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 Dossier : les sous marins nucléaires français

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clausewitz
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MessageSujet: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 10:33

Citation :
Dossier : Les sous-marins nucléaires français

Citation :

Un SNA du type Rubis crédits : Marine nationale
Nous vous proposons, aujourd'hui, le premier volet d'un large dossier consacré aux sous-marins nucléaires français. Cet après-midi, nous mettrons en ligne deux longs articles sur la première génération de SNLE, celle des Redoutable, et sur les premiers sous-marins nucléaires d'attaque, les Rubis. Stratégie, challenges technologiques, conception, essais, missions, évolutions et avenir... Pourquoi et comment la France s'est elle constituée une flotte de submersibles nucléaire ? Nous nous sommes appuyés sur les marins et les témoins de l'époque pour retracer cette double aventure. L'amiral Boiffin, commandant la Force Océanique Stratégique (FOST), répondra également à nos questions.
Prochainement, le second volet de ce dossier sera consacré à la nouvelle génération de submersibles à propulsion nucléaire, le Triomphant bien entendu, mais aussi les futurs Barracuda.
En plus de ce dossier spécial, vous retrouverez dès cet après-midi les rubriques traditionnelles du week-end.

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 14:28

impatiente de lire la suite!study
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clausewitz
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 14:41

Ona a écrit:
impatiente de lire la suite!study

je vais aller régulièrement sur meretmarine et dès que c'est paru, je le poste thumleft

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 18:07

ce qui serait bien serait plutot de mettre le lien, rendons à César ce qui est à César...
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 18:08

ok merci amiral lol!
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clausewitz
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 18:16

Citation :
Les Redoutable, histoire d'une aventure technique, humaine et stratégique

Citation :

Un SNLE de classe Redoutable

Le 29 mars 1967, le Redoutable, premier sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) français était lancé, à Cherbourg, à quelques centaines de mètres de l'actuelle Cité de la Mer, où il est aujourd'hui transformé en musée. Deux ans plus tôt, alors que le bâtiment venait d'être mis sur cale, le général de Gaulle, soucieux de garantir l'indépendance stratégique du pays, avait eu ces paroles : « La Marine se trouve maintenant et sans doute pour la première fois de son histoire au premier plan de la puissance guerrière de la France et ce sera dans l'avenir, tous les jours un peu plus vrai ». Quatre décennies plus tard, cette position semble toujours d'actualité, bien que le monde ait énormément évolué. Alors que l'essentiel de la force de frappe nucléaire française est désormais concentrée sur les SNLE de la Force Océanique Stratégique (FOST), complétés par les moyens, plus légers, embarqués sur les avions de l'Armée de l'Air et de l'Aéronavale, la mer prend une importance considérable dans les relations internationales. Près des trois quarts des échanges commerciaux mondiaux dépendant du trafic maritime et transitant, pour bon nombre, par des zones à risques, la possession de moyens de protection et d'intervention reste plus que jamais vitale pour garantir la « sauvegarde des intérêts du pays ».
Citation :

Le lancement du Redoutable, le 29 mars 1967 crédits : DCN

SNLE et bouleversements stratégiques
Pendant la seconde guerre mondiale, on se souviendra de l'action de Charles de Gaulle, loin de la métropole, pour ménager une place importante à la France une fois les hostilités terminées. En cela, Churchill apportera son aide, bien que les relations entre les deux hommes n'aient pas été des meilleures. Fin stratège, le premier ministre britannique savait que la Grande-Bretagne risquait une marginalisation entre les deux superpuissances américaine et soviétique. Londres pèsera donc de tout son poids pour imposer le retour de la France dans la cour des grands. Logiquement, la guerre froide s'installera après la chute du régime nazi, Washington et Moscou développant un arsenal nucléaire colossal. En 1949, l'URSS mène son premier essai atomique, suivi en 1952 de la Grande-Bretagne. L'atome prend ensuite une dimension océanique. Après les essais en mer de l'USS Nautilus, en 1955, qui sera le premier sous-marin à naviguer sous la calotte glacière (1960), les Etats-Unis alignent en 1959 le premier sous-marin à propulsion nucléaire doté de missiles balistiques, l'USS George Washington, rapidement suivis par les Soviétiques. La guerre prend une nouvelle dimension, à l'échelle d'une attaque surprise pouvant venir de n'importe quel point de l'océan. Alors qu'en Europe la pression de Moscou ne cesse de s'accroître, la Grande-Bretagne met en chantier, en 1964, son premier SNLE. Réalisé avec l'aide américaine, le HMS Resolution est opérationnel en 1967 et suivi, en 1968 et 1969, de trois sisterships, tous armés de 16 missiles Polaris (portée initiale de 1800 kilomètres). Dans l'immédiat après-guerre, De Gaulle prend la mesure du défi qui se dresse devant la France : « Pas question, pour le Général, de se laisser distancer par nos amis et alliés américains sur ce domaine qu'il avait sans peine et à juste raison considéré comme sensible, et dans l'immédiat et pour les décennies à venir », note Yves Cariou, ancien journaliste au Télégramme de Brest et auteur du livre FOST, récemment paru chez Marines Editions (*) : « La volonté était tout aussi intellectuelle et politique que purement militaire. Mais il allait s'écouler un bon nombre d'années avant qu'elle ne se matérialise, que l'on additionne pour ce faire des connaissances, des moyens techniques et des capacités financières dans une France qui, dans à peu près tous les domaines, sortait bien mal en point du conflit ».
Citation :

Le lancement du Redoutable, le 29 mars 1967 crédits : DCN

La France devra construire son propre réacteur
Depuis 1953, l'industrie française, réduite à bien peu de choses après la seconde guerre mondiale, s'applique à relever le plus important défi technologique de son histoire. Avec l'aide du Commissariat à l'Energie Atomique, un premier projet de sous-marin à propulsion nucléaire, le Q 244, voit le jour. Toutefois, comme l'expliquent l'amiral Jean Moulin et Jacques Isnard dans leur livre, « De la terre à la mer » (**), la première option, « celle qui est à la portée de la France », échoue. Les ingénieurs français ne disposant pas d'uranium enrichi, « il s'agissait de recourir à la conception d'un réacteur à uranium naturel et à eau lourde assez compact pour qu'il s'intègre dans la coque d'un sous-marin ». Trop gros, le réacteur à eau lourde ne convient finalement pas et le Q 244 est abandonné en 1958. Paris n'a, alors, d'autre choix que de se rapprocher des Etats-Unis. Le contexte est pourtant délicat, d'autant que De Gaulle décide, en 1959, de quitter l'OTAN. Bien qu'officiellement, la France mène son projet seule, Washington accepte de livrer de l'uranium enrichi. Les Américains posent toutefois une condition : Que cette matière ne serve qu'au profit d'un réacteur d'essais à terre, et non pour une centrale embarquée. Au sujet de l'échec de la première tentative tricolore, Yves Cariou estime qu'« on a eu beau jeu de se gausser de cette tentative avortée, mais les ingénieurs de l'époque ont fait avec ce qu'ils avaient, comme on dit. Ils ne disposaient pas notamment d'uranium enrichi, car les Etats-Unis, jaloux de leur savoir et de leur suprématie en ce domaine, refusaient de nous en céder. Et s'ils le firent par la suite, c'est parce que le père des sous-marins américains, l'amiral Rickover, farouchement opposé à tout accord, s'était déclaré publiquement persuadé que nous n'avions aucune chance de parvenir au but et de gagner notre pari ». Partant de la « page blanche », les cerveaux tricolores relèveront pourtant le challenge. Le prototype à terre est réalisé à Cadarache, alors qu'une usine d'enrichissement d'uranium est édifiée à Pierrelatte. En 1964, la réaction en chaîne est lancée à Cadarache et la production d'uranium débute à Pierrelatte, ouvrant la voie à l'édification d'un submersible à propulsion nucléaire. Le CEA et la Direction des Constructions Navales se lancent dans le projet Q 252. Le Redoutable est mis sur cale en novembre 1964 à Cherbourg et l'arsenal d'Indret, près de Nantes, se charge de la propulsion.

