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 FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN

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MessageSujet: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 20:54

CROISEUR LEGER EMILE BERTIN
(FRANCE)


L'Emile Bertin sortant de Toulon le 28 octobre 1938. La tourelle II porte les marques de neutralité de la guerre d'Espagne.


AVANT PROPOS

Aujourd'hui seuls deux pays alignent encore des croiseurs : les Etats Unis et la Russie. Il y à hélas bien longtemps que la France, la Grande Bretagne, l'Italie ou même l'Espagne ont fait le deuil de ces navires bien que les Horizon, les type 45 ou les Alvaro de Bazan avec leurs 6 à 7000 tonnes de déplacement sont aussi lourds que des croiseurs de la seconde guerre mondiale.

Le croiseur qui connu sont heure de gloire durant l'entre-deux-guerre avec notament les croiseurs Washington armés de canons de 152 et de 203mm (avec quelques exceptions : 155mm pour les Duguay Trouin et les Mogami, 180mm pour les Kirov, 190mm pour les Shrosphire) était pour les escadres de cuirassés et de croiseurs de bataille l'équivalent des frégates des escadres de ligne du Grand Siècle : un navire opérant généralement seul pour éclairer l'escadre, attaquer les navires de commerce de l'ennemi, effectuer des liaisons.

A la fin du 19ème siècle apparaît un nouveau type de croiseur. Jusque là, les croiseurs étaient des navires mixtes combinant la voile et la machine à vapeur. Souvent déployés outre-mer où les installations d'entretien étaient rares avec des machines encore fragiles, il était vital que ces navires puissent continuer à se mouvoir même en cas de panne. En 1877 apparu le HMS Shannon considéré comme le premier croiseur cuirassé de l'histoire et bien vite les différentes marines imitèrent la Royal Navy.

La France tarda à se lancer dans la construction de tels navires mais en devint le principal constructeur,compensant ce retard par le zèle de nouveaux convertis. C'est au cours de la séance du 20 juillet 1887 que le Conseil des Travaux définit le croiseur cuirassé à la française. Pas moins de 25 navires allaient être construits.


Croiseur cuirassé Dupuy de Lôme

Le premier croiseur cuirassé français fût baptisé du nom de l'un des plus grands ingénieurs navals de l'histoire, Henri Dupuy de Lôme. Le Dupuy de Lôme fût mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 4 juillet 1888, lancé le 27 octobre 1890 et admis au service actif le 15 mai 1895.

Caracteristiques Techniques du Dupuy de Lôme

Déplacement : 6056 tonnes

Dimensions : longueur 110m largeur 15.5m tirant d'eau 7.5m

Vitesse maximale : 19.7 noeuds

Armement : deux canons de 194mm en deux tourelles avant et arrières, six canons de 164mm latéraux, quatre canons de 65mm, 8 canons de 47mm et 4 tubes lance-torpilles de 450mm.


Il à servit dans la Royale jusqu'à son désarmement le 20 mars 1910. Rayé le 20 février 1911, il est vendu à la marine péruvienne où il aurait été rebaptisé Commandante Aguirre mais un défaut de paiement entrainera l'annulation de la vente. Repris par la France, il est vendu à une compagnie belge et transformé en cargo sous le nom de Péruvier mais il est endommagé par un incendie en 1920 puis démoli en 1923.

Le Dupuy de Lôme est suivit par une classe de quatre navires, la classe Amiral Charner composé des Amiral Charner, Bruix, Chanzy et Latouche-Treville.


Le croiseur cuirassé Bruix classe Amiral Charner

L'Amiral Charner est mis sur cale à l'Arsenal de Rochefort le 15 juin 1889 lancé le 18 mars 1893 et admis au service actif le 5 septembre 1895. Il est placé en réserve en janvier 1903 mais est réarmé le 1er mai 1910 pour rejoindre la division du Levant. Il participe à la première guerre mondiale en Méditerranée orientale jusqu'au 8 février 1916 quand il est torpillé entre Ruad et Port Saïd par l'U-21 et coule en quelques minutes. Cinq jours plus tard, un radeau est retrouvé avec un seul survivant, ses treize compagnons ayant tous succombés.

Le Bruix est mis sur cale à l'Arsenal de Rochefortle 9 novembre 1891 lancé le 2 août 1894 et admis au service actif le 1er décembre 1896. Il participe au premier conflit mondial en Méditerranée puis à l'intervention occidentale en mer Noire ce qui provoque la mutinerie de l'équipage. De retour à Toulon en juin 1919, il est dsarmé le 21 juin 1920 et vendu à la démolition la même année.

Le Chanzy est mis sur cale aux Chantiers et Ateliers de la Gironde à Bordeaux le 18 décembre 1889 lancé le 24 janvier 1894 et admis au service actif le 2 juillet 1895. Il est affecté à la Méditerranée puis placé en réserve de mai 1904 à septembre 1906, date à laquelle il est réarmé à effectifs complet pour être affecté en Indochine. Sa carrière est des plus brèves puisqu'arrivé à Saïgon le 10 janvier 1907, il se perd par échouage le 20 mai 1907.

Le Latouche-Tréville est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée du Havre le 25 avril 1890 lancé le 5 novembre 1892 et admis au service actif le 6 mai 1895. Affecté à l'Escadre de la Méditerranée, il est placé en réserve le 22 juillet 1904 mais réarmé en février 1907 pour servir d'annexe à l'école de cannonage jusqu'en janvier 1912, subissant un grave accident de tir dans la tourelle arrière de 194mm (14 morts).

Placé en réserve à Toulon, il est réarmé le 20 novembre et désigné pour la station de Crète, participant ainsi aux combats en Méditerranée orientale. De retour à Toulon en décembre 1918, il est désarmé en mai 1919 et vendu à la démolition le 21 juin 1920.

Caracteristiques Techniques de la classe Amiral Charner :

Déplacement 4700 tonnes

Dimensions longueur 106m largeur 14m tirant d'eau 6m

Vitesse maximale 19 noeuds

Armement 2 canons de 194mm en deux tourelles simples (une avant et une arrière) 6 canons de 164mm en casemates latéraux, 4 canons de 65mm, 8 canons de 47mm et 4 tubes lance-torpilles de 450mm.



Le croiseur cuirassé Pothuau

Le Pothuau est directement dérivé des Amiral Charner mais est plus gros avec un déplacement de 5460 tonnes. Il est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée sur leur site du Havre le 1er janvier 1893 lancé le 19 septembre 1895 (après un premier échec le 12 août) et amis au service actif le 5 juin 1897.

Affecté à l'Escadre du Nord puis à l'Escadre de la Méditerranée, devenant navire amiral de l'escadre légère jusqu'à sa mise en réserve en mai 1904. Réarmé le 17 avril 1906, il est affecté à l'Ecole d'application de tir à la mer jusqu'en juillet 1914 quand il reprend son service actif en Afrique, en Méditerranée orientale et même en Extrême Orient. Retrouvant le statut de navire école en 1917, il est désarmé en juin 1926, rayé le 3 novembre et envoyé à la démolition le 25 septembre 1929.

Caracteristiques du Pothuau :

Déplacement 5460 tonnes

Dimensions longueur 110m largeur 15.3m tirant d'eau 6.5m

Vitesse maximale 19 noeuds

Armement : 2 canons de 194mm en tourelles simples avant et arrières, 10 canons de 138mm en casemates latérales, 10 canons de 47mm et 4 tubes lance-torpilles de 450mm.



Le croiseur cuirassé Jeanne d'Arc

Avec la construction du Jeanne d'Arc, la marine nationale effectue un bon en avant dans le domaine des croiseurs cuirassés. Construit selon les plans d'un certain Emile Bertin, il est mis sur cale à l'Arsenal de Toulon le 24 octobre 1896 lancé le 8 juin 1899 et admis au service actif le 19 mai 1903.

C'est un navire de 11600 tonnes avec pas moins de six cheminées. Il est d'abord affecté à l'Escadre du Nord puis à l'Escadre de la Méditerranée à partir de juillet 1906 puis de nouveau à l'Escadre du Nord.

Placé en réserve en 1909, il est désigné en mars 1912 pour servir d'école d'application des aspirants jusqu'au 27 juillet 1914, inaugurant ainsi la tradition de placer le navire école de la Royale sous le saint patronnage de la «Bergère de Domremy». Il participe à la première guerre mondiale en Méditerranée orientale avant de reprendre son rôle de croiseur école de décembre 1919 à 1928. Rayée le 15 février 1933 et condamnée le 21 mars, elle est vendue à la démolition aux chantiers de la Seyne sur Mer le 9 juillet 1934.

Caracteristiques Techniques de la Jeanne D'Arc :

Déplacement 11600 tonnes

Dimensions longueur 145.4m largeur 19.4m tirant d'eau 8.1m

Vitesse maximale 21.8 noeuds (23 noeuds prévus sur le papier)

Armement : 2 canons de 194mm en deux tourelles simples avant et arrières, 14 canons de 138mm (8 en casemates latérales et 6 sous masque sur le pont)



Le croiseur cuirassé Gueydon

A l'unique Jeanne D'Arc succéda trois croiseurs cuirassés de classe Gueydon baptisés Gueydon, Montcalm et Dupetit-Thouars.

Le Gueydon est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 13 août 1897 lancé le 20 septembre 1899 et admis au service actif en septembre 1903. Il est affecté de 1903 à 1907 à l'Escadre d'Extrême Orient à Saïgon puis à l'Escadre du Nord de 1907 à 1909 et enfin à l'Escadre de la Méditerranée. Placé en réserve en 1910, il est affecté à la division d'instruction de l'Océan en janvier 1914, réarmé à effectifs complets au début de la guerre, guerre qu'il passa en Atlantique et en Manche sans combattre.

Il est désarmé en 1923, transformé pour servir d'annexe à l'école de cannonage jusqu'en 1928 quand il est rayé puis condamné en juillet 1935. Transformé en ponton caserne, il est récupéré par les allemands puis transformé comme leurre (un faux Scharnhorst avec les avisos Aisne et Oise). Il est détruit à une date indeterminée et son épave est relevée après les hostilités.

Le Montcalm est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de la Seyne sur Mer le 27 septembre 1898 lancé le 27 mars 1900 et admis au service actif le 20 mars 1902. Il est affecté en Extrême Orient de 1903 à 1906 puis de 1910 à 1911 et de 1912 à 1915 participant notament à la traque de l'Escadre de Von Spee.

En mars 1915, il assure la défense du Canal de Suez avec le Desaix et le Requin jusqu'en 1916. Il est affecté en 1917/1918 dans les Antilles puis en Baltique, participant ainsi aux opérations contre les Bolcheviks. Affecté en 1921/22 en Extrême Orient, il est condamné et rayé à Brest le 28 octobre 1926, conservé comme ponton caserne puis affecté à l'Ecole des apprentis en 1931. Rebaptisé Tremintin au moment de la construction du nouveau croiseur, il est détruit en 1943.

Le Dupetit-Thouars est mis sur cale à l'Arsenal de Toulon le 17 avril 1899 lancé le 5 juillet 1901 et admis au service actif le 28 août 1905. Il est affecté en Extrême Orient de 1905 à 1907 puis à l'Escadre du Nord.

Placé en réserve d'octobre 1911 à octobre 1913, il est réarmé à effectif complet en août 1914, participant au conflit dans l'Atlantique et dans les Antilles, escortant les convois de transport de troupes américains. Le 7 août 1918 au large de Brest, il est torpillé par l'U-62 mais coulant sans chavirer, la majeure partie de l'équipage est sauvé.

Caracteristiques Techniques des Gueydon :

Déplacement : 9500 tonnes

Dimensions : longueur 138m largeur 19.4m tirant d'eau 7.7mm

Vitesse maximale 21 noeuds

Armement 2 canons de 194mm en tourelles simples avant et arrière, 8 canons de 164mm en casemates, 4 canons de 100mm sous masque sur le pont, 16 canons de 47mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm


Aux trois Gueydon succédèrent cinq navires un peu plus gros formant la classe Sully, navires baptisés Sully, Amiral Aube, Gloire, La Marseillaise et Condé.


Le croiseur cuirassé La Marseillaise classe Gloire

Le Sully est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de la Seyne sur Mer le 24 mai 1899 lancé le 4 juin 1901 et admis au service actif en janvier 1904. Il affecté à la Division d'Extrême Orient où il retrouve le Montcalm et le Gueydon. Le 2 février 1905, il s'échoue en baie d'Along et déclaré perdu après que toutes les tentatives pour le déséchouer eurent échouées.

L'Amiral Aube est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire à Saint Nazaire le 9 août 1899 lancée le 9 mai 1902 et admis au service actif le 1er avril 1904. Affecté à l'Escadre du Nord jusqu'en 1910, il gagne ensuite la Mer Méditerranée jusqu'en janvier 1913 quand il retrouve Brest pour travaux avant de regagner la Méditerranée en janvier 1914.

Il est affecté dans l'Atlantique en janvier 1917 jusqu'en août 1918 quand il gagne Mourmansk pour l'intervention occidentale contre les bolcheviks. De retour dans l'Atlantique au début 1919, il est désarmé en mai 1920, rayé le 7 juillet 1922 puis vendu à la démolition en 1924.

Le Gloire est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 5 septembre 1899 lancé le 27 juin 1900 et admis au service actif en avril 1904. Il est affecté à l'Escadre du Nord de 1904 à 1909 puis en Méditerranée de 1909 à 1914. Affecté à la Division d'instruction de l'Océan avec le Gueydon et le Dupetit Thouars, il est réarmé à effectifs complets en août 1914, affecté au sein de l'Armée Navale de mai 1916 à janvier 1917 avant de retrouver l'Atlantique jusqu'à son désarmement en 1920. Rayé le 7 juillet 1922, le Gloire est condamnée et vendue à la démolition en 1923.

La Marseillaise est mis sur cale à l'Arsenal de Brest en janvier 1900 lancé le 14 juillet 1900 et admis au service actif en octobre 1903. Affecté à l'Escadre du Nord, il passe en Méditerranée en octobre 1904 jusqu'en juillet 1907 quand il est placé en réserve. Réarmé en janvier 1908, il est de nouveau affecté à l'Escadre du Nord puis de nouveau à l'Escadre de la Méditerranée en octobre 1909 jusqu'en janvier 1917 quand il est affecté à la Division de l'Atlantique devenue Division des Antilles en septembre.

De décembre 1918 à mars 1920, il est affecté à la Division de la Baltique avant d'être à nouveau affecté à la Division de l'Atlantique jusqu'à sa mise sa mise en réserve en 1921. En 1925, il est affecté à la Division des Ecoles de la Méditerranée jusqu'à son désarmement le 13 février 1932.

Le Condé est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 20 mars 1901 lancé le 12 mars 1902 et admis au service actif au sein de l'Escadre du Nord en août 1904. Il passe en Méditerranée en septembre 1905 avant de regagner l'Atlantique en 1911 puis affecté aux Antilles en 1914. Il echappa à la bataille de Coronel le 1er novembre 1914 puisqu'il avait été placé sous les ordres de l'amiral Cradock.

En juillet 1916, il est affecté à l'Armée Navale puis de nouveau en Atlantique jusqu'à la fin de la guerre en protection de convois. Mis en réserve en mars 1920, il est désarmé en 1928, affecté à l'Ecole des apprentis fusiliers à Lorient.

Condamné le 15 février 1933, il est utilisé comme ponton caserne par les français mais aussi par les allemands avant de servir de bâtiment cible près de Royan. Détruit par un bombardement allié en 1944, l'épave sera démantelée dix ans plus tard.

Caracteristiques Techniques des Sully

Déplacement : 10376 tonnes

Dimensions : longueur 140m largeur 20.2m tirant d'eau 7.7m

Vitesse maximale : 21.5 noeuds

Armement : deux canons de 194mm en deux tourelles simples (une avant et une arrière), huit canons de 164mm (quatre en tourelles simples latérales et quatre en casemates), 6 canons de 100mm à plat-pont sous masque, 18 canons de 47mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 21:04

La Classe Dupleix qui succède aux Sully est une classe adaptée aux stations lointaines. Les trois navires qui la compose (Dupleix Kléber Desaix) marquent un retour vers un déplacement d'environ 7000 tonnes, proche de celui des premiers croiseurs cuirassés.


