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 ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST

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clausewitz
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MessageSujet: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 13:57

CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST
(ALLEMAGNE)


Le SMS Gneisenau au mouillage

AVANT PROPOS

La marine prussienne à été créée dès 1701, la même année que la fondation du royaume de Prusse mais puissance terrestre, la Prusse n'avait guère besoin d'une puissante marine. Quelques navires pour assurer la défense des côtes suffisait largement car Berlin n'avait ni l'intention ni les capacités pour mettre en danger la supériorité navale britannique sur les océans. La création de la confédération de l'Allemagne du Nord en 1867 entraina également la création d'une marine, la Norddeutsche Bundesmarine mais là encore cette marine restait extrêmement modeste.

La naissance du Deuxième Reich en janvier 1871 entraina la fusion de la marine prussienne et celle de la confédération d'Allemagne du Nord dans une marine impériale, la Kaiserliche Marine. Cette marine resta longtemps confinée dans ses missions de défense côtière. Il s'agissait de protéger les côtes du nouvel empire contre des actions de la France et de la Russie. Une preuve qui ne trompe pas : jusqu'en 1888, la marine allemande était commandée par des officiers de l'armée de terre !

Cela ne l'empêchait pas de poser les jalons pour l'avenir. Elle aménagea deux bases : Kiel sur les rives de la Baltique et Wilhelmshaven sur les rives de la mer du Nord et créa différentes écoles pour former les officiers et les spécialistes nécessaires : l'Académie Navale de Kiel est créé en mars 1872, le Corps des Ingénieurs Mécaniciens en mai 1872, le Corps médical de la marine en février 1873 et enfin le corps des ingénieurs-torpilleurs en juillet 1879 pour dévelloper l'usage des torpilles et des mines au sein de la marine allemande.

En mai 1872, un programme de construction sur dix ans fût voté pour moderniser la flotte. Il prévoyait la construction de 8 frégates cuirassées, de 6 corvettes cuirassées, de 20 corvettes légères, de 7 monitors, de 2 batteries flottantes, de 6 avisos, de 18 cannonières et de 28 torpilleurs pour un coût total de 220 million de marks-or.

En 1883, la marine allemande avait sept frégates cuirassées et quatre corvettes cuirassées, 400 officiers et 5000 officiers mariniers et matelots soit bien moins que prévu par le plan de 1872. Les objectifs étaient les même avec la défense des côtes mais l'Allemagne avait décidé de dévelloper l'utilisation des torpilleurs.

L'année 1887 fût marqué la volonté de la marine de construire dix frégates blindées sans qu'apparemment cela soit suivi de réalisations concrètes mais aussi la construction du canal de Kiel qui permettait aux navires de la marine allemande de s'épargner le tour de la péninsule du Jutland.

Bien que chargée principalement de missions de défense côtière, la marine allemande participa toute de même aux opérations coloniales de l'Allemagne. Le chancelier Otto von Bismarck était plus intéressé par l'Europe et sa volonté de maintenir isolée la France mais cela ne l'empêcha pas de lancer plusieurs expéditions coloniales notament en Afrique, en Asie et dans le Pacifique ce qui obligea la marine allemande à y envoyer des navires chargés de protéger ces établissements coloniaux alors que les autres puissances coloniales européennes voyaient d'un mauvais oeil l'arrivée d'un nouveau larron qui s'emparra du Sud Ouest Africain (future Namibie) Cameroun et du Togo en 1884 et de l'Afrique Orientale Allemande (future Tanzanie) en 1885.

L'avénement de Guillaume II en 1888 changea la marine allemande d'ère. Contrairement à son grand père, il était pleinement convaincu que la place de l'Allemagne wilhelmienne était sur les mers et en Outre Mer.

Cette «Weltpolitik» (politique mondiale) se heurtait aux objectifs du vieux chancelier Bismarck mais ce dernier démissiona en 1890, laissant les mains libres au nouvel empereur. Il manquait d'un homme pour mettre en musique ses ambitions, un chef d'orchestre capable d'interpréter les partitions. Cet homme c'est l'amiral Alfred von Tirpitz nommé secrétaire d'Etat à la marine en 1897 qui peut être considéré comme le père de la Hochseeflot (Flotte de Haute Mer).

Le 10 avril 1898, une première loi navale fixa le format de la marine allemande en 1914 à un total de 19 cuirassés, 8 croiseurs cuirassés, 12 croiseurs lourds et 30 croiseurs légers à construire pour le 1er avril 1904. Dans ce total était intégré les navires existants mais si ce format permettait d'affronter la Russie ou la France, il était bien insuffisant pour affronter la Grande Bretagne.

Une deuxième loi navale est votée le 14 juin 1900 qui doubla quasiment le nombre de navires prévus avec 38 cuirassés, 20 croiseurs cuirassés et 38 croiseurs. Ce plan était important tellement important que le Reichstag réduisit le budget ce qui obligea Tirpitz à faire appel à l'emprunt pour financer un plan qui pourrait conduire à la construction de 45 ou 48 cuirassés.

Au milieu du 19siècle, la marine à voile rendit les armes devant la marine à vapeur. Les frégates cédèrent la place à une nouvelle race de navires, les croiseurs cuirassés chargés principalement de l'éclairage de la flotte, de la lutte contre les bâtiments du même type et d'une présence armée en outre mer sans parler d'une éventuelle guerre de course contre le commerce ennemi.

Arrivée tardivement dans le grand concert des puissances maritimes, la marine allemande ne se dôta de croiseurs cuirassés qu'à la fin du 19ème siècle.


Le SMS Fürst Bismarck dans le canal de Kiel

Le premier navire de ce type fût le SMS (Seiner Majestat Schiff/Navire de sa majesté) Fürst Bismarck. Mis sur cale en avril 1896 à l'Arsenal (Kaiserliche Werft) de Kiel, il fût lancé le 25 septembre 1897 et admis au service actif le 1er avril 1900.

Il servit de 1900 à 1909 au sein du German East Asia Squadron participant à la répression de la rébellion des Boxer. Revenu en Allemagne, il fût placé en réserve entre 1909 et 1914, réarmé pour la défense côtière mais fût rapidement limité à des missions de ponton flottant. Il est vendu à la démolition le 17 juin 1919.

Caracteristiques Techniques du SMS Fürst Bismarck

Déplacement : standard 10690 tonnes pleine charge 11461 tonnes

Dimensions : longueur 127m largeur 20.4m tirant d'eau : 7.8m

Propulsion : trois machines à quadruple expansion alimentées en vapeur par douze chaudières, dévellopant une puissance totale de 13500ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 18.7 noeuds distance franchissable 4560 miles nautiques à 10 noeuds 3230 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : ceinture blindée 200mm tourelles 200mm pont blindé 30mm

Armement : 4 canons de 240mm en deux tourelles doubles (une avant et une arrière), 12 canons de 150mm en casemates, 10 canons de 88mm en affûts sous casemates et 6 tubes lance-torpilles de 450mm

Equipage : 36 officiers et 585 hommes.



Le SMS Prinz Heinrich

Le Fürst Bismarck fût suivi par le SMS Prinz Heinrich qui constituait une version améliorée du premier croiseur cuirassé allemand. Il est mis sur cale en décembre 1898 au Kaiserliche Werft de Kiel lancé le 22 mars 1900 et admis au service actif en mars 1902.

