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 ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE

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clausewitz
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MessageSujet: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 21:42

CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE
(GRANDE BRETAGNE)


Le HMS Invincible. Un colosse aux pieds d'argile


Avant propos

Le 21 octobre 1904, l'amiral John Arbutnot Fisher plus connu sous le nom de Jacky Fisher est nommé par le roi Edouard VII premier lord de l'amirauté soit chef de la Royal Navy. Cette dernière est au somment de sa puissance, le «Britannia Rules the wave» est plus que jamais d'actualité mais la marine de sa gracieuse Majesté ressemble à une belle endormie alors que de jeunes loups commence à montrer les croc qu'il s'agisse de la Kaiserliche Marine ou de l'US Navy.


L'amiral John Arbutnot Fisher famillièrement connu sous le nom de "Jacky" Fisher est considéré outre-manche comme le marin le plus important de l'histoire avec Horatio Nelson


Connu pour son caractère énergique, le nouveau First Sea Lord se met au travail sans tarder, rayant d'un seul coup 154 navires obsolètes, 90 étant envoyés à la casse et 64 étant mis en réserve. «Jacky» Fisher justifiera cette décision par un aphorisme so british «too weak to fight and too slow to run away» («Trop faible pour combattre et trop lent pour s'enfuir»).

Nommé également pour réduire le budget (un comble au pays de Nelson), l'amiral Fisher est suffisament éloquent pour convaincre le Parlement de revenir sur sa décision et après une baisse en 1905, 1906 et 1907, le budget repartira à la hausse permettant à la Royal Navy de faire face à la course au cuirassé engagé avec l'Allemagne wilhlemienne.

Fisher à également de grands projets pour la marine britannique et notament dans le domaine des navires de ligne, des cuirassés. A l'époque où nous sommes le cuirassé est un navire de 15000 tonnes filant en moyenne à 18 noeuds et ayant un armement principal composé de deux calibres comme le 305mm et le 234mm sur les Lord Nelson britanniques (respectivement 4 en deux tourelles doubles et 10 en quatre tourelles doubles et deux simples), le 305mm et le 240mm sur les Danton français, le 305mm et le 203mm sur les Mississippi américains voir le 280mm et le 170mm sur les Deutschland allemands.


Le HMS Agamemnnon fût avec son sister-ship, le Lord Nelson le dernier cuirassé à artillerie lourde hétérogène (prédreadnought)


Cette hétérégonéité des calibres posait de sérieux problèmes. Elle compliquait le stockage des munitions et gênait la conduite de tir qui à ses débuts promettait aux marins d'atteindre des portées jamais atteintes dans l'histoire du combat naval.

Lord Fisher affirma avoir cette idée depuis 1900 après en avoir discuté avec William Gard, le directeur de l'Arsenal de La Valette à Malte. Certes mais il n'était pas le seul, toutes les grandes marines y pensait. En 1903, l'architecte naval italien Vittorio Cuniberti publia un article dans Jane's.


Vittorio Cuniberti qui eut moins de succès que Jacky Fisher


Ce n'était qu'une question de temps avant qu'un tel navire ne voit le jour. Les américains semblaient devoir être les premiers, le congrès ayant autorisé la construction le 3 mars 1905 de deux navires de 16000 tonnes filant à 18.5 noeuds avec pour armement 8 canons de 305mm en 4 tourelles doubles et 22 pièces de 76mm en casemates pour lutter contre les torpilleurs.


Sans la célérité de Fisher, nous parlerions aujourd'hui de Michigan et Pré-Michigan. Avouez que cela à quand même moins de gueule


Fisher brûla les étapes. Prévoyant, il avait fait amassé des plaques d'acier et de blindage en attendant qu'une cale se libère. C'est ainsi que le 2 octobre 1905 est mit sur cale à l'Arsenal de Porsmouth le HMS Dreadnought (de «who dread nought» qui ne craint rien) qui est lancé en présence du roi le 10 février 1906 et admis au service actif le 2 décembre 1906........seize jours avant que les Michigan ne soient mis sur cale.

La mise en service de ce navire ringardisa d'un seul coup les cuirassés en service qui prirent le nom de prédreadnought et déclencha une course au dreadnought dans toutes les grandes marines mondiales qui dans les années qui suivirent imitèrent les anglais qu'il s'agisse des Nassau pour l'Allemagne, des Courbet pour la France ou des Michigan pour les Etats Unis.

Jacky Fisher lui était passé à autre chose lié à l'une de ses obssessions : la vitesse. Les cuirassés étaient d'excellents navires de combat puissants et bien protégés mais faute de machines puissantes (techniquement, les machines à triple ou quadruple expansion étaient limitées et les turbines étaient encore balbutiantes) et d'aciers suffisament avancés pour offrir une protection avec un poids raisonsable, ils étaient lents.

C'est alors que Fisher rêva d'un navire rapide, fondant sur l'ennemi pour le surprendre, le détruire avant qu'il n'ait pu riposter. Comprennant également que les forces d'éclairage allaient jouer un rôle décisif dans la guerre navale à venir, il voyait dans ce navire, le moyen d'écraser les croiseurs légers ennemis et priver d'informations le haut commandement ennemi.

Suivant son adage «Speed is armour», le bouillant premier lord de l'Amirauté dessina un navire aussi bien armé que le cuirassé mais bien plus rapide au détriment de la protection. C'est ainsi que naquit le croiseur de bataille dont les Invincible furent les premiers représentants.

Naissance du croiseur de bataille, mort du croiseur cuirassé

La révolution industrielle eut rapidement des conséquences sur les océans. L'apparition de la vapeur et les progrès de la métallurgie allaient résoudre deux problèmes majeurs sur lesquels butait la marine à voile : la protection contre les obus explosifs inventés par le français Paihxan et le combat même en absence de vent.

Ses améliorations donnèrent naissance dans les années 1870 au croiseur-cuirassé dont le premier exemplaire fût le HMS Shannon et qui suivait les premiers cuirassés (La Gloire et le Warrior) apparus une quinzaine d'années plus tôt.

Ces premières tentatives ne furent guère couronnées de succès et sans chauvinisme, on peut admettre que le Dupuy de Lôme mis en service en 1887 fût le premier vrai croiseur cuirassé à savoir un navire de 6700 tonnes, filant à 20 noeuds et alignant un armement conséquent : 2 canons de 194mm et 6 canons de 164mm.


Le Dupuy de Lôme fût le premier vrai croiseur cuirassé de l'histoire


Ces navires étaient chargés principalement de l'éclairage de la flotte, de la lutte contre les bâtiments du même type et d'une présence armée en outre mer sans parler d'une éventuelle guerre de course contre le commerce ennemi.

Comme tout navire de guerre, le croiseur cuirassé ne cessa de prendre du poids. Les premiers comparables au Dupuy de Lôme déplaçaient 6 à 12000 tonnes avec une vitesse de 18 à 20 noeuds mais les derniers apparus entre 1906 et 1908 pouvaient déplacer 16 à 18000 tonnes, filer à 22 ou 23 noeuds avec un armement généralement composé de canons d'un calibre allant de 152 à 254mm.


Le croiseur cuirassé Tennessee une certaine élégance et une élégance certaine


Citons des exemples comme le Rurik de la marine russe apparu en 1892 qui déplaçait 15200 tonnes, filait à 21 noeuds et était armé de 4 canons de 254mm en deux tourelles doubles, 8 canons de 203mm en 4 tourelles doubles et 20 canons de 120mm. Le Warrior de la marine britannique apparu en 1905 déplaçait 13500 tonnes, filait à 23 noeuds et alignait un armement composé de 6 canons de 234mm et 4 canons de 190mm tandis que le Tennessee américain déplaçait 14500 tonnes, filait à 22 noeuds et était armé de 4 canons de 254mm et 16 de 152mm ou encore le Waldeck Rousseau, dernier croiseur cuirassé français apparu en 1908, déplaçant 13700 tonnes, filant à 23 noeuds et armés de 14 canons de 194mm.


Le SMS Blücher fût le dernier croiseur cuirassé allemand


Le cas du Blücher allemand est intéressant. La construction des croiseurs de bataille avait lieu dans le secret le plus absolu. Les britanniques les construisirent d'abord sous le nom de croiseurs cuirassés poussant les allemands à régirent par un navire plus gros.

Sentant peut être l'entourloupe, la Kaiserliche Marine ne fit construire qu'un navire, le Blücher qui déplaçait 15500 tonnes, filait à 26 noeuds et alignait un armement composé de 12 canons de 210mm en six tourelles doubles et de 8 canons de 150mm en casemates.

Ils eutent raison de se mefier puisque les Invincible filaient 26 noeuds, déplaçaient 17230 tonnes et surtout avaient un armement composé de 8 canons de 305mm en quatre tourelles doubles.