Le croiseur cuirassé Dupleix

Le Dupleix est mis sur cale à l'Arsenal de Rochefort (c'est le dernier grand bâtiment construit en Charente) le 18 janvier 1899 lancé le 28 avril 1900 et sera admis au service actif le 15 septembre 1903. Il est alors affecté à la Division Navale de l'Atlantique placée sous le commandement de l'Escadre du Nord mais des problèmes de chaudières font qu'il est placé en réserve en 1904.

Réarmé le 5 décembre 1910, il est affecté à la Division d'Extrême Orient mais connait une carrière perturbé par des problèmes mécaniques. A la déclaration de guerre, il arraisone plusieurs cargos allemands avant de protéger la navigation commerciale dans l'Océan Indien jusqu'en décembre 1914 quand il gagne Port Saïd.

Il reçoit l'ordre de rentrer en France pour réparations avant d'être affecté en Méditerranée orientale jusqu'en janvier 1916 quand il rentre en réparations à Saint Nazaire. Il est ensuite affecté en octobre 1916 à Dakar mais d'éternels problèmes de machines provoque sa mise en réserve en avril 1919 à Brest. Désarmé le 1er mai 1919, il est rayé le 27 septembre 1919 puis vendu à la démolition en 1922.

Le Kléber est mis sur cale aux Chantiers de la Gironde à Bordeaux en 1898 lancé tout achevé le 20 septembre 1902 et admis au service actif le 4 juillet 1904 après des essais particulièrement laborieux.

Affecté à l'Escadre de la Méditerranée, il gagne ensuite la Division des Antilles à partir de novembre 1906 puis après un passage d'un an au Maroc (février 1908-février 1909) avant d'être placé en réserve jusqu'au 15 mars 1911 quand il est réarmé au profit de la Division d'Extrême Orient jusqu'en mars 1913 quand il est de retour en métropole pour réparations puis remise en réserve.

Réarmé à la déclaration de guerre, il participe à la guerre en Méditerranée puis dans l'Atlantique à partir de juillet 1916. Le 26 juin 1917 en rentrant à Brest, il heurte dans l'Iroise une mine poséé en vue de Molène par l'UC-61 et coule provoquant la mort de quatre officiers et de 35 hommes d'équipage.

Le Desaix est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire à Saint Nazaire le 18 janvier 1899 lancé le 21 mars 1901 et admis au service actif le 5 avril 1904 au sein de l'Escadre de la Méditerranée. Il rejoint la division de l'Atlantique en octobre 1905 mais repasse en Méditerranée en novembre 1906 avant d'être affecté à l'Escadre du Nord en janvier 1908 mais est placé en réserve en septembre.

Réarmé en août 1914, il gagne l'Extrême Orient au début 1915 mais reste basée à Suez pour défendre le canal puis retrouve l'Atlantique et Dakar en mai 1916 avant de gagner en juillet 1918 la Division des Antilles. En 1919, il prend la tête de la Division d'Extrême Orient; désarmé à Toulon en mars 1921, rayé le 27 juillet et vendu pour la démolition en 1927.

Caracteristiques techniques des Dupleix

Déplacement : standard 7650 tonnes

Dimensions : longueur 130m largeur 17.75m tirant d'eau 7.40m

Vitesse maximale : 21 noeuds

Armement : 8 canons de 164mm en quatre tourelles doubles (une avant, une arrière et deux latérales) 4 canons de 100mm en casemates, 10 canons de 47mm et 2 tubes lance-torpilles de 450mm



Le croiseur cuirassé Leon Gambetta

Avec la classe Léon Gambetta, c'est un nouveau type de croiseur cuirassé qui apparaît dans la Royale puisque ces navires filent allégrement les 12500 tonnes. Trois navires de ce type sont construits, tous portant le nom de grands républicains (Léon Gambetta, Jules Ferry et Victor Hugo).

Le Léon Gambetta est mis sur cale à l'Arsenal de Brest en janvier 1901 lancé le 26 octobre 1902 et admis au service actif le 21 juillet 1905 au sein de l'Escadre du Nord. Il passe en Méditerranée en octobre 1909 et y est toujours quand éclate la première guerre mondiale.

Affecté au blocus de l'Adriatique au canal d'Otrante, il est torpillé par le sous marin austro-hongrois U-5 dans la nuit du 26 au 27 avril 1915 coulant en dix minutes laissant 108 dans les canots et 500 en mer mais l'eau froide fait que seulement 29 survivants seront retrouvés le lendemain matin par les torpilleurs italiens.

Le Jules Ferry est mis sur cale à l'Arsenal de Cherbourg en août 1901 lancé le 23 août 1903 et admis au service actif le 1er juin 1907 au sein de l'Escadre de la Méditerranée. Il participe ainsi à la guerre dans la grande bleue jusqu'à sa mise en réserve en Bizerte en juillet 1918.

Il est ramené à Toulon en octobre 1923 pour être remis en état avant d'être affecté à la Division Navale de l'Extrême Orient mais il gagne en septembre 1924 la division volante de l'Atlantique. Placé en réserve fin 1925 à Toulon, il est rayé le 19 janvier 1927.

Le Victor Hugo est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient en mars 1903 lancé le 30 mars 1904 et admis au service actif en avril 1907. il est affecté en Méditerranée mais il est placé en réserve de janvier 1911 à février 1912.

Il participe à la guerre en Méditerranée jusqu'à sa mise en réserve en juillet 1918. Réarmé en mai 1922, il est afecté à la Division volante de l'Atlantique le 21 août, effectuant une croisière en Extrême Orient. Placé en réserve à Toulon le 11 juillet 1923, il est rayé le 2 janvier 1928 puis vendu à la démolition le 26 novembre 1930.

Caracteristiques techniques des Léon Gambetta

Déplacement : 12500 tonnes

Dimensions : longueur 148m largeur 21.40m tirant d'eau 8.20m

Vitesse maximale : 22 noeuds

Armement : 4 canons de 194mm en deux tourelles doubles (une avant et une arrière), 16 canons de 164mm (douze en six tourelles latérales doubles et quatre en casemates), 22 canons de 47mm et 4 tubes lance-torpilles de 450mm.



Le croiseur cuirassé Jules Michelet

Le Jules Michelet aurait du être un quatrième Gambetta mais fût un navire suffisament différent pour former une nouvelle classe à lui seul. Avec 22 noeuds, les Gambetta étaient jugés trop lents en particulier par rapport aux croiseurs cuirassés britanniques. On décida de l'améliorer en sacrifiant non pas la protection mais l'armement ce qui fût vivement critiqué par les marins car le Jules Michelet filait à 23 noeuds.

Le Jules Michelet est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient en juin 1904 lancé le 31 août 1905 et admis au service actif en janvier 1909 au sein de l'Escadre de la Méditerranée. Il est affecté à la Division des écoles de la Méditerranée jusqu'en avril 1914 quand il reprend du service actif toujours en Méditerranée.

En novembre 1921, il devient le navire amiral de la Division volante de l'Atlantique puis est placé en réserve en 1924 puis désigné comme navire-amiral des Forces Navales d'Extrême Orient. Désarmé en 1929 et utilisé comme bâtiment cible, étant coulé par le Thétis même si il sera rayé officiellement que le 3 mai 1936.

Caracteristiques techniques du Jules Michelet

Déplacement : 12600 tonnes

Dimensions : longueur 149m largeur 21.40m tirant d'eau 8.4m

Vitesse maximale : 23 noeuds

Armement : 4 canons de 194mm en deux tourelles doubles (une avant et une arrière), 12 canons de 164mm (huit en tourelles simples et quatre en casemates), 24 canons de 47mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm.



Le croiseur cuirassé Ernest Renan

L'Ernest Renan aurait du être un sister-ship du Jules Michelet mais au final il fût très différent avec toujours le même objectif : la vitesse plus que l'armement. On l'allongea certes de 9m ce qui l'alourdit à 13644 tonnes mais la puissance fût portée à 42000ch et cela aurait eu un véritable impact si au grand désarroi d'Emile Bertin, on n'avait pas choisit les chaudières à petits tubes Niclause ce qui fit que les 25 noeuds ne furent jamais atteints.

Mis sur cale le 1er octobre 1903 aux ACL de Saint Nazaire, l'Ernest Renan est lancé le 9 mars 1906 et admis au service actif le 1er février 1909 au sein de l'Escadre de la Méditerranée, participant aux opérations au sein de l'Armée Navale comme l'évacuation de l'or serbe sur Marseille en décembre 1915 ou participant à l'affaire d'Athènes en novembre 1916.

Modifié pour mettre en oeuvre des ballons captifs, l'Ernest Renan participe à l'intervention française en mer du Noire puis en Turquie en juillet et août 1920 lorsque les troupes turques attaquèrent les français en Cilicie. Placé en disponibilité armée à Toulon en juin 1924, l'Ernest Renan est réarmé en 1927 comme école de canonnage. Déclassé en 1931 et utilisé comme bâtiment-cible, il sera rayé le 3 mai 1936 et démoli l'année suivante.

Caracteristiques techniques de l'Ernest Renan

Déplacement : 13644 tonnes

Dimensions : longueur 159m largeur 21.4m tirant d'eau 8.4m

Vitesse maximale 23 noeuds

Armement : 4 canons de 194mm en deux tourelles doubles (une avant et une arrière), 12 canons de 164mm en six tourelles doubles latérales (trois de chaque côté), 16 canons de 65mm, 8 canons de 47mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm



Le croiseur cuirassé Edgar Quinet

Les deux derniers croiseurs cuirassés français furent dessinés par l'ingénieur Lhomme, Emile Bertin étant proche de la retraite. Ces deux navires baptisés Edgar Quinet et Waldeck Rousseau sont mis sur cale au moment où apparaît le HMS Dreadnought et plus préoccupant quand ils seront admis au service actif, les Edgar Quinet devront faire face aux croiseurs de bataille classe Invincible.

L'Edgar Quinet est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 6 novembre 1905 lancé le 21 septembre 1907 et admis au service actif en avril 1911 au sein de la Division Légère de la 1ère Escadre (Méditerranée) en compagnie du Léon Gambetta et de l'Ernest Renan. Il participe à la guerre sans réellement se faire remarquer. Placé en réserve à Bizerte le 1er juillet 1919, il est réarmé en juillet 1920, intervenant notament en Turquie en septembre 1922, sauvant 1200 chrétiens lors de l'incendie de Smyrne par les Turcs.

Remplacé par l'Ernest Renan le 1er octobre 1923, il est placé en disponibilité armé en 1924 puis affecté à l'Ecole de canonnage le 1er février 1927 puis transformé en navire école pour remplacer le Jeanne d'Arc (deux chaufferies centrales supprimées avec les cheminées correspondantes, dévarquement des quatre canons de 194mm en casemates, aménagement d'installations pour deux hydravions).

Il effectue une première croisière en 1928 mais lors de la seconde croisière, il s'échoue sur une roche inconnue de la côte algérienne au large du Cap Blanc le 4 janvier 1930 et ne peut être sauvé, il se casse en deux et coulera quatre jours plus tard.

Le Waldeck Rousseau est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient en juin 1906 lancé le 4 mars 1908 et admis au service actif le 15 août 1911 au sein de la 1ère Escadre Légère de la Méditerranée. Endommagé le 22 février 1914 lors d'un échouage à Golfe Juan, il n'est remis en service actif en septembre, participant aux patrouilles à l'ouvert de l'Adriatique, échappant à plusieurs attaques de sous marins.

Il participe à l'intervention française en mer Noire, son équipage se mutinant à plusieurs reprises sous l'instigation notament d'un certain André Marty, officier mécanicien du Protet. Il est définitivement de retour à Toulon en septembre 1923 et placé en réserve. Réarmé en avril 1929, il est affecté en Extrême Orient jusqu'à la fin 1931 quand il rentrer à Brest où il est placé en réserve jusqu'à ce qu'il soit rayé le 15 juillet 1936. Il sera démoli par les allemands au cours de la guerre.

Caracteristiques techniques des Edgar Quinet

Déplacement : 14100 tonnes

Dimensions : longueur 159m largeur 21.64m tirant d'eau 8.38m

Vitesse maximale : 23 noeuds

Armement : 14 canons de 194mm en deux tourelles doubles (une avant une arrière), en six tourelles simples latérales et quatre en casemates.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 21:20

QUELS CROISEURS LEGERS POUR LA ROYALE ?

Convoyeurs d'escadrilles et croiseurs d'opportunité

L'utilisation de croiseurs cuirassés pour des missions de patrouille en Adriatique s'explique tout simplement par l'absence de croiseurs légters, rapides et bien armés dans les rangs de la marine française.

Cette carence était connue depuis longtemps, le Conseil Supérieur de la Marine s'étant penché sur le problème dès le 17 mai 1909 mais la multiplication des projets fit qu'aucun navire n'était prêt au moment de la déclaration de guerre.

Il s'en était fallu de peu puisque le 10 juin 1914, un projet définitif de «convoyeur d'escadrilles» est présenté et accepté par le Comité technique et approuvé par le ministre de la marine Armand Gauthier De l'Aube, répondant au besoin exprimé par le programme naval de 1912 de dix «éclaireurs d'escadre».

La décision est alors prise de commander trois navires : deux à des chantiers et un troisième baptisé Lamotte-Piquet à l'Arsenal de Toulon qui en est informé par une décision ministérielle du 17 juillet 1914.


Représentation au crayon du "convoyeur d'escadrilles

Les trois navires prévus affichaient les caracteristiques suivantes :

-Déplacement : 4500 tonnes

-Dimensions : longueur 138m de long largeur 13.80m tirant d'eau 4.80m

Propulsion : quatre turbines dévellopant 40000 ch et entrainant 4 hélices

-Vitesse maximale : 29 noeuds

-Rayon d'action : 3300 miles à 16 noeuds et 775 miles à 29 noeuds

-Protection : cuirassé de 28mm s'élevant au dessus du premier faux pont dans la région centrale (chaudières et machines) avec traverse de 16mm sur l'avant de la chaufferie avant et traverse de 14mm à l'arrière du compartiment arrière des turbines

-Armement : 8 canons de 138mm (modèle 1910) en deux affûts superposés sous des masques dans l'axe à l'avant et à l'arrière et deux latéraux en casemates, 2 canons de 47mm et quatre tubes lance-torpilles de 450mm.

-Equipage : 17 officiers et 340 hommes


La mise sur cale du Lamotte-Picquet était prévue en novembre 1914 et n'aura bien sur pas lieu en raison du conflit. Ce n'était que partie remise car de ce projet de convoyeur d'escadrilles allait déboucher une classe de trois croiseurs légers de 8000 tonnes, les Duguay-Trouin qui symboliseront avec les Jaguar et les Bourrasque la renaissance de la marine nationale sous le magistère attentif d'hommes comme Georges Leygues ou François Darlan.

En attendant, la marine nationale fit feu de tout bois. Les clauses navales du traité de Paix signé à Versailles le 28 juin 1919 limitent grandement les forces navales allemandes. Les grands bâtiments gagnent Scapa Flow mais se sabordent le 21 juin 1919.

Il ne reste donc plus que des navires légers. Si la Grande Bretagne et les Etats Unis n'ont pas besoin de navires supplémentaires, la France et l'Italie ont besoin de navires pour compenser les pertes de la guerre et l'usure du conflit pour de nombreux navires.

Après de longues discussions toutefois le Conseil Suprême allié dans sa séance du 26 novembre 1919, autorise la France à choisir parmi les navires restants des marines allemandes et austro-hongroises, cinq croiseurs légers et dix torpilleurs. La Royale choisit ainsi quatre croiseurs légers allemands et un croiseur austro-hongrois.


Le SMS Köningsberg futur Metz

-Le SMS Köninsberg était le premier navire d'une classe de quatre croiseurs légers. Mis sur cale aux chantiers Weser AG de Brême en août 1914, le SMS Köninsberg est lancé le 18 décembre 1915 et admis au service actif le 12 août 1916. Sa seule action notable au sein de la Kaiserliche Marine fût sa participation à la seconde bataille de la baie d'Heligoland le 17 novembre 1917.

Cédé à la marine française après le conflit, il est rebaptisé Metz et affecté en novembre 1921 à la Division Volante de l'Atlantique puis en avril 1922 à la 3ème division légère dans l'Escadre de la Méditerranée.