Il passa toute sa carrière en Allemagne, servant d'éclaireur à la flotte de haute mer en dépit du fait que le croiseur cuirassé était maintenant dépassé par l'apparition du croiseur de bataille. Cela ne l'empêcha pas de participer le 16 décembre 1914 à la couverture du bombardement d'Hartepool sur la côte est de l'Angleterre. Transféré en avril 1915 en mer Baltique, il servit comme navire opérationnel jusqu'en mars 1916 quand il fût réduit au rôle de barraquement flottant jusqu'à sa démolition en 1920.

Caracteristiques Techniques du Prinz Heinrich

Déplacement : standard 8857 tonnes pleine charge 9806 tonnes

Dimensions : longueur 126.59m largeur : 19.61m tirant d'eau : 8.1m

Propulsion : trois machines verticales à triple expansion alimentées dévellopant 15694ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale 20 noeuds

Protection : ceinture blindée 100mm tourelles (faces avant) 150mm pont blindé 20mm

Armement : deux canons de 240mm en deux tourelles simples (une avant une arrière) 10 canons de 150mm en casemates, 10 canons de 88mm en affûts simples sous casemates et quatre tubes lance-torpilles de 450mm.

Equipage : 567 officiers et marins



Le SMS Prinz Adalbert

Le Prinz Heinrich fût suivi par les deux navires de la classe Prinz Adalbert (Prinz Adalbert et Friedrich Karl).

Le Prinz Adalbert est mis sur cale au Kaiserliche Werft de Kiel en avril 1900, lancé en juin 1901 et admis au service actif en janvier 1904. Il servit d'abord de navire école d'artillerie avant de reprendre un véritable rôle opérationnel en mer Baltique en novembre 1914. Il s'échoua près de Libau le 24 janvier 1915. Il est endommagé par le sous marin E9 le 2 juillet 1915 avant d'être coulé par l'E8 le 23 octobre 1915.

Le Friedrich Carl est mis sur cale chez Blohm & Voss de Hambourg en avril 1900 lancé en juin 1902 et admis au service actif le 12 décembre 1903. Il est désarmé et placé en réserve en mars 1908 mais est réarmé en mars 1909 comme navire-tests de torpilles. Sa carrière durant la première guerre mondiale est des plus courte puisqu'il sauta sur une mine russe le 17 novembre 1914 mais mis du temps à couler ce qui fit qu'il n'y eut que 8 morts.

Caractéristiques Techniques de la classe Prinz Adalbert

Déplacement : standard 9233 tonnes pleine charge 10033 tonnes

Dimensions : longueur 126.59m largeur 19.61m tirant d'eau 7.8m

Propulsion : trois machines à triple expansion dévellopant 16200ch et entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 20.5 noeuds distance franchissable : 4000 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : ceinture blindée 150mm tourelles (faces avant) 200mm pont blindé 51 à 76mm

Armement : quatre canons de 210mm en deux tourelles doubles (une avant et une arrière) 10 canons de 150mm en casemates, 12 canons de 88mm en affûts simples sous casemates 4 tubes lance-torpilles de 450mm

Equipage : 586 officiers et marins



Le SMS Roon

Aux deux Prinz Adalbert succédèrent, les deux croiseurs cuirassés de classe Roon, les Roon et Yorck (certains écrits identifient les Roon et les Prinz Adalbert comme une seule et même classe).

Le Roon est mis sur cale au Kaiserliche Werft de Kiel en août 1902 lancé en juin 1903 et admis au service actif en avril 1906. Navire amiral du deuxième groupe d'éclairage de la Hochseeflot jusqu'en 1911 au moment où il est remplacé par le croiseur de bataille Moltke. Remis en service au moment du déclenchement de la première guerre mondiale, il participe aux opérations de bombardement de l'Angleterre en novembre 1914. Jugé trop vulnérable en mer du Nord, il est transféré en Baltique en avril 1915, affrontant à plusieurs reprises les russes. Désarmé en novembre 1916, il sert de navire d'entrainement et aurait du être transformé en navire de soutien d'hydraviation. Il est rayé le 25 novembre 1920 avant d'être démoli en 1921.

Son sister-ship le Yorck est mis sur cale aux chantiers Blohm & Voss de Hambourg en février 1903 lancé en mai 1904 et admis au service actif en novembre 1905. Le 4 mars 1913, il entre en collision avec le torpilleur S178 provoquant le naufrage de ce dernier (66 morts et 15 rescapés). Il est placé en réserve en mai 1913, son équipage armant le croiseur de bataille Seydlitz. Réarmé le 12 août 1914, il participe au bombardement sur l'Angleterre. Le 4 novembre 1914, il appareille sans autorisation et dans un brouillard à couper au couteau, il entre dans un champ de mines allemand, saute sur une mine et chavire provoquant la mort de 336 hommes d'équipage. L'épave gênant la navigation, elle est partiellement démolie en 1929/30, 1965 et 1982.

Caractéristiques Techniques de classe Roon

Déplacement : standard 9533 tonnes pleine charge 10266 tonnes

Dimensions : longueur 127.8m largeur 20.2m tirant d'eau 7.76m

Propulsions : trois machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par 16 chaudières dévellopant une puissance maximale de 19000ch et entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 21 noeuds distance franchissable 4200 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : ceinture blindée 100mm doublée par 55mm de teck pont blindé dont l'épaisseur varie de 40 à 100mm selon les endroits à protéger, bloc passerelle protégé par 150mm de blindage pour les côtés et 30mm pour le toit tourelles 150mm pour les côtés et 30mm pour le toit casemates pour les canons de 150mm protégés par 100mm de blindage avec un bouclier de 80mm.

Armement : 4 canons de 210mm en deux tourelles doubles 10 canons de 150mm en casemates simples 14 canons de 88mm en affûts simples sous casemates et quatre tubes lance-torpilles de 450mm
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 14:10

LE GERMAN EAST ASIA SQUADRON (OSTASIENGESCHWADER)

A la différence des britanniques et des français, la marine allemande destinait ses croiseurs cuirassés aux stations lointaines plutôt qu'aux combats au large de la métropole, cela explique pourquoi les croiseurs cuirassés de la Kaiserliche Marine étaient généralement moins bien armés et moins puissants que leurs homologues britanniques.

Cela n'empêcha pas la marine allemande de se dôter avec les deux Scharnhorst de ce qui se faisait de meilleur dans le domaine, les SMS Scharnhorst et Gneisenau pouvant être légitimement considérés comme les meilleurs croiseurs cuirassés du monde.

Comme nous l'avons vu dans l'avant propos, la marine allemande à activement participé aux entreprises coloniales allemandes qui restèrent modestes car Berlin était partie bien après Londres ou Paris et devait se contenter des miettes.

A l'époque, la Chine de la dynastie mandchoue Qin était une proie de choix pour les puissances occidentales qui en menant une politique de la cannonière pouvait obtenir de substansiels avantages économiques et politiques. La Prusse signa ainsi le traité de Pekin en septembre 1861 qui autorisait la marine prussienne à déployer des navires de guerre dans les eaux chinoises pour protéger ses intérêts.

Il fallut cependant attendre l'unité allemande et 1881 pour que la toute nouvelle marine impériale ne déploie une unité permanente. Pour peu de temps car en 1885, Berlin privilégia ses possessions africaines et créa une unité permanente au détriment de l'Extrême Orient et le pavillon wilhelmien n'était plus porté à l'époque que par deux petites cannonières.

