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 ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO

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clausewitz
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MessageSujet: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 14:08

CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO
(ITALIE)


Le croiseur lourd Bolzano à la mer. Le pare-éclat qui relie le bloc passerelle à la cheminée avant lui donne une véritable élégance


AVANT PROPOS

Les Incrociatori de la Regia Marina (les croiseurs cuirassés de la marine royale)

La marine italienne (Regia Marina marine royale) est née officiellement le 17 mars 1861 lors de la proclamation du royaume d'Italie même si dans les faits l'unification des marines sardes, napolitaines, toscanes et pontificales _auxquels s'étaient adjoints les navires ayant transporté et soutenu Giuseppe Garibaldi dans son expedition des Mille qui allait intégrer le Royaume de Naples
dans l'Italie unifiée_ datait du 17 novembre 1860.

L'origine variée des personnels et des navires provoqua de nombreux caffouillages qui furent en partie à l'origine de la sévère défaite de Lissa (20 juillet 1866) contre la marine autrichienne. Cette défaite est toujours présente à l'esprit des marins italiens qui portent sur leur uniforme un mouchoir noir avec un double noeud en signe de deuil.

Peu à peu pourtant, la marine italienne malgré une industrie inférieure aux autres grandes nations européennes se dota de navires modernes. Certes la marine royale italienne faisait pâle figure par rapport à la marine britannique et même à la marine française mais elle était au moins capable de protéger un état fortement insulaire (Sicile Sardaigne plus des îles de plus petites tailles) sans oublier un empire colonial naissant en Afrique et en Asie Mineure (Dodécannèse).

Comme toutes les marines à la fin du 19ème siècle, la marine italienne s'équipa de croiseurs cuirassés qui connurent leur heure de gloire à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle avant d'être surclassés par les croiseurs de bataille puis de céder le terrain aux «thinclad battleship» ou croiseurs lourds ou encore croiseurs Washington.

Le premier croiseur cuirassé italien fût baptisé Marco Polo. Admis au service actif en octobre 1892, ce navire de 4511 tonnes, 106.1m de long sur 14.67m de large et un tirant d'eau de 5.88m, une vitesse maximale de 17.8 noeuds, armé de 6 canons de 150mm, de 10 canons de 120mm, 9 canons de 6 livres (57mm), 2 canons d'un livre et enfin cinq tubes lance-torpilles de 460mm servit dans la marine italienne jusqu'à son désarmement en janvier 1921 après avoir été transformé en transport de troupes en 1917.


Le croiseur cuirassé Carlo Alberto, classe Vettor Pisani

Il est suivi par les deux croiseurs cuirassés de classe Vettor Pisani, navires baptisés Vettor Pisani et Carlo Alberto entrés respectivement en service en août 1895 et septembre 1896. Servant jusqu'en 1920 (le Carlo Alberto ayant été transformé en transport de troupes en avril 1918), ces deux navires déplaçaient 6614 tonnes, mesuraient 105.7m de long sur 18.03m de large et un tirant d'eau de 7.2m, une vitesse maximale de 18.6 noeuds et un armement composé de 12 canons de 152mm, 4 canons de 120mm et 14 canons de 6 livres (57mm).


Le Giuseppe Garibaldi

Ils sont suivis par la classe Giuseppe Garibaldi qui à été produit pour l'Italie (trois navires) mais également pour l'export : deux pour le Japon, un pour l'Espagne et quatre pour l'Argentine. Les trois navires italiens baptisés Francesco Feruccio Giuseppe Garibaldi et Varese sont admis au service actif en 1902 pour le premier et en 1899 pour les deux suivants et connaissent une longue carrière qui s'achève tragiquement pour le Giuseppe Garibaldi qui est torpillé par le sous marin austro-hongrois U-4 le 18 juillet 1915 alors que ces deux sister-ship sont désarmés respectivement le 1er avril 1930 et le 4 janvier 1923.

Ce sont des navires de 7234 tonnes, une longueur de 11.76m, une largeur de 18.25m et un tirant d'eau de 7.1m, une vitesse maximale de 19.5 noeuds, un canon de 254mm, deux canons de 203mm en une tourelle double, 14 canons de 152mm, 10 canons de 76mm, 6 canons de 47mm et 4 tubes lance-torpilles de 450mm.


Le croiseur cuirassé Amalfi

A la classe Garibaldi succède la classe Pisa composée de trois navires à l'origine mais des problèmes budgétaires font que seuls les Pisa et Amalfi sont mis en service par la marine italienne, le troisième étant revendu à la Grèce où il servit sous le nom de Georgio Averoff. Les deux croiseurs cuirassés italiens sont mis en service en septembre 1907 et en mai 1908. Si l'Amalfi est coulé par le sous marin austro-hongrois U-26 dans l'Adriatique le 7 juillet 1915, le Pisa est utilisé comme navire d'entrainement de 1921 à 1937.

Les deux croiseurs cuirassés italiens sont des navires de 9832 tonnes, mesurant 140.13m de long sur 21m de large avec un tirant d'eau de 7.18m, une vitesse maximale de 23.5 noeuds (20 noeuds en pratique) et un armement composé de 4 canons de 254mm en deux tourelles doubles, 8 canons de 190mm en quatre tourelles doubles, 16 canons de 76mm, 8 canons de 47mm, 4 mitrailleuses et 3 tubes lance-torpilles de 450mm.


Le San Gorgio

La classe San Giorgio qui succède aux Pisa est la dernière classe de croiseurs cuirassés construits par la marine italienne. Les deux navires baptisés San Marco et San Giorgio mis en service respectivement en 1910 et 1911 et vont connaître une très longue carrière, le secondr étant sabordé à Toubrouk le 22 janvier 1941 et le premier est converti en bâtiment cible radiocommandé entre 1931 et 1935, capturé par les allemands le 9 septembre 1943 et coulé à La Spezia.

Ce sont des navires dépassant les 11000 tonnes (11300 pour le San Giorgio et 11900 pour le San Marco), mesurant 140.8m de long, 21m de large et un tirant d'eau de 7.30m, une vitesse maximale d'environ 23 noeuds et un armement composé de 4 canons de 254mm en deux tourelles doubles, 8 canons de 190mm en quatre tourelles doubles, 18 canons de 76mm, 2 canons de 47mm, 2 mitrailleuses de 6.5mm et trois tubes lance-torpilles de 450mm.

Des cuirassés pour l'Italie

Parallèlement à ces croiseurs cuirassés, la marine italienne construit un corps de bataille des plus respectables, construisant d'abord des cuirassés de type prédreadnought puis des cuirassés de type dreadnought.


Le Ruggierio di Lauria

La classe Ruggiero di Lauria composée de trois navires (Ruggiero de Lauria, Francesco Morosini et Andrea Doria) entrés en service en 1888 pour le premier et 1891 pour le second est la première classe de cuirassés «modernes» de la marine italienne. Il s'agissait de navires de 10000 tonnes filant à 17 noeuds et ayant pour armement deux canons de 430mm en une tourelle double, deux canons de 152mm en affûts simples et 4 canons de 120mm en affûts simples également. Ils ont été retirés du service en 1909 pour le premier nomé et en 1911 pour les deux autres.


Le Re Umberto

Aux trois cuirassés de classe Ruggiero de Lauria succède les trois navires de classe Re Umberto baptisés Re Umberto, Sardegna et Sicilia. Ces navires entrés en service en 1893 pour le premier et en 1895 pour les autres servirent jusqu'en 1920 (Re Umberto) et 1923 (Sicilia et Sardegna) déplaçaient 13700 tonnes, filaient à 18.5 noeuds et disposaient d'un armement plus cohérent que leurs prédécesseurs avec 2 canons de 340mm en une tourelle double, 8 canons de 152mm en affûts simples, 16 canons de 120mm et 16 canons de 57mm en affûts simples également.


L'Emanuele Filiberto

Les deux Emanuele Filiberto succèdèrent aux Re Umberto. Les Emanuele Filiberto et Ammiraglio di Saint Bon qui servirent la marine royale italienne de 1897 à 1920 étaient des navires de 10000 tonnes filant à 18.3 noeuds avec pour armement 4 canons de 250mm en deux tourelles doubles, 8 canons de 152mm en affûts simples, 8 canons de 120mm en affûts simples et 8 canons de 57mm également en affûts simples.


