| | | LES BATIMENTS DE DEBARQUEMENT DE CHARS (BDC) (1) | |
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clausewitz Vice-amiral d'Escadre


 Nombre de messages: 7588 Age: 25 Ville: Nantes Emploi: etudiant Date d'inscription: 22/12/2005
 | Sujet: LES BATIMENTS DE DEBARQUEMENT DE CHARS (BDC) (1) Dim 21 Jan 2007, 19:28 | |
| LES BATIMENTS DE DEBARQUEMENT DE CHARS (BDC) | Citation: | LES SOURCES
-Le site Netmarine.net -le site «Amicale des LST français» -l'article de Jean Moulin «L'US Navy après Pearl Harbor» in Marines et Forces Navales n°87 (Octobre-novembre 2003) -l'article de Jean Moulin «Les LST sous pavillon français» in Marines et Forces Navales n°90 (Avril-mai 2004) -l'article de Jean Moulin «BDC EDIC et CTM» de La Marine Nationale in Marines et Forces Navales n°92 (août-septembre 2004)
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1°) GENESE DES LST/BDC
NAISSANCE D'UNE NOUVELLE RACE DE NAVIRES Même si il y à eu dans les siècle passé des opérations que l'on pourrait considérer comme amphibies (L'invasion de l'empire Perse par Alexandre le Grand, la lutte contre les pirates par Pompée le Grand, la conquête de la Bretagne par Claude, les croisades, les «descentes» des 17ième et 18ième siècles), ce concept à réellement vu le jour au siècle dernier et la première opération, aux Dardanelles (qui se révéla être par ailleurs un fiasco) montra que prendre pied sur le rivage ennemi ne s'improvisait et necessitait des navires adaptés. Pourtant, au cours de l'entre-deux guerre, l'amphibie fût negligé mis à part quelques études théoriques comme les Plan Orange de l'US Navy qui anticipaient une guerre dans le Pacifique contre le Japon et le problème des navires spécialisés demeura. Comme dans de nombreux domaines, la Seconde Guerre Mondiale fût un formidable accélerateur et permis réellement à l'amphibie de sortir de ses limbes théoriques. La première utilisation de navires amphibies fut le fait des japonais lors de leur conquête de la Chine à partir de 1937 mais ce sont surtout les alliés qui vont en faire un usage très important principalement par le contexte opérationnel auquel, ils sont confrontés -En Europe, les britanniques doivent reprendre pied en Europe Occidentale et cela necessite des navires pour transporter sur le continent, un nombre non négligeable de troupes, de vehicules et de fournitures diverses. De plus, le fiasco de Dieppe en 1942 ayant montré la difficulté de s'emparer d'un port, le seul lieu possible pour une opération amphibie massive, c'est la plage ce qui exclut donc le recours à des cargos classiques qui dechargeraient à quai. -Dans le Pacifique, les americains se battent dans un milieu insulaire et donc seule une série d'opérations amphibies permettra de déloger les troupes japonaises de cette région
C'est ainsi que va naitre une veritable famille de navires amphibies de taille diverse mais repondant pour la plupart aux mêmes principes de construction : un fond plat, une large cuve munie d'une rampe, des superstructures minimales. Parmi les plus gros de cette famille, se trouvent les LST ou Landing Ship Tank. Ces navires sont destinés à transporter directement sur la plage de nombreux chars pour soutenir l'infanterie debarquant le plus souvent d'mebarcations plus petites comme les LCI (Landing Craft Infantry) LCM (Landing Craft Medium) LCVP (Landing Craft Vehicle and Personnal) LCP/L (Landing Craft Personnal/ Landing Craft Personnal Little) ou encore de vehicules amphibies comme les DUKW. En général, les LST n'intervienent pas dans les premières vagues, les premiers blindés devant debarquer étant les chars amphibies comme les Sherman DD qui ne recontrèrent pas le succès escompté le 6 juin et les chars transportés par des chalands de debarquement comme les LCT (Landing Craft Tank) souvent transportés par les LSD (Landing Ship Dock, des navires amphibies qui ne s'échouent pas sur la plage mais mettent des chalands à l'eau dans un radier ou grâce à une grue) Au total près de 1152 LST sont commandés mais 98 sont annulés pour mieux repartir la production. Ils se divisent en deux groupes, le premier (LST 1 à LST 510) avec un ascenseur entre le pont supérieur et la cuve et le second (LST 511 à 1152) avec une rampe. 