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 ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR

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clausewitz
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MessageSujet: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 21:13

PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR
(GRANDE-BRETAGNE)


Le HMS Hermes à la mer en compagnie d'un croiseur léger (classe Crown Colony ?) avec sur le pont d'envol des Sea Vixen, des Scimitar, des Gannet et des Whirlwind

AVANT PROPOS


Le HMS Furious dans une configuration tardive

Si les anglais n'ont pas inventé le cuirassé, ils se sont rattrapés en créant le porte-avions en la personne du HMS Furious, un croiseur de bataille conçu à l'origine pour appuyer un débarquement en mer Baltique. Ce navire fut aussi le premier à mener un raid aérien en l'occurence à Tondern le 19 juillet 1918 quand des Sopwith Strutter bombardèrent et détruisirent plusieurs dirigeable bombardant Londres dans leur hangar.


Le HMS Argus

Fonctionnant par étapes selon un pragmatisme typique des anglo-saxons, ils commencèrent par convertir un paquebot italien sur cale, le Conte rosso qui devient l'Argus puis un cuirassé chilien en construction, l'Almirante Cochrane qui devient l'Eagle. Les anglais vont vite puisqu'avant même la mise en service de l'Eagle, ils mettent sur cale le HMS Hermès qui dispute avec le Hosho le titre de premier porte-avions mis sur cale et construit comme tel.


Ci-dessus le HMS Eagle et ci-dessous le HMS Hermes

Le déclin de la Grande Bretagne obligée de stopper la course aux armements navals en acceptant la parité avec les Etats Unis et en abandonnant son alliance avec le Japon à aussi un impact sur la construction de porte-avions. Alors que la Royal Navy aurait du construire des porte-avions neufs, elle ne put que convertir deux croiseurs de bataille, le Glorious et le Courageous et échoua à financer la construction de quatre porte-avions de 17000 tonnes en 1930.


Le HMS Glorious et ci-dessous son sister-ship, le HMS Courageous

Il fallut attendre la fin des années trente et le retour à une certaine prospérité économique pour que la Fleet Air Arm puisse enfin bénéficier de porte-avions dignes des meilleurs réalisations américaines et japonaise.

L'Ark Royal admis au service actif en décembre 1938 est le premier porte-avions «moderne» de la marine britannique, introduisant notament le pont blindé et un type d'architecture dite à l'anglaise où le hangar était intégré à la coque, le pont et le hangar étant solidaire à la différence de la construction «A l'américaine» où le navire se compose d'une coque surmontée d'un hangar en superstructure. Ces différences s'expliquent en grande partie par l'utilisation différente des navires par les anglais et les américains mais aussi par le degré de menace.


Le HMS Ark Royal survolé par des Swordfish

Dans le Pacifique, la menace principale pour les américains était l'aviation embarquée, la flotte de surface japonaise se réservant pour l'ultime bataille et les sous marins japonais n'étaient pas connu pour leur efficacité foudroyante. De plus, l'immensité du front permettait une esquive aisée pour échapper aux coups de boutoirs de l'ennemi.

En Méditerranée et en Mer du Nord, les anglais devaient faire face à des menaces autrement plus importantes en l'aviation basée à terre, les défenses côtières, les mines et les sous marins. Ces deux fronts étant des plus serrés, l'esquive était bien plus délicate. Il fallait donc que les navires puissent encaisser les coups à défaut de pouvoir les éviter.


Le HMS Illustrious

A l'unique Ark Royal succèda la classe Illustrious composée de quatre navires entrés en service en 1940 (Illustrious et Formidable) et 1941 (Victorious et Indomitable). Ils étaient étroitement dérivés du précédent avec une protection encore renforcée qui se montrera certes efficace mais qui se paye au détriment du groupe aérien embarqué (moins de quarante appareils).

Cela n'avait pas trop de problèmes pour les anglais qui utilisaient leur porte-avions pour couvrir les forces navales et pour quelques raids aériens contre les ports italiens (Tarente, Cagliari) voir pour des missions ASM mais cela posait des problèmes quand il s'agissait de mener de puissantes missions d'assaut pour neutraliser une flotte ou prendre le contrôle d'îles et d'archipels comme le feront les américains dans le Pacifique.

Rapidement les anglais se rendent que cette protection si elle se révéla utile (voir l'Illustrious qui survécu après avoir encaissé 8 bombes dont une d'une tonne, «cadeaux» du Xème Fliegerkorps le 10 janvier 1941) elle posait trop de problèmes pour la construction du temps de guerre et était trop pénalisante pour le groupe aérien. C'est ainsi que les deux derniers Illustrious voient leur plans modifiés et forment ainsi une nouvelle classe, la classe Implacable.

Les premières modifications sont apportées sur le Indomitable, le quatrième et dernier Illustrious le pont d'envol est placé à 4.90m plus haut ce qui permet de loger un second hangar et la protection latérale des hangars est réduite à 38mm ce qui permet d'augmenter le groupe aérien à 45 appareils, les ascenseurs sont également plus grands et la capacité en carburant aviation est également augmentée.


Le HMS Implacable

Les Implacable par rapport aux Illustrious ressemblent en fait plus à l'Ark Royal en matière de dimensions (en particulier la hauteur du pont d'envol). Ils possédaient donc deux hangars, le hangar supérieur qui s'étend sur toute la longueur du navire et le second sur la partie arrière du navire. Ils reçoivent également un quatrième groupe de turbines et une quatrième ligne d'arbres. Plus rapides, ils pourront à la différence des Illustrious opérer avec les Essex américains.

Malgré cette allègement, les Implacable se révéleraient aussi inaptes que les Illustrious à accueillir des avions toujours plus lourds et plus gros et connaitront une carrière d'une dizaine d'année.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 21:32

GENESE DES CENTAUR


Un CAM-Ship avec un Hurricat en place sur la catapulte

Parallèlement aux grands porte-avions d'escadre, la marine britannique construit des porte-avions plus petits. La menace des Focke Wulf Condor sur les convois (c'était les yeux des sous marins allemands) hors de la portée des avions basés à terre entraine la mise au point des CAM-Ship, des Hurricane transformés et baptisés Huricat, catapultés depuis des cargos rapides pour intercepter, abattre les Condor et ensuite de tenter de rejoindre la terre ou si cela était impossible, le pilote sautait en mer en espérant être récupéré par un navire du convoi.


Le MV (Merchant Vessel) Empire MacAlpine

Les CAM-Ship étaient une solution d'urgence et bien vite on passe à des solutions plus «utilisables» avec les MAC-Ship, des navires commerciaux rapides (13 pétroliers et 6 transporteurs de grains) sur lequel on posait un pont d'envol avec des avions de lutte ASM (des Fairey Swordfish) mais l'absence de hangar était préjudiciale à la bonne santé du groupe aérien.

Les CAM et les MAC-ships aboutissent donc au porte-avions d'escorte, une version réduite des porte-avions d'escadre. Le premier d'entre-eux est un bannanier allemand, le Hannover converti avec un pont d'envol et un hangar formé par l'espace entre le pont d'envol et l'ancien pont du cargo et rebaptisé Audacity prouve la validité du concept car en dépit d'une carrière éphémère (juin-décembre 1941), il parvint avec ses avions à abattre cinq Condor et couler en collaboration huit sous marins. Mieux encore, les avions ont forcé les sous marins à rester en plongée, empêchant les sous marins de suivre les convois pour rameuter les autres loups de la Meute.


Le HMS Audacity

Les chantiers navals britanniques sont bien incapables de répondre à la demande et après la conversion de quatre cargos rapides (Activity Vindex Nairana et Camlpania) plus un paquebot rapide, le Pretoria Castle.