Le Benedetto Brin

Les deux navires qui suivirent et formant la classe Regia Margherita connurent le sort peu enviable de disparaître au cours du premier conflit mondial. Entré en service en 1901, le cuirassé Regia Margherita sauta sur une mine en 1916 tandis que son sister-ship, le Beneditto Brin entré en service la même année explosa par accident en 1915. C'était des navires de 13215 tonnes, filant à 20.7 noeuds et armés de 4 canons de 305mm en deux tourelles doubles, de 4 canons de 203mm en tourelles simples, de 12 canons de 150mm en casemates et de 20 canons de 76mm en affûts simples pour la défense anti-torpilleurs.


Le Regina Elena

Les quatre Vittorio Emanuelle (Vittorio Emanuelle, Regina Elena, Napoli et Roma) furent les derniers prédreadnought italiens. En service en 1904 (pour les deux premiers) en 1905 pour le troisième et en 1909 pour le dernier, ils servirent jusqu'en 1927. Il s'agissait de navires de presque 13000 tonnes (12861 tonnes) filant à 21.5 noeuds ayant pour armement 2 canons de 305mm en tourelles simples, 6 canons de 203mm en trois tourelles doubles et 16 canons de 76mm en affûts simples.

Ces navires furent mis en service à une époque pourtant où Vittorio Cuniberti venait de publier l'article qui allait le rendre célèbre. Malheureusement pour lui, ses idées qui aurait fait de lui un homme célèbre en Grande Bretagne, ne rencontrèrent aucun écho en Italie, probablement en raison de la pauvreté du pays.

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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 14:33


Le Dante Alighieri

Il faut ainsi attendre 1909 pour que l'Italie raccroche au train du dreadnougth (avant la France tout de même). Le 6 juin 1909 est mis sur cale à l'Arsenal Royal de Castellamare di Stabia le Dante Alighieri, le célèbre poète florentin du Moyen Age (1265-1321) auteur de la Divine Comédie et initiateur de la langue italienne qui est un dérivé du toscan. Ce cuirassé lancé le 20 août 1910 et admis au service actif le 15 janvier 1913 est le premier cuirassé au monde à utiliser des tourelles triples au nombre de quatre comprennant donc chacune trois canons de 305mm.



Caractéristiques Techniques du Dante Alighieri

Déplacement : standard 19500 tonnes pleine charge 21800 tonnes

Dimensions : longueur hors tout : 168.10m largeur : 26.60m tirant d'eau : 9.20m

Propulsion : Quatre groupes de turbines à engrenages Parson alimentées par 23 chaudières (7 fonctionnant au fioul et 16 pouvant fonctionner au fioul et au charbon) dévellopant une puissance totale de 32000ch et entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 23 noeuds distance franchissable : 4800 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : le blindage qui est composé d'acier cémenté Krupp est réparti de la façon suivante : ceinture blindée de 254mm, pont blindé 38mm, tourelles blindées à 254mm, les canons de 120mm en casemates à 98mm et enfin le bloc passerelle à 305mm.

Armement :

-12 canons de 305mm (12 pouces) modèle 1909 répartis en quatre tourelles triples (une tourelle avant, deux tourelles centrales et une tourelle arrière). 20 canons de 120mm Oto Melara modèle 1909 en douze casemaltes latéraux et huit en quatre tourelles doubles.13 canons de 76mm remplacés en 1915 par 16 canons de 76mm plus modernes (50 calibres contre 40 pour les précédents) plus 4 canons de même calibre antiaérien.3 tubes lance-torpilles de 450mm

Aviation : un hydravion Curtiss embarqué à titre expérimental en 1915. En 1925, un Macchi M18 est embarqué sur la tourelle n°3 de 305mm.

Equipage : 970 officiers et matelots


Le Dante Alighieri peut être considéré comme le prototype des trois cuirassés qui lui succèdèrent, trois navires formant la classe Conte di Cavour (Conte di Cavour Giulio Cesare et Leonardo da Vinci).


Le Conte di Cavour dans sa configuration originelle

-Le Conte di Cavour est mis sur cale à l'Arsenal de La Spezia près de Gênes sur la côte ligure le 10 août 1910 lancé le 11 août 1911 et admis au service actif le 1er avril 1915. Il participe à la première guerre mondiale, attendant vainement une sortie de la marine austro-hongroise qui ne s'y risqua jamais tant était grande la supériorité navale alliée en Adriatique et en Méditeranée.

Reconstruit entre 1937 et 1940, il participe à la seconde guerre mondiale jusqu'à une funeste nuit de novembre, la nuit du 10 au 11 novembre 1940 quand il est gravement endommagé par une poignée de biplans Fairey Swordfish. Relevé en 1941 et remorqué à Trieste pour réparations, il ne reprendra jamais le service actif. Saisi par les allemands le 9 septembre 1943 qui le laissèrent en état, le cuirassé fût touché par une bombe alliée le 20 février 1945 et chavira dans le port.Le Conte di Cavour est rayé des registres de la marine italienne le 27 février 1947 et les travaux de démolition commencèrent dans des conditions difficiles le 8 décembre 1950 pour s'achever le 29 mars 1952.


Le Giulio Cesare

-Le Giulio Cesare est mis sur cale aux chantiers Ansaldo de Gênes le 24 juin 1910, lancé le 10 octobre 1911 et admis au service actif le 14 mai 1914. Il participa aux opérations de la première guerre mondiale avant d'être reconstruit entre 1933 et 1937. Il participa à toutes les sorties de la marine italienne jusqu'à l'armistice le 9 septembre 1943.

Comme le reste de la marine italienne, le Giulio Cesare gagna Malte où il fût interné jusqu'à la fin de la guerre en attendant que les alliés statuent sur son sort final. Désarmé le 15 décembre 1948, il fût transféré à la marine soviétique le 3 février dans le port de Valona (Albanie). Il est remis en service le 6 février 1949 sous le nom de Novorossiysk, une ville russe de la mer noire. Il est coulé par une explosion le 29 octobre 1955 dont l'origine reste encore aujourd'hui douteuse (mine allemande oubliée, charge placée contre la coque). L'épave est relevée en 1956 puis démantelée.


Renflouage du Leonardo de Vinci

-Le Leonardo da Vinci est mis sur cale aux chantiers navals Odero de Gênes le 18 juillet 1910 lancé le 14 octobre 1911 et admis au service actif le 17 mai 1914. Dans la nuit du 2 août 1916, une violente explosion secoua le port de Tarente. Les projecteurs balayèrent le port craignant une attaque ennemie mais dans les faisceaux des projecteurs on ne vit qu'une chose, le cuirassé Leonardo da Vinci secoué par une série d'explosions, dévoré par les flammes et la fumée.

C'est la soute à munitions de 305mm avant qui avait explosé provoquant le chavirage du navire qui provoqua la mort de 249 marins italiens. Une attaque extérieure fût rapidement exclue, les italiens privilégièrent un sabotage d'agents autrichiens. Deux personnes furent arrêtés et condamnés, l'un à la peine de mort (commuée en prison à vie) et l'autre à la prison à vie. L'épave fût relevée à l'issue de travaux titanesque menés entre 1917 et 1921 mais le cuirassé ne fût jamais réparé et l'épave bien vite envoyé à la démolition. A défaut d'avoir été utile pour la marine italienne, elle donna aux italiens une expérience inestimable dans le domaine du relevage d'épave et en fit pendant longtemps les spécialistes mondiaux dans ce domaine.



Caractéristiques Techniques de la classe Conte di Cavour

A la construction

Déplacement : (Conte di Cavour) standard 22992 tonnes pleine charge 24500 tonnes
(Giulio Cesare) standard 23193 tonnes pleine charge 24801 tonnes
(Leonardo da Vinci) standard 23087 tonnes pleine charge 24677 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 176m (entre perpendiculaires) 168.9m largeur : 28m tirant d'eau : 9.4m

Propulsion : 4 groupes de turbines à engrenages Parson alimentées par 20 chaudières Blenchyden (8 charbon et 12 mixtes). Le Giulio Cesare est équipé de 12 chaudières charbon et 12 chaudières pétrole Babcox & Wilcox. La puissance propulsive est de 31278ch pour le Conte di Cavour, 30700 pour le Giulio Cesare et 32300 pour le Leonardo da Vinci entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale 22.2 noeuds pour le Conte di Cavour, 21.56 noeuds pour le Giulio Cesare et 21.6 noeuds pour le Leonardo da Vinci. Distance franchissable : 4800 miles nautiques à 10 noeuds 1000 miles nautiques à 22 noeuds.

