chose promise.... je termine donc la série des porte avions légers de la classe Colossus/Majestic modifiés avec une piste oblique par le plus connu d'entre eux (chez nous), l'ex-HMS Colossus qui servit si longtemps les couleurs Françaises sous le nom d'Arromanches, une belle page d'histoire de notre aéronavale.
Je ne veux pas prétendre cependant vous proposer une documentation aussi complète que ce que vous pourrez trouver dans le livre de Jean Moulin, "Les porte-avions Dixmude et Arromanches", chez Marines Editions, que je vous invite à consulter si vous le désirez (plusieurs des photos en sont tirées)
R95 ARROMANCHES ( ex-Colossus ). France. 1946-1974 Le porte-avions Arromanches fut acquis par la France au lendemain de la seconde guerre mondiale pour faire face aux conflits de décolonisation. Il participa à quatre campagnes en Indochine, à l’opération de Suez en 1956 et à des opérations en Algérie et en Tunisie. Il fut refondu en 1957 et reçut un pont angulaire à 4°. Il opéra dès lors comme porte-avions ASM puis comme porte-hélicoptères d’assaut, et comme porte-avions école avant d’être désarmé en 1974.
CARACTERISTIQUESChantier : Vickers Amstrong, Newcastle on Tyne. Sur cale le 01/06/1942. Lancement: 30/09/1943. Service: 16/12/1944.
Classe: CVL porte-avions léger selon la terminologie OTAN.
Déplacement: 18040 tpc. 14000tl.
Vitesse: 24,5
Dimensions: 211,7 m (198f) x 39m ( 24,45 f) x m (6,5 max)
Machines: 42000ch. kW.
Distance Franchissable : 12000milles à 14 nœuds.
Equipage : 42off + 777h + 200aéro = 1019 (1620 en temps de guerre)
Armement: AA: 31/40 mm.
SS : néant ASM: néant
Aviation : 24-34 avions, puis jusqu’à 24 hélicoptères
Installations aéronautiques : piste oblique à 4°, piste continue conservée jusqu’en 1965, miroir d’appontage, 1 catapulte hydraulique BH3, 2 ascenseurs axiaux. 1 parking avant tribord.
Equipement Electronique : Radars : DRBV22A. DRBV30 puis 31.
Sonars: néant
CM: IFF: MkIII
Trans: TACAN:
HISTOIRE: 1946-19741946
L’Arromanches était l’ancien Colossus Britannique, prêté à la France en août 1946. Il quitta Portsmouth le 25 août 1946 et fit escale à Cherbourg, escorté du cuirassé Richelieu, puis à Brest le 28 août, à Casablanca le 10 septembre, puis à Alger le 14. Il arriva à Toulon le 19 septembre 1946 et les premiers entraînements commencèrent en novembre. Le premier appontage en méditerranée fut réalisé le 12 novembre par le CC Ortolan avec un Seafire III, suivi par 97 autres appontages de ce chasseur et 209 de bombardiers SBD Dauntless. Le Colossus participa ensuite à de nombreuses manœuvres avec la force d’intervention puis avec l’escadre. Il se rendit à Dakar avec le Richelieu le 20 avril 1947. Le bâtiment fut rebaptisé Arromanches le 15 mai 1947. Comme il restait propriété Britannique, il ne pouvait pas être envoyé en Indochine et c’est le porte-avions d’escorte Dixmude qui effectua les deux premières campagnes en extrême Orient. Entre le 16 octobre 1947 et le 8 mars 1948, le porte-avions fut en carénage à Toulon.
