La suite sur le Dupetit Thouars
LES NAVIRES AYANT PORTE LE NOM DE DUPETIT THOUARSPas moins de six bâtiments de la Marine ont porté le nom de Du Petit Thouars :
Une chaloupe-cannonière (1798-1799) construite à Toulon.
Un brick de 10 canons, mis sur cale à Toulon en 1828 et lancé en 1830. Il servit comme Ecole des Mousses à partir du 31 décembre 1864. Rebaptisé à juste titre Mousse en 1867, puis Ouessant en 1878, il fut désarmé en 1880.
Un croiseur à barbettes, mis sur cale en 1867 à Brest et lancé en 1872. Il fut rebaptisé l'Oléron en 1897 et désarmé en 1914.
(Caractéristiques : 2000 Tx ; 1800 CV ; I.160mm + VIII.140mm)
Un croiseur cuirassé, mis sur cale en 1897 à Toulon et lancé en 1901. Il participa à la première guerre mondiale et fut torpillé le 7 août 1918 par l'U62 au large de Brest.
(Caractéristiques : 9500 Tx ; 20000 CV ; II.194mm + VII.164mm + 2.tubes lance-torpilles)
Un sous-marin type Armide, mis sur cale en 1917 à Châlon-sur-Saône, lancé en juin 1920. Construit pour Marine roumaine, il fut utilisé par Marine française après la guerre et fut désarmé le 9 novembre 1928.
(Caractéristiques : 342 tonnes ; 513 tonnes en plongée; 2 moteurs électriques de 200cv; 1020 CV ; 52,40mm; 4 tubes de 450mm, 1 canon de 47mm)
Un escorteur d'escadre (D625), mis sur cale à Brest en mars 1951, il fut lancé en février 1954 et mis en service en septembre 1956. Il participa aux évènements de Suez en novembre 1956, et fut désarmé en avril 1988.
HISTOIRELe T47B5 est attribué à l'Arsenal de Brest et est mis sur cale le 11 janvier 1951 mais n'est baptisé que le 4 mars 1952. C'est à la fois le premier navire construit à Brest depuis la Liberation et le dernier navire construit sur cale, les navires suivant desertant le Point du Jour pour les bassins du Salou et de Laninon. Le DUPETIT THOUARS est lancé le 04 fevrier 1954 puis est en essais du 27 novembre 1954 au 07 septembre 1956
Il effectue sa traversée de longue durée entre son port constructeur et son port d'attache,Toulon (08-13 septembre 1956) et son admission au service actif est prononcé le 15. Le D625 est affecté à la 1ère FEE comme tout les EE dès leur mise en service. Il participe à l'opération Mousquetaire et pour ce faire, il quitte Toulon le 1er novembre et arrive au large de Port Fouad le 6 novembre et reste sur zone jusqu'au 22 decembre, date de son depart pour toulon où il arrive cinq jours plus tard avec tous les navires de la Force Navale d'Intervention (FNI)
Du 15 au 22 fevrier 1957, il participe à la fin de « Medaswex 17 »
Le 18 mai 1957, il appareille de Toulon en direction des Etats Unis en compagnie du croiseur De Grasse, du porte-avions Bois-Belleau, du Chevalier Paul et des escorteurs rapides Le Gascon et Le Lorrain. Il participe en particulier à la revue navale internationale du 12 juin. L'escorteur est de retour à Toulon le 12 juillet.
Après un petit carenage au cours de l'été 1957, il est indisponible du 9 au 21 octobre pour cause de grippe puis une fois remis sur pied si l'on peut dire, il participe à « Medaswex 20 » du 2 au 20 novembre au cours duquel il aborde l'ER Le Corse (4/11) sans gros dommages.
L'année 1958 est marquée par l'exercice « Sans Atout IV » du 10 au 22 mars suivi par « Medflex Fort » du 18 au 24 mai puis par une mission en Afrique du Nord, l'escorteur étant de retour à Toulon le 23 juin. Il est au large du Liban entre le 29 juin et le 21 juillet. Il quitte Toulon le 2 août pour arriver à Brest le 6 août et entrer en grand carenage jusqu'au mois de decembre puisqu'il ne reprend la mer que le 22 decembre et est en essais jusqu'au 10 fevrier 1959, date à laquelle il quitte le port breton pour Toulon via Lorient, il arrive dans le Var le 17 fevrier.
