DES LIMBES DE L'HISTOIRE (1)
LES CUIRASSES
Introduction L'Homme est ainsi fait que dès qu'il invente quelque chose il veut aller toujours plus vite, plus haut et plus loin. C'est sa force et sa faiblesse.
L'histoire maritime n'échappe à la règle. Dès que l'Homme à commencé à combattre sur la mer, il imaginait des navires toujours plus gros toujours plus rapides et mieux armés. Songez qu'à l'époque hellenistique (4ème siècle-1er siècle avant notre ère) si la majorité des navires étaient des trières à cinq rangs de rameurs, certains royaumes alignaient des navires à onze rangs de rameurs !
Plus tard à l'époque moderne, les gallions et autres navires de ligne alignèrent un nombre toujours plus important de canons jusqu'à l'excès comme le prouve le naufrage du Vasa, la fierté de la marine suédoise dès son lancement le 10 août 1628.
L'apparition de la vapeur, du canon rayé ne changea en rien les données. Chaque marine souhaitait posséder le navire le plus puissant, le plus rapide pour terrasser les marines adverses.
De véritables courses aux armements eurent lieu entre grandes nations comme la Grande Bretagne et l'Allemagne entre 1890 et 1914 ou entre les Etats Unis et le Japon entre 1916 et 1922.
Les traités de Washington (1922) et de Londres (1930) stoppèrent la course au cuirassé qui allait bien vite reprendre à la fin des années trente pour aboutir à de véritables monstres comme le Yamato et le Musashi conçus pour écraser la flotte américaine qui ironie de l'histoire furent couler par le nouveau roi des océans : le porte-avions et sa puissance de feu qui n'était peut être pas plus élevée mais sûrement plus souple d'emploi.
Si beaucoup de cuirassés ont été construits, de nombreux projets sont restés dans les cartons ou sur cale sans jamais prendre contact avec l'élément liquide.
Les raisons sont nombreuses : crise économique, défaite militaire ou traité de limitation naval plus ou moins bien respecté.
J'ai donc décidé de redonner vie à ces navires qui ne virent jamais la mer et qui ne sentirent jamais le stress et l'odeur de la poudre lors d'un combat.
Marine Nationale
L'ancètre du cuirassé : la frégate française GloireHonneur à la nation qui à inventé le cuirassé : la France. Cela peut paraître paradoxal que ce soit une puissance terrestre qui ai fait parcourir un bon de géant à la construction navale. En dessinant les plans de la Gloire, l'ingénieur Henri Dupuy de Lôme (1816-1885) se doutait-il qu'il allait transfigurer la guerre sur mer ? Probablement non mais ne pouvons jamais le savoir.
Après la Gloire on aurait pu s'attendre à ce que la France soit pionnière dans le domaine du cuirassé, qu'elle donne le la et impose sa vision du cuirassé au monde.
Ce ne fût malheureusement pas le cas et ce pour de nombreuses raisons aussi bien techniques que politiques et culturelles.
Le Second Empire lança une politique navale ambitieuse pour répondre à des visées essentiellement
coloniales et en 1870 la marine française est la deuxième du monde. Tout s'écroule à la chute de Napoléon III. La marine à bien entendu joué un rôle mineur dans la guerre contre la Prusse, la faute à une géographie handicapante.
Cela conduit toute une école de pensée baptisée Jeune Ecole à remettre en cause tout ce qui à été fait jusqu'à présent. Le cuirassé est voué aux gémonies et plus généralement tout ce qui est gros, la Jeune Ecole ne jura que par la vitesse et la rapidité ce qui inclut pour eux une taille réduite.
Si ils ont eu tort sur ce point, ils ont eu au moins le mérite de voir l'efficacité potentielle du torpilleur et du sous marins.
Cette vision négative du cuirassé conduisit la France à tatonner et à se dôter de cuirassés toujours inférieurs aux navires des marines étrangères, état de fait symbolisé par la flotte d'échantillon, une série de cuirassés qui restaient si longtemps sur cale qu'ils étaient périmés dès leur mise en service.
L'influence de la Jeune Ecole perdura jusqu'au début du vingtième siècle, plus précisement 1905 quand la guerre russo-japonais montra de manière éclatante qu'une guerre ne peut être gagnée sur mer sans le concours de puissantes escadres de cuirassés.
A la décharge de la Jeune Ecole, il faut rappeler la situation géographique particulière de la France qui n'arrive pas à se definir soit comme une puissance continentale soit comme une puissance navale à la différence de la Grande Bretagne qui fait reposer sa défense sur la Royal Navy, ne maintenant qu'une armée de terre réduite (150000 hommes) utilisée essentiellement pour les expéditions coloniales.