En décembre 1926, la 3ème DL devient la 2ème DL composée du Strasbourg et du Mulhouse, deux autres anciens croiseurs allemands. En août 1928, cette division jusque là affecté à l'Escadre du Nord est placé sous le commandement de la 2ème Escadre à Brest. Placé en réserve en décembre 1929, le Metz sera rayé en 1936 et détruit à Brest.

Caracteristiques Techniques du SMS Köninsberg

Déplacement : standard 5440 tonnes pleine charge 7125 tonnes

Dimensions : longueur 151.4m largeur 14.2m tirant d'eau 6.14m

Performances : vitesse maximale 27.5 noeuds distance franchissable : 3700 miles nautiques (vitesse inconnue)

Armement : 8 canons de 150mm en huit affûts simples (deux affûts avant superposés, quatre affûts latéraux _deux avant et deux arrières_ et deux affûts arrières installés côte à côte), 2 canons de 88mm en affûts simples installés à l'avant juste derrière les pièces latérales avant, 4 tubes lance-torpilles de 500mm en deux affûts doubles et jusqu'à 200 mines.



Le SMS Regensburg futur Strasbourg

-Le SMS Regensburg est le deuxième navire d'une classe de croiseurs légers un peu plus ancienne que la classe Köninsberg, la classe Graundez. Mis sur cale aux chantiers AG Weser de Brême en 1912, le Regensburg est lancé le 25 avril 1914 et admis au service actif le 3 janvier 1915. Affecté à la force d'éclairage de la Hochseeflot, il assure le commandement de torpilleurs allemands à la bataille du Jutland.

Cédé à la France en 1919, il est rebaptisé Strasbourg et remis en service en mai 1922 au sein de la 3ème DL qui quitte la Méditerranée en août 1926 pour l'Escadre du Nord, la 3ème DL devenant en décembre la 2ème DL qui est affecté en août 1928 à la 2ème escadre à Brest.

Placé en réserve en décembre 1929, il est rayé le 15 décembre 1936. Durant la guerre, il est utilisé à Lorient comme ponton-caserne le temps que la base sous marine de Kéroman soit achevée au début de 1942.

Il est alors coulé volontairement face à la base après avoir été pourvu de trois hauts mâts entre lesquels un filet métallique est tendu pour empêcher une attaque à la torpille contre les portes des alvéoles. Son épave est toujours discernable à l'époque des grandes marées.

Caracteristiques Techniques du Regensburg

Déplacement : standard 4900 tonnes pleine charge 6191 tonnes

Dimensions : longueur 142.2m largeur 13.7m tirant d'eau 5.79m

Vitesse maximale 27.5 noeuds

Armement : A l'origine 12 canons de 105mm en affûts simples et deux tubes lance-torpilles de 500mm mais au cours de la guerre, les 12 canons de 105mm furent remplacés par 7 canons de 150mm en affûts simples, 2 canons de 88mm, 2 tubes lance-torpilles de 500mm et 120 mines.



Le croiseur léger Mulhouse ex-Stralsund

-Le SMS Stralsund est le quatrième et dernier navire de la classe Magdeburg. Mis sur cale aux chantiers AG Weser de Brême en 1910, il est lancé le 4 novembre 1911 et admis au service actif en décembre 1912. Il participe à la bataille de la baie d'Heligoland le 28 août 1914 puis à la bataille du Dogger Bank le 24 janvier 1915.

Cédé à la France et rebaptisé Mulhouse, il est admis au service actif le 3 août 1920, suivant comme son ombre le Strasbourg. Placé en réserve le 1er janvier 1931, il rayé le 15 février 1933, il sera détruit l'année suivante à Brest.

Caracteristiques Techniques du Stralsund

Déplacement : standard 4362 tonnes pleine charge 4915 tonnes

Dimensions : longueur 130.5m largeur 14m tirant d'eau 5.48m

Vitesse maximale : 27 noeuds

Armement : A l'origine 12 canons de 105mm en affûts simples, deux tubes lance-torpilles de 500mm et 120 mines puis à partir de 1917, 7 canons de 150mm en affûts simples, 2 canons de 88mm en affûts simples, deux tubes lance-torpilles de 500mm et 120 mines.



Le SMS Augsburg sister-ship du Kolberg

-Le SMS Kolberg était le premier navire d'une classe de quatre unités. Mis sur cale aux chantiers Schichau de Dantzig en 1908, le Kolberg est lancé le 14 novembre 1908 et admis au service actif en juin 1910. Il participa aux bombardements sur les villes anglaises de Yarmouth (1914) Scarborough, Hartepool et Whitby (1915) puis à la bataille du golfe de Riga en 1916.

Cédé à la France, il est rebaptisé Colmar et remis au service actif le 14 octobre 1921. Affecté à la Division navale de l'Extrême Orient comme navire amiral, il assure cette fonction jusqu'en 1927 où il sera rayé le 21 juillet et détruit deux ans plus tard.

Caracteristiques Techniques du Kolberg

Déplacement : standard 4362 tonnes pleine charge 4915 tonnes

Dimensions : longueur 130.5m largeur 14m tiran d'eau 5.48m

Vitesse maximale 25.5 noeuds

Armement : A l'origine 12 canons de 105mm et 2 tubes lance-torpilles de 450mm puis à partir de 1917 6 canons de 150mm, 2 canons de 88mm et 2 tubes lance-torpilles de 450mm.



Le SMS Novarra futur Thionville

-Le SMS Novarra était le dernier navire d'une classe de trois croiseurs rapides (Rapidkreuzer) destinée à la marine austro-hongroise. Construit au chantiers navals Danubius de Fiume, il est lancé le 15 février 1913 et admis au service actif le 10 janvier 1915. Il participa à une attaque du barrage d'Otrante le 15 mai 1917.

Cédé à la France et rebaptisé Thionville, il est remis en service en mai 1922 mais son séjour au sein de la 3ème DL sera très éphémère puisqu'il est rapidement affecté à l'école de canonnage et des torpilles de la Méditerranée jusqu'en 1932 quand il est désarmé et rayé à Toulon. Il est utilisé comme ponton-caserne jusqu'en 1941 quand il est envoyé à la démolition.

Caracteristiques Techniques du Novarra

Déplacement : standard 3380 tonnes pleine charge 4010 tonnes

Dimensions : longueur 130.64m largeur 12.79m tirant d'eau 5m

Vitesse maximale 27 noeuds

Armement : 9 canons de 100mm en affûts simples sous masque, 1 canon de 70mm, 1 canon de 47mm et 6 tubes lance-torpilles de 533mm en trois plate-formes doubles (deux latérales et une à la poupe)


L'acquisition d'anciens croiseurs allemands et austro-hongrois n'était qu'une solution paliative pour remplacer les navires trop usés pour être maintenus en service. Il fallait donc penser à la construction de navires neufs.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 21:28

Les Duguay Trouin ou la renaissance de la Marine Nationale

Comme nous l'avons vu plus haut, la construction des trois premiers convoyeurs d'escadrilles (peut être que les marins français prévoyaient que le Lamotte Picquet et ses deux sister-ship seraient utilisés comme navires de commandement pour les flottilles de torpilleurs) fût abandonnée en raison du déclenchement de la première guerre mondiale.

Néanmoins même en l'absence de la guerre, la construction aurait été probablement reportée car le 13 mars 1915, le directeur central des constructions navales écrivait au préfet maritime de Toulon lui demandant de surseoir aux travaux préparatoires ordonnés par les dépêches du 17 juillet et du 30 octobre 1914 puisqu'il avait été décidé de reprendre le projet à zéro.

Le Comité technique se réunit donc à nouveau le 21 juillet 1915 pour examiner les plans modifiés du Lamotte Picquet : déplacement porté de 4500 à 5026 tonnes, longueur portée à 143.80m, 14.25m de large (45cm de plus), tirant d'eau de 4.92m (+62cm), puissance propulsive portée à 44000ch sur deux lignes d'arbre qui donnait une vitesse de 29.5 noeuds et une autonomie de 3800 miles à 14 noeuds et de 700 à 29.5 noeuds. L'armement principal restait inchangé mais nouveauté 4 canons de 65mm antiaériens étaient installés.

Le projet est cependant repoussé car il ne satisfaisait pas les marins et de toute façon la saturation des arsenaux occupés par l'entretien de la flotte, la construction d'une poussière navale (escorteurs, patrouilleurs, dragueurs, cannonières.......) et la production de munitions et de matériels pour l'armée de terre repoussait la construction à la paix.

Le projet n'est pas abandonné et régulièrement amendé aboutissant à un avant projet approuvé par le Conseil Supérieur de la Marine en septembre 1919 qui donnait les caracteristiques suivantes :

-Déplacement : 5270 tonnes

-Longueur (hors tout) 146.30m (entre perpendiculaires) 145m largeur : 14.50m tirant d'eau 5.20m

-Puissance propulsive : 54000ch donnant une vitesse de 30 noeuds

-Armement : 8 canons de 138mm en quatre tourelles doubles dans l'axe, 4 canons de 75mm antiaériens et 12 tubes lance-torpilles de 550mm


Le 13 janvier 1920, le ministre de la Marine Georges Leygues dépose sur le bureau des Assemblées un projet de loi dit «Projet 171» qui prescrit l'arrêt définitif de la construction des cinq cuirassés de classe Normandie, la construction de six éclaireurs d'escadre et de douze torpilleurs éclaireurs. Ce projet n'est pas adopté car Georges Leygues perd son portefeuille de ministre.

Le projet subit de nombreuses modifications. Réuni le 1er avril 1920, le CSM envisage pour les croiseurs légers des navires de 7500 tonnes, filant à 34 noeuds, armés soit de 8 canons de 138mm jumrlés ou bien de 7 canons de 155mm toutes dans l'axe plus 4 tubes lance-torpilles de 550mm et des canons AA (probablement le versatile «75»).

Par lettre des 17 et 18 juin 1920, le ministre Adolphe Landry demande qu'on amende le projet 171 en ajoutant 12 sous marins (6 de 550 tonnes et 6 de 1100 tonnes), modification acceptée par la Commission de la Marine Militaire. Ce projet est encore amendé en 1921 par Gabriel Guist'hau, ministre de la Marine qui comprend 6 croiseurs de 8000 tonnes, 12 contre-torpilleurs de 2400 tonnes, 12 torpilleurs de 1400 tonnes, 36 sous marins de 550 à 1100 tonnes et la transformation de l'ancien cuirassé Béarn en porte-avions.

Ce projet est adopté en principe mais il est volontairement limité aux constructions absorbables immédiatement par les Arsenaux et l'Industrie (la construction navale privée) soit 3 croiseurs, 6 contre-torpilleurs, 12 torpilleurs, 12 sous marins et la transformation du Béarn.

Après deux ans de tergiversations, la première tranche du Programme naval est définitivement votée par le Sénat le 18 mars 1922.

Entre temps, le projet définitif avait été adopté soit un navire de 8000 tonnes, long de 175m large de 17.20m avec un tirant d'eau de 5.60m, une puissance propulsive de 102000ch propulsant le navire à 34 noeuds avec un armement composé de 8 canons de 155mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières dans l'axe), 4 canons de 75mm antiaériens et 12 tubes lance-torpilles de 550mm.


Le croiseur Duguay Trouin

-Le Duguay-Trouin est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 4 août 1923 et lancé le 14 août 1924. Il est armé pour essais le 1er août 1925, armé définitif le 10 septembre 1926 et enfin admis au service actif le 15 février 1927.

Avec ses deux sister-ship, il forme la 3ème Division Légère de la 2ème Escadre. La division est affecté en Méditerranée (1ère escadre) d'août 1928 à 1933. Après plusieurs périodes de travaux, il rejoint le Lamotte-Picquet au sein d'une 2ème D.L de la 2ème Escadre. Cette division est dissoute le 1er juillet 1936 et le croiseur est affecté à la Division d'Instruction de la 1ère Escadre à Toulon.

Cette division est dissoute le 10 juin 1939, le Duguay Trouin étant affecté à Lorient, formant avec le croiseur mouilleur de mines Pluton la Division de croiseurs de la 5ème Escadre à l'existence éphémère (puisqu'elle est dissoute le 18 novembre 1940), retrouvant la 1ère escadre à Brest le 5 septembre 1939.

Le Duguay Trouin est alors basé à Dakar jusqu'au 18 janvier 1940 quand il gagne Lorient pour un grand carénage. Le 1er mai, il est affecté à la Division du Levant qui rallie la Force X à Alexandrie, force composée du cuirassé Lorraine, des croiseurs lourds Duquesne Tourville et Suffren, des torpilleurs Fortune Forbin et Basque (classe L'Adroit) et du sous marin Protée. L'intelligence des amiraux Godeffroy et Cunnigham fait que l'opération Catapult aboutit dans le grand port egyptien à un gentleman agreement qui voit l'immobilisation des navires français jusqu'en juin 1943.

Le Duguay Trouin reprend le combat le 15 janvier 1944, utilisé comme navire de transport rapide entre l'Afrique du Nord et Naples. Il subit un grand carénage entre novembre 1945 et mars 1947 à Toulon. En mai 1947, il participe à la répression de l'insurrection malgache avant de rallier ensuite l'Indochine où il arrive le 14 novembre 1947. Il est y déployé jusqu'en septembre 1951, regagnant Toulon où il arrive le 22 octobre. Mis en réserve le 15 décembre 1951, il est rayé et condamné le 29 mars 1952, démantelé dans la région toulonaise.


Le croiseur Lamotte Picquet

-Le Lamotte-Picquet est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 17 janvier 1923, mis à flot le 21 mars 1924, armé pour essais le 1er février 1926, armé définitif le 1er septembre 1926 et admis au service actif le 30 novembre 1926.

Après plusieurs croisières (Angleterre, Amérique du Sud et Antilles), le Lamotte-Picquet et la 3ème DL est affecté à la 1ère Escadre en Méditerranée en juin 1928 et ce jusqu'en 1932. En 1932, le croiseur est affecté à la 2ème Escadre en compagnie du Duguay Trouin.

Après un grand carénage à Lorient (septembre 1933-décembre 1934), le croiseur est affecté aux Forces Navales Françaises d'Extrême d'Orient (FNFEO), quittant Brest le 2 novembre 1935 pour Saigon où il arrive le 30 décembre 1935. Il ne le sait pas encore mais le croiseur ne reverra plus la France.

A partir du déclenchement de la guerre, le Lamotte-Picquet effectuera de nombreuses missions au large de l'Indochine mais aussi en Chine, pour protéger la concession française de Shanghaï. Les maigres forces françaises en Indochine doivent faire face à des thaïlandais particulièrement belliqueux soutenus en sous main par Tokyo.

Soucieux de montrer ses muscles, la France rassembla une flotte hétéroclite (croiseur Lamotte Piquet, avisos coloniaux Amiral Charner et Dumont d'Urville, avisos Tahure et Marne) et âgée et surpris la marine siamoise en baie de Koh Chang le 17 janvier 1941 et lui infligea une sévère défaite ce qui indisposa les japonais.

Placé en réserve le 1er janvier 1944, le Lamotte-Picquet est immobilisé dans la rivière Saigon. Le 12 janvier 1945, les bombardiers en piqué de la TF38 l'attaquent, le touchant de plusieurs bombes et le vieux croiseur finit par chavirer. L'épave est toujours là en 2010.


Le croiseur léger Primauguet

-Le Primauguet est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 16 août 1923 lancé le 21 mai 1924, armé pour essais le 1er février 1926, armé définitivement le 1er octobre 1926 et admis au service actif au sein de la 3ème division légère avec ses deux sister-ship en avril 1927.

Il effectue une croisière autour du monde du 20 avril au 22 décembre 1927, effectuant des escales à Saigon, Hong Kong, Shanghaï, Hankéou sur le Yang-Tsé, Yokohama, Honolulu, San Francisco, San Diego, canal de Panama, Saint Thomas dans les Antilles, Canaries.

Placé en disponibilité armée à son retour, il est réarmé à effectif complet le 1er mars 1928 puis reprend son service actif en août 1928. A partir du mois de septembre, il est affecté à la 1ère escadre à Toulon. Il subit un grand carénage à Bizerte (octobre 1931-avril 1932) avant d'être affecté en Extrême Orient, arrivant à Saïgon pour remplacer le Waldeck Rousseau le 18 mai 1934.