Le HMS Pretoria Castle

Les autres Carrier Vessel Escort armés par les britanniques sont donc issus de conversions britanniques comme quatre CVE issus de cargos type C3 (Archer Avenger Biter et Dasher) tandis qu'un cinquième bâtiment, le Charger reste en baie de Chesapeake pour former les aviateurs britanniques. Sur ces quatre navires, le Archer est torpillé et coulé le 15 novembre 1942, le Dasher explose dans la Clyde le 27 mars 1943 tandis que le Biter gravement endommagé en août 1944 sera cependant réarmé par la France sous le nom de Dixmude.

La Royal Navy arme également onze navires de classe Bogue dont le Tracker la première unité de cette classe. Ils sont suivis par les 23 porte-avions type Ruler ou Smiter (Prince William pour les américains) soit un total de 39 navires.

Conçus à l'origine pour protéger les convois des Condor et des sous marin, les porte-avions d'escorte se révèlent très polyvalents capables également d'appuyer les opérations amphibies, de transporter des avions neufs, d'entrainer et de recompléter les groupes aériens des porte-avions de première ligne.

Les porte-avions d'escadre sont lents à construire par des chantiers navals surchargés et aux méthodes archaïques et les porte-avions d'escorte sont des constructions de circonstance à la durée de vie éphémère. D'où l'idée d'un porte-avions très simple à mi-chemin entre le porte-avions d'escorte _une construction de circonstance_ et le porte-avions d'escadre. Les Arsenaux étant surchargés, ce sont les chantiers travaillant habituellement pour la marine marchande qui sont chargés de la construction de ces navires.


Le HMS Glory, second navire de classe Colossus

Le design est donc très simple, la vitesse faible (environ 25 noeuds), la protection absente et la défense limitée à une DCA légère. Dix navires (Colossus, Glory, Ocean, Perseus, Pioneer, Theseus, Triumph, Venerable, Vengeance et Warrior) sont commandés plus six autres formant la classe Majestic (Hercules, Leviathan, Magnificent, Majestic, Powerful et Terrible).

Sur les dix Colossus, quatre sont engagés dans le Pacifique (Colossus Glory Venerable et Warrior), un cinquième est mis en service en août 1945 sans participer à la guerre (Ocean), trois en 1946 (Vengeance Triumph et Theseus. Quand aux six Majestic, seuls cinq seront achevés, le Leviathan n'entrant jamais en service alors que les autres équipant des marines du Commonwealth (Inde, Canada, Australie).


Le HMAS Melbourne (ex HMS Majestic) qui désarmé en 1985 laissa orpheline de porte-avions la marine australienne

Les Colossus et les Majestic sont d'excellents porte-avions qui révéleront un potentiel d'évolution important mais cela n'empêche pas les britanniques de prévoir l'avenir.


Aucun porte-avions de classe Malta/Gibraltar ne vit le jour

La fin de la seconde guerre mondiale stoppe un formidable dévellopement de la marine britannique et notament la force de porte-avions puisque la Royal Navy prévoyait la construction de quatre porte-avions de classe Malta (Malta Gibraltar Africa New Zealand), trois porte-avions moyens de classe Eagle (Eagle Ark Royal et Audacious) et huit porte-avions légers de classe Centaur (Albion, Bulwark Centaur Elephant Monmouth Polyphemus Arrogant et Hermes).


Le HMS Eagle classe Audacious

Sur ses quinze porte-avions, seuls six seront achevés certains longtemps après la fin de la guerre, les Malta sont abandonnés à la fin du conflit, l'Eagle est abandonné, l'Ark Royal et l'Audacious rebaptisé Eagle sont mis en service et sur mes huit navires de classe Centaur, quatre seulement sont achevés : le Centaur, l'Albion, le Bulwark et l'Elephant rebaptisé Hermès.


Le HMS Centaur et le USS Antietam. Remarquez les design de piste oblique différent entre les deux porte-avions

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 21:44

HISTORIQUE

Le HMS Centaur (R-06)

Le HMS Centaur à la mer

Présentation

-Le Centaur est mis sur cale aux chantiers Harland & Wolff de Belfast le 30 mai 1944 lancé le 22 avril 1947 et admis au service actif le 1er septembre 1953.


Statue d'un centaure

Le porte-avions léger est le huitième navire à avoir été baptisé du nom de cette créature de la mythologie grecque, mi-homme mi-cheval même si au final seulement six seront mis en service. Le premier fût un navire de ligne de sixième classe armé de 24 canons lancé en 1746 et vendu en 1761 suivi par un navire de ligne de 3ème classe armé de 74 canons précédemment le navire français Centaure, capturé à la bataille de Lagos en 1759 et perdu dans un ouragan en 1782.

Le troisième navire à porté ce nom fût un navire de ligne de troisième classe armé de 74 canons lancé en 1797 désarmé en 1816 et démoli en 1819 suivi par une frégate lancée en 1845 et démoli en 1864. Le cinquième navire aurait du être un croiseur cuirassé de classe Edgar mais le navire concerné à été rebaptisé Royal Arthur en 1890 avant son lancement en 1891.

Le sixième Centaur fût un croiseur de classe C et première navire de la sous-classe Centaur mis en service en août 1916 et désarmé en février 1934 avant d'être envoyé à la démolition. Le septième Centaur aurait du être un destroyer de classe C commandé en 1942 mais fût redésigné comme un destroyer de classe Weapon rebaptisé HMS Tomahawk en 1943 et lancé en 1946 sous le nom de HMS Scorpion.

Carrière opérationelle

A la différence de ces sister-ships, le Centaur entra en service en 1953 avec un pont droit comme tous les porte-avions précédents mais qui était inadapté à la mise en oeuvre d'appareils à réaction.

Aussi entre 1956 et 1958, il subit une profonde refonte qui modifièrent sensiblement sa silhouette avec une piste oblique orientée à 6°, des catapultes à vapeur et des brins d'arrêts. Il subit d'autres travaux en 1960 à Portsmouth pour pouvoir mettre en oeuvre des avions à réaction plus gros et plus puissants.


Le HMS Centaur avec sa piste oblique

En juin 1961, le président irakien Abd al-Karim Qasim annonça que l'Emirat du Koweït allait être annexé par l'Irak. L'emir du Koweit demanda l'aide du Royaume Uni et de l'Arabie Saoudite pour éviter une telle annexion.

La Royal Navy déclencha l'opération Vantage envoyant dans le Golfe Persique une puissante force navale composée des porte-avions Bulwark et Victorious (rapidement relevé par le Centaur), les destroyers Camperdown, Finisterre Saintes et Cassandra, les frégates Loch Fyne Loch Ruthven Loch Insh Llandaff Yarmouth et Lincoln ainsi que le LST Messina et les dragueurs de mines de la 108th flottille.

Outre cette force navale, des unités terrestres furent déployées, les Royal Marines du 42 Commando embarqués sur le Bulwark bientôts appuyés par le 45 Commando, deux compagnie du 2nd Coldstream Guards et un escadron du 3rd Carabiniers avec ses chars Centurion. Ils débarquèrent au Koweit le 1er juillet bientôt suivis par l'artillerie du 33rd Parachute Field Regiment, le 11th Hussards avec ses automitrailleuses Ferret, le 2nd Batalion du Parachute Regiment le 2 juillet et enfin le 4 juillet le 1st Battalion du Royal Inniskilling Regiment et le 34th Field Squadron.
Le Inniskilling et le 1st Battalion du King's Regiment (Manchester and Liverpool) relevant les 42 et 45 Commando les 6 et 7 juillet 1961.

