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 LOCKEED P-2 NEPTUNE

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clausewitz
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MessageSujet: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 21:03

LOCKEED P-2 NEPTUNE
(ETATS-UNIS)


Un Lockeed P2V-2 basé à Jacksonville (Floride) en 1952

INTRODUCTION

L'avion contre le sous-marin

L'aviation à lutté contre les sous marins dès son apparition puisque au cours de la première guerre mondiale, les hydravions anglais, français et américains traquèrent les U-Boot qui par leur action faillirent mettre à genoux la Grande Bretagne (au début de 1918, elle ne disposait que de six semaines de réserve de mazout). Si les résultats ne furent pas spectaculaire, leur simple présence obligeait les commandants des sous marins de la Kaiserliche Marine à faire preuve de moins de témérité dans l'attaque des convois.


Deux appareils allemands engagés dans le Golfe de Gascogne : le focke Wulf Fw200 et ci-dessous le Heinkel He177

C'est au cours de la seconde guerre mondiale que l'aviation se montra décisive. Non seulement les convois devinrent des citadelles quasiment invulnérables grâce à la présence d'un porte-avions d'escorte. Les avions de ce dernier gênaient les reconnaissances menée par les Focke Wulf Fw200 Condor et les Heinkel He 177 (regroupés au sein du Kampfgruppe 40 basé notament à Bordeaux-Merignac) et s'attaquaient également aux sous marins en surface comme en plongée.


Le Junkers Ju88, couteau suisse de la Luftwafe fût également de la partie

Je n'oublie pas l'emploi de bombardiers à long rayon d'action comme le B17 ou le B24 qui forcèrent les sous marins à se placer sur la défensive puisque les alliés purent aller chercher les sous marins allemands dès qu'ils sortaient de leurs bases françaises, le golfe de Gascogne jadis sanctuaire de l'U-Bootwafe devint le terrain de tous les dangers.


Consolidated Liberator du Coastal Command

C'est à la mi-1942 que les allemands s'inquiètent de la vulnérabilité de leurs sous marins en surface face à un Coastal Command de plus en plus puissant et de plus en plus agressif. Le Golfe de Gascogne, jadis sanctuaire inviolable des U-Boot était donc devenu le nouveau terrain de chasse des Mosquito, Liberator et autres Wellington.


Vickers Wellington : un bombardier moyen puis un avion de lutte ASM

Le 31 août 1942, le U 256 déjà avarié est gravement touché par un Whitley du squadron 51 et rentre à Lorient le 3 septembre. Son état est tel que les allemands envisagent de le condamner mais décident finalement de le transformer en Flakfalle (U-Flak) ou piège à avion tout comme les U441, U621 U211 U953 U271 et U263. Ces sous marins reçoivent trois affûts quadruples de 20mm Vierling. Cette solution n'obtient pas le succès escompté et les sous marins concernés retrouvent leur configuration initiale en novembre 1943, les allemands préferant renforcer la DCA en débarquant le canon de 88 ou de 105mm au profit d'une DCA légère à base de canons de 20 et de 37mm.

Cette solution atteignit bien vite ses limites, les alliés s'adaptant rapidement à une telle puissance de feu et le plus raisonablement du monde, les allemands comprirent que faire surface de jour était devenu un véritable suicide. Ils équipèrent ainsi leurs sous marins d'une invention néerlandaise, le schnorchel qui permettait aux sous marins de recharger leurs batteries en plongée en faisant fonctionner leurs diesels sous l'eau.

Ils passent ensuite à l'étape suivante, inventant le premier «vrai» sous marin, le type XXI dit également «sous marin électrique», plus rapide en plongée qu'en surface et dépourvue de toute artillerie lourde, faisant confiance aux torpilles pour couler cargos et escorteurs.

Ce sous marin arrive cependant trop tard pour vraiment changer les choses. Il est d'ailleurs peu probable que le premier sous marin «moderne» aurait fait basculer le cours de la guerre en faveur des allemands tant la supériorité militaire des alliés était écrasante. Tout au plus aurait-il retardé la fin de la guerre de quelques semaines voir de quelques mois.

Et dans le Pacifique ?

L'Atlantique Nord n'était pas le seul théâtre d'opération où les avions de patrouille maritime cherchaient à éradiquer navires et sous-marins, le Pacifique était également le théâtre d'une lutte sans merci entre avions américains, navires et sous-marins japonais.

Lockeed PV-1 Ventura

En 1938, la guerre en Europe était proche et la Royal Air Force manquait d'appareils modernes et son industrie aéronautique était bien en peine de lui en fournir à temps. Elle s'adressa donc à la firme Lockeed qui dévellopa le Lockeed Hudson, un appareil de reconnaissance maritime dévellopé à partir du Lockeed 14. Cet appareil n'équipa pas l'US Navy mais fût la base du dévellopement du Ventura.


Lockeed Hudson

Le Lockeed 14 avait un grand frère, le Lockeed 18 Lodestar et logiquement, les américains comme les britanniques eurent l'idée de dévelloper un appareil de patrouille maritime mais également d'assaut aéromaritime et de bombardement.


Lockeed Ventura de l'US Navy en vol

L'armée de l'air britannique commanda 188 Ventura en février 1940 qui furent livrés à la mi-1942 et utilisés pour des bombardements de jour sur l'Europe mais trop vulnérables, ils furent relégués à des missions de patrouille maritime côtière au sein du Coastal Command et une partie au sein des armées de l'air canadiennes et australiennes. 487 Ventura MkII furent également commandés par la RAF mais la majorité fût finalement reprise par l'USAAF qui les rebaptisa B-34 Lexington.

Au final, c'est cependant l'US Navy qui mit en oeuvre la majorité des Ventura construits. Dans les premiers mois du conflit, c'est l'USAAF qui était responsable de la lutte ASM depuis la terre mais bien vite, la lutte ASM devint une missions secondaire pour l'United States Army Air Force qui devait planifier des campagnes de bombardement stratégiques sur l'Allemagne et le Japon et l'USAAF leva son véto à ce que l'US Navy ne se dote d'avions d'attaque basés à terre.

Les premiers PV-1 furent livrés en décembre 1942 et mis en service en février 1943. La première unité engagé au combat fût le squadron VP-135 basé dans les Aléoutiennes suivi par le squadron VB-137 basé aux Samoa à partir de mai 1943. Au final, les squadrons VB/VPB-125, 126,127,128,129,130,131,132,133,134,135,136,137,138,139,140,141,142,143,144,145,,146,147,
148,149,150,151,152,153 et 200. L'USMC équipa un squadron, le squadron de chasse de nuit VMF(N)-531.

Ces trente squadron furent utilisés pour traquer les sous-marins japonais (assez peu efficaces au demeurant) mais surtout la navigation commerciale japonaise notamment dans les eaux littorales et les milieux archipélagiques.

A partir d'août 1944, des PV-1 Ventura furent basés à à Tinian dans les Marshall avec pour mission principale de détruire les patrouilleurs japonais qui avertissaient la défense aérienne japonaise des raids de bombardiers B-29 au dessus des Bonins.

A la fin de la guerre, des Ventura effectuèrent la même mission mais depuis Iwo Jima en compagnie de Consolidated Privateer.
Le Ventura à également été utilisé par le Brésil, la France (Flotille FE6 de 1943 à 1947 puis au sein de l'escadrille 11S pour les liaisons et le transport d'autorité jusqu'en 1951), la force d'autodéfense japonaise, les Pays Bas et la Nouvelle Zélande. Les Ventura américains furent retirés du service à la fin de la seconde guerre mondiale alors que le PV-2 Harpoon, son dérivé avait commencé à le remplacer dans les unités de première ligne.