De retour en France en février 1936, il subit un grand carénage jusqu'en septembre 1937 avant de gagner Toulon le 14 septembre 1937 mais ce séjour est fort bref puisqu'il gagne à nouveau l'Extrême Orient, arrivant à Saigon le 21 novembre 1937 où il forme la 5ème division de croiseurs avec le Lamotte-Piquet.

Il regagne la Métropole, arrivant à Dakar le 15 septembre, intégré à la 5ème Escadre basée à Lorient, formée des vieux cuirassés Paris et Courbet, la 6ème division de croiseurs (Duguay Trouin et Primauguet) et la 7ème division de croiseurs (Jeanne d'Arc et Pluton).

Il effectue plusieurs missions d'escorte entre Dakar et Lorient avant de subir un grand carénage entre octobre 1939 et février 1940 puis après les essais et la remise en condition, il gagne Toulon le 8 mars 1940.

Il ne tarde pas à regagner l'Atlantique pour des patrouilles, des missions de surveillance. Le 23 juin 1940, il embarque au Verdon un chargement d'or qu'il met à l'abri à Casablanca le 25 juin 1940, effectuant plusieurs transports d'or entre Casablanca et Dakar.

Longtemps immobilisé à Casablanca, il participe à la défense du Maroc contre les forces américaines, participant à la fameuse charge de la 2ème Escadre légère contre notament les croiseurs Augusta et Brooklyn sans parler de l'intervention des Dauntless du Ranger.

Le Primauguet est touché à 10h30 par trois projectiles qui n'explosent pas, à 10h45 par un projectile qui explose à proximité de l'arrière, à 11h30 par un obus qui crève une chaudière ce qui ne l'empêche pas de toucher le Massachusetts à 10h57. Il est cependant touché par une bombe d'avion à 10h40. Il s'échoue aux Roches Noires à 12h28, touché encore par des bombes et des obus avant d'être évacué vers 18h. L'épave restera jusqu'en mai 1951 quand elle sera démantelée.

Cette véritable charge suicide impressione les américains qui non seulement la cite comme référence en matière de courage et de discipline dans la formation de leurs officiers et rendront hommage aux marins français en baptisant un porte-avions d'escorte du nom de Casablanca.

Caracteristiques Techniques des Duguay Trouin

Déplacement : standard 8000 tonnes pleine charge 8760 tonnes en surcharge 9656 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 181m (flottaison) 175m largeur 17.2m tirant d'eau 5.86m

Propulsion : Quatre groupes de turbines Parson alimentées par huit chaudières Indret dévellopant une puissance totale de 102000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 34 noeuds distance franchissable 3600 miles nautiques à 14 noeuds 1300 miles nautiques à 19 noeuds et 800 miles nautiques à 34 noeuds

Protection : pont principal 10mm premier pont 20mm tourelles de 155mm 30mm blockaus 30mm

Armement :

-8 canons de 155mm modèle 1920 en quatre tourelles doubles modèle 1921. Ce canon de 50 calibres tire des obus de Ce canon de 50 calibres tire des obus 56kg à 26100m à raison de 3 à 5 coups par minute.

La tourelle double modèle 1921 pèse 80 tonnes en ordre de combat permettant aux canons de pointer en site de -5° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut de -140° à +140° à raison de 6.4° par second. La dotation en munitions est de 125 obus par canon soit un total de 1000 obus.

-4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples. Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute. L'affût permet au canon de pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions globale est de 540 obus explosifs, de 120 obus éclairants et de 90 obus d'exercice.

-12 mitrailleuses Hotchkiss de 8mm répartis en six affûts doubles. Ces mitrailleuses ont une portée maximale de 2400m. Elles seront ensuite remplacées par un nombre équivalent de mitrailleuses de 13.2mm.

La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 à refroidissement par air à un canon de 76 calibres tirant des cartouches de 122 grammes en bandes chargeurs de 30 coups à une cadence de 700 coups/minute à une portée de 6500m (pratique :2500m) et un plafond pratique de 1500m.


-12 tubes lance-torpilles de 550mm en quatre plate-formes triples avec un stock de 24 torpilles. La torpille standard est la 23DT qui porte à 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

-15 grenades ASM de 35kg

Aviation :

Catapulte à air comprimé Penhoet pouvant lancer des avions de 1600kg. Elle est testé sur le Primauguet pour essais de 1927 à 1929 avant d'être installée sur les deux autres navires de la classe en mars-avril 1929.

Les tests sont réalisés avec un hydravion FBA17 qui est remplacé par d'autres appareils. Le Primauguet embarque ensuite un ou deux GL832. Le Duguay Trouin embarque d'abord un Besson 35 puis un FBA17 suivi par un GL832 ou un Potez 452. Le Lamotte-Picquet lui embarque un Besson 35 puis un ou deux FBA17 avant 2 GL832 puis 2 Potez 452.

Equipage : 27 officiers 102 officiers mariniers et 452 matelots.


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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 21:36

Des croiseurs très spéciaux : Le Pluton et le Jeanne d'Arc

Le croiseur mouilleur de mines Pluton

Le croiseur mouilleur de mines Pluton était moins bien armé qu'un contre-torpilleur (4 canons de 138mm contre 5 canons de 130 ou 138mm)

La mine marine est apparue au cours de la guerre de Secession mais ce n'est qu'au vingtième siècle qu'elle devient une arme redoutablement performante avec un rapport prix/coût de reviens défiant toute concurrence.

Les alliés utilisèrent massivement la mine durant le premier conflit mondial pour protéger les convois contre les sous marins, créant de véritables corridors pour les convois avec un succès mitigé tout comme celui des bâteaux-piège (Q-ship), l'utilisation des convois, de l'Asdic et d'escorteurs armés de grenades ASM se révélant plus efficaces.

La guerre terminée, la Royale s'interroge sur le futur usage des mines marines. A la fin des années vingt, le seul adversaire potentiel est la marine allemande et pour gêner ses mouvements, la marine française envisage deux usages de la mine : des bouchons de mines dans les estuaires et à des points de passage obligés de la côte allemande et de vastes champs de mines pour barrer de larges passages ou de créer des zones dangereuses pour les forces navales navales allemandes notament dans des mers resserées comme la mer du Nord.

Si pour le premier emploi, des sous marins mouilleurs de mines sont prévus (la classe Rubis) pour le second, des navires de surface spécialisés sont nécessaires.

C'est dans ce but qu'à la tranche 1925 (votée le 13 juillet 1925) est financée la construction d'un croiseur de 1ère classe (le futur Suffren), trois contre-torpilleurs de classe Guepard, quatre torpilleurs d'escadre de classe Adroit (les six premiers avaient été financés à la tranche 1924), sept sous marins de 1ère classe, deux sous marins mouilleur de mines de classe Saphir, le transport d'hydravions Commandant Teste et un «croiseur de 6000 tonnes mouilleur de mines» baptisé Pluton.

-Le Pluton est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 16 avril 1928 lancé le 10 avril 1929, armé pour essais le 15 mai 1930, armé définitivement le 15 novembre 1931 et admis au service actif le 25 janvier 1932.

Le 16 janvier 1932, il quitte Lorient pour Toulon où il est affecté à la Division d'instruction de la 1ère escadre plus précisément comme navire de «l'école d'application du Tir à la mer». Egalement utilisé comme transport de troupes, il est utilisé dans ces deux rôles jusqu'en 1939.

Le 10 juin 1939, la Division d'instruction est dissoute et le Pluton rejoint la 5ème escadre à Lorient et c'est à ce moment que la décision est prise de le transformer en navire-école d'Application des enseigne de vaisseau en complément du croiseur école Jeanne d'Arc sous le nom de La Tour d'Auvergne. Le 28 août, il forme théoriquement avec la «Jeanne» la 7ème division de croiseurs mais cette division n'aura aucune réalité effective.

Au moment où éclate la guerre, la France craint une démonstration des cuirassés allemands sur les côtes marocaines. Le 2 septembre 1939, le Pluton appareille de Brest avec un chargement de 125 mines B4 et arrive à Casablanca le 5 septembre 1939.

Entre temps l'opération de minage est devenue sans objet et le Pluton reçoit l'ordre de débarquer ses mines. Le désamorçage et le déchargement des engins doivent avoir lieu le 13 septembre 1939 mais dès le début de l'opération, une énorme explosion ravage le navire et entraine son naufrage. Trois bateaux de pêche amarrés à côté coulent également : l'Etoile du Matin, le Sultan et la Marie Merveilleuse provoquant la mort de 207 hommes.

Caracteristiques techniques du Pluton

Déplacement : standard 5300 tonnes pleine charge : 6214 tonnes

Dimensions : longueur 152.5m largeur : 15.5m Tirant d'Eau : 5.20m

Propulsion : Deux turbines Rateau-Bretagne alimentées par 4 chaudières à petits tubes dévellopant une puissance maximale de 57000 ch actionnant deux hélices

Vitesse maximale : 30 noeuds (31.6 noeuds atteint aux essais) Distance Franchissable : 4510 miles nautiques à 14 noeuds

Armement

-4 canons de 138mm modèle 1923 de 40 calibres en 4 affûts simples (deux avant deux arrière). Ce canon tire des obus de 40kg à 19000m à raison de 5 coups par minute

-4 canons de 75mm de 50 calibres modèle 1922 en 4 affûts simples latéraux (deux à tribord et deux à babord entre les deux cheminées). Ce canon tire des obus de 6kg à 15000m avec une plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute

-2 canons de 37mm de 50 calibres modèle 1933 en un affût double. Ce canon tire des obus de 0.7kg à 9500m avec une plafond de 5000m à raison de 30 coups/minute.

-12 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en trois affûts quadruples. La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 à refroidissement par air à un canon de 76 calibres tirant des cartouches de 122 grammes en bandes chargeurs de 30 coups à une cadence de 700 coups/minute à une portée de 6500m (pratique :2500m) et un plafond pratique de 1500m.

-250 à 270 mines.

Equipage : 424 hommes. En configuration transport de troupes, il peut embarquer 1000 hommes


Le croiseur-école Jeanne d'Arc.

Le croiseur-école Jeanne d'Arc à Venise en avril 1932. les élèves officiers pouvaient ainsi admirer le Campanile ou encore le palais des Doges

La formation des futurs officiers ne peut être que théorique, elle doit comprendre une formation pratique à la mer. Au sein de la marine nationale avant la construction des magnifiques bâtiments de l'Ecole Navale à Brest (hélas trois fois hélas détruits par les bombardements alliés et les combats de l'été 1944), les futurs officiers étaient formés sur le «Borda», un ancien navire à voile transformé en ponton école avant un stage à la mer sur le croiseur école Duguay Trouin.

En 1912, on décide de confier la tâche de navire-école au croiseur cuirassé Jeanne d'Arc. Le choix de ce dernier n'est pas innocent : la «Pucelle d'Orléans» symbolise le patriotisme français de ce début de siècle et l'étendard de la revanche pour récupérer les provinces perdues.

Sa carrière de navire école est interrompue par la première guerre mondiale mais reprend en 1919 jusqu'en 1928 quand il est désarmé. Il est remplacé par l'Edgar Quinet mais ce dernier s'échoue en janvier 1930 sur les côtes algériennes.

Son remplacement était de toute façon prévu à la tranche 1926 du programme naval. Cette dernière votée le 4 août 1926 comprenait le financement pour la construction d'un croiseur lourd (le futur Colbert), de trois contre-torpilleurs de classe Guépard, des quatre derniers torpilleurs d'escadre de classe L'Adroit, le sous marin croiseur Surcouf, cinq sous marins de 1ère classe, un sous marin mouilleur de mines, le ravitailleur de sous marins Jules Verne, deux pétroliers type Mékong et un «croiseur à déplacement réduit» spécifiquement conçu pour l'écolage mais qui est avant tout un véritable navire de guerre.

-Le Jeanne d'Arc est mis sur cale aux Ateliers et chantiers navals de Saint Nazaire-Penhoët le 31 août 1928 lancé le 14 février 1930, armé pour essais le 15 décembre 1930, armé définitivement le 1er avril 1931 et admis au service actif le 6 octobre 1931, quatre jours avant le début de sa première campagne.

La dernière croisière d'avant-guerre de la «Jeanne» s'achève le 16 avril 1939 et devant l'imminence du conflit, il est armé à effectif de guerre le 24 août puis affecté une semaine plus tard au théâtre de l'Atlantique Ouest. Il effectue plusieurs patrouilles dans les antilles avant de gagner en avril 1940 le Maroc puis la métropole

Le 21 mai 1940, il appareille de Brest en compagnie de l'Emile Bertin avec 312 tonnes d'or de la Banque de France à mettre à l'abri à Halifax. Si le croiseur mouilleur de mines repart aussitôt, le croiseur école attend le porte-avions Béarn qui chargeait des avions américains, le croiseur embarqua six Curtiss H-75 Hawk en caisses.

Les deux navires appareillent d'Halifax le 16 juin mais devant la détérioration de la situation militaire en France, ils reçoivent l'ordre de se dérouter sur les Antilles d'abord Fort de France le 27 où il retrouve l'Emile Bertin puis à Pointe à Pitre où il arrive deux jours plus tard pour près de toris années d'immobilisation.

Le ralliement aux nouvelles autorités françaises est particulièrement longue et ce n'est qu'à la fin du mois d'août 1943 que «La Jeanne» quitte les Antilles pour l'Afrique du Nord. Il effectue alors plusieurs missions de transport en direction de la Corse mais également vers la métropole en cours de libération. A Toulon le 22 octobre 1944, il forme la 3ème DC avec l'Emile Bertin et le Duguay Trouin, effectuant quelques tirs d'appui et des missions de transport de troupes.

Il subit un grand carénage à Oran du 17 octobre 1945 au 8 août 1946 avant de reprendre son rôle de navire école à partir du moins de septembre, effectuant dix huit campagnes jusqu'en juin 1964. Il est mis en réserve le 1er juillet 1964 puis condamné le 25 mars 1965 avant d'être vendu à la démolition le 28 octobre puis d'être démoli à la Seyne sur Mer à partir de janvier 1966.

Caracteristiques techniques du croiseur-école Jeanne d'Arc

Déplacement : 6500 tonnes

Dimensions : longueur 170m largeur : 17.70m tirant d'eau 6.50m

Vitesse maximale : 25 noeuds (27.86 noeuds atteints aux essais)

Distance franchissable : 4000 miles nautiques à 20 noeuds, 6000 miles nautiques à 14 noeuds

Armement :

-8 canons de 155mm modèle 1921 en quatre tourelles doubles. Ce canon de 50 calibres tire des obus 56kg à 26100m à raison de 3 coups par minute.

La tourelle double modèle 1921 pèse 80 tonnes en ordre de combat permettant aux canons de pointer en site de -5° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut de -140° à +140° à raison de 6.4° par second. La dotation en munitions est de 125 obus par canon soit un total de 1000 obus.

-4 canons de 75mm modèle 1922 en quatre affûts simples. Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 12 coups par minute. L'affût permet au canon de pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions globale est de 540 obus explosifs, de 120 obus éclairants et de 90 obus d'exercice.

-12 mitrailleuses de 13.2mm en trois affûts quadruples. La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 à refroidissement par air à un canon de 76 calibres tirant des cartouches de 122 grammes en bandes chargeurs de 30 coups à une cadence de 700 coups/minute à une portée de 6500m (pratique :2500m) et un plafond pratique de 1500m.

-2 tubes lance-torpilles de 550mm. La torpille standard est la 23DT qui porte à 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds

Aviation :

Deux selettes pour deux hydravions CAMS 37

Equipage :

28 officiers 120 officiers mariniers et 424 matelots. 156 élèves embarquables.


GENESE DE L'EMILE BERTIN


Dès la fin des années vingt, l'état major de la marine se préoccupe de la nouvelle génération de croiseurs. Les trois Duguay Trouin sont très réussis mais leur artillerie de 155mm est jugée comme trop limitée et leur armement en torpilles est considéré comme excessif sans parler de l'absence de protection.

Parallèlement se pose aussi la question du mouillage de mines. Le Pluton était en construction mais il ne pouvait assurer tout seul les plans de mouillage de mines prévus. Les marins français s'interrogent alors : est-il bien utile de construire des mouilleurs de mines spécialisés ?

La Royale ne tarde pas à répondre nom et si le futur Emile Bertin est officiellement appelé «croiseur de 6000 tonnes mouilleur de mines», ce n'est en rien un Pluton bis mais un véritable croiseur ayant comme fonction secondaire le mouillage de mines.

