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 FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE

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clausewitz
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MessageSujet: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 21:57

TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE
(FRANCE)


Le Bourrasque à la mer dans sa version originale : cheminées hautes, masques de 130mm peu envellopants et canon de 75mm entre les deux plate-formes lance-torpilles

INTRODUCTION

Torpille et Jeune Ecole

Une arme qui révolutionne la guerre navale ?

Depuis l'apparition des armes à poudre et donc à feu sur les navires de guerre à la fin du Moyen Age, le seul projectile disponible fût le boulet d'artillerie plein ou creux, propulsé par la poudre et détruisant sa cible à l'aide de l'énergie cinétique.

Tout change au dix-neuvième siècle quand apparaissent les obus explosifs Paixan qui ringardisent les boulets et signe l'arrêt de mort des coques en bois qui bien qu'épaisse durent céder la place au fer puis à l'acier. A la même période, apparaît une autre arme, appelée torpille en référence à un poisson de l'Amazone qui assomme ses proies à l'aide d'un puissant courant électrique.

La torpille apparaît en temps qu'arme au 19ème siècle mais qu'il s'agisse de la guerre de sécession ou de la guerre russo-turque en 1877-1878, ces armes étaient assez proches de ce qui allait donner naissance aux mines. L'utilisation de la torpille était dangeureuse pour ne pas dire suicidaire, les armes étant portés au bout d'une hampe ce qui entrainait souvent la destruction de la cible comme le 26 octobre 1864 quand une chaloupe nordiste coula en coulant le cuirassé sudiste CSS Albermarle à l'aide d'une torpille portée.


Le cuirassé confédéré Albermale

Au milieu du 19ème siècle, un officier autrichien, le capitaine de frégate Giovanni Luppis reprennant l'idée d'un compatriote imagine un canot explosif propulsé par ressort et dirigé par des cables dont il fait une première démonstration devant l'empereur François Joseph en 1860.

En 1864, il fait la connaissance de l'ingénieur anglais Robert Whitehead qui va perfectionner son invention. Il abandonne l'idée de la navigation en surface pour une navigation sous marin afin de frapper les navires de guerre là où ils sont le plus vulnérables à savoir sous la flottaison. Pas besoin d'être Einstein pour comprendre qu'un trou sous la flottaison entraine le naufrage du navire.

Le premier essais à lieu le 21 décembre 1866 et la commission navale impressionée commande des torpilles dès 1867 suivie de l'Angleterre qui obtient la licence de fabrication en 1872.

La torpille Whitehead était difficile à contrôler et le taux de réussite limité jusqu'à son perfectionnement par l'amiral américain Howell qui en 1891 remplace le moteur à air comprimé âr un mécanisme à ressort : l'énergie est accumulée avant le lancement et est relachée au moment du lancement. Outre la discretion accrue au niveau visuel et sonore, la trajectoire était strictement rectiligne, garantie d'une précision accrue. Lors de tests menées par l'US Navy, la torpille Howell obtint 95% de réussite contre 37% pour la Whitehead.

La France, elle aussi s'intéresse à la torpille Whitehead, acquérant la licence par un traité de gré à gré signé le 5 avril 1873.

Si tous les pays vont se dôter de torpilleurs, la France va être victime d'une «torpillite aïgue», voyant dans le torpilleur, l'arme miracle qui devait permettre à la France de contrebalancer l'écrasante supériorité navale de son rival britannique.

Cette torpillite à pour origine une école de pensée qui est entrée dans l'histoire sous le nom de Jeune Ecole.

La Jeune Ecole

La France est un pays hybride ni puissance continentale ni puissance maritime. Elle dispose de trois façades maritimes imposantes mais aussi d'une solide attache au reste du continent européen. Cela l'oblige ainsi à ne jamais choisir entre une puissante armée de terre et une marine de défense côtière ou entre une puissante marine et une armée de terre symbolique.

Rares furent les périodes de l'histoire de France où la marine bénéficia de la pleine attention du pouvoir politique. Il y eu d'abord le règne de Louis XVI, probablement le roi le plus intelligent et le plus cultivé de la dynastie, passionné de géographie et de marine qui restaura une marine qui après les amers échecs du règne de Louis XV défit enfin les anglais au cours de la guerre d'indépendance américaine.

Il y eu ensuite le règne de Napoléon III qui avait compris que pour peser sur les affaires du monde, puissante marine était nécessaire. La Royale bénéficia de toutes les attentions du pouvoir politique et devint en 1870, la deuxième marine du monde, derrière l'intouchage Royal Navy qui ne méprisait par pour autant les navires au pavillon tricolore craignant même débarquements sur la côte sud ou démonstrations dans l'estuaire de la Tamise comme l'avait pu faire De Ruyter au 17ème siècle.


Dupuy de Lôme

Comme la belle marine de Louis XVI avait été mise par terre par la Révolution de 1789, la belle marine de Napoléon III et de Dupuy de Lôme ne se releva jamais de la défaite de 1870 où la marine ne fût d'aucun recours contre les armées allemandes.

Pour les esprits progressistes, cela prouvait une chose : le cuirassé n'était plus d'aucune utilité surtout avec un coût qui ne cessait d'augmenter. L'acquisition de la liberté de la presse en 1881 (loi du 29 juillet) favorisa le dévellopement d'un courant d'opinion que l'histoire à retenue sous le nom de «Jeune Ecole».


Amiral Aube

Cette dernière incarnée par l'amiral Aube et son gendre, le journaliste Gabriel Charmes rejette le cuirassé (l'amiral Aube ne l'abandonnait pas complètement mais ses partisans finirent par le déborder en simplifiant à outrance ses thèses) au profit de la torpille automobile, portant aux nues le torpilleur, la mine et le torpilleur submersible. Le combat en haute mer n'est pas oublié mais il doit être mené non plus par d'imposantes escadres de cuirassés mais par des croiseurs toujours plus rapides menant une guerre de course.

Appuyée par le monde politique (à la fois trop heureux de faire des économies dans le budget de la marine et voyant dans le torpilleur «un navire républicain»), la Jeune Ecole fait ralentir la construction de cuirassés au profit d'une myriade de torpilleurs, les «numérotés» qui se révèlent bien vite incapables de combattre en haute mer alors que le sieur Charmes prédisaient qu'ils pourraient semer la panique sur les côtes américaines !

Depuis plus d'un siècle, il est de bon ton de tirer à boulets rouges sur la Jeune Ecole, de dire qu'elle à empêcher la France de devenir une puissance maritime de premier ordre, qu'elle à mit plus de pagaille que d'ordre.


Le Foudre montra l'inanité du concept de croiseur porte-torpilleurs

Si le concept du croiseur porte-torpilleur ou le navire belier furent des concepts fumeux, le torpilleur en lui même et son cousin «submersible» étaient incontestablement des armes de l'avenir qui allaient faire leurs preuves durant les deux conflits mondiaux.

Le croiseur cuirassé navire hybride ne fût également d'aucun recours durant le premier conflit mondial alors que le cuirassé allait rester le maitre étalon de la puissance maritime jusqu'en 1945 quand le porte-avions le supplanta.

Les idées de la Jeune Ecole restèrent particulièrement forte jusqu'à l'orée du vingtième siècle. La crise de Fachoda en 1898 avait montré l'état de faiblesse inquiétant de la marine et probablement poussé le gouvernement français à la modération (alors que l'opinion française connaissant une phase de profonde anglophobie) tout en commençant à relever la marine avec les cuirassé Patrie/République.

Après l'oeuvre de Camille Peletan alias «le naufrageur de la marine» en poste de 1903 à 1905, les idées de la Jeune Ecole quittèrent définitivement l'affiche, pour preuve le programme naval de 1912 prévoyait une marine à 28 cuirassés d'escadre à la fin des années vingt.

Plus que les idées de la Jeune Ecole, c'est le manque de culture marine et un budget insuffisant qui expliquèrent pourquoi la France n'allait pas se dôter d'une puissante flotte de cuirassés.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:06

Les torpilleurs français

Les numérotés : les premiers torpilleurs français

L'obssession de la Jeune Ecole était de ne point faire trop gros ce qui explique son aversion pour le cuirassé qui était pour ses détracteurs, toujours trop gros et toujours trop cher. Le torpilleur semblait être l'arme idéale : un petit navire, puissament armé pouvant couler d'une torpille un mastodonte, en somme une adaptation navale du mythe de David et Goliath.

Malheureusement, dans leur recherche obssessionnelle du toujours plus petit, les théoriciens de la Jeune Ecole oublièrent qu'un torpilleur doit affronter la Mer, une mer qui peut être calme mais également déchainée, nécessitant des navires robustes et d'une certaine taille.

Entre 1875 et 1907, la France va faire construire pas moins de 370 torpilleurs de «défense mobile», des navires qui sont rentrés dans l'histoire sous le nom de «numérotés» puisque n'ayant aucun nom propre.

Au risque de blesser l'orgueil national, les premiers torpilleurs de la Royale sont.......anglais puisque commandés aux chantiers Yarrow et Thornycroft à raison d'un total de dix-neuf unités, des navires de 27 tonnes, filant à 19 noeuds et armés d'une torpille à hampe. Ces navires furent suivis par vingt-neuf navires construits sous licence en France, certains navires embarquant des torpilles automobiles Whitehead.


Le torpilleur de défense mobile n°86 (type 35m)

Ces 48 navires furent suivis par une classe de seize torpilleurs construits par les chantiers Auguste Normand du Havre, le «spécialiste» français du torpilleur. Si le prototype mesurait 30m et déplaçait 44 tonnes, les quinze navires de série mesuraient 33m de long et 46 tonnes, ces navires étant les premiers à recevoir systématiquement des torpilles automobiles.

Les torpilleurs Normand furent suivis par 51 navires mesurant 35m de long et déplaçant 54 tonnes mais cette classe fût un raté complet. Un signe ne trompait pas : les chantiers Normand avaient refusé de participer à l'appel d'offre, estimant les spécifications irréalistes.

Cette erreur ne fût pas commise pour la série suivante, quatre navires commandés en 1888 à Auguste Normand, des navires de 36m de long et de 79 tonnes mais c'était encore trop gros pour les tenants de la Jeune Ecole et les suivants furent réduits à 53 tonnes et 34m de long.

C'est ainsi que les quinze «numérotés» (n°130 à 144) mesuraient 34m de long pour un déplacement de 53 tonnes. Ils étaient néanmoins réussits, atteignants les vitesses demandées dans l'appel d'offre.

La série suivante dont les plans étaient toujours dessinés par Normand étaient composée de 25 navires, déplaçant 80 tonnes et d'une longueur de 36m entre perpendiculaire. Leur construction fût répartie entre six chantiers, Normand construisant huit unités. Ces navires étaient armés de torpilles de 381mm et de deux canons de 37mm.

Cette série fût si réussie qu'un modèle amélioré fût commandé en 1891/92, vingt navires dont la construction fût répartie entre six chantiers, Normand se chargeant de la construction de six d'entre-eux et il est à noté qu'ils reçurent un tube lance-torpilles au milieu du navire sur pivot.


Le torpilleur de défense mobile n°276 (type 37m)

En 1892/93, neuf torpilleurs dérivés des précents mais allongés d'un mètre furent commandés aux chantiers de Gironde. Mesurant 37m, ils étaient bien loin d'égaler les performances de leurs dévanciers et furent considérés comme ratés.

Ce ne fût pas le cas d'une imposante série de 93 torpilleurs commandés entre 1895 et 1903 qui mesuraient 37m mais déplaçaient pas moins de 84 tonnes. Un de ces torpilleurs reçut d'ailleurs des turbines mais les essais furent décevants et la turbine remplacée par une machine à triple expansion. Très rapides, ces navires furent activement utilisés durant le premier conflit mondial et les derniers désarmés uniquement après le conflit.

Après deux «37m» munis à titre expérimental de turbines (dont les essais furent décevants notament en raison d'une consommation importante), la marine nationale fit construire 75 torpilleurs de 38m de long et de 102 tonnes de déplacement, ce type etant même exporté en Bulgarie (six exemplaires, un exemplaire à d'ailleurs été conservé comme musée à Varna) et en Turquie (trois exemplaires)

Torpilleurs de haute mer et avisos-torpilleurs

Le torpilleur de haute mer Lansquenet

Bien que se défiant du cuirassé, la Jeune Ecole n'avait pu éradiquer tous les cuirassés qui devaient être escortés ce qui explique la construction de plusieurs classes de torpilleurs de haute mer appelés aussi torpilleurs-éclaireurs.

Les premiers navires de ce type furent les neuf unités de classe Balny (Balny Déroulède Doudart de la Grée, Edmond Fontaine, Bouët Willaumez, Dehorter, Capitaine Cuny, Capitaine Mehl et Challier), des navires de 66 tonnes à pleine charge, mesurant 40.75m de long qui entrèrent en service entre 1897 et 1899. A l'usage, leurs performances en haute mer se révélèrent des plus médiocres, imposant leur rélégation à la «défense mobile».

Cette erreur d'un sous déplacement ne fût pas commise avec les torpilleurs suivants, 34 torpilleurs de type divers qui déplacèrent tous entre 120 et 200 tonnes et se révélèrent très rapides avec un record de 31.03 noeuds et qui furent construits entre 1886 et 1893.

A ces navires disparatres succédèrent un type plus homogène connu sous le nom de Cyclone issu comme précédement d'un suggestion d'Auguste Normand en date celle-ci de février 1896. le prototype ainsi construit était un navire de 152 tonnes à pleine charge, mesurant 45m de long, armé de deux tubes lance-torpilles et atteignant aux essais la vitesse de 30.38 noeuds.

Ce prototype fût suivit par quatre navires identiques baptisés Bourrasque Rafale Borée Tramontane construits par Normand pour les deux premiers et par les chantiers de la Gironde pour les deux autres, les deux premiers atteignant 31 noeuds et les deux seconds ne dépassèrent pas 30 noeuds.

Ces quatre navires furent suivis par six unités construites entre 1898 et 1901, des unités construites par Normand (Mistral Sirocco) par les FCM à Granville (Simoun Typhon) et par les ACL à Nantes (Trombe et Audacieux) qui effectuèrent une longue carrière, n'étant déclassés au milieu des années vingt.

Aux torpilleurs de haute mer s'ajoutèrent des avisos-torpilleurs. Six navires baptisés Bombe Couleuvrine Dague Dragonne Flèche et Lance furent construits aux FCM à Granville et deux derniers appelés Salve et Sainte Barbe) furent construits par les chantiers Claparède à Rouen. Ces navires de 400 tonnes en charge et de 59.20m de long entre perpendiculaires furent ratés, leur vitesse ne dépassait pas 18 noeuds et ils furent tous décsarmés avant guerre.

Deux navires dérivés de ces précédents mais un peu plus gros furent également construits à l'Arsenal de Lorient mais les Léger et Lévrier (517 tonnes et 61m de long) ne furent pas plus réussis, ne dépassant pas 15 noeuds en service courant. En dépit de leur puissant armement (trois tubes lance-torpilles, un canon de 65mm en chasse, trois de 47mm et deux de 37mm), ils furent rapidement relegués à la défense mobile avant d'être désarmés en 1908 et 1909.

Trois derniers avisos-torpilleurs furent construits au début des années 1890, des navires baptisés D'Iberville Cassini et Casabianca, des navires de près de 1000 tonnes, longs de 80m avant un armement composé d'un canon de 100mm, de trois de 65mm, de sept de 47mm et de trois tubes lance-torpilles. Ces navires plus comparables à de petits croiseurs furent souvent utilisés comme stationnaires, le D'Iberville étant condamné en 1920 alors que les deux autres furent perdus durant le conflit.

Deux autres avisos-torpilleurs auraient du entrés en service mais les Dunois et La Hire furent reclassés «contre-torpilleurs d'escadre» dès leur admission au service actif en 1898.

Les contre-torpilleurs

En 1887, le torpilleur de défense mobile N°68 (type Normand 33m, 46 tonnes) fût transféré par chemin de fer de Toulon à Cherbourg provoqua l'angoisse de la presse britannique et relançant les invasions scares, ces bouffées délirantes, craignant une invasion française, bouffées souvent liées à la mise en service d'un nouveau navire ou d'une nouvelle arme au sein de la Royale.


Le HMS Havock, l'un des premiers TBD

La multiplisation des torpilleurs dans les marines françaises et russes firent craindre une submersion des torpilleurs britanniques, écrasés par le nombre. On chercha donc des parades et après plusieurs essais infrucuteux, les anglais aboutirent à un navire qu'ils appelèrent Torpedo Boat Destroyer (TBD) bientôt connu sous la forme générique de destroyer (destructeur). La France bientôt imita la «Perfide Albion» en créant son propre «destructeur» appelé dans la langue de Molière le contre-torpilleur.

Ce terme est apparu une première fois brièvement en 1890 mais ce n'est qu'en 1896 que le terme s'impose quand les avisos-torpilleurs sont reclassés contre-torpilleurs d'escadre avant que le terme escadre ne disparaisse en 1900 et celui de contre-torpilleur en 1913 quand les contre-torpilleurs sont reclassés torpilleurs d'escadre.

Les premiers contre-torpilleurs sont des navires de 300 tonnes environs d'où leur appelation de «contre-torpilleurs de 300 tonnes», mesurant 56m de long entre perpendiculaires au moins pour les premiers, les derniers des 55 bâtiments commandés entre 1896 et 1906 déplaçant 328 tonnes et une longueur portée à 58m. L'armement ne varie pas avec un canon de 65mm en chasse, six canons de 47mm (trois sur chaque bord) et deux tubes lance-torpilles de 381mm sur les 32 premiers et de 450mm sur les 23 suivants et derniers.

Tous portaient des noms d'armes blanches ou à feu, citons par exemple les deux prototypes baptisés Durandal et Hallebarde ou d'autres baptisés Pique Epée Rapière Francique Sabre.

La plupart de ces unités furent affectés à l'Escadre de la Méditerranée en flottilles de six navires mais quand entrèrent en service les contre-torpilleurs de 450 tonnes, ils firent affectés aux défenses mobiles dans le Nord et l'Afrique par groupes de deux ou trois même si au final une vingtaine furent regroupés en escadrilles dans la 2ème escadre légère. Durant le premier conflit mondial, ils furent utilisés comme escorteurs, certains perdant leur tube lance-torpille arrière au profit d'un mortier ASM Thornycroft.

Ce type d'unité fût également largement exporté puisque seize unités furent vendues à la Russie et quatre à l'Empire Ottoman.


Le Mameluk, un contre-torpilleur de 450 tonnes

Aux contre-torpilleurs de 300 tonnes succédèrent les treize contre-torpilleurs de 450 tonnes qui étaient étroitement dérivés de leurs prédecesseurs avec une longueur comprise entre 64m et 65.80m avec un déplacement compris entre 430 et 450 tonnes, un armement composé de six canons de 65mm (deux axiaux et quatre latéraux) et de trois tubes lance-torpilles de 450mm (un d'étrave, deux axiaux). Admis au service actif entre 1909 et 1912, ils furent largement engagés dans le premier conflit mondial, étant condamnés en 1927/28 sauf un perdu par échouage durant la guerre et un autre condamné en 1922.

Les vingt et un contre-torpilleurs suivants allaient marquer un vrai bon en avant puisque le tonnage de ces navires commandés à l'Industrie (les chantiers privés) était de 800 tonnes avec un armement composé de deux canons de 100mm en chasse et en retraite et de quatre canons de 65mm installés latéralement plus quatre tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes doubles

Les douze premiers sont commandés le 31 mai 1908 à sept chantiers privés : les Bouclier et Francis Garnier à Auguste Normand, les Boutefeu et Commandant Bory chez Dyle et Bacalan à Bordeaux, le Casque aux FCM, les Cimeterre Dague Commandant Rivière aux FCG, les Faulx Fourche chez De la Brosse et Fouché à Nantes, le Capitaine Mehl aux ACL à Nantes et le Dehorter aux chantiers de Penhoët à Saint Nazaire. Tous sont armés entre 1911 et 1913.

En 1911, six autres navires répondant au même programme sont commandés à l'Arsenal de Toulon (Bisson Renaudin Commandant Lucas) un à l'Arsenal de Rochefort (Protet), un à Schneider (Mangini) et un aux Ateliers et Chantiers de Bretagne (ex De la Brosse et Fouché) (Magon). Ces six navires sont armés entre 1912 et 1914. Ces navires déplaçaient près de 860 tonnes contre 780 tonnes en moyenne pour les précédents mais leur longueur était comparable (78.10m).


L'Enseigne de Vaisseau Gabolde

Enfin trois navires seront commandés en 1913, les deux premiers baptisés Enseigne Roux et Mécanicien Principal Lestin sont commandés à l'Arsenal de Rochefort et mis en service en 1916 alors que l'Enseigne de Vaisseau Gabolde dont la construction est confiée aux chantiers Normand n'entrera en service qu'après la guerre. Par rapport aux dix-huit précédents, ils sont plus long (82.60m).

Ces vingt et un navires vont former ainsi l'ossature de la force de torpilleurs de la marine nationale dans le premier conflit mondial. Cinq navires ont été perdus durant le premier conflit mondial et les autres désarmés en 1925/26 à l'exception de l'Enseigne Roux en août 1937 et de l'Enseigne Gabolde le 26 juin 1938.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:15

Des leçons de la première guerre mondiale naquirent les Bourrasque

Quand la marine fait feu de tout bois

Durant le premier conflit mondial, la marine nationale concentre l'immense majorité de ses moyens _notament ses cuirassés_ en Méditerranée où elle est la puissance directrice. Son Armée Navale se trouve rapidement au chomage technique : lovée dans ses bases adriatiques, la Königliche und Kaiserliche Kriegsmarine (KuK Kriegsmarine) refuse de sortir de Fiume et de Pola, préférant utiliser ses croiseurs et surtout ses sous-marins.

L'envoi d'un corps expéditionnaire d'abord aux Dardanelles (avec le succès que l'on sait.......) puis à Salonique entraine une charge logistique importante pour les marines alliées qui doivent transporter des charges logistiques et protéger les transports des sous-marins austro-hongrois mais également allemands.

La marine nationale manque d'escorteurs et les navires utilisés ne sont pas les mieux adaptés, manquant notament d'un rayon d'action suffisant pour cette mission. Elle doit donc faire feu de tout bois, construisant des canonnières et des avisos dans ses Arsenaux et commander des navires à l'étranger


Le torpilleur Intrepide

Au moment de l'entrée en guerre en août 1914, la marine réquisitionne quatre torpilleurs de 1100 tonnes en achèvement aux ACB à Nantes, des navires destinés à l'Argentine et qui au lieu d'être baptisés San Juan Salta Rioja et Mendoza furent connus sous les noms de Téméraire Intrépide Opiniâtre et Aventurier. Armés de quatre canons de 100mm et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm, ils se révélèrent bien supérieurs aux torpilleurs français alors en service. Après la guerre, convertis en dragueurs rapides, ils ne furent désarmés que dans les années trente.

La marine française va aussi armer des torpilleurs grecs et pour comprendre il faut préciser succintement le cadre politique avec les «événements d'Athènes» survenus le 1er décembre 1916.

Ce jour là, le débarquement de 1200 marins britanniques français et italiens entraine une réaction de l'armée grecque favorable à un roi pro-allemand, provoquant la mort de 54 marins français, de violents combats éclatent avec le bombardement de la capitale grecque par l'escadre alliée mouillée à Salamine.

Cela aboutira à la naissance d'un gouvernement pro-allié à Thessalonique dirigé par Venizelos qui s'engagea aux côtés des alliés et plus tardivement, le roi Constantin 1er abdiquant le 11 juin, étant remplacé par son second fils Alexandre qui appela Venizelos à la tête du gouvernement le 27 juin.

La France arme ainsi les torpilleurs Panthir/Panther Aetos/Aigle Leon/Lion et Ierax/Faucon, des navires construits en Angleterre pour l'Argentine qui lesx rétrocéda au moment des guerres balkaniques à la Grèce. La marine française réquisitionnera également quatorze torpilleurs, huit de 350 tonnes et dix de 120 tonnes. Tous ces navires sont rendus à la marine grecque à la fin du conflit.