La roue de la chance tourna et en 1893, la flottille déployée en permanence dans les colonies allemandes d'Afrique fût dissous en 1893 et les navires rapatriés à Kiel. Le déclenchement de la première guerre sino-japonaise l'année suivante en 1894 relança l'intérêt allemand pour l'Extrême Orient et en 1885 fût créé une division de croiseurs d'Extrême Orient composée d'abord de navires anciens avant que des navires plus modernes ne soient déployés.

Longtemps les unités allemandes déployées en Chine furent des «sans bases fixes», dépendant de la Chine ou d'autres puissances étrangères comme la Grande Bretagne et le Japon pour le soutien logistique. Il était donc urgent que la marine allemande se dote dans la région d'une véritable base.


Plan de Tsingtao. Le port principal est situé au nord

Comme souvent, l'Allemagne prit le pretexte de la mort de ressortissants allemands (deux missionaires allemans assassinés le 1er novembre 1897) pour déployer des troupes dans la baie de Kiautschou où se trouvait le village de Tsingtao le 14 novembre 1897 et obtenir par la force ce qu'il n'avait pu obtenir par la négociation à savoir un bail de 99 ans pour une concession dans la baie de Kiautschou qui permis l'installation de la seule base outre-mer vraiment bien équipée de la marine impériale. C'était l'acte de naissance de l'Ostasiatische Station (Station de l'Asie Orientale) et donc de l'Ostasiengeschwader. Cette unité participa en 1900 à la répression de la révolte des Boxers.


Représentation de Tsingtao à l'époque allemande

En dépit de son éloignement et de l'important dévellopement de la marine impériale en Europe qui absorbait énormément de crédits, de temps et d'hommes, l'Ostasiengeschwader bénéficia de toute l'attention de Guillaume II qui veilla à l'équiper des meilleurs navires possibles probablement pour des raisons de prestige politique.

Inutile d'y envoyer des cuirassés puisque les allemands sont lucides sur leurs chances de maintenir leurs possessions autour de Tsingtao : elles sont nulles sans parler du coût d'un tel déploiement. Il vaut mieux des navires plus modestes mais parfaitement adaptés à une mission de présence.

Ils décident d'y déployer des croiseurs légers et surtout deux puissants croiseurs cuirassés. Les Roon étaient d'excellents navires mais leur armement était inférieur à leurs homologues britanniques même si la différence n'était pas flagrante.


Le SMS Scharnhorst. Difficile de dire quel fût le meilleur croiseur cuirassé du monde : le Scharnhorst ou le Blücher ?

Les deux navires construits pour servir outre mer augmentèrent significativement l'armement qui passa de 4 canons de 210mm et 10 canons de 150mm à 8 canons de 210mm et 6 canons de 150mm. Surtout les équipages des deux croiseurs cuirassés baptisés Scharnhorst et Gneisenau étaient remarquablement entrainés, remportant avant guerre de nombreux concours de tirs. Au moment où la première guerre mondiale éclate, l'Ostasiengeschwader n'à guère d'équivalent dans la région et seul le croiseur de bataille HMAS Australia (classe Indefatigable) est supérieur aux deux Panze Kreuzer de l'amiral Maximilian von Spee.


Hors Japon, le seul navire plus puissant que les deux croiseurs cuirassés allemands est le croiseur de bataille HMAS Australia

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 14:32

HISTORIQUE

Le SMS Scharnhorst

Le SMS Scharnhorst à la mer. Une impression de puissance

Présentation

-Le Scharnhorst est mis sur cale aux chantiers navals Blohm & Voss de Hambourg en janvier 1905 lancé le 22 mars 1906 et admis au service actif le 24 octobre 1907.


Gerhard von Scharnhorst

Il rend hommage à Gerhard Johann David von Scharnhorst (12 novembre 1755-28 juin 1813), un général prussien aussi bien connu pour son action militaire que pour ses réformes de l'outil militaire prussien après les désastres de Iena et de Auerstaedt en 1806.

Servant d'abord dans l'armée du royaume d'Hanovre, Gerhard von Scharnhorst participa aux guerres révolutionnaires, servant avec distinction dans «l'arme savante» l'artillerie et tirant les leçons des victoires des armées de la révolutionnaire dans son ouvrage le plus connu, Die Ursachen des Glücks der Franzosen im Revolutionskrieg (L'origine des succès militaires de la France dans les guerres de la Révolution).

Devenu célèbre par ses écrits, il accepta en 1801 l'offre de service de la Prusse, le roi Frederic-Guillaume III lui offrant le grade de lieutenant colonel et l'anoblit. Il devint professeur à l'Académie Militaire de Berlin ayant un certain Clausewitz comme élève.

Il fallut cependant attendre la désastreuse campagne de 1806 pour que Scharnhorst puisse imposer ses réformes et régénère un outil militaire qui avait fait ses preuves au 18ème siècle mais qui s'était totalement sclérosé.

Devenu major général après la paix de Tilsit en juillet 1807, il prit la tête d'une commission de réforme qui intégrait de jeunes officiers comme Gneisenau. Il abandonna par exemple l'armée de volontaires au profit d'une armée de conscrits plus nombreuse.

Napoléon ne tarda pas à prendre ombrage des réformes et par le décret du 26 septembre 1810 il obligea tous les sujets étrangers à quitter l'armée prussienne ce qui entraina le départ de Scharnhorst, hostile à l'alliance contre nature de la France et de la Prusse contre la Russie.

Aussi quand la Prusse se rallia à la sixième coalition en 1813, il refusa le poste de chef d'état major de l'armée prussienne mais accepta de devenir le chef d'état major de Blücher. Il participa le 2 mai 1813 à la bataille de Lützen, une défaite prussienne où il fût blessé au pied. Son corps fatigué par l'âge et les épreuves ne le supporta pas et Gerhard von Scharnhorst succomba aux suites de cette blessure le 28 juin 1913 alors qu'il se rendait en Autriche pour obtenir l'engagement de Vienne contre Napoléon.


Le croiseur de bataille Scharnhorst qui comme son congénère succomba sous les obus britanniques dans des eaux glaciales

Outre le croiseur cuirassé, deux autres ont ensuite porté son nom, un croiseur de bataille de classe Scharnhorst. Mis sur cale à Wilhelmshaven le 15 juin 1935 lancé le 30 juin 1936 et admis au service actif le 7 janvier 1939, ce croiseur de bataille déplaçait 26500 tonnes, filait à 33 noeuds avec un armement composé de neuf canons de 280mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), douze canons de 150mm en six affûts doubles et quatorze canons de 105mm antiaériens en sept affûts doubles.

Il participe successivement à l'invasion de la Norvège (opération Weserübung), à une campagne de chasse fructueuse dans l'Atlantique (opération Berlin) à une traversée en plein jour de la Manche pour rentrer en Allemagne (opération Cerberus) et à des opérations dans l'océan glacial arctique qui se termine par sa destruction par le Duke of York lors de la bataille du Cap Nord le 26 décembre 1943.

Il est suivi après guerre par une frégate-école acquise en 1959. Il s'agissait d'un ancien aviso de type Black Swan, le HMS Mermaid et qui servit au sein de la marine allemande jusqu'en 1990.

Carrière opérationnelle

Le Scharnhorst au mouillage

Le Scharnhorst ne s'attarde pas en Allemagne puisque que dès 1909, il est affecté à l'Ostasiengeschwader suivi par son sister-ship en 1910, le Scharnhorst étant le navire amiral de cette unité bien équipé et très bien entrainée.

