuné participe aux opérations en relation avec la guerre d'Espagne.

Lui et son compère de la 3ème DT sont affectés à la Zone Baléares en compagnie des avisos Dédaigneuse Diligente Granit et Meulières, les chasseurs de sous-marins de la division d'instruction et si nécessaire un croiseur et un contre-torpilleur. Ils doivent surveiller en priorité Palma, Majorque et Ivice.

Le 24 mai 1938, le torpilleur croise au large du cap Bon au sud de Zembretta quand l'hydravion CAMS 55 n°3 de la 4S1 victime d'une panne de moteur doit amerrir à 1500m dans le 110 du torpilleur, un amerissage dur car la mer est houleuse. Le torpilleur passe une remorque en début de soirée, le convoi faisant route à 6 noeuds mais dans la nuit la remorque casse. Même l'arrivée du remorqueur Canard venu de Bizerte ne changera rien à la situation : l'hydravion s'échouera près du phare du cap Bon.

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Quand la guerre éclate, Le Fortuné est intégré à la 3ème DT en compagnie de La Railleuse et du Simoun, division intégrée à la 2ème escadre.

De septembre à la mi-octobre, des groupes mixtes franco-anglais d'escorte sont mis sur pied mais l'Italie s'étant déclarée neutre, les destroyers britanniques retournent chez eux et la 3ème DT les remplacent au sein de ces groupes occasionnels.

Ces groupes escortent plusieurs convois de transport de troupe, le Fortuné se chargeant du convoi 3PI Marseille-Oran du 1er au 3 novembre 1939, le 3R4 Oran-Marseille du 4 au 5 novembre.

Le 14 novembre 1939, appareille de Toulon une force navale composée du cuirassé Lorraine et des croiseurs légers La Marseillaise et Jean de Vienne avec à leur bord cent tonnes d'or fin. L'escorte au départ est assurée par le contre-torpilleur Aigle, les torpilleurs de la 3ème DT Le Fortuné et La Railleuse, rejoints le lendemain par le contre-torpilleur Lion et le Simoun venus d'Oran. La présence d'un sous-marin ayant été signalé, la force fait escale à Mers-El-Kébir moins les torpilleurs qui rejoignent Casablanca et qui retrouvent la force en mer le 17 avant de recevoir leur liberté de manoeuvre le 19 et de retrouver Casablanca.

Ces groupes sont dissous le 20 novembre 1939 et remplacés le 1er décembre par les Patrouilles de la Méditerranée Occidentale (PATMOC) auxquelles est intégrée la 3ème DT moins La Railleuse déjà détachée à Casablanca. Durant l'indisponibilité du Cyrnos (fin décembre 1939-début 1940), le Fortuné sera navire-amiral des PATMOC.

Au début du mois de février 1940, la 3ème DT est envoyée au Maroc puis en avril le Fortuné rallié seul Bizerte, la Railleuse venant d'être détruite et le Simoun étant en réparations à Alger. Du 20 au 25 mai, le torpilleur escorte un convoi de deux transports de troupes entre Alger et Beyrouth du 20 au 25 mai.

L'entrée en guerre de l'Italie devenant chaque jour plus probable, les alliés décident de regrouper d'importantes forces en Méditerranée orientale. La force X est ainsi créée en avril 1940. Elle se compose de la 2ème Escadre de Ligne (cuirassés Provence Bretagne Lorraine),de la 2ème Division de Croiseurs (croiseurs Duquesne Tourville plus le Suffren venu d'Extrême-Orient),de la 4ème DCT (Tigre et Lynx, le troisième bâtiment de la division, le contre-torpilleur Panthère ne ralliant pas la force X) et du torpilleur Forbin.

La Force X déployée au grand complet au début du mois de mai à Alexandrie et entame un entrainement intensif avec des manoeuvres communes avec les britanniques les 14 et 15 mai.

Le 19 mai pourtant, l'Amirauté fait rapatrier les cuirassés Provence et Bretagne ainsi que les deux contre-torpilleurs qui sont remplacés respectivement par le croiseur léger Duguay-Trouin et les torpilles Le Fortuné et Basque qui reforment une 3ème DT avec le Forbin.

Le Fortuné en réparation à Oran avait appareillé le 16 mai par grosse mer, retrouvant le Basque à Bizerte, les deux torpilleurs repartant le 21 mai en escorte des paquebots transporteurs de troupes President Doumer et Providence. Ils arrivent à Beyrouth le 25 mai y retrouvant le Forbin, le Tourville et le Suffren. La 3ème DT est officiellement reformée le 7 juin ce qui entraine de facto la dissolution de la 9ème DT (Basque Forbin).

Après une sortie d'entrainement le 6 juin, la 3ème DT appareille de Beyrouth le 11 juin en compagnie des quatre croiseurs de la force X(Duguay Trouin, Suffren Tourville Duquesne) pour un raid en mer Egée, raid infructueux, les navires rentrant à Alexandrie le 13 juin 1940.

Ils rentrent à Beyrouth le 16 juin avant que la 3ème DT ne reparte le 17 pour une escorte de convois jusqu'à Chypre afin de renforcer les défenses de la grande île. La 3ème DT ravitaille rapidement à Beyrouth le 20 juin avant de gagner Haïfa pour prendre en charge deux pétroliers britanniques qu'ils condusient à Alexandrie où ils arrivent le 24 juin 1940 à la veille de l'Armistice qui met fin à la Campagne de France.

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Entre une France hors jeu et une Grande Bretagne luttant pour sa survie, les relations se tendent, les navires intacts de la Royale suscitant bien des inquiétudes et bien des convoitises, débouchant sur l'opération Catapult le 3 juillet 1940.

Si l'opération prend un tour conflictuel en Angleterre et tragique à Mers-El-Kébir, à Alexandrie tout se passe pour le mieux, l'amiral Godeffroy chef de la force X et l'amiral Cunningham commandant en chef de la Mediteranean Fleet passant un Gentleman 's agreement le 4 juillet 1940 qui neutralise la flotte française après que les navires français eurent participé à la défense du port contre les avions italiens.

C'est ainsi que les croiseurs Duquesne (navire-amiral) Tourville Suffren Duguay-Trouin, les torpilleurs Basque Forbin Le Fortuné et le sous-marin Protée arrivé le 27 juin à Alexandrie vident leurs soutes et débarquent les obturateurs et percuteurs d'artillerie.

Les réservistes sont rapatriés en France et les torpilleurs ne conservent que l'équipage nécessaire pour appareiller soit 5 officiers, 12 officiers et 49 marins.


Le Fortuné à Alexandrie

Le 12 juillet 1940, la force X sont regroupés dans l'avant-port; le Fortuné avec le Duquesne, le Forbin avec le Tourville, le Basque avec le Suffren, le Protée avec le Duguay-Trouin, le cuirassé Lorraine au tirant d'eau plus important restant à l'écart. L'amiral Godeffroy craint un temps une attaque de marins FNFL très présents à Alexandrie mais à part des bagarres en ville et des désertions, rien de bien significatif.

La force X va ainsi rester paralysée jusqu'au 17 mai 1943 quand l'amiral Godeffroy se décide enfin à reprendre le combat. Il previent même Vichy de sa décision, recevant comme réponse de saborder ces navires.

La remise en état des navires prend du temps tout le recomplément des équipages, une partie des hommes prévus ayant péri dans le torpillage du transport britannique Yoma le 17 juin.

Les torpilleurs peuvent néanmoins effectuer quelques sorties d'essais. Le 22 juin, ils appareillent pour Port Saïd en convoyage de la Lorraine et d'une partie des croiseurs qui doivent gagner l'Afrique du Nord par le canal de Suez et le Cap de Bonne Espérance. La 3ème DT est de retour à Alexandrie le 23 et empruntera la voie méditerranéenne pour reprendre le combat.

Après avoir embarqué une équipe de liaison britannique (un officier, deux radios, un timonier et un chiffreur), la 3ème DT appareille le 24 juin, escortant le convoi MKS16 de 34 bâtiments mais le lendemain, le Basque subit une avarie (eau salée dans le bouilleur) et Le Fortuné doit le remorquer jusqu'à Tobrouk. Le convoi fait ensuite escale à Tripoli, Malte et Gibraltar.

Le 2 juillet 1943, les torpilleurs arrivent à Bône puis gagnent Casablanca le 3 juillet avant un passage par Gibraltar puis un retour à Casablanca le 8 juillet 1943.

Ils vont assurer des missions d'escorte. Le 26 juillet, Le Fortuné et le Forbin et trois patrouilleurs type PC américains escortent le convoi K59 direction Gibraltar.

L'amalgame entre FNFL, marine «Barbaresque» et force X ne se fait pas sans mal comme le prouve l'incident survenu le 2 août 1943 quand des marins de L'Alcyon (pourtant issu de la marine «Barbaresque») injurient des marins du Fortuné, les traitant de «Sales Boches»........ .

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Le 8 septembre 1943, l'Italie signe un armistice avec les alliés et sort du conflit. La Corse se soulève et demande l'intervention des alliés, les allemands ne tenant que Bastia alors qu'Ajaccio n'est contrôlé que par que deux bataillons italiens neutres.

Giraud comprend le symbole d'un premier département français libéré et décide d'envoyer des troupes françaises sur l'Ile de Beauté en dépit de moyens limités. Ce sont des contre-torpilleurs, des torpilleurs et des sous-marins qui vont assurer les premiers transports.

Le 23 septembre, le Fortuné appareille d'Alger avec L'Alcyon et trois bâtiments alliés, le LST79 et deux dragueurs britanniques. Le convoi réglé sur le navire amphibie qui ne peut donner plus de dix noeuds arrive le 25. Le débarquement commence aussitôt en dépit de la menace aérienne fort prégnante. Les deux torpilleurs aident au déséchouage du contre-torpilleur Le Fantasque échoué à Aspretto avant de quitter Ajaccio avec le LST et de rentrer à Alger le 27 septembre en milieu d'après midi.

Le LST repart le lendemain 28 septembre sous la garde attentive du Fortuné, les deux navires arrivent le 30 septembre en début d'après midi. Le déchargement était presque achevé à 16h30 quand un avion de reconnaissance ennemi est repéré poursuivi par des chasseurs.

L'alerte aérienne est donnée à 16h35 quand un groupe est aperçu au sud-ouest qui ne semble pas menacer la ville et s'éloigne vers le large quand se détachent des bombes planantes. Le premier tombe à 30m dans le tribord du torpilleur, deux heurtent la jetée criblant le torpilleur d'éclats de métal et de maçonnerie, le quatrième tombant trop court. Sans la présence de la jetée, le Fortuné aurait probablement subit le sort du cuirassé Roma.

Quatre minutes, une autre vague de bombes planantes frappe le port, deux engins tombant entre le torpilleur et le LST, le troisième touche le LST qui prend feu et est perdu. Le torpilleur part pour réparations à Alger à la nuit tombée.

Les dégâts sont sérieux : chaudières 2 et 3 déplacées par le souffle, pièce de 130mm n°2 affaissée, télémètre endommafé, mâture disloquée, tôles planchers et hublots déformés et démolis. Il faudra deux mois pour remettre en état le navire.

Le Fortuné reprend le combat au début du mois de décembre 1943, escortant un convoi Alger-Ajaccio-Alger entre le 4 et le 12 décembre avec 4 navires, escorte assurée avec le Basque. Il enchaine par une escorte en compagnie de La Tempête du 14 au 26 décembre, puis une autre escorte avec le Basque à l'aller, les deux torpilleurs quittant Alger le 30 décembre 1943 mais le Fortuné rentre à Alger seul le 5 janvier 1944 après avoir connu des conditions de navigation dantesque (10 à 12m de creux).

Il enchaine par une escorte avec La Boudeuse du 19 au 25 janvier 1944, une autre toujours avec La Boudeuse du 4 au 14 février 1944. Après une longue éclipse, il escortera un convoi avec le Forbin du 30 juillet au 5 août 1944.

Le Fortuné est ensuite engagé dans le débarquement de Provence en compagnie du Forbin. Ils escortent ainsi le convoi TF1 du 13 au 16 août entre Tarente et les côtes de Provence en compagnie du Simoun et des DE Hova Algérien et Marocain. Il enchaine par l'escorte d'un convoi de bâtiments vides en direction de Naples où il arrive le 18.

Le Fortuné escorte ensuite un convoi de 15 Liberty Ship et de 25 LST entre la baie de Briande au sud de Saint Tropez à Oran en compagnie du Forbin et de La Tempête. Il enchaine par le convoi AM6 composé de 25 LST et 13 Liberty Ship entre Oran et Marseille avec le Forbin, La Tempête et l'américain USS Cormick (classe Clemson) du 5 au 9 septembre.

Le 13 septembre, le Forbin et Le Fortuné mouille en rade des Vignettes à Toulon avant que deux sections de débarquement ne participent au défilé en ville le 14, les deux torpilleurs participant le 15 septembre à la revue navale présidée par le général de Gaulle à bord de l'escorteur Pique. Ils escortent ensuite le Lorraine en direction d'Oran où il arrive le 19, Le Fortuné repartant aussitôt pour Saint Tropez.


Le Fortuné en 1944

Le Fortuné est ensuite intégré à la Task Force 86 pour nettoyer le Golfe de Gênes de la présence ennemie qu'elle soit à terre, en mer ou sous les flots. L'efficacité des français pousse les alliés à dissoudre la TF86 le 23 octobre remplacée le 4 novembre par une Flank Force sous commandement français avec les croiseurs Montcalm Georges Leygues Jeanne d'Arc, les torpilleurs Le Fortuné et L'Alcyon, 4 destroyers américains et 4 escorteurs français plus de la «poussière navale».

Le Fortuné patrouille ainsi au large de Vintimille du 1er au 7 décembre, du 10 au 13, du 19 au 25 et 27 au 31 décembre soit vingt-trois jours de mer. Il tire trente obus de 130mm le 5 décembre, une batterie côtière riposte, cinq coups tombant à proximité. Il tire 47 coups le 24 et sept salves le 31 décembre non sans riposte de l'ennemi dont le tir encadre le torpilleur.

Le 5 janvier, Le Fortuné patrouille à nouveau dans la région de Vintimille, engageant dans la nuit du 9 au 10 janvier deux vedettes explosives détruites par l'artillerie légère du torpilleur. Le 10 janvier, il tire 90 coups de 130mm.

Le 4 février 1945, Le Fortuné tire 86 coups de 130mm contre la terre suivi de 140 coups le 20 février, 112 coups le 3 mars. Le 18 mars lors d'un sweep de nuit dans le golfe de gênes, Le Fortuné et le Basque tirent respectivement 23 et 25 coups de 130mm contre le port de Savone. Deux jours plus tard, le 20 février, le torpilleur tire 39 coups.

Le Fortuné et le Basque sont alors affectés dans l'Atlantique à la French Naval Task Force (FNTF) destinée à libérer les poches de l'Atlantique. Ils quittent le Var et Toulon le 26 mars pour Alger, franchissant le détroit de Gibraltar le 1er avril avant d'arriver à Plymouth le 4 avril où ils sont rejoints par L'Alcyon.

Le 13 avril, les trois torpilleurs appareillent de Plymouth en compagnie des frégates L'Aventure et La Découverte pour escorter le cuirassé Lorraine et le croiseur lourd Duquesne pour l'opération Vénérable destinée à appuyer l'attaque terrestre contre la poche de Royan. L'opération débute le 15 avril, le cuirassé et le croiseur stoppant au mouillage pendant que les torpilleurs et les frégates assurent leur protection. Les torpilleurs tirant également contre la terre, Le Fortuné tirant pas moins de 405 coups sans grande réaction de l'ennemi.

Rentré à Brest le 17 avril 1945, Le Fortuné patrouille au large de Brest avant de participer le 27 avril en compagnie de L'Alcyon à la protection et à l'appui du Duquesne pour bombarder l'île d'Oleron (opération Jupiter) prévue le 29 puis reporté au 30 avril. Le tir du croiseur lourd comme des torpilleurs est précis ce qui vaut les félicitations du général de Larminat.

Le Fortuné reste sur zone jusqu'au 1er mai avant d'effectuer des patrouilles du 8 au 15 mai, le temps que les poches de l'Atlantique se rendent enfin. Tous les torpilleurs son de retour à Brest le 16 mai, le Fortuné escortant un convoi le 20 et ramène à Brest six dragueurs allemands de la 46ème flottille.

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Le 13 juin 1945, Le Fortuné et L'Alcyon escortent le croiseur Gloire entre Ouessant et Cherbourg où la petite escadre arrive le 14. Le Fortuné reste à Cherbourg, effectuant une sortie d'entrainement du 9 au 16 juillet avant d'appareiller le 17 juillet pour Hambourg en compagnie de L'Alcyon, les deux torpilleurs restant du 20 au 28 juillet avant de rentrer en Normandie le 31 juillet 1945.

Le 9 août 1945, Le Fortune quitté Cherbourg pour Brest où il arrive le 11, après escale à Portsmouth. Il gagne ensuite Casablanca où il entre en grand carénage le 1er septembre 1945. Le grand carénage terminé début mai, il gagne Brest puis Cherbourg où arrivé le 18 mai 1946 il est placé en réserve normale.

Mis en réserve spéciale le 18 mai 1946, il est remorqué à Landevennec au troisième trimestre 1947 puis condamné le 31 août 1951. Il est vendu à la démolition en mai 1951. Il quitte Brest le 6 juin 1951 pour Toulon où il arrive le 20 en remorque de l'Abeille 10 pour être démantelé.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:40

Le Mars

Le torpilleur Le Mars avec les cheminées hautes

Construction

Par le marché 1321A, la construction du cinquième torpilleur de la tranche 1924 est attribué comme le précédent aux Chantiers Navals Français (CNF) sur leur site de Caen.

-Le Mars est mis sur cale le 8 juillet 1925 lancé le 28 août 1926 et armé pour essais le 10 avril 1927.
L'entrée en armement définitif à lieu le 15 octobre 1927, la clôture d'armement est prononcé le 20 janvier 1928 et son admission au service actif le 20 avril 1928.

Carrière opérationnelle

Après des essais réalisés à Lorient, Le Mars rallie Brest pour former la 7ème escadrille avec ses sister-ship Le Fortuné La Railleuse et La Palme.

La 7ème ET est constituée au mois d'avril et Le Mars participe aux grandes manoeuvres à Oran en mai 1928. Il participe aux grandes manoeuvres du mois de juin qui s'achèvent le 29 juin suivie par une grande revue navale le 3 juillet qui cloture la Sémaine nautique du Havre.

Le Mars accompagne ses sister-ship de la 7ème ET dans une opération de relation publique, escortant le croiseur lourd Duquesne qui se rend à Dieppe du 7 au 9 juillet, le port normand étant la ville natale d'Abraham Duquesne.

Après un court séjour à Brest du 20 au 23 juillet, l'escadrille appareille pour la Méditerranée, arrivant à Toulon le 4 août 1928. Ils repasseront à Lorient (Le Mars Le Fortuné) et à Cherbourg (La Palme et La Railleuse) entre octobre et décembre pour différentes modifications dont l'abaissement des cheminées.

Le 26 janvier 1929, la division mouille à Villefranche pour le Carnaval avant d'entamer un entrainement intensif multipliant les écoles à feu, les lancements de torpilles...... . Elle accompagne l'escadre pour une visite à Barcelone le 18 mai.

Le 1er mars 1929, le terme «Escadrille» est remplacé par celui de «Division» et la 7ème ET devient la 7ème DT avec Le Mars, Le Fortuné La Railleuse et La Palme. La Flottille devient Escadrille regroupant deux ou trois divisions et enfin le «Groupe de flottille» devient «Flottille».

En mai et en juin 1930, les deux escadres se réunissent en Méditerranée pour des manoeuvres qui suivent une revue navale en rade d'Alger le 10 mai 1930 pour le centenaire de l'Algérie. Les manoeuvres qui s'achèvent le 12 juin voit par exemple deux exercices amphibies, l'un à Hyères le 19 mai et le second le lendemain le 20 mai.

La 7ème DT est dissoute le 1er octobre 1934, Le Mars formant une nouvelle 1ère DT au sein de la 1ère flottille de la 1ère Escadre (Méditerranée) avec le Forbin et La Palme.à partir du 1er novembre 1935.

Comme les autres torpilleurs de la 1ère flottille, il participe au contrôle naval lié à la guerre d'Espagne en Méditerranée d'avril à septembre 1937. Le dévellopement de la guerre des mines entraine la mise en place des précautions particulières. Le Mars équipé pour le dragage avec une drague en paravane P1 est affecté à la 4ème DCT.

Lors d'une escale à Palma, le torpilleur est est l'objet d'une plainte des nationalistes, des membres de l'équipage auraient pris des photos et levé le poing. L'amiral nationaliste demande alors que le navire ne face plus escale dans ce port.

Le 24 octobre 1937, le cargo Oued Mellah est attaqué et coulé au large de Barcelone par deux hydravions à croix noires. Le Mars recueille vingt-trois membres de l'équipage.

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Quand la seconde guerre mondiale éclate le 3 septembre 1939, Le Mars appartient toujours à la 1ère DT en compagnie de La Palme et de La Tempête, intégré à la 2ème escadre.

Il forme le groupe d'escorte franco-anglais G1 avec La Palme et le HMS Greyhound. Ces groupes perdent leur caractère binational à la mi-octobre quand le destroyers britanniques sont remplacés par des torpilleurs de la 3ème DT avant que ces groupes soient dissous le 20 novembre 1939.

Le 28 novembre 1939, suite à une avarie de barre, La Palme aborde Le Mars lors d'un exercice de lancement de torpilles au large des salins d'Hyères. Il restera indisponiblejusqu'au 6 février 1940.

Aux groupes G1, G2 et G3 succèdent les Patrouilles de la Méditerranée occidentale (PATMOC) le 1er décembre 1939 qui regroupe quatre divisions de torpilleurs et la 1ère Escadrille de Patrouilleurs Auxiliaires (1ère EPA) sous l'autorité du contre-amiral Donval.

Le 1er mars 1940, Le Mars est affecté au Maroc à Casablanca. Il escorte le convoi 44XF Le Verdon-Casablanca du 29 mars au 2 avril 1940 plus un navire isolé de Gibraltar à Brest (15 au 17 avril 1940).