En 1912, une loi-programme rompant avec les idées de la Jeune Ecole fixa le nombre de cuirassés d'escadre à 28, une force plus que respectable même si ce nombre incluait des navires certes récents mais déjà obsolètes puis les Danton étaient à peine en service que les anglais avaient mis en service le HMS Dreadnought qui alignait une batterie principale monocalibre.
Les français avaient imité le mouvement en mettant en chantier les 4 Courbet (Courbet, Jean Bart, Paris et France) ce qui donnait un total de 15 cuirassés soit un déficit de 13 unités à construire avant 1920.
L'amirauté planifia ainsi la construction de 3 cuirassés de classe Bretagne (la coque des Courbet mais un calibre d'artillerie supérieure _340 contre 305mm_) puis celle de 5 cuirassés de classe Normandie (coque légèrement plus longue que les Bretagne et introduction de la tourelle quadruple pour compenser une coque plus courte que des navires équivalents comme les Queen Elisabeth qui affichaient 25m de plus) et celle de 4 Lyon qui auraient aligné une formidable batterie de 16 canons de 340mm en 4 tourelles quadruples. Seuls les Bretagne furent achevés, tous les Normandie furent feraillés à l'exception du Bearn converti en porte-avions tandis qu'aucun Lyon ne fût mis sur cale à la fois en raison du déclenchement de la première guerre mondiale, du manque de moyens de la France et du traité de Washington qui interdit toute construction avant le début des années trente.
Vingt ans plus tard, la France commença le renouvelement de sa ligne de bataille par la construction de cuirassés de 35000 tonnes pour répondre aux Vittorio Veneto italiens. Seuls les Richelieu et Jean Bart furent achevés, le Clemenceau n'était construit qu'à 20% lors de la capitulation de juin 1940 alors que le Gascogne n'avait encore été mis sur cale.
Quand aux deux cuirassés de 45000 tonnes de classe Alsace, ils ne furent même pas mis en chantier.
Cuirassés classe Normandie
Plan détaillé des cuirassés de classe NormandieLes cuirassés de classe Normandie furent donc autorisés par la loi du 30 mars 1912 qui établissait un ambitieux programme naval qui fermait la parenthèse de la Jeune Ecole en remettant le cuirassé au centre de la ligne de Bataille.
Cette loi avait autorisé la construction de trois cuirassés de classe Bretagne qui avaient leurs canons de 340mm pouvaient être considérés comme des super-dreadnought, les Courbet qui partagaient la même coque mais qui étaient armés de canons de 305mm.
Le choix d'un calibre supérieur s'expliquait tout simplement par la concurrence internationale puisque les anglais étaient passé du 305 sur le Dreadnought au 343mm sur les Iron Duke tandis que les allemands avaient laissé de côté le 280mm pour le 305mm puis le 380mm.
La France se heurtait à un problème : la taille de ses cales et de ses bassins de radoub. Elle ne pouvait pas augmenter à sa guise la taille des coques de ses cuirassés.
Elle n'avait donc qu'une solution : augmenter le nombre de canons sur une coque de taille réduite ce qui imposait le choix de la tourelle quadruple dont il fût le premier à être équipé.
Dans un premier temps, quatre navires furent commandés mais un cinquième s'ajouta bientôt pour former avec les Bretagne deux divisions homogènes de cuirassés à canon de 340mm.
La première guerre mondiale interrompit leur armement et si un achevement fût envisagé après la guerre, la situation économique de la France et le traité de Washington les envoya droit au démantelement.
-Le Normandie est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire de St Nazaire le 18 avril 1913 et lancé le 19 octobre 1914. La coque est remorquée à Lorient en 1915 puis ramené dans la Loire où la coque resta jusqu'en 1918. le 14 septembre 1918 la coque est remorquée en baie de Quiberon où elle stationnera jusqu'en septembre 1919 pour être ensuite ramenée à Lorient. Après récupération de tout le matériel, la coque est vendue à la démolition le 26 novembre 1924 à la société Ettore Frateli Serra de La Spezia avec clause obligeant la démantelement en France, démantelement qui eut lieu à Toulon.
-Le Languedoc est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Gironde à Bordeaux le 18 avril 1913 et lancé le 1er mai 1916. Le 10 janvier 1918, la coque est sortie du bassin où elle avait été amenée après un lancement mouvementé (le navire avait heurté le quai faute d'un frein suffisant). L'opération est réalisée le 14 février 1918.