L'aide américaine
Si la question de la propulsion est résolue, les Français doivent désormais maîtriser la technologie éminemment complexe des missiles balistiques. Le 13 février 1960, gerboise Bleue, la première bombe atomique tricolore explosait à Reggane, dans le Sahara. A partir de cette expérience, le CEA et les industriels, dont la SNIAS, s'emploient à développer ce qui deviendra le M 1 : « L'un des défis, parmi les plus délicats à relever, a été à coup sûr la conception de la charge thermonucléaire, celle-là même qui est destinée en priorité aux SNLE », notent l'amiral Moulin et Jacques Isnard. Après avoir accepté de livrer de l'uranium enrichi, les Américains vont donc, de nouveau, aider les Français à réaliser leur arme de dissuasion. Ce coup de main interviendra par l'intermédiaire de la Grande-Bretagne, qui désignera, secrètement, un savant « associé de longue date aux travaux américains », pour conseiller les ingénieurs tricolores sur l'élaboration de la bombe à fusion. La première ogive du genre explosera, en Polynésie, le 24 août 1968, un an après la mise au point d'une bombe thermonucléaire par la Chine. Face à la lenteur des travaux, militaires et scientifiques avaient imaginé « d'armer les premiers SNLE de charges à fission dopées, expérimentées en octobre 1966 ». Dans le même temps, la construction du Redoutable se poursuit à Cherbourg, sur fond de challenge technique pour l'ensemble des personnels de la Direction des Constructions Navales. A l'étranger, le projet est, bien évidemment, très observé. Après des années d'études, les ingénieurs ont retenu une coque de 128 mètres de long, 10.6 mètres de diamètre et 9000 tonnes en plongée. La propulsion principale est assurée par un réacteur à eau pressurisée, deux turbines à vapeur et un groupe turbo-réducteur, l'ensemble de l'appareil propulsif développant 16.000 CV. Pour la future DCN, ce bateau est énorme, à comparer aux 1000 à 1500 tonnes en plongée des sous-marins réalisés jusque là dans le Cotentin. Même le « croiseur sous-marin » Surcouf (1934), le plus gros submersible construit en France, ne dépassait pas 4200 tonnes en plongée.

Du lancement aux essais du Redoutable
Le 20 mars 1967, la ville de Cherbourg est en pleine effervescence. Dans la cale III de l'arsenal, une grande coque noire attend de rejoindre son élément. La cérémonie de mise à l'eau est présidée par le général de Gaulle, qui libère le Redoutable en appuyant sur un bouton vert devenu célèbre. Pour l'occasion, le chef de l'Etat est entouré de deux ministres, dont Pierre Messmer. « Il s'agit d'un exploit technique sans précédent. La construction du premier SNLE marque une étape majeure dans la réalisation de moyens navals puissants et modernes. La flotte de SNLE confèrera à la marine une force stratégique nouvelle et sera pour la France un des meilleurs gages de sa sécurité, de son indépendance et de la paix », déclare alors le ministre des Armées, qui parle de « journée capitale pour notre indépendance ». Le bond technologique est en effet énorme pour la construction navale française. Aux côtés du CEA, les arsenaux réussiront l'exploit d'édifier le Redoutable, une entreprise qui mobilisera tous les établissements de la future DCN : « C'était un projet extrêmement important et, à l'époque, tous les employés avaient reçu une prime exceptionnelle d'environ 200 francs, soit près d'une moitié de salaire pour les jeunes ouvriers », se rappelle Michel, alors affecté aux planches à dessin d'Indret. Après le lancement du Redoutable, l'achèvement du navire débute. Il s'agit de remplir la grande coque de ses équipements. Le 26 avril 1968 intervient la prise d'armement pour essais et en février 1969 la divergence du réacteur : « Nous avons fait cela de nuit pour être tranquilles et, à cette occasion, nous avons même bu du champagne », se souvient l'amiral Bernard Louzeau, premier commandant du Redoutable. Le navire est une véritable ruche, où s'activent des centaines de salariés et de marins. Au fil de l'achèvement, un éventuel incendie peut avoir des conséquences catastrophiques : « Nous avons reçu un contingent d'une trentaine de matelots qui ont rendu de très grands services. Dès qu'un ouvrier soudait ou meulait, il y avait toujours quelqu'un derrière lui avec un extincteur ». Les essais en surface se dérouleront en baie de Seine puis le Redoutable opèrera une plongée fictive, destinée à vérifier la qualité de l'air à bord. Il était initialement prévu que l'équipage puisse fumer en plongée et ce, pendant les 72 jours de patrouille. A cet effet, un système très complexe et très couteux de recyclage de l'air, avec production d'oxygène et élimination des polluants, avait été conçu. Ce dispositif, véritable casse-tête pour les ingénieurs, sera confronté, à peine mis au point, à une mesure étonnante pour l'époque : « Je pense avoir alors pris la décision la plus sage de ma carrière. J'ai décidé qu'on ne fumerait pas à bord », note avec un sourire l'amiral Louzeau, rappelant au passage que lui-même était fumeur. Embarquant dans ses tubes lance-missiles des maquettes « Dauphin » et réalisant divers essais de stabilité et de bruits rayonnés, le Redoutable plonge une dizaine de jours dans le golfe de Gascogne. De retour à Cherbourg de novembre 1968 à septembre 1969, le bâtiment entre dans la forme du Homet où son système missiles est installé. La protection contre les rayonnements, pour laquelle les ingénieurs avaient été particulièrement prudents, verra finalement le retrait d'un peu de plomb.

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 18:21

Citation :
Le départ de Cherbourg
Le 25 septembre 1970, le Redoutable quitte le port de Cherbourg, qu'il ne reverra que le 7 octobre 1991. En marge de la construction du navire, le ministère des Armées avait lancé l'édification de la future base des SNLE français. Située face à Brest, l'Ile Longue se transformera en chantier titanesque, avec deux cales creusées dans la roche et l'installation de silos où seront entreposés les missiles. Début octobre, le Redoutable rejoint sa tanière, où « le béton n'était pas encore sec », se rappelle le premier pacha. En 1971, le sous-marin débute une phase très délicate, destinée à mettre au point le système d'armes et les équipements les plus sensibles, comme les centrales inertielles. « Pour tirer des missiles balistiques, il faut savoir où on est. Le problème du positionnement en plongée est loin d'être simple mais ce pari difficile a été réglé avec les centrales inertielles », souligne Pierre Quinchon, directeur du pôle Navires et Systèmes à DCN. Afin de se positionner, les SNLE français pouvaient utiliser le système américain Transit. Toutefois, « nous avions une confiance limitée dans les américains », note un ancien officier du Redoutable. Afin de garantir leur indépendance, les Français mettent donc au point un périscope de visée astrale, équipement particulièrement complexe dont le réglage sera un véritable tour de force. Ce mât de deux tonnes, reposant sur une boule, permet de recaler les centrales inertielles : « Chaque nuit, nous faisions surface pour nous recaler par rapport aux étoiles ». Sur les SNLE modernes, le positionnement par satellite est devenu la norme mais les sous-mariniers français s'entraînent toujours, par précaution, à la maîtrise de cette technique. Pour l'amiral Louzeau, les essais du Redoutable furent « assez éprouvants. Il fallait former deux équipages et les têtes changeaient à chaque sortie. J'ai même changé de second ». Consécration des efforts accomplis, le 29 mai 1971, la France réalise son premier tir de missile balistique depuis un sous-marin en plongée : « Nous avons mis trois jours pour réaliser ce tir. Ce fut assez folklorique mais il est finalement bien sorti, avec une trajectoire nominale ». Un second tir est opéré le 26 juin suivant et la partition des équipages, bleu et rouge, est effective le 2 juillet.