Protection : ceinture blindée 254mm pont blindé 111mm tourelles 254mm casemates 127mm tour de commandement 279mm.

Armement : 13 canons de 305mm (12 pouces) modèle 1909 répartis en trois tourelles triples (tourelle avant, tourelle centrale et tourelle arrière) et deux tourelles doubles (une tourelle à l'avant et une tourelle à l'arrière). 18 canons de 120mm (4.7 pouces) modèle 1909 en 18 casemates simples latéraux. 13 (14 canons pour le Leonardo da Vinci) canons de 76mm et 3 tubes lance-torpilles de 450mm

Equipage : 1232 à 1235 officiers et marins


(Après reconstruction)

Déplacement : standard 28800 tonnes pleine charge 29100 tonnes

Dimensions : longueur : 186.4m largeur : 28m tirant d'eau : 10.4m

Propulsion : Deux groupes de turbines à engrenages Belluzzo alimentées par 8 chaudières à mazout Yarrow dévellopant une puissance totale de 93000ch et actionnant 2 hélices

Vitesse maximale : 27/28 noeuds distance franchissable : 3100 miles nautiques à 28 noeuds

Protection : ceinture 254mm pont blindé 135mm tourelles de l'artillerie principale 280mm tour de commandement 260mm

Armement : 10 canons de 320mm modèle 1934 en deux tourelles triples (une tourelle avant et une tourelle arrière) et deux tourelles doubles (une tourelle avant et une arrière). 12 canons de 120mm OTO Melara modèle 1933 en six tourelles doubles. 8 canons de 100mm Oto Melara modèle 1928 en quatre affûts doubles. 8 canons de 37mm Breda modèle 1932 en quatre affûts doubles et 12 canons de 20mm Breda modèle 1940 en six affûts doubles.

Le Giulio Cesare reçut en 1942 deux affûts doubles supplémentaires en 1942. Sans l'armistice du 8 septembre 1942, il était prévu que le Conte di Cavour remplace ses canons de 100 et de 120mm par 12 canons de 135mm en six tourelles doubles et 12 canons de 65mm en affûts simples ainsi que l'embarquement de 20 mitrailleuses de 13.2mm.

Aviation : aucune

Equipage : 36 officiers, 1200 officiers mariniers et matelots.


Aux trois Conte di Cavour succédèrent une classe de deux navires étroitement dérivés des Conte di Cavour Giulio Cesare et Leonardo da Vinci, des navires baptisés Andrea Doria et Caio Duilio. Aux 18 canons de 120mm, les Andrea Doria préférèrent 16 canons de 152mm en casemates.


L'Andrea Doria arborant un camouflage très seyant

-Le Andrea Doria est mis sur cale à l'Arsenal de La Spezia le 24 mars 1912 lancé le 30 mars 1913 et admis au service actif le 13 mars 1916. Il participa aux opérations de la première guerre mondiale contre la marine austro-hongroise.

Reconstruit entre avril 1937 et juillet 1940, il participa à toutes les opérations de la seconde guerre mondiale jusqu'à l'armistice de septembre 1943. Après la fin de la guerre, il sert de navire école en 1949/50 et 1951/53 avant d'être désarmé le 1er novembre 1956 avant sa vente à la démolition et son démantelement en 1957 et 1958.


Le Caio Duilio

-Le Caio Duilio est mis sur cale aux chantiers navals de Castellammare di Stabia près de Naples le 24 février 1912 lancé 24 avril 1913 et admis au service actif le 13 juin 1916. Son activité durant la première guerre mondiale fût des plus réduites en raison de l'immobilisme de la marine austro-hongroise.

Reconstruit entre 1937 et 1940, le cuirassé participa à toutes les opérations de la seconde guerre mondiale, avant d'être progressivement immobilisé par le manque de carburant et la supériorité alliée qui rendait illusoire un retour au port. Après la seconde guerre mondiale, le Caio Duilio servit au sein de la marine italienne.

Du 1er mai 1946 au 10 novembre 1949 (puis encore en 1950/51), le Caio Duilio fût le navire amiral de la marine italienne, effectuant plusieurs exercices aux côtés d'autres marines occidentales. En 1953, le cuirassé fût mis en réserve à La Spezia, désarmé le 15 septembre 1956 et démoli entre 1957 et 1961.



Caractéristiques Techniques de la classe Andrea Doria

(A la construction)

Déplacement : (Andrea Doria) standard 22956 tonnes pleine charge 24729 tonnes
(Caio Duilio) standard 22 994 tonnes pleine charge 24715 tonnes

Dimensions : longueur (entre perpendiculaires) 168.9m (hors tout) 176m largeur : 28m
tirant d'eau : 9.4m

Propulsion : 4 groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par 20 chaudières (8 mazout et 12 mixtes) Yarrow dévellopant une puissance totale de 30000 ch (31009ch pour le Caio Duilio) et entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 21 noeuds (21.3 noeuds pour le Caio Duilio) distance franchissable : 4800 miles nautiques à 10 noeuds 1000 miles nautiques à 21 noeuds

Protection : ceinture blindée 254mm pont blindé 98mm tourelles 280mm casemates 130mm tour de commandement 280mm

Armement : 13 canons de 305mm (12 pouces) modèle 1909 répartis en trois tourelles triples (tourelle avant, tourelle centrale et tourelle arrière) et deux tourelles doubles (une tourelle à l'avant et une tourelle à l'arrière). 16 canons de 152mm en casemates. 13 canons de 76mm montés sur les tourelles d'artillerie principale et 6 canons de 76mm antiaériens remplacés après guerre par 6 canons de 76mm d'un nouveau modèle et 2 canons de 40mm et 3 tubes lance-torpilles de 450mm

Aviaiton : aucune à l'origine mais après guerre installation à la proue d'une catapulte pour un hydravion Macchi M18.

Equipage : 1233 officiers et marins


(Après reconstruction)

Déplacement : standard 26434 tonnes pleine charge 29931 tonnes

Dimensions : longueur (entre perpendiculaires) 178.9m (hors tout) 186m largeur : 28m tirant d'eau : 8.6m

Propulsion : 2 groupes de turbines à engrenages Belluzo alimentées par huit chaudières à trois corps Yarrow timbrées à 35 kg/cm² dévellopant 75000ch (87000ch à marche forcée) et actionnant 2 hélices.

Performances : vitesse maximale : 27 noeuds distance franchissable : 4500 miles nautiques à 10 noeuds mazout : 2000 tonnes

Protection : ceinture blindée 254mm pont blindé 135mm tourelles 280mm casemates 130mm tour de commandement 280mm

Armement : 10 canons de 320mm modèle 1934 en deux tourelles triples (une tourelle avant et une tourelle arrière) et deux tourelles doubles (une tourelle avant et une arrière). 12 canons de 135mm modèle 1938 en 4 tourelles triples installés de part et d'autre du bloc passerelle. 10 canons de 90mm de 53 calibres Ansaldo M1938 ou Oto M1939. 12 canons de 37mm Breda modèle 1932 en six affûts doubles et 16 canons de 20mm Breda modèle 1940 en huit affûts doubles.Au cours du conflit, les Andrea Doria reçurent un radar et 4 canons de 37mm supplémentaires en deux affûts doubles. En 1944, ils perdirent 4 canons de 20mm.

Aviation : deux catapultes de part et d'autre des cheminées pour deux hydravions

Equipage : 1495 officiers et marins

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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 14:44

GENESE DES TRENTO : DES CROISEURS LOURDS A DEFAUT DE CUIRASSES

Des superdreadnought mort nés : les Francesco Caracciolo

La classe Francesco Caracciolo qui devait compter quatre navires ne vit cependant jamais le jour en raison de la crise économique frappant l'Italie en 1919 et surtout du traité de Washington qui limita le tonnage de cuirassés attribué à l'Italie à 182000 tonnes. Il faudra attendre 1934 pour que l'Italie ne construisent des nouveaux cuirassés, les Littorio déclencha à l'occasion la course au cuirassé de 35000 tonnes.