La Ligue Arabe prit le Koweit sous sa protection et les forces britanniques quittèrent la région le 19 octobre 1961. Qasim fût tué dans un coup d'état le 1963 et l'Irak reconnu l'indépendance koweitienne et si la menace irakienne semblait réduite, les britanniques surveillèrent la situation jusqu'en 1971.

Durant une nouvelle période de tension à Aden en 1963, les De Havilland Sea Vixen du Centaur attaquèrent les positions des tribus rebelles (opération Damon). Un an plus tard, le 1st Tanganyika Rifles se mutina contre ses officiers britannique et s'emparèrent également du haut commissaire britannique et plus grave de l'aéroport.


Le HMS Centaur en 1962

Le Centaur fût déployé au large de l'Afrique avec le squadron d'hélicoptères 815 et les Royal Marines du 45 Commando. Les Royal Marines furent héliportés sur un terrain de foot et prirent d'assaut la caserne appuyés par les Sea Vixen, obtenant la rédition des mutins survivants. Le Centaur appareilla de la région le 29 janvier, neuf jours après l'opération héliportée.

En 1965, le projet de le transformer en porte-hélicoptères comme le Bulwark et l'Albion fût abandonné et le Centaur fût désarmé en décembre 1965. Utilisé comme caserne flottante lors des refontes notament du Victorious et de l'Eagle, il fût remorqué à Devonport en 1970 avant d'être vendu à la démolition aux chantiers Queenborough Shipbreaking dans le Kent le 11 août 1972 avant d'être démantelé à Cairn Ryan à partir du 8 septembre 1972.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 22:13

Le HMS Albion (R07)

Le HMS Albion rentrant au port. Les catapultes et les ascenseurs sont clairement visibles

Présentation

-L'Albion est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter & Wighan Richardson de Wallsend (North Tyneside) le 22 mars 1944 lancé le 16 mai 1947 et admis au service actif le 26 mai 1954.

Le deuxième navire de classe Centaur est le sixième navire à porter le nom archaïque de l'Angleterre (d'alba, la craie des falaises de Douvres) parfois associé à l'adjectif «perfide» notament en France (c'est pas Bill qui me dira le contraire).

Le premier navire fût un navire de ligne de 3ème classe armé de 74 canons lancé en 1763, converti en batterie flottante en 1794 avant d'être détruit par échouage en 1797. Il fût suivi par un sloop de 22 canons, un ancien navire marchands réquisitionné par la Navy en 1793 et 1794 avant d'être acheté en 1798 puis d'être vendu en 1803.

Le troisième navire fût un autre navire de ligne de 3ème classe armé de 74 canons lancé en 1802, réduit au rôle d'auxiliaire portuaire en 1831 avant d'être démoli en 1836. Il est suivi par un navire de ligne de deuxième classe armé de 90 canons lancé en 1842, converti en navire muni d'hélices en 1861 avant d'être démoli en 1884.

Le cinquième HMS Albion fût un cuirassé type prédreadnougth de classe Canopus lancé en 1898, admis au service actif le 25 juin 1901, désarmé en août 1919 et vendu à la démolition en décembre 1919.


Le LPD HMS Albion

Après le porte-avions de classe Centaur, un autre navire à été baptisé de ce nom. Il s'agit d'un Landing Platform Dock de classe Albion admis au service le 19 juin 2003 et toujours en service en 2010 avec son sister-ship, le Bulwark.

Carrière opérationelle

Le HMS Albion : la piste oblique est clairement visible

La construction de l'Albion est perturbé par la fin de la guerre qui entraine une réduction drastique des budgets et des besoins. Le 18 octobre 1949 alors qu'il était remorqué par les Beamish Hendon et George V de Jarrow à Rosyth, il entra en collision avec le cargo Empire Wapping à 4 miles nautiques du phare de Longstone.

Le cargo coula et le porte-avions sérieuresement endommagé, une brèche béante de 21 m² à la poupe menaçant d'envoyer le navire par le fond. Les trois remorqueurs tentèrent de l'échouer prêt de St Abbs Head mais l'Hector eut sa remorque prise dans l'hélice. Le remorqueur Restive et le destroyer St James arrivèrent sur zone et prirent l'Hector à la remorque jusqu'à ce que l'équipage dégage l'hélice.

L'Albion fût sauvé et échoué dans un bassin à Rosyth avec 1.5m d'eau dans la salle des machines. Il ne fût achevé qu'en mai 1954 ce qui permis de le dôter d'une piste oblique, de catapultes à vapeur et de brins d'arrêt.

A son admission au service actif, l'Albion gagna la Méditerranée et passa après sa refonte à Portsmouth participa à l'opération Muskeeter pour reprendre le canal de Suez dont le colonel Nasser avait ordonné la nationalisation. A cela s'ajoute la guerre d'Algérie, Nasser soutenant le FLN, Paris voit ici une occasion en or pour se débarasser de cet encombrant personnage.

Le 26 juillet 1956 après plusieurs semaines de tension, Nasser ordonna la prise du canal et la nationalisation de la compagnie du Canal afin notament de financer la construction du barrage d'Assouan.

La solution militaire est rapidement la seule alternative possible et des plans sont rapidement dressés. Le plan de l'opération Muskeeter/Mousquetaire est mis au point le 18 août 1956.

La marine nationale est encore mal remise des pertes de la seconde guerre mondiale et les programmes de construction d'après guerre sont à leurs balbutiements.

La Royale déploie ainsi les porte-avions Arromanches et La Fayette; le cuirassé Jean Bart; les croiseurs Georges Leygues et De Grasse; les escorteurs d'escadre Surcouf, Cassard; Bouvet et Kersaint; les escorteurs rapides Le Corse, Le Bordelais, Le Boulonnais et Le Brestois; 8 escorteurs, un navire de commandement, trois dragueurs, le LSD Foudre accompagné par quatre LST et trois LSH.

De son côté la marine de sa majesté déploie le porte-avions lourd Eagle, les porte-avions légers Bulwark et Albion avec 90 appareils de combat; les croiseurs Jamaica Glasgow et Royalist; cinq destroyers de classe Daring, trois destroyers, quatre frégates, le navire de commandement Tyne, un LSH, quatre LST, huit LCT et plusieurs dragueurs.

L'ordre de déclenchement arrive le 5 novembre 1956 à minuit. L'opération commence par le largage des parachutistes de la 16th Airborne Brigade, du 2ème REP et du 2ème RPC. Elle fût suivit d'un débarquement appuyé par les avions embarqués français et britanniques.

On connait malheureusement la suite : la victoire militaire des franco-britanniques, le bluf russe sur une attaque nucléaire et le refus des américains d'appuyer leurs alliés de l'OTAN et un retrait qui marque officielement un fait : la Grande Bretagne et la France ne sont plus de grandes puissances.

En juillet 1958, il embarqua le 42 Commando Royal Marines avec ses véhicules direction le Moyen Orient, anticipant ainsi son futur rôle de porte-hélicoptères.


Le HMS Albion toujours en configuration porte-avions

Il effectua son dernier déploiement comme porte-avions en 1959/60 au Moyen Orient, en Australie, en Nouvelle Zélande puis sur le chemin du retour, l'Atlantique Sud et l'Océan Indien avec un groupe aérien composé de chasseurs bombardiers Sea Hawk (squadron 806), de chasseurs tout temps Sea Venom (squadron 894), quatre Douglas Skyraider AEW 1 (squadron 849 Det. D), huit Westland Whirlwind HAS.7 (squadron 815) et un Westland Dragonfly HR.5.

