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 JAPON CROISEURS LOURDS CLASSE AOBA

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clausewitz
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MessageSujet: JAPON CROISEURS LOURDS CLASSE AOBA   Jeu 11 Nov 2010, 16:25

CROISEURS LOURDS CLASSE AOBA
(JAPON)


Le croiseur lourd Aoba et son discret panache de fumée

INTRODUCTION

Etats Unis ou Japon : qui sera le maitre du Pacifique ?

Entre 1888 et 1914, la Grande Bretagne et l'Allemagne se lancent dans une formidable course aux armements navals. Albion défié par Germania. La géographie est défavorable à l'empire wilhelmien avec des mers fermés (Baltique, mer du Nord) mais cela n'empêche le Kaiser Guillaume II secondé par l'amiral Tirpitz de mettre sur cale des dizaines de cuirassés et de croiseurs de bataille auxquels la Grande Bretagne répond selon la théorie du «Two pounder standard plus ten» qui oblige la Royal Navy à avoir un tonnage égal aux deux marines qui lui succède c'est à dire l'Allemagne et les Etats Unis.

La Grande Guerre épuise la Grande Bretagne qui doit maintenir une marine imposante mais doit aussi déployer une armée de terre aux effectifs importants et aux pertes qui ne le sont pas moins. Il était désormais clair que la Royal Navy avait perdu la main et ce quelque soit le dénouement du premier conflit mondial.

La raison est le lancement d'une nouvelle course aux armements dans le Pacifique entre les Etats Unis et le Japon. Tokyo et Washington ont toujours eu des relations compliquées, mélange d'attirance, de respect mutuel et de haine.

Après tout n'es-ce pas le Commodore Perry de l'US Navy qui à sorti le Japon de son isolement et donné le signal de la modernisation mais parallèlement devient un concurrent à la maitrise du Pacifique.

La guerre russo-japonaise (8 février 1904-5 septembre 1905) marque l'entrée du Japon dans le cercle fermé des grandes puissances, éliminant un concurrent mais Tokyo repproche aux Etats Unis d'avoir limité sa victoire.

Dès la fin de cette guerre, le Japon se prépare à une guerre avec les Etats Unis ce qui nécessite une puissante marine. Du côté américain, on craint un scénario catastrophe qui nous parrait peu crédible aujourd'hui : une guerre opposant les Etats Unis à un bloc anglo-japonais, les deux pays étant alliés par un traité signé le 30 janvier 1902.

L'US Navy d'un côté et la Nihon Kaigun de l'autre se lance dans d'ambitieux programmes de construction de cuirassés, des navires plus puissants les uns que les autres.

Ce sont les américains qui tirent les premiers. Le 21 juillet 1915, le président Wilson demande à son secrétaire à la marine, Josephus Daniels un programme navale qui est établit à la fin du mois d'août 1915 et prevoit huit navires de ligne, cinq croiseurs, 65 destroyers et sous marins mais il est doublé en octobre avec seize navires de ligne et 140 autres navires à réaliser en cinq ans pour 481 millions de dollars.


CB classe Lexington à la mer

Le programme naval de 1916 est ainsi approuvé le 15 août 1916 et le Bill devient Act par signature du président Wilson le 29 août 1916. Le financement de dix cuirassés, six croiseurs de bataille, dix croiseurs,cinquante destroyers, soixante-sept destroyers et treize auxiliaires est étalé sur les années fiscales 1917 1918 et 1919.


Si trois des quatre Colorado furent construits, aucun South Dakota ne fût lancé et mis en service

Pour ce qui concerne les navires de ligne, les américains construisent dix cuirassés et six croiseurs de bataille. Les six croiseurs de bataille forment la classe Lexington, les dix cuirassés étant répartis entre la classe Colorado composée de quatre unités et la classe South Dakota composée de six unités, tous étant armés de canons de 406mm respectivement huit, huit et douze pièces.