L'apparition du croiseur de bataille sonna le glas du croiseur cuirassé qui était trop et trop lent pour servir d'éclaireur et pas assez gros et pas assez armé pour s'opposer aux croiseurs de bataille qui promettaient d'être les nouveaux rois du champ de bataille. La bataille du Jutland si elle apporta définitivement (après les Falklands) la preuve de la supériorité du croiseur de bataille sur le croiseur cuirassé, elle montra également que le croiseur de bataille n'était pas invulnérable.

Connu à l'origine comme croiseurs cuirassés (armored cruisers), les Invincible furent reclassés croiseurs de bataille (battlecruiser) le 24 novembre 1911.


Ecorché des Invincible fourni par l'ami Vautour

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 21:52

Historique

Le HMS Invincible

Présentation

Le HMS Invincible au mouillage. Date et lieu de la prise de vue inconnu

-L'Invincible est mis sur cale aux chantiers Armstrong Whitworth Co à Newcastle-upon-tyne le 2 avril 1906 lancé le 13 avril 1907 et admis au service actif le 20 mars 1909 au sein du 1st Cruiser Squadron (1ère division de croiseurs) de la Home Fleet.

Le premier croiseur de bataille de l'histoire est le sixième «invincible» à porter fièrement le White Ensign après un navire de ligne de 74 canons de la marine française capturé en 1747, un autre navire de ligne de 3 classe armé de 74 canons en service en 1776 et dont la carrière se termina sur la côte du Norfolk en 1801 (400 morts sur 595 membres d'équipage), un navire de ligne de 74 canons en service en 1808, désarmé en 1814 et démoli en 1861.

Le quatrième Invincible ne porta ce nom qu'au début de la construction puisqu'il fût rebaptisé Black Prince avant son lancement. Le cinquième navire à porter ce nom fût un navire de défense côtière mis en service en 1870, rebaptisé Erebus en 1904 puis Fisgard II en 1906 avant de couler dans une tempête en 1914.

Après le croiseur de bataille, un autre navire à porter ce nom, le premier d'une classe de trois porte-aéronefs, le R05 ayant été admis au service actif en février 1980 et après avoir faillit être vendu à la marine australienne (où il serait devenu le HMAS Australia), il participa à la guerre des Malouines puis aux différents déploiements de la Royal Navy. Il est depuis le 3 août 2005 en réserve au moins jusqu'en 2010, 18 mois de travaux étant nécessaires pour une éventuelle remise en service.

Temps de paix (1909-1914)


A peine admis au service actif, le nouveau fleuron de la marine britannique participe aux manoeuvres d'avril à juin 1909 avant de participer à la revue navale de Spithead le 12 juin 1909 puis celle tenue à Southend le 2 juillet.

Le premier croiseur de bataille connu cependant quelques petites maladies de jeunesse notament sur les commandes électriques de ses tourelles. De multiples changement se révélant inopérant, il fût décidé de le remplacer en 1913 par un système hydraulique au cours d'un grand carénage.
Il entama ce grand carénage en décembre 1913 après un an passé au sein de la Méditeranean Fleet mais ce carénage fût perturbé par la déclaration de guerre allemande le 4 août 1914.

Déclaré opérationnel le 12 août, il devint le navire amiral du 2nd Battlecruiser Squadron (2ème division de croiseurs de bataille) composée également du croiseur de bataille HMS New Zealand (classe Indefatigable), gagnant la Humber pour des missions de patrouilles le long des côtes britanniques

Une première action remarquée : la bataille de la baie d'Héligoland (28 août 1914)

Heligoland est un archipel de 4.2km situé en mer du Nord à 29 miles des côtes allemandes. Appartenant à l'empire Allemand depuis 1890 (échange avec les britanniques qui cédèrent cet archipel contre Zanzibar), il abrite une importante base navale allemande.

Ce matin du 28 août 1914, les anglais décident de pousser la Hochseeflot à l'affrontement. Pour cela , ils déploient la force Harwich composée des deux croiseurs légers Arethusa et Fearless accompagnés par 31 destroyers et appuyés par des sous marins afin d'attaquer les patrouilles allemandes à l'ouest d'Héligoland.

En couverture, se trouve également la Cruiser Force C composée de 5 vieux croiseurs cuirassés et la Cruiser Force K du contre-amiral Moore composée des croiseurs de bataille Invincible et New Zealand. L'Amirauté considérait ces forces de soutien suffisantes mais l'amiral Jellicoe commandant en chef de la Grand Fleet estima nécessaire d'adjoindre en couverture le 1st Battlecruiser Squadron du vice-amiral Beatty et le 1st Light Cruiser Squadron mais ni Tyrwhitt (commandant les croiseurs et les destroyers) ni Keyes (commandant des sous marins) ne fût prévenu ce qui allait provoquer certains désagréments sur le champ de bataille.

A l'aube, le 28 août 1914, la force Harwich tomba sur les premiers torpilleurs allemands qui se replièrent pour rejoindre les croiseurs Frauenlob et Stettin bientôt rejoindre par quatre autres croiseurs légers.

Malmenée, surclassé, la force Harwich fût secourue par les six croiseurs légers du 1ère squadron de croiseurs légers composée des HMS Southampton, Birmingham, Falmouth, Liverpool, Lowestoft et Nottingham qui rétablirent la supériorité britannique : le Frauenlob fût gravement endommagé pendant que le Mainz était coulé après avoir vendu chèrement sa peau.

Leur mission accomplie, les britanniques décidèrent de se replier alors que les grosses unités allemandes s'apprêtaient à appareiller. Les unités légères britanniques réclamèrent l'intervention des croiseurs de bataille de l'amiral Beatty alors que l'Arethusa avait été sévèrement endommagé par les croiseurs légers Strassburg et Köln qui virent avec horreur vers 12.37, l'arrivée des croiseurs de bataille.

Si le Strassburg réussit à éviter les obus britanniques, le Köln eut moins de chance étant sévèrement endommagée mais il fût sauvé par l'apparition soudaine du vieux croiseur Ariadne. A 13.10, Beatty ordonna la retraite et à cet instant, l'Invincible menait la force des croiseurs de bataille, ouvrant le feu sur le Köln, tirant 18 obus mais sans en placer aucun dans la cible, laissant le Lion couler par deux salves le Köln.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 22:01

«Gardez les pour fleurir ma tombe»


Le VidzeAdmiral Maximilian Von Spee

L'effort considérable entreprit par l'Allemagne pour se dôter d'une marine capable de rivaliser avec la Royal à donner de beaux fruits y compris dans la lointaine région Asie-Pacifique où une puissante escadre à été rassemblée sous les ordres du VidzeAdmiral Maximilian Von Spee composée des croiseurs cuirassés Scharnhorst et Gneisenau et des croiseurs légers Leipzig, Nürnberg et Dresden.


Le croiseur cuirassé Scharnorst, le fleuron de la marine Allemande en Asie

Le gouvernement britannique donne l'ordre à l'amiral Cradock d'arrêter cette escadre qui pourrait causer des dommages terrifiants aux intérêts britanniques. Cet ordre est un véritable suicide puisque Cradock ne dispose que du croiseur-cuirassé Good-Hope, des croiseurs légers Monmouth et Glasgow, du croiseur auxiliaire Otranto et du vieux cuirassé Canopus. Seuls les trois premiers ont une réelle valeur militaire et Christopher Cradock est si peu confiant qu'il donne avant d'appareiller au gouverneur des Falklands une lettre «A remettre dès que ma mort sera confirmée».


L'amiral Christopher Cradock

Il demande bien des renforts mais Londres refuse et lui intime d'obéir ce qu'il fait bien sur tout ne se faisant aucune illusion sur l'issue du combat. Il appareille de Port-Stanley le 22 octobre 1914, franchit le Cap Horn et se regroupe au Chili avant de reprendre la mer le 30 octobre.


Le croiseur cuirassé Good Hope monté par des réservistes ne faisait pas le poids face au Scharnorst et au Gneisenau

La rencontre tant attendue et tant redoute se produit le lendemain, 1er novembre en fin d'après midi au large du port chilien de Coronel. Von Spee est le premier à ouvrir le feu à 19h00.

Le Good Hope est immédiatement pris à partie par le Scharnhorst. Le croiseur cuirassé anglais armé de 2 canons de 234mm et de 16 canons de 152mm pourrait rivaliser sur le papier avec les Scharnhorst et les Gneisenau (8 canons de 210mm et 6 canons de 150mm) mais les marins anglais sont pour la plupart des réservistes peu entrainés alors que les marins allemands s'étaient distingués avant guerre en remportant de nombreux concours de tir.


Carte de la bataille de Coronel

La pièce avant du HMS Good Hope est rapidement réduite au silence (troisième salve allemande) et ses canons de 150mm sont quasiment-inutilisables à cause du mauvais temps. A 19.50, la trente-cinquième salve lui est fatale, les soutes à munitions sont atteintes et le navire explose, entrainant par le fond ses 900 hommes d'équipage et l'amiral Christopher Cradock.