En juin 1914, le Scharnhorst et le Gneisenau se retrouvèrent à Nagasaki pour le début de leur croisière d'été. Ils reçurent à cette occasion un plein chargement de charbon avant de gagner Truk alors possession allemande où ils se ravitaillèrent à nouveau en charbon, la guerre paraissant iminente.

Avec les autres navires de l'Ostasiengeschwader, le Scharnhorst arriva à Ponape dans les Carolines _autre possession allemande_ le 17 juillet, apprenant la déclaration de guerre austro-hongroise à la Serbie et la mobilisation russe. Le 31 juillet 1914 quand le déclenchement de la guerre n'était plus qu'une question de jours, Von Spee ordonna à ses navires de se tenir près à combattre, la première guerre mondiale devenant officielle quand l'Allemagne déclara la guerre à la France et à la Russie le 3 août 1914 puis à la Grande Bretagne le 4 août 1914.


Maximilian Von Spee. Si un jour l'Allemagne construit un porte-avions ou un porte-hélicoptère, le nom de Graf Spee me semble tout à fait approprié

Depuis 1912, l'Ostasiengeschwader était placé sous le commandement du vice-amiral Von Spee. (Maximilan Graf Von Spee [1861-1914] est entré dans la Kaiserliche Marine en 1878 à l'âge de 17 ans. Ayant effectué l'essentiel de sa carrière en Afrique et dans des bureaux, il devint contre-amiral en 1910 avant d'être nommé à la tête de l'escadron asiatique de la marine allemande en 1912 avec le grade de vice-amiral).

Le plan d'opérations de l'escadre allemande avait été préparé avant guerre. Conscient qu'ils pourraient résister longtemps en Chine, le vice-amiral Von Spee avait décidé en accord avec sa hierarchie de tout faire pour rentrer en Allemagne tout en faisant le maximum de mal au commerce allié dans le Pacifique.

Von Spee décida de concentrer ses forces à Pagan dans le nord des Mariannes, arrivant sur place le 11 août 1914 et battant le rappel de tous les navires allemands. Le 13 août, il accepta la suggestion du Commodore Karl von Müller de détacher son navire, l'Emden pour un raid au commerce dans l'Océan Indien. Le même jour, les croiseurs Dresde et Leipzig avait rejoint les deux croiseurs cuirassés et le Nürmberg. La force allemande appareilla ensuite pour les Samoa dont les allemands craignaient la prise mais arrivant sur zone le 14 août 1914, les deux croiseurs cuirassés ne trouvèrent aucun cible crédible.

Devant charbonner, les deux croiseurs cuirassés gagnèrent l'île de Tahiti. Le port de Papeete disposait en effet d'importants stocks de charbon de bonne qualité ce qui laissait espérer de bonnes performances pour les chaudières.


La cannonière Zélée

L'île était sans réelle protection jusqu'à l'arrivée de la canonnière Zélée et de son commandant, le lieutenant de vaisseau Maxime Destremeau qui renforça les défenses de l'île en désarmant son navire, installant le canon de 100mm avant et les canons de 65mm à terre, ne gardant à bord du navire que le canon de 100mm installée à la poupe.


Le lieutenant de vaisseau Destremau

Les canons de 37mm étaient montés sur des voitures Ford et que 160 hommes d'équipage formèrent une compagnie d'infanterie de marine qui renforça la garnison composée de 25 fantassins coloniaux et 20 gendarmes. Le LV Destremeau se tenait prêt à incendier le stock de charbon et si nécessaire à couler sa canonnière dans la passe.

Les deux navires allemands se présentèrent au large de Papeete le 22 septembre 1914 à 7.00, ouvrant le feu à 6000m après que les français eurent refusé toute rédition. Les batteries côtières ne repliquèrent pas, préférant conserver leurs munitions au cas où les deux croiseurs cuirassés allemands tenteraient de franchir les passes du port.

Dès le début de l'opération allemande, le lieutenant Destremeau mit le feu aux stocks de charbon et détruisit les balises pour gêner une éventuelle entrée dans le port. Il commença même à saborder son navire et le cargo Walkure mais les préparatifs de sabordage furent achevés par les obus allemands.


Les obus ne choisissent pas leurs cibles et ce sont des obus allemands qui coulèrent le cargo allemand Walkure

Craignant la menace des mines dans le port et les piles de charbon ayant été détruites, Graf Spee ne vit pas l'intérêt de poursuivre cette opération et après quatre heures de bombardement, il ordonna le repli, les deux croiseurs cuirassés gagnant Nukuhiva pour charbonner et retrouver le Nürnberg et le cargo Titania. Quand au lieutenant Destremeau, il fût poursuivi devant une court martiale pour ne pas avoir prévenu son supérieur de ces décisions mais il est décéda de maladie en 1915 mais en 1918, ces mérites furent reconnus et décoré de la Légion d'Honneur.

Le 12 octobre 1914, les navires allemands mouillèrent sur l'île de Pâques et après une semaine dans la région, appareillèrent pour franchir le Cap Horn et rentrer en Europe.

Informé par la France après le bombardement de Papeete, le gouvernement britannique donne l'ordre à l'amiral Cradock d'arrêter cette escadre qui pourrait causer des dommages terrifiants aux intérêts britanniques.

Cet ordre est un véritable suicide puisque Cradock ne dispose que du croiseur-cuirassé Good-Hope, des croiseurs légers Monmouth et Glasgow, du croiseur auxiliaire Otranto et du vieux cuirassé Canopus. Seuls les trois premiers ont une réelle valeur militaire et Christopher Cradock est si peu confiant qu'il donne avant d'appareiller au gouverneur des Falklands une lettre «A remettre dès que ma mort sera confirmée».

Il demande bien des renforts mais Londres refuse et lui intime d'obéir ce qu'il fait bien sur tout ne se faisant aucune illusion sur l'issue du combat. Il appareille de Port-Stanley le 22 octobre 1914, franchit le Cap Horn et se regroupe au Chili avant de reprendre la mer le 30 octobre.


Carte de la bataille de Coronel qui fût la plus lourde défaite de la marine britannique depuis celle du Lake Champlain un siècle plutôt

La rencontre tant attendue et tant redoute se produit le lendemain, 1er novembre en fin d'après midi au large du port chilien de Coronel. Von Spee est le premier à ouvrir le feu à 19h00.

Le Good Hope est immédiatement pris à partie par le Scharnhorst. Le croiseur cuirassé anglais armé de 2 canons de 234mm et de 16 canons de 152mm pourrait rivaliser sur le papier avec les Scharnhorst et les Gneisenau (8 canons de 210mm et 6 canons de 150mm) mais les marins anglais sont pour la plupart des réservistes peu entrainés alors que les marins allemands s'étaient distingués avant guerre en remportant de nombreux concours de tir.

La pièce avant du HMS Good Hope est rapidement réduite au silence (troisième salve allemande) et ses canons de 150mm sont quasiment-inutilisables à cause du mauvais temps. A 19.50, la trente-cinquième salve lui est fatale, les soutes à munitions sont atteintes et le navire explose, entrainant par le fond ses 900 hommes d'équipage et l'amiral Christopher Cradock.

Le Monmouth en dépit de ses graves avaries parvient à se replier mais ce n'est que partie remise puisque dans la nuit vers 21h00, les allemands le rattrapèrent le pilonnèrent à 900m avant de cesser le feu quand il s'enfonça dans les eaux noires du Pacifiques avec ses 1654 hommes d'équipage. Les autres navires anglais parvinrent eux à s'échapper. Les allemands qui n'ont que trois blessés par six coups au but britanniques gagnent le port de Valparaiso le 3 novembre où ils sont chaudement accueillis par la nombreuse colonie allemande de la ville.