L'Australie envisagea un temps de l'acheter pour remplacer le HMAS Melbourne mais ce projet n'aboutit pas. Le 17 décembre 1960, sa conversion en porte-hélicoptères (commando carrier) est décidée et réalisée avant que le navire ne soit remis en service en août 1962.


Le HMS Albion à Monbassa en 1964

Déployé en Extrême Orient, il participa à la mission de soutien britannique à la Malaisie contre l'Indonésie entre 1962 et 1966 à propos de Bornéo, quasi-guerre qui cessa quand Suharto remplaça Suharto. En 1967, il assura la couverture du retrait britannique d'Aden puis en 1971 celui de Singapour, retrait qui marqua la dissolution de la Far East Fleet ainsi que le repli de la marine britannique sur l'Atlantique Nord, onze ans avant les Malouines.

En mars 1971 donc, il gagna l'Extrême Orient, effectuant une brève escale sur l'île d'Ascension avant Durban et Bombay puis de gagner Singapour pour réaliser des exercices avec le 40 Commando Royal Marines. Il passa un mois à la base navale pour une période de maintenance avant de gagner le Japon (escale à Kobe du 1er au 8 juillet) puis une nouvelle période d'entrainement à Singapour.

Il gagna ensuite l'Australie, faisant escale à Freemantle du 9 au 17 août 1971 avant de regagner à Singapour le 23 août 1971 pour un autre mois d'entretien et de repos. Quittant «L'île aux Lions» le 20 septembre, il passa deux jours à la base navale américaine de Subic Bay (Phillipines) puis de gagner Hong Kong et d'y rester jusqu'au 11 octobre.


Le HMS Albion à Montreal à l'hiver 1973

De retour à Singapour le 15 octobre 1971, il passa les deux semaines suivantes à embarquer le 40 Commando Royal Marines et le squadron 848 avant de participer à la cérémonie du retrait britannique d'Extrême Orient le 29 octobre 1971 et de quitter Singapour le 31 octobre 1971. les derniers soldats britanniques quittèrent Singapour en mars 1976. Ils furent précédés par les australiens en 1974 et suivis bien plus tard par les Néo-zélandais qui quittèrent la cité-Etat seulement en 1989.


Le HMS Albion en porte-hélicoptères

Après des escales à Gan (Maldives) et à Monbassa (Kenya) du 14 au 22 novembre, le porte-avions subit une période de maintenance à Kilindini. Il appareilla ensuite pour l'île de Masirah au large d'Oman pour couvrir le retrait britannique du Moyen Orient.


Le HMS Albion à la mer

La troisième guerre indo-pakistanaise ayant éclaté le 3 décembre 1971, l'Albion fût détaché dans le golfe du Bengale pour évacuer les ressortissants britanniques du Pakistan Oriental mais alors qu'il était en route, il fût diverti direction Gan pour embarquer le 40 Commando Royal Marines et le ramener en métropole.

Passant les fêtes de fin d'année au Cap, il quitta l'Afrique du Sud le 5 janvier 1972 pour rentrer en Grande Bretagne, débarquant le squadron 848 le 20 janvier avant d'entrer à Portsmouth le 24 janvier 1972.

Après maintenance et repos, le porte-avions quitta Portsmouth le 11 avril 1972, embarquant le squadron 848 avant de gagner la Méditerranée, embarquant des Royal Marines pour l'exercice Dawn Patrol en Méditerranée orientale, activité entrecoupée par des escales à Kavala et en baie de Soude. Il rentra en Grande Bretagne après une escale à Gibraltar et une autre à Brest (23-30 mai 1972). Il passa le reste de l'année dans des exercices en mer du Nord.

En septembre 1972, l'Albion participa à l'exercice «Strong Express», le plus large exercice jamais réalisé par l'OTAN. Son dernier déploiement eut lieu au mois d'octobre au Canada, quittant Portsmouth le 10 octobre avant de rentrer à Plymouth le 22 novembre après un mois passé à des exercices et des visites dans différents ports.

Rentrant à Portsmouth le 24 novembre, il fût désarmé le 2 mars 1973. Après avoir envisagé sa conversion en navire lourd d'exploration pétrolier, l'Albion fût vendu à la démolition le 22 octobre 1973 et démantelé à la base de Fastlane.


Le HMS Albion à la mer

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 22:31

Le HMS Bulwark (R08)

Le Bulwark en 1955

Présentation

-Le Bulwark est mis sur cale aux chantiers Harland & Wolff de Belfast le 10 mai 1945 lancé le 22 juin 1948 et admis au service actif le 4 novembre 1954, cette mise en service tardive permettant l'installation d'une piste oblique, de nouveaux brins d'arrêt et de catapultes à vapeur.

Le troisième porte-avions de classe Centaur est le sixième navire à porter ce nom qui signifie «rempart» ou «fortification» puisque la Royal Navy était le rempart du pays. Au final deux d'entre-eux ne furent jamais achevés.

Le premier aurait du être un navire de ligne de 3ème classe armé de 74 canons commandé en 1778 mais la construction fût annulée en 1783. Le second fût un autre navire de ligne de 3ème classe armé de 74 canons lancé en 1807, participant à la guerre de 1812 contre les Etats Unis puis au blocus de Rochefort en 1813 avant d'être démoli en 1826.

Le troisième navire aurait du être un navire de ligne de 2ème classe propulsé par hélices armé de 81 canons de classe Bulwark. Mis sur cale en 1859, les travaux furent suspendus en 1861 avant que la construction soit annulée et qu'il soit démoli en 1873.

Le quatrième navire fût un navire prévu à l'origine comme une frégate de 110 canons baptisé HMS Howe. Obsolète avant même d'être lancée, elle ne reçut jamais ses canons et fût rebaptisé Bulwark en 1885 et utilisé comme un navire d'entrainement. Il est rebaptisé Impregnable en 1886 puis à nouveau Bulwark en 1919 avant d'être vendu à la démolition en 1921.


Le cuirassé HMS Bulwark de classe Formidable

Le cinquième HMS Bulwark fût un cuirassé de classe Formidable (type prédreadnougth) entré en service le 11 mars 1902 et détruit par une explosion interne le 26 novembre 1914 à Sheerness.

Après le porte-avions de classe Centaur, un autre navire à porté ce nom, il s'agit d'un Landing Platform Dock de classe Albion entré en service le 10 décembre 2004 et toujours en service en 2010.

Carrière opérationelle

Le Bulwark à Malte en décembre 1956 avec des Sea King alignés sur le pont

Après son admission au service, le Bulwark participa avec son sister-ship Albion et l'Eagle à l'opération Muskeeter contre le canal de Suez nationalisé par le colonel Nasser. Le 13 septembre 1958, il assista deux pétroliers qui étaient entrés en collision dans le golfe Persique, remorquant jusqu'à Mascate (Oman) l'un d'eux le SS Melika.


Le HMS Bulwark en Nouvelle Ecosse en 1958

Pour information voici la composition du dernier groupe aérien embarqué par le Bulwark en tant que porte-avions : 16 chasseurs bombardiers Sea Hawk FGA.6 (squadron 801 et 896), 8 chasseurs tout-temps Sea Venom FAW.21 (squadron 891), 6 avions ASM Gannet AS4 (squadron 820), 4 Skyraider AEW.1 (squadron 849 Det. D), 5 Whirlwind HAS7 (squadron 845) et un Dragonfly HR.5.

En 1958, sa conversion en commando carrier est décidée et le Bulwark est immobilisé à l'Arsenal de Portsmouth de janvier 1959 à janvier 1960, étant remis en service le 23 janvier, devant faire équipe avec le 42 Commando Royal Marines et les Whirlwind du squadron 848.