Le Monmouth en dépit de ses graves avaries parvient à se replier mais ce n'est que partie remise puisque dans la nuit vers 21h00, les allemands le rattrapèrent le pilonnèrent à 900m avant de cesser le feu quand il s'enfonça dans les eaux noires du Pacifiques avec ses 1654 hommes d'équipage.

Les autres navires anglais parvinrent eux à s'échapper. Les allemands qui n'ont que trois blessés par six coups au but britanniques gagnent le port de Valparaiso le 3 novembre où ils sont chaudement accueillis par la nombreuse colonie allemande de la ville.

L'amiral Graf Spee n'à pas le coeur à faire la fête car il sait que les britanniques vont laver cet affront dans le sang et pas n'importe quel sang, le sien. Aussi quand quelqu'un lui offre des roses, il répond d'un air sombre «Gardez-les plutôt pour mes funerailles».

La prédiction de Maximilian Von Graf Spee est on ne peut plus exacte car à l'annonce du désastre de Coronel, Sir John Fisher of Kilverstone, Premier Lord de l'Amirauté (il est revenu à ce poste le 30 octobre car le titulaire, Louis prince de Battenberg avait refusé de renoncer aux titres allemands qu'il possédait) décide d'écraser Graf Spee et pour cela envoie dans l'Atlantique Sud deux des meilleurs croiseurs de bataille de la Home Fleet : L'Inflexible et son sister-ship L'Invincible sous les ordres du vice-amiral Sturdee.

Les navires britanniques appareillent le 11 novembre de Devonport, charbonne aux îles Saint Vincent dans l'archipel du Cap Vert puis dans le port brésilien d'Abrolhos, jonction avec les croiseurs de l'amiral Studdart (Kent et Cornwall) puis cap sur les Falklands où l'escadre britannique arrive le 7 décembre, retrouvant le vieux Canopus et les autres survivants de Coronel dont le croiseur léger Glasgow.

Le 8 décembre 1914 au matin, l'escadre allemande arrive en vue des Falklands. Le Gneisenau et le Nürnberg sont envoyés pour préparer un débarquement (Port Stanley est une base de charbonnage) mais ils ont la surprise d'être bombardés par les deux croiseurs de bataille.

Ils regagnent donc l'escadre de Von Spee pendant que Sturdee ordonne la chasse générale. L'amiral allemand ordonne à ses croiseurs légers de s'échapper pendant qu'il décide de livrer bataille aux croiseurs de bataille. Cette manoeuvre est contrée par les croiseurs légers anglais (Glasgow, Kent, Cornwall).


Deux visions de la bataille des Falklands


Les croiseurs de bataille se concentre sur le navire amiral allemand, le Scharnhorst qui encaisse des coups sévères. En flamme et donnant de la bande, il coule à 16h15 entrainant par le fond ses 765 menbres d'équipage, son amiral et son fils cadet Heinrich âgé de 21 ans (son frère ainé, Otto sera tué à bord du Nürnberg à l'âge de 24 ans).

Le Gneisenau continue courageusement le combat mais à 17h45, il à épuisé ses munitions, perdu 600 de ses 850 membres d'équipage et n'est plus maitre de sa manoeuvre. Son commandant décide de le saborder, le croiseur cuirassé coule vers 18.00 et les anglais extirpent 200 survivants d'une mort certaine dans l'eau glacée.


L'Invincible repêcha les survivants du croiseur cuirassé Gneisenau

Parallèlement une bataille entre les croiseurs légers à lieu et si le Dresden parvient à s'échapper, le Cornwall s'occupe du Leïpzig qui coule à 21h30 après cinq heures d'un combat acharné ne laissant qu'une vingtaine de surivants alors que le Nürnberg coule à 19h30 après avoir été victime du Kent qui ne sauve que sept survivants.

Après la bataille, l'Invincible effectue des réparations temporaires à Port Stanley avant de gagner Gibraltar où il est mis au bassin pour une remise en état complète. Les anglais en profite pour rehausser de 4.60m la cheminée avant pour limiter l'impact des panaches de fumée sur la passerelle.

De retour en Grande Bretagne le 15 février 1915, il retrouve la Grand Fleet et le 21 février, la force de croiseurs de bataille est réorganisée. (NdA les informations suivants proviennent du numéro 49 de Navire et Histoire sur la bataille du Jutland et il est possible que la situation soit différente de celle que je vais décrire maintenant).

Sous le commandement de l'amiral Beatty, nous trouvons la 1ère division de croiseurs de bataille basée à Rosyth avec le Princess Royal, le Queen Mary et le Tiger; la 2ème division basée à Rosyth se compose du New Zealand, de l'Australia et de l'Indefatigable tandis que la 3ème division basée à elle à Scapa Flow se compose de l'Invincible, de l'Inflexible et de l'Indomitable.

L'Invincible est en carénage du 25 avril au 12 mai 1915 au cours duquel il change les tubes de 4 canons de 305mm tandis que son armement secondaire est réduit. Le 27 mai 1915, le contre-amiral Horace Hood prend le commandement du 3rd Battlecruiser Squadron et pose sa marque sur l'Invincible.

Les 24 et 25 avril 1916, les 1ère et 3ème divisions de croiseurs de bataille appareillèrent pour contrer les navires allemands ayant bombardé Yarmouth et Lowestoft mais iles échouèrent à localsier les navires ennemis et pour ne rien arranger, l'Invincible entra en collision avec le patrouilleur auxiliaire Goissa qui l'obligea à rentrer à Rosyth pour réparations jusqu'au 22 mai 1916.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 22:12

La fin du premier croiseur de bataille : La bataille du Jutland (31 mai-1er juin 1916)

L'Invincible à la mer. La cheminée avant n'à pas encore été réhaussée

Depuis le début du conflit, les marines britanniques et allemandes multiplient les occasions manquées. La Royal Navy surtout rêve de la bataille décisive lui permettant d'écraser la Kaiserliche Marine qui eut l'outrecuidanse de se croire capable de lui disputer la suprématie navale.
Le 31 mai 1916, cet affrontement eu enfin lieu à 200km au nord ouest de la péninsule danoise du Jutland. Cette bataille se révélant particulièrement complexe à suivre, je me bornerai à parler des grandes lignes et des événements concernant expressement le Warspite.

Ce jour là la Grand Fleet engagea des moyens considérables avec d'abord de la flotte de combat de l'amiral Jellicoe embarqué à bord de l'Iron Duke. Cette flotte de combat se composait de la 2ème escadre de ligne (1ère division : King George V Ajax Centurion et Erin 2ème division : Orion Monarch Conqueror et Thunderer 5ème division : Colossus Collingwood, Neptune, Saint Vincent et 6ème division : Marlborough Revenge Hercules et Agincourt) la 4ème escadre de ligne (3ème division : Royal Oak, Superb et Canada 4ème division : Benbow Bellerophon Temeraire et Vanguard) la 3ème division de croiseurs de bataille (Invincible Inflexible et Indomitable), la 1ère division de croiseurs cuirassés (Defence Warrior Duke of Edimburgh Black Prince) la 2ème division de croiseurs cuirassés (Minotaur Hampshire Cochrane et Shannon), la 4ème escadre de croiseurs légers (Calliope, Caroline Constance Royalist Comus Blanche Bodicea Bellona Canterbury et Chester) ainsi que trois flottilles de destroyers (4ème, 11ème et 12ème flottille) soit un total de 50 destroyers.

Aux forces de l'amiral Jellicoe s'ajoutèrent celles de l'amiral Beatty (embarqué à bord du croiseur de bataille Lion) qui commandait la force des croiseurs de bataille composée de la 1ère division (Princess Royal Queen Mary et Tiger) la 2ème division (New Zealand Indefatigable) la 5ème escadre de cuirassés rapides (Barham Valiant Warspite et Malaya), la 1ère escadre de croiseurs légers (Galatea, Phaeton, Inconstant et Cordelia) la 2ème escadre de croiseurs légers (Southampton, Birmingham, Nottingham et Dublin) et la 3ème escadre de croiseurs légers (Falmouth, Yarmouth, Birkenhead et Gloucester). Il commandait également le porte-hydravions Engadine et trois flottilles de destroyers (1ère, 9ème et 10ème à part égale et la 13ème flottille) soit un total de 27 destroyers.

L'amiral Scheer de son côté avait déployé une partie non négligeable de ses forces avec sous son commandement direct la 1ère escadre (1ère division : Ostfriesland, Thüringen, Helgoland, Oldenburg, Ostfriesland 2ème division : Posen, Rheinland, Nassau et Westfalen), la 3ème escadre (5ème division : König, Grosser Kürfurst, Markgraf et Konprinz Wilhelm 6ème division : Friedrich der Gross _où était embarqué l'amiral Scheer_ Kaiser Kaiserin et Prinzregent Luitpold; 4ème groupe de croiseurs légers d'éclairage : Stettin München Frauenlob Stuttgart Hamburg) et la 2ème escadre composé de vieux pre-dreadnought (3ème division Deutschland, Hessen, Pommern et 4ème division Hannover Schlesien et Schleswing Holstein), le tout accompagné de 25 torpilleurs.