Les japonais connaissent les détails du plan américain au début de 1917 et riposent le 14 juillet 1917 par le programme dit «8-4» qui prévoit huit cuirassés et quatre croiseurs de bataille pour 1924 mais l'augmentent bientôt avec le programme «8-8» pour huit cuirassés et huit croiseurs de bataille à achever avant le 1er avril 1928.


Le Mutsu de classe Nagato

Représentation de la classe Tosa

La classe Kii

Dans la catégorie cuirassé, on trouve la classe Nagato (Nagato et Mutsu), la classe Tosa (Tosa et Kaga) et la classe Kii (Kii Owari et deux numérotés type 11 et type 12) tandis que pour les croiseurs de bataille se composait de la classe Amagi (Amagi, Akagi, Atago et Takao) et de la classe type 13 (type 13,14,15 et 16).


Croiseur de bataille classe Amagi et ci-dessous représentation d'un croiseur de bataille type 13

Si les américains réussissent à achever trois de leurs quatre cuirassés de classe Colorado, les japonais ne réussissent à achever que les deux cuirassés de classe Nagato. Les raisons sont multiples : fin du premier conflit mondial, isolationisme américaine, crise économique post-premier conflit mondial mais il y à surtout le traité de Washington du 6 février 1922 qui met le hola sur les constructions de cuirassés.

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MessageSujet: Re: JAPON CROISEURS LOURDS CLASSE AOBA   Jeu 11 Nov 2010, 16:30

Le traité de Washington

C'est à l'initiative du président Warren Harding que se réunit la conférence de Washington

Cette course choque de plus en plus les opinions publiques qui réclament une réduction des armements navals. Le 10 juillet 1921, le président américain Harding envoie à la Grande Bretagne, au Japon, à la France, la Chine et l'Italie une invitation à une conférence sur le désarmement.

Comme toujours dans ces grandes messes internationales, l'hypocrisie et les faux-semblants sont maitres et chacun calculant les avantages et les inconvénients d'une telle conférence sur leur situation stratégique et la défense de leurs intérêts.


Photo de la conférence de Washington, probablement une séance plénière

La conférence de Washington s'ouvre le 12 novembre 1921 sous la présidence de Charles Evans Hughes, le secrétaire d'Etat américain. Ce dernier propose le gel de la construction des cuirassés pour dix ans et la limitation des caractéristiques des autres catégories de navires. Les britanniques auraient voulu interdire le sous marin mais ils ne peuvent obtenir gain de cause en raison de l'opposition de la France, du Japon, de l'Italie et plus discrète des Etats Unis.

Le traité de Washington signé le 6 février 1922 met fin à la course aux armements navals en imposant à la fois des contingents globaux par pays et des limites pour chaque type de navire.

Les Etats Unis pouvaient posséder 500600 tonnes de cuirassés et 135000 tonnes de porte-avions, l'Empire Britannique (Grande Bretagne + Dominions) 580450 tonnes de cuirassés et 135000 tonnes de porte-avions, le Japon 301320 tonnes de cuirassés et 81000 tonnes de porte-avions, La France 220170 tonnes de cuirassés et 60000 tonnes de porte-avions et enfin l'Italie 180800 tonnes de cuirassés et 60000 tonnes de porte-avions

La construction de nouveaux cuirassés était interdire jusqu'en 1931 dans le cadre de la battleship holiday sauf exceptions notament pour remplacer des unités détruites (Grande Bretagne avec les deux Nelson, France avec les Dunkerque mais l'Italie n'utilisera pas cette possibilité).

Sur le plan technique, le traité définissait les différentes catégories de navires. Le cuirassé était un navire de 10 à 35000 tonnes armés de canons d'un calibre supérieur ou égal à 203mm et inférieur à 406mm.
Le croiseur un navire d'un tonnage maximal de 10000 tonnes armé de canons d'un calibre maximal de 203mm alors que les porte-avions ne pouvaient pas dépasser le tonnage de 27000 tonnes et être armé de canons d'un calibre supérieur à 203mm même si les américains réussissent à faire passer un amendement autorisant chaque marine à posséder deux porte-avions d'un tonnage supérieur à 27000 mais inférieur à 33000 tonnes et ce pour éviter la mise à la casse des croiseurs de bataille USS Lexington et USS Saratoga _candidats à une transformation en porte-avions_ .

