LES ESCORTEURS D'ESCADRE
C'est peu dire que les escorteurs d'escadre ont marqué l'histoire de la marine nationale car ils sont avec des navires comme les escorteurs rapides, le croiseur
Colbert ou les porte-avions
Clemenceau et Foch, les acteurs clés de sa renaissance dans les années cinquantes, lui permettant de jouer un rôle majeur dans l'OTAN mais aussi dans les multiples opérations de presence outre-mer en particulier dans le Pacifique et l'Océan Indien. Ces navires qui sont restés en service jusqu'en 1992, date de retrait du
Duperré, je vais vous en compter l'histoire.
1-GENESEA°)La Flotte française en 19451945, année zero pour la Marine Nationale. Il est en effet loin le temps où la Royale était la 4ième marine mondiale avec des navires rutilants et redoutés.A la fin du second conflit mondial, il reste peu de chose de l'oeuvre de Georges Leygues ou de Darlan et les survivants sont usés, depassés dans beaucoup de domaine comme la DCA et la detection et ce malgré les refontes effectuées aux Etats Unis. Au niveau des infrastructures, les ports et les arsenaux sont devastés, inutilisables, les buraux d'étude ont près de 10 ans de retard à rattraper. Certes, des navires ont été cédés par les marines alliées puis par l'Allemagne (via la Grande Bretagne) et l'Italie mais cela ne peut que constituer une situation transitoire.
Dans le domaine des Contre-torpilleurs, sur les 32 navires en service en 1939, il ne reste plus que le
Tigre de classe Jaguar, L'Albatros de classe Aigle qui reparé va servir à l'école de cannonage à Toulon et les 4 survivants de
classe Le Fantasque (le Fantasque, le Malin, le Terrible et le Triomphant, L'Audacieux à coulé à Bizerte en mai 1943 et l'Indomptable à été sabordé à Toulon) qui refondus aux Etats unis ont été reclassés croiseurs légers ce qui correspond mieux à leurs capacités militaires
En Attendant, la production de navires neufs, ce sont les cessions de navires de l'axe qui vont permettre à la Marine Nationale de reprendre quelques couleurs. La Grande Bretagne cède ainsi 4 destroyers allemands qui reprennent les noms des Mogador non construits à cause de l'Armistice,
le Paul Jacobi devient le Desaix, le Theodor Riedel le Kleber tandis que les Z25 et les Z31 deviennent respectivement, le Hoche et le Marceau. A Noter que is les premiers possèdent des canons de 127mm, les deux derniers possèdent des canons de 150mm difficiles à mettre ne oeuvre
Ces navires servent peu de temps , entre 1949 et 1956. En 1948, à la suite du traité de paix, l'Italie cède deux croiseurs légers et 4 contre-torpilleurs. Si les 4 CT servent peu de temps dans la marine nationale (la faute à une construction fragile avec des matériaux de guerre et une usure accéléré), les deux croiseurs servent assez longtemps dans la Royale,
le Chateaurenault (ex Attilio Regolo) et le Guichen (ex Scipione Africano) en temps que conducteurs de flotille puis à la fin de leur carrière (1961 et 1962) navires amiraux de l'Escadre Légère (future EScadre de l'Atlantique)
B°) Le renouvellement des navires d'escorte : les escorteurs d'escadre TYpe T47BOutre le renouvellement neccessaire de la flotte, le besoin important en navires de combat et d'escorte s'explique par l 'irruption de la guerre froide et la crainte d'une attaque du Pacte de Varsovie en Europe. Or les seuls renforts importants qui peuvent soutenir l'Europe viennent d'Outre-Atlantique et les convois et les groupes de combat peuvent à la merci des nombreux sous marins soviétiques en service ou en cours de construction. Le premier objectif de la Marine française est de protéger ses deux cuirassés modernes, le
Richelieu et le
Jean Bart. Si la protection du premier peut être assuré par les escorteurs existants, la protection du second necessite la construction d'au moins 12 navires d'escorte supplementaires. Les premeirs souhaits se dirigent vers un navire robuste et endurant (pas comme les CT d'avant guerre) avec une autonomie de près de 5000 miles à 15 ou 18 noeuds. l'objectif est de disposer de 16 destroyers ou escorteurs d'escadre en 1958 pour la protection des grands bâtiments tandis que des navires plus petits, les escorteurs rapides se chargeront de la protection des convois. Face aux difficultés budgetaires, le recours à l'aide americaine est obligatoire avec des commandes offshore.