Le théâtre méditerranéen reste calme jusqu'à l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin 1940 alors que la France à déjà un genou à terre. Les opérations navales sont limitées, tout juste voyant la 1ère DT couvrir la coupure du cable sous-marin Rome Barcelone par le cablier Arago (nuit du 11 au 12 juin).

Devant l'évolution défavorable des combats, l'Amirauté demande au Préfet Maritime de la 3ème région (Prémar III) de prévoir l'évacuation en Afrique du Nord des navires en achèvement ou en réparations ainsi que des stocks de munitions. On prévoit donc la mise en défense de Toulon.

La 1ère DT elle, reçoit l'ordre de gagner Port Vendres avec d'autres bâtiments pour évacuer le gouvernement dans l'hypothèse de la poursuite de la lutte depuis l'Afrique du Nord mais malheureusement cette décision n'est pas prise. La division reste dans ce port jusqu'au 3 juillet avant de rallier Toulon dans la nuit du 3 au 4 juillet.

*
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Après Catapult, le désarmement complet de la marine est suspendu et les forces françaises sont réorganisées. Si les gros navires dépendent des escadres (3ème à Toulon 4ème en Afrique du Nord), les unités légères comme les torpilleurs dépendent des préfets maritimes. Les torpilleurs stationnés en Afrique du Nord dépendant ainsi de Premar IV.

Dès le 1er septembre 1940, les italiens exigent qu'une flotte d'Armistice soit organisée. Le 25 septembre 1940, les Forces de Haute Mer sont constituées à Toulon sous l'autorité de l'amiral de Laborde avec le croiseur de bataille Strasbourg, deux divisions de croiseurs (1ère et 3ème DC), trois divisions de contre-torpilleurs (5ème, 7ème et 8ème DCT) et une division de torpilleurs (1ère DT).

Une «Division métropolitaine de police» est mise sur pied au sein des Forces Navales de la 3ème région avec de la «poussière navale». Les forces navale de la 4ème région sont composés de navires légers à savoir quatre divisions de torpilleurs.


Vue arrière du torpilleur Le Mars

La 1ère DT (Bordelais Le Mars et La Palme) est basée à Toulon et intégrée donc aux Forces de Haute Mer (FHM). En janvier 1941, la 1ère DT permute avec la 7ème DT intégrée à la 4ème région maritime le temps que cette dernière soit réparée et modernisée.

Le Bordelais et Le Mars appareillent de Toulon le 23 janvier et La Palme le lendemain, arrivant à Bizerte le 26 en protégeant un convoi. Le Mars et le Bordelais arrivent à Toulon le 13 avril mais La Palme doit attendre le 18 juin.

Contexte politique et manque de carburant se conjuguent pour limiter les sorties à la mer qui ne dépassent pas quatre jours jusqu'aux salins d'Hyères voir Cavalaire.

Le 1er janvier 1942, la 1ère DT est affectée à la Division Métropolitaine de Police mais les sorties se limiteront bien souvent à prendre en position à l'entrée de la grande passe.

Le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 suivit du ralliement aux alliés des forces françaises entraine le 11 novembre 1942, l'invasion de la zone sud. Toulon reste un camp retranché sous contrôle français mais pour peu de temps.

Le 27 novembre 1942 à l'aube, deux colonnes blindées allemands pénètrent dans le port varois dans l'objectif de s'emparer de la flotte française. L'amiral de Laborde ordonne le sabordage de la flotte.

Ce jour là, Le Mars est en grande rade, derrière la passe principale, amarré à la jetée du Lazaret. Il est l'un des premiers bâtiments alerté par téléphone de l'arrivée des allemands vers 5h. Il reçoit l'ordre de prévenir le torpilleur La Bayonnaise amarrée à la grande jetée ce qu'il fait par fanal discret.

Le Mars est visé par la Luftwafe et par des tirs de mitrailleuses qui balayent le pont, les allemands craignant qu'il ne s'échappe. Des fusées éclairantes, des mines et des bombes tombent à proximité du torpilleur.

A 7h56, le commandant, le capitaine de corvette Palut fait hisser les couleurs et ordonne l'évacuation. A 8h04, le torpilleur chavire sur tribord et disparaît complèment.

Le Mars est renfloué le 6 mars 1944 à l'aide d'un dock flottant prévu à l'origine pour des sous-marins. Remorqué au Bregaillon, il est jugé irrécupérable et démantelé après guerre comme toutes les épaves de ce lamentable événement qui fit disparaître l'un des plus belles marines de l'histoire de France.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:44

L'Alcyon

L'Alcyon lors de ses essais à la mer

Construction

Par le marché 1321D du 12 novembre 1924, la construction du sixième et dernier torpilleur de la tranche 1924 est attribuée à l'établissement des Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Harfleur puis à Bordeaux.

-L'Alcyon est mis sur cale à Harfleur en mai 1925 et lancé le 26 juin 1926. Ce chantier mit en place en 1917 venant de fermer, son achèvement sera assuré par la maison-mère à Bordeaux. Il est donc remorqué par l'Abeille IV jusqu'en Gironde.

Il est armé pour essais le 1er mars 1928, entre en armement définitif le 10 avril 1929 avant que la clôture d'armement soit prononcée le 15 juillet 1929. Il est admis au service actif le 17 décembre 1929.

Carrière opérationnelle

Les essais réalisés depuis Lorient sont particulièrement longs et compliqués liées aux turbines à engrenages de marque Zoelly, L'Alcyon devant d'ailleurs recevoir un nouvel ailettage. A son admission au service, il est affecté à la 1ère escadre en Méditerranée plus précisément au sein de la 1ère division du 1er avril au 1er juillet 1930 puis à la 3ème division de torpilleurs.

Le 1er octobre 1930, l'Alcyon forme la 11ème division de torpilleurs en compagnie de ses sister-ships Bordelais, Fougueux et Frondeur. Du 14 au 19 décembre 1932, L'Alcyon participe à une opération de relations publiques à Marseille, une sortie à la mer est offerte aux officiers de réserve de la région.

Le 1er octobre 1934, la 11ème DT est dissoute et L'Alcyon rejoint le groupement de complément de la 1ère flottille en Méditerranée puis le 21 janvier 1936 celui de la 2ème flottille dans l'Atlantique après quelques semaines en grandes réparations. Un abordage avec un sous-marin le contraindra à retourner en réparations du 9 avril au 25 mai 1936.

Les flottilles sont réorganisées lorsqu'éclate la guerre d'Espagne. Les groupes de compléments disparaissent et l'Alcyon reforme une 7ème division de torpilleurs en compagnie du Typhon et du Tornade. Il participe aux opérations liées à la guerre d'Espagne dans le Golfe de Gascogne.

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Au moment où la France entre en guerre en septembre 1939, l'Alcyon à rejoint la 8ème DT formée également du Bordelais et de La Trombe. Cette division rejoint la 6ème escadre qui est chargée de missions de sécurité dans le secteur d'Oran.

L'Alcyon escorte avec les deux torpilleurs de la 8ème DT le convoi n°14 entre Marseille et Oran du 12 au 14 septembre. L'Alcyon escorte ensuite un autre convoi entre Oran et Marseille du 14 au 16 septembre puis le convoi 1R d'Oran au canal de Sicile le 10 octobre. Le 16 novembre 1939, il recherche en vain le cargo Loire parti d'Oran et disparu dans l'Atlantique.

Le 14 décembre 1939 sont mises sur pied les Patrouilles de la Méditerranée Occidentale (Patmoc) dont le commandant met sa marque sur le patrouilleur auxiliaire Cyrnos. La 1ère flottille de torpilleurs et la 1ère Escadrille de Patrouilleurs Auxiliaires font partie intégrante des PATMOC. Cette création entraine la dissolution de la 6ème escadre.

Il protège des navires britanniques entre Gibraltar et Marseille (25-27 janvier 1940, 8-9 février 1940 et 10-12 février 1940) puis entre Marseille et Malte (15 au 17 mars et 18 au 20 mars 1940).

Au moment de l'Armistice le 25 juin 1940, L'Alcyon est à Bizerte à la différence de ses deux compères qui sont alors à Oran. Il appareille de Bizerte le 9 juillet et arrive à Toulon le 11 juillet.

Néanmoins le 1er novembre 1940, L'Alcyon rejoint Casablanca formant une nouvelle 2ème DT avec Le Fougueux et Le Frondeur.

Il escorte aussi des convois entre Casablanca et Dakar comme du 26 novembre au 1er décembre 1940, deux sous-marins entre Dakar et Casablanca du 2 au 9 janvier 1941,

Intégré aux Patrouilles de l'Océan, L'Alcyon va assurer des missions d'escorte entre le Maroc et la Méditerranée. Il escorte le convoi K18 entre Casablanca-Oran du 3 au 5 février 1941, le convoi R22 Oran-Casablanca du 6 au 9 février 1941. Il escorte un sous-marin et le ravitailleur Jules Verne entre Casablanca et Dakar du 17 au 23 mars 1941

L'Alcyon protège le convoi K55 Casablanca-Oran du 26 au 28 avril 1941 suivi par le convoi R55 Oran-Casablanca du 29 avril au 1er mai 1940. Il escorte le convoi K64 Casablanca-Oran du 17 au 20 mai suivit par le convoi R71 Oran-Casablanca du 31 mai au 2 juin 1941, le convoi K83 Casablanca-Oran du 20 au 22 juin 1941.

Il entre en grand carénage à Alger le 24 juin 1941, grand carénage qui l'y immobilisera pendant deux mois et demi. Il est de retour au service actif le 12 octobre 1941.

Il protège le convoi R23 entre Oran et Casablanca du 9 au 12 octobre 1941, le convoi K41 Casablanca-Oran du 2 au 4 décembre 1941, le convoi R50 Oran-Casablanca du 31 décembre 1941 au 2 janvier 1942, le convoi K89 Casablanca-Oran du 8 au 11 mai 1942 et enfin le convoi R97 Oran-Casablanca du 12 au 15 juin 1942.

Le 19 avril 1942 est constituée la 2ème escadre légère à Casablanca, force composée du croiseur léger Primauguet et de trois divisions de torpilleurs : la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Alcyon), la 5ème DT (Brestois Boulonnais) et la 6ème DT (Simoun Tempête).

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A l'aube du 8 novembre 1942, la 2ème escadre légère est mise en état d'alerte suite à des informations rendant probable un débarquement allié en Afrique du Nord. Néanmoins quand commence le bombardement naval et aérien, seuls les sous-marins ont appareillé, les navires de surface ne sont pas encore prêts.

Le Brestois est le premier à appareiller à 7.37 suivit par Le Frondeur, le Boulonnais, Le Fougueux attendant la sortie du contre-torpilleur Milan, navire amiral. Le contre-torpilleur débouche à 7.55 suivit par L'Alcyon et l'Albatros. La 2ème EL met cap sur la haute mer à partir de 8.10, suivant d'abord la côte avant de courir sus aux américains en dépit d'une infériorité flagrante en armement et équipement.

L'Alcyon à 9.55 est encadré par des bombes dont les éclats blessent des membres d'équipage et porovquent des voies d'eau. Il sera le seul le torpilleur à s'en sortir, sauvant l'équipage du Boulonnais après avoir renoncé à attaqué. Très endommagé par les américains, il mouille à 200m du Primauguet. Il est ensuite remorqué au Quai des Phosphates et survit car le maintien de la vapeur permet d'étaler les voies d'eau.

Le 9 novembre, le commandant de la 2ème EL monte à bord ordonnant un sabordage en cas d'arrivée des américains. Il ordonne également la constitution d'une section de débarquement pour renforcer celles des CT Milan et Albatros. La DCA du torpilleur réagira encore jusqu'au 10 novembre contre les attaques aériennes américaines.

En dépit de ses avaries, L'Alcyon sera remis en état, six mois de travaux seront nécessaires pour lui rendre son statut opérationnel.

Il reprend le combat en juillet 1943, escortant un convoi K56 du 14 au 19 juillet, les transports Djebel Aurès et Château Pavie qui rapatrient depuis Setubal (Portugal), les évadés d'Espagne. Il escorte également le câblier Alsace et le convoi K80. L'Alcyon sera ensuite indisponible du 12 août au 10 septembre 1943 pour des travaux sur machines.

Le 8 septembre 1943, l'Italie signe un armistice avec les alliés et sort du conflit. La Corse se soulève et demande l'intervention des alliés, les allemands ne tenant que Bastia alors qu'Ajaccio n'est contrôlé que par que deux bataillons italiens neutres.

Giraud comprend le symbole d'un premier département français libéré et décide d'envoyer des troupes françaises sur l'Ile de Beauté en dépit de moyens limités. Ce sont des contre-torpilleurs, des torpilleurs et des sous-marins qui vont assurer les premiers transports.

Le 15 septembre, L'Alcyon appareille de Casablanca pour Alger où il arrive à l'aube le lendemain, 16 novembre. Il rejoint La Tempête et les deux torpilleurs embarquent chacun cent hommes et dix tonnes, le contre-torpilleur Le Fantasque lui embarquant 275 hommes.

Les trois navires appareillent dans la soirée pour Ajaccio, arrivant dans la nuit et déchargeant le plus rapidement possible avant de reprendre la mer dans la nuit pour se trouver le plus loin possible à l'aube.

Il réalise une mission identique avec le croiseur-école Jeanne d'Arc du 19 au 22 septembre 1943 avec le transport de 1200 hommes et de 110 tonnes de matériel.

Le 23 septembre, L'Alcyon appareille d'Alger avec Le Fortuné et trois bâtiments alliés, le LST79 et deux dragueurs britanniques. Le convoi réglé sur le navire amphibie qui ne peut donner plus de dix noeuds arrive le 25. Le débarquement commence aussitôt en dépit de la menace aérienne fort prégnante. Les deux torpilleurs aident au déséchouage du contre-torpilleur Le Fantasque échoué à Aspretto avant de quitter Ajaccio avec le LST et de rentrer à Alger le 27 septembre en milieu d'après midi.

Le 30 septembre 1943, L'Alcyon appareille en compagnie du croiseur-école Jeanne d'Arc pour un nouveau transport rapide, le matériel débarqué à Ajaccio permettant aux forces françaises de prendre Bastia le 4 octobre 1943.

L'Ile de Beauté est prise mais les troupes ont toujours besoin de matériel et d'équipement mais désormais les torpilleurs, les contre-torpilleurs et les croiseurs vont escorter des paquebots et des cargos.

L'Alcyon prend sa part du fardeau, escortant un premier convoi en compagnie de La Tempête sur la route Alger-Ajaccio-Alger du 7 au 13 octobre 1943, du 29 octobre au 3 novembre 1943 avec La Toulonnaise, avec la Boudeuse du 10 au 15 décembre, avec son sister-ship Le Basque du 21 au 26 décembre et du 30 décembre 1943 au 5 janvier 1944, avec La Tempête et L'Ajacienne du 9 au 13 janvier 1944, avec le chasseur CH52 du 24 au 30 janvier 1944, avec le Basque du 6 au 15 février 1944, avec le Forbin et le torpilleur britannique HMS Gillstone du 24 février au 3 mars 1944, avec la Boudeuse et L'Ajacienne du 14 au 20 avril 1944, avec La Tempête et le Forbin du 24 au 29 avril 1944, avec le Commandant Détroyat et le Sabre du 4 au 12 mai 1944, avec le Forbin et le CH52 du 15 au 23 mai 1944.

A noter que le 3 mai 1944 au port à Alger se préparant à escorter un convoi en direction de la Corse, il appareille pour soutenir l'escorte d'un convoi allié attaqué au large d'Alger. Il soutient alors le destroyer d'escorte Le Sénégalais touché par une torpille U-371.

Dans la nuit du 30 au 31 mai 1944, L'Alcyon participe à l'escorte du convoi allié KMS51 entre Oran et le cap de Fer. Il occupe le poste Q à 3500 yards (3200m) à bâbord arrière du convoi. L'activité aérienne ennemie est élevée et l'escorte n'est donc pas surprise par l'attaque vers 0.15. L'Alcyon émet des fumigènes tout en tirant avec sa DCA, descendant deux appareils et endommageant un troisième avion-torpilleur. Le torpilleur n'à subit aucun dégât.


Le torpilleur L'Alcyon après refonte avec la fameuse livrée bicolore

Le 4 novembre 1944, la Task Force 86 est dissoute remplacée par la Flank Force placée sous commandement français du contre-amiral Jaujard avec les croiseurs Montcalm Georges Leygues Jeanne d'Arc, les torpilleurs Le Fortuné et L'Alcyon, 4 destroyers américains et 4 escorteurs français plus de la «poussière navale».

La répartition opérationnelle des bâtiments de combat se fera en trois groupes, chacun comprenant deux destroyers ou torpilleurs voir un croiseur pour les missons importantes. Un groupe sera au repoas trois jours à Toulon, le deuxième mouillé à Golfe Juan et se tenant à une heure d'appareillage pendant trois jours et le troisième au combat pendant également trois jours. .

L'Alcyon patrouille au large de Vintimille les 5 et 6 novembre et du 13 au 16 novembre, étant à plusieurs reprises encadré par l'artillerie énnemie mais sans pouvoir riposter efficacement en raison de l'état de la mer.

Le 17 novembre, il est détaché pour une mission d'escorte en direction de Naples où il arrive le 19. Il gagne ensuite Marseille où il arrive le 22 novembre 1944 avant de mettre cap sur Alger en escorte du transport Canada (26-28 novembre 1944) avant de reprendre place dans la Flank Force le 6 décembre.

Le 21 décembre 1944, L'Alcyon tire 25 coups de 130mm sur des concentrations de troupes avant de grenader un contact Asdic le lendemain sans pouvoir apprécier le résultat de son attaque. Il tire à nouveau le 2 janvier (36 coups) et le 3 janvier (71 coups). Il tire à nouveau le 17 janvier (26 coups) le 28 janvier 1945 (95 coups) et le 29 janvier 1945 (59 coups).

Il quitte la Flank Force le 1er février pour carénage à Alger. Ce petit carénage s'achève le 1er mars 1945 et le torpilleur est envoyé à Oran puis à Gibraltar et enfin sur Toulon le 7 mars mais le lendemain, 8 mars, alors qu'il se trouve à environ 40 miles dans le sud-est des Baléares, marchant à 18 noeuds voit une énorme lame s'abattre sur la passerelle et la plage avant. Il restera indisponible pour réparations jusqu'à la fin du mois de mars 1945.

Le 1er avril, il quitte Alger pour Gibraltar où il fait brièvement le 3 avant de mettre cap sur Plymouth où en arrivant le 5 avril il retrouve ses sister-ship Basque et Le Fortuné. Il effectue une première patrouille côtière au large des poches de l'Atlantique du 9 au 13 avril sans avoir de contact avec l'ennemi.

Le 13 avril, les trois torpilleurs appareillent de Plymouth en compagnie des frégates L'Aventure et La Découverte pour escorter le cuirassé Lorraine et le croiseur lourd Duquesne pour l'opération Vénérable destinée à appuyer l'attaque terrestre contre la poche de Royan. L'opération débute le 15 avril, le cuirassé et le croiseur stoppant au mouillage pendant que les torpilleurs et les frégates assurent leur protection. Les torpilleurs tirant également contre la terre, L'Alcyon tirant pas moins de 390 coups sans grande réaction de l'ennemi.

Rentré à Brest le 17 avril 1945, L'Alcyon patrouille du 19 au 22 avril 1945 avant de participer le 27 avril en compagnie du Fortuné à la protection et à l'appui du Duquesne pour bombarder l'île d'Oleron (opération Jupiter) prévue le 29 puis reporté au 30 avril. Le tir du croiseur lourd comme des torpilleurs est précis ce qui vaut les félicitations du général de Larminat.

L'Alcyon reste sur zone jusqu'au 1er mai avant d'effectuer des patrouilles du 3 au 8 mai, les poches de l'Atlantique se rendent enfin le 11 mai mais tous les ports de l'Atlantique ne sont sous contrôle français que le 15 mai. Tous les torpilleurs son de retour à Brest le 16 mai.

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Le 13 juin 1945, Le Fortuné et L'Alcyon escortent le croiseur Gloire entre Ouessant et Cherbourg où la petite escadre arrive le 14. L'Alcyon rapatrie le personnel de liaison britannique à Plymouth avant d'appareiller le 17 juillet pour Hambourg en compagnie du Fortuné, les deux torpilleurs restant du 20 au 28 juillet avant de rentrer en Normandie le 31 juillet 1945.

Le mois d'août 1945 voit L'Alcyon effectue plusieurs transports entre Cherbourg et la Grande Bretagne qu'il s'agisse de rapatrier les équipages des remorqueurs retrocédés (1-5 août), d'enmener l'équipage du porte-avions Dixmude et de remorquer en France le remorqueur Pintade (9 au 15) et enfin une dernière mission à Plymouth du 25 au 28 août.

Le 1er septembre 1945, il quitte Cherbourg pour Toulon via Brest et Casablanca. Il y restera immobilisé du 9 septembre 1945 à mars 1946 pour grandes travaux. Rentré en Normandie, il effectue plusieurs sorties durant le printemps 1946 qu'il s'agisse de tester une télécommande pour son artillerie principale (9 au 18 mai), transport de personnalités britanniques entre Southampton et Le Havre (26 au 30 mai), transport du détachement français à Portsmouth pour lui permettre de participer au défilé de la victoire à Londres (4 au 9 juin), transports des corps de soldats américains entre les îles anglo-normandes et Cherbourg (15 et 16 juin).

Visitant Le Havre à l'occasion du 14 juillet 1945, le torpilleur est indisponible en personnel jusqu'au 18 septembre avant de rapatrier les équipages des sous-marins Morse et Curie retrocédés à la Grande Bretagne.

Il passe ensuite à Boulogne du 9 au 11 octobre 1946 pour accueillir le croiseur-école argentin La Argentina avant de transporter le général de Lattre de Tassigny, chef d'état major général de la armée en Angleterre (5 au 9 novembre) puis de rapatrier des prisonniers allemands du 6 au 18 décembre puis d'entreprendre un carénage à Brest.

