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 ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST

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clausewitz
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MessageSujet: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Jeu 02 Sep 2010, 22:47

CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST
(ALLEMAGNE)


Le croiseur cuirassé Scharnhorst avec une proue élégante qui provoqua des désagréments par mer formée comme pour les Dunkerque

AVANT PROPOS

Se dôter d'une puissante marine militaire, ce n'est pas à la portée du premier pays venu. Il faut rassembler une géographie adaptée, si possible avec un accès à une ou plusieurs mers ouvertes, sans ces maudits détroits qui sont autant de futurs nécropoles pour une escadre aussi puissante soit-elle, une puissance financière importante, une industrie capable de construire ces navires et si possible sans le concours d'un pays étranger et surtout une pensée stratégique et une puissante volonté politique pour vaincre l''inertie de l'administration et de la concurrence des autres armées.

L'Allemagne wilhelmienne possédait tous ces atouts, ce qui explique qu'en l'espace de seize ans, la Kaiserliche Marine soit passée du statut de nain maritime à celui de géant, capable de donner des sueurs froides et de faire passer de fort mauvaises nuits aux amiraux britanniques à tel point que le bouillant et sanguin Jacky Fisher proposa une attaque préventive contre les bases allemandes afin de préserver le Britannia rules the waves.

Si la marine allemande était redoutable sur le papier en 1914, elle le fût beaucoup moins au combat, passant une grande partie de la guerre à quai. Bien sur, elle était incapable de remettre sérieusement en cause, la domination britannique mais elle aurait pu lui causer des pertes sérieuses.

La qualité des navires, des officiers _l'amiral Scheer était considéré comme l'un des plus brillants tacticiens du moment_ et des marins n'était pas en cause. Cette frilosité était en grande partie du ressort de l'empereur Guillaume II dont les discours martiaux tranchaient avec des actes plus frileux.

Résultats, les escadres de cuirasssés allemandes passèrent une guerre qui à défaut d'être tranquille fût loin d'être aussi prometteuse qu'elle l'avait espéré en 1914. Elle atteignit son paroxysme en mai 1916 avec le titanesque affrontement du Jutland, la plus grande bataille navale de l'histoire qui se termina par une victoire tactique allemande mais une victoire stratégique britannique.

Echaudés par les pertes et ayant compris que la supériorité britannique ne pouvait pas être durablement remis en cause, les amiraux allemands se montrèrent d'une prudence confinant à la pusilanimité et les cuirassés et croiseurs de bataille de la marine impériale allemande eurent bientôt des aussières en béton ce qui mina le moral de l'équipage.

Résultat quand les amiraux allemands voulurent lancer une ultime attaque alors qu'il devenait évident que la guerre était perdue, les équipages de la Kaiserliche Marine travaillés par l'idéologie bolchévique se mutinèrent et précipitèrent à l'automne 1918 la chute de la dynastie wilhelmienne et la naissance de la République de Weimar.

La flotte de haute mer (Hochseeflot) était un atout précieux dans les mains des négociateurs allemands à la conférence de Paris ouverte en janvier 1919 mais également l'objet de convoitise de la part des alliés.

Si les britanniques, les américains et les japonais n'avaient pas besoin de navires neufs, les français et italiens aux marines en petite forme (navires anciens et usés voi carrément dépassés) voyaient d'un bon oeil la possibilité de récupérer des navires souvent supérieurs aux leurs qu'il s'agisse de cuirassés, de croiseurs de bataille, de croiseurs légers ou de torpilleurs.

Les navires allemands internés sont entretenus par un noyau d'équipage et placés sous le commandement de l'amiral Reuter qui les semaines passant et les mois passants est de plus en plus persuadés que les navires vont être partagés entre les vainqueurs ce qui est une perspective insupportable pour lui.

Dès le 17 juin, il adresse une note aux commandants des équipes de gardiennage de se tenir prêt à saborder les navires à la moindre opportunité. Cette dernière survient le 21 juin quand l'amiral allemand à vent que la délégation allemande à Paris va accepter la livraison de la flotte et que la Home Fleet est sortie pour exercices.


Naufrage du cuirassé Bayern

Les britanniques réagissent vite mais souvent avec brutalité, n'hésitant pas par exemple à tirer sur des allemands désarmés. Ils se reprennent cependant vite pour sauver le maximum de navires mais sur les 74 navires internés à Scapa Flow, il n'en reste plus que 23 dont tout les cuirassés et croiseurs de bataille qui ont finis dans les eaux noires et glaciales des Orcades à l'exception du Baden qui à été échoué par petits fonds.

Le 16 avril 1919, la Vorlaüfige Reichsmarine (marine provisoire) remplace la Kaiserliche Marine sous la direction de l'amiral von Trotha. Les débuts de cette nouvelle marine sont des plus difficiles car pour compenser les navires ayant disparu à Scapa Flow, les alliés demandaient la livraison de navires qui avaient jusque là échapper aux fourches caudines des alliés.


Cuirassé de classe Braunschweig

La Reichmarine officiellement créée le 31 mars 1921 ne peut conserver que des prédreadnought sans aucune valeur militaire comme la classe Braunschweig (Braunschweig, Elssas, Hessen Preussen et Lothrigen) armés de 4 canons de 280mm en deux tourelles doubles et 14 canons de 170mm et la classe Deutschland (Hannover Schlesien et Schleswig-Holstein) armés de 4 canons de 280mm et 14 canons de 170mm. Seulement six d'entre eux peuvent être armés simultanément.


Cuirassé de classe Deutschland

Le traité de Versailles autorise la marine allemande à remplacer les navires âgés de plus de 20 ans par des navires de 10000 tonnes d'un calibre maximal de 280mm, le calibre dominant dans la marine allemande qui avait l'avantage pour les alliés de maintenir leur supériorité.

Dès le début, les allemands étudient le remplacement des prédreadnought dépassés. La Russie bolchévique ne possédant aucune flotte, les allemands craignent surtout un conflit contre la Pologne auquel la France apporterait son appui.

La Baltique ne nécessite pas de gros cuirassés et l'Allemagne devant défendre à tout prix son territoire et à empêcher une escadre française de forcer les belts danois, les ingénieurs allemands étudient des monitors et des cuirassés garde-côtes.

Par exemple, le projekt 2/10 donne naissance à un grand monitor de 10000 tonnes avec une ceinture cuirassée de 200mm, une vitesse de 22 noeuds et un armement composé de 4 pièces de 380mm en deux tourelles doubles, 5 pièces de 150mm et 2 pièces de 88mm. Ce projet n'aurait de toute façon pas vu le jour car il ne respectait pas le traité de Versailles.

Les allemands envisagent également une guerre au commerce qui donne naissance au projekt 1/10 qui donnait naissance à une croiseur de 10000 tonnes avec une ceinture cuirassée de 80mm, une vitesse de 32 noeuds, et un armement composé de 8 canons de 210mm en quatre tourelles doubles et 4 canons de 88mm.

Finalement plutôt que de se dôter d'une ressucée des cuirassés garde-côtes ou des monitors encore en odeur de sainteté dans les pays scandinaves, les allemands vont radicalement inover sous la pression des événements. Les cuirassés classiques sont lents ? Le nouveau cuirassé allemand sera rapide. Les cuirassés classiques sont propulsés par des turbines à engrenages alimentées par des chaudières à mazout ? Le nouveau cuirassé sera propulsé par des moteurs diesels. La coque était le plus souvent rivetée ? La coque du futur Deutschland sera entièrement soudée.

C'est donc l'acte de naissance du Deutschland, le premier d'une série de trois cuirassés de poche ou pocket battleship pour les anglais car à sa mise en service le 1er avril 1933, il détonne dans le milieu naval. Avec ses 12100 tonnes, sa vitesse de 28.5 noeuds et ses six canons de 280mm, il surclasse les croiseurs lourds Washington armés de canons de 203mm, censés être les maitres des mers en l'absence des cuirassés mais auraient bien du mal à détruire un cuirassé conventionnel armés de canons de 305 à 406mm et surtout bien mieux protégés que ces navires, habile compromis entre vitesse, rayon d'action et puissance offensive. Au Deutschland, s'ajoutèrent bientôt deux sister-ship, l'Admiral Scheer et l'Admiral Graf Spee.


Cuirassé de poche Deutschland

-Le Deutschland est mis sur cale aux chantiers Deutsche Werke de Kiel le 5 février 1929 lancé le 19 mai 1931 en présence du président Hidenburg et de 60000 personnes et admis au service actif le 1er avril 1933. Il participe à la guerre d'Espagne où il est gravement endommagé par l'aviation républicaine le 29 mai 1937. I

Il participe aux premières opérations de la seconde guerre mondiale, notament à la guerre de course dans l'Atlantique avant d'être rebaptisé Lützow en novembre 1939 pour éviter l'effet dévastateur sur l'opinion publique allemande de la destruction d'un navire autant chargé de symbole.

Il participa à l'opération Weserubung contre la Norvège avant d'être endommagé à plusieurs reprises par les sous marins et les avions britanniques. Il participa à plusieurs vaines tentatives en Norvège avant de terrminer sa carrière en mer Baltique. Il est sabordé par les allemands le 3 mai 1945 avant d'être utilisé par les soviétiques comme tests pour connaître la résistance aux bombes le 22 août 1947.

-L'Admiral Scheer est mis sur cale aux chantiers navals de Wilhelmshaven le 25 juin 1931 lancé le 1er avril 1933 et admis au service actif le 12 novembre 1934. Il participe à la guerre d'Espagne bombardant Alméria le 31 mai 1937 en represailles du bombardement du Deutschland deux jours plutôt.

Durant la seconde guerre mondiale, il participa à la guerre de course dans l'Atlantique et l'océan Indien mais également au large de la Norvège puis en Baltique pour tenter de repousser le rouleau compresseur soviétique. Au bassin à Kiel, il est détruit par des Lancaster armés de bombes Tallboy le 9 avril 1945.

Le croiseur lourd en encaissa plusieurs et chavira au bassin. La majorité de l'équipage ayant été débarqué, il n'y eu que 32 morts. Après guerre, l'épave du Scheer fût remorqué et enseveli avec des gravats pour former un nouveau quai.

-L'Admiral Graf Spee est mis sur cale aux chantiers navals de Wilhelmshaven le 1er octobre 1932 lancé le 30 juin 1934 et admis au service actif le 6 janvier 1936. Des trois navires de la classe, c'est celui qui connu la carrière la plus courte puisque traqué par les marines britanniques et françaises, il se réfugia à Montevideo avant de se saborder le 17 décembre 1939, quatre jours après la bataille de La Plata.

Caractéristiques Techniques des Deutschland

Déplacement : officiel 10600 tonnes standard 12630 tonnes pleine charge 14290 tonnes

Dimensions : La coque soudée à 90% est divisée en 16 compartiments étanches. Elle fait à l'origine 186m de long hors tout et 181.70m à la flottaison mais suite à la refonte de 1940/41 au cours de laquelle, le Lützow et l'Admiral Scheer rçurent une étrave «Atlantique» (Atlantikbug) portant leur longueur à 187.90m. La largeur est de 20.69m et le tirant d'eau est de 5.81m à l'avant de 7.25m à l'arrière.

Propulsion :

Le service machine se compose de huit moteurs diesels MAN à double action M9Z42/58 dévellopant chacun 6563ch soit une puissance totale de 53004ch. Quatre moteurs sont accouplés à un réducteur donnant une puissance pratique de 48390ch et entrainant deux lignes d'arbres munies d'hélices. La production électrique est assurée par huit diesels générateurs Linke-Hoffman Busch répartis en quatre salles dévellopant 2160 kW en 220 volts

Performances :

Avec 3347 tonnes de mazout en soute, le Deutschland peut parcourir 18650 miles nautiques à 15 noeuds et7149 à 26 noeuds. La vitesse maximale est de 26 noeuds mais en de rares occasions, il atteindra quasiment les 28 noeuds.