Budgetairement parlant, les type 47 seront commandés entre les budgets 1949 à 1952 (respectivement un, un, quatre et six) tandis que leurs derivés osnt commandés en 1953 (les T53R) et au budget 1956 (un T56)
Comme tout navire de guerre, la mise au point des T47 est longue et difficile car la mise au point d'un modèle satisfaisant est toujoursu ne affaire de compromis
Un premier contact est pris enre l'Etat Major Général (EMG) et le STCAN (Service Technique des Constructions et ARmes Navales) en
Fevrier 1946 et dès le
26 Juin 1946 des esquisses sont déjà disponible en s'inspirant des Le Hardi dont la construction à été perturbée et surtout les Gearing americains
le
26 septembre 1946, un premier projet est proposé avec un deplacement de 2500 Tw, uen vitesse de 32 noeuds, une autonomie de 4500 miles à 18 noeuds et comme armement, 3 tourelles doubles de 127mm, 3 affûts doubles de 57mm, deux plate-formes quadruples de tubes lance-torpilles de 550mm et 56 grenades ASM (net progrès par rapport à l'avant guerre)
C'est le
11 octobre 1946 que dans un courrier du STCAN pour l'EMG est mentionné pour la première fois, le sigle T47.
Un avant projet est envoyé par le STCAN le
8 decembre 1947. Baptisé T47A, celui-ci deplace 2550t (Washington) et 3112t à l'essai pour une longueur de 121m. La tourelle de 127mm N°3 se réinstalle à l'arrière, la coque est plus large mais les helices debordent toujours de 0,60m. Les chaufferies et les machines sont alternées et l'autonomie serait de 5500 miles à 18 noeuds
Le
16 fevrier 1948, le STCAN propose deux autres variantes baptisées T47B et T47C. Les deux projets ont en commun le deplacement (3310t), la longueur (123,50 pp) et l'armement ASM (2 grenadeurs et 4 mortiers pour 56 grenades). La différence se fait au niveau de l'armement avec pour le T47B trois tourelles doubles de 127mm (un avant et deux arrières) trois affûts doubles de 57mm, 10 canons de 20mm et une plate-forme quadruple lance-torpilles de 550mm tandis que le T47C lui possède trois tourelles de 127mm (deux avant et une arrière), deux affûts quadruples de 40mm, deux affûts doubles, dix canons de 20mm et deux plate-formes quadruples de 550mm. Dans les deux cas les 127 sont approvisionnés à 200 coups par pièce, les 57mm à 2000 coups, les 40mm à 1800 et les 20mm à 300 coups.
les trois projets ont en commun d'être trop chargés sur les hauts (les americains ont connu la même mesaventure avec les Gearing et ils furent obligés de debarquer une partie de l'armement)
En attendant le choix du modèle definitif, une note du
31 Decembre 1947 prevoit leur emploi tactique :
l'attaque à la torpille des bâtiments de surface et la protection ASM des grands navires de surface le
17 mars 1948 par la note
266EMG1, l'état major général communique au STCAN son choix : c'est le T47B car c'est le meuilleur compromis. Le projet definitif inscrit au budget de
1949 prevoit un escorteur contre-avions de 2700t disposant d'une autonomie de 5000 miles et un armement composé de trois tourelles doubles de 127mm, de six canons de 57mm en 3 affûts doubles, 6 canons de 20mm, une plate-forme quadruple de tubes lance-torpilles de 550mm, deux grenadeurs et 4 mortiers avec 56 grenades
le
T47B1 est commandé à l'Arsenal de Lorient, la mise sur cale à lieu dans la forme Lanester le
16 juillet 1951. douze T47B vont être construits : 2 aux ACB (Ateliers et Chantiers de Bretagne) à Nantes, 2 sur les bords de la Garonne aux Forges et Chantiers de la Garonne à Bordeaux, 3 à l'arsenal de Brest et 5 à l'arsenal de Lorient
C°) Les evolutions : T53RSi les T47B étaient essentiellement tournés vers la lutte ASM, les T53R ont pour mission principale la défense AA et la veille aérienne avancée au profit des deux porte-avions
le Clemenceau et le Foch qui sont d'ailleurs commandés à la même periode (budget de 1953 pour les T53R et pour le Clemenceau, budget de 1954 pour le Foch). Les modificaitions portent d'abord sur les capteurs qui sont plus modernes (en fait les plus evolués de l'époque pour la France), l'abri de navigation est fermé et légèrement blindé, le rouf arrière devient continu (ce qui permet uen circulation tout temps et toutes conditions), les plate-formes de tubes lance-torpilles courts à vocation ASM sont supprimés pour laisser la place à un lance-roquettes ASM implanté sur le toit du rouf arrière.Le T53R1, le
D633 Duperré est mis sur cale à l'arsenal de Lorient le
2 novembre 1954 le T56 est un derivé ASM des T53R. Ce n'est pas un retour aux sources mais bien un navire neuf qui avant de servir comme EE va être un navire experimental annonçant les futurs navires ASM français que ce soit au niveau des armes de jets (Lance-roquettes ou mortiers, missiles Malafon et torpilles) et un helicoptère qu'au niveau de la detection avec un sonar de coque ou d'étrave et un sonar remorqué.
L'unique T56, le
D638 Galissonnière est mis sur cale à l'arsenal de Lorient le
4 novembre 1958A SUIVRE.......