De nouveau opérationnel en février 1947, il est affecté à l'Ecole Navale en compagnie du Basque, faisant de nombreuses sorties d'entrainement et de formation notamment une croisière d'été dans les pays scandinaves avec des escales à Kiel, Copenhague, Göteborg, Oslo, Sognefjord et Amsterdam). La carrière de L'Alcyon touche cependant à sa fin notamment après une avarie à l'hélice tribord le 11 octobre 1947.

Le torpilleur est désarmé le 15 mars 1948 puis mis en réserve spéciale le 20 juillet 1948. Il est condamné le 10 novembre 1952 sous le numéro Q21 puis est vendu à la démolition le 19 novembre 1954.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:47

Le Brestois

Le Brestois en pleine évolution.

Construction

Par le marché 1173D du 14 avril 1926, la construction du premier torpilleur de la tranche 1925 est attribué à l'établissement des Anciens Chantiers Dubigeon installés à Chantenay, un quartier de Nantes.

-Le Brestois est mis sur cale le 17 mai 1926 lancé le 18 mai 1927 et armé pour essais le 1er novembre 1927. Il entre en armement définitif le 1er avril 1928, la clôture d'armement est prononcée le 15 juin 1928 et son admission au service actif le 9 décembre 1928.

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, le Brestois est affecté à la 1ère DT en Méditerranée, affectation retardée par un échouage au salins d'Hyères lors d'un exercice de lancement de torpilles. Il connait une autre avarie à la fin du mois de septembre quand le Boulonnais qui sortait de réparation, aborde le Brestois à l'avant pour échapper à un nouvel échouage mais là encore les avaries sont très limitées.

De novembre au début du mois de décembre 1929, le Brestois et la Bourrasque accompagnent le croiseur-école (ex-croiseur cuirassé) Edgar Quinet lors de sa croisière d'instruction pour permettre aux futurs officiers d'apprendre les opérations sur un navire rapide. Il participe ensuite en mai et juin 1930 aux célébrations du centenaire de l'Algérie et aux manoeuvres combinées entre les deux escadres.

A partir du 1er octobre 1930, le Brestois est affecté à la 9ème division de torpilleurs au sein de la 1ère escadrille en compagnie du Foudroyant, du Forbin et du Boulonnais.

Le 9 avril 1931, les torpilleurs Brestois Foudroyant et Forbin appareillent de Villefranche en compagnie des croiseurs Colbert et Duguay-Trouin. Le président Doumergue se rend en Tunisie à bord du Colbert et traverse le lac de Bizerte à bord du Foudroyant pour rendre hommage à l'hydravion du croiseur lourd qui s'était abimé au dessus de Sidi-Ahmed.

Le 1er septembre 1932, les divisions de torpilleurs sont réduites à trois navires, la 9ème DT perdant ainsi le Boulonnais. Le Brestois lui reste dans la division jusqu'au 15 août 1933 quand il est remplacé par le Basque et placé dans le groupe de complément. Il est présent du 14 au 19 décembre 1932, à Marseille pour une opération de relations publiques au cours duquel il est ouvert au public et effectue une sortie en mer au profit des officiers de réserve de la région.

Le 1er octobre 1934, la 9ème DT est dissoute. Le Brestois qui appartenait au groupe de complément est réaffecté à la 1ère DT composée également de La Palme, de la Railleuse et du Forbin. Le Brestois ne restera pas longtemps dans cette division puisque le 1er novembre 1935 il rejoint la 3ème DT formée également du Le Fortuné et du Boulonnais.

Le déclenchement de la guerre d'Espagne et les servitudes imposées à la marine nationale entraine une nouvelle réorganisation des unités de torpilleurs. C'est ainsi que le 15 août 1936, le Brestois quitte Toulon en compagnie du Boulonnais pour former une 5ème DT à Brest en compagnie du Foudroyant déjà sur place.

Le 21 septembre 1937, la 5ème DT quitte Brest pour Casablanca où elle resrera déployée trois mois, effectuant des rotations sur Tanger, renforçant ainsi l'action de L'Adroit et de La Railleuse. Le Brestois rentrer à Brest en janvier 1938, continuant néanmoins ses missions de présence au large de l'Espagne.

Il participe également à des événements prestigieux comme l'accueil en rade de Boulogne le 19 juillet 1938 du yacht royal Enchantress transportant le roi et la reine d'Angleterre en visite en France et qui inaugure notamment le monument commémorant l'arrivée à Dunkerque des premiers soldats britanniques le 13 août 1914.

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En septembre 1939, le Brestois est toujours affecté à la 5ème DT en compagnie du Foudroyant et du Boulonnais. Comme les autres divisions de la 2ème flottille, la 5ème DT est placée sous l'autorité d'Amiral-Ouest dès le 28 août pour les missions d'escorte et de patrouilles à mener dès le début du conflit.

Les 2 et 7 septembre, le Brestois et ses compères de la 5ème DT avaient protégé la sortie et le retour de la Force de Raid. Le Brestois avait aussi effectué plusieurs escortes notamment celle du cargo Nancéen du 14 au 18 septembre 1939.

Le 12 octobre 1939, la 5ème DT remplace la 2ème DCT en Manche. Le Brestois et le Boulonnais appareillent alors pour Cherbourg mais si le second continue jusqu'à Dunkerque, le Brestois s'arrête dans le port normand pour carénage (Le Foudroyant en mission dans l'Atlantique ne ralliera le Boulonnais que le 2 novembre 1939).

Affecté aux forces légères de l'amiral Castex, il exécute un raid le long des côtes néerlandaises dans la nuit du 13 au 14 janvier mais sans intercepter de navires allemands. Le 16 janvier, il effectue une nouvelle reconnaissance le long des côtes néerlandaises mais au retour dans la soirée du 17 à Dunkerque, il reprend la mer pour intercepter un sous-marin suite à un contact Asdic.

Il grenade deux fois sans résultats mais la brume étant tombée, il prend pour un sous-marin ennemi en surface, l'aviso Amiral Mouchez qui est légèrement endommagé et qui perd deux hommes plus six blessés dont deux décederont à l'hôpital. L'enquête ne relevera aucune erreur humaine et même soulignera la valeur des commandants qui ont foncé sus à l'ennemi.

le Brestois participe le 14 février 1940 à la protection du pétrolier Tarn de Dunkerque à Cherbourg en compagnie du Foudroyant et de l'Ouragan.

Arrivée dans le port normand, la 5ème DT est affectée à la force Z destinée à une hypothétique opération contre la Norvège avec le croiseur mouilleur de mines Emile Bertin, neuf contre-torpilleurs, trois torpilleurs et cinq croiseurs auxiliaires.

La fin du conflit russo-finlandais voit la force Z dissoute le 16 mars et la 5ème DT remise aux ordres d'Amiral-Nord mais le 5 avril, la force Z est reconstituée sous le nom de «Groupe Emile Bertin».


Le torpilleur Le Brestois avec une livrée gris foncée adaptée aux opérations en mer du Nord

Le lendemain 6 avril, le Brestois, le Foudroyant et le Boulonnais appareillent pour Scapa Flow arrivant le 7 avril. Le 9 avril, le Boulonnais et le Brestois escortent le pétrolier Aldersdale jusqu'à Sullom Voes aux Shetlands pour créer un point de mazoutage destiné aux navires engagés au large de la Norvège. Ils sont de retour le lendemain accompagnés par le torpilleur norvégien Draug.

Du 12 au 14 avril, le Brestois et le Foudroyant escortent jusqu'à Newcastle les destroyers britanniqués Kelvin et Kashmir qui s'étaient avariés lors d'un abordage puis rejoignent Greenock où ils retrouvent les autres navires français : l'Emile Bertin, le Boulonnais, la 5ème DCT et les transports. Le Brestois et le Boulonnais relèvent ainsi les torpilleurs Cyclone et Mistral qui avaient escorté les transports depuis la France.

Le Brestois est présent à Namsos du 22 au 27 avril, Namsos ayant été choisit comme port de débarquement pour le corps expéditionnaire qui doit ensuite prendre Trondheim. Une profonde désorganisation et les attaques aériennes allemands ralentissent considérablement le débarquement du matériel qui est interrompu le 28 avril, l'évacuation étant ordonnée dans l'après midi, les alliés renonçant à s'emparer de Trondheim.

Le convoi appareille le 29 avril dans la soirée mais à l'aube, la Luftwaffe attaque mais sans pertes pour le convoi qui arrive à Scapa Flow le 3 mai. Les deux torpilleurs poursuivent jusqu'à Greenock où ils arrivent le 4 mai.

Après avoir escorté un pétrolier britannique de Scapa Flow aux Hébrides, le Brestois et le Boulonnais protègent de Scapa Flow à Greenock, le paquebot Ville d'Alger et le pétrolier Lot (10 au 12 mai) avant de rentrer à Brest le 15 mai.

Le lendemain 16 mai, ils escortent le croiseur Montcalm à Oran via Gibraltar, arrivant sur place le 19 mai. Les deux torpilleurs de la 5ème DT devaient à l'origine gagner Bizerte mais un contre-ordre les affectent à la Force de Raid avec Mers-El-Kébir pour base alors que l'entrée en guerre de l'Italie est jugée iminente. Le Brestois proche de son port de destination fait donc demi-tour, escortant les cuirassés Provence et Bretagne et les contre-torpilleurs Tigre et Lynx rapatriés d'Alexandrie. Il arrive à Oran le 27 mai 1940.

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Le Brestois est à Oran le 3 juillet 1940 quand les britanniques déclenchent l'opération Catapult destinée à neutraliser la Force de Raid. Les navires français amarrés à Mers-El-Kébir sont incapables de riposter efficacement. Seule le Strasbourg parvient à s'échapper escorté par quatre contre-torpilleurs.

Les torpilleurs amarrés à Oran appareillent dès les premiers coups de canon mais ne parviennent pas à suivre le rythme d'enfer du croiseur de bataille et doivent se résoudre à gagner Alger où ils arrivent à l'aube le 4 juillet.

Le lendemain, 5 juillet 1940, le Brestois et le Boulonnais reçoivent l'ordre d'escorter le transport d'hydravions Commandant Teste réfugié en baie d'Arzew et de le conduire à Bizerte. Ils appareillent le 6 juillet au matin (échappant ainsi au raid des Swordfish contre l'infortuné Dunkerque), retrouvent le Commandant Teste puis appareillent pour Bizerte où ils arrivent le 7 juillet 1940 au soir.

La 5ème DT composée du Brestois et du Boulonnais est affectée aux Patrouilles de l'Océan et basé à Casablanca. Ils vont effectuer des missions d'escorte essentiellement entre Casablanca et Oran mais également vers la métropole occupée et Dakar.

Le Brestois protège ainsi les navires château Yquem et Fort Richepanse qui gagnent respectivement Nantes et La Pallice du 25 novembre au 3 décembre 1940 puis le Fort de France vers Nantes du 25 janvier au 3 février 1941. Le 23 janvier 1941, il escorte jusqu'à Bordeaux le Saint Cyrille mais manque la veille le Rose Schiaffino qui sera capturé par les britanniques le 26.

Il effectue également trois voyages en direction du Portugal et de l'Espagne pour rapatrier en Afrique du Nord des navires qui ont été bloqués par l'Armistice dans ces pays qu'il s'agisse de l'Espiguette entre Setubal et Casablanca du 28 au 30 novembre 1940, le Compiègne de Lisbonne à Casabianca du 12 au 13 décembre 1940, le Brestois et le Gabriel Guist'hau de Lisbonne à Casablanca du 5 au 7 mars 1941. Il assure également la surveillance du port de Safi du 22 au 25 juillet 1941.

Le 19 décembre 1940, le pétrolier Rhône escorté par le sous-marin Sfax faisant route entre Casablanca et Dakar sont torpillés à la hauteur du Cap Juby par le U-37 sans que l'on sache si il s'agit d'une agression délibérée ou d'une erreur. Le Brestois appareille le 20 décembre mais n'arrivera sur place que le lendemain matin pour sauver les quelques survivants qui avaient rejoints la côte. Il rentre à Casablanca le 25 décembre 1940.

Le Brestois assure donc des escortes entre le Maroc et la Méditerranée. Il escorte deux navires entre Casablanca et le détroit de Gibraltar le 23 novembre 1940, un navire entre le détroit de Gibraltar et Casablanca du 26 au 28 novembre, un navire entre Casablanca et le détroit de Gibraltar le 30 novembre 1940.

Le Brestois escorte le convoi K24 Casablanca-Oran du 16 au 18 février 1941, le convoi R28 Oran-Casablanca du 20 au 23 février 1941, le convoi K34 Casablanca-Oran du 9 au 12 mars.

Il protège ensuite le convoi R88 entre Oran et Casablanca du 5 au 7 juillet 1941, le convoi K5 Casablanca-Oran du 9 au 12 août 1941, le convoi R8 Oran-Casablanca du 20 au 23 août, le convoi K30 Casablanca-Oran du 14 au 17 octobre 1941 et le convoi R36 Oran-Casablanca du 13 au 16 novembre 1941.

Il protège aussi des navires faisant le trajet Dakar-Casablanca, protégeant deux sous-marins entre le 9 et le 15 janvier 1941.

Le 19 avril 1942 est constituée la 2ème escadre légère à Casablanca sous le commandement du vice-amiral Gervais de Lafond mais les sorties sont particulièrement limitées faute de carburant, les navires n'utilisant leur appareil propulsif qu'en mer, les manoeuvres de port se faisant à la remorque.

*
**

En dépit d'un manque d'informations flagrant, l'imminence d'un débarquement allié ne fait guère de doutes au début du mois de novembre 1942. A l'aube le 8 novembre, l'imminence d'un débarquement au Maroc ne fait plus de doutes.

La 2ème escadre légère est mise en alerte qu'il s'agisse du croiseur Primauguet (qui vient à peine de sortir de carénage), de la 11ème DCT (contre-torpilleur Milan et Albatros), de la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Alcyon), de la 5ème DT (Brestois Boulonnais) et de la 6ème DT (Simoun Tempête).

Quand les bombardements alliés commencent à 7h10, seuls les sous-marins ont appareillé, les navires de surface doivent attendre que leurs chaudières fournissent suffisamment de pression pour permettre l'appareillage.

La 2ème EL amarrée à la jetée Delure. Le Boulonnais se trouve le plus près de la sortie mais une fausse manoeuvre le fait s'empaler sur un épis de la jetée. C'est donc le Brestois qui franchit le premier la passe à 7h37 suibit par le Frondeur, le Boulonnais et le Fougueux.

Les quatre torpilleurs attendent le Milan qui porte la marque du contre-amiral Gervais de Lafond qui débouche à 7h55 suivi de l'Alcyon et de l'Albatros.

A 8h10, la 2ème Escadre Légère sort de Casablanca et suit la côte en direction de Fedala, espérant se masquer dans le soleil et la brume matinale mais cela n'empêche pas la détection par le radar. Les navires français sont en colonne avec les contre-torpilleurs Milan et Albatros et les torpilleurs Brestois Boulonnais Fougueux Frondeur et L'Alcyon.

Les navires français sont d'abord attaqués par les Wildcat des porte-avions américains qui larguent des bombes et mitraillent les navires français qui se heurtent bientôt aux croiseurs Tuscaloosa, Augusta et Brooklyn ainsi que des destroyers.

A 9h00, le Primauguet sort enfin de Casablanca mais maintenant c'est chacun pour soit, le combat coordonné est abandonné au profit de duels. Le Primauguet est accompagné par le Boulonnais et le Brestois.

Ce dernier tente de lancer des torpilles contre l'escadre américaine mais il est touché par un obus de 203mm. Il tente ensuite d'assister le Boulonnais gravement endommagé mais le tir américain et si puissant qu'il doit se replier.

Rallié par le Frondeur et L'Alcyon, le Brestois tente de manoeuvrer sous un feu d'enfer entre les bombes de l'aviation et les obus de gros calibre. Le Brestois voyant le Primauguet en difficulté tente d'entendre un écran de fumée avec L'Alcyon.

Engagé à nouveau par l'aviation, le Brestois est sévèrement ebranlé par une bombe qui explose à proximité. Il décide de mouiller dans l'axe de la sortie du port à proximité du Primauguet qui est échoué aux Roches Noires.

Le Brestois finit cependant par s'amarrer à 15h30 à la jetée Delure avec une gite de 12° sur bâbord mais faute de pression dans les chaudières, la gite ne peut être endiguée. Le navire est condamné, évacué à 21h00 avant de chavirer 24 minutes plus tard. L'épave sera relevée et démantelée après la guerre.


Le Brestois chaviré

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:51

Le Boulonnais

Le torpilleur Boulonnais

Construction

Par le marché 1773C du 19 mai 1926, la construction du deuxième torpilleur de la tranche 1925 est attribuée aux Chantiers Navals Français (CNF) et leur site de Caen.

-Le Boulonnais est mis sur cale le 4 mai 1926 lancé le 1er juin 1927 et armé pour essais le 1er janvier 1928. Il entre en armement pour essais le 1er mai 1928, la clôture d'armement est prononcée le 25 juin 1928 et l'admission au service actif prononcée le 13 août 1929.

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, il est affecté en Méditerranée à la 1ère division de torpilleur. Il connait des débuts difficiles puisqu'il s'échoue une première fois le 25 septembre 1929 sur la plage des Bormettes puis aborde son sister-ship Brestois pour éviter un nouvel échouage.

Le 1er octobre 1930 est mise sur pied la 9ème division de torpilleurs composée du Foudroyant, du Brestois, du Forbin et du Boulonnais mais le 1er septembre 1932, les divisions de torpilleurs sont réduites à trois navires. Le Boulonnais rejoint ensuite la 7ème DT le 15 août 1933 puis la 3ème DT formée également avec le Brestois et Le Fortuné à partir du 1er novembre 1935.

Le déclenchement de la guerre d'Espagne et les servitudes imposées à la marine nationale entraine une nouvelle réorganisation des unités de torpilleurs. C'est ainsi que le 15 août 1936, le Boulonnais quitte Toulon en compagnie du Brestois pour former une 5ème DT à Brest en compagnie du Foudroyant déjà sur place.

Le 21 septembre 1937, la 5ème DT quitte Brest pour Casablanca où elle restera déployée trois mois, effectuant des rotations sur Tanger, renforçant ainsi l'action de L'Adroit et de La Railleuse. Le Boulonnais rentrer à Brest en janvier 1938, continuant néanmoins ses missions de présence au large de l'Espagne.

Il participe également à des événements prestigieux comme l'accueil en rade de Boulogne le 19 juillet 1938 du yacht royal Enchantress transportant le roi et la reine d'Angleterre en visite en France et qui inaugure notamment le monument commémorant l'arrivée à Dunkerque des premiers soldats britanniques le 13 août 1914.

*
**

En septembre 1939, le Boulonnais est toujours affecté à la 5ème DT en compagnie du Foudroyant et du Brestois. Comme les autres divisions de la 2ème flottille, la 5ème DT est placée sous l'autorité d'Amiral-Ouest dès le 28 août pour les missions d'escorte et de patrouilles à mener dès le début du conflit.

Les 2 et 7 septembre, le Boulonnais et ses compères de la 5ème DT avaient protégé la sortie et le retour de la Force de Raid. Le Boulonnais avait aussi effectué plusieurs escortes notamment celle du cargo Nancéen du 14 au 18 septembre 1939 et avait tenté de sauver l'hydravion Algol et de grenader après avoir vu un sillage de torpille le lendemain, 19 septembre.

Le 12 octobre 1939, la 5ème DT remplace la 2ème DCT en Manche. Le Boulonnais et le Brestois appareillent alors pour Cherbourg mais si le second continue jusqu'à Dunkerque, le Brestois s'arrête dans le port normand pour carénage alors que le Boulonnais poursuit jusqu'à Dunkerque(Le Foudroyant en mission dans l'Atlantique ne ralliera le Boulonnais que le 2 novembre 1939).

Le 22 octobre, le Boulonnais accompagne le Jaguar pour protéger le grand dock flottant de Dunkerque qui se repliait au Havre, remorqué par trois remorqueurs et protégé par deux avisos. Ils sont bientôt renforcés par l'aviso Amiral Mouchez car un sous-marin à été signalé à proximité. Le 31 octobre, le Boulonnais assurera la protection éloignée de cinq trains de péniches évacuées de Hollande vers Dunkerque puis vers Le Havre.

Le 26 janvier, le Boulonnais appareille sur alerte pour un contact Asdic mais sans résultat tout comme les 20 et 21 février quand il sortira avec ses deux compères de la 5ème DT.

Arrivée dans le port normand, la 5ème DT est affectée à la force Z destinée à une hypothétique opération contre la Norvège avec le croiseur mouilleur de mines Emile Bertin, neuf contre-torpilleurs, trois torpilleurs et cinq croiseurs auxiliaires.

La fin du conflit russo-finlandais voit la force Z dissoute le 16 mars et la 5ème DT remise aux ordres d'Amiral-Nord mais le 5 avril, la force Z est reconstituée sous le nom de «Groupe Emile Bertin».

Le lendemain 6 avril, le Brestois, le Foudroyant et le Boulonnais appareillent pour Scapa Flow arrivant le 7 avril. Le 9 avril, le Boulonnais et le Brestois escortent le pétrolier Aldersdale jusqu'à Sullom Voes aux Shetlands pour créer un point de mazoutage destiné aux navires engagés au large de la Norvège. Ils sont de retour le lendemain accompagnés par le torpilleur norvégien Draug.

Du 12 au 14 avril, le Brestois et le Foudroyant escortent jusqu'à Newcastle les destroyers britanniqués Kelvin et Kashmir qui s'étaient avariés lors d'un abordage puis rejoignent Greenock où ils retrouvent les autres navires français : l'Emile Bertin, le Boulonnais, la 5ème DCT et les transports. Le Brestois et le Boulonnais relèvent ainsi les torpilleurs Cyclone et Mistral qui avaient escorté les transports depuis la France.