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MessageSujet: Re: JAPON CROISEURS LOURDS CLASSE AOBA   Jeu 11 Nov 2010, 16:34

Les Furutaka, premiers croiseurs lourds type Washington

Le Furutaka à la mer en 1940 après refonte

Le nombre de cuirassés étant limité, les différents pays vont se mettre à construire un nombre toujours plus grand de croiseurs lourds flirtant voir dépassant les limites admises (les exemples du peu de sincérité des signataires de ces traités sont légions), des navires peu protégés (d'où leur surnom de thin clad battleship ou cuirassé en fer blanc) déplaçant 10000 tonnes et armés de canons de 203mm.

Le traité de Washington marque également la fin de l'alliance signée en 1902 entre le Japon et la Grande Bretagne puisque Londres abandonne son allié japonais qui doit digérer le fait de n'être considéré que comme la troisième puissance navale mondiale.

Cette émancipation est aussi technique et technologique puisque si les anglais accueillent avec septicisme le croiseur lourd (ils ont des besoins tels en croiseurs pour protéger les lignes de communication et leur Empire qu'il le trouve trop gros sous entendu qu'ils ne peuvent en construire suffisament pour satisfaire les dits besoins), les japonais l'accueillent avec enthousiasme, eux qui ne possédaient jusque là que des croiseurs légers armés de canons de 140mm et bien incapables d'affronter autre chose que des torpilleurs et des destroyers.

C'est dans ce contexte que sont construits les deux premiers croiseurs lourds de la marine japonaise, des croiseurs baptisés Furutaka et Kako. Ces navires privilégient la vitesse et l'autonomie sur la protection, pour affronter les Omaha américains et les Hawkins britanniques dans les grandes étendues du Pacifique.


Les deux "ennemis" des Furutaka : la classe Omaha et ci-dessous la classe Hawkins


-Le Furutaka est mis sur cale aux chantiers Mitsubishi de Nagasaki le 5 décembre 1922 lancé le 25 février 1925 et admis au service actif le 31 mars 1926. Il participe aux premières opérations de la seconde guerre mondiale dans le Pacifique notament la bataille de l'île de Savo dans la nuit du 8 au 9 août 1942, bataille où les alliés perdent quatre croiseurs lourds (Quincy Vincennes Astoria et Canberra). Engagé ensuite à Guadalcanal, il est coulé au cours de la bataille du Cap Espérance le 11 octobre 1942.

-Le Kako est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki installés à Kobé le 17 novembre 1922 lancé le 10 avril 1925 et admis au service actif le 20 juillet 1926. Participant comme son sister-ship à la bataille de l'île de Savo dans la nuit du 8 au 9 août 1942, il est coulé par le sous-marin américain S-44 le 10 août 1942.

Caractéristiques Techniques de la classe Furutaka

Déplacement : standard 8560 tonnes pleine charge 11273 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 185.17m largeur 16.93m tirant d'eau 5.6m

Propulsion : quatre groupes de turbines Parsons (Furutaka) ou Brown-Curtis (Kako) alimentées en vapeut par douze chaudières Kampon dévellopant une puissance maximale de 103340ch et entrainant quatre hélices
Performances : vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable 7900 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : ceinture blindée 76mm ponts blindés 32 à 51mm tourelles de 203mm 38mm

Armement :

(Origine) 6 canons de 200mm Type 3 (modèle 1914) (7.9 inch) en six affûts simples sous masque (trois avant et trois arrières); 4 canons de 80mm type 3 (modèle 1914) (3inch) en quatre affûts simples sous masque installés lattéralement; 10 mitrailleuses de 13.2mm (d'autres sources citent simplement deux affûts doubles) et 12 tubes lance-torpilles de 610mm en six affûts doubles

(Après refonte) 6 canons de 203mm (8 inch) Type 3 (modèle 1914) en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière); 4 canons de 120mm (4.7 inch) type 10 (modèle 1921) en quatre affûts simples sous masque; 8 canons de 25mm et 8 mitrailleuses de 13.2mm et 8 tubes lance-torpilles de 610mm en deux plate-formes quadruples.

