Après la libération des otages en Somalie, Sarkozy veut mobiliser contre les pirates
PARIS (AFP) - 16/09/08 13:52
Les forces spéciales françaises ont libéré mardi deux otages français retenu depuis quinze jours par des pirates somaliens, contre lesquels Nicolas Sarkozy a appelé la communauté internationale à se mobiliser pour mettre un terme à leur "industrie du crime".
Cinq mois après l'opération de forces spéciales en Somalie contre les ravisseurs de l'équipage du voilier de luxe Ponant, les commandos marine ont libéré Jean-Yves Delanne et son épouse Bernadette, tous deux âgés de 60 ans, dont le voilier avait été arraisonné le 2 septembre dans le Golfe d'Aden au large de la Somalie.
Les otages ont été récupérés "sains et saufs", un pirate a été tué et six autres faits prisonniers, a précisé le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse.
M. Sarkozy a précisé avoir ordonné l'attaque lundi soir vers 21H00 une fois acquise la "certitude" que les ravisseurs convoyaient leurs otages vers le village côtier d'Eyl, repaire de pirates situé dans le nord-est de la Somalie à environ 800 km au nord de Mogadiscio, "où sont concentrés la quasi-totalité des navires ainsi que de nombreux otages".
Par souci de discrétion, le président, qui s'est exprimé entouré du Premier ministre François Fillon et du chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, n'a révélé que peu d'éléments sur l'opération.
Il s'est contenté d'indiquer que l'assaut sur le voilier, le Carré d'As, avait eu lieu en mer et avait été mené par une trentaine de commandos marine, avec l'appui de la frégate Courbet et de "moyens aériens de surveillance" non précisés.
Immédiatement après l'opération, les deux ex-otages, les six pirates capturés et leur complice tué ont été embarqués à bord du Courbet pour rallier Djibouti, qu'ils devraient atteindre d'ici "six jours".
Comme pour les six pirates interpellés par les troupes françaises lors de l'opération menée en avril pour libérer les 30 otages du voilier de luxe Le Ponant, les six prisonniers de mardi devraient être déferrés devant la justice française, a-t-il également indiqué.
Le chef de l'Etat s'est toutefois déclaré ouvert à une discussion avec les autorités de Mogadiscio sur leur éventuel renvoi en Somalie, "dans la mesure stricte où nous serions certains que ces pirates seront jugés, condamnés et qu'ils effectueront leur peine". "Il n'y aura pas d'impunité", a-t-il martelé.
Au delà de la libération du couple Delanne, Nicolas Sarkozy a souhaité que l'opération militaire de mardi constitue un "avertissement" pour les pirates qui ont fait de la zone au large de la Somalie les eaux les plus dangereuses du monde. Samedi, un thonier français avait été attaqué à plus de 700 km des côtes.
"Cette opération (...) est un avertissement pour tous ceux qui se livrent à cette activité criminelle, la France n'acceptera pas que le crime paie", a-t-il insisté, lançant un "appel à la mobilisation de la communauté internationale".
"Le monde ne doit rester ni indifférent, ni passif (...) j'appelle les autres pays du monde à assumer leurs responsabilités comme la France vient de le faire à deux reprises", a-t-il dit, assurant que quelque 150 otages étaient actuellement aux mains des pirates somaliens.
"La France ne peut assumer seule" la surveillance de cette région maritime, a plaidé Nicolas Sarkozy, se déclarant favorable à la constitution d'une force de "police de mers" pour "sécuriser la zone" ainsi qu'à des "actions punitives" dont il s'est refusé à définir les objectifs.
Le président a indiqué que ce projet devrait être évoqué dès la semaine prochaine à New York lors de l'assemblée générale de l'ONU. D'ici là, un bâtiment de la Marine française doit commencer "l'accompagnement des bateaux qui traversent le golfe d'Aden", a-t-il annoncé.