Protection

Ceinture cuirassée de 80mm dans la partie haute et de 50mm dans la partie basse.
Pont blindé supérieur blindé à 18mm pont principal blindé entre 30 et 45mm.
Blockaus principal blindé à 140mm pour les faces et 50mm pour le toit
Blockaus arrière protégé par 60mm de blindage sur les côtés et 20mm pour le toit

Armement :

-6 canons de 280mm SK C/28 en deux tourelles triples .8 canons de 150mm SK C/28 en huit affûts simples installés latteralement.
LA DCA lourde à évolué avec le temps. A l'origine les Deutschland possédaient 3 canons de 88mm puis 6 canons de 88mm en trois affûts doubles de 1935 à 1939 puis à partir de cette date, le Lützow et l'Admiral Scheer reçoivent trois affûts doubles de 105mm.

-3 canons de 88mm C/13 de 45 calibres tirant des obus de 9kg à une distance maximale de 9100m à raison de 10 coups par minute. L'affût simple comme l'affût double peut pointer en site de -10° à +70° et en azimut sur 360°

-6 canons de 88mm SK C/32 de 76 calibres tirant des obus de 15kg à 17200m en tir surface et de 12400m en tir antiaérien à raison de 15 coups par minute sachant que chaque tube à une durée de vie de 3200 coups. L'affût double C/31 pointe en site de -10° à +80° et en azimut sur 360°.

-6 canons de 105mm SK/C33 en trois affûts doubles (deux latéraux et un arrière). Ce canon de 65 calibres tire des obus de 26kg à une distance maximale de 17700m en tir antisurface et de 12500 en tir antiaérien à raison de 18 coups par minute sachant que le tube à une durée de vie de 2950 coups.

L'affût double LC/31 pèse en ordre de combat 27 tonnes en ordre de combat et peut pointer en site de -8° à +80°à raison de 10° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 8° par seconde. La dotation globale en munitions est de 2400 à 3000 obus

-8 canons de 37mm SK/C30 en quatre affûts doubles. Ce canon de 83 calibres tire des projectiles de 0.7kg (1.2kg avec la douille) à une distance maximale de 8500m pour un plafond de 6500m à raison de 160 coups par minute (80 dans la pratique). L'élévation varie de -10° à +80° en site et sur 360° en azimut. La dotation globale en munitions est de 8 à 24000 projectiles.

-8 canons de 20mm MG C/30 en huit affûts simples. Ce canon de 65 calibres tire des projectiles de 134 grammes (320 grammes avec la douille) à une distance maximale de 4900m en tir antisurface et de 3700m en tir antiaérien. La dotation en munitions est de 25000 coups au total.

A la fin de la guerre, l'armement antiaérien des deux navires survivants sera composé de 10 canons de 20mm et de 28 canons de 40mm Bofors pour le Scheer et de 6 canons de 40mm et 28 de 20mm en affûts quadruples pour le Lützow. Le canon de 40mm Bofors tire des obus de 955 grammes ayant une portée de 7000m.

-Deux plate-formes quadruples lance-torpilles de 533mm installés à la poupe. La torpille G7a T1 pèse 1528kg en ordre de combat avec une charge militaire de 300kg. Sa portée varie en fonction de la vitesse : 6000m à 44 noeuds, 8000m à 40 noeuds et 14000m à 30 noeuds.

Installations aviation

Une catapulte installé entre la cheminée et le bloc passerelle pour deux Heinkel He60 puis deux Arado Ar 196.

Equipage :

Temps de paix : 33 officiers et 586 sous officiers et marins
A partir de 1935 : 30 officiers et entre 921 et 1040 sous officiers et marins
Navire amiral : 43 officiers et entre 980 et 1099 officiers et marins

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Jeu 02 Sep 2010, 22:52

GENESE DES SCHARNHORST

Le croiseur de bataille Gneisenau

C'est l'arrivée au pouvoir des nazis qui va permettre à la Reichsmarine de se donner les moyens de ses ambitions. En 1932, elle avait proposé un programme de réarmement sur dix ans (1933-1942) prévoyant la construction de six nouveaux cuirassés inspirés des Deutschland, de six croiseurs légers, de 24 contre-torpilleurs, de 36 torpilleurs et de 16 sous marins sachant que la cible finale était de cinquante submersibles. L'aéronavale n'était pas oublié avec neuf escadrilles de coopération avec avions et hydravions.

Peu après son accession à la chancellerie le 30 janvier 1933, Hitler demande au commandant en chef de la Reichsmarine, l'amiral Erich Raeder un plan d'armement sur cinq ans bientôt connu sous le nom de Plan X. Selon ce plan, il était prévu la mise sur cale entre 1933 et 1937 de cinq cuirassés de poche type Deutschland amélioré, deux croiseurs porte-avions de 15 à 22000 tonnes armés de canons de 203mm, de cinq croiseurs lourds armés de 6 à 8 canons de 190 à 203mm en tourelles doubles, d'un croiseur léger, de vingt-deux contre-torpilleurs, de 18 torpilleurs et 22 sous marins, tous ces navires devant entrer en service avant mai 1941.

La volonté de renforcer la protection des «Pocket battleship» devait porter leur déplacement à 19000 tonnes. Néanmoins, les marins allemands étaient conscients des limitations de ces navires face à des cuirassés de conception plus orthodoxe.

Ils réclamèrent une troisième tourelle triple mais cette tourelle faisait porter le déplacement à 26000 tonnes. Dans un premier temps, Hitler hésita, ne voulant pas en 1934 se mettre à dos la Grande Bretagne alors que son régime était encore loin d'être stabilisé. A cela s'ajoutait une mentalié terrienne, il regardait vers l'est, vers le continent et non le grand large.

Il finit par se rallier à la nécessité d'une flotte importante, une Fleet in being capable de dissuader la Grande Bretagne de s'opposer à l'Allemagne hitlérienne, Raeder obtenant ce ralliement en prouvant qu'un navire aussi gros armé de seulement six canons de 280mm aurait été bien incapable de s'opposer au futur Dunkerque français armé de 8 canons de 330mm. Cet accroissement du déplacement à 26000 tonnes entraina l'abandon de la propulsion diesel, aucun moteur n'était à l'époque assez puissant pour propulser un navire de cette taille.

Les choses s'accélèrent durant cette années 1935 marquée par deux événements marquants. Le 21 mai, la Reichsmarine était rebaptisée Kriegsmarine et le 18 juin 1935 était signé un accord naval anglo-allemand (Anglo-German Naval Agreement/Deutsch-britisches Flottenabkomen) qui officialisait la politique de réarmement naval et annulait de facto les clauses navales du traité de Versailles.

Selon ce traité, la Kriegsmarine pouvait aligner un tonnage correspondant à 35% du tonnage de la Royal Navy et 45% pour les sous marins ce qui signfie que les allemands pouvaient construire 183750 tonnes de cuirassés ou assimilés, de 51380 tonnes de croiseurs lourds, de 67720 tonnes de croiseurs légers, de 47250 tonnes de porte-avions, 52500 tonnes de destroyers et de 18445 tonnes de sous marins.

Au niveau de l'armement, le traité anglo-allemand autorisait la Kriegsmarine à armer ses cuirassés de canons d'un calibre maximal de 16 pouces (406mm). Cette opportunité fût mise à profit pour les Schlachschiff D et E qui devaient succéder aux Deutschland.

Hitler aurait voulu que ces deux premiers Schlachschiff soient armés de trois tourelles doubles de 380mm mais le nouveau canon de ce calibre était encore en phase de mise au point ce qui aurait exagérement retardé la construction de ces deux navires.

Un compromis fût donc trouvé en décidant d'équiper les croiseurs de bataille de trois tourelles triples de 280mm identiques à celles des Deutschland mais préservant l'avenir en prévoyant l'installation de trois tourelles doubles de 380mm.

C'est ainsi que le Schlachschiff D reçut le nom de Scharnhorst et son sister-ship, le Schlachschiff E fût baptisé Gneisenau reconstituant ainsi la classe des croiseurs cuirassés de l'amiral Graf Spee.


Schéma du Gneisenau en 1938

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Jeu 02 Sep 2010, 23:15

HISTORIQUE

Croiseur de bataille Scharnhorst à la mer

Le Scharnhorst

Le Scharnhorst sur cale peu avant son lancement

Présentation

Et une coque devint navire

Et une coque devint navire (bis)


-Le Scharnhorst est mis sur cale à l'Arsenal de Wilhelmshaven le 16 mai 1935 lancé le 30 juin 1936 et admis au service actif le 7 janvier 1939.


Il rend hommage à Gerhard Johann David von Scharnhorst (12 novembre 1755-28 juin 1813), un général prussien aussi bien connu pour son action militaire que pour ses réformes de l'outil militaire prussien après les désastres de Iena et de Auerstaedt en 1806.

Servant d'abord dans l'armée du royaume d'Hanovre, Gerhard von Scharnhorst participa aux guerres révolutionnaires, servant avec distinction dans «l'arme savante» l'artillerie et tirant les leçons des victoires des armées de la révolutionnaire dans son ouvrage le plus connu, Die Ursachen des Glücks der Franzosen im Revolutionskrieg (L'origine des succès militaires de la France dans les guerres de la Révolution).
Devenu célèbre par ses écrits, il accepta en 1801 l'offre de service de la Prusse, le roi Frederic-Guillaume III lui offrant le grade de lieutenant colonel et l'anoblit. Il devint professeur à l'Académie Militaire de Berlin ayant un certain Clausewitz comme élève.

Il fallut cependant attendre la désastreuse campagne de 1806 pour que Scharnhorst puisse imposer ses réformes et régénère un outil militaire qui avait fait ses preuves au 18ème siècle mais qui s'était totalement sclérosé.

Devenu major général après la paix de Tilsit en juillet 1807, il prit la tête d'une commission de réforme qui intégrait de jeunes officiers comme Gneisenau. Il abandonna par exemple l'armée de volontaires au profit d'une armée de conscrits plus nombreuse.

Napoléon ne tarda pas à prendre ombrage des réformes et par le décret du 26 septembre 1810 il obligea tous les sujets étrangers à quitter l'armée prussienne ce qui entraina le départ de Scharnhorst, hostile à l'alliance contre nature de la France et de la Prusse contre la Russie.

Aussi quand la Prusse se rallia à la sixième coalition en 1813, il refusa le poste de chef d'état major de l'armée prussienne mais accepta de devenir le chef d'état major de Blücher. Il participa le 2 mai 1813 à la bataille de Lützen, une défaite prussienne où il fût blessé au pied. Son corps fatigué par l'âge et les épreuves ne le supporta pas et Gerhard von Scharnhorst succomba aux suites de cette blessure le 28 juin 1913 alors qu'il se rendait en Autriche pour obtenir l'engagement de Vienne contre Napoléon.


Le croiseur cuirassé Scharnhorst

Le croiseur de bataille est le deuxième navire de la marine à lui avoir rendu hommage après le célèbre croiseur cuirassé de l'Ostasiengeschwader de l'amiral Graf Spee coulé au large des Falklands en 1914 et avant un navire école, un ancien aviso de classe Black Swan acquis par la Bundesmarine en 1959 et utilisé jusqu'en 1990.

Un Schlachschiff et la drôle de guerre

Le Scharnhorst à la mer

Au moment où la seconde guerre mondiale éclate, la Kriegsmarine est bien loin de la puissance de la Kaiserliche Marine, ne disposant que de deux croiseurs de bataille et de trois cuirassés de poche qui étaient incapables de s'opposer aux quinze cuirassés britanniques et sept cuirassés français.

