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 ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE

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clausewitz
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MessageSujet: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Jeu 29 Avr 2010, 20:36

CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE
(ALLEMAGNE)


Le croiseur de bataille SMS Moltke à New York en juin 1912

AVANT PROPOS

La marine allemande (Kaiserliche Marine) est née en même que le Deuxième Reich mais en raison d'une géographie continentale, elle semblait destinée à n'être qu'une garde-côtière destinée à empêcher la Royal Navy de venir barboter à proximité des côtes allemandes bien qu'elle participa aux rares expéditions et acquisitions allemandes outre-mer. L'avénement de Guillaume II en 1888 changea la marine allemande d'ère. Contrairement à son grand père, il était pleinement convaincu que la place de l'Allemagne wilhelmienne était sur les mers et en Outre Mer.

Cette «Weltpolitik» (politique mondiale) se heurtait aux objectifs du vieux chancelier Bismarck mais ce dernier démissiona en 1890, laissant les mains libres au nouvel empereur. Il manquait d'un homme pour mettre en musique ses ambitions, un chef d'orchestre capable d'interpréter les partitions. Cet homme c'est l'amiral Alfred von Tirpitz nommé secrétaire d'Etat à la marine en 1897 qui peut être considéré comme le père de la Hochseeflot (Flotte de Haute Mer).

Le 10 avril 1898, une première loi navale fixa le format de la marine allemande en 1914 à un total de 19 cuirassés, 8 croiseurs cuirassés, 12 croiseurs lourds et 30 croiseurs légers à construire pour le 1er avril 1904. Dans ce total était intégré les navires existants mais si ce format permettait d'affronter la Russie ou la France, il était bien insuffisant pour affronter la Grande Bretagne.

Une deuxième loi navale est votée le 14 juin 1900 qui doubla quasiment le nombre de navires prévus avec 38 cuirassés, 20 croiseurs cuirassés et 38 croiseurs. Ce plan était important tellement important que le Reichstag réduisit le budget ce qui obligea Tirpitz à faire appel à l'emprunt pour financer un plan qui pourrait conduire à la construction de 45 ou 48 cuirassés.

Les anglais étaient tellement préoccupés par l'expansion de la marine allemande que le premier lord de l'amirauté John Fisher proposa de «Copenhaguiser» la flotte allemande (référence au bombardement de la capitale danoise par les anglais en 1801 et en 1807).

Au milieu du 19siècle, la marine à voile rendit les armes devant la marine à vapeur. Les frégates cédèrent la place à une nouvelle race de navires, les croiseurs cuirassés chargés principalement de l'éclairage de la flotte, de la lutte contre les bâtiments du même type et d'une présence armée en outre mer sans parler d'une éventuelle guerre de course contre le commerce ennemi.

Arrivée tardivement, la marine allemande ne se dôta de croiseurs cuirassés qu'à la fin du 19ème siècle.


Le SMS Fürst Bismarck dans le canal de Kiel

Le premier navire de ce type fût le SMS (Seiner Majestat Schiff/Navire de sa majesté) Fürst Bismarck. Mis sur cale en avril 1896 à l'Arsenal (Kaiserliche Werft) de Kiel, il fût lancé le 25 septembre 1897 et admis au service actif le 1er avril 1900.

C'était un navire de 10690 tonnes, mesurant 127m de long sur 20.4m de large et un tirant d''eau de 7.8m, filant à 18. 7 noeuds et armé de 4 canons de 240mm (deux tourelles doubles) 12 canons de 150mm en casemates simples, 10 canons de 88mm en affûts simples et 6 tubes lance-torpilles de 450mm.

Il servit de 1900 à 1909 au sein du German East Asia Squadron participant à la répression de la rébellion des Boxer. Revenu en Allemagne, il fût placé en réserve entre 1909 et 1914, réarmé pour la défense côtière mais fût rapidement limité à des missions de ponton flottant. Il est vendu à la démolition le 17 juin 1919.


Le SMS Prinz Heinrich

Il fut suivit par un autre navire orphelin, le SMS Prinz Heinrich, une version améliorée du précédent. C'était un navire de 8857 tonnes (9806 tonnes à pleine charge), mesurant 126.59 de long sur 19.61m de large et un tirant d'eau de 8.1m, filant à 20 noeuds et un armement composé de 2 canons de 240mm (deux tourelles simples _une avant et une arrière_) , 10 canons de 150mm et 10 canons de 88mm en casemates et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 450mm.

Il passa toute sa carrière en Allemagne, servant d'éclaireur à la flotte de haute mer en dépit que le croiseur cuirassé était maintenant dépassé avec l'apparition du croiseur de bataille. Cela ne l'empêcha pas de participer le 16 décembre 1914 à la couverture du bombardement d'Hartepool sur la côte est de l'Angleterre.

Transféré en avril 1915 en mer Baltique, il servit comme navire opérationnel jusqu'en mars 1916 quand il fût réduit au rôle de barraquement flottant jusqu'à sa démolition en 1920.


Le SMS Prinz Adalbert à pleine vitesse

Le Prinz Heinrich fût suivi par les deux navires de la classe Prinz Adalbert (Prinz Adalbert et Friedrich Karl).

Le Prinz Adalbert est mis sur cale au Kaiserliche Werft de Kiel en avril 1900, lancé en juin 1901 et admis au service actif en janvier 1904. Il servit d'abord de navire école d'artillerie avant de reprendre un véritable rôle opérationnel en mer Baltique en novembre 1914. Il s'échoua près de Libau le 24 janvier 1915. Il est endommagé par le sous marin E9 le 2 juillet 1915 avant d'être coulé par l'E8 le 23 octobre 1915.

Le Friedrich Karl est mis sur cale chez Blohm & Voss de Hambourg en avril 1900 lancé en juin 1902 et admis au service actif le 12 décembre 1903. Il est désarmé et placé en réserve en mars 1908 mais est réarmé en mars 1909 comme navire-tests de torpilles. Sa carrière durant la première guerre mondiale est des plus courte puisqu'il sauta sur une mine russe le 17 novembre 1914 mais mis un temps à couler ce qui fit qu'il n'y eut que 8 morts.

C'était des navires de 9233 tonnes (10033 tonnes pleine charge), mesurant 126.59m de long sur 19.61m de large avec un tirant d'eau de 7.8m, une vitesse de 20 noeuds et un armement composé de 4 canons de 210mm en deux tourelles doubles (une avant et une arrière), 10 canons de 150mm, 12 canons de 88mm et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 450mm.

Aux deux Prinz Adalbert succédèrent, les deux croiseurs cuirassés de classe Roon, les Roon et Yorck.


Le SMS Roon

Le Roon est mis sur cale au Kaiserliche Werft de Kiel en août 1902 lancé en juin 1903 et admis au service actif en avril 1906. Navire amiral du deuxième groupe d'éclairage de la Hochseeflot jusqu'en 1911 au moment où il est remplacé par le croiseur de bataille Moltke. Remis en service au moment du déclenchement de la première guerre mondiale, il participe aux opérations de bombardement de l'Angleterre en novembre 1914. Jugé trop vulnérable en mer du Nord, il est transféré en Baltique en avril 1915, affrontant à plusieurs reprises les russes. Désarmé en novembre 1916, il sert de navire d'entrainement et aurait du être transformé en navire de soutien d'hydraviation. Il est rayé le 25 novembre 1920 avant d'être démoli en 1921.

Son sister-ship le Yorck est mis sur cale aux chantiers Blohm & Voss de Hambourg en février 1903 lancé en mai 1904 et admis au service actif en novembre 1905. Le 4 mars 1913, il entre en collision avec le torpilleur S178 provoquant le naufrage de ce dernier (66 morts et 15 rescapés). Il est placé en réserve en mai 1913, son équipage armant le croiseur de bataille Seydlitz. Réarmé le 12 août 1914, il participe au bombardement sur l'Angleterre. Le 4 novembre 1914, il appareille sans autorisation et dans un brouillard à couper au couteau, il entre dans un champ de mines allemand, saute sur une mine et chavire provoquant la mort de 336 hommes d'équipage. L'épave gênant la navigation, elle est partiellement démolie en 1929/30, 1965 et 1982.