121 sont armés la Royal Navy et le premier LST est disponible en décembre 1942. De nombreux navires de ce type sont transformés en auxiliaires : 41 sont transformés en navires atelier pour battelerie amphibie (ARL) 38 aménagés en navires-hopitaux (LSTH) , 10 en ravitailleurs de vedettes razpides (AGP) 13 en navires ateliers pour avaries de combat (ARB), 4 en navires atelier d'aviation (ARV) 3 pour le soutien aux navires de renflouage (ARST) et 16 pour le logement des troupes (APL et APB), d'autres servent de transport de munitions, de navires d'évacuation sanitaire voir même de «porte-avions», leur pont,une fois aménagé, étant suffisament vaste pour recevoir de petits avions d'observation et de liaison comme le Piper L4 Grassopher.
ET LA FRANCE DANS TOUT CA ? La marine française connait durant la seconde guerre mondiale, l'une des periodes les plus noires de son histoire. Elle doit faire feu de tout bois en utilisant des navires ayant echappés aux mauvais coups que tant d'autres magnifiques vaisseaux ont reçu en Norvège, à Dunkerque, à Toulon ou en Afrique du Nord mais ceux-ci sont souvent depassés et des navires prétés par les alliés. Pourtant, elle ne mettra en oeuvre aucun LST avant la fin de la guerre. Elle va cependant en récupérer pour reprendre pied en Indochine. Cela explique peut être pourquoi, les americains _contrairement aux britanniques_ trainent les pieds à nous céder quelques uns de leurs LST en surplus. Finalement après moultes peripeties, la marine nationale va réussir à récupérer 10 LST (plus un 11ième, le Vulcain qui était en réalité, un navire-atelier) qui vont être utilisés d'abord en Indochine pour des transports côtiers et des opérations amphibies avant de participer à la guerre d'Algérie, à l'attaque du canal de Suez et pour certains aux premières années du CEP (Centre d'Essais du Pacifique)
Le premier LST français ne reçoit pas de nom car il est desarmé dès la mi-1946 et ne sert plus que de ponton atelier, le LST 382 ayant la coque deformée. Avant son transfert par les britanniques, il à participé aux debarquements de Sicile, de Salerne et de Normandie
Les 10 LST qui nous interessent vraiment reçoivent tous des noms de fleuves côtiers comme plus tard leurs successeurs les BDC :
-l'ancien LST 347 est rebaptisé Vire qui est un fleuve côtier de Normandie (dont le cours, long de 128 km, traverse les départements du Calvados et de la Manche, baignant successivement les villes de Vire, Saint-Lô et Isigny-sur-Mer, pour finir par se jeter dans la Manche, à la limite des deux départements, plus précisément dans la baie des Veys, ensablée par ses alluvions). Il est utilisé par les americains en Sicile, à Salerne et en Normandie puis transféré aux britanniques qu'ils l'utilisent en Extrême Orient avant de le transférer à la marine nationale le 28 janvier 1946 à Singapour. Mis en service le 26 février, il est engagé en Indochine puis mis en reserve spéciale à Toulon le 1er decembre 1955 avant d'être condamné le 19 janvier 1957 (Q80)
-Le Liamone (fleuve côtier corse, long de 46 km. Il prend sa source sur le Monte Cimatella, à environ 2 100 mètres, pour se jeter dans le golfe de Sagone au nord d'Ajaccio) est l'ancien LST 326 et à été engagé à Anzio et en Normandie par les americains avant d'être transféré à la Royal Navy qu'il l'utilise en Malaisie. Rendu à l'US Navy, il est vendu à la France le 5 avril 1946. En mauvais état, il est utilisé peu de temps puisqu'il est mis en reserve spéciale B durant le deuxième trimestre de 1949, rayé le 15 novembre 1959 et condamné à Saigon en 1951.