Le Scharnhorst en service depuis à peine huit mois (et le Gneisenau en service depuis mai 1938) était loin d'être prêt opérationnellement parlant notament en raison d'une propulsion à vapeur à haute pression à la mise au point interminable et au fonctionnement aléatoire qui donna bien du fil à retordre aux «bouchons gras» allemands.


Le Scharnhorst à la mer en 1938

Si les trois cuirassés de poche de classe Deutschland allaient être lancé dans une guerre de couse, les deux Scharnhorst devaient rester en Allemagne pour fixer les croiseurs de bataille anglais et français en Europe et ainsi dégager la voie aux navires allemands engagés outre-mer.

Le Scharnhorst connu dès le 4 septembre 1939 un premier contact avec la guerre puisque ce jour là, deux vagues successives de 40 Vickers Wellington et de 15 Bristol Blenheim attaquèrent la rade de Schilling à Wilhelmshaven et celle de Brunsbüttel à l'entrée ouest du canal de Kiel. Un Wellington attaque le Scharnhorst mais le manqua alors que le Gneisenau se sortait indemne d'attaques qui se révélèrent fort couteuses pour les aviateurs britanniques surtout vu les résultats obtenus.


Le Scharnhorst en mer Baltique en 1939

Connaissant de fréquentes avaries, le Scharnhorst appareilla néanmoins le 21 novembre 1939 en compagnie de son sister-ship dans l'espoir de favoriser le retour en Allemagne du Graf Spee.

Atteignant le détroit des Shetlands le 22 novembre 1939 vers minuit, ils tombèrent le 23 novembre sur un navire qui refusa de répondre à l'ordre de stopper. Il s'agissait du croiseur auxiliaire Rawalpindi qui en dépit de son infériorité se battit courageusement face à deux navires bien supérieurs au sien avant de sombrer, provoquant la mort de 238 marins, 37 étant secourus par les allemands et 11 par d'autres navires britanniques (il semble que le commandant du croiseur auxiliaire ait identifié le Scharnhorst comme le Deutschland et le Gneisenau comme un croiseur lourd britannique ce qui explique la décision de livrer bataille).


La fin du croiseur auxiliaire Rawalpindi

Ce sacrifice eut au moins le mérite d'attirer l'attention des alliés sur la tentative de percée des frères siamois de la Kriegsmarine. Les croiseurs légers Newcastle et Delhi arrivèrent sur zone mais bien inférieurs aux Schlachschiff allemands, ils se gardèrent bien d'engager le combat.

Parallèlement, la Royal Navy et la marine nationale firent appareiller d'autres unités pour tenter de détruire les deux plus puissantes unités de la marine allemande : les cuirassés Nelson Rodney et six destroyers, le croiseur de bataille Hood plus des croiseurs lourds et légers, le croiseur de bataille Dunkerque, les croiseurs légers Georges Leygues et Montcalm plus trois contre-torpilleurs.

Ce déploiement ne passa pas inaperçu au renseignement de la marine allemande, le B-Dienst et les deux croiseurs de batalle reçurent l'ordre de rentrer en Allemagne, le Scharnhorst et le Gneisenau s'amarrant à Wilhelmshaven le 27 novembre 1939, acculant le Graf Spee au sort qui fût au final le sien.

Le 18 février, le Scharnhorst et le Gneisenau appareillèrent en compagnie de quatre destroyers pour une attaque du commerce britannique en mer du Nord. Cette attaque avorta dès le départ car un avion avait survolé les navires au mouillage et l'Amirauté britannique avait détourné le convoi sur Scapa Flow, vidant la mer à l'approche des deux croiseurs de bataille qui n'eurent d'autres choix que de faire demi-tour et de rentrer en Allemagne.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Jeu 02 Sep 2010, 23:24

Opération Weserübung (avril-juin 1940)

Carte de l'opération Weserübung

La Norvège était un petit royaume du nord de l'Europe qui après avoir été sous domination danoise jusqu'en 1814 était passé sous la coupe de son voisin suédois avec lequel il connu un «divorce de velours» en 1905. Neutre pendant le premier conflit mondial, Oslo était bien décidé à faire de même pour le second conflit mondial en moins de trente ans.

Malheureusement pour le roi Haakon VII, son pays était stratégiquement trop bien placé pour que les alliés comme l'Axe ne le laisse tranquille. La position de la Norvège était stratégique à plus d'un titre notament pour les allemands : les ports et les aérodromes feraient d'excellentes bases de départ pour les bombardiers, navires de surface et sous marins et surtout le port de Narvik permettait en hiver d'évacuer le minerai de fer suédois, vital pour l'industrie de guerre allemande.

Les alliés étaient bien décidés à couper la «route du fer» et planifièrent deux opérations : l'opération Wilfried de minage des eaux territoriales norvégiennes et l'opération R4, un débarquement préventif en Norvège pour devancer les allemands.

Si l'opération R4 ne déboucha sur aucune réalisation concrète de crainte que la violation de la neutralité norvégienne ne donne un prétexte aux allemands pour attaquer, l'opération Wilfried fût déclenchée le 8 avril 1940, le jour même du déclenchement de l'opération Weserübung, l'attaque allemande contre le Danemark (l'armée danoise capitulant après une résistance que nous qualifirions poliment de symbolique) et la Norvège.

Les hésitations alliées firent le jeu des allemands qui accélèrent leurs préparatifs et n'avait aucun allié à circonvenir. L'opération baptisée Weserübung prévoyait un débarquement à Oslo, Arenda, Christiansand, Stavanger, Bergen, Aandalsmes (finalement annulé), Trondheim et Narvik plus pour le volet danois, un débarquement directement à Copenhague.

La sureté du dispositif reposait sur le mouillage de champs de mines dans le Skagerrak, le déploiement de 28 sous marins et surtout du Scharnhorst et du Gneisenau, chargés de couvrir les groupes de débarquement. La faiblesse numérique de la Kriegsmarine imposait un secret absolu et de tirer profit au maximum de l'effet de surprise.

Cet effet de surprise faillit être compromis dès le début puisque le colonel Oster de l'Abwehr informa de l'opération, l'attaché militaire néerlandais à Berlin, le major Sas mais cette information ne fût pas prise au sérieux par les alliés.

Le mauvais temps favorisa l'opération allemande mais le 8 avril 1940, le destroyer HMS Glowworm, couvrant l'opération Wilfried et qui s'était séparé de la formation pour chercher un homme tombé à la mer engagea le destroyer Bernd von Armin, l'un des bâtiments du groupe 2.

Le combat avait commencé à 9h ce qui préoccupait le commandement allemand car le destroyer était chargé de troupes et qu'il avait pour consigne d'éviter tout combat. A 9h22, l'Admiral Hipper entra dans la danse pour en finir le plus vite possible. Il échappa d'abord à une salve du Bernd von Armin puis à trois torpilles du destroyer britannique.

Plaçant une salve de 203mm sur le destroyer qu'il endommagea gravement, le Hipper l'éperonna et coula le Glowworm qui avait réussi à créer une brèche de 40m qui embarqua 528 tonnes d'eau avec pour conséquence une gite de 4°. Seuls 38 survivants furent repêchés, le commandant du navire, le Capitaine de Corvette Rope reçut la Victoria Cross à titre posthume.

Les débarquements allemands se passèrent généralement sans coups férir, la Norvège ne s'étant pas réellement préparé à la guerre. La prise d'Oslo fût cependant des plus délicate, le croiseur lourd Blücher étant coulé par la forteresse d'Oscarborg ce qui permis à la famille royale et au gouvernement norvégien d'échapper à la capture.

Les alliés réagirent dès le lendemain et le 9 avril, la Home Fleet chercha à retrouver les navires allemands pour venger ce camouflet. Le Scharnhorst et le Gneisenau venaient de couvrir le débarquement de Trondheim réalisé par le croiseur lourd Admiral Hipper, les destroyers de la 2ème flottille (Z5 Paul Jacobi Z6 Theodor Riedel Z8 Bruno Heinemann et Z16 Friedrich Eckholdt) et trois transports quand ils tombèrent sur le croiseur de bataille Renown.

A 4h50, le radar du Gneisenau détecta sur babord à 25000m un imposant écho radar d'abord identifié comme un cuirassé de classe Nelson. Il s'agissait en réalité du Renown accompagné par le croiseur léger Birmingham et 9 destroyers.


Le Scharnhorst en Norvège

Le Renown ouvrit le feu à 5h05 suscitant la riposte du Scharnhorst et du Gneisenau ce qui n'empêcha pas le croiseur de bataille britannique de placer trois coups au but sur le Gneisenau tandis qu'il était lui même touché à deux reprises. Dans une mer difficile, le contact fût perdu vers 5h44, repris brièvement vers 6h17 pour être définitivement perdu vers 7h.

Si dans toute la Norvège, la situation était stabilisée, Narvik était l'objet de combats acharnés entre les alliés anglais, français et polonais d'un côté et des allemands de l'autre. Ces derniers opposèrent une résistance acharnée pour empêcher les alliés de couper la route du fer.

Ce fût peine perdue puisque le 28 mai 1940, Narvik fût prise par les alliés qui n'eurent guère le temps de célébrer leur victoire puisque la situation en France devenait critique. L'évacuation fût donc décidé et la Home Fleet fût chargée de couvrir ce rapatriement.

Parallèlement, les allemands lancèrent l'opération Juno, une opération destinée à soulager la pression sur Narvik, opération qui devait voir le Scharnhorst, le Gneisenau, l'Admiral Hipper et les destroyers Karl Galster, Hans Lody, Erich Steinbrinck and Hermann Schoemann attaquer Harstad mais cette opération devint sans objet après la prise de Narvik et l'évacuation alliée de la Norvège lancée le 2 juin et qui était en grande partie réalisée le 5 juin (opération Alphabet)

Le 8 juin 1940 sur les coups de 16h45, au large de l'île de Jan Mayen, le Scharnorst repéra une fumée identifiée comme étant celle du porte-avions Glorious escorté par seulement deux destroyers, les HMS Acasta et Ardent. Pour une raison étrange, le Glorious n'était pas en mesure de faire décoller ses appareils, son sort était donc scellé. Le Gneisenau ouvrit le feu à 17h28 à l'aide de ses canons de 150mm en visant le destroyer Ardent, le Scharnorst fit de même à 17h31 mais en visant le Glorious à 26000m. Dès la troisième salve, le Glorious fût touché et sa station radio ne parvint à envoyer qu'un message affaibli. Ce message fût intercepté par le croiseur lourd Devonshire mais ce dernier qui transportait le roi et le gouvernement norvégien avait l'ordre de garder un silence radio strict.


L'Acasta et l'Ardent contre les deux croiseurs de bataille allemand : un duel sans espoir

Le Gneisenau ne tarda pas joindre ses tirs à ceux de sons sister-ship. De temps à autre, le Glorious était masqué par la fumée d'où émergaient les courageux destroyers qui tentèrent plusieurs lancement. L'Ardent succomba à 18h18 après avoir lancé une dernière torpille qui passa près de la proue du Scharnhorst.

A 18h33, l'Acasta effectua un renversement de cap brutal et lança quatre torpilles à 13300m. Le cuirassé esquiva mais sept minutes plus tard une forte explosion se produisit à l'arrière tribord du Scharnhorst. A 19h07 après près de deux heures de combat, le Glorious chavira et disparu suivit quelques minutes plus tard par l'Acasta qui fût secoué par une terrible explosion après avoir placé un dernier obus sur le cuirassé.

Près de 1474 britanniques périrent, seuls 45 survivants furent repêchés dont de nombreux pilotes d'Hurricane qui avaient tenu la dragée haute aux pilotes allemands et avaient réussi à se poser sans entrainement sur un porte-avions. Leur absence se ferra sentir durant la bataille d'Angleterre.


