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 ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH

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clausewitz
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MessageSujet: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 21:13

CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH
(GRANDE BRETAGNE)


Le Queen Elizabeth à Mudros (Grèce) en 1915 au moment de l'opération contre les Dardanelles


Avant propos

Britania rules the waves (Britania commande les vagues) tel fût le slogan décrivant la puissance maritime britannique durant l'âge d'or victorien (1850-1876) et jusqu'en 1914 et pourtant l'histoire d'amour de la Grande Bretagne avec l'océan fût moyen un mariage de passion qu'un mariage de passion.

Jusqu'au 16ème siècle, l'Angleterre regardait vers le continent et tournait le dos à l'Océan bien qu'Henry VIII puisse être considéré comme le père de la Royal Navy. Il suffit de voir le traumatisme causé par la perte de Calais en 1558 pour comprendre que l'union de l'Angleterre avec l'Océan n'allait pas de soit. Marie Tudor aurait dit à cette occasion «Après mort si vous ouvrez mon coeur, vous y trouverez les noms de Philippe _Phillipe II d'Espagne_ et de Calais» pour le comprendre.


Henry VIII peint ici par Holbein à semé les graines de la thalassocratie britannique


La puissance navale de l'Angleterre ne cessa de grandir tout au long du 16ème, du 17ème et du 18ème siècle profitant notament de la colonisation en Amérique du Nord et d'une volonté d'isolement vis à vis des affaires européennes, isolement souvent plus pratique que réel.

Ce ne fût pas sans mal puisque Londres du affronter de sérieux concurrents qu'il s'agisse de l'Espagne avec son Invincible Armada de 1588, les Provinces Unies avec laquelle elle fût en guerre à quatre reprises (1652-54; 1665-1667;1672-1674 et 1780 à 84 même si pour ces deux dernières guerres la puissance néerlandaise avait bien déclinée) et la France qui posséda au 18ème siècle l'une des plus puissantes marines de son histoire.


Tableau anglais représentant l'affrontement entre la Royal Navy et l'Invincible Armada


Au 19ème siècle, avant que l'Entente Cordiale n'attenue cette rivalité, son adversaire désigné était la Royale, la marine française qui faute de pouvoir égaler quantitativement la marine anglaise chercha à la battre sur le terrain qualitatif.

C'est ainsi qu'en 1856, un brillant ingénieur prénomé Henri Dupuy de Lôme (1816-1885) inventa la frégate cuirassée puisque la Gloire sous une solide coque en chêne portait des plaques d'acier, une réponse aux obus explosifs, création française de l'ingénieur Henri Paixans (1783-1854) qui avaient montré leur efficacité durant la guerre de Crimée.


Le HMS Warrior, premier cuirassé britannique est aujourd'hui navire musée à Porsmouth


Les anglais réagirent rapidement se dôtant en 1860 du HMS Warrior déclencha à cette occasion une nouvelle course aux armements. Les navires de guerre faisaient leur mu, combinant les innovations (propulsion vapeur, blindage) avec des techniques maitrisées depuis des siècles (canons en sabord, importance de la voile)

Les progrès étaient tellement rapides que la HMS Warrior et la Gloire furent désarmés à peine dix ans après leur mise en service. Les navires évoluaient, perdaient peu à peu leurs mats et leurs voiles, faisant confiance aux machines à vapeur de plus en plus fiables et de moins en moins gourmandes en énergie.

C'est ainsi qu'à la fin du 19ème siècle apparu le cuirassé au sens moderne du mot, des navires de 12 à 19000 tonnes, équipés de canons de gros calibre en tourelle. L'artillerie principale alignait différents calibres ce qui posait des problèmes dans la conduite du tir et bien vite germa l'idée du cuirassé rapide armé d'une artillerie principale monocalibre.

Cette préoccupation était partagée par toutes les marines du monde mais les anglais sous l'impulsion du bouillant John Arbuthnot Fisher (1841-1920), premier lord de l'amirauté de 1904 à 1910 à qui la Royal Navy du également le croiseur de bataille et le dévellopement intensif du torpilleur fût la premier à dégainer avec le HMS Dreadnought construit en un temps record (mis sur cale le 2 octobre 1905 lancé le 10 février 1906 et admis au service actif le 2 décembre 1906 soit à peine 14 mois de travail !).

Les autres pays imitèrent bien vite les britanniques qui dans le cadre d'une rivalité avec l'Allemagne multiplia les mises sur cale de cuirassés qui prirent le nom générique de dreadnought qu'il s'agisse des Bellerophon (Bellerophon, Superb et Temeraire) entrés en service en 1909; des St Vincent (St Vincent Collingwood Vanguard) entrés en service en 1910; le Neptune entré en service en 1911 et des Colossus (Colossus et Hercules) en 1911.

Genèse des Queen Elizabeth

Après la construction de 10 dreadnought, la Royal Navy se devait de passer à une étape supérieure tant le cuirassé armé de canons de 305mm se banalisait en Europe, aux Etats Unis et au Japon.

L'augmentation de l'armement ne pouvait se concevoir que par l'adoption éventuelle de la tourelle triple qui aurait porté le nombre de canons à 12 mais d'autres pays comme la France possédaient des navires armés de 12 canons.


Le HMS Orion premier superdreadnought de l'histoire


Il fallait augmenter la puissance de l'artillerie principale et les anglais construisirent bientôt la classe Orion (Orion Monarch Thunderer et Conqueror) armés de 10 canons de 343mm, bâtiments baptisés rapidement «superdreadnought» et qui furent aussitôt imités par les autres pays alors que la Royal enchainait les constructions à une vitesse stratosphérique, mettant en service successivement la classe King George V (Il était de coutume dans la Royal Navy de baptiser le premier cuirassé d'une classe du souverain régnant et George V était roi depuis 1910 après la mort de son père Edouard VII et si une nouvelle classe King George V à été mise en service à partir de 1940 c'est que le roi George VI voulait rendre hommage à son père, la situation aurait peut être été différente avec Edouard VIII) composée de 4 navires (King George V, Centurion, Audacious et Ajax) entrés en service en 1912/13 et suivie de la classe Iron Duke (Iron Duke, Marlborough, Benbow et Emperor of India) entrés en service en 1914.


Le HMS Audacious de classe King George V et le HMS Iron Duke de la classe éponyme furent des variantes améliorées des Orion


Après ces trois classes, les britanniques décidèrent de passer à la vitesse supérieure notament sous l'impulsion de Winston Churchill. A l'origine, cette classe de cuirassés devait être quasiment aux Iron Duke à savoir des cuirassés lents armés de canons de 343mm mais le design évolua rapidement et donna naissance à des navires armés de canons de 15 pouces surtout bien plus rapide que leurs contemporains avec une vitesse maximale de 25 noeuds au lieu de 21 ce qui fait que ces cuirassés sont souvent considérés comme les premiers cuirassés rapides et qu'ils allaient ringardiser les croiseurs de bataille, verdict qu'allait confirmer la bataille du Jutland.

Quatre cuirassés étaient à l'origine prévus qui furent baptisés Queen Elisabeth, Warspite, Barham et Valiant mais un cinquième baptisé Malaya s'ajouta en l'honneur de la Federation of Malayan States qui l'avait financé par des dons.

Un sixième navire baptisé Agincourt était prévu. Il aurait constitué une version améliorée des Quen Elisabeth mais sa construction fût annulée à la déclaration de guerre en 1914 et son nom attribué à un cuirassé construit à l'origine pour le Brésil mais racheté par l'Empire Ottoman et qui fût finalement mis en service par la Royal Navy en 1914.

En 1913, le Canada soucieux comme tous les dominions d'aider à la défense de l'Empire présenta le Canadian Naval Aid Bill qui prévoyait la construction de trois cuirassés similaires aux Queen Elisabeth mais le projet fût rejeté par le parlement. On ne sait pas non plus si ces navires auraient servis dans la marine canadienne ou si ils allaient être cédés à la Royal Navy comme le Malaya ou le New Zealand.


Les Queen Elizabeth sont généralement considérés comme les premiers cuirassés rapides de l'histoire

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 21:20

Historique

HMS Queen Elizabeth(00)


Le Queen Elizabeth peu après sa mise en service

Présentation

Le Queen Elizabeth est mis sur cale au Porsmouth Royal Naval Shipyard le 21 octobre 1912 lancé le 16 octobre 1913 et admis au service actif en janvier 1915, sept mois après le début de la première guerre mondiale.


Portrait de la reine Elizabeth peint vers 1575

C'est le premier navire à porter le nom de Sa Majeste, Elizabeth 1ère, reine d'Angleterre et d'Irlande (7 septembre 1533-24 mars 1603), l'un des plus grands souverains de l'histoire anglaise au point que l'on parla du siècle d'Elisabeth ou du siècle élisabethain.

Fille d'Henry VIII et de sa seconde femme, Anne Boleyn, Elisabeth traversa non sans mal les turbulences liés aux démélés conjugaux de barbe bleue. Succédant à son demi-frère Edouard VI (1547-1553) et à sa demi-soeur Marie Tudor (1553-1558), elle régna 45 ans jusqu'en 1603, faisant de l'Angleterre, une grande puissance tenant tête à l'Espagne, faisant plier l'Ecosse grâce à l'exécution de Marie Stuart et surtout imposa en Angleterre, la confession anglicane à mi-chemin entre le catholicisme et le protestantisme, mettant en terre les graines de la guerre civile.

Surnomé la «Reine Vierge», elle resta obstinément célibataire et mourut sans descendance. Avec elle s'éteignit la dynastie des Tudors. Jacques VI d'Ecosse, fils de Marie Stuart lui succéda sous le nom de Jacques 1er, réalisant l'union personelle des deux couronnes en attendant l'union complète en 1707 et la naissance du Royaume Uni de Grande Bretagne, devenu en 1801 Royaume Uni de Grande Bretagne et d'Irlande puis en 1922, Royaume Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord.

Après le célèbre cuirassé, il aurait du être suivi par un porte-avions de classe CVA01 mais le projet fût annulé en 1966, privant la Royal Navy de porte-avions, ce qu'elle ressentit cruellement en 1982 au moment de la guerre des Malouines.


Le défunt projet CVA01

En 2014/2016 devrait cependant entrer en service le Queen Elisabeth, un porte-aéronefs de 70000 tonnes en construction depuis juillet 2009. Avec son sister-ship, le Prince of Wales, il pourrait permettre à la Royal Navy de renouer avec les porte-avions puisque des mesures conservatoires ont été prises pour l'équiper si nécessaire de catapultes et de brins d'arrêts.

Douze navires de la Royal Navy ont également porté le nom de Elisabeth qui faisait référence à la Reine Vierge.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 21:29

Jeunes années (1915-1939)


Vue aérienne du Queen Elizabeth en 1918

Une fois les essais terminés, le nouveau cuirassé gagna la mer Méditerranée pour participer à l'opération alliée dans les Dardanelles. Cette opération proposée par le premier lord de l'amirauté Winston Churchill devait permettre de faire sauter le verrou des détroits et tendre la main à la Russie voir éliminer l'empire Ottoman de la guerre.

En novembre 1914, il y eu un premier bombardement mené par les croiseurs de bataille anglais Indomitable et Indefatigable et les cuirassés français Suffren et Vérité mais les dégâts furent limités et jusqu'au retour des alliés le 19 février 1915, les turcs eurent le temps de renforcer leurs défenses et de mouiller des mines.

Le 18 mars 1915, de vieux pré-dreadnought anglais et français tentèrent de forcer le détroit en bombardant les forts turcs pour permettre de nettoyer les champs de mines et entrer en mer de Marmara et pourquoi pas d'atteindre Istanbul. Trop présomptueux, les alliés eurent un réveil pénible puisque les cuirassés Irresistible et Bouvet furent coulés par des mines tandis que l'Océan l'était des suites d'un obus d'une batterie côtière turque.


Les tourelles arrières (?) du Queen Elizabeth en 1915

Les troupes alliées formées essentiellement d'australiens et de néo-zelandais groupés au sein du Australian New Zealand Army Corps (ANZAC) furent débarquées le 25 avril 1915 mais se heurtèrent à une défense turque opiniâtre sur un terrain escarpé favorisant la défense, défense menée de main de maitre par le général Mustapha Kemal qui n'est pas encore Ataturk. Les troupes alliées subirent de lourdes pertes jusqu'à leur évacuation en janvier 1916.

De son côté, le Queen Elisabeth, navire amiral de la Mediterranean Expeditionary Force commandée par le général Sir Ian Hamilton participa à distance au raid du 18 mars mais après la destruction du pré-dreadnought HMS Goliath par un torpilleur turc le 12 mai provoqua le retrait du cuirassé vers un endroit moins exposé.

Il regagna ensuite la métropole pour joindre la Grand Fleet et plus précisement le 5th Battle Squadron (amiral Hugh Evan-Thomas) composée des cinq navires de la classe. Si ses sister-ship participèrent à la bataille du Jutland le 31 mai 1916, le Queen Elisabeth était à l'époque au bassin pour réparations.

Il passa le reste de la guerre dans des opérations de routine, rêvant d'un nouvel affrontement avec la Hochseeflot mais cet affrontement n'eut jamais lieu. Le 15 novembre 1918, eut lieu à bord du Queen Elisabeth une réunion entre l'amiral Beatty et le contre-amiral Hugo Meurer, le représentant de l'amiral Franz von Hipper, commandant en chef de la marine allemande pour préparer la rédition de la flotte allemande qui concentrée à Scapa Flow se saborda le 21 juin 1919 pour ne pas tomber aux mains des alliés.

De 1919 à 1924, le Queen Elisabeth fût déployé au sein de la flotte de l'Atlantique suivit d'un déploiement d'un an en Méditerranée. Il est modernisé une première fois en 1926/27, modernisation au cours de laquelle il reçut des bulges anti-torpilles, les deux cheminées sont fusionées en une seule, les canons de 76mm sont remplacés par des canons de 102mm, la plate-forme aviation installée sur la tourelle Y est débarquée, la conduite de tir est modernisée et la structure du pont renforcée. Il passa l'année 1928 en essais et remise en condition avant de gagner la Méditerranée pour y passer toute l'année 1929.