En 1916, l'attaché naval japonais à Paris propose de faire construire dans son pays une série de torpilleurs, l'état major français accepte avec empressement.

Tout va alors très vite : le contrat est signé le 12 novembre 1916 pour douze bâtiments construits deux par deux par les Arsenaux de Yokosuka, de Kure, de Sasebo, de Maizuru mais aussi les chantiers Kawasaki de Kobe et Mitsubishi à Nagasaki et leur livraison à lieu entre le 15 septembre et le 26 octobre 1917 !

Ils sont baptisés de noms d'habitants de l'Empire (Algérien, Annamite, Arabe, Bambara _une ethnie du Mali actuel_ , Hova _une ethnie malgache_ , Kabyle, Marocain, Sakalave _autre ethnie malgache_ , Sénégalais, Somali, Tonkinois et Touareg) et sont identiques aux bâtiments japonais, connaissant une longue carrière puisqu'ils sont désarmés pour deux d'entre eux en 1933, trois en 1935 et les sept derniers en 1936.


Le torpilleur Amiral Sénès (ex S-113)

Pour finir sur ce tour d'horizon, signalons que la France à récupéré un certain nombre de torpilleurs provenant des marines vaincues, neuf torpilleurs ex-allemands dont le S113 (rebaptisé Amiral Sénès) dont le déplacement (2400 tonnes) et l'armement (quatre canons de 150mm et quatre tubes lance-torpilles de 500mm en deux affûts doubles) annonce les contre-torpilleurs et huit autres plus petits d'environ 1150 tonnes avec un armement composé de trois canons de 105mm (un avait trois canons de 88mm) et de six tubes lance-torpilles de 500mm. Un torpilleur autrichien, le Dukla rebaptisé Matelot Leblanc (deux canons de 100mm, six canons de 66mm, quatre tubes lance-torpilles de 450mm en deux affûts axiaux puis deux canons de 100mm et six canons de 65mm).


Le torpilleur Matelot Leblanc

Quel torpilleur pour l'après guerre ?

Si les constructions des navires majeurs s'arrêtent durant le conflit, les études elles continuent et c'est particulièrement vrai dans le domaine des navires légers dont les manques sont particulièrement criant qu'il s'agisse des croiseurs pour l'éclairage de la flotte ou les torpilleurs pour l'escorte de l'escadre et des convois ainsi que l'attaque à la torpille d'une force navale ennemie.

Un constant est fait dès le début du conflit : les torpilleurs français sont trop petits pour pouvoir combattre efficacement en haute mer et attaquer en groupe, seule façon pour qu'une attaque à la torpille soit efficace, l'attaque isolée étant un suicide pour une torpilleur.

Les études pour de nouveaux torpilleurs commencent dès avant la première guerre mondiale avec un déplacement de 1000 à 1200 tonnes, une vitesse de 30 noeuds en service courant et un armement composé de canons de 140mm légers et de six à huit tubes lance-torpilles de 450mm.

En 1914, l'Etat Major Général publie un document intitulé Tactique provisoire pour les torpilleurs qui donne pour principale mission aux torpilleurs l'attaque des forces de surface ennemies qu'il s'agisse des éclaireurs ennemis (au canon) de soutenir les cuirassés dans leur combat contre leurs homologues ennemis (à la torpille) et de protéger les cuirassés amis des torpilleurs ennemis.


Le HMAS Waheren type V &W à fortement inspiré les Bourrasque

Les constructions étrangères influencent les réflexions de l'état-major, le modèle est le type V et W de la Royal Navy, un navire de 1600 tonnes, filant à 30 noeuds avec une autonomie de 4000 miles nautiques à 15 noeuds avec un armement composé de quatre canons de 102mm et de quatre à six tubes de 533mm en plate-formes doubles qui va clairement influencer les torpilleurs de 1500 tonnes alors que le type Amirauté armé de cinq canons de 120mm avait influencer de manière non négligeable la réflexion sur les contre-torpilleurs de classe Jaguar.


Le Type Amirauté, version des V&W équipés de canons de 120mm à inspiré pour partie les contre-torpilleurs de la tranche 1922 ici le Tigre

Les réflexions déjà engagées et les leçons du conflit aboutissent à deux documents de synthèse publiés les 25 février et 12 mars 1919 mais les grandes lignes étaient déjà établies à savoir l'attaque au canon et à la torpille des forces de surface ennemies

Un premier avant-projet est présenté en avril 1920 qui donne un torpilleur de 1350 tonnes, filant à 33 noeuds, un rayon d'action de 3000 miles nautiques à 15 noeuds et un armement composé de quatre canons de 100mm, deux de 75mm contre-avions et deux à trois jumelages lance-torpilles.

Le Conseil Supérieur de la Marine demande un armement plus important, un pièce d'un calibre intermédiaire entre 100 et 138.6mm. Après avoir envisagé un canon de 120mm, on se rabat sur une version allégée de la pièce existante de 130mm. Le déplacement du torpilleur est alors porté à 1425 tonnes. Le projet définitif est adopté le 9 décembre 1921 aboutissant à des navires de 1455 tonnes.

Le 13 janvier 1920, le ministre de la Marine Georges Leygues dépose sur le bureau des Assemblées un projet de loi dit «Projet 171» qui prescrit l'arrêt définitif de la construction des cinq cuirassés de classe Normandie, la construction de six éclaireurs d'escadre et de douze torpilleurs éclaireurs. Ce projet n'est pas adopté car Georges Leygues perd son portefeuille de ministre.

Par lettre des 17 et 18 juin 1920, le ministre Adolphe Landry demande qu'on amende le projet 171 en ajoutant 12 sous marins (6 de 550 tonnes et 6 de 1100 tonnes), modification acceptée par la Commission de la Marine Militaire. Ce projet est encore amendé en 1921 par Gabriel Guist'hau, ministre de la Marine qui comprend 6 croiseurs de 8000 tonnes, 12 contre-torpilleurs de 2400 tonnes, 12 torpilleurs de 1455 tonnes, 36 sous marins de 550 à 1100 tonnes et la transformation de l'ancien cuirassé Béarn en porte-avions.

Ce projet est adopté en principe mais il est volontairement limité aux constructions absorbables immédiatement par les Arsenaux et l'Industrie (la construction navale privée) soit 3 croiseurs, 6 contre-torpilleurs, 12 torpilleurs, 12 sous marins et la transformation du Béarn.

Après deux ans de tergiversations, la première tranche du Programme naval est définitivement votée par le Sénat le 18 mars 1922.


Rive droite de la Gironde : les chantiers Dyle & Bacalan et les chantiers maritimes du Sud Ouest

La construction des douze torpilleurs de classe Bourrasque (ou Simoun c'est selon) est répartie entre sept chantiers privés différents : Les chantiers navals de Penhoët à Saint Nazaire, Les Ateliers et Chantiers de France à Dunkerque, les Anciens Chantiers Dubigeon à Nantes, les Chantiers Navals Français à Caen et Blainville, les Forges et Chantiers de la Méditerranée au Havre, les Forges et Chantiers de la Gironde à Bordeaux et à Harfleur et les Chantiers Dyle et Bacaln sis eux aussi à Bordeaux.

Les essais furent planifiés à Cherbourg (Bourrasque Orage Ouragan Cyclone Mistral Trombe) à Lorient (Simoun Tempête Siroco) et Toulon (Typhon _essais un temps prévu à Rochefort avant la fermeture de l'Arsenal ?_ Tramontane Tornade) mais je n'ai pas suffisamment de documents pour savoir si ces prévisions ont été respectées

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:22

HISTORIQUE

Le Bourrasque

Le Bourrasque après modifications

Présentation

Par le marché 607A du 21 mars 1923, la construction du Bourrasque est attribuée aux Ateliers et Chantiers de France (ACF) installés à Dunkerque, chantiers qui ont pour habitude de lancer des navires quasiment achevés.

-Le Bourrasque est mise sur cale le 12 novembre 1923, lancé le 5 août 1925, armé pour essais le 15 août 1925 et entré en armement définitif le 10 juillet 1926. La cloture d'armement est prononcée le 23 septembre 1926 tout comme son admission au service actif.

La Bourrasque est un phénomène métérologique issu de l'italien burrasca qui signifie selon le Larousse 2010 «Un coup de vent bref et violent»

Carrière opérationnelle (1926-1940)

Les torpilleurs français n'opèrent pas en enfants perdus sur les flots, ils sont endivisionnés en divisions de plusieurs navires.

La Bourrasque est d'abord intégrée à la 1ère escadrille de la 1ère flottille du 1er octobre 1927 au 31 octobre 1931. Le 1er mars 1929, le terme escadrille est remplacé par le terme Division et le terme flottille devient Escadrille ce qui ne change pas grand chose à la position du Bourrasque qui est toujours dans la même division et dans la même escadrille.

Le 10 novembre 1926, sont rassemblés en rade de Brest les croiseurs légers Lamotte-Picquet et Duguay Trouin, le contre-torpilleur Chacal, les torpilleurs d'escadre Tempête Simoun Bourrasque ainsi que les sous-marins Souffleur et Narval.

Ces navires sont destinés à participer à une «Croisière navale de l'Atlantique Est» et appareillent le 12 pour Dakar via Lisbonne, Casablanca Agadir et Teneriffe mais le mauvais temps bloque les trois torpilleurs dans le Tage et ce n'est que le 24 qu'il arriveront à Casablanca et le 27 à Agadir, rejoin par les sous-marins. La division pousse jusqu'à Conakry avant de rentrer par le Cap Vert, Las Palmas et Cadix. Le contre-torpilleur, les torpilleurs et les sous-marins rallient Toulon le 24 décembre 1926.

Le 25 avril 1927, le président de la République, Gaston Doumergue passe en revue la première escadre en rade de l'Estaque à Marseille. Le torpilleur Bourrasque escorte l'embarcation présidentielle avec l'Orage durant sa traversée du port de Marseille. Accompagnés par l'Ouragan, les deux torpilleurs précédement cités escorteront le président Doumergue lors de sa visite en Angleterre du 30 mai au 4 juin, faisant escale à Portsmouth en compagnie des croiseurs Lamotte-Picquet et Duguay Trouin et des contre-torpilleurs Jaguar Tigre et Chacal avant de rentrer en Méditerranée.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont la Bourrasque et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Du 1er novembre 1930 au 31 août 1932, le Bourrasque est placé hors au sein du Groupe des torpilleurs en réserve (rebaptisé ensuite groupe léger) et plus précisément au sein de la 1ère division en compagnie des Orage et Ouragan. En février 1932, ils sont déployés dans l'Atlantique avec Brest comme port d'attache.

Le 17 mai 1932, la deuxième escadre légère de Brest appareilla pour la Méditerranée, retrouvant la 1ère escadre qui après une croisière en Méditerranée orientale retrouve sa «petite soeur» dans les parages de Bizerte entre le 13 et 19 juin pour des manoeuvres communes avant que la 2ème escadre légère ne rentre à Brest le 5 juillet 1932.

Le 15 octobre 1932, la 1ère DT (Bourrasque Orage Ouragan) quitte la 2ème escadre légère pour être affecté au secteur de Brest pour la défense du littoral, remplaçant la 2ème DT jusque là équipée de torpilleurs de construction japonaise qui sont mis en réserve.
Le 4 mai 1934, les torpilleurs de la 1ère DT appareillent pour des exercices de tir réels sur des cibles remorquées dans les environs de Quiberon. Au cours de ces manoeuvres sur la base des Glénans, la Bourrasque aborde l'Adroit, l'endommageant suffisament pour nécessiter un passage au bassin.

Le 1er octobre 1934, la 1ère DT (L'Adroit L'Orage L'Ouragan et La Bourrasque) sont réintégrés dans l'escadre et est rebaptisée 2ème DT (une autre 1ère DT est recréée en Méditerranée). Le 1er février 1935, la division perd L'Adroit et le 1er septembre, la division dans son ensemble est affectée au groupe de complément en compagnie de L'Alcyon.

Le 3 octobre 1934, il fait escale à Boulogne et ce jusqu'au 13 lors de la visite du trois-mâts école argentin Presidente-Armiento.

Le 30 mai 1936, toute l'escadre participe à l'inauguration de la nouvelle Ecole Navale suivies de nombreuses visite et escales protocolaires, derniers moments d'insouciance avant le déclenchement de la guerre d'Espagne qui va imposer d'importantes servitudes à la marine que ce soit en Méditerranée ou dans l'Atlantique.

Le 30 octobre 1936, les termes de 1ère et de 2ème escadre sont remplacées par les termes anciens de «Escadre de la Méditerranée» et «Escadre de l'Atlantique», la réunion des deux flottes devant porter le nom de «Flotte de haute mer».

*
**

Le déclenchement de la guerre d'Espagne prend au piège de nombreux ressortissants étrangers et le gouvernement ordonne à la marine d'envoyer dans les principaux ports espagnols, des navires de guerre qui mis à la disposition des Consuls de France doivent protéger l'évacuation des ressortissanrs étrangers effectuée par des paquebots.

Passés ses premiers moments, la guerre d'Espagne s'installe dans la durée. Les besoins engendrés par ce conflit entraine une profonde réorganisation des unités de torpilleurs et à partir du 1er novembre 1936, le groupe de complément disparaît.

Les torpilleurs de l'Escadre de l'Atlantique regroupés au sein de la 2ème flottille avec comme bâtiment-amiral, le contre-torpilleur Jaguar sont organisés en six divisions, le Bourrasque appartenant à la 4ème division toujours en compagnie des Ouragan et Orage.

La France doit ainsi en permanence louvoyer entre républicains et nationalistes, les deux camps accusant alternativement Paris être de mèche avec le camp opposé. Pour éviter les méprises, à partir du 1er avril 1937, les navires français porteront des marques de neutralité sur les masques des pièces d'artillerie.

La marine nationale participe ensuite au contrôle naval censé empêcher les puissances étrangères de s'immiscer dans le conflit espagnol. Ce contrôle se révéléra bien vite illusoire et sera abandonné le 9 septembre 1937.

Le 27 mai 1937, une grande revue navale à lieu au large de l'île de Sein après les manoeuvres de printemps, revue à laquelle participe le torpilleur Bourrasque et ses sister-ship Orage Ouragan Tornade Trombe et Tramontane.

La fin du contrôle ne réduit pas l'activité de la marine qui participe à l'évacuation des poches républicaines sur la côte cantabrique en prennant bien soin de rester dans les eaux internationales, la Bourrasque participant à une mission de ce type le 24 octobre en compagnie de l'Ouragan.

En mars 1938, la 4ème DT (Bourrasque Ouragan et Orage) quitte Brest pour la Méditerranée afin de renforcer la présence française dans cette zone troublée par la guerre d'Espagne qui s'achève en avril 1939 et la 4ème DT peut regagner la Bretagne.

Cette organisation n'évolue pas jusqu'à la guerre avec un simple changement d'appélation, les 1ère et 5ème escadres étant regroupées dans une Flotte de l'Atlantique. Les trois divisions de la 1ère escadre (4ème 5ème et 6ème DT) sont affectés à la déclaration de guerre aux Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) chargées des missions d'escorte et de lutte anti-sous-marine. Au 1er mai 1940, le Bourrasque appartient toujours à la même division et reste basé à Brest

*
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Quand éclate la guerre, le torpilleur Bourrasque est donc intégré aux Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) pour des patrouilles et des escortes entre les îles britanniques, Gibraltar et le Maroc tout en étant régulièrement détaché en Manche et mer du Nord sous l'autorité d'Amiral Nord. Ces missions ne sont pas de tout repos pour l'équipage qui dispose de navires aux «jambes courtes» et sans appareils de détection.

Le Bourrasque escorte ainsi le convoi 3X (deux navires) entre le Verdon et Casablanca (13 au 17 octobre 1939), le convoi HG4 (un navire) entre Gibraltar et Brest (22 au 29 octobre 1939), le convoi 25BS (16 navires) entre Brest et Casablanca du 4 au 10 février 1940, le convoi 65KS (14 navires) entre Casablanca et Brest du 14 au 20 février, le convoi 30BS (9 navires) entre Brest et Casablanca du 29 février au 6 mars et enfin le convoi 14RS (15 navires) entre Gibraltar et Brest du 9 au 17 mars 1940.

Le 10 mai 1940 après plusieurs reports, le Plan Jaune (Fall Gelb) est déclenché à savoir l'invasion des Pays Bas, de la Bélgique et de la France par les forces allemandes qui semblent reproduire à plus grande échelle, le plan Schlieffen de 1914.

C'est d'ailleurs se que croit Gamelin qui en application de la manoeuvre Dyle Breda envoie en Belgique et dans le sud des Pays Bas, les meilleures troupes alliées.

Les allemands n'attendent que ça puisque leur axe principal de progression est situé plus au sud dans les Ardennes, gardées par des troupes d'un niveau médiocre. Le front est enfoncé à Sedan le 13 mai et le 19ème PanzerKorps du général Guderian atteint la mer à Abbeville le 20 mai, encerclant plusieurs centaines de milliers de soldats français anglais et belges. Une évacuation par la mer vers l'Angleterre est décidée et le torpilleur Bourrasque fait sa part du boulot d'abord à Boulogne sur Mer puis à Dunkerque dans le cadre de l'opération Dynamo.

L'opération d'évacuation est déclenchée le 27 mai et les français si joignent le 29 mai après avoir un temps espéré maintenir une tête de pont à Dunkerque pour gêner l'avance allemande.

Le 30 mai, le torpilleur Bourrasque est mouillé en rade des Dunes et reçoit l'ordre de gagner Dunkerque pour participer à Dynamo. Il navigue de conserve avec les torpilleurs de 610 tonnes Bouclier et Branlebas.

Le torpilleur accoste et doit embarquer 600 passagers mais comme souvent dans pareille situation, personne ne contrôle et il est impossible de vérifier si ce compte à été respecté. Le navire appareille à 15.45 en pleine alerte aérienne en compagnie du Branlebas.

Suivant la même route qu'à l'aller, le torpilleur est pris pour cible par la batterie allemande installée à Nieuport. Entre 16.25 et 16.45 selon les sources, le torpilleur est touché à l'arrière, un choc important mais qui ne semble pas gravissime.


Le naufrage de la Bourrasque

Si l'équipage réagit avec sang froid, les passagers eux sont pris de panique et beaucoup se jette à l'eau. Dix minutes après l'impact, la situation s'aggrave subitement et tout l'équipage comprend que le navire est condamné. Le torpilleur mettra près d'un heure à chavirer puis à couler.

Si seulement seize officiers et marins du torpilleurs ont été tués, le nombre de victimes chez les passagers ne peut determiné avec certitude.

En apparence, le torpilleur Bourrasque à été victime d'une batterie côtière. Néanmoins, cette hypothèse n'est pas la seule envisagée, une mine de barrage française ayant dérivé pourrait avoir provoqué ce naufrage.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:25

Le Cyclone

Le torpilleur Cyclone en 1933

Présentation

Par le marché 607B du 21 février 1923, la construction du deuxième torpilleur de la tranche 1922 du programme naval est confié aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) mais non pas le site de la Seyne sur Mer mais celui du Havre.

-Le Cyclone est mis sur cale le 29 septembre 1923 lancé le 24 janvier 1925 armé pour essais le 15 mars 1926 et entré en armement définitif le 15 mars 1927. La cloture d'armement est prononcée est le 31 mai 1927 et l'admission au service actif le 25 juin 1928.

Le Cyclone est un phénomène météorologique plus précisément «une zone de basses pressions animée d'un mouvement de rotation et accompagnée de vents forts et de précipitations»;

Carrière opérationnelle (1928-1940)

Le Cyclone est affecté à l'Escadre de la Méditerranée comme la majorité des navires de la marine car la menace est italienne et non allemande. Les torpilleurs de la 1ère escadre sont regroupés au sein de plusieurs flottilles subdivisées en division.

Du 1er avril 1928 au 28 février 1929, le torpilleur Cyclone est ainsi affecté à la 5ème escadrille de la 3ème flottille en compagnie de ses sister-ship Mistral et Simoun.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte, le Cyclone est naturellement de la partie au sein de la 5ème escadrille. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Le 1er mars 1929, les appelations des unités de torpilleurs sont modifiées : le terme «Escadrille» est remplacé par celui de «Division», le terme «Flottille» devient «Escadrille» et le terme «Flottille» regroupe tous les torpilleurs d'une escadre, les torpilleurs d'escadre de l'Escadre de la Méditerranée étant regroupés au sein de la 1ère flottille.

Cela ne change rien pour le Cyclone qui appartient toujours à la même unité, la 5ème division (anciennement escadrille) de la 3ème escadrille (anciennement flottille) et ce jusqu'au 30 octobre 1930 puisque du 1er novembre 1930 au 1er novembre 1935, la 5ème division se compose des Cyclone, Siroco et du Simoun au sein de la 1ère escadrille.

Le Cyclone est indisponible de février 1933 à février 1934 pour reprise de lignage des turbines HP.

Le 15 septembre 1934, les escadrilles sont dissoutes ne laissant que les échelons flottille et division, la 1ère flottille étant réduite à trois divisions (1ère, 3ème et 5ème DT), le Cyclone appartenant toujours à la 5ème division avec le Siroco et le Mistral.

En juillet 1935, la 5ème DT est transférée à la 2ème flottille dans l'Atlantique, devenant à cette occasion la 6ème DT avec toujours les mêmes membres à savoir le Cyclone, le Siroco et le Mistral.
Cette division est stationnée jusqu'en septembre 1936 à Lorient, utilisant la coque de l'ancien croiseur léger Strasbourg comme ponton.

La 6ème DT est engagée comme la majorité des navires de la marine nationale dans la guerre d'Espagne d'abord pour couvrir l'évacuation des ressortissants étrangers puis pour assurer un contrôle naval, contrôle qui se révélera bien vite illusoire, l'Allemagne, l'Italie et l'URSS étant juges et parties.

Le contrôle naval mis en place le 8 mars 1937 confie à la France la surveillance de la pointe nord-ouest de l'Espagne, les Baléares et le Maroc Espagnol. La surveillance des côtes baignées par la mer Cantabrique et le golfe de Gascogne est assurée par quatre bâtiments prelevés parmi les torpilleurs de la 2ème flottille et les avisos Arras Vauquois Epinal et Calais.

Les navires vont devoir aussi protéger les navires marchands pris pour cible par les deux camps quand ils ne le sont pas par des sous-marins qui sont officiellement «non identifiés» mais qui étaient en réalité italiens ou récément transférés par la Regia Marina à la marine nationaliste.

Ayant parcouru 21000 miles en 1937, le Cyclone entre en grandes réparations à partir du 15 novembre 1937, grandes réparations qui vont durer sept mois jusqu'en mai 1938 avant de reprendre son service dans un contexte de plus en plus troublé par les menaces de guerre.

En juillet 1939, les 1ère et 5ème escadre sont regroupées au sein de la Flotte de l'Atlantique, la 2ème flottille de torpilleurs sous l'autorité de la 1ère escadre est ainsi composée de trois divisions de torpilleurs, la 4ème DT la 5ème DT et la 6ème DT (Cyclone Siroco et Mistral).

*
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Quand la seconde guerre mondiale éclate le 3 septembre 1939, la Flotte de l'Atlantique est réorganisée en deux forces : la Force de Raid avec les navires les plus rapides pour mener des raids contre les navires allemands engagés dans la guerre de course et les Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) qui sous l'autorité d'Amiral-Ouest sont chargées de l'escorte des convois entre l'Angleterre, Brest, Gibraltar et Casablanca. Le 1er janvier 1940, la 2ème flottille sera placée sous les ordres des Patrouilles de l'Océan (PATOC) (contre-amiral Moreau).

Le Cyclone va ainsi escorter plusieurs convois. Le premier est un convoi de 9 bâtiments qu'il protège avec le Siroco entre Brest et Casablanca (26 septembre au 2 octobre 1940) suivit par un autre convoi entre Casablanca et Brest du 4 au 8 octobre.

