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 ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK

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clausewitz
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MessageSujet: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 20:35

CUIRASSES CLASSE BISMARCK
(ALLEMAGNE)


Le cuirassé Bismarck au mouillage


Avant propos

La Kaiserliche Marine est née en 1871 en même temps que l'Allemagne unifiée. Pendant longtemps, la marine impériale allemande est restée modeste en raison d'une orientation politique imposée par Bismarck. Ce dernier était obsédé par la menace française et cherchait à la maintenir dans un état d'isolement.

Cette politique n'était pas du goût de Guillaume II, le nouveau empereur monté sur le trône en 1888 après le court règne (99 jours) de Frederic III. Ce dernier rêvait d'une politique mondiale (Weltpolitik) qui imposait une marine puissante pouvant rivaliser avec la marine britannique.

Il fallut cependant attendre 1897 et la nomination du vice-amiral Alfred von Tirpitz comme secrétaire d'état à la Marine pour que la marine allemande devienne une imposante machine de guerre capable si ce n'est de vaincre la Royal Navy d'agiter les nuits des amiraux britanniques.

Le 10 avril 1898, une première loi navale fixa le format de la marine allemande en 1914 à un total de 19 cuirassés, 8 croiseurs cuirassés, 12 croiseurs lourds et 30 croiseurs légers à construire pour le 1er avril 1904. Dans ce total était intégré les navires existants mais si ce format permettait d'affronter la Russie ou la France, il était bien insuffisant pour affronter la Grande Bretagne.

Une deuxième loi navale est votée le 14 juin 1900 qui doubla quasiment le nombre de navires prévus avec 38 cuirassés, 20 croiseurs cuirassés et 38 croiseurs. Ce plan était important tellement important que le Reichstag réduisit le budget ce qui obligea Tirpitz à faire appel à l'emprunt pour financer un plan qui pourrait conduire à la construction de 45 ou 48 cuirassés.

Les anglais étaient tellement préoccupés par l'expansion de la marine allemande que le premier lord de l'amirauté John Fisher proposa de «Copenhaguiser» la flotte allemande (référence au bombardement de la capitale danoise par les anglais en 1801 et en 1807).

Comme les autres marines mondiales, la Kaiserliche Marine ne pouvait passer à côté de la révolution du dreadnought, révolution en maturation depuis le début du siècle qui explosa enfin grâce à bouillant John Arbutnot «Jacky» Fisher, premier lord de l'amirauté qui fit construire en quatorze mois un cuirassé qui périma d'un seul coup tous ses congénères.


Le cuirassé SMS Rheinland classe Nassau


Elle mit ainsi sur cale à partir de 1907 les quatre cuirassés de classe Nassau (Nassau, Posen, Rheinland,Westfalen) qui entrèrent en service en 1909 et 1910. A la différence des autres pays, ces cuirassés de 18570 tonnes étaient armés de 12 canons de 280mm en six tourelles doubles (quatre latérales, une avant et une arrière). Ils connurent une carrière active, participant notament à la bataille du Jutland. Le Nassau fût saisi et feraillé par le Japon, les trois autres connaissant le même sort mais par des chalumeaux anglais en 1920.


Le cuirassé SMS Helgoland


Les Helgoland qui sucédèrent aux Nassau marquèrent l'abandon du 280mm pour le plus courant 305mm qui était un calibre universel puisqu'utilisé par toutes les grandes marines mondiales. Les quatre navires de cette classe (Helgoland, Ostfriesland, Oldenburg et Thüringen) furent mis en service en 1911 (1912 pour le Oldenbourg), affichant un déplacement de 22808 tonnes et un armement composé de 12 canons de 305mm en six tourelles doubles (une avant une arrière et quatre latérales).

Leur carrière fût particulièrement active entre la couverture d'un raid de bombardement sur les côtes britanniques menées par des croiseurs de bataille, la bataille du Dogger Bank (pas engagés), la bataille du Golfe de Riga et la bataille du Jutland.

Ces navires ne furent pas conservés par la nouvelle Reichmarine qui du les céder aux vainqueurs, le Helgoland par la Grande Bretagne, le Oldenburg par le Japon qui le fit démolir aux Pays Bas, le Ostfriesland par les Etats Unis qui l'utilisèrent comme cible pour des essais de bombe et enfin le Thüringen par la France mais ce dernier fût sabordé par son équipage.


Le cuirassé SMS Kaiser


Les Helgoland furent suivis par les cinq cuirassés de classe Kaiser (Kaiser, Friedrich der Gross, Kaiserin, Prinzregent Luitpold et König Albert) qui furent les premiers cuirassés allemands à disposer de tourelles superposés et être propulsés par des turbines.

Déplaçant 25000 tonnes standard, ces navires étaient armés de 10 canons de 305mm en cinq tourelles doubles (une avant, deux latérales et deux arrières) connurent une carrière opérationnelle riche avec des bombardements contre l'Angleterre et la participation à la bataille du Jutland. Internés à Scapa Flow, les cinq Kaiser furent sabordés par leurs équipages le 21 juin 1919 pour ne pas être cédés à des marines étrangères.


Le cuirassé SMS Konig


Les König qui suivirent furent les derniers dreadnought allemands armés de canons de 305mm. Composée de quatre navires (König, Grosser Kurfürst, Markgraf et Konprinz Wilhem) de 26000 tonnes standard entrés en service en 1914, ils étaient dérivés des précédents avec un armement identique (10 canons de 305mm) mais répartis différement puisque deux tourelles occupaient la plage avant, une l'arrière et la dernière le centre du navire. Après une carrière particulièrement active, les quatre König rassemblés à Scapa Flow furent tous sabordés le 21 juin 1919.

Entre temps les britanniques étaient passés aux superdreadnought, abandonnant le canon de 305mm au profit du canon de 343mm qui équipa la classe Orion. Les allemands ne pouvaient pas laisser passer un tel progrès qui surclassait davantage leurs cuirassés majoritairement armés de canons de 280mm. Les allemands construisirent une classe de superdreadnought mais quelle clase puisque la classe Bayern était armée de 8 canons de 380mm en quatre tourelles doubles ce qui ne fût probablement pas étranger à la décision britannique d'armer les Queen Elizabeth de canons de 380mm (15 pouces) au lieu de canons de 343mm (13.5 pouces). Comme on le sait seuls les deux premiers (Bayern et Baden) furent achevés, les deux autres (Sachsen et Bade-Wurtemberg) étant inachevés.


Le SMS Baden, sister-ship du Bayern


En dépit de ce formidable effort, la Kaiserliche Marine était encore inférieure à la Grand Fleet et adopta la tactique de «Fleet in Being» restant dans ses ports et ne cherchant surtout pas l'affrontement avec une marine britannique. C'est ainsi que jusqu'au Jutland, il n'y que de simples escarmouches et encore la «plus grande bataille navale de tous les temps» ne déboucha que sur un match nul, la Royal Navy ne parvenant pas à écraser la Kaiserliche Marine qui mise au courant de la puissance de la Grand Fleet veilla à ne pas quitter ou au moins trop s'éloigner de ses ports.

Comme tout le monde le sait, les mutineries frappant la Kaiserliche Marine en novembre 1918 vont grandement hâter la fin de l'empire wilhelmien et la défaite allemande. Les navires les plus modernes de la Kaiserliche Marine vont rejoindre les îles britanniques avant de sombrer dans les eaux sombres et froides de la rade de Scapa Flow le 21 juin 1919 pour ne pas tomber aux mains des alliés.

Les années difficiles de la marine allemande

Le 16 avril 1919, la Vorlaüfige Reichsmarine (marine provisoire) remplace la Kaiserliche Marine sous la direction de l'amiral von Trotha. Les débuts de cette nouvelle marine sont des plus difficiles car pour compenser les navires ayant disparu à Scapa Flow, les alliés demandaient la livraison de navires qui avaient jusque là échapper aux fourches caudines des alliés.

La Reichmarine officiellement créée le 31 mars 1921 ne peut conserver que des prédreadnought sans aucune valeur militaire comme la classe Braunschweig (Braunschweig, Elssas, Hessen Preussen et Lothrigen) armés de 4 canons de 280mm en deux tourelles doubles et 14 canons de 170mm et la classe Deutschland (Hannover Schlesien et Schleswig-Holstein) armés de 4 canons de 280mm et 14 canons de 170mm. Seulement six d'entre eux peuvent être armés simultanément.


Ci-dessus le SMS Braunschweig et ci-dessous le SMS Deutschland


Le traité de Versailles autorise la marine allemande à remplacer les navires âgés de plus de 20 ans par des navires de 10000 tonnes d'un calibre maximal de 280mm, le calibre dominant dans la marine allemande qui avait l'avantage pour les alliés de maintenir leur supériorité.

Dès le début, les allemands étudient le remplacement des prédreadnought dépassés. La Russie bolchévique ne possédant aucune flotte, les allemands craignent surtout un conflit contre la Pologne auquel la France apporterait son appui.

La Baltique ne nécessite pas de gros cuirassés et l'Allemagne devant défendre à tout prix son territoire et à empêcher une escadre française de forcer les belts danois, les ingénieurs allemands étudient des monitors et des cuirassés garde-côtes.

Par exemple, le projekt 2/10 donne naissance à un grand monitor de 10000 tonnes avec une ceinture cuirassée de 200mm, une vitesse de 22 noeuds et un armement composé de 4 pièces de 380mm en deux tourelles doubles, 5 pièces de 150mm et 2 pièces de 88mm. Ce projet n'aurait de toute façon pas vu le jour car il ne respectait pas le traité de Versailles.

Les allemands envisagent également une guerre au commerce qui donne naissance au projekt 1/10 qui donnait naissance à une croiseur de 10000 tonnes avec une ceinture cuirassée de 80mm, une vitesse de 32 noeuds, et un armement composé de 8 canons de 210mm en quatre tourelles doubles et 4 canons de 88mm.

Finalement plutôt que de se dôter d'une ressucée des cuirassés garde-côtes ou des monitors encore en odeur de sainteté dans les pays scandinaves, les allemands vont radicalement inover sous la pression des événements. Les cuirassés classiques sont lents ? Le nouveau cuirassé allemand sera rapide. Les cuirassés classiques sont propulsés par des turbines à engrenages alimentées par des chaudières à mazout ? Le nouveau cuirassé sera propulsé par des moteurs diesels. La coque était le plus souvent rivetée ? La coque du futur Deutschland sera entièrement soudée.


Le Deutschland à la mer en 1935


C'est donc l'acte de naissance du Deutschland, le premier d'une série de trois cuirassés de poche ou pocket battleship pour les anglais car à sa mise en service le 1er avril 1933, il détonne dans le milieu naval. Avec ses 12100 tonnes, sa vitesse de 28.5 noeuds et ses six canons de 280mm, il surclasse les croiseurs lourds Washington armés de canons de 203mm, censés être les maitres des mers en l'absence des cuirassés mais auraient bien du mal à détruire un cuirassé conventionnel armés de canons de 305 à 406mm et surtout bien mieux protégés que ces navires, habile compromis entre vitesse, rayon d'action et puissance offensive. Au Deutschland, s'ajoutèrent bientôt deux sister-ship, l'Admiral Scheer admis au service actif le 12 novembre 1934 et l'Admiral Graf Spee le 6 janvier 1936.


Ci-dessus l'Admiral Scheer avec la fausse vague d'étrave et ci-dessous l'Admiral Graf Spee, le plus célèbre des trois cuirassés de poche

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 20:47

Le dévellopement de la marine allemande : Scharnhorst et Bismarck

Le Scharnhorst et son sister-ship le Gneisenau peuvent être considérés comme le chainon manquant entre les Deutschland et les Bismarck

C'est l'arrivée au pouvoir des nazis qui va permettre à la Reichsmarine de se donner les moyens de ses ambitions. En 1932, elle avait proposé un programme de réarmement sur dix ans (1933-1942) prévoyant la construction de six nouveaux cuirassés inspirés des Deutschland, de six croiseurs légers, de 24 contre-torpilleurs, de 36 torpilleurs et de 16 sous marins sachant que la cible finale était de cinquante submersibles. L'aéronavale n'était pas oublié avec neuf escadrilles de coopération avec avions et hydravions.

Peu après son accession à la chancellerie le 30 janvier 1933, Hitler demande au commandant en chef de la Reichsmarine, l'amiral Erich Raeder un plan d'armement sur cinq ans bientôt connu sous le nom de Plan X. Selon ce plan, il était prévu la mise sur cale entre 1933 et 1937 de cinq cuirassés de poche type Deutschland amélioré, deux croiseurs porte-avions de 15 à 22000 tonnes armés de canons de 203mm, de cinq croiseurs lourds armés de 6 à 8 canons de 190 à 203mm en tourelles doubles, d'un croiseur léger, de vingt-deux contre-torpilleurs, de 18 torpilleurs et 22 sous marins, tous ces navires devant entrer en service avant mai 1941.