Au total, 2494 PV-1 ont été construits.

Caractéristiques Techniques du Lockeed PV-1 Ventura

Type : avion multiplace de patrouille et d'assaut aéromaritime

Equipage : 6 hommes

Masse : à vide 9160kg en charge 14000kg masse maximale au décollage 15000kg

Dimensions : longueur 15.7m envergure 20m hauteur 3.6m

Motorisation : deux moteurs radiaux Pratt & Whitney R-2800 de 2000ch chacun

Performances : vitesse maximale 518 km/h vitesse de croisière 370 km/h distance franchissable en convoyage 4200km distance franchissable en combat 2670km plafond opérationnel 8020m

Armement : 4 mitrailleuses de 12.7mm (deux dans le nez, deux dans la tourelle dorsale) 2 mitrailleuses de 7.62mm dans le poste ventral, 1400kg de bombes en soute ou 6 charges de profondeur de 147kg ou une torpille aéroportée.


Lockeed PV-2 Harpoon

L'efficacité du Ventura poussa les américains à dévelloper une version améliorée. Le Ventura était un bon appareil mais en charge maximale que ce soit d'armes ou de carburant, il pouvait se révéler délicat à faire décoller. L'appareil avait une distance franchissable plus importante mais une manoeuvrabilité et une vitesse maximale moindre.

Les PV-1 devant être utilisés comme bombardiers, ils disposaient d'un nez vitré, une mission qui n'était pas prévue pour le PV-2 qui disposait d'un nez plein et armé de cinq mitrailleuses lourdes sans parler de la possibilité d'employer l'arme fatale pour un navire de guerre en l'occurence la roquette de 127mm.


Un Lockeed PV-2 Harpoon en vol

Baptisé Harpoon, le nouvel appareil fût commandé en juin 1943 et effectua son premier vol le 3 décembre suivant. 535 appareils furent commandés et livrés, équipant à la fin de la guerre dans le Pacifique, les squadrons VPB-139 (basé dans les Aléoutiennes, VPB-142 à Tinian, VPB-144 à Eniwetok, le VPB-148 à Midway et Johnston et enfin le VPB-153 à Guam.

Comme le Ventura, le Harpoon ne connut qu'une brève carrière après le second conflit mondial, étant rapidement remplacé par un appareil plus gros et plus puissant, le Lockeed Neptune.

Si aucun PV-2 ne fût utilisé par des pays étrangers durant le second conflit mondial, des Harpoon furent cédés au titre du MDAP aux Pays Bas,à l'Afrique du Sud, au Portugal, au Japon, au Brésil et à la France qui utilisa six appareils pour la liaison et le transport de personnalités au sein de la 11S de 1953 à 1960 quand ils furent remplacés par des Morane 760 Paris.

Au total, 535 PV-2 Harpoon ont été construits

Consolidated PB4Y-2 Privateer

Dès les années trente, les Etats Unis et la Grande Bretagne travaillent à la constitution de forces de bombardiers modernes destinés à mener une offensive stratégique comme celle théorisée par Guillermo Douhet.

Le second conflit mondial éclate et les américains après une série de bombardiers bimoteurs mettent en oeuvre des bombardiers quadrimoteurs Boeing B-17 Flying Fortress et Consolidated B-24 Liberator.

Ce dernier appareil commandé par la France (avant la défaite de juin 1940) et la Grande Bretagne est utilisé d'abord pour la lutte ASM dans l'Atlantique et dans le Golfe de Gascogne. L'efficacité de cet appareil qui supprime le gap (la trouée) dans l'Atlantique et fait du Golfe de Gascogne un endroit mortel pour les U-Boot encourage l'US Navy à utiliser le Liberator dans le Pacifique au sein des squadrons VD-1, 2,3,4 et 5, unités qui sont déployés dans le Pacifique début 1943 suivit par les squadrons VB-101,102,104,106,108,115,116,117 et 200.

Les marines sont également de la partie avec les squadrons VMD-254,154,354 et les Marines Air Group (Mag) n° 14,15 et 35, les leathernecks déployant leurs premiers appareils depuis Guadalcanal depuis octobre 1942 (squadron VMD-254).

Ces appareils étaient utilisés pour la patrouille maritime, l'assaut aéromaritime, la reconnaissance au profit des groupes de porte-avions et le mouillage de mines.


Un Consolidated PB4Y-2 du squadron VP-23 en vol

Une version spécifique du Liberator caractérisée par une dérive unique est dévellopée pour la patrouille maritime. L'appareil désigné Consolidated PB4Y Privateer effectue son premier vol le 20 septembre 1943.

L'appareil entra en service à la fin de l'année 1944 au sein des squadrons VPB-118 et 119 qui furent déployés outre-mer pour la première fois en janvier 1945 depuis les Mariannes pour le premier et les Philippines pour le second, effectuant des missions de recherche et de destruction dans des zones aussi éloignées que le Golfe du Tonkin, les côtes méridionales de la Chine et Okinawa.

A la fin de la guerre, les quadrons VPB-118,119,109,108,123 et 124 étaient équipés de cet appareil qui fût également utilisé pour le mouillage de mines notament dans les eaux coréennes. Cet appareil fût également le premier à utiliser un missile air-surface, le missile BAT mais ce précurseur n'est pas au point et les résultats sont des plus limités avec un destroyer japonais avarié.

Les Privateer furent utilisés durant la guerre de Corée, larguant des projectiles éclairants sous parachute pour détecter les infiltrations nocturnes des nord-coréens et des chinois. Ils furent retirés du service en 1954, quelques appareils désarmés furent utilisés jusqu'en 1958 quand le manque de pièces détachées les cloua au sol.

Certains appareils furent utilisés comme drônes jusqu'en 1962 et d'autres comme avions de lutte anti-incendie. La France (de 1950 à 1960, des Privateer furent utilisés par les flottilles 24F et 28F comme bombardiers en Indochine et appareils de surveillance en Algérie), le Canada, la Chine de Taipei et le Honduras utilisèrent également cet appareil.

Au total, 736 Privateer ont été construits.

Caractéristiques Techniques du Consolidated PB4Y-2 Privateer

Type : avion multiplace de reconnaissance et d'assaut aéromaritime

Equipage : deux pilotes, un navigateur, un bombardier, cinq mitrailleurs et deux opérateurs radios

Masse : à vide 12467kg maximale au décollage 29500kg

Dimensions : envergure 33.53m longueur 22.73m hauteur 9.17m

Motorisation : quatre moteurs radiaux à refroidissement par air Pratt & Whitney R-1830-94 de 1350ch chacun

Performances : vitesse maximale 382 km/h vitesse de croisière 224 km/h distance franchissable 4540km plafond opérationnel 6400m

Armement : 12 mitrailleuses de 12.7mm en six tourelles doubles et 5800kg de bombes, mines, torpilles ou charges de profondeur.

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MessageSujet: Re: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 21:12

Le dévellopement du Neptune

Dessin représentant le V-146. Les grandes lignes du Neptune sont déjà là

Comme nous venons de le voir dans la première partie de l'introduction, Lockeed avait réussit à placer un grand nombre de Ventura puis d'Harpoon dans les unités de lutte ASM et de lutte antinavire qu'il s'agisse du Coastal Command ou de l'US Navy.

Néanmoins, la firme de Burbank en Californie savait que ces deux appareils dérivés d'appareils commerciaux étaient amenés à l'obsolescence. Il fallait donc proposer un appareil plus gros, plus puissant à l'US Navy, un appareil bien armé mais surtout bien équipés en censeurs divers et variés.