L'acte de naissance de l'Emile Bertin peut être fixé le 18 décembre 1928 quand la décision ministérielle 1254 E.M.G/3 demande au STCN l'étude d'un nouveau croiseur léger. Le STCN aboutit ainsi en 1929 à un avant-projet qui donne un déplacement de 5980 tonnes Washington, un déplacement en charge normale de 6530 tonnes, une longueur de 177m, une puissance propulsive de 102000ch, une vitesse de 34 noeuds et un rayon d'action de 3000 miles nautiques à 18 noeuds.

C'est sous le nom administratif de Cl-1 qu'il est financé à la tranche 1930 votée le 12 janvier 1930 et qui prévoit également la construction d'un croiseur lourd (le futur Algérie), six contre-torpilleurs (future classe Le Fantasque), de deux avisos coloniaux type Bougainville, de six sous marins de 1ère lasse, d'un sous marin mouilleur de mines type Saphir et du mouilleur de filets Gladiateur.

Le 3 décembre 1930, le ministre de la Marine, Jacques-Louis Dumesnil baptisé Cl-1 du nom d'Emile Bertin. Le 26 août 1931, la construction est attribuée aux chantiers de Penhoët mais l'armement doit se faire au sein de l'Arsenal de Brest.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 21:52

HISTORIQUE

L'Emile Bertin au mouillage

Présentation

L'Emile Bertin au mouillage en 1934

Construction et mise au point

L'Emile Bertin en construction. La 1ère photo à été prise le 1er mai 1932 et la photo ci-dessous la veille du lancement le 8 mai 1933


-L'Emile Bertin est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers Navals de Saint Nazaire-Penhoët le 18 août 1931 et lancé le 9 mai 1933 en présence du ministre de la Marine Georges Leygues. Le croiseur est armé pour essais le 15 mai 1934 suivit de sa première sortie à la mer pour sa présentation en recette le 28 juin 1934.


L'Emile Bertin le jour du lancement.

Le croiseur quitte son port constructeur le 9 juillet 1934 pour Brest où il arrive le lendemain 10 juillet. Après une série d'essais réalisés du 17 juillet au 14 août (au cours desquels il atteint la vitesse de 40.2 noeuds !), il entre en démontages le lendemain 15 août.


L'Emile Bertin lors de ses essais à la mer

Entré en armement définitif le 15 octobre 1934, il subit d'autres tests notament pour recetter l'artillerie et les torpilles avant que la cloture de l'armement ne soit prononcée le 28 janvier 1935.

La Directive Ministérielle D.M.81 EMG/3 du 6 février 1935 affecte provisoire l'Emile Bertin à la 2ème escadre basée à Brest en attendant que ne soient achevés les croiseurs légers La Galissonnière et Jean de Vienne avec qui il doit fomrer une division au sein de la 1ère escadre à Toulon.


L'Emile Bertin au bassin du Laninon à Brest en 1934

Le 8 février 1935, le nouveau fleuron de la marine nationale appareille de Brest pour sa croisière d'endurance. Il fait successivement escale à Funchal (Ile de Madère) du 11 au 13 février, Port Etienne (auj. Nouadibu en Mauritanie) pour la nuit du 15 au 16, Dakar du 17 au 20, Fort de France du 1er au 3 mars avant une tournée dans les Antilles françaises pour montrer le pavillon. Il quitte les Antilles le 19 mars pour Brest où il arrive le 1er avril 1935 après une escale à Ponta Delgada aux Açores du 26 au 28 mars 1935. Le matériel s'est parfaitement comporté.

L'Emile Bertin est admis au service actif le 17 mai 1935

Un certain Louis-Emile Bertin.........



La nouvelle fierté de la Royale rend hommage à Louis-Emile Bertin (Nancy 1840-Tourlaville près de Cherbourg 1924) l'un des plus brillants ingénieurs que la France ait porté, l'équivalent d'un Henri Dupuy de Lôme ou d'un Albert Caquot.

Né dans une famille modeste, il intègre l'Ecole Polytechnique grâce à une bourse en 1858 puis à sa sortie en 1862 intègre l'Ecole du Génie Maritime à Toulon où il en sort en 1868.

Ingénieur en chef du Génie Maritime en 1880, il est chargé d'une mission d'assistance au Japon qui souhaite créer une marine de guerre moderne. Excité par le challenge de tout créer, de tout construire à partir de rien, Emile Bertin va passer quatre ans au Japon d'octobre 1885 à mars 1889, se passionant au passage pour la culture japonais. Créant notament l'Arsenal de Yokosuka où une statue était visible jusqu'en 1945, il pose les bases de la future puissance navale nippone.

Directeur de l'Ecole d'Application du Génie Maritime en 1893, il devient Directeur Central des Constructions Navales en 1896, créant en 1897 la Section Technique des Constructions Navales (STCN) pour dessiner les plans et éviter un gaspillage de temps et de moyens en laissant trop de liberté aux chantiers. Atteint par la limite d'âge en 1905, il est alors versé en deuxième section.

Membre de l'Académie des Sciences en 1903, il en est élu président en 1922. Il était également membre de l'Académie de Marine et président de l'Association Technique Maritime et Aéronautique de 1906 à sa mort.

Louis Emile Bertin, commandeur de la Légion d'Honneur est mort dans sa propriété de Tourlaville près de Cherbourg le 23 octobre 1924.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 22:11

Temps de paix (1935-1939)

L'Emile Bertin à la mer : chevaux vapeurs déchainés et canines acérées

L'Emile Bertin effectue un premier entrainement de groupe avec la 2ème Escadre en baie de Quiberon du 9 au 18 mai 1935 avant de gagner Le Havre où il représente la marine à la croisière inaugurale du paquebot Normandie lui aussi construit à Saint Nazaire, les deux navires effectuant même un bout de chemin ensemble le 24 mai. Le croiseur est de retour à Brest le lendemain.

Après des exercices dont plusieurs écoles à feu, l'Emile Bertin subit un petit carénage dans son chantier constructeur de juin à août 1935. Le 28 août 1935, il entre à Brest saluant de treize coups de canon le cuirassé Provence qui arbore la marque du vice-amiral Darlan, commandant en chef de ka 2ème escadre avant de s'embosser derrière la Digue Sud.

L'Emile Bertin devient le 1er septembre 1935,navire-amiral du Groupe des Contre-Torpilleurs de la 2ème escadre composé alors de la 4ème Division Légère (contre-torpilleurs Milan Epervier et Valmy) et de la 6ème Division Légère (contre-torpilleurs Bison Lion Vauban).


L'Emile Bertin au mouillage à Pointe à Pitre en décembre 1935

Après plusieurs exercices avec ses contre-torpilleurs, l'Emile Bertin appareille de Brest le 5 décembre 1935 pour les Antilles où il doit représenter la Marine aux commémorations du tricentenaire du rattachement des Iles à la France.

Accompagné par le contre-torpilleur L'Audacieux et du croiseur sous marin Surcouf, L'Emile Bertin arrive à la Guadeloupe le 15 décembre, se ravitaillant aux Saintes auprès du pétrolier Nivôse. Le croiseur est à Pointe-à-Pitre du 16 au 21 décembre, à Basse Terre où il passe la nuit du 21 au 22 décembre et Fort de France du 23 décembre 1935 au 2 janvier 1936.

Il effectue une série d'exercices du 3 au 7 janvier avec notament deux écoles à feu les 6 et 7 janvier 1936. Il quitte les Antilles françaises le 9 janvier pour Port of Spain (Trinidad et Tobago) et une escale du 10 au 15 janvier 1936.

Après une escale au Cap Vert du 21 au 23 janvier, le croiseur et le contre-torpilleurs retrouve la 2ème Escadre qui avait appareillé de Brest le 14 janvier pour sa croisière d'hiver. Après une escale d'une semaine à Dakar (24-31 janvier 1936), les exercices s'enchaine jusqu'au 7 février quand la 2ème Escadre au grand complet met cap au nord.

L'Emile Bertin après une semaine de repos à Casablanca du 11 au 18 février reprend les exercices avec les autres navires de la 2ème Escadre avant de rentrer à Brest le 27 février 1936.

Après un passage au bassin du 16 au 28 mai 1936, l'Emile Bertin effectue une démonstration en mer d'Iroise dans le cadre de l'inauguration de la nouvelle Ecole Navale par le président de la République Albert Lebrun.

La routine des exercices d'escadre est interrompue par la dégradation de la situation espagnole. Le 17 juillet 1936, un coup d'état militaire à tenté de renverser le gouvernement républicain. Sa réussite partielle provoque le début d'une terrible guerre de presque trois ans, guerre civile qui sera bientôt le champ clos de l'affrontement entre espagnols bien sur mais également entre Allemands, italiens, portugais d'un côté et soviétiques et volontaires étrangers de l'autre (il y avait quelques centaines de volontaires étrangers côté nationaliste notament des français et des irlandais).

Alors en plein exercice, l'Emile Bertin ravitaille rapidement à Lorient le 24 juillet, traverse le golfe de Gascogne en une nuit. Il visite plusieurs ports de la côte basque et galicienne notament Santander, Bilbao, Gijon ou Vigo, évacuant les ressortissants étrangers qu'il transfère au paquebot Mexique. Il est de retour à Brest le 29 juillet 1936.

le 15 août 1936, le Groupe des Contre-Torpilleurs de la 2ème Escadre est rebaptisé «2ème Escadre Légère», composée alors de la 8ème DL (L'Indomptable, Le Triomphant et le Malin) et de la 10ème DL (Le Fantasque, L'Audacieux, Le Terrible).


L'Emile Bertin mouillé dans le Scorff à Lorient en 1937

Le même jour, l'Emile Bertin entra à l'Arsenal de Brest pour un grand carénage de trois mois qui s'achève le 9 novembre 1936, suivi par deux sorties de vérification les 9 et 10 avant que l'Emile Bertin ne reprenne son activité en escadre.

Le 15 janvier 1937, l'Escadre de l'Atlantique appareille pour sa croisière d'hiver sur les côtes africaines, le croiseur et ses contre-torpilleurs font ainsi escale à Casablanca du 19 au 21 janvier puis à Conakry du 27 au 31 janvier. Toute l'Escadre se retrouve à Dakar du 2 au 9 février avant de nouvelles manoeuvres. La dernière escale à lieu à Casablanca du 15 au 22 février avant un retour à Brest le 26 février 1937.

Après une école à feu en baie de Quiberon du 15 au 22 mars, la 2ème EL participe à de nombreux exercices dont le 3 mai une simulation de débarquement à Saint-Vaast-La Hogue, couvert par un bombardement naval de Cherbourg.

Les événements d'Espagne se rappelle au bon souvenir du croiseur qui est rappelé à Brest le 5 mai 1937 pour un ravitaillement rapide suivit d'un appareillage vers les côtes espagnoles à 25 noeuds.

Le 6 mai, il couvre l'exfiltration depuis Bilbao d'un convoi de réfugiés républicains à travers les navires ralliés au camp nationaliste. Du 6 au 12 mai, il croise au large de jour, passant la nuit en baie de St Jean de Luz. Il est de retour à Brest le 13 mai 1937.

Le 23 mai 1937, l'Escadre de l'Atlantique formant la force Bleue se porte au devant l'Escadre de la Méditerranée formant la force Rouge pour des manoeuvres conjointes jusqu'au 27 mai, manoeuvres qui se terminent par une revue navale en l'honneur du ministre de la Marine Pierre Gaspier-Duparc et deux jours plus tard, le 29 mai, la Rade-Abri est bondée.


L'Emile Bertin à Lorient le 6 juin 1937

Du 21 août au 27 octobre 1937, l'Emile Bertin est indisponible puis reprend une activité réduite en raison de conditions météo difficiles. Le 19 novembre, le croiseur entre en grand carénage normal jusqu'au 27 janvier 1938 avant de reprendre ses activités avec l'Escadre.

Le 7 février 1938, il est abordé devant Gravelines par un petit vapeur qui provoque quelques avaries de coque sans gravité, avaries qui seront réparées à l'Arsenal du 12 février au 5 mars 1938 au cours de travaux plus importants avec notament la fin des travaux d'installation de la télé commande de l'artillerie principale.

Le 10 mai 1938, l'Escadre de l'Atlantique appareille pour sa croisière de printemps, l'Emile Bertin et ses contre-torpilleurs faisant escale à Funchal (Madère) du 14 au 18, à Ponta Delgada (Açores) du 20 au 26, à Agadir du 29 mai au 2 juin et à Casablanca du 4 au 7 juin.

L'Emile Bertin et la 10ème DCT (ex 10ème DL) représentent ensuite la marine lors des festivités de la fête nationale portugaise le 9 juin à Lagos avant de retrouver l'Escadre dans le Golfe de Gascogne puis de regagner son port d'attache le 14 juin 1938.

Après une période de repos, l'Emile Bertin effectue des exercices en mer d'Iroise les 1er et 2 juillet puis les concours d'Honneur de l'escadre en baie de Quiberon du 4 au 8 juillet, concours suivis par une revue navale de l'Escadre de l'Atlantique à l'occasion de la fin du commandement du vice-amiral de Laborde, son commandant en chef.


L'Emile Bertin à Calais le 22 juillet 1938. On distingue l'arrière d'un Contre-torpilleur à l'arrière plan

Le 15 juillet 1938, l'Emile Bertin et la 10ème DCT appareillent de Brest et rallient Cherbourg le lendemain. Ayant appareillé le 17 au soir, ils retrouvent le lendemain 18 juillet le yacht royal HMS Enchantress en Manche et l'escortent jusqu'à Boulogne où ils restent en escale jusqu'au 22 juillet 1938. Ce jour-là, une grande partie de l'Escadre est rassemblée à Calais, rendent les honneurs au couple royal britannique avant que l'Emile Bertin et la 10ème DCT ne l'escorte jusqu'aux limites des eaux territoriales françaises.

De retour à Brest le 23 juillet, il entre en carénage pour deux mois. A l'issue de ce carénage, il doit être affecté à l'Escadre de la Méditerranée et en conséquence dès le 9 août, l'Emile Bertin cesse d'être bâtiment amiral de la 2ème EL, relevé par le contre-torpilleur Mogador qui avec ses 8 canons de 138mm en quatre pseudo-tourelles doubles ressemble à un petit croiseur.

De nouveau disponible le 15 septembre 1938, il appareille de Brest le 5 octobre, naviguant de conserve avec la Jeanne d'Arc jusqu'à l'escale de Casablanca où ils arrivent ensemble le 8 octobre pour trois jours de repos. Le 11, l'Emile Bertin appareille et met cap au nord, passant la nuit suivante mouillé en rade de Tanger puis se dirige vers Toulon où il arrive le 15 octobre 1938.

Affecté à l'Escadre de la Méditerranée comme bâtiment hors rang, le croiseur effectue sa première sortie avec l'Escadre les 25 et 26 octobre 1938. Après une revue de l'Escadre le 28 octobre, il transporte en Tunisie pour inspection, l'amiral Darlan et le général Gamelin jusqu'au 5 novembre, gagnant Golfe Juan le 6 où il débarque ses passagers avant de rentrer à Toulon le 8 novembre 1938.

Après un rapide ravitaillement dans la nuit, l'Emile Bertin appareille le 16 novembre 1938 pour transporter en Turquie des troupes représentant la France aux funérailles de Mustapha Kemal Ataturk. Sur le chemin du retour, il embarque Albert Sarrault _Ministre de l'Intérieur qui avait représenté le gouvernement français_ qui fait arrêter le navire devant le monument aux morts des Dardanelles à Galipolli, l'équipage rendant les honneurs. L'Emile Bertin est de retrour à Toulon le 28 novembre 1938.


L'Emile Bertin quittant Toulon en janvier 1939

Au cours du trajet retour, l'Emile Bertin à connu une très grave avarie sur la turbine HP centrale bâbord obligeant le navire à effectuer la suite du trajet sur «trois pattes». Le croiseur est indisponible du 1er décembre 1938 au 15 janvier 1939. A noter que l'avarie était lié à un mauvais remontage lors du carénage de l'été.

Le 26 janvier 1939, l'Emile Bertin appareille à nouveau de Toulon pour servir de yatch de luxe, transportant l'amiral Darlan et son épouse pour une mission d'inspection au Maroc du 28 janvier au 5 février, débarquant le chef d'état major de la marine à Golfe Juan le 6 avant de regagner Toulon dans la journée.