Cap sur la mer de Norvège
Après 20 ans d'études, 14 millions d'heures de travail et 7 années de construction et de mises au point, le Redoutable appareille de l'Ile Longue en juillet 1971 pour une traversée de longue durée de 43 jours, préalable à son admission au service actif. Pour cette TLD, le bâtiment embarque 4 missiles, dépourvus de têtes nucléaires. Le capitaine de Frégate Bernard Louzeau prend le commandement de l'équipage bleu : « Pour moi, ce fut une libération car nous sortions enfin du golfe de Gascogne et quittions les escorteurs ». La portée des missiles M1 n'étant alors pas très importante (2500 kilomètres), le SNLE met le cap sur sa future zone d'opérations, la mer de Norvège, secteur à partir duquel le bâtiment pourra « arroser », en cas de conflit majeur, la capitale de l'URSS. Alors que la France envoie son tout premier SNLE loin de ses côtes, Washington et Moscou disposent déjà d'un arsenal nucléaire considérable : « A l'époque, la dissuasion était dirigée contre un pays et pas un autre. Les Soviétiques étaient notre ennemi désigné. Les commandants n'auraient pas hésité à appuyer sur le bouton et l'équipage était bien conscient de la situation, d'autant qu'il y avait déjà eu des crises. On savait que face à eux, on ne pesait pas lourd mais, selon la doctrine du faible au fort, nous pouvions leur infliger des dégâts tels qu'une agression de notre pays était suicidaire », souligne un ancien officier. Selon Yves Cariou : « Il s'agissait notamment de garantir l'indépendance face à une riposte graduée des deux grands, qui aurait eu pour théâtre l'Europe. A partir d'une certaine capacité, la proportion des moyens n'a plus d'importance, puisqu'on ne peut mourir qu'une fois ». En 1975, dans son livre « La paix nucléaire », l'amiral De Joybert résume en ces termes la dissuasion : « Monsieur, je ne vous cherche pas noise, mais je vous préviens d'avance et en toute clarté que si vous m'envahissez, je répondrai au seul niveau crédible à mon échelle, donc au niveau nucléaire. Quelle que soit votre défense, vous n'empêcherez pas quelques uns au moins de mes missiles d'arriver chez vous et d'y exercer les ravages que vous connaissez. Alors, renoncez à votre entreprise et restons bons amis ». Trente-deux ans plus tard, le concept ne semble pas avoir pris une ride.

« Dans mon périscope les glaciers tombant dans la mer en plein soleil »
Pour rallier la mer de Norvège, via le passage entre les îles Féroé et l'Islande, le submersible français doit être prudent, non seulement vis-à-vis de la flotte rouge, mais également de l'allié américain, qui dispose dans le secteur d'un réseau d'écoute sous-marine. Durant la TLD, les transmissions sont testées, des procédures de recalage sont effectuées et les armes sont mises fictivement en oeuvre. En cours de route, le Redoutable franchi le cercle polaire, ce qui donne lieu à une petite fête à bord. Pour le pacha, l'instant ne manque pas d'émotion : « J'ai le souvenir d'avoir eu dans mon périscope les glaciers tombant dans la mer en plein soleil. C'était magnifique ». De retour à Brest le 17 août, le SNLE enchaînera avec une nouvelle croisière de 30 jours en mer de Norvège, le bâtiment étant cette fois armé par l'équipage rouge, commandé par le capitaine de frégate Bisson. A l'issue de la TLD, Bernard Louzeau est confiant dans les capacités du Redoutable : « J'ai eu le sentiment que l'équipage s'était bien comporté et j'avais confiance dans l'endurance de ce bâtiment ». Pourtant, au moment de l'admission au service actif du premier sous-marin français à propulsion nucléaire et armé de missiles balistiques (1er décembre 1971), un différend l'oppose à la Commission Permanente des Essais : « Quand un navire entre au service actif, le commandant signe une lettre pour dire que le bateau et le personnel est apte. Or, la CPE souhaitait que j'émette beaucoup de réserves ». L'officier tiendra néanmoins bon face aux pressions et signera finalement, « sans état d'âme ».
Citation :

Tir de missile balistique M 20 crédits : MARINE NATIONALE

Une première patrouille avec 400 fois la bombe d'Hiroshima
Début 1972, la France pénètre dans le club très fermé des trois autres nations disposant de SNLE. En service, le Redoutable est paré pour sa première patrouille opérationnelle. De nuit, les 16 missiles M 1 sont embarqués sur le bâtiment. D'une longueur de 10.4 mètres pour une masse de 18 tonnes, chaque engin, capable d'atteindre 2500 kilomètres, est doté d'une charge « dopée » de 500 kilotonnes (soit une puissance presque 30 fois supérieure à la première bombe lancée par les Américains sur le Japon). « Avant le départ, j'ai profité de la présence de tout l'équipage pour leur dire qu'on allait embarquer 400 fois la bombe d'Hiroshima ». Et d'ajouter : « On ne faisait plus semblant ». La puissance de feu du sous-marin est terrifiante et, à bord, chaque marin en a bien conscience. Après une petite passe d'arme avec la commission de sécurité sur un problème d'azote sous pression dans les étages des missiles, le Redoutable largue finalement les amarres le 28 janvier 1972. Le vice-amiral Albert Joire-Noulens, premier commandant la force océanique stratégique (Alfost), est à bord. Tout se déroule bien durant les premières heures, jusqu'à ce qu'un problème sur deux câbles, dont celui du récepteur Transit, soit détecté : « Nous avons décidé de rentrer à Brest pour réparer mais, comme personne n'était au courant de ce qui se passait, cela a créé un émoi terrible dans les médias ». Après 12 heures d'escale technique, le navire remet le cap vers le large, cette fois pour de bon. Pendant plus de deux mois, les journées seront rythmées par les opérations de recalage, menées alternativement avec le système américain Transit et le périscope de visée astrale. Au cours de la première patrouille, les exercices de tir seront très nombreux, au rythme d'un tous les deux jours, en liaison avec le PC Jupiter, installé sous le palais de l'Elysée. « La première patrouille s'est bien passée, c'est-à-dire qu'il ne s'est rien passé. Il faut la considérer comme l'aboutissement de l'armement du Redoutable et le point de départ d'une autre aventure, celle de la FOST, qui a mené à ce jour plus de 420 patrouilles », précise l'amiral Louzeau.