Le Queen Elizabeth à quai dans les années trente avec sa cheminée devenue unique en raison de la réduction du nombre de chaudières

En 1930, il subit une nouvelle refonte durant laquelle, il reçut un nouveau système de contrôle de tir pour son armement antiaérien avant de regagner la Méditerranée et d'y rester jusqu'en 1933 avant de subir une nouvelle refonte en 1934 au cours de laquelle il perdit la catapulte installée sur la tourelle B.

Il passa l'année 1935 en Méditerranée avant une série de travaux en 1936 (renforcement de DCA) puis d'être choisie pour une profonde modernisation du 11 août 1937 au 10 décembre 1940 à Porsmouth, retrouvant ainsi le port qu'il l'avait vu naitre.


Les travaux consistèrent dans le remplacement des 25 chaudières d'origine par 8 chaudières haute pression permettant un gain de poids de 50% et de place de 33%. Les nouvelles turbines permirent d'augmenter la vitesse de 25 à 29 noeuds.

L'armement principal est démonté et modifié pour augmenter la portée maximale qui passe de 21500 à 29500m, les canons de 6 pouces sont remplacés par 10 canons de 114mm en cinq tourelles doubles, l'armement antiaérien léger est renforcé.

Une catapulte et un hangar pour quatre hydravions est installé, le pont d'envol est renforcé, un système radar pour le contrôle de tir est installée.

A noter que la modernisation fût achevée à Rosyth pour échapper aux bombardements aériens menés par l'Allemagne sur Porsmouth.


Le Queen Elizabeth en pleine refonte

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 21:38

Le Queen Elizabeth en guerre (1) de Scapa Flow à Alexandrie (1940-1941)


Le Queen Elizabeth en 1941 à Rosyth

Remis en service le 10 décembre 1940 pour ses essais qui durèrent jusqu'à la fin de l'année et s'achevèrent le 31 janvier 1941 avec quelques modifications. Il entama alors sa préparation pour son déploiement en Méditerranée, arrivant à Scapa Flow le 21 février 1941.

En mars 1940, les croiseurs de bataille Gneisenau et Scharnhorst opérèrent dans l'Atlantique Nord et les britanniques tentèrent de les intercepter dans l'Atlantique au cas où ils rentreraient en Allemagne.

Le 19 mars, les travaux de préparation au déploiement sont interrompus et le Queen Elisabeth appareille en compagnie du croiseur lourd London et de 6 destroyers pour retrouver à la mer le cuirassé Nelson au sud de l'Islande. Plus tard, le croiseur de bataille Hood renforça le dispositif.

Le 20 mars, un Swordfish de l'Ark Royal repéra les deux navires allemands à 600 miles au ouest-nord ouest du Cape Finisterre. Les navires britanniques lancèrent la traque mais le 22, les deux croiseurs de bataille arrivèrent à Brest et la mission abandonnée, les navires regagnèrent Scapa Flow le 23 mars 1941. Le lendemain, 24 mars, le pavillon de la Home Fleet fût transferé du Nelson au Queen Elizabeth pour une seule semaine puisque dès le 1er avril, le pavillon fût transferé sur le King George V.


Chargement d'un obus de 15 pouces à bord du Queen Elizabeth

Le lendemain, il appareilla en compagnie de trois destroyers de Scapa Flow pour Halifax mais le 6, il retrouve en mer le croiseur de bataille Repulse pour intercepter le Gneisenau et le Scharnhorst dont la sortie avait été annoncée mais les deux navires britanniques ne les interceptèrent, le Gneisenau endommagé par des Bristol Beaufort devant regagner Brest pour réparations. Le Queen Elizabeth gagna alors Gibraltar où il arriva le 14 avant de repartir pour Freetown le lendemain et d'y arriver le 20 pour un très court déploiement puisqu'il quitta l'Afrique dès le 25 pour rentrer à Gibraltar arrivant sur le rocher le 30 avril 1941

Le 4 mai 1941 il appareilla de Gibraltar pour couvrir le convoi WS8 avec 4 destroyer, relevant le Repulse et ses trois destroyers. La relève eut lieu le 5 mai, le croiseur Naïad l'ayant entre-temps rejoint. Plus tard dans la journée, il fût rejoint par la Force H composée du croiseur de bataille Renown, du porte-avions Ark Royal, des croiseurs Fiji et Sheffield ainsi que de deux destroyers. Le convoi subit une attaque aérienne le 8 et une bombe explosa à proximité de la proue du Queen Elizabeth ne provoqua que des dégats extrêmement limités. Le convoi et son escorte moins la force H qui avait fait demi-tour arriva à Alexandrie le 12 mai et le même jour fût affecté à la flotte de la Méditerranée, devenant le navire amiral du 1st Battle Squadron (vice-amiral Pridham Wippell).

Le 14 mai, il appareilla d'Alexandrie en compagnie de son sister-ship, le Barham, des croiseurs Naiad, Phoebe et 7 destroyers (dont un australien) pour la défénse de la Crète contre une action de la Regia Marina, arrivant sur zone le 16 mais n'y restant que jusqu'au 19 avant de revenir à Alexandrie le lendemain. C'était une période difficile pour les britanniques qui avaient perdu la maitrise de l'espace aérien en Méditerranée orientale obligeant le haut commandement britannique à ménager ses cuirassés.

Le Queen Elizabeth rentra ainsi à la fin du moins de mai à Alexandrie et y resta jusqu'à la fin du mois de juin, passant alors le plus clair de son temps en exercices de navigation et de tir avec quelques missions de couverture de convoi contre une action de surface de la marine italienne qui possédait des navires redoutables.

Le 1er septembre 1941, il devint le navire amiral de la flotte de la Méditerranée commandée par l'amiral Cunnigham. Comme les semaines précédentes, il sortit en mer pour des exercices et des opérations de diversions pour faciliter l'arrivée à Malte de précieux convois de ravitaillement.

En novembre, ses canons de 15 pouces furent d'un appui précieux pour la 8ème armée (opération Chieftain et Landmark). L'opération Landmark le vit ainsi appareiller le 20 novembre d'Alexandrie pour une attaque simulée contre le port de Tripoli en compagnie de ses sister-ships Barham et Valiant, des croiseurs Euryalus Galatea, Naiad et 11 destroyers avant d'être rejoint en mer par les croiseurs Ajax, Neptune et Hobart de la marine australienne. La flotte retrouva la rade d'Alexandrie le 22 novembre mais dès le 24, il était de nouveau à la mer pour intercepter des convois italiens et c'est au cours de cette opération que le Barham succomba aux torpilles du U331.

Le Queen Elizabeth en guerre (2) : une nuit de décembre et de gros travaux


Peinture représentant un cuirassé de classe Queen Elizabeth

Si la flotte italienne était cantonnée dans ses ports ou ne se risquait qu'à des sorties limitées, les plongeurs de combat italiens eux n'étaient pas inactifs. Ils avaient à plusieurs reprises attaqué Gibraltar mais avaient cette fois décidé de s'en prendre au port d'Alexandrie, l'une des principales bases de la Méditerranean Fleet.

Le 18 décembre 1941, les trois «Maïales» (cochon, leur nom officiel étant Siluri a Lenta Corsa ou torpille à course lente) transportés par le sous marin Scire franchirent le filet barrant l'accès à la rade, le dit filet ayant été abaissé pour permettre à un destroyer britannique d'accéder à la rade.


Deux plongeurs de combat italiens chevauchant une Maïale

Après avoir évité l'éperonnage, le hommes de la 10e flottiglia Mas (Decima-Mas) s'approchèrent de leurs cibles, les cuirassés Queen Elisabeth et Valiant et placèrent sur la quille de chaque navire une mine magnétique de 300kg avant de s'éloigner le plus rapidement possible.

La mine explosa à 6H10 provoquant un désarroi bien compréhensible chez les britanniques. La coque éventrée, le Queen Elisabeth s'enfonça tout doucement dans l'eau, victime d'une brèche de près de 60m derrière la chambre des chaudières B. 9 marins furent tués.

Outre le Queen Elizabeth, le Valiant fût également sévèrement endommagé tout comme le pétrolier Sagona qui en explosant endommageant gravement un destroyer.

Le vénérable cuirassé fût provisoirement réparé entre janvier et juin 1942 à Alexandrie. Mis au bassin le 4 janvier, il fût victime d'une attaque _cette fois avortée_ d'une torpille humaine. Il quitta le bassin le 27 juin pour appareiller le lendemain pour Port Said puis Aden. Il gagna ensuite Durban puis le Cap avant d'arriver le 13 août à Freetown. Il ne lui restait plus qu'à traverser l'Atlantique ce qui fût chose faite le 6 septembre quand il arriva à Norfolk.

Il resta en réparations/modernisation aux Etats Unis d'octobre 1942 à mai 1943, entamant ensuite ses essais à la mer et sa remise en condition.

Le 30 juin 1943, il appareilla de Boston pour les Bermudes avant de gagner la Grande Bretagne le 2 juillet, arrivant à Devonport le 9 pour terminer la refonte notament le débarquement de l'aviation et l'installation de radars britanniques. Les essais et exercices l'occupèrent jusqu'en décembre 1943.


Deux dessins de l'ami Vautour représentant le Queen Elizabeth en 1942 et la structure générale du cuirassé après la dernière refonte

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 21:50

Le Queen Elisabeth en guerre (3) : les délices de l'Asie

Le Queen Elizabeth en 1943 après réparations

le 30 décembre, il appareilla de Scapa Flow pour Alexandrie où il arriva le 12 après une escale de ravitaillement de ravitaillement à Gibraltar le 7. Ce n'était qu'une nouvelle escale puisqu'il quitta l'Egypte le 14 en compaggnie du cuirassé Valiant, du croiseur de bataille Renown, des porte-avions Illustrious et Unicorn et de 4 destroyers.

Il arriva à Aden le 19 pour trois jours d'escale avant un départ le 22, l'escorte s'étant etoffée de 7 destroyers pourtant leur nombre à 11. Il arriva à Trincomalee le 28 et fût dès lors affectée à la Eastern Fleet. Il passa tout les mois de février et de mars en entrainements et manoeuvres diverses pour s'intégrer à cette nouvelle flotte.

En avril 1944, il devint le navire amiral de l'Eastern Fleet et le 16 avril, il quitta Trincomalee en compagnie des navires de la TF69 à savoir le Valiant, du Richelieu, des croiseurs Newcastle, Nigeria, Ceylon, Gambia et Tromp et de 9 destroyers (dont trois australiens et un néerlandais) afin de couvrir les porte-avions engagés dans les attaques aériennes contre Sabang dans le nord de Sumatra (opération Cockpit), cette dernière force, la TF70 se composant des porte-avions Illustrious et Saratoga, du croiseur de bataille Renown, du croiseur lourd London et de 6 destroyers (un australien et trois américains). La TF10 attaqua le 19 avril et les deux TF étaient de retour à Trincomalee le 22 avril 1944.

Du 6 au 27 mai 1944, il participa à l'opération Transom au sein de la TF65 (Valiant, Renown Richelieu, des croiseurs Kenya Tromp et de 7 destroyers) couvrant la TF66 (porte-avions Illustrious et Saratoga, les croiseurs Gambia et Ceylon ainsi que 6 destroyers) qui bombarda Soerabaya le 17 mai. Le lendemain, les navires américains (le Saratoga et trois destroyers) quittèrent l'Eastern Fleet pour regagner Pearl Harbor tandis que le reste de la force était de retour à Trincomalee le 27.


Vue depuis le Queen Elizabeth du Valiant et du Richelieu à Triconmalee

le 10 juin, il quitta de nouveau l'île de Ceylan au sein de la TF68 composée du porte-avions Illustrious, du porte-avions d'escorte Atheling, des croiseurs Ceylon Phoebe Gambia et cinq destroyers) pour participer à l'opération Councillor contre Sabang, une diversion par rapport aux débarquements des Mariannes mais l'opération fût annulé le 12 et la force regagna Trincomalee le 14.

Du 22 au 29 juillet, il participa à l'opération Crimson de bombardement sur Sabang, couvrant à la fois les opérations des porte-avions Illustrious et Victorious mais aussi bombarda des cibles littorales avec ses canons de 15 pouces.

Au mois d'août 1944, les B29 Superfortress de l'USAAF bombardèrent Sumatra (opération Boomerang). Le Queen Elisabeth fût déployé en compagnie des croiseurs Ceylon et Kenya et de 5 destroyers pour récupérer d'éventuels membres d'équipage d'avions abattus mais les navires n'eurent pas à intervenir.

Il quitta alors la zone des combat pour Durban et un carénage bien mérité, carénage qui l'immobilisa du 6 octobre au 17 novembre avant un retour au sein de la East Indies Fleet (ex Eastern Fleet) en décembre, devenant le navire-amiral du 3rd Battle Squadron composé également du Renown et du Valiant.

En janvier 1945, il commença à préparer le débarquement sur l'île de Ramree au large de la Birmanie (opération Matador). Il appareilla le 18 avec à son bord le commandant des forces alliés en Asie du sud Est, l'amiral Mountbatten. Il bombarda l'île le 21 et couvrit ensuite une heure plus tard le débarquement de la 71ème brigade de la 26ème division indienne puis de rentrer le 25 février à Trincomalee.

Le 8 avril 1944, le Queen Elizabeth appareilla de Trincomalee en compagnie du cuirassé français Richelieu, du croiseur London et de trois destroyers, formant ainsi la TF 63.1, le tout accompagné de la TF63.2 (porte-avions d'escorte Emperor et Khédive, croiseur Cumberland et deux destroyers) qui devait la couvrir et appuyer le bombardement naval de Sabang mené par la TF63.1.

Le bombardement eut lieu le 11 et après un ravitaillement le 12, couvrit la TF63.2 qui mena des missions de reconnaissance au dessus de Port Swetteham et Port Dickson ainsi que des missions d'attaque sur Emmahaven. Il était de retour à Trincomalee le 18 avril 1944.

Le 27 avril 1944, il quitta Ceylan en compagnie des croiseurs Cumberland, Suffolk, Ceylon Tromp et de cinq destroyers formant la TF63 destinée à mener l'opération Bishop destiné à divertir l'attention des japonais sur la réelle opération à savoir le débarquement à Rangoon (opération Dracula) et l'interception des navires ravitaillant les îles Andaman et Nicobar. Il était appuyé par la TF62 composée des porte-avions d'escorte Empress et Shah ainsi que 3 destroyers.