Le bureau d'études de Lockeed lança ainsi en septembre 1941 l'étude V-135 suivit d'une deuxième étude («V-146»). L'US Navy accorda son imprimatur officiel en février 1943 et un an plus tard, le 4 février 1944, signa un contrat pour la construction de deux prototypes baptisés XP2V-1.


Le premier prototype du Lockeed Neptune, le XP2V-1

Baptisés Neptune (le dieu romain de la mer, l'équivalent du Poseidon grec), les deux prototypes sont construits sans empressement, les besoins étant largement couvert par les appareils en service. Ce n'est donc que le 17 mai 1945 que le premier prototype quitte le plancher des vaches, suivit peu après du deuxième prototype. Les tests montrent que l'appareil est un vrai pur-sang, sans grands défauts avec une excellente manoeuvrabilité ce qui est utile pour traquer un sous-marin comme pour échapper aux chasseurs ennemis.

L'appareil dessiné par les ingénieurs de Lockeed était un élégant bimoteur à aile médiane propulsé par deux Wright Cyclone R-3359-8 de 2300ch chacun, muni d'une seule dérive et d'un train d'aterrissage tricycle.

Les ingénieurs pensant à une propulsion de guerre massive conçurent l'appareil comme un assemblage de modules ce qui in fine facilitait le travail des mécaniciens qui pouvaient remplacer un moteur en trente minutes. Ils avaient également pensé à l'équipage, le Neptune était un appareil confortable comparé aux avions précédents ce qui réduisait la fatigue lors des longues patrouilles au dessus de l'océan et les ailes assuraient une certaine flotabilité à l'appareil en cas de crash en mer ce qui était bien utile pour évacuer l'appareil.

Au niveau de l'armement, la nouvelle création de Lockeed Aircraft disposait de six mitrailleuses de 12.7mm Browning M2 répartis par pair dans le nez, dans une tourelle dorsale et dans une tourelle de queue et une spacieuse soute à bombe pouvait engloutir 3600kg de charge militaires avec de multiples configuration.

Par exemple, le Neptune pouvait embarque 4 bombes de 900kg ou 8 de 450kg ou 16 de 225kg ou encore douze charges de profondeur pesant chacune 150kg ou enfin deux torpilles de 980kg chacun.

Le Neptune embarquait un radar de recherche installé entre la patte avant du train d'aterrissage et la soute à bombe et l'équipage se composait de huit hommes même si le nombre varira entre les différentes versions.

Bien que la guerre soit terminée et les américains pressés de remettre leur économie en mode temps paix, les premiers Neptune furent livrés dès le début de l'année 1946 et les derniers P2V-1 furent livrés en mai 1947. Ces appareils équipèrent à partir de mars 1947 le squadron VP-ML-2 (puis VP-2)

La naissance de la guerre froide rendait toujours plus importante la guerre psychologique et la propagande. Alors qu'elle devait faire face aux revendications de la jeune et agressive USAF, l'US Navy profita de l'apparition du nouvel appareil pour montrer les dents.


"The Truculent Turtle"

Le troisième appareil de série rebaptisé Truculent Turtle fût allégé de tout le matériel superflu et bourré jusqu'à la gueule de carburant pour battre le record de distance franchissable. Le 29 septembre 1946, cet appareil décolla de Perth (Australie) avec un équipage de quatre hommes dont le capitaine de frégate Davies plus un kangourou offert au zoo de Colombus (Ohio) où l'appareil se posa après 18078km (11235.6 miles marins) et 55 heures et 17 minutes de vol. Cet record ne fût battu qu'en 1962 quand un B-52H effectua un vol sans escale entre Okinawa et Madrid soit 20177 km.

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MessageSujet: Re: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 21:27

CARRIERE OPERATIONNELLE

US Navy

Généralités

Lockeed P2V-2

Quand le Neptune entre en service, la Patmar de l'US Navy aligne 28 squadrons répartis en dix Fleet Air Wing. Le 15 novembre 1946, la désignation des unités est modifiée pour indiquer le type d'appareils : VP-HL pour les appareils terrestres lourds, VP-ML pour les terrestres moyens, VP-MS pour les hydravions et VP-AM pour les amphibies. Disposition éphémère puisque le 1er septembre 1948, toutes les unités de patrouille maritime sont baptisés VP.

La guerre de Corée voit la réactivation de douze unités de réserve le temps du conflit puisqu'en 1958, la «US Patmar» (désignation made in Clausland) retombe à 28 squadrons, 23 squadrons dont onze unités de réserve en 1968 et 24 en 1978 à une époque où l'Orion à remplacé le Neptune.

Les squadrons opérationnels sont regroupés en Patrol Wings, la flotte de l'Atlantique disposant du Patrol Wing 5 basé à Jacksonville en Floride et le Patrol Wing 11 basé à Brunswick dans le Maine avec des détachements en Islande, aux Açores et en Méditerranée (Port Lyautey). La flotte du Pacifique elle dispose du Patrol Wing 1 (puis 10) basé à Kamiseya au Japon et du Patrol Wing 2 basé à Barber's Point à Hawai, avec des détachements dans le Pacifique occidental et à Adak dans les Aléoutiennes.

Chaque commandement dispose de deux unités de servitude et d'entraînement, le VP-30 basé à Jacksonville et le VP-31 basé Moffet Field près de San Francisco.

*
**

La première version du Neptune baptisée P2V-1 n'est donc construite qu'à quinze exemplaires ce qui s'apparente à une version de pré-série. On peut donc considérer que la première version de série du Neptune est la version suivante.

Logiquement baptisée P2V-2, elle est produite à 81 exemplaires, livrès entre mai 1947 et juillet 1948 après un premier vol réalisé le 7 janvier 1947. Elle se distingue de la précédente par un membre d'équipage en moins, un nez allongé de 76cm, une tourelle de nez remplacée par six canons de 20mm tirant vers l'avant, un radar abrité dans le nez, une tourelle de nez plus aérodynamique et une tourelle arrière qui ne sera maintenue que sur les premiers appareils de série.

Les ailes sont adaptés au lancement de roquette, des moteurs plus puissants, une hélice tripale (elle était quadripale sur le P2V-1), la possibilité d'installer des fusées Jato pour faciliter le décollage et certains appareils reçurent un deuxième radome derrière la soute à bombe. Toutes ces modifications donnant un avion plus lourd, à la distance franchissable moins importante mais à la vitesse plus importante.

La version P2V-3 est produite à 83 exemplaires livrés entre août 1948 et janvier 1950, une sous-variante (P2V-3C) étant adapté à l'emploi d'une bombe nucléaire depuis un porte-avions.

La variante P2V-4 est produite à 52 exemplaires, le premier appareil de cette variante effectuant son premier vol le 14 novembre 1949. Il disposait de moteurs plus puissants, d'une capacité carburant accrue et d'une avionique plus moderne notament des bouées acoustiques qui nécessita le retour du huitième membre d'équipage pour assurer le traitement des informations de ces bouées.

Il faut attendre la variante suivante pour obtenir une production de masse puisque 424 P2V-5 sortirent des chaines de montage. Ils remplacèrent dans les unités de première ligne les Neptune plus anciens qui se retrouvèrent dans les unités de réserve.

Le premier appareil de cette variante effectua son premier vol le 29 décembre 1950 et se distingua de la version précédente par une tourelle de nez armé de deux canons de 20mm au lieu des six canons fixes, une avionique améliorée notament au niveau des contre-mesures ce qui obligea l'US Navy à embarquer un neuvième membre d'équipage.

