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 ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD

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clausewitz
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MessageSujet: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 21:01

CROISEUR DE BATAILLE HMS HOOD (CLASSE ADMIRAL)
(GRANDE BRETAGNE)


The Mighty Hood (le puissant Hood)

Avant propos

Au temps de la marine à voile, aux côtés des imposantes escadres de navires de ligne armés de 32, 44, 78 voir même 144 canons existaient des navires plus petits. Je mettrai de côté les goelettes, les bricks et les flûtes qui n'opèrent jamais avec les escadres pour me concentrer sur un type de navire bien particulier appelé frégate.

C'était généralement des navires de taille moyenne (une quarantaine de mètres) d'un déplacement standard d'environ 6 à 700 tonnes avec pour armement une trentaine de canons. Il est difficile de faire un portrait robot généraliste car chaque marine avait son modèle, son genre de frégate. La Royal Navy considérait par exemple ses frégates comme des navires de ligne de 4ème, 5ème ou 6ème rang.


La frégate française Lutine, typique des frégates de la fin du 18ème siècle

Bien que pouvant opérer au sein des escadres, les frégates opéraient généralement isolément pour des missions de reconnaissance, de liaison et de présence outre mer qu'il s'agisse de défendre les premières implantations coloniales en Afrique (Sénégal pour la France, Gold Coast _futur Ghana_ pour la Grande Bretagne) ou de traquer le commerce ennemi sur tous les océans du globe.

La «Mutation industrielle» (terme préférable à celui de «Révolution Industrielle») ne tarda pas à toucher la marine et particulièrement la marine de guerre. Depuis que l'homme combat et navigue sur mer, il n'y avait que deux moyens de se mouvoir sur mer : la rame et la voile qui souvent cohabitaient.

A la fin du 18ème siècle, la voile est dominante, la rame ayant été incapable de suivre l'inflation de la masse des principaux navires de guerre, les galères ayant connu leur dernière heure de gloire à Lépante (1571) même si des galères suédoises et russes s'affrontèrent encore à la fin du 16ème siècle en Baltique mais cette mer était secondaire par rapport à l'Atlantique ou la Méditerranée.

La voile connait également ses limites tout comme le bois utilisé pour les coques. Le bois est un matériau vivant qui travaille, particulièrement sensible au froid, à la chaleur, aux bacteries et aux molusques limitant la taille et l'armement des navires.

L'apparition du métal et de la vapeur eut un impact phénoménal dans la construction et la tactique navale. Cet impact mit cependant un certain temps à se faire sentir, le temps que la propulsion vapeur soit à la fois compacte, robuste, efficace et que les chantiers maitrise la construction en acier qui supplanta définitivement la construction en bois au cours des années 1860.

Pour prendre l'exemple du cuirassé si le premier d'entre eux, le Gloire était un navire en bois muni de plaques de blindage, le bois céda peu à peu du terrain sur les classes suivantes (Magenta, Flandre, Océan) mais il fallut attendre le Friedland entré en service en 1875 pour avoir un cuirassé à structure en fer et blindage en acier.

La frégate en bois et à voile céda peu à peu la place à un nouveau type de navire, le croiseur cuirassé. Ces navires étaient chargés principalement de l'éclairage de la flotte, de la lutte contre les bâtiments du même type et d'une présence armée en outre mer sans parler d'une éventuelle guerre de course contre le commerce ennemi.

La Royal Navy était au 19ème siècle la première marine du monde, défendant la supériorité britannique sur les mers selon la maxime «Britannia rules the wave».

Elle ne pouvait pas passer à côté d'une telle innovation et se dôta rapidement de croiseurs cuirassés, le premier étant le HMS Shannon, un navire de 5670 tonnes, long de 79m, large de 16.5m et tirant d'eau de 6.78m, disposant encore d'une propulsion mixte voile/vapeur (pour faciliter le déploiement outre mer dans des temps où les machines à vapeur nécessitaient encore une lourde maintenance) avec pour armement deux canons de 254mm (10 pouces) et sept canons 229mm (9 pouces) à chargement par la bouche et 6 canons de 20 livres à chargement par la culasse. Entré en service en 1877, il fût rapidement relégué à des missions de défense côtière (1883) avant d'être placé en réserve en 1893 et d'être vendu à la démolition en 1899.


Le croiseur cuirassé HMS Nelson

Cette première expérience peu concluante ne doucha pas l'ardeur des anglais qui mirent en chantier deux nouveaux armoured cruiser, la classe Nelson composée de deux navires (Nelson et Northampton) déplaçant environ 7500 tonnes affichant une longueur 85m et une largeur de 18m, disposant d'une propulsion mixte voile/vapeur et d'un armement composé de quatre canons de 254mm, de huit canons de 229mm, 6 canons de 20 livres et 3 canons de 9 livres, ces deux derniers étant à chargement par la culasse. En service en 1878 (Northampton) et en 1880 (Nelson), ces navires finirent leur carrière comme navire école (changement de statut en 1894 pour le premier et 1902 pour le second) respectivement en 1905 et 1910.


Le croiseur cuirassé HMS Warspite (ci-dessus) et ci-dessous le schéma d'artillerie des Impérieuse

Aux Nelson succédèrent les deux navires de classe Imperieuse (Imperieuse et Warspite) entrés en service en 1886 et 1888. Ces deux navires déplaçaient 8400 tonnes, mesurait 96m de long sur 19m de large, disposant toujours d'un système de propulsion mixte avec un armement composé de 4 canons de 254mm (un en barbette à l'avant, un en barbette à l'arrière et deux installés latéralement), 6 canons de 152mm installés latéralement trois par trois et 4 tubes lance-torpilles. L'Imperieuse fût transformé en navire-dépôt en 1905 puis vendu à la démolition en 1913 tandis que le Warspite servit de navire de combat jusqu'à sa vente à la démolition en 1906.


Le HMS Orlando (ci-dessus) était le navire leader d'une classe entièrement propulsée à la vapeur et ci-dessous leur schéma d'artillerie

Confiants dans ce modèle, les britanniques passèrent à la vitesse supérieure. La classe Orlando se composait de sept navires entrés en service en 1888 (Orlando, Australia) et 1889 (Aurora, Galatea, Immortalité, Narcissus et Undaunted) qui étaient les premiers croiseurs cuirassés uniquement propulsés par vapeur. Ces navires qui restèrent en service jusqu'en 1905 (Orlando, Australia, Galatea) 1906 (Narcissus) et 1907 (Aurora, Immortalité et Undaunted) déplaçaient 5600 tonnes, mesurant 91m de long sur 17 de large avec un tirant d'eau de 6.9m, une vitesse de 17 noeuds et un armement composé de 2 canons de 254mm (une pièce à l'avant et une pièce à l'arrière) 10 canons de 152mm (4 installés aux quatre coins du navire encadrant les pièces de 254mm et 6 pièces installées latéralement par groupes de trois), 6 canons de 6 livres, 10 canons de 47mm et 6 tubes lance-torpilles de 450mm sous marins (quatre latéraux, un à la poupe et un à la proue).


Le croiseur cuirassé HMS Blake

La classe Blake se composait cette fois de deux navires baptisés Blake et Blenheim. Entrés en service en 1892 et 1894, ces navires déplaçaient 9150 tonnes soit presque le double de la classe précédente dépassaient les 100m (114m de long, 20m de large de 7.85m) et les 20 noeuds (22 noeuds). La disposition de leur armement rejoignait celle des cuirassés avec 2 canons de 234mm sous masque à l'avant et l'arrière et 10 canons de 152mm installés en casemates latéraux qui fût la norme pour l'armement secondaire des grands navires de combat jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. Convertis en navires-dépôts en 1907, ils furent vendus à la démolition après la première guerre mondiale, en 1922 pour le Blake et en 1926 pour le Blenheim.


Le HMS Gibraltar de classe Edgar (ci-dessus) et ci-dessous le schéma d'artillerie de ces navires

La Classe Edgar fût l'une des classes de croiseurs cuirassés les plus nombreuses de la marine de sa glorieuse majesté avec neuf navires entrés en service en 1893/94 (Edgar Hawke en 1893, Endymion en 1894, Royal Arthur en 1893, Gibraltar Grafton St George Theseus et Crescent en 1894). ces navires déplaçaient seulement 7700 tonnes, mesurant 118m de long sur 18m de large pour un tirant d'eau de 7.3m.

Filant à 22 noeuds, ils étaient armés de deux canons de 234mm en affûts simples avant et arrière (sauf le Royal Arthur et le Crescent armés de 2 canons de 152mm à la place du 234mm arrière), 10 canons de 152mm (quatre sous masque derrière les affûts de 234mm et six en casemates latéraux), 12 canons de 47mm et 4 tubes lance-torpilles de 450mm.

Ces navires connurent un sort varié. Si le Hawke fût coulé par le sous marin U9 le 22 octobre 1914 (ce sous marin avait déjà coulé le 22 août les Aboukir, Cressy et Hogue) et que le St George servait de dépôt flottant depuis 1909, tous les autres servirent de croiseurs cuirassés jusqu'à la fin de leur carrière. Tous furent vendus à la démolition en 1920 (Endymion, Grifton, St George) en 1921 (Edgar, Royal Arthur, Theseus et Crescent) et 1923 (Grafton).

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 21:23


Le HMS Powerful et ci-dessous leur schéma d'artillerie


Aux neuf Edgar succédèrent les deux croiseurs cuirassés classe Powerful. Ces navires déplaçaient en effet 14200 tonnes, affichaient des dimensions importantes (150m de long sur 22m de large et un tirant d'eau de 8.2m), une vitesse de 22 noeuds pour égaler les réalisations étrangères équivalentes mais ils se révélèrent sous armés avec seulement deux canons de 234mm à l'avant et à l'arrière, 12 canons de 152mm en casemates (8 en quatre casemates doubles derrière les affûts de 234mm et 4 latéraux au milieu du navire), 16 canons de 76mm, 12 canons de 47mm et 9 mitrailleuses Maxin alors que le Rurik son adversaire potentiel était armé de 4 canons de 254mm en deux tourelles doubles, 8 canons de 203mm en quatre tourelles doubles et 20 canons de 120mm.

Entrés en service en 1897 (Powerful) et 1898 (Téméraire), ils servirent de croiseurs cuirassés et de transports de troupes jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. En novembre 1919 et août 1920, ils furent transformés en navire écoles, rebaptisés Impregnable et Fisgard III et utilisés dans ce rôle jusqu'en août 1929 et juillet 1932, date de leur vente à la démolition.


Le HMCS Niobe, l'un des premiers navires de la marine canadienne et ci-dessous, le schéma d'artillerie des Diadem


La classe Diadem succèda aux Powerful. Ces huit navires déplaçaient 11000 tonnes, mesuraient 140m de long sur 21m de large et 7.7m de tirant d'eau et filaient à 20.5 noeuds pour un armement de 16 canons de 152mm (4 canons sous masque _2 avant et 2 arrière_ ; 8 en casemates latéraux superposés à avant tribord, arrière tribord, avant babord et arrière babord et 4 en casemates latéraux) 14 canons de 76mm, 3 canons de 47mm et 2 tubes lance-torpilles de 450mm.

Ils sont entrés en service entre 1898 et 1903 (Diadem en 1898, Amphitrite en 1901, Andromeda en 1899, Argonaut en 1900, Ariadne en 1902, Europa en 1899, Niobe en 1898 et Spartiate en 1903) servant pour des taches de combat et de soutien jusqu'à leur désarmement au début des années vingt sauf l'Andromeda démoli en 1956 et le Spartiate en 1932.


Le HMS Cressy et ci-dessous le schéma d'artillerie de cette classe


Aux Diadem succédèrent les six croiseurs cuirassés de classe Cressy. Ces six navires qui entrèrent en service en 1901 (Cressy), en 1902 (Sutley, Aboukir, Hogue et Bacchante) et en 1904 (Euralyus) étaient des navires de 12000 tonnes, mesuraient 144m de long sur 21 de large pour un tirant d'eau de 7.9m avec un armement composé de deux canons de 234mm (deux affûts simples _un avant et un arrière_), 12 canons de 152mm (8 en 4 affûts superposés installés à tribord avant, tribord arrière, babord avant et babord arrière et 4 installés latéralement au milieu du navire), 12 canons de 76mm, 3 canons de 47mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm.

Après avoir servit outre-mer, ces navires armés par des réservistes ou des marins peu expérimentés formèrent le 7th Cruiser Squadron surnomé «Live Bait Squadron» («squadron des appâts vivants) chargé de patrouiller en mer du Nord. Le 22 septembre 1914, le U9 du lieutenant de vaisseau Weddingen repéra les Cressy, Aboukir et Hogue patrouillant sans escorte au large des Pays Bas et les torpilla successivement. Les autres navires survécurent à la guerre et furent vendus à la démolition en 1920 (Bacchante et Euryalus) et 1921 (Sutley).


Le HMS Leviathan de classe Drake

Aux six Cressy succédèrent les quatre croiseurs cuirassés de classe Drake. Ces navires qui entrèrent en service en 1902 (Drake et Good Hope) et 1903 (King Alfred et Leviathan) étaient des navires de 14150 tonnes, mesurant 162m de long sur 21m de large avec un tirant d'eau de 7.9m avec un armement identique aux Cressy composé de de deux canons de 234mm (deux affûts simples _un avant et un arrière_), 12 canons de 152mm (8 en 4 affûts superposés installés à tribord avant, tribord arrière, babord avant et babord arrière et 4 installés latéralement au milieu du navire), 12 canons de 76mm, 3 canons de 47mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm.Au plan opérationnel, le Drake fût coulé par le sous marin U79 le 2 octobre 1917 et le Good Hope anéanti par l'escadron de Graf Spee à Coronel le 1er novembre 1914, les deux autres survivant à la guerre et étant vendus à la démolition en 1920.