Le 15 octobre 1939, le Cyclone et le Mistral appareillent pour renforcer les patrouilles britanniques dans le nord-ouest de la Manche théâtre d'une importante offensive sous-marine allemande. En mer, les deux torpilles doivent rallier le convoi KJ2 mais ne trouvant aucun navire et suspectant la présence d'un sous-marin, le Cyclone grenade la zone et aurait ainsi achevé le U-45 endommagé par un destroyer britannique.

Le 17 au matin, les deux torpilleurs rallient le convoi déjà protégé par l'Indomptable et Le Malin et les deux torpilleurs sont chargés d'escorter jusqu'à brest le croiseur sous-marin Surcouf qui arrive à Brest le 18 pour un carénage bien mérité.

Le Cyclone va également protéger le convoi 7XF (Le Verdon-Casablanca avec un navire du 27 au octobre), le convoi 22K (Casablanca-Brest avec trois navires du 2 au 6 novembre), le convoi 13XF (Le Verdon-Casablanca avec cinq navires du 19 au 23 novembre), le convoi 31KS (Casablanca-Brest du 25 au 30 novembre), le convoi 17BS (Brest-Casablanca avec 9 navires du 13 au 19 décembre 1939), le convoi 43KS (Casablanca-Brest avec 9 navires du 24 au 30 décembre).

Le Cyclone escorte ensuite le convoi 25XF (Le Verdon-Casablanca avec un navire du 3 au 6 janvier 1940), le convoi 51KF (Casablanca-Brest avec deux navires du 9 au 13 janvier), le convoi 31XS (Le Verdon-Casablanca avec cinq navires du 29 janvier au 5 février 1940), le convoi 63FS (Casablanca-Brest avc 8 navires du 8 au 14 février, le 11 février le cargo Rostock capturé par l'aviso Elan rallie le convoi, le cargo sera francisé sous le nom de Saint Maurice), le convoi 29BS (Brest-Casablanca avec 14 navires du 22 au 28 février), le convoi 13RS (Gibraltar-Brest avec 6 navires du 2 au 8 mars 1940).

Après avoir escorté deux paquebots entre Brest et Cherbourg les 20 et 21 mars 1940, le Cyclone asssure la protection du convoi 36BS entre Brest et Casablanca composé de douze navires (1er et 2 avril 1940) puis le convoi 86KS entre Casablanca et Brest avec 16 navires du 10 au 16 avril 1940.

le Cyclone participe ensuite à l'escorte du convoi FS1 (cargos Amiénois Cap Blanc et Saumur, pétrolier Mékong) en compagnie du Mistral, ce convoi transportant à Greenock sur la Clyde, les troupes et les équipements destinés à l'expédition de Norvège. La 6ème DT au complet (Cyclone Siroco et Mistral) escortera également le convoi rapide FP4.

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Quand les allemands attaquent le 10 mai, le manoeuvre Dyle-Breda est déclenchée, une manoeuvre qui prévoit que la 7ème armée tende la main aux néerlandais. Pour accélerer cette manoeuvre, il est prévu des débarquements à Walcheren et Sud-Beveland.

Quatre convois vont être nécessaires, convois escortés par la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Adroit) déjà détachés à Dunkerque, la 6ème DT (le Mistral rejoindra ses deux congénères ultérieurement) et les torpilleurs de classe Melpomène des 11ème et 14ème DT plus quatre destroyers britanniques.

Si les traversées se déroulent sans encombres, les débarquements sont gravement perturbé par des bombardements allemands mortellement réguliers. La situation de l'armée néerlandaise se dégrade rapidement et à partir du 17, les français doivent envisager l'évacuation.
Le Cyclone assure jusqu'au 18 l'évacuation des troupes et le bombardement contre la terre.

Replié à Dunkerque avec le Mistral, la 6ème DT (Cyclone et Siroco) doivent se réfugier en Angleterre, Dunkerque devenant infréquentable face à la supériorité aérienne de la Luftwafe. Il participe aux combats pour préserver puis évacuer Boulogne qui tiendra jusqu'au 25, Calais capitulant le 26, la poche de Dunkerque se referme alors.

Le Cyclone et ses deux congénères de la 6ème DT se replient sur Cherbourg pour ravitailler en carburant et en munitions avant de rejoindre le mouillage des Dunes en face de Dunkerque en Grande Bretagne. Le 26, ils échouent à retrouver l'épave du contre-torpilleur Chacal.

Le 29 mai, le Cyclone est engagé dans l'opération Dynamo et sauve les passagers du dragueur britannique Waverley. Le 30 mai, le Cyclone appareille pour participer aux évacuations. Dans la nui, il est touché par une torpille qui l'ampute de toute sa proue jusqu'à l'aplomb de la pièce de 130mm N°1.

Le coupable de cette attaque semble être la S-Boote S-24 du lieutenant Detleffen qui signale avoir torpillé un destroyer près du banc Kwinte. C'est à 4 noeuds, escorté par des navires anglais et français qu'il gagne Douvre arrivant le 1er juin à 16h.

Deux heures plus tard, il appareille pour Cherbourg protégé par l'aviso Belfort et le chasseur 5, arrivant le lendemain à 14h30 après un transit effectué à 7.5 noeuds. Il repart le même jour pour Brest escorté par le torpilleur léger Melpomène, arrivant le 3 juin en fin de journée.

Les ports tombent les uns après les autres et Brest et bientôt menacée. Le 18 juin, l'évacuation est décidée mais le Cyclone entré au bassin la veille (bassin de Tourville ou au bassin n°1) ne peut être évacué même en remorque. Il est sabordé dans son bassin.

Une fois Brest aux mains des allemands, le Cyclone sera sorti de la forme mais ne sera pas remis en état par la Kriegsmarine et l'épave sera retrouvée dans la darse du château à la Libération et promptement démolie.


L'épave du Cyclone à la libération

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:28

Le Mistral

Le Mistral à la mer

Présentation

Par le marché 607B du 21 février 1923, la construction du troisième torpilleur d'escadre de la tranche 1922 du programme naval est confiée comme pour le précédent aux Forges et Chantiers de la Méditerranée (site du Havre)

-Le Mistral est mis sur cale le 28 novembre 1923, lancé le 6 juin 1925 et armé pour essais le 1er août 1926. Il entre en armement définitif le 5 avril 1927, la cloture d'armement étant prononcée le 1er juin 1927 et son admission au service actif le 21 janvier 1928.

Le Mistral est un vent du nord violent, froid, turbulent sec, qui souffle le long de la vallée du Rhône et en Méditerranée entre Sète et Toulon.

Carrière opérationnelle (1) : sous pavillon français

Le Mistral en 1938

A son admission au service actif, le Mistral est affecté à l'Escadre de la Méditerranée, plus précisément à la 3ème flottille et à la 5ème escadrille composée du Cyclone, du Mistral et du Simoun, les deux premiers ayant effectué ensemble leur traversée de longue durée en janvier 1928.
A la fin du mois d'avril 1928, le Mistral est envoyé à Corinthe en compagnie du croiseur léger Strasbourg pour secourir les victimes du tremblement de terre.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte, le Mistral est naturellement de la partie au sein de la 5ème escadrille. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Le 1er mars 1929, les appelations des unités de torpilleurs sont modifiées : le terme «Escadrille» est remplacé par celui de «Division», le terme «Flottille» devient «Escadrille» et le terme «Flottille» regroupe tous les torpilleurs d'une escadre, les torpilleurs d'escadre de l'Escadre de la Méditerranée étant regroupés au sein de la 1ère flottille. Cela ne change rien pour le Mistral qui est toujours intégré à la 5ème division de la 3ème Escadrille et ce jusqu'au 31 octobre 1930.

La 5ème division de torpilleurs accompagne le cuirassé Provence , deux croiseurs et trois contre-torpilleurs pour une longue escale à Barcelone du 17 au 29 mai 1929 à l'occasion de l'exposition universelle. Après des exercices en Tunisie et en Corse (octobre-novembre 1929), le Mistral subit un carénage à l'Arsenal de Bizerte jusqu'au 18 décembre, soulageant ainsi l'Arsenal de Toulon.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Le 19 mai 1930, le Mistral est endommagé par une vague déferlante.

Ce n'est rien à côté de ce qui se passa le 2 juillet 1930. Ce jour là, le torpilleur entrant pour mouiller dans le golfe de Saint Tropez s'échoue sur le banc des Sardinaux à 3 kilomètres à l'est de Sainte-Maxime. Le bâtiment est sérieusement endommagé, il faudra presque deux jours pour le déséchouer et la mise au bassin (Bassin 2 du Missiessy) n'est pas non plus une partie de plaisir.

Les réparations sont particulièrement longues (juillet 1930-août 1933) puisqu'il faudra refaire les oeuvres vives sur deux tiers de la longueur, les machines et les auxiliaires remis au point, les chaudières et les condenseurs retubés.

A compter du 15 septembre 1934, les escadrilles de torpilleurs sont dissoutes, les flottilles étant simplement organisées en division. La 1ère flottille qui regroupe les torpilleurs de la Méditerranée dispose ainsi de la 1ère DT (La Palme Forbin Mars _des torpilleurs de classe L'Adroit_), de la 3ème DT (Tramontane Trombe Tornade) et enfin de la 5ème DT composée des torpilleurs Cyclone Siroco et Mistral qui est transféré à la 2ème escadre dans l'Atlantique (et donc la 2ème flottille) en juillet 1935 et rebaptisée 6ème DT. La 6ème DT est basée à Lorient de juillet 1935 à septembre 1936 avant de rejoindre Brest.

Depuis Brest, le Mistral participe comme les autres torpilleurs de la 2ème flottille au contrôle naval mis en place pour «empêcher» l'ingérence étrangère dans le conflit entre Républicains et Nationalistes mais comme on le véra ce sera peine perdue puique l'Allemagne et l'Italie pour les nationalistes et l'URSS pour les républicains ne se gênaient pas pour fournir armes, conseillers ou troupes.

Après six mois de résultats infructueux, le contrôle naval sera aboli le 9 septembre 1937. le 15 novembre 1937, le Mistral entre en grandes réparations pour sept mois jusqu'en mai 1938.

En juillet 1939, les 1ère et 5ème escadre sont regroupées au sein de la Flotte de l'Atlantique, la 2ème flottille de torpilleurs sous l'autorité de la 1ère escadre est ainsi composée de trois divisions de torpilleurs, la 4ème DT la 5ème DT et la 6ème DT (Cyclone Siroco et Mistral).

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 3 septembre 1939, la Flotte de l'Atlantique est réorganisée en deux forces : la Force de Raid avec les navires les plus rapides pour mener des raids contre les navires allemands engagés dans la guerre de course et les Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) qui sous l'autorité d'Amiral-Ouest sont chargées de l'escorte des convois entre l'Angleterre, Brest, Gibraltar et Casablanca. Le 1er janvier 1940, la 2ème flottille sera placée sous les ordres des Patrouilles de l'Océan (PATOC) (contre-amiral Moreau).

Le Mistral est particulièrement solicité pour des missions d'escorte puisqu'il protégé deux convois au mois de septembre (un convoi Brest-Casablanca du 12 au 17, un autre Casablanca-Brest du 21 au 27), protège le retour du Surcouf à Brest avec le Cyclone (16 au 18 octobre) puis protège le convoi OG4 (Brest-Gibraltar) qui le voit attaquer un contact sous-marin avec le contre-torpilleur Chacal.

Le Mistral escorte ensuite le convoi HG6 entre Gibraltar et Brest (6 au 13 novembre 1939), le convoi OG7 entre Brest et Gibraltar (18 au 24 novembre), le convoi HG9 Gibraltar-Brest du 30 novembre au 8 décembre 1939, le convoi 22XF Le Verdon-Casablanca (27 au 31 décembre 1939).

Le début de l'année 1940 voit le Mistral protéger le convoi 46KF (Casablanca-Brest 2 au 7 janvier), le convoi 27XF Le Verdon-Casablanca (13 au 18 janvier), le convoi 57KS Casablanca-La Pallice (21 au 27 janvier), le convoi 35BS Brest-Casablanca (25 au 31 mars) et le convoi 83KS Casablanca-Brest (4 au 11 avril 1940).

Le Mistral et les autres torpilleurs de la 6ème DT participe à l'escorte des transports convoyant la force d'invasion et ses équipements, il protège ainsi le convoi FS1 avec son sister-ship Cyclone puis le convoi rapide FP4. Entre ces deux convois, les deux torpilleurs protègent la force de Raid dans le Golfe de Gascogne alors que celle-ci se rendait en Méditerranée.

Quand les allemands attaquent le 10 mai 1940, le Mistral est en réparations à Brest et n'arrive à Dunkerque que le 19 mai alors que le grand port du nord est devenue une cible de l'aviation allemande.

Le Mistral appuie ensuite les troupes anglaises et françaises résistants notamment à Boulogne en effectuant plusieurs tirs contre la terre. Boulogne capitulera le 25 au matin après un combat héroïque, Calais investi le 26 et c'est l'étau qui se ressère sur Dunkerque.

Le Mistral et ses deux congénères de la 6ème DT se replient sur Cherbourg pour ravitailler en carburant et en munitions avant de rejoindre le mouillage des Dunes en face de Dunkerque en Grande Bretagne. Le 26, ils échouent à retrouver l'épave du contre-torpilleur Chacal.

Le 29 mai, la marine française se joint à l'opération Dynamo et la 6ème DT est la principale unité engagée. Le Mistral est endommagé par plusieurs raids aériens et est ainsi renvoyé à Cherbourg pour réparations, stoppant sa participation à l'opération Dynamo. Il à néanmoins abattu deux appareils allemands.

Réparé, le Mistral évacue Brest le 19 juin en compagnie de l'aviso Commandant Duboc avant de gagner Plymouth.

Carrière opérationnelle (2) : le HMS Mistral

Le HMS Mistral

Le 20 juin, le Mistral et l'Ouragan arrive à Plymouth, mis sur coffre, le premier sur rade et le second dans l'Arsenal de Devonport en compagnie du cuirassé Paris. La situation des équipages françaises est délicate, la France va signer l'armistice le 25 juin alors que la Grande Bretagne est toujours en guerre.

Cette situation ambigüe est tranchée le 3 juillet 1940 quand les britanniques se saisissent du torpilleur non sans mal, l'équipage conformément aux directives passées de l'amiral Darlan refusant que le navire ne soit saisi par une puissance étrangère. Le navire qui à coulé par petit fond est renfloué par les britanniques et déplacé sur un autre coffre.

Le 24 août 1940, le Mistral est saisi par la Royal Navy qui manque d'escorteurs. Avec la marque d coque H03, il est un temps utilisé avec son armement d'origine plus deux mortiers Thornycroft. Le manque de rayon d'action limite cependant son utilisation aux escortes côtières.

Le 20 avril 1941, il entre à l'Arsenal de Cardiff pour recevoir un armement anglais : 3 canons de 102mm, un canon de 76mm (à la place des Tubes lance-torpilles arrières), deux grenadeurs de sillage et deux mortiers Thornycroft. Le navire qui ressort de l'Arsenal le 3 mai 1941 recevra au mois d'octobre des canons de 40mm.

Entre novembre 1942 et décembre 1943, il subit une grande refonte avec un armement composé de 4 canons de 102mm, un canon de 76mm, deux canons de 20mm, deux grenadeurs de sillage et deux mortiers Thornycroft. Enfin une dernière refonte aboutira à un navire armé de 4 canons de 120mm, un canon de 76mm, 3 canons de 20mm, une plate-forme triple lance-torpilles, deux grenadeurs de sillage et deux mortiers Thornycroft.

Le service du Mistral sous pavillon britannique sera assez limité jusqu'à sa restitution à la marine française à Portsmouth le 24 août 1945 mais ne retrouve la France qu'en mai 1946 en remorque à Cherbourg avant d'être remorqués à Brest au troisième trimestre 1947, en réserve à Landevennec. Il est condamné le 17 février 1950 et vendu à la démolition le 5 décembre 1952, le démantelement ayant lieu dans le port de commerce de Brest à partir du 8 janvier 1953.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:30

L'Orage

L'Orage à la mer

Présentation

Par le marché 607C du 21 février 1923, la construction du quatrième torpilleur de classe Bourrasque est attribuée aux Chantiers Navals Français (CNF) installés à Caen.

-L'Orage est mis sur cale le 20 août 1923 lancé le 30 août 1924 et armé pour essais le 1er août 1925. Il entre en armement définitif le 1er septembre 1926, la cloture d'armement est prononcée le 1er octobre 1926 et son admission au service actif le 19 janvier 1927.

L'orage est une perturbation atmosphérique violente associé à un cumulo-nimbus, et accompagnée d'éclairs, de tonnerre, de radales, d'averses de pluie ou de grêle.

Carrière opérationnelle

L'Orage quitte Brest pour Toulon le 11 janvier où est donc prononcée son admission au service actif et où il est affecté à la 1ère escadrille de la 1ère flottille, escadrille composée alors des Tempête Simoun Orage Bourrasque et Ouragan et ce du 1er octobre 1927 au 30 mars 1928.
La 1ère escadrille est ensuite réduite aux torpilleurs d'escadre Tempête Ouragan Orage et Bourrasque.

Le 1er mars 1929, les appelations des unités de torpilleurs sont modifiées : le terme «Escadrille» est remplacé par celui de «Division», le terme «Flottille» devient «Escadrille» et le terme «Flottille» regroupe tous les torpilleurs d'une escadre, les torpilleurs d'escadre de l'Escadre de la Méditerranée étant regroupés au sein de la 1ère flottille. Cela ne change rien pour l'Orage qui est toujours intégré à la 1ère division de la 1ère escadrille (anciennement 1ère escadrille de la 1ère flottille).

A partir du 1er novembre 1930 et jusqu'au 31 août 1932, l'Orage est affecté au groupe de complèment de la flottille des torpilleurs de la 1ère escadre en compagnie des Bourrasque et Ouragan. Cette première division est affectée à Brest en février 1932 pour renforcer l'Escadre de l'Atlantique au sein du secteur de Brest.

Dans cette division, l'Orage porte le numéro 13, un numéro peu apprécié des marins, gens ô combien superstitieux et ce ne sont pas les deux collisions successives avec l'Ouragan le 27 octobre 1933 et le pétrolier Durance le 16 février 1934 qui allaient faire changer les marins d'idée.

Le 1er octobre 1934, la 1ère DT retrouve à l'escadre et devient la 2ème DT avec pour un temps L'Adroit, l'Orage, l'Ouragan et le Bourrasque mais le 1er septembre 1935, ces navires sont affectés au groupe de complément.

Le 30 mai 1936, l'Alcyon, la Bourrasque et l'Orage rendent les honneurs au président de la République, Albert Lebrun venu à Brest inaugurer les nouveaux bâtiments de l'Ecole Navale sur le Plateau. Le mois de juin voit le groupe de complément faire un séjour à Bordeaux du 24 au 27 juin à l'occasion de la cession régionale des officiers de réserve et de la XXème Foire Coloniale et Internationale.

La guerre d'Espagne déclenchée au mois de juillet 1936 voit l'engagement massif de la marine nationale d'abord pour couvrir les évacuations de ressortissants puis pour faire respecter une non-intervention qui devint bien vite une farce à tel point que ce contrôle ne fût effectif que de mars à septembre 1937.

A partir du 15 août 1936, les unités du groupe de complément sont endivisionnés, l'Orage formant la 4ème division de torpilleurs avec le Bourrasque et l'Ouragan.

Le 27 mai 1937, une grande revue navale à lieu au large de l'île de Sein après les manoeuvres de printemps, revue à laquelle participe le torpilleur Orage et ses sister-ship Bourrasque Ouragan Tornade Trombe et Tramontane.

En mars 1938, la 4ème DT (Bourrasque Ouragan et Orage) quitte Brest pour la Méditerranée afin de renforcer la présence française dans cette zone troublée par la guerre d'Espagne qui s'achève en avril 1939 et la 4ème DT peut regagner la Bretagne.

*
**

En juillet 1939, les 1ère et 5ème escadre sont regroupées au sein de la Flotte de l'Atlantique, la 2ème flottille de torpilleurs sous l'autorité de la 1ère escadre est ainsi composée de trois divisions de torpilleurs, la 4ème DT la 5ème DT et la 6ème DT (Cyclone Siroco et Mistral).

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 3 septembre 1939, la Flotte de l'Atlantique est réorganisée en deux forces : la Force de Raid avec les navires les plus rapides pour mener des raids contre les navires allemands engagés dans la guerre de course et les Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) qui sous l'autorité d'Amiral-Ouest sont chargées de l'escorte des convois entre l'Angleterre, Brest, Gibraltar et Casablanca.

Le 1er janvier 1940, la 2ème flottille sera placée sous les ordres des Patrouilles de l'Océan (PATOC) (contre-amiral Moreau).

L'Orage escorte ainsi un premier convoi de trois navires au départ de Brest en direction de Gibraltat du 11 au 18 septembre avant d'accompagner le Siroco dans l'escorte d'un convoi entre Gibraltar et Brest du 18 au 24 septembre.

Il enchaine par l'escorte du convoi 5HX Le Verdon-Casablanca avec trois navires du 20 au 23 octobre puis le convoi 26K Casablanca-Brest avec cinq navires du 26 au 30 octobre , le convoi 9XF Le Verdon-Casablanca entre les 3 et 7 novembre, le convoi 26K Casablanca-Brest du 10 au 14 novembre puis le convoi 15XF avec deux navires entre Le Verdon et Casablanca du 26 novembre au 7 décembre 1939.

Le 3 décembre 1939, l'Orage appareille de Casablanca en escorte du convoi 34KF mais le 5 décembre, l'Orage aborde le paquebot Marrakech. Le convoi fait demi tour sur Casablanca protégé par le torpilleur léger Baliste, l'Orage étant réparé sommairement à Casablanca avant d'être remis en état à Bizerte.

L'Orage va enfin escorter deux convois, le convoi 41F depuis Brest le 30 avril (date et port d'arrivée inconnue) et le convoi 95KF entre Casablanca et Brest du 10 au 14 mai 1940.

L'Orage est ensuite engagé en mer du Nord pour appuyer les forces anglais et françaises bousculées par le coup de faux de Guderian. Le premier front c'est la ville de Boulogne sur Mer qui sert d'abcès de fixationjusqu'au 25 mai 1940, date de sa chute.

L'importante concentration navale française attire l'attention des bombardiers de la Luftwafe. L'Orage, Le Fougueux et Le Frondeur naviguent le 23 mai vap au nord à une vitesse de 4 à 6 noeuds au large de Boulogne.

Vers 18h, les bombardiers allemands attaquent en force. Si une partie des assaillants sont interceptés par les chasseurs anglais, vingt-cinq à trente Stuka s'intéressent aux trois destroyers britanniques sortant du port.

Douze de ces appareils s'intéressent alors aux torpilleurs français qui doivent manoeuvrer pour échapper aux bombes. Le Frondeur et l'Orage sont les cibles privilégiées des bombardiers allemands.

L'Orage est frappé par un total de cinq bombes à l'avant qui devient une annexe de l'enfer. L'évacuation est ordonnée mais est bien difficile. Deux officiers et vingt-six hommes ont été tués ou sont disparus. L'épave de l'Orage brûlera jusqu'au moment de son naufrage vers 3h30 le 24 mai.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:33

L'Ouragan

Le TE Ouragan à la mer

Présentation

Par le marché 607C du 21 février 1923, la construction du cinquième torpilleur de classe Bourrasque est confiée aux Chantiers Navals Français (CNF) sur son site de Blainville.

-L'Ouragan est mis sur cale le 7 septembre 1923 lancé le 6 décembre 1924 et armé pour essais le 1er décembre 1925. Il entre en armement pour essais le 1er octobre 1926, la cloture d'armement est prononcé le 19 janvier 1927 et admis au service actif le 15 septembre 1927.

L'Ouragan (de Huracan, un mot d'origine caraïbe) est un cyclone tropical de l'Atlantique Nord et de la mer des Caraïbes.

