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 ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER

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clausewitz
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MessageSujet: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 20:38

CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER
(ALLEMAGNE)


Vue aérienne du Derfflinger à la mer.

AVANT PROPOS

En 1904, le Britannia rules the waves qui à fait la fortune de Londres au 19ème siècle est toujours d'actualité mais si la devanture est encore belle, l'arrière boutique fait peine à voir. La raison peut être résumée par un seul mot : Weltpolitik. La politique mondiale de Guillaume II mis en musique par Tirpitz voit la Kaiserliche Marine se métamorphoser, passant en seulement quelques années d'une marine essentiellement côtière à une marine océanique capable de poser de sérieux problèmes à la marine britannique dans son contrôle de la mer du Nord.

1904, c'est aussi l'arrivée au poste de First Sea Lord de l'amiral John Arbuthnot Fisher, plus précisément le 21 octobre 1904, le jour anniversaire de la bataille de Trafalgar. Avec lui, la «Belle endormie» qu'était la Royal Navy se reveilla, John Fisher bousculant les habitudes, rayant d'un seul coup 154 navires, justifiant cette décision par un aphorisme so british «too weak to fight and too slow to run away» («Trop faible pour combattre et trop lent pour s'enfuir»).


La classe Lord Nelson _ici le HMS Agamemnon_ fût la dernière classe de prédreadnought de la Royal Navy

A l'époque de la «révolution fishérienne», le cuirassé était un navire de 15 à 18000 tonnes, filant à 18-20 noeuds avec un armement hététrogène. Ces cuirassés vivaient cependant les derniers jours car dans tous les pays on envisageait un véritable bouleversement dans l'architecture navale avec notament une artillerie principale uniforme qui facilitait le stockage des munitions et la conduite de tir.


Le HMS Deutschland et ses quatre sister-ship constituèrent les équivalents des Lord Nelson

Les américains avec leurs Michigan auraient été les premiers à mettre en service un «All Big Gun Battleship» sans la célérité de «Jacky» Fisher qui précipita les choses pour construire, lancer, armer et mettre en service le premier navire d'une nouvelle race de cuirassés.


Le HMS Dreadnought

Baptisé HMS Dreadnought, le nouveau fleuron de la Royal Navy est construit en un temps record : mis sur cale à l'Arsenal de Porsmouth le 2 octobre 1905, lancé le 10 avril 1906 et admis au service actif le 2 décembre 1906 soit seulement quatorze mois entre la mise sur cale et l'admission au service actif !

La mise en service de «celui qui qui ne craint rien» («who dear nothing») ringardise des dizaines de cuirassés et toutes les marines du monde planifient ou accélèrent la construction de cuirassés type dreadnought (et donc par conséquence, les cuirassés les plus anciens sont baptisés prédreadnought).


La Classe Nassau _ici le SMS Rheinland_ constitue la réponse allemande au nouveau cuirassé anglais

La Kaiserliche Marine ne peut évidement pas laisser passer une telle opportunité. Elle mit ainsi sur cale à partir de 1907 les quatre cuirassés de classe Nassau (Nassau, Posen, Rheinland,Westfalen) qui entrèrent en service en 1909 et 1910. A la différence des autres pays, ces cuirassés de 18570 tonnes étaient armés de 12 canons de 280mm en six tourelles doubles (quatre latérales, une avant et une arrière). Ils connurent une carrière active, participant notament à la bataille du Jutland. Le Nassau fût saisi et feraillé par le Japon, les trois autres connaissant le même sort mais par des chalumeaux anglais en 1920.


Le SMS Helgoland

Les Helgoland qui sucédèrent aux Nassau marquèrent l'abandon du 280mm pour le plus courant 305mm qui était un calibre universel puisqu'utilisé par toutes les grandes marines mondiales. Les quatre navires de cette classe (Helgoland, Ostfriesland, Oldenburg et Thüringen) furent mis en service en 1911 (1912 pour le Oldenbourg), affichant un déplacement de 22808 tonnes et un armement composé de 12 canons de 305mm en six tourelles doubles (une avant une arrière et quatre latérales).

Leur carrière fût particulièrement active entre la couverture d'un raid de bombardement sur les côtes britanniques menées par des croiseurs de bataille, la bataille du Dogger Bank (pas engagés), la bataille du Golfe de Riga et la bataille du Jutland.

Ces navires ne furent pas conservés par la nouvelle Reichmarine qui du les céder aux vainqueurs, le Helgoland par la Grande Bretagne, le Oldenburg par le Japon qui le fit démolir aux Pays Bas, le Ostfriesland par les Etats Unis qui l'utilisèrent comme cible pour des essais de bombe et enfin le Thüringen par la France mais ce dernier fût sabordé par son équipage.


Le SMS Kaiser

Les Helgoland furent suivis par les cinq cuirassés de classe Kaiser (Kaiser, Friedrich der Gross, Kaiserin, Prinzregent Luitpold et König Albert) qui furent les premiers cuirassés allemands à disposer de tourelles superposés et être propulsés par des turbines.

Déplaçant 25000 tonnes standard, ces navires étaient armés de 10 canons de 305mm en cinq tourelles doubles (une avant, deux latérales et deux arrières) connurent une carrière opérationnelle riche avec des bombardements contre l'Angleterre et la participation à la bataille du Jutland. Internés à Scapa Flow, les cinq Kaiser furent sabordés par leurs équipages le 21 juin 1919 pour ne pas être cédés à des marines étrangères.


Le SMS König

Les König qui suivirent furent les derniers dreadnought allemands armés de canons de 305mm. Composée de quatre navires (König, Grosser Kurfürst, Markgraf et Konprinz Wilhem) de 26000 tonnes standard entrés en service en 1914, ils étaient dérivés des précédents avec un armement identique (10 canons de 305mm) mais répartis différement puisque deux tourelles occupaient la plage avant, une l'arrière et la dernière le centre du navire. Après une carrière particulièrement active, les quatre König rassemblés à Scapa Flow furent tous sabordés le 21 juin 1919.


Après le dreadnought, le superdreadnought avec le premier d'entre-eux, le HMS Orion

Cette course aux armements prenait chaque jours des apparences de plus en plus folle. Le Dreadnought et ses successeurs directs n'ayant plus le monopole de la puissance sur les mers, les britanniques passèrent à la vitesse supérieure en construisant la classe Orion qui avec ses dix canons de 343mm en cinq tourelles doubles marquait l'apparition du superdreadnought.

Les allemands qui avaient déjà réagit en troquant le 280mm contre le 305mm ne pouvaient pas espérer égaler numériquement la Grand Fleet et comme les japonais plus tard misèrent sur le qualitatif avec leurs quatre cuirassés de classe Bayern (Bayern Baden Würtemberg et Saschen) armés de 8 canons de 380mm obligeant les britanniques à armer leurs cinq Queen Elizabeth de canons d'un calibre équivalent. A la différence des classes précédentes, seuls les deux premiers furent achevés, les Wurtemberg et Saschen n'ayant pas connu le service actif en raison d'autres priorités.


Le SMS Bayern

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 20:51

GENESE DES DERFFLINGER

L'une des obssessions de Fisher était la vitesse selon l'adage «Speed is armour» (la vitesse vaut bien un blindage). Impressioné par la victoire japonaise à la bataille de Tsushima les 27 et 28 mai 1905 où les cuirassés et les croiseurs de bataille de l'amiral Tojo écrasèrent la flotte russe de la Baltique de l'amiral Rojestvenski, il imagina un «cuirassé rapide» capable de neutraliser les éclaireurs ennemis (croiseurs cuirassés, torpilleurs et destroyers) avant d'utiliser sa vitesse supérieure pour échapper aux cuirassés «orthodoxes».

A cette époque, les turbines comme les machines alternatives étaient faiblement puissante. Comme tout système de combat, le cuirassé est un savant compromis entre la vitesse, l'armement et la protection.

Les plaques de blindage étant _malgré les progrès constants de la métallurgie_ encore aussi lourdes qu'épaisses et comme on ne pouvait pas sacrifier l'armement, les cuirassés qu'ils soient de type dreadnought ou prédreadnought étaient lents (20-21 noeuds maximum). Comme la vitesse était l'élément fondamental des futurs croiseurs de bataille et que ces navires devaient pouvoir écraser les croiseurs cuirassés, le seul élement «sacrifiable» était la protection qui était réduite de manière drastique (par exemple si on prend l'exemple de la ceinture blindée, celle du Dreadnought est épaisse de 102 à 279mm et celle de l'invincible est épaisse de 102 à 152mm).