Les Roon étaient des navires de 9686 tonnes (10431 tonnes à pleine charge), longs de 128m larges de 20m avec un tirant d'eau de 7.8m, une vitesse maximale de 21 noeuds et un armement composé de 4 canons de 210mm en deux tourelles doubles (une avant et une arrière), 10 canons de 150mm, 14 canons de 88mm et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 450mm.


Le SMS Scharnhorst

Aux Roon succédèrent les deux croiseurs cuirassés les plus célèbres de la marine impériale allemande, les Scharnhorst et Gneisenau. C'était des navires de 12781 tonnes, 144.7m de long sur 22m de large avec un tirant d'eau de 8.4m, une vitesse de 22.7 noeuds et un armement composé de 8 canons de 210mm (deux tourelles doubles et quatre affûts casemates), 6 canons de 150mm en casemates, 18 canons de 88mm en casemates et 4 tubes lance-torpilles de 450mm sous marins.

Le Scharnhorst est mis sur cale aux chantiers Blohm & Voss de Hambourg en janvier 1905, lancé en mars 1906 et admis au service actif en octobre 1907. Le Gneisenau est mis sur cale aux Weserwerft de Brême en décembre 1904 lancé en juin 1906 et admis au service actif en mars 1908.

Les deux navires sont affectés (respectivement en 1909 et 1910) au Ostasiengeschwader, l'Escadron naval allemand en Extrême Orient basé à Tsingao en Chine. Au moment de la déclaration de guerre, sous le commandant de Maximilian Graf Spee, cette unité reçoit l'ordre de regagner l'Allemagne par le Cap Horn tout en attaquant la navigation alliée. Le 1er novembre 1914, il affronte les forces de l'amiral Cradock au large du Chili à la bataille de Coronel. Tergiversant sur la suite des opérations, Graf Spee perd de précieux jours et un mois plus tard, au moment où il tente de s'emparer de Port Stanley pour charbonner, il tombe sur les deux croiseurs de bataille Invincible et Inflexible de l'amiral Sturdee. Le duel inégal se termine par la destruction des deux croiseurs cuirassés allemands (8 décembre 1914).

Au moment où avaient été mis en service les deux Scharnhorst, la technologie navale avait fait un bon de géant. En 1906, la marine britannique avait mis en service le HMS Dreadnought, le premier cuirassé à artillerie principale monocalibre.

L'amiral Fisher ne s'arrête pas en si bon chemin et fait construire les premiers croiseurs de bataille suivant la maxime «Speed is armour» (la vitesse vaut un blindage) dans l'optique de détruire les forces d'éclairage de l'ennemi et de pouvoir choisir ou non d'engager le combat mais sans jamais être intégré à des escadres conventionnelles et affronter des cuirassés plus orthodoxes comme ce qui se passera à la bataille du Jutland.

La classe Invincible composée de trois navires (Invincible, Inflexible et Indomitable) fût mis en service en 1908 et 1909 (Invincible). Il s'agissait de navires 18000 tonnes, filant à 27 noeuds avec un armement composé de 8 canons de 305mm en quatre tourelles doubles et de 16 canons de 102mm en affûts simples ou en casemates.

Leur construction se déroula dans le plus grand secret, les informations qui parvinrent aux oreilles des allemands étaient fragmentaires et pas améliorées par le fait que ces navires étaient classés «armored cruiser» (croiseurs cuirassés).


Le SMS Blücher

La Kaiserliche Marine fit construire le Blücher, un navire de 16000 tonnes, filant à 25 noeuds avec un armement composé de 12 canons de 210mm en six tourelles doubles, de 8 canons de 150mm en casemates, de 16 canons de 88mm et de 4 tubes lance-torpilles de 345mm qui est considéré comme le «chainon manquant» entre le croiseur cuirassé et le croiseur de bataille.

Ce navire est mis sur cale au Kaiserliche Werft de Kiel le 21 février 1907 lancé le 11 avril 1908 et admis au service actif le 1er octobre 1909. Bien que dépassé dès sa mise en service par les nouveaux croiseurs de bataille, le Blücher fût intégré à la force de croiseurs de bataille de l'amiral Hipper alors qu'il n'en avait ni la vitesse ni la puissance de feu. Il participe aux premières opérations en mer du Nord et en Baltique avant d'être coulé durant la bataille du Dogger Bank le 24 janvier 1915.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Jeu 29 Avr 2010, 20:47

GENESE DES MOLTKE

Cela est peu connu mais dès 1901, les allemands avaient conscience des limites du croiseur cuirassé car l'augmentation du calibre entrainait l'augmentation de la protection et donc le poids et le prix du navire. En clair, si on ne faisait rien, le croiseur cuirassé deviendrait aussi gros que le cuirassé mais en attendant pour suivre la cadence imposée par les britanniques, les allemands n'eurent d'autre choix que de construire des croiseurs cuirassés.


Le HMS Dreadnought et ci-dessous la réponse allemande : la classe Nassau (ici le SMS Rheinland)


Si la construction du Dreadnought bien que menée dans le plus grand secret fuita suffisament pour permettre aux allemands de préparer rapidement la riposte (classe Nassau), la construction des Invincible eut lieu dans le secret le plus absolu. Les allemands prennant pour argent comptant l'intoxication britannique, ils construisirent le Blücher qui se révéla dépassé quand les véritables caracteristiques des croiseurs de bataille britanniques se révélèrent.

L'amiral Tirpitz n'était pas un chaud partisan du croiseur de bataille. La maxime «fisherienne» de «Speed is armor» (la vitesse est un blindage) lui paru comme une véritable hérésie car l'écart de vitesse de près de cinq noeuds n'arrête pas les obus sans parler du fait que Fisher avait eut l'idée d'un croiseur de bataille après l'éclatante victoire japonaise de Tsushima opposant des navires modernes, bien entretenus et bien commandés à des navires anciens et ayant subit les affres d'un épuisant tour du monde.


Le HMS Invincible. Moins que leur conception insuffisament aboutie, c'est leur mauvais emploi tactique qui causa la perte de trois croiseurs de bataille anglais à la bataille navale du Jutland

Les allemands décidèrent donc de construire des croiseurs de bataille moins par réel besoin que pour suivre les anglais sur leur terrain mais le grand amiral Tirpitz veilla à ce que la protection soit bien plus importante que les croiseurs de bataille anglais en maintenant le calibre de l'artillerie principale à 280mm au lieu du 305mm utilisé par les anglais.


Le SMS Von der Tann

Le premier croiseur de bataille allemand est baptisé SMS Von Der Tann est commandé le 26 septembre 1907 aux chantiers navals Blohm & Voss de Hambourg. Il est mis sur cale le 21 mars 1908 lancé le 20 mars 1909 et admis au service actif le 1er septembre 1910. Il participe à la première bataille de la baie d'Heligoland en août 1914, aux bombardements sur la côte est de l'Angleterre, à la bataille du Jutland les 31 mai et 1er juin 1916 avant de terminer sa carrière en 1919 dans les eaux noires et froides de Scapa Flow avant d'être relevé en 1930 puis d'être démantelée.



Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 19370 tonnes pleine charge 21300 tonnes

Dimensions : Longueur : 171.7m Largeur : 26.6m Tirant d'eau : 8.91m (standard) 9.17m (en charge)
Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par 18 chaudières Schultz Thornycroft dévellopant une puissance totale de 43600ch entrainant quatre hélices

Performances : vitesse prévue à l'origine : 24.8 noeuds vitesse maximale : 27 noeuds (28 noeuds atteints aux essais) distance franchissable : 4400 miles nautiques à 14 noeuds 2760 tonnes de charbon embarqué.