Ce programme fût cependant rapidement amendé car la réponse française au Deutschland, le Dunkerque était bien plus puissant ce qui nécessitait une réponse appropriée aussi les deux premières tranches de construction furent modifiés avec la construction de deux croiseurs de bataille (Schlachschiff) plutôt que des copies améliorées des Deutschland.

Le premier Schlachschiff financé à la tranche 1933/34 (Schlachschiff ex Panzerschiff D) est baptisé Scharnhorst. Mis sur cale à Wilhelmshaven le 15 juin 1935 lancé le 30 juin 1936 et admis au service actif le 7 janvier 1939, ce croiseur de bataille déplaçait 26500 tonnes, filait à 33 noeuds avec un armement composé de neuf canons de 280mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), douze canons de 150mm en six affûts doubles et quatorze canons de 105mm antiaériens en sept affûts doubles. Son sister-ship (Schlachschiff E) baptisé Gneisenau est mis sur cale aux chantiers Deutschwerke de Kiel le 3 mai 1935, lancé le 8 décembre 1936 et admis au service actif le 21 mai 1938.


Faute d'études régulières sur les cuirassés conventionnels depuis près de vingt ans, les allemands partirent des Bayern pour aboutir aux Bismarck

Parallèlement à la construction des Scharnhorst, les allemands planchent sur un cuirassé rapide de 35000 tonnes qui doit devenir le nouveau maitre-étalon dans le domaine des cuirassés. Le premier projet dessiné en 1934 était extrapolé des Bayern avec une vitesse de 33 noeuds et un armement composé de 8 canons de 380mm. En janvier 1935, les ingénieurs navals d'outre-Rhin reviennent à des perspectives plus raisonsables avec un navire filant à 28/29 noeuds et un armement composé de 8 canons de 350mm en quatre tourelles doubles mais en mars 1935, Raeder demanda le retour des canons de 380mm en quatre tourelles doubles tandis que la propulsion diesel était abandonnée au profit d'un système plus conventionnel à base de turbines à engrenages et de chaudières.

Les choses s'accélèrent durant cette années 1935 marquée par deux événements marquants. Le 21 mai, la Reichsmarine était rebaptisée Kriegsmarine et le 18 juin 1935 était signé un accord naval germano-allemand (Anglo-German Naval Agreement/Deutsch-britisches Flottenabkomen) qui officialisait la politique de réarmement naval et annulait de facto les clauses navales du traité de Versailles.

Selon ce traité, la Kriegsmarine pouvait aligner un tonnage correspondant à 35% du tonnage de la Royal Navy et 45% pour les sous marins ce qui signfie que les allemands pouvaient construire 183750 tonnes de cuirassés ou assimilés, de 51380 tonnes de croiseurs lourds, de 67720 tonnes de croiseurs légers, de 47250 tonnes de porte-avions, 52500 tonnes de destroyers et de 18445 tonnes de sous marins.

Au moment de la signature du traité, la Kriegsmarine disposait de 12425 tonnes de sous marins lui laissant 6020 tonnes soit 8 sous marins de 750 tonnes ou 12 de 500 tonnes; 16900 tonnes de destroyers soit 6 contre-torpilleurs de 1600 tonnes et 12 torpilleurs de 600 tonnes; 47250 tonnes de porte-avions; 31670 tonnes de croiseurs légers soit 5 croiseurs de 6000 tonnes ou 4 de 8000 tonnes et enfin 31380 tonnes de croiseurs lourds soit 3 croiseurs type Washington de 10000 tonnes.

Pour ce qui concerne les cuirassés, la construction des trois Deutschland (trois fois de 10000 tonnes) et des deux Scharnhorst (deux fois 26000 tonnes) laissant 101750 tonnes soit trois cuirassés de 35000 tonnes.

L'accord avec les britanniques permit aux allemands d'accélerer encore les choses et de lancer la construction des Bismarck présentés comme des cuirassés de 35000 tonnes armés de canons de 350mm pour rentrer dans le cadre du Second Traité Naval de Londres signé le 25 mars 1936 par les Etats Unis, la Grande Bretagne et la France.

Ces deux traités encadrèrent le programme de construction de la Kriegsmarine. La tranche 1935-1936 prévoyait la construction du Panzerschiff F (futur Bismarck), du Flugzeugträger A (futur Graf Zeppelin), du Kreuzer J (futur Prinz Eugen), de six contre-torpilleurs, de 12 torpilleurs, de 8 sous marins océaniques type IXA et de 12 avisos-dragueurs type M. La Tranche 1936-1937 elle prévoyait la construction du Panzerschiff G (futur Tirpitz), du Flugzeugträger B censé être un sister-ship du Graf Zeppelin, des Kreuzer K et L (futurs Seydlitz et Lutzöw), onze sous marins type VIIB, 16 R-Boot et deux navires auxiliaires. Enfin la Tranche 1937-38 prévoyait la construciton du Panzerschiff H (un troisième Bismarck ou un cuirassé d'un nouveau type), le Kreuzer M un croiseur léger de 8000 tonnes, six torpilleurs, 27 sous marins, 8 vedettes lance-torpilles, 6 aviso-dragueur, 8 R-Boot et deux navires auxiliaires.


Ce superbe profil est l'oeuvre de l'ami Nimitz

Le design des Bismarck était clairement dérivé des Bayern et des cuirassés alllemands de la première guerre mondiale notament au niveau de la protection qui semblait ne pas avoir pris en compte les progrès des vingt dernières années. L'armement envisagé au début était donc quatre tourelles doubles de 350mm pour respecter le traité de Londres et ne pas indisposer les anglais d'autant que les allemands pensaient que les Richelieu n'étaient que des versions améliorées des Dunkerque à canons de 330mm. Le Panzerschiff F est commandé le 16 novembre 1935 et le Panzerschiff G le 14 juin 1936

Quand les Richelieu se révélèrent être armés de canons de 380mm, les allemands décidèrent à suivre le mouvement d'autant que la clause de sauvegarde du deuxième traité de Londres permettait des navires de 45000 tonnes armés de canons de 406mm. La possibilité de voir les autres marines disposer de cuirassés armés de canons de 406mm, les allemands abandonnèrent la troisième unité de type Bismarck au profit d'une nouvelle classe de cuirassés dont la construction allait être intégrée au plan Z.


Configuration initialement prévue pour les Bismarck

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 21:00

Le Bismarck

Le cuirassé Bismarck à la mer

Présentation

Otto von Bismarck

Le nouveau fleuron de la Kriegsmarine porte le nom de l'un des plus grand homme politique allemand de l'histoire, Otto von Bismarck (Otto Eduard Leopold prince von Bismarck-Schönhausen) (Schönhausen 1er avril 1815- Friedrichsruh 30 juillet 1898). Homme d'Etat allemand, artisan de la grandeur de la Prusse et de l'unification de l'Allemagne devenue un grand empire industriel, Bismarck fût durant vingt ans le véritable arbitre de la politique européenne.

Issu de la noblesse terrienne de Prusse, d'une famille luthérienne, il fit des études de droit et commença sa carrière dans l'administration puis démissionna en 1839 afin de se consacrer à son domaine de Poméranie.

Elu au Langtag de Prusse puis délégué de la Prusse à la diète de Francfort (1851-59), il s'opposa à l'Autriche, convaincu que l'unité de la nation allemande ne pouvait se faire qu'avec la Prusse ou l'Autriche mais certainement pas les deux.

Ambassadeur à Saint Petersbourg (1859-1862) puis à Paris (1862), il fût appelé par Guillaume 1er au poste de président du Conseil où avec une poigne de fer s'employa à réformer l'Etat prussien pour lui permettre de réaliser l'unité allemande.

Il écarta pour cela l'Autriche et après une guerre commune contre le Danemark (guerre des duchés) en 1864, il lui déclara la guerre en 1866 après s'être assuré de la neutralité de Napoléon III. Une fois l'armée autrichienne écrasée à Sadowa (le 3 juillet 1866), le traité de Prague aboutit à la création de la Confédération d'Allemagne du Nord (Norddeutscher Bund) dont la Prusse prit la tête, l'omnipotence prussienne étant renforcée par les accords militaires et l'Union douanière (Zollverein).

Pour parachever l'unité allemande, Bismarck provoqua une guerre avec la France, la victoire de Sedan en septembre 1870 ralliant les états du Sud et le 18 janvier 1871 dans la galerie des glaces, fût proclamé l'Empire Allemande (Deuxième Reich) et la couronne offerte au roi de Prusse, Guillaume 1er.


Tableau représentant la proclamation du IIème Reich le 18 janvier 1871 dans la Galerie des Glaces du Chateau de Versailles. Bismarck est en blanc


Devenu chancelier du Reich (tout en restant président du Conseil de Prusse), il se consacra à la construction du nouvel état, menant une politique autoritaire contre les minorités linguistiques (alsaciens, danois, silésiens), les socialistes et les catholiques (Kulturkampf) même si il mena une politique sociale avancée pour l'époque. Au plan de la politique extérieure, il veilla à isoler la France mais il ne parvint pas à résoudre la rivalité austro-russe dans les Balkans et à l'alliance germano-austro-russe, succéda l'alliance germano-austro-italienne (Triplice 1882). Les Congrès de Berlin de 1878 et de 1884/85 consacra le statut de l'Allemagne comme arbitre des rivalités de l'Europe.

La mort de Guillaume 1er (9 mars 1888) suivi par celle de Frederic III «l'empereur aux 99 jours» (15 juin 1888) et l'avénement de Guillaume II sonna le glas du vieux chancelier tant les options politiques très européennes de Bismarck se heurtaient aux rêves mondiaux et coloniaux du jeune empereur. Il démissionna le 20 mars 1890 et vécu jusqu'à sa mort dans son domaine de Poméranie.


La corvette blindée Bismarck

Le premier 35000 tonnes allemand n'est pas le premier navire à avoir été baptisé en hommage au «chancelier de fer». Il y eut en effet tout d'abord une corvette blindée admise au service actif en août 1878, premier navire d'une série de cinq navires (Stosch Gneisenau, Moltke et Stein) de 3386 tonnes, filant à 12 noeuds et armé de 12 canons de 150mm. Désarmée en septembre 1891, la coque servit de ponton à Wilhelmshaven jusqu'à sa démolition en 1920.


Le croiseur cuirassé SMS Fürst Bismarck

Le second Bismarck fût un croiseur cuirassé, navire unique de sa classe entré en service en avril 1900. Ce navire de 10690 tonnes, mesurant 127m de long sur 20.4m de large et un tirant d''eau de 7.8m, filant à 18. 7 noeuds et armé de 4 canons de 240mm (deux tourelles doubles) 12 canons de 150mm en casemates simples, 10 canons de 88mm en affûts simples et 6 tubes lance-torpilles de 450mm servit de 1900 à 1909 au sein du German East Asia Squadron participant à la répression de la rébellion des Boxer. Revenu en Allemagne, il fût placé en réserve entre 1909 et 1914, réarmé pour la défense côtière mais fût rapidement limité à des missions de ponton flottant. Il est vendu à la démolition le 17 juin 1919.

Il aurait du être suivit par le croiseur de bataille Fürst Bismarck de classe Mackensen mais ce dernier mis sur cale le 3 novembre 1915 à Wilhelmshaven ne fût jamais lancé et les éléments de coque montés furent démantelés en 1922.


Le troisième Bismarck de la marine allemande aurait du être un croiseur de bataille type Mackensen

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 21:31

Construction et essais

Le Bismarck à la mer

Construction et armement

Plan du chantier naval Blohm & Voss

La quille du Bismarck est mise sur cale le 1er juillet 1936 aux chantiers navals Blohm & Voss à Hambourg où il était connu sous le matricule BV509 sur la cale n°9. La majeure partie de la coque métallique était achevée dès septembre 1938.


Deux photos de la construction du Bismarck


La cérémonie du lancement eut lieu le mardi 14 février 1939 à partir de 13.00 en présence de plus de soixante mille spectacteurs qu'il s'agisse de politiques, de militaires et d'ouvriers du chantier navale. Sous un magnifique soleil hivernal, la coque du Bismarck fût baptisée par Dorothea von Loewenfeld, petite fille d'Otto von Bismarck.