La fin du Glorious

Les deux croiseurs de bataille regagnèrent Trondheim pour des réparations provisoires. Le 13 juin 1940, ils furent attaqués par des Blackburn Sea Skua du porte-avions Ark Royal mais sans réels dommages.

Ce n'est que le 20 juin 1940 que le Scharnhorst pu appareiller, quittant Trondheim pour Kiel où il arriva le 23 juin pour une véritable remise en état.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Jeu 02 Sep 2010, 23:37

Opération Berlin : la plus fructueuse campagne de guerre de course (janvier-mars 1941)

Ecole de feu pour le Scharnhorst

Le 28 décembre 1940, le Scharnhorst et son sister-ship le Gneisenau appareillèrent de Kiel direction l'Atlantique via le Skagerrak mais l'état de la mer endommagea le Gneisenau obligeant l'amiral Lütjens à se replier à Bergen pour s'abriter avant de regagner Gotenhafen pour une véritable remise en état.

La force appareilla de nouveau le 22 janvier 1941 mais la percée prévue dans la nuit du 27 au 28 janvier au sud de l'Islande fût reportée en raison de la présence d'une aurore boréale et Lütjens gagna le nord ouest pour se ravitailler auprès du pétrolier Adria.
Le ravitaillement fût achevé le 2 février et les opérations purent reprendre, les deux croiseurs de bataille franchissant le détroit du Danemark le 4 février.

Le 5 février le groupe se ravitailla au sud du Groenland au pétrolier Schettstadt et Lütjens déploya ses navires pour attaquer les convois de Halifax. Le 8 février au matin, les premiers bâtiments du convoi HX 108 (Halifax 9 février 1941 Liverpool 27 février 1941 50 navires marchands et 9 navires d'escorte) mais parmi l'escorte se trouvait le cuirassé Ramillies et l'attaque fût annulée.

Après un nouveau ravitaillement le 14 février auprès des pétroliers Schlettstadt et Esso Hamburg, le groupe fit route vers le sud sans succès et le 23 février, l'amiral Lütjens décida de mettre cap à l'est repérant cinq navires isolés qui furent détruits.

Après travaux et ravitaillement le 28 février, les deux navires décidèrent d'opérer autour des îles Canaries sur la route des convois entre Liverpool et Freetown.

Le 7 mars, le Scharnhorst et le Gneisenau repérèrent le convoi SL67 (Freetown-Liverpool 1er-26 mars 1941 57 cargos et 28 escorteurs) mais la présence du Malaya empêcha l'attaque mais les deux croiseurs de bataille gardèrent le contact pour les sous marins qui coulèrent quatre navires. Le lendemain, Lütjens rencontra à nouveau une escorte importante (le Malaya, deux croiseurs légers classe Aurora et des destroyers) qui se montrait des plus agressives.

Le Scharnhorst et le Gneisenau regagnèrent la route des convois de Halifax sur ordre de l'état major qui lui imposa cette zone de chasse jusqu'au 21 mars pour protéger la percée du croiseur lourd Admiral Hipper et de l'Admiral Scheer avant de regagner le sud afin d'exercer une action de diversion. Plus tard la date fût ramenée le 17 mars 1941.

L'opération Rheinübung avec le Bismarck et le Prinz Eugen étant prévue à la fin avril, l'état major de la Kriegsmarine ordonna à Lütjens de préparer son retour au port. Le 16 mars, il constitua avec les deux ravitailleurs un vaste râteau d'éclairage à 4 bâtiments qui couvrait une bande d'environ 120 nautiques.


Le Scharnhorst à la mer

A partir de 6h30, des pétroliers d'un convoi à destination de Liverpool furent repérés sans escorte et pour le Scharnhorst et le Gneisenau ce fût la curée avec la destruction de 13 bâtiments et la capture de 3 autres mais un seul atteindra la Gironde soit un total de 82400 tonneaux détruits et 400 prisonniers. Dans la soirée, le Gneisenau répéré au radar à 20000m un grand bâtiment, le cuirassé Rodney qui protégeait le convoi HX114 (Halifax-Liverpool 11 au 30 mars 1941 44 cargos et 13 escorteurs) et logiquement, le croiseur de bataille allemand se replia. Lütjens regroupa ses bâtiments pour le ravitaillement achevé le 19 mars avant de mettre cap sur Brest où les croiseurs de bataille arrivèrent le 23 mars, les ravitailleurs mettant cap sur La Pallice.

Au final, l'opération Berlin était des plus satisfaisants avec la destruction de 21 bâtiments soit 110000 tonneaux plus une prise conduite à bon port. Cette opération avait joué son rôle dans le concept d'action réciproque (Wechselwirkung) théorisé par l'amiral Raeder puisque la présence de nombreux raiders allemands plus les sous marins allemands avait disloqué le dispositif britannique bloquant par exemple la Force H dans l'Atlantique ce qui permis le transport des forces de l'Afrikakorps à Tripoli pour soutenir les italiens.

Opération Cerberus : un coup d'une audace inouïe

Vue aérienne de Brest avec les deux frères siamois

La Penfeld et la rade de Brest étaient parfaitement outillés pour entretenir des navires aussi importants que des croiseurs de bataille. Les français avaient bien saboté certaines installations mais leur remise en état au moins partielle fût menée avec célérité par des allemands qui pensaient avoir trouvé une base idéale pour la guerre aux convois transatlantiques.

Malheureusement pour la Kriegsmarine, Brest était bien éloigné de l'Allemagne et surtout bien trop prêt de l'Angleterre qui s'échina à neutraliser les deux croiseurs de bataille et le croiseur lourd Prinz Eugen.

Les attaques se multiplièrent dévastant le grand port militaire mais les résultats effectifs étaient mitigés, les avions anglais attaquant Brest se heurta à la chasse et à une formidable DCA sans parler qu'attaquer une flotte dans une rade n'était pas chose aisée même si Tarente et Pearl Harbor avaient prouvé qu'une attaque de ce genre était possible.


Le Scharnhorst camouflé à Brest

Le Scharnhorst réalisait quelques sorties d'entrainemen dans le Golfe de Gascogne et en juillet 1941 après une sortie routinière, il s'amarra dans le port de La Pallice. Prevenus par des reconnaissances aériennes et la Résistance française, les anglais lancèrent le 24 juillet 1941 un double raid contre Brest et La Pallice, 149 appareils dont des B-17F de la 8th Air Force attaquèrent les deux villes. Le croiseur de bataille allemand encaissant 5 bombes et gravement endommagé dût regagner Brest.

Ces attaques successives poussèrent les allemands et notament Hitler à préparer le retour en Allemagne des trois grands navires au grand dam du Grand Amiral Raeder qui croyait à la stratégie de guerre de course dans l'Atlantique et ce en dépit de la perte de l'Amiral Graf Spee et du Bismarck. De plus, le dictateur allemand était persuadé que la Norvège allait être la cible d'un prochain débarquement allemand et voulait que la Kriegsmarine s'y oppose avec d'importants moyens.

Pour rentrer en Allemagne depuis Brest, deux routes s'offrent aux allemands : contourner les îles britanniques ou traverser la Manche au nez et à la barbe des britanniques qui avaient anticipé cette possibilité avec la mise au point de l'opération Fuller. Côté allemand, l'opération fût baptisée Cerberus (Cerbère) du nom des chiens gardant les enfers ce qui ne manque pas d'humour de la part des marins allemands.


Carte de l'opération Cerberus

Le 11 février 1942, le Scharnhorst, le Gneisenau, le Prinz Eugen accompagnés par des destroyers et des dragueurs de mines appareillèrent de Brest, franchissant le goulet à 23h45.

Les anglais se doutaient d'un tel appareillage mais avec une malchance incroyable, ce n'est qu'à 11h du matin le 12 février que les navires allemands furent repérés et ce n'est qu'à 12h30 alors qu'ils approchaient du Pas de Calais que l'alarme générale fût déclenchée et que le plan Fuller fût déclenché.


Dessin représentant la riposte anglaise à Cerberus

Les contre-attaques se succèdèrent à partir de 12h50 mais sans résultats qu'il s'agissait du tir des batteries côtières ou des flottilles de vedettes lance-torpilles repoussées par l'écran. A 13h43, six avions torpilleurs Swordfish commandée par le capitaine de corvette Esmonde qui avait dirigé l'attaque sur le Bismarck fût anéantie. Des Bristol Blenheim ne parvinrent pas à approcher des navires.

A 15h30, le Scharnhorst fût touché par une mine devant l'embouchure de la Schelde (Escaut) et resta immobilisé pendant près d'une demi-heure.

A 16h43, un vif combat s'engagea entre le Gneisenau et le Scharnhorst et les 6 destroyers de la flottille de Harwich. Le feu des bâtiments allemands contraignit les bâtiments anglais à lancer leurs torpilles sans résultat à grande distance.

A la nuit tombée, le Scharnhorst fût touché par une seconde mine et le Gneisenau par une mine. La formation complète dont le Prinz Eugen, indemne fût accueillie à Wilhelmshaven le 13 février 1942.

Gravement endommagé, le croiseur de bataille fût remorqué en juillet à Gotenhafen pour être réparé à l'abri des attaques aériennes britanniques. Une fois les réparations terminées, il gagna la Norvège où furent désormais concentrées les grandes unités de surface de la marine allemande.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Jeu 02 Sep 2010, 23:49

La Norvège comme cimetière ou la fin d'un cuirassé.

Photo couleur du Scharnhorst probablement prise avant la guerre

Les réparations s'achevèrent en février 1943 et après entrainement et remise en condition de l'équipage, le croiseur de bataille arriva dans l'Altafjord le 23 mars, permettant la constitution d'un groupe de combat qui sur le papier forçait le respect : le cuirassé Tirpitz, le Scharnhorst, le croiseur lourd Lützow et huit destroyers.

Ce groupe de combat avait reçut de l'amiral Dönitz une double mission : s'opposer à tout débarquement en Norvège et attaquer les convois alliés ravitaillant l'Union Soviétique qui généralement appareillait du Loch Ewe et arrivaient à Mourmansk.

Le territoire le plus septentrional de la Norvège est l'archiepl des Svaalbard avec la grande île de Spitzberg. Ce territoire avait été évacué de ses habitants en août 1941 mais n'était oublié ni des alliés ni des allemands qui installèrent deux stations météo concurrentes, la station allemande étant évacuée par sous marin en août 1942.

le 6 septembre 1943, une force navale composée du Tirpitz, du Scharnhorst et de 9 destroyers appareilla de l'Altenfjord et du Kalfjord, direction Spitzberg dans le cadre l'opération Zitronella/Sizilien. A l'aube le 8 septembre 1943, les deux cuirassés ouvrirent le feu avec leur artillerie principale contre les deux canons de 76mm assurant la protection de la station météo pendant que les destroyers débarquaient des troupes pour détruire la station météo ayant d'être rembarqués. La force allemande était de retour à bon port le 9 septembre.

Ce succès redonna un peu de baume au coeur aux équipages des unités lourdes de la marine allemande mais le 22 septembre 1943, l'attaque britannique contre le Tirpiz à coup de sous marins de poche (opération Source) et le départ pour l'Allemagne du Lützow laissa le seul Scharnhorst pour s'opposer aux convois alliés en compagnie de cinq destroyers.

L'envoi de nombreux navires britanniques en Méditerranée pour les débarquements en Sicile et en Italie entraina l'interruption des convois entre les îles Britanniques et l'URSS. Cette interruption fût brève car dès la capitulation italienne, les navires britanniques libérés regagnèrent Scapa Flow et des eaux bien moins hospitalières.