Le HMS Invincible est le premier croiseur de bataille de l'histoire

Les premiers croiseurs de bataille de l'histoire formèrent la classe Invincible (Invincible, Inflexible et Indomitable). Il s'agissait de navires 18000 tonnes, filant à 27 noeuds avec un armement composé de 8 canons de 305mm en quatre tourelles doubles et de 16 canons de 102mm en affûts simples ou en casemates. Si l'Inflexible et l'Indomitable survécurent à la guerre, l'Invincible fût coulé à la bataille du Jutland.


Le premier croiseur de bataille allemand : le Von der Tann

Comme pour les cuirassés, il y eu une course au croiseur de bataille bien que l'amiral Tirpitz n'était pas un chaud partisan du croiseur de bataille, considérant à la différence de l'amiral Fisher que priver un cuirassé de son blindage et faire confiance aux cinq noeuds d'écart avec les cuirassés «orthodoxes» était une véritable hérésie. Aussi si il fit construire des Battlecruiser ce ne fût que pour répondre aux anglais mais en veillant à ce que leur protection soit bien meilleure.


Le HMS Indefatigable et ses deux sister-ship n'étaient que des versions améliorées des Invincible

Aux Invincible répondirent ainsi l'unique Von der Tann mais quand apparurent les trois Indefatigable (Indefatigable Australia et New Zealand), les allemands construisirent la classe Moltke composé de deux navires, les Moltke et Goeben auxquels certains auteurs ajoutent le Seydlitz.


Ci-dessus le Goeben et ci-dessous, son demi frère, le Seydlitz


Tous ces croiseurs de bataille étaient armés comme des cuirassés de type dreadnought et aussi quand apparu, le superdreadnought, il paru logique que naisse le «superbattlecruiser», un croiseur de bataille aussi bien armé qu'un superdreadnought.


Le HMS Lion

Comme précédement ce fût la Royal Navy qui tira en premier avec la classe Lion (Lion Princess Royal Queen Mary), admis au service actif en 1912 pour les deux premiers et 1913 pour le troisième. Il s'agissait de navires de 26250 tonnes, filant à 27.5 noeuds avec un armement composé de 8 canons de 343mm en 4 tourelles doubles, de 16 canons de 102mm et de 2 tubes lance-torpilles de 533mm. On pourrait également ajouter le Tiger semblable aux Lion mais bénéficiant de certaines améliorées inspirées par le Kongo construit pour le Japon.

Les allemands ne pouvaient pas laisser les britanniques prendrent une telle avance. Aussi, la course continua dans le domaine des croiseurs de bataille. Profitant de l'émotion provoquée par la crise d'Agadir, l'amiral Tirpitz fit voter en 1912 une cinquième loi navale qui finança la construction de trois croiseurs de bataille.

Jusque là, les allemands avaient armés leurs croiseurs de bataille de leur traditionnel 280mm (11pouces) avec 8 canons pour le Von der Tann et 10 canons pour les Moltke et le Seydlitz, canons répartis en tourelles doubles.

La mise au point des Lion avait provoqué un gouffre car si avec le 280mm, les allemands pouvaient tenir le menton au 305mm britannique, ce n'était plus le cas avec le 343mm. La Kaiserliche Marine en avait tiré les conséquences en choisissant d'armer les Helgoland de canons de 305mm pour répondre à l'apparition des Orion et firent donc de même avec leur nouvelle classe de croiseurs de bataille.


Les études qui allaient aboutir à la classe Derfflinger commencèrent en octobre 1910 pour aboutir seulement deux ans plus tard, en octobre 1912. Cette longue genèse s'explique par de nombreuses hésitations chez les architectes navals allemands, l'une des étude envisageant même une propulsion mixte avec trois lignes d'arbre, les deux lignes extérieures étant entrainées par des turbines à vapeur et la ligne centrale par des moteurs diesels.

Le choix du canon de 305mm ne fit pas l'unanimité, l'amiral Tirpitz étant contre mais les architectes navals allemands restèrent ferment sur leurs positions, convaincus que les Grossen Kreuzer seraient probablement amenés à combattre des cuirassés et que les cuirassés britanniques voyaient leur protection renforcée notament au niveau de la ceinture qui approchait les 300mm.

Outre ce changement d'armement principal, les Derfflinger marquèrent un changement dans l'allure avec une proue élégament élancée avec un pont ras. La protection _obssession de l'amiral Tirpitz_ fût revue alors qu'elle devait être semblable à celle du Seydlitz.

Privilégiant la précision du tir à la cadence, les allemands installèrent au moins sur le premier de la classe, un système de citernes destinés à stabiliser le navire mais il semble que le système ne fût pas utilisé ou se révéla inefficace.

Les trois derniers croiseurs de bataille de la marine allemande connus à l'origine sous les noms respectifs de Grossen Kreuzer K, Ersatz Kaiserin Augusta et Ersatz Herta furent donc baptisés Derfflinger Lützow et Hindenburg.


Schéma de la classe Derfflinger

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 21:07

HISTORIQUE

Le SMS Derfflinger

Le Derfflinger en 1914

Présentation

Le SMS Derfflinger peu de temps avant son lancement

-Le SMS Derfflinger est mis sur cale aux chantiers navals Blohm & Voss d'Hambourg le 30 mars 1912 lancé le 17 juillet 1913 (après une première tentative réalisée le 14 juin) et admis au service actif le 1er septembre 1914.


Le nouveau croiseur de bataille rend hommage à Georg von Derfflinger (Neuhofen and der Krems, Haute Autriche 20 mars 1606-Gusow Platkow, Brandebourg 14 février 1695).

Fille d'une famille protestante modeste, il du quitter sa région natale pour des raisons de persécutions religieuses. Comme de nombreux militaires de son temps, il se vendit au plus offrant, effectuant une bonne partie de sa carrière au sein de l'armée suédoise.

Cavalier émérite, il parvint à convaincre le Grand Electeur, Frederich Wilhelm, électeur de Brandebourg de lui offrir un poste émérite au sein d'une armée promise à un brillant avenir. Son mariage en 1646 lui permis d'intégrer la noblesse brandebourgeoise. Il réalisa la réforme de la cavalerie et de l'artillerie.

Participant à la guerre de Trente Ans, il participa ensuite à la guerre contre la Suède, les chassant en 1675 du territoire du Brandebourg, prennant par ruse la forteresse de Rathenow avant de remporter la bataille décisive de Fehrbellin. Sa dernière campagne se déroula en 1690 contre Louis XIV alors qu'il était âgé de 84 ans.

Le Derfflinger en guerre (1) : bombardements sur l'Angleterre, bataille du Dogger Bank et.......bombardements sur l'Angleterre.

Le Derfflinger connu son baptême du feu lors d'une mission de bombardement sur l'Angleterre destinée in fine à provoquer la sortie de la flotte britannique pour un affrontement que la marine allemande souhaitait décisif.


Le SMS Derfflinger : une silhouette tout en élégance

Les allemands engagèrent le 1er et le 2ème groupe d'éclairage composé des croiseurs légers Kolberg, Strassburg, Stralsund et Graundez, de deux flottilles de torpilleurs (18 navires au total), des croiseurs de bataille Seydlitz, Moltke, Von Der Tann, Derfflinger et du croiseur cuirassé Blücher.

La force de l'amiral Hipper appareilla à 3.20 le 15 décembre 1914 suivit quelques heures plus tard par le gros de la flotte de haute mer mais cette dernière tomba sur des destroyers britanniques et craignant une attaque à la torpille de nuit, l'amiral Ingenohl ordonna la retraite.

A l'approche de la côte britannique, les navires de l'amiral Hipper se divisèrent en deux groupes avec d'un côté le Seydlitz, le Moltke et le Blücher chargés de pilonner Hartlepool alors que le Von Der Tann et le Derfflinger étaient chargés de bombarder Scarborough et Whitby.

A 8.15, le Kolberg commença à mouiller des mines, un quart d'heure après le début du bombardement de Scarborough mené par le Derfflinger et le Von Der Tann, bombardement qui s'acheva à 9.30.

A la différence de Scarborough, Hartlepool était défendu par trois batteries de canons de six pouces ce qui représentait une menace non négligeable même pour des croiseurs de bataille. Les batteries furent mises en alerte à 7.46 quand de grands navires de guerre furent signalés.

Le bombardement commença à 8.10 sans que les britanniques qui ne disposaient dans la région que de quatre destroyers, de deux croiseurs légers et d'un sous marin ne puissent réagir. Les batteries côtières britanniques se montrèrent suffisament précis pour obliger le Blücher à changer de position après avoir été encadré à plusieurs reprises.

Le bombardement d'Hartlepool provoqua la mort de 86 civils tandis que 424 étaient blessés. Sept soldats étaient tués et quatorze blessés.1150 obus furent tirés. Côté allemand, huit marins avaient été tués et douze blessés. Le bombardement cessa à 8.50, les navires allemands quittant la zone.