Le 9 février 1939, il quitte Toulon pour rallier Casablanca et l'Escadre de la Méditerranée en pleine croisière d'hiver, faisant escale à Casablanca du 11 au 15 et à Dakar du 18 au 22 février. Le 24 février, alors qu'il gagnait Port Etienne, une aussière en acier endommage l'hélice latérale bâbord limitant la vitesse à 14 noeuds. Après une escale à Casablanca du 27 février au 6 mars, il gagne Brest le 10 mars 1939 entrant aussitôt à l'Arsenal pour des travaux qui l'immobilise jusqu'au 20 avril.


L'Emile Bertin, poupe amarrée à la jetée Delure à Casablanca le 5 mars 1939

Le 25 avril 1939, le croiseur quitte Brest pour Gibraltar où se trouvent cinq trois navires alliés pour prevenir l'invasion de la colonie britannique. La guerre d'Espagne vient de se terminer et les alliés peuvent craindre que sur leur lancée, les vainqueurs _les nationalistes_ n'en profitent pour récupérer le Rocher. L'Emile Bertin est détaché les 1er et 2 mai 1939 à Tanger, toujours pour prevenir un coup de force germano-espagnol.

De retour à Toulon le 18 mai 1939, le croiseur appareille avec l'Escadre pour dix jours d'exercices du 31 mai au 9 juin 1939 sur les côtes est de la Provence, portant pour l'occasion la marque du vice-amiral Abrial, Préfet Maritime de Toulon et commandant des forces de la IIIème Région Maritime.

L'Escadre de la Méditerranée est dissoute le 1er juillet 1939, remplacée par trois escadres distinctes formant la Flotte de la Méditerranée. L'Emile Bertin est affecté à la 4ème escadre basée à Bizerte.

Du 10 au 13 août 1939, il passe au bassin à Toulon pour visiter des hélices et à partir du 20 août, devant l'augmentation de la tension en Europe, les permissionaires commencent à être rappelés.

L'Emile Bertin appareille de Toulon le 24 août direction la rade des Vignettes pour embarquer un officier supérieur avant de gagner Bizerte où il arrive le lendemain en fin de journée.


L'Emile Bertin à la mer à grande vitesse et artillerie orientée babord le 9 août 1939. Photo prise depuis le contre-torpilleur Chevalier-Paul

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 22:29

Guerre et paix pour l'Emile Bertin (1939-1943)

Transports et patrouilles

L'Emile Bertin avec la livrée aposée après la refonte aux Etats Unis

Au sein de la 4ème escadre, l'Emile Bertin est bâtiment hors rang. Sa vitesse en fait un navire parfaitement adapté aux transports rapides. Le 14 septembre 1939, il appareille pour Ajaccio pour transporter deux milliards de francs en billets neufs au Liban.

A l'origine, l'Emile Bertin devait embarquer la précieuse cargaison à Bizerte, prennant la suite du torpilleur La Bayonnaise qui avait appareillé de Marseille mais le mauvais temps bouscule le programme original.

L'Emile Bertin arrive à Ajaccio le même jour, embarque les caisses, appareille en urgence, ravitaille sous les feux à Bizerte en fin de journée le 15 avant de mettre cap à l'est direction Beyrouth où il arrive le 19 septembre.

Sur place, il est inspecté par le commandant en chef au Levant, le général Weygand avant de regagner la France avec à bord 57 tonnes d'or de la Banque de Pologne en 886 caisses plombées, le croiseur arrivant à Toulon le 27 novembre. Ayant connu de nombreuses fuites sur ses collecteurs de vapeur, il doit subir des travaux de maintenance à l'Arsenal du 29 septembre au 14 novembre 1939.

Depuis le début de la guerre, des groupes de chasse franco-anglais ont été mis en place pour tenter de quadriller l'Atlantique et l'Océan Indien :

-Groupe F (Amerique du Nord et Indes Occidentales port : Halifax) croiseurs lourds Berwick et York

-Groupe G : (Côte sud-est de l'Amérique/Atlantique Sud) croiseurs lourds Exeter Cumberland bientôt rejoint par les croiseurs légers Ajax et Achilles

-Groupe H : (Cap de Bonne Esperance) croiseurs lourds Sussex et Shropshire

-Groupe I : (Ceylan ) croiseurs lourds Cornwall et Dorsetshire, porte-avions Eagle

-Groupe K : (Pernambouc) porte-avions Ark Royal croiseur de bataille Renown

-Groupe L (Atlantique depuis Brest) croiseur de bataille Dunkerque, porte-avions Béarn et 3 croiseurs légers

-Groupe M (Dakar) croiseurs lourds Algérie (puis Foch) et Dupleix

-Groupe N (Indes Occidentales) croiseur de bataille Strasbourg porte-avions Hermes

Des grands bâtiments furent en outre envoyés à Halifax dans l'Atlantique sud et l'Océan Indien pour renforcer l'escorte des convois.

Le dispositif allié ne tarda pas à évoluer et c'es ainsi que les Groupe M et N formèrent à Dakar la Force X sous le commandement du Vice-Amiral d'Escadre Duplat.

En décembre 1939, l'Amirauté française décide de relever à Dakar le croiseur Foch par l'Emile Bertin. Ce dernier appareille de Toulon le 8 janvier 1940, ravitaille à Casablanca du 12 au 14 puis assure une mission de surveillance dans les parages des îles Canaries.

Plusieurs navires sont arraisonnés avant que l'Emile Bertin ne rallie la Force X à Dakar le 20 janvier 1940. Il est cependant en réserve, prêt à appareiller en cas de besoin, par exemple renforcer le dispositif allié en cas de localisation d'un raider allemand.

Le 30 janvier, un nouveau groupe occasionel, la Force Y est établi à Dakar avec l'Emile Bertin, le Colbert et le Duquesne. Le dispositif est allégé dès le 7 février quand l'Emile Bertin reçoit l'ordre de gagner Brest pour assurer d'autres missions.

Il gagne Casablanca où il arrive le 11 février 1940, embarquant le contre-amiral Derrien venu de Toulon qui pose sa marque sur l'Emile Bertin le 15 février. L'appareillage du grand port marocain à lieu dans l'après midi pour Brest où il arrive le 17 février.

L'Emile Bertin devient le même jour navire-amiral de la Force Z (croiseur Emile Bertin puis Montcalm, torpilleurs d'escadre Le Brestois Le Boulonnais et Le Foudroyant, contre-torpilleurs Tartu Chevalier Paul Maillé-Brézé Bison Milan et Epervier) chargée de soutenir l'intervention alliée en Norvège pour soutenir la Finlance alors en guerre contre l'URSS. Cette intervention est l'un des tentatives alliés pour faire quelque chose durant la drôle de guerre, l'autre projet majeur étant le bombardememt des puits de pétrole du Caucase.

Le 12 mars, la guerre d'Hiver entre la Finlande et l'URSS s'achève sur une couteuse victoire soviétique et les ordres d'intervention sont annulés, la force Z est dissoute et l'Emile Bertin replacé sous les ordres de la flotte de la Méditerranée, prêt cependant à regagner Brest pour une nouvelle mission.

La Campagne de Norvège (avril 1940)

L'Emile Bertin en avril 1940 escortant un convoi direction Namsos

Ce n'était que partie remise. En effet après moultes tergiversations, les alliés décident d'intervenir en Norvège. L'objectif principal est le port de Narvik dans le nord du pays. C'est depuis ce port qu'est évacué en hiver quand la Baltique est gelée le minerai de fer suédois dont l'industrie allemande à grand besoin après un passage par la ligne de chemin de fer Narvik-Kiruna.

Pour couper la «route du fer», l'Amirauté reconstitue à Brest la force Z le 5 avril 1940. L'Emile Bertin avait lui appareillé d'Oran en compagnie du contre-torpilleur Maillé-Brézé le 2 avril et était arrivé le 5 à Brest.

Le lendemain, portant la marque du CA Derrien, il quitte Brest pour Scapa Flow, arrivant à destination le 7 avril dans la soirée.

le 8 avril en fin de journée, l'Emile Bertin accompagné par les contre-torpilleurs Tartu et Maillé-Brézé appareille pour rallier à la mer la 1ère DC de la Royal Navy (croiseur lourd HMS Devonshire et croiseurs léger HMS Glasgow) puis le 9 avril, ces deux forces retrouvent à la mer la 2ème DC (croiseurs légers HMS Galatea et HMS Arethusa) et la 18ème DC (croiseurs légers HMS Southampton et Sheffield). Les navires alliés subissent plusieurs attaques aériennes, l'Emile Bertin étant encadré par trois bombes.

L'Emile Bertin, les contre-torpilleurs Tartu et Maillé Brézé plus les croiseurs légers Galatea et Arethusa sont détachés pour une surveillance de la région de Bergen avant de rentrer à Scapa Flow le 10 avril au soir.

L'opération Weserübung avait été déclenché par les allemands deux jours plus tôt et les alliés toujours en retard avaient enfin décidé d'engager leurs forces terrestres dans la bataille. Le 13 avril 1940, l'Emile Bertin et ses deux contre-torpilleurs (plus des destroyers britanniques) quitte Scapa Flow pour Greenock afin d'escorter le convoi FP-1 (croiseurs auxiliaires El Djézaïr, El Mansour, El Kantara et Ville d'Oran).

Le convoi quitte Greenock le 16 avril mais l'Emile Bertin qui avait appareillé avec quelques heures de retard ne rallie le convoi que le 18 avril au matin direction Namsos. Les bâtiments alliés (ceux déjà mentionnés plus le croiseur antiaérien HMS Cairo) s'engage dans le Foldenfjord le 19 en fin d'après midi quand ils sont attaqués par un Junkers Ju88 du II/KG30 (certaines sources parlent de Heinkel He 111 voir même d'un Dornier Do17).


C'est probablement un Junkers Ju88 comme celui-ci qui attaqua l'Emile Bertin

En semi-piqué, il largue deux bombes de 500kg sur l'Emile Bertin. Si la première tombe à dix mètres à tribord au niveau de la tourelle III, la deuxième est un coup au but, l'impact étant localisé à proximité de l'affût CAD de 13.2mm bâbord mais n'explose pas, traversant tout le navire avant de ressortir sous la flottaison.


Photo de l'impact et sa localisation


Quand il est rassuré que les transports ont atteint le Namsenfjord, l'Emile Bertin se retire escorté par le contre-torpilleur Epervier, direction Scapa Flow où il arrive le 20 avril au soir. Il quitte la base écossaise de la Royal Navy ke 21 pour Greenock où le 23, il est relevé par le Montcalm qui devient navire-amiral en portant la marque du CA Derrien.

Arrivé à Brest le 26 avril après deux jours de mer, il entre à l'Arsenal pour réparation des avaries de combat jusqu'au 18 mai 1940. Le lendemain, 19 mai 1940, il est cité à l'ordre de l'Armée de Mer.


Les ouvriers de l'Arsenal de Brest au chevet du croiseur

De l'or ! De l'or !

Le 20 mai 1940 alors que la situation militaire de la France se dégrade, l'Emile Bertin s'amarre au Quai des flotilles et embarque 2140 caisses d'or représentant un poids total de 100 tonns de métal précieux. Accompagné par le croiseur-école Jeanne d'Arc _lui aussi chargé d'or_, l'Emile Bertin appareille le 21 mai sans escorte (la 2ème DCT ayant été envoyée à Dunkerque), retrouve à la mer le porte-avions Béarn lui aussi chargé d'or. Ils arrivent à Halifax le 1er juin et l'or est débarqué le 2 juin.

L'Emile Bertin appareille seul le 3 juin pour regagner Brest où il arrive le 9, s'amarrant au quai des flottilles où il charge les 10 et 11 juin 290 tonnes d'or (796 caisses et 3986 sacs) puis appareille le soir du 11 juin en compagnie du CT Gerfaut. Les deux navires arrivent à Halifax le 18 juin 1940 mais son commandant, le capitaine de vaisseau Battet refuse de débarquer l'or en l'absence d'ordres précis.

Le 21 juin, l'Amirauté lui ordonne de gagner Fort de France ce à quoi les autorités navales britanniques s'opposent. L'appareillage à lieu dans un contexte tendu, l'Emile Bertin ayant ainsi sur les basques, un mouchard particulièrement puissant, le croiseur lourd Devonshire. Dans la nuit, le CV Battet fausse compagnie à son mouchard et arrive Fort de France le 24 juin à la veille d'un armistice qui provoque la mise en berne du pavillon du croiseur.

Aux Antilles : un lévrier des mers qui fait du surplace

L'Emile Bertin à Fort de France, la tourelle II pointée vers le large au cas où........

La présence d'un aussi puissant croiseur à quelques centaines de miles de leurs côtes inquiètent les américains qui se méfient des assurances données selon lesquelles le croiseur ne gagnera pas la métropole et que les mouvements vers les autres colonies seront annoncés.

De toute façon, la pénurie de combustible organisée par les américains fait que jamais l'Emile Bertin n'à eu dans ses soutes de quoi traverser l'Atlantique. Le croiseur reste armé à effectif de guerre jusqu'au 18 octobre 1940 quand les réservistes quittent le bord.

Les rares sorties à la mer ont donc lieu uniquement dans les Antilles, notament avec le croiseur école Jeanne d'Arc.
A la fin du mois d'avril 1942, la position américaine vis à vis des Antilles françaises connait un brusquement raidissement suite au rappel à Vichy de Pierre Laval qui ne cache pas sa volonté d'aller toujours plus loin dans la collaboration avec l'Allemagne nazie.

C'est ainsi que l'Emile Bertin est privé de pièces essentielles envoyées à Casablanca qui l'immobilise totalement au Quai des Tourelles, la tourelle II pointée vers l'ouvert de la baie de Fort de France. L'entrainement à donc lieu à terre et les écoles de feu se font à quai tandis que deux compagnies de débarquement supplémentaires sont formées.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 22:35

L'Emile Bertin au combat (2) 1943-1945

Un ralliement tardif

La situation aux Antilles françaises reste inchangée jusqu'en avril 1943. le 26, les américains envoie une note demandant aux autorités antillaisses de rompre avec Vichy qui envoie des ordres de sabordage le 5 mai 1943. Conscientes de la tension ambiante, les autorités locales en diffèrent l'exécution.

Le 24 juin, l'Emile Bertin est mis au bassin. La forme de radoub de Fort de France était jusque là trop petite (120m de long) mais des travaux l'allonge à 200m et le croiseur est le premier à en profiter.

Les ordres de sabordage sont réitérés le 8 juillet mais il faudrait pour cela remettre le croiseur en rade (depuis l'explosion du Iena au bassin du Missiessy à Toulon le 12 mars 1907, les munitions d'une navire entrant au bassin sont débarqués). Le 11 juillet 1943, l'ordre de sabordage est renouvelé et le bassin est remis en eau. L'équipage n'est pas dupe et y décelle les prémices d'un sabordage.

Une partie des marins du croiseur se mutine le 12 au matin et devant les risques pour l'ordre public, le commandant du navire obtient du gouverneur l'annulation de l'ordre de sabordage ce qui ramène le calme. Le lendemain, le bassin est de nouveau vidé et les travaux d'entretien de la coque reprennent.

Les pièces de turbines stockées au Maroc sont ramenées en Martinique puis remontés par le bord du 8 au 14 août 1943. Après une brève sortie à la mer le 22 août pour vérifier le comportement d'un navire immobilisé depuis mai 1942, l'Emile Bertin quitte Fort de France le 25 août, se ravitaille à Porto Rico le 26 puis gagne Philadelphie pour modernisation qui commence le 30 août 1943.

Modernisation et remise en condition

Vue aérienne de l'Emile Bertin après refonte

L'Emile Bertin est immobilisé au Philadelphia Navy Yard du 1er septembre au 15 novembre 1943 pour des travaux destinés à le rendre capable de combattre au côté des alliés. De nombreux équipements sont débarqués pour économiser du poids : catapulte et autres installations aéronautiques, rails et bossoirs à mines, l'ancre de réserve de 4900kg et deux ancres à touage, la télécommande des 90mm, un projecteur de 120cm et le 75cm avec sa hune, le télépointeur des torpilles, la drôme et les grues remplacées par deux baleinières américaines de 26 pieds et des radeaux type Carley (10 puis 32 en août 1944). Cela n'empêche pas le croiseur de prendre du poids.