Lancement du Bismarck (1)

Lancement du Bismarck (2)

A 13.34, le Bismarck glissa sur la cale n°9 alors que la fanfare jouait le Deutschland Uber Alles et le nouveau cuirassé prit contact avec son élément, retrouvant le cuirassé de poche Admiral Scheer, le croiseur léger Nurmberg, l'aviso Grille et trois torpilleurs de la 4ème division de torpilleurs (Luchs, Seeadler et Leopard).


Le Bismarck glisse sur la cale et s'apprête à prendre contact avec son élément


.......Et la coque devint navire


Lancement terminé, les remorqueurs s'apprêtent à le ramener au quai d'armement

Une fois lancé, le cuirassé est remorqué au quai d'armement (Kuhwerder Bassin) pour recevoir son armement, ses chaudières, ses turbines et son blindage. A noter que l'étrave prévue à l'origine est remplacé par une étrave type Atlantique (Atlantikbüg).


Deux photos de l'armement du Bismarck. La photo ci-dessus à été prise après l'installation de l'étrave Atlantique visible avec les retouches de peintures. La photo ci-dessus est prise à un stage avancée de l'armement


En avril 1940, les premiers membres de l'équipage furent rassemblés sous la direction du premier et seul commandant du navire, le Kapitan zur See (capitaine de vaisseau) Ernst Lindeman âgé de 46 ans. Les officiers et les marins se familiarisèrent avec les installations mais étaient logés dans les bâtiments caserne General Artigas et Oceana.


Le capitaine Ernst Lindeman passant en revue la garde d'honneur du cuirassé Bismarck

Le capitaine de vaisseau Ernst Lindeman est un rhénan né à Altenkirchen le 28 mars 1894, entré à l'Ecole navale en 1913 et affecté comme cadet sur le prédreadnought Lothringen à la déclaration de guerre en 1914 avant d'être affecté sur le Bayern en 1915.

Officier canonnier, il est affecté sur plusieurs cuirassés de la Reichmarine puis devient officier instructeur à l'Ecole d'Artillerie de Kiel avant d'être affecté à bord de l'Admiral Scheer. Kapitan Zur See en 1938, il prend le commandement de l'Ecole d'artillerie navale de Kiel avant d'être choisit au printemps 1940 pour prendre le commandement du Bismarck

A la différence de l'amiral Lutjens, le capitaine Lindeman était un officier qui avait acquis non seulement l'admiration mais aussi l'affection de ses hommes, des hommes jeunes (moyenne d'âge 21 ans) dont c'était généralement le premier embarquement.
Le 23 juin 1940, le Bismarck entra dans le bassin V-VI pour recevoir ses trois hélices et sa ceinture de protection contre les mignes magnétiques (MES Magnetischer Eigenschutz) ainsi qu'une nouvelle livrée. Sortie du bassin le 14 juillet 1940, il fût ramené au quai d'armement mais dès le 21 juillet, il subit un test de stabilité.

Le samedi 24 août 1940, le Bismarck était prêt à être admis au service actif avec trois mois d'avance sur le planing prévisionel. Sous une météo nuageuse, l'équipage se rassembla sur le pont principal, attendant le capitaine Lindemann qui arriva sur le cuirassé à bord d'une vedette d'autorité blanche avec le pavillon de guerre de la Kriegsmarine. Le commandant du cuirassé passa en revue la garde d'honneur, les officiers et enfin le reste de l'équipage.

L'officier opération, le Fregattankapitan (capitaine de frégate) Hans Oels aidé par l'officier artillerie, le Kapitanleutenant Burkhard Von Mallenheim-Rechberg hissèrent le pavillon de guerre (Kriegsflagge) avant que l'hymne national ne retentisse. Au même moment, eut lieu le lancement du paquebot Vaterland qui entra en collision avec la poupe du navire mais les dégâts étaient insignifiants.

Essais et mise en condition opérationnelle

Photo couleur du Bismarck prise en septembre 1940

Immédiatement après son admission au service actif, la mise en condition opérationnelle commença avec notament des exercices d'alerte antiaérien, d'exercice de poste de combat et d'exercice de contrôle des dommages de combat. A noter que le Bismarck participe à la défense antiaérienne d'Hambourg contre les raids britanniques.

La première sortie à la mer eut lieu le 15 septembre 1940 quand le Bismarck appareilla d'Hambourg pour gagner Gotenhafen (auj. Gdynia) en mer Baltique, une mer fermée plus sure pour les tests à la mer. A 16.58 ce 15 septembre alors qu'il était au large de l'estuaire de l'Elbe, il entra en collision avec le remorqueur Atlantik mais fort heureusement les dégâts furent quasiment inexistants pour les deux navires.

A 19.02, il jeta l'ancre à Brunsbutell à l'entrée du canal de Kiel qu'il devait franchir le lendemain, 16 septembre 1940. Dans la nuit, des avions britanniques furent repérés et la DCA du cuirassé se mit à aboyer, tirant près de 300 projectiles mais sans que des résultats notables furent enregistrés.

Le 16 septembre, le Bismarck entra dans le canal de Kiel (Nord-Otsee Kanal / Canal de la mer du Nord à la Baltique, canal de 98km inauguré en 1895) aidé par des remorqueurs et le 17 septembre à 14.48, le cuirassé s'amarra à la sortie du canal à Kiel-Holtenau puis dans le port mère de Kiel pour différents exercices et l'embarquement de ravitaillement. Le cuirassé quitta Kiel le 28 septembre 1940 escorté par le forceur de blocus (Sperrbrecher 13) à partir de l'île de Rugen, arrivant le soir même à Gotenhafen.


Photo très impressionante de la proue du Bismarck

Durant les deux mois suivants, le Bismarck effectua de nombreux essais de navigation, de consommation de carburant et de vitesse dans le Golfede Dantzig. Le 23 octobre, il effectua ses essais de vitesse, dévellopant une puissance maximale de 150170ch et une vitesse de 30.1 noeuds.

A la mi-novembre 1940, le Bismarck effectue ses premiers exercices de tir avec toute son artillerie puis une fois les essais terminés, le Bismarck appareilla de Gotenhafen le 5 décembre 1940 pour Hambourg via le canal de Kiel, arrivant à destination le 9 décembre 1940. Détail intéressant durant les écoles à feu, la cible imaginaire était le croiseur de bataille Hood qui fût à plusieurs reprises coulé par les artilleurs allemands........... .


Profil couleur du Bismarck

De retour dans son chantier constructeur, le Bismarck reçut différentes modifications, reçut un camouflage à base motifs géométriques. L'équipage fût libéré pour passer les fêtes de fin d'année en famille.

Le 24 janvier 1941, le Bismarck est prêt pour regagner les eaux de la mer Baltique pour reprendre ses essais à la mer. Le canal de Kiel étant temporairement bloqué par les glaces et l'épave d'un navire marchand et le commandement de la Kriegsmarine refusant le long détour de la péninsule du Jutland, le départ pour Gotenhafen fût retardé et la remise en condition se poursuivit dans la région d'Hambourg jusqu'en février quand le canal fût de nouveau accessible.

Le 6 mars 1941, le Bismarck appareilla d'Hambourg, remonta l'estuaire de l'Elbe en compagnie de deux forceurs de blocus et d'un brise-glace et jeta l'ancre à Brunsbutell le jour même à 12.24. A 8.22 le lendemain 7 mars, le cuirassé franchit le canal accompagné par deux remorqueurs et couvert par deux chasseurs Me 109. Le lendemain, alors qu'il approchait de la sortie du canal, le Bismarck s'échoua et du être assisté par un remorqueur pour être déséchoué. Les dégâts furent suffisament importants pour que le cuirassé soit mis au bassin C du chantier naval Deutsche Werke de Kiel.

Remis à flot le 14 mars 1941, il fût remorqué à Scheerhafen où les batteries furent calibrées et les soutes remplies. Le 15 mars, deux Arado Ar196 furent embarqués suivis de deux autres plus tard. Le 17 mars, le Bismarck quitta Kiel escorté par le prédreadnought Schlesien et le dragueur de mines 36 pour gagner Gotenhafen.


Aspect du Bismarck prévu en 1938/39

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 21:51

Une carrière opérationnelle brève mais mythique

«Berlin» avant «Rheinubung»

La fin tragique du Graf Spee

Depuis le début du second conflit mondial, la Kriegsmarine envoyait ses grands navires de surface dans une guerre de course, renouant avec les usages de la marine à voile avec plus (Admiral Scheer) ou moins de succès (Admiral Graf Spee).

Le 28 décembre 1940, le Scharnhorst et son sister-ship le Gneisenau appareillèrent de Kiel direction l'Atlantique via le Skagerrak mais l'état de la mer endommagea le Gneisenau obligeant l'amiral Lütjens à se replier à Bergen pour s'abriter avant de regagner Gotenhafen pour une véritable remise en état.

La force appareilla de nouveau le 22 janvier 1941mais la percée prévue dans la nuit du 27 au 28 janvier au sud de l'Islande fût reportée en raison de la présence d'une aurore boréale et Lütjens gagna le nord ouest pour se ravitailler auprès du pétrolier Adria. Le ravitaillement fût achevé le 2 février et les opérations purent reprendre, les deux croiseurs de bataille franchissant le détroit du Danemark le 4 février.


Carte de l'opération Berlin

Le 5 février le groupe se ravitailla au sud du Groenland au pétrolier Schettstadt et Lütjens déploya ses navires pour attaquer les convois de Halifax. Le 8 février au matin, les premiers bâtiments du convoi HX 108 (Halifax 9 février 1941 Liverpool 27 février 1941 50 navires marchands et 9 navires d'escorte) mais parmi l'escorte se trouvait le cuirassé Ramillies et l'attaque fût annulée.

Après un nouveau ravitaillement le 14 février auprès des pétroliers Schlettstadt et Esso Hamburg, le groupe fit route vers le sud sans succès et le 23 février, l'amiral Lütjens décida de mettre cap à l'est repérant cinq navires isolés qui furent détruits.

Après travaux et ravitaillement le 28 février, les deux navires décidèrent d'opérer autour des îles Canaries sur la route des convois entre Liverpool et Freetown.

Le 7 mars, le Scharnhorst et le Gneisenau repérèrent le convoi SL67 (Freetown-Liverpool 1er-26 mars 1941 57 cargos et 28 escorteurs) mais la présence du Malaya empêcha l'attaque mais les deux croiseurs de bataille gardèrent le contact pour les sous marins qui coulèrent quatre navires. Le lendemain, Lütjens rencontra à nouveau une escorte importante (le Malaya, deux croiseurs légers classe Aurora et des destroyers) qui se montrait des plus agressives.

Le Scharnhorst et le Gneisenau regagnèrent la route des convois de Halifax sur ordre de l'état major qui lui imposa cette zone de chasse jusqu'au 21 mars pour protéger la percée du croiseur lourd Admiral Hipper et de l'Admiral Scheer avant de regagner le sud afin d'exercer une action de diversion. Plus tard la date fût ramenée le 17 mars 1941.

L'opération Rheinübung avec le Bismarck et le Prinz Eugen étant prévue à la fin avril, l'état major de la Kriegsmarine ordonna à Lütjens de préparer son retour au port. Le 16 mars, il constitua avec les deux ravitailleurs un vaste râteau d'éclairage à 4 bâtiments qui couvrait une bande d'environ 120 nautiques.


Les frères siamois : le Scharnhorst ci-dessus et le Gneisenau ci-dessous


A partir de 6h30, des pétroliers d'un convoi à destination de Liverpool furent repérés sans escorte et pour le Scharnhorst et le Gneisenau ce fût la curée avec la destruction de 13 bâtiments et la capture de 3 autres mais un seul atteindra la Gironde soit un total de 82400 tonneaux détruits et 400 prisonniers. Dans la soirée, le Gneisenau répéré au radar à 20000m un grand bâtiment, le cuirassé Rodney qui protégeait le convoi HX114 (Halifax-Liverpool 11 au 30 mars 1941 44 cargos et 13 escorteurs) et logiquement, le croiseur de bataille allemand se replia. Lütjens regroupa ses bâtiments pour le ravitaillement achevé le 19 mars avant de mettre cap sur Brest où les croiseurs de bataille arrivèrent le 23 mars, les ravitailleurs mettant cap sur La Pallice.