L'amiral Graf Spee n'à pas le coeur à faire la fête car il sait que les britanniques vont laver cet affront dans le sang et pas n'importe quel sang, le sien. Aussi quand quelqu'un lui offrit des roses, il répond d'un air sombre «Gardez-les plutôt pour mes funerailles».

La prédiction de Maximilian Von Graf Spee est on ne peut plus exacte car à l'annonce du désastre de Coronel, Sir John Fisher of Kilverstone, Premier Lord de l'Amirauté (il est revenu à ce poste le 30 octobre car le titulaire, Louis prince de Battenberg avait refusé de renoncer aux titres allemands qu'il possédait) décide d'écraser Graf Spee et pour cela envoie dans l'Atlantique Sud deux des meilleurs croiseurs de bataille de la Home Fleet : L'Inflexible et son sister-ship L'Invincible sous les ordres du vice-amiral Sturdee.

Les navires britanniques appareillent le 11 novembre de Devonport, charbonne aux îles Saint Vincent dans l'archipel du Cap Vert puis dans le port brésilien d'Abrolhos, jonction avec les croiseurs de l'amiral Studdart (croiseurs cuirassés Carnarvon Kent et Cornwall croiseur léger Bristol) puis cap sur les Falklands où l'escadre britannique arrive le 7 décembre, retrouvant le vieux Canopus et les autres survivants de Coronel dont le croiseur léger Glasgow.

Le 8 décembre 1914 au matin, l'escadre allemande arrive en vue des Falklands. Le Gneisenau et le Nürnberg sont envoyés pour préparer un débarquement (Port Stanley est une base de charbonnage) mais ils ont la surprise d'être bombardés par les deux croiseurs de bataille.


Dessin représentant la bataille des Falklands

Ils regagnent donc l'escadre de Von Spee pendant que Sturdee ordonne la chasse générale. L'amiral allemand ordonne à ses croiseurs légers de s'échapper pendant qu'il décide de livrer bataille aux croiseurs de bataille. Cette manoeuvre est contrée par les croiseurs légers et cuirassés anglais (Glasgow, Kent, Cornwall).

Les croiseurs de bataille se concentre sur le navire amiral allemand, le Scharnhorst qui encaisse des coups sévères. En flamme et donnant de la bande, il coule à 16h15 entrainant par le fond ses 765 menbres d'équipage, son amiral et son fils cadet Heinrich âgé de 21 ans (son frère ainé, Otto sera tué à bord du Nürnberg à l'âge de 24 ans).

Le Gneisenau continue courageusement le combat mais à 17h45, il à épuisé ses munitions, perdu 600 de ses 850 membres d'équipage et n'est plus maitre de sa manoeuvre. Son commandant décide de le saborder, le croiseur cuirassé coule vers 18.00 et les anglais extirpent 200 survivants d'une mort certaine dans l'eau glacée.

Parallèlement une bataille entre les croiseurs légers à lieu et si le Dresden parvient à s'échapper, le Cornwall s'occupe du Leïpzig qui coule à 21h30 après cinq heures d'un combat acharné ne laissant qu'une vingtaine de surivants alors que le Nürnberg coule à 19h30 après avoir été victime du Kent qui ne sauve que sept survivants.

La bataille des Falklands qui marque le triomphe des croiseurs de bataille sur les croiseurs cuirassés n'à coûté aux anglais que dix tués et dix-neufs blessés, les dégâts matériels étant insignifiants. Les allemands avaient perdu quatre navires et 1871 hommes, seuls 215 survivants avaient été fait prisonniers, la majorité venant du Gneisenau, cinq du Nürnberg, sept du Scharnhorst et 18 du Leipzig.

Deux navires allemands s'échappèrent, le navire auxiliaire Seydlitz et le croiseur léger Dresden qui s'échappa en direction du Chili. Surpris par une force navale britannique au large de l'île Juan Fernandez le 14 mars 1915, le Dresden fût sabordé par son équipage après un court engagement.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 14:49

Le SMS Gneisenau

Le SMS Gneisenau au mouillage

Présentation

-Le Gneisenau est mis sur cale aux chantiers Weserwerft de Kiel en décembre 1904 lancé le 14 juin 1906 et admis au service actif le 6 mars 1908.


August von Gneisenau

Le sister-ship du Scharnhorst rend hommage à August Wilhelm Antonius Graf Neidhart von Gneisenau (27 octobre 1760-23 août 1831), un militaire prussien qui dans la lignée de Scharnhorst modernisa l'armée prussienne et la conduisit à la victoire en 1815.

Il s'engagea dans l'armée autrichienne en 1777 puis servit au sein de l'armée du argrave de Bayreuth-Ansbach. Il participa côté britannique à la guerre d'indépendance américaine au sein de ces nombreux régiments de mercenaires allemands levés par les britanniques pour ramener l'ordre dans leurs colonies d'Amérique.

Acceptant l'offre de service de l'armée prussienne en 1786, il servit en Pologne en 1793-1794 avant de passer les dix années suivantes dans une monotone vie de garnison qui lui permirent de dévelloper sa culture militaire.

Il participa à la désastreuse campagne de 1806/07 dont il sortit cependant avec le grade de lieutenant colonel et l'ordre prussien «Pour le mérite». Colonel en 1809, il quitta le service actif en janvier 1809, les français comprennant que les réformes engagées notament par Scharnhorst et Gneisenau pouvaient relancer la machine de guerre prussienne.

Devenu quartier maitre général de Blücher durant la guerre de libération, il participe à la campagne de 1813 et à celle de 1814 sans oublier la bataille de Ligny où il suppléa la défaillance de son supérieur et la bataille de Waterloo ce qui lui valu d'être décoré de l'ordre de l'Aigle Noir.

Nommé à la tête du VIIIème corps en 1816, il se retira peu de temps après autant pour des raisons de santé que des raisons politiques. Devenu gouverneur de Berlin et membre du conseil d'Etat en 1818, il devint maréchal en 1825 avant de prendre la tête de l'armée déployée à l'est avec Clausewitz comme chef d'état major. Il succomba au choléra le 24 août 1831 suivi par son chef d'état major au mois de novembre.


La frégate SMS Gneisenau

Le croiseur cuirassé est le deuxième navire à porter ce nom au sein de la «marine allemande» (je met cette expression entre guillemets pour parler de la marine de guerre allemande sous toutes ces dénominations fort changeantes) après une frégate à coque en fer mise en service en 1880 et qui s'échoua à Malaga le 16 décembre 1900 et qui fût démantelée dans une tempête mais avant un croiseur de bataille de classe Scharnhorst. est mis sur cale aux chantiers Deutschwerke de Kiel le 3 mai 1935, lancé le 8 décembre 1936 et admis au service actif le 21 mai 1938.

Il participe successivement à l'invasion de la Norvège (opération Weserübung), à une campagne de chasse fructueuse dans l'Atlantique (opération Berlin) à une traversée en plein jour de la Manche pour rentrer en Allemagne (opération Cerberus).

Gravement endommagé au cours de cette dernière opération (deux mines notament), il gagna Kiel mais ses réparations furent constament perturbées par les raids du Bomber Command sur le chantier notament lors du raid des 26 et 27 février, les dégâts des bombes anglaises étant aggravées par le non débarquement des munitions.