-Le Laïta ( fleuve côtier breton long de 17 km qui sur une partie de son cours sert de frontière entre le Morbihan et le Finistère. Il se jette dans l'océan atlantique au port du Pouldu). est l'ancien LST 177 et participe sous pavillon americain au débarquement de Provence. Sous pavillon français (acheté) à partir du 13 mars 1947, il est utilisé après guerre en Indochine puis revient en France en août 1956. Il participe à l'opération «Mousquetaire» en novembre 1956 puis sert en Afrique du Nord. En novembre 1961, il est présent à Alger avec une station d'emission pour relayer l'émetteur RTF. Il est pour cette raison victime de l'OAS dans la nuit du 13 au 14 décembre (un mort, 4 blessés,une ligne d'arbre hors service). Il est alors desarmé et sert de base fixe à Oran. Il est condamné le 31 juillet 1964 (Q382) et sert de brise-lame à Toulon jusqu'en 1979
-Le Rance (fleuve côtier breton. Qui prend sa source dans les monts du Méné à Collinée, dans le département des Côtes-d'Armor, et se jette dans la Manche entre Dinard et Saint-Malo dans le département d'Ille-et-Vilaine.) était connu auparavant comme le LST 223. Il est engagé par l'US Navy à Kwajalein et à Majuro (janvier-février 1944) Saïpan en juin et Leyte fin 1944. Desarmé en mars 1947 et mis à disposition du State Departement, il est acheté par la France et réarmé à Norfolk (mars-juin 1947) avant de servir en Méditerranée puis en Indochine de 1948 à 1955 avant de regagner la métropole et de participer à l'opération Mousquetaire en novembre 1956. Sa dernière contribution majeure est le secours apporté à la ville de Frejus frappée par la rupture du barrage de Malpasset (2 décembre 1959). Mis en reserve spéciale le 11 juillet 1960, il est condamné le 8 mars 1961 à Oran (Q210)
-L'Orne, (L'Orne est un fleuve côtier le plus important des fleuves normands à l'exclusion de la Seine) est ancien LST 508 qui participe au debarquement de Normandie puis est utilisé par les forces d'occupation militaires au Japon. Desarmé le 2 août 1946, il est racheté par la France le 27 mai 1947, mis en service le 2 juillet puis est utilisé en Indochine (novembre 1951-mars 1956) puis rattaché au CIOA (Centre d'intervention par Opérations Amphibies) d'Arzew avant d'être mis en reserve spéciale le 10 mars 1961 puis d'être condamné le 17 févier 1962 (Q311)
| Citation: |  LST ODET (credit: Mr Alain Fougère)
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-L'Odet (L'Odet est un fleuve breton de 56 km qui prend sa source dans les montagnes Noires à Saint-Goazec, près de Leuhan, et se jette dans l'Atlantique à Bénodet ), anciennement LST 815 sert dans le Pacifique à Okinawa puis est desarmé le 6 septembre 1946. Vendu pour être démolit le 25 mai 1948, il est finalement acheté par la France et armé le 1er avril 1949. Il est indochine de 1953 à 1955 puis participe à l'attaque contre le canal de Suez avant d'être desarmé en juillet 1961 et condamné le 17 août 1962 (Q 326). Cependant, la mise en place du CEP necessitant de nombreux navires de transport, il est réarmé le 21 juin 1963 et réadmis au service actif après des travaux à l'Arsenal de Toulon le 8 mai 1964. Il est utilisé pour l'évacuation de la base de Mers El Kebir puis des transports avec la Corse en mai 1968. Placé en reserve spéciale B début 1969, il est de nouveau desarmé le 14 août 1969 devenant cette fois le Q 451. Il sert de brise-lame à St Mandrier jusqu'en 1987
-Le Cheliff ( seul veritable fleuve d'Algérie, long de 725km, qui prend sa source dans l'Atlas tellien et se jette dans la Méditerranée. ) était connu auparavant sous le matricule de LST 874. Il à été engagé à Okinawa et reste en Extrême Orient jusqu'en janvier 1946 puis est desarmé le 29 mai avant d'être vendu à un opérateur privé americain. Racheté par la France le 5 octobre 1948, il est envoyé en Indochine en 1949 et ce jusqu'en septembre 1955 avant de participer aux évenements de Suez puis d'être envoyé en AFN jusqu'en 1963. il temrine sa carrière au CEP de 1963 à 1969, date de son desarmement. Il est encore utilisé comme magasin par la DCAN avant d'être condamné le 13 septembre 1970 (Q474) puis coulé en 1976.