Protection : ceinture blindée de 80 à 250mm, tourelles face avant 230mm, tour de commandement 250mm

Armement : 8 canons de 280mm SK L/45 en quatre tourelles doubles (une axiale, une arrière et deux latérales) ; 10 canons de 150mm SK L/45 modèle 1908 en 10 casemates (cinq babord et cinq tribord); 16 canons de 88mm SK/L 45 modèle 1906 en seize affûts simples sous masque. Ces canons ont été débarqués après la bataille du Jutland et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 450mm

Equipage : 41 officiers et 882 marins


Le dévellopement de la classe Moltke commença en mai 1907 lors d'une conférence interne à la marine allemande qui satisfaite du Von der Tann décida de poursuivre la construction de croiseurs de bataille mais suivant un modèle différent, plus gros et mieux armé notament pour l'artillerie principal qui devait passer de 280 à 305 avec toujours 8 pièces mais l'Amiral Tirpitz demanda d'accroitre le nombre de canons à 10 ce qui obligeait à garder le calibre de 280mm.

Le Ministère de la Marine réclama cependant de choisir le canon de 305mm pour lui permettre d'intégrer la ligne de bataille. Un débat opposa le ministère de la Marine au Grand Amiral qui l'emporta avec un armement principal de dix canons de 280mm. Le design du «Kreuzer G» prévoyait également un blindage plus important et une vitesse de 24.5 noeuds.

Un seul navire était d'abord prévu mais devant les tensions internationales et la course aux armements entre Londres et Berlin, il fût décidé de construire deux unités, les Kreuzer G et Kreuzer H, le premier étant financé au budget 1908-09 et le second au budget 1909-10.

Le contrat pour le croiseur G fût signé le 17 septembre 1908 avec le numéro constructeur 200 avant d'être baptisé Moltke alors que son sister-ship baptisé Goeben fût condamné le 8 avril 1909 avec le numéro constructeur 201.



Un mot sur le Seydlitz qui suit le Goeben. Certains auteurs le considère comme le troisième navire de la classe Moltke et d'autres comme le navire d'une classe dont il fût l'unique représentant. Appartenant à la deuxième école, je traiterai le Seydlitz dans un article ultérieur.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Jeu 29 Avr 2010, 21:00

HISTORIQUE

Le SMS Moltke

Le SMS Moltke au mouillage

Présentation

Aspect du Moltke au début de sa carrière

-Le Moltke est mis sur cale aux chantiers Blohm & Voss de Hambourg le 7 décembre 1908 lancé le 7 avril 1910 et admis au service actif le 30 août 1911.


Le général Helmut von Moltke

Il porte le nom de Helmuth Karl Bernhard Graf Von Moltke (Parchim 1800- Berlin 1891), un général prussien puis allemand. Engagé dans l'armée danoise au début de sa carrière, il s'engage ensuite dans l'armée prussienne en 1822 avant d'être conseiller militaire auprès de l'armée ottomane entre 1835 et 1839.

Chef du grand état major prussien en 1857, il fût le grand organisateur de l'armée prussienne, ses réformes étant le pendant militaire des réformes politiques menées par Otto von Bismarck. Il commande les troupes prussiennes engagées dans la guerre des duchés (1864) contre le Danemark, dans la guerre austro-prussienne de 1866 qui allait trancher le dilemme entre petite et grande Allemagne et dans la guerre franco-allemande en 1870 qui allait couronner l'unité allemande.

Fait comte par Guillaume en 1871, il devient la même année député au Reichstag jusqu'en 1891 même si il n'abandonna ses fonctions militaires qu'en 1888. il fût également un écrivain militaire reconnu. Son neveu, Helmut Johannes Ludwing von Moltke (1848-1916) fût chef d'état major de l'armée allemande de 1906 à 1914.

Service de temps de paix pour un croiseur de bataille

Le Moltke, le Stettin et le Bremen au mouillage à Hampton Roads en 1912

Le Moltke peut s'enorgueillir d'être le seul navire de ligne allemand à avoir jamais visité les Etats Unis. Le 11 mai 1912, il appareilla de Kiel en compagnie des croiseurs légers Stettin et Bremen pour arriver à Hampton Roads (Virginie) le 30 mai 1912. Après une tournée de deux semaines sur la côte est, il retrouva Kiel le 24 juin 1912.

En juillet 1912, le SMS Moltke, navire-amiral de la force de reconnaissance escorta le yacht de Guillaume II en Russie et le 23 juin 1914, il céda ce rôle de navire-amiral au Seydlitz. Il aurait du alors remplacer le croiseur cuirassé SMS Scharnhorst en Extrême Orient mais au même moment, le Goeben devait être remplacé en Méditerranée. Néanmoins, le déclenchement de la première guerre mondiale provoqua l'abandon de ce projet et le croiseur de bataille resta en Baltique.

Le Moltke dans la première guerre mondiale (1) de la baie d'Heligoland au Dogger Bank (1914-1915)

Vue en couleur du SMS Moltke

Quand éclate la première guerre mondiale, le Moltke était affecté au 1er groupe d'éclairage de la Hochseeflot sous le commandement du contre-amiral Franz Hipper. Il connu son baptême du feu lors de la bataille de la baie d'Heligoland. Le 28 août 1914, les croiseurs de la Harwich Force attaquèrent les destroyers allemands patrouillant dans la baie.

Six croiseurs légers allemands, les SMS Köln, Stettin,Frauenlob, Stralsund et Ariadne appuyèrent bientôt les destroyers allemands et infligèrent de sérieux dommages aux navires britanniques mais ces derniers furent sauvés par l'arrivée des croiseurs de bataille du vice-amiral David Beatty.

Les croiseurs de bataille Moltke et Von Der Tann étaient prêts à appareiller mais le niveau de la marée dans l'estuaire de la Jade était trop faible pour que les croiseurs de bataille puissent franchit les bancs de sable en toute sécurité.

Ce n'est qu'à 14.10 que les deux croiseurs de bataille purent franchir les bancs de sable et Hipper ordonna aux croiseurs légers de se placer sous la protection des gros. Les Strassburg, Stettin, Frauenlob, Stralsund et Ariadne firent leur jonction avec les croiseurs de bataille à 14.25 mais quand à 15.10 le Seydlitz retrouva les autres navires allemands, le Ariadne avait sombré. A 16.00, les navires allemands firent demi-tour, les navires s'amarrant à Wihelmshaven à 20.23.

Deux mois plus tard, le 2 novembre 1914, le Moltke avec à bord le contre-amiral Hipper, le Seydlitz, le Von Der Tann, le croiseur cuirassé Blücher et et les croiseurs légers Strassburg Graudenz, Kolberg et Stralsund appareillèrent de Wilhelmshaven pour une bombardement côtier couvrant la mise en place d'un champ de mines destiné à perturber le trafic commercial britannique. A 18.00, deux squadrons de cuirassés de la flotte de haute mer appareillèrent, mettant cap au nord pour couvrir l'opération et attirer les britanniques vers le nord.

Le lendemain matin à 6.30, les navires de l'amiral Hipper tombèrent sur le dragueur de mines britannique Halcyon ouvrant le feu ce qui attira l'attention du destroyer Lively. Hipper réalisant qu'il allait entrer dans un champ de mines ordonna à ses navires de regagner la haute mer ce qui n'empêcha pas les navires allemands de lâcher quelques salves sur Yarmouth mais avec très peu d'effets avant de regagner l'Allemagne. Sur le chemin de retour, le croiseur cuirassé Yorck chargé de couvrir le retour de la force de Hipper sauta sur une mine allemande et sombra

Six semaines plus tard, le Moltke fût engagé dans une nouvelle opération de bombardement qui devait aboutir à un affrontement en haute mer entre la Grand Fleet et la Hochseeflot. Les allemands engagèrent le 1er et le 2ème groupe d'éclairage composé des croiseurs légers Kolberg, Strassburg, Stralsund et Graundez, de deux flottilles de torpilleurs (18 navires au total), des croiseurs de bataille Seydlitz, Moltke, Von Der Tann, Derfflinger et du croiseur cuirassé Blücher.