Les réservoirs de bouts d'aile introduits sur les -4 furent conservés et celui de droite disposait d'un projecteur synchronisé avec la tourelle de nez qui disparu des derniers appareils de série tout comme disparu la tourelle de queue remplacée par un MAD. Surtout, la variante P2V-5F de cet appareil disposait de deux réacteurs Westinghouse J34-WE-34 destinés à faciliter les décollage ou à procurer une poussée additionnelle au combat

83 P2V-6 furent produits mais l'US Navy n'en reçut que 51, le solde allant à l'exportation. Il n'y avait pas de grande différence avec le P2V-5 si ce n'est qu'ils retrouvèrent la tourelle de nez et disposaient d'un radar de recherche plus performant et pouvaient mouiller des mines.


Un Lockeed P2V-7 du squadron VP-7 en 1954

Enfin la dernière variante américaine du Neptune fût le P2V-7 qui disposait de moteurs à piston plus puissants avec injection eau-methanol pour augmenter la puissance de manière temporaire et deux réacteurs J34.

Le fuselage avait été allongé, les tourelles présentes sur les premiers appareils de série furent supprimés sur les derniers appareils de série produits (359 exemplaires dont 205 pour l'US Navy) au profit d'un nez plein, d'un MAD et d'un dome d'observation.

Au total, Lockeed à produit 1099 exemplaires du Neptune dont 843 pour l'US Navy, le reste allant à l'exportation.

Le Neptune et la bombe atomique

L'importante contribution de l'USAAF à la victoire en Europe et dans le Pacifique plus l'apparition de la bombe atomique et les promesses de l'avion à réaction permettent à l'armée de l'air de quitter le giron de l'armée de terre. Par le National Security Act du 18 septembre 1947, l'USAAF devient une arme indépendante sous le nom de US Air Force.

Le petit nouveau à les dents longues et menace l'indépendance de l'US Navy, les marins craignant que l'USAF n'absorbe l'aviation embarquée et celle des marines. La marine américaine connait une période des plus délicates, ses porte-avions en dépit des services remportés durant le dernier conflit mondial semblent incapable de répondre à la bombe atomique et à l'avion à réaction.

Les premiers bombes atomiques sont très lourdes et nécessitent des appareils taillés pour cette mission.


Décollage avec des fusées Jato d'un Neptune du porte-avions lourd USS Franklin D. Roosevelt

Le premier et seul appareil utilisable pour le bombardement nucléaire est donc le Neptune, mais ce dernier atteint 15 tonnes à vide. Le squadron VC-5 créé en septembre 1948 à Moffet Field en Californie est la première unité à mettre en oeuvre des Neptune «nucléaires».

La technique choisie est de charger le bombardier à bord du porte-avions à la grue. Il décolle du bord à l'aide des fusées d'appoint Jato, exécute la mission et se pose sur une base terrestre amie ou l'équipage est récupéré après évacuation de l'avion en pleine mer. Il n'y aura bien entendu aucun embarquement opérationnel mais plusieurs essais de décollage sont menés.

Le 7 mars 1949, un P2V-3C décolle du Coral Sea avec une charge de 4500kg simulant une bombe atomique à l'aide de fusées Jato, simule un bombardement sur la côte ouest et se pose à Patuxent River. Un autre décollage du même genre est réalisé depuis le Midway le 7 avril.


Un North American AJ-1 Savage en vol

Dès septembre 1949, le North American Savage est en service et les essais de Neptune sont stoppés mais néanmoins, le Savage et le Midway ne sont pas spécialement fait pour s'entendre et les AJ-1 ne sont embarqués que pour exercices et laissés à terre en temps normal c'est à dire à Port Lyautey au Maroc.

Si jamais les Neptune avaient du délivrer le feu nucléaire, ils auraient employé la même tactique que les B-29 à Hiroshima et Nagasaki, un vol horizontal jusqu'à la cible localisé par un système de visée ASB-1 avec un largage à environ 6100m, la puissance des armes devant compenser une précision encore limitée.

Sus aux Soums !

Un Lockeed P2V-3 du squadron VP-5 en vol en 1951

Durant la guerre froide, les américains craignent que les sous-marins soviétiques ne relancent la bataille de l'Atlantique contre les convois transportant les renforts américains et canadiens à destination d'Anvers, de Rotterdam, du Havre, de Brest et de Saint Nazaire.

La lutte ASM devient donc prioritaire, absorbant une grande partie des moyens de l'US Navy ce qui ne pose guère de problème car la flotte de surface soviétique est pour ainsi dire embryonnaire ou du moins bien en peine de menacer la suprématie navale occidentale.

Avec la construction des Midway et surtout des nouveaux super porte-avions de classe Forrestal, les Essex plus ou moins refondus sont relégués à la lutte ASM avec avions spécialisés, les premiers hélicoptères et des avions d'assaut qui peuvent également servir de chasseurs improvisés comme le feront les Skyhawk au Vietnam.

En 1958, deux groupes occasionnels sont mis sur pied, le Task Group Alpha autour du Valley Forge dans le Pacifique et le Task Group Bravo autour du Wasp dans l'Atlantique, chaque groupe se composant outre d'un porte-avions ASM, de cinq à six destroyers (selon le concept Hunter Killer expérimenté durant la bataille de l'Atlantique), deux sous-marins et de six Neptune.

Cette association de moyens s'explique en partie par le rayon d'action des Neptune qui bien qu'important ne permettait pas de couvrir tout l'Atlantique au départ des bases de la côte est et c'est donc là que les Tracker et les HSS (puis Sea King) embarqués sur les porte-avions ASM entraient en jeu. Ce système restera en fonction jusqu'au retrait du Neptune qui est remplacé par des Orion qui eux ont le rayon d'action suffisant pour couvrir tout l'Atlantique ce qui permet le retrait au cours des années soixante-dix des derniers Essex.


Un Lockeed P2V-5 Neptune basé à Jacksonville en 1952

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MessageSujet: Re: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 21:36

Le Neptune et la guerre de Corée

Un Lockeed P-2H en vol

Le 25 juin 1950, la guerre froide à d'un seul coup un coup de chaud avec l'invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord. Quand le conflit éclate, la 7ème flotte du vice-amiral Strubble dispose du porte-avions Valley Forge, du croiseur lourd Rochester (qui sert de navire amiral), de huit destroyers, de trois sous-marins, cinq auxiliaires et les squadrons de patrouille maritime VP-28 qui dispose de 9 Privateer et le squadron VP-47 qui dispose de 9 Mariner qui patrouille dans le détroit de Formose.

La Task Force 96 au large du Japon (vice-amiral Turner Joy) dispose du croiseur léger Juneau, de quatre destroyers, d'un sous-marin et de dix dragueurs alors que la Task Force 90 du contre-amiral James Doyle dispose d'un remorqueur et de quatre navires amphibies.

Le 3 juillet 1950, le président Truman ordonne le blocus de la péninsule Coréenne et pour cette mission, la Patmar est la mieux placée. Outre les unités déjà sur place, les américains envoient des renforts, en l'occurence le squadron VP-6 équipé de P2V-2 qui outre la patrouille maritime, effectue des missions de reconnaissance et de bombardement au dessus de la Corée pour freiner l'avancée nord-coréenne et protéger la poche autour de Pusan.