La Grand Fleet avait appareillé dès le 15 décembre de Scapa Flow avant même que les allemands ne commencent leur attaque. Le lendemain, 16 décembre 1914 à l'aube, des destroyers britanniques tombèrent sur des destroyers et des croiseurs mais l'engagement confus se termina sur un match nul.

Les deux adversaires hésitèrent à engager le combat, craignant de se retrouver en infériorité numérique contre l'adversaire.

De son côté l'amiral Hipper regroupa ses forces et le 16 décembre 1914 à 9.30, il ordonna le retour en Allemagne, apprenant que la flotte de haute mer avait regagné l'Allemagne, le laissant à découvert. Les inombrables hésitations de l'amiral Beatty sauva les allemands qui purent rentrer au port sans difficultés, la Grand Fleet regagnant ses bases le 17 décembre 1914.


Vue aérienne du Derfflinger

Au début du mois de janvier, les allemands apprirent que les britanniques menaient d'intenses missions de reconnaissance dans la région du Dogger Bank.

Le chef d'état major de la Hochseeflot, le contre-amiral Richard Eckermann demanda au chef de la 1ère force d'éclairage de monter une mission de nettoyage ce que le contre-amiral Ingehol accepta avec réticence puisqu'il était privé du Von der Tann alors en carénage.

Le 23 janvier, l'amiral Hipper, chef de la force d'éclairage appareilla à bord du Seydlitz suivit par le Moltke, le Derfflinger et le Blücher suivit par les croiseurs légers Graudenz Rostock Stralsund et Kolberg et 19 torpilleurs de la 5ème flottille et d'une partie des 2ème et 18ème flottilles.

Malheureusement pour les allemands, les britanniques pouvaient décrypter les communications allemandes et connaissaient l'ordre d'appareillage et plus important que tout connaissaient l'objectif à savoir le Dogger Bank.

Pour contrer Hipper, les britanniques firent appareiller le 1st Battlecruiser Squadron (HMS Lion, Tiger et Princess Royal), le 2nd Battlecruiser Squadron (HMS New Zealand et Indomitable), le 1st Light Cruiser Squadron (HMS Southampton, Birmingham, Nottingham et Lowesoft) qui retrouvèrent la Harwich Force (HMS Aurora Arethusa et Undaunted et 35 destroyers) le 24 janvier à 8.00 à 30 miles nautiques au nord du Dogger Bank.


Le Derfflinger en 1915

Le lendemain à 7.20 du matin le 24 janvier 1915, le croiseur léger Arethusa repéra son homologue allemand, le SMS Kolberg. Un quart d'heure plus tard, Hipper qui avait localisé la force de Beatty ordonna de mettre cap au sud à 20 noeuds pour échapper aux britanniques, accélérant ensuite à 23 noeuds, la vitesse maximale du Blücher.

Beatty ordonna à ses croiseurs de bataille de pousser les feux pour rattraper les allemands. Les New Zealand et Indomitable plus lents que les autres furent bien vite lachés mais le HMS New Zealand fût capable d'ouvrir le feu sur le Blücher à 9.35 et après une heure de tir, le New Zealand avait neutralisé la tourelle avant du croiseur cuirassé, bientôt rejoint par l'Indomitable. Après avoir encaissé 147 obus, le Blücher chavira. Quand au Derfflinger, il ne fût touché qu'une fois mais les dégâts provoqués étaient négligeables.

Le Derfflinger participa à une nouvelle expédition de bombardement contre les villes de Yarmouth et de Lowestoft les 24 et 25 avril 1916. Malade, l'amiral Hipper céda le commandement à son adjoint, le contre-amiral Friedrich Bödicker.

La force allemande se composait des croiseurs de bataille Derfflinger, Lützow, Moltke, Seydlitz et Von Der Tann accompagnés par quatre croiseurs légers et deux flottilles de destroyers qui appareilla en fin de matinée le 24 avril suivit par la flotte de haute mer en début d'après midi pour couvrir les navires du contre-amiral Bödicker. Les britanniques mis au courant de la sortie allemande firent appareiller la Grand Fleet en fin d'après midi le 24 avril 1916.

A 15.38, le Seydlitz heurta une mine qui provoqua une brèche de 50m, embarquant près de 1400 tonnes d'eau ce qui l'obligea à se replier couvert par les croiseurs légers à la vitesse de quinze noeuds. Les quatre croiseurs de bataille restant n'abandonnèrent par l'opération mais modifièrent leur trajectoire pour éviter d'autres mines. A 16.00, le Seydlitz stoppa et Bödicker se transporta sur le Lützow grâce au torpilleur V28.

A 4.50 le 25 avril, les croiseurs de bataille allemands accompagnés par les croiseurs légers Rostock et Elbing étaient arrivés à proximité de Lowestoft. Les croiseurs légers allemands tombèrent alors sur les croiseurs légers et les destroyers de la Harwich Force mais cela ne détourna pas les allemands de leur bombardement sur Lowestoft.

Le bombardement s'acheva à 5.20, les navires allemands gagnant Yarmouth qui fût bombardée de 5.42 à 5.47 en raison d'une faible visibilité. La Harwich Force engagea les allemands mais l'escarmouche ne donna rien et les allemands informés de la sortie de la Grand Fleet de Scapa Flow décidèrent de rentrer dans leurs bases.


Autre photo du Derfflinger au mouillage

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 21:17

«Iron Dog» : le Derfflinger à la bataille du Jutland (31 mai-1er juin 1916)

Vue avant du Derfflinger

Depuis le début du conflit, les marines britanniques et allemandes jouent au jeu du chat et de la souris, cherchant sans cesse l'occasion de l'affrontement décisif qui aboutira soit à un contrôle absolu de la mer du Nord par la Royal Navy ou une neutralisation de cette mer, la Kaiserliche Marine se sachant en infériorité numérique ne se fait guère d'illusions sur sa capacité à interdire la NordSee à la Grand Fleet.

Cette occasion va enfin se présenter au mois de mai 1916 pour ce qui reste comme le plus grand affrontement naval de tous les temps, seule la bataille du golfe de Leyte en octobre 1945 pouvant oser se comparer à la bataille du Jutland.

Cette bataille à été provoquée par les allemands qui sortant de leur tactique de Fleet-in-Being avaient décidé une reconnaissance en force avec toute la Hochseeflot dans le Skagerrak entre la Norvège et le Danemark pour attirer un détachement de la marine britannique et l'écraser.

Malheureusement pour eux, les allemands ignoraient que depuis octobre 1914 et la capture à bord du croiseur léger Magdebourg, des livres de codes par les russes, la Royal Navy et sa Room 40, less britanniques pouvaient décrypter les messages allemands et dès l'annonce de ce plan, les croiseurs de bataille de l'amiral Beatty appareillèrent de la base de Rosyth dans le Firth of Forth pendant que les cuirassés de l'amiral Jellicoe faisaient de même depuis leur antre de Scapa Flow.

Les deux marines ont compris que cette bataille pouvaient décider du sort de la guerre. Aussi, tous les navires disponibles ont appareillé :

Royal Navy : la force de l'amiral Jellicoe (navire amiral : Iron Duke) se composait des navires suivants :

-2ème escadre de ligne (1ère division : King George V Ajax Centurion et Erin 2ème division : Orion Monarch Conqueror et Thunderer 5ème division : Colossus Collingwood, Neptune, Saint Vincent et 6ème division : Marlborough Revenge Hercules et Agincourt)

-4ème escadre de ligne (3ème division : Royal Oak, Superb et Canada 4ème division : Benbow Bellerophon Temeraire et Vanguard)

-3ème escadre de croiseurs de bataille (Invincible Inflexible et Indomitable)

-1ère escadre de croiseurs cuirassés (Defence Warrior Duke of Edimburgh Black Prince)

-2ème escadre de croiseurs cuirassés (Minotaur Hampshire Cochrane et Shannon)

-4ème escadre de croiseurs légers (Calliope, Caroline Constance Royalist Comus Blanche Bodicea Bellona Canterbury et Chester) ainsi que trois flottilles de destroyers (4ème, 11ème et 12ème flottille) soit un total de 50 destroyers.

La force de l'amiral Beatty (embarqué sur le croiseur de bataille Lion) se composait des unités et des navires suivants :

-1ère division de croiseurs de bataille : Princess Royal Queen Mary et Tiger
-2ème division de croiseurs de bataille : New Zealand et Indefatigable (L'Australia étant indisponible à cause d'une collision avec le New Zealand)
-5ème division de cuirassés rapides : Barham Valiant Warspite et Malaya (le Queen Elizabeth était en travaux)
-1ère escadre de croiseurs légers : Galatea, Phaeton, Inconstant et Cordelia
-2ème escadre de croiseurs légers : Southampton, Birmingham, Nottingham et Dublin
-3ème escadre de croiseurs légers (Falmouth, Yarmouth, Birkenhead et Gloucester).