Le 29 avril à 200 miles à l'ouest de Car Nicobar, les navires des deux Task Force se ravitaillèrent avant de passer à l'action le lendemain à savoir le bombardement sur Car Nicobar et sur Port Blair, bombardement qui durèrent jusqu'au 3 mai 1945.


Le Queen Elizabeth à la mer

Ce jour là, le Queen Elizabeth accompagné par le cuirassé Richelieu, les croiseurs Suffolk et Tromp ainsi que 6 destroyers lancèrent la traque du trafic maritime japonais sur la côte birmane avant de bombarder des batteries côtières le 6 mai 1945 et de rentrer à Ceylan le 9 pour une courte escale de 24 heures.

Le 10 mai 1945, il appareilla en compagnie du Richelieu, des croiseurs Royalist, Cumberland, Tromp, des porte-avions d'escorte Hunter, Khedive, Shah et Emperor et de 8 destroyers pour l'opération Dukedom, l'interception du croiseur lourd Haguro et du destroyer Kamikaze mais les cuirassés n'eurent pas à intervenir, les destroyers de la 26ème flottille effectuant le boulot seul avec une magnifique attaque à la torpille dans la nuit du 15 au 16 mai. Le Queen Elisabeth était de retour à Trincomalee le 17 mai 1945.

Il aurait du participer aux débarquements en Malaisie (opération Zipper) mais cette opération fût annulée en raison du refus des américains de diviser leurs forces engagées dans le Pacifique. Le 12 juillet, il est relévé par le cuirassé Nelson comme navire amiral du 3rd Battle Squadron East Indies Fleet avant d'appareiller pour la Grande Bretagne le 17 et d'arriver à Rosyth le 15 août 1945.

Crépuscule

Différents schémas de camouflage

Le vieux cuirassé fût utilisé brièvement comme bâtiment base à Rosyth après la capitulation japonaise avant de retrouver la mer et d'être basée à Portland en décembre, servant dans les eaux métropolitaines jusqu'en février 1946 date de son remplacement par le Howe.

Placé en réserve à Porsmouth avec un équipage réduit, il fût placé en disponibilité (Disposal List) en janvier 1948, vendu à la démolition à Bisco le 19 mai 1948, arrivant à Dalmuir le 22 juin pour être débarassé de tout les matériaux récupérables avant que ce qui reste du «QE» ne sombre sous les coups des chalumeaux des démolisseurs à Troon en juillet 1948.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 22:06

HMS Warspite (03)

Présentation

Le Warspite en 1915

Le Warspite fût mis sur cale au Devonport Royal Dockyard le 31 octobre 1912 lancé le 26 novembre 1913 et admis au service actif le 8 mars 1915.

Le cuirassé de classe Queen Elizabeth est le huitième navire à porter le nom de Warspite (souffle de guerre ou souffle guerrier). Le premier fût un gallion de 29 canons en service de 1596 à 1649 suivit par un navire de ligne de 3ème classe de 70 canons entré en service en 1666 rebaptisé Edinburgh en 1721, reconstruit à trois reprises avant d'être démoli en 1771. Il est suivi par un navire de ligne de 3ème classe de 74 canons entré en service en 1758, utilisé comme poton à partir de 1778, rebaptisé Arundel en 1800 et démoli en 1801.

le quatrième Warspite fût un navire de ligne de 3ème classe armé de 76 canons lancé en 1807 mais détruit dans un incendie en 1876. le cinquième était un navire de ligne de 120 canons lancé en 1833 sous le nom de Waterloo et rebaptisé Warspite quand il fût transferé comme navire d'entrainement à la Marine Society et brûlé en 1918.

Le sixième Warspite fût un croiseur cuirassé de classe Impérieuse lancé ne 1884 et démoli en 1905. Il fût suivi par un croiseur protégé de classe Astrea lancé en 1893 sous le nom d'Hermione. Vendu en 1921 puis une deuxième fois en 1922 à la Marine Society qui le rebaptisé Warspite avant d'être démoli en 1940.

Depuis le cuirassé de classe Queen Elizabeth, un autre navire à porté le nom de Warspite à savoir un sous nucléaire d'attaque de classe Valiant, le S103 lancé en 1965 et désarmé en 1991. Il en attente de démantelement.


Le SNA Warspite entra à Gibraltar en février 1970

Le Warspite dans la première guerre mondiale (1915-1918) : Jutland, mauvais oeil et sabordage.

Le Warspite date et lieu inconnu

A son admission au service actif, le Warspite fût affecté au 2ème Battle Squadron de la Grand Fleet (Home Fleet plus la flotte de la Manche) après une série d'essais de tir en présence de l'un de ses père spirituels, Winston Churchill.

A la fin de l'année 1915, le Warspite s'échoua à l'entrée du Forth avec à la clé quelques dommages à la coque. Une fois réparé, il fût affecté au 5th Battle Squadron créé expressement pour regrouper les Queen Elizabeth's. Décidement peu chanceux, au cours d'un exercice, le Warspite entra en collision avec le Barham et souffrit de sérieux dégâts.

Depuis le début du conflit, les marines britanniques et allemandes multiplient les occasions manquées. La Royal Navy surtout rêve de la bataille décisive lui permettant d'écraser la Kaiserliche Marine qui eut l'outrecuidanse de se croire capable de lui disputer la suprématie navale.
Le 31 mai 1916, cet affrontement eu enfin lieu à 200km au nord ouest de la péninsule danoise du Jutland. Cette bataille se révélant particulièrement complexe à suivre, je me bornerai à parler des grandes lignes et des événements concernant expressement le Warspite.

Ce jour là la Grand Fleet engagea des moyens considérables avec d'abord de la flotte de combat de l'amiral Jellicoe embarqué à bord de l'Iron Duke. Cette flotte de combat se composait de la 2ème escadre de ligne (1ère division : King George V Ajax Centurion et Erin 2ème division : Orion Monarch Conqueror et Thunderer 5ème division : Colossus Collingwood, Neptune, Saint Vincent et 6ème division : Marlborough Revenge Hercules et Agincourt) la 4ème escadre de ligne (3ème division : Royal Oak, Superb et Canada 4ème division : Benbow Bellerophon Temeraire et Vanguard) la 3ème escadre de croiseurs de bataille (Invincible Inflexible et Indomitable), la 1ère escadre de croiseurs cuirassés (Defence Warrior Duke of Edimburgh Black Prince) la 2ème escadre de croiseurs cuirassés (Minotaur Hampshire Cochrane et Shannon), la 4ème escadre de croiseurs légers (Calliope, Caroline Constance Royalist Comus Blanche Bodicea Bellona Canterbury et Chester) ainsi que trois flottilles de destroyers (4ème, 11ème et 12ème flottille) soit un total de 50 destroyers.

Aux forces de l'amiral Jellicoe s'ajoutèrent celles de l'amiral Beatty (embarqué à bord du croiseur de bataille Lion) qui commandait la force des croiseurs de bataille composée de la 1ère escadre (Princess Royal Queen Mary et Tiger) la 2ème escadre (New Zealand Indefatigable) la 5ème escadre de cuirassés rapides (Barham Valiant Warspite et Malaya), la 1ère escadre de croiseurs légers (Galatea, Phaeton, Inconstant et Cordelia) la 2ème escadre de croiseurs légers (Southampton, Birmingham, Nottingham et Dublin) et la 3ème escadre de croiseurs légers (Falmouth, Yarmouth, Birkenhead et Gloucester). Il commandait également le porte-hydravions Engadine et trois flottilles de destroyers (1ère, 9ème et 10ème à part égale et la 13ème flottille) soit un total de 27 destroyers.

L'amiral Scheer de son côté avait déployé une partie non négligeable de ses forces avec sous son commandement direct la 1ère escadre (1ère division : Ostfriesland, Thüringen, Helgoland, Oldenburg, Ostfriesland 2ème division : Posen, Rheinland, Nassau et Westfalen), la 3ème escadre (5ème division : König, Grosser Kürfurst, Markgraf et Konprinz Wilhelm 6ème division : Friedrich der Gross _où était embarqué l'amiral Scheer_ Kaiser Kaiserin et Prinzregent Luitpold; 4ème groupe de croiseurs légers d'éclairage : Stettin München Frauenlob Stuttgart Hamburg) et la 2ème escadre composé de vieux pre-dreadnought (3ème division Deutschland, Hessen, Pommern et 4ème division Hannover Schlesien et Schleswing Holstein), le tout accompagné de 25 torpilleurs.

Il existait également une force d'éclairage sous le commandement du vice-amiral Hipper composé du 1er groupe d'éclairage de croiseurs de bataille (Lützow _sur lequel était embarqué Hipper_ Derflinger, Seydlitz, Molke Von der Tann) et le 2ème groupe d'éclairage de croiseurs légers (Frankfurt, Pillau Elbing et Wiesbaden), le tout accompagné de 30 torpilleurs.

Les Allemands conscients de leur infériorité décidèrent de tendre un piège à la flotte britannique en organisant une opération de bombardement de la région de Sunderland destiné à faire sortir la Grand Fleet de ses bases avant de la ramollir par des attaques de U-Boot puis de l'attirer vers les cuirassés de Scheer. Ce plan parfait sur le papier fût biaisée dès le départ puisque depuis le début de la guerre les britanniques interceptaient les messages et les décryptaient. Ils purent ainsi appareiller le 30 mai 1916.

A 14h00, le 31 mai, la flotte britannique arrive sur zone mais la mer est vide. Les deux flottes ne se voient pas et ne vont prendre contact que par un événement bien fourtuit. Un vieux cargo danois lent et rouillé, le NJ Fjord passe entre les deux flottes qui envoient chacune un navire pour le reconnaître, un échange de coups de feu marquant le début de la plus grande bataille navale de tous les temps.

Les croiseurs légers anglais engagent l'ennemi et tentent de les attirer vers le nord-est les forces de l'amiral Hipper en direction des forces de l'amiral Jellicoe et de permettre aux croiseurs de bataille de l'amiral Beatty de les prendre à revers par le sud.

A 15h48, cap au sud, les deux flottes de croiseurs de bataille sont à dix milles l'une de l'autre sur des routes convergentes. Les allemands sont avantagés par la visibilité et le Lützow est le premier à tirer sur le Lion de l'amiral Beatty.


Bataille du Jutland : croiseurs de bataille

Au bout de trois minutes, les allemands qui disposent d'un meilleur système de conduite de tir ont déjà placé huit coups au but sur le Lion, le Tiger et le Princess Royal. Ce n'est qu'à 15h55 que les anglais marquent un point en touchant le Seydlitz qui doit noyer ses soutes perdant ¾ de sa puissance de feu.

La distance entre les croiseurs de bataille est tombée de 14000 à 11800m. Les anglais s'embrouillant dans les ordres laisse le Derrflinger manoeuvrer comme à la parade et place trois obus dans le Lion dont l'une d'elle fait sauter la tourelle Q. Le navire aurait explosé sans le sacrifice du major Harvey, le commandant de la tourelle qui se sachant condamné fait fermer la porte étanche derrière lui et fait noyer les soutes.

A 16h05, le Von der Tann place trois obus dans le Indefatigable, crévant les ponts et éclatant dans les soutes. Le croiseur de bataille explosa ne laissant que trois survivants sur 1017 membres d'équipage. Le Von der Tann encaisse un obus de 380mm mais son meilleur blindage que sa victime le sauve.

Le Derrflinger et le Seydlitz matraquent ensuite le Queen Mary qui encaissa une demi-douzaine d'obus explosant et ne laissant que huit survivants sur 1274 hommes. A la vue de l'explosion, l'amiral Beatty eut cette réflexion typique de l'humour anglais «Il semble que quelque chose n'aille pas avec nos sacrés bon dieu de bateaux aujourd'hui».

L'amiral Hipper sait que l'amiral Scheer arrive et pour gagner du temps ordonne à ses torpilleurs d'attaquer les croiseurs anglais obligzant Beatty à faire de même, une furieuse mêlée se déroulant entre les deux colonnes.

Beatty sait qu'il ne peut faire face à la totalité de la Hochseeflot et décide de se replier pendant que l'amiral Scheer ordonne la chasse générale. Pourtant Jellicoe n'est pas loin, ses vingt quatre dreadnoughts regroupés en six colonnes précédés par les croiseurs légers, l'amiral allemand ignorant que la fuite de Beatty est une ruse.

Malheureusement, les Queen Elizabeth eurent du mal à suivre les instructions de Beatty permettant aux allemands de les viser un à un correctement et le Warspite encaissa 15 coups au but qui l'endommagèrent gravement l'obligeant à se replier non sans difficultés puisque le navire pendant plusieurs minutes tournant en rond suite à une avarie de barre. Les communications et la conduite étaient hors service et seule la tourelle A pouvait tirer ce qui l'obligeant à quitter le combat. Lors de son retour à Rosyth, il échappa à deux attaques de sous marins.


Jutland : engagement des forces de ligne

A 17h30, les navires de Jellicoe entrent en contact avec la Hochseeflot et oblige vers l'est puis le sud-est. Ils se retrouvent alignés sur sept miles, la colonne plongeant vers la côte du Jutland, prêt à matraquer les deux colonnes de Scheer. L'Invincible, premier croiseur de bataille de l'histoire est touché encore par le Derrflinger qui place un obus qui explose dans la soute de la tourelle Q ne laissant que cinq rescapés.

Les cuirassés anglais de Jellicoe ouvrent le feu à 18h16 barrant le T de l'amiral Scheer qui sent que sa flotte va être anihiliée mais le brouillard le sauve. Le commandant de la Hochseeflot ordonne la retraite, les croiseurs et les torpilleurs les couvrant avec des écrans de fumée.

A 18h45, les cuirassés britanniques cessent le feu, lassés de tirer à l'aveugle. Jellicoe ne voit rien et à 18h50, il ordonne une route plus au sud, espérant couper la retraite de Scheer mais ce dernier décide de foncer dans la Grand Fleet, victime selon certains du «syndrome de Nelson» mais Jellicoe réussit à lui barrer le T et à 19h15, Scheer ordonne une nouvelle retraite, couvert par les croiseurs de bataille formant une escadre de sacrifice.