Il existait également une force d'éclairage sous le commandement du vice-amiral Hipper composé du 1er groupe d'éclairage de croiseurs de bataille (Lützow _sur lequel était embarqué Hipper_ Derflinger, Seydlitz, Molke Von der Tann) et le 2ème groupe d'éclairage de croiseurs légers (Frankfurt, Pillau Elbing et Wiesbaden), le tout accompagné de 30 torpilleurs.

Les Allemands conscients de leur infériorité décidèrent de tendre un piège à la flotte britannique en organisant une opération de bombardement de la région de Sunderland destiné à faire sortir la Grand Fleet de ses bases avant de la ramollir par des attaques de U-Boot puis de l'attirer vers les cuirassés de Scheer. Ce plan parfait sur le papier fût biaisée dès le départ puisque depuis le début de la guerre les britanniques interceptaient les messages et les décryptaient. Ils purent ainsi appareiller le 30 mai 1916.

A 14h00, le 31 mai, la flotte britannique arrive sur zone mais la mer est vide. Les deux flottes ne se voient pas et ne vont prendre contact que par un événement bien fourtuit. Un vieux cargo danois lent et rouillé, le NJ Fjord passe entre les deux flottes qui envoient chacune un navire pour le reconnaître, un échange de coups de feu marquant le début de la plus grande bataille navale de tous les temps.

Les croiseurs légers anglais engagent l'ennemi et tentent de les attirer vers le nord-est les forces de l'amiral Hipper en direction des forces de l'amiral Jellicoe et de permettre aux croiseurs de bataille de l'amiral Beatty de les prendre à revers par le sud.

A 15h48, cap au sud, les deux flottes de croiseurs de bataille sont à dix milles l'une de l'autre sur des routes convergentes. Les allemands sont avantagés par la visibilité et le Lützow est le premier à tirer sur le Lion de l'amiral Beatty.

Au bout de trois minutes, les allemands qui disposent d'un meilleur système de conduite de tir ont déjà placé huit coups au but sur le Lion, le Tiger et le Princess Royal. Ce n'est qu'à 15h55 que les anglais marquent un point en touchant le Seydlitz qui doit noyer ses soutes perdant ¾ de sa puissance de feu.

La distance entre les croiseurs de bataille est tombée de 14000 à 11800m. Les anglais s'embrouillant dans les ordres laisse le Derrflinger manoeuvrer comme à la parade et place trois obus dans le Lion dont l'une d'elle fait sauter la tourelle Q. Le navire aurait explosé sans le sacrifice du major Harvey, le commandant de la tourelle qui se sachant condamné fait fermer la porte étanche derrière lui et fait noyer les soutes.

L'amiral Hipper sait que l'amiral Scheer arrive et pour gagner du temps ordonne à ses torpilleurs d'attaquer les croiseurs anglais obligzant Beatty à faire de même, une furieuse mêlée se déroulant entre les deux colonnes.

Beatty sait qu'il ne peut faire face à la totalité de la Hochseeflot et décide de se replier pendant que l'amiral Scheer ordonne la chasse générale. Pourtant Jellicoe n'est pas loin, ses vingt quatre dreadnoughts regroupés en six colonnes précédés par les croiseurs légers, l'amiral allemand ignorant que la fuite de Beatty est une ruse.


La fin d'un pionnier : l'Iinvincible touché par un obus du Derfflinger qui causa bien des misères aux anglais

A 17h30, les navires de Jellicoe entrent en contact avec la Hochseeflot et oblique vers l'est puis le sud-est. Ils se retrouvent alignés sur sept miles, la colonne plongeant vers la côte du Jutland, prêt à matraquer les deux colonnes de Scheer.


Le contre-amiral Horace Hood

L'Invincible, premier croiseur de bataille de l'histoire est touché encore par le Derrflinger qui place un obus qui explose dans la soute de la tourelle Q ne laissant que six rescapés sur 1032 membres d'équipage. Parmi les victimes figure le contre-amiral Hood qui donnera son nom à un croiseur de bataille qui allait lui aussi connaître un sort funeste.


L'Agonie d'un navire

Après guerre, l'épave sera répérée par un dragueurs de mines aux coordonnées suivantes : 57-02-40 de latitude nord et 06-07-15 de longitude est, reposant en deux morceaux à 55m de profondeur.


Reconstitution d'artiste fournie par l'ami Vautour montrant l'épave de l'Invincible

C'est également après le premier conflit mondial qu'une enquête sérieuse sera menée pour savoir pourquoi les croiseurs de bataille anglais ont été détruits aussi facilement alors que le Derfflinger allemand à pu encaisser 17 obus de gros calibre et 9 de moyen calibre et être toujours à flot bien que non opérationnel avec seulement deux canons en état de tirer.

Outre une protection plus importante (ceinture blindée de 300mm contre 152), la cause principale de la destruction des battlecruisers anglais fût une succession de négligences. Privilégiant la cadence de tir sur la précision et craignant de manquer d'obus et de charges propulsives en pleine bataille, la Royal Navy avait chargé jusqu'à la gueule ses navires, les transforma en poudrières flottantes et cet état de fait fût aggravé par le fait que les portes étanches entre les soutes et les tourelles étaient maintenues ouvertes.


Schéma-type des tourelles anglaises et allemandes (by Vautour) montra pourquoi les navires anglais sautaient si facilement


Maigre compensation, les croiseurs survivants comme ici le HMAS Australia reçurent des surblindages notament sur les tourelles

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 22:23

Le HMS Inflexible

Présentation

Le HMS Inflexible encadré par le HMS Drake _sister-ship du Good Hope_ et le HMS Invincible

-Le HMS Inflexible est mis sur cale aux chantiers John Brown implantés à Glasgow sur les rives de la Clyde le 5 février 1906 lancé le 26 juin 1907 et admis au service actif le 20 octobre 1908.

Le deuxième navire de classe Invincible est le cinquième et actuellement dernier navire de la Royal Navy à avoir porter ce nom après un sloop lancé en 1776 dont le sort est inconnu; une navire de ligne de 64 canons, premier navire de sa classe, lancé en 1780 utilisé comme navire-dépôt à partir de 1793, comme navire-caserne de 1809 à sa destruction en 1820; un sloop à hélice lancé en 1845 et vendu en 1864 et un cuirassé à coque en cher lancé en 1876 et vendu à la démolition en 1903.

Ses premières armes en Méditerranée : la poursuite du Goeben et du Breslau

Au moment où éclate la première guerre mondiale, l'Inflexible est le navire amiral de la Mediterranean Fleet, l'amiral Sir Archibald Berkeley Milne ayant posé sa marque sur ce navire qui est alors accompagné par les HMS Indefatigable et Indomitable.

Le 4 août 1914 au matin, les deux croiseurs de bataille surprirent le croiseur de bataille Goeben et le croiseur léger Breslau qui venaient de bombarder le port de Philippeville en Algérie. L'amiral anglais avait cependant les mains liés car la Grande Bretagne et l'Allemagne n'étant pas en guerre, il ne put intervenir et se contenta de surveiller les deux navires allemands qui gagnèrent Messine pour charbonner.


Le SMS Goeben filant à pleine vitesse

Arrivés le 5 au matin en Sicile, les navires allemands savaient que la Grande Bretagne venait de déclarer la guerre à l'Allemagne mais l'amirauté ordonna aux navires de la Royal Navy de respecter la neutralité italienne et de rester à 6 miles des côtes.

Milne déploya les croiseurs de bataille Inflexible et Indefatigable à la sortie nord du détroit pour prévenir une fuite vers l'ouest pour attaquer les transports de troupes français tandis qu'à la sortie sud était déployé le croiseur léger Gloucester pendant que l'Indomitable était parti charbonner à Bizerte.

Les deux navires allemands appareillèrent de Messine le 6 août, cap à l'est, direction Constantinople, pistés par le Gloucester. L'amiral anglais toujours persuadé que le contre-amiral Wilhlem Souchon allait mettre cap à l'ouest garda ses croiseurs de bataille à Malte jusqu'au 8 août quand ils appareillèrent pour le Cap Matapan où le croiseur de bataille allemand avait été apperçu huit heures plus tôt (!).

A 14.30, Milne reçut un message annonçant l'état de guerre entre la Grande Bretagne et l'Autriche-Hongrie mais ce message était erroné puisque Londres et Vienne n'allaient être en guerre qu'à partir du 12 août.

Ce message poussa Milne comme il en avait reçut instruction de garder le détroit d'Otrante pour éviter une sortie en force de la Kaiserliche und Königliche Kriegsmarine (KuK Kriegsmarine)ce qui donna au Goeben encore un répis. Milne reçut enfin un ordre explicite le 9 août mais à cette date, le Goeben était bien au chaud dans les eaux ottomanes où il allait rester jusqu'en 1918, obligeant les alliés à maintenir une surveillance vigilante.