La force de l'amiral Hipper appareilla à 3.20 le 15 décembre 1914 suivit quelques heures plus tard par le gros de la flotte de haute mer mais cette dernière tomba sur des destroyers britanniques et craignant une attaque à la torpille de nuit, l'amiral Ingenohl ordonna la retraite.

A l'approche de la côte britannique, les navires de l'amiral Hipper se divisèrent en deux groupes avec d'un côté le Seydlitz, le Moltke et le Blücher chargés de pilonner Hartlepool alors que le Von Der Tann et le Derfflinger étaient chargés de bombarder Scarborough et Whitby. A 8.15, le Kolberg commença à mouiller des mines, un quart d'heure après le début du bombardement de Scarborough mené par le Derfflinger et le Von Der Tann, bombardement qui s'acheva à 9.30.

A la différence de Scarborough, Hartlepool était défendu par trois batteries de canons de six pouces ce qui représentait une menace non négligeable même pour des croiseurs de bataille. Les batteries furent mises en alerte à 7.46 quand de grands navires de guerre furent signalés. Le bombardement commença à 8.10 sans que les britanniques qui ne disposaient dans la région que de quatre destroyers, de deux croiseurs légers et d'un sous marin ne puissent réagir. Les batteries côtières britanniques se montrèrent suffisament précis pour obliger le Blücher à changer de position après avoir été encadré à plusieurs reprises.

Le bombardement d'Hartlepool provoqua la mort de 86 civils tandis que 424 étaient blessés. Sept soldats étaient tués et quatorze blessés.1150 obus furent tirés. Côté allemand, huit marins avaient été tués et douze blessés. Le bombardement cessa à 8.50, les navires allemands quittant la zone.

La Grand Fleet avait appareillé dès le 15 décembre de Scapa Flow avant même que les allemands ne commencent leur attaque. Le lendemain, 16 décembre 1914 à l'aube, des destroyers britanniques tombèrent sur des destroyers et des croiseurs mais l'engagement confus se termina sur un match nul.

Les deux adversaires hésitèrent à engager le combat, craignant de se retrouver en infériorité numérique contre l'adversaire.

De son côté l'amiral Hipper regroupa ses forces et le 16 décembre 1914 à 9.30, il ordonna le retour en Allemagne, apprenant que la flotte de haute mer avait regagné l'Allemagne, le laissant à découvert. Les inombrables hésitations de l'amiral Beatty sauva les allemands qui purent rentrer au port sans difficultés, la Grand Fleet regagnant ses bases le 17 décembre 1914.


Le SMS Moltke à la mer en 1915

Au début du mois de janvier, les allemands apprirent que les britanniques menaient d'intenses missions de reconnaissance dans la région du Dogger Bank. Le chef d'état major de la Hochseeflot, le contre-amiral Richard Eckermann demanda au chef de la 1ère force d'éclairage de monter une mission de nettoyage ce que le contre-amiral Ingehol accepta avec réticence puisqu'il était privé du Von der Tann alors en carénage.

Le 23 janvier, l'amiral Hipper, chef de la force d'éclairage appareilla à bord du Seydlitz suivit par le Moltke, le Derfflinger et le Blücher suivit par les croiseurs légers Graudenz Rostock Stralsund et Kolberg et 19 torpilleurs de la 5ème flottille et d'une partie des 2ème et 18ème flottilles.

Malheureusement pour les allemands, les britanniques pouvaient décrypter les communications allemandes et connaissaient l'ordre d'appareillage et plus important que tout connaissaient l'objectif à savoir le Dogger Bank.

Pour contrer Hipper, les britanniques firent appareiller le 1st Battlecruiser Squadron (HMS Lion, Tiger et Princess Royal), le 2nd Battlecruiser Squadron (HMS New Zealand et Indomitable), le 1st Light Cruiser Squadron (HMS Southampton, Birmingham, Nottingham et Lowesoft) qui retrouvèrent la Harwich Force (HMS Aurora Arethusa et Undaunted et 35 destroyers) le 24 janvier à 8.00 à 30 miles nautiques au nord du Dogger Bank.

Le lendemain à 7.20 du matin le 24 janvier 1914, le croiseur léger Arethusa repéra son homologue allemand, le SMS Kolberg. Un quart d'heure plus tard, Hipper qui avait localisé la force de Beatty ordonna de mettre cap au sud à 20 noeuds pour échapper aux américains, accélérant ensuite à 23 noeuds, la vitesse maximale du Blücher.

Beatty ordonna à ses croiseurs de bataille de pousser les feux pour rattraper les allemands. Les New Zealand et Indomitable plus lents que les autres furent bien vite lachés mais le HMS New Zealand fût capable d'ouvrir le feu sur le Blücher à 9.35 et après une heure de tir, le New Zealand avait neutralisé la tourelle avant du croiseur cuirassé, bientôt rejoint par l'Indomitable. Après avoir encaissé 147 obus, le Blücher chavira.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Jeu 29 Avr 2010, 21:04

Le Moltke dans la première guerre mondiale (2) : du Golfe de Riga au Jutland


Le 3 août 1915, le Moltke fût transféré en mer Baltique pour participer notament à des opérations contre la Russie, les allemands ayant l'intention de débarquer dans le golfe de Riga et devaient pour cela neutraliser les forces russes présentes dans le secteur notament le cuirassé prédreadnought Slava avant de mouiller des mines.

Sous le commandement direct du vice-amiral Hipper, une imposante force navale fût déployée en Baltique avec les quatre cuirassés de classe Nassau (SMS Nassau, SMS Posen, SMS Rheinland et SMS Westfalen), les quatre cuirassés de classe Helgoland (SMS Helgoland SMS Ostfriesland, SMS Oldenburg et SMS Thuringen), les croiseurs de bataille Moltke, Von der Tann, Seydlitz, les croiseurs légers Augsburg Bremen Graudenz et Pillau et 56 destroyers.

Le 8 août 1915, les allemands firent une première tentative pour nettoyer le golfe. Les vieux cuirassés Braunschweig et Elsass bloquèrent le Slava dans la baie pendant que les dragueurs de mines nettoyaient l'entrée de la baie pour permettre au mouilleur de mines Deutschland de bloquer le Moon Sound mais la nuit étant tombée, l'opération fût annulée.

Le 16 août, les allemands effectuèrent une nouvelle tentative. Les cuirassés Nassau et Posen accompagnés par quatre croiseurs légers et 31 torpilleurs brisèrent les défenses du Golfe. Les cuirassés Nassau et Posen engagèrent un duel d'artillerie avec le Slava qui encaissa trois coups au but et se replia.

Après trois jours d'opérations, les champs de mines furent nettoyés et la force allemande entra dans le golfe le 19 août mais l'annonce de la présence de sous marins alliés dans la région poussa les allemands à se replier le lendemain. Le 19 au matin, le Moltke fût torpillé par le sous marin britannique E1. La torpille fût repérée à 183m du navire mais le temps que le navire manoeuvre, la torpille frappa à la chambre des torpilles avant. L'explosion du projectile endommageant des torpilles mais qui fort heureusement n'explosèrent pas. Huit hommes furent tués et 435 tonnes d'eau embarqués. Le navire parvint à rentrer au port et fût immobilisé pour réparations du 23 août au 20 septembre 1915.

Le premier croiseur de bataille allemande participa à une nouvelle expédition de bombardement contre les villes de Yarmouth et de Lowestoft les 24 et 25 avril 1916. Malade, l'amiral Hipper céda le commandement à son adjoint, le contre-amiral Friedrich Bödicker.

La force allemande se composait des croiseurs de bataille Derfflinger, Lützow, Moltke, Seydlitz et Von Der Tann accompagnés par quatre croiseurs légers et deux flottilles de destroyers qui appareilla en fin de matinée le 24 avril suivit par la flotte de haute mer en début d'après midi pour couvrir les navires du contre-amiral Bödicker. Les britanniques mis au courant de la sortie allemande firent appareiller la Grand Fleet en fin d'après midi le 24 avril 1916.