Le 4 août 1950 est créé le Fleet Air Wing 6 destiné à regrouper les unités de patrouille maritime engagés dans le conflit coréen. Huit squadrons sont engagés en 1950 (squadrons VP-1, VP-6 et VP-22 avec des Neptune, VP-28 avec des Privateer, VP-42,46,47 et 892 avec des hydravions Martin Mariner), chiffre qui passe à douze en 1951 le plus souvent de manière temporaire avec les squadrons VP-2 (Neptune), VP-40 (Mariner), VP-722 et un détachement de VP-781 équipé d Privateer, seize en 1952 avec les squadrons VP-29 (Neptune), VP-9 (Privateer), VP-48 et 731 (Mariner) et dix-neuf en 1953 avec les squadrons VP-7 et 57 équipés de Neptune et VP-50 avec des Mariner. Il est évident que toutes les unités ne sont pas engagées simultanément mais sont présentes en permanence sur les aérodromes coréens et japonais.

Le 15 septembre 1950, les forces des Nations Unies sous le commandement du général MacArthur débarquent à Inchon, prennant à revers tout le dispositif nord-coréen. La Patmar est de la partie, la TF99 du contre-amiral George Henderson déployant trois ravitailleurs d'aviation, trois squadrons américains (le VP-6 équipé de Neptune, les VP-42 et 47 équipés de Mariner) et deux squadrons britanniques, les squadrons 88 et 209 équipés de Short Sunderland.

Le Neptune et la crise des missiles

Le 8 janvier 1959, la dictature du sergent Fulgencio Batista est renversée par une guérilla menée par Fidel Castro. Les américains comprennent rapidement la menace que pourrait poser un régime hostile à cent miles nautiques des côtes de Floride puisque Castro ne tarde pas à recevoir le soutien de Moscou qui comme le dit Kroutchev avec son style particulier voit là l'occasion de «mettre un hérisson dans le slip de l'oncle Sam».

Le 17 avril 1961 à lieu le fiasco de la baie des Cochons quand 1400 exilés cubains anticastristes entrainés par la CIA débarquent avec le soutien peu discret des américains. La rupture est consommée entre Castro et les américains.

Le 8 septembre, un Neptune du squadron VP-44 localise le cargo Omsk devant La Havanne avec ce qui semble être des missiles sur le pont, information confirmée le 14 octobre 1962 quand un U-2 et un Crusader localise des rampes de lancement de missiles SS-4.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 1962, le président Kennedy ordonne la mise en place d'un blocus autour de l'île, blocus assuré par les Task-Force 135 et 136 à 800 et 1300km de l'île avec notament quatre puis cinq porte-avions (Enterprise, Independence, Essex et Randolph bientôt renforcé par le Saratoga), trois porte-hélicoptères (Boxer Okinawa et Thetis Bay), deux croiseurs (Newports News Canberra) et des destroyers. Les Neptune sont naturellement de la partie, éclairant les deux Task Force et harcelant les sous-marins soviétiques qui doivent faire surface.

La crise des missiles qui s'achève le 20 novembre 1962 et qui faillit provoquer la troisième guerre mondiale n'empêche pas les américains de maintenir leur dispositif jusqu'au 31 décembre, dispositif qui vit l'engagement de sept porte-avions (Wasp et Lake Champlain en plus de ceux déjà cités), quatre porte-hélicoptères, deux croiseurs, cinq frégates, soixante-quinze destroyers, douze destroyers d'escorte, un sous-marin (le USS Sea Poacher SS-406), cinq dragueurs, trente-six navires amphibies, une soixantaine de navires auxiliaires et une trentaine de squadrons embarqués et basés à terre qui réalisent 30000 heures de vol en 9000 sorties.

Le Neptune et la Chine : missions secrètes

Outre les classiques missions de patrouille maritime, les Neptune de l'US Navy sont engagés dans des missions de renseignement notament pour connaître les défenses littorales soviétiques et chinoises. Outre le Privateer et le Martin Mercator, le Neptune est engagé au sein des squadrons VQ-1 et VQ-2.

Parallèlement au conflit coréen ont lieu plusieurs incidents entre les américains, les soviétiques et les chinois. C'est ainsi que le 6 novembre 1951, un Neptune du squadron VP-6 en reconnaissance météorologique est abattu par des avions soviétiques au large de Vladivostok, les dix membres d'équipage sont portés disparus.

Le 18 janvier 1953, un Neptune endommagé par la DCA chinoise au sud du détroit de Formose s'écrase près de l'île de Swatow. Un Mariner des Coast Guard récupère onze des treize hommes du Neptune mais ne peut décoller et finit par couler. Un autre Neptune est attaqué de nuit par un avion inconnu puis un Mariner et un Neptune sont visés par la DCA. Au final, dix hommes sont sauvés. Le 28 juin 1953, un Neptune du squadron VP-1 est pris pour cible par des navires dans le détroit de Formose mais s'en sort indemne tout comme un autre Neptune le 21 juillet.

Le 4 septembre 1954, un Neptune du squadron VP-19 basé à Atsugi (Japon) est abattu en mer du Japon par deux Mig 15 à 40 miles de la côte sibérienne mais neuf des dix hommes à bord sont récupérés par un hydravion SA-16 Albatross de l'USAF.

Le Neptune est engagé dans la crise de l'île Tachen du 18 janvier au 1er mai 1955. Après la crise de Matsu et Quemoy de l'année 1954, Pékin tente de reprendre l'île Tachen, menant d'intenses bombardements en dépit de la présence de la 7ème flotte qui assure la couverture de l'évacuation des îles par les nationalistes. Un Neptune est touché par la DCA chinoise le 18 janvier 1955.

Le 22 juin 1955, un Neptune du VP-9 décolle de Kodiak en Alaska pour une patrouille. Il est attaqué par deux Mig 15 et doit faire un aterissage forcé sur l'île de Saint Lawrence avec un moteur en feu. Chose étonnante, les soviétiques reconnaissent publiquement leur responsabilité, présentent leurs excuses et indemnisent les américains.

Le Neptune et la guerre du Vietnam

Conquise à la fin du dix-neuvième siècle par la France, l'Indochine est occupée par les japonais en 1945 qui favorisent l'émergence du Vietminh. Commence alors une guerre de huit ans entre la France qui cherche à reconquérir l'une des perles de son empire et le Vietminh.

De 1946 à 1949, le conflit ressemble à une guerre du faible au fort entre une armée française équipée et combattant à l'européenne et une guerilla faiblement équipée mais connaissant parfaitement le pays.

L'arrivée au pouvoir de Mao-Tse-Toung en octobre 1949 change la donne. Le Viet Minh bénéficie maintenant d'une puissante base arrière en Chine et se transforme en une véritable armée capable d'infliger des sévères défaites au corps expéditionnaire française comme à Cao Bang sur la RC4 en octobre 1950.

Suit une période de relatif redressement sous la houlette du général de Lattre de Tassigny qui «vietnamise» avant l'heure le combat, bénéficiant en parallèle d'un puissant soutien militaire américain qui revenant de leur anticolonialisme traditionnel voit désormais la guerre d'Indochine comme un affrontement de la guerre froide.

Si le Vietminh est de plus en plus puissant, il ne commet pas l'erreur d'accepter un affrontement en rase campagne où la puissance de feu française est encore écrasante avec une supériorité aérienne totale.

Le haut commandement français décide de fixer les forces Vietminh par un appat en installant un camp retranché à Dien Bien Phu. C'est l'opération Castor lancé le 20 novembre 1953. Sans le savoir, c'est le début de la fin du corps expéditionnaire français.