Au final, l'opération Berlin était des plus satisfaisants avec la destruction de 21 bâtiments soit 110000 tonneaux plus une prise conduite à bon port. Cette opération avait joué son rôle dans le concept d'action réciproque (Wechselwirkung) théorisé par l'amiral Raeder puisque la présence de nombreux raiders allemands plus les sous marins allemands avait disloqué le dispositif britannique bloquant par exemple la Force H dans l'Atlantique ce qui permis le transport des forces de l'Afrikakorps à Tripoli pour soutenir les italiens. Les allemands espéraient donc faire mieux avec l'opération Rheinübung et le déploiement de leur fleuron : le cuirassé Bismarck.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 22:15

Rheinubung Acte 1 : la bataille du détroit du Danemark (24 mai 1941)

Maquette du Bismarck

Le but de l'opération Rheinübung était identique à l'opération Berlin : traquer les convois alliés et les détruire. Comme pour les autres déploiements, un important dispositif logistique fût déployé entre le Labrador et le Cap Vert composé de 7 pétroliers et de 2 ravitailleurs.


Carte générale de l'opération Rheinubung

L'opération devait commencer le 25 avril mais lors de son transit vers Kiel, le Prinz Eugen heuta une mine entrainant un retard d'une dizaine de jours. Ce retard poussa Lütjens à se poser la question de lancer l'opération alors que le Scharnhorst et le Gneisenau étaient hors de combat à Brest après une attaque britannique. Finalement en dépit de ses réserves, le chef de la force navale allemande était d'accord avec Raeder pour maintenir la pression dans l'Atlantique.



Le 5 mai, Hitler accompagné du général Keitel mais sans Raeder visita les deux navires à Gotenhafen. Le 18 mai, les navires logistiques et les quatre chalutiers météo appareillèrent pour prendre position. Le 19 mai, le cuirassé commandé par le capitaine Lindeman et le croiseur lourd commandé par le capitaine Brinkman appareillèrent séparement pour franchir les Belt dans la nuit du 19 au 20 mai escortés par trois destroyers.


L'Amiral Gunther Lütjens

Le commandement du dispositif étant confiée à l'amiral Lutjens, un officier plutôt froid mais loin du nazi fanatique parfois décrit dans les livres et les films car un nazi fanatique n'aurait certainement pas protesté publiquement contre la Nuit de Cristal du 9 novembre 1938 (cela explique pourquoi la Bundesmarine donna son nom à l'un de ses trois destroyers type Charles F. Adams, les autres étant le Mölders et le Rommel).


Le Bismarck à la mer

Le lendemain 20 mai, le croiseur suédois Gotland aperçut le groupe et prévint Stockolm qui prévint Londres via le gouvernement norvégien en exil. Le B-Dienst (service de renseignement de la marine) pouvait savoir dès le 21 mai que l'effet de surprise était déjà éventé.


L'opération Rheinubung commençait bien mal avec le repérage des deux navires allemands par le Gotland

Le 21 mai, les deux bâtiments mouillèrent près de Bergen dans le Korsfjord mais seul le Prinz Eugen se ravitailla ce qui allait avoir de funestes conséquences pour le «Chancelier de Fer». Le 21 mai, un Spitfire repéra les navires au mouillage mais le lendemain 22 mai, le Maryland envoyé en confirmation ne trouva qu'un fjord vide.


Le Bismarck vu depuis le Prinz Eugen

L'amiral Sir John Tovey commandant de la Home Fleet envoya le croiseur lourd Suffolk rejoindre son sister-ship Norfolk dans le détroit du Danemark et donna l'ordre à la division du vice-amiral Holland (croiseur de bataille Hood commandée par le capitaine de vaisseau Ralph Kerr et cuirassé Prince of Wales commandée par le capitaine Leach et 6 destroyers) déjà en route vers l'Islande d'assurer la couverture des deux croiseurs lourds.

Les croiseurs Birmingham et Manchester étaient déjà en position entre l'Islande et les Feroés pendant que l'amiral Tovey en personne prenait la mer à bord de son navire amiral, le cuirassé King George V accompagné par le porte-avions Victorious, les croiseurs Galatea Aurora Kenya et Hermione et 7 destroyers. Plus tard, le Repulse renforça le dispositif britannique.


Dessin représentant le Spitfire survolant le fjord où s'étaient embusqués le Bismarck et le Prinz Eugen

Côté allemand, le 23 mai à 4h00 le Bismarck et le Prinz Eugen s'engagèrent dans le détroit du Danemark dans des conditions difficiles, le Bismarck repéra au radar à 19h22 un croiseur à trois cheminées, le Suffolk (CV Robert Ellis) qui avait également repéré les navires allemands à 19h30 mais se garda bien d'intervenir, se contentant de pister les navires allemands en se planquant dans les bancs de brouillard.

A 20h30, le sister-ship du Suffolk le HMS Norfolk fût repéré, se trouvant à six miles du Bismarck qui fit aboyer à 20h37 ses canons de 380mm, six salves encadrèrent dangereusement le croiseur qui parvint à se dérober. Les deux «thinclad battleship» (cuirassés en fer blanc) continuèrent leur filature alors qu'Holland se trouvait à 300 miles nautiques et Tovey à 600 miles nautiques.


Le Bismarck à la mer

Le tir du Bismarck avait mit hors service son radar et Lütjens ordonna au Prinz Eugen encore équipé d'un radar fonctionnel prit la tête de la formation ce qui allait avoir des conséquences terribles pour le Hood.

A 22h00, le 23 mai 1941, le Hood et le Prince of Wales accompagnés par quatre destroyers se préparèrent au combat. A 00h28, le Suffolk perdit le contact et une heure et demi plus tard, Holland mit cap sud-sud ouest la route que suivait les navires allemands au moment de la perte du contact.

Les destroyers pour leur part continuaient au nord mais sans le savoir, les deux adversaires étaient séparés d'une vingtaine de miles. A 3h00, le Hood retrouva le Bismarck et le Prinz Eugen qui naviguaient à 35 miles nautiques dans le nord-ouest. A 4h00, la distance entre les protagonistes était réduite à vingt milles réduite à quinze milles une heure et quart plus tard.

Le Prinz Eugen en tête à 28 noeuds détecta des bruits d'hélices à l'aide de ses hydrophones au gisement 280°. Le soleil se leva à 5h45 et les deux navires allemands repérèrent deux panachages de fumée à bâbord.

Le combat s'engagea sept minutes plus tard à 5h52 à 24000m, les anglais tirant les premiers suivis par le Prinz Eugen et le Bismarck ouvrant le feu simultanément sur le Hood trois minutes plus tard, le Prinz Eugen reçut l'ordre après sa sixième salve de tirer sur le Prince of Wales (5h59). Ce dernier avait immédiatement tiré sur le Bismarck, le Hood mettant quelques minutes à corriger son erreur et de reporter son tir sur le «Chancelier de fer».

Le Prinz Eugen plaçait d'abord au but une salve qui alluma un vif incendie sur le pont des embarcations du Hood. Quelques minutes plus tard, la distance était tombée à 16500m et Holland avait alors ordonné une évolution du groupe vers babord destinée à améliorer le champ de battage défectueux de son artillerie.


Deux photos du Bismarck lors de la bataille du détroit du Danemark


C'est en pleine évolution qu'une salve du Bismarck frappa l'orgueil du Hood. Ce fût terrifiant, le croiseur de bataille se cassa en deux, une immense colonne de flammes et de débris monta vers le ciel. Secoué par une gigantesque explosion à 6h01, le bâtiment se cassa en deux et disparut en quelques instant entrainant la mort de tout l'équipage à l'exception de trois hommes (Bob Tilburn,Bill Dundas et Ted Briggs, le dernier survivant qui est mort le 4 octobre 2008) qui furent récupérés quatre heures plus tard par le destroyer Electra. L'explosion fût si puissante que des témoins racontent qu'une tourelle de 380mm (pesant tout de même plus de 700 tonnes) fût purement et simplement projetée en l'air.

Il semble que les obus de 380mm du Bismarck aient touché la soute à munitions de 102mm qui en explosant provoquèrent la détonation des obus de 15 pouces. Une ultime save fût tiré par le navire avant que la proue (la poupe avait déjà sombré) ne s'enfonce dans l'eau à 6h03 aux coordonnées suivantes : 63° 20' N 31° 50' W.

Le Prince of Wales qui obéissait aux ordres de l'amiral Holland c'est à dire virer à babord du mettre barre à tribord pour éviter l'épave entrain de couler. Le Norfolk tira également trois salves plus pour marquer le coup qu'autre chose. Le tir des navires allemands se reportèrent sur le Prince of Wales mais ce dernier dont l'artillerie n'était pas au point n'était pas le mieux placé pour arrêter le Bismarck.

Il encaissa successivement quatre obus de 380mm et trois obus de 203mm du Prinz Eugen. Un obus avait balayé la passerelle, tuant tout le personnel présent à l'exception du commandant Leach et d'un timonier. Les liaisons de barre, le radar, le sondeur et les circuits téléphoniques de la conduite de tir étaient rompus. Un autre projectile détruisit le télépointeur de l'artillerie secondaire et un troisième frappa le Walrus au moment du catapultage. Au retour au port, un obus non explosé de 203mm fût retrouvé près des dynamos.

Maintenir le combat était du suicide et n'apporterait rien d'autre. Le commandant Leach qui avait gagné le poste de tir arrière ordonna la retraite à 6h13 derrière un écran de fumée, espérant participer à la poursuite avec les deux croiseurs lourds qui étaient restés prudement à l'écart.

Le Bismarck et le Prinz Eugen avaient tiré respectivement 93 obus de 380 et 179 obus de 203mm, le cuirassé ayant été touché par trois obus du Prince of Wales, l'un d'eux ayant touché le navire à 5h53 et 5h55 avant même que le Bismarck ait ouvert le feu. Pour un cuirassé encore en rodage et un équipage expérimenté, c'était assez remarquable. Cependant des survivants du cuirassés ne reconnaissent pas que leur navire ait pu être touché avant d'ouvrir le feu et il est probable que nous ne connaitrons jamais la vérité.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 22:48

Rheinubung Acte 2 «Faites tout ce qui est possible et même ce qui est impossible mais coulez le Bismarck»


Le Hood engageant le Bismarck

La destruction du Hood provoqua la stupeur de l'opinion publique britannique pour qui «The Migthy Hood» était plus qu'un simple navire de guerre mais le symbole de la puissance (déclinante mais puissance quand même) britannique. Winston Churchill en vieux politicien roublard le compris immédiatement et ordonna à la Royal Navy de traquer et de détruire le Bismarck.


Après son duel avec le Hood, le bismarck pique légèrement du nez

Le Bismarck ne sortait pas indemne du combat : un obus anglais avait traversé son avant sans exploser mais avait provoqué une voie d'eau (4 tonnes) qui conférait au bâtiment une pointe négative de 1 à 2°. En outre les vannes de transfert des réserves de mazout situées dans les cellules avant (1000 tonnes) n'étaient plus manoeuvrables ce qui réduisait d'autant le combustible utilisable et pour ne rien arranger, les cellules elles-mêmes avaient probablement souffert et une trainée d'huile parfaitement repérable marquerait désormais le sillage du bâtiment.


Le Bismarck dans son aspect final

Un autre coup avait frappé au dessous de la ceinture cuirassée. La cloison anti-torpilles l'avait arrêté mais non sans dommage pour l'étanchéité des compartiments machines qu'elle protégeait. Le bâtiment avait pris une forte gîte à bâbord découvrant l'extrémité des pales de l'hélice, qui dut être compensée par le noyage volontaire de certains compartiments. Un troisième et dernier coup avait frappé entre la cheminée et le hangar d'aviaition mais les dégâts étaient limités.

Les différentes étapes de la traque





L'amiral Lütjens savait que les anglais ne lui laisseraient aucun répit et les dégâts limités rendait bien difficile le lancement d'une guerre de course. Il informa le Seekriegsleitung (SKL) _direction de la guerre sur mer_ de sa volonté de donner sa liberté de manoeuvre au Prinz Eugen pour lui permettre de se lancer dans une guerre de course dans l'Atlantique pendant qu'il regagnait Saint Nazaire pour une rapide remise en état avant une reprise de la chasse au commerce.

En début d'après midi, Lütjens du réduire la vitesse du groupe à 24 noeuds, pour que le Bismarck puisse procéder au renforcement de sa cloison avant. Après avoir sans doute d'abord envisagé d'attirer ses poursuivants vers une zone où se trouvait des sous marins, il décida dans la soirée de faire route directe sur Saint Nazaire où il annonça son arrivée pour le 27 mai 1941.

