Historique
Le Courbet
Le cuirassé Courbet à la merLe Courbet est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 1er septembre 1910, lancé le 23 septembre 1911 et admis au service actif le 19 novembre 1913 et affecté à l'Armée Navale en Méditerranée.
Avant même sa mise en service, il conduit le président de la république Raymond Poincaré en Angleterre le 24 juin 1913 avant d'effectuer en novembre 1913 une traversée de longue durée avec son sister-ship le Jean Bart.
Le 5 janvier 1914, il devient navire-amiral de l'Armée Navale après que le vice-amiral Boué de Lapeyrière est mis sa marque sur le navire (il le restera jusqu'au 19 octobre 1915). Six mois plus tard, le 10 juin 1914, l'Armée Navale est réorganisée et les deux plus modernes cuirassés français sont placés hors-rang, participant avec le reste de l'Armée Navale au Blocus de l'Adriatique qui aboutit à l'engagement au cours duquel le croiseur austro-hongrois Zenta est coulé, le Courbet menant lui même l'interception au large du Monténégro.
Les Courbet et Jean Bart participent à une nouvelle opération diplomatique puisque le 16 juillet, il appareillent de Brest (où ils étaient arrivés fin juin) pour une visite diplomatique en Russie du président Raymond Poincaré et du président du conseil Viviani, les deux navires arrivant à Cronstadt le 20 juillet. Après une escale à Stockolm les 25 et 26 en compagnie du France, ils sont de retour à Brest le 30 juillet au grand soulagement de l'Amirauté car ces navires n'avaient aucun obus en soute.
La croisière à l'ouverte de l'Adriatique (canal d'Otrante) est supprimée en 1915 et les cuirassés sont désormais maintenus en alerte au mouillage à Malte puis à Bizerte, les rares sorties ne servant qu'à l'entrainement en attendant une hypothétique sortie de la flottte austro-hongroise mais cet événement n'eut jamais lieu.
L'Armée Navale est de nouveau réorganisée le 23 mai 1916. la 1ère escadre regroupe ainsi 8 cuirassés : la 1ère division étant composée des cuirassés Provence, Bretagne, Lorraine et du France tandis que la 2ème division alignait les cuirassés Courbet, Paris, Jean Bart et Condorcet (pour information, la 2ème escadre alignait une 1ère division composée des cuirassés Diderot, Mirabeau, Vergniaud, une 2ème division composée du Justice, du Vérité et du Démocratie et enfin d'une Division de Salonique composée du Patrie et du République _ce dernier étant en réserve).
Le Courbet reste en Méditerranée orientale plus précisément à Corfou jusqu'en avril 1919, date à laquelle il rentre à Toulon. Il devient ensuite navire-amiral de la nouvelle escadre de la Méditerranée occidentale du 15 mars au 20 octobre 1920 (elle devient escadre de la Méditerranée en 1921).
Le 1er avril 1921, il devient navire école de canonnage, subissant plusieurs refontes à la Seyne sur Mer et à Toulon (juillet 1923-avril 1924 janvier 1927 à janvier 1931 et avril 1937 à septembre 1938) qui alternent avec des écoles à feu entre Toulon et les salins d'Hyères (1931-1932-1933-1934-1935-1936).
Le 10 juin 1939, le Courbet et le Paris forment une 3ème division de ligne (la 1ère division baptisée également Force de Raid étant composée des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg et la 2ème intégrée à l'Escadre de la Méditerranée était composée des cuirassés de classe Bretagne, les Bretagne, Provence et Lorraine) qui arrive à Brest le 11 juillet. Elle continue son rôle d'instruction jusqu'en mai 1940.
Devant la dégradation de la situation, le Courbet est réarmé à effectif de guerre le 21 mai 1940 pour assurer la défense des ports du nord. Avec le Paris, il assure depuis la rade de la Capelle la défense de Cherbourg en bombardant les colonnes allemandes remontant la péninsule du Cotentin, couvert à cette occasion par l'aviso Amiens armé d'un affût double de 37mm modèle 1935 qui fait ici preuve de son efficacité.
Après une ultime passe de bombardement le 19 juin, il appareille pour l'Angleterre arrivant à Porsmouth le 20 juin 1940. Deux semaines plus tard, dans le cadre de l'opération Catapult, il est saisit par la Royal Navy.
Le 10 juillet 1940 il est remis aux FNFL (Forces Navales Françaises Libres) et sert à la fois de dépôt des équipages (une partie de l'équipage est d'ailleurs composé en partie de Sénans de l'île de Sein, les premiers à avoir rallié De Gaule le......1, trop vieux pour intégrer des unités combattantes) et de batterie antiaérienne pour défendre le port. C'est sur ce navire qu'est affecté un marin appelé à la célébrité : le lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer.
Désarmé le 31 mars 1941, il reste sans utilisation jusqu'en 1944 date à laquelle il est décidé de le sacrifier comme brise-lame pour protéger les plages du débarquement. Il est coulé devant Ouistreham («Sword») le 9 juin 1944, sa coque supportant des canons de DCA. L'épave est démolie sur place après guerre.
Le Jean Bart
Le Jean Bart à la mer en 1925Le Jean Bart est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 15 novembre 1911, lancé le 22 septembre 1911 et armé pour essais en mars 1913. Du 18 au 22 septembre 1913, il se rend à Dunkerque, cité d'origine du célèbre corsaire dont le cuirassé est le 12ème navire à porter le nom.
En novembre 1913, il effectue avec le Courbet sa traversée longue durée qui voit les deux «Gros» faire la traversée entre Brest et Toulon où ils arrivent le 19 novembre. Ils sont affectés à la 1ère division de la 1ère escadre de l'Armée Navale.