Le Scharnhorst par mer grosse, une situation inévitable en hiver au large de la Norvège

Les convois destinés à soutenir l'Armée Rouge dans son combat titanesque contre l'Allemagne nazie reprirent. Le 22 décembre 1943, le convoi JW55B fût repéré au large des îles Féroés par la Luftwaffe, un convoi de 19 navires escortés par treize navires.

Il était couvert en mer des Barents par le groupe du vice-amiral Burnett composé des croiseurs légers Belfast, Sheffield et le croiseur lourd Norfolk qui couvrait également le convoi retour RA55A. A ce groupe s'ajoutait la force de l'amiral Bruce Faser composé du cuirassé Duke of York, le croiseur léger Jamaïca et quatre destroyers.

Le lendemain, 23 décembre, la Luftwaffe lança une attaque aérienne avec des Junkers Ju88 mais cette action échoua tout comme les sous marins en barrage qui furent repoussés par l'escorte. Le groupe de combat du Scharnhorst fût ainsi placé à trois heures d'appareillage.


Carte de la bataille du Cap Nord

A 17h, le jour de Noël, le cuirassé et ses destroyers appareilla pour intercepter le convoi qui aallait être hors de portée des navires allemands le lendemain. Les conditions météo exécrables empêchèrent les reconnaissances aériennes ce qui n'empêcha Dönitz de maintenir l'ordre d'attaque.

L'amiral Fraser fût informé à 3h39 de la sortie du Scharnhorst et ordonna au convoi d'abattre vers le nord et au vice-amiral Burnett de placer ces croiseurs en protection.

Après de longues heures de traque dans des conditions météo difficiles, les deux adversaires se trouvèrent vers 9h et comme à Fontenoy, les anglais tirèrent les premiers, le Norfolk qui ouvrit le feu à 9h20 plaça deux obus dont un arracha le radar du cuirassé qui fût ainsi aveuglé.

Les croiseurs cessèrent le tir à 9h40 mais le contact radar fût tenu jusqu'à 10h15. Rétabli à 12h05, le contact fût suivi à 12h24 par l'ouverture du feu par les croiseurs pendant que les destroyers tentaient de gagner la bonne position pour lancer.

Le Scharnhorst concentra son tir sur le croiseur lourd Norfolk qui ne disposait pas de charges anti-lueurs (ces charges sont en partie issues de l'expérience du combat de nuit dans le Pacifique, les japonais ayant montré aux alliés que les lueurs n'avaient aucun impact psychologique mais augmentait le risque d'être pris pour cible) qui encaissa deux obus de 280mm, l'endommageant gravement.

A 12h28, l'amiral Bey décida de rompre le combat, estimant être inférieur à la force anglaise composée de trois croiseurs et de quatre destroyers. Ce repli sera reproché à l'amiral allemand mais en posant un regard objectif soixante-sept après, il est bien difficile de donner tort à l'amiral Bey qui aurait du neutraliser une escorte puissante et déterminée, détruire un convoi et rentrer en Norvège en échappant à toute la Home Fleet, difficile n'est-il pas ?

Les croiseurs anglais durent cesser le feu à 12h41 tout en gardant le contact en attendant l'arrivée du groupe de l'amiral Fraser. A 16h17, le Duke of York obtint un premier contact radar à 41600m, ouvrant le feu avec ces canons de 356mm à 16h50.

Le croiseur de bataille était maintenant entouré par un cuirassé, quatre croiseurs et huit destroyers, une situation sans espoir. Sa vitesse lui permis d'échapper un temps à ses ennemis, les anglais étant obligés de suspendre leur tir à 18h30.


Peinture représentant la fin du Scharnhorst


Les avaries du navire le forcèrent à réduire sa vitesse à 8 noeuds. Le cuirassé Duke of York cessa de tirer quanf les destroyers attaquèrent le croiseur de bataille à la torpille, le croiseur de bataille encaissa trois torpilles suivi par un nouveau pilonnage du cuirassé avant une nouvelle attaque des destroyers.

Le sort des Scharnhorst est scellé, les marins allemands précipitant le sort de leur navire en le sabordant. Sans embarcations de sauvetage, les marins allemands doivent sauter à l'eau, une eau glaciale ce qui explique le faible nombre de survivants : 36 sur un équipage de 1968.

Après le naufrage, l'amiral Fraser aurait rassemblé ses officiers et leur aurait tenu le discours suivant «J'espère que s'il vous arrive un jour d'avoir à commander un grand bâtiment dans un engagement contre des forces plussieurs fois supérieures, vous le ferez aussi vaillamment que les marins allemands. Si jamais, vous vous trouvez dans une situation désespérée comme celle du Scharnhorst,j'espère que vous manoeuvrerez aussi bien que ses officiers l'ont fait, et qu'avec votre équipage vous vous battrez aussi courageusement qu'eux.».

Côté allemand, parmi les 1968 hommes présents à bord, se trouvait 40 cadets de l'Ecole Navale, une promotion entière fauchée par ce glorieux combat. Si l'amiral Raeder avait assumait seul la perte du Bismarck, Dönitz qui en bon sousmarinier aimait peu les «gros» et refusa d'assumer un échec qu'il fit porter à un mort qui avait été peu enthousiaste pour un telle opération.


Photo des survivants du Scharnhorst

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Jeu 02 Sep 2010, 23:54

Une bien belle bête thumright

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 00:07

Le Gneisenau

Le Gneisenau à la mer

Présentation

Cérémonie de lancement du Gneisenau

-Le Gneisenau est mis sur cale aux chantiers navals Deutsche Werke de Kiel le 3 mai 1935 lancé le 8 décembre 1936 et admis au service actif le 21 mai 1938.


Le sister-ship du Scharnhorst rend hommage à August Wilhelm Antonius Graf Neidhart von Gneisenau (27 octobre 1760-23 août 1831), un militaire prussien qui dans la lignée de Scharnhorst modernisa l'armée prussienne et la conduisit à la victoire en 1815.

Il s'engagea dans l'armée autrichienne en 1777 puis servit au sein de l'armée du argrave de Bayreuth-Ansbach. Il participa côté britannique à la guerre d'indépendance américaine au sein de ces nombreux régiments de mercenaires allemands levés par les britanniques pour ramener l'ordre dans leurs colonies d'Amérique.

Acceptant l'offre de service de l'armée prussienne en 1786, il servit en Pologne en 1793-1794 avant de passer les dix années suivantes dans une monotone vie de garnison qui lui permirent de dévelloper sa culture militaire.

Il participa à la désastreuse campagne de 1806/07 dont il sortit cependant avec le grade de lieutenant colonel et l'ordre prussien «Pour le mérite». Colonel en 1809, il quitta le service actif en janvier 1809, les français comprennant que les réformes engagées notament par Scharnhorst et Gneisenau pouvaient relancer la machine de guerre prussienne.

Devenu quartier maitre général de Blücher durant la guerre de libération, il participe à la campagne de 1813 et à celle de 1814 sans oublier la bataille de Ligny où il suppléa la défaillance de son supérieur et la bataille de Waterloo ce qui lui valu d'être décoré de l'ordre de l'Aigle Noir.

Nommé à la tête du VIIIème corps en 1816, il se retira peu de temps après autant pour des raisons de santé que des raisons politiques. Devenu gouverneur de Berlin et membre du conseil d'Etat en 1818, il devint maréchal en 1825 avant de prendre la tête de l'armée déployée à l'est avec Clausewitz comme chef d'état major. Il succomba au choléra le 24 août 1831 suivi par son chef d'état major au mois de novembre.


Croiseur cuirassé Gneisenau

Le croiseur de bataille est le troisième navire de la marine allemande à avoir porté ce nom après une frégate à coque en fer mise en service en 1880 et qui s'échoua à Malaga le 16 décembre 1900 et qui fût démantelée dans une tempête et le croiseur cuirassé entré en service le 6 mars 1908, affecté au German Ostasiengeschwader et coulé en décembre 1914 dans la bataille des Falklands.

Le croiseur de bataille à été suivi après la guerre, un ancien destroyer britannique de classe Hunt, le HMS Oakley, acquis par la marine allemande fût utilisé comme navire école sous le nom de Gneisenau et ce de 1958 à 1977.

Le Gneisenau dans la drôle de guerre

Le Gneisenau en avril 1938

Au moment où la seconde guerre mondiale éclate, la Kriegsmarine est bien loin de la puissance de la Kaiserliche Marine, ne disposant que de deux croiseurs de bataille et de trois cuirassés de poche qui étaient incapables de s'opposer aux quinze cuirassés britanniques et sept cuirassés français.

Le Gneisenau comme son sister-ship était loin d'être prêt opérationnellement parlant notament en raison d'une propulsion à vapeur à haute pression à la mise au point interminable et au fonctionnement aléatoire qui donna bien du fil à retordre aux «bouchons gras» allemands.

Si les trois cuirassés de poche de classe Deutschland allaient être lancé dans une guerre de couse, les deux Scharnhorst devaient rester en Allemagne pour fixer les croiseurs de bataille anglais et français en Europe et ainsi dégager la voie aux navires allemands engagés outre-mer.

Le 7 octobre, le chef de la flotte, l'amiral Boehm appareilla de Wilhelmshaven à bord du Gneisenau et en compagnie du croiseur léger Köln et de 9 destroyers, mettant cap au nord. La force de l'amiral Boehm avait pour mission de renforcer la guerre au commerce dans le Skagerrak et de simuler une tentative de percée dans l'Atlantique afin de fixer en métropole certaines forces adverses et d'attirer à portée d'avions et de sous marins des convois.


Avril 1939 : Le Gneisenau se ravitaille auprès du Westerwald au large des côtes portugaises

Connaissant de fréquentes avaries, le Gneisenau appareilla néanmoins le 21 novembre 1939 en compagnie de son sister-ship dans l'espoir de favoriser le retour en Allemagne du Graf Spee.

Atteignant le détroit des Shetlands le 22 novembre 1939 vers minuit, ils tombèrent le 23 novembre sur un navire qui refusa de répondre à l'ordre de stopper. Il s'agissait du croiseur auxiliaire Rawalpindi qui en dépit de son infériorité se battit courageusement face à deux navires bien supérieurs au sien avant de sombrer, provoquant la mort de 238 marins, 37 étant secourus par les allemands et 11 par d'autres navires britanniques.

Ce sacrifice eut au moins le mérite d'attirer l'attention des alliés sur la tentative de percée des frères siamois de la Kriegsmarine. Les croiseurs légers Newcastle et Delhi arrivèrent sur zone mais bien inférieurs aux Schlachschiff allemands, ils se gardèrent bien d'engager le combat.

Parallèlement, la Royal Navy et la marine nationale firent appareiller d'autres unités pour tenter de détruire les deux plus puissantes unités de la marine allemande : les cuirassés Nelson Rodney et six destroyers, le croiseur de bataille Hood plus des croiseurs lourds et légers, le croiseur de bataille Dunkerque, les croiseurs légers Georges Leygues et Montcalm plus trois contre-torpilleurs.

Ce déploiement ne passa pas inaperçu au renseignement de la marine allemande, le B-Dienst et les deux croiseurs de batalle reçurent l'ordre de rentrer en Allemagne, le Scharnhorst et le Gneisenau s'amarrant à Wilhelmshaven le 27 novembre 1939, acculant le Graf Spee au sort qui fût au final le sien.

Le 18 février, le Scharnhorst et le Gneisenau appareillèrent en compagnie de quatre destroyers pour une attaque du commerce britannique en mer du Nord. Cette attaque avorta dès le départ car un avion avait survolé les navires au mouillage et l'Amirauté britannique avait détourné le convoi sur Scapa Flow, vidant la mer à l'approche des deux croiseurs de bataille qui n'eurent d'autres choix que de faire demi-tour et de rentrer en Allemagne.