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, l'Ouragan est affecté à la 1ère escadre (Méditerranée) et plus précisément au sein de la 1ère escadrille de 1ère flottille, escadrille composée des torpilleurs Tempête Simoun Orage Bourrasque et Ouragan. L'Ouragan reste dans cette unité jusqu'au 31 octobre 1930.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont l'Ouragan et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Le 1er mars 1929, le terme escadrille est remplacé par le terme Division et le terme flottille devient Escadrille ce qui ne change pas grand chose à la position de l'Ouragan qui est toujours dans la même division et dans la même escadrille.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Les navires sont ouverts au public à Alger le 4 mai et à Oran le 9 mai avant une revue navale passée par le président de la République Gaston Doumergue le 10 mai.

Le 12 juin, après un court séjour à Casablanca, l'Escadre aura repris son mouillage à Toulon et ne sortira plus avant l'automne hormis les sorties pour Golfe-Juan ou les îles d'Hyères.

A partir du 1er novembre 1930 et jusqu'au 31 août 1932, l'Ouragan est affecté au groupe de complèment de la flottille des torpilleurs de la 1ère escadre en compagnie des Bourrasque et Orage.

Cette première division est affectée à Brest en février 1932 pour renforcer l'Escadre de l'Atlantique dans le secteur de Brest en remplacement des torpilleurs plus anciens.

Le 1er octobre 1934, la 1ère DT retrouve à l'escadre et devient la 2ème DT avec pour un temps L'Adroit, l'Orage, l'Ouragan et le Bourrasque mais le 1er septembre 1935, ces navires sont affectés au groupe de complément.
Le 17 mai 1932, la deuxième escadre légère dont l'Ouragan appareille pour la Méditerranée. L'Escadre qui vient d'effectuer une croisière dans le bassin oriental retrouve la deuxième escadre légère au large de Bizerte pour des exercices.

Le 29 juin 1932 au soir, alors que le torpilleur manoeuvre pour s'amarrer au quai Noël, l'ordre de marche arrière n'est pas exécuté par la machine. L'allure est trop vive (12 noeuds) et le bâtiment encastre l'étrave de 4m dans le quai.

Les avaries sont sérieuses, un ponton grue devant alléger le navire et quatre remorqueurs sont nécessaires pour extraire le navire. L'Arsenal de Toulon répare et le torpilleur peut rentrer à Brest le 23 septembre alors que le reste de l'escadre légère était de retour à Brest dès le 5 juillet.

Le 27 octobre 1933, au cours d'un exercice de nuit, l'Ouragan aborde l'Orage par l'arrière et son étrave est profondément déchiré jce qui imposera des réparations jusqu'en juillet 1934 à Cherbourg et non à Lorient comme c'était à l'origine prévue.

Le 30 janvier 1935 alors que les torpilleurs de la 2ème escadre procédent à un exercice de lancement de torpilles en baie du Fret, un engin lancé par l'Ouragan dévie de sa trajectoire, décrit un grand cercle et vient frapper le torpilleur à tribord arrière. La torpille, ayant conservé une vitesse assez vive, pénètre de 80cm dans la coque à un mètre environ sous la ligne de flottaison. Les dégâts sont limités, l'Ouragan rentre en seul en rade abri puis à l'Arsenal de Brest. La gabare Résistance enlevera la torpille et le torpilleur pourra rentrer au bassin pour réparations.

Le mois de juin voit le groupe de complément faire un séjour à Bordeaux du 24 au 27 juin à l'occasion de la cession régionale des officiers de réserve et de la XXème Foire Coloniale et Internationale.

La guerre d'Espagne déclenchée au mois de juillet 1936 voit l'engagement massif de la marine nationale d'abord pour couvrir les évacuations de ressortissants puis pour faire respecter une non-intervention qui devint bien vite une farce à tel point que ce contrôle ne fût effectif que de mars à septembre 1937.

A partir du 15 août 1936, les unités du groupe de complément sont endivisionnés, l'Ouragan formant la 4ème division de torpilleurs avec le Bourrasque et l'Orage.

Le 27 mai 1937, une grande revue navale à lieu au large de l'île de Sein après les manoeuvres de printemps, revue à laquelle participe le torpilleur Ouragan et ses sister-ship Bourrasque Orage Tornade Trombe et Tramontane.

En mars 1938, la 4ème DT (Bourrasque Ouragan et Orage) quitte Brest pour la Méditerranée afin de renforcer la présence française dans cette zone troublée par la guerre d'Espagne qui s'achève en avril 1939 et la 4ème DT peut regagner la Bretagne.

Le 1er mai 1938, l'Ouragan porte assistance au cargo britannique Surrey Brook aux prises avec un avion nationaliste avant de l'escorter jusqu'à San Sebastian.

*
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Quand la seconde guerre mondiale éclate, les torpilleurs de la 2ème flottille sont affectés aux Forces Maritimes de l'Ouest chargées de missions d'escorte entre Brest, Le Verdon Gibraltar et Casablanca notamment au sein du dispositif des Patrouilles de l'Océan (PATOC).

L'Ouragan escorte un premier convoi entre Brest et Casablanca du 30 septembre au 5 octobre 1939 suivi d'un autre entre Casablanca et Brest du 7 au 13 octobre. Il enchaine ensuite par le convoi 20K entre Casablanca et Le Verdon du 27 octobre au 2 novembre.

Quand les allemands attaquent le 10 mai 1940, l'Ouragan est indisponible à Brest pour grandes réparations depuis le 1er mars 1940 suite à son abordage avec le dragueur auxiliaire Louise-Marie AD2.

Il peut néanmoins appareiller en remorque et est conduit sur rade le 18 juin en début d'après midi mais doit attendre qu'un remorqueur soit disponible pour appareiller alors que les allemands se rapprochent du port de Ponnant.

L'Abeille 22 prend en remorque le torpilleur et le convoi appareille à 18h15 devant attendre que la passe soit dégagée et que passent le navire-hôpital Canada, un pétrolier et les trois croiseurs auxiliaires de la 1ère DCX plus divers cargos.

Le remorqueur et le torpilleur sont protégés par les sous-marins Imogen et Drake. Le torpilleur arrivera à Plymouth le 20 juin à 2h du matin et sera aussitôt conduit à l'Arsenal de Devonport.

*
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L'armistice est signé le 25 juin 1940 mais laisse la marine française intacte, suscitant l'intérêt de la Grande Bretagne comme des puissances de l'Axe.

L'Ouragan est mouillé près du cuirassé Paris puis entre le 26 et le 29 juin embossé flanqué à babord de deux sous-marins et d'un aviso (Junon Minerve Coucy) et à tribord de deux avisos (Belfort Commandant Duboc) réduisant sa capacité de manoeuvre alors que son commandant veut gagner Casablanca.

Le 3 juillet 1940 à l'aube est déclenchée l'opération Catapult qui voit la saisie des bâtiments français qui font l'objet de quelques affrontements mais beaucoup moins dramatiques que les événements de Mers-El-Kébir. Le navire n'est pas sabordé mais immobilisé et indisponible sans réparations.

L'équipage et le commandant seront internés au camp d'Aintree (près de Liverpool) puis rapatriés le 14 novembre 1940 moins sept marins qui se joindront à la France Libre.

Le 12 juillet 1940, un accord est signé entre les autorités britanniques et les FNFL pour le réarmement du navire par un équipage polonais (avec une participation française). Les marins sont en terrain connu puisqu'il dispose encore d'un torpilleur du même type, le Burza.

L'Ouragan est conduit dans l'Arsenal de Devonport, pris en charge par son nouvel équipage le 18 juillet et restera en travaux jusqu'au 23 octobre. Les machines sont réparées et les canons de 130mm sont remplacés par canons de 120mm faute de munitions disponibles. Quatre mortiers Thornycroft et deux petits grenadeurs de sillage sont également embarqués.

Affecté à la Polish Destroyer Division, il est affecté à des missions d'escorte dans les Western Approaches mais sa disponibilité sera limitée jusqu'en janvier 1941 suite à des problèmes récurrents de machines.

Il est ensuite affecté au 3rd Escort Group à Greenock en mars-avril 1941 puis restitué aux FNFL le 30 avril 1941 mais le navire ne sera pas réarmé, servant de dépôt des équipages à Portsmouth.

Après un projet de conversion en bâtiment-cible, l'Ouragan est officiellement rétrocédé à la marine française le 8 octobre 1943.

Un groupe de maintenance sera affecté à bord à compter d'août 1944 mais le torpilleur ne sera pas remorqué à Cherbourg avant septembre 1945.

Au troisième trimeste 1947, il est remorqué à Brest et mouillé à Landevennec. Il rayé le 7 avril 1949 puis vendu à la démolition le 1er mars 1950 et promptement démantelé.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:39

Le Simoun

Le Simoun en achèvement dans son chantier constructeur

Présentation

Par le marché 607D, la construction du sixième torpilleur de la tranche 1922 du programme naval est confiée aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët.

-Le Simoun est mis sur cale le 8 août 1923 lancé le 3 juin 1924 et armé pour essais le 1er juin 1925. Il entre en armement pour essais le 1er janvier 1926 (essais réalisés à Lorient), la cloture d'armement est prononcée le 29 avril 1926 et admis au service actif en décembre 1926.

Le simoun est un vent chaud et violent du désert d'Arabie, soufflant sur les côtes orientales de la Méditerranée.

Carrière opérationnelle

Le Simoun rallie Brest le 27 mai pour escorter le navire transportant le président Doumergue en Angleterre mais le voyage ayant été remis, le torpilleur regagne à Lorient pour des travaux complémentaires.

Il est alors engagé dans une mission de représentation pour montrer le pavillon français et favoriser d'éventuelles commandes pour les chantiers français. Une division navale légère est constituée avec les contre-torpilleurs Jaguar et Chacal, le torpilleur d'escadre Simoun et les sous-marins Marsouin et Souffleur.

La division fait successivement escale à Oslo (19 au 24 août), Stockholm (du 27 au 31 août), Helsinki et Tallin, Riga (4 au 8 septembre), Gdynia (9 au 17 août) et Copenhague (18 au 25 septembre) avant un retour à Cherbourg le 27 septembre 1926.

Le 10 novembre 1926, sont rassemblés en rade de Brest les croiseurs légers Lamotte-Picquet et Duguay Trouin, le contre-torpilleur Chacal, les torpilleurs d'escadre Tempête Simoun Bourrasque ainsi que les sous-marins Souffleur et Narval.

Ces navires sont destinés à participer à une «Croisière navale de l'Atlantique Est» et appareillent le 12 pour Dakar via Lisbonne, Casablanca Agadir et Teneriffe mais le mauvais temps bloque les trois torpilleurs dans le Tage et ce n'est que le 24 qu'il arriveront à Casablanca et le 27 à Agadir, rejoint par les sous-marins.

La division pousse jusqu'à Conakry avant de rentrer par le Cap Vert, Las Palmas et Cadix. Le contre-torpilleur, les torpilleurs et les sous-marins rallient Toulon le 24 décembre 1926.

Le torpilleur est alors affecté à la 1ère escadrille de la 1ère flottille de torpilleurs, intégrée à la 1ère escadre (Méditerranée) et ce jusqu'au 31 janvier 1928 quand il sera affecté à la 5ème escadrille de la 3ème flottille en compagnie du Cyclone et du Mistral.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont le Simoun et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Le 1er mars 1929, le terme escadrille est remplacé par le terme Division et le terme flottille devient Escadrille ce qui ne change pas grand chose à la position de l'Ouragan qui est toujours dans la même division et dans la même escadrille.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Les navires sont ouverts au public à Alger le 4 mai et à Oran le 9 mai avant une revue navale passée par le président de la République Gaston Doumergue le 10 mai. Le 12 juin, après un court séjour à Casablanca, l'Escadre aura repris son mouillage à Toulon et ne sortira plus avant l'automne hormis les sorties pour Golfe-Juan ou les îles d'Hyères.

A partir du 1er novembre 1930, la 5ème division de torpilleurs (Cyclone, Siroco et Simoun) à la 1ère escadrille de la flottille de torpilleurs de la Méditerranée.

Le 6 juin 1931 au cours d'une manoeuvre au large d'Alger sur les coups de 0.10, le Simoun endommage gravement le Siroco en l'abordant par l'arrière, arrachant dix mètres de coque à tribord de la flottaison au pont principal avec un bilan humain d'un disparu. Si le siroco doit passer en cale sèche à Alger, le Simoun peut rentrer à Toulon à petite vitesse.

Le 11 août 1933, le Simoun est remplacé dans sa division par le torpilleur Tempête et placé en position de complément.

De juillet 1935 à février 1936, le Simoun est placé hors rang et détaché à Tanger comme stationnaire, alors relevé par la Tempête le temps de travaux à Toulon avant de reprendre sa place en septembre 1936. Entre-temps, la guerre d'Espagne avait éclaté et le torpilleur est chargé du contrôle navale notamment de la surveillance des enclaves de Ceuta et de Melilla raliées au camp nationaliste.

Le 1er avril 1937, il redevient un torpilleur comme un autre en étant intégré à la 3ème division de la 1ère flottille en compagnie des torpilleurs La Fortuné et La Railleuse. Il est toujours engagé dans la guerre d'Espagne intervenantà Alicante avec le croiseur léger Jean de Vienne pour régler la question du rapatriement de français des Brigades Internationales qui s'étaient mutinés.

Le 31 mai, il intervient au sud de Dragonera (Majorque) pour obliger le patrouilleur nationaliste Pedro I à relâcher le vapeur français Finistère affrété par la compagnie France-Navigation. Le contreôle naval est levé le 9 septembre 1937 quand son échec patent est admis.


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Quand éclate la seconde guerre mondiale, le torpilleur d'escadre Simoun est intégré à la Flotte de la Méditerranée, plus précisément à la 2ème escadre, formant avec les torpilleurs La Fortuné et La Railleuse la 3ème division de torpilleurs.

Pour financer l'achat d'armes aux Etats Unis, la France décide d'utiliser l'encaisse en or de la Banque de France. Plusieurs convois sont donc organisés entre la France et le port canadien d'Halifax.

Le 14 novembre 1939, appareille de Toulon une force navale composée du cuirassé Lorraine et des croiseurs légers La Marseillaise et Jean de Vienne avec à leur bord cent tonnes d'or fin. L'escorte au départ est assurée par le contre-torpilleur Aigle, les torpilleurs de la 3ème DT Le Fortuné et La Railleuse, rejoints le lendemain par le contre-torpilleur Lion et le Simoun venus d'Oran. La présence d'un sous-marin ayant été signalé, la force fait escale à Mers-El-Kébir moins les torpilleurs qui rejoignent Casablanca et qui retrouvent la force en mer le 17 avant de recevoir leur liberté de manoeuvre le 19 et de retrouver Casablanca.

Le 20 novembre 1939, sont mises sur pied les Patrouilles de la Méditerranée occidentale (PATMOC) sous la direction du contre-amiral Donval qui met sa marque sur le patrouilleur auxiliaire Cyrnos.

Il dispose pour cela de la 1ère flottille de torpilleurs (1ère DT : La Palme Le Mars Tempête 3ème DT Le Fortuné Simoun La Railleuse _ce dernier à été détaché à Casablanca_ 7ème DT Tramontane Tornade Typhon et la 8ème DT Bordelais L'Alcyon Trombe) et de la 1ère EPA (escadrille de patrouilles auxiliaires composée des P1 Marigot P3 Sidi-Okba P4 Ville d'Ajaccio P5 Pascal Paoli P8 Sampiero Corso). La flotte de Méditerranée et la 6ème escadre, étant ainsi amputées d'une portion importante de leurs éléments vont êtres dissoutes.

Le Simoun va ainsi escorter plusieurs transports de troupes entre l'Afrique du Nord et la métropole avec deux navires escortés entre Casablanca et Marseille ((1er au 6 janvier 1940), un autre entre Casablanca et Marseille (8 au 11 janvier 1940) et un dernier entre Marseille et Malte (14 au 16 janvier 1940).

A la fin du mois de janvier 1940, la 3ème DT est mise à la disposition d'Amiral Afrique pour des missions d'escorte depuis Casablanca en remplacement de la 13ème DT équipée de torpilleurs de 610 tonnes peu adaptés à l'Atlantique.

Seul le Simoun va réaliser des missions d'escorte, protégeant le convoi 67KF entre Casablanca et Tarifa à la fin du mois de février, le convoi 73KF Casablanca-Nantes (7 au 11 mars) et le convoi 41XF Le Verdon-Casablanca du 16 au 20 mars 1940.

Le 23 février alors qu'il escortait les transports Austral et Golo, le Simoun veut arraisonner pour contrôle deux chalutiers au large du Cap Saint Vincent mais un périscope est aperçu à 100m par tribord et le torpilleur manoeuvre pour grenader quatre fois, ressentant un choc violent ressemblant à un talonnage.

Le torpilleur semble avoir coulé un sous-marin mais en réalité, le sous-marin attaqué, le U-54 à survécu et le Simoun n'à simplement heurté qu'un objet flottant entre deux eaux.

Le Simoun envoyé à Alger pour réparations va ainsi être immobilisé jusqu'en juillet 1940 n'effectuant plus aucune mission jusqu'au funeste armistice du 25 juin 1940.

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Le Simoun en réparations à Alger est alors intégré à la 5ème division de torpilleurs, division qui se compose également des torpilleurs de classe L'Adroit Brestois et Boulonnais. Si le premier est donc à Alger, les deux autres sont dans le port d'Oran à proximité de la base navale de Mers-El-Kébir.

Après Catapult, le désarmement complet de la marine est suspendu et les forces françaises sont réorganisées. Si les gros navires dépendent des escadres (3ème à Toulon 4ème en Afrique du Nord), les unités légères comme les torpilleurs dépendent des préfets maritimes. Les torpilleurs stationnés en Afrique du Nord dépendant ainsi de Premar IV.

Dès le 1er septembre 1940, les italiens exigent qu'une flotte d'Armistice soit organisée. Le 25 septembre 1940, les Forces de Haute Mer sont constituées à Toulon sous l'autorité de l'amiral de Laborde avec le croiseur de bataille Strasbourg, deux divisions de croiseurs (1ère et 3ème DC), trois divisions de contre-torpilleurs (5ème, 7ème et 8ème DCT) et une division de torpilleurs (1ère DT).

Une «Division métropolitaine de police» est mise sur pied au sein des Forces Navales de la 3ème région avec de la «poussière navale». Les forces navale de la 4ème région sont composés de navires légers à savoir quatre divisions de torpilleurs.

Le Simoun arrivé à Bizerte le 3 août quitte ainsi la 5ème DT pour former avec le torpilleur Tempête la 6ème DT basée à Casablanca à partir du 1er novembre 1940. La 6ème DT va ainsi effectuer plusieurs missions d'escorte notamment entre l'AOF et l'Afrique du Nord.

Il escorte ainsi un convoi Casablanca-Oran du 4 au 6 novembre, Lisbonne-Casablanca du 18 au 20 novembre, Oran-Casablanca du 5 au 12 décembre, Casablanca-Oran du 12 au 14 décembre, Casablanca-Dakar du 19 au 24 février 1941, Dakar-Casablanca du 4 au 10 mars, Casablanca-Oran (convoi K42)du 28 au 30 mars (mission au cours de laquelle, il doit montrer les dents contre des navires britanniques voulant contrôler des cargos, cette tension entre anciens alliés allant jusqu'à l'échange d'obus entre le croiseur léger Sheffield et la batterie côtière de Nemours).

Il enchaine par le convoi R42 Oran-Casablanca du 5 au 7 avril 1941, le convoi K51 Casablanca-Oran du 19 au 21 avril, le convoi R53 Oran-Casablanca du 24 au 26 avril, le convoi K60 Casablanca-Oran du 6 au 8 mai, le convoi R 63 Oran-Casablanca du 15 au 17 mai, le convoi K79 Casablanca-Oran du 14 au 17 mai, le convoi R81 Oran-Casablanca du 20 au 22 juin, le convoi K87 Casablanca-Oran du 29 juin au 2 juillet.

Ce sont enfin les convois K35 Casablanca-Palos du 7 au 9 novembre 1941, le convoi R39 Oran-Casablanca du 24 au 27 février, le convoi K65 Casablanca-Oran du 16 au 19 février 1942 et enfin le convoi R83 Oran-Casablanca du 26 au 28 avril 1942.

Le 8 septembre 1942, le Simoun et le Tempête entre en collision après un exercice de lancement de torpilles, l'étrave du Simoun abordant la Tempête à la hauteur de l'affût Hotchkiss tribord : l'étrave du Simoun est à refaire mais la teugue de la Tempête n'est endommagée que sur 30cm.

Quand la force de débarquement alliée engagée dans l'opération Torch approche des côtes marocaines dans la nuit du 7 au 8 novembre, le Simoun est toujours en réparations à Casablanca tout comme son sister-ship Tempête.

Ils sont amarrés ensemble à la jetée Delure en compagnie du patrouilleur Servannaise. L'équipage du torpilleur n'est pas au complet, une partie armant le patrouilleur Algéroise qui est à cette date en carénage sur dock.

L'artillerie navale et l'aviation embarquée attaque à partir de 7.00. Le Simoun est endommagé à 7.18 par des éclats d'une bombe tombée à babord mettant hors service la pièce n°1. Une deuxième bombe tombe à 7h30 touchant cette fois directement le torpilleur mais sans exploser.

A 10.45, un remorqueur de la directiondu port prend en charge le Simoun et le conduit sur le coffre Béarn en rade extérieure. Contrairement aux unités de la 2ème escadre légère qui vont charger les navires américains, le Simoun ne servira que de batterie flottante. Le lendemain 9 novembre, il stoppe avec d'autres navires une tentative de débarquement américaine dans le port même tout en bombardant les forces à terre.

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Le cessez le feu puis le ralliement de l'Afrique du Nord aux alliés acquis, le Simoun va être rapidement remis en état à Casablanca avant une refonte/modernisation à l'Arsenal britannique installé aux Bermudes.

Il quitte le Maroc le 18 juillet 1943, arrive aux Bermudes le 10 août pour plus de deux mois de travaux jusqu'au 18 octobre : la DCA et les mortiers Thornycroft mis en place à Casablanca sont débarqués, la pièce de 130mm n°3 est mise en place sur la plate-forme n°2, deux encorbellements sont construits sur l'avant de part et d'autre du bloc-passerelle pour deux canons de 20mm et l'emplacement laissé vacant par la pièce de 130mm n°3 est occupée par un canon de 25mm en attendant un canon de 40mm, deux canons de 20mm sont installés à proximité et l'affût lance-torpilles avant est remplacée par deux canons de 20mm. L'armement ASM est renforcée, une détection installée.


Le Simoun en 1945

Le Simoun retourne en Afrique du Nord le 31 octobre en compagnie de l'aviso Annamite avec un armement composé de 3 canons de 130mm (position I, II et IV ou A,B et Y), 8 canons de 20mm (4 à l'avant, 2 au milieu et 2 à arrière), un canon de 25mm, 6 mitrailleuses de 13.2mm, deux grenadeurs axiaux avec 20 grenades plus les deux grenadeurs axiaux d'origine avec 12 grenades et 4 mortiers Thornycroft.

En février 1944, une nouvelle 6ème DT est constituée composée du Simoun, du Tempête et de L'Alcyon. Cette division va mener des escortes de convois faisant la noria Alger/Ajaccio/Alger.

Le Simoun escorte ainsi un premier convoi entre le 15 et le 22 février 1944, un second entre le 2 et 8 mars, un troisième entre le 18 et le 25 mars, un quatrième entre le 5 et le 12 avril, un cinquième entre le 20 et le 26 avril, un sixième entre le 29 avril et le 6 mai (le Simoun effectuant plusieurs grenadages sur contact ASDIC le 1er mai sans résultats) et un septième et dernier entre le 24 et le 30 mai 1944.