Photomontage montra à quoi aurait pu rassembler le Francesco Caracciolo

-Le Francesco Caracciolo est mis sur cale le 12 octobre 1914 à l'Arsenal de Castellamare di Stabia près de Naples et lancé le 12 mai 1920, la construction qui avait été suspendue en 1916 avait repris en 1919 pour libérer la cale. Une conversion en porte-avions à été étudiée mais rejetée par la marine italienne qui ne s'intéressait pas aux porte-avions à l'époque.

-Le Francesco Morosini est mis sur cale le 27 juin 1915 aux chantiers Orlando de Livourne. Jamais achevé et demantelé sur cale

-Le Cristoforo Colombo est mis sur cale le 14 mars 1915 aux chantiers Ansaldo de Gênes. Jamais achevé et demantelé sur cale.

-Le Marcantonio Colonna est mis sur cale le 3 mars 1915 aux chantiers Odero de Sestri Ponente (Sestri Ponente était une commune indépendante de Gênes jusqu'en 1926). Jamais achevé et demantelé sur cale.

Les canons fabriqués ont été réutilisés à bord des monitors Faa di Bruno et Alfredo Cappellini et des pontons Sabotino, Monte Santo, Monte Grappa, Montello et Monte Novegno.



Caractéristiques Techniques de la classe Francesco Caracciolo

Déplacement : standard 34000 tonnes

Dimensions : longueur 210m largeur 29m tirant d'eau 9.4m

Propulsion : 4 groupes de turbines alimentées par 20 chaudières dévellopant une puissance totale de 105000ch et actionnant 4 hélices

Performances : vitesse maximale : 28 noeuds distance franchissable : 6000 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture 300mm tourelles 400mm passerelle 350mm pont blindé 35mm

Armement :

-8 canons de 380mm modèle 1914. Ce canon de 40 calibre tire des obus de 884kg à une distance maximale de 19800m (site = +20°) à raison de 1.5 à 2 coups par minute. La tourelle double prévue devait peser 551 tonnes et peut pointer de -5° à +20° en site et de 162° sur azimut. La dotation en munitions prévue pour les Caracciolo est inconnue mais le Faa di Bruno qui disposait d'une tourelle embarquait 90 coups. On peut supposer que les Caracciolo pouvaient embarquer au moins 720 obus de 381mm.

-18 canons de 150mm modèle 1908. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 45kg à une distance maximale de 14900m (site = +20°) à raison de 5 à 7 coups par minute. L'affût en casemate peut pointer de -7° à +20° en site et en azimut sur 150°. La dotation en munitions est inconnue.

-12 canons de 40mm modèle 1917.

Equipage : 1480 hommes


Traité de Washington et rivalité franco-italienne

En 1916, les américains encore en paix lancent un programme d'armement naval massif prévoyant une flotte de dix cuirassés et de six croiseurs de bataille, version réduite d'un programme nettement plus ambitieux préovoyant 48 cuirassés ! Les japonais entrèrent également dans la course avec 8 cuirassés et 8 croiseurs de bataille alors que les britanniques prévoyaient 4 cuirassés N3 et 4 croiseurs de bataille G3, tentant péniblement de ne pas se laisser distancer. Quand aux autres pays ils étaient distancés (Allemagne, France et Italie).

Cette débauche de moyens se heurta bien vite aux réalités économiques et morales. Economiques car une crise économique touchait l'Europe et dans une moindre mesure le reste du monde et morales car cette course aux armements indisposait de plus en plus d'hommes politiques. Aiguilloné par la Grande Bretagne, les américains proposent la réunion d'une conférence navale pour obtenir une limitation des armements. C'est ainsi qu'une conférence s'ouvre à Washington le 12 novembre 1921.

Les Etats Unis et la Grande Bretagne obtiennent la supériorité sur le Japon alors que la France et l'Italie, puissances de second rang sont mises sur un pied d'égalité. Ce traité définit également chaque catégorie de navires.

La préoccupation principale des signataires de la conférence est de limiter la construction de navires de ligne. Dans le traité signé le 6 février 1922, chaque signataire reçoit un contingent à ne pas dépasser : 580450 tonnes pour l'Empire Britannique, 500600 tonnes pour les Etats Unis, 301320 tonnes pour le Japon, 220170 tonnes pour la France et 180800 tonnes pour l'Italie.

Parallèlement les caractéristiques unitaires sont clairement définies : est considéré comme un navire de ligne, un navire de 10 à 35000 tonnes armés de canons d'un calibre compris entre 203 et 406mm. Comme le nombre de cuirassés est limité, tous les pays signataires vont se mettre à construire des croiseurs lourds de 10000 tonnes armés de canons de 203mm.

Les italiens comme nous l'avons vu plus haut avaient commencé la construction de quatre cuirassés de type superdreadnought, les Francesco Caracciolo armés de 8 canons de 380mm en quatre tourelles doubles qui leur aurait permis de tenir la dragée haute aux Queen Elisabeth. La crise économique et le traité de Washington provoque l'abandon de la construction de ces navires.

Bien que le régime fasciste de Mussolini construisit une flotte pour tenir tête à la Mediteranean Fleet, le principal adversaire etait la marine française. C'est ainsi que chaque navire italien est construit pour surpasser son homologue française, cette surenchère étant particulièrement nette dans le domaine de contre-torpilleurs/grand destroyers aboutissant à la construction par l'Italie des Capitani Romani _plus croiseurs éclaireurs que contre-torpilleurs/destroyers_ destinés à surpasser les Mogador français dont on peut se demander si ils sont des contre-torpilleurs ou des croiseurs légers avec leurs 8 canons de 138 en quatre pseudo-tourelles doubles.

Cet effort de construction est également particulièrement net pour ce qui concerne les sous marins, l'Italie avec 116 submersibles en service ou en construction en 1939 ayant la première flotte sous marine du monde devant les américains qui ne totalisent «que» 113 submersibles.

Ne pouvant construire de cuirassés, les différentes marines mondiales se rabattent sur les croiseurs lourds, construisant des navires en exploitant au maximum les possibilités du traité soit des navires déplaçant 10000 tonnes (et souvent plus, les signataires des traités étant rarement sincères et de toute façon, les clauses techniques pouvaient être interprétées de façon différente) armés de huit à dix canons de 203mm.

La rivalité franco-italienne s'étend naturellement dans le domaine des croiseurs lourds qui doivent être les rois des océans en absence des cuirassés. S'équiper de navires à la fois rapides, bien armés et bien protégés est quasiment impossible avec un tel tonnage. Il fallait faire un choix et comme les français, les italiens sacrifièrent la protection au profit de l'armement et de la vitesse, cette dernière étant considérée à l'époque comme une protection.

Les français sont les premiers à dégainer en finançant à la tranche 1924, deux croiseurs dits de 1ère classe baptisés Tourville et Duquesne. Les italiens ne peuvent pas rester sans réagir et au budget 1925 financent la construction des deux premiers croiseurs lourds baptisés Trento et Trieste alors que la France finance déjà le troisième croiseur de 1ère classe à savoir le Suffren.



Les français prennent de l'avance avec le financement pour leur tranche 1926 la construction du Colbert suivi à la tranche 1927 du Foch puis à la tranche 1929 du Dupleix souvent considéré comme le meilleur 10000 tonnes de la marine nationale hors de l'Algérie qui est un croiseur lourd avec une vraie protection.

Les italiens financent la construction au budget 1929 des Zara et Fiume, deux croiseurs d'un nouveau modèle puis au budget 1930 finance à la fois la construction du Bolzano, un croiseur cuirassé de type Trento améliorée et le troisième Zara baptisé Gorizia avant le Pola au budget 1931.


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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 15:02

HISTORIQUE

Le Trento

Le Trento en 1936

Présentation

-Le Trento est mis sur cale aux chantiers navals Odero-Terni-Orlandi (O.T.O) de Livourne le 8 février 1925 lancé le 4 octobre 1927 et admis au service actif le 3 avril 1929.