Vers 23h30, l'alarme aérienne fut déclenchée : les Fairey Swordfish du Victorious avaient été catapultés pour tenter de ralentir le Bismarck et permettre l'interception avant que le cuirassé n'entre sous l'ombrelle protectrice de la Luftwaffe. Les neuf biplans menèrent une attaque parfaitement coordonnée mais seule une torpille toucha le cuirassé sur la ceinture blindée sans grands dommages.

L'aube du 25 mai n'allait pas tarder à poindre. Peu après 3.00 du matin, dans l'intention de mettre cap au 130 sur Saint Nazaire tout en donnant un peu de fil à retordre à ses poursuivants, Lütjens fit accomplir au Bismarck un cercle complet sur la droite. Et là, le miracle sur lequel on ne comptait plus se produisit : l'adversaire perdit le contact....... .

Pourtant cette disparition ne dura pas car peu après 9.00, Lütjens envoya un long message radio qui intercepté par la Royal Navy redonna aux britanniques l'espoir de pouvoir intercepter le cuirassé même si l'analyse de l'interception poussait les britanniques à rechercher le cuirassé dans l'Atlantique Nord.


C'est un Catalina qui retrouva le Bismarck le 26 mai

Le 26 mai au matin, le Bismarck n'était plus qu'à 700 miles nautiques de la côte française quand un hydravion Catalina du Coastal Command le repéra mais peu de navires étaient en état d'intervenir à part la force H située à 110 miles nautiques. Dès la réception du signal de contact, l'amiral James Sommerville à bord du Renown envoya deux avions de reconnaissance qui arrivèrent juste à temps pour relever le Catalina pris pour cible par la DCA du cuirassé.

Le temps pressait car le Bismarck allait entrer sous l'ombrelle protectrice de la Luftwaffe (qui engagea on ne le sut que postérieurement deux Fw200, sept Ju 88 d'éclairage, 42 Ju 88 d'assaut, 29 He 111 et 15 He 115). A 13h50, quatorze Swordfish décollèrent de l'Ark Royal, attaquant le croiseur Sheffield mais fort heureusement cette attaque ne donna rien en raison d'une mise à feu magnétique deffectueuse.

Les britanniques ne perdirent pas espoir et à 20h55, les appareils décollèrent à nouveau avec des torpilles avec un détonateur fonctionnant au choc. La DCA du cuirassé se mit à aboyer et il fallut un sacré courage pour les pilotes britanniques à bord de leurs fragiles biplans filant à 250 km/h pour mener l'attaque.

Deux torpilles avaient touché et si la première n'avait pas provoqué de dégâts majeurs, la seconde avait explosé dans l'appareil à gouverner alors que le bâtiment était en pleine giration avec 15° de barre à gauche. Les allemands espérèrent armer la commande à bras de la barre mais ils durent y renoncer car le local était envahi par l'eau. Le capitaine Lindeman compris que le navire était condamné et envoyé deux messages peu avant minuit affirmant qu'il combatterait jusqu'au dernier obus.

A la nuit tombée, les cinq destroyers de la 4ème flottille du capitiane Vian (le héros de l'Altmark) arrivèrent sur zone pour garder le contact mais cela ne l'empêcha de lancer des attaques, quatorze torpilles étant lancées mais sans succès, l'artillerie du Bismarck poussant à des lancements lointains et donc relativement inefficace.


Carte du combat final

A 8h47, les cuirassés King George V (10 canons de 356mm) et Rodney (9 canons de 406mm) ouvrirent le feu avec leur artillerie principal puis avec leur artillerie secondaire _respectivement canons de 133mm et de 152mm_ et furent bientôt rejoints par les croiseurs lourds Norfolk et Dorsetshire et leurs canons de 203mm.


Deux représentations d'artiste de la fin du Bismarck


Le Bismarck riposta mais il ne pouvait manoeuvrer et cela ressembla à une véritable exécution d'autant qu'à partir de 10h l'artillerie principale devint muette suivie de l'artilerie secondaire dix minutes plus tard (on calcula que les cuirassés britanniques avaient tirer 719 obus de 356 et de 406mm, 1376 obus de 133 et de 152mm tandis que les croiseurs lourds avaient manqué 781 obus de 203mm).


L'agonie d'un Géant


Craignant de manquer d'obus et de combustible, l'amiral Tovey ordonna au Dorsetshire d'achever le cuirassé à la torpille. Le croiseur lourd lança quatre torpilles, trois touchant effectivement le navire qui s'enfonça par l'arrière et chavira à 10h40 sans que l'on sache encore aujourd'hui si le navire à été effectivement coulé par les torpilles ou le sabordage ordonné par le commandant en second du navire, le capitaine de frégate Oels (Lindeman et Lütjens auraient été tués dès le début du combat). Il est probable que les deux effets se sont cumulés.

Le Dorsetshire et le Maori sauvèrent cent hommes (respectivement 85 et 25) mais l'opération fût suspendue de crainte d'attirer des sous marins envoyés pour soutenir le Bismarck et récupéré le journal de bord. Trois autres marins furent sauvés par le U74, deux autres par le bâtiment-météo Sachsenwald. Le SKL demanda l'aide de la marine espagnole mais le croiseur lourd Canarias arrivera trop tard. Au final sur les 2092 membres d'équipage, 115 hommes dont trois officiers purent être sauvés.


Des survivants du Bismarck dans les eaux glacées de l'Atlantique et dans un camp de prisonniers


Parmi les survivants, on trouvait également un chat noir qui fût récupéré par le destroyer HMS Cossack baptisé Oscar et dont il devint la mascotte. Les marins étaient des gens supersticieux et faut-il y voir un lien de cause à effet mais le 27 octobre 1941, le destroyer fût torpillé par le U564 mais Oscar s'en sortit à nouveau et après un temps à Gibraltar à la capitanerie, il embarqua sur le porte-avions Ark Royal qui fût torpillé le 13 novembre 1941 mais Oscar s'en sortit à nouveau. Ce fût son dernier embarquement et on comprend pourquoi. Le sort du «chat du Bismarck» est incertain mais il serait mort en 1955 dans une famille de Belfast.


"Le chat du Bismarck"

L'amiral Tovey rendit hommage à son adversaire «Le Bismarck à mené un combat extraordinairement courageux contre une force supérieure invincible et s'est montré digne de la tradition de la marine impériale allemande. Il à coulé pavillon haut».

L'épave de ce navire mythique fût découverte le 8 juin 1989 par le Dr Robert Ballard, l'océanographe qui avait découvert le Titanic. Le Bismarck reposa droit à une profondeur de 4791m (15700 pieds) à 650km (environ 325miles) à l'ouest de Brest dans un volcan sous marin éteint. L'exploration fût limité (Ballard garda secrète la position exacte pour éviter le pillage) mais elle fût suffisament détaillée pour avancer l'hypothèse que la fin du cuirassé ait pu être hâtée par un sabordage.


Deux photos de l'épave du Bismarck


Une deuxième expédition eut lieu en 2001 mais contrairement au docteur Ballard, le responsable de l'expédition, David Mearns affirma que le cuirassé avait été détruit par les obus et les torpilles et non par un sabordage.

L'année suivante, James Cameron plongea à nouveau sur le cuirassé pour son documentaire. Il confirma les impacts des obus et des torpilles mais il montra qu'aucune torpille n'avait réussit à exploser à l'intérieur du navire, les larges orrifices observés auraient été causés par le choc du cuirassé avec le fond. La troisième expédition menée par Ballard confirma l'hypothèse du sabordage qui semble avoir hâté la fin d'un navire qui était de toute façon condamné.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 23:05

Le Tirpitz

Le Tirpitz à la mer

Présentation

Petit morceau de métal deviendra grand

La commande du Panzerschiff G est passé le 14 juin 1936 à l'Arsenal de Wilhelmshaven, les travaux préparatoires commencent immédiatement même si la découpe de la première tôle à lieu le 24 octobre 1936.


Deux photos de la construction du Tirpitz


La mise sur cale à lieu le 2 novembre 1936 et après 29 mois de construction, le Tirpitz est lancé le 1er avril 1939 après avoir été baptisé par Frau von Hassel, la fille du Grand Amiral Tirpitz, l'architecte de la Kaiserliche Marine. Cette à cette occasion que l'amiral Erich Raeder est promu Grossadmiral (Grand Amiral).

Photos du lancement




Le Tirpitz est remorqué à quai et les travaux d'armement commencent aussitôt et s'achèvent 23 mois plus tard le 25 février 1941 quand le cuirassé est admis au service actif le 25 février 1941. Au début du mois de mars 1941, le Tirpitz quitte Wilhelmshaven, franchit le canal de Kiel pour gagner la mer Baltique et commencer ses essais à la mer et sa mise en condition opérationnelle.


Les essais à la mer



Le sister-ship du Bismarck porte donc le nom du Grossadmiral Alfred Von Tirpitz (Kustrin 19 mars 1849-Ebenhausen 6 mars 1930). Né dans le Brandebourg, il s'engage dans la marine prussienne à l'âge de 16 ans, sortant de l'Ecole Navale de Kiel trois ans plus tard en 1869. Nommé Secrétaire d'Etat à la marine au printemps 1897, il va convaincre le Reichstag de lancer l'Allemagne wilhelmienne dans une course aux armements navals avec la Grande Bretagne, pays avec qui Tirpitz entretenait une relation de haine et d'admiration mêlée. Nommé Grossadmiral en 1911, il démissione de son poste de Secrétaire d'Etat à la marine le 15 mars 1916.

En 1917, il fonde avec Wolfgang Kapp (le futur auteur du putsch du même nom en 1920), le parti nationaliste Vaterlands Partei (le parti de la patrie), parti qui compta à son apogée en 1918/19 1.25 millions d'adhérents. En 1924, il est élu député du parti DVNP (Deutschnationalen Volkspartei / parti populaire allemand) et soutien en 1925, la candidature de Paul von Hindenburg. Il meurt à Ebenhausen dans la banlieue de Munich le 6 mars 1930 à l'âgé de 80 ans et est enterré au cimetière Waldfriedhof à Munich.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 23:15

Carrière opérationnelle

Tirpitz en Norvège : carte

Pas d'Océan Atlantique pour le Tirpitz

Ces essais et sa mise en condition opérationnelle achevée, le cuirassé participa à l'opération Barbarossa pour dissuader la flotte soviétique d'intervenir et ce en compagnie du croiseur lourd Admiral Scheer, des croiseurs légers Emden, Leipzig, Köln et Nürmberg, des destroyers, des torpilleurs et des dragueurs de mines.

La perte récente du Bismarck poussa l'amiral Raeder à abandonner l'idée d'envoyer un cuirassé seul dans l'Atlantique pour attaquer les convois, tel un véritable enfant perdu. Les autorités navales allemandes décidèrent d'envoyer le cuirassé en Norvège, adoptant la tactique du «Fleet in Being» obligeant les alliés à le surveiller comme le lait sur le feu car il faisait peser une menace mortelle sur les convois entre la Grande Bretagne et l'URSS. Le 29 décembre 1941, Hitler décida de concentrer les unités de surface restantes de la Kriegsmarine en Norvège car il était persuadé que les alliés allaient débarquer en Norvège.

Dans les fjords de la Norvège, un cuirassé bien immobile

Le Tirpitz au mouillage à Narvik en 1942

Tirant les leçons du Bismarck, découvert par le croiseur suédois Gotland lors de sa traversée du Skagerrak, le Tirpitz gagna la mer du Nord via le canal de Kiel, le cuirassé quittant Kiel le 12 janvier 1942, traversa le canal puis retrouva en mer du Nord les quatre destroyers d'escorte le 14 janvier 1942 avant d'arriver à Trondheim le 16 janvier 1942.

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Le 1er mars 1942, le convoi PQ-12 appareilla de Reykjavik (Islande) escorté par le croiseur de bataille Renown, le cuirassé Duke of York, le croiseur léger Kenya et six destroyers sous le commandement du vice-amiral Curteis. Cette escorte déjà conséquente fût renforcée par le cuirassé King George V, le porte-avions Victorious, le croiseur lourd Berwick et six destroyers qui avaient eu appareillés de Scapa Flow, la jonction ayant eu lieu le 6 mars à 200 miles à l'est de l'île Jan Mayen. Au même moment, le convoi QP8 avait quitté Mourmansk à vide direction Reykjavik, la route prévue devait le faire passer au sud-ouest de l'île aux Ours.

Le 5 mars 1942, un avion de reconnaissance repéra le PQ-12 à proximité de l'île Jan Mayen et le Tirpitz alors mouillé dans le Faettenfjord reçut l'ordre d'appareiller pour l'intercepter et le détruire. Le 6 mars, le Tirpitz appareilla en compagnie de trois destroyers dans le cadre de l'opération Sportpalast (palais des sports).