Le HMS Berwick classe Monmouth

La classe Monmouth fût la classe de croiseurs cuirassés la plus nombreuse de la marine britannique avec pas moins de dix navires entrés en service entre 1903 et 1905 (Monmouth,Bedford, Essex, Kent, Berwick en 1903, Cornwall en 1905, Cumberland en 1904, Donegal en 1903, Lancaster et Suffolk en 1904). Ces navires déplaçaient 9880 tonnes, mesuraient 141m de long sur 20m de large avec un tirant d'eau de 7.6m, une vitesse de 23/24 noeuds avec un armement se rapprochant des futurs croiseurs légers type Washington avec 14 canons de 152mm (deux tourelles doubles _une avant et une arrière_ et dix en casemates latéraux _cinq de chaque côté_), 10 canons de 76mm, 3 canons de 47mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm.

Deux d'entre eux furent détruits, le Monmouth à la bataille de Coronel le 1er novembre 1914 et le Bedford qui s'échoua en octobre 1910 en mer de Chine et dont l'épave fut démantelée sur place. Les autres navires furent vendus à la démolition en 1920 sauf l'Essex et le Cumberland en 1921.


Le croiseur cuirassé HMS Devonshire

Aux dix Monmouth succédèrent les six Devonshire (Devonshire, Antrim, Argyll, Carnarvon, Hampshire et Roxburgh) qui entrèrent en service en 1905. Il s'agissait de navires de 10850 tonnes, mesurant 140m de long sur 20.88m de large et un tirant d'eau de 7.3m et filant à une vitesse de 22 noeuds. Leur armement était différent des Monmouth avec 4 canons de 190mm (un avant un arrière et deux latéraux avant), 6 canons de 152mm en casemates latéraux, 18 canons de 76mm et 2 tubes lance-torpilles de 450mm.

Au plan opérationnel, l'Argyll s'échoua près de Dundee le 28 janvier 1915 et fût déclaré irrécupérable alors que le Hampshire sauta sur une mine allemande au large de Scapa Flow le 5 juin 1916 alors qu'il transportait le secrétaire d'Etat à la guerre, Lord Kitchener en Russie. Les autres furent vendus à la démolition en 1921 (Devonshire, Carnarvon et Roxburgh) et 1922 (Antrim).


Le croiseur cuirassé Duke of Edimburgh

Aux Devonshire succédèrent une première classe de deux navires, la classe Duke of Edimburgh dont les deux navires (Duke of Edimburgh et Black Prince) entrèrent en service en 1904 et si le premier fût vendu à la démolition en 1920, le second fût coulé à la bataille du Jutland en 1916. Il s'agissait de navires de 13550 tonnes, de 154m de long sur 22.4m de large sur 8.4m de tirant d'eau, filant à 23 noeuds avec pour armement 6 canons de 234mm en six affûts simples (un à la proue, un à la poupe et quatre latéraux sur le pont principal), 10 canons de 152mm en casemates latéraux simples, 22 canons de 47mm et 3 tubes lance-torpilles de 450mm.


Le croiseur cuirassé HMS Achilles de classe Warrior

La classe Warrior qui suivit (Warrior Cochrane Achilles et Natal) entra en service en 1905 et se différençiait des deux navires précédents par leur armement composé avec 6 canons de 234mm en six affûts simples (un à la proue, un à la poupe et quatre latéraux) mais les 10 canons de 152mm en casemates furent remplacés par 4 canons de 190mm en casemates latéraux. Le nombre de canons de 47mm fût porté à 26 mais les tubes lance-torpilles de 450mm maintenus. Au plan opérationnel, seul l'Achilles fût vendu à la démolition en 1921 puisque le Warrior fût coulé au Jutland, le Cochrane s'échoua sur les rives de la Mersey le 14 novembre 1918 et le Natal explosa le 30 décembre 1915 en Ecosse.


Le croiseur cuirassé HMS Minotaur l'antéantépénultième croiseur cuirassé britannique

Les trois Minotaur furent les derniers croiseurs cuirassés construits par la marine britannique. Entrés en service en 1908 (Minotaur et Shannon) et 1909 (Defence), il s'agissait de navires de 14600 tonnes, mesurant 158m de long sur 22.71m de large avec un tirant d'eau de 7.9m et filant à 23 noeuds. Sur le plan de l'armement, les Minotaur étaient dôtés de 4 canons de 234mm en deux tourelles doubles (une avant et une arrière), 10 canons de 190mm en casemates latéraux, 18 canons de 76mm anti-torpilleurs et 5 tubes lance-torpilles de 450mm. Au plan opérationnel si le Minotaur et le Shannon survécurent à la guerre et furent vendus à la démolition en 1920 et 1922, le Defence fût l'un des trois croiseurs cuirassés coulés à la bataille navale du Jutland.

La bataille du Jutland fût le chant du cygne du croiseur cuirassé qui était jadis le roi des mers en l'absence du cuirassé. L'apparition du croiseur de bataille bouleversa tout et à chaque affrontement entre armoured cruisers et battlecruisers se termina toujours au bénéfice des derniers qu'il s'agisse de la bataille des Falklands, de la bataille du Dogger Bank ou de la bataille du Jutland. Ailleurs, les croiseurs cuirassés se révélèrent inadaptés à l'éclairage et aux patrouilles de surveillance et les années vingt virent le désarmement de ces navires peu à peu remplacés par les nouveaux croiseurs type Washington qu'il s'agisse des nouveau croiseurs de 10000 tonnes à canons de 203mm ou de leurs «petits frères», des navires de 6 à 8000 tonnes à canons de 152mm (155mm parfois).

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 21:47

Genèse du Hood : une histoire du croiseur de bataille

Au début du 20ème siècle, les fleurons des différentes marines du monde étaient des cuirassés de 15000 tonnes, filant à 18 noeuds avec un armement composé par exemple pour les Lord Nelson britanniques de 4 canons de 305mm en deux tourelles doubles, de 10 canons de 234mm en quatre tourelles doubles et deux tourelles simples, de 24 canons de 76mm, de 3 canons de 47mm et de 5 tubes lance-torpilles de 450mm.


Le Lord Nelson et l'Agamemnon furent les derniers cuirassés type prédreadnought de la marine britannique

Tout cela allait bien vite changer. Les systèmes de conduite de tir de plus en plus performant auguraient des combats à des distances inimaginables quelques années auparavant. Problème, les cuirassés armés d'une grande variété des calibres n'étaient pas adaptés. Meteez vous à la place d'un directeur de tir chargé de régler le tir de canons ayant une portée et des capacités différentes au milieu du bruit, de la fumée......... .


Le projet de Vittorio Cuniberti

Aussi l'idée d'une uniformisation des calibres ne tarda pas à faire de son chemin et bien que tous les pays y ait pensé, on attribue généralement son invention à l'italien Vittorio Cuniberti qui à défaut de le construire pour la Regia Marina décrit le navire idéal dans la revue Jane's en 1903. Il proposait un navire de 15000 tonnes armé de 12 canons de 300mm, une ceinture blindée de 300mm (rapidement s'imposera l'idée qu'un cuirassé doit être protégé contre le calibre de sa propre artillerie) et une vitesse de 24 noeuds, le choix de cette vitesse s'expliqua par la volonté du théoricien italien de permettre au navire de choisir ou non d'engager le combat, utilisant une métaphore taurine pour expliquer ce choix («Le taureau dans la vaste arène s'abuse en pensant que, plus puissant que l'agile torero, il à la maïtrise complète de la scène du combat»).

Les américains et les anglais étaient les plus avancés dans cette course et sans l'énergie déployé par John «Jacky» Fisher, les américains auraient été les premiers à disposer de «All big guns battleship» et on aurait parlé de Michigan et de Prémichigan au lieu de Dreadnought et de Prédreadnought.


Le HMS Dreadnought symbolise une révolution navale comme plus tard le USS Nautilus

Le premier lord de l'amirauté ne s'arrêta pas en si bon chemin. Obsédé par la vitesse et la puissance, il rêvait d'un navire fonçant à toute vitesse sur l'ennemi pour le pilonner et pouvoir se retirer avant la riposte. Cette idée lui avait été inspiré par la bataille de Tsushima qui virent les cuirassés de l'amiral Togo écraser la flotte russe qui filait à 9 noeuds.........après un tour du monde éreintant depuis la Baltique par le Cap de Bonne Espérance.

Il fit ainsi construire les premiers croiseurs de bataille suivant la maxime «Speed is armour» (la vitesse vaut un blindage) dans l'optique de détruire les forces d'éclairage de l'ennemi et de pouvoir choisir ou non d'engager le combat mais sans jamais être intégré à des escadres conventionnelles et affronter des cuirassés plus orthodoxes comme ce qui se passera à la bataille du Jutland.


Le HMS Invincible, premier croiseur de bataille de l'histoire

La classe Invincible composée de trois navires (Invincible, Inflexible et Indomitable) fût mis en service en 1908 et 1909 (Invincible). Il s'agissait de navires 18000 tonnes, filant à 27 noeuds avec un armement composé de 8 canons de 305mm en quatre tourelles doubles et de 16 canons de 102mm en affûts simples ou en casemates.


Le Blücher dernier croiseur cuirassé de la marine allemande

Leur construction se déroula dans le plus grand secret, les informations qui parvinrent aux oreilles des allemands étaient fragmentaires et pas améliorées par le fait que ces navires étaient classés «armored cruiser» (croiseurs cuirassés). La Kaiserliche Marine fit construire le Blücher, un navire de 16000 tonnes, filant à 25 noeuds avec un armement composé de 12 canons de 210mm en six tourelles doubles, de 8 canons de 150mm en casemates, de 16 canons de 88mm et de 4 tubes lance-torpilles de 345mm qui est considéré comme le «chainon manquant» entre le croiseur cuirassé et le croiseur de bataille.


Les Indefatigable étaient étroitement dérivés des Invincible

La Royal Navy ne s'arrêta pas en si bon chemin et construisit ensuite la classe Indefatigable composée là encore de trois navires (Indefatigable, New Zealand et Australia _ce dernier servant au sein de la Royal Australian Navy) entrés en service en 1911, 1912 et 1913. Il s'agissait de dérivés de la classe Invincible, déplaçant 18800 tonnes, filant à 26 noeuds avec pour armement 8 canons de 305mm en quatre tourelles doubles, 16 canons de 102mm et 4 tubes lance-torpilles de 450mm.

Du côté allemand, l'apparition du croiseur de bataille fût une mauvaise nouvelle pour la toute jeune marine allemande en pleine croissance notament parce que le Blücher était à peine achevé qu'il était déjà dépassé.

De plus, l'amiral Tirpitz n'était pas un chaud partisan du croiseur de bataille, considérant à la différence de l'amiral Fisher que priver un cuirassé de son blindage et faire confiance aux cinq noeuds d'écart avec les cuirassés «orthodoxes» était une véritable hérésie. Aussi si il fit construire des Battlecruiser ce ne fût que pour répondre aux anglais mais en veillant à ce que leur protection soit bien meilleure ce qui se vérifia à la bataille du Jutland. Souvenez vous du Derfflinger, le «Iron Dog» pour les anglais qui réussit à rentrer au port après avoir encaissé 21 obus de gros calibre alors que l'Invincible sauta à cause d'un obus tout comme le Queen Mary et l'Indefatigable.


Le Von Der Tann fût le premier croiseur cuirassé de la Kaiserliche Marine

Le premier croiseur de bataille allemand est admis au service actif en 1910 un an après les Invincible. Baptisé Von der Tann, il était plus gros (près de 20000 tonnes) aussi rapide (27 noeuds) mais avec un armement plus faible avec 8 canons de 280mm en quatre tourelles doubles, 10 canons de 150mm en casemates, 16 canons de 88mm et des tubes lance-torpilles mais une protection plus sérieuse.


Le croiseur de bataille Moltke

Comme il y avait une course au cuirassé, il y eut entre la Royal Navy et la Kaiserliche Marine une course au croiseur de bataille et pour riposter aux Indefatigable, les allemands construisirent les deux Moltke (Moltke, Goeben),deux navires de 22000 tonnes étaient armés de 10 canons de 280mm en cinq tourelles doubles, 12 canons de 150mm en casemates et 12 canons de 88mm filant à 28 noeuds. Le Seydlitz était un dérivé des Moltke, déplaçant 25000 tonnes avec une protection renforcée et fût admis au service actif en 1913.


Le Seydlitz était un étroit dérivé des Moltke

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 21:55

L'apparition du superdreadnought eut également ses conséquences dans le domaine des croiseurs de bataille. Après les Invincible et les Indefatigable, les anglais construisirent la classe Lion composée de trois navires (Lion, Princess Royal et Queen Mary) admis au service actif en 1912 et 1913 pour le troisième. Il s'agissait de navires de 26250 tonnes, filant à 27.5 noeuds avec un armement composé de 8 canons de 343mm en 4 tourelles doubles, de 16 canons de 102mm et de 2 tubes lance-torpilles de 533mm.


Le Lion fût le navire amiral de l'amiral Beatty. Sévèrement endommagé à la bataille du Jutland, il faillit subir le sort du Queen Mary.