A partir du 15 juillet 1944, le Simoun et la Tempête vont protéger le cuirassé Lorraine à l'entrainement dans la région de Naples. Les deux torpilleurs précédement cités et l'Alcyon vont ensuite être engagés dans le débarquement de Provence, escortant du 13 au 18 août les transports entre la zone d'opérations et les bases arrières situées soit en Afrique du Nord soit en Italie. Le Simoun tirant une fois contre la terre.

Le 4 novembre 1944 est mise sur pied la Flank Force ou TF86 chargée de contrôler le golfe de Gênes et d'appuyer la progression des forces alliées. Elle se compose de nombreux navires français et est donc placée sous le commandement d'un amiral de la Royale.

Indisponible à partir du 26 octobre, le Simoun ne rejoint la Flank Force qu'à la mi-novembre. Le 17 novembre 1944, la Trombe à un contact ASDIC et grenade bientôt rejointe par l'escorteur Mameluck et le Simoun, grenadages successifs qui ne donnent aucun résultats.

Le 20 novembre 1944, le Simoun appareille pour Gibraltar en compagnie du Basque pour protéger le cuirassé Lorraine et ensuite intégrer une force navale française connue sous le nom de French Naval Task Force composée également des croiseurs Duquesne et Gloire et de plusieurs escorteurs et dragueurs et chargée d'éliminer les poches allemandes de l'Atlantique (Lorient, Saint Nazaire notamment).

Les deux torpilleurs appareillent de Gibraltar en compagnie du vénérable cuirassé (28 ans) mais durant la traversée, la mer devient exécrable et deux grenades ASM tombent à l'eau, explosant sous la navire, provoquant de multiples déchirures. Arrivé à Plymouth le 5 novembre, il est en réparations mais rejoint la FNTF le 23 décembre. La contribution du Simoun et du Basque sera brève avec la FNTF puisqu'ils sont de retour à la fin de janvier au sein de la Flank Force après avoir protégé le croiseur Duquesne et le cuirassé Richelieu.

Les 5 et 6 février, il grenade deux fois sur contact ASDIC sans résultats avant de tirer contre la terre le lendemain, 7 février 1945 (92 coups). Il tire 62 coups sur une batterie de DCA le 15 février suivit de 72 autres coups le 21, puis 57 coups le 22. Il tire à nouveau 49 coups le 6 mars, 72 obus de 130mm le 14 mars. Au total, le Simoun à tiré 404 obus de 130mm contre des batteries côtières, des positions de DCA, des concentrations de véhicules...... .

Le Simoun quitte la Flank Force le 22 mars, appareillant de Toulon le lendemain 23 en escorte du sous-marin Curie en route pour Oran où le sous-marin arrive le 27, le torpilleur poursuivant seul sa route jusqu'à Casablanca où il arrive le 28 mars. Il entre en grandes réparations qui l'y immobiliseront jusqu'au 28 juillet 1945.

Le Simoun une fois remis en état, n'effectuera plus de missions majeures, n'effectuant qu'une courte visite à Gibraltar du 25 au 27 septembre puis quitte Casablanca pour Toulon où il arrive le 2 août 1945.

Il est mis à la disposition de l'Êmile Bertin pour l'entrainement de ce dernier le 22 octobre faisant ainsi escale à Malte, Bizerte et Alger avant de rentrer à Toulon le 30 octobre 1945. Il assure ensuite le transport du vice-amiral commandant les forces maritimes en Méditerranée, appareillant d'Alger le 16 décembre, arrivant à Marseille le 18 et le ramenant à Alger le 28 décembre.

Il gagne ensuite Cherbourg pour être mis en réserve normale. Il effectue une ultime mission en février 1946 quand il rapatrie en Allemagne des marins de la défunte Kriegsmarine qui avaient amenés en France les navires cédés à la Royale.

Le Simoun est ensuite remorqué au troisième trimestre 1947 à Brest et mouillé à Landevennec. Il est rayé des registres le 17 février 1950 et vendu à la démolition le 23 avril 1952.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:41

Le Siroco

Vue aérienne du Siroco

Présentation

Par le marché 607D du 21 mars 1923, la construction du septième torpilleur de la tranche 1922 du programme naval est attribué aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët sis à Saint Nazaire.

-Le Siroco est mis sur cale le 15 mars 1924 lancé le 3 octobre 1925 et armé pour essais le 21 juillet 1926. Il entre en armement définitif le 15 mai 1927, armé définitif le 1er juillet 1927 et admis au service actif le 5 février 1928.

Le siroco (ou sirocco) est un vent sec et très chaud qui souffle du Saraha sur le sud de la Méditerranée occidentale lorsque de bases pressions règnent sur les Baléares et l'Algérie.

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, le Siroco est affecté à la 3ème flottille comme chef de flottille de deux escadrilles, la 5ème escadrille composée des Cyclone Mistral Simoun et la 7ème escadrille composée des Mars Le Fortuné La Railleuse et La Palme. Le Siroco reste chef de flottille (puis d'escadrille lors du changement du 1er mars 1929) jusqu'au 30 mars 1930.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont naturellement le Siroco (qui est chef de flottille) et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Les navires sont ouverts au public à Alger le 4 mai et à Oran le 9 mai avant une revue navale passée par le président de la République Gaston Doumergue le 10 mai.

Le 12 juin, après un court séjour à Casablanca, l'Escadre aura repris son mouillage à Toulon et ne sortira plus avant l'automne hormis les sorties pour Golfe-Juan ou les îles d'Hyères.

Suite à une instruction du 7 juin 1930, les unités de torpilleurs sont réorganisées et les torpilleurs affectées à l'escadre de la Méditerranée forment la 1ère flottille, cette dernière disposait de deux escadrilles, la 1ère escadrille étant composée de deux divisions, la 5ème DT étant composée du Cyclone, du Siroco et du Simoun et un temps le Basque.

La mise en disponibilité armée des 1ère et 3ème DT réduit considérablement l'activité des torpilleurs, seule la 5ème DT connait une certaine activité avec notamment les visites du Cyclone et du Siroco à Cannes en Avril.

Le 6 juin 1931 au cours d'une manoeuvre au large d'Alger sur les coups de 0.10, le Simoun endommage gravement le Siroco en l'abordant par l'arrière, arrachant dix mètres de coque à tribord de la flottaison au pont principal avec un bilan humain d'un disparu.
Le Siroco doit passer au bassin à Alger pour des réparations provisoires lui permettant de rentrer à Toulon où il est remis en état. Les réparations achevées, le torpilleur reprend le service actif ce qui ne l'empêchera pas d'être à nouveau disponible de septembre 1932 à août 1933.

Le 15 septembre 1934, les escadrilles sont dissoutes ne laissant que les échelons flottille et division, la 1ère flottille étant réduite à trois divisions (1ère, 3ème et 5ème DT), le Siroco appartenant toujours à la 5ème division avec le Cyclone et le Mistral.

En juillet 1935, la 5ème DT est transférée à la 2ème flottille dans l'Atlantique, devenant à cette occasion la 6ème DT avec toujours les mêmes membres à savoir le Cyclone, le Siroco et le Mistral.

Cette division est stationnée jusqu'en septembre 1936 à Lorient, utilisant la coque de l'ancien croiseur léger Strasbourg comme ponton. Le 8 juin 1936, le Siroco aborde le chalutier Ar-Galon-Vad dans le sud-ouest de Pennmarch. Le chalutier coule faisant un mort mais quatre rescapés sont repêchés.

La 6ème DT est engagée comme la majorité des navires de la marine nationale dans la guerre d'Espagne d'abord pour couvrir l'évacuation des ressortissants étrangers puis pour assurer un contrôle naval, contrôle qui se révélera bien vite illusoire, l'Allemagne, l'Italie et l'URSS étant juges et parties.

Le contrôle naval mis en place le 8 mars 1937 confie à la France la surveillance de la pointe nord-ouest de l'Espagne, les Baléares et le Maroc Espagnol. La surveillance des côtes baignées par la mer Cantabrique et le golfe de Gascogne est assurée par quatre bâtiments prelevés parmi les torpilleurs de la 2ème flottille et les avisos Arras Vauquois Epinal et Calais.

Les navires vont devoir aussi protéger les navires marchands pris pour cible par les deux camps quand ils ne le sont pas par des sous-marins qui sont officiellement «non identifiés» mais qui étaient en réalité italiens ou récément transférés par la Regia Marina à la marine nationaliste.

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Quand éclate le second conflit mondial, le Siroco appartient toujours à la 6ème DT de la 2ème flottille intégrée à la 1ère escadre de la Flotte de l'Atlantique. Le dispositif de guerre voit la mise en place d'une Force de Raid avec les navires les plus rapides (croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg; croiseurs légers Georges Leygues, Montcalm et Gloire; contre-torpilleurs Mogador et Volta, L'Indomptable, Le Malin, le Triomphant,Le Fantasque, L'Audacieux et Le Terrible) et des Forces Maritimes de l'Ouest (FMO) composées essentiellement par les torpilleurs d'escadre pour des missions d'escorte entre Brest, Le Verdon, Gibraltar et Casablanca.


Le Siroco à la mer

Le 20 novembre 1939, les patrouilles de l'océan ou PATOC sont créées pour gérer ses missions d'escorte sans la 5ème DT mise à la disposition d'Amiral-Nord. Les opérations de Norvège amputeront encore le contre-Amiral Moreau d'une division, la 2ème DT.

Le Siroco va ainsi escorter de nombreux convois, un premier avec l'Orage sur la ligne Gibraltar-Brest du 18 au 24 septembre 1939, un convoi Brest-Casablanca avec le Cyclone du 26 septembre au 2 octobre 1939, un troisième convoi Casablanca-Brest du 4 au 11 octobre, le convoi 12B Brest-Gibraltar entre le 5 et le 11 novembre, le convoi 27KS Casablanca-Brest du 14 au 20 novembre, le convoi 16BS Brest-Casablanca du 6 au 12 décembre et le convoi 40KS Casablanca-Brest entre le 15 et le 22 décembre.

En 1940, il va escorter le convoi 28BS Brest-Casablanca du 17 au 23 février, le convoi 12S Gibraltar-Casablanca le 26 février, le convoi 34BS Brest-Casablanca du 20 au 26 mars et le convoi 81KS à la fin du moi de mars entre Casablanca et Brest.

La drôle de guerre redouble les effets de la propagande et toute nouvelle est bonne à prendre ce qui expliquera que l'on va attribuer au torpilleur la destruction de trois sous-marins allemands, attributions attives destinées à dire «on se bat aussi sur mer».

Le 15 novembre en escorte du convoi 27KS, le Siroco mis en alerte par le service d'écoute installé au Maroc de la présence de sous-marins dans la zone est averti d'un sillage suspect par un hydravion mais grenade tardive la zone suite à des problèmes de transmission. Six grenades sont lancées et l'équipage semble apercevoir un sous-marin chavirant et coulant. En réalité le U-53 est intact.

Le 20 novembre, le même convoi est à la mer, escorté par le Siroco, le Frondeur et l'aviso Chevreuil. A 18.55, le Siroco aperçoit dans le 180 une silhouette semblable à un kiosque de sous-marin, c'est le U-41. Le torpilleur ouvre le feu à 1500m. Le sous-marin ayant plongé, le Siroco après une première tentative infructueuse grenade la zone et l'équipage aperçoit ce qui semble être un sous-marin entrain de sombrer mais en réalité, le U-41 n'est que légèrement endommagé.

Le 16 décembre 1939, en escorte du convoi 40KS, le Siroco est accompagné du patrouilleur auxilaire Jutland, du torpilleur La Railleuse et de l'aviso Commandant Bory avec un hydravion Lioré et Olivier en couverture. Le Siroco effectue deux grenadages successifs et semble comme pour les deux précédentes attaques semble apercevoir un sous-marin entrain de sombrer.

En réalité aucun sous-marin allemand n'à été coulé par la marine nationale, le seul submersible coulé avant l'armistice entre le sous-marin italien Provana par l'aviso-dragueur La Curieuse en Méditerranée le 16 juin, la méthode (abordage), ne laissant aucune place au doute.

Ces revendications s'explique par le fait qu'aucun grenadage avec grenades de guerre n'avaient été réalisés avant la guerre, les équipages n'avaient jamais assisté à l'intumescence provoqué par une explosion sous-marine qui à parfois l'aspect d'une coque noire roulant sur elle même et chavirant.

Le Siroco va également protéger les navires transportant à Greenock en Ecosse les hommes et le matériel destiné à l'expédition de Norvège et protéger le départ le 24 avril de la Force de Raid pour la Méditerranée.

Quand les allemands attaquent le 10 mai, le manoeuvre Dyle-Breda est déclenchée, une manoeuvre qui prévoit que la 7ème armée tende la main aux néerlandais. Pour accélerer cette manoeuvre, il est prévu des débarquements à Walcheren et Sud-Beveland.

Quatre convois vont être nécessaires, convois escortés par la 2ème DT (Fougueux Frondeur L'Adroit) déjà détachés à Dunkerque, la 6ème DT (le Mistral rejoindra ses deux congénères ultérieurement) et les torpilleurs de classe Melpomène des 11ème et 14ème DT plus quatre destroyers britanniques.

Le 10 mai, le Siroco et le Cyclone se rendent à l'Ijmuiden, le grand canal reliant Amsterdam à la mer du Nord pour évacuer des réfugiés. La traversée n'est pas de tous repos car plusieurs attaques aériennes ont lieu mais sans réels dommages pour les navires français. Les réfugiés n'étant pas là, les deux torpilleurs retournent à Dunkerque et reviendront pour embarquer le personnel de l'ambassade de France à La Haye et des personnalités néerlandaises le 12 mai avant de transporter dans la nuit la mission militaire du général Mittelhauser.

Si les traversées se déroulent sans encombres, les débarquements sont gravement perturbé par des bombardements allemands mortellement réguliers. La situation de l'armée néerlandaise se dégrade rapidement et à partir du 17, les français doivent envisager l'évacuation.

Le Siroco et le Cyclone assurent ainsi jusqu'au 18 l'évacuation des troupes et le bombardement contre la terre notamment contre l'île de Walcheren avec 133 coups de 130mm. Le rembarquement s'effectue sur des transmanches après transfert entre Flessingue et le port de Bresken. 18000 hommes ont été sauvés mais au prix de la perte de tout le matériel.

Replié à Dunkerque avec le Mistral, la 6ème DT (Cyclone et Siroco) doivent se réfugier en Angleterre, Dunkerque devenant infréquentable face à la supériorité aérienne de la Luftwafe. Il participe aux combats pour préserver puis évacuer Boulogne qui tiendra jusqu'au 25, Calais capitulant le 26, la poche de Dunkerque se referme alors.

Le 30 mai, alors que la Bourrasque vient de chavirer, le Siroco appareille de Douvres, empruntant la voie du nord dans des conditions météorologiques médiocres mais qui s'éclaircissent un temps pour permettre à l'aviation allemande d'attaquer à deux reprises mais la chasse britannique disperse les assaillants.

Arrivé à Dunkerque, le Siroco s'amarre à l'Embecquetage pour embarquer ses passagers, environ 750 hommes même si il est impossible de donner un décompte exact. Le torpilleur sort vers 21.45 dans une nuit sans lune mais le ciel étoilé et la mer phosporescente permet à l'aviation d'effectuer plusieurs approches.

Vers 1.15 du matin, le torpilleur est attaqué par des S-Boote, les S-23 et S-26. Si les deux premières passent à l'avant, deux autres frappent à babord arrière entre les gardes-hélices et la pièce n°4. Le commandant du navire, le capitaine de corvette Toulouse-Lautrec ordonne de noyer les documents secrets et de commenrcer l'évacuation.

Le navire s'est stabilisé et le commandant espère pouvoir le remorquer mais une explosion plus puissante cinq à six minutes plus tard ravage le navire. On pense d'abord à l'explosion des grenades mais en réalité deux bombes ont touché le bâtiment. Deux minutes plus tard, le navire chaviré brutalement sur tribord.

Au total 270 survivants dont 122 membres d'équipage vont être recueillis, trois officiers ainsi que neuf officiers-mariniers et quarante-six quartiers maitres et matelots sont morts ou portés disparus.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:46

La Tempête

Présentation

La Tempête à la mer


Par le marché 607E du 21 février 1923, la construction du huitième navire de classe Bourrasque est attribuée à l'établissement des Anciens Chantiers Dubigeon dont le chantier était installé à Chantenay, commune indépendante intégrée à Nantes en 1908 (pour les nantais et ceux qui connaissent cette belle ville, ces chantiers étaient installés à proximité du pont de Cheviré).

-La Tempête est mise sur cale le 3 décembre 1923 lancé le 21 février 1925 et armé pour essais à Lorient le 20 septembre 1925.

L'entrée en armement définitif à lieu le 20 juillet 1926, la cloture d'armement est prononcée le 28 septembre 1926 et l'admission au service actif prononcée avant la fin de l'année mais j'ignore la date exacte.
La tempête est un phénomène météorologique, «une violente perturbation atmosphérique dépressionnaire, accompagnée de vent, de précipitations sur terre ou sur mer»

Carrière opérationnelle

Le 10 novembre 1926, sont rassemblés en rade de Brest les croiseurs légers Lamotte-Picquet et Duguay Trouin, le contre-torpilleur Chacal, les torpilleurs d'escadre Tempête Simoun Bourrasque ainsi que les sous-marins Souffleur et Narval.

Ces navires sont destinés à participer à une «Croisière navale de l'Atlantique Est» et appareillent le 12 pour Dakar via Lisbonne, Casablanca Agadir et Teneriffe mais le mauvais temps bloque les trois torpilleurs dans le Tage et ce n'est que le 24 qu'il arriveront à Casablanca et le 27 à Agadir, rejoin par les sous-marins. La division pousse jusqu'à Conakry avant de rentrer par le Cap Vert, Las Palmas et Cadix. Le contre-torpilleur, les torpilleurs et les sous-marins rallient Toulon le 24 décembre 1926.

A son arrivée à Toulon, le torpilleur d'escadre Tempête est affecté à la 1ère escadrille (future division) de la 1ère flottille (future escadrille) en compagnie du Simoun, de l'Orage, du Bourrasque et de l'Ouragan.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont la Tempête et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Les navires sont ouverts au public à Alger le 4 mai et à Oran le 9 mai avant une revue navale passée par le président de la République Gaston Doumergue le 10 mai.

Le 12 juin, après un court séjour à Casablanca, l'Escadre aura repris son mouillage à Toulon et ne sortira plus avant l'automne hormis les sorties pour Golfe-Juan ou les îles d'Hyères.

Le 15 mai 1930 suite à la réorganisation de la 1ère flottille de torpilleurs, le Tempête est placé hors rang, prennant la tête de la 3ème escadrille composée des 7ème (Le Mars La Railleuse La Palme Le Fortuné) et 11ème DT (L'Alcyon Bordelais Fougueux Frondeur). Il tiendra ce statut jusqu'au 27 septembre 1933 quand il remplace le Simoun au sein de la 5ème division.

Presque un an plus tard le 15 septembre 1934, les escadrilles sont dissoutes ne laissant comme échelons organiques que la flottille et la division. La 1ère flottille en Méditerranée est réduite à trois divisions, les 1ère, 3ème et 5ème DT. La Tempête est affectée au groupe de complément (car en grandes réparations à Bizerte) en compagnie des Tramontane, Trombe, Tornade Typhon La Railleuse et L'Alcyon.

Le 14 février 1936, la Tempête quitte le groupe de complément et relève le Simoun comme stationnaire à Tanger (Maroc espagnol), tennant ce poste jusqu'au mois de septembre quand le Simoun reprend sa place.

Le déclenchement de la guerre d'Espagne oblige la marine nationale à déployer d'importants moyens dans l'Atlantique et en Médi. Le 22 juillet 1936, les amiraux commandant les 1ère et 2ème escadres reçoivent l'ordre d'envoyer des navires à la disposition des consuls de France dans les ports espagnols. La Tempête est appuyée par le contre-torpilleur Maillé-Brézé avant d'être remplacé par le croiseur lourd Suffren.

Le conflit espagnol s'internationalise bientôt. La France en dépit de sympathies évidentes pour la république (Front populaire et au plan strictement juridique, c'est un gouvernement légal) cherche à rester neutre. En dépit de cet état de fait, le 25 août 1936, le torpilleur Tempête escortnt les sous-marins Minerve et Iris est attaqué par un avion républicain, heureusement sans conséquences.

Le Tempête va rester jusqu'au déclenchement de la seconde guerre mondiale en Méditerranée, participant au contrôle naval et aux patrouilles menées par la Royale dans la région.

*
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Quand la seconde guerre mondiale éclate le 3 septembre 1939, la Tempête à été intégré à la 1ère DT de la 2ème escadre de la Flotte de la Méditerranée en compagnie des torpilleurs La Palme et Le Mars.

Il est chargé de missions d'escortant, formant le groupe occasionel G3 jusqu'à la mi-octobre 1939 avec le contre-torpilleur Tigre et son sister-ship Typhon. La neutralité italienne semblant acquise, les 1ère et 7ème DT sont retirées des forces d'escorte le 20 novembre 1939.

Le 20 novembre 1939, sont mises sur pied les Patrouilles de la Méditerranée occidentale (PATMOC) sous la direction du contre-amiral Donval qui met sa marque sur le patrouilleur auxiliaire Cyrnos.

Il dispose pour cela de la 1ère flottille de torpilleurs (1ère DT : La Palme Le Mars Tempête 3ème DT Le Fortuné Simoun La Railleuse _ce dernier à été détaché à Casablanca_ 7ème DT Tramontane Tornade Typhon et la 8ème DT Bordelais L'Alcyon Trombe) et de la 1ère EPA (escadrille de patrouilles auxiliaires composée des P1 Marigot P3 Sidi-Okba P4 Ville d'Ajaccio P5 Pascal Paoli P8 Sampiero Corso). La flotte de Méditerranée et la 6ème escadre, étant ainsi amputées d'une portion importante de leurs éléments vont êtres dissoutes.

Les 22 et 23 décembre, la force Z (cuirassé Lorraine, croiseurs légers La Marseillaise et Jean de Vienne, contre-torpilleur Lion) escortant un convoi composé des cargos Indochinois Louis LD Jean LD et City of Pretoria (transportant 150 avions en caisse) est rejointe en mer par un imposant comité d'accueil : les contre-torpilleurs Bison Maillé-Brézé Kersaint et Vauban, les torpilleurs Tempête Tornade Typhon ainsi que les chalutiers patrouilleurs équipés d'Asdic, les La Havraise et La Cancalaise.

Au large de Casablanca, les cargos escortés par le Bison et les torpilleurs rejoignent le port marocain alors que les autres navires continue sur Oran. Les cargos rejoindront la métropole ultérieurement dans d'autres convois.

Le théâtre méditerranéen reste calme jusqu'à l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin 1940 alors que la France à déjà un genou à terre. Les opérations navales sont limitées, tout juste voyant la 1ère DT couvrir la coupure du cable sous-marin Rome Barcelone par le cablier Arago (nuit du 11 au 12 juin).
Devant l'évolution défavorable des combats, l'Amirauté demande au Préfet Maritime de la 3ème région (Prémar III) de prévoir l'évacuation en Afrique du Nord des navires en achèvement ou en réparations ainsi que des stocks de munitions. On prévoit donc la mise en défense de Toulon.

La 1ère DT elle, reçoit l'ordre de gagner Port Vendres avec d'autres bâtiments pour évacuer le gouvernement dans l'hypothèse de la poursuite de la lutte depuis l'Afrique du Nord mais malheureusement cette décision n'est pas prise. La division reste dans ce port jusqu'au 3 juillet avant de rallier Toulon dans la nuit du 3 au 4 juillet.

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Après Catapult, le désarmement complet de la marine est suspendu et les forces françaises sont réorganisées. Si les gros navires dépendent des escadres (3ème à Toulon 4ème en Afrique du Nord), les unités légères comme les torpilleurs dépendent des préfets maritimes. Les torpilleurs stationnés en Afrique du Nord dépendant ainsi de Premar IV.