Aviation : A la construction, une plate-forme à hydravions installée à l'arrière de la cheminée N°2 remplacées au cours de la grande refonte par une catapulte. Le groupe aérien se composait d'un ou deux hydravions.

Equipage : 639 officiers et marins


Les Furutaka furent suivis par les deux croiseurs lourds de classe Aoba, des croiseurs baptisés Aoba et Kinugasa. Ils appartenaient au même programme que leurs prédecesseurs mais ils se distinguaient des Furutaka. Aux affûts simples, les Aoba répartirent leur armement principal en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière). La passerelle était aménagée de manière différente et surtout, ils furent les premiers navires japonais à emporter une catapulte à hydravion, le Kinugasa faisant figure de précurseur au sein de la Nihon Kaïgun. En dépit de ces changements, la charge dans les hauts était toujours aussi importante et la stabilité un souci majeur pour les équipages.


L'Aoba en 1933

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MessageSujet: Re: JAPON CROISEURS LOURDS CLASSE AOBA   Jeu 11 Nov 2010, 16:48

HISTORIQUE

L'Aoba

L'Aoba au mouillage en 1935

Présentation

-L'Aoba est mis sur cale aux chantiers navals Mitsubishi de Nagasaki le 4 février 1924 lancé le 25 septembre 1926 et admis au service actif le 20 septembre 1927.

Il porte le nom du Mont Aoba, un volcan de la région de Kyoto plus précisément près de Maizuru qui depuis 1901, une des grandes bases de la marine japonaise.

Carrière opérationnelle

Autre photo de l'Aoba au mouillage

A son admission au service actif, l'Aoba est affecté à la 5ème division de croiseurs et ce jusqu'en 1933 avant de servir au sein des 6ème et 7ème division, servant le plus souvent de navire amiral.

Après avoir effectué plusieurs patrouilles au large de la Chine, Il subit une importante modernisation à l'Arsenal de Sasebo de 1938 à 1940 : nouveaux canons pour l'artilerie principale, renforcement de la DCA, nouveaux tubes lance-torpilles, système de conduite de tir plus modernes, nouvelle catapulte. Des bulges sont également installés pour améliorer la stabilité.

Remis en service en octobre 1940, il rejoint ainsi la 6ème division de croiseurs composée outre de l'Aoba des croiseurs lourds Kinugasa Furutaka et Kako. Cette division ne participa pas au raid sur Pearl Harbor mais couvrit l'invasion de Guam et la deuxième tentative d'assaut contre la petite mais coriace île de Wake où les Marines opposaient une résistance acharnée.

De janvier à mai 1942, les Kinugasa furent basés à Truk dans les îles Carolines et déklà, assurèrent la protection des débarquements japonais dans les Salomons et en Nouvelle Guinée plus précisément à Rabaul, à Kavieng, Buka, Shortland, Kieta, les îles Manus, les îles de l'Amirauté et Tulagi.

L'Aoba comme son sister-ship, le Kinugasa participe à la bataille de la mer de Corail, retrouvant en haute mer le porte-avions léger Shoho qui fût coulé par les bombardiers en piqué et les avions torpilleurs du Yorktown et du Lexington le 7 mai 1942.


Vue tribord du croiseur lourd Aoba

La première bataille au délà de l'horizon se termina le 8 mai 1942 par une victoire tactique japonaise mais une victoire stratégique américaine, les japonais abandonnant l'idée de débarquer à Port Moresby en Nouvelle Guinée, la retraite du convoi étant couverte par le Kako et l'Aoba.

