CUIRASSE HMS VANGUARD (GRANDE BRETAGNE)
LE DERNIER DES DERNIERS
Le HMS Vanguard à la mer en 1950. Introduction Au début du vingtième siècle, un journal anglais publia un article sous le titre suivant «Brouillard sur la Manche _le continent isolé» montra par là l'obssession de l'insularité et la volonté des britanniques de rester à l'égard de l'Europe et de porter leur regard vers des horizons lointains.
Pas étonnant dans ces conditions que la marine bénéficie de soins attentifs des différents souverains depuis Henri VIII _qui peut être considéré comme le père de la Royal Navy_ qui cherchèrent à se dôter de la marine la plus puissance pour que le slogan
Britannia Rules the wave soit un minimum crédible.
Au 19ème siècle, avant que l'Entente Cordiale n'attenue cette rivalité, son adversaire désigné était la Royale, la marine française qui faute de pouvoir égaler quantitativement la marine anglaise chercha à la battre sur le terrain qualitatif.
C'est ainsi qu'en 1856, un brillant ingénieur prénomé Henri Dupuy de Lôme (1816-1885) inventa la frégate cuirassée puisque la Gloire sous une solide coque en chêne portait des plaques d'acier, une réponse aux obus explosifs, création française de l'ingénieur Henri Paixans (1783-1854) qui avaient montré leur efficacité durant la guerre de Crimée.
Les anglais réagirent rapidement se dôtant en 1860 du HMS Warrior déclencha à cette occasion une nouvelle course aux armements. Les navires de guerre faisaient leur mu, combinant les innovations (propulsion vapeur, blindage) avec des techniques maitrisées depuis des siècles (canons en sabord, importance de la voile)
Le HMS Warrior conservé encore aujourd'hui à PorsmouthLes progrès étaient tellement rapides que la HMS Warrior et la Gloire furent désarmés à peine dix ans après leur mise en service. Les navires évoluaient, perdaient peu à peu leurs mats et leurs voiles, faisant confiance aux machines à vapeur de plus en plus fiables et de moins en moins gourmandes en énergie.
C'est ainsi qu'à la fin du 19ème siècle apparu le cuirassé au sens moderne du mot, des navires de 12 à 19000 tonnes, équipés de canons de gros calibre en tourelle. L'artillerie principale alignait différents calibres ce qui posait des problèmes dans la conduite du tir et bien vite germa l'idée du cuirassé rapide armé d'une artillerie principale monocalibre.
Si les anglais entrèrent dans l'histoire en construisant en un temps records, le HMS Dreadnought
(mis sur cale le 2 octobre 1905 lancé le 10 février 1906 et admis au service actif le 2 décembre 1906 soit à peine 14 mois de travail !), il faut reconnaître que tous les pays étaient parvenu à la même conclusion : le cuirassé devait être rapide, relativement protégé avec une artillerie principale monocalibre et une artillerie légère pour repousser les attaques de torpilleurs.
Le HMS Dreadnought où comment quatorze mois ont suffit pour changer la face de la guerre navaleHandicapée par les visions fumeuses de la Jeune Ecole, la France ne pu suivre la course aux armements lancé entre la Grande Bretagne et l'Allemagne. La fin des années 1890 voit l'Allemagne de Guillaume II s'émanciper de la diplomatie bismarckienne (isolement de la France et équilibre des forces en Europe) au profit d'une politique mondiale (Weltpolitik) ce qui impose la construction de cuirassé.
Ne possédant qu'une armée de terre réduite (150000 en 1914), la Grande Bretagne à confié sa défense à sa marine qui aligne une flotte impressionante de cuirassés (A ce sujet circule une boutade : quand il s'agissait de construire des cuirassés l'Amirauté en voulait 6, le ministre des finances 4, finalement tout le monde s'accordait sur le chiffre

composés de dreadnought et de super-dreadnought mieux armés.
Contexte La première guerre mondiale marque la fin d'une époque. Epuisée par le conflit, la Grande Bretagne n'à plus les moyens du Two pounder standard (règle qui voulait que la marine britannique soit plus puissante que les deux marines suivantes réunies) et face à la course au cuirassé qui avait lieu entre les Etats Unis et le Japon, elle imposa le traité de Washington qui gela toute construction jusqu'à la fin des années vingt, date à laquelle elle met en service les Nelson et Rodney.
Le HMS NelsonLa construction des cuirassés de poche allemands (Deutschland Admiral Graf Spee et Admiral Scheer) entraine la construction par la France de deux croiseurs de bataille, les Strasbourg et Dunkerque.
Réaction en chaine, l'Italie met en chantier les quatre Vittorio Veneto (Vittorio Veneto Littorio, Roma et Impero), premiers navires d'une nouvelle catégorie de navires : les cuirassés rapides dits de «35000 tonnes».
La France riposte avec les Richelieu et l'Angleterre quand à elle met en construction les cinq King George V armés de canons de 356mm alors que toutes les marines européennes choisissent le 380mm voir le 406mm (Union Soviétique).
Ce choix peut s'expliquer soit par la volonté de privilégier la cadence de tir à la puissance de feu brute et par la volonté de peser sur les futurs traités de limitations navals qui doivent remplacer celui de Londres expirant en 1937 et qui ne sera bien sur jamais remplacé ou reconduit.
Le HMS King George V photographié ici en 1945_________________
Rammstein je les ai dans la peau

Au sens propre comme au figuré