Le Boulonnais est présent à Namsos du 22 au 27 avril, Namsos ayant été choisit comme port de débarquement pour le corps expéditionnaire qui doit ensuite prendre Trondheim. Une profonde désorganisation et les attaques aériennes allemands ralentissent considérablement le débarquement du matériel qui est interrompu le 28 avril, l'évacuation étant ordonnée dans l'après midi, les alliés renonçant à s'emparer de Trondheim.

Le convoi appareille le 29 avril dans la soirée mais à l'aube, la Luftwaffe attaque mais sans pertes pour le convoi qui arrive à Scapa Flow le 3 mai. Les deux torpilleurs poursuivent jusqu'à Greenock où ils arrivent le 4 mai.

Après avoir escorté un pétrolier britannique de Scapa Flow aux Hébrides, le Boulonnais et le Brestois protègent de Scapa Flow à Greenock, le paquebot Ville d'Alger et le pétrolier Lot (10 au 12 mai) avant de rentrer à Brest le 15 mai.

Le lendemain 16 mai, ils escortent le croiseur Montcalm à Oran via Gibraltar, arrivant sur place le 19 mai. Les deux torpilleurs de la 5ème DT devaient à l'origine gagner Bizerte mais un contre-ordre les affectent à la Force de Raid avec Mers-El-Kébir pour base alors que l'entrée en guerre de l'Italie est jugée iminente.

Le Boulonnais proche de son port de destination fait donc demi-tour, escortant les cuirassés Provence et Bretagne et les contre-torpilleurs Tigre et Lynx rapatriés d'Alexandrie. Il arrive à Oran le 27 mai 1940.


Vue tribord arrière du Boulonnais à la mer

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**

Le Boulonnais est à Oran le 3 juillet 1940 quand les britanniques déclenchent l'opération Catapult destinée à neutraliser la Force de Raid. Les navires français amarrés à Mers-El-Kébir sont incapables de riposter efficacement. Seule le Strasbourg parvient à s'échapper escorté par quatre contre-torpilleurs.

Les torpilleurs amarrés à Oran appareillent dès les premiers coups de canon mais ne parviennent pas à suivre le rythme d'enfer du croiseur de bataille et doivent se résoudre à gagner Alger où ils arrivent à l'aube le 4 juillet.

Le lendemain, 5 juillet 1940, le Boulonnais et le Brestois reçoivent l'ordre d'escorter le transport d'hydravions Commandant Teste réfugié en baie d'Arzew et de le conduire à Bizerte. Ils appareillent le 6 juillet au matin (échappant ainsi au raid des Swordfish contre l'infortuné Dunkerque), retrouvent le Commandant Teste puis appareillent pour Bizerte où ils arrivent le 7 juillet 1940 au soir.

La 5ème DT composée du Boulonnais et du Brestois est affectée aux Patrouilles de l'Océan et basé à Casablanca. Ils vont effectuer des missions d'escorte essentiellement entre Casablanca et Oran mais également vers la métropole occupée et Dakar.

Le Boulonnais escorte par exemple le cargo Lieutenant Saint Loubert Bie entre Lisbonne et Casablanca du 17 au 19 décembre 1940, le cargo Thisbé de Lisbonne à Casablanca du 11 au 13 mars. Dans la nuit du 20 au 21 janvier 1941, le Brestois est drossé contre le Boulonnais mais les dégâts sont limités.

Le Boulonnais est envoyé en grandes réparations à Oran, quittant Casablanca le 20 mars 1941 et y revenant le 18 juillet 1941.

Il assure avec le Brestois la surveillance du port de Safi du 22 au 25 juillet 1941 et est «torpilleur d'alerte» à Oran du 18 août au 9 octobre 1942.

Le Boulonnais assurent donc principalement entre l'Armistice et l'opération Torch des missions d'escorte. Il protège le cargo Charles Plumier le 21 novembre 1940 mais ne peut empêcher sa capture le 22 novembre.

Il protège deux navires entre Casablanca et le détroit de Gibraltar du 7 au 9 décembre 1940, le convoi K39 du 20 au 22 mars 1941 entre Casablanca et Oran, le convoi R93 Oran-Casablanca du 15 au 18 juillet 1941, le convoi K23 entre le 3 et le 7 octobre 1941, le convoi R29 Oran-Casablanca du 30 octobre au 3 novembre 1941 et le convoi R33 Oran-Casablanca du 9 au 10 octobre 1942.

Il protège aussi des navires entre Casablanca-Dakar avec un navire du 9 au 14 janvier 1941, un sous-marin entre Casablanca et Dakar du 27 janvier au 2 février, un pétrolier entre Dakar et Casablanca du 20 au 25 février 1941. Ce sont enfin les convois C10 (deux navires) du 14 au 19 août et D14 du 25 août au 6 septembre 1941.


Le 19 avril 1942 est constituée la 2ème escadre légère à Casablanca sous le commandement du vice-amiral Gervais de Lafond mais les sorties sont particulièrement limitées faute de carburant, les navires n'utilisant leur appareil propulsif qu'en mer, les manoeuvres de port se faisant à la remorque.

*
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En dépit d'un manque d'informations flagrant, l'imminence d'un débarquement allié ne fait guère de doutes au début du mois de novembre 1942. A l'aube le 8 novembre, l'imminence d'un débarquement au Maroc ne fait plus de doutes.


A quai à Casablanca, les torpilleurs Brestois et Boulonnais

La 2ème escadre légère est mise en alerte qu'il s'agisse du croiseur Primauguet (qui vient à peine de sortir de carénage), de la 11ème DCT (contre-torpilleur Milan et Albatros), de la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Alcyon), de la 5ème DT (Brestois Boulonnais) et de la 6ème DT (Simoun Tempête).

Quand les bombardements alliés commencent à 7h10, seuls les sous-marins ont appareillé, les navires de surface doivent attendre que leurs chaudières fournissent suffisamment de pression pour permettre l'appareillage.

La 2ème EL amarrée à la jetée Delure. Le Boulonnais se trouve le plus près de la sortie mais une fausse manoeuvre le fait s'empaler sur un épis de la jetée. C'est donc le Brestois qui franchit le premier la passe à 7h37 suibit par le Frondeur, le Boulonnais et le Fougueux.

Les quatre torpilleurs attendent le Milan qui porte la marque du contre-amiral Gervais de Lafond qui débouche à 7h55 suivi de l'Alcyon et de l'Albatros.

A 8h10, la 2ème Escadre Légère sort de Casablanca et suit la côte en direction de Fedala, espérant se masquer dans le soleil et la brume matinale mais cela n'empêche pas la détection par le radar. Les navires français sont en colonne avec les contre-torpilleurs Milan et Albatros et les torpilleurs Brestois Boulonnais Fougueux Frondeur et L'Alcyon.

Les navires français sont d'abord attaqués par les Wildcat des porte-avions américains qui larguent des bombes et mitraillent les navires français qui se heurtent bientôt aux croiseurs Tuscaloosa, Augusta et Brooklyn ainsi que des destroyers.

A 9h00, le Primauguet sort enfin de Casablanca mais maintenant c'est chacun pour soit, le combat coordonné est abandonné au profit de duels. Le Primauguet est accompagné par le Boulonnais et le Brestois.

La présence aérienne est constante. Le Boulonnais qui dirige l'attaque des torpilleurs tentent de lancer sur les croiseurs américains. Lors de cette évolution, il est touché par une salve du Brooklyn, six obus touchent le torpilleur : un dans la chaudière n°1; un second frappe le ventilateur de chauffe et sectionne le collecteur 1 et le collecteur 2, détruit la pompe à mazout; un troisième traverse la rue de chauffe 2 dont un éclat perfore la soute à mazout, un quatrième pénète dans la machine bâbord, un cinquième expose dans le poste des mécaniciens et met le feu à la soute à douille de 130mm et le sixième tombe dans les appartements du commandant créant une seconde voie d'eau à la flottaison.

Le navire est condamné, l'évacuation est ordonnée à 10h30 mais deux projectiles atteignent encore le navire qui se couche lentement à 11h05 avant de chavirer et de couler à 5 miles environ dans le 50 du poste d'entrée de la rade. L'épave est relevée et démantelée après guerre.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 16:58

Le Bordelais

Construction

Le torpilleur Le Bordelais en construction à Bordeaux

Par le marché 1773A du 27 janvier 1926, la construction du troisième torpilleur de la tranche 1925 est attribuée aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) à Bordeaux.

-Le Bordelais est mis sur cale le 19 novembre 1926 lancé le 23 mai 1928 et armé pour essais le 1er avril 1929. Il entre en armement définitif le 1er décembre 1929, la clôture d'armement est prononcée le 8 avril 1930 et l'admission au service actif le 19 avril 1930.

Carrière opérationnelle

Le Bordelais est d'abord affecté à la 1ère division de torpilleur puis à partir du 1er juillet 1930 à la 3ème DT. Enfin le 1er octobre est mise sur pied la 11ème DT formée par L'Alcyon, le Bordelais, le Fougueux et le Frondeur.

Le 21 février 1931, le Bordelais appareille de Toulon pour Bizerte où il doit se faire caréner. Il est alors assailli par une tempête de mistral très violence qui l'oblige à prendre la cape. Le lendemain au matin, son appareil moteur est en avarie et il demande du secours par TSF.

Le remorqueur Goliath et le torpilleur Le Foudroyant appareillent mais ne peuvent passer une remorque au torpilleur. A midi, les remorqueurs Six-Fours et Travailleur, trois contre-torpilleurs et le croiseur Tourville appareillent mais leurs tentatives sont toutes aussi infructueuses. Il faudra attendre une accalmie le 25 février pour permettre aux remorqueurs de travails. Les dégâts sont peu importants.

Le 1er septembre 1932, les divisions de torpilleurs passent de quatre à trois bâtiments, le bâtiment placé hors rang entrant en grandes réparations. Le Bordelais quitte ainsi la 11ème DT et rejoint le groupe de complément.

Le 5 juillet 1935, la 2ème flottille est créée à Brest avec les 2ème, 4ème et 6ème DT. La 2ème DT perd ses torpilleurs de type Bourrasque qui sont remplacés par les Bordelais Fougueux et Frondeur.

La guerre d'Espagne entraine la réorganisation des unités de torpilleurs et le Bordelais quitte la 2ème DT pour intégrer la 8ème DT dont il est le navire-amiral avec la Trombe et la Tramontane.

Comme le reste de la 2ème flottille, il participe aux opérations au large de l'Espagne que ce soit dans le cadre de la non-intervention (août 1936-avril 1937) ou du contrôle naval (avril-septembre 1937) ou des opérations de présence jusqu'à la fin du conflit.

*
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Au moment où la France entre en guerre en septembre 1939, Le Bordelais appartient à la 8ème DT en compagnie de la Trombe et de L'Alcyon. Il est affecté à la 6ème escadre dans le secteur d'Oran.

Il escorte le convoi n°14 Marseille-Oran du 12 au 14 septembre, deux navires entre Alger et Marseille les 16 et 17 septembre, un navire entre le 29 septembre et le 1er octobre entre Oran et Marseille, le convoi 2P entre l'Algérie et Marseille le 5 octobre 1939.

Le 20 novembre 1939, sont mises sur pied les Patrouilles de la Méditerranée occidentale (PATMOC) sous la direction du contre-amiral Donval qui met sa marque sur le patrouilleur auxiliaire Cyrnos.

Il dispose pour cela de la 1ère flottille de torpilleurs (1ère DT : La Palme Le Mars Tempête 3ème DT Le Fortuné Simoun La Railleuse _ce dernier à été détaché à Casablanca_ 7ème DT Tramontane Tornade Typhon et la 8ème DT Bordelais L'Alcyon Trombe) et de la 1ère EPA (escadrille de patrouilles auxiliaires composée des P1 Marigot P3 Sidi-Okba P4 Ville d'Ajaccio P5 Pascal Paoli P8 Sampiero Corso). La flotte de Méditerranée et la 6ème escadre, étant ainsi amputées d'une portion importante de leurs éléments vont êtres dissoutes.

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Quand les britanniques s'approchent de Mers-El-Kébir le 3 juillet 1940, le Bordelais est à Oran en compagnie de la Trombe (L'Alcyon est à Bizerte). Dès les premiers coups de canons, Marine-Oran fait appareiller les torpilleurs avec la 8ème DT, 7ème DT et 5ème DT.


Le torpilleur Bordelais avec Le Fougueux en arrière plan

Le Bordelais, La Trombe et le torpilleur léger La Poursuivante sortent les premiers pour rejoindre le croiseur de bataille Strasbourg et quatre contre-torpilleurs qui ont réussi à s'échapper de l'enfer de Mers-El-Kébir.

La Trombe incapable de suivre la vitesse de 27 noeuds abandonne le groupe alors que le Bordelais prend le poste du contre-torpilleur Lynx qui avait quitté la formation pour grenader sur une alerte au périscope.

Manquant de mazout, le torpilleur Bordelais reçoit la liberté de manoeuvre à 7h54 le 4 juillet et rentre à Toulon en début de soirée.

Les unités de torpilleurs sont réorganisées. Le Bordelais forment une nouvelle 1ère DT avec Le Mars et La Palme. En janvier 1941, la 1ère DT jusque-là affectée aux Forces de haute mer, permute avec la 7ème DT des Forces navales de la IVème Région, le temps pour cette dernière de subir les réparations nécessaires et la modernisation de l'artillerie.

Le Bordelais et Le Mars appareillent de Toulon le 23 suivis par La Palme le 24, les trois navires arrivent à Bizerte en compagnie d'un convoi le 26 janvier. Le retour de la division à Toulon s'effectuera à partir du 11 avril pour le Bordelais et Le Mars qui arrivent le 13 avril (18 juin pour La Palme).
Au 1er janvier 1942, la 1ère DT sera affectée à la Division Métropolitaine de Police mais en les patrouilles littorales sont rares, les missions se limitant à des tours de garde de la grande passe.

Le débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre 1942 suivit du ralliement aux alliés des forces françaises entraine le 11 novembre 1942, l'invasion de la zone sud. Toulon reste un camp retranché sous contrôle français mais pour peu de temps.

Le 27 novembre 1942 à l'aube, deux colonnes blindées allemands pénètrent dans le port varois dans l'objectif de s'emparer de la flotte française. L'amiral de Laborde ordonne le sabordage de la flotte.

Ce jour là, La Palme et le Bordelais sont amarrés aux postes 17 et 18 du quai Noël. Le Bordelais se saborde sans que les allemands ne s'y opposent car perdus dans l'Arsenal. Le navire chavire à son poste et sera démantelé sous l'eau en 1950.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 17:04

Le Basque

Construction

Le torpilleur Basque alors intégré à la 4ème DT

Par le marché 1773B du 5 mai 1926, la construction du dernier torpilleur de la tranche 1925 est attribuée aux Ateliers et Chantiers de la Seine Maritime installés au Trait en Seine-Maritime.

-Le Basque est mis sur cale le 18 septembre 1926 lancé le 25 mai 1929 et armé pour essais le 1er août 1929. Il entre en armement pour essais le 20 janvier 1930, la clôture d'armement est prononcée le 5 mars 1931 et l'admission au service actif le 7 mars 1931.

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, le Basque est affecté à la 5ème division de la 1ère escadrille jusqu'au 31 décembre 1931 avant de remplacer l'Amiral Sénès comme navire-amiral de la 1ère escadrille à partir du 1er janvier 1932.

Le 1er octobre 1934, la 1ère DT est rebaptisé 2ème DT mais quelques semaines plus tard est formée une 4ème DT composée de L'Adroit, du Basque et du Foudroyant. En mai 1935, cette 4ème DT accompagne le président de la République, Albert Lebrun pour les fêtes inaugurales du paquebot Normandie, nouveau fleuron des French Lines.

Le 5 juillet 1935 est créée au sein de l'Escadre de l'Atlantique la 2ème flottille de torpilleurs dont le navire-amiral est le contre-torpilleur Jaguar. Elle se compose de la 2ème DT (Fougueux Bordelais Frondeur), de la 4ème DT (L'Adroit Basque Foudroyant) et de la 6ème DT (Cyclone Mistral Siroco) plus un groupe de complément composé des torpilleurs Bourrasque Orage Ouragan et L'Alcyon.

Du 25 au 27 octobre 1935, La Railleuse et le Boulonnais se rendent à Marseille pour rendre les honneurs aux cendres du Maréchal Lyautey venues du Maroc.

Les deux torpilleurs encadrent la chaloupe du croiseur Dupleix alors que cette dernière portent le cercueil à bord du Foch. Les deux torpilleurs ne pourront pas accompagner les croiseurs jusqu'au bout à cause du mauvais temps.

Le 15 août 1936, les divisions de torpilleurs sont réorganisées et le Basque rejoint la 2ème DT également formée du Fougueux et du Frondeur. Il participe aux opérations liées à la guerre d'Espagne notamment en étant déployé dans la zone du Maroc espagnol.

Le 27 juillet 1938, en mission de convoyage des sous-marins Redoutable et Vengeur, le Basque franchit le détroit de Gibraltar par temps fouché. Il aborde le vapeur Villiers allant d'Alger à Rouen avec un chargement de vin. L'avant du torpilleur est enfoncé et le cargo est sérieusement endommagé mais prit en remorque par le torpilleur avant d'être relayé par le remorqueur britannique Rescue qui l'échouera en baide d'Almanza.

Le Basque regagnera Toulon après des réparations sommaires à Gibraltar et resta immobilisé pour réparations jusqu'au 21 novembre 1938.

Remis en service, le torpilleur continue ses missions liées à la crise espagnole qui consistent souvent à empêcher l'arraisonement de navires français par des patrouilleurs et des navires nationalistes. Le Basque montre ainsi les dents pour empêcher l'arraisonement du cargo Grand Quevilly avec l'aide du Forbin ou encore le Mostaganem qui subit plusieurs tirs. La mise en place d'un patrouille permanente d'un torpilleur dans le détroit de Gibraltar stoppera ces arraisonements.

Si la fin de la guerre d'Espagne en avril 1939 voit la démobilisation des réservistes rappelés en septembre 1938 suite à la crise des Sudètes, les deux torpilleurs de la 9ème DT (Basque Forbin) restent à effectif de guerre, patrouillant depuis Tanger. Ils cohabitent avec des navires anglais, espagnols, allemands et italiens ce qui occasionne parfois frictions et bagarres dans les ports de la Casbah.

Le 11 juin 1939, le Basque hisse le grand pavois et salut de vingt et coups de canons le paquebot Koutoubia qui transporte le Sultan du Maroc avant de l'escorter jusqu'au milieu du détroit.

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Quand éclate le deuxième conflit mondial, le Basque est toujours intégré à la 9ème DT placée sous les ordres de Marine-Maroc. Elle est chargée d'escortes sur Dakar mais également sur la zone Casablanca-Gibraltar. Le Forbin devant se faire caréner à Brest, La Trombe puis La Railleuse le remplace.

Le Basque escorte ainsi dix navires entre Casablanca et Gibraltar (départ le 3 octobre), un navire entre Casablanca et le cap Ghir (départ le 3 novembre), le convoi 35KF entre Casablanca et le cap Bojador (départ le 6 décembre), le convoi 41KF entre Casablanca et le cap Bojador (départ le 14 décembre), un navire sur la route Casablanca-Cap Bojador (départ le 20 décembre), le convoi 48KF Casablanca-Cap Bojador (départ le 4 janvier) et au retour le convoi 9DF Cap Bojador-Casablanca (arrivée à Casablanca le 8 janvier), le convoi 53KF Casablanca-Le Verdon du 15 au 19 janvier 1940 et le convoi 30XS Le Verdon-Casablanca du 23 au 30 janvier 1940.

Voulant augmenter le volume de trafic sur zone, l'Amirauté détache au Maroc la 3ème DT à savoir La Railleuse (déjà sur place), le Simoun et Le Fortuné qui arrivent sur zone le 6 février 1940.

En avril 1940, le Basque et le Forbin de la 9ème DT renforcent un temps les Patrouilees de la Méditerranée Occidentale ou PATMOC avec pour base Bizerte.

L'entrée en guerre de l'Italie devenant chaque jour plus probable, les alliés décident de regrouper d'importantes forces en Méditerranée orientale. La force X est ainsi créée en avril 1940. Elle se compose de la 2ème Escadre de Ligne (cuirassés Provence Bretagne Lorraine),de la 2ème Division de Croiseurs (croiseurs Duquesne Tourville plus le Suffren venu d'Extrême-Orient),de la 4ème DCT (Tigre et Lynx, le troisième bâtiment de la division, le contre-torpilleur Panthère ne ralliant pas la force X) et du torpilleur Forbin.

La Force X déployée au grand complet au début du mois de mai à Alexandrie et entame un entrainement intensif avec des manoeuvres communes avec les britanniques les 14 et 15 mai.

Le 19 mai pourtant, l'Amirauté fait rapatrier les cuirassés Provence et Bretagne ainsi que les deux contre-torpilleurs qui sont remplacés respectivement par le croiseur léger Duguay-Trouin et les torpilles Le Fortuné et Basque qui reforment une 3ème DT avec le Forbin.

Le Fortuné en réparation à Oran avait appareillé le 16 mai par grosse mer, retrouvant le Basque à Bizerte, les deux torpilleurs repartant le 21 mai en escorte des paquebots transporteurs de troupes President Doumer et Providence. Ils arrivent à Beyrouth le 25 mai y retrouvant le Forbin, le Tourville et le Suffren. La 3ème DT est officiellement reformée le 7 juin ce qui entraine de facto la dissolution de la 9ème DT (Basque Forbin).

Après une sortie d'entrainement le 6 juin, la 3ème DT appareille de Beyrouth le 11 juin en compagnie des quatre croiseurs de la force X(Duguay Trouin, Suffren Tourville Duquesne) pour un raid en mer Egée, raid infructueux, les navires rentrant à Alexandrie le 13 juin 1940.

Ils rentrent à Beyrouth le 16 juin avant que la 3ème DT ne reparte le 17 pour une escorte de convois jusqu'à Chypre afin de renforcer les défenses de la grande île. La 3ème DT ravitaille rapidement à Beyrouth le 20 juin avant de gagner Haïfa pour prendre en charge deux pétroliers britanniques qu'ils condusient à Alexandrie où ils arrivent le 24 juin 1940 à la veille de l'Armistice qui met fin à la Campagne de France.