Le premier croiseur lourd de la marine italienne porte le nom d'une ville du nord-est de l'Italie, rendue célèbre par le concile qui organisa la réforme et la contre-réforme catholique contre le protestantisme (1545-1563). Appartenant au Saint Empire Romain Germanique puis à l'Empire d'Autriche puis à l'Autriche Hongrie, la ville et la province fût annexée par l'Italie en 1919.

Temps de paix

Le Trento en 1935

De juin à octobre 1929, le Trento effectua une croisière en Amérique du Sud et en février 1932 gagna Tianjin avec à bord les fantassins de marine du bataillon San Marco pour une démonstration de force destinée à protéger les ressortissants italiens présents en Chine alors que la tension entre chinois et japonais avait aboutit à de violents combats à Shanghaï. Il est de retour en Italie le 30 juin 1932.

En août 1933, le Trento et le Trieste retrouvèrent leur «demi-frère», le Bolzano au sein d'une 2ème division de croiseurs mais un an plus tard, en 1934, la Regia Marina se réorganisa et la 2ème division devint la 3ème division de croiseurs. Le Trento participa également à la guerre d'Espagne en compagnie de ses trois sister-ship.

Le Trento et la Seconde Guerre Mondiale (1940-1942)

Le Trento à la mer en 1939. Notez la présence d'un hydravion Imam Ro 43 sur la catapulte encastrée dans la proue

Le Trento connu son baptême du feu le 9 juillet 1940 au cours de la bataille de Calabre ou de Punta Stilo.

Les britanniques alignaient à cette occasion les cuirassés Warspite Malaya et Royal Sovereign, le porte-avions Eagle, les croiseurs légers Orion Neptune Sydney (Royal Australian Navy) Gloucester et Liverpool et 16 destroyers.

Les italiens eux avaient déployé les cuirassés Conte di Cavour et Giulio Cesare, les croiseurs lourds Zara Fiume Gorizia Pola Bolzano et Trento, les croiseurs légers Eugenio di Savoia, Duca d'Asota, Muzio Attendolo, Raimondo Montecuccoli, Alberico de Barbiano, Alberto Gussano Duca degli Abruzzi, Giuseppe Garibaldi et 16 destroyers.

Dans chaque camp, des convois transportant des renforts l'un à Malte et en Egypte et l'autre en Libye.

Cette bataille commença vers midi le 9 juillet alors que les deux camps étaient séparés d'environ 90 miles. Le vice-amiral Andrew Cunningham gêné par la faible vitesse de ses vieux cuirassés ne pouvaient pas se rapprocher aussi vite qu'il ne le voulait. Cependant à 13.15, le porte-avions Eagle lança ses Swordfish qui attaquèrent les croiseurs lourds italiens mais sans résultat.

Les croiseurs alliés précédaient le Warspite et repérèrent les italiens à 15.15 avant d'ouvrir le feu à 21500m. La riposte italienne est quasi immédiate, la qualité de la CT facilitant le répérage des cibles à la différence des alliés qui pataugaient en plein brouillard.
A 15.22, les italiens encadrèrent dangereusement les croiseurs alliés du vice-amiral John Tovey et ce dernier décida de rompre l'engagement à 15.30 avec le croiseur léger Neptune endommagé par un obus de 6 pouces du Giuseppe Garibaldi

Un autre engagement entre croiseurs ne donna aucun résultat, les obus de 6 pouces alliés tombant devant la proue des croiseurs Alberico da Barbiano et Alberto di Giussano.

Les croiseurs laissèrent alors les gros s'expliquer. Le commandant italien, le vice-amiral Inigo Campioni décida de se concentrer sur le Warspite et ordonna à ses deux cuirassés de se mettre en position. A 15.52, le Giulio Cesare ouvrit le feu à une distance de 26400m mais son sister-ship le Conte di Cavour resta muet, une décision curieuse mais qui pourrait s'expliquer par les leçons de la bataille du Jutland sur les difficultés de repérer un navire tirant seul à moins qu'il ne s'agissait de se prémunir contre un surgissement (à 18 noeuds mais un surgissement quand même) du Malaya et du Royal Sovereign.

Le Warspite lui divisa son feu (8 canons de 380mm) sur les deux cuirassés italiens. Le Giulio Cesare encadra le Warspite et ces obus endommagèrent deux destroyers anglais qui durent se retirer de la zone.

A 15.54, le Malaya ouvrit le feu mais se trouva hors de portée mais une minute plus tard, les croiseurs italiens attaquèrent le Warspite mais revinrent bien vite de leur témérité quand les croiseurs alliés renvinrent à la charge pour protéger leur navire amiral.

A 15.59, deux obus de 320mm du Giulo Cesare encadrèrent le Warspite qui lui plaça un obus de 15 pouces à l'arrière du cuirassé faisant exploser les obus de 37mm tuant deux marins et en blessant plusieurs autres alors que les fumées étaient absorbées par les salles de machine, obligeant les chauffeurs à evacuer la moitié des huit chaudières, faisant tomber la vitesse du cuirassé à 18 noeuds.

Le duel avait eu lieu à 26000 yards (24000m) ce qui constituait un record pour un tir entre deux cibles mobiles ce qui confirme l'excellence des artilleurs britanniques.

A 16.01, les destroyers italiens tendirent un écran de fumée pour permettre à leurs gros de se retirer sans dommage. La menace des croiseurs lourds italiens aurait pu pousser les alliés à se replier mais les croiseurs légers alliés et le Warspite poursuivirent la lutte.

Entre temps à 15.58, le Fiume tira à nouveau contre la ligne de bataille alliée et le Liverpool qui ripostèrent si bien qu'à 16.07, le Bolzano encaissa trois obus de six pouces pendant que le destroyer Vittorio Alferi était endommagé par un coup à toucher.

Les mécaniciens du Giulo Cesare avaient réussit à réparer deux des quatre chaudières endommagés permettant au navire de filer à 22 noeuds (sa vitesse maximale était de 28 noeuds) mais l'amiral Campioni décida de se retirer, direction Messine.

Dans les deux camps, on tenta des attaques à la torpille mais sans succès et la bataille s'acheva à 16.55, chaque camp se retira en se proclamant victorieux alors que cet engagement se soldait par un match nul.

Après la bataille de Calabre, le Trento participa à la bataille du cap Spartivento/Teulada le 27 novembre 1940. C'est une conséquence directe de l'opération Judgment, le raid du 11 novembre sur Tarente qui bouleversa l'équilibre des forces en Méditerranée et fût une révélation pour les italiens qui comprirent qu'avec la révolution aéronavale, le concept de fleet in being n'était plus aussi séduisant que par le passé et qu'à risquer ses navires, il fallait mieux qu'ils soient menacés au combat.

Le 17 novembre dans la nuit, une force navale italienne composée des cuirassés Vittorio Veneto et Giulio Cesare, des croiseurs lourds Bolzano Fiume Gorizia Pola, Trento et Trieste et de 14 destroyers étaient à la mer pour intercepter une force britannique chargée de livrer des avions (opétation White) composée notament des porte-avions Ark Royal et Argus et descroiseurs. La force britannique prévenue fit demi-tour après avoir lancé trop tôt ses avions et seul un Skua et quatre Hurricane purent se poser à Malte.

Cela poussa les britanniques à renforcer la préparation de leur futur opération, l'opération Collar qui était prévue à l'origine le rapatriement en métropole du cuirassé Ramillies et des croiseurs Berwick et Newcastle qui formèrent la force D en compagnie du croiseur Coventry et de cinq destroyers qui formait la force B qui devait à l'entrée du détroit de Sicile récupérer un convoi venant de Gibraltar.

Alertés des mouvements italiens, les britanniques manoeuvrèrent pour faire face aux italiens à 11.45 le 27 novembre. L'amiral Somerville déploya ses forces en deux groupes avec sous le commandement du contre-amiral Holland le croiseur lourd Berwick, les croiseurs légers Manchester Newcastle Sheffield et Southampton tandis qu'il commandait lui même le cuirassé Ramillies, le croiseur de bataille Renown, 11 destroyers, le porte-avions Ark Royal qui s'apprêta à lancer des Fairey Swordfish.