Peu après son appareillage, le Tirpitz fût repéré par le sous marin Seawolf à 19.40 qui à défaut de pouvoir l'attaquer informa l'Amirauté britannique qui put ainsi devier la route des deux convois. Le Tirpitz fût repéré par des avions du Victorious qui lança également une attaque aérienne mais sans touché le cuirassé qui se replia sur la Norvège. Le bilan de l'opération Sportpalast était maigre : un trainard avait été coulé par les destroyers.

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Trois mois plus tard, le Tirpitz fût engagé dans une seconde opération de chasse aux convois, l'opération Rösselsprung.


Le Tirpitz, l'Admiral Hipper et l'Admiral Scheer dans le cadre de l'opération Rosselsprung

La Kriegsmarine fit les choses en grands, rassemblant un grand nombre de navires de guerre : le cuirassé Tirpitz et le croiseur Admiral Hipper à Trondheim, les croiseurs lourds Admiral Scheer et Lützow à Narvik avec un total de douze destroyers répartis équitablement.

La force allemande fût rassemblé dans l'Altenfjord quand le convoi fût détecté à proximité de l'île aux Ours.

Le convoi PQ-17 avait appareillé de Reykjavik le 27 juin 1942 avec 41 cargos et 43 escorteurs dont le cuirassé Duke of York. Le convoi fût repéré par un sous marin allemand le 1er juillet et le 2 juillet, le Tirpitz et son escorte quitta Trondheim pour l'Altenfjord mais ce mouvement fût repéré par le renseignement britannique et le 4 juillet, l'Amirauté décida de disperser le convoi pour lui permettre d'échapper au cuirassé mais ce fût pour mieux tomber sur les sous marins et les avions allemands qui coulèrent 24 cargos.

Le Tirpitz n'effectua qu'une brève sortie le 5 juillet car le grand amiral Raeder refusait de voir la Home Fleet couler son dernier cuirassé. A noter que les soviétiques prétendaient avoir attaqué le cuirassé allemand avec quatre torpilles dont deux auraient explosé mais il est probable que cette attaque n'eut jamais lieu ou n'eut pas les résultats revendiqués. Du 8 juillet 1942 au 6 septembre 1943, le Tirpitz ne quitta guère son mouillage avec des passages au bassin à Trondheim et à Narvik.

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Le territoire le plus septentrional de la Norvège est l'archipel des Svaalbard avec la grande île de Spitzberg. Ce territoire avait été évacué de ses habitants en août 1941 mais n'était oublié ni des alliés ni des allemands qui installèrent deux stations météo concurrentes, la station allemande étant évacuée par sous marin en août 1942.


Le Tirpitz à la mer

le 6 septembre 1943, une force navale composée du Tirpitz, du Scharnhorst et de 9 destroyers appareilla de l'Altenfjord et du Kalfjord, direction Spitzberg dans le cadre l'opération Zitronella/Sizilien. A l'aube le 8 septembre 1943, les deux cuirassés ouvrirent le feu avec leur artillerie principale contre les deux canons de 76mm assurant la protection de la station météo pendant que les destroyers débarquaient des troupes pour détruire la station météo ayant d'être rembarqués. La force allemande était de retour à bon port le 9 septembre. Les marins du Tirpitz ne le savait pas encore mais ils venaient de participer à leur dernière opération offensive.

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 23:43

Coulez le Tirpitz !

Vue aérienne du Tirpitz

Une telle menace ne pouvait pas laisser les britanniques passifs et ces derniers firent tout pour détruire le cuirassé au mouillage. Le 30 janvier 1942 alors que le Tirpitz venait d'arriver en Norvège, la Royal Air Force lança l'opération Oiled qui vit le décollage de sept Short Stirling des squadrons 15 et 149 de Lossiemouth à 00.30 suivis par huit Handley Page Halifax des squadrons 10 et 76 entre 2.04 et 2.34 mais le mauvais temps provoqua l'annulation de l'opération.


Le Tirpitz dans un fjord

Parallèlement aux attaques directes, les britanniques lancèrent des attaques indirectes. Craignant que le Tirpitz ne soit lancé dans une opération similaire à celle qui fût fatale à son sister-ship, Winston Churchill voulu lui couper l'herbe sous le pied en le privant de tout soutien logistique. Sur la façade atlantique, une seule forme pouvait accueillir le cuirassé, la forme Joubert en France occupée, une forme de 350m de long sur 50m de large. D'où le lancement de l'opération Chariot le 28 mars 1942 quand le destroyer Campbeltown fût lancé contre la forme Joubert, explosant le lendemain et rendant la forme totalement inutilisable.


Un des sous marins type X engagé dans l'opération Source

Quelques jours après le succès de l'opération Zitronella, les allemands connurent un réveil pénible puisque les britanniques bien décidés à neutraliser le cuirassé allemand lancèrent l'opération Source une attaque menée par des sous marins de poche. Dans la nuit du 11 au 12 septembre 1943, six sous marins de la Royal Navy appareillèrent d'Holly Loch remorquant un sous marin de poche type X destiné à attaquer les navires allemands dont le Tirpitz mais également le Scharnhorst et le Lützow.


Carte montrant l'évolution des emplacements du cuirassé

Seuls quatre submersibles lancèrent l'attaque dont trois contre le Tirpitz, le premier échoua et son équipage fût fait prisonnier, un second disparu sans que la cause ne soit réellement établie mais le troisième était parvenu à poser ses charges qui endommagèrent sévèrement le cuirassé qui embarqua 1400 tonnes d'eau, les machines soulevées de leur socle et bloqua le système de roulement de la tourelle D. le Tirpitz était hors de combat pendant six mois, n'étant capable de manoeuvrer qu'en mars 1944. A noter que dans la nuit du 10 au 11 février, des bombardiers soviétiques attaquèrent le cuirassé mais sans réel succès.

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Le Tirpitz et son écrin de fumée

Les allemands avaient à peine réparé le Tirpitz que les britanniques s'illustrèrent à nouveau en lançant l'opération Tungsten, une série d'attaques de la Fleet Air Arm. Le 30 mars 1944, la force I composée des cuirassés Duke of York et Anson, du porte-avions Victorious, du croiseur léger Belfast et de cinq destroyers appareilla suivit quelques heures plus tard par la Force II composée du croiseur léger Royalist, des porte-avions Searcher Emperor Pursuer, Fencer et Furious, des croiseurs légers Sheffield et Jamaica, de dix destroyers et de deux pétroliers.

Le lendemain 1er avril 1944, l'amiral Fraser décida d'avancer de 24h l'opération, les pétroliers quittèrent la force escorté par deux destroyers même si ils se tenaient prêt à ravitailler des navires notament les destroyers. Les deux forces firent leur fonction en fin d'après midi le 2 avril, se divisant entre une force 7 destiné à l'assaut (cuirassé Anson, porte-avions Victorious et Furious, croiseur léger Jamaica et 6 destroyers) et une force 8 de couverture composée des croiseurs légers Royalist et Sheffield, des quatre porte-avions d'escorte Emperor, Searcher, Fencer, Pursuer et six destroyers.

Le plan d'attaque prévoyait deux vagues avec deux wings de 21 Barracuda armés de quatre types de bombes : onze avions armés de trois bombes de 227kg semi-perforantes, un avec une bombe perforante de 726kg et cinq armés de trois bombes freinées de 227kg. Le Victorious lança également 10 Corsair pour escorter les Barracuda au dessus de leur cible. A noter que la protection de la force était assurée par des Wildcat, des Hellcat et des Seafire.

L'attaque fût lancée à l'aube, les avions commença à décoller à 4.16 rassemblés mirent cap sur leur cible à 4.37. L'approche de la force fût détectée et les allemands emirent un écran de fumée dans tout le fjord avant que la DCA ne se manifeste. L'attaque commença à 5.29, les Barracuda plaçant 6 coups au but au moins voir 9.

Au moment même où la première vague attaquait, la seconde vague d'attaque décolla, vague d'attaque composée de 19 Fairey Barracuda, de 10 Chance-Vought Corsair, 19 Grumman Wildcat et 10 Grumman Hellcat. Regroupés à 5.37, les appareils attaquèrent à partir de 6.35, les Hellcat et les Wildcat mitraillant le Tirpitz avant que les Barracuda n'attaquent plaçant 8 coups au but et cinq autres probables.

A 7.58, tous les avions étaient de retour moins deux Barracuda et un Hellcat abattus, les pertes britanniques perdant 9 hommes. Une autre attaque prévue le lendemain fût finalement annulée et le 6 avril 1944, la flotte était de retour à Scapa Flow. Le Tirpitz était lui sévèrement endommagé, les efforts pour réparer les dégâts de l'opération Source étaient ruinés sans parler de la perte de 122 hommes tués et de 316 hommes blessés. Ce n'est que le 22 juin 1944 que le Tirpitz pu reprendre ses essais dans l'Altenfjord.

Trois autres opérations furent prévues mais annulés en raison du mauvais temps Planet le 24 avril 1944, Brawn le 15 mai et Tiger Claw le 28 mai 1944.

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Le Fairey Barracuda

Le 17 juillet 1944, la Fleet Air Arm lança une nouvelle attaque, nom de code Mascot. 44 Barracuda armés de bombes perforantes de 454kg et de bombes polyvalentes de 227kg escortés par 18 Corsair, 18 Hellcat et 12 Firefly ayant décollé des porte-avions Formidable, Indefatigable et Furious. A 2.04, le Tirpitz fût alerté, la DCA en position et l'écran de fumée établit. L'attaque commença à 2.20, un coup à toucher frôlant le navire à 2?21 mais à 2.25, le navire devenu invisible rendit impossible une attaque de précision. Un Barracuda et un Corsair furent abattus.

Le Tirpitz ne connu qu'une brève accalmie qui fût l'occasion pour lui d'effectuer une dernière sortie à la mer les 31 juillet et 1er août en compagnie des destroyers Z29 Z31 Z33 234 et Z39.

Trois semaines plus tard, la Fleet Air Arm salua à nouveau le cuirassé allemand pour une série d'opérations baptisés Goodwood I,II, III et IV dans lesquelles furent engagés les porte-avions d'escadre Indefatigable, Formidable, Furious ainsi que les porte-avions d'escorte Nabob et Trumpeter.

Goodwood I et II eurent lieu le 22 août 1944, voyant l'engagement de Barracuda et de Hellcat escortés par des Corsair pour une première attaque qui n'eut pas le succès de l'opération Tungsten même si les Hellcat revendiquèrent deux coups au but. Le soir même, 6 Hellcat de l'Indefatigable attaquèrent le Tirpitz, revendiquant également deux coups au but à l'aide de bombes de 227kg. Goodwood I fût également l'occasion d'attaquer la navigation côtière, les installations portuaires et les hydravions du Tirpitz mouillés à proximité. En réalité, aucun coup au but ne fût revendiqué mais les pertes britanniques furent bien plus faibles (1 Barracuda et 1 Hellcat) que celles revendiquées par les allemands (12 appareils). Malheureusement pour les britanniques, un U-Boat torpilla le Nabob qui rentra cahin caha en Grande Bretagne et la destruction de deux hydravions Blohm & Voss 138 par les CAP ne fût qu'une brève consolation pour la Fleet Air Arm.

Le 24 août dans l'après midi, la Fleet Air Arm lança l'opération Goodwood III. Les porte-avions Indefatigable, Formidable et Furious lancèrent un total de 33 Barracuda armés de bombes de 726kg, 10 Hellcat armés de bombes de 227kg, 24 Corsair (cinq armés de bombes de 454kg) et 10 Fairey Firefly chargés de faire terre. Les allemands furent mises en alerte à 15.47 et l'écran de fumée émis pendant que les britanniques attaquaient dans toutes les directions pour faire perdre la raison à la DCA. En dépit de l'épaisseur de l'écran de fumée, deux coups au but furent enregistrés pour la perte de deux Hellcat et de quatre Corsair.

Le mauvais retarda l'opération suivante, Goodwood IV n'étant lancée que le 29 août 1944 quand 60 avions des porte-avions Formidable et Indefatigable furent lancés à l'assaut du cuirassé mais quand les avions britanniques arrivèrent sur zone, le cuirassé allemand était entièrement couvert par l'écran de fumée et l'attaque s'effectua en aveugle sans résultat (deux revendiqués sur le moment) pour le prix d'un Firelfy et d'un Corsair. La force d'attaque couvrit le convoi RA-59 avant de regagner Scapa Flow. Goodwood IV fût la dernière attaque menée par la Fleet Air Arm contre le Tirpitz et pour la perte de 17 avions et de 40 hommes, les résultats étaient maigres.