Après un ravitaillement aux Shortland le 9 mai, l'Aoba regagna l'Arsenal de Kure le 22 mai pour réparations, revenant à Truk le 23 juin 1942, reprennant ses missions de patrouilles et de surveillance de zone. Le 14 juillet 1942, l'Aoba est affecté à la toute nouvelle 8ème flotte placée sous le commandement du vice-amiral Mikawa Gunichi pour les opérations dans les Salomons, en Nouvelle Bretagne et en Nouvelle Irlande.

Après le débarquement américain à Guadalcanal le 7 août 1942 (opération Watchtower), c'est un hydravion de l'Aoba qui repéra une partie de la force d'invasion à Lunga Point près de Tulagi. C'était le prémice de la bataille de l'île de Savo dans la nuit du 8 au 9 août 1942 qui montra la maitrise japonaise du combat de nuit puisque quatre croiseurs lourds alliés sont détruits plus un autre endommagé plus deux destroyers. L'Aoba étant endommagé par un obus. Jusqu'à la fin du mois de septembre, la 6ème division de croiseurs assura la couverture du «Tokyo Express».


L'Aoba photographié au moment de la bataille du Cap Esperance

Il participe ensuite à la bataille du Cap Esperance le 11 octobre 1942 en compagnie des autres croiseurs de la 6ème division, il est gravement endommagé par plus de quarante projectiles américains de 6 et de 8 pouces. Le pont principal ressemble à un véritable gruyère, la tourelle II hors service et la tourelle III détruite, quatre chaudières sur douze étaient hors service. Sur le plan humain, l'amiral Goto avait été mortellement blessé et 80 membres d'équipage tués.


Carte de la bataille du cap Espérance

Après des réparations temporaires aux Shortland, l'Aoba gagna Truck le 15 octobre avant de rentrer au Japon pour une remise en état complète. Arrivé à Kure le 22 octobre, les réparations vit la tourelle III supprimée et remplacée par un affût triple de 25mm (d'autres canons de 25mm furent embarquées en remplacement des mitrailleuses de 13.2mm). Le croiseur lourd est de retour à Truk le 24 février 1943.

Le 3 avril 1943, alors qu'il était mouillé à Kavieng en Nouvelle Irlande, l'Aoba fût endommagé par l'attaque d'un bombardier lourd B17, une bombe toucha deux torpilles Long-Lance qui explosèrent provoquant de sérieurs dégâts, aggravés par le mitraillage de la Forteresse Volante. Le croiseur lourd du être échoué pour ne pas couler.

Remorqué à Truck puis à Kure où il arriva le 1er août 1943, l'Aoba fût à nouveau réparé, une nouvelle tourelle III fût installée tout comme un radar de veille aérien type 21 et deux affûts doubles de 25mm. L'appareil propulsif avait tellement souffert que désormais l'Aoba ne pouvait plus filer qu'à 25 noeuds (contre 34.5 noeuds à son admission au service actif).

Réparé, le croiseur lourd est réaffecté à la First Southern Expeditionary Fleet avec Singapour pour port d'attache où il s'amarre le 24 décembre 1943. Il reste attaché à cette base jusqu'en février 1944, assurant des escortes de convois en direction de la Birmanie, des îles Andamans et de la Malaisie.

Le 25 février, il est affecté à la 16ème division de croiseurs, effectuant un raid dans l'océan Indien du 1er au 16 mars en compagnie du Tone et du Chikuma. Ce raid, l'une des dernières grandes offensives japonaises dans le secteur ne causa guère de dégât, un navire marchand étant coulé ce qui peu cher payé pour un raid qui outre les trois croiseurs lourds avait mobilisé des sous marins et des avions et hydravions de patrouille maritime.

D'avril à juin 1944, l'Aoba effectua patrouilles et escortes de convois avant de subir un carénage à Singapour au moins de juillet, carénage qui vit le renforcement de la DCA avec 27 canons de 25mm supplémentaires (quatre affûts triples et quinze affûts simples) et l'installation d'un radar de veille surface type 22.