Jutland : deuxième engagement des forces de ligne

Les Derrflinger et le Von der Tann sont touchés mais les croiseurs de bataille sont couverts par les torpilleurs allemands qui lancent 28 torpilles mais sont massacrés (six hors de combat et un coulé) mais le temps que Jellicoe évite les torpilles est un gain précieux pour la Hochseeflot. Quand les torpilles ont été évitées, il est 19h45 et il ne reste qu'une demi-heure de jour alors que plus de 4 miles (8km) séparent les deux flottes. La bataille du Jutland est terminée.

Si les deux camps revendiquent la victoire. On peut considérer que les allemands ont remporté une victoire tactique en infligeant des pertes plus sérieuses aux anglais (les anglais perdant 6094 hommes, 3 croiseurs de bataille, 3 croiseurs cuirassés et 8 destroyers alors que les allemands ont eut 2551 tués, un cuirassé moderne, un pré-dreadnought, quatre croiseurs légers et cinq torpilleurs) mais qu'au point de vue stratégique, les anglais l'emportent montrant aux allemands leur supériorité numérique et dissuadant la Hochseeflot de chercher un engagement et la confinant jusqu'à l'Armistice dans ses ports.

Cette bataille provoqua une grande polémique sur les capacités de la Royal Navy, les anglais néligeant la protection de leurs navires et la sécurité du chargement des munitions alourdirent ainsi leur perte au nom de l'augmentation de la cadence de tir. Jusqu'à la fin de sa vie, l'amiral Jellicoe se demanda ce qui se serait passé si il avait ordonné de faire face aux torpilles au lieu de présenter la poupe, il aurait pu être eut le temps de rattraper la Hochseeflot et de lui infliger des dégâts bien plus importants. Pendant plusieurs années, une controverse fit rage entre les partisans de Jellicoe et ceux de Beatty.


Jutland : la fin

Une fois réparé, le Warspite retrouva le 5th Battle Squadron mais la malchance semblant le poursuivre, il entra une nouvelle fois en collision avec le Valiant obligeant le cuirassé à retrouver le port pour de nouvelles réparations.

La série noire continua puisqu'en juin 1917, il entra en collision avec un destroyer avant de s'échouer sur un récif à proximité de Scapa Flow suite à l'explosion du Vanguard. En 1918, le Warspite fût victime d'un incendie dans une de ses rues de chauffe. Le 21 novembre 1918 avec le reste de la Grand Fleet, il escorta la Hochseeflot pour son internement à Scapa Flow en attendant de discurer sur son sort final entre démantelement et partage entre les vainqueurs de la guerre mais les allemands devancèrent tout le monde en sabordant leur flotte le 21 juin 1919 avec 51 navires sont coulés et 23 sont sauvés.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 22:12

Entre-deux-guerre (1919-1939)

Le Warspite entrant dans le port de La Valette

En 1919, le Warspite fût affecté au 2nd Battle Squadron integré à la nouvelle flotte de l'Atlantique mais il passa le plus clair de son temps en Méditerranée. En 1924, il participa à une revue navale à Spithead en présence du roi George V.

A la fin de la même année, il subit une première modernisation jusqu'en 1926 avec l'installation de nouveaux canons de DCA, un blindage supplémentaire et une modification de ses superstructures.


Aspect du Warspite après sa refonte de 1926

A l'issue de cette modernisation, il fût officiellement affecté à la Mediterranean Fleet et pas à n'importe quelle place puisqu'il fût propulsé au rang de navire-amiral.

En 1930, il fût de nouveau affecté à la flotte de l'Atlantique mais ne participa pas en septembre 1931 à la mutinerie d'Invergodon, se trouvant à la mer au moment de ses événements.

Le 25 août 1931, un gouvernement d'union nationale dirigé par le travailliste Ramsay Macdonald entre en fonction et pour juguler les effets de la crise de 1929, décide la baisse des traitements des fonctionnaires et donc des marins et officiers de la Royal Navy.

Le projet de loi est voté le 8 septembre et les autorités tentent de préparer le terrain en envoyant des lettres pour expliquer les décrets et la loi mais en raison de problèmes de transmission, la lettre arriva après la publication dans la presse. Il y eu peur d'événements violents, le loyalisme des officiers et marins britanniques étant plus fort que les récriminations.

De 1934 à 1937, le Warspite fût profondément modernisé avec une modification majeure des superstructures avec l'installation d'un hangar aviation, l'installation de nouvelles turbines et de nouvelles chaudières, d'un blindage de pont renforcé, d'une modernisation de son armement (acroissement de l'élévation des canons de 15 pouces faisant passer la portée de 21500 à 29500m.

Une fois refondu, il fût remis en service comme navire amiral de la flotte de la Méditerranée mais sa disponibilité laissa à désirer en raison de problèmes de propulsion et de structures, ces derniers remontant à la bataille de Jutland. Il fût également responsable de deux incidents : un abordage avec un paquebot fût évité de justesse et ses canons antiaériens ouvrirent accidentellement le feu sur le port de La Valette.


Aspect du Warspite en 1940

Le Warspite en guerre (1) Home Fleet et Mer Méditerranée


Le Warspite à la mer

En juin 1939, le vice-amiral Andrew Cunningham devint commandant en chef de la Mediterranean Fleet mais au moment de l'entrée en guerre du Royaume Uni le 3 septembre 1939, il regagna la Grande Bretagne et la Home Fleet, effectuant de nombreuses sorties pour contrer la guerre de course menée par les allemands.

La drôle avait engourdit les esprits mais les chefs alliés les plus clairvoyants savaient que cela ne pouvait pas durer. Parmi eux ce trouvait Winston Churchill qui proposa l'invasion de la Norvège neutre pour y devancer les allemands qui allaient forcément s'y lancer un jour à l'autre puisque le précieux minerai de fer suédois était en hiver évacué par le chemin de fer Kiruna-Narvik puis par bateau depuis ce port norvégien.
La route du fer devait être coupée mais les allemands dévancèrent les alliés alors engagés dans l'opération «Wilfried» de mouillage de mines dans les eaux norvégiennes en déclenchant l'opération Weserübung le 9 avril 1940.

La Home Fleet appareilla aussitôt pour tenter de contrer les navires allemands et le Warspite déployé au sud de Narvik en compagnie du cuirassé Rodney, du croiseur de bataille Renown, du porte-avions Furious et de six destroyers allait s'illustrer de la plus belle des manières.
Le 13 avril 1940, le Warspite reçut l'ordre de nettoyer le Ofotfjord des huit destroyers allemands présents. Le cuirassé catapulte un Fairey Swordfish pour régler le tir et appuyer les destroyers engagés dans un duel à mort avec leurs homologues allemands.

A court de munitions et de carburant, ne pouvant manoeuvrer, les Zersöster étaient condamnés et quand les canons se turent, seuls deux destroyers avaient échappé au carnage mais étaient si endommagés qu'ils ne pouvaient de toute façon par reprendre le combat avant un petit moment.

Le même jour, le Swordfish du cuirassé s'illustre en coulant le U-64 soit l'un des premiers U-Boot coulé par la Fleet Air Arm.

Le Warspite couvrit ensuite le débarquement allié le 24 avril 1940 en effectuant des bombardements à l'aide de ses canons de 15 pouces en compagnie des croiseurs Aurora, Effingham et Enterprise et de huit destroyers. Ce fût sa dernière opération car le 27 avril 1940, il fût choisit pour être envoyé en Méditerranée.

Présent à partir du mois de juin 1940, il participa à différents opérations contre la marine italienne notament la bataille de Calabre le 9 juillet 1940 en compagnie de son sister-ship Malaya et du Royal Sovereign contre le Giulio Cesare et le Conte di Cavour et si cette bataille se termina en queue de poisson, elle eut au moins le mérite de faire entrer le Warspite dans l'histoire puisque la bataille eut lieu à 24000m soit un record pour un tir entre cibles mobiles.

L'année suivante, cela se passa beaucoup moins bien pour la Regia Marina qui subit au cap Matapan, la plus grande défaite de son histoire. A la fin du mois de février 1941, les anglais décident d'assister les grecs qui luttent depuis octobre 1940 contre les italiens. C'est l'opération Lustre qui voit le transport de 58000 hommes en Grèce continentale.

Le 25 mars, les services de renseignement anglais avertissent Cunningham que les italiens préparent une offensive navale contre les convois reliant l'Egypte à la Grèce. La marine italienne va y déployer ses meilleurs unités sous le commandement de l'amiral Jachino : le cuirassé Vittorio Veneto, les croiseurs lourds Bolzano, Trieste, Tarente, Fiume, Pola et Zara; les croiseurs légers Luigi di Savoia, Duca degli Abruzzi et Giuseppe Garibaldi et 17 destroyers.

Face à cette démonstration de force, l'amiral Cunningham va déployer des forces non négligeables à savoir le porte-avions Formidable; les cuirassés Barham, Valiant et Warspite; les croiseurs légers Ajax Gloucester Orion Perth (australien) et 12 destroyers. Cunningham commandant en propre le porte-avions, les trois cuirassés et 9 destroyers, le reste des navires étant placés sous le commandement de l'amiral Pridham-Wippell.

Le 27 mars, le vice-amiral Pridham-Wippell avec les croiseurs légers Ajax, Gloucester, Orion, Perth et 3 destroyers quittèrent les eaux grecques pour gagner une position au sud de la Crète tandis que le même jour, l'amiral Cunningham appareillait d'Alexandria pour retrouver les croiseurs légers.

Le 28 mars 1941 à 7.55, le groupe de l'amiral Sansonetti (croiseurs lourds Trento Bolzano Trieste et trois destroyers) repéra le groupe de l'amiral Pridhal-Wippell. Comprennant que les croiseurs anglais attendaient des renforts, les italiens attaquèrent, ouvrant le feu à 22000m à 8.12 mais sans grand d'effet.

Après une heure de combat, les italiens rompirent le contact tournèrent vers le nord-ouest pour retrouver le groupe organisé autour du Vittorio Veneto (et qui se composait également de 8 destroyers) suivis à distance (hors portée de tir) par les britanniques.

A 10.55, le Vittorio Veneto retrouva les croiseurs italiens et ouvrit immédiatement le feu à 23000m sur des cibles imprécises mais obligea les croiseurs alliés à rompre le combat non sans subir quelques dommages à cause des shrapnels des obus de 381mm alors ques italiens se lançaient à leur poursuite

Au même moment, les forces de Cunningham étaient sur le point de retrouver Pridham-Wippell et lança des Fairey Albacore depuis le Formidable. Les avions torpilleurs attaquèrent le Vittorio Veneto mais sans le toucher. Ils obligèrent les navires italiens à manoeuvrer, perturbant ainsi leur poursuite qui fût stoppée à 12.20, l'amiral Jachino décida de se replier sur l'Italie pour se placer sous la couverture aérienne de la Regia Aeronautica qui avait de nombreuses unités stationnées dans la région de Tarente.

A 15.09, les italiens furent de nouveau attaqués par des Albacore sous le commandement du Lieutenant-Commander Dalyell-Stead qui lancèrent à 1000m, touchant une fois le Vittorio-Veneto à l'arrière, le navire italien embarquant 4000 tonnes d'eau.

Le cuirassé stoppa pour réparer mais pu repartir à 16.42 à la vitesse de 19 noeuds. Cunningham mis au courant de l'état du navire-amiral italien entama la poursuite et pour ce faire lança une troisième attaque avec six Albacore et trois Swordfish (squadrons 826 et 828) du Formidable et deux Swordfish du squadron 815 venant de Crète entre 19.36 et 19.50.

Une torpille toucha le croiseur lourd Pola l'obligeant à stopper. Ignorant que les britanniques fonçaient dans leur direction, les croiseurs lourd Zara et Fiume ainsi que des destroyers stoppèrent pour porter assistance au navire entormé. Une heure plus tard, alors que le Pola allait être pris en remorque, les navires italiens furent informés de la présence à proximité des britanniques.

Peu après 22.00, les britanniques repérèrent les italiens au radar et furent capables de se rapprocher sans être repérés par les italiens qui étaient totalement incapable de faire face à l'ennemi. Les cuirassés Barham, Valiant et Warspite se rapprochèrent ainsi à 3500m et ouvrirent le feu sous les éclats des projecteurs.

Ce fût un veritable massacre : des artilleurs britanniques racontèrent que des tourelles de croiseurs italiens sautèrent à plusieurs mètres dans les airs. Après seulement trois minutes, le Fiume et le Zara avaient déjà rejoint Neptune. Deux destroyers _les Vittorio Alfieri et Giosué Carducci_ furent coulés, deux autres (Gioberti et Oriani) parvenant à s'echapper, laissant l'épave du Pola brûler, épave qui fût achevé par les destroyers Jervis et Nubian.

Le 20 avril 1941, le Warspite accompagné par ses sister-ship Barham et Valiant, le croiseur léger Gloucester et neuf destroyers bombarda le port de Tripoli. En mai, il participa aux opérations menées pour tenter de sauver la Crète envahie par les allemands suite à l'opération Merkur. Le 22 mai, il subit plusieurs attaques aériennes et est sévèrement endommagé, une bombe perforante de 550 livres qui explosa dans un des casemates de 152mm provoquant de sévères dégâts et la mort de 38 marins (61 blessés).

Après des réparations provisoires à Alexandrie, le cuirassé gagna les Etats Unis pour une remise en état complète. Outre la bombe du 22 mai, le Warspite eut à souffrir du souffle d'une bombe de 1000 livres ayant frôlé la coque et provoquant une fracture dans la structure de la coque. Il quitta l'Egypte le 25 juin, franchit le canal de Suez et fit escale à Colombo et Sydney avant d'arriver à Bremerton le 11 août et d'être immédiatement mis au bassin. La réparation/modernisation dura jusqu'au mois de novembre avant un mois de décembre 1941 consacré aux essais post-refonte qui s'achevèrent le 28 décembre 1941.