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Entre une France hors jeu et une Grande Bretagne luttant pour sa survie, les relations se tendent, les navires intacts de la Royale suscitant bien des inquiétudes et bien des convoitises, débouchant sur l'opération Catapult le 3 juillet 1940.

Si l'opération prend un tour conflictuel en Angleterre et tragique à Mers-El-Kébir, à Alexandrie tout se passe pour le mieux, l'amiral Godeffroy chef de la force X et l'amiral Cunningham commandant en chef de la Mediteranean Fleet passant un Gentleman 's agreement le 4 juillet 1940 qui neutralise la flotte française après que les navires français eurent participé à la défense du port contre les avions italiens.

C'est ainsi que les croiseurs Duquesne (navire-amiral) Tourville Suffren Duguay-Trouin, les torpilleurs Basque Forbin Le Fortuné et le sous-marin Protée arrivé le 27 juin à Alexandrie vident leurs soutes et débarquent les obturateurs et percuteurs d'artillerie.

Les réservistes sont rapatriés en France et les torpilleurs ne conservent que l'équipage nécessaire pour appareiller soit 5 officiers, 12 officiers et 49 marins.

Le 12 juillet 1940, la force X sont regroupés dans l'avant-port; le Fortuné avec le Duquesne, le Forbin avec le Tourville, le Basque avec le Suffren, le Protée avec le Duguay-Trouin, le cuirassé Lorraine au tirant d'eau plus important restant à l'écart. L'amiral Godeffroy craint un temps une attaque de marins FNFL très présents à Alexandrie mais à part des bagarres en ville et des désertions, rien de bien significatif.

La force X va ainsi rester paralysée jusqu'au 17 mai 1943 quand l'amiral Godeffroy se décide enfin à reprendre le combat. Il previent même Vichy de sa décision, recevant comme réponse de saborder ces navires.
La remise en état des navires prend du temps tout le recomplément des équipages, une partie des hommes prévus ayant péri dans le torpillage du transport britannique Yoma le 17 juin.

Les torpilleurs peuvent néanmoins effectuer quelques sorties d'essais. Le 22 juin, ils appareillent pour Port Saïd en convoyage de la Lorraine et d'une partie des croiseurs qui doivent gagner l'Afrique du Nord par le canal de Suez et le Cap de Bonne Espérance. La 3ème DT est de retour à Alexandrie le 23 et empruntera la voie méditerranéenne pour reprendre le combat.

Après avoir embarqué une équipe de liaison britannique (un officier, deux radios, un timonier et un chiffreur), la 3ème DT appareille le 24 juin, escortant le convoi MKS16 de 34 bâtiments mais le lendemain, le Basque subit une avarie (eau salée dans le bouilleur) et Le Fortuné doit le remorquer jusqu'à Tobrouk. Le convoi fait ensuite escale à Tripoli, Malte et Gibraltar.

Le 2 juillet 1943, les torpilleurs arrivent à Bône puis gagnent Casablanca le 3 juillet avant un passage par Gibraltar puis un retour à Casablanca le 8 juillet 1943.

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Le 8 septembre 1943, l'Italie signe un armistice avec les alliés et sort du conflit. La Corse se soulève et demande l'intervention des alliés, les allemands ne tenant que Bastia alors qu'Ajaccio n'est contrôlé que par que deux bataillons italiens neutres.

Giraud comprend le symbole d'un premier département français libéré et décide d'envoyer des troupes françaises sur l'Ile de Beauté en dépit de moyens limités. Ce sont des contre-torpilleurs, des torpilleurs et des sous-marins qui vont assurer les premiers transports.


Le Basque à la mer

Le Basque ne participe pas directement aux transports de troupes mais va assurer des missions d'escorte selon le trajet Alger-Ajaccio-Alger. Il protège ainsi trois navires à l'aller comme au retour en compagnie de La Gracieuse du 2 au 8 octobre 1943, trois navires avec La Toulonnaise entre le 15 et le 21 octobre, trois navires avec le Forbin du22 au 27 octobre, trois navires avec la Gracieuse du 1er au 6 novembre 1943.

Il escorte un nombre de navires inconnus avec le croiseur Jeanne d'Arc du 11 au 15 novembre, trois navires avec le Forbin du 19 au 26 novembre, six navires à l'aller et cinq au retour avec la Boudeuse et le CH52 (aller) entre le 29 novembre et le 8 décembre 1943, quatre navires avec Le fortuné du 4 au 12 décembre, quatre navires avec l'Alcyon du 21 au 26 décembre, quatre navires à l'aller sept au retour avec Le Fortuné du 30 décembre 1943 au 5 janvier 1944.

Il commence l'année par l'escorte de trois navires à l'aller avec le CH52 et de quatre navires au retour avec L'Ajacienne entre le 13 et le 18 janvier 1944, une autre escorte du 27 au 2 février 1944, du 6 au 15 février 1944 avec l'Alcyon, quatre navires aller et cinq au retour du 24 avril au 2 mai 1944 en compagnie du Sénégalais et du Sabre et enfin trois navires à l'aller et quatre au retour avec L'Ajacienne du 12 au 21 mai 1944.

Après réparations, le Basque avait rejoint la 3ème DT à Toulon en septembre 1944 mais n'avait pas été intégré à la Task Force 86. Après l'escorte du paquebot anglais Takwa, il avait rallié Toulon le 12 novembre 1944 et mis aux ordres du préfet de la IIIème Région Maritime pour la surveillance de la région de Toulon.

Le 20 novembre 1944, il quitte le Var en compagnie du Simoun et du cuirassé Lorraine pour Cherbourg via Gibraltar, Plymouth et Brest.

Il quitte le grand port Normand le 11 janvier 1945 et intégré à la French Naval Task Force, un groupe occasionnel créé le 15 décembre 1944 pour appuyer les forces françaises assiégant les poches de l'Atlantique (Royan, Saint Nazaire, Lorient). Le Basque limitera cependant sa participation à l'escorte des grands bâtiments. Il est de retour à Toulon le 30 janvier 1945 et affecté à la Flank Force.

Au sein de la force du contre-amiral Jaujard, le Basque comme ses sister-ship Le Fortuné et L'Alcyon tire contre la terre comme le 7 février 1945 (72 coups) le 8 février (105 obus de 130mm), et le 9 (94 obus).

Après une période de travaux du 20 février au 10 mars 1945, le Basque tire 25 coups de 130mm le 11 mars, 147 coups le 12 mars. Dans la nuit du 17 au 18 mars, ils assisteront de loin à l'interception de trois torpilleurs allemands (un ex-yougoslave et deux ex-italiens) par les destroyers britanniques Lookout et Meteor, coulant deux des trois navires. Le 18 mars, le Basque tire 25 obus de 130mm sur le port de Savone.

Le Basque et le Fortuné sont alors affectés dans l'Atlantique à la French Naval Task Force (FNTF) destinée à libérer les poches de l'Atlantique. Ils quittent le Var et Toulon le 26 mars pour Alger, franchissant le détroit de Gibraltar le 1er avril avant d'arriver à Plymouth le 4 avril où ils sont rejoints par L'Alcyon.

Le 13 avril, les trois torpilleurs appareillent de Plymouth en compagnie des frégates L'Aventure et La Découverte pour escorter le cuirassé Lorraine et le croiseur lourd Duquesne pour l'opération Vénérable destinée à appuyer l'attaque terrestre contre la poche de Royan. L'opération débute le 15 avril, le cuirassé et le croiseur stoppant au mouillage pendant que les torpilleurs et les frégates assurent leur protection. Les torpilleurs tirant également contre la terre, Le Basque tirant pas moins de 340 coups sans grande réaction de l'ennemi.

Contrairement au Fortuné et à L'Alcyon, le Basque reste sur zone pour mener des opérations de blocus en compagnie de la frégate La Surprise. Le 30 avril, le Basque rallie l'escadre pour l'opération contre l'île d'Oleron. Il restera sur zone jusqu'au 16 mai 1945 date de son retour sur Brest après que la veille, tous les ports de la façade Atlantique eurent été repris par les forces françaises.

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Le 31 mai, le Basque quitte Brest pour Cherbourg. Il participe le 6 juin aux commémorations du débarquement de Normandie devant Arromanches. Le 26 juin 1945, il quitte Cherbourg pour Plymouth où il il doit changer son compas gyroscopique. Il est ensuite en gand carénage à Cherbourg du 3 juillet 1945 au 11 janvier 1946.

De nouveau opérationnel, le Basque enmène l'Ecole Navale à Greenock, rapatrie en Angleterre l'équipage britannique du torpilleur T28 cédé à la France et des équipages allemands à Wilhelmshaven. Le 9 février, il transporte à Douvres le général Juin, chef d'état-major général de la Défense nationale en mission en Angleterre puis escorte le cuirassé Jean Bart de Cherbourg à Brest le 11 février avant de rembarquer le général Juin le 13. Revenu à Cherbourg le 19 février, il en repart le 23 pour Brest où il doit servir d'annexe à l'Ecole Navale.

Après diverses sorties à La Pallice, Le Havre, Rouen et Morlaix, le Basque participe à la croisière d'été de l'Ecole Navale avec des escales à Bergen, Odda, Copenhague et Ostende avant diverses escales en France comme Bayonne, Dinard, Dieppe et Cherbourg.

Du 30 juin au 7 août 1947, le Basque et l'Alcyon plus l'aviso Beautemps-Beaupré participent à la croisière d'été de l'Ecole Navale (escales à Kiel, Copenhague, Göteborg, Oslo, Sognefjord et Amsterdam) avant de visiter les ports atlantique à l'OTAN.

Le Basque doit être remplacé par deux avisos ex-allemands, la Meuse et l'Yser. Il participe encore à l'exercice de défense des convois Cachalot les 27 et 28 mai puis à la croisière d'été de l'Ecole Navale.

Désarmé à l'issue de cette mission, il est placé en réserve spéciale le 1er janvier 1949. Il sert de ponton-école aux ingénieurs mécaniciens jusqu'en juillet 1952 avant de rejoindte le cimetière marin de Landevennec.

Condamné le 10 décembre 1952, il devient le Q48 et aurait été proposé à la vente le 3 août 1955 et le 10 avril 1956 avant d'être démoli.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 17:08

Le Frondeur

Vue aérienne du Frondeur. Les quatre pièces de 130mm et les tubes lance-torpilles sont visibles

Construction

Par le marché 2480B du 6 avril 1927, la construction du premier torpilleur de la tranche 1926 est attribuée à l'établissement des Chantiers Navals Français (CNF) de Blainville.

-Le Frondeur est mis sur cale le 9 novembre 1927 lancé le 20 juin 1929 et armé pour essais le 1er avril 1930. Il entre en armement définitif le 30 juin 1931, la clôture d'armement est prononcée le 28 octobre 1931 et l'admission au service actif le 30 octobre 1931.

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif Le Frondeur est affecté à la 11ème division de torpilleurs en compagnie de L'Alcyon, du Bordelais et du Fougueux. C'est le dernier des vingt-six torpilleurs d'escadre du programme naval à être entré en service.

Du 14 au 19 décembre 1932, Le Frondeur participe à une opération de relations publiques à Marseille, une sortie à la mer est offerte aux officiers de réserve de la région et ce en compagnie des torpilleurs L'Alcyon, Brestois et Foudroyant.

Le 1er octobre 1934, les 9ème, 7ème et 11 ème DT sont dissoutes et la plupart des torpilleurs affectés au groupe de complément. Le 5 juillet 1935, la 2ème flottille est créée à Brest avec les 2ème, 4ème et 6ème DT. La 2ème DT perd ses torpilleurs de type Bourrasque qui sont remplacés par les Bordelais Fougueux et Frondeur. Le 15 août 1936, la 2ème DT perd le Bordelais remplacé par le Basque.

Comme tous les navires de la 2ème flottille, le Frondeur va participer aux opérations liées à la guerre d'Espagne d'abord dans l'Atlantique puis en Méditerranée à partir du 23 mars 1937.

Le 18 février 1938, il arraisonne et conduit à Port-Vendres un pétrolier sans marques et qui refusaitde hisser ses couleurs. En mai, il rapatrie à Alger les blessés du cargo Brisbane endommagé au large de l'Espagne. Le 9 août, le Frondeur et le Fougueux sont pris à partie par quatre avions gouvernementaux mais les bombes tombent à plus de 4000m des torpilleurs.

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En septembre 1939, Le Frondeur est toujours intégré à la 2ème DT, division affecté à la 2ème flottille de la 1ère escadre de la Flotte de l'Atlantique. Dès le 28 août, la 2ème flottille avait été placée sous l'autorité d'Amiral-Ouest. Cette flottille doit assurer les escortes de convois entre la Grande Bretagne et l'Afrique et la surêté générale dans le Golfe de Gascogne.

Le Frondeur escorte ainsi trois navires entre Le Verdon et Casablanca du 6 au 10 octobre 1939, un navire sur la route Casablanca-Le Verdon du 12 du 15 octobre, le convoi 12B Brest-Casablanca du 5 au 11 novembre (12 navires), le convoi 27K Casablanca-Brest du 14 au 20 novembre.

Le 20 novembre 1939 sont créées les Patrouilles de l'Océan placées sous l'autorité du contre-amiral Moreau (CA-PATOC) chargées des missions d'escorte, CA-PATOC mettant sa marque sur le contre-torpilleur Verdun en attendant que soit opérationnel le patrouilleur auxiliaire P6 Caraïbe. La 2ème flottille y est affectée à partir du 1er janvier 1940.

Le Frondeur escorte ainsi le convoi 29XF Le Verdon-Casablanca du 18 au 21 novembre, le convoi 58KF Casablanca-Brest du 24 au 29 janvier, le convoi 27BS Brest-Casablanca du 11 au 17 février, le convoi 11RS Gibraltar-Brest du 20 au 26 février, le convoi 33BS Brest-Casablanca du 14 au 22 mars et le conoi 80KS de Casablanca à Brest à partir du 24 mars 1940.

Devant les demandes d'assistance des gouvernements belges et hollandais inquiets des bruits de botte allemands à ses frontières, le haut commandement de la marine nationale décide de renforcer les moyens navals d'Amiral-Nord en lui affectant la 2ème DT au complet pour des missions d'escorte et de surveillance.

Le 9 avril 1940, Amiral-Ouest est invité à placé la 2ème DT à six heures d'appareillage, le Frondeur alors en exercice en baie de Douarnenez rallie aussitôt Brest en compagnie du Fougueux alors que L'Adroit rallie directement Dunkerque où il retrouva ses deux compères le 11 avril 1940. Le 14 avril, la 2ème DT et le torpilleur léger Flore gréé en dragueur rapide escorte jusqu'aux Pays Bas le paquebot transmanche NewHaven, le Frondeur détruisant deux mines dérivantes.

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Quand les allemands attaquent le 10 mai, le manoeuvre Dyle-Breda est déclenchée, une manoeuvre qui prévoit que la 7ème armée tende la main aux néerlandais. Pour accélerer cette manoeuvre, il est prévu des débarquements à Walcheren et Sud-Beveland.

Quatre convois vont être nécessaires, convois escortés par la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Adroit), la 6ème DT (le Mistral rejoindra ses deux congénères ultérieurement) et les torpilleurs de classe Melpomène des 11ème et 14ème DT plus quatre destroyers antiaériens britanniques, les HMS Valentine Winchester, Westminster et Vimiera.

Si les traversées se déroulent sans encombres, les débarquements sont gravement perturbé par des bombardements allemands mortellement réguliers. Le 16 mai 1940, la 2ème DT au complet exécute un bombardement sur Schoere et sur la route Schoere-Kapelle en liaison avec l'escadrille de bombardement AB2.

Les Loire-Nieuport attaquent peu après 17h, visant les écluses. Le Fouguex ouvre le feu à 17h12 qui tire 80 coups avant de laisser la place à 17h35 au Frondeur qui tire 79 coups. L'ennemi surpris n'ç pu réagir mais ce bombardement aura un effet plus symbolique qu'autre chose.

La situation de l'armée néerlandaise se dégrade rapidement et à partir du 17, les français doivent envisager l'évacuation qui s'achève le lendemain 18 mai quand les torpilleurs français se replient en direction du nord de la France où la situation ne cesse de se dégrader.

De retour le 19 mai à Dunkerque, le Frondeur et les deux autres torpilleurs appareillent le 21 pour Cherbourg. En appareillant, Le Frondeur aborde L'Adroit et embarque la pièce de 37mm bâbord, il est suivit par le Fougueux qui embouque le chenal en marche arrière !

L'Adroit coulé par l'aviation allemande mais Le Frondeur s'en sort indemne avant de gagner avec le Fougueux Cherbourg pour faire le plein de munitions. Il est de retour sur le front le 23 au large de Boulogne, renforçant le dispositif naval sur la zone déjà composée des contre-torpilleurs Léopard et Chacal de la 2ème DCT, les torpilleurs d'escadre Cyclone Siroco et Mistral de la 6ème DT. Les Fougeux et Frondeur bientôt rejoints par L'Orage. Le Frondeur et les autres navires vont tirer sur les colonnes de char et les pièces en batterie.

En soirée, il est endommagé par un raid aérien allemand, une bombe «à toucher» crible la coque du torpilleur et provoques plusieurs avaries (voie d'eau dans une chaufferie, machine tribord en avarie).

Il subit un sort plus enviable que l'Orage qui encaissera cinq bombes et sera perdu. Le Frondeur est lui aussi hors de combat et est envoyé pour réparations à Cherbourg avec le Mistral comme escorteur. Arrivé dans le port normand, il restera immobilisé pour réparations jusqu'au 8 juin quand il appareilla pour Brest avec 108 rescapés. Il à reçut durant les réparations un canon antiaérien de 25mm Hotchkiss installé au dessus de la pièce n°3 de 130mm.

Arrivé à Brest, il en repart le 10 juin pour Plymouth y escortant un convoi de transports vides avant d'escorter le 11 juin un autre convoi. Le 13 juin, il appareilla en escorte du cuirassé Richelieu, s'arrêtant avec le Fougueux à Casablanca alors que le cuirassé continuait jusqu'à Dakar.

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A l'armistice du 25 juin 1940, Le Frondeur est toujours dans le grand port marocain en compagnie du Fougueux.

Neuf jours plus tard, au lendemain de l'opération Catapult, les deux torpilleurs appareillent pour une patrouille au large de Port Lyautey dans l'espoir de surprendre des navires britanniques mais ce raid reste infructueux.

A la suite de l'attaque anglo-gaulliste sur Dakar le 23 septembre 1940, les forces de Vichy décident de monter un raid de représaille contre Gibraltar avec le lancement d'un raid aérien (59 bombardiers et 36 chasseurs) et d'un raid naval contre le dispositif de sûreté anglais (chalutier ou yacht armé et de deux destroyers) mais ce raid mené par la 10ème DT (L'Epée et Le Fleuret classe Le Hardi) et la 2ème DT (Le Fougueux et Le Frondeur) est infructueux (la faute à un entrainement insuffisant) et le groupe occasionnel se replie sur Oran.

Le Frondeur passe en grand carénage à Alger du 15 novembre 1940 au 18 mars 1941 suivit par son retour à Casablanca le 24 mars 1941. A noter que le 1er novembre 1940, L'Alcyon à rejoint Casablanca pour intégrer la 2ème DT.

En février 1942, les réparations provisoires du cuirassé Dunkerque sont enfin achevés à Mers-El-Kébir mais pour une remise en état totale, il fallait le ramener à Toulon.

Dans le plus grand secret, le Frondeur et le Fougueux quittent Casablanca pour Oran. Le Frondeur quitte le Maroc le 12 janvier pour Oran où il arrive le 15 janvier (le Fougueux fera de même du 6 au 9 février). La 2ème DT prend position le 18 février, le cuirassé sortant le 19 février à l'aube et la formation arrive à Toulon le 20 février 1942 à 23h. Le Frondeur gagne ensuite Alger pour un grand carénage du 24 février au 5 juin 1942 avant un retour à Casablanca le 18 juin 1942.

En dehors de ces événements remarquables, Le Frondeur assure des missions d'escorte du trafic commercial. Il escorte un navire entre Casablanca et le détroit de Gibraltar le 16 septembre 1940, le convoi R38 Oran-Casablanca avec quatre navires du 22 au 24 mars 1941, le convoi K62 (deux navires) Casablanca-Oran du 12 au 15 mai, le convoi R66 (trois navires) Oran-Casablanca du 18 au 21 mai 1941, le convoi K6 avec quatre navires entre Casablanca et Oran du 10 au 13 août 1941, le convoi R10 (un navire) Oran-Casablanca du 29 au 31 août 1941, le convoi K56 (trois navires) Casablanca-Oran du 12 au 15 janvier 1942 et enfin le convoi R98 Oran-Casablanca du 16 au 18 janvier 1942.

Il protège aussi le croiseur léger Gloire en compagnie du Fougueux au départ de Casablanca du 26 au 28 mars et le croiseur Montcalm entre le cap Bojador et le Cap Juby jusqu'au 25 avril 1941. il protège également les convois C4 (quatre navires) du 24 au 30 juin 1941 et le convoi D10 du 12 au 22 juillet 1941.

Le 19 avril 1942 est constituée la 2ème escadre légère à Casablanca sous le commandement du vice-amiral Gervais de Lafond mais les sorties sont particulièrement limitées faute de carburant, les navires n'utilisant leur appareil propulsif qu'en mer, les manoeuvres de port se faisant à la remorque.

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En dépit d'un manque d'informations flagrant, l'imminence d'un débarquement allié ne fait guère de doutes au début du mois de novembre 1942. A l'aube le 8 novembre, l'imminence d'un débarquement au Maroc ne fait plus de doutes.

La 2ème escadre légère est mise en alerte qu'il s'agisse du croiseur Primauguet (qui vient à peine de sortir de carénage), de la 11ème DCT (contre-torpilleur Milan et Albatros), de la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Alcyon), de la 5ème DT (Brestois Boulonnais) et de la 6ème DT (Simoun Tempête).

Quand les bombardements alliés commencent à 7h10, seuls les sous-marins ont appareillé, les navires de surface doivent attendre que leurs chaudières fournissent suffisamment de pression pour permettre l'appareillage.