A noter que les américains envisagèrent une attaque à l'aide de B17 Flying Fortress mais la soute ne pouvait embarquer que de petites bombes qui s'étaient révélés inefficaces contre le Tirpitz et le projet ne reçut aucune suite concrète tout comme le projet d'une attaque menée par des Mosquito (nom de code «Servant» ) dont la vitesse aurait pu contrer le système de camouflage par écran de fumée. Enfin, on étudia l'utilisation de six Sunderland larguant des mini sous-marins de poche mais là encore, l'opération n'eut jamais lieu.

C'était au Bomber Command de régler son sort au fleuron de la Kriegsmarine........ .

«Paravane» «Obviate» et «Catechism» : échec et mat pour le Tirpitz

Un Avro Lancaster et une bombe Tallboy

Depuis les premières attaques menées sur Wilhelmshaven en 1939, les capacités de la Royal Air Force pour attaquer les navires au mouillage avaient été considérablement accrues notament grâce à l'oeuvre de deux hommes : le docteur Barnes Wallis créateur des bombes comme les Tallboy de 12000 livres et le Wing Commander Guy Gibson commandant du squadron 617 qui s'était rendu célèbre en faisant sauter les barages de la Rhur.

Le 10 septembre 1944, 33 Avro Lancaster des squadrons 617 et 9 accompagnés par 2 Liberator transportant des pièces détachées décollèrent de Lossiemouth pour l'URSS, _étape obligée, un Lancaster chargé d'une bombe Tallboy n'ayant pas le rayon d'action nécessaire pour relier la Grande Bretagne et le Kafjord_ et la base de Yagodnik. Les mauvaises conditions et des problèmes de radio navigation firent que six avions durent faire des atterissages d'urgence et furent perdus.


12000 livres de puissance brute

Le 15 septembre 1944, enfin l'opération «Paravane» fût déclenchée et 27 Avro Lancaster décollèrent dont 21 armés de bombes Tallboy et 6 armés de mines Mk II. Les bombardiers franchirent les 90 miles séparant sa base de départ de la cible mais cinq minutes avant l'arrivée sur site, le rideau de fumée fût déclenchée et l'attaque menée en aveugle, 16 bombes Tallboy étant larguées avant que les avions ne regagnent Yagodnik puis l'Angleterre. Les reconnaissances ultérieures ne montrèrent aucun dégât mais des rapports de la résistance norvégienne montrèrent que le cuirassé avait été victime d'un coup à toucher à 15m mais le souffle d'une bombe de 5443kg est terrifiant, provoquant le déchaussement de tout l'appareil propulsif.

Les allemands décidèrent de déplacer le cuirassé dans des eaux où le navire ne pourrait pas couler et chavirer. Après une minutieuse étude hydrographique, le cuirassé se déplaça seul dans le Sorbotn près de Tromso dans la nuit du 14 au 15 octobre et fût aussitôt entouré de filets anti-torpilles et d'une importante DCA.


Carte de l'attaque fatale au Tirpitz

Ce déplacement arrangeait les britanniques, le cuirassé se trouvant désormais à distance raisonable des îles britanniques pour les Lancaster des squadrons 9 et 617 munis de réservoirs supplémentaires et armés de bombes Tallboy.

Le 28 octobre 1944, les bombardiers décollèrent de Lossiemouth pour une nouvelle attaque nom de code Obviate. A minuit, un Mosquito chargé d'une mission de reconnaissance météo informa le Bomber Command que les conditions au dessus de Tromso étaient excellentes. 32 bombardiers armés d'une bombe Tallboy décollèrent, franchirent la mer du Nord, arrivant en Norvège au sud de Tromso, longeant la frontière suedoise pour attaquer mais à 8.50, les conditions météo se dégradèrent et l'attaque eut lieu dans des conditions difficiles, les bombes étant larguées trop haut pour percer le pont blindé mais de toute façon, seul un coup à toucher fût enregistré. Un appareil endommagé se posa en Suède, tous les autres rentrant en Grande Bretagne.


Le Tirpitz sous les bombes

Le 12 novembre 1944, le Bomber Command lança l'opération Catechism. A 3.00 du matin, 32 Avro Lancaster décollèrent sur un total prévu de 39 appareils, les sept appareils manquant étant trop gelés pour pouvoir décoller. Les avions arrivèrent en Norvège à 9.35 à 100 miles au sud-est de Tromso, se mettant en formation avant de prendre un cap nord ouest à une altitude de 4267m. La DCA ouvrit le feu mais il n'y avait ni nuage ni écran de fumée, la cible était parfaitement visible.


Un cratère Tallboy

L'attaque commença à 9.41 quand un premier Lancaster largua sa Tallboy qui frappa le cuirassé et huit minutes plus tard, pas moins de 29 bombes furent larguées d'une altitude comprise entre 39810 et 4877m. Deux coups au but furent enregistrés à tribord notament à proximité de la tourelle C provoquant un début d'incendie et une gite de 20° à babord qui bientôt s'aggrava et passa à 70°.

A 9.50 juste après le larguage de la dernière bombe, une violente explosion et la tourelle C sauta litteralement de son chemin de roulement et fût retrouvé à 12m du navire. Le cuirassé hors de combat, chavira.
Bien que l'ordre d'évacuation ait été donné, le naufrage fût si rapide qu'il ne laissa aucune chance aux hommes enfermés dans les fonds du navire et sur les 1882 hommes à bord, 880 seront sauvés dont 87 après le chavirage, 28 officiers et 874 hommes étant tués.


Le Tirpitz chaviré


L'épave fût démantelé par des ferailleurs norvégiens entre 1949 et 1957 après avoir payé 100000 couronnes au gouvernement norvégien. A noter pour l'anecdote, qu'un élément du Tirpitz fût cédé par les ferailleurs norvégiens au Bomber Command, un panneau interne marqué par une fresque «Gegen England» contre l'Angleterre, panneau que se disputèrent les deux squadrons qui avaient réalisé l'attaque du cuirassé allemand.


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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Lun 01 Mar 2010, 23:54

Les cuirassés de type H

Les cuirassés type H auraient été des adversaires redoutables pour les britanniques

Au moment où est pensé le plan Z, la construction des cuirassés Bismarck et Tirpitz est bien avancée et la Kriegsmarine envisage la suite des événements.

Dans un premier temps, elle pense se doter de navires similaires à la classe précédente tout en réduisant le calibre à 350mm pour suivre l'accord naval anglo-britannique mais les informations sur les projets soviétiques poussèrent les allemands à dôter leurs futurs cuirassés de canons de 380mm (à l'époque les Bismarck étaient officiellement armés de canons de 350mm) et d'une propulsion diesel pour leur permettre de mener une guerre de course dans l'Atlantique Sud.

En avril 1937, les américains annoncèrent que leurs North Carolina seraient armés de canons de 406mm ce qui poussa Hitler à ordonner que les cuirassés codés «H» et «J» soient armés du même calibre donnant naissance à la variante «H 37» qui ne pouvant être construite immédiatement fût abandonnée au profit de la variante «H 39»


Le cuirassé type H en construction chez Blohm & Voss

6 cuirassés étaient prévus mais seul le «H» et le «J» furent mis sur cale respectivement le 15 juillet 1939 chez Blohm & Voss de Hambourg et le 1er septembre 1939 chez Deutsch Schiff und Maschinenbau AG à Breme mais les travaux furent suspendus un mois plus tard en octobre 1939. les élements assemblés furent démantelés à partir du 25 novembre 1941.

La défaite de la France et l'espoir d'une paix séparée avec la Grande Bretagne poussa Hitler et l'OKM à relancer le projet dans une variante H40 mais ce projet fût abandonné en 1942 en raison d'une guerre contre l'Union Soviétique plus longue que prévue. La variante H40a déplaçait 64575 tonnes, 270m de long sur 37.60m de large avec un armement réduit à 6 canons de 406mm en trois tourelles doubles tandis que la variante H40b déplaçait 68906 tonnes, mesurait 287m de long sur 39.20m de large avec 8 canons de 406mm en quatre tourelles doubles.

A la variante H40 succéda la variante H41 (64000 tonnes/74799 tonnes à pleine charge; 277.80m de long; 8 canons de 406 ou de 420mm) puis la variante H42 (83265 tonnes/96451 tonnes à pleine charge; 304.38m de long 8 canons de 406 ou de 420mm) et enfin la variante H43 (103342 tonnes/118014 tonnes à pleine charge; 328.30m de long 8 canons de 480mm)

L'étude finale déboucha sur un navire totalement délirant dont on doute de la faisabilité puisque la variante H44 devait mesurer 344.20m de long, déplacer 141500 tonnes avec pour armement des canons de 508 voir même de 530mm.

7 canons de 406mm furent fabriqués et utilisés pour la défense côtière : 3 à la batterie Lindemann du Cap Blanc Nez (France) et 4 autres à Trondheim (Norvège). La batterie Lindeman fût désarmée après guerre, les canons feraillés et les blockaus ensevelis en 1989 avec les remblais du tunnel Sous la Manche alors que les blockaus norvégiens furent repris par la marine norvégienne et utilisés jusqu'en 1968.


Les canons de 406mm ne fûrent pas perdus : ci-dessus la batterie Lindeman et ci-dessous la batterie de Trondenses


Les quatre autres navires prévus (K L M et N) auraient été construits respectivement par Deutsche Werke de Kiel, au Kriegsmarinewerft (arsenal) de Wilhelmshaven, chez Blohm & Voss et chez Deutsche Schift und Maschinenbau de Breme.

La mise sur cale du «K» et du «M» étaient prévues pour le 1er octobre 1940 et le lancement pour le 1er octobre 1942, celles du «L» et du «N» était prévue pour le 1er mars 1940 pour un lancement prévu le 1er mars 1942.

Aucun nom de baptême officiel ne leur à été attribué mais plusieurs noms circulent comme le Hidenburg ou le Frederich Der Grosse (Frederic le Grand)

(Les caracteristiques suivantes sont celles de la variante H39)

Déplacement : standard 55453 tonnes pleine charge 56440 tonnes

Dimensions : longueur : (hors tout) 277.80m (à la flottaison) 265.80m largeur : 37.10m tirant d'eau : 10.20m

Propulsion : 12 moteurs Diesel Man 9 cylindres dévellopant une puissance totale de 165 à 174000ch et actionnant 3 hélices

Performances : vitesse maximale : 29 noeuds distance franchissable : 16000 miles nautiques à 19 noeuds

Protection : ceinture : 175 à 295mm pont principal 50 à 80mm pont blindé : 100 à 120mm ceinture anti-torpilles : 45mm soute à munitions : 220mm tourelles principales : 125 à 380mm tourelles secondaires : 40 à 100mm Passerelle : 400mm

Armement :

-8 canons de 406mm modèle 1934 répartis en 4 tourelles doubles (deux avant et deux arrière). Ce canon de 52 calibres tire des obus de 1030kg perforants ou explosifs à une distance maximale de 36800m (site : +33°) à raison de 2 coups par minute. La tourelle double pèse 1452 tonnes pouvant pointer en site de -5° à +33° et en azimut sur 150°. Chaque canon est alimenté à 120 coups soit un total de 960 coups pour l'ensemble du navire.

-12 canons de 150mm modèle 1934 répartis en six affûts doubles sous masque. Ce canon de 55 calibres tire des obus de 45.3kg (explosifs perforants) ou 41kg (éclairant) à une distance maximale de 23000m (élévation en site : +40°) à raison de 6 à 8 coups par minute. L'affût double pèse 116 tonnes et peut pointer en site de -10° à +40° et en azimut sur 360°.La dotation est de 105 coups par canon soit un total de 1260 coups.

-16 canons de 105mm modèle 1933 répartis en huit affût doubles. Ce canon de 65 calibres tire des obus de 23.5kg (explosif incendiaire) 26.5 ou 27.35 (explosifs) à une distance de 17700 en tir à but surface(site : +45°) et à 12500m en tir antiaérien (site : +80°) à raison de 15 à 18 coups par minute.

L'affût double pèse 27 tonnes et peut pointer de -10° à +80° en site et sur 360° en azimut. La dotation est de 420 obus par affût soit un total de 3360 coups.

-16 canons de 37mm modèle 1934 en 8 affûts doubles C33. Ce canon de 83 calibres tire des obus de 2.1kg à une distance maximale de 8500m en tir à but surface (site : +40°) et 4800 à 6800 en tir antiaérien (site : +40°) à raison de 30 coups par minute. L'affût double pèse 3670kg et peut pointer en site de -10° à +85° et en azimut sur 360°. La dotation en munitions est de 2000 coups par canon soit un total de 16000 projectiles.