A 15.38, le Seydlitz heurta une mine qui provoqua une brèche de 50m, embarquant près de 1400 tonnes d'eau ce qui l'obligea à se replier couvert par les croiseurs légers à la vitesse de quinze noeuds. Les quatre croiseurs de bataille restant n'abandonnèrent par l'opération mais modifièrent leur trajectoire pour éviter d'autres mines. A 16.00, le Seydlitz stoppa et Bödicker se transporta sur le Lützow grâce au torpilleur V28.

A 4.50 le 25 avril, les croiseurs de bataille allemands accompagnés par les croiseurs légers Rostock et Elbing étaient arrivés à proximité de Lowestoft. Les croiseurs légers allemands tombèrent alors sur les croiseurs légers et les destroyers de la Harwich Force mais cela ne détourna pas les allemands de leur bombardement sur Lowestoft. Le bombardement s'acheva à 5.20, les navires allemands gagnant Yarmouth qui fût bombardée de 5.42 à 5.47 en raison d'une faible visibilité. La Harwich Force engagea les allemands mais l'escarmouche ne donna rien et les allemands informés de la sortie de la Grand Fleet de Scapa Flow décidèrent de rentrer dans leurs bases.

Depuis le début de la guerre, les marines allemandes et britanniques cherchent l'occasion idéale pour provoquer la bataille décisive qui décidera qui dominera la région. Le croiseur de bataille SMS Moltke et les autres croiseurs de bataille de l'amiral Hipper appareillèrent de Wilhelmshaven dans la nuit du 30 au 31 mai 1916, à 2.00 du matin, franchissant le Skagerrak à une vitesse de 16 noeuds, le Moltke étant le quatrième navire d'une colonne de cinq devant le Von der Tann et derrière le Seydlitz.

Une heure et quart plus tard, la Hochseeflot sous le commandement de l'amiral Scheer quittèrent l'estuaire de la rivière Jade avec 16 cuirassés, les croiseurs légers Stettin München, Hamburg, Frauenlob, Stuttgart et 31 torpilleurs menés par le croiseur léger Rostock. Ils furent suivis par six prédreadnoughts.

Peu avant 16.00 le 31 mai, les croiseurs de bataille d'Hipper rencontrèrent leurs homologues anglais du vice-amiral Beatty. Les allemands furent les premiers à ouvrir le feu à 14000m suivis par les anglais, le SMS Moltke étant engagés par les HMS New Zealand et Tiger même si les premières salves tombèrent trop courtes.

A 16.52, deux obus de 280mm du Moltke touchèrent le Tiger mais le blindage britannique absorba l'énergie cinétique et ne provoqua aucun dommage significatif. Quatre autres obus de l'artillerie principale neutralisèrent la tourelle médiane et la tourelle arrière du Tiger. Quinze minutes plus tard, l'Indefatigable fût détruit par le Von der Tann et le Moltke tira quatre torpilles sur le Queen Mary à une distance 9-10000m ce qui obligea les navires britanniques à manoeuvrer car les torpilles pouvaient venir d'un sous marin.

A 17.06, le Barham ouvrit le feu sur le Von der Tann bientôt rejoint par ses sister-ship Valiant, Malaya et Warspite qui concentrèrent leur tir sur les Von der Tann et Moltke. Dix minutes plus tard, un obus de 15 pouces toucha le Moltke dans sa soute à charbon et mit le feu à une soute à munitions qui fort heureusement n'explosèrent pas.

En se concentrant sur les deux premiers croiseurs de bataille allemands, les Queen Elizabeth laissèrent le champ libre aux Seydlitz et Derfflinger qui matraquèrent les croiseurs bataille britanniques qui provoquèrent l'explosion du Queen Mary.

Les forces d'Hipper et de Scheer firent leur jonction poussant Beatty à se replier pour attirer les navires allemands vers les cuirassés de l'amiral Jellicoe. Comprennant qu'il était tombé dans un piège, Scheer qui ne voulait être l'amiral allemand qui aurait provoquer la destruction de la Hochseeflot ordonna la retraite. Les croiseurs de bataille plus rapides couvrirent la retraite des cuirassés pendant qu'ils étaient eux même couverts par une attaque des torpilleurs. Les britanniques tentèrent bien de couper la retraite aux allemands mais les manoeuvres pour échapper aux torpilles et la nuit qui tombait provoqua la fin de la phase principale de la bataille du Jutland sur un résultat mitigé. Il y eu bien quelques échanges de tir mais sans résultats probants.

A 22.15, Hipper transféra son pavillon sur le Moltke et ordonna aux navires de filer à 20 noeuds mais seuls le Moltke et le Seydlitz pouvaient suivre cet ordre, le Derfflinger et le Von der Tann ne pouvaient donner plus de 18 noeuds et ces navires furent peu à peu distancés. Ils furent sauvés par l'intervention des croiseurs légers allemands qui repoussèrent leurs homologues anglais.

La bataille se termina dans la nuit du 31 mai au 1er juin. Les croiseurs de bataille allemands avaient sévèrement dégustés comme on dit : le Derfflinger et le Von der Tann n'avaient plus que deux canons en état de tirer, le Moltke avait embarqué 1000 tonnes d'eau et le Seydlitz sévèrement endommagé et Hipper de préciser à l'amiral Scheer que le I Scouting Group n'avait plus aucune valeur militaire ni capacité combativité.

Durant la bataille du Jutland, le Moltke toucha le Tiger treize fois et fût touché lui même à quatre reprises par des obus de 15 pouces provoquant la mort de 16 marins pendant que 20 autres étaient blessés sans parler des 1000 tonnes d'eau embarquées

Fin de la guerre et fin d'un croiseur de bataille

Les croiseurs de bataille allemands gagnant la Grande Bretagne : le Seydlitz ouvre la marche suivi par le Moltke

Les 18 et 19 août, le I Scouting Group fût chargé de bombarder la ville côtière de Sunderland pour tenter d'attirer les croiseurs de bataille anglais et les détruire. N'ayant plus que deux navires opérationnels (Moltke et Von der Tann), le groupe fût renforcé par les cuirassés Markgraf, Grosser Kurfürst et le Bayern. Le reste de la Hochseeflot quitta aussi ses ports pour couvrir. Les britanniques avertis purent appareiller pour contrer les allemands. A 14.35, l'amiral Scheer fût averti de l'appareillage de la Grand Fleet et se rappelant encore du Jutland, il préféra se replier direction ses ports d'attache.

Entre septembre et octobre 1917, le croiseur de bataille participa à l'opération Albion pour soutenir l'invasion allemande des îles russes d'ösel, Dagö et Moon (auj. En Estonie). L'opération réussie, le Moltke retrouva la mer du nord mais il ne participa pas à la deuxième bataille de la baie d'Heligoland en 1917.

A partir de la fin de 1917, la Hochseeflot tenta à plusieurs reprises de s'attaquer aux convois reliant la Grande Bretagne à la Norvège ce qui obligea l'amiral Beatty devenu commandant en chef de la Grand Fleet à détacher plusieurs cuirassés et croiseurs de bataille pour protéger les convois. Cela n'était pas forcément une mauvaise nouvelle pour l'amiral Scheer qui pouvait espérer isoler et détruire une partie de la Granf Fleet.

Le 23 avril 1918 à 5.00 du matin, la Hochseeflot appareilla dans l'espoir d'intercepter l'un des convois. Connaissant la capacité britannique à intercepter et décrypter ses communications, les navires allemands respectèrent le silence radio mais le lendemain matin à 5.10, le SMS Moltke fût victime d'une panne totale de machines, nécessitant un remorquage et le commandant du croiseur de bataille du informer son supérieur à 8.45.

A 9.38, le croiseur léger Strassburg tenta de le prendre en remorque mais il échoua à la différence du SMS Oldenburg qui parvint à le prendre en remorque à 10.13 et de le ramener au port. A 14.10, le convoi n'ayant toujours pas été repéré et Scheer ordonna à la flotte de faire demi-tour. A 17.10, les moteurs du Moltke furent réparés et le croiseur de bataille pouvait filer à 17 noeuds.