-L'Amiral Jellicoe commandait également le porte-hydravions Engadine et trois flottilles de destroyers (1ère, 9ème et 10ème à part égale et la 13ème flottille) soit un total de 27 destroyers.

Hochseeflot : l'amiral Scheer embarqué à bord du Friedrich der Gross, commandant en chef de la flotte de haute mer disposait sous son commandement direct des cuirassés avec les unités et les navires suivants :

-1ère escadre (1ère division : Ostfriesland, Thüringen, Helgoland, Oldenburg 2ème division : Posen, Rheinland, Nassau et Westfalen)

-3ème escadre (5ème division : König, Grosser Kürfurst, Markgraf et Konprinz Wilhelm 6ème division : Friedrich der Gross Kaiser Kaiserin et Prinzregent Luitpold; 4ème groupe de croiseurs légers d'éclairage : Stettin München Frauenlob Stuttgart Hamburg)

-2ème escadre composé de vieux pre-dreadnought (3ème division Deutschland, Hessen, Pommern et 4ème division Hannover Schlesien et Schleswing Holstein), le tout accompagné de 25 torpilleurs.

L'amiral Scheer pouvait compter sur le soutien d'une puissance force d'éclairage sous le commandement du vice-amiral Hipper (embarqué sur le Lützow) composée du 1er groupe d'éclairage de croiseurs de bataille (Lützow Derfflinger, Seydlitz, Molke Von der Tann) et le 2ème groupe d'éclairage de croiseurs légers (Frankfurt, Pillau Elbing et Wiesbaden), le tout accompagné de 30 torpilleurs.

Les britanniques sont les premiers à appareiller suivis par les allemands mais ces derniers l'ignorent bien entendus persuadés que leur plan est imparable. Néanmoins, Scheer qui n'est pas un imbécile et qui se doute peut être que les britanniques puissent détecter ses émissions radios à utilisé le l'indicatif radio d'une statio terrestre près de Wilhelmshaven et les britannique sont ainsi persuadés qu'il est encore à quai.

Les forces britanniques sont sur zone à 14h mais aussi bien Jellicoe que Beatty, la mer est vide. En réalité, les allemands sont plus à l'est, juste derrière l'horizon, hors de portée visuelle des vigies britanniques.

Comme souvent dans l'histoire de la guerre, c'est un événement d'une banalité confondante qui va provoquer la terrible conflagration. Un vieux cargo danois, le NJ Fjord, lent et rouillé est détecté par les deux flottes qui envoient chacun un bâtiment léger. Le champion anglais est le croiseur léger Galatea pendant que les allemands envoient un torpilleur puis le croiseur Elbing.

Le croiseur anglais repère le torpilleur allemand mais le manque à la différence du croiseur léger allemand qui touche le croiseur léger anglais. L'obus allemand n'explose pas mais ne serra rejeté à la mer que quand il aura refroidit. Cet échange raté marque le début de la bataille du Jutland.

Le torpilleur rejoint ses congénères plus les croiseurs légers qui éclairent les croiseurs de bataille de l'amiral Hipper et le Galatea engage à 14000m les navires allemands. Jellicoe à soixante cinq milles de là pousse les feux pour rejoindre le champ de bataille. Alexander Sinclair qui commande les croiseurs légers britanniques oblique vers le nord pour tenter d'attirer Hipper vers les croiseurs de bataille de l'amiral Beatty.

Hipper voit le piège et vire vers le sud pour rejoindre Scheer et sans le savoir à le même plan que Beatty : attirer les navires ennemis vers les cuirassés et laisser les «gros» tout écraser sur leur passage.

A 15h48, cap au sud, les deux flottes de croiseurs de bataille sont séparées par dix miles, suivant des routes convergentes. La lumière grise venue de l'ouest découpe la silhouette des navires anglais sur l'horizon tandis que celle des Allemands se fond dans la boucaille.

C'est le Lützow qui tire le premier manquant de peu sa cible et le Lion qui riposte n'est pas plus heureux. Bénéficiant d'une meilleure visibilité et d'instruments de conduite de tir plus performants, les allemands multiplient les coups au but, plaçant en trois minutes huit obus sur les Lion Tiger et Princess Royal. Ce n'est qu'au bout de sept minutes que les anglais parviennent à toucher un navire à savoir le Seydlitz qui perd trois quart de sa puissance offensive suite au noyage des soutes.


Le Derfflinger tirant de toutes ses pièces. Chaud devant !

La distance tombe à 11800m et suite à un problème dans la conduite de tir britannique, le Derfflinger peut manoeuvrer comme à l'entrainement. L'adresse des cannoniers allemands fait le reste : trois obus touche le Lion qui aurait pu sauter sans le sacrifice du major Harvey qui fait fermer les portes étanches et noyer la soute pour éviter une explosion qui aurait pu provoquer l'explosion du navire amiral.

L'Indefatigable à moins de chance quelques minutes plus tard puisqu'à 16h05, trois obus de 280mm du Von der Tann touche le croiseur de bataille qui explose ne laissant que deux survivants sur 1017 membres d'équipage.

En «récompense», le Von der Tann encaisse un obus de 380mm mais cela ne l'empêche pas de rester en ligne.Les anglais connaissent une véritable série noire car sous le feu concentré du Derfflinger et du Seydlitz, le Queen Mary explose ne laissant que huit survivants sur un équipage de 1274 hommes.

Ces deux explosions provoquèrent cette réflexion désabusée de l'amiral Beatty sur le Lion «Il semble que quelque chose n'aille pas avec nos sacrés bon dieu de bateaux aujourd'hui».

En dépit de ces pertes, les britanniques ont toujours la supériorité numérique et comme la distance se réduit, les croiseurs de bataille britanniques espèrent pouvoir écraser Hipper mais ce dernier sait que Scheer se rapproche de lui et pour gagner du temps, fait charger ses destroyers et ses croiseurs.

Une charge furieuse oppose entre les deux colonnes de gros, les destroyers et les croiseurs britanniques et allemands. Dans cette mêlée, les deux camps enregistrent des pertes, les anglais perdant les destroyers Nomad Nestor et Shark accompagnés par les torpilleurs allemands V27 et V29 .

C'est alors qu'apparaissent les matures des Scheer et Hipper peut exhulter car son piège à fonctionné. Beatty ne peut tenir face à toute la Hochseeflot et ordonne la retraite pour faire sa jonction avec Jellicoe suite juste derrière l'horizon avec vingt-quatre cuirassés répartis sur six colonnes précédés par les croiseurs légers.

A 17.30, Jellicoe ordonne de mettre cap à l'est, les cuirassés obliquant de 90°. Ils se retrouvent alignés sur une immense file de plus de sept milles qui plonge vers la côte danoise et menace donc de couper la retraite de la flotte allemande. Cette dernière qui risque l'anéantissement parvientà détruire un troisième croiseur de bataille à savoir l'Invincible qui saute ne laissant que cinq rescapés.

Trois quart d'heures plus tard, à 18.16, la manoeuvre anglaise à réussie, Jellicoe barrant le T de Scheer qui attéré voit son horizon bouché par les cuirassés de la Royal Navy. Rapidement le König et le Markgraaf sont touchés mais la météo va sauver encore une fois les allemands.

Le brouillard prive les anglais d'une victoire ineluctable. Scheer ordonne la retraite, retraite protégée par es écrans de fumée des croiseurs légers et des torpilleurs. Les croiseurs cuirassés Defence et Warrior sont coulés et si les croiseurs légers Frauenlob et Rostock ne sont «que» endommagés, ils devront être sabordés au petit matin. Enfin dans la nuit, le croiseur cuirassé Black Prince est coulé par la flotte de haute mer allemande qui l'avait pris pour la flotte britannique.

Lassés de tirer dans la vide, les cuirasés britanniques cessent le feu à 18.45 avant que cinq minutes plus tard, Jellicoe n'ordonne de mettre cap au sud pour couper la retraite allemande mais coupde théâtre, les allemands foncent sur la flotte ce qui permet à Jellicoe de barrer le T une deuxième fois ce qui oblige l'amiral allemand à ordonner la retraite une nouvelle fois, retraite couverte par les croiseurs de bataille et les torpilleurs ce qui oblige Jellicoe à manoeuvrer lui faisant perdre un temps précieux.

Les britanniques perdent le contact à 19.45 mais de toute façon vu qu'il ne restait que trente minutes de jour, il était illusoire d'imaginer rattraper les allemands. Habile et chanceux, Scheer réussit à regagner ses bases en passant pendant la nuit derrière Jellicoe qui le cherche trop au sud. Il se faufile par miracle à travers les mines que l'amiral anglais à fait mouiller à l'entrée des chenaux qui mènent à Wilhelmshaven.