La 2ème EL amarrée à la jetée Delure. Le Boulonnais se trouve le plus près de la sortie mais une fausse manoeuvre le fait s'empaler sur un épis de la jetée. C'est donc le Brestois qui franchit le premier la passe à 7h37 suibit par le Frondeur, le Boulonnais et le Fougueux.

Les quatre torpilleurs attendent le Milan qui porte la marque du contre-amiral Gervais de Lafond qui débouche à 7h55 suivi de l'Alcyon et de l'Albatros.

A 8h10, la 2ème Escadre Légère sort de Casablanca et suit la côte en direction de Fedala, espérant se masquer dans le soleil et la brume matinale mais cela n'empêche pas la détection par le radar.

Les navires français sont en colonne avec les contre-torpilleurs Milan et Albatros et les torpilleurs Brestois Boulonnais Fougueux Frondeur et L'Alcyon.

Les navires français sont d'abord attaqués par les Wildcat des porte-avions américains qui larguent des bombes et mitraillent les navires français qui se heurtent bientôt aux croiseurs Tuscaloosa, Augusta et Brooklyn ainsi que des destroyers.

A 9h46, une salve de 203mm du croiseur lourd Tuscaloosa tombe par le travers bâbord de la passerelle du Frondeur criblant d'éclats le bloc passerelle et la partie centrale du torpilleur. Un obus à traversé le navire sans exploser sous la flottaison provoqua une voie d'eau sans parler d'éclats divers ayant perforé la coque.

Le Frondeur veut assister le Fougueux mais une avarie de machine l'oblige à rejoindre la 5ème DT qui accompagne le croiseur léger Primauguet. Il rallie le Brestois avec L'Alcyon peu avant onze heures mais les avaries limitent sa puissance combative.

A 11h25, une salve peu meurtrière mais efficace emporte l'arrière plus un obus de gros calibre explosant sous l'eau. S'enfonçant et prenant de la bande, le Frondeur doit quitter la ligne de file et faire route vers la terre sur la seule machine bâbord.

Il mouillera à 11h55 près de l'entrée du port à 800m du poste d'entrée de la rade. Le torpilleur est remorqué en début d'après midi dans le bassin Delpit et mouillé aux côtés de La Tempête. L'évacuation est ordonnée à 16h quand il devient impossible d'étaler les voies d'eau.


Le torpilleur Le Frondeur échoué

La bande sur tribord s'accentuant, le navire se redresse brusquement avant de prendre de la bande sur tribord puis de chavirer dans la nuit du 8 au 9 novembre à 1h45 du matin. L'épave sera relevée et démantelée après la guerre.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 17:12

Le Forbin

Le torpilleur Forbin à couple du croiseur Tourville à Alexandrie

Construction

Par le marché 2480A d'avril 1927, la construction du deuxième torpilleur de la tranche 1926 est attribuée à l'établissement des Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) mais pas au site de La Seyne sur Mer mais à celui du Havre.

-Le Forbin est mis sur cale le 29 juin 1927 lancé le 17 juillet 1928 et armé pour essais le 1er mai 1929. Il entre en armement définitif le 20 janvier 1930, la clôture d'armement est prononcée le 1er mau 1930 et son admission au service actif à lieu le 12 décembre 1930.

Carrière opérationnelle

A son admission au service le Forbin est affecté à la 9ème DT à Toulon, retrouvant ses sister-ship Le Foudroyant, le Brestois et le Boulonnais.

Le 9 avril 1931, les torpilleurs Brestois Foudroyant et Forbin appareillent de Villefranche en compagnie des croiseurs Colbert et Duguay-Trouin. Le président Doumergue se rend en Tunisie à bord du Colbert et traverse le lac de Bizerte à bord du Foudroyant pour rendre hommage à l'hydravion du croiseur lourd qui s'était abimé au dessus de Sidi-Ahmed.

Le 1er octobre 1934, les 7ème, 9ème et 11ème DT sont dissoutes et la majorité des torpilleurs de ces divisions confiés aux groupes de complément. Le Forbin lui participe à la reformation d'une 1ère DT en compagnie de La Palme, de La Railleuse et du Brestois. A partir du 1er novembre 1935, la 1ère DT est composée du Forbin, de La Palme et du Mars.

Le Forbin participe comme tous les autres torpilleurs participent aux opérations liées à la guerre d'Espagne. Il surveille ainsi la ligne aérienne Marseille/Alger à l'automne 1937 puis est détaché au Maroc en compagnie du Basque, formant la 9ème DT et chargée de patrouiller dans le secteur de Tanger à partir de mars 1938.

Les missions liées à la crise espagnole consistent souvent à empêcher l'arraisonement de navires français par des patrouilleurs et des navires nationalistes. Le Forbin montre ainsi les dents pour empêcher l'arraisonement du cargo Grand Quevilly avec l'aide du Basque. La mise en place d'un patrouille permanente d'un torpilleur dans le détroit de Gibraltar stoppera ces arraisonements.

Si la fin de la guerre d'Espagne en avril 1939 voit la démobilisation des réservistes rappelés en septembre 1938 suite à la crise des Sudètes, les deux torpilleurs de la 9ème DT (Basque Forbin) restent à effectif de guerre, patrouillant depuis Tanger. Ils cohabitent avec des navires anglais, espagnols, allemands et italiens ce qui occasionne parfois frictions et bagarres dans les ports de la Casbah.

*
**

Quand la guerre éclate, le Forbin est toujours détaché à Casablanca mais il ne s'y attarde guère puisqu'il remonte sur Brest pour subir un carénage au mois d'octobre. De retour quelques semaines plus tard, il reprend ses missions d'escorte et de patrouille.

Avant son carénage, il va ainsi protéger quatre navires entre Casablanca et le cap Bojador le 18 septembre, deux navires filant vers Dakar qu'il abandonne le lendemain du départ qui avait eu lieu le 8 octobre 1939. Il fit de même avec deux navires au départ de Casablanca le 20 octobre mais escorta ensuite le convoi 19K de cinq navires entre Casablanca et Brest du 26 au 30 octobre.

Il reprend ses missions d'escorte en février 1940, escortant le convoi 26BF de six navires entre Brest et Casablanca du 9 au 13 février, le convoi 19DF entre Casablanca et jusqu'à la hauteur de Tarifa, deux navires entre Casablanca et les attérages de Gibraltar les 11 et 12 mars, le convoi 25DF entre Casablance et Gibraltar le 30 mars et enfin le convoi 50XF Le Verdon-Casablanca du 19 au 24 avril 1940.

Toujours le même 24 avril, le Forbin aborde le paquebot Alsina mais les dégâts sont limités pour le paquebot comme pour le torpilleur qui reprennent le cours normal de leur existence.

En avril 1940, le Basque et le Forbin de la 9ème DT renforcent un temps les Patrouilees de la Méditerranée Occidentale ou PATMOC avec pour base Bizerte.

L'entrée en guerre de l'Italie devenant chaque jour plus probable, les alliés décident de regrouper d'importantes forces en Méditerranée orientale. La force X est ainsi créée en avril 1940. Elle se compose de la 2ème Escadre de Ligne (cuirassés Provence Bretagne Lorraine),de la 2ème Division de Croiseurs (croiseurs Duquesne Tourville plus le Suffren venu d'Extrême-Orient),de la 4ème DCT (Tigre et Lynx, le troisième bâtiment de la division, le contre-torpilleur Panthère ne ralliant pas la force X) et du torpilleur Forbin.

La Force X déployée au grand complet au début du mois de mai à Alexandrie et entame un entrainement intensif avec des manoeuvres communes avec les britanniques les 14 et 15 mai.

Le 19 mai pourtant, l'Amirauté fait rapatrier les cuirassés Provence et Bretagne ainsi que les deux contre-torpilleurs qui sont remplacés respectivement par le croiseur léger Duguay-Trouin et les torpilles Le Fortuné et Basque qui reforment une 3ème DT avec le Forbin.

Le Fortuné en réparation à Oran avait appareillé le 16 mai par grosse mer, retrouvant le Basque à Bizerte, les deux torpilleurs repartant le 21 mai en escorte des paquebots transporteurs de troupes President Doumer et Providence. Ils arrivent à Beyrouth le 25 mai y retrouvant le Forbin, le Tourville et le Suffren. La 3ème DT est officiellement reformée le 7 juin ce qui entraine de facto la dissolution de la 9ème DT (Basque Forbin).

Après une sortie d'entrainement le 6 juin, la 3ème DT appareille de Beyrouth le 11 juin en compagnie des quatre croiseurs de la force X(Duguay Trouin, Suffren Tourville Duquesne) pour un raid en mer Egée, raid infructueux, les navires rentrant à Alexandrie le 13 juin 1940.

Ils rentrent à Beyrouth le 16 juin avant que la 3ème DT ne reparte le 17 pour une escorte de convois jusqu'à Chypre afin de renforcer les défenses de la grande île. La 3ème DT ravitaille rapidement à Beyrouth le 20 juin avant de gagner Haïfa pour prendre en charge deux pétroliers britanniques qu'ils conduisent à Alexandrie où ils arrivent le 24 juin 1940 à la veille de l'Armistice qui met fin à la Campagne de France.

*
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Entre une France hors jeu et une Grande Bretagne luttant pour sa survie, les relations se tendent, les navires intacts de la Royale suscitant bien des inquiétudes et bien des convoitises, débouchant sur l'opération Catapult le 3 juillet 1940.

Si l'opération prend un tour conflictuel en Angleterre et tragique à Mers-El-Kébir, à Alexandrie tout se passe pour le mieux, l'amiral Godeffroy chef de la force X et l'amiral Cunningham commandant en chef de la Mediteranean Fleet passant un Gentleman 's agreement le 4 juillet 1940 qui neutralise la flotte française après que les navires français eurent participé à la défense du port contre les avions italiens.

C'est ainsi que les croiseurs Duquesne (navire-amiral) Tourville Suffren Duguay-Trouin, les torpilleurs Basque Forbin Le Fortuné et le sous-marin Protée arrivé le 27 juin à Alexandrie vident leurs soutes et débarquent les obturateurs et percuteurs d'artillerie.

Les réservistes sont rapatriés en France et les torpilleurs ne conservent que l'équipage nécessaire pour appareiller soit 5 officiers, 12 officiers et 49 marins.

Le 12 juillet 1940, la force X sont regroupés dans l'avant-port; le Fortuné avec le Duquesne, le Forbin avec le Tourville, le Basque avec le Suffren, le Protée avec le Duguay-Trouin, le cuirassé Lorraine au tirant d'eau plus important restant à l'écart.

L'amiral Godeffroy craint un temps une attaque de marins FNFL très présents à Alexandrie mais à part des bagarres en ville et des désertions (dont l'EV Lesieur du Forbin), rien de bien significatif. Du 26 au 29 avril 1942, Le Forbin dont la coque présente quelques signes de faiblesse passe rapidement au bassin.

La force X va ainsi rester paralysée jusqu'au 17 mai 1943 quand l'amiral Godeffroy se décide enfin à reprendre le combat. Il previent même Vichy de sa décision, recevant comme réponse de saborder ces navires.

La remise en état des navires prend du temps tout le recomplément des équipages, une partie des hommes prévus ayant péri dans le torpillage du transport britannique Yoma le 17 juin.

Les torpilleurs peuvent néanmoins effectuer quelques sorties d'essais. Le 22 juin, ils appareillent pour Port Saïd en convoyage de la Lorraine et d'une partie des croiseurs qui doivent gagner l'Afrique du Nord par le canal de Suez et le Cap de Bonne Espérance. La 3ème DT est de retour à Alexandrie le 23 et empruntera la voie méditerranéenne pour reprendre le combat.

Après avoir embarqué une équipe de liaison britannique (un officier, deux radios, un timonier et un chiffreur), la 3ème DT appareille le 24 juin, escortant le convoi MKS16 de 34 bâtiments mais le lendemain, le Basque subit une avarie (eau salée dans le bouilleur) et Le Fortuné doit le remorquer jusqu'à Tobrouk. Le convoi fait ensuite escale à Tripoli, Malte et Gibraltar.

Le 2 juillet 1943, les torpilleurs arrivent à Bône puis gagnent Casablanca le 3 juillet avant un passage par Gibraltar puis un retour à Casablanca le 8 juillet 1943. Le 26 juillet, Le Fortuné et le Forbin et trois patrouilleurs type PC américains escortent le convoi K59 direction Gibraltar. Du 18 au 21 août, il participe à l'escorte des paquebots Gouverneur Général Lépine et Sidi Brahim entre Setubal et Casablanca alors qu'ils transportent en Afrique du Nord des évadés de France libérés des prisons espagnoles.

*
**

Le 8 septembre 1943, l'Italie signe un armistice avec les alliés et sort du conflit. La Corse se soulève et demande l'intervention des alliés, les allemands ne tenant que Bastia alors qu'Ajaccio n'est contrôlé que par que deux bataillons italiens neutres.

Giraud comprend le symbole d'un premier département français libéré et décide d'envoyer des troupes françaises sur l'Ile de Beauté en dépit de moyens limités. Ce sont des contre-torpilleurs, des torpilleurs et des sous-marins qui vont assurer les premiers transports.


Le Forbin en 1944

Le Forbin va assurer plusieurs missions d'escorte sur la ligne Alger-Ajaccio-Alger. La première concerne trois navires du 1er au 8 octobre 1943 en compagnie de La Toulonnaise et du CH3. Ce sont ensuite deux navires entre le 12 et le 17 octobre en compagnie de La Gracieuse, trois navires en compagnie du Basque du 22 au 27 octobre, deux navires du 4 au 10 novembre avec La Tempête, trois navires avec le Basque du 19 au 26 novembre, six navires à l'aller et cinq au retour avec la Boudeuse et le CH52 (aller) du 29 novembre au 8 décembre 1943.

Il commence l'année 1944 par une escorte avec L'Ajacienne du 28 janvier au 4 février (trois navires) puis du 24 février au 5 mars 1944 avec sept navires en compagnie de L'Alcyon et du Gillstone. Ce sont ensuite cinq navires (quatre au retour) qui sont protégés avec l'aviso Commandant Bory du 13 au 19 mars 1944, quatre navires protégés avec La Boudeuse du 31 mars au 7 avril 1944, trois navires du 16 au 21 avril avec La Tempête et Le Tigre (la DCA du torpilleur abat le 20 avril une bombe planante qui le visait), trois navires avec La Tempête et L'Alcyon du 24 au 29 avril, deux navires à l'aller et cinq au retour avec L'Alcyon et le CH52 (aller) du 15 au 23 mai, deux navires à l'aller et cinq au retour avec Le Tunisien et le Cimeterre (retour) du 29 mai au 5 juin 1944 et deux navires escortés avec Le Fortuné du 30 juillet au 5 août 1944.

Le 13 mai, il escorte le Sénégalais endommagé à la remorque de l'Hippopotame mais la remorque à été rompue par un convoi escorté par le Basque, la remorque n'est remise que trois heures plus tard. Le 30 mai, il repêche deux aviateurs sud-africains rescapés du crash de leur appareil.

Le Forbin est ensuite engagé dans le débarquement de Provence en compagnie du Fortuné. Ils escortent ainsi le convoi TF1 du 13 au 16 août entre Tarente et les côtes de Provence en compagnie du Simoun et des DE Hova Algérien et Marocain. Il enchaine par l'escorte d'un convoi de bâtiments vides en direction de Naples où il arrive le 18.

Le Forbin escorte ensuite un convoi de 15 Liberty Ship et de 25 LST entre la baie de Briande au sud de Saint Tropez à Oran en compagnie du Fortuné et de La Tempête. Il enchaine par le convoi AM6 composé de 25 LST et 13 Liberty Ship entre Oran et Marseille avec le Fortuné, La Tempête et l'américain USS Cormick du 5 au 9 septembre.

Le 13 septembre, le Forbin et Le Fortuné mouille en rade des Vignettes à Toulon avant que deux sections de débarquement ne participent au défilé en ville le 14, les deux torpilleurs participant le 15 septembre à la revue navale présidée par le général de Gaulle à bord de l'escorteur Pique. Ils escortent ensuite le Lorraine en direction d'Oran où il arrive le 19.

Le Forbin repart le lendemain 20 septembre 1944 pour rejoindre la Task Force 86. Il se ravitaille auprès du pétrolier Mékong et appareille le 24 pour relever le destroyer américain USS Edison et patrouiller avec le USS Madison, effectuant plusieurs tirs contre la terre.

Le 26 septembre 1944, il engage une lutte sans merci contre des sous-marins de poche allemands en compagnie du USS Madison. Un premier sous-marin fait surface et chaleureusement accueillit par les canons de 20 et de 40mm du Forbin avant de sombrer (le pilote disparu). Trois pilotes seront ainsi fait prisonniers.

Au total le torpilleur à coulé au moins trois sous-marins de poche (mais un quatrième et un cinquième peuvent lui être attribué) même si pour des raisons de secret de défense, peu de publicité aura été faite autour de cet événement. Le même jour, le Forbin tire 271 obus de 130mm. Le lendemain, 27 septembre, il quitte la zone pour Ajaccio où il se ravitaille avant de rallier Toulon le 30 septembre 1944.

Le Forbin est de retour sur zone le 5 octobre, déposant du matériel à Golfe Juan puis rallie le destroyer USS Eberle pour patrouiller au sud du cap Ferrat. Il escorte ensuite le croiseur Emile Bertin engagé dans une mission de bombardement du port de Porto-Maurizio près d'Imperia avant de rentrer à Toulon le 7 octobre.

Le 17 octobre, le torpilleur d'escadre quitte Toulon pour rejoindre sa zone d'opération où il doit assurer la protection de six dragueurs de mines. L'opération est suspendue le 19 mais est reprise le 20 avec huit dragueurs.

Le torpilleur est prit pour cible par les batteries côtières allemandes et le torpilleur riposre avec ses trois canons de 130mm à partir de 11h41. Une grande explosion est vue à 11h50 et le tir suspendu à 12h00 après avoir tiré 179 coups sans incident. L'équipage du torpilleur peut voir une série d'explosions qui provoquent un immense panache de fumée noirée.

Le duel repart à 12h05 entre les torpilleurs et les batteries côtières. Le Forbin est gêné dans ses manoeuvres par la présence des dragueurs. La situation se complique avec une quatrième batterie fort précise à partir de 12h19 mais elle cessera son tir au bout de quelques salves.

Libéré de la protection des dragueurs, le Forbin peut tirer pendant plusieurs heures jusqu'à 16h19 quand il est relevé à 16h19 par le destroyer américain USS Jouett et ralliera le croiseur Montcalm en baie de Saint Tropez.

Ce n'est qu'en 1978 que la raison de cette explosion fût connue. Le bâtiment touché par les obus de 130mm du Forbin, la Halle aux Fleurs de San Remo abritait 48 vedettes explosives, 6 vedettes d'assaut, 1 vedette lance-torpilles. Ces armes spéciales devaient attaquer les navires alliés au mouillage.

Le Forbin tire encore contre la terre les 30 et 31 octobre avec 265 coups le premier jour et 55 coups le deuxième jour. Il séjourne ensuite à Toulon jusqu'au 7 novembre 1944. Il repart ensuite avec le Georges Leygues pour un tir infructueux contre un canon sur voie ferrée se réfugiant dans un tunnel entre deux tirs.

Après une dernière mission sur la côte italienne du 16 au 19 novembre, le Forbin appareille pour Bizerte le 29 pour entrer en grand carénage qui va l'y immobiliser pendant près d'un an puisqu'il ne reprend la mer que le 29 octobre 1945 pour une première sortie d'essais.

Le lendemain, 30 octobre 1945, le Forbin quitte Bizerte pour Toulon le 30. Affecté à la 1ère région maritime, il appareille le 5 novembre pour Brest où il arrive le 27 novembre après des escales à Alger, Arzew, Oran, Gibraltar, Casablanca et Lisbonne. Il repart le 12 décembre pour son port d'attache : Cherbourg.

Le Forbin se rend à Greenock du 12 au 26 janvier pour représenter la marine française lors de l'inauguration du monument élevé à la mémoire des marins français morts dans la bataille de l'Atlantique. Il transporte ensuite l'équipage d'un bâtiment de la Kriegsmarine transféré à la France, profitant pour visiter les ports de Hambourg et de Brême.

A son retour à Cherbourg, il est mis en réserve le 31 mars 1946 suite à des avaries de coque dues au mauvais temps.

Au cours de l'été 1947, il est remorqué de Cherbourg à Brest pour être affecté comme ponton à l'Ecole Navale en remplacent du vieil aviso Amiens trop petit pour loger l'Ecole de manoeuvre. Il est dans un état matériel pitoyable à tel point qu'il sera au final remorqué au cimetière marin de Landevennec.

Il est condamné le 10 novembre 1952 devenu le Q49 puis vendu à la démolition le 10 avril 1956.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 17:14

Le Foudroyant

Le Foudroyant en 1939/40 avec la fausse lame d'étrave

Construction

Par le marché 2480D du 6 avril 1927, la construction du troisième torpilleur de la tranche 1926 est confié aux Chantiers Dyle et Balacan installés à Bordeaux sur la rive gauche de la Gironde.

-Le Foudroyant est mis sur cale le 28 juillet 1927 lancé le 24 avril 1929 et armé pour essais le 1er janvier 1930. Il entre en armement définitif le 15 juin 1930, la clôture d'armement est prononcée le 10 octobre 1930 et l'admission au service actif le 24 octobre 1930.

Carrière opérationnelle

Le 1er octobre 1930 est créée la 9ème Division de Torpilleur composée d'abord du Boulonnais et du Brestois et qui va bientôt être complété par le Foudroyant puis le Forbin.

Le 21 février 1931, le Bordelais appareille de Toulon pour Bizerte où il doit se faire caréner. Il est alors assailli par une tempête de mistral très violence qui l'oblige à prendre la cape. Le lendemain au matin, son appareil moteur est en avarie et il demande du secours par TSF.