| Citation: |  Le Chéliff ex- US LST 874 no OTAN L9006 (credit: James Leconte)
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-L'Adour (en occitan gascon Ador, basque Aturri, fleuve du bassin aquitain long de 335 km ) était durant sa première vie le LST 860 mais ne fût pas engagé au combat et fût desarmé le 1er juin 1946. Vendu à un opérateur privé americain et devenu le North West, il est acquis par l'administration des travaux publics d'Indochine et rebaptisé Inspecteur Général Pouyanne. Armé par la marine nationale le 28 mars 1949 et est envoyé en Indochine. Sa carrière opérationnelle sera courte car il est gravement endommagé par une explosion suivie d'un incendie qui fait 23 morts le 17 mai 1951. Reparé, il est envoyé à Haïphong pour servir de bâtiment base aux dragueurs. Présent à Cam Ranh mi 1955 puis à Djibouti en 1957, il est condamné le 7 juillet 1958 et devient le Q140
-Le Golo ( Le Golo est le plus long fleuve corse (85km), tout comme le Liamone son nom a longtemps été utilisé pour dénommer une partie de la Corse. Sa source se situe à quelques kilomètres à peine de celle du Fango, sur le Mont Tula dans la Paglia Orba à près de 2.500 mètres d'altitude, il traverse donc plus de la moitié de l'île pour rejoindre la mer à l'étang de Biguglia (Haute-Corse). était auparavant le LST 973. Il opère en Extrême Orient jusqu'en fevrier 1946 avant d'être desarmé le 24 mai 1946 puis transféré à l'US Army pour servir en Corée. Il est desarmé le 7 novembre 1951 puis transféré au titre du MDAP (Mutual Defense Allied Plan) à la marine nationale. Il est présent en Indochine de 1952 à 1957 avant d'être affecté au CIOA d'Arzew. Il est rayé en 1960 et vendu à la demolition le 14 novembre 1963_________________ Rammstein je les ai dans la peau  Au sens propre comme au figuré
Dernière édition par le Dim 21 Jan 2007, 19:35, édité 1 fois |
|  | | EXOCET Contre-amiral


 Nombre de messages: 1084 Age: 29 Ville: quelque part en france Emploi: militaire Date d'inscription: 19/04/2006
 | Sujet: Re: LES BATIMENTS DE DEBARQUEMENT DE CHARS (BDC) (1) Dim 21 Jan 2007, 19:32 | |
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|  | | clausewitz Vice-amiral d'Escadre


 Nombre de messages: 7588 Age: 25 Ville: Nantes Emploi: etudiant Date d'inscription: 22/12/2005
 | Sujet: Re: LES BATIMENTS DE DEBARQUEMENT DE CHARS (BDC) (1) Dim 21 Jan 2007, 19:45 | |
| CARACTERISTIQUE TECHNIQUE DU LST Ces navires sont d'une conception très simple, il s'agit pour schématiser d'une cuve de transport propulsée et de quelques superstructures rudimentaires pour la manoeuvre La coque dont la longueur flirte avec les 100m (99.97m pour être précis) et large de 15,24m est extrêmement solide. Bien qu'il s'agisse de constructions de guerre, certains sont particulièrement endurant puisque le dernier LST français, le Cheliff est desarmé en 1969. Toute la partie centrale est occupée par la cuve (78,60m sur 9,10m de large et d'une hauteur de 3,40m) qui peut acceuillir 20 Sherman ou 18 Churchill qui sont mis à terre grâce à une porte d'étrave. Elle est encadrée par des soutes, deux postes pour passagers et la chaudière à tribord au niveau des moteurs de propulsion . La partie sur l'arrière de la cuve est prise par une soute, le local de l'appareil à gouverner et sur la partie supérieure, un poste d'équipage Les fonds du navire sont occupés par des ballats qui peuvent servir pour les centraux, de reservoirs supplémentaires. Les machines sont egalement placées sous la cuve. Pour déplacer une masse potentielle de 4080 tonnes (lège 1625 t et echouage 2366 t), les LST sont propulsés par 2 diesels Général Motors devellopant une puissance de 1800 ch. La vitesse est par conséquent modeste (12 noeuds) mais leur distance franchissable est plus que respectable : de 6 à 24000 miles nautiques (environ 12000 km) à 9 noeuds. La zone machine est encadrée sur les côtés par les soutes à gazole et suivie par une citerne à eau et une petite soute à munitions. Le pont supérieur supporte des plateformes portant l'artillerie, le système d'aération de la cuve (ce qui permet de faire tourner les moteurs des vehicules pour entretien et aussi de permettre aux chars d'être immédiatement opérationnels dès leur debarquement). Le fait que le bloc passerelle soit placé très en arrière fait que l'on peut y parquer des vehicules légers (- de 10 tonnes, le plus souvent des jeeps et des camions) Les logements pour les officiers occupent le rouf au niveau de ce pont avec des cuisines à l'arrière de ce rouf. Au dessus et à l'avant, se trouve l'abri de navigation avec la commande de barre. Une pettite structure pour les veuilleurs complète le bloc-passerelle, cette structure est souvent aménagée en veritable passerelle. Pour ce qui concerne l'armement, il est limité à des canons légers (20 et 40mm) pour assurer l'autodéfense du navire. Pour ce qui concerne la France, l'armement des LST est généralement limité à 2 canons de 40 mm et 4 de 20 mm mais le L9008 Golo qui avait été réarmé par les americains pour participer à la guerre de Corée dispose au debut de sa carrière française de deux affûts doubles de 40mm et d'affûts doubles de 20mm. Les LST dispose d'une drôme d'embarcations avec à la base, deux LCVP (Landing Craft Vehicle and Personnal) implantés à l'arrière du navire. Certaisn sont equipés de 6 bossoirs pour recevoir jusqu'à 6 LCVP (Landing Craft Vehicle and Personnal) LCPL (Landing Craft Personnal Little) ou LCPR (Landing Craft Personnal_Ramp_). La marée ne permet pas toujours d'échouer le LST et un système de pontons permet de relier le navire à la partie sèche de la plage. Ces pontons peuvent aussi être utilisés comme transbordeurs avec des moteurs hors-bord. Ces «Rhino Ferry» seront très utilisés en Normandie (deux suffisent pour décharger un LST) car ils accélèrent les rotations des LST (un LST echoué doit attendre la marée suivante pour reprendre la mer soit 12 heures). En ce qui concerne l'équipage, à la base, il est composé de 7 officiers et 104 officiers mariniers et matelots plus 16 officiers et 147 soldats passagers. La version avec 6 bossoirs à un equipage de 9 officiers et 120 officiers mariniers et matelots plus 14 officiers et 131 soldats passagers. Les LST en service dans la Marine Nationale avaient un effectif théorique de 5 officiers et 67 officiers mariniers et matelots. 2°) LES CARACTERISTIQUES TECHNIQUES DES BDC GENESE DU PROGRAMME BDC Les BDC ou Bâtiments de Debarquement de Chars sont destinés à prendre la rélève des 10 LST transférés par les alliés au sortir du second conflit mondial. Relève au combien incomplète car certains LST resteront en service bien au délà des années 60 puisque le dernier, le L9006 Chellif ne sera retiré du service qu'en 1969. Ces 5 navires sont financés aux budgets de 1956 (1), 1957 (2) et 1958 (2) et leur construction est confiée à des chantiers privés : les Ateliers et Chantiers de Seine Maritime au Trait et les Ateliers et Chantiers de Bretagne (ACB) à Nantes sur l'île Sainte Anne/Prarie aux Ducs | Citation: | CALENDRIER
L9007- Trieux ACB, Nantes 25/04/58 06/12/58 18/03/60 05/12/88 L9003- Argens ACB, Nantes 10/07/58 11/04/59 27/06/60 04/12/85 L9009- Blavet ACB, Nantes 19/01/59 16/01/60 01/01/61 15/09/86 L9008- Dives Le Trait 07/08/59 28/06/60 14/04/61 21/04/86 L9004- Bidassoa Le Trait 30/01/60 29/12/60 01/10/61 27/11/86
Nota : pour les dates c'est dans l'ordre mise sur cale, lancement, mise en service et desarmement |