Réparé, il gagna Gotenhafen pour être totalement reconstruit avec notament 6 canons de 380mm en trois tourelles doubles. Désarmé en juillet 1943, les travaux furent stoppés après la destruction du Scharnhorst en décembre 1943 et le navire termina sa carrière sabordé comme blockship le 23 mars 1945. L'épave fût relevée et démantelée après guerre.

Après la guerre, un ancien destroyer britannique de classe Hunt, le HMS Oakley, acquis par la marine allemande fût utilisé comme navire école sous le nom de Gneisenau et ce de 1958 à 1977.

Carrière opérationnelle

Le SMS Gneisenau

Comme son sister-ship, le Gneisenau ne resta guère de temps en Allemagne puisqu'en 1910, il retrouva le Scharnhorst à Tsingtao.

En juin 1914, le Gneisenau et le Scharnhorst se retrouvèrent à Nagasaki pour le début de leur croisière d'été. Ils reçurent à cette occasion un plein chargement de charbon avant de gagner Truk alors possession allemande où ils se ravitaillèrent à nouveau en charbon, la guerre paraissant iminente.

Avec les autres navires de l'Ostasiengeschwader, le Scharnhorst arriva à Ponape dans les Carolines _autre possession allemande_ le 17 juillet. Le 31 juillet 1914 quand le déclenchement de la guerre n'était plus qu'une question de jours, Von Spee ordonna à ses navires de se tenir près à combattre, la première guerre mondiale devenant officielle quand l'Allemagne déclara la guerre à la France et à la Russie le 3 août 1914 puis à la Grande Bretagne le 4 août 1914.


L'expédition de l'Ostasiengeschwader

Le plan d'opérations de l'escadre allemande avait été préparé avant guerre. Conscient qu'ils pourraient résister longtemps en Chine, le vice-amiral Von Spee avait décidé en accord avec sa hierarchie de tout faire pour rentrer en Allemagne tout en faisant le maximum de mal au commerce allié dans le Pacifique.

Von Spee décida de concentrer ses forces à Pagan dans le nord des Mariannes, arrivant sur place le 11 août 1914 et battant le rappel de tous les navires allemands. La force allemande appareilla ensuite pour les Samoa dont les allemands craignaient la prise mais arrivant sur zone le 14 août 1914, les deux croiseurs cuirassés ne trouvèrent aucun cible crédible.

Devant charbonner, les deux croiseurs cuirassés gagnèrent l'île de Tahiti. Le port de Papeete disposait en effet d'importants stocks de charbon de bonne qualité ce qui laissait espérer de bonnes performances pour les chaudières.

Les deux navires allemands se présentèrent au large de Papeete le 22 septembre 1914 à 7.00, ouvrant le feu à 6000m après que les français eurent refusé toute rédition. Les batteries côtières ne repliquèrent pas, préférant conserver leurs munitions au cas où les deux croiseurs cuirassés allemands tenteraient de franchir les passes du port.

Dès le début de l'opération allemande, le lieutenant Destremeau mit le feu aux stocks de charbon et détruisit les balises pour gêner une éventuelle entrée dans le port. Il commença même à saborder son navire et le cargo allemand Walkure mais les préparatifs de sabordage furent achevés par les obus allemands.

Craignant la menace des mines dans le port et les piles de charbon ayant été détruites, Graf Spee ne vit pas l'intérêt de poursuivre cette opération et après quatre heures de bombardement, il ordonna le repli, les deux croiseurs cuirassés gagnant Nukuhiva pour charbonner et retrouver le Nürnberg et le cargo Titania. Le 12 octobre 1914, les navires allemands mouillèrent sur l'île de Pâques et après une semaine dans la région, appareillèrent pour franchir le Cap Horn et rentrer en Europe.


L'amiral Christopher Cradock

Informé par la France après le bombardement de Papeete, le gouvernement britannique donne l'ordre à l'amiral Cradock d'arrêter cette escadre qui pourrait causer des dommages terrifiants aux intérêts britanniques.


Le HMS Good Hope était la plus puissante unité de l'escadre de l'amiral Cradock mais cela fût insuffisant pour stopper l'amiral Von Spee

Cet ordre est un véritable suicide puisque Cradock ne dispose que du croiseur-cuirassé Good-Hope, des croiseurs légers Monmouth et Glasgow, du croiseur auxiliaire Otranto et du vieux cuirassé Canopus. Seuls les trois premiers ont une réelle valeur militaire et Christopher Cradock est si peu confiant qu'il donne avant d'appareiller au gouverneur des Falklands une lettre «A remettre dès que ma mort sera confirmée».

Il demande bien des renforts mais Churchill comme le prince de Battenberg refuse et lui intime d'obéir ce qu'il fait bien sur tout ne se faisant aucune illusion sur l'issue du combat. Il appareille de Port-Stanley le 22 octobre 1914, franchit le Cap Horn et se regroupe au Chili avant de reprendre la mer le 30 octobre.

La rencontre tant attendue et tant redoutée se produit le lendemain, 1er novembre en fin d'après midi au large du port chilien de Coronel. Von Spee est le premier à ouvrir le feu à 19h00.

Le Good Hope est immédiatement pris à partie par le Scharnhorst. Le croiseur cuirassé anglais armé de 2 canons de 234mm et de 16 canons de 152mm pourrait rivaliser sur le papier avec les Scharnhorst et les Gneisenau (8 canons de 210mm et 6 canons de 150mm) mais les marins anglais sont pour la plupart des réservistes peu entrainés alors que les marins allemands s'étaient distingués avant guerre en remportant de nombreux concours de tir.

La pièce avant du HMS Good Hope est rapidement réduite au silence (troisième salve allemande) et ses canons de 150mm sont quasiment-inutilisables à cause du mauvais temps. A 19.50, la trente-cinquième salve lui est fatale, les soutes à munitions sont atteintes et le navire explose, entrainant par le fond ses 900 hommes d'équipage et l'amiral Christopher Cradock.

Le Monmouth en dépit de ses graves avaries parvient à se replier mais ce n'est que partie remise puisque dans la nuit vers 21h00, les allemands le rattrapèrent le pilonnèrent à 900m avant de cesser le feu quand il s'enfonça dans les eaux noires du Pacifiques avec ses 1654 hommes d'équipage. Les autres navires anglais parvinrent eux à s'échapper. Les allemands qui n'ont que trois blessés par six coups au but britanniques gagnent le port de Valparaiso le 3 novembre où ils sont chaudement accueillis par la nombreuse colonie allemande de la ville.


L'Ostasiengeschwader à Valparaiso. Les frères siamois Scharnhorst et Gneisenau sont visibles à l'arrière plan

L'amiral Graf Spee n'à pas le coeur à faire la fête car il sait que les britanniques vont laver cet affront dans le sang et pas n'importe quel sang, le sien. Aussi quand quelqu'un lui offrit des roses, il répond d'un air sombre «Gardez-les plutôt pour mes funerailles».

La prédiction de Maximilian Von Graf Spee est on ne peut plus exacte car à l'annonce du désastre de Coronel, Sir John Fisher of Kilverstone, Premier Lord de l'Amirauté (il est revenu à ce poste le 30 octobre car le titulaire, Louis prince de Battenberg avait refusé de renoncer aux titres allemands qu'il possédait) décide d'écraser Graf Spee et pour cela envoie dans l'Atlantique Sud deux des meilleurs croiseurs de bataille de la Home Fleet : L'Inflexible et son sister-ship L'Invincible sous les ordres du vice-amiral Sturdee.

