Ponant libérés, six pirates arrêtés
Par Emmanuel Jarry Reuters - Vendredi 11 avril, 21h17PARIS, 11 avril (Reuters) - Les 30 otages du Ponant, dont 22 ressortissants français, ont été libérés vendredi au large de la Somalie contre une rançon versée par l'armateur de ce voilier de luxe, ont annoncé les autorités françaises.
Six des pirates qui s'étaient emparés de ce trois-mâts battant pavillon français le 4 avril dans le Golfe d'Aden ont été capturés par des forces françaises lors d'une opération héliportée en territoire somalien, a déclaré l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major particulier de Nicolas Sarkozy.
Lors de leur capture "nous avons aussi récupéré quelques sacs intéressants", a précisé le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, lors d'une conférence de presse organisée par l'Élysée. "Nous avons récupéré une partie de la rançon qui avait probablement été versée" par l'armateur.
Des membres des familles des otages français reçus en fin d'après-midi à l'Élysée par le président de la République ont également déclaré qu'une rançon avait été payée par l'armateur, la CMA-CGM. Mais le montant n'a pas été révélé.
"L'armateur avait les moyens de payer et il a payé", a ainsi dit Cécile, qui n'a voulu donner que son prénom. "On ne sait pas combien ils ont payé et, à la limite, on ne veut pas le savoir", a renchéri Karim Meghoufel, dont le beau-frère, nouvellement engagé, était le chef pâtissier du Ponant.
Le directeur général de la Compagnie des Iles du Ponant, propriétaire du bateau, Jean-Emmanuel Sauvée, a déclaré qu'il ne fallait "retenir que le résultat", c'est-à-dire le retour des membres de l'équipage dans leurs familles, sans doute dimanche.
"Il n'y a eu strictement aucun argent public versé dans cette affaire", a pour sa part dit le général Georgelin.
Si les négociations ont été conduites par l'armateur, avec le soutien d'une douzaine de membres du GIGN, dont le chef, le colonel Denis Favier, a été parachuté sur la zone, la France avait déployé sur place une véritable armada.
Selon l'amiral Guillaud, Nicolas Sarkozy avait fixé une "priorité absolue" - récupérer les otages sains et saufs - et des "lignes rouges" : les pirates ne devaient ni maltraiter les membres de l'équipage, ni les séparer.
Le chef de l'État avait également donné l'ordre aux forces françaises de faire en sorte de s'emparer des pirates après la libération des otages.
Au total, quatre navires se sont relayés autour du Ponant pendant la crise - un aviso-escorteur, la frégate anti-aérienne Jean-Bart, le navire de ravitaillement et de commandement Var et le porte-hélicoptères Jeanne-d'Arc, qui ralliait La Réunion à Djibouti dans le cadre de son traditionnel tour du monde.
INITIATIVE FRANÇAISE
Le dispositif comprenait également une cinquantaine de commandos de marine, parachutés ou amenés par le Jean-Bart, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 venu de Djibouti et des hélicoptères Panther et Gazelle.
Quatre de ces hélicoptères ont participé, avec la permission des autorités somaliennes, à la capture de six des pirates, après qu'ils eurent regagné la terre ferme.
Leur véhicule a été neutralisé par un tireur d'élite, a expliqué le général Georgelin. "Dans le respect strict des instructions qui m'avaient été données par le président de la République (cela a été) une interception et non pas une pulvérisation de ces pirates."
L'Élysée et le chef d'état-major des armées ont démenti catégoriquement des informations en provenance de Somalie selon lesquelles plusieurs personnes auraient été tuées pendant cette phase de l'opération.
Les otages ont été transférés sur la Jeanne-d'Arc et les six pirates arrêtés emmenés à bord du Jean-Bart. Ils seront jugés par la justice française, a précisé le général Georgelin.
"Nous avons voulu que ce genre d'opération de piratage ne puissent rester impuni", a-t-il expliqué. "Nous poursuivrons la recherche de tout renseignement qui pourrait nous permettre d'éradiquer ce genre d'individus."
Le trois-mâts avait été attaqué par une douzaine de pirates armés de fusils d'assaut AK-47 et de lance-roquettes RPG, alors qu'il revenait des Seychelles sans passagers.
La libération des otages, dont sept femmes, avait été annoncée par l'Élysée en fin de matinée par un communiqué.
Les pirates, d'ancien pêcheurs somaliens selon le général Georgelin, partis d'un navire déjà arraisonné, avaient abordé le Ponant à bord d'embarcations légères, à 850 km de leur base.
Cette région, au large de la Corne de l'Afrique, est l'une des trois zones qui sont le théâtre d'actes de piraterie de plus en plus audacieux par des bandes de mieux en mieux armées et organisées, avec la Golfe de Guinée et le détroit de Malaka.
Selon le chef d'état-major des armées françaises, il y a eu environ 280 opérations de piratage de ce type en 2007, dont plus de la moitié dans la région de la Corne de l'Afrique.
"C'est la première fois qu'un acte de piraterie dans cette zone se termine aussi vite - sept jours. En général c'est plutôt un mois et demi à deux mois", s'est félicité l'amiral Guillaud.
Il a précisé que Nicolas Sarkozy s'était tenu informé "en permanence" de la situation et avait présidé pendant toute la durée de la crise une réunion quotidienne sur cette affaire.
Le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte, a annoncé que la France prendrait dans les jours qui viennent une initiative au conseil de sécurité de l'Onu pour mobiliser la communauté internationale contre ces actes.
rien a dire, impeccable
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Et ceux qui les ecrivent avec leurs sueurs, parfois avec leurs sang