Le Derfflinger au bassin après le Jutland. Sur cette photo, les dégâts sont peu impressionants......

Le Derfflinger réussit à regagner sa base dans un état lamentable avec 17 obus de gros calibre et 9 obus de plus petit calibre ce qui lui valu le surnom de «Iron Dog» (Chien de Fer) par les anglais impressionés par la résistance d'un navire qui avait tiré 385 obus de 305mm, 235 obus de 150mm et une torpille. Son équipage avait perdu 157 hommes plus 26 blessés. Il resta en réparations jusqu'au 15 octobre 1916.


En revanche sur celle-ci.....

Les deux camps revendiquèrent la victoire. Si les allemands pouvaient estimer avoir remporté une victoire tactique (un grand navire coulé _le Lützow_ sabordé contre trois pour les britanniques), la victoire stratégique est britannique car le contrôle de la mer du Nord n'était pas remis en cause et les pertes poussa les allemands à revenir à leur stratégie attentiste.

Pour être plus précis, les britanniques ont perdu les croiseurs de bataille Queen Mary Indefatigable Invincible, les croiseurs cuirassés Defence Warrior et Black Prince ainsi que les destroyers Tipperary Ardent Fortune Sparrowhawk Shark Turbulent Nestor et Nomad provoquant la mort de 6097 marins pendant que 510 étaient blessés et 177 blessés.

Côté allemand, la Kaiserliche Marine à perdu le cuirassé Pommern, le croiseur de bataille Lützow, les croiseurs légers Frauenlob Rostocl Elbing Wiesbaden ainsi que les torpilleurs S-35 V-29 V-27 V-4 et V-48 provoquant la mort de 2550 marins pendant que 496 étaient blessés.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 21:24

La fin d'un croiseur de bataille

Magnifique représentation couleur du Derfflinger

La bataille du Jutland fût la dernière grande opération à laquelle participa le Derfflinger. Il participa à la deuxième bataille de la baie d'Heligoland le 17 novembre 1917. Ce jour là, des dragueurs de mines allemands effectuèrent une sortie à la mer pour nettoyer un champ de mines britannique et furent interceptés par les croiseurs légers Calypso et Caledon.

Ces derniers furent attaqués par les cuirassés Kaiser et Kaiserin commandés par le contre-amiral Ludwig von Reuter qui à leur tour tombèrent sur la force de couverture britannique composée des croiseurs de bataille Tiger, Renown, Repulse, Courageous et Glorious formant le 1st Battlecruiser Squadron commandé par l'amiral Sir Charles Napier.

Le croiseur léger Calypso fût touché par un obus de 305mm qui ravagea la passerelle tuant tout le personnel présent dont son capitaine. Le Repulse riposta mais les cuirassés allemands se replièrent derrière leurs propres champs de mines après n'avoir perdu qu'un dragueur de mines.

A la fin de 1917, la Hochseeflot commença à lancer des raids contre les convois reliant la Grande Bretagne et la Norvège. Après la destruction d'un convoi, l'amiral Beatty devenu commandant en chef de la Granf Fleet décida de détacher des cuirassés et des croiseurs de bataille pour protéger ces convois ce qui pouvait donner l'occasion à la marine allemande d'infliger des pertes sérieuses et de sérieuses pertes à la marine britannique.

Le 23 avril 1918, la Hochseeflot appareilla pour intercepter l'un de ces convois fortement protégés et pour des raisons de discrétion, les échanges radios furent réduits au minimum mais à 14.10, le convoi n'ayant pas été localisé, l'amiral Scheer décida de rentrer au port.



Le Derfflinger aurait du participer à la dernière sortie de la Hochseeflot ordonnée par Scheer qui était désormais le commandant en chef de la marine allemande. Le plan prévoyait un bombardement en Flandre puis une démonstration au large des côtes britanniques pour détruire la marine britannique. Le 24 octobre 1918, le SMS Seydlitz reçut l'ordre d'appareiller Wilhelmshaven mais dans la nuit du 29 octobre, de nombreux marins se mutinèrent et l'ordre d'appareillage rapporter pour éviter une révolte généralisée.

Après l'armistice, le SMS Seydlitz appareilla avec le reste de la Hochseeflot le 24 novembre 1918 pour être interné à Rosyth puis à Scapa Flow. Refusant de voir ses navires partagés entre les alliés, le contre-amiral von Reutter ordonna le sabordage le 21 juin 1919, profitant du départ de la flotte britannique pour exercices.

L'ordre fût transmis à 11.20, le Derfflinger coulant à 14.45. Relevé en 1939, il resta chaviré jusqu'en 1946 quand la coque fût remorquée à Fastlane pour être démantelée en 1948. La cloche fût cédée à la marine allemande le 30 août 1965.


Les derniers instants du "Chien de fer"

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 21:35

Le SMS Lützow

Le Lützow à la mer

Présentation

Lancement du Lützow

-Le Lützow est mis sur cale aux chantiers Schifau-Werft de Dantzig en mai 1912, lancé le 29 novembre 1913 et admis au service actif le 8 août 1915 mais des problèmes moteurs récurrents firent que le croiseur de bataille ne fût réellement opérationnel qu'en mars 1916.


Le deuxième navire de la classe Derfflinger rend hommage à Ludwig Adolf Wilhelm Freiherr von Lützow (18 mai 1782-6 décembre 1834), un général prussien qui se rendit célèbre en commandant un corps de volontaire engagé dans les guerres napoléoniennes.

S'engageant dans l'armée prussienne en 1795, il participe au désastre d'Auerstadt, bataille qui vit l'anéantissement de l'armée prussienne. Il se distingua au siège de Kolberg, place forte de Poméranie qui ne se rendit qu'après la paix de Tilsit en juillet 1807. Indigné par un traité aussi humiliant, il quitta l'armée prussienne.

Se réengageant en 1811 avec le grade de Major, il participa à la guerre allemande e libération. Avec l'autorisation de Scharnhorst, il organisa un corps de volontaire composé de fantassins, de cavaliers et d'éclaireurs tyroliens destiné à mener la «petite guerre» et de rallier les princes allemands à la coalition contre Napoléon. Son corps s'illustra durant la campagne de 1813-1814 mais lützow fût capturé par les français.

Libéré à la paix de 1814, son corps de volontaires fût dissous, l'infanterie formant le 25ème régiment et la cavalerie le 6ème régiment de Ulans. Il participa ainsi à la bataille de Ligny mais fût à nouveau capturé avant de s'échapper le jour de la bataille de Waterloo.

Devenu colonel cette année là, il devint major général en 1822 puis lieutenant-général en 1830, année où il quitta l'armée. Il décéda en 1834 à l'âge de 52 ans, cette mort prématurée s'expliquant par une série de graves blessures.

Une carrière éphémère (mars-mai 1916)

Le SMS Lützow à la mer

Le Lützow participa à une nouvelle expédition de bombardement contre les villes de Yarmouth et de Lowestoft les 24 et 25 avril 1916. Malade, l'amiral Hipper céda le commandement à son adjoint, le contre-amiral Friedrich Bödicker.

La force allemande se composait des croiseurs de bataille Derfflinger, Lützow, Moltke, Seydlitz et Von Der Tann accompagnés par quatre croiseurs légers et deux flottilles de destroyers qui appareilla en fin de matinée le 24 avril suivit par la flotte de haute mer en début d'après midi pour couvrir les navires du contre-amiral Bödicker. Les britanniques mis au courant de la sortie allemande firent appareiller la Grand Fleet en fin d'après midi le 24 avril 1916.

A 15.38, le Seydlitz heurta une mine qui provoqua une brèche de 50m, embarquant près de 1400 tonnes d'eau ce qui l'obligea à se replier couvert par les croiseurs légers à la vitesse de quinze noeuds. Les quatre croiseurs de bataille restant n'abandonnèrent par l'opération mais modifièrent leur trajectoire pour éviter d'autres mines. A 16.00, le Seydlitz stoppa et Bödicker se transporta sur le Lützow grâce au torpilleur V28.

A 4.50 le 25 avril, les croiseurs de bataille allemands accompagnés par les croiseurs légers Rostock et Elbing étaient arrivés à proximité de Lowestoft. Les croiseurs légers allemands tombèrent alors sur les croiseurs légers et les destroyers de la Harwich Force mais cela ne détourna pas les allemands de leur bombardement sur Lowestoft.

Le bombardement s'acheva à 5.20, les navires allemands gagnant Yarmouth qui fût bombardée de 5.42 à 5.47 en raison d'une faible visibilité. La Harwich Force engagea les allemands mais l'escarmouche ne donna rien et les allemands informés de la sortie de la Grand Fleet de Scapa Flow décidèrent de rentrer dans leurs bases.