Cette idée de camp retranchée paraît absurde 55 ans plus tard mais à l'époque, elle semblait couler de source, le haut commandement français se rappelant le précédent de Na San (23 novembre-2 décembre 1952) où le Viet-Minh s'était cassé les dents sur ce camp retranché

Contrairement aux prévisions optimistes des officiers français, le Vietminh est capable de hisser sur les collines entourant la cuvette de Dien Bien Phu des canons que l'artillerie française du colonel Piroth sera incapable de neutraliser (le chef de l'artillerie française se suicidera trois jours après le début de la bataille dans la nuit du 15 au 16 mars 1954). Le soutien aérien insuffisant et le manque d'avions de transport condamne à brève échéance ce camp retranché qui se transforme en piège pour l'armée française.

L'attaque lancée le 13 mars 1954 voit le Viet Minh submergée peu à peu les différents points d'appui français (Isabelle, Eliane Claudine, Françoise, Huguette, Dominique Anne Marie Gabrielle et Béatrice, du nom selon la légende des maitresses du colonel de Castries, le commandant du camp retranché).

Après avoir envisagé une intervention directe, les américains renonce suite au refus britannique de les appuyer et de la crainte d'une escalade avec l'URSS et la Chine. Le camp retranché tombe le 7 mai 1954 et le cessez-le-feu se produit à la fin du moins de juillet.

La France quitte définitivement la région le 28 avril 1956 et au nom de la «théorie des dominos», les américains veillent à soutenir la république du Sud-Vietnam contre la guerilla communiste du Front de Libération National bientôt plus connu sous le surnom de Viet-Cong.

Des conseillers militaires américains sont en place au sein du Military Assistance Advisory Group (MAAG), 685 hommes en janvier 1960 chargés de réorganiser et de réentrainer l'ARVN (Army of the Republic of Vietnam).

L'engagement américain va cependant prendre un tour plus concret avec l'incident du Golfe du Tonkin le 2 août 1964, pretexte idéal pour un engagement franc, clair et massif des troupes américaines puisque la Résolution du Golfe du Tonkin votée le 7 août 1964 sera la base juridique.

L'engagement devient de plus en plus important. On retient souvent pour ce qui concerne l'US Navy l'intervention de l'aviation embarquée depuis Yankee et Dixie Station avec jusqu'à sept porte-avions d'attaque et de lutte ASM.

Les unités de patrouille maritime sont également de la partie, les Neptune des squadrons VP-4, VP-17 et VP-40 sont déployés au Vietnam notament depuis la base de Cam Ranh. Ils participent à trois types de mission, la première baptisée «Yankee Station» est une mission de surveillance dans le Golfe du Tonkin, la seconde nom de code «Market time» est une surveillance de la navigation notament les gros chalutiers pouvant servir à la contrebande et à l'infiltration d'armes et d'agents ennemis alors que la troisième mission baptisée «OSAP» est destiné à repérer et à pister les navires soviétiques et chinois.


Un Lockeed OP-2E en vol

Les Neptune opèrent également au dessus de la terre notament pour stopper le trafic de la piste Ho Chi Minh. Des OP-2E spécialement conçus pour cette mission de surveillance, appartenant au squadron VO-67, surveille cette artère vitale pour «Charlie» depuis la base de Nakhon Phanom en Thaïlande à partir de novembre 1967.

Cette mission ne se fait pas sans casse, un appareil est perdu le 11 janvier 1968 probablement par accident et deux autres sont abattus par l'ennemi les 17 et 27 février. Le squadron VO-67 est retiré des opérations le 1er juillet 1968 ce qui marque la fin de la carrière du Neptune qui depuis 1962 est relevé par l'Orion.

Les Neptune sont encore utilisés par la Navy Reserve durant les années soixante-dix avant d'être peu à peu relevés par les premières versions de l'Orion (P-3A et P-3B) qui sont remplacées dans les unités de première ligne par le P-3C.

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MessageSujet: Re: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 21:41

Les autres utilisateurs américains : US Army, CIA et lutte contre les incendies

L'US Navy ne fût pas le seul utilisateur du Neptune. L'US Army l'utilisa également durant le conflit vietnamien, en l'occurence au sein d'une unité spéciale, la 1st Radio Research Company basée à Cam Ranh et qui menait des missions de reconnaissance électronique ainsi qu'au sein d'un autre squadron, l'Observation Squadron 67 (VO-67) qui perdit trois avions et vingt membres d'équipage ce qui lui valu d'être le seul squadron de Neptune à recevoir une citation présidentielle.


Lockeed AP-2H au sol

Des Neptune furent modifiés comme canonnières volantes pour détruire les cibles localisées par d'autres Neptune utilisés pour des missions de reconnaissance notament de la piste Ho Chi Minh. Les AP-2H furent privés de leur radar de recherche et de leur MAD, ce dernier étant remplacés par une tourelle double de 20mm, des capteurs optroniques installés. Les AP-2H furent également armés de lance-grenades de 40mm et des miniguns. Ces appareils furent utilisés de 1967 à 1969 pour des missions d'attaque avec les armes du bord, des bombes, du napalm mais également le largage de senseurs abandonnés (opération Igloo White).


Un Lockeed RB-69 de la CIA mais aux couleurs moins indiscrètes de l'USAF

La CIA (Central Intelligence Agency ) fût également utilisatrice de Neptune pour mener des missions clandestines de reconnaissance. Sept P2V-7 furent livrés à l'agence de renseignement américaine et modifiés par la division secrète de Lockeed baptisé «Skunk Works». Ultérieurement et pour compenser les pertes, deux appareils issus des surplus de l'US Navy lui furent cédés, le premier en septembre 1962 et le second en décembre 1964 avec entre-temps, un P2V-5 acquis pour l'entrainement.

Deux appareils furent déployés à Wiesbaden en Allemagne avec les marquages de l'USAF entre 1957 et 1959. Plus long fût le déploiement de deux appareils depuis la base aérienne taïwanaise d'Hinshu puisqu'il menèrent des opérations clandestines (renseignement électronique, cartographie des positions de DCA, parachutage d'agents, largage de ravitaillement) de 1957 à novembre 1966.

Ces appareils étaient officiellement intégrés à l'armée de l'air taiwanaise mais travaillaient au profit de la CIA. Le nombre passa rapidement à sept soit tous les Neptune de l'agence, cinq appareils furent perdus avec leur équipages (deux écrasés en Corée du Sud et trois abattus au dessus de la Chine) et les deux derniers reconvertis en appareils de lutte ASM et remis à l'US Navy.


Un Neptune larguant du retardant

Actuellement quelques Neptune sont encore utilisés aux Etats Unis comme avions de lutte antin-incendie avec 9084 litres de retardant. Ils pourraient cependant être rapidement remplacés par des appareils plus modernes.

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MessageSujet: Re: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 22:03

Le Neptune à l'export

Argentine

Un Lockeed Neptune argentin

La marine argentine à acquis à partir de 1958, 16 Lockeed Neptune destinés à équiper l'Escuadrilla Aeronaval de Exploración. Les huit premiers appareils étaient d'anciens appareils britanniques (mis en oeuvre par le Coastal Command en attendant la mise au point du Avro Schakelton) et furent suivis par quatre appareils entre 1966 et 1972 et quatre autres en 1977 en compensation du refus des américains de livrer des Orion.

L'utilisation de ces appareils commença à devenir problématique à partir de 1977 quand un embargo fût imposé par les américains aux argentins alors que le pays connaissant la sale guerre entre la junte et tous ceux que le régime considérait comme des opposants à éradiquer.

Les Neptune argentins participèrent aussi à la poussée de fièvre entre Buenos Aires et Santiago à propos de trois île de le détroit de Beagle en 1978. C'est la médiation de l'Eglise catholique qui évita le déclenchement de l'opération Soberania (Renaissance), une invasion argentine du Chili six heures avant l'heure H.