Le HMS Bulwark en opération avec des Westland Whirlwind au décollage

l'année suivante, en 1961, il participa à l'opération Vantage, un déploiement naval, terrestre et aérienne dans l'Emirat du Koweit menacé d'annexion par son puissant voisin irakien. Il participa également à la quasi-guerre entre l'Indonésie et la Malaisie, appuyant la dernière qui risquait de perdre la partie nord de l'île de Bornéo. Enfin, en juin 1966, il servit de navire d'essais pour le Kestrel, l'ancètre direct du Harrier.


Le HMS Bulwark en commando carrier

En 1967, il releva l'Eagle pour couvrir le retrait des forces britanniques d'Aden, restant trois mois sur zone avec la 3rd Commando Brigade Royal Marines. L'année suivante, il participa à des manoeuvres dans l'Atlantique Nord (exercice «Polar Express») avant de subir une refonte à Portsmouth. Durant ces travaux, l'équipage fût hébergé par le HMS Centaur qui en attendant sa démolition servait de caserne flottante.


Le HMS Bulwark à la mer en 1979

Au printemps 1969, le Bulwark gagna la Méditerranée pour participer en mer Egée à l'exercice «Olympic Express» avec des escales à Gibraltar, Malta, Chypre, Salonique, Venise, Villefranche et Toulon avant d'être de retour à la fin de l'année.


Vue aérienne du HMS Bulwark

En janvier 1970, il quitta la Grande Bretagne pour Singapour faisant escale à Gibraltar, Le Cap et Brunei et après des réparations à l'Arsenal de Singapour (pour réparer les dégâts causés par la tempête tropicale Diane après le départ du Cap), il gagna Kobe puis Perth avant de rentrer à Plymouth.

En septembre 1971, il prit part à des exercices en Méditerranée orientale mais après un feu dans une des salles des machines, il du rentrer au pays sur «une patte». En 1972, il participa à la liquidation de l'Empire en servant de navire de commandement pour l'opération Exit à savoir le retrait des forces britanniques de Malte. Plus tard dans l'année, il participa à des exercices dans les Caraïbes et des visites en Floride.


Le HMS Bulwark à Mayport (Floride) en 1979

En 1973, il participa à des exercices en Méditerranée avant de gagner la mer du Nord, visitant le Travemünde (le port de Lübeck) avant d'embarquer une compagnie de marines néerlandais qu'il débarqua dans les Antilles Néerlandaises avant de visiter Carthagène (Colombie). Il termina l'année 1974 par un carénage à Devonport.

En 1975, il retourna en Méditerranée visitant Gibraltar, Villefranche et Malte avant de regagner Plymouth en juillet 1975.

Le Bulwark est désarmé en mars 1976 et placé en réserve. Parallèlement, la Grande Bretagne le propose à la marine péruvienne. Les négociations trainent en longueur et au final, la Royal Navy décide de conserver le navire.

Après une refonte à Portsmouth, le Bulwark désormais utilisé comme porte-hélicoptères ASM est remis en service le 23 février 1979 pour compenser les retards du HMS Invincible. Il participa en juin 1979 à l'exercice «Whiskey Venture» avec le squadron 820 (Sea King) et le 45 Commando Royal Marines. Il termine l'année par les essais du Sea Harrier.

Au début de l'année 1980, le Bulwark effectua une «tournée» aux Etats Unis avant de participer à la fin du mois de février à l'exercice «Sage Passage» sur la côte est. Le 15 mars 1980, un incendie détruit une chaudière.

De retour à Portsmouth le 2 avril, il appareilla le 15 avril avec le 45 Commando pour l'exercice «Dawn Patrol» au large de la Sardaigne. Au mois d'août, il participa à «Teamwork 80» au large de la Norvège. Le 9 novembre 1980, un incendie endommagea assez sérieusement le navire.


Le HMS Bulwark survolé par des Sea King peu avant son désarmement

Néanmoins au moment de la guerre des Malouines, on annonça que le Bulwark allait être réactivé mais il était trop endommagé pour être remis en état suffisament rapidement. Le 27 mars 1981, le Bulwark regagna Portsmouth où il fût désarmé puis rayé des listes en avril avant d'être remorqué à Cairnryan et démantelé en avril 1984.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 22:52

Le HMS Hermes (R-12)

Le HMS Hermes à la mer

Présentation

Le HMS Hermes dans le Solent en novembre 1959

-Le Hermes est mis sur cale sous le nom de HMS Elephant aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 21 juin 1944. Les travaux sont suspendus à la capitulation japonaise et ne reprennent qu'en 1952 mais uniquement pour libérer la cale.

Le porte-avions rebaptisé Hermes est lancé le 16 février 1953 mais la coque reste inachevée jusqu'en 1957 quand il est décidé de l'achever en porte-avions léger qui est admis au service actif le 18 novembre 1959 près de quinze ans après sa mise sur cale !

Le dernier porte-avions de classe Centaur est le dixième navire de la Royal Navy à porter le nom du dieu grec des messagers. Le premier est un brick-sloop de 12 canons, originellement le néerlandais Mercurius capturé en 1796 par le HMS Sylph avant d'être démoli en 1797. Il fût suivi par un navire armé de 22 canons acquis en 1798 et vendu en 1802 puis par un sloop armé de 16 canons, un navire civil baptisé Majestic acquis en 1803 et vendu en 1810.

Le quatrième Hermes fût un navire de ligne de sixième classe armé de 20 canons lancé en 1811 et détruit en 1814 dans la guerre anglo-américaine lors de l'attaque contre Fort Bowyer à Mobile Point (Alabama).

Le cinquième Harmes fût un navire civil connu sous le nom de George IV acquis en 1830 sous le nom de HMS Courier rebaptisé HMS Hermes en 1832 avant de devenir une citerne à charbon, rebaptisé HMS Charger en 1835 avant d'être démoli en 1854.

Le sixième Hermes fût un sloop lancé en 1835, reconstruit en 1842 avant d'être démoli en 1864. Il est suivi par un navire de ligne de 3ème classe armé de 74 canons lancé en 1816 sous le nom de HMS Minotaur rebaptisé Hermes en 1866 et démoli en 1869.


Le croiseur léger HMS Hermes classe Highflyer

Le huitième Hermes fût un croiseur léger de classe Highflyer admis au service actif en mars 1899 converti en porte-hydravions en 1913 mais coulé par le sous marin allemand U-27 le 31 octobre 1914.

Le neuvième Hermes fût le premier porte-avions construit dès le départ pour ce rôle admis au service actif en 1923 et coulé par des avions japonais au large de Ceylan le 9 avril 1942. Il aurait du être suivi par un porte-avions de classe Centaur baptisé Hermes mais la construction de ce dernier fût abandonné en 1945.

Carrière opérationelle de l'Hermes

Le Hermes à Devonport en février 1964

Dernier porte-avions conventionnel admis au service actif au sein de la Royal Navy, il aurait pu connaître une carrière fort brève car en 1966, Londres le proposa à la Royal Australian Navy pour remplacer le HMAS Melbourne. En 1968, le Hermes participa à des manoeuvres avec la marine australienne, des Skyhawk et des Trackers effectuèrent des appontages et des catapultages mais au final comme avec le Bulwark plutôt, la marine australienne renonça devant le coût d'utilisation qu'il soit humain ou financier.

Un an auparavant au moment de la tension entre l'Egypte et Israël à propos du détroit de Tirant fermé par l'Egypte (ce qui condamnait à l'asphyxie le port d'Eilat), les Etats Unis et la Grande Bretagne envisagèrent de mettre sur pied une force internationale pour débloquer le détroit par la force mais cette idée ne se matérialisa pas avant la guerre des Six Jours (5-11 juin 1967).