Le Gneisenau à Kiel en 1939

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 00:15

Opération Weserübung (avril-juin 1940)

Le Gneisenau au mouillage

La Norvège était un petit royaume du nord de l'Europe qui après avoir été sous domination danoise jusqu'en 1814 était passé sous la coupe de son voisin suédois avec lequel il connu un «divorce de velours» en 1905. Neutre pendant le premier conflit mondial, Oslo était bien décidé à faire de même pour le second conflit mondial en moins de trente ans.

Malheureusement pour le roi Haakon VII, son pays était stratégiquement trop bien placé pour que les alliés comme l'Axe ne le laisse tranquille. La position de la Norvège était stratégique à plus d'un titre notament pour les allemands : les ports et les aérodromes feraient d'excellentes bases de départ pour les bombardiers, navires de surface et sous marins et surtout le port de Narvik permettait en hiver d'évacuer le minerai de fer suédois, vital pour l'industrie de guerre allemande.

Les alliés étaient bien décidés à couper la «route du fer» et planifièrent deux opérations : l'opération Wilfried de minage des eaux territoriales norvégiennes et l'opération R4, un débarquement préventif en Norvège pour devancer les allemands, ces deux opérations ayant été d'abord envisagé dans le cadre d'un soutien à la Finlande attaquée par l'URSS mais qui finit par signer la paix le 13 mars 1940 après près de trois mois de guerre.

Si l'opération R4 ne déboucha sur aucune réalisation concrète de crainte que la violation de la neutralité norvégienne ne donne un prétexte aux allemands pour attaquer, l'opération Wilfried fût déclenchée le 8 avril 1940, le jour même du déclenchement de l'opération Weserübung, l'attaque allemande contre le Danemark (l'armée danoise capitulant après une résistance que nous qualifirions poliment de symbolique) et la Norvège.

Les hésitations alliées firent le jeu des allemands qui accélèrent leurs préparatifs et n'avait aucun allié à circonvenir. L'opération baptisée Weserübung prévoyait un débarquement à Oslo, Arenda, Christiansand, Stavanger, Bergen, Aandalsmes (finalement annulé), Trondheim et Narvik plus pour le volet danois, un débarquement directement à Copenhague.

La sureté du dispositif reposait sur le mouillage de champs de mines dans le Skagerrak, le déploiement de 28 sous marins et surtout du Scharnhorst et du Gneisenau, chargés de couvrir les groupes de débarquement. La faiblesse numérique de la Kriegsmarine imposait un secret absolu et de tirer profit au maximum de l'effet de surprise.

Cet effet de surprise faillit être compromis dès le début puisque le colonel Oster de l'Abwehr informa de l'opération, l'attaché militaire néerlandais à Berlin, le major Sas mais cette information ne fût pas prise au sérieux par les alliés.

Le mauvais temps favorisa l'opération allemande mais le 8 avril 1940, le destroyer HMS Glowworm, couvrant l'opération Wilfried et qui s'était séparé de la formation pour chercher un homme tombé à la mer engagea le destroyer Bernd von Armin, l'un des bâtiments du groupe 2.

Le combat avait commencé à 9h ce qui préoccupait le commandement allemand car le destroyer était chargé de troupes et qu'il avait pour consigne d'éviter tout combat. A 9h22, l'Admiral Hipper entra dans la danse pour en finir le plus vite possible. Il échappa d'abord à une salve du Bernd von Armin puis à trois torpilles du destroyer britannique.

Plaçant une salve de 203mm sur le destroyer qu'il endommagea gravement, le Hipper l'éperonna et coula le Glowworm qui avait réussi à créer une brèche de 40m qui embarqua 528 tonnes d'eau avec pour conséquence une gite de 4°. Seuls 38 survivants furent repêchés, le commandant du navire, le Capitaine de Corvette Rope reçut la Victoria Cross à titre posthume.

Les débarquements allemands se passèrent généralement sans coups férir, la Norvège ne s'étant pas réellement préparé à la guerre. La prise d'Oslo fût cependant des plus délicate, le croiseur lourd Blücher étant coulé par la forteresse d'Oscarborg ce qui permis à la famille royale et au gouvernement norvégien d'échapper à la capture.

Les alliés réagirent dès le lendemain et le 9 avril, la Home Fleet chercha à retrouver les navires allemands pour venger ce camouflet. Le Scharnhorst et le Gneisenau venaient de couvrir le débarquement de Trondheim réalisé par le croiseur lourd Admiral Hipper, les destroyers de la 2ème flottille (Z5 Paul Jacobi Z6 Theodor Riedel Z8 Bruno Heinemann et Z16 Friedrich Eckholdt) et trois transports quand ils tombèrent sur le croiseur de bataille Renown.

A 4h50, le radar du Gneisenau détecta sur babord à 25000m un imposant écho radar d'abord identifié comme un cuirassé de classe Nelson. Il s'agissait en réalité du Renown accompagné par le croiseur léger Birmingham et 9 destroyers.

Le Renown ouvrit le feu à 5h05 suscitant la riposte du Scharnhorst et du Gneisenau ce qui n'empêcha pas le croiseur de bataille britannique de placer trois coups au but sur le Gneisenau tandis qu'il était lui même touché à deux reprises. Dans une mer difficile, le contact fût perdu vers 5h44, repris brièvement vers 6h17 pour être définitivement perdu vers 7h.

Le 5 mai 1940, il est endommagé parr une mine magnétique qui l'endommagea à babord mais les dégâts furent rapidement réparés à Kiel.

Si dans toute la Norvège, la situation était stabilisée, Narvik était l'objet de combats acharnés entre les alliés anglais, français et polonais d'un côté et des allemands de l'autre. Ces derniers opposèrent une résistance acharnée pour empêcher les alliés de couper la route du fer.

Ce fût peine perdue puisque le 28 mai 1940, Narvik fût prise par les alliés qui n'eurent guère le temps de célébrer leur victoire puisque la situation en France devenait critique. L'évacuation fût donc décidé et la Home Fleet fût chargée de couvrir ce rapatriement.

Parallèlement, les allemands lancèrent l'opération Juno, une opération destinée à soulager la pression sur Narvik, opération qui devait voir le Scharnhorst, le Gneisenau, l'Admiral Hipper et les destroyers Karl Galster, Hans Lody, Erich Steinbrinck and Hermann Schoemann attaquer Harstad mais cette opération devint sans objet après la prise de Narvik et l'évacuation alliée de la Norvège lancée le 2 juin et qui était en grande partie réalisée le 5 juin (opération Alphabet)

Le 8 juin 1940 sur les coups de 16h45, au large de l'île de Jan Mayen, le Scharnorst repéra une fumée identifiée comme étant celle du porte-avions Glorious escorté par seulement deux destroyers, les HMS Acasta et Ardent. Pour une raison étrange, le Glorious n'était pas en mesure de faire décoller ses appareils, son sort était donc scellé.

Le Gneisenau ouvrit le feu à 17h28 à l'aide de ses canons de 150mm en visant le destroyer Ardent, le Scharnorst fit de même à 17h31 mais en visant le Glorious à 26000m. Dès la troisième salve, le Glorious fût touché et sa station radio ne parvint à envoyer qu'un message affaibli. Ce message fût intercepté par le croiseur lourd Devonshire mais ce dernier qui transportait le roi et le gouvernement norvégien avait l'ordre de garder un silence radio strict.

Le Gneisenau ne tarda pas joindre ses tirs à ceux de sons sister-ship. De temps à autre, le Glorious était masqué par la fumée d'où émergaient les courageux destroyers qui tentèrent plusieurs lancement. L'Ardent succomba à 18h18 après avoir lancé une dernière torpille qui passa près de la proue du Scharnhorst.

A 18h33, l'Acasta effectua un renversement de cap brutal et lança quatre torpilles à 13300m. Le cuirassé esquiva mais sept minutes plus tard une forte explosion se produisit à l'arrière tribord du Scharnhorst. A 19h07 après près de deux heures de combat, le Glorious chavira et disparu suivit quelques minutes plus tard par l'Acasta qui fût secoué par une terrible explosion après avoir placé un dernier obus sur le cuirassé.

Près de 1474 britanniques périrent, seuls 45 survivants furent repêchés dont de nombreux pilotes d'Hurricane qui avaient tenu la dragée haute aux pilotes allemands et avaient réussi à se poser sans entrainement sur un porte-avions. Leur absence se ferra sentir durant la bataille d'Angleterre.


A Trondheim le 11 juin 1940 sont rassemblés les deux croiseurs de bataille classe Scharnhorst et le croiseur lourd Admiral Hipper

Les deux croiseurs de bataille regagnèrent Trondheim pour des réparations provisoires. Le 13 juin 1940, ils furent attaqués par des Blackburn Sea Skua du porte-avions Ark Royal mais sans réels dommages.

Le 20 juin 1940, le Gneisenau appareilla en compagnie de l'Admiral Hipper et du destroyer Karl Galster pour couvrir le départ du Scharnhorst en direction de l'Allemagne pour réparations. Il devait attaquer les bâtiments de la Northern Patrol entre l'Islande et les îles Feroés mais la sortie des trois navires fût de courte durée : le sous marin HMS Clyde lança une torpille qui arracha la poupe du Schlachschiff.

Il du regagner Trondheim pour réparations et ce n'est que le 25 juillet qu'il appareilla pour l'Allemagne et une remise en état définitive. Il échappa de peu à une nouvelle désillusion, le torpilleur Lüchs recevant la torpille du HMS Swordfish.

Opération Berlin : la plus fructueuse campagne de guerre de course (janvier-mars 1941)

Le Gneisenau photographié depuis son jumeau durant l'opération Berlin

Le 28 décembre 1940, le Scharnhorst et son sister-ship le Gneisenau appareillèrent de Kiel direction l'Atlantique via le Skagerrak mais l'état de la mer endommagea le Gneisenau obligeant l'amiral Lütjens à se replier à Bergen pour s'abriter avant de regagner Gotenhafen pour une véritable remise en état.

La force appareilla de nouveau le 22 janvier 1941mais la percée prévue dans la nuit du 27 au 28 janvier au sud de l'Islande fût reportée en raison de la présence d'une aurore boréale et Lütjens gagna le nord ouest pour se ravitailler auprès du pétrolier Adria. Le ravitaillement fût achevé le 2 février et les opérations purent reprendre, les deux croiseurs de bataille franchissant le détroit du Danemark le 4 février.

Le 5 février le groupe se ravitailla au sud du Groenland au pétrolier Schettstadt et Lütjens déploya ses navires pour attaquer les convois de Halifax. Le 8 février au matin, les premiers bâtiments du convoi HX 108 (Halifax 9 février 1941 Liverpool 27 février 1941 50 navires marchands et 9 navires d'escorte) mais parmi l'escorte se trouvait le cuirassé Ramillies et l'attaque fût annulée.

Après un nouveau ravitaillement le 14 février auprès des pétroliers Schlettstadt et Esso Hamburg, le groupe fit route vers le sud sans succès et le 23 février, l'amiral Lütjens décida de mettre cap à l'est repérant cinq navires isolés qui furent détruits.

Après travaux et ravitaillement le 28 février, les deux navires décidèrent d'opérer autour des îles Canaries sur la route des convois entre Liverpool et Freetown.

Le 7 mars, le Scharnhorst et le Gneisenau repérèrent le convoi SL67 (Freetown-Liverpool 1er-26 mars 1941 57 cargos et 28 escorteurs) mais la présence du Malaya empêcha l'attaque mais les deux croiseurs de bataille gardèrent le contact pour les sous marins qui coulèrent quatre navires. Le lendemain, Lütjens rencontra à nouveau une escorte importante (le Malaya, deux croiseurs légers classe Aurora et des destroyers) qui se montrait des plus agressives.