Alors que l'Indomitable restait sur zone pour bloquer les Dardanelles, l'Inflexible reçut l'ordre de regagner la Grande Bretagne le 18 août 1914.

Une sanglante vengeance : Sturdee venge Cradock (8 décembre 1914)


A l'annonce du désastre de Coronel, Sir John Fisher of Kilverstone, Premier Lord de l'Amirauté (il est revenu à ce poste le 30 octobre car le titulaire, Louis prince de Battenberg avait refusé de renoncer aux titres allemands qu'il possédait) décide d'écraser Graf Spee et pour cela envoie dans l'Atlantique Sud deux des meilleurs croiseurs de bataille de la Home Fleet : L'Inflexible et son sister-ship L'Invincible sous les ordres du vice-amiral Sturdee.


L'amiral Sturdee commandant les croiseurs de bataille britanniques à la bataille des Falklands

Les navires britanniques appareillent le 11 novembre de Devonport, charbonne aux îles Saint Vincent dans l'archipel du Cap Vert puis dans le port brésilien d'Abrolhos, jonction avec les croiseurs de l'amiral Studdart (Kent et Cornwall) puis cap sur les Falklands où l'escadre britannique arrive le 7 décembre, retrouvant le vieux Canopus et les autres survivants de Coronel dont le croiseur léger Glasgow.

Si Graf Spee avait appareillé rapidement de Valaparaiso peut être aurait-il pu contourner le Cap Horn et regagner l'Allemagne et échapper aux «battlecruiser» envoyés à la curée mais le vice-amiral fût soudain pris d'indécision et ce n'est que le 26 novembre que les allemands s'élancèrent en direction des Malouines pour détruire un relais TSF et les navires survivants de Coronel.

Le 8 décembre 1914 au matin, l'escadre allemande arrive en vue des Falklands. Le Gneisenau et le Nürnberg sont envoyés pour préparer un débarquement (Port Stanley est une base de charbonnage) mais ils ont la surprise d'être bombardés par les deux croiseurs de bataille et le vieux Canopus qui tirait par dessus la jetée suivant les indications de ses vigies qui avaient parfaitement localisés les allemands.

Ils regagnent donc l'escadre de Von Spee pendant que Sturdee ordonne la chasse générale. L'amiral allemand ordonne à ses croiseurs légers de s'échapper pendant qu'il décide de livrer bataille aux croiseurs de bataille. Cette manoeuvre est contrée par les croiseurs légers anglais (Glasgow, Kent, Cornwall).

Les croiseurs de bataille se concentre sur le navire amiral allemand, le Scharnhorst qui encaisse des coups sévères. En flamme et donnant de la bande, il coule à 16h15 entrainant par le fond ses 765 menbres d'équipage, son amiral et son fils cadet Heinrich âgé de 21 ans (son frère ainé, Otto sera tué à bord du Nürnberg à l'âge de 24 ans).

Le Gneisenau continue courageusement le combat mais à 17h45, il à épuisé ses munitions, perdu 600 de ses 850 membres d'équipage et n'est plus maitre de sa manoeuvre. Son commandant décide de le saborder, le croiseur cuirassé coule vers 18.00 et les anglais extirpent 200 survivants d'une mort certaine dans l'eau glacée.

Parallèlement une bataille entre les croiseurs légers à lieu et si le Dresden parvient à s'échapper, le Cornwall s'occupe du Leïpzig qui coule à 21h30 après cinq heures d'un combat acharné ne laissant qu'une vingtaine de surivants alors que le Nürnberg coule à 19h30 après avoir été victime du Kent qui ne sauve que sept survivants.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 22:26

Echec au Lion ! La campagne des Dardanelles

Après la bataille des Falklands, l'Inflexible fût réparé et remis en état à Gibraltar. Les travaux terminés, il gagna la région de Dardanelles où il arriva le 24 janvier 1915, remplaçant l'Indefatigable comme navire amiral de la flotte de la Méditerranée. Le 19 février, il bombarda les forts turcs, marquant le début de la bataille de Gallipoli.

Le 18 mars 1915, de vieux pré-dreadnought anglais et français tentèrent de forcer le détroit en bombardant les forts turcs pour permettre de nettoyer les champs de mines et entrer en mer de Marmara et pourquoi pas d'atteindre Istanbul. Trop présomptueux, les alliés eurent un réveil pénible puisque les cuirassés Irresistible et Bouvet furent coulés par des mines tandis que l'Océan l'était des suites d'un obus d'une batterie côtière turque.

L'Inflexible fût sévèrement endommagé par les batteries côtière, encaissant un obus de 150mm qui mis hors service le canon de gauche de la tourelle P, un obus de 105mm endommagea la passerelle et créa une brèche de 1.8m, un obus de 240mm toucha la passerelle et détruisant la cabine de navigation et priva le commandement du navire de liaisons avec la conduite de tir.

Le feu fût rapidement étant lorsque le navire se replia avant de réengager les forts turcs qui placèrent un nouvel obus mais qui ne provoqua que de faibles effets. Plus tard alors qu'il manoeuvrait, en baie d'Eren Keui, il sauta sur une mine turque de 100kg, provoqua une large brèche à tribord et inonda le local lance-torpilles noyant 39 hommes. Le navire du s'échouer sur l'île de Bozcaada (Tenedos) avec 1600 tonnes d'eau à bord. Il reçut des réparations temporaires avec un coffrage de 9m sur 8m pour boucher la brèche. Il appareilla ensuite pour Malte en compagnie de Canopus et Talbot le 6 avril 1915.

Au cours du transit, le coffrage fût perdu suite au mauvais temps et le navire du être pris en remorque par le Canopus pendant six heures le temps que la brèche soit réparée. Il fût en réparations jusqu'au mois de juin, regagnant le 19 juin la Grande Bretagne, étant alors affecté à la 3ème division de croiseurs de bataille sous le commandement du contre-amiral Horace Hood.

Les troupes alliées formées essentiellement d'australiens et de néo-zelandais groupés au sein du Australian New Zealand Army Corps (ANZAC) furent débarquées le 25 avril 1915 mais se heurtèrent à une défense turque opiniâtre sur un terrain escarpé favorisant la défense, défense menée de main de maitre par le général Mustapha Kemal qui n'est pas encore Ataturk. Les troupes alliées subirent de lourdes pertes jusqu'à leur évacuation en janvier 1916.

Une occasion manquée : Jutland (31 mai-1er juin)

Vus depuis un bâtiment non identifié, le HMS Inflexible et le HMS New Zealand

Le 30 mai 1916, la Grand Fleet au grand complet appareilla de ses ports de Grande Bretagne pour contrer la sortie de la Hochseeflot. L'amiral Beatty commandant la force des croiseurs de bataille qui ouvrit le chemin aux cuirassés de Jellicoe. La 3ème divisions de croiseurs de bataille (Invincible Inflexible et Indomitable) ouvrant la route.

A 16.06, Hood ordonna à ses croiseurs de filer à pleine vitesse suivant une route au sud-sud est pour tenter de joindre ses forces à celles de Beatty mais Hood ne parvint pas à contacter son supérieur. A 5.40, des tirs d'artillerie furent repérés et le croiseur léger Chester fût chargé d'y voir clair, tombant sur les croiseurs légers (2ème division) de Hipper qui l'endommagèrent gravement avant même que Hood soit capable de lui porter assistance.

Les croiseurs de bataille anglais ouvrirent le feu, touchant rapidement le Wiesbaden et le Pillau avant de devoir manoeuvrer pour éviter le croiseur léger Regensburg et 31 destroyers avant que le croiseur léger les cinq destroyers chargés d'appuyer et de protéger la 3rd Battlecruiser Division ne puisse riposter.

Dans la confusion qui suivit, l'Invincible mit cap au nord mais l'Inflexible et l'Indomitable mit cap au sud pour éviter les torpilles qui ratèrent toutes leurs cibles. La division fût rapidement reconstituée et mit cap à l'ouest.
A 18.21 alors que Beatty et Jellicoe convergaient vers lui, Hood mit cap au sud pour retrouver les autres croiseurs de bataille anglais alors que les croiseurs de bataille de l'amiral Hipper se trouvaient à 8km des anglais. Les invincibles ouvrirent immédiatement le feu sur le Lützow et le Derfflinger, le premier encaissant 10 obus du Lion, de l'Inflexible et de l'Invincible.



Mais à 18.30, l'Invincible apparu comme une merveilleuse cible pour le Lützow et le Derfflinger qui tirèrent trois salves qui touchèrent le croiseur de bataille britannique qui explosa et coula en moins de 90 secondes, touché au niveau de la tourelle Q, provoquant l'explosion de la soute. Le navire se brisa en deux, tuant tout son équipage à l'exception de six survivants dont ne fit pas partie le contre-amiral Hood.

L'Inflexible et l'Indomitable restèrent au combat pour le reste de la bataille. Ils attaquèrent les croiseurs de bataille à 9100m alors qu'ils se répliaient. Le Seydlitz fût touché cinq fois mais sauvé par l'apparition des pré-dreadnought du contre-amiral Mauve et les navires anglais durent diviser leur feu mais trois d'entre eux furent touchés avant que les allemands ne se replient.