Un mois plus tard, le Lützow comme la totalité de la Hochseeflot participa à la plus grande bataille navale de l'histoire : la bataille du Jutland. A 2.00 du matin le 31 mai 1916, les croiseurs de bataille quittèrent l'estuaire de la Jade avec dans l'ordre le Lützow _navire amiral de l'amiral Hipper_ suivis par les Derfflinger Seydlitz Moltke et Von der Tann. Ils furent suivis par les croiseurs légers Frankfurt Wiesbaden Pillau et Elbing plus 30 torpilleurs commandés par le Regensburg.


Dessin représentant le Lützow dans l'affrontement homérique du Jutland

A 3.30, les cuirassés de l'amiral Scheer quittèrent à leur tour Wilhelmshaven avec 15 cuirassés accompagnés par les croiseurs légers Stettin München Hamburg Frauenlob et Stuttgart plus 31 torpilleurs. Entre-temps, à 2.45, les six prédreadnoughts avaient appareillé pour rejoindre les autres cuirassés à l'aube.

La bataille du Jutland commença par un échange de coups entre les croiseurs de bataille à une distance de 14000m. Les Lion et Princess Royal concentrèrent leur tir sur le Lützow mais sans dommage pour le croiseur de bataille allemand. A 16.51, le Lützow avait touché le Lion deux fois mais sans grand dommage et neuf minutes plus tard, le Lion toucha le Lützow mais là encore sans dommages significatifs.

A la même période, le Lützow toucha le Lion au niveau de la tourelle Q et sans le sacrifice du major Francis Harvey qui blessé à mort, ordonna l'inondation des soutes après avoir fermé les portes étanches derrière lui, le Lion aurait connu le même sort que le Queen Mary, l'Invincible et l'Indefatigable et Beatty le même sort que Nelson.

Quelques minutes plus tard, le Von der Tann térassa l'Indefatigable et trembla à peine en recevant un obus de 380mm provenant d'un cuirassé de classe Queen-Elizabeth. L'apparition des cuirassés de l'amiral Scheer obligea Beatty à se replier en direction des cuirassés de Jellicoe mais des problèmes de coordination fit que le Queen Mary fût matraqué par le Seydlitz et le Derfflinger qui exécutèrent le croiseur de bataille britannique.

Avant l'affrontement entre les deux escadres de cuirassés, une mêlée furieuse opposa les destroyers et les croiseurs légers, le Lützow échappant de peu à quatre torpilles britanniques.

Peu avant 19.00, le croiseur allemand Wiesbaden fût désemparé par les 12 pouces du croiseur de bataille Invincible. Les croiseurs de bataille allemands mirent cap au nord-est pour assister leur infortuné camarade, bientôt appuyés par les cuirassés allemands.

Au même moment, les croiseurs légers britanniques commencèrent une attaque à la torpille, achevant avec leurs canons le Wiesbaden mais les destroyers Onslow et Acasta échouèrent à torpiller le Lützow. Le croiseur cuirassé britannique Defence fût également coulé, matraqué par les croiseurs de bataille allemands.

L'Invincible matraqua alors le Lützow qui encaissa huit obus, concentrés sur la proue et qui provoquèrent une innondation massive. Appuyé par le Derfflinger, le Lützow ne se laissa pas faire et le croiseur de bataille britannique succomba à 19.33 quand une salve du Lützow pénétra dans la soute à munitions de la tourelle centrale et le navire se cassa en deux, ne laissant que trois survivants.

L'ordre de retraite fût bien donné par l'amiral Scheer mais le Lützow avait bien du mal à suivre, les tonnes d'eau embarquées mettant en danger la stabilité du navire. A 19.50, les torpilleurs de la 1ère flottille (G39 V45 et G37) furent envoyés pour assister le Lützow, etendant un écran de fumée entre le navire et la ligne britannique mais la fumée n'évita pas au croiseur de bataille allemand d'encaissa quatre obus de gros calibre.

Le premier projectiles toucha la tourelle supérieure avant et la neutralisa, l'obus mettant à feu les gargousses et le canon de droite détruit. Le second obus neutralisa l'alimentation électrique de la tourelle arrière supérieure qui devait être opérée manuellement. Le Lützow tira son dernier obus à 20.45 au moment où l'écran de fumée devenait efficace.

A la nuit tombée, la flotte de haute mer se retira en direction de ses bases, le Lützow se trainant à 15 noeuds, perdant rapidement le contact avec le reste de la flotte. A minuit, en dépit de ses avaries, la marine allemande esperait toujours sauver le navire mais l'eau faisait peu à peu son oeuvre, les pompes commençant même à rendre l'âme, les hélices étaient même partiellement hors de l'eau pendant que la poupe s'enfonçait dans les flots.

A 2.20, estimant qu'il y avait près de 8000 tonnes d'eau dans le navire et que ce dernier menaçait de chavirer, le Kapitan zur See Harder ordonna l'ordre d'abandonner le navire, les torpilleurs G37 G38 G40 et V45 embarquant l'équipage. L'agonie du croiseur de bataille fût achevé par deux torpilles du G38 et coula vers 2.45 à environ 37 miles au nord-ouest de Horns Reef.

On estime que durant la bataille, le Lützow avait tiré 380 obus de 305mm et 400 obus de 152mm ainsi que deux torpilles mais avait en retour encaissé 24 obus de gros calibre provoquant la mort de 115 hommes pendant que 50 étaient blessés.


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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 21:48

Le SMS Hindenburg

Le SMS Hindenburg à la mer en 1918 probablement lors de la traversée en direction des îles Britanniques

Présentation

L'Hindenburg prend forme à l'Arsenal de Wilhelmshaven

-Le Hindenburg est mis sur cale au Kaiserliche Werft de Wilhelmshaven le 1er octobre 1913 lancé le 1er août 1915 et admis au service actif le 10 mai 1917.


L'Hindenburg prend contact avec son élément


A la différence du Derfflinger et du Lützow, le troisième croiseur de bataille de cette classe porte le nom d'un homme vivant à l'époque en l'occurence le général Paul von Hindenburg (Posen, 2 octobre 1847-Neudeck 2 août 1934).

Fils ainé d'une famille aristocratique prussienne, le jeune Paul suit les traces paternelles en s'engageant dans l'armée en 1859 au sein d'une école de cadets avant de sortir sous lieutenant en 1866 juste à temps pour participer à la guerre austro-prussienne de 1866 avant la guerre franco-allemande de 1870/71.

Admis à l'académie de guerre,il servit sous les ordres de Moltke et de Schlieffen puis entra au ministère de la Guerre. Commandant en 1903 du 4ème corps d'armée de Magdebourg, il prit sa retraite en 1911.

En août 1914, après l'effondrement de l'armée allemande en Prusse orientale, il fut rappelé à 67 ans et arrêta par ses victoires de Tannenberg et des lacs Mazures (septembre) l'offensive russe. Au mois de novembre 1914, il reçut le commandement du front orientale, s'opposant à plusieurs reprises à Falkenhayn avant de le remplacer le 29 août 1916 à la tête des forces austro-allemandes.

Il mit hors de combat l'armée roumaine en 1916, entama la guerre sous marine à outrance et appuya l'Autriche en difficulté sur le front italien (victoire de Caporetto 24 octobre-9 novembre 1917) et parvint en novembre 1917 à conclure un armistice avec la Roumanie et avec la Russie.

Appuyé par son collaborateur Ludendorff, il exerça une grande influence politique, faisant partie des «faucons» mais après l'échec des offensives allemandes du printemps 1918 et la contre-attaque menée par Foch, il demanda à son gouvernement de demander l'armistice tout en refusant de l'assumer ce qui lui permis d'affirmer que l'armée allemande «avait été poignardée dans le dos».

Mis à la retraite en 1919, il se tint à l'écart de la vie publique mais après la mort d'Ebert, il accepta de représenter les partis de droite aux élections présidentielles d'avril 1925 remportant le scrutin et devenant président à 78 ans.

Réélu contre Hitler en avril 1932, il se laissa convaincre par von Papen en janvier 1933 de prendre pour chancelier Hitler qu'il appelait en privé «le caporal bohémien». Il ne s'opposa nullement à la maimise des nazis sur l'Etat allemand. Après sa mort, Hitler fit élever à Tannenberg un immense mausolée détruit par les soviétiques en 1945.

Carrière opérationnelle

Dernier croiseur de bataille admis au service actif, le Hindenburg ne fût pleinement opérationnel que le 20 octobre 1917 et manqua ainsi toutes les grandes opérations de la première guerre mondiale.