La riposte allemande ne tarda pas et fût mise en service la classe Derfflinger. Cette classe (Derfflinger, Lützow et Hindenburg) fût mise en service en 1914 pour le premier, 1915 pour le second et 1917 pour le dernier. Ces navires de 27000 tonnes, filant à 26.5 noeuds marquaient un net saut qualitatif pour les croiseurs de bataille allemands puisque les Derfflinger abandonnèrent le canon de 280mm au profit du 305mm à raison de 8 pièces en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières) et 12 (14 pour le Lützow et le Hindenburg) canons de 150mm en casemates, 12 canons de 88mm (2 pour le Derflinger et 4 pour le Hindenburg) et 4 tubes lance-torpilles de 450mm (Derfflinger) ou de 600mm (les deux autres).


Le cauchemar des anglais avait un nom : Derfflinger

Aux Lion, succéda la Tiger qui resta le seul navire de sa classe. A l'origine, ce navire admis au service actif en octobre 1914 aurait du être le quatrième navire de classe Lion mais entre-temps, les chantiers Vickers avaient commencé à construire le Kongo pour la marine impériale japonaise, un navire bien mieux protégé et solidement armé (8 canons de 356mm). Les plans du Tiger furent donc modifiés pour intégrer les progrès apportés par le Kongo même si l'armement était toujours composé de 8 canons de 343mm en quatre tourelles doubles.


Le Tiger resta unique et la question de savoir si il aurait du avoir un sister-ship reste encore mystérieux aujourd'hui

L'apparition des Lion ne tarda pas à faire réagir les allemands qui venaient de construire les trois Derfflinger. Même avec des canons de 305mm, les trois derniers croiseurs de bataille allemands étaient inférieurs aux Lion aussi la Kaiserliche Marine passa à la vitesse supérieure avec les Mackensen.


Les Mackensen furent la réponse aux Lion mais ils ne prirent jamais la mer

Ces navires déplaçaient 31000 tonnes (mais 35 à pleine charge), filant à 28 noeuds avec un armement composé de 8 canons de 350mm en 4 tourelles doubles, 14 canons de 150mm en casemates latéraux, 8 canons de 88mm antiaériens et 5 tubes lance-torpilles de 600mm. Quatre navires étaient prévus (Mackensen, Graf Spee, Prinz Eitel Friedrich et Fürst Bismarck ) et furent mis sur cale en 1915 mais seulement les deux premiers furent lancés en 1917 mais jamais achevé car à cette époque la Kaiserliche Marine avait abandonné la construction de navires de ligne (les Saschsen et les Würtemberg de classe Bayern étaient dans le même cas) au profit des destroyers et des sous marins.


Les Admiral répondirent aux Mackensen........

L'annonce de la construction des Mackensen poussa les britanniques à réagir en musclant leur flotte de croiseurs de bataille. Le design des Lion et même du Tiger étant jugé trop juste, la marine britannique du repartir de zéro. Ils abandonnèrent le 343mm au profit du 381mm qui devenait le canon standard de la flotte de ligne britannique avec les Queen Elisabeth et les Revenge. Ce fût l'acte de naissance de la classe Admiral qui devait se composer de quatre navires baptisés Hood, Anson, Howe et Rodney mais seul le premier fût achevé ne tirant que partiellement les leçons du Jutland.


.........Et les Ersatz Yorck aux Admiral

L'annonce de la construction des Admiral poussa les allemands à prévoir une riposte appropriée sous la forme des trois Ersatz Yorck ( Ersatz Yorck, Ersatz Gneisenau et Ersatz Scharnhorst) qui était une version du Mackensen armés de 8 canons de 380mm en quatre tourelles doubles, 12 canons de 150mm en casemates, 8 canons de 88mm antiaériens et 3 tubes lance-torpilles de 600mm, déplaçant 33500 tonnes avec une vitesse de 27.3 noeuds. Seul le premier fût mis sur cale mais jamais lancé pour les raisons annocés plus haut. Les anglais alertés avaient pris les dispositions nécessaires en décidant d'achever en croiseurs de batailles les sixième et septième Revenge.


Craignant que les Mackensen et les Ersatz Yorck soient en ligne avant les Admiral, les anglais précipitèrent l'achèvement des Renown et Repulse

A l'origine des Admiral il y à la fois la nécessité de s'opposer aux Mackensen mais également une demande proprement britannique émise en novembre 1915 pour un cuirassé de nouvelle génération rompant avec la longue lignée née avec le Dreadnought et les Orion. Cependant quand on consulta l'amiral Jellicoe, ce dernier préférait que l'on travaille sur un nouveau modèle de croiseur de bataille et le design fût modifié en conséquence. Il s'agissait notament de mettre fin au spectacle des navires piquant dans la plume même par mer peu formée ce qui impliquait un tirant d'eau et un franc bord important. Cinq projets furent étudiés entre novembre 1915 et février 1916 mais le projet fût brutalement accéléré par la découverte par les services de renseignement britannique du projet Mackensen et les plans des Admiral approuvés le 7 avril 1916.

Les quatre Admiral furent financés dans le cadre du programme d'urgence de 1916. le Hood, le Rodney et le Howe furent commandés en avril et le Anson en juillet. Le Hood qui sera le seul achevé est mis sur cale le 31 mai 1916 jour de la bataille du Jutland au cours de laquelle trois croiseurs de bataille sautèrent (comme le dira l'amiral Beatty à bord du Lion à son capitaine de pavillon A.E Chattfield «Il semble qu'il y ait quelque chose qui n'aille pas avec nos sacrés de bon dieu de bateaux aujourd'hui) ce qui provoque l'arrêt de la construction pour modifier en urgence les plans qui sont définitivement approuvés le 4 août avant une nouvelle mise cale qui eut lieu le 1er septembre 1916.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 22:06

Historique


Présentation

Avant et pendant le lancement


-Le HMS Hood est mis sur cale aux chantiers John Brown de Glasgow sur la Clyde le 1er septembre 1916 lancé le 22 août 1918 à 13h05 en présence de sa marraine, la veuve du contre-amiral Horace Hood tué à la bataille du Jutland alors qu'il commandait le croiseur de bataille HMS Invincible. La mise en place de l'armement commence au début de l'année 1919 et sont achevés le 18 décembre 1919. Les premiers essais au poste fixe ont lieu les 9 et 10 décembre 1919 et les premiers essais à la mer ont lieu le 9 janvier 1920. Il est admis au service actif le 29 mars 1920.

Pourtant le dernier croiseur de bataille construit par la Royal Navy ne rendait pas hommage à ce vaillant officier mais à son arrière-arrière grand père, l' Amiral Samuel Hood, 1er Vicomte Hood (1724-1816). Engagé dans la marine de Sa Gracieuse majesté en 1741, il participa à la guerre de succession d'Autriche, à la guerre de Sept Ans (attaque du port du Havre sous le commandement de Rodney en 1759) à la guerre d'indépendance américaine et aux guerres de la révolution participant à la prise de Toulon (septembre-décembre 1793) dont les anglais furent chassés grâce au talent d'un jeune capitaine d'artillerie promu à un brillant avenir, le capitaine Napoléon Bonaparte mais aussi à l'éphémère occupation britannique de la Corse. Promu amiral en Avril 1794, il ne reçut plus de commandement à la mer en raison de son âge vénérable pour un marin du 18ème siècle. Mort le 27 janvier 1816, il fût pour Horatio Nelson, le plus grand marin qu'il ait jamais connu.


Samuel Hood qui fût le mentor d'un certain Horatio Nelson

Le nouveau fleuron de la Royal Navy était le troisième (et à l'heure actuelle le dernier) à rendre hommage à la famille Hood qui avait à cette époque fournit treize officiers à la marine de sa gracieuse majesté. Le premier fût un navire de ligne de 2ème classe armé de 91 canons mis sur cale sous le nom de HMS Edgar, rebaptisé en 1848, lancé en 1859 mais sa carrière opérationnelle fût brève puisqu'il fût transformé en auxiliaire portuaire en 1872 et vendu à la démolition en 1888.


Le cuirassé HMS Hood classe Royal Sovereign

Le second est un cuirassé de classe Royal Sovereign. Mis sur cale en août 1889, il fût lancé en juillet 1891 et admis au service actif le 1er juin 1893. Désarmé en 1911, la coque du cuirassé fût utilisé pour protéger l'accès sud de la base navale de Portland dans le Dorset et coulée le 4 novembre 1914.

Sur le plan technique, c'était un navire de14190 tonnes, mesurant 125m de long sur 23 de large et un tirant d'eau de 8.38m, filant à 15.7 noeuds et ayant un armement composé de 4 canons de 343mm en deux tourelles doubles, 10 canons de 152mm en casemates latéraux, 10 canons de 57mm, 12 canons de 47mm et 6 tubes lance-torpilles de 450mm dont deux sous-marins.

Le Hood aurait donc du avoir trois sister-ship mais leur construction fût abandonnée quand il devint évident que les allemands avaient stoppé la construction des Mackensen et des Ersatz Yorck.

Le Rodney fût mis sur cale aux chantiers de la compagnie Fairfield Shipbuilding de Govan (Ecosse) le 9 octobre 1916. La construction fût suspendue le 9 mars 1917 et en octobre 1918, le chantier constructeur fût autorisé à libérer la cale, travaux qui s'achevèrent en août 1919.

Le Howe fût mis sur cale aux chantiers de la compagnie Cammell Laird de Birkenhead (Angleterre) le 16 octobre 1916. La construction fût suspendue le 9 mars 1917 et en octobre 1918, le chantier constructeur fût autorisé à libérer la cale, travaux qui s'achevèrent en août 1919.

Le Anson fût mis sur cale aux chantiers de la compagnie Armstrong Whitworth de Newcastle-on-Tyne le 9 novembre 1916. La construction fût suspendue le 9 mars 1917 et en octobre 1918, le chantier constructeur fût autorisé à libérer la cale, travaux qui s'achevèrent en août 1919.

Ces noms ne restèrent pas longtemps sans attribution. Les nom Anson, Rodney et Howe auraient pu baptiser avec le nom de Nelson les croiseurs de bataille type G3 mais au final ils baptisèrent un cuirassé de 35000 tonnes armés de 9 canons de 406mm (Rodney) et deux cuirassés de 35000 tonnes armés de 10 canons de 356mm de classe King George V (Anson et Howe)


Le Hood dans la Clyde en janvier 1920 à quelques mois de son admission au service actif

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 22:26

Jeunes années d'un croiseur de bataille (1920-1939)

Vue aérienne du HMS Hood

En dépit d'une haute priorité pour lui permettre d'être en ligne avant la fin du premier conflit mondial, le Hood n'est admis au service actif qu'en 1920 à l'époque où il est le plus gros navire de guerre du monde et la nouvelle fierté de la Grande Bretagne, le nouveau croiseur de bataille de la Royal Navy recevant le surnom de Mighty Hood (le puissant Hood). C'est un excellent vecteur de propagande, le HMS Hood étant chargé de montrer le pavillon aux quatre coins du monde.

La croisière impériale (1923-1924)

Itinéraire de la croisière impériale


L'une des opérations de propagande les plus extraordinaires fût la croisière menée par le Special Cruise Squadron en 1923/24. Cette escadre est composée des navires suivants :


Le croiseur de bataille Repulse fût le compère du Hood. Les deux navires furent coulés à quelques mois d'intervalles

-Deux croiseurs de bataille HMS Hood et Repulse (31592 tonnes; 242x27x9m;31.7 noeuds; 6 canons de 381mm en trois tourelles doubles, 9 canons de 102mm en trois tourelles triples, 8 canons de 102mm antiaériens en deux affûts doubles et quatre affûts simples, 3 Pompom octuple de 40mm, 8 tubes lance-torpilles de 533mm)


Le HMS Dragon termina sa carrière sous pavillon polonais

-Cinq croiseurs légers classe Danae, les HMS Danae, Delhi, Dragon Dunedin et Dauntless (4850 tonnes; 136x14x4.4m; 29 noeuds; 6 canons de 152mm en trois tourelles doubles, 2 canons de 76.2mm et 2 Pompom de 40mm)


Le HMAS Adélaïde

-Un croiseur léger de classe Town, le HMAS Adélaïde de la marine australienne (5560 tonnes; 138.8x14.9mx5.7m: 25 noeuds; 9 canons de 152mm en affûts simples, 4 canons de 76.2mm et 2 tubes lance-torpilles de 533mm) lors du passage dans l'Océanie uniquement.


Le SCS appareilla de Devonport le 27 novembre 1923 direction la Sierra Leone et le port de Freetown où il arriva le 8 décembre 1923, une escale de représentation (visite du gouverneur) mais aussi de ravitaillement en carburant et en vivres frais. Les navires qui venaient de parcourir 2805 miles nautiques furent ouvert au public le 11 décembre avant d'appareiller pour le Cap le 13 décembre 1923, arrivant à destination le 22 décembre 1923, les navires ayant parcouru au total de 3252 miles nautiques et au cours de ce trajet, plusieurs marins participèrent à la fameuse cérémonie de la ligne au cours de laquelle ils furent baptisés pour devenir de fiers représentants de Neptune.


La flotte quitta le Cap le 2 janvier 1924, visita ensuite Mossell Bay(3 janvier), East London (5 décembre et Durban qui fût la dernière escale sud-africaine, le Special Cruise Squadron quittant ce pays le 6 janvier 1924 pour Zanzibar où il arriva le 17 janvier 1924. A cette date, les navires engagés dans cette expédition avaient parcouru 11734 miles nautiques (18884km). Le Danae visita en solitaire le port de Dar-es-Salaam avant que tous les navires gagnent Trincomalee où ils arrivèrent le 26 janvier 1924.