La première d'une série de nombreuses crises d'appendicite
Il ne s'est donc rien passé durant la première patrouille du Redoutable ? Pas tout à fait. L'officier note que la première sortie du Redoutable a quand même été marquée par une première intervention chirurgicale : « Nous avons eu la première opération de l'appendicite. Je m'en rappelle très bien. Cela a duré plus de deux heures et il s'agissait d'un second maître mécanicien ». En 400 patrouilles, les crises d'appendicite resteront, pour la petite histoire, la première cause d'interventions chirurgicales sur les SNLE, relève Yves Cariou dans son livre FOST. La plus connue restera, bien évidemment, celle dont fut victime le médecin d'un des sous-marins, nécessitant une évacuation sanitaire. Ce cas n'a, toutefois, pas été le seul et, pour transférer des patients ne pouvant être soignés sur place, quelques 14 déroutements de SNLE ont eu lieu, avec l'obligation de contrevenir aux règles de la discrétion radio. Un ultra-bref message codé est envoyé pour préparer le dispositif de secours : « Tandis que le sous-marin se rapproche de la terre, un Breguet Atlantique prend généralement l'air pour assurer la liaison avec la frégate qui a appareillé avec son hélicoptère. L'hélitreuillage des hommes et du matériel s'opère au point de rencontre le mieux adapté au rayon d'action de l'aéronef, et l'évacuation n'exige qu'un temps restreint ».

Le sous-marin russe K 19 dans les parages
A la différence des sous-marins d'attaque, qu'ils soient à propulsion conventionnelle ou nucléaire (ce qui sera le cas en France avec les Rubis, à partir de 1983), les SNLE se doivent, avant tout, d'être invisibles, c'est-à-dire indétectables. La discrétion est, en effet, l'une des clés de la dissuasion nucléaire. Il faut, pour cela, évoluer sans être repéré. L'équipage du Redoutable mettra tout en oeuvre pour que son bâtiment soit le plus discret possible, se protégeant notamment des chasseurs soviétiques : « De temps en temps, les opérateurs sonars avaient des choses à se mettre sous la dent. Ca mettait de l'animation au central opérations ». En contact avec la terre, le Redoutable recevait régulièrement des informations inhérentes aux déplacements de la flotte rouge, notamment les appareillages de sous-marins d'attaque soviétiques et leurs zones de transit potentielles. Les bâtiments « ennemis » étaient repérés, notamment dans la région de Mourmansk, grâce à l'espionnage des satellites. Jusqu'à la chute du mur de Berlin, en 1989, sous-marins occidentaux et soviétiques joueront au jeu très dangereux du chat et de la souris, un certain nombre de collisions étant d'ailleurs à déplorer. Comme ses successeurs, le Redoutable sera amené à croiser les limiers de la flotte rouge. Bernard Louzeau gardera en mémoire une patrouille au cours de laquelle son bâtiment passera à proximité d'un submersible soviétique tristement célèbre. Le Redoutable, achevant sa patrouille, commençait à redescendre vers la Bretagne. C'est alors que le commandant fut prévenu par Alfost de la présence d'un H3 soviétique (doté de 3 missiles balistiques, type Hotel dans la classification OTAN) : « Le sous-marin avait fait surface dans une mer démontée et toute une flottille soviétique, dont le porte-hélicoptères Leningrad, se portait à son secours. Il y avait également des avions américains en surveillance. Il a fallu quinze jours avant qu'il soit pris en remorque. On ne pouvait donc rester dans le secteur ». L'amiral Louzeau apprendra vingt ans plus tard, à l'occasion de l'effondrement de l'URSS, qu'il s'agissait du fameux K19. Suite à l'incident, 12 personnes étaient restées coincées pendant 23 jours dans le compartiment arrière du K19, avec seulement quelques biscuits pour se nourrir et la condensation pour boisson. « On découvrira également que ce même sous-marin, en 1961, avait connu une dépressurisation sur le circuit primaire du réacteur, ce qui lui avait valu le surnom d'Hiroshima dans la marine soviétique ». Premier SNLE soviétique, le K 19 déplorera 7 morts lors de l'incident de juillet 1961, sans compter de nombreuses autres victimes décédées des suites des irradiations. La catastrophe sera adaptée au cinéma en 2002 dans le film « K19, le piège des profondeurs », avec Harrison Ford dans le rôle du commandant soviétique.

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 18:21

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Une révolution pour l'équipage
Avancée technologique et stratégique majeure pour la France, le Redoutable marquera également une petite révolution dans le monde de la sous-marinade. Ce 28 janvier 1972, à l'occasion de la première patrouille opérationnelle, les marins s'apprêtent à vivre une expérience inédite de deux mois et demi sans voir le jour : « C'était un challenge car on venait de sous-marins classiques. La dissuasion, ce n'est pas du tout le même métier et nous ne connaissions que des missions de trois semaines sur les sous-marins d'attaque. Là, il y avait 72 jours et ce fut un peu l'inconnu au départ », se souvient François Baron, alors lieutenant de vaisseau. A l'époque officier énergie, le marin se remémore ses interrogations : « On se pose des questions : Comment vais-je tenir ? Comment vais-je m'occuper ? Que va devenir la famille pendant mon absence ? » Dix fois plus gros qu'un sous-marins d'attaque du type Daphné, le Redoutable présente des aménagements nouveaux, destinés à compenser la durée nettement plus longue des missions : « C'était beaucoup moins spartiate et nous avions chacun notre couchette, alors que sur les bâtiments classiques, c'était encore la bannette chaude (plusieurs marins pour une bannette, se relayant en fonction des quarts, ndlr) ». Les SNLE proposeront également un certain nombre d'animations, comme la diffusion quotidienne d'un film, alors que des structures seront mises en place à terre pour aider les familles en cas de besoin. En charge de l'énergie, nucléaire à bord, François Baron affirme ne pas avoir eu de crainte lors de la mise en service du Redoutable : « Il n'y avait pas d'appréhension, seulement de la curiosité face à quelque chose de nouveau, d'important et valorisant pour le pays. Nous étions confiants dans la propulsion nucléaire car elle avait été testée pendant longtemps à Cadarache. Nous disposions, en plus, d'un outil exceptionnel de formation avec le centre d'entraînement de Brest. Durant trois à quatre mois, nous pouvions, grâce au simulateur, retrouver les mêmes conditions qu'à bord et nous mesurer à des conditions limites ».

Cinq puis six SNLE
Souhaitant disposer, en permanence, de trois SNLE à la mer, la marine ne peut se contenter du seul Redoutable. En raison des arrêts techniques obligatoires, une flotte de cinq, puis six bâtiments, doit être constituée. En décembre 1973, le second sous-marin de la série, Le Terrible, est livré par DCN et admis au service actif. Il est armé du nouveau missile M 2, dont la portée dépasse 3000 kilomètres. Le navire est suivi par trois jumeaux, Le Foudroyant (1974), L'Indomptable (1976) et Le Tonnant (1980). Ce n'est qu'à partir de 1977 que les SNLE sont équipés de leur premier missile doté d'une charge thermonucléaire d'une mégatonne, armement qu'ils conserveront pendant une décennie. Un mois avant la livraison du Tonnant, en mars 1980, un sixième sous-marin stratégique est mis en chantier. Quinze ans après le Redoutable, l'Inflexible (1985) va bénéficier d'améliorations techniques, notamment en matière de sûreté nucléaire, de propulsion et de discrétion acoustique. DCN doit faire face, en effet, aux progrès considérables des moyens d'écoute à très basse fréquence, rendant les sous-marins plus facilement détectables. L'appareil moteur et l'appareil à gouverner sont donc revus pour limiter les bruits rayonnés. L'Inflexible sera, en outre, le premier à mettre en oeuvre le M 4. D'une masse de 36 tonnes, soit le double du M 1, le nouveau missile, d'une portée supérieure à 4000 kilomètres, emporte 6 têtes thermonucléaires de 150 kilotonnes chacune. Les quatre sous-marins précédents seront refondus M4 à partir de 1987. Seul le Redoutable gardera ses M 20 jusqu'à son retrait du service, en décembre 1991. Après presque 20 ans d'activité, son bilan est impressionnant : Plus de 50 patrouilles et près de 3500 jours de mer. Pour l'amiral Louzeau, qui a participé le 7 mars à la cérémonie du quarantième anniversaire du lancement du premier SNLE français : « Nous pouvons être fiers de ce qui a été accompli, qu'il s'agisse de la propulsion nucléaire, de la construction de l'usine de Pierrelatte, des missiles et des infrastructures. Tout cela pour aboutir à placer discrètement, dans l'océan, 16 missiles garants de notre survie et de notre sécurité depuis 35 ans ».