Fin de carrière

La perte de trois croiseurs de bataille (Invincible, Queen Mary et Indefatigable) entraina une réorganisation des forces en deux divisions avec l'Inflexible et l'Indomitable au sein de la 2nd Battlecruiser Division. Cependant après cette bataille, la Hochseeflot ne quitta plus ses ports et l'activité des deux Invincible survivants fût des plus limités.

Le 19 août 1916, deux torpilles tirées par le sous marin U-65 durant une patrouille passa sous la poupe du croiseur sans le toucher. Le 1er février, l'Inflexible entra en collision avec le sous marin britannique K22 au large de l'Isle of May mais les dégâts furent limités.

Au début de l'année 1918, il reçut des plate-formes en bois au dessus des tourelles latérales et le 21 novembre, il fit partie des 300 navires chargés d'escorter les navires de la Hochseeflot.

Usés par un service intensif, leur image dégradée par la perte de trois des leurs à la bataille du Jutland,l'Inflexible fût placé en réserve en janvier 1919 avant d'être désarmé le 31 mars 1920. Le Chili envisagea un temps son achat mais ce projet ne se matérialisa pas. Vendu à la démolition le 1er décembre 1921, il fût démoli en Allemagne (!) l'année suivante.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 22:37

Le HMS Indomitable

Présentation

Le HMS Indomitable. Date et lieu de prise de vue inconnue

-Le HMS Indomitable à été mis sur cale aux chantiers de la Fairfield Shipbuilding & Engineering Co. Ltd installés à Govan le 1er mars 1906, lancé le 26 juin 1907 et admis au service actif le 20 juin 1908.

Le troisième croiseur de bataille de classe Invincible fût le premier navire de la Royal Navy à porter ce nom. Il fût suivit par un porte-avions de classe Illustrious mis en service le 10 octobre 1941, désarmé et démoli en 1955. Il aurait du être suivit par le troisième porte-aéronefs de classe Invincible mais ce dernier fût rebaptisé Ark Royal en 1978 avant d'être lancé en 1980 et toujours en service en 2009.

Premières années

Vue arrière de l'Indomitable[/i][/color]

Immédiatement après sa mise en service, l'Indomitable embarqua le prince de Galles, le futur roi George V pour les célébration du tricentenaire de la fondation de la ville de Québec (1608-1908). De retour en Grande Bretagne, il regagna le chantier pour les derniers achevements.

Affecté à la Division du Nore (sur la Tamise) de la Home Fleet le 28 octobre et affecté à la 1ère division de croiseurs en mars 1909, il en devint le navire amiral le 26 juillet. Caréné à plusieurs reprises entre 1910 et 1913, il fût affecté à la Mediterranean Fleet le 27 août 1913 formant avec l'Invincible la toute nouvelle 2ème division de croiseurs de bataille. La guerre le surpris en plein carénage à Malte, carénage qui fût interrompue.

L'Indomitable en guerre (1) : A la poursuite du Goeben et du Breslau

Le croiseur léger SMS Breslau

Au moment où éclate la première guerre mondiale, l'Indomitable appartient à la Mediterranean Fleet, accompagné par les HMS Indefatigable et Inflexible.

Le 4 août 1914 au matin, les deux croiseurs de bataille (L'Indomitable et l'Inflexible) surprirent le croiseur de bataille Goeben et le croiseur léger Breslau qui venaient de bombarder le port de Philippeville en Algérie.

L'amiral anglais avait cependant les mains liés car la Grande Bretagne et l'Allemagne n'étant pas en guerre, il ne put intervenir et se contenta de surveiller les deux navires allemands qui gagnèrent Messine pour charbonner.

Arrivés le 5 au matin en Sicile, les navires allemands savaient que la Grande Bretagne venait de déclarer la guerre à l'Allemagne mais l'amirauté ordonna aux navires de la Royal Navy de respecter la neutralité italienne et de rester à 6 miles des côtes.

Milne déploya les croiseurs de bataille Inflexible et Indefatigable à la sortie nord du détroit pour prévenir une fuite vers l'ouest pour attaquer les transports de troupes français tandis qu'à la sortie sud était déployé le croiseur léger Gloucester pendant que l'Indomitable était parti charbonner à Bizerte.

Les deux navires allemands appareillèrent de Messine le 6 août, cap à l'est, direction Constantinople, pistés par le Gloucester. L'amiral anglais toujours persuadé que le contre-amiral Wilhlem Souchon allait mettre cap à l'ouest garda ses croiseurs de bataille à Malte jusqu'au 8 août quand ils appareillèrent pour le Cap Matapan où le croiseur de bataille allemand avait été apperçu huit heures plus tôt (!).

A 14.30, Milne reçut un message annonçant l'état de guerre entre la Grande Bretagne et l'Autriche-Hongrie mais ce message était erroné puisque Londres et Vienne n'allaient être en guerre qu'à partir du 12 août. Ce message poussa Milne comme il en avait reçut instruction de garder le détroit d'Otrante pour éviter une sortie en force de la Kaiserliche und Königliche Kriegsmarine (KuK Kriegsmarine)ce qui donna au Goeben encore un répis.

Milne reçut enfin un ordre explicite le 9 août mais à cette date, le Goeben était bien au chaud dans les eaux ottomanes où il allait rester jusqu'en 1918, obligeant les alliés à maintenir une surveillance vigilante. Alors que l'Indomitable restait sur zone pour bloquer les Dardanelles, l'Inflexible reçut l'ordre de regagner la Grande Bretagne le 18 août 1914.

Le 3 novembre 1914, Churchill ordonna la première attaque après le début de la guerre entre l'Empire Ottoman et la Russie. L'attaque fût menée par l'Indomitable et l'Indefatigable ainsi que les pré-dreadnought Suffren et Vérité. L'attaque était destinée aussi bien à détruire les fortifications turques qu'à mesurer la motivation turque.

Le bombardement dura vingt minutes et un obus explosa dans la soute à munitions du fort de Sedd el Bahr dans la péninsule de Gallipoli, descellant sans les détruire 10 canons et tuant 86 soldats turcs. Au lieu de dissuader la Turquie à la guerre, elle les poussa à renforcer les défenses et à mouiller des mines.

Cette attaque eut lieu avant la déclaration de guerre de Londres à Istanbul qui n'eut lieu que le 5 novembre 1914. L'Indomitable reçut l'ordre de regagner la Grande Bretagne en décembre, étant ensuite affecté à la 2nd Battlecruiser Division.

L'Indomitable en guerre (2) : la bataille du Dogger Bank

Carte de la bataille du Dogger Bank

Le 23 janvier 1915, l'amiral Franz Von Hipper appareille du golfe de Jade avec sous ses ordres quatre croiseurs de bataille (dont un assimilé le Blücher), quatre croiseurs légers et onze torpilleurs avec pour mission de nettoyer le Dogger Bank de la présence de navires de pêche britanniques et plus généralement de tout navire pouvant renseigner les alliés.

Les britanniques n'avaient cependant pas besoin de ça pour connaître les mouvements de la flotte allemande puisqu'ils avaient cassé les codes de la Kaiserliche Marine. Ils furent donc informés de cette sortie et aussitôt les britanniques appareillent qu'il s'agisse des cuirassés de l'amiral Jellicoe, des cuirassés, des croiseurs et des forces légères de l'amiral Beatty, des croiseurs légers des torpilleurs du commodore Tyrwhit.

Le contact eut lieu à 07.20 le 24 janvier quand le croiseur léger Arethusa repéra le croiseur léger Kolberg. Un quart d'heure plus tard, les allemands repérèrent les navires de Beatty et Hipper ordonna de mettre cap au sud à 20 noeuds pour s'éloigner au plus des navires britanniques. Beatty ordonna à ses croiseurs de bataille de filer à pleine vitesse, l'Indomitable filant à 26 noeuds ce qui valu les compliments de l'amiral Beatty. Les navires plus récents de Beatty allaient bien plus vite ce qui fit que l'Indomitable perdit rapidement du temps.

A 9h00, le Lion accompagné par le Tiger, le Princess Royal et le New Zealand ouvrirent le feu sur le croiseur cuirassé Blücher mais pendant une heure, le tir anglais demeure imprécis et le Blücher riposte énergiquement. Entre 10.30 et 11.00, il fût touché par un obus de 340mm du Lion qui provoqua des dégâts considérables.

L'Indomitable tira 134 obus sur le Blücher avant que ce dernier ne chavire et ne coule à 12.07. l'Indomitable prit ensuite en remorque le Lion pour le ramener au port après qu'un de ses moteurs eut été mis hors service et que le second connaissait de nombreux ratés à la vitesse de 7 à 10 noeuds.