Après Trincomalee, la flotte appareilla pour la Malaisie le 31 janvier arrivant le 4 février à Port Swettenham en Malaisie, tirant 17 coups de canons pour saluer le Sultan. Au cours de cette escale, un marin du Hood succomba à la malaria et fût enterré sur place. Les croiseurs de bataille et les croiseurs légers gagnèrent ensuite Singapour, le «Gibraltar du Sud-Est asiatique» le 10 février 1924 qui devait subir d'importants travaux qui furent bien entamés par la crise économique de 1929. A l'arrivée à Singapour, l'escadre avait parcouru un total de 1363 miles nautiques.


Le HMS Hood à Fremantle

Ils gagnèrent ensuite l'Océanie et les dominions d'Australie et de Nouvelle Zélande. Le Hood, le Repulse et les quatre croiseurs légers appareillèrent de Singapour le 17 février pour l'Australie, effectuant une courte escale aux îles Christmas (dépendance australienne) le 20 février avant d'arriver à Freemantle le 27 février, début d'une longue série d'escales sur l'île-continent qu'il s'agisse de Perth le 1er mars, d'Albany (toujours en Australie Occidentale) du 2 au 6 mars, d'Adélaide en Australie du Sud du 10 au 15 mars, de Melbourne (Victoria) du 17 au 25 mars 1924, escale au cours de laquelle un marin du Hood succomba à une crise cardiaque, d'Hobart sur l'île de Tasmanie du 27 mars au 3 avril, de Jervis Bay du 5 au 8 avril et de Sydney du 9 au 20 avril pour ce qui était la dernière escale australienne, le Special Cruise Squadron avait à cet instant parcouru depuis son départ de Devonport 18828 miles nautiques. Pour l'anecdote, la ville de Freemantle offrit un kangourou prénomé Joey comme mascote mais l'animal se révéra ingérable et sera cédé à un zoo anglais en 1926.

Le 20 avril 1924, le Hood, le Repulse et les autres croiseurs légers appareillèrent de Sydney direction la Nouvelle Zélande et la ville de Wellington où ils arrivèrent le 24 avril. Un prestigieux visiteur monta à bord, Lord Jellicoe à l'époque gouverneur général de Nouvelle Zélande.

Après 14 jours d'escale jusqu'au 8 mai, le SCS gagna Wellington où le Hood et les autres navires arrrivèrent le 10 mai (le Hood avait fait une escale à Napier la veille). Des détachements des équipages défilèrent en ville et les navires furent ouverts à la visite avant de quitter la Nouvelle Zélande le 18 mai (total de miles parcourus : 20864 miles nautiques). Le Dunedin s'arrêta là, étant transféré à la marine néo-zélandaise.


Le Diomede et le Dunedin à Wellington

Après une escale à Suva du 21 au 27 mai 1924, l'escadre britannique gagna Honolulu où ils arrivèrent le 6 juin, venant de parcourir 3133 miles nautiques depuis Suva (25026 miles au total). Au cours des six jours d'escale, se passa un événement embarassant : l'équipe de Cricket du Hood fût battu par une équipe de base-ball locale. Cette escale fût également difficile pour les équpages qui Prohibition oblige ne purent boire d'alcool durant ce séjour hawaïen.


Le Hood dans les eaux hawaïennes

Le 12 juin 1924, l'escadre appareilla, quittant les eaux chaudes des îles hawaïennes pour des eaux moins exotiques, celle de la Colombie Britannique, l'une des provinces du Canada. Le SCS arriva ainsi à Victoria (île de Vancouver) le 21 juin pour quatre jours d'escale après avoir parcouru 2459 miles nautiques depuis Oahu (27665 miles nautiques). Il gagna ensuite Vancouver pour dix jours d'escale jusqu'au 5 juillet, portant le total de miles parcouru à 27754 miles nautiques.


Le Hood et le Repulse photographié lors de l'escale en Colombie Britannique

Après deux jours de traversée, les navires britanniques arrivèrent à San Francisco le 7 juillet pour quatre d'escale au cours desquels le commandant de l'expédition, le Vice-Amiral Field reçut les clés de la ville.Le 11 juillet, l'escadre appareilla au grand complet de San Francisco mais dès le 12, les croiseurs de bataille et les croiseurs légers se séparèrent.Les croiseurs légers gagnant les ports sud-américains effectuant des escale à Valparaiso (Delhi et Danae), à Talcahuano (Dauntless et Dragon), Punta Arenas (tous) au Chili, Bahia Blanca (Dragon et Dauntless) Buenos Aires (Delhi et Danae), Montevideo (Dauntless et Dragon) et Rio Janeiro (les quatre croiseurs légers).


Le Hood dans le canal de Panama

Le Hood et le Repulse gagnèrent la zone du canal de Panama arrivant à Balboa le 23 juillet après 3442 miles nautiques (31996 miles depuis le départ) avant de franchir le canal de Panama et de déboucher à Colon en mer des Caraïbes le 24 juillet. Pour anecdote, la traversée couta au Hood la modique de 22 399 $.

Le retour vers la Métropole s'amorçait, le Hood et le Repulse effectuant une escale à Kingston du 26 au 30 juillet 1924 avant de mettre cap sur Halifax (Nouvelle-Ecosse) où avec le Repulse ils arrivèrent le 5 août après 1848 miles nautiques depuis la Jamaïque (total 34390 miles).

Le 15 août 1924, le Hood et le Repulse mirent le cap sur la ville de Québec où il arriva le 19 août pour une escale de 14 jours jusqu'au 2 septembre date de son départ pour Topsail Bay (Terre-Neuve) où les deux croiseurs de bataille arrivèrent le 6 septembre après avoir parcouru 940 miles depuis Québec (36198 miles nautiques). Le 19 septembre eut lieu à bord du Hood, une cérémonie de Miss remportée par Miss Honolulu devant miss Vancouver et miss Melbourne.

Le 21 septembre, les deux croiseurs de bataille quittèrent le Canada pour rentrer à Devonport, retrouvant le 28 septembre au large du cap Lizard, les croiseurs légers qui avaient traversé l'Atlantique depuis le sous-continent sud-américain et une escale au Cap Vert. Le Hood, le Repulse, le Danae, le Dragon, le Dauntless et le Delhi arrivèrent ensemble à Devonport le 29 septembre ayant parcouru un total de 38152 miles nautiques sans aucun incident majeur. 752049 personnes montèrent à bord du Hood sur un total de 2 millions de visiteurs pour l'ensemble de l'escadre.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 22:39

Carénages

Le HMS Hood en mer en 1925

Après plusieurs entretiens mineurs, le Hood subit sa première grande immobilisation pour entretien du 3 juin 1929 au 29 mai 1931. Il reçut une nouvelle conduite de tir, deux Pompom Mk V avec le directeur de tir idoine, une catapulte est installée à la poupe, la capacité en carburant est accrue de 3895 à 4615 tonnes, la coque, la propulsion et le système électrique est entièrement revisée. Les essais révèlent cependant que la catapulte est inutilisable. Elle est non seulement vulnérable au souffle des pièces de 15 pouces arrière, gène le pointage de celles-ci, supporte mal les vibrations lors des évolutions du navire à grande vitesse et la récupération du navire était difficile même par mer calme.


L'Installation d'une catapulte sur le Hood ne se révéla pas une réussite

Aussi la catapulte fût débarquée lors d'un carénage du 21 mars au 25 juin 1932 et la grue modifiée pour être installée sur le Ramillies (à cette occasion deux affûts quadruples de 12.7mm furent installés et la plate-forme aviation installée sur la tourelle B débarquée, celle de la tourelle X l'avait été durant un précédent carénage).

Le carénage suivant à lieu du 1er août au 5 septembre 1934, un carénage mineur qui voit l'installation d'un nouveau directeur de tir pour l'artillerie secondaire et le déplacement du directeur de tir des Pompom gênés par les fumées mais ce problème ne sera jamais complèrement résolu.

Un carénage plus conséquent à lieu du 26 juin au 10 octobre 1936 avec l'amélioration des transmissions de la conduite de tir, le débarquement du projecteur de 36cm installé au sommet mais le projet d'installer une catapulte sur la tourelle X ne se concrétisa pas.


Ecorché du Hood montra les entrailles de la bête

Ayant été affecté à la flotte de la Méditerranée après ce carénage, la période d'entretien suivant eut lieu à Malte du 8 novembre au 16 décembre 1937 avec l'installation d'un affût Pom-Pom, de deux affûts simples de 12.7mm, de deux canons AA de 102mm les tubes lance-torpilles sous marins furent débarqués. Le carénage suivant toujours à Malte eut lieu du 16 mai au 22 juin 1938 avec l'installation d'un directeur de tirs supplémentaire pour les Pompom, deux canons de 140mm furent remplacés par deux nouveaux canons de 102mm AA portant leur nombre à 8, les transmissions sont améliorées tout comme l'éctanchéité des anciens locaux des tubes lance-torpilles.

En juin 1939, le Hood retrouva la métropole et la Home Fleet aussi le carénage de février à juin 1939 eut lieu à l'Arsenal de Portsmouth. Cette phase de travaux vit la modification de la DCA avec le débarquement de deux affûts simples de 102mm remplacés par quatre affûts doubles de 102mm portant le total de canons de 102 à 14 (quatre affûts doubles et six affûts simples), deux projecteurs de 44cm et deux télémètres installés. Une nouvelle phase de travaux eut lieu en juillet-août 1939 avec le déplacement de deux canons de 140mm, le débarquement des six affûts simples de 102mm.

Comme tout le monde le sait ce fût le dernier carénage de termps de paix et d'ambassadeur de la puissance britannique, le Hood allait devenir ce qu'il était au fond de lui : une formidable machine de guerre.

La Grande Mutinerie d'Inverogordon (15 et 16 septembre 1931)

Aspect du Hood en 1931

Suite au «Jeudi Noir» et à l'effondrement de Wall Street, une crise économique d'une ampleur inédite frappe le monde entier. La Grande Bretagne particulièrement liée aux Etats Unis est gravement touchée.

La situation est telle qu'un gouvernement d'union nationale est formé en Grande Bretagne le 25 août 1931 sous la direction du travailliste Ramsay MacDonald. Pour conjurer la crise, ce dernier n'à d'autre choix que de mener une politique de rigueur illustrée par la baisse du traitement des fonctionnaires.

La Royal Navy, orgueuil de toute une nation est touchée. Pour atténuer le choc, l'Amirauté prévoit de diffuser le 10 septembre une lettre expliquant les décrets et appelant les marins au loyalisme mais les cafouillages de l'administration feront que la lettre sera diffusée après la publication des décrets officiels.

Les décrets sont publiés le 12 septembre 1931 et naturellement les journaux du lendemain dimanche 13 septembre y consacre une bonne part de leur pagination. Les marins s'arrachent les numéros pour connaître avec angoisse les conséquences des décrets. Partout c'est une immense déception : les plus petites soldes vont être plus touchées que les grosses et sont mécontents d'apprendre par la presse ce que les soldats de l'armée de terre on appris par leur hierarchie.

Dans l'après midi du 13 septembre, la bordée de repos est autorisée à se rendre à terre où la pression du groupe et des agitateurs font monter la pression alors qu'en fin d'après midi arrive à Invergordon, le cuirassé HMS Nelson, navire amiral de l'Escadre de l'Atlantique, transportant les fameuses lettres explicatives. Normalement, il aurait du les remettre immédiatement au HMS Hood mais il ne le fera que lundi matin.

A terre, les événements se précipitent. Les marins les plus décidés appelent à la grève, se gardant d'employer le mot tabou de mutinerie même si en appelant à la constitution d'un «soviet des marins», la différence est mince.

Tôt le lundi 14 septembre, les cuirassés Warspite et Malaya prennent la mer pour des exercices pendant que les autres navires se livrent au port à un entrainement individuel. Aucun incident grave ne se produit et les officiers se gardent bien de repprocher aux marins leur monchalance et le peu d'entrain qu'ils manifestent dans l'accomplissement de leurs tâches.

La fameuse lettre explicative est distribuée en cours de matinée et confirme les craintes des marins et ceux qui descendent à terre se réunissent à nouveau pour préparer la suite de leur mouvement, sachant que les matelots sont favorables à un mouvement de protestation et que les officiers mariniers sans y être favorables ne feront guère pour s'y opposer.

Une patrouille du Hood est envoyée au foyer des équipages mais l'officier qui tente de parlementer est mis dehors et demande des renforts au navire amiral qui les envoient mais ceux ci arrivent quand le foyer est vide, les marins ayant poursuivit leur réunion dans un parc de la ville, décidant une grève générale pour le lendemain alors qu'un grand exercice engageant les cuirassés Rodney et Valiant ainsi que les croiseurs de bataille Repulse et Hood est prévu. Un nouvel affrontement à lieu entre les mutins et la patrouille qui occupe le foyer mais cela ne dégénère pas en affrontement physique. La tension est cependant palpable.


Le Hood au tout début des années trente avec la catapulte à la poupe

A l'aube, le mardi 15 septembre 1931, le branle-bas retentit à bord du Rodney et du Valiant, l'équipage est nerveux et refuse de préparer l'appareillage, les officiers et les officiers mariniers doivent ainsi s'occuper de remonter les coupées, les embarcations mais quand ces dernier tentent de remonter les ancres, les matelots leur bloque l'accès et le commandant du Valiant doit informer l'amiral Tomkinson (qui fût le premier commandant du Hood en 1920) de son impossibilté d'appareiller.

Ce dernier qui est un intérimaire sait qu'une réaction autoritaire pourrait avoir l'effet inverse que celui escompté et il annule l'ordre d'appareillage du Rodney, du Valiant et rappelle le Malaya qui à passé la nuit dans un mouillage voisin.