Quand éclate la guerre des Malouines, il ne reste plus que deux appareils opérationnels qui vont jouer un rôle capital notament le 4 mai 1982 quand un Neptune repère le destroyer lance-missiles HMS Sheffield, transmettant les coordonnées à deux Super Etendard.

Ces derniers lancèrent leurs missiles et si le Yarmouth leurra le missile, le Sheffield encaissa un Exocet qui provoqua un important incendie. Le navire coula cependant que le 10 mai alors qu'il était en remorque direction la Georgie du Sud.


Maquette d'un Neptune argentin

A la fin du conflit, les Neptune furent immobilisés au sol et ce sont les C-130 Hercules qui assurèrent les missions de patrouille maritime. En 1983, les Neptune furent remplacées par des Lockeed L-188 Electra, ces derniers furent remplacés en 1997 par 6 P-3B Orion qui sont toujours en service en 2010 après avoir été modernisés en 2005/06.

Australie

Un Neptune australien

La Royal Australian Air Force (RAAF) est chargée des missions de patrouille maritime et pour cela s'équipa de Lockheed Neptune. Douze P2V-5 furent livrés en 1951 et 1952 et mis en oeuvre par le squadron 11 jusqu'en 1969 quand ils furent remplacés par des Orion.


Un Neptune australien en vol

En 1961, douze P2V-7 furent acquis pour équiper le squadron 10 qui les utilisa jusqu'en 1978/79 quand les Orion les remplacèrent.


Au dessus du Corregidor en 1963, un Neptune australien, un Mariner américain et un Sunderland néo-zélandais

Brésil

Un Neptune brésilien préservé dans un musée

L'armée de l'air brésilienne seule à pouvoir mettre en oeuvre des avions à aile fixe jusqu'en 1989 était donc chargée des missions de patrouille maritime et pour cela mit en oeuvre un total de quatorze Neptune.

Ces appareils étaient d'anciens appareils britanniques acquis en 1958/59 et mis en oeuvre par le 1°/7° Grupo de Aviaçao de la Força Aérea Brasileira basé à Salvador de Bahia dans le nord du Pays.

Rebaptisés P-15, ils furent utilisés par la FAB jusqu'en 1976.

Canada

Un Neptune Canuck en vol

La Royal Canadian Air Force commanda 25 Lockeed P2V-7 Neptune, appareils qui furent livrés entre mars et septembre 1955, appareils qui furent mis en oeuvre par le squadron 404, le squadron 405 et le squadron 407 jusqu'au début des années soixante-dix quand le CP-107 Argus le remplaça.


Le Neptune à été remplacé au Canada par le CP-107 Argus

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MessageSujet: Re: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 22:15

France

Un Lockeed Neptune restauré en Australie aux couleurs françaises

L'Aéronautique Navale passe commande de 31 Lockeed P2V-6 (P-2F en 1962) dont les premiers exemplaires sont livrés en octobre 1952, armant d'abord les flottilles 21F et 22F.

-La Flottille 21F est mise sur pied en juillet 1952 à Oran, reprennant les traditions des flottilles 2B et 3F avec des Lancaster troquant le bombardement pour la patrouille maritime et la lutte anti-sous-marine. Elle reçoit des Neptune en juillet 1953.

En novembre 1963, elle quitte l'Algérie et sa base aéronavale de Lartigue pour la base aéronavale de Nimes-Garons. Le Neptune est retiré du service de cette unité en 1965 et 1966 et remplacé par l'Atlantic.


Un Lockeed P2V-6 Neptune de la flottille 22F

-La Flottille 22F est mise sur pied en 1953 et équipée donc de Neptune. Elle est d'abord basée à Lartigue avant de relever la 23F basée à Port Lyautey de mars 1955 à avril 1959. Elle regagne ensuite Lartigue avant d'être basé à Nimes-Garons à partir en septembre 1962. Ils sont remplacés par des Atlantic à la fin des années soixante.


Un Lockeed P2V-7 Neptune de la 23F dans le Pacifique

-La Flottille 23F est mise sur pied en juin 1953 à Port Lyautey avec des Avro Lancaster puis à partir de 1956 avec Neptune qui participent aux missions Surmar au large des côtes algériennes et marocaines. En 1959, les P2V-6 sont remplacés par des P2V-7Neptune et c'est dans cette configuration qu'il gagne la métropole et la base aéronavale de Lann-Bihoué dans le Morbihan. Elle effectue trois campagnes dans le Pacifique au profit du CEP (1968 1970 et 1971) avant d'être rééquipé d'Atlantic à partir de 1972.


Un Lockeed P2V-6 Neptune de la flottille 28F

-La Flottille 28F est créée le 20 juin 1953, issue de la 8FE sur la base aéronavale de Tan Son Nhut près de Saïgon avec des Consolidated Privateer qui sont remplacés par des Lockeed P2V-6 en janvier 1961. De 1956 à 1960, elle est basée à Karouba avant de gagner Lartigue en 1961 puis Nimes en 1962 avant d'être dissoute en avril 1963.

Entre 1958 et 1961, l'Aéronautique Navale reçoit 33 Lockeed PV2-7 qui vont équiper trois flottilles basées à Lann-Bihoué.


Un Lockeed P2V-7 Neptune en vol à basse altitude

-La flottille 24F issue d'une longue lignée d'unités est officiellement créée en 1943. Mise en sommeil en 1946, elle est réactivée en 1952 et expédiée en Indochine, participant à l'appui du corps expéditionnaire et ce jusqu'en 1954. D'abord équipée de Lancaster et de Privateer, elle reçoit des P2V-7 en mars 1958, appareils qu'elle met en oeuvre jusqu'en mai 1967 quand elle est transformée sur Atlantique.


Un Lockeed P2V-7 Neptune de la flottille 25F

-La flotille 25F est créée sous le nom de flottille 11F en 1952 avec Lartigue pour base et l'Avro Lancaster comme monture. Elle s'installe à Lann-Bihoué dès 1953 mais le 20 juin 1953, elle est rebaptisée 25F suite au renumérotage des unités de l'aéronautique navale. Elle est transformée sur P2V-7 en juillet 1958, appareil qui l'équipera jusqu'à sa dissolution le 29 juillet 1983. Cette unité participera aux missions Surmar, aux missions SAR mais également à la lutte contre la marée noire du Torrey Canyon et l'appui aux essais du CEL (Centre d'Essais des Landes). Un détachement permanent est présent à Djibouti entre 1978 et 1980.

-L'escadrille 12S est réellement créée en 1953 sur la base aéronavale de Cuers avec des hydravions Catalina et des Junkers Ju52. En 1954, elle s'installe à Saint Mandrier avec des hydravions Noroit N1402 puis des Sunderland avant d'être dissoute en janvier 1960.

Pour soulager la flottille 25F des missions de soutien du Centre d'Essais des Landes (CEL) de Biscarosse, l'escadrille 12S est recréée le 15 avril 1969 sur la base aéronavale de Lann-Bihoué. Elle dispose de huit P-2H, quatre Neptune étant ensuite modifiés en appareils AMOR (Avion de Mesures et d'Observation aux Receptacle) qui sont régulièrement déployés aux Açores.


A partir d'avril 1972, elle est déployée avec cinq appareils à Hao en Polynésie puis à Tahiti-Faa le 24 septembre 1974. Elle participe à la surveillance du CEP jusqu'au retrait du Neptune du service actif le 13 août 1984.