Les derniers instants du Blücher. Son successeur connaitra le même sort dans un fjord norvégien en avril 1940

L'Indomitable fût ensuite transferé au 3rd Battlecruiser Squadron (3ème division de croiseurs de bataille). Sous le commandement du contre-amiral Horace Hood, le 3rd BCS accompagné du 1st BCS appareillèrent les 24 et 25 avril 1916 pour riposter au bombardement de Yarmouth et Lowestoft mais les navires britanniques échouèrent à retrouver les navires allemands à cause d'un temps exécrable.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 22:42

L'Indomitable en guerre (3) : la bataille du Jutland

L'Indomitable, date et lieu de la prise de vue inconnu

Le 30 mai 1916, la Grand Fleet au grand complet appareilla de ses ports de Grande Bretagne pour contrer la sortie de la Hochseeflot. L'amiral Beatty commandant la force des croiseurs de bataille qui ouvrit le chemin aux cuirassés de Jellicoe. La 3ème divisions de croiseurs de bataille (Invincible Inflexible et Indomitable) ouvrant la route.

A 16.06, Hood ordonna à ses croiseurs de filer à pleine vitesse suivant une route au sud-sud est pour tenter de joindre ses forces à celles de Beatty mais Hood ne parvint pas à contacter son supérieur. A 5.40, des tirs d'artillerie furent repérés et le croiseur léger Chester fût chargé d'y voir clair, tombant sur les croiseurs légers (2ème division) de Hipper qui l'endommagèrent gravement avant même que Hood soit capable de lui porter assistance.

Les croiseurs de bataille anglais ouvrirent le feu, touchant rapidement le Wiesbaden et le Pillau avant de devoir manoeuvrer pour éviter le croiseur léger Regensburg et 31 destroyers avant que le croiseur léger les cinq destroyers chargés d'appuyer et de protéger la 3rd Battlecruiser Division ne puisse riposter.

Dans la confusion qui suivit, l'Invincible mit cap au nord mais l'Inflexible et l'Indomitable mit cap au sud pour éviter les torpilles qui ratèrent toutes leurs cibles. La division fût rapidement reconstituée et mit cap à l'ouest.
A 18.21 alors que Beatty et Jellicoe convergaient vers lui, Hood mit cap au sud pour retrouver les autres croiseurs de bataille anglais alors que les croiseurs de bataille de l'amiral Hipper se trouvaient à 8km des anglais. Les invincibles ouvrirent immédiatement le feu sur le Lützow et le Derfflinger, le premier encaissant 10 obus du Lion, de l'Inflexible et de l'Invincible.

Mais à 18.30, l'Invincible apparu comme une merveilleuse cible pour le Lützow et le Derfflinger qui tirèrent trois salves qui touchèrent le croiseur de bataille britannique qui explosa et coula en moins de 90 secondes, touché au niveau de la tourelle Q, provoquant l'explosion de la soute. Le navire se brisa en deux, tuant tout son équipage à l'exception de six survivants dont ne fit pas partie le contre-amiral Hood.

L'Inflexible et l'Indomitable restèrent au combat pour le reste de la bataille. Ils attaquèrent les croiseurs de bataille à 9100m alors qu'ils se répliaient. Le Seydlitz fût touché cinq fois mais sauvé par l'apparition des pré-dreadnought du contre-amiral Mauve et les navires anglais durent diviser leur feu mais trois d'entre eux furent touchés avant que les allemands ne se replient.

Crépuscule

Le HMS Indomitable en 1919

La Hochseeflot ne sortant plus de ses ports, les croiseurs de bataille furent mis au chomage technique. En août 1916, l'Indomitable reçut un blindage additionel sur les soutes à munitions et les tourelles, une leçon amère tirée de la bataille du Jutland.

L'Indomitable reçut également au début de 1918 deux plate-formes pour permettre le décollage de chasseurs sur les deux tourelles latérales.
Comme nombre de navires anciens et usés, l'Indomitable et son sister-ship furent placés en réserve en 1919, désarmé en mars 1920 avant d'être vendu à la démolition le 1er décembre 1921.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Lun 14 Déc 2009, 22:46

Caractéristiques Techniques

Schéma fourni par l'ami Vautour représentant les Invincible en 1912/13

Déplacement : standard 17530 tonnes pleine charge 20750 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 173m largeur : 23.9m tirant d'eau : 9.1m

Propulsion : quatre turbines à engrenages Parson alimentées par 31 chaudières Babcock & Wilcox ou Yarrow dévellopant une puissance totale de 41000ch et actionnant quatre hélices

Performances : vitesse maximale : 26.48 noeuds (essais) 25 noeuds (en service) distance franchissable : 3090 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture de 102 à 152mm, ponts blindés 38-64mm, barbettes 178mm tourelles 178mm tour de commandement 152 à 254mm, protection antitorpilles 64mm

Armement :

Tourelle latérale de 305mm du HMS Dreadnought

-8 canons de 305mm (12 inch) Mark X en 4 tourelles doubles (une avant une arrière et deux latérales). Ce canon de 45 calibres tire des obus de 389kg à une distance maximale de 17236m et ce à raison de 1.5 coups par minute.

Les tourelles doubles des Invincible sont désignées modèles BIX ou BX et pèsent 457 tonnes à vide et 508 tonnes en ordre de combat. Elles peuvent pointer en site de -3° à +13.5° à raison de 3° par seconde et en azimut sur 150° (tourelles avant et arrière) et de 30 à 150° pour les tourelles latérales P et Q raison de 4° par seconde. La dotation en munitions est de 80 obus par canon soit un total de 640 obus.

-16 canons de 102mm (4inch) Mark III . Ce canon de 40 calibres tire des obus de 14kg à une distance maximale de 8780m à raison de 8 à 10 coups par minute. Ce canon monté sur affût simple ou en casemates pouvait pointer de -10° à +20° et en azimut sur 360°. La dotation en munitions est inconnue.

-5 tubes lance-torpilles de 457mm pour des torpilles Mark VII et VIII

Aviation : L'Indomitable et l'Inflexible reçurent en 1918 une plate-forme en bois sur les tourelles latérales (P et Q) pour un chasseur Sopwith Pup.

Equipage : 784 officiers et marins en temps de paix 1032 en temps de guerre

Sources

-Encyclopédie des armes Edition Atlas tome 6 p1341-60 «Les cuirassés de la première guerre mondiale» (croiseurs de bataille classe Invincible p1347)

-Encyclopédie des armes Edition Atlas tome 8 p1781-1800 «Les croiseurs-cuirassés 1914-1918»

-Et L'Océan fût leur tombe notament les p186-87 sur la bataille d'Heligoland, la bataille navale de Coronel p187-188, la bataille des Falklands p189-90, la bataille du Dogger-Bank p190-191, la bataille de Jutland p 192-94.

-Ressources internet diverses

-Photos et docs de l'ami Vautour

FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : DE HAVILLAND SEA HORNET


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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Mar 15 Déc 2009, 00:34

Encore un "Superb" article Claus

Merci et compliments.

De sacré navires ces CB quand même salut


Jef salut
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Mar 15 Déc 2009, 06:45

Beaux mais terriblement dangereux.

Fischer fut très impressionné par la victoire de Togo à Tsushima et notamment par le fait que pour étoffer sa ligne de bataille l'amiral japonais n'hésita pas à y intégrer des croiseurs 203 mm.

On en déduisit un peu vite que des navires rapides pourraient échapper aisément au feu adverse. En oubliant que la flotte russe ne donnait que 9 noeuds au moment du combat...

Navires d'éclairage, destinés à écraser de loin leurs adversaires désignés (les croiseurs éclaireurs et les croiseurs de la guerre de course), capable de rompre l'engagement quand ils le voulaient les CdB se sont retrouvés engagés dans des combats pour lesquels ils n'avaient absolument pas été conçus.

-Au sein de la flotte de ligne, asservis aux ordre et la rigueur d'un combat naval dont les règles avaient peu évoluées depuis Trafalgar...
-Contre des bâtiments de ligne capables d'encaisser leurs bordées et délivrant le même genre d'obus. Là encore quelque chose pour lesquels les CdB n'avaient pas été prévus...
-Sous le commandement de Sir David Beatty dont l'agressivité au combat était reconnue mais dont les navires eurent particulièrement à souffrir d'un niveau d'engagement bien supérieur là encore à la guerre de course pour laquelle ils avaient été envisagés.

La presse anglaise de l'époque (dont on dirait aujourd'hui qu'elle était aux ordres) adressa des louanges particulièrement fournies à ces navires qui ne les méritaient certainement pas, à une époque où la rivalité navale anglo-allemande avait atteint des sommets que l'on aurait du mal à imaginer aujourd'hui.
En fait les CdB anglais avaient du mal à atteindre les vitesses qu'on leur prêtait. Ainsi avec 108 000 CV le Tiger ne donnait que 28,3 noeuds et encore avec une consommation effrayante de 1250 tonnes de mazout par jour ...

La seule bataille que menèrent ces navires et qui correspondit à leur cahier des charge fut le combat des Falklands où les navires de Sir Doveton Sturdee (alors en disgrâce et imposé par Churchill) allèrent chercher là où elle se trouvait l'escadre de Spee.