Le remorqueur Goliath et le torpilleur Le Foudroyant appareillent mais ne peuvent passer une remorque au torpilleur. A midi, les remorqueurs Six-Fours et Travailleur, trois contre-torpilleurs et le croiseur Tourville appareillent mais leurs tentatives sont toutes aussi infructueuses. Il faudra attendre une accalmie le 25 février pour permettre aux remorqueurs de travails. Les dégâts sont peu importants.

Le 9 avril 1931, les torpilleurs Brestois Foudroyant et Forbin appareillent de Villefranche en compagnie des croiseurs Colbert et Duguay-Trouin. Le président Doumergue se rend en Tunisie à bord du Colbert et traverse le lac de Bizerte à bord du Foudroyant pour rendre hommage à l'hydravion du croiseur lourd qui s'était abimé au dessus de Sidi-Ahmed.

Du 14 au 19 décembre 1932, Le Foudroyant participe à une opération de relations publiques à Marseille, une sortie à la mer est offerte aux officiers de réserve de la région et ce en compagnie des torpilleurs L'Alcyon, Brestois et Frondeur.

Le 1er octobre 1934, les 9ème, 7ème et 11 ème DT sont dissoutes et la plupart des torpilleurs affectés au groupe de complément. Le Foudroyant forme alors une nouvelle 4ème DT à Brest au sein de la 2ème flottille en compagnie de L'Adroit et du Basque.

Le 11 juin 1936, une partie de la 2ème escadre est au mouillage à Saint Vaast La Hougue dans le Contentin. En fin d'après midi, le Foudroyant quitte le mouillage juste derrière le contre-torpilleur Jaguar et ses sister-ship L'Adroit et Basque. Sa barre se bloque temporairement mais même une fois mettre de ses manoeuvres, le torpilleur aborde le cuirassé Lorraine, l'étrave du torpilleur s'enfonçant jusqu'à la cloison de choc. Les entrées d'eau sont minimes et le torpilleur pourra rentrer seul sur Cherbourg pour réparations.

Il gagne ensuite Brest et forme le 15 août 1936 la 5ème DT avec le Brestois et le Boulonnais, deux torpilleurs venus de Toulon. Il participe comme toutes les unités légères de la Royale aux opérations liées à la guerre d'Espagne qu'il s'agisse de la non-intervention (août 1936-avril 1937) ou au contrôle naval (avril-septembre 1937). c'est d'ailleurs à partir du 1er avril 1937 que les masques des pièces d'artillerie arborent des marques de nationalité.

Le 21 septembre 1937, la 5ème DT quitte Brest pour Casablanca où elle restera déployée trois mois, effectuant des rotations sur Tanger, renforçant ainsi l'action de L'Adroit et de La Railleuse. Le Boulonnais rentrer à Brest en janvier 1938, continuant néanmoins ses missions de présence au large de l'Espagne.

Il participe également à des événements prestigieux comme l'accueil en rade de Boulogne le 19 juillet 1938 du yacht royal Enchantress transportant le roi et la reine d'Angleterre en visite en France et qui inaugure notamment le monument commémorant l'arrivée à Dunkerque des premiers soldats britanniques le 13 août 1914.

*
**

En septembre 1939, Le Foudroyant est toujours affecté à la 5ème DT en compagnie du Foudroyant et du Brestois. Comme les autres divisions de la 2ème flottille, la 5ème DT est placée sous l'autorité d'Amiral-Ouest dès le 28 août pour les missions d'escorte et de patrouilles à mener dès le début du conflit.

Les 2 et 7 septembre, le Foudroyant et ses compères de la 5ème DT avaient protégé la sortie et le retour de la Force de Raid. Du 12 au 17 septembre, il escorte cinq bâtiment entre Brest et Casablanca et récidive entre le 7 et le 13 octobre.

Le 12 octobre 1939, la 5ème DT remplace la 2ème DCT en Manche. Le Foudroyant ne va cependant rallier Dunkerque que le 2 novembre après une mission dans l'Atlantique.

Le 14 février 1940, le Foudroyant accompagné par le Brestois et l'Ouragan escorte le pétrolier Tarn entre Dunkerque et Cherbourg.

Le 21 février 1940, le torpilleur de 610 tonnes La Cordelière est envoyée en patrouille au large d'Ostende pour intercepter la goelette allemande Vadder Geritt réfugié dans le port belge depuis la déclaration de guerre et qui tenterait de regagner Emden. Le torpilleur léger est relevé par Le Foudroyant le 23 février mais le 25, le torpilleur s'échoue sur le banc Beaujaard mais il parvint à se dégager sans autres dégâts qu'une avarie au dôme Asdic et la perte d'une pale d'hélice. La corvette parviendra à s'échapper le 9 mars sans que la 11ème DT ne soit capable de l'intercepter.

Comme les deux autres torpilleurs de la 5ème DT, Le Foudroyant va participer à l'expédition de Norvège au sein d'un groupe commandé par le croiseur Emile Bertin. Ce n'était que partie remise, un premier groupe occasionnel avait été constitué le 5 février 1940 mais dissoute le 16 mars. Trois semaines plus tard, la force Z ou groupe Emile Bertin est reconstitué.

Le 6 avril 1940, le Brestois, le Foudroyant et le Boulonnais appareillent pour Scapa Flow arrivant le 7 avril.

Du 12 au 14 avril, le Brestois et le Foudroyant escortent jusqu'à Newcastle les destroyers britanniqués Kelvin et Kashmir qui s'étaient avariés lors d'un abordage puis rejoignent Greenock où ils retrouvent les autres navires français : l'Emile Bertin, le Boulonnais, la 5ème DCT et les transports. Le Brestois et le Boulonnais relèvent ainsi les torpilleurs Cyclone et Mistral qui avaient escorté les transports depuis la France.

Le 17 avril 1940, le Foudroyant appareille de Greenock en compagnie du contre-torpilleur Bison en escorte du paquebot Ville d'Alger direction Scapa Flow puis Namsos. Le paquebot n'y sera pas entièrement déchargé mais entre-temps, le torpilleur est rentré à Scapa Flow.

Il escorte à nouveau le Ville d'Alger de Liverpool à Greenock le 30 avril et prend en charge dans ce port un convoi de quatre navires chargés de troupes britanniques pour Scapa Flow et enfin Narvik, accompagné par le contre-torpilleur Epervier, les destroyers britanniques Atherstone et Warwick plus les dragueurs Jason et Gleaner.

Il effectue une escorte entre Scapa Flow et Narvick du 3 au 9 mai. La décision d'évacuer Namsos ayant été prise, il faut éviter un débarquement sur la partie sud du dispositif allié et tenir solidement les localités de Bodo et de Mo. Ces dernières sont occupées par les anglais mais les troupes britanniques ont besoin de munitions.

Le Foudroyant reçoit pour mission le 10 mai d'escorter le paquebot polonais Chroby mouillé à Skaanland et d'y embarquer des munitions destinées à Mo, le tout en compagnie du destroyer HMS Somali (classe Tribal).

Les deux navires arrivent sur zone en début d'après midi dans un contexte difficile sous la menace de la Luftwafe qui se montre fort remuante et dangereuse. Le torpilleur français et le destroyer britannique doivent détruire une batterie et un QG allemand.

L'attaque à lieu à la tombée de la nuit, le Foudroyant détruit un hydravion trimoteur à coque et un hydravion bimoteur à flotteurs type Heinkel He115 plus toutes les habitations pouvant abriter le QG et lance une torpille sur un grand appontement en bois. Il disperse ensuite une colonne et détruit ensuite plusieurs canons. Il retrouve ensuite le Somali et porte assistance au Chroby incendié et évacué. Une attaque aérienne allemande endommage le Foudroyant et le Somali.

Le torpilleur et le destroyer rentrent sur Scapa Flow le 18 mai à 2h45. Au cours de l'opération sur Mo, Le Foudroyant à tiré 206 obus de 130mm, 700 obus de 37mm et 2800 cartouches de 13.2mm. Il quitte Scapa Flow le 19 mai pour Greenock en escorte du pétrolier Tarn puis le 20 mai de Greenock pour Brest avec le cargo Saint Firmain et le pétrolier Mékong. Il gagnera ensuite Cherbourg le 22 mai et sera rapidement engagé dans la Campagne de France.

Le 23 mai 1940, il appareille pour Boulogne afin d'y déposer troupes et munitions mais la ville étant en passe d'être investie par les allemands, la mission du torpilleur et de son torpilleur léger Flore est annulée et il va mouillé en rade des Dunes le 25 mai où il débarque ses troupes et ses munitions.

Le lendemain 26 mai, il est à Cherbourg et embarque le CV Auphan convoqué avec les amiraux Odend'hal et Leclerc à la conférence de Doures au PC de l'amiral Ramsay pour planifier l'évacuation de Dunkerque alors que l'exfiltration du corps expéditionnaire britannique à déjà commencé.

L'amiral Landrieu est chargé de la partie française de l'opération Dynamo avec une «Flottille du Pas de Calais». Elle va regrouper des navires réquisitionnés mais également deux contre-torpilleurs, cinq torpilleurs, six torpilleurs légers, cinq avisos et une vingtaine de vedettes et des patrouilles.

Le Foudroyant reconduit le CV Auphan au Havre le 28 à l'aube puis effectue une mission de reconnaissance en baide de Somme avant de rejoindre la rade des Dunes après un ravitaillement à Cherbourg.

Le 30 mai, il effectue une première rotation en compagnie des torpilleurs légers Bouclier et du Branlebas et du torpilleur d'escadre Bourrasque.

Appareillant quelques minutes après les trois précédement nommés, il croise le Branlebas récupérant l'équipage et les passagers du Bourrasque qui venait d'être touché (mine ou batterie côtière). Il propose son assistance mais celle-ci ne s'avérant pas nécessaire, il rejoint Douvres.

Le Foudroyant repart le lendemain matin, 31 mai. Il croise le Cyclone amputé de sa proue par une torpille et l'aviso La Boudeuse qui lui signale une batterie près de Nieuport que le torpilleur arrose d'une cinquante de coups. Il rentrer le soir même avec 487 passagers sans interférences de la batterie.

Le 1er juin, la route Y (nord, 87 miles nautiques) est abandonné au profit de la route X (centre 55 miles) (la route Z est au sud longue de 39 miles). Il appareille de Douvres à 8h empruntant la route X. Vers 10h30, il arrive près de la bouée 6W quand il est violement attaqué par une nuée de Stukas, pas moins de quinze appareils se ruent sur le torpilleur.

Le chenal très étroit empêche toute manoeuvre et en dépit d'une DCA rageuse, Le Foudroyant est touché par quatre bombes (deux dans les machines, une autre sur la pièce n°3) et une quatrième sur le rouf arrière sans parler de plusieurs bombes à toucher.

L'infortuné torpilleur se casse en deux et en moins d'une minute, Le Foudroyant se couche sur bâbord et s'enfonce peu ç peu dans l'eau. L'évacuation est ordonnée et se déroule dans un calme et une discipline remarquable. Les pertes sont cependant limitées (19 disparus sur 160 hommes).

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 17:18

Le Fougueux

Le torpilleur Le Fougueux en 1941

Construction

Par le marché 2480C du 13 avril 1927, la construction du dernier torpilleur de la tranche 1926 est attribuée à l'établissement des Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes sur l'île Saint Anne en face du quai de La Fosse.

-Le Fougueux est mis sur cale le 21 septembre 1927 lancé le 4 août 1928 et armé pour essais le 20 avril 1929. Il entre en armement définitif le 15 novembre 1929, la clôture d'armement est prononcée le 15 juin 1930 et l'admission au service actif le 4 juillet 1930.

Carrière opérationnelle

Le 1er octobre 1930 est mise sur pied à Toulon la 11ème DT à laquelle est affecté Le Fougueux en compagnie du Frondeur, du Bordelais et de L'Alcyon.

Le 10 janvier 1934, il évite de peu un abordage avec le Basque, les dégâts se limitent à une légère déformation des rails des grenadeurs.

Le 1er octobre 1934, la 11ème DT est dissoute et Le Fougueux affecté un temps au groupe de complément quitte Toulon le 27 juin 1935 pour Casablanca où il va servir de stationnaire au profit de Marine-Maroc.

A compter du 1er novembre 1935, il retrouve cependant une division en l'occurence la 2ème DT à Brest en compagnie de ses sister-ship Frondeur et Basque. Il participe aux opérations liées à la guerre d'Espagne qu'il s'agisse de la non-intervention d'août 1936 à avril 1937, du contrôle naval d'avril à septembre 1937 puis les missions de présence jusqu'à la fin du conflit en mars 1939.

Le 23 mars 1938, la 2ème DT quitte Brest pour la Oran et la Méditerranée. Le 9 août 1938, Le Fougueux accompagné par Le Frondeur est attaqué par quatre avions gouvernementaux mais les bombes tombent à plus de 4000m.

*
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Au 3 septembre 1939, Le Fougueux est toujours intégré à la 2ème DT qui est revenue à Brest et mise à la disposition d'Amiral-Ouest pour des missions de présence dans le Golfe de Gascogne et des escortes entre l'Afrique du Nord, la France et la Grande Bretagne.

Les 2 et 7 septembre, la 2ème DT au complet couvre l'appareillage et le retour à Brest de la Force de Raid.

Le Fougueux escorte le convoi OG3 entre les Western Approaches et Gibraltar du 19 au 23 octobre en compagnie de L'Adroit, les deux torpilleurs escortant le convoi HG5 entre Gibraltar et les Western Approaches du 29 octobre au 6 novembre 1939.

C'est ensuite l'escorte du convoi 20BS Brest-Casablanca du 11 au 17 janvier 1940 puis le convoi 56KS Casablanca-Brest du 21 au 28 janvier. Il protège ensuite le convoi 31BS Brest-Casablanca du 7 au 13 mars et enfin le convoi 76KS Casablanca-Brest du 16 au 22 mars 1940.

Devant les demandes d'assistance des gouvernements belges et hollandais inquiets des bruits de botte allemands à ses frontières, le haut commandement de la marine nationale décide de renforcer les moyens navals d'Amiral-Nord en lui affectant la 2ème DT au complet pour des missions d'escorte et de surveillance.

Le 9 avril 1940, Amiral-Ouest est invité à placé la 2ème DT à six heures d'appareillage, le Frondeur alors en exercice en baie de Douarnenez rallie aussitôt Brest en compagnie du Fougueux alors que L'Adroit rallie directement Dunkerque où il retrouva ses deux compères le 11 avril 1940. Le 14 avril, la 2ème DT et le torpilleur léger Flore gréé en dragueur rapide escorte jusqu'aux Pays Bas le paquebot transmanche NewHaven, le Frondeur détruisant deux mines dérivantes.

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Quand les allemands attaquent le 10 mai, le manoeuvre Dyle-Breda est déclenchée, une manoeuvre qui prévoit que la 7ème armée tende la main aux néerlandais. Pour accélerer cette manoeuvre, il est prévu des débarquements à Walcheren et Sud-Beveland.

Quatre convois vont être nécessaires, convois escortés par la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Adroit), la 6ème DT (le Mistral rejoindra ses deux congénères ultérieurement) et les torpilleurs de classe Melpomène des 11ème et 14ème DT plus quatre destroyers antiaériens britanniques, les HMS Valentine Winchester, Westminster et Vimiera.

Si les traversées se déroulent sans encombres, les débarquements sont gravement perturbé par des bombardements allemands mortellement réguliers. Le 16 mai 1940, la 2ème DT au complet exécute un bombardement sur Schoere et sur la route Schoere-Kapelle en liaison avec l'escadrille de bombardement AB2.

Les Loire-Nieuport attaquent peu après 17h, visant les écluses. Le Fouguex ouvre le feu à 17h12 qui tire 80 coups avant de laisser la place à 17h35 au Frondeur qui tire 79 coups. L'ennemi surpris n'ç pu réagir mais ce bombardement aura un effet plus symbolique qu'autre chose.

La situation de l'armée néerlandaise se dégrade rapidement et à partir du 17, les français doivent envisager l'évacuation qui s'achève le lendemain 18 mai quand les torpilleurs français se replient en direction du nord de la France où la situation ne cesse de se dégrader.

De retour le 19 mai à Dunkerque, le Fougueux et les deux autres torpilleurs appareillent le 21 pour Cherbourg. En appareillant, Le Frondeur aborde L'Adroit et embarque la pièce de 37mm bâbord, il est suivit par le Fougueux qui embouque le chenal en marche arrière !

L'Adroit coulé par l'aviation allemande mais Le Frondeur s'en sort indemne avant de gagner avec le Fougueux Cherbourg pour faire le plein de munitions.

Il est de retour sur le front le 23 au large de Boulogne, renforçant le dispositif naval sur la zone déjà composée des contre-torpilleurs Léopard et Chacal de la 2ème DCT, les torpilleurs d'escadre Cyclone Siroco et Mistral de la 6ème DT.

Les Fougeux et Frondeur bientôt rejoints par L'Orage. Le Frondeur et les autres navires vont tirer sur les colonnes de char et les pièces en batterie.

Au petit matin du 24 mai, Le Fougueux se rend au sémaphore du cap Gris-Nez pour s'énquérir du sort de l'Orage touché à mort et qui avait fini par couler. Le torpilleur regagne ensuite le reste du dispositif.

Les navires français sont violement attaqués par les allemands le matin du 24 mai et le contre-torpilleur Chacal est coulé. Une grosse bombe tombe à proximité du torpilleur secouant le navire alors qu'une deuxième perfore le torpilleur de part en part au niveau de la pièce n°1 et explose sous l'eau. Le bâtiment reste encore partiellement opérationnel et peut exécuter un tir contre la terre entre 11h et 12h05 avant de se replier à 20 noeuds.

Le 13 juin, il appareilla en escorte du cuirassé Richelieu, s'arrêtant avec Le Frondeur à Casablanca alors que le cuirassé continuait jusqu'à Dakar.

*
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A l'armistice du 25 juin 1940, Le Fougueux est toujours dans le grand port marocain en compagnie du Frondeur.

Neuf jours plus tard, au lendemain de l'opération Catapult, les deux torpilleurs appareillent pour une patrouille au large de Port Lyautey dans l'espoir de surprendre des navires britanniques mais ce raid reste infructueux.

A la suite de l'attaque anglo-gaulliste sur Dakar le 23 septembre 1940, les forces de Vichy décident de monter un raid de représaille contre Gibraltar avec le lancement d'un raid aérien (59 bombardiers et 36 chasseurs) et d'un raid naval contre le dispositif de sûreté anglais (chalutier ou yacht armé et de deux destroyers) mais ce raid mené par la 10ème DT (L'Epée et Le Fleuret classe Le Hardi) et la 2ème DT (Le Fougueux et Le Frondeur) est infructueux (la faute à un entrainement insuffisant) et le groupe occasionnel se replie sur Oran. A noter que L'Alcyon à rejoint la 2ème DT le 1er novembre 1940.

Du 23 au 28 août 1940, il escorte le Katiola entre Bordeaux et Casablanca plus deux cargos réfugiés à Sétubal jusqu'à Bordeaux du 11 au 13 août 1941.

Le Fougueux appareille de Casablanca le 18 novembre 1940 pour réparations à l'Arsenal de Toulon. Il arrive le 23 novembre et en repartira le 12 mars 1941, arrivant à Casablanca le 18 après une escale à Oran les 14 et 15 mars. Il est détaché à Safi et à Agadir en juin 1941.

En février 1942, les réparations provisoires du cuirassé Dunkerque sont enfin achevés à Mers-El-Kébir mais pour une remise en état totale, il fallait le ramener à Toulon.

Dans le plus grand secret, le Frondeur et le Fougueux quittent Casablanca pour Oran. Le Frondeur quitte le Maroc le 12 janvier pour Oran où il arrive le 15 janvier alors que le Fougueux fera de même du 6 au 9 février. La 2ème DT prend position le 18 février, le cuirassé sortant le 19 février à l'aube et la formation arrive à Toulon le 20 février 1942 à 23h. Le Fougueux retourne à Oran le 24 février pour un grand carénage qui s'achève le 27 juin. Il reste à Oran comme torpilleur d'alerte du 27 juin au 18 août 1942. Il rentre ensuite à Casablanca le 21 août 1942.

Le Fougueux assure principalement des escortes entre Casablanca et Oran. Il protège un navire dans le détroit de Gibraltar du 8 au 11 octobre 1940, un navire entre Casablanca et le détroit de Gibraltar le 18 novembre 1940, le convoi R36 Oran-Casablanca du 15 au 18 mars 1941, le convoi K63 Casablanca-Oran du 15 au 18 mai, le convoi R67 Oran-Casablanca du 20 au 22 mai 1941.

Il protège ensuite le convoi K91 Casablanca-Oran du 7 au 10 juillet 1941, le convoi R95 Oran-Casablanca du 18 au 20 juillet 1941, le convoi K12 Casablanca-Oran du 25 au 28 août 1941, le convoi R14 Oran-Casablanca du 9 au 13 septembre, le convoi K62 Casablanca-Oran du 6 au 9 février et enfin le convoi R18 Oran-Casablanca du 18 au 21 août 1942.

Il protège aussi le croiseur léger Gloire en compagnie du Fougueux au départ de Casablanca du 26 au 28 mars et le croiseur Montcalm entre le cap Bojador et le Cap Juby jusqu'au 25 avril 1941. Il protège le convoi C1 de quatre navires entre Casablanca et Dakar du 8 au 15 juin 1941 et le convoi D7 de cinq navires entre Dakar et Casablanca du 20 au 28 juin 1941.

Le 19 avril 1942 est constituée la 2ème escadre légère à Casablanca sous le commandement du vice-amiral Gervais de Lafond mais les sorties sont particulièrement limitées faute de carburant, les navires n'utilisant leur appareil propulsif qu'en mer, les manoeuvres de port se faisant à la remorque.

*
**

En dépit d'un manque d'informations flagrant, l'imminence d'un débarquement allié ne fait guère de doutes au début du mois de novembre 1942. A l'aube le 8 novembre, l'imminence d'un débarquement au Maroc ne fait plus de doutes.

La 2ème escadre légère est mise en alerte qu'il s'agisse du croiseur Primauguet (qui vient à peine de sortir de carénage), de la 11ème DCT (contre-torpilleur Milan et Albatros), de la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Alcyon), de la 5ème DT (Brestois Boulonnais) et de la 6ème DT (Simoun Tempête).