Les italiens étaient eux organisés en trois groupes. Le premier et le second se composait de six croiseurs lourds et sept destroyers tandis que le troisième se composait de deux cuirassés et de sept destroyers.

A 12.07, la bataille devint imminente et les trois forces italiennes fusionnèrent en une seule afin d'engager les forces britanniques. A 12.22, le Fiume ouvrit le feu à 23500m tout en se rapprochant à grande vitesse des britanniques mais sans pour autant réussir à toucher un navire. Le Ramilies ouvrit le feu à 12.26 mais il était trop lent pour maintenir la formation.

A 12.30, l'amiral Iachino commandant les forces italiennes reçut l'ordre de se désengager à 30 noeuds en émettant un écran de fumée. Au même moment, le destroyer Lanciere fût touché par le Manchester et gravement endommagé mais les italiens réussirent à le remorquer au port. Le croiseur lourd Berwick fût également touché à 12.22 par un obus de 8 pouces qui mit hors service la tourelle Y et tua sept marins. Un autre obus le toucha à 12.35 mais les dégâts furent des plus limités.

Le Renown réduisit ensuite la distance pour frapper les croiseurs italiens mais cet avantage fût annulé quand le Vittorio Veneto ouvrit le feu à 29000 yards à 13.00, tirant 19 obus de 381mm en sept salves qui furent suffisantes pour forcer les croiseurs britanniques à se placer hors de portée. La bataille était désormais terminée après 54 minutes sans grand dommage de part et d'autre.


Le Trento à la mer en 1940 ou 1941

A la fin du mois de février 1941, les anglais décident d'assister les grecs qui luttent depuis octobre 1940 contre les italiens. C'est l'opération Lustre qui voit le transport de 58000 hommes en Grèce continentale.

Le 25 mars, les services de renseignement anglais avertissent Cunningham que les italiens préparent une offensive navale contre les convois reliant l'Egypte à la Grèce. La marine italienne va y déployer ses meilleurs unités sous le commandement de l'amiral Jachino : le cuirassé Vittorio Veneto, les croiseurs lourds Bolzano, Trieste, Tarente, Fiume, Pola et Zara; les croiseurs légers Luigi di Savoia, Duca degli Abruzzi et Giuseppe Garibaldi et 17 destroyers.

Face à cette démonstration de force, l'amiral Cunningham va déployer des forces non négligeables à savoir le porte-avions Formidable; les cuirassés Barham, Valiant et Warspite; les croiseurs légers Ajax Gloucester Orion Perth (australien) et 12 destroyers.

Cunningham commandant en propre le porte-avions, les trois cuirassés et 9 destroyers, le reste des navires étant placés sous le commandement de l'amiral Pridham-Wippell.

Le 27 mars, le vice-amiral Pridham-Wippell avec les croiseurs légers Ajax, Gloucester, Orion, Perth et 3 destroyers quittèrent les eaux grecques pour gagner une position au sud de la Crète tandis que le même jour, l'amiral Cunningham appareillait d'Alexandria pour retrouver les croiseurs légers.

Le 28 mars 1941 à 7.55, le groupe de l'amiral Sansonetti (croiseurs lourds Trento Bolzano Trieste et trois destroyers) repéra le groupe de l'amiral Pridhal-Wippell. Comprennant que les croiseurs anglais attendaient des renforts, les italiens attaquèrent, ouvrant le feu à 22000m à 8.12 mais sans grand d'effet.

Après une heure de combat, les italiens rompirent le contact tournèrent vers le nord-ouest pour retrouver le groupe organisé autour du Vittorio Veneto (et qui se composait également de 8 destroyers) suivis à distance (hors portée de tir) par les britanniques.

A 10.55, le Vittorio Veneto retrouva les croiseurs italiens et ouvrit immédiatement le feu à 23000m sur des cibles imprécises mais obligea les croiseurs alliés à rompre le combat non sans subir quelques dommages à cause des shrapnels des obus de 381mm alors ques italiens se lançaient à leur poursuite

Au même moment, les forces de Cunningham étaient sur le point de retrouver Pridham-Wippell et lança des Fairey Albacore depuis le Formidable. Les avions torpilleurs attaquèrent le Vittorio Veneto mais sans le toucher.

Ils obligèrent les navires italiens à manoeuvrer, perturbant ainsi leur poursuite qui fût stoppée à 12.20, l'amiral Jachino décida de se replier sur l'Italie pour se placer sous la couverture aérienne de la Regia Aeronautica qui avait de nombreuses unités stationnées dans la région de Tarente.

A 15.09, les italiens furent de nouveau attaqués par des Albacore sous le commandement du Lieutenant-Commander Dalyell-Stead qui lancèrent à 1000m, touchant une fois le Vittorio-Veneto à l'arrière, le navire italien embarquant 4000 tonnes d'eau.

Le cuirassé stoppa pour réparer mais pu repartir à 16.42 à la vitesse de 19 noeuds. Cunningham mis au courant de l'état du navire-amiral italien entama la poursuite et pour ce faire lança une troisième attaque avec six Albacore et trois Swordfish (squadrons 826 et 828) du Formidable et deux Swordfish du squadron 815 venant de Crète entre 19.36 et 19.50.

Une torpille toucha le croiseur lourd Pola l'obligeant à stopper. Ignorant que les britanniques fonçaient dans leur direction, les croiseurs lourd Zara et Fiume ainsi que des destroyers stoppèrent pour porter assistance au navire entormé. Une heure plus tard, alors que le Pola allait être pris en remorque, les navires italiens furent informés de la présence à proximité des britanniques.

Peu après 22.00, les britanniques repérèrent les italiens au radar et furent capables de se rapprocher sans être repérés par les italiens qui étaient totalement incapable de faire face à l'ennemi. Les cuirassés Barham, Valiant et Warspite se rapprochèrent ainsi à 3500m et ouvrirent le feu sous les éclats des projecteurs.

Ce fût un veritable massacre : des artilleurs britanniques racontèrent que des tourelles de croiseurs italiens sautèrent à plusieurs mètres dans les airs. Après seulement trois minutes, le Fiume et le Zara avaient déjà rejoint Neptune. Deux destroyers _les Vittorio Alfieri et Giosué Carducci_ furent coulés, deux autres (Gioberti et Oriani) parvenant à s'echapper, laissant l'épave du Pola brûler, épave qui fût achevé par les destroyers Jervis et Nubian.

Cette bataille fût l'une des plus grandes victoires de la marine britannique mais cette dernière n'en profita guère puisque le 6 avril 1941, les allemands attaquèrent la Yougoslavie et la Grèce, écrasant les forces grecques en treize jours, conquérant la supériorité aérienne dans la région avant de conquérir la Crète (opération Merkur 20 mai-1er juin).

La fin d'un croiseur : le Trento et l'opération Vigorous

Le Trento à Tarente

Depuis le début de la seconde guerre mondiale, une petite île concentre l'attention de tous les belligérants. Il s'agit de l'île de Malte, une colonie britannique et véritable épine dans le pied des italiens et des allemands qui ne peuvent faire passer tranquillement le ravitaillement destiné à leurs forces combattant en Afrique du Nord puisque les anglais ont transformé cette île en forteresse d'où partent essentiellement des attaques aériennes et sous marines, peu de navires de surface y étant maintenus puisque l'île était sous la menace continuel des raids aériens italiens et allemands.

Qui dit forteresse dit ravitaillement. Pour se faire, les anglais ont multiplié depuis le début de la guerre l'envoi de convois fortement escortés pour livrer avions, vivres, carburant et munitions. Chaque convoi est l'occasion d'un véritable jeu du chat et de la souris entre la Royal Navy, la Regia Marina, la Luftwafe et les U-Boot.

En juin 1942, un convoi parti d'Egypte et de Palestine, le convoi MW11 devait ravitailler l'île parallèlement à un autre convoi parti de Gibraltar, le premier étant l'axe majeur de l'opération Vigorous alors que le second était l'axe majeur de l'opération Harpoon.

Comme à chaque fois, la marine italienne tenta d'intercepter le convoi. Une bataille dantesque s'engagea entre les convois, les sous marins et les avions de l'Axe mais la flotte de surface italienne eut bien du mal à retrouver le convoi. Le 15 juin 1942, les britannique abandonnèrent l'opération Vigorous (l'opération Harpoon avait elle réussit) et la flotte italienne se replia sur Tarente.