Il n'était pas sorti d'affaire car à 19.37, le sous marin britannique E42 répéra le navire et tira une torpille qui toucha le croiseur de bataille qui embarqua 1800 tonnes d'eau. Mis au bassin à Wilhelmshaven, il fût immobilisé pour réparations du 30 avril au 9 septembre 1918.

Les réparations achevées, le Moltke effectua sa remise en condition en mer Baltique du 19 septembre au 3 octobre avant d'être affecté à partir du 1er novembre au I Scouting Group en remplacement du SMS Hidenburg qui venait d'entrer au bassin.

Le Moltke aurait du être engagé dans la dernière sortie de la Hochseeflot dans le but de provoquer le plus de dommages possibles aux britanniques avec une sortie aussi bien devant les côtes de Flandre qu'au large de la Tamise.

Le 24 octobre 1918, il reçut d'appareiller de Wilhelmshaven mais dans la nuit du 28 au 29 octobre, une partie des équipages se mutinèrent, mutineries qui allèrent du refus du travail aux sabotages comme sur les Thüringen et Helgoland. L'ordre d'appareillage fût rapporté pour éviter une révolte ouverte. Cette mutinerie dégénéra bientôt en révolution et aboutit à la chute du Kaiser.

Le Moltke se rendit comme le reste de la Hochseeflot aux alliés le 24 novembre 1918 et fût internée d'abord à Rosyth puis à Scapa Flow. Le traité de Versailles prévoyant le partage des navires allemands entre les alliés, le contre-amiral Reuter ordonna le sabordage le 21 juin 1919 quand la Grand Fleet était en mer pour exercices. Le SMS Moltke coula en deux heures et quinze minutes, l'épave étant relevée en 1927 puis démantelée à Rosyth en 1929.


Aspect final du Moltke

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Jeu 29 Avr 2010, 21:16

Le SMS Goeben

Le SMS Goeben au mouillage

Présentation

-Le Goeben est mis sur cale aux chantiers navals Blohm & Voss de Hambourg le 28 août 1909 lancé le 28 mars 1911 et admis au service actif le 2 juillet 1912.

Le sister-ship du Moltke rend hommage à August Karl von Goeben (Stade, royaume de Hanovre 10 décembre 1816-Coblence 1880), un général d'infanterie prussien décoré de la croix de fer pour son oeuvre lors de la guerre franco-allemande de 1870.


Le général August von Goeben

Sujet hannovrien mais attiré par la Prusse, il obtint un office d'officier au sein du 24ème régiment d'infanterie prussien à l'âge de 17 ans. Avide de sensation, il quitta le service en 1836 pour s'enrôler au sein de l'armée carliste lors de la première guerre carliste (1833-1839), guerre au cours de laquelle il fût gravement blessé puis capturé, tentant de s'évader à plusieurs reprises avant d'être libéré, la guerre terminée en 1840.

Ayant l'expérience du combat, il connu un avencement relativement rapide, devenant capitaine en 1848 au sein de l'état major du 4ème corps d'armée dont le commandement était le général von Moltke. Plus que des subordonnés, les deux officiers pourtant séparés par 16 années devant des amis très proches.

En 1863, il devint major-général commandant de la 26ème brigade d'infanterie, trois ans après avoir été présent au sein des troupes espagnoles présentes au Maroc et avoir combattu à la bataille de Tetuan.

Il participa ensuite à la guerre des duchés en 1864, à la guerre austro-prussienne de 1866 et surtout à la guerre franco-allemande de 1870, participant notament à la bataille de Gravelotte en commandant le VIIIème corps d'armée puis en janvier 1871 la première armée, remportant une brillante victoire à Saint Quentin. Il était toujours militaire quand il mouru à Coblence en 1880.

Temps de paix pour un croiseur de bataille

Le SMS Goeben filant à grande vitesse (panache de fumée noire et vague de sillage importante)

Quand éclata la première guerre balkanique en octobre 1912, le grand quartier général décida de montrer le pavillon en Méditerranée pour faire respecter et protéger les intérêts allemands. Le croiseur de bataille Goeben et le croiseur léger Breslau furent donc choisis pour rejoindre la Constantinople.


Le SMS Goeben au mouillage

Les deux navires appareillèrent de Kiel le 4 novembre 1912 et arrivèrent à destination le 15 novembre 1912. A partir d'avril 1913, le Goeben visita les ports italiens de Venise et de Naples et le port austro-hongrois de Pola avant de gagner les eaux albanaises. Il regagna Pola pour maintenance du 21 août au 16 octobre 1913.

Le déclenchement de la deuxième guerre balkanique le 29 juin 1913 entraina le maintien des deux navires placés à partir du 23 octobre sous le commandement du contre-amiral Souchon qui visitèrent près de 80 ports avant le déclenchement de la première guerre mondiale.

Le Goeben aurait du être relevé par son sister-ship Moltke en juin 1914 mais l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo entraina le maintien du Goeben sur zone. La guerre devenant iminente, le Goeben gagna Pola pour des réparations réalisées par des ingénieurs allemands. Le carénage achevé, le navire gagna Messine.

Le Goeben dans la première guerre mondiale (1) : sous pavillon allemand

Le SMS Goeben tout en puissance

Peu avant le début de la guerre, Guillaume II ordonna au Goeben et au Breslau de conduite des raids en Méditerranée occidentale ou de tenter de gagner l'Atlantique pour regagner les eaux allemandes ce qui semblait bien utopique en voyant la géographie fortement défavorable au croiseur de bataille.

Voulant viser les transports de troupes français entre l'Afrique du Nord et la métropole, le contre-amiral Souchon se rendit au large des côtes algériennes. Le 3 août, la guerre ayant été déclarée entre Paris et Berlin, le Goeben bombarda Philippeville pendant dix minutes pendant que le croiseur léger pilonna Bône. Tirpitz et Von Pohl lui envoyèrent secrètement des ordres contrant les les ordres de l'empereur et lui ordonnèrent de gagner Constantinople.

Il devait cependant charbonner et gagna Messine mais quand il sortit du port, il tomba sur les croiseurs de bataille britanniques Indefatigable et Indomitable qui ne pouvaient pas intervenir car Londres et Berlin n'étaient pas encore en guerre.

En dépit de la présence d'un charbonnier allemand, les soutes n'étaient pas suffisament garnies pour lui permettre de gagner Constantinople, un autre ravitaillement était cependant prévue en mer Egée. Les français n'intervinrent pas persuadés que le croiseur de bataille devait gagner l'Adriatique ou tenter de forcer le détroit de Gibraltar.

Le Goeben et le Breslau quittèrent Messine le 6 août 1914 au matin, franchirent le détroit et filèrent vers la Turquie alors que les deux croiseurs de bataille britanniques étaient à 100 miles nautiques et l'Inflexible était entrain de charbonner à Bizerte.

Les deux navires allemands franchirent le détroit des Dardanelles le 10 août guidés par un navire ottoman à travers la mer de Marmara. L'Empire Ottoman étant neutre, les deux navires furent transférés à la marine ottomane le 16 août 1914, le contre-amiral Souchon devenant commandant en chef de la marine turque. Le Goeben et le Breslau qui conservèrent leurs équipages allemands furent respectivement rebaptisés Yavuz Sultan Selim et Midilli.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Jeu 29 Avr 2010, 21:20

Le Goeben dans la première guerre mondiale (2) : sous pavillon turc

Le Yavuz Sultan Selim à grande vitesse

Le 29 octobre, le Yavuz bombarda Sebastopol, sa première opération contre l'Empire russe. Un obus de 254mm toucha le navire dans la cheminée arrière mais n'explosa pas ce qui provoqua que des dégats négligeables. Sur le chemin du retour vers la Turquie, le Yavuz coula le mouilleur de mines russe Prut et endommagea le destroyer russe Leiteneat Pushchin par deux obus de 150mm. La Russie déclara la guerre à l'Empire Ottoman le 1er novembre suivis quatre jours plus tard par la France et la Grande Bretagne qui avaient deux jours plus tôt bombardé des forteresses turques.