Dès le 1er septembre 1940, les italiens exigent qu'une flotte d'Armistice soit organisée. Le 25 septembre 1940, les Forces de Haute Mer sont constituées à Toulon sous l'autorité de l'amiral de Laborde avec le croiseur de bataille Strasbourg, deux divisions de croiseurs (1ère et 3ème DC), trois divisions de contre-torpilleurs (5ème, 7ème et 8ème DCT) et une division de torpilleurs (1ère DT).

Une «Division métropolitaine de police» est mise sur pied au sein des Forces Navales de la 3ème région avec de la «poussière navale». Les forces navale de la 4ème région sont composés de navires légers à savoir quatre divisions de torpilleurs.

La Tempête qui appartenait à la 1ère DT avec les torpilleurs La Palme et Le Mars avec Toulon comme port base, rejoint Casablanca en novembre 1940 via Bizerte, formant une 6ème DT avec le torpilleur Simoun.

Il assure plusieurs missions de protection de la marine marchande avec un premier convoi Casablanca-Oran du 10 au 13 novembre 1940, un autre entre Oran et Casablanca du 28 novembre au 2 décembre, le convoi K22 Casablanca-Oran du 12 au 14 février, le convoi R27 Oran-Casablanca du 16 au 19 février, le convoi K28 Casablanca-Oran du 26 février au 1er mars 1941.

Il escorte le bâtiment de soutien sous-marin Jules Verne accompagné par le sous-marin Psyché et trois cargos entre Casablanca et Dakar du 17 au 23 mars 1941 après avoir escorté le Jules Verne entre Oran et Casablanca du 6 au 10 mars.

Il protège le convoi K45 Casablanca-Oran du 6 au 9 avril 1941, le convoi R46 Oran-Casablanca du 10 au 12 avril, le convoi R50 Oran-Casablanca du 18 au 21 avril 1941, le convoi K57 Casablanca-Oran du 29 avril au 2 mai, le convoi K71 Casablanca-Oran du 2 au 4 juin 1941, le convoi R78 Oran-Casablanca du 17 au 20 juin.

C'est ensuite le convoi K90 Casablanca-Oran du 5 au 8 juillet 1941, le convoi R91 Oran-Casablanca du 11 au 13 juillet, le convoi K3 Casablanca-Oran du 3 au 7 août 1941, le convoi R6 Oran-Casablanca du 13 au 16 août, le convoi C12 Casablanca-Dakar du 25 août au 1er septembre, le convoi D16 Dakar-Casablanca du 5 au 12 septembre, le convoi K17 Casablanca-Oran du 15 au 18 septembre et le convoi R52 Oran-Casablanca du 9 au 12 janvier 1942.

Le 8 septembre 1942, le Simoun et le Tempête entre en collision après un exercice de lancement de torpilles, l'étrave du Simoun abordant la Tempête à la hauteur de l'affût Hotchkiss tribord : l'étrave du Simoun est à refaire mais la teugue de la Tempête n'est endommagée que sur 30cm.

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Quand la force de débarquement alliée engagée dans l'opération Torch approche des côtes marocaines dans la nuit du 7 au 8 novembre, le Tempête est toujours en réparations à Casablanca tout comme son sister-ship Tempête. Ils sont amarrés ensemble à la jetée Delure en compagnie du patrouilleur Servannaise qui est armé par une partie de l'équipage du torpilleur.

Après 7h, l'artillerie navale américaine et l'aviation embarquée du Ranger attaque le port de Casablanca. Deux bombes endommagent légèrement le Tempête, blessant mortellement le commandant Delplanque. La coque est percée en de nombreux points et fait eau.

Le patrouilleur Servannaise amarrée sur l'extérieur à couple du Tempête appareille pour permettre au torpilleur de manoeuvrer. A 10h20, le remorqueur Phosphate 2 prend le torpilleur en remorque jusqu'au fond du bassin Delpit où le torpilleur s'échoue.

Une fois l'Afrique du Nord ralliée aux alliés, la Tempête est remise en état à l'Arsenal de Casablanca, des travaux limités à la remise en état pour permettre au torpilleur de traverser l'Atlantique pour modernisation aux Bermudes.

Après une sortie d'essais au large de Casablanca le 8 avril 1943, il appareille le 12 avril en compagnie des avisos Gazelle et Commandant Bory en escorte du convoi GUS6 à destination de New York. Le torpilleur arrive aux Bermudes le 26 avril 1943 pour des travaux jusqu'au 6 juillet avant cinq sorties d'essais du 7 au 11 juillet.

Le torpilleur et les deux avisos appareillent le 14 juillet pour rejoindre le lendemain à midi le convoi UGS12 (80 navires partis de Norfolk). Trois ravitaillements en mer seront effectués auprès du pétrolier USS Escalante jusqu'au sud des Açores où le torpilleuret les avisos se séparent du convoi pour prendre en escorte le pétrolier Strinda qu'ils conduisent jusqu'à Porta Delgada (Açores). Le 25 juillet, le torpilleur se sépare des deux avisos et rentre à Casablanca le 29 juillet 1943.

Le port marocain devient le port d'attache du torpilleur qui reprend une activité soutenue, escortant sur une partie du trajet le sous-marin Glorieux qui doit être refondu aux Bermudes (12-15 août) puis protégeant des convois contre le CG56 Casablanca-Oran du 12 au 17 août, la protection du sous-marin Marsouin entre Oran et Casablanca le 21 août, le convoi CG61 Safi-Gibraltar avant de retrouver dans l'Atlantique le 7 septembre, le croiseur Jeanne d'Arc qu'il escorte jusqu'à Casablanca.

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Le 8 septembre 1943 est rendu public l'armistice entre l'Italie et les alliés. Une opportunité formidable s'ouvre pour libérer la Corse. La Tempête reçoit l'ordre de se ravitailler le 11 septembre et d'appareiller pour Alger et de s'y présenter le 12 septembre.

Le 11 septembre, le sous-marin Casabianca avait débarqué 109 hommes du Bataillon de Choc du Commandant Gambiez suivi le lendemain par deux contre-torpilleurs Le Fantasque et Le Terrible.

Cinq jours plus tard le 16 septembre, le sous-marin Perle effectue une rotation suivi le soir même par Le Fantasque, La Tempête et L'Alcyon. Le groupe arrive le 17 septembre à 1.00 du matin et débarque 450 hommes (250 sur le contre-torpilleur et 100 sur chaque torpilleur) ainsi que 30 tonnes de matériel.


La Tempête et le Basque en septembre 1943 à Ajaccio

La Tempête effectue une nouvelle rotation entre le 19 et 22 septembre en compagnie de L'Alcyon, du Fantasque et du croiseur Jeanne d'Arc. Cette fois le torpilleur n'est pas un transport mais un vrai navire de combat, patrouillant dans le golfe pendant que les autres navires déchargent.

La Tempête retrouve ensuite son rôle d'escorteur, les troupes et le matériel étant transportés par des cargos et des paquebots réquisitionnés. Il escorte un premier convoi du 14 au 20 décembre avec le torpilleur Le Fortuné et L'Ajacienne, un second avec La Boudeuse et L'Ajacienne du 24 au 30 décembre 1943.

Il commence l'année 1944 en escortant un convoi avec L'Alcyon du 9 au 13 janvier suivit d'un second avec l'aviso Commandant Bory du 21 au 28 décembre, un troisième avec le Commandant Bory à l'aller et La Boudeuse au retour (8 au 14 mars 1944), un quatrième avec le Commandant Bory du 24 mars au 2 avril 1944, un cinquième avec le Forbin et le Tigre du 16 au 21 avril, un sixième avec l'Alcyon et le Forbin (ce dernier pour l'aller) du 24 au 29 avril 1944.

Il escorte un septième convoi avec le Forbin et l'Algérien du 2 au 6 mai 1944, un huitième avec le Simoun et l'Algérien du 10 au 16 mai 1944, un neuvième avec l'aviso Commandant Détroyat et le patrouilleur Sabre du 18 au 26 mai, un dixième avec le patrouilleur Cimeterre du 22 juin 1944 à début juillet 1944, un onzième avec l'escorteur Algérien du 8 au 15 juillet, un douzième avec le patrouilleur Cimeterre du 13 au 21 juillet, un treizième avec le Forbin à la fin du mois de juillet et un quatorzième avec le patrouilleur Coutelas du 15 au 22 août 1944.

A partir du 15 juillet 1944, la Tempête et le Simoun vont protéger le cuirassé Lorraine à l'entrainement dans la région de Naples. Les deux torpilleurs précédement cités et l'Alcyon vont ensuite être engagés dans le débarquement de Provence, escortant du 13 au 18 août les transports entre la zone d'opérations et les bases arrières situées soit en Afrique du Nord soit en Italie.

Du 22 au 25 août, le Simoun et la Tempête escortent un convoi d'une cinquantaine de Liberty Ship et de LST sur Cavalaire et Saint-Tropez par les bouches de Bonifaccio. La Tempête arrive à Oran le 30 août avec trente LST. La Tempête réapareille le 5 septembre en escorte d'un convoi en direction de Marseille.

Le 22 septembre 1944, la Tempête rallie Casablanca pour passer en grand carénage puis appareille en octobre pour Toulon afin de subir des travaux d'armement aux chantiers de La Seyne. Les modifications achevées le 25 janvier 1945, la Tempête est alors affectée à la Flank Force à partir du 29 janvier 1945 destinée à couvrir le Golfe de Gênes et à appuyer la progression des troupes alliées en Italie du Nord.

La Tempête effectue un premier tir contre terre le 10 février 1945 avec 62 coups de 130mm contre des casernements et 46 contre un dépôt logistique. Le lendemain, 11 février, la Tempête tire 13 coups sur un poste de commandement et 65 sur des dépôts. Le 12, il tire 106 coups, le 19 il tire 51 coups sur un dépôt de munition suivit le 27 février de 42 coups sur une batterie de mortiers et 63 coups sur une gare de triage. Au total, au mois de février, le torpilleur à tiré 448 obus de 130mm.

Au mois de mai, La Tempête tire 71 coups sur une batterie étant très légèrement endommagé par des éclats d'obus de 88mm le 3 mars suivit par 28 coups sur une concentration de troupes ennemies le 4 mars, 34 coups sont encore tirés sur un dépôt le 7 mars, 38 coups le 26 mars soit un total pour le mois de mars de 171 projectiles.

Le 3 avril, la Tempête tire 116 coups sur une station radio et des positions d'artillerie allemandes suivi le 8 avril par 42 coups sur une batterie côtière et 162 coups le 15 soit un total pour le mois d'avril de 320 projectiles.
Au final, la Tempête à tiré un total de 939 obus dans le cadre de son affection à la Flank Force/TF 86.

Le 11 mai 1945, La Tempête quitte Toulon pour Alger et participe à la repression de la révolte de Setif commencée le 8 mai. Il reste dans la région de Bône et de Philippeville jusqu'au 20 juin 1945 avant de gagner Oran le 23 juin pour un petit carénage.

Les travaux d'entretien terminés, La Tempête participe à des exercices d'entrainement avec le croiseur léger (ex-contre-torpilleur) Le Fantasque du 12 au 26 août avant de rentrer à Toulon le 28 août.

Indisponible en personnel tout le mois d'octobre, La Tempête est requise pour une mission de transport à destination d'Ajaccio du 27 au 29 novembre. Il enchaine par une nouvelle mission de transport entre Toulon et Alger du 6 au 12 décembre 1945.

Il est ensuite indisponible de très longs mois avant de gagner Cherbourg le 3 février 1946 pour y être mis en réserve normale. Au troisième trimestre 1947, la Tempête est remorqué à Landevennec.

La Tempête est rayée le 17 février 1950 et vendu à la démolition le 1er août 1951.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:49

La Tornade

Le torpilleur Tornade

Présentation

Par le marché 607F du 21 février 1923, la construction du neuvième torpilleur de classe Bourrasque est attribuée aux chantiers navals Dyle & Bacalan installés à Bordeaux.

-La Tornade est mise sur cale le 25 avril 1923 lancé le 12 mars 1925. Armé pour essais le 1er août 1926, il entre en armement définitif le 1er octobre 1927, la cloture d'armement est prononcée le 10 mai 1928 et admis au service actif le 21 mai 1928.

La Tornade est une perturbation atmosphérique tourbillonaire de grande intensité mais de dimension limitée, accompagnée de vents violents.

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, La Tornade est affectée à l'Escadre de la Méditerranée au sein de la 1ère flottille, formant la 3ème escadrille avec les torpilleurs Trombe Typhon et Tramontane.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont La Tornade et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Les navires sont ouverts au public à Alger le 4 mai et à Oran le 9 mai avant une revue navale passée par le président de la République Gaston Doumergue le 10 mai.

Le 12 juin, après un court séjour à Casablanca, l'Escadre aura repris son mouillage à Toulon et ne sortira plus avant l'automne hormis les sorties pour Golfe-Juan ou les îles d'Hyères.

Le 1er novembre 1930, la flottille de torpilleurs de la 1ère escadre est réorganisée. Un groupe de complèment est créé avec deux divisions. Outre la 1ère DT composée des Bourrasque Orage et Ouragan, ce groupe est également composé de la 3ème DT composée des Tramontane Trombe Typhon et Tornade.

Toutes ces unités sont en disponibilité armée avec un équipage réduit, compensant la pénurie d'effectifs qui frappe la marine avec la mise en service de nombreuses unités. Ce statut ne sera levé que le 16 décembre 1932.

Le 15 septembre 1934, les escadrilles sont dissoutes ne laissant que les échelons de flottille et de divisions. Cela ne change rien pour la Tornade qui reste dans le groupe de complément de la 1ère flottille de torpilleurs (Escadre de la Méditerranée).

Le déclenchement de la guerre d'Espagne et les servitudes qu'elle impose à la flotte entraine une nouvelle organisation des flottilles de torpilleurs, supprimant notament les groupes de compléments.

C'est ainsi que La Tornade et le Typhon forment en août 1936 avec L'Alcyon la 7ème division de torpilleurs rattachée à la 2ème flottille (Escadre de l'Atlantique).

Le 3 septembre 1936, La Tornade évacue du port de Seville sous contrôle nationaliste des ressortissants français venant de Cordoue et de Grenade. Une avarie à la sortie du chenal l'immobilise et un patrouilleur républicain vient aux nouvelles. Cet événement mal interprété déclenche les foudres de Radio-Séville qui accuse la France d'être en collusion avec le gouvernement républicain.

Le torpilleur sera ensuite affecté au contrôle naval en place de mars à septembre 1937 dans la Zone de Galice, se relayant avec d'autres torpilleurs de la 2ème flottille.

Ces opérations n'arrêtent pas l'entrainement et après des manoeuvres de printemps, une revue navale à lieu le 27 mai en présence des torpilleurs Bourrasque Orage Ouragan Tornade Trombe et Tramontane.

En juillet 1938, la 7ème DT accompagnée de la 5ème DT escortent le yacht du roi et de la reine d'Angleterre en visite en France, mouillant à cette occasion à Boulogne, Cherbourg et Calais.

Deux mois plus tard, en septembre 1938, la 7ème DT (Typhon Tornade Tramontane qui à remplacé l'Alcyon le 1er septembre) au complet est affectée à l'escadre d'instruction de Méditerranée.

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Quand éclate le second conflit mondial, la 7ème DT est affectée à la 2ème escadre de la flotte de la Méditerranée. De manière éphémère, La Tornade formera le groupe occasionel G2 avec son sister-ship Tramontane et le destroyer britannique Glowworm.

Les 1ère et 7ème DT sont retirées des forces d'escorte le 20 novembre et aussitôt affectées aux Patrouilles de la Méditerranée occidentale ou PATMOC. C'est dans ce cadre qu'il assurera à la fin du mois de décembre la protection avec d'autres navires d'un convoi transportant 150 avions américains en Afrique du Nord puis en métropole.

Début 1940, la Tornade gagne Oran avec le reste de sa division et le 10 avril 1940, la 7ème DT est mise au ordre d'Amiral-Afrique et basée à Casablanca mais seul le Typhon effectuera des missions d'escorte.

Avec l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin 1940, la guerre sous-marine reprend. Le 11, les torpilleurs Tornade et Typhon sont appelés en renforts de l'aviso Commandant Bory qui venait de reprérer un périscope au large du cap Matifou mais la traque ne donne aucun résultat.

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Quand est signé l'armistice, La Tornade comme ses deux sister-ship de la 7ème DT se trouve à Oran, attendant la suite des événements. Le 3 juillet alors que les canons anglais tirent sur la Force de Raid immobilisée à Mers-El-Kébir, les torpilleurs Trombe et Bordelais de la 8ème DT accompagnés du torpilleur de 610 tonnes La Poursuivante appareillent suivis des 5ème et 7ème DT pour couvrir la sortie du Strasbourg et des contre-torpilleurs Volta, Le Terrible, Lynx et Tigre.

Les torpilleurs augmentent leur vitesse à 27 noeuds mais seul Le Bordelais et La Poursuivante pourront suivre le rythme d'enfer du croiseur de bataille et de se maintenir à ses côtes, les autres navires s'occupant de l'arrière garde, échangeant quelques avec des avions britanniques.

Il était un temps prévu que le Strasbourg et les contre-torpilleurs retrouve les croiseurs légers sortis d'Alger mais le Strasbourg gardant le silence radio, la concentration fût annulée et la 7ème DT gagna Alger où elle arriva le 4 vers 4h30.

A partir du 12 juillet 1940, la 7ème DT est basée à Bizerte sous les ordes du vice-amiral commandant les forces navales françaises de Tunisie. Le 27 janvier 1941, la 7ème DT appareille de Bizerte pour toulon où elle arrive le 31 octobre.

La Tornade et ses deux sister-ship effectuent une sortie d'entrainement avec les Forces de Haute Mer (FHM) du 18 au 20 février. La Tornade accompagnée de La Tramontane appareillent de Toulon le 12 avril pour Bizerte où ils arrivent le lendemain (Le Typhon ne les rejoindra que le 17 juin 1941).

Depuis Bizerte, ils tenteront tant bien que mal de maintenir la souveraineté de la France de Vichy sur la Tunisie, devant parfois faire usage de leur DCA contre des avions ennemis attaquant Bizerte et à partir d'octobre 1941, assure des escortes de convois.

Le 15 septembre 1942, la Tornade et les autres navires de la 7ème DT quitte Bizerte pour Oran où elle arrive le 1er octobre après des escales à Bône, Philippeville, Djidjelli, Bougie et Alger. Leur activité jusqu'au 8 novembre est faible.

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Craignant une action des forces alliées en direction de l'Afrique du Nord, la vigilance est renforcée dès le 6 novembre, deux jours avant le débarquement allié qui à lieu le 8 novembre au Maroc et en Algérie.

A 3.00, ce 8 novembre, deux anciens cutters des gardes-côtes américains cédés aux britanniques, les HMS Walney et Hartland et les vedettes ML480 et 483 se présentent à l'entrée du port d'Oran dans l'espoir de débarquer ses commandos et de le contrôler sans trop de combats.

Peine perdue, le bâtiment en alerte lance une fusée éclairante. L'un des vedettes est touché et profitant de la confusion, le Walney franchit à 15 noeuds les deux barrages flottants.

Il aborde ensuite par accident la deuxième vedette puis passe le Typhon qui tire avec son artillerie légère sans pour autant arrêter la corvette qui dépose ses commandos et repart en direction du Quai d'Alger pour débarquer le gros des troupes, tombant sous le feu du contre-torpilleur L'Epervier et de La Tramontane qui la transforme en brulôt flottant.

Le Hartland lui tente de forcer la passe mais se heurte au Typhon qui tire trente obus de 130mm qui transforme la corvette en brulôt flottante qui explose à 9h30.

Une fois les deux navires anglais détruits, la Tramontane appareille suivit par La Tornade mais cette dernière gênée par la fumée du Hartland heurte les enrochements de la digue, mis hors de combat avec l'étrave arrachée. La vitesse doit réduite à 6 noeuds avant de remonter à 12 noeuds après épontillage de la cloison mais réduite à 10 pour éviter une trop grande fatigue structurelle.

A 6.15, le croiseur léger Aurora et les destroyers Boadicea et Calpe sont aperçus. Le Boadicea lance un appel qui restant sans réponse, ouvre le feu à 12000m mais la riposte énergique du torpilleur le dissuade de continuer après un coup au but, le destroyer se réfugiant derrière un écran de fumée.

A 6.50, le Calpe (type Hunt) ouvre le feu, encadrant la Tornade qui pousse à 20 noeuds avant de remettre à 12 noeuds puis de mettre au cap 80 pour rendre ses tubes lance-torpilles battants sur le croiseur léger Aurora qui est maintenant à 6000m mais les 6 torpilles sont lancées sans résultats.

Le croiseur et le Calpe ripostent aux tirs du Typhon et de La Tornade qui encaisse successivement cinq obus tout en ripostant jusqu'à vider ses soutes puisqu'il ne restait plus à la fin du combat que trente coups de 130mm.

Avec la barre bloquée et une gite tribord de plus en plus importante, le navire est ingouvernable et hors de combat. Le navire dérive vers la terre et l'évacuation est ordonnée. Alors qu'elle se termine, à 8.25, le navire se couche sur tribord et coule.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:52

La Tramontane

Le torpilleur Tramontane

Présentation

Par le marché 607G du 14 février 1923, la construction de l'antépénultième torpilleur de la tranche 1922 du programme naval est confié aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) installés à Bordeaux.

-La Tramontane est mise sur cale le 29 juin 1923 lancée le 29 novembre 1924 et armée pour essais le 25 janvier 1926. il entre en armement le 15 mai 1927, la cloture d'armement est prononcée le 15 octobre 1927 et admis au service actif le 1er janvier 1928.

La Tramontane (de l'italien tramontana _Etoile polaire_) est un vent du nord ouest soufflant sur le bas Languedoc et le Roussillon et présentant les mêmes caractéristiques que le mistral.


Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, La Tramontane est affecté à l'Escadre en Méditerranée au sein de la 3ème escadrille de la 1ère flottille composée en plus de La Tramontane des torpilleurs Tornade Trombe Typhon.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont La Tramontane et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. Au cours d'une manoeuvre d'accostage, La Tramontane heurte le quai d'escale et se fait une déchirure. La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Les navires sont ouverts au public à Alger le 4 mai et à Oran le 9 mai avant une revue navale passée par le président de la République Gaston Doumergue le 10 mai. Le 12 juin, après un court séjour à Casablanca, l'Escadre aura repris son mouillage à Toulon et ne sortira plus avant l'automne hormis les sorties pour Golfe-Juan ou les îles d'Hyères.

Le 1er novembre 1930, la flottille de torpilleurs de la 1ère escadre est réorganisée. Un groupe de complèment est créé avec deux divisions. Outre la 1ère DT composée des Bourrasque Orage et Ouragan, ce groupe est également composé de la 3ème DT composée des Tramontane Trombe Typhon et Tornade.

Toutes ces unités sont en disponibilité armée avec un équipage réduit, compensant la pénurie d'effectifs qui frappe la marine avec la mise en service de nombreuses unités. Ce statut ne sera levé que le 16 décembre 1932.

Le 15 septembre 1934, les escadrilles sont dissoutes ne laissant que les échelons de flottille et de divisions. Cela ne change rien pour la Tramontane qui reste dans le groupe de complément de la 1ère flottille de torpilleurs (Escadre de la Méditerranée).

Le 15 août 1936, les flottilles sont à nouveau réorganisées et les groupes de complément sont supprimées. Le torpilleur La Tramontane est transféré dans l'Atlantique où il forme la 8ème Division de Torpilleurs (8ème DT) avec son sister-ship La Trombe et le torpilleur Bordelais (classe L'Adroit).

La Tramontane va donc être largement engagée dans la guerre d'Espagne d'abord pour protéger l'évacuation des ressortissants par la côte basque et galicienne puis pour le contrôle navale de mars à septembre 1937.

Ces opérations n'arrêtent pas l'entrainement et après des manoeuvres de printemps, une revue navale à lieu le 27 mai en présence des torpilleurs Bourrasque Orage Ouragan Tornade Trombe et Tramontane.