C'est au cours de la poursuite contre la flotte britannique qu'un avion torpilleur Bristol Beaufort du squadron 217 de la RAF basé à Malte attaqua le Trento qui encaissa une torpille qui l'immobilisa à 5.15 du matin. Quasiment quatre heures plus tard, le sous marin britannique HMS Umbra (P35) qui quelques heures auparavant avait manqué le Littorio tira plusieurs torpilles sur le croiseur immobilisa à 9.10 du matin. Ayant visiblement touché une soute à munitions, le navire coula en à peine cinq minutes à un endroit en mer Ionienne où la Méditerranée est particulièrement profonde) à la limite sud d'un triangle Malte-Sicile-Zanthe.

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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 15:17

Le Trieste

Le Trieste à la mer

Présentation

-Le Trieste est mis sur cale aux chantiers navals Stabilimento Tecnico Triesto (Etablissements Techniques de Trieste) le 22 juin 1925 lancé le 24 octobre 1926 et admis au service actif le 21 décembre 1928.

Trieste est une ville du nord-est de l'Italie qui avait appartenu de 1382 à 1918 aux Hasbourg, étant le principal port austro-hongrois sur l'Adriatique et l'un des plus prospères puisqu'il fût port franc de 1718 à 1891. Occupée par l'Italie le 3 octobre 1918, elle fût officiellement rattachée au royaume d'Italie dans le cadre du traité de Rapallo du 12 novembre 1920.

Carrière opérationnelle

Le Trieste en 1942

Affecté à la deuxième puis à la troisième division de croiseurs, le Trento opéra généralement avec ses deux sister-ship (Trieste et Bolzano) notament durant la guerre d'Espagne pour couvrir les convois transportant les «volontaires» italiens en Espagne pour soutenir les Nationalistes et dissuader la marine républicaine d'intervenir massivement.



Durant la seconde guerre mondiale, il participa à la bataille du Cap Spartivento le 27 novembre 1940 puis à la bataille du cap Matapan le 27 mars 1941 mais connaissant un sort plus heureux que les Fiume, Zara et Pola coulés par les cuirassés britanniques.

Le 21 novembre 1941, le sous marin britannique HMS Utmost l'endommagea avec une torpille et le croiseur eut toutes les peines du monde à regagner Messine pour être réparé. Reprennant la mer et sa carrière opérationnelle en juin 1942, il fût cependant coulé par un raid de bombardiers américains Consolidated B-24 sur le port de La Maddalena (Sardaigne) le 10 avril 1943.

Après la guerre, l'épave du croiseur fût relevé et vendue à l'Espagne qui le remorqua au Ferrol dans le but de le transformer en porte-avions. La marine espagnole bien que neutre durant la guerre à compris l'intérêt du porte-avions et envisage plusieurs solutions comme la transformation d'un pétrolier (Proyectos n°59 et n°65 15000 tonnes 30 puis 40 chasseurs et avions torpilleurs), la transformation du croiseur lourd Canarias (Proyecto n°66, 32 noeuds, 36 chasseurs et avions torpilleurs) ou encore l'achat du porte-avions d'escorte Nabob.

Finalement le 8 février 1951, la marine rachète la coque du Trieste pour le faire transformer en porte-avions mais le projet fût annulé par le nouveau ministre de la marine, l'amiral Salvador Moreno et la coque démantelée.



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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 15:25

Le Bolzano

Le Bolzano à la mer

Présentation

Le Bolzano à la mer en compagnie d'un autre croiseur lourd

-Le Bolzano est mis sur cale aux chantiers navals Ansaldo de Gênes le 11 juin 1930 lancé le 31 août 1932 et admis au service actif le 19 août 1933.

Bolzano est une ville du nord de l'Italie. Ayant longtemps appartenu à l'empire des Hasbourg au sein du comté du Tyrol, il à été rattaché depuis 1919 à l'Italie et devint en 1927, la capitale de la province du Trentin-Haut Adige/Tyrol du Sud.

Carrière opérationnelle

Le Bolzano en 1941

Durant les premières années de sa carrière opérationnelle, le Bolzano servit avec ses deux sister-ship au sein de la 2ème puis 3ème division de croiseurs. Quand l'Italie entra en guerre, le Bolzano assura la couverture d'un champ de mines les 11 et 12 juin puis participa à la bataille de Calabre le 9 juillet 1940 au cours de laquelle, il encaissa trois obus de 6 pouces du croiseur léger Liverpool et enfin à la bataille du cap Spartivento au cours de laquelle, il n'encaissa aucun dommage. Il sortit également indemne de la bataille du Cap Matapan le 27 mars 1941.


Le Bolzano à La Spezia en 1942

Le 25 août 1941 alors qu'il venait d'échouer à rattraper le mouilleur de mines HMS Manxman (ce dernier engagé du 19 au 25 août dans l'opération Mincemeat avait mouillé un champ de mines dans le golfe de Gênes, déguisé en contre-torpilleur français), il fût sévèrement endommagé par le sous marin HMS Triumph et du être remorqué jusqu'à Messine. Trois mois plus tard, il fût remis en service (à noter qu'il fût endommagé par un raid aérien durant les réparations).


Le Bolzano après le torpillage du HMS Triumph

En août 1942, il participa à la tentative italienne pour intercepter et détruire le convoi de l'opération Pedestal mais cette opération ayant été annulée, le croiseur lourd regagna son port d'attache mais la malchance s'acharna sur le navire puisqu'il fût torpillé en compagnie du croiseur léger Muzio Attendolo par le sous marin Unbroken au large des îles Eoliennes le 13 août 1942.

Les dommages furent tels que les soutes à munitions durent être noyés avant que le navire ne soit échoué sur l'île de Panarea. Un mois plus tard, le navire fût déséchoué puis remorqué à Naples puis à La Spezia où il devait être réparé.

Il était encore en réparations quand l'Italie signa l'armistice avec les alliés le 9 septembre 1943 et se divisa entre ceux qui continuèrent le combat aux côtés des allemands (RSI République Sociale Italienne à Salo dans le nord du pays) et ceux qui se rangèrent aux côtés des alliés où ils servirent tout au plus de faire-valoirs.

L'ancien croiseur est coulé le 21 juin 1944 par une opération combinée anglo-italienne menée par des torpilles humaines. Renfloué après guerre, l'ancien croiseur fût promptement démantelé.


L'épave du Bolzano émergeant des flots après l'attaque du 21 juin 1944

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clausewitz
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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 15:43

CARRIERE OPERATIONNELLE

Ci-dessus Le Trieste en 1941 et ci-dessous le Bolzano en 1932


Déplacement : (Trento et Trieste) standard 10679 tonnes pleine charge 13764 tonnes (Bolzano) standard 11064 tonnes pleine charge 13883 tonnes

Dimensions : longueur : (hors tout) 196.6m (entre perpendiculaires) 190m pour les Trento et Trieste mais seulement 187.6m pour le Bolzano / largeur : 20.6m tirant d'eau : 6.8m pour le Trento et le Trieste, 6.6m pour le Bolzano

Propulsion : (Trieste et Trento) 4 groupes de turbines à engrenages Parson alimentées par 12 chaudières Yarrow dévellopant une puissance totale de 150000ch et entrainant quatre hélices

(Bolzano) 4 groupes de turbines à engrenages Parson alimentées par 10 chaudières Yarrow dévellopant une puissance totale de 150000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 35 noeuds distance franchissable 4160 miles nautiques à 16 noeuds pour le Trento et le Trieste, 4432 miles nautiques à 16 noeuds pour le Bolzano

Protection : ceinture blindée 70mm pont blindé principal 50mm tourelles de 203mm 100mm bloc passerelle 100mm

Armement :

Trento et Trieste

Les deux tourelles avant du Trieste

-8 canons de 203mm modèle 1924 répartis en quatre tourelles doubles modèle 1924 (deux avant et deux arrières). Ce canon de 50 calibres tire des obus perforants de 118kg à une distance maximale de 28000m (+45°) et des obus explosifs de 110kg à une distance maximale de 30550m (+45°) à raison de 1.5 à 3.4 coups par minute. La tourelle double modèle 1924 permet aux canons de 8 pouces de pointer en site de -1.5° (certaines sources parlent de -7°) à +45°. La dotation en munitions est de 216 obus par canon soit un total de 1728 coups.