Quand il fut coulé l'Invicible était en train de délivrer un feu dévastateur sur le Lützow et l'entrée en scène de l'escadre d'éclairage de l'Honorable Horacio Hood causa bcp de soucis à Hipper en plus de se faire barrer le T.

Deux soucis de plus pour les anglais au Jutland

-un tir médiocre: le New Zealand tire 420 coups de 305 et en place 4 ...
-des obus de piètres qualité: le Lützow fut touché environ (de mémoire) 24 fois par du calibre d'artillerie principale et ne coula que parce qu'il fut sabordé (ayant embarqué 7000 tonnes d'eau il calait trop pour passer les bancs de la Jade)

Les Splendid Cats étaient plus des cercueils flottant (temps de guerre) ou des yachts de luxe (temps de paix) que des navires aptes à soutenir le feu d'une ligne de bataille.

Les allemands avaient réalisé des navires beaucoup plus impressionnants dont les anglais s'inspirèrent après les avoir relevés à Scapa Flow
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Mar 15 Déc 2009, 09:45

Citation :
...le Lützow fut touché environ (de mémoire) 24 fois par du calibre d'artillerie principale et ne coula que parce qu'il fut sabordé (ayant embarqué 7000 tonnes d'eau il calait trop pour passer les bancs de la Jade)
Il était tellement enfoncé à l'avant que l'eau arrivait quasiment au pied de la passerelle mais surtout, il ne pouvait plus avancer car
ses hélices sortaient de l'eau...d'ou le sabordage.


Jef
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Mar 15 Déc 2009, 16:51

A mon avis il faut plus aller chercher la résistance aux coups britannique du Lutzow dans son excellente conception assortie d'une protection très honorable que dans la faiblesse des obus britannique.

Ceci étant c'étaient vraiment de beau navire les invincibles.
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Mar 15 Déc 2009, 18:30

Bel article et beau récit de bataille de l'époque ...

Merci Claus

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Mar 15 Déc 2009, 18:57

Merci les gars. Je vais poster tout à l'heure le De Havilland Sea Hornet (J'ai terminé les Invincible samedi et donc j'ai eu le temps d'écrire le suivant) cheers thumright

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Ven 18 Déc 2009, 19:02

Citation :
Les Splendid Cats étaient plus des cercueils flottant (temps de guerre) ou des yachts de luxe (temps de paix) que des navires aptes à soutenir le feu d'une ligne de bataille.

C'est pas un peu sévère comme jugement? Tu l'as dit toi même, les Splendid Cats ont été engagés dans des combats pour lesquels ils n'étaient pas conçus, leur manque de succès tient à mon avis plus de ce fait que d'une conception défectueuse.

Ce qui m'étonne c'est que les français n'aient pas pensé aux croiseurs de bataille les premiers, ce genre de navire correspond tout à fait aux théories de la jeune école (rapide, puissant, légèrement protégé), et au besoin de navires capables de défendre les routes maritimes de l'empire colonial.
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Ven 18 Déc 2009, 19:24

Toi tu souhaite vraiment du mal a la marine Française... Tu imagine: les croiseurs de bataille britannique étaient pas bon mais au moins fiable. Nous on aurait fait la même mauvais navire (voir pire) mais en plus il n'aurait pas été fiable et construit en petite quantité.

Plus sérieusement: la jeune école a fait construire de grands croiseurs, mais au moment ou sortent les croiseurs de bataille (et le dreadnought) notre marine a déjà enterré ses théories fumeuses.
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Ven 18 Déc 2009, 19:35

Citation :
Nous on aurait fait la même mauvais navire (voir pire) mais en plus il n'aurait pas été fiable et construit en petite quantité.

Beuh, quelle mauvaise fois. Je sais qu'on ne refera pas l'histoire mais si ca se trouve les croiseurs de bataille français auraient été tout à fait valables.
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Ven 18 Déc 2009, 19:41

Je serais plutôt d'accord avec Eagle Eye. Les croiseurs cuirassés français étaient parmis les meilleurs et il n'y à pas de raison que les croiseurs de bataille français ne soient pas à la hauteur.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Ven 18 Déc 2009, 20:47

Le problème c'était que les pourcentages de coups au but étaient minimes mois de 3 % pour les Brits environ 4 % pour les boches.

Or

La Queen Mary l'Indefatigable et l'Invicible ont été coulés en ayant été touchés par 5 obus de 280/305 mm. Pas plus
Le Lion faillit subir le même sort des les premières salves et il s'en fallut de quelques secondes ...

Leur conception était défectueuse compte tenu de la nature de l'engagement et de la répartition du blindage...

Comme le remarquait Poirot côté allemand c'était différent.

Le Lutzow encaissa 24 coups le Seydlitz 21 le Derfflinger 17 ... et que du > 305 mm.
Il faut savoir que jusqu'à 1950 environ la V ème escadre de ligne d'Evan Thomas martelle les CdB allemands. A eux quatre les cuirassés rapides délivrèrent environ onze cents obus de gros calibre la plupart sur l'escadre d'éclairage de Scheer.

Les anglais tous navires confondus ont tiré 4598 obus de gros calibre au total dont 1239 de 381 (du 15 ') et ont eu un % de cps au but de 2,17 % soit exactement 100 cps au but
En pourcentage c'est peu mais en valeur absolue c'est énorme surtout quand on voit que les 5 CdB allemands en récoltèrent 70 à eux seuls (305 au 381) ... alors que les 8 anglais n'en ramassèrent que 53 (280 et 305) ...

Les navires allemands subirent une avalanche d'obus (souvent mal ajustés)
Et malgré çà aucune déflagration catastrophique...

Je pense qu'on est au coeur du problème des CdB anglais qu'on retrouvera avec le Hood détruit par l'ignition de ses soutes arrières suite à l'impact d'un obus de 15 pouces.

Ils furent conçus théoriquement pour résister au 280 sur les parties vitales et au 152 ailleurs...
Ils furent détruits par du 280 mm

JE PENSE QUE LE NOEUD DU PROBLEME VENAIT DE LA CONCEPTION ET DE LA REPARTITION DU BLINDAGE CHEZ LES BRITS

J'en avait parlé dans le topic sur les CdB anglais que j'ai pu développer dans un "Champs de Batailles" récent. Un poids de blindage inférieur et réparti uniformément.
La tragédie du Jutland trouve sa source là selon moi.

L'option "tout ou rien" en matière de blindage (née sur les Oklahoma) aurait vraisemblablement permis à ces navires magnifiques de ne pas exploser comme des pétards dès les premiers obus... sans présumer de ce que tu rappelais fort à propos sur les règles de sécurité bafouées ...
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Sam 19 Déc 2009, 13:05

+1

Les croiseurs de bataille de la RN était juste bon à traquer les croiseurs cuirassé!
Le "hic", c'est que construire des navires de 17000 t avec des canons de 305, pour lutter contre des adversaires de 11000 t armé avec des 210 mm, c'est plutôt dispendieux !
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Sam 19 Déc 2009, 18:17

J'ai eu le plaisir de discuter aujour'hui avec Pierre Iltis qui vient de rédiger deux bons thématiques sur la guerre de course allemande eb 1914 et qui surtout dispose d'une très belle bibliothèque d'ouvrages allemands.

Il m'a appris qu'en fait Tirpitz n'aimait pas le concept des CdB et que les allemands ont du se plier tant bien que mal aux initia&tives britanniques.

Tirpitz ne voulait en aucun cas que ses navires soient insuffisamment blindés. Ce qui impliqua des vitesses (légèrement) inférieures mais des blindages bien supériers. Souvent le dernier noeud de vitesse coutait 50 mm de blindage horizontal....

Pierre me disait aussi que Tsushima influença les britanniques bien plus loin que la simple intégration des CdB dans la ligne principale.
Les japonais utilisèrent des obus explosifs qui causèrent desravagesdans la ligne russe pour essentiellement deux raisons
-les cuirs russes surchargés n'étaient pas dans leurs lignes d'eau et avaient une bonne partie de leur ceinture cuirassées sous l'eau
-ils étaient littéralement remplis de charbon et couverts de poussier qui ne demandaient qu'à s'enflammer.

Au Jutland les allemands utilisaient desobus de rupture et pas les britanniques. Von Hase du Derfflinger dans ses mémoires rapportait que les équipages allemands furent très surpris du peu de dommages causés par les impacts brits qui donnaient de très fortes déflagrations mais relativement peu de pénétration.
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CROISEURS DE BATAILLE CLASSE INVINCIBLE   Sam 19 Déc 2009, 19:46

Sur le sujet du développement parallèle des croiseurs de bataille Anglais & Allemand , il y à aussi cet article en ligne, très intéressant, qui confirme entièrement les dires de Pierre Iltis, sur les réticences de Tirpitz :
http://www.stratisc.org/pub_mo2_BREZETCROI.html
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