Le Scharnhorst et le Gneisenau regagnèrent la route des convois de Halifax sur ordre de l'état major qui lui imposa cette zone de chasse jusqu'au 21 mars pour protéger la percée du croiseur lourd Admiral Hipper et de l'Admiral Scheer avant de regagner le sud afin d'exercer une action de diversion. Plus tard la date fût ramenée le 17 mars 1941.

L'opération Rheinübung avec le Bismarck et le Prinz Eugen étant prévue à la fin avril, l'état major de la Kriegsmarine ordonna à Lütjens de préparer son retour au port. Le 16 mars, il constitua avec les deux ravitailleurs un vaste râteau d'éclairage à 4 bâtiments qui couvrait une bande d'environ 120 nautiques.

A partir de 6h30, des pétroliers d'un convoi à destination de Liverpool furent repérés sans escorte et pour le Scharnhorst et le Gneisenau ce fût la curée avec la destruction de 13 bâtiments et la capture de 3 autres mais un seul atteindra la Gironde soit un total de 82400 tonneaux détruits et 400 prisonniers. Dans la soirée, le Gneisenau répéré au radar à 20000m un grand bâtiment, le cuirassé Rodney qui protégeait le convoi HX114 (Halifax-Liverpool 11 au 30 mars 1941 44 cargos et 13 escorteurs) et logiquement, le croiseur de bataille allemand se replia. Lütjens regroupa ses bâtiments pour le ravitaillement achevé le 19 mars avant de mettre cap sur Brest où les croiseurs de bataille arrivèrent le 23 mars, les ravitailleurs mettant cap sur La Pallice.

Au final, l'opération Berlin était des plus satisfaisants avec la destruction de 21 bâtiments soit 110000 tonneaux plus une prise conduite à bon port. Cette opération avait joué son rôle dans le concept d'action réciproque (Wechselwirkung) théorisé par l'amiral Raeder puisque la présence de nombreux raiders allemands plus les sous marins allemands avait disloqué le dispositif britannique bloquant par exemple la Force H dans l'Atlantique ce qui permis le transport des forces de l'Afrikakorps à Tripoli pour soutenir les italiens.


Le Gneisenau à la mer

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 00:30

Opération Cerberus : un coup d'une audace inouïe

Le Gneisenau à Brest en avril 1941

La Penfeld et la rade de Brest étaient parfaitement outillés pour entretenir des navires aussi importants que des croiseurs de bataille. Les français avaient bien saboté certaines installations mais leur remise en état au moins partielle fût menée avec célérité par des allemands qui pensaient avoir trouvé une base idéale pour la guerre aux convois transatlantiques.

Malheureusement pour la Kriegsmarine, Brest était bien éloigné de l'Allemagne et surtout bien trop prêt de l'Angleterre qui s'échina à neutraliser les deux croiseurs de bataille et le croiseur lourd Prinz Eugen.

Les attaques se multiplièrent dévastant le grand port militaire mais les résultats effectifs étaient mitigés, les avions anglais attaquant Brest se heurta à la chasse et à une formidable DCA sans parler qu'attaquer une flotte dans une rade n'était pas chose aisée même si Tarente et Pearl Harbor avaient prouvé qu'une attaque de ce genre était possible.


Dessin hatif représentant un Bristol Beaufort attaquant le Gneisenau dans le port militaire de Brest

Le 6 avril 1941, des avions torpilleurs Bristol Beaufort attaquèrent Brest et touchèrent le Gneisenau à l'aide d'une torpille et ce n'était pas fini car le 11 avril, il fût touché par trois bombes.

Ces attaques successives poussèrent les allemands et notament Hitler à préparer le retour en Allemagne des trois grands navires au grand dam du Grand Amiral Raeder qui croyait à la stratégie de guerre de course dans l'Atlantique et ce en dépit de la perte de l'Amiral Graf Spee et du Bismarck. De plus, le dictateur allemand était persuadé que la Norvège allait être la cible d'un prochain débarquement allemand et voulait que la Kriegsmarine s'y oppose avec d'importants moyens.

Pour rentrer en Allemagne depuis Brest, deux routes s'offrent aux allemands : contourner les îles britanniques ou traverser la Manche au nez et à la barbe des britanniques qui avaient anticipé cette possibilité avec la mise au point de l'opération Fuller. Côté allemand, l'opération fût baptisée Cerberus (Cerbère) du nom des chiens gardant les enfers ce qui ne manque pas d'humour de la part des marins allemands.

Le 11 février 1942, le Scharnhorst, le Gneisenau, le Prinz Eugen accompagnés par des destroyers et des dragueurs de mines appareillèrent de Brest, franchissant le goulet à 23h45.

Les anglais se doutaient d'un tel appareillage mais avec une malchance incroyable, ce n'est qu'à 11h du matin le 12 février que les navires allemands furent repérés et ce n'est qu'à 12h30 alors qu'ils approchaient du Pas de Calais que l'alarme générale fût déclenchée et que le plan Fuller fût déclenché.


Dans l'enfer de la DCA allemande, un avion torpilleur attaque

Les contre-attaques se succèdèrent à partir de 12h50 mais sans résultats qu'il s'agissait du tir des batteries côtières ou des flottilles de vedettes lance-torpilles repoussées par l'écran. A 13h43, six avions torpilleurs Swordfish commandée par le capitaine de corvette Esmonde qui avait dirigé l'attaque sur le Bismarck fût anéantie. Des Bristol Blenheim ne parvinrent pas à approcher des navires.

A 15h30, le Scharnhorst fût touché par une mine devant l'embouchure de la Schelde (Escaut) et resta immobilisé pendant près d'une demi-heure.

A 16h43, un vif combat s'engagea entre le Gneisenau et le Scharnhorst et les 6 destroyers de la flottille de Harwich. Le feu des bâtiments allemands contraignit les bâtiments anglais à lancer leurs torpilles sans résultat à grande distance.

A la nuit tombée, le Scharnhorst fût touché par une seconde mine et le Gneisenau par une mine. La formation complète dont le Prinz Eugen, indemne fût accueillie à Wilhelmshaven le 13 février 1942.

Une lente agonie

Transféré à Kiel pour remise en état complète, le Gneisenau avait conservé à bord ses munitions, les travaux étant jugés peu importants. Cette négligence eut des effets catastrophiques. Dans la nuit du 26 au 27 février 1942, 178 bombardiers britanniques attaquèrent Kiel.


Projet de refonte et de reconstruction du Gneisenau

Le croiseur de bataille fût gravement endommagé, les munitions embarquées aggravant les effets des bombes britanniques, la totalité de la poupe ayant été soufflée. Après une remise en état sommaire, le croiseur de bataille appareilla pour Gotenhafen pour remise en état et transformation, les trois tourelles triples devant être remplacées par trois tourelles doubles de 380mm.

Retiré du service en juillet 1943, le croiseur de bataille devait recevoir une nouvelle proue, être agrandit de dix mètres ce qui porterait son déplacement à 35000 tonnes mais aurait également eu des conséquences sur sa stabilité.


Epave du Gneisenau

Les travaux menés sans priorité furent stoppés en décembre 1943 après la destruction du Scharnhorst lors de la bataille du Cap Nord. L'épave laissée à l'abandon fût sabordé dans le port de Gotenhafen le 23 mars 1945 pour embouteiller le port et empêcher son utilisation par les soviétiques. L'épave fût relevée apès guerre en 1947 puis démantelée jusqu'en 1951.


La tourelle Bruno à été conservée par les norvégiens pour protéger Bergen jusque dans les années soixante

Les canons de 280mm furent utilisés pour la défense côtière, trois étant installés aux Pays Bas et six en Norvège alors que les canons de 150mm furent utilisés par l'artillerie sur voie ferrée.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 00:46

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES


Déplacement : standard 31500 tonnes pleine charge 38900 tonnes

Dimensions : Longueur (hors tout) 235m (entre perpendiculaires) 226m Largeur : 30m Tirant d'eau : 9.69m

Propulsion : trois turbines à engrenages Brown Boveri (Scharnhorst) ou Germania (Gneisenau) alimentées par 12 chaudières Wagner dévellopant 165000ch et entrainant trois hélices tripales de 4.89m de diamètre.

Performances : vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 8400 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture blindée 170 à 350mm bulkhead antitorpilles 45mm pont blindé 50mm tourelles principales 150 à 360mm tourelles secondaires 50 à 140mm bouclier des canons de 05mm 50mm bloc-passerelle 100 à 350mm

Armement :

Tourelles avant du Scharnhorst

-9 canons de 280mm SK/C34 en trois tourelles triples (deux avant et une arrière). Ce canon de 54.5 calibres tire des obus perforants de 330kg à une distance maximale comprise entre 5000 (+2°) et 40930m (+40°) à raison de 3.5 coups par minute.

La tourelle triple Drh LC/34 pèse 750 tonnes en ordre de combat et permet aux canons de 280mm de pointer en site de -8° à +40° (tourelles Anton et Cesar) et de -9° à +40° (tourelles Bruno) à raison de 8° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 7.2° par seconde. La dotation en munitions est de 105 à 150 obus par canon soit un total de 945 à 1350 obus.


L'armement secondaire du Scharnhorst avec les canons de 150mm au premier plan et au second, les canons de 105mm

-12 canons de 150mm SK C/28 en six affûts doubles installés latteralement. Ce canon de 55 calibres tire des obus de 45kg à une distance maximale de 22000m (site : +35°) à raison de 10 coups par minute, l'espérance de vie du tube étant de 1100 coups.

L'affût double MPL35 pèse 24 tonnes en ordre de combat et peut pointer en site de -10° à +35° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 9° par seconde. La dotation en munitions est de 150 obus par tube soit un total de 1800 obus.

-14 canons de 105mm SK/C33 en sept affûts doubles. Ce canon de 65 calibres tire des obus de 26kg à une distance maximale de 17700m en tir antisurface et de 12500 en tir antiaérien à raison de 18 coups par minute sachant que le tube à une durée de vie de 2950 coups.

L'affût double LC/31 pèse en ordre de combat 27 tonnes en ordre de combat et peut pointer en site de -8° à +80°à raison de 10° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 8° par seconde. La dotation globale en munitions est de 5600 obus.


Affût double de 37mm installé sur le Scharnhorst

-16 canons de 37mm SK/C30 en huit affûts doubles. Ce canon de 83 calibres tire des projectiles de 0.7kg (1.2kg avec la douille) à une distance maximale de 8500m pour un plafond de 6500m à raison de 160 coups par minute (80 dans la pratique). L'élévation varie de -10° à +80° en site et sur 360° en azimut. La dotation globale en munitions est de 2 à 6000 projectiles par canon.


Affût quadruple de 20mm

-8 canons de 20mm MG C/30 en huit affûts simples. Ce canon de 65 calibres tire des projectiles de 134 grammes (320 grammes avec la douille) à une distance maximale de 4900m en tir antisurface et de 3700m en tir antiaérien. La dotation en munitions est de 25000 coups au total.


Un Arado Ar 196 sur la catapulte du Scharnhorst. La catapulte installée sur la tourelle Cesar à été débarqué avant le début du conflit

Aviation : Deux catapultes avec 3 ou 4 hydravions Arado Ar 196

Equipage : 1669 à 1840 officiers et marins

SOURCES

-François-Emmanuel Brézet : Histoire de la marine allemande 1939-1945

-Encyclopédie des armes éditions Atlas tome 2 «Les cuirassés de la seconde guerre mondiale» P341-360
-Guy Le Moing Et l'océan fut leur tombe «Naufrages et catastrophes maritimes du 20ème siècle»

-Navires et histoire Hors Série N°3 «La Kriegsmarine en 1939»

-Ressources internet diverses comme NavWeaps, Wilkipedia, Maritimequest

-Docs et photos de l'ami Vautour

FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : GRUMMAN F7F TIGERCAT


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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 06:24

De beaux navires élégants et racés, bien armés, bien équipés; mais au niveau de la propulsion c'était loin d'être brillant en terme de fiabilité. Ils furent très souvent endommagés notamment en Norvège.
Bref toujours sous la pression de la Navy et de la RAF leur utilisation fut problématique.