-24 canons de 20mm modèle 1934 en 6 affûts quadruples C38. Ce canon de 65 calibres tire des obus de 134 ou 148g (explosif et perforant) à une distance maximale de 4900m en tir à but surface (site : +45°) et 3700m (site : +90°) en tir à but antiaérien à raison de 220 coups (cadence pratique) à 480 coups (cadence théorique) par minute. L'affût quadruple pèse 416kg et peut pointer en site de -10° à +90° et sur 360° en azimut. La dotation en munitions est de 2000 coups par canon soit 48000 projectiles.

-6 tubes lance-torpilles de 533mm. La torpille modèle 1939 pèse 1603kg (charge militaire : 271kg) et peur atteindre une cible à 5000m à 30 noeuds, vitesse portée à 7500m au cours de la guerre.

Aviation : une catapulte et 4 hydravions de reconnaissance Arado AR 196. Le hangar aurait été installé entre la cheminée et la tourelle Caesar, la catapulte installée au pied de la tourelle Dora donc victime prévisible du souffle de la tourelle Dora d'autant que les catapultes allemandes n'étaient pas connues pour leur robustesse.

Equipage : 2600 hommes

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Mar 02 Mar 2010, 00:15

Caracteristiques Techniques des Bismarck


Déplacement : standard : 45451 tonnes (Bismarck) 45474 tonnes (Tirpitz) pleine charge : 50995 tonnes (Bismarck) 53500 tonnes (Tirpitz)

Dimensions :

Bismarck : longueur 250.50m (241.55m entre perpendiculaires) largeur 36m tirant d'eau 8.71m à l'avant et 10.20m à l'arrière (1941)

Tirpitz : longueur 253.60m (241.72m entre perpendiculaires) largeur 36m tirant d'eau 8.92m à l'avant et 10.61m à l'arrière (1944)

Appareil propulsif :

-Trois groupes de turbines Blohm & Voss (Brown & Boverie pour le Tirpitz) composé chacun d'une turbine haute pression, une turbine moyenne pression et une turbine basse pression alimentées par douze chaudières Wagner en six salles de chauffe dévellopant une puissance totale de 150170ch et entrainant 3 hélices de 4.70m de diamètre. 8294 tonnes de mazout.

-La production d'énergie électrique est assurée par deux groupes de 4 diesels générateurs de 500 kW, cinq turbogénérateurs de 690 kW et un de 460 kW soit une puissance total de 7910 kw, ces moteurs étant alimentées par 183 tonnes de diesel.

Performances : vitesse maximale 30.8 noeuds distance franchissable : 8500 miles à 19 noeuds pour 6640 miles nautiques à 24 noeuds et 4500 miles nautiques à 29 noeuds (Bismarck) et 8870 miles nautiques à 19 noeuds pour le Tirpitz.

Protection : ceinture blindée 320mm (315mm pour le Tirpitz) ponts blindés 50 à 120mm tourelles 230 à 355mm

Télémétrie et conduite de tir:

(Données concernant le Bismarck) Cinq télémètres de 10.5mm pour l'artillerie principale (un au sommet de la tour et orienté vers l'avant, un installé à l'arrière, un pour la tourelle Bruno, un pour la tourelle Caesar et un pour la tourelle Dora); un télémètre de 7m sur le blockaus, deux télémètres de 6.5m pour l'artillerie de 150mm; 2 télémètres de 3m sur la passerelle-amiral, 4 télémètres de 4m SL8 pour l'artillerie AA de 105mm et 8 télémètres portables de 1.25m pour les canons de 37mm.


Le central radar du Bismarck

Le Bismarck disposait aussi de trois radars FuMo 23 mais leur fiabilité laissait à désirer.


Projecteur Siemens-Schukert
Sept projecteurs de 150cm Siemens-Schuckert


Armement :


Tourelles arrières du Bismarck

-8 canons de 380mm (15 pouces) SK/C34 en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrière). Ce canon de 52 calibres tire des obus de 800kg à une distance maximale comprise entre 5000m (2.2° d'élévation) à 36520m (30° d'élévation) à raison de 2.3 à 3 coups par minute. La tourelle double Drh LC/38 pèse 1052 tonnes et peut pointer en site de -5.5° à +30° et en azimut sur 145°. La dotation en munitions est de 130 obus par canon soit un total de 1040 projectiles.


Ecorché de la tourelle double de 380mm

-12 canons de 150mm modèle 1934 en six affûts doubles. Ce canon de 55 calibres tire des obus de 45.3kg (explosifs perforants) ou 41kg (éclairant) à une distance maximale de 23000m (élévation en site : +40°) à raison de 6 à 8 coups par minute. L'affût double C28 pèse 116 tonnes et peut pointer en site de -10° à +40° et en azimut sur 360°.La dotation est de 105 coups par canon soit un total de 1260 coups


Tourelle double de 150mm du Bismarck et ci-dessous l'écorché de la tourelle


-16 canons de 105 modèle 1933 et 1937 pour le Bismarck et 1937 pour le Tirpitz en huit affûts doubles. Ce canon de 65 calibres tire des obus de 23.5kg (explosif incendiaire) 26.5 ou 27.35 (explosifs) à une distance de 17700 en tir à but surface(site : +45°) et à 12500m en tir antiaérien (site : +80°) à raison de 15 à 18 coups par minute. L'affût double SK/C33 ou 37 pèse 27 tonnes et peut pointer de -10° à +80° en site et sur 360° en azimut. La dotation est de 420 obus par affût soit un total de 3360 obus.


Tourelle double de 105mm

-16 canons de 37mm modèle 34 en huit affûts doubles. Ce canon de 83 calibres tire des obus de 2.1kg à une distance maximale de 8500m en tir à but surface (site : +40°) et 4800 à 6800 en tir antiaérien (site : +40°) à raison de 30 coups par minute. L'affût double pèse 3670kg et peut pointer en site de -10° à +85° et en azimut sur 360°. La dotation en munitions est de 2000 coups par canon soit un total de 32000 projectiles.

-12 canons de 20mm C30 en affûts simples. Ce canon de 65 calibres tire des obus de 134 ou 148g (explosif et perforant) à une distance maximale de 4900m en tir à but surface (site : +45°) et 3700m (site : +90°) en tir à but antiaérien à raison de 220 coups (cadence pratique) à 480 coups (cadence théorique) par minute.

L'armement du Tirpitz augmenta progressivement jusqu'à compter 72 canons de 20mm en 1944.

-Huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples installées sur le Tirpitz à partir de juillet 1942. La torpille modèle 1939 pèse 1603kg (charge militaire : 271kg) et peur atteindre une cible à 5000m à 30 noeuds, vitesse portée à 7500m au cours de la guerre.

Aviation : deux catapultes avec deux hangar de 12m de long sur 5m de large installés de part et d'autre de la cheminée pour quatre hydravions monoplans Arado Ar 196. Deux autres appareils peuvent être embarqués sur les catapultes. Les catapultes mesurent 14.60m de long. La manoeuvre des hydravions est assurée par deux grues de 4 tonnes.


Le hangar hydravion et ci-dessous la catapulte


Equipage : ; Sur le Tirpitz 2530 à 2608 hommes. Sur le Bismarck, il y avait en mai 1941 103 officiers et 1962 sous officiers et matelots soit 1165 hommes, 1056 hommes formant l'état-major de l'amiral et les équipes de prises furent embarqués avant le début de Rheinubung.

Sources

-François-Emmanuel Brézet : Histoire de la marine allemande 1939-1945

-Encyclopédie des armes éditions Atlas tome 2 «Les cuirassés de la seconde guerre mondiale» P341-360

-Navires et histoire Hors Série N°3 «La Kriegsmarine en 1939»

-Ressources internet diverses comme NavWeaps, Wilkipedia, Maritimequest

-Docs et photos de l'ami Vautour


FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : FAIREY GANNET


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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Mar 02 Mar 2010, 07:07

finalement ...
2 X 50 000 tonnes d'acier qui auraient causé bien plus de tracas si elles avaient été consacrées à des Panzer IV ou des U-boote

Une chose très révélatrice: l'importance des moyens que la Royal Navy sut mettre en oeuvre pour couler le Bismarck

La carrière du Tirpitz montre en complément la principale capacité de nuisance de ces navires être planqué comme menace potentielle

En clair pour ces navires élégants et normalement puissants mais si peu novateurs (cuirasse, pas d'artillerie secondaire à double action) le dilemne était:
sortir se retrouver seul et être détruit
survivre, planqué dans un fjord ou à Brest en essuyant bombardement sur bombardement
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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Mar 02 Mar 2010, 09:33

Je crois que c'est l'amiral Raeder qui à dit que ka Kriegsmarine en 1939 n'était faite que pour mourir dans l'honneur et préparer ainsi une future renaissance. Donitz disait une chose semblable "Ne prenez pas cette guerre à la légère. Elle sera très longue, durera peut-être sept ans et nous serons heureux si elle se termine par un compromis".

Pour l'impact du Bismarck, il aurait été bien plus grand si les allemands avaient réussi à concentrer à Brest le Bismarck, le Tirpitz, le Scharnhorst, le Gneisenau et le Prinz Eugen comme c'était prévu à l'origine. Bonjour la menace sur les convois de l'Atlantique. De plus vue la désorganisation du dispositif britannique causée par ce cuirassé, l'impact aurait été bien plus grand si en parallèle les allemands avaient par exemple lancé une campagne de mouillage de mines, des raids aériens et une attaque massive de sous marins.

Dans ma seconde guerre mondiale alternative, je me demande si la Kriegsmarine va lancer une guerre de course même si une partie de la France sera occupée et que l'Espagne et le Portugal devraient avoir un rôle bien plus actif.

P.S : C'est mon 8000ème message, tous à la cambuse bande de poivrots je paye ma tournée lol! lol!

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MessageSujet: Re: ALLEMAGNE CUIRASSES CLASSE BISMARCK   Mar 02 Mar 2010, 11:02

Respect Claus ...

Mais je pense que Brest était une fausse bonne idée.
Navire et Histoire dans ses deux numéros consacrés au Gneisenau (12/13)montre bien que durant sa présence à Brest le navire (et ses deux conserves Scharnhorst et Prinz Eugen) subit les assauts répétés et teigneux de la RAF.

Résultat un navire perpétuellement plus ou moins endmmagé au bassin en alerte permanente, que les allemands n'ont eu de cesse de rapatrier ... en Allemagne.

Le soucis de la Kriegsmarine en 1940/41 se résume en un constat:
pas assez de navires des surface pour pouvoir contester DURABLEMENT et EFFICACEMENT la supériorité de la RN et de l'USN sur l'Atlantique.

Il faut rappeller que la seule présence d'un cuirassé classe R au sein d'un convoi suffisait à faire renoncer le Scharnhorst et le Gneisenau à l'attaquer. Les allemands savaient (avant même mai 41 et la sortie du Bismarck) que tout dommage impliquant la propulsion ou la vitesse d'un navire de combat signifiait sa perte...
Le commandant du Scharnhorst fut réprimandé dans l'action évoquée ci-dessus pour avoir tenté de sa propre initiative d'attirer à lui la protection du convoi pour permettre à son jumeau d'attaquer les marchands.

Raeder avait été dans l'état major de Hipper il savait à quel point la Kriegsmarine de 1939 était vulnérable... en 40 c'est pire avec la disparition de 10 grands destroyers d'un coup à Narvik...

En celà l'oncle Adolf était conforté dans sa vision que la Kriegsmarine ne servait pas à grand chose ...

Un des principaux soucis des navires de surface allemand, ils ne bénéficiaient pas de la supériorité aérienne en atlantique et partout où la RN pouvait déployer ne serait-ce qu'un porte-avion.
Une fois la Kriegsmarine a bénéficié de la supériorité aérienne au profit de ses grands navires et çà a marché: Cerberus et le repli justement de Brest en Allemagne. Les anglais n'ont rien pu faire et ce sont lEs mines qui ont fait tout le boulot.

Paradoxalement entre 40 et 42 l'endroit où les Allemands auraient pu faire le plus de mal avec leurs grands navire c'était (ne riez pas) la Méditerranée. Avec la supériorité air du X Fliegerkorps et des ritals les grands navires auraient pu donner leur pleine mesure avec je pense un degré d'engagement > à Regia Marina.

Mais bon encore fallait-il entre en Méditerranée

Prosit Claus !!!
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