Il fût alors affecté à l'Eastern Fleet, retrouvant le 3rd Battle Squadron à Colombo le 12 mars 1942, devenant le navire amiral du commandant de la flotte, l'amiral James Somerville qui ne fût pas dépayser puisqu'il avait commandé le cuirassé en 1927. Le Warspite faisait partie du Fast Group en compagnie des porte-avions Formidable et Indomitable, le Slow Group étant essentiellement composé des quatre cuirassés de classe Revenge (Revenge Royal Sovereign Ramillies et Resolution) et du porte-avions Hermes.

Sommerville conscient de l'infériorité de ses forces décida de les replier sur l'atoll d'Addu dans les Maldives, laissant sans défense Ceylan qui fût victime du fameux raid de l'Océan Indien mené par les porte-avions de Nagumo et de Ozawa, raid dont furent victime le porte-avions Hermes et les croiseurs lourds Cornwall et Dorsetshire. Une fois leur raid achevé, les japonais ne mirent jamais plus les hélices dans cet océan, se contentant de gérer leurs positions. Devant le manque d'initiatives japonaises dans ce secteur et refusant d'engager «la vieille dame de la Royal Navy» dans le Pacifique, la Grande Bretagne décida de renvoyer le Warspite en Méditerranée.


La "Vieille dame de la Royal Navy" eut une carrière des plus actives

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 22:27

Le Warspite en guerre (2) Méditerranée et Normandie

Aspect du Warspite en 1943

Après une refonte à Durban d'octobre à novembre 1942, le Warspite regagna la mère patrie en mars 1943 pour modernisation, étape indispensable avant son déploiement en Méditerranée ordonné en juin 1943 quand il retrouva la force H à Gibraltar. Il participa ainsi à l'opération Husky de débarquement en Sicile (10 juillet 1943), effectuant un récital où ses canons de 15 pouces voisinaient avec ceux du Valiant mais étaient plus discrets que les 16 pouces des Nelson et Rodney.

Après avoir bombardé Catane le 17 juillet, il participa au débarquement allié à Salerne les 8 et 9 septembre 1943, bombardant les positions allemandes et italiennes. La rédition italienne le 8 septembre vit le Warspite jouer les nounous en escortant les navires de la marine italienne qui furent internés à Malte en attendant une décision sur leur sort futur.

Le Warspite retrouva la région de Salerne le 15 septembre et appuya les troupes américains qui subissaient les contre-attaques allemandes. Les canons de 15 pouces du Warspite et du Valiant furent d'un appoint précieux.

Le lendemain, 16 septembre, le Warspite fût attaqué par la Luftwafe qui lança plusieurs exemplaires du premier missile air-sol, le Fritz X (FX-1400). Touché à une reprise, le cuirassé fût gravement endommagé et du être remorqué à Malte par des remorqueurs de l'US Navy. Arrivé à La Valette le 19 septembre, il y subit des réparations d'urgence avant d'être remorqué à Gibraltar puis à Rosyth en mars 1944.


Schéma montra les dégâts causé par le Fritz X

En dépit des dommages causés par le Fritz X, le Warspite prit part à l'opération Overlord, le débarquement en Normandie le 6 juin 1944, ses canons de 15 pouces (6 sur les 8, la tourelle X étant restée hors service) appuyèrent les troupes britanniques sur Sword et Gold Beach avant de bombarder la terre jusqu'à ce que les tubes de 15 pouces trop endommagés l'oblige à gagner Rosyth mais sur le chemin, il fût victime d'une mine magnétique qui causa des dommages sérieux mais ne l'empêcha pas de regagner Rosyth sans assistance.


Le Warspite au large de la Normandie ou symphonie en 15 (pouces) majeur

Réparé, il continua son office de bombardier, ses canons de 15 pouces bombardant Brest, Le Havre mais aussi l'île de Walcheren où les canadiens débarquèrent le 1er novembre (la prise de cette île étant indispensable pour contrôler Anvers). Ce fût la dernier fois que le vénérable cuirassé tira.

La fin indigne d'un vieux guerrier


Dernier voyage de la vieille dame.........

Sous employé après Walcheren, le Warspite fût placé en réserve (catégorie C) le 1er février 1945 tandis qu'à la fin de l'année, on envisagea de le transformer en musée mais le 12 juillet 1946, il fût vendu à Metal Industries de Fastlane. Le 23 avril 1947 alors qu'il était en cours de remorquage, le vieux cuirassé s'échoua à Prussian Cove à 6 miles à l'est de Penzance en Cornouailles. Le navire fût désechoué et réséchoué sur une plage (St Michael's Mount) avant d'être démantelé jusqu'en 1950.


......qui est arrivé à destination

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 22:37

HMS Barham (04)

Présentation

Le Barham en construction

Le Barham est mis sur cale aux chantiers John Brown de Clydebank le 24 février 1913 lancé le 31 octobre 1914 et admis au service actif le 19 octobre 1915.

Il porte le nom de Charles Middelton, 1er baron Barham (1726-1813), officier de la Royal Navy qui s'illustra aux Indes durant la guerre Sept Ans avant de faire un carrière dans les hautes sphères de la Royal Navy. Anobli en 1781, il fût élu député tory (conservateur) en 1784, poste qu'il cumula en 1804 avec le poste de Premier lord de l'Amirauté. Fait Baron Barham en 1805, il joua un rôle crucial dans l'abolition de la traite et de l'esclavage dans les colonies britanniques effectif respectivement en 1807 et 1833.

Le cuirassé de classe Queen Elisabeth est le troisième navire à porté le nom du baron Barham. Le premier fût un navire de ligne de 74 canons lancé en 1811 réduit à 50 canons 1826 avant d'être démantelé en 1840.

Il aurait du être suivit par une frégate à roue à aubes mais la commande passée en 1860 fût annulé et le deuxième Barham fût un croiseur protégé de 3ème classe lancé en 1889 et démoli en 1914 et le troisième le cuirassé dont je vais vous narrer l'histoire.

D'une guerre à l'autre (1915-1939)

Aspect d'origine du Barham

Le Barham commença d'un bien curieuse façon sa carrière opérationnelle puisqu'il entra en collision avec son sister-ship le Warspite en 1915 mais il était bien présent à la bataille du Jutland (31 mai-1er juin 1916), étant le navire amiral du 5th Battle Squadron commandé par l'amiral Hugh Evan-Thomas. Il tira lors de cette bataille 337 obus recevant cinq ou six obus allemands qui provoquèrent la mort de 63 membres d'équipage.

Du 3 au 13 mai 1926, éclata en Grande Bretagne une grève générale liée notament à des revendication de mineurs et l'armée fût solicitée pour compenser la paralysie des moyens de transports et c'est ainsi que le Barham et le Ramillies transporter jusqu'à Liverpool et bien que modernisé en 1927/28 et 1930/33, il le fût bien moins intensivement que ses sister-ship.


Le Barham suivi par le Malaya et l'Argus

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 22:43

Le Barham en guerre (1939-1941)

Le Barham dans une configuration postérieure à 1934

Après avoir alterné entre la flotte de l'Atlantique et celle de la Méditerranée, le Barham se trouvait en Méditerranée au moment de l'entrée en guerre de la Grande Bretagne le 3 septembre 1939. Après un carénage à Malte en novembre, il quitta les eaux chaudes et encore tranquilles de la «Grande Bleue» le 28 pour celle plus tumultueuses de la mer du Nord.

Son transit ne fût pas sans histoire puisque au large de l'Irlande, le 12 décembre 1939, il entra en collision avec le destroyer Duchess qui coula en moins d'une demi-heure en raison de la puissance de l'impact entrainant 124 marins au royaume de Neptune. Le Barham continua sa route avec le Duncan et le Exmouth, laissant les destroyers Echo et Eclipse récupérer 23 survivants.

Quelques jours plus tard,le 15 décembre, il appareilla de l'estuaire de la Clyde en compagnie de son sister-ship le Warspite et du croiseur de bataille Hood pour couvrir l'arrivée du convoi TC1 qui amenait en Grande Bretagne 7450 soldats canadiens.

La dernière sortie se passa mal puisqu'au large des Hébrides, le 28 décembre, le sous marin allemand U30 lança une torpille qui endommagea le cuirassé qui perdit quatre membres d'équipages et du subir d'important travaux puisque la torpille allemande avait gravement touché les chambres des chaudières A et B ce qui ne l'empêcha de gagner Liverpool pour d'importante réparations qui l'immobilisa jusqu'en juin 1940.

Le 1er juillet 1940, il quitta les rives de la Mersey pour gagner Scapa Flow pour les tests et la remise en condition de son équipage, arrivant à destination le lendemain, 2 juillet. Il appareilla ensuite pour Gibraltar, afin de participer à l'opération Menace, l'attaque du port français de Dakar.
Le 6 septembre, il quitta Gibraltar en compagnie du porte-avions Ark Royal, du croiseur de bataille Renown, du cuirassé Résolution et 8 destroyers. Il firent escale à Freetown avant de quitter ce port le 21 septembre en compagnie des croiseurs lourds Devonshire, Cornwall, Australia et du croiseur léger Delhi.

Le dispositif anglais arrivant en position le 23 mais les opérations furent retardées par un brouillard et il fallut attendre 10h00 pour qu'il puisse tirer sur Dakar en compagnie du Resolution, de l'Australia, du Cumberland et du Devonshire, visant notament les batteries côtières du Cap Manuel, de Gorée et le cuirassé Richelieu.

Le lendemain, le Barham se concentra sur la neutralisation du Richelieu qui ne se laissant pas faire plaça deux obus sur le cuirassé anglais. A 13h25, le bombardement fût suspendu en raison des faibles résultats en dépit du tir de 400 obus de 15 pouces.

Le lendemain, 25 septembre, le Barham lança son hydravion Walrus pour régler le tir face au Richelieu qui tirait toujours, plaçant un obus sur le Barham pendant que le Walrus était abattu

A 9.10, le Résolution fût torpillé par le sous marin Bévéziers suivi quelques minutes plus tard par le Barham qui fût touché par un obus de 15 pouces. C'en était trop pour les britanniques qui annulèrent l'attaque, le Barham remorquant le Résolution à Freetown, les deux navires arrivant à destination le 28 septembre 1940.

Il rentra à Gibraltar le 15 octobre, passant au bassin pour réparation des dégâts causés à Dakar et au cours de ces travaux, il fût victime d'une attaque italienne de la Decima-mas mais attaque qui échoua.

Le 6 novembre 1940, il embarqua 750 hommes (4th Battalion the Buffs) et des équipements pour les transporter à Malte, retrouvant à la mer les autres navires de la Force F (porte-avions Ark Royal, croiseur léger Sheffield et destroyers) dans le cadre de l'opération Coat.

Il arriva à Malte le 11, retrouvant ses sister-shio Valiant et Warspite, les croiseurs légers Ajax Gloucester Orion Sydney et le croiseur lourd York plus des destroyers, assurant ensuite la couverture de l'opération Judgment.

Le 14 novembre 1940, il arriva à Alexandrie qu'il quitta le 26 en compagnie du Malaya pour couvrir le porte-avions Eagle qui bombarda le port de Tripoli. Le 9 décembre 1940, il bombarda les routes côtières de la Cyrénaïque en compagnie du Malaya et couvert par des croiseurs et des destroyers.

Le 3 janvier 1941, le Barham retrouva le Malaya et le Valiant et 11 destroyers pour un bombardement de Bardia avec l'Illustrious et le croiseur Calcutta en couverture. Huit jours plus tard, il fût déployé au large du Dodecanese en compagnie du porte-avions Eagle, du croiseur Ajax et de destroyers mais cette opération fût annulée par que le HMS Illustrious eut été gravement endommagé par les Stukas du Xème Fliegerkorps.

Le 22 janvier en compagnie du Valiant et du croiseur Perth, il assura l'escorte de l'Illustrious durant son transit en direction de Malte. Deux jours plus tard, le 24 janvier, il assura la couverture à distance des croiseurs Ajax, Gloucester et Orion plus deux destroyers qui transportaient des troupes à Malte (opération MC8) en compagnie du porte-avions Eagle et du cuirassé Valiant.

Le 20 mars, il assura la couverture à distance du convoi MW6A en direction de Malte (opération MC9) en compagnie du porte-avions Formidable, des cuirassés Valiant et Warspite, des croiseurs Gloucester et York plus des destroyers.

Le 27 mars, il appareilla d'Alexandrie en compagnie du Warspite, du Valiant et du porte-avions Formidable pour intercepter la flotte italienne qui cherchait à attaquer les convois britanniques entre l'Egypte et le Pirée, débouchant sur la bataille du cap Matapan au cours de laquelle 3 croiseurs lourds furent coulés.

Le 21 avril, il participa à un bombardement de 49 minutes sur Tripoli, couvert par le porte-avions Formidable et les croiseurs Ajax et Perth. Il s'en fallut d'ailleurs de peu pour que le navire ne soit sabordé pour bloquer l'entrée du port de Tripoli mais le commandant en chef de la Mediterranean Fleet, Andrew Cunningham s'y opposa fortement.

Le 6 mai, il fût déployé avec ses sister-ship Valiant et Warspite, le porte-avions Formidable, les croiseurs Ajax Orion Perth et le mouilleur de mines Abdiel ainsi que 12 destroyers pour couvrir le passage du convoi MW7 Alexandrie-Malte (opération Tiger) ainsi que l'arrivée en Egypte du cuirassé Queen Elizabeth, des croiseurs Fiji Gloucester et Naiad.

Le 25 mai, il est déployé avec le Queen Elizabeth pour appuyer les troupes du Commonwealth engagés dans la défense de la Crète avant de protéger le lendemain, le porte-avions Formidable. Le 27 mai, il fût victime d'attaques aériennes, encaissant une bombe sur la tourelle Y sans parler des effets des coups à toucher. Il était de retour à Alexandrie le 29 mai 1941.

il gagna alors Durban pour être réparé et modernisé, travaux qui l'immobilisèrent jusqu'au mois d'août, il était de retour au combat an mois d'octobre 1941.