Ces navires vont être de toutes les missions de la marine française des années 60 au début des années 80 : des transports opérationnels à la fin du conflit algérien, les evacuations dramatiques de 1962 puis plus calmes celles des installations militaires encore présentes après l'independance de l'Algérie comme la base de Mers El Kebir en 1964 puis une fois la page algérienne tournée, ils se deploient souvent dans le Pacifique pour soutenir l'activité du CEP (A un moment donné, 40% du tonnage de la marine nationale était deployé en Polynesie) mais aussi pour des missions de présence aux Antilles, au large de l'Afrique mais aussi dans l'Océan Indien. Leur carrière opérationnelle se termine soit en Polynesie ou aux larges des côtes libanaises.
Les 5 navires sont desarmés entre 1985 et 1988, ils sont ensuite utilisés comme brise-lame, demantelés ou sont coulés au cours d'exercices de tir._________________ Rammstein je les ai dans la peau  Au sens propre comme au figuré |
|  | | clausewitz Vice-amiral d'Escadre


 Nombre de messages: 7588 Age: 25 Ville: Nantes Emploi: etudiant Date d'inscription: 22/12/2005
 | Sujet: Re: LES BATIMENTS DE DEBARQUEMENT DE CHARS (BDC) (1) Dim 21 Jan 2007, 19:51 | |
| CARACTERISTIQUES TECHNIQUESLes BDC ne peuvent rejetter leur parenté avec leurs ainés de la seconde guerre mondiale. Ils reprennent le même concept : un navire à fond plat munie d'une vaste cuve de transport à laquelle on accède soit depuis le pont supérieur par un rampe ou par une porte d'étrave double egalement munie d'une rampe pour faciliter le plageage. Seul changement réellement visible : un bloc-passerelle beaucoup plus volumineux. Au niveau des dimensions, les différences sont maigres,avec trois mètres de plus en longueur (102,12 contre 99,97 m) 30cm de plus en largeur (15.54 contre 15,24m) et un tirant d'eau plus important de 70 cm (3,20m contre 2,50m). Au niveau du tonnage, la différence n'est pas flagrante (1750 t contre 1625t standard, tonnage maximale similaire 4225t contre 4080t) Au niveau de la propulsion, c'est le même système avec deux moteurs diesels sur 2 lignes d'arbres devellopant une puissance de 200ch (contre 1800 pour les LST). Les performances sont donc semblables avec une vitesse maximale de 11 noeuds (12 pour les LST) et une distance franchissable de 18500 miles à 10 noeuds En ce qui concerne l'armement, il existe des différences entre les cinq BDC . Sur l'Argens et le Trieux, il comprend deux canons de 40mm, 4 canons de 20mm et un mortier de 120 mm installé à l'étrave tandis que sur les trois autres navires de la classe (Bidassoa Blavet et Dives), on trouve 3 canons de 40mm, 2 canons de 20mm et un mortier de 120mm. A noter qu'à partir de 1966, les BDC Trieux et Blavet seront pourvus d'un hangar pour deux helicoptères légers L'équipage est similaire à celui des LST avec 75 hommes et 6 officiers (5 officiers et 67 hommes sur leurs prédecesseurs). Par contre leurs capacités sont sensiblement plus élevées avec la possibilité d'embarquer 1800 tonnes de matériel, 4LCVP en bossoirs ou un maximun de 807 passagers (en utilisant au maximum les logements prevus à cet effet et en installant des hamacs dans la cuve). | Citation: |  Poste de combat à bord du bâtiment de débarquement de chars (BDC) Argens (1974 - Photo Jean-Claude Denier). les deux barbettes latérales sont armées d'un canon de 40mm et la barbette centrale un mortier de 120mm |
A BORD D'UN BDC
Comme vu plus haut, le plan des BDC ressemble furieusement à celui d'un LST. La cuve occupe toute la partie centrale de la coque, seul l'arrière étant occupé par des locaux,de vie essentiellement car la propulsion est installée sous l'arrière de la cuve.