Les navires britanniques appareillent le 11 novembre de Devonport, charbonne aux îles Saint Vincent dans l'archipel du Cap Vert puis dans le port brésilien d'Abrolhos, jonction avec les croiseurs de l'amiral Studdart (croiseurs cuirassés Carnarvon Kent et Cornwall croiseur léger Bristol) puis cap sur les Falklands où l'escadre britannique arrive le 7 décembre, retrouvant le vieux Canopus et les autres survivants de Coronel dont le croiseur léger Glasgow.

Le 8 décembre 1914 au matin, l'escadre allemande arrive en vue des Falklands. Le Gneisenau et le Nürnberg sont envoyés pour préparer un débarquement (Port Stanley est une base de charbonnage) mais ils ont la surprise d'être bombardés par les deux croiseurs de bataille.


Carte de la bataille des Falklands

Ils regagnent donc l'escadre de Von Spee pendant que Sturdee ordonne la chasse générale. L'amiral allemand ordonne à ses croiseurs légers de s'échapper pendant qu'il décide de livrer bataille aux croiseurs de bataille. Cette manoeuvre est contrée par les croiseurs légers et cuirassés anglais (Glasgow, Kent, Cornwall).

Les croiseurs de bataille se concentre sur le navire amiral allemand, le Scharnhorst qui encaisse des coups sévères. En flamme et donnant de la bande, il coule à 16h15 entrainant par le fond ses 765 menbres d'équipage, son amiral et son fils cadet Heinrich âgé de 21 ans (son frère ainé, Otto sera tué à bord du Nürnberg à l'âge de 24 ans).


Sur cette peinture on peut voir le naufrage du Scharnhorst alors que le Gneisenau continue courageusement la lutte

Le Gneisenau continue courageusement le combat mais à 17h45, il à épuisé ses munitions, perdu 600 de ses 850 membres d'équipage et n'est plus maitre de sa manoeuvre. Son commandant décide de le saborder, le croiseur cuirassé coule vers 18.00 et les anglais extirpent 200 survivants d'une mort certaine dans l'eau glacée.

Parallèlement une bataille entre les croiseurs légers à lieu et si le Dresden parvient à s'échapper, le Cornwall s'occupe du Leïpzig qui coule à 21h30 après cinq heures d'un combat acharné ne laissant qu'une vingtaine de surivants alors que le Nürnberg coule à 19h30 après avoir été victime du Kent qui ne sauve que sept survivants.

La bataille des Falklands qui marque le triomphe des croiseurs de bataille sur les croiseurs cuirassés n'à coûté aux anglais que dix tués et dix-neufs blessés, les dégâts matériels étant insignifiants. Les allemands avaient perdu quatre navires et 1871 hommes, seuls 215 survivants avaient été fait prisonniers, la majorité venant du Gneisenau, cinq du Nürnberg, sept du Scharnhorst et 18 du Leipzig.

Deux navires allemands s'échappèrent, le navire auxiliaire Seydlitz et le croiseur léger Dresden qui s'échappa en direction du Chili. Surpris par une force navale britannique au large de l'île Juan Fernandez le 14 mars 1915, le Dresden fût sabordé par son équipage après un court engagement.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 14:57

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES


Déplacement : standard 11616 tonnes pleine charge 12985 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 144.55m (flottaison) 143.85m largeur 21.63m tiranr d'eau 7.46m

Propulsion : trois machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par dix-huit chaudières Schultz-Thornycroft dévellopant une puissance maximale de 26100ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 22.5 noeuds distance franchissable 4800 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : ceinture blindée de 80 à 150mm, pont cuirassé 35 à 60mm barbettes 170mm bloc passerelle protégé par 200mm à l'avant, un toit de 30mm et une arrière protégé par seulement 50mm de blindage, la protection arrière du toit se réduisant à 20mm tourelles protégées sur la face avant et latérales par 170mm de blindage alors que l'arrière et le toit est protégé par 30mm de blindage. Les canons de 210mm en casemates sont protégés par 150mm de blindage (toit protégé par 40mm de blindage), les canons de 150mm disposant d'un bouclier épais de 80mm.

Armement :

Tourelle avant de 210mm du Scharnhorst

-8 canons de 210mm SK/L40 modèle 1898 répartis en deux tourelles doubles (une avant et une arrière) et quatre en casemates (deux à tribord et deux à babord). Ce canon de 40 calibres tire des obus de 108kg à une distance maximale de 12400m (casemates dont l'élévation était limitée à +16°) ou 16300m (+30°, élévation maximale des canons en tourelles) à raison de 4 à 5 coups par minutes.

La tourelle et les casemates peuvent pointer en azimut sur 150°. La dotation globale en munitions est de 700 obus.

-6 canons de 150mm SK/L40 modèle 1898 répartis en casemates simples au dessous des canons de 210mm. Ce canon de 40 calibres tire des obus d'un poids inconnu à une distance maximale de 13700m (+20°) et à raison de 5 coups par minute.

L'affût sous casemate pèse 17000kg et permet au canon de pointer en site de -7° à +20° et en azimut sur 150°. La dotation en munitions est de 1260 obus (170 par canon)

-18 canons de 88mm SK/L35 modèle 1904 en casemates simples. Ce canon de 35 calibres tire des obus de 10kg à une distance maximale de 11000m à raison de douze coups par minutes. La dotation en munitions est de 150 coups par pièce soit un total de 2700 coups.

-4 tubes lance-torpilles de 450mm (une monté à la poupe, un monté à la proue et deux au milieu _un de chaque côté_) avec un stock total de 11 torpilles. La torpille utilisé est la torpille C/03 pesant 662kg avec une charge militaire de 176kg. Pouvant atteindre la vitesse de 31 noeuds, la C/03 à une portée de 1500m, portée qui double à la vitesse de 26 noeuds.

Equipage : l'équipage standard d'un croiseur cuirassé de cette classe est de 38 officiers et 726 officiers mariniers et matelots. Théoriquement, comme navire-amiral, le Scharnhorst embarquait 14 officers et 62 hommes soit 76 hommes de plus (équipage porté de 764 à 840 hommes) alors que le Gneisenau, navire amiral adjoint embarquait 3 officiers et 25 hommes en plus portant l'effectif de 792 hommes. (Tout cela reste bien évidement théorique)

SOURCES

-Encyclopédie des armes Editions Atlas Tome 8 «Croiseurs cuirassés de la première guerre mondiale» p1781-1800 (Classe Scharnhorst p1787 le dernier combat de l'amiral Cradock p1788-1793)

-......Et l'Océan fut leur tombe Naufrages et catastrophes maritimes du 20ème siècle (Bataille navale de Coronel _Naufrage des croiseurs britanniques Good Hope et Monmouth_ p187-188 / Bataille navale des Falkland _Destruction des croiseurs allemands Scharnhorst Gneisenau Leipzig et Nürnberg p189-90)


-Ressources internet diverses

FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : PORTE-AVIONS CHARLES DE GAULLE


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Dernière édition par clausewitz le Lun 26 Juil 2010, 17:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 15:42

Pour l'anecdote, l'officier qui négocia la reddition du Dresden avec les Britanniques était un certain Wilhelm Canaris, qui devait par la suite réussir à quitter le Chili, à regagner l'Allemagne et, bien des années plus tard, à devenir le chef de la centrale de contre-espionnage du troisième Reich, l'Abwehr.