Le Barham en 1936 dans le port de La Valette

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 22:46

La fin d'un cuirassé (18-25 novembre 1941)

Le Barham au mouillage en 1941

Le 18 novembre, il fût déployé avec le Queen Elizabeth et le Valiant pour une diversion destiné à protéger les croiseurs des 7ème et 15ème squadrons qui appuyaient les unités de la 8ème armée engagées dans l'opération Chieftain. Il effectua une mission similaire le 20 dans le cadre de l'opération ME7 puis le 21 avant de rentrer à Alexandrie le lendemain.
Dans l'après midi du 25 novembre 1941, à 100 miles au large de Sollum (Egypte) navigue le sous marin allemand U331 (lieutenant de vaisseau baron Hans Dietrich von Tiesenhausen) qui repère au périscope trois cuirassés de classe Queen Elizabeth et neuf destroyers. Il vise le cuirassé de tête, le Queen Elizabeth mais gêné au dernier moment, il doit changer de cible et envoie quatre torpilles vers le Barham.


La configuration finale du Barham

Trois d'entre elles atteignirent leur but frappant le vieux cuirassé entre la cheminée et la tourelle Y et le navire prend une gite inquiétante avant qu'une gigantesque explosion ne souffle le cuirassé, explosion ayant probablement pour origine la détonation des soutes à munitions de 4 et de 15 pouces. Le bâtiment, la fumée dissipée, apparue la quille en l'air avant de disparaître à 16h30.

Brutalement délesté de quatre torpilles, le U331 fait invonlontairement surface sur le lieu du drame et le Valiant tente de l'éperonner mais le sous marin parvint à plonger en catastrophe et de s'échapper.

Pendant ce temps, le destroyer Hotspur se porte au secours des survivants du Barham soit 450 hommes sur 1312 dont le vice-amiral Pridham-Wippel _commandant en second de la flotte de la Méditerranée_ qui maintien le moral des survivants en les faisant chanter. 862 marins sont donc morts avec le cuirassé dont son commandant, le capitaine de vaisseau G.C Cooke.

L'amirauté décida de cacher la destruction du cuirassé au grand public tout en prevenant les familles des victimes, information que ces dernières devaient garder secrètes pour éviter une exploitation par la propagande allemande.


La fin du Barham, photo prise peu avant l'explosion

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 22:53

Le HMS Valiant

Présentation

Le Valiant au mouillage

Le Valiant est mis sur cale aux chantiers de la Fairfield Shipbuilding and Engineering Company à Govan sur la Clyde le 31 janvier 1913 lancé le 4 novembre 1914 et admis au service actif le 19 février 1916.

C'est le cinquième navire à porter ce nom après un navire de ligne de 3ème classe avec 74 canons lancé en 1759, un navire de ligne de 3ème classe lancé en 1807 et si le troisième Valiant ne vit jamais le jour (commandé en 1825 et annulé en 1831), le quatrième prit bel et bien la mer, étant un cuirassé à coque en fer de classe Hector lancé en 1863, en service de 1868 à 1885 et démoli en 1957.

Depuis un sixième navire à porter le Valiant à savoir un sous marin nucléaire d'attaque de classe Valiant mis en service en juillet 1966 et désarmé en 1994.


Le SNA Valiant à quai

Premières années (1916-1939)

Vue arrière du Valiant

A sa mise en service, il fût affecté au 5th Battle Squadron de la Grand Fleet, participant à la bataille de Jutland, tirant 288 obus de 15 pouces sur la Hochseeflot mais à la différence de ses autres sister-ship (à l'exception du Queen Elisabeth au bassin au moment de la bataille), il ne subit aucun dommage.

Plus tard, un de ses canons de 15 pouces fût retiré et installé à la batterie de Johore à Singapour. Le 24 août 1916, il entra en collision avec son sister-ship le Warspite, collision nécessitant des réparations jusqu'au 18 septembre 1916.

Le Valiant subit en 1929/30 une première grande refonte avec l'installation de bulges antitorpilles augmentant la largeur à 31.70m, les deux cheminées fusionnèrent en une seul, un affût octuple «Pom-pom» fût installé (un second le fût en 1936), deux tubes lance-torpilles débarquées et les plate-formes aviation remplacées par une catapulte, augmentant le déplacement à 35970 tonnes. L'année suivante en septembre 1931, son équipage fût impliqué dans la mutinerie d'Invergodon, mutinerie suite à la décision du gouvernement de Ramsay MacDonald de baisser les traitements des marins

Le Valiant subit une nouvelle grande refonte à Devonport entre mars 1937 et novembre 1939 avec le changement des turbines et des chaudières, l'armement secondaire fût alors composé de 20 canons de 114mm en affûts doubles et quatre affûts quadruples de 2 pouces «Pom Pom», la conduite de tir fût modernisée, cette refonte augmenta le déplacement à 36513 tonnes et le tirant d'eau à 10m.


Configuration initiale du Valiant

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 23:04

Le Valiant en guerre (1) : Méditerranée (1939-1941)

Autre vue arrière du Valiant

La refonte s'achève le 25 novembre 1939 et le mois de décembre fût consacré à différents tests ainsi que la remise en condition dans les Antilles qui se poursuivit jusqu'en février 1940, date de son retour en Grande Bretagne après avoir couvert l'arrivée du convoi TC3 transportant des troupes canadiennes. Il fût alors affecté au 2nd Battle Squadron en compagnie des Nelson, Rodney, Warspite et Barham et basé à Scapa Flow.

Au mois de mars, le Valiant et les autres cuirassés du 2nd Battle Squadron furent déployés en mer du Nord pour tenter d'intercepter les raiders allemands cherchant à détruire les convois. Le 7 avril 1940, il appareilla pour cette mission en compagnie du Rodney, du croiseur de bataille Repulse, des croiseurs Sheffield, Penelope, Emile Bertin (marine française) avec 10 destroyers.

L'invasion allemande de la Norvège annula cette opération et le Valiant reçut l'ordre d'attaque tout navire allemand passant à portée de ses canons de 15 pouces. Le 9, il fût victime d'une première attaque aérienne allemande avant que le 13 avril, il ne soit déployé avec le Repulse et 3 destroyers pour couvrir le convoi NP1 transportant des troupes alliées à Narvik.

Le 19 avril, il gagna Scapa Flow pour embarquer des projectiles spéciaux destiné à un bombardement sur Trondheim mais cette mission fût annulée. Il participa à différentes missions au large de la Norvège jusqu'à la mi-juin, effectuant plusieurs missions d'escorte et d'évacuation.

Le 15 juin 1940, il fût affecté à la Méditerranée, arrivant à destination le 28 en compagnie du cuirassé Resolution, du croiseur de bataille Hood,des croiseurs Arethusa et Enterprise et du porte-avions Ark Royal.


Le Valiant en 1941

La capitulation de la France laissa une marine française intacte et invaincue. La Grande Bretagne seule face à l'Allemagne avait une peur panique de devoir affronter les marines françaises allemandes et italiennes. L'opération Catapult lancée le 3 juillet 1940 permis la neutralisation des navires françaises de manière pacifique en Grande Bretagne et en Egypte mais dans le sang à Mers el Kebir.

Comme le reconnaîtra Winston Churchill, les anglais ne firent pas ça de gaïété de coeur («Ce fut une décision odieuse, la plus inhumaine, la plus pénible de toutes que j'aie jamais eu à partager») mais quand la survie de Britannia est en jeu, les anglais ne font pas de sentiments.

Ce 3 juillet, est rassemblée à Mers-El Kebir une puissante escadre qui sans l'armistice aurait mené une opération contre la marine italienne, escadre composée des cuirassés Dunkerque Strasbourg Provence et Bretagne, le transport d'hydravions Commandant Test et les contre-torpilleurs Mogador Volta, Tigre, Lynx, Terrible et Kersaint.

Des négocations s'engagèrent, les anglais demandant que les navires se sabordent, gagnent les Antilles ou rejoignent la marine britannique pour reprendre la lutte. Devant le refus français, les anglais qui avaient déployé porte-avions Ark Royal, les cuirassés Resolution et Valiant, le croiseur de bataille Hood et 9 destroyers ouvrirent le feu à 17h.

Les navires français ne pouvant manoeuvrer sont touchés qu'il s'agisse du Bretagne qui est touché avant de sombrer, le Dunkerque et le Provence sont touchés, ce dernier devant s'échouer et si le Mogador est gravement endommagé, le croiseur de bataille Strasbourg avec cinq contre-torpilleurs parvient à s'échapper et à regagner Toulon.


Le cuirassé Bretagne victime de 3 obus de 381mm

Trois jours plus tard, le 6 juillet, le Valiant, le Hood et les croiseurs Arethusa et Enterprise sont déployés au large de Mers El Kebir pour couvrir l'Ark Royal chargé de neutraliser le Dunkerque (opération Lever) dont les anglais qui avaient intercepté un message de l'amiral Gensoul montrant que le Dunkerque n'était pas totalement hors de combat.
L'Ark Royal lança douze Fairey Swordfish et le croiseur de bataille encaissa une torpille mais surtout fût sévèrement endommagé par l'explosion du patrouilleur Terre-Neuve à couple pour décharger les munitions du croiseur.

Le 31 juillet 1940, il couvrit une opération de transport d'avions à Malte, mission qu'il assura en compagnie du cuirassé Resolution, du croiseur Arethusa et de deux destroyers (opération Hurry)

Le 4 août, il appareilla pour Liverpool où il arriva le 10 août 1940 mais il ne resta sur les rives de la Mersey qu'une dizaine de jours puisque le 20 août, il appareilla pour Gibraltar où il arriva quelques jours plus tard. Le temps de ravitailler, il appareilla du rocher le 30 août arrivant à Alexandrie avec le Warspite et l'Illustrious le 5 septembre.

Le 16 septembre, le Valiant fût déployé avec le croiseur lours Kent, le porte-avions Illustrious et sept destroyers pour des opérations contre le port de Benghazi. Le mois d'octobre 1940, il assura différentes missions de couverture de convoi.

A partir du 6 novembre, il participa à l'opération COAT de couverture du convoi MW3 entre l'Egypte et Malte et le ME3 dans le chemin opposé en compagnie des cuirassés Warspite, Malaya, Ramillies, du porte-avions Illustrious, des croiseurs Ajax Orion Gloucester York et Sydney et 13 destroyers qui arrivèrent à Malte le 10 avant de partir en Egypte en compagnie des navires précités et du cuirassé Barham, des croiseurs Berwick et Glasgow et 3 destroyers.

Le 25 novembre 1940, le Valiant accompagna le Warspite, l'Illustrious, les croiseurs Ajax Orion et Sydney pour escorter un convoi en baie de Soude avant que les cuirassés et les croiseurs ne protègent l'Illustrious qund il bombarda Rhodes le 27 novembre. Jusqu'à la fin de 'année, il assura différentes missions de couverture de convois et de protection du porte-avions Illustrious.

Le 3 janvier 1941, il participa avec le Warspite et le Barham au bombardement de Bardia (Libye) avant de participer à des couvertures de convois avec le porte-avions Illustrious et 7 destroyers, le tout formant la Force A.

Au cours de cette mission, le porte-avions Illustrious fût gravement endommagé par les Stuka du Xème Fliegerkorps tout comme le Gloucester et le Southampton tandis que le Valiant est légèrement endommagé.

Le 2 février 1941, il fût déployé en Méditerranée orientale pour une mission de chasse destiné à divertir l'attention des italiens pendant que le Ark Royal bombardait le barrage de Tirso en Sardaigne dans le cadre de l'opération Picket. Il participa ensuite à la couverture de convois dans le cadre de l'opération MC8.

Au mois de mars, le Valiant couvrit différents convois entre l'Egypte, Malte et la Grèce et au cours de cette opération, le 28, il participa à la bataille du cap Matapan en compagnie du Warspite et du Barham qui détruisirent trois croiseurs lourds et deux destroyers italiens.

Le 18 avril 1941, il appareilla pour participer au bombardement de Tripoli (opération MD2) en compagnie du porte-avions Formidable, des cuirassés Warspite et Barham, des croiseurs Ajax, Calcutta, Gloucester, Orion et Phoebe ainsi que 11 destroyers, le bombardement ayant lieu le 21 avril 1941. Le lendemain, il fût victime d'une mine qui provoqua de légers dommages ne l'empêcha pas de couvrir le 23 avril le convoi ME7 entre Malte et Alexandrie.

Le 6 mai 1941 accompagné par le Formidable, le Barham, le Warspite, les croiseurs Ajax Orion Perth, le mouilleur de mines rapide Abdiel et 12 destroyers, le Valiant couvrit un convoi transportant des chars entre le Royaume et le Moyen Orient (opération Tiger), retrouvant la rade d'Alexandrie le 12 mai 1941.

le 20 mai 1941, le vénérable cuirassé repris la mer pour couvrir les convois transportant des renforts en Crète avant de couvrir une opération de mouillage de mines menée par le mouilleur de mines Abdiel en mer Egée (opération MAT1).

Le lendemain, 22 mai, alors qu'il couvrait une opération de destruction de caïques (barques de pêche grecques) transportant des troupes allemandes (l'opération Merkur avait commencé le 20 mai par une audacieuse opération aéroportée qui allait se révéler une victoire à la Pyrus pour les Fallschirmjäger), il fût victime d'une attaque aérienne encaissant deux bombes à proximité de la tourelle X et une bombe à toucher, provoquant des dommages structuraux l'obligeant à regagner Alexandrie pour des réparations qui l'immobilisèrent tout le mois de juin (il faut aussi rappeler que faute de maitrise de l'espace aérien, la Royal Navy ne voulut pas risquer ses cuirassés).

Le mois de juillet 1941 fût essentiellement occupé par l'opération Substance, la couverture d'un convoi entre Gibraltar et Malte en compagnie du cuirassé Queen Elizabeth, des croiseurs Ajax, Carlisle, Hobart, Leander, Naiad, Neptune, Phoebe et les mouilleurs de mines Abdiel et Latona. Il était de retour à Alexandrie le 25 août 1941. Jusqu'à la fin de l'année 1941, le Valiant couvrit différents convois, assistant à la destruction du Barham, le cuirassé échouant à éperonner le sous marin coupable.

Le 18 décembre, alors qu'il était mouillé à Alexandrie en compagnie du Queen Elizabeth, il fût victime de l'audace de la Decima MAS qui placèrent une mine sur le cuirassé qui en explosa provoqua de sérieux dégâts. Il passa le mois de janvier au bassin à Alexandrie pour des réparations provisoires.