En janvier 1967, il fût déployé au large de Gibraltar suite à une tension avec l'Espagne franquiste puis en mai 1967, il participa avec le Victorious à la couverture du retrait d'Aden.


Le HMS Hermes à Malte

Pour information, le dernier groupe aérien de l'Hermes comme porte-avions conventionnel se composait du squadron 801 (sept avions d'assaut Buccaneer S2), du squadron 893 (douze chasseurs tout temps Sea Vixen FAW2), du squadron 849 Det.A (4 avions de guêt aérien Gannet AEW.3), du squadron 814 (cinq hélicoptères ASM Wessex HAS.3) et un Wessex de recherche et de sauvetage.

La Royal Navy ayant été obligée d'abandonner une aéronavale conventionnelle, l'Hermes fût transformé en commando carrier après une refonte de mars 1971 à août 1973 qui lui fit perdre ses radars, ses catapultes et ses brins d'arrêt. C'est dans cette configuration qu'il fût déployé en 1974 au large de Chypre avec l'Ark Royal, l'America et le Forrestal pour dissuader les turcs d'en finir avec les chypriotes grecs et protéger les bases britannique sur l'île.


Le HMS Hermes à Montréal en 1975

En 1976, l'Amirauté décide de l'affecter à la lutte ASM, l'Hermes embarquant à cette occasion neuf Westland Sea King et quatre Westland Wessex. Au cours d'une nouvelle refonte à Portsmouth en 1980/81, il reçut un tremplin muni d'un angle de sortie de 7.5° pour permettre l'embarquement de Harrier à la place de Wessex.

Le HMS Hermes aurait du être désarmé en 1982 mais il connu une prolongation en raison du déclenchement de la guerre des Malouines. Le 2 avril 1982, l'Argentine envahit les Malouines,la junte espérant ainsi redorer son blason à moindre frais persuadée que la Grande Bretagne ne réagirait pas. C'était mal connaître Margareth Tatcher qui ordonna aussitôt à l'armée britannique de reprendre ces îles. Il fallait montrer que le lion britannique avait encore des griffes.


Le HMS Hermes en 1982

Alors que la Royal Navy connaissait une période de vache maigre, elle réussit pourtant à envoyer dans l'Atlantique Sud une puissante escadre composée notament des porte-aéronefs Invincible et Hermes qui avec leur escorte et leurs navires de soutien appareillèrent pour l'Atlantique Sud le 5 avril 1982.

Navire amiral de l'opération Corporate, le HMS Hermes embarquait pour cette mission de reconquête des Falklands 26 Harrier de la FAA et de la RAF, 10 Sea King ainsi qu'un troop du SAS et des Royal Marines.

Conscients que la propagande de la junte argentine ferait ses choux gras de la destruction de l'Hermes, il fût décidé que le vétéran resterait hors de portée des forces argentines ce qui obligea les pilotes de Harrier à opérer à la limite de leur rayon d'action.

Les premières opérations aériennes menées par l'Hermes eurent lieu le 1er mai quand des Sea Harrier armés de bombes de 454kg décollèrent pour bombarder les aérodromes de Port Stanley et de Goose Green complétant l'action menée par un Avro Vulcan décollant de l'île d'Ascension la veille (opération Black Buck 12000km de vol et plusieurs ravitaillement en vol).

Outre les Harrier, l'Hermes déployaut des Sea King pour protéger la flotte des sous marins argentins et compenser l'absence de capteur radar aéroporté.

Dans l'après midi du 1er mai, on faillit assister à une bataille aéronavale quand le Veinticinco de Mayo se mit en position pour attaquer les forces britanniques mais à l'aube, les conditions météo devinrent dantesques et l'attaque fût annulée et comme dans la journée du 2 mai, le Conqueror torpilla le croiseur léger General Belgrano et le porte-avions argentin regagna son port et ne sortit plus jusqu'à la fin du conflit.

Les deux porte-aéronefs multiplièrent les missions de défense aérienne et d'appui au sol. Le 19 mai 1982, l'Hermes mit le cap vers le continent pour lancer un Sea King HC Mk4 en mission spéciale mais cet appareil (qui transportait des SAS pour neutraliser les avions argentins sur leurs bases)s'écrasa sur la frontière entre l'Argentine et le Chili.


Le HMS Hermes au retour à Portsmouth après les Malouines. Un carénage ne sera pas un luxe

Les britanniques débarquèrent le 21 mai en baie de San Carlos et assurèrent la reconquête des îles jusqu'à l'offensive contre Port Stanley (11-13 juin 1982). La capitale est encerclée et le lendemain, 14 juin, le commandant en chef des forces argentines Mario Menendez accepta de se rendre et les britanniques annoncèrent officiellement la fin des opérations le 20 juin 1982 quand les îles Sandwich du Sud furent reprises.

Après son retour en Angleterre, l'Hermes subit un grand carénage de quatre mois qui l'immobilisa jusqu'en novembre 1982. Il reprit ensuite son activité routinière au sein de l'OTAN avec des exercices en Atlantique Nord mais aussi en Méditerranée comme Ocean Safari à l'automne 1983.


Le HMS Hermes à la mer en 1984

En 1983, l'histoire se mit à bégayer et il fût à nouveau proposé à l'Australie après l'annulation de la vente du porte-aéronefs Invincible à l'Australie (où il aurait été rebaptisé HMAS Australia) avec un squadron de Sea Harrier. Cette vente n'eut jamais lieu car le nouveau gouvernement australien avait décidé de désarmer le Melbourne en 1985 et de ne pas le remplacer.


Le HMS Hermes en 1986 dans le Plymouth Sound

Du Hermes au Viraat

Vue aérienne du INS Viraat

Placé en réserve en février 1984, l'Hermes est désarmé et rayé des registres de la Royal Navy le 12 avril 1984. La Grande Bretagne proposa le navire à la marine indienne qui cherchait à remplacer le Vikrant (un porte-avions de classe Majestic) dont le désarmement était prévu pour la fin des années quatre vingt-dix

Après avoir étudié l'acquisition d'un navire neuf (notament un porte-aéronefs semblable au Giuseppe Garibaldi), la marine indienne acheta l'ancien Hermes en avril 1986. L'ex Hermes subit un grand carénage à Devonport.

Ces travaux qui durèrent près plus d'un an virent le retubage des chaudières, une refonte complète des locaux machines, la réfection complète du point d'envol, de nouvelles installations d'aide à l'appontage, de nouveaux équipements électroniques, une protection NBC modernisée.

C'est ainsi que l'ancien Hermes fût remis en service sous le nom d'INS (Indian Navy Ship) Viraat («Géant») avec comme dévise «Jalameva Yassya Balamev Tassya' (Celui qui contrôle la mer est tout puissant ou bien encore, seul le puissant dominera la mer) le 12 mai 1987.


Le INS Viraat à quai précédé de la frégate INS Betwa (classe Bramaputhra)

Après des essais au large de Plymouth et une mise en condition opérationelle depuis Portland, le Viraat quitta l'Angleterre le 23 juillet 1987 et arriva à Bombay le 21 août. Comme un symbole, le premier ministre, Rajiv Gandhi accueillit le navire comme l'avait fait en 1961, son grand père Jawaharlal Nehru avec le Vikrant.

Durant l'été 1989, le Viraat s'entraina à une mission d'intervention héliportée pour évacuer les ressortissants indiens au Sri Lanka. Cet entrainement qui vit l'embarquement sur le porte-aéronefs du 7ème bataillon des Garhwal Rifles servit à rien puisqu'à la mi-août, la mission fût annulée.