Le rouf passerelle posé à l'arrière devait comportet intialement trois étages avec un abri de navigation fermé et une passerelle ouverte sur l'arrière de ce dernier mais finalement un vaste abri de navigation fermé et posé sur le toit de l'abri intial est installé ce qui donne au final, un étage supérieur. L'abri de navigation occupe l'étage supérieur avec sur l'arrière une chambre de veille et une chambre des cartes, avec les deux ailerons traditionels sur les bords. Un petit mat tripode est implanté juste derrière cet abri et supporte un radar de navigation, d'abord un DRBN 31 puis un DRBN 34 ou 32. L'étage supportant l'abri de navigation abrite un PC combiné avec deux locaux-radios et des chambres pour officiers passagers. Juste en dessous, nous trouvons le rouf officier est coupé par une coursive axiale qui relie la chambre du commandant , des sanitaires et deux chambres pour officiers à babord, la chambre du commandant en second se trouvant à tribord en compagnie de l'office et du carré des officiers Enfin, l'étage inférieur du bloc-passerelle ou grand rouf (21x11m) abrite le Bureau Service Intérieur ou BSI, un local technique dedié à la ventilation et à l'électricité et le bureau militaire puis sur l'arrière une coursive donne accès sur bâbord au bureau administratif, des sanitaires, une chambre pour trois officiers mariniers, à la caféteria et à la souillarde. La coursive axiale débouche dans une large coursive transversale qui ouvre sur la rampe de distribution des repas et la cuisine qui prend tout l'arrière du rouf. De chaque côté de ce grand rouf, nous trouvons deux bossoirs permettant la manipulation de 4 LCVP superposés deux par deux et arrière au niveau du toît du rouf, sont installés deux canons de 20mm. Sur l'avant du rouf, nous trouvons deux mâts de charge et deux treuils qui ont accès au panneau de chargement qui ouvre sur la cuve.
Le pont supérieur ou pont principal court sur toute la longueur du bâtiment. Il est surélevé à l'avant pour intégrer la porte d'étrave. Il y supporte une barbette avec un canon de 40mm, un treuil, un guindeau et une ligne dem ouillage à babord, la rampe qui relie le pont supérieur à la porte d'étrave, une barbette à chaque bord pouvant abriter un canon de 20mm. Cependant, cette disposition ne concerne que les BDC Trieux et Argens, les trois autres BDC ayant 3 canons de 40mm, placés dans trois barbettes , une à l'extrème arrière et deux à l'avant à la placeo ccupé sur les deux premiers navires de la classe par les canons de 20mm, la barbette à l'extrême avant étant occupée par un mortier de 120mm, l'armement de l'Argens sera aligné sur celui de ces sister-ships dans les années 70. Le reste du pont principal est degagé pour permettre le parquage de vehicules sauf au pied du rouf où un panneau de chargement donne accès à la cuve. Vient ensuite le rouf puis à l'arrière, un gros treuil et une barbette pour un canon de 40 mm; le treuil étant destiné à faciliter les desechouages.