Il passa les mois de février et de mars pour préparer le passage à Durban en vue d'une réfonte et remise en état complète. Il appareilla pour l'Afrique du Sud le 3 avril arrivant à destination le 15 avril 1942. La refonte eut lieu en mai et juin 1942 avant que le mois de juillet ne soit consacré aux essais à la mer et à la préparation au futur déploiement dans l'Océan Indien au sein d'Eastern Fleet.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 23:07

Le Valiant en guerre (2) : Océan Indien et retour en Méditerranée (1942-1943)

Le Valiant dans les années trente

Le Valiant commença son déploiement en Océan Indien au mois d'août 1942 pour des missions de couverture de convois et des missions d'interception dans l'Océan Indien. Au cours d'une de ces missions, il entra en collision avec le croiseur léger Enterprise mais sans grands dommages pour le cuirassé.

En janvier 1943, il fût décidé de renvoyer le vénérable cuirassé en Grande Bretagne ce qui fût chose faite en mars puisque le Valiant était de retour à Devonport le 7 mars 1943 pour un carénage bien mérité.

Les travaux virent le cuirassé perdre ses installations d'hydraviation, l'installation d'une suite complète de radar (radar de veille surface type 273, radar de conduite de tir type 284 pour l'artillerie principale, quatre radars type 285 pour l'artillerie secondaire et quatre radars type 282 pour la DCA) et l'embarquement de canons de 20mm en affûts simples et doubles. La refonte s'acheva le 28 avril 1943 et au mois de mai, il gagna Scapa Flow pour couvrir les convois à destination de l'URSS contre une éventuelle sortie de raiders allemands.

En juin 1943, la Royal Navy décida de déployer les cuirassés Nelson, Rodney, Warspite et Valiant en Méditerranée en vue des futurs opérations contre l'Italie considérée comme le ventre mou de l'Axe.

Le 7 juillet, il appareilla d'Alexandrie en compagnie du Warspite, du porte-avions Formidable, des croiseurs Aurora et Penelope et de 9 destroyers pour couvrir un convoi destiné à l'invasion de la Sicile (opération Husky). Le jour J, pourtant le Valiant était déployé en mer Ioniene en compagnie de son sister-ship le Warspite, le Nelson le Rodney, les porte-avions Formidable et Indomitable pour éviter une éventuelle sortie de la Regia Marina.

Cette menace ne s'étant pas concrétisée, le Valiant assura l'appui aux opérations alliées en Sicile, opérations difficiles en raison du terrain difficile qui avantageait les allemands qui menait une guerre de retardement.

Les alliés finirent par s'emparer de Messine puis de débarquer en Italie le 2 septembre, le Valiant couvrant le débarquement du 13ème corps britannique près de Reggio di Calabria en compagnie du Warspite et des croiseurs légers Orion et Mauritius (opération Baytown).

Le 8 septembre 1943, l'Italie signa un armistice avec les alliés et la Regia Marina se rendit aux alliés, le Valiant assura avec le Warspite l'escorte de cette flotte vaincue qui venait se faire interner à Malte.

Le 10 septembre 1943, il resta en réserve pour un éventuel soutien aux troupes débarquées débarquées à Salerne près de Naples les 8 et 9 septembre (opération Avalanche) et cet appui se révélant nécessaire, il était présent au large de Salerne le 12 septembre avec le Warspite mais aussi le Nelson, le Rodney, les porte-avions Illustrious et Formidable et trois divisions de destroyers.

Les canons de 15 pouces de Valiant tonnèrent le 13 septembre contre les allemands qui tentaient de rejeter les alliés à la mer et durant les trois jours suivant, le tout sous la menace des bombes guidées allemandes qui avaient réussit à toucher le Warspite. Il assura l'appui des troupes alliées en Italie jusqu'en octobre date de son retour en Grande Bretagne.

Le Valiant en guerre (3) : dernières opérations (1943-1945)

Configuration finale du Valiant

Arrivé au pays, il subit un carénage et une remise en condition pour lui permettre de gagner l'Océan Indien et retrouver l'Eastern Fleet. Il appareilla de Scapa Flow le 20 décembre en compagnie du Queen Elisabeth, du Renown et de destroyers, direction Ceylan. Rejoint en mer par les porte-avions Illustrious et Unicorn, le Valiant arriva à destination le 30 janvier 1944.

Il passa le mois de février à s'entrainer avec le reste de l'Eastern Fleet. Sa première offensive une opération de ratissage à la fin du mois de mars en compagnie du cuirassé Queen Elizabeth, du croiseur de bataille Renown, du porte-avions Illustrious, des croiseurs London, Gambia Ceylon et Cumberland au large de Sumatra (opération Diplomat). Quelques jours plus tard, le Saratoga et trois destroyers américains partcipèrent à ces opérations contre Sumatra.

Le 16 avril 1944, le Valiant quitta Ceylan en compagnie du Queen Elizabeth, du Richelieu, des croiseurs Newcastle, Nigeria, Ceylon, Gambia et Tromp, le tout formant la TF69 chargée de couvrir l'Illustrious et le Saratoga (TF70) qui avaient lancé leurs avions à l'assaut de Sabang au nord ouest de Sumatra dans le cadre de l'opération Cockpit.

Le 6 mai 1944, il appareilla de nouveau en compagnie du Queen Elizabeth, du Richelieu, des croiseurs Newcastle Nigeria et Tromp plus 7 destroyers, le tout groupé dans la TF65 chargée de couvrir la TF66 (porte-avions Illustrious et Saratoga) qui bombardait Soerabaya (opération Transom). Les opérations aériennes se poursuivirent jusqu'au 17 avant que le Saratoga ne regagne Pearl Harbor et que les navires anglais, français et néerlandais ne rentrer à Ceylan.

Après un mois de juin sans opérations remarquables, le Valiant appareilla le 22 juillet de Trincomalee en compagnie du Queen Elizabeth, du Renown, du Richelieu, des croiseurs Cumberland Nigeria, Kenya, Ceylon et Gambia pour couvrir les porte-avions Illustrious et Victorious engagées dans des raids sur Sabang (opération Crimson), raids complétés par des bombardements des «gros».

Le 8 août alors qu'il était en pleine refonte, il subit de sérieux dommages, le dock flottant ayant chaviré ce qui força la Royal Navy à retiré le navire du service. Le mois de septembre 1944 fût consacré à la remise en état nécessaire à son retour en Grande Bretagne.

Il appareilla de Trincomalee le 3 octobre, faisant escale à Aden mais le 20 il s'échoua à l'entrée du canal de Suez, n'étant remis à flot qu'après six heures d'effort et les anglais décidèrent de le renvoyer en Grande Bretagne par le Cap de Bonne Espérance avec des escales à Durban, Le Cap et Freetown.

Il arriva à Devonport le 2 février 1945, étant mis au bassin le 7 février pour une refonte qui l'immobilisa jusqu'au mois d'août 1946

Crépuscule d'un vieux guerrier.
La refonte achevée, le Valiant ne reprit jamais la mer, servant de navire d'entrainement à quai sous le nom d'Impérieuse. Placé en disponibilité en 1948, il fût vendu à la démolition le 19 mars 1948, prit en remorque le 9 août arrivant au chantier de démolition à Cairnryan (Loch Ryan, Ecosse) trois jours plus tard.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 23:12

Le HMS Malaya

Présentation et jeunes années

Le Malaya au mouillage avec une cheminée unique

Le Malaya est mis sur cale aux chantiers Armstrong Whitworth de Newcastle upon Tyne le 20 octobre 1913 lancé le 18 mars 1915 et admis au service actif le 1er février 1916, affecté au 5th Battle Squadron avec ses quatre sister-ship. Il participa ainsi à la bataille du Jutland les 31 mai et 1er juin 1916, étant touché à huit reprises et perdant 65 hommes plus de nombreux blessés. Après la guerre, il transporta en exil, le dernier sultan de l'empire Ottoman Mehmed VI. Tout comme ses sister-ship, le Malaya est modernisé.

Le Malaya en guerre (1) Un cuirassé, une mer et deux océans (1939-1940)

Aspect du Malaya après refonte en 1937

Le Malaya commença la guerre en Méditerranée au sein du 1st Battle Squadron en compagnie de ses sister-ship Warspite et Barham. Le mois suivant pourtant il fût choisit pour gagner l'Océan Indien pour des missions de couverture de convois et d'interception de raiders en compagnie du porte-avions Glorious et de deux destroyers.

Arrivé à Aden le 16 octobre 1939, il mena d'inombrables patrouilles contre le Graf Spee au sein de la ForceJ composée du Ramillies, du Glorious et de deux destroyers mais quand la force J fût informée de la destruction de deux navires de commerce, le cuirassé de poche allemand avait déjà regagné l'Atlantique.

Au mois de décembre 1939, il fût décidé de renvoyer le Malaya dans l'Atlantique. Quittant Aden le 8 décembre avec deux destroyers, il fit escale à Suez, Malte, Gibraltar le 24 décembre avant d'arriver à Halifax le 2 janvier 1940 pour couvrir les convois transatlantique qu'ils s'agissent de convois de navires marchands et de convois de transport de troupes.

Le 7 février 1940, il arriva dans la Clyde après avoir escorté le convoi TC3 et ne quitta l'Ecosse que le 27 avec un chargement d'or britannique à mettre à l'abri au Canada en compagnie du croiseur auxiliaire Ascania et de cinq destroyers, arrivant à Halifax le 4 mars 1940 et après deux missions d'escorte de convois, il fût décidé le 22 mars de le renvoyer en Méditerranée.

Le Malaya quitta Halifax le 3 avril 1940 en escorte du convoi HX32 mais le 14, il mit cap à l'est, direction Gibraltar, le cuirassé arrivant à destination le 19 avril. Le 28 avril, il quitta le rocher en compagnie du Royal Sovereign et de quatre destroyers pour retrouver le lendemain à la mer 3 cuirassés, 4 croiseurs et 3 destroyers français qui quittèrent les navires britanniques à la hauteur de Bizerte avant de gagner Alexandrie où il arriva le 3 mai 1940. Intégré au 1st Battle Squadron de la Mediterranean Fleet, il assura différentes missions de couverture de convois et d'attaque contre le trafic maritime italien.

Le 3 juillet 1940, le Malaya ancré à Alexandrie participa en spectacteur aux négociations entre français et anglais pour neutraliser la flotte française ancrée à Alexandrie avec notament le cuirassé Lorraine et les croiseurs lourds Duquesne et Tourville. Les négocations furent fructueuses et à la différence de Mers-el-Kébir, il n'y eut aucun combat, les navires français étant neutralisés jusqu'en août 1943 quand la Force X se rallia au général De Gaulle.

Le 8 juillet alors qu'il couvrait un convoi, il fût très légèrement endommagé par des bombardiers italiens, le souffle d'une bombe faisant sauter le système de conduite de tir qui pût être réparé en mer, il s'en tira mieux que le Gloucester qui reçut un coup direct. C'était les prémices de la bataille de Calabre qui eut lieu le lendemain et qui se termina sur un match nul, les deux flottes couvrant un convoi se retirant avant de subir des pertes trop sévères.

Le Malaya après s'être ravitaillé à Malte regagna Alexandrie où il arriva le 15 juillet 1940. Il passa le reste de l'été à couvrir les différents convois reliant Malte et l'Egypte notament. Le 17 août entre 6h58 et 7h20, il bombarda Bardia et Fort Capuzzo tirant 62 obus de 15 pouces et 104 obus de 6 pouces. Il passa ensuite le reste de l'année à couvrir les convois en Méditerranée, espérant peut être bloquer la marine italienne dans un affrontement décisif.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 23:15

Le Malaya en guerre (2) (1941-43)

Le Malaya au mouillage

Le 24 décembre 1940, le Malaya arriva à Gibraltar en compagnie des autres navires de la Force H à savoir le porte-avions Ark Royal, le croiseur de bataille Renown et le croiseur léger Sheffield. Il quitta le rocher le 7 janvier en compagnie des navires sus-nommés et de 7 destroyers pour couvrir des convois destinés à Malte et au Pirée (opération Excess) mais au large de Malte,la force H fit demi-tour pour regagner Gibraltar où le Malaya arriva le 11, passant quelques jours au bassin.

Le 31 janvier 1941, la force H appareilla pour deux opérations, l'opération Picket (bombardement de la Sardaigne centrale) et opération Result (bombardement de Gênes), le Malaya couvrant l'Ark Royal qui attaqua la Sardaigne le 2 février mais le bombardement sur Gênes fût reporté de quelques jours, le Renown et le Sheffield bombardant Gênes, tirant 273 obus de 15 pouces, 782 pouces de 152mm et 400 coups de 114mm. La force H était de retour à Gibraltar le 11 février 1941.

le 28 février 1941, le Malaya fût détaché dans l'Atlantique pour des missions de couverture de convois, arrivant à destination le 1er mars 1941. Il couvrit le convoi SL67 qui fût attaqué par le Scharnhorst et le Gneisenau mais en apercevant le Malaya, les deux croiseurs de bataille se replièrent laissant les sous marins attaquer le convoi. Plus tard dans la journée, le Malaya entra en contact avec les deux croiseurs de bataille mais avec dix noeuds d'écart (17 contre 27 noeuds), le Malaya était impuissant.

Il fût ensuite détaché du convoi pour gagner Gibraltar où il arriva le 12 mars pour une nouvelle mission d'escorte, d'un convoi, le SL68. Le 20 mars à 23h23 à 250 miles au nord-nord ouest du Cap Vert, le convoi fût attaqué par des sous marins allemands, le U106 toucha le cuirassé avec une torpille lui infligeant une gite de 7° mais sans pertes humaines. Le cuirassé gagna Port of Spain (Trinité et Tobago) où il arriva le 29 mars pour des réparations provisoires.