Le 11 octobre 1944, l'Aoba fût légèrement endommagé par une collision avec le croiseur léger Kinu. Plus graves en revanche furent les dégâts causés par le sous-marin américain USS Bream qui lança six torpilles, une seule frappa le croiseur lourd au niveau de la salle des machines n°2. L'Aoba regagna péniblement Cavite pour des réparations mais ces réparations furent perturbés par les attaques menés par la TF38.

Encore incomplètement réparé, le croiseur lourd fût renvoyé au Japon, une traversée au combien périlleuse car le «service silencieux» faisait des ravages dans les rangs de la marine impériale. Le 6 novembre, le convoi fût attaqué par quatre sous-marins américains qui lancèrent 23 torpilles mais si le Kumano fût touché par deux projectiles (ramené en baie de Manille, il sera achevé par l'aéronavale le 25 novembre), l'Aoba ne subit aucun dommage.


L'Aoba à la fin de la guerre

A son arrivée à Kure le 12 décembre, il fût jugé non économique de le réparer et l'Aoba fût mis en réserve. Il est coulé par petits fonds le 24 avril 1945 lors du raid aérien américain sur Kure. Il est hativement remis en état pour servir de batterie antiaérienne flottante avec pas moins de 50 canons de 25mm mais cela ne le suffit à le sauver puisqu'il fût gravement endommagé par le bombardement du 24 juillet et achevé par le 28 juillet par huit bombes, quatre de l'aviation embarquée de jour et quatre par des B-24 de nuit. L'épave est rayé des listes le 20 novembre 1945 et démantelée en 1946/47.

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MessageSujet: Re: JAPON CROISEURS LOURDS CLASSE AOBA   Jeu 11 Nov 2010, 16:57

Le Kinugasa

Le Kinugasa à la mer

Présentation

-Le Kinugasa est mis sur cale aux chantiers navals Kawasaki Heavy Industries installés à Kobe le 24 octobre 1924 lancé le 24 octobre 1926 et admis au service actif le 30 septembre 1927.

Le sister-ship de l'Aoba fait référence au Mont Kinugasa, un volcan situé sur l'île de Kyushu et qui domine la ville de Shimabara (préfecture de Nagasaki).

Carrière opérationnelle

Vue tribord du Kinugasa

Le Kinugasa passa les premières années de sa carrière en Chine où le Japon accentue sa pression,son activité se limitant cependant à des patrouilles de présence sans action offensive par exemple contre la marine chinoise. Comme l'Aoba, il subit une importante refonte à l'Arsenal de Sasebo de septembre 1937 à octobre 1940, date de son retour au service actif.

Quand éclate la guerre du Pacifique, le Kinugasa comme son sister-ship est affecté à la 6ème division de croiseurs du contre-amiral Goto, elle même placée sous les ordres de la 1ère flotte du vice-amiral Takasu Shiro. Il participe donc aux mêmes opérations que son ainé : l'invasion de Guam, la seconde attaque contre Wake ou la couverture des débarquements japonais dans les Salomons et en Nouvelle Guinée

Le Kinugasa participe ensuite à la bataille de la mer de Corail (7 et 8 mai 1942), échouant à protéger le porte-avions léger Shoho coulé par les avions américains. Cette bataille terminée sur une apparente égalité des pertes (un porte-avions perdu et un porte-avions gravement endommagé de chaque côté), le Kinugasa et le Furutaka regagnèrent le Japon, escortant le Shokaku gravement endommagé dans la bataille et qui devait se faire réparer à Truk puis au Japon.


Le Kinugasa au mouillage

Le croiseur lourd est de retour à Truk le 4 juillet 1942 et affecté à compter du 14 juillet 1942 à la 8ème flotte du vice-amiral Mikawa (QG à Rabaul). Dans la nuit du 8 au 9 août 1942, il participe au triomphe de la bataille de l'ile de Savo qui voit la destruction de quatre croiseurs alliés par les japonais. Non sans dommages d'ailleurs car le Kinugasa encaissa deux obus, le premier dans la salle des machines n°1 (un obus de 127mm du destroyer piquet radar USS Paterson) et un second vennant du Vincennes qui le frappa à la poupe, endommageant le gouvernail babord.