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MessageSujet: Re: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 22:26

Grande-Bretagne

Un Lockeed Neptune MR.1 du Coastal Command

Pour compenser le retard des livraisons de l'Avro Schakletons, la Royal Air Force et plus précisément le Coastal Command à acquis en 1952 cinquante-deux P2V-5. 27 appareils furent ultérieurement modifiés avec la suppression des tourelles de nez et de queue remplacée pour la première par un nez plein et le second par un détecteur d'anomalies magnétiques.


Un Avro Schackleton

Ces appareils équipèrent les squadrons 217,36,203 et 210 jusqu'en mars 1957 quand les derniers Avro Shackletons remplacèrent les derniers Neptune en service au sein du squadron 217.

Japon

Kawasaki P-2J de la JMSDF

C'est en 1955 que la Force Maritime d'Autodéfense Japonaise (Japanese Maritime Self Defense Force JMSDF) reçut ses premiers Neptune en l'occurence seize appareils type P2V-7 construits par Lockeed.

En 1959, la JMSDF reçut le premier des quarante-huit Neptune produits sous licence par Kawasaki qui livra le dernier appareil en juin 1965 trois ans après la fin de la production du Neptune aux Etats Unis. Ces appareils furent retirés du service en 1981.

Le Japon dévellopa la version la plus moderne du Neptune, une version baptisée P-2J. Produite à 83 exemplaires livrés entre octobre 1969 et mars 1979, ils furent utilisés jusqu'en 1995.

Pays Bas

Un Lockeed Neptune néerlandais

La Koninglike Marine reçut douze P2V-5 entre octobre 1953 et janvier 1954, appareils qui furent mis en oeuvre par le squadron 320. Ces appareils furent retirés du service entre 1960 et 1962 et transferés au Portugal.

Quinze P2V-7B furent livrés au squadron 321 entre septembre 1961 et février 1962 puis mis au standard SP-2H sauf un appareil. Le squadron 321 ayant été dissous, c'est le squadron 320 qui mit en oeuvre les Neptune néerlandais. Quatre Neptune ayant appartenus à la France furent également acquis en 1965. Le squadron 320 retira ses derniers Neptune en mars 1982, remplacés par des P-3 Orion.

Portugal

Un Lockeed Neptune portugais

Les premiers Neptune mis en oeuvre par Força Aera Portuguesa furent les douze P2V-5 ex-néerlandais qui remplacèrent les PV-2 Harpoon de l'Esquadra de Reconhecirnento Maritime 61 basé à Montijo près de Lisbonne. Ces appareils furent livrés entre juin 1961 et mars 1962.

Ils participèrent aux guerres coloniales menées par le Portugal salazariste dans ses colonies africaines, les Neptune effectuant des missions de reconnaissance maritime et de bombardement. Il n'y avait plus que quatre appareils en service en 1977 et deux en 1978, année du retrait du service de l'appareil.

Taiwan

L'armée de l'air taïwanaise à mis en oeuvre le Neptune dans le cadre de missions de reconnaissance clandestine au profit de la CIA.

VERSIONS

Un Lockeed Neptune décollant du Coral Sea

-XP2V-1 : désignation des deux prototypes du Neptune

-P2V-1 : première version de série

-P2V-2 : deuxième version de série

-P2V-2N : deux Neptune adaptés à l'emploi en milieu arctique avec des ski sur leur train d'aterrissage

-P2V-3 : troisième version de série

-P2V-3B : Neptune adaptés à l'emport d'armes nucléaires

-P2V-3Z : Neptune destinés au transport de VIP en zone de guerre

-P2V-3C : Neptune adaptés au décollage depuis des porte-avions

-P2V-3W : Neptune convertis à l'alerte aérienne avancée et au renseignement électronique

-P2V-4 : quatrième version de série du Neptune. Rebaptisée P-2D en 1962

-P2V-5 : plus importante version de série de Neptune en terme de nombre d'exemplaires. Rebaptisée P-2E en 1962

-P2V-5F : P2V-5 modifiés durant leur carrière (donc après leur départ de la chaine de montage) avec deux turboréacteurs J34

-P2V-5FD : Neptune modifiés pour assurer le contrôle d'avions sans pilotes

-P2V-5FE : Neptune modifiés pour le renseignement électronique

-P2V-5FS : Neptune modernisés avec un système sonar Julie-Jezebel

-P2V-6 : avant-dernière version de série du Neptune. Rebaptisé P-2F en 1962

-P2V-6B/M : Neptune capables de lancer le missile air-surface Petrel

-P2V-6F : P2V-5 modifiés ultérieurement avec l'installation de deux turboréacteurs J34. Rebaptisé P-2G en 1962

-P2V-6T : version d'entraînement du Neptune

-P2V-7 : dernière version de série du Neptune avec des turboréacteurs installés dès la construction. Rebaptisée P-2H en 1962.

-P2V-7S : version modernisée de la précédente rebaptisée SP-2H en en 1962

-P2V-7LP : version adaptée au milieu arctique avec des skis sur le train d'aterrissage

-RB-69A : désignation des Neptune utilisés par la CIA

-AP-2E : P2V-5F adaptés par l'US Army au renseignement électronique durant la guerre du Vietnam

-OP-2E : désignation des appareils de reconnaissance utilisés par l'US Navy au dessus de la jungle vietnamienne. Il s'agit de P2V-5 modifiés

-NP-2H : un appareil modifié pour des essais par la CIA, semblable au précédente

-AP-2H : P2V-7F modifiés pour le renseignement au dessus du Vietnam

-P-2J : Neptune fabriqués sous licence au Japon

-C.139 : version de transport du Neptune. Projet abandonné avant même la réalisation d'un prototype

-Neptune MR.1 : désignation de P2V-5 de la RAF

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MessageSujet: Re: LOCKEED P-2 NEPTUNE    Mer 24 Nov 2010, 22:32

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Plan trois vues du P2V-7

P2V-3

Masse : à vide 15819kg maximale au décollage 29076kg

Dimensions : longueur 23.72m envergure 30.48m hauteur 8.56m

Motorisation : deux moteurs radiaux Wright Cyclone R-3350-26W de 3200ch entrainant chacun une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 515 km/h vitesse de croisière 286km/h distance franchissable 6406km

Armement : deux canons de 20mm dans le nez, quatre mitrailleuses de 12.7mm dans une tourelle dorsale et une tourelle de queue. Jusqu'à 16 roquettes sous les ailes et 3629kg de charges en soute.

Equipage : 7 à 9 hommes

P-2H/P2V-7

Masse : à vide 22650kg maximale au décollage 35240kg

Dimensions : longueur 27.94m envergure 31.65m hauteur 8.94m

Motorisation : deux moteurs à piston Wright R-3350-32W Cyclone de 3700ch chacun avec une hélice quadripale et deux turboréacteurs Westinghouse J-34

Performances : vitesse maximale 586 km/h vitesse de croisière 333 km/h distance franchissable 3540km plafond opérationnel : 6800m

Armement : roquettes sous les ailes et 3629kg de charge en soute

Equipage : 7 à 9 hommes d'équipage

SOURCES

-Jean Moulin US Navy Tome 1 1898-1945

-Jean Moulin US Navy Tome 2 1945-2001

-Jean Moulin Les avions de patrouille maritime français en image

-Encyclopédie des armes Editions Atlas Tome 7 «Les avions antinavires 1939-1945» p1481 à 1500

-Encyclopédie des armes Editions Atlas Tome 7 «Avions de patrouille maritime» p1661-1680

-Ressources internet diverses


FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : SNLE CLASSE OHIO


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