Les travaux concerne tout d'abord l'artillerie avec par exemple l'augmentation de la capacité des soutes de 152mm. L'industrie américaine est amenée à fabriquer de nouveaux obus et pour recetter ces obus et leurs douilles, le tube milieu de la tourelle II est utilisé pour des tests. Détérioré au cours des tests et son rechemisage étant impossible, l'Emile Bertin n'aura plus que huit canons de 152mm au lieu de neuf.
En ce qui concerne la DCA, tout le matériel français _totalement dépassé à cette époque_ est débarqué au profit de 16 canons de 40mm Bofors en quatre affûts quadruples, 20 canons de 20mm Oerlikon en affûts simples, le tout réparti en quatre secteurs de défense avec un affût quadruple et cinq affûts simples. Le stockage des munitions est fortement accrues en transformant en soutes l'atelier aéronautique et les remises des voies à mines.

La défense ASM est également accrue avec un ASDIC 128D , deux grenadeurs latéraux à gravité installés à l'arrière avec huit grenades chacun (six en position de tir et deux en réserve), quatre mortiers Thornycroft à l'arrière avec quatre grenades.

Les communications sont également modernisées, le croiseur recevant un jeu de détection correspondant à celui monté sur un destroyer avec un radar de veille aérienne SA, un radar de veille surface SF, des IFF BK et BL. Aucun radar de conduite de tir n'est installé.

Les locaux vie sont également remis à niveau, un poste supplémentaireest créé à l'emplacement du hangar aviation. La passerelle de navigation est transformé en plate-forme de DCA avec quatre Oerlikon, la passerelle de tir est utilisé comme passerelle de navigation, l'abri de majorité utilisé comme abri de navigation et une petite passerelle de timonerie est gréée sur l'arrière de la deuxième cheminée.

La modernisation achevée, le croiseur rallie Norfolk en Virginie pour sa remise en condition en baie de Chesapeake du 8 au 13 décembre. Le 17 décembre 1943, l'Emile Bertin appareille de Norfolk pour Fort de France via Porto Rico où il arrive le 21 pour récupérer les torpilles débarquées en juin 1943.

Retour au feu : Atlantique et Méditerranée (décembre 1943-juillet 1944)

L'Emile Bertin au bassin à l'Arsenal de Bizerte en juin 1944

Il quitte ensuite les Antilles pour l'AOF afin de renforcer les patrouilles alliées destinées à contrer les forceurs de blocus allemands qui connaissent un regain d'activité prononcé (cinq seront coulés entre le 26 décembre 1943 au 27 janvier 1944). Arrivé à Dakar le 2 janvier 1944, l'Emile Bertin effectue deux patrouilles dans l'Atlantique : la première du 7 au 13 janvier (2650 miles) et du 30 janvier au 5 février (2580 miles) sans résultats.

l'Emile Bertin reçoit ensuite l'ordre de se rendre en Méditerranée, quittant Dakar le 12 février pour Alger où il arrive le 16 après s'être ravitaillé rapidement à Gibraltar le 15. Un temps est envisagé de constituer sous ses ordres un groupe de combat avec les croiseurs légers (ex-contre-torpilleurs) de la 10ème DCT (Le Fantasque L'Audacieux et Le Terrible) déjà sous ses ordres en 1939 mais au final, les navires français vont être engagés directement sous commandement allié.

Pour se familliariser avec les procédures de l'US Navy, l'Emile Bertin subit un entrainement intensif au large de Mers el-Kebir du 22 au 27 février. Au cours d'exercice de tir contre la terre, la précision des canoniers français impressionent les officiers de liaison alliés. Il est de nouveau à l'entrainement du 8 au 15 mars puis à de nombreuses reprises du 17 mars au 5 avril 1944.

Ses premières missions de combat sont des missions de transport de troupes françaises entre Alger et Naples les 13/14, 16/17 et 21 avril, sa grande vitesse étant un atout précieux. Après une nouvelle phase d'entrainement du 22 au 29 avril, il escorte ensuite deux convois direction Ajaccio : le convoi AC-27 le 30 avril au cours duquel il embarque 1100 soldats et le convoi ACF-28 le 5 mai au cours duquel il transporte 900 soldats.

Après de nouvelles périodes d'entrainement, l'Emile Bertin effectue un transport de troupes américaines le 25 mai en direction d'Ajaccio avant de rallier Naples le lendemain 26 mai 1944 où il se place sous le commandement de la 15 ème DC (CA Mansfield, RN) pour appuyer la percée alliée à Anzio, le croiseur effectuant des tirs contre la terre d'une grande efficacité (189 coups de 152mm le 27 mai, 112 coups le 28 et 72 coups le 30). Les tirs contre la terre se prolongent pendant toute la première quinzaine de juin avec repos au mouillage à Castellamare en baie de Naples. Il subit ensuite un petit carénage à l'Arsenal de Ferryville (Bizerte) mais la félure sur l'arbre babord central irréparable à Bizerte limite la vitesse à 30 noeuds en attendant la livraison d'un arbre neuf commandé aux Etats Unis

Opération Dragoon et Flank Force (août 1944-janvier 1945)

L'Emile Bertin à quai à Toulon en octobre 1944

L'Emile Bertin reprend sa carrière opérationelle le 1er août quand il appareilla de Bizerte avec 800 soldats qu'il déposa en baie de Naples le lendemain, 2 août.

Le 1er août 1944 avait été constituée la 3ème division de croiseurs placée sous le commandement du Contre-Amiral Auboyneau, division composée des croiseurs Emile Bertin, Jeanne d'Arc et Duguay Trouin.

En vue du débarquement de Provence, la 3ème DC est intégré au groupe d'appui de la TF87 ou Force C (Camel), chargée de mettre à terre la 36ème DI. La TF87 quitte le Golfe de Palerme le 13 août 1944, arrivant en vue de la côte provencale le 15 au matin. Les canons du croiseur (152 et 90mm) s'en donnent à coeur joie tirant sur la base aérienne de Saint Raphaël 480 obus de 152 et de 90mm. Le 16 août, il bombarda la région de Cannes avec 50 coups suivit le lendemain par 96 coups.

Le croiseur est alors versé à la Force A pour appuyer la progression vers Toulon de la 1ère DFL, neutralisant les batteries de la presqu'ile de Gien par 45 coups de 152mm tirés à 23000m. Après ravitaillement à Propriano le 19, le croiseur gagna la région de Porquerolles pour effectuer des tirs de contre-batterie vers Giens et Hyères (91 coups le 20 et 159 coups le 21). Le 21 août 1944, l'Emile Bertin est dangereusement encadré par trois salves de 340mm de la batterie du Cap Cépet.

Après un nouveau ravitaillement au mouillage à Propriano le 22, l'Emile Bertin gagne la région de Cannes. Il est engagé dans sa première action navale, coulant de 78 obus de 152mm le cargo italien Randazzo (ex français Condé) devant Nice évitant ainsi l'obstruction de ce port.

Le 25 août 1944, il reprend son rôle de matraqueur de blockaus, tirant un total de 74 obus de 152mm dont 47 pour réduire au silence une batterie commandant l'accès à la baie de Villefranche sur Mer. Le 26 août, il tire toujours sur la même zone un total de 104 obus.

Relevé par le Georges Leygues, l'Emile Bertin patrouille devant Saint Mandrier les 27 et 28 août avant de se ravitailler le 29 à Propriano. On débraye la ligne d'arbre latérale bâbord en avarie. Après une mission de liaison à Alger, il est de retour devant Saint Tropez, relevant le croiseur Montcalm dont les soutes sont vides.

Il effectue de nombreux missions d'appui-feu jusqu'au 13 septembre 1944 quand le croiseur arrive à Toulon dans un port miné et dévasté par le sabordage du 27 novembre 1942 et les destructions effectués par les allemands en retraite.

Après un carénage à l'Arsenal de Sidi Abdallah du 18 au 28 septembre 1944 pour réparations diverses, le croiseur intègre la Task Force 86 bien vite connue sous le nom de Flank Force, groupement chargé de nettoyer le golfe de Gênes de la navigation ennemie. Les croiseurs sont successivement en alerte à six heures d'appareillage à Toulon, en patrouille dans le golfe de Gênes puis en repos avant de reprendre l'alerte.

Lors d'une patrouille du 4 au 7 octobre 1944, l'Emile Bertin tire 172 coups de 152mm dans les ports italiens encore tenus par l'ennemi. De nouveau en patrouille du 28 au 31 octobre, il effectue encore plusieurs tirs contre terre.

De retour à Alger le 24 novembre, il appareille le 26 pour transporter en Grèce du personnel diplomatique ainsi que montrer le pavillon au nouveau gouvernement grec. Arrivé à destination le 28 novembre, il débarque son personnel avant de gagner Alexandrie pour quelques jours de repos.

Rappelé en urgence à Oran le 12 décembre 1944, il embarque des troupes marocaines destiné au front alsacien les débarquant à Toulon le 15 décembre. Il gagne ensuite Beyrouth pour transporter le premier ambassadeur de France auprès de la république du Liban. Il effectue une dernière patrouille de guerre le 7 janvier, tirant sur le viaduc entre Vintimille et Bordighiera, l'endommageant.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 22:47

Les dernières années d'un croiseur (1945-1951)

Une ultime refonte

Le 22 janvier 1945, l'Emile Bertin cesse d'être le navire amiral de la 3ème DC. Il entre alors en grandes réparations en vue de participer à la guerre dans le Pacifique. Il est alors prévu qu'à l'hiver 1945-46, l'Emile Bertin et quatre croiseurs légers (ex contre-torpilleurs) survivants de classe Le Fantasque (Le Fantasque, Le Terrible, Le Malin et Le Triomphant) forment un groupe de raid contre les communications japonaises. Le croiseur léger était cependant encore en travaux au moment de la capitulation japonaise.

La refonte à lieu du 25 janvier au 15 septembre 1945. Les Forges et Chantiers de la Méditerranée de la Seyne sur Mer démontent et révisent l'appareil propulsif tandis que l'Arsenal de Toulon se charge de la partie militaire des travaux.

Les huit tubes de 152mm sont rechemisés, un neuvième tube neuf est installé dans la tourelle II, le télépointeur de l'artillerie principale est doté d'un équipement électromagnétique et d'un radar type 284 déjà dépassé, deux affûts doubles de 90mm sont embarqués à la place des tubes lance-torpilles, les télépointeurs contre-avions reçoivent un radar anglais type 285, le poste central contre-avions est dédoublés.

Deux canons de 20mm sont placés en soute et installés en cas de menace aérienne, les tubes lance-torpilles, les grenadeurs et les mortiers sont débarqués, les premiers pour gagner du poids et les deux derniers pour des raisons de sécurité (le tir de la tourelle III était gêné dans des gisements proches de 180°), deux IFF type 253 remplacent les IFF américains BK et BL, les équipements radios sont renforcés, l'abri de navigation est réaménagé, deux mats de charge électrique installés.

L'Emile Bertin et l'Extrême Orient

L'Emile Bertin quittant Toulon pour l'Indochine

Le 16 septembre 1945, l'Emile Bertin commence ses essais post-refonte qui s'achèvent le 7 octobre 1945 par une liaison Toulon-Ajaccio-Toulon à grande vitesse (33 noeuds au maximum). L'Emile Bertin ne tarde pas à renouer avec le combat puisqu'il est appelé à restaurer l'autorité française en Indochine.

Le croiseur appareille de Toulon le 11 octobre 1945 avec à son bord le Vice-Amiral Auboyneau nommé au commandement des Forces Navales d'Extrême Orient pour Saïgon où il arriva le 21 novembre 1945 après des escales à Alger (12 au 15 octobre), Bizerte (nuit du 16 au 17), Malte du 18 au 20, Alexandrie du 23 au 28, Port Saïd du 28 au 31 octobre, Djibouti du 3 au 5 novembre, Aden le 5 novembre, Colombo du 10 au 14 novembre et enfin Singapour du 18 au 20 novembre.

Sa compagnie de débarquement est engagée de décembre 1945 à février 1946 en Cochinchine pendant que le croiseur fait escale à Hong Kong du 19 au 21 décembre puis à Shanghaï du 24 décembre 1945 au 3 janvier 1946 avant un retour à Saïgon le 7 janvier 1946.

Il effectue ensuite du 23 janvier au 3 février une patrouille dans le Sud-Annam, effectuant plusieurs tirs contre la terre. Il participe ensuite à l'opération Bentré de réoccupation du Tonkin (2-7 mars 1946), neutralisant la batterie d'Appowan tombée aux mains du Vietminh.

Il participe aussi aux tentatives de pacification politique, accueillant les 24 et 25 mars 1946 des entretiens entre l'amiral Thierry d'Argenlieu _Haut Commissaire de la France en Indochine_ et Ho-Chi-Minh en présence du général Leclerc et du vice-amiral Auboyneau.


L'Emile Bertin en baie d'Along avec une jonque armée le 23 mars 1946

Après une revue navale le 26 mars en baie d'Along, le croiseur rentrer à Saïgon le 29 mars. Il effectue plusieurs missions de représentation au Japon et aux Phillipines. Relevé au Japon par le croiseur léger Le Fantasque, il rejoint le croiseur lourd Suffren en Chine avant de terminer son déploiement en Extrême Orient à Saïgon le 18 mai 1946.

Le 1er juillet 1946, le VA Auboyneau transfère sa marque sur le croiseur Suffren, l'Emile Bertin quittant l'Indochine en compagnie du Tourville, arrivant à Toulon le 29 juillet 1946 puis d'être placé en disponibilité armé jusqu'au 30 juin 1947.


L'Emile Bertin de retour d'Extrême Orient le 29 juillet 1946

Emile Bertin navire école

L'Emile Bertin à Toulon le 5 octobre 1949

L'Emile Bertin est réarmé le 1er juillet 1947 puis affecté au Groupe des Ecols de Toulon, relevant le cuirassé Lorraine comme bâtiment école de canonnage. Les sorties à la mer sont des plus limitées sauf à la mi-novembre 1947 quand il appareille pour Oran le 17 afin d'embarquer des troupes allant participer des troupes aux funerailles nationales du Général Leclerc qu'il conduit à Toulon le 22 novembre 1947.

Deux jours plus tard, le 24 novembre 1947, l'Emile Bertin appareille pour Alger où il reste à quai du 25 novembre au 3 décembre, ramenant la dépouille mortelle du général Leclerc le 4 décembre 1947.

Le 24 novembre 1948, au cours d'une sortie à la mer, une rupture du collecteur de vapeur principal survient dans la chaufferie n°2 immobilisant le navire pour trois mois et durant ce lapse de temps c'est le Georges Leygues qui sert de bâtiment-école de cannonage.

De retour le 10 mars 1949, il effectue plusieurs croisières au large des côtes algériennes avec notament une école à feu à Arzew.

Le croiseur subit un grand carénage de deux mois à l'Arsenal de Sidi Abdallah du 1er juillet au 21 septembre 1949 suivis par les essais réglementaires du 22 septembre au 4 octobre avant un retour à Toulon le 5 octobre 1949.

Les dernières années du croiseur sont assez monotones, sans événements saillants avec la routine de l'entrainement au tir, des croisières en Algérie et quelques exercices notament du 30 juillet au 1er août 1951 au Centre Interarmes d'Opérations Amphibies d'Arzew (CIOA).

Crépuscule d'un vieux guerrier (1951-1961)

27 juillet 1959 à l'Angle Robert : le cuirassé Jean Bart, le croiseur lourd Suffrent et le croiseur léger Emile Bertin

Pour sa dernière sortie à la mer, l'Emile Bertin quitte Toulon le 6 août 1951 avec à son bord une délégation française se rendant à une conférence navale de l'OTAN organisée au QG de la 6ème flotte à Naples. Après avoir fait escale à Malte pour la nuit du 8 au 9, le croiseur séjourne à Naples le 10 et 11 août avant de rentrer à Toulon le 13 août 1951.

Remplacé par le cuirassé Richelieu comme bâtiment-école de cannonage, l'Emile Bertin commence à désarmer le 15 août 1951. Placé en réserve spéciale «A» le 25 octobre 1951.

Ses machines sont hors d'âge mais la coque est encore en bon état. La Division des Ecoles va donc utiliser l'ancien croiseur comme base-fixe à l'Angle Robert.