Le 18 novembre 1914 à 17 miles nautiques des côtes de la Crimée, le Yavuz entama un duel d'artillerie à une distance de 5 à 7000m durant lequel il tira 19 obus de 280mm endommagea le cuirassé prédreadnought Evstafi quatre fois tuant 33 hommes et en blessant 35. Le Yavuz fût touché une fois au niveau du troisième casemate tribord, explosion qui entraina la détonation de trois obus de 150mm et la mise à feu de 16 gargousses provoquant la mort de 13 hommes pendant que trois hommes étaient blessés.

Les 5 et 6 décembre, le Yavuz et le Midilli assurèrent la protection de transport de troupes avant de bombarder le 10 décembre le port russe de Batumi. Le 23 décembre, le Yavuz et le croiseur léger Hamidiye escortèrent trois transports en direction de Trebizonde mais lors du retour d'une autre mission de transport le 26 décembre, il sauta sur deux mines dans le Bosphore, la première explosant au niveau du bloc passerelle mais le bukhead résista et la second explosa à tribord au niveau de la tourelle de 280mm. 600 tonnes d'eau furent embarquées par le navire qui ne pouvait pas être totalement réparé faute de formes de radoub suffisament vastes et seules des réparations provisoires purent être réalisées.

Cela n'empêcha pas le navire-amiral turc de rester actif durant tout le conflit, assurant des escortes de transports et la couverture des unités légères de la marine turque quand ces dernières étaient menacées par la flotte russe de la mer Noire.

Le 25 avril le jour où les alliés débarquèrent à Gallipoli, les forces navales russes bombardèrent les forts gardant le Bosphore. Le 2 mai, le Yavuz appareilla de Beikos dans le Bosphore pour tenter d'engager la flotte russe mais sans succès tout comme le fût la mission de traque du trafic commercial russe menée par le Yavuz, le Midilli et le Hamidiye.

Le 9 août, le Yavuz appareilla pour contrer une sortie de croiseurs et de destroyers russes mais au même moment, un torpilleur ottoman repéra deux cuirassés type prédreadnought et deux tender d'hydravions qui voulaient bombarder les côtes du Bosphore. Le Yavuz renversa sa course pour engager ces navires russes, engageant l'Evstafi mais n'enregistra aucun coup au but tout en encaissant deux obus avant de rompre l'engagement.

Le 18 juillet, le Midilli sauta sur une mine, embarquant 600 tonnes d'eau et surtout étant incapable de continuer l'escorte d'un convoi de charbon entre Zonguldak et le Bosphore. Le Yavuz fût chargé de l'escorte. Les 10 et 11 août alors qu'il escortait cinq cargos avec le Hamidiye et trois torpilleurs, il échappa de peu à l'attaque du sous marin russe Tyulen qui avait réussit à couler un des charbonniers.

Le 21 septembre, le Yavuz quitta à nouveau son sanctuaire du Bosphore pour contrer trois destroyers russes qui avaient attaquer des charbonniers turcs. La participation de l'ancien croiseur de bataille allemand aux escortes cessa le 14 novembre après que deux torpilles du sous marin Morzh faillirent le toucher, l'amiral Souchon estimant que les risques étaient trop grands et que la mise en service des cuirassés Imperatritsa Mariya et Imperatritsa Ekaterina Velikaya limitaient fortement les possibilités du Yavuz.

Néanmoins le 8 janvier 1916, le Yavuz appareilla pour couvrir l'arrivée d'un charbonnier mais ce dernier fût coulé par des destroyers russes. Alors qu'il regagnait le Bosphore, il fût attaqué par l'Imperatritsta Ekaterina, les deux navires s'enchangèrent quelques obus (cinq salves pour le turc) à 18500m mais sans résultat de part et d'autre et le croiseur de bataille turc plus rapide pu rompre facilement le combat.

Pour stopper l'avance des russes dans le Caucase, le Yavuz fût chargé de transporter des toupes, ce qu'il fit le 4 février 1916, transportant à Trebizonde 429 fantassins, une batterie d'artillerie de montagne, des mitrailleuses, des avions en caisse, 1000 fusils et 300 caisses de munitions. Le 4 mars, les russes débarquèrent sur la côte turque autour de Trebizonde forçant les turcs à se replier jusqu'à ce qu'à la fin du mois de juin, les turcs se reprennent et repoussent les russes, le Yavuz et le Midilli assurant des missions d'appui-feu.

Le manque de charbon immobilisa les deux anciens navires allemands au cours de l'année 1917 et quand le charbon fût de nouveau disponible, un armistice avait été signé entre Istanbul et Pétrograd (décembre 1917).
Le 20 janvier 1918, le Yavuz et le Midilli quittèrent les Dardanelles sous le commandement du vice-amiral Rebeur Paschwitz, le successeur de Souchon pour tenter de neutraliser les forces navales alliées en Palestine et soulager ainsi les forces ottomanes dans le secteur. Au large de l'île d'Imbros, il coula les monitors Raglan et M28 sans que les prédreadnought censés les supporter n'interviennent.

Les navires allemands voulurent gagner le port de Mudros où se trouvait le prédreadnought Agamemnon mais en chemin, le Midilli sauta sur plusieurs mines et sombra, le Yavuz sauta sur trois mines ce qui l'obligea à s'échouer juste à l'entrée des Dardanelles où il fût attaqué par des avions du Royal Naval Air Service et touché deux fois mais les bombes étaient trop légères pour provoquer des dégâts significatifs. Le monitor M17 tira dix obus mais du se replier devant la riposte de l'artillerie turque. Le sous marin E14 échoua également à attaquer le cuirassé échoué qui fût ensuite remorqué par le Turgut Reis, un autre ancien navire allemand qui le ramena à Constantinople où il fût très sommairement réparé. Ce qui était sur c'est que pour le Yavuz la guerre était terminée.

Le 2 novembre 1918, le Yavuz devint officiellement un navire turc mais n'aurait pu y rester qu'un très court temps car le traité de Sèvres (10 août 1920) prévoyait sa cession à la Royal Navy comme dommage de guerre mais la guerre d'indépendance menée par Mustapha Kemal Atatürk changea la donne et le traité de Lausanne signé le 24 juillet 1923 redonnait à la nouvelle république turque le contrôle de sa flotte et de son plus important navire.

Une très longue carrière au sein de la marine turque

Istanbul avril 1946 : Le Missouri et le Yavuz au mouillage

En dépit de l'intérêt pour une marine jeune de posséder des navires remarquables, le Yavuz resta à Izmit jusqu'en 1926, négligé et était dans un état pitoyable. Ce n'est qu'en 1930 après trois ans de travaux que le fleuron de la marine turque retrouva toute sa splendeur. La coque fût entièrement réparée, de nouvelles chaudières installées tout comme un système de conduite de tir français pour son artillerie principale, deux canons de 150mm furent débarquées mais sa protection ne fût pas améliorée.

Les essais à la mer se révélèrent meilleurs que prévus et l'arrivée de quatre nouveaux destroyers en 1931/32 redonnait une certaine crédibilité à la marine turque obligeant Moscou à transférer en Mer Noire le cuirassé Parizhskaya Kommuna (Commune de Paris ex-Sebastopol) et le croiseur léger Profintern pendant que la Grèce commandait la construction de deux destroyers.

En 1936, le croiseur de bataille baptisé originellement Yavuz Sultan Selim fût officiellement baptisé Yavuz. Après un petit carénage ne 1938, il transporta en novembre de la même année les cendres de Mustapha Kemal Atatürk d'Istanbul à Izmit.

Dépassé, le Yavuz aurait du être remplacé en 1945 par le deuxième croiseur lourd dont la Turquie prévoyait de s'équiper (avec douze destroyers) sans parler du projet de construire un nouveau navire de ligne de 23000 tonnes entre 1950 et 1960 mais ce beau programme naval se fracassa sur les récifs du second conflit mondial.