Le lancement du cuirassé Languedoc à Bordeaux le 1er mai 1916. pour l'instant tout se passe bien
Ce qui est moins le cas quelques minutes plus tard puis que la coque à heurté le quai d'en faceLe 16 février 1925, un contrat pour le remorquage par la société Union Française Maritime à Port de Bouc est signé, l'opération étant réalisée en avril. Les FCG toujours propriétaires de la coque la cèdent à la société Ettore Frateli Serra de La Spezia qui entreprendra la démolition avec l'aide des Forges et Chantiers de Provence.
-Le Flandre est mis sur cale à l'Arsenal de Brest le 1er octobre 1913 et lancé le 20 octobre 1914. Après récupération de tout le matériel (blindage, chaudière, groupes électrogènes.......), la coque est vendue le 14 juin 1923 à un citoyen italien, Adelcini Luigeri résidant à Toulon. La coque qui pèse 14000 tonnes est remorquée à Toulon. En février 1924, il demande une dérogation pour terminer le démantelement à Gènes mais les autorités françaises refusent.
-Le Gascogne est mis sur cale à l'Arsenal de Lorient le 1er octobre 1913 et lancé le 20 septembre 1914. La coque est vendue le 14 septembre 1923 à la Société d'Entreprise et de Produits Métallurgiques de l'Ouest.
-Le Bearn est mis sur cale aux Forges et Chantiers de la Méditerranée de la Seyne sur Mer le 10 janvier 1914 et lancé en avril 1920. Il échappe au sort des sister-ship en étant converti en porte-avions entre 1923 et 1927. Il sert comme porte-avions jusqu'en 1940 date à laquelle il est déclassé et doit normalement servir de ravitailleur pour grands hydravions d'exploration. Immobilisé aux Antilles avec la Jeanne d'Arc et l'Emile Bertin jusqu'en 1943, il est transformé en transport d'aviation aux Etats Unis. Après quelques mouvements en Indochine, il revient en France en 1948 où il cesse d'être un navire opérationnel. Jusqu'à son désarmement en 1967, il sert de bâtiment base pour sous marins et de navire d'entrainement. Il est démantelé en Italie en 1967.
Déplacement : 25200 tonnes
Dimensions : longueur 170.6m largeur : 27m tirant d'eau : 8.65m
Propulsion : Deux machines alternatives à triple expansion et deux groupes de deux turbines à engrenage alimentées par 21 chaudières à petits tubes timbrées à 20 kg/cm² dévellopant une puissance total de 35000ch pour alimenter 4 hélices. Les machines alternatives étaient utilisées pour la croisière et la marche arrière et les turbines embrayées pour le combat
Performances : vitesse maximale : 21 noeuds distance franchissable : 6500 miles nautiques à 12 noeuds
Protection : ceinture 300mm barbettes 284mm pont supérieur et inférieur 50mm tourelles 250mm
(face latérales et supérieures) et 350mm (face avant) casemates 160 à 180mm
Armement
Tourelles avant du cuirassé Bretagne-12 canons de 340mm modèle 1912 répartis en trois tourelles quadruples : une avant, une centrale et une arrière. Ce canon de 45 calibres tire des obus perforants (poids 555 ou 575kg) ou des obus explosifs (382 à 465kg) à une distance comprise de 14500m (élévation à 12°) à 26600m (élévation à 23°) pour une cadence de tir de 2 coups par minute.
60 canons sont commandés à la fonderie de Ruelle. Les archives ayant été détruites lors de la seconde guerre mondiale, il est difficile de savoir combien de canons ont été effectivement fabriqués. Des recoupements ont permis de retrouver 27 pièces : 15 transmises au ministère de la Guerre et installés sur voie ferrée, 4 ont été installées en tourelles doubles au Cap Cépet en 1934 pour défendre Toulon et les 8 derniers ont été installées sur le cuirassé Lorraine lors de sa refonte en 1935.
-24 canons de 138.6mm modèle 1910 en casemates. Ce canon de 55 calibres tire des obus explosifs de 31.5kg et des obus perforants de 39.5kg à une distance maximale (pointage à 25°) de 15100m pour l'obus explosif et de 16100m pour l'obus perforant à raison de 5 à 6 coups par minute.
Chaque canon pointe en site de -7° à +25° et en azimut de 80°.
-6 canons de 47mm Hotchkiss. Ce canon de 50 calibre tire des obus de 3kg à une distance maximale comprise entre 4570m (pointage = +80°) à 5120m (pointage = +12°) à raison de 25 coups par minute.
-6 tubes lance-torpilles de 450mm (trois tubes de chaque côté) . La torpille modèle 1912 pèse 1012kg pour une vitesse maximale de 28 noeuds lui permettant une portée de 8000m
Equipage : 1200 hommes
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Rammstein je les ai dans la peau

Au sens propre comme au figuré