Une seconde vie à la Cité de la mer pour le Redoutable
A début des années 90, la question de l'avenir du bâtiment se pose. Plusieurs anciens navires viennent d'être transformés en musées, à l'image de l'Argonaute à la Villette, du Maillé-Brézé à Nantes ou du Colbert à Bordeaux. Pour la ville de Cherbourg, le Redoutable, 79ème sous-marin réalisé par l'arsenal, représente un moment clé de l'histoire de la construction navale et symbolise le défi technologique relevé par DCN. Il est finalement décidé d'intégrer le submersible au sein du projet de réhabilitation de l'ancienne gare maritime transatlantique. Vaste centre culturel et ludique dédié à l'univers maritime, la Cité de la Mer ouvre ses portes en 2002 et présente au public, dans une darse spécialement aménagée, ce qui fut pendant deux décennies l'un des secrets les mieux gardés du pays. Avant d'être transformé en musée, le Redoutable a, néanmoins, nécessité d'important travaux, notamment en matière de démantèlement de sa chaufferie nucléaire. Réalisé par DCN Cherbourg, le chantier verra la découpe d'une tranche entière de près de 8 mètres de long. Ingénieusement, l'arsenal décide d'utiliser un tronçon du sous-marin nucléaire d'attaque Turquoise, dont la mise sur cale était intervenue en 1986. Avec la fin de la guerre froide, son achèvement avait été abandonné, tout comme la construction du Diamant, 8ème SNA du type Rubis. Le morceau de coque laissé à l'abandon vient donc remplacer la pièce manquante sur le Redoutable. La jonction est effectuée en 1999, avant le transfert vers la Cité de la Mer en 2000. Cinq ans plus tard, le site accueillait son millionième visiteur, la découverte du premier SNLE français rencontrant un indéniable succès auprès du grand public. Les frères du Redoutable subiront, quant à eux, un sort moins enviable. Après démantèlement de leurs coeurs nucléaires, les ex-Terrible, Tonnant, Foudroyant et Indomptable attendent le ferraillage dans le port militaire de Cherbourg. Ils seront rejoints, en 2008, par l'Inflexible, qui sera remplacé deux ans plus tard par le nouveau Terrible, quatrième et dernier SNLE du type Le Triomphant. Au terme de 14 millions d'heures de travail et huit ans de construction, Le Terrible nouvelle génération effectuera sa première patrouille, presque 40 ans après son illustre aîné.

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 18:25

Citation :
1983 : La France se dote de sous-marins nucléaires d'attaque

Citation :

Un SNA classe Rubis
A la fin des années 70, la flotte stratégique française prend corps. En septembre 1977, un cinquième sous-marin nucléaire lanceur d'engins, le Tonnant, est lancé à Cherbourg. La flotte des sous-marins d'attaque ne compte, pour sa part, que des bâtiments à propulsion classique. Les classes Narval et Aréthuse vivent leurs dernières années. Le Narval sera désarmé en 1983 et l'Espadon en 1985, pour être transformé en musée à Saint-Nazaire. Le Dauphin aura quant à lui une carrière plus longue puisqu'il sera utilisé jusqu'en 1992 comme sous-marin d'essais au profit des SNLE de nouvelle génération. Les Aréthuse seront, pour leur part, tous retirés du service en 1982, l'Argonaute rejoignant la Cité des Sciences de La Villette. Après le départ de ces unités, qui permirent de relancer la construction de submersibles français après la guerre, la force des sous-marins d'attaque repose uniquement sur les Daphné et Agosta. Les premiers, construits à 11 exemplaires à Cherbourg, Brest et Nantes, sont réceptionnés par la Marine nationale entre 1964 et 1970. Petits bâtiments de 870 tonnes en plongée, leur habitabilité reste des plus rustiques, largement héritée de leurs prédécesseurs, eux-mêmes dérivés des sous-marins en service durant le second conflit mondial. Ils sont armés, en tout et pour tout, de 12 tubes lance-torpilles : 4 à l'arrière, 8 avant. Cette classe subira deux pertes majeures, celles de la Minerve (1968) et de l'Eurydice (1970), disparus avec leurs équipages pour des raisons encore débattues. D'autres accidents, dont deux mortels, sont également à déplorer : Une explosion sur la Doris en 1983 (2 morts et 5 blessés), et l'abordage de la Galatée avec un sous-marin sud-africain en 1970 (6 morts). Entre 1976 et 1978, les Daphné sont complétés par quatre bâtiments plus volumineux, les Agosta. Deux fois plus gros que leurs prédécesseurs, ces sous-marins océaniques bénéficient d'une réduction sensible des bruits rayonnés et seront les derniers sous-marins diesels de la Marine nationale.

Un Agosta à propulsion nucléaire
Dès les années 50, les Américains avaient compris l'intérêt de concevoir un submersible à propulsion nucléaire. Endurant et n'ayant pas besoin de remonter à la surface pour refaire le plein d'air, ce type de navire était incontournable pour les missions de dissuasion. Après le Nautilus (1955), les Etats-Unis mirent rapidement en chantier des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins et des sous-marins nucléaires d'attaque en série. En France, il faudra attendre 1976 pour que la construction d'un premier SNA soit lancée. Le programme démarre en 1974, héritage des choix de français de 1959 en matière de propulsion nucléaire. « Des sommes très importantes avaient été consenties pour parvenir à réaliser un saut technologique complet vers la propulsion et l'armement nucléaire. La marine a donc décidé d'adapter la propulsion des SNLE aux sous-marins d'attaque », explique Xavier Itard, responsable des produits sous-marins à DCN. Les crédits alloués au projet étant nettement moins importants que ceux dévolus vingt ans plus tôt à la force océanique stratégique, marins et industriels optent pour un navire de petite taille. Dans la construction navale, le raisonnement de coût à la tonne peut être appliqué. « Si on donne beaucoup de volume au bateau, on va y mettre plus d'équipements et, par là même, on augmentera le coût ». Pour concevoir le futur SNA, ingénieurs et marins partent de la série de sous-marins diésels en cours de construction, les Agosta. Bien que relativement gros pour leur catégorie, ces navires ne mesuraient que 67 mètres de long pour un déplacement de 1700 tonnes en plongée. C'est pourtant sur cette base qu'est né le projet SNA 72, dit classe Rubis, ou plutôt à l'époque Provence. La tête de série porte en effet le nom de cette région du Sud, les deux bâtiments suivants s'appelant Bretagne et Bourgogne. Ils seront débaptisés sous la présidence de Valéry Giscard d'Esteing, les noms de Provence et Bretagne étant retenus pour les deux porte-avions nucléaires devant remplacer le Clemenceau et le Foch. L'armement des futurs bâtiments sera composé de 14 torpilles lourdes et missiles antinavires à changement de milieu Exocet SM 39.