L'opération Cerberus fut très audacieuse mais au final elle signa la fin de leur carrière.
La perte du Gneisenau fut le fait d'une erreur absolument incroyable les munitions et les gargousses de poudre ne furent pas toutes débarquées alors que le bâtiment entrait au bassin.
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 07:53

De beaux navires certes, mais limités par leur artillerie principale. En cas de duel avec les Dunkerque je doute que leurs 280mm aient fait du mal au blindage des français, contrairement aux 330mm français sur les navires allemands.
De toute manière à cette époque le croiseur de bataille est un concept obsolète, l'avenir était au cuirassé rapide.
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 09:28

pascal a écrit:
De beaux navires élégants et racés, bien armés, bien équipés
Ca c'est clair, ils avaient une sacrée "gueule".
Leur artillerie et leurs systèmes de pointages/visés étaient excellents.
Le seul reproche que je leur fait c'est d'utiliser (pour un gros navire de ligne conçus dans les 1930's) encore 4 canons simple de 150 en affut ouvert (moins efficace qu'en tourelle, énorme difficultés pour les artilleurs à manœuvrer les obus de 45kg de 150mm par mer formée...)

pascal a écrit:
mais au niveau de la propulsion c'était loin d'être brillant en terme de fiabilité. Ils furent très souvent endommagés notamment en Norvège.
Ils connurent effectivement quelques soucis, mais pas autant que les croiseurs lourds type Hipper/Prinz-Eugen (qui eux, furent un réel échec en terme de propulsion....comme les "Zestorers".......machines trop peux fiables....autonomies trop faible...).

Les "Scharsnorst" se montrèrent quand même correct en atlantique nord, la proue atlantique aidant un peux les choses...

pascal a écrit:
Bref toujours sous la pression de la Navy et de la RAF leur utilisation fut problématique.
Utilisation problématique crée aussi il faut le dire par l'obsession maladive du haut Cdt naval allemand de perdre des grosses unités (on sent la l'influence néfaste d'Hitler). A au moins 1 ou 2 reprises en 1940/1941 ces 2 navires rebroussèrent chemin face à des navires anglais plus vieux, de peur d'être touchés. Inutile de dire que si la kriegsmarine aurait eut une volonté "+ offensive", ces 2 navires auraient peut être connues 1 ou 2 victoires retentissante ?...

pascal a écrit:
L'opération Cerberus fut très audacieuse mais au final elle signa la fin de leur carrière.
Cerberus fut "un coup de poker" de la part d'Hitler (et l'un de ses rare "coup de génie".....si je peut dire cela comme ca Rolling Eyes )

pascal a écrit:
La perte du Gneisenau fut le fait d'une erreur absolument incroyable les munitions et les gargousses de poudre ne furent pas toutes débarquées alors que le bâtiment entrait au bassin.
Ça c'est clair, aggravé par une couverture aérienne très faible au dessus du port allemand, UN COMBLE quand au dessus de la manche ces 2 rafiots furent protéger par des douzaines de Chasseurs allemands (dont de nombreux as allemands)......on sent la le relâchement allemand...

Eagle_Eye a écrit:
De beaux navires certes, mais limités par leur artillerie principale. En cas de duel avec les Dunkerque je doute que leurs 280mm aient fait du mal au blindage des français, contrairement aux 330mm français sur les navires allemands.
Cette mentalité "à l'américaine" (....j'ai la plus grosse....) est, je pense, une erreur....
Le blindage des "Scharsnorst" n'avait rien à envier aux "Dunkerque"...
Et puis, il me semble bien que les Scharsnorst encaissaient mieux les torpilles, non ?
- Dunkerque mis totalement HS (non navigueable) par 1 torpille anglaise qui fit sauter 44 grenades ASM
- Scharsnorst/Gneisenau: chacun survécut à des impact unique de torpilles.
- Je ne parle même pas du Scharsnorst, qui, avant de couler en décembre 1943, encaissa de nombreuses torpilles (de tête scratch au moins 5 ou 6 torpilles + des douzaines d'obus de 152 et 356mm...).

Eagle_Eye a écrit:
De toute manière à cette époque le croiseur de bataille est un concept obsolète, l'avenir était au cuirassé rapide.
Pas totalement vrai (et pas totalement faux aussi)
Tout dépend le pays, ses moyens financiers, sa stratégie, sa tactique, sa tradition navale & so
Les croiseurs de batailles de la 2eme guerre mondiales (Hood, Renown, Repulse, Scharsnorst, Gneisenau, Kongo, Hiei, Haruna, Kirishima) connurent une carrière beaucoup plus intense que de nombreux cuirassés, car leurs vitesses élevées (27/33 nœuds) les rendaient aptes aux "forces de raids"........alors que de nombreux cuirassés ne filaient que 21/26 nœuds...
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 17:03

Merci Claus, encore un super article thumleft
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 17:24

De rien mon cher. Après une mise en route laborieuse, j'ai finalement apprécié de faire cet article. Je vais commencer ce soir ou demain le Grumman Tigercat.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 19:32

Citation :
Cette mentalité "à l'américaine" (....j'ai la plus grosse....) est, je pense, une erreur....
Le blindage des "Scharsnorst" n'avait rien à envier aux "Dunkerque"...
Et puis, il me semble bien que les Scharsnorst encaissaient mieux les torpilles, non ?

Le fait de pouvoir encaisser les coups de son adversaire ne sert à rien si on ne peut pas soi-même percer son armure, et dans ce domaine je doute que les 280mm des Scharnorst aient fait beaucoup de dégats au blindage des Dunkerque.
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 20:52

Eagle_Eye a écrit:
Le fait de pouvoir encaisser les coups de son adversaire ne sert à rien si on ne peut pas soi-même percer son armure, et dans ce domaine je doute que les 280mm des Scharnorst aient fait beaucoup de dégats au blindage des Dunkerque.

LOL, bof !!!

- Les 283mm tirés par les "Scharsnorst" pouvaient percer un blindage de 335mm à 15 100m ou 291mm ou 18000m (face au blindage latéral de 225mm des Dunkerque.......forcément...).
- Quand aux 330 français, ils perçaient du 342mm à 23000m....face aux blindages latéraux de 340mm allemands....

La majorité des combats (39-45) entre unités "lourdes" se déroulaient entre 15 000/25 000 m.

Bref, inutile de se lancer dans une bataille de chiffres..., les 283 allemands n'avaient absolument pas à rougir des 330 français.....
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Ven 03 Sep 2010, 20:55

il semble que l'artillerie principale de ces bâtiments avait deux qualités

la portée et la précision mais bon pour s'attaquer au trafic civil çà ne servait pas à grand chose.

Le soucis de ces navires à l'image des autres grands bâtiments allemands était que loin de leurs bases il ne pouvaient engager un adversaire même inférieur exemple le Revenge et ses 21 noeuds, pour ne pas risquer l'avarie définitive (le Bismarck après les impacts du PW et la torpille aérienne du Swordfish.

Les Allemands n'avaient pas de base sûre ... gross problem

quand à remonter par le détroit de Danemark avec des dommages de combat Tchao Pantin
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Sam 04 Sep 2010, 19:40



Merci Claus pour cette bio sur des navires qui ont eu une carrière bien remplie, sur pour des navires de ligne de la ww2. thumleft



colombamike a écrit:
Eagle_Eye a écrit:
Le fait de pouvoir encaisser les coups de son adversaire ne sert à rien si on ne peut pas soi-même percer son armure, et dans ce domaine je doute que les 280mm des Scharnorst aient fait beaucoup de dégats au blindage des Dunkerque.

LOL, bof !!!

- Les 283mm tirés par les "Scharsnorst" pouvaient percer un blindage de 335mm à 15 100m ou 291mm ou 18000m (face au blindage latéral de 225mm des Dunkerque.......forcément...).
- Quand aux 330 français, ils perçaient du 342mm à 23000m....face aux blindages latéraux de 340mm allemands....

La majorité des combats (39-45) entre unités "lourdes" se déroulaient entre 15 000/25 000 m.

Bref, inutile de se lancer dans une bataille de chiffres..., les 283 allemands n'avaient absolument pas à rougir des 330 français.....
Heu! tu oublie quelque détailles dans ta comparaison!

- La ceinture blindé était incliné sur toute la longueur du caisson blindé, sur les Dunkerque (D= 11°30, S= 11°50) alors que celle des Scharnhorst n'en n'avait aucune, à par dans les zones avant et arriere de leur caisson blindé (ou elle épousait l'inclinaisont des flans de la coque), ce qui atténuait sensiblement l'avantage de l'épaisseur du blindage des BC" allemand, dans cette zone!

- Si la ceinture du Dunkerque ne faisait bien que 225mm, celle de son frère cadet en faisait 283mm.

- Et enfin dans le domaine du blindage horizontal, le rapport de force était complètement inversé:

Le pont blindé principale des Dunkerque était de : 115mm au dessus des machines et de 125mm au dessus des soutes à munition de l'artillerie principale.
leurs pont blindé inférieure était de 40mm sur tout la longueur du caisson.

Le pont blindé principale des Scharnhorst était de 105 mm dans la zone au niveau de la tourelle "Anton", de 95 mm dans celle de "Bruno" et Caesar", de 80 mm au dessus des machines et de 105 mm à l'extrême arrière du caisson.
Leur pont blindé supérieure, était de 50 mm.

Quand à l'efficacité de la protection par-torpille, il me semble qu'il est difficile de faire des comparaisons fiable, vu que le Dunkerque avait subit une explosion sous-marine bien plus terrible que celle qu'aurait put lui infliger la seul charge explosive d'une torpille, ou d'une mine!






Dernière édition par vautour le Sam 04 Sep 2010, 21:37, édité 1 fois (Raison : orthographique et grammatical)
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pascal
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Sam 04 Sep 2010, 20:04

dans ses ouvages consacrés à la classe Dunkerque Robert Dumas souligne l'efficacité du blidage horizontale. La ceinture cuirassée fut percée par le 15 pouces mais bon ... elle n'était pas non plus prévue pour y résister...

Un des gros point forts des Scharmhorst était leur aptitude à bien marcher dans la forte mer de face. Dans le combat qui les opposa au Renown en avril 40 Lütjens fit mettre sa formation à 28 noeuds face au vent et le Renown ne put suivre sous peine de casser qq chose. C'était assez remarquable pour des navires sans hauteur de carène mais dotés en revanche de sacrés élancements

En 43 au cap nord Bey refit le même coup mais le tir britannique etait trop dense
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Sam 04 Sep 2010, 22:10

tes articles sont toujours aussi intéressants!!!!

bravo pour ton superbe travail cheers
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Sam 04 Sep 2010, 22:51

De rien. J'ai commencé le Tigercat aujourd'hui et je devrai le poster lundi soir si tout va bien thumright

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Dim 05 Sep 2010, 00:12

Merci pour ce bel article Claus...




Jef salut
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    Dim 05 Sep 2010, 12:40

oui superbe article, mais si vous voulez bien allez voir, son article sur les cuirassé de poche, car j'ai une question qui me tareaude depuis plusieur années et j'aimerai avoir un avis constructif.

merci
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE SCHARNHORST    

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