Quand les bombardements alliés commencent à 7h10, seuls les sous-marins ont appareillé, les navires de surface doivent attendre que leurs chaudières fournissent suffisamment de pression pour permettre l'appareillage.

La 2ème EL amarrée à la jetée Delure. Le Boulonnais se trouve le plus près de la sortie mais une fausse manoeuvre le fait s'empaler sur un épis de la jetée. C'est donc le Brestois qui franchit le premier la passe à 7h37 suibit par le Frondeur, le Boulonnais et le Fougueux.

Les quatre torpilleurs attendent le Milan qui porte la marque du contre-amiral Gervais de Lafond qui débouche à 7h55 suivi de l'Alcyon et de l'Albatros.

A 8h10, la 2ème Escadre Légère sort de Casablanca et suit la côte en direction de Fedala, espérant se masquer dans le soleil et la brume matinale mais cela n'empêche pas la détection par le radar.

Les navires français sont en colonne avec les contre-torpilleurs Milan et Albatros et les torpilleurs Brestois Boulonnais Fougueux Frondeur et L'Alcyon.

Les navires français sont d'abord attaqués par les Wildcat des porte-avions américains qui larguent des bombes et mitraillent les navires français qui se heurtent bientôt aux croiseurs Tuscaloosa, Augusta et Brooklyn ainsi que des destroyers.

Le Fougueux est pris à partie par les obus de 406mm du cuirassé et les obus de 203mm du croiseur lourd.

A 9h40, une salve tombe sur son avant mettant le feu à la passerelle. Le torpilleur pique du nez, s'enfonçant jusqu'à la plage avant et les chaufferies sont envahies. Le commandant ordonne l'évacuation achevée à 9h55. Le Fougueux coule quelques minutes plus tard à 5 miles dans le 48 d'El Hank.

Les survivants sont récupérés par les avisos La Grandière et La Gracieuse mais l'évacuation est interrompue par les mitraillages des avions alliés. Les survivants regagnant les rives à la nage.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 21 Jan 2011, 17:30

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES


Déplacement : théorique 1378 tonnes prévu 1516 tonnes pleine charge 2000 tonnes

Dimensions :

La coque est élégante avec un long gaillard d'avant. Les couples sont espacés de 1.80m sauf dans la région des chaufferies et vers l'arrière ou l'écartement de quelques-uns varie. Ils sont reliés par cinq lisses de chaque bord, complétées de plusieurs cornières faisant également fonction de lisses intermédiaires.

Dix cloisons transversales étanches constituées par des tôles de 4 à 6mm d'épaisseur situées aux couples 4,11,14,23,31,36,39,43,48 et 53 concourent à la rigidité de la coque. Les cloisons longitudinales sont partielles.

Etrave en acier moulé, pont constitué de plaques d'acier de 5 à 7mm sur les parties avant et arrière mais pouvant aller jusqu'à 12mm dans la région des chaufferies. Des plaques de 10mm renforcent les parties d'attaches des sous-selettes d'artillerie.

Longueur hors tout : 107.2m Longueur entre perpendiculaires : 100.9m Largeur : 9.91m Tirant d'eau : 3.45m à l'avant et 4.24m à l'arrière à pleine charge.

Propulsion :

Si la conception de l'appareil évaporatoire à été centralisée et confiée aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët, la marine à du laisser les chantiers utiliser les licences de construction qu'elles possédaient pour ce qui est des turbines.

Trois modèles de turbines sont ainsi utilisées ce qui complexifie l'entretien même si la marine veillait à ce que les torpilleurs d'une même division disposent de mêmes turbines. Les torpilleurs L'Adroit L'Alcyon Bordelais Frondeur et Fougueux sont équipés de turbines Zoelly, Le Basque est équipé de turbines Rateau. Les torpilleurs La Palme La Railleuse Le Fortuné Le Mars Brestois Boulonnais Forbin et Foudroyant sont équipées de turbines Parsons.

Les quatorze torpilleurs disposent de la même organisation de l'appareil propulsif avec deux groupes indépendants composés chacun d'une turbine HP (Haute Pression) à action et à réaction, d'une turbine BP (Basse pression) qui intègre une turbine pour marche arrière.

Les turbines sont alimentées en vapeur par trois chaudières multitubulaires réparties en deux salles (une dans la chaufferie avant et deux dans la chaufferie arrière).

L'appareil propulsif dévellope une puissance totale de 31000ch.

Les turbines entraine deux lignes d'arbres terminées par des hélices de 3m de diamètre quadripales en laiton haute résistance. Un gouvernail

Les soutes peuvent contenir un total de 378 mètres cubes de mazout. Le volume total de l'eau des chaudières est de 29 mètres cubes

Performances : vitesse maximale pratique : 30 noeuds distance franchissable (théorique) 3000 miles nautiques à 15 noeuds mais en réalité seulement 2010 miles à 15 noeuds et 2138 miles à 13 noeuds.

Electronique

Avant l'armistice

Le seul appareil électronique installé sur les torpilleurs est un appareil de détection de type anglais, l'Asdic commandés en mai 1939 et livrés durant la deuxième quinzaine d'août. Il est installé sur le Forbin en février 1940, sur L'Alcyon le Boulonnais et le Bordelais en décembre 1939, sur le Brestois en octobre 1939, sur le Foudroyant et L'Adroit en janvier 1940, sur le Fougueux en mars 1940 et le Frondeur en février 1940. Les torpilleurs Le Mars, Le Fortuné, Le Palme et La Railleuse ne seront pas équipés.

Après refonte

-un radar SF de veille surface

-Une colonne Mersig (un magnétomètre de sécurité)

-Un Asdic 128D

Armement

Armement d'origine (jusqu'à l'Armistice)

Canon de 130mm modèle 1924.

-4 canons de 130mm modèle 1924 en quatre affûts simples sous masque (deux avant et deux arrière) superposés. L'affût pèse 12.7 tonnes et permet au canon de tirer un projectile en acier chargé en mélinite pesant 32.05kg à une distance maximale de 18750m à +35°. La conduite de tir est d'abord du ressort du télémètre de 3m installé sur le bloc-passerelle qui est remplacé par un télémètre stéréo de 4m bien plus efficace puis par une tourelle de télémétrie de 5m.

Comme pour les Bourrasque, les commandants regrettent que le STCAN n'ait réussi à résoudre le problème du ravitaillement en munition de l'affût double qui aurait permis de réduire la hauteur des navires qui se sont révélés facilement repérables en combat de nuit.

La dotation en munitions est de 440 obus et de 462 douilles auxquels s'ajoutent 60 obus éclairants. Elle est modifiée en juillet 1939 avec l'embarquement de 300 obus OPF K donnant des gerbes colorées (jaune, vert et rouge), 100 obus modèle 1923 et 80 obus éclairants soit un total de 480 obus contre 500.

Le logement des munitions est divisé en deux groupes. Le groupe avant est installé dans les fonds à l'aplomb de la pièces n°2 avec la soute à douilles à tribord, la soute à obus à bâbord, la soute à obus éclairants et celle des armes portatives se trouve sur l'avant.

Le groupe arrière comprend les soutes à douilles à babord, celles des obus à tribord, une soute à munitions de 37mm et une soute à poudre noire.

Des parcs à obus et des parcs à douilles sont disposés à proximités des pièces soit encastrées dans le rouf pour les pièces avant ou constitués de caissons en tôle fixé à poste. Chaque parc peut contenir 24 obus. La cadence de tir étant en pratique de cinq obus par minute (le Foudroyant atteindra huit coups par minute aux essais) cela signifie que chaque pièce dispose de cinq minutes de tir avant un ravitaillement des parcs réalisées par des noria.


Schéma de l'affût de 130mm des L'Adroit

Pour accroitre la stabilité et augmenter la capacité en grenades ASM, une partie des torpilleurs vont perdre leur pièce n°4 de 130mm sauf en ce qui concerne les Brestois Foudroyant Boulonnais Fougueux Frondeur et Forbin.

*
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-Deux canons de 37mm modèle 1925. Ce canon de 60 calibres tire un obus de 0.725kg à 8000m avec un plafond de 5000m à raison de 20 coups par minute. Ces deux canons sont installés à la hauteur du rouf arrière et peuvent pointer en site de -15° à +80°.

La dotation en munitions est de 150 coups immédiatements disponibles mais la dotation totale est de 2000 coups. Un télémètre stéréo de 1m est installé en 1933.

Le Brestois qui doit participer à la campagne de Norvège reçoit dans une baignoire sur la descente des machines un affût double de 37mm modèle 1933. Ce canon de 50 calibres tire des obus de 0.7kg à une distance maximale de 5000m (8000m en théorie) à raison de 15 à 21 coups par minute. L'affût double permet à ce canon de pointer en site de -15° à +80° et en azimut sur 360°.

Les Fougueux et Frondeurs lors des réparations liées aux combats près de Boulogne reçoivent un chacun un canon de 25mm dans une baignoire au dessus de la noria de la pièce de 130mm n°3, le mât arrière est supprimé pour dégager le champ de tir et les aériens fixés sur des cornes soudées à la cheminée arrière.

Le canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939/40 est un canon de 77 calibres tirant ses projectiles à une distance maximale de 7500m (pratique : 3500m) à raison de 250/300 coups par minute (350 à 400 coups pour le modèle 1940) avec des boitiers-chargeurs de 15 coups.

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-Quatre mitrailleuses Hotchkiss modèle 1914. Elles sont installées de chaque bord de la tueuge, leur nombre étant doublé au mouillage et une cinquième est installée sur une embarcation. L'allocation en munitions est de 20500 cartouches de combat et 2400 d'exercice logées dans la soute à armes portatives à l'avant.

En 1929, les affûts simples installés sur chaque bord arrière de la teugue sont remplacés par des affûts doubles de même calibre et le temps que les modifications soient réalisées, les quatre mitrailleuses sont groupées deux par deux.

Entre 1933 et 1935 ou durant la drôle de guerre, les affûts doubles de 8mm sont remplacés par deux affûts doubles de 13.2mm.

La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 dispose d'un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d'alimentation, des boitiers chargeurs de 30 cartouches). L'affût permet un pointage en site de -15° à +90°.

*
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Affûts lance-torpilles de L'Alcyon et du Basque à Nantes en 1947

-Deux plate-formes triples lance-torpilles de 550mm Schneider modèle 1920 installées sur le pont principal à l'arrière des cheminées. En transit, les tubes lance-torpilles sont installées dans l'axe, l'avant tourné vers le canon de 75mm mais au combat elles peuvent orientées sur 60° de chaque côté soit un champ de battage de 120°. Le lancement se faisant à air comprimé ou à poudre.


Torpille d'entrainement à bord du Forbin

Les torpilles utilisées sont des torpilles de 550mm modèle 1919D longues de 8.22m avec une charge militaire de 237 ou 250 kg et une portée comprise entre 6000m à 35 noeuds et 14000m à 26 noeuds. Deux torpilles sont débarquées durant la drôle de guerre pour des questions de devis de poids.

-Deux grenadeurs parallèles installés à l'arrière avec six grenades par grenadeur plus quatre grenades de réserve.


-Deux mortiers Thornycroft de 240mm installés à l'arrière de la tueuge sous le jambage du mât tripode. Chaque mortiers dispose de trois grenades de 100kg.

-Armes portatives : 35 mousquetons, 17 revolvers et 4 fusils-mitrailleurs pour une compagnie de débarquement composée d'un second maître, d'un groupe FM et de dix hommes.

Modifications d'armement (De l'armistice de 1940 au désarmement)

Sur les quatorze torpilleurs de classe L'Adroit en service le 3 septembre 1939, onze sont toujours à flot en juin 1940 après la signature de l'Armistice. L'Adroit et le Foudroyant ont été coulés devant Dunkerque et La Railleuse à été victime d'une explosion de ses torpilles le 23 mars 1940 à Casablanca.

Les onze survivants sont soient bloqués à Alexandrie (Le Fortuné Forbin Basque) et donc virtuellement hors de combat ou sous le contrôle de Vichy qui en dépit de sévères contraintes va tenter d'améliorer l'armement de ses torpilleurs.

-La pièce n°4 de 130mm est rémbarquée sur le Bordelais en août 1941, sur Le Mars en avril 1941, sur La Palme en juillet 1941 et sur L'Alcyon en septembre 1941.

-La priorité est de renforcer la DCA. Sur le Boulonnais, une baignoire accueille un affût double de 37mm modèle 1933 suivant les travaux réalisées antérieurement sur son sister-ship Brestois. On y ajoute deux mitrailleuses de 13.2mm Browning au dessus de la noria de 130mm n°3 mais les deux canons de 37mm simples sont débarqués. Le Brestois perd son mât arrière et reçoit deux mitrailleuses de 13.2mm dans la même configuration.

La mitrailleuse de 13.2mm Browning était à l'origine une arme en calibre 12.7mm rechambrée par la Fabrique Nationale d'armes de Herstal en Balgique suite à des marchés passés en 1939 et 1940. Elle est alimentée à bandes de 500 cartouches avec un débit de 1000 coups par minute et une portée efficace de 2000m.

Les autres torpilleurs reçurent une baignoire au dessus de la noria du canon de 130mm n°3 pour un canon de 25mm et deux mitrailleuses de 13.2mm en affûts simples ce qui nécessita la suppression d'un ou plusieurs tubes lance-torpilles pour éviter une surcharge dans les hauts. La configuration va cependant variée d'un torpilleur à l'autre.


Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40

Le Fougueux reçoit deux mitrailleuses de 13.2mm en affûts simples à l'extrême arrière puisqu'il disposait déjà d'un canon de 25mm qu'il cédera temporairement au croiseur La Galissonnière entre décembre 1940 et avril 1941.

L'Alcyon reçoit un canon de 25mm modèle 1940 (cadence de tir améliorée par rapport au modèle 1939) et un affût double de 13.2mm

Le Mars reçoit la fameuse baignoire en février-mars 1941 équipée d'un affût double de 13.2mm Browning remplacé par un canon de 25mm en septembre 1940, armement complété par deux mitrailleuses simples de même modèle et de même calibre sur l'arrière à la poupe.

La Palme reçoit la baignoire en avril-mai 1941 qui est équipé d'un affût simple de 13.2mm Browning remplacé ultérieurement par un canon de 25mm complété comme sur Le Mars par deux mitrailleuses simples de même modèle et de même calibre sur l'arrière à la poupe.

Les canons de 37mm modèle 1925 sont remplacés par des canons modèle 1933.

Le Bordelais recevra directement entre juillet et septembre 1941 un canon de 25mm et deux mitrailleuses de 13.2mm

-L'armement ASM est également renforcée avec deux grenadeurs de sillage (six grenades chacun plus trois grenades en réserve), quatre mortiers Thornycroft avec quatre grenades à poste, quatre en réserve sur le pont et douze en soute.

*
**

Sur les onze torpilleurs rescapés des combats de 1939-40, seuls quatre sont encore à flot en 1943 : l'Alcyon survivant de l'opération Torch et les Forbin Fortuné et Basque bloqués près de trois ans à Alexandrie.

-L'Alcyon voit ses affûts de 130mm modifiés pour réaliser des tirs antiaériens fusants à +35°, les 37mm et l'affût double de 13.2mm Browning sont débarqués remplacés par deux affûts simples de 13.2mm sur le pont milieu arrière et quatre canons de 20mm sur le pont milieu, le canon de 25mm est conservé. Les deux plate-formes triples lance-torpilles sont débarqués.

-Les trois torpilleurs de la 3ème DT perdent les canons de 37mm et les affûts doubles Hotchkiss de 13.2mm sont remplacées par quatre canons de 20mm (deux sous la passerelle, deux autres de part et d'autre de la troisième cheminée)

L'armement va être ultérieurement standardisé : trois canons de 130mm sont conservés aux emplacement I, II et IV laissant l'emplacement numéro trois pour la DCA légère soit un canon de 40mm Bofors et deux pièces de 20mm Oerlikon. Deux puis quatre canons de 20mm seront installés en abord de la passerelle, deux canons de 20mm sont installés sur l'ancienne noria de la pièce de 130mm n°3 bientôt complétées par deux autres canons sur l'arrière soit un total potentiel de dix canons de 20mm.

Deux grenadeurs de sillage anglais sont installés à plat pont, les anciens grenadeurs français servant de réserve et les quatre mortiers Thornycroft sont modifiés. Le nombre de grenades embarquées est de 80 avec quatre grenades sur mortiers, vingt-quatre en quatre parcs pour les mortiers, vingt-deux grenades pour les grenadeurs de sillage et dix-huit grenades en soute.

-L'Alcyon disposera ainsi à la fin de sa carrière de trois canons de 130mm, d'un canon de 40mm et de huit canons de 20mm, de deux mitrailleuses de 13.2mm Brownin ainsi qu'une plate-forme triple à l'avant.

-Le Fortuné disposera en juin 1944 de trois canons de 130mm, d'un canon de 40mm Bofors, de huit canons de 20mm Oerlikon (deux sur la plage avant deux sur le rouf avant, deux sur le pont milieu et deux sur le rouf arrière) , une plate-forme triple lance-torpilles avant, quatre mortiers Thornycroft et deux grenadeurs

-Le Forbin disposera de trois canons de 130mm, un canon de 40mm, dix canons de 20mm, deux mitrailleuses Browning de 12.7mm et deux affûts quadruples de 7.5mm et d'un armement ASM composé de deux grenadeurs de sillage et de deux mortiers Thornycroft.

-Le Basque disposera de trois canons de 130mm, un canon de 40mm, dix canons de 20mm, une plate-forme triple lance-torpilles, deux grenadeurs de sillage et quatre mortiers.

*
**

D'ultimes modifications d'armement ont lieu après guerre :

-L'Alcyon perd son canon de 130mm arrière au profit d'un 138 puis d'un affût double de 105mm allemand (qui allait entre autre équipé les deux croiseurs ex-italiens) pour essais. Affecté comme annexe à l'Ecole Navale, il remplace deux canons de 20mm par deux canons de 37mm de salut; deux lance-fusées éclairantes de 2 pouces de part et d'autre du masque de la pièce n°2.

-Le Fortuné reçoit deux autres canons de 20mm portant leur nombre à dix.

-Le Basque perd quatre canons de 20mm remplacés par deux canons de 37mm de salut, deux lance-fusées éclairantes de 2 pouces sont installés de part et d'autre du masque de la pièce de 130mm n°2.

Drôme : une vedette à moteur de 7m, un canot à moteur de 7m, un youyou à moteur de 5m puis à un youyou à voile, une baleinière de 7m, un canot Berthon en toile de 3.60m, une plate de 3m

Equipage : A la construction, l'équipage se compose de 142 hommes avec un officier supérieur commandant, six officiers subalternes, un premier maitre mécanicien, cinq ou six maitres, de douze à dix-sept second maîtres, 109 à 115 quartiers-maitres et marins et deux agents de service.

L'effectif du temps de guerre sera porté à 9 officiers et 153 officiers mariniers, quartiers-maitres et marins

SOURCES

-Marc Sabeine Les torpilleurs de 1500 tonnes du type Bourrasque

-Marc Sabeine Les torpilleurs de 1500 tonnes du type L'Adroit

-Encyclopédie des Armes Editions Atlas Tome 7 p1621-1640 «Les destroyers alliés 1939-1945»
(Torpilleurs classe Bourrasque, classe L'Adroit et classe Le Hardi p1640)

-Jean Moulin Les navires français 1939-1945 en images (La Tempête p56-57)

-Yves Buffetaut Marines HS n°8 Décembre 1996 «La marine Nationale outre-mer 1940-42»

-Luc Feron, Jean Lassaque Marines et Forces Navales HS n°1 100 ans de marine française Avril 2002 «Cuirassés; Torpilleurs, contre-torpilleurs, escorteurs»

-Jean Moulin Marines et Forces Navales HS n°10 décembre 2004 «1939-1945 Les flottes en présence et l'évolution des navires»

-Jean Moulin Marines et Forces Navales HS n°12 juin 2005 «1939-1945Armes & Equipements»

-Marines et Forces Navales n°89 Février-Mars 2004 «Le torpilleur Siroco p18-29»

-Navires et Histoire Hors Série n°12 Décembre 2010 La renaissance de la Marine française 1922-1939

-Navires et Histoire n°28 Février 2005 «Le développement de la flotte française 1918-1940» partie 1 1918-1930 p41-53

-Marines et Forces Navales n°96 Avril-Mai 2005 «Novembre 1942-Mai 1945 Les Bourrasque reprennent le combat»

-Ressources internet diverses

FIN DE L'ARTICLE
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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Jeu 16 Fév 2012, 17:36

Petite question concernant l'Adroit:

Quel fut le sort final de l'épave? Je sais qu'on rapporte l'explosion d'une torpille le 5 mai 1954, ce qui indique que l'épave n'était toujours pas démantelée à cette époque.

Quelqu'un a-t-il des informations complémentaires?

Merci d'avance!

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 17 Fév 2012, 08:57

de mémoire l'épave fut demanteler suite à l'explosion de la torpille ( en fait les morceaux ) il reste les fond du navire mais actuellement, il doit sous sous deux metres de sable

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Jeu 01 Mar 2012, 22:48

Bonjour,

Après quelques recherches, j'ai réussi à trouver mes infos. Merci au club de plongée de Dunkerque!

Pour tout savoir, voici le lien vers mon article:

http://marine1939.blogspot.com/2012/03/le-torpilleur-ladroit.html

salut

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 02 Mar 2012, 10:31

merci pour l'info, je corrige dans ma doc

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 02 Mar 2012, 14:51

kleinst a écrit:
[…]Après quelques recherches, j'ai réussi à trouver mes infos. Merci au club de plongée de Dunkerque ! Pour tout savoir, voici le lien vers mon article :[…]
La torpille de mai 1954 avait-elle été lancée intentionnellement ? Pour détruire l'épave ? Ou pour entraînement au lancement ? Quelle pouvait être son efficacité par si petit fond ?
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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE L'ADROIT   Ven 02 Mar 2012, 17:40

d'après ce que j'ai compris, c'est une torpille à bord du navire lui même qui a explosé

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