1948 : Indochine
Un groupe porte-avions fut crée avec les deux bâtiment acquis par la Marine, et le Dixmude accompagna l’Arromanches en méditerranée puis face au Maroc, à partir du 21 mai 1948. La croisière se poursuivit en atlantique avec une escale à Brest le 29 mai, puis dans la manche avant de regagner Toulon le 2 juillet. En raison des limites opérationnelles du Dixmude, l’Arromanches partit vers l’Indochine le 30 octobre 1948, officiellement pour une mission de transport, avec la flottille 4F équipée de 10 SBD Daunless, pour d’éventuelles opérations de police, et 2 Seafire. Le navire confirma les possibilités d’utilisation tactique d’un porte-avions qui avaient été entrevues avec le Dixmude. La facilité de positionner le bâtiment à volonté, au large d’une cote qui s’étire sur presque 2000 kilomètres était indiscutable. De nombreuses opérations furent menées avec ce petit détachement aérien embarqué. L’Arromanches fut de retour à Toulon le 1er février 1949, puis il participa à des manœuvres, dont l’exercice amphibie « Soliman » en Afrique du nord, toujours accompagné du Dixmude, en juin 1949. Après un déploiement en atlantique où il embarque pour la première fois des Seafire Mk15, il rentra à Toulon en juillet. Après un passage en bassin en janvier-février 1950, le porte-avions reprit ses entraînements, et accueillit des nouveaux chasseurs Hellcat et des bombardiers Helldivers à partir du mois de mai.
1951 : Acheté par la France
Il fut définitivement acheté le 4 août 1951 pour la somme de 1,5 millions £. Au début de sa carrière Française, le navire garda l’aspect général du Colossus, avec un pont d’envol rectiligne, une catapulte hydraulique, des ascenseurs et installations de hangar pour des appareils à hélice. Il effectua plusieurs campagne en Indochine jusqu’en 1953. Ainsi, du 28 août 1951 au 13 juin 1952, escorté du croiseur léger le Malin, il accomplit une seconde expédition en Extrême Orient avec les flottilles 1F et 3F, ré-équipées avec des avions US Hellcats et Helldivers, et un hélicoptère S51. Ses appareils effectuèrent 1300 sorties pendant cette période. En juillet et août 1952, le porte-avions fut en bassin puis en essais avant de repartir vers l’Indochine. La troisième campagne, du 27 août 1952 au 18 mars 1953, fut accomplie avec les flottilles 12F et 9F qui restèrent en Indochine, et deux S51. Les appareils effectuèrent 1760 sorties pendant cette période. De retour à Toulon, il entra en bassin entre mars et juin 1953, puis en juillet. La quatrième mission, du 9 septembre 1953 au 19 septembre 1954, avec 18 Hellcat de la 11F, et 12 Helldiver de la 3F, ainsi que deux S51, culmina avec le soutien de la garnison de Dien Bien Phu, les appareils étant basés à terre pour raccourcir les temps de vol et éviter les aléas d’appontage. Trois pilotes furent abattus et tués en vol et deux autres faits prisonniers, dont un seul survivra. Les avions effectuèrent 3230 sorties. Le porte-avions rentra à Toulon le 19 septembre 1954, et fut immédiatement placé en bassin pour un carénage. Il participa à divers exercices en 1955-56, en compagnie du porte-avions La Fayette, et embarqua de nouveaux appareils, des TBM et des Corsair.
1956 : Suez
Le Colonel Nasser, chef d’état Egyptien, nationalisa le canal de Suez, géré par des intérêts Franco-Britanniques, le 26 juillet 1956. En réponse, les gouvernement Français et Anglais mirent sur pied une opération aéronavale visant à récupérer la zone du canal. En octobre-novembre 1956, l’opération amphibie « Mousquetaire » fut décidée, et l’Arromanches, accompagné du La Fayette, participa à la reconquête du canal de Suez avec la Royal Navy (porte-avions Eagle, Albion, Bulwark, Ocean, Theseus). A cette occasion, il embarqua 14 Corsairs de la 14F et 10 Avengers de la 9F, ainsi que deux hélicoptères HUP. Les premiers montrent leur efficacité en appui des parachutistes largués sur Port Fouad. Après la décision de l’ONU ordonnant la retrait des troupes Franco-Britanniques, le groupe naval rentra à Toulon le 27 décembre 1956.