Il est en mission au large des côtes nord-africaines du 6 avril au 11 mai 1959 au cours de laquelle il arraisonne deux cargos entre la Sardaigne et la Sicile, les Aron et Duizard. Comme d'autres navires de l'escadre, il est mouillé en rade de Frejus après la rupture du barrage de Malpasset dans la nuit du 2 novembre 1959.
Il participe avec l'Escadre et la 6ième flotte americaine à l'exercice franco-americain « Boomerang » (14-17decembre 1959) puis le lendemain acceuille avec le croiseur Colbert et l'EE Chevalier Paul, le croiseur americain Des Moines qui amène en France, le president des Etats Unis, Dwight Eisenhower.
Le debut de l'année 1960 est marquée par une Surmar en Afrique du Nord (3 fevrier-7mars) puis après un petit carenage qui à lieu du 15 mars au 3 mai, l'escorteur participe à l'exercice « Sans Atout » du 3 au 6 mai. Il suit ensuite un stage ASM au CEF du 3 au 15 juin puis après des sorties diverses et variées, à « Medflex Hold » du 20 septembre au 1er octobre puis aux exercices « Medaswex » et « Jet Hunt » (octobre-novembre)
Avec le Tartu, il participe à l'opération Okoumé de protection des côtes du Congo Brazzaville après l'independance du Zaïre et est ainsi absent de Toulon du 31 janvier au 15 avril 1961. Il enchaine par une Surmar du 19 au 21 juin 1961
Le 5 juillet 1961, il quitte Toulon pour l'Arsenal de Brest où il doit entrer en refonte Tartar.
Il arrive dans le Finistère le 10 et entre officiellement en refonte deux jours plus tard. Les essais sont réalisés de septembre 1962 à janvier 1963 dont un sejour aux Etats Unis (20 août-5decembre) pour la mise au point definitive du systèmes d'armes. Le 6 decembre 1963, il est affectée à la 8ième DEE de l'Escadre Légère. Il suit un stage au CEF à Toulon du 8 janvier au 21 mars 1964 avant de terminer l'année par l'exercice interarmées « Armor » (10-13 octobre) puis par une IPER (16 decembre 1964-22 janvier 1965)
Le 15 janvier, la 2ième DEE est créée à Brest pour regrouper les 44 EE « tartarisés et devenus des ELM (Escorteurs Lance-Missiles), cette division sera bientôt surnomée la « division de fer ». Du 19 avril au 6 mai 1965, il assure le retour de l'ordre à St Pierre et Miquelon en y transportant des gendarmes. Il subit ensuite une IPER du 16 juillet au 14 septembre 1965.
Il sort du 21 au 26 mars 1966 au profit de l'ecole supérieure de guerre navale (escale à la Pallice) puis est absent de Brest du 16 septembre au 8 octobre 1966 car il suit un stage ASM à la Joint Anti Submarine School de Londonderry
Il subit du 17 octobre 1966 au 4 septembre 1967, une refonte à l'Arsenal de Brest : la detection ASM est modernisée, l'antenne du radar tridimensionnel est remplacée, le SENIT est installé et la passerelle est elargie et modernisée comme les autres ELM. Après des essais en mer s'etedant de juin à novembre, il appareille de Brest le 11 pour Toulon où il arrive 8 jours plus tard. Il y suit un stage au CEF jusqu'au 16 decembre puis regagne Brest où il arrive le 21 après un passage à Lorient.