Depuis sa mise en service, le Viraat qui à l'âge de ses artères à subit plusieurs refontes pour augmenter la durée de sa carrière opérationelle. Après avoir été immbolisé de septembre 1993 à 1995 pour des problèmes de propulsion, il subit une première grande refonte de juillet 1999 à avril 2001 _privant ainsi l'Inde de porte-avions puisque le Vikrant avait été désarmé en 1997_ . Les travaux consistèrent en la modernisation de l'appareil propulsif, une remise à niveau de l'électronique, l'installation d'une nouvelle sécurité incendie....... .

Le porte-avions subit une nouvelle refonte de juin 2003 à novembre 2004, refonte qui vit l'installation de missiles surface-air courte portée Barak. Il à subit une nouvelle refonte de janvier à août 2009 à l'Arsenal de Cochin pour prolonger sa carrière opérationelle jusqu'en 2015. Il participa ensuite à l'exercice indo-américain Malabar 2005.


L'INS Vikramaditya

En 2004, la marine indienne à acheté le porte-aéronefs russe Admiral Gorshkov qui refondu et rebaptisé Vikramaditya devrait entrer en service en 2013-2014 après de nombreux retards et l'explosion des coûts.


Représentation de synthèse de l'Indigenous Aircraft Carrier

Parallèlement, en décembre 2008 à commencé la construction dans le cadre du programme Sagarika du premier Air Defence Ship/Indigenous Aircraft Carrier baptisé Vikrant et qui doit être admis au service actif en 2015.

Le désarmement du Viraat prévu à l'origine pour 2012 pourrait ainsi être repoussé jusqu'en 2019 quand devrait être mis en service le deuxième ADS/IAC baptisé Viraat et donc la commande doit être signée en 2010 pour une admission au service actif en 2017. Néanmois, la volonté exprimée en décembre 2009 par l'amiral Nirmal Verna, CEM de la marine indienne de faire de l'IAC2 un porte-avions CTOL (Conventionnal Take Off and Landing) de 65000 tonnes pourrait aboutir à retarder la mise en service du nouveau Viraat.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 22:59

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Belle photo du HMS Hermes : on voit clairement les catapultes axiales, les deux ascenseurs et les brins d'arrêt

Déplacement : standard 23900 tonnes pleine charge 28700 tonnes

Dimensions : Albion Bulwark Centaur longueur (hors tout) 224.87m (226.90m pour l'Hermès) largeur (hors tout) : 27.4m tirant d'eau : 8.70m

Hermes longueur (hors tout) 236.14m largeur (hors tout) 45.1m tirant d'eau : 8.5m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parson alimentées par quatre chaudières Amirauté dévellopant une puissance totale de 76000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale : 28 noeuds distance franchissable : 7000 miles nautiques à 18 noeuds.

Protection : pont d'envol blindé à 20mm système propulsif protégé par 20mm de blindage alors que les soutes à munitions sont protégées par 40mm.

Electronique :

Bulwark Albion Centaur

-radar de veille aérienne type 982 et type 960

-radar d'altimétrie type 983

-radar de direction d'aviation type 277Q

Hermes (1986)

-Un radar de recherche aérienne type 965

-Un radar de veille surface type 993

-Un radar de navigation type 1006

-deux systèmes de conduite de tir pour Seacat

-Un système TACAN

-Un sonar type 184

-systèmes de guerre électronique

Viraat (Fdc 2008)

-Radar de veille aérienne RAWL-02

-Radar de veille combinée Elta EL/M-2238

-Radar de veille combinée PFN-513

-Radar de veille surface Rashmi

-Radar de conduite de tir Elta EL/M-2221 pour missiles Barak

-Un sonar type 184

-Un intercepteur Ajanta

-Un brouilleur TQN-2

-Un détecteur Elta Star

-Deux lance-leurres Knebworth Corvus

-Un TACAN FT/13 SM

-Système de direction de combat CAAIS avec liaison 10

Armement :

A leur admission au service actif, les Centaur disposaient de 32 canons de 40mm Bofors répartis en deux affûts sextuples, huit affûts doubles et quatre affûts simples.

Le Centaur ne disposait plus que de 20 canons de 40mm Bofors au moment de leur désarmement et les Albion et Bulwark au moment de sa transformation en commando carrier ne disposaient plus que de 8 canons de 40mm Bofors.

L'Hermes disposait à sa mise en service en 1959 de 10 canons de 40mm Bofors remplacés au milieu des années soixante par deux lanceurs quadruples Sea Cat.

Le Viraat dispose actuellement de deux systèmes Barak (deux lanceurs octuples), deux canons de 40mm, quatre canons de 30mm AK-230

Installations aéronautiques/Groupe aérien

Deux De Havilland Sea Vixen en vol, l'un ravitaillant l'autre

Albion Bulwark Centaur

-Pont d'envol de 216m de long sur 30m de large pour le Centaur à la construction qui fût augmenté à 37m de large avec l'installation d'une piste oblique orienté à 6.5° à babord.

-Deux ascenseurs axiaux de 16.46m de long sur 13.41m de large d'une capacité de 15.9 tonnes

-Hangar de 100.28m de long sur 18.9m de large et 5.3m de haut

-Une catapulte hydraulique axiale puis deux catapultes à vapeur axiales
-Quatre brins d'arrêt

Hermes

-Pont d'envol de 226.9m de long sur 44m de large avec une piste oblique orientée à 6.5°

-Hangar de 111m de long sur 18.9m de large et 5.3m de haut

-Un ascenseur axial de 16.46m de long sur 13.41m de large et un ascenseur latérale devant la piste oblique de 16.46m de long sur 10.7m de large, les deux pouvant supporter de 15.9 tonnes

-Deux catapultes à vapeur axiales

-Cinq brins d'arrêt

-Le groupe aérien se composait à l'origine de 42 avions réduit à 29 avec l'apparition des appareils à réaction. Actuellement le Viraat dispose de 12 Harrier et de 9 Sea King

Equipage : 1350 officiers et matelots à l'origine passé à 1596 pour l'Hermes à la fin de sa carrière.


Le Supermarine Scimitar

SOURCES

-Flotte de Combat 2008

-Alexandre Sheldon-Duplaix Histoire mondiale des porte-avions

-Encyclopédie des armes Edition Atlas tome 2 «Les porte-avions modernes p461-480» (le Hermes p474 et les porte-aéronefs de la Royal Navy au combat p476-478)

-Marines et Forces Navales HS n°11 «L'aéronautique navale 1939-1945»

-Marines et Forces Navales n°102 «L'aéronavale indienne en pleine transition» p4-33

-Ressources internet diverses


FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : CUIRASSE DANTE ALIGHIERI


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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 23:13

Bonsoir Claus,

bien très intéressant je ne connaissait que très peu l'histoire de ces PA trop petits pour être honnêtes

pour ce qui est du croiseur 152 que l'on voit sur la première photo je pense qu'il s'agit d'un Ceylon peut être le New foundland

Petite précision sur l'Audacity il n'avait pas de hangar et ses 6 Martlet (dont le 802 NAS fut équipé en raison d'une pénurie de Hurricane) étaient stockés en plein air sur le pont d'envol.
Le fait qu'il travailla avec l'Escort Group 2 du célèbre CV Walker n'est pas étranger à sont palmarès en U Boot que ses avion aidèrent à débusquer.

L'Audacity était une prise de guerre et ce statut juridique particulier le fit choisir par l'Amirauté pour devenir le premier PA d'escorte. En effet le Ministère des transport fit les pires difficultés pour livrer des cargos à la transfo en PA d'escorte alors qu'à la même époque les alliés étaient en pleine pénurie avec 100 navire perdus tous les mois...