Après une activité soutenue, La Tramontane est indisponible à partir du 1er septembre pour grandes réparations. Une fois réparé, il est transféré le 1er septembre 1938 à la 7ème DT où il remplace L'Alcyon et suit donc ses deux congénères en Méditerranée où la division est affectée à l'escadre d'instruction.

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Quand la France et la Grande Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939, la 7ème DT retrouve un rôle plus opérationnel au sein de la 2ème escadre de la Flotte de la Méditerranée. De manière éphémère, La Tramontane formera le groupe occasionel G2 avec son sister-ship Tornade et le destroyer britannique Glowworm.

Les 1ère et 7ème DT sont retirées des forces d'escorte le 20 novembre et aussitôt affectées aux Patrouilles de la Méditerranée occidentale ou PATMOC. C'est dans ce cadre qu'il assurera à la fin du mois de décembre la protection avec d'autres navires d'un convoi transportant 150 avions américains en Afrique du Nord puis en métropole.

Début 1940, la Tramontane gagne Oran avec le reste de sa division et le 10 avril 1940, la 7ème DT est mise au ordre d'Amiral-Afrique et basée à Casablanca mais seul le Typhon effectuera des missions d'escorte. Le 23 mars, il est mis à la disposition du centre de la recherche de la marine pour tester les possibilités du matériel d'écoute ultrason français SS1

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Quand est signé l'armistice, La Tramontane comme ses deux sister-ship de la 7ème DT se trouve à Oran, attendant la suite des événements. Le 3 juillet alors que les canons anglais tirent sur la Force de Raid immobilisée à Mers-El-Kébir, les torpilleurs Trombe et Bordelais de la 8ème DT accompagnés du torpilleur de 610 tonnes La Poursuivante appareillent suivis des 5ème et 7ème DT pour couvrir la sortie du Strasbourg et des contre-torpilleurs Volta, Le Terrible, Lynx et Tigre.

Les torpilleurs augmentent leur vitesse à 27 noeuds mais seul Le Bordelais et La Poursuivante pourront suivre le rythme d'enfer du croiseur de bataille et de se maintenir à ses côtes, les autres navires s'occupant de l'arrière garde, échangeant quelques avec des avions britanniques.

Il était un temps prévu que le Strasbourg et les contre-torpilleurs retrouve les croiseurs légers sortis d'Alger mais le Strasbourg gardant le silence radio, la concentration fût annulée et la 7ème DT gagna Alger où elle arriva le 4 vers 4h30.

A partir du 12 juillet 1940, la 7ème DT est basée à Bizerte sous les ordes du vice-amiral commandant les forces navales françaises de Tunisie. Le 27 janvier 1941, la 7ème DT appareille de Bizerte pour toulon où elle arrive le 31 janvier.

La Tramontane et ses deux sister-ship effectuent une sortie d'entrainement avec les Forces de Haute Mer (FHM) du 18 au 20 février. La Tramontane accompagnée de La Tornade appareillent de Toulon le 12 avril pour Bizerte où ils arrivent le lendemain (Le Typhon ne les rejoindra que le 17 juin 1941).

Depuis Bizerte, ils tenteront tant bien que mal de maintenir la souveraineté de la France de Vichy sur la Tunisie, devant parfois faire usage de leur DCA contre des avions ennemis attaquant Bizerte et à partir d'octobre 1941, assure des escortes de convois.
Le 15 septembre 1942, la Tramontane et les autres navires de la 7ème DT quitte Bizerte pour Oran où elle arrive le 1er octobre après des escales à Bône, Philippeville, Djidjelli, Bougie et Alger. Leur activité jusqu'au 8 novembre est faible.

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Craignant une action des forces alliées en direction de l'Afrique du Nord, la vigilance est renforcée dès le 6 novembre, deux jours avant le débarquement allié qui à lieu le 8 novembre au Maroc et en Algérie.

A 3.00, ce 8 novembre, deux anciens cutters des gardes-côtes américains cédés aux britanniques, les HMS Walney et Hartland et les vedettes ML480 et 483 se présentent à l'entrée du port d'Oran dans l'espoir de débarquer ses commandos et de le contrôler sans trop de combats. Peine perdue, le bâtiment en alerte lance une fusée éclairante. L'un des vedettes est touché et profitant de la confusion, le Walney franchit à 15 noeuds les deux barrages flottants.

Il aborde ensuite par accident la deuxième vedette puis passe le Typhon qui tire avec son artillerie légère sans pour autant arrêter la corvette qui dépose ses commandos et repart en direction du Quai d'Alger pour débarquer le gros des troupes, tombant sous le feu du contre-torpilleur L'Epervier et de La Tramontane qui la transforme en brulôt flottant.

Le Hartland lui tente de forcer la passe mais se heurte au Typhon qui tire trente obus de 130mm qui transforme la corvette en brulôt flottante qui explose à 9h30.

Une fois les deux navires anglais détruits, la Tramontane prend la mer après avoir du quitter son poste pour échapper au Walney, suivit par La Tornade mais cette dernière gênée par la fumée du Hartland heurte les enrochements de la digue, mis hors de combat avec l'étrave arrachée.

Vers 5.00, La Tramontane met cap au Nord. Il ne dispose que de trois pièces de 130mm, la pièce n°4 n'à pu être armée faute personnel, le torpilleur ayant appareillé sans sa compagnie de débarquement et sans ses permissionnaires.

Sur babord, le croiseur léger HMS Aurora est aperçu. Ce dernier repond au signal de reconnaissance en ouvrant le feu. Le torpilleur est rapidement privé de toute son artillerie. Le torpilleur évolue en zigzag et les soutes avants doivent être noyées après un début d'incendie.

Le croiseur est suffisamment proche pour utiliser ses canons de 40mm tout en continuant à tirer avec ses six canons de 6 pouces, faisant des ravages, le torpilleur flambant du rouf arrière à la passerelle.

Sans artillerie, le torpilleur met à tribord sur la pointe de l'Aiguille mais l'avant s'enfonce rapidement. Le navire doit stopper et l'évacuation est ordonnée. Les blessés évacués sur un canot succombe sous les coups de l'hélice tournant encore ce qui provoque le naufrage du canot. Les valides ont sauté à l'eau et sont vites assistés par le Typhon qui doit arrêter car engagé par des navires britanniques.

Dans l'après midi, le remorqueur Contentin est envoyé par Marine-Oran pour prendre en remorque La Tramontane qui flottait encore et dont les incendies étaient éteints. Il le prend en remorque pour l'échouer sur un banc de sable en baie de Krystel.

J'ignore son sort final mais l'épave à probablement été démolie après guerre.


Epave du torpilleur La Tramontane

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 22:55

Le Typhon

Le Typhon à la mer

Présentation

Par le marché 607G du 14 février 1923, la construction du onzième torpilleur de la tranche 1922 du programme naval est confié aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) installés à Bordeaux.

-Le Typhon est mis sur cale en septembre 1923 lancé le 22 mai 1925 et armé pour essais le 20 janvier 1927. Il entre en armement définitif le 15 février 1928, la cloture est prononcée le 27 juin 1928 et admis au service actif le 22 octobre 1928.

Le Typhon (du grec tuphon tourbillon) est un cyclone tropical violent en Extrême Orient.

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, le Typhon est affecté à la 3ème escadrille de la 1ère flottille en compagnie des torpilleurs Tornade Trombe et Tramontane.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont La Typhon et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. . La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

A noter qu'en juin 1929, le Typhon sera le premier à inaugurer la pratique de confier l'entretien des torpilleurs à l'Arsenal de Bizerte pour soulager Toulon.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Les navires sont ouverts au public à Alger le 4 mai et à Oran le 9 mai avant une revue navale passée par le président de la République Gaston Doumergue le 10 mai. Le 12 juin, après un court séjour à Casablanca, l'Escadre aura repris son mouillage à Toulon et ne sortira plus avant l'automne hormis les sorties pour Golfe-Juan ou les îles d'Hyères.

Le 1er novembre 1930, la flottille de torpilleurs de la 1ère escadre est réorganisée. Un groupe de complèment est créé avec deux divisions. Outre la 1ère DT composée des Bourrasque Orage et Ouragan, ce groupe est également composé de la 3ème DT composée des Tramontane Trombe Typhon et Tornade.

Toutes ces unités sont en disponibilité armée avec un équipage réduit, compensant la pénurie d'effectifs qui frappe la marine avec la mise en service de nombreuses unités. Ce statut ne sera levé que le 16 décembre 1932.

Le 15 septembre 1934, les escadrilles sont dissoutes ne laissant que les échelons de flottille et de divisions. Cela ne change rien pour la Typhon qui reste dans le groupe de complément de la 1ère flottille de torpilleurs (Escadre de la Méditerranée).

En août 1936, les groupes de complément sont supprimés et le Typhon est envoyé dans l'Atlantique formant la 7ème DT avec L'Alcyon et La Tornade. Il participe aux opérations liées à la guerre d'Espagne notament le contrôle naval (mars-septembre 1937).

Le 24 août 1937, le Typhon accompagné du contre-torpilleur Le Malin et les avisos Somme et Vaucquois se postent en dehors des eaux territoriales espagnoles au large de Santander pour couvrir l'évacuation des républicains qui tentent d'échapper à l'emprise des nationalistes.

En juillet 1938, la 7ème DT accompagnée de la 5ème DT escortent le yacht du roi et de la reine d'Angleterre en visite en France, mouillant à cette occasion à Boulogne, Cherbourg et Calais.

Deux mois plus tard, en septembre 1938, la 7ème DT (Typhon Tornade Tramontane qui à remplacé l'Alcyon le 1er septembre) au complet est affectée à l'escadre d'instruction de Méditerranée.

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Quand éclate le second conflit mondial, Le Typhon est intégré à la 7ème DT au sein de la 2ème escadre de la Flotte de la Méditerranée. De manière éphémère, Le Typhon formera le groupe occasionel G3 avec le contre-torpilleur Tigre et le torpilleur Tempête pour protéger plusieurs convois de transport de troupes et ce jusqu'à la mi-octobre.

Les 1ère et 7ème DT sont retirées des forces d'escorte le 20 novembre et aussitôt affectées aux Patrouilles de la Méditerranée occidentale ou PATMOC. C'est dans ce cadre qu'il assurera à la fin du mois de décembre la protection avec d'autres navires d'un convoi transportant 150 avions américains en Afrique du Nord puis en métropole.

Début 1940, la Typhon gagne Oran avec le reste de sa division et le 10 avril 1940, la 7ème DT est mise au ordre d'Amiral-Afrique et basée à Casablanca. Il sera le seul à effectuer des escortes de convois, le convoi 87KF Casablanca-Brest du 13 au 17 avril, le convoi 51XF Le Verdon-Casablanca du 22 au 26 avril et enfin le convoi 22RS les 1er et 2 mai entre Casablanca et Gibraltar.

Avec l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin 1940, la guerre sous-marine reprend. Le 11, les torpilleurs Tornade et Typhon sont appelés en renforts de l'aviso Commandant Bory qui venait de reprérer un périscope au large du cap Matifou mais la traque ne donne aucun résultat. Le 25 juin, e Typhon évacue sur Oran la Mission navale de Gibraltar.

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Quand est signé l'armistice, La Tornade comme ses deux sister-ship de la 7ème DT se trouve à Oran, attendant la suite des événements. Le 3 juillet alors que les canons anglais tirent sur la Force de Raid immobilisée à Mers-El-Kébir, les torpilleurs Trombe et Bordelais de la 8ème DT accompagnés du torpilleur de 610 tonnes La Poursuivante appareillent suivis des 5ème et 7ème DT pour couvrir la sortie du Strasbourg et des contre-torpilleurs Volta, Le Terrible, Lynx et Tigre.

Les torpilleurs augmentent leur vitesse à 27 noeuds mais seul Le Bordelais et La Poursuivante pourront suivre le rythme d'enfer du croiseur de bataille et de se maintenir à ses côtes, les autres navires s'occupant de l'arrière garde, échangeant quelques avec des avions britanniques.

Il était un temps prévu que le Strasbourg et les contre-torpilleurs retrouve les croiseurs légers sortis d'Alger mais le Strasbourg gardant le silence radio, la concentration fût annulée et la 7ème DT gagna Alger où elle arriva le 4 vers 4h30.
A partir du 12 juillet 1940, la 7ème DT est basée à Bizerte sous les ordes du vice-amiral commandant les forces navales françaises de Tunisie.

Le 28 novembre 1940, le Typhon appareille de Bizerte suite à un SOS lancé la veille par un quadrimoteur d'Air Force piloté par Guillaumet et Reine et transportant en Syrie, Jean Chiappe, l'ancien préfet de police de Paris, l'avion étant tombé dans un combat aérien anglo-italien. Le torpilleur ne trouvera que des débris de plancher, un troncon de cornière en duralium et un gilet de sauvetage.

Le 27 janvier 1941, la 7ème DT appareille de Bizerte pour toulon où elle arrive le 31 janvier. Le Typhon et ses deux sister-ship effectuent une sortie d'entrainement avec les Forces de Haute Mer (FHM) du 18 au 20 février. Si La Tramontane et La Tornade regagnent Bizerte en avril, le Typhon ne retrouve la Tunisie que le 17 juin 1941.

Le 15 septembre 1942, le Typhon et les autres navires de la 7ème DT quitte Bizerte pour Oran où elle arrive le 1er octobre après des escales à Bône, Philippeville, Djidjelli, Bougie et Alger. Leur activité jusqu'au 8 novembre est faible.

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Craignant une action des forces alliées en direction de l'Afrique du Nord, la vigilance est renforcée dès le 6 novem, deux jours avant le débarquement allié qui à lieu le 8 novembre au Maroc et en Algérie.

A 3.00, ce 8 novembre, deux anciens cutters des gardes-côtes américains cédés aux britanniques, les HMS Walney et Hartland et les vedettes ML480 et 483 se présentent à l'entrée du port d'Oran dans l'espoir de débarquer ses commandos et de le contrôler sans trop de combats. Peine perdue, le bâtiment en alerte lance une fusée éclairante. L'un des vedettes est touché et profitant de la confusion, le Walney franchit à 15 noeuds les deux barrages flottants.

Il aborde ensuite par accident la deuxième vedette puis passe le Typhon qui tire avec son artillerie légère sans pour autant arrêter la corvette qui dépose ses commandos et repart en direction du Quai d'Alger pour débarquer le gros des troupes, tombant sous le feu du contre-torpilleur L'Epervier et de La Tramontane qui la transforme en brulôt flottant.

Le Hartland lui tente de forcer la passe mais se heurte au Typhon qui tire trente obus de 130mm qui transforme la corvette en brulôt flottante qui explose à 9.30.

Le Typhon appareille ensuite, retrouvant la Tornade en facheuse posture. Il riposte aux tirs du croiseur Aurora et de deux destroyers puis une fois l'évacuation du Tornade en bonne voie, il retrouve sa liberté de manoeuvre. Il poursuit à 26 noeuds direction Arzew mais il n'à plus de torpilles, que 50% de ses munitions et est encombré de rescapés. Le commandant du navire décide donc de faire demi-tour en direction d'Oran, s'amarrant au quai Milleran à 7.55 et se ravitaille aussitôt tout en débarquant les rescapés.

Le lendemain, 9 novembre, le torpilleur Typhon et le contre-torpilleur Epervier reçoivnt l'ordre d'appareiller pour tenter de fuir en direction de la métropole. Ils appareillent vers 9.00, profitant d'une légère brume mais les deux navires sont repérés vers 9.30 par l'ennemi.

A 10.20, les deux navires font demi-tour pour échapper à l'encerclement mais trois minutes plus tard, le croiseur léger Aurora ouvre le feu imité par le croiseur léger Jamaïca et un destroyer. Les deux navires se défendent vaillament. L'Epervier est mis hors de combat mais Le Typhon parvient à rentrer au port après une tentative de renouer avec l'Epervier, tentative contrée par l'Aurora. Le torpilleur à finalement la vie sauve grâce à la protection de la batterie du Canastel (trois canons de 240mm).

A 16.50, Marine-Oran donne l'ordre d'embouteiller le port. Le Typhon et le remorqueur-dragueur Pigeon protège l'opération. Le remorqueur est sabordé le lendemain au milieu de la seconde passe suivi par le Typhon à 20.20 après évacuation l'équipage non indispensable par le remorqueur militaire Kairouan.

J'ignore là encore son sort final mais il est probable que l'épave à été relevé après guerre et démantelée.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 23:00

La Trombe

Le torpilleur Trombe au début de sa carrière

Présentation

Par le marché 607G du 14 février 1923, la construction du douzième et dernier torpilleur de classe Bourrasque est attribuée comme l'antépénultième et le pénultième aux Forges et Chantiers de la Gironde (FCG) mais pas à leur site principal mais à leur site d'Harfleur, un site ouvert en 1917 et fermé en 1926.

-La Trombe est mise sur cale le 5 mars 1924 lancé le 27 décembre 1925 et armé pour essais le 1er juin 1926. Il entre en armement définitif le 1er juin 1927, la cloture d'armement est prononcé le 27 octobre 1927 et admis au service actif le 21 décembre 1927.

La Trombe (de l'italien tromba) est une tornade en milieu maritime. C'est pour cela qu'on parle de trombes d'eau pour désigner une averse abondante et particulièrement brutale

Carrière opérationnelle

A son admission au service actif, La Trombe est affecté à la 3ème escadrille de la 1ère flottille en compagnie des torpilleurs Tornade Typhon et Tramontane.

Le 30 mai 1928, l'escadre de la Méditerranée appareille pour l'Atlantique afin de participer à des manoeuvres communes avec le reste de la flotte. Elle mobilisera pour cela quatre cuirassés, le porte-avions Béarn, le croiseur Mulhouse, quatre contre-torpilleurs, quatorze torpilleurs dont La Typhon et treize sous-marins. L'escadre arrive ainsi à Brest le 22 juin après des escales à Safi, Casablanca et Nantes.

Les manoeuvres s'achèvent le 29 juin par une escale au Havre pour de nombreuses festivités maritimes, couronnées par la visite le 3 juillet du président de la République, Gaston Doumergue et du ministre de la Marine, Georges Leygues. . La 1ère escadre est de retour à Toulon le 4 août.

En octobre et novembre 1929, l'escadre fait une croisière associée à des manoeuvres au large de la Tunisie et de la Corse. Le 12 novembre, lors du départ d'Ajaccio, un tuyau à vapeur explose faisant trois morts et un blessé à bord du torpilleur qui rentre néanmoins le 15 novembre à Toulon.

Les mois de mai et de juin 1930 voit la majorité des navires de la 1ère escadre déployés en Afrique du Nord pour la célébration du centenaire de la conquête de l'Algérie puis des manoeuvres. Les navires sont ouverts au public à Alger le 4 mai et à Oran le 9 mai avant une revue navale passée par le président de la République Gaston Doumergue le 10 mai. Le 12 juin, après un court séjour à Casablanca, l'Escadre aura repris son mouillage à Toulon et ne sortira plus avant l'automne hormis les sorties pour Golfe-Juan ou les îles d'Hyères.

Le 1er novembre 1930, la flottille de torpilleurs de la 1ère escadre est réorganisée. Un groupe de complèment est créé avec deux divisions. Outre la 1ère DT composée des Bourrasque Orage et Ouragan, ce groupe est également composé de la 3ème DT composée des Trombe Tramontane Typhon et Tornade.

Toutes ces unités sont en disponibilité armée avec un équipage réduit, compensant la pénurie d'effectifs qui frappe la marine avec la mise en service de nombreuses unités. Ce statut ne sera levé que le 16 décembre 1932.

Le 15 septembre 1934, les escadrilles sont dissoutes ne laissant que les échelons de flottille et de divisions. Cela ne change rien pour La Trombe qui reste dans le groupe de complément de la 1ère flottille de torpilleurs (Escadre de la Méditerranée) reformant la 3ème DT avec La Tramontane et La Tornade.

Le 25 mars 1936, l'Etat major affecte le torpilleur Trombe à la Division Navale du Levant. Le torpilleur appareille le jour même et arrive sur zone le 1er avril. Il y passera près de six mois, étant de retour à Brest le 19 octobre 1936 où il forme la 8ème DT avec La Tramontane et Le Bordelais.

Comme le reste de la 2ème flottille de torpilleurs, La Trombe participe aux opérations liées à la guerre d'Espagne.

Le 27 mai 1937, une grande revue navale à lieu au large de l'île de Sein après les manoeuvres de printemps, revue à laquelle participe le torpilleur Bourrasque et ses sister-ship Orage Ouragan Tornade Trombe et Tramontane.

La Trombe est indisponible à partir du 1er septembre 1937 pour grandes réparations après une activité soutenue avant de reprendre jusqu'au mois d'août 1939 quand la marine nationale adopte son dispositif de guerre.

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En juillet 1939, les escadres de l'Atlantique et les escadres de la Méditerranée sont supprimées remplacées par la Flotte de l'Atlantique regroupant les 1ère et 5ème escadre et la Flotte de la Méditerranée qui regroupera les 2ème, 3ème et 4ème escadre.

Pour contrôler le détroit de Gibraltar, une sixième escadre est mise en place à Oran avec notament la 8ème DT. La Trombe quitte Cherbourg après carénage et mise en condition, fait escale à Brest pour se ravitailler avec de quitter la Bretagne le 26 août 1939 avec le reste de sa division et de gagner l'Afrique du Nord.

Le 1er novembre 1939, La Trombe est détachée à Casablanca où elle relève le Forbin qui part se faire caréner à Brest (A Casablanca se trouvait depuis la déclaration de guerre la 9ème DT composée du Forbin et du Basque).

Il va effectuer plusieurs escortes de convois, le premier fût le convoi 25KF Casablanca-Dakar les 10/11 novembre 1939, le convoi 27K avec le Siroco entre Casablanca et Brest du 14 au 20 novembre, le convoi 39KF Casablanca-Marseille du 11 au 14 décembre, le convoi 82KF entre Casablanca et Brest à la fin du mois de mars et enfin le convoi 47XF Le Verdon-Casablanca du 7 au 11 avril 1940. Le torpilleur est de retour à Oran le 16 avril 1940.

Entre-temps,le 20 novembre 1939, sont mises sur pied les Patrouilles de la Méditerranée occidentale (PATMOC) sous la direction du contre-amiral Donval qui met sa marque sur le patrouilleur auxiliaire Cyrnos.

Il dispose pour cela de la 1ère flottille de torpilleurs (1ère DT : La Palme Le Mars Tempête 3ème DT Le Fortuné Simoun La Railleuse _ce dernier à été détaché à Casablanca_ 7ème DT Tramontane Tornade Typhon et la 8ème DT Bordelais L'Alcyon Trombe) et de la 1ère EPA (escadrille de patrouilles auxiliaires composée des P1 Marigot P3 Sidi-Okba P4 Ville d'Ajaccio P5 Pascal Paoli P8 Sampiero Corso). La flotte de Méditerranée et la 6ème escadre, étant ainsi amputées d'une portion importante de leurs éléments vont êtres dissoutes.

A la fin du mois d'avril 1940, la 8ème DT quitte Oran pour Bizerte où elle retrouve les 3ème et 9èle DT.

Le théâtre méditerranéen est très calme même après l'entrée en guerre de l'Italie le 10 juin. Les affrontements sont plutôt rares mais le 19 juin vers 22h, la Trombe est attaquée par un bombardier volant en rase-motte dans le couloir d'amerrissage des hydravions, la bombe tombe à seulement à une vingtaine de mètres du torpilleur sans dégâts.

Le 21 juin, accompagné du torpilleur Bordelais, La Trombe escorte entre Bizerte et Toulon le paquebot Gouverneur Général Chanzy chargé de troupes et de matériel mais comme on le sait, cet envoi ne changera rien à l'issue des combats en métropole.

Le 25 juin, l'armistice entre en vigueur marquant la fin de la Bataille de France.