Sur les autres navires, la mutinerie éclate après la cérémonie des couleurs à 8h. Si les équipages refusent de travailler, tout ceci se passe sans incident, les matelots réalisant même certains travaux de sécurité et de proprété. On frôle cependant à plusieurs reprises l'incident grave, certains matelots récement enrôlés se comportant en véritables «Hooligans» plutôt qu'en marins de sa Gracieuse Majesté.

Le matelot Wilcott du croiseur lourd Norfolk qui apparaît comme le véritable leader de ce mouvement exprime dans un manifeste la mentalité des mutins : une loyauté foncière poussée à la mutinerie par une mesure injuste. La situation reste confuse jusqu'à la tombée de la nuit, les mutins rassemblés à la proue des bâtiments prolongeant leur tapage pendant une partie de la nuit avant de regagner leurs hamacs.

Le lendemain, 16 septembre, la mutinerie à gagné presque tous les bâtiments basés à Invergordon notament les navires de ligne Valiant, Hood, Rodney et Warspite et les croiseurs lourds Dorsetshire et Norfolk. Deux navires sont épargnés, le croiseur lourd York _dont l'équipage à été impressioné par le geste héroïque du commandant en second qui le lundi précédent à plongé pour sauver un matelot ayant raté la coupée_ et le cuirassé Malaya où les officiers font tout pour limiter la contagion. Des Royal Marines rejoignent le mouvement et des déprédations sont commises faisant redouter le pire.

Le Conseil de l'Amirauté parvint à ramener peu à peu le calme en maniant habilement la carotte et le baton, seul le Nelson s'en tête mais une fois tous les navires appareillés, les mutins comprennent qu'ils ont perdu la partie et le cuirassé appareille à son tour, les navires ayant reçut l'ordre de regagner leurs ports d'attache.

Finalement le 21 septembre, le premier ministre annonce que les réductions de salaires des fonctionnaires ne dépasseront pas 10% ce qui ramène peu à peu le calme et la sérénité au sein des équipages de la marine britannique.

Il faut noter qu'ailleurs, le mouvement n'à quasiment aucun impact, le loyalisme l'ayant emporté sur la sédition, un agitateur est même jeté hors du foyer à Rosyth.


Le Hood à Portsmouth date inconnue

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 22:54

La marche à la guerre (1932-1939)

Vue de la plage avant du Hood

Basé à Porsmouth à partir d'octobre 1931, le Hood effectue une nouvelle croisière dans l'Atlantique et l'Océan Indien en janvier 1932 en compagnie de son compère le Repulse et de trois croiseurs légers. De retour à Porsmouth, il doit passer au bassin pour réparer ses hélices et ce passage au bassin est mis à profit pour débarquer la catapulte et la grue dont l'installation posait plus de problèmes qu'ils n'en résolvaient.


Dessin représentant l'état du Hood en 1932

Le 23 janvier 1935 suite à une erreur d'estimation, le Hood entra en collision avec le Repulse l'endommagea gravement, le «Migthy Hood» devant tout de même passer au bassin pour réparations. La commission d'enquête diligentée ensuite exonéra les deux commandants. Les 16 et 17 juillet 1935, il participe à la revue navale de Spithead en l'honneur du jubilé (25 ans de règne) du roi George V sur le trône depuis 1910. En septembre, devant la menace italienne sur l'Abyssinie, le Hood, le Repulse et six destroyers sont basés à Gibraltar mais cette force suite à des négociations avec l'Italie regagna Porsmouth.


Le HMS Hood en 1935

Le déclenchement de la guerre d'Espagne en juillet 1939 entraina le déploiement de navires de guerre français et britanniques. Le Hood, symbole de la puissance britannique est déployé de janvier à avril 1937. le 23 avril avril, trois cargos transportant des vivres de France à Bilbao sont interceptés par les croiseurs nationalistes Galerna et Almirante Cervera. Les cargos laissent un appel de détresse et le Hood intervient, sa seule présence oblige les croiseurs nationalistes à rendre leur liberté de manoeuvre aux cargos.


Le Hood en 1937. Notez les marques de nationalité sur la tourelle "B"

Déployé en Méditerranée depuis novembre 1936, le Hood participa le 7 mai 1937 à la revue navale de Spithead donnée en l'honneur du nouveau roi George VI. Il quitte la Mediteranean Fleet en juin 1939 pour être de nouveau affectée à la Home Fleet.


Le Hood à Portsmouth en mai 1937

17 mois de guerre : le Hood en action (septembre 1939-mai 1941)

Patrouilles et projets de refonte

Le Hood en 1939

Comme vu plus haut, le Hood n'est resté en Méditerranée qu'à peine deux ans et demi (novembre 1936-juin 1939) et réaffecté à la Home Fleet au sein de l'escadre des croiseurs de bataille et basé à Scapa Flow dans les Orcades avec pour mission de surveiller les voies d'accès potentielles des raiders allemands à savoir le fameux triangle GIUK (Groenland Iceland United Kingdom).

Au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale le 1er septembre 1939, le Hood était le navire amiral du 1st Battlecruiser Squadron portant la marque du contre-amiral Whitworth. Il multiplie durant les premiers jours de septembre les patrouilles en compagnie des autres navires de la Home Fleet. Le 17 septembre 1939, il reçoit la visite du Premier Lord de l'Amirauté, Winston Churchill.

Cinq jours plus tard, le 22 septembre, il appareille de Scapa Flow en compagnie du Repulse et de quatre destroyers pour couvrir des croiseurs et des destroyers censés détruire le trafic commercial allemand au large de la Norvège mais la collision des destroyers Javelin et Jersey entraine l'annulation de l'opération SK. Le 25 septembre, le Hood accompagné par le Repulse, le croiseur lourd Norfolk, les croiseurs légers Newcastle et Edinburgh et 6 destroyers quitte Scapa Flow pour couvrir la récupération du sous marin Spearfish incapable de faire surface. Vers 15h, la force commandée par le Hood subit une attaque aérienne et le navire-amiral reçoit une bombe qui explose à la poupe mais les dégats sont insignifiants et réparés par l'équipage. Le croiseur de bataille est de retour à Scapa Flow le lendemain 27 septembre 1939.

Le 7 octobre 1939, le roi George VI visita le croiseur de bataille mais en début d'après midi, l'Amirauté reçut une information d'un Hudson du Coastal Command ayant repéré au sud de la Norvège le croiseur de bataille Gneisenau, le croiseur léger Köln et 9 destroyers. Pour les autorités navales britanniques, pas de doute, cette sortie constituait une menace de premier ordre pour le trafic commercial allié.

C'est ainsi qu'à 15h30, appareilla de Scapa Flow une puissante force navale composée du Hood, du Repulse, des croiseurs légers Aurora et Sheffield plus 4 destroyers qui mit cap au NW pour intercepter les navires allemands, précédant de trois heures le reste de la Home Fleet mais les navires allemands firent demi tour et étaient de retour à Kiel le 10 octobre 1939. Les navires britanniques regagnèrent leurs bases.

Le 8 novembre 1940, le Hood quitta l'Ecosse pour Devonport afin de subir un carénage. Arrivé à destination le 11 novembre 1940, il du cependant reprendre la mer le 24 novembre 1940 pour retrouver le raider allemand qui venait de détruire le croiseur auxiliaire HMS Rawalpindi. La traque menée avec des navires français notament le croiseur de bataille Dunkerque ne donna rien et le Hood regagna la Grande Bretagne plus précisement l'estuaire de la Clyde le 1er décembre 1939.

Après un mois de décembre 1939 et un mois de janvier 1940 consacré à des couvertures de convois (notament trois convois transportant des troupes canadiennes en Grande Bretagne), le Hood participa à l'opération TC. Déclenchée le 16 février 1940 à 1H00, elle avait pour but de retrouver le pétrolier allemand Altmark qui transportait des prisonniers britanniques (les équipages des navires capturés ou coulés par le Graf Spee).

Le Hood chargé de couvrir l'apparition appareilla de l'estuaire de la Clyde le 19 après la découverte au large d'Heligoland des croiseurs de bataille Scharnorst et Gneisenau, du croiseur lourd Admiral Hipper et de destroyers pour ce qui ressemblait à un raid contre le commerce allié.

Il n'était pas seul puisqu'il était accompagné par le cuirassé Rodney et sept puis huit destroyers, direction les Shetlands pour couvrir par la même occasion un convoi. Dans la nuit du 19 au 20 cependant les navires allemands avaient fait demi-tour et le Hood regagna la Clyde le 24 février.

Du 29 mars au 27 mai 1940 à Devonport au cours de son avant dernier carénage, le Hood perdit les canons de 140mm restant remplacés par trois affûts doubles de 102mm portant le nombre de canons de 102mm à 14 comme avant juillet , un cable de démagnétisation installé pour protéger le croiseur de bataille des mines magnétiques. Un dernier carénage eut lieu du 16 janvier au 15 mars 1941 avec notament l'installation d'un radar de conduite de type 284.


Voilà à quoi aurait pu ressembler le Hood si il avait subit une profonde refonte

On le voit, le Hood ne subit aucune grande reconstruction comme les Queen Elisabeth ou les Renown faute de temps. Ce n'était pas faute de projets puisqu'en décembre 1938, on proposa le projet suivant : remplacement du système propulsif et des auxiliaires, remplacement des canons de 140 et 102mm par des tourelles doubles de 133mm,accroitre la DCA légère à six affûts octuples Pompom et débarquement des mitrailleuses de 12.7mm,installation d'une catapulte et d'un hangar suivant le modèle des King George V, renforcement du pont blindé, reconstruction des superstructures. Selon le calendrier prévu par l'Amirauté, le Hood aurait du être refondu après le Queen Elisabeth qui fût immobilisé pour travaux du 11 août 1937 au 10 décembre 1940 mais la guerre ne le permis pas.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 23:06

Operation Catapult (3 juillet 1940)

Le Hood à Scapa Flow en 1940

Soixante-neuf ans se sont écoulés depuis ce duel pour une fois fratricide entre anglais et français et si cela n'empêche pas les relations normales entre Londres et Paris, cela reste une page bien sombre de l'histoire franco-anglais. Comme le dire plus tard Winston Churchill, déclencher Catapult «fût la décision la plus difficile qu'il n'eut jamais à prendre»

Pour essayer de comprendre la décision britannique, il faut revenir à la situation politique et militaire au début du mois de juillet 1940. La France à signé l'armistice le 22 juin 1940 dans la forêt de Rethondes, armistice qui est entré en vigueur le 25 juin 1940 même si certains ouvrages de la ligne Maginot résisteront jusqu'au 7 juillet et ne se rendront que sur ordre.

Dès le 25 juin 1940, les navires marchands français présents en Egypte et en Grande Bretagne furent interdits d'appareillage et le 27 juin 1940, la décision fût prise de bloquer le détroit de Gibraltar pour empêcher des navires français de regagner leur port d'attache, tous à l'exception de Toulon se trouvant en zone occupée.

L'opération Catapult fût déclenchée le 3 août à l'aube. En Angleterre, sur les coups de 3h45 du matin, des unités des Royal Marines s'emparent des navires français par surprise. Il y à quelques affrontements mais dans l'ensemble l'effet de surprise joue en faveur des britanniques. La plupart des navires capturés resteront désarmés tout le long du conflit, seule une poignée sera remise en service au sein des FNFL, de la Royal Navy ou de diverses marines alliées.

A Alexandrie le 4 juillet, un gentleman agreement est conclu entre l'amiral Cunnigham et le vice-amiral Godeffroy, commandant de la force X composée du cuirassé Lorraine, des croiseurs lourds Tourville et Duquesne, le croiseur léger Duguay Trouin, les torpilleurs Fortune Forbin Basque et le sous marin Protée.

Les navires français furent internés à Alexandrie, devant vidanger leurs soutes, débarquer les percuteurs de leurs canons et les cones de leurs torpilles. Ces navires restèrent ainsi jusqu'en février 1943 quand ils rallièrent le gouvernement d'Alger.

Malheureusement, tout cela se passa beaucoup moins bien à Mers-El-Kebir où était concentré l'essentiel de la Force de Raid soit les croiseurs de bataille Strasbourg et Dunkerque, les cuirassés Provence et Bretagne, le transport d'hydravions Commandant Teste et les contre-torpilleurs Mogador, Volta, Tigre, Lynx, Le Terrible et Kersaint.


Le calme règne encore à Mers-El-Kebir

Pour ramener la force française à la raison, Churchill envoya un puissant groupe de combat sous le commandement du vice-amiral James Sommerville composé du croiseur de bataille Hood (navire amiral), des cuirassés Valiant et Resolution; du porte-avions Ark Royal (30 Swordfish et 24 Skua); des croiseurs légers Arethusa et Enterprise, de onze destroyers et de deux sous marins Proteus et Pandora.

Le 3 juillet à 8h00, le destroyer Foxhound arriva à l'entrée de la base pour transmettre l'ultimatum britannique alors qu'à 9h00, les français pouvaient voir le reste de la flotte britannique à 15/16000 m en limite de visibilité au nord ouest.

A ce moment là, les navires français étaient ancrés de la façon suivante (du Fort de Mers-El Kebir à Oran) Dunkerque, Provence, Strasbourg, Bretagne, Commandant Teste. Les contre-torpilleurs étant eux mouillés au plus prêt de la côte.

L'apparition des navires britanniques provoqua sur certains navires des mutineries de la part de réservistes qui souhaitaient probablement rejoindre les anglais et poursuivrent le combat.

Les négociations commencèrent, les anglais exprimant clairement leur position : la flotte française devait soit appareiller pour continuer le combat aux côtés de leurs alliés ou soit gagner les Antilles ou un port sous contrôle anglais. L'ultimatum fût fixé à 17h et l'amiral Sommerville annonça clairement la couleur : il avait l'ordre d'ouvrir le feu en cas de refus de l'amiral Gensoul de se soumettre.