C'est une des explications des livraisons américaines mais çà n'est pas la seule
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 23:14

Super article Claus
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 23:19

pascal a écrit:
Bonsoir Claus,

bien très intéressant je ne connaissait que très peu l'histoire de ces PA trop petits pour être honnêtes

pour ce qui est du croiseur 152 que l'on voit sur la première photo je pense qu'il s'agit d'un Ceylon peut être le New foundland

Petite précision sur l'Audacity il n'avait pas de hangar et ses 6 Martlet (dont le 802 NAS fut équipé en raison d'une pénurie de Hurricane) étaient stockés en plein air sur le pont d'envol.
Le fait qu'il travailla avec l'Escort Group 2 du célèbre CV Walker n'est pas étranger à sont palmarès en U Boot que ses avion aidèrent à débusquer.

L'Audacity était une prise de guerre et ce statut juridique particulier le fit choisir par l'Amirauté pour devenir le premier PA d'escorte. En effet le Ministère des transport fit les pires difficultés pour livrer des cargos à la transfo en PA d'escorte alors qu'à la même époque les alliés étaient en pleine pénurie avec 100 navire perdus tous les mois...

C'est une des explications des livraisons américaines mais çà n'est pas la seule

Merci pour ces précisions Pascal. Pour le croiseur je savais que c'était un Crown Colony mais faute de marque de coque et comme la photo n'est pas de super bonne qualité je n'ai pas osé proposé de nom (j'aurais pu trouver les navires encore en service à cette époque, la photo ayant été prise au plus tard en 1969 date de retrait des Scimitar)

Pour l'Audacity, Walker ne croyait pas dans l'utilité d'un porte-avions et il est difficile de ne pas partager son scepticisme du moins au début à une époque où les CVE étaient intégrés aux convois sans pouvoir manoeuvrer aisement. Walker se repprochera longtemps cette perte.

Quand aux livraisons américaines, la mise en service de certains furent retardés car les britanniques trouvaient dangereux le système d'alimentation en carburant ce qui ulcéra les américains.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Jeu 27 Mai 2010, 23:33

Les chantiers Burrard's de Vancouver et un autre à Esquimalt ne réalisèrent pas moins de 150 modifs sur les 23 Ameer/Ruler celà immobilisait le bâtiment durant 6 longues semaines soit 30% du temps de construction moyen d'un Casablanca
Ces modifs étaient très lourdes et complexes elles concernaient la structure du navire (cloisonnement, circuits avgas, pont d'envol, tanks et doutes à munitions, réchauffe à la vapeur des affut d'artillerie -empêcher le gel) et les américains lancés dans un programme de construction à la chaîne ne voulaient pas ralentir le rythme de leurs productions ce qui explique ce rattrapage ait été fait ailleurs.

Les Casablanca aux coques plus petites ne bénéficièrent pas de ces modifs qui sauvèrent la mise au Nabob et au Thane en 44
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Ven 28 Mai 2010, 18:15

J'aime bien le projecteur sur le toit de la passerelle

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Ven 28 Mai 2010, 18:26


JollyRogers a écrit:
J'aime bien le projecteur sur le toit de la passerelle

C'est pour surveiller les vaisseaux Klingon dans l'espace, depuis la terre. N'oublie pas qu'a l'époque, l'USS enterprise naviguait, aussi bien sur mer....que sur les écrans TV
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Ven 28 Mai 2010, 22:20

pascal a écrit:
Les chantiers Burrard's de Vancouver et un autre à Esquimalt ne réalisèrent pas moins de 150 modifs sur les 23 Ameer/Ruler celà immobilisait le bâtiment durant 6 longues semaines soit 30% du temps de construction moyen d'un Casablanca
Ces modifs étaient très lourdes et complexes elles concernaient la structure du navire (cloisonnement, circuits avgas, pont d'envol, tanks et doutes à munitions, réchauffe à la vapeur des affut d'artillerie -empêcher le gel) et les américains lancés dans un programme de construction à la chaîne ne voulaient pas ralentir le rythme de leurs productions ce qui explique ce rattrapage ait été fait ailleurs.

Les Casablanca aux coques plus petites ne bénéficièrent pas de ces modifs qui sauvèrent la mise au Nabob et au Thane en 44

d'où la catastrophe du Liscome Bay......

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Sam 29 Mai 2010, 05:29

oui il lui arriva la même chose qu'à l'Avenger ignition et explosion catastrophique d'une soute à munition suite à un impact torpille c'est pour çà que les Ameer Ruler ne furent plus dotés que d'une soute et surtout d'un seul réservoir "avgas"
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Sam 29 Mai 2010, 14:12

Cette différence de point de vue (en matière de protection sur les CVE), fut à l'origine de sévères tensions entre la royal navy et l'us navy au printemps/été 1943...
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Sam 29 Mai 2010, 16:51

oh oui mais les britanniques n'avaient guère le choix ils avaient besoin de ces navires et seuls les américains pouvaient leur fournir en nombre, en temps (13 mois pour construire un Ruler), en heure ... et gratuitement !
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Mar 13 Juil 2010, 09:29

Clausewitz, un tout grand merci pour cet article consacrés à de bien jolis bateaux. Une note amusante, puisqu'ils furent presque tous engagés dans le SE asiatique:

Les Britanniques parlent de "Malaysian Emergency" et de "Indonesian Confrontation" pour ce qui fut une véritable guerre, d'une intensité comparable à la Guerre d'Indochine, sinon plus grave encore.

Cet understatement n'est nullement une manifestation du sens de l'humour british, il obéissait à une réalité nettement plus prosaïque: Les Assurances Lloyds avaient annoncé que toutes leurs couvertures seraient levées en cas de guerre. Le gouvernement Britannique décida donc de soigneusement bannir le mot "War" de son vocabulaire...

Or, pendant ce temps, outre les PA et PH évoqués ici, les bombardiers V (Vaillant, Vulcan, Victor) pilonnaient les "rebelles" au même rythme que les B-52 au Vietnam (et par rapport à leur mission de Dissuasion Nucléaire, les équipages de la RAF se considéraient en vacances...).

La comparaison avec le Vietnam ne s'arrête pas là: dans son livre Leaders, Richard Nixon consacre un chapitre entier au général Britannique Walker (si je me souviens bien), mis sur pied d'égalité avec d'autres leaders tels que Churchill, Mao-tse-toung, Chou-en-lai.

Il était certes le double vainqueur des "Malaysian Emergency" et "Indonesian Confrontation". mais c'était tout de même là lui faire beaucoup d'honneur. Sauf à expliquer la fascination qu'il exerça sur Nixon, lui même vaincu du Vietnam, victime Républicaine d'une guerre Démocrate.

Excellente Journée
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Mar 13 Juil 2010, 14:44

Merci de cette précision. A vrai dire je connais assez mal les conflits de cette période, une lacune que je devrais combler thumleft

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Dim 29 Aoû 2010, 03:11

Vraiment super j'adore mais petite précision sur la première photo tu avais l'air d'hésiter sur la classe du croiseur a coter du HMS Hermes mais il s'agit bien d'un Colony. Cette classe est très semblable a la classe Edinburgh et a la classe Town mais comparer a c'est derniere les cheminés des Colony sont droite alors que les Edinburgh et les Town sont en angle!

Mais super Travail!
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Dim 29 Aoû 2010, 18:13

Merci l'ami; Les croiseurs légers de la marine britannique ne sont pas les navires les plus familliers pour moi. thumleft

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY PORTE-AVIONS CLASSE CENTAUR   Dim 29 Aoû 2010, 18:58

Bah je m'y connais pas si mal coter croiseur Anglais mais aussi coter Amerlok ^^
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