1957 : Refonte à Toulon
Entre le 6 mai 1957 et le 1 mai 1958, le bâtiment fut doté d’un pont angulaire incliné à 4° et de miroirs d’appontage, à l’arsenal de Toulon. Cette installation exigea la construction de passerelles d’encorbellement extérieures, notamment avant-bâbord, et la largeur hors tout passa à 39 mètres. Le pont d’envol, les ascenseurs et la catapulte furent adaptés pour pouvoir opérer avec les Bréguet Alizés de lutte ASM. Ces derniers effectuèrent leurs premiers essais à bord en décembre 1958.



1959 : Océan Indien
En juillet août 1959, il effectua une croisière en Océan Indien, escorté du La Bourdonnais, et fit escale à Madagascar et à La Réunion. Il servit de porte-avions d’entraînement en 1960, et de transport d’avions en convoyant 42 Skyraider pour l’Armée de l’Air en décembre. Entre le 13 juillet et le 11 août 1961, il fut déployé en face de la Tunisie, avec la croiseur De Grasse et quatre Escorteurs, en raison de tensions et d’accrochages à Bizerte. Après l’entrée en service du Clémenceau en 1961, il fut affecté à la lutte ASM et embarqua régulièrement des Alizés des 4F, 6F ou 9F. Il assura également une mission de navire école pour l’aéronavale, en accueillant des Fouga Zéphyr. Cet appareil fut d’ailleurs le seul avion à réaction à être embarqué sur le navire, car sa catapulte ne lui permettait pas de lancer les Aquilons, ni plus tard, les Etendards. L’année 1962 fut surtout une période d’entretien pour l’Arromanches, et il ne ré-embarqua ses Corsais qu’en mars 1963. Il effectua quelques sorties en méditerranée cette année. Il fut de nouveau opérationnel en janvier 1964, enchaînant les exercices avec l’escadre, et notamment les croiseurs De Grasse et Colbert. Il abandonna les Corsair en mai 1964. Il servit de nouveau de transport d’avions en chargeant 13 F8E Crusader à Norfolk en octobre 1964, les déchargeant à Saint Nazaire les 4 et 5 novembre. Après divers exercices en 1965, il effectua un exercice amphibie en Corse au mois de décembre, comme porte-hélicoptères d’assaut. Il embarqua à cette occasion 6 HSS de la 33F. En 1966, il effectua de nouveaux exercice, dont FAIR GAME 4 en février en compagnie des porte-avions US Forrestal et America. Il navigua en compagnie du Colbert et de la Jeanne d’Arc en juin 1966. En 1967, il effectua plusieurs exercices comme porte-hélicoptères avec 15 HSS de la 33F et 430 commandos. Le plus important fut ALLIGATOR 3 en face de la Côte d’Ivoire, avec le Clémenceau, le Colbert, quatre escorteurs et trois navires de débarquement.

1968 : Porte-hélicoptères
Entre janvier 1968 et septembre 1969, le navire fut immobilisé puis refondu pour recevoir 24 hélicoptères et les canons furent supprimés. Il reprit la mer le 4 septembre 1969. Il fut déployé en atlantique entre février et juillet 1970, accompagnant le Clémenceau. Il partit vers Douala le 3 décembre pour débarquer 12 HSS de la 33F devant opérer au Tchad. En février 1971, il participa à l’exercice OTAN SUNNY SEAS au large du Portugal, avec la 9F et la 31F, comme porte avions ASM. Il effectua une croisière aux Antilles en mai 1971 avec la frégate Duquesne et quatre escorteurs, ravitaillés par le pétrolier Saône. Il effectua plusieurs autres exercices avec les navires Français dont le porte-avions Clémenceau en 1971 et 1972, ralliant Brest en juin 1972. Bien que reclassé porte-hélicoptères, il effectuera quelques sorties pour l’entraînement des Zéphyr et Alizés de la 59S jusqu’en novembre 1973. Il embarqua également des Alouettes et des Pumas de l’ALAT en octobre 1973. L’Arromanches fut désarmé le 22 janvier 1974.