Condamné par arrêté ministériel du 27 octobre 1959, l'Emile Bertin devient le Q173 puis est conduit au cimetière de navires de Bregaillon.

Après récupération du matériel réutilisables par la marine, le Q173 est remis à l'Administration des Domaines en 1960. Il est vendu à la démolition le 17 mars 1961 puis remorqué à la Seyne sur Mer le 7 avril 1961 et rapidement démantelé.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Dim 18 Avr 2010, 23:20

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES

Profil montrant l'état original de l'Emile Bertin

Déplacement : déplacement Washington 5984 tonnes déplacement en charge normale 6530 tonnes déplacement en surcharge 8480 tonnes.

Selon le devis de poids standard, la coque représente 2646.20 tonnes, la protection 123.80 tonnes, les chaudières et les machines 1374.50 tonnes, les installations spéciales 8019.17 tonnes, les tourelles 337.70 tonnes et les éléments démontables 36.85 tonnes (catapulte 22.50 tonnes voies à mines 3.00 tonnes)


Profil de l'Emile Bertin après refonte aux Etats Unis

Dimensions : Longueur (hors tout) 177m (entre perpendiculaires) 167m Largeur : 15.84m Tirant d'eau (déplacement Washington) 5.33m (surcharge) 6.00m Tirant d'air en charge normale 32.50m

Propulsion : Quatre ensembles de turbines à vapeur Parson installés dans les tranche I (pour les lignes d'arbre latérales) et K (pour les lignes d'arbre centrales) alimentées par six chaudières Penhoët (27 kg/cm² et 330°) à surchauffe du type à petits tubes d'eau et flamme directe, chauffant au mazout répartis en trois salles (chaufferie avant en tranche G, chaufferie milieu en tranche H et chaufferie arrière en tranche J, les deux premières évacuant les fumées par la cheminée avant et la dernière par la cheminée arrière) devellopant une puissance totale normale de 102000ch et entrainant quatre hélices tripales

Performances : Vitesse maximale : 33 noeuds Distance franchissable : 6000 miles nautiques à 15 noeuds, 2800 miles nautiques à 20 noeuds, 1100 miles nautiques à 33 noeuds

Protection : parois latérales du blockaus et de la soute à munitions 30mm. Etroit compartimentage avec quatorze tranches (A à N) et donc treize cloisons tranversales sans ouverture du fond au pont principal.

Armement :

Les cannoniers de l'Emile Bertin donnent de la voix

-9 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1930 en trois tourelles triples modèle 1930 (deux avant et une arrière). Ce canon de 50 calibres tire des obus explosifs de 55kg, des obus perforants de 54 et 58kg et un obus adapté à la défense AA de 47kg à une distance maximale de 26960m (obus de 58kg produit aux Etats Unis +45°), 26474m (obus de 54kg site +45°) et 24200m (obus antiaérien de 47kg +45°, réduite à 14000m à +80°) à raison de 5 à 6 coups par minute.


Tourelles avant de l'Emile Bertin pointées à tribord et ci-dessous le schéma de la tourelle triple de 152mm


La tourelle triple Marine-Homécourt modèle 1930 pèse 172 tonnes en ordre de combat pouvant pointer en site de -10° à +45° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 12° par seconde. La dotation en munitions est de 1300 obus.


L'affût double de 90mm et ci-dessous vu de l'affût simple tribord


-4 canons de 90mm (3.5 pouces) Schneider modèle 1926 en un affût double axial modèle 1930 et deux affûts simples latéraux modèle 1926. Ce canon de 50 calibres tire des obus de 18kg à une distance maximale de 15440m en tir antisurface (site +45°) et de 10600m en tir antiaérien (site +80°) à raison de 12 à 15 coups à la minute.


Schéma de l'affût simple de 90mm et ci-dessous le chargement d'un obus de 90mm


L'affût contre-avions double (CAD _Contre-Avions Double) peut pointer en site de -7° à +80° et en azimut de 20° à +180° sur chaque bord alors que les deux affûts contre-avions simples (CAS _Contre-Avions Simple) peuvent pointer en site de -7° à +80° et en azimut de 15° à +165° sur chaque bord. La dotation globale en munitions est de 1200 coups dont 200 obus éclairants pour l'affût CAD.


Exercice de tir pour les canons de 37mm modèle 1925. Le personnel est nombreux pour une cadence de tir trop lente pour être efficace

-4 canons de 37mm modèle 1925 en affûts simples (deux à tribord et deux à babord au niveau du bloc passerelle). Ce canon de 50 calibres tire des obus de 0.7kg à 9500m avec un plafond de 5000m à raison de 20 coups par minute.


Ci-dessus schéma du canon de 37mm modèle 1925 et ci-dessous schéma du modèle 1933


-En 1939, les canons de 37mm modèle 1925 sont remplacés par 8 canons de 37 mm modèle 1933 en quatre affûts CAD. Ce canon de 50 calibres tire des obus de 730g à une distance maximale de 8000m (théorique) et de 5000m (pratique) à raison de 15 à 21 coups par minute (pratique). Le canon peut pointer en site de -15° à +80° et en azimut sur 360°


Schéma d'un affût CAD de 13.2mm

-8 mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en quatre affûts doubles. La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1929 à refroidissement par air à un canon de 76 calibres tirant des cartouches de 122 grammes en bandes chargeurs de 30 coups à une cadence de 700 coups/minute à une portée de 6500m (pratique : 2500m) et un plafond pratique de 1500m.


Plate-forme triple lance-torpille

-6 tubes lance-torpilles de 550mm en deux plate-formes triples modèle 1928T tirant des torpilles modèle 23D qui porte à 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

-21 grenades ASM Guilbaud de 52kg (CM : 35kg de tolite) larguées par gravité à l'aide de deux glissières. Sur les 21 grenades, six sont à poste sur les glissières et quinze sont stockées en parc à proximité.


Photo des rails de mouillage de mines

-84 mines mises en oeuvres par deux voies démontables Decauville de 50m. Les mines emportées sont de type Bréguet B4 pesant 530kg (CM = 80kg de tolite) pouvant être mouillé dans des eaux d'une profondeur n'excedant pas 90m. L'Emile Bertin n'à durant sa carrière jamais mouillé de mines en opérations, le seul mouillage ayant eut lieu durant les essais de recette avec 8 mines d'exercices.


Schéma de la mine Bréguet B4

-Deux paravanes type C4 pour le dragage à 25 noeuds

Aviation

Gourdou Lesseure GL832Hy sur la catapulte de l'Emile Bertin

Catapulte Penhoët orientable à air comprimé de 20m de long installée en position axiale entre les deux cheminées pouvant lancer un des deux hydravions Gourdou-Lesseure GL832 récupérés à la mer par deux mats de charge électrique. Le croiseur dispose d'un atelier mécanique et d'une réserve en carburant de 2400 litres.


Lancement d'un GL-832

Le Gourdou Lesseure GL-832 est issue du concours Hy2 de 1930. Après le prototype GL-831, le GL-832-Hy est construit à 22 exemplaires

Caractéristiques Techniques

Poid total : 1700kg Longueur : 8.70m Envergure 13.00m Moteur : un Hispano-Suiza type 9kB de 230cv Vitesse maximale : 195 km/h plafond 5000m Distance franchissable 590km

Armement : une mitrailleuse Darne de 7.5mm en pivot en place arrière et 2 bombes G2 de 75kg


Equipage : l'Emile Bertin est commandé par un capitaine de vaisseau avec un état major de 22 autres officiers : deux officiers supérieurs dont le capitaine de frégate commandant en second, six lieutenants de vaisseau chefs de service (artillerie manoeuvre, fusilier, transmissions, armes sous marines et aéronautique), six enseignes de vaisseau, seconds de service, cinq ingénieurs mécaniciens dont un ingénieur mécanicien principal, chef de service machines, un commisaire et deux médecins.

L'équipage se compose de 9 premiers maitres, 24 maîtres, 60 seconds maîtres et 427 quartiers maîtres et matelots.

Gréé en navire-amiral, l'Emile Bertin peut embarquer un officier général, un état major de cinq officiers et 17 à 18 non-officiers. Quatre passagers civils peuvent être embarqués.

SOURCES

-Jean Lassaque Le croiseur Emile Bertin 1933-1959

-Guy Le Moing Et l'océan fût leur tombe

-Jean Guiglini, Albert Moreau Les croiseurs de 8000 tonnes Duguay Trouin, Primauguet, Lamotte-Piquet

-Encyclopédie des armes Editions Atlas Tome 6 «Les croiseurs cuirassés 1914-1918» p1781-1800

-Marines Magazine Hors Série «100 ans de Marine française T2 Croiseurs et Garde-côtes»

-Navires et histoire n°28 «Le dévellopement de la flotte française 1918-1940» p41-53

-Marines et Forces Navales n°104 «Le croiseur Duguay-Trouin» p46-59

-Ressources internet diverses

-Photos et document de l'ami Vautour

FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INDEFATIGABLE


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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Lun 19 Avr 2010, 16:33

Un de nos croiseur les plus " aristocratique" : une ligne a couper le souffle et des performances de levrier. Apres guerre une croisiere sur l Emile retait un must.
Encore merci a l ami Claus pour ses articles ( je les savoure d ordinaire avec un bon café) :)
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Lun 19 Avr 2010, 17:11

Merci Ardu, c'est une véritable légende de la marine nationale et je regrette qu'actuellement la Royale n'ait pas un navire baptisé de ce nom.

Pour ce qui est du navire en lui même, c'est l'exemple type de l'obssession de la vitesse : avec une puissance propulsive semblable à celle des Duguay Trouin, on à voulu un navire aussi rapide et on à donc sacrifié toute protection et on à limité l'armement (deux canons de 90mm seulement de prévu au départ). Comme le dit l'amiral Darlan, il aurait falu des navires plus "militaires" : des navires aux performances moins brillantes sur le papier mais plus endurants et ayant une plus grande chance de survie au combat.

En parlant de combat, je suis entrain de réflechir à plusieurs batailles alternatives et dans l'une d'elle, je pense lancer l'Emile Bertin et ses CT dans une charge contre la flotte japonaise par exemple au large de la Nouvelle Calédonie ou dans les Salomons, une sorte "D'express de Paris" contre le "Tokyo Express"

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Lun 19 Avr 2010, 17:28

clausewitz a écrit:
En parlant de combat, je suis entrain de réflechir à plusieurs batailles alternatives et dans l'une d'elle, je pense lancer l'Emile Bertin et ses CT dans une charge contre la flotte japonaise par exemple au large de la Nouvelle Calédonie ou dans les Salomons, une sorte "D'express de Paris" contre le "Tokyo Express"

Fait gaffe, L'Emile-Bertin était quand meme un navire assez fragile (trop rapide, lourdement armé pour son tonnage, sa coque souffrait de faiblesses structurelles). D'ailleurs, de tête il me semble qu'après ces 1ers éssais, lors des tirs de 152, la coque sous les tourelles souffrit des chocs/vibrations et du être renforcée

Quand on voit qu'en 1945, un croiseur lourd US de 14000t perdit sa proue lors d'un Typhon...

...J'ai peur que dans le pacifique, en cas de rencontre avec une tempete, tes navires francais coulent.....sans l'aide des japonais
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Lun 19 Avr 2010, 17:53

le Triomphant a subit le martyr dans l'océan Indien dans des mers difficiles...

En toute objectivité et si je me réfère à ce que j'ai pu lire à propos du "Milou" des Dunkerque et de nos forces légères ces bâtiments étaient taillées pour la Méditerranée.

Pour ce qui est du reste ...
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Lun 19 Avr 2010, 18:41

Oui effectivement mais dans ma marine alternative, l'Emile Bertin subit une grande refonte qui permet de régler une partie des problèmes techniques ce qui augmente son endurance.

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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Lun 19 Avr 2010, 20:11

ardu a écrit:
Un de nos croiseur les plus " aristocratique" : une ligne a couper le souffle et des performances de levrier. Apres guerre une croisiere sur l Emile retait un must.
Encore merci a l ami Claus pour ses articles ( je les savoure d ordinaire avec un bon café) :)

+1

Non : +2, puisque je souscris pleinement tant à la beauté du bateau qu'à la qualité du texte de Clausewitz.

Mais Nom de Zeus, Clausewitz, si j'avais pu bénéficier de toute ta documentation avant de le dessiner, cela m'aurait vachement facilité la tâche: si la "Jeanne" manque dans la série des Croiseurs Légers que j'ai posté dans la rubrique Dessins, c'est uniquement une question de documentation...
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pascal
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Mar 20 Avr 2010, 09:35

Il existe un livre de Marines Editions consacré en grande partie à la Jeanne d'Arc l'autre partie étant consacrée au Pluton
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Ven 23 Avr 2010, 21:04

merci Clauss pour avoir parlé de ce beau navire!

C'était un "croiseur en papier d'alu", mais il aura au moins servi de modèle pour pour les excellentes Classe Galisonniere!
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Ven 23 Avr 2010, 21:08

C'est pour cela qu'après la bataille de Benghazi, je pense faire une bataille dans lequel est impliqué l'Emile Bertin.

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MessageSujet: Croiseur dragueur ?    Mer 30 Juin 2010, 15:07

clausewitz a écrit:

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
Armement :
Schéma de la mine Bréguet B4

-Deux paravanes type C4 pour le dragage à 25 noeuds

Un croiseur dragueur des mines ? Et à 25 nœuds ! Il paraît surprenant d’avoir envisagé de jeter un croiseur, à l’aveuglette, dans un champ de mines !!
N’y aurait-il pas confusion avec les paravanes de bruiteurs anti-torpilles ou ASM ?
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Mer 30 Juin 2010, 15:23

colombamike a écrit:

Quand on voit qu'en 1945, un croiseur lourd US de 14000t perdit sa proue lors d'un Typhon...


Certes, l’USS Pittsburgh a bien perdu sa proue le 5 juin 1945. Et par des creux de près de 30 mètres ! Et sans avoir tiré aux canons, situés plus en arrière… D’ailleurs, ce jour-là, deux porte-avions de la classe Essex ont aussi vu l’avant de leur pont d’envol plié en deux !


Dernière édition par DahliaBleue le Jeu 01 Sep 2011, 20:51, édité 1 fois (Raison : Rectifié "plié et deux" en "plié en deux".)
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MessageSujet: Méditerranée...   Mer 30 Juin 2010, 15:31

pascal a écrit:

[…]
En toute objectivité et si je me réfère à ce que j'ai pu lire à propos du "Milou" des Dunkerque et de nos forces légères ces bâtiments étaient taillées pour la Méditerranée.
[…]


En effet c’est pour le théâtre méditerranéen que la plupart des bâtiments étaient élaborés.

Pour autant, il ne faut pas sous-estimer la rudesse des éléments en Méditerranée : les creux peuvent y dépasser quinze mètres, avec une houle courte très dommageable pour les structures !
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Mer 30 Juin 2010, 16:24

Bennington et Hancock ce dernier de mémoire ...

Les paravanes sont effectivement destinées aux mines mais je pense effectivement que la vistesse de 25 noeuds est sujette à caution pour plusieurs raisons
-à 25 noeuds j'ai du mal à imaginer ce système de flotteurs et de câbles résister aux contraintes mécaniques
-un navire à 25 noeuds dans une zone minée ou supposée telle c'est trop

les bruiteurs anti torpilles sont mouillés dans le sillage les paravanes étaient mouillées par des flotteurs écarteurs de part et d'autre de l'étrave me semble-t-il
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clausewitz
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MessageSujet: Re: FRANCE CROISEUR LEGER EMILE BERTIN   Mer 30 Juin 2010, 17:06

Agurlishboy a écrit:
clausewitz a écrit:

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
Armement :
Schéma de la mine Bréguet B4

-Deux paravanes type C4 pour le dragage à 25 noeuds

Un croiseur dragueur des mines ? Et à 25 nœuds ! Il paraît surprenant d’avoir envisagé de jeter un croiseur, à l’aveuglette, dans un champ de mines !!
N’y aurait-il pas confusion avec les paravanes de bruiteurs anti-torpilles ou ASM ?

C'est sorti tout droit du livre de Jean Lassaque mais il me semble que les paravanes sont destinés à protéger des mines à orins plutôt que pour draguer vraiment la mine. (Si quelqu'un peut venir éclairer nos lanternes)

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