La victoire japonaise aurait pu être encore plus éclatante si Mikawa avait su que les transports américains n'étaient pas couverts par les porte-avions mais jugeant avoir suffisament tenté le sort, il préféra se retirer au grand dam du commandant du Kinugasa qui lança une gerbe de torpilles par les tubes tribord mais lancées de trop loin, les torpilles manquèrent toutes leurs cibles situées à 13 miles de là.

La campagne de Guadalcanal se déroulait aussi bien sur terre pour le contrôle de l'aérodrome d'Henderson Field qu'en mer. Pour simplifier, on peut dire que les américains ont le contrôle de la zone de jour grâce à leur puissance aérienne alors que la nuit est encore dominée par les japonais et leur célèbre «Tokyo Express».

Plusieurs affrontements nocturnes ont ainsi lieu en cette fin 1942 comme le 11 octobre avec la bataille du Cap Esperance qui voit la 6ème division de croiseurs (Aoba, Furutaka et Kinugasa, le Kako à été coulé le 10 août 1942 par le sous-marin américain S-44) accompagnée des destroyers Fubuki et Hatsuyuki surpris par les croiseurs américains San Francisco, Boise, Salt Lake City et Helena, accompagnés de cinq destroyers. Les américains équipés du radar manoeuvrent parfaitement, l'amiral Goto croyant à un tir ami ordonne une manoeuvre qui rend les navires japonais encore plus vulnérables aux bordées américaines.

L'Aoba est gravement endommagé et l'amiral Goto mortellement blessé, le Furutaka touché par une torpille est achevé par le croiseur lourd Salt Lake City et le destroyer Duncan. Le Kinugasa lui parvient à endommagé le croiseur léger USS Boise qui perd ses tourelles I et II pour quatre obus encassés. A l'aube, il est attaqué par ciqn avions américains mais sort indemne de cette nouvelle attaque et regagne aussitôt les Shortland.

Quatre jours plus tard, Le Kinugasa, navire amiral de la 6ème division de croiseurs depuis la veille bombarde Henderson Field en compagnie du Chokai, tirant un total de 752 obus de 203mm. Du 24 au 26 octobre et du 1er au 5 novembre, le Kinugasa et le Chokai assure la couverture de convois de ravitaillement destinés à la garnison de Guadalcanal.


Etat final du Kinugasa

Le 14 novembre 1942 à lieu la bataille navale de Guadalcanal. Le Kinugasa est attaqué par des avions torpilleurs Grumman TBF Avenger et des bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless du porte-avions USS Enterprise plus des Avenger de l'USMC basés à terre.
A 9.36, une bombe de 500 livres (227kg) touche le Kinugasa et provoqua un départ d'incendie alimenté par le réservoir de carburant avant et tuant le commandant et son officier opérations. Le croiseur ne cessa de prendre de la bande à babord. Les coups à toucher d'une seconde attaque menée par 17 Douglas Dauntless provoquèrent d'autres incendies et la submersion du navire qui privé de propulsion devint bien vite un corps mort condamné à rejoindre Neptune. Le croiseur lourd chavira et coula au sud-ouest de l'île de Rendova, emportant 511 officiers et marins.

Le Kinugasa est rayé des listes le 15 décembre 1942.