Les négociations étaient particulièrement ardues en raison de la personnalité rigide du vice-amiral Gensoul qui ne consulta que ses plus proches officiers (si les officiers étaient plutôt hésitants, ils semblent que les marins et les officiers mariniers étaient favorables à la reprise du combat) et les problèmes de communications, Gensoul devant contacter régulièrement ses supérieurs restés en Métropole. En désespoir de cause, Gensoul proposa à l'amiral Darlan que les navires français soient désarmés à Mers-El-Kebir à la manière de la force X à Alexandrie mais son adjoint Le Luc refusa cette solution et donna l'ordre à Gensoul de résister aux britanniques. A 17.25, Gensoul appela aux postes de combat.

A 17.55, le Hood ouvrit le feu et en apercevant les premiers flash des canons de 15 pouces du fleuron de la Royal Navy, Gensoul ordonna la riposte. Les contre-torpilleurs Volta Le Terrible Lynx et Tigre furent les premiers à appareiller bientôt suivis par le Strasbourg, le Dunkerque, le Bretagne et le Provence.

Le Dunkerque fût touché dès la quatrième salve britannique, deux des quatre obus de 15 pouces transpercèrent la ceinture blindée de 225mm au milieu du navire dans une zone particulièrement sensible, provoquant une chute rapide de la vitesse et une perte totale de puissance électrique obligeant le croiseur de bataille à s'échouer en face du village de Saint André.

Il eut plus de chance que le vieux cuirassé Bretagne qui le suivait. Un premier obus de 381mm toucha le navire à l'arrière au niveau de la soute à obus de 340mm qui provoqua une violente explosion. Le Bretagne commença à s'enfoncer par l'arrière quand il fût touché par deux nouveaux obus de 381mm qui firent exploser les obus de 138mm. Le navire chavira et coula, entraina 907 marins dans la mort.


Et le Bretagne explosa

Son sister-ship le Provence fût également touché par un obus de 381mm mais son équipage parvint à noyer les soutes le préservant d'un funeste destin mais l'eau embarqué empêcha le cuirassé de gagner la haute mer et comme le Dunkerque, il dut s'échouer. Le dernier navire français touché fût le Mogador qui menait les autres CT français (Volta Terrible Lynx et Togre) qui fût touché par un obus de 381mm qui entraina l'explosion de ses charges de profondeur détruisant les salles des machines et forçant le navire à s'échouer à proximité de la passe.

Le Strasbourg lui eut beaucoup plus de chance. Les chaudières lancées, parfaitement manoeuvré, le croiseur de bataille parvient à prendre le large. Il engagea un destroyer britannique et le Hood tenta bien de le rattraper mais le fleuron de la Royal Navy echoua et le 4 juillet en début de soirée, le Strasbourg s'amarra à Toulon.

La Force H qui était revenue à Gibraltar le 4 juillet dans la journée quitta de nouveau le rocher le lendemain, 5 juillet à 20h00 pour neutraliser définitivement le croiseur de bataille de Dunkerque, étant pour cela accompagné par le cuirassé Valiant, le porte-avions Ark Royal, les croiseurs légers Arethusa et Enterprise et 9 destroyers. L'attaque eut lieu le matin du 6 juillet provoqua d'importantes avaries sur le Dunkerque qui ne pu regagner Toulon pour remise en état complète qu'en février 1942 avant d'être sabordé le 27 novembre 1942. La force H était de retour à Gibraltar en début de soirée.

Guerre en Méditerranée pour le Hood.



Le 8 juillet, la force H (cuirassés Resolution, Valiant; croiseur de bataille Hood, porte-avions Ark Royal croiseurs légers Arethusa, Delhi et Enterprise plus 10 destroyers) appareilla pour mener un raid aérien sur Cagliari afin de divertir l'attention italienne et protéger un convoi à destination de Malte. L'opération fût cependant annulée après sa découverte et son attaque par des avions italiens.

Il participa ainsi à l'opération Hurry (31 juillet-2 août 1940), couvrant la livraison par l'Argus de 12 Hurricane pour renforcer la RAF à Malte en couvrant l'Ark Royal qui bombarda Cagliari le 2 août.

De retour avec la force H à Gibraltar le 4 août 1940, le Hood quitta le Rocher le soir même en compagnie du cuirassé Valiant, du porte-avions Argus, du croiseur léger Arethusa et de cinq destroyers direction la Grande Bretagne. Le reste de la Force H l'accompagna un temps pour traquer d'éventuel navivres marchands battant pavillon qui pourraient tenter de gagner l'Europe occupée. Le Hood arriva à Scapa Flow le 10 août en compagnie de l'Arethusa et de cinq destroyers, troquant dès son arrivée le pavillon de la Force H pour celui de l'escadre des croiseurs de bataille.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 23:23

Retour en Métropole

Le Hood tout en élégance

A cette époque la bataille d'Angleterre faisait rage et les anglais étaient persuadés de l'imminence du débarquement allemand (opération Seelöwe). Aussi le 13 septembre, appareilla de Scapa Flow une puissante force navale composée du croiseur de bataille Hood, du cuirassé Nelson, des croiseurs légers Naiad et Bonaventure et de 6 destroyers. Cette force arriva à Rosyth à 19h00 après avoir été rejoint en mer par le croiseur léger Cairo et deux destroyers. Après plusieurs patrouilles, le Hood était de retour à Scapa Flow le 29 septembre.

Le 15 octobre 1940, le Hood quitta Scapa Flow en compagnie de trois destroyers pour couvrir un raid aérien mené par le Furious contre Tromso, le vieux porte-avions étant lui même couvert par les croiseurs lourds Berwick et Norfolk plus deux destroyers. Le raid eut lieu le 16 à l'aube et l'ensemble des navires anglais furent de retour à Scapa Flow le 19 octobre sans avoir rencontré l'ennemi.


Le 5 novembre à 23.30, suite à l'attaque du convoi HX84 par l'Admiral Scheer (attaque qui viT la destruction du croiseur auxiliaire Jervis Bay), le Hood reçut l'ordre d'appareiller en compagnie du croiseur de bataille Repulse, des croiseurs légers Phoebe, Naiad et Bonaventure et de 6 destroyers.

Le lendemain matin, la force fût repérée par un avion ennemi et l'Amirauté ordonna au Hood, aux croiseurs Phoebe et Naiad et trois destroyers de couvrir les approches de Brest et de Lorient pour couper la retraite de l'Admiral Scheer. Le 8 novembre, le Hood reçut l'ordre avec les navires l'accompagnant de regagner la Grande Bretagne et notament la base navale de Scapa Flow où il arriva le 11 novembre 1940.

Le 23 novembre à 17.30, le Hood appareilla de Scapa Flow escorté par quatre destroyers, faisant sa jonction le lendemain au sud des Feroes avec la 1ère division de mouillage de mines composée des mouilleurs de mines auxiliaires Southern Prince, Agamemnon, Menestheus et Port Quebec escortés par le croiseur Aurora et les trois destroyers chargés de mouiller un champ de mines au SW de l'Islande à l'orée du détroit du Danemark (opération SN11). Le mouillage de mines s'acheva le 26 novembre et le Hood retrouva Scapa Flow le 29 novembre 1940.


Le Hood en couleur

Le Hood commença l'année 1941 dès le 2 janvier. Ce jour là, il appareilla en compagnie de quatre destroyers pour couvrir la 1ère division de mouillage de mines qui mouilla un champ de mines les 3 et 4 janvier. A son retour le 5 janvier, le hood heurta une mine.......britannique avec son paravane mais les dégâts furent limités. Le 13 janvier 1941, il appareilla avec trois destroyers pour Rosyth où il devait subir un carénage qui l'immobilisa jusqu'au mois de mars, plus précisément le 15 quand il pu reprendre son service actif.

Le 18 mars à 16h00, il appareilla de Rosyth en compagnie du Queen Elisabeth pour contrer les croiseurs de bataille de Scharnhorst et Gneisenau qui attaquaient le trafic commercial au large de Terre Neuve. Le lendemain à l'aube, il fit sa jonction avec le croiseur lourd London et six destroyers mais bientôt le croiseur lourd fût détaché pour retrouver le cuirassé Nelson, navire amiral de la Home Fleet.

Le 20 mars, la force du Hood et du Queen Elisabeth firent leur jonction ( 62-50N, 14-40W) avec celle du Nelson qui se composait du croiseur léger Nigeria et de six destroyers. La force mit cap au sud, le Scharnhorst et le Gneisenau ayant été repéré par un Swordfish de l'Ark Royal à 600 miles nautiques ouest-nord ouest du Cap Finisterre.

Le 22 mars, à 4h31, l'Amirauté ordonna au Hood de regagner Scapa Flow où l'orgueil de la Royal Navy arriva le 23 mars à 6.58 en compagnie du Queen Elisabeth et de quatre destroyers. Le 28 mars à 6.00, le Hood appareilla en compagnie de trois destroyers pour assurer la couverture lointaine des convois entre Ouessant et Lisbonne contre le Scharnhorst et le Gneisenau. Le lendemain, 29 mars 1941, la force du Hood fût rejointe par les croiseurs légers Nigeria et Fiji et trois destroyers.

Le 4 avril à 6H45, la force navale commandée par le Hood fit sa jonction avec le cuirassé King George V, le croiseur lourd London et quatre destroyers. Aucun navire ennemi n'ayant été signalé dans la région depuis le 28 mars, l'Amirauté donna l'ordre au Hood de regagner Scapa Flow où il arriva le 6 avril pour une courte escale de ravitaillement car moins de 12h plus tard, le Hood avait reprit la mer, direction l'Atlantique au large de Brest pour une mission de patrouille contre les raiders allemands.

Arrivant sur zone le 8 avril au matin, il commença sa patrouille, étant rejoint à midi par le croiseur léger Kenya. Le 10, les destroyers Arrow et Cossack gagnèrent Londonderry pour se ravitailler retrouvant la force à 8.00 le lendemain permettant aux destroyers Maori et Zulu d'effectuer la même opération retrouvant la force le 13 avril 1941.
Le 15 avril, il était de retour à Scapa Flow pour ravitaillement et entretien. Il quitta les Orcades le 18 en compagnie du croiseur léger Kenya et de quatre destroyers (les même que précédement) pour le golfe de Gascogne afin de relever le King George V. Cependant le lendemain, 19 avril à 1h20, l'Amirauté ordonna au Hood de gagner Hvalfjord (Islande) pour contrer une future percée du cuirassé allemand Bismarck arrivant à destination avec ses quatre destroyers d'escorte à 21.00.

Le 28 avril 1941, le Hood et quatre destroyers appareillèrent d'Hvalfjord pour couvrir le convoi HX 122 (ce convoi à quitté Halifax le 20 avril 1941 avec 28 navires marchands et de 22 escorteurs et arriva à Liverpool le 28 avril 1941). Le 30 avril, la force du Hood assura la couverture du convoi SC 29 (Ce convoi à quitté Halifax le 19 avril 1941 avec 46 navires marchands et 18 escorteurs pour arriver à Liverpool le 8 mai 1941).

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 23:47

La fin d'un mythe : la bataille du détroit du Danemark (24 mai 1941)

Opération Berlin, la répétition de Rheinübung

Historique de l'opération Berlin

Depuis le début du second conflit mondial, la Kriegsmarine envoyait ses grands navires de surface dans une guerre de course, renouant avec les usages de la marine à voile avec plus (Admiral Scheer) ou moins de succès (Admiral Graf Spee).

Le 28 décembre 1940, le Scharnhorst et son sister-ship le Gneisenau appareillèrent de Kiel direction l'Atlantique via le Skagerrak mais l'état de la mer endommagea le Gneisenau obligeant l'amiral Lütjens à se replier à Bergen pour s'abriter avant de regagner Gotenhafen pour une véritable remise en état.


Le croiseur de bataille Scharnhorst qui allait mourir de sa belle mort lors de la bataille de la mer des Barents le 31 décembre 1942. Se heurtant à une énergique escorte de croiseurs légers et de destroyers, il fût achevé par le Duke of York

La force appareilla de nouveau le 22 janvier 1941mais la percée prévue dans la nuit du 27 au 28 janvier au sud de l'Islande fût reportée en raison de la présence d'une aurore boréale et Lütjens gagna le nord ouest pour se ravitailler auprès du pétrolier Adria. Le ravitaillement fût achevé le 2 février et les opérations purent reprendre, les deux croiseurs de bataille franchissant le détroit du Danemark le 4 février.

Le 5 février le groupe se ravitailla au sud du Groenland au pétrolier Schettstadt et Lütjens déploya ses navires pour attaquer les convois de Halifax. Le 8 février au matin, les premiers bâtiments du convoi HX 108 (Halifax 9 février 1941 Liverpool 27 février 1941 50 navires marchands et 9 navires d'escorte) mais parmi l'escorte se trouvait le cuirassé Ramillies et l'attaque fût annulée.

Après un nouveau ravitaillement le 14 février auprès des pétroliers Schlettstadt et Esso Hamburg, le groupe fit route vers le sud sans succès et le 23 février, l'amiral Lütjens décida de mettre cap à l'est repérant cinq navires isolés qui furent détruits.

Après travaux et ravitaillement le 28 février, les deux navires décidèrent d'opérer autour des îles Canaries sur la route des convois entre Liverpool et Freetown. Le 7 mars, le Scharnhorst et le Gneisenau repérèrent le convoi SL67 (Freetown-Liverpool 1er-26 mars 1941 57 cargos et 28 escorteurs) mais la présence du Malaya empêcha l'attaque mais les deux croiseurs de bataille gardèrent le contact pour les sous marins qui coulèrent quatre navires. Le lendemain, Lütjens rencontra à nouveau une escorte importante (le Malaya, deux croiseurs légers classe Aurora et des destroyers) qui se montrait des plus agressives.