Canaris devait cependant payer de sa vie son opposition latente à Hitler ( et aux SS ), et le fait qu'il ait favorisé l'action de la résistance intérieure allemande, notamment de membres de l'Abwehr comme le colonel Oster.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 15:53

Merci pour ce complément ciders, j'ignorai totalement cette histoire thumleft

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 16:29

Danke Herr Claus, sehr interessant dein Artikel
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 17:09



Ze Te Remerzie Herr Kamarad ! Mr. Green

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 21:40

Ar Zo Kolozale meckaniKe ... Engore Eine God Artikle ...

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 21:42

Art Ze te Remerzie l'ami Belge lol!

Normal je poste le Charles de Gaulle mercredi thumleft

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 22:05

clausewitz a écrit:
Art Ze te Remerzie l'ami Belge lol!

Normal je poste le Charles de Gaulle mercredi thumleft

Arsoo shen Charle de gauulle,ya ya anzien gros terrorist franzosen? vivement mercrediii herr Claus
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 22:29

Bon vous pouvez repasser en français, sinon j'ai plus qu'à me mettre à poster en corse Laughing

Sinon l'article est toujours aussi intéressant. J'ai bien aimé notamment les anecdotes sur Craddock et Von Spee au sujet de leur mort ("à remettre dès qu'elle sera confirmée" et "pour mes funérailles")
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 22:42

Par contre, je n'ai jamais vraiment bien compris deux choses :

- pourquoi Craddock n'avait pas attendu le cuirassé Canopus ( c'était quand même un cuirassé, même ancien )
- et pourquoi Von Spee n'a pas filé plein nord dès les derniers obus tirés contre Craddock

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Lun 26 Juil 2010, 23:17

Autant Craddock je ne sais pas mais Von Spee je n'arrive pas à comprendre d'autant que comme tu cite l'anecdote de l'amiral Maximilian Von Spee il sait que les anglais sont près à le poursuivre jusqu'à attendre qu'il neige en enfer. Même si il était remonté tout de suite dans l'Atlantique, je ne suis pas certain qu'il aurait pu rentrer en Allemagne. A mon avis il aurait fini interné en Amérique du Sud ou aurait gagné une colonie allemande d'Afrique. Tout cela dépendait du fait si il aurait eu le temps de s'emparer du stock de charbon à Port Stanley.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Mar 27 Juil 2010, 11:32

Admettons qu'après les Coronel, Von Spee soit passé vite fait à Valparaiso puis soit reparti fissa vers les Malouines. Il ne devait plus rester, à ce moment-là, beaucoup de navires britanniques dans les parages, à part le Canopus. Il pouvait donc, normalement, se servir du charbon des Malouines.

A ce moment-là, il avait le choix : soit remonter dare-dare vers l'Allemagne en se doutant bien qu'entre les Britanniques et les Français, ce serait coton. Avec un peu ( beaucoup ) de chance, il pouvait espérer franchir le détroit de Gibraltar, éviter la flotte française et rallier soit l'Autriche-Hongrie, soit éventuellement l'Empire Ottoman. C'était jouable, mais risqué.

La seconde option, c'était de jouer au corsaire, en filant plein pot vers le cap de Bonne-Espérance, puis les colonies allemandes qui résistaient encore dans le Sud-Est africain. Démolir le port du Cap aurait été un coup très dur pour la Royal Navy, et une humiliation sans nom. Ca aurait aussi peut-être redonné un coup de fouet aux anciens insurgés Boers, mais là j'en doute un peu. Le problème, ça aurait été après. Les croiseurs britanniques arrivant rapidement par l'Atlantique, les Australiens et les navires britanniques, français et éventuellement russes basés dans l'Océan Indien, ce serait encore plus coton. Restait la solution de débarquer les équipages et une partie de l'artillerie pour soutenir les troupes allemandes qui résistaient ( et qui résistaient encore lors de l'armistice ) au Tanganyka.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Mar 27 Juil 2010, 19:55

Cet article me pose un vrai problème. Soit je suis sincère et ça risque de ne pas faire plaisir, soit je ment et là...
Bon je vais faire mon Naulleau (pour les connaisseurs) c'est à dire franc direct et sincère. Ne prend donc pas mal cette critique, ce n'est pas une attaque personnelle, juste un avis. Allons-y: c'est très léger sur les navires. On n'apprend absolument rien sur le plan technique et pour ceux qui ont le livre de Brezet sur le sujet, comme moi, on n'apprend rien sur le plan de l'histoire. C'est un résumé assez complet de leur histoire et de celle de l'escadre d'extrème orient (Ah oui, un truc qui m'a agacé: le nom en anglais de l'escadre qui fait office de titre m'a agacé. Le nom français est tellement beau et appelle a un exotisme romantique qui me réjouit. Alors qu'en anglais... Ca fait barbare et vide d'émotion, comme tout ce qui est en anglais...).
Résumé d'autant plus complet que nous y avons droit en double exemplaire (une histoire croisée aurait été a mon avis un choix plus judicieux).
Je passe sur certaines lourdeurs d'écriture. Entre autre la répétition du fait que les équipages des navires aient été champion de tir ou encore la superbe phrase "L'amiral Graf Spee n'à pas le coeur à faire la fête car il sait que les britanniques vont laver cet affront dans le sang et pas n'importe quel sang, le sien" digne d'un livre de Marc Lévy (ce qui n'est pas un compliment dans ma bouche) mais qui n'a pas sa place dans un récit historique.

Bref cet article a certes l'interet de nous donner une fiche sur ces navires, mais a mon avis il n'était pas indispensable. Je comprend que ce ne soit pas facile de trouver des info sur ces navires si l'on ne parle pas parfaitement allemand, mais dans ce cas il aurait été préférable de s'abstenir et d'attendre d'avoir plus de grain a moudre. C'est dommage, la série d'articles était a mon gout plutot pas mal, mais celui ci gache tout.
Ca reste un avis personnel ceci dit.

En ce qui concerne les Boers, certains se sont soulevés en 1914 pour se battre aux côtés des allemands mais ils furent rapidement matés (bien que le gouvernement britannique fut tellement inquiet qu'il avait même pensé a dérouter 30 000 soldats de l'ANZAC qui devaient être envoyés aux dardanelles pour l'afrique du sud). 2 cuirassés n'auraient pas changé grand chose. D'autant que les grand leader nationaliste Afrikaner, tel le général Hetzog, pronaient la neutralité du peuple Afrikaner dans le conflit.
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS CUIRASSES CLASSE SCHARNHORST    Mer 28 Juil 2010, 14:55

T'inquiète je le prends pas mal. Tant que tu ne fais pas ton Coffe en disant mais c'est de la merde ! cela me va. Pour être franc, j'ai hésité à faire une histoire croisé vu que ces deux navires sont de vrais siamois qui ne se quittent jamais mais j'étais emmerdé pour le postage au niveau des messages donc j'ai préféré séparer ces deux navires. Quand à l'anecdote, j'aime bien, de temps en temps je trouve que cela aère un peu le récit et que cela rend l'histoire moins sérieuse. Je prends bon note de ces remarques et je ferai attention pour mes prochains articles.

Pour en revenir à la question d'un éventuel sauvetage de la force de l'amiral Graf Spee, se pose le problème du ravitaillement en charbon. De mémoire, un ravitaillement est nécessaire tous les dix jours mais comme Graf Spee ne ménageant certainement pas ces navires, le delai devait se réduire considérablement. Au final je pense que si Graf Spee avait pris le dépôt de Charbon de Port Stanley, il n'aurait fait que retarder l'échéance.

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