Le plus petit sous-marin nucléaire du monde
Le principal défi du premier SNA français résidera dans la compacité de sa chaufferie. Le bâtiment ne fera, en effet, que 72.10 mètres de long pour 2670 tonnes de déplacement en plongée. A titre de comparaison, leurs homologues américains du type Los Angeles mesurent 6900 tonnes en plongée pour une longueur de 109.7 mètres. Les Britanniques du type Swiftsure sont également nettement plus volumineux, avec 82.9 mètres de long et 4900 tonnes. Les Soviétiques font également dans le gros submersible, avec les Akula (9100 tonnes), les Sierra (7500 tonnes), les Victor I à III (5100 à 6000 tonnes). Même les vieux November, dont la tête de série, le Leninskiy Komsomol (1958), fut le premier SNA d'URSS, déplaçaient 5400 tonnes. Les plus petits bâtiments de ce type en service dans la flotte rouge sont alors les fameux Alfa (3700 tonnes). Autant dire que les Rubis français font figure de curiosité et suscitent quelques railleries à l'étranger. Comme à l'époque du Redoutable, où l'amiral Rickover, le « père » des sous-marins nucléaires américains, avait affirmé publiquement que la France ne parviendrait jamais à construire un SNLE, beaucoup doutent que les arsenaux tricolores parviennent à réaliser un bâtiment aussi compact. Le projet est, en effet, loin d'être évident et l'ensemble des équipements doit être rentré « au chausse pieds ». Selon Xavier Itard : « C'était un très gros challenge puisque le Rubis est devenu le sous-marin nucléaire opérationnel le plus petit du monde. Heureusement, il y avait en France un siècle d'expérience dans la construction de sous-marins. Le Rubis est un véritable concentré de technologie. Sur les Redoutable, beaucoup plus grands, le coeur nucléaire et le générateur de vapeur étaient séparés et reliés par des tuyaux. Pour le Rubis, au niveau de la chaufferie, il a fallu adopter un équipement compact avec, dans la même cuve, un générateur de vapeur collé à la chaudière ». Casse tête pour le CEA, Technicatome et DCN, l'appareil propulsif est finalement mis au point et réalisé par l'arsenal d'Indret, près de Nantes. Afin d'atteindre la vitesse de 25 noeuds, les SNA français disposeront d'un réacteur à eau pressurisée K 48, deux turbo-alternateurs et un moteur électrique de propulsion. L'ensemble développe 9500 cv, soit une puissance de 7000 kW. Le choix de la vitesse, très dimensionnant en raison de la puissance nécessaire, a d'ailleurs été déterminant dans la possibilité de concevoir un SNA si compact : « Etant plus petits, ils avaient des performances un peu inférieures aux Los Angeles, notamment en matière de capacité d'emport d'armes et de vitesse (32 noeuds pour les Américains, ndlr). Toutefois, les missions n'étaient pas les mêmes. Pour rallier leur zone d'opérations au large de l'URSS et y demeurer le plus longtemps possible, les SNA américains devaient traverser l'Atlantique à grande vitesse. Les Français n'avaient pas ce problème. Le choix de la vitesse a donc été fait en cohérence avec le choix stratégique des zones d'opérations ».

Une nouvelle dimension opérationnelle s'offre à la marine
A la surprise générale, les Français parviennent donc, non sans efforts, à réaliser seuls leur « mini » sous-marin nucléaire, se hissant au niveau technologique des deux grandes puissances (On exclura la Grande-Bretagne dont les SNA et SNLE sont réalisés avec l'aide américaine). Le Rubis est suivi du Saphir (ex-Bretagne) en 1984, du Casabianca (ex-Bourgogne) en 1987 et de l'Emeraude l'année suivante. L'autonomie procurée par ces bâtiments constitue une petite révolution. Ainsi, dès 1985, le Rubis réalise un tour du monde, qui le mènera à Tahiti et en Nouvelle-Calédonie. Au fil des premières entrées en service, le concept initial de l' « Agosta nucléarisé » va néanmoins montrer certaines limites, les SNA 72 ayant repris en grande partie les formes de coque de leurs prédécesseurs : « Les Agosta ne sont pas des navires très rapides. En raison de leur propulsion diésel, ils ne peuvent rester longtemps à 20 noeuds et opèrent la plupart du temps à 4, 6 ou 8 noeuds. Or, les marins ont découvert la liberté d'aller vite avec la propulsion nucléaire, l'énergie étant illimitée ». Seul problème, la forme de coque retenue n'est pas adaptée aux patrouilles à grande vitesse, les capacités des Agosta étant limitées, notamment en matière de détection sonar : « Quand on entend bien à 8 noeuds, ce n'est pas forcément le cas à 20. Si la forme de l'avant n'est pas profilée, elle provoque des bruits. Il ne faut pas que le sonar soit perturbé par son propre porteur car, à partir d'une certaine vitesse, on entend beaucoup moins bien ». Sans aller jusqu'à dire que les premiers Rubis étaient sourds, la problématique était suffisamment prégnante pour que, très rapidement, il soit décidé de corriger ce défaut. Les études, qui débutent dès 1986, aboutissent à la modernisation AMETHYSTE, du nom du cinquième de la série, admis au service actif en 1992. Améthyste est aussi un acronyme pour AMElioration Tactique, Hydrodynamique, Silence Transmission. Le nouveau SNA bénéficie d'une nouvelle carène, avec l'adoption d'une forme dite Albacore, un pont passerelle enveloppant et un dôme sonar profilé, facilitant l'écoulement des flux et limitant, de fait, la perturbation des systèmes d'écoute. La longueur est portée à 73.6 mètres, en raison de l'arrondis du dôme sonar. Les quatre premiers de la série seront refondus entre 1989 et 1995. La Marine touche, enfin, un sixième SNA, la Perle, en 1993. Ce dernier devait être suivi par deux sisterships mais, en raison des restrictions budgétaires et de la fin de la guerre froide, la construction des Turquoise et Diamant est annulée en 1992.

La palette des missions s'étend considérablement
Avec les sous-marins nucléaires d'attaque, la flotte française entre donc dans une nouvelle ère. Protéger la force océanique stratégique (FOST), débusquer les bâtiments ennemis... Ces redoutables chasseurs se montrent particulièrement polyvalents et offrent une grande souplesse d'utilisation. « Dès leur mise en service, les marins se sont rendus compte qu'ils pouvaient faire beaucoup plus de choses qu'avec les sous-marins diésels. La vitesse de ralliement d'un SNA, sa discrétion et sa capacité à durer permet au pays qui le possède d'avoir une certaine politique ». L'autonomie autorisée par la propulsion nucléaire permet, notamment, de couvrir une zone nettement plus étendue et sur une période beaucoup plus longue dans les missions de contrôle de l'espace maritime. Ce type de bâtiment se révèle également très précieux dans l'escorte de groupes aéronavals rapides, qu'il peut beaucoup mieux suivre grâce à sa vitesse élevée. Avec les SNA, la France peut également mener des opérations de renseignement et des missions spéciales, en toute discrétion, au large des régions sensibles. « Là encore, on n'aurait pas pu faire ça avec des bâtiments classiques ». La crise des Malouines montrera très clairement l'intérêt stratégique des SNA, leur rapidité comme de leur endurance. Ainsi, dès le 11 avril 1982, soit seulement 9 jours après l'invasion des îles Falkland par les Argentins, le HMS Spartan est sur zone. Le SNA est suivi le 16 par le HMS Conqueror et le 19 par le HMS Splendid. Avant même que l'armada britannique ne vienne réaffirmer la souveraineté de la couronne, les sous-marins sont déjà là, danger permanent pour l'ennemi. C'est d'ailleurs l'un d'eux, le Conqueror, qui mettra fin à la menace de la marine argentine. Simulant un débarquement sur les Malvinas, la Royal Navy parvient à attirer à découvert son adversaire, articulé autour du porte-avions Veinticinco de Mayo et du croiseur Belgrano. Le 3 mai, deux torpilles du HMS Conqueror coulent le Belgrano. Sur les 1093 hommes d'équipage, 323 périssent. Comme le note Philippe Paitel, dans son livre La Guerre des Malouines, « Après la perte du Belgrano, la marine argentine, à quelques exceptions près, rentre dans ses ports pour ne plus en bouger » (*). Grâce à ses SNA, la Grande-Bretagne s'assure donc la maîtrise de l'espace maritime, indispensable à la reconquête des Falkland
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Ven 23 Mar 2007, 18:27