La Turquie étant restée neutre durant le second conflit mondial, le Yavuz survécu à ce grand cataclymse subissant un régulier renforcement de sa DCA qui se composait en 1945 de quatre canons de 88mm, de vingt-deux canons de 40mm et de 24 canons de 20mm.

Le 5 avril 1946, le cuirassé USS Missouri accompagné par le croiseur léger USS Providence et le destroyer USS Power (classe Gearing) ramena en Turquie le corps de l'ambassadeur de Turquie aux Etats Unis Münir Ertegün. Le Yavuz accueillit les navires américains dans le Bosphore, saluant le cuirassé américain de dix-neufs coups auquel le Missouri répondit par la même chose.

Après 1948, le navire ne quitta plus guère son port d'attache et fût mis en réserve le 20 décembre 1950 puis rayé des registres le 14 novembre 1954. la Turquie proposa en 1963 au gouvernement ouest-allemand de récupérer le navire pour le préserver mais Bonn déclira la proposition et le dernier navire issu de la Kaiserliche Marine fût envoyé à la démolition en 1971, le démantelement commençant le 7 juin 1973 et s'achevant en février 1976.


Aspect final du Yavuz

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Jeu 29 Avr 2010, 21:31

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES


Déplacement : standard 20846 tonnes pleine charge 23042 tonnes

Dimensions : longueur 186.6 tonnes largeur 30m tirant d'eau 9.2m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Parsons alimentées par 24 chaudières Schulz-Thornycroft dévellopant une puissance totale de 52000ch et entrainant quatre hélices.

Performances : vitesse maximale : 28.4 noeuds réduite à 25.5 noeuds en service courant distance franchissable : 4120 miles nautiques à 14 noeuds

Protection : ceinture blindée de 76.2 à 280mm, barbettes 230mm tourelles 60 à 230mm casemates 150 à 200mm tour de commandement 80 à 300mm ponts blindés 25.4 à 76.2mm

Armement :

Les tourelles arrières du Goeben

-10 canons de 280mm modèle 1909 (11 pouces) SK L/50 en cinq tourelles doubles (une avant, deux arrières et deux latérales). Ce canon de 50 calibres tire des obus perforants de 302kg à une distance maximale de 18100m (site maximale : +13.5°) à raison de 3 coups par minute. Cette portée fût ensuite accrue à 19100m (+16°) après 1915 et le Goeben vit sa portée maximale accrue à 21700m (site +22.5°).


Ecorché de la tourelle double de 280mm

La tourelle double Drh LC/1908 pèse 444.5 tonnes en ordre de combat et permet aux canon de 280mm de pointer en site de -8° à +13.5° (puis porté à 16° et à 22.5° pour le Goeben) à raison de 4° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté (sauf pour les tourelles latérales réduit à 80°) à raison de 3.3° par seconde. La dotation en munitions est de 810 obus.


Canon de 150mm en casemate du SMS Ostfriesland

-10 canons de 150mm SK L/45 modèle 1908 en 10 casemates (cinq babord et cinq tribord). Ce canon de 45 calibres tire des obus de 45kg à une distance maximale de 13500m à raison de 5 à 7 coups par minute.

L'affût MPL/C 13 pèse en ordre de combat 17 tonnes et peut pointer en site de -8.5° à +19° et en azimut sur 150°. La dotation en munitions est de 160 obus par canon soit un total de 1600 obus

-12 canons de 88mm SK/L 45 modèle 1906 en douze affûts simples sous masque. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 15kg à une distance comprise entre 10694m (site à 25°) et 11790m (site à 45°) pour une cadence de tir de 15 coups par minute. La dotation en munitions est de 400 coups par pièce soit 3200 coups au total. Ces canons ont été débarqués après la bataille du Jutland.

-4 tubes lance-torpilles sous marins de 450mm

Equipage : 43 officiers et 1010 marins

SOURCES

-Encyclopédie des armes éditions Atlans tome 6 «Les cuirassés de la première guerre mondiale» p1341-1360 (Classe Moltke p1359)

-Les Grandes Batailles Navales de Salamine à Midway «Jutland p214-240»

-Et L'Océan fût leur tombe naufrages et catastrophes maritimes au vingtième siècle «P 255-256 Sabordage de la flotte allemande à Scapa Flow»

-Grognes et colères de marins cinq siècles de mutineries maritimes «P152-161 les mutineries dans la marine allemande à la fin de la première guerre mondiale»

-Ressources internet diverses

-Photos et un Pdf de l'ami Vautour

FIN DE L'ARTICLE
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Ven 30 Avr 2010, 21:08

"Chouette un article sur les Moltke " *se retourne vers sa femme*
"-Cheri un café stp je vais me regaler...Miam"
Comme d hab excellent. J apprends que les allemands on eux aussi laissé passer l occasion de preserver un navire rare et mytique: le goeben, il n y a pas que les francais qui meprisent leur patimoine maritime je vois
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Ven 30 Avr 2010, 21:12

Merci Ardu (profite en pour passer le bonjour à ta chère et tendre ) Mr. Green

Si Le Goeben n'à pas été préservé par les allemands c'est je pense parce que la notion de patrimoine maritime est sûrement encore moins dévellopée en Allemagne qu'en France et que dans les années soixante-dix, tout ce qui faisait référence aux deux guerres mondiales était pour ainsi dire tabou en RFA (cf la polémique sur le choix des noms des destroyers type Charles F. Adams : Mölders, Rommel et Lütjens)

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Sam 01 Mai 2010, 09:22

Très intéressant, comme d'hab'!
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Sam 01 Mai 2010, 22:55

Merci, je me suis régalé
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Sam 01 Mai 2010, 23:02

Mais de rien les gars c'est aussi fait pour. J'ai commencé aujourd"hui l'article sur Les Redoutables que j'espère pouvoir poster au plus tard mardi ou mercredi prochain si du moins j'arrête de rajouter des parties dans mon plan Mr.Red

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Dim 02 Mai 2010, 15:46

Comme d'habitude , c'est toujours un regal de lire tes articles

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Dim 02 Mai 2010, 16:14

Je suis en train de lire tous tes articles, et ils s'ont vraiment passionants
on apprends beaucoup des choses, vraiment très complets, vivement les autres.
Et encore merci
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Dim 02 Mai 2010, 23:00

Arrêtez les gars vous allez me faire rougir ^^. Blague à part, je suis ravi d'avoir autant de lecteurs pour mes articles, cela me motive même quand le sujet de l'article se révèle un peu moins passionant que prévu. A l'heure actuelle, je prévois de poster l'article sur Les Redoutable mercredi.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Mer 05 Mai 2010, 21:52

C'est pourtant bel est bien un excellent article Claus !

Une petite critique toutefois: tu a oublier d'évoquer, dans le cas du Goeben, l'incident du 6 juin 1914 avec les quatre croiseurs-cuirassé, les deux croiseurs léger et les 8 destroyers, du contre-amiral Troubridge!
Incident qui joua un role dans le désastre de la bataille de Coronel, quelque mois plus tard.
http://en.wikipedia.org/wiki/Ernest_Charles_Thomas_Troubridge
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   Sam 08 Mai 2010, 18:29

ardu a écrit:
"Chouette un article sur les Moltke " *se retourne vers sa femme*
"-Cheri un café stp je vais me regaler...Miam"
Comme d hab excellent. J apprends que les allemands on eux aussi laissé passer l occasion de preserver un navire rare et mytique: le goeben, il n y a pas que les francais qui meprisent leur patimoine maritime je vois
A ce sujet, il m'arrive souvent de rêver au formidable musée du cuirassé qui aurait pu être crée dans les année 60/70, avec le Goeben et le Richelieu, reunie dans le même port !!!
Ces deux navire auraient donner aux visiteur un excellent raccourci de l'évolution de la technique des navires de ligne au 20ème siècle !
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MessageSujet: Yazul, ex-Goeben   Mar 17 Jan 2012, 04:20

Le Yazul, ex-Goeben, arrivant à Malte, date inconnue.


Le même en 1925, dans une triste condition extérieure.
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CROISEURS DE BATAILLE CLASSE MOLTKE   

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