Le debut de l'année 1968 est vierge de toute activité majeure avant l'exercice « Finisterex » du 23 septembre au 11 octobre. Il repart de Brest le 29 octobre pour Toulon où il s'entraine du 2 novembre au 16 decembre.Il est de retour à Brest le 23 decembre après l'exercice « Medat » (17-18 decembre)
Le Dupetit-Thouars est dans le golfe de Gascogne en ce debut d'année 1969 car il tire au CEL entre le 2 et le 5 fevrier puis après la sortie des familles le 15 juillet, il est en petit carenage du 2 septembre au 3 octobre, l'année 1969 se terminant par l'exercice franco-ouest allemand « Gemex 69 » du 22 au 25 octobre
L'année 1970 est assez chargée pour le Dupetit Thouars avec tout d'abord l'exercice « Finisterex » avec la marine espagnole (16 fevrier-14 mars) suivit par « Invitex Chapeau Rond » (20-25 avril) et « Britex » (13-30 octobre) avant qu'un stage au CEF (helico et Alizé = cooperation ASM ?) du 13 au 18 decembre ne conclut l'année
Au debut fevrier 1971, l'ELM tire au CEL avant d'enchainer par « Finisterex » du 9 fevrier au 11 mars puis par « Britex » du 11 au 15 octobre
Au debut de 1972, le Dupetit Thouars est designé pour participer à une mission de presence dans l'Océan Indien au sein du groupe « Mascareigne » qui comprend egalement deux autres escorteurs d'escadre (les TARTU et LA BOURDONNAIS) et deux navires de soutien (Le BSL RHIN et le PR LA SEINE). Le D625 appareille de Brest le 28 janvier 1972 et au cours du transit vers Djibouti, il est endommagé par des tirs au large du Yemen (14 mars). Le groupe se retrouve à Djibouti du 23 au 26 mars puis après plusieurs semaines de patrouilles, l'ELM est de retour à Brest le 10 juin 1972.
Du 1er juillet 1972 au 15 mars 1974, le Dupetit Thouars est en travaux à l'Arsenal de Brest pour la modernisation de son Tartar, travaux lui permettant de tirer des missiles SM1A qui ont une légère capacité anti-surface.
Le Dupetit Thouars est choisit pour une mission de présence en Océan Indien et ce en compagnie d'un autre escorteur d'escadre, le D'ESTREES, formant le groupe « Nerée » qui relève le groupe « Thetis » (fregate lance-missile Suffren et escorteur lance-missile Kersaint). Le D625 appareille de Brest le 4 juillet 1975, les deux EE franchissent le canal de Suez le 15 juillet et arrivent à Djibouti le 20 juin. Les patrouilles s'enchainent entrecoupées seulement d'escales de representation. L'ELM quitte Djibouti le 28 novembre, repasse le canal de Suez le 2 decembre et croise à Port Saïd, le groupe « Aurore » qui n'est autre que le groupe ecole formé du croiseur porte-helicoptère JEANNE D'ARC et de l'escorteur FORBIN qui parallèlement à sa croisière d'application va mener une mission de presence dans l'Océan Indien. Le Dupetit Thouars est de retour à Brest le 13 decembre 1975. A la suite de cette mission, le navire est en IPER du 1er mars au 31 mai 1976
Entre juin et decembre, les sorties concernent essentiellement les essais de L'INDOMPTABLE et la mise en condition opérationelle de sous marins type Agosta.
Du 15 au 20 novembre, il participe à l'exercice OTAN « Océan Safari » à l'issu duquel il relache à Liverpool
Le Dupetit Thouars est choisit pour relever le Kersaint dans l 'Océan Indien . Il appareille de Brest le 15 fevrier 1977, franchit le canal de Suez le 1er mars et arrive à Djibouti, 4 jours plus tard le 5 mars. Ses multiples patrouilles ne l'empèchent pas de vivre le moment historique de l'independance de Djibouti (27 juin 1977). C'est le 14 juillet que l'ELM relevé par le TARTU repart et après avoir franchit le canal de Suez le 18, arrive à Brest le 27 septembre 1977. Le reste de l'année et le debut de l'année suivante est occupée par une Iper (3 octobre 1977 au 5 janvier 1978
L'année 1978 voit la participation à l'exercice « Suroit 78 » du 7 au 10 juin suivit par d'importants travaux à l'Arsenal de Brest. En effet du 9 novembre 1978 au 21 janvier 1980, il voit ses locaux totalement refondus, le remplacement du radar DRBV20 par un DRBV 22 et le rouf Tartar est agrandit pour y loger des locaux sanitaires supplementaires.
Il est armé à efectifs reduits le 1er decembre et complet le 15 decembre 1979. Il se rend ensuite à Toulon pour un stagfe de raffraichissement au CEF (10-15 mars 1980).
A l'issu de ce stage, il repart pour l'océan Indien mais une avarie l'oblige à revenir dans le port varois pour reparer (31mars-11avril), il gagne Djibouti le 21 avril où il relève le DU CHAYLA.