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Le 3 juillet alors que les canons anglais tirent sur la Force de Raid immobilisée à Mers-El-Kébir, les torpilleurs Trombe et Bordelais de la 8ème DT accompagnés du torpilleur de 610 tonnes La Poursuivante appareillent suivis des 5ème et 7ème DT pour couvrir la sortie du Strasbourg et des contre-torpilleurs Volta, Le Terrible, Lynx et Tigre.

Les torpilleurs augmentent leur vitesse à 27 noeuds mais seul Le Bordelais et La Poursuivante pourront suivre le rythme d'enfer du croiseur de bataille et de se maintenir à ses côtes, les autres navires s'occupant de l'arrière garde, échangeant quelques avec des avions britanniques.

Il était un temps prévu que le Strasbourg et les contre-torpilleurs retrouve les croiseurs légers sortis d'Alger mais le Strasbourg gardant le silence radio, la concentration fût annulée et la 7ème DT gagna Alger où elle arriva le 4 vers 4h30.

La Trombe à donc suivit le Strasbourg jusqu'à Toulon et affectée aux forces navales de la 3ème région. La dernière sortie à la mer du torpilleur à lieu le 11 août 1940 quand il reçoit l'ordre d'appareiller pour retrouver un hydravion Lioré et Olivier Léo 47 abattu en mer par la chasse italienne le 9 alors qu'il effectuait une liaison Bizerte/Toulon. Les recherches restent infructueuses.

Le torpilleur rentre ensuite en gardiennage d'armistice : les munitions sont débarquées, les culasses et les télémètres sont mises au magasin tout comme les armes d'un calibre inférieur à 20mm, les combustibles sont débarquées. Seul un équipage de 35 hommes sous statut civil est maintenu.

Courant 1941, la Trombe passe pour trois mois en grand carénage aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de La Seyne : débarquement des socles des mortiers avant, débarquement du mat arrière et pose sur la troisième cheminée de cornes pour les antennes et construction d'une plate-forme de DCA au dessus de la pièce n°3 mais bien entendu sans armement.

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En représailles du débarquement allié en Afrique du Nord le 8 novembre, trois jours plus tard, le 11 novembre 1942, les allemands déclenchent l'opération Attila, l'invasion de la zone libre en violation des conditions de l'armistice. Toulon censé être un camp retranché sous contrôle français devient la seule enclave française dans un pays entièrement occupé par les allemands.

Le 27 novembre 1942 en dépit des propos lénifiants d'Hitler, deux groupements blindés foncent vers Toulon pour s'emparer du camp retranché et surtout de la flotte. A 4h25, le premier char de la 7ème Panzerdivision tire sur le fort Lamalgue et à 4h57 le central téléphonique est coupé du reste du port mais ces 32 minutes ont permis aux officiers de donner l'alerte notament à l'amiral Laborde présent à bord du Strasbourg qui ordonna le branle-bas à toute l'escadre.

A 5h15, les chars allemands pénétèrent dans le port proprement dits et menacent la flotte français. Laborde et Dornon n'hésitent pas : ils donnent l'ordre de sabordage, une opération minutieusement préparé depuis 1940 et qui sera parfaitement exécuté (on à les consolations que l'on peut) à 5h35.

La belle marine de Darlan et de Georges Leygues finit donc pour son immense majorité dans les eaux du port de Toulon. Quelques navires sont cependant saisis intact, les contre-torpilleurs Tigre, Panthère et Valmy ainsi que le torpilleur d'escadre Trombe.

Les allemands les cèdent à la marine italienne sans que Vichy ne se montre très vindicatif. Il est remis en état par l'Arsenal de Toulon. Le 6 avril 1943, il effectue une première sortie d'essais et le 13 avril, appareille pour l'Italie où il devient le torpilleur FR31.

Après quelques missions, le torpilleur d'échoue le 2 mai 1943 sur la plage de Gimosa près de Tarente. Ramené au port, il était encore en réparations quand l'Italie signa l'armistice avec l'Italie. Il est retrouvé au port avec le Tigre et restitué officiellement le 25 octobre 1943 à l'Arsenal de Bizerte.

L'état général du torpilleur impose une remise en état générale avant qu'il reprenne du service. Les travaux vont durer quatre mois, la première sortie à la mer ayant lieu le 18 mars 1944 avant qu'il appareille le 22 pour Alger où il restera jusqu'au 26 mars avant de gagner Casablanca le 28 mars pour un complèment de travaux.

La refonte est terminée le 20 juin 1944 et le torpilleur reprend l'entrainement avant d'effectuer des missions locales au large du Maroc. Le 10 juillet, il rallie la 6ème DT à Alger, effectuant des missions en direction de la Corse mais il est indisponible dès le 22 juillet à cause d'une avarie de turbine.

De nouveau disponible à la mi-août, La Trombe reprend sa mission d'escorteur entre l'Afrique du Nord, la Corse et la métropole avant de transporter à Banyuls le personnel de la Sécurité Militaire avant de rentrer à Alger pour être à nouveau indisponible du 22 septembre au 12 octobre 1944.
Après l'escorte du transport Canada, La Trombe est affectée début novembre à la surveillance des abord de Toulon et de Marseille avant de rejoindre la Flank Force et de retrouver le Simoun et la Tempête.

Le 17 novembre au petit matin, La Trombe à un contact asdic à 9 miles dans le 201 du cap Escampolariou. Il grenade et est bientôt assisté du Mameluck et du Simoun et effectue quatre attaques avant de perdre le contact. Des débris et des traces huileuses sont bien repérées à la surface mais elles sont trop faibles pour conclure avec certitude à la destruction du submersible.

Du 19 au 22 décembre, il effectue une nouvelle mission d'escorte et à son retour, il immobilisé quelque jour suite à une collision sans gravité avec le quai d'accostage.

Les 27 et 28 décembre 1944, La Trombe bombarde la côte ligure, tirant en deux jours 83 obus de 130mm. Le 6 janvier il tire 30 coups sur une batterie d'artillerie, 86 coups le 14 janvier (batterie et dépôt logistique), 107 coups le 20 janvier sur une batterie sur voie ferrée et sur un poste de commandement, 116 coups le 21 janvier sur une caserne et un dépôt de munitions.

La Trombe est indisponible du 27 janvier au 15 février avant de rallier Bizerte via Ajaccio le 28 février pour passer au bassin. Il est de nouveau disponible le 19 mars et réintègre la Flank Force.

Le 29 mars, il tire contre la terre un total de 174 obus de 130mm suivit de 205 obus le 4 avril, 123 obus le 11 avril et 148 obus le 16 avril.

Dans la nuit du 16 au 17 avril, à 01.00 du matin, le torpilleur croise au sud de Vintimille quand une violente explosion est ressentie sur tribord à la hauteur de la pièce de 130mm n°2. La coque est percée de part en part. Peu après l'explosion, une vedette est aperçue et prise à partie par les canons de 20 et de 40mm du torpilleur. A l'aube, l'escorteur Dague récupéra un radeau ce qui permettra d'identifier les agresseurs : deux vedettes italiennes, l'explosion ayant été apparemment causé par un canot explosif.

La Trombe rentrer à Toulon à petite vitesse escortée par le destroyer Meteor et protégé à distance par le croiseur Gloire. L'attaque à fait vingt morts et douze blessés.

Les dégâts sont jugés trop importants pour justifier une remise en état, les seuls travaux sont ceux nécessaires à son maintien à flot.

Mis en réserve spéciale le 3 juillet 1945, La Trombe est condamnée le 12 décembre 1946. Arasée au niveau du pont principal, la coque sera mise en vente à Toulon le 7 décembre 1950 et promptement démolie.


La Trombe à Toulon après l'engagement de la nuit du 16 au 17 avril 1945. Le navire à été sommairement réparé pour lui permettre de rester à flot

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 23:01

Les «1500 tonnes» exportés

Pologne

L'ORP Burza

En avril 1926, la jeune marine polonaise à passé commande de deux torpilleurs de type Bourrasque baptisés Burza (Orage) et Wicher (Tempête), tous les deux construits aux CNF de Blainville comme leur cousin français Ouragan.

Le Wicher est mis en service le 8 juillet 1930 et le Burza le 10 août 1932, les deux navires étant basés à Gdynia.

Ne voulant pas risquer ses unités les plus modernes dans un duel sans espoir avec la Kriegsmarine, la marine polonaise décide en août 1939 d'envoyer en Angleterre ses unités les plus précieuses mais si le Burza parvient à rejoindre à l'Angleterre, le Wicher devant couvrir une opération de mouillage de mines et est victime de la Luftwafe le 2 septembre.

Le Burza va ensuite participer à la campagne de France puis à la bataille de l'Atlantique, terminant la guerre très usé. Il reste désarmé à Harwich jusq'en 1951 avant d'être remorqué en Pologne mais n'être définitivement désarmé que le 24 février 1960. Il est conservé jusqu'en 1970 comme musée à Gdynia avant d'être démoli.

Les «Bourrasque polonais» sont semblables aux navires français mais un peu plus lourd (1600 tonnes) mais plus courts (103m contre 105m) et plus larges (10.20 contre 9.88m). leur armement est identique pour l'artillerie principale (4 canons de 130mm) et les tubes lance-torpilles (deux plate-formes triples) mais la DCA se compose de deux canons de 40mm au lieu de la pièce de 75mm installée à la construction sur les Bourrasque.

Yougoslavie

La marine yougoslave à commandé en 1936 deux torpilleurs de 1210 tonnes Washington inspirés des Bourrasque. Si le premier baptisé Beograd à été construit à Nantes, les deux autres Ljubljana et Zagreb sont construits à Split. Ils sont lancés respectivement en 1937, 1938 et 1938.

Ils participent à la courte guerre de 1941. Si le Zagreb se saborde à Kotor, ses deux sister-ship sont capturés par les italiens et remis en service, le Ljubljana est rebaptisé Lubiana et le Beograd est rebaptisé Sebenico. Le premier est coulé par l'aviation britannique le 1er avril 1943 au large des côtes tunisiennes et le second saisi par les allemands le 11 septembre, renuméroté TA 43 et coulé à Trieste le 3 mai 1945.

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MessageSujet: Re: FRANCE TORPILLEURS D'ESCADRE CLASSE BOURRASQUE   Sam 15 Jan 2011, 23:12

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES


Déplacement : prévu 1457.850 tonneaux charge normale 1588.053 tonneaux en surcharge 1841.331 tonneaux

Dimensions :

La coque est élégante avec un long gaillard d'avant. Les couples sont espacés de 1.80m sauf dans la région des chaufferies et vers l'arrière ou l'écartement de quelques-uns varie. Ils sont reliés par cinq lisses de chaque bord, complétées de plusieurs cornières faisant également fonction de lisses intermédiaires.

Dix cloisons transversales étanches constituées par des tôles de 4 à 6mm d'épaisseur situées aux couples 4,11,14,23,31,36,39,43,48 et 53 concourent à la rigidité de la coque. Les cloisons longitudinales sont partielles.

Etrave en acier moulé, pont constitué de plaques d'acier de 5 à 7mm sur les parties avant et arrière mais pouvant aller jusqu'à 12mm dans la région des chaufferies. Des plaques de 10mm renforcent les parties d'attaches des sous-selettes d'artillerie.

Longueur (hors tout) 105.6m (entre perpendiculaires) 99.3m Largeur maximale : 9.88m Tirant d'eau : 3.30m à l'avant et 3.80m à l'arrière

Propulsion :

Si la conception de l'appareil évaporatoire à été centralisée et confiée aux Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët, la marine à du laisser les chantiers utiliser les licences de construction qu'elles possédaient pour ce qui est des turbines.

C'est ainsi que les torpilleurs Simoun Siroco Bourrasque Cyclone Mistral et Tempête seront équipés de turbines à engrenages Parson, les Orage et Ouragan de turbines Rateau et enfin les torpilleurs Tramontane Trombe Typhon et Tornade seront équipés de turbines Zoelly.

Dans la mesure du possible, la marine essaiera de regrouper les torpilleurs en fonction de leurs turbines pour faciliter leur entretien.

Chaque modèle aura ses qualités et ses défauts : les Rateau seront rapides à rechauffer et souple à la manoeuvre mais consommeront plus que les Parsons alors que les Zoelly seront longues à fiabiliser.

Les douze torpilleurs disposent de la même organisation de l'appareil propulsif avec deux groupes indépendants composés chacun d'une turbine HP (Haute Pression) à action et à réaction, d'une turbine BP (Basse pression) qui intègre une turbine pour marche arrière.

Les turbines sont alimentées en vapeur par trois chaudières multitubulaires réparties en deux salles (une dans la chaufferie avant et deux dans la chaufferie arrière).

L'appareil propulsif dévellope une puissance totale de 31000ch.

Les turbines entraine deux lignes d'arbres terminées par des hélices de 3m de diamètre quadripales en laiton haute résistance. Un gouvernail

La contenance standard est de 100 tonnes de mazout mais peu atteindre 360 tonnes en surcharge

Performances : Vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable : 3000 miles nautiques à 15 noeuds mais dans la réalité, elle sera à peine supérieure à 1500 miles à 15 noeuds.

Armement :

Armement d'origine (1926-1940)

Schéma d'un canon de 130mm modèle 1919

-L'artillerie principale des Bourrasque est composée de 4 canons de 130mm modèle 1919 (deux à l'avant et deux à l'arrière). Ce canon de 40 calibres tire des obus en acier à fausse ogive de 32kg à 18500m à +36° à raison de 4 à 6 coups par minute. La dotation en munitions est de 440 obus


L'évolution des masques des pièces de 5.1 pouces

Peu avant le début du conflit, certains torpilleurs perdront leur canon de 130mm n°4 pour des questions de poids dans les hauts et pour augmenter l'armement en grenades ASM mais cette décision sera loin de faire l'unanimité.

Un télémètre de 3m puis un de 4m assure la conduite de tir.


Canon de 75mm du torpilleur Tempête

-La DCA est d'abord assurée par un canon de 75mm modèle 1924 sur affût contre-avions modèle 1922 installé sur une plate-forme entre les deux groupes lance-torpilles.

Ce canon de 50 calibres tire un obus de 6kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 12 coups par minutes.

Les munitions sont stockées en deux soutes, la soute tribord recevant 180 obus explosifs alors que la soute babord reçoit 120 obus éclairants. Sont également embarqués 81 obus d'exercice et 34 douilles pour le tir à blanc.

Ce canon est assez peu efficace et sera remplacé au début des années trente par des armes mieux adaptées. Son emplacement sera occupé par un petit rouf avec un sytème d'aération et soixante obus éclairants seront attribués aux canons de 130mm.


Canon de 37mm modèle 1925

En 1931 donc, le canon de 75mm contre-avions est remplacé deux canons de 37mm modèle 1925. Ce canon de 60 calibres tire un obus de 0.725kg à 8000m avec un plafond de 5000m à raison de 20 coups par minute. Ces deux canons sont installés à la hauteur du rouf arrière et peuvent pointer en site de -15° à +80°. La dotation en munitions est de 500 coups par pièce soit 1000 obus au total.


Affût contre-avions double de 37mm sur le contre-torpilleur FNFL Le Triomphant en 1941

Le torpilleur Mistral à reçu en mai 1940 un affût double de 37mm modèle 1933. Ce canon de 50 calibres tire des obus de 0.7kg à une distance maximale de 5000m (8000m en théorie) à raison de 15 à 21 coups par minute. L'affût double permet à ce canon de pointer en site de -15° à +80° et en azimut sur 360°. Il aurait été installé à la place de l'affût simple bâbord.

-Deux mitrailleuses de 8mm Hotchkiss modèle 1914, une sur chaque bord à l'arrière de la teugue. Leur nombre est doublé par la suite et une cinquième doit être installée sur une embarcation. L'allocation en munitions est de 20500 cartouches de combat et 2400 d'exercice. En 1929, les affûts simples installés sur chaque bord arrière de la teugue sont remplacés par des affûts doubles de même calibre.


Affût double de 13.2mm

Durant la drôle de guerre, les affûts doubles de 8mm sont remplacés par deux affûts doubles de 13.2mm. La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 dispose d'un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d'alimentation, des boitiers chargeurs de 30 cartouches). L'affût permet un pointage en site de -15° à +90°.


Schéma de l'affût triple lance-torpilles

-Deux plate-formes triples lance-torpilles de 550mm Schneider modèle 1920 installées sur le pont principal à l'arrière des cheminées. En transit, les tubes lance-torpilles sont installées dans l'axe, l'avant tourné vers le canon de 75mm mais au combat elles peuvent orientées sur 60° de chaque côté soit un champ de battage de 120°. Le lancement se faisant à air comprimé ou à poudre.

Les torpilles utilisées sont des torpilles de 550mm modèle 1919D longues de 8.22m avec une charge militaire de 237 ou 250 kg et une portée comprise entre 6000m à 35 noeuds et 14000m à 26 noeuds.

-Deux grenadeurs parallèles installés à l'arrière avec six grenades par grenadeur plus quatre grenades de réserve.

A noter qu'il était prévu à l'origine quatre mortiers de 240mm Thornycroft (supprimés au tracé des plans) et une torpille Ginocchio mais ce système jamais au point ne sera embarqué que pour essais.

Au cours de la drôle de guerre, les Bourrasque doivent recevoir deux mortiers Thornycroft mais au final seuls les Tempête Trombe et Tramontane seront équipés.

Modifications d'armement (1940-1945)

-Les torpilleurs Tramontane Typhon Tornade Simoun et Tempête sous contrôle de Vichy retrouvent entre mars et juillet 1941 leur canon de 140mm n°4. Il existe un doute au sujet du dernier nommé qui n'aurait jamais perdu son quatrième canon.

-La DCA est renforcée avec l'installation au dessus du canon de 130mm n°3 d'un canon de 25mm Hotchkiss et de deux mitrailleuses de 13.2mm, ces trois armes en affût simple. Les travaux sont réalisés sur le Simoun entre juillet et septembre 1941, sur La Tramontane en novembre 1941, sur Le Typhon en mars 1942, sur La Tornade en avril 1942 et sur La Tempête en septembre 1941 à Alger.

Le canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939/40 est un canon de 77 calibres tirant ses projectiles à une distance maximale de 7500m (pratique : 3500m) à raison de 250/300 coups par minute (350 à 400 coups pour le modèle 1940) avec des boitiers-chargeurs de 15 coups.

-Les mortiers Thornycroft sont également débarqués

-Les Typhon Tornade et Tramontane reçoivent un équipement de dragueur rapide de protection

-La Tramontane perd sa plate-forme triple de tubes lance-torpilles avant, La Typhon perd un tube sur sa plate-forme arrière mais les torpilleurs Tornade Simoun Tempête Trombe ont conservés leurs deux plate-formes triples.

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Faute de stocks suffisants d'obus de 130mm en Grande Bretagne, les deux torpilleurs Ouragan et Mistral voient leur armement modifié :

-L'Ouragan dispose en avril 1941 de 4 canons de 120mm, de 2 canons de 37mm contre-avions (français), une plate-forme triple lance-torpilles de 550mm, deux mortiers Thornycroft, deux petits grenadeurs arrières latéraux et deux grenadeurs de sillage. Quatre mortiers Thornycroft installés en juillet 1940 mais des problèmes de stabilité entraine le débarquement de deux d'entre-eux et la suppression d'une plate-forme triple lance-torpilles.

En avril 1944, il dispose de 3 canons de 120mm, d'un canon de 40mm et de six canons de 20mm, une plate-forme lance-torpilles et des grenadeurs. Deux canons de 20mm seront ajoutées en octobre 1944 et deux autres ultérieurement. Une plate-forme triple lance-torpilles est réinstallée avant son retour en France.

-Le Mistral voit son armement d'origine débarqué en avril 1941 et remplacé par 3 canons de 120mm, un canon de 76mm installé à la place de la plate-forme lance-torpilles arrière, deux grenadeurs de sillage et deux mortiers Thornycroft et en octobre 1941, deux canons de 40mm sont embarqués.

Après la grande refonte de novembre 1942 à décembre 1943, le Mistral disposera de 4 canons de 120mm, un canon de 76mm, deux canons de 20mm, deux grenadeurs de sillage et deux mortiers Thornycroft.

Enfin le Mistral rentrera en France avec quatre canons de 102mm (ou 120mm ?), un canon de 76mm, trois canons de 20mm, une plate-forme lance-torpilles triple, deux grenadeurs de sillage en remplacement des grenadeurs français et deux mortiers Thornycroft.

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-La Tempête est refondue aux Bermudes. Son armement se compose après travaux de 4 canons de 130mm, 5 canons de 20mm, 6 mitrailleuses de 13.2mm en affûts simples, 2 grenadeurs de sillage avec 20 grenades et 4 mortiers Thornycroft.

Ultérieurement, l'armement est à nouveau modifié, le nombre de canons de 20mm va être porté un temps à 14 canons de 20mm avant d'être réduit à 11 pièces (4 avant et 7 à l'arrière). La pièce de 130mm n°3 est également débarquée.

-Le Simoun est refondu également aux Bermudes. Son armement se compose après travaux de 3 canons de 130mm (position I,II et IV), 8 canons de 20mm Oerlikon (4 à l'avant, 2 au milieu et 2 à l'arrière), un canon de 25mm à l'emplacement de l'affût de 130mm n°3, 6 mitrailleuses de 13.2mm, deux grenadeurs axiaux avec 20 projectiles, deux grenadeurs axiaux d'origine avec 12 projectiles et 4 mortiers Thornycroft.
Les six mitrailleuses de 13.2mm sont débarquées lors de travaux entre décembre 1943 et février 1944. En juillet 1944, il reçoit un canon de 40mm qui prend la place du canon de 25mm (qui sera débarqué lors de travaux entre mars et juillet 1945) qui est déplacé sur le pont milieu et deux affûts simples de 20mm supplémentaires sont embarqués.

-La Trombe après restitution conserve sa plate-forme lance-torpilles avant, reçoit la même installation de grenadage que les torpilleurs cités plus haut, le canon de 40mm est installé à la place du canon de 130mm n°3 et six canons de 20mm.

Drôme : une vedette à moteur de 7m, un canot à moteur de 7m, un youyou à moteur de 5m, une baleinière de 7m, un canot Berthon en toile de 3.60m, une plate de 3m

Equipage : A la construction, l'équipage se compose de 7 officiers et de 135 officiers-mariniers, quartiers-maitres et marins, effectif porté en temps de guerre à 9 officiers et 153 officiers-mariniers, quartiers-maitres et marins.

SOURCES

-Marc Sabeine Les torpilleurs de 1500 tonnes du type Bourrasque

-Marc Sabeine Les torpilleurs de 1500 tonnes du type L'Adroit

-Encyclopédie des Armes Editions Atlas Tome 7 p1621-1640 «Les destroyers alliés 1939-1945»
(Torpilleurs classe Bourrasque, classe L'Adroit et classe Le Hardi p1640)

-Jean Moulin Les navires français 1939-1945 en images (La Tempête p56-57)

-Yves Buffetaut Marines HS n°8 Décembre 1996 «La marine Nationale outre-mer 1940-42»

-Luc Feron, Jean Lassaque Marines et Forces Navales HS n°1 100 ans de marine française Avril 2002 «Cuirassés; Torpilleurs, contre-torpilleurs, escorteurs»

-Jean Moulin Marines et Forces Navales HS n°10 décembre 2004 «1939-1945 Les flottes en présence et l'évolution des navires»

-Jean Moulin Marines et Forces Navales HS n°12 juin 2005 «1939-1945Armes & Equipements»
-Marines et Forces Navales n°89 Février-Mars 2004 «Le torpilleur Siroco p18-29»

-Navires et Histoire n°27 Décembre 2004 «Actualité de l'amiral Aube et de la «Jeune Ecole» p7-13

-Navires et Histoire n°28 Février 2005 «Le développement de la flotte française 1918-1940» partie 1 1918-1930 p41-53

-Marines et Forces Navales n°96 Avril-Mai 2005 «Novembre 1942-Mai 1945 Les Bourrasque reprennent le combat»

-Ressources internet diverses



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