Le Hindenburg au mouillage

Il participa néanmoins à la deuxième bataille de la baie d'Heligoland le 17 novembre 1917. Ce jour là, des dragueurs de mines allemands effectuèrent une sortie à la mer pour nettoyer un champ de mines britannique et furent interceptés par les croiseurs légers Calypso et Caledon.
Ces derniers furent attaqués par les cuirassés Kaiser et Kaiserin commandés par le contre-amiral Ludwig von Reuter qui à leur tour tombèrent sur la force de couverture britannique composée des croiseurs de bataille Tiger, Renown, Repulse, Courageous et Glorious formant le 1st Battlecruiser Squadron commandé par l'amiral Sir Charles Napier.

Le croiseur léger Calypso fût touché par un obus de 305mm qui ravagea la passerelle tuant tout le personnel présent dont son capitaine. Le Repulse riposta mais les cuirassés allemands se replièrent derrière leurs propres champs de mines après n'avoir perdu qu'un dragueur de mines.

Le 23 novembre 1917, le Hindenburg devint le navire amiral du 1er groupe d'éclairage en remplacement du Seydlitz. A la même période, la Hochseeflot sortant de sa léthargie chercha à neutraliser les convois reliant la Grande Bretagne et la Norvège (convois de fer). Le 17 octobre, les croiseurs légers Brummer et Bremse avaient coulé neuf des douze cargos plus deux destroyers, les Mary Rose et Strongbow avant de rentrer en Allemagne.

Le 12 décembre, quatre destroyers allemands attaquèrent un convoi de cinq cargos et de deux destroyers, coulant tous les cargos et un destroyer. L'amiral Beatty commandant de la Grand Fleet décida de détacher des cuirassés pour protéger le précieux chargement, faisant le jeu des allemands qui voyaient là une occasion en or d'infliger des pertes sérieuses à la Royal Navy.

Le 23 avril 1918 sur les coups de cinq heures, la flotte allemande appareilla de Schillig avec à sa tête le Hindenburg pour intercepter un nouveau convoi. A 6.10, les croiseurs étaient en position à 30 miles au sud-ouest de Bergen quand le Moltke eut un problème de propulsion le transformant en un corps mort sur l'océan. L'équipage travailla d'arrache pied et pu remettre en route avant que le cuirassé Oldenburg ne le prenne en remorque.

L'amiral Hipper continua sa mission mais à 14.00 le convoi n'avait été toujours pas localisé et l'amiral allemand estimant qu'il avait suffisament tenté le sort ordonna de rentrer en Allemagne, arrivant à destination en début de soirée. Ultérieurement, on appris que le convoi avait appareillé un jour plus tard que ne l'avais escompté les planificateurs allemands.

Le 11 août 1918, Hipper fût promu au grade d'amiral et devint commandant en chef de la Hochseeflot et remplacé à la tête du 1er groupe d'éclairage par le contre-amiral Ludwig von Reuter qui posa sa marque le lendemain sur le Hindenburg.

Le Hindenburg aurait du participer à l'ultime sortie de la flotte de haute mer, une dernière charge sous le commandement direct de la Kaiserliche Marine à savoir l'amiral Scheer. Il s'agissait dans les futurs négociations de paix de faire de la flotte un atout dans la manche des allemands.

Le plan prévoyait deux attaques simultanées avec une sur les côtes de Flandres et une dans l'estuaire de la Tamise, les croiseurs de bataille devant appuyer l'attaque dans l'estuaire de la Tamise. Après cette attaque, la flotte devait se concentrer au large de la côte néerlandaise pour affronter la Grand Fleet.

Ce plan tomba à l'eau quand la flotte concentrée à Wilhelmshaven fût victime d'une vague de mutinerie aux causes à la fois politiques mais aussi tout simplement à cause de la lassitude provoquée par presque quatre ans de guerre. La flotte concentrée dans l'estuaire de la Jade le 24 octobre 1918 aurait du appareiller le 29 octobre 1918 mais l'ordre fût bien vite rapportée pour éviter que la mutinerie ne devienne une véritable révolution.


Le SMS Hindenburg interné à Scapa Flow en 1919

Suivant les termes de l'armistice, la flotte allemande devait être internée en Grande Bretagne en attendant que son sort final soit décidé. Le 21 novembre 1918, 14 cuirassés et croiseurs de bataille dont l'Hindenburg, 7 croiseurs légers et 50 destroyers quittèrent l'Allemagne pour rejoindre les îles britanniques sous le commandement du contre-amiral von Reuter qui avait reçut de l'amiral von Trotha l'ordre de saborder les navires si les alliés tentaient de s'en emparer.

Les navires allemands retrouvèrent en haute mer leur sherpa, le croiseur léger HMS Cardiff qui guida les navires allemands vers une impressionante escorte composée de 370 (!) navires britanniques américains et français qui les conduisirent jusqu'à Rosyth puis Scapa Flow.

La flotte resta ainsi à l'ancre dans les eaux noires et froides des Orcades jusqu'au 21 juin 1919. Ce jour là, la Grand Fleet venait d'appareiller pour exercices et l'amiral von Reuter appris par la presse que les plénipotentiaires allemanss allaient accepter les termes du traité de paix dont le partage de la flotte.

A 11.20, Reuter transmis l'ordre de sabordage. Les navires s'enfoncèrent dans les eaux de l'archipel et l'Hindenburg fût le dernier navire à couler à 17.00, s'enfonçant droit. Après plusieurs tentatives infructueuses, le croiseur de bataille fût relevé le 23 juillet 1930 et démantelé à Rosyth entre 1930 à 1932, sa cloche étant cédée à la marine allemande le 28 mai 1959.


Le Hindenburg à coulé droit à la différence du Derfflinger

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 22:01

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Ecorché du SMS Lützow

Déplacement : standard 26180 tonnes (26318 tonnes pour le Lützow) pleine charge 30700 tonnes

Dimensions : longueur : 210.4m largeur : 29.0m tirant d'eau : 8.3m (9m à pleine charge)

Propulsion : Quatre groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par 18 chaudières Schulz-Thornycroft dévellopant une puissance totale de 63000ch et entrainant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale : 26.5 noeuds distance franchissable : 5600 miles nautiques à 14 noeuds.

Protection : ceinture blindée 100 à 300mm, bulkheads 100 à 250mm casemates 150mm barbettes 30 à 260mm tourelles de 305mm 80 à 270mm bloc passerelle 80 à 350mm

Armement :

Photo montrant le canon de 305mm et le canon de 380mm

-8 canons de 305mm SK L/50 modèle 1908 en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Ce canon de 50 calibres tire des obus de 405kg à une distance maximale de 16200m (site +13.5°). Après le Jutland, l'élévation des canons du Derfflinger (et l'Hindenburg d'origine) est portée à 16° avec une portée maximale qui passe à 20400m. La cadence de tir est de 2 à 3 coups par minute.


Tourelles doubles installées sur le SMS Kaiser

La tourelle double Drh LC/1912 du Derfflinger comme la Drh LC/1913 de l'Hindenburg pèse 543 à 558 tonnes permettant aux canons de pointer en site de -8° à +13.5° (-5.5° à +16° après le Jutland) et en azimut sur 80° de chaque côté pour les tourelles B et X et sur 150° de chaque côté pour les tourelles A et Y. La dotation en munitions est de 720 obus.

-12 canons de 150mm SK L/45 modèle 1908 en 12 casemates (six babord et six tribord). Ce canon de 45 calibres tire des obus de 45kg à une distance maximale de 13500m à raison de 5 à 7 coups par minute.
L'affût MPL/C 13 pèse en ordre de combat 17 tonnes et peut pointer en site de -8.5° à +19° et en azimut sur 150°. La dotation en munitions est de 160 obus par canon soit un total de 1600 obus

Le Lützow et l'Hindenburg disposaient de 14 canons de 150mm en quatorze affûts simples en casemates.

-4 canons de 88mm SK/L 45 modèle 1906 en quatre affûts simples sous masque. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 15kg à une distance comprise entre 10694m (site à 25°) et 11790m (site à 45°) pour une cadence de tir de 15 coups par minute. La dotation en munitions est de 400 coups par pièce soit 1600 coups au total. Aucun canon de 88mm n'était embarqué sur le Lützow.

-4 tubes lance- torpilles de 450mm. Le Lützow et l'Hindenburg disposaient eux de 4 tubes lance-torpilles de 600mm.


Un hydravion Brandenburg sur le Derfflinger

Aviation : Début août 1915, le Derfflinger reçut un mat de charge pour effectuer des essais avec un hydravion Hansa-Brandenburg W. A ma connaissance, cela ne déboucha sur aucune utilisation opérationnelle.


Plan trois vues du Hansa-Brandenburg W-12

Equipage : 44 officiers et 1068 officiers mariniers et matelots. Avec le statut de navire amiral, les navires de cette classe passaient à 56 officiers et 1132 officiers mariniers et matelots.