Les 7 patrouilles (d'une durée moyenne d'une semaine) qu'il assure s'etalent entre le 30 avril et le 20 juillet. Il quitte la Corne de l'Afrique le 9 septembre après avoir été relevé par le BOUVET et arrive à Brest le 24 septembre 1980; il est en Iper en décembre.
Le Dupetit Thouars ne chome pas en ce debut d'année avec par exemple la mise en condition des sous marins DAUPHIN et PSYCHE (15-21janvier 1981), la participation à l'exercice « West Axe » les 9 et 10 fevrier, « Océan Safari » du 8 au 18 septembre puis après une Iper (21 septembre 1981-8 janvier 1982), il participe aux exercices « Suroit » (3-11 juin 1982) et « Short engagement » en septembre 1982.
L'ELM subit une nouvelle Iper du 10 fevrier au 10 mai 1983 puis rallie le Levant et plus precisement les côtes libanaises alors que le pays du cèdre est en pleine guerre civile. Le Dupetit Thouars rejoint le théâtre d'opérations le 6 septembre pour Olifant XVII et quitte la zone moins d'un moid plus tard et est de retour à Brest le 17 octobre
Quelques mois plus tard, Il quitte son port d'attache pour l'Océan Indien pour une presence de près d'un an sur zone le 4 janvier 1984, franchit le canal de Suez le 14 et arrive à Djibouti le 22 janvier. Après des patrouilles et des escales de representation, il quitte la Corne de l'Afrique le 5 decembre, repasse le canal de Suez et arrive à Brest le 22 decembre 1984. Il ensuite ne Iper jusqu'au 5 juin 1985 puis après remise en condition, il participe à l'exercice « Océan Safari » du 2 au 20 septembre 1985.
L'année 1986 voit l'escorteur participer à l'exercice du JMC et à « Western Chance » du 30 janvier au 22 fevrier 1986 date de son retour à Brest.
Il repart de Brest le 14 avril 1986 pour une nouvelle mission de presence en océan indien où il relève la fregate DE GRASSE. Il passe à Toulon le 19 avril et arrive à Djibouti le 5 mai. Son sejour est-africain est marqué par des patrouilles, une Iper à Djibouti avec le JULES VERNE (août-septembre).
La relève est assurée par la corvette (puis fregate le 6 juin 1988) JEAN DE VIENNE, l'escorteur quittant Djibouti le 30 septembre, relache à Port Saïd jusqu'au 11 octobre en compagnie du porte-avions FOCH puis participe durant son transit retour à l'exercice « Osiris ». Il arrive à Brest le 26 octobre et entre quasi immediatement en Iper (1er novembre 1986-1er mars 1987)
Parmi, les activités à retenir de cette année 1987 citons , l'exercice « Open Gate » du 28 avril au 4 mai, des patrouilles sur le rail d'Ouessant (juin-juillet), puis fin septembre, un stage au CEF à Toulon
En raison de la brusque montée de tension entre l'Iran et la France, un groupe aéronaval quitte Toulon le 30 juillet 1987. Il est composé du porte-avions CLEMENCEAU , des fregates lance-missiles SUFFREN et DUQUESNE et du pétrolier ravitailleur MEUSE et à pour mission de couvrir les corvettes et les avisos-escorteurs qui assurent la protection des navires marchands. Le Dupetit Thouars quitte Toulon 3 mois plus tard, le 30 octobre pour relever la fregate Suffren. Durant son transit vers Djibouti, il receuille 23 marins chypriotes du cargo Trader, les marins étant debarqués à Djibouti où l'ELM arrive le 10 novembre 1987. Le D625 va assurer deux patrouilles avec le Clemenceau.
Le Dupetit Thouars est relevé par le Du Chayla, se retrouvant tous les deux à Djibouti les 26 et 27 janvier 1988. Il arrive à Brest le 14 fevrier 1988
La dernière cérémonie des couleurs à lieu le 6 mai 1988, le navire à parcouru 753000 miles et est resté 58900 heures à la mer
Condamné en août 1988 devenu le Q662, l'ancien escorteur est amarré à Lanvéoc devant l'école navale en remplacement du Q 555 (ex Cassard) partit à la démolition en Espagne