-16 canons de 100mm Oto Melara modèle 1924 en huit affûts doubles (quatre sur le pont supérieur, deux sur les superstructures avant et deux sur les superstructures arrières). Ce canon de 47 calibres issu d'un modèle austro-hongrois (Skoda) tire des obus de 26kg à une distance maximale de 15240m en tir antisurface (+45°) et de 10000m en tir antiaérien à raison de 8 à 10 coups par minute.

L'affût double pèse 15 tonnes en ordre de combat et permet aux canons de pointer en site de -5° à +85° et en azimut sur 360°. La dotation en munitions est inconnue.

-4 canons de 40mm et 8 mitrailleuses de 12.7mm. Le Trento reçut quatre canons de 20mm en 1942 et le Trieste six en 1943.

-Huit tubes lance-torpilles de 533mm en quatre plate-formes doubles. La torpille Si 270 pèse 1700kg avec une charge militaire de 270kg pouvant atteindre une portée maximale de 4000m à 46 noeuds, de 8000m à 35 noeuds et de 12000m à 29 noeuds.

Bolzano

Tourelles arrières du Bolzano

-8 canons de 203mm Ansaldo modèle 1929 en quatre tourelles doubles modèle 1929. Ce canon de 53 calibres version améliorée du modèle 1924 des Trento (et qui équipe également les Zara) peut tirer des obus explosifs de 110kg à une distance maximale de 31550m (+45°) et des obus perforants de 125kg à 31566m (°45°) à raison de 2 à 4 coups par minute.

La tourelle double M1929 peut pointer en site de -5° à +45° à raison de 5° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 6° par seconde. La dotation en munitions est inconnue.


Canon de 100mm du Bolzano

-16 canons de 100mm Oto Melara modèle 1927 en 8 affûts doubles. Ce canon de 47 calibres tire des obus explosifs de 26kg à une distance maximale de 15240m (+45°) en tir antisurface et de 10000m en tir antiaérien (+85°) à raison de 8 à 10 coups par minute. L'affût double italien peut pointer en site de -5° à +85° et sur 360° en azimut. La dotation en munitions est inconnue. Le nombre d'affût fût réduit à six par débarquement des deux affûts arrières pour renforcer la DCA.

-Quatre canons de 40mm quatre affûts simples et huit mitrailleuses de 13.2mm en quatre affûts doubles. Au cours du conflit, elle reçut deux affûts doubles de 37mm et quatre canons de 20mm, ces derniers remplaçant les mitrailleuses de 13.2mm.

-Huit tubes lance-torpilles de 533mm en quatre plate-formes doubles. La torpille Si 270 pèse 1700kg avec une charge militaire de 270kg pouvant atteindre une portée maximale de 4000m à 46 noeuds, de 8000m à 35 noeuds et de 12000m à 29 noeuds.

Aviation : Le Trento et le Trieste disposait d'une catapulte encastrée dans la plage avant alors que le Bolzano disposait d'une catapulte situé au milieu du navire. Les trois croiseurs embarquaient trois hydravions de reconnaissance. Parmi les modèles embarqués, on trouve le Piaggio P6bis, le Macchi M.41, le CANT 25ARS, le CMASA MF6 et enfin le IMAN Ro43 à partir de 1938.

Equipage : 723 officiers et marins (725 pour les Bolzano)

SOURCES

-Encyclopédie des armes éditions atlas tome 4 «Les croiseurs de la seconde guerre mondiale» P801-820

-Fiches collection navires de guerre aux éditions Atlas sur le Bolzano

-Ressources internet diverses

-Photos et surtout un Pdf de l'ami Vautour.



FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : FREGATES ANTIAERIENNES CLASSE BROOKE


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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 17:18

Bravo amico Claus, moltissimo bene il tuo articolo
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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 17:19

Grazie mile thumleft lol!

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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 21:44

Oufti . la cheminée avant est assez bizarement placée ...
Vais pas le faire en tchit'cho (rital comme on dis chez nous) mais bel article qui me permet toujours de decouvrir des navires que je connaissais pas a fond

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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Mer 07 Juil 2010, 22:27

Merci Jolly. J'aime bien la ligne des navires italiens. Le Bolzano est vraiment un super bâtiment, je suis moins fan des Trento et Trieste.

Pour la suite, j'ai bien entamé les Brooke et j'espère pouvoir poster vendredi soir.

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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 00:11

Merci Claus pour ce super article.

Ces croiseurs italien ont une superbe silhouette
thumleft thumleft thumleft


Jef salut
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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 00:14

De rien Jef. Pour me consoler de la défaite de l'Allemagne, j'ai finalement terminé ce soir l'article sur les Brooke que je posterai dès demain thumright

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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 07:17

clausewitz a écrit:
Pour me consoler de la défaite de l'Allemagne
Moi aussi je suis dégouté pour l'Allemagne
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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 10:51

au mois dimanche, cela résoudra un dilemne cornélien : je serais à fond pour les Pays Bas cheers

Pour en revenir à nos moutons, je pense qu'au niveau élégance, le Bolzano tient tête à l'Algérie, l'un si ce n'est le plus beau de nos "10000 tonnes"

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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 11:37

Avec leurs tubes extrêmement proches les tourelles de 203 italiennes rencontraient peut être un problème d'effet de sillage lors de tirs à pleine capacité (deux tubes ensemble).

Le soucis des Trento c'est la protection: quasi aucune et semble t il une compartimentation peu efficace quand on voit le torpillage du Trento. Le Bolzano c'était un peu limite aussi.

Français et Italiens sacrifièrent à la vitesse la protection de leurs premiers croiseurs lourds. J'ai le sentiment que les vrais "cousins" de l'Algérie étaient les quatre Zara très homogènes et bien protégés...

Bon certes il déplaçaient 30% de plus que le TW autorisé mais bon si en plus il faut être pointilleux.
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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 12:07

Effectivement, les canons du Trento et du Trieste avaient des problèmes de dispersion liées aux tubes trop rapprochées (c'était souvent le cas pour les tourelles doubles italiennes). Les italiens tentèrent de résoudre le problème en réduisant la vitesse initiale ce qui améliora un peu la situation.

Les premiers 10000 tonnes étaient mal protégés mais je suis pas certain que le Tourville ou le Duquesne aurait aussi bien digéré deux torpilles.

L'Algérie à lui été financé au budget 1930 tout comme le Bolzano et le Gorizia puis le Pola au budget 1931.


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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 14:06

Anthony Preston a écrit du Duquesne et du Tourville qu'ils furent les deux plus mauvais croiseurs de leur époque...
Il est vrai que point de vue protection ils n'avaient quasi pas de blindage. En revanche ils avaient un compartimentage sous la flottaison extrêmement resserré
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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 20:06

Excellent article comme dab' Claus

Pour les canons très rapprochés des tourelle double italiennes, j'ai peut être une hypothèse: peut être que leurs canons se partageaient le même affût* ?

A sujet Balzano, je suis un peut surpris!
Pourquoi diable la Marine Italiennes avait elle commandé un troisième Trento, au lieu d'un Quatrième Zara ?
Même amélioré, cela restait un croiseur faiblement protégé a coté de la classe qui a suivi les Trento!
C'est comme si la marine National avait commandé un cinquième Suffren, après l'Algérie !



*comme sur les tourelle quadruples des BC & BB Français.
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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   Jeu 08 Juil 2010, 22:34

en fait le Bolzano n'est pas vraiment un Trento le design de coque est celui d'un Zara (qui étaient déjà 4 vautour) avec notamment la teuge ce qui devait en faire un navire plus à l'aise dans la plume que le flush deck des Trento

L' Algérie en flush deck était moins marin que ses prédécesseurs

Pour le Bolzano on veut surtout revenir aux grande vitesses de l'ordre de 35 n. contre 32 aux Zara
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MessageSujet: Re: ITALIE CROISEURS LOURDS CLASSE TRENTO   

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