Le Scharnhorst et le Gneisenau regagnèrent la route des convois de Halifax sur ordre de l'état major qui lui imposa cette zone de chasse jusqu'au 21 mars pour protéger la percée du croiseur lourd Admiral Hipper et de l'Admiral Scheer avant de regagner le sud afin d'exercer une action de diversion. Plus tard la date fût ramenée le 17 mars 1941.

L'opération Rheinübung avec le Bismarck et le Prinz Eugen étant prévue à la fin avril, l'état major de la Kriegsmarine ordonna à Lütjens de préparer son retour au port. Le 16 mars, il constitua avec les deux ravitailleurs un vaste râteau d'éclairage à 4 bâtiments qui couvrait une bande d'environ 120 nautiques.

A partir de 6h30, des pétroliers d'un convoi à destination de Liverpool furent repérés sans escorte et pour le Scharnhorst et le Gneisenau ce fût la curée avec la destruction de 13 bâtiments et la capture de 3 autres mais un seul atteindra la Gironde soit un total de 82400 tonneaux détruits et 400 prisonniers. Dans la soirée, le Gneisenau répéré au radar à 20000m un grand bâtiment, le cuirassé Rodney qui protégeait le convoi HX114 (Halifax-Liverpool 11 au 30 mars 1941 44 cargos et 13 escorteurs) et logiquement, le croiseur de bataille allemand se replia. Lütjens regroupa ses bâtiments pour le ravitaillement achevé le 19 mars avant de mettre cap sur Brest où les croiseurs de bataille arrivèrent le 23 mars, les ravitailleurs mettant cap sur La Pallice.

Au final, l'opération Berlin était des plus satisfaisants avec la destruction de 21 bâtiments coulés soit 110000 tonneaux plus une prise conduite à bon port. Cette opération avait joué son rôle dans le concept d'action réciproque (Wechselwirkung) théorisé par l'amiral Raeder puisque la présence de nombreux raiders allemands plus les sous marins allemands avait disloqué le dispositif britannique bloquant par exemple la Force H dans l'Atlantique ce qui permis le transport des forces de l'Afrikakorps à Tripoli pour soutenir les italiens. Les allemands espéraient donc faire mieux avec l'opération Rheinübung et le déploiement de leur fleuron : le cuirassé Bismarck.

Rheinübung (Exercice Rhin)


Au lieu d'une guerre de course, Rheinubung déboucha sur deux batailles navales

Le but de l'opération Rheinübung était identique à l'opération Berlin : traquer les convois alliés et les détruire. Comme pour les autres déploiements, un important dispositif logistique fût déployé entre le Labrador et le Cap Vert composé de 7 pétroliers et de 2 ravitailleurs.

L'opération devait commencer le 25 avril mais lors de son transit vers Kiel, le Prinz Eugen heuta une mine entrainant un retard d'une dizaine de jours. Ce retard poussa Lütjens à se poser la question de lancer l'opération alors que le Scharnhorst et le Gneisenau étaient hors de combat à Brest après une attaque britannique. Finalement en dépit de ses réserves, le chef de la force navale allemande était d'accord avec Raeder pour maintenir la pression dans l'Atlantique.


L'une des dernières photos du Hood et son aspect en 1941


Le 5 mai, Hitler accompagné du général Keitel mais sans Raeder visita les deux navires à Gotenhafen. Le 18 mai, les navires logistiques et les quatre chalutiers météo appareillèrent pour prendre position. Le 19 mai, le cuirassé commandé par le capitaine Lindeman et le croiseur lourd commadé par le capitaine Brinkman appareillèrent séparement pour franchir les Belt dans la nuit du 19 au 20 mai escortés par trois destroyers mais le lendemain 20 mai, le croiseur suédois Gotland aperçut le groupe et prévint Stockolm qui prévint Londres via le gouvernement norvégien en exil. Le B-Dienst (service de renseignement de la marine) pouvait savoir dès le 21 mai que l'effet de surprise était déjà éventé.


L'amiral Lütjens et ci-dessous le capitaine Lindeman


Le 21 mai, les deux bâtiments mouillèrent près de Bergen dans le Korsfjord mais seul le Prinz Eugen se ravitailla ce qui allait avoir de funestes conséquences pour le «Chancelier de Fer». Le 21 mai, un Spitfire repéra les navires au mouillage mais le lendemain 22 mai, le Maryland envoyé en confirmation ne trouva qu'un fjord vide.


Le commandant de la Home Fleet, l'Amiral Sir John Tovey

L'amiral Sir John Tovey commandant de la Home Fleet envoya le croiseur lourd Suffolk rejoindre son sister-ship Norfolk dans le détroit du Danemark et donna l'ordre à la division du vice-amiral Holland (croiseur de bataille Hood commandée par le capitaine de vaisseau Ralph Kerr et cuirassé Prince of Wales commandée par le capitaine Leach et 6 destroyers) déjà en route vers l'Islande d'assurer la couverture des deux croiseurs lourds.


L'amiral Holland et ci-dessous le capitaine Kerr commandant du Hood


Les croiseurs Birmingham et Manchester étaient déjà en position entre l'Islande et les Feroés pendant que l'amiral Tovey en personne prenait la mer à bord de son navire amiral, le cuirassé King George V accompagné par le porte-avions Victorious, les croiseurs Galatea Aurora Kenya et Hermione et 7 destroyers. Plus tard, le Repulse renforça le dispositif britannique.

Côté allemand, le 23 mai à 4h00 le Bismarck et le Prinz Eugen s'engagèrent dans le détroit du Danemark dans des conditions difficiles, le Bismarck repéra au radar à 19h22 un croiseur à trois cheminées, le Suffolk (CV Robert Ellis) qui avait également repéré les navires allemands à 19h30 mais se garda bien d'intervenir, se contentant de pister les navires allemands en se planquant dans les bancs de brouillard.

A 20h30, le sister-ship du Suffolk le HMS Norfolk fût repéré, se trouvant à six miles du Bismarck qui fit aboyer à 20h37 ses canons de 380mm, six salves encadrèrent dangeureusement le croiseur qui parvint à se dérober. Les deux «thinclad battleship» (cuirassés en fer blanc) continuèrent leur filature alors qu'Holland se trouvait à 300 miles nautiques et Tovey à 600 miles nautiques.


Deux cartes montrant la progression des événements


Le tir du Bismarck avait mit hors service son radar et Lütjens ordonna au Prinz Eugen encore équipé d'un radar fonctionnel prit la tête de la formation ce qui allait avoir des conséquences terribles pour le Hood.


Le Hood, un navire de guerre qui en impose


A 22h00, le 23 mai 1941, le Hood et le Prince of Wales accompagnés par quatre destroyers se préparèrent au combat. A 00h28, le Suffolk perdit le contact et une heure et demi plus tard, Holland mit cap sud-sud ouest la route que suivait les navires allemands au moment de la perte du contact.

Les destroyers pour leur part continuaient au nord mais sans le savoir, les deux adversaires étaient séparés d'une vingtaine de miles. A 3h00, le Hood retrouva le Bismarck et le Prinz Eugen qui naviguaient à 35 miles nautiques dans le nord-ouest. A 4h00, la distance entre les protagonistes était réduite à vingt milles réduite à quinze milles une heure et quart plus tard.

Le Prinz Eugen en tête à 28 noeuds détecta des bruits d'hélices à l'aide de ses hydrophones au gisement 280°. Le soleil se leva à 5h45 et les deux navires allemands repérèrent deux panachages de fumée à bâbord.


Le Bismarck vu depuis le Prinz Eugen en action contre la RN

Le combat s'engagea sept minutes plus tard à 5h52 à 24000m, les anglais tirant les premiers suivis par le Prinz Eugen et le Bismarck ouvrant le feu simultanément sur le Hood trois minutes plus tard, le Prinz Eugen reçut l'ordre après sa sixième salve de tirer sur le Prince of Wales (5h59). Ce dernier avait immédiatement tiré sur le Bismarck, le Hood mettant quelques minutes à corriger son erreur et de reporter son tir sur le «Chancelier de fer».

Le Prinz Eugen plaçait d'abord au but une salve qui alluma un vif incendie sur le pont des embarcations du Hood. Quelques minutes plus tard, la distance était tombée à 16500m et Holland avait alors ordonné une évolution du groupe vers babord destinée à améliorer le champ de battage défectueux de son artillerie.


La fin du Hood

C'est en pleine évolution qu'une salve du Bismarck frappa l'orgueil du Hood. Ce fût terrifiant, le croiseur de bataille se cassa en deux, une immense colonne de flammes et de débris monta vers le ciel. Secoué par une gigantesque explosion à 6h01, le bâtiment se cassa en deux et disparut en quelques instant entrainant la mort de tout l'équipage à l'exception de trois hommes (Bob Tilburn,Bill Dundas et Ted Briggs, le dernier survivant qui est mort le 4 octobre 2008) qui furent récupérés quatre heures plus tard par le destroyer Electra. L'explosion fût si puissante que des témoins racontent qu'une tourelle de 380mm (pesant tout de même plus de 700 tonnes) fût purement et simplement projetée en l'air.

Il semble que les obus de 380mm du Bismarck aient touché la soute à munitions de 102mm qui en explosant provoquèrent la détonation des obus de 15 pouces. Une ultime save fût tiré par le navire avant que la proue (la poupe avait déjà sombré) ne s'enfonce dans l'eau à 6h03 aux coordonnées suivantes : 63° 20' N 31° 50' W.

Le Prince of Wales qui obéissait aux ordres de l'amiral Holland c'est à dire virer à babord du mettre barre à tribord pour éviter l'épave entrain de couler. Le Norfolk tira également trois salves plus pour marquer le coup qu'autre chose. Le tir des navires allemands se reportèrent sur le Prince of Wales mais ce dernier dont l'artillerie n'était pas au point n'était pas le mieux placé pour arrêter le Bismarck.

Il encaissa successivement quatre obus de 380mm et trois obus de 203mm du Prinz Eugen. Un obus avait balayé la passerelle, tuant tout le personnel présent à l'exception du commandant Leach et d'un timonier. Les liaisons de barre, le radar, le sondeur et les circuits téléphoniques de la conduite de tir étaient rompus. Un autre projectile détruisit le télépointeur de l'artillerie secondaire et un troisième frappa le Walrus au moment du catapultage. Au retour au port, un obus non explosé de 203mm fût retrouvé près des dynamos.

Maintenir le combat était du suicide et n'apporterait rien d'autre. Le commandant Leach qui avait gagné le poste de tir arrière ordonna la retraite à 6h13 derrière un écran de fumée, espérant participer à la poursuite avec les deux croiseurs lourds qui étaient restés prudement à l'écart.

Le Bismarck et le Prinz Eugen avaient tiré respectivement 93 obus de 380 et 179 obus de 203mm, le cuirassé ayant été touché par trois obus du Prince of Wales, l'un d'eux ayant touché le navire à 5h53 et 5h55 avant même que le Bismarck ait ouvert le feu. Pour un cuirassé encore en rodage et un équipage expérimenté, c'était assez remarquable. Cependant des survivants du cuirassés ne reconnaissent pas que leur navire ait pu être touché avant d'ouvrir le feu et il est probable que nous ne connaitrons jamais la vérité.


Le Prince of Wales

La suite est connue. L'annonce de la destruction du Hood provoqua la stupeur de l'opinion publique britannique. Véritable mythe, le navire ne pouvait ne devait pas coulé et pourtant quelques obus du nouveau champion de la Kriegsmarine avait envoyé le fleuron de la Marine de sa majesté par le fond. Churchill connaissait l'attachement des britanniques à leur navire ordonna «Coulez le Bismarck, faites tout ce qui est possible et même impossible mais coulez le Bismarck». Il fût exaucé deux jours plus tard, le 27 mai 1941 quand après avoir été touché dans le local de l'appareil à gouverner par une torpille d'un Swordfish de l'Ark Royal qui bloqua le gouvernail et força le navire à tourner sur lui même.

Cela permis au Rodney et au King George V de le rattraper et de le mattraquer en liaison avec les croiseurs lourds Norfolk et Dorsetshire. Une attaque à la torpille et probablement le sabotage de l'équipage provoqua le naufrage du cuirassé à 10h40. Le Prinz Eugen lui avait réussit à gagner Brest d'où il s'échappa en compagnie du Scharnhorst et du Gneisenau lors de l'opération Cerberus. Seulement 115 marins dont 3 officiers survécurent.

L'épave du Hood à été retrouvé le 20 juillet 2001 et déclaré tombe de guerre en novembre 2001 donc interdit de toute plongée. Reposant de toute façon à 2804m, il est difficilement accessible. La coque est brisée en trois sections. La première section mesure 35m de long et va de l'étrave au brise-lame et repose sur son côté babord. La deuxième section mesure 110m et chaviré allant de la tourelle A à salle des machines avant alors que la troisième et dernière section mesure 30m de long allant de la Tourelle X à la poupe. La poupe et la proue sont assez rapprochées (120m) mais l'élément central est à 800m au milieu du cratère d'impact. Des débris ont été repérés dans un périmètre de 1500m de long sur 1000m de large.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Mer 13 Jan 2010, 23:58

Caracteristiques Techniques


Déplacement : A la construction 41125 tonnes Aux essais 42670 tonnes En service à pleine charge 46380 tonnes. En 1940, le déplacement à pleine charge atteidra 48360 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 262.30m (entre perpendiculaires) 259.20m
largeur (hors tout) 31.70m (entre perpendiculaires) 28.90m Tirant d'eau (1941 pleine charge) 10.10m


4 hélices et un gouvernail, c'est bon tout est là

Propulsion : 4 turbines à engrenages Brown-Curtiss alimentées par 24 chaudières Yarrow à petits tubes dévellopant une puissance totale de 144000ch entrainant 4 hélices tripales, chaque hélice pesant 20 tonnes et ayant un diamètre de 4.5m. Le Hood dispose d'un seul gouvernail. 8 dynamos de 200 kW sont chargés d'alimenter le navire en électricité.