Il arriva à New York le 6 avril 1941 pour réparations, étant le premier navire anglais à être confié aux américains depuis le début du second conflit mondial. Les réparations l'immobilisa jusqu'au mois de juillet avant un retour en Grande Bretagne au mois d'août où le Malaya reçut des radars et onze canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Le 20 octobre, le Malaya quitte Scapa Flow pour la Clyde avec deux destroyers comme escorte arrivant à destination le lendemain pour une brève escale avant de repartir le 22 destination Gibraltar, la base de la force H où il est de nouveau affecté. Le Malaya arrive sur le rocher le 27 octobre 1941, une arrivée mouvementée puisqu'il entre en collision avec deux navires mais les dommages sont très limités.

Le 10 novembre 1941, le navire amiral de la force H appareilla en compagnie des porte-avions Ark Royal et Argus, du croiseur léger Hermione et de 7 destroyers pour un transport de Hurricanes à Malte (opération Perpetual), les avions décollant le 12 et la force H faisant immédiatement demi-tour.

Le lendemain, l'Ark Royal est torpillé par le U81 qui lui lance 4 torpilles qui ont raison du premier vrai porte-avions moderne de la RN qui coule lendemain, la force H arriva sur le rocher à 14 novembre en début de soirée. A noter qu'après l'attaque italienne contre le Queen Elizabeth et le Valiant, le Malaya était le seul cuirassé anglais opérationnel en Méditerranée.


Le Malaya à la mer en 1941

Au début du mois de février 1942, les anglais apprenent l'appareillage prochain du Scharnorst et du Gneisenau basés à Brest pour une campagne de chasse dans l'Atlantique, campagne coïncidant avec le transit du convoi WS16 avec 45000 soldats à bord. La Force H appareilla le 8 février de Gibraltar pour couvrir ce convoi, la force H arrivant à Glasgow (estuaire de la Clyde) le 13 février 1942.

Le convoi se forma le 17, escorté par le cuirassé Malaya, les porte-avions Eagle et Formidable, le croiseur Hermione et 12 destroyers. Le Malaya est détaché du convoi le 23 février pour gagner Gibraltar avec cinq destroyers.

Le 27 février 1942, il appareilla en compagnie de la force H pour couvrir une mission de transport d'avions (opération Spotter) mais cette opération fût annulée à cause de problèmes de réservoirs supplémentaires sur les Spitfire.

Le 6 mars 1942, il appareilla pour une mission semblable, l'opération Spotter II qui vit l'Argus et l'Eagle livrer 15 Spitfire, les premiers appareils de ce type déployés dans l'île forteresse. Si l'opération Picket I le 21 mars est un echec, Picket II voit la livraison de 16 Spitfire le 27 mars.

De retour à Gibraltar le 30, il est choisit pour participer à l'opération Ironclad, de débarquement sur Madgascar, l'île sous contrôle de Vichy pouvant servir de base pour les japonais ou les allemands, crainte qui sera confirmée quelques jours plus tard par le raid de Nagumo et d'Ozawa dans l'océan Indien.

Le 1er avril, le Malaya appareilla de Gibraltar en compagnie de l'Hermione et de cinq destroyers pour Freetown où il arriva le 6 avril pour trois jours d'escale avant un appareillage le 9 avec comme escorte un total de 8 destroyers pour couvrir le passage du convoi WS17A qui se rendait au Cap.

Arrivé à destination le 18, le Malaya reçut l'ordre de regagner Gibraltar où il arriva au mois de mai 1942, reprennant ses missions d'escorte notament le convoi de l'opération Harpoon qui commença le 12 juin 1942, le Malaya étant détaché avec l'Argus et quatre destroyers le 16 juin et arrivant à Gibraltar le 17 juin.

Le 24 juin 1942, il appareilla de Gibraltar avec trois destroyers pour couvrir le passage du convoi WS20 entre la Clyde et Freetown qui arriva à destination le 6 avant de repartir le lendemain pour l'Afrique du Sud, le Malaya étant détaché le 17 juillet pour regagner Gibraltar où il resta le reste de l'été avant de regagner la métropole pour une refonte à Rosyth, refonte qui l'immobilisa jusqu'en décembre, refonte qui vit le débarquement des installations d'hydraviation et l'installation de deux affûts doubles supplémentaires de 102mm sans parler de l'installation de deux pom-pom et de quatre canons de 20mm supplémentaires plus un radar type 273.

De nouveau opérationnel en janvier, le Malaya aurait du rejoindre l'Eastern Fleet mais l'Amirauté craignant de nouveaux raids de cuirassés et de croiseurs allemands dans l'Atlantique préféra conserver le vénérable cuirassé dans l'Atlantique. Il escorta ainsi les convoi WS27 à destination du Moyen Orient via le cap de Bonne Espérance et le KMF10A pour l'Afrique du Nord. Le Malaya resta avec le WS27 jusqu'à son arrivée le 8 avril 1943 et quelques heures après, il appareilla pour Scapa Flow où il arriva le 26 avril 1943.

le 7 juillet 1943, il quitta la grande base écossaise en compagnie des cuirassés Anson, Alabama et South Dakota, du porte-avions Furious, de 7 croiseurs et 13 destroyers dont cinq américains dans le cadre d'une opération de diversion au débarquement en Sicile au large des côtes de la Norvège (opération Camera), le vénérable cuirassé était de retour à Scapa Flow le 9 juillet.

Le 27 juillet, il appareilla avec le cuirassé Anson pour couvrir les porte-avions Illustrious et Unicorn qui lancèrent des raids sur la Norvège dans le cadre de l'opération Governor toujours pour convaincre les allemands qu'un débarquement en Norvège était toujours possible.

Ah les affres de la Vieillesse !

Le Malaya commença à souffrir de l'usure et devant les problèmes de machines, il fût placé en réservé en septembre 1943 avant de subir une refonte où il perdit ses canons de 152mm et que des canons de 20mm Oerlikon étaient installés.

En février 1944, le Malaya est cependant choisit pour participer aux débarquements en Europe et après avoir été endommagé au cours d'un exercice de test de bombes bondissantes dans le Loch Long, il subit un carénage de mars à juin 1944, étant remis en service le 22 juin avant de quitter Fastlane pour Portsmouth où il était le cuirassé de réserve en cas de besoin de canons de gros calibres.

Le 1er septembre 1944, ses canons de 15 pouces bombardèrent l'île de Cezembre au large de Saint Malo qui fût prise par les américains le lendemain. Ce fût la dernière fois que les canons du Malaya tirèrent puisqu'il fût de nouveau remis en réserve à Fastlane.

En mai 1945, le Malaya est transformé en navire d'entrainement à quai sous le non de HMS Vernon II, tâche qu'il commença à mener à partir du 15 mai après débarquement de tout l'armement. Placé en disponibilité en 1947, il est vendu à la démolition le 20 février 1948, l'ancien cuirassé arrivant à destination le 12 avril 1948 pour être démantelé.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Jeu 22 Oct 2009, 23:26

Caractéristiques Techniques

Le Barham à Scapa Flow en 1917


Déplacement : standard 27500 tonnes pleine charge 33000 tonnes

Dimensions : longueur 196.8m largeur 27.6m tirant d'eau 9.2m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson alimentées par 24 chaudières dévellopant une puissance totale de 75000ch entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale 24 noeuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 12 noeuds

Protection :

Ceinture blindée de 13 pouces (343mm) avec des endroits plus légèrement couverts (6 pouces soit 152mm et 4 pouces soit 102mm); Bulkheads : 6 pouces et 4 pouces selon les endroits; Tourelles : 11 pouces (279mm) sur les côtés 13 pouces (343mm) sur la face avant et 4.5 pouces (108mm) pour le toit; Barbettes 4 à 10 pouces selon les endroits (6 pouces pour celles de 152mm); Tour de commandement : 11 pouces sur les faces latérales et 3 pouces pour le toit.

Armement :


Ecorché de la tourelle double de 381mm

-8 canons de 381mm (15 pouces) modèle 1915 en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Ce canon de 42 calibres tire des obus de 870kg pour une portée comprise entre 1756m (site : +1.1°) et 21385m (site : +20°) à raison de 2 coups par minute.

La tourelle double Mark I pèse 782 tonnes en ordre de combat pointe en site de -5 à +20° à raison de 5 degrés par seconde et en azimut sur 150° à raison de 2 degrés par seconde. La dotation en munitions est de 100 obus par canon soit un total de 800 obus de 15 pouces.


Canonniers dans une tourelle de 381mm avec l'une des pièces culasse ouverte. Ils portent une cagoule destiné à limiter l'effet d'un retour de flamme lors de l'ouverture de la culasse

-16 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1914 (BL Mark XII) en casemates (16 pour le Queen Elizabeth et 14 pour ses sister-ships). Ce canon de 45 pouces tire des obus de 45 kg à une distance maximale de 12344m (site : +15°) à raison de 5 à 7 coups par minute.

L'affût simple PIX pèse 13.59 tonnes en ordre de combat et peut pointer en site de -7° à +15° (plus tard +17.5°) et en azimut sur 120°. La dotation en munitions est de 130 obus par canon soit un total de 2080 obus pour le Queen Elizabeth et 1820 pour ses sister-ship.

-2 canons de 76mm (3 pouces) antiaériens et 4 canons de 47mm de salut

-4 tubes lance-torpilles sous marins de 21 pouces (533mm).

L'armement évolua au cours de leur carrière. Le Queen Elizabeth perdit ainsi ses canons de 152mm entre 1937 et 1940 tout comme les 8 canons de 102mm en quatre affûts doubles (deux installés en 1916 et deux autres en 1926-1927), ces canons étant remplacés par 20 canons de 114mm en dix affûts doubles. Il reçut toujours entre 1937 et 1940 4 affûts octuples Pom-Pom tout comme 16 mitrailleuses de 12.7mm et des canons de 20mm. Le nombre de tubes lance-torpilles fût réduit à deux en 1926/27.
le Barham conserva jusqu'à la fin de sa carrière 8 canons de 152mm, 8 canons de 102mm en quatre affûts doubles installés entre 1930-1934 tout comme un puis deux affûts octuples Pom-Pom, le Malaya ayant une configuration semblable.

Le Valiant perdit comme le Queen Elizabeth ses canons de 152mm au profit de 20 canons de 114mm en dix tourelles doubles, il reçut également 4 affûts octuples Pom-Pom.

Le Warspite conserva jusqu'à la fin de sa carrière 8 canons de 152mm et reçut au cours de ses refontes 8 canons de 102mm en quatre affûts doubles, 4 affûts octuples Pom-Pom et 32 mitrailleuses de 12.7mm en affûts octuples.


Tourelles doubles de 114mm du croiseur de bataille Renown

Le canon de 114mm était un canon de 45 calibres tire des obus de 39kg à une distance maximale de 18970m (site +45°) en tir antisurface et de 12500m en tir antiaérien (site +80°) à raison de 12 coups par minute. La tourelle MkIII qui pèse 30 tonnes peut pointer en site de -5° à +80° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 20° par seconde. La dotation en munitions est de 400 coups par canon soit un total de 3200 obus.


Affût double de 102mm

Le canon de 102mm étaint un canon de 45 calibre tire des obus de 30kg à une distance maximale 18150m en tir antisurface et de 11890m en tir antiaérien à raison de 15 à 20 coups par minute. L'affût peut pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 340°. Dotation en munitions inconnue


Aviation : Après avoir un temps reçu des plate-formes sur les tourelles de 15 pouces, les Queen Elizabeth reçurent des catapultes : le Valiant et le Queen Elizabeth à la poupe, le Malaya et le Warspite derrière la cheminée devenue unique et le Barham sur la tourelle X (n°3) de 15 pouces. 3 hydravions étaient embarqués.

Equipage : 925 à 1220 hommes

Sources

-Encyclopédie des armes Editions Atlas tome 6 «les cuirassés de la première guerre mondiale» p1341-1360

-Fiches navires de guerre éditions Atlans «Queen Elizabeth, Barham, Valiant et Warspite»

-Laurent Joffrin «Les grandes batailles navales de Salamine à Midway» pour la bataille du Jutland

-Ressources internet : wilkipedia, navweaps, maritimequest

-Photos et documents de l'ami Vautour

FIN DE L'ARTICLE
A VENIR : CROISEURS LEGERS CLASSE CAPITANE ROMANI


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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Ven 23 Oct 2009, 09:32

Merci à toi pour cet article du même tonneau que les autres , c est à dire , bien fait .
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Ven 23 Oct 2009, 11:11

Merci JB. Je n'ai quand même ch.... pour le récit de la bataille du Jutland, j'espère qu'il est assez clair. Je vais commencer ce week-end les Capitani Romani qui sera bien plus facile et rapide à faire.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Sam 24 Oct 2009, 02:28

tres bon travail toujour un delice de te lire

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je ne suis pas fou, juste un peu cinglé
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Sam 24 Oct 2009, 09:25

Toujours un grand plaisir de te lire
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Sam 24 Oct 2009, 10:45

Merci les gars, je vais commencer cet après midi les Capitani Romani qui sera plus cours à faire. Pour les prochains cuirassés, ce sera les Bayern la réponse allemande aux Queen Elizabeth.

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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Sam 24 Oct 2009, 17:46

Tu nous à nous a encore fait de la belle littérature, Claus!



La partie sur la fin du Warspite me fait tout de même un peut mal coeur!
De tout les cuirassés du 20° siècle, je trouve que c'est celui qui aurait le plus mérité d'être préservé!
Même si toute objectivité, je doit reconnaître que si je disposait d'une machine à voyager dans le temps,
c'est notre cher Richelieu j'essayerai de ramené en premier dans le présent.
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warburton
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MessageSujet: Re: ROYAL NAVY CUIRASSES CLASSE QUEEN ELIZABETH   Mer 04 Mai 2011, 03:09

bonsoir
je "déterre"; mais, vu ma date d'inscription…
article vraiment très intéressant.
d'accord avec "Vautour"; s'il avait fallu ne conserver qu'un seul cuirassé, c'est bien l'HMS Warspite; quelle carrière !
(quand au Richelieu, il était tout simplement le plus beau).
quelques commentaires concernant les photographies:
- la Queen Elisabeth à quai dans mes années trente: très certainement à Gibraltar.
- les tourelles de 114 AA: les tubes (à gauche) ont une drôle de forme ! (distorsion due à l'objectif de prise de vue; je présume).
- la Bahram: à noter les "leurres" (optiques) fixés sur les cheminées.
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