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MessageSujet: Re: JAPON CROISEURS LOURDS CLASSE AOBA   Jeu 11 Nov 2010, 17:08

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

L'Aoba dans son aspect final

Déplacement : standard 8738 tonnes pleine charge 11660 tonnes (d'autres sources donnent respectivement 7213 et 9042 tonnes)

Dimensions : longueur (hors tout) 185.87m (entre perpendiculaires) 177.48m largeur 15.83m tirant d'eau : 5.7m

Propulsion : quatre groupes de turbines à engrenages Parson pour l'Aoba et Curtis pour le Kinugasa alimentées en vapeur par douze chaudières Kampon dévellopant une puissance maximale en service courant de 102000ch et entrainant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale 34.5 noeuds distance franchissable 6000 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : ceinture blindée 76mm ponts blindés 32 à 51mm tourelles de 203mm 38mm

Armement :

A la construction

-6 canons de 200mm Type 3 (modèle 1914) (7.9 inch) en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières). Ce canon de 50 calibres tire des obus de 110kg à une distance maximale de 26700m (site +40°) à raison de 3 à 5 coups par minute.

La tourelle double type D pèse 157 tonnes et peut pointer de -5° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 4° par seconde. La dotation en munitions est de 120 coups par canon soit un total de 720 obus pour le croiseur.

-4 canons de 120mm (4.7 inch) type 10 (modèle 1921) en quatre affûts simples sous masque. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 34kg à une distance maximale de 16000m en tir antisurface (+45°) et de 10000m en tir antiaérien (+75°) à raison de 6 à 8 coups par minute.

L'affût simple modèle B pèse 7.7 tonnes en ordre de combat et permet aux canons de pointer en site de -10° à +75° et en azimut sur 70° à gauche et à droite. La dotation en munitions est de 200 à 250 obus par canon soit un total maximum variant entre 800 et 1000 coups par minute.

-8 canons de 25mm et 4 mitrailleuses de 13.2mm

-12 tubes lance-torpilles de 610mm en six affûts doubles

Après refonte

Tourelles doubles de 203mm du Takao

-6 canons de 203mm (8 inch) Type 3 (modèle 1914) en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière). Ce canon de 50 calibres tire des obus de 126kg à une distance comprise entre 5000m (site = -2.4°) et 28900m (site = +40°) à raison de 3 à 5 coups par minute.


Schéma de la tourelle double de 203mm

La tourelle double type D pèse 157 tonnes et peut pointer de -5° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 4° par seconde. La dotation en munitions est de 120 coups par canon soit un total de 720 coups pour le croiseur.


Canon de 120mm

-4 canons de 120mm (4.7 inch) type 10 (modèle 1921) en quatre affûts simples sous masque. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 34kg à une distance maximale de 16000m en tir antisurface (+45°) et de 10000m en tir antiaérien (+75°) à raison de 6 à 8 coups par minute.

L'affût simple modèle B pèse 7.7 tonnes en ordre de combat et permet aux canons de pointer en site de -10° à +75° et en azimut sur 70° à gauche et à droite. La dotation en munitions est de 200 à 250 obus par canon soit un total maximum variant entre 800 et 1000 coups par minute.

-12 canons de 25mm en six affûts doubles et quatre mitrailleuses de 13.2mm en deux affûts doubles au lieu d'un seul affût simple. L'Aoba vit sa DCA renforcée à chaque réparations, le nombre de canons de 25mm fût porté à 18 en 1942, 25 en novembre 1943 (six affûts doubles et treize simples), 42 en juillet 1944 (cinq affûts triples, six affûts doubles et quinze affûts simples). Il termina sa carrière à Kure avec cinq affûts triples, dix affûts doubles et quinze affûts simples soit un total de 50 canons de 25mm.

-8 tubes lance-torpilles de 610mm en deux plate-formes quadruples. La torpille de 610mm Type 93 pèse 2800kg avec une charge militaire de 780kg et peut toucher une cible à 15000m à 50 noeuds, à 25000m à 42 noeuds et 30000m à 38 noeuds.

Aviation : une catapulte installée entre le rouf arrière et la tourelle III de 203mm pour un ou deux hydravions

Equipage : 657 officiers et marins

SOURCES

-Simon Liot de Nortbécourt La Flotte Combinée (De Pearl Harbour à Hiroshima)

-Jean Moulin Les croiseurs de la seconde guerre mondiale en images

-Ressources internet diverses

-Photos et documents de l'ami Vautour


FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : CUIRASSES CLASSE BELLEROPHON


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