Citation :

1999 : Les SNA français clouent au port la flotte serbe
Sous mandat international, les forces de l'OTAN lancent, en 1999, une vaste opération militaire pour obliger les forces serbes à se retirer du Kosovo. En Adriatique, les moyens navals sont très importants. La France participe à la coalition, au sein de la mission Trident d'Or. La TF 470 s'organise autour du Foch, qui restera 130 jours sur zone, menant avec les forces alliées de nombreuses frappes aériennes. Le porte-avions est protégé, en permanence, par un sous-marin nucléaire d'attaque : « Grâce à sa capacité de déploiement rapide et sans entrave diplomatique, le groupe aéronaval a été prépositionné en Adriatique dès le 26 janvier 1999. Le porte-avions Foch et le sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) qui l'accompagnait ont pu occuper une position stratégique dès cette date devant les côtes du Monténégro. Ce positionnement au plus près, à la limite de portée des batteries côtières serbes, soit 50 nautiques, a permis une très grande réactivité qui a été exploitée par l'OTAN lorsque nécessaire, aussi bien pour des missions d'assaut, que de reconnaissance ou de recherche et sauvetage de combat », souligne le sénateur André Boyer, dans un rapport présenté en mai 2000 (**). La présence des SNA ne se bornera pas à protéger le porte-avions, mais aussi à dissuader la marine serbe de tenter une action en haute mer. Encore une fois, grâce à la propulsion nucléaire, ils pourront rester de longues semaines cachés en embuscade à la sortie des ports, sans avoir besoin de refaire le plein ou de remonter à la surface pour recharger leurs batteries. Porte-avions, frégates, SNA... Le dispositif français a permis de parer à toutes les menaces, démontrant au passage que le sous-marin nucléaire d'attaque n'était pas qu'un loup solitaire mais pouvait aussi s'intégrer parfaitement dans un dispositif complexe : « Le groupe aéronaval s'est montré capable de maîtriser tout le milieu aéromaritime en bloquant les forces navales adverses au port, grâce au SNA interdisant à la marine yougoslave la sortie des Bouches de Kotor, et l'espace aérien grâce aux moyens antiaériens ». Pendant quelques 130 jours, les Améthyste, Saphir et Emeraude se succèderont en Adriatique pour assurer une permanence. De février à juin 1999, l'Emeraude réalisera 70 jours de navigation d'affilée, l'ensemble des Rubis ayant été utilisé à son plein potentiel : « Mobilisé par les missions permanentes de protection de la Force océanique stratégique sur un autre théâtre, tout le parc de SNA a été sollicité afin de maintenir une présence permanente en Adriatique. La cible de 6 SNA Barracuda pour le futur ne doit donc pas être réduite si l'on souhaite conserver la capacité d'accomplir des missions de ce type », soulignait à l'issue du conflit le sénateur Boyer.

Accidents pour le Rubis et l'Améthyste, tragédie sur l'Emeraude
Le 30 mars 1994, l'Emeraude participe avec des navires de surface, entre Toulon et la Corse, à un exercice de lutte anti-sous-marine. Le bâtiment est alors tout récent, puisqu'il a fêté en novembre ses cinq ans de service. Au cours des manoeuvres, dix marins, soit un sixième de l'équipage (64 hommes), décèdent au cours d'une inspection du compartiment turbo-alternateurs. Pour la marine, qui n'a pas connu d'accident majeur depuis la perte de l'Eurydice en 1970, le choc est terrible. Une suite d'évènements serait à l'origine du drame. Au cours de l'inspection, une entrée d'eau, sous forme de brouillard, avait été détectée sur le collecteur de refroidissement du condenseur vapeur. Annoncée comme voie d'eau, cette avarie est traitée par l'équipage suivant le protocole des mesures d'urgence. Alors que le sous-marin remonte rapidement à la surface, 10 des 11 hommes, qui tentent de fuir par l'arrière, restent bloqués et sont tués par un échappement de vapeur, consécutif à une explosion. Seul un marin, resté sur l'avant du local, s'en sortira miraculeusement. 1994 restera donc comme une année noire pour la marine, d'autant que le drame de l'Emeraude a été précédé de deux incidents, dont un intervenu moind d'un mois plus tôt. Le 2 mars, au cours d'une mission d'entraînement, l'Améthyste heurte un haut fond à faible vitesse. Par chance, aucune victime n'est à déplorer, bien que le bâtiment présente de gros dommages sur le dôme sonar. L'année précédente, un autre accident potentiellement très dangereux avait été évité de justesse. Le 17 juillet 1993, le Rubis entre en collision, en faisant surface, avec le pétrolier Lyria, au large du Var. Malgré les avaries, le navire avait pu regagner Toulon. Après cette série noire, aucun autre gros incident ne sera signalé sur les SNA français.

La discrétion acoustique, un challenge permanent
Conçus dans les années 70, les SNA du type Rubis répondaient aux avancées technologiques de l'époque, en partie héritées des SNLE du type Le Redoutable. Si la compacité de ces bâtiments restera une prouesse technique, elle ne sera pas sans poser des problèmes d'entretien et de discrétion acoustique. Faute de place, les ingénieurs ne pourront obtenir des standards équivalents à ceux des futurs Triomphant et, face à ce nouveau référentiel, certains sous-mariniers n'hésitent pas à qualifier les Rubis de bateaux « bruyants ». Afin de rendre les SNLE de nouvelle génération indétectables, chaque auxiliaire ou équipement bruyant a été placé sur un plot élastique, amortissant les vibrations. La grande avancée a néanmoins porté sur les berceaux, sur lesquels ces équipements sont installés. Eux-mêmes sont montés sur amortisseurs, ce qui permet d'ériger une double barrière entre la source de bruit et la coque. Concernant le niveau de discrétion des Rubis, Xavier Itard tient à relativiser les critiques, parfois radicales : « Il est vrai que c'était une génération où, en matière de discrétion acoustique, on a fait ce que permettait la technologie de l'époque. Avec le Triomphant, nous avons fait un énorme saut, mais, sur les Rubis, les équipements étaient déjà suspendus. Il faut relativiser. Les bruits qu'on entend à bord d'un bateau, par exemple la ventilation, ne sont pas ceux qu'on entend au loin ». Des efforts ont néanmoins été consentis pour améliorer la discrétion acoustique des SNA. Comme nous l'avons vu, la refonte AMETHYSTE fut menée en ce sens. Depuis, les évolutions se poursuivent, constamment. Un gros travail a, notamment, été réalisé sur les hélices, grâce aux équipements du Bassin d'Essais des Carènes de Val de Rueil (***). Les Rubis disposent aujourd'hui de pales retravaillées et profilées de manière à réduire les indiscrétions. L'adoption de pompes-hélices, dérivées de celles des Triomphant, sur plusieurs bateaux de la classe reste un sujet sensible. Rue Royale, on indique que certains SNA ont reçu un tel équipement mais certaines sources affirment qu'il ne s'agit pas exactement de pompes hélices. Des essais sur sous-marin d'attaque ont en tous cas eu lieu, sur un Agosta pour être plus précis, lors de la mise au point de l'équipement pour les SNLE NG. A cette occasion, les ingénieurs se seraient rendus compte que l'adoption d'une pompe-hélice n'était pas une solution miracle pour réduire les bruits : « Ca peut ne pas apporter le résultat escompté car la pompe-hélice doit être cohérente avec la forme de la carène ou encore la vitesse de la ligne d'arbres », indique l'un d'eux.