La cuve est le coeur du bâtiment. Elle occupe près des ¾ du bâtiment avec une longueur de 75m et une hauteur totale de 4m. Son plancher constitue le pont du hangar ou 2ième faux pont. On peut y accéder soit par le panneau du pont supérieur mais l'accès le plus usité est la porte d'étrave qui est composée de deux battants et d'une rampe permettant le chargement et le dechargement des véhicules. Ces derniers peuvent gagner le pont supérieur par une autre rampe. La partie supérieure de l'étrave de chaque bord de la porte abrite la manoeuvre de porte, un poste regulateur et la ventilation du hangar.
| Citation: |  Le bâtiment de débarquement de chars (BDC) Bidassoa (1966 - Photo Pierre Touzin). avec la "gueule ouverte" (les deux portes d'étrave) et tirant la langue (la rampe) |
Les flancs de la cuve ne sont pas inusités. Comportant deux niveaux, ils abritent au niveau supérieur où premier faux pont et de l'avant vers l'arrière : des couchettes et des lavabos pour les passagers et un sas puis par une succession de 4 postes pour passagers, un local hygiène avec WC et douches puis deux autres postes à passagers à babord et deux refectoiresà tribord puis en poursuivant vers l'arrière, une coursive donne accès à un sas et un local pour la ventilation puis ouvre sur un poste à passagers à babord et un refectoire sur tribord. Les parois de la cuve se termine avec d'un côté une infirmerie et de l'autre un bloc hygiène.
Esnuite c'est le domaine reservé de l'équipage du BDC et une coursive transversale reunit les deux coursives latérales avec sur l'avant une souillarde et la rampe de distribution des repas adossées à la paroi arrière de la cuve. Une buanderie se trouve à tribord et des sanitaires à babord. Vers l'arrière un sas permet d'accéder aux logements de l'équipage qui est théoriquement de 81 hommes tandis que pour les passagers, 170 hommes peuvnet être embarqués et pour les traversées de courte durée, 159 autres dans les postes et si cela nez suffit toujours pas, 550 dans la cuve où des hamacs peuvent être installés.
Le niveau inférieur des parois de la cuve acceuille à l'avant un puit de chaines à bâbord, un sas, l'atelier de charpentage à babord, un relai de soute à munitions à tribord. En allant en arrière sur le flanc bâbord, nous trouvons une soute pour le matériel de sécurité, le magasin général, une soute pour les passagers, le coqueron les officiers et officiers mariniers, une soute pour le matériel radio, la soute des électriciens et l'atelier mécanique et électricité. On trouve necore deux soutes pour les mecaniciens à l'arrière. A tribord, aux mêmes niveaux, nous avons une soute pour le maitre de manoeuvre, une soute pour les passagers, un magasin pour le bord, le local des accumulateurs, une soute pour le matériel de sécurité et une autre soute pour le maitre de manoeuvre. A l'arrière de la cuve, on trouve le local du gyro, les soutes à farine, le local des pompes à vin, la boucherie et à la pointe arrière l'appareil à gouverner. Un poste d'équipage est à babord, la cambuse et deux chambres froides à tribord. L'appareil propulsif est situé sous la partie arrière de la cuve et se compose de deux moteurs diesels Pielstick devellopant une puissance de 1080 ch (1250 en théorie) alimentant deux lignes d'arbre et donc deux helices. Les tranches avant sous la cuve constituent des ballasts avec des compartiments vides à l'étrave. Les fonds à l'arrière sont occupées par les osutes à eau douce sur les bords, les tunnels abritant les lignes d'arbre et dans l'axe, deux autres soutes à eau douce, une soute à munitions, la cale à vin, une osutes à conserves et un coqueron._________________ Rammstein je les ai dans la peau  Au sens propre comme au figuré |
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