A la fin du mois de juin 1914, le Jean Bart regagne Brest en compagnie du Courbet pour transporter en Russie le président de la république Raymond Poincaré et le président du conseil Viviani, les deux navires faisant escale à Cronstadt du 20 au 23 juillet puis à Stockolm les 25 et 26 juillet en compagnie du France avant de regagner Brest le 30 juillet 1914.
Il appareille de Brest le 2 août et arrive cinq jours plus tard à Toulon où avec le Courbet il est incorporé à la section hors rang de l'Armée Navale. Cette dernière est affectée à la surveillance de l'Adriatique pour empêcher la sortie de la marine austro-hongroise mais cette dernière appliquant l'un des principes de Mahan, celui de la «Fleet in being» se garde bien d'intervenir (Ce principe qui peut être traduit par «flotte en devenir» voit un adversaire plus faible maintenir sa flotte au port, bien protégée par des forts côtiers et des champs de mines, obligeant le «Fort» à disperser ses forces et ainsi éviter une concentration qui anihilierait le «Faible»), se contentant d'utiliser les sous marins.
Le Jean Bart dans un bassin de l'Arsenal de Brest en 1914. Un handicap majeur de la marine française : la taille réduite des bassins et autres formes de radoub qui se posera même lors de la construction des RichelieuCes sous marins s'illustrent en détruisant plusieurs navires (comme le croiseur-cuirassé Léon Gambetta) et en endommageant le Jean Bart qui reçoit le 21 septembre 1914 une torpille du sous marin autrichien U-12 dans le canal d'Otrante (elle touche.......la cale à vins). Embarquant 750 tonnes d'eau, il parvient néanmoins à regagner Otrante pour des réparations de fortune avant une remise en état à Malte qui l'immobilise jusqu'au 11 avril 1915, date de son appareillage de l'île.
Peu de temps après, la croisière à l'ouvert de l'Adriatique est supprimée et le Jean Bart comme les autres cuirassés français est maintenu en alerte à Malte puis à Bizerte. Les seules sorties étaient consacrées à des liaisons et des entrainements.
L'Armée Navale est de nouveau réorganisée le 23 mai 1916. la 1ère escadre regroupe ainsi 8 cuirassés : la 1ère division étant composée des cuirassés Provence, Bretagne, Lorraine et du France tandis que la 2ème division alignait les cuirassés Courbet, Paris, Jean Bart et Condorcet (pour information, la 2ème escadre alignait une 1ère division composée des cuirassés Diderot, Mirabeau, Vergniaud, une 2ème division composée du Justice, du Vérité et du Démocratie et enfin d'une Division de Salonique composée du Patrie et du République _ce dernier étant en réserve).
En 1919, il est détaché à la 2ème escadre pour soutenir avec les britanniques l'action des russes Blancs contre les Bolcheviks. Il est ainsi engagé à Sebastopol du 11 au 21 février puis après une brève présence à Constantinople, il est de nouveau engagé en mer Noire du 23 mars au 29 avril 1919 où il protège le renflouement du cuirassé Mirabeau échoué devant Sebastopol.
Le 19 avril au soir éclate à bord des cuirassés France et Jean Bart une mutinerie. Tout commence à bord du France où des hommes rassemblés sur la plage avant refuse bruyament de charbonner, le lendemain dimanche de Pâques. Cette agitation contamine aussitôt le Jean Bart amarré à quelques mètres de là.
Les marins ont des revendications aussi bien politiques (cessation de la guerre contre les russes et retour en France) que sectorielles (allègement de la discipline, amélioration de la nourriture et envoi de l'équipage en permission).
L'amiral Anet, commandant les forces navales françaises en Mer Noire échoue à ramener le calme qui revient à la nuit tombée en raison de la fatigue. Elle reprend le lendemain, 20 avril, les mutins chantant l'Internationale et hissant le drapeau rouge au mat de beaupré. L'amiral Anet demande au commandant de la France d'appareiller si il le peux mais l'équipage refuse et le cuirassé reste au mouillage.
Le 21 avril, un marin français est tué lors d'une manifestation à Sebastopol ce qui accroit l'énervement de l'équipage même si devant la promesse d'un retour en France la mutinerie s'apaise et se termine le 22 avril.
Le Jean Bart appareille le 29 avril 1919 en compagnie des derniers navires présents en Mer Noire, rentrant définitivement à Toulon le 25 mai 1919. Incorporé à la 1ère division de la 1ère escadre, il est placé en réserve. De 1920 à 1923, il exerce une activité normale d'escadre sur les côtes de Provence et de Méditerranée occidentale interrompue par une visite à Smyrne en septembre 1922.
Il est refondu entre octobre 1923 et janvier 1925 et d'août 1929 à septembre 1931. Très usé, il est affecté à la Division d'Instruction fin 1934, devenant à partir de juin 1935, bâtiment d'instruction à quai pour l'école d'électriciens et torpilleurs puis à partir du 1er août 1936 ponton pour les écoles de radios.
Le 12 décembre 1936, le deuxième cuirassé type Richelieu est mis en chantier à St Nazaire et le 1er janvier 1937, le vieux Jean Bart est repbatisé Océan pour laisser ce nom prestigieux à son jeune successeur. Il est alors désarmé et transformé en caserne flottante pour les écoles.
Déplacé à St Mandrier en 1942, il abrite l'Ecole des Mousses, et sans valeur militaire n'est pas sabordé le 27 novembre. Utilisé comme cible par les Allemands, il est touché par un bombardement allié et son épave est démolie à partir de décembre 1945.
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Rammstein je les ai dans la peau

Au sens propre comme au figuré