Modernisations
Réelle ou pas, la généralisation du concept de « pump jet » sur les SNA français ne reste pas la seule évolution possible en matière de discrétion acoustique : « Il est évident qu'on ne laisse pas les bâtiments dormir. Extérieurement, il n'y a plus beaucoup de voies d'amélioration, les Rubis étant au goût du jour de ce qui se fait de mieux. On peut toujours continuer à travailler sur les propulseurs, mais aussi sur les équipements et les matériels embarqués, qui améliorent les capacités du navire », estime le responsable des produits sous-marins chez DCN. L'évolution passe donc par des équipements plus modernes et moins bruyants, mais aussi par des logiciels et instruments d'écoute plus performants, permettant de mieux détecter et traiter la menace. Jusqu'ici, les SNA mettaient en oeuvre le système de direction de combat TITAC, centralisant la détection sous-marine, le traitement des informations et le lancement des armes. Les quatre derniers de la classe vont recevoir le nouveau TITLAT. Ce système informatisé, conçu par Thales Naval France et DCN, a été installé l'an passé sur l'Améthyste. Il doit l'être cette année sur le Casabianca puis, l'an prochain, sur les Emeraude et Perle. Cette modernisation permet de prolonger la durée de vie des bâtiments, qui doivent désormais tenir le coup jusqu'à la fin des années 2020.

Des bâtiments robustes pour durer... Jusqu'en 2027
Prévus initialement pour naviguer 25 à 30 ans, les Rubis devront, comme c'est généralement le cas en matière de bateaux militaires, jouer les prolongations. En raison du retard pris par le programme des nouveaux SNA du type Barracuda, le remplacement de la flotte ne débutera qu'en 2016/2017, date à laquelle sera livré le premier SNA de nouvelle génération. Initialement, la tête de série des Barracuda devait entrer en service en 2012. En 2005, l'Etat major de la Marine avait déjà repoussé le désarmement des Rubis entre 2014 et 2023. Désormais, Ils devront être opérationnels jusqu'en 2016/2027. Ce report, qui donnera au Rubis 33 ans et à la Perle 34 ans au moment de leur retrait, pose le problème de la capacité de la chaufferie nucléaire, conçue par Technicatome, le CEA et DCN : « Ce sont de bons sous-marins, dont la durée de vie peut être allongée. C'est sur cette marge de manoeuvre importante que nous travaillons. Les expertises montrent que les navires ont bien vieilli et qu'ils ont de la capacité, ce qui a également été le cas dans le domaine civil, avec les centrales nucléaires », nous expliquait l'année dernière Jean-Marie Poimboeuf, président de DCN. Du côté de la marine, on confirme que les SNA actuels « ont une conception robuste ». Un travail est toutefois mené sur les plannings de maintenance car, bien que « robustes », les sous-marins n'en sont pas moins plus vieux. « La durée de vie dépend essentiellement de l'entretien », ajoute Xavier Itard. En conséquence, « la périodicité des entretiens sera renforcée », indique-t-on rue Royale. Actuellement, les Rubis subissent une Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparation (IPER) tous les 8 ans. Cette « révision des 100 mois », extrêmement lourde, voit le démontage et la vérification, pour chaque navire, de 63.000 pièces, dont 15.000 pour la chaufferie nucléaire. Le coeur nucléaire, composé de 32 éléments combustible, doit quant à lui être rechargé tous les 6 ans. Le prolongement des Rubis entraînera donc un ou deux rechargement(s) supplémentaire(s). Le délai entre deux IPER sera raccourci et les opérations de maintenance courante plus nombreuses, ce qui aboutira à une augmentation non négligeable du coût d'exploitation des bâtiments. Le dernier contrat de Maintien en Condition Opérationnel (MCO) des SNA s'élève à 486 millions d'euros pour quatre ans, soit quelques 32.000 euros par jour et par navire.

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Sam 24 Mar 2007, 11:30

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Interview : L'amiral Boiffin, commandant de la Force Océanique Stratégique

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crédits : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU
Il y a quarante ans, Le Redoutable, premier sous-marins nucléaire lanceur d'engins (SNLE) français était lancé à Cherbourg. En 1982, le bâtiment réalisait sa première patrouille en mer de Norvège, marquant l'acte de naissance opérationnel de la Force Océanique Stratégique. En quatre décennies et plus de 400 patrouilles, la FOST aura touché neuf SNLE, un dixième étant en construction. Après l'effondrement du bloc communiste, ses moyens ont été réduits de six à quatre sous-marins. La pertinence de cet outil stratégique demeure néanmoins, comme l'explique l'amiral Yves Boiffin, qui commande la FOST depuis un an et demi.

le lien de l'interview
http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=104198

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Sam 24 Mar 2007, 11:55

affraid affraid merci
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clausewitz
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Sam 24 Mar 2007, 11:56

super article, très riche et j'ai pas eu le temps de tout lire

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Sam 24 Mar 2007, 15:27

... Shit

ça aurait pas été plus simple de mettre des liens ?
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Sam 24 Mar 2007, 16:41

Non, ca lui fait plus de points! lol!
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LE BRETON
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Sam 24 Mar 2007, 17:49

J'osais pas le dire................ lol! lol!

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Sam 24 Mar 2007, 18:38

lol! lol! lol! lol!

en tout cas, . très intéressant
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Sam 24 Mar 2007, 19:12

lol! c'est vrai que comme sa lui fait du galon:zinzin:
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Dim 25 Mar 2007, 12:00

je vais tous vous mettre à fond de cale

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Dim 25 Mar 2007, 14:46

Bah viens!
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Dim 25 Mar 2007, 17:28

attention la mutinerie gronde lol!
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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Dim 25 Mar 2007, 22:59

Même pas peur d'abord Twisted Evil Twisted Evil

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Lun 26 Mar 2007, 18:29

on va t'attacher à un bout et te trainer lol! (petit entrainement pour le ski nautique pour cet été tout simplement ) lol!
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MessageSujet: les sous marins nucléaires français   Lun 26 Mar 2007, 18:43

euh on lui attaches un boulets au pied pour voir si un clausewitz ça flotte???

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MessageSujet: Re: Dossier : les sous marins nucléaires français   Lun 26 Mar 2007, 21:11

Ou alors, on fait ça avec délicatesse à la Nantaise, on le met dans un bateau , les mains et les pieds attachés , et dés que la barque arrive au milieu de la Loire, on ouvre depuis la berge une trape et le bateau coule
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