SOURCES

-Encyclopédie des armes éditions Atlans tome 6 «Les cuirassés de la première guerre mondiale» p1341-1360

-Les Grandes Batailles Navales de Salamine à Midway «Jutland p214-240»

-Et L'Océan fût leur tombe naufrages et catastrophes maritimes au vingtième siècle «P192 à 194 Jutland» «P 255-256 Sabordage de la flotte allemande à Scapa Flow»

-Grognes et colères de marins cinq siècles de mutineries maritimes «P152-161 les mutineries dans la marine allemande à la fin de la première guerre mondiale»

-Ressources internet diverses

-Photos et deux Pdf de l'ami Vautour


FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : CUIRASSES CLASSE NASSAU


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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 22:16

Ah enfin le "Chien de fer", celui que je concidère comme le prince des croiseurs de bataille !
L'une des seules classe de CB (avec peut être aussi le Seydlitz), qui aurait put être capable d'affronter des cuirassés de la même génération que lui!

Merci Claus !
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 22:25

LE croiseur de bataille par excellence même si Tirpitz en fit quasiment des cuirassés rapides

Une de tes photos prise au retour du Jutland est très intéressante car elle montre les dommages sur le pont arrière et notamment les filets Bullivan encore à poste et très endommagés. Roulés le long du bord ils furent un sujet d'inquiétude pour les EM des navires allemands qui craignaient de les voir filer dans l'eau suite à un impact bien placé se prendre dans les hélice et condamner le navire à l'arrêt ou à être non manoeuvrant.
Quand on voit l'état du filet du Derfflinger on comprend cette appréhension.

Les anglais avaient débarqué les leurs.

Le tripode est sacrément inélégant (trop gros) le Lützow et le Hindenburg (ce dernier avec un tripode aux pattes moins écartées) me paraissent de ce point de vue plus élégants.

On remarque l'état général déplorable des navires en route vers Scapa et les panaches de fumée noire s'échappant en règle générale d'une cheminée alors que les bâtiments naviguent à petite vitesse sur "trois pattes" (une rue de chauffe)... Cà faisait quelques mois que l'entretien laissait à désirer sur les navires allemands !

bon article Monsieur
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 22:41

Je sais pas perso si c'est LE ... Mais c'est le plus connu
Merci Claus

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 22:43

Merci les gars. Je ne le connaissais pas vraiment avant de faire l'article mais j'adore son design, : sobre et élégant.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 23:31

Bel article Claus.

thumleft thumleft thumleft

La meilleur classe de tous les croiseur de batailles.

Un équilibre parfait . armement / vitesse / protection.

Remarquable performance aux combats.

Et quelle silhouette !!!


Jef salut
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Dim 23 Mai 2010, 23:35

Merci Jef. Si je devais imaginer une marine du début du 20ème siècle, je la doterai de croiseurs de bataille dont le design serait inspiré des Derfflinger avec une longue plage avant élancée, les quatre tourelles. Petit bémol, je modifierai le dessin du bloc passerelle et du mat tripode.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Lun 24 Mai 2010, 05:51

Citation :
LE croiseur de bataille par excellence même si Tirpitz en fit quasiment des cuirassés rapides

Effectivement vu leur aptitude à encaisser les coups ces navires peuvent pratiquement être classés dans la catégorie "cuirassés rapides". Quand on voit à quoi ils ont survécu au Jutland (du 380mm quand même) on comprend la méfiance de Tirpitz pour les croiseurs de bataille et son insistance pour leur donner une protection correcte.

Citation :
Merci Jef. Si je devais imaginer une marine du début du 20ème siècle, je la doterai de croiseurs de bataille dont le design serait inspiré des Derfflinger avec une longue plage avant élancée, les quatre tourelle

C'est marrant moi je les verrai avec toute leur artillerie concentrée à l'avant, ca permettrai de gagner en poids de blindage (et donc en vitesse) et je trouve que ca donne un design "de chasse" plus marqué


En tout cas merci Claus pour ce passionnant article, plus j'en apprend sur ces navires et plus ils s'installent parmi mes préférés (belle signature aussi)
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Lun 24 Mai 2010, 09:39

Jefgte a écrit:

La meilleur classe de tous les croiseur de batailles.

Un équilibre parfait . armement / vitesse / protection.

Remarquable performance aux combats.


+1
Et d'ailleurs, dans l'hypothèse ou les Alliés (après la guerre) auraient décidé de "soldé" les navires du Kaiser au enchère, sur le marché international!
J'aurai été le chef tout puissant d'une marine d'un pays tiers, ces CB auraient fait partie de mes projets d'achats!
Bien entendu, j'aurai d'abord essayer en priorité de mettre la main sur les Baden, mais en cas d'échec, j'aurai reporté mes efforts sur les Derfflinger , (et cela devans les autre classe de dreadnought) !
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Lun 24 Mai 2010, 09:44

Eagle_Eye a écrit:
Citation :
Merci Jef. Si je devais imaginer une marine du début du 20ème siècle, je la doterai de croiseurs de bataille dont le design serait inspiré des Derfflinger avec une longue plage avant élancée, les quatre tourelle

C'est marrant moi je les verrai avec toute leur artillerie concentrée à l'avant, ca permettrai de gagner en poids de blindage (et donc en vitesse) et je trouve que ca donne un design "de chasse" plus marqué
Comme sur les croiseurs de classe Tone (quatre tourelle double à l'avant) ?
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Lun 24 Mai 2010, 10:19

Oui, ou plutôt quelque chose comme les Richelieu/Strasbourg, 2 tourelles quadruples à l'avant (on devrait pouvoir grappiller encore un peu de poids de blindage, avec 2 tourelles au lieu de 4 même si elles sont plus grandes), et puis ces tourelles quadruples ca donne un aspect plus "aggressif" que les tourelles doubles

Citation :
J'aurai été le chef tout puissant d'une marine d'un pays tiers, ces CB auraient fait partie de mes projets d'achats!

Pareil, modernisés (genre avec des canons de 340mm, un blindage plus épais et des moteurs au fioul) ces navires auraient même pu se comporter de façon plus qu'honorable pendant la deuxième guerre mondiale.
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Lun 24 Mai 2010, 11:13

Merci Eagle Eye. J'attendais avec impatience ton commentaire vu que le "Chien de fer" était ton Grossen Kreuzer préféré. thumleft

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Lun 24 Mai 2010, 13:04

Citation :
Pareil, modernisés (genre avec des canons de
340mm, un blindage plus épais et des moteurs au fioul) ces navires
auraient même pu se comporter de façon plus qu'honorable pendant la
deuxième guerre mondiale.

ils deviennent des cuirassés ...

Plusieurs choses modèrent les ardeurs dans les années 20/30

Le traité de Washington puis l'attente de la ratification japonaise du traité de Londres

La crise de 29 et les coupes budgétaires (même au Japon c'est dire)

Les opinions publiques

Les réflexions de moins en moins théorique sur l'emploi de l'arme aéronavale qui dès 1926 aux USA (premières expérimentations menées sur le Langley) tendent dans les cercles les plus avertis à remettre en cause les navires cuirassés
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Ven 21 Jan 2011, 09:17

Un collègue qui vient de faire le ménage dans sa bibliothèque m'a donné un livre remarquable, celui du CC von Hase qui commandait le service artillerie du Derfflinger durant la bataille du Jutland.
On y apprend des choses extrêmement intéressante sur
-l'organisation de l'artillerie du bâtiment (750 hommes y avaient leur poste)
-la qualité du tir du navire durant la bataille qui fut certes efficace mais peut être un peu moins qu'on ne l'a dit
-l'efficacité du blindage des tourelles de 305
-l'entreposage de la poudre à bord du navire et notamment l'organisation des tourelles d'artillerie principale.

Sur ce dernier point, sur lequel je reviendrais von Hase donne des détails précieux à la compréhension des faits. Les charges propulsives des obus de 305 étaient encartouchées dans des étuis en laiton mais le poids très important de ces cartouches (150 kg) explique qu'en plus on rajoutait une gargousse de plusieurs dizaines de kilos ensachée dans de la soie comme chez les anglais. Cette méthode de conditionnement explique que l'armement des deux tourelles C et D fut quasi totalement tué par les flashs et les incendies déclanchées par deux impacts directs de gros calibre qui perforèrent les deux tourelles...
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE DERFFLINGER   Mer 08 Juin 2011, 17:28

Bonjour à tous,

lecteur silencieux de votre passionnant site, je me suis décidé à m'enregistrer pour vous faire passer ce lien, en rapport avec le dernier message ci-dessus.

http://www.archive.org/stream/labatailledujutl00hase#page/n9/mode/2up

Le suivre, vous permettra d'accéder à la lecture en ligne, de la narration de la bataille du Jutland par le CC Georg von Hase, qui dirigeait le tir du Derfflinger
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