Performances : Vitesse maximale : 31 noeuds (le 18 mars 1920, le Hood dévellopa une puissance totale de 151280ch lui permettant d'atteindre une vitesse de 32.1 noeuds) Distance franchissable : 8500 miles nautiques à 14 noeuds, 4500 miles nautiques à 20 noeuds. Le Hood embarquait en début de carrière 3895 tonnes de mazout porté à 4615 tonnes après la refonte de 1931.

Protection :

Schéma de la protection latérale

La protection principale est assurée par une ceinture blindée inclinée à 12° mesurant 171.30m de long sur 4.35m de haut pour une épaisseur variant de 130mm à l'avant à 305mm à l'arrière en passant par 150mm à l'arrière.

Le pont blindé principal est d'une épaisseur de 100mm réduite à 50mm pour le pont supérieur. Le blockaus principal est solidement protégé avec 280mm pour les parois, 230mm pour le toit et 60mm pour le plancher. Les tourelles de 381mm sont munis d'un blindage de 380mm pour la face avant de 300 à 280mm sur les côtés, de 280mm pour l'arrière et de 130mm pour le toit. Les barbettes sont protégées à 300mm.

Au total le blindage représente 13870 tonnes soit 31.3% de la masse totale du navire ce qui est beaucoup pour un navire anglais mais moins qu'un croiseur de bataille allemand, l'Hidenburg (classe Derfflinger) avait un blindage représentant 35% de sa masse.

Conduite de tir :

Armement principal : 5 télémètres de 9.15m (un par tourelle et le cinquième installé sur le blockaus)

Armement secondaire : 2 télémètres de 4.57m sur le mat tripode à 35.90m au dessus de la flottaison et un au poste de direction de tir arrière

Artillerie Antiaérienne : Un télémètre de 4.57m, un de 3.66m et un de 2m. En 1939 trois télémètres de 4.57m supplémentaires seront installés.

Projecteurs : A la construction, le Hood disposait de 10 projecteurs de 110cm de diamètre installés pour deux d'entre eux sur le mat tripode, 2 sur chaque cheminée et 4 sur une superstructure prévue à cet effet derrière le grand mat. En 1941, il ne resrera plus que deux projecteurs de 134cm derrière la 2 cheminée et 4 sur le Poste de contrôle de tir arrière.

En 1941, un radar de conduite type 284 est installé

Armement :

A la mise en service

Ecorché de la tourelle de 15 pouces

-8 canons de 381mm (15 pouces) modèle 1915 en quatre tourelles doubles (deux avant «A» et «B» et deux arrières «X» et «Y»). Ce canon de 42 calibres tire des obus de 870kg pour une portée comprise entre 1756m (site : +1.1°) et 21385m (site : +20°) à raison de 2 coups par minute.

La tourelle double Mark I pèse 782 tonnes en ordre de combat pointe en site de -5 à +20° à raison de 5 degrés par seconde et en azimut sur 150° à raison de 2 degrés par seconde. La dotation en munitions est de 991 obus de 15 pouces.

Elle nécessitait la présence d'un total de 64 hommes (soit un total de 256 hommes) répartis entre 17 hommes pour la tourelle proprement 6 hommes dans la chambre de chargement, 12 hommes dans les magasins, 7 dans la salle à gargousses et 22 dans les soutes.



-12 canons de 140mm (5.5 pouces)BL Mk I modèle 1915 en douze affûts simples latéraux. Ce canon de 50 calibres introduit dans la Royal Navy par l'acquisition de deux croiseurs légers en construction pour la Grèce (les Antinavarhos Kontouriotis devenu le Birkenhead et le Lambros Katsonis devenu le Chester) tirait des obus de 37kg à une distance maximale de 16250m (site = +30°) à raison de 12 coups par minute.

L'affût simple sous masque CPII pèse 18.89 tonnes et peut pointer en site de -5° à +30° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions globale était à la construction de 2860 projectiles réduite après la refonte de 1931/32 à 2551 projectiles.

-4 canons de 102mm (4 pouces) Mk V en affûts simples. Ce canon tire des obus de 25kg à une distance maximale de 15000m en tir antisurface (site = +45°) et de 9000m en tir antiaérien (site = +80°) à raison de 10 à 15 coups par minute.

L'affût HP Mk III pèse 7.1 tonnes sans bouclier et peut pointer en site de -5° à +80° et sur 360° en azimut. La dotation en munitions globale est de 600 obus explosifs et 200 éclairants.

-Un affût octuple Pompom


Une torpille de 533mm du Hood

-Six tubes lance-torpilles de 533mm (deux sous marins à l'aplomb de la tourelle A débarqués en 1937 et quatre en surface au niveau du grand mat). La torpilleMk IV pèse 1522kg au total avec une charge militaire de 233kg. Sa portée maximale à 25 noeuds est de 12344m et sa portée maximale à 40 noeuds est de 4572m

En 1941

-8 canons de 381mm (15 pouces) modèle 1915 en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Ce canon de 42 calibres tire des obus de 870kg pour une portée comprise entre 1756m (site : +1.1°) et 21385m (site : +20°) à raison de 2 coups par minute.

La tourelle double Mark I pèse 782 tonnes en ordre de combat pointe en site de -5 à +20° à raison de 5 degrés par seconde et en azimut sur 150° à raison de 2 degrés par seconde. La dotation en munitions est de 848 obus



-14 obus de 102mm (4 pouces) modèle 1936 en sept affûts doubles Mark XIX. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 16.3kg à une distance maximale de 18150m en tir antisurface (site = +45°) et de 11890m en tir antiaérien (site = +80°) à raison de de 15 à 20 coups par minute.

L'affût double Mark XIX pèse 16 tonnes en ordre de combat, peut pointer site de -10° à +80° et en azimut sur 340°. La dotation en munitions est de 250 obus par canon soit un total de 3500 obus.


Affût octuple Pom-Pom

-3 Pom Pom octuples et 5 affûts quadruples de 12.7mm

-5 affûts lance-roquettes à 20 tubes UP (Unrodated Projectiles) Mk I. Ce système qui se révéla totalement inefficace tirait une roquette de 76.2mm à 305m. Le projectile freiné par parachute est censé faire un barrage antiaérien.


Lance roquettes antiaérien

-4 tubes lance-torpilles de 533mm

Aviation

A la construction comme tous les cuirassés de l'époque, le Hood fût équipé de plate-formes en bois sur les tourelles «B» et «X» pour deux chasseurs Fairey Flycactcher mais ce système se révéla totalement inefficace provoquant même des dommages structuraux aux tourelles.

Lors de la réfonte de 1929/31, le Hood reçut à la poupe une catapulte Mk IV avec une grue pour deux hydravions Fairey IIIF mais sans hangar. Installation débarquée en 1932.

Equipage : En 1920 1169 officiers et marins et en 1941 1419 officiers et marins

Sources

-Jean Moulin Les cuirassés de la seconde guerre mondiale en images (Hood p 32-33)

-Encyclopédie des armes éditions Atlas Tome 2 «Les cuirassés de la Seconde Guerre Mondiale» p341-360 (La fin du Bismarck p347 à 351 et le dernier voyage du Bismarck p352-353

-Encyclopédie des armes Edition Atlas tome 8 «Les croiseurs-cuirassés 1914-1918» p1781-1800

-François Emmanuel Brezet Histoire de la marine allemande 1939-1945

-Guy Le Moing Grognes et colères de marins Cinq siècles de mutineries maritimes (p178-192 Nouvelle vague de mutineries dans la Royal Navy (1931) )

-Guy Le Moing Et L'Océan fût leur tombe Naufrages et catastrophes maritimes du Xxème siècle
(p197-198 la fin du Hood p198-199 la fin du Bismarck)

-Ressources internet diverses

-Un pdf de Pascal plus un lien internet

-Photos et Pdf de l'ami Vautour

FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : SIKORSKY SH60 SEAHAWK


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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Jeu 14 Jan 2010, 10:34

Quel beau bâtiment on ne s'en lasse pas...

262 mètres si je ne m'abuse il faudra attendre les Iowa pour avoir des navires de ligne aussi longs.

La partie du pont comprise entre la tourelle X et le château arrière était appelée "la baignoire" car régulièrement immergée sous l'eau parfois plusieurs dizaines de cms par forte mer ou à grande vitesse...
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Jeu 14 Jan 2010, 18:59

Faut dire aussi que le Hood à faisait parti d'une nouvelle catégorie de gros monstre, qui étaient en chantier dans la plupart des marines fortuné pendant la première guerre, et dont il est le seul représentant à avoir été réellement achevé!
Une sorte de survivant à sa façon!

Un grand merci pour cet article Claus! thumleft


Dernière édition par vautour le Jeu 14 Jan 2010, 19:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Jeu 14 Jan 2010, 19:13

Merci les gars. C'est vrai que les Admiral auraient euent un peu de concurrence avec les Lexington, les Amagi, les Mackensen, les Ersatz Yorck. Vu son aspect je comprends le choc des anglais quand ils ont appris le matin du 24 mai la destruction du Hood.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Ven 15 Jan 2010, 01:31

Article complet et bien documenté Claus

Bravo et Merci


Jef salut
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Ven 15 Jan 2010, 13:20

Merci Jef. Je connaissais un peu ce navire mais pas la croisière impériale de 1923/24. J'ai prévu aussi de faire d'ici quelques semaines son bourreau, le KMS Bismarck et son sister-ship. thumleft

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Ven 15 Jan 2010, 21:43

Super articles comme d'habitude. C'est vrai qu'il était beau le mighty hood
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Ven 15 Jan 2010, 21:57

Merci Eagle Eye. Le Hood est pas mon cuirassé/croiseur de bataille préféré sur le plan esthétique (je préfère les Richelieu et les Littorio) mais plus je le regarde et plus je comprends la fierté des britanniques.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Ven 15 Jan 2010, 22:23

Houla ... voilà les lourds hé ben , tu arrive quand même a trouver du temps pour continuer , c'est cool

Bravo pour l'article, encore une fois bien detaillé

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Ven 15 Jan 2010, 22:28

Merci Jolly. C'est d'autant plus facile que je crois que je suis accro. J'ai posté le Hood mercredi et je me suis dit en éteignant le PC "Ras le bol j'arrête pendant deux ou trois jours, le Seahawk attendra" mais dès hier je commençai déjà l'article suivant.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Sam 16 Jan 2010, 13:16

clausewitz a écrit:
Merci Eagle Eye. Le Hood est pas mon cuirassé/croiseur de bataille préféré sur le plan esthétique (je préfère les Richelieu et les Littorio) mais plus je le regarde et plus je comprends la fierté des britanniques.
Tien ça tombe que tu site ces deux cuirassés, car ont compare leurs caractéristiques avec ceux du Hood, ont mesure bien les évolutions qu'il a eu entre les derniers navires construit pendant la WW1 et les "35000t" construit au tout début de la WW2!
Le Richelieu à peut près le même tonnage, une vitesse et un rayon d'action équivalent et une puissance de feu, quasi-identique pour l'artillerie principal!
Par contre le jeune navire de ligne Français, se révèle être un véritable cuirassé, beaucoups mieux protégé que le vieux croiseur de Bataille Britanique (ce qui sera confirmé au combat).
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Dim 17 Jan 2010, 11:31

Moi si, c'est mon navire préféré. Je trouve ses lignes tout simplement sublime. C'est un somptueux mélange d'ancienneté et de modernité. Il représente comme aucun autre navire ne l'a fait la grande Royal Navy et l'empire britannique. Le symbole d'un temps disparu, comme lui, hélas.
Je reste convaincu que vu l'amour qui était porté a ce navire il n'aurais pas été démolit. En tout cas j'aime mieux le pense pour mieux regretter sa disparition.
Mais il est vrai que lorsqu'on le comparer au Bismarck qui, lui ressemble beaucoup sur le plan de la disposition de l'artillerie et des superstructures (plus que le Richelieu), l'écart est impressionnant.
A ce propos si vous avez l'occasion d'acheter le livre de Bruce Taylor qui lui est consacré, n'hésitez pas. Ce livre est magnifique. Il regorge de photographie et possède de superbe vue 3D. Bon il s'agit d'une biographie et non d'une monagraphie du navire, il faut pas s'attendre a de nombreux détails techniques avec de beaux tableaux.
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pascal
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Dim 17 Jan 2010, 12:11

Et encore dans la disposition et la conception de sa protection le Bismarck n'avait rien de novateur.

Le Hood est l'exemple typique de l'obsolescence accélérée des matériels en ces périodes d'innovations techniques rapides.

C'est aussi l'exemple d'un concept erroné poussé à son terme, il résista un quart d'heure ...
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   Dim 17 Jan 2010, 13:40

Pour les détails techniques sur le Hood, je conseil fortement le livre: "Anatomy of the Ship: The Hood Battlecruiser" de John Roberts, qui ferait un très bon complément à celui de Bruce Taylor.



Il regorge de plans, de schémas et d'écorché de très grande qualité !
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEUR DE DE BATAILLE HMS HOOD   

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